• « Les raisins de la misère » : comment les grands crus du Bordelais prospèrent sur une pauvreté extrême
    https://www.bastamag.net/Les-raisins-de-la-misere-comment-les-grands-crus-du-Bordelais-prosperent-s

    A l’ombre des luxueux châteaux du Bordelais se cache une pauvreté et une injustice saisissantes. C’est ce que révèle une enquête de la journaliste Ixchel Delaporte. Les saisonniers qui s’échinent dans la vigne, indispensables à la bonne tenue d’un grand cru, sont sans cesse plus précarisés. Les habitants les plus pauvres – chômeurs, mères célibataires, malades des pesticides... – ne voient pas les retombées économiques du négoce et du tourisme. Pire : ils doivent se rendre invisibles. Les raisins de la (...)

    #Décrypter

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Inégalités, #Classes_populaires, #Conditions_de_travail, #Fractures_sociales, A la une, (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Entretiens


  • Loin de la terre promise

    Venus d’#Amérique_latine, des milliers de travailleurs et travailleuses récoltent les #fruits et #légumes de #Provence. Parfois confrontés à des employeurs malhonnêtes, certains ouvriers s’organisent.

    « En France, plus personne veut bosser dans l’#agriculture ! » Appuyé contre son tracteur sous le soleil écrasant de la fin d’été, L., maraîcher bio entre #Arles et #Avignon, se désole de la #pénurie de #main-d’œuvre française. Dans cette plaine fertile des #Bouches_du_Rhône, c’est le constat amer que font la plupart des agriculteurs. « Les Français, ils ne tiennent pas le coup ! » renchérit un de ses collègues. La solution : des #ouvriers_étrangers, bosseurs et pas exigeants.

    Après les Espagnols, les Portugais et les Marocains, ce sont des milliers de #travailleurs_sud-américains qui viennent dans le Sud de la France via des entreprises d’#intérim espagnoles comme #Terra_Fecundis, #Laboral_Terra ou #Eurofirm. Créées par des notables de la région de Murcia, Alicante ou Valence, dans le sillage de la crise du BTP de 2008 en Espagne qui a mis des milliers d’ouvriers sur le carreau, elles envoient dans toute l’Europe des travailleurs « en provenance de pays à faible coût », comme elles le mettent en avant auprès des agriculteurs.

    Des nouveaux travailleurs pas chers

    Côté agriculteurs, tout est facilité : même si le salaire horaire doit être désormais le même que celui des Français (lire ci-dessous), les boîtes d’intérim payent les cotisations sociales espagnoles, moins chères d’environ 10%. Entre l’exploitant et les travailleurs, aucun contrat individuel, mais une « commande » collective est passée auprès des entreprises espagnoles qui leur « livrent » les travailleurs en bus. L’agriculteur n’a plus qu’à régler la facture. Leur période d’embauche est calquée sur les besoins et les aléas de la production : ils sont donc révocables à tout moment.

    « Ce système arrange tout le monde ! constate Béatrice Mesini, sociologue. A la fois les agriculteurs qui ont tout à y gagner mais aussi les travailleurs eux-mêmes, qui sont très contents de pouvoir toucher 7,50 euros de l’heure pour vivre et rembourser leurs dettes au lieu de 3,50 à 5,50 euros en Espagne et encore moins chez eux en Amérique du Sud. »

    Des #abus et de la #surexploitation

    « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours. » Sifrid

    Mais à quel prix ? Sous-déclaration des heures de travail, conditions de #logement déplorables, retenues démesurées sur le #salaire (la nourriture, les frais de santé, etc.)… Les accusations sont nombreuses. Rencontré à Beaucaire, Sifrid, Equatorien, raconte son arrivée en France en 2006, via Terra Fecundis (TF) : « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours et parfois on n’était payés que plusieurs mois plus tard, dénonce le quadragénaire, le visage tanné par le soleil. En plus, ils prélèvent une somme pour les transports, pour le logement, pour tout ! Ils ne payent pas ­légalement ! »

    André Fadda, du syndicat CGT intérim 13, le confirme : « Dans le #travail_détaché, la première infraction qu’on note, tous secteurs confondus, c’est les amplitudes #horaires qui ne sont jamais respectées, dénonce-t-il. Ils peuvent parfois travailler jusqu’à 200, voire 250 heures par mois. »

    Des pratiques épinglées par la #justice

    La justice française s’est penchée sur le cas de ces entreprises espagnoles. En 2011, une information judiciaire pour #homicide involontaire est ouverte au Tribunal de Tarascon, à la suite de la #mort par #déshydratation d’#Iban_Elio_Granda_Maldonado, un travailleur TF. Aucune mesure n’a été prise à ce jour et la procédure s’éternise.

    A l’été 2017, la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille ouvre une #enquête pour « #dissimulation_d’activité » et « #fraude_au_détachement ». Rien n’en est encore ressorti. D’ailleurs, sur les 3000 contrôles effectués en 2016 dans des #exploitations_agricoles, seules 329 entreprises ont été déclarées en #infraction. TF brouille les pistes : elle reste injoignable à son siège espagnol de Murcia et son adresse française à Châteaurenard nous mène vers l’appartement d’un de ses salariés, qui confirme qu’il n’y a plus de bureaux ici depuis trois ans.

    Les pratiques douteuses de ces entreprises ont attiré l’œil de la Mutuelle sociale agricole (MSA) et de l’Inspection du travail dont les contrôles sont de plus en plus fréquents. Sont ciblés ceux faisant appel aux prestations de TF, Laboral Terra, etc. Ennuyés par ces contrôles, les agriculteurs commencent à se montrer réticents aux services de ces sociétés. Un exploitant ayant souhaité rester anonyme témoigne : « Parfois, j’embauche quelques Equatoriens. Avant, je le faisais via Terra Fecundis mais maintenant, je passe par un groupement d’employeurs de droit français : au moins, on ne risque plus une descente de gendarmes. »

    Lassés d’être considérés comme des « négriers » et des « esclavagistes », des exploitants visités en viennent à mettre dehors les journalistes de manière musclée : « Vous voyez la porte là ? Eh ben, vous la prenez. Basta, on en a marre de lire des conneries sur notre dos. » D’autres, un peu plus enclins à la discussion, finissent par confier leur désarroi : « On sait qu’il y a des pratiques anormales, mais nous on est réglo et ça se passe très bien. Et puis ils sont là pour bosser ! » Ceux-ci ont cessé de « se faire livrer » par Terra Fecundis et recrutent désormais leurs #saisonniers en direct.

    S’organiser pour se faire respecter

    Petit à petit, les Sud-Américains qui ont acquis la nationalité espagnole contournent le détachement et passent par #Réagir, un groupement d’employeurs agricoles départemental. Sous la serre, Manuel, Johana, Maula, Rolando et Gloria, en pleine plantation du fenouil, ne regrettent pas d’avoir quitté TF : « Ici au moins, nos heures supplémentaires sont payées et les jours fériés et les dimanches majorés. » Un cadre qui plaît aussi à leur employeur qui souligne que « le paiement des charges en France ouvre le droit à une couverture sociale et à une #mutuelle ».

    Pourtant, même là, la situation est loin d’être idéale et ne garantit pas toujours de meilleurs traitements au quotidien… Blanca (le prénom a été changé à la demande de la personne ndlr ) travaille dans une entreprise française de conditionnement de fruits et légumes dans la région d’Avignon : « Je travaille trois jours et demi par semaine mais entre 5h du matin et 19h, avec des pauses. Dans l’entreprise, on nous a dit qu’on ne pouvait pas travailler plus de 48h par semaine ! lance cette mère de famille en riant un peu jaune. Mais bon, moi ça m’arrange pour les enfants. »

    Même si très peu d’entre eux parlent le français, ces travailleurs commencent à connaître leurs droits et des formes d’organisation collective émergent. La #solidarité est forte : des #cagnottes sont montées pour aider certains à payer des frais médicaux, des tournois de volley sont organisés pour souffler, se retrouver… Et en profiter pour s’échanger des contacts de boulot. Lassé de se « faire voler par les entreprises espagnoles », Peters, ancien saisonnier de TF, a monté sa propre entreprise pour mettre directement les travailleurs et les agriculteurs en lien : « Comme je parle bien français, à force je connaissais les employeurs et ils faisaient directement appel à moi. Je me suis lancé. »

    De leur côté, Santiago et Nelly sont cofondateurs d’une toute récente association, #Latinos_Sin_Fronteras, à Beaucaire : « On ne veut pas être vus que comme des machines à travailler. On est aussi des musiciens, des peintres, et on veut promouvoir notre culture, explique Santiago. « On voudrait aussi proposer des cours de français », rajoute Nelly. Julien Sanchez, le maire (FN) de #Beaucaire, n’a pas l’air très disposé à les aider dans leurs démarches. Mais la dynamique est lancée et entre deux matches de volley, certains soufflent que malgré les pressions, ils aimeraient monter un syndicat…

    Le #détachement : une politique européenne

    Pensé à l’origine pour favoriser la circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, le détachement est mis en place en 1996 à travers une directive qui précise qu’un travailleur détaché est « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement ». Accusé de favoriser le « #dumping_social », le texte est amendé en 2017 en proposant d’établir l’égalité de rémunération et de règles salariales entre travailleurs détachés et locaux, tout en maintenant le règlement des #cotisations_sociales dans le pays d’origine. Il limite aussi la durée du détachement à douze mois et compte « protéger les travailleurs de la fraude et de l’exploitation ».

    Ces règles ont été entérinées en juillet 2018 par une nouvelle directive. « Pour l’Europe, c’est un système de win win win ! explique la sociologue Béatrice Mesini. A la fois pour le pays d’origine, pour le pays récepteur et pour le pays de mise à disposition. Tout le monde est gagnant et c’est pour ça que ça marche. »

    En Europe, le nombre de #travailleurs_détachés a augmenté de 45% entre 2010 et 2014, passant de 1,3 à 1,9 million, contre 600 000 en 2007. Le Ministère du travail français en recensait 516 101 en 2017, soit deux fois plus qu’en 2016, alors qu’en PACA, dans le secteur agricole, ils étaient 67 357 à venir ramasser des fruits et légumes, soit 7,4% de l’emploi salarié régional


    https://lecourrier.ch/2018/10/07/loindelaterrepromise-france
    #travailleurs_étrangers #travail #exploitation #maraîchage
    cc @isskein


  • Una revista alemana describe un infierno de violaciones a mujeres y abortos en los campos de fresas onubenses

    “Acosadas, insultadas y violadas, eso es cotidiano para miles de mujeres que trabajan en los campos de tomates y fresas de España”… Así se inicia el reportaje que la revista alemana Correctiv ha realizado en los campos de fresa de Huelva y en el quedescribe un auténtico infierno para las trabajadoras del campo onubense procedentes de Marruecos.

    https://huelvadecidesufuturo.wordpress.com/2018/05/12/una-revista-alemana-describe-un-infierno-de-violacio
    #Espagne #travail #exploitation #agriculture #fraises #femmes #viols #Huelva #avortement #migrations #saisonniers #migration_circulaire #saisonnières

    signalé par @isskein sur FB

    • @isskein qui signale aussi :

      Des mains délicates pour des fraises amères

      À l’ouest de la communauté autonome d’#Andalousie, la province de Huelva s’est spécialisée depuis les années 80 dans la culture de la fraise. Aujourd’hui, plus de 7000 hectares de serre sont cultivés sur d’anciennes pinèdes publiques. Le cycle de production commence à la fin de l’été par la stérilisation des sols au bromure de méthyle. En octobre, les fraisiers qui ont grandi dans le froid des pépinières de Castilla y León, sont transplantés à Huelva. Ils produisent dès la fin du mois de décembre et jusqu’en juin des fraises qui seront exportées dans toute l’Europe. Il s’agit d’une culture hydroponique, le sol des serres n’apporte aucun élément nutritif aux plants. Cette production intensive dépend donc des multinationales qui fournissent les plastiques, les engrais et les pesticides indispensables à ce mode de culture. Même les plants viennent d’ailleurs. La plupart des agriculteurs cultivent la #fraise_Camarosa, une variété créée par une université californienne et dont la plantation suppose de payer des royalties à hauteur de 1800 euros par hectare et par an.

      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2008-3-page-34.htm

    • Et @isskein qui signale aussi :
      Les fruits de la frontière

      En partant de deux zones de production intensive de fraises situées, l’une en Andalousie et l’autre au nord du #Maroc, cet article vise à montrer les relations entre les stratégies d’implantation et d’organisation de la production des secteurs fraisicoles et les politiques migratoires et de régulation économique, relations qui sont à l’origine de la dynamique des marchés globaux. Plus précisément, il s’agit de montrer la manière dont l’intégration subordonnée évoquée plus haut s’est déclinée à l’échelle régionale au sein de la chaîne globalisée des fruits rouges, comment cela a abouti à l’embauche d’ouvrières marocaines des deux côtés du détroit et quel rôle la frontière joue dans la profitabilité de ces deux enclaves. On s’intéressera aux écarts entre annonces libérales et réalités politiques aussi bien en matière migratoire qu’économique.

      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2018-1-page-31.htm

    • Recherche im Original

      Vergewaltigt auf Europas Feldern

      Sexuell belästigt, beleidigt, vergewaltigt – das ist der Alltag für tausende Erntehelferinnen in Europa. Sie ernten Tomaten und Erdbeeren, die in deutschen Supermärkten als „sicher und nachhaltig“ verkauft werden. Doch die Verantwortlichen kommen ungestraft davon. In einer monatelangen Recherche in Spanien, Marokko und Italien hat BuzzFeed News diese Missstände aufgedeckt.

      https://www.buzzfeed.com/de/pascalemueller/vergewaltigt-auf-europas-feldern

    • De jornaleras a esclavas sexuales en los campos de fresas de Huelva: la verdad oculta

      En las fincas de frutas de la provincia andaluza impera la ley del silencio. Decenas de mujeres marroquíes cuentan que sus encargados las chantajean con dejarlas sin trabajo si no mantienen con ellos relaciones sexuales. Casi nadie denuncia por temor al despido. EL ESPAÑOL habla con varias de ellas. «O cedes y callas, o te echan», dice una.


      https://www.elespanol.com/reportajes/20180518/jornaleras-esclavas-sexuales-campos-huelva-verdad-oculta/308220340_0.html
      #esclavage_sexuel #esclavage_moderne #prostitution #viols

    • Exploitation salariale et sexuelle dans la récolte des fraises en #Andalousie

      Pour protéger les #saisonnières_marocaines, il faudrait assurer leur #égalité_de_droit avec le reste des travailleurs et travailleuses et c’est justement ce que le #programme_de_migration_temporaire empêche, en articulant intentionnellement les rapports de sexe, les asymétries de classe, et la précarisation juridique des étrangers.


      https://blogs.mediapart.fr/juana-moreno-nieto-emmanuelle-hellio/blog/050718/exploitation-salariale-et-sexuelle-dans-la-recolte-des-fraises-en-an
      #exploitation_sexuelle #viols #Espagne #saisonniers #saisonnières #travail_saisonnier #discriminations

    • Le goût amer des fraises d’Espagne

      Depuis 2006, des milliers de Marocaines passent trois à cinq mois à trimer dans les plantations de Huelva, où elles sont souvent exploitées voire harcelées. Celles qui témoignent craignent pourtant de perdre un revenu indispensable.

      Les ferrys en provenance de Tarifa défilent dans le port blanc de Tanger, aux pieds de l’ancienne médina. Venus d’Espagne, les touristes descendent en minishort, casquette sur la tête et valises à roulettes à bout de bras. Dix minutes plus tard, une cinquantaine de Marocaines, vêtues de djellabas et de foulards de couleur, débarquent avec des montagnes de bagages et de grands sacs à carreaux remplis de vêtements, couvertures, appareils électroniques et chocolats.

      Pendant leurs trois à cinq mois passés en Espagne, ces femmes ont cueilli des fraises, « l’or rouge » de Huelva (sud-ouest), loin de leurs familles. « Chaque jour, sauf le dimanche, pendant six heures et demie, on porte les cagettes, on y met les fraises que l’on a cueillies, puis on les ramène au frigo », explique Hayat, Marocaine de 42 ans qui laisse depuis onze ans ses deux enfants chez leur père le temps de son contrat en Espagne. « J’ai le même chef depuis 2007. Il est correct et nous paie à temps », affirme l’ouvrière agricole, qui revient au Maroc avec 34 000à 39 000 dihrams en poche, soit entre 3 100 et 3 600 euros pour la période. Un salaire conséquent pour cette femme de la campagne d’Agadir, où elle a l’habitude de ramasser des légumes pour 55 dirhams (5 euros) par jour.

      Pour gagner cette somme, nécessaire à leur subsistance, les 17 000 saisonnières recrutées cette année, toutes mères de famille de la campagne marocaine, ont dû trimer. Epuisées par la cueillette, elles dorment à six dans la même chambre d’un préfabriqué fourni par l’employeur. « Nous achetons ce que nous mettons dans notre ventre », résume Hayat, qui dit porter trois à quatre cagettes de 5 kilos en même temps. « C’est tellement lourd », se plaint l’une d’entre elles en montrant ses poignets lacérés. D’autres femmes ont mal au dos à force d’être courbées toute la journée. « Heureusement, nous avons des réductions sur les frais de médecins et de pharmacie », assure Hayat. Encore faut-il que les saisonnières soient au courant et fassent les démarches pour profiter de leurs droits dans un pays où elles ne maîtrisent pas la langue.
      « Tout était faux »

      Début juin, dix saisonnières ont osé parler de harcèlement et d’agressions sexuelles. Révoltée, l’une d’entre elles, Fatiha (1), raconte sa désillusion depuis l’Espagne, où elle attend le procès. « On nous a vendu un rêve : quinze jours de formation, 37 à 40 euros par jour, un bon logement… A l’arrivée, tout cela était faux », s’énerve cette Marocaine de 34 ans, recrutée pour la première fois. Depuis qu’elle a témoigné, son mari a demandé le divorce. La plupart des saisonnières ne se risquent pas à parler, de peur de ne pas être rappelées l’année suivante. Certaines évoquent timidement des cas de harcèlement au travail. « Le pointage quotidien des caisses ramenées est stressant. Les chefs râlent et sont parfois irrespectueux. Ils nous mettent beaucoup de pression pour travailler vite. Si on ne remplit pas l’objectif de productivité par jour, ils nous renvoient à la maison », décrit Amina, mère de famille qui fait l’aller-retour depuis 2007. « Au début, les chefs nous ont dérangées. Mais nous avons été patientes car nous avons des enfants à nourrir. Maintenant, ils nous laissent tranquilles », explique l’ouvrière de 37 ans.

      Au lendemain de leur dernier jour de travail, les femmes qui arrivent à Tanger en milieu d’après-midi ont hâte de rentrer chez elles. « Je prends le bus directement pour Agadir », lance Amina en traînant ses valises le plus vite possible. Le visage encadré par son voile blanc, les traits tirés, elle doit encore passer la nuit dans le bus pour retrouver son fils et sa fille qu’elle n’a pas vus depuis cinq mois.« J’ai l’habitude que mes enfants me manquent », glisse Khadija (1), une autre travailleuse des fraises, d’un ton amer.

      Etre mère d’un enfant de moins de 18 ans est l’un des critères fixés par l’Anapec, l’agence marocaine de l’emploi qui gère le recrutement. Une façon de s’assurer qu’elles rentrent au pays une fois leur contrat terminé. Seules les femmes qui viennent aussi de milieu rural et qui ont entre 18 et 45 ans peuvent postuler dans le cadre de la convention bilatérale, dite « win-win », signée par le Maroc et l’Espagne en 2006.

      « Des femmes dociles »

      D’un côté, ce programme de « migration circulaire » répond aux besoins économiques espagnols et permet à l’Union européenne de contrôler les flux migratoires. De l’autre, il apporte des devises et participe au développement du Maroc. La première année, 1 800 femmes ont été envoyées dans les champs de fraises espagnols, avec un taux de fuite de 50 %. Sur les 17 000 ouvrières de 2009, 4,5 % ne sont pas retournées au Maroc.

      Après un creux à 2 100 femmes lors de la crise économique espagnole, leur nombre a redécollé cette année, selon Chadia Arab, géographe chargée de recherche au CNRS et auteure de Dames de fraises, doigts de fée (2018, En toutes lettres). « Ce programme est déséquilibré. S’il soutient financièrement des femmes vulnérables, souvent analphabètes, pas une seule n’a été accompagnée pour créer son entreprise au Maroc, constate la chercheuse, qui a vu défiler les cas de harcèlement au travail pendant son enquête. Ce système veut des femmes dociles, rentables, peu chères, malléables et silencieuses. Elles se taisent et s’adaptent aux exigences des patrons afin d’être sûres de retravailler l’année suivante. » Et d’ajouter : « Tous les employeurs ne respectent pas le contrat. Certains ont installé des caméras de surveillance, d’autres ne garantissent pas le transport pour faire les courses, ni de logements salubres ou des jours de formation. »

      Des dérapages sûrement dus à la disparition, en 2012, des médiateurs de la Fondation pour les travailleurs étrangers à Huelva (Futeh) qui venaient contrôler sur le terrain. L’affaire des plaintes à Huelva a mobilisé les associations marocaines et espagnoles. « Nous allons ouvrir ce dossier et demander au gouvernement marocain l’amélioration des conditions de recrutement et de travail, comme l’accès à des congés, au chômage et à une assurance », revendique la présidente de la Fédération marocaine des ligues des droits des femmes, Latifa Bouchoua. Même sans ces améliorations, les « dames des fraises » souhaitent retourner en Espagne l’année prochaine. « Comme au Maroc, le travail est dur. Mais ici, il est bien payé », tranche Amina.


      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/04/le-gout-amer-des-fraises-d-espagne_1664190

    • Contrataciones en origen y el monocultivo global de la fresa

      Proteger a estas mujeres exige asegurar su igualdad de derechos con el resto de trabajadores y trabajadoras, que es justamente lo que el programa de contratación en origen impide, articulando desigualdades de género, clase, origen y precarización jurídica, así como cuestionar el modelo productivo de la fresa.

      Las insostenibiilidades del actual sistema agroalimentario son múltiples y generalmente las relacionamos con su impacto medioambiental, sus efectos nocivos sobre la salud o la destrucción de las producciones y modos de vida campesinos. No obstante, las violencias que se ejercen sobre la mano de obra que trabaja en condiciones de gran precariedad en los campos de la agricultura global forman parte estructural de este sistema aunque queden, a menudo, invisibilizadas.

      Estas últimas semanas, hemos visto romperse el pacto de silencio existente en torno a las condiciones de vida y trabajo de las temporeras extranjeras en el sector de la fresa en Huelva. La publicación a finales de abril de un reportaje denunciando las violaciones y abusos sexuales sufridos por trabajadoras marroquíes del sector ponía en el punto de mira el sistema de contrataciones en origen, erigido durante años como modelo ejemplar de «migración ordenada» por las instituciones españolas, marroquíes y europeas.

      A principios de junio, unas cien jornaleras marroquíes, apoyadas por el SAT (Sindicato Andaluz de Trabajadores), intentaron denunciar en los juzgados incumplimientos del contrato y abusos sexuales en una empresa de Almonte. En solo dos días, el empleador organiza el retorno del conjunto de trabajadoras de su finca a Marruecos, aún cuando sus contratos no habían finalizado. El objetivo, evitar que pudieran ratificar sus denuncias ante la inspección de trabajo el lunes siguiente. Sin embargo, una parte importante de las trabajadoras resiste y se niega a embarcar en los autobuses. Las redes sociales y medios locales retransmiten lo que está ocurriendo y se logra detener el traslado de las trabajadoras al puerto de Algeciras.

      Esta situación, en la que ante una tentativa de denuncia las trabajadores son "devueltas” a Marruecos ilustra especialmente bien la tendencia autoritaria del mercado de trabajo en el sector fresero y del sistema de contrataciones en origen que lo organiza.

      Como en ocasiones anteriores, las asociaciones de productores denuncian una campaña de desprestigio contra el sector, minimizan lo que consideran “prácticas aisladas” de ciertos individuos e incluso basculan la responsabilidad sobre las propias víctimas, acusándolas de mentir y relacionándolas con la prostitución.

      En estos fértiles terrenos para los estereotipos sexistas y racistas (Martin Díaz 2002), nos parece muy importante insistir en que no se trata de hechos aislados ni fortuitos, sino que el programa de contratación en origen desarrollado para responder a las necesidades del monocultivo de fresa, es la causa principal de la vulnerabilidad de estas temporeras frente a todo tipo de abusos. Es el régimen migratorio, puesto al servicio del capitalismo agroalimentario global y su alianza con el patriarcado y el racismo, lo que explica la situación de las jornaleras marroquíes en la agricultura onubense.

      La provincia de Huelva es la principal zona de producción de fresas extra-tempranas en Europa. Su vocación exportadora y la utilización de todo tipo de insumos (variedades patentadas de fresas, plásticos para invernaderos, agroquímicos...) insertan al sector en una cadena agroalimentaria dominada por las grandes empresas transnacionales que producen los insumos agrícolas y controlan la distribución de la fruta en los mercados europeos, acumulando la mayor parte de los beneficios. La dependencia de los productores agrícolas frente a estos actores globales, junto a la gran cantidad de mano de obra necesaria para recolectar la fresa, hacen que el mantenimiento del costo del trabajo a la baja constituya una estrategia fundamental para los productores a fin de asegurar la rentabilidad del sector y aumentar el margen de beneficios.

      En este contexto de búsqueda de una mano de obra flexible, barata y que no se organice para exigir mejoras laborales, debe entenderse la instauración de un sistema de contrataciones en origen totalmente feminizado desde el año 2000. A partir de 2006, se institucionaliza el programa de contrataciones con Marruecos que contará con cuantiosas subvenciones de la Unión Europea, y ello a pesar de su dimensión utilitarista, la precariedad laboral y jurídica que impone a las trabajadoras y el carácter sexista de la selección.

      En efecto, al Estado español y a la Comisión Europea poco ha parecido importarles el carácter discriminatorio que establece la contratación de mujeres pobres con hijos menos de 14 años a su cargo para garantizar el retorno a su país de origen al final de la campaña.

      Además, el sistema de contrataciones en origen establece una cautividad jurídica y material sobre las temporeras que constituye la base de su desprotección. Primero, porque los permisos de residencia y trabajo de estas trabajadoras están vinculados a un territorio, a un sector de actividad y a un empleador concreto, lo que supone que las temporeras no tienen derecho a cambiar de trabajo. Igualmente, su retorno la temporada siguiente depende de la voluntad del empleador. Ello instituye una dependencia absoluta de las trabajadoras ante el empresariado y reduce enormemente su capacidad para negociar las condiciones laborales o denunciar cualquier forma de abuso pues si pierden o renuncian a sus empleos, ya de por si valiosos debido a la diferencia salarial existente con Marruecos (equivalente a 6,3 euros por jornal) pierden, además, el derecho a trabajar legalmente en el Estado español. Las alternativas para aquellas que no acepten las condiciones ofertadas son claras y poco alentadoras, quedarse de manera irregular en el Estado español o regresar a Marruecos sin posibilidad de volver a acceder a un contrato.

      Segundo, porque el hecho de que las temporeras residan en las fincas agrícolas permite ejercer un control sobre la vida privada de las temporeras, como muestra el hecho de que estas trabajadoras vean a menudo limitadas sus salidas nocturnas a fin de garantizar su productividad en el trabajo o que se les lleguen a retener los pasaportes para evitar lo que en el sector se consideran “fugas”, es decir, el abandono del programa. Asimismo, este modelo residencial dificulta su contacto con la población local y el aprendizaje del español, vías fundamentales para hacer valer sus derechos. En contraste, este sistema resulta de gran utilidad para los productores pues les permite de poseer trabajadoras “en stock” y ajustar diariamente el tamaño de su plantilla a las necesidades del cultivo.

      Por todo esto, para proteger a estas mujeres se hace imprescindible asegurar su igualdad de derechos con el resto de trabajadores y trabajadoras, que es justamente lo que el programa de contratación en origen impide, articulando desigualdades de género, clase, origen y precarización jurídica, así como cuestionar el modelo productivo de la fresa, paradigmático de una agricultura globalizada, que induce a que los eslabones más débiles de la cadena, las trabajadoras, carguen con todas las insostenibilidades y violencias de un sistema que beneficia al gran capital y sus alianzas patriarcales.

      https://www.eldiario.es/ultima-llamada/Contrataciones-origen-monocultivo-global-fresa_6_786781317.html

    • Les femmes de #Huelva se mobilisent contre l’exploitation sociale et sexuelle dans les champs de fraises

      Dimanche 19 juin, plus de 2000 personnes ont manifesté à Huelva au cri de Fresas si, pero con derechos (« des fraises : oui. Mais avec des droits ! »). Cette irruption des travailleuses fait suite aux révélation et dénonciations récentes (mais malheureusement pas nouvelles) des viols et des abus sexuels – mais plus largement des mauvaises conditions de travail – que les travailleuses marocaines venues ici pour la récolte des fruits rouges endurent. Durant la manifestation, un système en particulier était dénoncé : le recrutement en origine et la manière dont il organise la vulnérabilité sociale et sexuelle des travailleuses.

      Les conditions de vie et de travail des femmes migrantes marocaines dans les champs de fruits rouges à Huelva sont connues – parfois dénoncées – depuis au moins 10 ans. C’est donc moins les nouvelles révélations par deux journaux allemands sur les « viols dans les champs » que la mobilisation forte des femmes qui a suivie qui explique le fort écho médiatique qu’ont pris ces faits les dernières semaines. Motivées notamment par des plaintes déposées auprès de la justice espagnole dans un contexte où ce n’est pas la norme, mais aussi par la libération de la parole des femmes en Espagne (mouvements #cuéntalo et #yosítecreo), celles-ci ont donc défilé dimanche dernier pour exprimer leur soutien aux travailleuses migrantes marocaines et critiquer plus largement le système d’exploitation des étranger·ère·s qui sous-tend la production de fruits rouges dans la région.
      Depuis les années 1990 en effet, l’économie et l’espace de la région de Huelva s’organisent autour de la production de fruits rouges destinés à l’exportation – des fraises notamment, mais aussi des framboises, des mûres et des myrtilles. On compte aujourd’hui, pour les seules fraises, 7000 ha de serres et plus de 300 000 tonnes exportées chaque année. Or, pour pouvoir produire aux prix les plus bas et être compétitifs à l’exportation, la région dépend, depuis les années 2000 de l’importation périodique d’une main d’œuvre migrante flexible et à bas prix, provenant aujourd’hui principalement du Maroc . Comme le souligne José Antonio Brazo Regalado, responsable du SAT a Huelva, cette production se base donc sur une précarisation de la main d’œuvre, qui elle-même se fonde sur une triple discrimination : être ouvrière, être femme, être migrante.

      « Dans ce système, le journalier est déchiqueté. La journalière encore plus, et la migrante, encore davantage » José Antonio Brazo Regalado

      « Des fraises oui, mais avec des droits ! »

      Le 19 juin, la manifestation organisée par le SAT a ainsi rassemblé plus de 2000 personnes, dont de nombreuses femmes rassemblées en tête du cortège et alternant slogans féministes, en faveur de l’ouverture des frontières, et contre les violences sexuelles. Outre le SAT, le mouvement du 8M était aussi présent en nombre ainsi que de nombreuses personnes simplement solidaires après les dénonciations récentes. La manifestation rassemblait aussi plusieurs journalières espagnoles et marocaines. Preuve des dommages en cascade du patriarcat, plusieurs marocaines marchaient le visage caché par un foulard pour ne pas pouvoir être reconnues par leur famille. Au moins l’une d’entre elle ayant été reniée par son mari (resté au Maroc) à la suite de la diffusion d’images la montrant dénonçant les violences sexuelles subies.

      C’est une enquête de deux médias allemands, Correctiv et Buzzfeed qui a récemment rappelé les coulisses des fraises de Huelva. En rencontrant plusieurs travailleuses de la région, les journalistes ont pu en exposer le coût social. Dénonçant les « viols dans les champs », les journalistes insistaient notamment sur le fait qu’alors que tout le monde « a entendu » parler de la situation (et que par exemple, le taux d’avortement de la région de Palos de la Frontera monte en flèche durant la saison de récolte), ce problème est tu et que le travail des organisations syndicales et associatives présentes pour prévenir les viols et poursuivre les violeurs est quasi-inexistant. Et les procès très rares. Cette fois-ci les choses ont été différentes. À partir de fin mai, les paroles se sont libérées et une, puis plusieurs plaintes, ont été déposées dans différentes entreprises, par des femmes (marocaines et espagnoles) pour dénoncer les violences sexuelles que leur font subir les chefs et les contremaitres. Avec l’aide du SAT, d’autres plaintes ont aussi été déposées pour dénoncer, de manière plus générale, les conditions de travail et le harcèlement professionnel constant que subissent ces travailleuses durant la récolte. Derrière ces dénonciations, une cible particulière : le système de « recrutement en origine » qui organise depuis le début des années 2000 le travail temporaire agricole à Huelva.
      Organiser la vulnérabilité des femmes au profit des entreprises

      Les contrats en origine sont l’un des piliers de la production industrielle de fruits rouges d’exportation andalouse. Chaque année à Huelva, aux côtés des journalier·ère·s espagnoles et des migrant·e·s sans-papiers se déplaçant avec leur valise au fil des récoltes espagnoles[1], on trouve depuis 2001 plusieurs milliers de travailleur·euse·s migrant·e·s (notamment Marocaines) recruté·e·s à travers ce système. Cette année, le SAT explique qu’il y a 15 000 contrats en origine sur les 70 000 personnes travaillant à la récolte à Huelva. Pourtant, malgré les discours sur les migrations « éthiques » ou « ordonnées » qui justifient ce système (qui a inspiré l’UE dans sa gestion des migrations temporaires de travail et des migrations circulaires), les épisodes récents montrent une nouvelle fois que ces contrats, visant à fournir une main d’œuvre docile et peu chère à l’industrie, construisent la vulnérabilité des travailleuses. Comme l’ont montré différentes chercheuses[2] (dont l’une d’elle, Chadia Arab, a d’ailleurs récemment publié une tribune sur le sujet) le contrat en origine permet de s’assurer de la disponibilité de la main d’œuvre au plus bas prix tout en s’assurant que celle-ci ne restera pas.

      Au plus bas prix d’abord car l’ensemble du système favorise la vulnérabilité et l’acceptation de conditions de travail difficiles. Disséminées dans les champs de fraises, et logées par l’employeur sur les parcelles, il est très difficile pour les femmes de s’organiser ou de rencontrer des acteurs externes et ainsi de sortir de leur dépendance au contremaître. De plus, comme les contrats sont nominatifs (et assortis d’une période d’essai de 10 jours), les travailleuses sont incitées à la docilité sous peine d’être licenciées (alors que – bien que le transport soit supposément à la charge de l’employeur – elles ont parfois engagé des frais pour venir), de se voir proposer moins de journées de travail, ou de ne pouvoir être réembauchées l’année suivante… Enfin, alors que les travailleuses ne touchent en moyenne que 36€ pour une journée de travail selon le SAT (au lieu des 40,36€ prévus par la convention collective – déjà très basse), il arrive aussi que celles-ci ne soient payées en entier que le jour de leur départ.

      C’est l’autre versant du contrat en origine : le séjour des travailleuses est conditionné au travail, et tout est fait pour s’assurer qu’elles ne resteront pas. D’abord, le retour est compris dans le contrat (qui lui même ne peut être fait qu’en origine) et conditionne les potentielles réembauches la saison suivante. Ensuite, pour diminuer les risques de « fugue », les employeurs embauchent des marocaines originaires de régions rurales (donc souvent peu éduquées) et avec au moins un enfant mineur – et donc des attaches fortes – au Maroc. Le critère de genre se fonde ainsi à la fois sur un stéréotype naturaliste (les femmes seraient plus délicates[3]) et sur un calcul stratégique cynique (les mères retourneront vers leurs enfants).

      Des femmes forcées à monter dans les bus pour empêcher leurs témoignages

      Les principales organisations de producteur et de syndicats ont donc beau jeu de répondre que les viols doivent certes être évités, mais qu’ils ne sont pas représentatifs de la réalité des champs de fraises et qu’ils ne seraient que « des cas très isolés », ou de rendre obligatoire des formations sur les enjeux de genre pour les chefs et contremaîtres (même si c’est sans doute utile). La question en réalité n’est pas vraiment de savoir combien de pourcents de femmes sont violées dans les champs chaque année (d’abord parce que c’est toujours trop), elle est plutôt de comprendre que le dispositif du recrutement en origine ainsi construit permet et facilite les violences sexuelles et les violations des droits des travailleuses migrantes. De manière plus générale, cette recherche d’un « travail sans le travailleur »[4] qui fait de ce dernier un simple facteur de production que l’on pourrait mobiliser temporairement, à volonté, avant de le remettre « à sa place », ne peut se faire qu’au prix d’une mise en danger des droits de celui-ci.

      Un dernier épisode a participé à la vigueur de la mobilisation et est ainsi symptomatique de la manière dont ce dispositif porte en lui la vulnérabilité de celles qu’il vise. Alors que le SAT avait coordonné une plainte de plus de 100 travailleuses de l’entreprise Doñana1998 (Almonte) pour harcèlement professionnel et pour dénoncer leurs conditions de vie, l’entreprise s’est retournée contre les quelques 400 travailleuses et a tenté de les faire rentrer au Maroc au plus vite, les faisant monter dans des bus de retour en arguant officiellement de la fin de la saison… Une mobilisation rapide du SAT devant l’inspection du travail a permis de prévenir que celles-ci soient effectivement renvoyées au Maroc, et de dénoncer la séquestration et l’expulsion forcée de ces femmes visant à empêcher leur témoignage. On voit bien là encore comment le retour « inclus » (et forcé) dans le contrat renforce là encore la vulnérabilité des travailleuses importées…


      https://medialibre.info/echanges-partenariats/les-femmes-de-huelva-se-mobilisent-contre-lexploitation-sociale-et-sexu

      #résistance #manifestation #solidarité

    • « La fraise est dure, mais la liberté est douce ». L’expérience migratoire des saisonnières marocaines en Espagne

      Comment se déroulent l’arrivée et le séjour des migrants temporaires ? Comment se vit cette condition de migrant provisoire, la condition de #guest_worker selon la terminologie en vigueur, invité à travailler mais à ne pas s’installer dans la société d’accueil ? Nous verrons à partir d’un cas très particulier, celui des saisonnières marocaines recrutées pour la production de la fraise dans la province de #Huelva en Espagne, que le vécu de cette migration est marqué par une certaine ambivalence. Les ouvrières dont il est question ici sont recrutées pour des courtes durées. Pour garantir leur retour au pays, une fois la saison finie, on choisit des mères de jeunes enfants.

      https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2013-4-page-59.htm
      cc @isskein

    • DES FEMMES MAROCAINE DANS LES CHAMPS DE FRAISE

      Dans l’émission de ce jour , des histoires multiples, celles d’ouvrières agricoles marocaines venues travailler pour la récolte des fraises en Espagne, dans la province de Huelva. Et comme illustration de cette situation , une soirée de rencontre avec Chadia Arab auteure de Dames de fraises, doigts de fée:Les invisibles de la migration saisonnière en Espagne , se tenait ce 4 Octobre à la librairie scop Envie de lire à Ivry-sur-Seine.Bonne écoute !

      https://actualitedesluttes.info/?p=3668
      http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2018/10/181019.mp3

    • Dames de fraises, doigts de fée, les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne

      À la fin des années 2000, des milliers de Marocaines sont parties travailler à la cueillette des fraises dans la province de Huelva, en Espagne. Recrutées directement au Maroc par des contrats saisonniers, ces Dames de fraises sont choisies pour la précarité de leur situation et parce qu’elles laissent des enfants qui les contraindront à revenir.

      Chadia Arab, géographe et chercheuse au CNRS, analyse les rouages de ce programme de migration circulaire, pensé pour répondre aux besoins de main-d’œuvre et réguler les flux migratoires entre le Maroc et l’Union européenne, mais dont les femmes sont les grandes oubliées.


      http://www.etlettres.com/livre/dames-de-fraises-doigts-de-fee-les-invisibles-de-la-migration-saisonniere
      #livre #Chadia_Arab


  • #Campobello_di_Mazara: lavoro agricolo precario e discriminazione

    Una delle tappe più importanti del circuito del lavoro stagionale in Sicilia è sicuramente Campobello di Mazara. Ogni anno tra settembre e dicembre arrivano fino a 1300 braccianti, la maggior parte di origine subsahariana, per lavorare nella raccolta delle olive. La situazione è complessa: mentre fino all’inizio del fenomeno tutti i lavoratori si accampavano in una contrada fuori città, chiamata #Erbe_Bianche, dal 2014 invece si è aggiunto lo spazio intorno a un ex oleificio confiscato alla mafia.


    http://siciliamigranti.blogspot.fr/2017/09/campobello-di-mazara-lavoro-agricolo.html

    #olives #agriculture #exploitation #travail #Italie #saisonniers #migrations #asile #réfugiés #Sicile


  • SARETE VOI PADRONI AD EMIGRARE ...MA DA TUTTO IL MONDO

    Quel giorno che so’ andato a Settentrione
    l’hai maledetto sempre, o moglie mia;
    è stato per la disoccupazione
    che ho dovuto lasciare la terra mia.

    La Svizzera ci accoglie a braccia chiuse,
    ci mette il pane duro dentro in bocca;
    tre anni l’ho inghiottito questo pane,
    tre anni carcerato alle baracche.

    Lo sfruttamento è calcolato bene,
    ci carica fatica ogni minuto;
    è un orologio di gran precisione.
    la Svizzera cammina col nostro fiato.

    Padroni dell’Italia e dell’Europa
    l’uno all’altro stretti son legati,
    mentre che i sindacati traditori
    vogliono separare gli sfruttati.

    Sono tornato a maggio per il voto,
    ma non ha vinto il proletariato,
    perché finché ci sono le elezioni
    vincono i ruffiani e i padroni.

    Ma noi ci organizziamo per lottare
    e per unirci a tutti i proletari;
    sarete voi padroni ad emigrare,
    ad emigrare ma da tutto il mondo.

    Canzoniere del Proletariato
    di Alberto D’Amico
    Anno: 1971
    https://www.youtube.com/watch?v=O3t8UP1RANs

    #chanson #musique #saisonniers #migrations #Italie #Suisse




  • Les enfants du placard - rts.ch - émissions - temps présent - immigration

    La Suisse avait imposé aux travailleurs saisonniers un régime « sans famille ». Leurs enfants devaient rester au pays, année après année. Certains de ces saisonniers ont bravé la loi. Leurs enfants se sont alors cachés en Suisse, sans droit à l’école. Si ils naissaient en Suisse, ces enfants devaient quitter le pays ou alors être placés. Aujourd’hui ils racontent... Des drames de l’enfance parfois cicatrisés mais qui résonnent avec la situation actuelle. Jeudi 19 novembre à 20:30

    Les saisonniers ont aidé la Suisse moderne à construire ses ponts, ses tunnels et une partie de sa richesse. De 1945 à l’an 2002, Berne a délivré plus de 6 millions de ces permis « A ». Mais la Suisse interdisait en même temps le regroupement familial à ces centaines de milliers d’italiens, d’espagnols et de portugais. Certains parents bravèrent pourtant la loi... cachant leur enfant derrière des volets fermés. Dans les années 60 on parlait « d’enfants du placard ». Que sont-ils devenus ? Comment ont-ils grandi privés d’enfance, de liberté et de scolarité ? Et comment s’est conquis le droit à l’éducation pour tous ? Certains s’en sont bien tirés : ils possèdent aujourd’hui le passeport à croix-blanche et parlent le français ou le « #Schwyzertütsch » sans accent. Mais il demeure que la Suisse a attendu 1991 avant de leur ouvrir la porte des écoles publiques et 2002 pour abolir officiellement le statut de saisonnier. Aujourd’hui ces enfants d’alors racontent.

    Carmela Cimini a vécu 18 mois sans voir le village où se trouvait sa chambre. Francisco a été renvoyé de Suisse à l’âge de 13 ans de la Chaux-de-Fonds, « comme un criminel ». Et Maria di Buchianico revient pour la première fois à l’orphelinat de Soleure où il lui a fallu placer à la naissance sa propre fille née en Suisse. Ces drames de l’enfance ont permis de toucher certain « justes ». Dès les années 70 des écoles clandestines se sont ouvertes - notamment à Neuchâtel et à Genève - et peu à peu la notion du droit universel à l’éducation fait son chemin. En 1990, le conseiller d’Etat neuchâtelois Jean Cavadini fait finalement sauter le verrou. Les enfants sans statut légal sont admis dans les écoles neuchâteloises. Un droit fragile mais acquis en Suisse aujourd’hui dans la plupart des cantons, si ce n’est pour les enfants de parents au bénéfice de « l’aide d’urgence » notamment dans le canton de Berne (voir Temps Présent « La machine fédérale contre l’ #immigration » du 22 octobre 2009).

    Rediffusion le vendredi 20 novembre 2009 à 00h40 et le lundi 23 novembre 2009 à 10h10 et 14h15 sur TSR2.
    Générique

    Un reportage de Raphaël Engel Image : Claude Paccaud Son : Benoît Crettenand Montage : Valérie Weyer

    http://www.rts.ch/emissions/temps-present/immigration/1255199-les-enfants-du-placard.html
    http://www.rts.ch/2010/06/01/12/03/1255197.image?w=320&h=180

    #suisse #migration #saisonnier
    #enfants_du_placard @cdb_77



  • Working far from home – a photo essay
    http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2016/apr/14/working-far-away-migrant-workers-a-photo-essay

    These migrant workers travel wherever they can find employment. Some just for a season before returning home, others from city to city or country to country constantly looking for work. The photojournalist Irving Villegas has been documenting the lives of seasonal workers in different countries


    Dembei, a young Senegalese worker, beats olives down from the tree with a branch. He has worked for the same landowner for eight years. After this harvest, almost everyone will go to Huelva, also in Andalucía, for the start of the the strawberry season
    #migrants #saisonniers #photographie


  • Chaque année des saisonniers crèvent dans leurs camions

    2010 :
    http://www.chamonix.net/francais/actualite/2010-12-22.htm

    On recense une quarantaine de saisonniers vivant dans leur camion. Ils sont installés au parking du Grépon, à côté du tremplin de saut et sont cette année peut-être un peu plus visible que les autres années.

    Le maire de Chamonix s’est expliqué lundi soir en conseil municipal sur le choix de la commune, de gérer ces travailleurs plutôt que de les laisser s’installer n’importe où sur la commune.

    Mais pour l’an prochain, un autre terrain d’accueil est à l’étude.

    2013

    Le 3 janvier, un salarié des remontées mécaniques et sa compagne ont péri dans l’incendie 
du camion qui leur servait de domicile. 
Au début de la saison, les autorités locales 
avaient contraint 
les jeunes routards 
comme eux 
à s’installer sur 
un sentier forestier, 
sans eau, ni électricité, 
afin de ne pas gâcher le paysage.

    2016

    Deux saisonniers âgés de 20 et 30 ans ont été retrouvés morts à l’intérieur de leur camion ce mercredi en Haute-Savoie par des collègues venus leur rendre visite. Le couple pourrait avoir été intoxiqué au monoxyde de carbone.

    #saisonniers #exploitation_humaine #travail #mort #accidents_du_travail #honte #logement #guerre_aux_pauvres



  • Une négociation #UNEDIC sous de mauvais auspices - Forum social des #saisonniers - Politis
    http://www.politis.fr/Une-negociation-UNEDIc-sous-de,25325.html

    … en 10 ans les #CDD de moins d’une semaine ont progressé de 80%. Ceux de moins d’un mois de 120%. Ceux là passent au travers des mailles du filet d’une #indemnisation qui ne s’est pas ajustée à la durée réelle des contrats. Seulement 4/10 sont indemnisable. (…) Il n’y a pas, il n’y aura pas sauf à changer d’ère de la politique un emploi pour chacun.

    • Peut-on réformer l’assurance-chômage ? Une vidéo avec le journaliste chargé de l’emploi au Monde :
    http://www.lemonde.fr/emploi/video/2014/01/20/peut-on-reformer-l-assurance-chomage_4351036_1698637.html

    • Unedic, protection sociale : il est urgent de se mobiliser !
    http://sud-culture.org/expressions/spip.php?article1662

    • Cazeneuve veut améliorer l’efficacité du RSA et de la prime pour l’emploi

    Dans le cadre du plan pluriannuel contre la #pauvreté, le gouvernement s’était engagé à réformer ces deux dispositifs d’aide aux travailleurs modestes, jugés peu efficaces : le #RSA"activité" (un complément aux petits salaires) et la #Prime_pour_l'emploi (un crédit d’impôt).

    Un rapport du député PS Christophe Sirugue avait proposé en juillet de remplacer ces deux prestations par une « prime d’activité », mais le gouvernement avait invoqué des délais trop courts pour l’inscrire dans le #budget 2014.

    http://www.challenges.fr/economie/20140119.CHA9371/cazeneuve-veut-ameliorer-l-efficacite-du-rsa-et-de-la-prime-pour-l-emploi

    Améliorer le RSA ? Voilà un extrait d’une des analyses de ce dispositif rédigée lors de son instauration :

    Partout on ressassait qu’il allait bien falloir se serrer la ceinture : travailler plus pour simplement survivre. Minima réduits, allocs sous conditions, salaires bloqués et retraites retardées, la crise, nous connaissons. Et voilà que celle-ci n’est plus simplement le signe qui régit nos vies, voilà que la crise atteint de plein fouet le capitalisme, voilà que le fleuve tranquille de la valorisation connaît lui aussi les tsunamis répétés de l’incertitude.

    Avec ce tournant, il se vérifie que cette société - celle-là même dont on serinait qu’elle était trop menacée par les déficits publics pour devoir à ses membres quelque chose plutôt que rien, celle-là même qui nous assignait à la dette, financière, temporelle et morale - voilà que cette société donc est en mesure d’arroser d’une pluie mondiale de milliards, les banques, les compagnies d’assurances et le secteur immobilier. Cette accélération de l’histoire aura au moins eu pour effet de remettre quelques pendules à leur place.

    Si la pratique a infligé sa leçon, le discours officiel, pour sa part, à quelques tremolos sur la régulation des affaires et l’éthique des entreprises près, paraît inébranlable : la dignité de qui n’est pas une banque doit continuer de passer par l’étroit chenal du travail salarié . Il faudrait donc accepter n’importe quelle offre « raisonnable » d’emploi sous peine de radiation et suppression de revenu, subir la suspicion des départements et les intrusions de la CAF en dépendant du RSA, avoir capitalisé des droits et être un artiste de l’entreprenariat de soi pour ouvrir droit au chômage, souscrire à l’obligation de s’activer que la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC en un Pôle emploi doit conforter, bref, vouloir « gagner plus » et se soumettre pour un minimum.

    Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4124

    2007 : Zut ! Zut ! Nous voulons des golden parachutes. Occupation de l’UNEDIC
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=3387

    Mercredi 29 janvier à 18h, réunion pour les droits des chômeur-ses et #précaires , à l’appel d’AC !, Bourse du travail, 3, rue du château d’eau, M° République.


  • Liberté sur paroles, « Migrants en milieux ruraux en Europe : les esclaves invisibles de la production intensive et de l’industrie agro-alimentaire » (#Aligre_FM)
    http://www.liberte-expression.fr/migrants-en-milieux-ruraux-en-europe-les-esclaves-invisibles-de-l

    Dans le numéro de juillet de cette émission en partenariat avec la revue Hommes et Migrations, nous allons nous pencher sur les #migrations en milieux ruraux. Ces flux migratoires et les réalités sociales et économiques qui s’y rattachent sont loin d’être un phénomène marginal et ponctuel. L’histoire de l’immigration en France atteste au contraire d’une présence ancienne dans certaines régions comme la Picardie, la région Centre et Midi-Pyrénées par exemple. Un phénomène peu connu et peu étudié parce que resté souvent invisible. De nos jours, les systèmes mis en place par les exploitations agricoles et les entreprises du secteur agro-alimentaire ne peuvent plus se passer de la contribution de migrants saisonniers extrêmement flexibles, qui sont peu rémunérés, mal logés et qui travaillent dans des conditions souvent précaires voire illégales.

    Pour cet aperçu sur les migrations « à la campagne » Chantal Crenn, maître de conférences en anthropologie sociale à l’université de Bordeaux III et co-coordinatrice avec Simona Tersigni du dossier paru par la revue en janvier-mars 2013, nous parle des ouvriers agricoles marocains dans les vignobles bordelais et Romain Filhol, doctorant en géographie à l’université Paris-Est Marne La Vallée analyse comment les travailleurs migrants du Sud de l’Italie sont à la fois instrumentalisés, cibles de l’intolérance mais aussi de solidarités locales. Emmanuelle Hellio, doctorante en sociologie à l’université de Nice (URMIS) évoque le fonctionnement de la « roue saisonnière espagnole ». Yohanne Lamoulère, photographe indépendante, nous présente son travail photographique, sur ces migrants saisonniers qu’elle a mené dans le sud de la France, près de Marseille, mais aussi au Maroc et en Espagne et qu’elle a démarré en 2000, à une époque où on ne parlait pas encore des mutations du secteur agricole. Enfin Nicolas Duntze, de la Confédération paysanne, aborde la question de la dégradation progressive des conditions de travail de ces migrants, souvent #sans-papiers, rouage incontournable des mutations propres au secteur agricole et qui sont en passe d’être remplacés en Europe par des travailleurs recrutés par des prestations de service international.

    http://www.liberte-expression.fr/emissions/2013/20130701_liberte_sur_paroles_4_hommes%20et%20migrations-rurales-j

    #agriculture #saisonniers #ruralité #précarité #exploitation #audio #radio


  • DOSSIER : LES ESCLAVES NOIRS D’ITALIE
    http://lesbrindherbes.org/2013/05/06/dossier-les-esclaves-noirs-ditalie

    Les fraises du Péloponnèse - et les oranges de Calabre...Retour à Rosarno.

    Ici, les orangers s‘étendent sur plus de 7000 hectares. Les 5000 agriculteurs, qui vendaient autrefois leurs oranges à la Russie ou aux Etats-Unis, doivent désormais accepter les prix fixés par de grosses firmes telles que Coca-Cola par exemple.

    Sans ces travailleurs migrants, la seule alternative est de laisser les fruits pourir à même le sol. Ce qui arrive déjà bien sourvent.

    “Les agriculteurs doivent accepter les prix fixés par l’industrie qui ne veut pas payer plus et c’est ce qui est l’origine de l’exploitation des travailleurs étrangers. Ces travailleurs sont exploités depuis 50 ans, et ils le sont encore aujourd’hui. Avant ils étaient de la région, maintenant ce sont des étrangers”, explique Fabio Mostaccio, sociologue à l’Université de Messine.

    Un coût du travail si faible représente une bouffée d’oxygène pour l‘économie locale, mais rien n’est prévu pour accueillir décemment ces travailleurs étrangers. Aucune politique d’encadrement n’est mise en place. Ils sont comme invisibles.

    Alors, ils tentent de survivre. En février, le camp construit par le gouvernement, a rapidement doublé de volume. Ils étaient plus de 700 à vivre sous des bâches en plastique. Après un violent orage, le maire a quand même dû réagir.

    “J’ai immédiatement demandé de l’aide. J’ai écrit au préfet, au président de la région Calabre. J’ai aussi contacté d’autres institutions. Personne n’a répondu alors je n’ai pas eu d’autre choix que de fermer le camp”, explique Domenico Madafferi, le maire de San Ferdinando.

    Malgré l’urgence humanitaire, il aura fallu deux mois avant que suffisamment de fonds et de ressources soient réunis pour établir un nouveau camp.

    “Nous ne pouvions pas rester dans cette situation cet hiver. Ces tentes ne sont pas adaptées à la météo. Alors nous avons fait un effort supplémentaire et avons décidé de nous servir de tentes utilisées normalement après une catastrophe naturelle”, dit Vittorio Piscitelli, préfet de la région de Calabre.

    Pourtant, deux semaines après cet entretien, le nouveau camp était toujours vide. Le transfert avait bien commencé mais faute d’argent les autorités ont finalement hésité.

    #saisonniers #agriculture #Calabre #mafia #migrants


  • Travailleurs migrants en Grèce : « Un esclavage connu de tous » - Page 2 | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/international/060513/travailleurs-migrants-en-grece-un-esclavage-connu-de-tous?page_article=2

    A propos des fraises de Manolada

    environ la moitié des 1 à 1,2 million d’immigrés que compte la Grèce aujourd’hui sont sans papiers... La part des clandestins a augmenté ces trois dernières années car l’obtention du permis de séjour en Grèce est conditionnée à l’activité : il faut pouvoir justifier sur une année de 200 journées de travail déclaré. Or dans un contexte de récession, le travail se fait plus rare, et le travail déclaré encore plus... Ces dernières années, près de 100 000 immigrés ont ainsi perdu leur permis de séjour – parmi lesquels des Albanais installés en Grèce depuis une vingtaine d’années et dont les enfants sont nés ici...

    #agriculture #Grèce #migrants #saisonniers


  • La Clusaz : la montagne, les saisonniers et la mort - L’Humanité
    http://www.humanite.fr/social-eco/drame-de-la-clusaz-la-mort-attendait-les-jeunes-sa-512857

    Devant la presse, Georges-François Leclerc, le représentant de l’État dans le département, invite à «  tirer les leçons  » de ce qui s’est passé, mais «  avec la tête froide  » : « Je ne prendrai pas de mesures sous le coup de l’émotion, avertit-il, mais dans quelques semaines, nous annoncerons des recommandations générales.  » À quelques pas derrière le préfet, André Vittoz, maire de La Clusaz, se tient immobile au milieu des saisonniers et des proches de Thomas et Margaux  ; il porte une rutilante combinaison de ski bleu-blanc-rouge, siglée France, avec, contre son épaule gauche, sa paire de skis et, dans les mains, ses bâtons chapeautés par ses gants. «  Non mais ce n’est pas vrai, mais quelle indécence  : pendant qu’on honore nos amis, monsieur le maire part faire du ski  », fulmine un des jeunes. Le cortège qui rassemble une centaine de personnes démarre, les cloches de l’église sonnent. Tout le parcours se déroule sans un mot, ni un représentant du village. «  Je regarde, mais vraiment, je ne vois personne de La Clusaz  », admettra, désolé, le seul habitant qui participe à l’hommage, mais qui préfère rester discret. «  De toute façon, ici, les gonzes, il n’y a que le tiroir-caisse qui les intéresse  », dénonce-t-il en mimant un bandit manchot.