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    France : deux nouveaux décrets réforment l’AME, une « offensive contre l’accès aux soins », dénonce Médecins du Monde
    Par La rédaction Publié le : 10/02/2026
    Deux nouveaux décrets encadrant l’Aide médicale d’État (AME) ont été publiés au Journal officiel. Le premier indique qu’il faudra désormais fournir des documents d’identité officiels munis d’une « photo d’identité », le second vise à « moderniser les systèmes informatiques de l’État ». Pour le gouvernement, ces mesures visent à lutter contre la fraude dans les dossiers déposés. Pour les associations, au contraire, ces décrets sont un nouvel obstacle dans le parcours déjà semé d’embûches des sans-papiers en France.
    Dimanche 8 février, deux décrets modifiant l’Aide médicale d’État (AME) ont été publiés au Journal officiel. Le premier indique qu’il faudra désormais obligatoirement fournir des documents d’identité officiels munis d’une « photo d’identité ».
    Or, jusqu’ici, faute de documents d’identité, il était possible de fournir « tout autre document de nature à attester l’identité du demandeur et celle des personnes à sa charge ». « Plus d’un tiers des personnes que nous accueillons dans nos centres n’ont pas de pièce d’identité avec photo pour cause de papiers perdus, volés, confisqués ou impossibles à renouveler », alerte Matthias Thibeaud, représentant de Médecins du Monde (MdM).
    « Ce décret aggrave un non-recours déjà massif à l’AME, retardant ou empêchant les soins, dégradant l’état de santé des personnes concernées, avec un impact direct sur la santé publique. Sans parler du coût réel du non-recours : exclure aujourd’hui, c’est hospitaliser plus cher demain », prévient encore MdM dans un communiqué publié mardi. « Cela s’inscrit dans une offensive sans précédent contre l’accès aux soins ».
    Le deuxième décret « modernise les systèmes informatiques de l’État afin que tous les fonctionnaires en charge du dossier [des consulats notamment, ndlr] puissent y avoir accès », a développé le Premier ministre français Sébastien Lecornu.Pour l’heure, pas question de toucher au panier de soins de l’AME, régulièrement dans le viseur de la droite et de l’extrême droite. Le Premier ministre estime qu’il « faudra sans doute » le réformer, mais « les choses ne sont pas prêtes » à ce stade, a-t-il indiqué.
    Pour le gouvernement, ces deux décrets renforcent « la lutte contre la fraude » dans les dossiers déposés, « avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros ». La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen a, elle, accusé Sébastien Lecornu « d’aggraver un des facteurs d’attractivité migratoire dont le coût exorbitant pour les finances publiques (plus d’1,3 milliard d’euros) n’est plus tolérable. » L’Aide médicale d’État représente effectivement 1,3 milliard d’euros par an des dépenses de l’Assurance maladie. Mais contrairement à ce qu’affirme Marine Le Pen, ce montant n’est pas « exorbitant », il correspond à environ 0,4 % des dépenses de santé (appelées ONDAM estimés à 270 milliards d’euros en 2026). Cette proportion est stable depuis des années. Et donc une goutte d’eau dans le budget de l’État.
    Rappelons aussi que Sébastien Lecornu avait reçu peu après son arrivée à Matignon en septembre 2025 les auteurs d’un rapport de 2023 sur l’Aide médicale d’État. Dans ce document, les auteurs, l’ancien ministre socialiste Claude Evin et le haut-fonctionnaire Les Républicains Patrick Stefanini, défendaient globalement l’AME parlant « d’un dispositif sanitaire utile, maîtrisé pour l’essentiel ».
    De manière plus générale, l’AME est une aide sociale qui garantit aux étrangers en situation irrégulière présents depuis au moins trois mois sur le territoire français la prise en charge de certains soins médicaux. C’est la seule aide dont peuvent bénéficier les sans-papiers en France. Les soins concernés sont remboursés par l’État, mais sur une base tarifaire de la Sécurité sociale. Cela signifie que le migrant a souvent un « reste à charge ».
    Exemple : si un sans-papiers a besoin d’une couronne dentaire à 500 euros et que la base de remboursement est de 100 euros, le migrant devra payer de sa poche 400 euros. Surtout, l’AME répond à un impératif humanitaire et sanitaire : permettre aux plus vulnérables de se soigner avant d’engorger un système hospitalier déjà sous pression. « Si on ne permet pas aux étrangers de se soigner, ils vont tomber malades. Et s’ils tombent malades, il y a de grandes raisons que la population tombe malade elle aussi […] Si les étrangers n’ont plus accès à l’AME, ils vont sursaturer l’hôpital public », s’était ému en 2024 Mathieu Quinette, coordinateur du programme mineurs non accompagnés de Médecins du Monde.
    Pourtant, la droite et l’extrême droite souhaitent réduire, voire supprimer l’AME au nom d’un supposé « appel d’air migratoire ». Depuis les années 2000, le panier de soins auxquels ont droit les étrangers sans-papiers a été réduit. Les sans-papiers ne peuvent plus profiter des « cures thermales », de « frais d’hébergement enfants et adolescents handicapés », des « examens bucco-dentaires pour les enfants », ou encore de « parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ». Ces soins restent intégralement à la charge du patient.Hormis cette liste, le bénéficiaire de l’AME peut accéder à tous les autres soins (médecine générale, dentiste, ophtalmologue...), comme n’importe quel assuré social. Mais dans la réalité du quotidien, le niveau de prise en charge de l’AME se révèle insuffisant pour couvrir les frais réels d’un soin, comme celle d’une paire de lunettes. « C’est un vrai problème pour les lunettes des enfants, par exemple. Deux verres simples de lunettes d’enfant doivent coûter environ 200 euros. Si le tarif 100 % de la sécurité sociale est de 60 euros. Comment les parents vont-ils trouver le reste de la somme ? », avait expliqué en 2022 Didier Maille, coordinateur du pôle social du Comede (Comité pour la santé des exilé.e.s) à Paris.

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  • Migrants africains : « Ces personnes font face à de la violence institutionnelle et psychique », selon une psychologue - InfoMigrants
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    Migrants africains : « Ces personnes font face à de la violence institutionnelle et psychique », selon une psychologue
    Par RFI Publié le : 10/02/2026
    Les drames liés à la migration africaine, et particulièrement la migration irrégulière, font souvent la une des journaux sur le continent. On ne compte plus les témoignages de personnes de retour dans leur pays, soit rapatriées, soit secourues en mer, dans le désert ou issues d’autres routes migratoires. Mais on parle rarement de toutes celles et ceux qui parviennent à rejoindre l’Europe, notamment la France, et arrivent très traumatisés par leur voyage. À Bobigny, tout près de Paris, l’hôpital Avicenne reçoit des migrants atteints de graves troubles psychiques liés à leur parcours d’exil. La psychologue clinicienne française Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky travaille au centre psychiatrique de l’hôpital. Elle est la grande invitée Afrique de Sidy Yansané.

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  • Accord « un pour un » : des migrants enfermés au Royaume-Uni avant leur renvoi vers la France dénoncent des traitements dégradants - InfoMigrants
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    Accord « un pour un » : des migrants enfermés au Royaume-Uni avant leur renvoi vers la France dénoncent des traitements dégradants
    Par La rédaction Publié le : 07/01/2026
    Selon The Guardian, quatre-vingts migrants placés en centre de rétention au Royaume-Uni en vue de leur renvoi en France affirment avoir subi des traitements dégradants de la part des autorités britanniques. Des plaintes balayées par le Home Office.
    Selon une information du média britannique The Guardian, quatre-vingts migrants placés en centre de rétention au Royaume-Uni en vue de leur renvoi en France affirment avoir subi des traitements dégradants de la part des autorités britanniques. Leurs doléances ont été rassemblées dans un document intitulé : « Rapport sur les conditions de détention et le traitement au centre de rétention administrative d’Harmondsworth ».
    Dans le cadre de l’accord « un pour un » signé cet été entre Londres et Paris pour tenter de freiner les traversées illégales de la Manche, les autorités britanniques ont désormais la possibilité d’arrêter directement les migrants arrivés via « small boats » sur le sol britannique et de les placer en centre de rétention. Selon les termes de l’accord franco-britannique, Londres a ensuite 14 jours pour expulser les migrants vers la France.
    Dans leur rapport consulté par The Guardian, les migrants, originaires du Soudan, d’Afghanistan et d’Iran notamment, appellent les instances de l’ONU à enquêter sur leur traitement, affirmant avoir subi « peur, humiliation et détresse psychologique » à Harmondsworth depuis leur arrivée au Royaume-Uni. Ils accusent le Home Office – ministère de l’Intérieur britannique - de les soumettre à une détention arbitraire, de leur refuser l’accès à un avocat. Ils dénoncent aussi un accès limité à des soins médicaux, des traitements dégradants et des préjudices psychologiques.
    « De nombreux incidents impliquant des personnes dont la santé mentale est fragile, y compris des tentatives d’automutilation, ont été recensés », rapporte le Guardian qui cite des extraits du rapport. Des détenus signalent avoir été placés à l’isolement ou dans des unités disciplinaires. « Ce climat engendre une peur, un désespoir et une incertitude constante. » Le centre de rétention d’Harmondsworth n’a pas bonne presse. En 2024, Charlie Taylor, l’inspecteur en chef des prisons l’avait déjà épinglé dans un rapport. « Les conditions ici sont les pires que nous ayons vues dans un centre de détention pour migrants », avait-il déclaré. Pour rappel, au Royaume-Uni, les centres de rétention sont sous-traités à des entreprises privées (comme Mitie) - contrairement à la France où c’est l’Etat qui est en charge de ces structures.
    La plainte des 80 migrants a été balayée par le Home Office. « Nous ne reconnaissons pas les allégations concernant les conditions de détention à Harmondsworth. Nous considérons le bien-être des personnes détenues sous notre responsabilité comme étant de la plus haute importance », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur, toujours selon le Guardian. Et de préciser : "La protection des frontières britanniques est notre priorité absolue. [L’accord « un pour un »] signifie que nous pouvons désormais renvoyer directement en France ceux qui arrivent à bord de petites embarcations, frappant ainsi au cœur même du modèle économique des réseaux criminels."
    La diffusion de cette plainte coïncide avec l’entrée en vigueur de nouveaux pouvoirs gouvernementaux : désormais, les policiers britanniques pourront procéder à des fouilles lors de l’arrivée au port des migrants secourus dans la Manche. Les agents seront habilités à demander aux exilés de retirer leur manteau et leurs gants afin de confisquer les téléphones portables, et de fouiller leur bouche pour récupérer des cartes SIM dissimulées. Le but : récupérer d’éventuelles informations sur les réseaux de trafiquants et démanteler les organisations mafieuses.
    Selon les données du Home Office, 41 472 exilés ont atteint le Royaume-Uni en 2025 après avoir traversé la Manche depuis la France à bord de petites embarcations. Il s’agit du deuxième nombre d’arrivées le plus élevé jamais enregistré depuis le début des relevés en 2018 par le gouvernement britannique. L’accord « un pour un » a jusqu’ici débouché sur le retour forcé vers la France de 193 personnes (et l’admission par le Royaume-Uni de 195 autres), selon les dires du ministre de la Sécurité des frontières Alex Norris le 16 décembre et la BBC. Malgré le durcissement de la politique migratoire britannique, les exilés dans le nord de la France ne comptent pas changer leurs plans et souhaitent souvent, coûte que coûte, rejoindre l’Angleterre. Déjà, parce qu’ils ne connaissent pas toujours l’existence des réformes anglaises. Ensuite, parce que beaucoup ne renonceront pas à leur objectif si près du but, alors qu’ils ne sont qu’à quelques kilomètres des côtes britanniques.

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  • « Beaucoup de gens rentrent dans le camp, mais personne n’en sort » : à Mayotte, plus de 800 migrants vivent dans des conditions insalubres - InfoMigrants
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    « Beaucoup de gens rentrent dans le camp, mais personne n’en sort » : à Mayotte, plus de 800 migrants vivent dans des conditions insalubres
    Par Romain Philips Publié le : 22/12/2025
    Ils étaient aux alentours de 400 suite à la destruction de leur précédent camp en octobre dernier. Dorénavant, ce sont plus de 800 migrants africains qui vivent dans des conditions difficiles dans le campement de Tsoundzou 1. Et ce, en pleine saison des pluies. « Depuis que la saison des pluies a débuté, c’est encore plus dur de vivre ici », raconte à InfoMigrants Kennedy Kighana. Ce Congolais de 28 ans arrivé à Mayotte en septembre témoigne du quotidien dans le campement établi à Tsoundzou 1, aux abords du village Coallia, un lieu réservé à l’hébergement d’urgence et l’insertion, à l’est de Mayotte. « Quand il se met à pleuvoir fort, ce n’est pas beau à voir. L’eau monte, coule de partout, les gens se réveillent la nuit, trempés », dit-il. Les bâches qui recouvrent les tentes cèdent sous la force des trombes d’eau larguées par le climat tropical de l’île, la cuisine se fait à même le sol et les habitants vivent dans une proximité préoccupante.
    Comme Kennedy Kighana, plus de 800 migrants vivent dans des conditions difficiles dans ce campement de fortune. « Selon notre dernier recensement, il y a 837 personnes ici », assure celui qui se présente comme le représentant du camp. Parmi elles, on retrouve des ressortissants de divers pays d’Afrique des Grands Lacs - RDC, Rwanda, Tanzanie... - mais aussi des Soudanais, Yéménites et Afghans. La plupart sont des demandeurs d’asile et sont donc en attente de l’examen de leur dossier.
    Et le temps passé dans cette précarité affecte durement la situation mentale de certains. « Ici, on a des gens dans des états psychologiques difficiles à cause de la vie que nous menons. Ils sont livrés à eux-mêmes, ne travaillent pas et n’occupent pas leurs journées. Ils sont bloqués dans le camp et réfléchissent à leur condition. Ça crée des troubles mentaux, c’est certain », raconte Kennedy.
    Auparavant, la plupart vivaient à moins d’un kilomètre d’ici, dans un coin de forêt de Tsoundzou 2, un quartier voisin, avant que ce lieu de vie ne soit détruit en octobre dernier. Cette opération avait été présentée à l’époque par le préfet comme « la plus grosse mise à l’abri réalisée depuis 24 mois à Mayotte ». Ce jour-là, sur les plus de 1 200 personnes recensées, 402 avaient été prises en charge par les autorités. Une grande partie des migrants, portant à bout de bras le plus d’affaires possible, se sont réinstallés plus loin sur la route. Et depuis, le camp ne fait que grossir. « On manque cruellement d’espace, ce n’est pas un lieu approprié pour vivre. Il y a la mangrove et la mer juste à côté », ajoute Kennedy Kighana. Certaines cabanes ont dû être surélevées pour éviter les dégâts lors des trop grandes marées.
    Plusieurs associations interviennent ponctuellement dans ce camp, comme la Croix-Rouge ou Solidarités International. Un cadre d’une ONG, qui s’est exprimé anonymement auprès de l’AFP, explique que son association a installé un mécanisme de pompage d’eau de rivière, un accès jugé rudimentaire et fragile en saison des pluies. Cinq sanitaires ont également été apportés et les habitants ont accès quelques heures par jour à deux citernes d’eau. Mais cela « reste totalement insuffisant » pour le nombre de personnes réfugiées dans ce camp, insiste Kennedy Kighana.
    Il salue tout de même l’installation d’un accès à l’eau car de nombreux migrants ont été agressés lorsqu’ils sortaient chercher de l’eau à l’extérieur du camp. De manière générale, les habitants de Tsoundzou 2 sont régulièrement victimes d’agressions lorsqu’ils quittent le camp. « Que ce soit quand on va chercher de la nourriture, des bambous pour les constructions ou faire une petite course, de nombreux habitants ont été violentés », témoigne le représentant.
    Ces camps constituent un sujet très sensible dans le 101e département français, confronté à une forte pression migratoire. En 2024, la présence d’un camp au stade de Cavani, à Mamoudzou, avait déclenché l’installation de barrages par des « collectifs citoyens » pendant plus d’un mois. La même année, les locaux de l’association Solidarité Mayotte, accompagnant les demandeurs d’asile, avaient été incendiés
    Paradoxalement, ce sont aussi ces tensions qui perturbent la résolution des dossiers d’asile. La fermeture de la préfecture par ces groupes a provoqué le « rallongement de la liste d’attente pour les premières demandes d’asile » ou rendu difficile « les renouvellements d’attestation de demande d’asile », indique Solidarité Mayotte, l’association en charge de l’asile sur l’île. Ainsi, « les demandeurs d’asile et les bénéficiaires de la protection internationale, ne pouvant renouveler leurs documents, se retrouvent bloqués dans les démarches d’accès aux droits et d’insertion professionnelle ». L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) également évoque « des fermetures contraintes des services préfectoraux qui ont affecté l’activité d’enregistrement des demandes d’asile ».
    « Le problème, c’est la lenteur du processus de l’asile », estime le représentant du camp qui attend lui-même une réponse à sa demande de protection internationale. Et d’ajouter : « C’est pour cela qu’on est les uns sur les autres car beaucoup de gens rentrent dans ce camp mais absolument personne n’en sort ». Pour éviter que le campement ne progresse trop sur la voie publique, la préfecture a publié un arrêté, le 12 novembre dernier, interdisant la construction d’habitations informelles sur trois kilomètres le long de la route du camp. Certains nouveaux arrivants redoutent donc de voir leurs abris détruits à tout moment. « Mais pour aller où ? Les gens n’ont nulle part où aller », s’interroge Daniel Gros, référent de la Ligue des droits de l’Homme sur l’île, dénonçant une situation « catastrophique ». Les possibilités d’hébergement à Mayotte sont effectivement minimes, voire inexistantes, surtout depuis que le cyclone Chido, fin 2024, a détérioré ou détruit plus de « 68 % des logements collectifs et 36 % des logements résidentiels en dur », chiffre la préfecture. Ainsi, plusieurs habitants ont été sensibilisés, lors de maraudes de la préfecture et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), à avoir recours à un « retour volontaire » vers leur pays d’origine.

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  • « En France, toute ma vie aurait été un combat » : ces jeunes cadres musulmans partis s’installer à Dubaï
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    « En France, toute ma vie aurait été un combat » : ces jeunes cadres musulmans partis s’installer à Dubaï
    Par Charlotte Bozonnet
    Entre opportunités professionnelles et tolérance religieuse, l’émirat séduit de jeunes actifs fatigués du bruit politique et médiatique autour de l’islam en France. Comme souvent à Dubaï (Emirats arabes unis), rendez-vous a été pris dans un mall, ces vastes centres commerciaux climatisés, où l’on vient faire ses courses, flâner, déjeuner, tout en échappant à la chaleur extérieure. Celui de Mirdif, une zone résidentielle de Dubaï, accueille une classe moyenne supérieure d’expatriés et de nationaux.
    Mathieu (qui n’a pas souhaité donner son nom), un Français de 35 ans, y vit avec sa femme et leurs deux enfants de 4 ans et 5 ans. « Ça fait presque dix ans que je suis arrivé à Dubaï ; pour nous, c’est un bon compromis entre l’identité occidentale et la culture arabe et musulmane », explique le jeune cadre, souriant, assis dans un élégant salon de thé. Rien ne prédestinait ce Toulousain, élevé dans une famille catholique, à faire sa vie dans l’émirat. C’est sa conversion à l’islam, en octobre 2011, alors qu’il est en deuxième année de prépa (économique et commerciale), qui a tout changé. Sa décision découlait de longs mois de réflexion et de recherche sur les religions. Elle n’a pas été facile à accepter par ses parents, par sa mère surtout, inquiète de cette conversion à un moment où les journaux parlaient tous de départs massifs de jeunes radicalisés en Syrie. Elle lui a surtout semblé difficile à vivre dans la société. « Jusque-là, je me disais que les musulmans se victimisaient. Mais quand je suis passé de l’autre côté de la barrière, je me suis pris une grosse claque », assure-t-il.
    Diplômé de l’ISC Paris, une école de commerce, Mathieu décroche un premier boulot à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Il se retrouve à faire ses prières sous les escaliers de sécurité du parking. Une expérience qui vient s’ajouter à ce qu’il vit comme des micro-agressions de tous les jours. « C’est un peu schizophrénique, on a l’impression de ne pas pouvoir être nous-mêmes. Je me suis dit : si je reste en France, je vais passer ma vie à me battre et je n’ai pas les épaules pour ça. » Il part rejoindre un ami installé à Abou Dhabi avec 4 000 euros en poche, mais c’est finalement à Dubaï que les opportunités professionnelles sont les plus nombreuses. Le début n’est pas évident. Il compte chaque dirham, le temps de se faire une place. Aujourd’hui, il a un bon poste dans une agence de marketing et gagne 6 000 euros par mois. Il a bien entendu les critiques régulièrement formulées sur les Emirats arabes unis : le système politique autoritaire, l’obligation de quitter le pays sous un mois quand on perd son travail, le prix exorbitant des écoles, mais il a trouvé une tranquillité sur ce territoire cosmopolite (la population compte plus de 90 % d’expatriés). « Ma famille me dit que j’ai bien fait de partir ! »
    Combien sont-ils à faire comme lui ? A quitter la France parce que, en tant que musulmans, ils ne s’y sentent plus bien ? Aucun chiffre n’existe. Publié en 2024, le livre La France, tu l’aimes mais tu la quittes (Seuil), dans lequel Mathieu a témoigné, avait mis un coup de projecteur sur le phénomène, sans le quantifier.
    « Impossible à dire. Personnellement, je me suis mise à travailler sur le sujet parce que, dans le cadre de mes recherches, de plus en plus de personnes se sont mises à m’en parler », souligne Margot Dazey, chargée de recherche au CNRS, rattachée au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (université de Lille).
    La sociologue, dont les travaux portent sur l’islam en France, a mené une série d’entretiens auprès de vingt-sept expatriés français, hommes et femmes, âgés de 31 à 46 ans, avec un revenu supérieur à 3 000 euros par mois et diplômés au minimum d’un master 1. Tous se reconnaissent de confession musulmane, mais avec des niveaux de pratique très disparates. « Au cœur de leur décision de partir, il y a un même sentiment de frustration. Jeunes actifs, ils sont en pleine mobilité sociale ascendante, mais n’arrivent pas à avoir le statut correspondant à leur position, en raison du racisme et des discriminations, explique-t-elle. Quand ils arrivent à l’étranger, ils vivent souvent une mise en cohérence entre ce qu’ils sont et la façon dont ils sont considérés. »
    Si la pratique religieuse est une des raisons qui poussent au départ, elle est loin d’être la seule. Descendant d’une famille immigrée – du Maroc par ses grands-parents paternels et du Portugal par ses grands-parents maternels –, Sofiane (les témoins cités par un seul prénom ont préféré modifier leur identité) est venu fin 2023 à Dubaï, où il travaille dans le secteur du conseil. Le trentenaire est le premier de sa famille à avoir fait des études supérieures. Après un cursus en droit, il a intégré l’école de commerce française Skema, en 2019, et c’est en 2021, pendant un stage à Dubaï, qu’il découvre l’émirat, « un déclic ». « Il y a ici des opportunités professionnelles très importantes, de bons salaires, un sentiment de sécurité, une qualité de vie. Surtout, il n’y a pas de “bruit” autour de ton nom ou de ton origine. La question, c’est qu’est-ce que tu as déjà fait dans ta vie ?
    En France, le jeune homme a eu l’impression d’être irrémédiablement renvoyé à ses origines ou à une pratique religieuse supposée. « C’est fou parce que je suis la troisième génération à être en France, je suis français, j’ai grandi dans des valeurs plutôt catholiques, et pourtant j’ai toujours eu des réflexions, dès le collège », raconte Sofiane. « Ce sentiment est nourri à la fois par ce qu’ils vivent au quotidien, les expériences de discrimination vécues par eux-mêmes ou par leurs proches, mais aussi par une ambiance étouffante où ils ont le sentiment d’être montrés du doigt dans les médias et par une partie de la classe politique », poursuit Margot Dazey, qui identifie des « points de bascule à l’origine de la décision de partir : le moment des stages, quand on part à l’étranger et qu’on s’aperçoit que ça peut être différent ailleurs, mais aussi le moment où on a des enfants ou on projette de fonder une famille ».
    Fraîchement installée à Dubaï, Meryem, 40 ans, salariée dans une entreprise de la tech, vivait à Paris avec son mari et ses deux enfants. Si le projet de partir en expatriation en famille était bien présent, la destination de Dubaï n’était pas sur la liste. Mais la proposition de son employeur cochait pas mal de cases, tant pour son intérêt professionnel que des conditions de vie offertes. Elle a aussi ouvert de nombreuses réflexions au sein du couple. « Depuis deux ans, nous avons arrêté de regarder les informations pour protéger notre santé mentale, explique Meryem. Et encore, je ne suis pas une musulmane visible, je ne porte pas de signes d’appartenance religieuse. J’admire la force mentale des jeunes femmes voilées qui supportent des regards malveillants au quotidien. »
    Née de parents marocains immigrés dans le sud de la France – son père a travaillé comme ouvrier agricole, sa mère comme femme de ménage –, Meryem n’a pas été victime de racisme pendant sa jeunesse. « Mais je vois bien la différence lorsque j’accompagne mes parents au sein de l’administration. Ils sont résidents en France depuis cinquante ans, paient leurs impôts, mais sont toujours considérés comme des immigrés et assez souvent traités avec condescendance. » Elle est aussi peinée de voir se gommer un héritage culturel familial : « Je me suis surprise à conseiller à mes enfants de ne pas parler arabe à l’école. Je n’aurais pas eu cette réflexion si ma langue maternelle avait été l’italien. » Plusieurs épisodes récents remontent à la surface, comme la réflexion de cette maîtresse, sortie de nulle part, « il a dû vous voir manger le couscous avec les doigts », ou de ce petit garçon, à propos du prénom de son fils, « il s’appelle comme le chef du Hamas ».
    Meryem sait bien que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, qu’il y a à Dubaï d’autres problématiques, mais « on ne subit pas le racisme ordinaire, nos enfants apprennent l’arabe, obligatoire à l’école. Cela me fait plaisir de pouvoir leur transmettre ce que mes parents m’ont transmis. C’est une richesse », explique la quadragénaire, pour qui « la situation politique [en France] a contribué à [s]a décision de partir ».
    Car, dans l’expatriation, toutes les destinations ne se valent pas. « Certaines obéissent à des motivations surtout religieuses, comme le Royaume-Uni ou le Canada, quand d’autres, telles que les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, attirent plutôt pour des raisons d’opportunités économiques, sécuritaires et fiscales », analyse Arnaud Lacheret, directeur du campus de Skema à Dubaï et auteur de plusieurs ouvrages sur l’immigration, dont Les Intégrés (Le Bord de l’eau, 2023), pour qui le rôle du facteur discriminatoire dans le choix de partir est surestimé.
    Le départ, Leïla, 26 ans, employée dans l’industrie du luxe, et son compagnon, cadre dans l’industrie agroalimentaire, le prévoient d’ici à trois ans. Immigrée de troisième génération – ses grands-parents sont arrivés d’Algérie au moment de l’indépendance –, la jeune femme a grandi dans un univers privilégié : parents cadres, quartier cossu, bac + 5. Elle était l’une des rares filles maghrébines et de confession musulmane de sa classe, mais n’a pas de souvenir de discrimination pendant sa scolarité.
    Autour d’elle, le discours était celui de l’assimilation : s’intégrer, ne pas déranger et réussir. « Ma grand-mère me disait toujours : “Ne parle pas de politique, sois discrète.” La religion, c’était à la maison. On ne se cachait pas, mais presque ! J’ai même étudié dans un collège privé catholique, c’est dire à quel point nos parents voulaient nous intégrer », explique-t-elle. Maintenant en CDI, dans le secteur qu’elle souhaitait, Leïla ressent une forme de découragement. « T’as beau avoir les codes, le bagage académique, rien n’y fait. On nous renverra toujours à nos origines, à notre religion. C’est triste et je n’aurais jamais pensé en arriver là. » Le choix de la destination n’est pas encore arrêté : ce sera Dubaï ou un autre pays du Golfe, pourquoi pas Riyad, en Arabie saoudite, considéré comme le Dubaï d’il y a quinze ans en matière de perspectives de développement économique. « En tout cas, un endroit qui allie opportunités de carrière et melting-pot culturel », souligne-t-elle.

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  • Au Puntland, l’Etat islamique en Somalie profite du désespoir des migrants pour gonfler ses rangs
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    Au Puntland, l’Etat islamique en Somalie profite du désespoir des migrants pour gonfler ses rangs
    Par Marco Simoncelli (photos) et Maëlle Duhamel
    Chaque année, des dizaines de milliers d’Ethiopiens transitent par cette région autonome avant de traverser le golfe d’Aden. Epuisés par la route et sans ressources financières, une partie d’entre eux cèdent aux sirènes de l’organisation djihadiste.
    La botte d’un policier s’enfonce dans le sable blanc et aplatit un chapeau décoloré à moitié enseveli. De l’autre pied, il écrase un amas de bouteilles en plastique, d’où dépassent une lampe torche brisée et des chaussures usées. La plage de Mareero, à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville de Bossasso, est jonchée de vêtements, des téléphones cassés, des boîtes de thon vides. Ultimes signes de vie des milliers de candidats à l’exil qui, chaque année, embarquent ici sur des embarcations de fortune dans l’espoir de traverser le golfe d’Aden pour rejoindre le Yémen.
    Ce passage via le Puntland, région autonome du nord-est de la Somalie depuis 1998, est l’une des deux voies de la « route migratoire de l’Est », qui part de l’Ethiopie pour atteindre le Yémen. Si la plupart des migrants choisissent de transiter par Djibouti, situé à seulement 30 km des côtes yéménites, plus de 58 000 personnes parties d’Ethiopie ont opté pour un passage par la Somalie en 2024, soit 23 % de plus qu’en 2023, d’après un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’immense majorité de ces départs se font depuis les plages du Puntland, moins surveillées.
    C’est dans cette région aride et montagneuse que s’est également implanté l’Etat islamique en Somalie, en 2015, après qu’Abdul Qadir Mumin, ancien membre de la milice djihadiste des Chabab, a fait allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique (EI). Le groupe a investi la chaîne montagneuse de Cal Miskaat, qui présente de nombreux avantages : proche du golfe d’Aden, ce qui facilite les échanges avec le Moyen-Orient, elle est aussi délaissée par les Chabab, rivaux historiques de l’EI.
    Sur ce territoire aride et isolé, l’EI profite par ailleurs d’une « manne malléable et vulnérable à toutes formes d’exploitation » : les migrants en transit dans la région, affirme Tirsit Yetbarek, chercheuse indépendante basée au Somaliland. En quelques années, les effectifs de l’organisation n’ont cessé de grossir pour atteindre près de 1 000 combattants en 2024. L’EI en Somalie était alors « au plus fort de sa puissance depuis sa création », selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies.
    Parmi ces nouveaux membres figurent de nombreux Ethiopiens, d’après l’ONU. « Mais seule une petite partie d’entre eux rejoignent l’organisation par conviction, balaie Tirsit Yetbarek. A leur arrivée dans le Puntland, la plupart des exilés éthiopiens sont exténués et voient en l’EI une manière de se faire un peu d’argent pour quelques mois, avant de continuer leur route. » « L’EI promet aux migrants une meilleure situation matérielle et les appâte avec un salaire et de la nourriture en échange de petits travaux », abonde Omar Mahmood, expert auprès de l’International Crisis Group (ICG) : « Il y a bien sûr des cas où les migrants se radicalisent. Mais ce n’est pas leur motivation première quand ils rejoignent l’EI. »
    L’organisation attire les migrants dans ses filets depuis Bossasso. Dans cette ville, centre économique du Puntland où s’alignent les baraquements en tôles, les exilés s’arrêtent pour quelques mois, le temps de réunir l’argent nécessaire à la traversée en mer. D’après Abdirizale Abdulahi, l’un des responsables du Migration Response Center de Bossasso, géré en collaboration entre les autorités du Puntland et l’OIM, entre 2 000 et 3 000 migrants se répartissent dans quatre camps informels de la ville. « Plus de 95 % d’entre eux sont éthiopiens, surtout originaires de l’Oromia », ajoute-t-il. Cette région, la plus grande d’Ethiopie, est en proie depuis 2018 à un conflit entre les insurgés de l’Armée de libération oromo et l’armée fédérale.
    Quelques centaines d’entre eux « dorment aussi dans la rue », « sans ressources » et « à bout de forces après des mois sur la route », décrit Abdirahman Abdullahi Ali, le maire de Bossasso. « Mama Oromo », originaire de Somalie, accueille chaque jour des migrants éthiopiens dans son restaurant. « J’ai vu des jeunes arriver à bout de forces, dénutris, raconte-t-elle sur le pas de la porte. A cause de la fatigue, du manque d’eau et de nourriture, certains devenaient fous. J’ai vu des migrants se déshabiller dans la rue. » « Cette masse de jeunes vulnérables est une ressource très profitable pour l’EI », déplore Abdirahman Abdullahi Ali. Aden Muse, enquêteur au sein de la police criminelle de Bossasso, confirme : « L’EI attire ces personnes en leur disant qu’elles peuvent gagner de l’argent. Mais en réalité, elles finissent dans les montagnes, forcées de rejoindre le groupe. »
    Rabii Ahmed Ibroosha est arrivé à Bossasso il y a un an et demi. Originaire de l’est de l’Oromia, l’homme de 33 ans travaille depuis quelques mois dans une petite ferme à la périphérie de la ville. Son objectif : récolter la centaine de dollars nécessaires à la traversée et engranger quelques économies supplémentaires pour sa vie future. La nuit, il partage une petite cabane en bordure du champ avec d’autres ouvriers. Un quotidien « difficile » en attendant, un jour, de « construire quelque chose en Arabie saoudite ». Rabii Ahmed Ibroosha sait que l’EI enrôle des migrants dans sa situation. « Même si je me sens en sécurité ici, j’essaie d’être plus prudent », confie-t-il, visiblement gêné par la question.
    Pour Ahmed Abdi Muhammed, officier de police maritime du Puntland, l’EI profiterait aussi du business des traversées pour faire fructifier ses activités. D’après lui, même si « l’EI n’organise pas forcément les départs en mer, il utilise ces mêmes réseaux de contrebande pour déplacer des hommes et des armes ». « Ces dernières années, le groupe djihadiste a mis en place un véritable système de taxation auprès des commerçants et entreprises de la région pour récolter de l’argent, explique de son côté Omar Mahmood. Ce ne serait donc pas surprenant que ce système se déplace peu à peu vers le trafic de migrants et que l’EI participe indirectement à l’organisation des traversées pour mener à bien ses projets. »
    Si la menace d’un enrôlement au sein de l’EI plane sur les migrants à Bossasso, la dangerosité de la traversée du golfe d’Aden semble les effrayer bien davantage. Près de 350 migrants sont morts ou ont disparu le long de la route de l’Est entre janvier et juin, contre 310 durant la même période en 2024, d’après l’OIM. « J’ai peur de la mer, mais je pense quand même tenter un jour ou l’autre de traverser », assure Hamse Abdirahman, 21 ans. Originaire de la zone d’Arsi, en Oromia, il survit dans une cabane avec d’autres exilés. « Là-bas, au Yémen, je pourrai réaliser mon rêve : avoir un travail stable et manger deux repas par jour. »

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  • 🧠 En 2025, la santé mentale est proclamée « grande cause nationale ».

    Mais derrière les discours, les inégalités persistent.

    Le dispositif Mon soutien psy promettait un accès élargi aux soins psychologiques. Il reste pourtant limité, sous-financé et inadapté à la diversité des besoins.

    Dans un pays où un Français sur cinq connaîtra un trouble psychique au cours de sa vie, se soigner psychologiquement ne devrait pas dépendre de ses revenus, ni de son code postal.

    ➡️ Lire l’analyse complète sur LNP : https://lenouveauparadigme.fr/lacces-aux-soins-psychologiques-reste-une-affaire-de-moyens-finan

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