• Lille Capital du Béton - et donc de la pollution Collectif Davids, Les Poinsts sur les I - Lunid 25 Février 2019
    https://www.campuslille.com/index.php/entry/lille-capitale-du-beton

    "Quand l’bâtiment va, tout va !" dit le dicton à la con... Les camirades de DAVIDS ne sont pas de cet avis et ils le disent ce lundi midi.

    Après avoir évoqué les commencements de grèves du vendredi dans les collèges et lycées français, nous partons sur la friche de Saint Sauveur et le belvédère où la mairie de Lille et la MEL veulent construire des bureaux, des logements et une piscine olympique.

    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/2019-02-25/12h.mp3


    (Cette émission sera disponible jusqu’au 25 Avril 2019)

    Vendredi 23 Février, un mur de blocs de béton a été érigé le long du parc du belvédère, ce grand espace arboré situé à l’angle de la rue de Cambrai et du boulevard Paul Painlevé (le métro aérien passe au-dessus, entre les arrêts Porte d’Arras et Grand Palais). Les accès aux chemins ont aussi été murés. La raison ? "Mise en sécurité du site"... ! Cet espace muré a été choisi pour accueillir la piscine olympique, financée par l’argent publique. Ce chantier intervient quelques jours avant le début de la concertation publique, c’est la stratégie du "fait accompli" (mais rien n’est perdu , rappelez-vous "le barrage de Sivens")

    Pourtant, Lille est déjà la grande ville de France avec le moins de mètres carrés d’espace vert par habitant. Mais le choix est fait de continuer la "densification urbaine" ...
    D’autant que qui dit construstion d’immeubles dit encore plus de voitures alors que Lille est déjà championne de France des pics de pollutions aux particules fines !60 en 2018... La pollution de l’air dans la métropole lilloise provoque 1 700 morts prématurées par an, soit 5 morts par jours !
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/video-particules-fines-lille-heure-mobilisation-citoyen

    https://www.youtube.com/watch?v=CqDQ2HzG1IM

    Détour par la rue du faubourg de Roubaix où plusieurs chantiers sont en cours, sans qu’on comprenne leurs logiques : ça bétonne une terre propre (ilôt pépinière, ex-dernier bail rural de Lille) pendant que 200m plus haut, ça déverse de la terre et des arbustes sur l’emplacement d’une ancienne station service (square des horticulteurs)... Cherchez l’erreur, mais aussi le point commun : le groupe de BTP Rabot-Dutilleul.

    Comme la holding familiale, le métier de conquistador passe de père en fils. Pendant que papa Jean-François organise avec Lille 3000 le grand raout Eldorado , énième coulée de béton culturel sur la métropole lilloise, le fiston François remporte avec lille design le titre de Lille Capitale mondiale du design 2020 avec un projet lui aussi intitulé : Eldorado. L’objet de la conquête ? L’espace urbain à bétonner toujours plus dont chaque centimètre carré recèle de la plus-value en puissance, des corps et esprits à maintenir sous cloches ou casques de réalité virtuelle (dont les expo sont désormais truffées), ce qui revient au même.

    Ceci dit, il ne faudrait pas croire que François, son papa et leur petite entreprise font tout ça tout seul ; les partenaires de la reconquista lilloise avides de nouveaux Eldorado sont nombreux (mairie de Lille, Région HdF, Auchan, Fondation Total, Air France,...).

    La soif de trésor et de conquête, maquillée de culture, s’affiche désormais en pleine rue en 4x3. Startupers et creativs, financiers et bétonneurs, business men et élus dévoilent leur vrai visage à travers les masques de la fête : celui du conquistador assoiffé d’or.

    Le site de Lille 3000 présente le mythe de l’Eldorado ainsi : « Rapidement relayé par les conquistadors espagnols, ce mirage d’une contrée légendaire a alimenté sur près de quatre siècles une course aux trésors et aux voyages effrénée. »... oubliant au passage les deux génocides les plus massifs de l’histoire : celui des Amérindiens, entre 80 et 120 millions de morts, et le génocide esclavagiste, 28 millions de morts !!!

    Au XVIè siècle, Hernan Cortès envoie un courrier à l’empereur aztèque Moztezuma : « Dîtes-lui de m’en procurer car mes compagnons et moi souffrons d’une grave maladie du cœur que seul l’or peut guérir » (récit par le secrétaire du conquistador en 1552). Ce n’est plus une simple maladie mais une véritable épidèmie qui nous gangrène !

    Nous vous conseillons vivement la lecture du dernier numéro de la Revue Z "Guyane. Trésors et conquêtes" qui revient notamment sur la construction et les effets dévastateurs du mythe de l’Eldorado : http://www.zite.fr/parutions/z12guyane

    Chansons :

    https://www.youtube.com/watch?v=HLrUfDYtgaw

    https://www.youtube.com/watch?v=kmVKnbFSUaA

    Bonus plutôt malus : https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/l-air-du-metro-lillois-est-aussi-pollue-qu-un-jour-de-pic-de-pollution-15

    #Audio #Radio #Lille #eldorado #rabot dutilleul #MEL #saint_sauveur #écologie #Lille_3000 #Lille #pollution #environnement #santé #climat #pollutions_ #écologie #béton #urbanisme

  • Friche Saint Sauveur à Lille : la guerre des mondes Bénédicte Vidaillet - 30 Juillet 2018 - Médiapart
    https://blogs.mediapart.fr/vidaillet/blog/300718/friche-saint-sauveur-lille-la-guerre-des-mondes

    Le devenir de la friche Saint Sauveur, 23 hectares au centre de Lille, fait l’objet d’une vive lutte entre la poignée d’élus qui ont « programmé » sa transformation, et des habitants et associations qui se mobilisent pour un projet alternatif. Mais la Ville reste sourde à leurs arguments. Révélant ainsi le véritable enjeu de cette lutte.

    Longtemps j’ai cru que la bataille autour de l’avenir de la friche Saint Sauveur se jouerait sur le terrain de la raison. Foutaises ! Car des chiffres, des arguments, nous en avons donné[1] : ratio désastreux des m2 d’espaces verts par habitant à Lille pour faire valoir radicalement plus de nature dans le projet, cartographies précises montrant l’effet « îlot de fraîcheur » du Belvédère et de la friche pour contester l’affirmation de leur « faible valeur patrimoniale », nombre de logements ou de bureaux inoccupés à Lille pour revoir à la baisse la programmation. Nous avons débusqué les grossières erreurs méthodologiques dans les prévisions de pollution atmosphérique, soulevé les risques de pollution de nappe phréatique et les risques sanitaires induits par le projet, montré que le principe « Eviter Réduire Compenser » n’était pas appliqué à certaines espèces protégées identifiées sur le site. Biodiversité, syndrome du manque de nature, coefficients d’albédo, alignés à la pelle.

    Mais il faut le reconnaître : la carte de la raison ne fonctionne pas. Les chiffres, ratios, études, etc., celle et ceux qui se croient légitimes à penser pour nous notre territoire, s’en foutent. Cela ne fait pas mouche car – et comment ne l’avions-nous pas compris avant ? - il ne s’agit pas de chiffres et la raison n’est qu’une façade. Il s’agit d’une façon d’habiter le monde, de le désirer, de le sentir, de l’imaginer.

    Ils nous parlent développement, valorisation, économie, programmation et m2. Ils nous parlent nombre de logements, piscine olympique, fosse de plongée de compétition, métropole européenne, attractivité du territoire. Et nous, ce territoire, nous le vivons. Nous le voulons. Nous ne le vivons et ne le voulons pas comme eux. Nous l’habitons avec nos corps, nos sens, nos souvenirs, nos sensibilités, bien plus qu’avec notre raison. Nous le relions à nos histoires, à nos mémoires, à nos rêves et à nos pas.

    Nous ne voulons pas de ce monde laid qui a poussé et continue de pousser sur toute la ceinture périphérique de Lille sous la série « #Euralille », déclinée en saison 1 puis 2 : gare tunnel balayée par les vents, casino à l’imprenable vue sur les échangeurs, hôtel de région aux centaines de fenêtres alignées qui puent la bureaucratie autant que la démesure ; tours lisses, façades glacées, auxquelles aucune aspérité de vie ne peut s’accrocher ; architecture standardisée qu’on voit à Pékin comme en front de mer à Reykjavik ; matériaux sans histoire autre que celle qui les relie à l’industrie mondialisée qui les produit ; arbustes sur tige, pied encadré, racines maîtrisées, balisant méthodiquement le parcours ; trottoirs gris, sans interstices, sans relief, où se réveille sous nos pas une vague angoisse métaphysique. Car sur ces trottoirs que l’on emprunte, dans ces quartiers que l’on traverse, nul ne se promène, nulle ne déambule, aucun flâneur.

    Nous ne voulons pas de ces « parcs » domestiqués, conçus « pour nous » par des agences de paysagistes choisies sur concours, aux plantes produites en des serres lointaines, sélectionnées par l’industrie horticole, gavées d’intrants, repiquées à tant de pieds au m2.

    Nous ne voulons pas de ces « îlots nordiques » fermés aux horizons, à la pelouse centrale privatisée, ravie au regard même des passants, poussant sur une dalle de parking sous-terrain.

    Nous ne voulons pas d’une piscine o-lym-pique, « grand équipement » à cinquante millions d’euros construit à la hâte pour servir en 2024 de « base arrière » à une compétition sportive mondiale que chacun s’empressera d’oublier sitôt son écran occupé par la performance suivante. Et encore moins d’une fosse de plongée de 40 mètres de profondeur –quasiment la hauteur de l’Arc de Triomphe -, quand Dunkerque s’enorgueillait récemment d’inaugurer la « plus grande fosse au Nord de Paris » - 20 mètres !

    Voilà longtemps déjà que ce monde-là nous donne la #nausée. Il produit ses effets, nous pousse au bord du gouffre, et il nous faudrait encore applaudir celle et ceux qui proposent de franchir le pas supplémentaire ? Faisons dérailler ce funeste train, revendiquons le pas de côté, qui nous mène à la friche Saint Sauveur flâner parmi les herbes folles. Ceux-là, qui s’arrogent le droit de modeler notre destin, qui jouent à SimCity mais avec nos vies, y sont-ils jamais venus ? Ont-ils gravi un flanc du Belvédère pour y admirer le soleil couchant que ponctue le beffroi ? Ont-ils senti le vent qui fait frissonner au printemps les vagues de graminées sauvages ? Se sont-ils émerveillés des dizaines d’orchidées dont on n’a pas besoin de savoir qu’elles sont une « espèce protégée » pour faire le vœu, au premier regard de leurs miraculeux pétales en forme d’abeille, qu’on les verra refleurir ? Se sont-ils demandé qui nous avait légué ces arbres superbes qui faisant écran à la circulation de l’ancien périphérique transforment ce lieu en havre magique ? Ont-ils pu apprécier l’incongrue zébrure lumineuse du métro aérien le soir ? Ont-ils été saisis par la force de la vie végétale qui recouvre l’asphalte ou vient éclater le béton de la friche ? Ou par la force de ces vies humaines qui tentent, là, de perdurer aux marges ?

    Si leur agenda sans trou, leurs véhicules à chauffeur, leurs vies efficaces et climatisées, les en ont empêchés, alors, ils ne peuvent pas comprendre. Ni notre attachement à ce lieu, ni la violence de ce qu’ils nous imposent. Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous nous dressons sur la route balisée de leurs projets. Nous refusons leur monde, nous ne renoncerons pas au nôtre. Nous ne pouvons que leur tendre la main et les inviter à nous suivre, et sinon, tant pis, ce sera la #guerre, la guerre des mondes.
     
    [1] Cf. à ce sujet : Contribution à l’enquête publique des associations Amis de la Terre Nord, ASPI, Entrelianes, Fête la Friche https://www.registre-numerique.fr/lille-saint-sauveur/voir-avis?avis=30546

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