• Les universités suisses paient 70 millions aux éditeurs scientifiques, mais veulent les faire plier

    Les institutions suisses dépensent plus de 70 millions de francs par an pour accéder aux articles publiés dans les revues scientifiques. Alors que l’open access gagne du terrain, la mainmise des éditeurs commerciaux sur la diffusion de travaux de recherche est toujours plus contestée. Universités, bibliothèques et chercheurs se sont alliés pour négocier avec les grandes maisons d’édition. Mais à peine lancées, les discussions prennent déjà du retard.

    Pourquoi c’est important. Les trois principaux éditeurs scientifiques, #Elsevier, #Wiley et #Springer Nature, publient des milliers de revues, parmi lesquelles certaines des plus prestigieuses : Cell, The Lancet, Nature. Ils bénéficient d’un #monopole sur leurs produits qui leur permet d’imposer des augmentations annuelles de prix de l’ordre de 4% à 8%. Une situation difficilement tenable pour leurs abonnés qui essaient tant bien que mal de contenir ces coûts.

    https://www.heidi.news/articles/les-universites-suisses-paient-70-millions-aux-editeurs-scientifiques-mais-v
    #édition_scientifique #université #savoir #prix #coût #science
    #paywall

  • #Quebec : Un système de santé qui rend malades ses soignants Texte collectif - 11 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551885/un-systeme-de-sante-qui-rend-malades-ses-soignants

    La chaîne de montage de l’usine de santé qu’ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l’usine pour partir en congé de maladie. Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.


    Photo : Fred Dufour Agence France-Presse « Les valeurs et principes de la logique industrielle sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels », rappellent les auteurs.

    Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d’une simple crise circonstancielle. La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.

    Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c’est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible. Celui qui jadis prenait son temps auprès d’une mère, d’une famille ou d’une personne âgée est aujourd’hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique. C’est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l’écoute, l’accueil et l’accompagnement.

    On voit bien comment cette situation ne peut qu’être préjudiciable pour la population. Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d’impuissance.

    Le délire de la technocratie
    Le temps qu’exige l’administratif est en voie de d’égaliser le temps consacré à la population. À titre d’exemple, actuellement, une demande d’hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.

    Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n’ont autant éloigné les soignants de la population. En fait, l’intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l’ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-administratives. Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu’ils rencontrent dans leur travail.

    Crise des valeurs et perte de sens
    La rentabilité, la performance, l’optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables. Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels. Chemin faisant, l’évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d’incompétence et une de perte de sens dans ce qu’ils font.

    Prendre un congé de maladie
    Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l’institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d’aide aux employés (PAE). Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.

    Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d’un côté, et incapables, de l’autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n’ont d’autre choix que de partir en congé de maladie.

    L’espoir d’un rétablissement ?
    L’étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route. Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles. Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu’ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.

    La société québécoise doit donc exiger que le ministère s’engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population.

    Sont cosignataires du texte :
    Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social) ; Natalie Stake-Doucet, présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers ; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public ; Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec ; Angelo Soares, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

    #travail #santé #capitalisme fausse #rentabilité #médecine #santé_publique #humanité #rendement #technico-administratif #procédures #performance #évaluation_comptable #normes #soignantes #soignants #solutions_organisationnelles #délire #Services_publics #technologie #bureaucratie #néolibéralisme #administration

    • Dans les commentaires
      Comme on ferme des établissements, on en fusionne d’autres jusqu’à devenir ces monstres régionaux CISSS et CIUSSS, il faut de plus en plus de mécanismes de reddition de comptes : la gestion de proximité étant rendue très difficile, il faut introduire toujours plus de processus écrits, informatisés pour tout justifier, monitorer, calculer pour que les gestionnaires de haut niveau aient des tableaux de bord qui orienteront leurs décisions.

      Les intervenants de toute catégorie doivent passer un temps considérable à consigner ce qu’ils font pour que soient comptabilisées leurs actions et qu’on puisse en établir la productivité, les coûts-bénéfices. On a beau démoniser de temps à autres les cadres (trop nombreux, trop cher payés disent-ils) de fait, c’est la pensée gestionnaire qu’on a fait triompher depuis des années. Les professionnels, techniciens et employés de tous corps de métier sont à la merci depuis des décennies des vagues de ré-organisations à petite oun grande échelle que la nouvelle école de pensée en gestion fait mettre en chantier. Même si un certain nombre de gestionnaires ont d’abord été des professionnels de la santé ou des services sociaux, ils sont vite invités à se distancer de leur métier de base pour devenir de « vrais » gestionnaires. Hélas, la relation soignante n’entre pas dans leurs paramètres... Désolant état, ce réseau muselé.

    • C’est la « nouvelle gestion publique » qui fait des ravages. De fausses prémisses pour encourager la concurrence entre individus d’une même organisation.

      Ça commence par de la #pseudo-science : l’« autonomisation » (« #empowerment »). C’est le nirvana pour un #gestionnaire (qui trouve ça « très le fun » de ne plus se sentir « responsable », car, c’est les autres, maintenant). Autre pseudo-science, celle du « #savoir-être », autre #canular dérivé de l’intelligence émotionnelle (fabuleuse découverte ! Il faut entendre les cris d’indignation : ce n’est pas vrai, ça existe le « savoir-être » !), alors, les gens médiocres ont du « savoir-être ».

      Il y a, aussi la « #gouvernance » ! Il faut faire confiance à l’imagination pour que ce terme se retrouve dans la bouche du « gestionnaire » qui se gargarise avec.

      En résumé, la gestion, dans les dernières décennies on envahit de très vastes aspects du fonctionnement d’une organisation (avec l’aide des « #RH ») avec de la speudo-science. À l’aide de principe de la « nouvelle gestion publique », qui relève plus de la religion : « un scrum, ça se fait debout » (si vous dites que non, vous êtes « excomunié »). La gestion glane des informations avec lesquels elle « découvre » des « correlations » et appel cela des « #indicateurs » et « gouverne » dernière un écran (en sachant que les employés s’« autogérent » !?!?).

      Des solutions ? Retrouver le sens du « savoir-faire » (celui-ci est plus facilement « mesurable » que le « savoir-être », en cela, qu’un défi vous est lancé de trouver comment mesurer le « savoir-être »), retirer le regroupement professionnel RH. Instruire au lieu de former. Enseigner l’esprit critique au lieu de donnée des cours de finance.

      Si vous n’êtes pas d’accord avec la gestion, vous êtes déloyale, vous faites preuve d’insubordination. Vous êtes des hérétiques

  • La bière : un cas d’école du #sexisme
    https://information.tv5monde.com/terriennes/la-biere-un-cas-d-ecole-du-sexisme-314846

    Une belle ironie quand on sait que la #bière est d’abord une #histoire de brasseuses, comme le rappelle la spécialiste Elisabeth Pierre : « Initialement, la fabrication de la bière, liée au pain, était réservée aux femmes. A partir du XIIIe siècle, des moines se sont mis à brasser, mais l’on trouve une majorité de femmes parmi les grandes figures historiques, telle la religieuse Hildegarde de Bingen, botaniste et première brasseuse à avoir consigné l’importance du houblon dans l’élaboration de la bière, au XIIe siècle. En Angleterre, le savoir-faire était également féminin avec les alewives, à l’origine des premiers pubs. Mais la révolution industrielle a sorti la bière de son univers rural et domestique, avant que le #marketing n’en fasse une boisson d’hommes quand les femmes n’ont pourtant jamais cessé de brasser. »

  • First article published in UCL’s open access megajournal

    UCL’s new megajournal ‘#UCL_Open’ has published its first article, delivering on our commitment to provide academics, students and the general public with ground-breaking research free of charge.

    https://www.ucl.ac.uk/news/2019/aug/first-article-published-ucls-open-access-megajournal
    #résistance #édition_scientifique #savoir #université #connaissance #UCL #alternative #open_access #revues_scientifiques

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    Welcome to UCL Open: Environment
    https://ucl.scienceopen.com
    #UCL _open_environment

  • #Charpente de #Notre-Dame : stop aux idées reçues ! | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/billets/charpente-de-notre-dame-stop-aux-idees-recues

    L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame retombée, de nombreux commentaires contradictoires ont circulé à propos de la charpente disparue, des bois qu’il fallait sécher plusieurs années pour être utilisés et des #forêts entières qu’il fallait raser pour la construire ou la reconstruire. Il est donc utile de faire un état des connaissances sur la charpente et les #bois utilisés à Notre-Dame au XIIIe siècle ainsi que sur les possibilités de reconstruire une charpente en bois selon les techniques en vigueur au #Moyen Âge.

    #sylviculture #architecture #techniques_traditionnelles #monuments_historiques #dendrochronologie #hache #chêne #charpenterie_gothique #hermione #savoirs-faire

    Le véritable défi technologique que représente la reconstruction de la charpente de Notre-Dame n’est pas de faire une structure high-tech en matériau contemporain, ce que nous savons très bien faire sur des gares ou des aéroports, mais bien de pouvoir encore aujourd’hui réaliser une charpente en chêne dans le respect des savoir-faire traditionnels.

    Ce choix serait d’une étonnante modernité, car il permettrait à un corps de métier de se réapproprier des techniques respectueuses du monument, des hommes et du bois, par l’emploi d’un matériau biosourcé prélevé en valorisant nos ressources forestières selon une éthique écologique, et travaillé manuellement avec une empreinte carbone quasi nulle, selon des préoccupations somme toute très ancrées dans le XXIe siècle.

  • Column : Why geography matters for students now more than ever | PBS NewsHour

    https://www.pbs.org/newshour/education/column-geography-matters-students-now-ever

    Intéressant pour poser les termes d’un nécessaire débat autour de cette question.

    Geography matters more now than ever because students need to know human geography. They need to understand the relationships that exist between cultures.

    #géographie #savoir #connaissance #esprit_critique #éducation

  • Le numéro 1, un très beau numéro de la revue
    #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...

    Sommaire :

    Une sensation d’étouffement/Aux frontières de l’Iran et de l’Irak/Pâturages et Uniformes/La Banda Baudissard/
    À ceux qui ne sont responsables de rien/Des plantes dans l’illégalité/Conga no va !/Mundatur culpa labore

    La revue est disponible en pdf en ligne (https://revuenunatak.noblogs.org/numeros), voici l’adresse URL pour télécharger le numéro 1 :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2017/03/Nunatak1HiverPrintemps2017.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

  • A quoi sert une #librairie ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-billet-culturel-du-vendredi-10-mai-2019

    À trouver ce qu’on ne cherche pas. Voilà une réponse qui en un sens « tue Amazon ». Elle est au cœur d’un petit livre violet, d’à peine 50 pages, signé de l’étymologiste anglais Mark Forsyth et intitulé « Incognita Incognita ».

    #lecture #savoir #connaissance

    • Open Letter from U.S. and Global Sociologists in Support of Brazilian Sociology Departments

      On April 25th, Brazilian President Jair Bolsonaro, along with his Minister of Education, Abraham Weintraub, declared the government’s intent to “decentralize investments in philosophy and sociology” within public universities, and to shift financial support to “areas that give immediate returns to taxpayers, such as veterinary science, engineering, and medicine.”

      As professors, lecturers, graduate students, post-doctoral fellows, and other scholars in sociology and related disciplines at colleges and universities in the United States and worldwide, we write to declare our unwavering support for continued funding for sociology programs at Brazilian universities. We oppose President Bolsonaro’s attempt to disinvest in sociology, or any other program in the humanities or social sciences.

      As historical and contemporary sociologists, we understand that the decades-long marketization of higher education has convinced many politicians - in Brazil, in the United States, and globally - that a university education is valuable only insofar as it is immediately profitable. We reject this premise.

      The purpose of higher education is not to produce “immediate returns” on investments. The purpose of higher education must always be to produce an educated, enriched society that benefits from the collective endeavor to create human knowledge. Higher education is a purpose in and of itself.

      An education in the full range of the arts and sciences is the cornerstone of a liberal arts education. This is as true in Brazil as it is in the United States as it is in any country in the world.

      Brazilian sociology departments produce socially engaged and critical thinkers, both in Brazil and worldwide. Brazilian sociologists contribute to the global production of sociological knowledge. They are our colleagues within the discipline and within our shared departments and institutions. When sociologists from abroad conduct research or other academic work in Brazil, we are welcomed by Brazilian sociologists and by their departments. Many of our own students receive world-class training in sociology at Brazilian universities.

      President Bolsonaro’s intent to defund sociology programs is an affront to the discipline, to the academy, and, most broadly, to the human pursuit of knowledge. This proposal is ill-conceived, and violates principles of academic freedom that ought to be integral to systems of higher education in Brazil, in the United States, and across the globe. We urge the Brazilian government to reconsider its proposition.

      https://sites.google.com/g.harvard.edu/brazil-solidarity

    • Brazilian Government To Defund Philosophy in Public Universities

      Jair M. Bolsonaro, the current president of Brazil, has announced on Twitter his plans to stop government funding of philosophy and sociology in the nation’s public universities.

      A rough translation is: “The Minister of Education, Abraham Weintraub, is studying how to decentralize investment in philosophy and sociology at universities. Students who have already enrolled will not be affected. The objective is to focus on areas that generate immediate return to the taxpayer, such as: veterinary, engineering, and medicine.”

      By way of explanation, he added:

      Again, roughly translated, this says: “The role of the Government is to respect the taxpayer’s money, teaching young people to read, write, and learn job skills that generates income for the person and well-being for the family, which improves the society around them.”

      Those with more knowledge of the situation are encouraged to share what they know in the comments here, or by email to dailynouseditor@gmail.com.

      http://dailynous.com/2019/04/26/brazilian-government-defund-philosophy-public-universities

    • Le post de Rodrigo (reçu par email de @isskein):

      Some friends have written to ask about the Brazilian government’s announcement of an attack on the humanities (http://tiny.cc/d10t5y) –– and, very kindly, how/whether that affected me personally. As I thought other people might be interested, here’s a couple of things.
      Secondary things first: the decision, whatever it is, does not affect me directly, as PUC-Rio is thankfully under the jurisdiction of a rather more stable authority, the Vatican. (Well, the Jesuits, technically –– and let me tell you, one really comes to appreciate the charms of actual warrior priests when faced with the Holy Crusade LARPers we currently have in power.) Indirectly, however, this decision, whatever it is, can have effects across the board.

      “Whatever it is” is the main thing at this point. There is no decision as such yet, and the announcement is quite vague, possibly because, not having much of a clue how the state machine works, they still don’t know how to implement it. “Decentralising funds” doesn’t really mean anything, and public universities have autonomy to employ their resources, so “defunding the humanities” is not something Brasília can decide like that. What this can mean in the long run, however, is two things. One is something that has already been happening for a while and was already expected to get worse: a substantial cut in research funding across the board, but especially for the humanities. This does have an impact on non-public universities as well, or at least the few like PUC that do research, since the vast majority of research in Brazil is publicly funded, particularly in the humanities. The other thing, which was also expected to some extent, is that the new chancellors the government will pick for federal universities will be politically and ideologically aligned with it, and will implement this policy.

      It is worth pointing out that, because of the notoriously perverse way HE recruitment works in Brazil, the humanities tend to be the courses of choice for the students who went to the worst schools (read poor, black, brown, indigenous), as they’re easier to get into. So defunding the humanities is indirectly also a policy of restricting access to HE, reverting the positive trend of expansion established in the last two decades. With the economic crisis, of course, that reversal had already begun.

      Now, as for the context. This government’s ideological core is not just anti-intellectual, but made up of wannabe alt-right ideologues, conspiracy nuts and a bunch of ressentis who managed to square their belief in free competition with their utter failure in life by constructing the fantasy of a communist-globalist plot against the(ir) world. Less charmingly, they are historical revisionists (regarding the dictatorship, the Nazis, slavery...) and climate denialists. It is therefore in their interest to eliminate anything that refers to a reality other than the one they have fabricated or deals with the development of critical tools for analysing evidence. This extends to the war they are already waging against the state departments that deal with the census, statistics and applied research. The more they can make the world inaccessible by either fact or interpretation, the freer they are from the resistance imposed by reality –– including from the very possibility of statistically assessing the impact that their actions will have.

      Why now, though? Bolsonaro is too divisive and politically inept, his programme potentially too harmful, to build a stable majority. It’s still unclear whether he can deliver a pension reform, which is essential to ensure the continuing support of big capital, and his popularity rates have taken a considerable fall since January, especially among the poor. (See: https://tinyurl.com/yyl2kff7). He knows, on the other hand, that his greatest asset is a very engaged core base of true believers. US friends will be familiar with this behaviour from Trump: whenever the boat rocks, he will throw his base a bait, and this is mostly what this announcement is.

      Unlike Trump, Bolsonaro doesn’t even have economic recovery going for him, so if things remain as they are, we should expect him to become more divisive, and his support to become more unstable (in every sense). But there’s another political rationale to this attack specifically. As more poor people were making it into university, especially in the humanities, the left was also losing most of its direct presence in the peripheries and favelas. This means that this layer of the university-educated poor, who have increasingly taken on a protagonist role, have become central to any future left strategy in the country. This was the background from which hailed Marielle Franco, an object of especially vicious hate for Bolsonarismo, and in relation to whose death they still have serious questions to answer (https://tinyurl.com/y3btg54d).

      If you’re worried and you’d like to help, stay tuned to this story, stay in touch with colleagues in Brazil or in your countries/institutions who are doing stuff on Brazil, keep an eye on the news and be ready to call out reporting in your countries that normalises the absurdity of so much that’s going on. It might be a tad premature right now, but motions from union branch and professional association motions might be in a good order at some point; every little bit helps. It is likely that there’ll be opportunities in the future for putting pressure on foreign governments to get them to put pressure on Brazil to curb the worst impulses of this government. Several measures announced in these early months were retracted once there was some pushback, so that does not seem a far-fetched possibility. In the meantime, you might consider circulating this manifesto by 600 scientists from all over the world demanding that the EU hold Brazilian trade to minimal indigenous rights and environmental standards: https://science.sciencemag.org/content/364/6438/341.1. This is the kind of thing we’ll probably be seeing more of in the near future.

    • MEC bloqueia 30% do orçamento de três universidades federais; outras unidades também são atingidas

      Mãos de tesoura Entidades que monitoram o investimento no ensino superior detectaram novo bloqueio de verbas de instituições federais no fim de abril, após Abraham Weintraub assumir o Ministério da Educação. Cerca de R$ 230 milhões foram contingenciados.

      Mãos de tesoura 2 Várias unidades do país sofreram com o congelamento de valores previstos no orçamento de investimentos e outras despesas correntes, mas o volume da tesourada em três universidades chamou a atenção: a Federal da Bahia, a de Brasília e a Federal Fluminense.

      Mãos de tesoura 3 De acordo com números preliminares, o valor bloqueado nas três entidades corresponde a mais da metade do contingenciamento imposto a todas as universidades. Procurado, o MEC informou que UFBA, UnB e UFF tiveram 30% das dotações orçamentárias bloqueadas.

      Mãos de tesoura 4 Em nota, a pasta disse que “estuda os bloqueios de forma que nenhum programa seja prejudicado e que os recursos sejam utilizados da forma mais eficaz. O Programa de Assistência Estudantil não sofreu impacto em seu orçamento.”

      Verão passado Em 2018, a UFF foi palco de um rumoroso “ato contra o fascismo”, na reta final da eleição presidencial. Já a UnB foi palco recentemente de debates com Fernando Haddad (PT) e Guilherme Boulos (PSOL).

      https://outline.com/NwUD9a

    • British Philosophical Association Defends Philosophy in Brazil

      The Executive Committee of the British Philosophical Association (BPA) has issued a statement responding to Brazil’s president, Jair Bolsonaro, who last week proposed that federal funding for the study and teaching of philosophy and sociology be ended.


      The statement reads:
      The British Philosophical Association is highly alarmed by President Bolsonaro’s plans to remove funding from Philosophy and Sociology in Brazilian Universities. Such a move is not in Brazil’s interests – having well-funded, vibrant, internationally-connected philosophy and sociology departments is crucial to healthy universities and, by extension, to healthy societies. Philosophers, alongside colleagues in the humanities, arts and social sciences, have a crucial role in helping us to understand, question, invent and reinvent the communities, towns, cities, societies and economies in which we exist. They help us understand what is valuable and why. They help us understand the results and implications of the fruits of science and technology.

      The proposal to defund philosophy departments in Brazil is bad for philosophy as a worldwide discipline; philosophy directly benefits from the diversity of experiences of the people that contribute to it. Brazil has been home to generations of distinguished philosophy scholars: Paulo Freire, Oswaldo Chateaubriand, Newton da Costa, Walter Carnielli, Itala D’ottaviano, Vladimir Safatle, Ana Paula Cavalcanti Simioni to name but a few. Brazil’s philosophy departments attract visiting philosophers from all over the world to study alongside leading figures. Brazil’s universities have produced philosophers who have gone on to work at leading universities around the world; for example, Roberto Mangabeira Unger is Professor at Harvard Law School, and two of the three Editors-in-Chief of Synthese, one of the world’s top ranking philosophy journals, are Brazilian and trained at the University of Sao Paulo – Catarina Dutilh Novaes and Otavio Bueno.

      This move strikes a blow against academic freedom and freedom more broadly; while President Bolsonaro’s statements have been framed as an attempt to channel investment towards programmes of study which might provide shorter-term benefits to Brazil’s economy, the BPA note that authoritarian governments often attempt to silence philosophers and sociologists as a move to make it more difficult for people to express views critical of those in power. The British Philosophical Association calls on leaders around the world to urge President Bolsonaro to reconsider this move.

      http://dailynous.com/2019/05/01/british-philosophical-association-defends-philosophy-brazil

    • La direction du président Jair Bolsonaro (PSL) a bloqué les dernières heures de bourses d’études et de doctorat offertes par Capes (Coordination pour l’amélioration du personnel de l’enseignement supérieur).
      Selon les informations communiquées par les coordonnateurs de programme, les fonds inutilisés temporairement auraient été retirés du système d’agence de développement rattaché au ministère de l’Éducation.

      Les bourses ont été accordées à des étudiants ayant déjà défendu leur travail récemment et seraient destinées à des étudiants approuvés dans le cadre de processus de sélection terminés ou en cours.

      La coupure a pris les universités par surprise a touché non seulement les domaines de l’homme, mais la direction du ministre Abraham Weintraub a déclaré que ce n’était pas la priorité des investissements publics, mais également de la science.

      À l’Institute of Biosciences of USP, 38 bourses d’études ont été coupées - 17 masters, 19 doctorats et deux postdoctoraux.
      voir plus :

      https://www.tudosobreposgraduacao.com/post/gest%C3%A3o-bolsonaro-faz-corte-generalizado-em-bolsas-de-pes

  • Galaxy Haraway | DégenréE
    http://www.radiorageuses.net/spip.php?article999

    Malgré cette dure semaine pour le collectif dégenré-e (nous nous sommes fait.e.s viré.e.s de Radio Kaléidoscope), nous vous invitons dans la galaxy Haraway. Ce premier volet n’est qu’un voyage à travers quelques constellations de la féministe Donna Haraway, notamment autrice du « Manifeste Cyborg ». Durée : 1h30. Source : Radiorageuses

    https://degenree.pimienta.org/2019/degenree-2019-donna-sans-studio.mp3

  • Lettre de #chercheur.es aux #jeunes et moins-jeunes, qui se sont #mobilisé.es les 14, 15 et 16 mars
    https://lundi.am/Lettre-de-chercheur-es-aux-jeunes-et-moins-jeunes-qui-se-sont-mobilise-es-les

    Astronomes, physiciens, archéologues, historiens et chercheurs en sciences cognitives [...] proposent, de #tout_reprendre_à_zéro et de « commencer une #nouvelle_ère en refusant les technologies qui nous apportent plus d’enfermement que de liberté, en imaginant de nouvelles manières de produire, de nouvelles manières de prendre les décisions qui nous concernent, et de nouvelles manières de communiquer, de voyager, de nous soigner, de mourir, de faire la fête, de travailler et d’apprendre ».

  • Publications scientifiques : la justice française ordonne aux FAI de bloquer Sci-Hub et LibGen, à la demande des éditeurs Elsevier et Springer Nature
    https://www.developpez.com/actu/253749/Publications-scientifiques-la-justice-francaise-ordonne-aux-FAI-de-bloqu

    En France, comme dans d’autres pays, #Elsevier et #Springer Nature ont donc saisi la justice pour obliger les fournisseurs d’accès internet à bloquer #Sci-Hub ainsi que #LibGen, un moteur de recherche d’articles et livres scientifiques qui facilite aussi l’accès aux contenus soumis à un péage. Les deux hébergeraient respectivement plus de 70 millions et plus de 25 millions d’articles scientifiques, d’après les éditeurs.

    Le verdict est tombé plus tôt ce mois de mars. Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a statué que les éditeurs ont suffisamment démontré que les plateformes Sci-Hub et LibGen sont entièrement dédiées ou quasi entièrement dédiées au piratage de leurs articles. Il a donc demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de mettre tout en oeuvre pour bloquer l’accès aux domaines de Sci-Hub et LibGen, soit une liste de 57 domaines (y compris des adresses de redirection). Le blocage devra être en vigueur pendant un an.

    Le tribunal estime que s’ils ne sont pas responsables du contenu auquel ils donnent accès, « les FAI et les hébergeurs sont tenus de contribuer à la lutte contre les contenus illicites, et plus particulièrement, contre la contrefaçon de droits d’auteur et droits voisins, dès lors qu’ils sont les mieux à même de mettre fin à ces atteintes ». Le TGI précise également qu’aucun texte ne s’oppose à ce que les mesures à mettre en oeuvre pour mettre fin à ces violations soient supportées par les intermédiaires techniques, c’est-à-dire ici les FAI, quand bien même ces mesures sont susceptibles de représenter pour eux un coût important. Donc le coût de la mise en oeuvre des mesures nécessaires restera à la charge des FAI.

    Même si les FAI décidaient de ne pas faire appel de cette décision, on pourrait se décider s’il est vraiment possible de bloquer ces différents sites. La réalité est qu’après de tels blocages, il y a toujours des sites miroirs qui réapparaissent. Conscients de cela, les deux éditeurs avaient demandé que les FAI surveillent la réapparition de sites miroirs et les bloquent systématiquement ; une demande que le tribunal ne leur a pas accordée. Cela veut dire que si, après avoir été bloqués, Sci-Hub et LibGen réapparaissent sous d’autres domaines, les éditeurs devront à nouveau se rendre au tribunal pour actualiser leur liste de domaines à bloquer. Ce qui prendra du temps et permettra aux sites ciblés de rester en ligne presque sans interruption.

    #savoirs #partage #publications #paywall

  • The all-female farming co-operative in Benin

    These women from the village of #Todjedi in the south-east of Benin wanted to ensure that their traditional knowledge was passed on to the next generation. They also wanted their ancestral seed varieties to be handed to their daughters, to help them navigate the uncertain times to come. So they formed a farming co-operative.


    https://www.positive.news/environment/agriculture/the-all-female-farming-co-operative-in-benin
    #femmes #non-mixité #Bénin #agriculture #connaissance #savoir #transmission_du_savoir #patrimoine (well... #matrimoine du coup!) #semences #graines #agriculture

    ping @odilon

  • Big Deal Cancellation Tracking

    Large publishers have marketed bundles of journals at a discount off of aggregated list price since the late 1990’s. The value proposition for publishers is a guaranteed revenue stream at a high overall dollar value. The perceived benefit for the institutions has been access to a large volume of journal titles, at a lower per-title price than ala carte purchasing would afford. Over time, however, the actual value of these “big deals” has grown less clear. Publishers have often raised the price of the packages by 5-15%, far outpacing library budgets. This has been justified, in part, by the addition of a growing number of specialized journal titles, launched in quick succession. Libraries have found a growing chunk of their budgets allocated to servicing these big deals, as well as their ability to curate resources and build collections most appropriate for their communities severely hampered.

    What was once a no-fuss way to get a significant collection of journals at a discount off of list price has devolved into a restrictive agreement that limits financial and strategic flexibility. The “big deal” has often been compared to a cable or satellite TV package, an apt analogy insofar as the customer cannot choose to pass on content that is of no interest, with initial price breaks quickly giving way to locked-in increases. Much like the millions of consumers who have chosen to “cut the cord”, a growing number of libraries are electing to critically appraise these big deals by assessing their collections, the value for money they are receiving from these packages, and how they might more strategically spend their finite collections resources.

    https://sparcopen.org/our-work/big-deal-cancellation-tracking
    #édition_scientifique #université #savoir #résistance #liste #base_de_données #database

    Ici le tableau excel:


    https://docs.google.com/spreadsheets/d/1brXHnANwLBCHYo5b79hF6vGF63fdOCSOSiPxCScf0hc/edit#gid=0
    ping @reka @fil

  • ​Norwegian research institutions have decided not to renew their agreement with #Elsevier

    The offer from Elsevier is a long way from fulfilling the Norwegian requirements for open access to research articles. There is also no movement in transitioning the agreement from paying to read to paying for open publishing. The agreement with Elsevier will therefore not be renewed for 2019. The rectorates at the universities of #Bergen, #Oslo, #Tromsø and #Trondheim all support this decision.

    The Norwegian government aims at making all publicly funded research articles openly available by 2024 and to move from paying to read articles through subscription agreements, towards paying for publishing articles that are openly available. Unit – The Directorate for ICT and shared services in Higher Education and Research has been in discussions with Elsevier since the introduction of the government’s national guidelines for open access in 2017. Unit negotiates and manages agreements on behalf of Norwegian research institutions. The agreement with Elsevier includes 44 member institutions comprising of universities, university colleges, research institutes and hospitals, and is the largest of the agreements.

    To ensure a successful transition to open access, the following guiding principles apply to all negotiations:

    Articles with corresponding authors from Norway shall be openly available at the time of publishing

    Publishing open access shall not increase total costs

    License agreements, costs and business models must be fully transparent

    Perpetual access to content published in subscription journals must be granted

    * Agreements should demonstrate a move towards models where costs are related to the volume of Norwegian article output

    In July 2018 Universities Norway (UHR) gave their full support to Unit’s negotiation principles and nominated representatives from the rectorates at the universities of Oslo and Bergen to participate in the negotiations with Elsevier.

    – For many years we have cooperated closely with library directors during negotiations. The type of agreements we are now negotiating will have a direct impact on the publishing of research, and participation from the top level of the institutions has therefore been important. The active involvement of the rectors has sent an important message to publishers that the negotiation principles have the full support at the top level, says the Director of Research Services Strategy at Unit, Katrine Weisteen Bjerde.

    Despite good discussions, the offer from Elsevier is still a long way from meeting the principles and has therefore been rejected. There will therefore be no agreement in 2019, but the discussions continue.

    – It is very disappointing that we did not manage to reach an acceptable agreement with Elsevier, a publisher that accounts for a substantial proportion of Norwegian publishing output and is an important stakeholder for us on the road towards open research. We wish to cooperate with all publishers in order to create a good framework for open publishing, but sometimes we simply stand too far apart, states the vice rector for research at the University of Bergen, Margareth Hagen.

    Norwegian researchers publish around 2000 articles annually in Elsevier journals. In 2018 participating institutions paid around € 9 million in subscription costs. In addition, an estimated € 1 million was spent paying to make articles in subscription journals openly available.

    Despite no agreement being reached this year for reading new articles, Norwegian researchers will still be able to publish in Elsevier journals as before. Depending on the individual institutions archive rights, researchers will also still have access to read articles published in many journals up to and including 2018.

    Researchers and others who require access to articles that are not accessible via such archives are encouraged to contact their institutional library who will be able to assist.

    https://www.mynewsdesk.com/no/unit/pressreleases/norwegian-research-institutions-have-decided-not-to-renew-their-agreemen
    #édition_scientifique #Norvège #université #savoir #résistance
    ping @reka

  • Savoir-faire ou savoirs ?
    Comment la sélection paysanne questionne le statut des savoirs traditionnels | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2016-2-page-125.htm

    Dans les rapports sociaux complexes qui relient la paysannerie aux autres catégories sociales, la place des savoirs et des techniques est cruciale. La maîtrise, la qualification et la reproduction des savoirs sont un outil de pouvoir essentiel [1]

    À ce titre, il ne peut pas être innocent de qualifier couramment les pratiques paysannes de « #savoir-faire », ce qui implique une position de subordination par rapport à d’autres savoirs supposément scientifiques à part entière.

    Les gestes, pratiques et stratégies agronomiques mis en œuvre par les paysans relèvent-ils vraiment de savoir-faire empiriques, ou découlent-ils d’expérimentations intentionnelles et de savoirs construits ? Cette question renvoie à la fois à des notions d’anthropologie (en particulier d’anthropologie des connaissances), de développement et d’agronomie, et peut ouvrir des perspectives intéressantes pour la recherche en histoire rurale.

    Nous tenterons de l’éclairer à partir de l’exemple de la sélection paysanne, c’est-à-dire des initiatives de sélection végétale par les paysans eux-mêmes (qu’ils soient seuls ou en partenariat avec des chercheurs institutionnels). L’émergence de mouvements en faveur des « semences paysannes » est en elle-même un exemple instructif de confrontation entre le monde paysan et les institutions politiques, scientifiques et économiques, comme nous le verrons à partir d’initiatives indiennes, brésiliennes et françaises. Un détour nécessaire par l’anthropologie des connaissances nous permettra de caractériser les différents types de savoirs, les questions soulevées par les typologies habituelles, l’imbrication étroite entre savoir et pouvoir, et le leurre que représente l’opposition entre savoirs écrits et savoirs oraux. À cette lumière, il sera possible d’identifier au sein des démarches de sélection paysanne des caractères typiques des savoirs construits, et d’en ébaucher les conséquences politiques et sociales.

    Au-delà de renouveler le regard porté sur les pratiques paysannes, cette réflexion d’un agronome et anthropologue espère contribuer à questionner les travaux d’histoire rurale et à suggérer des passerelles et des débats entre anthropologie et histoire.

    #pratiques_agricoles #agriculture #paysannerie #sciences

  • Rôle des intellectuel·les, universitaires ‘minoritaires’, et des #porte-parole des #minorités

    La publication du billet de Gérard Noiriel sur son blog personnel[1] est révélatrice de la difficulté de mener, au sein du champ académique, une réflexion sur la #production_de_savoirs relatifs à la « #question_raciale[2] » et sur leurs usages sociaux dans l’#espace_public. Il est clair que le champ académique n’a pas le monopole de cette réflexion, mais l’intérêt de s’y consacrer est qu’elle peut se mener, a priori, selon les règles et procédures dudit champ. En effet, il semble que les débats liés aux concepts de « #racialisation », « #intersectionnalité », « #postcolonial », « #nouvel_antisémitisme » ou encore « #islamophobie » aient tendance à se dérouler par tribunes de presse interposées, et non par un dialogue via des articles scientifiques[3]. Si ces questions trouvent un espace dans la sociologie ou la science politique, elles peinent encore à émerger dans des disciplines comme le #droit ou l’#économie.

    Durant la période charnière 2001-2006, où la question coloniale et raciale est devenue centrale dans l’espace public – notamment du fait du vote, en 2001, de la « #loi_Taubira » reconnaissant la #traite et l’#esclavage en tant que #crime_contre_l’humanité, de l’impact des rébellions urbaines de 2005, de la référence par le législateur au rôle « positif » de la #colonisation [4] et de la création de nouvelles organisations de minoritaires telles que le #Conseil_représentatif_des_associations noires (#CRAN) –, la #disputatio_académique semblait encore possible. On pense notamment, en #sciences_sociales, aux programmes ANR Frontières, dirigé par Didier Fassin, et #Genrebellion, dirigé par Michelle Zancarini-Fournel et Sophie Béroud, où les concepts de racialisation ou d’intersectionnalité pouvaient être utilisés sans susciter une levée de boucliers.

    La publication des ouvrages collectifs De la question sociale à la question raciale ? et Les nouvelles frontières de la société française (La Découverte, 2006 et 2010), dirigés par Didier et Éric Fassin pour le premier, et par D. Fassin pour le second, constituent de ce point de vue des moments importants du débat scientifique français, qui ont permis de confronter des points de vue parfois divergents, mais esquissant une forme de dialogue. On y retrouve les contributions d’universitaires tels que Pap Ndiaye, Éric Fassin, Stéphane Beaud ou Gérard Noiriel qui, par la suite, via des tribunes dans Mediapart ou Libération, ont tous poursuivi la discussion dans le champ médiatique, notamment lors de l’« affaire des quotas » révélée par Mediapart en 2011[5]. Alors que P. Ndiaye et E. Fassin dénonçaient la catégorisation raciale des joueurs au sein de la Fédération française de football, et notamment la caractérisation de « prototypes » des « Blacks » par le sélectionneur Laurent Blanc[6], S. Beaud et G. Noiriel, tout en reconnaissant le caractère discriminatoire des quotas fondés sur la race, refusent « d’instruire des procès en hurlant avec la meute ». Ils considèrent qu’il faut prendre en compte le langage ordinaire du monde du football et, de manière tout à fait discutable, que le mot « Black » « renvoie moins à une catégorie raciale qu’à une catégorie sociale[7] ». Les récents commentaires de G. Noiriel sur le débat Mark Lilla / Eric Fassin (Le Monde, 1er octobre 2018) correspondent au dernier épisode d’une polémique qui court depuis une dizaine d’années.

    Ce mouvement allant d’une disputatio académique à une controverse médiatique est, nous semble-t-il, problématique pour la sérénité de la réflexion collective sur la question raciale. L’objectif de cette contribution est de soulever plusieurs questions à partir de l’article de G. Noiriel, sans entrer dans une logique polémique. Tout d’abord, on focalisera notre attention sur le rôle des intellectuel.le.s et leurs relations avec les porte-parole des minorités, et sur les différentes conceptions de l’intellectuel.le (« critique », « engagé.e » ou « spécifique »). Ensuite, on analysera le sort réservé aux universitaires appartenant à des groupes minorisés (ou « universitaires minoritaires ») travaillant sur la question raciale. En accusant ceux-ci de se focaliser sur la question raciale au détriment d’autres questions – la question économique par exemple (et non « sociale »), G. Noiriel porte le soupçon de « militantisme » et les perçoit comme des porte-parole de minorités. Or il est nécessaire de contester cette assignation au statut de porte-parole et la tendance générale à relativiser la scientificité des universitaires minoritaires qui, on le verra, subissent un certain nombre de censures voire de discriminations dans le champ académique. Il s’agit enfin de réfléchir au futur en posant la question suivante : comment mener des recherches sur la question raciale et les racismes, et construire un dialogue entre universitaires et organisations antiracistes sans favoriser les logiques d’essentialisation et tout en respectant l’autonomie des un.e.s et des autres ?
    Engagements intellectuels

    Tout en se réclamant tous deux de l’héritage de Michel Foucault, E. Fassin et G. Noiriel s’opposent sur la définition du rôle de l’intellectuel.le dans l’espace public contemporain. Ce débat, qui n’est pas propre aux sciences sociales[8], semble s’être forgé à la fin des années 1990, notamment lors de la controverse publique sur le Pacte civil de solidarité (Pacs). Tout en s’appuyant sur les mêmes textes de Foucault rassemblés dans Dits et écrits, E. Fassin et G. Noiriel divergent sur la posture d’intellectuel.le à adopter, l’un privilégiant celle de l’intellectuel.le « spécifique », selon l’expression de Foucault, l’autre celle de l’intellectuel.le « engagé.e ».

    E. Fassin publie en 2000 un article pour défendre la posture de l’intellectuel.le « spécifique »[9]. Celui-ci se distingue de l’intellectuel.le « universel.le », incarné notamment par la figure de Sartre, qui intervient dans l’espace public au nom de la raison et de principes universels, et souvent au nom des groupes opprimés. L’intellectuel.le spécifique appuie surtout son intervention sur la production d’un savoir spécifique, dont la connaissance permet de dénaturaliser les rapports de domination et de politiser une situation sociale pouvant être considérée comme évidente et naturelle. En ce sens, l’intellectuel.le spécifique se rapproche du « savant-expert » dans la mesure où c’est une compétence particulière qui justifie son engagement politique, mais il ou elle s’en détache pour autant qu’il ou elle « se définit (…) comme celui qui use politiquement de son savoir pour porter un regard critique sur les usages politiques du savoir[10] ». Critique, l’intellectuel.le spécifique « rappelle la logique politique propre à la science[11] ». L’expert.e prétend parler de manière apolitique au nom de la science pour maintenir l’ordre social dominant, tandis que l’intellectuel.le spécifique s’appuie sur un savoir critique de l’ordre social, tout en reconnaissant sa dimension politique. C’est dans cette perspective foucaldienne qu’E. Fassin critique la posture du « savant pur », qui revendique une « science affranchie du politique » : « Désireux avant tout de préserver l’autonomie de la science, [les savants purs] se défient pareillement de l’expert, réputé inféodé au pouvoir, et de l’intellectuel spécifique, soupçonné de militantisme scientifique[12] ». Le savant pur renvoie dos-à-dos les usages normatif et critique de la science comme si la science avait une relation d’extériorité avec le monde social. Or, selon E. Fassin, « pour des raisons tant politiques que scientifiques, (…) le partage entre le savant et le politique s’avère illusoire : de part en part, le savoir est politique. C’est pourquoi celui qui se veut un savant « pur » ressemble d’une certaine manière à l’expert qui s’aveugle sur la politique inscrite dans son savoir. En revanche, d’une autre manière, il rappelle aussi l’intellectuel spécifique, désireux de préserver l’autonomie de la science ; mais il ne le pourra qu’à condition d’en expliciter les enjeux politiques. (…) l’autonomie de la science passe non par le refus du politique, mais par la mise au jour des enjeux de pouvoir du savoir[13] ». Autrement dit, on distingue deux conceptions relativement divergentes de l’autonomie de la science : le.la savant.e pur.e veut la « protéger » en s’affranchissant du politique et en traçant une frontière claire entre le champ académique et le champ politique, tandis que l’intellectuel.le spécifique considère qu’elle n’est possible qu’à la condition de mettre en lumière les conditions politiques de production du savoir.

    G. Noiriel répond à E. Fassin dans son livre Penser avec, penser contre publié en 2003[14], où il soutient la nécessité d’adopter la posture du « chercheur engagé » : « Après avoir longtemps privilégié la posture de l’« intellectuel spécifique », je pense aujourd’hui qu’il est préférable de défendre la cause du « chercheur engagé », car c’est en s’appuyant sur elle que nous pourrons espérer faire émerger cet « intellectuel collectif » que nous appelons de nos vœux depuis trente ans, sans beaucoup de résultats. Les « intellectuels spécifiques », notamment Foucault et Bourdieu, ont constamment annoncé l’avènement de cette pensée collective, mais celle-ci n’a jamais vu le jour, ou alors de façon très éphémère[15] ». Selon lui, cet échec s’explique par le fait que « cette génération n’a pas vraiment cru que la communication entre intellectuels soit possible et utile », d’où la nécessité de prêter une attention particulière aux deux conditions de la communication entre intellectuel.le.s : « clarifier les langages qui cohabitent aujourd’hui sur la scène intellectuelle » et « la manière d’écrire », c’est-à-dire « montrer sa générosité en restituant la cohérence du point de vue qu’il discute, au lieu d’isoler l’argument qu’il propose de détruire » et « désigner par leur nom les collègues de la microsociété qu’il met en scène dans son récit ».

    Or, ces conditions ne seraient pas remplies par la posture de l’intellectuel.le « spécifique » dans la mesure où il tendrait à « privilégier les normes du champ politique » et ne parviendrait pas à « introduire dans le champ intellectuel les principes de communication qui sous-tendent le monde savant ». Les intellectuel.le.s spécifiques critiquent l’usage de la science par les experts visant à maintenir l’ordre social alors qu’« il n’est pas possible [selon G. Noiriel] de concevoir l’engagement uniquement comme une critique des experts. Paradoxalement, c’est une manière de cautionner leur vision du monde, en donnant du crédit à leur façon d’envisager les « problèmes ». Pour les intellectuels « spécifiques », il n’existe pas de différence de nature entre les questions politiques et scientifiques. Pour eux, le journaliste, l’élu, le savant parlent, au fond, le même langage[16] ». Autrement dit, l’engagement des intellectuel.le.s spécifiques tendrait à relativiser les spécificités des formes du discours savant, censé être soumis à des contraintes propres au champ académique et peu comparable aux formes de discours politiques ou militants soumis aux règles du champ politique ou de l’espace des mobilisations.

    Pourquoi le fait d’insister, comme le fait E. Fassin après Foucault, sur la dimension politique de la production de savoir, reviendrait-il à mettre sur le même plan discours scientifiques et autres formes de discours ? Ne pourrait-on pas envisager la posture de l’intellectuel.le spécifique sans « confusion des genres » ? Comment maintenir une exigence en termes scientifiques dans un espace médiatique structuré par la quête de l’audimat et qui fait la part belle au sensationnel ? C’est une vraie question qui traverse l’ensemble du champ académique. Si G. Noiriel ne fournit dans ce texte de 2003 aucun exemple qui permettrait d’évaluer la véracité de cette confusion, son engagement dans le Comité de vigilance des usages de l’histoire (CVUH, créé en 2005) et dans le collectif DAJA (Des acteurs culturels jusqu’aux chercheurs et aux artistes, créé en 2007) est justement présenté comme un mode d’intervention dans l’espace public respectant l’exigence scientifique. Mais il fournit un exemple plus précis en commentant la controverse M. Lilla / E. Fassin autour de la catégorie de « gauche identitaire ». M. Lilla utilise cette dernière catégorie pour désigner (et disqualifier) les leaders politiques démocrates, les universitaires de gauche et les porte-parole des minorités qui auraient abandonné le « peuple » et le bien commun au profit de préoccupations identitaires et individualistes. La « gauche identitaire » est donc une catégorie politique visant à dénoncer la « logique identitaire » de la gauche étasunienne qui s’est progressivement éloignée de la politique institutionnelle pour privilégier les mouvements sociaux n’intéressant que les seul.e.s minoritaires préoccupé.e.s par leur seule identité, et non ce qu’ils et elles ont de « commun » avec le reste de la communauté politique : la citoyenneté[17].

    E. Fassin critique cette catégorie qui vise explicitement à établir une distinction entre le « social » et le « sociétal », et une hiérarchie des luttes légitimes, la lutte des classes étant plus importante que les luttes pour l’égalité raciale. La notion de « gauche identitaire » serait donc, si l’on en croit E. Fassin, un nouvel outil symbolique analogue à celle de « politiquement correct », utilisé pour délégitimer toute critique des discours racistes et sexistes. Ainsi, E. Fassin se réfère-t-il à la posture de l’intellectuel.le « spécifique » afin de critiquer l’argument développé par M. Lilla. G. Noiriel renvoie dos à dos E. Fassin et M. Lilla en affirmant qu’ils partagent le « même langage » et au motif que « ce genre de polémiques marginalise, et rend même inaudibles, celles et ceux qui souhaitent aborder les questions d’actualité tout en restant sur le terrain de la recherche scientifique ».

    En effet, même si l’on ne peut en faire le reproche à E. Fassin qui est un acteur de la recherche sur la question raciale[18], cette polémique qui a lieu dans le champ médiatique participe de l’invisibilisation des chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s qui, justement, travaillent depuis des années sur la question raciale, les minorités raciales et leurs rapports avec la gauche française, et les mouvements antiracistes[19]. Tous ces travaux veillent à définir de façon précise et sur la base d’enquêtes sociologiques les processus de racialisation à l’œuvre dans la France contemporaine. Ils le font en outre en opérant l’interrogation et la déconstruction de ces « entités réifiées » que G. Noiriel évoque dans son texte. On mesure, ce faisant, tout l’intérêt de réinscrire les questions sur la race, qu’elles soient d’ordre méthodologique ou empirique, dans le champ académique.

    Un autre exemple donné par G. Noiriel concerne le début des années 1980 où, affirme-t-il, les « polémiques identitaires » ont pris le pas sur la « question sociale » dans l’espace public :

    « Ce virage a pris une forme spectaculaire quand le Premier Ministre, Pierre Mauroy, a dénoncé la grève des travailleurs immigrés de l’automobile en affirmant qu’elle était téléguidée par l’ayatollah Khomeiny. C’est à ce moment-là que l’expression « travailleur immigré » qui avait été forgée par le parti communiste dès les années 1920 a été abandonnée au profit d’un vocabulaire ethnique, en rupture avec la tradition républicaine (cf. l’exemple du mot « beur » pour désigner les jeunes Français issus de l’immigration algérienne ou marocaine). On est passé alors de la première à la deuxième génération, de l’usine à la cité et les revendications socio-économiques ont été marginalisées au profit de polémiques identitaires qui ont fini par creuser la tombe du parti socialiste ».

    La période 1981-1984 est en effet cruciale dans le processus de racialisation des travailleur.se.s immigré.e.s postcoloniaux.ales et la transformation, par le Parti socialiste, des conflits ouvriers en conflits religieux[20]. Or ce discours de racialisation, qui assigne les travailleur.se.s immigré.e.s maghrébin.e.s à leur identité religieuse putative, provient des élites politiques, patronales et médiatiques, et non des travailleur.se.s immigré.e.s et de leurs descendant.e.s. Il est vrai que certains mouvements de « jeunes immigrés » s’auto-désignaient comme « beurs » mais cela relevait du processus bien connu de retournement du stigmate. D’un côté, les élites assignent une identité permanente religieuse, perçue comme négative, pour disqualifier un mouvement social tandis que, de l’autre, des enfants d’immigré.e.s maghrébin.e.s affirment une identité stigmatisée positive. Peut-on mettre sur le même plan le travail de catégorisation et d’assignation raciale mené par « le haut » (l’État, les institutions, les élites politiques et médiatiques) et le retournement du stigmate – c’est-à-dire la transformation et le ré-investisssement de la catégorie d’oppression pour affirmer son humanité et sa fierté d’être au monde[21] – d’en bas ? Le faire nous semble particulièrement problématique d’un point de vue scientifique. La distinction entre racialisation stigmatisante et construction d’une identité minoritaire stigmatisée doit être prise en compte dans l’analyse sociologique des relations entre majoritaires et minoritaires.

    En revanche, il est avéré que SOS Racisme, succursale du Parti socialiste, a participé à l’occultation de la question économique pour penser l’immigration[22]. Mais SOS Racisme ne représente pas l’ensemble des organisations minoritaires de l’époque. Au contraire, la nouvelle génération de militant.e.s « beurs » s’est majoritairement opposée à ce qu’elle a perçu comme une « récupération » du « mouvement beur »[23]. Par ailleurs, l’on sait que, parmi les revendications initiales de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, les revendications portaient à la fois sur la question raciale et sur les conditions matérielles de vie, de travail et de logement : droit à la vie (ne pas se faire tuer dans l’impunité), droit au travail, droit au logement, etc.[24] Et il ne faut pas oublier que, parmi les rares militant.e.s ayant soutenu les travailleurs immigrés en grève, on retrouve les fondatrices/fondateurs du « Collectif Jeunes » ayant accueilli la Marche à Paris, c’est-à-dire les leaders du « mouvement beur ». Aussi, l’opposition entre vocabulaire ethnique et revendications socio-économiques est-elle loin d’être suffisante pour comprendre la période 1981-1984.

    Une « histoire des vaincus accaparée » ?

    L’article de G. Noiriel pose une seconde question, légitime mais néanmoins complexe, relative au lien entre champ académique et champ politique / espace des mobilisations. Il débute par l’affirmation suivante :

    « Dans l’introduction de mon livre sur l’Histoire populaire de la France, j’ai affirmé que ‘le projet d’écrire une histoire populaire du point de vue des vaincus a été accaparé par des porte-parole des minorités [(religieuses, raciales, sexuelles) pour alimenter des histoires féministes, multiculturalistes ou postcoloniales,] qui ont contribué à marginaliser l’histoire des classes populaires’. Il suffit de consulter la bibliographie des articles et ouvrages publiés en histoire ces dernières années ou de regarder les recrutements sur des postes universitaires pour être convaincu de cette remarque[25] ».

    Malheureusement, il ne fournit pas d’exemples de bibliographies, d’ouvrages et de profils de postes universitaires permettant de vérifier la véracité du propos[26]. Concernant les recrutements en histoire (section 22), il est clair que, depuis une trentaine d’années, l’histoire culturelle et l’histoire politique ont été privilégiées au détriment de l’histoire sociale[27]. Cependant, y a-t-il en France pléthore de profils de poste « histoire des minorités raciales » ? Rien n’est moins sûr[28].

    De plus, le constat de G. Noiriel sous-entend – on n’en est pas sûrs à cause de l’ambiguïté du propos – un lien entre l’« accaparement » de l’histoire populaire par les « porte-parole des minorités » et l’évolution des thèmes de recherche en sciences sociales. Ainsi, la position de G. Noiriel est paradoxale. D’une part, il avait à plusieurs reprises reconnu l’importance du rôle d’acteurs associatifs pour faire avancer la recherche scientifique, notamment concernant l’histoire de la Shoah ou de la guerre d’Algérie. Histoire et mémoire ne s’opposent pas forcément. N’est-ce pas parce que la question des discriminations raciales est devenue un enjeu politique dans l’espace public que G. Noiriel s’est lancé dans l’écriture de l’histoire du clown Chocolat[29] ? D’autre part, il critique les « porte-parole des minorités » non identifiés qui se seraient appropriés l’histoire des vaincus à leur propre profit et auraient considérablement influencé les orientations de la recherche scientifique. À défaut d’exemple précis, il est difficile de discuter cette affirmation mais, dans un entretien daté de 2007[30], G. Noiriel est plus explicite et critique les entrepreneurs de mémoire tels que les leaders du CRAN : « Les intellectuels qui sont issus de ces groupes ont toujours tendance à occulter les critères sociaux qui les séparent du monde au nom duquel ils parlent, pour magnifier une origine commune qui légitime leur statut de porte-parole auto-désignés ». En fait, il « critique les usages de l’histoire que font les entrepreneurs de mémoire qui se posent en porte-parole autoproclamés de tel ou tel groupe de victimes, mais [il] relativise par ailleurs l’importance de ces querelles ». Il semble que G. Noiriel ait changé d’avis sur l’influence réelle de ces porte-parole puisqu’ils auraient désormais un impact sur le monde de la recherche.

    Dans le cas de l’affaire Pétré-Grenouilleau, qui a vu l’historien en poste à l’université de Bretagne attaqué en justice par le Collectif DOM en 2005 pour avoir affirmé dans une interview que les traites négrières ne constituaient pas un génocide, force est de constater que l’affaire a nourri la recherche en tant que controverse et événement important dans l’analyse des enjeux mémoriels en France[31]. L’impact sur la recherche scientifique n’est pas allé dans le sens d’une auto-censure, mais a constitué un épisode analysé pour son inscription dans l’espace des mobilisations antiracistes, dans les reconfigurations des relations entre l’État et les associations de Français d’outre-mer ou dans la sociologie politique de la mémoire. La recherche sur l’esclavage et les traites est depuis une dizaine d’années particulièrement dynamique. L’affaire n’a ainsi nourri ni « repentance » ni appel au « devoir de mémoire », mais a servi à éclairer un phénomène majeur : l’articulation entre mémoire et politique dans les sociétés contemporaines.
    Le fantôme minoritaire dans l’académie

    Une troisième question que soulève le billet publié par G. Noiriel porte sur l’assignation des universitaires minoritaires au statut de porte-parole des minorités. En 2004, G. Noiriel affirme que l’engagement des minoritaires dans la recherche est une manière de « canaliser » leur « disposition à la rébellion » : « On oublie généralement que les dispositions pour la rébellion que l’on rencontre fréquemment dans les milieux issus de l’immigration s’expliquent par le fait qu’ils cumulent les formes les plus graves de souffrance sociale. Bien souvent ces personnes ne peuvent construire leur identité qu’en cultivant le potentiel de révolte qu’ils ont en eux. L’investissement dans l’écriture, dans la recherche, dans les activités culturelles en rapport avec l’expérience vécue peut être une façon de canaliser ce potentiel dans des formes qui soient compatibles avec le principe de la démocratie, avec le respect des biens et des personnes[32] ». La réduction de la professionnalisation des minoritaires dans le monde académique à une révolte non-violente pose question. Assigner leur travail scientifique à une émotion, la révolte, n’est-ce pas nier le fait que les minoritaires peuvent tout à fait être chercheur.e sans qu’ils.elles soient déterminé.e.s par une improbable disposition à la rébellion ?[33]

    Cette manière d’interpréter l’entrée d’outsiders dans le monde académique participe à faire des universitaires minoritaires des porte-parole « hétéro-proclamés » des groupes minoritaires et, de manière plus générale, renvoie à leur disqualification en « chercheur.e.s militant.e.s »[34]. Plusieurs travaux britanniques et étasuniens ont documenté l’expérience vécue par les universitaires minoritaires, marquée par les procès d’intention, les micro-agressions et les censures publiques qu’ils subissent au quotidien, leur rappelant qu’ils ne sont pas totalement à leur place ou qu’ils.elles ne sont pas des universitaires à part entière[35]. Au regard de certains faits avérés, il serait intéressant de mener le même type d’investigation dans le monde académique français[36]. Par exemple, une controverse a traversé le comité de rédaction de la revue Le Mouvement social autour de la parution d’un article théorique de Pap Ndiaye sur la notion de « populations noires »[37], à tel point que le rédacteur en chef a décidé de démissionner et qu’un des membres du comité a publié, plusieurs mois après, chose rare, une « réponse » à l’article de Ndiaye. En 2016, sur la mailing-list de l’ANCMSP (Association nationale des candidats aux métiers de la science politique), A. Hajjat a fait l’objet d’une campagne de dénigrement en raison de ses travaux sur l’islamophobie. En 2017, la journée d’études « Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation » (Université Paris-Est Créteil) a été l’objet d’une campagne de disqualification par l’extrême-droite et certains universitaires parce que le programme traitait des usages politiques du principe de laïcité dans une logique d’exclusion. Certains organisateurs ont été menacés de sanction disciplinaire et d’exclusion de leur laboratoire pour avoir signé une tribune sur les libertés académiques, et l’un d’entre eux n’a pas obtenu un poste qu’il aurait dû avoir. En 2018, le colloque « Racisme et discrimination raciale de l’école à l’université » a également fait l’objet d’une campagne visant son annulation au motif qu’il relèverait du « racialisme indigéniste ». À l’heure où nous écrivons cet article, l’hebdomadaire français Le Point publie une tribune et un article contre les supposés « décolonialisme » et « racialisme » des chercheur.e.s travaillant sur la question raciale, et mène une véritable chasse aux sorcières contre elles.eux en demandant leur exclusion du monde académique[38].

    Bref, l’autonomie de la recherche est remise en cause quand il s’agit de parler de la question raciale dans le monde académique, et les universitaires minoritaires sont directement ciblé.e.s et individuellement discrédité.e.s par certains médias. C’est bien le signe là encore, qu’il faudrait réintégrer la question raciale dans le champ académique et, lorsqu’elle fait l’objet de points de vue, prendre soin d’en mentionner a minima les principaux travaux. L’usage social ou militant d’une recherche ne peut, de ce point de vue, être mis sur le même plan que la recherche proprement dite.

    Aussi, le débat sur les figures de l’intellectuel.le tend-il à occulter tout un pan de la réflexion théorique menée par les études féministes et culturelles sur le « savoir situé »[39]. Il est nécessaire de préserver l’autonomie de la recherche en jouant totalement le jeu de la réflexivité, entendu comme la mise au jour de la relation avec un objet de recherche au prisme de la trajectoire et de la position dans l’espace social. Les études féministes et les cultural studies ont depuis longtemps abordé cet enjeu majeur de la production du savoir. Tou.te.s les universitaires minoritaires ne se pensent pas comme tel.le.s. Ils.elles ne souhaitent pas nécessairement manifester leur engagement politique en prenant appui sur l’autorité de leur savoir et de leurs fonctions. Leurs formes d’engagement, lorsque celui-ci existe, sont, il faut bien l’admettre, multiples et ne passent pas forcément par la mobilisation d’un savoir spécifique avec le souhait de transformation sociale. Il faut donc se garder d’avoir une vision totalisante des « universitaires minoritaires » et de les assigner « naturellement » à la thématique de la question raciale, comme si l’universitaire minoritaire devait se faire le porte-parole de sa « communauté », voire d’un concept-maître (classe sociale, genre, nation).
    Revenir au terrain

    Pour conclure, il nous semble que la recherche sur les processus de racialisation, de stigmatisation, les racismes et les discriminations mérite mieux que les querelles médiatiques – il y a tant à faire ! – alors qu’on observe un manque criant de financements pour mener des enquêtes de terrain. Par exemple, le basculement politique de la région Ile-de-France a débouché sur la disparition de ses financements de contrats doctoraux, postdoctoraux et de projets de recherche sur la question des discriminations. Dans un contexte de montée en puissance des forces politiques conservatrices, s’il y a un chantier commun à mener, c’est bien celui de la pérennisation du financement de la recherche sur la question raciale.

    De plus, il est tout à fait envisageable de penser des relations entre universitaires et organisations minoritaires qui respectent l’autonomie des un.e.s et des autres (on pourrait élargir le propos aux institutions étatiques chargées de combattre les discriminations quelles qu’elles soient). Que l’on se définisse comme intellectuel.le spécifique, engagé.e ou organique, ou que l’on se définisse comme militant.e minoritaire ou non, l’enjeu est de nourrir la réflexion globale pour élaborer une politique de l’égalité inclusive, allant au-delà de la fausse opposition entre revendications « identitaires » et revendications « sociales », et qui prenne en compte toutes les formes de domination sans établir de hiérarchie entre elles.

    En effet, si l’on fait des sciences sociales, on ne peut pas cantonner l’identitaire ou le racial en dehors du social. La question raciale tout comme la question économique sont des questions sociales. Nous ne sommes pas passés de la « question sociale » à la « question raciale » pour la simple et bonne raison que le racial est social. Faire comme si l’on pouvait trancher la réalité à coup de gros concepts (« sociétal », « identitaire », « continuum colonial », etc.), c’est déroger aux règles de la méthode scientifique lorsqu’on est universitaire, et à celles de la réalité du terrain lorsqu’on est acteur.trice politique. Stuart Hall posait à ce titre une question toujours d’actualité : « comment vivre en essayant de valoriser la diversité des sujets noirs, de lutter contre leur marginalisation et de vraiment commencer à exhumer les histoires perdues des expériences noires, tout en reconnaissant en même temps la fin de tout sujet noir essentiel ?[40] ». Autrement dit, que l’on soit chercheur.e ou militant.e, il est nécessaire de refuser toute logique d’essentialisation exclusive. Si universitaires et organisations minoritaires peuvent travailler ensemble, c’est à la condition de faire l’éloge du terrain, c’est-à-dire d’œuvrer à la compréhension de la complexité des rapports sociaux, et de faire avancer la politique de l’égalité de manière collective.

    http://mouvements.info/role-des-intellectuel%C2%B7les-minoritaires
    #université #intellectuels #science #savoir #savoirs

  • Les décrocheurs des cours en ligne Agence Science-Presse - 4 février 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/547027/les-decrocheurs-des-cours-en-ligne

    Ce n’est peut-être plus une surprise que d’apprendre que les étudiants qui s’inscrivent aux cours en ligne, ou MOOC (Massive open online courses), sont très peu nombreux à se rendre jusqu’au bout. Mais à partir de quel seuil pourrait-on parler d’un échec ? Une étude amène pour la première fois des chiffres http://science.sciencemag.org/content/363/6423/130 permettant de conclure que les MOOC sont devenus quelque chose de différent de ce qu’ils annonçaient au départ.


    Photo : iStock Parmi 1,1 million d’étudiants inscrits pour la première fois en 2015-2016, seulement 12% étaient à nouveau inscrits l’année suivante.

    Leur promesse, c’était celle d’un accès gratuit, pour la planète entière, à une éducation de qualité. Ils sont plutôt devenus une aide technique aux établissements d’enseignement qui veulent offrir des cours en ligne. Deux chercheurs du Laboratoire des systèmes d’enseignement du Massachusetts Institute of Technology, Justin Reich et José A. Ruipérez-Valiente, décrivent dans la revue Science six années — de 2012 à 2018 — couvrant 12,6 millions d’inscriptions.

    La principale découverte derrière ces données n’est pas que seul un petit nombre de ces inscrits avaient l’intention d’obtenir un diplôme. C’est plutôt que même le pourcentage de ceux qui ont terminé leur formation a diminué d’année en année. Y compris chez ceux qui avaient payé pour suivre les cours dits « vérifiés », quoique dans leur cas, la diminution ne s’observe que dans la dernière année.

    En chiffres : parmi l’ensemble des inscrits, 6 % avaient terminé leur formation en 2013-2014, contre 3,13 % l’an dernier. Parmi les « vérifiés », le pourcentage avait augmenté de 50 à 56 % entre 2014-2015 et 2016-2017, pour retomber à 46 % l’an dernier.

    Et le faible taux de retour est également troublant : parmi 1,1 million d’étudiants inscrits pour la première fois en 2015-2016, seulement 12 % étaient à nouveau inscrits l’année suivante. Ce « taux de retour » est en déclin depuis la deuxième année du programme (où il était de 38 %).

    Les auteurs concluent par une leçon de prudence pour les milieux universitaires : une démocratisation de l’enseignement supérieur ne pourra pas se contenter de s’appuyer sur de nouvelles technologies, que ce soit la réalité virtuelle ou l’intelligence artificielle. « Une expansion significative des possibilités d’éducation chez les populations mal desservies nécessitera des efforts politiques pour changer l’orientation, le financement et les objectifs de l’enseignement supérieur. »

    #MOOC #enseignement #savoirs #université_en_marche #université #néo-libéralisme #université_néolibérale #teamwork #education #computer-science #cours_en_ligne

  • La #science pour le plus grand nombre, pas pour l’argent

    Partout dans le monde, l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont actuellement soumis à la doctrine de choc du néolibéralisme, où la #connaissance est perçue comme un simple moyen d’améliorer la #compétitivité de l’économie, comme une source possible de bénéfices et comme un outil de contrôle pour les gouvernements. Ce programme néolibéral pour la science est mis en œuvre par un nouveau mode de gestion publique dans lequel les étudiants, les enseignants et les chercheurs doivent devenir des entrepreneurs de leur capital cognitif et de leur réputation. Loin des idéaux coopératifs de la science et de l’enseignement, les universités et les institutions de recherche sont gérées comme des entreprises, en concurrence les unes avec les autres pour attirer les « meilleurs » étudiants et chercheurs. Les groupes de recherche et les collectifs de travail sont presque systématiquement écrasés. Les gestionnaires scientifiques sont censés chercher des #fonds et des #subventions pour employer une masse toujours plus grande de personnel précaire, dont les bas salaires contrastent avec les revenus de plus en plus élevés d’une nouvelle élite de gestion incarnée par les présidents et les vice-présidents d’université. La souffrance au travail affecte la plupart de ces nouveaux #prolétaires_intellectuels. D’un autre côté, la folie de l’#évaluation, la pression pour « #publier_ou_périr » et la #privatisation de l’#édition_scientifique conduisent à un nombre croissant de publications, ce qui menace à la fois la qualité de la #recherche et la transmission ouverte du savoir. Cette guerre matérielle dans laquelle l’#austérité va de pair avec la privatisation s’accompagne d’une guerre idéologique orwellienne où les mots, écrits dans un langage pauvre et mensonger, perdent leur sens. Le désir de reconnaissance de chacun conduisant à la servitude de tous, les valeurs de #compétition et d’#utilitarisme gagnent du terrain dans nos communautés scientifiques, où les individus sont de plus en plus isolés et craignent d’être exclus du jeu.

    Heureusement, des #résistances sont apparues, tant dans les pays où l’application de ces politiques était la plus développée (Grande-Bretagne ou Chili) que dans les pays où elles sont encore moins avancées (France, Allemagne ou Canada, notamment la région du Québec). Partout, les #mobilisations proposent des #alternatives à ces politiques néolibérales, très proches les unes des autres tant en termes de valeurs que de mesures concrètes. Plus important encore, nous sommes tous d’avis que le savoir fait partie du patrimoine commun de l’humanité et que sa valeur dépend de son #partage avec le plus grand nombre. Les autres composantes de l’alternative à la science néolibérale découlent de ce principe.

    Premièrement, l’université doit être libre. Mais la lutte pour l’abolition effective des #frais_d'inscription exige aussi que l’on reconnaisse aux étudiants le droit à une allocation financière substantielle qui garantirait leur autonomie en leur donnant les moyens de faire face à la nourriture, au logement et d’avoir du temps pour étudier.

    Deuxièmement, les universitaires et les chercheurs doivent non seulement avoir des salaires et des retraites décents, mais aussi se voir accorder des postes à part entière avec de solides garanties d’#indépendance. C’est une condition nécessaire si nous voulons éviter les #conflits_d'intérêts entre l’éducation, la science et les pouvoirs de l’argent et de la politique.

    Ils doivent également bénéficier de crédits à long terme, sans passer une grande partie de leur temps à demander un nombre croissant de subventions et de #projets par le biais de procédures bureaucratiques épouvantables ou à justifier constamment l’utilisation scientifique des fonds qui leur sont alloués. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront revendiquer leur droit au temps, sans lequel aucun progrès intellectuel réel, aucune science libre et aucune éducation libre, solide et cohérente n’est possible.

    Enfin, la #démocratie doit être au cœur des universités et des institutions de recherche. Le débat critique avec les citoyens et la collégialité des décisions doivent remplacer la gestion de haut en bas venant de bureaucrates zélés et incompétents qui ne s’intéressent qu’à stimuler la concurrence et la soi-disant « excellence ».

    L’urgence sociale et écologique à laquelle le monde entier est actuellement confronté représente un intérêt général commun qui devrait nous pousser à nous unir si nous voulons relever tous ces défis. Un développement massif des connaissances scientifiques est aujourd’hui nécessaire pour assurer la #transition_écologique de nos sociétés et échapper à la catastrophe imminente. Les investissements publics représentant 3% du PIB des nations doivent être consacrés aux services publics de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous devons également riposter de manière organisée  : il est temps de construire une alternative mondiale dans laquelle les universitaires et les scientifiques, les étudiants et les citoyens défendent les trois piliers de l’enseignement supérieur et de la recherche  : l’indépendance de la production scientifique et intellectuelle, la libre critique et la gratuité de la #transmission_des_connaissances.

    Nous, signataires de cet appel, membres de la communauté académique et de la recherche ou du mouvement social dans son ensemble, nous venons du monde entier. Nous nous engageons ensemble à promouvoir les valeurs de la critique, de la collégialité et de la #coopération dans le domaine scientifique et universitaire. Nous défendons des universités et des institutions de recherche bien dotées et libres d’intérêts privés. Nous luttons contre les #conditions_de_travail précaires et nous promouvons un système alternatif de publication scientifique dans lequel la connaissance est libre et ouverte. Nous appelons à la constitution d’un réseau de #solidarité_internationale et au développement du #savoir_pour_tous.

    https://www.linternationaledessavoirspourtous.org/p/la-science-pour-le-plus-grand-nombre.html?lang=en
    #université #critique #résistance #néo-libéralisme #précarisation #publish_or_perish #tribune #pétition

    • Academic-Led Publishing Panel: Why Academic-Led and Why Now?

      This panel serves as an introduction to Academic-Led Publishing Day, focusing on the “what” and “why” behind the event. Panelists briefly share how they are involved in academic-led publishing and answer the questions: “Why do you believe more academic-led publishing initiatives are needed? And why is now the time for both scholarly institutions and individual scholars to get involved in academic publishing?” Moderated by Cheryl Ball, editor of Kairos, this roundtable included Rebecca Kennison, Open Access Network Co-Founder Virginia “Ginny” Steel, Norman and Armena Powell University Librarian, UCLA Library Brian Cody, Co-Founder and CEO of Scholastica Max Mosterd, Head of Operations and Analytics for Knowledge Unlatched Mike Taylor, open-access advocate and paleontologist with the University of Bristol Hugh Thomas, Editor-in-Chief for Algebraic Combinatorics

      https://www.youtube.com/watch?v=O4D6OVD4QoE&feature=youtu.be

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      Academic-Led Publishing Day

      Academic-Led Publishing Day is a global digital event to foster discussions about how members of the scholarly community can develop and support academic-led publishing initiatives. Academic-Led publishing refers to scholarly publishing initiatives wherein one or more academic organizations control decisions pertaining to copyright, distribution, and publishing infrastructure. The goal of Academic-Led Publishing Day is to create an open dialogue about academic-led publishing programs and funding models - both current and potential - and to raise awareness about the roles and capabilities of different stakeholders in this space. The day will consist of virtual and in-person events, social media discussions, and a collection of blog posts and relevant resources.

      https://academicledpublishingday.com
      #alternative

  • L’#édition_scientifique, entre #prédateurs et #profiteurs

    Les #revues_scientifiques sont au cœur de la diffusion des savoirs et de l’évaluation des chercheurs. Face à la captation du #marché par de grandes entreprises, des résistances s’organisent. Entretien croisé avec #Hervé_Maisonneuve et #Frédéric_Hélein.
    Pour un chercheur, publier ses résultats dans des revues spécialisées est une activité cruciale, lors de laquelle se joue sa renommée. Ces revues, initialement fondées par des sociétés savantes, sont de plus en plus contrôlées par un #oligopole de #multinationales de l’édition, qui accumulent des #profits phénoménaux. Depuis une décennie, le modèle économique de l’édition scientifique bascule vers une logique d’accès libre aux articles, les frais de publication étant couverts par les chercheurs. Mais des groupes peu recommandables ont développé des revues dites « prédatrices », publiant n’importe quoi dans le seul but d’encaisser le paiement des chercheurs.
    Où va l’édition scientifique ? Comment les scientifiques peuvent-ils reprendre le contrôle de ce maillon essentiel à la diffusion de leurs recherches ? Entretien croisé avec Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique, et Frédéric Hélein, professeur de mathématiques à l’université Paris VII.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=abvhkMsNn58


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130119/l-edition-scientifique-entre-predateurs-et-profiteurs
    #prédation #profit #université #business #savoir #recherche #science

    signalé par @marty

    • #Déclaration_de_San_Francisco sur l’#évaluation de la recherche

      Il est urgent d’améliorer les méthodes d’évaluation des résultats de la recherche scientifique par les agences de financement, les établissements d’enseignement et de recherche et d’autres parties. Pour régler cette question, un groupe de rédacteurs en chef et d’éditeurs de revues savantes s’est réuni à San Francisco en Californie le 16 décembre 2012, dans le cadre du congrès annuel de l’American Society for Cell Biology (ASCB). Ce groupe a élaboré un ensemble de recommandations, désormais appelé « Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche ». Nous invitons les parties intéressées de toutes les disciplines scientifiques à manifester leur soutien en ajoutant leur nom à la présente Déclaration.

      Les apports de la recherche sont nombreux et variés : articles contenant de nouvelles connaissances, données, réactifs, logiciels ainsi que propriété intellectuelle et jeunes scientifiques hautement qualifiés. Les agences de financement, les établissements qui emploient des chercheurs et ces scientifiques eux-mêmes éprouvent tous le désir et le besoin d’évaluer la qualité et l’impact de la production scientifique. Il est donc impératif que la production scientifique soit mesurée rigoureusement et évaluée avec discernement.

      Le facteur d’impact des revues est souvent utilisé comme principal paramètre pour comparer la production scientifique individuelle et celle des établissements. Ce facteur d’impact, tel que calculé par Thomson Reuters*, a été créé à l’origine comme un outil d’aide pour les bibliothécaires servant à identifier les revues à acheter, et non pour mesurer la qualité scientifique de la recherche exposée dans un article. Dans cette optique, il est essentiel de comprendre que le facteur d’impact présente un certain nombre d’insuffisances bien documentées en tant qu’outil d’évaluation de la recherche. Ces limitations sont les suivantes : A) les distributions des citations dans les revues sont très asymétriques [1-3] ; B) les propriétés du facteur d’impact sont propres à chaque domaine : il s’agit d’un agrégat de types d’articles multiples et très divers, avec des articles primaires comme de synthèse [1, 4] ; C) les facteurs d’impact peuvent être manipulés (ou « instrumentalisés ») par une politique éditoriale [5] ; et D) les données utilisées pour calculer les facteurs d’impact ne sont ni transparentes ni ouvertement accessibles au public [4, 6, 7]. Ce qui suit formule des recommandations visant à améliorer la façon dont la qualité des résultats de la recherche est évaluée. D’autres éléments de production scientifique que les articles prendront une importance accrue dans l’évaluation de l’efficacité des travaux de recherche à l’avenir, mais l’article, contrôlé par des pairs, demeurera une production scientifique essentielle entrant dans l’évaluation de la recherche. Par conséquent, nos recommandations portent au premier chef sur les pratiques relatives aux articles publiés dans des revues à comité de lecture, mais elles peuvent et devraient s’étendre à d’autres productions, comme les jeux de données, en tant que résultantes importantes de la recherche. Ces recommandations s’adressent aux agences de financement, aux établissements d’enseignement et de recherche, aux revues, aux organismes pourvoyeurs d’indicateurs et à chaque chercheur.

      Ces recommandations s’articulent autour d’un certain nombre de sujets :

      la nécessité de mettre un terme à l’utilisation d’indicateurs basés sur les revues, comme les facteurs d’impact, dans le financement, les nominations et les promotions ;
      celle d’évaluer la recherche sur sa valeur intrinsèque plutôt qu’en fonction de la revue où elle est publiée ; et
      celle encore d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la publication en ligne (comme la levée de restrictions inutiles sur le nombre de mots, de figures et de références dans les articles et l’exploration de nouveaux indicateurs d’importance et d’impact).

      Nous reconnaissons que de nombreuses agences de financement, établissements, éditeurs et chercheurs encouragent déjà l’amélioration des pratiques d’évaluation de la recherche. De telles démarches commencent à donner de nouvelles perspectives à des approches d’évaluation de la recherche plus élaborées et plus pertinentes sur lesquelles il est possible de s’appuyer et qui puissent être adoptées par toutes les parties impliquées au premier chef.

      Les signataires de la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche soutiennent l’adoption des pratiques suivantes pour l’évaluation de la recherche.

      Recommandation générale

      Ne pas utiliser les indicateurs basés sur les revues, tels que les facteurs d’impact, comme succédané d’appréciation de la qualité des articles de recherche individuels, pour évaluer les contributions d’un scientifique en particulier ou pour prendre des décisions en matière de recrutement, de promotion ou de financement.

      Pour les agences de financement

      Indiquer explicitement les critères utilisés pour évaluer la productivité scientifique des porteurs de projet et souligner clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les établissements

      Afficher explicitement les critères utilisés dans les décisions de recrutement, de titularisation et de promotion, en soulignant clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les éditeurs

      Réduire considérablement l’importance accordée au facteur d’impact comme outil de promotion, idéalement en cessant de le promouvoir ou en présentant ce paramètre dans le contexte d’une variété d’indicateurs basés sur les revues (p. ex. facteur d’impact sur 5 ans, EigenFactor [8], SCImago [9], indice h, temps de traitement éditorial et de publication, etc.) qui offrent une vision plus riche de la performance d’une revue.

      Proposer une série d’indicateurs à l’échelle de l’article pour encourager le passage à une évaluation qui soit fondée sur le contenu scientifique d’un article plutôt que sur les indicateurs de publication de la revue dans laquelle il a été publié.

      Encourager des pratiques responsables en matière de paternité d’auteur et la fourniture d’informations sur les contributions spécifiques de chaque auteur.

      Qu’une revue soit en libre accès ou sur abonnement, supprimer toutes les restrictions de réutilisation des listes de références dans les articles et les mettre à disposition dans le cadre du Creative Commons Public Domain Dedication [10].

      Éliminer ou réduire les contraintes sur le nombre de références dans les articles et, le cas échéant, exiger la citation de la littérature primaire plutôt que celle des articles de synthèse afin de reconnaître le mérite du ou des groupes qui ont rapporté en premier une découverte.

      Pour les organismes pourvoyeurs d’indicateurs

      Faire preuve d’ouverture et de transparence en fournissant les données et les méthodes utilisées pour calculer tous les indicateurs.

      Fournir les données en vertu d’une licence qui permette une réutilisation sans restriction et permettre un accès informatique aux données, dans la mesure du possible.

      Préciser clairement que la manipulation inconsidérée des indicateurs ne sera pas tolérée ; désigner explicitement ce qui constitue une manipulation inconsidérée et les mesures qui seront prises pour y remédier.

      Tenir compte de la diversité des types d’articles (p. ex., articles de synthèse par rapport aux articles de recherche) et des différents domaines lorsque les indicateurs sont utilisés, agrégés ou comparés.

      Pour les chercheurs

      Lors d’une participation à des commissions exerçant des décisions de financement, d’embauche, de titularisation ou de promotion, produire des évaluations fondées sur le contenu scientifique plutôt qu’en fonction des indicateurs de publication.

      Le cas échéant, citer la littérature primaire dans laquelle les observations ont été rapportées en premier plutôt que les articles de synthèse afin d’en attribuer le mérite à bon escient.

      Utiliser une gamme de paramètres et d’indicateurs d’articles sur les déclarations personnelles/de soutien, comme preuve de l’impact d’articles individuels publiés et d’autres résultats de recherche [11].

      Remettre en question les pratiques d’évaluation de la recherche qui s’appuient inconsidérément sur les facteurs d’impact. Promouvoir et enseigner les bonnes pratiques qui mettent l’accent sur la valeur et l’influence des résultats spécifiques de la recherche.

      https://sfdora.org/read/fr
      #recommandations

  • Quand les scientifiques se révoltent contre les géants de l’édition savante Marco Fortier - 25 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/546298/rebellion-contre-une-revue-predatrice

    Les 27 membres du comité éditorial du magazine « Journal of Informetrics » — qui proviennent d’universités établies dans 11 pays — ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier.

    La bataille du milieu scientifique contre les géants de l’édition savante gagne en intensité. Le comité éditorial d’un des magazines les plus prestigieux, publié par le conglomérat Elsevier, vient de démissionner en bloc pour fonder sa propre publication, qui offrira tous ses articles en libre accès, loin des tarifs exorbitants exigés par les revues dites « prédatrices ».

    Ce coup d’éclat fait grand bruit dans le monde normalement feutré de l’édition scientifique. Les 27 membres du comité éditorial du magazine Journal of Informetrics qui proviennent d’universités établies dans 11 pays ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier. Ils ont lancé dès le lendemain leur propre revue savante, Quantitative Science Studies, https://www.mitpressjournals.org/loi/qss qui vise à devenir la nouvelle référence dans le monde pointu de la recherche en bibliométrie.

    « C’est une grande décision : on saborde la revue qui est la plus prestigieuse dans la discipline et on lance notre propre publication », dit Vincent Larivière, professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal.

    M. Larivière a été nommé éditeur intérimaire (et bénévole) du nouveau magazine. Il est un des meneurs de cette rébellion contre le géant Elsevier, plus important éditeur scientifique de la planète, qui a fait des profits de 1,2 milliard $US en 2017 https://www.relx.com/~/media/Files/R/RELX-Group/documents/reports/annual-reports/relx2017-annual-report.pdf en hausse de 36 %.

    « Ça fait des années qu’on dénonce les pratiques de l’industrie de l’édition scientifique. Il faut être cohérents et reprendre le contrôle de nos publications », explique le professeur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante.

    Contre une « arnaque »
    Vincent Larivière n’hésite pas à parler d’une « arnaque » lorsqu’il décrit les pratiques commerciales des cinq plus grands éditeurs scientifiques, qui publient plus de la moitié des articles savants dans le monde. Ces cinq conglomérats — les groupes Elsevier, Springer Nature, John Wiley Sons, Taylor Francis et Sage Publications — étouffent littéralement les bibliothèques universitaires en accaparant entre 70 et 80 % des budgets d’acquisition. Le problème est si grave que plusieurs bibliothèques n’ont plus les moyens d’acheter des livres, a rapporté Le Devoir en juin dernier https://www.ledevoir.com/societe/education/531214/les-geants-de-l-edition-etouffent-les-bibliotheques .

    Le modèle d’affaires de ces géants est simple : ils obtiennent gratuitement leurs articles, qu’ils revendent à gros prix aux bibliothèques universitaires. Les chercheurs ne sont pas payés pour leur travail. Les textes sont aussi révisés gratuitement par des pairs. Les bibliothèques universitaires n’ont pas le choix de s’abonner aux périodiques savants pour que professeurs et étudiants aient accès à la littérature scientifique.

    Plus préoccupant encore, les grands éditeurs font payer des milliers de dollars aux chercheurs qui veulent publier leurs articles en libre accès. Ce modèle d’affaires est remis en question avec de plus en plus de véhémence dans les universités de partout dans le monde.

    Appui du MIT
    Le nouveau magazine fondé par les 27 professeurs de bibliométrie, le Quantitative Science Studies, sera ainsi publié en collaboration avec l’éditeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il s’agit d’une association toute « naturelle », indique au Devoir Nick Lindsay, directeur des périodiques et des données ouvertes chez MIT Press.

    « Nous sommes déterminés à trouver des façons de publier davantage de livres et de journaux sur le modèle du libre accès », précise-t-il. MIT Press a publié à ce jour une centaine de livres et huit périodiques en données ouvertes, donc accessibles gratuitement.

    La fondation de la Bibliothèque nationale de science et technologie d’Allemagne s’est aussi engagée à verser 180 000 euros (272 772 $CAN) sur trois ans au nouveau magazine.

    Les membres du comité éditorial du Journal of Informetrics ont négocié en vain durant plus d’un an et demi avec Elsevier dans l’espoir de changer le modèle d’affaires du magazine, explique Vincent Larivière. Ils tenaient notamment à baisser les frais de 1800 $US exigés des chercheurs qui veulent publier en libre accès (le nouveau Quantitative Science Studies facturera entre 600 $ et 800 $ aux auteurs).

    Ils voulaient aussi que les références citées dans le texte soient offertes gratuitement, ce qu’Elsevier a refusé — et que la nouvelle publication offrira.

    Le comité éditorial voulait d’abord et avant tout que la société savante de la discipline — l’International Society for Scientometrics and Informetrics (ISSI) — devienne propriétaire du magazine, ce qui n’était « pas négociable », a indiqué Elsevier dans une longue déclaration publiée le 15 janvier https://www.elsevier.com/connect/about-the-resignation-of-the-journal-of-informetrics-editorial-board .

    « Il arrive parfois que les comités éditoriaux et les éditeurs aient des opinions divergentes au sujet de l’avenir et de la direction d’un journal. Dans certains cas, une entente ne peut être conclue. Le comité éditorial peut décider d’offrir ses services ailleurs, surtout s’il reçoit du soutien financier », a écrit Tom Reller, vice-président aux communications chez Elsevier.

    « Toute démission d’un comité éditorial est malheureuse », ajoute-t-il, mais l’éditeur conserve des relations fructueuses avec les membres des dizaines d’autres publications de l’entreprise. Il y a trois ans, le comité éditorial du magazine Lingua, propriété du groupe Elsevier, avait claqué la porte dans des circonstances similaires. Lingua a survécu. Son nouveau concurrent aussi.

    #elsevier #édition_scientifique #université #recherche #open_access #science #publications_scientifiques #résistance #publications #business #partage #articles_scientifiques #savoir #édition #openaccess #Informetrics #bibliométrie #édition_scientifique #rébellion #libre_accès #Springer_Nature #John_Wiley_Sons #Taylor_Francis #Sage_Publications #racket #escroqueries #MIT #universités

  • Counter Mapping

    Jim Enote, a traditional Zuni farmer and director of the A:shiwi A:wan Museum and Heritage Center, is working with Zuni artists to create maps that bring an indigenous voice and perspective back to the land, countering Western notions of place and geography and challenging the arbitrary borders imposed on the Zuni world.

    Jim Note :

    “Maps have done a lot to confuse things for people. And I think more lands have been lost to native people probably through mapping than through physical conflits.”

    "I wanted to do some maps that were both elegant, evocative and profoundly important to the Zuni people.

    “I had no idea at the beginning that so much story would come out of this map making process. First I thought we would create some new kinds of maps that counter and challenge the notion of what maps are.”

    "North does not have to be on the top. Scale is unnecessary. Was more important is the history described in these vignettes of experience. And now these are here

    “These maps become a thing that help families or groups to start speaking about places. Start learning from each others and talking about places in a way that is is uniquely Zuni”

    “There are maps in songs and in prayers. There are maps that are edged in stones and woven into textile and painted in ceramics.”

    “The names around here are in English and Spanish. So, they completely leave off the meaning of the place. It is replacing our language and eclypsing our language and knowledge with something different, something that starts really from here. This whole constellation of what makes up a map, to me it has always been far beyond a piece of paper.”

    #toponymie

    “If my grandfa and grandma would would see the Zuni maps, I think they would have recognize quickly... ’Oh, yeah, this is what is in that song! This is what’s in those prayers! And I think as their descendents, they would have been proud”

    https://goprojectfilms.com/films/counter-mapping
    #counter-mapping #contre-cartographie #terres #cartographie_radicale #cartographie_critique #peuples_autochtones #Jim_Note #savoirs #Zuni #film #documentaire #semences #agriculture #USA #Etats-Unis #identité
    ping @reka @odilon