• Une organisation en #souffrance

    Les Français seraient-ils retors à l’effort, comme le laissent entendre les mesures visant à stigmatiser les chômeurs ? Et si le nombre de #démissions, les chiffres des #accidents et des #arrêts_de_travail étaient plutôt le signe de #conditions_de_travail délétères.

    Jeté dans une #concurrence accrue du fait d’un #management personnalisé, évalué et soumis à la culture froide du chiffre, des baisses budgétaires, le travailleur du XXIe siècle est placé sous une #pression inédite...

    L’étude de 2019 de la Darès (Ministère du Travail) nous apprend que 37% des travailleurs.ses interrogés se disent incapables de poursuivre leur activité jusqu’à la retraite. Que l’on soit hôtesse de caisse (Laurence) ou magistrat (Jean-Pierre), tous témoignent de la dégradation de leurs conditions de travail et de l’impact que ces dégradations peuvent avoir sur notre #santé comme l’explique le psychanalyste Christophe Dejours : “Il n’y a pas de neutralité du travail vis-à-vis de la #santé_mentale. Grâce au travail, votre #identité s’accroît, votre #amour_de_soi s’accroît, votre santé mentale s’accroît, votre #résistance à la maladie s’accroît. C’est extraordinaire la santé par le travail. Mais si on vous empêche de faire du travail de qualité, alors là, la chose risque de très mal tourner.”

    Pourtant, la #quête_de_sens est plus que jamais au cœur des revendications, particulièrement chez les jeunes. Aussi, plutôt que de parler de la semaine de quatre jours ou de développer une sociabilité contrainte au travail, ne serait-il pas temps d’améliorer son #organisation, d’investir dans les métiers du « soin » afin de renforcer le #lien_social ?

    Enfin, la crise environnementale n’est-elle pas l’occasion de réinventer le travail, loin du cycle infernal production/ consommation comme le pense la sociologue Dominique Méda : “Je crois beaucoup à la reconversion écologique. Il faut prendre au sérieux la contrainte écologique comme moyen à la fois de créer des emplois, comme le montrent les études, mais aussi une possibilité de changer radicalement le travail en profondeur.”

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/une-organisation-en-souffrance-5912905

    #travail #audio #sens #reconnaissance #podcast #déshumanisation #grande_distribution #supermarchés #Carrefour #salariat #accidents_du_travail # location-gérance #jours_de_carence #délai_de_carence #financiarisation #traçabilité #performance #néo-taylorisme #taylorisme_numérique #contrôle #don #satisfaction #modernisation #mai_68 #individualisation #personnalisation #narcissisation #collectif #entraide #épanouissement #marges_de_manoeuvre #intensification_du_travail #efficacité #rentabilité #pression #sous-traitance #intensité_du_travail #santé_au_travail #santé #épidémie #anxiété #dépression #santé_publique #absentéisme #dégradation_des_conditions_de_travail #sommeil #identité #amour_de_soi #santé_par_le_travail #tournant_gestionnaire #gouvernance_de_l'entreprise #direction_d'entreprise #direction #règles #lois #gestionnaires #ignorance #objectifs_quantitatifs #objectifs #performance #mesurage #évaluation #traçabilité #quantification #quantitatif #qualitatif #politique_du_chiffre #flux #justice #charge_de_travail

    25’40 : #Jean-Pierre_Bandiera, ancien président du tribunal correctionnel de Nîmes :

    « On finit par oublier ce qu’on a appris à l’école nationale de la magistrature, c’est-à-dire la motivation d’un jugement... On finit par procéder par affirmation, ce qui fait qu’on gagne beaucoup de temps. On a des jugements, dès lors que la culpabilité n’est pas contestée, qui font abstraction de toute une série d’éléments qui sont pourtant importants : s’attarder sur les faits ou les expliquer de façon complète. On se contente d’une qualification développée : Monsieur Dupont est poursuivi pour avoir frauduleusement soustrait 3 véhicules, 4 téléviseurs au préjudice de Madame Durant lors d’un cambriolage » mais on n’est pas du tout en mesure après de préciser que Monsieur Dupont était l’ancien petit ami de Madame Durant ou qu’il ne connaissait absolument pas Madame Durant. Fixer les conditions dans lesquelles ce délit a été commis de manière ensuite à expliquer la personnalisation de la peine qui est quand même la mission essentielle du juge ! Il faut avoir à chaque fois qu’il nous est demandé la possibilité d’adapter au mieux la peine à l’individu. C’est très important. On finit par mettre des tarifs. Quelle horreur pour un juge ! On finit par oublier la quintessence de ce métier qui est de faire la part des choses entre l’accusation, la défense, l’auteur de faits, la victime, et essayer d’adopter une sanction qui soit la plus adaptée possible. C’est la personnalisation de la peine, c’est aussi le devenir de l’auteur de cette infraction de manière à éviter la récidive, prévoir sa resocialisation. Bref, jouer à fond le rôle du juge, ce qui, de plus en plus, est ratatiné à un rôle de distributeur de sanctions qui sont plus ou moins tarifées. Et ça c’est quelque chose qui, à la fin de ma carrière, c’est quelque chose qui me posait de véritables problèmes d’éthique, parce que je ne pensais pas ce rôle du juge comme celui-là. Du coup, la qualité de la justice finit par souffrir, incontestablement. C’est une évolution constante qui est le fruit d’une volonté politique qui, elle aussi, a été constante, de ne pas consacrer à la justice de notre pays les moyens dont elle devait disposer pour pouvoir fonctionner normalement. Et cette évolution n’a jamais jamais, en dépit de tout ce qui a pu être dit ou écrit, n’ai jamais été interrompue. Nous sommes donc aujourd’hui dans une situation de détresse absolue. La France est donc ??? pénultième au niveau européen sur les moyens budgétaires consacrés à sa justice. Le Tribunal de Nîme comporte 13 procureurs, la moyenne européenne nécessiterait qu’ils soient 63, je dis bien 63 pour 13. Il y a 39 juges au Tribunal de Nîmes, pour arriver dans la moyenne européenne il en faudrait 93. Et de mémoire il y a 125 greffiers et il en faudrait 350 je crois pour être dans la moyenne. Il y avait au début de ma carrière à Nîmes 1 juge des Libertés et de la détention, il y en a aujourd’hui 2. On a multiplié les chiffres du JLD par 10. Cela pose un problème moral et un problème éthique. Un problème moral parce qu’on a le sentiment de ne pas satisfaire au rôle qui est le sien. Un problème éthique parce qu’on finit par prendre un certain nombre de recul par rapport aux valeurs que l’on a pourtant porté haut lorsqu’on a débuté cette carrière. De sorte qu’une certaine mélancolie dans un premier temps et au final un certain découragement me guettaient et m’ont parfois atteint ; mes périodes de vacances étant véritablement chaque année un moment où la décompression s’imposait sinon je n’aurais pas pu continuer dans ces conditions-là. Ce sont des heures de travail qui sont très très chargés et qui contribuent aussi à cette fatigue aujourd’hui au travail qui a entraîné aussi beaucoup de burn-out chez quelques collègues et puis même, semble-t-il, certains sont arrivés à des extrémités funestes puisqu’on a eu quelques collègues qui se sont suicidés quasiment sur place, vraisemblablement en grande partie parce que... il y avait probablement des problèmes personnels, mais aussi vraisemblablement des problèmes professionnels. Le sentiment que je vous livre aujourd’hui est un sentiment un peu partagé par la plupart de mes collègues. Après la réaction par rapport à cette situation elle peut être une réaction combative à travers des engagements syndicaux pour essayer de parvenir à faire bouger l’éléphant puisque le mammouth a déjà été utilisé par d’autres. Ces engagements syndicaux peuvent permettre cela. D’autres ont plus ou moins rapidement baissé les bras et se sont satisfaits de cette situation à défaut de pouvoir la modifier. Je ne regrette rien, je suis parti serein avec le sentiment du devoir accompli, même si je constate que en fermant la porte du tribunal derrière moi je laisse une institution judiciaire qui est bien mal en point."

    Min. 33’15, #Christophe_Dejours, psychanaliste :

    « Mais quand il fait cela, qu’il sabote la qualité de son travail, qu’il bâcle son travail de juge, tout cela, c’est un ensemble de trahisons. Premièrement, il trahi des collègues, parce que comme il réussi à faire ce qu’on lui demande en termes de quantité... on sait très bien que le chef va se servir du fait qu’il y en a un qui arrive pour dire aux autres : ’Vous devez faire la même chose. Si vous ne le faites pas, l’évaluation dont vous allez bénéficier sera mauvaise pour vous, et votre carrière... vous voulez la mutation ? Vous ne l’aurez pas !’ Vous trahissez les collègues. Vous trahissez les règles de métier, vous trahissez le justiciable, vous trahissez les avocats, vous leur couper la parole parce que vous n’avez pas le temps : ’Maître, je suis désolé, il faut qu’on avance.’ Vous maltraitez les avocats, ce qui pose des problèmes aujourd’hui assez compliqués entre avocats et magistrats. Les relations se détériorent. Vous maltraitez le justiciable. Si vous allez trop vite... l’application des peines dans les prisons... Quand vous êtes juges des enfants, il faut écouter les enfants, ça prend du temps ! Mais non, ’va vite’. Vous vous rendez compte ? C’est la maltraitance des justiciables sous l’effet d’une justice comme ça. A la fin vous trahissez la justice, et comme vous faites mal votre travail, vous trahissez l’Etat de droit. A force de trahir tous ces gens qui sont... parce que c’est des gens très mobilisés... on ne devient pas magistrat comme ça, il faut passer des concours... c’est le concours le plus difficile des concours de la fonction publique, c’est plus difficile que l’ENA l’Ecole nationale de magistrature... C’est des gens hyper engagés, hyper réglo, qui ont un sens de la justice, et vous leur faites faire quoi ? Le contraire. C’est ça la dégradation de la qualité. Donc ça conduit, à un moment donné, à la trahison de soi. Ça, ça s’appelle la souffrance éthique. C’est-à-dire, elle commence à partir du moment où j’accepte d’apporter mon concours à des actes ou à des pratiques que le sens moral réprouve. Aujourd’hui c’est le cas dans la justice, c’est le cas dans les hôpitaux, c’est le cas dans les universités, c’est le cas dans les centres de recherche. Partout dans le secteur public, où la question éthique est décisive sur la qualité du service public, vous avez des gens qui trahissent tout ça, et qui entrent dans le domaine de la souffrance éthique. Des gens souffrent dans leur travail, sauf que cette souffrance, au lieu d’être transformée en plaisir, elle s’aggrave. Les gens vont de plus en plus mal parce que le travail leur renvoie d’eux-mêmes une image lamentable. Le résultat c’est que cette trahison de soi quelques fois ça se transforme en haine de soi. Et c’est comme ça qu’à un moment donné les gens se suicident. C’est comme ça que vous avez des médecins des hôpitaux, professeurs de médecine de Paris qui sautent par la fenêtre. Il y a eu le procès Mégnien, au mois de juin. Il a sauté du 5ème étage de Georges-Pompidou. Il est mort. Comment on en arrive là ? C’est parce que les gens ont eu la possibilité de réussir un travail, de faire une oeuvre, et tout à coup on leur casse le truc. Et là vous cassez une vie. C’est pour cela que les gens se disent : ’Ce n’est pas possible, c’est tout ce que j’ai mis de moi-même, tous ces gens avec qui j’ai bossé, maintenant il faut que ça soit moi qui donne le noms des gens qu’on va virer. Je ne peux pas faire ça, ce n’est pas possible.’ Vous les obligez à faire l’inverse de ce qu’ils croient juste, de ce qu’ils croient bien. Cette organisation du travail, elle cultive ce qu’il y a de plus mauvais dans l’être humain. »

    #suicide #trahison #souffrance_éthique

    • Quels facteurs influencent la capacité des salariés à faire le même travail #jusqu’à_la_retraite ?

      En France, en 2019, 37 % des salariés ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite. L’exposition à des #risques_professionnels – physiques ou psychosociaux –, tout comme un état de santé altéré, vont de pair avec un sentiment accru d’#insoutenabillité du travail.

      Les métiers les moins qualifiés, au contact du public ou dans le secteur du soin et de l’action sociale, sont considérés par les salariés comme les moins soutenables. Les salariés jugeant leur travail insoutenable ont des carrières plus hachées que les autres et partent à la retraite plus tôt, avec des interruptions, notamment pour des raisons de santé, qui s’amplifient en fin de carrière.

      Une organisation du travail qui favorise l’#autonomie, la participation des salariés et limite l’#intensité_du_travail tend à rendre celui-ci plus soutenable. Les mobilités, notamment vers le statut d’indépendant, sont également des moyens d’échapper à l’insoutenabilité du travail, mais ces trajectoires sont peu fréquentes, surtout aux âges avancés.

      https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/quels-facteurs-influencent-la-capacite-des-salaries-faire-
      #statistiques #chiffres

  • Activision Blizzard Employees Stage Walkout [Update: Bobby Kotick & Employees Respond] - IGN
    https://www.ign.com/articles/activision-blizzard-walkout

    Activision Blizzard employees involved in today’s walkout have responded to Bobby Kotick’s statement, saying they are pleased that the tone of leadership communications has been changed, but that it fails to addess multiple concerns expressed by those at the company.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #activision_blizzard #grève #manifestation #protestation #contestation #justice #procès #discrimination #harcèlement #bobby_kotick #réaction #satisfaction #lettre_ouverte #attentes #demandes #liste

  • La garantie d’emploi, un outil au potentiel révolutionnaire | Romaric Godin
    http://www.contretemps.eu/chomage-economie-garantie-emploi-depassement-capitalisme

    L’ouvrage de Pavlina Tcherneva qui inaugure la collection « Économie politique » avance une proposition qui peut paraître a priori insensée : fournir à tous les citoyens qui le souhaitent un travail rémunéré, permettant de vivre décemment. Tout l’intérêt de son propos est de montrer que, précisément, cette proposition n’a rien d’insensé, mais qu’elle est parfaitement réalisable pour peu que l’on se libère de certaines certitudes qui ne sont que des constructions politiques. L’idée que le chômage soit le mode d’ajustement « normal » de l’économie est déjà un choix politique remarquablement déconstruit par l’autrice. Source : (...)

  • Instant Gratification.
    https://hackernoon.com/instant-gratification-a21913eacda?source=rss----3a8144eabfe3---4

    “We’re the middle children of history, man. No purpose or place. We have no Great War. No Great Depression. Our Great War’s a spiritual war… our Great Depression is our lives. We’ve all been raised on television to believe that one day we’d all be millionaires, and movie gods, and rock stars. But we won’t. And we’re slowly learning that fact. And we’re very, very pissed off.” - Chuck Palahniuk, Fight ClubMy favourite quite from my favourite movie.How beautifully yet in a frightening way, Chuck has managed to write the meaning of our lives in a single paragraph.From the beginning of our lives we have been exposed to these screens on which we will probably spend 90% of our life if not more and on those screens majorly advertisement and every fucking industry is selling an idea, that we are bound (...)

    #fight-club #satisfaction #self-improvement #chuck-palahniuk #instant-gratification

  • Une immense frustration sexuelle à la base des violences de Cologne - International - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/international/une-immense-frustration-sexuelle-a-la-base-des-violences-de-cologne/article-opinion-448753.html

    "Les événements de Cologne rappellent la violence sur la place Tahrir au Caire. C’est le reflet d’une frustration sexuelle qui hante le monde arabe. Avec la montée du wahhabisme saoudien et l’absence de perspectives économiques, les jeunes gens n’ont plus accès aux femmes de leur pays."(Permalink)

    #sexualité #religion

    • Je ne sais pas encore bien pourquoi mais cet article m’est insupportable. Un mélange de libération sexuelle essentialiste biologique, comme si le prix à payer pour les femmes n’était pas encore assez lourd … Ce n’est définitivement pas la frustration sexuelle qui explique les agressions mais la culture de mépris des femmes. L’invisibilisation (du corps mais pas que) des femmes d’un côté et leur visibilité sexuée de l’autre n’en font jamais que des objets à départager entre deux pôles politisables (orient/occident) à partir d’un nosex/sex fantasmé que j’ai déjà maintes fois vus et déjoués. Ce n’est pas une histoire d’hormones à satisfaire, c’est une histoire d’imaginaire, pire, d’imaginaire sexiste.

    • Je te demande d’être plus explicite @alexis, ça facilitera l’échange s’il y a lieu d’être. Là, ce n’est pas religion et sexualité, là clairement ton titre est très douteux.
      Tu devrais te méfier de ne pas confondre les tarés qui font des interprétations fascistes du coran pour violer et tuer avec une quelconque sexualité, ou alors faut arrêter de baiser de suite.

    • Je t’accorde, @touti, que sans préciser le fond de ma pensée, cela peut porter à confusion. C’était risqué.

      L’auteure a osé faire le rapprochement entre les attouchements de Cologne avec les ceux de la place Tahrir sous l’angle psychologique, culturel, religieux et économique. Prudente, elle n’a pas pris le risque d’aller jusqu’à évoquer les pratiques des islamiste radicaux et l’instrumentation du viol. Elle avait sans doute raison.

      En effet, les attouchements sexuels de Cologne (et de Zurich et de Stockholm, par assimilation) et de ceux de la place Tahrir n’ont rien à voir avec les fatwas de l’Etat Islamique, ou les viols et harcèlements du régime de Al Assad, ou d’autres milices dans le monde. On est bien d’accord.

      Je comprends ton point de vue lorsque tu parles d’interprétation fasciste de la religion.

      On peut voir certaines pratiques barbares relever de la tactique guerrière, mais pourquoi ne pourrait-on par les voir sous l’angle psychologique, social ou anthropologique. En quoi ne pourrait-on pas également parler d’une certaine frustration sexuelle, etc ?

      Ceci étant dit, je ne suis ni psychologue, ni anthropologue, ni spécialiste des religions et je n’ai aucune prétention à apporter les réponses à ces questions sous-jacentes. C’est pourquoi, souvent, je limite mes commentaires.

      Mais tu as raisons, il faut faire attention à ne pas faire d’amalgames.
      Je te suis reconnaissant d’attirer mon attention là dessus.

      « Théologie du viol : quand Daech rétablit l’esclavage des femmes » (Le Figaro) : interview et commentaire de l’enquête du NYT par l’islamologue Mathieu Guidère.
      Il parle notamment des candidats au djihad : "Les témoignages dont nous disposons de l’intérieur de l’organisation semblent indiquer que ces pratiques ont tendance à séduire une certaine frange de la jeunesse masculine acculturée et frustrée sexuellement, en particulier dans certains pays musulmans où les relations entre les hommes et les femmes sont strictement codifiées."

      Pour savoir de quoi on parle, mon premier lien ("L’ « Etat Islamique » et la théologie du viol : l’enquête édifiante du New York Times" (RTBF)) est la traduction en français de l’enquête du NYT.

      Enfin, le troisième lien ("Pour les autorités tunisiennes, il existe un « djihad du sexe » en Syrie" (France 24)) dénonce l’existence de réseaux visant à « assouvir » les désirs sexuels des combattants djihadistes, en d’autres termes, d’une sorte de réseau de prostitution islamiste radical... Ne peut-on pas y voir quelque chose de l’ordre de combler une certaine.. frustration sexuelle ?

    • Il me semble qu’il va falloir éclaircir ce que signifie le terme #frustration_sexuelle et comme je ne souhaite pas m’égarer, je vais dire déjà d’où je parle.
      Je suis une femme, et j’ai affûtée mes couteaux de féministe du dimanche, secundo, ces réflexions se font à brûle pourpoint, aidée de mes lectures et mes expériences, je n’ai pas de statut de chercheuse et ne suis ni sociologue ni politologue, je m’intéresse au monde qui m’entoure, point barre.

      Un des principes Freudien est que la frustration est le moteur du désir, le pendant de la frustration étant la satisfaction. Celui qui ne sait guider sa frustration vers la sublimation est un barbare, et sa libido se compare à celle d’un animal. Tu trouves ça dans tous les livres de religion et dans tout ce qui se nomme civilisation, pour atteindre la connaissance, il faut savoir contenir sa sexualité.

      Là où il me semble qu’il y a un problème c’est qu’à justifier des exactions criminelles diverses par la frustration sexuelle, on fait croire que les hommes seraient guidés par un besoin irrépressible de coït. Dans ce cas seulement je suis d’accord que réside le problème, mais parce que c’est une vaste supercherie qui se fait sur le dos des femmes. De ce principe découlerait que les hommes sont incapables de contenir leur pulsion sexuelle quand ils voient passer une paire de fesse et qu’il est donc ’normal’ qu’ils violent, car cela est dans leur ’nature’. Par un effet boomrang la responsabilité de la violence revient également aux femmes qui se refusent, ce qui justifie qu’elles soient prises de force.
      Que signifierait alors le terme inverse de #satisfaction_sexuelle, que les femmes acceptent de se laisser baiser quand les hommes ont envie d’elles, et que tout le monde gagnerait en liberté et qu’on arrêterait les viols et les meurtres de femmes ? La construction de cette supercherie dite #libération_sexuelle a été mise à jour entre autres par (#Andrea_Dworkin)

      Bref, quand tu as une frustration, quelqu’en soit l’ordre, tu te retiens parce que tu as été éduqué à gérer tes frustrations, si tu es frustré parce que tu n’as pas de BMW, très bien, tu ne vas pas tuer ton voisin qui a cette voiture pour autant. Considérer qu’un être humain ne puisse pas se retenir, c’est le déconsidérer dans sa valeur humaine, dans ce cas là, cela devient presque du racisme.
      C’est pour cela qu’il est important de déconstruire cette idée de « frustration sexuelle » au nom de laquelle les hommes s’autoriseraient à tuer, important surtout pour les femmes, mais aussi pour notre humanité.

    • merci @touti j’ai hésité à intervenir mais bon voilà. Le mode opératoire des mecs place Tahir n’avaient rien à voir avec des frustrations, ces agissements visaient clairement à humilier les femmes pour qu’elles retournent dans leur cuisine et n’en sortent plus. Rien à voir avec la sexualité, c’est juste une façon d’asseoir une domination (masculine) sur l’espace public et la vie politique que ces mecs ne veulent pas partager avec les femmes.

    • Hello @touti, avec une grille de lecture féministe, je comprends ta critique.Il ne me revient pas d’expliquer ce que les auteurs des articles cités entendent par « frustration sexuelle ». Cela dit, en aucun cas, il ne s’agit de justifier ou d’accepter tel ou tel comportement. Sans juger de l’exactitude des conclusions ou de la justesse des analyses, il ne me parait pas moins intéressant d’essayer de comprendre, de poser des questions, de mettre des mots.

    • @odilon, sur le rapprochement entre les faits de Tahir et ceux de Cologne, tu as peut-être raison. Pour ma part, je n’ai pas autant de certitude pour dire qu’ils sont similaires ou incomparables. Encore une fois, je ne suis pas spécialise de la question, je n’ai pas étudié le sujet, ni écrit de livre, ni visité ces pays... contrairement à l’auteure de l’article initial.

    • Un texte de Dworkin
      http://www.legrandsoir.info/la-liberation-sexuelle-une-supercherie-pour-exploiter-sexuellement-les
      Je tâtonne dans ma réflexion, amha, la frustration sexuelle ne hante pas plus le monde arabe que la france, parce que je pars du prorata qu’elle n’existe que parce qu’elle est une construction de diverses strates éducationnelles. J’ai été surprise d’entendre parfois des hommes venants de pays arabes (égypte, tunisie, algérie) conter les fantasmes stéréotypés qui circulent sur les femmes occidentales au point que certains nouveaux arrivants les croit d’abord exacts et agissent en conséquence de façon inappropriée. Cette supposée liberté sexuelle fait toujours des dégats, et continue d’être véhiculée par les médias, la publicité occidentale et la pornographie. Du coup, ça m’intéresse plus de m’interroger sur comment est comprise cette image de la femme depuis l’europe que de poser un schéma de frustration sexuelle prémaché.
      De quelle manière se construit un imaginaire qui suppose des us et coutumes qui n’existent que par médias interposés, mais avec toujours des fantasmes de femmes disponibles aux hommes et à qui il ne serait pas nécessaire de demander leur avis.

    • C’est pour cela qu’il est important de déconstruire cette idée de « frustration sexuelle » au nom de laquelle les hommes s’autoriseraient à tuer

      Je dirais même qu’il est important plus globalement de déconstruire les discours inspirés de Freud qui interprètent tout et n’importe-quoi en termes de désir, libido, castration et compagnie, en fournissant dans le même temps des concepts essentialistes bien cagneux à qui veut justifier les pires saletés par « la nature ». Je sais pas s’il a existé dans l’histoire de l’humanité une civilisation aussi sexo-centrée (et andro-centrée) que la nôtre.

    • #Les_femmes_de_droite
      #déconstruction

      Juste un aparté : @Touti, merci, ça fait du bien de relire ça ! j’avais oublié jusqu’où pouvait mener, aujourd’hui - en terme de défrichage de la sinistre confusion apparente - ce texte d’Andrea Dworkin.

      Décidément, qu’il s’agisse de questions de racisme, de technologie ou de « critique sociale », ignorer l’importance des critiques féministes radicales est le père de bien des calamités.

    • Tout à fait d’accord, @koldobika. Oserais-je cependant ajouter qu’il est possible de parler des frustrations sexuelles hors du cadre freudien (cfr DSM) ? Enfin, que la psychologie freudienne, reste un truc spécifiquement franco-français (autant savoir) et attirer votre attention sur le fait qu’aucun des articles ici n’y fait référence...

  • Mozilla au delà de Firefox
    http://esquisses.clochix.net/2013/06/16/webmakers

    Du point de vue de l’adoption par le grand public, Mozilla est aujourd’hui le projet libre le plus réussi. Cette réussite est en grande partie due à une approche très pragmatique consistant à ne pas hésiter à se salir les mains, à utiliser tous les moyens pour parvenir à son but.

    #libre #pragmatisme #utilisateurs #utilisabilité #satisfaction #évangélisation

    • (Plusieurs minutes de lecture quand même. Des dizaines de minutes en suivant les liens)

      weneedyou

      Pour long qu’il soit, ce résumé est probablement très incomplet. La galaxie des #projets dans lesquels #Mozilla est impliquée est très très vaste. Si la fondation peut s’engager dans autant de projets, malgré ses moyens limités, c’est en grande partie grâce aux bénévoles de la communauté. Elle a donc besoin que de plus en plus de gens s’investissent. Si certains de ces projets vous intéressent, je vous encourage vivement à aller y regarder de plus près et essayer d’y contribuer.

      Mais, malheureusement, la gouvernance de Mozilla est en grande partie étasunienne, et la localisation est souvent négligée. Je ne parle pas seulement de traduction des ressources, mais bien de localisation, d’adaptation aux contextes et aux sensibilités dans chaque partie du globe. Nous avons donc besoin au sein de la communauté francophone de davantage de bonnes volontés pour s’investir dans ces projets et permettre aux internautes de nos régions d’en profiter pleinement. C’est un tâche assez ingrate, mais le résultat vaut le coup. Surtout, la communauté francophone comporte plus de gens biens que de connards amer, et on y rigole bien. Alors viendez, on a vraiment besoin de vous !

      Belle « synthèse » des projets dans lesquels la fondation Mozilla s’implique.

  • Les opportunités manquées du Libre : la satisfaction | ploum.net
    http://ploum.net/post/opportunites-manquees-du-libre-satisfaction

    Mais les utilisateurs sont tous différents. Et force est de constater que l’aspect libre d’un logiciel n’offre de satisfaction qu’à une minorité. Au lieu de se poser la question de ce qui pourrait satisfaire les autres utilisateurs, les libristes se sont immédiatement lancés dans une croisade tentant de convaincre le monde entier que d’utiliser du libre était une satisfaction en soi.

    […] Rétrospectivement, il semble absurde de penser que nous aurions pu convaincre la multitude.

    […]

    Pire : la satisfaction d’une minorité de libristes était justement de maîtriser des outils complexes, de les personnaliser, d’apprendre. Cette satisfaction était en opposition totale avec l’intérêt du plus grand nombre, à savoir que l’outil fonctionne sans avoir besoin de se prendre la tête.

    #utilisabilité #satisfaction #évangélisation #libre #liberté #utilisateurs #élitisme

    • Je pense que ce billet manque de prise de recul. Comme si « l’échec » (je demande à voir) du libre était dû aux seuls manquements de quelques milliers de geeks manquant de respect pour le simple user et n’avait rien à voir avec la course effrénée aux dividendes, valorisations d’entreprises, etc. Les libristes ont tort de tenter de se comparer au monde des marketteux et des multinationales, même si bien souvent ils y gagnent leur pain. Ce monde-là crée des besoins si nécessaire et apporte des solutions à des problèmes qui n’en sont pas forcément, mais en les rendant désirables, souvent en jouant avec la gratuité apparente et les instincts de base que sont le voyeurisme, le sexisme, etc. Le tout, pour faire du pognon avec des données et de la diffusion de publicité. Le choix du libre est politique et stratégique au moins autant que fonctionnel.

    • Un groupe social qui manque si cruellement de diversité et d’altruisme ne peut qu’être en difficulté — si pas en échec.

      @Suske : quel rapport entre la considération pour autrui — le « user » dis-tu — et la « course effrénée aux dividendes » ? avec les « marketteux et des multinationales » ? « faire du pognon », etc. Pourquoi évoquer toutes ces pratiques détestables ? Cela veut-il dire qu’avoir des utilisateurs satisfaits est perçu par les libristes comme une si grande menace ? En avoir peu est donc une façon de se protéger ?

      Voir aussi, a contrario, cette évocation de la réussite du projet libre Mozilla : http://seenthis.net/messages/148476

    • Le groupe social tu parles d’eux ?


      http://www.seenthis.net/messages/115029

      Le billet parle notamment du fait que les « libristes » tentent de copier ce qui se fait mieux ailleurs. Cela positionne bien le libre ! Non pas en temps que copieur mais en temps qu’offreur d’alternatives libres (et accessoirement libérées de la plupart/tous les défauts de l’original : flicage, matraquage publicitaire...). Seulement en se passant des revenus iniques que ces pratiques procurent, le libre se déforce également. C’est sain. C’est pour ça que j’évoque ces pratiques détestables.

      Sinon non, je ne vois pas de menace dans un utilisateur satisfait. Je vois une menace dans « les marketeux et multinationales » qui arrivent à imposer les normes de ce qui est bien et utile. Qui créent les besoins (bis). Cfr. l’idéologie du « one clic ». Non pas que je sois contre la facilité ou effrayé par quoi que ce soit. Il n’y a pas seulement cette merveilleuse simplicité propriétaire d’un côté et cette vilaine complexité libre de l’autre. Il y a aussi d’un côté les chaînes et de l’autre la liberté. A mes yeux, le lien est tellement évident...

  • Crises : la solution des villes | Jean Haëntjens
    http://crevilles.org/mambo/index.php?option=com_content&task=view&id=9783&Itemid=203

    http://crevilles.org/mambo/images/Couvertures/couv_9783.jpg

    L’auteur, Jean Haëntjens, économiste et urbaniste, qui observe depuis dix ans les stratégies des #villes européennes a constaté que ces villes se retrouvaient autour d’une même idée : s’intéresser aux #satisfactions et aux #ressources avant de s’intéresser aux richesses. Ce principe stratégique, qui contourne le « tout économique », leur a permis de se développer plus vite que d’autres. En analysant en profondeur ce qui a permis ce succès, l’auteur a élaboré cette « méthode des villes », une méthode politique profondément originale. L’ouvrage décrit et analyse toutes les mutations qui conduisent à la satisfaction : du #transport à la mobilité, du logement à l’#habitat, de la culture à la créativité, la dimension environnementale, etc., et fournit tous les ingrédients de réussite.

    Il en dégage quatre principes fondamentaux : cohérence fonctionnelle, cohérence opérationnelle, production méthodique de désir collectif et gouvernance partagée

    #livre #urbanisme #politique suite de « La Ville frugale » chroniqué ici http://seenthis.net/messages/60567 et interview là http://seenthis.net/messages/50332