• « Les sages-femmes n’ont jamais fait fortune de leur activité »
    https://www.humanite.fr/les-sages-femmes-nont-jamais-fait-fortune-de-leur-activite-711956

    Nathalie Sage Pranchère, historienne chargée de recherche au CNRS, revient sur quatre siècles d’histoire du rôle des femmes dans l’ #accouchement et sur leur émancipation des médecins. Entretien

    En quoi le XVIIe siècle marque-t-il une rupture dans l’histoire des sages-femmes ?

    Nathalie Sage Pranchère : C’est alors que les #chirurgiens, un corps de soignants moins considérés que les #médecins, commencent à investir le champ de la naissance. Leur recherche de promotion sociale passe par une revendication de #scientificité, notamment dans l’accouchement. Ils recourent aux instruments, inventant le #forceps. Pour s’imposer dans le champ de la #naissance, il leur faut en déconsidérer les actrices traditionnelles : les #femmes. Cela passe d’abord par une #dévalorisation des compétences féminines. Cela se traduit aussi par des propos très durs sur les « #matrones », qui seraient sales, grossières et dangereuses pour les femmes. Ce mouvement d’appropriation de la naissance est toutefois très progressif et inégal. Si Mme de La Vallière, maîtresse de Louis XIV, est accouchée par un chirurgien, c’est bien une #sage-femme qui assiste la reine lors de ses accouchements.

    Cette prise de pouvoir progressive des chirurgiens entraîne-t-elle une disparition des #sages-femmes ?

    Nathalie Sage Pranchère Non. S’il est économiquement et symboliquement intéressant pour

  • Michel Barrillon, Les marxistes, Marx et la question naturelle, 2013

    Résumé

    Nombre d’auteurs marxistes ou néomarxistes contemporains admettent « l’immense retard théorique » du marxisme dans l’appréhension de la question naturelle. Ils le déplorent d’autant plus que le paradigme marxien leur paraît parfaitement en mesure d’intégrer la dimension socio-écologique dans la critique ordinaire du mode de production #capitaliste. En marxistes conséquents, ils s’interrogent sur les raisons historiques de ce « rendez-vous manqué » avec l’écologie politique. Certains poussent l’analyse jusqu’à revenir aux écrits fondateurs de Marx et Engels. J. B. Foster a ainsi défendu la thèse d’un « Marx écologiste »… Cette thèse ne résiste pas à l’épreuve d’un examen critique du mode de traitement de la nature chez Marx. Rétrospectivement, Marx et la plupart de ses épigones apparaissent comme des théoriciens demeurés fidèles au projet baconien et cartésien inscrit dans l’imaginaire de la modernité ; prisonniers d’une vision progressiste de l’histoire, ils n’ont pu, en fait de critique radicale du capitalisme, que « le reproduire comme modèle ».

    https://sniadecki.wordpress.com/2020/06/04/barrillon-marxistes

    #Marx, #marxistes, #écologie, #critique_techno, #modernité, etc.

    En définitive, pour avoir voulu mener un combat scientifique sur le terrain de l’#économie_politique, le terrain même de ses ennemis désignés, Marx s’est pris au piège de la #théorisation froide et a fini par reproduire le capitalisme comme modèle, au lieu de dénoncer fermement ses crimes écologiques et humains sans lui faire de concession au nom d’une arbitraire nécessité historique. Paradoxalement, il a consacré ce qu’il croyait critiquer à la racine, vraisemblablement par désir de #scientificité, mais aussi parce qu’il demeurait convaincu que le capitalisme est un mal historique nécessaire, investi, malgré lui, d’une mission « civilisatrice ». En reconnaissant au capitalisme l’immense mérite d’avoir rendu la nature exploitable sans limites, il n’a pas simplement conforté le #productivisme capitaliste, il a aussi pleinement souscrit au projet baconien et cartésien puisque c’est dans le cadre de l’imaginaire de la modernité qu’il conçoit le passage au communisme. Si, aujourd’hui, le retour aux œuvres de Marx doit être une source d’enseignements, c’est bien pour nous éviter de répéter ses erreurs.

    Quelques chose me dit que la #WertKritik pourrait en prendre de la graine...

    • La wertkritik ne pense absolument pas que le capitalisme est une étape nécessaire à quoi que ce soit. :p
      Elle ne prend de Marx que telle ou telle partie qu’elle considère la plus importante de son travail, sur la critique du cœur de comment fonctionne le capitalisme. Et justement rejette ou tout du moins ne garde pas, la plupart des idées politiques de Marx, qui étaient propres à son temps.

    • Répondre à un appel à contribution

      Du 9 au 12 juin 2010 s’est déroulé un atelier d’écriture, organisé par quatre doctorants (de l’EHESS et de Institut d’Urbanisme de Paris). L’un des temps de travail était consacré aux réponses à des appels à contribution : nous vous proposons ici un rapide survol des questions évoquées à cette occasion.

      Qu’est-ce qu’une réponse à un appel à contributions ?

      Une proposition de contribution est un texte assez court (une demi-page ou une page maximum) dans lequel on décrit un projet d’article, que l’on propose à la revue qui a fait paraître un appel à contribution. C’est donc un texte qui parle d’un texte à venir, qui n’existe pas encore… !

      NB : si notre proposition est acceptée, cela ne signifie pas pour autant que l’article qui suivra sera nécessairement accepté. S’il ne répond pas aux attentes du comité de rédaction, il pourra être rejeté même si, au vu de la réponse à l’appel à contribution, le comité de rédaction avait intégré notre proposition au sommaire prévisionnel…
      Quelques conseils pour rédiger une réponse à un appel à contribution :

      Ne pas oublier l’objectif de ce texte : faire en sorte que notre proposition soit acceptée ! Il faut « vendre » notre proposition, montrer pourquoi elle est importante dans le cadre du sujet que la revue se propose de traiter. C’est le seul objectif de ce texte, et par conséquent certains éléments n’y ont pas leur place (des détails, des nuances, des formulations trop précautionneuses, des justifications du sujet de recherche et de ses contours…).

      Les appels à contributions indiquent souvent un certain nombre d’axes précis. Il est bon de s’inscrire d’emblée dans un axe et de le mentionner explicitement (on facilite le travail du comité scientifique qui, pour faire son choix, va classer les différentes propositions selon les axes, qui correspondent souvent aux différentes parties du sommaire du numéro).

      « L’objectif de cet article est de… » – c’est un excellent début !

      Mettre en scène un étonnement. Soigner la mise en intrigue de la question que l’on entend soulever avec notre article (sans exagération littéraire). Le lecteur nous suit si on l’amène à réfléchir, si on l’invite à dépasser les évidences et à avancer avec nous – pas si on lui expose des faits sans qu’il ait à se questionner…

      Ne pas en rester au stade du projet : Même si notre texte parle d’un article que nous n’avons bien sûr pas encore écrit et qui impliquera peut-être des recherches que nous n’avons pas encore faites, il faut montrer que nous avons plus qu’un projet : évoquer notre terrain, donner des résultats, des éléments de conclusion.

      Quelques questions à se poser pour vérifier la clarté du texte

      Bien souvent, « le nez dans le guidon », on oublie de formuler les choses essentielles : l’objet de notre recherche est loin d’être aussi clair qu’on le pense, et l’objectif de l’article proposé reste totalement flou…

      Est-on capable, à la lecture, de formuler LA question que pose notre texte ? Si ce n’est pas le cas, il y a forcément un problème ! Est-ce que, nous-même, nous savons quelle question nous entendons traiter ?

      On peut aussi essayer de faire entrer la proposition dans les cases suivantes : contexte, méthode, résultats, discussion. Elles constituent les étapes d’un article « canonique » dans le milieu de la recherche biomédicale. C’est parfois une bonne façon de « tester » un article de sciences sociales et de vérifier sa rigueur…

      Toujours se faire relire avant d’envoyer une proposition…

      L’exercice de la relecture sans concessions n’est pas évident, ni pour celui qui relit, ni pour celui qui est relu ! Bien souvent, les zones d’obscurité du texte qui sont identifiées par le relecteur sont liées à un manque de clarté de la problématique, à un problème méthodologique, à un manque de données que l’on a tenté de dissimuler, à un problème de sources que l’on ne se sent pas autorisé à citer… Il faut alors accepter de se demander pourquoi on est mal à l’aise sur ce point, pourquoi on ne peut pas dépasser ce problème – assumer sa position, l’état de ses connaissances. Bien souvent, il vaut mieux nommer le problème que l’on rencontre (c’est aussi l’occasion d’en prendre clairement conscience et de le circonscrire !) plutôt que d’essayer de le dissimuler… Et gardons à l’esprit l’objectif principal d’une proposition de contribution : donner envie aux lecteurs (à la revue) d’en savoir plus !

      Marie Glon, doctorante à l’EHESS

      https://act.hypotheses.org/644

    • Comment écrire un bon article pour une revue scientifique ?

      Ça y est, votre proposition de communication est acceptée et vous allez pouvoir écrire un article ! C’est une étape importante de votre parcours : vous devez prendre l’habitude de diffuser vos résultats ( et vous trouverez ici une vidéo sur l’étape précédente : comment trouver une revue pour publier notre article ?).

      Alors, comment allez-vous vous y prendre maintenant ? Le premier réflexe est souvent de rechercher quelle forme doit avoir l’article ; de quelles rubriques il doit être constitué, car bien sûr, vous ne voulez pas être pris en défaut.

      Mais attention, la qualité de votre article ne tiendra pas qu’au respect des « normes » de rédaction mais plus encore à la pertinence des résultats que vous exposez et au plaisir que l’on prendra à vous lire. Comment parvenir à écrire un article utile pour les autres et passionnant ?

      Quel format adopter ?

      Si vous avez fait un petit tour sur le net avant d’arriver ici, vous avez peut-être constaté que l’on conseille habituellement de respecter un certain plan avec des parties bien définies dans un article scientifique (ici un exemple détaillé).

      Il est habituel d’affirmer qu’un article doit contenir :

      – Une introduction qui énonce la problématique, qui explique en quoi elle est intéressante / novatrice, et qui annonce le plan de l’article.
      – Une partie de contexte théorique (ou état de l’art) où vous vous situez par rapport aux principaux courants d’analyse concernant la question précise que vous traitez. Vous résumez ici les derniers avancements des connaissances dans votre domaine et vous indiquez sur quels concepts vous vous basez, vous. Et le tout en quelques paragraphes seulement, eh oui !
      – La méthodologie : c’est une partie où vous expliquez quelles sont vos données et comment vous vous y prenez pour les recueillir.
      – Les résultats que vous avez obtenus
      – La discussion de ces résultats au regard des concepts mobilisés : finalement, qu’avez-vous à dire de nouveau sur le phénomène étudié ?

      Cependant, cette liste n’est pas une recette de cuisine : elle n’est ni obligatoire ni exhaustive.

      Pas exhaustive, en effet, car certaines revues sont encore plus précises concernant l’architecture de leurs articles et réclament d’autres points encore (« considérations éthiques », « objectifs » etc.).

      Et pas obligatoire car d’autres comités de publication, au contraire, n’obligent pas leurs contributeurs à suivre un tel canevas. C’est particulièrement le cas dans certaines disciplines avec une tradition plus « littéraire », où les revues publient des articles avec des plans qui déroulent un argument de façon thématique et où l’exposé de la méthode et du contexte sont réduits, généralement renvoyés en intro. J’ai moi-même rédigé des articles de cette façon « plus libre », la discussion thématique prenant le pas sur le reste (et c’était en socio/anthropo).

      Alors comment vous y retrouver et éviter les faux pas ?

      Eh bien vous devez aller vérifier par vous-même ce que l’on attend de vous ! Une revue a accepté votre contribution ? Allez chercher des numéros antérieurs de cette revue et faites votre enquête. Regardez plusieurs articles. Comment sont-ils construits ? Tous pareils ? Alors faites de même. Ou sont-ils tous différents ? Vous aurez alors la liberté de laisser plus de place à la discussion des résultats, par exemple.

      Choisir le bon sujet pour votre article

      Un article fait entre 10 et 15 pages, la plupart du temps ; cela vous laisse peu d’espace pour développer une argumentation logique, tout en présentant les données sur lesquelles elle s’appuie. Écrire un bon article, c’est donc d’abord trouver un sujet qui a la bonne dimension. Comment faire ?

      Tout d’abord, vous ne devez pas concevoir l’article comme un extrait de votre thèse (sauf exceptions, dans le cas de thèses par articles, comme cela peut parfois se faire en économie par exemple). Il est difficile d’extraire un petit morceau d’une argumentation longue ; cela peut produire une impression d’inachevé, le sentiment qu’on n’a pas tous les éléments pour tirer une conclusion.

      L’article ne peut pas être non plus un résumé de votre thèse entière ou d’une grande partie. Si vous tentez de raconter toute votre thèse, vous la survolerez et tomberez dans les généralités.

      Vous choisirez donc un thème précis , présent dans votre thèse (de façon centrale ou périphérique) et qui colle à l’appel à contributions s’il y a lieu. En effet, souvent, la revue qui a lancé l’appel à contributions impose des thèmes ; cela peut parfois vous décentrer un peu de votre thèse, vous amener à adopter un autre point de vue, mais c’est justement cela qui est enrichissant.

      Mais attention ! Si votre thème est trop précis, s’il porte sur un détail, vous tomberez dans l’anecdote, on ne verra guère ce que vous pouvez démontrer à partir de ça.

      Bref, trouver le bon focus est un casse-tête… C’est l’exercice qui consiste à poser une question de recherche (une problématique) qui peut vous sortir de l’embarras.

      La problématique

      La problématique sert à deux choses : à donner un caractère logique et unifié à votre argumentation et à borner le sujet. Une problématique a la forme d’une question. C’est à cette question que vous allez tenter de répondre pendant tout l’article, jusqu’à la conclusion finale, sans vous éparpiller : ce qui ne sert pas à répondre à la question est donc mis de côté. En effet, vous ne pouvez pas montrer « toute votre science » dans votre article (vous ne pouvez pas être exhaustif), par contre vous pouvez montrer votre capacité à argumenter précisément.

      Votre question doit :

      – Se référer explicitement à votre terrain/corpus, car votre démonstration s’appuiera sur vos données (sinon, ce ne sont que des généralités).
      – Pouvoir être élucidée de façon convaincante et documentée en peu de pages.
      – Contribuer, même modestement, à susciter un débat (dans lequel vous prendrez position clairement). S’il n’y a pas de débat, c’est que vous êtes trop descriptif. Une astuce : lisez d’autres articles sur le sujet, et demandez-vous comment vous positionner par rapport à eux (qu’auriez-vous à leur répondre ?) cela vous aidera à être moins descriptif et plus dans l’analyse.

      Attention au lecteur !

      Rendez la lecture facile et agréable à votre lecteur : c’est aussi cela qui fait la qualité d’un article, qui, ne l’oublions pas, est un outil de communication et de diffusion.

      Employez un vocabulaire adéquat

      Qu’y a-t-il de plus frustrant que de lire un article qui serait susceptible de vous intéresser, mais dont vous ne comprenez pas un mot sur trois ? Évitez de faire vivre ça à votre lecteur. Commencez par vous renseigner sur le type de lecteur auquel est destinée la revue en question. En effet, si c’est une revue assez généraliste, ou transdisciplinaire, vous n’emploierez pas le même vocabulaire que si c’est une revue très pointue de votre discipline.

      Derrière cela se cache la question : que connaît déjà le lecteur, qu’est-ce qu’il ignore (on entend ici le lecteur au sens large, pas seulement le comité de publication) ? Un lectorat restreint et expert pourra accepter que vous fassiez l’économie de l’explication des termes de base de votre discipline, bien sûr. Mais pour un lectorat plus large (ce qui est souvent le cas), vous devrez expliquer les grands termes nécessaires à la compréhension de votre article dès l’introduction ; même des termes qui vous paraissent simples à vous devront être définis. Ensuite, et dans tous les cas de figure, si un terme technique apparaît au long de l’article, expliquez-le. Soyez pédagogue.

      Ménagez une progression logique

      Votre article doit être fluide, avoir un certain sens du récit pour maintenir l’attention du lecteur. Le respect de ces quelques principes peut vous y aider :

      – Introduisez un seul élément nouveau à la fois ; n’expliquez pas un concept à l’aide d’un autre concept pour la compréhension duquel on doit maîtriser un troisième concept… choisissez une notion, expliquez la , décrivez les phénomènes qui lui sont attachés avant de passer à « autre chose » : et cette autre chose doit venir renforcer la compréhension de qui a été dit auparavant.
      – Notre cerveau est fait pour comprendre ce qui s’inscrit dans une temporalité (d’abord il y a ceci, et ensuite vient cela, puis cela finit comme ça) ; ne l’oubliez pas au moment de rédiger, car cela introduira une forme de narration. Vous pouvez décrire des phénomènes selon leur déroulement dans le temps, mais vous pouvez aussi décrire des raisonnements dans leur développement progressif : on peut penser telle chose, cependant, on observe ensuite qu’il se passe telle autre chose, et c’est cela qui nous amène à la conclusion X ou Y.
      – Énoncez les problèmes de façon claire, le lecteur doit avancer en terrain connu : par exemple, posez une question à la fin d’un paragraphe ; on sait ensuite que dans les prochains paragraphes, on se consacrera à répondre à cette question. Écrivez vos hypothèses, et comment vous allez les vérifier. Votre lecteur doit pouvoir vous suivre pas à pas. Il se perdra s’il a l’impression de ne pas savoir où vous allez. Et n’oubliez pas de mettre de nombreux exemples !

      Soignez la forme

      – Aérez votre texte en introduisant un nouveau paragraphe à chaque étape du raisonnement (évitez donc les looongs paragraphes qui durent deux pages et sont vraiment décourageants).
      – Synthétisez régulièrement votre propos, à la fin de chaque section et sous-section notamment.
      – Employez des mots qui réveillent l’attention du lecteur et qui vous amènent à faire un petit point d’étape : en résumé, en conclusion, en bref…
      – Attirez l’attention du lecteur sur les points importants du raisonnement (cela vous aidera vous-même à les identifier !) en employant parfois des tournures comme : de façon significative, plus important encore, néanmoins, particulièrement…

      Dans le Guide Pratique de Rédaction Scientifique, de Jean-Luc Lebrun , vous trouverez de nombreux trucs et de grands principes pour écrire un texte scientifique de qualité et agréable à lire.

      Soyez prévoyant, car écrire un article prend beaucoup de temps et d’énergie !

      Comment cela s’est-il passé pour vous ? Avez-vous déjà écrit des articles, était-ce facile ou difficile, gratifiant ou laborieux ? Vous pouvez témoigner en commentaire !

      http://reussirsathese.com/comment-ecrire-un-bon-article-pour-une-revue-scientifique

  • How #scientific_publications are distributed around the world ? Is it necessary to have a critical mass of #researchers in #universities, cities and regions to have quality research ? | Comment les #publications_scientifiques se répartissent-elles dans le monde ? Faut-il une masse critique de #chercheurs dans les #universités, les #villes et les régions pour avoir une recherche de qualité ?

    https://sms.hypotheses.org/11555

    #scientist, #research, #researcher, #university, #city, #quality, #geography, #sociology, #history, #scientific, #publication, #science, #web_of_science, #WOS

  • Is the staggeringly profitable #business of scientific publishing bad for #science? | Science | The Guardian
    https://www.theguardian.com/science/2017/jun/27/profitable-business-scientific-publishing-bad-for-science

    The core of Elsevier’s operation is in scientific journals, the weekly or monthly publications in which scientists share their results. Despite the narrow audience, scientific publishing is a remarkably big business. With total global revenues of more than £19bn, it weighs in somewhere between the recording and the film industries in size, but it is far more profitable. In 2010, Elsevier’s scientific publishing arm reported profits of £724m on just over £2bn in revenue. It was a 36% margin – higher than Apple, Google, or Amazon posted that year.

    [...]

    It is difficult to overstate how much power a journal editor now had to shape a scientist’s career and the direction of science itself. “Young people tell me all the time, ‘If I don’t publish in CNS [a common acronym for Cell/Nature/Science, the most prestigious journals in biology], I won’t get a job,” says Schekman. He compared the pursuit of high-impact #publications to an incentive system as rotten as banking bonuses. “They have a very big #influence on where science goes,” he said.

    And so science became a strange co-production between scientists and journal editors, with the former increasingly pursuing discoveries that would impress the latter. These days, given a choice of projects, a scientist will almost always reject both the prosaic work of confirming or disproving past studies, and the decades-long pursuit of a risky “moonshot”, in favour of a middle ground: a topic that is popular with editors and likely to yield regular publications. “Academics are incentivised to produce research that caters to these demands,” said the biologist and Nobel laureate Sydney Brenner in a 2014 interview, calling the system “corrupt.”

    • #Robert_Maxwell #Reed-Elsevier #Elsevier #multinationales #business #Pergamon

      With total global revenues of more than £19bn, it weighs in somewhere between the recording and the film industries in size, but it is far more profitable. In 2010, Elsevier’s scientific publishing arm reported profits of £724m on just over £2bn in revenue. It was a 36% margin – higher than Apple, Google, or Amazon posted that year.

      #profit

      In order to make money, a traditional publisher – say, a magazine – first has to cover a multitude of costs: it pays writers for the articles; it employs editors to commission, shape and check the articles; and it pays to distribute the finished product to subscribers and retailers. All of this is expensive, and successful magazines typically make profits of around 12-15%.

      The way to make money from a scientific article looks very similar, except that scientific publishers manage to duck most of the actual costs. Scientists create work under their own direction – funded largely by governments – and give it to publishers for free; the publisher pays scientific editors who judge whether the work is worth publishing and check its grammar, but the bulk of the editorial burden – checking the scientific validity and evaluating the experiments, a process known as peer review – is done by working scientists on a volunteer basis. The publishers then sell the product back to government-funded institutional and university libraries, to be read by scientists – who, in a collective sense, created the product in the first place.

      A 2005 Deutsche Bank report referred to it as a “bizarre” “triple-pay” system, in which “the state funds most research, pays the salaries of most of those checking the quality of research, and then buys most of the published product”.

      Many scientists also believe that the publishing industry exerts too much influence over what scientists choose to study, which is ultimately bad for science itself. Journals prize new and spectacular results – after all, they are in the business of selling subscriptions – and scientists, knowing exactly what kind of work gets published, align their submissions accordingly. This produces a steady stream of papers, the importance of which is immediately apparent. But it also means that scientists do not have an accurate map of their field of inquiry. Researchers may end up inadvertently exploring dead ends that their fellow scientists have already run up against, solely because the information about previous failures has never been given space in the pages of the relevant scientific publications

      It is hard to believe that what is essentially a for-profit oligopoly functioning within an otherwise heavily regulated, government-funded enterprise can avoid extinction in the long run. But publishing has been deeply enmeshed in the science profession for decades. Today, every scientist knows that their career depends on being published, and professional success is especially determined by getting work into the most prestigious journals. The long, slow, nearly directionless work pursued by some of the most influential scientists of the 20th century is no longer a viable career option. Under today’s system, the father of genetic sequencing, Fred Sanger, who published very little in the two decades between his 1958 and 1980 Nobel prizes, may well have found himself out of a job.

      Improbable as it might sound, few people in the last century have done more to shape the way science is conducted today than Maxwell.

      Scientific articles are about unique discoveries: one article cannot substitute for another. If a serious new journal appeared, scientists would simply request that their university library subscribe to that one as well. If Maxwell was creating three times as many journals as his competition, he would make three times more money.

      “At the start of my career, nobody took much notice of where you published, and then everything changed in 1974 with Cell,” Randy Schekman, the Berkeley molecular biologist and Nobel prize winner, told me. #Cell (now owned by Elsevier) was a journal started by Massachusetts Institute of Technology (MIT) to showcase the newly ascendant field of molecular biology. It was edited by a young biologist named #Ben_Lewin, who approached his work with an intense, almost literary bent. Lewin prized long, rigorous papers that answered big questions – often representing years of research that would have yielded multiple papers in other venues – and, breaking with the idea that journals were passive instruments to communicate science, he rejected far more papers than he published.

      Suddenly, where you published became immensely important. Other editors took a similarly activist approach in the hopes of replicating Cell’s success. Publishers also adopted a metric called “#impact_factor,” invented in the 1960s by #Eugene_Garfield, a librarian and linguist, as a rough calculation of how often papers in a given journal are cited in other papers. For publishers, it became a way to rank and advertise the scientific reach of their products. The new-look journals, with their emphasis on big results, shot to the top of these new rankings, and scientists who published in “high-impact” journals were rewarded with jobs and funding. Almost overnight, a new currency of prestige had been created in the scientific world. (Garfield later referred to his creation as “like nuclear energy … a mixed blessing”.)

      And so science became a strange co-production between scientists and journal editors, with the former increasingly pursuing discoveries that would impress the latter. These days, given a choice of projects, a scientist will almost always reject both the prosaic work of confirming or disproving past studies, and the decades-long pursuit of a risky “moonshot”, in favour of a middle ground: a topic that is popular with editors and likely to yield regular publications. “Academics are incentivised to produce research that caters to these demands,” said the biologist and Nobel laureate Sydney Brenner in a 2014 interview, calling the system “corrupt.”

      As Maxwell had predicted, competition didn’t drive down prices. Between 1975 and 1985, the average price of a journal doubled. The New York Times reported that in 1984 it cost $2,500 to subscribe to the journal Brain Research; in 1988, it cost more than $5,000. That same year, Harvard Library overran its research journal budget by half a million dollars.

      Scientists occasionally questioned the fairness of this hugely profitable business to which they supplied their work for free, but it was university librarians who first realised the trap in the market Maxwell had created. The librarians used university funds to buy journals on behalf of scientists. Maxwell was well aware of this. “Scientists are not as price-conscious as other professionals, mainly because they are not spending their own money,” he told his publication Global Business in a 1988 interview. And since there was no way to swap one journal for another, cheaper one, the result was, Maxwell continued, “a perpetual financing machine”. Librarians were locked into a series of thousands of tiny monopolies. There were now more than a million scientific articles being published a year, and they had to buy all of them at whatever price the publishers wanted.

      With the purchase of Pergamon’s 400-strong catalogue, Elsevier now controlled more than 1,000 scientific journals, making it by far the largest scientific publisher in the world.

      At the time of the merger, Charkin, the former Macmillan CEO, recalls advising Pierre Vinken, the CEO of Elsevier, that Pergamon was a mature business, and that Elsevier had overpaid for it. But Vinken had no doubts, Charkin recalled: “He said, ‘You have no idea how profitable these journals are once you stop doing anything. When you’re building a journal, you spend time getting good editorial boards, you treat them well, you give them dinners. Then you market the thing and your salespeople go out there to sell subscriptions, which is slow and tough, and you try to make the journal as good as possible. That’s what happened at Pergamon. And then we buy it and we stop doing all that stuff and then the cash just pours out and you wouldn’t believe how wonderful it is.’ He was right and I was wrong.”

      By 1994, three years after acquiring Pergamon, Elsevier had raised its prices by 50%. Universities complained that their budgets were stretched to breaking point – the US-based Publishers Weekly reported librarians referring to a “doomsday machine” in their industry – and, for the first time, they began cancelling subscriptions to less popular journals.

      In 1998, Elsevier rolled out its plan for the internet age, which would come to be called “The Big Deal”. It offered electronic access to bundles of hundreds of journals at a time: a university would pay a set fee each year – according to a report based on freedom of information requests, Cornell University’s 2009 tab was just short of $2m – and any student or professor could download any journal they wanted through Elsevier’s website. Universities signed up en masse.

      Those predicting Elsevier’s downfall had assumed scientists experimenting with sharing their work for free online could slowly outcompete Elsevier’s titles by replacing them one at a time. In response, Elsevier created a switch that fused Maxwell’s thousands of tiny monopolies into one so large that, like a basic resource – say water, or power – it was impossible for universities to do without. Pay, and the scientific lights stayed on, but refuse, and up to a quarter of the scientific literature would go dark at any one institution. It concentrated immense power in the hands of the largest publishers, and Elsevier’s profits began another steep rise that would lead them into the billions by the 2010s. In 2015, a Financial Times article anointed Elsevier “the business the internet could not kill”.

      Publishers are now wound so tightly around the various organs of the scientific body that no single effort has been able to dislodge them. In a 2015 report, an information scientist from the University of Montreal, Vincent Larivière, showed that Elsevier owned 24% of the scientific journal market, while Maxwell’s old partners Springer, and his crosstown rivals Wiley-Blackwell, controlled about another 12% each. These three companies accounted for half the market. (An Elsevier representative familiar with the report told me that by their own estimate they publish only 16% of the scientific literature.)

      Elsevier says its primary goal is to facilitate the work of scientists and other researchers. An Elsevier rep noted that the company received 1.5m article submissions last year, and published 420,000; 14 million scientists entrust Elsevier to publish their results, and 800,000 scientists donate their time to help them with editing and peer-review.

      In a sense, it is not any one publisher’s fault that the scientific world seems to bend to the industry’s gravitational pull. When governments including those of China and Mexico offer financial bonuses for publishing in high-impact journals, they are not responding to a demand by any specific publisher, but following the rewards of an enormously complex system that has to accommodate the utopian ideals of science with the commercial goals of the publishers that dominate it. (“We scientists have not given a lot of thought to the water we’re swimming in,” Neal Young told me.)

      Since the early 2000s, scientists have championed an alternative to subscription publishing called “open access”. This solves the difficulty of balancing scientific and commercial imperatives by simply removing the commercial element. In practice, this usually takes the form of online journals, to which scientists pay an upfront free to cover editing costs, which then ensure the work is available free to access for anyone in perpetuity. But despite the backing of some of the biggest funding agencies in the world, including the Gates Foundation and the Wellcome Trust, only about a quarter of scientific papers are made freely available at the time of their publication.

      The idea that scientific research should be freely available for anyone to use is a sharp departure, even a threat, to the current system – which relies on publishers’ ability to restrict access to the scientific literature in order to maintain its immense profitability. In recent years, the most radical opposition to the status quo has coalesced around a controversial website called Sci-Hub – a sort of Napster for science that allows anyone to download scientific papers for free. Its creator, Alexandra Elbakyan, a Kazhakstani, is in hiding, facing charges of hacking and copyright infringement in the US. Elsevier recently obtained a $15m injunction (the maximum allowable amount) against her.

      Elbakyan is an unabashed utopian. “Science should belong to scientists and not the publishers,” she told me in an email. In a letter to the court, she cited Article 27 of the UN’s Universal Declaration of Human Rights, asserting the right “to share in scientific advancement and its benefits”.

      Whatever the fate of Sci-Hub, it seems that frustration with the current system is growing. But history shows that betting against science publishers is a risky move. After all, back in 1988, Maxwell predicted that in the future there would only be a handful of immensely powerful publishing companies left, and that they would ply their trade in an electronic age with no printing costs, leading to almost “pure profit”. That sounds a lot like the world we live in now.

      https://www.theguardian.com/science/2017/jun/27/profitable-business-scientific-publishing-bad-for-science
      #Butterworths #Springer #Paul_Rosbaud #histoire #Genève #Pergamon #Oxford_United #Derby_County_FC #monopole #open_access #Sci-Hub #Alexandra_Elbakyan

    • Publish and be praised (article de 2003)

      It should be a public scandal that the results of publicly-funded scientific research are not available to members of the public who are interested in, or could benefit from, such access. Furthermore, many commercial publishers have exploited the effective monopoly they are given on the distribution rights to individual works and charge absurdly high rates for some of their titles, forcing libraries with limited budgets to cancel journal subscriptions and deny their researchers access to potentially critical information. The system is obsolete and broken and needs to change.

      https://www.theguardian.com/education/2003/oct/09/research.highereducation

  • Global publishing giant wins $15 million damages against researcher for sharing publicly-funded knowledge | Privacy Online News
    https://www.privateinternetaccess.com/blog/2017/06/global-publishing-giant-wins-15-million-damages-researcher-sh

    The court awarded $15 million damages to the scientific publisher on the basis of 100 articles published by #Elsevier that had been made available without permission on Sci-Hub and a similar site called LibGen. At the time of writing, Sci-Hub claims to hold 62 million scientific research papers – probably a majority of all those ever published – most of which are unauthorized copies. According to a report in the scientific journal Science last year, it is Elsevier which is most affected by #Sci-Hub’s activities:

    #libgen

  • Breaking Out of #Scientific #Magic Systems
    http://www.darkshire.net/jhkim/rpg/magic/antiscience.html

    Although they use a wide variety of mechanics, most fantasy role-playing games have remarkably similar view of magic. I term this view “scientific magic”. This doesn’t mean that magic follows the laws of science as we know them. However, magic is a reproducible force that fits with modern scientific viewpoint and culture. While scientific magic systems have their place, I think there should be more games with non-scientific magic systems... magic evocative of myth and folklore, as well as fantasy fiction which draws on myth and folklore, like J.R.R. Tolkien or Charles De Lint.

    Various #RPG systems try different mechanics in an effort to make their magic feel more “magical”. However, I feel that most of these simply alter the mechanics almost at random. The problem is in how magic is conceived of in the first place, not in the stats and die rolls used to implement it.

    In order to create a non-scientific system of magic, you need to consider the basic principles on which magic works. As a designer, you should think about what magic means in your campaign world before you start defining stats or die rolls.

  • The limits of debunking only the pseudoscience of race
    http://africasacountry.com/the-limits-of-debunking-only-the-pseudoscience-of-race

    All human societies, whether tacitly or overtly, assume that nature has ordained their social arrangements. Or, to put it another way, part of what human beings understand by the word.....

    #CULTURE_PAGE #Gavin_Evans #inequality #racial_ideology #Scientific_racism

  • http://archive.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory

    Sixty years ago, digital computers made information readable. Twenty years ago, the Internet made it reachable. Ten years ago, the first search engine crawlers made it a single database. Now Google and like-minded companies are sifting through the most measured age in history, treating this massive corpus as a laboratory of the human condition. They are the children of the Petabyte Age.

    The Petabyte Age is different because more is different. Kilobytes were stored on floppy disks. Megabytes were stored on hard disks. Terabytes were stored in disk arrays. Petabytes are stored in the cloud. As we moved along that progression, we went from the folder analogy to the file cabinet analogy to the library analogy to — well, at petabytes we ran out of organizational analogies.

    • The End of Theory: The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete (Chris Andreesen, 2007)

      Article states the end of the need to establish theories, as it is being replaced by computational heuristics. There is no longer a need to interpret phenomenae, as it can be statistically deduced from the massive amounts of data.

      This is a world where massive amounts of data and applied mathematics replace every other tool that might be brought to bear. Out with every theory of human behavior, from linguistics to sociology. Forget taxonomy, ontology, and psychology. Who knows why people do what they do? The point is they do it, and we can track and measure it with unprecedented fidelity. With enough data, the numbers speak for themselves.

      [...]

      faced with massive data, this approach to science — hypothesize, model, test — is becoming obsolete

      [...]

      The new availability of huge amounts of data, along with the statistical tools to crunch these numbers, offers a whole new way of understanding the world. Correlation supersedes causation, and science can advance even without coherent models, unified theories, or really any mechanistic explanation at all.

      #wired
      #big_data
      #google
      #scientific_theory

  • Why Are Publishers and Editors Wasting Time Formatting Citations? | The Scholarly Kitchen
    http://scholarlykitchen.sspnet.org/2014/11/06/why-are-publishers-and-editors-wasting-time-formatting-cita

    Citations are foundational elements of scholarly publishing. They provide evidence of the reliance of current work on existing literature, background on how research strategies were developed, indication of the thoroughness of the work, and a summary of significant prior related art, as well as facilitating plagiarism detection. As an ancillary benefit, they also have created one metric against which past research is judged. The investment in ensuring references are accurate, complete, and the link (if one exists) to the referenced object is functioning is certainly a core publishing function.

    However, all of these things have very little to do with how references are presented in citations, nor the importance of one style over another. Much of the focus on citation style is driven by domain tradition and adherence to one of the many dozens of style guides that exist in the scholarly publishing world. I certainly don’t intend to disparage any of the different manuals, nor their adherents in any field. What concerns me is the fact that there is so much time wasted in the production process of editing references to adhere to the house style, whatever that style may be.

    #citation #bibliographie #scientificité #norme #formatage #convention

  • Une sévère critique du Journal Ranking
    Deep Impact : Unintended consequences of journal rank
    Björn Brembs and Marcus Munafò

    http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1301/1301.3748.pdf

    1) Journal rank is a weak to moderate predictor of scientific impact;
    2) Journal rank is a moderate to strong predictor of both intentional and unintentional scientific unreliability;
    3) Journal rank is expensive, delays science and frustrates researchers; and,
    4) Journal rank as established by IF violates even the most basic scientific standards , but predicts subjective judgments of journal
    quality.
    [...]
    one implication of the data reviewed here is that we can instead
    use current technology and remove the need for a journal hierarchy completely.

    #Open_access
    #scientific_publishing
    #édition_scientifique
    #ranking
    #évaluation_scientifique