• Toujours plus de jeunes mères SDF au sortir de la maternité Lucas Latil avec AFP - 18 Janvier 2018 - Le figaro madame
    http://madame.lefigaro.fr/societe/a-la-sortie-des-maternites-le-nombre-de-femmes-sans-abris-continue-d

    De nombreuses maternités sont confrontées à des cas de mères qui accouchent sans avoir de lieu d’hébergement à la sortie. Un phénomène qui touche surtout les établissements d’Ile-de-France.

    Des mères et leurs bébés sans lieu d’hébergement sitôt sortis de la maternité. C’est une réalité pour un nombre croissant de femmes esseulées et en situation de précarité. Déjà, en septembre dernier, l’association Interlogement 93, responsable des appels au 115 et de la gestion de l’hébergement d’urgence dans le département de Seine-Saint-Denis, alertait sur la hausse préoccupante du nombre de « bébés sans-abri ».

    Selon de nouveaux chiffres dévoilés ce vendredi par le ministère du Logement à l’AFP, fin novembre, en Ile-de-France, ce sont 15 femmes sortant de la maternité qui étaient en attente d’hébergement et 62 femmes enceintes sans-abri avec un terme proche qui étaient identifiées pour une demande d’hébergement.

    "Les Invisibles", la bande annonce
    https://www.youtube.com/watch?v=NbAd9Rwu5vg

    Sans nulle part où aller à la sortie de la maternité, elles sont nombreuses a être accueillies dans l’un des premiers centres d’hébergement d’urgence à Paris dédiés aux jeunes mères sans-abri. « On a vu un afflux important, le centre s’est rempli en à peine une semaine », explique Alice Monchambert de la Croix-Rouge, qui gère ce centre situé près des Invalides. Ouvert le 17 décembre et pour trois mois dans les anciens locaux de la région Ile-de-France, le lieu accueille 22 mères et leurs bébés âgés de quelques jours à un mois.

    Les établissements sont confrontés « de plus en plus régulièrement à des cas de mères en situation de précarité qui accouchent et n’ont aucun lieu d’hébergement à la sortie de la maternité », alertent les Hôpitaux publics de Paris (AP-HP). Selon l’Agence régionale de santé (ARS), le phénomène touche en particulier douze établissements en France, qui signalent au moins un cas par semaine. Parmi ces maternités, onze sont en Ile-de-France. Dans la région, au moins 2400 femmes se sont retrouvées dans cette situation en 2017. Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes (2000 en 2016) et encore, ce ne sont que des estimations partielles, souligne l’ARS.

    Dormir à l’hôpital pour ne pas dormir dehors
    Face au besoin, l’hébergement d’urgence s’organise. Avant le nouveau centre de la Croix-Rouge, une expérimentation avait été lancée par l’AP-HP à l’Hôtel-Dieu. Également dédié aux femmes sortant de maternité, cet accueil, géré par l’association Aurore et qui va être pérennisé, a reçu 181 femmes et 188 bébés depuis mars 2017. À Paris, l’État assure 196 places d’hébergement dédiées aux femmes enceintes ou sortant de maternité, selon le ministère du Logement. Mais les places manquent encore et souvent après la naissance, c’est le système D. « Il peut arriver que des mères prises en charge dans les maternités de l’AP-HP restent quelques jours supplémentaires, le temps de trouver une solution d’hébergement », expliquent les Hôpitaux de Paris.

    La durée moyenne d’hospitalisation pour ces femmes dans les maternités publiques parisiennes est de quatorze jours, contre deux ou trois jours normalement. « Déjà quand j’étais enceinte, je venais dormir aux urgences pour ne pas rester dehors, raconte Bintou, 28 ans. Ils nous laissent dormir sur les brancards quand il n’y a pas trop de malades ».

    Comme elle, certaines se sont retrouvées à la rue après avoir dévoilé une grossesse hors mariage ou avec un homme d’une autre confession religieuse. D’autres ont fui des violences, un mariage forcé ou ont été victimes d’un viol. Beaucoup sont sans-papiers : selon l’AP-HP, la majorité de ces femmes sont des migrantes originaires d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb.

    Des "bébés-papiers"
    Pour certaines, une fois sur le territoire français, avoir un enfant d’un père français est un pass pour obtenir un droit de séjour. « Il y a des cas de "bébés-papiers". C’est une question de survie pour ces femmes, elles n’ont pas le choix », explique Béatrice Bilde, directrice de la résidence maternelle Les Lilas à Paris, un centre d’accueil mère-enfant ouvert toute l’année et géré par l’Armée du Salut.

    Il existe dix centres maternels comme celui-ci à Paris. Ils n’agissent pas dans l’urgence pour mettre à l’abri des personnes à la rue mais proposent un accompagnement long, possible jusqu’aux trois ans de l’enfant, dans le cadre de l’Aide sociale à l’enfance. Un des objectifs est notamment de trouver une alternative à un placement de l’enfant. « Les bébés arrivent dans un état de santé plutôt bon, mais certains sont hypertendus et ont besoin d’être rassurés : il y a du travail à faire sur la parentalité et le lien mère-enfant », explique la directrice adjointe de la résidence maternelle Les Lilas, Françoise Beaudeaux.

    En cas de doute concernant un « bébé-papier », les mères risquent un placement en centre de rétention et un renvoi vers leur pays d’origine. Dans les faits, « il est rarissime qu’on sépare la mère de l’enfant. De manière générale, il n’y a pas de placement parce que la mère n’est pas en capacité financière de s’en occuper, mais plutôt parce qu’il y a de la maltraitance psychologique et parfois physique », explique Mme Bilde.

    #bébés #France #précarité #survie #migrantes #Femmes #sans-papiers #hôpital #pauvreté #AP-HP


  • Bruxelles: le collectif “Design for everyone” adapte le mobilier urbain “anti-SDF” Guillaume Guilbert - 13 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruxelles-le-collectif-design-for-everyone-adapte-le-mobilier-urbain-ant

    Des bancs publics équipés d’arceaux métalliques, des bancs avec des assises individuelles, des picots sur les appuis de fenêtre ou encore des places où il n’y a plus aucun banc public. Les membres du collectif « Design for everyone » dénoncent l’aspect excluant de certains éléments de mobilier urbain. D’après eux, certains choix en la matière traduisent une certaine vision de la société. Ils traquent donc ce type d’aménagements. Une équipe de Vews les a suivis lors d’une de leurs interventions.

    « On ne sait pas si c’est uniquement les politiques ou si c’est un choix des designers qui n’ont pas réfléchi plus loin, mais cela a clairement un impact sur le vivre-ensemble, sur la manière dont les gens peuvent se rencontrer, et sur la vision de la société qui doit être propre, nette et sécure, et surtout pas trop déranger », explique Charlotte.

    Avec Laurent, son compagnon, elle a fondé le collectif « Design for everyone ». « Tout est né il y a un an et demi, raconte-t-elle. A la fin du dispositif d’hiver pour les sans-abris, avec un autre collectif, on a décidé d’enlever des grilles à la gare du Midi. En-dessous du pont de la gare, une série de grilles ont été installées car de nombreux sans-abris dormaient à cet endroit. Lors de la visite d’Angela Merkel, les sans-abris ont été priés de partir et des grilles ont été placées. On s’est donc dit qu’il fallait les enlever car selon nous, elles ne sont pas une solution ».

    Pour la petite histoire, les grilles ont finalement été réinstallées, ce qui a donné lieu à un petit « jeu » entre le collectif et la Stib. Depuis, le collectif repère des aménagements urbains qui selon eux posent problème et intervient ensuite. Charlotte et Laurent nous ont reçus dans leur atelier le jour d’une intervention. C’est sur un banc à la station de métro Gare de l’ouest qu’ils ont décidé d’intervenir. 

    « On a repéré il y a quelques semaines un banc qui nous posait question de par son design, explique Laurent. Son design fait en sorte qu’il n’y a pas d’assise plane. Ils ont ajouté des arceaux en métal, c’est très design mais ça ne sert à rien, à part empêcher sans doute que quelqu’un puisse se coucher dessus. Nous, on veut que les gens se saisissent de la question donc on a construit une structure qui va s’adapter. On va la glisser sans abîmer le banc pour lui redonner cette assise plane ». 

    C’est donc parti pour l’intervention du jour. Nous les suivons discrètement à la station de métro Gare de l’ouest, à Molenbeek. L’action n’étant pas du tout officielle, il ne faut pas perdre de temps, au risque d’alerter la sécurité. Très rapidement, Charlotte et Laurent posent leur structure en bois sur le banc en question. Ils la fixent avec des colsons, afin de ne pas endommager le banc. 

    Provoquer le questionnement 
    Intrigués, certains passants observent la scène. Comme une signature, Charlotte et Laurent laissent un petit mot expliquant leur démarche, avant d’immortaliser leur action réussie pour partager l’info sur les réseaux sociaux. Car l’objectif, c’est bien de faire se questionner les gens sur l’aménagement du mobilier urbain et son impact sur la vie de quartier. « On a posé la structure, le reste ne nous appartient plus, explique Charlotte après l’intervention. Après, c’est aux gens à regarder, à s’imprégner du questionnement et se demander pourquoi cette structure est là ». 

    « Avec cette action, on ne veut pas fustiger les bancs de la Stib, enchaîne Laurent. Il y a aussi la multiplication des assises individuelles, des absences d’aménagement, l’absence de bancs est parfois tout aussi révélatrice que la présence d’arceaux sur les bancs. C’est un peu tout ça qu’on interroge : ces aménagements qui empêchent différents usages de l’espace public. On a l’impression que c’est fait à l’insu de la population et pourtant cela a un impact sur la cohésion sociale dans les quartiers, sur le fait que certaines personnes fréquentent tel ou tel endroit. Nous pensons que l’on doit se saisir de cette question ».

    Du mobilier urbain pour éloigner certaines populations comme les SDF ? La Strada, observatoire du secteur bruxellois de l’aide aux sans-abris, dit recevoir de plus en plus de plaintes concernant ce type de mobilier. Des plaintes émanant des professionnels de l’aide aux sans-abris plutôt que de ceux qui vivent vraiment dans la rue.

    Même constat du côté de Murat Karacaoglu, directeur de l’ASBL Pierre d’angle, centre d’accueil de jour et de nuit pour les sans-abris. « Cela peut être inquiétant si on généralise ce genre de système par rapport uniquement aux personnes sans-abris, admet-il. Je pense que l’action de ces citoyens qui s’engagent à remeubler l’espace public, c’est d’une importance capitale. Cela doit nous interroger sur la place des personnes en situation de précarité. En tant qu’acteurs du secteur, cela doit aussi nous interroger sur la réponse à apporter par rapport à ces éléments ». 

      #sdf #anti-sdf   #pauvreté   #sans-abris #sans-abri    #guerre_aux_pauvres    #espace_public #urbanisme    #mobilier_urbain    #prévention_situationnelle #designers #STIB #Molenbeek #cohésion_sociale #précarité #Bruxelles


  • Inside #Lehman_Brothers. Une enquête inédite sur la chute d’une banque au-dessus de tout soupçon

    Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, #Jennifer_Deschamps met en lumière les mécanismes de sa chute. Une enquête rigoureuse, étayée par le témoignage de lanceurs d’alerte.

    Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est officiellement déclarée en faillite. Lâchée par le gouvernement et sans repreneur, la vénérable banque d’investissement, fondée à New York en 1850, disparaît en laissant à ses créanciers une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. Lancée depuis plusieurs années dans une course folle au profit, cette grande institution financière, dirigée par Richard Fuld, a développé des prêts hypothécaires à risques, rapidement devenus emprunts toxiques. Accordés à des ménages modestes voire sans revenus, ces subprimes ont permis à des centaines de milliers d’Américains de devenir propriétaires de leur logement. Mais en 2007, lorsque la bulle immobilière éclate, la remontée de taux d’intérêts gonfle les traites que les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Une vague de saisies s’abat sur les États-Unis, et notamment sur la Californie…

    Autopsie méthodique
    Spécialisée dans les produits financiers, Lehman Brothers a voulu « faire de l’argent par tous les moyens ». Naviguant en « zone grise » – là où, au minimum, tout ce qui n’est pas illégal peut être considéré comme légal –, la banque et ses filiales ont maquillé les bilans, poussé les équipes commerciales à truquer leurs dossiers pour atteindre des objectifs de plus en plus exigeants, et engranger des dollars par milliards. Le tout grâce à la complicité, l’incompétence ou l’aveuglement des organismes de contrôle et des agences de notation. Pour raconter, dix ans plus tard, un cataclysme dont les répercussions ont ébranlé les places boursières et les économies du monde entier, Jennifer Deschamps se place à hauteur d’hommes. Enrichie d’archives, son enquête, documentée et rigoureuse, réunit les témoignages inédits d’anciens collaborateurs de Lehman, qui ont tous eu un accès privilégié aux mécanismes délirants ayant mené au désastre : trois ex-employées de la BNC, une filiale spécialisée dans les prêts immobiliers, et « lanceuses d’alerte » (Linda Weekes, Sylvia Vega-Sutfin et Cheryl McNeil), et leur avocat (Gary Gwilliam) ; un ancien vice-président de Lehman (Matthew Lee), licencié après avoir refusé de cautionner une manœuvre comptable frauduleuse ; un ancien juriste de la banque (Oliver Budde) ainsi que l’ancien procureur de l’Illinois (Anton Valukas), mandaté en 2008 par le gouvernement américain pour enquêter sur les causes de la faillite. Autopsie méthodique d’un système malade, Inside Lehman Brothers se fait aussi mise en garde contre une déflagration qui pourrait bien, dans un futur proche, se rééditer.


    https://www.arte.tv/fr/videos/080155-000-A/inside-lehman-brothers
    #banque #finance #économie #subprimes #marché_immobilier #cupidité #argent #fraude #effondrement #crise_financière #prêts_hypothécaires #film #documentaire #Wall_Street #bulle_immobilière #lanceurs_d'alerte #culture_du_silence #travail #burn-out #faillite #banques_d'investissement #limites_juridiques #légalité #illégalité #courtiers #Richard_Fuld #harcèlement_sexuel #intimidation #femmes #BNC #SDF #sans-abris #Repo_105 #prêts_alternatifs #prêts_non-conventionnels


  • Bruxelles : Inauguration de La nouvelle Bibliothèque consacrée à la grande pauvreté ce vendredi 21 septembre à 12h #DoucheFLUX
    http://www.doucheflux.be/notre-action/services/bibliotheque

    Communiqué de presse

    C’est avec grand plaisir que DoucheFLUX vous invite à l’inauguration de sa nouvelle Bibliothèque http://www.doucheflux.be/notre-action/services/bibliotheque consacrée à la grande pauvreté ce vendredi 21 septembre à 12h, 84 rue des Vétérinaires 1070 Anderlecht.

    L’inauguration se tiendra en présence de Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté http://www.rwlp.be et futur Docteur honoris causa de l’université de Liège, la marraine de la Bibliothèque, et de Nicolas Bernard, professeur de droit à l’université Saint-Louis et éminent spécialiste de la question du logement à Bruxelles, le parrain.



    Depuis quelques temps déjà, nous travaillons à la constitution d’un centre de documentation thématique sur la pauvreté, le sans-abrisme et des sujets connexes. Les références répertoriées concernent aussi bien des documentaires, de la fiction, des périodiques, des dossiers de presse et des brochures, que des rapports d’activités, des TFE, des mémoires ou des thèses ; ainsi que des documents numériques sonores, vidéo et textes PDF.

    L’accès à la Bibliothèque (en ligne et en dur) est bien entendu ouvert aux travailleurs du secteur, aux étudiants et aux chercheurs, au public de l’ASBL comme à tous les curieux désireux de s’informer sur la thématique.

    Info : biblio@doucheflux.be

    Consultez la bibliothèque en ligne ! : http://www.doucheflux.be/pmb/opac_css

    Bien cordialement,
    L’équipe Bibliothèque

    #SDF #sans-abris #Bruxelles #Belgique #sans-abrisme


  • NEM-NEE

    Après être revenu sur les fondements historiques et conceptuels du droit d’asile et des étrangers, après avoir retracé l’évolution juridique actuelle, il documente les conditions de (sur)vie des personnes dont la demande d’asile a été frappée d’une décision de non-entrée en matière (NEM).


    https://vimeo.com/128189652

    –-> Un #film de 2005, réalisé par le jeune #Charles_Heller (c’est probablement son premier film). Je mets ici pour archivage

    #documentaire #NEM #non-entrée_en_matière #Suisse #survie #aide_d'urgence #SDF #sans-abris #asile #migrations #réfugiés #déboutés #disparitions #droit_d'asile #catégorisation #abus #profit #délit_de_solidarité #Soleure #illégalisation #clandestinisation #droits_humains #attractivité #Suisse

    Quelques citations que Heller utilise dans son film (notamment de #Arendt et #Agamben) :


    #camps

    Interview de Dominque Boillat, directeur de l’Office fédéral des migrations, à partir de la minute 5’50 :

    « La Suisse a une politique de migration qui est basée sur le marché du travail. Cela signifie qu’elle a fait une priorité aux compétences professionnelles, pour permettre aux étrangers qui viennent s’établir dans notre pays de s’introduire plus facilement sur le marché du travail, en fonction des besoins de notre économie. Par contre, la migration de l’asile est une migration clandestine, ce sont des gens qui viennent de la misère, souvent peu formés, de beaucoup plus loin, donc ils ont beaucoup plus de difficultés à s’intégrer dans notre société, des mœurs différents, parfois de religion différente. Ces gens-là, les Etats qui ont signé la convention de Genève, et la Suisse en est, doivent leur donner une protection. Ici on est dans un autre domaine. C’est pas de la migration souhaitée du point de vue de l’économie, c’est une migration qui est entre guillemets »"tolérée" parce que ces gens ont besoin d’une protection. Si quelqu’un vient dans ce système et veut en profiter pour immigrer alors qu’il n’a ni les compétences professionnelles, ni le droit de séjourner ni le droit d’avoir l’asile, il est considéré comme un étranger en séjour irrégulier. Cela dit, un certain nombre reste quand même, ils s’accrochent. Ils n’ont plus de travail, ils sont là, ils sont à la charge des autorités, parce qu’on ne peut pas les mettre à la rue non plus. Et il y a donc un bras de fer entre ces personnes qui se sentent exclues, mais qui ne veulent tout de même pas rentrer."

    Voix off Charles, à partir de la minute 7’70, en commentaire de cette citation de Arendt :


    « Hannah Arendt montre la logique de la politique adoptée par les Etats européens face aux réfugiés durant la Deuxième guerre mondiale.
    Le refus d’intégrer et l’impossibilité de renvoyer les réfugiés ne pouvait que mener aux camps.
    Nous retrouvons aujourd’hui à l’œuvre cette même logique, en Suisse comme partout en Europe. Et l’analyse d’Hannah Arendt garde toute sa pertinence, particulièrement si, à l’instar de Giorgio Agamben, on définit le camp non par les horreurs qui sont commises, une topographie spécifique, mais comme un espace d’exception au sein duquel le sujet ayant perdu toute protection juridique, est réduit à la vie nue. C’est bel et bien un tel espace que les autorités helvétiques allaient ouvrir en développant sciemment, méticuleusement, des moyens juridiques de faire disparaître ces personnes désignées comme indésirables ».

    Interview de Françoise Kopf, à partir de la minute 8’40 :
    "Les débuts de l’histoire remontent à l’entrée en vigueur de la loi sur l’asile. La première loi sur l’asile que la Suisse a formulée. Peter Hess, qui était à l’époque le responsable de la police étrangère, qui était en charge de l’asile, avait trouvé que l’aide sociale pouvait être utilisée comme instrument dans la politique d’asile, et donc en réduisant l’aide sociale on allait probablement réduire l’attractivité et l’attrait de la Suisse. Cette idée a fait son chemin, mais au même temps il y a eu une espèce de changement qui s’est mis en place dans les années 1990. A ce moment-là, réduire l’attractivité a changé de sens, ça a voulu plus dire réduire la durée de séjour, c’est-à-dire pousser les gens à disparaître, à les dissuader de rester plutôt que de réduire l’attractivité pour les potentiels arrivants. L’aboutissement de ces mesures se lit dans le « rapport Fuhrer/Gerber », un rapport de travail qui a été co-piloté par la conseillère d’Etat Rita Fuhrer, UDC, et l’ancien chef de l’Office fédéral des réfugiés, Jean-Daniel Gerber, qui était destiné à trouver de nouvelles mesures pour faire des économies dans le domaine de l’asile. Au moment où le rapport a été écrit, le Conseil fédéral, dans ces messages, avait constater qu’on avait réduit à un tel minimum les prestations d’assistance qu’on ne pouvait pas descendre plus bas et qu’il fallait donc changer de système. Comment faire pour faire des économies sans pouvoir descendre plus bas dans les normes de dignité ? L’idée est née d’exclure certains groupes, tout simplement, de l’assistance, et on les incitent à disparaître. Le rapport dit clairement que cette disparition est un des moyens de réduire les coûts, et table là-dessus, c’est-à-dire que les gens disparaissent dans la clandestinité, ici ou ailleurs. Ce qui est encore plus fou, c’est qu’en réalité les cantons, qui sont quand même tenus de mettre une aide d’urgence en place, sont, par ce rapport, incités aussi à ne pas en faire trop. Ils le disent très clairement : si toutes les personnes renvoyées dans l’anonymat, ces personnes qui n’existent plus, sans identité, faisaient recours à cette forme d’hébergement, l’hébergement d’urgence, des conséquences de ces mesures pourraient être négatives. « Toutefois, à juger par les expériences faites ces dernières années, seule une minorité des individus concernés et susceptibles de recourir systématiquement et pour une longue durée aux services et aux biens accessibles dans les centres d’urgence. La grande majorité d’entre eux disparaîtrait et chercherait de nouvelles opportunités dans la clandestinité ou au-delà des frontières. »


  • Greenpeace nous #alerte preuve à l’appui à propos de #Fukushima.
    Greenpeace #alerts us with supporting evidences about Fukushima.

    https://www.greenpeace.org/international/story/11710/the-fukushima-nuclear-waste-crisis-is-a-human-rights-violation
    Publié le 15/12/2017
    Vu le 03/06/2018

    Cet article de Shaun Burnie, spécialiste #nucléaire senior avec #Greenpeace Allemagne, nous rappelle que la #catastrophe de Fukushima a toujours des effets aujourd’hui tels que les #déchets #nucléaires stockés et transportés à travers la préfecture ainsi que la #contamination du #territoire #japonais par la concentration des #particules #radioactives dans l’#atmosphère. De plus, il dénonce les procédures de l’État à la fois incomplète en matière de #décontamination de Fukushima dans les « Special Decontamination Areas » d’#Iitate et #Namie entre 2014 et 2016, doublées de l’#exploitation pour 70 dollars de l’heure, des #sans-abris qui doivent alors travailler dans un #environnement #toxique. Alors que le programme est déclaré comme terminé dans la « area 2 », on nous rappelle que les #forêts n’ont pas pu être décontaminées et qu’elles composent 70% de ces régions. L’État ferait même pression sur les anciens habitant pour qu’ils reviennent y vivre. On peut voir des camions de déchets nucléaires passer à travers la ville, transportés vers #Futaba et #Okuma.

    There is no logic to this, unless you are a trucking and incineration business and of course the Japanese government, desperate to create the myth of recovery after Fukushima. On this evidence there is no ‘after’, only ‘forever’.


  • De plus en plus de sans-abri partout en Europe
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/21/de-plus-en-plus-de-sans-abri-partout-en-europe_5273875_3224.html

    « La définition du #sans-abrisme a beau ne pas être la même d’un pays à l’autre, partout en Europe les hausses sont spectaculaires », révèle Sarah Coupechoux, de la FAP : + 150 % en Allemagne, entre 2014 et 2016 ; + 145 % en Irlande, entre 2014 et 2017 ; + 169 % au Royaume-Uni entre 2010 et 2017 ; + 96 % à Bruxelles entre 2008 et 2016 ; + 20,5 % en Espagne entre 2014 et 2016 ; + 17 % en France entre 2016 et 2017, en tenant compte des 20 845 personnes qui ont demandé un hébergement au « 115 » en juin 2017 par rapport à juin 2016.[...]

    Parmi tous les pays européens, seule la Finlande fait exception et a réduit de 18 % le nombre de ses #sans-domicile, entre 2009 et 2016. « Les Finlandais ont mené une politique volontariste, réunissant tous les acteurs, se fixant des objectifs et mettant des moyens avec un effort continu sur vingt ans en faveur d’une politique basée sur le principe du “logement d’abord” », précise Sarah Coupechoux. Cette action vise à prévenir les expulsions, à intervenir au plus vite lorsqu’une personne est privée de #logement, à lui éviter les étapes de l’hébergement d’urgence et, parce que des logements ont été construits, à la reloger durablement.

    #sdf


  • Strasbourg : des professeurs d’un collège vont dormir dehors en soutien à des élèves sans abri

    Une dizaine de professeurs du collège Lezay-Marnésia à Strasbourg se mobilise pour des élèves sans domicile depuis plusieurs mois. Ils vont dormir dans des voitures ce jeudi soir. Rendez-vous à #Eckbolsheim à 19h.


    https://www.francebleu.fr/infos/societe/des-professeurs-d-un-college-strasbourgeois-vont-dormir-dehors-en-soutien

    #sans-abris #enfants #enfance #France #Strasbourg #solidarité #SDF

    • Bruxelles : Vague de froid : arrestation administrative des SDF refusant d’intégrer les abris à Etterbeek RTBF - Belga - 25 Février 2018

      https://www.rtbf.be/info/regions/detail_vague-de-froid-le-bourgmestre-d-etterbeek-ordonne-l-arrestation-des-sdf-

      ❝Vincent De Wolf, le bourgmestre d’Etterbeek, a décrété dimanche une ordonnance de police qui impose l’arrestation administrative des sans-abri qui refuseraient d’intégrer les hébergements d’hiver. « Le bourgmestre est légalement obligé de garantir la sécurité et d’offrir de l’aide aux personnes dans le besoin », précise la commune bruxelloise.
      . . . . . . . .
      L’ordonnance de police sera en vigueur entre 20h et 7h, et ce jusqu’au 8 mars. Si les conditions climatiques devaient demeurer en l’état, la mesure pourra être prolongée.
      . . . . . . . . ❝

    • Bruxelles : Philippe Close mobilise sa police pour obliger les sans-abri à accepter un hébergement _ RTBF - Belga - 26 Février 2018 *
      https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_les-arrestations-de-sans-abri-sont-egalement-a-l-etude-a-la-ville-de-bru

      . . . . . .
      Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close a décidé de mobiliser sa police pour contraindre les sans-abri à accepter un hébergement, a indiqué lundi sa porte-parole Wafaa Hammich.
      Une attention spéciale sera accordée, avec la collaboration du parquet de la jeunesse, aux jeunes enfants qui dorment dans la rue. Tous les travailleurs sociaux de la Ville sont appelés à contacter la police dès qu’ils voient un enfant en rue.

      Le bourgmestre en appelle à la solidarité des autres communes, afin que cette mesure de prévention soit efficace. La Ville de Bruxelles dispose de quatre centres d’hébergement sur son territoire.

      La décision de M. Close fait suite à l’ordonnance de police prise à Etterbeek dimanche soir par le bourgmestre Vincent De Wolf. Celle-ci impose l’arrestation administrative des sans-abri qui refusent d’intégrer les hébergements d’hiver.


  • Facing poverty, academics turn to sex work and sleeping in cars | US news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/us-news/2017/sep/28/adjunct-professors-homeless-sex-work-academia-poverty


    Adjunct English professor Ellen James-Penney and her husband live in a car with their two dogs. They have developed a system. ‘Keep nothing on the dash, nothing on the floor – you can’t look like you’re homeless, you can’t dress like you’re homeless.’ Photograph: Talia Herman for the Guardian

    There is nothing she would rather do than teach. But after supplementing her career with tutoring and proofreading, the university lecturer decided to go to remarkable lengths to make her career financially viable.

    She first opted for her side gig during a particularly rough patch, several years ago, when her course load was suddenly cut in half and her income plunged, putting her on the brink of eviction. “In my mind I was like, I’ve had one-night stands, how bad can it be?” she said. “And it wasn’t that bad.”

    The wry but weary-sounding middle-aged woman, who lives in a large US city and asked to remain anonymous to protect her reputation, is an adjunct instructor, meaning she is not a full-time faculty member at any one institution and strings together a living by teaching individual courses, in her case at multiple colleges.

    #états-unis #pauvreté #sans-abris #université #précarité


  • Le nombre d’#allocataires de minima sociaux poursuit sa baisse – Centre d’observation de la #société
    http://www.observationsociete.fr/revenus/pauvrete/evolutionminimas.html

    Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cette baisse sur le nombre total d’allocataires, toutes formes de minima confondues, qui a fortement progressé dans les années 2010. Jusqu’à la fin des années 2000, hormis la phase de montée en puissance du revenu minimum d’insertion au début des années 1990, ce nombre stagnait autour de 3 ou 3,1 millions. Cette tendance résultait de deux effets inverses : la hausse de la pauvreté des adultes était compensée par la baisse de celle des plus âgés, allocataires du minimum vieillesse ou veuvage. Ce dernier phénomène était lui-même lié à l’amélioration des niveaux de retraite résultant en grande partie de l’élévation du taux d’activité des femmes.

    Je suis très dubitative sur cette info et ces chiffres, d’autant que dans le même temps, on a :

    « A la veille de noël, les #sans-abris n’ont jamais été aussi nombreux »
    https://www.bastamag.net/A-la-veille-de-noel-les-sans-abris-n-ont-jamais-ete-aussi-nombreux

    Emmanuel Macron a dit le 27 juillet 2017 : « je ne veux plus d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ». A la veille de noël, les sans-abris n’ont jamais été aussi nombreux.

    Mais il n’avait pas dit qu’il enverrait la police dans les foyers d’hébergement et les hôtels, ni qu’il mettrait en place une mortelle répression aux frontières de la France et de l’Europe… Pour faire des économies et donner des gages aux xénophobes ?

    Il n’avait pas dit qu’il retirerait 5 euros aux 5,2 millions de locataires percevant l’APL, dès octobre, puis 10 euros en moyenne en 2018 car elles sont gelées, ni qu’elles pourraient diminuer à tout moment… pour aider les millionnaires et créer pour les députés une aide au logement mensuelle de 1200 euros par mois ? [1]

    Donc, on a l’impression que l’on parle d’une baisse du #chômage, d’une baisse de la #pauvreté et en même temps tous les filets sociaux lâchent et le nombre de #SDF augmentent.

    À croire que l’idée est de passer de la pauvreté à la #misère. Et donc à une accélération brutale du creusement des inégalités, avec des #surnuméraires de plus en plus nombreux qu’on poussent vers la sortie.


  • « Qu’est-ce que je fous là ? Ma journée d’intérim auprès des sans-abri hébergés dans les gymnases"
    http://www.rue89lyon.fr/2017/12/15/quest-fous-journee-dinterim-aupres-sans-abri-heberges-gymnases-lyon

    Justine (prénom d’emprunt) est une de ces travailleuses sociales qui ont été embauchées en intérim pour s’occuper de ces personnes. Après trois jours comme intérimaire, elle a préféré renoncer à ce job, « dégoûtée ». Cette jeune professionnelle a sollicité Rue89Lyon pour exposer son témoignage. Nous lui ouvrons nos colonnes. Elle raconte sa première journée.

    7h : On se rend compte qu’il faut allumer la lumière dans le gymnase maintenant et pas à 7h30 comme prévu, parce que la plupart des enfants vont à l’école.
    Les spots s’allument. La lumière du gymnase éclaire si fort après la nuit. 120 lits de camps dans cette immensité. Il y a quelque chose d’impersonnel, de trop collectif. Je n’ai jamais vu un dortoir aussi grand. Cette nuit-là, il y a 117 personnes, dont 53 enfants. La majorité des personnes s’activent pour préparer les enfants. Certains se cachent sous la couverture, tentant d’oublier l’intensité de la lumière.

    10h : On remet les gens à la rue. Ceux qui étaient partis à l’école plus tôt, ne reviendront pas durant la journée. Nous sommes trois idiotes à rester bien au chaud, payer à ranger, trier, organiser, manger, ranger la banque alimentaire. Aucune des tâches ne nécessitait une remise à la rue, bien au contraire, les personnes auraient pu nous aider. Je cherche à comprendre, je ne comprends pas.

    A l’heure de la mise à la porte, je pensais voir un mouvement de foule, une rébellion. A peine : seulement le premier jour, cette famille qui ne voulait pas partir au matin. Les gens partent. Il faut dire que leur position est délicate car la majorité sont des personnes qui n’ont à ce jour pas le statut de réfugié.

    #sans-abris #réfugiés #jungle #migrants


  • Le stazioni si stanno trasformando in fortezze contro i poveri

    Faccio e rifaccio il conto, ma non riesco a credere al risultato. Eppure è sempre lo stesso: nella mia vita, tra anni di pendolarismo e stagioni di viaggi frequenti, ho attraversato la stazione centrale di Bologna almeno diecimila volte. E non una di queste mi sono sentito in pericolo. Un forte disagio, invece, l’ho provato davanti alla campagna di stampa dell’estate 2017 che la dipingeva come un luogo da cui scappare a gambe levate, dove i viaggiatori sono vessati dalle pretese dei mendicanti e circondati da “una folla di disperati”. Cosa che, semplicemente, non è vera. I poveri che gravitano attorno alla stazione lo fanno per cercare risposta a semplici necessità, come quella di trovare un bagno per lavarsi o un riparo tranquillo per la notte. E, ancora, la stazione è un luogo dove chiedere l’elemosina o proporsi come facchini.

    https://www.internazionale.it/reportage/wolf-bukowski/2017/10/30/stazioni-poveri
    #gare #anti-pauvres #pauvreté #exclusion #Italie #sécurité #militarisation #contrôles_d'identité #surveillance #tri #migrations #asile #réfugiés #SDF #sans-abris

    signalé par @albertocampiphoto



  • La noyade d’Archimède Le Devoir - Jean-François Nadeau 20 Novembre 2017 _
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/513405/la-noyade-d-archimede

    Au fond, nous en sommes encore à croire qu’en plongeant quiconque dans un bain de misère on l’aidera à remonter à la surface, selon une sorte de principe d’Archimède social dont la pratique n’a pourtant conduit qu’à d’effroyables noyades.

    Au temps où il m’enseignait à l’Université Laval, le ministre François Blais posait en arbitre de la pauvreté. Le principe d’un revenu de base inconditionnel versé à tous, il l’agitait telle une idée capable d’aider l’humanité de la main blanche de la science, mais tout en se gardant de s’approcher de la réalité. Cette capacité à ne cavaler que dans les champs glacés d’une égalité théorique avait déjà quelque chose d’inquiétant.
     
    En plaçant les inégalités sociales en apesanteur, en les masquant derrière un voile, il réglait en quelque sorte à l’aveugle le sort du monde en d’impeccables équations vidées d’émotions, mais néanmoins chargées d’enjeux idéologiques. Comme si cette pensée n’était pas déjà suffisamment suspecte, il a fallu que ce professeur attache le train de sa pensée à un des gouvernements les plus antisociaux de toute l’histoire du Québec.
     
    Ce gouvernement a fini par confier l’examen des velléités de François Blais à trois économistes. Ils viennent de publier leur rapport. À la plus grande déception du ministre, ils ont constaté que l’application pratique d’un revenu minimum garanti s’avère irréaliste. Or c’est une chose que de le l’affirmer, mais c’en est une autre de constater que ces économistes préfèrent par ailleurs miser sur des mesures vouées à forcer les individus à travailler plutôt que de travailler à changer les conditions sociales qui prédisposent à la pauvreté. Ce rapport propose au bout du compte, comme bien d’autres du genre, de « récompenser l’effort en favorisant les initiatives entreprises par les individus pour intégrer le marché du travail et s’y maintenir ».
     
    La dynamique de délitement social qui préside au chômage et à la pauvreté est chez nous sans cesse réduite à une simple affaire de volonté individuelle, que l’on peut stimuler par des bonbons ou des punitions. Encore récemment, s’ils n’acceptaient pas de se soumettre à sa volonté, le ministre jugeait raisonnable d’amputer jusqu’à 224 $ de la maigre allocation mensuelle de 628 $ des indigents dont il a la responsabilité.
     
    Dans ce système qui assure sans faillir sa reproduction, la pauvreté n’est que rarement considérée comme un résidu de l’enrichissement de quelques-uns. On en arrive alors à faire passer pour une vertu la volonté d’un entrepreneur de faire porter à des itinérants, comme ce sera bientôt le cas à Montréal, semble-t-il, une puce qui gère leurs achats et leur argent, afin de s’éviter de détourner le regard des problèmes sociaux globaux.
     
    Au XVIe siècle, à l’époque de la grande expansion économique de l’Europe, puis au XIXe siècle des usines, la misère a progressé à grande vitesse. On prit le parti de l’étouffer. Faute de résultat, on tenta de la soulager quelque peu, souvent dans un esprit religieux, tout en ne renonçant pas pour autant à la réprimer.
     
    En 1530, sous le règne d’Henri VIII, les gens incapables de travailler doivent obtenir un permis pour obtenir la charité. Ceux d’entre eux qui sont jugés assez bien portants pour travailler et qui, pour des raisons que l’on ne s’efforce pas de comprendre, n’y parviennent pas sont soumis au fouet, puis à l’emprisonnement. L’idée est de les « remettre au travail » à tout prix, tout en fermant les yeux sur les conditions qui font qu’ils en sont privés. Comme ces mesures sont jugées trop douces et surtout sans effet, les peines sont durcies. En plus d’être fouetté, jusqu’au ruissellement du sang, il fallut désormais qu’une oreille de ces malheureux soit coupée.
     
    Sous Édouard VI, les individus considérés capables de travailler mais qui n’ont pas de travail sont soumis à l’esclavage par la force. Toujours en Angleterre, en 1572, on réitère l’usage du fouet pour les sans-travail. On les stigmatise davantage grâce à une marque au fer rouge que l’on applique sur l’oreille. Durant ce règne, on pend en moyenne 400 personnes par année parce qu’elles ne travaillent pas.
     
    En Espagne, c’est à peu près la même chose. Un citoyen peut s’emparer d’un démuni et le forcer à travailler à son profit pendant un mois entier sans le rémunérer. À Tolède, on les ampute des deux oreilles pour bien fixer le déshonneur qu’ils ont d’être à jamais les laissés-pour-compte de leur société.
     
    À Paris, on condamne les gueux à descendre dans les entrailles des égouts pour en écoper la merde et ses jus gras. Sous le règne de Louis XIV, le roi Soleil, ce sera le fouet et les cales sombres des galères. Sur les rives du Saint-Laurent comme ailleurs en Amérique, au temps pas si lointain des disettes, des maladies et de l’immigration de malheureux privés de tout comme les Irlandais, l’activité de la police consiste à réprimer les pauvres tandis que de bonnes âmes se félicitent de leur jeter quelques miettes de pain.
     
    Sitôt ce rapport d’experts déposé mardi dernier sous le nez du ministre dépité, le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec se demandaient publiquement pourquoi, derrière ces parades, l’aide sociale est de moins en moins garantie et pourquoi les contraintes pour le soutien des plus démunis ne cessent d’augmenter.
     
    Au fond, nous en sommes encore à croire qu’en plongeant quiconque dans un bain de misère on l’aidera à remonter à la surface, selon une sorte de principe d’Archimède social dont la pratique n’a pourtant conduit qu’à d’effroyables noyades.

    #inégalités_sociales #revenu_de_base #Quebec #revenu_minimum #antisocial #pauvreté #marché_du_travail #indigents #misère #Angleterre #sans-travail #Espagne #laissés-pour-compte #France #sans-abris


  • Report notes dramatic increase in homelessness in Germany - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2017/11/17/home-n17.html

    Report notes dramatic increase in homelessness in Germany
    By Marianne Arens
    17 November 2017

    “Whoever has no house now will not build one anymore.” As beautiful as the Rilke poem about the approaching end of the year may sound—for the homeless, the onset of winter is the worst punishment. The Federal Working Group for Homelessness (BAG W) reported this week that the homeless now number almost 1 million in Germany, approximately 860,000.

    The latest figures mean that in “rich” Germany, one in a hundred inhabitants is without a place to live. So much for the ubiquitous media commentary about how well things are going in Germany: “The Germans live well” (FAZ), “Germany is experiencing the strongest economic recovery in a long time” (Süddeutsche Zeitung), and the Frankfurter Rundschau: ”Is the German economy really too good?”

    #pauvreté #allemagne #sdf


  • « Droit à un toit ou droit dans le mur ? Pour une VRAIE politique de lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles ». DoucheFlux

    Rendez-vous le lundi 18 septembre à partir de 12h, habillé(e) d’un sac #poubelle, place Saint-Jean… à un jet de pierre du #Parlement bruxellois !

    Avant de rejoindre la place Saint-Jean, aboutissement de la “marche rouge (de colère)” du 18/9 de 12h à 14h, il convient de s’habiller d’un sac #poubelle, dans lequel vous aurez pratiqué un trou pour votre tête et deux pour vos bras.

    L’idéal est de revêtir votre sac poubelle le plus tôt possible dans la matinée. Vous attirerez ainsi l’attention de votre conjoint au petit déjeuner, des piétons dans la rue, des navetteurs dans le métro, des clients dans la boulangerie, de vos collègues de travail, etc., et vous pourrez leur expliquer le but du mouvement, leur donner un tract (voire un sac poubelle déjà prêt à l’emploi) et les inviter à rejoindre la marche.

    L’idéal est de se rendre à la place Saint-Jean du plus loin possible à pied. Ainsi, à mesure que les « marcheurs rouge (de colère) » s’en rapprocheront, ils seront de plus en plus nombreux sur les trottoirs, pour finalement remplir totalement la place Saint-Jean.

    12h-12h30 : 5 prises de parole
    12h30 – 12h45 : forum ouvert avec des parlementaires bruxellois
    13h : déchirement des sacs poubelle sur le cri « On n’est pas des déchets ! / We zijn niet waardeloos ! »
    13h30 : installation de l’étendard devant le Parlement bruxellois
    En permanence : des banderoles, des slogans, un hymne et du bruit

    Source : http://droitauntoit-rechtopeendak.brussels/fr/demo

    https://www.facebook.com/Droit-à-un-toit-ou-dans-le-mur-Recht-op-een-dak-of-het-dak-op-kunnen--1981

    #sans-abris #Bruxelles #Belgique #DoucheFlux

    • La crise du Samusocial ne serait qu’une déplorable « affaire » si elle n’avait surgi sur le fond d’un constat sur lequel La Strada vient de mettre un chiffre : depuis 2008, le nombre de personnes sans abri et mal logées a quasiment doublé à Bruxelles. Cela sonne comme un échec cinglant de la politique en la matière. Les causes de cet échec incluent, entre autres, l’opacité des pratiques et des arbitrages politiques, un manque général de moyens accordés aux acteurs de terrain, la mise en concurrence de ces acteurs, le manque de prise en considération de leurs avis et recommandations lancinantes, leur inscription forcée dans les logiques intégratives de l’« État social actif », une augmentation frénétique des moyens financiers alloués à certains acteurs de l’urgence sociale, le manque catastrophique de logements accessibles et l’absence d’une politique de prévention digne de ce nom.  Le secteur de l’aide aux sans-abris dénonce une politique de gestion des conséquences et réclame une politique intégrée, cohérente et ambitieuse de lutte contre le sans-abrisme, qui s’attaque également aux causes du phénomène.

      Or, malgré les scandales liés à la Ville de Bruxelles, les pouvoirs subsidiants prévoient d’encore augmenter, dès 2017 et pour les années à venir, le budget alloué au Samusocial. Parallèlement, une nouvelle ordonnance est sur le point d’être adoptée, qui crée une nouvelle mégastructure dont la position sera dominante. Au vu des dérives déjà constatées, il apparaît judicieux de contester, en concertation avec l’entièreté du secteur, la pertinence et l’opportunité de ces décisions.
      La Commission d’enquête parlementaire consacrée au Samusocial délibère principalement sur des questions de gouvernance, et non sur l’organisation politique de la lutte contre le sans-abrisme. Nous appelons les parlementaires membres de cette commission, ainsi que tous les partis représentés au Parlement régional, à aller plus loin dans la réflexion, en mettant immédiatement sur pied une Assemblée décisionnelle, qui permette une véritable concertation avec le secteur, basée sur les données objectives déjà récoltées, les recommandations déjà formulées et les recherches déjà menées. Cette Assemblée décisionnelle arrêtera son propre agenda et définira ses urgences et priorités. En rassemblant tous les opérateurs concernés par la problématique − sans oublier les bénéficiaires, les politiques, les académiques, la société civile et les secteurs limitrophes −, cette Assemblée décisionnelle dépassera la « Concertation de l’aide aux sans-abri », qui doit par ailleurs être maintenue. Cette Assemblée doit aboutir à un consensus quant aux décisions à prendre, dès à présent et pour le reste de la législature. C’est elle aussi qui doit adresser une feuille de route aux décideurs de la prochaine législature.

      Ensemble, nous pouvons faire de la crise du Samusocial une opportunité et rediriger les curseurs vers la fin du sans-abrisme.

      Pour appuyer le présent appel, une marche rouge (de colère) aura lieu le 18 septembre 2017, jour de la rentrée parlementaire.

      Pour signer cet appel et participer à la marche du 18 septembre, rendez-vous sur

      http://droitauntoit-rechtopeendak.brussels

      #sans-abrisme #enfants #femmes #hommes #etres_humains #corruption #Samusocial



  • Trottoirs et #bidonvilles de Dhaka

    Près d’un demi-million de personnes viennent chaque année chercher refuge à Dhaka, poussées par un ensemble interconnecté de raisons liées au changement climatique, à la pauvreté et à la dégradation de l’environnement. Et beaucoup d’entre elles finissent par vivre sur les trottoirs.

    http://www.fmreview.org/fr/abris/lebeau-tuckfield.html
    #réfugiés #asile #migrations #Dhaka #logement #SDF #sans-abris #hébergement #Bangladesh



  • L’arrosage à la Porte d’Anderlecht visait bien à chasser les SDF : il sera démonté RTBF - 20 Juillet 2017

    Le système d’arrosage qui avait été installé à l’entrée du Musée des Egouts à la Porte d’Anderlecht va être démonté !
Depuis quelques jours, ce système avait suscité la polémique.
    
La ville prétendait en effet qu’il ne s’agissait que d’un système d’arrosage automatique pour les plantes installées devant l’entrée du Musée.


    
Beaucoup pensaient qu’il s’agissait surtout d’un système pour chasser les SDF qui dorment depuis des années à cet endroit.
    
Et finalement c’était bien ça... Karine Lalieux l’échevine de la culture affirme qu’elle l’a finalement découvert et que dès qu’elle a appris la vérité, elle a fait cesser le mécanisme et elle va le faire démonter dans les prochains jours.

     #sdf #sans-abris #pauvreté #sans-abri #Bruxelles #Belgique #sans_domicile_fixe #espace_public #guerre_aux_pauvres #greenwashing

    https://seenthis.net/messages/614490


  • Des douches anti-SDF installées à la Porte d’Anderlecht ? « Bien sûr que non ! », dément l’échevine RTBF - Pierre Vandenbulcke - 13 Juillet 2017
    https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_des-douches-anti-sdf-installees-a-la-porte-d-anderlecht-bien-sur-que-non

    C’est en tout cas une accusation qui circule depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux notamment. En cause : un système d’arrosage installé à l’entrée du Musée des égouts pour arroser automatiquement des bacs de fleurs installés à cet endroit. Ça, c’est pour la version de la ville de Bruxelles.

    Le hic, c’est que des SDF dorment régulièrement à cet endroit et certains voient dans ce dispositif une manière de les déloger.
    Cela fait des années que des familles de roms occupent l’entrée couverte de ces pavillons. Alors l’installation de ce système d’arrosage, trois douchettes suspendues au plafond, a été perçue par certains comme l’installation d’un dispositif anti-SDF.


    Karine Lalieux, échevine la Culture et responsable des musées de la Ville, dément. « Jamais les musées de la Ville ont demandé de mettre des douches anti-SDF, comme j’entends parler aujourd’hui ! Ce sont les espaces verts qui ont mis des bacs à plantes. Et ils sont en train de faire des tests par rapport à des arrosages automatisés. »

    L’objectif, c’est d’embellir les abords de ce musée qui, selon l’échevine, ne sont pas des espaces adéquats pour héberger des familles avec enfants. « Il est vrai qu’il y avait des SDF. On leur a demandé de quitter les lieux il y a quelques semaines. On a bien entendu fait activer les services sociaux pour prendre en charge ces familles avec enfants qui dorment dehors sans aucune commodité (…) Je revendique que toutes ces familles qui vivent dehors soient hébergées correctement. Et ça, c’est le rôle de la Région bruxelloise. »

    Karine Lalieux demande à la ministre Frémaut en charge de l’aide aux personnes d’ouvrir de nouveaux centres pour les familles.

     #sdf #sans-abris #pauvreté #sans-abri #Bruxelles #Belgique #sans_domicile_fixe #espace_public #guerre_aux_pauvres #greenwashing




  • A la Chapelle, les bénévoles inquiets du sort des réfugiés cet été - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/07/06/a-la-chapelle-les-benevoles-inquiets-du-sort-des-refugies-cet-ete_1581812

    Collectifs et #associations s’activent devant la non-prise en charge des migrants qui affluent dans ce quartier parisien. Plus d’un millier vivent à la rue à proximité d’un centre de premier accueil totalement débordé.
    ...
    Le système solidaire improvisé par des centaines de volontaires du quartier depuis novembre dernier fonctionne tant bien que mal. Mais depuis que le centre est totalement débordé par les arrivées en continu, tout ce petit monde peine à joindre les deux bouts. Mardi, le conseil de Paris dirigé par Anne Hidalgo a de nouveau tiré la sonnette d’alarme auprès de l’Etat, plaidant pour la « mise à l’abri » de ces réfugiés et l’ouverture de nouveaux établissements, notamment dans les « métropoles situées sur les routes migratoires ».
    ....
    Épuises et agacés, les bénévoles attendent les solutions promises par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui devrait dévoiler un « plan » sur l’asile dans les prochains jours. Sans quoi, l’été à la Chapelle se passera, selon Pierre Henry, « avec plus de sécurité [l’emploi de la force pour déloger les réfugiés, ndlr] ». Et moins d’humanitaire.

    #accueil #Paris #La_Chappelle #logement #hébergement #sans-abris #SDF


  • A #Porte_de_la_Chapelle si infrange l’accoglienza di Parigi

    Le politiche francesi sull’accoglienza si esprimono nelle dichiarazioni sempre più ambigue del presidente Emmanuel Macron e del Ministro dell’Interno Gérard Collomb. Intanto, nonostante le proporzioni degli arrivi in Francia siano piuttosto moderate, nella periferia nord di Parigi il solo centro di accoglienza istituito dalla sindaca Anne Hidalgo non basta mai, e centinaia di giovani migranti e richiedenti asilo vivono accampati nelle strade intorno a Porte de la Chapelle, in condizioni terribilmente precarie. Eleonora Camilli ci è andata per noi.


    http://openmigration.org/analisi/a-porte-de-la-chapelle-si-infrange-laccoglienza-di-parigi
    #accueil #Paris #La_Chappelle #logement #hébergement #sans-abris #SDF