Enfer climatique et #agnotologie, entretien filmé avec Naomi Oreskes - La Fabrique du déni - DIAGRAMMES
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Enfer climatique et #agnotologie, entretien filmé avec Naomi Oreskes - La Fabrique du déni - DIAGRAMMES
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Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)
En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.
Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».
Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).
Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.
Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.
C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.
L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.
En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.
Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.
L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.
À l’Ehpad de #combourg, en #ille-et-vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances »
▻https://splann.org/ehpad-combourg-negligences-maltraitances
Une #plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée en février 2026 par la famille d’une ex-résidente de l’Ehpad de Combourg (35). Une affaire qui entache un peu plus la réputation de cet établissement, déjà épinglé par l’agence régionale de santé en 2023. L’article À l’Ehpad de Combourg, en Ille-et-Vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.
#Santé_publique #agence_régionale_de_santé #ars_bretagne #association_clinique_Saint-Joseph #ehpad #jean-pierre_rossé #Joël_Le_Besco #maison_de_retraite #maltraitance #médico-social #personnes_âgées #social
[Entretien] Agrochimie, État et #pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale #Hélène_Grosbois
▻https://splann.org/interview-helene-grosbois-pesticides
L’ONG dont Hélène Grosbois est présidente dit tout de son combat. En évaluant la toxicité des pesticides de synthèse achetés en France, entre 2013 et 2023, la carte réalisée par #chemical_interests met à jour plus qu’une « bombe à retardement » : l’ampleur d’une catastrophe provoquée par des produits « faits pour tuer ». L’article [Entretien] Agrochimie, État et pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale Hélène Grosbois est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.
Coca-Cola ’sportswashing’ during World Cup amplified by social media
▻https://medicalxpress.com/news/2026-07-coca-cola-sportswashing-world-cup.html
by International Congress on Obesity
Credit: Unsplash/CC0 Public Domain
New research being presented at the International Congress on Obesity (ICO2026), hosted by the World Obesity Federation (WOF) in Mexico City, Mexico (July 15–17), reveals how Coca-Cola’s sponsorship of the 2025 FIFA Club World Cup (featuring 32 of the world’s top football clubs) was amplified across social media to promote unhealthy products to millions beyond the live matches, including children and young people.
Despite the link between sweetened beverages and rising rates of noncommunicable diseases, including type 2 diabetes, obesity and heart disease, there has been little media scrutiny of the public health harms of promoting these beverages on the global stage at events like the 2024 Paris Olympic Games, even in media outlets traditionally viewed as independent, researchers say.
As lead author Dr. Nalin Singh Negi, associate director of research at global public health organization Vital Strategies, headquartered in New York, explains, “By aligning its brand with athletic excellence, Coca-Cola perpetuates a false sense of health and legitimacy that directly contradicts what sport represents—a marketing practice known as sportswashing.”
Coca-Cola has a long history of sponsoring sports, but the authors say the ads have become more prominent and pervasive through huge digital marketing campaigns across multiple platforms in the run-up to events. Brands also target fans through social media—digital environments that are more difficult to monitor and regulate than traditional media.
“That dynamic is playing out right now at the FIFA World Cup,” says Dr. Melina Magsumbol, associate director of research at Vital Strategies and author of a second study examining Coca-Cola’s digital marketing during the 2025 FIFA Club World Cup.
“With 6 billion fans expected to engage with the tournament, Coca-Cola is appealing to young people directly through social media, including its creator squad campaign, and has built its official 2026 FIFA World Cup campaign around fan emotion as its central theme, backed by a celebrity-studded anthem and months of planned activations.”
Digital sportswashing
To investigate how Coca-Cola’s sponsorship of the 2025 Club World Cup was amplified across social media, researchers systematically tracked publicly available social media posts in Brazil, Mexico and the U.S. linking Coca-Cola to the Club World Cup across 358 accounts on X, Facebook, Instagram, YouTube and TikTok between June 1 and July 31, 2025.
Most (71%) of the 795 posts assessed featured branding embedded in match footage and interviews rather than direct product promotion—generating 3.6 billion impressions. The majority (79%) of posts were generated by sports broadcasters and streaming platforms.
“Branding spread largely through reshares of match footage—generating billions of impressions beyond the scope of many existing regulations that focus on specific products or formal ads,” Magsumbol says.
Dodging media scrutiny
The partnerships between some of the most popular sports’ governing bodies and unhealthy food and drink companies are not being scrutinized enough or critiqued by the media, according to an investigation of traditional news coverage during the 2024 Paris Olympics.
Researchers from Vital Strategies assessed the content of 85 media articles published between May and October 2024, finding that “short, general articles without critical analysis” dominated coverage of Coca-Cola’s sponsorship of the Paris Olympics.
Most (78%) of the 85 articles assessed framed Coca-Cola’s involvement in a favorable light; just 14% critiqued the partnership. The articles reached an estimated 1.02 billion readers—the equivalent of spending US$9.41 million on advertising.
Critical public health perspectives were rare, with just 2% of articles citing health risks or unethical practices and public health advocates quoted in 1% of coverage.
“Our findings reveal that whether through what journalists write or what algorithms amplify, sport sponsorship reliably perpetuates Coca-Cola’s narrative, obscuring the health and environmental consequences of its products,” Singh Negi says.
He adds, “Aligning media practices and sponsorship policies with public health objectives may reduce public exposure to unhealthy product marketing and strengthen coherence between sport, health promotion and obesity prevention goals.”
The findings underscore the urgency of strengthening digital advertising regulation and advancing legislative proposals to ban sponsorship of sports events by unhealthy food and drink brands.
The Kick Big Soda Out movement, backed by more than half a million supporters worldwide, has become a leading force in pressuring bodies like FIFA and the International Olympic Committee to end sponsorship deals with leading Big Soda companies.
Magsumbol adds, “Big Soda companies should not sponsor major sporting events or have sponsorship deals with sporting organizations like FIFA because of their significant contribution to health and environmental harms, which are so widespread that public health messaging, while valuable, cannot realistically counterbalance them. Therefore, our recommendation is for marketing restrictions to be applied to transnational and digital sports ecosystems, which would ban sports sponsorship by sweetened beverage and other unhealthy product industries.”
Singh Negi says, “Regulatory action to address sports-linked branding across social media is urgently needed to prevent Coca-Cola from deploying these tactics on an even larger scale, exposing billions more viewers, including millions of children and young people, to marketing that conceals serious health risks.”
Face à l’effondrement de la biodiversité, aidez-nous à enquêter sur les #pesticides en Bretagne
▻https://splann.org/campagne-effondrement-biodiversite
Les pratiques agricoles intensives participent au déclin de la biodiversité. En France, pourtant, les parlementaires s’apprêtent à voter la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux #insecticides particulièrement nocifs pour les pollinisateurs. Grâce à votre soutien, « Splann ! » entend prendre sa part face à ce « déni de science et de démocratie », décrit pour nous par le chercheur #philippe_grandcolas. L’article Face à l’effondrement de la biodiversité, aidez-nous à enquêter sur les pesticides en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.
#Pollutions #Santé_publique #acétamipride #biodiversité #campagne_de_dons #environnement #financement_participatif #herbicides #journalisme #levée_de_fonds #loi_d'urgence_agricole #loi_duplomb #néonicotinoïdes #pollution #sage_vilaine #santé #santé_publique
#Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie
Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.
Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.
Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.
Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.
Cette #quête s’opère souvent discrètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?
Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.
#Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes
L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.
La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.
Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envisagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.
L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.
Un socle idéologique persistant
Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.
Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?
La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.
Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.
Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.
Une capture des vulnérabilités
L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.
Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.
Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les traitements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.
Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.
L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.
Réappropriations féministes de la santé
Le sexisme structurel du milieu médical a fait l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].
Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.
Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.
S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
Sorcières naturopathes et autonomie féministe
L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?
Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.
« Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »
Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.
La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.
Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».
Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.
Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.
Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?
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Quelques ressources :
« Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.
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Notes :
Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
« Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
« Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
À retrouver ici. ↩
Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.
►https://www.jefklak.org/errances-paramedicales
#santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie #massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe
déjà signalé ici par @lyco :
▻https://seenthis.net/messages/1103951
#Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier
L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.
Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).
» En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».
Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.
Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.
Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.
Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »
▻https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
#ésotérisme #racisme #humanisme
Le texte téléchargeable en pdf :
▻https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf
Canicule : la France face au risque d’hécatombe
▻https://www.off-investigation.fr/canicule-la-france-face-au-risque-hecatombe
Un soignant pousse un brancard dans un couloir du service des urgences de l’hôpital universitaire Pellegrin, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, lors d’un pic de chaleur, le 23 juin 2026. | Photographie PHILIPPE LOPEZ / AFP 23 ans après la canicule de 2003 qui #A tué 15 000 personnes, la France entre dans une crise sanitaire majeure après dix jours de chaleur hors-norme. Urgences saturées, SAMU débordés et établissements funéraires sursollicités, l’onde de choc de la vague de chaleur entamée ce 17 juin fait redouter le pire. OFF fait le point, chiffres à l’appui. « Je suis submergée d’appels […]Lire la suite : Canicule : la France face au risque d’hécatombe
Nous cherchons 1 500 soutiens mensuels pour enquêter sur les #pesticides en Bretagne
▻https://splann.org/campagne-pesticides-bretagne
Pour produire des enquêtes sur les pesticides en Bretagne, nous avons besoin de vous. Nous cherchons à rassembler 1 500 donatrices et donateurs mensualisés. Soutenez un média prêt à se mouiller pour la protection de l’environnement et de notre santé. L’article Nous cherchons 1 500 soutiens mensuels pour enquêter sur les pesticides en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.
#La_vie_de_« Splann !_ » #biodiversité #campagne_de_dons #eau_potable #environnement #financement_participatif #herbicides #insecticides #journalisme #levée_de_fonds #néonicotinoïdes #pollution #sage_vilaine #santé #santé_publique
☆
Alerte contamination au Cadmium !
Nous, citoyens, demandons au gouvernement français de prendre sans délai des mesures concrètes pour réduire l’exposition de la population au cadmium, métal lourd hautement toxique.
[...]
En conséquence, nous demandons :
1. Une réduction immédiate des teneurs maximales en cadmium dans les engrais phosphatés, alignée sur les recommandations scientifiques (20 mg/kg) ;
2. La mise en place d’un calendrier contraignant et public pour atteindre ces objectifs sans délai supplémentaire ;
3. Le recours prioritaire à des sources d’approvisionnement pauvres en cadmium ou à des procédés de décadmiation ;
4. Le développement et le soutien de pratiques agricoles limitant l’accumulation du cadmium dans les sols ;
5. La création d’une base de données publique sur la composition des engrais commercialisés en France ;
6. La révision à la baisse des seuils de cadmium autorisés dans les denrées alimentaires ;
7. Une campagne nationale d’information pour alerter la population sur les sources d’exposition et les moyens de les réduire.
Le temps n’est plus à l’expertise, mais à l’action.
Publication : 9/04/2026 ✅️
Admissibilité : 10k en 6 mois ✅️
Visibilité média : 200.000 voix
Débat hémicycle : 500.000 voix
Proposition amie : ▻https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5848
►https://politipet.fr/5521
▻https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5521
Mapping pesticide mixtures to cancer risk at the country scale with spatial exposomics
Despite decades of concern over the carcinogenic potential of agricultural pesticides, toxicological studies relying on single endpoints have yet to establish a definitive link between environmental pesticide exposure and cancer in real-world contexts. Here we use an integrative spatial Bayesian framework that merges high-resolution environmental pesticide risk modelling with comprehensive cancer registry data to map pesticide-linked cancer clusters in Peru with unprecedented precision. Our process-based model, encompassing 31 key pesticide active ingredients, together with an innovative stratification of cancer cases by developmental lineage, reveals a robust spatial association between environmental pesticide exposure risk and cancer incidence. In pesticide-associated cancer hotspots, exposomic profiling of liver tissue—a primary target of chemical carcinogens—uncovers a distinct transcriptomic signature of pesticide exposure, implicating a non-genotoxic mode of action that disrupts core regulatory circuitries sustaining cell identity. Collectively, these findings strongly support a mechanistic link between pesticide exposure and cancer, challenging assumptions of human non-carcinogenicity derived from reductionist experimental models. This study redefines the exposome as a lineage-conditioned, mechanistically tractable framework and shows how complex pesticide mixtures can contribute to carcinogenic trajectories, with profound and far-reaching implications for global health policy and socio-ecological equity.
►https://www.nature.com/articles/s44360-026-00087-0
#épidémiologie #santé #santé_publique #cancer #pesticides #agriculture #toxicologie #Pérou #équité_socio-écologique #géograhie #géographie_de_la_santé #cartographie
ping @reka
voir aussi, signalé par @colporteur :
Lien entre #pesticides et #cancers : pour la première fois, des chercheurs mesurent des effets à l’échelle d’un pays
▻https://seenthis.net/messages/1165937
#Pesticides et #cancer : une étude révèle les mécanismes d’un risque environnemental et sanitaire
Une nouvelle étude scientifique, publiée dans Nature Health, révèle un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers. En combinant des données environnementales, des registres nationaux du cancer et des analyses biologiques, les chercheurs de l’IRD, de l’Institut Pasteur, de l’Université de Toulouse et de l’Instituto Nacional de Enfermedades Neoplásicas (INEN) du Pérou ont mis en lumière pour la première fois comment des expositions aux pesticides peuvent contribuer au développement de certains cancers.
Les pesticides sont présents de manière diffuse dans l’alimentation, l’eau et les milieux naturels, souvent sous forme de mélanges complexes. Jusqu’à présent, il était difficile d’évaluer précisément leurs effets sur la santé humaine, car la plupart des travaux se concentrent sur des substances isolées et sur des modèles expérimentaux éloignés des conditions réelles d’exposition. Cette nouvelle étude adopte une approche innovante et intégrative, capable de prendre en compte la complexité des expositions telles qu’elles sont vécues par les populations.
Le Pérou, un terrain d’étude pertinent
Le pays est marqué par une agriculture intensive dans certaines régions, une grande diversité de climats et d’écosystèmes, ainsi que de fortes inégalités sociales et territoriales. Le cancer y est devenu une priorité de santé publique et les niveaux de contamination corporelle par les pesticides sont préoccupants. Les résultats mettent en évidence une exposition accrue de certaines populations, en particulier rurales et autochtones, aux pesticides. En moyenne, elles sont exposées simultanément à 12 pesticides différents détectés à des concentrations élevées.
Une méthode innovante pour relier environnement, biologie et cancer
L’étude s’appuie sur une modélisation qui permet de cartographier les zones du territoire les plus exposées à la pollution environnementale liée aux pesticides. Appliquée à l’ensemble du pays, cette approche intègre 31 substances chimiques utilisées en agriculture — dont aucune n’est classée comme cancérogène avéré pour l’être humain par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) — et modélise leur dispersion dans l’environnement.
« Nous avons d’abord modélisé la dispersion des pesticides dans l’environnement sur une période de six ans, de 2014 à 2019, ce qui nous a permis de réaliser une cartographie à très haute résolution et d’identifier les zones présentant le risque d’exposition le plus élevé », explique Jorge Honles, docteur en épidémiologie de l’Université de Toulouse.
En croisant cette cartographie avec les données de plus de 150 000 patients diagnostiqués entre 2007 et 2020, les chercheurs ont pu identifier des zones où les populations sont à la fois plus susceptibles d’être exposées aux pesticides dans l’environnement et davantage touchées par certains cancers. Dans ces territoires, le risque de développer un cancer était en moyenne 150 % plus élevé. “C’est la première fois que l’on peut relier, à l’échelle nationale, l’exposition aux pesticides et des perturbations biologiques suggérant un risque accru de cancer”, explique Stéphane Bertani, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’Institut de Recherche pour le Développement, au sein du laboratoire PHARMA-DEV (IRD/Université de Toulouse).
Des effets biologiques précoces et silencieux
L’étude montre que certaines tumeurs, bien que touchant des organes différents, partagent des vulnérabilités biologiques communes liées à leur origine cellulaire et peuvent être fragilisées par l’exposition aux pesticides. On sait notamment que le foie est un organe clé dans la transformation des substances chimiques considéré comme une sentinelle de l’exposition environnementale. Or, des analyses moléculaires réalisées par le groupe de Pascal Pineau à l’Institut Pasteur sur de échantillons péruviens montrent que les pesticides perturbent les mécanismes qui maintiennent l’identité et le fonctionnement normal des cellules. Ces altérations biologiques apparaissent avant le développement du cancer, suggérant des effets précoces, cumulatifs et silencieux. Elles pourraient rendre les tissus plus vulnérables à d’autres facteurs, comme des infections, des inflammations ou des facteurs environnementaux.
Des implications majeures pour la santé mondiale et la prévention des cancers
Les résultats remettent en question les approches toxicologiques classiques, basées sur l’évaluation de substances isolées et la fixation de seuils considérés comme sûrs. Ils montrent l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et les contextes socio-écologiques réels. L’étude suggère également que des événements climatiques extrêmes, tels qu’El Niño, peuvent aggraver l’exposition en modifiant l’usage et la dispersion des pesticides dans l’environnement. Elle plaide pour une réévaluation des méthodes d’évaluation des risques et des politiques de prévention.
Au-delà du Pérou, cette étude s’inscrit dans une réflexion plus large sur la santé mondiale et les limites planétaires. Elle illustre comment les changements environnementaux, les pratiques agricoles non durables, les événements climatiques extrêmes et les inégalités sociales peuvent se combiner pour affecter la santé des populations, en particulier celle des plus vulnérables, comme pour les communautés rurales et autochtones du Pérou.
Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs travaux pour mieux comprendre les mécanismes biologiques identifiés et renforcer les outils de prévention, afin de soutenir des politiques de santé publique plus justes et efficaces.
▻https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/pesticides-cancer-etude-revele-mecanismes-risque-environnemental-sanitaire
« On vit dans un #dépotoir_numérique » : en #Seine–Saint-Denis, les #data_centers dégradent le quotidien des #riverains
Entre #pollution de l’air, #nuisances_sonores et #risques liés aux #substances_chimiques, l’implantation annoncée d’un data center au #Bourget cristallise les inquiétudes des riverains. Dans une Seine–Saint-Denis déjà marquée par la forte concentration de ces infrastructures numériques, beaucoup redoutent une altération durable de leur #cadre_de_vie et des conséquences encore mal mesurées sur la #santé_publique.
« Si le projet aboutit, j’envisage de déménager. » Depuis la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage d’une résidence du Bourget, Adil Champion avait pris l’habitude de scruter l’horizon. Bientôt, des cheminées viendront se hisser dans le décor. La Ville souhaite implanter d’ici 2030 un data center de 25 300 m² sur l’ancien site d’un entrepôt H&M, à moins de 200 m de chez lui. Père d’un enfant de deux ans, Adil Champion refuse qu’il grandisse à côté d’une zone « risquée pour sa santé et sa sécurité ». Alors les jours de marché, emmitouflé dans une épaisse doudoune, il distribue des tracts aux côtés de membres du collectif de 120 riverains déterminés à s’opposer à l’arrivée de cette nouvelle ferme numérique.
En une décennie, une trentaine de data centers ont poussé en Seine–Saint-Denis. Véritable « cœur du réacteur », le département est aujourd’hui celui qui en concentre le plus dans l’Hexagone, porté par un foncier abordable et une bonne capacité de raccordement au réseau électrique. « Les habitants ont l’impression de vivre dans un dépotoir numérique, s’insurge Jean-Marie Baty, président du Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) du département. Rien que sur 2 km² vont se trouver trois énormes centres de données qui ensemble vont produire une puissance proche de celle d’un réacteur nucléaire [soit environ 800 MW, NDLR]. »
Une concentration qui nourrit l’inquiétude des riverains face à la proximité du site du Bourget, encore suspendu à l’aval de la préfecture, du #Digital_Park de #La_Courneuve, déjà opérationnel, et de celui de #Dugny, dont le permis de construire vient d’être accordé. Plus ces data centers sont regroupés, plus les risques se cumulent, notamment en matière de #pollution_de_l’air. « On parle de la présence de plus de 200 #groupes_électrogènes », alerte le président du MNLE 93. Ces moteurs, destinés à alimenter les centres de données en cas de coupure électrique, fonctionnent pour la plupart au #fioul. Lorsqu’ils sont en marche, ils rejettent des particules d’#oxydes_d’azote et de #dioxyde_de_carbone.
Un impact sur la #qualité_de_l’air sous-évalué
Pour chaque projet, les maîtres d’ouvrage réalisent une étude d’impact environnemental pour démontrer que les quantités de polluants seront minimes. Sauf que les avis rendus par la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) d’Île-de-France pointent que les tests ne se déroulent jamais dans les conditions réelles. Par exemple, pour celui de Dugny, l’#étude_d’impact n’a observé que des tests réalisés par lots de sept, pendant 1 h 30, en été et sans vent, alors que « les 108 groupes électrogènes vont tourner tous ensemble au moins trois à quatre heures par mois pour vérifier leur bon fonctionnement » , détaille Philippe Schmit, ancien président de la MRAe.
L’impact réel sur la qualité de l’air est donc plus élevé, même si aucune étude ne permet d’en quantifier précisément l’ampleur. D’autant qu’il est déjà arrivé qu’un data center fonctionne sur groupes électrogènes pendant 270 heures — un épisode survenu en Essonne en 2022. « Sans oublier que la qualité de l’air du département n’est pas réputée pour être bonne et que le vent peut orienter les mouvements d’air du site vers les zones habitées », ajoute Philippe Schmit. Au Bourget, devant le terrain du futur data center, Adil Champion pointe du doigt les bâtiments les plus proches avec agacement : « Là il y a une école primaire et là-bas une maison de retraite, deux populations particulièrement fragiles. »
Les systèmes de #refroidissement des data centers posent également des questions sur la #santé des habitants. Pour maintenir les serveurs qui surchauffent à une température de 28 °C, des #fluides_frigorigènes sont utilisés. L’un d’eux, le barbare #R1234ze, se dégrade en formant du #TFA, un #polluant_éternel qui augmente les risques de maladies, comme les #cancers ou les problèmes de #thyroïde. L’Autorité environnementale alerte par ailleurs sur les impacts potentiels pour les riverains en cas d’incendie, si ces substances venaient à se diffuser dans l’air. « On nous dit qu’au moindre problème, tout restera confiné strictement dans le périmètre du data center, s’esclaffe Jean-Marie Baty. Comme pour le nuage de Tchernobyl », ironise-t-il.
À La Courneuve, difficile de louper le Digital Park. Surnommé la « soucoupe volante », le mastodonte de 400 000 m² est au cœur d’une zone urbaine dense. Les logements les plus proches se trouvent à 20 m. Des arbres ont été plantés et un parc a été créé. Mais rien n’y fait : on le voit de partout. « De base, les datacenters sont implantés dans les champs, aujourd’hui on se rapproche des villes sans s’adapter aux nouvelles contraintes », explique Philippe Schmit de la MRAe. Résultat, des riverains se plaignent de nuisances sonores causées par les #ventilateurs, les groupes électrogènes et de refroidissement. « Ce n’est pas tous les jours ni toute la journée, mais avec le sens du vent, cela peut indisposer des personnes qui vivent jusqu’à 500 m de l’infrastructure, surtout la nuit », rapporte l’ancien président.
L’installation de gigantesques centres de données en pleine #ville n’arrange également rien au réchauffement climatique. Avec leurs serveurs qui tournent sans arrêt, presque toute l’#électricité consommée est transformée en chaleur. Sans refroidissement, la température intérieure peut grimper jusqu’à 60 °C. Elle est ensuite évacuée vers l’extérieur par les systèmes de climatisation, ce qui contribue à la formation d’#îlots_de_chaleur autour des habitations et affecte les riverains à proximité. Un phénomène qui vient s’ajouter à la vulnérabilité de la Seine–Saint-Denis, déjà régulièrement confrontée aux fortes températures, en grande partie à cause de sa bétonisation.
Les entreprises promettent de récupérer ce surplus d’énergie appelé chaleur fatale pour chauffer des bâtiments proches du data center. C’est le cas pour la piscine olympique de Saint-Denis. Mais, dans les faits, seule une minorité de sites récupère réellement cette chaleur. « Cela suppose de lourds aménagements pour la transporter et c’est à la charge des contribuables », souligne Jean-Marie Baty, du MNLE. D’autant que, pour le projet du Bourget, à peine 13 % de cette énergie pourrait être exploitée.
Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center
Ce sont ces mêmes arguments que le collectif contre le data center du Bourget répète auprès des passants du marché qui prennent le temps de s’arrêter. « La plupart ne se sentent pas concernés », confie Adil Champion avec dépit. Le bout des doigts rougi par le froid, il ne désespère pas et continue de tendre des flyers : « Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center et ce que cela implique, on est là pour les sensibiliser. » Le groupe accuse la mairie de ne pas avoir organisé de réunion publique et d’avoir annoncé le projet le plus discrètement possible dans le journal de la ville.
Une pétition a malgré tout recueilli 18 000 signatures, alors que Le Bourget ne compte que 16 000 habitants. Au-delà des associations environnementales mobilisées, les signataires sont aussi « des riverains des communes voisines, comme Dugny ou La Courneuve, qui n’ont pas réussi à se mobiliser à temps contre les data centers chez eux et tentent aujourd’hui de se rattraper », explique le militant. Le marché touche à sa fin, mais la lutte, elle, est loin d’être terminée. Adil Champion glisse les derniers tracts dans son sac à dos, prêt à les déposer dans les boîtes aux lettres sur son chemin.
▻https://synthmedia.fr/vie-quotidienne/impact-des-datacenters-en-seine-saint-denis
#infrastructure #France #data_center #localisation #cartographie
ping @xbodin
Non à la répression de notre culture — #PPL_n°1133 (9 avril)
▻https://1133.teknoantirep.org
#tekno #boumboum #teuf #teuffeurs.euses
Ce que prévoit la PPL n°1133 et ses conséquences concrètes pour les organisateur·ices, le public et la réduction des risques.
#Petition
▻https://www.change.org/p/prot%C3%A9ger-la-free-party-contre-les-d%C3%A9rives-s%C3%A9curitaires-de-la-
Refuser une #loi fourre-tout qui rend tout le monde “organisateur·ice”
Nous demandons le retrait de cette définition ultra-large de la “participation à l’organisation”, qui ouvre la porte à des poursuites très large. Diffuser des infos pratiques, aider à la logistique, transporter du matériel ou installer un espace de repos/convivialité ne doit pas basculer dans le pénal. L’entraide et la prévention ne doivent pas être traitées comme de l’organisation.
Annuler les #peines visant les organisateur·ices
Nous demandons la suppression des sanctions délictuelles prévues contre les organisateur·ices (jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 5 000 € d’amende). Ces peines sont disproportionnées et frappent en premier lieu celles et ceux qui rendent la #fête possible, gèrent la logistique et facilitent un cadre plus sûr sur le terrain. Punir plus fort n’améliore pas la #sécurité : ça pousse à l’isolement et à la précarisation des collectifs.
Protéger la réduction des #risques et la #santé_publique
Nous demandons de garantir l’accès et la sécurité des actions de réduction des risques lors des #rassemblements_festifs. Les associations interviennent au titre de missions de santé publique (article L3411-8 du code de la santé publique) : les fragiliser, c’est augmenter les risques (accidents, violences, premiers soins) au lieu de les réduire.
Privilégier la #concertation plutôt que la #répression
Nous demandons une approche fondée sur le #dialogue et des solutions concrètes plutôt qu’un durcissement aveugle. La concertation avec les collectifs, les associations, les riverain·es et les collectivités permet d’encadrer, prévenir et limiter les nuisances. Une logique uniquement #répressive affaiblit la culture, l’entraide et la prévention sans régler les enjeux de sécurité.
☆
Pour l’affichage obligatoire du Nutri-Score sur les emballages des aliments en France
Avec plus de 150 études publiées en Europe, sur plusieurs années, la science démontre clairement que le Nutri-Score :
★ est un outil de santé publique efficace
★ améliore l’état nutritionnel de la population
★ contribue à réduire le risque de maladie chroniques
L’affichage du Nutri-Score sur l’ensemble des aliments permettrait, en améliorant les apports et la consommation alimentaire de la population française, de réduire les facteurs de risque associés aux maladies chroniques non transmissibles (MNT) – diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers –, dont le fardeau sanitaire et économique pèse lourdement sur les dépenses publiques et la société.
Aujourd’hui, le Nutri-Score n’est pas obligatoire, ainsi certains grands groupes agro-alimentaires refusent de l’afficher sur leurs produits. Cette situation constitue une perte de chance pour les citoyens français, et justifie qu’on le rende obligatoire. Les parlementaires et le gouvernement français doivent répondre à la demande sociétale. C’est une urgence de santé publique.
Publication : 20/11/2025 ✅️
Admissibilité : 10k en 6 mois ✅️
Visibilité média : 200k
Débat hémicycle : 500k
►https://politipet.fr/4753
▻https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/4753
Ces gigantesques installations qui poussent partout en France cachent un problème que personne ne veut regarder en face
Aux États-Unis, des associations protestent contre l’installation des data centers près des zones habitées. Ces constructions pourraient provoquer une importante #pollution, et même être la cause de #maladies_respiratoires, voire de troubles mortels.
Un peu partout en France, des data centers, ces centres de données gigantesques capables de répondre aux besoins croissants de calculs informatiques s’implantent un peu partout. Tandis que l’équipementier Schneider Electric bat des records de profit et que des constructions voient le jour dans l’Aube en Saône-et-Loire, des inquiétudes émergent outre-Atlantique autour de ces installations.
Selon la chaîne de l’Ohio WCMH, les data centers seraient en effet sources de problèmes de #santé. Le média cite un rapport du CEDS (Community & Environmental Defense Services), une association spécialisée sur les impacts sanitaires des projets de construction, selon lequel ces problèmes sont à prendre au sérieux.
Des #risques_sanitaires incertains, mais qui inquiètent
Selon ce rapport, les constructeurs de data centers seraient dans l’obligation de fournir une évaluation des risques d’impact sanitaire avant de débuter le chantier, afin d’éviter l’apparition de maladies chez les résidents qui vivent autour. Une procédure qui n’est pas obligatoire en Ohio par exemple, là où les data centers se sont pourtant multipliés ces dix dernières années.
Ainsi, autour de la ville de Colombus, capitale de l’État, plus de 130 data centers ont vu le jour, avec plusieurs millions d’habitants vivant à proximité. Mais comment ces bâtiments qui servent au stockage de données informatiques peuvent-ils avoir un impact sur la santé de ces habitants ?
D’après le rapport du CEDS, le problème viendrait des émissions de ces centres de données, qui produisent du #dioxyde_d'azote et de petites particules qui se dispersent dans l’air et peuvent pénétrer dans les poumons lorsqu’elles sont inhalées.
En plus, ces ensembles ont besoin d’être alimentés en #énergie, ce qui se fait parfois à l’aide d’énergie fossile, également riche en polluants. Ce sont toutes ces péripéties qui ont poussé certains habitants de l’Ohio à protester contre l’implantation de nouveaux data centers. Récemment, des protestations ont permis aux habitants de la ville d’Hilliard de déplacer le centre prévu plus loin des habitations.
Depuis ce précédent, le CEDS appelle à étendre les études d’impact dans l’État, afin qu’elles ne concernent pas uniquement la #pollution_atmosphérique et les conséquences environnementales, mais également l’impact sanitaire, encore souvent passé à la trappe. D’après l’organisation, aucun centre de données ne devrait se trouver à moins d’un kilomètre des habitations pour éviter tout problème.
En France, une contestation qui prend forme
En France également, la grogne monte contre ces installations, même si la santé n’est pas encore le principal angle d’attaque des opposants. Ainsi, dans la Drôme, un projet de construction près de la gare de Valence est contesté en raison de la consommation électrique élevée.
Dans l’Indre également, un projet porté par Google est accusé de pomper les réserves d’eau de la région, mais l’aspect purement sanitaire n’est pas évoqué. Même scénario du côté du Bourget, avec des opposants qui dénoncent les atteintes environnementales.
Dans l’ensemble, l’impact sanitaire est encore mal connu. Et pour cause, il dépend énormément du mode d’alimentation des data centers eux-mêmes. Si, comme dans l’Ohio, ils sont nourris aux énergies fossiles, la pollution causée en sera d’autant plus importante.
Quoi qu’il en soit, ces données sont importantes à prendre en compte, car au vu de la demande informatique grandissante, notamment liée à l’usage de l’#intelligence_artificielle, les data centers risquent de se multiplier, et mieux vaut avoir toutes les cartes en main pour se préparer à leur développement.
▻https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/pollution-air-ces-gigantesques-installations-poussent-partout-franc
#infrastructure #data_centers #centres_de_données #IA #AI #santé_publique
Ce que je trouve assez dingue c’est que personne ne soit formé ni ne souhaite l’être au B.A BA de l’informatique (c’est trop compliqué ou j’y comprends rien est la réponse désespérante et récurrente) mais toujours expert à acheter le dernier telephone à la mode. Devant une telle ignorance sur ce que signifie un octet, megaoctet, ou un teraoctet il y a un boulevard pour utiliser sans aucune conscience de ce qu’engendre en pollution l’utilisation IA et donc d’acceptation molle et ignorante aux data centers qui poussent partout.
À Châteauroux, Google avance masqué : les dessous d’un projet de data center XXL
▻https://multinationales.org/fr/enquetes/le-lobbying-a-l-echelle-locale/a-chateauroux-google-avance-masque-les-dessous-d-un-projet-de-data-
À une dizaine de kilomètres de Châteauroux, #Google envisage d’implanter un immense data center sur 195 hectares, son premier en France. Ce projet est présenté comme un moteur de développement économique, pleinement intégré à la stratégie numérique porté par le maire Gil Avérous comme à celle du gouvernement français. Très peu d’informations filtrent sur le terrain, malgré les questionnements sur son impact écologique et ses réels bienfaits.
Au bout de chaque rue, un data center ?
▻https://www.lepostillon.org/Au-bout-de-chaque-rue-un-data-center.html
On entend beaucoup parler des énormes data centers – « centres de données » en bon vieux français – à l’autre bout du monde. Mais savez-vous qu’il y en a également à Grenoble ? Que des données sensibles peuvent y être hébergées, comme les données génomiques de milliers de personnes ? Petit voyage dans la cuvette pour tenter de percer les mystères de ces énormes grilles-pains sécurisés indispensables au bon fonctionnement du monde virtuel.
[Reportage vidéo] #micheline_gambaretti, la #détective_privée qui traque les pollueurs dans le #finistère
▻https://splann.org/reportage-video-micheline-gambaretti-detective-environnement
Ancienne enquêtrice de gendarmerie, Micheline Gambaretti est devenue en 2022 détective privée spécialisée dans les atteintes à l’environnement. Une profession qu’elle pourrait être la seule à exercer en France. Nous l’avons suivie entre les #monts_d'arrée et la commune de #Plouvorn, dans le Finistère Nord. L’article [Reportage vidéo] Micheline Gambaretti, la détective privée qui traque les pollueurs dans le Finistère est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.
#Pollutions #Santé_publique #agroindustrie #commana #eau #écologie #élevage_intensif #environnement #méthanisation #méthaniseur #penzé #pollution #porcherie #sa_kerjean
De Washington aux pays du Sud : l’offensive #anti-genre et #anti-avortement - Centre tricontinental
▻https://www.cetri.be/De-Washington-aux-pays-du-Sud-l
Le vice-président des États Unis #JD_Vance durcit sa #croisade anti genre et anti-avortement et compte désormais l’exporter vers les pays du Sud. L’extension inédite de la « Règle du bâillon mondial » et l’activisme autour de la « Déclaration du consensus de Genève » créent un nouveau cadre politique et financier qui remplace peu à peu les politiques de #santé_publique par des programmes anti-genre.
#Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale
Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.
C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.
Une recherche camouflée en #Afrique centrale
En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.
Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.
L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.
Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.
Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.
La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.
La matière première de la recherche
C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.
Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.
Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.
Quand la recherche devient-elle « extractive » ?
Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.
Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.
Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.
Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.
Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.
Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.
Résonnances actuelles
Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.
Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.
L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.
▻https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
#science #recherche #extractivisme
Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale
Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.
Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.
[Info « Splann ! »] Le projet de nouvel #hôpital de Saint-Malo remis en question par un important #déficit et 12 millions d’euros de dettes
▻https://splann.org/hopital-saint-malo-dettes
Le projet de #nouvel_hôpital du Groupement hospitalier Rance Émeraude, regroupant Saint-Malo et #dinan, bat de l’aile. Selon des documents obtenus par « Splann ! », l’établissement se trouve face à un important déficit et à 12 millions d’euros de dettes envers ses fournisseurs. Une situation financière catastrophique qui rend tout emprunt, visant à financer les travaux, impossible. L’article [Info « Splann ! »] Le projet de nouvel hôpital de Saint-Malo remis en question par un important déficit et 12 millions d’euros de dettes est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.
Bayer strikes $7.25 billion deal to settle Roundup cancer lawsuits | AP News
▻https://apnews.com/article/bayer-monsanto-roundup-lawsuits-settlement-154ad7c6bdff3a91b06c4e327321160b
▻https://dims.apnews.com/dims4/default/cb187b0/2147483647/strip/true/crop/2692x1794+0+131/resize/980x653!/quality/90/?url=https%3A%2F%2Fassets.apnews.com%2F5b%2F8f%2Fac8cd3be9d0e017d803743
Le « modèle Monsanto » est devenu « européen », mais ça ne change pas grand chose à « l’art du deal » : rendre les gens malades en le sachant pertinemment, mais se dédouaner des conséquences en versant des sommes dérisoires en regard du coût (individuel et social) des maladies découlant d’un usage du pesticide.
By DAVID A. LIEB
Updated 12:01 AM UTC+1, February 18, 2026
JEFFERSON CITY, Mo. (AP) — Agrochemical maker Bayer and attorneys for cancer patients announced a proposed $7.25 billion settlement Tuesday to resolve thousands of U.S. lawsuits alleging the company failed to warn people that its popular weedkiller Roundup could cause cancer.
The proposed settlement comes as the U.S. Supreme Court is preparing to hear arguments in April on Bayer’s assertion that the U.S. Environmental Protection Agency’s approval of Roundup without a cancer warning should invalidate claims filed in state courts. That case would not be affected by the proposed settlement.
But the settlement would eliminate some of the risk from an eventual Supreme Court ruling. Patients would be assured of receiving settlement money even if the Supreme Court rules in Bayer’s favor. And Bayer would be protected from potentially larger costs if the high court rules against it.
Germany-based Bayer, which acquired Roundup maker Monsanto in 2018, disputes the assertion that Roundup’s key ingredient, glyphosate, can cause non-Hodgkin lymphoma. But the company has warned that mounting legal costs are threatening its ability to continue selling the product in U.S. agricultural markets.
“Litigation uncertainly has plagued the company for years, and this settlement gives the company a road to closure,” Bayer CEO Bill Anderson said Tuesday.
The proposed settlement was filed in St. Louis Circuit Court in Missouri, home to Bayer’s North America crop science division and the state where many of the lawsuits have been brought. The settlement still needs the court’s approval.
Settlement payouts to the sick would vary
About 200,000 Roundup-related claims have been made against Bayer. That includes more than 125,000 plaintiffs who sued since 2015, according to the settlement documents. Few cases have gone to jurors, with 13 verdicts for Bayer and 11 for plaintiffs, including a $2.1 billion award by a Georgia jury last year. Others already have been resolved through separate settlements, including two recent ones that would take care of about 77,000 claims, the court documents said.
The newly proposed nationwide settlement is designed to address most of the remaining lawsuits, as well as any additional cases brought in the coming years by people who were exposed to Roundup before Tuesday. If too many plaintiffs opt out of the proposed settlement, Bayer said it reserves the right to cancel it. But Bayer did not specify how many opt-outs would have to occur.
The deal calls for Bayer to make annual payments into a special fund for up to 21 years, totaling as much as $7.25 billion. The amount of money paid out to individuals would vary depending on how they used Roundup, how old they were when diagnosed and the severity of their non-Hodgkin lymphoma.
An agricultural, industrial or turf worker exposed at length to Roundup would receive an average of $165,000 if they were diagnosed with an aggressive form of the illness while younger than age 60, according to the proposed settlement. Meanwhile, a residential Roundup user diagnosed between the ages of 60-77 with a less aggressive form of the illness would receive an average of $20,000. And those diagnosed at age 78 or older would get an average of $10,000.
“No settlement can erase a diagnosis, but this agreement is designed to ensure that both today’s and tomorrow’s patients have access to meaningful compensation,” said attorney Christopher Seeger, who would represent current claimants under the settlement.
Whether that compensation seems meaningful to patients remains to be seen. Attorney Matt Clement, who represents about 280 Roundup plaintiffs, said he was surprised by the proposed settlement and expects a lot of his clients will opt out.
The proposed payouts “are exceedingly too small,” Clement said.
Bayer gets Trump’s backing in court
Because of lawsuits, Bayer already has stopped using glyphosate in Roundup sold in the U.S. residential lawn and garden market. But glyphosate remains in agricultural products. It is designed to be used with genetically modified seeds that can resist the weedkiller’s deadly effect, thus allowing farmers to produce more while conserving the soil by tilling it less.
Though some studies associate glyphosate with cancer, the EPA has said it is not likely to be carcinogenic to humans when used as directed. The federally approved label for Roundup includes no warning of cancer.
Bayer contends that federal pesticide laws preempt states from adopting additional labeling for products and thus prohibit failure-to-warn lawsuits brought under state laws. Bayer is making that argument to the Supreme Court in an appeal of a Missouri case that awarded $1.25 million to a man who developed non-Hodgkin lymphoma after spraying Roundup on a community garden in St. Louis.
President Donald Trump’s administration has weighed in on Bayer’s behalf, reversing the position of former President Joe Biden’s administration and putting it at odds with some supporters of the Make America Healthy Again agenda who oppose giving the company the legal immunity it seeks.
The company simultaneously has been lobbying state legislatures to shield pesticide manufacturers from state failure-to-warn lawsuits when their products follow federal labeling requirements. North Dakota became the first state to enact such a law last April. Georgia became the second state to do so in May.
DAVID A. LIEB
DAVID A. LIEB
Lieb covers issues and trends in state governments across the U.S. He’s reported about government and
Vieni via con me
https://www.feltrinellieditore.it/media/copertina/quarta/32/9788807880032_quarta.jpg.800x800_q75.jpg “Raccontare come stanno le cose vuol dire non subirle”
Otto capitoli, otto storie, un ritratto unico dell’Italia di oggi firmato dall’autore del bestseller internazionale Gomorra. Roberto Saviano scava dentro alcune delle ferite vecchie e nuove che affliggono il nostro Paese: il mancato riconoscimento del valore dell’Unità nazionale, il subdolo meccanismo della macchina del fango, l’espansione della criminalità organizzata al Nord, l’infinita emergenza rifiuti a Napoli, le troppe tragedie annunciate. Accanto alla denuncia c’è anche il racconto – commosso e ammirato – di vite vissute con onestà e coraggio: la sfida senz’armi di don Giacomo Panizza alla ’ndrangheta calabrese, la lotta di Piergiorgio Welby in nome della vita e del diritto, la difesa della Costituzione di Piero Calamandrei. Esempi su cui possiamo ancora contare per risollevarci e costruire un’Italia diversa.
Ideato e condotto da Roberto Saviano e Fabio Fazio, Vieni via con me è stato l’evento televisivo degli ultimi anni, più seguito delle partite di Champions League e dei reality show. Ora è anche un libro che racconta queste storie in una forma ampiamente rivista e arricchita. Facendole diventare, ancora una volta, storie di tutti.
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Cumulative Lifespan Stress, Inflammation, and Racial Disparities in Mortality Between Black and White Adults | Equity, Diversity, and Inclusion | JAMA Network Open | JAMA Network
▻https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2844221?guestAccessKey=ef1e50be-2fae-4ade-835e-5fbad4a68fb5
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Key Points
Question Are elevated cumulative stress across the lifespan and inflammation associated with racial disparities in mortality between Black and White populations?
Findings Within this longitudinal cohort study of 1554 individuals, greater cumulative stress across the lifespan and higher inflammation partially mediated elevated mortality among Black participants.
Meaning These findings suggest that heightened cumulative stress and elevated inflammation are plausible mechanisms through which mortality disparities arise between Black and White individuals; there is a continued need for preventions, interventions, and policies that limit stress exposure and its potential impacts on health to reduce racial disparities in mortality.
Conclusions and Relevance In this cohort study of St Louis adults, heightened cumulative lifespan stress and elevated inflammation were associated with shorter survival among Black participants, suggesting these pathways may represent plausible mechanisms mediating racial disparities in mortality among Black and White US individuals. The findings underscore the need for policies that address structural racism, alongside treatments that reduce inflammation and limit stress exposure to reduce mortality disparities.
Cancers, diabète... Les soupçons sanitaires s’accentuent sur plusieurs conservateurs alimentaires
▻https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/cancers-diabete-les-soupcons-sanitaires-s-accentuent-sur-plusieurs-
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« Ces résultats pourraient avoir des implications importantes en matière de santé publique, au vu de l’omniprésence des conservateurs dans une large gamme d’aliments et de boissons »
Etude basée sur une large cohorte de Français - plus de 100.000 personnes -, suivis pendant plusieurs années avec des questionnaires très réguliers sur leur alimentation ainsi que des données précises sur la composition des produits consommés.
Conservateurs (diabètes de type 2)
– Le *sorbate de potassium (E202)*, trouvé dans des produits laitiers, fromages, produits de panification, certaines charcuteries, confiseries, pâtisseries, sauces, certaines boissons alcoolisées, confitures, gelées, marmelades, assaisonnements.
– Le *métabisulfite de potassium (E224),* trouvé dans des fruits et légumes (secs notamment), vin, spiritueux, condiments, bières, certains biscuits apéritifs, cidre, fruits confits, mollusques, crustacés notamment.
– Le *nitrite de sodium (E250)*, trouvé dans les viandes transformées, les poissons transformés ainsi que diverses charcuteries locales traditionnelles.
– L’*acide acétique (E260)* et l’acétate de sodium (E262), trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments transformés : fromages, fruits et légumes en conserve, pains, sauces, préparations à base de céréales et aliments pour bébés.
– Le *propionate de calcium (E282)*, trouvé dans des fromages, de la pâtisserie, des produits de pâtisseries et certains pains.
Antioxydants (diabètes de type 2)
– *Ascorbate de sodium (E301)*, trouvé dans différents types de charcuteries, des poissons surgelés et autres préparations à base de viande, différents plats préparés et des aliments pour bébé à base de céréales.
– *Alpha-tocophérol (E307)*, trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments dont alimentation infantile.
– *Erythorbate de sodium (E316)*, trouvé dans des viandes transformées (charcuterie) et certains produits de poisson.
– *Acide citrique (E330),* trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments (sodas et autres boissons sucrées, bonbons, biscuits, fromages industriels, les yaourts aux fruits, plats préparés)
– *Acide phosphorique (E338)*, trouvé dans l’alimentation infantile, les produits laitiers, produits de panification, sauces, mollusques, crustacés, boissons rafraîchissantes sans alcool, soupes, potages, certains spiritueux, biscuits apéritifs…
– *Extraits de romarin (E392)* trouvés dans du lait en poudre, huiles végétales, huiles de poisson, chewing-gums, certaines pâtisseries, sauces, condiments, assaisonnements, snacks et produits transformés à base de pomme de terre…
Conservateurs (cancer)
– Les *sorbates (E200, E202, E203)*, en particulier le *sorbate de potassium (E202)*. Ils sont associés à une augmentation de 14 % du risque global de cancer et à une augmentation de 26 % du risque de cancer du sein.
– Les *sulfites (E220, E221, E222, E223, E224, E225, E228)*. Ils sont associés à une augmentation de 12 % du risque global de cancer. En particulier, le *métabisulfite de potassium (E224)*, associé à une incidence accrue de 11 % de cancer au global et 20 % de cancer du sein
– Le *nitrite de sodium (E250)*, associé à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate, tandis que le *nitrate de potassium (E252)*, associé à une augmentation du risque de cancer en général (13 %) et de cancer du sein (22 %)
– Les *acétates (E260, E261, E262, E263)* quant à eux étaient associés à une augmentation du risque de cancer en général (15 %) et de cancer du sein (25 %), tandis que l’acide acétique (E260) était associé à une augmentation de 12 % du risque de cancer en général.
– Parmi les conservateurs antioxydants, seuls les *érythorbates totaux et l’érythorbate de sodium (E316)* spécifique se sont avérés associés à une incidence plus élevée de cancer au global (12 %) et du sein (21 %).
Près de #Naples, dans la « #Terre_des_feux », la vie trop courte des jeunes gens contaminés par les #déchets_toxiques
En janvier 2025, l’Italie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour violation du droit à la vie, dans le scandale de la « Terre des feux ». L’État italien a deux ans pour commencer à agir. Près d’un an après, la situation n’a quasiment pas bougé.
Assise à l’ombre, un peu à l’écart de l’allée centrale, elle a sa propre chaise dépliante, qu’elle rangera à son départ près de la tombe de son fils. Les visiteurs, nombreux en ce 1er novembre, veille de la Fête des défunts, la reconnaissent et la saluent. Concetta leur répond d’un sourire discret, en tournant très légèrement la tête pour ne pas quitter Vincenzo des yeux. « 2017 », nous arrête-t-elle d’entrée de jeu lorsque nous nous approchons, comme si elle n’avait plus que ces quatre chiffres à la bouche. « Il est mort en 2017 d’un #cancer des os. Il avait tout juste 30 ans. Il venait de se marier et d’avoir un petit garçon. » Sur la tombe, un jeune homme en costume, cheveux gominés et demi-sourire aux lèvres, fixe éternellement sa mère. Apposés à sa photo, ces quelques mots : Vincenzo De Sena, 1987-2017.
#porcherie #Avel_Vor à #landunvez : le correspondant local du « Télégramme » témoigne contre des opposants à l’extension
▻https://splann.org/porcherie-landunvez-correspondant-telegramme
Alors qu’une audience vient d’avoir lieu au sujet de la demande d’annulation d’autorisation d’extension de la porcherie Avel vor, à Landunvez (29), des opposants à cet élevage porcin dénoncent la procédure engagée à leur encontre. Ils s’interrogent sur le rôle joué par le correspondant de presse local du quotidien finistérien dans la plainte en #diffamation que #Philippe_Bizien a déposé contre eux. L’article Porcherie Avel vor à Landunvez : le correspondant local du « Télégramme » témoigne contre des opposants à l’extension est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.
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[Info « Splann ! »] Quand le #lobby de la #viande tente une manœuvre pour discréditer l’Office français de la biodiversité
▻https://splann.org/ugpvb-ofb-penze-tromorgan
Le #lobby_de_la_viande (UGPVB) et la #FRSEA Bretagne ont adressé un courrier au directeur de l’Office français de la biodiversité pour dénoncer la prétendue partialité d’un agent ayant travaillé sur la #pollution de la rivière Penzé. #eau_et_rivières_de_bretagne y voit un moyen de déstabiliser l’administration, au moment où la justice doit se prononcer dans une autre affaire de pollution agricole. L’article [Info « Splann ! »] Quand le lobby de la viande tente une manœuvre pour discréditer l’Office français de la biodiversité est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.
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