• L’idée selon laquelle le #petit_déjeuner est le #repas le plus important vient-elle d’un #lobby ?

    Que ce soit par nos parents ou les publicités, l’affirmation selon laquelle le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée est constamment répétée. Pourtant, encore aujourd’hui, les effets de ce repas sur la santé sont débattus.

    L’idée, très répandue, selon laquelle le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée apparaît la toute première fois au début du XXe siècle, sous la plume de Lenna F. Cooper, dans les pages d’un magazine de santé américain de l’époque nommé #Good_Health.

    « A bien des égards, le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée, car c’est le repas qui nous fait commencer la journée, écrit ainsi cette diététicienne dans les pages du mensuel publié en août 1917. Il ne devrait pas être consommé précipitamment, et toute la famille devrait y participer. Et surtout, il doit être composé d’aliments faciles à digérer, et équilibré de telle façon que les différents éléments qui le composent sont en bonnes proportions. Ça ne devrait pas être un repas lourd, il devrait contenir entre 500 et 700 calories ».

    Le journal dans lequel écrit Lenna F. Cooper n’est pas anodin. Good Health appartient à #John_Harvey_Kellogg, qui en est également le rédacteur en chef. Et Lenna F. Cooper est la protégée du Dr Kellogg.

    Une idée dans l’air du temps

    Cette idée ne sort pas de nulle part. Elle naît avec un changement des habitudes alimentaires au tournant du XXe siècle, alors que les pays occidentaux sont en pleine révolution industrielle, selon Alain Drouard, historien et sociologue de l’alimentation. C’est à cette période que naît le concept de petit-déjeuner tel qu’on le connaît aujourd’hui.

    « Avant cette période, dans les milieux ruraux, bien sûr les personnes avaient des prises alimentaires pour rompre le jeûne de la nuit, mais ce n’était pas ritualisé, explique le professeur Drouard. Les aliments qu’on associe maintenant au petit-déjeuner n’étaient pas encore répandus. »

    On consomme alors le matin ce qu’il restait dans le garde-manger ou les restes du dîner de la veille. Mais alors que de plus en plus de monde quitte la campagne et les champs pour se rendre en ville travailler dans des emplois sédentaires à l’usine ou dans des bureaux, beaucoup de travailleurs commencent à se plaindre d’indigestion. Leur régime est inadapté.

    « A cette même époque, un discours d’inspiration scientifique fleurit. Des médecins commencent à se lever contre l’industrialisation de l’alimentation, aux Etats-Unis comme en France, pour préconiser un retour à une alimentation riche en céréales, et généralement plus saine et naturelle », explique Alain Drouard.

    Le docteur, inventeur et nutritionniste John H. Kellogg est très investi dans cette recherche du meilleur mode de vie possible, ce qu’il appelle « #biologic_living » (« mode de vie biologique »). Directeur du #sanatorium de #Battle_Creek dans le Michigan, il dispense aux personnes aisées des traitements allant de la #luminothérapie à l’#hydrothérapie, selon les principes de #santé (physique et morale) de l’#Eglise_adventiste_du_septième_jour. Il prescrit à ses patients des régimes à base d’aliments fades, faibles en gras et en viande. C’est dans ce contexte-là qu’en 1898, le docteur Kellogg invente les #cornflakes, les pétales à base de farine de maïs, à l’origine un moyen pour lui de combattre l’#indigestion.

    Son frère, #Will_Keith_Kellogg, voit le potentiel commercial dans les cornflakes et en 1907 il décide de la commercialiser pour le grand public. Les #céréales Kellogg’s sont nées. Et le petit-déjeuner, soutenu par les thèses de nutritionnistes comme Kellogg, prend son essor, alors même que les céréales de petit-déjeuner envahissent le marché.

    Il faut toutefois attendre 1968 pour que la #multinationale s’installe en France et y commercialise ses céréales.

    Cent ans après une idée qui persiste via la recherche

    Cent ans après l’affirmation de Lenna F. Cooper, l’idée selon laquelle le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée persiste. Elle est toujours très présente dans le milieu de la recherche en nutrition. De nombreuses études ont été menées depuis cette époque qui lient la prise régulière d’un petit-déjeuner à une bonne santé, à une perte de poids ou même à de plus faibles risques de problèmes cardiaques ou de diabète.

    Mais les méthodes utilisées dans ces recherches ne sont pas toujours très convaincantes. Une étude américaine de 2005 établit par exemple un lien entre le fait de manger un petit-déjeuner et le fait d’avoir un faible #indice_de_masse corporelle (#IMC). Mais il ne s’agit pas ici d’étudier les résultats provoqués par un changement d’habitudes alimentaires. L’étude compare simplement deux groupes aux habitudes différentes. Ce faisant, toutes les variables qui entrent en jeu pour déterminer si la cause du faible ICM est la prise régulière d’un petit-déjeuner, ne sont pas prises en compte. L’étude établit donc une corrélation, un lien entre ces deux facteurs, mais pas un véritable un lien de causalité. De nombreuses études utilisent des méthodes similaires.

    En janvier, une méta-analyse, c’est-à-dire une étude compilant les données de beaucoup d’autres études, a été publiée sur le sujet. Et les chercheurs concluent n’« avoir trouvé aucune preuve soutenant l’idée que la consommation d’un petit-déjeuner promeut la perte de poids. Cela pourrait même avoir l’effet inverse ».

    Tout cela ne veut pas dire que le petit-déjeuner est mauvais pour la santé. Plusieurs recherches ont par exemple prouvé que manger un petit-déjeuner était bénéfique dans le développement de l’enfant. Mais trop de variables entrent en jeu pour pouvoir affirmer que prendre un petit-déjeuner est effectivement une pratique essentielle à notre bonne santé. La définition même de ce qui constitue un petit-déjeuner varie grandement selon les études, car l’heure à laquelle ce repas est pris ou sa composition peut beaucoup changer entre les sujets observés.
    Beaucoup d’études… financées par les géants du secteur

    Il existe un autre problème. « Beaucoup, si ce n’est presque toutes, les études qui démontrent que les personnes qui mangent un petit-déjeuner sont en meilleure santé et maîtrisent mieux leur poids que ceux qui n’en mangent pas sont sponsorisées par Kellogg’s ou d’autres compagnies de céréales », explique la nutritionniste Marion Nestle sur son blog Food Politics.

    Par exemple, une étude française du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) citée en 2017 par Libération, qui soulignait le fait que « le petit-déjeuner est en perte de vitesse, sauf le week-end », était entièrement financée par Kellogg’s. Une revue systématique de 2013 sur les bienfaits du petit-déjeuner pour les enfants et les adolescents, financée par Kellogg’s, relevait que sur les quatorze études qu’ils analysaient, treize avaient été financées par des compagnies de céréales.

    Une autre méta-analyse a été lancée en 2018 par une équipe de recherche internationale, The International Breakfast Research Initiative (Ibri). Composée de chercheurs de plusieurs pays, l’équipe cherche à analyser les différents types de petits-déjeuners et leurs apports en nutriments grâce à des données récoltées dans tous les pays respectifs des chercheurs, dans le but de déterminer des recommandations nutritionnelles précises pour le plus grand nombre.

    Ce travail est financé par le groupe Cereal Partners Worldwide, une coentreprise spécialisée dans la distribution de céréales créée en 1991 par Nestlé et Général Mills, le sixième groupe alimentaire mondial qui commercialise entre autres 29 marques de céréales (qui finance d’ailleurs directement le versant canadien et américain de l’étude).

    Toutes ces recherches peuvent ultimement servir à la publicité de Kellogg, de Nestlé et d’autres marques. « Et quelle est la source principale d’information des Français en matière de nutrition ? C’est la publicité. Qui détient les budgets publicitaires les plus importants ? Les groupes alimentaires. Il y a encore quelques années, ça dépassait le milliard d’euros », remarque Alain Drouard.

    En résumé : L’idée selon laquelle le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée est effectivement liée à l’industrie des produits de petits-déjeuners, et notamment des céréales. Si depuis le développement de cette idée de nombreuses recherches ont été menées pour prouver cette affirmation, beaucoup de ces études montrent moins une véritable cause entre la prise régulière d’un petit-déjeuner et une bonne santé, que des liens, parfois contradictoires. Et une grande part de ces recherches sont sponsorisées par de grands groupes agroalimentaires comme #Kellogg's ou #Nestlé.

    https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/09/l-idee-selon-laquelle-le-petit-dejeuner-est-le-repas-le-plus-important-vi
    #alimentation #idée_reçue #imaginaire

    • La vie moderne ne respecte rien des besoins des personnes : ni sommeil, ni bouffe, ni repos, ni socialisation, rien.
      Le truc est de nous transformer en robots, de peur de leur laisser la place.

      J’avais fait des expériences sur moi à la fin de l’adolescence et début de l’âge adulte. Un bon repas salé dans l’heure qui suit le lever est ce qu’il y a de plus efficient.
      Le mieux a été l’inversion des repas français : diner le matin et petit dej le soir. Ni lourdeur, ni coup de pompe, de l’énergie et un poids idéal sans y penser.

  • Every shade of beige: Soviet-era sanatoriums – in pictures
    https://www.theguardian.com/cities/gallery/2017/oct/18/radon-soviet-era-sanatoriums-stans
    With decades-old wallpaper, mosaics glorifying workers and treatments such as ‘electrical hot chairs’, the sanatoriums of Central Asia are a door to another time


    Aurora

    Ultraviolet light-emitting sterilisation lamps are placed in the ear, nose or throat to kill bacteria, viruses and fungi

    Photograph: Michal Solarski


    Jeti-Ögüz­­, Kyrgyzstan

    As well as offering radon and hydrogen-sulphide treatments using local spring water, Jeti-Ögüz is one of the few remaining post-Soviet sanatoriums to offer kumis – a drink made from fermented mare’s milk, reputedly good for chronic diseases including tuberculosis and bronchitis

    Photograph: Michal Solarski
    #photographie #santé #architecture #ex-urss

  • Harris Lines of Arrested Growth | Northumberland Archives
    http://www.northumberlandarchives.com/2015/02/16/harris-lines-of-arrested-growth

    The poor living conditions that many of the children at Stannington Sanatorium came from, outlined in our last post, can often leave physical markers on the skeleton, namely Harris Lines.

    Harris Lines are an indication of periods of arrested growth whilst the body is still growing during childhood and can be displayed as opaque, transverse lines on long bones. These can be identified through radiographic imaging or physically on skeletal remains.

    The appearance of these lines is considered to show periods in an individual’s childhood when the body comes under stress, which is usually attributed to malnutrition or significant childhood disease. In order for the individual to acquire Harris Lines, they have to have recovered from the period of stress, prolonged malnutrition or disease would not result in their appearance.


    tomograph showing large cavity in left upper lobe, Dec 1948]

    "The radiographs make up a significant part of the Stannington collection with a total of 14,674 separate images relating to 2220 different patients covering roughly a 20 year period from 1936 to c.1955. When the records were recovered in the 1980s the vast majority of the radiographs were copied on to microfiche and the originals destroyed as they were unstable. However, we still have 326 original radiographs within the collection. Over the course of the project all the microfiche images and the originals will be digitised and made publicly accessible. We also hope to preserve the remaining original radiographs as examples of how x-ray images at the time were produced. The problem here lies with the unstable nature of the film and its natural degradation."
    http://www.northumberlandarchives.com/author/stannington-sanatorium-project


    surgical intervention to repair damage caused by the tuberculosis infection, a procedure known as arthrodesis.


    Tumour of the Skull


    Curvature of the Spine.


    Stannington Sanatorium was the first purpose-built children’s TB sanatorium in the country


    The sanatorium provided fresh air and sunshine to the "impoverished" children


    Some patients would be strapped into supports and body casts for weeks or even months to treat bones affected by TB


    A case of tuberculosis treated from May 1925 to August 1927

    Radiographs from Stannington Sanatorium
    https://www.flickr.com/photos/99322319@N07/sets/72157648833066476

    http://www.bbc.com/news/uk-england-tyne-31361976

    Article extrait du Plein droit n° 26, octobre 1994
    Une protection sociale en lambeaux
    Tuberculose : le retour ?

    http://www.gisti.org/spip.php?article3586
    "C’est sous ce titre peut-être un peu alarmiste que de nombreux éditoriaux de la presse médicale annoncent la recrudescence de cette maladie. Constatation étonnante concernant une maladie que l’on croit si bien connaître, et dont l’historique marque les grandes étapes de l’histoire de la médecine. Pourtant la tuberculose n’a jamais cessé de tuer des millions de gens partout dans le monde. Et si la France n’est pas à l’abri de cette recrudescence, l’inégalité des malades dans l’accès aux soins en est en grande partie responsable.

    C’est la maladie du paradoxe. L’agent bactérien, le bacille de Koch (BK) responsable de cette affection, est identifié depuis un siècle. Un vaccin et un traitement existent depuis cinquante ans. Mais la plupart des éléments de son histoire naturelle restent totalement inconnus.

    On a longtemps présenté la lutte contre la tuberculose comme un combat gagné. Et pourtant, la communauté scientifique médicale est incapable d’une identification précise des sujets susceptibles de développer la maladie, ce qui permettrait un dépistage et une prévention efficaces. Par ailleurs, l’efficacité du vaccin est très controversée : il protège au mieux le nourrisson des formes graves de la maladie. Les mêmes méthodes d’identification du germe qu’il y a cinquante ans sont utilisées aujourd’hui, et certains s’enorgueillissent d’avoir réduit le traitement de 2 ans à.... 6 ou 9 mois, période encore beaucoup trop longue pour les traitements de masse efficaces.

    Alors, déficit de la recherche ? Faillite des systèmes de santé ? Augmentation récente des groupes dits « à risque » issus de toutes les catégories d’exclus des sociétés en crise, au Nord comme au Sud ? Arrivée d’un nouveau virus, celui du sida, dont le génie est de s’associer avec le BK ?

    Beaucoup de questions, peu de certitudes."

    #Angleterre #tuberculose #pauvreté #sanatorium #radiographies #retour #France #accès_aux_soins