• Gérard Noiriel : « Les “#gilets_jaunes” replacent la question sociale au centre du jeu politique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/27/gerard-noiriel-les-gilets-jaunes-replacent-la-question-sociale-au-centre-du-

    Historien et directeur d’études à l’EHESS, Gérard Noiriel a travaillé sur l’#histoire de l’immigration en France

    les « #professionnels_de_la_parole_publique » ont été particulièrement nombreux à s’exprimer sur le sujet.

    Je pense que le mouvement des « gilets jaunes » peut être rapproché de la manière dont Emmanuel Macron a été élu président de la République, lui aussi par surprise et sans parti politique. Ce sont deux illustrations du nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés, et que Bernard Manin appelle la « démocratie du public » dans son livre Principe du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, 1995).

    Les « gilets jaunes » qui bloquent les routes en refusant toute forme de récupération politique s’inscrivent confusément dans le prolongement du combat des #sans_culottes en 1792-1794, des #citoyens_combattants de février 1848, des #communards de 1870-1871 et des #anarcho_syndicalistes de la #Belle_Epoque.

    Ce qui frappe, dans le mouvement des « gilets jaunes », c’est la diversité de leurs profils, et notamment le grand nombre de femmes, alors qu’auparavant la fonction de porte-parole était le plus souvent réservée aux hommes. La facilité avec laquelle ces leaders populaires s’expriment aujourd’hui devant les caméras est une conséquence d’une double démocratisation : l’élévation du niveau scolaire et la pénétration des techniques de communication audiovisuelle dans toutes les couches de la société.

    Les luttes antifiscales ont toujours joué un rôle extrêmement important dans l’histoire populaire de la France. L’Etat français s’est définitivement consolidé au début du XVe siècle, quand #Charles_VII a instauré l’impôt royal permanent sur l’ensemble du royaume. Dès cette époque, le rejet de l’impôt a été une dimension essentielle des luttes populaires. Mais il faut préciser que ce rejet de l’impôt était fortement motivé par le sentiment d’injustice qui animait les classes populaires, étant donné qu’avant la Révolution française, les « privilégiés » (noblesse et clergé), qui étaient aussi les plus riches, en étaient dispensés. Ce refus des injustices fiscales est à nouveau très puissant aujourd’hui, car une majorité de Français sont convaincus qu’ils payent des impôts pour enrichir encore un peu plus la petite caste des ultra-riches, qui échappent à l’impôt en plaçant leurs capitaux dans les paradis fiscaux.

    « L’autre fois, il a dit qu’on était des #poujadistes. J’ai été voir dans le dico, mais c’est qui ce blaireau pour nous insulter comme ça ? » Ce témoignage d’un chauffeur de bus, publié par Mediapart le 17 novembre, illustre bien ce #rejet_populaire.

    J’ai analysé, dans la conclusion de mon livre, l’usage que le candidat Macron avait fait de l’histoire dans son programme présidentiel. Il est frappant de constater que les classes populaires en sont totalement absentes. Dans le panthéon des grands hommes à la suite desquels il affirme se situer, on trouve Napoléon, Clémenceau, de Gaulle, mais pas Jean Jaurès ni Léon Blum. Certes, la plupart de nos dirigeants sont issus des classes supérieures, mais jusque-là, ils avaient tous accumulé une longue expérience politique avant d’accéder aux plus hautes charges de l’Etat ; ce qui leur avait permis de se frotter aux réalités populaires.

    J’ai publié un livre sur le massacre des Italiens à Aigues-Mortes, en 1893, qui montre comment le mouvement spontané des ouvriers français sans travail (qu’on appelait les « trimards ») a dégénéré au point de se transformer en pogrom contre les saisonniers piémontais qui étaient embauchés dans les salins. Je suis convaincu que si les chaînes d’information en continu et les smartphones avaient existé en 1936, les journalistes auraient pu aussi enregistrer des propos xénophobes ou racistes pendant les grèves. Il ne faut pas oublier qu’une partie importante des ouvriers qui avaient voté pour le Front populaire en mai-juin 1936 ont soutenu ensuite le Parti populaire français de Jacques Doriot, qui était une formation d’extrême droite.

    Issus des milieux populaires, ils sont brutalement sortis de l’ombre. Leur vie a été bouleversée et ils ont été valorisés par les nombreux journalistes qui les ont interviewés ou filmés. Beaucoup d’entre eux vont retomber dans l’anonymat si le mouvement se donne des porte-parole permanents. Ce qui risque d’affaiblir la dimension populaire de la lutte, car il y a de grandes chances que ces représentants soient issus de la classe moyenne, c’est-à-dire des milieux sociaux ayant plus de facilité pour s’exprimer en public, pour structurer des #actions_collectives.


  • Le réveil des sans-culottes - romy.tetue.net
    http://romy.tetue.net/le-reveil-des-sans-culottes?lang=fr
    http://romy.tetue.net/el-despertar-de-los-sans-culottes?lang=es

    J’avais quitté la France si confite d’affaires qu’elles ne faisaient même plus scandale. Je la retrouve ragaillardie, gigotant sous les piques des sans-culottes. Quoiqu’il se passe, il semble bien qu’effectivement quelque chose persiste de l’esprit révolutionnaire français… Ou était-ce moi qui, assommée par les médias, que je boude pourtant, n’y voyais tout simplement plus clair ?

    #SansCulottes #sans_culottes


  • Le Figaro - Emploi : Emploi : Parisot dénonce « l’ingérence » de l’Etat
    http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/01/07/09005-20130107ARTFIG00339-emploi-parisot-denonce-l-ingerence-de-l-etat.php

    Jusqu’ici « optimiste » sur l’issue de la négociation avec les syndicats, la présidente du Medef se dit désormais « très pessimiste », stigmatisant l’« ingérence » du gouvernement.

    La "Parisot" devrait se poser cette question : puisque nous sommes dans une démocratie participative, combien d’électeurs représentent le MEDEF ? Combien d’électeurs sont représentés par les syndicats de salariés ? L’État (en l’occurence le gouvernement et son exécutif) n’est-il pas le meilleur porte-parole de la "vox populi" ? Va-t-elle continuer à professer le credo qu’il faut tout sacrifier à quelques happy few qui seraient à la meilleure place pour décider du sort de millions d’autres ? Ces soit-disant entrepreneurs qui seraient le Sel de la Terre, les capital risqueurs, devrons-nous toujours plus ployer le genou devant eux ?
    #sans_culottes


    • Ça va mal finir toute cette arrogance, hein ? Hier soir, alors que j’étais en mode « batteries auxiliaires de secours », je m’étais vautré dans le canap pour regarder le JT de Pujadas. On aurait dit qu’il prenait un malin plaisir à agiter le chiffon rouge de la richesse insolente.
      #sans_culottes

    • Il y a un an ? deux ans ? j’ai entendu à la radio ( France-Culture ?) la philosophe féministe Elisabeth Badinter parler de la condition des femmes travailleuses , du manque de crèche dans les entreprises etc etc..

      La journaliste lui demanda alors si dans l’entreprise Publicis, il existait des crèches.

      Elisabeth Badinter n’en savait rien mais c’était une bonne question et elle allait se renseigner et elle serait très fière si dans toutes les agences Publicis, on pouvait créer un crèche...

      Cela doit être chose faite maintenant.



  • Allez, faites vous plaisir, diffusez, bashez le Gégé !
    http://www.profencampagne.com/m/article-113568315.html

    Je rajouterai :
    Citoyen Depardieu, tous vos biens fonciers et immobiliers acquis sur le territoire français vous seront confisqués par l’état et vendus comme bien nationaux. Vos avoirs bancaires sont désormais gelés et les membres de votre famille, vos proches et vos amis seront incarcérés à titre préventif. Vous avez choisi d’émigrer. Bon vent ! Et ne remettez jamais les pieds sur le territoire nationale sous peine d’être immédiatement arrêté et jugé en comparution immédiate par un Comité de Salut Publique.
    #sans_culottes