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    « C’est dramatique » : diabète de type 2, infarctus… Les jeunes ont de plus en plus « des maladies de vieux » - Le Parisien

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    #jeunesse #société #santépublique #hygiènedevie #alimentation #maladie #diabète #diabètedetype2

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  • Douze associations saisissent la justice contre les conditions d’enfermement « indignes » à la frontière franco-italienne - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70199/douze-associations-saisissent-la-justice-contre-les-conditions-denferm

    Douze associations saisissent la justice contre les conditions d’enfermement « indignes » à la frontière franco-italienne
    Par Romain Philips Publié le : 05/03/2026
    Douze associations ont annoncé mercredi avoir saisi la justice administrative française contre les conditions d’enfermement « indignes » constatées dans les locaux de la police aux frontières de Montgenèvre et Menton, à la frontière franco-italienne. Douze associations ont annoncé, mercredi 4 mars, avoir attaqué l’État français en justice pour mettre fin « aux atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales résultant des conditions d’enfermement dans les locaux de la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre et de Menton », indiquent-elles dans un communiqué.
    Les 12 associations - dont l’Anafé, La Cimade ou encore Médecins du Monde - ont saisi les tribunaux administratifs de Marseille et de Nice « car il y a urgence ». Dans ces postes de police installés à la frontière franco-italienne, les conditions d’enfermement sont « dégradantes », affirment les ONG. Les étrangers retenus évoquent pêle-mêle aux associations « l’insalubrité des locaux et des sanitaires, la privation ou insuffisance de nourriture et d’eau, la surpopulation etc. »
    « À Menton, les personnes dorment sur des matelas posés au sol, sans couverture ni oreiller dans des conteneurs dégageant une odeur nauséabonde. À Montgenèvre, selon les témoignages, plus d’une vingtaine de personnes peuvent être enfermées dans un même conteneur sale de 20m2, mineurs et majeurs confondus », rapportent les associations. « Depuis une dizaine d’années, on dénonce les conditions à Menton et Montgenèvre », déplore Laure Palun, directrice de l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), contactée par InfoMigrants. Mais malgré les nombreuses alertes, aucune amélioration n’a été observée dans les locaux de la PAF. « Des personnes restent plusieurs heures, voire une journée, sans manger ou ont juste un paquet de chips ou de gâteaux à partager. Des personnes n’ont pas accès à des douches, dorment à même le sol », affirme la responsable associative.
    Avec ce recours en référé liberté, les associations espèrent que la justice force l’administration française à mettre en œuvre les recommandations faites par la contrôleure général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Après une visite inopinée en mai 2025 à Montgenèvre, la CGLPL avait dressé un constat accablant de la situation à cette frontière. Elle estimait que ces installations « sous dimensionnées » étaient « peu adaptées à l’accueil prolongé de personnes, en raison notamment de la rudesse des hivers alpins, à 1 800 mètres d’altitude ». En plein hiver, les exilés ont froid et en plein été, la chaleur y est étouffante, selon le rapport.
    Le rapport s’inquiétait aussi d’"un état d’insalubrité alarmant et [d’]une hygiène gravement défaillante" dans les locaux de la PAF. « Les préfabriqués sont dans un état de saleté extrême » : les contrôleurs ont constaté « des poubelles non vidées, des couvertures roulées en boule, des taies d’oreiller maculées de saleté (…) des matelas en mousse et leur housse en tissus maculés de tâches [qui] ne sont jamais nettoyés » ou encore des toilettes « à l’odeur pestilentielle ».
    Dans ces structures, le ménage y est fait de manière occasionnelle, uniquement lorsque les locaux sont vides. Or cela est extrêmement rare dans « ce service à forte activité ». « Ces conditions d’hygiène sont d’autant plus alarmantes que des cas de tuberculose, de gale et, au cours du premier trimestre 2025, d’infection à Mpox, ont été suspectés parmi des personnes interpellées », alertait le CGLPL.
    De ce constat était nées une vingtaine de recommandations qui ont été publiées au Journal officiel. « Mais elles n’ont pas été appliquées », selon Laure Palun. « Depuis la publication du rapport et jusqu’à encore il y a quelques jours, les témoignages que nous recueillons vont toujours dans le même sens : un accueil indigne. On demande donc aux tribunaux d’imposer à l’administration de respecter les cadres légaux et que si l’administration n’est pas en mesure de respecter la loi, ces locaux doivent être fermés », tance-t-elle.

    #Covid-19#migration#migrant#france#Italie#frontiere#droit#sante#politiquemigratoire#santepublique

  • Kate E Pickett • A Good Society (and how we make it)
    https://jech.bmj.com/content/jech/early/2026/01/15/jech-2025-225408.full.pdf

    Qu’est ce qu’une bonne société (et comment la construire) ? Cet essai, version éditée de la conférence Cochrane donnée à la Society for Social Medicine and Population Health à Bradford en 2025, expose la vision personnelle de l’autrice Kate Pickett et de ce à quoi nous devrions aspirer et de la manière dont nous pourrions y parvenir. Elle commence par présenter des preuves établissant un lien entre les inégalités socio-économiques et le bien-être, et souligne que les éléments constitutifs d’un lieu utopique existent, mais pas tous au même endroit. En s’appuyant sur les enseignements tirés de la santé publique en matière de prévention et d’intervention en amont, elle présente ensuite ce qu’elle considère comme les deux politiques les plus prometteuses que nous pouvons mettre en œuvre : un revenu de base (...)

    #société #justicesociale #santépublique #politiquesdrogues

  • Le rapport de l’ANSES sur la toxicité de la cigarette électronique - Vaping Post
    https://fr.vapingpost.com/risques-cigarette-electronique-anses

    Après trois ans de recherches, l’Anses tranche : le vapotage réduit les risques par rapport au #tabagisme et doit être réservé aux fumeurs. Rapport consultable ici : https://www.anses.fr/system/files/TABAC2023-AUTO-0223-RA.pdf?download=1

    -- Permalien

    #vape #santépublique

  • « L’AME n’est pas une faveur, mais un dispositif qui protège l’ensemble de la société »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/07/l-ame-n-est-pas-une-faveur-mais-un-dispositif-qui-protege-l-ensemble-de-la-s

    « L’AME n’est pas une faveur, mais un dispositif qui protège l’ensemble de la société »
    Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 3 500 soignants considère que les récents projets de décret visant à réformer l’aide médicale d’Etat semblent plus motivés par des considérations politiques que par de véritables enjeux de santé publique. S’ils aboutissaient, ils pourraient avoir des conséquences désastreuses.
    Début septembre, la presse a révélé deux projets de décret visant à réformer l’aide médicale d’Etat (AME), qui permet aux personnes étrangères en situation irrégulière d’accéder aux soins. Ces textes prévoient de durcir les conditions d’octroi du dispositif, en restreignant les pièces permettant de justifier de son identité, en intégrant les ressources du conjoint en séjour régulier dans le calcul d’éligibilité, mais aussi en réduisant encore le panier de soins.
    Ces annonces, dévoilées à la veille d’échéances politiques importantes, semblent davantage guidées par des calculs électoraux que par des considérations de santé publique. Bien que ces projets de décret aient été provisoirement suspendus avec la démission du gouvernement Baytou, la rencontre, le 23 septembre, entre le premier ministre d’alors, Sébastien Lecornu [qui a démissionné le 6 octobre], et les auteurs du rapport de décembre 2023 sur l’AME (Claude Evin et Patrick Stefanini) est un signal laissant craindre une volonté persistante de réforme de ce dispositif.
    Une fois encore, l’AME est instrumentalisée, au prix de la santé de personnes particulièrement vulnérables. Pourtant, toutes les évaluations réalisées montrent que les réformes du dispositif n’ont aucune efficacité prouvée sur le contrôle migratoire. Leurs conséquences négatives sur la santé des patients et sur le fonctionnement de notre système de soins, elles, sont bien connues.
    En tant que soignants, nous rappelons que l’accès aux soins est un droit humain fondamental, inscrit dans les engagements internationaux de la France et au cœur de notre éthique professionnelle. L’AME n’est pas une faveur, mais un dispositif de santé publique qui protège l’ensemble de la société. Empêcher une partie de la population de se soigner, c’est provoquer des complications médicales évitables et des coûts plus lourds pour les hôpitaux. Dans un système de santé déjà fragilisé, ces reports d’activité ne peuvent qu’aggraver la crise hospitalière.
    La restriction des pièces justificatives, avec l’exigence d’un document d’identité comprenant une photographie, ignore la réalité des situations vécues par les personnes concernées par l’AME. Nombre d’entre elles sont en situation précaire, ont perdu leurs papiers, se les sont fait voler ou confisquer, ou bien vivent dans des conditions où il est impossible de conserver des documents en sécurité. Refuser l’accès à l’AME sur cette base revient à priver de soins des personnes déjà en grande précarité. Cette mesure n’a aucun fondement médical, et s’oppose aux constats répétés de la Caisse nationale d’assurance-maladie, qui souligne le caractère extrêmement marginal de la fraude.
    La conjugalisation des ressources est tout aussi problématique. Le plafond de revenus pour bénéficier de l’AME est déjà très bas – 862 euros par mois pour une personne seule – ce qui exclu nombre de travailleurs sans papiers aux revenus modestes. Si les revenus du conjoint français ou étranger en séjour régulier sont désormais pris en compte, la situation deviendra encore plus restrictive. Dès lors que le revenu du foyer dépasse le plafond fixé pour un couple – 1 292 euros par mois –, la personne en situation irrégulière perdra tout droit à l’AME et devra assumer seule l’intégralité de ses frais de santé, ou renoncer aux soins.
    Ce mécanisme touchera particulièrement les femmes étrangères en grande précarité, souvent déjà fragilisées par des situations de dépendance ou de violence. Ces femmes se retrouveront sans droit ouvert à l’AME, ni accès à aucune autre protection. C’est une régression grave, tant pour leur santé que pour leur autonomie.
    Il convient de rappeler que l’AME ne couvre pas, ou très marginalement, certains postes de soins essentiels comme les lunettes, les prothèses auditives et les soins dentaires complexes. L’instauration d’accord préalable pour d’autres actes, tels que la kinésithérapie, les dispositifs optiques, auditifs ou dentaires, aurait en revanche des conséquences très concrètes : elle alourdirait inutilement les démarches administratives, compliquerait le travail des médecins et des agents de l’Assurance-maladie, et retarderait la prise en charge de patients atteints de pathologies graves.
    Des études comme celle de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé ont démontré que les bénéficiaires de l’AME ne consomment pas plus de soins que les autres patients. Par ailleurs, pour une même maladie, les hospitalisations sont plus longues et plus coûteuses lorsque les patients n’ont pas accès à l’AME. Depuis des mois, les soignants défendent ce dispositif.
    Le rapport de 2023 sur l’AME, aujourd’hui convoqué pour justifier ces décrets, a été largement contesté dès sa publication par les professionnels de santé, les sociétés savantes et les institutions spécialisées. Nos messages sont constants : affaiblir l’AME, c’est affaiblir la santé publique. Nos priorités restent l’accès aux soins, la simplification des démarches, le renforcement de l’hôpital et des dispositifs de proximité.
    Nous, soignants, appelons à retirer ce projet de décret, à conserver et à dépolitiser l’AME, à supprimer le plafond de revenu existant et les exigences de pièces administratives impossibles à fournir afin de garantir un accès effectif au droit à la santé pour tous en France.
    (collectif)

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#immigration#AME#politiquemigratoire#santepublique

  • France : en quête d’économies, les autorités ciblent une nouvelle fois l’AME - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66769/france--en-quete-deconomies-les-autorites-ciblent-une-nouvelle-fois-la

    France : en quête d’économies, les autorités ciblent une nouvelle fois l’AME
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 04/09/2025
    Le gouvernement de François Bayrou s’attaque à l’Aide médicale d’État (AME). L’exécutif souhaite réduire le panier de soins dont peuvent bénéficier les personnes en situation irrégulière, qui pourrait comprendre de la balnéothérapie. Une mesure « indécente », selon le Comité pour la santé des exilé.e.s (Comède) qui fait passer « les plus précaires pour des supposés profiteurs » du système.
    « Lorsque vous demandez des efforts aux Français, il n’est pas possible qu’ils aient le sentiment de devoir faire des efforts, mais pas les autres (...) ce n’est pas possible que les étrangers que nous accueillons et que nous aidons ne soient pas associés à cet effort », a assuré mercredi 3 septembre François Bayrou, le chef du gouvernement français, sur BFMTV.
    À six jours du vote de confiance de François Bayrou à l’Assemblée nationale, le Premier ministre tente de rassurer l’aile droite de l’échiquier politique en s’attaquant à l’Aide médicale d’État (AME), un panier de soins réservés, sous conditions, aux migrants en situation irrégulière. « Il y avait, par exemple, dans la liste des soins [de l’AME], de la balnéothérapie. Ce n’est pas normal, ce n’est pas raisonnable que le pays ne prenne pas soin de l’équilibre [entre les Français et les étrangers] ».
    InfoMigrants a pu consulter les projets de décrets qui visent à reformer le panier de l’AME. L’un d’eux propose d’en exclure « les actes de rééducation réalisés en balnéothérapie ».Le mot « balnéothérapie » n’apparaît pourtant pas dans l’article R.251-3 de l’actuel Code de l’action sociale et des familles qui liste les actes médicaux auxquels ont droit les bénéficiaires de l’AME. En revanche, le panier de soins propose une prise en charge financière pour des « actes de masso-kinésithérapie » - généralement proposés dans des centres de santé, comme les balnéothérapies.
    François Bayrou proposerait donc de supprimer ces actes de « masseurs » ou « kinésithérapeutes » pour alléger les dépenses de l’État ? Ce ne serait pas la première fois que des « soins » de l’AME sont supprimés de l’article de loi. Depuis les années 2000, les sans-papiers ne peuvent plus profiter des « cures thermales », de « frais d’hébergement enfants et adolescents handicapés », des « examens bucco-dentaires pour les enfants », ou encore de « parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ». Ces soins restent intégralement à la charge du patient.
    Pourquoi cette annonce est-elle décriée par les associations d’aide aux migrants ?
    Parce que parler de balnéothérapie est « indécent », réagit Didier Maille, coordinateur du pôle social et juridique du Comité pour la santé des exilé.e.s (Comede), contacté par InfoMigrants. « Comme si les sans-papiers se rendaient en cure thermale alors qu’ils sont précaires, en situation de survie ». Pour le professionnel du Comede, cette sortie de l’exécutif stigmatise une nouvelle fois les migrants « en faisant croire qu’ils viennent se la couler douce en France ». « C’est un énième affichage pour faire passer les prolétaires et les précaires pour des supposés profiteurs du système et les priver d’accès aux soins ». L’AME est une aide sociale qui garantit aux étrangers en situation irrégulière présents depuis au moins trois mois sur le territoire français la prise en charge de certains soins médicaux. C’est la seule aide dont peuvent bénéficier les sans-papiers en France. Les soins concernés sont remboursés par l’État, mais sur une base tarifaire de la Sécurité sociale. Cela signifie que le migrant a souvent un « reste à charge ». Exemple : si un sans-papiers a besoin d’une couronne dentaire à 500 euros et que la base de remboursement est de 100 euros, le migrant devra payer de sa poche 400 euros.
    En terme de santé publique aussi, réformer l’AME serait un « non-sens », s’était ému l’année dernière Mathieu Quinette, coordinateur du programme mineurs non accompagnés de Médecins du Monde. « Si on ne permet pas aux étrangers de se soigner, ils vont tomber malades. Et s’ils tombent malades, il y a de grandes raisons que la population tombe malade elle aussi […] Si les étrangers n’ont plus accès à l’AME, ils vont sursaturer l’hôpital public. »
    L’AME coûte-t-elle chère à l’État ?
    L’Aide médicale d’État représente environ 1,2 milliard d’euros par an des dépenses de l’Assurance maladie - ce qui correspond à seulement 0,4% des dépenses de santé. Cette proportion est stable depuis des années. Et donc une goutte d’eau dans le budget de l’État.Rappelons enfin que ses 466 000 bénéficiaires représentent moins de 1% de la population française.
    À quels soins ont droit les sans-papiers ?
    Actuellement, les prestations de santés non vitales (qui ne concernent pas des traumas, hémorragies ou tumeurs) auxquelles peuvent prétendre les personnes sans-papiers sont listées dans l’article R251-3 du Code de l’action sociale et des familles : des prothèses de genou ou d’épaule, des actes de soins liés à l’obésité, des rhinoplasties ou encore des « interventions sur la hanche ou le fémur ». Reste que très peu de gens bénéficient de l’Aide médicale d’État. Par exemple, les sans-papiers qui dépendent des centres d’accueil de soins (Caso) de l’ONG Médecins du Monde (MdM) souscrivent peu à cette aide. Parmi les bénéficiaires de MdM, 8 étrangers sur 10 n’y ont pas recours. Il n’y a donc pas, selon l’ONG, « d’appel d’air » d’un prétendu « tourisme médical ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#AME#politiquemigratoire#santepublique#droit

  • Un article du Monde décrypte le rapport IGAS favorable aux Haltes Soins Addictions, et resté très discret dans le monde politique.
    https://www.sual.fr/post/un-article-du-monde-d%C3%A9crypte-le-rapport-igas-favorable-aux-haltes-soins-ad

    Dans leur rapport, les inspecteurs apportent plusieurs arguments en faveur de ces dispositifs sanitaires. Alors que l’opposition des riverains est l’un des motifs avancés par les collectivités pour renoncer à l’ouverture de ces salles, les inspecteurs confirment qu’elles « améliorent la tranquillité publique » en diminuant les consommations de rue, conformément aux conclusions de l’étude scientifique menée par l’Inserm en 2021. Elles « n’engendrent pas de délinquance », écrivent-ils aussi. A titre d’exemple, les seringues ramassées autour de la salle parisienne sont passées, depuis 2016, de 150 à moins de dix par jour. Quelque 550 000 injections ont eu lieu dans les deux structures, soit autant de moins dans l’espace public. Leurs bénéfices pour les usagers sont en outre documentés de longue date (diminution (...)

    #scmr #santépublique #drogues

  • En Algérie, le ras-le-bol des étudiants en médecine
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/10/23/en-algerie-le-ras-le-bol-des-etudiants-en-medecine_6358691_3212.html

    En Algérie, le ras-le-bol des étudiants en médecine
    Par Hamid Nasri (Alger, correspondance)
    « Le chômeur est payé, le médecin, lui, est au chômage ! » Depuis le 16 octobre, en Algérie, le ras-le-bol des étudiants en médecine a évolué en une grève largement suivie. Des manifestations ont été organisées dans différentes facultés de médecine du pays, notamment à Alger, Oran, Constantine, Sétif et Annaba pour réclamer plus de postes de résidanat, l’homologation des diplômes (pour qu’ils soient reconnus à l’étranger), l’amélioration des conditions d’encadrement et de formation dans les centres hospitalo-universitaires (CHU) ou encore des garanties d’emplois après la formation. Sans oublier la fin du gel des homologations de diplômes, mesure décidée par les autorités pour freiner l’exode des médecins à l’étranger et considérée par les étudiants comme une atteinte à leur droit individuel.
    Le mouvement, qui suscite la sympathie des Algériens, a contraint le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Kamel Baddari, à lâcher du lest et à recevoir, le 20 octobre, des représentants des étudiants et les directeurs des facultés de médecine pour une réunion de plus de sept heures. Mais les mesures annoncées à son issue n’ont pas satisfait les milliers d’étudiants protestataires. Parmi ces mesures figurent la promesse d’augmenter les postes de résidanat de 3 045 à 4 045 ou la mise en place d’une plateforme pour faciliter les démarches administratives. Pas assez aux yeux des étudiants, qui réclament des réformes structurelles sur la formation, les stages et un soutien financier accru.
    Le concours de résidanat, étape clé dans le parcours des étudiants en médecine en Algérie, cristallise aujourd’hui les tensions. Il révèle les failles profondes d’un système de formation en perpétuelle crise, miné par le manque de postes ou la fuite massive des meilleurs vers l’étranger. Dans un entretien accordé au journal spécialisé Essaha (« Santé »), le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), Rachid Belhadj, dresse un constat alarmant.
    Selon lui, l’écart entre le nombre de candidats au résidanat et les postes disponibles pose un sérieux problème. « Il est inacceptable que 5 000 candidats à Alger se battent pour seulement 850 postes de résidanat », relève-t-il. Le concours de résidanat ne doit pas être seulement un moyen de recrutement, mais un outil pour former des spécialistes répondant aux besoins du pays, insiste le professeur Belhadj. De son côté, le gouvernement se refuse toujours à lever le gel des homologations des diplômes. Il redoute un départ massif des jeunes médecins vers l’étranger, où ils disposent de meilleures conditions de travail et des salaires plus attractifs. Des acteurs du secteur ont ainsi relevé une tendance inhabituelle, que certains jugent même « inquiétante », à l’apprentissage de l’allemand par les médecins algériens, signe que l’Allemagne, comme la France, est devenue une destination attractive à leurs yeux.
    En 2018, un an avant le début de la grande contestation populaire du Hirak, les facultés de médecine du pays avaient déjà connu une grève massive des étudiants en résidanat, qui réclamaient la réforme du service civil obligatoire pour les médecins spécialistes. Le mouvement avait été durement réprimé par les autorités mais, pour de nombreux étudiants qui avaient repris les cours, l’exil futur s’était alors imposé comme la solution.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#allemagne#migrationqualifiee#medecin#etudiant#emigration#sante#santepublique

  • France : les JO 2024 rendent difficile l’accès à l’aide médico-sociale pour les sans-papiers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/58583/france--les-jo-2024-rendent-difficile-lacces-a-laide-medicosociale-pou

    France : les JO 2024 rendent difficile l’accès à l’aide médico-sociale pour les sans-papiers
    Par RFI Publié le : 22/07/2024
    Depuis quelques jours, les périmètres de sécurité installés pour les Jeux olympiques transforment la circulation à Paris. Un dispositif contraignant pour les acteurs de la solidarité qui viennent en aide aux plus vulnérables. Quelques jours avant le coup d’envoi des Jeux olympiques, Médecins du Monde peine à garantir l’accès aux soins aux migrants.
    À deux pas du Stade de France et de la piscine olympique à Saint-Denis (région parisienne), Médecins du Monde (MdM) reçoit habituellement des personnes en situation irrégulière. Mais en raison des forces de l’ordre, nombreuses dans les rues de Paris pour assurer la bonne tenue des Jeux olympiques (JO), l’ONG a préféré fermer ses locaux cet été."Pour ne pas exposer nos publics à un risque d’arrestation, on a fait le choix de fermer nos locaux et de délocaliser une partie de notre activité à d’autres endroits, plus éloignés des sites olympiques", explique à RFI Matthieu Dréant, coordinateur dans ce centre. Cette antenne de Médecins du Monde a fermé le 1er juillet. Elle devrait rouvrir le 15 septembre.
    Les premières semaines ayant suivi sa fermeture, les personnes suivies par l’ONG se sont rendues à Pantin et Bobigny, deux villes proches dans le département de Seine-Saint-Denis où MdM s’est délocalisé. Mais ces derniers jours, Matthieu Dréant déplore n’avoir reçu quasiment aucun patient. « Même les patients avec qui on avait des rendez-vous nous ont dit au téléphone que compte tenu de la mise en place des périmètres de sécurité, des QR codes et de la présence policière qui est extrêmement forte et visible, ils préféraient renoncer à leurs soins et donc renoncer à venir nous voir. »
    L’ONG craint ainsi de voir arriver en septembre des patients ayant laissé leur santé se dégrader, avec d’éventuelles pathologies plus complexes à traiter et après un été sous la menace du Covid-19 ; quelque 15 millions de visiteurs sont attendus en Ile-de-France pour les Jeux olympiques (du 26 juillet au 11 août) et paralympiques (du 28 août au 8 septembre).

    #Covid-19#migrant#migration#france#JO#sante#humanitaire#migrationirreguliere#santepublique#securite

  • Législatives en France : la montée du RN inquiète les médecins étrangers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/58197/legislatives-en-france--la-montee-du-rn-inquiete-les-medecins-etranger

    Législatives en France : la montée du RN inquiète les médecins étrangers
    Par RFI Publié le : 04/07/2024
    Alors que le Rassemblement national (RN) est arrivé largement en tête du premier tour des législatives, la perspective de voir l’extrême-droite remporter la majorité absolue inquiète à l’hôpital. Le parti a inscrit dans son programme le principe de la « préférence nationale », qui vise notamment à réserver certains emplois aux ressortissants français. Or l’hôpital public dépend très fortement des médecins étrangers.
    C’est un fait avéré : de nombreux secteurs de l’économie française ne fonctionneraient pas sans main d’œuvre étrangère. Parmi eux, le cas de l’hôpital est emblématique. D’après les chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins, 27 % des médecins à l’hôpital ont été formés hors de France. Pour la moitié d’entre eux, il s’agit d’un pays extérieur à l’Union européenne (UE), qui constituent les Padhue - pour « praticiens diplômés hors Union européenne ».
    Dans le cadre des Padhue, les docteurs en médecine ou en pharmacie, parfaitement opérationnels, sont recrutés au départ sous un statut étudiant, payés 1 700 euros brut, soit beaucoup moins qu’un médecin formé en France. En échange, il y a la promesse que leur diplôme puisse être un jour reconnu en France.
    En théorie, ils ont deux ans pour passer l’examen qui doit leur permettre de faire reconnaître leur diplôme. Dans les faits, les choses sont plus compliquées. « Il y a deux-tiers d’échec, rappelle Éric Tron de Bouchony, médecin hospitalier à la retraite qui suit le dossier des Padhue pour la CGT. Ce n’est pas dû à leur faible valeur : leurs compétences sont très généralement reconnues par leur chef de service. Ces échecs sont dus à l’insuffisance du nombre de postes mis au concours. » D’après lui, il s’agit d’un quota arbitraire fixé pour ne pas faire concurrence aux médecins formés en France.
    Les médecins étrangers n’ont droit qu’à deux tentatives. « Le retour au pays est illusoire quand on sait que la moitié d’entre eux a acquis la nationalité française », insiste Eric Tron de Bouchony. Au bout de deux échecs, la seule alternative qui leur reste est de se reconvertir dans un métier paramédical.Ainsi, alors que 15 000 postes de médecins sont aujourd’hui vacants à l’hôpital, chaque année plusieurs milliers de médecins en poste se voient donc refuser le droit de continuer à exercer. « Un immense gâchis », commente le médecin.
    En janvier dernier, le président français Emmanuel Macron lui-même avait reconnu l’absurdité de la situation appelant son gouvernement à « assumer » de « régulariser nombre de médecins étrangers qui tiennent parfois à bout de bras nos services de soins », au nom de la lutte contre les déserts médicaux.Depuis, un nouveau statut facilitant leur recrutement temporaire a bien été imaginé, mais du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale, on attend toujours le décret qui devait lui donner vie.Les exemples concrets ne manquent pas. Zaïneb est marocaine, diplômée de la faculté de médecine de Casablanca. Elle est arrivée en France à la faveur d’un échange universitaire en pleine épidémie de Covid-19, avant d’y revenir à l’invitation de son chef de service une fois diplômée.
    Elle est aujourd’hui médecin radiothérapeute oncologue dans un hôpital du nord de la France. Fin 2023, elle rate d’un cheveu le concours d’équivalence et se retrouve soudainement privée d’exercer, alors que le département manque déjà de spécialistes. « Mes patients se sont retrouvés du jour au lendemain sans radiothérapeute, mes collègues ont dû se partager mes consultations », explique-t-elle à RFI.
    Pendant trois mois elle exerce malgré tout. « J’ai travaillé sans titre de séjour, je voyais mes patients comme si de rien n’était, alors que je n’avais pas de papiers », se souvient-elle dans un rire nerveux. Depuis elle a obtenu un titre de séjour temporaire, elle peut continuer à exercer, mais seulement jusqu’en avril prochain. « J’ai un titre de séjour d’un an au lieu d’avoir un titre de séjour de six mois, ça me fait moins d’aller-retour à la préfecture », ironise-t-elle.
    Dans une tribune intitulée : « Sans les médecins étrangers, le système de santé s’effondre », publiée le 17 janvier 2024 par Le Point, plus de 200 professionnels du secteur, dont les docteurs Mathias Wargon et Hocine Saal, avaient déjà appelé à trouver une solution pérenne à la situation des Padhue.
    La possible arrivée du Rassemblement national au pouvoir les inquiète. Dans le programme de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2022, il était écrit noir sur blanc le souhait du RN de « réduire drastiquement le recours aux médecins ayant obtenu leur diplôme hors de l’UE ». La cheffe de file de l’extrême-droite a ensuite nuancé son propos, mettant en avant le besoin de « vraies équivalences » entre les diplômes.Un argument balayé par Eric Tron de Bouchony : « Entre 2002 et 2005, on a trouvé des critères d’équivalence entre un diplôme obtenu à Athènes et un diplôme obtenu à Stockholm. Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas faire la même chose entre un diplôme obtenu à Beyrouth et un diplôme obtenu à Rennes ? Les effets néfastes de la préférence nationale ne passeront pas par l’hôpital ».
    En pleine campagne législative, les déclarations de candidats du Rassemblement national n’ont pas rassuré. En 2022, la candidate de l’extrême-droite dans la 1ère circonscription des Vosges s’était ainsi étonnée que « d’autres médecins d’autres pays, qui n’ont pas notre savoir-faire, viennent nous soigner en apprenant sur le tas, pourquoi on ne ferait pas pareil ? » Ce n’est pas parce qu’on n’est pas très bon à l’école qu’on ne peut pas être performant sur le terrain", assurait-elle lors d’un débat télévisé, sous le regard consterné des journalistes et des autres candidats sur le plateau.
    Quelques jours après notre entretien, Zaïneb a renvoyé un message à RFI : « Dans l’Aisne, où je travaille, il y a eu un record de vote pour le Rassemblement national. Plus de 50 %, que ce soit aux élections européennes ou au premier tour des législatives. Cela veut dire que statistiquement, un patient sur deux, un collègue sur deux a voté pour le RN. J’ai l’impression que même mes collègues ne réalisent pas que je suis étrangère. Je ne suis pas même pas binationale, je suis médecin étranger. Ces mesures discriminatoires, cette montée de xénophobie qu’on observe déjà sur les réseaux sociaux vont me toucher directement », explique-t-elle amère. Pourtant, elle se souvient de la mobilisation unanime de ses collègues et de ses patients lorsqu’elle a été menacée d’expulsion début 2024. Comme si « l’étranger » ne pouvait pas être aussi la personne qui vous soigne.

    #Covid-19#migration#france#medecin#PADHUE#etranger#immigration#politiquemigratoire#santepublique#sante#extremedroite#discrimination

  • « Non au démantèlement à bas bruit de l’aide médicale de l’Etat »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/11/non-au-demantelement-a-bas-bruit-de-l-aide-medicale-de-l-etat_6232625_3232.h

    « Non au démantèlement à bas bruit de l’aide médicale de l’Etat »
    Tribune
    Collectif
    Jusqu’ici, grâce à la mobilisation de la société civile et des soignants, l’aide médicale de l’Etat (AME) a échappé à sa transformation en aide médicale d’urgence (AMU), qui revenait de fait à la suppression du dispositif. Mais fin janvier, Gabriel Attal a annoncé lors de son discours de politique générale une réforme du dispositif avant l’été, par voie réglementaire.
    Nous y sommes. Dans les semaines à venir, les arbitrages ministériels devraient être rendus et le décret publié. Derrière les éléments de langage feutrés du gouvernement, employés notamment par le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention, Frédéric Valletoux, concernant un simple « ajustement du fonctionnement de l’AME » (France Info le 8 avril), se cachent d’inquiétantes pistes de restrictions.
    Nos organisations lancent l’alerte contre tout ce qui pourrait s’apparenter à un démantèlement à bas bruit du dispositif. Au vu des conséquences sur l’accès aux soins des plus vulnérables et la santé publique, nous appelons à l’abandon du projet.L’AME permet l’accès à la prévention et aux soins pour les personnes étrangères en situation administrative irrégulière, une population particulièrement fragile sur le plan sanitaire et social. Les pistes de restrictions envisagées à ce stade par le gouvernement compromettraient considérablement l’accès et la portée de ce dispositif.
    Le conditionnement de l’accès au dispositif aux ressources du conjoint, à rebours de la réforme de l’allocation adulte handicapé (AAH) entrée en vigueur en octobre 2023, modifierait drastiquement le calcul des ressources. Aujourd’hui, les conditions pour bénéficier de l’AME sont déjà restrictives : le dispositif n’est pas accessible aux personnes en situation irrégulière qui ont des ressources supérieures à 847 euros par mois, parmi lesquelles de nombreux travailleurs qui cotisent et se voient pourtant privés de couverture maladie.
    Le nouveau calcul des ressources entraînerait une sortie sèche de toute couverture santé d’une personne sans-papiers en couple avec un conjoint français ou étranger en situation régulière, dont le cumul des ressources mensuelles dépasserait le seuil de 1 271 euros. Cela conduirait en outre à accroître les situations d’emprise et de dépendance conjugale subies par des femmes étrangères en situation irrégulière, ce qui pourrait les amener à être davantage exposées à des violences conjugales, intrafamiliales, sexistes et sexuelles.
    De plus, la limitation des pièces justificatives d’identité aux seuls documents avec photo, et à l’exclusion des attestations associatives, serait aussi un obstacle administratif insurmontable pour de nombreuses personnes. Beaucoup ont dû quitter leur pays sans pièce d’identité, notamment les plus jeunes, ont perdu leurs papiers, se les sont fait voler, ou sont victimes de confiscation de leur document ou de chantage aux papiers. Priver ces personnes d’accès à l’AME dégraderait leur état de santé, et pèserait in fine sur des services d’urgences déjà surchargés et sur les dettes hospitalières.
    Les difficultés que rencontrent les usagers de l’AME pour accéder à leurs droits et aux soins sont déjà largement documentées (« Entraves dans l’accès à la santé : les conséquences de la réforme de 2019 sur l’accès à l’aide médicale de l’Etat », Rapport d’enquête interassociatif, avril 2023 ; Institut des politiques publiques, « Les refus de soins opposés aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’Etat », Rapport, n° 43, mai 2023).
    Elles expliquent une grande partie du taux de 50 % de non-recours au dispositif (Institut de recherche et documentation en économie de la santé/Irdes, enquête « Premiers pas », 2019). L’extension du dépôt physique des demandes de renouvellement au guichet des administrations, comme c’est le cas pour les premières demandes depuis 2019, complexifierait encore plus les démarches, tout en alourdissant le travail du service public de l’Assurance-maladie.#
    L’introduction de nouveaux actes et de nouvelles prestations soumis à entente préalable pour l’accès à certains soins (demande de prise en charge remplie par le médecin, qui doit être validée par l’Assurance-maladie avant l’exécution de l’acte ou du traitement) conduirait à des retards voire à des renoncements aux soins des usagers. Elle augmenterait la charge de travail administratif des médecins comme des agents de l’Assurance-maladie.
    Quant à la réinstauration d’une franchise ou d’un droit de timbre pour avoir accès à l’AME, elle risquerait d’augmenter le non-recours tout en contribuant à la hausse des dépenses publiques. L’expérimentation de cette mesure entre 2011 et 2012 a rapidement été abandonnée face à l’ampleur des conséquences négatives (l’instauration d’un droit de timbre de 30 euros entre 2011 et 2012 a ainsi entraîné la baisse des effectifs des bénéficiaires de l’AME sur la période, ainsi qu’une hausse de 10 % de la dépense moyenne par bénéficiaire due à la dégradation de leur santé).
    L’intérêt de l’AME n’est plus à démontrer. Toutes les données d’études scientifiques et les évaluations institutionnelles successives (rapports de l’inspection générale des affaires sociales et de l’inspection générale des finances de 2010, 2019 et 2023) convergent vers les mêmes constats : le dispositif est nécessaire pour la protection de la santé individuelle et publique, son budget est maîtrisé – il représente moins de 0,5 % du budget de l’Assurance-maladie, une proportion stable depuis des années –, et il est indispensable au bon fonctionnement de notre système de soins.
    Le dernier rapport sur ce sujet a été publié en décembre 2023. Réalisé par Claude Evin, ex-ministre de la santé, et Patrick Stefanini, conseiller d’Etat, il confirme l’ensemble de ces résultats : il réfute aussi bien le fantasme de « la fraude » que celui de « l’appel d’air », des contre-vérités largement assénées par les détracteurs du dispositif. Les usagers de l’AME que nos organisations rencontrent au quotidien sur le terrain sont les travailleuses et travailleurs essentiels qui construisent et entretiennent nos villes, cuisinent et livrent nos repas, prennent soin de nos aînés et de nos enfants. Maillons essentiels de notre société, leur santé est aussi la nôtre.
    C’est pourquoi l’ensemble de nos organisations appelle le gouvernement à l’abandon de ce projet de réforme. La seule mesure acceptable est l’instauration d’une carte Vitale pour les usagers de l’AME, unique solution consensuelle et réaliste pour favoriser l’accès aux soins des plus précaires, alléger le travail administratif des soignants et de l’Assurance-maladie et renforcer notre santé publique.

    #Covid-19#migration#migrant#france#AME#sante#politiquemigratoire#etranger#santepublique#sanspaier#migrationirreguliere

  • Loi sur l’immigration : « Le marchandage portant sur l’aide médicale d’Etat est surréaliste, pour ne pas dire obscène »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/10/loi-sur-l-immigration-le-marchandage-portant-sur-l-aide-medicale-d-etat-est-

    Loi sur l’immigration : « Le marchandage portant sur l’aide médicale d’Etat est surréaliste, pour ne pas dire obscène »
    Tribune Smaïn Laacher Sociologue
    Marie Rose Moro Pédopsychiatre
    La nouvelle loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » n’est pas un texte « fasciste » ou « raciste » comme cela a été dit ici et là. Elle est cependant indéniablement restrictive au sens où elle complique, rend aléatoires, voire supprime des droits fondamentaux.Bien entendu, si on la compare avec l’arsenal juridique en matière d’immigration et d’asile d’un certain nombre de pays de l’Union européenne (UE), il ne sera pas difficile de trouver « pire » que la France. C’est la Hongrie qui a construit une clôture de près de 4 mètres de haut à sa frontière avec la Serbie pour s’opposer au passage des migrants dans les Balkans.
    Alors que l’Assemblée nationale votait la loi relative à l’immigration le 19 décembre 2023, les représentants des vingt-sept Etats membres de l’UE parvenaient, le lendemain, à un accord sur le futur pacte migratoire.
    Mais ce qui apparaît à la limite de la caricature de la part de nos politiques et de nos législateurs, c’est le marchandage quasi surréaliste, pour ne pas dire obscène, portant sur l’aide médicale d’Etat (AME). Pourquoi considérer l’AME comme un « cavalier législatif » [un amendement dépourvu de lien, même indirect, avec le texte de loi examiné] ? Pourquoi les enjeux de santé des migrants sont-ils détachés des enjeux de santé liés aux conditions d’existence des fractions les plus précaires des classes populaires ?
    L’Organisation mondiale de la santé affirme que les questions de santé ne se caractérisent pas nécessairement par l’absence de maladie ou d’infirmité. Pour cette institution, la santé représente « l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». On peut parler de la « santé des migrants ». Mais si l’on veut être un tant soit peu rigoureux, nous devrions parler d’inégalités dans les domaines de la santé publique et de la santé au travail. Il suffit de prendre un seul exemple souvent cité lors de la pandémie de Covid-19 : celui des « livreurs ».
    De grandes villes comme Paris, en 2021, et Bordeaux, en février 2023, ont mis à la disposition de ces travailleurs ultra-précaires des plates-formes de livraison des lieux d’accompagnement appelés « Maisons des livreurs ». Médecins du monde et la Maison des livreurs à Bordeaux ont alerté sur « les morts brutales, la souffrance physique et psychique des livreurs ».
    Combien sont-ils à perdre la vie au « travail » ? Combien se blessent en chutant de leur moyen de locomotion ? Personne ne le sait. Et pour cause, ce ne sont pas des salariés, mais des « indépendants » non couverts par la branche accidents du travail et maladies professionnelles, qui disparaissent des statistiques. Ils ont généralement moins de 30 ans et sont le plus souvent sans titre de séjour. Des « clandestins » qui livrent députés, élus, hauts fonctionnaires, familles, etc.
    Comment cette inégalité de soins se traduit-elle concrètement ? De la manière suivante : si les livreurs ne se rendent pas chez un médecin, c’est parce qu’ils passent parfois quinze heures par jour sur leur vélo, six jours sur sept, par tous les temps. Se rendre chez le médecin parce qu’on est saisi de troubles musculo-squelettiques ou même d’une pathologie infectieuse, c’est ne plus rouler, et donc perdre une somme vitale pour survivre. Ce constat est établi par tous les professionnels de santé.Les Républicains et le Rassemblement national ont exigé d’une même voix la suppression de l’AME pour les sans-papiers. Quelle hypocrisie ! La droite estime que l’AME est trop généreuse par rapport aux dispositifs en vigueur dans l’UE et qu’elle constitue, argument central, un « appel d’air » pour tous les immigrés de la terre. Cette notion d’appel d’air est, n’ayons pas peur des mots, une escroquerie intellectuelle. Les enquêtes statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques montrent que, plusieurs années après leur arrivée, de nombreux immigrés (entre 30 % et 50 %) sont partis ailleurs. Dans le Calaisis [Pas-de-Calais et Nord], les étrangers en situation irrégulière, dans leur écrasante majorité, n’ont qu’un seul désir : partir au Royaume-Uni.
    L’appel d’air n’est donc pas un fait avéré. Ce qui est démontré, c’est que l’aide médicale d’urgence, qui remplacera probablement l’AME, lorsqu’elle sera votée, provoquera inexorablement « une augmentation du recours aux soins hospitaliers urgents, plus complexes et plus coûteux ». Ce sont des professionnels, dotés d’une solide et longue expérience, qui l’affirment dans un texte commun signé notamment par de nombreuses sociétés savantes médicales et par le syndicat SAMU-Urgences de France.
    Dans le total des dépenses de l’AME, l’hôpital tend à diminuer au profit de la médecine de ville : il représentait environ 62 % des dépenses en 2020, contre environ 69 % en 2010. Dans ces dépenses hospitalières, la psychiatrie et les soins de suite représentent respectivement 14 % et 12 %, selon un rapport de l’ancien ministre Claude Evin et du haut fonctionnaire Patrick Stefanini. Il n’est pas difficile de percevoir l’enjeu fondamental : il y a un accès très inégal à la médecine non seulement d’urgence, mais dans le soin portant sur les conséquences somatiques et psychiques de ce que les migrants ont vécu dans leur pays d’origine et, particulièrement pour les femmes et les enfants, sur le chemin de l’exil.
    Nous pensons qu’il est infondé de réduire les migrants à des êtres « vulnérables » en quête de soins. Cette vision du migrant vulnérable n’a rien à voir avec l’intégration. Il ne s’agit pas, socialement et politiquement, de la question de la fragilité individuelle des migrants, mais, bien plus largement et fondamentalement, de la capacité d’une société à insérer socialement les plus fragilisés à cause de ce qu’ils ont vécu, à cause de ce qu’ils vivent. Autrement dit, il s’agit de les aider à construire, individuellement et collectivement, du lien social. Si l’on privilégie la faiblesse personnelle, alors le danger est grand de faire porter à l’individu seul la défaillance de nos systèmes d’intégration sociale.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#AME#loiimmigration#santepublique#santementale#exil#integration