• #Souffrance_au_travail à #Campus_France : le coût social du « #soft_power »

    Plusieurs salariés de l’agence Campus France dénoncent un management agressif dans un contexte de réduction des effectifs, alors que la structure chargée de la promotion de l’#enseignement_supérieur français à l’étranger fait face à de multiples #procédures_judiciaires. La direction parle de litiges isolés.

    Pour se rencontrer, cela n’a pas été simple. Ces salariés ou ancien salariés de Campus France réunis ce jour de printemps autour d’une table sont tous hospitalisés en psychiatrie après des #dépressions sévères et doivent presque chaque jour se faire soigner pour ne pas vaciller davantage. « J’ai deux enfants, c’est dur pour eux de me voir comme ça », glisse Laura Foka, ancienne cadre du service communication. Ils dénoncent tous un #management_toxique qui les rend malades.

    Campus France est un établissement public industriel ou commercial (#Epic) chargé de la #promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger ainsi que de l’accueil des étudiants et des chercheurs étrangers en France, sous la double tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur. Ces Epic, qui ont fleuri ces dernières décennies en marge de l’#administration_française, tirent leur financement de la puissance publique mais appliquent à leurs salariés les règles du #droit_privé.

    En mai 2018, neuf salariés de Campus France, constitués en collectif, alertent leur direction ainsi que toutes leurs tutelles dans un courrier sévère sur ce qu’ils considèrent comme une surexposition délétère aux #risques_psychosociaux : « Aujourd’hui, de nombreux salariés sont touchés par un management qui repose sur une #désorganisation_du_travail, une absence d’objectifs clairs, une extrême #violence des échanges entre la direction et certains collaborateurs. » Quelques mois après, l’un d’entre eux fait une tentative de #suicide.

    « J’étais en #dépression à cause du travail depuis deux ans, explique Ronel Tossa, salarié du service comptabilité, sous le coup d’une procédure de licenciement notamment pour « #abus_de_liberté_d’expression », qu’il conteste aux prud’hommes (ce motif a été utilisé dans d’autres procédures de #licenciement chez Campus France). J’accompagnais beaucoup de gens qui n’allaient pas bien… C’est moi qui ai fini par passer à l’acte. » Après que le Samu l’eut trouvé à son domicile, Ronel Tossa a passé deux jours dans le coma, puis est resté quatre mois hospitalisé en psychiatrie. Il continue aujourd’hui d’aller à l’hôpital trois jours et demi par semaine. Son geste ainsi que sa maladie ont été reconnus en accident et maladie professionnelle.

    La situation, cependant, n’évolue guère. En novembre 2019, Ronel Tossa, Laura Foka et deux autres salariés couchent à nouveau par écrit leurs vives inquiétudes : « Qu’attendez-vous donc pour réagir ? » Là encore, aucune réponse des tutelles ou des membres du conseil d’administration de Campus France, pourtant en copie.

    Abdelhafid Ramdani, l’un des signataires, a lui cessé d’attendre. Il entend porter plainte au pénal, notamment pour #harcèlement_moral_systémique_et_institutionnel, notion entrée dans la jurisprudence à la suite du procès France Télécom. Plusieurs autres salariés devraient, si la plainte est instruite, se constituer parties civiles.

    « J’adorais mon métier, explique Abdelhafid Ramdani, responsable informatique, en poste depuis 1997. Pendant vingt ans, et auprès de quatre chefs différents, pas toujours simples, je n’ai eu que des bons retours. Puis un nouveau manager, proche de la nouvelle direction, est arrivé et à partir de là, la situation s’est dégradée. »

    Il est en arrêt de travail depuis 2017, sa dépression a également été reconnue comme #maladie_professionnelle et sa situation a fait l’objet d’un rappel à l’ordre de l’#inspection_du_travail : « Le #risque_suicidaire qu’il avance et repris par le médecin du travail est avéré […]. Une fois de plus la direction relativise et écarte même d’un revers de main ce risque. » Avant de conclure : « Je n’omets pas que le dossier de M. Ramdani est à replacer dans un contexte plus large et qui concerne l’ensemble de l’organisation du travail de votre entreprise notamment sur les relations tendues et pathogènes existant entre la direction et un certain nombre de salariés. » Abdelhafid Ramdani a depuis porté #plainte devant les prud’hommes pour harcèlement et pour contester une #sanction_disciplinaire à son encontre et déposé une première plainte au pénal, classée sans suite en mai 2020.

    Au total, sur un effectif de 220 salariés, Campus France a dû faire face, ces dernières années, à au moins une douzaine de procédures prud’homales. Pour la direction de Campus France, interrogée par Mediapart sur ces alertes, « ces litiges isolés ne reflètent en rien une détérioration générale du climat social » au sein de l’établissement. Elle vante de son côté le faible nombre de démissions depuis la création de l’établissement en 2012 (8 sur les 190 salariés présents à l’époque), ainsi que son « souci de préserver le bien-être au travail des salariés », y compris dans la période récente liée au Covid-19. Selon nos informations, plusieurs dizaines de salariés en CDD ont néanmoins vu leur contrat s’achever brutalement à l’issue de la crise sanitaire, ce qui a fragilisé les équipes.

    Campus France rappelle également que « seules deux situations conflictuelles ont été tranchées par la juridiction prud’homale. Dans les deux cas, les salariés ont été déboutés de l’intégralité de leurs demandes, y compris celles qui portaient sur l’éventualité d’un harcèlement moral ». Contactés par Mediapart, les deux représentants des salariés au conseil d’administration ainsi que la nouvelle secrétaire du comité économique et social (CSE), qui a pris ses fonctions au printemps, abondent dans une réponse identique par courriel, estimant avoir « fait le vœu d’une construction collective plutôt que d’une opposition portant constamment sur les mêmes cas isolés et non représentatifs de l’ambiance actuelle positive de Campus France et du traitement des salariés, que ce soit pour les conditions de travail ou salariales ».

    Nombre de dossiers sont cependant en procédure. L’agence a été condamnée en mars 2019 pour #discrimination_syndicale, puis en appel, en décembre de la même année, pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Par ailleurs, elle fait face à plusieurs contentieux devant le tribunal administratif, soit pour contester des reconnaissances de maladie professionnelle ou d’accident du travail, portant tous sur la #santé_mentale, soit pour contester un refus de licenciement de salarié protégé. Enfin, à Montpellier, où Campus France possède une délégation, une main courante a été déposée par un salarié contre un collègue, résultat de tensions laissées en jachère pendant plusieurs années.

    Lors de l’avant-dernier conseil d’administration (CA) de l’agence le 25 novembre 2019, le représentant du ministère des finances a d’ailleurs pointé, à l’occasion d’une « cartographie des risques », le recours à au moins cinq avocats – un nombre significatif pour une structure de cette taille –, le coût financier des procédures juridiques engagées et la multiplication de ces procédures. « Ce qui veut dire que même les tutelles, alors même qu’il n’y a pas plus mauvais employeur que l’État, ont remarqué cette dérive », ironise l’un des participants, qui souhaite rester anonyme.

    « Au cours de ce CA de novembre, on m’a présenté un accord d’entreprise, signé par la direction comme les syndicats, c’est un signe clair d’apaisement, tempère Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger et membre depuis 2017 du conseil d’administration de Campus France. Que dans un effort de restructuration administrative il y ait des tensions, c’est plutôt normal. Je sais qu’il y avait des salariés isolément qui n’étaient pas bien, j’en étais conscient et cela a été exprimé au cours des conseils d’administration, surtout entre 2017 et 2018. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros »

    Le collectif de salariés n’est cependant pas le seul à avoir sonné l’alarme sur le #climat_social. D’après plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart, de nombreux élus du personnel, membres du comité hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), puis le CSE se sont inquiétés des tensions existantes, presque sans relâche depuis la création de Campus France, tout comme les deux inspecteurs du travail successivement en poste jusqu’en 2018.

    L’un de ces élus, bien au fait des dossiers, résume la situation ainsi : « Campus France, c’est un bateau ivre. Le management y est devenu agressif, sans imagination, et il se contente d’enterrer les dossiers ou de pousser à la faute. »

    L’histoire de Campus France explique en partie ces problèmes. L’établissement a fusionné en 2012 plusieurs organismes en une seule et unique agence : l’association #Egide, opérateur à l’époque pour la gestion des bourses et des séjours des étudiants étrangers ; le groupement d’intérêt public #EduFrance, renommé Campus France, chargé de la promotion de l’enseignement du français à l’étranger, et les activités internationales du #Centre_national_des œuvres_universitaires_et_scolaires (#Cnous). Au sein de la toute nouvelle agence Campus France, les cultures professionnelles s’entrechoquent presque immédiatement.

    Pensée pour gagner en #efficacité, l’agence agglomère différents statuts, salaires, fonctions, et des personnes issues d’organismes ayant déjà subi des réorganisations, parfois douloureuses. Dans un rapport commandé par le CHSCT de Campus France en 2016, les experts tentent de résumer la situation : celle d’une petite structure, Campus France, comparée à une start-up d’intellos faiblement hiérarchisée, d’une quarantaine de salariés, jeunes et presque tous cadres, qui a avalé une grosse association, Egide, et une partie du Cnous, où travaillaient majoritairement des employés, parfois vieillissants.

    « On a de manière intelligente et novatrice réorganisé l’administration d’État sur des objectifs, se félicite Fréderic Petit, membre, en tant que député, du conseil d’administration de plusieurs structures de ce type. On a enfin une gestion des deniers de l’État par projet, et non plus par structure, ce qui était quand même hallucinant. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros », souligne pourtant, rétrospectivement, Laura Foka, dans une structure où va régner des années durant un « #mépris_réciproque » raconte également un ancien cadre dirigeant, entre « manants » et « jeunes flambeurs ».

    À l’époque, c’est donc en partie à ces #réorganisations successives que la plupart des salariés attribuent, selon ce même rapport, leurs difficultés, qui confinent aux risques psychosociaux. L’arrivée d’une nouvelle directrice à la tête de Campus France, en juillet 2015, semble avoir jeté de l’huile sur le feu.

    #Béatrice_Khaiat a passé une bonne partie de sa carrière dans les cabinets ministériels, notamment celui de l’éducation et de la culture. Proche des milieux socialistes, elle entre en 2012 dans celui du premier ministre Jean-Marc Ayrault, après avoir été directrice déléguée de Campus France, avant la fusion. En 2015, elle devient directrice générale de l’établissement, par décret du président de la République, un mandat renouvelé pour trois ans le 7 mars 2019, malgré les différentes alertes.

    Plusieurs membres de la direction quittent d’ailleurs le navire peu de temps avant sa nomination, à coup de transactions financières. D’après des courriels que nous avons pu consulter, on s’y inquiète déjà de « #harcèlement_caractérisé », d’une volonté de « faire la peau » à d’anciens membres d’Egide, de la persistance de « clans et de factions ». L’un d’entre eux a même, selon nos informations, porté #plainte contre sa directrice auprès de la police, après des propos tenus en réunion. Une plainte classée sans suite.

    Dès le départ, ses manières très directes étonnent : « Lors de la première réunion avec le personnel, Béatrice Khaiat nous a dit qu’à Campus France, on ne vendait pas “des putes ou de la coke”, une manière de souligner que notre matière était noble, se souvient un salarié, qui souhaite rester anonyme. Nous étions dirigés jusque-là par un ambassadeur, tout en retenue… Disons que c’était rafraîchissant. Mais ce mode d’expression a donné le ton sur la suite. J’ai des dizaines de témoignages d’#humiliation de salariés, de feuilles jetées à la figure… »

    Laura Foka en a fait l’expérience. À son retour de congé maternité en 2016, après avoir donné naissance à un deuxième enfant, elle participe à une réunion de service où Béatrice Khaiat plaisante sur son cas. « Au troisième enfant, je licencie », lâche la directrice. Lors d’un point d’actualité, rebelote : « Après deux enfants, il faut se remettre au travail », déclare Béatrice Khaiat devant le personnel réuni. Laura Foka se recroqueville au fond de la salle, et fond en larmes.

    « Mère de famille elle aussi, madame Khaiat a plaisanté avec l’une de ses collègues sur une expérience vécue par toutes les deux, celle d’une jeune mère devant assumer tout à la fois ses obligations professionnelles et familiales, explique aujourd’hui la direction, qui rappelle une #féminisation à 62 % de l’encadrement de Campus France ainsi qu’un score « presque parfait » à l’index de l’égalité homme-femme. Ces propos ont été repris de manière déformée. » Ils ont pourtant été confirmés par plusieurs témoignages et jugés suffisamment sérieux pour avoir fait l’objet d’un courrier de l’inspecteur du travail, qui rappelait à Campus France le risque de « #harcèlement_discriminatoire ».

    Très fragilisée par ces propos, Laura Foka se sent depuis un moment déjà sur la sellette. Dans son service communication, presse et études, c’est l’hécatombe depuis l’arrivée d’un nouveau manager. Les salariés serrent les dents, préviennent en vain les ressources humaines, attendent près d’un an et demi avant d’alerter les syndicats en 2017. Nombre d’entre eux ont des #pensées_suicidaires. Une enquête du CHSCT est déclenchée pour danger grave et imminent.

    Dans l’intervalle, cinq salariés du service, soit presque la totalité du département, quittent Campus France, « à l’américaine, leurs cartons sous le bras », raconte Laura Foka. Cette dernière pour inaptitude, qu’elle finit par accepter, de guerre lasse, face à l’inquiétude de son médecin, et deux pour faute grave ; les derniers dans le cadre de #rupture_conventionnelle, plus ou moins contrainte.

    L’une d’entre eux écrit ainsi ceci, un an plus tard, dans un courrier officiel à la DIRECCTE : « J’en suis arrivée au point de demander une rupture conventionnelle en septembre 2017 pour fuir des conditions de travail intenables et une situation devenue insupportable. » Contredisant les déclarations de la direction qui affirme que « l’intégralité des ruptures conventionnelles depuis la création de l’établissement en 2012 ont été faites à la demande des salariés qui souhaitaient partir et ont été approuvées par les administrateurs salariés ».

    Pour Zoubir Messaoudi, salarié du service informatique, la descente aux enfers professionnelle coïncide également avec l’arrivée de Béatrice Khaiat aux manettes et d’un nouveau manager au service informatique : « Mon ancien chef avait jeté l’éponge, mon N+1 était mis sur la touche. J’arrivais le premier au bureau et repartait le dernier, et pourtant, je recevais des mails où l’on me reprochait tout et n’importe quoi, comme si la direction essayait de constituer un dossier… Je viens du domaine de la prestation de service, où nous sommes clairement de la chair à canon, mais même là-bas, j’étais traité avec plus de respect. »

    Après un premier avertissement pour avoir quitté les locaux à 16 heures un jour de grève des transports (avertissement contesté aux prud’hommes, qui a tranché en sa faveur en 2018), Zoubir Messaoudi est convoqué pour licenciement en juin 2019. Sous le choc, il s’évanouit, ce qui nécessite l’intervention des pompiers et son hospitalisation en psychiatrie. Placé en arrêt de travail, il sera licencié quelques mois après pour faute grave, alors que l’arrêt court toujours, accusé de mauvaise foi vis-à-vis de son supérieur, de dénigrement de sa hiérarchie et de négligence professionnelle.

    « Durant un arrêt de travail et sous certaines conditions, l’employeur peut licencier un salarié, argumente Campus France. En l’occurrence, nous avons estimé, au vu de la gravité des faits commis par le salarié, que ces conditions étaient réunies. » Zoubir Messaoudi se souvient, lui, d’avoir passé « un sale été » l’an passé : « J’avais envie de me jeter par la fenêtre tellement j’avais mal. J’ai négligé ma femme, ma fille. » Il conteste aujourd’hui son licenciement aux prud’hommes.

    Se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, répondre à l’ambition politique

    À quand remontent les alertes collectives ? Campus France les a-t-il ignorées ? Le premier rapport sur les risques psychosociaux, rédigé par le cabinet Orseu, agréé par le ministère du travail, est immédiatement contesté par la direction, qui remet en cause le professionnalisme des experts mandatés. Il concluait néanmoins en avril 2016 à un « risque psychosocial majeur ».

    Le deuxième rapport sur la qualité de vie au travail, rédigé par le cabinet (non agréé) Empreinte humaine un an plus tard est bien moins sévère, mais ne dément pas que l’organisation du travail puisse être améliorée. Il s’est ensuivi de séances menées par des psychologues du travail, pour que les salariés aient le moyen de s’exprimer. « Ces séances ont été l’occasion de larmes, de colère, d’insultes, rapporte un élu. Et il a fallu attendre un an et demi pour avoir un retour. Malgré nos demandes, la direction n’en a strictement rien fait. »

    Le 27 mars 2018, le CHSCT se félicite qu’une formation en droit social, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ait finalement été organisée à destination des managers, avant de regretter qu’elle ait été essentiellement « dédiée au processus de licenciement, à l’éventail des sanctions disciplinaires, au recueil des preuves, etc. » avant de s’interroger benoîtement pour savoir si ces formations « ne visent pas à étayer une politique de réduction de l‘effectif ». Une formation, s’insurgeaient les élus, qui abordait aussi la question « du licenciement des salariés protégés ».

    Deux autres enquêtes, à la suite d’alertes pour danger grave et imminent, ont donné lieu à des passes d’armes. La première, lancée par le CHSCT (où sont représentés direction et élus du personnel) au sujet de Ronel Tossa, aboutit à deux rapports divergents, l’un de la direction et l’autre des élus. C’est pourtant le premier que transmettra Campus France au juge en charge de trancher sur la légalité de son licenciement, le présentant comme le rapport du CHSCT, ce que ne manqueront pas de contester les élus de l’époque ainsi que le salarié concerné.

    Le ministère du travail lui-même, sollicité sur le licenciement de Ronel Tossa, mandaté par la CFDT comme délégué du personnel, a débouté l’établissement public en février 2019, reprenant les mots de l’inspecteur pour justifier sa position. Dans un mémoire auquel nous avons eu accès, il parle d’une « organisation pathogène volontaire » où le cas de ce salarié est à « replacer dans le contexte global de cette société, une hiérarchie qui dénie tout droit à ses salariés et qui a organisé un système de #souffrance_au_travail ».

    Campus France a fait appel de cette décision et assure avoir « contesté ces propos dans le cadre d’un recours hiérarchique mettant en cause l’impartialité de l’inspecteur du travail ». L’agence a manifestement eu gain de cause, car cet inspecteur a depuis été remplacé, au grand dam de plusieurs salariés. La direction enfonce d’ailleurs le clou : « Aucune situation correspondant à du harcèlement moral n’a été retenue et aucune mesure en conséquence n’a été prise par l’inspection du travail. »

    Elle se félicite également qu’aucune alerte pour danger grave et imminent n’ait été déclenchée depuis 2018. Même son de cloche auprès des salariés du conseil d’administration et de la secrétaire du CSE : « Le personnel Campus France a tourné la page depuis longtemps – sachant que la grande majorité ignorait ces #conflits_sociaux – afin de poursuivre la construction d’une véritable #culture_d’entreprise qui a pu être en défaut lors de la création de l’EPIC par la fusion en 2012 de deux entités distinctes et avec des fonctionnement différents. »

    Or pour cet ancien élu, très au fait de tous ces dossiers, la direction n’a pas cessé de vouloir au fil des ans « casser le thermomètre ». Lors d’une réunion du CHSCT, où sont évoquées la situation d’Abdelhafid Ramdani et la nécessité de déclencher une nouvelle #alerte pour #danger_grave_et_imminent (la médecin du travail évoquant le risque suicidaire), le directeur des ressources humaines explique ainsi à l’assemblée sidérée que « tout le monde meurt un jour ». « Après plusieurs tergiversations, on a quand même obtenu une enquête, élargie à toute la direction informatique », poursuit l’élu présent ce jour-là, sans trop y croire. « Les gens savaient que ceux qui étaient en conflit avec la direction étaient virés ou au placard, et donc ils se sont tus. » De fait, ce deuxième rapport ne conclut pas à un quelconque harcèlement.

    La médecin du travail elle-même, ont raconté à plusieurs reprises les salariés, se contente souvent de renvoyer la souffrance dos à dos, et évoque le décès, en 2015, d’Elsa Khaiat (parfois orthographié Cayat), la sœur de Béatrice Khaiat, lors de l’attentat de Charlie Hebdo, pour expliquer une forme d’emportement de la directrice générale. Le service de presse de Campus France fera d’ailleurs de même, en préambule de ses réponses à nos questions, pour nous décrire une « femme entière », issue d’une « famille engagée ».

    Plus profondément, ce que redoutent certains élus et salariés, c’est une forme de dégraissage déguisé des #effectifs, alors qu’une première vague de départs a déjà eu lieu lors de la fusion, en 2012. Cinq ans plus tard, en 2017, l’expert du comité d’entreprise s’inquiète d’une hausse des ruptures conventionnelles et d’une enveloppe dédiée à ces départs de 150 000 euros.

    « Un #abus_de_droit », soutien ce même expert, qui rappelle la mise sur pied par le gouvernement d’un « nouveau dispositif de rupture conventionnelle collective pour éviter des dérives ». Ce même expert, en septembre 2019, revient à la charge : « La première cause des départs sont les ruptures conventionnelles, qui représenteraient 30 % des départs sur les quatre dernières années », soit 31 postes en CDI. Tous ont été « homologués par l’inspection du travail », se défend Campus France, qui parle de « faits erronés », sans plus de précisions et assure que son équipe a maintenu les effectifs à flot, depuis la fusion.

    Mais à plusieurs reprises, le message envoyé aux salariés est clair : « La porte est grande ouverte », dira même un représentant de la direction lors d’une réunion avec les délégués du personnel, en mars 2017. Lors d’un pot de départ d’une salariée à l’occasion d’une rupture conventionnelle, à l’extérieur des locaux de Campus France, Béatrice Khaiat prend la parole, et incite, selon des témoins de la scène, les salariés à faire de même : « Faites comme elle, d’ailleurs, c’est magnifique ! », s’enthousiasme la responsable.

    « La direction, en CHSCT, devant l’inspecteur du travail et au cours de points d’information, a fait savoir, à de multiples reprises, que la porte était “grande ouverte”. Cela n’a jamais été un incident isolé, mais des propos récurrents », témoigne Ambroise Dieterle, secrétaire du CSE jusqu’en mai 2020, aujourd’hui en reconversion professionnelle.

    La question financière n’est pas étrangère à cette tendance. Un an après son arrivée, la directrice générale l’annonce aux élus : la #masse_salariale est trop importante au vu du #budget dont elle dispose, et devra être amputée d’un million d’euros. Les départs auront lieu, au fil de l’eau, alors même que l’agence doit se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, et répondre à l’ambition politique. Derniers en date, le « #Make_our_planet_great_again », d’Emmanuel Macron, initiative qui a fortement mobilisé Campus France, ou encore le récent programme #Al-Ula, accord de coopération entre la France et l’Arabie saoudite.

    « C’est une question de dosage dans sa mission d’intérêt public, rappelle un ancien haut dirigeant de Campus France. Un Epic comme Campus France doit faire des recettes mais reste soumis à un agent comptable public. On a toutes les contraintes du droit privé, très contraignant, et celles de la comptabilité publique, extraordinairement lourdes. »

    Pour un ancien salarié œuvrant dans la gestion des bourses étudiantes, qui vient de quitter Campus France avec pas mal d’amertume, le problème réside plutôt dans ce que tout le monde « vienne prendre commande » chez Campus France, ministères, université, grandes écoles. Or l’arbitre à la toute fin, « c’est Bercy [le ministère des finances – ndlr] ». Quitte à une perte de sens dans les missions, poursuit-il : « Nous étions des fluidificateurs pour les étudiants, nous sommes devenus des auxiliaires de police, des collectionneurs de pièces. Notre image auprès d’eux, et des ambassades, se dégrade considérablement. »

    La critique n’est pas neuve. En 2012, un article du Monde racontait les débuts chaotiques de l’agence Campus France, ses tarifs devenus élevés, et ces étudiants étrangers, livrés à eux-mêmes à leur descente de l’avion. Quelques jours plus tard, le président du conseil d’administration Christian Demuynck (membre des Républicains) présentait même sa démission, critiquant une « gestion sans stratégie ni ambition de l’établissement par quelques fonctionnaires des tutelles nuisant gravement tant à son indépendance qu’à la qualité de son travail ».

    Dans la même lettre, que nous avons pu consulter, il rajoutait ceci : « J’espère que ma démission sera l’occasion pour l’État de mener un examen nécessaire des établissements publics qui sont nombreux, comme Campus France, à subir un tel mode de gestion. » Tout comme leurs salariés, sommés de suivre, parfois dans la douleur.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080720/souffrance-au-travail-campus-france-le-cout-social-du-soft-power?onglet=fu
    #travail #conditions_de_travail

  • Calls to mental health services in Victoria double as strain of Covid-19 lockdown shows | Australia news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/australia-news/2020/jul/09/calls-mental-health-services-victoria-double-covid-19-lockdown-strain-c
    https://i.guim.co.uk/img/media/a1737ff6db4107ca4d6001de394a4fab1d57ceb0/19_770_3626_2176/master/3626.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    “The reintroduction of stage three restrictions in Victoria [is] just really exacerbating this and I think there is a really low mood and a sense of real uncertainty … There’s a lot of concern, stress, worry, anxiety, and that’s really having a toll on people’s mental health and wellbeing.”

    While the government measures were important to maintain public health, Harman said many people felt like they were going backwards.

    “I think it’s feeling for a lot of people like a real kick in the guts,” she said. “Most people had done the hard yards and were following the public health advice, and obviously, there’s a really worrying rate of community transmission … but that’s just really frustrating and a bit overwhelming.”

    While both the federal and state governments had announced significant funding boosts to mental health support services during the pandemic, Guardian Australia contacted both for comment about whether greater support was needed given the latest developments in Victoria.

    #santé_mentale #psychiatrie #reconfinement #Australie

  • Mental Health Issue a Feminist Issue Too
    https://magdalene.co/story/mental-health-issue-a-feminist-issue-too

    Mental illness, the issue we never talk about

    Until this article, I had never revealed my anxiety problem to my friends because I did not want it to define me, and to be a barrier to my performance in my professional life. Most importantly I didn’t want the “label” often slapped on people with mental health issues: that we’re being overly dramatic or ungrateful. Our depression is seen as our way of seeing the world as if it revolves around us. And I didn’t want people to know that cognitive behavioral therapy and drugs/medicine actually help me.

    Taboo is the prime reason we hide our mental illness. Families with members suffering from mental issues fear the stigma attached to the illness, and this often has devastating consequences.

    According to Human Rights Watch (HRW), more than 57,000 people in Indonesia “with real or perceived psychosocial disabilities” have been shackled or locked up in confined spaces at least once in their lives. Around 18,800 people are kept in shackles (called pasung in Indonesia).

    Meanwhile, a 2013 Research on Health by the Ministry of Healthy showed that about 14 million people or 6 percent of the population have a prevalence for mental and emotional illness and have had symptoms of depression and anxiety since the age of 15. Those suffering from schizophrenia are numbering about 400,000, the data says.

    #santé_mentale #Indonésie
    Envie de commenter : la santé mentale est un sujet pour les pays du #Sud_global aussi, pas que les pays riches.

  • The Pandemic Experts Are Not Okay - by Ed Yong (The Atlantic)
    https://www.theatlantic.com/health/archive/2020/07/pandemic-experts-are-not-okay/613879

    But Gonsalves added that HIV veterans have a deep well of emotional reserves to draw from, and a sense of shared purpose to mobilize. His advice to the younger generation is twofold. First, don’t ignore your feelings: “Your anxiety, fear, and anger are all real,” he said. Then, find your people. “They may not be your colleagues,” he said, and they might not be scientists. But they’ll share the same values, and be united in recognizing that “public health is not a career, but a mission and a calling.”

    #santé_publique et #santé_mentale

  • En France, « une vague de problèmes de santé mentale » se poursuit, en particulier « chez les plus précaires et jeunes »
    https://www.franceculture.fr/amp/societe/en-france-une-vague-de-problemes-de-sante-mentale-se-poursuit-en-parti

    La crise sanitaire n’est pas terminée et pourtant, nous constatons aujourd’hui des signes de relâchement, alors que les mesures drastiques prises par le gouvernement, en plein pic de l’épidémie, avec pour message la préservation de la vie à tout prix, ont été acceptées et même suivies à la lettre par la très grande majorité des Français.

    Le chercheur de l’Inserm à l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, Patrick Peretti-Watel, spécialiste de la sociologie du risque et de la santé, estime qu’il y avait alors un “consensus fragile”, que le confinement a eu de fortes répercussions, en termes de santé et de santé mentale en particulier, que son impact sur la population a été marqué aussi par un accroissement des inégalités sociales et que les comportements évoluent maintenant en fonction de l’âge et des modes de vie, les plus jeunes étant particulièrement confrontés à une forme "d’arbitrage intergénérationnel".

    La crise sanitaire n’est pas terminée. Le nouveau coronavirus continue à circuler et pourtant on observe un relâchement dans l’application des dits gestes barrières. Comment expliquer cette tendance, après une longue période de respect des injonctions ?

    Je pense que c’est d’autant plus compréhensible que les gens ont respecté justement avant, les injonctions préventives. Dans leur quotidien, l’épidémie, c’était le confinement. Le déconfinement, cela veut dire pour eux que, a priori, l’épidémie n’est pas forcément plus là, mais moins là. Les gens, ne serait-ce que parce qu’on les a autorisés à sortir de chez eux, se sentent moins exposés. Et puis ensuite, nous pourrions dire que la vie reprend ses droits. Même si le risque est toujours là, les gens vont arbitrer entre ce risque-là et d’autres risques.

    On a toujours tendance à oublier en santé publique le fait qu’il n’y a pas que la santé dans la vie, tout simplement, et qu’effectivement, de même que dans les années 80 et 90, on n’arrivait pas à comprendre pourquoi beaucoup de jeunes ne mettaient pas de préservatif pour avoir un rapport sexuel alors qu’ils risquaient d’être contaminés par le VIH, alors qu’il y avait, en fait, d’autres risques à prendre en compte pour eux : le risque de refus du partenaire, le risque de solitude affective..., de même aujourd’hui, on a aussi d’autres risques. Par exemple, il faut bien travailler pour vivre et nous l’avons vu aux Etats-Unis, où en particulier les gens qui ont un emploi précaire sont moins enclins à respecter les gestes barrières parce qu’ils ont plus besoin de s’exposer pour travailler et parce qu’il y a un risque aussi de ne pas ramener suffisamment d’argent chez eux à la fin de la semaine.

    Mais on peut aussi décliner cette notion de risque concurrent dans tous les autres domaines de la vie, que ce soit du point de vue affectif, social, amical, professionnel..., on est enclin à faire des arbitrages, on accepte de s’exposer à un risque d’infection au coronavirus parce que on veut éviter de perdre son emploi, de perdre ses amis, de trop déprimer à force de ne pas voir ses proches, etc.

    Et c’est d’autant plus vrai que le risque est très différencié puisque nous savons maintenant que tous les efforts déployés visent surtout à protéger les personnes vulnérables et en l’occurrence les personnes les plus âgées et les personnes qui sont déjà atteintes de maladies chroniques.

    Arbitrage sur fond d’ignorance, de propagande et d’injonctions contradictoires...
    #déconfinement #santé_mentale

  • Exilia | Anna : 10 années d’aide d’urgence en centre collectif d’hébergement – Podcast
    https://asile.ch/2020/06/26/exilia-anna-10-annees-daide-durgence-en-centre-collectif-dhebergement-podcast

    Anna vit depuis 13 années en Suisse. Elle est requérante d’asile déboutée. Elle reçoit l’aide d’urgence pour se nourrir, qui est une aide extrêmement précaire, distribuée en nature. Elle n’a aucune autonomie économique, est dans l’incapacité de se constituer un réseau social, d’entreprendre des activités et de mener sa vie. Elle n’a pas le droit […]

  • The Biggest Psychological Experiment in History Is Running Now - Scientific American
    https://www.scientificamerican.com/interactive/the-biggest-psychological-experiment-in-history-is-running-now

    Faced with potentially traumatic events, “about 65 percent of people are going to show minimal psychological symptoms,” says clinical psychologist George Bonanno of Teacher’s College at Columbia University. Bonanno, who is an expert on resiliency, studies the aftermath of hurricanes, terrorist attacks, life-threatening injuries and epidemics such as the 2003 SARS outbreak. His research and that of others consistently show three common psychological responses to hardship. Two thirds of people follow a resilience trajectory and maintain relatively stable psychological and physical health. About 25 percent struggle temporarily with psychopathology such as depression or post-traumatic stress disorder and then recover—a pattern known as the recovery trajectory. And 10 percent suffer lasting psychological distress. These results hold true across diverse populations and socioeconomic statuses. “We’re talking about everybody,” Bonanno says. On the other hand, the risk of psychiatric disorders is twice as high for people on the lowest economic rungs.

    But the mental health effects of a crisis so sweeping and insidious may not adhere to this paradigm.

    #mental #covid-19 #sars-cov2 #coronavirus

  • Psychological Trauma Is the Next Crisis for #Coronavirus Health Workers - Scientific American
    https://www.scientificamerican.com/article/psychological-trauma-is-the-next-crisis-for-coronavirus-health-w

    ... #burnout cannot capture what doctors, nurses, paramedics and others are experiencing as coronavirus overwhelms the health care system. “Burnout is a chronic response to health care conditions,” West says. “This is an unprecedented acute crisis.”

    #soignants #mental

  • ’They think I’m crazy’: Syrians struggle with their mental health in Lebanon’s lockdown - Al khaleej today

    Since Lebanon’s lockdown began, Mohammed, 16, has had little else to do than string beads onto bracelets all day, a skill he learned in prison in Syria.

    He suffers from post traumatic stress disorder since he spent seven months in a government prison in Damascus, and already had a strained relationship with his family before confinement measures were announced in mid-March to curb the coronavirus pandemic.

    After a few tense days of living with 10 other people in one tent in the dusty Lebanese border town of Arsal, Mohammed’s father decided that it was best that his troubled son live alone in a separate tent.

    #Covid-19#Liban#Santé_mentale#Réfugiés-syriens#Quarantaine#Camp#Aide#Economie#migrant#migration

    https://alkhaleejtoday.co/international/106136/They-think-Im-crazy-Syrians-struggle-with-their-mental-health-in-Leba

  • Expériences psychotiques : leur donner du sens pour ne plus les subir | Yann Derobert
    http://cqfd-journal.org/Experiences-psychotiques-leur

    Parce que les expériences dites « psychotiques » (perception de voix, visions, paranoïa...) sont considérées comme des symptômes de maladie, les personnes qui les vivent sont généralement incitées à tenter de les éradiquer. À l’inverse, au sein du REV (Réseau français sur l’entente de voix), chacun·e est invité·e à s’en accommoder et à les explorer pour en découvrir la signification. Voici le décryptage de Yann Derobert, membre fondateur et secrétaire de l’association. Source : CQFD

  • Il Rapporto annuale 2020 del #Centro_Astalli

    Il Centro Astalli presenta il Rapporto annuale 2020: uno strumento per capire attraverso dati e statistiche quali sono le principali nazionalità degli oltre 20mila rifugiati e richiedenti asilo assistiti, di cui 11mila a Roma; quali le difficoltà che incontrano nel percorso per il riconoscimento della protezione e per l’accesso all’accoglienza o a percorsi di integrazione.

    Il quadro che ne emerge rivela quanto oggi sia alto il prezzo da pagare in termini di sicurezza sociale per non aver investito in protezione, accoglienza e integrazione dei migranti. E mostra come le politiche migratorie, restrittive, di chiusura – se non addirittura discriminatorie – che hanno caratterizzato l’ultimo anno, acuiscono precarietà di vita, esclusione e irregolarità, rendendo l’intera società più vulnerabile.

    Il Rapporto annuale 2020 descrive il Centro Astalli come una realtà che, grazie agli oltre 500 volontari che operano nelle sue 7 sedi territoriali (Roma, Catania, Palermo, Grumo Nevano-NA, Vicenza, Trento, Padova), si adegua e si adatta ai mutamenti sociali e legislativi di un Paese che fa fatica a dare la dovuta assistenza a chi, in fuga da guerre e persecuzioni, cerca di giungere in Italia.

    https://centroastalli.it/il-rapporto-annuale-2020-del-centro-astalli
    #Italie #asile #migrations #réfugiés #statistiques #chiffres #rapport #2019 #précarité #précarisation #protection_humanitaire #décret_salvini #decreto_salvini #accueil #femmes #marginalisation #Libye #externalisation #ceux_qui_n'arrivent_pas #arrivées #torture #santé_mentale #mauvais_traitements #traite_d'êtres_humains #permis_de_séjour #accès_aux_soins #siproimi #sprar #CAS #assistance_sociale #vulnérabilité #services_sociaux #intégration

    Synthèse du rapport :
    #pXXXLIEN2LIENXXX

    Rapport :


    https://centroastalli.it/wp-content/uploads/2020/04/astalli_RAPP_2020-completo-x-web.pdf

    ping @isskein @karine4

  • J.-C. Métraux | La santé mentale des personnes migrantes au temps du confinement
    https://asile.ch/2020/05/19/j-c-metraux-la-sante-mentale-des-personnes-migrantes-au-temps-du-confinement

    https://asile.ch/wp-content/uploads/2020/05/Flickr_fdecomite_lifeboxes_Métraux.jpg

    Jean-Claude Métraux, psychiatre d’enfants et d’adolescents, co-créateur de l’association Appartenances, s’intéresse aux conséquences psychiques des deux mois de semi-confinement sur les personnes migrantes qu’il a pu rencontrer. Il évoque le quotidien des familles, d’adolescent.e.s, de personnes traumatisées par la guerre, surtout celles vivant en appartement. Les restreindre dans leurs mouvements a comme un air de […]

  • Call for probe after man found dead in Covid-19 asylum seeker hotel

    Refugee activists have called for an independent inquiry into the decision to move asylum seekers from their flats in Glasgow into hotels, after a man died suddenly at a guest house.

    Adnan, a 30-year-old Syrian, who had been in the city for about six months and was claiming asylum, was found dead in his room at #McLay’s_Guest_House on Tuesday 5 May.

    He had been living in the hotel for about a month, after accommodation provider, #Mears_Group, moved him from the flat where he had been living alone as part of its Covid-19 response.

    It is understood he may have died after a drug overdose. A postmortem will be carried out to confirm the cause of death.

    Hundreds of asylum seekers across the city have been moved to hotels by #Mears since the start of the Covid-19 outbreak. Their asylum support of £35 per week has stopped and instead they are provided with three meals per day in communal dining rooms, where it is claimed social distancing is difficult.

    They have no money for essentials such as toiletries, phone top-ups or snacks. After The Ferret reported that shared coffee and tea facilities put people at risk of being infected by Covid-19, they were taken away in at least one dining room. No in-room alternatives have been offered.

    Those supporting asylum seekers in hotels have said the situation is having a toll on their emotional well-being and are concerned about the risks that the situation poses to their physical health during the pandemic.

    The Ferret spoke to a friend of Adnan, who is also staying at McLay’s Guest House. He said his friend had addiction issues, was taking street Valium, and had become increasingly distressed during his time at the hotel.

    It is claimed that he had experienced past #trauma including abuse in jail and his friend said he had been expressing suicidal thoughts in the weeks leading up to his death.

    The day before he died, his friend said he was having flashbacks and had asked to see a GP.

    Pinar Aksu, an activist who also works for Maryhill Integration Network, said: “There needs to be an independent inquiry into this death. If people don’t get the help they need then we risk more people dying.

    “We also need to stop moving people into hotels. It seems very clear to me that this is being done so that Mears and the Home Office can protect profit. If they care about people’s welfare then why are they moving people out of their flats in the midst of a pandemic to places where they have to eat meals in shared areas and share bathrooms?

    “This tragedy is evidence of the damage caused by the asylum system. Moving people to hotels like this is only causing more stress and isolation. It has to stop.”

    A spokesperson from the No Evictions Network said: “We are deeply saddened and utterly outraged by the lack of humanity, dignity, or consideration shown to asylum seekers by Mears, the Home Office, and the UK government. They have failed to comply with basic duties and to treat human life with respect.

    “Individuals, racist policies and systems are directly to blame for this man’s death. This situation was entirely avoidable. Despite this, pleas for change made by both individuals and organisations have been ignored and a young life has now been lost.”

    At oral evidence given to the Home Affairs Committee inquiry into Home Office work on Covid-19, Mears Group said it had taken the decision “on balance” to move people in flats into hotels with meals provided because it meant staff would not need to deliver cash to them. It was also claimed they would have better access to health services.

    Mears, along with Clearsprings Real Homes and Serco who have accommodation contracts elsewhere in the UK, said it was “concerning” that asylum seekers had had their support stopped.

    A spokesman for Mears Group said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum-seeker who had been in Mears supported accommodation. The cause of death has not been determined.”

    A Police Scotland spokesperson said the death is being treated as “unexplained” and that a report will be submitted to the Procurator Fiscal.

    The Ferret tried to contact McLay’s Guest House for comment but was not able to speak to management. The Home Office has also been contacted.

    https://theferret.scot/covid-19-syrian-man-dies-asylum-seeker-hotel
    #décès #mort #mourir_dans_un_hôtel #Glasgow #Ecosse #UK #asile #migrations #réfugiés #hôtel #covid-19 #coronavirus #hébergement #logement #santé_mentale #suicide (?) #traumatisme #privatisation

    ping @karine4 @isskein @thomas_lacroix

    • Fury after Syrian asylum seeker found dead in Scottish hotel

      CAMPAIGNERS have slammed the UK Government after a Syrian man was found dead in a Scottish hotel.

      Initially named by friends as Adnan Olpi, that can today be confirmed as Adnan Olbeh.

      The 30-year-old was amongst scores of asylum seekers placed in a private guest house by Home Office housing contractor Mears Group.

      Emergency services were called to the 81-bedroom McLays Hotel in Glasgow on Tuesday afternoon but were unable to save him.

      Police Scotland said his death is being treated as unexplained, and friends told The National that he had sought support for mental health struggles and had developed drug problems while in the UK asylum system.

      However, despite some reports on social media that he had taken his own life, it is not known whether or not his death was intentional.

      Friends living alongside Mr Olbeh at the city site were afraid to speak out on the record, for fear of harming their claims for sanctuary in the UK.

      However, speaking on condition of anonymity, one fellow Syrian told how he had accompanied Mr Olbeh to appointments in which he had asked for mental health support. The friend said: “He had suicidal thoughts and told the Home Office that. I went to the hospital with him, he was seeking help. He tried many times. They would ask, ‘can you wait a few days?’”

      However, it is claimed that the move into the hotel exacerbated Mr Olbeh’s distress due to the inability to carry out basic independent tasks, like cooking his own meals. The friend went on: “I’m in shock. It’s really tough for me because I was so close with him.

      “He was under more pressure. I wonder if there was any small thing I could have done to save him.

      “He had a dream, he wanted his life to become better. He wanted to work and send money back to his family. He wanted to improve himself and he was learning the language. He wanted to get married and start a family.”

      The No Evictions Network held an online vigil yesterday evening. A spokesperson said: “We are deeply saddened by the situation, and utterly outraged by the lack of humanity, dignity or consideration shown to asylum seekers by Mears, the Home Office, and the UK Government.

      “They have failed to comply with basic duties and to treat human life with respect. This situation was entirely avoidable. Despite this, pleas for change made by both individuals and organisations have been ignored. We have lost a young life.”

      It is understood that around 500 asylum seekers in total are now being housed in Glasgow hotels, including some brought in from elsewhere in the UK. Mears Group claims it had to move people out of the short-term let accommodation used for new applicants but has been unable to find new provision due to coronavirus restrictions on the property market.

      Advocacy groups have raised fears about welfare, safety and social distancing but Mears Group insists all movement is being undertaken in accordance with health authority guidance on social distancing.

      Last night, a Mears Group spokesperson said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum seeker who had been in Mears supported accommodation. Mears are working with the Home Office to contact the asylum seeker’s family before disclosing more information.”

      The Home Office said: "We are aware of an incident resulting in an individual sadly losing his life.

      “It would be inappropriate to comment before all of the facts have been established and his family have been notified.”

      https://www.thenational.scot/news/18439256.fury-syrian-asylum-seeker-found-dead-scottish-hotel

    • Syrian man dies in Glasgow amid fears over refugees’ mental health

      Concerns raised over hundreds of asylum seekers moved en masse into hotels for lockdown.

      A Syrian man has been found dead in a Glasgow guesthouse after outreach workers raised significant concerns about the spiralling mental distress of hundreds of asylum seekers who were moved en masse into hotels at the beginning of lockdown.

      The man, who was 30 and had been living in Glasgow for the past six months while he completed his asylum application, was found dead in his room at McLay’s Guest House in the city centre on 5 May. A postmortem will take place to establish the cause of death, but a friend said the man had been experiencing suicidal thoughts for several weeks.

      Last month the Guardian reported that more than 300 asylum seekers housed in the city – the UK’s largest dispersal area – had been given less than an hour’s notice to pack up their flats before being moved into city centre hotels, where they claimed physical distancing was “impossible”. In a move condemned by campaigners, they also had all financial support withdrawn.

      The private housing provider Mears, which is subcontracted by the Home Office, moved them from mainly self-contained apartments into hotels where residents and campaigners describe continuing difficulties with maintaining physical distancing.

      Mears said people were being “safely and appropriately” housed in accordance with health authority guidance, while a Home Office spokesperson said it was “totally incorrect” to suggest that there were problems with physical distancing.
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      Since then, outreach workers have identified increasing fear, stress and anxiety among this vulnerable population, who have no information about future housing arrangements and no money to top up their phones to continue communication with lawyers, or buy extra food, hand sanitiser or period products for women.

      A friend of the dead man said that since the move into the guesthouse, he had spoken of worsening flashbacks to torture he had experienced on his journey through Libya to the UK.

      Ako Zada, the director of Community InfoSource, an asylum housing charity, has been visiting hotel residents regularly. He said: “I’ve been shocked to see people so mentally unwell. They are worried about cleaning of shared areas, and they don’t know when they will be moving again because they keep getting told different stories.”

      Hotel residents have complained about the quality of food provided, the fact that windows cannot be opened, as well as the psychological isolation. A number of hotel workers have also contacted the Guardian to raise concerns about large numbers of asylum seekers congregating in enclosed areas.

      Robina Qureshi of Positive Action in Housing said the “hotel asylum seekers” were being treated as “less than human”. “Many people, men and women are suffering from severe mental health conditions. The fact that Mears and the Home Office see fit to dump hundreds of people in hotels where there is no social distancing, people cannot keep their personal environment aired or hygienic, and have had their meagre card payment of £35 a week cut to £0 deserves further investigation.”

      Sabir Zazai, the chief executive of the Scottish Refugee Council, said: “This tragic death must be a chilling reminder of the chronic vulnerabilities of those going through the complexities of the asylum system.”

      A Mears spokesperson said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum – seeker who had been in Mears-supported accommodation. Mears are working with the Home Office to contact the asylum seeker’s family before disclosing more information.”

      A home office spokesperson said: “We are aware of an incident resulting in an individual sadly losing his life. It would be inappropriate to comment before all of the facts have been established and his family have been notified.”

      https://www.theguardian.com/uk-news/2020/may/11/syrian-man-dies-glasgow-fears-refugees-mental-health

    • Mears Group 2020 update: scandal-ridden landlord under fire from Glasgow to Gloucester

      At the start of 2019 we published a profile on Mears Group. The #Gloucester based housing repairs outsourcer had just won a £1.15 billion contract to run the refugee accommodation system in Scotland, Northern Ireland and much of the north of England.

      In the last year, refugee and housing campaigners have been keeping a close eye on Mears, with local resistance to its slum landlord practices emerging across the UK. This report just gives a quick update on some recent news on the company.

      Unless you live in one of the properties it manages, you may well not have heard of Mears. But it has quietly built up a small empire across the UK, primarily by taking over privatised housing services from local councils. Along the way it’s already clocked up a list of scandals from Glasgow down to Brighton, involving accusations of local government corruption and numerous alleged overcharging scams.

      The death of Adnan Olbeh

      Adnan Olbeh was found dead on 5 May 2020 in a Glasgow hotel where he had been placed by Mears Group under its management of the UK’s “asylum dispersal” scheme. He was 30 years old, from Syria. The cause of death is unclear, with any postmortem examination delayed by the corona crisis.

      What is known is that Adnan was one of hundreds of refugees recently evicted from their flats by Mears and other asylum landlords.

      The mass evictions were part of the Home Office’s coronavirus strategy. Often with just an hour’s notice, people were told to pack and leave their flats and moved into hotels. The logic behind this is not entirely clear, but it seems in line with other aspects of the government’s shambolic covid-19 response. “Social distancing” measures included people being transported four or five to a small van, stripped of cash support and facilities to cook for themselves, and instead being made to eat close together in hotel canteens — with food including the likes of undercooked chicken and mouldy bread.

      According to Smina Akhtar, interviewed by John Grayson for the Institute for Race Relations:

      “We have had lots of reports from people in the hotels about really awful food and poor conditions there. Adnan’s friend told me that his mental health really deteriorated in the hotel. A week before he died his friend asked the hotel to call an emergency ambulance because Adnan was in a terrible state. His friend went with him to the hospital but said that the staff there did nothing, they offered him no medication, and sent him back to his hotel.”

      According to Mears, in evidence to the House of Commons Home Affairs select committee, it was acting on a directive from the Home Office.

      Mears’ Home Office contracts so far

      Adnan Olbeh’s death is one visible tragedy linked to the misery of the UK asylum system. Thousands more people live with the everyday effects of a housing system which “disperses” people into run-down slum housing in the country’s most impoverished communities.

      For Mears, this means a ten year profit stream. For Mears’ new tenants – rat infestations, broken boilers, collapsed ceilings, piles of rubbish, and environmental hazards of all kinds seem the norm.

      John Grayson of South Yorkshire Asylum Action Group (Symaag) has been documenting the “chaotic” and “failed” Mears contract in Yorkshire. In the past he reported on similar conditions under the last contract holder, G4S.

      So have Mears even managed to underperform the shambles of G4S’ housing management? It’s maybe too early to make a full comparison. But it doesn’t look like things have got off to a good start.

      G4S and others had complained bitterly about making losses on the former round of asylum housing contracts. To drive profits up, Mears started their own tenure by trying to slash the amounts they pay to the smaller landlords they rent from. In South Yorkshire, Mears offered landlords new contracts paying up to 20% less than G4S had done. Many refused to sign up in what John Grayson calls a “virtual landlords strike” which left Mears struggling to place the asylum seekers it was contracted to house.

      In the North East, Mears had similar problems negotiating with G4S’ main sub-contractor Jomast – development company headed by Teesside multi-millionaire Stuart Monk. According to Grayson, this left over 1000 people stuck in hotels across West Yorkshire and Humberside in Wakefield’s “Urban House” temporary asylum accommodation over the winter. And, as he explained to us, the problem is by no means solved.

      “When Covid-19 arrived the whole asylum housing system was frozen in the Mears contract areas with around 400 people still in hotels and 270 in Urban House. Many people have now spent four months in Urban House, when they are only meant to stay there a few weeks. Urban House has appalling conditions which have been extensively documented in pictures and videos sent out from people resisting inside.”

      One thing Mears has achieved in Yorkshire is provoking a major local authority to come out against the contract. In January, as well as launching inspections of 240 Mears properties, Sheffield Council called on the Home Office to terminate the Mears contract and transfer asylum housing in the city directly to the council. This is only really a token gesture – the council has no say in national asylum policy. But it could be one move in a shift against the outsourced asylum housing system, if followed up elsewhere in the country.

      In Scotland, there is a strong solidarity network in support of refugee housing rights – including the Glasgow No Evictions campaign and groups such as the Unity Centre, Living Rent tenants union, and charity Positive Action in Housing. The main rallying point in 2019 was previous contractor Serco’s threatened “lock change evictions” of 300 of its tenants. Well aware of the opposition, Mears has so far tried to tread more carefully. It has promised not to carry out similar evictions, and set up a so-called “independent scrutiny board” to deflect criticism.

      In the North of Ireland, the PPR Project is one association monitoring and exposing conditions in Mears’ housing there.

      Milton Keynes mystery

      Before it turned asylum landlord, Mears’ big profit hope was getting more involved in the very lucrative business of housing development. One of its potential jackpots was a 50/50 joint venture with Milton Keynes council to redevelop seven major estates. The deal was valued at £1 billion, and branded as “YourMK”.

      But as of last year, the scheme was dead in the water. In July 2018, the council said it was putting the regeneration deal “on hold”. In October 2018, whistleblower allegations emerged that Mears had been overcharging Milton Keynes for repairs by up to £80,000 a month, with overall some £15 million “unaccounted for”. When we looked at Mears last February, the YourMK website had gone dead, with a page announcing that further information would be coming soon.

      The MK scandal still seems to be quietly brewing. In July 2019, the MK Citizen reported first of all that the regeneration scheme was definitively “scrapped”. But a couple of weeks later a second Citizen report corrected that YourMK was “not dead but dormant”, with the council and Mears “in discussions about whether it will remain the right partnership structure in future”.

      In May 2020, we haven’t seen any new announcements. The YourMK website is still down, and there is no official word on that supposedly missing 15 million. Where are the budding investigative journalists of Milton Keynes to get to the bottom of this?

      Booted out of Brighton

      Mears’ ten year housing maintenance contract with Brighton and Hove council finally came to an end on 31 May. Again, customer complaints came together with whistleblower revelations – and, yet again, the apparent disappearance of large sums of money.

      A council investigation found it had been overcharged by £500,000 by a plastering subcontractor hired by Mears. A second investigation was later opened into overcharging for electrical work.

      Mears will not be missed in #Brighton. And just before they left, in February 2020 their workers were balloting for strike action over pay and Mears’ plan to combine holiday and sick pay.

      Newham: Mears Cats

      In East London, Mears run 250 homes which are set for demolition as part of Newham Council’s “Regeneration Zone” in Canning Town and Custom House, E16.

      Like Milton Keynes, this is another overlong saga of a failing regeneration project leaving people stuck in poor housing. Back in 2011, Newham handed the properties to a private management company called Omega to let out on short term commercial tenancies. This was supposed to be a “temporary” arrangement before the bulldozers came in. Mears bought out the contract in 2014, and six years later are still in place. While the buildings are still owned by the council, Mears collect the rent and do the repairs – in theory.

      In reality, Custom House tenants speak of conditions that would be very familiar to anyone in Mears’ asylum accommodation in Sheffield or Glasgow. Months overdue repairs, water leaks, exposed asbestos, rat infestations and a “war” to get anything done – all whilst paying average rents twice as high as in directly run Newham council properties.

      Tenants have set up a vocal campaign group called Mears Cats, part of the Peoples Empowerment Alliance of Custom House, pushing to get their repairs done and for Newham Council to take direct responsibility. Boglarka Filler, one of the Mears Cats, told Corporate Watch:

      “Schemes such as the partnership between Mears and Newham Council have brought further misery to people already on the receiving end of austerity and insecure employment. Mears Cats are campaigning for better quality, cheaper housing for Mears tenants struggling to cope with disrepair and debts caused by high rents. We will take action to ensure that the Mears contract will not be renewed in Newham when it runs out in 2021, and that we get a fair deal next time.”

      Steady profits, feisty shareholders

      On a business front, Mears continues to turn a decent profit and pay out to its shareholders. Its last year (2018) annual results clocked operating profits up 4.7% (though revenue was 3% down), and shareholders pocketed a dividend up 3% on the year before.

      Mears has kept up its strategy of honing in on its “core” housing maintenance business. After buying up Mitie’s property division last year, it sold off its own home care wing.

      Most recently, Mears has said that it only expects a modest impact from the covid crisis. Housing is what is called “non-discretionary” spending – unlike foreign holidays or consumer fads, there is still demand for essential repairs in a downturn. The bulk of Mears’ income is locked in from long term contracts, largely with the public sector. As the company explained, 90% of its order book comes from public bodies and “the government has made a clear commitment that invoices will be settled quickly”.

      Through the lockdown, Mears has said it is only carrying out only emergency repairs. Although workers complain they are still being sent on unnecessary jobs without “social distancing” in place, or called in just to sit in company offices.

      Less positive for management, there are new rumbles from rebellious shareholders. Back in 2018 one of the two biggest shareholders, a German investment manager called Shareholder Value Management (SVM) successfully pushed out the company’s long-term chairman. At the latest AGM in June 2019, the other big investor also threw its weight around.

      PrimeStone Capital, a Mayfair based investor which owns over 13% of Mears’ shares, tried to get two new nominees on the board of directors against management’s wishes. The shareholder rebellion was narrowly defeated. In a statement, PrimeStone explained it was unhappy that “the company’s revenues and profit have remained flat despite its strong market position and growth prospects [while] average net debt has doubled”.

      It argued that:

      “Mears’ underperformance is predominantly due to a lack of strategic, commercial and financial experience on the board. The current board has a strong concentration of directors with a background in social housing, health & safety and charities.”

      Mears’ profit-hungry management guarantee shareholder payoffs by squeezing their repair costs to the bone. The outcome is the lived experience of their tenants across the UK. But, for some shareholders, they’re still not doing enough.

      Students and shirts

      Despite its well documented failings, Mears continues to win new contracts – for example, a new housing development project in North Lanarkshire, and a housing maintenance and repairs contract with Crawley council.

      Another sideline is its student housing offshoot Mears Student Life, so far with just two complexes in Dundee and Salford.

      Mears also likes a bit of football. In May 2019 the League One side Rotherham United confirmed it had extended its contract to emblazon the company’s classy red and black logo on its away kits for the 2019/20 season.

      Flowers left for Adnan Olbeh

      https://corporatewatch.org/mears-group-2020-update-scandal-ridden-landlord-under-fire-from-glas

  • « Pour les exilés, le confinement peut réveiller des images traumatiques »

    Si le suivi psychologique des exilés se poursuit notamment par téléphone, la psychologue Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, qui reçoit ces patients, s’inquiète de l’aggravation de leur #solitude « déjà extrême ».

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/27/pour-les-exiles-le-confinement-peut-reveiller-des-images-traumatiques_603790
    #traumatisme #trauma #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés #coronavirus #confinement #covid-19
    ping @isskein @karine4 @thomas_lacroix

  • Refugees in a Time of Pandemic: Protection and Mental Health-Related Implications -Association of Assistance Solidarity Support for Refugees and Asylum-Seekers ( MSYD ASRA )

    MSYD aims to focus on the vulnerable groups in the community, especially refugees
    living in Turkey during the Covid-19 pandemic. The people of concerns among the refugee population
    are open to expose the multisectoral effect of the Covid-19 as protection and mental health needs more
    than host communities because of their barriers to reach the information and services at the time being.
    In this respect, the report will provide the information and analyses on the needs of refugees and suggest
    the modality to serve and cover the relevant needs that have been determined from the survey. Also, it will
    underline the changes needed and problems to relocate and revise the current services provided by the
    government and non-governmental organizations

    #Covid-19#Turquie#Camp#Quarantaine#Confinement#Santé_mentale#migrant#migration

    https://msyd.org/eng/refugees-in-a-time-of-pandemic-protection-and-mental-health-related-implicatio

  • Societal exit from lockdown/ Déconfinement sociétal /Maatschappelijke exit-strategie

    Apport d’expertises académiques / Inbreng van academische expertise / Contribution of academic expertise

    Preprint Version 1.1April 17, 2020

    https://07323a85-0336-4ddc-87e4-29e3b506f20c.filesusr.com/ugd/860626_731e3350ec1b4fcca4e9a3faedeca133.pdf

    cf. Coronavirus - Une centaine de chercheurs émettent dix recommandations pour le déconfinement
    https://www.lalibre.be/dernieres-depeches/belga/coronavirus-une-centaine-de-chercheurs-emettent-dix-recommandations-pour-le-

    #covid-19 #lockdown #belgique

  • Mental illness will be ’next wave’ of COVID-19 pandemic, epidemiologist says | CBC News
    https://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/months-isolation-mental-health-covid-1.5521649?__vfz=medium%3Dsharebar

    An epidemiologist says social isolation could lead to a range of mental health issues as people face the prospect of living under the current COVID-19 restrictions for months.

    Sandro Galea, dean at Boston University’s School of Public Health, says the isolation as well as the uncertainty about how long it will last and how the pandemic will play out can all contribute to increased anxiety.

    "We humans are ultimately social. We’re social creatures and we do need interaction — physical and social — with others.

    This week, public health officials in British Columbia announced that physical distancing orders would remain in place until May.

    “I do think it’s [increasingly] less likely that we’ll be able to get back to more normal life, which I miss a lot, before at least the summer,” said provincial health officer Dr. Bonnie Henry. “And then we need to be preparing for the potential of a second wave in the fall.”

  • En psychiatrie, « avec le confinement, on revient à quelque chose d’asilaire » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/060420/en-psychiatrie-avec-le-confinement-revient-quelque-chose-d-asilaire

    Comment se déroule le confinement pour des patients bien souvent déjà enfermés ? En psychiatrie, l’épidémie de Covid a réduit les espaces de liberté des malades et révèle crument les différences de pratiques selon les établissements.

    Le 8 mars, Patrick fait une tentative de suicide. De lui-même, il contacte le Samu, mais le numéro est saturé d’appels et sonne occupé « pendant trop longtemps ». Heureusement, il parvient à joindre les pompiers qui l’emmènent aux urgences. Dès le lendemain, il entre en hôpital psychiatrique. Il y reste dix jours. Le temps de vivre « le confinement de l’intérieur ». « J’ai vu les libertés se réduire, c’est pour ça que j’ai demandé à sortir, je ne voulais pas rester coincé là-bas comme sur un paquebot. »

    Il raconte par exemple le moment de la prise de médicaments, lors de laquelle les patients font la queue pour obtenir leur traitement : le premier jour, aucune distance de sécurité n’est respectée ; le lendemain, chaque personne se tient à 50 cm de l’autre ; le troisième, « la queue mesurait plus de 30 mètres de long tellement il y avait d’espace entre les gens, donc les portes restaient ouvertes, il n’y avait aucune intimité pour les soins ». Les sorties dans le parc de l’établissement sont encore autorisées lorsqu’il quitte l’hôpital, « mais elles ont dû être supprimées depuis, car on sortait un par un, il fallait attendre en file, avec les distances à respecter, ça relève de l’impossible. Mais enfermer les gens 24/24h, c’est compliqué… »

    De fait, « pour les patients hospitalisés en psychiatrie, on se retrouve à faire tout ce contre quoi on s’est toujours battus », résume le docteur Mathieu Bellahsen, chef de pôle à l’hôpital spécialisé Roger-Prévot à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Dans son établissement, la salle commune a été fermée, tout comme la salle de télévision. Le self est à l’arrêt, les balades suspendues, les visites interdites, les psychothérapies corporelles remises à plus tard. « L’enfer total », pour le psychiatre.

    Même son de cloche dans l’est de la France. « Pas de promenades dans le parc, arrêt des permissions pour les retours à domicile, fin des visites, cafétéria fermée, énumère le docteur Christophe Schmitt, président de la Commission d’établissement du centre hospitalier de Jury, à côté de Metz. C’est difficile à supporter pour les patients et leur famille. » Pour contrebalancer, les personnes hospitalisées peuvent contacter leur famille par téléphone et le logiciel Skype a été installé sur des ordinateurs dans l’unité des adolescents et celles des patients autistes. « Pour ceux qui restent sur une longue durée, qui vivent à l’hôpital, leur univers est construit autour de la cafétéria, des retours en famille le week-end, des visites… Tous ces repères-là n’existent plus. » 

    C’est pourquoi le 27 mars, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, a publié une série de recommandations relatives aux établissements de santé mentale. Parmi celles-ci, on peut notamment lire que « l’interruption des visites des familles est compensée en facilitant les relations par téléphone ou Internet. Le CGLPL recommande à ce titre que les patients disposent librement de leur téléphone personnel, les exceptions ne pouvant être justifiées que par l’état clinique du patient. Selon la disponibilité du personnel et la disposition des locaux, l’accès à l’air libre et les promenades dans le parc doivent rester possibles afin de prévenir les tensions ». Des recommandations diversement appliquées partout en France. Car, comme le rappelle Christophe Schmitt, « quand les choses ont démarré, il y a eu des préconisations sur les traitements, la réanimation, mais rien de ciblé pour la psychiatrie ». « Les consignes en psychiatrie ont été données avec beaucoup de retard, là où les établissements généraux en avaient reçu depuis longtemps, confirme Adeline Hazan. Chaque ARS a livré ses propres consignes, donc cela diffère selon les régions. Cette crise révèle ce qui existait déjà : la disparité des pratiques entre les hôpitaux, parfois même entre les services, c’est très frappant. »

    Effectivement, au sein de la même région, la situation peut varier du tout au tout. Ainsi, Bénédicte Chenu, dont le fils schizophrène est hospitalisé à Sainte-Anne, à Paris, considère qu’il est « limite mieux là-bas que dans son appartement ». Chaque matin, le personnel soignant lui prend la température, il peut se promener dans le parc, descendre fumer et appeler sa mère sur WhatsApp. Seul point noir : la fermeture de la cafétéria. « En dehors de ça, il est en sécurité, il reste dans son secteur avec des jeunes de son âge. Et moi je peux appeler les infirmières si j’ai la moindre inquiétude. » Mais la mère le sait bien, « tout ça dépend beaucoup des services. S’il était resté là où il était hospitalisé auparavant, j’aurais été catastrophée ».

    C’est justement l’état dans lequel se trouve Carmen, extrêmement inquiète pour son fils, sujet à des délires, des hallucinations et des crises de paranoïa, hospitalisé depuis août dans un autre établissement parisien. « Il n’est pas stabilisé, donc il doit effectuer un bilan sanguin chaque semaine pour vérifier son traitement. Mais l’hôpital vient de m’informer qu’avec le confinement, ils ne feront plus de bilan sanguin. Ça signifie qu’il va devoir rester avec un traitement qui ne lui convient pas. » Surtout, les trois coups de fil hebdomadaires, qui remplaçaient les visites, ont été supprimés pour son fils. « Il entend des voix. Mardi, il s’est battu, il a été puni, il n’a plus le droit de téléphoner pendant une semaine. Mais c’est à cause de sa maladie, ce n’est pas sa faute ! Je ne sais pas dans quel état je vais le retrouver… », s’alarme Carmen.

    D’après Christelle, infirmière dans un hôpital psychiatrique du sud-ouest de la France, « avec le confinement, on revient à quelque chose d’asilaire ». D’autant plus dans son établissement où, pour créer une unité dédiée aux patients atteints du Covid, il a fallu entièrement en vider une autre et répartir les patients dans d’autres services, plus petits. « On a déplacé plus de vingt personnes dans une unité beaucoup plus petite, déjà pleine, habituellement prévue pour 32 personnes. » Résultat : des chambres de deux sont passées à quatre ou cinq occupants, avec les WC à partager et 1,5 mètre d’espace entre chaque lit. Le tout sans salle commune d’activité. « Donc on a des gens très très confinés, sans aucun espace d’intimité. » Le seul espace individuel possible restant celui de l’isolement thérapeutique. Soit une pièce où la personne se retrouve enfermée à clé, séparée des autres patients, normalement utilisée en dernier recours lors d’une phase critique de la maladie, sur décision d’un psychiatre. « On en arrive à pratiquer ce soin avec des gens qui n’en auraient pas eu besoin en temps normal, souffle l’infirmière. C’est très violent. »

    Des chambres surchargées

    À Asnières-sur-Seine, « pour ne pas avoir de chambre double, on a fait sortir des gens qui auraient mérité une hospitalisation plus longue ou un accompagnement intermédiaire, avec d’abord quelques permissions. Une des personnes qu’on a fait sortir est revenue le lendemain après une tentative de suicide », raconte Mathieu Bellahsen. Au centre hospitalier Le Vinatier à Bron (Rhône), deuxième plus gros hôpital psychiatrique de France, il a aussi fallu fermer des lits. « Pour deux raisons, explique la docteure Natalie Giloux, cheffe de service. Anticiper le fait que les soignants seraient malades et donc absents. Et aussi libérer des lits pour les patients atteints du Covid. »

    En trois jours, 17 personnes sortent de son service. « Notre chance, c’est que les familles ont été prêtes à collaborer. Elles comprennent la situation, se rendent disponibles et solidaires. » Et les lieux de soins en ambulatoire n’ont pas été fermés, à l’exception des thérapies de groupe. Au Vinatier, les patients continuent de venir pour leur consultation, en étant systématiquement dépistés à l’entrée. Une rareté, puisque selon Adeline Hazan, « les centres médico-psychologiques (CMP) et les hôpitaux de jour ont globalement été fermés très vite ». Là-bas, comme souvent ailleurs, beaucoup de téléconsultations ont également été mises en place. « On a maintenu le contact de l’hôpital de jour par téléphone et grâce à des visites à domicile », confirme Christophe Schmitt. Mathieu Bellahsen sortait lui aussi justement d’une visite à domicile lorsque nous l’avons eu au téléphone.

    Car, pour les patients hors de l’hôpital, maintenir les soins et le contact s’avère essentiel. Du côté de Toulouse, Ingrid, dépressive et schizophrène, le reconnaît : en temps normal, en dehors de ses rendez-vous au centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP, prolongement du CMP), elle sort peu de chez elle. « J’y vais plusieurs fois par semaine, c’est le seul endroit où je vois des gens. Mais là, ils ne reçoivent plus. Quand dans la tête ça ne va pas, c’est compliqué. » Selon elle, « il n’aurait pas fallu fermer le CMP », sa « bouée de sauvetage ». Les consultations par téléphone ne lui suffisent pas. « On est un peu lâchés dans la nature », regrette-t-elle.

    Asma (le prénom a été modifié), dépressive chronique, ne se satisfait pas non plus des téléconsultations. « On ne va pas vraiment en profondeur. Et j’ai le sentiment d’une intrusion dans ma vie privée. Quand je vais en cabinet, je décide de ce que je donne. Là, ça me met mal à l’aise que les soignants voient chez moi. » Elle tire néanmoins du positif de la situation, elle qui devait justement réapprendre à vivre seule et à retrouver ses marques après plusieurs hospitalisations. Sur ce point, « ça a plutôt accéléré mon rétablissement ». La jeune femme a néanmoins dû affronter quelques crises, heureusement épaulée par son compagnon. « Sans lui, je me serais bourrée de médocs », admet-elle.

    Un accompagnement primordial dans la période actuelle, comme l’explique Dominique Laurent, présidente de la Maison bleue, un groupement d’entraide mutuelle (GEM) à Perpignan, structure autogérée par des usagers de la psychiatrie : « Vous savez, le confinement, on connaît. Quand on a passé plusieurs mois en hôpital psy, l’enfermement, on sait ce que c’est. La maladie fait que les gens se confinent aussi d’eux-mêmes, les usagers ont peu de relations. » Face à la crise, la Maison bleue a tout de même mis en place un relais téléphonique pour ses membres. Et les activités, menées par des adhérents, n’ont pas été interrompues : les ateliers chant et théâtre continuent par téléphone, l’informaticien dépanne tout le monde à distance, le cuisinier envoie des recettes, les usagers jouent aux échecs à distance… « Le constat que je fais, c’est que nous allons bien. En dehors de nous, les usagers sont souvent seuls. Là, on s’aperçoit que nos relations ont été solidement tissées, elles résistent. La trame de fond de la solidarité entre nous est bien installée. »

    Comment les soignants voient-ils la suite ? Beaucoup craignent « une hécatombe », selon les mots de Christophe Schmitt, à cause du Covid en psychiatrie. En effet, beaucoup de patients fument ou souffrent de problèmes cardiaques, notamment à cause de leur traitement médicamenteux – des facteurs de risque face au virus. D’autant plus qu’ils évoluent dans un milieu communautaire fermé, comme en Ephad. Et puis, à l’intérieur, « comment faire respecter les mesures barrières quand les patients partagent des sanitaires en commun ?, s’interroge le président de CME. Certains sont très tactiles, ils vivraient ces mesures barrière comme un rejet. »

    Christelle, infirmière dans le Sud-Ouest le rejoint : « On accompagne des personnes qui ont déjà du mal à faire leur toilette, alors imaginez se laver les mains plusieurs fois par jour… » Si, pour le moment, peu ont assisté à des crises ou de décompensations dues à la période actuelle, la plupart de nos interlocuteurs craignent l’après. « Nos patients sont habitués aux moments de crise, ils ont une carapace. Mais j’ai peur qu’à un moment donné, tout ça explose. On va assister à une vague de décompensation délirante, maniaque, suicidaire… On devra certainement faire face à une recrudescence des cas cet été », alerte Mathieu Bellahsen.

    #psychiatrie #Mathieu_Bellahsen

  • « De nombreux patients ne seront plus soignés » : le désarroi des hôpitaux psychiatriques face au coronavirus

    Le secteur de la santé mentale s’organise comme il peut, dans l’urgence, afin de maintenir les soins pour les cas les plus difficiles et éviter la propagation du Covid-19 au sein des établissements.

    Par Catherine Vincent

    Pas de masques, nulle part ou presque. Pas même au Groupe hospitalier universitaire (GHU) psychiatrie et neurosciences de Paris, qui regroupe les hôpitaux Sainte-Anne, Maison-Blanche et Perray-Vaucluse – soit 70 000 patients par an et un millier de lits. « Dans la distribution, nous avons tout simplement été oubliés par les autorités sanitaires, constate le docteur Raphaël Gaillard, chef de pôle à l’hôpital Sainte-Anne. Comme si la psychiatrie était une spécialité accessoire, un luxe que l’on peut se permettre en temps de paix. » Dans le secteur de la santé mentale, parent pauvre d’un système hospitalier lui-même dégradé, la crise sanitaire actuelle suscite les pires inquiétudes. Pour les soignants, et plus encore pour les malades.

    Partout, que ce soit dans les services de psychiatrie des hôpitaux généraux ou dans les établissements psychiatriques de secteur, le confinement en vigueur depuis le 17 mars entraîne les mêmes réorganisations. Avec deux objectifs : éviter au maximum le rapprochement des personnes et libérer des lits. La sortie des patients dont l’état est jugé satisfaisant est accélérée, la plupart des consultations reportées ou effectuées par téléphone. « J’avais entre 70 et 100 patients à voir dans les trois prochaines semaines, j’ai demandé à seulement deux d’entre eux de venir », précise Matthieu Gasnier, du service de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu (Paris). On s’adapte dans l’urgence. Et non, parfois, sans une certaine amertume.

    « Une médecine humanitaire, en plus difficile »
    Janine Carrasco travaille à l’hôpital psychiatrique Etienne-Gourmelen, à Quimper (Finistère). Si le centre médico-psychologique (CMP) y est resté ouvert, les structures ambulatoires, elles, ont fermé. Dans cet important établissement (1 000 salariés, 250 lits), une partie des personnels a été réaffectée pour renforcer les structures d’accueil des patients atteints du Covid-19. « En prévision de l’absentéisme des collègues qui vont tomber malades, ils ont déjà fermé les structures de jour qui assurent les urgences. De nombreuses personnes ne seront plus soignées. Une fois de plus, c’est la psychiatrie qui doit diminuer la voilure », déplore cette éducatrice spécialisée.

    Familière des missions de Médecins sans frontières, avec qui elle a longtemps travaillé, la pédopsychiatre Marie Rose Moro, qui dirige la maison des adolescents de l’hôpital Cochin, à Paris, évoque quant à elle « une médecine humanitaire, en plus difficile, car [ils n’ont] jamais connu ça ici ». En quelques jours, tout a dû être réorganisé : plus de visites des parents et des enseignants, activités de groupe réduites à l’extrême, mesures d’hygiène draconiennes. « On recentre tout sur l’essentiel pour pouvoir soigner ceux qui vont le plus mal. »

    Globalement, la vingtaine d’adolescents hospitalisés dans cet établissement réagissent plutôt bien au confinement et à la réduction des visites. « Ils comprennent ce qui se passe, et le fait d’avoir des consignes claires – se tenir à un mètre les uns des autres, ne pas se toucher – les aide à contrôler leurs angoisses internes. Mais cela peut aussi précipiter leur décompensation. Il y a quelques jours, deux jeunes se sont mis à délirer. »

    « Montée des tensions et de l’angoisse »
    Comprendre ce qui se passe : un luxe que tous les malades psychiatriques ne peuvent pas s’offrir. Sarah Iribarnegaray, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, travaille dans l’unité des patients difficiles. « Pour beaucoup d’entre eux, délirants ou très déprimés, l’épidémie est très loin de leurs préoccupations. Ce qui les touche directement, c’est l’absence de visites et la suppression des permissions de sortie », relate-t-elle.

    « Pour les patients les plus fragiles ou les plus difficiles, le confinement risque, sur la durée, de faire monter les tensions et l’angoisse », renchérit Marie-Victoire Ducasse. A l’hôpital Sainte-Anne où exerce cette jeune psychiatre, les malades mangent désormais en chambre et non plus dans la salle commune. L’accès au parc est fermé. La salle de télé, en revanche, est restée accessible. « Certains patients comprennent qu’il faut faire respecter les gestes barrières, mais pour ceux qui sont très désorganisés, c’est compliqué, reconnaît-elle. On ne va pas non plus les enfermer 24 heures sur 24 dans leur chambre, ça n’a aucun sens. »

    Pour la plupart des psychiatres, les bouleversements qu’entraîne la gestion de l’épidémie laissent craindre deux types de risques. Le premier concerne le suivi et la qualité des soins, critère particulièrement essentiel pour ces populations au psychisme fragilisé. « Les consultations par téléphone, pour le moment, se passent plutôt bien, constate Raphaël Gaillard. Mais pour combien de temps ? L’expérience que nous avons tirée de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, en 2001, qui avait soufflé un hôpital psychiatrique situé juste à côté, c’est que, dans les situations aiguës, nos patients se comportent plutôt de façon remarquable. Mais il y a forcément un effet rebond. »

    « Un afflux de patients »
    Déjà, la tension se fait sentir pour certains d’entre eux. « Toutes les structures extra-hospitalières ferment, et nous assistons à un afflux de patients isolés, qui pètent les plombs. Les schizophrènes paranoïdes notamment, qui ont tendance à se sentir persécutés », constate Delphine Rousseau, psychologue à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard (Bondy, Seine-Saint-Denis) et dans le service addictologie du Centre hospitalier intercommunal André-Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Privés de leurs recours habituels, les plus vulnérables, ceux qui sont à la rue ou zonent de place en place, risquent fort d’atterrir aux urgences psychiatriques.

    Deuxième crainte grandissante des psychiatres : la propagation du coronavirus au sein d’un établissement. Aucun foyer de contamination n’a pour le moment été déclaré, mais la perspective est plausible, et très inquiétante. « On sait que certains malades voient leurs familles et que les familles véhiculent le virus. Nous allons avoir des malades Covid +, et il sera particulièrement difficile de les prendre en charge, prévoit le docteur Norbert Skurnik, psychiatre hospitalier et président du comité d’éthique du GHU de Paris, qui rappelle que, « lorsqu’un schizophrène délirant a un infarctus, c’est déjà l’abomination pour trouver des soins ».

    Que fera-t-on de ces malades contagieux, s’ils sont en détresse vitale ? Il n’y a pas de service de réanimation dans les hôpitaux psychiatriques. « On est en train de chercher des solutions un peu partout. Mais on n’a aucune directive, aucune consigne claire, se désole le docteur Skurnik. C’est le far west. »

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/25/les-hopitaux-psychiatriques-en-plein-desarroi-face-au-coronavirus_6034308_32

    #santé #santé_mentale #psychiatrie #far_west_néolibéral #maladie #coronavirus #covid19 #HP

  • Pour sortir du #confinement, un plan d’urgence anticapitaliste

    Par bien des aspects, la #crise_sanitaire en cours est un révélateur de l’incapacité du #capitalisme européen à résoudre les grands problèmes de l’humanité. L’#Italie, la #France et l’#Espagne sont les pays où le virus frappe le plus fort car le #système_sanitaire a été ravagé par les politiques austéritaires depuis au moins une décennie. En France, ce sont 69.000 lits qui ont été supprimés à l’hôpital entre 2003 et 2017, 4.000 en 2018. Par souci d’économie, les réserves stratégiques de masques et de respirateurs ont été supprimées (près d’un milliard de masques dans les années 2000 - supprimé par Xavier Bertrand en 2011). Toujours par souci d’économie, la recherche publique sur les coronavirus n’a pas été soutenue et un temps précieux a été perdu dans la possibilité de trouver des traitements efficaces. La rigueur budgétaire et la recherche du profit sont les principaux responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

    Confinement ou immunité collective ?

    Face à la pandémie, les gouvernements hésitent entre deux solutions. La première, minoritaire, défendue par les gouvernement britanniques et néerlandais est l’acquisition d’une immunité de groupe. Cette immunité à l’avantage d’éviter les nouvelles épidémies. Selon les connaissances que nous avons du virus (R0 ~ 2.5), cela nécessite que 60% de la population entre en contact avec le virus et en soit immunisée. Ce processus est très bien décrit par le groupe de modélisation de l’équipe ETE (Laboratoire MIVEGEC, CNRS, IRD, Université de Montpellier) (http://alizon.ouvaton.org/Rapport2_Immunisation.html). Une fois ce taux atteint, la population dans son ensemble (y compris les personnes non immunisées) est protégée contre une nouvelle épidémie.

    Cependant, sans mesure de contrôle, les projections montrent qu’entre 81 et 89% de la population pourrait être infectée. Soit entre 20% et 30% de plus que le seuil pour atteindre l’immunité collective. Cela représente potentiellement 20 millions de personnes infectées en plus dans un pays comme la France.

    Nous ne connaissons pas précisément le taux de létalité du virus. Les chiffres dont nous disposons sont tous biaisés, et a priori largement surestimés, par l’absence de tests systématiques dans la population. Plus on dépiste, plus on détecte des personnes contaminées présentant peu ou pas de symptômes, plus ce taux est bas. Mais aussi bas soit ce taux, lorsqu’il est multiplié par des dizaines de millions de personnes, les morts se compteraient très probablement en centaines de milliers. Par ailleurs, l’austérité budgétaire et l’affaiblissement des systèmes de santé doivent être intégrés dans l’équation. La létalité du Covid-19 est visiblement provoquée par un choc cytokinique qui nécessite une prise en charge en soin intensifs avec respirateurs. Plus la pénurie de respirateurs est grande, plus la mortalité est haute, plus les équipes médicales doivent choisir qui maintenir en vie et qui sacrifier par manque de moyens. C’est sûrement ce qui explique les taux de mortalité très élevés par rapport à d’autres pays en Italie, en Espagne et dans une moindre mesure en France (bien que cela pourrait s’aggraver au pic de l’épidémie) qui sont mal équipés en nombre de lits en « soins aigus ».

    Dans la plupart des pays, ces chiffres ne sont pas assumables par les gouvernements en place. Et ce sont ces projections qui ont poussé partout le pouvoir à confiner les populations malgré la crise économique majeure et les conséquences sociales dramatiques que cela entraine.

    En effet, la distanciation sociale permet de ralentir la progression du virus, d’aplatir le pic, et donc de diminuer l’afflux de malades en détresse à l’hôpital. Ce processus est décrit de façon très intuitive dans le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator). La distanciation sociale peut recourir à plusieurs mécanismes, de la fermeture des écoles jusqu’au confinement total. L’étude publiée le 16 mars par l’Imperial College COVID-19 Response Team (https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf) réalise des projections du nombre de lits occupés en soins intensifs en fonction de plusieurs scénarios de confinements. Si cette étude est forcément incomplète, notamment car les courbes dépendent du moment où les mesures sont mises en œuvre, cela nous montre que les mesures de confinement, dans le cas où aucun traitement ne serait trouvé, devraient s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2021 pour que la population atteigne les 60% d’immunisés. Dans le cas contraire, tout relâchement du confinement pourrait correspondre à un nouveau développement incontrôlé de l’épidémie dans la population.

    Mais comment imaginer que la situation que nous vivons depuis une semaine en France se poursuivent pendant des mois ? Ce n’est tenable ni économiquement, ni socialement. Ce n’est pas le propos de cet article (pour cela voir le texte de Mimosa Effe : https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences), mais le #confinement_de_classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    Nous l’avons vu, le confinement est d’abord imposé par la faillite de notre système de santé et l’impréparation au risque de pandémie qui sont dues à l’austérité imposée par les gouvernements successifs en France et en Europe. Dans la forme qu’il prend, généralisé dans la vie sociale mais pas au travail, de classe, policier, il est la solution que les capitalistes pensent avoir trouvé pour limiter la casse et maintenir au maximum leur place dans la concurrence internationale. Mais la gestion capitaliste de cette épidémie est marquée par l’impossibilité de planifier une quelconque sortie de crise. Un gouvernement anticapitaliste, au service de la population, motivé par la santé plutôt que par les profits, pourrait mettre en place une toute autre politique.

    Existe-t-il une troisième voie ? De toute urgence prendre des mesures anticapitalistes pour sortir du confinement !

    Il ne s’agit pas ici de dire que le confinement pourrait être levé du jour au lendemain. Nous l’avons vu, étant donné les conditions d’impréparation des gouvernements et la dégradation des capacités de l’hôpital public à supporter une telle épidémie, le confinement était la seule solution pour éviter une mortalité élevée. En ce sens, toutes les initiatives syndicales ou de travailleurs.euses pour stopper le travail - et se protéger - dans les productions non-essentielles sont fondamentales. Le slogan « nos vies valent plus que leurs profits » prend ici tout son sens. Il est également fondamental de dénoncer le gouvernement qui nous explique qu’il faut renforcer le confinement mais continuer à travailler, bien au-delà des secteurs essentiels à la lutte contre l’épidémie. Pénicaud, Macron, Philippe sont plus préoccupé.e.s par le maintien des profits que par notre santé. Les scandaleuses mesures contre le droit du travail, les 35h, nos congés, articulées au renforcement de l’Etat policier, ont été prise au moment où la sidération était la plus haute dans la population.

    Mais il est indispensable maintenant de déterminer quelles sont les conditions qui permettraient d’envisager la levée du confinement à très court terme :

    – Il faut de tout urgence pratiquer le dépistage de masse. D’ailleurs, entre les lignes, le Ministre Olivier Veran reconnait lors de sa dernière conférence de presse (https://www.youtube.com/watch?v=wpGjmCkLDHs

    ) que le confinement ne pourra être levé que lorsqu’il sera possible d’effectuer plus de dépistages revenant sur la communication gouvernementale qui affirmait que le dépistage n’était plus un outil en phase 3. Le dépistage de masse permet de n’isoler que les malades et leur entourage. Il permet également une prise en charge précoce des patients considérés comme « à risque » et ainsi de diminuer la létalité du virus. Le problème, c’est que le fournisseur n’arrive pas à suivre la demande en kit de dépistage (https://www.thermofisher.com/order/catalog/product/11732088#/11732088). Il faut donc de toute urgence organiser la production de kits de dépistages en réquisitionnant les entreprises du secteur et en passant outre les brevets.

    – De toute urgence également, il faut injecter des moyens dans la santé et l’hôpital public pour augmenter les capacités de prise en charge des patients en détresse respiratoire. C’est l’inverse des politiques menées jusqu’alors qui font fonctionner l’hôpital comme une entreprise, en flux tendu, incapable de s’adapter à des situations d’urgence. Pour l’instant, le gouvernement a débloqué 2 milliards d’euros pour l’hôpital. Dans le même temps, il injecte 43 milliards dans l’économie et garantit 350 milliards d’euros aux entreprises privées !

    – Pour augmenter le nombre de lits en soins intensifs et protéger celles et ceux qui travaillent il faut réorganiser en profondeur l’appareil industriel pour planifier les productions utiles à résoudre la crise sanitaire : masques, respirateurs, oxygène… En ce sens, il faut soutenir l’action de la CGT qui demande la réouverture et la nationalisation de Luxfer, seule usine d’Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical fermées. C’est un bon exemple qui pourrait se poser pour d’autres productions.

    Enfin, l’attention est captée à une échelle assez large sur la mise en place d’un traitement. Le plus prometteur, la chloroquine (ou son dérive l’hydroxy chloroquine) est testée dans plusieurs pays et de nombreux services hospitaliers, y compris en France, ont commencé à l’utiliser sur des malades. Ce médicament semble réduire la charge virale et la durée du portage du virus. Si ce traitement s’avère efficace, la question de la nationalisation de l’industrie pharmaceutique va devenir compréhensible à une échelle très large.C’est peut-être la peur de cette évidence qui motive les grands groupes du secteur à anticiper en proposant de fournir ce traitement gratuitement, que ce soit #Sanofi (https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-sanofi-pret-a-offrir-aux-autorites-francaises-des-millions-) ou #Novartis (https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-novartis-offre-130-millions-de-doses-de-chloroquine-20200320) !

    Ainsi, nous pouvons affirmer que le confinement aurait pu être largement réduit, voire évité, en généralisant les dépistages, en développant les capacités d’accueil de l’hôpital public et en accélérant les tests sur des traitements antiviraux.

    Ce plan d’urgence n’est possible à court terme que si l’on s’affronte au capitalisme. Il faut reprendre le contrôle, sans indemnité ni rachat, sur l’appareil productif, notamment dans le domaine de la santé, des protections pour les salariés, de l’industrie pharmaceutique et biochimique.

    Macron et son gouvernement, LR et le PS avant lui, portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle. L’heure de solder les comptes arrivent. Les réponses anticapitalistes pourraient alors apparaître comme une solution à une échelle inédite jusqu’alors. Pour cela, sans attendre la fin du confinement, il nous faut renforcer les réseaux de solidarité, les réseaux militants pour recommencer à agir dans la situation.

    https://npa2009.org/idees/sante/pour-sortir-du-confinement-un-plan-durgence-anticapitaliste
    #anticapitalisme #anti-capitalisme #austérité #hôpitaux #lits #masques #réserves_stratégiques #stock #respirateurs #recherche #rigueur_budgétaire #immunité_collective #immunité_de_groupe #létalité #taux_de_létalité #tests #dépistage #choc_cytokinique #distanciation_sociale #flattening_the_curve #aplatir_la_courbe #vie_sociale #travail #atomisation #Etat_policier #impréparation #troisième_voie #droit_du_travail #dépistage_de_masse #soins_intensifs #industrie #nationalisation #Luxfer #chloroquine #industrie_pharmaceutique #responsabilité

    ping @simplicissimus @fil @reka

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    Citation sélectionnée pour @davduf :

    Le confinement de classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    • Le confinement, la destruction du #lien_social et ses conséquences

      Le 19 mars l’Assemblée rejetait l’amendement visant à prolonger le délai d’#avortement pendant la crise sanitaire. Si ce n’est finalement que peu étonnant de la part des députés LREM, ce rejet est révélateur de quelque chose de plus profond. Le confinement de la population va mettre en danger massivement les #femmes et les #classes_populaires de manière générale.

      Quelle que soit la façon dont certains ont essayé de le tourner, le confinement est profondément inégalitaire. Il y a ceux et celles qui ont un logement pour se confiner et les autres qui n’en ont pas, celles et ceux qui ont un logement décent et les autres qui ont un logement insalubre, celles et ceux qui ont une maison avec un jardin et celles et ceux qui doivent se pencher à la fenêtre pour respirer de l’air frais.

      Le message du gouvernement à l’aide de mesures coercitives violentes (oui les amendes sont effectives et en Seine-Saint-Denis elles ont conduit à des arrestations et des garde-à-vue) fait croire à la portée individuelle du confinement sans prise en charge collective de ses répercussions. Face à cela, certainEs ont essayé de mettre en place des réseaux de solidarité dans les immeubles, dans les quartiers, ... Si ces réseaux sont nécessaires et même indispensables, ils ne contrebalancent pas les problèmes qui se posent avec le confinement et qui vont forcément causer là aussi des morts, et parfois ils confortent même dans l’idée qu’il faut nécessairement rester chez soi : promener son chien, faire du jogging serait dangereux. Le propos de cet article n’est pas de dire que le confinement est inutile pour contrer le Covid-19 mais que le confinement n’est pas viable à moyen terme, c’est pourquoi la sortie de crise ne peut venir que de la mise en place d’un plan d’urgence visant à dépister et à soigner ce qui veut dire concrètement donner des moyens aux personnels de santé et des moyens de protection à la population.

      Le confinement face à l’organisation sociale de la dernière phase du capitalisme

      Le confinement dans l’histoire n’a jamais été une partie de plaisir, mais elle pose question dans le capitalisme tel qu’il s’organise aujourd’hui. Depuis les trente dernières années : on peut dire que la tendance à détruire les structures familiales est plutôt lourde. Les foyers composés de personnes seules s’élèvent à 35% des foyers (20% des femmes et 15% des hommes) auxquels se rajoutent presque 9% de familles monoparentales (dont le gros du contingent est composé de femmes). La grande majorité des foyers composés d’une personne seule ont plus de 65 ans (plus de 70%)1. Le problème c’est qu’avec cette épidémie ce sont ces mêmes personnes considérées comme vulnérables qui vont donc se retrouver complètement isolées.

      De l’autre côté, l’on sait aussi qu’un ménage sur douze vit dans un logement surpeuplé, 18% des logements sont considérés comme trop bruyant (donc mal isolés), 22% n’ont pas de système de chauffage efficient et près de 13% ont des problèmes d’humidité.2

      Le confinement produit aussi des rapports au travail qui accentuent ce qui existait auparavant : d’une part il y a ceux qui télétravaillent et ceux qui continuent de travailler dans des conditions de sécurité face au virus alarmantes et avec l’idée que le travail s’accompagne de toute une série de mesures restrictives.3 Mais à cela, il faut encore ajouter que le télétravail n’est pas le même pour tout le monde (que l’on soit cadre ou que l’on fasse un travail administratif) surtout quand l’on se retrouve face à un travail qui s’accompagne de plus en plus d’une perte de sens, d’autant plus qu’il envahit la sphère privée et que les loisirs sont considérablement réduits. Quant aux précaires, aux étudiantEs, à celles et ceux qui travaillaient sans contrat de travail, c’est une situation dramatique qui s’ouvre sans qu’aucune aide ne soit prévue si ce n’est un chômage auxquels ils n’ont pas tous droit.

      De plus, le système capitaliste entraîne une détresse psychologique : la dépression, le suicide ou les tentatives de suicides vont s’accentuer avec la perte de lien social, la perte d’activités émancipatrices et une vie tournée autour du travail.

      Toute la prise en charge associative, comme du service public de ses éléments là, comme de la prise en charge de l’extrême pauvreté va être ou drastiquement réduite voire inexistante.

      Dans le confinement, les femmes trinquent (et meurent !)

      Outre la question de l’avortement dont nous avons parlé plus haut, les femmes vont subir une répercussion violente du confinement. Elles assumeront plus de tâches ménagères qu’à l’ordinaire et de tâches de soin, et on le sait ce sont elles qui dans la plupart des foyers assumeront le suivi de « l’école à la maison » et d’occuper les enfants, sans compter les familles monoparentales ou les mères se retrouveront seules face à l’éducation de leurs enfants.

      Le confinement va augmenter les violences intra-familiales et en particulier les violences conjugales, c’est déjà ce qu’a révélé l’expérience du Wuhan4. Là encore, ces violences seront encore moins prises en charge qu’avant puisque le 3919 ne fonctionne plus pendant cette crise contrairement à ce qu’avait annoncé Marlène Schiappa.5 Au sixième jour du confinement, cette tendance est d’ailleurs aussi relatée par la FCPE ce dimanche.6

      Le manque d’accès à l’avortement pourra provoquer des recherches de solutions mettant en danger les femmes subissant des grossesses non-désirées quand celles-ci ne provoqueront tout simplement pas le suicide.

      Dans le même temps, on pourra noter que les adolescents LGBT confrontés en permanence à l’homophobie pourraient là aussi augmenter les tentatives de suicides et les suicides, alors même que c’est déjà une cause importante de suicides chez les adolescentEs.

      Ajoutons à cela que des secteurs largement féminisés se trouve en première ligne de la gestion de la maladie : infirmières, caissières, ...

      L’isolement des individus entraîne une baisse de la conscience de classe

      Le confinement produit un rapport de force dégradé de manière objective. En ce moment, des lois d’exception sont en train de passer à l’Assemblée diminuant nos droits, sans possibilité de riposte et si la légitimité du gouvernement reste affaiblie, les mesures prises rencontrent au moins une part de consentement. Si c’est le cas, c’est bien parce que la crise que l’on rencontre, a de grosses difficultés à être résolue par le système sans faire des milliers de morts.

      Individuellement, les gens ne peuvent pas se protéger et pour une grande majorité restent donc chez eux de peur (et cette peur est fondée) de devenir malade ou de l’être déjà et de contaminer d’autres personnes. Le problème c’est que sans dépistage massif et traitement le confinement risque de durer longtemps.

      Or, isolément, les gens ne peuvent d’une part pas s’organiser (ce qui dégrade le rapport de force) et de l’autre entraîne une baisse de la conscience de classe dans ce qu’elle a de plus simple car c’est l’organisation du travail qui fonde objectivement cette conscience. De plus, le confinement, repose sur le consentement d’une population à être confinée : c’est d’ailleurs par les réseaux sociaux, mais aussi dans la presse ou dans son entourage une pression sociale à « Restez chez vous », mais aussi à prendre le temps de lire ou de se cultiver.

      De fait cette pression sociale, construit alors le modèle de ceux qui y arriveraient en étant forts, en ayant accès à de la culture ou à des habitudes culturelles. Les vieux qui vivent seuls, les dépressifs, les pauvres, ceux qui n’ont pas accès à la culture se retrouveraient alors mis à l’amende.

      Pour l’instant, cette idéologie ne se fait que sous forme de pression, mais elle pourrait produire autre chose, elle passerait alors du consentement à la collaboration : elle est déjà en partie à l’œuvre de manière minoritaire, elle passe par la délation de celles et ceux qui sortent et la volonté d’un durcissement des mesures coercitives.

      Le confinement ne peut qu’être une mesure à court terme, sinon les effets violents décrits auront des effets durables, surtout si, comme c’est le cas aujourd’hui le mouvement ouvrier ne riposte pas.

      https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences
      #confinés #non-confinés #inégalités #logement #mesures_coercitives #amendes #Seine-Saint-Denis #arrestations #garde_à_vue #rester_chez_soi #isolement #télétravail #chômage #détresse_psychologique #santé_mentale #école_à_la_maison #soins #care #tâches_ménagères #conscience_de_classe #lois_d’exception