#scientisme

  • L’auto-organisation des activités vivantes (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?42-L-auto-organisation-des-activites

    Voir la partie précédente (.../...) III. Centrisme, polycentrisme, acentrisme De même que l’on conçoit l’organisation du système vivant de façon seulement hiérarchique, et la hiérarchie de façon seulement pyramidale, de même l’on croit qu’une telle organisation a besoin, en son sommet, d’un centre doué de compétence générale, qui assure la commande et le contrôle. Cette idée se fonde sur deux évidences : celle de l’organisme des vertébrés, et bien entendu de l’homme, qui est commandé/contrôlé par le (...) #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / #Scientisme, #Politique, Morin E., #Écologie, #Livre, (...)

    #Morin_E. #Science

  • L’auto-organisation des activités vivantes (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?34-L-auto-organisation-des-activites-vivantes

    Troisième partie du #Livre d’Edgar Morin « La Vie de la Vie. La méthode 2 » ([1980] 1985 Seuil) p. 301 — 330. Tout, dans ce volume, traite d’une façon ou d’une autre de l’organisation vivante, et il n’est rien de vivant que je n’aie considéré en dehors de son aspect organisationnel. Ainsi ont été examinées précédemment : l’organisation computationnelle/informationnelle/communica­tionnelle proprement vivante (Méthode 1, p. 317-335 : Méthode 2. p. 159 s.) : l’organisation géno-phénoménale (p. 111 s.). Vont être (...) #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / #Écologie, Morin E., #Scientisme, #Politique, #Science, (...)

    #Morin_E.

  • La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme - Perspectives Printanières
    https://perspectives-printanieres.info/index.php/2019/03/17/la-collapsologie-ou-la-critique-scientiste-du-capitalism

    Comme un écho aux « alertes » de nombreux-ses scientifiques concernant l’extinction de la biodiversité, les dérèglements climatiques ou la raréfaction de l’eau potable à la surface du globe (entre autres), les théories de l’effondrement se diffusent rapidement dans la société, notamment grâce à un important relais médiatique où est prodigué le discours persuasif qui caractérise ce mouvement. Une communauté « effondriste » s’est progressivement constituée autour de ces théories, notamment en France après la parution d’un livre qui a fait date : Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes de Pablo Servigne – ingénieur agronome et docteur en biologie – et Raphaël Stevens – éco-conseiller. Les collapsologistes – ou collapsologues comme iels s’autodésignent, nous discuterons d’ailleurs du nom qu’il nous faut leur donner – semblent se poser en héritier-ères du mouvement pour la décroissance, dont iels reprennent nombre d’analyses et de travers. La collapsologie, la nouvelle « discipline » qu’iels pratiquent, s’avère également être une traduction politique parmi d’autres du concept d’Anthropocène, en reprenant là-aussi ses défauts et son absence de raisonnement politique critique.

    • A rajouter à la liste des articles qui critiquent un aspect de la collapsologie, mais dont j’ai parfois l’impression qu’ils jettent le bébé avec l’eau du bain. Sous prétexte que Pablo Servigne ne parle pas assez de capitalisme, on en vient presque à défendre que le monde ne va pas si mal que ça...

      Jusqu’ici, ce billet était plutôt vindicatif vis-à-vis de la collapsologie puisqu’il visait à détricoter et critiquer certaines analyses formulées (ou non-formulées) au sein de cette mouvance. Cependant, malgré un manque évident d’analyse politique et sociale, un grand nombre de bilans que dresse la collapsologie sont tout à fait dignes d’intérêt. En effet, qu’ils concernent le(s) changement(s) climatique(s), l’extinction massive de la biodiversité ou encore l’appauvrissement accéléré des sols, des constats scientifiques sont repris et les traduire dans la sphère politique est intéressant. Cependant, il semble nécessaire d’assumer le discours politique qui découle de la collapsologie. A première vue, ce travail s’avère plutôt compliqué puisque les collapsologistes semblent « rejeter les idéologies » (sic) dont iels ont des visions souvent caricaturales. Quoiqu’on pense de ce mouvement, il faut également rester prudent-es quant aux récupérations de la collapsologie par certaines personnalités politiques.

      La prédiction d’un effondrement inévitable d’ici quelques années procède d’une logique proprement historiciste, qui n’est pas sans rappeler la rhétorique marxiste d’il y a quelques décennies qui annonçait l’effondrement du système capitaliste sous le poids de ses propres contradictions ou encore qui véhiculait une marche en avant du progrès social (attention, le propos n’est pas de faire du marxisme dans son ensemble un historicisme, simplement ces idées-ci). Au moins deux aspects de l’analyse collapsologiste illustrent cet écueil.

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène
      quand même pour la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

  • Les « données probantes », un nouveau dogme ? Frédéric Saussez et Claude Lessard, respectivement professeur en fondements de l’éducation à l’Université de Sherbrooke et professeur émérite en sociologie de l’éducation, Université de Montréal - 22 décembre 2016 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/487597/les-donnees-probantes-un-nouveau-dogme

    Les données probantes se sont invitées à la consultation sur la réussite éducative. Si l’on peut se réjouir d’une discussion publique sur les rapports entre le chercheur et l’artisan de l’éducation, il importe aussi d’être attentifs à certains enjeux liés à l’essor du mouvement de la pratique basée sur des données probantes (evidence-based practice) en éducation.

    En médecine
    Le mouvement de l’evidence-based practice (EBP) trouve son origine dans le champ de médecine. À la suite des travaux de l’Evidence-Based Medecine Working Group s’y est développé un modèle de formation visant le renforcement du caractère scientifique de la pratique clinique. Il importait que les données probantes disponibles trouvent leur place aux côtés d’autres formes de savoirs dans le raisonnement clinique conduisant à la prise de décisions relatives à ce qu’il convient de mettre en oeuvre pour répondre à la demande du patient. Désirant transformer en profondeur la culture professionnelle des cliniciens, ce mouvement promouvait un type de recherche et une modalité d’agrégation des résultats spécifiques. Il veillait aussi au développement d’une infrastructure dédiée au transfert des connaissances afin de rendre accessibles aux cliniciens les données probantes dans un format lisible.

    Une donnée probante est le produit d’un type de recherche particulier et, par conséquent, toute donnée de recherche ne constitue pas nécessairement une donnée probante. Celle-ci résulte d’une démarche expérimentale précise : l’essai contrôlé randomisé dont la fonction est d’attribuer avec le moins de doute possible que c’est bien le traitement X qui produit un effet Y. Il est considéré comme l’étalon or en la matière.

    Migration vers l’éducation
    Ce mouvement a trouvé un écho favorable dans différents champs de recherche structurés en référence à des champs de pratiques professionnelles : travail pénitentiaire, travail social, éducation, etc. Dans ces champs, ce mouvement renforce l’idéologie d’une gouvernance par les chiffres. En effet, la rhétorique de la preuve permet de justifier de nouvelles formes de contrôle de l’action publique. La notion de donnée probante matérialise alors l’espoir de soumettre à la rationalité instrumentale le noyau technique de ces métiers, et ainsi d’exercer une nouvelle forme de contrôle sur des activités traditionnellement rétives à celle-ci en raison de leur forte composante relationnelle et contextuelle. Elle concrétise aussi le projet de certains acteurs d’y prendre le pouvoir.

    Ce mouvement véhicule une vision particulière du mode de régulation des métiers de l’éducation. Il repose sur l’idée que l’activité de l’artisan en éducation peut et doit être soumise à la rationalité instrumentale. En effet, cette activité serait dans une large mesure inféodée par d’autres formes de rationalités irréductibles à la rationalité technique. Qualifiées de légendes, modes ou superstitions, elles doivent être éradiquées afin de laisser la place à une pratique rationnelle. L’analogie avec le traitement médical fonde alors la nécessité de tester et approuver les guides de pratique avant de prescrire leur mise en oeuvre aux artisans.

    Les tenants de l’EBP sont donc animés par la croyance que, pour soigner l’éducation, les prescriptions organisant le travail enseignant doivent être musclées à l’aide de ces données. Celles-ci ne fournissent-elles pas, en effet, les moyens les plus rationnels pour atteindre les buts fixés aux enseignants ? Dit autrement, l’intelligence du métier réside dans les prescriptions organisant le travail et non dans l’engagement des personnes dans une activité propre dont elles essaient de garder le contrôle pour faire malgré tout ce qu’on leur demande de faire. Ainsi, la rhétorique des données probantes conduit à revisiter le taylorisme et son projet de prédire et de contrôler l’activité laborieuse. Cela ne fait-il pas courir le risque d’un confinement de celle-ci orchestré par un ordre professionnel qui n’émanerait pas du métier lui-même ?

    Contrer ces dérives
    Alors que la médecine basée sur des données probantes est citée comme l’exemple à suivre pour l’éducation, soulignons qu’elle fait face à diverses dérives : accroissement du contrôle politique et managérial sur les pratiques cliniques ; accroissement corrélatif d’un pilotage par les résultats menant à une dépossession du métier ; abstraction du patient et des singularités dont il est porteur conduisant à négliger la question de la multimorbidité et à masquer le caractère inopérant, dans ce cas, des guides d’action.

    Pour contrer ces dérives, la médecine en appelle à une renaissance du mouvement, avec pour ligne directrice le repositionnement du patient au centre des préoccupations, la revalorisation du raisonnement clinique et le rejet d’un assujettissement de celui-ci au strict respect des guides d’action, l’ancrage de l’intervention dans la relation entre le clinicien et le patient, l’appel à des recherches plus diversifiées prenant en compte les rationalités particulières des acteurs.

    Si l’EBP ne constitue pas la panacée promise, il ne s’agit pas pour autant de la diaboliser. Les données probantes constituent des repères importants pour structurer les délibérations sur le plan politique et/ou pratique au regard de l’action qu’il convient de mettre en oeuvre. En inscrivant leur usage dans la philosophie sociale de John Dewey, il importe de créer des conditions propices afin de les traiter comme « des hypothèses de travail et non comme des programmes à exécuter de manière rigide ». Il s’agit d’une autre vision de la régulation du métier reposant sur l’engagement des acteurs dans des démarches d’enquête où les données probantes trouvent leur place aux côtés d’autres formes de savoirs éclairant les enjeux, les conditions ou encore les effets souhaitables et non souhaitables de nouvelles possibilités d’action. Il importe alors de créer des espaces-temps de délibération collective sur les façons de faire et refaire le métier et ainsi ouvrir à une réelle prise en main du métier sur son devenir et celui des jeunes qui lui sont confiés.

    #éducation #enseignement #scientisme mais aussi #évaluation #néolibéralisme

  • Sur Castoriadis et la technique
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?43-sur-castoriadis-et-la-technique

    Conférence, de date et de lieu inconnus, de François Bérard, auteur de « Réflexions sur l’autonomie de la technique. Autour de la triade nature/technique/société chez Cornelius Castoriadis » (Mémoire de maîtrise de #Philosophie sous la direction de Sophie Poirot-Delpech. Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 2004. 121pp). Nous cherchons à contacter l’auteur : nous écrire. Source Castoriadis est difficilement classable dans une discipline. Il parle de philosophie, d’histoire, d’anthropologie, de (...)

    #Mirages_de_la_technoscience

    / Bérard F., Philosophie, #Politique, #Progressisme, #Relativisme, #Écologisme, #Conférence, #Scientisme, #Création_sociale-historique, #Redéfinition_des_besoins, (...)

    #Bérard_F. #Technoscience
    « http://1libertaire.free.fr/Castoriadis26.html »

  • Sylvestre Huet : le coup de pied de l’âne.

    http://huet.blog.lemonde.fr/2019/01/31/le-reve-de-diderot-a-lepoque-du-big-data

    Peut-on encore parler de démocratie pour des sociétés devenues dépendantes de technologies obscures à la plupart des citoyens ? Alors que l’ignorance du savoir constitué ne diminue pas, ce nouveau défi lancé à la volonté démocratique interroge les partisans d’une transformation sociale renouvelant les espoirs d’émancipation du vingtième siècle.

    Que faire ? Renoncer aux technologies pour tenter de conserver la démocratie ? C’est ce que proposent certains militants… à l’aide de textes écrits sur ordinateurs et diffusés par internet. C’est peu convaincant, surtout que l’époque de la science partageable était également celle de l’analphabétisme de masse, de mortalités infantile et maternelle effroyables, des mineurs de charbon armés de pics et de systèmes politiques dont le caractère démocratique et libre n’a rien d’évident. La solution semble pire que le mal.

    Voilà typiquement la réflexion de quelqu’un qui non seulement ne s’est jamais aventuré à rien refuser de ce que lui impose le monde moderne, mais qui de plus participe activement à « l’#acceptabilité_sociale » de toutes les technologies et les innovations en cherchant à nous faire croire que « nous avons le choix » de les accepter ou de les refuser.

    Faut-il par ailleurs rappeler à notre marxiste vulgaire (pour qui l’état de la science et de la technique déterminent de manière directe la forme sociale et politique de la société) que ceux qui critiquent la technologie n’ont pas inventé la machine à voyager dans le temps, et qu’il ne s’agit donc pas de reproduire les formes politiques et sociales du passé, mais bien de retrouver la liberté d’en inventer de nouvelles, plus émancipatrices ?

    Mais quand on est un journaliste scientifique, peut-on encore penser en dehors des clichés progressistes ?

    #Sylvestre_Huet, #critique_techno, #scientisme, #émancipation, #progressisme.

    • Un texte qui fonctionne avec des points de suspension montre qu’il est déjà construit autour de sous entendus et d’aprioris. Pas vraiment une base pour une réflexion saine.

  • Gilets jaunes : Le piège des réseaux sociaux
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Gilets-jaunes-Le-piege-des-reseaux

    Le mouvement des gilets jaunes est en train de réinventer la #Démocratie_directe. Il tire sa force de son refus de toutes les organisations existantes, de son choix de l’auto-organisation et de son intelligence collective exceptionnelle. Mais les outils qui ont permis l’insurrection en cours sont ceux qui aujourd’hui entravent toute structuration interne, dont dépend la suite du mouvement, et pourraient l’handicaper très sérieusement. La facilité d’utilisation des « réseaux sociaux » électroniques, (...)

    #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Politique, Gilets jaunes (2018), #Progressisme, #Scientisme, #Article, #Technoscience, #Internet, #Assemblée, Démocratie directe, #Énergie, (...)

    #Gilets_jaunes_2018_ #Institutionnalisation

  • #Écologie et #Démocratie_directe
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?833-ecologie-et-democratie-directe

    Transcription enrichie de l’intervention faite au groupe « Décroissance Île-de-France » le 4 octobre 2018. La discussion qui l’a suivie a été intégrée dans le texte. Texte initalement publié sur le site « Décroissance Île-de-France ». Quelques notes ont été rajoutées. Les rapports entre la démocratie directe ou, plus généralement, un projet #Politique radical, et l’écologie sont à la fois complémentaires et contradictoires. Complémentaires, d’abord, parce qu’elles sont issues d’un même tronc historique, celui de (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, Politique, #Psycho-sociologie, Écologie, #Écologisme, #Scientisme, #Progressisme, #Gauchisme, #Conférence, Démocratie directe, #Démographie, #Égalité_des_revenus, #Énergie, #Immigration, #Redéfinition_des_besoins, (...)

    #Science

  • Enseigner... la catastrophe (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Enseigner-la-catastrophe-1-2

    Propos recueillis le 11 mai 2018 Tu es enseignant de SVT. Pourrais-tu nous rappeler ce que c’est, pour ceux qui ont quitté l’école il y a longtemps ?... « SVT », c’est l’ horrible acronyme de « Sciences de la Vie et de la Terre », autrefois les Sciences Nat’, les « sciences naturelles ». Étymologiquement, cela désigne la biologie et la géologie, elles-mêmes sous-divisées en une multitude de disciplines : par exemple physiologie, écologie ou immunologie pour la première et sismologie, minéralogie, astronomie (...)

    #Entretiens

    / #Lieux_Communs, #Écologie, #Pédagogie, #Écologisme, #Gauchisme, #Entretien, #Progressisme, #Scientisme, #Éducation, (...)

    #Insignifiance

  • Critique de Popper et de la falsifiabilité au travers le la théorie...
    https://diasp.eu/p/7572280

    Critique de Popper et de la falsifiabilité au travers le la théorie des cordes

    La zététique, scientiste, mal comprise et naive, c’est pas tip top ... Soyons zététiciens avec nos pratiques et nos pensées zététiques !

    https://www.youtube.com/watch?v=L0CbD35REXU

    la tete dans les étoiles, c’est cool, mais avec les pieds bien par terre.

    #science #astrophysique #Popper #theoriedescordes #scientisme #scepticisme #zététique #rationalisme

  • L’Eugénisme En Marche - ou Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis Gérard COLLET - 23 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/l-eugenisme-en-marche-ou-heureux-les-pauvres-en-esprit-car-le-royaume-

    Le sieur Laurent Alexandre, ci-devant urologue et actuel entrepreneur [1] a récemment confié à l’Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi #Bourdieu avait tort » [2]. Voilà donc le sort de P. Bourdieu et d’un pan de la sociologie scellé sans appel par les 50 lignes à l’emporte-pièce du tribun.

    Les lignes en question au demeurant, et quelque provocantes qu’elles paraissent, semblent avoir soulevé fort peu d’intérêt, ne déclenchant apparemment pas le moindre buzz : une recherche sur l’Internet ne mentionne en effet qu’une seule recension notable d’ailleurs fort peu élogieuse, et une critique acerbe qui à vrai dire s’intéresse davantage au journal qu’il l’a publiée qu’à l’auteur [3].

    Ce faible écho n’est guère surprenant, car le tribun, sous des dehors révolutionnaires au sens #macronien du terme, n’y fait montre que du positivisme le plus suranné, d’un #scientisme béat qu’on croyait passé de mode, et du réductionnisme le plus élémentaire. Toutes ces qualités étant rehaussées il est vrai d’un si singulier manque de curiosité. En effet, M. Alexandre semble ignorer les mises en garde précises et nombreuses de l’auteur grâce auquel il pense pulvériser pour le compte Pierre Bourdieu et tous les travaux mettant en évidence l’importance du milieu dans la réussite sociale. Enluminées aussi d’un esprit si rigoureusement critique qu’il passe sous silence les réflexions de fond sur le réductionnisme scientifique pourtant au principe de son article historique.


    Reste que quelques aspects conjoncturels de cette tribune, bien inscrite dans l’air du temps, suggèrent de creuser un peu plus avant le pourquoi et le comment d’un tel pétard mouillé. Car ce pétard passablement truqué œuvre à l’accréditation lancinante d’idées fort dangereuses.

    Qui est L.A.
    Il est évidemment utile de connaître une part du parcours et des engagements de l’auteur afin de tenter comprendre d’où il parle, pourquoi il le fait, et quels sont les credo intellectuels et politiques qui constituent le soubassement de son interprétation des travaux en neurologie et en sciences cognitives. Et ses éventuels intérêts trébuchants.
    Si l’on en croit sa biographie telle que décrite par Wikipédia et confortée par nombre d’articles répertoriés sur le web, L.A. est donc médecin urologue, mais il est bien davantage un représentant de la classe IEP/ENA et créateur d’entreprises. Personnalité libérale proche d’#Alain_Madelin, il est également présent dans la presse via ses rachats et plusieurs journaux font obligeamment place à ses credo.

    L’essentiel de ses interventions (tribunes, conférences) se situe dans le domaine des « technologies », en particulier celles de l’ingénierie génétique ; elles révèlent un héraut du #transhumanisme dissertant complaisamment sur l’immortalité à court terme et les éventuels bienfaits « humanistes » des dites #NBIC. Cette passion visionnaire restant bien entendu totalement indépendante de ses intérêts personnels, investis entre autres dans une société de séquençage d’#ADN. Celle-ci n’étant que le prolongement concret de celle-là.

    On trouve également parmi ses fort nombreuses déclarations, des prises de position erratiques et tonitruantes sur le sujet, allant de la mise en garde alarmiste contre les apprentis sorciers à la #futurologie enthousiaste. Le dénominateur commun étant comme par hasard l’appel à des « investissements massifs ». Car L.A. n’ignore évidemment pas que les avancées technologiques fulgurantes en NBIC et en IA ne tombent pas du ciel, ni de laboratoires marginaux et improvisés, mais sont bel et bien le produit de choix politiques influencés par les nombreux lobbyistes si attentifs au progrès humain...

    Que nous dit-il ?
    De manière fort simpliste [4], L.A. assène des chiffres dont la signification est assez sibylline, mais qu’il explicite aimablement pour nous après les avoir radicalement simplifiés :

    On sait aujourd’hui que l’ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique.

    La formule chiffrée présente la compacité d’une publicité de pâte dentifrice ou de crème anti-rides, et le pourcentage bien rond est évidemment garant d’élégance scientifique [5].

    Cette rigueur prend cependant quelques libertés avec l’arithmétique : les deux parts de 50% sont apparemment modulées par un mystérieux coefficient idéologique, puisque la moitié revenant à l’école et à la culture « ne pèse pas beaucoup », tandis que l’autre moitié est « décisive ». Voilà donc une manière singulière d’accommoder les chiffres à la sauce ingénierie génétique.

    On apprend ensuite que pour la lecture elle-même, le rôle de l’école et de l’environnement culturel est marginal. Et l’on se prend à regretter que l’analyse soit encore incomplète puisqu’elle peine toujours à démontrer que le gène de la lecture est usiné à l’origine pour la lecture syllabique et tout à fait incompatible avec la lecture globale.

    En dépit de ce petit goût d’inachevé, le degré de précision des analyses mentionnées est tel qu’il laisse envisager qu’il faudrait doubler l’effort individuel et la contribution familiale des malheureux ayant reçu un « mauvais #patrimoine » pour qu’ils puissent espérer concurrencer les heureux #héritiers [6].

    Notre tribun s’essaye ensuite à démontrer que l’évidente corrélation entre #QI et #pauvreté est taboue [7], ce qui participe incontestablement au déclin de la France.

    Alexandre insiste lourdement, dans de nombreux articles, sur le rôle joué par le QI (et par son origine génétique sous-entendue) dans la « réussite » [8]. Derrière cette affirmation s’en dissimule (mal) une seconde : celle de l’origine raciale de cet « avantage comparatif » génétique.

    L. Alexandre prend ici appui sur le phénomène amorcé en France par la sidération des sphères ministérielles devant les résultats des enquêtes internationales de « compétences ». Le nouveau ministre, comme ses prédécesseurs, se devant de fournir une explication. Qui mette si possible hors de cause les choix institutionnels.

    Pour ce qui concerne la lecture, les résultats de l’enquête #Pirls (Programme international de recherche en #lecture #scolaire, touchant les écoliers de CM1) n’étaient pas très bons en 2012 (cf. Le Monde du 13/12/2012). Ceux de 2017 sont encore plus mauvais, au point de déclencher une prise de parole quasi immédiate du ministre de l’Éducation nationale.

    Mais alors ? La baisse continue du QI de la France [9], d’emblée imputée par le ministre aux horreurs du « #pédagogisme », traduit-elle une baisse génétique corrélée ? Les résultats comparés au niveau européen représentent-ils le potentiel génétique des différentes populations ? Faut-il révéler que les irlandais sont particulièrement doués de gènes performants, et les maltais particulièrement handicapés par leurs #gènes insulaires ?

    En fait, contrairement à ce que disent ces auteurs, sans cesse pleurnichant sur les interdits dont ils seraient victimes malgré les titres de presse et les chaires dont ils disposent dans les journaux, c’est bien l’idée d’un « héritage » des dons qui est la plus répandue. On en trouve trace partout dans le langage, dans les récits historiques, et dans les discussions de Bar du commerce [10].

    Énoncer la théorie #complotiste de l’éléphant dans le couloir est en effet une contre vérité totale [11].

    Reste juste à préciser ce que sont ces « capacités » devenant subrepticement « intelligence » [12]. Mais il est assez clair que l’unité de mesure suggérée ici est en dernier ressort la capacité à « créer sa boîte » et à « développer » l’ « #innovation » susceptible d’arracher des « parts de marché ».

    Il existe en fait deux variétés de fans des fondements génétiques de « l’intelligence » : il y a les « conservateurs », dans l’acception macroniste du monde, pour qui la #race, l’origine, la #caste... disent tout sur l’intelligence de manière définitive, et il y a les « progressistes », En Marche vers l’amélioration de l’espèce, qui dissimulent leur condescendance de classe derrière le vœu pieu de « réparer » les héritages pénalisants. Ces derniers peuvent alors se réclamer d’un « humanisme » qui fleure bon la pitié charitable, mais en réalité se placent d’emblée dans le cadre de la guerre de tous contre tous : la supériorité chinoise doit être surclassée de toute urgence !

    Ce discours a pour but d’ancrer l’idée de supériorités « naturelles » indiscutables, de contrer toute réflexion suggérant des politiques égalitaires voire compensatoires, et surtout de rendre « l’égalitarisme » responsable du « déclin », par l’étouffement de l’énergie des plus doués. Lesquels bien évidemment ne rêvent qu’entreprise, reprises, placements, start-up, concurrence et parts de marché.

    Ce que font semblant d’ignorer ces tartuffes, c’est que l’égalitarisme n’est pas un « programme » mais une attitude philosophique et politique refusant l’enfermement des individus pour cause d’hérédité, de race, de couleur, de QI. Ils feignent d’avoir oublié que l’assise des anciens régimes féodaux était précisément de cette nature, de même que celle des privilèges ici, des castes là-bas. Que la déclaration des droits de l’homme est une déclaration de principe et d’intention et prétend justement affranchir l’Homme d’un calcul de QI ou des résultats d’un séquencement de #génome.

    Les malheureux semblent n’avoir pas compris, que la relativisation de l’interprétation du QI et la défiance vis-à-vis de son utilisation partent du même principe qui refuse que l’on prétende définir, limiter, arrêter le devenir d’un individu, son chemin, ses désirs et sans ambitions en lui opposant un bête chiffre censé le résumer.

    Mais le point d’orgue de l’article en est sans conteste l’émouvant prétexte humaniste : lutter contre le déterminisme génétique pour compenser les inégalités. Beau projet. En contradiction cependant avec l’opposition radicale et méprisante à « l’égalitarisme ». Car l’égalitarisme on le sait, est gauchiste, irresponsable et contraire au progrès lorsqu’il s’agit d’éducation, mais il devient humaniste et porteur d’avenir dès qu’il s’agit d’ingénierie génétique.

    Pourquoi cette tribune n’a pratiquement aucun intérêt scientifique et frôle l’imposture.
    Il faut d’abord noter que les déclarations à l’emporte-pièce de #Laurent_Alexandre ne se préoccupent d’aucune des mises au point de R. Plomin lui-même, et ne font allusion qu’à des aspects parcellaires des travaux de P. Bourdieu.

    Comme le rappelle en effet dans un article assez complet la rédaction du site Chronik [13], les découvertes de Plomin ne nient pas, contrairement à ce que fait croire Laurent Alexandre, l’influence de l’environnement : bien au contraire, elles lui donnent une place fondamentale. Dans un article de 2004 publié par l’American Psychological Association,Robert Plominexplique en effet : http://webspace.pugetsound.edu/facultypages/cjones/chidev/Paper/Articles/Plomin-IQ.pdf

    « Si l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est d’environ 50 %, cela signifie que les facteurs environnementaux expliquent le reste de la variance. »
    
 
Plus grave encore, selon les mêmes auteurs, la présentation donnée par notre tribuniste émérite constitue l’erreur type que dénonce R. Plomin :

    Nombre de lecteurs de bonne foi peuvent comprendre que l’intelligence de leur enfant est à plus de 50 % déterminée par les gènes dont il a hérité. Mais voilà, c’est précisément cette manière de « comprendre » qui est la plus importante contre-vérité, la plus grave erreur, la « number one fallacy » contre laquelle nous prévient Plomin, notamment dans son interview à la BBC en octobre 2015. [14]

    Le site Mute fournit pour sa part de manière bien documentée quelques précisions sur le travail entrepris par Plomin et son équipe :

    Mais lorsque des centaines de milliers de marqueurs génétiques furent ainsi passées au crible, les chercheurs n’ont trouvé que quelques associations entre des SNPs (polymorphismes d’un seul nucléotide), dont le plus efficient expliquait un peu moins de 1 % de la variance aux tests psychométriques, et les autres moins de 0,4 % (cf par exemple Harlar 2005, Craig 2006, Butcher 2008). L’effet est si faible qu’il faut répliquer ce genre d’études pour exclure les faux positifs. Et, en aucun cas, on ne trouve pour le moment de gène massivement impliqué dans les différences d’intelligence entre individus. De plus, Les deux propriétés essentielles sont ici la pléiotropie (un même gène a plusieurs effets) et la polygénicité (un même trait dépend d’une multitude de gènes) [15]

    Ce qui adoucit singulièrement les déclarations à l’emporte-pièce de L.A., mais nécessite il est vrai un peu plus de réflexion.

    D’où sortent encore des chiffres hallucinants de précision comme :

    Nos différences de capacités de lecture en sont issues à 64 % du patrimoine génétique, la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers.

    Mais de quelle lecture s’agit-il donc, et comment sont mesurées ces « capacités » ?

    Par ailleurs, il y a une contradiction absolue à avancer ces affirmations et dans le même temps à charger les méthodes d’apprentissage de tous les maux. Et comment interpréter alors avec un tel prisme les nombreux résultats d’enquêtes internationales ? Le surgissement des « capacités » des chinois, coréens et autres signe-t-il donc une modification de leur patrimoine génétique [16], eux qui étaient considérés il y a un siècle comme des « peuples de coolies » [17] ? Ou bien seuls 50% de ces résultats sont-ils attribuables aux gènes chinois ?

    Ou bien encore, la #Chine aurait-elle, avant-même les « #start-up » macroniennes et nonobstant les brevets en gestation dans l’entreprise de L.A., découvert la pierre philosophale NBIC permettant la production en série de génies de la recherche-développement ?

    Ignorent-ils aussi, Alexandre et ses followers , qu’au XIX° siècle les premiers touristes anglais riches qui visitent notre pays, et singulièrement les Alpes (E. Whymper entre autres), y sont stupéfaits par l’omniprésence du « crétinisme » et l’arriération générale des populations qu’ils découvrent. Il faut croire que là encore un phénomène improbable a modifié les gènes des alpins pour en faire, au XXI° siècle des humains quasi normaux.

    On pourrait également renvoyer L.A. -mais il est vrai qu’à la date de sa tribune il ignorait probablement les faits- au rapport parlementaire [18] rendu public ce printemps.

    On y lit par exemple :

    Le département (93) cumule des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales. Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d’instance d’Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles « le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis »

    Les dés sont donc singulièrement pipés, et il devient très délicat, M. Alexandre, de distinguer ce qui relève de la supériorité des gènes des élèves parisiens de ce qui relève du milieu, n’est-il pas vrai ?

    A travers l’ensemble de ces recherches, au fond, il apparaît que les liens désespérément recherchés entre « gènes » et « intelligence » s’obstinent à ne pas se montrer, et bien entendu, à part Laurent Alexandre on ne trouve pas un seul chercheur pour suggérer encore qu’il existerait des « séquences de code » directement responsables de l’intelligence. Si toutefois il avait pris la peine de tenter une définition de la dite intelligence, mais sans doute veut-il encore faire croire que le QI dont il se gargarise dans nombre d’interventions est un indicateur largement satisfaisant.

    Plus honnête, croisant les réflexions des neurologues, de l’épigénétique, de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie, des sciences cognitives en général, l’article pourrait alors se résumer à la formule :

    P’têt bien que l’héritage génétique a une certaine influence sur l’intelligence, et p’têt bien que l’environnement, les conditions de la croissance et de l’éducation en ont aussi une.

    Ce qui avouons-le est totalement renversant et en surprendra plus d’un. Et que Pierre Bourdieu admettait parfaitement [19]. Notre hardi tribuneur aurait certes gagné à lire quelques autres textes plus larges et plus synthétiques sur le sujet [20] ; mais une compréhension correcte, étayée, de bon sens et non biaisée n’était sans doute pas dans le propos de L.A., archétype des vulgarisateurs à l’affût de bribes de travaux scientifiques susceptibles d’apporter de l’eau à leur moulin quitte à en commettre une exégèse aventureuse. Toutes époques, tous les intérêts et toutes les idéologies ont tenté ainsi de subtiliser les travaux de recherche. Et à l’ère technocratique, surtout s’ils produisent de beaux chiffres [21].

    Au final, l’apport de la tribune alexandrine serait inexistant si elle n’était faussée et caricaturale, et s’il ne tirait des conclusions tout à fait gratuites, primaires et dangereuses.

    On voit donc sans effort exagéré transparaître dans le texte publié par l’Express, ce que L.A. et un certain nombre de commentateurs ont voulu faire dire à R. Plomin, lequel comme on l’a vu s’en est bien défendu.

    Il s’agit essentiellement de prétendre raviver la querelle #inné-acquis sur de nouvelles bases incontestables parce que chiffrées, pour espérer enfin faire basculer l’histoire dans le sens de l’inné. Or quelles que soient les intentions charitables (et surtout pragmatiques) affichées, vouloir à tout prix privilégier l’inné est une démarche enfermante, celle-là même qui renvoie les dominés à leur prétendue #infériorité « naturelle ». Discours que l’on retrouve dans les discours de tous les dominants, de l’esclavage au nazisme en passant par la droite américaine la plus obscurantiste et ségrégationniste. Alors que le choix de l’éducabilité est par nature émancipateur, qui présuppose une égalité de principe et s’attache à la rendre réalisable.

    Il s’agit aussi de redonner vie au #scientisme [22], que l’on croyait durablement disqualifié mais qui ressurgit de ses cendres à chaque « #innovation #R&D ». Il s’agit d’y ajouter hypocritement la promesse de l’amélioration génétique, faisant ainsi le lit d’un transhumanisme au masque humaniste et égalitariste. Hypocrisie fort utile cependant à toute la #startuposphère de l’ingénierie génétique, qui trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir un jour fabriquer de l’humain OGM et tenter de damer le pion à la croissance de Facebook.

    Reste que si cette promesse est déçue, comme celle de l’immortalité au bout du chemin de la recherche NBIC, il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d’intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain.

    Il s’agit enfin d’accréditer obstinément une approche réductionniste, fétiche des technocrates avides de chiffres. Un réductionnisme dopé par l’informatique et sa nouvelle dimension « big data » qui n’en est pas avare, et en produit bien davantage que tous les L.A. de la terre peuvent en digérer.

    Il semble pourtant que, prévenu par Karl Popper, tout scientifique sait les limites de cette approche, mère du déterminisme. Car si le réductionnisme peut selon Popper constituer une étape méthodologique fructueuse, il ne peut en aucun cas constituer une doctrine, et l’extrapolation de résultats « réduits » à la réalité est toujours hasardeuse [23].

    Et l’on retrouve également dans cette rhétorique le projet de la sociobiologie, qui prétend expliquer tous les comportements humains sur des bases biologiques, puis plus tard génétiques. Et nombreux sont les scientifiques de toutes disciplines qui ont mis en garde contre un schéma explicatif dont ils dénoncent les évidents effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

    Ou tout cela nous mène-t-il ?
    On serait donc tenté de conclure que la tribune en question est tout simplement totalement dénuée d’intérêt, et n’est qu’un pot-pourri d’approximations, de contre-vérités, de travestissements partiaux de résultats scientifiques, d’absence de réflexion et de rigueur. De soupçonner qu’elle n’était là que pour faire acte de présence dans les média et rester en vue. Le premier réflexe serait donc de l’ignorer simplement et de ne plus jamais ré-ouvrir le journal qui l’a publiée [24].

    Mais ce serait oublier que ce texte poursuit en réalité deux objectifs bien précis, complémentaires, et lourds de conséquences.

    Le premier est d’alimenter en eau fraîche le moulin de la macronie en avançant l’hypothèse de « start-up » susceptibles de doper au CRISPR-Cas9 l’intelligence française dont L.A. et ses amis nous révèlent qu’elle laisse tant à désirer, et qu’elle sera bien insuffisante dans le « monde réel » de la lutte de tous contre tous [25].

    Le second est que compère L.A., par là même avance ses pions en tentant de montrer tout ce que l’ingénierie génétique pourrait apporter à l’économie française, se chiffrant comme à l’ordinaire en points de croissance et donc en créations d’emploi. Hypothétiques. En tous cas en perspectives radieuses pour les intérêts de ce secteur prometteur.

    L’invocation du ministre #Blanquer, de son proche collaborateur Dehaene et de la vision macronienne du monde souligne d’ailleurs la nature éminemment politique de la prétendue avancée scientifique :

    .. C’est-à-dire accentuer la stratégie du ministre Blanquer, développer la recherche en pédagogie et donner des moyens aux grands spécialistes de la cognition : Stanislas Dehaene, François Taddei, Franck Ramus...

    Et bien entendu l’approche « pédagogique » suggérée est majoritairement centrée sur cette vision selon laquelle, comme le déclare volontiers S. Dehaene, l’imagerie cérébrale va ouvrir les portes à la compréhension de l’acte de lire. Loin de cette équipe l’idée de s’appuyer sur les travaux pédagogiques d’approche globale et humaine : il s’agit plutôt d’un « retour à l’ancien monde (!), avec la glorification du modèle purement transmissif. Et elle ignore superbement l’ensemble des travaux de fond, de longue haleine, nourris de savoirs, de savoir-faire et d’expériences multiples. Là encore, « La #Science » aurait tranché de manière indiscutable et désigné les procédures « efficaces ». Il n’est pour s’en rendre compte que de lire certaines réactions approfondies aux projets du ministre [26].

    Tout ce galimatias n’a finalement pour but que de déguiser sous les aspects d’une « science dure » à la mode, capable de présenter des chiffres et des images numériques, une démarche idéologique non explicitée.

    Or cette démarche conduit tout naturellement à faire surgir un eugénisme -bien entendu positif- et à un transhumanisme justifié par la concurrence déloyale et le péril du « gène jaune » augmenté [27]...

    Il y a là, répétons-le, le fond commun de tous les racismes, les esclavagismes, les misérabilismes et de toutes les formes de mépris social : la volonté de renvoyer les dominés à leur place en affirmant qu’ils sont « nés comme ça ». On l’a trouvé à toute époque et sous tous climats, et la convocation des « neurosciences » (extrapolées, tronquées, manipulées, parfois même trahies) n’est que le nouvel alibi justificatif, paré des plumes de l’imagerie cérébrale.

    Laurent Alexandre, toutefois, manque singulièrement d’audace dans la voie qu’il s’est tracée, et hésite à exposer toutes les conséquences prévisibles de son approche de l’inné et de l’acquis : s’il se lâchait vraiment, il nous révélerait sans aucun doute la base génétique des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes. Mais nous proposerait bien vite une ingénierie susceptible d’upgrader le second chromosome X des malheureuses.

    On sait évidemment l’idée de « l’amélioration de la race » vieille comme le monde, elle n’a pas attendu L.A., ni le « traitement de textes génétique » ; et depuis le II° Reich jusqu’aux inventeurs du transistor, nombreux sont ceux qui ont parié sur cette voie... Sans grand succès et avec moult dégâts.

    Un chemin beaucoup plus direct vers l’amélioration de la race que celui prêché par L.A. (encore que pas accessible à tous) fut en effet imaginé dans les années 80 du XX° par une Banque des spermes d’exception créée par R.K. Graham [28]. C’était aux US bien entendu, la Chine n’étant alors pas encore le point de mire des eugénistes. L’un des plus célèbres des généreux et altruistes donateurs fut William_Shockley, glorieux inventeur de l’effet transistor et prix Nobel de physique 1956 [29].

    Mais il semble bien, hélas, qu’aucun des rejetons des spermatozoïdes hyper-performants n’ait inventé la Moulinette-à-faire-la-vinaigrette ni même le Repasse-limaces, et l’on ignore si le « pack » fourni par la Banque Graham comprenait à la fois le gêne des semi-conducteurs et celui des traces de paranoïa...

    La seule nouveauté de cette tribune est donc bien sa conclusion en forme d’humanisme en trompe l’œil : certes les nuls sont nuls de naissance et aucune éducation n’y pourra rien, mais la macronie dans sa grande générosité (à moins qu’il s’agisse de pragmatisme) va les aider en faisant appel à L.A. et ses collègues. Elle va « réparer » ces mal dotés de l’ADN, et du même coup de ciseau génétique assurer les « avantages concurrentiels » de la France face à l’Asie.

    L’émouvant slogan : « Se battre et dynamiter le déterminisme génétique ! » claque comme une bannière progressiste, et propulse même L.A. et toute la techno-sphère macronienne dans l’univers sulfureux de l’insoumission, de la révolte, de la lutte finale contre les injustices de la nature...

    Le procès, ici, est clair et a deux aspects complémentaires. Affirmer la grande générosité visionnaire des nouvelles équipes gouvernementales, prêtes à faire la courte échelle aux sous-doués pour qu’ils viennent faire concurrence aux élites. Conforter la volonté de Macron de transformer la France en start-up nation, en privilégiant les visées réductionnistes et scientistes de Blanquer [30] et des équipes de numéricologues et de leur amis entrepreneurs. Lesquels n’attendent que les investissements massifs (publics ?) qui vont leur permettre de créer les « boîtes » de demain [31]. Et tout cela sans laisser place une seconde à la réflexion sur le monde dans lequel ils prétendent ainsi nous entraîner.

    Il n’est au reste pas surprenant que tout ce que la macronie compte de Laurent Alexandre et autres hérauts de la croissance innovante s’empare avec gourmandise de travaux tels que ceux de l’équipe de R. Plomin. Quitte à ne lire que la surface des résultats scientifiques, à se hâter de détourner les travaux pour les citer à l’appui de leur vision orientée du monde.

    Et c’est dans ce droit fil qu’apparaît l’argument massue : la dénonciation hypocrite de la licence qui régnerait en Chine vis-à-vis de l’IA et du transhumanisme : « Aucune norme éthique ne semble freiner les transhumanistes chinois ».

    Et c’est pour mieux conclure : « La Chine disposera d’un avantage considérable dans la société de l’intelligence », suggérant que les « lois de la concurrence » nous obligeraient aussi à accepter à contrecœur l’eugénisme du XXI° siècle à visage (trans)humain.

    Gérard COLLET

    [1] D’une société belge de séquençage ADN selon sa biographie Wikipédia.
    [2] Voir : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/determinisme-pourquoi-bourdieu-avait-tort_2002043.html
    [3] Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express... En un mot : oui. Voir : http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L
    [4] Mais il est vrai que le format « Tribune » de l’Express ne permet pas de faire dans la dentelle.
    [5] On sait en effet très bien qu’Oral-B élimine 100% de plaque dentaire en plus, que par certaine crème anti ride « l’ovale du visage est redéfini pour 82 % des femmes » tandis que 96% des femmes constatent plus de fermeté...
    [6] En effet, « Nos différences de capacités de lecture sont issues à 64 % de cet héritage, tandis que la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers. » Or il est clair que 2 x 33 % est supérieur à 64 %.
    [7] Tabou indiscutablement lié à la domination culturelle des idées crypto-marxistes, diffusées sournoisement par les chaînes de télévision et les organes de presse écrite.
    [8] Voir par exemple : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/face-a-l-intelligence-artificielle-le-tabou-du-qi-est-suicidaire_1894152.ht puis aussi : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [9] Statistiquement s’entend, car il y demeure heureusement quelques grands esprits échappant à la malédiction.
    [10] A titre d’exemple, cet extrait de L’Autre Amérique, Arte, 29/5/2018. : « Ce portrait le Justin Trudeau présente en beau gosse bien né, fils de Pierre Elliott Trudeau [...]. Outre ce lignage, qu’en est-il des convictions de Justin, de sa vision pour le Canada [...] . »
    [11] Cette théorie a été popularisée par Mme Smith-Woolley, une élève du professeur Robert Plomin, personnalité controversée qui a longtemps soutenu l’idée que l’intelligence est très fortement héréditaire. Elle compare la génétique à “l’éléphant dans le couloir” [en référence à l’expression anglaise “the elephant in the room”, qui évoque un problème évident que personne ne veut ou ne peut voir et ne veut discuter, ndt] et pense qu’elle devrait être enseignée aux futurs professeurs. Toby Young, libertarien provocateur et activiste en matière d’éducation, apparaît comme co-auteur de cet article. M. Young s’est récemment attiré l’opprobre pour avoir écrit que la génétique étant le facteur dominant de la réussite scolaire, les écoles ne faisaient que peu de différence. (https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/reussite-la-spirale-du-succes-63020)
    [12] Dont le sens reste propriété de M. Alexandre. En tous cas, il n’aura pas la place de les définir.
    [13] https://chronik.fr/denigrement-de-pierre-bourdieu-laurent-alexandre-t-nom.html
    [14] Voir note précédente.
    [15] Article publié sur le site Mute : http://we-the-mutants.blogspot.fr/2008/09/plomin-et-la-chasse-aux-gnes-de.html
    [16] http://www.bilan.ch/techno/made-china/le-succes-du-systeme-scolaire-chinois
    [17] En tous cas par les entrepreneurs de l’époque, ancêtres spirituels de L.A.. A ce sujet, on lira avec intérêt Cochinchine de Léon Werth.
    [18] L’état recule en Seine Saint-Denis, rendu public en mai 2018.
    [19] Voir note 11.
    [20] Albert Jacquard dans « L’Héritage de la liberté » expliquait de manière lumineuse l’articulation des deux genèses.
    [21] Rapprocher des instrumentalisations de Darwin (Contresens_Darwin) Voir aussi https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2017/09/09/lecobusiness-de-darwin-leur-evolution-et-la-notre : l’entreprise Darwin à Bordeaux !)
    [22] Tout problème humain quel qu’il soit peut être résolu par « la science ».
    [23] Voir à ce sujet Karl Popper ou la connaissance sans certitude, ChapitreXVII Échec au réductionnisme, Page 109.
    [24] Voir à ce sujet l’article d’ACRIMED : « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? »
    [25] Selon Acrimed, il s’agit là d’ « un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel ». Voir note 1.
    [26] Dans ce contexte, la création du conseil scientifique, présidé par Stanislas Dehaene et où neurobiologistes et psychologues cognitivistes sont dominants, est une forme de coup de force qui, de plus, désorganise le paysage français de l’évaluation où les acteurs sont déjà nombreux. (Fondation Copernic – Axel Trani (coord.) : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Éditions Syllepse.
    [27] Selon une autre « tribune tonitruante de L.A. : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [28] Le narcissique homme d’affaires pense que son action va permettre de maintenir « un certain niveau d’intelligence » dans une société américaine en crise. Graham avait 38 ans d’avance sur L.A..
    [29] Selon sa biographie Wikipédia : A partir de là, les tendances dominatrices et paranoïaques de Shockley commencèrent à s’exacerber. Et il s’évertua à éclipser les deux autres co-inventeurs du célèbre effet.
    [30] M. Blanquer ne limite évidemment pas sa vision à cette facette. Cependant il est clair que le ministre veut une place primordiale pour les neurosciences et affirme volontiers que sur plusieurs débats pédagogiques « la science a tranché ». Confortant ainsi l’approche réductionniste.
    [31] M. Alexandre, pour sa part, ne pourra pas participer pleinement à ces investissements massifs en France, puisque sa biographie le décrit comme résident fiscal belge. (Wikipédia cite à ce sujet « L’Obs). Mais il pourrait bien en profiter.

  • Quand des intelligences artificielles trouvent des solutions qui n’avaient pas été prévues par leurs créateurs

    http://www.gurumed.org/2018/05/06/quand-des-intelligences-artificielles-trouvent-des-solutions-qui-navaient-p

    Le chercheur autrichien Károly Zsolnai-Fehér présente dans la vidéo ci-dessous quatre exemples d’intelligence artificielles (IA) trouvant des failles que les programmeurs n’avaient pas prévues.

    Vous y verrez une IA sous la forme d’une créature virtuelle à 6 pattes à laquelle on demande de minimiser la quantité de contact avec ses pieds. L’IA prendra rapidement le parti de se mettre sur le dos et de se déplacer avec ses coudes (0% de contact), chose que son créateur n’avait pas prévu.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=GdTBqBnqhaQ

    L’évolution biologique fournit une source créative d’adaptations complexes et subtiles, surprenant souvent les scientifiques qui les découvrent. Cependant, parce que l’évolution est un processus algorithmique qui transcende le substrat dans lequel il se produit, la créativité de l’évolution n’est pas limitée à la nature. En effet, de nombreux chercheurs dans le domaine de l’évolution numérique ont observé que leurs algorithmes et organismes en évolution subvertissent leurs intentions, exposant des bugs non reconnus dans leur code, produisant des adaptations inattendues ou présentant des résultats qui convergent étrangement avec ceux de la nature.

    Ce faisant, nous présentons également ici des preuves substantielles que l’existence et l’importance des imprévus évolutionnaires s’étendent au-delà du monde naturel, et peuvent en effet être une propriété universelle de tous les systèmes évolutifs complexes.

    • Ce qui pose me question dans tout ça, c’est cette propension a utiliser l’expression « une intelligence artificielle », avec un article défini. Ça suppose qu’on est en train de parler d’une entité autonome, douée d’intelligence. Il n’y a rien de plus faux, et surtout il n’y a rien de mieux pour brouiller le débat et les vraies questions qui se posent aujourd’hui autours de l’IA.

      Dit autrement : l’intelligence artificielle je sais ce que c’est : un champ de recherche, concernant un ensemble de disciplines, et qui produit un certain nombre de techniques et de réflexions sur l’automatisation de certaines tâches nécessitant des compétences relevant de l’intelligence (et même là il faudrait définir beaucoup plus finement... mais on va dire qu’en gros c’est ça).

      Une intelligence artificielle je ne sais pas ce que c’est, mais je sais les dégâts sémantiques et les occultations que ça provoque.

      Pour revenir à l’article de gurumed, je n’ai pas grand chose à en dire : on ne sait strictement rien des modèles utilisés par les exemples cités, il est donc impossible de commenter quoi que ce soit (ni même de s’esbaudir d’ailleurs !). Allez, si le seul finalement sur lequel on peut dire quelque chose c’est sur l’araignée qui marche sur le dos. Le regard extérieur trouve ça extraordinaire à cause de la visualisation du phénomène. Retirez la vidéo, et voyez le problème juste sous l’angle de son modèle, c’est à dire de sa représentation mathématique, et franchement ça n’a rien, mais alors vraiment rien d’impressionnant. C’est juste un problème d’optimisation sur un critère. il y a un critère d’optimisation (le moins de contact des pattes avec le sol), et votre modèle va naturellement vers la solution optimale, parce que vous n’avez pas posé la contrainte qu’on ne marche pas « sur la tête ») il n’y a vraiment rien de remarquable là dedans. Et notez au passage que des fonctions relevant de l’intelligence, en l’espèce, il n’y en a pas beaucoup dans cet exemple.

      Un autre petit exemple des ravages de cette expression « une intelligence artificielle » : le fait de croire en une entité autonome alimente la thèse des tenants de « l’avènement de la singularité », autrement dit le supposé moment ou une machine s’affranchirait de l’homme et deviendrait autonome au point de reléguer l’humanité à un rang secondaire. Bullshit bien sûr, en tout cas tant que l’ordinateur fonctionnera sur le modèle des ordinateurs actuels (l’architecture dite de Von Neumann, ou la machine de Turing si vous préférez). Tant qu’on en sera à ce modèle, l’ordinateur n’est capable que de réaliser des tâches réductibles à des fonctions calculables (au sens de Turing, c’est donc une notion mathématique bien définie). Flipper sur l’avènement de l’IA qui dominera l’homme reviendrait donc à penser que l’intelligence peut se réduire à un ensemble de fonctions calculables. Hum... Gonflé non ? Mais en revanche, ce qui est certain, c’est que pendant qu’on fait flipper les gens là dessus, on évite de se poser trop de questions sur la collecte des données nécessaire au fonctionnement de toutes les applis à base de réseaux de neurones (qui, au passage, est une toute partie de l’IA, très à la mode, mais très peu fondée scientifiquement - on ne sait pas pourquoi ça marche - et donc les capacités cognitives sont assez limitées : c’est fait pour faire de la perception, de la reconnaissance, du classement, mais pas de l’inférence)

      Ceci dit sans vouloir froisser personne, mais il se trouve que je suis modestement chercheur dans le domaine depuis une vingtaine d’années, et que l’apparition subite de ce l’article défini devant le terme IA (depuis 2-3 ans on va dire) me pose question, et me dérange pour tout dire.

      #ia #mythe_de_la_singularité #autonomie_des_machines #mensonge_technologique #scientisme

    • Je pondère / corrige : je n’avais pas vu le lien vers l’article complet. Je suis allé y jeter un oeil. Il faudrait que je prenne un peu de temps pour analyser ce qui y est dit. Une première remarque après lecture en diagonale. Les algorithmes évolutionnaires constituent une forme d’approche de l’optimisation sous contraintes, donc dans ce que j’ai pu dire sur l’araignée je ne pense pas m’être trop trompé.

      Et puis j’ai fait mon rustaud : merci pour avoir signalé ces exemples, c’est intéressant. Et on peut noter au passage que dans l’article des chercheurs, ils se gardent bien de parler « d’une intelligence artificielle » ou « d’intelligences artificielles » ;o)

  • La philosophie comme antidote
    https://collectiflieuxcommuns.fr/891-la-philosophie-comme-antidote

    Article paru dans Le Monde du 24 novembre.1995. Source : http://palimpsestes.fr/textes_philo... A la suite de Heidegger, nombre de ses épigones continuent à chanter l’air de la fin de la philosophie (de la métaphysique, de l’onto-logo-théo-phallocentrisme, etc.). Heidegger, du moins, voulait que la place de la philosophie soit prise par la « pensée de l’être », dont il reste à ce jour difficile de voir en quoi elle pourrait consister. Pour cette raison peut-être, certains se contentent, en lui (...)

    Idéologies, mythes et fausses subversions

    / Castoriadis C. , Politique , Philosophie , Scientisme , Relativisme , Post-modernisme , Article , Éducation , (...)

    #Idéologies,_mythes_et_fausses_subversions
    #Castoriadis_C.
    #Politique
    #Philosophie
    #Scientisme
    #Relativisme
    #Post-modernisme
    #Article
    #Éducation
    #Technoscience

  • Jean Bricmont : "Comme Mme Sastre demande, de façon un peu méprisante, quel sont nos arguments, je vais lui répondre de façon « darwinienne » (je suis un général d’accord avec une approche évolutionniste de l’être humain). Il y a une grande différence entre les hommes et les femmes en terme de propagation des gènes : les hommes ont intérêt (du point de vue de la propagation de leurs gènes) à des rapports sexuels occasionnels et les femmes pas (vu leur investissement dans la procréation). Ce qui explique la différence entre les sexes en terme de drague et aussi le fait que ce soit des femmes qui lancent le mouvement metoo.

    Mais cela implique aussi des différences entre les hommes et entre les femmes et pas seulement entre les sexes. Les hommes dominants ont intérêt à la liberté sexuelle la plus grande, mais les hommes dominés pas : cette liberté peut les amener à élever un enfant qui n’est pas le leur (et les études d’ADN confirment cela).

    C’est un peu la même chose chez les femmes ; celles qui sont attrayantes et qui sont dans une position sociale qui leur permet de dire non ont intérêt à voir un maximum d’hommes se présenter à elles (ce que permet la "libération sexuelle"), de façon à avoir un choix maximal pour trouver un porteur de bons gènes et pour avoir qqn qui les aide à élever les enfants (les deux ne sont pas toujours les mêmes).

    Mais les femmes qui sont moins attrayantes ou dans une position sociale dominée qui ne leur permet pas de dire non n’ont pas le même intérêt : la "libération sexuelle » peut les amener à perdre leur partenaire ou au moins à devoir faire beaucoup d’efforts pour le garder.

    Le résultat net de la la "libération sexuelle » a été une victoire des hommes dominants sur les dominés et des femmes attrayantes sur les autres.

    Paradoxalement, c’est "l’ordre moral » « réactionnaire » , par exemple l’injonction de porter le voile (qui tend à diminuer la concurrence entre femmes concernant leur beauté) qui est égalitaire et la "libération sexuelle » qui accroit les inégalités à l’intérieur de chaque sexe.

    Je ne veux pas défendre l’ordre moral (je ne suis pas de façon absolue pour l’égalité au détriment de la liberté) mais il faut au moins voir quels sont les enjeux.

    Il faut aussi souligner l’aspect de classe du « manifeste des 100 femmes » : les signataires appartiennent à des milieux bourgeois et/ou intellectuels dans lesquels elles ne sont pas réellement très importunées. Mais celles qui appuient le mouvement metoo sont en général dans une situation très différente (je ne parle pas d’Hollywood, qu’il faudrait analyser séparément).

    Ce qui est correct dans le « manifeste des 100 femmes », c’est que des individus sont parfois, mais surtout aux Etats-Unis, jetés en pâture devant le tribunal de l’opinion publique, devant lequel il est impossible de se défendre. Mais de tels lynchages existent aussi pour des opinions politiquement incorrectes.

    Dans son texte, Mme Sastre nous parle de retour de l’ordre moral (et, bien sûr du Goulag), ce qui, comme le retour du fascisme est un pur fantasme, agité par les « libéraux » pour jouer à se faire peur et renforcer encore leur pouvoir. La réalité c’est que le libéralisme économique comme le relativisme moral et le cynisme dominent totalement nos sociétés et que cela ne risque pas de changer de si tôt.

    Il y a beaucoup de dangers pour les libertés, mais pas pour la liberté sexuelle des dominants." http://soirmag.lesoir.be/133247/article/2018-01-10/peggy-sastre-le-puritanisme-met-les-femmes-sous-cloche

  • La force révolutionnaire de l’écologie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/892-la-force-revolutionnaire-de-l-ecologie

    Entretien paru sous ce titre dans un dossier, « La planète verte — L’écologie en question », dans la revue publiée par le Bureau des élèves de l’Institut d’études politi­ques de Paris ; propos recueillis par Pascale Égré les 16 et 29 novembre 1992. Repris dans le volume La société à la dérive, Seuil 2005, pp. 241-250 (Hasard du calendrier : article publié presque simultanément sur un site ami) Qu’est-ce que l’écologie pour vous ? La compréhension de ce fait fondamental qu’il ne peut pas y avoir de vie (...)

    Idéologies, mythes et fausses subversions

    / Écologie , Politique , Paléo-marxismes , Entretien , Scientisme , Écologisme , (...)

    #Idéologies,_mythes_et_fausses_subversions
    #Écologie
    #Politique
    #Paléo-marxismes
    #Entretien
    #Scientisme
    #Écologisme
    #Science

    • Pour l’anthropologue, tout part du langage. Il explique que la vision du monde de l’Occident, notre perception même de la réalité, ainsi que l’émergence de la science moderne et de ses découvertes, tout cela est le produit d’une façon de penser bien particulière, forgée par la langue grecque. Selon Paul Jorion, la structure du grec, notamment les relations d’inclusion que cette langue permet entre les mots, rend possible la logique, la pensée scientifique par déduction rationnelle, et donc l’élaboration de modèles théoriques.

      Par comparaison, la structure du Chinois n’a autorisé que le développement de la science par expérimentation qui, si elle a permis d’inventer le papier, la boussole ou le gouvernail d’étambot, « aurait interdit d’envisager l’invention de la bombe atomique », écrit Paul Jorion, tout en soulignant qu’il n’existe aucun mot chinois équivalent à « théorie » ou « réalité ».
      De notre logique découle notre vision de la réalité, perçue à tort comme objective et universelle. Depuis Galilée, cette réalité passe par la modélisations mathématique. La nature peut être réduite à des équations, croient les savants. Et Paul Jorion dénonce cette façon dont les mathématiques, érigées en vérité absolue, ont guidé notre évolution. Son désaccord avec les scientifiques platoniciens, persuadés « qu’une équation permettait de plonger dans l’essence même des choses », vaudrait sans doute à Paul Jorion un beau débat avec son compatriote Luc de Brabandere, qui nous expliquait récemment croire comme Platon que les maths préexistaient à l’homme.

      #scientisme #mathématiques #logique (mortifère) #anthropologie

  • Une recension de l’excellent ouvrage de #David_Noble, Le Progrès sans le peuple ( 1980), traduction française aux éditions Agone (2016), par une petite frappe scientiste de l’#AFIS, association française d’intoxication scientiste :


    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2782

    L’histoire est ici un arrière-plan plus que l’objet véritable du livre, et elle est convoquée uniquement à charge pour nourrir la thèse de l’auteur selon laquelle les progrès technologiques sont, dans le cadre du système capitaliste, essentiellement un outil de lutte aux mains des classes dirigeantes et contre les travailleurs.

    Avec l’inévitable coup de pied de l’âne de celui qui n’a jamais rien refusé du système :

    Signalons pour finir que la présentation de l’ouvrage n’indique pas s’il a été réalisé matériellement par son éditeur sans utilisation de l’outil informatique, dénoncé dans ces pages comme une simple machine de guerre anti-ouvrière.

    Note de lecture de #Yann_Kindo - janvier 2017.

    #tecnocritique, #critique_techno, #scientisme.

  • André Choulaki, Réécrire la vie , éd. Hugo&Cie, 2016.

    Pour cet ex-chercheur, PDG de Cellectis, société cotée en #Bourse, spécialisée dans les traitements contre le cancer à base de cellules immunitaires génétiquement modifiées, « la peur liée à l’édition du génome [...] ne repose sur aucun élément rationnel ».

    Lu dans La Recherche n°518, décembre 2016.

    Cellectis compte également beaucoup sur sa filiale Calyxt, une société de biotechnologie agricole qui, par l’édition du génome, modifie les plantes pour améliorer certaines de ses propriétés ou lui en apporter de nouvelles.

    S’il s’agit d’organismes mutés par édition du génome, André Choulika estime « qu’on ne peut les considérer comme des organismes génétiquement modifiés car n’étant pas transgénique ».

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/cellectis-nous-ne-sommes-pas-sauves-des-eaux-601296.html

    Quel monde merveilleux, n’est-ce pas, que celui où la « #rationalité » est cotée en Bourse !!!

    #scientisme, #OGM, #André_Choulaki

    • Le précédent film de Sophie Robert:
      https://www.dailymotion.com/video/x16d4fv_le-mur-ou-la-psychanalyse-a-l-epreuve-de-l-autisme_school


      https://dai.ly/x16d4fv

      Ce film s’est répandu de façon virale dans le monde entier en quelques jours. Un mois plus tard, trois psychanalystes lacaniens (Eric Laurent, Esthela Solano-Suarez, Alexandre Stevens) ont intenté une procédure en urgence pour faire censurer le film. Dans un premier temps, ils ont été suivis dans leur demande par le TGI de Lille.

      Deux ans plus tard, la cour d’appel de Douai a totalement réhabilité mon travail, libéré le MUR et débouté les 3 psychanalystes lacaniens de toutes leurs demandes ; les condamnant à me verser une provision de dommages et intérêts à valoir à l’issue d’une nouvelle procédure, pour réparation du préjudice moral et financier. Les trois psychanalystes à l’origine de la tentative de censure du film « Le MUR » ne se sont pas pourvus en cassation.

      La censure du film « le MUR » pendant deux ans a stoppé net sa diffusion et surtout l’exploitation de la trilogie documentaire, dont le « Phallus et le Pas tout » est le premier volet, et dont « Le MUR » constituait un produit d’appel. En revanche elle a renforcé l’intérêt des journalistes qui se sont emparés de l’affaire, bien au delà des cercles de l’autisme. Jusqu’au New York Times !

      #autisme

    • Puisque @mona m’y pousse, je signale cette chronique à propos de cette saloperie de Mur de cette fausse réalisatrice, fausse journaliste, fausse productrice sans doute aussi :

      http://www.desordre.net/blog/?debut=2011-12-11#2939

      De la même façon, la décontextualisation des concepts fonctionne à bloc. Dites le mot phallus dans trois circonstances, devant une assemblée de psychanalystes, dans la rue et dans une caserne, le même mot risque d’éveiller des images assez différentes dans l’esprit des interlocuteurs de ces trois contextes. Dans le cas qui nous occupe, lorsque Laurent Danon-Boileau ou Geneviève Loison parlent de phallus, ils ne peuvent pas savoir prospectivement que le public de leurs propos entendra « grosse bite ». En substance, la psychanalyse étrangement accouplée avec la psychiatrie dans ce film, c’est le Mal. Les psychanalystes étant au mieux des allumés et des illuminés se gargarisant de formules choquantes, « l’inceste maternel », « l’enfant-phallus » et j’en passe, de telles formules prises en dehors de leur contexte psychanalytique ayant tôt fait de de mettre les rieurs dans son camp. J’imagine qu’il serait inaudible pour ces évangélistes comportementalistes de leur rappeler que psychiatrie et psychanalyse sont des disciplines mitoyennes mais non strictement superposables, cela demanderait sans doute de trop à des esprits qui se satisfont vite de la stigmatisation à la fois de la psychanalyse — dans le jargon des parents d’enfants autistes passés du côté obscur du comportementalisme on dit la « psycacanalyse » — et par extension des intellectuels.

      Avec le recul, relisant, je me dis que putain j’avais la pèche alors. Je serais bien incapable aujourd’hui d’écrire une telle chronique. Sans compter que je suis contraint de constater que les psychologues pour chiens, ce n’est pas une surprise, sont en train de gagner la bataille du lobby, ainsi la proposition de loi de Fasquelles qui sera débattue devant l’Assemblée et qui promet tout de même de poursuivre pénalement les psychanalystes qui prendraient en charge des personnes autistes.

      C’est d’ailleurs étonnant comme impensé. Une personne autiste ne peut, dans l’optique des psychlogues pour chien, n’être qu’autiste , elle ne peut être considérée comme sujet AVANT d’être autiste.

      Je me console, comme je peux, en me disant qu’un certain jeune homme cher à mon coeur, a pu cheminer jusqu’ici, et quel parcours !, en étant épargné de ces méthodes de psychologues pour chien.

    • @colporteur Je peux aussi choisir de ne pas me départir de mes habitudes du samedi, yoga le matin et travail dans le garage l’après-midi (et de cette façon combler mon retard dans la série #qui_ca).

      Avec l’âge je commence à trouver fatigants les débats à l’issue de projections de films, parce que dès que tu commences à tenter d’argumenter que le film qui vient d’être projeté est, ne serait-ce que perfectible, tu te prends toute la salle contre toi, la salle est toujours du côté du film, quel que soit le film. Là j’ose pas imaginer. Et puis, sur le sujet, notre hôte de ce fil de discussion (@supergeante) en sait quelque chose, je ne suis pas calme, bien trop ému (et donc finalement assez con).

    • J’aurai plutôt tendance a dire que ce sont des (pas tous, j’en connais) psychanalystes qui disent n’importe quoi.
      La discipline n’ayant pas de cadre expérimental, ni « disciplinaire » ils ont déjà du mal a s’entendre sur les mots. Sans parler des « maux » sans vouloir faire du lacanisme.
      Pour ceux qui est de l’autisme, souvent pour la psychanalyse ça revient a dire que c’est la faute de la mère : emballer c’est peser. Es ce que ça, c’est considérer le sujet en premier ?
      Quand a la réduction lyrique du comportementalisme aux travaux de pavlov (et son chien, on aura compris) qui dates du début des sciences psychologiques, heureusement qu’il y a eu d’autres travaux entre temps et que l’on considère une progression possible, et toujours discutable. Les TCC ne considère pas les gens comme des phénomène a mettre en boite, c’est précisément (en tout cas aujourd’hui) par respect de l’individu et de ses choix personnels, que les TCC se contentent de parler de leur comportements, que les intentions sont discutés, qu’une confrontation entre ce que l’on veux, ce que l’on fait est mise en avant etc.
      L’avantage final étant une possibilité d’évaluation scientifique de la méthode, que la psychanalyse a souvent refusée.

    • So I’m a skeptic, but with a small S, not capital S. I don’t belong to skeptical societies. I don’t hang out with people who self-identify as capital-S Skeptics. Or Atheists. Or Rationalists.

      When people like this get together, they become tribal. They pat each other on the back and tell each other how smart they are compared to those outside the tribe. But belonging to a tribe often makes you dumber.

      (...) The U.S. spends much more on health care per capita than any other nation in the world. And yet we rank 34th in longevity. We’re tied with Costa Rica, which spends one tenth what we spend per capita. How could this happen? Perhaps because the health-care industry prioritizes profits over health.

      Over the past half-century, physicians and hospitals have introduced increasingly sophisticated, expensive tests. They assure us that early detection of disease will lead to better health.

      But tests often do more harm than good. For every woman whose life is extended because a mammogram detected a tumor, up to 33 receive unnecessary treatment, including biopsies, surgery, radiation and chemotherapy. For men diagnosed with prostate cancer after a PSA test, the ratio is 47 to one. Similar data are emerging on colonoscopies and other tests.

      (...) Mental-health care suffers from similar problems. Over the last few decades, American psychiatry has morphed into a marketing branch of Big Pharma. I started critiquing medications for mental illness more than 20 years ago, pointing out that antidepressants like Prozac are scarcely more effective than placebos.

      In retrospect, my criticism was too mild. Psychiatric drugs help some people in the short term, but over time, in the aggregate, they make people sicker. Journalist Robert Whitaker reaches this conclusion in his book Anatomy of an Epidemic.

      He documents the huge surge in prescriptions for psychiatric drugs since the late 1980s. The biggest increase has been among children. If the medications really work, rates of mental illness should decline. Right?

      Instead, rates of mental disability have increased sharply, especially among children. Whitaker builds a strong case that medications are causing the epidemic.

      (...) You might also think that religious fanaticism—and especially Muslim fanaticism—is the greatest threat to peace. That’s the claim of religion-bashers like Dawkins, Krauss, Sam Harris, Jerry Coyne and the late, great warmonger Christopher Hitchens.

      The United States, I submit, is the greatest threat to peace. Since 9/11, U.S. wars in Afghanistan, Iraq and Pakistan have killed 370,000 people. That includes more than 210,000 civilians, many of them children. These are conservative estimates.

      Far from solving the problem of Muslim militancy, U.S. actions have made it worse. ISIS is a reaction to the anti-Muslim violence of the U.S. and its allies.

      #critique du #Scepticisme par #John_Horgan

  • Extrait de conversation entre mes voisins :
    – Le pétrôle pas cher c’est presque fini
    – Pas grave, y’a les nouvelles technologies : les éoliennes, le photovoltaique
    – Oui, mais ça utilise aussi des composants rares, des métaux… déjà bien consommés
    – Pas grave, y’a des projets de remplacement
    – Et pourquoi on est pas au courant ?
    – Les scientifiques, les ingénieurs, ils cherchent sans rien dire
    – Bof… et qui c’est qui les paye ?
    – Esso, Total pour pouvoir durer, ou n’importe qui…
    – Et t’as confiance en des gens qui ne pensent qu’a l’argent ?
    – Non

    C’est ce que j’ai appelé le syndrome de « l’artefact magique ». Croire qu’un truc nouveau dont personne n’a entendu parler va venir remplacer l’équivalent énergie du pétrole, nucléaire, énergies « renouvelables » et tous les besoins en train de s’étendre.
    Faut vraiment vouloir se rassurer pour imaginer ça. Ça serait quoi, un générateur Alien, le réacteur de l’Enterprise, une pile à antimatière, l’arbre des Elfes ?

    #collapsologie

    • #scientisme

      Les gens pensent qu’au bout du compte on ne peut quand même pas scier la branche sur laquelle on est assis avec autant d’empressement. Faudrait leur faire lire Effondrement de Diamond et notamment le passage sur l’île de Pâques.

      Je pense que c’est pour ça aussi tous ces articles à moitié bidons sur le nouveau jeune de 14 ans qui a une invention miracle pour produire de l’énergie, dépolluer les océans, faire de l’électricité avec de la pisse de chat ... ça te permet de te dire que science + génération de demain prendront le relais.

  • 30 ans après Tchernobyl, pour une critique raisonnable du scientisme et du capitalisme technoscientifique
    http://sortirducapitalisme.fr/150-30-ans-apres-tchernobyl-pour-une-critique-raisonnable-du-sci

    30 ans après Tchernobyl, une émission de critique raisonnable du scientisme et du mode de connaissance scientifique moderne, du mythe de la « science pure » et du capitalisme technoscientifique, avec Bertrand Louart, animateur de l’émission "Racine de moins un" (Radio Zinzine), rédacteur du bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle Notes & Morceaux choisis aux éditions La Lenteur, contributeur au blog de critique du scientisme sniadecki.wordpress.com, opposant d’ITER (Cadarache) et incidemment membre de Longo Maï où il est menuisier-ébeniste. Durée : 1h43. Source : Radio (...)

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/05-04-2016.mp3

  • Guillaume Lecointre, guide critique 2014

    N’écoutant que son courage et tout pénétré de son devoir de fonctionnaire du service public, M. #Guillaume_Lecointre s’est érigé en guide critique (selon le titre d’un de ses ouvrages), pourchassant dans l’opinion publique les erreurs à propos de l’évolution des espèces et marchant sur les pieds de ceux qui tentent de faire des « intrusions spiritualistes en sciences » en diffusant leurs idées aux relents créationnistes. Pour extraire les pailles mystiques et religieuses qu’il aperçoit dans les yeux de ses concitoyens, il n’hésite pas un instant à les extraire avec les très laïques poutres darwiniennes qu’il manie avec la dextérité de l’éléphant dans un magasin de porcelaine !

    Cornegidouille ! Quel pestacle ! Quelle rigolade !!!

    Il faut dire que notre illusionniste est d’abord et avant tout un clown matérialiste chevronné. Ce systématicien ne sait pas ce qu’est un être vivant, mais il sait qu’ils sont « soumis à la sélection naturelle » (voir Le déni du vivant). Cet évolutionniste est prêt à faire dans le révisionnisme historique pour laver son idole, le coryphée de la biologie évolutionniste Charles #Darwin, de toute compromission idéologique avec l’infâme (voir #révisionnisme historique). Et enfin, le clou du spectacle : déguisé en preux chevalier, il transformera devant vos yeux désabusés, avec son épée en carton et sa cape miteuse, une vielle catin décrépie en une jeune vierge pimpante ! (voir Un obscurantiste scientiste)

    Quel talent ! Cornes au cul ! Enfoncé le père Ubu !!!

    Voici donc, tout de suite, quelques échantillons de cette haute voltige prélevés dans son opuscule L’évolution, question d’actualité ? (éd. Quae, 2014) où il répond à « 80 questions naïves ou faussement naïves posées par tout un chacun après ses conférences ». Comme nous allons le montrer, la pédanterie la plus plate s’y dispute aux simplifications foudroyantes.

    #évolution, #science, #histoire, #biologie.

    À l’heure où nous achevons ce texte Lecointre a été promu « commissaire scientifique » [sic !] de l’ exposition “Darwin l’original” qui se tient de décembre 2015 à août 2016 à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris . Nul doute qu’il va mettre son souci d’exactitude et de précision historique au service de l’#hagiographie darwinienne la plus débridée…

    « Oui, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter que le public soit trompé, y compris faire contre-pression occulte sur les media, puisque la réussite apparente de l’UIP procède précisément par pression occulte. […] Agir par influence est la seule façon de lutter contre l’intrusion des religions dans les sciences, qui s’infiltrent précisément par jeux d’influences. […] Ce n’est pas facile à faire comprendre au public, tant qu’il n’aura pas compris que le véritable enjeu n’est pas de science, [mais de] réintroduire la religion dans la science et, demain, l’éducation, participant au retour global du religieux dans la vie politique de la cité. Si cela est compris, empêcher la diffusion d’un film de l’UIP n’est pas de l’obscurantisme, c’est de la lutte politique au sens noble du terme. » Guillaume Lecointre, 2005.

    #laïc, #scientisme.

    Autant que par ceux qu’elle diffame, une époque se juge par ceux qu’elle honore, et par la manière dont elle les honore...

  • Lettre ouverte à Emmanuelle Charpentier

    Il y a trois ans, les scientifiques #Emmanuelle_Charpentier (France) et #Jennifer_Doudna (USA) ont découvert une molécule capable de remplacer facilement des séquences d’ADN, y compris sur les cellules reproductrices. Avec l’enzyme #CRISPR-Cas9, modifier l’ADN de n’importe quel être vivant devient presque aussi simple qu’un copier-coller. [...]

    Madame,
    J’ai lu dans le magazine Pour la science n°456 d’octobre 2015 votre article intitulé “CRISPR-Cas9 l’outil qui révolutionne la génétique”. C’est très intéressant, vous avez mis au point un bel outil moléculaire pour faire vraiment n’importe quoi avec le génome des êtres vivants. Félicitations !

    Vers la fin de votre article entre les inévitables « questions éthiques » et l’indispensable « cadre législatif » que cet outil appelle, vous avez jugé bon de glisser cette phrase :

    « A plus long terme, toute cellule et tout organisme seront susceptible d’être modifiés en utilisant Cas-9, ultime étape de la #domestication du vivant engagée par notre espèce il y a plus de 10 000 ans. »

    Mais oui, bien sûr. Les #OGM ne sont que ce que le paysan fait depuis toujours dans son champ ou avec ses bêtes (c’est d’ailleurs pourquoi il y a des brevets là-dessus ?), et l’industrie nucléaire n’est que l’ultime étape de la domestication du feu engagée par l’humanité depuis le néolithique. Rien de neuf sous le soleil… Tout va bien madame la Marquise, tout va très bien…

    Et peut-être allez-vous verser les royalties de votre brevet à la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) ?

    Lire la suite sur : http://sniadecki.wordpress.com/2015/10/15/louart-crispr-cas9

    #scientisme, #biologie, #technoscience, #critique_techno