• How the U.S. Messed Up #Covid-19 So Badly | by Kate Green Tripp | Nov, 2020 | Elemental
    https://elemental.medium.com/how-the-u-s-messed-up-covid-19-so-badly-4005516c8dc6

    Elemental: You report that the United States, which is responsible for 4% of the global population, has seen 22% of the Covid-19 deaths—and of course that only accounts for numbers through September 2020. Apart from being incredibly sobering, what do these numbers tell us?

    Nancy Krieger: I think a very important thing to point out is that with a lot of the Covid-19 data, people have resorted to counting cases and then looking at what percentage of the population they are. So, when you come up with statistics like 4% of the population and 22% of the deaths, it tells you something — but it doesn’t tell you enough. The better data, to really compare countries accurately, that isn’t compromised by variables like how many people have access to testing, how accurate the testing is, how Covid-19 deaths are being defined, etc., is the data around excess deaths.

    We calculated something on the order of 260,000 excess deaths for the United States for the period of January 1 through September 12, 2020. Soon after we published our findings, the Morbidity and Mortality Weekly Report (the main journal of the CDC) came out with its analysis showing upwards of 300,000 excess deaths in the United States.
    So, the disproportion—4% of the population responsible for 22% of the deaths—is one part of understanding what we’re seeing in the United States during this pandemic. Another part is just how many excess deaths we’re seeing.

    [...]

    How do we swallow what we’re seeing in America when it comes to Covid-19 alongside the idea that the United States is a supposed world leader in medicine?

    The United States has phenomenal resources available to some people with regard to biomedical advances, but the U.S. also leads, among industrialized nations, in the number of people who are uninsured. We can say the U.S. leads in terms of biomedical technology and expertise, but in terms of actual access of the population to health care itself, the U.S. does not lead—it falls way, way behind.

    Public health and clinical care should be complementary partners . In the United States, clinical care has gotten a lot more attention in terms of health dollars. Privatization has a lot to do with this. In the U.S., public health has long been underfunded.

    After the 2008 economic debacle, lots of public health was cut and then never recovered. And, of course, the functions of public health departments are very different from the functions of medical entities providing care to patients. The fact that there are some public health agencies across this country that still rely on pen and paper and fax machines is an indicator.

    #états-unis #milliers_de_milliards #santé #surmortalité #privatisation #santé_publique #données #data

  • Un monde obèse

    En 2030, on estime que la moitié de la planète sera obèse ou en surpoids, entraînant une explosion du diabète, des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers. Enquête sur un fléau planétaire.

    Alors que l’obésité charrie son lot de clichés, des gènes tout-puissants aux volontés individuelles défaillantes, et que les industriels comme les autorités publiques continuent de pointer du doigt le manque d’activité physique ("Manger moins, bouger plus"), ce fléau ne serait-il pas le fruit d’un échec collectif mitonné dans nos assiettes ?
    Puis les des voix s’élèvent pour dénoncer les conséquences funestes de cette révolution, les multinationales de l’agroalimentaire, jamais rassasiées, dépensent des milliards en lobbying pour préserver leur pré carré, tout en répandant le poison de la malbouffe et des boissons sucrées à travers le globe.

    Il faut des citoyens engagés pour dresser un état des lieux édifiant de cette épidémie planétaire, qui constitue le problème de santé le plus grave au monde. Mais si les constats, étayés de chiffres, se révèlent effrayants, le documentaire en expose les causes de manière limpide, et explore des solutions pour stopper cette bombe à retardement.

    https://www.youtube.com/watch?v=LLsMeZFf5yA

    #obésité #choix #responsabilité #volonté_individuelle #volonté_personnelle #épidémie #industrie_agro-alimentaire #système_alimentaire #alimentation #exercice_physique #coca-cola #calories #culpabilité #culpabilisation #honte #métabolisme #graisse #sucre #céréales #produits_transformés #manipulation_des_ingrédients #aliments_artificialisés #hormones #déséquilibre_hormonal #insuline #glucides #satiété #flore_intestinale #microbiote #grignotage #multinationales #économie #business #prix #pauvres #désert_alimentaire #marketing #manipulation #publicité #santé_publique #diabète #suicide_collectif #prise_de_conscience

  • #Vaccins contre le #COVID-19 : un manque total de transparence de la part des sociétés pharmaceutiques | Médecins Sans Frontières Belgique
    https://www.msf-azg.be/fr/news/vaccins-contre-le-covid19-un-manque-total-de-transparence-de-la-part-des-soc

    « Malgré les assurances répétées des chefs d’État que tout #vaccin contre le COVID-19 sera un #bien_public mondial, et malgré les affirmations selon lesquelles l’industrie pharmaceutique agit de la meilleure manière possible, la réalité est que, jusqu’à présent, on ne peut pas faire confiance à cette industrie pour agir dans l’intérêt de la #santé_publique, même en ces temps sans précédent », a déclaré Roz Scourse, conseillère politique dans le cadre de l’Access Campaign de MSF. « Malgré les milliards de dollars d’#argent_public et d’argent venant des contribuables dépensés pour payer ces vaccins, et malgré les milliards de vies en jeu, nous continuons à être laissés dans l’ignorance et le brouillard, alors que nous avons besoin de déterminer des informations cruciales telles que le prix et l’approvisionnement de tout futur vaccin contre le COVID-19, et ce, en vue d’en avoir un accès équitable ».

    Pour la santé de milliards de personnes, les gouvernements doivent faire preuve d’audace. Ils doivent assumer leur responsabilité quant aux milliards de dollars publics qu’ils ont donnés pour ces vaccins, et exiger que les sociétés pharmaceutiques rendent publics de toute urgence toutes les licences, les accords, les coûts des essais cliniques et les données relatives aux vaccins contre le COVID-19.

    #pharma

  • Face au Covid, l’efficacité des réseaux autogérés de soignants, plus réactifs que le gouvernement - Basta !
    https://www.bastamag.net/Medecine-de-ville-deuxieme-vague-generalistes-infirmieres-liberales-pharma

    Pour organiser ces tournées spéciales d’infirmières et de médecins généralistes, ces soignants se sont appuyés sur leur communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Expérimentées sur le terrain depuis une quinzaine d’années, et formalisées par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les CPTS réunissent des médecins, infirmières, sages-femmes, kinésiologues ou podologues qui décident de se regrouper pour partager leur savoirs et mutualiser leurs moyens. Il en existe plusieurs centaines en France, certaines très actives, d’autres moins.
    Je lis, j’aime, je vous soutiens

    Leurs objectifs : faciliter l’accès aux soins et mieux organiser la prévention. « Pour nous, la santé ne se réduit pas à la prise en charge par les médecins, explique Sophie Dubois, pharmacienne, et directrice de la CPTS du 13ème arrondissement de Paris. Nous travaillons donc avec le secteur médico-social. » Pendant le confinement, tous les soirs, un médecin et un infirmier étaient présents pour faire le tour des Ehpad, assurer une présence médicale et intervenir au niveau des soins palliatifs. « On a aussi organisé des tournées sur le centre d’hébergement d’urgence qui abrite des personnes sans domicile, cite Sophie Dubois. Un médecin et une médiatrice en santé [chargée d’accompagner des personnes qui sont confrontés à des obstacles dans l’accès aux soins] y faisaient une vacation une fois par semaine, des infirmiers trois fois par semaine. »

    Une auto-organisation très efficace

    « Être en hyper local, au sein d’un territoire que l’on connaît, c’est vraiment garant d’efficacité, insiste Sophie Dubois. Cela nous a été tellement utile pour trouver du matériel, et notamment des équipements de protection, qui manquaient partout. » Habituée à travailler avec la mairie, la CPTS du 13ème arrondissement a récupéré les kits d’hygiène des cantines, inutiles puisque les écoles étaient fermées. « Nous avons aussi pu nous servir des kits prévus pour les élections et qui n’avaient pas été utilisés. 5000 masques FFP2 ont par ailleurs été récupérés à la Bibliothèque nationale de France [située dans le même arrondissement]. Enfin, des toiles ont été achetées chez un fournisseur agricole et confiées à des couturières du quartier pour fabriquer des sur-blouses. » Avoir ce matériel a permis de protéger les soignants, et de garder des lieux de soins ouverts.

    La réactivité des communautés autogérées de soignants a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté

    De nombreux centres Covid ont été créés partout en France, souvent en collaboration avec les collectivités locales. Partout l’auto-organisation s’est révélée efficace. « Le terrain a été plus rapide que les institutions », résume Claire Beltramo. « Le fait de nous connaître nous a rendus très réactifs, ajoute Sophie Dubois. Nous sommes habitués à tenir compte les uns des autres. Il y a eu beaucoup de solidarité. » Dans de nombreux endroits, l’accueil des patients a été géré bénévolement par des kinés, sages-femmes ou podologues – autant de soignants souvent impliqués dans des CPTS mais dont l’activité était très réduite, voire nulle, en raison de la crise. Cette réactivité a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté.

    Pour la CPTS du 20ème de Paris, ce travail invisible est « un scandale que l’on peut chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros ». Dans leur analyse de cette première vague, les soignants « de ville » insistent sur le fait qu’ils ne pourront pas s’engager à une telle hauteur pour la deuxième vague qui a débuté en octobre. D’autant que certains d’entre eux ont payé un lourd tribut lors du premier pic de contamination : 20 % des médecins et 40 % des infirmières sont tombés malades dès les premières semaines.

    Pour cette deuxième vague de l’épidémie de Covid, les pratiques restent encore trop « hospitalo-centrées » et la parole des médecins généralistes largement ignorée

    « Globalement les soignants "de ville" ne sont pas totalement tenus à l’écart comme lors de la première vague où le discours était d’appeler le Samu en cas de symptômes », note Sophie Bauer, vice-présidente de la fédération des CTPS. Mais les pratiques restent trop « hospitalo-centrées » dit-on parmi les soignants. La parole des médecins généralistes est toujours largement ignorée, alors qu’ils ont tiré la sonnette d’alarme dès la fin du mois d’août sur l’aggravation de la situation. « Les ARS étaient entièrement concentrées sur le dépistage, on ne pouvait parler de rien d’autre, déplore Claire Beltramo. On aurait pu réfléchir ensemble à l’organisation des sorties d’hôpital, qui ne vont pas tarder à arriver. On l’a fait de notre côté, bien sûr. Mais on aurait aimé le faire en lien avec les institutions. On a quand même fait nos preuves, pendant la première vague. »

    #Santé_publique #Médecine_ville #Auto-organisation #Autogestion #Communs

  • Vietnam is not pitting economic growth against public health as it fights Covid | Tran Le Thuy | Opinion | The Guardian, 20 Oct 2020
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/oct/20/vietnam-covid-economic-growth-public-health-coronavirus

    My country seemed to have all the ingredients for a coronavirus disaster, so what has it done right ?

    On the evening of 7 March 2020, I received an email from the manager of the office building where I work in central Hanoi. It said the father of Nguyen Hong Nhung https://www.nytimes.com/2020/03/11/style/fashion-coronavirus-patient.html, the 17th Covid-19 patient in the country and first in the city, had dined on the third floor of the building the night before. Although he had twice tested negative for the virus, the building managers had reported his presence to the authorities. Seven staff who had been in contact with him were isolated and the building was immediately cleaned with disinfectant spray.

    To date, Vietnam (population: 95 million) has recorded 35 deaths from the novel coronavirus. My office building’s response was typical of the aggressive contact-tracing strategy the country adopted from the beginning of the pandemic. During the first phase, the government managed to cut off all the virus transmission routes promptly and comprehensively. Every infected person was hospitalised. People in contact with them were traced to the fourth layer and isolated. Their homes and neighbourhoods were put under local lockdown and sanitised by the army. The country has effectively been acting as if this were biological warfare.

    Vietnam had all the ingredients for a Covid-19 disaster. It has a 1,300km (800-mile) border with China, with lots of informal trade via secret mountain trails, and an under-developed healthcare system (albeit a well functioning one). So, beyond contact-tracing, why has Vietnam been so good at dealing with the pandemic?

    The central reason is perhaps the way the government has depoliticised the pandemic, treating it purely as a health crisis, allowing for effective governance. There was no political motive for government officials to hide information, as they don’t face being reprimanded if there are positive cases in their authority area that are not due to their mistakes. I haven’t heard about any religious opposition to the government’s strategy either. With the head of Hanoi centre for disease control being arrested https://e.vnexpress.net/news/news/hanoi-cdc-chief-arrested-for-graft-in-coronavirus-test-kit-purchase-408 for suspected corruption in relation to the purchase of testing kits, and small traders getting fines for price-gouging face-masks, the government has also been clear that public health cannot be entangled with commercial interests.

    The second reason is Vietnam knows China well – it learned from the Sars outbreak in 2003 that the Chinese authorities might downplay it. In January, when Wuhan announced the first death, Vietnam tightened its border and airport control of Chinese visitors. This wasn’t an easy decision, given that cross-border trade with China accounts for a significant part of the Vietnamese economy. When the first Covid cases were announced in Vietnam – a father and son from China – it took precautionary measures above and beyond World Health Organization recommendations, including health declaration and temperature screening at every border entry point and stopping flights to and from Wuhan. Preparations for a pandemic were implemented a week before https://blogs.worldbank.org/health/containing-coronavirus-covid-19-lessons-vietnam the outbreak was officially a public health emergency of international concern, and more than a month before WHO declared Covid-19 a pandemic.

    The government also decided to embrace freedom of information on Covid-related matters. Although the Vietnamese media is state-owned, featuring ideological control similar to that of China, they are free to report about the pandemic. When a member of the central theoretical council of the central committee, the brain of the Communist party of Vietnam, contracted the virus on a trip to the UK, and risked infecting the minister of planning and investment who was on the same flight as him, his whereabouts were published http://cand.com.vn/y-te/Benh-nhan-thu-21-nhiem-COVID-19-o-Viet-Nam-ngoi-cung-chuyen-bay-voi-co-gai- for contact tracing. This was another lesson learned from the experience of Sars.

    The motto for the first phase was that if we stay alive, the question of wealth and the economy can come later. Ordinary people did suffer, such as the gig economy workers: whenever I order a Grabcar (a south-east Asian version of Uber) these days, the vehicle that arrives is always newer and more expensive that what I’m used to; as a driver explained, those who used to pick me up in their cheaper cars have had to sell them to stay afloat, leaving only those with deeper pockets left in the market.

    But now the government has shifted its anti-Covid strategy towards the economy. The tactics for the second wave are more sophisticated. Contact tracing is still prompt and aggressive but lockdown and isolation are more selective; international flights have been opened for foreign workers, such as engineers from South Korea’s LG, who are needed to keep the economy functioning.

    For now it looks like Vietnam has seen off the threat of a second wave. There will be challenges ahead – the shops and hotels in the most fancy streets of Hanoi and Ho Chi Minh City remain empty, and South Korea, one of Vietnam’s biggest investors, is pushing for it to shorten the time for compulsory isolation for foreign workers. But given that Vietnam is one of the few countries in the world currently experiencing positive GDP growth, the supposed trade-off between the economy and public health, which countries around the world are negotiating, looks to be something of a false choice.

    • Tran Le Thuy is director of Centre for the Media and Development Initiatives in Hanoi

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    #covid-19 #Vietnam #santé_publique

  • « Le confinement allégé ne sera pas suffisant pour casser rapidement la courbe épidémique »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/05/william-dab-il-faut-des-maintenant-travailler-a-eviter-un-troisieme-confinem
    William Dab, médecin, épidémiologiste, professeur émérite au CNAM, a été directeur général de la santé de 2003 à 2005. Il analyse la stratégie de lutte contre l’épidémie de Covid-19. Propos recueillis par Pascale Santi.

    Les écoles, collèges et lycées ont rouvert lundi 2 novembre, qu’en pensez-vous ?

    La situation n’est pas simple. Le retour à l’école est une bonne décision du point de vue éducatif. Mais du strict point de vue de l’épidémie, il vaudrait mieux les fermer pour réduire la circulation virale. C’est un choix politique, un arbitrage entre l’impératif pédagogique et l’impératif sanitaire.

    Fermer les écoles, surtout durant le premier semestre, accentue les inégalités. Or, on sait que l’épidémie touche plus les populations les plus précaires. En ce moment, on ne cherche pas la bonne solution, on cherche la moins mauvaise.

    Quel est le rôle des enfants dans la circulation virale ?

    Les enfants semblent moins contaminés et moins contagieux. Les adolescents aussi, mais ils ont plus de contacts sociaux. A l’instar des jeunes adultes, ils sont le plus souvent asymptomatiques. Cependant, il faut être prudent avec les études disponibles. Elles ne sont pour la plupart pas françaises, et elles ont été réalisées au moment où la circulation virale était moins forte qu’aujourd’hui, et à des moments où des écoles pouvaient être fermées.

    Vous avez estimé que les enfants devraient porter un masque à la maison, pour quelles raisons ?

    Cette position a suscité beaucoup de réactions. La représentation dominante est qu’il n’y a pas de problème à la maison, où on a le sentiment d’être protégé. Ce n’est pas vrai. Ma position n’est pas le port du masque systématique à la maison. Ce qu’il faut, c’est inciter les familles à évaluer le risque. Actuellement, la circulation du virus est intense et il faut éviter d’être malade. Le temps médical et le temps soignant, déjà diminué, va se réduire tout au long du mois de novembre. Dans ce contexte, les enfants peuvent ramener le virus à la maison sans le savoir et contaminer leurs proches.

    Plusieurs éléments sont à prendre en compte. Vivre dans un grand appartement chacun ayant sa chambre ou à cinq dans 50 mètres carrés, ce n’est pas le même risque. De même, s’il y a dans la famille des gens à risque élevé de complications. Dans ce cas-là, les enfants et les adolescents doivent se considérer contagieux jusqu’à preuve du contraire. Quoi qu’il en soit, il faut être irréprochable sur l’hygiène des mains et veiller à une aération régulière. Il faut aussi réfléchir aux repas, être vigilant sur les ustensiles, les surfaces, etc.

    Le masque à la maison est-il acceptable ? C’est à chaque famille de décider, c’est un choix délicat entre le besoin affectif et le besoin sanitaire. Rappelons que les personnes fragiles ne sont pas que les personnes les plus âgées ; 40 % des personnes actuellement en réanimation ont moins de 65 ans et 90 % des personnes en réanimation ont des facteurs de risque, qui, outre l’âge, sont le surpoids, le diabète et les antécédents cardiovasculaires ou pulmonaires.

    Pensez-vous que ce confinement allégé sera suffisant ?

    Suffisant pour casser rapidement la courbe épidémique, non. Les mesures prises ne peuvent donner des effets que deux semaines après leur instauration. Je serais étonné que l’on parvienne fin novembre à 5 000 contaminations par jour, objectif fixé par le président Macron. Je l’espère, mais obtenir ce résultat alors que les écoles sont ouvertes semble une gageure. Je m’attends plutôt à ce que ce confinement dure jusqu’au mois de janvier.

    Au printemps, un confinement strict a démarré le 17 mars, l’épidémie n’a cessé de gagner du terrain jusqu’au 7 avril. Mais c’était différent, car nous n’avions ni masques, ni gel, ni tests et le taux de reproduction effectif du virus, le « R », était de 3, le nombre de personnes hospitalisées doublait tous les trois jours.

    Depuis la mi-août, nous avons une croissance exponentielle, avec un doublement des cas tous les quatorze jours. Au début du mois de septembre, 5 000 cas de contaminations étaient recensés chaque jour, ce qui a conduit à environ 100 000 contaminations quotidiennes aujourd’hui. C’est le grand piège d’un modèle exponentiel à latence longue, pendant longtemps on a l’impression que c’est maîtrisable et à un moment donné, lorsqu’on passe de 20 000 à 40 000 cas, on perd le contrôle de la pandémie, même avec un taux de reproduction « R » de l’ordre de 1,3 (c’est-à-dire que 10 personnes en contaminent en moyenne 13 autres).

    Qu’est-ce qui a failli ?

    Comme l’a dit le maréchal Foch, les défaites s’expliquent souvent par deux mots : trop tard. Au printemps, nous avons payé la faiblesse de notre préparation face aux pandémies. Les commissions d’enquête parlementaires sont en train d’investiguer cela. Cet automne, nous avions les tests, les masques et le gel hydroalcoolique. Mais nous n’aurions pas dû nous trouver dans cette situation si on avait agi résolument dès la fin août.

    Lors du déconfinement, en mai, les vannes n’ont pas été ouvertes d’un seul coup, mais progressivement. En revanche, fin août, alors que la circulation virale et le nombre de personnes infectées étaient repartis à la hausse, les écoles ont été ouvertes, puis les universités, et on a demandé aux salariés de revenir dans les entreprises, tout cela en même temps, sans stratégie sur l’utilisation des tests, sur l’isolement. Dès lors, le scénario actuel était écrit.

    Que fallait-il faire ?

    L’isolement est la pièce maîtresse de la lutte contre l’épidémie. Ce n’est pas nouveau. On le sait depuis Robert Koch et sa gestion d’une épidémie de fièvre typhoïde. Cela fait des mois que plusieurs instances le recommandent, mais le mot « isoler » a disparu du discours officiel.
    Il ne suffit pas de dire « restez chez vous ». Le dispositif des hôtels avait été évoqué mais n’a jamais fonctionné. Pour cela, il faut mettre en place un accompagnement sur le terrain, personne par personne. Il ne suffit pas non plus de faire 1 million de tests par semaine. Leur usage doit poursuivre un objectif prioritaire qui est de repérer les malades contagieux et de les isoler.

    On s’attendait le 15 septembre à ce que le premier ministre, Jean Castex, annonce des mesures de ralentissement de la circulation virale, mais il s’est contenté de recommandations. Encore une fois, c’est le problème d’un modèle exponentiel avec un temps de doublement des cas qui est long. Il faut prendre des décisions fortes alors qu’il y a encore peu de cas. Le conseil scientifique l’a dit, mais ce n’est pas facile politiquement.

    A-t-on manqué de pédagogie en France ?

    Oui, je le crois. Les gens ont un sentiment d’incohérence, on ne peut pas acheter des livres mais des cigarettes, pourquoi ? Par ailleurs, les incertitudes ne sont pas suffisamment expliquées : mutations, durée de l’immunité, etc.

    Dans ces situations, la confiance sociale est une question absolument clé. Pour l’obtenir, les décisions doivent s’appuyer sur une évaluation scientifique du risque, ce qui veut dire notamment connaître la contribution des différentes sources de contaminations, ce que l’on pourrait faire sur des échantillons, par des enquêtes téléphoniques et chez les personnes admises à l’hôpital. On nous dit que la plupart des contaminations sont dans le cercle familial. Je ne sais pas où sont les données à l’appui de cette affirmation.

    Les dégâts sociaux, économiques et sanitaires liés au confinement ne seront-ils pas supérieurs aux dégâts sanitaires du Covid-19 ?

    Oui c’est possible. J’ai évoqué cela dans vos colonnes dès le mois d’avril. C’est pour cela que la réactivité de la prévention est fondamentale. Si on agit vite et tôt, on limite l’impact sanitaire et l’impact économique. Plus généralement, la question qui se pose à nos sociétés est celle d’un arbitrage entre le court et le long terme. Pour sauver des vies maintenant, faut-il fragiliser les générations futures ? Si notre santé publique était efficace, on n’aurait pas à se poser cette question.

    Etes-vous pessimiste ?

    Par nature, je suis optimiste, mais à court terme, cela va être douloureux. L’optimisme serait que l’on se mette dès maintenant à préparer le déconfinement et de faire ce qu’il faut pour éviter un troisième confinement au printemps, ce qu’évoque le conseil scientifique. Ce serait socialement trop destructeur, on sent déjà le désarroi et la lassitude.

    #covid-19 #prévention #santé_publique

  • AP-HP : polémique après « l’arrêt temporaire » des urgences de l’Hôtel-Dieu pour ouvrir des lits de réanimation
    https://www.bfmtv.com/sante/le-service-d-urgences-de-l-hotel-dieu-ferme-pour-ouvrir-des-lits-de-reanimati

    Les dirigeants de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (#AP-HP) ont indiqué ce mardi avoir décidé un « arrêt temporaire » des urgences de l’Hôtel-Dieu pour ouvrir des lits de soins critiques dans un établissement voisin. Cette décision a été condamnée par la CGT et des élus de gauche.

    Cette fermeture « va nous permettre de redéployer des professionnels qui sont compétents dans les secteurs de soins critiques », a expliqué lors d’une conférence de presse le Pr Alain Cariou, directeur médical de crise du groupement Centre-Université de Paris, qui chapeaute 8 établissements de l’AP-HP.

    « Une quinzaine d’infirmiers spécialisés et 18 aides-soignantes » vont ainsi renforcer les équipes de réanimation de l’hôpital Cochin, ce qui sera « nécessaire pendent la durée du pic épidémique », a-t-il ajouté.

    Un redéploiement « justifié »

    « On en a discuté avec l’équipe des urgences de l’Hôtel-Dieu et tout le monde a convenu que l’importance de ce renfort justifiait pleinement ce redéploiement », a-t-il affirmé.
    La CGT de l’Hôtel-Dieu y voit pourtant un « contresens » et souligne dans un communiqué que l’établissement dispose « de locaux vides ayant la capacité d’intégrer une activité ambulatoire » et pourrait servir de « relai Covid-19 pour les examens rapides ».

    Les sénateurs communistes Pierre Laurent et Laurence Cohen ont pour leur part dénoncé une « décision aberrante » et annoncé qu’ils se rendraient sur place vendredi « pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés ».

    #hôpital #Martin_Hirsch

  • #Santé des migrants

    Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 8 % des personnes vivant en Europe sont des personnes migrantes. En 2012, la section Europe de l’OMS lance le projet Phame. Phame (Public Health Aspects of Migrations in Europe, Migration et santé publique en Europe) soutient les services de santé publique des pays soumis à d’importants flux migratoires. Ses objectifs sont au nombre de trois : compenser l’impact négatif du parcours migratoire, réduire les inégalités des états de santé en facilitant l’#accès_aux_soins, et garantir les #droits_à_la santé des personnes migrantes. En recensant les meilleures pratiques et les éventuelles lacunes des services de santé publique, le projet sollicite la #coordination des interventions et l’établissement de plans d’urgence adaptés. Certes, les #services_de_santé ne peuvent, à eux seuls, assurer une #prise_en_charge globale de la santé des personnes migrantes et agir sur l’ensemble des #déterminants_sociaux tels que le #logement, l’#éducation, l’#emploi et la #protection_sociale. L’#OMS Europe insiste donc sur la nécessité de mettre en place des #actions_intersectorielles en réponse aux enjeux spécifiques à la santé de ces personnes, d’autant que l’ensemble des déterminants sociaux ont un impact sur l’état de santé des personnes.

    Sous une appellation unique – « les personnes migrantes » – se cachent des situations complexes, régies selon le #titre_de_séjour, le #droit_d’asile, la protection des frontières, les conventions européennes et internationales et les clauses humanitaires. Notre dossier prévoit de définir ces catégories, dont les #situations_sanitaires varient aussi selon leur #statut_administratif. On ne saurait considérer de manière uniforme ces personnes dont la santé est fonction de l’âge, du sexe, de la situation dans le pays d’origine, mais surtout des #risques encourus lors du #parcours_migratoire. Arrivées dans une zone de langue et de culture différentes, il leur est quasi impossible de se repérer sans aide dans un #système_de_soins inconnu, de se plier aux contraintes de #dépistages, dont ils peuvent redouter les conséquences, d’accorder de l’attention à des gestes de santé éloignés de la simple nécessité de survivre.

    Incluses dans l’appellation générale de « personnes migrantes » se trouvent les mêmes catégories hautement vulnérables : les enfants exposés, utilisés, exploités, qui mûrissent trop vite avec parfois, mais c’est loin d’être la règle, des développements spectaculaires, et puis les #femmes, qui ont rarement le choix de leur vie, sont souvent traitées comme des marchandises, ayant elles-mêmes la charge d’#enfants nés durant leur parcours chaotique.

    Les professionnels de santé confrontés aux problèmes de santé ou, au contraire, à la non-demande de soins de personnes migrantes, se réfèrent à des grilles diagnostiques où figurent tout à la fois les maladies transmissibles, les maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle notamment) et les séquelles de traumatismes sur des corps dont l’usure est majorée par une hygiène de vie précaire, la malnutrition, la prise quotidienne de risques, et trop souvent la vie à la rue.

    Comment nommer ce mal venu d’ailleurs ? Cette question nous obsède depuis plusieurs semaines avec la menace de la Covid-19, mais elle est en fait très ancienne. On craint depuis fort longtemps ces maladies étranges contractées sous les tropiques et autres lieux perçus hostiles, au point d’ouvrir des services spécialisés en médecine tropicale, et d’enseigner dans les facultés de médecine les maladies des populations immigrées. On redoute la résurgence de pathologies désormais bien maîtrisées dans nos régions, et on s’inquiète également de l’ancrage des maladies de la misère chez ces personnes étrangères recueillies sur notre territoire. S’ils sont, comme le montrent les chiffres, de plus en plus nombreux à souhaiter entrer sur les territoires européens, saurons-nous endiguer les conséquences sur leur santé physique et psychique de parcours de vie aussi difficiles et souvent violents ?

    On constate que dans les situations d’urgence les mesures ne se discutent pas et sont généralement adaptées, mais les professionnels de santé observent également des manifestations plus torpides, souvent consécutives à des agressions physiques et psychiques, qui se pérennisent et pour lesquelles les symptômes ne sont pas toujours lisibles ou s’expriment tardivement. Dans le vaste champ de la #santé_mentale, les services susceptibles de répondre à ces troubles au long cours sont peu disponibles et leur répartition est inégale sur le territoire français.

    Une pratique ordinaire de soins fait le constat des conditions de vie souvent marginales de la plupart de ces personnes. Lorsque l‘organisation de la vie quotidienne est déstructurée, un accompagnement et un suivi particuliers sont nécessaires pour leur permettre un accès explicite et légitime aux ressources du système de soins en place et à la solidarité du régime de protection sociale. Or, le plus souvent, en France comme dans les pays voisins, l’accès à des filières de soins adaptées aux personnes migrantes est balisé par des contraintes administratives qui restreignent leur portée et retardent les soins.

    L’état de santé des étrangers en France, quelle que soit leur catégorie, est mal connu car la variable « étranger » ou « pays d’origine » ne figure pas dans les grandes enquêtes nationales de santé. Il n’y a donc pas de #donnés_épidémiologiques synthétiques sur l’état de santé des personnes immigrées. Néanmoins nous disposons de quelques connaissances. L’Académie de médecine a consacré en 2019 un numéro de son Bulletin à « La santé des migrants » puis a publié en février 2020 un rapport sur L’Immigration en France : situation sanitaire et sociale, qui proposait dix recommandations. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie et actualise des dossiers dédiés à la santé physique et mentale des migrants en France. Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié en juin 2018 une « Instruction relative à la mise en place du parcours santé des migrants primo-arrivants »quel que soit leur statut administratif.

    Nous espérons que ce dossier dédié à la santé des migrants contribuera de manière complémentaire aux connaissances existantes. Le thème retenu pour ce dossier est vaste, universel, sans cesse remanié. Volontairement, l’accent a été mis sur les groupes les plus vulnérables, femmes et enfants, et sur la prise en compte de la santé mentale, en particulier des #stress_post-traumatiques, afin d’éviter la chronicisation des #troubles_psychiques.

    Il est bien dans l’optique du Haut Conseil de la santé publique de promouvoir les actions intersectorielles. Dans les problématiques relevant de la santé des personnes migrantes, chaque échelon territorial, et le département plus particulièrement, doit veiller à la cohérence entre ces actions. Certaines conventions existent entre des services de l’Éducation nationale, du Logement, de la Justice et de la Santé, mais la plupart du temps, ce sont des structures privées, associations ou fondations, qui prennent l’initiative de ces mises en réseau.

    Qu’il s’agisse des services publics ou du secteur privé, la voix des professionnels comme celle des bénévoles, engagés auprès des populations migrantes, est toujours forte. Il faut au moins toute cette intensité et cette vigilance pour que l’accueil et la protection de leur santé s’établissent et se maintiennent dans le respect de la dignité et de la protection des droits de la personne.

    https://www.hcsp.fr/explore.cgi/adsp?clef=1172
    #migrations #santé_publique #asile #réfugiés

    via @karine4
    ping @_kg_ @isskein

  • Harms of public health interventions against covid-19 must not be ignored | The BMJ
    https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4074

    The harmful consequences of public health interventions can be direct or indirect—for example, psychological harms, equity harms, group and social harms, opportunity harms, and inequalities in intervention benefits.12 These interventions can increase the adverse outcomes they seek to prevent or affect other health outcomes.234 Policy makers, acting to protect public health, need to weigh the possible side effects when deciding on, implementing, and evaluating specific public health interventions.1

    Public policy efforts that have been implemented to deal with the covid-19 pandemic have been caught in a political maelstrom precisely because these efforts, in their first iteration, did not consider the potential negative consequences. Although policies to bring about mass social distancing may have slowed viral spread, they also brought about unprecedented levels of unemployment that led to justifiable resistance from some sectors. Had these policy efforts explicitly considered these consequences from the start—and social distancing has long been an element of planning for a severe pandemic—this would have obviated some of the political backlash, leading to more uniform and more effective implementation of these policies.

  • Are ‘Kidfluencers’ Making Our Kids Fat ? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/10/26/well/family/Youtube-children-junk-food-child-obesity.html

    Parents beware: Many YouTube channels that are wildly popular with young children are targeting them with thinly veiled ads for sugary beverages and junk food.

    That is the conclusion of a new study published on Monday in the journal Pediatrics. The authors of the study analyzed over 400 YouTube videos featuring so-called kid influencers — children with large social media followings who star in videos that show them excitedly reviewing toys, unwrapping presents and playing games. The study found that videos in this genre, which attract millions of young followers and rack up billions of views, were awash in endorsements and product placements for brands like McDonald’s, Carl’s Jr., Hershey’s, Chuck E. Cheese and Taco Bell.

    About 90 percent of the foods featured in the YouTube videos were unhealthy items like milkshakes, French fries, soft drinks and cheeseburgers emblazoned with fast food logos. The researchers said their findings were concerning because YouTube is a popular destination for toddlers and adolescents. Roughly 80 percent of parents with children 11 years old or younger say they let their children watch YouTube, and 35 percent say their children watch it regularly.

    A spokeswoman for YouTube, citing the age requirement on its terms of service, said the company has “invested significantly in the creation of the YouTube Kids app, a destination made specifically for kids to explore their imagination and curiosity on a range of topics, such as healthy habits.” She added, “We don’t allow paid promotional content on YouTube Kids and have clear guidelines which restrict categories like food and beverage from advertising on the app.”

    Young children are particularly susceptible to marketing. Studies show that children are unable to distinguish between commercials and cartoons until they are 8 or 9 years old, and they are more likely to prefer unhealthy foods and beverages after seeing advertisements for them.

    Dr. Bragg was prompted to study the phenomenon after one of her co-authors, Amaal Alruwaily, noticed her young nieces and nephews obsessively watching YouTube videos of “kidfluencers” like Ryan Kaji, the 9-year-old star of Ryan’s World, a YouTube channel with 27 million subscribers, formerly named Ryan ToysReview. The channel, run by Ryan’s parents, features thousands of videos of him excitedly reviewing new toys and games, doing science experiments and going on fun trips to stores and arcades.

    Children’s channels like Ryan’s World — which are frequently paid to promote a wide range of products, including toys, video games and food — are among the highest grossing channels on YouTube, raking in millions of dollars from ads, sponsored content, endorsements and more. According to Forbes, Ryan earned $26 million last year, making him the top YouTube earner of 2019. Among the brands he has been paid to promote are Chuck E. Cheese, Walmart, Hasbro, Lunchables and Hardee’s and Carl’s Jr., the fast food chains. One of his most popular videos shows him pretending to be a cashier at McDonald’s. In it, he wears a hat with the McDonald’s logo, serves plastic Chicken McNuggets, cheeseburgers and French fries to one of his toys, and then eats a McDonald’s Happy Meal. The video has been viewed about 95 million times.

    Other popular children’s channels on YouTube show child influencers doing taste tests with Oreo cookies, Pop Tarts and Ben & Jerry’s ice cream or sitting in toy cars and ordering fast food at drive-throughs for Taco Bell, McDonald’s, Burger King, KFC and other chains. “This is basically a dream for advertisers,” said Dr. Bragg. “These kids are celebrities, and we know from other rigorous studies that younger kids prefer products that are endorsed by celebrities.”

    To document the extent of the phenomenon, Dr. Bragg and her colleagues identified five of the top kid influencers on YouTube, including Ryan, and analyzed 418 of their most popular videos. They found that food or beverages were featured in those videos 271 times, and 90 percent of them were “unhealthy branded items.” Some of the brands featured most frequently were McDonald’s, Hershey’s, Skittles, Oreo, Coca-Cola, Kinder and Dairy Queen. The videos featuring junk food have collectively been viewed more than a billion times.

    The researchers could not always tell which products the influencers were paid to promote, in part because sponsorships are not always clearly disclosed. The Federal Trade Commission has said that influencers should “clearly and conspicuously” disclose their financial relationships with brands whose products they endorse on social media. But critics say the policy is rarely enforced, and that influencers often ignore it.

    In March, Senators Edward J. Markey of Massachusetts and Richard Blumenthal of Connecticut introduced legislation to protect children from potentially harmful content online. Among other things, the bill would limit what they called “manipulative” advertising, such as influencer marketing aimed at children, and prohibit websites from recommending content that involves nicotine, tobacco or alcohol to children and teenagers.

    The F.T.C. has long forbidden certain advertising tactics on children’s television, such as “host selling,” in which characters or hosts sell products in commercials that air during their programs. Critics say the agency could apply the same rules to children’s programs on the internet but so far has chosen not to.

    “It’s beyond absurd that you couldn’t do this on Nickelodeon or ABC but you can do this on YouTube just because the laws were written before we had an internet,” said Josh Golin, the executive director of the Campaign for a Commercial-Free Childhood, an advocacy group.

    #Influenceurs #Kidfluencer #Publicité #Enfants #YouTube #Obésité #Santé_publique

  • Vivre avec une dépression par temps de Covid
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Vivre-avec-une-depression-par-temps-de-Covid

    Ce n’est pas un scoop, la vie par temps de Covid exacerbe les problèmes de santé mentale. Pour tout le monde, y compris celles et ceux qui vont assez bien d’habitude et qui nous disent leur détresse et le coût énorme du confinement – particulièrement pour les femmes, comme ici Titiou Lecoq. Source : Mon blog sur l’écologie politique

  • Face au Covid-19, « le confinement est la seule solution » - entretien avec Nathan Peiffer-Smadja, regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/article/face-au-covid-19-le-confinement-est-la-seule-solution

    On peut critiquer la politique qui est menée sur le long terme. Les gouvernements successifs ont cassé le service public hospitalier au profit de la santé privée. Il y a une américanisation de notre système de santé. On manque aussi de vraies politiques de prévention et de santé publique. Comme on fait de la tarification à l’activité, la prévention ne peut pas être cotée. On n’a ni le temps ni le financement pour ça. Puis, plus précisément concernant le Covid, on peut regretter qu’il y ait eu une série de mesurettes depuis cet été – où l’on savait que le virus circulait massivement –, on a vu que cette stratégie de la riposte graduée ne marche pas. Il faut en tirer les leçons. Il faut des mesures fermes avant que la situation ne soit critique. Mais les gens n’étaient pas prêts à accepter des mesures fermes alors qu’il n’y avait pas d’hospitalisations et pas de décès – c’est une faillite de la mentalité de prévention, extrêmement favorisé par le discours « rassuriste ». Pourtant, dès le début de l’été, le Conseil scientifique a dit qu’en octobre-novembre, il va y avoir un problème, vu la direction que l’on prend. Il aurait fallu investir plus sur le tracing des cas, prioriser la politique de tests sur les cas contact et mettre quelque chose en place pour isoler les gens porteurs du virus. À Taïwan, ils ont utilisé les hôtels pour ça. Demander aux gens de rester chez eux, quand le foyer est de 3, 4, 5 personnes, ce n’est pas comme ça qu’on évite les transmissions. Mais même si certaines choses auraient pu être mieux faites et plus tôt, il y a une incertitude globale concernant le Covid, et une part de fatalité non négligeable. Les Allemands ont mis en place tout ce que je vous dis, et pourtant ils sont dans une situation compliquée actuellement.

    #covid-19 #santé_publique

  • « Je n’en peux plus d’expliquer aux malades qu’il n’y a plus de lits disponibles » : l’hôpital au bord de la rupture - Elsa Fayner, Basta !
    https://www.bastamag.net/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-r

    Alors que le pic de la seconde vague du Covid-19 n’est pas encore atteint, les signaux en provenance de l’#hôpital public sont alarmants : épuisés, découragés, meurtris, les personnels hospitaliers sont à la limite de la rupture. Du manque chronique de moyens en remise en question des motivations, leurs témoignages laissent augurer l’effondrement de tout un système.

    Avec le temps, le récit du « pic Covid », lors de la première vague de contaminations, prend des allures d’épisode cathartique. « Les médecins et les soignants avaient pris le pouvoir. Nous avons pu gérer les choses comme nous l’entendions », se souvient Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC. Plus de réunions ni de projets « abscons », retient Guillaume [1], cadre aux urgences psychiatriques dans le Sud-Est. Matthieu a été marqué par « tous ces renforts » : « Il n’y a jamais eu autant de personnel dans le service », témoigne ce pneumologue, appelé pour l’épidémie dans un hôpital parisien. « J’ai eu un contrat en deux jours ! On nous a prêté un échographe cardiaque flambant neuf ! Du jamais vu... »

    Tous parlent d’une grande solidarité. Quand bien même ils peuvent dire aussi qu’ils étaient « soulagés » que « les personnels administratifs ne soient pas dans [leurs] pattes puisqu’ils télétravaillaient ». Et que des soignants qui ont fait tourner les autres services s’estiment oubliés malgré leur participation à l’effort commun. Enfin, le printemps n’a pas été que galvanisant. L’effet « nez-dans-le-guidon-sans-toucher-le-sol » a duré un moment. Et, finalement, la catharsis n’a pas eu lieu. La parenthèse s’est refermée, avant un hiver qui s’annonce très compliqué.

    Fin septembre, quand Paule Bourret, sociologue et coordinatrice d’un master destiné aux cadres de soin à l’Université de Montpellier, a revu la vingtaine de professionnels qui suivent cette formation continue, elle les a sentis « las, découragés ». En juin encore elle les trouvait seulement « fatigués mais satisfaits d’avoir repris la main, au plus près du terrain ». Infirmière à Belfort et secrétaire nationale de la Coordination nationale infirmière (CNI), Céline Durosay parle de « contre-coup » : « On se demande comment on a pu travailler dans ces conditions, avec toutes ces injonctions contradictoires, sans les protections nécessaires parce qu’elles n’existaient pas. Certaines expériences laissent d’importants traumatismes », raconte-t-elle, marquée par des récits glaçants.

    #soignants #santé_publique

  • Deuxième vague : impréparation bis repetita ? - Tribune collective
    https://www.liberation.fr/debats/2020/10/26/deuxieme-vague-impreparation-bis-repetita_1803512

    Des soignants s’indignent des conditions dans lesquelles ils devront affronter la deuxième vague. Un nouveau Ségur de la santé est nécessaire pour remettre en cause la gestion comptable qui nuit depuis quarante ans au secteur de la santé.

    Deuxième vague : impréparation bis repetita ?
    Tribune. Nous voilà en plein dans la deuxième vague, nous nous apprêtons à jouer le remake de la précédente, peut-être en pire car personne ne pourra dire que nous ne savions pas. Ce n’est pas seulement le virus qui tue et fait souffrir, mais bien aussi la ligne Maginot d’un économisme imposé aux dispositifs de soins.

    La première vague a montré les défaillances des dirigeants face à la crise : masques, gel hydroalcoolique, surblouses, tests, traitements, injonctions contradictoires sur le confinement. Dès le début de la pandémie se sont succédé improvisations et faux pas de pouvoirs publics pris à contre-pied dans leur « régulation » de l’hôpital tandis que les télés se répandaient en « hommages » aux « héros en blouse blanche ».

    Pourtant, à la fin du confinement, nous constations une floraison de menaces de sanctions disciplinaires à l’encontre de soignants qui avaient affronté le Covid-19, parfois au péril de leur vie. Certains, à raison de leur mandat syndical, avaient légitimement exprimé des critiques et témoigné de la pénurie de matériel, unanimement constatée dans notre pays.

    « L’après » est au désenchantement car nous n’évitons pas l’amnésie institutionnelle… qui produit la même impréparation, ou presque.

    La stratégie de santé publique se résume au fiasco des tests de dépistage, une note salée, liée à la frénésie à tester, qui tenait davantage au respect d’une annonce politique de 700 000 tests par semaine que d’un intérêt sanitaire. Une course absurde au dépistage qui a encombré les laboratoires contraints par leur logistique à délivrer des résultats à 10 jours, rendant ces dépistages inefficaces et mettant en échec le triptyque « tester-tracer-isoler ».

    La deuxième vague montre quant à elle le mépris de nos classes dirigeantes. L’impréparation donne le vertige, l’amateurisme inquiète. Comme un gospel de la pénurie : nous n’avions pas de masques, ils étaient inutiles, nous n’avons pas assez de lits en réanimation, cela ne serait pas « la solution miracle » donc tout aussi inutiles… ou du moins ils ne constituaient pas une priorité nationale.

    Bon, neuf mois après l’alerte, on finira par voir une sortie des versions fragmentées de quelques vérités et exigences de base. Pour la troisième vague ?

    #crise_sanitaire #soignants #santé_publique

  • Couvre-feu élargi ou confinements locaux… le gouvernement devra durcir les restrictions face à l’ampleur de la pandémie
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/10/27/covid-19-l-executif-contraint-d-accelerer-sa-replique-face-au-niveau-critiqu

    La deuxième vague de Covid-19 ne circule plus à bas bruit, comme lors de la rentrée, mais dans un vacarme que l’exécutif ne peut plus ignorer. Un conseil de défense sanitaire aura lieu mardi « pour poser un diagnostic sur la situation », selon l’Elysée, et les mesures seront arbitrées, mercredi.

    L’heure des choix sonne à nouveau pour Emmanuel Macron. L’épidémie due au coronavirus ne circule plus à bas bruit, comme lors de la rentrée, mais dans un vacarme que l’exécutif ne peut se permettre d’ignorer. Lundi 26 octobre, plus de 26 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été officiellement diagnostiqués en vingt-quatre heures.

    En réalité, l’augmentation quotidienne du nombre de contaminations se situerait « autour de 100 000 par jour », selon le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. « On est dans une situation difficile, voire critique, a alerté l’infectiologue, lundi matin, sur RTL. On avait prévu qu’il y aurait cette deuxième vague, mais nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis dix jours. » Et qui implique une possible embolie des services de réanimation dans les hôpitaux. L’écueil que le gouvernement cherche à tout prix à éviter.

    « Les mesures prises jusqu’à présent ne sont pas suffisantes », juge un dirigeant de la majorité. Il va donc falloir sévir, estime-t-on au sommet de l’Etat, et tenter de faire accepter à la population de nouvelles restrictions sur ses libertés. Pour réussir la manœuvre, Emmanuel Macron veut procéder en deux temps. Un conseil de défense sanitaire devait se réunir à l’Elysée, mardi matin, « pour poser un diagnostic sur la situation », selon l’entourage du président de la République. Un point est notamment prévu sur l’efficacité des mesures de couvre-feu instaurées depuis le 17 octobre, qui concernent aujourd’hui près de deux tiers des Français.

    Le premier ministre, Jean Castex, a ensuite convié dans l’après-midi les dirigeants de partis politiques et de groupes parlementaires de tous bords à venir échanger avec lui à Matignon. Un rendez-vous similaire est prévu dans la foulée avec les partenaires sociaux. Une manière de « recueillir les retours » éventuels des uns et des autres, explique-t-on au sein du gouvernement, et de préparer l’atterrissage des mesures qui seront arbitrées, mercredi matin, lors d’un nouveau conseil de défense sanitaire.

    #paywall

    • Pour Delfraissy, j’ai signalé là :
      https://seenthis.net/messages/882989#message883008
      que son hypothèse la plus contraignante est encore celle d’un confinement « light », « qui permette à la fois le travail » et « qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire et qui permettrait aussi de conserver un certain nombre d’activités économiques, qui pourrait être de plus courte de durée ».

      Le gars fait de la politique, pas du conseil scientifique.

    • Il ne faut pas désespérer le Medef !
      Ai signalé qu’hier hier, sur le perron de Matignon, c’est pas Castex et pas Borne mais le patron du Medef qui a annoncé le report de janvier à avril du dernier volet de la réforme de l’assurance chômage.
      Defraissy s’est fait recadrer plusieurs fois par la clique élyséenne. Déjà, sur le maintien des municipales, Macron avait prétendu s’appuyer sur l’avis du conseil scientifique qui ne disait rien de tel, une bonne manière d’intimer le silence. Idem, la demande de ce conseil que lui soit adjoint des participants plus « sciences humaines », philo et premiers concernés (associations, « personnalités qualifiées ») a été ignorée, alors qu’au départ on leur avait collé Raoult. Ses alertes de juillet et de septembre n’ont été suivie d’une prise en compte sérieuse, mais réprimandées par le Père de la Nation, comme tu le notais.
      Ils ont vaguement dit qu’ils voulaient arrêter le conseil, mais n’ont pas démissionné, espérant diminuer les retards et ratages successifs d’un gouvernement qui malgré le mythe rêve de transformer cette crise comme le reste en or, mais réduit tout ce qu’il touche en merde.

    • Pourquoi emprunter ces chemins de traverse avant d’arriver à destination ? « Pour améliorer l’acceptabilité » , résume un macroniste. Car le tour de vis promet d’être sévère.

      « Le confinement, c’est toujours ce que l’on veut éviter »

      Jean-François Delfraissy, encore lui, a posé sur la table « deux hypothèses » afin de parvenir à freiner la diffusion du virus. La première consisterait à « aller vers un couvre-feu plus massif » , étendu à l’ensemble du territoire national, sur une plage horaire élargie, « et qui puisse également être mis en place le week-end » . C’est notamment ce qui avait été décidé en Guyane cet été, où le couvre-feu démarrait tous les jours à 17 heures, et courait pendant le week-end du samedi après-midi au lundi matin. « En serrant la vis sur l’heure du couvre-feu, peut-être que ça passera » , veut croire un conseiller de l’exécutif.

      Reste à voir comment une telle décision pourrait s’appliquer en fonction des territoires. « L’organisation de la vie sociale, professionnelle, n’est pas la même en Guyane qu’à Paris, dans la Creuse ou en Corrèze » , rappelle-t-on dans l’entourage du ministre de la santé, Olivier Véran. Pour autant, cette solution apparaîtrait comme un moindre mal. « Le confinement vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’est toujours ce que l’on veut éviter » , rappelle un ministre. C’est pourtant cette deuxième hypothèse que Jean-François Delfraissy a évoquée.

      Le scientifique, en effet, a aussi suggéré le recours à un confinement « moins dur que celui du mois de mars » , « de plus courte durée » , qui permettrait aux parents de continuer à travailler et aux enfants d’aller à l’école. « Je vois mal comment on peut y échapper » , souffle un proche d’Emmanuel Macron, qui souhaiterait voir ce confinement ciblé sur les personnes vulnérables. Le même reconnaît néanmoins : « Ma ligne est minoritaire, car plus risquée. Les personnes âgées, ce sont elles qui ont le pouvoir, politique, économique, et qui votent le plus. » « Généraliser le confinement n’est pas indispensable. On peut avoir des résultats similaires avec d’autres mesures » , tempère-t-on au ministère de la santé.

      « Sauver Noël »

      Quid d’un confinement localisé, qui concernerait seulement les foyers épidémiques les plus touchés ? « Il est trop tôt aujourd’hui pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges », évacuait Emmanuel Macron, vendredi 23 octobre, lors d’un déplacement au centre hospitalier René-Dubos de Pontoise (Val-d’Oise).

      L’exécutif n’exclut pas, en revanche, de modifier la règle, appliquée depuis la rentrée, d’une stratégie différenciée en fonction des territoires. « Rien n’est arrêté, rien n’est décidé » , élude un cadre de la majorité.
      En tout état de cause, un consensus émerge autour du fait que le nombre de contaminations en milieu scolaire reste relativement faible. « Fermer les écoles, ce n’est pas quelque chose qui serait de nature à freiner l’épidémie » , défend un proche d’#Olivier_Véran. Ce dernier a reporté son audition prévue au Sénat, mardi, sur la nouvelle déclaration d’état d’urgence sanitaire.

      De son côté, Emmanuel Macron a renvoyé à une date ultérieure le déplacement qu’il devait effectuer le même jour, au Creusot (Saône-et-Loire), sur le thème du nucléaire. Au sein de l’exécutif, l’enjeu des semaines à venir est clair : casser la courbe de l’épidémie afin de « sauver Noël » . « Je ne sais pas comment le pays vivrait un Noël confiné, s’inquiète un conseiller. Et en même temps, ces fêtes peuvent être une déflagration épidémique, un cluster géant ! » « Le mois de novembre sera éprouvant » , a prévenu Jean Castex. Et il n’a pas encore commencé.

    • Dire que Véran s’est refait il y a peu une beauté avec tout le brio qu’a pu lui conférer une formation militante de jeunesse lors de précédents mouvements de défense de l’hosto, des soignants et des patients en taclant Wonner (la dingo à la mini visière) à l’assemblée, prétendant avoir averti tout l’été
      https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/olivier-veran-enerve-et-agace-par-une-deputee-il-lui-fait-savoir_456954
      et que de nombreux toubibs, chercheurs et connaisseurs ont relayé sur les RS le bobino avec des louanges...

      #Crise_sanitaire #science #conseil_scientifique

    • Covid-19 : l’exécutif privilégie l’option du confinement national
      https://www.franceinter.fr/politique/covid-19-l-executif-privilegie-l-option-du-confinement-national

      Quelque peu édulcoré cependant...

      En clair, les écoles et les collèges devraient rester ouverts. Le sort des lycées est encore en suspens et dans les universités, tous les cours se feraient par visioconférence. La liste des professions autorisées à poursuivre leurs activités pourrait aussi être plus large qu’au printemps.

      Et même comme ça seulement après autorisation du MEDEF semble-t-il,

      [Jean Castex] doit recevoir à partir de 19H30 les partenaires sociaux à Matignon pour les « consulter » sur « les durcissements envisagés » et espérer dégager un consensus.

    • Aujourd’hui, je vois énormément de choses évoquant le froid : avec le froid, le virus ceci-cela.

      Jusqu’à ce Martin Blachier dont c’est désormais la théorie centrale (oh là là, c’est parti d’un coup ce week-end, on l’a pas vue venir, c’est une grosse surprise…) :
      https://twitter.com/CNEWS/status/1320761088896651264

      https://video.twimg.com/amplify_video/1320760906125553666/vid/1280x720/lESZxNBzd4e7b3Bu.mp4

      Mais il faut voir cette courbe-là :

      On y constate qu’en échelle logarithmique, l’évolution du nombre de morts suit assez fidèlement une droite. C’est donc bien une progression exponentielle depuis le mois d’août.

      Le froid peut expliquer qu’on est maintenant légèrement au-dessus de la progression exponentielle initiale, mais en aucun cas le passage de l’été à l’automne n’a introduit de changement de nature dans la progression de l’épidémie. Cette évolution exponentielle, c’est la même, inexorable, depuis début août.

    • Vraiment, les gens ne comprennent pas le principe de l’exponentielle :
      – tu as 1 contaminé ;
      – une semaine après, ce contaminé a contaminé deux personnes,
      – la semaine suivante, ces deux personnes en ont contaminé 4 ;
      – puis ces 4 personnes en contaminent 8 ;
      – ces 8 en contaminent 16
      – puis 32
      – puis 64
      – puis 128
      – puis 256
      – puis 512
      – puis 1024
      – puis 2048

      La première semaine, on a donc 2 contaminations. Au bout de dix semaines, le même processus fait qu’on a 2048 contaminations en une semaine. C’est le même virus, le même processus de contamination, rien ne change réellement : c’est bien toujours « une personne en contamine deux »… L’« accélération » est dans sa nature même. Ce n’est pas un élément nouveau, extérieur, qui provoque l’accélération. C’est la dynamique même de l’épidémie.

      Bien comprendre ici que si on agit sur l’épidémie quand on a des chiffres très bas, ça a un impact immense sur l’évolution suivante. Parce que, ci-dessus, les 2048 ne sortent pas de nulle part, ce ne sont pas des contaminations « spontanées », ab initio, juste parce qu’il fait froid : elles sont l’héritage de la multiplication à partir de 1, 2, 4, 8… .

      N’avoir rien fait en septembre, au motif que les chiffres étaient très bas, en prétendant qu’il ne se passait rien, alors qu’on avait déjà la même progression exponentielle que maintenant, et alors que c’est justement sur ces chiffres faibles qu’il était possible d’agir, c’est proprement criminel.

    • ouille aouch aie aie aie

      Ok pour l’échiquier de Sissa raconté autrement. C’est clair.
      Mais je ne pige pas comment le rythme ne serait pas sujet à variations. Ici, les modifications de comportements (masques et distances qui ont contribué à freiner les contaminations, où, à l’inverse, enfermement dans les classes et les lieux de travail) ralentissent ou accélèrent la vitesse du doublement, non ?

      Sinon, ce Blachier et sa théorie du plateau n’inspire pas confiance. Benjamin des potiches télé, il a déjà dit pas mal de bêtises dans les média et promeut une boite de conseil dont il est cofondateur
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-qui-sont-les-experts-qui-nous-parlent-tous-les-jours-dans-l

      "On a l’avantage d’associer le domaine médical, l’épidémiologie et la compétence mathématique pour produire des modèles de simulation , explique-t-il à franceinfo. Modéliser les épidémies, c’est notre métier. Donc on a une longueur d’avance sur les autres."

      La page d’accueil est bancale
      https://www.ph-expertise.com
      mais pour avoir déjà émargé dans ou pour des institutions publiques ils promettent à l’industrie de bons résultats

      #santé_publique #esprit_de_lucre

    • Exponentielle : Le doublement arrive toujours, c’est juste une affaire de délai plus ou moins long, dépendant en effet de causes diverses (masques, aération...). Le fait que le R0 soit supérieur à 1 engendre une augmentation multiplicative, exponentielle.

      Quant à cette affaire de ces quelques noms qui sont utilisés par l’officialité pour assoir l’idée que la seconde vague n’existait pas, qu’elle existe, et que c’est une surprise, etc. Plus le temps passe, plus j’ai envie d’y voir un authentique complot, plus ou moins conscient. Nous avions des instituts de sondage bidons, n’annonçant que des résultats dans le sens des élites ? Nous avons désormais des instituts d’épidémiologie n’annonçant que des résultats qui vont à l’encontre d’un confinement que personne, et en particulier les milieux économiques ne veulent.

      Hier soir, sur France3, journal régional, le reportage mêlant micro-trottoir et rétrospective maladroite t’explique que le confinement, c’était dur, que vraiment, c’était la souffrance. Les morts et les hôpitaux n’ont pas eu l’opportunité de faire valoir leur point de vue dans ce long reportage. Et sur TF1, à l’avenant, j’étais parti depuis longtemps... mais de loin, j’entendais les mêmes poncifs sur « comment ne l’avons nous pas vue arriver ? » et sur « Macron a convoqué tous les partis »...

      Au point où nous en sommes, la raison voudrait que le confinement soit décrété et que la « suppression » du virus, au minimum, soit mise en œuvre, pour limiter tous les coûts. Mais en fait, les faits sont là : nous sommes bien gouvernés par les marcheurs, ceux là qui n’avaient jamais fait rien d’autre que de s’occuper de leur nombril et de leur petite affaire, et qui se sont retrouvés à devoir réfléchir au bien commun, truc qu’ils ont toujours confondu avec leur nombril... justement. Macron, quand il se balade en France, il ne rencontre que des gens qui lui expliquent qu’il ne faut pas confiner, il ne faut pas confiner. Ils sont des millions à être persuadés qu’il ne faut pas confiner. Qu’il n’y a pas de seconde vague. Que le virus est un complot islamo-gauchiste, comme ils disent sur FB et à la télé.

      Il se peut donc qu’il y ait un confinement. Mais il se peut aussi que l’on continue à coup de demi-mesures et que ce jour, la réception des différents partis, ce soit pour valider cette façon de procéder. Comme il n’y a que l’"extrême"-gauche pour avoir le point de vue du confinement, ça semble plié. A suivre...

    • Ce qui saute aux yeux est que depuis fin août, l’épidémie est sur une dynamique exponentielle. Avec un taux de croissance stable, voire légèrement croissant.

      Par ailleurs, le temps de réponse du système est long : les modifications de comportement éventuellement (!) induites par les «  mesures  » se font progressivement. Sans compter que les indicateurs dont nous disposons sont en retard sur la dynamique de la propagation (nouveaux cas de cinq à dix jours, hospitalisations d’une à deux semaines, décès de trois semaines à un mois).

      Avec le recul, si on compare au printemps, le passage à une propagation moins explosive est clairement dû à la quasi disparition des grands événements publics, mais la constance de la pente actuelle montre que subsistent les événements propagateurs bien identifiés maintenant : fêtes privées, écoles, … ainsi qu’un certain laxisme dans les mesures de précaution autour d’éventuels cas contact.

      La pente constante (et, je me répète, légèrement croissante) prouve également que nous sommes encore très loin d’une éventuelle immunité collective. En effet, les exponentielles ne montent pas jusqu’au ciel – on passe sur un modèle logistique bien avant de l’atteindre… Aussi, nos «  experts  » en modélisation, avant de parler de «  plateau  », pourraient commencer par guetter une éventuelle inflexion de la croissance.

      On est loin d’en être là…

    • Ceci dit, nous suivons fidèlement la trajectoire que redoutait l’experte épidémiologiste il y a 2 mois, je crois, qui expliquait que c’est quand il n’y a que peu de morts qu’il faut agir sans faiblir devant le côté «  rassurant  » de ce faible nombre. Une fois que c’est lancé, c’est trop tard.

      Désolé, je ne retrouve plus le lien, ça devient difficile à trouver vu l’abondance d’entrées avec les mots clés que j’utilise.

    • Un gars qui se découvre marcheur sans l’admettre :

      J’ai regardé le graphique des décès. Dans la norme des décès liés aux affection respiratoires et à la saisonnalité. Enfin, on rappellera l’âgé médian de 81 ou 82 ans avec tous les facteurs de comorbidité habituels.

      La grippe se fait juste voler la vedette par le méchant rhume.

      D’un point de vue anti-métaphorique, la covid n’existe pas car elle est avant tout une psychose¹.

      Bonne journée dans la peur :)

    • « Les personnes âgées on pourra évidemment pas les relâcher avant cet été », Blachier, en mission réduction des risques sur LCI le 29 octobre 2020.

      Edit « Olivier Véran ne se rend pas compte et dégâts du confinement » Blachier, 8 novembre, C News. avec un tee shirt « jeunes médecins », il défend la « protection ciblée » façon déclaration de Barrington

    • Ça te rassure tellement que ça de te dire que seuls ceux qui méritaient déjà de mourir meurent ? T’as jamais entendu parler de covid long ? Il va y avoir au bas mot 30000 morts de plus sur 2020 de cette maladie. En 2003, il y avait eu 15000 morts de la canicule, et personne n’avait eu le culot d’expliquer que c’était normal. Mais cette année ce n’est décidément pas pareil.

    • pour l’âge, les données quotidiennes de Santé Publique France sont remarquablement exploitées dans le fil pointé ici
      https://seenthis.net/messages/883715

      notamment :


      évolution de juin à octobre du taux d’incidence par tranche d’âge où l’on voit parfaitement la dynamique de la propagation à partir de fin juillet initiée par la tranche des 20-30 ans. En méditant sur ce graphique, on peut assez aisément anticiper l’efficacité du confinement light choisi par le gouvernement sur la contamination des anciens : quasi nulle. Avec en prime le discours moralisateur qui va bien et que l’on voit poindre déjà dans le gouvernement - et les opposants au confinement - on a laissé les jeunes se contaminer entre eux, on les a autorisé à visiter les anciens (on n’est pas des chiens) mais si ces derniers choppent la bête c’est de leur faute, jeunes ou anciens, ils n’avaient qu’à faire plus attention.

      pour les comorbidités, c’est (beaucoup) plus compliqué, celles-ci, mentionnées sur le certificat de décès sont délicates à exploiter et les résultats sont publiés avec un décalage de plus d’un an. Mais on voit bien, sous ta question, le discours récurrent : ce n’est pas le coronavirus qui les a tué·es mais leurs comorbidités. Sauf que s’ils ou elles n’avaient pas été infecté·es la plupart auraient survécu le délai habituel que leur laissent leurs pathologies. À part ça, la covid ne tue pas.

      Enfin, n’oublions pas les séquelles de la covid (covid-long). Exemple proche : homme la cinquantaine, actif, pleine santé, seule comorbidité de l’asthme ; il a survécu à quinze jours d’hospitalisation - sans intubation - lors de la première vague ; depuis perte totale de sensibilité aux deux bras et depuis la fin de l’été zona d’abord oculaire puis auriculaire (avec lésion permanente du nerf auditif). OK, ça n’a rien à voir, c’est le hasard et ce n’est qu’un cas,… Sauf que des comme ça, il y en a d’autres. Aux dernières nouvelles, on trouve aussi des atteintes cognitives.
      https://seenthis.net/messages/883701

    • @simplicissimus Merci pour les références.

      Je ne comprends pas bien ce qui te permet de dire que je penserais que « ce n’est pas le coronavirus qui les a tué·es mais leurs comorbidités ».

      Ce virus ne touche pas tout le monde de la même manière, semble-t-il. N’est-il pas intéressant d’essayer de comprendre comment et éventuellement pourquoi ?

    • Ah ! désolé si tu ne penses pas cela. Je suis tellement habitué à entendre cet argument, en général au milieu de l’enchaînement suivant :
      • c’est une grippette
      • on la soigne très bien
      • on n’en meurt pas
      • quand on meurt, c’est d’autre chose
      • d’ailleurs, il n’y a pas de surmortalité
      • de toutes façons les chiffres sont faux
      • et, option la totale, tout cela est pensé et piloté

      Bref, si on ne meurt pas du coronavirus, c’est que cette pandémie n’en est pas une.
      Ce qui, à tort certainement, ne m’avait pas semblé tellement éloigné de certaines de tes positions.

  • Lesbos: A mental health crisis beneath the surface

    A mental health crisis among asylum seekers from the former Moria camp on the Greek island of Lesbos is worsening. In the new ’Kara Tepe’ tent facility, even more young children are receiving psychiatric treatment, including medication, to deal with ongoing trauma.

    Before it burned to the ground, the #Moria camp on the Greek #hotspot island of Lesbos was described as “hell on earth”. The terrible conditions and overcrowding in the migrant camp had led to daily incidents of violence, abuse, and suicide attempts, even among children.

    According to the International Rescue Committee (IRC), which provides mental health support to refugees on Lesbos, between December 2019 and August 2020, more than 40% of migrants they counselled in Moria had suicidal thoughts and a quarter had actually tried to commit suicide.

    On the night of September 8, 2020, the camp was destroyed. For thousands of asylum seekers, the fire was a traumatic experience, yet it allowed them to hope that they would never again have to suffer in such conditions.

    However, worse was to come. In the days after the disaster, they would sleep in the streets and face violence and intimidation from anti-migrant groups as well as Greek police, before being moved to a new a tent camp with no showers, no areas insulated against cold and, it turned out, subject to major flooding.
    Mental health worsening

    According to Martha Roussou, senior advocacy officer with the IRC, almost all of the migrants attending counselling on Lesbos say their mental health problems are caused by poor living conditions and long waiting times for their asylum claims to be heard. For those at the new camp, these problems that had reached crisis proportions in Moria have not gone away, instead they have worsened with the loss of hope.

    Greg Kavarnos, a psychologist with the medical charity Doctors Without Borders (MSF) working with asylum seekers on Lesbos, says conditions in the Kara Tepe camp would cause any mentally healthy person to become anxious and depressed. The effect is catastrophic for those seeking his help, who are already deeply traumatized.

    “I have had patients who were incapable of talking when they were brought to me. Or they were so mentally unwell that they couldn’t even go to the toilet by themselves,” says Kavarnos.

    For those who have been incarcerated in the past, the experience of being in the camp, which is heavily policed and surrounded barbed wire, can also trigger memories of traumatic experiences, he adds.

    Some also experience disillusionment and a loss of hope because they have not reached a safe place, according to Kavarnos. “Imagine what it would be like if you’re in a region controlled by the Taliban in Afghanistan, or you’re a political prisoner in the Democratic Republic of Congo, or you’re a victim of the regime in Syria, and you escape this danger expecting to come somewhere where it’s safe and you’ll be treated as a human being. Imagine that instead of having this, you’re treated worse than an animal.”

    Long-term effects on children

    In the weeks following the Moria fire, almost all of the unaccompanied minors – children traveling without a parent or guardian – were transferred off the island. But many children were also left on Lesbos, as well as the other hotspot islands.

    And according to Kavarnos, these remaining children are among those most at risk of suffering long-term mental health effects.

    “Even though children are resilient and can bounce back from things, they’re at a stage when they’re developing their character and their personality,” he says. “If they have to go through traumatic experiences at this age, these will then shape their personality or their character in the future, leading to long-term problems.”

    Children in the camp are increasingly feeling a sense of resignation. Seeing their parents trapped and unable to make decisions or take action, they become hopeless, according to Kavarnos.

    “If at eight years old a child has already resigned itself, what does that mean when this child becomes 12 years old or 16 years old? If at 8 years old or 10 years old a child has to take psychiatric medication in order for the symptoms to be held at bay, what’s this going to mean later?”

    In the new Lesbos facility, 17-year-old Nour from Syria tells us that when the Moria camp went up in flames in September, she had asked her mother to leave her there to die.

    Like a growing number of children and young people in the migrant camps, Nour is taking antidepressants.

    “Generally, if a psychiatric problem arises as a result of trauma, if you don’t deal successfully with the trauma, the psychiatric problem then becomes chronic,” Kavarnos explains.

    “So, what are we doing? We’re creating a generation of children that are going to be reliant on psychiatric medication for the rest of their lives.”
    ‘We all have mental problems because of Lesbos’

    Karima, from Afghanistan, is also on antidepressants and has trouble sleeping. Most of her family, including her granddaughters, aged two and three, were in a boat from Turkey that sank in the Aegean. They were rescued and brought to Lesbos. For about two years, they lived in the Moria camp.

    Karima’s son; Rahullah tells us: “It was a very bad situation. ... People died, they drank, they killed each other. We didn’t sleep. So now we have mental problems, all of us, just because of Lesbos.”

    Rahullah’s sister F., the mother of the two little girls, became so unwell that she cut herself, says another of her brothers, a softly-spoken law graduate. F.’s husband was murdered in Afghanistan.

    https://gw.infomigrants.net/media/resize/my_image_big/443d9ff81c942af2683452673e248e4f5e6e0c49.jpeg

    Another young asylum seeker in the camp, Ahmad*, is 25. He travelled alone from Afghanistan to Greece. He says that he has twice attempted suicide, and if it hadn’t been for his friends, he would have gone through with it and succeeded in killing himself.
    Removal the only solution

    The IRC’s Martha Roussou says the organization tries to help migrants with counseling and medication, but while some people do improve, “the only durable solution is to remove them from the traumatic space they are living in.”

    Until this happens, she continues, the migrants cannot escape the trauma they have already experienced, “despite the best efforts of psychologists to focus on positivity and hopeful thoughts.”

    According to MSF’S Greg Kavarnos, no matter how much medication or psychotherapy you give a person, “if they’re constantly being traumatized by their experiences, you’re always one step behind.

    “I can’t do anything for the ongoing trauma, the threats of violence, the inability to access simple facilities,” he continues. “I can’t say to the person, ‘it’s okay, things will get better,’ because I don’t know if things will get better for them.”

    *Ahmad is an assumed name

    https://www.infomigrants.net/en/post/28086/lesbos-a-mental-health-crisis-beneath-the-surface
    #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés #Lesbos #Grèce

  • Covid-19 : « Aucune leçon n’a été tirée de la gestion de la crise entre mars et mai »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/22/covid-19-aucune-lecon-n-a-ete-tiree-de-la-gestion-de-la-crise-entre-mars-et-


    La rue de Rivoli déserte après l’entrée en vigueur du couvre-feu, à Paris, le 17 octobre. ODHRAN DUNNE POUR « LE MONDE »

    Trois sociologues, spécialistes des catastrophes et co-auteurs du livre « Covid-19, une crise organisationnelle », analysent, dans un entretien au « Monde », les dysfonctionnements observés dans la réponse des pouvoirs publics à la pandémie.
    Propos recueillis par Hervé Morin et David Larousserie

    Les sciences humaines et sociales commencent à faire entendre leur voix pour analyser la pandémie de Covid-19. Dans un livre stimulant, Covid-19, une crise organisationnelle (Les Presses de Sciences Po, 136 pages, 14 euros), quatre spécialistes des crises et des catastrophes apportent leur lecture originale des événements.

    Henri Bergeron, Olivier Borraz (directeurs de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations – CSO – de Sciences Po), Patrick Castel (chargé de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques au CSO) et François Dedieu (chargé de recherche à l’Inrae) y dévoilent de nombreux dysfonctionnements dans la gestion de crise. Les trois premiers, pour Le Monde, en tirent déjà des enseignements.

    Comment analysez-vous la décision du couvre-feu pour l’Ile-de-France et huit métropoles ?

    Oliver Borraz : Cette annonce inspire un sentiment de déjà-vu. Elle ressemble, par bien des points, à l’annonce du confinement il y a sept mois. D’abord, aucune des deux ne faisait partie de l’arsenal des mesures prévues pour gérer une crise sanitaire. Aucune des deux ne constitue à proprement parler une mesure de santé publique. Ensuite, ce sont deux mesures sur lesquelles on ne dispose que de très peu de connaissances, qu’il s’agisse de leurs effets pour contrôler une épidémie, ou de leurs « effets secondaires », sanitaires, économiques ou sociaux. C’est d’autant plus surprenant que la science est mise en avant pour justifier ces décisions, sans qu’elles n’aient jamais été véritablement testées ou étudiées.

    Une troisième ressemblance tient au fait que ces décisions ont été toutes les deux prises dans l’urgence, sans anticipation ou préparation. Dans les deux cas, les services de l’Etat n’ont que quelques jours pour définir les modalités de mise en œuvre.

    Enfin, dernier point de similitude, l’argument selon lequel « d’autres pays le font » justifie la décision. Il est intéressant de voir que les Etats, qui ont du mal à se coordonner internationalement en matière sanitaire, finissent par converger par mimétisme pendant cette crise.
    Néanmoins, il faut pointer une différence majeure par rapport à mars : les enjeux économiques et sociaux sont venus tempérer les actions essentiellement curatives et sanitaires, même si l’on reste dominé par l’idée que les morts du présent comptent plus que les morts du futur.

    Aucune leçon n’a donc été tirée ?

    O. B. : Le paradoxe et la constante dans ces crises tiennent au fait qu’on ne sait pas tirer des leçons des crises passées. En juillet 2019, Edouard Philippe [alors premier ministre] met à jour une circulaire de 2012 sur la gestion de crise [celle qui crée une cellule interministérielle de crise (CIC)], mais sans apprendre de la mauvaise gestion de l’ouragan Irma de 2017 [qui avait dévasté, le 6 septembre, les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy].

    Qui plus est, lorsqu’arrive le Covid-19 en 2020, l’Etat ne s’appuie même pas sur cette circulaire pour élaborer la réponse ! Mais, au contraire, improvise en créant de nouvelles organisations. Et aujourd’hui, on constate qu’aucune leçon n’a été tirée de la gestion de la crise entre mars et mai : à titre d’exemple, l’approche reste centrée sur l’hôpital et continue de négliger tous les autres acteurs du système de soins (cliniques privées, médecine de ville, réseaux de soins…).

    Quelles en sont les conséquences ?

    O. B. : Prenons par exemple la cellule de crise interministérielle. Activée tardivement, elle se voit immédiatement dotée d’autres cellules qui ne correspondent pas aux protocoles auxquels les responsables de la gestion de crise, dans les ministères, ont été formés et habitués. Ils éprouvent les pires difficultés pour s’y retrouver. Ils ne comprennent pas comment et où se prennent les décisions auxquelles ils ne sont pas associés.

    Ainsi, la décision de réquisitionner les masques pour les soignants ne tient pas compte du fait que de nombreux autres secteurs en ont aussi besoin pour continuer à travailler, comme l’énergie ou les transports. Nous avons trouvé plein d’exemples de décisions de ce genre prises sans consultation, qui ont amplifié les effets de la crise.

    Henri Bergeron : Ce qui est paradoxal, c’est la croyance que les problèmes de coordination peuvent être réglés par la création de nouvelles structures. C’est typique de la technocratie française : accorder aux structures, aux organisations, à la technologie un pouvoir de coordination , certainement un peu excessif .

    Comment expliquer ces nombreux dysfonctionnements ?

    H. B. : Entre autres défauts, nous avons été frappés par cette multiplication d’organisations nouvelles, comme par exemple le conseil scientifique, au lieu de s’appuyer sur les structures existantes. Cela traduit plusieurs choses. D’une part, la volonté, pour le président et son premier ministre, de ne pas se lier les mains en travaillant avec des organisations existantes. Ils craignaient de se voir imposer les solutions et les routines de ces organisations, voire les intérêts de ces acteurs institués. Ensuite, il existe clairement, depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, une méfiance vis-à-vis de la haute administration.

    Enfin, il y a une défiance vis-à-vis de la gestion de crise, à la suite de la mauvaise gestion de la tempête Irma, imputée à tort ou à raison à la sécurité civile. Cette défiance pourrait expliquer pourquoi, dans la crise du Covid-19, le plan pandémie grippale n’a pas été activé dès le mois de janvier ou que la sécurité civile a été tenue à l’écart.

    Mais n’y a-t-il pas aussi des responsabilités individuelles derrière ces dysfonctionnements collectifs ?

    H. B. : Il y a bien sûr des individus dans les organisations. Mais nous nous intéressons aux effets de structure, qui se manifestent principalement sous deux formes.
    La première, c’est la culture de l’organisation qui fait qu’on voit ou pas certaines choses : les signaux d’alerte aux mois de janvier et février ne sont pas interprétés comme suffisamment sérieux par des services qui ont pris l’habitude de menaces s’avérant finalement moins graves que prévu. La seconde, c’est le tissu de relations dites de pouvoir et d’interdépendance qui influence les actions. Il y a suffisamment de répétitions des gestes de gestion de crise pour penser que ces effets sont prégnants.

    N’est-ce pas un peu facile de taper sur la bureaucratie, les technostructures… ?

    H. B. : Le terme « bureaucratie » n’est pas du tout péjoratif pour nous. Il renvoie à un mode d’organisation qui a sa logique et qui peut se montrer efficace pour gérer tout un ensemble de problèmes. Ce que nous critiquons, c’est le geste technocratique qui consiste à croire que la technologie ou l’organisation suffit à permettre la coordination entre les individus. C’est également cette tendance à penser que « l’intendance suivra » et donc à négliger les considérations de mise en œuvre, certes moins nobles que la création de structures, de plans stratégiques ou de nouvelles applications… mais qui s’avèrent pourtant décisives pour l’efficacité des politiques publiques.

    Nous ne sommes pas sur le terrain de la remise en cause de l’Etat, de la technocratie, d’une sorte d’Etat profond mal défini… Il faut bien se rendre compte que cette crise a été largement gérée par le politique, plus que par la bureaucratie, dont on a vu qu’elle subissait une sorte de méfiance, voire de défiance. On a eu une gestion parallèle très politique de la crise, s’appuyant sur de nouveaux dispositifs comme le conseil scientifique ou la mission Castex chargée du déconfinement.

    L’administration, elle, a le sentiment d’avoir bien tenu et bien géré la crise. Elle ne s’est pas « effondrée », comme cela a pu être le cas par exemple au Japon lors de l’accident de Fukushima en 2011, aux Etats-Unis après l’ouragan Katrina en 2005, ou même en France, localement, pendant la tempête de 1999. Mais elle a le sentiment d’avoir dû se débrouiller souvent toute seule pour régler les problèmes qui survenaient.

    Vous reconnaissez d’ailleurs que l’hôpital a pour sa part plutôt bien géré cette crise. Pourquoi ?

    Patrick Castel : Tous les soignants que nous avons interrogés nous ont dit que c’était à la fois la plus dure et la meilleure expérience de leur vie. Mais cet héroïsme ne suffit pas à expliquer la collaboration qui a été observée. Il a besoin de conditions structurelles pour s’épanouir. Ce n’est pas seulement une affaire de traitements, de techniques…, c’est aussi une bonne coordination, et notre travail est justement d’identifier les déterminants de la coopération.

    Nous avons ainsi repéré quatre conditions favorables. Premièrement, le pouvoir a basculé des directeurs vers les médecins , qui ont eu beaucoup plus d’autonomie pour organiser la gestion de la crise. Ensuite, la question des moyens n’était plus un problème puisqu’on était dans le « quoi qu’il en coûte ». Les dépenses sont restées justifiées, mais il y avait moins de contrôle budgétaire. En outre, grâce à l’activation du plan blanc, les autres activités ont été suspendues, apportant de la souplesse pour faire face à l’afflux de malades. Enfin, l’habituelle « guerre » entre services pour avoir des patients a disparu. Tout le monde était débordé.

    Cela va-t-il durer ?

    P. C. : Dès les mois de mai-juin, pendant ce qui a été appelé la désescalade, des tensions sont réapparues, avec par exemple des médecins qui voulaient préserver l’activité non-Covid-19 de leur service et ne voulaient plus renoncer à prendre des patients car ils ont vu les conséquences sanitaires secondaires de la pandémie. Les freins budgétaires et les contrôles sur les dépenses ont aussi fait leur retour dès cet été.

    On entre aujourd’hui donc dans une période qui risque d’être plus difficile, moins brutale mais plus usante car elle s’inscrira dans la durée et nécessitera de concilier le fonctionnement ordinaire des hôpitaux avec la gestion des patients Covid-19. C’est vrai plus largement pour l’ensemble des services de l’Etat : ils vont devoir concilier retour à la normale et gestion d’une situation qui reste critique.

    Quelles pistes d’amélioration suggérez-vous ?

    O. B. : Après chaque crise, il y a des rapports d’inspection et des enquêtes parlementaires qui singularisent l’événement, pointent des responsabilités, mais ne tirent pas des leçons pour préparer les prochaines réponses. Il faut inscrire les retours d’expérience dans une démarche cumulative, en mettant les différentes crises en série et en s’intéressant aux récurrences qui surviennent à chaque fois.

    Quant à la formation des élites, elle n’est pas tout mais elle devrait être l’occasion de confronter les étudiants avec les sciences, et les sciences sociales notamment. D’une façon générale, les sciences humaines et sociales ont été peu mobilisées durant cette crise alors qu’elles ont beaucoup à dire sur, par exemple, la résistance des citoyens à certaines informations ou injonctions. N’oublions pas non plus que les dynamiques de diffusion du virus sont aussi des dynamiques sociales. Les raisonnements ont été trop technicistes (capacité à tester) ou hospitalo-centrés. La formation doit aussi apprendre à se frotter à l’incertitude et à la complexité.

    Comment ?

    H. B. : Ce n’est pas facile. L’une des façons de faire est de favoriser des tensions. A nos étudiants, nous apportons sur un même objet plusieurs regards disciplinaires. Par exemple sur le travail, on fera appel à des spécialistes du droit, de l’anthropologie, de la sociologie, de l’économie… On peut aussi, après avoir présenté certains outils techniques comme la comptabilité, inviter des spécialistes pour critiquer ces outils, montrer qu’ils ne sont pas neutres, mais proposent au contraire des visions politiques du social. La tension produit de la sensibilité à la complexité.

    Quel est votre pronostic pour l’après-crise ?

    H. B. : Le pire serait de retenir qu’une administration a failli et qu’on en change le nom, c’est-à-dire de se contenter de faire comme on a souvent fait par des mesures cosmétiques.

    Dans nos entretiens, nous avons senti chez nos interlocuteurs le souhait de partager cette expérience inouïe. Ils ont conscience qu’on ne tire pas assez les leçons des crises passées. Et en les voyant archiver leurs documents, leurs courriels…, on sent qu’il y a dans cette crise déjà l’anticipation de la manière dont elle sera regardée plus tard.

    #crise_sanitaire #santé_publique #hospitalo-centrisme #technocratie

    • D’un confinement à l’autre, une puissance publique inorganisée
      https://www.mediapart.fr/journal/france/021120/d-un-confinement-l-autre-une-puissance-publique-inorganisee

      Quatre sociologues ont dressé le bilan critique de la gestion de la crise sanitaire. Le tableau est celui d’une puissance publique inorganisée, mal préparée, n’en tirant pas les bonnes leçons et formant mal ses élites.

      « Par quelle suite de choix et de non-choix en arrive-t-on, face à ce qui est présenté comme un “tsunami” qui s’apprête à déferler sur les hôpitaux publics, à devoir décider dans l’urgence de mesures radicales et aux conséquences potentielles aussi massives qu’inconnues ? » L’interrogation, émise à propos du premier confinement par les auteurs de Covid-19, une crise organisationnelle (Presses de Sciences-Po, 2020), est dans bien des têtes, alors que nous expérimentons à nouveau une restriction hors norme de la vie sociale.

      Cette solution « fruste, massive et indistincte » était la seule qui restait à l’exécutif pour espérer « maîtriser le virus », expliquait dans nos colonnes Caroline Coq-Chodorge, au lendemain de l’annonce présidentielle. C’est justement cette logique d’inévitabilité, et l’idée que la décision « s’imposait » d’elle-même, que questionnent les chercheurs Henri Bergeron, Olivier Borraz, Patrick Castel et François Dedieu, affiliés pour les trois premiers au Centre de sociologie des organisations (CSO) de Sciences-Po, et pour le quatrième à l’Institut de la recherche agronomique (INRA).

      Pour cette étude, ils ont mené une quarantaine d’entretiens et dépouillé toute une littérature scientifique, administrative et journalistique. Le confinement, insistent-ils à plusieurs reprises, est la décision qui fait la singularité de la crise du Covid-19. Problème : elle ne figurait dans aucun plan, n’a jamais été mise en œuvre dans l’histoire récente et n’a donc donné lieu à aucune évaluation qui permette d’en apprécier les effets. Toute une partie de leur investigation consiste à comprendre comment nous en sommes arrivés là.

      Les auteurs expliquent que les élites dirigeantes ont baigné dans un « excès de confiance », transformé en « sidération » lorsqu’elles ont fait le constat trop tardif de l’impréparation de la puissance publique face au virus. Cette assurance n’était pas complètement dénuée de fondement : le risque d’une pandémie avait été identifié de longue date et des scénarios de gestion de crise avaient été élaborés à cet effet, ainsi que pour d’autres menaces. « Autrement dit, c’est parce que les responsables politiques pensaient réellement disposer des moyens nécessaires qu’ils ont été autant pris par surprise lors de l’arrivée du virus. »

      Remontant 15 ans en arrière, les quatre sociologues font l’hypothèse d’une « dérive organisationnelle » pour expliquer cette confiance mal placée. Dans le passé, ce phénomène fut mis en évidence par d’autres chercheurs pour expliquer des accidents dans l’industrie spatiale ou dans l’armée. Lorsqu’un risque identifié tarde à se produire, la crédibilité de son avènement s’amenuise. Il peut en résulter, de manière progressive et peu alarmante a priori, un relâchement des procédures, une confusion croissante des responsabilités de chaque acteur de la chaîne de prévention et une diminution globale des moyens alloués (lire, à ce sujet, l’article de François Bonnet et son entretien avec Didier Torny).

      Les auteurs convoquent une autre notion, celle de « risque scélérat », pour décrire la sous-estimation des alertes accumulées entre janvier et mars. Il s’agit d’un risque « annoncé et connu », mais dont « l’apparente familiarité » endort la vigilance, jusqu’au point de non-retour. Durant la première quinzaine du mois de mars, les pouvoirs publics sont en effet passés d’une promesse de maîtrise à une véritable panique face au « tsunami » et au « carnage » annoncés dans les hôpitaux. D’où « un remède radical, présenté par les experts comme “le seul possible” : le confinement généralisé de la population ».

      La lecture de ce récit stylisé, en plein deuxième confinement, est saisissante, dans la mesure où il vient de se rejouer un scénario comparable. Lorsque Emmanuel Macron explique que « nous avons tous été surpris par l’accélération de l’épidémie », c’est au mépris des multiples alertes lancées depuis cet été, y compris par son propre Conseil scientifique. Et c’est avec le même argument, celui d’un « carnage » annoncé, que le confinement apparaît comme la seule solution viable. Il est vrai que l’absence d’apprentissage est un autre thème du livre…

      Avant d’y venir, les quatre sociologues pointent un autre phénomène frappant, inscrit dans la temporalité beaucoup plus courte de la crise du printemps. Au lieu d’un « effondrement organisationnel », constatent-ils, nous avons assisté à une exubérante « créativité » en la matière.

      L’épuisement du « décisionnisme » à la française

      Du sommet des administrations jusqu’aux hôpitaux, les interlocuteurs des sociologues leur ont témoigné des difficultés de coopération et de coordination qu’ils ont rencontrées, les contraignant souvent à agir en dehors des règles. « L’action collective, concluent-ils, s’est le plus souvent déployée en dehors de tout ce qui avait été programmé, prévu, anticipé. Cette crise sans précédent est donc aussi celle de l’inorganisation. Formidable paradoxe d’une société saturée d’organisations de toutes sortes, mais qui rencontre tant de difficultés à “organiser ces organisations”. »

      Devant les défaillances constatées, un réflexe technocratique a conduit à la création de nouvelles structures, quitte à ajouter à la confusion.

      Alors que le domaine sanitaire est l’un des plus dotés en structures d’expertises, deux instances ad hoc ont ainsi été créées (le Conseil scientifique et le Comité analyse, recherche et expertise), aux règles de recrutement et de fonctionnement inventées dans le feu de l’action. Et alors que la cellule interministérielle de crise n’a été activée que le 17 mars, un audit a été confié « quinze jours plus tard à peine » au général Lizurey, afin d’évaluer une coopération interministérielle à la peine (Mediapart en a récemment publié plusieurs extraits).

      Jean Castex, avant de reconfiner, fut "Monsieur déconfinement" sous le gouvernement Philippe (ici, à la sortie du ministère de l’intérieur le 13 mai 2020). © Ludovic MARIN / AFP

      Mi-avril, c’est sous forme d’une mission qu’un travail de coordination a été confié à Jean Castex, afin de préparer la fin du confinement. On apprend au passage qu’elle n’était qu’une des cinq structures, au minimum, « chargées de l’anticipation et du déconfinement ».

      Cette exceptionnelle « inventivité institutionnelle » ne s’est cependant pas traduite par une meilleure association des citoyens. Elle a surtout été mise au service d’une « gestion élitaire » de la pandémie. De manière significative, la proposition du président du Conseil scientifique de créer un « comité de liaison avec la société » est restée lettre morte. Pourtant, préviennent les auteurs, « ce que le dirigeant gagne (ou plutôt croit gagner) en autonomie de décision, il le perd souvent en capacité de mise en œuvre. Il prend le risque de susciter la contestation de ceux qui n’ont pas été associés aux débats et de ceux qui veulent pointer, après coup, les dysfonctionnements dans la gestion de la crise ».

      On peut voir, à travers les polémiques et les décisions kafkaïennes concernant les rayons de la grande distribution, une illustration de ce risque en plein reconfinement. Celui-ci, visiblement, n’a fait l’objet d’aucune anticipation en amont, que ce soit à propos de ses modalités précises ou des résistances qu’il pourrait engendrer. Les décisions ont été prises au fil de l’eau, en petit comité, sans vraie concertation et en envoyant des messages contradictoires envers la population. S’il y a eu sidération des élites face au virus, il y a de quoi être sidéré, au sein de la population, face à une telle inadaptation et impréparation de l’appareil d’État.

      La valeur ajoutée de Covid-19 : une crise organisationnelle est de ne pas se contenter de mises en cause individuelles, ni même d’explications mono-causales (quoique réelles) comme le manque de moyens. La tradition intellectuelle des auteurs et leur enquête empirique les amènent à rechercher, derrière les décisions particulières, ce qu’elles doivent à l’action collective. Dédaignant les récits culpabilisants ou héroïsants, ils pointent surtout des problèmes structurels et systémiques dans la gestion de crise à la française.

      Contrecarrer la logique de « désapprentissage »

      Si ce point est aussi crucial, c’est que d’autres moments comparables surviendront. Sur les fronts de la sécurité, de l’économie ou d’un système-Terre dégradé tous azimuts, les conditions s’accumulent même pour que leur fréquence s’accroisse. « Aussi est-il crucial que l’État se dote d’outils plus fiables, qui ne considèrent plus les crises comme des événements singuliers qui sortent de l’ordinaire, mais au contraire comme des phénomènes récurrents dont on peut tirer des enseignements », écrivent les quatre sociologues.

      Trop souvent, expliquent-ils, les rapports publics ou les retours d’expérience en restent aux problèmes survenus et proposent « des solutions à peu de frais ». Au contraire, il faudrait traquer ce qu’il y a de commun entre les crises, et assurer la transmission de ce que la puissance publique en apprend. Avertis de la logique de « désapprentissage » qui peut frapper n’importe quelle organisation, notre préoccupation devrait être de la contrecarrer du mieux possible.

      En termes de préparation aux crises, ficeler des plans minutieux et réaliser des exercices de simulation n’apparaît pas plus convaincant aux yeux des auteurs. Pour toute une série de raisons, « des études de cas concrets » leur semblent préférables pour préparer au mieux les acteurs. De façon plus générale, « la formation de nos élites » devrait être revue, dans la mesure où elle « ne les prépare pas à penser et à agir dans l’incertitude ».

      Les modalités de leur sélection et de leur avancement les encourageraient en effet au conformisme, de même qu’elles les conforteraient dans une vision individualiste du leadership. Les savoirs ingurgités, essentiellement techniques, ne les rendent pas aptes à gérer des situations instables ni à faire preuve de réflexivité. Il s’agirait donc de les frotter à « une culture de recherche et scientifique », et notamment à des connaissances issues des sciences sociales, afin de les aider à « coordonner des ensembles très complexes ».

      On se demande toutefois si la force de l’ouvrage, qui consiste à formuler une critique subtile, profonde et informée des failles organisationnelles auxquelles on assiste, n’est pas une faiblesse dès lors qu’elle évite un questionnement sur les qualités individuelles de nos dirigeants français. Après tout, il est possible qu’en plus des problèmes pointés par les sociologues, la Macronie et son chef ne fassent la preuve de compétences et d’une expérience trop frustes pour affronter la situation. Le problème, et l’on en revient ici à un niveau plus systémique, c’est que les institutions de la Ve République maximisent la marge de manœuvre du président et de son premier cercle choisi.

      Non pas qu’il faille surestimer la qualité démocratique de la gestion de crise ailleurs en Europe. Mais avec l’usage intensif des Conseils de défense, l’autonomie présidentielle vis-à-vis de la société, des élus du peuple et des ministres eux-mêmes est poussée à son acmé. L’historien Nicolas Roussellier, dans L’Opinion, estime ainsi que la tendance est à « ce que l’on pourrait appeler un décisionnisme parfait, en éliminant le débat parlementaire contradictoire, libre et approfondi ». En fonction de quoi, « la critique, l’opposition, l’expression du doute ou de l’hésitation, la nécessité de convaincre se font désormais en dehors des institutions ».

      Rappelons que cette exorbitante « puissance de commander » propre à la Ve, mise en œuvre par le général de Gaulle en pleine guerre d’Algérie, avait pour pendant une promesse d’efficacité dans la résolution des crises. Outre que ce mode de gouvernement n’est peut-être pas adapté à n’importe quel dirigeant ou à n’importe quel moment dans l’histoire, les performances de la France dans la crise sanitaire sont assez médiocres pour justifier sa remise en cause.

      En s’intéressant davantage aux individus dirigeants et à leurs croyances, on pourrait par ailleurs mieux comprendre la désastreuse politique de « stop-and-go » dans le confinement, et le supplice chinois des restrictions sociales auquel nous sommes soumis. Les auteurs ont raison de dire que la thèse de dirigeants inféodés aux intérêts économiques, prise dans un sens maximaliste, voire complotiste, ne tient pas : elle n’explique pas, en effet, la volte-face en faveur du confinement. Mais on peut aussi considérer, comme le développe Romaric Godin dans Mediapart, que le gouvernement est justement pris en tenaille entre ses convictions néolibérales, qui le poussent à ranimer le plus longtemps possible la logique économique « d’avant », et sa contrainte morale à éviter le « carnage », qui le pousse à des solutions sanitaires drastiques. Quitte à perdre sur les deux tableaux.

      « Nous sommes en guerre », n’a pas hésité à marteler Emmanuel Macron au printemps. Devant le fiasco actuel, on se demande à quelle comparaison historique devrait nous conduire cette métaphore impropre. En choisissant un passage de L’Étrange Défaite de Marc Bloch comme exergue à leur ouvrage, les auteurs ont l’air d’avoir spontanément pensé à 1940.

      L’historien y relevait que « s’adapter, par avance, à une réalité simplement prévue et analysée par les seules forces de l’esprit, c’est là probablement, pour la plupart des hommes, un exercice mental singulièrement plus difficile que de modeler leur action, au fur et à mesure, sur des faits directement observés ». Un exercice impérieux, cependant, à l’âge de l’Anthropocène et d’un capitalisme fossile à bout de souffle.

      #livre #bureaucratie #État

  • Patients vulnérables : petits mensonges entre amis - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/10/19/patients-vulnerables-petits-mensonges-entre-amis_1802815

    Qu’Olivier Véran cherche à se prémunir contre d’inévitables procès pour mise en danger de la vie d’autrui est flagrant. Mais ce mensonge, de la part d’un confrère, qui plus est ministre de la Santé, est particulièrement intolérable. Faire croire à nos patients que nous étions en capacité de les protéger et que nous avons choisi de ne pas le faire est scandaleux. En effet un médecin qui aurait prescrit un arrêt de travail à un salarié vulnérable à risque de forme grave de Covid-19 hors des critères très restrictifs de la nouvelle liste aurait engagé sa responsabilité à titre pénal (escroquerie, faux et usage de faux : trois ans d’emprisonnement, 45 000 euros d’amende), à titre civil (remboursement des sommes versées par la sécurité sociale au salarié), et à titre professionnel (interdiction temporaire ou permanente d’exercer). C’est bien car il était conscient de cette réglementation et jurisprudence très précises que le législateur a créé en avril 2020 le dispositif d’arrêts de travail « dérogatoires » pour patients vulnérables, qui dérogeait donc effectivement de manière très inhabituelle à cette obligation de n’arrêter que des patients malades.

    • Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2020, des milliers de personnes atteintes de pathologies vasculaires ou pulmonaires avaient soudain cessé d’être considérées vulnérables au coronavirus. Le dispositif de chômage partiel permettant de les prendre en charge si leur poste ne permettait pas le télétravail avait été supprimé, les contraignant à s’exposer à nouveau dans les transports en commun et sur leur lieu de travail. Aucune instance n’avait défendu ces patients vulnérables. Pis encore, France Assos Santé, regroupement de 80 associations de #représentants de malades, s’était dans un premier temps félicitée : « Pour la première fois depuis le début de cette épidémie, ce ne sont pas les scientifiques du Haut Conseil pour la santé publique ou les professions de santé qui ont dicté ce décret. Il a été négocié avec nous, les représentants de patients. » Joie de l’entre-soi, fierté de la pseudo-concertation, ultime hochet agité devant les plus dociles.

      Malgré de nombreuses alertes, entre autres dans ce « Journal », aucun membre du gouvernement n’a communiqué sur cette décision indéfendable. Les personnes concernées ont tenté de se faire entendre, mais ont eu peu de relais. Jusqu’à ce qu’un recours devant le Conseil d’Etat soit intenté par Olivier Berruyer et déposé le 11 septembre, avec l’aide de l’avocat Philippe Prigent. Alors que la loi prévoit un jugement sous quarante-huit heures, le Conseil d’Etat rejettera la demande le 25 septembre, au motif d’un « manque de pièces justifiant l’intérêt à agir » des plaignants. Ou, selon les mots inoubliables de Jean-Pierre Darroussin dans Mes meilleurs copains : « Y’a pas mort d’homme… »

      [rituel :] Des données tronquées par le gouvernement

      Nouveau recours déposé le 27 septembre en lien avec la Ligue Contre l’obésité, jugé… le 9 octobre [soit plus de deux mois après la reprise de a hausse des contaminations, ndc] , où lors d’une première audience le Conseil d’Etat demande au gouvernement de partager les sources sur lesquelles il a appuyé sa décision. Celles-ci se révèlent truffées d’erreurs scientifiques, d’approximations, et montrent à quel point les données ont été tronquées pour « privilégier l’économie ».

      Entre autres perles, on y découvre que le gouvernement considère qu’il n’y a aucune urgence à étudier le recours parce que les vulnérables ne sont pas encore tombés malades et que le décret « ne porte aucune atteinte à la vie ou à l’intégrité des personnes » . Enfin, alors que ce type de décision va contribuer à la flambée de l’épidémie, le gouvernement affirme que la protection des vulnérables ne se justifie plus, car « la situation sanitaire a significativement évolué depuis mars » , et que le virus ne circulerait plus « activement ». Sous vos applaudissements, le représentant du gouvernement poursuit : « Il y avait aussi un aspect politique. Fin août, le virus ne circulait quasiment plus, et le gouvernement a voulu envoyer un signal qu’il fallait reprendre l’activité… Tout le monde pouvait reprendre le travail, même ceux qui bénéficiaient du chômage partiel, pour des raisons d’affichage. »

      Enfin, pour le gouvernement, « la protection de la santé de la population doit être conciliée avec les contraintes pesant sur les finances publiques » … Le coût est estimé à 2,8 milliards par mois, à la charge de l’Etat, et 400 millions d’euros à la charge des employeurs, si les 2,8 millions de personnes concernées font appel au dispositif, présenté comme particulièrement onéreux. Or l’Observatoire Français des conjonctures économiques note que, comme souvent, le nombre de personnes ayant demandé à bénéficier de ce dispositif est très faible, et très loin des 2,8 millions de personnes fantasmées par le gouvernement . Olivier Berruyer note : « Le dispositif de protection des salariés les plus vulnérables concerne entre 50 000 et 100 000 personnes, ce qui représente un coût de 50 à 100 millions d’euros par mois… Le gouvernement… a donc de nouveau effrontément menti en multipliant le coût par 30 à 60 pour justifier son choix d’arrêter le dispositif. Sachant que la première vague a entraîné un coût pour la société concernant les malades de 20-65 ans de plus de 2 milliards d’euros (indemnités journalières et frais de santé), protéger les personnes les plus vulnérables pour moins d’une centaine de millions d’euros par mois (soit 10 % du coût actuel habituel des IJ) est parfaitement rentable, et… un excellent investissement pour les finances publiques, réduisant, en plus, les coûts futurs liés aux séquelles. »

      Le Conseil d’Etat désavoue finalement totalement le décret le 15 octobre au matin, le lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron décrétant un couvre-feu, et alors que les domiciles de plusieurs membres du gouvernement sont perquisitionnés.

      Les mensonges d’Olivier Véran

      Obligé de commenter ce revers lors d’une conférence de presse conjointe, Olivier Véran va se rendre coupable d’un de ces petits mensonges entre amis qui font la saveur de ses apparitions. Feignant de n’avoir jamais été pris en faute, il annonce : « Une première liste de personnes qui ont pu retrouver le travail pour éviter une désinsertion professionnelle trop longue avait été mise en place cet été… Nous allons faire probablement évoluer cette liste afin de protéger davantage de personnes compte tenu de l’état d’urgence sanitaire. Une discussion a d’ores et déjà commencé avec les associations responsables des usagers. »

      Une journaliste faisant plus clairement référence au désaveu du Conseil d’Etat, Olivier Véran explique que « le Conseil d’Etat considère, et ça nous va, que vu la situation épidémique et l’évolution avec l’état d’urgence sanitaire dans certaines régions, charge à l’Etat de repenser le dispositif de protection » [comme c’est la politique du stop and go, ça peut avoir l’air crédible, ndc]. C’est un mensonge, visant à laisser entendre que le décret du 29 août était justifié et que seule l’évolution du virus amène cette défaite cinglante. Le Conseil d’Etat juge en droit, pas en fonction de la situation épidémique.

      Cerise sur le gâteau, et ultime traîtrise vis-à-vis des soignants en première ligne, Olivier Véran lâche que, de toute façon « un médecin a toujours la possibilité de prescrire un arrêt de travail »

      [...]

      Quid de la suite des évènements ? Bien entendu le gouvernement n’a fait aucune annonce publique pour indiquer clairement aux personnes vulnérables éjectées du dispositif le 1er septembre qu’elles peuvent à nouveau en bénéficier, comme elles doivent pouvoir à nouveau bénéficier d’une dotation en masques en pharmacie… Mais d’ores et déjà les patients vulnérables peuvent se tourner vers leur médecin traitant et leur demander à nouveau un certificat d’isolement (selon les critères antérieurs du décret du 5 mai 2020). Malheureusement, rien n’a été fait pour les proches de patients vulnérables, qui ne sont toujours pas protégés malgré cette décision du Conseil d’Etat.

      Et on notera, si on a le temps, le satisfecit de nombreuses associations de patients et de syndicats de fonctionnaires qui se félicitent bruyamment d’une victoire judiciaire… à laquelle ils n’ont nullement contribué.

      #conseil_d'État #travail #arrêt_de_travail #vulnérables #covid-19 #santé_publique

  • « La #santé_publique sort laminée » : dans son livre, le Pr Renaud Piarroux tire les leçons de la première vague
    https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/la-sante-publique-sort-laminee-dans-son-livre-le-pr-renaud-piarroux-tire-les-l

    Extraits :

    Tout mon propos tient dans le raisonnement suivant : vous aimeriez que notre situation évolue comme celle de la Chine, ou mieux encore, celle de la Corée du Sud, mais nous ne faisons rien pour cela.

    La France était l’un des pays qui en avaient fait le moins lors de la vague épidémique, l’objectif des autorités sanitaires est désormais d’en faire un maximum. De montrer qu’en France, nous nous sommes donné les moyens de traquer le virus partout. Du contact #tracking_médiatique, en quelque sorte. […] C’est vraiment dommage car, avec la baisse de la transmission, nous avions là une belle opportunité d’effectuer un contact tracking plus personnalisé et plus exhaustif sur l’ensemble de l’Île-de-France et d’ajouter une couche supplémentaire au dispositif national, pour le rendre plus performant. Peut-être aurions-nous ainsi rejoint la liste des pays vertueux qui ont continué à maîtriser la propagation du virus pendant la saison estivale. Il est maintenant trop tard pour se poser la question.

    Par certains côtés, nous avons été plus démunis pour effectuer la surveillance épidémiologique que beaucoup de pays en développement dans lesquels j’ai eu l’occasion de travailler.

    #politique #France #covid-19

  • #Covid-19 : « L’hôpital n’a pas les moyens d’affronter la deuxième vague épidémique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/17/covid-19-l-hopital-n-a-pas-les-moyens-d-affronter-la-deuxieme-vague-epidemiq

    Les messages contradictoires sur la situation sanitaire actuelle rendent la réalité de cette crise difficile à appréhender. En tant que Fédération nationale des #infirmiers de #réanimation (FNIR), nous portons la voix de ceux exerçant en réanimation, dans tous types d’hôpitaux sur tout le territoire. Nous sommes des professionnels expérimentés, connaissant précisément le fonctionnement de nos services, leurs capacités comme leurs limites. Le monde de la réanimation éprouve actuellement une grande inquiétude quant à l’évolution de la situation, basée sur plusieurs constats.

    L’hôpital n’a pas les #moyens d’affronter la deuxième vague épidémique telle qu’elle s’annonce. Seule une diminution de la diffusion du virus permettrait de limiter les admissions en réanimation et la #surmortalité.

    Deux facteurs déterminants ont permis à l’hôpital de s’adapter face à la première vague : d’abord, le territoire n’a pas été touché de façon homogène, ce qui a permis l’envoi de renforts massifs de personnels et de matériel des zones moins impactées vers celles en difficulté, et le transfert de patients des zones les plus touchées vers les plus épargnées.

    Ensuite, la forte déprogrammation des activités de soins non urgents a permis de libérer des lits et du personnel, et d’utiliser les blocs opératoires et salles de réveil pour y faire de la réanimation.

    La situation actuelle est différente. Si les prévisions épidémiologiques se confirment, cette nouvelle vague sera plus haute et plus durable. Nous ne pourrons pas lui faire face, d’abord par manque de places en réanimation : le pays disposait de 5 000 lits de réanimation avant la première vague épidémique et c’est toujours le cas aujourd’hui. L’Etat annonce 12 000 lits de réanimation mobilisables, en ouvrant 7 000 lits supplémentaires… Mais ils ne sont pas équipés du matériel adapté pour ces soins complexes et aucune réserve de professionnels n’existe pour les ouvrir.

    Tous les services de réanimation pourraient être débordés dès la mi-novembre par les seuls patients atteints de Covid-19, si l’épidémie maintenait son rythme actuel. Et de nombreuses personnes, habituellement hospitalisées en réanimation pendant la période hivernale pour d’autres raisons, s’ajoutent à ce chiffre. Les « accidents de la vie » alimentent tous les jours les services de « réa » : accidents graves, comas, complications de pathologies chroniques, infections graves, détresses respiratoires… Le confinement, lors de la première vague, a diminué leur nombre ; ce ne sera pas le cas pour cette nouvelle vague.

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    #France

    • Il est crucial de maintenir une activité de soins programmée, afin de ne pas faire perdre de chances aux patients hors Covid-19. Mais sans déprogrammation, il est impossible de créer des lits de réanimation dans les blocs opératoires, comme lors de la première vague. Et l’activité chirurgicale programmée nécessite elle aussi des lits spécialisés : chirurgie cardiaque, neurochirurgie, chirurgies lourdes diverses, activité de greffe, etc.

      La prise en charge de patients adultes dans les réanimations pédiatriques, comme au printemps, ne sera pas non plus possible, ces services faisant actuellement face à une activité soutenue liée aux épidémies saisonnières touchant l’enfant. Les transferts de personnels ou de patients entre régions resteront quant à eux anecdotiques, puisque toutes les régions sont plus ou moins touchées.

      Formation insuffisante

      Nous ne pourrons pas faire face, en raison du manque de personnels. L’hôpital fonctionne en sous-effectif chronique depuis des années : avant la première vague, 480 lits de réanimation étaient fermés faute de soignants.

      Des infirmiers ont été formés en quelques heures pour renforcer les effectifs. Nous dénonçons le fait qu’une formation de quatorze heures ait été recommandée par notre ministère de tutelle pour la deuxième vague de Covid-19, car cela est trop rudimentaire pour prendre en charge des patients si fragiles. L’insuffisance de cette #formation entraîne un stress supplémentaire chez ces personnels, conscients qu’un infirmier ne peut offrir une prise en charge adaptée qu’après au moins une année d’expérience en réanimation. En France, malgré un enseignement généraliste, les infirmiers ne sont pas interchangeables ! C’est la formation et l’expérience de chaque professionnel qui déterminent la qualité des soins prodigués.

      Ces renforts ne pourront pas être détachés de leur service d’origine comme en début d’année, en raison du sous-effectif aggravé par l’épidémie. En réanimation comme dans les autres services, la fatigue causée par la première vague est omniprésente. A celle-ci s’ajoute l’amertume suscitée par les mesures insuffisantes accordées à la suite du Ségur de la santé, qui s’est déroulé du 25 mai au 10 juillet. De nombreux professionnels ont quitté l’hôpital depuis la première vague ; les autres risquent de ne pas supporter la nouvelle confrontation. Une enquête de l’ordre national des infirmiers, mise en ligne le 11 octobre, révèle que 57 % des infirmiers interrogés seraient en état d’épuisement professionnel depuis le début de la crise.

      « Evitons un reconfinement »

      L’hôpital se réorganise complètement, mais cela ne suffira pas. L’unique solution pour limiter la gravité de la vague épidémique consiste à respecter scrupuleusement les mesures barrières et à adopter, individuellement et collectivement, des comportements limitant au strict nécessaire les risques de transmission.

      Nous en appelons à la mobilisation immédiate de toutes et tous. Evitons ensemble un reconfinement dramatique pour notre pays. Sans vos efforts, le choc sera dévastateur pour l’hôpital et donc pour la santé de chacun sur de longues années.

      Enfin, nous appelons à une accélération des réformes pour la profession infirmière et à l’intégration réelle des paramédicaux dans la gouvernance de santé. Le lien entre niveau de formation des infirmiers et santé de la population est avéré. Une formation complémentaire pour les infirmiers de réanimation est nécessaire et urgente pour apporter à nos concitoyens un niveau de prise en charge équivalent à celui des pays de même niveau socio-économique.

      #santé_publique

  • What Does It Mean If a Vaccine Is ‘Successful’ ? | WIRED
    https://www.wired.com/story/what-does-it-mean-if-a-vaccine-is-successful

    Aux #états-unis, alors même que de l’#argent_public à été massivement injecté, la #FDA a laissé les #laboratoires_pharmaceutiques définir les critères d’efficacité de leur(s) propre(s) #vaccin(s) contre le #SARS_Cov2 ; par exemple chez Pfizer il suffira d’avoir significativement moins de #COVID-19 non graves que dans le bras placebo pour conclure à l’efficacité du vaccin ..., avec, de plus, comme corollaire la possibilité de pouvoir arrêter leur essai lors des résultats intérimaires et d’homologuer le vaccin. quitte à voir apparaître des effets secondaires graves par la suite.

    Par ailleurs il n’existe aucun essai comparant les candidats vaccins entre eux, pour le plus grand bonheur des labos bien sûr..

    L’#OMS a bien prévu des essais rigoureux en #Europe avec des comparaisons entre produits, mais les choses ont à peine démarré..

    It’s worth it to do these things [comparaison entre vaccins]. And the companies don’t want us to do it. They’d much prefer being oligopolists than to compete,” Bach says. Head-to-head tests would let the market compare their products, and the companies would have no way of spinning the results. (He pitched the idea in an op-ed in Stat.) “They don’t want binary events that would cause their market to evaporate,” Bach says. “Here we have a situation where we have financed a lot of the development, there’s a lot of government IP, we’ve given advance marketing commitments—which are guarantees of revenue—and we’re paying for the distribution. We’ve run the table on reasons why the government should have an interest in managing and guiding the science.”

    Yet that only happened in one case—the government-run trial of the antiviral drug remdesivir. It didn’t happen with any other therapeutics, and hasn’t happened with vaccines. Instead, the regulatory agencies let the pharmaceutical companies define the terms of their own trials. “It makes me bonkers that we think we should let the companies decide on the study designs, because their incentives are off,” Bach says. “When we know definitively that X or Y are not what we want, and we want something slightly different, that’s where the government is supposed to step in and modify the market’s behavior.”

    #vaccins #santé #santé_publique #pharma #big_pharma #marché #dérégulation #délétère