• Fragilisés par la crise, des étudiants français de Montréal veulent faire entendre leur voix
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/04/11/fragilises-par-la-crise-des-etudiants-francais-de-montreal-veulent-faire-ent

    N’étant pas citoyens canadiens, ils n’ont pas eu droit à la « prestation canadienne d’urgence » pour les étudiants mise en place par Ottawa (1 250 dollars canadiens mensuels, soit environ 840 euros). Le « secours occasionnel de solidarité » de quelque 200 euros mensuels versés à une centaine d’étudiants par le biais du consulat français de Montréal n’a pas suffi à leur faire tous sortir la tête de l’eau. D’autant que si les étudiants bénéficient de la Régie de l’assurance-maladie du Québec, qui leur permet d’avoir accès gratuitement au système de soins de la province, ils ne sont pas à l’abri de quelques urgences dentaires ou d’optique, dont les frais sont exclus de cette couverture minimale. Sans assurance privée, la facture peut vite monter : 700 dollars à sortir de sa poche pour avoir droit à des lunettes, ce n’est pas à la portée de tous les budgets étudiants.
    Ilyès Benbouzid entend par ailleurs se battre pour que les frais de scolarité des étudiants français soient alignés de nouveau sur ceux des Québécois, comme c’était le cas avant 2015. Le problème est que l’élection et le rôle de ces « conseillers des Français de l’étranger » ne sont guère connus des expatriés français vivant au Québec.
    Sans moyens alloués par l’Etat à ce scrutin, et en raison de campus désertés par les étudiants dans cette ville toujours en « zone rouge » au Québec, la campagne va largement se dérouler sur les réseaux sociaux, avec quelques rencontres virtuelles sur l’application Zoom. Les candidats espèrent que la possibilité de voter par Internet à ces élections facilitera la mobilisation étudiante. Mais la partie n’est pas gagnée. « Je découvre l’existence de ces conseillers, confesse Mélanie, étudiante en commerce international à l’UQAM. Pour l’instant, j’ai d’autres priorités : savoir si je poursuis ou non mes études ici l’an prochain, et savoir si je pourrai rentrer voir ma famille en France cet été… »Les inscriptions ou réinscriptions dans les universités de Montréal se bouclent, pour la plupart, entre le 1er et le 15 mai. Or les étudiants manquent encore de visibilité pour décider sereinement de leur avenir. « McGill reprendra l’enseignement en personne à partir de l’automne 2021 », assure la direction, même si l’université « continuera de profiter des aspects intéressants de l’enseignement en ligne pour certains cours ». L’UQAM promet que « les conditions normales d’enseignement seront rétablies cet automne » ; avec le même bémol : « chaque fois que cela sera possible ». L’université de Montréal se veut, elle, plus prudente. Elle a fait savoir aux étudiants qu’elle prévoyait la reprise de « 50 % des activités sur le campus à la fin du mois d’août, avec un retour espéré de tous les cours en présentiel seulement en janvier 2022 ».« L’assurance de retrouver les salles de cours est pour moi une condition essentielle, explique Anne, étudiante française en deuxième année d’études internationales à l’université de Montréal. J’hésite encore, car je ne suis pas prête à repartir pour plusieurs mois scotchée à l’ordinateur de ma chambre. Je préfère encore rentrer en France, même si ce serait un crève-cœur de quitter cette ville. »Au stress et aux difficultés financières liés au Covid s’ajoute par ailleurs une réforme de l’immigration québécoise survenue en juillet, qui rend plus incertain l’avenir des futurs diplômés dans la province. Une réalité un peu anxiogène qui ne cadre pas franchement avec l’idée que les étudiants français se faisaient de leur expérience montréalaise.

    #COvid-19#migrant#migration#canada#quebec#france#sante#etudiant#retour#santementale#immigration#economie

  • Retenus en mer, chômeurs à terre : la double peine des employés de croisières
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/10/retenus-en-mer-chomeurs-a-terre-la-double-peine-des-employes-de-croisieres_6

    « Cruise to Nowhere », c’est aussi la vie depuis un an des employés des géants des mers, dont les deux tiers (selon la dernière étude en date, qui remonte à 2005) proviennent de pays en voie de développement d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine. Serveurs, cuisiniers, animateurs, femmes de ménage, membres d’équipage… Le personnel des croisières vit de contrats à durée déterminée, de trois à neuf mois, et selon un droit du travail très favorable à l’employeur. Tous se sont retrouvés sans filet de sécurité quand les croisières se sont arrêtées, en mars 2020.Il a d’abord fallu survivre aux nombreux mois d’isolement à bord, au transbordement d’un bateau à l’autre, au manque d’information sur la circulation du virus à bord. Rares ont été les pays pressés d’organiser le rapatriement de leurs concitoyens coincés sur des bateaux alors considérés comme des foyers d’infection au SARS-Cov-2. D’une compagnie à l’autre, l’attitude a varié : certaines ont facilité le rapatriement et continué de payer leurs employés bloqués ; d’autres ont interrompu tout versement et freiné le départ de leur main-d’œuvre. En août 2020, cinq mois après l’arrêt des voyages, la Fédération internationale des salariés du transport annonçait la fin du rapatriement des quelque 250 000 employés de croisières.
    Malgré les conséquences psychologiques durables de ce confinement en mer, revenir à bord semble une priorité pour les employés. Une équipe de chercheuses singapouriennes a enquêté auprès de 45 Philippins, la nationalité la plus représentée sur les bateaux, représentant près de 30 % de la force de travail. « La pire de leurs angoisses, ce n’est pas de rester coincés en mer par de nouveaux clusters, mais d’être une fois de plus retenus à terre », assure Yasmin Ortiga, professeure de sociologie à la Singapore Management University.L’économie philippine vit en partie des envois de fonds par les travailleurs immigrés – notamment des marins –, qui représentent environ 10 % du produit intérieur brut national. Leur retour massif au pays a eu deux conséquences : l’augmentation très nette du chômage et la baisse de la consommation, du fait de la contraction des ressources des foyers.
    « Les marins philippins sont souvent considérés comme des héros de la nation, de par leur rôle dans l’économie, explique Karen Liao, doctorante en géographie à l’université nationale de Singapour. La pandémie a changé cela : ils ont été stigmatisés, considérés comme ceux qui ramenaient le virus à terre. Et eux-mêmes disent qu’ils se sentent davantage en sécurité sur le bateau. »L’aide ponctuelle de 10 000 pesos (173 euros) accordée par le gouvernement aux migrants de retour n’est arrivée que tardivement et correspond à vingt jours du salaire minimum à Manille : très insuffisant pour les foyers vivant des salaires, plus confortables, des employés de l’industrie des croisières.

    #Covid-19#migrant#migration#philippines#marin#croisiere#sante#santementale#economie#stigmatisation#travailleurmigrant#transfert

  • Ethiopie : jetées par leurs employeurs libanais, les « bonnes » tentent de se reconstruire
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/01/ethiopie-jetees-par-leurs-employeurs-libanais-les-bonnes-tentent-de-se-recon

    Elles débarquent à l’aéroport d’Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie, par vagues successives depuis un an. Des centaines et des centaines de femmes, rapatriées par les autorités éthiopiennes, qui travaillaient comme domestiques au Liban avant de se retrouver sans toit ni emploi.Pendant des mois, alors que le pays du Cèdre s’enfonçait dans une crise économique, sociale et sanitaire, elles ont attendu sur le trottoir du consulat éthiopien de Beyrouth. Certaines jetées là par des employeurs venus les déposer en voiture comme on se débarrasse d’encombrants. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 60 000 migrants éthiopiens ont été rapatriés du Moyen-Orient depuis janvier 2020. Des hommes, souvent employés en Arabie saoudite et au Yémen, mais aussi quantité de femmes, recrutées comme « bonnes » au Levant et dans la péninsule.
    Sur les quelque 250 000 domestiques étrangères travaillant au Liban, on estime que près de la moitié sont éthiopiennes. Des travailleuses de tous âges, souvent venues de milieux modestes et ruraux, à qui des agences de recrutement ont fait miroiter l’eldorado.Coups, harcèlement, privation de nourriture, exploitation… Au Levant, les « bonnes » sont souvent confrontées aux abus et au racisme de leurs employeurs. Leur salaire – quand il leur est versé – oscille entre 100 et 300 dollars par mois. Un montant à peu près deux fois supérieur au revenu moyen en Ethiopie, mais qui est loin de compenser les maltraitances que certaines subissent.
    Le phénomène est tel que plusieurs centres ont ouvert en Ethiopie pour prendre en charge les revenantes, notamment depuis la grande vague de rapatriement de 2013, suite à un coup de filet des autorités saoudiennes contre les sans-papiers. A l’époque, plus de 160 000 Ethiopiens avaient été expulsés du Moyen-Orient. Malgré les fermetures de frontières et les restrictions de déplacement, le Covid-19 a créé un nouvel appel d’air.
    « Nous avons été très surpris de l’afflux. En temps de pandémie, on s’attendait justement à une accalmie », confie Fiseha Melese, responsable des programmes d’Agar, une association qui vient en aide aux Ethiopiennes rapatriées.Après un rapide test psychologique à leur départ à Beyrouth puis à leur arrivée à Addis-Abeba, les femmes les plus fragiles sont dirigées vers des structures comme Agar, qui compte trois centres dans la capitale éthiopienne – un pour les hommes et deux pour les femmes. Créée en 2005 pour subvenir aux besoins des personnes âgées, l’association s’est reconvertie il y a sept ans dans l’accompagnement psychologique des migrants victimes de violences au Moyen-Orient. Au total, elle a accueilli 911 femmes en 2020. Presque deux fois plus que les années précédentes.
    « Maltraitées, déprimées, sexuellement agressées »
    Elles sont vingt-quatre à vivre aujourd’hui dans l’un de ses refuges, une maison anodine de trois étages en bordure d’Addis-Abeba. Complètement protégées du monde extérieur, nourries, logées, blanchies, les pensionnaires peuvent rester jusqu’à un an, selon leur état. Certaines sont là depuis quelques jours, d’autres depuis plus de six mois. Elles sortent peu, essentiellement pour des rendez-vous avec des psychiatres à l’hôpital.
    « C’est comme un puzzle qu’il faut reconstituer, explique Eden Ayele, la psychologue de l’association Agar. Nous avons affaire à des femmes maltraitées, déprimées et parfois sexuellement agressées. L’une d’entre elles est restée neuf mois enfermée dans une cave. On l’obligeait à faire du pain, à raison de quinze heures par jour. Elle n’a pas vu la lumière du jour pendant presque un an. » Connu pour ses effets délétères, le système libanais du kafala (tutelle) est la porte ouverte à beaucoup d’abus. En toute impunité, certains employeurs confisquent les passeports de leurs domestiques ou restreignent les mouvements. C’est pour échapper à ces mauvais traitements que Wekitu Nata a fui sa « Madame ».Finis les coups, les insultes, les retards de paiement. Finis aussi les papiers qui lui permettaient de travailler légalement au Liban. La jeune femme, vêtue de ses seuls habits de domestique, a erré au hasard des rues de Beyrouth jusqu’à trouver des compatriotes prêts à l’héberger. Elle a vécu plusieurs années clandestinement dans la capitale libanaise avant d’être rapatriée en décembre 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#liban#ethiopie#sante#santementale#retour#crise#economie#pandemie#kafala#domestique

  • The smell of gum trees and rejection: the Australians locked out of ’home’ by Covid border closures | Coronavirus | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/mar/28/the-smell-of-gum-trees-and-rejection-the-australians-locked-out-of-home
    https://i.guim.co.uk/img/media/bccd3e8865f13c1ef056228c8d59f518371da439/0_521_4032_2419/master/4032.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The smell of gum trees and rejection: the Australians locked out of ’home’ by Covid border closures. A year on, Australia has become virtually unreachable for thousands of citizens
    “Whenever I come home, the first thing that always hits me is the light and the sunshine,” David Mack says. “New York has brilliant blue skies, but there’s something about Australian light. It sounds ridiculous, but you get hit with that sunshine and it’s just restorative.”Mack has been living in the United States for seven years, but now, in the midst of the pandemic, he misses Australia more than ever. “When Qantas stops flying … you realise very quickly Australia is an island and you have only one way easily to get in,” he says. “When everything stopped, I definitely felt cut off.”
    Home can be an amorphous concept. Often we associate it with our friends and loved ones, or perhaps the more abstract notion of national identity. But equally home is in the landscapes we have grown to know and love.
    “Landscape has exerted a kind of force on me that is every bit as geological as family,” Tim Winton wrote in his nonfiction book Island Home in 2017. “Like many Australians, I feel this tectonic grind – call it familial ache – most keenly when abroad.”But what happens when our connection to the place we consider home is suddenly severed? When it becomes a location we can’t reach? Or when we feel that the government of our home country has abandoned us?Australia’s international border shut on 20 March 2020. A week later, 14 days of hotel quarantine was mandated for returned travellers. While citizens and permanent residents have been allowed to return, the prohibitive cost (and risk) of flights and hotel quarantine combined with two weeks of isolation makes the prospect unappealing, if not unachievable, for many.
    “That Australia’s very physically far away is not comfortable for me,” Rachel Maher says. Maher works for the United Nations on its European migration response and has been based between Athens, Afghanistan and Geneva since 2016.“I miss the sunsets and the desert [areas] I grew up in [around the] wheatbelt, the silhouettes of eucalyptus trees – and the birds. The birds … The minute you call somebody in Australia, there’s some kind of bird in the background of the call, and that makes me very nostalgic.”
    Sary Zananiri, an Australian academic living in the Dutch city of Leiden, says he really longs for the sense of physical space in Australia, “which you just don’t get in Europe”.“The Netherlands is a beautiful and green country, but it’s small and it really is impossible to get away from human beings,” he says. “And there’s no wilderness, it’s all reclaimed land. It’s really a very different sort of a space. “I think the Australian psyche is very much linked to its landscape, you know … There’s something about that smell of gum trees and pine trees, and that damp of the [family] farm in the morning that I really do miss.”For many expats, the ability to dip in back home to reconnect at regular intervals made them feel at ease living so far away. Now the pandemic has put that on hold, anxiety has begun to creep in.
    “I guess I’d already made peace that I was probably going to be in the States for a while and the thing that allowed me to mentally accept that was the ability to get home relatively easily,” Mack says. “Having that ease of travel [taken away] really does force you to confront the tyranny of distance.”
    Elizabeth, who asked that only her first name be used, still calls Australia home despite working as teacher in Hong Kong for 23 years. Pre-pandemic, she would return at least once a year, usually for two weeks at lunar new year. Now the combined quarantine requirements – two weeks on arrival in Sydney and three weeks on return to Hong Kong – have made such a trip impossible.“That’s a total of five weeks’ quarantine and I get 16 days [of leave]. So I couldn’t even meet the demands of one quarantine, let alone to quarantine and then still have time to see family,” she says. “So pragmatically, any travel is out of the question.For Zananiri, who is fifth generation Australian on his mother’s side and Palestinian on his father’s side, the pandemic has strained his relationship with his home country.“My dad, being Palestinian, was made stateless so I think I always grew up with this idea that my Australian passport was my protection in the world, you know, and seeing how Australians abroad are being treated – the lack of consular assistance, the border measures that are in place – I do feel like [we’ve] been completely cut off.”Currently in Athens, where he is not a citizen and has no right to healthcare, Zananiri wonders how he will get vaccinated and, if he can’t, whether that will affect his chances of returning.
    Australia’s deputy chief medical officer, Prof Michael Kidd, says the federal government has no plan to vaccinate its citizens abroad. Rather it will vaccinate everyone in Australia regardless of citizenship, and “we hope that other countries will be doing the same”. For a country where almost a third of the population was born overseas, that policy feels like rejection to some.
    “Many of us have very multi-centred lives … a lot of us have multiple homes and multiple identifications with different places by virtue of the multiculturalism of Australia,” Zananiri says. “And I don’t think that’s really been recognised very much in government policy. There’s a projection of a very particular type of Australian in this that’s going on.”
    ‘A state of suspension’As Australian universities struggled with the absence of international students, the pandemic accelerated the shift in Zananiri’s mindset towards cultivating roots elsewhere.
    “Watching what happened in Australia in the context of Covid, particularly around higher education and this complete destruction of university systems, there’s something depressing about watching that from afar – especially given that I left Australia precisely because I was struggling to find funding in Australia, struggling to get a permanent job.
    “I recently bought an apartment in Athens and I think part of that is realising that I don’t have a lot of security in being Australian any more.”
    Maher says she makes new homes wherever she goes, but she tries to maintain small connections to Australia within them. (...)Maher says it’s a “privilege” and “heart-bursting experience” to be connected to different communities, in different geographies and cities and cultures, but she worries about the long-term impacts of the “state of suspension” the pandemic has created.“I think I was fine when it was periods of short-term departure for work and I always knew I was coming back. Suspending that semi-permanently is a whole different state of mind.”

    #Covid-19#migrant#migration#australie#sante#retour#frontiere#insularité#santementale#distance#famille

  • Un violent incendie dévaste des camps de réfugiés rohingyas à Cox’s Bazar | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/un-violent-incendie-devaste-des-camps-de-refugies-rohingyas-coxs-bazar

    Cox’s Bazar - Un énorme incendie a ravagé hier trois sites gérés par l’OIM, déplaçant environ 45 000 réfugiés rohingyas et causant des dégâts catastrophiques à Cox’s Bazar, au Bangladesh, le plus grand camp de réfugiés au monde.Plus de 10 000 abris ont été endommagés dans l’incendie et le plus grand centre de santé de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le camp a été détruit. La perte du centre de santé ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, qui a desservi plus de 55 000 personnes l’année dernière, complique encore le défi que représente la réponse à la COVID-19. Les flammes qui faisaient rage dans les camps n’ont diminué qu’une fois avoir atteint les routes principales, les pentes, les canaux et les rizières. L’incendie s’est calmé depuis, mais a eu le temps de consumer les installations essentielles, les abris et les biens personnels de dizaines de milliers de personnes.
    La cause de l’incendie est encore inconnue. Selon les agences humanitaires et les autorités locales, 11 personnes ont perdu la vie, plus de 500 personnes ont été blessées et environ 400 sont toujours portées disparues.
    (...) Immédiatement après l’incendie, les services d’intervention du gouvernement, notamment les pompiers, l’armée et les agences humanitaires se sont précipités dans la zone pour maîtriser l’incendie. L’OIM a déployé ses ambulances et ses équipes médicales mobiles pour aider tous ceux qui ont été blessés et pour fournir un soutien en matière de santé mentale et psychosociale.Les volontaires rohingyas sur le terrain ont été les premiers intervenants, aidant les gens à se mettre en sécurité, soutenant les efforts de lutte contre l’incendie et les efforts de secours. Les équipes de l’OIM et ses partenaires ont travaillé toute la nuit pour répondre aux besoins les plus immédiats de ceux qui ont fui le brasier.Aujourd’hui, les familles ont commencé à retourner sur leurs parcelles de terre. L’OIM distribue de l’aide d’urgence à toutes les personnes touchées. Elle comprend des kits pour la construction d’abris et de l’eau ainsi que des articles d’urgence tels que des masques, du savon, des couvertures, des lampes solaires, des moustiquaires et des jerrycans. A l’approche de la mousson, la reconstruction est essentielle. L’OIM continuera à aider les résidents à reconstruire des abris durables, des installations d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) ainsi que son centre de santé, un établissement qui a été crucial pour répondre à la COVID-19 au cours de l’année écoulée.

    #Covid-19#migrant#migration#CoxsBazar#bangladesh#birmanie##sante#vulnerabilite#santementale#OIM

  • HCR - Dix ans après le début du conflit, les réfugiés syriens luttent toujours pour leur survie
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2021/3/604f19e3a/ans-apres-debut-conflit-refugies-syriens-luttent-survie.html

    Alors que le conflit syrien entre dans sa deuxième décennie, plutôt que de s’améliorer, la vie quotidienne des 5,6 millions de réfugiés vivant dans les pays de la région est plus difficile que jamais.La pauvreté et l’insécurité alimentaire ne cessent de croître, le taux de scolarisation et l’accès aux soins de santé sont en baisse, et la pandémie de Covid-19 a fait disparaître en grande partie le travail informel dont dépendaient les réfugiés.
    « Petit à petit, tout ce que j’avais bâti [...] au cours des six ou sept dernières années a été réduit à néant, il ne reste plus rien », a expliqué Yasser, le mari de Hala. « La situation est très dure [...], ça nous a touché au plus profond de nous-mêmes, les enfants sont déprimés. »« J’ai 16 ans - à cet âge, je devrais vivre les meilleurs moments de mon existence », a ajouté leur fils Amer. « Le fait de devoir abandonner l’école m’a donné l’impression d’être indésirable dans cette vie. Je travaillais 12 heures par jour, debout, alors que ma place est à l’école pour étudier. »
    La crise financière au Liban a fait chuter le cours de la monnaie et augmenter les prix des produits de base. Combinée aux effets économiques dévastateurs de la pandémie de Covid-19, cette situation a fait passer le taux de réfugiés syriens dans le pays vivant sous le seuil d’extrême pauvreté à près de 90% à la fin de 2020.Amer et son père Yasser ont tous deux perdu leur emploi au cours de la pandémie, les mettant en difficulté pour subvenir à leurs besoins et leur faisant craindre d’être expulsés de l’appartement humide où deux des enfants ont développé de graves problèmes d’asthme. La situation a également nui à la santé mentale de la famille. Hala passe souvent des journées entières sans pouvoir sortir du lit, et elle et son fils Amer ont des pensées suicidaires. C’est une tendance générale chez les réfugiés syriens, dont les problèmes psychiques sont de plus en plus nombreux, en raison de leur déracinement prolongé, de la pandémie et de la dégradation des conditions économiques. Fin 2020, un centre d’appels au Liban géré par le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, a fait état d’une augmentation des appels de réfugiés pensant au suicide et à l’automutilation. Yasser résume leur situation en disant que malgré le fait qu’ils aient échappé au conflit en Syrie, « c’est comme si nous vivions une guerre quotidienne ; une guerre silencieuse et intérieure. »

    #Covid-19#migrant#migration#syrie#liban#sante#refugie#santementale#suicide#depression#UNHCR#pauvrete#guerre

  • Le parcours d’Ahmed : après avoir été témoin de la violence, sa santé mentale s’améliore | The Storyteller
    https://storyteller.iom.int/fr/stories/le-parcours-dahmed-apres-avoir-ete-temoin-de-la-violence-sa-sante-m
    https://storyteller.iom.int/sites/default/files/styles/facebook_graph_/public/drag-n-drop/Caption-Ahmed+in%20Millennium%20Park%20camp%20for%20internally%20di

    Depuis mars 2019, l’OIM fournit des services SMSPS dans le camp par le biais d’une équipe mobile psychosociale formée. L’intervention SMSPS dans la région comprend la formation des acteurs gouvernementaux et locaux, les premiers secours psychologiques, la prévention et la sensibilisation à la violence fondée sur le genre, la thérapie individuelle pour les personnes en détresse psychologique, l’orientation vers les centres de santé mentale disponibles et le suivi des cas les plus graves. Febene Tadesse, la conseillère qui travaille sur le site de Millenium Park, a aidé Ahmed à trouver des moyens pour gérer son insomnie et sa peur, et à traiter ce qui semblait être un sentiment de culpabilité d’avoir survécu alors que d’autres étaient morts.Dans le cadre d’un parcours de conseil global, sur plusieurs sessions et plusieurs mois, le conseiller a proposé un exercice connu sous le nom de «  ligne de vie  », dans lequel la personne se rappelle dans l’ordre chronologique les expériences agréables de sa vie, et apprend à surmonter les épisodes les plus difficiles tout en envisageant un futur rôle productif dans la communauté.Le conseiller a identifié les forces mentales d’Ahmed et les a utilisées pour l’aider à surmonter les sentiments négatifs qui l’accablent. Il a également progressivement pu rétablir ses relations et réseaux sociaux. Après trois mois de thérapie, les symptômes d’Ahmed ont diminué de manière significative, avec moins de cauchemars, un meilleur sommeil et une amélioration de ses capacités de communication.
    Ahmed a également rejoint l’équipe de volontaires communautaires de l’OIM et a participé à l’organisation de matchs de football sur le thème de la COVID-19 pour les enfants. Il a expliqué que quelques semaines après avoir rejoint l’équipe, son attitude envers la vie a commencé à changer. Ses interactions avec les autres se sont améliorées et il a retrouvé un sens à sa vie. Depuis la thérapie, Ahmed est également devenu volontaire au sein de l’équipe SMSPS de l’OIM pour créer des sessions de sensibilisation de porte à porte dans le camp afin d’éclairer sa communauté sur les problèmes de santé mentale et l’importance de chercher de l’aide rapidement.

    #Covid-19#migrant#migration#ethiopie#camp#refugie#sante#santementale#violence#vulnerabilite#SSPT#OIM#suivipsychosocial

  • Dans l’ombre du Covid, les Etats-Unis affrontent une crise inédite de la santé mentale | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140321/dans-l-ombre-du-covid-les-etats-unis-affrontent-une-crise-inedite-de-la-sa

    Dans l’ombre du Covid, les Etats-Unis affrontent une crise inédite de la santé mentale. Alors que le nombre de cas de Covid diminue enfin dans le pays, un autre défi prend forme : traiter le traumatisme collectif causé par la pandémie. Selon Mental Health America, les jeunes et les minorités sont les plus vulnérables.

    Covid-19#migrant#migration#etatsunis#sante#santementale#minorité#trauma#vulnerabilite#inegalite

  • Covid-19 : Israël reprend vie avec le passeport vert
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/11/covid-19-israel-reprend-vie-avec-le-passeport-vert_6072723_3210.html

    Covid-19 : Israël reprend vie avec le passeport vert La vie reprend partout en Israël, fruit d’une campagne de vaccination d’une rapidité unique au monde. Pourtant le Covid-19 impose encore certaines pudeurs, qu’il revient à chacun de lever peu à peu. Depuis dimanche 7 mars, les bars et les restaurants, les hôtels et les halls de mariage, les établissements sportifs et culturels, comme les entreprises, rouvrent. Dernière étape d’une levée graduelle de confinement, chaque activité se voit imposer une jauge limite d’assistance, selon des critères complexes – pour les collèges, ce n’est qu’à temps partiel et pas dans les villes les plus contaminées. Il est doux cependant de parcourir les boulevards de Tel-Aviv et de prétendre comme tout le monde que l’épidémie est derrière nous.
    Comme tout le monde ou presque : seuls sont autorisés à s’attabler en salle les détenteurs d’un certificat de vaccination ou de guérison. Le sésame est matérialisé par un code QR ou une animation sur smartphone, par un simple document pour les étrangers. Lundi, 54 % des Israéliens avaient reçu une première dose de vaccin Pfizer, et plus de 42 % une seconde. Israël a aussi commencé à vacciner les 115 000 travailleurs palestiniens employés légalement sur son sol et dans les colonies, alors que les territoires connaissent un regain massif de l’épidémie.
    Au Lima Lima, il y a encore des frontières invisibles : entre la rue et le bar, où le videur vous fait entrer prestement, parce que des policiers arrivent – quand bien même ils n’ont rien à y redire. Entre la salle de danse, réservée aux vaccinés, et le bar à ciel ouvert, où une dizaine de bouteilles à peine sont alignées derrière le comptoir. Le patron, Gilad Dubinowski, 30 ans, n’a pas refait les stocks. Il a rouvert avec un tiers de ses anciens employés : les autres n’ont pas répondu à ses appels. « Comment les blâmer ? Ils se sont fait une autre vie depuis un an et je ne peux rien leur promettre », dit-il. Nombre de travailleurs toucheront des indemnités de chômage dues à l’épidémie jusqu’en juin : ils n’entendent pas y renoncer trop vite.
    Une petite centaine de clients – la limite pour un espace de danse où l’on sert de l’alcool – a rejoint cette soirée hip-hop prisée avant l’épidémie. Il y a ceux qui se laissent aller sans mesure, comme Keren Or, 22 ans : « La vodka et la musique à la maison, c’était pas pareil. Et puis tout va refermer dans deux semaines, pour les fêtes de Pessah », craint-elle. Il y a aussi ceux qui se tiennent au bord de la piste de danse et les nerveux qui s’abandonnent quand même. « Depuis un an, il n’y avait plus vraiment de vie gay à Tel-Aviv. J’ai bien vu quelques garçons, mais j’avais peur de contaminer ma famille et je n’ai pas recommencé à draguer », dit Amit, économiste de 31
    La plupart des experts de santé encouragent cette réouverture. Les hôpitaux ne risquent plus, pour l’heure, d’être débordés. Mais nombre d’Israéliens craignent un bref mirage, qui aurait moins à voir avec la réalité sanitaire qu’avec les élections législatives prévues le 23 mars, les quatrièmes en deux ans. Amit salue la performance du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, maître d’œuvre de ce succès vaccinal, et s’interroge : « Une fois qu’on aura voté, est-ce que tout refermera encore ? »
    Pour Ronni Gamzu, directeur de l’hôpital Sourasky de Tel-Aviv, qui fut un temps le principal conseiller du gouvernement dans la lutte contre l’épidémie, rouvrir est un impératif économique, certes. Mais c’est avant tout une affaire de « santé mentale » du pays. « Les gens se sont dédiés à cette campagne de vaccination. Ils ont fait confiance au gouvernement et aux experts. Nous devons leur rendre leur vie en retour », dit-il. L’Etat n’en fait d’ailleurs pas mystère : ces certificats doivent avant tout inciter les indécis à se faire vacciner, dans le cadre d’une campagne qui se poursuit agressivementLa presse constate que les passeports verts sont falsifiables : des faux s’échangent en ligne. Mais ces contournements demeurent négligeables. L’Etat n’en fait d’ailleurs pas mystère : ces certificats doivent avant tout inciter les indécis à se faire vacciner, dans le cadre d’une campagne qui se poursuit agressivement. Début mars, le Parlement a passé une loi autorisant l’Etat à transmettre aux mairies l’identité des non-vaccinés. Dans les entreprises, pas question d’imposer le vaccin aux employés, mais le ministre de la santé, Yuli Edelstein, a envisagé de faire tester les récalcitrants tous les deux jours. L’idée a aussi flotté de contraindre les professeurs des écoles publiques à se faire vacciner – 24 % ne le sont pas. Déjà, à l’hôpital Hadassah de Tel-Aviv, 80 docteurs, infirmiers et personnels administratifs sans passeport ont été mis en congé sans solde. Difficile d’imaginer que la justice laisse se généraliser une telle forme de harcèlement. Mais le discours des autorités vise à imposer le sentiment qu’il n’y a pas d’autre choix.
    Symbole de cette intransigeance, l’aéroport international de Tel-Aviv est demeuré en activité minimale depuis la fin janvier. Afin de fermer la porte aux nouveaux variants, des milliers d’Israéliens sont demeurés bloqués hors du pays. Depuis dimanche, les vols reprennent, notamment depuis la France, pour un millier de personnes par jour – un chiffre qui doit aller croissant.Les autorités ont testé ces dernières semaines un système de bracelets électroniques, censé imposé aux Israéliens de retour de respecter leur quarantaine à domicile. Dès février, le gouvernement a aussi signé des accords avec la Grèce et Chypre, qui reconnaissent mutuellement leurs certificats de vaccination nationaux : un coup de pouce aux futurs touristes. Maya Domatov, 62 ans, exilée depuis deux mois à New York, est revenue mardi au pays avec son mari. Elle s’isolera chez son fils et mettra un bulletin pour « Bibi » Nétanyahou dans l’urne le 23 mars, avant de passer Pessah à Jérusalem. Le couple a payé 1 000 dollars pour faire et refaire des tests Covid-19, en attendant d’obtenir l’autorisation de voyager. Elle préférerait ne pas se faire vacciner, mais elle ne pourra pas remonter dans un avion sans passeport vert.

    #Covid-19#migrant#migration#Israel#sante#santementale#frontiere#vaccination#passeportvaccinal#grece#chypre#france

  • « J’ai peur d’être coincée ici pour l’éternité » : la galère sans fin des réfugiés en Grèce, bloqués aux portes de l’Europe
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/26/a-samos-la-galere-sans-fin-des-refugies-bloques-aux-portes-de-l-europe_60712

    Sur les hauteurs de Vathy, capitale de l’île grecque de Samos, qui compte quelque 9 000 habitants, une nouvelle ville est née il y a six ans : un camp de migrants. D’abord prévu pour 650 personnes, il accueille désormais plus de 3 500 demandeurs d’asile. Face à l’agglomération soignée et néanmoins abîmée par le dernier tremblement de terre, se déploie un champ de tentes blanches et de cabanes en bois et en tôle.Dans cette favela méditerranéenne, les enfants courent au milieu des détritus, des rats et des serpents. L’eau chaude et l’électricité manquent. Les sanitaires sont en nombre insuffisant. Des torrents d’eau déferlent sur la colline, inondant la plupart des cabanons. Les soirs d’hiver, sans chauffage, les réfugiés se blottissent autour de feux de bois ou de poêles, laissant craindre le départ d’un incendie à tout moment.
    Ayoub, un Kurde d’Irak, ramène sur son dos des palettes pour surélever sa hutte et des plastiques pour isoler le toit. « Cela fait un an et demi que je suis à Samos, et notre vie se détériore, raconte ce père de deux fillettes de 7 et 8 ans. Avec le coronavirus, les entretiens pour notre demande d’asile ont pris du retard. Il est plus difficile de voir des médecins. Les enfants s’ennuient, ne font plus d’activités organisées par les ONG. »
    Une situation d’urgence devenue chroniqueYaya, un Malien qui a déjà passé plus de deux ans à Vathy, renchérit : « La police est plus présente et nous met des amendes de 300 euros lorsque nous ne portons pas de masque… C’est ridicule ! On vit au milieu des ordures, et rien n’est fait pour nous protéger de l’épidémie ! »
    Les forces de l’ordre surveillent également la venue de tout journaliste sur les lieux. « Ils ne veulent pas que vous racontiez ce qui se passe ici. C’est une honte pour la Grèce mais aussi pour l’Europe ! », lance Espérance Konengo. « On parle de nos conditions de vie aux humanitaires, aux journalistes, mais rien ne change. On souffre beaucoup dans ce trou à rats ! », soupire la Congolaise. Emilie Castaignet, coordinatrice de terrain pour Médecins sans frontières (MSF), estime que « la situation d’urgence humanitaire qui a émergé en 2015 avec l’arrivée de milliers de réfugiés sur les îles grecques est devenue chronique ». A cela s’ajoutent de longues procédures d’asile. « Les réfugiés n’arrivent pas à se projeter, commente Emilie Castaignet. On a vu l’effet du confinement sur notre santé mentale alors que nous vivons dans des maisons confortables, donc nous pouvons imaginer ce que c’est qu’une vie de demandeur d’asile dans l’attente permanente, pleine d’incertitudes. »
    Près de la moitié des patients de MSF ont des pensées suicidaires.
    Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, qui a durci sa politique migratoire depuis son élection, en juillet 2019, aimerait accélérer les expulsions. Le 19 février, dans un courrier officiel, le ministère des migrations a donc demandé l’aide de l’Agence européenne de garde-frontières, Frontex, et de la Commission européenne pour le retour en Turquie de 1 450 demandeurs d’asile, actuellement bloqués dans les cinq « hot spots » de la mer Egée.
    « On se trouve dans une zone grise : des demandes d’asile, en majorité celles de Syriens, sont refusées en deuxième instance, mais aucune déportation vers la Turquie n’est effectuée. En particulier depuis les tensions gréco-turques de mars 2020, les Turcs ne veulent pas reprendre les candidats déboutés de l’asile », souligne Mathilde Albert, avocate française qui vient en aide aux réfugiés. Les autorités grecques demandent donc aux demandeurs d’asile de se réenregistrer pour l’asile. « Cela n’a aucun sens, mais c’est pour gagner du temps et pour savoir ce qu’ils vont faire d’eux. Entre-temps, ces personnes n’ont plus droit à l’aide financière du HCR, et ne savent pas qu’ils risquent de retourner en Turquie », poursuit la juriste.D’ici à trois mois, le gouvernement grec veut ouvrir, à 6 km de Vathy, un nouveau camp perdu dans les montagnes. Financé par la Commission européenne, il sera le premier, dans le cadre de la stratégie du gouvernement de construire des « camps fermés et contrôlés », à être inauguré. Le but est clair : renvoyer rapidement ceux qui seront déboutés de l’asile en Turquie ou dans leurs pays d’origine.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#UE#turquie#asile#hotspot#politiquemigratoire#sante#santementale

  • Fled civil war in Myanmar, lost job to coronavirus and died in Malaysia: young mother’s suicide highlights refugees’ plight | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/week-asia/politics/article/3122990/fled-civil-war-myanmar-lost-job-coronavirus-and-died-malaysia

    A day before Malaysia deported more than 1,000 people to Myanmar
    in defiance of a court order and protests from human rights groups, a young mother worried about her illegal status killed herself by jumping from the first floor of her apartment building in Kuala Lumpur. The woman, who was not one of those targeted for Tuesday’s mass deportation, had fled civil war in Myanmar’s Kachin state. She is thought to have become depressed after both she and her husband lost their jobs to the coronavirus pandemic.Her death on Monday was the latest in a string of suicides by refugees and migrant workers from Myanmar to have occurred in Malaysia since the pandemic began.“The couple were facing money problems, had debts and she worried over her undocumented status,” said Nang Moon, who works with refugee groups and belongs to the Malaysia branch of the Myanmar political party National League for Democracy.“She is also believed to have been suffering from postpartum depression.”She estimated this was the 24th such suicide since the onset of the Covid-19 pandemic last year, though added, “We don’t know the exact figure.”La Seng, head of the Kachin Refugee Organisation in Malaysia, said the woman had been in Malaysia since 2014, was 28 years old and left behind a 3-month-old daughter. “Her husband is very depressed,” said La Seng.

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#myanmar#sante#santementale#suicide#refugie#pandemie#emploi#vulnerabilite

  • « Ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre » : en quarantaine à l’hôtel, des voyageurs racontent un moment « hors du temps »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/21/ceux-qui-ne-l-ont-pas-vecu-ne-peuvent-pas-comprendre-en-quarantaine-a-l-hote

    Cocotiers, ciel bleu, chant des tourterelles… En septembre, Béatrice et Vincent ont vécu à quelques mètres de la mer, à l’île Maurice. « Sauf qu’un grand mur de pierre infranchissable cachait le paysage », précise Béatrice. Le couple de trentenaires a vécu deux semaines enfermé dans une chambre d’hôtel avec leur fille de 2 ans, un sort commun à de nombreux voyageurs depuis le début de la pandémie de Covid-19.Depuis bientôt un an, plusieurs pays ont imposé une quarantaine de quatorze jours à l’hôtel pour toutes les personnes arrivant de l’étranger. Le Royaume-Uni a inauguré, lundi 15 février, des mesures similaires pour celles en provenance de pays classés à risque. A partir du 22 février, les voyageurs atterrissant au Canada devront, eux, s’isoler trois jours à l’hôtel.
    L’hôtel Sofitel de l’aéroport de Heathrow, dans l’ouest de Londres, le 14 février.
    Que se passe-il dans le huis clos de ces chambres transformées en salles d’attente ? En réponse à un appel à témoignages, les internautes ont raconté au Monde un moment « hors du temps ». Tous préviennent : « Si vous pouvez éviter une quarantaine à l’hôtel, faites-le. » Le prix d’un tel séjour allant de 1 500 à 2 500 euros par personne, les témoignages évoquent majoritairement des impératifs personnels ou professionnels.
    Confiné seul dans son logement de 15 m2 à Toulouse, Tom, étudiant franco-australien de 21 ans, voulait rejoindre sa famille à Sydney en avril. Après un été passé auprès de son père malade, Delphine rentrait chez elle à Singapour, fin août. Au même moment, Anne-Hélène, nommée professeure de philosophie au lycée français de Bangkok, s’installait en Thaïlande. Repoussant depuis de longs mois leur déménagement à l’île Maurice, Béatrice et Vincent, eux, ont pris en septembre le dernier vol de rapatriement, qui était assorti d’une quarantaine financée par l’Etat.
    A peine le pied posé sur le sol de leur pays d’accueil, tous se souviennent avoir été pris pour des « parias ». « On avait l’impression d’être des virus ambulants », raconte Béatrice, accueillie à l’aéroport par des personnels en tenue de protection intégrale, avant d’être conduite en car à l’hôtel.
    Un voyageur assis à une fenêtre de l’hôtel Radisson Blu, à l’aéroport de Heathrow, dans l’ouest de Londres, le 17 février.Si les règles de la quarantaine varient selon les pays, elles partagent la même rudesse. En Australie, Tom n’a jamais pu ouvrir sa fenêtre pour respirer l’air extérieur pendant ses quatorze jours d’isolement.
    Pour vivre au mieux cette privation de liberté, Delphine s’est longuement
    Débute ensuite « le temps subi ». « Celui des rendez-vous imposés qui rythment la journée », raconte Delphine. « On se sent un peu comme dans un zoo : des animaux qui attendent les heures de repas », décrit Béatrice. A l’île Maurice comme ailleurs, les pensionnaires ont interdiction de croiser les personnes en combinaison servant la nourriture. Même s’ils séjournent dans des hôtels multi-étoilés, tous décrivent des menus rudimentaires, similaires aux plateaux-repas industriels servis dans les avions. « Du riz, du riz et encore du riz », du petit déjeuner au dîner pour Delphine, à Singapour. (...)Tous évoquent l’importance des « petits plaisirs » : musique, sport, bains, films… « Hormis le jour et la nuit, il n’y a pas grand-chose qui vous raccroche au réel, donc il faut se recréer un monde agréable », abonde Anne-Hélène,Les séances de peinture, de dessin, de danse organisées pour occuper leur fille ont aidé Béatrice et Vincent à tenir. Pour d’autres, le travail a été salvateur. Anne-Hélène a préparé sa rentrée. Tom, étudiant en ingénierie aéronautique, suivait ses cours à distance avec la France, de 18 heures à 3 heures, en raison du décalage horaire. L’étudiant, habitué aux petits espaces, reconnaît avoir vécu « comme des vacances » ce séjour dans une suite immense du Sofitel de Sydney, avec baignoire, lit « king size » et un salon séparé. (...) Beaucoup décrivent ce que Delphine appelle le « blues du 6e jour ». « Quand vous n’êtes pas tout à fait à la fin de la première semaine, le temps qu’il reste semble long », rapporte-t-elle. Le lendemain, en guise d’encouragement, tous les résidents de son hôtel singapourien ont reçu un gâteau pour les féliciter du chemin parcouru. « Singapour a un côté militaire et infantilisant », souligne la magistrate, qui est finalement « rentrée dans le jeu ». « C’est stupide, mais j’étais fière de recevoir ce gâteau, je l’ai pris en photo pour l’envoyer à mes amis », poursuit-elle.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#hotelquarantaine#depistage#frontiere#circulation#santementale

  • « Je ne supporte pas l’idée de revivre un confinement dans la solitude de ma chambre universitaire » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30313/je-ne-supporte-pas-l-idee-de-revivre-un-confinement-dans-la-solitude-d

    Joseph* a 21 ans. Le confinement dû au Covid-19 en France a eu des effets graves sur sa santé psychologique. L’étudiant camerounais, marqué par cette expérience, témoigne pour InfoMigrants. Je suis en France depuis 4 ans pour mes études. Je suis en master 1 d’ingénierie statistique dans une université à Paris. Quand je suis arrivé, j’avais 17 ans. En tant qu’étudiant étranger, c’est difficile car je ne connais personne. J’habite une résidence étudiante du Crous [le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires], mon studio fait 14 mètres carrés, c’est petit. Loin de ma famille je me suis senti très seul. Il y a eu un retour à la normale en mai, après le premier confinement. Mais dès que j’ai appris qu’il allait y avoir un deuxième confinement en octobre, j’ai eu des flashs du premier confinement qui revenaient. J’ai vite pris des billets d’avion et je suis rentré chez mes parents au Cameroun. Je ne supporte pas l’idée de revivre un confinement dans la solitude de ma chambre universitaire. J’ai des antécédents psychiatriques et toujours des séquelles de ce premier confinement. Je prends des antidépresseurs et des anxiolytiques.
    Je suis quand même revenu à Paris après le deuxième confinement parce qu’au fond de moi je sais qu’au Cameroun je n’aurai jamais la même formation qu’en France. Je veux une éducation scolaire qui a de la valeur.
    « Je ne vais pas réussir à valider mon année de master » Depuis que je suis rentré, je ne vois personne mais j’ai mes parents au téléphone tous les jours. On discute de mes cours. Je pense que je ne vais pas réussir à valider mon année de master. Les cours à distance se passent mal. Derrière un écran, je n’arrive pas à suivre, je décroche régulièrement.
    En ce moment, je fais deux choses. Je suis mes cours et je dors. Comme j’ai pris du retard dans mes études, je me couche très tôt et je me réveille à 1 heure du matin pour étudier avant le début de la journée.
    J’ai toujours trouvé ça compliqué de se faire des amis en France. Ce qui m’a dérangé quand je suis arrivé ici, c’est d’abord la barrière de l’accent. Quand je parlais, les gens me demandaient tous le temps de répéter. Ils disaient : « On ne comprend pas ce que tu dis ! Répète ! » À force, j’ai commencé à avoir honte. J’aurais voulu me fondre dans la masse. Venir en France, ça n’était pas vraiment un choix de ma part. Mes parents ont voulu que je vienne étudier ici après avoir reçu une invitation en ce sens de mon cousin qui vit en banlieue parisienne.Mais ça a été très compliqué chez mon cousin et sa femme. Ça ne se passait pas bien du tout. Je dormais dans la chambre avec ses enfants de moins de quatre ans. Dès que je rentrais de l’université, il fallait que je fasse à manger et que je m’occupe des petits. Je n’arrivais pas à travailler mes cours. Au début, j’ai caché la vérité à mes parents, mais je suis tombé en dépression, il a fallu que je leur explique que ça se passait mal à la maison et pour quelles raisons mes notes chutaient.
    Après deux ans et demi, j’ai obtenu une chambre en résidence universitaire dans l’urgence grâce à l’aide d’une assistante sociale et un suivi psychologique.En ce moment, j’aurais besoin de voir un psychologue et d’être encadré. J’ai fait une demande en octobre à la faculté, mais je n’ai toujours pas de rendez-vous et je n’ai pas les moyens financiers de me payer un psychothérapeute."

    #Covid-19#migrant#migration#france#cameroun#sante#santementale#etudiant#famille

  • Des équipes sanitaires mobiles fourniront une aide vitale à des milliers de personnes déplacées par le conflit en Arménie | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/des-equipes-sanitaires-mobiles-fourniront-une-aide-vitale-des-milliers-de-perso

    Des dizaines de milliers d’Arméniens ont été déplacés suite au conflit dans le Haut-Karabakh et ses environs l’an dernier. La majorité des déplacés sont des femmes et des enfants, dont bon nombre ont besoin de soins de santé physique et mentale, tandis que le système national de santé arménien est mis à rude épreuve par la pandémie de COVID-19.L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a réagi en s’associant au Ministère de la santé et en soutenant le déploiement d’équipes sanitaires mobiles et pluridisciplinaires là où elles sont le plus nécessaires. La clinique est soutenue par la subvention mondiale de réponse rapide de l’OIM. Au cours des six prochains mois, la clinique fournira des services de soins de santé primaires - y compris une prise en charge psychologique - à plus de 9 000 personnes. Ces soins comprendront un traitement de premiers secours et l’orientation vers des spécialistes si nécessaire.La clinique mobile et son équipe de cinq personnes ont déjà visité 15 communautés et examiné 750 personnes, soit une moyenne de 50 par jour. « Les cliniques mobiles dispensent des soins de santé gratuits et de haute qualité directement aux communautés là où les établissements de santé sont surchargés », a déclaré Nune Asatryan, coordonnateur de projet de l’OIM en Arménie. « Dotées de professionnels de la santé, les cliniques offrent des traitements médicaux de base et des examens préventifs et sont conçues pour identifier les patients qui ont besoin d’une prise en charge supplémentaire ».

    #Covid-19#migrant#migration#armenie#hautkarabakh#OIM#personnedeplacee#refugie#sante#systemesante#santementale

  • Canaries : désespérés, les migrants entre grèves de la faim et automutilation - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30157/canaries-desesperes-les-migrants-entre-greves-de-la-faim-et-automutila

    Redoutant une expulsion et subissant des attaques racistes, des migrants bloqués sur l’archipel des Canaries ont ces derniers jours entamé des grèves de la faim pour réclamer leur transfert vers le continent. Au désespoir, d’autres s’automutilent. Automutilation, tentatives de suicide, grèves de la faim… Dans l’archipel des Canaries, le désespoir des migrants arrivés du continent africain pour demander l’asile en Europe se fait de plus en plus concret. Selon le quotidien espagnol El Pais, un jeune Marocain s’est récemment infligé 27 coups de rasoir à la jambe après avoir appris que sa mère devait se faire opérer du foie alors qu’elle n’a pas les moyens de se payer une telle opération. Un autre s’est entaillé le ventre. Un troisième a tenté de sauter du haut d’un bâtiment, avant d’en être empêché.
    Ces actes désespérés n’apparaissent plus si marginaux dans l’archipel, tant la situation est compliquée sur place pour les demandeurs d’asile. En raison du Covid-19, les transferts vers le continent, qui concernent uniquement les personnes considérées comme vulnérables, sont rarissimes. Les migrants, arrivés en nombre écrasant ces derniers mois, n’ont d’autres options que s’entasser dans des hébergements réquisitionnés à la hâte par les autorités : hôtels en mal de touristes, baraques militaires, campements sommaires où la pluie et la boue entrent dans les tentes. Laissés dans l’incertitude, beaucoup craignent une expulsion. « Nous souffrons beaucoup de la pression psychologique ici », a témoigné Aziz Bouabid, un Marocain, à El Pais, comparant sa situation à une détention d’une durée indéterminée. « Un prisonnier sait au moins combien de temps sa peine va durer. Moi, je ne sais pas quand je partirai des Canaries et, pendant ce temps-là, mes enfants attendent que je leur envoie de l’argent. » Dans ce contexte, des manifestations de migrants ont eu lieu la semaine dernière, notamment à Grande Canarie. Réclamant un transfert vers le continent, certains ont brandi des pancartes indiquant « L’Europe ou la mort ». Samedi 6 février, environ 450 Marocains logés dans un campement installé dans une école fermée ont par ailleurs annoncé entamer une grève de la faim. Ils sollicitent l’aide de leurs autorités consulaires pour accélérer les procédures.

    #covid-19#migrant#migration#canaries#UE#sante#santementale#expulsion#demandeurdasile#detention

  • Covid-19 : la galère des étudiants africains en France - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29979/covid-19-la-galere-des-etudiants-africains-en-france

    En France, les étudiants sont touchés de plein fouet par les conséquences de la crise du Covid-19. Pour les Africains, venus poursuivre leur cursus, aux difficultés financières s’ajoutent les contraintes administratives, qui les contraignent parfois à se réorienter ou abandonner les études. « La disparition de Diary Sow ne m’a pas surprise », confie Aïssa*, étudiante sénégalaise à Paris. « Ces derniers temps, j’ai pensé à tout abandonner moi aussi … ». Incarnation de l’excellence et de la réussite scolaire dans son pays, Diary Sow, élève en classe préparatoire au prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand, faisait la fierté du Sénégal, secoué depuis sa disparition le 4 janvier."Quand tes parents sont si loin, tu vis avec la pression de réussir. Ma famille n’a pas les moyens de me payer mes études et en ce moment c’est particulièrement difficile", poursuit Aïssa, brillante étudiante en master de Finances à la Sorbonne. La jeune femme était élève en école d’ingénieur l’an dernier à Marseille, mais elle a dû changer de filière en urgence, car elle n’était plus en mesure de payer ses frais de scolarité dans le privé. « À cause du Covid-19 et avec le confinement, j’ai perdu mon job étudiant. J’ai trouvé un boulot de préparatrice de commandes en grande surface. Ça n’a pas suffi à couvrir mes dépenses. L’école, c’était de trop. Je n’ai pas réussi à finir le semestre, car moralement je n’allais pas bien du tout. » En fin d’année, la jeune femme décide donc de déménager à Paris pour prendre un nouveau départ. Mais elle se retrouve une nouvelle fois en difficulté pour trouver un logement dans la capitale : « J’ai été hébergée par un ami d’ami qui me faisait dormir par terre et attendait de moi que je fasse la cuisine et le ménage en échange. Un autre jeune homme a vu mon appel à la solidarité sur Facebook et a proposé de m’héberger. Mais il m’a très rapidement demandé une contrepartie physique. J’ai fui à toute vitesse. »
    Grâce aux associations étudiantes, et l’aide de l’assistante sociale de l’université, Aïssa est relogée en urgence en résidence sociale. Elle a retrouvé le calme, « même si c’est très dur de passer ses journées à étudier dans 20 mètres carrés », confie-t-elle. L’étudiante a aussi décroché un emploi d’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) dans une école maternelle. Pourtant, sa situation reste fragile : « J’ai déposé un dossier pour demander une aide au logement de la CAF [caisse d’allocation familiale, NDLR] parce qu’avec mon travail, je peux tout juste payer mon loyer. Si la CAF ne me verse pas l’allocation à la fin du mois, je n’aurai pas de quoi manger. » D’après l’Unef, la crise sanitaire a installé « une précarité extrême » chez les étudiants de France. L’association estudiantine alerte sur leur santé mentale, s’appuyant sur un sondage de Nightline, une ligne d’écoute pour étudiants, qui révèle que 22 % d’entre eux auraient des pensées suicidaires. Il y a une semaine, une étudiante lyonnaise a tenté de se défenestrer, quelques jours après un acte similaire, laissant craindre une vague de suicide devant la détresse psychologique. L’Unef demande aussi l’intégration des étudiants étrangers au système de bourse sociale de l’Éducation nationale, à laquelle ils n’ont actuellement pas droit, cette aide étant réservée aux étudiants dont les parents résident sur le sol français depuis plus de deux ans.En revanche, les étudiants étrangers peuvent postuler à une aide d’urgence d’un maximum de 500 euros versée par le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) [numéro vert pour demander ces aides : 0 806 000 278]. Encouragée par un professeur, Syra, étudiante sénégalaise, en a fait la demande fin avril. Le ministère de l’Enseignement supérieur ayant simplifié l’accès à ce dispositif pour venir en aide aux étudiants en difficulté pendant la crise du Covid-19, elle a eu une réponse positive en deux semaines, ce qui lui a permis de payer de justesse son loyer en résidence étudiante.
    Pourtant, depuis plusieurs semaines, de nombreux jeunes expriment leur lassitude face à l’absence de cours en « présentiel » et le mot dièse « #étudiantsfantômes » a fleuri sur les réseaux sociaux pour exprimer ce mal être. Le gouvernement a aussi exprimé sa « préoccupation » face au « profond sentiment d’isolement » des étudiants.

    #Covid-19#migrant#migration#france#etudiant#sante#santementale#precarite#economie#vulnerabilite

  • Au Centre Primo-Levi, on répare les âmes et les corps hantés par les violences et l’exil
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2021/01/25/au-centre-primo-levi-on-repare-les-ames-et-les-corps-hantes-par-les-violence

    La France apporte aussi son lot d’embûches aux exilés. En 2020, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a rendu 24 % de décisions positives aux demandes d’asile. Même les patients du centre peinent à convaincre, quand il leur faut produire un récit clair et structuré, notamment lors d’audiences de moins de deux heures, truffées de questions piégeuses.« La torture, qui entraîne la dissociation, les amnésies et des récits mécaniques, induit des effets contre-productifs par rapport à ce qui est demandé par l’administration », estime Hélène Bonvalot, directrice générale du centre. Les psychologues le confirment : les rendez-vous à l’Ofpra provoquent des pics d’angoisse chez les patients.
    « Les motivations de refus sont souvent les mêmes », constate Aurélia Malhou, responsable juridique du centre, chargée de 150 dossiers individuels. En guise d’exemple, elle empoigne le dernier refus, reçu la veille : « sommaire et imprécis », « description brève », faits « pas clairement exposés », indique la décision administrative. « Une fois notifié le rejet de leur demande, leur vie s’effondre », s’inquiète la juriste. Une vie sur le fil du rasoir, plus chancelante encore ces derniers mois, où la crise sanitaire a freiné les démarches et vidé les garde-manger. « Le confinement a aggravé la situation psychologique de nombreux patients, marqués par des reviviscences traumatiques de leur incarcération passée. Il a aussi dégradé plus encore leur situation économique », s’alarme Mme Bonvalot, dont les équipes ont maintenu le lien, à distance, au printemps 2020.
    Selon les soignants, la précarité du quotidien, associée à l’impact des épreuves endurées sur le chemin de l’exil, peut enfouir la mémoire des sévices originels. « D’autant qu’on note une dégradation des chemins de l’exil, avec un délai plus long – parfois cinq, voire six ans – entre le départ et l’arrivée en France », note le psychologue Armando Cote.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santementale#parcours#confinement#demandeurdasile#droit#trauma

  • Paris : des migrants « à bout » incendient un bâtiment du CRA du Mesnil-Amelot - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29776/paris-des-migrants-a-bout-incendient-un-batiment-du-cra-du-mesnil-amel

    Mercredi 20 janvier, vers 11h15, deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, en région parisienne, ont été incendiés par plusieurs migrants. Les dégâts sont importants puisque plusieurs chambres et espaces de vie sont inutilisables mais les pompiers sont intervenus très rapidement. Aucun blessé grave n’est à déplorer. (...) Le mobile de l’incendie n’a pas été encore formellement identifié mais la situation est « très tendue » depuis plusieurs mois, rappelle la Cimade. Le CRA du Mesnil-Amelot tourne à plein régime avec 70 personnes dans ses locaux (la capacité maximale en temps de coronavirus).
    Et la crise sanitaire n’a rien arrangé. « En raison de la fermeture des frontières et de l’absence de vols aériens, les personnes restent en CRA. Ils vont même jusqu’au bout de la durée maximale d’enfermement, trois mois [90 jours, ndlr] ! Et une fois ce temps écoulé, ceux qui sortent, passent en comparution immédiate, se voient confirmer la mesure d’éloignement et retournent en CRA dès le lendemain… pour 90 jours à nouveau ! », détaille Mathilde Godoy. « Comment voulez-vous que les gens restent calmes ? Les voisins de chambre voient les mêmes personnes sortir et revenir à nouveau. Ils deviennent fous ».Exaspérés par une expulsion qui n’arrive jamais et par la perspective d’un enfermement sans fin, les sans-papiers sont donc « à bout ». « Ils sont enfermés pour rien ! 90 jours, c’est suffisamment long pour perdre le boulot qu’on avait trouvé, pour perdre le logement qu’on avait loué ! Les passages en CRA, ce sont comme des courtes peines de prison, à la fin, on n’a plus rien ! Sauf qu’eux, ils n’ont rien fait. Ils sont là parce qu’ils n’ont pas de papiers, pas parce qu’ils ont un commis un délit ».
    Autre élément qui a mis le feu aux poudres : les tests PCR (pour savoir si une personne est atteinte du coronavirus). Ces tests sont réclamés par plusieurs États pour s’assurer que les voyageurs entrant dans le pays sont « négatifs au coronavirus ». Pas d’exception pour les personnes en situation irrégulière. « Plusieurs sans-papiers ont refusé de se soumettre aux tests. Et refuser est un droit », rappelle Mathilde Godoy. « Pourtant, ils sont intimidés, quand ils refusent de s’y soumettre, ils peuvent être condamnés. Une personne a récemment pris quatre mois de prison ferme à cause d’un refus de test PCR ! » Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les conditions de vie dans les CRA français sont régulièrement dénoncées par les collectifs d’aide aux sans-papiers. InfoMigrants a écrit de nombreux articles sur les suicides, les tentatives de suicide, les cas d’automutilation et les grèves de la faim qui s’y déroulent

    #Covid-19#migrant#migration#france#cra#sante#santementale#test#crisesanitaire#retention#delit#expulsion

  • En Bosnie, une inhumaine route migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/18/en-bosnie-une-inhumaine-route-migratoire_6066667_3210.html

    Les squats se sont multipliés au fur et à mesure que la Bosnie a fermé les camps officiels. Cet hiver est, à cet égard, le pire. La fermeture du camp de Bira, en septembre 2020, au moment où une surenchère politique antimigratoire animait la campagne pour les élections municipales, a donné le ton. La fermeture et l’incendie en décembre du camp de Lipa, qui n’était par ailleurs qu’un camp temporaire d’urgence destiné à faire face à la crise d’épidémie de Covid-19, ont achevé de déshumaniser l’accueil aux migrants. Ce qui fait aujourd’hui office de « camp de réfugiés » à Lipa consiste à entasser près d’un millier de migrants sous des tentes installées à la hâte par l’armée bosnienne. Il n’y a ni eau potable, ni électricité, ni soins médicaux. Les migrants se lavent dans l’eau glacée du ruisseau en contrebas. Ils ne dorment pas la nuit tellement il fait froid, et errent la journée sous la neige, dans l’attente des distributions de vivres.
    « La situation est cette année encore plus précaire qu’auparavant, avec davantage de personnes sans abri, reconnaît Peter Van der Auweraert, le chef de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à Sarajevo. Il y a de l’argent européen disponible pour construire des abris, mais tout est bloqué par les autorités bosniennes. » Car la même Union européenne qui organise les refoulements illégaux et tolère les violences à sa frontière fait pression sur la Bosnie pour que les migrants soient traités « humainement », comme on dit à Bruxelles.Ces fermetures de camps et restrictions diverses ne changent rien à la migration elle-même, stable et continue. La Bosnie n’a certes enregistré que 17 000 arrivées en 2020, contre 25 000 à 30 000 les années précédentes, mais c’est surtout parce que l’épidémie de Covid-19 a fait que beaucoup d’enregistrements n’ont pas eu lieu. Et, en dépit des violences et refoulements, cette route reste le chemin principal vers l’UE. « Il y a eu au moins 70 000 entrées dans le pays depuis 2018, et on estime à 8 500 le nombre de migrants présents aujourd’hui. Cela montre bien que la route est ouverte », explique Peter Van der Auweraert, de l’OIM.
    Lire aussi L’UE dénonce les conditions « inacceptables » pour les migrants en Bosnie.

    #Covid-19#migrant#migration#bosnie#balkan#ue#politiquemigratoire#sante#santementale#oim#droit#refugie

  • Royaume-Uni : des centaines de migrants entassés dans un centre d’accueil sordide entament une grève de la faim - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29647/royaume-uni-des-centaines-de-migrants-entasses-dans-un-centre-d-accuei

    Des centaines de demandeurs d’asile, logés dans d’anciennes casernes militaires du Kent, au Royaume-Uni, se sont mis en grève de la faim lundi. Ils protestent contre la dégradation de leurs conditions de vie dans ce centre, au sud-est de Londres, dont ils réclament la fermeture."Nous sommes ici depuis cinq mois, et rien ne bouge" ; « En pleine pandémie, ce n’est pas juste d’héberger plus de 400 personnes dans ce camp ! » ; « Nous sommes des victimes, pas des criminels ». Dans la région de Kent, au Royaume-Uni, des dizaines de demandeurs d’asile, munis de pancartes, masqués et emmitouflés dans des anoraks, ont protesté mardi 12 janvier contre les conditions de vie qu’ils jugent déplorables à l’intérieur du centre dans lequel ils sont hébergés. La veille, des centaines de résidents - 350, indique le journal The Guardian - ont entamé une grève de la faim pour les mêmes raisons.Bâtiments encerclés de fils de fer barbelés, le centre en question qui a été établi dans d’anciennes casernes militaires (aussi appelées casernes de Napier) situées près de la ville de Folkestone, dans le sud de l’Angleterre, a davantage des allures de prison que de centre d’accueil. Ici atterrissent des migrants, au prix d’une périlleuse traversée de la Manche, dans l’espoir de pouvoir obtenir l’asile. Actuellement, 400 hommes vivent entassés dans des conditions hygiéniques insalubres, pour la majorité depuis le mois de septembre.Toilettes cassées, lavabos hors d’usage, espaces de vie bondés alors que se propage dans la région une nouvelle souche de Covid-19 : les occupants des casernes de Napier, ainsi que des membres d’associations, relaient régulièrement les problèmes structurels de ces bâtiments inadaptés, exigeant leur fermeture. Des avocats de résidents ont d’ailleurs fustigé une situation qui pourrait même s’avérer illégale, selon eux, alors que les migrants se retrouvent entassés à 15 par chambre. Outre les problèmes matériels, les demandeurs d’asile dénoncent la lenteur, voire la stagnation, de leurs demandes administratives.
    En réaction à cette vie « temporaire », deux tentatives de suicide auraient eu lieu depuis la semaine dernière, selon différents médias britanniques. Des résidents ont par ailleurs choisi de protester contre leurs conditions d’hébergement en dormant à l’extérieur des bâtiments, quitte à braver le froid hivernal."Cela fait cinq jours que je dors dehors", explique un demandeur d’asile soudanais, dont le témoignage a été rapporté le 13 janvier par l’ONG Care4Calais. « Nous sommes trop nombreux à utiliser une douche et un toilette. Nous n’avons aucune intimité. La nuit, personne ne peut dormir car il y a trop de bruit. La situation est insupportable », dit-il, ajoutant être stressé et inquiet à l’idée de contracter le coronaviru

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#sante#santementale#vulnerabilite#demandeurdasile

  • Australians stranded overseas say slashing arrival caps makes returning home ’near impossible’ | Australia news | The Guardian
    http://www.theguardian.com/australia-news/2021/jan/09/australians-stranded-overseas-say-slashing-arrival-caps-makes-returning
    https://i.guim.co.uk/img/media/1bdcb31f5d73e813bc54c4805c986432c0cc13dd/0_350_5749_3450/master/5749.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Australians stranded overseas say a decision to slash the number of international passengers allowed to return each week by almost 50 per cent is a “disheartening blow” while others have labelled the move “despicable”.
    The prime minister, Scott Morrison, announced on Friday that national cabinet had decided to temporarily halve the number of hotel quarantine spots available each week in NSW, Queensland and Western Australia.
    The move comes as authorities work to keep a more infectious variant of Covid-19 – that has emerged in the UK and South Africa – from circulating in Australia. The caps reduction means about 2,500 fewer people will be able to enter the country each week until at least mid-February when national cabinet will review the policy.
    Many Australians stranded overseas have endured multiple flight cancellations with only those able to afford business class or first class fares able to return swiftly.Mona Grebing and her two young children left Australia in July to care for Grebing’s gravely ill mother in Germany. Her mother has since recovered and the family had planned to return to Australia at the end of 2020.They were bumped from a Qatar flight on 31 December and are currently rebooked for 3 February but Grebing said she now expected to be bumped again.“I am totally disheartened and don’t even know how to tell my girls such sad news,” she told Guardian Australia. “So far I always felt the government was trying its best to get us all home – so this is obviously a blow in the face.”
    Grebing said she feared the cap reduction would make it “near impossible” to get back home. “I knew the risk I was taking when leaving Australia so I can’t complain too much [but] I felt I had no choice at all in the matter,” she said.Mona Grebing and her two children travelled to Germany in July 2020 to care for her gravely ill mother. ‘I am totally disheartened and don’t even know how to tell my girls’.Coronavirus breaches from hotel quarantine might be making Australians less sympathetic to those trying to return home, Grebing said. “I’ve got a bit of an inkling that the Australian people will start to get a bit of a fear of Australians overseas given [the virus] comes from overseas. That’s something this policy, and the virus, creates.”
    Grebing has registered with Dfat to potentially return on a government repatriation flight but she said “there are currently no more flights scheduled” that she can access.“And I can’t afford to pay the horrendous prices to return on other [commerical] tickets,” she said, noting some airlines advertised fares for 17,000 euros ($26,000). In late 2020, some 36,000 Australians were still registered as being stuck overseas, unable to get flights back to Australia due to the caps on hotel quarantine.

    #Covid-19#migrant#migration#australie#retour#sante#santementale#rapatriement

  • The pandemic stranded this couple 4,780 miles apart. That’s when they knew they had to be together for good. - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/lifestyle/2021/01/04/long-distance-relationship-pandemic

    “That was the hard part. If you know it’s going to be six months, you can mentally prepare,” Sam chimed in from beside her on their couch. Researchers suspect that long-distance relationships are more common nowadays than they were 20 years ago, as remote communication is cheaper and more efficient. But even with the help of texts, emails, FaceTimes and Skype calls, long-distance relationships like Sam and Shifra’s faced a new obstacle in 2020: Pandemic-related travel restrictions around the world wiped out months’ worth of plans and decimated morale.
    Some couples saw relations deteriorate and eventually break down under the strain. Others simply canceled reservations, postponed plans and did their best to cope with the disappointment. Sam and Shifra, though, found that the time apart made them more certain than ever that it was time to commit to each other — and to being in the same place — forever.
    It started simply enough, at a bar in Manhattan’s Alphabet City. Sam and Shifra exchanged what they think was probably Snapchat handles (it was, after all, 2015). She invited him to a work event. He invited her to a Super Bowl party. Shifra, who is from India, was living in the United States on a student visa, and by the time it expired a year later, they were inseparable.
    Separate they did, though: Shifra returned to her family’s home in Bangalore while she applied to American graduate schools, and Sam packed up his New York apartment and moved west for a job in Los Angeles. In the summer of 2016, Sam was visiting Shifra’s family when she received her acceptance letter from Virginia Commonwealth University, and they spent the next two years visiting each other on opposite coasts.After graduating in 2018, Shifra moved into her own place in Sam’s neighborhood. But their brief, blissfully convenient year as a short-distance couple came to an end on June 4, 2019. Shifra got an email saying her company could no longer support her work in the United States. Her H-1B visa application to stay in the country was being rejected.Devastated, Shifra spent that afternoon dodging Sam’s phone calls. “I thought this would break us,” Shifra remembered. “I thought I would have to go back to India, so I [was] like, ‘I’m not going to ask him to, like, move to India.’ ”
    Shifra called her father, though; then her father called her sister, and her sister called Sam. Sam kept on dialing Shifra’s number, and when she finally picked up, through tears, she told him she didn’t know what the news meant for their future.Sam didn’t miss a beat. “He was like, ‘I’ll just move with you,’ ” Shifra said. “Like, without a hesitation.” Sixty days later, the two had given away or sold most of what they owned. They moved to Singapore, where Shifra transferred into one of her employer’s overseas offices.
    At the time, “people asked us, ‘You’ve already been together for so long. Why don’t you just get married to stay in the U.S.?’ ” Shifra remembered. “But it felt like a cop-out. That would have been a decision based out of fear of leaving versus, like, a decision out of love for each other.”In early 2020, after finding Singapore was not quite their style, Sam and Shifra decided to try another city they had been eyeing: Amsterdam. They made what they thought would be a quick stop in Bangalore before their planned arrivals in Amsterdam: He would arrive in March. She would follow in April.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#couple#familletransnationale#santementale

  • HCR - Les réfugiés en première ligne contre la pandémie de Covid-19 en 2020
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/12/5fedb172a/refugies-premiere-ligne-contre-pandemie-covid-19-2020.html

    Certes, l’année 2020 a été difficile, mais les réfugiés nous ont montré ce qu’est la résilience et comment surmonter une crise. Voici cinq façons dont ils sont passés à l’action durant cette année qui fera date.
    1. Des réfugiés médecins et travailleurs de santé ont rejoint les équipes en première ligne face à la crise de COVID-19. Début mars, avant même que la crise de Covid-19 ne soit déclarée en tant que pandémie, le médecin vénézuélien Samuel Suárez donnait déjà des conseils pour éviter l’infection aux Équatoriens dans des régions rurales à risque. Il n’était pas le seul. En Iran, le médecin réfugié afghan Fezzeh Hosseini a travaillé sans relâche pour aider les patients locaux et afghans touchés par le virus, en leur fournissant des informations et des conseils pour rester en bonne santé. Au Bangladesh, des agents de santé communautaires formés – tous sont des réfugiés rohingyas - ont parcouru en long et en large le plus vaste camp de réfugiés au monde pour orienter les patients suspectés d’être atteints de Covid-19 vers les soins disponibles.
    2. Des réfugiés fabriquent du savon, des masques et du matériel médical​
    Innocent Havyarimana, un producteur de savon burundais, tient un récipient de désinfectant pour les mains fraîchement fabriqué, qu’il vend à prix réduit à ses pairs réfugiés à Kakuma, aux travailleurs humanitaires et aux Kényans de la communauté locale, pour aider à la lutte contre la crise de Covid-19.
    Dans un camp de réfugiés au Kenya, le réfugié burundais Innocent Havyarimana fabrique du savon, en baissant ses prix pour le rendre largement disponible. Au Kenya également, Fardowsa Ibrahim, une réfugiée somalienne de 24 ans, s’est inscrite à un cours de couture, sans se rendre compte que, six mois plus tard, elle fabriquerait des masques faciaux - une protection très recherchée rendue nécessaire par la pandémie. Au Mexique, des réfugiés comptent désormais parmi les employés d’une entreprise qui fabrique des machines à laver spécifiques pour assurer la sécurité des travailleurs de santé en première ligne en Amérique latine. Des efforts similaires ont été déployés par les réfugiés dans des camps, des installations et des communautés à travers le monde entier.
    3. Des réfugiés améliorent la santé mentale et le bien-être​
    Rita Brown, réfugiée ougandaise et professeure de yoga, exécute un mouvement de yoga devant son logement dans le camp de Kakuma, au Kenya. Dans un contexte de difficultés économiques croissantes et de confinements prolongés, les problèmes de santé mentale se sont aggravés. Les réfugiés ont réagi en cherchant à améliorer leur bien-être mental et physique. Au Pérou, des psychologues vénézuéliens ont offert à d’utres réfugiés des « premiers secours psychologiques » par le biais de sessions à distance sur Internet pour les aider à faire face à la pandémie de coronavirus. En Irak, des réfugiés formés au travail communautaire ont introduit des services de santé mentale dans des camps confinés. Au Kenya, la réfugiée ougandaise Rita Brown a adopté une approche différente. Enseignante de yoga, elle a assuré ses cours en ligne afin de promouvoir l’acceptation de soi et le bien-être mental des réfugiés, tant au Kenya qu’au-delà de ses frontières.

    #Covid-19#migrant#migration#refugie#sante#santementale#psychologie#bienetre#confinement#vulnerabilite#frontiere

  • La crise sanitaire aggrave les troubles psy des jeunes migrants
    https://theconversation.com/la-crise-sanitaire-aggrave-les-troubles-psy-des-jeunes-migrants-152

    Dans un contexte aussi fragile, la crise sanitaire liée à la Covid-19 a révélé au grand jour les carences du système : si, à la suite de la fermeture de nombreux squats et foyers, beaucoup de jeunes migrants ont été logés dans des hôtels ou des auberges de jeunesse à l’occasion des confinements, nombreux sont ceux qui ont été livrés à eux-mêmes.
    Leur prise en charge sociale et sanitaire n’a pas été pensée dans ces lieux d’accueil précaires et beaucoup ont vu leur situation de santé mentale se détériorer encore depuis mars 2020. Les situations les plus critiques en matière de santé mentale sont sans doute dans les Centres de rétention administrative (CRA). Selon le rapport 2019 de l’ONG Terre d’Asile, sont enfermés dans ces lieux de confinement, en vue d’une expulsion du sol national, des dizaines de milliers de migrants (54 000 en 2019, dont 29 000 en outremer), y compris de nombreux jeunes non reconnus comme mineurs, parfois en cours de scolarisation.La difficulté d’accès aux soins, notamment psychiatriques, dans les CRA a été dénoncée avec véhémence dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en février 2019, suivi, à quelques mois d’écart, d’un rapport tout aussi alarmant du Défenseur des droits.
    La rupture de la continuité des soins au cours de leur rétention administrative est particulièrement délétère pour les jeunes migrants souffrant de pathologies mentales graves. Pour les autres, non seulement la prise en charge médicale est quasi-inexistante mais la pratique de l’isolement à des fins répressives aggrave souvent un état déjà à risque.
    La déclaration d’état d’urgence n’a pas amélioré le sort des jeunes migrants en rétention. En effet, les CRA ont été maintenus ouverts pendant les périodes de confinement et sont devenus de facto le lieu de placement d’un grand nombre d’étrangers en situation irrégulière sortant de prison, alors que la fermeture des frontières rendait improbables la reconduite et les expulsions.Un tel choix a eu pour conséquence l’augmentation de la pression démographique (+23 % en un an) sur ces lieux qui ne n’ont pas été conçus pour accueillir des personnes psychologiquement aussi vulnérables et pour des périodes aussi prolongées. De par leur nature de lieu de privation de liberté et leur vocation de transition vers la reconduction aux frontières, les CRA sont de toute évidence des espaces anxiogènes où il n’est pas simple de distinguer les logiques de soins de celles de contrôle et de répression, et où la consultation psychiatrique revêt bien d’autres enjeux que des enjeux thérapeutiques. Car le médecin qui apporte un soin et prend en charge psychologiquement peut aussi, en rédigeant un certificat médical circonstancié, contribuer à engager une levée de rétention, en cas de péril imminent.
    Les placements en CRA de personnes atteintes de pathologies psychologiques et/ou psychiatriques sont en constante hausse, tout comme les actes de détresse (automutilations et tentatives de suicide) qui ont conduit, depuis 2017, cinq personnes à la mort en rétention.La prise en charge effective de la santé mentale des jeunes migrants se heurte aujourd’hui en France aux contradictions internes au système. Si les dispositifs sanitaires existent et sont en théorie ouverts à tous, sans condition de nationalité ni de régularité administrative, l’état d’incertitude et de précarité des jeunes migrants, en situation irrégulière ou non, en fait un population spécialement vulnérable et exposée.
    Sans doute une plus forte articulation entre la stratégie nationale de prévention et lutte contre la pauvreté et des actions ciblées visant à favoriser l’intégration et la stabilité via le logement, l’éducation et l’emploi serait-elle à même de créer les conditions pour une véritable prévention des risques psychologiques et une meilleure santé mentale.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santementale#psychiatrie#systemesante#cra#precarite#vulnerabilite#incertitude

  • L’épidémie de Covid-19 aggrave les troubles psychiques des jeunes migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29341/l-epidemie-de-covid-19-aggrave-les-troubles-psychiques-des-jeunes-migr

    L’isolement provoqué par l’épidémie de Covid-19 a aggravé les troubles psychiques qui peuvent être observés chez certains jeunes migrants traumatisés par leur exil. Cela s’explique notamment par l’arrêt de la plupart des interactions sociales.Déjà loin de leurs proches et de leur pays, les personnes migrantes ont été encore plus isolées socialement par le Covid-19. Chez certains jeunes migrants traumatisés par leur expérience de l’exil, l’épidémie a eu pour effet secondaire d’accroître leurs troubles psychiques, expliquent deux sociologues de l’école de santé publique de Rennes.Patricia Loncle, professeure en sociologie à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), et Alessia Lefébure, sociologue et directrice des études à l’EHESP, mènent un projet de recherche sur la santé des jeunes migrants qu’elles ont présenté sur le site francophone « The Conversation ».Parmi les troubles observés régulièrement chez cette population soumise à un fort niveau de stress et de violence au long de son parcours, se trouve le syndrome d’Ulysse. Il s’agit d’un stress chronique provoqué par des épreuves anxiogènes sur une longue durée."Les comportements peuvent être très graves : des crises d’angoisse ou des hallucinations qui résultent de la pression liée à l’incertitude", explique Patricia Loncle, qui souligne les difficultés de prise en charge, faute de places et de formation des professionnels.Pour cette population fragile, l’épidémie de Covid-19 est venue perturber un quotidien fait de peu de repères. La distribution alimentaire a ainsi parfois fait défaut et l’isolement a fortement augmenté."On a mis les gens à l’abri mais ils se sont retrouvés livrés à eux-mêmes. Beaucoup de petites associations ont dû suspendre leur action, et les jeunes migrants, qui souffrent déjà d’isolement et de déracinement, se sont retrouvés encore plus seuls", explique Alessia Lefébure."Il n’y avait plus de chaleur humaine autour d’eux dans la mesure où l’interaction humaine repose essentiellement sur les bénévoles, et leur santé mentale s’est encore dégradée", poursuit-elle. Effectivement, l’épidémie et les deux confinements ont mis un cran d’arrêt aux sorties culturelles, jeux et goûters organisés par les associations d’aide aux migrants.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santementale#jeune#angoisse#stress#isolement#incertitude