• #Covid-19 : des scientifiques appellent à « mettre davantage l’accent sur la #ventilation » et l’#aération
    https://www.lejdd.fr/Societe/covid-19-des-scientifiques-appellent-a-mettre-davantage-laccent-sur-la-ventila


    Des fenêtres ouvertes dans une école en Allemagne, où la doctrine est d’aérer les salles de classe toutes les 20 minutes. (AFP)

    Dans un éditorial publié dans le British Medical Journal, quatre spécialistes internationaux appellent à mieux prendre en compte le rôle des #aérosols dans la transmission du Sars-CoV-2 et, en conséquence, à aérer et ventiler davantage.

    L’aération, un #geste_barrière trop souvent négligé dans la bataille contre le Covid-19. C’est ce que déplorent quatre scientifiques dans un éditorial publié jeudi par le British Medical Journal https://www.bmj.com/content/373/bmj.n913, une prestigieuse revue médicale outre-Manche. Pour eux, cette consigne simple n’est que trop peu souvent appliquée. "Il est désormais clair que le Sars-CoV-2 se transmet principalement d’une personne à l’autre par inhalation et à une distance relativement courte", soulignent ces chercheurs, tous spécialistes des virus et de la circulation de l’air.

    "On est bien plus susceptible d’être infecté dans une pièce dont les fenêtres ne peuvent pas s’ouvrir ou qui ne dispose pas d’un système de ventilation", rappellent les signataires.

    Les plus petites particules peuvent rester en suspension dans l’air pendant des heures.

    #santé_publique #prévention

  • Public Medicines for COVID-19 - Tracking Public Investment in International COVID-19 Research and Development
    https://publicmeds4covid.org

    Researchers around the world are racing to develop targeted COVID-19 vaccines, diagnostics, and therapeutics. Such research efforts rely heavily on public taxpayer funds. However, once these life-saving health technologies have been tested and approved, there are currently no guarantees about whether or not they will be affordable and accessible to all people. Our tracking tool aims to map where public funding and tax-payer supported R&D initiatives are taking place, in order to better support policy making that ensures that these crucial COVID-19 vaccines, therapeutics and diagnostics are affordable to all.

    This tracking tool began data collection on March 15, 2020, and was publicly released for the first time on May 18, 2020. The second iteration of the tool was released on April 14, 2021.

  • Covid-19 : des renforts sporadiques de soignants pour faire face à la troisième vague
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/16/covid-19-des-renforts-sporadiques-de-soignants-pour-faire-face-a-la-troisiem

    Quand elle est venue en mars 2020 en renfort à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, au début de l’épidémie de Covid-19, Eugénie Fadon allait « dans l’inconnu, du lieu, de l’équipe, de la maladie ». Un an après, cette infirmière d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) rentre tout juste d’un deuxième séjour dans l’établissement des Hauts-de-Seine. Cette fois, elle se dit marquée par la « souffrance psychologique des soignants. Il y a un gros manque d’effectifs, une fatigue physique et morale du personnel impressionnante, décrit la soignante de 43 ans, qui a du coup décidé de prolonger d’une semaine sa mission dans le service de réanimation. Ils ne voient pas le bout du tunnel. Nous, au Pays basque, on est épargnés… »
    L’hôpital marin d’Hendaye où elle travaille, ne compte, à ce jour, aucun patient atteint du Covid-19. La coopération entre l’établissement basque, qui dépend de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et la région francilienne s’est nouée à la faveur de la première vague, avec la venue d’une quinzaine d’infirmiers d’Hendaye à Garches. Et à l’automne 2020, ils sont allés prêter main-forte à l’hôpital Bicêtre, au Kremin-Bicêtre (Val-de-Marne). Pour cette troisième vague, une dizaine d’aide-soignants et d’infirmiers ont rejoint l’établissement de Garches et celui de Clamart (Antoine-Béclère), dans les Hauts-de-Seine. La semaine du 19 avril, quatre autres se rendront à Bicêtre. (...)
    Depuis le 1er mars, précise l’AP-HP, 243 soignants (hors intérimaires) sont venus en soutien de ses établissements, dont près d’un tiers d’autres régions. Le dépouillement des uns entraîne le soulagement des autres. En une quinzaine de jours, l’hôpital de Garches a pu augmenter « d’un peu moins d’un tiers ses capacités en réanimation », explique Djillali Annane, chef du service, passant de quinze lits de réanimation lourde, hors soins critiques, à dix-huit lits. Tous ont été occupés en quelques heures.
    Face à une situation où « plus que jamais, les dimanches ressemblent aux lundis et les nuits ressemblent aux jours », l’enjeu, « c’est de pouvoir continuer de disposer au moins du renfort qu’on a actuellement. Idéalement, il faudrait pouvoir ouvrir encore des lits supplémentaires mais il n’y a pas les personnes pour et on ne les aura pas, on voit bien qu’on est au maximum de ce qu’on peut faire », résume Djillali Annane. Selon les jours, son service peut également compter sur l’appui de trois ou quatre étudiantes infirmières anesthésistes, quelques intérimaires ainsi que des infirmières anesthésistes du bloc opératoire dont l’activité a été à nouveau réduite.
    Ces renforts de personnels, le médecin réanimateur les réclamait « pratiquement depuis fin décembre ». Lors de la première vague, la forte disparité entre régions avait permis à de nombreux soignants de territoires peu touchés d’affluer vers ceux sous tension, Ile-de-France et Grand-Est en tête. Depuis, la plus grande homogénéité de l’épidémie rend ce levier plus compliqué à activer.Ces dernières semaines, il a fallu à nouveau se résoudre, d’une part au report des cours des étudiants soignants et, d’autre part, à la déprogrammation des activités opératoires afin de libérer du temps infirmier. Mais aussi des bras parmi les personnels médicaux : cinq médecins anesthésistes de l’hôpital de Garches épaulent ainsi leurs collègues de réanimation sur la permanence de soins, notamment les week-ends. Dans le département voisin de Seine-Saint-Denis, à l’hôpital Avicenne, à Bobigny, le professeur Yves Cohen désespère de voir arriver des médecins pour faire face à l’afflux de patients : « On a demandé des renforts mais pour l’instant on les attend… Et on vient de recevoir un mail pour que nos médecins aillent aider les régions d’outre-mer, c’est un peu absurde », lâche-t-il dans un soupir.Son service de réanimation compte aujourd’hui quarante-deux lits, tous occupés, contre seize en temps normal ; six ont été récemment ouverts en poussant les murs en cardiologie. Même si, depuis dix jours, une dizaine de paramédicaux en provenance d’écoles IADE (infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat) et Ibode (infirmiers de blocs opératoires) ont rejoint les effectifs, il faudrait quatre médecins réanimateurs de plus pour ouvrir huit lits supplémentaires.
    « S’il y a des manques en Ile-de-France, qui dispose d’un bassin de population très important et d’une offre de soins énorme, ce n’est pas logique du tout… », pointe François-René Pruvot, président de la commission médicale d’établissement du CHU de Lille.Selon lui, les régions et les départements devraient être autosuffisants. « A l’intérieur d’un département, et c’est d’ailleurs l’autorité des directeurs des agences régionales de santé [ARS], on doit pouvoir redistribuer du personnel qui n’est pas complètement délocalisé de sa géographie », plaide-t-il. Les renforts venus d’autres régions devraient selon lui se cantonner aux situations de crise aiguë, « comme on a connu en première vague, avec une montée épidémique brutale, pour des durées très courtes, à l’image des secours sanitaires dépêchés à l’étranger », poursuit le chirurgien, qui réfute le terme de troisième vague mais parle de « persistance épidémique très haute ».
    Derrière ces problématiques de personnels disponibles, la question centrale qui se pose selon lui est celle des réserves sanitaires opérationnelles : « Tout hôpital devrait-il prévoir une réserve en son sein ? Probablement que les groupements hospitaliers de territoires constitueraient plutôt le bon échelon », avance François-René Pruvot, dont l’établissement n’a pas reçu de renforts venus d’autres départements. (...)Pour affronter la troisième vague, presque 2 500 professionnels, toutes catégories de soins critiques confondues, y étaient réclamés. « Or, pour la semaine du 19 avril, on est sur une base d’environ 500 volontaires pour l’ensemble de la France métropolitaine, indique Catherine Lemorton, responsable de la réserve au sein de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France. Cela ne fait pas sens de saupoudrer un infirmier ou un aide-soignant là-bas, on s’est mis d’accord avec le ministère pour que la réserve se concentre sur toutes les autres régions, pendant que l’ARS essaie de trouver des moyens pour l’Ile-de-France [IDF]. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#circulationtherapeutique#personnelmedical#deplacementinterne#systemesante#reservesanitaire

  • Les bonnes nouvelles pour la #santé_publique sont des « menaces » pour #Big_pharma
    https://www.capital.fr/entreprises-marches/regeneron-son-cocktail-anti-covid-donne-de-bons-resultats-1399782

    ... des menaces au rang desquelles figurent les baisses de prix potentielles, en particulier aux États-Unis, premier marché mondial. La montée en puissance des biosimilaires (génériques des médicaments biologiques) devrait également contribuer à tirer les prix vers le bas.

  • Covid-19 : la France démarre cette semaine la production de vaccins (AFP)

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/050421/covid-19-la-france-demarre-cette-semaine-la-production-de-vaccins

    La production [déléguée] de vaccins en France contre le Covid-19 doit démarrer mercredi, chez le sous-traitant français Delpharm, a-t-on appris lundi auprès du ministère français de l’Economie et des Finances, confirmant des informations de presse.

    « La production doit commencer cette semaine, en l’occurrence mercredi chez Delpharm, dans son usine de Saint-Rémy-sur-Avre (nord-ouest de la France), pour (le compte du laboratoire allemand) BioNTech », partenaire de l’américain Pfizer, a indiqué le ministère à l’AFP.

    « Ils vont commencer par la production de lots-tests dans un premier temps, pour s’assurer que tout est conforme aux standards de qualité attendus et basculeront ensuite le plus rapidement possible sur de la production de lots commerciaux », a-t-on précisé de même source.

    Le ministère a rappelé que le sous-traitant Delpharm faisait partie des entreprises soutenues ces derniers mois par l’Etat français, via l’appel à manifestation d’intérêt annoncé à la mi-juin 2020, et elle va grâce à ce soutien pouvoir mettre en flacons pour l’alliance Pfizer/BioNTech.

    Concernant la capacité de production, « les entreprises ne souhaitent pas à ce stade communiquer sur le volume attendu », selon le ministère.

    Car outre Delpharm, le Suédois Recipharm va produire des vaccins pour l’entreprise américaine Moderna, « à horizon mi-avril », dans son usine française de Monts (ouest).

    Le façonnier Fareva devrait lui lancer « fin mai, début juin » la production du CureVac, qui est encore soumis à la condition d’autorisation de mise sur le marché.

    Enfin, le Français Sanofi va produire pour Janssen (filiale de Johnson & Johnson), à Marcy-l’Etoile (sud-est).

    « Quand on met tout ça bout à bout, on est sur au moins 250 millions de doses qui sortiront des sites français d’ici à la fin de l’année, en cumulé », a indiqué le ministère.

    Un chiffre qui ne comprend pas le vaccin mis au point par Sanofi, espéré pour le second semestre, si les essais cliniques s’avèrent concluants.

    [...]

    • oui, c’est hilarant de voir le ministère de l’économie s’occuper de la comm des industriels de vaccins ; c’est pas comme si « à ce stade » [de France] c’était pour un petit problème d’épidémie et de santé publique, ni comme si le boss avait dit que les vaccins devaient être un bien public :-p

      dans un mois, le ministère du travail nous annonce que « grâce à ces partenariats stratégiques », le chômage à baissé de 0.3% et l’indépendance sanitaire est en bonne voie.

  • Macron roi

    Alors que le #Parlement est en ce jour transformé en une chambre d’enregistrement des désirs du Roi, il importe de revenir sur le bilan d’une année de gouvernement-covid. Est-ce la pandémie qui est hors de contrôle, ou bien notre président ? Les deux certainement.

    « Le président a acquis une vraie #expertise sur les sujets sanitaires. Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne. » #Jean-Michel_Blanquer, Le Monde, le 30 mars 2021

    « Ce n’est pas Macron qui manque d’#humilité, c’est l’humilité qui n’est pas à la hauteur », #EmmanuelMacronFacts

    « Père Ubu – Allons, messieurs, prenons nos dispositions pour la bataille. Nous allons rester sur la colline et ne commettrons point la sottise de descendre en bas. Je me tiendrai au milieu comme une citadelle vivante et vous autres graviterez autour de moi » Alfred Jarry, Ubu roi, Acte IV, scène 3

    Je serai bref. On écrit bien trop sur Macron. Les trois épigraphes ci-dessus disent à peu près tout. Il faudrait juste ajouter que dans certaines versions de la mythologie grecque Hybris est l’un des enfants de la Nuit et d’Érèbe, une divinité des Enfers. L’#hybris désigne la #démesure, l’#excès_de_pouvoir et le vertige auquel il conduit. La Vème République est une détestable machine à produire de l’hybris. Des présidents hors de contrôle.

    En ce 31 mars 2021, Macron roi préside un #Conseil_de_défense_sanitaire où ne siège autour de lui qu’une petite grappe de ministres choisis par ses soins. Conseil opaque, soumis au secret et échappant à tout #contrôle_législatif . Le soir du même jour, il annonce ses décisions à ses sujets, au nom d’un « nous », dont on ne saura jamais s’il est de majesté ou s’il renvoie aux choix collectifs et débattus d’un #exécutif. Ce « je-nous » annonce donc le #reconfinement de toute la métropole, avec la fermeture des écoles. Je propose de déduire de ces décisions les trois #échecs de Macron, qui correspondent à trois #fautes, lesquelles sont directement en rapport avec la démesure qui caractérise le personnage, #démesure encouragée par la fonction et notre #constitution épuisée. Quand faire le #bilan d’une politique se résume, de facto, à la caractérologie de son Auteur, on se dit qu’il est grand temps de changer de République et d’en finir avec le #présidentialisme.

    Le premier échec de Macron roi, c’est le reconfinement de toute la métropole avec ses conséquences en termes de #santé_mentale, de #précarisation accrue pour les plus pauvres et les classes moyennes, et d’aggravation de la #crise_économique. L’engagement pris à de multiples reprises de ne pas reconfiner nationalement n’a jamais été accompagné de la politique qu’un tel choix exigeait. Macron a mis tout le pays dans une #impasse. Le reconfinement est la conséquence directe de ce choix. La décision de laisser filer l’#épidémie fin janvier, - dans un contexte de diffusion des variants, avec l’exemple anglais sous les yeux, et contre l’avis de toute la #communauté_scientifique -, a été, littéralement, criminelle. Macron était parfaitement informé de la flambée qui aurait lieu mi-mars. Nous y sommes.

    Le second échec de Macron roi, distrait et appuyé par son fou préféré dans son obstination à ne #rien_faire pour sécuriser sérieusement l’#Éducation_nationale, aura été la #fermeture contrainte des #écoles et le prolongement du semi-confinement des étudiant.es, qu’il convient de ne pas oublier : les dégâts sont pour elle et eux sans fin, que certain.es aident à réparer : https://blogs.mediapart.fr/parrainer-un-e-etudiant-e/blog/260221/parrainer-un-e-etudiant-e-pour-entrer-dans-le-monde-dapres-appel-ten. En plus des scandales des #masques, des #tests et des #vaccins, Macron et son gouvernement sont en effet directement comptables d’une #inaction incompréhensible. Monté sur son « cheval à phynances », Macron roi a certes arrosé les entreprises de centaines de milliards, mais n’en a dépensé aucun pour l’#Hôpital, l’École, l’#Université, la #Recherche et plus généralement la #sécurisation_sanitaire des #lieux_publics, parmi lesquels tous les lieux de #culture.

    Or, depuis bientôt un an, des chercheurs font la démonstration que des solutions existent (voir ici : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/120121/rendre-l-universite-aux-etudiants-sans-attendre-les-decideurs ) et que la stratégie « #Zéro_Covid » est certainement la plus efficace et la plus propre à protéger des vies : voir par exemple les propositions concrètes de Rogue-ESR (https://rogueesr.fr/zero-covid). Pourquoi donc « une intelligence comme la sienne » ne parvient-elle pas à s’élever jusqu’à la compréhension que la #détection de la saturation en #CO2 d’un lieu fermé et l’utilisation de #filtres_Hepa sont des dispositifs techniques simples, efficaces et susceptibles de limiter la propagation du #virus ? Même des esprits infiniment plus bornés que le sien – Wauquiez par exemple (https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/covid-l-efficacite-des-purificateurs-d-air-contre-le-sa), qui dégage 10 millions pour des #purificateurs_d’air dans les écoles et lycées - ont parfaitement saisi au bout de 6 mois ce que Macron-Roi mettra deux ans à reconnaitre.

    Le troisième échec de Macron roi, le plus terrible, est le nombre de #morts, de vies brisées, de souffrances psychiques et physiques que des années de soins peineront à soulager. Bientôt 100 000 morts. Des légions de "covid longs", des enfants, des adolescents et des étudiants habités par l’angoisse de contaminer leur parents … Question : combien de milliers de vies auraient pu être épargnées, non pas seulement par des décisions énergiques fin janvier 2021, mais par un véritable #plan_d’action visant à apporter une sécurité sanitaire digne de ce nom, à toute la population ? Pourquoi 3000 #lits de #réanimation supplémentaires seulement maintenant et pas à l’été 2020, avant la seconde vague ? Pourquoi Zéro mesure technique et financière pour les #universités quand des étudiants se suicident ? Pourquoi Zéro vaccin pour protéger les enseignants ? Pourquoi faire si peu de cas de « La valeur d’une vie » (https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie) ?

    L’analyse des causes de ces #échecs montre que ce ne sont pas des #erreurs, mais des #fautes politiques. Tout d’abord une gestion présidentialiste et autocratique de la #crise_sanitaire, couplée avec un virage idéologique vers l’extrême droite. Ensuite le refus de toute #politique_d’anticipation, qui est à concevoir comme une conséquence du « #en-même-temps » : le #laisser_faire néolibéral du macronisme se conjugue avec un retrait massif de l’#Etat et un affaiblissement de la #Fonction_publique. Enfin la #gestion_sanitaire de Macron roi a pris lors de cette épidémie la forme d’un #pari : s’accoutumer au virus, #vivre_avec, le laisser filer permettra peut-être d’éviter un #confinement. Le pari au lieu de la #raison et de la #délibération, le jeu avec la science, le rêve de devenir un savant, l’adulation de Raoult, Macron roi devenu « l’expert », l’épidémiologiste en chambre. La limite de cette folie est éthique : un #pouvoir, quel qu’il soit, ne peut pas parier des vies comme dans une partie de poker.

    A ces trois fautes correspondent trois marqueurs de l’identité politique de Macron roi : l’#opportunisme, le #jeu et le #cynisme. Macron est certainement le président le plus dangereux que nous ayons eu depuis Pétain. Il est le président qui aura consenti à la mort de dizaines de milliers de citoyen.ne.s, qui aura fait le lit de l’#extrême_droite et aura remplacé la politique par un jeu de roulette russe. Président hors de contrôle, il est devenu à lui seul le haut comité médical qu’il a institué. Il est devenu à lui seul tout le Parlement. Il est devenu sa propre caricature. Le Roi et le fou du Roi. Seul en son Palais, "divertissant son incurable ennui en faisant des paris avec la vie de ses sujets"*.

    Pascal Maillard

    Père Ubu s’interrogeait ainsi : « Le mauvais droit ne vaut-il pas le bon ? ». Il parait que sous la plume de Jarry cette question rhétorique renvoyait au cynisme politique de Bismarck.

    * L’expression est de l’écrivain Yves Charnet, dans un livre à paraître.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/010421/macron-roi

    #macronisme #Macron #France #covid #coronavirus #Blanquer

  • Analysis: How the US Invested in the War on Terrorism at the Cost of Public Health | Kaiser Health News
    https://khn.org/news/article/analysis-public-health-pandemic-war-on-terrorism

    Yes, President Donald Trump made the U.S. response far worse with lies and denial and sidelining the government’s top medical experts. But the lack of adequate public health agencies and sufficient personnel in most of the country made targeted and rapid response most likely impossible.

    #santé_publique #priorités

  • « Sommes-nous vraiment prêts à “trier” les enfants et adolescents suicidaires ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/24/sommes-nous-vraiment-prets-a-trier-les-enfants-et-adolescents-suicidaires_60

    Avec la crise sanitaire due au Covid-19, chez les plus jeunes, les actes ou idées suicidaires déferlent depuis l’automne, alerte un collectif emmené par Lisa Ouss, pédopsychiatre à l’hôpital Necker, et les membres du Conseil Scientifique de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des disciplines associées »

    Auteure : Lisa Ouss, Professeure Associée en pédopsychiatrie, Hôpital Necker, Paris, Membre du Conseil Scientifique de la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, et des disciplines associées.

    Comment répondre à ce dilemme impossible : trier les enfants et adolescents que l’on va hospitaliser après un geste ou une intentionnalité suicidaire forte ? Si les actes ou idées suicidaires des jeunes ont diminué pendant le premier confinement, ils déferlent depuis l’automne, peut être à la faveur d’un discours fataliste sur une jeunesse sacrifiée. La seconde vague psychiatrique nous submerge, et nous les pédopsychiatres, psychiatres, psychologues, acteurs du soin psychique, avec l’aide précieuse des pédiatres, malgré les alertes lancées depuis longtemps, la mer qui se retire en alerte ultime avant le tsunami, écopons la catastrophe annoncée mais désormais quotidienne. Or, un geste ou une intention suicidaire, chez un enfant ou un adolescent, marque une détresse qui doit être immédiatement entendue, accompagnée, dans toute la complexité d’un environnement scolaire, familial, sociétal que le contexte actuel fragilise. Pour ce faire, il faut du temps, une écoute, un espace, et celui de l’hôpital est un nécessaire refuge, à l’abri des turbulences. Or, il devient extrêmement difficile, voire impossible d’hospitaliser rapidement un enfant ou un adolescent qui présente de telles pensées ou est passé à l’acte. Faut-il raconter la quête interminable et infructueuse d’un lit ? Faut-il raconter comment nous renvoyons chez eux ces adolescents et les revoyons tous les jours jusqu’à l’obtention du Graal, un lit en pédiatrie ou en pédopsychiatrie ? Faut-il détailler la réaction de leur environnement à l’annonce de leur retour à domicile ? Faut-il souligner le risque de transformer ce retour à domicile en un premier palier d’une escalade face à un acte qui n’est pas entendu dans toute sa gravité ? Faut- il raconter notre inconfort, notre inquiétude, et notre manquement à les laisser partir ? Faut- il rapporter les discussions pour savoir quelle « pire » situation nous allons choisir d’hospitaliser car nous n’avons qu’un lit et plusieurs patients ? Faut-il raconter que nous déprogrammons chaque semaine nos activités, depuis plusieurs mois, pour répondre à ces besoins urgents ? Faut-il rappeler que nous ne pouvons pas transférer en TGV vers des territoires meilleurs des adolescents qui doivent être, paradoxalement, éloignés de l’environnement qui a précipité leur geste, tout en en restant proches ? Faut-il attendre un inéluctable accident à venir, un autre fait divers, pour dire la souffrance et la détresse pourtant déjà si visibles qui étreignent notre jeunesse ? Nous ne voulons plus rentrer chez nous en nous disant que nous n’avons pas pu faire correctement notre travail.

    Koltes savait ouvrir ces horizons : « Je voudrais aller voir la neige en Afrique. Je voudrais faire du patin à glace sur les lacs gelés », dit la gamine. Une société qui ne laisse pas à ses adolescents le territoire du possible, à défaut de celui du rêve, est une société qui court à sa perte. Et nous, acteurs du soin psychique, qui sommes convoqués sans arrêt, pour soutenir les équipes médicales pendant la tempête déchaînée de la Covid, à chaque événement traumatique, face aux questions sociétales de la jeunesse, sans nous donner les moyens d’y répondre, refusons d’être les spectateurs muets d’une catastrophe que nous pouvons prévenir.

  • #Covid-19 : « Il n’est pas possible d’attendre 2022 pour qu’Emmanuel Macron et le gouvernement rendent des comptes », Barbara Serrano
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/29/covid-19-il-n-est-pas-possible-d-attendre-2022-pour-qu-emmanuel-macron-et-le

    Jugeant que leurs décisions ont permis à l’épidémie de s’intensifier, la sociologue Barbara Serrano appelle, dans une tribune au « Monde », les responsables politiques à justifier publiquement leurs choix par des données objectivables.

    Tribune. Il y a un an, le 17 mars 2020, la France était confinée pour faire face à la pandémie de Covid-19 devenue hors de contrôle. Fin janvier, le mot d’ordre du président de la République est désormais « Tout sauf le confinement ». Il rejette alors la proposition d’un confinement strict d’un mois défendue par le conseil scientifique.

    Seule cette mesure aurait permis de ramener la circulation du virus SARS-CoV-2 autour de 5 000 contaminations par jour – seuil fixé par Emmanuel Macron lui-même pour contrôler l’épidémie et déconfiner –, contre plus de 30 000 par jour actuellement. Elle nous aurait fait gagner du temps en reprenant la main sur le traçage des contaminations et en avançant la campagne de vaccination.

    Du fait du « pari politique » d’Emmanuel Macron, l’épidémie s’est intensifiée et, comme avaient mis en garde les modélisateurs, plusieurs régions à forte densité, telles que l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, puis aujourd’hui le Rhône, l’Aube et la Nièvre, ont largement dépassé les seuils d’alerte de 250 cas hebdomadaires pour 100 000 habitants, seuils déjà moins stricts que ceux fixés dans les pays voisins (par exemple, 100 pour 100 000 en Allemagne).

    Dispositions aberrantes

    Dès lors, plus d’autre choix pour l’exécutif que de se diriger à reculons vers un durcissement des mesures en vigueur. Jean Castex, le premier ministre, a présenté chaque jour passé sans avoir pris des mesures contraignantes comme une victoire, le gouvernement aurait ainsi préservé la population de mesures d’exception. Mais à quel prix, humain et matériel ? Avec quels résultats sur la dynamique de l’épidémie ? Surtout lorsque les nouvelles dispositions sont soit cosmétiques (fermeture des magasins non essentiels, par exemple), soit aberrantes (reprise des activités sportives en salle pour les établissements scolaires).

    Au rythme actuel, sans mesures fortes de distanciation sociale, la vaccination ne suffira pas à faire reculer l’épidémie assez vite. Tout cela entraîne d’ores et déjà le sacrifice de milliers de vies supplémentaires, alors que la France déplore déjà plus de 90 000 morts.

    En s’émancipant du conseil scientifique et en refusant de tenir compte des alertes lancées par les épidémiologistes, le président a fait un choix qui n’a été ni justifié par des données sérieuses, ni fondé sur la comparaison éclairée des différentes options posées sur la table. Et, bien sûr, sans débat sur la place publique. Sa décision a été prise et maintenue, y compris, semble-t-il, contre l’avis de certains ministres, sans être expliquée aux Français. Cette situation ne peut plus durer. Il n’est pas possible d’attendre 2022 pour que le président de la République comme le gouvernement rendent des comptes sur leur gestion de cette crise majeure.

    Ne nous méprenons pas, cet appel n’est en rien un désir de vengeance, ni une invocation de la « carence fautive » et, plus généralement, de la responsabilité pénale des gouvernants. Alors que nous entrons dans la deuxième année de cette pandémie, il s’agit simplement de rappeler un principe fondamental de l’exercice du pouvoir dans les démocraties évoluées : les gouvernants doivent rendre compte de leurs décisions devant la représentation nationale et les citoyens. Des citoyens à qui ils sont « redevables ».

    Long déni de Jean-Michel Blanquer

    Rendre des comptes signifie justifier ses choix et ses changements de cap par des données objectivables. Le gouvernement doit expliciter ce que furent et ce que sont désormais les objectifs à atteindre (empêcher la saturation des services de réanimation ? Préserver l’économie du pays et maintenir les écoles à tout prix ? Sauver un maximum de vies ?), énoncer les moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs, donner au public les éléments d’information pour comprendre les choix opérés, comme les options qui ont été écartées…

    La place de l’expertise, de la science, la question de la transparence des données sont ici fondamentales. Comment justifier que le ministère de la santé garde sous le boisseau, parfois jusqu’à un mois après les avoir reçus, les avis du conseil scientifique censés être rendus publics « sans délai » ? Comment légitimer l’absence de transparence sur l’état sanitaire des écoles et des classes (nombre de tests antigéniques pratiqués, nombre d’enfants positifs) ?

    Comment expliquer ce long déni du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, concernant les contaminations dans ses établissements, à rebours de toutes les études épidémiologiques internationales, faisant de la France le seul pays où les enfants n’étaient pas contaminants ?

    Rendre des comptes est aux fondements de la responsabilité des gouvernants. Et c’est peut-être Olivier Beaud et un certain Jean-Michel Blanquer, à l’époque professeur de droit public à Lille, qui en parlent le mieux dans leur introduction au livre collectif La Responsabilité des gouvernants (Descartes et Cie, 1999) : « La responsabilité est le passif qui vient équilibrer l’actif de tout pouvoir. Le terme même de “responsabilité”, dans sa polysémie, indique que le phénomène du pouvoir a toujours une double dimension, proportionnelle l’une à l’autre : le droit d’agir, le devoir de rendre compte. »

    Barbara Serrano est sociologue et conseil en stratégie de concertation, maîtresse de conférences associée à Paris-Saclay, cofondatrice du collectif #Du_côté_de_la_science, ex-commissaire de la Commission nationale du débat public.

    #débat_public #santé_publique #modélisations #confinement

  • Des doutes d’Emmanuel Macron à la tentative d’accélération, dans les coulisses de la campagne vaccinale
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/03/27/des-doutes-de-macron-a-la-tentative-d-acceleration-dans-les-coulisses-de-la-

    Jusqu’à la fin de l’année 2020, le président de la République ne pensait pas que la vaccination serait aussi rapidement le « cœur de la bataille » contre le virus, avant de changer de pied. Sa stratégie européenne a également connu quelques ratés.

    Le moment est historique. Ce 2 décembre 2020, le Royaume-Uni est le premier pays au monde à autoriser sur son sol le vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Mais Emmanuel Macron préfère se montrer prudent. « Très prudent », même, de son propre aveu. Le chef de l’Etat ne considère pas encore la vaccination comme le « cœur de la bataille » contre le virus, ni qu’il faut piquer les Français « matin, midi et soir » . Ça, il ne le dira que dans un peu plus de trois mois, après avoir été critiqué pour la lenteur de sa campagne vaccinale. Pour l’instant, le locataire de l’Elysée privilégie les petits pas face à la technologie inédite de l’ARN messager développée par le consortium américano-allemand. « On ne sait pas tout sur ce vaccin, comme on ne sait pas tout sur le virus » , affirme-t-il le 4 décembre, au média en ligne Brut.

    Le président de la République a lu les sondages collectés par le service d’information du gouvernement, dont la plupart indiquent qu’une majorité de ses concitoyens ne souhaite pas se faire vacciner ; la défiance est grande à l’égard des laboratoires pharmaceutiques. D’ailleurs, l’exécutif vient, discrètement, de placardiser son « M. Vaccin », Louis-Charles Viossat, suspecté de conflit d’intérêts avec certaines entreprises du secteur, pour le remplacer par le professeur Alain Fischer . Ce spécialiste d’immunologie, qui a eu moins de vingt-quatre heures pour réfléchir à la proposition, conseille d’ appuyer sur le frein tant qu’une publication scientifique ou un rapport documenté sur le cocktail de Pfizer-BioNTech n’est pas disponible.

    « On n’est pas en train de dire aux gens : “Vaccinez-vous, vaccinez-vous”, à toute force et pour toute la population. On a une autre #stratégie  » [!] , insiste Emmanuel Macron dans son entretien à Brut. Le matin même, lors d’une visite à l’hôpital Necker, à Paris, le chef de l’Etat se montre encore plus clair : « Le vaccin arrive. Est-ce que c’est la seule réponse ? Non. » [ça, en revanche, c’et indéniable sauf par le même niais malfaisant]

    La découverte rapide d’un vaccin, « une utopie »

    Dès le début de la crise sanitaire, au printemps 2020, le président de la République est déjà sceptique. Il ne croit pas à la découverte rapide d’un vaccin. Une « utopie », selon son ministre de la santé, Olivier Véran. La France s’apprête alors à sortir de son premier confinement. Au sein du gouvernement, on réfléchit surtout à la manière de préparer les services de réanimation en cas de deuxième vague de l’épidémie.
    « Personne de sérieux ne me dit qu’avant la fin de l’année on a des vaccins qui sont disponibles. Personne de sérieux », souligne le chef de l’Etat.

    Devant la presse, le 4 mai 2020, après avoir assisté en visioconférence à une réunion de la plate-forme ACT-A, coordonnée par l’organisation mondiale de la santé (OMS) pour permettre une égalité d’accès sur la planète aux traitements contre la maladie, Emmanuel Macron parle du vaccin comme d’un horizon lointain. Sa principale consigne passée aux ministres est de se battre pour en faire, le jour venu [mais pas en 2021], un « bien public mondial ». « Personne de sérieux ne me dit qu’avant la fin de l’année on a des vaccins qui sont disponibles. Personne de sérieux, souligne le chef de l’Etat. Le consensus, il est plutôt sur la fin de l’année prochaine. Beaucoup me rappellent qu’on a la plupart du temps mis dix ans à les trouver. Et certains autres ont coutume de me rappeler que l’on a jamais trouvé un vaccin face à un coronavirus. »

    S’appuyant sur le consensus scientifique, sur la « raison » et les statistiques, Emmanuel Macron s’adresse indirectement au président américain, Donald Trump. A plusieurs reprises, l’excentrique locataire de la Maison blanche a martelé que la prouesse pouvait être accomplie en un peu plus de six mois. Le 14 mai, le milliardaire rédige un tweet dans ce style qui n’appartient qu’à lui : « Le travail sur le vaccin s’annonce TRÈS prometteur, avant la fin de l’année. » Le lendemain, l’administration américaine lance l’opération Warp Speed : 14 milliards de dollars (11,9 milliards d’euros) sont sur la table pour soutenir l’effort des laboratoires.

    Dans la foulée, Paul Hudson, PDG du laboratoire français Sanofi, prévient : « Les Etats-Unis seront servis en premier car ils ont investi dans la prise de risque. » Paris s’étrangle. Outre-Manche, le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca affirme lui aussi que le Royaume-Uni sera prioritaire pour bénéficier de son vaccin, développé en partie grâce aux chercheurs de l’université d’Oxford. L’Union européenne (UE), de son côté, prévoit 2,9 milliards d’euros pour la recherche. C’est quatre fois moins que les Etats-Unis. Et bien moins que la facture d’un mois de confinement : 15 milliards d’euros. « Notre problème, il est là », convient après coup un proche du président français.

    Recherche du « juste prix »

    Le président français pousse plus que nul autre pour que le combat vaccinal soit délégué à l’UE. Dans la « guerre » contre le Covid-19, le chef de l’Etat rêve de voir les troupes du Vieux Continent bien alignées. Or, en matière de vaccination, Paris constate que « l’Allemagne veut ses doses. Point », soupire un membre du gouvernement.

    Emmanuel Macron en visioconférence avec les autorités préfectorales, depuis le palais de l’Elysée, en mai 2020. LUDOVIC MARIN / AFP
    Le ministre allemand de la santé, Jens Spahn, considère l’Europe comme un frein. Il redoute la lourdeur de Bruxelles, les accords multilatéraux… Mais la chancelière Angela Merkel sait qu’il lui faut réintégrer le jeu communautaire après les fermetures sauvages de frontières au sein de l’UE et les psychodrames de la coopération budgétaire. Berlin conjugue donc ses efforts avec la France, les Pays-Bas et l’Italie dans une « Alliance inclusive pour le vaccin ».

    A Paris, c’est la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher qui est chargée de négocier avec la Big Pharma. L’affaire semble bien engagée. Un premier « memorandum of understanding » (MoU), une précommande fixant les quantités, les prix et les calendriers de livraisons, est conclu avec le laboratoire AstraZeneca, le 13 juin : 400 millions de doses à prix coûtant. L’entreprise fanfaronne, elle est en avance dans les négociations de contrats. Et sa technologie « classique » – un vaccin à vecteur viral – rassure davantage que celle, inédite, de l’ARN messager.

    La Commission européenne, forte de vingt-sept pays et de 446 millions d’habitants, prend le relais du quatuor de l’Alliance inclusive dans les négociations. Les « MoU » s’enchaînent, avec BioNTech, Curevac, Sanofi, Janssen, Moderna… Le 9 septembre, un milliard de doses sont commandées pour une livraison « dès que possible ». On se projette alors sur la « mi-2021 », au mieux, souligne Agnès Pannier-Runacher.

    Les fonctionnaires européens ont pris le temps de verrouiller juridiquement les contrats. Ces derniers engagent la responsabilité des laboratoires en cas de défaut ou négligence, et spécifient que le vaccin doit être un « bien public mondial », comme le réclame Emmanuel Macron. Les tarifs ont été scrutés de près, aussi. La recherche du « juste prix » figure d’ailleurs dans les objectifs de l’alliance pour le vaccin, afin d’assurer sa diffusion à tous, y compris aux pays les plus pauvres, en Afrique notamment. Le 16 décembre, devant l’Assemblée nationale, le premier ministre, Jean Castex, se vante des « prix très attractifs » obtenus grâce à la task force européenne… L’Europe a réussi une « percée économique » mais essuyé « un fiasco sanitaire », déplorera, quelques mois plus tard, dans Les Echos, l’économiste Jean Pisani-Ferry. A ses yeux, la Commission européenne s’est bornée au rôle d’une simple centrale d’achat. Défaillante, qui plus est. Car les doses n’arrivent pas.

    Eurovision de la vaccination

    Au printemps 2021, l’UE accuse un retard de sept semaines sur son calendrier vaccinal. Il pourrait, selon les experts de l’assureur-crédit Euler Hermes, coûter 123 milliards d’euros aux Etats membres… Le coup est dur. D’autant qu’à Londres, le premier ministre, Boris Johnson, vante son Brexit, qui aura permis de vacciner au printemps 2021 la moitié des adultes du Royaume-Uni, essentiellement avec le vaccin AstraZeneca. Le même laboratoire qui ne respecte pas ses engagements envers les pays de l’UE et accumule les retards sans donner d’explication convaincante.

    « On va découvrir que le Royaume-Uni a fait un deal parallèle avec AstraZeneca. Le crime est signé », affirme une source au cœur des négociations européennes. « La position de la France, c’est de ne faciliter aucune forme d’exportation aussi longtemps que les engagements ne seront pas tenus, prévient le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. L’UE ne sera pas le dindon de la farce de la vaccination. »

    En France, le manque de fair-play des Britanniques n’est pas l’unique tracas de la campagne vaccinale. Il faut aussi compter avec la « période Mauricette », selon l’expression d’un proche d’Emmanuel Macron. L’ancienne aide ménagère de 78 ans a été, le 27 décembre 2020, la première française vaccinée contre le virus. Dix jours après, à peine 500 nouveaux patients ont eux aussi reçu une dose de vaccin… En Allemagne, Mauricette s’appelle Edith. Et début janvier 240 000 doses de vaccins ont déjà été administrées à ses compatriotes. L’Eurovision de la vaccination est lancée.

    De premières critiques pointent, tandis que la volonté des Français de se faire immuniser remonte en flèche. « Je ne confonds pas vitesse et précipitation , répond Olivier Véran au journal de 20 heures de France 2, le 29 décembre. Ce délai, je l’assume, c’est le temps de l’explication, de la pédagogie. » Mais Emmanuel Macron, lui, prend peur. Il s’en ouvre auprès d’un proche début janvier : après les ratés sur les masques et les tests, il ne peut se permettre d’envoyer dans le décor cette étape de la vaccination.

    Très vite, un document de 45 pages, cinq chapitres, quatre annexes et un luxe de détails, allant de la taille des aiguilles à la procédure visant à s’assurer du consentement des patients, est érigé en coupable. La notice avait été distribuée aux responsables de maisons de retraite pour les guider dans la vaccination de leurs résidents, premières cibles de la campagne vaccinale. « Protéger en priorité les aînés dans nos Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], oui. Leur pondre un guide de vaccination incompréhensible de 45 pages, non », s’agace le chef de l’Etat. Sa prudence des débuts lui revient tel un boomerang.

    « Le péché originel, c’est la logistique »

    Nicolas Sarkozy se permet alors un coup de griffe à l’égard de son successeur. « La seule solution contre le Covid, c’est vacciner. Vacciner matin et soir, sept jours sur sept » , lance-t-il sur TF1, le 3 mars, alors qu’il était invité pour réagir à sa condamnation dans l’affaire des écoutes. En son temps, l’ancien président de la République avait ouvert des vaccinodromes pour lutter contre l’épidémie de H1N1. Emmanuel Macron s’y refuse, redoutant les images de stades vides et la colère de professionnels de santé qui seraient exclus du dispositif. « Les vaccinodromes, on avait essayé en France, ça n’avait pas marché », tranche, fin décembre, Olivier Véran.

    Trois mois plus tard, ces hangars à vacciner ouvriront bel et bien afin d’accélérer la campagne. « Ceux qui nous donnent des leçons aujourd’hui sont ceux qui ont fait du médicament la variable d’ajustement des budgets de santé. On le paye très cher aujourd’hui, accuse Agnès Pannier-Runacher. Le marché du médicament en France représente la moitié du marché du médicament en Allemagne. C’est le résultat d’une politique continue de gestion comptable du prix du médicament sans véritablement tenir compte des enjeux industriels et d’innovation. Nous y avons mis fin. »

    Le gouvernement renvoie la responsabilité à ses prédécesseurs. Pendant ce temps-là, la campagne suit toujours le « rythme d’une promenade en famille », comme s’en plaignait le chef de l’Etat en janvier. Les objectifs sont même, discrètement, revus à la baisse. Le 16 décembre, Jean Castex évoque l’ouverture progressive de la vaccination à l’ensemble de la population « à la fin du printemps » 2021. Deux semaines plus tôt, il fixait cette échéance au début du printemps. L’objectif de 14 millions de personnes vaccinées à la fin mars est lui aussi rangé dans un tiroir. Désormais, le chef du gouvernement ne parle plus que de 10 millions de vaccinés à la mi-avril, 20 millions mi-mai et 30 millions mi-juin.

    « Nous avons eu des retards de livraison des vaccins Pfizer et AstraZeneca par rapport au planning annoncé en décembre », justifie en privé Jean Castex. « On se bat pour avoir plus de doses et on fait avec les doses qu’on a », résume Olivier Véran. Cible des critiques, la stratégie de l’exécutif consistant à viser en priorité les personnes vulnérables trouve sa justification dans la pénurie. « Les critiques, y compris de la part des médecins, sont ridicules, balaie Alain Fischer. On savait qu’on n’avait pas assez de doses, donc on a commencé par les plus fragiles. Et la vaccination dans les Ehpad prenait forcément plus de temps car elle implique une organisation complexe. »

    Mais, à en croire François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, le défaut n’est pas lié uniquement à ces retards de livraison. « Le péché originel, c’est la logistique », affirme cet ancien macroniste. « L’Etat a adopté la stratégie du e-commerce mais on n’en a pas les moyens », dit-il en brandissant les chiffres du « VaccinTracker » de Guillaume Rozier mentionnant 1,6 million de vaccins AstraZeneca injectés sur les 2,7 millions officiellement réceptionnés. « Dit autrement, plus de 40 % des vaccins AstraZeneca sont dans les frigos ! On est en guerre et on stocke les munitions, s’énerve M. Lambert. Le 22 mars, Olivier Véran nous a encore dit que la France était en tête de l’Europe pour la vaccination, et pourquoi pas de la galaxie ? »

    Message à contretemps

    Le commissaire européen chargé du dossier, Thierry Breton, refuse de se confronter à ces critiques au journal de 20 heures de TF1, le 21 mars. L’ancien PDG d’Atos fuit les questions sur le retard de l’UE et promet que les Européens pourront disposer en mai de 120 millions de doses. « Le 14 juillet, nous avons la possibilité d’atteindre l’immunité au niveau du continent », assène l’ex-ministre de Jacques Chirac, qui fixe soudain l’œil de la caméra. « C’est la dernière ligne droite. Pour vaincre la pandémie, une seule solution : se faire vacciner », lance-t-il en prenant à témoin les téléspectateurs. La journaliste Anne-Claire Coudray le coupe : « Je crois que les Français vous ont entendu. Encore faut-il qu’il y ait des doses dans les centres, parce qu’ils sont volontaires… »

    Depuis plusieurs jours, le gouvernement diffuse un spot à la radio pour inciter la population à se faire vacciner. Un message qui paraît à contretemps à l’heure où de nombreuses personnes éligibles au sérum peinent encore à obtenir un rendez-vous. « Le point important, c’est de déployer les vaccins dans une population jeune et en bonne santé qui en perçoit moins l’intérêt. Ça, ce n’est pas gagné », explique le « M. Vaccin » de l’exécutif, Alain Fischer, à propos de ce travail de conviction. L’objectif est de parvenir à un consentement à la vaccination de plus de 80 % de la population pour atteindre l’immunité collective. Emmanuel Macron, comme Thierry Breton, l’estime possible « d’ici mi-juillet ».

    Certes, l’Europe a failli, reconnaît le chef de l’Etat, mercredi 24 mars, dans un entretien accordé à l’animateur Nikos Aliagas pour la télévision grecque, qualifiant l’UE de « diesel ». « On a pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller (…) on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres », a-t-il insisté, rappelant que, dès l’été 2020, les Américains, eux, « ont mis le paquet ». Mais l’Europe, vante Emmanuel Macron à l’issue du Conseil européen, le lendemain, « sera le continent qui produira d’ici à la fin de l’été le plus de doses dans le monde ». Le président rêve à nouveau aux étoiles, à moins que les variants ne viennent contrarier ses plans.

    #covid-19 #santé_publique #vaccins

  • Inde : les villages sans utérus

    C’est l’un des secrets les mieux gardés de l’Inde rurale. Un mal invisible qui ronge le #corps de milliers de femmes dans le sous-continent.

    Alors que le taux d’hystérectomie est de 2/1000 en Occident, il atteint 17/1000 en Inde, et surtout jusqu’à 350/1000 dans l’Etat du Maharashtra à l’Ouest du pays, la « Sugar Belt ».

    Premier producteur de sucre au monde, l’Inde compte environ 1,5 million d’Indiens qui convergent, après la mousson, dans les champs de cannes à sucre. Parmi ces forçats, la moitié sont des femmes issues des castes les plus basses de la société indienne.

    Ces femmes, qui ont déjà donné naissance à plusieurs enfants et pour qui les #règles sont un fardeau, se laissent facilement convaincre de la nécessité de l’opération, sans connaître les #risques pour leur #santé et sans comprendre que ces actes médicaux ne sont absolument pas nécessaires. Pas de jour de #congé, pas de #couverture_sociale, encore moins de #convalescence : après une #opération coûteuse entièrement à leur charge – entre 250 et 500 euros – ces #ouvrières_agricoles retournent, mutilées, dans les champs de canne à sucre pour rembourser leur #dette, à la merci de l’avidité des barons du sucre.

    https://www.arte.tv/fr/videos/100785-000-A/inde-les-villages-sans-uterus

    #Inde #canne_à_sucre #plantations #saisonniers #saisonnières #travail #femmes #hystérectomie #mukadam #exploitation #coupeuses_de_canne_à_sucre #santé_mentale #hormones #ménopause #cliniques_privées #industrie_du_sucre #industrie_sucrière #hygiène #ruralité #mutilation
    #vidéo #documentaire #film_documentaire #menstruations

  • #Covid-19 : « En France, vous perdez sur tous les tableaux, vous avez les morts et la crise »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/24/covid-19-en-france-vous-perdez-sur-tous-les-tableaux-vous-avez-les-morts-et-

    Pour Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’université d’Edimbourg, les stratégies du Brésil, de la Suède et de la France face à la pandémie de Covid-19, « si différentes soient-elles, ne sont pas raisonnables ».

    A 36 ans, l’Américaine Devi Sridhar occupe la chaire de #santé_publique de l’université d’Edimbourg. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, elle conseille le gouvernement écossais dans sa politique sanitaire. Grâce à des mesures de restriction plus longues, l’Ecosse est parvenue à « écraser » la courbe des contaminations, explique-t-elle dans un entretien accordé au Monde, jugeant que les options retenues par le Brésil, la Suède ou la France « ne sont pas raisonnables ».

    Quelle est la situation en Ecosse actuellement ?

    Elle est bonne mais fragile. Au total, 48 % des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin et la campagne accélère. Notre espoir est d’avoir immunisé tous les adultes d’ici à la mi-juillet. Ensuite, nous regarderons ce qu’il en est des enfants, si des vaccins sont disponibles et sûrs. En parallèle, il y a une grande pression pour alléger les restrictions, car tous les indicateurs vont dans le bon sens.
    Hier, pour la première fois depuis des mois, nous n’avons enregistré aucun mort. Le secteur économique voudrait tout reprendre normalement. Nous leur demandons d’être patients : nous allons alléger pas à pas les restrictions, d’ici au 26 avril. Nous avons commencé, en vérité. Mais nous ne voulons pas repartir trop vite et subir une troisième vague. C’est un moment de transition délicat mais encourageant.

    Le calendrier est-il déjà établi ?

    Oui, et annoncé. Fin février, nous avons rouvert les écoles maternelles et élémentaires, début mars l’enseignement secondaire, avec des effectifs réduits de 50 %. Début avril, nous réautoriserons toutes les activités extérieures et, fin avril, ce sera le retour à la normale, y compris les rassemblements intérieurs. Mais nous suivons les chiffres de très près pour nous assurer que ce calendrier est compatible avec l’évolution de l’épidémie. Nous vaccinons, nous testons en masse et nous suivons le virus dans les eaux usées pour confirmer ce recul.

    Quelle a été la particularité de l’approche écossaise ?

    Elle s’est mise en place en avril 2020. Jusque-là, nous suivions la position anglaise. Mais, quand le gouvernement britannique a indiqué qu’il voulait juste aplatir la courbe, nous avons estimé que nous pouvions faire mieux que ça : l’écraser. Et nous l’avons fait, grâce à des mesures de restriction plus longues. Le virus avait à peu près disparu d’Ecosse l’été dernier. Pendant un mois, plus aucun mort, plus d’hospitalisations. Mais, en août, le tourisme a repris, sans quarantaine. Et la deuxième vague est arrivée. Lentement d’abord. En octobre et novembre, tout était encore ouvert, la situation semblait maîtrisée. Mais, avec le variant B.1.1.7, à la fois plus contagieux et plus sévère, nous avons été contraints de mettre en place un confinement dur.

    Nous sommes parvenus à faire redescendre les chiffres. Et l’enjeu est de les maintenir à ce niveau tout en ouvrant peu à peu avec tous les outils disponibles. La vaccination, les tests, massifs et de toute nature, le traçage des cas contacts. Avec une nouveauté : des restrictions draconiennes sur les voyages. Nous avons retenu la leçon. Toute personne arrivant de l’étranger subit une quarantaine dans un hôtel, quel que soit le pays de provenance. Notre seul problème, c’est que l’Angleterre ne suit pas la même approche. Un visiteur peut arriver à Londres et prendre le train. C’est notre talon d’Achille. L’Europe continentale, avec ses frontières terrestres, connaît bien ce problème.

    Quel a été le rôle de la science dans vos choix ?

    Nous nous sommes constamment appuyés sur les preuves scientifiques. Les connaissances sur le virus, sur l’état de la population, sur les mesures susceptibles de nous protéger : les masques, la distance, l’ouverture des fenêtres, la ventilation. Nous avons fait des études, mais aussi essayé de profiter de ce que les autres pays faisaient, notamment en Asie. C’est une approche humble mais essentielle. Comme pour le vaccin : nous pouvons construire des modèles massifs sophistiqués, c’est très bien, ou alors profiter de l’exemple israélien, du Chili, des Etats-Unis. Ne pas avoir peur d’apprendre des autres : ne pas répéter leurs erreurs et se servir de leurs réussites.

    Avez-vous été surpris par l’apparition du variant britannique ?

    Nous savions que les pathogènes évoluaient, bien sûr. Et que cette évolution irait vers un virus plus transmissible. Mais nous espérions que cela s’accompagnerait d’une moindre sévérité. Un variant qui se répandrait et donnerait un simple rhume, c’était notre rêve. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Nous avons eu la chance d’avoir plusieurs semaines de retard sur le sud de l’Angleterre, où le B.1.1.7 est apparu. Nous avons tout de suite vu que la contagiosité avait augmenté et, compte tenu de la situation hospitalière, la virulence ne semblait pas moindre. Alors nous avons décidé de confiner rapidement. Personne n’aime confiner. On en connaît les dégâts. Mais, s’il faut confiner, mieux vaut le faire vite, fermement, et en sortir vite. Et grâce à ça nos services hospitaliers n’ont jamais été sous pression comme en Angleterre.

    Comment jugez-vous la réaction de l’Europe continentale, notamment de la France, face au variant ?

    Etonnamment lente. Il suffisait de regarder l’Angleterre et de se dire qu’on ne voulait pas subir la même chose. Mais les gouvernements semblent incapables de faire ça. Aujourd’hui, nous devrions tous regarder ce qui se passe au Brésil, pas pour suivre leur politique catastrophique mais pour savoir comment réagir quand un variant réinfecte d’anciens malades, frappe des personnes plus jeunes et pourrait échapper en partie à certains vaccins. En France, il y a cette idée de préserver l’économie en restant ouvert aussi longtemps que possible. C’est comme rouler en voiture vers un mur et affirmer qu’en freinant le plus tard possible on gagnera du temps. Vous perdez sur tous les tableaux : économique et sanitaire. Vous avez les morts et la crise.

    Il n’y a que deux manières efficaces de combattre cette pandémie. Soit le modèle de l’élimination complète, celui choisi par les pays d’Asie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande : le virus n’est plus là, vous pouvez attendre tranquillement l’arrivée des vaccins, votre économie roule et vous surveillez le moindre retour de flamme. Soit vous vaccinez massivement et aussi rapidement que possible votre population, comme Israël et les Etats-Unis le font. Les autres options, celles du Brésil, de la Suède ou de la France, si différentes soient-elles, ne sont pas raisonnables.

    La France défend également un maintien résolu des écoles ouvertes. Qu’en pensez-vous ?

    La question est délicate. Nous savons que les enfants doivent rester à l’école, qu’en cas de fermeture les dommages sont massifs. Mais il faut aussi protéger les enseignants et les familles. Notre modèle a été de maintenir le virus hors de l’école. Nous y sommes largement parvenus en fermant les classes au premier cas. Jusqu’à un certain point. Je ne crois pas que l’on puisse conserver les écoles ouvertes dans les périodes de circulation très élevée. Même si les enfants transmettent moins que les adultes, ils vont se contaminer entre eux, contaminer leurs familles, et risquent de mettre en péril les enseignants.

    Vous défendez pourtant une approche de santé publique fondée sur le principe : « les enfants d’abord »…

    Au début de l’épidémie, on a dit que les enfants ne seraient pas trop affectés par la pandémie. Dès mars, il m’a semblé évident qu’au contraire ils seraient massivement touchés. Ce sont les plus vulnérables, à bien des points de vue, et ils n’ont pas de lobby pour les défendre. Pas de voix, pas d’intérêts économiques évidents. Aux Etats-Unis, on a fermé les écoles tout en laissant les bars et les restaurants ouverts. C’est insensé. La France n’a pas fait ça, il faut vous en faire crédit.

    En Ecosse, les responsables politiques ont admis que les écoles devaient fermer en dernier et rouvrir en premier. Plus largement, nous avons toujours allégé les restrictions d’abord pour les enfants. Même au plus haut de la crise, les enfants de moins de treize ans pouvaient jouer dehors, car le jeu est essentiel à leur développement et le risque que nous leur faisions courir était minime. Pourquoi alors les punir ? Au même moment, les adultes ne pouvaient se rassembler à plus de deux. Mais à l’intérieur, avec ce nouveau variant, le risque nous apparaissait trop élevé, pour les enfants et pour les professeurs. Alors nous avons fermé les écoles, en maintenant des activités extérieures.

    Faudra-t-il vacciner les enfants ?

    Oui, je le crois. D’abord pour les variants. Si le virus circule parmi les enfants, nous courrons le risque de voir apparaître des variants plus virulents, notamment pour eux. Par ailleurs, les enfants font parfois des formes sévères ou des Covid longs, même si c’est rare. Enfin, pour stopper toute circulation et atteindre les 85 % ou 90 % de couverture vaccinale nécessaire à l’immunité collective, il va falloir toucher les plus jeunes. Nous vaccinons bien les enfants contre la grippe, pourquoi pas contre le Covid ?

    En France, nous ne vaccinons pas les enfants contre la grippe…

    Vraiment ? Ici, on le fait à l’école. Ils sont les vecteurs du virus, même si les victimes finales sont les personnes âgées. Pour le Covid, il faudra évidemment s’assurer qu’on a bien un vaccin sûr et efficace. Mais, quand ce sera le cas, on les vaccinera.

    Pourquoi les gouvernements occidentaux ont-ils si mal géré la crise, comparativement aux pays asiatiques ou africains ?

    D’abord on s’est trompé de modèle, pensant que le virus allait agir comme la grippe, un pathogène que l’on n’arrête pas. Quand on a vu que les pays asiatiques parvenaient à le stopper, on n’a pas trop su comment faire. C’est un virus très rusé. Trop sévère pour vivre avec sans mettre en péril nos systèmes sanitaires, mais pas assez pour nous faire peur et entraîner une réponse massive et coordonnée.
    De plus, il frappe les plus âgés, les plus pauvres, les obèses, les malades. Pour le combattre, les jeunes et les gens bien portants doivent faire des sacrifices qui profiteront aux plus vieux et aux plus fragiles. En Asie, c’est une évidence. Ça ne l’est pas pour nous. Doit-on sacrifier les plus âgés ? Ici, nous nous sommes posé la question. Là-bas, c’était impensable. Ils savent que le tissage entre générations et entre conditions constitue la trame de notre tissu social. Pour l’avoir oublié, nous avons payé très cher.

  • Covid-19 : les transferts massifs de patients, pour éviter la saturation des hôpitaux en Ile-de-France, remis en question
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/16/ile-de-france-les-transferts-massifs-de-patients-de-reanimation-remis-en-que

    (...) Les deux TGV sanitaires comprenant chacun 24 patients, envisagés pour jeudi et dimanche, ne partiront pas d’Ile-de-France. « Nous avons dû reporter ce projet », annonce Bruno Riou, directeur médical de crise de l’Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), qui n’a pas de visibilité sur la tenue d’une telle opération dans les semaines qui viennent. Seuls les transferts au fil de l’eau, de trois à six patients par jour par voie aérienne, qui ont débuté depuis samedi 13 mars, vont se poursuivre.

    Au ministère de la santé, on souligne qu’une dizaine d’évacuations ont ainsi pu avoir lieu ces quatre derniers jours en provenance d’Ile-de-France, et que trois sont programmées mercredi 17 mars. « Nous ne sommes pas en mesure de communiquer sur d’autres évacuations sanitaires pour l’instant », indique-on rue de Ségur.

    Pourquoi les hôpitaux ont-ils dû renoncer à ces vastes opérations ? « Nous sommes dans l’impossibilité à la fois de trouver des patients éligibles, c’est-à-dire dans un état relativement stable afin de respecter les conditions de sécurité de ce transport, et dont les familles acceptent l’évacuation vers une autre région », explique le professeur Bruno Riou.

    Une « enquête flash » menée le vendredi 12 mars a montré que seulement 11 % des patients de réanimation Covid ventilés et intubés à l’AP-HP (qui représente la moitié des lits de la région) et dans deux hôpitaux militaires franciliens, étaient éligibles. « Très peu de familles [de ces patients] ont accepté », rapporte le professeur, pour qui plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. « La perception des familles a changé, entre la première vague et aujourd’hui, elles acceptaient très facilement en mars 2020 pour sauver des vies, mais tout ce qu’elles ont pu entendre ce week-end leur a laissé penser qu’on faisait cela juste pour éviter un confinement. » C’est aussi le changement du droit de visite qui a pu faire pencher la balance, avec la volonté de rester proche du patient : si les visites étaient interdites au pic de la crise au printemps, elles sont désormais autorisées.

    Comment vont faire les hôpitaux franciliens, où la tension s’accroît depuis dix jours, avec 1 164 patients Covid en réanimation mardi 16 mars ? « On essaie de faire face en augmentant toujours la déprogrammation d’autres patients, mais il faudra prendre rapidement des décisions importantes » , soutient Bruno Riou, qui appelle à des mesures restrictives pour casser la courbe des contaminations depuis plusieurs semaines.

    • Le couvre-feu n’a pas suffi à contenir l’épidémie en Ile-de-France
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/03/18/le-couvre-feu-n-a-pas-suffi-a-contenir-l-epidemie-en-ile-de-france_6073595_8

      Les restrictions imposées depuis le 15 décembre n’ont pas assez ralenti l’activité et les déplacements pour stopper une épidémie de plus en plus virulente.

      [...]
      En mars 2020, la vie s’était figée. Les théâtres, les cinémas, les musées, les cafés, les écoles étant fermés, et beaucoup de Parisiens convertis de gré ou de force au télétravail, le trafic automobile dans Paris avait chuté de 75 % en quinze jours. Du jamais-vu ! Avec la fin de la première vague, la circulation a ensuite retrouvé son niveau habituel durant l’été. En octobre, le premier couvre-feu puis le deuxième confinement ont entraîné une nouvelle baisse, mais bien moins marquée que neuf mois plus tôt. Dans Paris, le trafic routier n’a diminué que de 30 %, au début du deuxième confinement. Début mars, la baisse par rapport à la normale se limitait à 18 %. Dans les transports en commun, le recul de la fréquentation est plus accentué (– 50 % début mars), mais là aussi bien moindre que lors du premier confinement (– 86 %).

      Le fait d’avoir maintenu les écoles, collèges et lycées ouverts constitue une des différences marquantes entre les deux périodes. Elle explique une partie des déplacements, tant des enseignants que des élèves et de leurs parents. Ces derniers peuvent d’autant plus facilement se rendre au travail que leurs enfants sont ainsi pris en charge.

      Les données de Google Mobility confirment le phénomène. En Ile-de-France, la fréquentation des lieux de travail avait chuté de 80 % lors du premier confinement. Aujourd’hui, le recul est plutôt de l’ordre de 35 %, avec une baisse plus sensible à Paris et dans les Hauts-de-Seine, où une plus grande proportion d’actifs peut télétravailler, comme le souligne l’Institut Paris Région.

      #crise_sanitaire #santé_publique (ou pas)

  • Parce que (essayer de) guérir est plus beaucoup plus rentable pour les #intérêts_privés que prévenir ?

    Gregg Gonsalves sur Twitter : “To sum up. 1. #USA has terrible health outcomes. 2. We have most expensive healthcare system in the world. 3. And it’s unequal, inefficient. 4. We ignore public health—keeping people healthy in the first place. 5. We disinvest in addressing the social determinants of health. 10/” / Twitter
    https://twitter.com/gregggonsalves/status/1371066842316439555

    maternal mortality rate for women in the US

    Gregg Gonsalves sur Twitter : “But guess how much we spend on public health in the US as a percentage of every healthcare dollar spent. 10%? 25%? 30%? 50%. Um. 3%. Yes. For every dollar we spend on health overall, 3 cents is what we spend on public health.” / Twitter
    https://twitter.com/gregggonsalves/status/1371064380973051905

    #santé #dépenses_publiques #santé_publique #états-unis

  • Un an de santé publique ? - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-an-de-sante-publique

    Les leçons d’autres pandémies, comme celle de Sida, ne sont pas retenues et plutôt que de faire le choix d’une politique de santé publique avec les gens, le régime parie de faire sans eux, sans les médecins libéraux, sans les corps intermédiaires de la société, sans le Parlement, sans le conseil des ministres et désormais sans le conseil scientifique. Mais rassurez-vous, Emmanuel Macron est « épidémiologiste en chef » et futur agrégé « d’immunologie ».

  • We Must Fix US Health and Public Health Policy | AJPH | Vol. 111 Issue 4
    http://ajph.aphapublications.org

    Despite a history of public health progress and the most expensive health care system in the world, the United States failed in its initial response to COVID-19. Much of this failure resulted from a presidential administration that sidelined, undermined, and maligned public health. But the roots of failure are deeper . Recovering from the pandemic and building health and public health back better will require recognizing the roots of failure and working persistently to achieve the progress that the country needs—especially among the most underserved communities. This must begin with recognizing the shortcomings in the US health system response to the pandemic, but the multiple overlapping failures laid bare by this crisis demonstrate the need for a systemic, multifaceted, sustained approach to reform that goes beyond pandemic preparedness.

    Over the past 40 years, the United States has gone from having a life expectancy near the average for upper-income countries and average per capita health care costs to being a negative outlier [...]

    #états-unis #santé_publique #espérance_de_vie #leadership

  • Want to track pandemic variants faster? Fix the bioinformatics bottleneck
    https://www.nature.com/articles/d41586-021-00525-x

    #COVID-19 : Mais comment allons-nous traquer les #variants plus vite ? | santé log
    https://www.santelog.com/actualites/covid-19-mais-comment-allons-nous-traquer-les-variants-plus-vite

    [...] les outils d’analyse et de visualisation utilisés aujourd’hui n’ont pas été conçus pour gérer le volume et la vitesse des séquences générées aujourd’hui, ni pour guider en temps réel, la réponse de #santé_publique. Partout dans le monde, la surveillance génomique repose sur les initiatives isolées de chercheurs universitaires pour trouver des réponses essentielles. La prise de décision en santé publique bénéficierait d’un cadre de collaboration standard et plus durable », explique Christophe Dessimoz du SIB et de l’Université de Lausanne.

    #bioinformatique

  • « Il faut donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été soustraits lors de la fermeture de 70 000 lits »- Collectif inter-hôpitaux (CIH)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/08/il-faut-donner-a-la-psychiatrie-les-moyens-ambulatoires-et-hospitaliers-qui-

    Psychiatres, infirmiers, psychologues, membres du Collectif inter-hôpitaux, nous souhaitons alerter la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, sur les atteintes réitérées portées aux droits et à la dignité des patients relevant de soins psychiatriques. Depuis quelques années, les conditions d’accueil des patients se dégradent fortement et des pratiques réputées disparues reviennent : les contentions mécaniques se banalisent dans de nombreux services d’urgence des hôpitaux français. Et ce, sans aucun contrôle d’aucune instance.

    Dans vos recommandations en urgence du 1er février 2018 sur le CHU de Saint-Etienne, la situation était parfaitement analysée : l’absence de lits d’aval constitue un « dysfonctionnement majeur [qui] conduit les soignants à accepter l’instauration de pratiques contraires au droit comme d’ailleurs à leur volonté première ». Les politiques de santé publique réduisant la place de l’hôpital public dans le dispositif de soins ont des conséquences : concentration des patients les plus sévères dans un même lieu, pression sur les durées moyennes de séjour, impossibilité d’hospitaliser dans un délai raisonnable les patients suivis.

    L’agitation et la peur

    Il règne dans les établissements une tension, une agitation que les personnels insuffisants, insuffisamment formés, peinent à contenir. La peur s’insinue : celle des patients, effrayés par leur problématique psychique, celle des soignants, qui se retrouvent trop souvent seuls.

    Dans un tel contexte de pénurie, nous voyons se développer des « pratiques contraires au droit comme d’ailleurs à notre volonté première » : unités de soins et chambres fermées à clé, recours aux contentions mécaniques faute de chambre d’isolement disponible, sédations chimiques lourdes, mais aussi matelas rajoutés à même le sol pour accueillir quelques patients supplémentaires. Comment en est-on arrivé là, dans une période où les progrès de la médecine ont été, par ailleurs, considérables ?

    Entre 2014 et 2020, la dotation annuelle de fonctionnement de la psychiatrie publique et à but non lucratif (314 établissements) a progressé de 1,2 % en moyenne par an, tandis que l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie hospitalier pour l’activité médecine, chirurgie et obstétrique progressait de 2,3 % et que le financement de la psychiatrie privée à but lucratif (173 établissements) progressait de 3,2 %. Le « virage ambulatoire » a été accompli par la politique de secteur : 70 000 lits fermés entre 1980 et 2020 (soit deux tiers des lits) avec redéploiement insignifiant vers des structures ambulatoires.

    Aujourd’hui, il n’y a toujours pas d’outil de prise en charge à même de répondre aux 80 % à 85 % des patients requérant des soins psychiatriques en ambulatoire sur une année. Le nombre d’usagers de la psychiatrie est passé de 1 million en 1997 à 2,3 millions en 2020, sans que les équipes de soin soient renforcées à la hauteur de cette croissance.

    La tension sur les lits contraint à réserver les hospitalisations aux patients les plus graves, relevant le plus souvent de soins sous contrainte, sans pouvoir répondre aux autres indications. Le recours à l’isolement et à la contention, devenu fréquent alors qu’il était rare il y a trente ans, signe donc à la fois l’aggravation des situations cliniques d’entrée et le dénuement numérique et théorique des équipes de soin.

    Formalisme administratif

    Beaucoup de lois sont nées ces dernières années dans le but de garantir les droits fondamentaux des patients et limiter le recours aux soins sous contrainte : la loi du 5 juillet 2011 introduisant le contrôle du juge des libertés et de la détention pour toute hospitalisation sous contrainte et, très récemment, l’article 84 de la loi de financement de la Sécurité sociale, outil supplémentaire de contrôle des mesures d’isolement et de contention.

    Pourtant, de 2010 à 2015, les hospitalisations sous contrainte sont passées de 72 000 à 92 000, soit une progression de 15 %, quand l’augmentation du nombre des citoyens ayant recours à des soins psychiatriques progressait de 4,7 %. La mise en œuvre de l’article 84 est complexe, coûteuse en temps, elle impose de consacrer du temps soignant à un formalisme administratif que le législateur imagine garant des droits du patient.

    Rendre malaisée la mise en œuvre des mesures de restriction des libertés des patients et en contrôler a posteriori la légalité ne suffit pas à garantir la dignité et les droits du patient. La seule vraie alternative aux mesures de contention et d’isolement est la présence apaisante et bienveillante de soignants expérimentés, confortés par la solidité de l’institution et exerçant dans une équipe suffisamment nombreuse et structurée.

    Cette modalité de soins, pourtant la plus respectueuse des droits et de la dignité des patients, n’a plus cours faute de moyens, car, malheureusement pour notre discipline, le « plateau technique » de la psychiatrie est fait pour l’essentiel de moyens humains.

    Les seules dispositions susceptibles aujourd’hui de préserver l’éthique du soin en psychiatrie, le respect de la dignité et des droits des patients sont des mesures volontaristes de prévention du recours à l’hospitalisation sous contrainte et aux mesures d’isolement et de contention : donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été soustraits lors de la fermeture de 70 000 lits, et ainsi permettre aux patients atteints de maladies mentales chroniques d’avoir accès aux soins avant que la rechute ne soit complète et conduise fatalement au recours à la contrainte.

    Aussi, nous prions Mme la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté de bien vouloir soutenir notre parole auprès de M. le président de la République et M. le ministre de la santé, afin d’obtenir les moyens humains et matériels nécessaires à une prise en charge digne des patients, respectueuse de leurs droits.

    Aude Daniel, psychiatre, centre hospitalier (CH) Edouard-Toulouse, Marseille ; Karine Dantzer, infirmière, CH Montfavet, Avignon ; Noélie Falguière, psychiatre, EPS Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis) ; Laurence Gembara, psychiatre, CHU de Clermont-Ferrand ; Morgane Girard, psychologue, CH Edouard-Toulouse, Marseille ; Dominique Laurent-Crippa, infirmière, AP-HM, Marseille ; Baptiste Libault, infirmier, CH Montfavet, Avignon ; Maud Pontis, psychologue, CHU de Rennes ; Magali Trouvé, psychiatre, CH Montfavet, Avignon ; Etienne Vacher, psychiatre, CH Alpes-Isère, Sainte-Egrève ; Laurent Vassal, psychiatre, EPS Ville-Evrard.

    #psychiatrie #management #hôpital #santé_publique

  • Radio El Kelma au Château en santé
    https://www.mixcloud.com/Colibri14/radio-el-kelma-au-chateau

    Pour sa troisième émission, #Radio El Kelma s’est invitée au Château en santé. Comme son nom l’indique, cette ancienne bâtisse située au cœur du Parc Kalliste à #Marseille accueille depuis trois années un centre de santé communautaire. Une heure d’émission à la découverte du Château en santé et du quartier de Kalliste pendant laquelle médecins et habitants se donnent la parole. Avec Charles Aznavour, Bande organisée (version féminine), et Bénabar.

    #santé_publique

  • Mental health and psychosocial support, Data and displacement, Missing migrants

    The main feature on Mental health and psychosocial support (MHPSS) seems particularly timely during the current pandemic when the mental health impacts of displacement are distressingly compounded by the impact of COVID-19. The 15 articles in this feature explore the importance of MHPSS and the challenges inherent in this field, debate MHPSS initiatives and their application in different contexts, and advocate for strengthened collaboration and commitment – and new ways of thinking.

    https://www.fmreview.org/issue66
    #migrations #réfugiés #asile #santé #santé_mentale

    ping @_kg_

  • The Last Thing Health Workers Should Have to Worry About

    Even as they were making countless sacrifices during the pandemic, health workers were targeted in 1,100+ attacks last year, according to a new report by Insecurity Insight and the UC Berkeley Human Rights Center. (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=77a43c9fac&e= )

    ~800 of the attacks were related to conflicts—hospitals bombed in Yemen, doctors abducted in Nigeria, according to the research. (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=6c479dc611&e= )

    Disturbing New Twist: ~400 attacks were directly tied to the pandemic, Physicians for Human Rights notes (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=ff464c1148&e= ), including:

    Threats, beatings, and attacks with stones or hot liquids

    Violent reactions to mask requirements

    Arson of COVID-19 testing facilities

    Pandemic-triggered violence was especially pronounced in India and Mexico, but it is a “truly global crisis,” affecting 79 countries, said Insecurity Insight’s Christina Wille, who led development of a new interactive map. (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=0f07d852aa&e= )

    Pandemic year 1 failures need to be replaced with immediate action to safeguard health workers, said Leonard Rubenstein, chair of the Safeguarding Health in Conflict Coalition. He highlights recommendations in a companion research brief: (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=2cbf478c02&e=)

    Counter disinformation

    End repression against health workers who speak up

    More protection for health workers

    Hold perpetrators accountable

    #Covid-19 #Santé_publique #Professions_de_santé #Monde

  • Depression, anxiety, loneliness are peaking in college students | EurekAlert ! Science News
    https://www.eurekalert.org/pub_releases/2021-02/bu-dal021921.php

    Nationwide study, co-led by BU researcher Sarah Ketchen Lipson, reveals a majority of students say mental health has impacted their academic performance

    #COVID-19 : #Dépression et #solitude atteignent des sommets chez les #étudiants | santé log
    https://www.santelog.com/actualites/covid-19-depression-et-solitude-atteignent-des-sommets-chez-les-etudiants

    Les étudiants les plus #démunis ou appartenant aux #minorités apparaissent plus touchés, car souvent « plus susceptibles de pleurer la perte d’un être cher à cause du COVID », expliquent les chercheurs. Ces mêmes étudiants sont également « plus susceptibles d’être confrontés à des difficultés financières ». Autant de facteurs qui ont un impact négatif sur la #santé_mentale et la réussite scolaire.

  • « La réforme de l’aide médicale d’Etat est une triple faute morale, économique et sanitaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/16/la-reforme-de-l-aide-medicale-d-etat-est-une-triple-faute-morale-economique-

    Créée en 1999 pour prendre en charge la santé des personnes en situation irrégulière, l’AME est réduite drastiquement par la réforme dont le second volet entre en vigueur, dénonce dans une tribune au « Monde » un collectif de plus de 500 professionnels de santé

    Le 30 octobre 2020, jour même du reconfinement, était signé le décret entérinant la réforme de l’aide médicale d’Etat (AME). Symboliquement, le jour où le gouvernement prenait des mesures fortes pour garantir la santé du plus grand nombre, il actait une dégradation significative de la santé des plus précaires.

    Adoptée comme un gage donné à la frange la plus xénophobe de notre société, cette décision entre en contradiction avec des décennies de travail social et sanitaire, avec la logique économique et financière la plus élémentaire avec le principe républicain d’égalité à l’accès aux soins. Il est donc urgent de ne pas appliquer cette décision.

    Mise en place en 1999, l’aide médicale d’Etat permet de prendre en charge la santé de toute personne en situation irrégulière sur le sol français, dans des conditions quasi-équivalentes à celles de la protection universelle maladie (anciennement CMU). Elle assure, d’une part, le respect des conventions humanitaires européennes et internationales qui consacrent le droit universel à la vie et à la santé. Elle vise, d’autre part, à préserver la santé de la population, notamment en luttant contre la propagation des maladies infectieuses.

    Un engagement financier

    Enfin, l’AME a également un sens d’un point de vue strictement financier : assurer l’accès aux soins primaires, c’est limiter autant que possible les complications, qui pourraient entraîner des besoins de soins plus lourds – et plus coûteux. Pourtant, depuis vingt ans, l’AME est devenue le milliard le plus scruté parmi les dépenses publiques, tant elle a fait l’objet de fantasmes de la part d’une partie de la classe politique et des médias.

    En juin 2019, le gouvernement s’est clairement inscrit dans cette tendance en commandant un rapport visant à identifier des pistes de « maîtrise » de la « dépense » d’AME. Alors en plein débat sur l’immigration, l’agitation autour du « tourisme médical » a été largement alimentée par la majorité présidentielle, mettant en avant des supposés « abus » ou « dévoiements ».

    Alors même que le rapport commandé par le gouvernement alertait sur les risques d’une réduction du panier de soins accessible aux bénéficiaires de l’AME, le gouvernement en a pourtant fait le premier volet de sa « réforme ». Depuis le 1er janvier 2021, un délai de neuf mois est désormais nécessaire entre le dépôt de la demande d’AME et l’accès à certaines opérations ou soins de ville considérés comme « secondaires » (opérations de la cataracte, de la hanche, certaines rééducations, etc.).

    Un soutien pour les populations les plus précaires

    Cette restriction ouvre une brèche majeure dans le principe d’universalité de l’accès aux soins : quelle sera la prochaine ? En matière de santé, où commence le secondaire, où s’arrête l’essentiel ? Il convient pourtant de le rappeler avec force : le problème avec l’AME n’est pas les supposées « dérives » dont se rendraient « coupables » les bénéficiaires, mais au contraire, le non-recours massif aux droits qui sont les leurs. En 2019, près de 50 % des personnes sans titre de séjour ne bénéficiaient d’aucune couverture santé, y compris lorsqu’elles déclaraient souffrir de pathologies nécessitant des soins (diabète, VIH, tuberculose, etc.).

    Or, c’est justement cet éloignement des droits et des soins qu’aggravera mécaniquement le second volet de cette réforme. A partir du 17 février prochain, les demandeurs de l’AME ne pourront plus déposer leur dossier auprès de leur commune, des services sociaux départementaux ou d’une association, mais devront nécessairement passer par l’Assurance-maladie, par un hôpital ou par une permanence d’accès aux soins.

    C’est oublier que les services hospitaliers sont d’ores et déjà débordés. C’est oublier que l’Assurance-maladie diminue d’année en année ses effectifs et a encore réduit ses capacités d’accueil pendant la pandémie. C’est surtout oublier que des décennies de travail social ont appris aux associations et services sociaux l’importance d’« aller vers » les populations les plus précaires, dont on sait qu’elles sont à la fois les moins bien soignées et les dernières à avoir recours à leurs droits.

    Une réforme dangereuse

    En réduisant l’accès à l’AME, on ne réduit pas seulement l’accès aux droits des sans-papiers : on renforce les discriminations dont ils sont victimes dans l’accès aux soins. On fragilisera tout autant les nombreux établissements et professionnels de santé qui prennent en charge ces populations et continueront à le faire, comme l’exigent le droit et la déontologie : s’ils ne sont plus financés par la collectivité, ils devront demain assumer eux-mêmes le coût de ces soins.
    Dans le contexte actuel, cette réforme apparaît d’une hypocrisie, d’une déconnexion et d’un cynisme violents. A l’heure où chaque contamination au Covid-19 aggrave l’épidémie en cours, et où chaque lit de réanimation occupé accroît la pression sur nos hôpitaux, il est pourtant plus que jamais évident que la santé est un bien commun, et que l’accès aux soins de toutes et tous est la meilleure protection pour chacun.

    Cette tribune est un cri d’alerte : la réforme de l’AME engagée par le gouvernement, et qui doit trouver à s’appliquer dans les prochains jours, est dangereuse. Si les populations les plus précaires et les professionnels qui les accompagnent seront les premiers à en subir les conséquences, elle comporte des risques directs pour l’ensemble de notre société. Parce qu’elle conjugue déni de nos principes universels, absurdité financière et risque d’aggravation de l’épidémie en cours, elle constitue une triple faute morale, économique et sanitaire. Elle doit être retirée dans les plus brefs délais.

    Les premiers signataires : Arnaud Bontemps, collectif Nos services publics ; Paul Chalvin, directeur délégué de l’hôpital de Montreuil ; Oriane Delivré, directrice d’hôpital, Seine-Saint-Denis ; Fabrice Giraux, médecin généraliste, président de l’intercentres de santé 93 ; Emilie Henry, directrice du centre de santé communautaire du Franc Moisin à Saint-Denis ; Yasmina Kettal, infirmière en Seine-Saint-Denis, membre du collectif inter-urgences ; François Lhote, chef du service médecine interne, président de la CME de l’hôpital de Saint-Denis ; Yohan Saynac, médecin généraliste en MSP à Pantin

    La liste complète des signataires de cette tribune
    https://docs.google.com/spreadsheets/d/1TU5tjM_ZVfg9ZCmMTK-x4QxJxvi9PBabNuS_clGf8Qs/edit#gid=0

    https://seenthis.net/messages/888511

    #AME #santé_publique #accès_aux_soins #étrangers #xénophobie_d'État