#Allemagne : un « #centre_d'opportunités » pour intégrer les migrants sans titre de séjour
Un “centre d’opportunités” situé dans l’est de l’Allemagne propose aux migrants qui risquent l’expulsion un parcours vers l’intégration, la #valorisation de leurs #compétences et un #emploi. Ce projet pilote va accompagner quelque 200 personnes sur un an.
Lancé le 1er juin dans le Land de Brandebourg, la région autour de Berlin, un "centre d’opportunités" s’est fixé comme objectif de mieux intégrer dans le système éducatif et sur le #marché_du_travail les personnes sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire mais ne pouvant être expulsées pour diverses raisons.
Cela concerne entre autres les personnes bénéficiant d’un séjour toléré (#Duldung) : leur demande d’asile a certes été rejetée, mais elles ne peuvent retourner dans leur pays d’origine pour des raisons souvent administratives (absence de documents d’identité ou d’accord de réadmission) ou médicales. Le centre s’adresse aussi aux migrants dont la situation juridique est encore en cours de clarification.
Le but est d’aider ces personnes à intégrer le marché du travail et, à terme, de leur offrir une voie leur permettant de rester en Allemagne.
Le “centre d’opportunités” doit accompagner entre 200 à 300 personnes par an et proposer des cours de langue, des formations professionnelles, des parcours éducatifs et des passerelles vers l’emploi ou des stages. Actuellement, une centaine d’hommes, de femmes et de mineurs profitent déjà du projet.
Le premier cours d’allemand, qui compte 17 participants - originaires principalement du Cameroun, du Kenya, d’Afghanistan et d’Afrique du Sud -, a débuté cette semaine. Bon nombre de ces étudiants étaient auparavant hébergés au centre de premier accueil d’#Eisenhüttenstadt.
“L’intégration est à la fois une offre et un effort individuel. L’intégration, c’est du travail pour les deux parties. Le pays crée de réelles opportunités et les immigrés y participent activement en fonction de leurs moyens”, a déclaré René Wilke, ministre de la Migration et de l’Intégration du Land de Brandebourg (l’Allemagne fédérale est composée de 16 régions appelées Länder) lors de la cérémonie d’ouverture de la structure le 21 août.
“L’immigration ne devient pas automatiquement un atout", a-t-il ajouté. "Elle nécessite des lois, des règles claires, des structures efficaces et du temps. Elle nécessite une société prête et disposée à accueillir des personnes, à les laisser s’épanouir et à faire preuve de curiosité. À adopter ce qui est utile et à rejeter ce qui ne convient pas. Elle a besoin de nouveaux arrivants qui acceptent et respectent les conditions existantes”.
Un quart de la population active sera bientôt à la retraite
Le Land de Brandebourg table sur une pénurie d’environ 120 000 travailleurs d’ici 2031 et affirme que les ressortissants étrangers seront indispensables pour combler ce déficit et soutenir la croissance et l’#emploi.
Selon le ministre René Wilke, dans certaines régions, entre 25 et 30% de la population active actuelle pourrait prendre sa retraite d’ici cinq ans. Les secteurs des transports, de la logistique, de l’hôtellerie, du commerce de détail, de l’agriculture et des services de santé devraient être particulièrement touchés.
L’Autorité centrale en charge des étrangers du Land de Brandebourg (ZABH) a enregistré 6 089 nouvelles arrivées l’année dernière, soit une baisse d’environ 25% par rapport à 2024. Les principaux pays d’origine étaient l’Ukraine, l’Afghanistan, la Syrie, la Russie et la Turquie.
Les données officielles du gouvernement indiquent qu’entre janvier et décembre 2025, 1 275 droits de séjour sont arrivés à échéance dans le Brandebourg.
Les statistiques nationales montrent aussi qu’en Allemagne, à la fin de l’année dernière, 361 000 demandeurs d’asile bénéficiaient d’un statut de protection en cours d’examen, ce qui signifie qu’aucune décision juridique n’avait encore été rendue concernant leur demande d’asile, les empêchant de s’intégrer dans le pays.
Par ailleurs, on estime à 178 000 le nombre de personnes dont la demande d’asile n’a pas été acceptée ou qui ont perdu leur statut de protection et qui sont donc passibles d’expulsion. Parmi elles, environ 140 000 personnes, soit 79%, bénéficiaient d’un séjour toléré, (Duldung), qui n’a pas été renouvelé.
L’#AfD réclame des centres d’expulsions, et non pas d’insertion
Le "centre d’opportunités" est salué par les associations. "Ces personnes suivent une formation, elles ont un emploi, et les services de l’immigration ne leur permettent plus de travailler, ou ne les autorisent même pas à commencer, ou encore ne leur accordent tout simplement pas de titre de séjour", a résumé Kirstin Neumann, porte-parole du Conseil des réfugiés de Brandebourg interrogée par la radio publique RBB, reconnaissant que ce centre est un premier pas dans la bonne direction.
Mais la militante veut aller plus loin et renforcer plus largement les structures de ce type au niveau local, plutôt que de soutenir une poignée de personnes dans un unique centre.
De son côté, le parti d’extrême droite et anti-immigration AfD a organisé une manifestation devant le centre le jour de son inauguration. Selon le président du groupe parlementaire de l’AfD au parlement régional, Hans-Christoph Berndt, les personnes présentes sur le site devraient être placées en rétention administrative. "L’Allemagne doit rester le pays des Allemands. C’est pourquoi nous disons non au ’centre d’opportunités’. Les demandeurs d’asile déboutés doivent quitter le pays”, a-t-il insisté.
▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73322/allemagne--un-centre-dopportunites-pour-integrer-les-migrants-sans-tit
#sans-papiers #intégration
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