• Vers une stratégie de sortie de crise
    Centre Patronal suisse, le 15 avril 2020
    https://www.centrepatronal.ch/documents/documents-utiles/cp-2020-04-15-fr.pdf

    Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation… Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentissement de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d’innombrables habitants qui n’ont aucune envie de subir plus longtemps cette expérience forcée de décroissance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l’envie et la satisfaction, de travailler, de créer, de produire, d’échanger et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques leçons de la crise actuelle. Mais il est néanmoins indispensable que l’activité économique reprenne rapidement et pleinement ses droits.

    #coronavirus #travail #le_jour_d'après #fascistovirus #Suisse #sans_vergogne

  • Vers une stratégie desortie de crise
    Centre patronal suisse.
    https://www.centrepatronal.ch/documents/documents-utiles/cp-2020-04-15-fr.pdf

    Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation... Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentisse-ment de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d’innombrables habi-tants qui n’ont aucune envie de subir plus ongtemps cette expérience forcée de décrois-sance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l’envie et la satisfaction, de travailler, de créer, de produire, d’échanger et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques leçons de la crise actuelle. Mais il est néanmoins indispensable que l’activité écono-mique reprenne rapidement et pleinement ses droits

  • How Some Rich Americans Are Getting Stimulus ‘Checks’ Averaging $1.7 Million
    https://www.forbes.com/sites/shaharziv/2020/04/14/why-are-rich-americans-getting-17-million-stimulus-checks

    “For those earning $1 million annually, a tax break buried in the recent coronavirus relief legislation is so generous that its total cost is more than total new funding for all hospitals in America and more than the total provided to all state and local governments,” said Doggett. “Someone wrongly seized on this health emergency to reward ultrarich beneficiaries, likely including the #Trump family , with a tax loophole not available to middle class families. This net operating loss loophole is a loser that should be repealed.”

    The analysis by the JCT showed in just how skewed a fashion the tax provision benefits the wealthy. It found that, “82 percent of the benefits of the policy go to about 43,000 taxpayers who earn more than $1 million annually.”

    If you take the report’s calculations at face value, that means that, on average, each of the eligible taxpayers would get a windfall of ~$1.7 million!

    #escrocs #sans_vergogne

  • Pour les gens du secours
    https://www.youtube.com/watch?v=dgFVXAuUCBY


    Pascal Obispo, Marc Lavoine et Florent Pagny unissent leurs voix « Pour les gens du secours« , du nom d’une chanson inédite en soutien à « toutes celles et tous ceux qui luttent pour notre santé » contre le Covid-19

    Dessin de Chereau pour #Urtikan.net
    #au_secours

  • Coronavirus in San Francisco : How City Flattened the Curve - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/politics/archive/2020/04/coronavirus-san-francisco-london-breed/609808

    London breed wasn’t going to wait around for COVID-19.

    San Francisco had yet to confirm a single case of the coronavirus when Breed, the city’s 45-year-old first-term mayor, declared a state of emergency in late February.

    (...)

    Breed ordered businesses closed and issued a citywide shelter-in-place policy effective on March 17, at a point when San Francisco had fewer than 50 confirmed coronavirus cases.

    (...) The economic hardship a shutdown would cause was not lost on Breed. She was raised in a public-housing project by her grandmother, from whom, Harris said, Breed inherited a practical streak. Breed’s sister died of a drug overdose, while her brother is currently incarcerated on a 44-year sentence for manslaughter. “Her grandmother was a tough lady,” recalled Harris, who has known Breed for years. “She was practical, practical to her core.”

    “Hindsight these days is not years later; it’s weeks later,” the senator said. “So hindsight tells us London Breed was really smart. She did the right thing at the right time, even though it’s not what people wanted to hear.”

    (...) “This virus has been ahead of us from day one,” Cuomo lamented on Thursday, as he announced that, once again, New York had seen a daily record—799—in coronavirus deaths. That may be true for Cuomo and de Blasio, who dragged their feet, not to mention Donald Trump. But it is not true for Breed.

    (...) Public-health officials in san francisco began monitoring the coronavirus outbreak around the holidays in *December*, Mary Ellen Carroll, who runs the city’s Department of Emergency Management, told me. *By late January, Breed had activated San Francisco’s emergency-operations center* in preparation for an outbreak—the first such move in any major city in the country. (...) Everyone, including Breed, wears a mask when they meet, Carroll said.

    #in_retrospect #San_Francisco

    Politiquement pas très à gauche au sein du parti démocrate :

    Breed, a Democrat aligned with the party’s establishment wing, won the mayoralty in a close special election a few months later, defeating two more progressive candidates with the help of tabulations from San Francisco’s system of ranked-choice voting. She won election to a full term in 2019, but spent much of the year battling progressives on the city’s pervasive homelessness problem and in local elections where candidates she endorsed were defeated.

  • Cassoulet de Pâques aux haricots tarbais
    http://cuisine-libre.fr/cassoulet-de-paques-aux-haricots-tarbais

    La veille La veille au soir, mettre à tremper les haricots tarbais dans trois fois leur volume d’eau. Le jour J Égoutter les haricots tarbais et les rincer sous l’eau fraîche. Les placer dans une grosse cocotte et couvrir d’eau froide. Faire cuire pendant 30 minutes à feu moyen. Égoutter. Pendant ce temps, éplucher l’oignon et le piquer avec les clous de girofle. Peler les gousses d’ail. Replacer les haricots tarbais dans la cocotte. Ajouter les tomates concassées avec l’oignon et les gousses… #Agneau, #Haricot_blanc, #Chilis_et cassoulets / #Sans_œuf, #Sans_lactose, #Sans_gluten, Mijoté

    #Mijoté

  • Velouté de carottes au fromage frais et à la ciboulette
    https://cuisine-libre.fr/veloute-carottes-fromage-frais-ciboulette

    Pour se recharger en minéraux et en saveurs, grâce l’association de racines d’hiver et de fromage, riches en calcium et peu caloriques. Lavez et épluchez les carottes. Coupez-les en rondelles. Pelez l’ail et l’oignon, dégermez si nécessaire, puis émincez-les. Rincez, séchez et ciselez la #Ciboulette. Mettez ensuite l’ail, l’oignon et es #Carotte dans une casserole ou un mixeur chauffant. Ajoutez 1 cuillère à café pleine de sel et versez la dans l’eau. Portez à ébullition, puis laissez cuire le tout 30 … Carotte, Ciboulette, #Fromages_à_pâte_fraîche, #Veloutés / #Sans_viande, #Sans_œuf, #Végétarien, #Sans_gluten, #Bouilli

  • Aux confins des confinés Une Lune pleine qui irradie de rose les nuages déchirés dans le ciel de Nantes. #SansFiltre #SansRetouche
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/49747739921

    Flickr

    ValK. a posté une photo :
    Lune Rose #sans_filtre #sans_retouche
    📷 #photo (cc-nc-sa) ValK.
    Série « Co-vide » : frama.link/co-vide
    👀 + de photos : frama.link/valk
    ℹ infos, liens et soutien : liberapay.com/ValK

  • La parole politique mise à mal dans la lutte contre le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/06/la-parole-politique-mise-a-mal-dans-la-lutte-contre-le-covid-19_6035667_8234

    La défiance d’une partie de l’opinion et la prolifération d’infox mettent en difficulté le gouvernement dans sa gestion de la crise.

    Le phénomène n’est pas nouveau. Mais il s’amplifie avec l’épidémie du Covid-19. Alors que l’exécutif doit faire face à une crise sanitaire sans précédent, la défiance envers la parole officielle atteint des sommets. Selon un sondage Elabe publié le 1er avril, seulement 41 % des Français font confiance au pouvoir pour « lutter efficacement contre l’épidémie », soit 18 points de moins en deux semaines.

    Plus grave, près de deux Français sur trois pensent que le gouvernement leur ment sur la gestion de l’épidémie : 63 % estiment qu’on leur « cache des choses », selon un sondage OpinionWay, publié le 30 mars ; 70 % que l’Etat « ne dit pas la vérité aux Français », dans une étude Odoxa, publiée cinq jours plus tôt. « La confiance dans la parole politique était déjà basse au début du quinquennat. Elle a baissé au moment des “gilets jaunes”, et continue de s’effriter. Le discrédit est aujourd’hui majeur », se désole l’ex-député La République en marche (LRM), Matthieu Orphelin.

    Un souci de taille pour l’exécutif, au moment où il doit convaincre la population de respecter ses consignes de confinement sur le long terme. Sans se relâcher, alors que des dizaines de Français ont pris des libertés avec l’attestation de déplacement, ce week-end. « On constate un délitement de la parole politique, réduite au même niveau que le pékin moyen sur Facebook », regrette le délégué général adjoint de LRM, Pierre Person.

    Les critiques de l’opposition et des personnels soignants contre la pénurie de matériel ont contribué à nourrir la défiance actuelle. « Dans l’opinion, on constate une très forte grogne contre le manque de masques et des tests, avec l’idée que les premiers à en pâtir sont les salariés, qui continuent à travailler sur le terrain », observe Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion à l’IFOP. Avant de pointer le risque d’une recrudescence du clivage entre « les élites » et « le peuple » : « Cela réactive un ressentiment de la France d’en bas contre les technos, accusés de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à affronter une telle crise. On retrouve un syndrome du mouvement des “gilets jaunes”, avec l’idée que la classe politique aurait collectivement failli. »

    #paywall

  • #Coronavirus : Samuel Eto’o ulcéré par un échange entre deux professeurs - Foot - Coronavirus - L’Équipe
    https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Coronavirus-samuel-eto-o-ulcere-par-un-echange-entre-deux-professeurs/1124465

    Dans leur échange, le Pr Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin (Paris), et le Pr Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm, ont évoqué la nécessité de faire des #tests en #Afrique pour vérifier l’éventuelle capacité du vaccin BCG à réduire les symptômes du Covid-19. « Fils de P... Vous n’êtes que de la #merde, n’est-ce pas l’Afrique est votre terrain de jeu », a commenté Eto’o.

  • Eric Coquerel sur Twitter : « Photo prise ce mercredi à 6h RER Gare du Nord. Tout indique une affluence plus grande dans les transports qui correspond à la réouverture d’entreprises et secteurs. Forcer les gens à travailler dans des secteurs non indispensables en plein #confinement et pic épidémique me dépasse » / Twitter
    https://mobile.twitter.com/ericcoquerel/status/1245312499198701568

    #France #criminel

  • Hôpital public : la note explosive de la Caisse des dépôts - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/010420/hopital-public-la-note-explosive-de-la-caisse-des-depots

    Depuis que la crise sanitaire a déferlé sur le pays, Emmanuel Macron a dit à plusieurs reprises qu’il veillerait à défendre l’État-providence. Une conversion surprenante : dans le passé, il a toujours défendu des positions néolibérales, très critiques à l’encontre de cet État-providence. Mais il assure désormais qu’il ne sera pas prisonnier de ces croyances. « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, a-t-il dit lors de son allocution au pays le 12 mars, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, [pour] notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe […]. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »

    Malgré tout, sans doute est-il prématuré de croire dès à présent qu’Emmanuel Macron a changé. En tout cas, le plan que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est en train d’élaborer à sa demande pour l’hôpital public, et dont Mediapart est en mesure de révéler la première ébauche, va totalement à rebours de ses déclarations. Ce document expose une série de propositions qui s’inscrivent toutes dans la philosophie néolibérale qu’Emmanuel Macron a toujours défendue par le passé. Privatisation rampante au travers de sulfureux partenariats public-privé (PPP), marchandisation accélérée de la santé : voilà un plan qui tourne le dos aux valeurs de l’État-providence.

    • Si l’on en croit les critiques que nous avons recueillies auprès de plusieurs experts de l’économie de la santé ou de l’hôpital, ce plan pourrait même attiser de violentes polémiques dans le pays, tant il contredit la posture prise par le chef de l’État depuis le début de la pandémie.

      L’origine de ce plan est connue. En déplacement à Mulhouse, mercredi 25 mars, pour visiter l’hôpital militaire de campagne qui venait d’y être construit, le chef de l’État a fait des promesses fortes, mais sans en révéler les modalités, ni les montants, ni le calendrier. Il a juste assuré qu’« à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital ». Sans emporter la conviction, il a encore dit : « Beaucoup a été fait, sans doute pas suffisamment vite, pas suffisamment fort. » C’est dans ce cadre présidentiel que s’inscrivent les travaux préparatoires de la CDC.

      Ce plan est élaboré par la direction de l’investissement de la Banque des territoires, laquelle est chapeautée par la CDC. Selon nos informations, ce travail de réflexion a été engagé sur une commande de l’Élysée, sans que nous ayons pu savoir si la présidence de la République a sollicité d’autres services de l’État ou d’autres organismes. La note, qui est encore une mouture provisoire, a été écrite par deux hauts fonctionnaires de la CDC, Adelphe de Taxis du Poët et Pierre Menet.

      * La philosophie générale du plan. Tous les experts que nous avons interrogés – professeur de médecine, économistes, sociologue – portent sur cette note un regard similaire. S’ils relèvent ici ou là quelques avancées, ils constatent qu’elle ne tire aucun enseignement de la crise sanitaire historique que nous traversons et cherche à poursuivre et même à accélérer les processus de privatisation rampante et de marchandisation de la santé, qui étaient déjà à l’œuvre les années précédentes.

      Il est d’ailleurs assez frappant de relever que du début à la fin, la note ne cesse de mentionner le secteur privé, pour une cascade de raisons, comme s’il était un acteur majeur pour l’hôpital, dont le statut public est ainsi quasiment dissous. Cette référence au privé apparaît évidemment dans les fameux partenariats public-privé ; pour le développement de la « santé numérique », il est aussi fait mention du rôle de 700 start-up qui sont aussi… privées. Dans une note en bas de page, il est aussi fait l’éloge de nombreux assureurs privés qui soutiennent l’« Alliance digitale pour le Covid-19 », laquelle est « composée de Docaposte, la start-up lilloise Kelindi, l’agence Dernier cri, Allianz France et le cabinet d’avocats De Gaulle Fleurance & associés ». Et la note ajoute : « Le consortium est soutenu par AG2R La Mondiale, AstraZeneca, CompuGroup Medical, Johnson & Johnson, La Banque postale assurances, Malakoff Humanis, la plateforme de téléconsultation MesDocteurs et le groupe VYV. »

      Bref, d’une ligne à l’autre, c’est une ode de chaque instant au privé.

      Chargé de recherche au CNRS, rattaché au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3), le sociologue Pierre-André Juven fait ce constat très sévère : « Le seul affichage du secteur marchand comme solution à la crise est potentiellement périlleux pour les responsables politiques qui cherchent toujours à éviter l’accusation de privatisation de l’hôpital public. L’intrusion encore plus grande du privé (car déjà existante) s’articule donc à celle – moins crispante pour beaucoup d’acteurs – de l’innovation et notamment de l’innovation numérique. » On trouvera sous l’onglet Prolonger associé à cet article la version intégrale de la note que nous a adressée le sociologue. Elle peut aussi être consultée ici.

      Et Pierre-André Juven ajoute : « Ce document est le révélateur très net des orientations actuelles en matière de réformes de la santé : nécessité de faire plus de place au privé ; croyance forte dans l’innovation numérique comme solution au double enjeu de la qualité des soins et de la contrainte financière ; responsabilisation et individualisation face au risque. Les quatre points généraux du document ne sont qu’un coup de tampon aux stratégies édictées depuis plusieurs années. Loin de remettre en cause les orientations délétères des réformes conduites depuis plus de vingt ans, ils conduisent à accélérer la casse de l’hôpital public. Ce document n’est pas seulement la marque d’une volonté d’étendre l’emprise du privé au sein de l’hôpital public, il traduit la conception technophile, néolibérale et paternaliste qu’une grande partie des acteurs administratifs et des responsables politiques ont de la santé. »

      Un conflit d’intérêts pour la CDC

      Interrogé également par Mediapart, le professeur André Grimaldi, fondateur du Collectif Inter-Hôpitaux, juge aussi sévèrement cette note. Il souligne en particulier qu’elle présente le vice majeur de mettre sur un pied d’égalité l’hôpital public et d’autres établissements, dont les établissements privés de santé à but non lucratif (Espic), qui, même s’ils sont détenus par des mutuelles et des fondations, sont régis par d’autres règles, notamment celles de la concurrence, ce qui leur permet d’embaucher les soignants sous des contrats individuels, de faire leur mercato pour débaucher des professeurs de renom, avec les rémunérations afférentes. Cette mise sur un pied d’égalité de ces établissements a, selon lui, pour effet d’effacer la frontière entre public et privé et s’inscrit dans une logique de marchandisation.

      Jean-Paul Domin, professeur de sciences économiques à l’université de Reims et membre des Économistes atterrés, soulève, avant toute chose, une question de méthode : « N’y a-t-il pas un évident conflit d’intérêts à demander un rapport à la CDC sur l’hospitalisation ? La CDC, via une de ses filiales Icade santé, est un acteur majeur de l’hospitalisation privée lucrative. Icade santé est détenue à hauteur de 38,8 % par la CDC et pour 18,4 % par Prédica SA (la filiale assurance du Crédit agricole). Icade s’est spécialisée sur le marché de l’immobilier sanitaire. Elle possède un portefeuille de 135 établissements de santé valorisé à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Elle est déjà partenaire de marques reconnues (Elsan, Ramsay santé, Vivalto) ainsi que des groupes régionaux. Icade souhaite également investir le marché des Ehpad et annonce un accord de partenariat avec le groupe Korian. » On trouvera également sous l’onglet Prolonger associé à cet article la version intégrale de la note que nous a adressée Jean-Paul Domin. Elle peut aussi être consultée ici.

      Professeure d’économie à l’université de Dauphine, directrice du laboratoire d’économie et de gestion des organisations de santé, Brigitte Dormont s’interroge sur la fonction de « ce genre de note », qui commence par des éléments de diagnostic familiers à tous ceux qui connaissent la santé (les défis posés par l’augmentation des maladies chroniques, les problèmes budgétaires des hôpitaux publics, la nécessité de nouveaux modes de rémunération des professionnels de santé), avant d’insister lourdement et à plusieurs reprises sur l’intérêt qu’il y aurait à attribuer de l’argent public au secteur hospitalier non lucratif.

      Dans cette note se présentant comme une série de « propositions post-Covid-19 dans le domaine de la santé », la place faite aux établissements privés de santé à but non lucratif est pour le moins remarquable, avec l’idée que ces établissements auraient besoin d’un sauvetage financier spécifique. « Or, il faut savoir que ces établissements n’occupent qu’une place minoritaire dans l’offre de soins hospitaliers. Ils représentent, selon les dernières statistiques disponibles, 14 % des lits, bien moins que l’hôpital public (61,6 %) et moins aussi que les cliniques privées. Et leur situation financière est plutôt bonne, avec un résultat excédentaire dans les derniers comptes publiés et un endettement en baisse ».

      L’universitaire observe que ces Espic « sont financés via la tarification à l’activité (T2A) par de l’argent public de la même façon que les hôpitaux publics mais ont probablement aussi des ressources annexes ». Or, ils livrent à ces hôpitaux publics une véritable concurrence. N’étant pas contraints par la grille salariale de la fonction publique, ils peuvent offrir des rémunérations beaucoup plus attrayantes, ce qui entraîne une « fuite des médecins de haut niveau des hôpitaux publics à leur profit ».

      * La restructuration de la dette. À lire la note, on pourrait toutefois être rassuré sur un point : au moins la puissance publique est-elle consciente du poids que représente la dette pour les hôpitaux. Comme en novembre 2019 l’État avait annoncé qu’il reprendrait à sa charge un tiers de la dette des hôpitaux, la note préconise une restructuration des deux tiers de la dette restante.

      Mais la proposition est très ambiguë, car la note met effectivement sur un pied d’égalité l’hôpital public et les établissements privés de santé à but non lucratif. Or, les mutuelles, fondations ou associations qui les contrôlent sont le plus souvent devenues au fil des ans des organismes financiers mutants, ayant depuis longtemps abandonné l’idéal mutualiste pour copier les mœurs des marchés financiers. En clair, les mutuelles ou institutions de prévoyance agissent de plus en plus souvent comme des acteurs privés, par exemple de l’assurance. Elles sont soumises aux mêmes contraintes prudentielles et sont saisies des mêmes fièvres de concentration ou de regroupement. Comme le répète depuis longtemps le professeur Grimaldi, c’est par elles que transite le virus de la marchandisation et de la privatisation rampante dans le secteur de la santé.

      À la lecture de la note, il apparaît que la restructuration de la dette envisagée par la CDC concerne d’abord celle de ces Espic – ce qui est évidemment révélateur. D’où la proposition de la note : « Nous pourrions imaginer un fonds de dette qui prêterait en hybride soit aux hôpitaux, soit préférablement aux mutuelles. »

      L’amalgame public/privé ne s’arrête pas là, puisque, dans le cadre toujours de la restructuration de la dette, la note envisage aussi la « création d’un fonds de partage », un peu sur le modèle du fonds « F2i », créé par la Fondation de France. Si l’appellation est opaque, le but du dispositif est assez simple : il s’agit d’user des pratiques du « private equity » (investissement dans les entreprises non cotées) mais pour des buts à vocation sociale. Ou, si l’on préfère, il s’agit de créer un fonds hybride mariant, si cela est possible, les pratiques de la haute finance spéculative et le social. Pour ce mariage contre nature, la CDC envisage de « faire souscrire [à ce fonds] des investisseurs privés ou publics, corporate ou institutionnels ». Cette proposition résume à elle seule tout l’esprit de la note : il s’agit d’organiser une consanguinité généralisée entre le public et le privé.

      Mais il y a sans doute plus grave que cela, comme le relève Pierre-André Juven : « La création de “fonds” est à l’inverse de ce qu’il faut faire, à savoir une augmentation de façon pérenne et annuelle des moyens de l’hôpital public ; il y a des besoins d’investissement, certes, mais aussi de fonctionnement (“lits”, personnels, etc.). Le document traduit clairement la volonté de ne pas aller vers une augmentation de l’Ondam (objectif national des dépenses d’assurance maladie). » L’Ondam est cette norme d’évolution des dépenses fixée par le gouvernement dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et qui organise l’austérité : pour l’hôpital, il est de +2,4 % pour 2020.

      De l’austérité qui étouffe l’hôpital depuis si longtemps, et contre laquelle tous les personnels hospitaliers ont sans cesse manifesté, notamment tout au long de l’année 2019, et jusqu’à ce que commence la pandémie, il n’est tout simplement pas fait mention.

      L’universitaire Brigitte Dormont relève, elle aussi, que la note de la CDC veut restructurer la dette des hôpitaux publics, mais tout autant celle des Espic, alors que leur endettement est en phase de réduction et parfaitement soutenable. « En gros, le contenu essentiel de la note, c’est de proposer que de l’argent public et des actions de consolidation financière soient orientés vers le secteur privé non lucratif, sans argument pour fonder cette proposition. » « Un petit passage surréaliste propose même que le fonds de dette s’adresse “préférablement aux mutuelles ou aux fondations propriétaires des Espic”, étonnant ! »

    • La logique de la marchandisation généralisée

      * Les partenariats public-privé. « Mettre en place des PPP (partenariats public-privé) vertueux. » Avec cette seule recommandation, le comité de la Banque des territoires souligne combien il s’inscrit dans la même logique qui a conduit à une paupérisation sans précédent du secteur hospitalier, et à le mettre sous contrainte permanente de la dette pour le miner de l’intérieur.

      Car même si les nouveaux projets se veulent respectueux de l’environnement, comme il est recommandé dans la note, ce n’est pas pour cela que ces PPP en deviendront plus vertueux. Les mêmes mécanismes de surcoût, d’absence de contrôle, d’endettement massif, d’engagements très contraignants et sur le très long terme pour le seul profit du privé demeurent. Et ils sont mortifères pour le secteur hospitalier. « Utiliser le PPP pour construire un hôpital entier n’est pas très heureux, les besoins fonctionnels de l’hôpital évoluant trop rapidement, au fil des avancées technologiques », reconnaissait Jean-Philippe Vachia, président de la 4e chambre de la Cour des comptes, lors d’une commission d’enquête sénatoriale en 2014.

      Dans un rapport public au vitriol sur les partenariats public-privé dans le secteur hospitalier en 2014, la Cour des comptes en a recommandé le strict encadrement. À la suite de cette recommandation, le gouvernement avait légiféré pour en limiter l’usage. Manifestement, c’est cette limitation sur laquelle veut revenir la Banque des territoires. Au nom de l’urgence, de l’efficacité bien sûr.

      C’est au nom de l’urgence, de l’efficacité, que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a autorisé les hôpitaux à recourir massivement aux contrats de partenariat public-privé. Une formule alors vivement recommandée par Bercy : nommé directeur des affaires juridiques du ministère des finances, Jérôme Grand d’Esnon, ancien directeur des affaires juridiques de la Ville de Paris du temps de Jacques Chirac et grand connaisseur des financements politiques, s’était empressé dès son arrivée au ministère de dégager tous les obstacles de droit pour en favoriser le développement.

      Déjà utilisés par le ministère de la justice pour la rénovation des prisons et des palais de justice, les partenariats public-privé sont alors apparus au gouvernement Raffarin comme l’outil idéal pour mettre en œuvre son grand plan de modernisation de l’hôpital : le Plan hôpital 2007.

      François Fillon, alors ministre des affaires sociales et de la santé, avait déjà lancé son grand projet de sape de la Sécurité sociale : l’hôpital se devait de devenir une entreprise, la tarification à l’acte avait été introduite, les directeurs d’hôpitaux étaient considérés comme de vrais dirigeants, dispensés de tout contrôle. Mais il fallait poursuivre : réorganiser la carte hospitalière, organiser des regroupements, supprimer des lits et des structures hospitalières, rénover, voire construire de nouveaux établissements.

      Mais pour pouvoir mener à bien cette grande transformation, il fallait aussi de l’argent. Plutôt que de solliciter les moyens de l’État, le partenariat public-privé était, selon le gouvernement Raffarin et ses successeurs, la solution : les projets de modernisation hospitaliers seraient portés par le privé. Ils pourraient être menés à bien sans alourdir la dette de l’État, puisque tout l’endettement serait placé en hors bilan, donc n’apparaîtrait pas dans les fameux calculs d’endettement imposés par le traité de Maastricht.

      Tous les directeurs des agences régionales d’hospitalisation furent alors vivement encouragés à recourir à ce mécanisme. « Chacun d’entre eux devait présenter au moins un projet de PPP pour l’hôpital », rapporte la Cour des comptes dans son rapport de 2014. Vingt-quatre projets ont été signés sous cette forme dans la période 2003-2007, représentant un montant de 613 millions d’euros, pour un plan total de 15,9 milliards.

      Un de ces PPP, celui de l’hôpital sud-francilien, signé avec le groupe Eiffage, a défrayé la chronique. « L’exemple de ce qu’il ne faut pas faire », reconnut Jean-Philippe Vachia au Sénat. Dérapage des coûts, surdimensionnement, malfaçons, retards, hôpital vide pendant des mois car inachevé et inadapté, impossibilité réaliser la moindre transformation sans payer un large dédommagement au propriétaire… : ce contrat signé dans la plus totale opacité s’est révélé un fiasco sanitaire et financier. L’hôpital se doit cependant de payer quelque 51 millions d’euros de loyer par an (au lieu des 32 millions annoncés au départ).

      Les exemples de dysfonctionnement abondent. Chaque année ou presque, la Cour des comptes relève les errements auxquels on conduit ces PPP dans les hôpitaux. C’est par exemple, à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, la mutualisation des fonctions logistiques passées sous contrat de PPP, qui finalement se révèle plus coûteuse qu’auparavant. « Quatre ans après, l’intérêt économique du recours à la formule du contrat de partenariat public-privé n’avait donc toujours pas été établi », constate le rapport. Ce sont, à l’hôpital de Douai, ces deux contrats de partenariat public-privé pour la restructuration des services logistiques et la construction d’un établissement pour personnes âgées dépendantes en remplacement de l’ancienne maison de retraite. Des contrats d’une durée de 25 à 30 ans qui obèrent « structurellement les budgets annuels », note un autre rapport. Mais il y aussi l’hôpital de Saint-Nazaire, de Bourgoin-Jallieu ou du Haut-Limousin, et tant d’autres encore.

      Chaque fois ou presque, les mêmes critiques resurgissent : des contrats opaques et mal ficelés qui donnent tout pouvoir au privé, des surcoûts non contrôlés, un endettement massif à des taux beaucoup plus élevés que si la puissance publique avait assuré elle-même le financement et sur un très long terme, une surcharge financière qui ôte toute marge de manœuvre aux hôpitaux. Sans que le bénéfice du recours au privé n’apparaisse à un moment ou à un autre.

      Alors que les expériences passées démontrent l’inefficacité, voire la nocivité de ce type de contrat pour le secteur hospitalier, pourquoi la Banque des territoires propose-t-elle de les remettre en cour ? Tout le monde a appris des erreurs passées, l’État est mieux armé pour surveiller ce type de contrat, les acteurs privés ont changé leur approche, plaideront peut-être les défenseurs des PPP.

      Un récent rapport de la Cour des comptes européenne publié en mars 2018 montre qu’il n’en est rien. Après avoir examiné de nombreux contrats de partenariat privé-public passés dans toute l’Europe, celle-ci a constaté un « manque considérable d’efficience, qui s’est traduit par des retards de construction et par une forte augmentation des coûts », une opacité comptable qui compromet « la transparence et l’optimisation des ressources », une inadaptation de ces contrats de long terme à suivre « l’évolution rapide des technologies ». Sa première recommandation est qu’en l’état du droit et de la pratique, il faut cesser de recourir aux partenariats public-privé, tant que tous les problèmes juridiques et financiers n’auront pas été résolus, compte tenu des « avantages limités » de ces PPP.

      Proposer le recours massif aux PPP dans ce contexte revient à dire que les responsables dans l’entourage du gouvernement, en dépit des déclarations faites, n’ont pas changé : ils sont bien décidés à poursuivre la même politique de casse du secteur public hospitalier, dont nous constatons aujourd’hui les conséquences dramatiques. En utilisant d’ailleurs au passage l’argent de la Caisse des dépôts, c’est-à-dire de tous les Français, apporté en garantie de ces opérations, pour le seul bénéfice du privé, des Vinci, Bouygues, Eiffage et consorts…

      * La santé numérique. Dans la note analysant ce plan, Pierre-André Juven critique la logique financière dans laquelle elle s’inscrit, mais il se moque tout autant de « la logique technophile ». Il est assez frappant que « la santé numérique » constitue effectivement le point de départ de ce plan. Comme s’il s’agissait de la priorité des priorités. Et pour le sociologue, « ce n’est pas un hasard ».

      Explication de Pierre-André Juven : « La volonté de décharger l’activité hospitalière et donc les besoins en personnel de santé se marient parfaitement pour les acteurs administratifs et les réformateur/-trices à la e-santé, qui “fluidifierait” les prises en charge et l’organisation du soin. On trouve derrière l’idée que beaucoup de prises en charge/consultations seraient inutiles (à l’image des “fausses urgences ”). L’innovation numérique permettrait de pallier le manque de financement public. Dans le document est prise comme exemple “la saturation du 15”. Il y a toujours plusieurs façons de lire un problème : ici, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas assez de moyens mis dans le “15” que le problème se pose, mais parce qu’il n’y a pas d’alternatives efficientes (entendre par là privées). »

      Pour Jean-Paul Domin, la critique est similaire : « C’est le truc à la mode. Les opérateurs complémentaires (mutuelles, assurances) se sont lancés en proposant des solutions de téléconsultation (la société Mesdocteurs.com est financée en partie par Axa, qui est au capital). La CDC oublie que cette fausse solution nécessite que l’ensemble des patients puisse avoir accès au très haut débit, ce qui n’est pas le cas pour tout le monde. L’accès à la télémédecine est marqué par de fortes inégalités. »

      * Conversion de navires en navires-hôpitaux. Donald Trump a suggéré il y a quelques jours de reprendre les paquebots de croisière pour les transformer en hôpitaux. Alors que tous les croisiéristes sont en plein naufrage, après l’épisode du Diamond Princess où plusieurs milliers de passagers se sont retrouvés cloués à bord pendant plusieurs semaines pour cause d’épidémie de coronavirus, le président américain avait trouvé que ce serait une bonne idée de récupérer ces bateaux. Ce qui permettrait au passage de sauver le groupe de croisière Carnival, qu’il connaît bien.

      Mais on ne s’attendait pas à ce que la Banque des territoires reprenne cette idée dans une note sur la santé au temps du Covid-19. « Il s’agirait, écrit-elle enthousiaste, de conventionner avec des armateurs français la transformation, à la demande, d’un paquebot, d’un roulier, d’un ferry en navire-hôpital, en contrepartie d’une rémunération fondée sur la disponibilité (et des entraînements). Une annonce de cette nature serait sans doute très bien reçue par l’opinion publique et recevrait le soutien des Armateurs de France, très attachés au concept de flotte stratégique et à la croissance des navires sous pavillon français. La CDC pourrait financer dans le cadre de ce contrat d’affrètement les dépenses de conversion et le stock de matériel médical nécessaire à la montée en puissance de ces navires-hôpitaux ».

      Il y a longtemps que la marine a des bateaux-hôpitaux qui lui permettent d’avoir des capacités de soin un peu partout dans le monde. Mais est-ce que la transformation de paquebots de croisière, souvent gigantesques, apporte une bonne réponse au sous-équipement hospitalier actuel ? Avoir des installations mobiles pourrait peut-être permettre de répondre à des besoins des DOM-TOM, où certains territoires insulaires sont sous-équipés, mais pour la France, cet appoint serait par bien des aspects accessoire : le manque d’équipement médical et hospitalier est surtout criant sur tout le territoire, dans le Grand Est et le Massif central, dans la Creuse ou le Jura, par exemple, régions qui sont peu connues pour leur accès à la mer.

      Mais au-delà, ces navires monstrueux peuvent-ils apporter une réponse en cas de pandémie, comme celle du Covid-19 ? L’exemple du Diamond Princess (mais d’autres navires de croisière ont connu des expériences aussi dramatiques) tend à prouver que le confinement dans un espace inadapté, avec des règles inappropriées, se révèle contre-productif. Certes, ces paquebots peuvent être transformés. Mais cela demanderait des moyens gigantesques pour ce faire. Serait-ce pertinent de mobiliser tant de ressources financières pour un résultat incertain, en tous les cas tardif ?

      L’insistance avec laquelle la Banque des territoires soutient cette proposition, cependant, pose question. Car il semble y avoir beaucoup d’arrière-pensées et de non-dits dans cette suggestion. La raison en est peut-être ailleurs : la Société de financement local (Sfil), qui sert de bras financier à la banque des territoires, garantit un grand nombre de crédits exports. Elle s’est beaucoup engagée dans le secteur des croisières.Depuis 2017, elle a garanti plus de 3 milliards d’euros de crédits pour les commandes de paquebots passées par MSC (détenu par le cousin d’Alexis Kohler) et Royal Caribbean auprès des Chantiers navals de l’Atlantique. Ces garanties ont été consenties dans des conditions extrêmement généreuses, au-delà des pratiques habituelles.

      Or, ces croisiéristes sont aujourd’hui totalement à l’arrêt, et peut-être pour longtemps. Ils risquent de ne pas être en mesure d’assurer leurs échéances. Leur reprendre leurs bateaux et les transformer en hôpitaux permettrait de les soulager et peut-être de ne pas exposer les engagements hors norme pris pour eux avec de l’argent public. Mais est-ce vraiment le rôle de l’État d’assurer le sauvetage de groupes étrangers qui ont opté de longue date pour les paradis fiscaux ?

    • La colère des professions de santé

      * La participation des patients. Dans son plan, la CDC évoque cette participation des patients en faisant notamment cette remarque : « Le développement des ALD [affections de longue durée – ndlr] oblige à une plus grande participation des patients à la prise en compte de leur santé… et la pandémie actuelle montre la nécessité d’une éducation (civique ?) à la santé et à la prévention… »

      Une remarque qui a le don d’agacer Pierre-André Juven : « La logique néolibérale, dit-il, se retrouve bien sûr dans la place faite au secteur privé mais on la retrouve aussi concernant la place des patient·e·s. Le point sur la “participation des patients à la prise en compte de leur santé” est un retournement des acquis et des revendications des associations de patient·e·s […]. En bref, là où les associations parlent d’empowerment pour revendiquer un droit à participer aux prises de décision, les pouvoirs publics entendent empowerment au sens d’autonomisation vis-à-vis des pouvoirs administratifs et médicaux : et donc traduisent autonomisation par individualisation. L’éducation civique à la santé traduit une approche très moralisatrice et paternaliste : en gros, il faut que les gens arrêtent de solliciter les structures de santé pour la moindre égratignure. »

      Favoriser les soins de premiers recours. Il y a quelques points, en revanche, qui devraient faire consensus. C’est le cas par exemple de la participation plus active de la puissance publique (ou de la Banque des territoires ?) aux investissements envisagés depuis des lustres dans les centres de santé, maisons de santé, centres de soins de premier recours ou centres de répit. On serait tenté de dire : enfin ! Jusqu’ici, ces investissements étaient portés par les municipalités, surtout, et les hôpitaux. Jean-Paul Domin émet toutefois une réserve : « Les solutions préconisées reposent sur la mise en œuvre de solutions financières pour la création de centres de santé ou de maisons de santé. Bien entendu, la CDC valorise les solutions techniques en oubliant que le développement des déserts médicaux résulte essentiellement d’un manque de médecins dans des zones soit rurales soit socialement défavorisées. »

      Dans le même registre, Pierre-André Juven souligne « un point intéressant » : « Le soutien aux projets hospitaliers intégrés. » Explication : « Des projets, portés par des hôpitaux, le ministère de la santé et des collectivités, peuvent être soutenus afin de lier effectivement “la ville” et l’hôpital. Ils évitent des hospitalisations et une prise en charge institutionnalisée sans pour autant que le suivi avec les patient·e·s soit rompu une fois passée la prise en charge. Dans le domaine de la psychiatrie par exemple, il y a de belles initiatives de ce type. »

      Le débat autour de ces propositions. Au sein même de la CDC, ce plan suscite de très vives critiques. Mediapart a soumis ce document à Éric Boubet, secrétaire général du SNUP CDC FSU qui, après lecture, dit sa consternation : « Je ne suis malheureusement pas surpris ! La CDC est le bras financier de l’État et à ce titre elle “obéit” aux ordres du pouvoir politique en place ! Avec la loi Pacte d’Emmanuel Macron, elle a perdu ce qui lui restait d’indépendance. Aujourd’hui, c’est “business et bla-bla com.” La crise du Covid-19 va encore une fois servir de prétexte. La CDC va afficher une aide considérable en faveur de l’hôpital au nom de l’intérêt général ! Mais en vérité, nous sommes bien loin de cela et l’épargne populaire servira les intérêts de la marchandisation et de la privatisation du secteur de la santé. Ici, on analyse ce drame en termes “d’impact sur les valorisations corporate de la crise actuelle.” »

      Et le responsable syndical ajoute : « Alors que l’ensemble des personnels médicaux – médecins urgentistes ou chefs de service – interpelle le gouvernement pour exiger depuis plus d’un an un plan d’urgence pour l’hôpital public, ce dernier répond par une opération de business. Le rôle de la CDC est de mobiliser les fonds nécessaires pour sauver les hôpitaux publics et non de poursuivre les financements qui le tuent comme les partenariats publics/privés. L’État doit effacer totalement les dettes et engager sur les fonds propres notamment les travaux nécessaires pour les hôpitaux existants et rouvrir ceux qu’il a fermés. Ce n’est pas d’hôpitaux dits de campagne ou d’appoint dont la France a besoin ! Enfin, la revalorisation des traitements et des carrières des agents doit être immédiate. »

      Jean-Philippe Gasparotto, secrétaire de l’Union des syndicats CGT de la CDC, est tout autant atterré : « C’est affligeant et très inquiétant. Cette note confirme le cours délétère de la Direction des investissements de la CDC et d’une façon générale de la Banque des territoires de la CDC qui suit elle-même l’exemple de BPI France dans sa logique libérale de banalisation bancaire. Loin de s’inscrire en réponse aux besoins criants de financements d’investissements publics d’un secteur public hospitalier à l’agonie : recherche fondamentale, manque de lits et de matériels, manque d’équipements dans tous les services, manque généralisé de valorisation des personnels, développement anarchique de secteurs privés, manque de service de prévention et surtension des urgences du fait de manque de places et de personnels, maillage territorial en déshérence, désagrégation des parcours de santé, dislocation du lien médecine libérale de ville/ hôpitaux/CHU et développement des déserts médicaux… ce qui aurait dû conduire la direction des investissements à proposer des modèles de financement et d’investissement de long terme compatibles avec l’intérêt général (utilisation des ressources d’épargne populaire (LA) ; réallocation d’actifs des fonds d’épargne ; recherches de co-investissements avec les fonds européens (BEI…) tels qu’ils sont développés par exemple sur le champ du logement social… »

      Et le responsable syndical ajoute : « Au contraire, la quasi-totalité des propositions avancées s’inscrivent dans une logique de continuité de la privatisation de l’hôpital et du secteur de la santé : soutien au PPP ; développement de secteur privé de recherche ; montage de fonds de partage et de dette avec des institutionnels privés, propositions saugrenues d’affrètement de navire-hôpital sur modèle des PPP pratiqués dans le remorquage, dette à gestion déléguée… tant de recettes éculées et hors sol, que l’on aurait plutôt attendues du service investissement corporate d’une banque commerciale. Triste. »

      Plus généralement, ce sont les professions médicales qui risquent de réagir vivement, quand ils vont découvrir les véritables projets du gouvernement. Dans les heures qui avaient suivi les annonces un peu évasives du chef de l’État à Mulhouse, Le Monde avait relevé qu’elles avaient été saluées « avec prudence et amertume » – c’est le moins que l’on puisse dire – par le corps médical. « C’est dommage d’avoir dû attendre une catastrophe, mais mieux vaut tard que jamais », estimait Anne Gervais, l’une des porte-parole du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), qui avait orchestré en janvier la démission de près de 1 200 médecins hospitaliers de leurs fonctions administratives pour réclamer davantage de moyens. « C’est positif, mais après tous les plans qu’on nous a proposés et qui étaient en deçà de ce qui était nécessaire pour les soins, on attend de voir », nuançait de son côté Hugo Huon, président du Collectif Inter-Urgences.

      Alors, pour ceux qui attendaient de voir, l’ébauche de plan de la CDC risque de les tétaniser. À croire que ce pouvoir n’a décidément rien appris du désastre en cours…

      Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

    • Privatisation de la santé : Mediapart révèle les contours du plan promis par Macron
      https://www.revolutionpermanente.fr/Privatisation-de-la-sante-Mediapart-revele-les-contours-du-plan

      Et leurs craintes sont en train de se vérifier … Dans un article publié hier, Médiapart révèle une note de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), en charge de réfléchir à ce plan d’investissement pour la santé. Brigitte Dormont, Professeure d’économie à l’université de Dauphine, résume ainsi pour Médiapart son contenu : « En gros, le contenu essentiel de la note, c’est de proposer que de l’argent public et des actions de consolidation financière soient orientés vers le secteur privé non lucratif, sans argument pour fonder cette proposition. »

      Effectivement, cette version provisoire, paraît bien loin du discours de Macron sur la nécessité d’avoir un service public de santé. L’idée principale qui en ressort n’est autre que « privé, privé et encore privé ». Loin de tirer le moindre bilan des politiques néolibérales de privatisation de la santé, ou des mesures austéritaires qui ont mené à la situation catastrophique dans les hôpitaux aujourd’hui et qui tendent à rendre la crise sanitaire qu’on traverse aussi ingérable que meurtrière, la note s’inscrit parfaitement dans la logique des dernières années.

  • Toasts poisson clown
    https://cuisine-libre.fr/toasts-poisson-clown

    Ces poissons-là ne sont pas à accrocher dans le dos ! Laver et sécher la ciboulette. Dans une assiette, disposer quelques brins pour figurer les algues. Couper les coins de chaque tranche de pain de mie, puis les arrondir. Disposer les tranches pour former des poissons en utilisant les coins coupés pour les nageoires. Tartiner les tranches de fromage frais. Dérouler les bâtonnets de #Surimi pour récupérer la partie orange. Déposer sur les nageoires et couper ce qui déborde. De même pour figurer la tête… Surimi, #Tartines / #Sans_viande

  • Soudainement ils ne sont plus « illégaux »

    Préfet de Seine-et-Marne sur Twitter : "#coronavirus #agriculture Les #réfugiés en renfort ! Face aux difficultés de recrutement rencontrées par la profession agricole et pour répondre aux besoins en #main_d'œuvre exprimés, le Préfet de #SeineEtMarne mobilise les réfugiés. ➡️https://t.co/lmdoKvSglL https://t.co/osMS7dWGqk" / Twitter
    https://twitter.com/Prefet77/status/1244661546724311041

    #sans_vergogne

  • Pot-au-feu végétarien au gruyère
    https://cuisine-libre.fr/pot-au-feu-vegetarien-au-gruyere

    Coupez le #Gruyère en gros morceaux. Nettoyez, pelez les légumes et coupez-les en deux si nécessaire. Mettez tous les légumes (sauf les pommes de terre) dans une casserole d’eau froide. Salez, poivrez, ajoutez le bouquet garni et portez à ébullition. Laissez cuire 25 minutes. Ajoutez le gruyère et poursuivez la cuisson 15 minutes. Ajoutez les pommes de terre et poursuivez la cuisson jusqu’à ce qu’elles soient… #Pomme_de terre, Gruyère, #Potées / #Végétarien, #Sans_viande, #Sans_œuf, #Sans_gluten, #Bouilli

  • Coronavirus : ces entreprises qui tirent profit du chômage partiel - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/economie/coronavirus-ces-entreprises-qui-tirent-profit-du-chomage-partiel-29-03-20

    Des employeurs peu scrupuleux ont recours au dispositif exceptionnel de chômage partiel tout en demandant à leurs salariés de continuer à travailler à plein temps.

    #crapules #criminels #sans_vergogne

  • É.-U. : le lobby proarmes saisit la justice pour garder les armureries ouvertes
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/202003/27/01-5266830-e-u-le-lobby-proarmes-saisit-la-justice-pour-garder-les-armureri

    « Les opinions politiques subjectives ne sont pas pertinentes face à cette #vérité : les vendeurs d’armes autorisés sont des commerces essentiels pour garantir un droit protégé par la Constitution. Point final », ont-ils écrit dans un recours transmis à un tribunal fédéral de cet État de l’ouest des États-Unis.

    Leur plainte vise le gouverneur démocrate Gavin Newsom, qui a ordonné le confinement de sa population avec une exception pour « les infrastructures essentielles » et qui a ensuite laissé le choix aux shérifs des différents comtés d’inclure ou non les armureries dans cette catégorie.

    En conséquence, le shérif de Los Angeles, également visé par la plainte, a estimé jeudi que les magasins d’armes devaient rester fermés au public. 

    Tout en jugeant « remarquable » la crise sanitaire en cours, les plaignants, dont le puissant lobby National Rifle Association (NRA), estiment dans leur recours qu’elle « n’excuse pas » la violation du deuxième amendement de la Constitution qui, selon eux, garantit un droit au port d’#armes.

    Au contraire, plaident-ils, « les vendeurs d’armes et de munitions fournissent peut-être la fonction commerciale la plus importante en permettant aux Californiens de se défendre eux-mêmes, ainsi que leurs proches et leur propriété » en ces temps troublés.

    #etats-unis #sans_vergogne

  • Salade d’œufs
    https://cuisine-libre.fr/salade-d-oeufs

    Que faire des œufs en trop ? Une réconfortante salade d’œufs, bien crémeuse… Cuire les œufs durs : les poser au fond d’une casserole, couvrir d’eau froide et porter à ébullition à feu vif pendant 10 minutes. Les transférer dans un bol d’eau glacée pour stopper la cuisson et les laisser refroidir. Pendant ce temps débiter le céleri et les cornichons en petits dès ou en très fines tranches. Hacher les herbes. Au fond d’un bol, verser le fromage blanc, la mayonnaise et la moutarde. Saler, poivrer. Mélanger.…

    #Œufs, #Aneth, #Tartines / #Sans_viande, #Bouilli

  • Lentilles corail au lait de coco
    https://cuisine-libre.fr/lentilles-corail-au-lait-de-coco

    Des lentilles crémeuses, comme un bon risotto ! Placer les tomates, le #Lait_de_coco, les lentilles et le piment dans une casserole. Porter à ébullition et laisser mijoter à couvert, en remuant régulièrement, pendant 10-15 minutes, jusqu’à ce que les lentilles soient « al dente ». Surveiller la cuisson, car ces lentilles cuisent vite : le but est de les cuire juste assez pour qu’elles ne soient plus dures sous la dent, mais gardent un peu de fermeté. Servir garni de feuilles de coriandre… #Lentille_corail, Lait de coco, #Dahls / #Végétarien, #Sans_œuf, #Sans_viande, #Sans_gluten, #Sans_lactose, Végétalien (vegan), #Bouilli

    #Végétalien_vegan_

  • La « #catastrophe » du #confinement pour les mal-logés
    https://reporterre.net/La-catastrophe-du-confinement-pour-les-mal-loges

    Logements surpeuplés ou insalubres, familles fragiles et dépendantes des associations et services sociaux désormais fermés... Le confinement démultiplie les difficultés pour les mal-logés. Les associations tentent de s’organiser.

    #mal-logement #inégalités #habitat #insalubrité #santé #pandémie

    « On n’a nulle part où aller » : face au #coronavirus, les #SDF galèrent
    https://reporterre.net/On-n-a-nulle-part-ou-aller-face-au-coronavirus-les-SDF-galerent

    « Que va-t-il se passer pour nous, les gens de la rue ? » À Strasbourg, les personnes sans-abri s’inquiètent : la plupart des centres d’accueil de jour sont fermés et certaines maraudes n’ont pas pu être assurées. Si certaines associations continuent leurs actions solidaires, entre 3.000 et 4.000 personnes seraient en situation d’urgence.

    #maraudes_sociales #associations

  • Charte des grands principes rédactionnels : à faire, à ne pas faire | Gouvernement.fr
    https://www.gouvernement.fr/charte/charte-des-grands-principes-redactionnels/a-faire-a-ne-pas-faire

    Orwell bonjour, le gouvernement à désormais une « charte des grands principes rédactionnels » pour fabriquer sa #novlangue. On y apprend que l’on ne devra plus dire « depuis 36 ans », mais « depuis 1984 »

    Ce genre de guide des bonnes pratiques est parfaitement adapté pour des techniciens de la communication sans passé militant, qui ne connaissent pas le peuple à qui ils parlent. Les playmobils pourront ainsi optimiser leur benchmarks en suivant des règles qui, bien appliquées, leur éviteront de se faire taper sur les doigts par leur hiérarchie.

    • Marrant de voir que les tournures négatives sont remplacées par une tournure affirmative synonyme. Ce qui n’est pas forcément un défaut quand on veut communiquer une information avec plus d’efficacité.

      @rastapopoulos : ton exemple est assez intéressant en ce sens qu’il met l’accent sur un aspect très important dans la transmission de l’information, à savoir la « redondance ». Quand tu lis l’expression « depuis 36 ans » dans un texte, tu es forcement tenté (ou pas d’ailleurs, ça dépend de ton attention et du fait que tu es pressé ou pas de passer à autre chose) de faire un retour en arrière pour relire l’information que tu as peut-être perdue entre temps, c’est à dire l’année à prendre en compte pour situer l’origine du temps écoulé. Et, c’est vrai qu’il faut prendre le temps de faire ce retour. Par contre, à l’oral, il est plus facile d’exprimer cette durée et son origine en disant : « Depuis 36 ans, depuis 1984 en fait, il s’est passé plein de trucs, etc. »

    • Maintenant, @yohooo , les textes de l’administration ont toujours eu cette caractéristiques de « Novlangue » pour qui n’en maîtrise pas les codes. Je dirais plutôt jargon professionnel que novlangue : chaque domaine de l’administration a ses codes et évoque souvent les domaines où il faut légiférer et décider en termes « choisis » et compréhensibles par les seul·es membres du « sérail ». Prises de décision qui auront la fâcheuse tendance d’impacter notre quotidien sans nous demander notre avis. Du coup, c’est plutôt du côté de la transmission qu’il faut se poser les questions et aussi (surtout) de remettre en cause la chaîne de transmission descendante des ordres et décisions prises « au sommet de l’état » (ou de tout autres instances). Et là, il faut bien avouer que c’est mal barré. Et sinon, quand au sommet on sent que la base va renauder, et bien on organise des « consultations » de la base dont on se contrefout royalement que ça va continuer à coincer. Et si coince trop, que ça commence à se voir, que « l’opinion » s’émeut, les « directeurs » envoient une escouade de keu-flis tout en se retranchant derrière le fait qu’ils ont « consulté ».

    • @RastaPopoulos : Adieu double discours ! il y a 36 ou 68 chandelles, mon grand frère (en anglais) se la jouait plus beau et rebel qu’après l’invention du télécran.

      Mais sortons de cet exemple précis : donner une boîte-à-outils en communication à un gratte papier sans accroche sur le monde, c’est un peu comme donner un flingue à un soldat sans expérience de la vie. ça tue le discernement. On crée des Sibeth Ndiaye en série, prêtes à communiquer sans se poser de question.

    • @sombre : C’est justement le contraire qui se produit ici. Le gouvernement veut sortir de son jargon ( Parler « d’accident de voiture » plutôt que de « sinistre automobile » ). Et ça m’inquiète davantage. Parce que pue l’enfumage à plein nez.

      Quand on remplace « caissière » par « hôtesse de caisse », on peut se moquer du jargon hypocrite, mais on voit l’arnaque comme le nez au milieu de la figure.

      Ici, c’est le contraire, le gouvernement se dote d’un guide pour « parler vrai », et quand tu as besoin d’un guide, c’est que tu es étranger à la notion.

      Vous avez remarqué, en ce moment, tous les politiques utilisent le verbe « savoir ». Surtout à la place des verbes « connaître », « comprendre », « observer » ou « entendre » .

      Je sais votre dévouement...

      Déjà c’est faiblard, c’est pas beau à l’oreille, mais en plus ça présuppose qu’on est trop ignare (nous, le populo) pour comprendre de verbes un peu plus élaboré que « être », « avoir », « faire », « savoir », « pouvoir » et quelques autres notions communes que ma fille de 9 ans a assimilé depuis la maternelle. C’est de la condescendance pure.

    • le gouvernement se dote d’un guide pour « parler vrai »

      @yohooo je suis d’accord mais tu connais les principes de l’écriture pour le web (notamment les dates de type hier ne sont pas conseillées) et la théorie du KISS Keep It Simple and Stupid pour faciliter la compréhension de tous. (tout en pouvant parfaitement réduire à rien socialement les populations les plus fragiles)

    • .../... ça présuppose qu’on est trop ignare (nous, le populo) pour comprendre de verbes un peu plus élaboré que « être », « avoir », « faire », « savoir », « pouvoir » et quelques autres notions communes que ma fille de 9 ans a assimilé depuis la maternelle. C’est de la condescendance pure.

      Ah ça, ils ont une certaine expertise dans le domaine du #mépris_de_classe, les membres de l’aristocratie élective au suffrage majoritaire à deux tours.

      (tout en pouvant parfaitement réduire à rien socialement les populations les plus fragiles)

      Oui, de toute façon, quelque soit l’emballage des directives coercitives, les dites populations seront toujours réduites à pas grand chose, vu que on est dans une transmission à sens unique descendante sans l’ombre d’un espoir que les doléances remontent.
      – Ah oui, mais pour ça on a nos « institutions démocratiques » (nous disent-ils du haut de leurs mandats électoraux avec la morgue qui caractérise leurs « bien-naissances »).
      – Démocratiques, nos institutions ? Sans déc’ ...

    • j’avais pas creusé les textes, c’est assez énorme, ne serait-ce que le titre.

      La marque de l’État

      #sans_vergogne #Etat_danonisé #communikateurs

      Il n’est pas encore trop tard pour... Il est encore temps de...

      Cette tournure pour refuser d’inclure du négatif est enseigné quand tu fais du #commerce par exemple pour la vente téléphonique. Etudiante, j’ai fait une courte formation de téléopératrice dont je me suis enfuie justement à cause de cela. Tu avais aussi « la pilule rouge ou la bleue ? » à la place de « voulez-vous une pilule ? ».

      https://www.gouvernement.fr/charte/charte-graphique-les-fondamentaux/introduction

      La présente charte graphique s’inscrit dans le projet de refonte des fondamentaux de la communication de l’État.
      La raison d’être de cette charte s’appuie sur un constat partagé : nos concitoyens ont exprimé des difficultés à identifier, à comprendre, à s’approprier l’action gouvernementale et plus généralement l’action publique. La diversité de ses champs d’action, jeux d’échelles, ainsi que la multiplicité de nos institutions publiques, impliquent de gagner en simplicité et en clarté pour faciliter l’appropriation par les citoyens.

      Cette charte est ainsi la résultante de trois objectifs :

      Prolonger notre héritage graphique existant, héritage plébiscité par les Français. La Marianne, le drapeau français et notre devise sont des éléments patrimoniaux auxquels nous sommes tous attachés. Cette charte capitalise sur cet attachement et inscrit chacun de ces signes dans la longue histoire des emblèmes de la République Française.

      Actualiser et rationaliser notre système identitaire commun pour correspondre aux nouveaux formats et aux nouveaux usages auxquels font face tous les professionnels de la communication.

      Simplifier la compréhension du citoyen et sa perception de l’action publique.

      Et il y a un menu déroulant absolument vertigineux et illisible sur ce qu’il faut faire ou pas pour promouvoir « La marque de l’Etat »

      #publicitaires_à_l'œuvre
      #Etat

    • @touti il y a aussi la mise au pas de tous les ministères sous le même logo bleu blanc rouge. J’ai vérifié quelques sites, tous les logos sont désormais au garde à vous. Le message est clair : plus de contre pouvoir, même dans le faible espace d’imaginaire qui peut émaner d’un logo.

      ça fait partie de la lutte contre le « mille-feuilles » tant argué par les playmobils.