• Lille Comment une femme a-t-elle pu accoucher dans la rue ? Angélique Da Silva Dubuis Avec Chantal David - 12 Avril 2019
    http://www.lavoixdunord.fr/567170/article/2019-04-12/comment-une-femme-t-elle-pu-accoucher-dans-la-rue

    L’histoire de cette femme sans-abri retrouvée auprès du corps sans vie de son bébé suscite beaucoup d’émotion. On ignore tout du parcours de cette sans domicile fixe et de ses intentions envers son nouveau-né. L’enquête devra déterminer les circonstances de ce drame. Les associations sont consternées.

    Le 23 mars, ce sont des passants qui ont donné l’alerte après avoir remarqué cette femme et son nourrisson aux abords de la gare Lille-Flandres. Les secours n’ont rien pu faire pour réanimer le nouveau-né. La mère, âgée d’une quarantaine d’années, a été placée en détention. Son interpellation a beaucoup choqué (lire plus loin). Dans la logique judiciaire, il s’agit de prendre toutes les précautions face à la mort d’un nouveau-né. L’enquête devra déterminer les circonstances exactes du drame et le parcours de cette femme sans domicile fixe.

    Trente ans de réclusion criminelle
    Dans quelle solitude et quelle détresse était cette mère de famille pour en arriver là ? Pour accoucher derrière une barrière de chantier dans le quartier le plus fréquenté de la ville, à quelques battements de cœur d’une maternité ? Était-elle connue des services sociaux et des associations humanitaires ? Était-elle suivie sur le plan médical ? Et le père de l’enfant dans tout ça ?

    Mise en examen pour « délaissement de mineur de moins de 15 ans suivi de mort », cette mère de famille encourt trente ans de réclusion criminelle. Elle est assistée par une avocate lilloise.

    Inconnue du monde associatif
    « Il nous arrive de rencontrer des femmes enceintes dans nos maraudes. Quand les grossesses sont avancées, ces femmes sont souvent prises en charge dans des foyers ou par des proches, explique Ben, de L’Île de solidarité. Quelle que soit son histoire, on espère qu’elle est suivie sur le plan psychologique car elle doit être dévastée. »

    Nous avons sollicité plusieurs associations lilloises d’aide aux sans-abri. Personne n’avait connaissance de la situation de cette femme sans domicile fixe. Mais le sujet est sensible et les associations observent une certaine réserve. « Le moment venu, il faudra avoir le courage de se demander qui est responsable de la mort de ce bébé », lâche cette employée d’un accueil de jour.

    « Nous sommes très affectés »
    À Lille, l’association Solfa dispose depuis 1994 d’un centre maternel de quatorze places rue Brûle-Maison. Il accueille des femmes sans-abri et leur enfant (de 0 à 3 ans) pour un accompagnement de neuf mois. Depuis 2003, l’association propose également un service d’accueil immédiat de six places, boulevard Montebello. Ces structures sont financées par le Conseil départemental et ne peuvent pas répondre à toutes les demandes. « Nos vingt places mère-enfant sont très sollicitées. Le Département fait vraiment le maximum mais les besoins sont immenses », explique Reza Hatami, directeur du pôle enfance-famille de Solfa.

    Déficience intellectuelle
    « Nous sommes très affectés par ce drame. Mais on ne peut pas ignorer que certaines femmes ne se font pas connaître ou refusent d’être accompagnées. » L’association est aux côtés de ces femmes dans toutes leurs démarches, qu’elles soient désireuses de garder leur enfant, d’avorter ou d’accoucher sous X. Sans jugement.

    La majorité des femmes accueillies ici ont entre 20 et 25 ans. Des profils abandonniques souffrant de déficience intellectuelle. Des jeunes femmes en quête affective souvent maltraitées dans leur enfance et coupées de leur milieu familial.

    #guerre_aux_pauvres #guerre_aux_femmes #décès #mort #Lille #SDF #sans-abris #sans-abritisme #justice #injustice #France #discrimination_sociale

    @monolecte , la suite de https://seenthis.net/messages/772841


  • Bébé retrouvé mort dans la rue à Lille : sa mère sans-abri mise en examen - L’Aisne Nouvelle
    http://www.aisnenouvelle.fr/87342/article/2019-04-06/bebe-retrouve-mort-dans-la-rue-lille-sa-mere-sans-abri-mise-en-examen

    Une femme a accouché dans la rue, près de la gare Lille-Flandres à Lille (Nord), la semaine dernière. La SDF d’une quarantaine d’années a été écrouée pour délaissement d’enfant ayant entraîné la mort.

    #guerre_aux_pauvres #guerre_aux_femmes


  • #L’Ouvre-Porte se lance à Grenoble pour aider les SDF

    L’association lyonnaise ouvre sa première antenne dans la commune.

    L’association l’Ouvre-Porte œuvre contre la précarité à Grenoble en mettant en relation des personnes sans domicile fixe avec des bénévoles prêts à les accueillir pour un temps. L’antenne grenobloise de l’Ouvre-Porte est née d’un ras-le-bol. Celui de Charlotte Doubovetzky, Grenobloise sensible aux problèmes de #logement et de ses colocataires, déçus du fonctionnement de certaines associations d’#hébergement d’urgence locales.

    Le leitmotiv de l’association est l’hébergement citoyen. Des #volontaires se proposent pour accueillir gratuitement des personnes en situation de grande précarité. Pour une douche, un repas, une nuit, ou plusieurs, ils leur offrent l’hospitalité sans contrepartie.

    Aujourd’hui, deux jeunes demandeurs d’asile sont pris en charge. Sidi et Chériff, deux Maliens de 19 ans arrivés en France il y a plus de deux ans. Ils sont sortis de la rue grâce à l’Ouvre-Porte.


    https://www.ledauphine.com/isere-sud/2019/03/31/l-ouvre-porte-se-lance-a-grenoble-pour-aider-les-sdf-ltoq
    #accueil #hospitalité #Grenoble #France #SDF #sans-abritisme #sans-abris


  • Malgré les démantèlements, plusieurs centaines de migrants dorment toujours à la rue à #Paris

    La préfecture d’Ile-de-France a organisé quatre opérations de “mise à l’abri” de migrants en l’espace de 10 jours dans le nord de Paris. Malgré ces évacuations, au moins 800 personnes demeurent toujours à la rue. Qui sont-elles ? Pourquoi n’ont-elles pas été prises en charge ? InfoMigrants fait le point.

    Entre le 22 et le 31 janvier, la préfecture de Paris et d’Ile-de-France a procédé à l’évacuation de près de 1 000 migrants qui vivaient dans quatre campements insalubres dans le nord de Paris : porte de Clignancourt, avenue Wilson (Saint-Denis), porte de la Chapelle et la Villette. Selon les estimations de Médecins du Monde, contacté par InfoMigrants, il reste à l’heure actuelle au moins 800 personnes à la rue.

    Il y a d’abord ceux qui ont quitté les campements ou ceux qui étaient absents au moment où s’est déroulée l’opération de mise à l’abri de la préfecture. “Il faut savoir que, par exemple, dans le cas de l’évacuation de la Chapelle le 29 janvier dernier, les bus ont accueilli les premiers migrants assez tardivement, vers 8h30 du matin. Bon nombre d’entre eux ont des rendez-vous administratifs ou médicaux qu’ils ne peuvent pas se permettre de manquer. Ils ont donc raté le coche de la mise à l’abri”, explique Louis Barda, coordinateur du programme d’accès aux soins de Médecins du Monde à Paris.

    Viennent ensuite ceux qui étaient bien présents lors de l’opération mais qui ont refusé de monter à bord des bus de la préfecture. “Il s’agit bien souvent d’une problématique administrative. Parce qu’ils ont peur, certains sont déboutés ou dublinés, ils ne veulent pas attirer l’attention sur eux et préfèrent rester à la rue”, poursuit Louis Barda.

    "Avant il y avait l’accueil inconditionnel, ce n’est plus le cas"

    Il existe aussi des migrants qui acceptent de monter dans un bus, qui sont conduits dans des hébergements temporaires et finissent rapidement par être remis à la rue quelques heures ou quelques jours plus tard. “Une fois qu’ils arrivent dans le gymnase où ils doivent pouvoir être mis à l’abri, l’Ofii évalue leur situation administrative. C’est là que les déboutés, les dublinés ou même des réfugiés statutaires sont sommés de quitter les lieux car ces places d’hébergement d’urgence sont normalement prévues pour les demandeurs d’asile”, affirme Louis Barda.

    “Avant, tout le monde accourait lorsque la préfecture organisait ce genre de mise à l’abri car il y avait le principe d’accueil inconditionnel. Ce n’est plus le cas”, regrette-t-il. “Si vous n’êtes pas dans la bonne case simpliste du bon ou du mauvais migrant que le gouvernement a décrété, mieux vaut être à la rue et conserver sa tente et ses maigres possessions. La France conditionne l’hébergement à la situation administrative, c’est tout le drame de la politique de non-accueil aujourd’hui.”

    En première ligne de cette politique : les dublinés. D’après, Antoine Decourcelle, responsable commission asile à la Cimade Ile-de-France, joint par InfoMigrants, l’État français “mène une guerre sans merci contre ces derniers”. Pire, selon lui, même les ex-dublinés, ceux qui peuvent présenter une nouvelle demande en France au bout de quelques mois, seraient exclus.

    “L’Ofii refuse tout bonnement leur prise en charge. Cela a commencé cet été avec une circulaire interne que la Cimade a contesté au tribunal en décembre dernier. Selon l’ONG, "le document encourage les agents de l’Ofii à refuser les allocations aux demandeurs d’asile ex-dublinés ainsi que leur demande de logement”, affirme-t-il.

    Des migrants invisibles, hors du système et pas quantifiables

    Devant cette situation, de plus en plus de migrants vivent à la rue en dehors des campements de telle manière à être les plus invisibles possible. “Près de la porte d’Aubervilliers, nous venons de rencontrer deux Somaliens qui font la manche et qui évitent les campements parce qu’ils sont dublinés. Ils savent qu’ils ont un an et demi à tenir avant de sortir de Dublin et de pouvoir re-déposer une demande d’asile. Alors ils se font discrets et sont totalement en dehors du circuit de prise en charge”, détaille Louis Barda de Médecins du Monde.

    Ces migrants isolés et en dehors du système sont donc très difficilement quantifiables car ils sont mobiles et disséminés partout, selon les associations. Outre les dublinés, il y a ceux qui craignent l’insécurité des campements et préfèrent se cacher ailleurs, dans des micros campements. Il y a aussi ceux qui se trouvent un toit grâce à hébergement citoyen.

    Une quinzaine d’associations - dont la Cimade, Médecins du Monde ou encore Emmaüs - ont lancé un appel le 30 janvier demandant “à l’État et aux collectivités locales de mobiliser des locaux vides afin d’ouvrir de nouvelles places d’hébergement réellement inconditionnelles.” Elles soulignent également l’importance de trouver des solutions pérennes, étant donné qu’un “grand nombre de personnes aujourd’hui hébergées dans le cadre du plan hivernal va se retrouver sans solutions à la fermeture des structures d’hébergement hivernal dans le meilleur des cas le 31 mars prochain.”

    Contactée il y a plusieurs jours pour obtenir une confirmation du nombre de migrants restant à la rue et en savoir davantage sur les prochaines maraudes, la préfecture n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

    http://www.infomigrants.net/fr/post/14981/malgre-les-demantelements-plusieurs-centaines-de-migrants-dorment-touj
    #SDF #sans-abri #sans-abritisme #migrations #asile #réfugiés #destruction #démantèlement #France #camps #campement
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