• « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
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    « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    Par Julie Zaugg (Jaywick [Royaume-Uni], envoyée spéciale)
    Pour Michelle (qui n’a donné que son prénom), 54 ans, la décision de déménager à Jaywick, sur la côte de l’Essex, n’a pas été prise à la légère. « J’ai consulté les statistiques officielles pour trouver l’un des endroits au Royaume-Uni avec la population la plus blanche », relate-t-elle, le 5 août, assise devant le Sunspot, un minicentre commercial abrité dans des bâtiments de tôle qui a ouvert en 2023 sur le front de mer de cette station balnéaire isolée, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Londres. « Je ne me sens plus en sécurité dans les grandes villes avec tous ces groupes de migrants illégaux qui rôdent », poursuit-elle.Jeudi 13 août, lorsque les résidents de Clacton-on-Sea, la circonscription dont fait partie Jaywick, se rendront aux urnes pour élire leur député, elle votera pour Nigel Farage, le dirigeant du parti d’extrême droite Reform UK.
    Les chalets bordant la plage de Jaywick, communauté fondée en 1928 comme village de vacances pour la classe ouvrière, sont progressivement devenus des résidences principales pour les personnes défavorisées fuyant la capitale. En ce mercredi après-midi de début août, des résidents sillonnent la rue principale sur des scooters pour personnes à mobilité réduite. La plage est parsemée de tentes érigées par des personnes sans domicile fixe. Trois jeunes femmes assises à même le trottoir versent de la vodka dans une bouteille de cola. Sur les balcons, des pancartes munies du slogan « Je suis avec Nigel » signalent l’allégeance politique du lieu.
    L’élection de Clacton-on-Sea a été déclenchée par la démission de Nigel Farage, qui occupe ce siège parlementaire depuis 2024. Placé sous enquête en raison d’un don non déclaré de 5 millions de livres (5,8 millions d’euros) provenant du cryptomilliardaire Christopher Harborne, il a choisi de démissionner et de se représenter à son propre poste, décrivant le scrutin du 13 août comme un vote « du peuple contre l’establishment ». Les principaux partis ont choisi de boycotter le scrutin pour ne pas rentrer dans son jeu.
    Cette décision a ouvert la voie à une série de candidats fantaisistes, dont Count Binface (« le comte à tête de poubelle »), qui a promis de maintenir le prix des croissants à 1 livre et de renvoyer à l’école les climatosceptiques. L’acteur Laurence Fox, qui représente le parti d’extrême droite Reclaim, est aussi sur les rangs. La réélection de Nigel Farage semble toutefois assurée. Un sondage de Mandate Research, publié le 3 août, lui attribue 73 % des intentions de vote.
    Les façades des hôtels à la peinture fanée ornant le front de mer témoignent des jours meilleurs qu’a connus cette station balnéaire avant que les classes ouvrières londoniennes ne découvrent les séjours tout compris en Espagne dans les années 1980. La fête foraine installée sur la jetée en bois était l’une des plus connues du pays. Des touristes journaliers en habit de plage fréquentent désormais les manèges brinquebalants et les échoppes vendant du sucre d’orge et des bulots. « Il n’y a qu’une seule personne qui aura mon vote, c’est Nigel », glisse Steve Devaux, 58 ans. Sa bête noire, ce sont les gens qui vivent de l’aide sociale. « Je possède plusieurs logements, et mes locataires ont des télés à écran plat et des meubles neufs sans avoir jamais travaillé un seul jour de leur vie », déplore-t-il.
    L’immigration l’inquiète aussi. « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques », lâche-t-il. La population de la cité est pourtant à 96 % blanche, selon le dernier recensement réalisé en 2021. Le 1er juillet, une embarcation de fortune contenant six migrants est arrivée sur l’une des plages locales, mais il s’agissait d’une première. « Clacton-on-Sea compte de nombreux retraités issus de la classe ouvrière, relève Peter Klotz, un élu travailliste au conseil municipal. On leur a vendu l’idée que tous leurs maux avaient été causés par les migrants. » Les plus de 65 ans représentent 32 % de la population, contre 19 % à l’échelle nationale.
    Le pasteur Stephen Clayden, qui prêche pour l’église Le Pain de vie, dans une halle blanche en face d’un supermarché Lidl, fait partie des orateurs affiliés à la droite dure qui ont influencé le discours politique à Clacton-on-Sea. « Les gens sont inquiets, lance-t-il. Des groupes d’hommes asiatiques ont été vus à proximité de certaines écoles. » Il dit vouloir « [se] battre pour éviter que les hôtels de la cité ne servent à héberger des demandeurs d’asile, comme ailleurs au Royaume-Uni ». Interdit de prêche dans la ville voisine de Colchester en raison du contenu homophobe et islamophobe de ses sermons, Stephen Clayden a reçu le soutien de Nigel Farage dans une vidéo mise en ligne en mai.
    Siégeant dans un ancien théâtre néoclassique, le chef (non élu) du conseil municipal de Tendring (qui comprend Clacton-on-sea et Jaywick), Ian Davidson, est préoccupé par le cirque médiatique qui s’est abattu sur la commune de 53 200 habitants. « Cette élection n’est pas une blague, soupire-t-il. Nous élisons notre représentant parlementaire. » Il a préparé une présentation d’une trentaine de pages à l’intention des candidats pour les informer des enjeux locaux. « Clacton-on-Sea souffre d’un profond dénuement, détaille-t-il. Le nombre de jeunes qui obtiennent un diplôme d’études secondaires est plus bas que la moyenne nationale. L’espérance de vie est dix-huit ans plus basse qu’à Saffron Walden [une riche commune de l’Essex]. » Il y voit un effet du manque d’emplois dans cette station balnéaire qui ne parvient guère à attirer les touristes. « C’est un cercle vicieux, poursuit-il. Comme les logements sont bon marché, les personnes défavorisées et les séniors déménagent ici, faisant pression sur les ressources publiques. »
    Sur la place centrale de Clacton-on-Sea, on sent poindre ces défis. Un groupe d’habitués sirote des canettes de bière en lançant des grossièretés aux passants. Une dame âgée en minijupe et en haut très court se promène en marmonnant, une poupée dans les bras. Un garçon d’une douzaine d’années tente d’écouler des parfums de contrefaçon qu’il trimballe dans un cabas en papier.« L’absence de perspectives pousse de nombreux électeurs dans les bras de Reform UK », juge Ben Lattimore, un résident de 39 ans qui prend le soleil dans un parc au bord de l’eau. Il pense toutefois que le scrutin déclenché par Nigel Farage va entamer sa popularité. « Nous avons bien compris qu’il cherche juste à détourner l’attention de ses problèmes financiers », dit-il. Reform UK, qui caracolait en tête des sondages il y a un an, avec 34 % des intentions de vote au niveau national, a vu cette part chuter à 26 %, selon le baromètre Ipsos de juin.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#extremedroite#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • Ceuta : sur les réseaux sociaux, les fausses informations et appels à traverser la frontière le 15 août inquiètent les autorités - InfoMigrants
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    Ceuta : sur les réseaux sociaux, les fausses informations et appels à traverser la frontière le 15 août inquiètent les autorités
    Par La rédaction Publié le : 11/08/2026
    Plus d’une semaine après l’entrée de plus de 80 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet, des messages en ligne relaient des appels à retraverser la frontière le 15 juillet. La Garde civile espagnole estime qu’"une campagne en ligne active susceptible de mobiliser la population" existe bel et bien mais reste impossible à quantifier.
    Tout sourire et vêtue d’une combinaison de plongée, une jeune femme s’affiche sur les réseaux. En seule légende : « +212 ➡️ +34 », en référence aux indicatifs téléphoniques du Maroc et de l’Espagne. Un message simple qui témoigne de la réussite de sa traversée du Maroc vers l’Espagne. Comme l’avait déjà constaté InfoMigrants, nombreux sont les migrants qui documentent leur émigration réussie sur les réseaux.Mais ces derniers jours, à peine plus d’une semaine après l’arrivée massive de plus de 80 000 migrants dans l’enclave de Ceuta, des messages circulent massivement sur Tiktok, Instagram et Facebook et évoquent tous une même date : le 15 août 2026.
    Parfois vus plusieurs centaines de milliers de fois, ces messages affirment que « le 15 août, le poste frontière de Ceuta / El Tarajal sera ouvert normalement si Dieu le veut. Le 15 août est férié en Espagne mais le poste reste ouvert 24h/24. Il est peu probable qu’il y ait beaucoup de circulation ». Dans d’autres posts, un visuel citant un faux communiqué du gouvernement espagnol avançant qu’"il a été décidé d’ouvrir les points de passage frontaliers le 15 août (…) de 10h à 23h" circule.Et dans les commentaires, des vagues de messages de Marocains. « L’armée ne nous a pas permis de rentrer la première fois. Espérons qu’on le refera le 15/08 », écrit l’un d’eux, partageant son numéro commençant par +212. En dessous, les messages se multiplient. « Nous sommes deux et prêts, voici mon numéro », commente un autre.
    D’autres partagent des liens de groupes WhatsApp. « Que Dieu soit avec nous », avance une jeune femme dans l’un des groupes rejoints par InfoMigrants. « Je vais travailler deux ans en Espagne », prédit une autre. D’autres partagent des vidéos issus des réseaux sociaux montrant les « meilleurs itinéraires » à la nage pour rejoindre Ceuta en évitant les contrôles policiers.
    Ces messages, repérés il y a plusieurs jours, commencent à inquiéter les autorités qui craignent de voir affluer une nouvelle vague de personnes à la frontière entre le Maroc et la petite enclave espagnole. Selon une enquête de la Garde civile espagnole, il existe bien « une campagne en ligne active susceptible de mobiliser la population » mais il n’existe aucun élément permettant d’estimer le nombre de participants potentiels ni de supposer que les événements survenus fin juillet se reproduiront le 15 août.
    Le rapport fait également état d’une quantité importante de désinformation, notamment concernant l’ouverture de la frontière, l’aide financière perçue par les migrants après leur arrivée ou encore la récente décision de la Cour suprême. Cette dernière avait déjà été largement instrumentalisée fin juillet même si, là aussi, l’impact réel de ces publications est difficile à quantifier.
    De manière générale, le sujet de l’émigration vers l’Europe a toujours suscité un fort intérêt au Maroc. Quelques jours avant l’afflux massif à Ceuta, Les images de Farah, une marocaine arrivée à Ceuta, ont fait le tour des réseaux. Les vidéos de la jeune fille faisant un signe de victoire devant les caméras du média local El Faro de Ceuta ont été visionnées plusieurs millions de fois et ont même été diffusées dans des journaux télévisés nationaux.
    « Tous ces contenus sur les réseaux sociaux rencontrent un effet de masse car ils entretiennent le récit d’une Europe perçue comme un Eldorado », racontait à InfoMigrants Saïd Tbel de l’AMDH. Et d’ajouter : « Imaginez l’impact que cela peut avoir sur une jeunesse sans perspectives lorsqu’elle voit un homme revenir d’Europe avec une voiture ou de l’argent ou quand elle voit sur les réseaux sociaux un habitant du quartier parti en Europe réussir ».En réponse, la frontière se renforce. Selon RFI, le dispositif sécuritaire a été augmenté à Fnideq et aux abords du poste-frontière avec Ceuta. Des vidéos montrent l’arrivée massive de véhicules des forces de l’ordre. Une information confirmée par l’Association marocaine des droits humains à Tétouan, à nos confrères du site d’information marocain Yabiladi.Même chose du côté espagnol de la frontière. La directrice générale de la Garde civile, Mercedes González, a ordonné qu’aucun nouveau congé ne soit accordé aux officiers de l’institution armée en poste à Ceuta et Melilla en raison de « la situation opérationnelle résultant de l’augmentation de la pression migratoire irrégulière » dans les deux villes autonomes, selon un document interne obtenu par El Pais. « La circulaire intervient à la suite de ces informations faisant état d’une nouvelle tentative présumée de franchissement massif de la frontière par des migrants en situation irrégulière, encouragée sur les réseaux sociaux pour samedi prochain », note le journal.
    Les autorités espagnoles sont particulièrement sur le qui-vive car même si la quasi-totalité des Marocains entrés à Ceuta fin juillet ont été renvoyés dans leur pays, la situation est loin d’être revenue à la normale. Selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, entre 8 000 et 11 000 migrants sans papiers se trouveraient encore dans la ville autonome.Sur la plage de Trampolin, à Ceuta, plusieurs centaines d’exilés luttent pour leur survie depuis maintenant plus d’une semaine. Pour s’abriter, ils ont commencé à construire de petites cabanes avec les objets trouvés sur place, parfois avec des pans de tissus. Sur des morceaux de bois, des vêtements ont été suspendus. Mais en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort, les exilés patientent sur le sable. Le CETI est saturé et ne peut pas accueillir les nouveaux arrivants.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#migrationirreguliere#rumeur#sante#reseauxsociaux

  • Espagne : un réseau d’exploitation sexuelle de mineures non accompagnées subsahariennes démantelé - InfoMigrants
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    Espagne : un réseau d’exploitation sexuelle de mineures non accompagnées subsahariennes démantelé
    Par La rédaction Publié le : 12/08/2026
    La police espagnole a annoncé mardi 11 août avoir démantelé un réseau de traite de jeunes migrantes subsahariennes à des fins d’exploitation sexuelle. Cinq membres du réseau, qui opéraient depuis les îles Canaries, ont été arrêtés. La Guardia Civil a annoncé mardi 11 août le démantèlement d’une organisation criminelle implantée à Gran Canaria, dans les îles Canaries. Elle est accusée d’avoir recruté des mineures non accompagnées hébergées dans des centres d’accueil afin de les transférer vers l’Espagne continentale et la France où elles ont été exploitées sexuellement.
    L’opération baptisée Jabany a conduit à l’arrestation de cinq personnes, dont un mineur. Grâce au déroulement de cette opération, la Guardia civil a aussi pu libérer deux victimes et empêcher la fuite de quatre autres mineures, « les empêchant de quitter les îles selon la même procédure que dans les cas précédents ».
    L’enquête a débuté après le retour en Espagne d’une jeune migrante qui avait quitté un centre de protection de Gran Canaria et avait été transférée en France. Selon son témoignage, elle avait été attirée par la promesse d’un emploi avant de finalement réussir à revenir en Espagne. Elle a alors raconté sa situation aux autorités. C’est à la suite de ce témoignage que les enquêteurs se sont intéressés à d’autres cas de disparitions de mineures hébergées dans des centres de protection de l’île. Après plusieurs mois d’enquête, ils ont alors constaté un schéma similaire dans plusieurs cas : des mineures quittaient leur centre d’accueil sans leurs documents personnels et apparaissaient quelques heures plus tard sur des vols à destination de différentes villes de la péninsule espagnole.Selon les enquêteurs, le réseau profitait de la vulnérabilité particulière des jeunes filles, souvent sans liens familiaux en Espagne, désireuses de trouver du travail et confrontées à la barrière de la langue.
    Pour la Guardia Civil, la répétition de ces départs et la présence de documents d’identité utilisés pour les voyages ont permis d’établir qu’il ne s’agissait pas de fugues isolées, mais d’une « organisation structurée ». Chaque membre avait des rôles bien définis : « certains membres étaient chargés de contacter les mineurs ou de faciliter les contacts depuis les centres ; d’autres géraient les formalités administratives, la distribution des effets personnels ou l’achat des billets », expliquent les autorités. Dans certains cas, les suspects accompagnaient même les victimes à l’aéroport pour s’assurer qu’elles puissent accéder à la zone d’embarquement et être ensuite transférées vers leur destination finale. Des investigations supplémentaires sont toujours en cours afin de déterminer si d’autres jeunes filles ayant quitté des centres de protection de Gran Canaria au cours des dernières années ont pu être victimes du même réseau. Et si oui, de retrouver leurs traces.Cette annonce intervient alors que la problématique de la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en Espagne fait couler beaucoup d’encre. À la suite de l’afflux de plus de 80 000 migrants dans l’enclave de Ceuta fin juillet, il reste des milliers de MNA dans le petit territoire espagnol en terre marocaine et les autorités sont confrontées à leur délicate prise en charge. Parmi eux se trouvent de nombreuses jeunes filles, particulièrement vulnérables aux risques de violences sexuelles et d’exploitation. Quelques adolescents ont trouvé un hébergement provisoire chez des habitants mais de très nombreux jeunes sont toujours contraints de dormir à la rue. Cette situation les expose à de graves risques d’exploitation et de traite d’êtres humains, met en garde l’Unicef. « Certains d’entre eux sont très jeunes, il y a aussi des filles, et c’est un véritable traumatisme de se retrouver seuls, sans projet migratoire », a souligné le directeur général de l’Unicef Espagne, José María Vera, interrogé par le média Cadena Ser.

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  • Émigration clandestine à Joal : Les convoyeurs prennent la fuite, la justice tombe sur le marabout et le bailleur ! | Seneweb
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    Émigration clandestine à Joal : Les convoyeurs prennent la fuite, la justice tombe sur le marabout et le bailleur !
    Auteur : Khady NDOYE
    Dans une affaire d’émigration irrégulière impliquant une soixantaine de candidats au voyage, les principaux organisateurs présumés, Baye Fall et Ndèye Fatou Diaw, se sont évaporés dans la nature. Leur fuite laisse derrière eux de lourds ennuis judiciaires pour S. P. Diouf, un marabout, et L. M. Diouf, un bailleur, tous deux poursuivis devant le tribunal pour complicité d’escroquerie. À la barre, les deux prévenus ont fermement nié toute implication, affirmant avoir été eux-mêmes manipulés et dupés par le couple de convoyeurs en fuite.
    ​Tout a commencé lorsque Baye Fall s’est rendu chez le marabout S. P. Diouf pour solliciter des prières en vue d’un voyage. Il a ensuite dépêché Ndèye Fatou Diaw auprès du religieux pour récupérer des talismans. Profitant de cette rencontre, la dame a demandé au marabout s’il connaissait un logement à louer. S. P. Diouf l’a alors mise en relation avec L. M. Diouf, propriétaire d’une concession à Joal. Ce dernier a accepté de louer sa maison à Baye Fall pour la somme de 350 000 francs CFA. ​Mais le bailleur était loin de se douter que la résidence allait rapidement se transformer en bunker secret pour près de 60 candidats à l’émigration clandestine, dans l’attente d’un embarquement imminent en pirogue. ​Le pot aux roses a été découvert lorsqu’une violente bagarre a éclaté à l’intérieur de la concession. Alertés par le voisinage, les éléments de la gendarmerie sont intervenus sur les lieux pour rétablir l’ordre. Dans la foulée, P. Sall, l’un des candidats au voyage, a déposé une plainte formelle contre le marabout et le propriétaire, les soupçonnant d’être chevilles ouvrières du réseau de convoyage. ​À la barre, le bailleur a réfuté catégoriquement ces accusations, jurant qu’il ignorait tout de l’usage que Baye Fall comptait faire de son bien. La défense a toutefois apporté une nuance en révélant que L. M. Diouf envisageait lui-même d’embarquer pour l’Europe et qu’il avait accepté de mettre son logement à disposition des convoyeurs, prévoyant de solder le reliquat de son voyage une fois arrivé à destination.
    ​De son côté, le marabout S. P. Diouf a reconnu avoir reçu Baye Fall pour des séances de prières, confirmant avoir perçu la somme de 300 000 francs CFA pour ses prestations mystiques. Quant au plaignant P. Sall, il a affirmé devant les juges avoir versé 500 000 francs CFA directement entre les mains de la fugitives Ndèye Fatou Diaw. Lors des plaidoiries, les avocats des deux mis en cause ont vivement fustigé la tournure des poursuites. Me Abdoulaye Tall a soutenu que ses clients étaient « davantage des victimes que des complices », réclamant une relaxe pure et simple. Me Oumar Sène a, pour sa part, remis en cause la matérialité de la complicité : « En quoi le fait d’avoir fait des prières participe-t-il à la commission d’une escroquerie ? », s’est-il interrogé, plaidant l’absence totale d’infraction. Abondant dans le même sens, Me Elimane Kane a insisté sur le fait que les deux hommes ont été instrumentalisés par les véritables cerveaux de l’affaire, aujourd’hui introuvables. ​Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision le mardi 18 août prochain

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#migrationirreguliere#joal#sante#trafic

  • À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave - InfoMigrants
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    À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave
    Par Julia Dumont Publié le : 11/08/2026
    Fin juillet, environ 70 000 personnes – principalement marocaines – sont entrées dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Plus d’une semaine après, la majorité a été expulsée mais environ 10 000 exilés, dont de nombreux mineurs, demeurent toujours à Ceuta et vivent dans le plus grand dénuement. Les habitants et les autorités locales alertent sur la menace d’une crise humanitaire dans l’enclave.
    Ce sont des abris misérables, faits de minces branches et de quelques morceaux de cartons. Sur la plage de Trampolin, à Ceuta, plusieurs centaines d’exilés luttent pour leur survie depuis maintenant plus d’une semaine. Pour s’abriter, ils ont commencé à construire de petites cabanes avec les objets trouvés sur place, parfois avec des pans de tissus. Sur des morceaux de bois, des vêtements ont été suspendus. C’est vers cette plage, située à deux pas du CETI, l’unique centre d’hébergement de l’enclave, que sont dirigés les exilés par la police et les commerçants.
    Selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas , entre 8 000 et 11 000 migrants sans papiers se trouveraient encore dans la ville autonome. Originaires d’Afrique subsaharienne pour la plupart, ces jeunes hommes déclarent avoir quitté leur pays pour leur sécurité et vouloir rester en Europe."Si on avait la possibilité de rester chez nous, pourquoi prendre la mer pour aller chez les autres ? On n’est pas en Espagne pour déranger. On n’est pas des voleurs, on n’est pas des bandits. On est venus pour contribuer à l’économie espagnole […], aider l’Espagne et nous aider aussi. Parce que dans nos pays on a fait des études mais on ne peut pas travailler", a confié Djibril au média La Ser.
    Mais en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort, les exilés patientent sur le sable. Le CETI est saturé et ne peut pas accueillir les nouveaux arrivants. Le délégué du gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoyait de mettre en place dans un délai approximatif d’"un mois" un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.
    Selon les estimations du gouvernement espagnol, environ 2 000 personnes se trouveraient sur la plage de Trampolin et aux alentours du CETI. Mais ce nombre ne correspond pas à la quantité – bien plus élevée - de repas distribués chaque jour par la Croix rouge, souligne El Pais."Ça y est, il n’en reste plus. Encore une fois", déplore auprès du quotidien espagnol une membre de la Croix-Rouge en distribuant le dernier repas de son stock, alors que de nombreuses personnes attendent encore d’avoir à manger. Depuis l’afflux d’exilés à Ceuta, de nombreuses personnes ont affirmé souffrir de la faim. Plusieurs d’entre eux ont indiqué à des journalistes que des supermarchés ne les avaient pas laissé entrer pour acheter de la nourriture. Seules quelques organisations prennent en charge aujourd’hui les distributions de nourriture.
    Pour assurer un minimum d’hygiène aux exilés vivant sur la plage, une dizaine de toilettes ont été installés sur une esplanade, ainsi qu’une trentaine de douches, un hangar et des points d’eau. Mais la situation est malgré tout critique car l’état de santé de certains exilés est préoccupant après une traversée éprouvante et plusieurs jours sans soin."Il y a des diarrhées et vomissements… Certains ont de la fièvre, c’est préoccupant. Cela aura des répercussions sur la santé publique si cette situation perdure", met en garde Julian Dominguez, chef du service de médecine préventive de l’hôpital de Ceuta interrogé par la chaîne RTVE.
    Parmi les exilés arrivés fin juillet, les mineurs non accompagnés restent les plus vulnérables. Depuis l’afflux du 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600% au-dessus de sa capacité critique », a déclaré Juan Jesús Vivas lors d’une interview à la télévision publique espagnole.Selon Sira Rego, la ministre espagnole de la jeunesse et de l’enfance, plus de 1 300 mineurs se trouvent toujours dans la ville autonome. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », avait déclaré la municipalité le 6 août. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    Une mise à l’abri indispensable et urgente car plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viols sur des jeunes filles et des femmes ont déjà été recensés par les autorités espagnoles. « À la suite de l’afflux massif de milliers de personnes fin juillet, un tribunal de Ceuta enquête sur six cas d’agressions sexuelles présumées qui se seraient produites dans ce contexte », indique El faro de Ceuta, précisant que les enquêtes étaient toujours en cours.Dans le quartier de Príncipe Alfonso, des habitants se sont mobilisés pour mettre en place un hébergement réservé aux femmes et aux jeunes filles seules, rapporte encore le média local. Selon Fatiha Abdelah, secrétaire de l’association de quartier Prince Alfonso, au moins 180 femmes et jeunes filles avaient été recensées dans ce camp le dimanche 9 août.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants

    #Covid-19#migrant#migration#ceuta#espagne#crisemigratoire#humanitaire#sante#MNA

  • « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record - InfoMigrants
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    « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record
    Par Romain Philips Publié le : 10/08/2026 Dernière modification : 11/08/2026
    Un bateau transportant 230 migrants est arrivé au Royaume-Uni tôt ce lundi 10 août. Ce nouveau record illustre l’amplification du phénomène des mega boats dans les traversées de la Manche.
    Ces dernières semaines, les records du nombre de migrants dans des embarcations de fortune pour traverser la Manche ne cessent d’être battus les uns après les autres. Mi-juillet, l’arrivée d’un bateau comptant 130 exilés à son bord avait retenu l’attention, il a été suivi le 23 juillet par un autre transportant 165 personnes. Et ce lundi, c’est une embarcation de 230 migrants qui a atteint les côtes anglaises.
    Selon les autorités, l’embarcation est arrivée à Douvres aux alentours de 2 heures du matin ce lundi. L’antenne de la SNSM de Berck-sur-Mer a fait état d’une opération d’assistance « hors norme » menée auprès d’un canot. « Au total, 230 personnes (ont été) dénombrées à bord dont plus de 20 enfants. Un nouveau et triste record du nombre de personnes transportées à bord de ces embarcations précaires vient ainsi d’être franchi », a écrit l’association dans un communiqué.
    Le directeur de la SNSM de Berck-sur-Mer, Jean-Marc Lamblin, a précisé à l’AFP que ses équipes avaient accompagné le canot jusqu’aux eaux britanniques avant d’être relayées par les secours d’outre-Manche. Deux personnes ont été secourues de l’embarcation mais les autres ont désiré poursuivre leur route. Cette arrivée intervient seulement quelques jours après l’une des plus importantes opérations de secours en mer depuis le début des traversées de la Manche en 2018. Le 4 août, une embarcation surchargée qui tentait de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni a pris feu. Les occupants de ce mega boat se sont alors jetés à l’eau. 173 personnes ont été secourues lors de cette opération qui a mobilisé de nombreux navires et hélicoptères.
    Ce nouveau record, le dernier en date depuis le début du phénomène des traversées de la Manche en 2018, illustre l’amplification du recours à des bateaux toujours plus gros et surchargés pour traverser de manière clandestine la Manche. « Depuis trois mois, on voit passer de plus en plus » de canots de 15 mètres, a expliqué le directeur de la SNSM. "On a passé le record de 150 il y a peu, on ne pensait pas qu’il pourrait y en avoir plus, mais il n’y a vraiment plus aucune limite". Contactée par InfoMigrants, la préfecture de la Manche et de la mer du Nord confirme cette tendance. « Le nombre de personnes par embarcation ne cesse d’augmenter », explique-t-il. il était de 26 en 2021, 45 en 2023, 63 en 2025 et 65 depuis début 2026. « Par ailleurs, 10 embarcations embarquant plus de 100 personnes, et 1 embarquant plus de 200 personnes, ont tenté la traversée depuis début 2026 », ajoutent les autorités françaises.
    Ce phénomène des mega boats est « en train de devenir une nouvelle normalité », commente de son côté Angèle Vettorello, co-coordinatrice de l’antenne locale de l’association Utopia 56 à Calais, qui appelle à accroitre les dispositifs de secours. « Il va falloir questionner rapidement et réellement le dimensionnement du dispositif de secours dans la Manche, qui n’a pas l’air de s’adapter autant qu’il le faudrait aux nouvelles dynamiques de passage », ajoute-t-elle, « car entre une embarcation avec 50 à 60 personnes et une avec plus de 200 personnes, ce n’est pas la même chose ».
    Selon la préfecture, sur les sept premiers mois de 2026, 16 849 personnes à bord de 258 embarcations qui ont tenté de traverser la Manche de la France vers le Royaume-Uni et « 2 231 personnes ont été secourues ». Elle précise notamment que « face à ces risques, le dispositif de secours en mer s’adapte en permanence », citant quatre opérations menées ces derniers mois concernant respectivement 115, 113 et 173 migrants.
    Une telle surcharge d’embarcations toujours plus grandes expose aussi les exilés à des risques supplémentaires. Depuis de nombreux mois, associations et médias - dont InfoMigrants - documentent le fait que les morts ont de plus en plus lieu au moment de l’embarquement. Le phénomène des taxi boats - des embarcations qui partent en amont sur le littoral et récupèrent les exilés directement dans l’eau pour éviter les dispositifs policiers - provoque souvent des ruées dangereuses et parfois mortelles.
    Et plus les embarcations sont grandes, plus l’attroupement dans l’eau est conséquent et les risques réels. « Autant de monde qui tente de monter en même temps dans une embarcation déjà dans l’eau, cela n’a rien à voir. On est sur des modes d’embarquements plus complexes. Et des potentiels accidents plus mortels peuvent arriver », commente la coordinatrice d’Utopia 56. Dans ce cas précis, « une véritable marée humaine s’est précipitée vers l’embarcation pneumatique d’environ 15 mètres », raconte la SNSM dans un communiqué. Face à la surcharge, plusieurs personnes ont été éjectées du bateau et une trentaine d’entre elles se sont alors retrouvées dans l’eau", ajoute les sauveteurs.
    « Avec la marée montante, une partie du groupe se retrouve rapidement isolée. Gendarmes et sapeurs-pompiers interviennent pour mettre ces personnes en sécurité. La coordination de l’ensemble des moyens engagés a permis d’éviter un drame lors de cette phase particulièrement dangereuse. Le mouvement de masse au moment de l’embarquement représente en effet un risque majeur, d’autant que de nombreuses personnes présentes ne savent pas nager », poursuit le communiqué. Selon la Prémar, une trentaine de personnes ont été secourues de la marée ce jour-là.
    Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique, ce dernier incident démontre « les tactiques imprudentes et dangereuses employées par les bandes criminelles qui continuent de mettre des vies en danger en entassant un nombre toujours plus grand de personnes sur des navires inadaptés ». Dans le même temps, des centaines d’autres migrants ont atteint le Royaume-Uni à bord de plus petites embarcations. Rien que le dimanche 9 août, 423 personnes ont traversé la Manche. Ces récentes arrivées portent à environ 15 500 le nombre de personnes ayant rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer depuis le 1er janvier, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#manche#traversee#megaboat#routemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/11/en-malaisie-les-refugies-rohingya-frappes-par-une-vague-de-haine-sont-devenu

    En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    Par Dinh Tiên (Bangkok, correspondance)
    Quand il est dehors, Farooq reste sur ses gardes. « Les Rohingya ne se sentent plus en sécurité lorsqu’ils sortent. On réfléchit avant chaque déplacement », dit le jeune homme de 26 ans, réfugié en Malaisie depuis 2024, qui ne donne que son prénom. Devenue indésirable aux yeux d’une partie de la population, la communauté rohingya subit une xénophobie sans précédent dans un pays autrefois accueillant.
    « Salaud », « Parasite », « Quitte le pays », énumère Farooq. Sur les réseaux sociaux, insultes et menaces affluent dans les messages privés de ce militant rohingya, peuple musulman apatride et originaire de l’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie. Sous un de ses posts sur Facebook, en date du 5 août, dénonçant les persécutions du régime birman, des internautes donnent raison aux militaires birmans, accusés de crimes contre l’humanité et de génocide ; d’autres traitent les Rohingya de « rats », d’« intrus », de « voleurs » ou de « terroristes ». Farooq figure parmi les plus de 126 000 Rohingya enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Malaisie. Beaucoup ont fui des décennies de persécutions en Birmanie, notamment lors de l’exode massif de 2017. Première communauté de réfugiés du pays, ils seraient en réalité près du double en Malaisie, selon les observateurs. « Face à cette extrême violence, tout le monde a peur », résume le jeune homme, depuis Kuala Lumpur.
    Nourrie par la désinformation, cette vague de haine s’est emballée au mois de mai. Pendant l’Aïd-el-Adha, les Rohingya ont été accusés sur les réseaux sociaux de pratiques insalubres lors du Qurban, le sacrifice rituel des animaux. A ensuite circulé une vieille rumeur : ils chercheraient à « prendre le contrôle » de Selayang, au nord de Kuala Lumpur.La Malaisie accueille d’autres ethnies de Birmanie – Chin, Kachin, Karen, Môn… –, ainsi que des réfugiés du Pakistan, de Syrie, du Yémen, fuyant les guerres et les persécutions. Or, « quand une autre communauté est impliquée dans une action délictueuse, ce sont les Rohingya qui sont pointés du doigt, dénonce Farooq. Nous sommes systématiquement tenus responsables de l’ensemble des problèmes attribués aux réfugiés. » Les données officielles sont pourtant loin d’étayer l’image d’une criminalité généralisée : selon la police, seuls 89 Rohingya ont été impliqués dans des affaires criminelles depuis 2024, soit 0,02 % de l’ensemble des crimes recensés en Malaisie.
    Début juin, une pétition en ligne réclamant « l’expulsion des Rohingya » au premier ministre, Anwar Ibrahim, a recueilli près de 500 000 signatures en quelques jours. Malgré son retrait, la haine continue de pulluler : la fille d’un responsable politique a comparé les Rohingya à des « singes », le tabloïd Kosmo ! a qualifié leur installation en Malaisie de « cancer ». Quelques élus ont même appelé « à la démolition de [leurs] habitations », rapporte l’ONG Fortify Rights. Fin juillet, à Penang, des Rohingya ont été chassés de leur campement. Une centaine d’entre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, a rejoint le HCR, à Kuala Lumpur, le 27 juillet. La police les a embarqués, avant de les libérer deux jours plus tard : tous avaient des documents du HCR valides. Le 29 juillet, Anwar Ibrahim a annoncé que la Birmanie, avec laquelle il dit entretenir de « bonnes relations », avait accepté le retour de 5 000 Rohingya. Tollé des ONG : dans l’Etat Rakhine (ex-Arakan), dont les Rohingya sont originaires, les combats font rage entre l’armée d’Arakan, une guérilla ethnique, et les forces régulières, toutes deux accusées d’exactions à l’encontre des Rohingya. Le 5 août, le gouvernement a tempéré son annonce : aucun retour n’aura lieu si « leur vie est menacée ».
    La militante rohingya Sharifah Shakirah y voit un calcul politique. « Les Rohingya ont toujours servi de boucs émissaires. Les responsables politiques les utilisent quand ils en ont besoin pour leurs propres intérêts. » Or, Anwar Ibrahim est fragilisé : son bloc, Pakatan Harapan, vient d’essuyer de lourds revers électoraux au Johor puis au Negeri Sembilan, alors que des législatives se tiendront en 2028. Les Rohingya sont une cible facile : la Malaisie n’a pas signé la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Même enregistrés auprès du HCR, les Rohingya n’ont pas de véritable statut légal. « Ils vivent à la merci des autorités », fustige Sharifah Shakirah.
    Aslam Abd Jalil, maître de conférences à l’université de Malaisie, parle lui aussi de récupération : « Anwar a utilisé la question du renvoi de 5 000 Rohingya dans le cadre de sa campagne. » Mais l’opposition, souligne-t-il, exploite aussi le sujet pour dénoncer le manque de fermeté du gouvernement. Sharifah Shakirah s’indigne des créateurs de contenu qui gagnent en visibilité en filmant les réfugiés ou en se moquant de leurs enfants. Un responsable de l’opposition aurait, selon elle, consacré 1 million de ringgits (211 000 euros) à rémunérer des influenceurs pour alimenter cette campagne anti-Rohingya.« L’attention est détournée des défaillances de l’Etat pour se porter sur les réfugiés », analyse Aslam Abd Jalil. Dans une société polarisée par les appartenances ethniques, il voit dans cette hostilité un paradoxal « facteur d’unification ». « Certains comparent les Rohingya aux sionistes, comme s’ils étaient venus de l’extérieur pour prendre progressivement possession du territoire. Ils deviennent des souffre-douleur sur lesquels la population déverse son ressentiment. »
    Accusés de propager le Covid-19, les Rohingya avaient déjà subi une vague de haine pendant la pandémie, en 2020-2021. Elle avait fini par refluer. « C’est pire aujourd’hui », estime le chercheur. Plusieurs écoles accueillant des enfants rohingya ont fermé. Des familles ont été expulsées, des travailleurs ont perdu leur emploi et des propriétaires refusent de leur louer des logements. « Des enfants restent cloîtrés chez eux parce que leurs parents ont peur qu’ils soient harcelés, ajoute Sharifah Shakirah. On traumatise une nouvelle génération de Rohingya, alors que leurs familles étaient venues en Malaisie pour trouver un peu de sécurité. »
    L’époque semble lointaine où, en 2016, l’ancien premier ministre Najib Razak participait à un rassemblement en solidarité avec les Rohingya, au nom de la défense de musulmans persécutés en Birmanie. « La Malaisie a souvent tenu un discours hypocrite : sur la scène internationale, elle affirme défendre les Rohingya et réclamer justice pour les crimes commis en Birmanie. Mais sur son territoire, elle ne les protège ni ne les soutient vraiment », accuse John Quinley, de Fortify Rights. Farooq, lui, a fui les persécutions en Birmanie, puis les camps surpeuplés du Bangladesh après avoir été menacé par un groupe armé. Il espérait trouver un peu de répit en Malaisie, mais se sent désormais « impuissant » : « Notre crime, c’est d’être nés rohingya. »

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#rohingya#asile#droit#sante#stigmatisation#refugie

  • Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/10/les-etudiants-marocains-touches-de-plein-fouet-par-la-hausse-des-frais-d-ins

    Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    Un décret, pris le 19 mai, restreint les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Parmi eux, les Marocains sont les plus nombreux à étudier dans les facultés françaises.
    Par Nada Didouh (Fès [Maroc], correspondance)
    Manutentionnaire dans un dépôt de poids lourds à Toulouse, Yassine (son prénom a été changé), 18 ans, soulève des colis de 50 kilos pour 60 euros la journée. « Je travaille tout l’été au lieu de rentrer au Maroc voir mes parents », confie cet étudiant en classe préparatoire intégrée dans une école d’ingénieurs, arrivé en France en 2025. « En travaillant les deux mois d’été, je peux économiser environ 2 000 euros. Mais ça reste trop peu par rapport aux frais qui arrivent. »
    En quelques mois, l’équation financière des étudiants extra-européens en France s’est en effet considérablement compliquée. Hausse des droits d’inscription, fin de l’aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants non boursiers et renforcement des conditions de ressources pour obtenir un titre de séjour, autant de mesures qui suscitent des inquiétudes.
    Les Marocains sont particulièrement concernés. Avec plus de 42 000 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français sur l’année scolaire 2024-2025, selon Campus France, le Maroc constitue le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France. Mais cette mobilité historique entre les deux pays est aujourd’hui fragilisée par un coût croissant des études.Un décret, pris le 19 mai, restreint désormais les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Instaurés en 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les frais d’inscription pour ces étudiants peuvent atteindre 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre une inscription chiffrée à respectivement 178 et 254 euros pour les étudiants français et européens. L’objectif affiché était de renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français et de faire davantage contribuer les étudiants internationaux au financement de leur formation.
    Jusqu’ici, les universités avaient largement contourné la mesure, qu’elles jugeaient inégalitaire. Selon le ministère de l’enseignement supérieur, en 2024-2025, 90 % des 111 500 étudiants concernés bénéficiaient encore d’une exonération totale ou partielle. Mais le nouveau décret prévoit une baisse progressive de ces exonérations : 30 % d’étudiants exonérés à la rentrée 2026, puis 25 % en 2027 et 20 % en 2028. Le flou demeure sur les profils d’étudiants qui se verront exonérés partiellement ou entièrement de ces frais, mais « leurs ressources » seront prises en compte dans l’examen des demandes, d’après le texte.
    Amina Bentayeb devait faire sa rentrée en septembre à Aix-Marseille Université. La jeune Marocaine de Fès pensait avoir sécurisé son projet après avoir obtenu une exonération de 75 % de ses droits d’inscription. Elle a appris en juillet qu’elle devrait finalement s’acquitter de la totalité des frais. « J’avais construit tout mon projet autour de cette exonération. Aujourd’hui, je me demande si je vais pouvoir continuer. Je ne peux pas payer », confie la jeune étudiante.
    Pourtant, selon le ministère de l’enseignement supérieur, les étudiants ayant obtenu une exonération avant l’entrée en vigueur du décret, le 21 mai, sont censés en conserver le bénéfice. Alors, à Aix-Marseille, comme dans plusieurs universités, des syndicats étudiants se mobilisent pour faire valoir les droits des concernés et contester une application stricte du texte.
    Yassine, déjà engagé dans son cursus, ne sera pas concerné directement par cette hausse des frais de scolarité. La mesure s’applique uniquement aux nouveaux étudiants, ou à ceux qui changent d’établissement ou de cycle universitaire. Excellent élève, major de sa promotion, il bénéficie grâce à ses résultats d’une exonération partielle et paie environ 1 200 euros par an au lieu des 3 000 euros environ prévus. Mais la suppression des APL, entrée en vigueur le 1er juillet, modifie son équilibre.« Avant de venir en France, on m’a parlé des avantages financiers, notamment des APL. Après un an ici, je me retrouve face à une décision politique comme celle-là, franchement c’est choquant. » L’étudiant, originaire d’Oujda, envisage désormais d’autres options. « Mon frère est en Allemagne. Là-bas, les frais sont beaucoup plus bas et c’est plus facile de trouver du travail. » Il prévoit d’apprendre l’allemand à la rentrée.
    A Lyon, Ibrahim (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), 19 ans, en deuxième année de bachelor universitaire de technologie informatique, a lui aussi vu son budget se réduire. « Je recevais 200 euros d’APL par mois. Je viens de vérifier sur mon compte de la CAF [Caisse d’allocations familiales], c’était bien mon dernier versement », raconte l’étudiant marocain, dont le loyer s’élève à 600 euros, sans les charges. « Ma mère va essayer de m’aider un peu plus, mais ça va être compliqué. Pour le reste, je vais devoir me débrouiller. » Ancien étudiant au lycée français Lyautey à Casablanca, il raconte que, dans son entourage, « de plus en plus de personnes regardent vers d’autres destinations. Au Maroc, on commence à délaisser la France ».
    Pour le sociologue Hicham Jamid, ces mesures s’inscrivent dans un durcissement plus large de la politique migratoire française. Selon lui, la hausse des frais s’ajoute à des démarches administratives plus complexes et à une précarité accrue : « La mobilité étudiante va devenir une affaire de classe sociale. La France essaie d’attirer les enfants de riches qui sont là juste pour avoir un diplôme français. »
    A ce jour, les données de Campus France Maroc ne montrent pas encore de recul du nombre de candidats. Pour la rentrée 2026-2027, les candidatures marocaines progressent même de 8 %, et le taux d’admission atteint 41 %. Ces chiffres restent toutefois difficiles à interpréter, les candidatures ayant été déposées bien avant l’annonce de ces mesures.

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#etudiant#allemagne#université#sante

    • Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)

      En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.

      Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».

      Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).

      Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.

      Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.

      C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.

      L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.

      En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.

      Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.

      L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.

  • Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72984/le-rwanda-dit-discuter-avec-des-pays-europeens-pour-recevoir-en-transi

    Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés
    Par La rédaction Publié le : 10/08/2026
    Des « discussions préliminaires » sont en cours entre Kigali et des États européens pour que le Rwanda serve de pays de transit à des migrants expulsés d’Europe, a annoncé le gouvernement rwandais qui n’a pas précisé les pays avec qui il discutait. « Nous avons entamé des discussions préliminaires avec certains pays européens, mais rien n’a encore été décidé », a indiqué vendredi 7 oaût à l’AFP la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makolo. Même si la porte-parole n’a pas précisé de quels pays il s’agissait, cela montre que le Rwanda se montre enclin à devenir un pays de transit pour les migrants expulsés d’Europe. Questionnée jeudi sur la radio rwandaise Royal FM au sujet d’un accord spécifique avec l’Italie - pays qui dispose déjà d’un accord avec l’Albanie -, Yolande Makolo avait répondu qu’il n’y avait « pas d’accord » à ce sujet, mais des « discussions ».
    Depuis plusieurs années, le Rwanda dispose du centre de transit de Gashora. Il accueille les migrants évacués de Libye dans le cadre d’un programme onusien appelé « Mécanisme de transit d’urgence » (ETM). Mis en place par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) en 2019, ce programme vise à évacuer les publics vulnérables des centres de détention libyens, de les installer dans le centre rwandais, puis de les transférer dans un pays occidental – où leur dossier d’asile est accepté.
    C’est ce dispositif qui est mis en avant par la porte-parole. « L’une des idées dont nous discutons concerne le (centre) de transit d’urgence que nous avons à Gashora » (est), où des milliers de migrants bloqués en Libye avaient été envoyés à partir de 2019 et dont beaucoup sont partis, permettant de sauver « de nombreuses vies », a-t-elle expliqué. Dans un tel lieu, des « familles » pourraient « recevoir des soins médicaux, suivre une forme de formation, se reposer », a plaidé Yolande Makolo. Et d’ajouter : « C’est aussi là que les demandes d’asile sont traitées » et ces personnes « peuvent soit retourner dans leur pays d’origine si c’est sûr et si elles le souhaitent, soit être réinstallées dans d’autres pays ».
    Ce n’est pas la première fois que le Rwanda se prépare à potentiellement accueillir des migrants expulsés d’Europe. Un accord d’externalisation de l’asile avait déjà été conclu entre le pays africain et le Royaume-Uni en 2022. Mais face à de nombreuses contestations judiciaires, il avait rapidement tourné au fiasco puis avait été abandonné par le gouvernent de Keir Starmer. Les choses pourraient être bien différentes aujourd’hui étant donné que le Parlement européen a approuvé, en juin, un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d’installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union, suscitant des inquiétudes de défenseurs de droits humains. Une poignée d’États européens - le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas – ont déjà signifié qu’ils étudiaient la possibilité de tels accords avec une dizaine de pays, dont le Rwanda.

    #Covid-19#migrant#migration#rwanda#UE#expulsion#politiquemigratoire#asile#externalisation#transit#HCR#sante#droit

  • Trafic de migrants à Joal : Un organisateur arrêté, 27 candidats au départ clandestin interceptés | Seneweb
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/trafic-de-migrants-a-joal-un-organisateur-arrete-27-candidats-au-depart-cla

    Trafic de migrants à Joal : Un organisateur arrêté, 27 candidats au départ clandestin interceptés
    Auteur : Mor Mbaye CISSÉ
    La brigade territoriale de Joal, relevant de la compagnie de gendarmerie de Mbour, a démantelé un réseau présumé de trafic de migrants. L’organisateur présumé a été interpellé ainsi que 27 candidats à l’émigration irrégulière.Selon des sources de Seneweb, les investigations ont permis d’identifier l’organisateur présumé, O. Dianko, âgé de 32 ans, un pêcheur domicilié à Joal. Les gendarmes ont obtenu son numéro de téléphone et mis en place une opération de filature en utilisant deux faux candidats afin de le piéger.
    Logé à l’hôtel Ten Bi de Mbour depuis le 26 juillet 2026, le suspect a été invité à quitter son lieu d’hébergement pour se rendre à Joal afin de récupérer les prétendus candidats et les conduire vers leur destination. À son arrivée au point de rendez-vous où les deux vrais faux candidats l’attendaient, il a été interpellé par les gendarmes qui étaient en surveillance discrète.Le mis en cause a conduit par les enquêteurs au foyer où étaient regroupés les autres candidats au départ clandestin. Les gendarmes y ont interpellé 27 personnes : 13 Sénégalais, sept Gambiens et sept Maliens, dont trois femmes.La fouille du suspect a permis la saisie de 1 800 000 F CFA, somme qui serait liée à l’organisation du voyage.
    Au terme de l’enquête, O. Dianko a été déféré devant le procureur Augustin Yakhar Faye, chef du parquet de Mbour, pour trafic de migrants ainsi que pour d’autres chefs d’accusation.
    ⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
    – La brigade territoriale de Joal a démantelé un réseau de trafic de migrants et arrêté l’organisateur présumé, O. Dianko, 32 ans, pêcheur à Joal, ainsi que 27 candidats à l’émigration irrégulière (13 Sénégalais, 7 Gambiens et 7 Maliens).
    – Les gendarmes ont utilisé deux faux candidats pour piéger le suspect à Joal après le localiser grâce à son numéro de téléphone et le suivre depuis son hôtel à Mbour.
    – Une somme de 1 800 000 F CFA a été saisie chez le suspect et O. Dianko a été déféré au procureur de Mbour pour trafic de migrants et autres chefs d’accusation.
    Auteur : Mor Mbaye CISSÉ

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#trafic#joal#sante#migrationirreguliere#routemigratoire#mbour

  • Traite de personnes à Kédougou : deux jeunes Nigérianes auraient été « achetées » 300 000 et 500 000 FCFA avant d’être exploitées
    https://www.dakaractu.com/Traite-de-personnes-a-Kedougou-deux-jeunes-Nigerianes-auraient-ete-achete

    Traite de personnes à Kédougou : deux jeunes Nigérianes auraient été « achetées » 300 000 et 500 000 FCFA avant d’être exploitées
    L’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées de Kédougou a intercepté deux jeunes Nigérianes convoyées jusqu’au village de Sambrabougou, dans le département de Saraya. Selon Libération, une femme dénommée Eunice Attah, alias Mirabel, est soupçonnée d’avoir organisé leur venue au Sénégal et de les avoir destinées à la prostitution.
    Une enquête ouverte à Kédougou a mis au jour une affaire présumée de traite de personnes impliquant deux jeunes femmes nigérianes. Selon Libération, l’opération a été menée le 4 août par l’antenne régionale spécialisée dans la lutte contre le trafic de migrants. Les enquêteurs avaient été informés de l’arrivée au village de Sambrabougou, dans le département de Saraya, de deux jeunes femmes parties du Nigeria et convoyées jusqu’au Sénégal. Les deux victimes présumées auraient été acheminées par une femme dénommée Eunice Attah, également connue sous l’alias Mirabel, qui les aurait destinées à la prostitution. Interpellées en même temps que la mise en cause, les deux jeunes Nigérianes ont été entendues par les enquêteurs. Elles auraient confirmé avoir quitté leur pays avant d’être conduites au Sénégal.
    Selon Libération, elles auraient d’abord été hébergées à Douta avant d’être transférées à Sambrabougou. Une fois sur place, Eunice Attah aurait exigé qu’elles se prostituent afin de lui rembourser chacune une somme de 1,5 million de francs CFA, présentée comme correspondant aux frais engagés pour leur voyage. Interrogée sur les conditions dans lesquelles elle avait fait venir les deux jeunes femmes au Sénégal, Eunice Attah aurait reconnu les avoir « achetées ». Libération rapporte qu’elle aurait déclaré avoir acquis F. Innocent pour 500 000 FCFA et Annie Yusuf pour 300 000 FCFA auprès de compatriotes nigérians. Deux personnes vivant respectivement à Cotonou et dans l’État de Benue, au Nigeria, sont citées par le quotidien comme ayant participé à l’organisation du voyage vers le Sénégal. Au terme des investigations, Eunice Attah a été déférée au parquet de Kédougou le 4 août, indique Libération. Les deux jeunes femmes ont quant à elles été remises à l’ONG « La Lumière » afin de bénéficier d’une prise en charge.

    #Covid-19#migrant#migration#traite#senegal#nigeria#kedougou#saraya#prostitution#sante#droit#trafic

  • Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/crise-de-ceuta-en-espagne-debut-des-controles-aux-frontieres-pour-les-voyage

    Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    Le Monde avec AFP
    L’Espagne a commencé, samedi 8 août, à effectuer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Il s’agit de la première journée d’application de cette décision annoncée la veille, en réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta. Les autorités effectueront ces contrôles sur les liaisons aériennes et maritimes « de manière aléatoire » jusqu’au 7 septembre, en se concentrant particulièrement « sur les passagers qui sont ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences prévues par le code frontières Schengen », a précisé, samedi, le ministère de l’intérieur. Lors des vols contrôlés, les agents effectuent les vérifications à la sortie de la passerelle menant hors de l’avion, a-t-il ajouté.Cette rare brouille entre deux alliés de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN intervient après que 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d’un mouvement d’une ampleur sans précédent, au cours duquel au moins 77 d’entre elles sont mortes.
    Des scènes vivement critiquées par d’autres pays de l’UE, partisans d’une ligne intransigeante sur l’immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels la première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni.
    Une mesure « contraire aux intérêts de l’UE »Rome a assuré, vendredi, n’avoir « en aucun cas l’intention de revenir sur la décision de suspendre l’application de l’accord de Schengen [de libre circulation des personnes] aux ressortissants de pays tiers en provenance d’Espagne, au moins jusqu’au 15 août ». Le gouvernement espagnol a fustigé cette mesure, qu’il a qualifiée « d’inéquitable, contraire aux intérêts de l’UE et discriminatoire pour la population espagnole ». « Les autorités espagnoles suivent avec attention l’évolution de la situation migratoire dans l’espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire constatée sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses effets sur différents Etats membres », a affirmé samedi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska.
    Magnus Brunner, commissaire de l’Union européenne aux affaires intérieures et aux migrations, a confirmé avoir été en contact, samedi, avec les ministres de l’intérieur espagnol et italien. « Tous deux ont confirmé que les contrôles aux frontières intérieures étaient temporaires », a-t-il affirmé.« J’ai souligné les progrès que nous avons accomplis dans la lutte contre l’immigration clandestine et le fait que la confiance entre les États membres est notre atout le plus précieux », a écrit M. Brunner sur X. Il a également souligné que les autorités espagnoles avaient donné l’assurance que les événements de Ceuta « n’auraient pas d’effet durable sur l’espace Schengen ». « L’Italie laisse entendre que les contrôles pourraient être levés prochainement », a-t-il soutenu, se disant confiant.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#italie#ceuta#UE#schengen#frontiere#crisemigratoire#sante#politiquemigratoire

  • « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/08/09/si-vous-voulez-travailler-vous-travaillez-demain-a-loudeac-l-indispensable-m

    « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    Par Lionel Dangoumau (Loudéac [Côtes-d’Armor], envoyé spécial)
    Plusieurs milliers de Roumains sont venus travailler en Bretagne depuis l’entrée de leur pays dans l’Union européenne. Avec ses nombreux emplois, sa mission orthodoxe et son épicerie spécialisée, la petite ville des Côtes-d’Armor est un pôle d’attraction pour cette diaspora laborieuse.
    La traversée en voiture de l’immense zone d’activité de Loudéac, 400 hectares de béton entourés de champs à la sortie de la petite ville, est un voyage au pays de l’agroalimentaire : Vétagri, Entremont, Paticeo, Gelagri… « C’est le poumon économique des Côtes-d’Armor, affirme Bruno Le Bescaut, le maire (divers centre) de la ville, qui nous ouvre la mairie un samedi matin pour nous recevoir dans son bureau. A Loudéac, nous avons 10 000 emplois pour 10 000 habitants. » Parmi eux, il estime le nombre de citoyens roumains à « environ 450-500 ».Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, en 2007, ils n’ont plus besoin de titre de séjour pour venir en France. De 2011 à 2021, dernier recensement en date de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de Roumains en Bretagne a triplé, pour atteindre environ 6 500 personnes.
    Avec son association culturelle L’Amitié roumaine Centre Bretagne, Doïna Benalloul organise des expositions, des spectacles, et donne aussi des cours de français à la médiathèque de Loudéac, le samedi matin. « Dans les années 1990, je pense que j’étais la seule Roumaine, rigole-t-elle. Quand je suis revenue, en 2018, il y avait beaucoup de Roumains. Ici, si vous voulez travailler, vous travaillez demain ! C’est le plein-emploi. » Au premier trimestre, le taux de chômage dans les Côtes-d’Armor s’établissait à 6,6 %, contre 8,1 % en France, hors Mayotte.
    La filière agroalimentaire aurait aujourd’hui du mal à se passer de ses salariés ou intérimaires roumains, notamment pour certains métiers éprouvants, comme le ramassage des volailles. « C’est dur, confirme Georgiana Alichitoaie, 36 ans, originaire de Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, qui s’était installée une première fois en 2015 à Loudéac avec son ex-mari. On travaille la nuit, il n’y a pas d’horaires fixes. On peut faire un chantier à 3 heures du matin et repartir pour un autre à 20 ou 30 kilomètres. Les volailles sont dans un bâtiment et on doit les mettre dans un chariot puis dans le camion, trois par trois ou deux par deux, et ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup de poussière. » Rentrée en Roumanie pour divorcer, elle est revenue seule en 2019 à Loudéac, où elle vit avec ses deux fils, Denis, 15 ans, qui passe la semaine dans un institut médico-éducatif, et Rafael, 12 ans.
    Mais la participation des Roumains à l’économie locale ne se résume pas aux emplois non qualifiés. Sise à Lamballe, à 40 kilomètres au nord de Loudéac, la Cooperl est le numéro un de la production porcine en France. Environ 13 % de ses 7 500 salariés sont étrangers, et la nationalité roumaine est la plus représentée, avec près de 300 personnes, dont une dizaine sur le site de Loudéac. « Nous sommes sur un territoire où les départs à la retraite sont plus nombreux que les entrées dans la vie active, constate François Thébault, le directeur des ressources humaines de cette coopérative agricole et agroalimentaire. Il est aussi de plus en plus compliqué de pourvoir à nos besoins en compétences sur des métiers stratégiques, comme ceux de technicien de maintenance ou de technicien en énergie. On ne peut pas fonctionner sans recruter en dehors de notre territoire et à l’international. On a fait le choix de l’assumer et de l’accompagner. »
    Des agences d’intérim se sont même spécialisées dans le recrutement de travailleurs roumains, comme CAPA Intérim, qui compte six agences dans le Grand Ouest et une antenne à Ploiesti, près de Bucarest. « On a des intérimaires d’autres origines, mais c’est vrai qu’il y a des liens particuliers avec ce pays, assure Madalina Marin, 36 ans, assistante relations humaines à l’agence de Josselin (Morbihan) et elle-même roumaine. On recherche majoritairement des profils pour le secteur agroalimentaire, l’industrie, le BTP. Par exemple des ouvriers d’abattoir, comme des désosseurs de volaille ou de porc, des postes où on ne demande pas forcément d’expérience antérieure. Ce qui attire les Roumains ici, c’est surtout l’élément financier. Le coût de la vie est moins élevé en Roumanie, mais il y a de l’inflation, et les salaires ne suivent pas forcément. »
    « A la base, je suis technicienne industrielle dans le textile et, en Roumanie, je gagnais le salaire minimum, 150 euros par mois », témoigne Georgiana Alichitoaie. Après le ramassage des volailles et des périodes d’intérim en abattoir, elle est devenue opératrice de fromagerie, et dit toucher entre 2 200 et 2 400 euros net par mois. Arrivée en 2018 en provenance de Giurgiu, dans le sud de la Roumanie, Nicoleta Gaura, 50 ans, y était couturière et gagnait 300 euros par mois. En Bretagne, elle a commencé comme pareuse en abattoir, pour un salaire mensuel de 1 400 euros : « Avec un couteau, on coupe pour enlever la graisse, le sang, le cartilage, c’est un travail très dur. » Elle est aujourd’hui formatrice à la Société bretonne de volaille et se réjouit de devenir bientôt propriétaire de son logement. « J’ai bien réussi, mais j’ai beaucoup bossé pour ça ! », se félicite-t-elle.
    « Il y a deux typologies, schématise Bruno Le Bescaut au sujet des résidents roumains de sa ville. Les sédentaires, qui exercent souvent dans les professions moyennes et supérieures : techniciens spécialisés, ingénieurs, médecins… Ils s’installent, achètent, parlent français. Et puis les intérimaires, qui font des allers-retours. » Ces derniers, souvent de jeunes hommes qui veulent rentabiliser au maximum leur séjour, sont prêts à accepter des conditions de logement sommaires. Avec la promiscuité et le désœuvrement, en dehors du travail, des épisodes de tapage et des problèmes avec le voisinage ont surgi, sur fond d’alcoolémie. « Le principal problème, c’est le logement, reconnaît l’édile. Mais les employeurs ont été sensibilisés au sujet, et ils ont répondu présent. Ils mettent moins d’employés dans les maisons. »
    Forte de son dynamisme, que reflètent les nombreux commerces d’un centre-ville coquet et bien entretenu, Loudéac pourrait postuler au statut de capitale officieuse de cette communauté laborieuse, qui peut venir faire ses courses à l’épicerie Transilvania, tenue par Ionut et Alina Guler. Professeure de violon, Alina Guler a quitté la Roumanie avec son mari quand la crise financière de 2008 a frappé l’affaire familiale où il travaillait.Après avoir déjà repris en 2016 une épicerie roumaine à Pontivy (Morbihan), Alina et Ionut Guler ont racheté celle de Loudéac, il y a deux ans. Ils ont alors quitté le petit local originel pour ouvrir un espace de 400 mètres carrés, où 80 % des produits proposés sont roumains, de la charcuterie fumée aux fromages, en passant par les conserves de chou en saumure, indispensables pour cuisiner les sarmale, un plat de fête. Un grossiste de Nantes les livre deux fois par mois. « On est partis de zéro, rappelle Alina Guler. Quand on est arrivés, ni mon mari ni moi ne savions parler français. Au début, à Pontivy, nous étions la seule épicerie roumaine. Le week-end, les gens venaient de Brest, Lorient, Vannes, Quimper… Maintenant, il y en a d’autres. » Une grande surface non loin vient même d’ouvrir son propre rayon de produits roumains.
    A deux pas de la mairie, les fidèles orthodoxes de Loudéac ont aussi la possibilité de se rendre à la chapelle catholique Notre-Dame-des-Vertus, qui accueille une mission de l’Eglise orthodoxe roumaine, placée sous le patronage du saint hiéromartyr Charalampe de Magnésie. Pour la fête de Pâques, le bâtiment était plein à craquer, avec plusieurs centaines de personnes réunies autour du père Emil Ungureanu. Lui est arrivé en Bretagne en 2014. Il a d’abord mis de côté sa licence en restauration d’objets d’art pour… un CAP de charcutier-traiteur, avant d’être rattrapé par sa foi. Ordonné prêtre en 2017, il se consacre à la paroisse de Loudéac depuis 2021. Il a fait profiter son église de ses talents de décorateur : il a peint les figures dorées qui embellissent l’iconostase, la cloison séparant l’autel des fidèles dans la liturgie orthodoxe. Ici, il célèbre mariages et baptêmes – « une trentaine l’an dernier », souligne-t-il.
    Dans la conversation, il dit « chez nous, en Bretagne », et offre des spécialités roumaines – coliva (gâteau de blé concassé), cozonac (brioche), placinta (feuilleté) – après avoir confessé une quinzaine de fidèles, qui lui ont soufflé leurs difficultés morales ou physiques : « Les ouvriers des abattoirs souffrent de tendinites, de hernies. » Il se félicite que les Roumains soient « bien accueillis », même si certains ont plus de mal à se faire à l’exil. « Soit parce qu’ils n’ont pas réussi à créer une sociabilité suffisante, soit à cause du travail, explique-t-il. Récemment, un boucher est rentré en Roumanie parce que, maintenant, les salaires ont augmenté. »
    Les nombreuses familles qui réussissent à trouver une situation économique stable envisagent moins ce retour. « Je veux rester ici, insiste Georgiana Alichitoaie. La France est le pays qui voit grandir mes enfants, et mes enfants, c’est ma vie. Ils sont plus en sécurité ici que dans une grande ville. C’est propre et, pour nous qui n’avons pas fait d’études supérieures, c’est plus facile de trouver du travail que dans d’autres régions. »Originaire de Targoviste, au nord de Bucarest, Madalina Marin s’était d’abord installée en Pologne, puis en Ile-de-France. En Bretagne, elle a trouvé un environnement qui lui convient : « Je ne connaissais pas trop la région, mais aujourd’hui je partage pas mal de ses valeurs. J’aime aussi la nature dont on peut profiter ici. J’ai commencé les démarches pour obtenir ma naturalisation, mais ça traîne beaucoup. » Alina Guler aussi voudrait la nationalité française, pour elle, son mari et leurs trois enfants. « On est sérieux, bien intégrés, on paie nos impôts comme tout le monde, on est des bosseurs », justifie-t-elle, prête à convaincre qu’elle est ici pour de bon.

    #Covid-19#migration#migrant#france#bretagne#roumanie#agroalimentaire#economie#immigration#travailleurmigrant#integration#sante

  • A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/07/a-thetford-dans-l-est-de-l-angleterre-troisieme-nuit-de-manifestations-viole

    A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force.
    Le Monde avec AFP
    Des dizaines de personnes se sont attaquées à des logements où ils pensaient que vivaient des demandeurs d’asile, lors de manifestations anti-immigration qui ont eu lieu, jeudi 6 août, pour le troisième soir d’affilée à Thetford, dans l’est de l’Angleterre, selon la police locale. Selon la même source, les manifestants s’en sont aussi pris à la police. Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force proche de Thetford, ville de quelque 25 000 habitants.
    « Pendant trois nuits d’affilée, un groupe de personnes a franchi la ligne de ce qui est acceptable », a déclaré vendredi à la BBC le chef de la police du Norfolk, Paul Sanford. Il a confirmé que « certaines » des maisons visées hébergeaient des demandeurs d’asile. « Nous avons été obligés, à deux ou trois reprises, d’escorter les résidents hors de ces logements pour assurer leur sécurité », a-t-il ajouté.
    Selon le Guardian, une liste de logements dont les propriétaires ont signé un contrat avec le gouvernement pour héberger des demandeurs d’asile avait préalablement circulé en ligne. Deux hommes d’une quarantaine d’années ont été arrêtés jeudi soir, soupçonnés de trouble à l’ordre public en état d’ivresse, et d’incitation à la haine raciale lors d’un incident survenu la veille.
    La police de Norfolk a dépêché des renforts sur place. Dans un communiqué, elle a aussi affirmé avoir fait face à des manifestants « physiquement agressifs », un agent ayant été touché par une pierre tandis qu’une policière a été « gravement mordue ». Elle a imposé des mesures de sécurité aux manifestants, dont l’obligation de retirer tout élément masquant leur visage sur demande de la police.
    Des témoins ont dit à la BBC avoir vu environ 200 personnes lancer des œufs et des pierres contre des maisons mercredi, scandant « We want them out » (« Nous voulons qu’ils partent »). Le ministère de l’intérieur a, dans un communiqué, « fermement condamné les comportements observés à Thetford, y compris les attaques contre les policiers en première ligne ». Le député travailliste du district, Terry Jermy, a jugé ces scènes « profondément préoccupantes ». Mais il a aussi exhorté le gouvernement à mettre fin au « secret et à la confusion » entourant les projets d’hébergement de demandeurs d’asile sur d’anciennes bases militaires.
    Le Royaume-Uni a connu ces dernières années plusieurs violentes manifestations racistes, sur fond de montée du parti d’extrême droite Reform UK. Les dernières en date ont eu lieu à Belfast, en Irlande du Nord, en juin. Lors de celles-ci des familles ont été obligées de quitter leurs logements menacés par des feux allumés par les manifestants.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#asile#demandeurdasile#sante#hebergement#violence#sante

  • L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/07/l-afrique-en-premiere-ligne-du-durcissement-de-la-politique-migratoire-de-do

    L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    Par Morgane Le Cam
    Pour les Africains, voyager aux Etats-Unis tient de plus en plus du parcours du combattant. Après l’ajout, en janvier et en avril, de 23 nouveaux pays du continent sur la liste des Etats dont les ressortissants doivent désormais verser une caution au moment de déposer leur demande de visa, l’administration américaine a augmenté, lundi 3 août, le montant de cette garantie.
    La mesure, qui doit entrer en vigueur le 20 août, concerne les demandeurs de visa touriste ou affaires, ressortissants de 50 Etats à travers le monde, dont 30 en Afrique. Auparavant établie entre 5 000 et 15 000 dollars (entre 4 340 et 13 000 euros), cette caution s’élève désormais à 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars « en fonction de la situation du demandeur telle qu’évaluée par le fonctionnaire consulaire », précise le règlement publié par le département d’Etat.
    Washington généralise ainsi son programme de demande de caution pour obtenir un visa, lancé en août 2025 pour un an, après avoir constaté le succès de ce dernier « pour réduire les abus en matière de visas et les séjours illégaux » sur le sol américain, précise le même document. Avec ce nouveau durcissement des conditions d’accès au territoire américain, Washington renforce sa lutte contre l’immigration irrégulière – l’une des priorités de l’administration de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, en 2025. Et, une nouvelle fois, l’Afrique figure parmi les principales cibles.
    Un durcissement de la politique migratoire de Donald Trump, notamment en Afrique
    D’après un rapport adressé au Congrès par le département de la sécurité intérieure en juillet 2025, les Africains ne représentaient que 4,8 % des voyageurs étrangers aux Etats-Unis en 2024, soit 584 000 personnes sur les 12,1 millions de titulaires de visa touriste ou affaires cette année-là. Mais ils sont plus nombreux que la moyenne à dépasser la durée de séjour autorisée sur le sol américain. Selon le même document, 5,6 % des voyageurs africains aux Etats-Unis en 2024 se sont maintenus illégalement sur le territoire à l’issue de la date d’expiration de leur visa (33 000 personnes), tandis que le taux moyen de dépassement de séjour était de 2,3 % cette même année.
    Parmi les pays sujets à des restrictions de visa, vingt-six sont africains
    Les expulser coûte cher à l’administration américaine : 18 042 dollars en moyenne par étranger, selon le règlement du département d’Etat cité plus haut. D’où l’augmentation du montant de la caution qui, en cas de dépassement de la durée de séjour autorisée, n’est pas restituée au ressortissant. Washington s’assure ainsi de pouvoir compenser l’ensemble des coûts liés à l’expulsion de ces migrants.
    Selon une estimation du centre d’études Migration Policy Institute, 15 000 des voyageurs restés illégalement sur le territoire américain ont été expulsés en 2025 vers des pays tiers, c’est-à-dire vers des Etats dont ils ne sont pas originaires, mais dont Washington se sert comme sous-traitants. Là encore, l’administration Trump a ciblé les Etats africains : 14 d’entre eux ont conclu des accords avec Washington en 2025 et 2026 – sur 35 pays au total –, acceptant d’accueillir des ressortissants issus de pays tiers en échange d’argent, d’aide au développement ou de facilités de visas pour leurs propres ressortissants.
    Les 30 et 31 juillet, des dizaines de migrants, bénéficiant pourtant pour la plupart de mesures de protection de la part de la justice américaine pour empêcher leur expulsion, ont ainsi été envoyés vers la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, le Ghana et la République centrafricaine. Trente-six autres migrants, expulsés contre leur gré des Etats-Unis vers le Cameroun, entre janvier et mai, ont saisi la justice camerounaise pour demander la protection juridique dans le pays et la suspension de l’accord migratoire conclu entre Washington et Yaoundé, a annoncé leur avocat, mercredi 5 août. Ils espèrent bloquer leur expulsion vers leur pays d’origine.
    Alors que de plus en plus d’Etats africains acceptent d’accueillir les migrants expulsés par l’administration Trump, Washington a restreint ou interdit de voyage sur le sol américain les ressortissants de certains de ses sous-traitants. En décembre 2025, la Maison Blanche a publié une liste de 24 nouveaux pays – parmi lesquels 17 pays africains –, dont les citoyens sont tantôt interdits, tantôt soumis à des restrictions de visa aux Etats-Unis. Sur celle-ci figure la Sierra Leone et le Soudan du Sud, pourtant signataires d’accords migratoires avec Washington. Au total, 26 Etats du continent sont soumis à des restrictions ou à une interdiction de voyage outre-Atlantique.
    Quant aux citoyens africains qui, eux, conservent sur le papier la possibilité de demander un visa, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Outre la caution dont la plupart doivent désormais s’acquitter – d’un montant exorbitant au regard du niveau de vie moyen dans les pays concernés –, certains doivent aussi voyager… pour déposer leur demande de visa.Le 15 juillet, le département d’Etat a annoncé dans un communiqué la suppression de ses services consulaires dans 25 capitales et grandes villes africaines dans le cadre d’une « réorganisation des services de visas en Afrique autour de pôles régionaux ». Les ressortissants de ces 25 pays devront désormais se rendre dans l’un des 20 Etats ayant conservé leur capacité à délivrer le précieux sésame.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#afrique#politiquemigratoire#visas#paystiers#expulsion#droit#sante

  • Santé et sécurité prioritaires pour les mineurs

    e 28 juillet dernier, IndustriALL a réuni ses affiliés du monde entier afin de faire de la santé et de la sécurité dans l’industrie minière une priorité. Les participants ont appelé à une ratification et une mise en œuvre plus rapides de la Convention n°176 (C176) de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la sécurité et la santé dans les mines ainsi qu’à une plus grande implication des syndicats dans l’évaluation des risques.

    Le Plan d’action et de réponse stratégique sectoriel a été adopté par la Conférence mondiale des mines en novembre 2025. Il engage IndustriALL à intégrer la santé et la sécurité au travail (SST) dans le secteur minier, notamment par le biais de la campagne en faveur de la ratification et de la mise en œuvre de la C176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines. Ce plan exhorte également IndustriALL à coopérer au-delà des frontières afin d’identifier les meilleures pratiques en la matière et d’améliorer en permanence les normes de sécurité dans le secteur.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/09/sante-et-securite-prioritaires-pour-les-mineur

    #travail #santé

  • Hantavirus : un touriste ayant transité en France en juillet a été déclaré positif et isolé en Espagne, annonce le ministère de la santé
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/08/06/hantavirus-un-touriste-ayant-transite-en-france-en-juillet-a-ete-declare-pos

    Hantavirus : un touriste ayant transité en France en juillet a été déclaré positif et isolé en Espagne, annonce le ministère de la santé
    Ce patient, qui avait peu de symptômes, n’en « présente plus » aujourd’hui et « toutes les mesures » sont mises en place pour « retracer les étapes » de son parcours, a assuré le ministère.
    Le Monde avec AFP
    Un nouveau cas de hantavirus de la souche des Andes a été détecté chez une personne franco-argentine ayant transité par la France durant la deuxième quinzaine de juillet, à l’occasion d’un « voyage touristique », avant d’être isolée « avec sa famille en Espagne », a annoncé, jeudi 6 août, le ministère de la santé français.Ce patient, qui avait peu de symptômes, n’en « présente plus » aujourd’hui et « toutes les mesures » sont mises en place pour « retracer les étapes » de son parcours, a précisé le ministère. L’infection par cette souche, la seule transmissible entre humains, a été confirmée jeudi par le Centre national de référence des hantavirus (CNR, Institut Pasteur).
    Ce nouveau cas est a priori sans lien avec l’épisode du MV Hondius, qui avait suscité de vives inquiétudes au printemps. La seule patiente française contaminée sur le bateau est, par ailleurs, sortie ce jeudi du service de réanimation à l’hôpital Bichat à Paris où elle avait été admise il y a près de trois mois, a précisé le ministère. Cette retraitée, rapatriée en mai dans un état grave avec quatre autres Français – qui n’ont jamais développé la maladie –, a été « transférée dans un centre de convalescence », a-t-il précisé à l’Agence France-Presse (AFP).
    Quant au nouveau patient, il est habituellement « domicilié en Argentine » et est isolé « avec sa famille » en Espagne, a souligné le ministère de la santé au cours d’un point presse en soirée. Ce cas a été détecté lors d’un dépistage « systématique », grâce à la « sensibilisation » des médecins depuis l’épisode de hantavirus du MV Hondius. Le résultat confirmant qu’il s’agissait de la souche des Andes n’a été connu que ce jeudi, après le départ du patient pour l’Espagne.Le ministère de la santé espagnol a confirmé dans un communiqué que le touriste franco-argentin allait bien et était en isolement en Galice (Nord-Est). En France, le patient s’était présenté aux services médicaux en raison de symptômes « très légers », selon cette source. Les autorités espagnoles mettent en œuvre les protocoles et tracent les éventuels cas contact.
    En France, à ce stade, « nous ne sommes pas face à un virus présentant une circulation diffuse dans la population », a assuré le ministère français dans son propre communiqué. « Toutes les mesures de gestion sont mises en place pour prendre en charge le patient et retracer les étapes de son voyage », a-t-il précisé, rapportant qu’une réunion d’experts avait eu lieu jeudi après-midi, réunissant notamment la direction générale de la santé (DGS) et l’agence Santé publique France. « Les autorités sanitaires sont pleinement mobilisées et communiqueront régulièrement sur l’ampleur de la situation », a-t-il conclu, ajoutant qu’une coopération était mise en place à l’échelle européenne.
    De quoi, en tout état de cause, ramener l’attention sur le hantavirus alors que l’épisode du MV Hondius a été clos début juillet par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), aucune contamination ne pouvant plus être envisagée après une longue période d’isolement des cas contacts. Au total, 13 cas ont été associés à cet épisode, dont trois mortels. Aucun cas n’a été recensé depuis le 25 mai.
    Les 13 cas identifiés dans l’épisode du Hondius ne sont qu’une poignée par rapport aux dizaines de milliers de cas d’infections à hantavirus – un virus rare pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique – recensés chaque année dans le monde.
    Plusieurs dizaines de cas, voire centaines, sont recensés chaque année en France. Mais il s’agit de souches différentes de celle des Andes, en cause sur le MV Hondius, et circulant, comme son nom l’indique, en Amérique du Sud. Ces cas tendent à être moins graves que les souches américaines et surtout sont systématiquement issus d’une infection directe par un animal. L’inquiétude, dans le cas de la souche des Andes, porte sur le risque d’une transmission d’un humain à l’autre. Concernant le nouveau cas, « on est face à un patient isolé dont les symptômes ont été extrêmement limités et qui actuellement va bien. C’est extrêmement rassurant sur le point de la transmission, c’est une situation tout à fait différente de la croisière », selon Nathan Peiffer-Smadja, professeur infectiologue à l’hôpital Bichat (AP-HP).

    #Covid-19#migrant#migration#france#argentine#hantavirus#andes#espagne#sante#epidemie#circulation

  • Etats-Unis : Donald Trump prend un décret censé empêcher le « tourisme des naissances » et contester le droit du sol
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/06/etats-unis-donald-trump-prend-un-decret-cense-empecher-le-tourisme-des-naiss

    Etats-Unis : Donald Trump prend un décret censé empêcher le « tourisme des naissances » et contester le droit du sol
    Le Monde avec AFP
    Donald Trump a signé, jeudi 6 août, un décret censé empêcher le « tourisme des naissances », consistant pour des étrangères à accoucher aux Etats-Unis afin que leur enfant soit américain, dans une nouvelle tentative pour remettre en question le droit du sol.
    Le président américain a dit vouloir procéder à des « ajustements » après une décision qu’il a qualifiée de « très malheureuse » de la Cour suprême, laquelle avait annulé il y a un peu plus d’un mois un décret supprimant le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière.
    Les enfants nés aux Etats-Unis de parents « présents illégalement ou temporairement » sont « citoyens par la naissance en vertu du 14e amendement » de la Constitution, avait conclu la Cour en annulant le décret pris par M. Trump dès son retour au pouvoir. Il s’agissait d’une mesure emblématique pour le dirigeant républicain, qui a mis en œuvre une politique d’immigration très restrictive, même si de nombreux experts avaient prédit dès le départ qu’elle serait rejetée par la Cour suprême.
    Le président américain, dans un échange avec la presse dans le bureau Ovale, a dit penser que sa nouvelle offensive pour limiter le droit du sol, à la marge cette fois, serait, elle, jugée conforme à la Constitution. Son proche conseiller Stephen Miller, l’un des principaux inspirateurs de la politique anti-immigration de Donald Trump, a décrit le « tourisme des naissances » comme « un des abus les plus graves et flagrants » du droit américain.Les spécialistes soulignent toutefois que ce phénomène reste marginal, par rapport aux plus de 250 000 naissances annuelles d’enfants d’immigrés en situation irrégulière ou de résidents temporaires aux Etats-Unis.
    Stephen Miller a assuré, par ailleurs, que le gouvernement américain « étendait » les catégories de personnes auxquelles le droit du sol ne s’applique pas, pour inclure par exemple les « membres d’organisations terroristes » ou des personnes « agissant pour le compte de gouvernements étrangers ». Le nombre de personnes potentiellement concernées et l’impact de ces nouvelles mesures, alors que des restrictions au droit du sol existent déjà, ne sont toutefois pas clairs.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#natalite#droitdusol#immigration#sante#droit

  • « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
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    « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
    Par Mustapha Kessous (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    L’irruption dans l’enclave espagnole de 72 000 personnes venues du Maroc, entre le 30 et le 31 juillet, a mis en lumière les fêlures et les solidarités qui traversent cette ville où coexistent depuis des siècles chrétiens et musulmans.La file s’étire le long de l’avenue Alcalde José Victori Goñalons, dans le centre de Ceuta. Elle part de la boutique Ria, spécialisée dans le transfert d’argent, devenue un point de repère pour de nombreux migrants qui y retirent les quelques sous envoyés par leurs familles pour survivre dans l’enclave espagnole, coincée entre la Méditerranée et le Maroc. A côté, un porche mène à un marché couvert aux murs bleus. Sangria, tapas et éclats de rire. Dans ce décorum néomauresque, les vacanciers, écrasé de soleil, jouissent d’une quiétude tout andalouse. Sur les mêmes places où, une semaine plus tôt, militaires et policiers ont dispersé, traqués et parfois violemment chassé – certains ont eu des gestes de compassion –, ces exilés.
    La cité européenne en terre africaine vient de vivre ce que ses habitants, policiers et responsables politiques décrivent comme un « drame humanitaire » sans précédent. En quelques heures, 72 000 personnes, selon le ministère de l’intérieur espagnol, essentiellement des Marocains, se sont précipitées vers ce confetti aux 83 000 résidents. Entre le 30 et le 31 juillet, ils ont franchi la frontière, souvent à la nage, après avoir convergé vers Fnideq, la ville marocaine voisine.Dès le 31 juillet dans l’après-midi, la très grande majorité – 70 000 personnes, selon Madrid – a rebroussé chemin vers le Maroc. Dans l’enclave, ils n’ont trouvé ni refuge ni avenir : seulement des commerces fermés, le manque de sommeil, la faim et l’hostilité d’une partie des habitants. « Nous avons eu le sentiment d’être envahis, raconte Guillermo Martinez Arcas, secrétaire général du Parti populaire (PP, droite) à Ceuta et proche collaborateur du président de la ville autonome. Nous nous sommes même demandé si ce n’était pas la fin de Ceuta en tant que ville espagnole. »
    Ce jour-là, la cité s’est figée face au chaos : les commerces ont baissé leurs rideaux, les bureaux ont fermé. Les habitants se sont confinés chez eux. Sans qu’aucune consigne n’ait été donnée, assure le représentant politique. « Il n’y avait pas de commandement unique pour organiser l’ensemble des opérations. Pendant vingt-quatre heures, avant l’arrivée des renforts militaires et de policiers, c’était l’anarchie la plus totale », rapporte-t-il.
    En apparence, la crise semble aujourd’hui terminée, mais « le traumatisme est bien présent », pointe-t-il. Les militaires déployés massivement pour sécuriser le poste-frontière ont quitté Tarajal ; ils sont moins visibles en ville, même s’ils continuent de surveiller l’entrée des centres commerciaux. Des parents refusent de laisser leurs enfants sortir seuls. Il reste encore des milliers de migrants, notamment subsahariens, qui attendent une solution d’hébergement ou d’asile. Certains se sont regroupés sur la plage Benitez, tout près du centre d’accueil temporaire pour migrants, où ils vivent dans des conditions déplorables. Les associations sont débordées.
    Des centaines de très jeunes gens sont aussi à la rue. Le taux d’occupation des centres pour mineurs atteint les « 2 600 % au-dessus de leur capacité critique », a indiqué Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome. Seuls ou en famille, ils ont trouvé refuge dans une zone industrielle. Un centre de mineurs y est installé mais affiche complet. Ironie de la situation, cette zone jouxte la frontière. Des gamins, derrière les grillages, demandent quelques euros aux Marocains qui viennent de franchir le contrôle des passeports, côté espagnol.Sahra, 5 ans, empêche sa mère de dormir. « Elle a cru que j’allais me noyer lors de la traversée, raconte Assia Ezzaouaq, 33 ans. Quand je ferme les yeux, elle me dit : “Non maman, je ne veux pas que tu meures. Ouvre les yeux, maman, reste avec moi.” » D’autres vont se laver dans le cimetière musulman Sidi Embarek, où sont enterrés tant de migrants sans noms. Dans les rues du centre-ville, quelques jeunes implorent quelque chose à manger ou demandent conseils aux « Espagnols-Marocains ».
    Au cours de cet événement hors norme, deux récits se sont écrits simultanément : la joie indescriptible des migrants convaincus d’approcher leur rêve fou – changer de vie en Europe – et la peur des habitants qui regardaient « déferler », depuis leurs fenêtres, une telle foule. Les Espagnols, eux, ont repris une vie normale, faite de plages et de terrasses, tout en s’habituant à côtoyer ces damnés de l’exil. Et en ayant peur d’assister à une nouvelle tentative. Ils continuent à se méfier des autorités marocaines qui lorgnent depuis des années sur ce territoire de 18,5 kilomètres carrés.
    A Ceuta, la frontière ne sépare pas seulement l’Espagne du Maroc. Elle traverse aussi la ville, ses quartiers et les consciences. Certains la franchissent pour entrer en Europe ; d’autres vivent depuis des générations du côté espagnol, tout en étant encore sommés de prouver qu’ils en font partie. « On nous appelle, nous les Espagnols d’origine marocaine, les “musulmans”. Ceuta est une ville très particulière », explique Abdeslam Mohamed, 66 ans, le président d’Alas Protectoras (« ailes protectrices »), une association d’aide aux migrants. Près de la moitié de la population est musulmane. A Ceuta, l’arabe côtoie l’espagnol depuis plusieurs générations. Chauffeurs de bus ou de taxi, serveurs, commerçants, barbiers, agents municipaux, policiers, enseignants, élus… Parmi eux, de nombreux Espagnols d’origine marocaine passent sans cesse du castillan au darija. Il n’est pas rare d’entendre des résidents qui n’ont pas d’origine nord-africaine terminer une phrase par quelques mots d’arabe dialectal. « C’est parfaitement naturel chez nous », explique Julia Ferreras Guerra, députée de l’Assemblée de la ville (Ceuta Ya !, gauche). Le réseau téléphonique marocain est même, de temps à autre, capté jusqu’au cœur de la ville, plaza de Africa.« Mais dès qu’il y a une crise avec le Maroc ou une arrivée massive de migrants, on nous regarde comme si nous étions des étrangers ou des responsables de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière », confie Abdeslam Mohamed, qui a dédié sa vie aux autres. Le 30 juillet et les jours suivants, il n’a pas ménagé sa peine pour apporter son aide « aux victimes », comme il appelle ces migrants. « C’est injuste. Les musulmans de Ceuta ont eu peur comme tous les autres habitants, argue-t-il. Ils ont fermé leurs commerces, protégé leurs familles et aidé les personnes qui arrivaient. Ils ont vécu cette crise en tant qu’habitants de Ceuta. » « II existe une profonde inégalité entre le centre [à majorité chrétienne] et la périphérie [à majorité musulmane]. Alors que les habitants du premier disposent de revenus parmi les plus élevés d’Espagne, ceux de la seconde figurent parmi les plus faibles », explique le politologue Julio Basurco Diaz, proche de la gauche. Ces deux mondes sont reliés par le bus 7, dont le ticket s’élève à 85 centimes d’euros le trajet.
    La crise migratoire a fait apparaître une crainte, plus diffuse : une mise à mal de la coexistence entre chrétiens et musulmans, mais aussi, dans une plus faible proportion, juifs et hindous. Ces deux derniers groupes se sont installés lorsque Ceuta a bénéficié (tout comme Melilla) d’un statut de port franc en 1863, dopant le commerce. Les juifs étaient des séfarades présents dans le nord du Maroc depuis leur expulsion d’Andalousie par la Reconquista catholique de la fin du XVe siècle. Quant aux hindous, ils sont arrivés du territoire britannique de Gilbratar après 1905. « Cette coexistence est notre singularité. Et personne ne veut la perdre, elle fait partie de notre identité et nous en sommes fiers », affirme Guillermo Martinez Arcas.
    Souvent célébrée comme une particularité de Ceuta, cette cohabitation se vit plus durement dans les quartiers populaires. Depuis sa terrasse, Ahmed Atché, un ouvrier d’une quarantaine d’années, contemple une Méditerranée d’un bleu éclatant. Ainsi que la frontière métallique qui lacère le paysage. Le Maroc est juste en face, à quelques pas. Depuis la crise, une barrière flottante orange de 500 mètres de long, installée par les autorités espagnoles, prolonge désormais la frontière jusque dans la mer. Cet homme aux lunettes rondes vit à Principe, un quartier qui domine le poste-frontière, sans doute le plus marocain de la ville. Un labyrinthe de ruelles abruptes, d’impasses ci et là, de façades colorées, comme une médina qui refuserait de dire son nom, et de hanout (« boutiques ») où l’on paie encore en dirhams. Ici, l’appel à la prière rythme la journée et on parle le « darija de Ceuta », un arabe traversé de mots espagnols. « Les familles sont très attachées à leur culture. L’école finissant en début d’après-midi, les enfants apprennent l’arabe », explique le responsable d’un centre islamique qui souhaite rester anonyme « pour ne pas avoir de problème au Maroc ».Pauvre, isolé et malfamé en raison du trafic de drogue – le chômage y serait trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la ville –, Principe a aussi servi de décor à une série policière du même nom. C’est dans ce quartier que de nombreux harraga – nom donné aux « brûleurs de frontières », qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa – ont trouvé certains de leurs premiers soutiens. Les habitants ont donné couvertures, jouets, habits aux tout-petits et aux mères qui dorment en contrebas. « La solidarité est très forte. Ça m’a rendu malade et triste de voir tous ces jeunes », confie Ahmed Atché.
    Lui a ouvert sa modeste maison à 13 jeunes migrants, dont deux jeunes filles de 17 ans. « Il fallait bien les aider. Voir cette détresse, ces morts [ils sont 77, selon Madrid], ça me fait mal au cœur », dit-il simplement. Ces personnes recueillies viennent de Casablanca, de Tétouan ou de Tanger. Elles ne doivent leur présence à Ceuta qu’à une rumeur, dont personne ne connaît vraiment encore l’origine. Sur TikTok et Instagram circulait la même information : la frontière était ouverte. Ils ont alors foncé à Fnideq sans réfléchir, y voyant l’opportunité d’une vie. En un claquement de doigts, ils ont tourné le dos à leur pays. Ils n’attendent qu’une chose : que le portail de Tarajal qui mène au Maroc, encore ouvert aux retours volontaires, se referme définitivement. Ces réfractaires continueront à se cacher, pour ne pas se faire expulser. Ils ont été marqués par leur première nuit dehors : la peur de se faire coincer par la police, se faire repérer par des drones et chasser par certains jeunes du quartier, surnommés les « fils de Sebta ». Le 31 juillet, des adolescents, visages cagoulés, ont lancé des pierres pour empêcher des groupes de migrants d’approcher. « Ça se comprend. Le quartier était sans protection et il n’y avait pas d’autorités pour le défendre, se souvient Ahmed Atché. Certains voulaient rentrer dans les maisons, se cacher, voler, manger. Mais, heureusement, ça s’est vite calmé. » De retour au Maroc, les éphémères exilés n’ont cessé de raconter que leurs « frères de Sebta » ne voulaient pas d’eux. Certains ont assuré qu’ils ont été visés par des tirs de pistolets.
    Le 1er août, des leaders d’extrême droite sont venus à Ceuta dans une tentative de récupération de ce « traumatisme ». Mais ils ont trouvé face à eux les Espagnols des quartiers populaires qui leur ont dit de « dégager » en scandant : « Ceuta unie, pas divisée ». « On présente souvent Ceuta comme la ville des quatre cultures, c’est une image séduisante, souligne Mohamed Mustafa, député de l’Assemblée de Ceuta (Ceuta Ya !). Mais elle masque une réalité beaucoup plus dure : malheureusement les musulmans de Ceuta sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols. Leur hispanité est toujours suspectée. » Surtout face à une extrême droite qui a dépassé les 20 % des voix au dernier scrutin local de 2023. « Ceuta n’a jamais été une colonie espagnole, elle appartient depuis des siècles à la couronne », relève Mohamed Mustafa. De fait, le territoire a été rattaché à Madrid en 1580 – après avoir été portugais à partir de 1415 – tandis que sa « sœur », Melilla, située 225 kilomètres plus à l’Est, était espagnole à partir de 1497.
    Cet homme affable de 47 ans résume à lui seul l’histoire de cette enclave. Lorsqu’il y naît, en 1978, il n’est pas Espagnol. Pourtant, son père, son grand-père et son arrière-grand-père sont originaires de Ceuta. Jusqu’au milieu des années 1980, une grande partie de la population musulmane de Ceuta ne disposait pas de la nationalité espagnole ni des mêmes droits, vivant dans une sorte de vide juridique.Une mobilisation, parfois réprimée, ainsi que l’entrée de l’Espagne dans la Communauté économique européenne en 1986 ont finalement obligé l’Etat, dans les années suivantes, à régulariser la situation et accorder la citoyenneté à une grande partie de cette population. « Nous sommes profondément ancrés à Ceuta, c’est un combat permanent. L’extrême droite tentera de transformer cette crise en preuve que Ceuta est menacée par les Marocains et par les musulmans », pense-t-il.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#crisemigratoire#subsahariens#sante#frontiere

  • Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72928/mineurs-non-pris-en-charge-subsahariens-dans-limpasse-une-semaine-apre

    Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    Une semaine après l’afflux de plus de 70 000 migrants à Ceuta, la situation reste délicate dans l’enclave. Le bilan final des morts peine à être déterminé. Si la quasi-totalité des exilés ont été renvoyés vers le Maroc, il reste des milliers de migrants - dont des mineurs non accompagnés et des subsahariens qui souhaitent demander l’asile – dans l’enclave. Mais les structures de prises en charge sont saturées.
    Combien de personnes sont décédées lorsque près de 70 000 migrants ont traversé en même temps la frontière entre l’enclave espagnole de Ceuta et le Maroc ? Les chiffres divergent. Selon le dernier bilan de la préfecture de Ceuta, au moins 78 personnes sont mortes côté espagnol, principalement par noyade. Le ministère marocain de l’Intérieur a indiqué dimanche que 11 personnes ont perdu la vie de son côté de la frontière. Un chiffre extrêmement bas contesté par plusieurs associations. Selon l’AMDH, le bilan atteint « près de 130 victimes ». L’organisation avance ce chiffre en se basant sur des remontées d’informations espagnoles et marocaines. « Nous sommes présents sur le terrain et en contact avec la morgue de Tétouan pour la partie marocaine. Nous échangeons également avec des associations, des journalistes et d’autres acteurs présents à l’intérieur de Ceuta. En compilant les données obtenues côté Ceuta et côté Maroc, nous arrivons à 130 décès », a expliqué mercredi 5 août Jamila el-Abboudi, membre de l’AMDH Tétouan, à InfoMigrants.
    Le même constat a été établi par l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Elle avance un chiffre de 141 décès. Parmi eux, elle cite les 78 morts officiellement reconnus par le gouvernement espagnol. Mais côté marocain, elle avance un chiffre bien supérieur à celui des autorités. Selon l’ONG, 63 corps ont été repêchés dans les eaux marocaines. Un chiffre établi grâce à une enquête menée dans les morgues des hôpitaux du pays, précise l’ONG.
    Depuis le 30 juillet et l’entrée massive de migrants à Ceuta provoquée par une rumeur née de la déformation d’une décision de justice espagnole amplifiée par les réseaux sociaux, la quasi-totalité des migrants marocains ont été renvoyés de l’autre côté de la frontière. Mais il reste encore quelques milliers de migrants sur le petit territoire espagnol qui représente aujourd’hui la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et l’Afrique. Et dans les rues de Ceuta, une semaine après la crise, la situation des mineurs inquiète particulièrement. Elle est même devenue « intenable », selon le dirigeant de l’enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, Juan Jesús Vivas. Depuis l’afflux des 29 et 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600 % au-dessus de sa capacité critique », a-t-il déclaré lors d’une interview à la télévision publique espagnole.
    Selon lui, il y a environ 1 100 mineurs présents dans la ville autonome. Et ce chiffre n’inclut pas les groupes de jeunes qui continuent d’errer dans les rues de l’enclave et qui vivent dans les parcs et sur les plages dans des conditions très précaires. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Dans un communiqué de presse, la municipalité de Ceuta indique que « l’évolution enregistrée ces dernières semaines souligne l’ampleur de cette situation ». Le 15 juillet, la ville prenait en charge 213 mineurs, un chiffre qui est passé 1 017 mineurs aujourd’hui.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », a déclaré la municipalité. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants.
    Quel sort pour les demandeurs d’asile africains subsahariens ?
    Et si la majorité des exilés ayant pénétré dans l’enclave étaient marocains, de nombreux migrants originaires d’autres pays d’Afrique subsaharienne et de la Corne du continent traversent régulièrement cette frontière.Plusieurs centaines, venus du Soudan, du Mali, du Sénégal, de Somalie ou encore de Côte d’Ivoire, ont profité de l’afflux massif de migrants vers Ceuta pour entrer eux aussi dans l’enclave espagnole. Et ils sont, eux, non expulsables. Du moins dans l’immédiat. Habituellement, ils sont accueillis au centre d’hébergement pour migrants de l’enclave (CETI), mais celui-ci est lui aussi complètement saturé. Plus de 1 000 personnes sont accueillis actuellement dans ce centre de 500 places qui a fermé ses portes face à la crise. Faute de places, ils sont actuellement des centaines à vivre à même le sol au bord des routes entourant le CETI où sur la plage à proximité.
    Le délégué du Gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoit de mettre en place dans un délai approximatif de « un mois » un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.Selon plusieurs sources, il reste également quelques milliers de migrants marocains qui vivent cachés dans les collines et les forêts. Selon Reuters, certains ont trouvé refuge dans un cimetière de l’enclave. L’association marocaine des droits humains estime à « environ 3 000 », le nombre de personnes encore à Ceuta. Selon le représentant du gouvernement, ils seraient plutôt « environ 2 500 »

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#MNA#subsaharien#sante#hebergement#politiquemigratoire#migrationirreguliere

  • Italie : un réseau de passeurs entre l’Algérie, la Sardaigne et la France démantelé - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72956/italie--un-reseau-de-passeurs-entre-lalgerie-la-sardaigne-et-la-france

    Italie : un réseau de passeurs entre l’Algérie, la Sardaigne et la France démantelé
    Par La rédaction Publié le : 07/08/2026
    Les autorités italiennes ont annoncé jeudi 6 août avoir démantelé un réseau de passeurs. Les huit hommes arrêtés sont accusés d’avoir transportés des migrants depuis les côtes algériennes vers l’île italienne de Sardaigne à bord de petits et rapides bateaux à moteur.
    C’est un réseau de passeurs qui opérait sur une route méconnue qui a été démantelé par les autorités italiennes. Jeudi 6 août, la police italienne a annoncé l’arrestation de huit personnes dans le cadre d’une enquête ouverte depuis le mois de février. Tous originaires d’Algérie, ils sont suspectés d’avoir monté un réseau de passeurs opérant entre l’Algérie, l’ile italienne de Sardaigne et la France.
    Selon les éléments de l’enquête, l’homme à la tête du réseau était un demandeur d’asile résidant à Cagliari, la capitale de l’île. « Cet homme aurait géré le recrutement des migrants et des passeurs en Algérie, la collecte de l’argent nécessaire à la traversée et l’organisation des voyages clandestins vers les côtes de la Sardaigne au moyen d’embarcations dangereuses, ainsi que la présumée corruption de membres des autorités locales afin de faciliter les départs », relève la police.
    En six mois d’enquête, les enquêteurs ont pu reconstituer le fonctionnement de ce réseau criminel opérant entre entre El Kala, Cagliari et Marseille dans le sud de la France. Ils ont recensé au moins cinq traversées.Dans le détail, « en Algérie étaient recrutés les migrants, organisés les départs et mise en place la logistique des traversées ». Ensuite, en Sardaigne, « se trouvait la structure chargée de l’accueil, de la préparation de documents contrefaits et du soutien opérationnel aux complices ».La branche marseillaise de l’opération était uniquement financière, indique la police qui, à travers ses investigations, a découvert que « l’un des principaux financiers de l’organisation », opérait dans cette ville du sud de la France.
    Les traversées coutaient environ 2 500 euros par personne et concernaient à chaque fois entre 10 et 12 migrants. Elles étaient effectués à bord de bateaux « Phantom », une référence bien connue de bateau semi-rigide très rapide. Au moins 50 à 60 migrants - principalement des Algériens et Tunisiens - aurait donc rejoint l’Italie via ce réseau, a détaillé la police à l’AFP.
    Une fois en Italie, de faux documents attestant des demandes de protection internationale en cours étaient fabriqués. « En modifiant des documents authentiques et en remplaçant les photographies, le réseau aurait créé de faux documents, vendus environ 150 €, permettant ainsi à des citoyens étrangers de séjourner ou de circuler illégalement dans le pays », commente la police.Selon le communiqué de la police, le groupe criminel prévoyait d’élargir ses activités afin d’ouvrir une « nouvelle route de trafic d’êtres humains, plus rentable », entre l’île tunisienne de La Galite et les côtes sardes, poursuit la même source

    #Covid-19#migrant#migration#italie#algerie#sardaigne#tunisie#migrationirreguliere#trafic#sante

  • Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni - InfoMigrants
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    Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 07/08/2026
    Selon les données du Home Office obtenues par The Guardian, entre les mois de juillet 2022 et janvier 2026, 1 109 migrants ont fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire britannique dont 628 arrivés à bord d’un small boat.Plus de 1 000 personnes ont été condamnées pour « entrée illégale au Royaume-Uni » entre juillet 2022 et janvier 2026, a rapporté le média britannique The Guardian, jeudi 6 août. Les données obtenues auprès du Home Office font état de 1 109 migrants ayant fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire, dont 628 sont arrivés à bord d’un small boat. Parmi ces derniers, 296 ont été filmés par des drones de surveillance en train de diriger un canot pneumatique. Le Home Office a instauré l’infraction « d’entrée illégale » en 2022 afin de dissuader les migrants de monter à bord de canots ou de camions pour se rendre clandestinement au Royaume-Uni.Selon le Guardian, « cette décision avait été largement condamnée à l’époque, car la Convention relative au statut des réfugiés stipule que les personnes en quête d’asile ne doivent pas être criminalisées en raison de leur mode de transport, celles-ci n’ayant souvent pas la possibilité de se déplacer légalement d’un pays dangereux vers un pays sûr ».
    D’autre part, seuls 12 migrants ont été condamnés pour le délit « d’aide à l’entrée illégale », après avoir piloté les canots pneumatiques à bord desquels elles étaient arrivées. Ces personnes ont souvent été identifiées par la justice britannique comme ayant « la main sur la barre ». Mais « avoir la main sur la barre » ne signifie pas toujours être passeur. Il existe de nombreuses raisons de piloter un small boat : certains migrants ont de l’expérience en navigation, d’autres ont accepté de piloter en échange d’un passage à prix réduit, d’autres affirment se relayer à la barre ou avoir piloté sous la contrainte.
    Le 23 juillet, Basir Ramatullah, 21 ans, de nationalité afghane, a été condamné à deux ans de prison par la Cour d’assises de Canterbury pour avoir piloté un canot. L’homme avait été arrêté le lendemain de la traversée de la Manche, le 3 mai, par la police du Kent, d’après le tabloïd britannique Daily Express. Les agents l’auraient identifié grâce à des images enregistrées par drone durant la traversée. En communiquant sur la condamnation du jeune Afghan, le Home Office a en effet dévoilé des images prises par drone l’identifiant à bord.
    L’avocate du jeune homme avait soutenu que celui-ci n’avait pas choisi de piloter l’embarcation. Il aurait endossé ce rôle après qu’un trafiquant, qui barrait le bateau, a sauté par-dessus bord et que le compagnon de ce dernier a « renoncé » à le contrôler, a-t-elle expliqué au tribunal. L’organisation Captain Support UK qui a accompagné des centaines de personnes incarcérées dans le cadre d’affaires d’entrée illégale sur le territoire, précise que toutes les personnes arrêtées avaient demandé l’asile au Royaume-Uni quelques heures avant leur interpellation."Nous constatons directement l’impact négatif de ces poursuites sur les personnes concernées et sur leurs familles. Nous appelons de toute urgence le gouvernement à cesser d’emprisonner les personnes en situation de déplacement. Personne ne devrait être incarcéré pour avoir cherché la sécurité et une vie meilleure", estime un de leur porte-parole cité par le Guardian.
    Par ailleurs, le Royaume-Uni a également adopté, en début d’année, une nouvelle infraction relative au délit de « mise en danger d’autrui » lors des traversées illégales de la Manche - dans le cadre de la loi de 2025 sur la sécurité aux frontières, l’asile et l’immigration.Elle a aussi pour but de décourager les candidats à l’exil qui acceptent parfois de prendre les commandes d’un bateau sous la menace des passeurs ou bien en échange d’une réduction du prix de leur passage.Chan Mathok Atak, 19 ans, originaire du Soudan, accusé d’avoir piloté un mega boat le 23 juillet entre Berck-sur-Mer et les côtes britanniques, a été placé en détention provisoire et comparaîtra pour ce chef d’accusation devant la Cour de la Couronne de Canterbury le 24 août 2026.En juin, deux hommes ont été les premiers à être emprisonnés pour ce crime, chacun écopant d’une peine de plus de deux ans. C’était alors la première fois que deux personnes, sans lien avec des réseaux de passeurs, étaient condamnées à des peines de prison au Royaume-Uni sous ce chef d’accusation. En moins de deux mois, sept pilotes de petites embarcations ont été condamnés à un total de 14 ans de prison via cette nouvelle infraction, selon une communication du Home Office parue le 23 juillet. Depuis le 1er janvier, plus de 14 500 personnes ont rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#migrationirreguliere#asile#droit#sante

  • Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours - InfoMigrants
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    Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    En trois jours, entre le 3 août et le 5 août, 267 migrants sans papiers ont été secourus par les gardes-côtes grecs au large de la Crète. Depuis des mois, la Crète connaît une forte augmentation des arrivées illégales de migrants venus de Libye. En 7 mois, un peu plus de 10 000 migrants ont débarqué sur l’île du sud de la Grèce.
    Les communiqués des gardes-côtes grecs s’enchaînent ces derniers jours. Le 5 août, les autorités maritimes ont porté assistance « à un bateau avec des ressortissants étrangers en détresse, repéré par un avion de Frontex à 37 milles nautiques au sud d’Ierapetra », en Crète. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la police côtière hellénique (HCPP) a appareillé, repéré le bateau et secouru 45 ressortissants étrangers (tous des hommes) à son bord. »
    Le même jour, « 56 étrangers (49 hommes, 3 femmes et 4 mineurs) ont été secourus par un navire de sauvetage [...] jusqu’au port de Kokkinos Pyrgos », en Crète. « Ils avaient quitté la région de Tobrouk, en Libye, le 3 août 2026 à midi, après avoir payé chacun 14 000 dinars libyens pour leur traversée vers la Grèce », précise le communiqué.Le 5 août toujours, « les gardes-côtes de Gavdos ont localisé 34 étrangers (tous des hommes) sur la plage de Lakoudi. Ils ont d’abord été conduits dans un centre d’hébergement temporaire à Gavdos, puis transférés vers un centre d’hébergement temporaire à Agia Chania. »
    La veille, le 4 août "une embarcation transportant des passagers étrangers en difficulté [a été repérée] à 8 milles nautiques au sud-ouest de Gavdos. Un navire des forces Frontex s’est immédiatement rendu sur place, a localisé l’embarcation et a secouru 33 passagers étrangers (tous des hommes)."Le 4 août toujours, les autorités maritimes grecques ont alerté sur le fait « qu’une vedette de patrouille [...] a localisé une embarcation et a secouru les 50 passagers étrangers (43 hommes, 2 femmes et 5 mineurs) » au sud de la Crète. Une enquête préliminaire a été ouverte.Le bateau de migrants avait été repéré par un navire des garde-côtes grecs à 105 kilomètres au sud-est de Kaloi Limenes, un village portuaire non loin d’Héraklion, avec l’aide d’un drone de l’agence des frontières de l’Union européenne Frontex". Les migrants ont été transférés au port de Kokkinos Pyrgos, au sud de l’île, "où les autorités ont entamé les procédures d’identification et d’enregistrement."Enfin, ce même jour également, « vers midi, les autorités portuaires d’Ierapetra ont été informées de la présence d’étrangers » sur l’île de Chrysi, au sud de la Crète. « Un patrouilleur de la garde côtière grecque s’est rendu sur place, où il a repéré et secouru 44 étrangers (40 hommes, 3 femmes et 1 mineur) ».
    La veille, le 3 août, les autorités avaient repéré « la présence d’une embarcation avec des étrangers à bord en difficulté, à 30 milles nautiques au sud d’Agia Galini [en Crète]. Une vedette de patrouille [...] s’est immédiatement rendue sur place et a localisé et secouru 33 étrangers (32 hommes et 1 femme). Les rescapés ont d’abord été conduits en toute sécurité au port d’Agia Galini, puis aux installations de l’ancienne autorité portuaire de Réthymnon », peut-on lire sur le communiqué des gardes-côtes.Le même jour, nouveau bulletin d’information sur le site de la garde côtière. « Les autorités portuaires de Kaloi Limenes et d’Ierapetra ont été informées par le Centre conjoint de coordination des opérations de recherche et de sauvetage (EKSED) [...] de la nécessité de porter assistance à une embarcation transportant des étrangers en difficulté ». Cette embarcation avait été localisée par un avion de Frontex au sud de Kaloi Limenes. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la LS-EL.AKT. s’est rendue sur place et a secouru cinq étrangers (quatre hommes et un mineur) ».
    Le sud de la Crète a connu une forte augmentation des arrivées illégales de migrants ces derniers mois, de nombreux bateaux partant des côtes est-libyennes. Cette hausse a entraîné de fréquentes opérations de sauvetage menées par les garde-côtes grecs et Frontex.Selon le Haut Commissariat des réfugiés à l’ONU (UNHCR), plus de 10 000 migrants sont arrivés en Crète depuis le début de l’année. « Les flux globaux, par rapport à 2025, montrent une stabilité en termes de chiffres », écrit la presse grecque. La plupart des arrivants viennent du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh. Dans une tribune publiée mardi dans Politico, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé l’Union européenne à autoriser la suspension temporaire des enregistrements de demandeurs d’asile lors d’arrivées massives et soudaines, arguant que les États membres ont besoin d’une plus grande flexibilité pour gérer les pressions migratoires. Au mois de juillet 2025, le gouvernement grec avait décidé de suspendre unilatéralement les demandes d’asile pour toute personne arrivant illégalement en Crète, face à la hausse des arrivées depuis la Libye : 7 300 arrivées entre janvier et juillet 2025 contre 4 900 sur l’ensemble de l’année 2024. La mesure avait duré trois mois, l’enregistrement des demandes avait repris le 14 octobre

    #Covid-19#migration#migrant#crete#UE#libye#routemigratoire#tobrouk#migrationirreguliere#sante#soudan#egypte#bengladesh

  • Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie - InfoMigrants
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    Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie
    Par RFI Publié le : 07/08/2026
    Deux jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de financer une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des 27 sur Ceuta, la porte-parole du gouvernement rwandais a confirmé qu’un tel projet était à l’étude entre l’Italie et le Rwanda.
    Quelques jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de mettre en place une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne (UE) à travers le développement d’un réseau européen de « hubs de retour » dans des pays tiers financés par l’UE, le Rwanda a affirmé, jeudi 6 août, être en discussion avec l’Italie à ce propos.
    « Nous sommes toujours en discussion », a ainsi affirmé la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, sur les antennes de la radio nationale Royal FM. Selon elle, les points à l’étude concernent notamment l’expérience acquise par Kigali en la matière, notamment grâce au mécanisme de transit d’urgence de Gashora - un programme mis en place en 2019 dans le cadre duquel le Rwanda accueille des migrants évacués de Libye -, le délai d’examen de leur dossier d’asile, ainsi que celui de leur départ vers d’autres pays.
    Le 4 août dernier lors une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE en visioconférence pour évoquer la crise migratoire de Ceuta, Rome avait effectivement appelé Bruxelles à financer des centres migratoires externalisés, situés hors de l’espace Schengen, où seraient délocalisées les procédures d’asile et de retours de migrants.S’inspirant d’un accord de ce type déjà passé par l’Italie avec l’Albanie, la proposition envisageait d’en conclure d’autres avec plusieurs pays africains dont l’Ouganda, le Ghana et le Rwanda.
    Si le projet entre les deux pays devait se concrétiser, il viendrait s’ajouter aux différents accords migratoires déjà conclus par Kigali, notamment avec le Royaume-Uni en 2022 - avant que Londres ne l’abandonne deux ans plus tard - et avec les États-Unis, en 2025, en vue de l’accueil temporaire de personnes expulsées par Washington

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