• Editor’s Corner—The FDA’s decision on aducanumab will drag down innovation for years to come | FierceBiotech
    https://www.fiercebiotech.com/biotech/editors-corner-fda-s-decision-aducanumab-will-drag-down-innovation-fo

    The amyloid theory just won’t die. In fact, by approving Biogen’s new Alzheimer’s disease drug, the FDA has just resurrected it for a long and healthy future.

    This is great news for Biogen, but it will decimate Alzheimer’s research, faith in the agency and the healthcare budget for decades to come.

    In an approval based on amyloid clearance, the FDA gave Biogen the benefit of the doubt in allowing it to market aducanumab, now Aduhelm, in Alzheimer’s, saying it doesn’t need actual proof that it can help patients for many, many years.

    Instead, the FDA said a surrogate endpoint, which substitutes a biomarker that might indicate efficacy for an actual clinical endpoint that demonstrates it directly, was good enough for a drug that could make Biogen $17 billion a year.

  • #Ligue_du_LOL : un an après. C’était il y a un an. L’affaire dite de… | by Vincent Glad | Medium
    https://medium.com/@vincentglad_67276/ligue-du-lol-un-an-apr%C3%A8s-aeee7784cf4d

    Huit mois plus tard, à la faveur d’une rencontre entre Florence P. et un des membres de la Ligue du LOL, je découvrirai l’histoire derrière ces supposées menaces physiques. Le 16 décembre 2011, France 5 tourne dans le 11e arrondissement la 3e édition du Grand Webze, une émission consacrée à la culture web présentée par Vinvin et François Rollin. Florence P. y est chroniqueuse. Il se trouve que par le plus grand des hasards, un membre de la Ligue du LOL habite juste à côté du studio d’enregistrement et que plusieurs membres du groupe y sont réunis ce soir-là pour prendre un verre. Le Grand Webze fait alors l’événement sur Twitter, c’est la première émission de ce genre à la télé française. Quelqu’un propose alors de s’y rendre pour aller saluer leur idole à tous, le professeur Rollin. L’émission vient de se terminer, ils rentrent à trois ou quatre dans le studio en montrant une carte de presse. Ils tombent alors sur Florence P. et lui demandent où se trouve le professeur Rollin. Ils échangent quelques mots amicaux avec celui-ci et repartent. Fin de l’histoire.

    C’est donc cette simple demande de renseignements sur un plateau télé qui deviendra huit ans plus tard « une intimidation physique sur le lieu de travail d’une jeune femme », comme le dénoncera, l’air grave, Patrick Cohen sur France 5 . La question n’est pas de remettre en cause le ressenti de Florence P., qui a visiblement paniqué en voyant des twittos qu’elle connaissait, mais de questionner ses reprises médiatiques. Pourquoi aucun média n’a jamais cherché à éclaircir cette histoire d’agression physique qui a pourtant pesé très lourd dans notre dossier ?

    Il est évident que si je devais réécrire aujourd’hui mon texte d’excuses, je ne le ferais pas de cette manière. Il y a de nombreuses erreurs factuelles et d’analyse. Ce week-end-là, j’ai reçu les témoignages sur Twitter en pleine face. C’était le temps de la libération de la parole et elle était nécessaire. Même si je percevais certaines hypocrisies, je me disais que tous ces témoignages étaient véridiques, les victimes ne pouvaient pas mentir. Et de fait, elles ne mentaient pas, elles ont juste reconstruit leurs souvenirs à la lumière de la légende noire de la Ligue du LOL. Toutes les souffrances endurées sur Internet trouvaient une clé explicative simple et définitive : la Ligue du LOL.

    Dans une interview récente, Iris G. a très bien résumé le problème de cette affaire : « Se souvenir de ces quelques mois relève de l’exploit quand on vous donne quelques jours pour le faire ». Les victimes déclarées ne se souvenaient pas plus que moi des détails de cette époque. On a tous, et moi le premier, refait l’histoire dans nos têtes avec cette nouvelle grille de lecture présentée par Checknews : la Ligue du LOL était la base arrière d’un harcèlement sexiste. J’écris alors et j’y croyais sincèrement : « Je n’ai pas vu que nous avions fait taire, avec nos blagues, les premières paroles féministes quand elles sont apparues sur les réseaux vers 2011–2012. » Un an après, après avoir investigué en détail toute cette affaire, je pense que cette affirmation est fausse. Quelques uns d’entre nous ont eu des clashs personnels avec des féministes, mais il n’y a jamais eu d’effet de meute pour faire taire une parole militante sur ce sujet. Le harcèlement contre les féministes sur les réseaux sociaux est aujourd’hui sans commune mesure avec les quelques blagues qu’il pouvait alors y avoir. En 2010, les blagues les plus récurrentes portaient plutôt sur ceux qu’on appellerait aujourd’hui les boomers. Si je me suis moqué de personnes à l’époque sur Twitter, c’était surtout des “vieux” blogueurs — qui se trouvaient être très majoritairement des hommes.

    • "La publication successive de nos excuses dans la journée du dimanche a creusé notre tombe. Saisis par l’émotion des témoignages, nous nous sommes soumis à un exercice de repentance en prenant à notre compte, pour plusieurs d’entre nous, des erreurs commises par d’autres. Lynchés par la foule vengeresse, on en a tous rajouté avec le vain espoir que nous puissions sortir vivants du grand feu de joie qui se préparait. Funeste erreur. Après les excuses, le lynchage a redoublé de vigueur, les menaces de mort et de représailles physiques ont commencé à déferler. Nos repentirs ont été jugés insincères, non suffisants et tournés en ridicule. Surtout, même s’ils ne le disaient pas, ils sont apparus comme la preuve de notre responsabilité sur tous les faits qu’on a pu nous reprocher par la suite. Quand finalement j’ai pris une avocate, une semaine plus tard, afin de contester mon licenciement, elle semblait incrédule : « Mais pourquoi tu t’es excusé pour des choses commises par d’autres ? ». « Ben, je sais pas », lui répondais-je, penaud. « Les gens me menaçaient si je ne le faisais pas. Alors je l’ai fait »"

    • Une membre de la Ligue du LOL, mère de famille, a elle aussi supprimé des dizaines de tweets anodins, dans un surréaliste moment de parano :

      « Alors que nous étions traqués de toutes parts sur le web et que les journalistes prenaient part au lynchage, j’ai eu l’impression que le monde devenait fou. Au point d’imaginer la possibilité d’être vue comme une mère indigne et donc qu’on me retire mes enfants. Complètement paniquée, j’ai commencé à effacer frénétiquement des tweets, un peu au hasard, dès qu’ils contenaient un mot ou une expression vulgaire. Le seul qui me revient vraiment en tête, c’est celui dans lequel je moquais un service administratif pour sa lenteur. Je l’ai effacé en me disant que l’Etat pourrait se retourner contre moi, que je pourrais être accusée d’avoir, en quelque sorte, “harcelé” la mairie. »

    • Plutôt que par des faits, le « harcèlement » sera souvent étayé par… des théories. C’est une chercheuse québécoise, n’ayant jamais parlé avec aucun des protagonistes, qui offrira à la presse française la grille de lecture de l’affaire. Interviewée dans le Nouvel Obs, Têtu, Le Point, Terra Femina, le Monde, Slate et LCI, Martine Delvaux y développe sa théorie du « boy’s club » et des « schtroumpfettes ». Professeure de littérature, la Québécoise ne peut se prévaloir de travaux sociologiques sur la question. Elle est en revanche très bonne cliente pour les médias, qui ne s’en priveront pas.

    • La rédaction s’est lancée dans un traitement comparable à celui qui avait suivi les révélations sur Weinstein, mais sans l’enquête du New Yorker, et sur des faits qui n’avaient rien à voir. »

    • Le #cyber_harcèlement est un fait social très particulier en ce sens qu’il peut y avoir une vraie victime mais pas de vrais coupables. La meute constituée n’apparaît qu’aux yeux de sa cible. Chacun, pris isolément, a l’impression de ne rien faire de répréhensible. Le harcèlement apparaît rarement comme tel au moment où il a lieu. Sur le moment, la cause semble juste, les railleries ou les insultes sont justifiées par le contexte et peu de monde y trouve à redire.

    • 19 novembre 2019. Une jeune femme nommée Sabrina entre dans une épicerie de Villiers-sur-Marne. Elle a une vive altercation avec la commerçante pour une histoire de monnaie rendue. La vendeuse filme la scène et sa fille la publie sur les réseaux sociaux. La vidéo atteint très vite le million de vues. S’engage alors une véritable vendetta contre la jeune femme, entre Twitter et la vraie vie. Un mec la repère très rapidement et lui donne une première correction physique, publiée en vidéo sur Twitter. Le lendemain, trois jeunes femmes la retrouvent dans son quartier. Elles lui mettent plusieurs gifles et filment la scène, qui devient à nouveau virale

    • Son adresse, son numéro de téléphone, son numéro de sécurité sociale sont publiés sur Twitter. Une sextape circule aussi sur les réseaux. Quelques jours plus tard, elle est internée dans un hôpital psychiatrique. Nombre d’articles dans la presse française : deux (tous deux dans Le Parisien)

    • 26 novembre 2019. Le hashtag #Noisiel apparaît dans les trending topics Twitter, du nom d’une ville en Seine-et-Marne. Sur ce hashtag, on découvre la vidéo d’un habitant de la commune ayant un rapport sexuel avec un autre homme. Des milliers de commentaires homophobes sont postés, les internautes se mettent à la recherche du jeune homme. Il doit quitter la ville immédiatement et se réfugie à l’étranger. Nombre d’articles dans la presse française : une douzaine.

  • Planter plutôt que réduire les émissions : le lobby sort du bois
    https://reporterre.net/Planter-plutot-que-reduire-les-emissions-le-lobby-sort-du-bois

    Le Global forest summit a, en effet, laissé la part belle aux #multinationales. Empêtré dans des #scandales liés à l’huile de palme et au travail forcé, Procter & Gamble a vanté au cours de la journée ses programmes de #reboisement. L’entreprise américaine Salesforces a aussi déclaré vouloir planter cent millions d’arbres en dix ans.

    « Planter un arbre est devenu une caution verte, à prix cassé, pour des entreprises qui refusent de s’engager à réduire leur pollution », regrette Sylvain Angerand, le porte-parole de Canopée. « La compensation carbone crée une diversion, poursuit Cécile Leuba de Greenpeace. Elle véhicule l’illusion qu’une solution qui ne nécessiterait pas d’efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre serait possible ».

    • « Pourquoi Macron fait-il appel à McKinsey pour sa stratégie vaccinale alors que ce cabinet est co-responsable d’un immense #scandale_sanitaire outre-Atlantique, celui des #opioïdes ? »

      Marie, ex-consultante pour KPMG, ne comprend pas non plus pourquoi Macron a fait appel au cabinet #McKinsey pour mener sa campagne vaccinale : “En plus, il se vante d’avoir des élus de tout bord, des mecs qui ont travaillé dans des entreprises… et pourquoi on va payer des boîtes privées, en plus un cabinet qui n’est même pas français, et qui sort d’un énorme scandale ?”

      Cet énorme scandale, c’est celui qu’a traversé McKinsey aux Etats-Unis. Cette année, le cabinet va devoir verser une amende de 573 millions de dollars en raison du rôle joué au début des années 2010 auprès du laboratoire Purdue Pharma. Cette entreprise a commercialisé l’#Oxycontin, opiacé terriblement addictif qui aurait tué jusqu’à 200 000 américains par overdose. Cet antidouleur a été sur-prescrit sur tout le territoire grâce à une vaste stratégie d’influence menée par le laboratoire, avec les bons conseils de Mc Kinsey. Les consultants avaient même anticipé le nombre potentiel d’overdoses afin de conseiller à Purdue Pharma une stratégie d’indemnisation susceptible de maintenir les ventes et la réputation du produit.

      Le cabinet qui conseille le gouvernement sur sa stratégie vaccinale est donc le même que celui qui a conseillé l’un des principaux acteurs du plus grand et mortel scandale sanitaire des trente dernières années. Mais ce “petit” détail n’a certainement pas dû décourager Emmanuel Macron de continuer à travailler avec un partenaire de longue date. L’idylle entre le président de la République et le cabinet multinational remonte à la commission Attali. Ce groupe de travail, lancé par Nicolas Sarkozy en 2007 et dont notre énarque de président fut membre, avait reçu gratuitement l’aide de consultants de McKinsey, nous révèle le Monde. Depuis, ils fonctionnent main dans la main. La petite élite technocratique qui entoure le président depuis son arrivée au ministère de l’économie sous Hollande ne l’a pas quitté, avec des exs de Mckinsey et une façon de faire de la politique “en mode consultant”. En 2016, l’un des bras droits de Macron, Thomas Cazenave, coécrit avec un consultant de McKinsey un livre manifeste au titre évocateur « L’État en mode start up”. Au moment du lancement de la campagne de Macron, une dizaine de consultants de McKinsey planche officiellement pour lui, toujours selon le Monde..

      Ce soutien dévoué au futur président est récompensé. Une fois élu, Macron engage une réforme de l’Etat qui passe relativement inaperçue : une direction interministérielle à la transformation publique (DITP) est créée, avec Thomas Cazenave à sa tête. Alors que jusqu’à présent chaque ministère passait ses propres appels d’offres, notamment en termes de consultants et prestataires, la commande publique est désormais centralisée entre les mains de ce grand ami de McKinsey. Depuis, les grands cabinets de consultants profitent bien du système : la campagne vaccinale bien sûr (2 millions d’euros par mois pour McKinsey), mais aussi l’élaboration d’un plan d’économie dans la fonction publique (18 millions d’euros la facture).

      Ce n’est pas tout. Le magazine Reporterre a révélé que le Boston Consulting Group s’était vu confier par le gouvernement l’évaluation des impacts de la loi Climat, ce projet au rabais émanant de la convention citoyenne. Et, surprise, son analyse est très favorable, car ce serait un projet ambitieux sur le plan écologique. Peut-on croire un cabinet qui a classé l’entreprise de pesticides BASF comme “l’une des 50 entreprises les plus innovantes du monde” ou qui conseille les constructeurs automobiles ? Reporterre en doute, et nous aussi.

    • 573,9 millions de dollars en réparation d’une décennie de conseils aux fabricants d’opioïdes, ces antalgiques accusés d’avoir rendu des centaines de milliers d’Américains dépendants : voilà la substance de l’accord à l’amiable annoncé le 4 février entre McKinsey et 49 procureurs généraux d’États fédéraux des États-Unis, le District de Columbia et cinq autres territoires des États-Unis.

      En annonçant cet accord le 4 février, Maura Healey, la procureure générale du Massachusetts, tête de pont dans ce dossier, a pointé « la faute de McKinsey » responsable selon elle d’un travail extensif auprès des producteurs d’opiacés dont il a tiré profit.

      En France, un « non-sujet total »

      Du moins, en France, McKinsey, quand bien même le cabinet est au pilori dans l’opinion publique pour son rôle auprès du ministère de la Santé dans la campagne de vaccination covid, ne semble pas inquiété dans les réseaux qui pourraient être clients.

      Ce dont témoigne Fabrice Le Saché, le porte-parole du Medef, vice-président du mouvement patronal : « McKinsey ? Je n’en ai jamais entendu débattre dans aucune fédération professionnelle. C’est un non-sujet total. »

      https://www.consultor.fr/devenir-consultant/actualite-du-conseil/6375-mckinsey-et-les-opioides-l-effet-lance-armstrong.html

    • utiliser McKinsey présente plusieurs avantages :

      – McKinsey recommande ce qui convient au client (ici : Macron)
      – McKinsey garantit l’opacité du processus de réforme
      – les cibles - les fonctionnaires, les usagers - sont écartés des discussions et mis devant le fait accompli (stratégie du choc)

      Par ailleurs, remplir les poches des amis avec de l’argent public permet de saigner un peu plus la cible.

      https://seenthis.net/messages/901052

  • France attacks religion secularism radicalism blasphemy
    –-> article retiré:


    https://www.politico.eu/article/france-attacks-religion-secularism-radicalism-blasphemy-islam

    –—

    Copié ici:

    Another string of jihadist attacks has shaken France. The most recent, at a church in Nice, left three people dead, only two weeks after a teacher was beheaded on the outskirts of Paris after he displayed cartoons of the prophet Mohammed in his classroom.

    Why is France targeted, over and over again, by violent extremists? Germany, England, Italy and even Denmark — where cartoons of controversial Mohammed were first published — have not seen comparable violence.

    The reason is simple: France’s extreme form of secularism and its embrace of blasphemy, which has fueled radicalism among a marginalized minority.

    Specifically, the latest round of violence follows the decision earlier this month by the satirical newspaper Charlie Hebdo to mark the beginning of a trial over a murderous attack on its newsroom in 2015 by republishing the blasphemous cartoons of Mohammed that prompted the original assault.

    This duo — radical secularism and religious radicalism — have been engaged in a deadly dance ever since.

    Traditionally, French secularism requires the state to be neutral and calls for respect for religions in the public space, in order to avoid the rise of religious intolerance.

    In modern times, however, it has become something far more extreme. The moderate secularism that prevailed as recently as the 1970s has been replaced with something more like a civil religion.

    It’s a belief system that has its own priests (government ministers), its pontiff (the president of the republic), its acolytes (intellectuals) and its heretics (anyone who calls for a less antagonistic attitude toward Islam is rejected and branded an “Islamo-leftist”).

    One of the defining features of this new secularism is the promotion of religious blasphemy — and, in particular, its extreme expression in the form of caricatures like those of Mohammed.

    This embrace was on full display following the murder of the teacher who showed cartoons of Mohammed in his classes, when many French intellectuals came out in praise of blasphemy and defended the government’s unequivocal defense of the right to free expression.

    They should have considered their words more carefully.

    In Western Europe the right to blaspheme is legally recognized. But it is one thing to protect the freedom to blaspheme and another to enthusiastically exhort blasphemy, as is the case in France.

    Blasphemy is a non-argumentative and sarcastic form of free speech. It should be used, at best, with moderation in a country where between 6 percent and 8 percent of the population is Muslim, most of whose parents or grandparents emigrated from French colonies in North Africa.

    Defenders of blasphemy invoke freedom of expression, but what blasphemy does, in fact, is trap France in a vicious cycle of reactivity to jihadist terror that makes it less free and less autonomous.

    The immoderate use of caricatures in name of the right to blaspheme ultimately undermines public debate: It stigmatizes and humiliates even the most moderate or secular Muslims, many of whom do not understand French secularists’ obsessive focus on Islam, the veil, daily prayers or Islamic teachings.

    The result is a harmful cycle: provocation, counter-provocation, and a society’s descent into hell. As French secularism has become radicalized, the number of jihadist attacks in the country has multiplied.

    French secularists claim to be fighting for freedom of expression. As they do so, innocent people are dying, Muslims around the world are rejecting French values and boycotting the country’s products, and French Muslims are facing restrictions on their freedom of expression in the name of thwarting Islamist propaganda.

    France is paying a heavy price for its fundamentalist secularism, both inside and outside its own borders.

    https://www.1news.info/european-news/france-s-dangerous-religion-of-secularism-798875

    #Farhad_Khosrokhavar #terrorisme #religion #sécularisme #blasphème #extrémisme #France #violence #minorité_marginalisée #radicalisme #radicalisation #Charlie_Hebdo #radicalisme_religieux #sécularisme_radical #religion_civile #islamo-gauchisme #caricatures #liberté_d'expression #débat_public #provocation #contre-provocation #sécularisme_fondamentaliste

    ping @karine4 @cede @isskein

    • « On a oublié le rôle de l’#humiliation dans l’Histoire », par #Olivier_Abel

      Pour le philosophe, « en sacralisant les #caricatures, nous sommes devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le #tragique ».

      Quel rapport entre les crimes abjects des djihadistes, le danger que représentent à certains égards les « réseaux sociaux » pour la démocratie et la civilité, la question de la liberté d’expression et du blasphème, le durcissement quasi-guerrier de la laïcité, les gilets jaunes, les majorités dangereuses qui ont porté Trump ou Erdogan au pouvoir, et qui poussent à nos portes ? Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre, nous ne savons et sentons plus ce que nous faisons. Je voudrais proposer ici une hypothèse.

      Nous avons globalement fait fausse route. Le drame des caricatures n’est que la partie visible d’un énorme problème. Nous nous sommes enfoncés dans le #déni de l’humiliation, de son importance, de sa gravité, de son existence même. Nous sommes sensibles aux #violences, comme aux #inégalités, mais insensibles à l’humiliation qui les empoisonne. Comme l’observait le philosophe israélien Avishaï Margalit, nous n’imaginons même pas ce que serait une société dont les institutions (police, préfectures, administrations, prisons, hôpitaux, écoles, etc.) seraient non-humiliantes. Dans l’état actuel de rétrécissement des ressources planétaires, on aura beaucoup de mal à faire une société plus juste, mais pourquoi déjà ne pas essayer une société moins humiliante ?

      Ni quantifiable, ni mesurable

      Il faut dire que l’humiliation est une notion – et une réalité - compliquée. L’#offense est subjective, et dépend au moins autant de ceux qui la reçoivent que de ceux qui l’émettent. Ce qui humiliera l’un laissera l’autre indifférent, et cela dépend même du moment où ça tombe. L’humiliation n’est pas quantifiable, mesurable, comme le sont les coups et blessures. D’où la tentation de dire que là où il n’y a pas de #dommage ni #préjudice il n’y a pas de #tort. Ce n’est pas une affaire de #droit mais seulement de #sentiment ou de #morale personnelle, donc circulez, il n’y a rien à dire.

      Et pourtant… Si les violences s’attaquent au #corps de l’autre, dans ses capacités et sa #vulnérabilité, l’humiliation fait encore pire : elle s’attaque au visage de l’autre, dans son #estime et son #respect_de_soi : elle le fait blanchir ou rougir, et souvent les deux en même temps.

      Car l’humiliation se présente de deux façons, en apparence contradictoires. Par un côté, elle porte atteinte à l’estime de soi, en faisant #honte à l’individu de son expression, de ce qu’il voudrait montrer et faire valoir, elle le rabroue et l’exclut du cercle de ceux qui sont autorisés à parler. Mais, par un autre côté, elle porte atteinte également au #respect et à la #pudeur, en dévoilant ce qui voulait se cacher, en forçant l’individu à montrer ce qui constitue sa réserve, en le surexposant au #regard_public, en lui interdisant de se retirer.

      L’humiliation s’attaque au sujet parlant. Les humains ne se nourrissent pas de pain et de cirques seulement, mais de #paroles_vives en vis-à-vis : ils n’existent qu’à se reconnaître mutuellement comme des sujets parlants, crédités comme tels, et reconnus dans leur crédibilité. L’humiliation fait taire le sujet parlant, elle lui fait honte de son expression, elle ruine sa confiance en soi.

      Quand le faible est trop faible

      Elle peut également atteindre des formes de vie, des minorités langagières, sexuelles, raciales, religieuses, sociales, etc. Il peut même arriver qu’une majorité endormie dans sa complaisance soit humiliée par une minorité active. Elle devient ce que j’appelais plus haut une majorité « dangereuse », pour elle-même et pour les autres.

      Une #parole_humiliée devient sujette à ces deux maladies du langage que sont la #dévalorisation ou la #survalorisation de soi. Ou, pour le dire autrement : la #dérision ou le #fanatisme. Commençons par la genèse du fanatisme. Simone Weil avait proposé d’expliquer les affaires humaines par cette loi : « on est toujours #barbares avec les faibles ». Il faudrait donc que nul ne soit laissé trop faible et sans aucun #contre-pouvoir, et que le plus fort soit suffisamment « déprotégé » pour rester sensible au faible, bon gagnant si je puis dire, et conscient qu’il ne sera pas toujours le plus fort.

      Mais quand le faible est trop faible pour infliger quelque tort que ce soit au plus fort, le pacte politique posé par Hobbes est rompu. Les faibles n’ont plus rien à perdre, ne sont plus tenus par le souci de la sécurité des biens et des corps, il ne leur reste que l’au-delà et ils basculent dans le #sacrifice_de_soi, dans une parole portée à la folie. Ici la #religion vient juste au dernier moment pour habiller, nommer, justifier cette mutation terrible.

      « C’est à l’humiliation que répond la #barbarie »

      La violence appelle la violence, dans un échange réciproque qui devrait rester à peu près proportionné, même si bien souvent la #violence s’exerce elle-même de manière humiliante, et nous ne savons pas ce que serait une violence vraiment non-humiliante. Avec l’humiliation cependant, le cercle des échanges devient vicieux, les retours sont longuement différés, comme sans rapport, et ils ont quelque chose de démesuré. Ils sont parallèles, mais en négatif, aux circuits de la #reconnaissance dont on sait qu’ils prennent du temps.

      C’est pourquoi les effets de l’humiliation sont si dévastateurs. Ils courent dans le temps, car les humiliés seront humiliants au centuple. Comme le remarquait #Ariane_Bazan, ils peuvent aller jusqu’à détruire méthodiquement toute scène de reconnaissance possible, toute réparation possible : la mère tuera tous ses enfants, comme le fait Médée rejetée par Jason. Lisant Euripide, elle concluait : « c’est à l’humiliation que répond la barbarie ». Les grandes tragédies sont des scènes de la reconnaissance non seulement manquée, mais écrabouillée.

      Pourquoi nos sociétés occidentales sont-elles collectivement aussi insensibles à l’humiliation ? Est-ce la différence avec ce qu’on a appelé les sociétés de honte, le Japon, le monde arabe ? Sans doute est-ce d’abord aujourd’hui parce que nous sommes une société managée par des unités de mesure quantifiable, la monnaie, l’audimat, et par une juridicisation qui ne reconnaît que les torts mesurables, compensables, sinon monnayables.

      Cette évolution a été accélérée par une #morale_libérale, qui est une #morale_minimale, où tout est permis si l’autre est consentant : or on n’a pas besoin du #consentement de l’autre pour afficher sa #liberté, tant que son expression n’est ni violente ni discriminante à l’égard des personnes, et ne porte aucun dommage objectif — les croyances n’existent pas, on peut en faire ce qu’on veut. Le facteur aggravant de l’humiliation, dans une société de réseaux, c’est la diffusion immédiate et sans écrans ralentisseurs des atteintes à la réputation : la #calomnie, la #moquerie, le #harcèlement.

      L’angle mort de notre civilisation

      Mais plus profondément encore, plus anciennement, notre insensibilité à l’humiliation est due à l’entrecroisement, dans nos sociétés, d’une morale stoïcienne de la #modestie, et d’une morale chrétienne de l’#humilité. Celle-ci, en rupture avec les religions de l’imperium, de la victoire, propose en modèle un divin abaissé et humilié dans l’ignominie du supplice de la croix, réservé aux esclaves. Le #stoïcisme est une sagesse dont la stratégie consiste à décomposer l’opinion d’autrui en des énoncés creux dont aucun ne saurait nous atteindre : l’esclave stoïcien n’est pas plus humiliable que l’empereur stoïcien.

      La dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est d’ailleurs héritière de ces deux traditions mêlées, quand il fait de l’expérience de l’esclavage une étape nécessaire sur le chemin de la liberté. Cette vertu d’humilité a paradoxalement creusé dans le monde de la chevalerie médiévale, puis dans la société française de cour, et finalement dans le dévouement de l’idéal scientifique, un sillon profond, qui est comme l’angle mort de notre civilisation.

      Et cet angle mort nous a empêchés de voir le rôle de l’humiliation dans l’histoire : c’est l’humiliation du Traité de Versailles qui prépare la venue d’Hitler au pouvoir, celle de la Russie ou de la Turquie qui y maintient Poutine et Erdogan, c’est la manipulation du sentiment d’humiliation qui a propulsé la figure de Trump. Et cette histoire n’est pas finie. Les manipulations machiavéliques des sentiments de peur et les politiques du #ressentiment n’ont jamais atteint, dans tous nos pays simultanément, un tel niveau de dangerosité. Les djihadistes ici jouent sur du velours, car à l’humiliation ancienne de la #colonisation militaire, économique, et culturelle, s’est ajoutée celle des #banlieues et du #chômage, et maintenant les caricatures du prophète, répétées à l’envi.

      #Fanatisme et #dérision

      Car la genèse de la dérision est non moins importante, et concomitante à celle du fanatisme. On a beaucoup entendu parler du #droit_de_blasphémer : curieuse expression, de la part de tous ceux (et j’en suis) qui ne croient pas au #blasphème ! Réclamer le droit de blasphémer, s’acharner à blasphémer, n’est-ce pas encore y croire, y attacher de l’importance ? N’est-ce pas comme les bandes iconoclastes de la Réforme ou de la Révolution qui saccagent les églises, dans une sorte de superstition anti-superstitieuse ?

      Tout le tragique de l’affaire tient justement au fait que ce qui est important pour les uns est négligeable pour les autres. Il faudrait que les uns apprennent à ne pas accorder tant d’importance à de telles #satires, et que les autres apprennent à mesurer l’importance de ce qu’ils font et disent. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le sentiment qu’il n’y a plus rien d’important, sauf le droit de dire que rien n’est important.

      Une société où tout est « cool » et « fun » est une société insensible à l’humiliation, immunisée à l’égard de tout scandale, puisqu’il n’y reste rien à transgresser, rien à profaner. Or la fonction du #scandale est vitale pour briser la complaisance d’une société à elle-même. Pire, lorsque l’ironiste adopte un point de vue en surplomb, pointant l’idiotie des autres, il interrompt toute possibilité de #conversation. On peut rire, mais encore faut-il que cela puisse relancer la conversation !

      Sacralisation des caricatures ?

      Le différend tient peut-être aussi au fait que nous ne disposons pas exactement des mêmes genres littéraires. #Salman_Rushdie et #Milan_Kundera observaient que le monde musulman a du mal à comprendre ce que c’est qu’un « roman », comme une forme littéraire typique d’une certaine époque européenne, et qui met en suspens le jugement moral. Nous aussi, nous avons un problème : on dirait parfois que le genre littéraire éminent qui fonde notre culture est la caricature, la dérision, le #comique.

      Ce qui est proprement caricatural, c’est que les caricatures, le #droit_de_rire, soient devenues notre seul sacré. Serions-nous devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le tragique ? N’avons-nous pas perdu aussi le sens de l’#épopée véritable (celle qui honore les ennemis), et le sens de quoi que ce soit qui nous dépasse nos gentilles libertés bien protégées ?

      Aujourd’hui, aux manipulations de la peur et de la xénophobie par les néonationalistes français, qui sacralisent la #laïcité comme si elle n’était plus le cadre neutre d’une #liberté_d’expression capable de cohabiter paisiblement avec celle des autres, mais la substance même de l’#identité française (une identité aussi moniste et exclusive que jadis l’était le catholicisme pour l’Action française), répond la manipulation cynique du sentiment d’humiliation des musulmans français par les prédicateurs-guerriers du djihadisme, qui n’ont de cesse d’instrumentaliser le ressentiment, dans le monde et en France.

      Liberté d’abjurer et laïcité réelle

      Aux organisations musulmanes françaises, nous dirons : demandez aux pays dominés par l’islam politique d’accorder à leurs minorités les mêmes libertés réelles qui sont celles des musulmans de France, et accordez solennellement à toutes les musulmanes et à tous les musulmans le droit d’abjurer, de se convertir, ou simplement de se marier en dehors de leur communauté.

      Aux néonationalistes, nous dirons : si la laïcité n’est plus que cette identité sacrée, c’est-à-dire le contraire de ce qu’elle a été dans l’histoire réelle (oui, enseignons d’abord l’histoire réelle dans son long cours, ses compromis complexes, et pas les histoires simplistes que nous nous racontons !), le #pacte_laïque sera rompu, et nous ferons sécession, il faudra tout recommencer, ensemble et avec les nouveaux venus.

      Car ce pacte est ce qui, au nom de notre histoire commune, et inachevée, autorise, au sens fort, la #reconnaissance_mutuelle. Il cherche à instituer un théâtre commun d’apparition qui fasse pleinement crédit à la parole des uns et des autres. C’est bien ce qui nous manque le plus aujourd’hui.

      https://www.nouvelobs.com/idees/20201122.OBS36427/on-a-oublie-le-role-de-l-humiliation-dans-l-histoire-par-olivier-abel.htm

  • Accidents médicaux : la Cour des comptes pointe les « défaillances » de l’indemnisation
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/02/09/20002-20170209ARTFIG00006-accidents-medicaux-la-cour-des-comptes-pointe-les

    Pour 2011-2015 sur 49,5 millions d’euros, « près de 30 » n’avaient pas donné lieu à une démarche de recouvrement auprès des assureurs. Ainsi « l’examen des états financiers fait apparaître un défaut d’enregistrement d’un total de créances supérieur à 92 millions d’euros (dont 17,5 millions en instance d’examen pour l’hépatite C, 11,6 en suspens et 29 non identifiés). D’ailleurs, le système d’information de l’Oniam est « onéreux, inadapté et inefficace » et ne permet pas d’informer correctement ses administrations de tutelle sur son activité (dossiers d’indemnisation, état des recouvrements...).

    #médecine
    #erreurs_médicales
    #mortalité
    #2017
    #scandale_sanitaire
    #assurances
    #bigpharma

    • Les erreurs médicales à l’hôpital, cause majeure de mortalité
      https://www.lemonde.fr/medecine/article/2016/05/04/morts-liees-aux-erreurs-medicales-des-donnees-peu-fiables_4913152_1650718.ht

      50 000 décès en France ?

      « Avec 15 millions d’hospitalisations en France en 2013, le nombre de décès liés aux erreurs médicales pourrait ainsi avoisiner les 50 000, en faisant la troisième cause de mortalité du pays après les cancers et les maladies cardio-vasculaires », indiquait Le Lien, association de défense des patients victimes d’accidents médicaux, en 2015, à partir des données de l’Organisation mondiale de la santé. En 2013, un rapport sur la iatrogénie (conséquences néfastes liées aux soins), rédigé par le pharmacologue Bernard Bégaud et par l’épidémiologiste Dominique Costagliola, relevait que « des études de pharmacovigilance permettant d’avancer la fourchette de 10 000 à 30 000 décès attribuables chaque année en France à un accident médicamenteux ». Sans compter ceux dus à d’autres causes médicales ou chirurgicales.

      « Nous demandons depuis des années la publication de données sur la mortalité liée aux erreurs médicales en France », explique-t-on au Lien. « On commence seulement à faire en sorte que les événements indésirables graves liés aux soins soient déclarés », ajoute l’association.

      #2016

  • Rapport du #Sénat (2015) – La #Politique gouvernementale de diminution des stocks stratégiques
    https://www.les-crises.fr/rapport-du-senat-2015-la-politique-gouvernementale-de-diminution-des-stoc

    Source : Sénat, 2015. L’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) : comment investir dans la sécurité sanitaire de nos concitoyens ? II. DES STOCKS STRATÉGIQUES MOINS IMPORTANTS MAIS GÉRÉS DE FAÇON PLUS FIABLE A. LA POLITIQUE GOUVERNEMENTALE DE DIMINUTION DES STOCKS STRATÉGIQUESLire la suite

    #Coronavirus #Scandale_Sanitaire #Politique,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire,_Sénat

  • #Coronavirus : y a-t-il eu retard à l’allumage au sommet de l’Etat ?
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-y-a-t-il-eu-retard-a-lallumage-au-sommet-de-letat

    Source : Olivier Beaumont et Nathalie Schuck, pour Le Parisien

    La crise est d’une ampleur et d’une gravité inédites, mais certains, dans les arcanes du pouvoir, reprochent à l’exécutif de ne pas avoir réagi assez vite, assez fort face à l’épidémie de coronavirus. En semant le doute sur l’état de préparation de l’exécutif, la ministre démissionnaire Agnès Buzyn a ouvert la boîte de Pandore. Sous couvert de « off », même s’il est toujours aisé de juger après coup, des langues se délient dans les arcanes du pouvoir pour regretter un manque d’anticipation, en dépit du principe de précaution. Retour factuel en quatre questions. En retard d’une guerre ?Lire la (...)

    #Politique #Scandale_Sanitaire #Politique,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire

  • #Masques : les preuves d’un mensonge d’État
    https://www.les-crises.fr/masques-les-preuves-dun-mensonge-detat

    Source : Yvan Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi, pour Mediapart Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées : basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines. En déplacement, mardi 31 mars, dans une usine de fabrication de masques chirurgicaux, le président de la République Emmanuel Macron a cité beaucoup de chiffres sur les approvisionnements en cours, afin de rassurer les Français qui s’inquiètent de la pénurie de ce matériel médical essentiel pour la (...)

    #Politique #Coronavirus #France #Scandale_Sanitaire #Politique,_Coronavirus,_France,_Masques,_Scandale_Sanitaire

  • ENQUETE. #Fos-sur-Mer, de l’utopie industrielle au #scandale sanitaire
    https://www.lejdd.fr/Societe/enquete-fos-sur-mer-de-lutopie-industrielle-au-scandale-sanitaire-3941183.amp

    Janvier 2020

    Selon nos informations, les magistrats du pôle #santé du tribunal de grande instance de #Marseille s’apprêtent à ouvrir une information judiciaire, ce qui constituera une première en matière de #pollution industrielle. Après avoir été l’éclaireur de l’aventure pétrochimique, Fos-sur-Mer pourrait devenir celui de la lutte environnementale.

    One of Europe’s Most Polluted Towns Stages a Noisy Revolt - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/04/01/world/europe/france-pollution-fos-sur-mer.html

  • En plein confinement, une élue LREM essaie de rapatrier de force sa collaboratrice
    https://www.les-crises.fr/en-plein-confinement-une-elue-lrem-essaie-de-rapatrier-de-force-sa-collab

    Source : David Perrotin, pour Libération

    Selon nos informations, la députée de Paris Laetitia Avia remue ciel et terre depuis lundi soir pour faire revenir dans la capitale une de ses collaboratrices, malade et en vacances. Jusqu’à solliciter le ministère de l’Intérieur. En plein confinement, une élue LREM essaie de rapatrier de force sa collaboratrice. « Restez chez vous ! » Depuis quelques jours, la députée LREM Laetitia Avia martèle le message officiel sur son compte Twitter, insistant sur l’importance de ne pas propager le Covid-19 et de se protéger de l’épidémie. Sauf que dans le même temps, elle demande tout à fait autre chose de ses collaborateurs : la porte-parole d’En marche, élue parisienne, a en effet exigé que tous ses collaborateurs puissent télétravailler, mais seulement depuis Paris. Et a donc (...)

    #Politique #Coronavirus #Scandale_Sanitaire #Politique,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire

  • • Un tuto parmi d’autres pour faire un masque : ragmask
    https://ragmask.com

    – Le PDF pour le patron :
    https://ragmask.com/ragmask.pdf

    – Les explications :
    https://ragmask.com/pro

    – Le choix des matières pour la réalisation :
    https://smartairfilters.com/en/blog/best-materials-make-diy-face-mask-virus

    Et pour finir l’article de Mediapart du 2 avril 2020 par Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi :

    Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat

    Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées : basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/020420/masques-les-preuves-d-un-mensonge-d-etat

    #masque #covid19 #Mediapart #scandale #panique #incompétence

  • Médicaments pour soigner le Covid-19 : des hôpitaux au bord de la pénurie
    https://www.les-crises.fr/medicaments-pour-soigner-le-covid-19-des-hopitaux-au-bord-de-la-penurie

    Source : Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint, pour Mediapart, le 27/03/2020. Les médicaments anesthésiques, qui permettent de placer sous respirateur artificiel les malades Covid-19, sont en tension en Île-de-France. Le corps médical tente de rationner leur utilisation. D’autres médicaments essentiels pour faire face à l’épidémie pourraient très vite venir à manquer. Les hôpitaux franciliens sont lancés dans une course folle pour ouvrir, dans les 48 heures, mille nouveaux lits de réanimation, et porter leur nombre à deux mille en tout. Mais les patients Covid dans un état critique ont d’autres besoins essentiels qui pourraient venir à manquer : les médicaments. Selon le point de situation du ministère de l’intérieur du 25 mars, que nous nous sommes procuré, « les hôpitaux civils n’ont qu’une semaine (...)

    #Santé #Coronavirus #Scandale_Sanitaire #Santé,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire

  • Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020420/masques-les-preuves-d-un-mensonge-d-etat

    Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.

    Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.

    Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile…

    Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.

    Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement.

    L’article fait 5 pages. Je ne mets pas tout. Je passe l’intro au dessus de la partie citée ci-dessus, et je colle la suite par bouts dans des réponses

    ACTE I (fin janvier 2020). Mensonge sur une pénurie

    « La grande erreur aux États-Unis et en Europe est, à mon avis, que la population ne porte pas de masque. » Dans le très sérieux magazine américain Science, un haut scientifique chinois a rappelé, le 27 mars, une évidence face au coronavirus, qui « se transmet par les gouttelettes respiratoires » : « Il faut porter un masque. »

    « Le simple fait de parler peut transmettre le virus, a souligné George Gao, directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, qui fut en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. De nombreux individus atteints sont asymptomatiques, ou ne présentent pas encore de symptômes : avec un masque, on peut empêcher les gouttelettes porteuses du virus de s’échapper et d’infecter les autres. »

    Le problème : mi-janvier, au début de l’épidémie en Chine, les stocks de masques sont quasi inexistants en France.

    Selon nos informations, on dénombre alors moins de 80 millions de masques dits « chirurgicaux » – plus 80 millions supplémentaires commandés avant l’épidémie, mais pas encore livrés – et zéro en stock de masques dits « FFP2 ». Les premiers sont des masques anti-projection de base, destinés à la population, avec une durée de vie limitée à quatre heures. Ils ne protègent pas ceux qui les portent, mais empêchent ces derniers de contaminer d’autres personnes par leurs postillons.

    Les seconds – ainsi que leur version haut de gamme, les FFP3 – sont, eux, des masques de protection respiratoires à destination du personnel soignant. Seuls les FFP2 et FFP3 protègent leurs porteurs. En cas de pandémie, il faut pouvoir en distribuer, au minimum, à tous les personnels de santé les plus exposés : soignants hospitaliers, médecins de ville, pompiers, ambulanciers… Et pourtant, la France n’en a aucun en stock.

    Ce choix n’est pas celui du gouvernement actuel mais de son prédécesseur. En 2013, la ministre de la santé, Marisol Touraine, avait en effet décidé de supprimer les stocks stratégiques de l’État et de transférer cette compétence aux employeurs, qu’ils soient privés ou publics, désormais chargés « de constituer des stocks de masques pour protéger [leur] personnel ».

    Au lieu de jouer la transparence sur cette pénurie – qui n’est pas de son fait –, et d’expliquer que le peu de stock disponible sera réservé en priorité aux soignants, le gouvernement d’Édouard Philippe choisit de ne pas informer les Français. Et d’utiliser de faux arguments sanitaires pour masquer des stocks insuffisants. Il expliquera ainsi tour à tour que les masques sont inutiles pour la population générale, puis qu’ils ne sont pas efficaces car les Français ne savent pas les porter, pour désormais, sur le tard, tenter d’équiper « massivement » la population afin de sortir du confinement.

    #corinavirus #scandale_d_état #masques #matériel_médical

    • ACTE II (fin janvier – début février). Une réaction lente et insuffisante

      Nous sommes en janvier. Dans l’entourage du professeur Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, on s’inquiète déjà, selon les informations recoupées de Mediapart : les responsables politiques n’osent pas avouer à la population que les masques risquaient de manquer, et préfèrent dire dans un premier temps que les masques sont inutiles, jusqu’à ce que les commandes arrivent.

      Le 24 janvier, quelques heures avant la confirmation de trois cas européens (et français) de coronavirus, la ministre de la santé Agnès Buzyn se veut rassurante à la sortie du Conseil des ministres : « Les risques de propagation du virus dans la population [française – ndlr] sont très faibles.

      Le 13 février, trois jours avant sa démission pour mener la campagne des municipales à Paris, Agnès Buzyn annonce lors d’un point presse sur le Covid-19 un grand « marché public européen » pour un approvisionnement massif de masques, plutôt que chaque pays s’équipe séparément. Un mois et demi plus tard, plus personne n’en parle.

      La Commission européenne commence simplement à examiner les offres, pour une mise à disposition des équipements prévue deux semaines après la signature du contrat… « Nous faisons de notre mieux pour accélérer considérablement le processus administratif de la passation conjointe de marchés », a répondu, le 30 mars, le service de presse de la Commission, sans nous donner la moindre indication de date, volume ou répartition par pays de la commande.

      « Peut-être qu’il y a eu des erreurs, concède à Mediapart un membre de la cellule de crise. Sans doute l’État n’a pas été assez réactif, et trop sage dans les demandes. Les procédures de marchés publics sont très bien par temps calme, mais totalement inadaptées par tempête où il faut prendre des décisions rapides, alors que la mise en concurrence est de trois mois… ».

      Pour lui, le problème initial vient surtout « du choix de ne pas avoir de stocks stratégiques de masques ».

      Mi-janvier, « en l’état des connaissances scientifiques, et avec les contraintes budgétaires imposées, la prise de décision était compliquée », plaide-t-il, et « la personne qui aurait alors, dans l’état actuel des finances de la France, dit “on va dépenser des centaines de millions d’euros pour une crise hypothétique”, on lui aurait ri au nez. Dès le départ, on savait que ce serait une gestion de crise liée à la pénurie – de masques, de tests, de respirateurs, de lits de réanimation. À partir de là, vous pouvez anticiper, faire un tas de choses bien – et on en a fait – vous avez perdu la guerre d’entrée. »

      Le gouvernement a aussi clairement sous-estimé la rapidité et la virulence de l’épidémie. « On était conscient dès le départ qu’une vague allait nous arriver, poursuit la même source, mais on ne pensait pas qu’elle serait de cette force-là, que le virus serait aussi violent, avec des patients qui peuvent se dégrader d’un seul coup et qu’il faut intuber d’urgence. »

      Mi-février, le ministère sonne l’alerte auprès de Santé publique France, notamment à l’occasion d’une réunion technique destinée à la mise en place du schéma directeur de stockage et de distribution. Il faut passer à la vitesse supérieure, arrêter de passer par ses traditionnels marchés publics longs, prospecter partout, « en mode guerrier », leur dit-on.

      L’agence ne semble pas prendre pleinement conscience de l’urgence de la situation. Sa léthargie est, plus largement, due à son fonctionnement : elle est née en 2016 de la fusion de trois instituts sanitaires et « armée comme un plan quinquennal au temps de l’Union soviétique », estiment certaines sources.

      Censée être plus réactive et moins soumise aux contraintes administratives que le ministère, la machine SPF souffre en fait de la même lourdeur alors qu’elle doit mener des opérations urgentes. D’autant que, depuis la fusion, son volet « intervention », géré par l’ancien Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS), a été négligé. Questionnée par Mediapart, la direction de SPF n’a pas souhaité répondre, nous renvoyant vers le ministère de la santé.

      Dans la foulée de cette alerte, mi-février, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), un organisme dépendant de Matignon chargé d’organiser la réponse de l’État aux crises les plus graves, qu’elles soient terroristes ou sanitaires, se réunit avec différents ministères. Il demande de s’appuyer sur les quatre industriels français producteurs de FFP2. Puis le cabinet du ministre de la santé convoque ces quatre industriels, et regroupe toutes les commandes d’État via un acheteur unique, SPF. L’objectif : peser davantage dans les négociations avec les fournisseurs.

      En cette fin février, l’épidémie atteint l’Italie de manière inquiétante et l’exécutif commence à s’affoler. Le 25 février, une réunion interministérielle de crise est organisée autour du premier ministre Édouard Philippe. Selon la réponse du ministère de la santé à Mediapart, un « besoin » supplémentaire de 175 millions de masques FFP2 est identifié « sur la base d’une épidémie de 3 mois ». Toujours selon le ministère, Olivier Véran mandate le même jour Santé publique France afin que ces masques soient commandés.

      Publiquement, le ministère de la santé se veut rassurant lors de ses points presse. « Pour ces masques à haut niveau de technicité [les FFP2 – ndlr] », « la commande publique a été passée », afin de « constituer un stock de plusieurs dizaines de millions », déclare Olivier Véran le 26 février, promettant, le lendemain, ne pas être « en réaction » mais « depuis des semaines dans l’anticipation ».

      « Nous avons et nous garderons un temps d’avance », jure-t-il.

      « Il n’y a pas de sujet de pénurie », insiste de son côté Jérôme Salomon, le DGS.

      Deux jours plus tard, tandis que l’agence européenne de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) requalifie à la hausse le risque d’importation en Union européenne, la ministre dissuade, sur RTL, de porter le masque chirurgical, qui n’est utile, dit-elle, que « quand on est malade ». Elle relativise : « Quand vous croisez quelqu’un dans la rue, le risque d’attraper le virus est faible. » Elle affirme aussi que « des dizaines de millions de masques [sont] en stock, en cas d’urgence », que « tout cela est parfaitement géré par les autorités ». « Et si un jour il fallait porter un masque, nous distribuerions le masque, il n’y a absolument aucune raison d’aller en acheter », ajoute-t-elle.

      Les Français font tout l’inverse. Dès la mi-janvier, « beaucoup de gens se sont rués dans les pharmacies pour acheter des masques, dans les magasins de bricolage, en ligne, partout. Ça a beaucoup vidé les stocks », a indiqué, lors d’une réunion interne confidentielle, le directeur commercial pour la zone Ouest Méditerranée du fabricant américain 3M, l’un des leaders mondiaux des masques. D’autant plus que « beaucoup de masques qui étaient stockés en France sont partis en Chine ou ailleurs ». La pénurie dans le circuit commercial a été si violente que 3M « a arrêté dès la fin janvier de fournir les pharmacies » françaises et « priorisé vers les hôpitaux », poursuit le directeur commercial.

      Les propos d’Agnès Buzyn sont aussi en décalage complet avec la réalité vécue au même moment par la cellule de crise du ministère de la santé, qui planche sur un plan d’action pour les différents stades de l’épidémie. Composée de 25 personnes, issues du CORRUSS (le centre de veille du ministère) et de la sous-direction « veille et sécurité sanitaire », cette cellule s’alarme des maigres stocks de masques. « On a commencé à s’inquiéter et on s’est mis en ordre de bataille pour acheter massivement fin janvier », confie à Mediapart, sous le couvert de l’anonymat en raison de sa fonction, un membre de la cellule de crise.

      Le 24 janvier, la Direction de générale de la santé (DGS) saisit l’agence Santé publique France (SPF), sous la tutelle du ministère, pour faire un inventaire des stocks de matériel médical. Le 30 janvier, elle lui demande d’acquérir « dès que possible » 1,1 million de masques FFP2 seulement, selon un document obtenu par Mediapart :

      S’agissant des masques chirurgicaux, la DGS ne préconise pas de nouvel approvisionnement autre que la commande de 80 millions de masques, déjà passée avant l’arrivée de l’épidémie et destinée à atteindre un stock national d’environ 160 millions. Cela semble alors suffisant aux yeux des autorités sanitaires.

      Le 7 février, nouvelle demande de la DGS à SPF. Il s’agit cette fois d’acquérir 28,4 millions de FFP2, à travers « une procédure accélérée d’achat », en contactant seulement les trois gros producteurs français. Du côté des masques chirurgicaux, aucune commande supplémentaire n’est passée. Pire : la DGS ordonne de sortir des stocks 810 000 chirurgicaux ayant une date de péremption courte (31 mars, 31 août 2020), à destination de la Chine…

      Deux semaines après la première saisine, les résultats sont catastrophiques. Au 12 février, sur les 28,4 millions de FFP2 demandés, SPF n’en a reçu que 500 000 et en a commandé 250 000 autres, pas encore livrés. Et sur les 160 millions de chirurgicaux espérés, 30 millions manquent encore, commandés mais toujours pas livrés.

      L’inquiétude monte inévitablement au sein du ministère de la santé, qui s’alarme des difficultés d’approvisionnement, et de la lenteur de Santé publique France. Lors d’une réunion interne sur le sujet, le 11 février, il est acté qu’atteindre l’objectif de 28,4 millions de masques FFP2 est compromis. Ce qui n’empêche pas le nouveau ministre de la santé, Olivier Véran, de claironner, à plusieurs reprises, le 18 février, au micro de France Inter, que la « France est prête » face au « risque pandémique ».

      Comment expliquer ce fiasco ? Le ministère fait valoir qu’il s’est heurté à un marché très concurrentiel – offre limitée, demande accrue à travers le monde, prix en hausse –, notamment face aux Asiatiques, qui possèdent déjà leurs canaux d’approvisionnement habituels.

      Mais le gouvernement a objectivement commis plusieurs erreurs : des commandes en très faibles volumes, trop tardives, dispersées – chaque ministère commande de son côté, pesant moins dans les négociations – et, enfin, l’usage de procédures de marchés publics inadaptées à l’urgence. Y compris au niveau européen.

    • ACTE III (fin février – début mars). Les failles de la cellule commando

      Mais en coulisses, le gouvernement décide de changer de braquet. Santé publique France apparaît clairement sous-dimensionnée pour piloter les commandes, collectes et distributions de masques. Une stratégie agressive est mise en place. L’exécutif crée une cellule de crise interministérielle Covid-19, la CCIL (pour « cellule de coordination interministérielle de logistique »), qui est officiellement « activée » le 4 mars. Avec, en son sein, un service dédié aux achats de masques, chargé de faire remonter les stocks par tous les moyens possibles.

      Cette « sous-cellule masques » rassemble notamment des agents du ministère de la santé et du SGDSN. Sa direction est confiée à Martial Mettendorff, l’ex-directeur général adjoint de Santé publique France, celui-là même qui avait reçu la demande d’accélérer du ministère à la mi-février… Il sera remplacé à la tête de cette « cellule masques » moins d’un mois plus tard, par un commissaire général des armées.

      Le bilan de ce commando inter-ministériel est très maigre. Entre sa création et le 21 mars, soit un peu plus de trois semaines, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques tout compris (production française, réquisitions, dons et importations), selon le ministre de la santé. Soit seulement une semaine de consommation du stock stratégique au rythme actuel.

      Sur le papier, l’exécutif a pourtant frappé fort. Le 3 mars, l’État a décidé, par décret du premier ministre, de réquisitionner à la fois tous les stocks de masques sur le territoire, et ceux qui sortent des usines.

      Côté production, ce décret a réglé d’un seul coup les laborieuses négociations engagées en février avec les quatre fabricants dotés d’une usine en France. Ils sont désormais obligés de livrer exclusivement l’État et parviennent à doubler leur production, qui a atteint aujourd’hui 6 millions de masques par semaine. Soit une vingtaine de millions livrés au 21 mars.

      La réquisition des stocks détenus par l’ensemble des institutions et des entreprises françaises a pour sa part connu des ratés. Le 25 mars, la fédération CGT des services publics alerte le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner : des « dizaines de milliers de masques attendent toujours que l’on vienne les chercher ». Pour faire face à la pénurie en Haute-Savoie, le coordinateur CGT des pompiers, Sébastien Delavoux, a en effet appelé des syndicalistes dans plusieurs entreprises publiques de l’énergie. « On a trouvé des dizaines de milliers de masques en passant quelques coups de fil. Dans plusieurs endroits, les masques ont été rassemblés mais personne n’est venu les prendre », raconte-t-il.

      Le décret de réquisition a aussi eu des effets pervers. « On a navigué à vue », estime le membre de la cellule de crise déjà cité, pour qui « le remède a sans doute été pire que le mal ». Selon lui, « la réquisition n’a pas été préparée. Après le tweet d’Emmanuel Macron l’annonçant, il a fallu rapidement faire le décret ».

      Un élément clé en particulier n’a pas été « anticipé » : le fait que la réquisition allait « assécher les circuits traditionnels d’approvisionnement pendant deux semaines, parce que les professionnels qui livraient notamment aux établissements de santé et aux pharmacies ont arrêté, ne sachant pas ce qu’ils avaient le droit de faire ou s’ils allaient être payés ». « On s’est retrouvé en difficulté, et cela a clairement retardé l’approvisionnement en masques, raconte-t-il. Les Allemands, eux, ont par exemple interdit les exportations, au lieu de réquisitionner. »

      Le 20 mars, soit trois semaines après la réquisition, le gouvernement fait volte-face et autorise de nouveau les entités publiques et privées à importer librement des masques.

      Mais le résultat le plus décevant vient des achats à l’étranger. Selon une estimation de Mediapart, que le ministère de la santé nous a confirmé, la « cellule masques » a réussi à importer moins de 20 millions d’unités entre début mars et le 21 mars. Le ministre de la santé a indiqué publiquement que ces « difficultés » viennent de la « course mondiale aux masques » provoquée par la pandémie, qui fait qu’« aucun pays au monde ne fait face à sa demande ».

      Des erreurs ont cependant été commises. Selon nos informations, des propositions sérieuses ont, de fait, été ignorées. Comme celle de Julien, un expert en sourcing industriel en Chine, qui a souhaité rester anonyme (voir notre « Boîte noire »). Il a vécu dix ans sur place, connu plusieurs pandémies virales, et suit la crise de près par le truchement de ses amis confinés à Wuhan.

      Choqué par la politique française qui déconseille le port du masque, il s’est adressé le 13 mars au directeur général de la santé, Jérôme Salomon. « Porter un masque n’est pas un acte folklorique. C’est ce qui a permis et permet de contrôler la propagation du virus en Asie, lui écrit Julien via la plateforme LinkedIn. Le port du masque est obligatoire dans beaucoup de pays asiatiques. […] Les résultats sont probants. […] En Europe, surtout en France, le discours vis-à-vis du port du masque est irrationnel. Les mentalités aussi. Changeons-les. »

      « Il faut en priorité équiper les soignants, les stocks sont limités », lui répond le jour même le directeur général de la santé, confirmant en creux que la politique sanitaire française est en réalité dictée par la pénurie. Julien lui indique que la Chine a dopé ses cadences de production, qui atteignent 110 millions de masques par jour. « Pas si simple, je vous garantis que nous cherchons tous azimuts », lui répond Jérôme Salomon.

      Julien propose alors du tac au tac d’aider l’État en mobilisant son réseau en Chine. Jérôme Salomon l’aiguille vers Antoine Tesnière, le conseiller Covid du ministre de la santé. Deux jours plus tard, le 15 mars, il envoie une proposition détaillée et indique avoir trouvé des usines capables de fournir 6 à 10 millions de masques chirurgicaux par semaine dont 1 million de masques FFP2, une denrée rare. Son courriel est transmis au chef de la « cellule masques », Martial Mettendorff, et à la patronne du SGDN, Claire Landais.

      Le 16 mars, Julien s’entretient au téléphone avec l’adjointe d’Antoine Tesnière. Selon lui, elle lui répond que la cellule n’a pas besoin d’aide car elle a son propre réseau en Chine. Dans des échanges de SMS que Mediapart a pu consulter, les fournisseurs chinois de Julien écrivent qu’ils n’ont pas été contactés par l’État français.

      « J’ai été choqué, car je leur ai trouvé en trois jours des usines fiables, qui avaient des capacités, des certificats et des autorisations d’exporter, mais ils s’en fichaient, indique Julien. Le 16 mars, l’un des fournisseurs que j’avais contacté m’a dit avoir livré 70 millions de masques pour le Kazakhstan, en m’envoyant une vidéo de l’opération. »

      Le ministère de la santé nous a répondu que l’offre de Julien a été rejetée car elle manquait de « fiabilité ».

      Un membre de la cellule de crise reconnaît que l’examen des offres des importateurs a été mal géré, par manque de moyens humains et à cause de problèmes d’organisation qui ont ralenti le fonctionnement de la cellule pendant les deux premières semaines. « Ce flux de mails, on n’a pas été capables de le gérer, on a manqué d’organisation. Des gens n’ont pas eu de réponse, alors que c’était des offres sérieuses. »

      L’offre d’un de ces importateurs, Jérôme* qui a fourni à Mediapart l’intégralité de ses correspondances avec la cellule, a en effet été jugée sérieuse. L’État lui a en effet demandé de faire une proposition détaillée pour une première commande d’un million de masques produits en Chine, selon des courriels obtenus par Mediapart. Mais Jérôme a attendu une semaine avant de recevoir une réponse, finalement négative pour cause de prix jugés trop élevés…

      Certes, Jérôme a fait son offre au moment des méga-commandes annoncées par l’État, le 21 mars (voir plus bas). Mais ce délai d’examen interpelle au vu de l’urgence sanitaire et de la concurrence féroce sur l’approvisionnement. « La demande est telle qu’à chaque jour qui passait, la capacité disponible de mes fournisseurs baissait. L’un d’entre eux a pris une commande de 10 millions de pièces pour un autre pays », indique-t-il à Mediapart.

      À sa décharge, la cellule devait à la fois aller vite et vérifier le sérieux des offres pour éviter les escrocs. « La difficulté, c’est qu’il y avait aussi un flot de propositions étrangères de sociétés qui n’existaient pas, des masques FFP2 proposés à des prix délirants par rapport aux prix habituels, etc. », raconte une source interne. « Les propositions frauduleuses ont pullulé », a confirmé le ministère de la santé à Mediapart.

      Le cabinet d’Olivier Véran nous a répondu que la cellule interministérielle, composée de « professionnels » aguerris, « a reçu de nombreuses offres d’achat ou de don qui ont été examinées par ordre de priorité », et a « suivi l’ensemble des précautions nécessaires pour pouvoir s’approvisionner avec du matériel à la qualité reconnue, issu de sources fiables ». Le ministère ne souhaite pas commenter « l’ensemble des propositions d’offres » que nous lui avons soumises, car il n’y aurait pas de « preuve » que les entrepreneurs nous ayant dit être sérieux le soient vraiment.

      Il semble également y avoir eu des problèmes de communication entre les services de l’État en régions et la cellule nationale. L’histoire la plus emblématique est celle l’entreprise Prolaser, révélée par le quotidien Ouest-France. Lors de la semaine du 16 mars, cette PME, spécialiste des cartouches d’encre recyclées, identifie des fournisseurs chinois capables de livrer rapidement 500 000 masques par jour, grâce à son réseau sur place. L’entreprise s’adresse aux services locaux de l’État, sans succès. Le ministère de la Santé nous a indiqué ne pas avoir eu connaissance de cette proposition.

      Résultat : juste après la parution du décret du 20 mars autorisant de nouveau les institutions et les entreprises à s’approvisionner, les conseils départementaux de Vendée et du Maine-et-Loire en profitent pour passer des commandes pour 1,2 million de masques, pour leur compte et celui des communautés de communes de leur territoire. Ils seront notamment livrés aux Ehpad et aux personnels qui aident les personnes âgées à domicile.

      Prolaser a indiqué à Mediapart avoir sécurisé 500 000 livraisons par jour, avec un premier avion qui a atterri ce lundi 30 mars. Le conseil départemental de Vendée confirme avoir reçu le même jour un premier lot de 30 000 masques, qui permettra de pallier la pénurie en attendant « les livraisons de l’État ».

      Il existe enfin des stocks de masques qui n’ont pas le certificat européen CE, mais respectent des normes étrangères dont les caractéristiques sont très proches. Le 16 mars, Henri(1), patron d’une société d’importation d’objets publicitaires, repère un stock chinois de 500 000 masques chirurgicaux chinois à la norme non-européenne EFB95, destinée à l’origine au marché brésilien. Il a l’idée de les importer en France pour les proposer « à prix coûtant ». « Ces masques étaient conformes et de bonne qualité. Ma réflexion était qu’il vallait mieux avoir des masques, même sans marquage CE, que pas de masque du tout », raconte-t-il.

      Henri contacte les douanes pour leur demander si une importation est possible. « Il leur fallait juste l’accord des services de santé, ce qui est compréhensible. Mais malgré plusieurs relances, nous n’avons pas eu de retour de leur part. Nous avons dû libérer le stock, qui est parti dans d’autres pays. »

      Vu la pénurie, l’Espagne a décidé le 20 mars d’autoriser temporairement l’importation de ces masques aux normes étrangères. La France a choisi pour sa part de réquisitionner à partir du 13 mars les masques dépourvus de marquage CE stockés sur son territoire, mais a attendu le 27 mars pour autoriser les importations.

      Le gouvernement semble donc avoir raté, au mois de mars, plusieurs opportunités de livraisons, dans un contexte de pénurie où les acheteurs publics comme privés se livrent une concurrence féroce auprès des fabricants chinois. « C’est la guerre entre les pays pour être servi, relate un acheteur d’un groupe français. Les ambassadeurs en Chine en sont quasiment à dormir sur les palettes pour sécuriser les lots. Et à ce jeu-là, la France s’est réveillée tard. »

      Ce n’est pas Renaud Muselier qui dira le contraire. Ce mardi 31 mars, le président de la Région Sud (ex-Provence-Alpes-Côte d’Azur) a annoncé, sur la chaîne russe RT, qu’une partie d’une commande française de 4 millions de masques en provenance Chine a été tout simplement détournée vers les États-Unis à la dernière minute. « Sur le tarmac [de l’aéroport], en Chine, une commande française a été achetée par les Américains cash, et l’avion qui devait venir en France est parti directement aux États-Unis », a dénoncé le président de Région.

      Plusieurs entrepreneurs en contact avec l’État ont indiqué à Mediapart avoir prévenu la « cellule masques » que le retard pris dans les commandes se paierait cher. Car dès la mi-mars, le marché chinois est devenu une « jungle », le « far west », selon ces sources.

      Les industriels chinois se sont rués sur le marché du masque, devenu le nouvel « or blanc », ouvrant des usines à tour de bras. Avec pour conséquence une baisse de la qualité et une difficulté croissante pour trouver des stocks fiables. Les Pays-Bas ont ainsi découvert qu’un lot de 1,3 million de masques chinois livrés le 21 mars était défectueux.

      En France, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a expliqué, dans une note confidentielle, avoir reçu, le 26 mars, 700 000 masques « sans marquage CE ». Ces masques « sont conformes », insistent la Région Île-de-France, à l’origine de la commande, et l’ARS, qui l’a contrôlée.

      Le ministère nous a indiqué avoir passé, dès le 11 mars, une commande 175 millions de masques, sans préciser si elle incluait les volumes achetés aux producteurs français.

      Quel que soit le volume commandé à l’import, il a tardé à arriver : entre la fin février et le 21 mars, la cellule interministérielle n’a réussi à se faire livrer que moins de 20 millions de masques achetés à l’étranger.

      Le ministère nous indique que sa « performance » doit être évaluée en tenant compte du « contexte inédit » auquel tous les pays acheteurs ont été confrontés, c’est-à-dire la difficulté à se fournir dans un contexte d’offre mondiale insuffisante et de concurrence exacerbée.

    • ACTE IV (mars). La cellule de Bercy et le scandale Airbus

      C’est le credo du gouvernement depuis le début de la crise : « La distribution des masques privilégie toujours les soignants et les personnes les plus fragiles », répétait, samedi 28 mars, le ministre Olivier Véran. C’est exact, mais « privilégier » ne signifie pas « réserver ». S’il a été fortement réduit, le gouvernement n’a jamais coupé l’approvisionnement des entreprises, au nom de sa politique consistant à préserver autant que possible l’activité économique (lire nos enquêtes ici, là, là et là).

      Lorsque le gouvernement a réquisitionné, le 3 mars, par décret, tous les masques présents sur le territoire, il n’a pas ordonné la saisie de l’intégralité des stocks des entreprises. Selon Marianne, le ministère de la santé avait souhaité récupérer, une semaine plus tard, les masques de l’industrie agroalimentaire, qui en consomme plus de 1,5 million par semaine. Avant d’y renoncer sous la pression des industriels et du ministre de l’agriculture.

      Après une période de flottement, le gouvernement a précisé les règles : les entreprises qui avaient l’obligation légale de fournir des masques à leurs salariés avant la crise, pour des raisons de sécurité au travail, peuvent continuer à le faire, a indiqué le 30 mars la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, lors d’un point presse téléphonique.

      Le 20 mars, en libéralisant les importations – seules les commandes supérieures à 5 millions de masques doivent être déclarées et sont susceptibles d’être réquisitionnées –, les autorités ont aussi permis aux entreprises françaises de se fournir en masques, alimentant ainsi la concurrence sur un marché déjà sous forte tension.

      Plus surprenant encore : Bercy a créé, au sein de sa Direction générale des entreprises (DGE), une cellule chargée d’aider les entreprises à importer des masques. Distincte de la cellule interministérielle chargée d’approvisionner l’État pour le personnel soignant, elle coordonne un réseau de 150 acheteurs privés disséminés dans les grands groupes français. La secrétaire d’État a précisé que la « cellule entreprises » se fournit auprès de fabricants chinois « de plus petite taille », les « volumes les plus importants » étant « fléchés » en priorité vers la cellule qui fournit l’État.

      Dès lors que l’État a « verrouillé » ses approvisionnements en passant des commandes géantes annoncées le 21 mars (lire ci-dessous), Agnès Pannier-Runacher trouve « normal » que Bercy s’emploie à « aider les entreprises, puisqu’elles permettent de donner une résilience supplémentaire à la France ».

      Interrogée lundi 30 mars par Mediapart lors de son point presse, elle s’est montrée plus embarrassée sur le nombre de masques consommés par les entreprises. « Moins de quelques millions par semaine », a-t-elle répondu. Questionné par la suite sur les volumes exacts, son cabinet a refusé de répondre.

      La secrétaire d’État a assuré que le privé « ne vient pas en concurrence avec la santé », et qu’il serait « erroné d’opposer l’un à l’autre ». Elle affirme que l’État « déstocke » suffisamment de masques chaque semaine pour les hôpitaux, que l’unique « question » qui se poserait serait la « logistique » de leur distribution aux soignants.

      Cette affirmation est fortement contestable, vu la pénurie qui sévit chez les soignants (lire plus bas). D’autant plus que la libéralisation d’achat des masques datant d’il y a seulement dix jours, la consommation de masques par les entreprises est amenée à augmenter. Et que ces masques sont loin d’être utilisés par les seuls secteurs essentiels ou exposés, comme l’alimentaire et les caissières de supermarché.

      Le cas le plus emblématique est celui du géant Airbus.

      Alors que la crise du Covid-19 a cloué au sol 80 % de la flotte aérienne mondiale, il n’y a aucune urgence à assembler des avions. Airbus a pourtant rouvert ses usines françaises le 21 mars, au prix d’une consommation de masques très importante, selon nos informations.

      Et l’avionneur semble avoir bénéficié d’un passe-droit. Le 20 mars, le directeur commercial de la zone Ouest-Méditerranée du fabricant de masques 3M distribue à ses troupes un document confidentiel intitulé « communication covid » décrivant les secteurs à livrer en priorité. Il s’agit, explique-t-il lors d’une conférence téléphonique, des consignes données par le gouvernement.

      Tout est à première vue logique. La « priorité 1 » concerne les commandes des établissements de santé, de l’industrie pharmaceutique du « gouvernement ». Les secteurs essentiels (alimentaire, énergie) sont en « priorité 2 », tandis que toutes les autres entreprises sont en « priorité 3 », c’est-à-dire « non prioritaires ».

      Toutes les autres, sauf Airbus, classé dans le document en « priorité 2 ». Pourquoi ? « C’est basé sur des priorités qui sont définies par le gouvernement. […] Ce n’est pas nous qui décidons de ces priorités », répond le directeur commercial de 3M, le fabricant de masques, lors d’une conférence téléphonique interne du 20 mars. « Je ne vais pas juger, on n’est pas là du tout pour juger, mais jusqu’à présent, ça faisait partie des priorités », ajoute-t-il. Selon un autre document confidentiel de 3M, Airbus n’a été retiré de la « priorité 2 » que le 25 mars, et reclassé de facto en « priorité 3 », au même titre que l’ensemble des entreprises aéronautiques (ci-dessous).

      Le gouvernement a-t-il vraiment donné instruction à 3M de favoriser Airbus ? Le fabricant de masques n’a pas démenti, se bornant à affirmer qu’il tient « parfaitement compte des recommandations du gouvernement, s’agissant notamment de donner la priorité aux professionnels de santé ». Airbus indique qu’il n’a « pas connaissance de ce classement en priorités 1, 2 ou 3 ». Bercy et le ministère de la santé ne nous ont pas répondu sur ce point.

      Quoi qu’il en soit, après cinq jours d’arrêt pour cause de mise en place du confinement, les usines françaises d’Airbus ont rouvert le 21 mars. Le lendemain, le PDG de l’avionneur, Guillaume Faury, annonçait sur Twitter qu’un de ses A330 s’était posé à Toulouse avec 2 millions de masques chinois, dont « la majorité sera donnée aux gouvernements ». « Nous travaillons pour soutenir les équipes médicales qui sauvent des vies sur le terrain », se félicite-t-il.

      Mais Guillaume Faury a oublié de dire que la cargaison était aussi destinée à ses usines. « Une petite partie a été conservée par Airbus afin d’assurer la sécurité des personnels qui travaillent sur nos sites », reconnaît aujourd’hui l’entreprise. L’avionneur s’est donc bien servi d’un convoi humanitaire pour se fournir discrètement.

      Mediapart s’est procuré les consignes distribuées aux ouvriers à l’entrée des usines : le port du masque chirurgical est obligatoire « lorsque l’activité ne permet pas le respect de la distance de 1 m », avec « changements des masques toutes les 4 heures ». Selon nos informations, la majorité des ouvriers portent des masques. Vu les effectifs d’Airbus, cela représente plusieurs milliers de masques par jour. L’entreprise n’a pas démenti ce chiffre.

      Il y a plus choquant encore : les mêmes consignes indiquent que le « port d’un masque FFP3 » est obligatoire « si exposition aux poussières / brouillard d’huile ». Les masques FFP3, encore plus performants et chers que les FFP2, sont en effet indispensables pour protéger les ouvriers à certains postes. Mais leur utilisation en pleine crise du Covid interroge. Les masques FFP2 et 3 sont les seuls qui protègent leur porteur contre le Covid, et même les soignants en première ligne dans la lutte contre le virus ont du mal à s’en procurer. « Je suis écœuré qu’on utilise des FFP3 alors que ça ne sert à rien d’assembler des avions en ce moment, confie un salarié d’Airbus. Ces masques devraient être donnés aux hôpitaux. »

      Interrogé, Airbus assure qu’il « limite sa consommation en masques chirurgicaux et FFP3 au strict nécessaire afin d’assurer la sécurité de ses employés ». Le groupe justifie la poursuite de ses activités malgré la crise du Covid par la nécessité de « garantir la survie à long terme » de la filière aéronautique, « un secteur primordial et stratégique pour la France ». Airbus indique enfin avoir « rapatrié environ 6 millions de masques, destinés en grande majorité aux services de santé européens » (lire la réponse intégrale dans l’onglet Prolonger).

      Le cas d’Airbus ne pose aucune problème au gouvernement : le ministère de la santé nous a répondu que depuis la libéralisation des importations décidée le 20 mars, toutes les entreprises « dont l’activité nécessite le port d’un masque chirurgical ou de type FFP2/FFP3 », même les non essentielles, ont le droit d’en acheter.

    • ACTE V [mars]. La pénurie actuelle de masques

      Hôpital Bichat, à Paris. Pour affronter la « vague » de patients qui submerge l’Île-de-France, l’établissement a poussé les murs pour augmenter ses capacités d’accueil. Son service de réanimation est passé de 28 lits à 45 lits en quelques jours seulement, la semaine dernière. Cet effort est déjà insuffisant : la jauge est pleine, à 100 %, selon nos informations.

      Dans les autres services aussi, le personnel soignant est en première ligne pour prendre en charge un flot de patients « plus ou moins dégradés ». Mais la pénurie de masques se fait lourdement sentir.

      « Le week-end dernier, on m’a donné trois masques, pas des FFP2 qui nous protègent mais des simples chirurgicaux, pour toute une nuit », dénonce Sarah*, qui était mobilisée auprès de 24 patients Covid, porteurs avérés du virus, la « plupart dans un état critique ». Cette infirmière de 28 ans, qui travaille habituellement en milieu associatif, s’était portée volontaire pour renforcer les équipes hospitalières. « On m’a dit que j’allais être protégée. On m’avait montré des vidéos pour bien m’habiller en cellule Covid, etc. ». En réalité, l’infirmière a l’impression « d’avoir été envoyée au casse-pipe sans protection ». « C’est très traumatisant, je suis sûre d’être désormais contaminée », dit-elle.

      Au lendemain de sa nuit, Sarah a appelé l’astreinte pour annoncer qu’elle ne reviendrait plus à Bichat. En guise de dernier mot, l’hôpital lui a donné le numéro de la ligne directe d’un infectiologue.

      Si le personnel est ainsi rationné, c’est parce que les réserves de masques ont atteint un niveau critique. L’AP-HP, qui emploie 100 000 professionnels sur 39 hôpitaux comptait moins de 2,4 millions de masques en stock au 31 mars, selon les synthèses de sa « cellule masques ».

      Le stock est largement dominé par une réserve de 2 millions de FFP2, dont le réapprovisionnement est à ce jour très incertain. L’AP-HP a donc serré les vis dans tous les établissements de santé, en priorisant le personnel des services de réanimation. Sur les trois derniers jours, du 29 au 31 mars, seulement 20 000 FFP2 ont été distribués en moyenne tous les jours. Et ce, alors que les hôpitaux d’Île-de-France font face à un afflux record de patients (lire ici).

      Conséquence : les consignes édictées, au début de la crise, par les autorités de santé sont tombées à l’eau. Le 20 février, dans une note adressée aux établissements de santé, le ministère exigeait que tout soignant au contact d’un cas « possible » de Covid-19 porte un FFP2. Mais la doctrine officielle d’utilisation de masques a ensuite évolué, rappelle le ministère de la santé.

      Pour restreindre le port du FFP2, les autorités se sont appuyées sur un avis, rendu le 4 mars, par la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), qui a considéré que ces masques pouvaient être réservés « aux personnels soignants qui réalisent des gestes médicaux invasifs ou des manœuvres au niveau de la sphère respiratoire » sur les patients Covid-19. La SF2H s’est elle-même appuyée sur une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé ayant pour but de « rationaliser » l’utilisation de matériel médical face au risque de pénurie mondial.

      Pour les masques chirurgicaux aussi, la distribution est désormais très contrôlée. Et pour cause, il ne restait plus que 294 000 masques en stock ce mardi 31 mars. Le ratio des entrées et sorties sur les derniers jours montre la gravité de la situation : en trois jours, l’APHP a distribué 829 750 masques… et n’en a reçu dans le même temps que 7 500.

      L’urgence est telle que l’AP-HP se mobilise avec l’université Paris-Saclay, et le géant du luxe Kering, pour fabriquer quelques centaines de masques supplémentaires par jour à l’aide de quelque 60 imprimantes 3D…

      Dans le même temps, selon les chiffres officiels communiqués par sa direction générale, le nombre de professionnels de l’AP-HP contaminés depuis le début de l’épidémie a grimpé à 1 200 personnes « avec une proportion importante de médecins, proche de 40 % ».

      Le problème ne concerne pas seulement l’Île-de-France. Dans de nombreux territoires et depuis plusieurs semaines, des personnels soignants estiment ne plus avoir les moyens de travailler en sécurité.

      Dès le 19 mars, un infirmier en réanimation au centre hospitalier de Perpignan, où du personnel médical a depuis été contaminé, expliquait à Mediapart les conséquences du manque de masques : « Habituellement, hors Covid, pour les patients en isolement, on doit porter une surblouse étanche, des gants, une charlotte, un masque FFP2, et en sortant de la chambre on jette tout. Aujourd’hui, on nous demande de garder nos masques FFP2 le temps de validité (trois à quatre heures). Sauf que quand on s’occupe d’un patient, on prend des gouttelettes sur le masque, qu’ensuite on va aller téléphoner avec, aller et venir dans le service. Là, on se met vraiment en danger, par souci d’économie. On nous dit : “Il n’y a pas de masque.” »

      La pénurie frappe toute la chaîne hospitalière. Comme dans cet hôpital psychiatrique de Lorraine qui a dû donner 25 % de son stock (10 000 masques chirurgicaux sur 40 000) au CHU de Nancy. La raison ? Même « après les réquisitions du gouvernement », la dotation accordée à l’antenne départementale de l’ARS « permet très difficilement de faire face aux besoins exprimés », explique par mail la direction de l’hôpital, le 18 mars.

      Interrogée par Mediapart, l’ARS Grand Est déclare qu’il s’agissait d’une « demande » et aucun cas d’une « réquisition » : « Cela s’est fait avec l’accord de ces derniers, et appuyé par de la solidarité entre établissements dans une période de crise. Personne n’a été lésé », ajoute-t-on, au service de presse.

      Les conséquences n’ont pourtant pas été neutres : pour libérer du matériel, le personnel soignant de l’hôpital psychiatrique – dont plusieurs patients sont atteints du Covid-19, selon une note interne – a été invité par sa direction à ne plus porter de masque du tout pour la prise en charge de ceux ne présentant pas de symptômes. « Nous sommes exposés depuis près de 15 jours », fulmine une infirmière, qui redoute que le virus prospère entre patients et professionnels asymptomatiques.

      « On nous annonce depuis le début des livraisons de masque en pharmacie, mais où sont-ils ? On ne comprend pas ! », s’alarme, dans la Sarthe, la docteur Audrey Bidault. Depuis plusieurs semaines, cette gériatre compte ses masques, qu’elle distribue au « compte-gouttes » autour d’elle.

      Pour sa consommation personnelle, la médecin « réutilise les masques chirurgicaux sur quelques jours, ce qui n’est pas idéal, bien évidemment ». Mais les réserves fondent. Alors elle réfléchit à la possibilité de recycler ses « derniers FFP2 en les décontaminant à une température de 70 °C pendant une durée de trente minutes ».

      Malgré tout, Audrey Bidault se sait aujourd’hui privilégiée : elle est l’une des rares professionnelles à avoir constitué son propre stock en achetant du matériel sur internet début mars. La raison ? Un voyage en famille au Japon – où la quasi-totalité de la population est équipée d’un masque – dont elle est rentrée, fin février, avec la certitude que la France devait se préparer à la propagation du virus.

      En atterrissant sur le sol français, la docteur Bidault avait alerté les plus hautes autorités, à commencer par le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon. « Serait-il possible d’avoir des distributions de masques chirurgicaux à la population sur de multiples lieux ? », lui demande-t-elle, le 24 février, sur LinkedIn. Le professeur Salomon rétorque : « Les masques chirurgicaux sont utiles en cas d’épidémie et ils sont distribués aux personnes de retour de Chine et aux personnes au contact de malades. » Audrey Bidault relance : « Selon moi, cela s’avérera insuffisant. Nous ne sommes pas assez dans la prévention. » « Nous sommes bien d’accord et soutenons toutes les actions de prévention », répond Jérôme Salomon.

      Quatre jours plus tard, la France passe au « stade 2 » de l’épidémie.

    • ACTE VI (seconde quinzaine de mars). Méga-commandes et méga com’

      La France est toujours en « stade 2 » quand le gouvernement maintient le premier tour des municipales du 15 mars. Aucun masque n’est fourni par l’État aux présidents et assesseurs des bureaux de vote. Le lendemain soir, Emmanuel Macron annonce le confinement de la population pour deux semaines.

      Le Covid-19 a alors déjà fait 148 morts.

      Dans les jours qui suivent, l’exécutif martèle ses éléments de langage sur l’inutilité du port du masque. « Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade », déclare la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, le 19 mars. « Je ne sais pas utiliser un masque […] ce sont des gestes techniques », ajoute-t-elle le lendemain.

      Le message est diffusé sur tous les tons, sur toutes les chaînes. « Il faut sortir de ce fantasme autour des masques, abonde Agnès Pannier-Runacher le même jour sur BFM Business. Respecter une distance de plus d’un mètre, c’est beaucoup plus efficace qu’un masque. Et surtout on a des cas de contaminations de gens qui portent des masques et le tripotent tout la journée. »

      Le summum est atteint le 25 mars lorsque Sibeth Ndiaye déclare que « le président de la République n’est pas muni d’un masque, tout simplement parce qu’il n’y a pas besoin d’un masque quand on respecte la distance de protection vis-à-vis des autres ». Le soir même, Emmanuel Macron visite l’hôpital de campagne de Mulhouse, dressé par l’armée, avec le précieux masque FFP2 sur le visage.

      En parallèle, Olivier Véran reconnaît enfin la pénurie, le 19 mars, au Sénat, puis lors d’un discours télévisé deux jours plus tard. Il explique, avec près de deux mois de retard, que l’État n’avait que « 150 millions » de masques chirurgicaux et aucun FFP2 en stock fin janvier.

      Olivier Véran livre aussi un bilan très noir. Il admet que, depuis la fin février, l’État n’a réussi à se procurer que 40 millions de masques, tous circuits confondus (production française, dons, réquisitions et import). Il n’y a plus qu’un petit million de FFP2 en stock, et 80 millions de masques chirurgicaux. De quoi tenir seulement deux semaines. Alors même que tous les soignants ne peuvent être servis, la France consomme désormais 40 millions de masques par semaine.

      Mais ces chiffres sont éclipsés par une autre annonce du ministre, ce même 21 mars : près d’un mois après la création de la cellule interministérielle, il indique que l’État est enfin parvenu à commander « plus de 250 millions de masques » à des fournisseurs chinois. La commande ne cesse d’enfler la semaine suivante par voie de presse : 600 millions de masques le 27 mars selon Le Monde, et 1 milliard le lendemain, le samedi 28 mars, selon France Info.

      Ce dernier chiffre est officiellement confirmé le même jour par Olivier Véran lors d’une conférence de presse avec le premier ministre Édouard Philippe. Mais avec une nuance de taille : « Plus d’un milliard de masques » sont commandés en Chine « pour la France et l’étranger, depuis la France et l’étranger, pour les semaines, les mois à venir ».

      Le ministère de la santé nous a précisé qu’il s’agit de commandes faites par la France, mais s’est contredit lui-même sur leur origine. Le cabinet d’Olivier Véran nous a en effet répondu que ce milliard de masques allait « être importé », pour ajouter juste après que ce chiffre « comprend [aussi] la production nationale ». Si cette seconde version est la bonne, ça veut dire que la commande chinoise est donc bien inférieure au milliard.

      Qu’importe, le jour de l’annonce, le chiffre d’un milliard de masques commandés en Chine a tourné en boucle dans les médias. L’opération de communication a fonctionné.

      Car le vrai sujet n’est pas le nombre de masques commandés, mais la date à laquelle ils vont arriver de Chine. Et cela inquiète le gouvernement. Il y a « des incertitudes sur la possibilité de valider les commandes faites, l’incertitude sur la réalité de leur livraison », confiait la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, le 27 mars, lors d’une conférence téléphonique avec la filière textile, dont Mediapart s’est procuré l’enregistrement.

      « Je n’ai la certitude que les importations sont effectivement sur notre territoire […] qu’à la minute où l’avion qui doit amener les masques atterrit sur le tarmac des aéroports français », a ajouté Olivier Véran le lendemain.

      Vu la concurrence sur les achats de masques chinois, il faut d’abord s’assurer que les masques soient bel et bien fabriqués, ensuite qu’ils soient de bonne qualité, et surtout trouver des avions pour les livrer. Avec 80 % de la flotte mondiale clouée au sol, les prix du fret aérien ont explosé, et il est devenu très difficile de trouver des avions cargo disponibles.

      Comme l’a raconté Le Monde, le « pont aérien » vanté par l’exécutif a été organisé dans la plus grande précipitation. Un appel d’offres a été lancé dans le week-end des 21-22 mars, juste après l’annonce de la première commande de 250 millions de masques par Olivier Véran. Le marché a été remporté par Geodis, filiale privée de la SNCF, qui est parvenue à affréter deux Antonov 124, dont le premier s’est posé lundi à l’aéroport de Paris-Vatry (Marne), avec 8,5 millions de masques à bord.

      Le gouvernement et Geodis n’ont communiqué aucun chiffre précis sur le volume et le planning des livraisons. Le ministère de la santé a refusé de nous les donner.

      Geodis annonce 16 vols supplémentaires « dans les prochaines semaines », mais aucun volume de masques. Les vols sont programmés au mois d’avril, selon la direction de l’aéroport citée par l’Agence France-Presse (AFP). À raison d’une dizaine de millions de masques par vol, cela pourrait correspondre, si tout se passe comme prévu, à une quarantaine de millions de masques par semaine. Juste assez pour assurer le rythme de consommation actuel, qui comprend donc des restrictions pour le personnel soignant.

      L’État va toutefois pouvoir compter sur un filet de sécurité supplémentaire, grâce aux dons d’entreprises comme le Crédit agricole et surtout LVMH. Le numéro 1 mondial du luxe indique à Mediapart avoir passé le 20 mars une commande de 40 millions de masques made in China offerts à la France, dont 12 millions des précieux FFP2, la livraison étant prévue à raison de 10 millions par semaine au mois d’avril.

      « La grande difficulté, c’est de trouver des avions », indique-t-on au siège du groupe. Le premier lot de 2,5 millions de masques est arrivé en France dimanche à bord d’un appareil d’Air France affrété par le groupe Bolloré. L’avion transportait aussi 3 millions de masques supplémentaires commandés par des entreprises françaises, dont 1 million pour le groupe Casino, destinés à équiper ses caissiers et caissières.

    • ACTE VII (fin mars). Changement de doctrine

      Pour tenter de faire oublier la pénurie et la lenteur de sa réaction depuis la fin janvier, l’exécutif multiplie les opérations de communication. Mardi 31 mars, Emmanuel Macron a visité l’usine de masques Kolmi-Hopen, près d’Angers, pour affirmer son nouvel objectif : la France doit atteindre « une indépendance pleine et entière » en matière de production de masques « d’ici la fin de l’année ».

      Le chef de l’État a vanté la mobilisation des quatre usines françaises, dont la production est passée de 3,5 à 8 millions de masques par semaine, avec l’objectif de grimper à 10 millions « fin avril », et même 15 millions grâce à l’aide de « nouveaux acteurs ».

      Soit un tiers seulement de la consommation actuelle, elle-même insuffisante.

      La veille, la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher avait communiqué sur l’« initiative » gouvernementale pour produire des masques en tissu grâce aux professionnels de l’industrie textile. Alors que le projet a aussi été initié par les entreprises du secteur.

      Certes, le 6 mars, Bercy avait en effet écrit à une représentante de la filière textile pour lui demander d’envisager de produire des masques. Mais plusieurs autres entreprises se sont mises spontanément à produire des masques pour répondre aux appels à l’aide lancés sur les réseaux sociaux par des soignants frappés de plein fouet par la pénurie. La scène, surréaliste, s’est répétée ces derniers jours encore, malgré les annonces tonitruantes du gouvernement de commandes de centaines de millions de masques en Chine.

      De véritables filières de distribution se sont mises en place de manière informelle pour pallier les carences de l’État. En Isère, le personnel médical a trouvé le soutien de la marque de jeans 1083, basée à Romans (Drôme). « Nous avons été appelés le 16 mars par plusieurs médecins qui nous connaissent dans le secteur. Ils nous ont dit qu’ils étaient en rupture de masques et que le CHU de Grenoble leur avait envoyé un tutoriel pour en fabriquer eux-mêmes », raconte le fondateur de l’entreprise, Thomas Huriez.

      « Il n’avait pas le temps pour fabriquer les masques, ni forcément la compétence et les machines à coudre. Ils nous ont donc sollicités pour le faire, ajoute-t-il. On s’y est mis le lundi soir, et on commençait à distribuer le mardi midi. » Depuis la marque a distribué gratuitement des « milliers de masques » à des médecins, dans des Ehpad. D’autres fabricants français ont fait de même.

      Ce n’est que le 18 mars que Bercy a demandé au Comité stratégique de filière mode et luxe de structurer le projet et d’encadrer la mobilisation de la filière. L’objectif : fabriquer deux types des produits aux caractéristiques proches des masques chirurgicaux et FFP2, en version légèrement dégradée. L’État a défini des normes et mobilisé un laboratoire de l’armée pour tester les prototypes. 179 entreprises ont répondu à l’appel ; 81 prototypes ont été validés.

      L’exécutif espère que le filière pourra produire 500 000 masques par jour « dans les prochains jours », et 1 million d’ici la fin du mois. L’objectif n’est pas d’équiper les personnels soignants, mais les salariés du privé et les fonctionnaires que l’État est aujourd’hui incapable de protéger. « Celles et ceux qui sont exposés aux services à domicile, à nos transporteurs, à nos pompiers, à nos forces de l’ordre, à nos caissiers et caissières, aux guichets, à toutes les professions qui sont aujourd’hui exposées qui, je le sais, ont souvent une angoisse et attendent, des masques », a déclaré Emmanuel Macron.

      Conférence téléphonique d’Agnès Pannier-Runacher avec les entreprises du textile membres du projet de fabrication de masques, le 27 mars 2020.

      Derrière ce forcing pour doper la production nationale se cache un changement de doctrine sur le port du masque, à l’opposé du discours officiel sur sa prétendue inutilité. C’est ce qu’a exposé la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher, vendredi 27 mars, lors d’une conférence téléphonique sur les masques avec la filière de l’industrie textile, dont Mediapart s’est procuré l’enregistrement.

      Il faut « augmenter massivement, massivement, notre autonomie en matière de masques », a indiqué la secrétaire d’État. « L’enjeu pour nous, c’est finalement de préparer la sortie de confinement, où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, a-t-elle ajouté. Interrogé par Mediapart, son cabinet a refusé de commenter, au motif que « la doctrine d’usage des masques » est « exclusivement du ressort du ministère de la santé ». Le ministère n’a pas répondu sur ce point.

      Les propos de la secrétaire d’État montrent pourtant que le gouvernement ne croit pas à son discours officiel sur la primauté exclusive des « gestes barrières ». Une fois le confinement terminé, la population sera en effet de nouveau exposée au virus, avec le risque d’une reprise de l’épidémie.

      Dans ce contexte, le masque est un moyen de protection efficace. Quatre pays d’Europe centrale (République tchèque, Slovaquie, Autriche et Slovénie) ont d’ailleurs rendu, ces derniers jours, son port obligatoire dans l’espace public.

      Au moins six plaintes pénales ont déjà été déposées devant la Cour de justice de la République (CJR) contre le premier ministre Édouard Philippe, l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn et son successeur Olivier Véran, accusés d’avoir mal géré la crise, notamment au sujet des masques (lire ici).

      Lors de sa visite de l’usine de masques Kolmi-Hopen, Emmanuel Macron a dénoncé les « irresponsables » qui en sont « déjà à faire des procès alors que nous n’avons pas gagné la guerre ». « Ensuite viendra le temps des responsabilités. Et on regardera tous et toutes ce qu’on pouvait mieux faire, ce qu’on aurait pu mieux faire », a-t-il promis.

      Le chef de l’État a réclamé que cet examen soit réalisé « avec un principe de justice, à l’égard de tous les choix passés, quels que soient d’ailleurs les responsables politiques ». Il a estimé que ceux qui ont « pris des décisions il y a cinq ou dix ans » ne « pouvaient pas anticiper ce qu’on vient de vivre ».

      « Quand on vit quelque chose qui est inédit, on ne peut pas demander aux gens de l’avoir prévu il y a dix ans », a-t-il ajouté, précisant qu’il souhaite que ce « principe de justice » soit appliqué « à l’égard de tous et toutes ».

    • « Le langage politique est conçu pour que les mensonges paraissent vrais et les meurtres respectables, et pour donner à du vent l’apparence de la solidité » - Orwell

      Chez LREM, on le maîtrise mal...

      Merci Mediapart.

    • Au lieu de jouer la transparence sur cette pénurie – qui n’est pas de son fait –, et d’expliquer que le peu de stock disponible sera réservé en priorité aux soignants, le gouvernement d’Édouard Philippe choisit de ne pas informer les Français.

      Et si on ne sait pas les porter (c’est vrai !), qu’on nous apprenne !

  • Municipales et #Coronavirus : la colère monte dans le personnel politique
    https://www.les-crises.fr/municipales-et-coronavirus-la-colere-monte-dans-le-personnel-politique

    Source : Pauline Graulle et Manuel Jardinaud, pour Mediapart, le 28/03/2020. Le nombre d’élus locaux et de militants atteints par le Covid-19 explose. D’aucuns font le parallèle entre le maintien du premier tour, le 15 mars dernier, et l’affaire du sang contaminé. Difficile de s’y retrouver dans le vertige des nombres et des lieux. Toute cette semaine, les journaux locaux ont tenté de remonter, au compte-gouttes, les noms des élus, militants politiques ou assesseurs atteints par le coronavirus qui ont participé au premier tour des municipales. Des dizaines, pour l’instant. Des centaines, peut-être, bientôt. Plus la maladie gagne du terrain, plus ils sont nombreux, dans le monde politique, à redouter les effets sanitaires du vote du 15 mars. Un scrutin qui, malgré l’abstention record, a déplacé 20 (...)

    #Santé #Elections_municipales #Scandale_Sanitaire #Santé,_Coronavirus,_Elections_municipales,_Scandale_Sanitaire

  • Roselyne Bachelot : « Ce que je ressens aujourd’hui ? De la rage ! »
    https://www.les-crises.fr/roselyne-bachelot-ce-que-je-ressens-aujourdhui-de-la-rage

    Source : Doan Bui, pour Le Nouvel Obs, le 21/03/2020.

    Ministre de la santé entre 2007 et 2010, elle a dû gérer la crise de la grippe A. On lui avait alors reproché d’avoir gaspillé l’argent public en commandant trop de vaccins et 1,7 milliard de masques. Un stock aujourd’hui réduit à peau de chagrin. On a longtemps reproché à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, d’avoir beaucoup trop dépensé pour freiner l’épidémie de grippe A au vu du nombre de morts. Alors que la pénurie de masques est dramatique, qu’on se retrouve à exhumer des masques périmés stockés dans les caves et datant justement de la grippe A, l’ancienne ministre de la Santé nous répond. L’Obs. Les soignants lancent aujourd’hui un SOS pour qu’on leur distribue des masques. Les entreprises et les particuliers sont incités à venir apporter leurs (...)

    #Santé #Coronavirus #Scandale_Sanitaire #Santé,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire

  • [SCANDALE] Le gouvernement a liquidé les stocks de masques FFP2 de protection des soignants pour économiser
    https://www.les-crises.fr/scandale-le-gouvernement-a-liquide-les-stocks-de-masques-ffp2-de-protecti

    Source : Luc Lenoir, pour Le Figaro, le 18/03/2020.

    Olivier Véran reconnaissait le 3 mars dernier l’inexistence de tout « stock d’État de masques FFP2 ». Il y a quelques années, l’administration en possédait pourtant quelque 600 millions, ainsi qu’un milliard de masques chirurgicaux. LA QUESTION. FFP2, pour « Filtering Facepiece 2 », ou « pièce faciale filtrante de niveau 2 ». Depuis quelques jours, les Français entendent répéter partout ces trois lettres et ce chiffre, nom de code fleurant bon la norme européenne, qui désignent le masque de protection à même d’arrêter le #Coronavirus.Lire la suite

    #Santé #Scandale_Sanitaire #Santé,_Coronavirus,_Scandale_Sanitaire

  • [Scandale SRAS-2] Buzyn avait prévenu Macron de l’ampleur de l’épidémie : « Je savais que le tsunami était devant nous. »
    https://www.les-crises.fr/scandale-sras-2-buzyn-avait-prevenu-macron-de-l-ampleur-de-l-epidemie-je-

    OB : Voici les incroyables et salutaires aveux de Buzyn à propos du scandale du Coronavirus SRAS-2 (c’est le nom du virus, nous en reparlerons), que nous mettons à votre disposition en intégralité.

    Mobilisons-nous ! Restez chez vous ! Mais : #Scandale SRAS2 #OnNOublieraPas Source : Ariane Chemin, pour Le Monde, le 17/03/2020. Julien Muguet pour Le Monde, Paris, France le 15 mars 2020 – Agnes Buzyn vote dans le bureau de vote du 5eme arrondissement.Lire la suite

    #Santé #Agnès_Buzin #Covid-19 #Santé,_Agnès_Buzin,_Covid-19

  • #ONU, le #scandale des #abus_sexuels

    De la Centrafrique à New York, une investigation sur les abus sexuels commis par les collaborateurs de l’ONU et l’impuissance de l’organisation à les combattre.

    « Tout ceci est hautement immoral et en totale contradiction avec notre mission. » En 2004, l’ONU et son secrétaire général, Kofi Annan, affrontaient un vaste scandale d’abus sexuels commis par des militaires et des employés de l’organisation en République démocratique du Congo. Dans la foulée, le conseiller Zeid Ra’ad al-Hussein présentait ses préconisations pour éradiquer le fléau et l’impunité qui l’accompagne : mise en place de cours martiales dans les pays où des casques bleus sont déployés et adoption d’une convention internationale permettant à l’ONU d’engager des poursuites pénales contre son personnel civil. Près de quinze ans plus tard, alors que les États membres s’opposent toujours au morcellement de leur compétence juridictionnelle, l’exploitation et les violences sexuelles perdurent sur les terrains d’opération, comme en Centrafrique. Malgré les mesures déployées (création d’un poste de défenseur des droits des victimes, couvre-feux pour éviter les contacts entre la population locale et les employés des Nations unies en dehors des heures de service, travail de sensibilisation et d’éducation…) et la tolérance zéro prônée par l’actuel secrétaire général, António Guterres, près de cinquante nouvelles plaintes ont été enregistrées l’année dernière.

    Victimes oubliées
    Cette enquête recueille la parole de victimes oubliées – non signalées ou abandonnées par l’organisation –, les tentatives d’explication de responsables onusiens et le témoignage effarant du Français Didier Bourguet, seul civil condamné à ce jour, pour deux viols sur mineures, alors qu’il reconnaît avoir eu des rapports sexuels avec au moins une vingtaine d’enfants. Elle pointe ainsi l’intolérable impunité qui prédomine dans la grande majorité des cas.

    https://www.arte.tv/fr/videos/074593-000-A/onu-le-scandale-des-abus-sexuels
    #viols #impunité #pédophilie #pédocriminalité #documentaire #film_documentaire #casques_bleus #RDC #MINUSCA #Didier_Bourguet #plaintes #justice #faille_juridique #République_Centrafricaine #Centrafrique #abus_sexuels #code_blue #viols_sur_mineurs #Régiment_des_Diables_Rouges #casques_bleus_français #Innocence_en_danger (ONG) #tolérance_zéro #Fondation_Femme_Plus #grossesse #MONUSCO

    • Code Blue

      The Code Blue Campaign works to end impunity for sexual abuse by un personnel.


      The UN has a longstanding crisis caused, first, by UN personnel who commit sexual offenses against members of the populations they’re intended to serve and against other UN personnel and, second, by the institution’s response—the policies, procedures, and practices that create and sustain an institutional culture of impunity.

      We have identified three root causes of the UN’s culture of impunity:

      The institution has taken the liberty to manage its crisis internally.

      UN senior managers responsible for responding to and deliberating on individual cases are all rendered non-neutral by the conflicts of interest inherent in their positions: each is simultaneously called upon to represent and defend the best interests of the UN, the rights of the Organization’s accused employees and witnesses, and the rights of claimants.

      UN immunity makes the Organization’s “words and deeds” uniquely impervious to oversight or audit, shielding its functions and functionaries from external scrutiny and effectively negating the freedom of information that is a cornerstone of due process and a necessary precondition to equal justice for all.

      The Code Blue Campaign is concerned with overhauling several UN practices now in place that allow the UN Organization to dismiss and violate claimants’ fundamental rights to due process and neutral justice before the law:

      In addressing claims of “sexual exploitation and abuse” and “sexual harassment and assault” made against UN personnel, UN officials consistently misinterpret, misrepresent, and misapply UN immunity (an important legal protection intended to protect the multilateral work of the world body) to shield individual personnel from accountability and the Organization’s officials from reputational damage.

      The license to manage its sexual abuse crisis internally has evolved in tandem with the linear, largely unplanned growth of the UN system into a sprawling bureaucracy with many dozens of semi-autonomous “entities” that operate in relative isolation with barely monitored and rarely questioned authority accorded the heads.

      This combination of rapid de-centralization and unmonitored, quasi-independence and authority has in turn given rise within the various “entities” to dozens of inharmonious, non-coherent, and often conflicting policies, procedures, and practices for addressing sexual offense claims made against the personnel of those entities.

      The result is a non-system in which claimants and accused UN personnel associated with one entity of the UN Organization are subject to policies and procedures that may bear no resemblance to those followed by other entities of the same UN Organization. The only unifying factors across the system are the root causes of the UN’s culture of impunity for sexual offenses: the internal handling of all cases including those in which crimes beyond the UN’s “jurisdiction” are alleged; the misinterpretation and misapplication of UN immunity; and the inherent conflicts of interest underlying every case.

      The Code Blue Campaign has arrived at these conclusions through years of intense research. We have exposed several cases that illustrate the injustice, the incoherence, the innate and insurmountable conflicts of interest, and the long history of rights violations and abusive treatment by the UN Organization, primarily of victims but also of the accused. We argue that unjust UN policies and practices have, over decades, resulted in a culture of impunity for sexual “misconduct” ranging from breaches of UN rules to grave crimes. This represents a contravention of the UN Charter. Member States must intervene immediately. The General Assembly could end this crisis by divesting the UN Organization of any role in cases of “sexual misconduct,” and delegating the authority instead to an appropriate entity created, staffed by and reporting directly to the Member States, and entirely independent of the Organization.

      Member States have not yet come to the realization that the day of reckoning is approaching. If they do not take the initiative to fully recognize, understand, and solve a problem that has become an attention-getting Achilles heel, the UN’s sexual abuse crisis is likely to reach a pinnacle soon that could hobble the United Nations’ ability and authority to perform any of its functions. The UN could follow in the unenviable footsteps of another enormously powerful, largely secretive global institution whose former heights of moral authority are now universally queried: the Catholic Church.

      http://www.codebluecampaign.com

    • Taking action on sexual exploitation and abuse by peacekeepers: Report of an independent review on sexual exploitation and abuse by international peacekeeping forces in the Central African Republic

      Executive Summary

      I. Introduction

      When peacekeepers exploit the vulnerability of the people they have been sent to protect, it is a fundamental betrayal of trust. When the international community fails to care for the victims or to hold the perpetrators to account, that betrayal is compounded.

      In the spring of 2014, allegations came to light that international troops serving in a peacekeeping mission in the Central African Republic (“CAR”) had sexually abused a number of young children in exchange for food or money (the “Allegations”). The alleged perpetrators were largely from a French military force known as the Sangaris Forces, which were operating as peacekeepers under authorization of the Security Council but not under UN command.

      The manner in which UN agencies responded to the Allegations was seriously flawed. The head of the UN mission in CAR failed to take any action to follow up on the Allegations; he neither asked the Sangaris Forces to institute measures to end the abuses, nor directed that the children be removed to safe housing. He also failed to direct his staff to report the Allegations higher up within the UN. Meanwhile, both UNICEF and UN human rights staff in CAR failed to ensure that the children received adequate medical attention and humanitarian aid, or to take steps to protect other potential victims identified by the children who first raised the Allegations.

      Instead, information about the Allegations was passed from desk to desk, inbox to inbox, across multiple UN offices, with no one willing to take responsibility to address the serious human rights violations. Indeed, even when the French government became aware of the Allegations and requested the cooperation of UN staff in its investigation, these requests were met with resistance and became bogged down in formalities. Staff became overly concerned with whether the Allegations had been improperly “leaked” to French authorities, and focused on protocols rather than action. The welfare of the victims and the accountability of the perpetrators appeared to be an afterthought, if considered at all. Overall, the response of the UN was fragmented and bureaucratic, and failed to satisfy the UN’s core mandate to address human rights violations.

      By examining these failures and recommending reforms to deter future incidents of sexual violence by peacekeepers, this Report provides an opportunity for the UN to chart a new course of action and to undertake meaningful organizational change. If the Secretary-General’s zero tolerance policy is to become a reality, the UN as a whole—including troop contributing countries (“TCCs”)—must recognize that sexual abuse perpetrated by peacekeepers is not a mere disciplinary matter, but a violation of the victims’ fundamental human rights, and in many cases a violation of international humanitarian and criminal law. Regardless of whether the peacekeepers were acting under direct UN command or not, victims must be made the priority.

      In particular, the UN must recognize that sexual violence by peacekeepers triggers its human rights mandate to protect victims, investigate, report and follow up on human rights violations, and to take measures to hold perpetrators accountable. In the absence of concrete action to address wrongdoing by the very persons sent to protect vulnerable populations, the credibility of the UN and the future of peacekeeping operations are in jeopardy.

      https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Independent-Review-Report.pdf

      #rapport

    • Innocence en danger. Mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de #violences notamment sexuelles.

      Innocence en Danger (IED) est un mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de violences notamment sexuelles, présent dans une dizaine de pays et partenaire d’associations internationales actives dans la lutte contre la pédocriminalité.

      Le Directeur Général de l’Unesco, Fédérico Mayor, nomme en 1999, Homayra Sellier Présidente du mouvement de protection mondial de l’enfance. Depuis avril 2000, Innocence en Danger (IED) est une association Loi 1901 en France à vocation internationale. Elle est indépendante de tout organisme, déclarée à la préfecture de Paris, à but non lucratif et reconnue d’intérêt général.

      Innocence en Danger regroupe tous les acteurs militants de notre société : spécialistes d’internet, juristes, experts de l’enfance, décideurs des mondes politiques, économiques et médiatiques. Son but est de sensibiliser l’opinion internationale aux fléaux croissants rencontrés par l’enfance, afin de peser sur les décisions des gouvernements.

      Innocence en Danger constitue une force d’action, de sensibilisation, de proposition, d’éducation et d’information auprès des organisations gouvernementales ou non gouvernementales, des instances européennes et internationales, des entreprises, des écoles, des collectivités locales, des groupes de jeunes…

      Innocence en Danger tient le rôle de relais d’informations entre le public et les institutions publiques. Elle accompagne au quotidien les enfants victimes et le(s) parent(s) protecteur(s). Elle est la première et la seule association à avoir mis en place des séjours de résilience.

      https://innocenceendanger.org

      #violence #violences_sexuelles

  • Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye démissionne d’une fonction d’administrateur dans le secteur des assurances qu’il n’avait pas déclarée
    https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/reforme-des-retraites-jean-paul-delevoye-n-a-pas-declare-sa-fonction-d-

    Ah ben voila, puisque son travail n’était pas rémunéré il était pas vraiment dirigeant de l’IFPASS, seulement un peu dirigeant de l’Institut de formation de la profession de l’assurance. Hé oui, Messieurs Dames qui vous apprêtez à faire grève pour défendre vos droits de travailleurs pour empêcher que d’autres mettent le grappin sur vos cotisations pour les faire fructifier, sachez que

    Chaque acteur de l’assurance prouve sa plus-value sur les marchés spécifiques…

    phrase extraite d’une vidéo IFPASS


    youtube.com/watch ?v=MlHGXY1VwF8

    plus besoin de salariés, vive les assurances et fonds de pension !

    Jean-Paul Delevoye faisait pourtant partie des dirigeants de l’IFPASS depuis le 14 décembre 2016, selon les documents consultables sur les sites societe.com et manageo.fr. Or, le secteur des assurances pourrait ressortir gagnant de la réforme des retraites défendue par le gouvernement.

    #conflit_d'intérêt #sans_vergogne

    Et comme le souligne @marielle le gars ne démissionne pas de son poste au gouvernement. #éhonté

    • Le 14 septembre 2017, il est nommé haut-commissaire à la Réforme des retraites. Le 3 septembre 2019, il entre au gouvernement d’Édouard Philippe en tant que haut-commissaire aux Retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé.

      Fiche Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Delevoye fournit au paragraphe scandales (sauf que chez WP on ne dit pas #scandales mais polémiques … misère de la novlang) que je recopie donc

      Polémiques

      En 2015, le CESE commande un rapport pour évaluer le management du CESE après cinq années de présidence de Jean-Paul Delevoye : il est très critique, pointant du doigt une « crise de modernisation », une « augmentation du stress et des facteurs anxiogènes », une « dévalorisation des agents », une « confusion des missions et des moyens » ou encore une suspicion de conflits d’intérêts. Le rapport, d’un coût de 30 000 euros et qui devait être publié en 2014 est finalement enterré, à la demande de Jean-Paul Delevoye selon le cabinet d’expertise21.

      Sous la présidence de Jean-Paul Delevoye, le CESE a considéré « irrecevable sur le fond » la pétition de près de 700 000 personnes organisée par La Manif pour tous et présentée par Philippe Brillaut, maire du Chesnay en février 2013, selon l’argument qu’elle contiendrait une demande « anticonstitutionnelle » au CESE de donner son avis sur le projet de loi contesté22,23. Cette délibération du CESE est annulée par un jugement du 30 juin 2014 du tribunal administratif de Paris24. Ce jugement est toutefois annulé le 15 septembre 2017 par le Conseil d’État, au motif « que, si le CESE peut être régulièrement saisi par voie de pétition d’une question à caractère économique, social ou environnemental alors même qu’un projet de loi qui n’est pas sans lien avec celle-ci est soumis au Parlement, il ne peut être saisi aux fins de donner un avis sur un projet de loi que par le Gouvernement. »25.

      À la suite de la défection de Chantal Jouanno pour conduire le grand débat national organisé pour sortir de la crise des Gilets jaunes, Jean-Paul Delevoye est pressenti pour la remplacer26. Cette éventualité, comme les modalités envisagées pour ce débat, est accueillie avec scepticisme27,28.

      Le 10 septembre 2019, La Lettre A rapporte que le haut-commissaire aux retraites cumule son salaire mensuel de 10 135 euros bruts avec ses pensions de retraite du régime général, exceptée celle d’ancien parlementaire. La loi n’interdit pas cette double rémunération29,30.

      À partir de 2017, il reçoit un salaire supplémentaire de 5368 euros mensuels (soit 64.420 euros net par an) au titre de président du think tank de Help Education Parallaxe31, lequel a été créé par le groupe de formation IGS et le « réseau compétences et développement »32. Il a par ailleurs été payé 25 000 euros en 2016 et 40 000 euros en 2017 comme conseiller délégué général du groupe de formation IGS31.

      En novembre 2019, ses propos où il estime qu’il faudra « 50 millions de population étrangère pour équilibrer la population active en Europe en 2050 » et qui ainsi lient l’immigration au sauvetage des retraites sont condamnés par des élus politiques LR et du Rassemblement national33,34.

      Dans sa déclaration à la HATVP en date du 15 novembre 2019, il « oublie » de mentionner sa fonction bénévole d’administrateur au sein de l’un des principaux institut de formation de l’assurance, corporation intéressée au premier chef par la réforme des retraites10,35. Selon un ancien dirigeant de cet institut de formation, « Tous les assureurs y forment leurs salariés actuels et futurs » et « les liens avec Jean-Paul Delevoye sont précieux notamment parce que l’ensemble du secteur est très intéressé par la réforme »31. Par ailleurs, cet institut de formation IFPASS est détenu en majo­rité par IGS36, lequel a rémunéré Jean Paul Delevoye en 2016 et 2017 et cofondé le think tank de Help Education Parallaxe 31 qu’il préside depuis 2017.

      Allez, c’est la #phrase_fétiche du jour

      Chaque acteur de l’assurance prouve sa plus-value sur les marchés spécifiques…

    • Lobby des assurances ? « C’était un poste d’administrateur bénévole sur un organisme de formation. Je suis très impliqué dans la formation des jeunes, notamment dans les quartiers défavorisés » se défend Delevoye.

      Il y a celui qui n’aime pas le homard, celui qui n’a pas de compte en Suisse, celui qui a perdu son coffre etc etc...
      Et maintenant celui qui fait du bénévolat dans les cités !!! MDR !

  • Eden Bay à Ramlet el-Baïda : une seule solution, la démolition - Raja NOUJAIM - L’Orient-Le Jour

    https://www.lorientlejour.com/article/1121011/eden-bay-une-seule-solution-la-demolition.html

    Plus d’un an et demi après l’attribution par le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, du permis de construire à la société Eden Bay Resort SAL sur la parcelle 3689 Moussaitbé, à Ramlet el-Baïda, le scandale perdure. Le promoteur est en passe d’achever l’hôtel et continue d’empiéter illicitement sur les biens publics en édifiant sur le sable un grand escalier fixe en béton et pierres ; en aménageant une route vers la plage pour ses véhicules ; et surtout en haussant graduellement le niveau du sol sableux tout le long de son projet, le polluant par le rajout de terre afin de créer des passages… Tout ceci afin de pouvoir réserver le bénéfice exclusif de la plage à l’ouest de son bâtiment à son profit et celui de ses clients éventuels !

    #beyrouth #liban #immobilier #scandale_immobilier #Ramlet_el_Bayda

    • A Ramlet el-Baïda, l’Eden Bay Resort inauguré sur fond de manifestations - Suzanne BAAKLINI - L’Orient-Le Jour
      https://www.lorientlejour.com/article/1122651/inauguration-de-leden-bay-resort-sur-fond-de-manifestations.html

      C’était une scène surréaliste hier à Ramlet el-Baïda (plage de sable de Beyrouth). D’un côté le très controversé projet d’Eden Bay Resort inauguré en grande pompe, et de l’autre les militants de plusieurs groupes de la société civile qui manifestaient contre ce complexe touristique construit à même la plage, qu’ils combattent depuis bientôt deux ans. Le groupe de protestataires s’avance très loin sur la plage pour mieux se faire entendre de la foule sur la terrasse, jusqu’à se heurter au « mur » d’agents de l’ordre qui l’empêche d’aller plus loin, malgré sa contestation du fait que la plage forme une continuité indivisible. Bien que les agents aient affirmé que la mesure était « exceptionnelle », en raison de la « célébration » en cours, Ali Darwiche, président de Green Line, assure que « des pêcheurs ont essayé de traverser devant le projet hier (dimanche) et en ont été empêchés par des vigiles sur place ».

    • Le très contesté Lancaster Eden Bay vise un taux d’occupation de plus de 55% cet été

      https://www.lecommercedulevant.com/article/28492-le-tres-conteste-lancaster-eden-bay-vise-un-taux-doccupati

      Inauguré fin juin, l’établissement cinq étoiles bénéficie d’un accès direct à la plage de Ramlet el-Baïda, une localisation, sur l’une des dernières étendues publiques de Beyrouth, qui lui vaut d’être au cœur d’une vaste polémique.

    • Jad Tabet : 80 % de la côte libanaise a été privatisée
      https://www.lecommercedulevant.com/article/28384-jad-tabet-80-de-la-cote-libanaise-a-ete-privatisee

      Plusieurs affaires récentes sont venues rappeler l’appétit des promoteurs immobiliers pour le littoral. Trois projets de développement dans la région de Zouk Mosbeh, Zouk el-Kharab et Damour ont ainsi été approuvés par le Conseil des ministres, malgré leur rejet par le Conseil supérieur de l’urbanisme. En parallèle, à Enfé, l’évêché orthodoxe de Tripoli a lui aussi demandé l’autorisation d’utiliser le domaine public maritime, ranimant les craintes d’un projet de “village touristique” dans l’une des dernières régions préservées du pays. Entretien avec le président de l’ordre des ingénieurs et des architectes de Beyrouth, Jad Tabet, qui suit de près ces dossiers.

    • Itani: Some in municipality culpable in Ramlet al-Baida flooding | News , Lebanon News | THE DAILY STAR
      http://www.dailystar.com.lb//News/Lebanon-News/2018/Nov-17/469462-itani-some-in-municipality-culpable-in-ramlet-al-baida-flooding

      The Daily Star

      BEIRUT: Beirut Mayor Jamal Itani Saturday vowed to hold accountable some in the municipality who he said knew that a major sewer and storm drain had been blocked with concrete, but had remained silent about it.

      “There are people who knew and remained silent, or gave permission, and it’s true that nobody could have [poured this concrete] without someone seeing,” Itani said in a live interview on local news channel LBCI Saturday. The mayor Friday had called for an investigation into the matter after the blocked drain caused the main road at Beirut’s Ramlet al-Baida to flood following heavy rainfall.

    • The untouchable hotel | Executive Magazine
      https://www.executive-magazine.com/real-estate-2/the-untouchable-hotel

      While it is widely assumed that Lebanon’s real estate business is rife with unethical dealings, only a few detailed examples of wrongdoing actually come to light. In the case of Eden Bay, a resort situated along Ramlet al-Baida—Beirut’s last public beach—evidence of violations and fraud piled up throughout 2017.

      The disclosures culminated in the form of a report compiled mid-2017 by the president of the Beirut Order of Engineers and Architects (OEA), Jad Tabet. The report alleges eight violations related to Eden Bay and is informed by building documents released by the Municipality of Beirut. The report’s allegations range from the infringement of public property to the forgery of permit application material. As a whole, Tabet’s report portrays a development project for which legal obstacles were fudged or ignored entirely to deliver the lucrative seafront hotel. Public pressure from media coverage, a unified civil society movement, and even lawsuits initiated by NGOs and the environment ministry have not prevented the completion of the hotel.

    • Beirut’s last public beach: residents fear privatisation of Ramlet al-Baida | Cities | The Guardian

      https://www.theguardian.com/cities/2017/feb/02/beiruts-public-space-last-beach-residents-fear-privatisation-ramlet-al-

      A private development close to Beirut’s last remaining public beach is sparking anger among residents who fear companies will leave nothing for the poor and middle classes – encroaching further into a city that already lacks public space
      Cities is supported by
      Rockefeller Foundation
      About this content

      Alex Dziadosz in Beirut

      Thu 2 Feb 2017 07.15 GMT
      Last modified on Fri 11 May 2018 13.08 BST

      Take a stroll down the golden sands of Ramlet al-Baida, Beirut’s last public beach, and you’ll see families fishing and smoking shisha in ramshackle palm frond cabanas, boys kicking footballs under battered lamp-posts, and children building sandcastles in the waves. It is a rare outlet in a city where public spaces are few and far between. But at the beach’s southern end, the scene abruptly gives way to looming cranes and men in hard hats driving rebars into a rising edifice of concrete.

    • Beirut Destroys the City’s Last Public Beach
      https://www.oroom.org/forum/threads/beirut-destroys-the-city%E2%80%99s-last-public-beach.51610

      The controversy over the ownership of Ramlet El Bayda first made news headlinesback in 2012,and has since been at the center of a tug-of-war between activists, on the one hand, and real estate developers and officials, on the other.

      InJune 2016, government officials denied any speculation about the closure of the beach for real-estate-development purposes, after some of the installations were destroyed by excavators.

      Ziad Chebib, the governor of Beirut, hadsaid:

      The Ramlet El Bayda public beach will not be closed and any form of restricting citizens from accessing the shores, be it for constructional purposes or by erecting fences to close off the area is strictly prohibited.

      In this case, activists have the law on their side. Indeed,“Article 2 of Order 144,” the lawregulating coastalproperties in Lebanon since 1925, stipulates that the seashore until the farthest area reached by the waves during winter as well as sand and rocky shores are considered public property.

      But despite this law,decree changes and loopholeshave allowed more and more development to happen on the Lebanese coast.

      This is not the first case of coastal development in Lebanon happening at the expense of public property. Just recently, activists heldprotestsagainst the government’s plans to transformKfarabida’s rocky beachin the Batroun district in Northern Lebanon to yet another Yacht Club.

      The legality of this project has also been the subject of much controversy, as many rules are being bent by using ministerial decrees to get the project approved. Six months earlier, the issue of theAdlounbeach in South Lebanon was raised by local media outlets. It was reported that the natural coast was being destroyed in order to be replaced by a port worth26.6 million USDand erasing, in the process, a Phoenician port site of high cultural and archeological value. The excavations began with no proper environmental impact assessment prompting a conflict between the Ministry of Public Works and the Ministries of Environment and Culture.

    • No One Wants to Take the Blame for Friday’s Sewage floods | Blog Baladi
      https://blogbaladi.com/no-one-wants-to-take-the-blame-for-fridays-sewage-floods

      Every time it rains in Lebanon, sewer lines are blocked causing floods all over the road but what happened on Friday was a different story. Ramlet el Baida and Bliss streets were flooded by sewage because the main sewer and wastewater drain lines were blocked illegally.

      Beirut Gov. Ziad Chebib rushed to blame Eden Bay and the Ghobeiri municipality but a daily star article revealed that the governor had stopped works to unblock the sewer line a day before. Moreover, almost everyone in Lebanon is aware that this resort has blocked a sewer line for months now yet no actions were taken. Weirdly enough, Beirut Mayor Jamal Itani wasn’t aware of that blockage and had called for an investigation which will probably be forgotten sometime soon.

    • Legal Agenda
      http://legal-agenda.com/en/article.php?id=3647
      http://legal-agenda.com/uploads/1493812554-Page 5 - ruines-achouriennes.png

      Editor’s note: The following article was written prior to the recent ruling on April 11, 2017, in which the State Shura Council reversed its earlier decision that suspended the construction permit of the Eden Bay resort.

      The Eden Bay resort project (commonly known as the Eden Rock resort), situated at the southern tip of Beirut, has been a major topic of interest for public opinion and the Lebanese media. This is certainly due to several factors, namely that it is one of the few cases related to the protection of maritime public property with a positive, even if initial, outcome. Having issued three successive rulings, the judiciary has asserted itself as a weapon of public action against powerful companies and financiers. Not only has the investing company’s ongoing construction work in defiance of judicial orders infuriated many citizens. It has led to significant implications at the judicial level: because of these actions, the case now is not just one about the environment and protecting a beach, but also about the judiciary’s independence and the fight against corruption.

      In this article, I shall reflect on some lessons that the activist community might be able to draw on from this experience.

      Lesson 1: Access to Information is an Essential Part of the Battle to Annul Administrative Decisions

    • Ramlet el Baida : débordement du Privé sur le domaine public maritime - Cynthia BOU AOUN
      https://libnanews.com/ramlet-el-baida-debordement-prive-domaine-public-maritime-cynthia-bou-aou

      Depuis quelques semaines, les travaux d’excavation défigurent la plage de Ramlet el Baida sur la partie à l’extrême sud de la dernière plage publique restante à Beyrouth en vue de la construction d’un autre complexe touristique, l’ « Eden Bay Resort », ce qui suscita une mobilisation des ONG et de la société civile qui considèrent que le site fait partie du domaine public maritime. Le chantier a démarré après que le gouverneur de Beyrouth Ziad Chbib a libéré les parcelles appartenant à la « Société foncière touristique Eden Rock s.a.l » [3689 – 3690 – 3691 – 3692] en juin 2016, qui justifie cette décision hâtive en affirmant qu’il s’agit de « parcelles privées car à l’origine, elles étaient de nature rocheuse mais le sable les a envahit suite à l’interruption des travaux ». Cette décision s’accompagne de la signature du propriétaire d’un engagement à limiter la construction sur 2 bien-fonds [3691 – 3692] à « 1m maximum au-dessus du terrain naturel » [en d’autres termes à ce que la loi de construction permet pour les sous-sols] et à modifier en conséquence le permis de construire de sorte à relocaliser le projet sur la partie nord de la parcelle [3689 – 2390]. Bizarrement, ce permis à été approuvé sur base de cet engagement, avant même de présenter un nouveau dossier de permis modifié !

    • Development of public beaches sparks outrage in Lebanon
      https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2018/07/lebanon-public-beach-violations-hotel-tourism.html

      BEIRUT — Lancaster Eden Bay Hotel opened June 25 on Ramlet al-Baida seashore in Beirut, despite all the legal conflicts that occurred with the construction of the project. It had an invalid building permit, and the municipality of Beirut did not grant the hotel an occupancy permit. However, project owner Wissam Achour insisted on opening the hotel as a fait accompli.

      On May 9, Nahnoo — an NGO founded in 2009 that works to protect public property and cultural heritage in Lebanon — published a report b

    • http://lcps-lebanon.org/featuredArticle.php?id=111

      In a public statement last January, Beirut’s mayor reiterated his electoral promise to protect and harness the city’s coast as its most important resource. Yet, nine months after he assumed office, Mr. Itani has yet to make an announcement about how he will address forty illegal buildings that distort and privatize the city’s seafront.[1] In fact, Beirut’s municipal council has so far been publicly unresponsive to activists’ demands, namely that it intervene to stop encroaching development along the coast (and elsewhere). More alarming, the council and its president have remained mute about the Eden Rock/Eden Bay resort saga, the blatantly illegal seven-floor touristic development that was the subject of two decisions from the higher court council (Majlis al-Shura) before the city’s governor—ironically once a judge on the council himself—issued a statement ordering the developer to stop construction.

    • The last public beach in Beirut | 1843
      https://www.1843magazine.com/dispatches/dispatches/the-last-public-beach-in-beirut

      It’s one of the only spaces in Lebanon’s capital where people can mingle for free. But the shadow of private development looms large
      Ellie Violet Bramley | February 4th 2019

      On the afternoon I visit Ramlet al-Bayda beach, a young bride and groom are having their photograph taken. She holds her white dress up carefully, the voluminous skirt hovering a few inches above the sand like a frilly spaceship. Their friends and relatives buzz around them excitedly, playing music from their phones. Other beach-goers sit on plastic chairs close to the water’s edge, chatting, smoking argileh (the Lebanese word for shisha) and taking in the scene. Nearby, children are making the most of a seesaw and swings.

    • Beirut Municipality Removing Violations on #Ramlet_el_Bayda Beach | Blog Baladi
      https://blogbaladi.com/beirut-municipality-removing-violations-on-ramlet-el-bayda-beach

      It’s hard to mention violations on Ramlet el Bayda’s beach without the Eden Bay coming to mind, but it’s no longer a priority apparently or maybe they’re legit now (because Lebanon right?). Remember the sewage floods too last winter? Also forgotten.

      What seems to be a priority to the Beirut Municipality is removing a bunch of illegal bamboo beach bars and benches, set up on a beach infested by sewage waters and garbage, and surrounded by violating restaurants and cafes. Yes we’re all for removing violations but what’s the point of doing so when the beach poses serious health risks to all those swimming or sun-bathing?

      Now one can argue that it is not the municipality’s job to remove other violations, but what about the sidewalks? What about the garbage lying around? What about providing clean and free public beaches and green spaces to its residents? What about clean air? noise pollution? What about bicycle paths and safe pedestrian side walks? Where are we from all that?

      #liban #beyrouth #privatisation #côtes #plage

  • Macron moves to prosecute journalists who revealed French arms sales in Yemen war

    https://www.wsws.org/en/articles/2019/04/26/macr-a26.html

    Intéressant, dans une société où le journalisme fait naufrage (en mode câlins au pouvoir), que Macron s’attaque brutalement aux seul·es journalistes digne de ce nom.

    Macron moves to prosecute journalists who revealed French arms sales in Yemen war
    By Will Morrow
    26 April 2019

    In a far-reaching assault on democratic rights and free speech, the government of Emmanuel Macron is moving to prosecute journalists who have exposed both France’s complicity in Saudi Arabia’s illegal war in Yemen as well as the Macron government’s efforts to cover it up.

    The government’s actions are a response to the publication of a report on April 15 by the journalistic organization Disclose, in partnership with The Intercept, Radio France, Mediapart, Arte Info and Konbini. The report includes an internal intelligence report to the president and leading ministers from September last year with precise information on the use of French arms in Yemen. It proves that the Macron government’s claims that it had no evidence that French arms were being used in the war, which has killed tens of thousands of civilians, were lies.

    france #yémen #macron #scandale_d_état

    • Ce régime ne connait que la force. Une loi existe pour atteindre son objectif ? On l’utilise. Un juge ne veut pas interpréter la loi comme on le souhaite ? On change la loi pour que le doute n’existe plus. La modification de la loi est trop lente ? On vote une loi pour pouvoir légiférer par ordonnance et sans débat.

      Ce régime passe par la force et écrase tout ce qui s’oppose à lui.

      Un jour, on finira par le nommer pour ce qu’il est.

      Ce n’est pas parce qu’il ne pratique pas la torture et les exécutions extrajudiciaires qu’il ne mérite pas d’être nommé pour ce qu’il est.

    • Oui @aude_v, je pensais à Adama Traoré en écrivant... ou à l’animateur dont on souhaitait frapper les testicules et dont on n’a « que » déchiré l’anus. Mais pour certains, qui tiennent le crayon, tant que ce n’est pas écrit dans un manuel officiel, ça n’existe pas. Et... d’ailleurs... même quand c’est écrit, ça ne compte pas, parce que par nature, l’état et ses représentants sont là pour défendre le Bien. Et le Bien ne peut pas faire de mal, c’est évident, ça ne se discute même pas.

      C’est dans ce genre de glissements qu’on comprend comment il a été si facile pour tant de gens Biens de passer du Front Populaire flamboyant au Vichisme rabougri.