• Hypermarchés, la chute de l’empire

    Le modèle de l’hypermarché a-t-il fait son temps ? Ce concept révolutionnaire du « tout sous le même toit », popularisé en 1963 par Carrefour, a conquis le monde entier. Aujourd’hui pourtant, le pionnier français, comme ses concurrents, a un genou à terre. En cause notamment, la crise du gigantisme, associé à une déshumanisation du commerce et à la surconsommation, pointée du doigt à l’heure des grands défis écologiques, mais aussi la concurrence du e-commerce. Désormais, tout le secteur cherche à sauver ce qui peut l’être, quitte à verser dans des pratiques à la limite de la légalité. Pour obtenir des prix toujours plus bas, sans lesquels elles seraient désertées, les grandes enseignes mettent les fournisseurs de plus en plus sous pression.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/19158_1

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  • Deux dirigeants de Lev Tahor jugés pour enlèvement et exploitation d’enfants Luke Tress - Time of Israel
    https://fr.timesofisrael.com/deux-dirigeants-de-lev-tahor-condamnes-pour-enlevement-et-exploita

    Nachman Helbrans et Mayer Rosner risquent la prison à vie pour avoir enlevé une jeune fille de 14 ans et son frère afin qu’elle ait une relation sexuelle avec un homme adulte.


    Nachman Helbrans. (Capture d’écran : YouTube / Windsor Star)

    Mercredi 10 Novembre, le tribunal fédéral de New York a reconnu coupables d’exploitation sexuelle et d’enlèvement d’enfants deux hauts dirigeants du groupe juif extrémiste Lev Tahor.

    Nachman Helbrans et Mayer Rosner risquent une peine minimale obligatoire de 10 ans de prison et une peine maximale de prison à vie.

    La sentence sera prononcée ultérieurement par un juge du tribunal fédéral du district sud de New York.

    En attendant, plusieurs détails de l’affaire ont déjà été révélés.

    Le procureur américain en charge de l’affaire, Damien Williams, a ainsi expliqué : « Nachman Helbrans et Mayer Rosner ont effrontément enlevé deux enfants à leur mère au milieu de la nuit pour qu’une jeune fille de 14 ans entame des relations sexuelles illégales avec un homme adulte. Le verdict d’aujourd’hui montre clairement que notre bureau – et nos partenaires chargés de l’application de la loi – ne seront pas dissuadés de rendre justice aux victimes de l’exploitation sexuelle des enfants. »

    L’histoire s’est passée au Guatemala, l’un des principaux pays de résidence du groupe Lev Tahor. En 2017, Nachman Helbrans, l’un de ses dirigeants, a fait en sorte que sa nièce âgée de 13 ans soit « mariée » à un adulte de la secte, âgé lui de 19 ans – une union illégale car interdite par la loi mais bel et bien consommée.

    Un communiqué du ministère américain de la Justice précise que le couple a « immédiatement entamé une relation sexuelle dans un but de procréation ».

    Une démarche conforme aux pratiques habituelles du groupe, poursuit le communiqué qui ajoute que les dirigeants de Lev Tahor « exigeaient des jeunes mariées qu’elles aient des relations sexuelles avec leurs maris, qu’elles disent aux personnes extérieures à Lev Tahor qu’elles n’étaient pas mariées, qu’elles prétendent être plus âgées et qu’elles accouchent chez elles plutôt qu’à l’hôpital, afin de cacher au public le jeune âge des mères ».

    En 2018, craignant pour la sécurité de ses enfants, la mère de la fillette a fui le complexe du groupe au Guatemala pour se réfugier aux États-Unis. Un tribunal de Brooklyn lui a accordé la garde exclusive des enfants et a interdit au père des enfants, un dirigeant de Lev Tahor, de communiquer avec eux.


    Des filles de la communauté Lev Tahor, à Chatham, en Ontario, en décembre 2013. (Capture d’écran : YouTube)

    Nachman Helbrans et Mayer Rosner, tous deux citoyens américains, ont ensuite conçu un plan pour rendre la jeune fille de 14 ans à son « époux » de 20 ans. En décembre 2018, ils l’ont enlevée, elle et son frère de 12 ans, alors qu’ils résidaient avec leur mère dans le village de Woodridge, dans le nord de l’État de New York. Ils ont fait passer clandestinement les enfants par la frontière américaine pour les emmener au Mexique.

    Pour y parvenir, ils ont utilisé des déguisements, des pseudonymes, des téléphones, de faux documents de voyage et des logiciels cryptés.

    Finalement, après trois semaines de recherches et le déploiement de centaines de membres des forces de l’ordre, ils ont été interceptés au Mexique et les enfants été renvoyés à New York. Lev Tahor a fait d’autres tentatives d’enlèvement d’enfants en 2019 et 2021. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées et inculpées dans cette affaire.

    Nachman Helbrans, 39 ans, et Mayer Rosner, 45 ans, ont été reconnus coupables de tous les chefs d’accusation, y compris de complot pour transporter un mineur dans l’intention de le livrer à une activité sexuelle criminelle et d’enlèvement parental international.

    Lev Tahor est une secte ultra-orthodoxe extrémiste. Elle a été fondée par le père de Nachman Helbrans, le rabbin Shlomo Helbrans, à Jérusalem dans les années 1980. Le groupe a fui au Canada, puis au Guatemala en 2014, après avoir fait l’objet d’une surveillance intense de la part des autorités canadiennes pour des allégations d’abus et de mariages d’enfants. Le plus jeune Helbrans a pris les rênes du groupe en 2017 lorsque son père s’est noyé au Mexique et Mayer Rosner a servi de « top lieutenant », selon les documents judiciaires.

    Le nom du groupe signifie « cœur pur » en hébreu.


    Le fondateur de Lev Tahor, le rabbin Shlomo Helbrans, quitte la Cour suprême de l’État à Brooklyn, New York, après une audience, le 13 avril 1994. (Crédit : AP Photo/Betsy Herzog)

    Les mouvements, les machinations et les plans du groupe sont tous obscurs. On pense actuellement qu’il tente de se rendre en Iran via le Kurdistan. Des membres du groupe antisioniste ont demandé l’asile politique en Iran en 2018. Des documents présentés à un tribunal fédéral américain en 2019 ont montré que les dirigeants de la secte avaient demandé l’asile à la République islamique et ont juré allégeance au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

    Le mois dernier, les autorités guatémaltèques ont empêché deux bus transportant des membres du groupe de traverser la frontière avec le Mexique, d’où ils prévoyaient apparemment de rejoindre l’Iran pour demander l’asile.

    Le Guatemala a également empêché les membres de quitter le pays par avion pour se rendre en Iran, à la demande des autorités israéliennes et américaines, qui craignent que les membres du groupe ne soient utilisés comme monnaie d’échange par Téhéran. Les autorités kurdes auraient également arrêté certains membres du groupe et les auraient expulsés vers la Turquie.


    Capture d’écran d’une vidéo censée montrer des membres de la secte ultra-orthodoxe extrême Lev Tahor dans un bus qui a été arrêté par les autorités guatémaltèques, le 17 octobre 2021. (Crédit : B’Hadrei Haredim)

    Le groupe a été décrit comme une secte et comme un mouvement « taliban juif », car les femmes et les filles de plus de 3 ans doivent s’habiller de longues robes noires couvrant tout leur corps, ne laissant que leur visage visible. Les hommes passent la plupart de leurs journées à prier et à étudier la Torah. Le groupe adhère à une lecture extrême des lois juives.

    Les « mariages » entre mineurs et membres plus âgés sont courants.

    Les membres du groupe sont estimés à 200-300 personnes, dont des dizaines d’enfants.

    #viol #pédophilie #violophilie #religieux #culture_du_viol #religion #exploitation_sexuelle #enlèvement #talibans #secte #ultra-orthodoxe #USA #Israel #Guatemala #Iran #Kurdistan #Mexique #Canada #LP

  • Derrière l’affaire Rémy Daillet, One Nation, le groupe New Age qui se rêve en État dans l’État
    http://www.davduf.net/derriere-l-affaire-remy-daillet-one-nation-le

    Lu dans Marianne | Avant d’être mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes et suspecté d’avoir organisé un coup d’État, le gourou d’extrême droite Rémy Daillet a aidé une mère déchue de son droit de garde à enlever sa fille Mia. Cette femme, Lola M., appartient à une communauté conspirationniste qui ambitionne de faire sécession de la République et de créer sa propre nation. « Il y a une convergence entre le discours antirépublicain de Réyi Daillet et les ambitions sécessionnistes des groupes (...) Revue de presse, du web & veille en tous genres

    / #Extrème_Droite

    #Revue_de_presse,du_web&_veille_en_tous_genres

  • Dérives alimentaires : une star du crudivorisme visée par la justice

    https://www.leparisien.fr/faits-divers/derives-alimentaires-une-star-du-crudivorisme-visee-par-la-justice-22-10-


    Avec plus de 600 saisines, dont 70 en 2020, Thierry Casasnova est la personnalité la plus signalée à la Miviludes.

    Depuis une dizaine d’années, Thierry Casasnovas s’est fait connaître par ses vidéos, cumulant plus de cent millions de vues, où il défend le manger cru et l’abstinence pour mieux vivre, régénérer et détoxifier son corps.
    Une information judiciaire, notamment pour des faits « (d’)exercice illégal de la médecine », a été ouverte à la fin de l’été à l’encontre du naturopathe Thierry Casasnovas, l’ex chantre du jeûne et crudivorisme sur YouTube, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

    Cet influenceur, basé dans le village de Taulis à une trentaine de kilomètres de Perpignan, qui était jusqu’en juin dernier l’un des Youtubeurs francophones les plus influents dans le domaine, avec 525 000 abonnés et des dizaines de millions de vues cumulées, avait annoncé mi-juin qu’il arrêtait sa chaîne YouTube et se retirait « de la vie publique » dans une ultime vidéo.

    Thierry Casanovas disait être « épuisé par le harcèlement » dont il était l’objet, en particulier du fait de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qu’il qualifiait de « police de la pensée ». Avec plus de 600 saisines, dont 70 en 2020, il est la personnalité la plus signalée à la Miviludes.
    Manger cru et abstinence pour mieux vivre

    Courant 2020, le parquet de Perpignan a ouvert une information judiciaire à son encontre pour « exercice illégal de la profession de médecin », « abus de faiblesse » et « pratiques commerciales trompeuses », avant de confier le 3 août dernier le dossier à un juge d’instruction.

    Depuis une dizaine d’années, ce naturopathe s’est fait connaître par ses vidéos, cumulant plus de cent millions de « vues », où il défend le manger cru et l’abstinence pour mieux vivre, régénérer et détoxifier son corps. Parallèlement, le Youtubeur y faisait la promotion d’une marque d’extracteur de jus indispensable à ces pratiques alimentaires.

    Selon ces vidéos, ces pratiques peuvent prévenir voire guérir cancer, diabète ou dépression… Il y rejette la médecine traditionnelle et ne « croit pas à la vaccination ». Il n’hésite pas également à affirmer que lui « ministre de la Santé », le coronavirus « serait réglé rapido : bain froid et jeûne pour tout le monde, un petit jus de carottes et vas-y que je t’envoie », affirme-t-il face caméra.

    S’il a aujourd’hui quitté YouTube, Thierry Casanovas indique dans sa dernière vidéo du 12 juin que ses adeptes pourront toujours suivre « le message » de son association Régènère sur un autre réseau social, la messagerie Telegram.

    Début juin, l’association nationale de défense des victimes des sectes, (Unadfi) saisie par plusieurs familles dont des proches suivant les préceptes de Régènère, a déposé plainte contre l’influenceur notamment pour « abus de faiblesse », « exercice illégal de la médecine et de la pharmacie » et « mise en danger délibéré d’autrui », peut-on voir sur son site.

    #secte #antivax #casanovas

  • Complotisme : « En souhaitant acquérir un domaine dans le Lot, One Nation monte à un nouvel échelon, celui du rassemblement “physique” », Valérie Igounet

    Valérie Igounet, historienne et directrice adjointe de Conspiracy Watch, analyse l’idéologie du mouvement et de sa principale figure, Alice Pazalmar.

    Dans un petit village du Lot, Alice Pazalmar et son mouvement complotiste One Nation tentent d’acheter un domaine de 200 hectares pour lancer leur « laboratoire du nouveau monde ». Valérie Igounet, historienne et directrice adjointe de Conspiracy Watch, site Internet édité par l’Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot, analyse leur idéologie et les risques à les laisser s’implanter.

    Comment définiriez-vous la pensée d’Alice Pazalmar et de One Nation ?

    Alice Pazalmar, de son vrai nom Alice Martin Pascual, est une des figures de la mouvance antisystème et complotiste. Elle est une des cofondatrices du site One Nation qui se dit « profondément non violent », rejette « toute forme d’autorité illégitime » et prône la « désobéissance créative ».

    Elle et ses adeptes (dont son compagnon Sylvain) considèrent qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne et que s’il existe des lois auxquelles ils doivent se soumettre, celles-ci sont exclusivement « naturelles ». Une idéologie dans la mouvance des « êtres souverains », qui développent la croyance conspirationniste de la « fraude du nom légal » [l’Etat volerait secrètement à ses administrés son « nom légal », autrement dit sa « personnalité juridique »] et tendent à remettre en cause la réalité de l’Etat dans lequel ils vivent. Dans une des vidéos de sa chaîne YouTube, on voit d’ailleurs Alice Pazalmar mettre le feu à son passeport ou encore revenir sur sa « carte d’être humain » en disant refuser de « cautionner cette République française coupable de multiples crimes contre l’humanité ».

    Pourquoi vous semblent-ils dangereux ? Ils ressemblent de prime abord à de nouveaux « hippies », prônant la paix et la bienveillance…

    Ils prennent l’option « nouveaux hippies » pour avancer masqués. Comme vous le dites : « ils ressemblent à »… C’est ce qu’on pourrait qualifier – et cela est inhérent à la stratégie et à l’intention conspirationnistes – de subterfuge complotiste avec des valeurs qui peuvent être considérées au premier abord comme nobles et attirantes pour nombre de personnes : retour à la nature, à la terre, à l’éveil, rejet de la société de consommation, authenticité, etc. Le gros problème est évidemment que ces « valeurs » prônées ne le sont pas sans arrière-pensées.

    Alice Pazalmar appelle ainsi à établir une frontière infranchissable entre deux mondes. Le sien est une société littéralement coupée de la société civile et en opposition aux valeurs fondamentales de notre République. Les conséquences sont évidemment nombreuses : idéologiques, comportementales, sanitaires… On sait aujourd’hui le rôle que des membres du mouvement One Nation ont joué dans la radicalisation de Lola Montemaggi, la mère de Mia [enlevée le 13 avril alors qu’elle était placée chez sa grand-mère dans les Vosges, puis retrouvée en Suisse quelques jours plus tard] et dans le contact établi avec Rémy Daillet-Wiedemann [figure des milieux complotistes d’ultradroite].

    Sont-ils nombreux ou le mouvement reste-t-il finalement marginal ?

    Depuis 2020, Alice Pazalmar exprime ses positions complotistes, covido-sceptiques, antivaccination, pro-hydroxychloroquine dans des vidéos très suivies sur YouTube. Sa chaîne cumule aujourd’hui près de 1,5 million de vues pour plus de 34 000 abonnés.
    Il est toutefois très compliqué de chiffrer le nombre de leurs « adeptes », car visionner une vidéo ne veut pas dire adhérer. Mais on sait la place grandissante qu’occupent les théories conspirationnistes en France. Et ces groupes savent aujourd’hui tisser des liens entre eux et en dehors des réseaux sociaux. Début juin 2021, Alice Pazalmar est même intervenue à une « université citoyenne » à Avignon organisée par des groupes covido-sceptiques aux côtés de figures du complotisme comme Louis Fouché et Richard Boutry.

    Dans le cadre du premier anniversaire de l’émission « L’info en Questions », sorte de rendez-vous conspirationniste, Alice Pazalmar est aussi annoncée comme le « coup de cœur » d’une autre personnalité influente de la sphère complotiste covido-sceptique et antivaccination, Chloé Frammery, qui dit admirer cette « gardienne de la souveraineté ».

    Alice Pazalmar suit une partie de la galaxie complotiste sur un autre aspect central du conspirationnisme, en diffusant des vidéos tournant autour de la seconde guerre mondiale avec une sorte de « mise à jour » empreinte de complotisme. Celle intitulée « Résistant ou collabos » est ainsi accompagnée de ce préambule : « Tu consens ou tu refuses ? Tu collabores ou tu résistes ? Vigilance face aux dérives d’un système répressif prêt à tout pour maintenir la Matrice ». Une autre vidéo est même intitulée Souvenirs de Nuremberg…

    Autre palier important : en un mois – c’est inédit –, Alice Pazalmar et son compagnon sont parvenus à récolter plus de 265 000 euros (sur un objectif de 750 500 euros) de dons défiscalisables sur la seule plate-forme de financement participatif HelloAsso… La cagnotte a certes été suspendue mais, avec ce projet d’achat foncier, on passe à une phase de rassemblement « physique » de leur stratégie de séduction et de visibilité.

    Peut-on parler d’une dérive sectaire ?

    Sans aucun doute, et d’une dérive sectaire finalement assez classique. Une fois la séduction opérée auprès de ses fidèles, elle peut passer à l’autre étape, à savoir la mise en application de sa ligne de conduite : One Nation prône une attitude d’enfermement et instaure une frontière plus qu’étanche entre sa communauté et la société civile. Un vase clos qu’ils ont entrepris de construire (ceci dans tous les sens du terme) depuis un bon moment.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/18/complotisme-en-souhaitant-acquerir-un-domaine-dans-le-lot-one-nation-monte-a

    https://seenthis.net/messages/915407#message933198

    #fascistes

    • un « système » parano à emprise, avec sa propagande basée sur le mensonge et la confusion, son eugénisme mal masqué, son appel au salvateur respect de prétendues « lois de la nature » (un marqueur d’un anti-humanisme fascisant qui ne trompe pas) une pincée de « Souvenirs de Nuremberg », un petit coup d’"êtres souverains" (dans les clous de lois hétéronomes racontées par des escrocs) et d"expérimentations sur la résonance vibratoire des graines", je sais pas ce qu’il te faut. le fascisme se limite pas à la prise du pouvoir d’État, aux ratonnades, pogroms et milices, c’est aussi un paquet de « roue de secours » non pas tant du capital, comme le dit classiquement l’antifasciste, mais du désir (de liberté, d’être commandé, de transformation, de restauration, etc.)

    • Ce n’est pas forcément fasciste au premier degré, mais en poussant mes recherches j’ai en effet constaté que la pente est hyper-glissante, et qu’en effet une recherche sur les «  Êtres souverains  » (par exemple) mène en effet vers des racines clairement antisémites, ou des éléments trumpistes (#Alice_Pazalmar fait ouvertement référence au #Pizza_Gate par exemple).
      Alors tout ça s’est un peu dilué et s’est adapté à la France depuis les USA et le Canada, mais les origines sont bien là, et il y a encore une intersection assez large entre les mouvements.

  • Gülen-Bewegung : Die »Goldene Generation« 
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1154829.guelen-bewegung-die-goldene-generation.html

    23.7.2021 von Stefanie Schoene - Yasin lebte in Nordrhein-Westfalen und war gerade mal 13, als die jungen Männer ihn einluden, zu ihnen ins Lichthaus zu kommen. Er fühlte sich gesehen und wertgeschätzt. Dass das Lichthaus ein Wohnheim der Gülen-Bewegung war, die Vorsteher ihm dort drei Jahre später seine erste Liebe zerstören und ihm fast das Abitur vermasseln sollten, konnte er nicht ahnen.

    Heute ist er 32, Ingenieur und Chef eines Unternehmens mit 29 Mitarbeitern. Außenstehenden hat er seine Jugenderfahrungen in dieser tief muslimischen Gemeinschaft noch nicht erzählt. Mit Sorge beobachtet der Rheinländer, wie Deutschland zu einem neuen Schwerpunkt der Bewegung wird. »Die verfolgten Gülen-Anhänger sollten Asyl bekommen. Aber die Deutschen sollten auch verstehen, wie diese abgeschottete Cemaat inmitten der deutschen Gesellschaft funktioniert und dass sie nicht ist, was sie vorgibt zu sein«, erklärt er.

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    »Cemaats« - islamisch-sufische Gemeinden - sind Unterorganisationen und Reste der einst mächtigen Bruderschaften des Osmanischen Reiches. Über fünf Jahrhunderte nah am Ohr des Sultans wurden sie mit der Kulturrevolution Atatürks enteignet, verboten, ihre Scheichs hingerichtet. Doch die Orden und Cemaats waren fest verwurzelt. Vor allem in der Landbevölkerung fanden Führer wie Scheich Said Nursi (1877-1960), Gründer der Nurcu-(Licht-)Bewegung, oder dessen Schüler Fethullah Gülen (geboren 1941), Anhänger, die die streng konservative, auf die Nachahmung des Propheten konzentrierte Nachwuchsbildung weiterführten. Vor allem ab den 80er Jahren eroberten sie sich als »Kulturvereine« ihren Platz in Politik und Öffentlichkeit zurück. Einer 2018 veröffentlichten Studie der Bildungswissenschaftlerin Esergül Balci zufolge sind in der Türkei heute 30 Bruderschaften mit 400 Unterorganisationen aktiv. Seit der Arbeitsmigration der 70er Jahre haben zahlreiche Zentren und Kulturvereine - wenig beachtet von der Öffentlichkeit - auch in der deutschen Vereinslandschaft Ableger gegründet. Die Turkologin Ursula Spuler-Stegemann identifizierte in einer Studie Ende der 90er Jahre 17 verschiedene Cemaats in Deutschland. Gemeinsam ist ihnen ein konservativer, mitunter auch revolutionärer Islam, sittenstrenge Geschlechtertrennung, sektenartige interne Strukturen und eine Verehrung ihrer jeweiligen Oberhäupter als Erneuerer des Islam oder Endzeiterlöser.

    Während die meisten Cemaats - darunter auch die Süleyman-Hilmi-Tunahan-Gemeinde mit ihrem Verband Islamischer Kulturzentren - in Deutschland Moscheen und religiöse Wohnheime gründeten, baute Gülen mit langem Atem eine Art Religionsmarkt auf, um die »Goldene Generation« für die Welt und die Zukunft zu erziehen: Konzerne aus vielen Industriebranchen; Akademiker, Journalisten, Juristen schlossen sich ihm an, bauten in Asien, Europa, Afrika und Amerika innerhalb von 40 Jahren Unternehmen und insgesamt 1000 Schulen samt Internaten auf. Sieben Millionen Anhänger soll die Bewegung vor 2016 allein in der Türkei gehabt haben, zehn Millionen weltweit.

    Auch Yasin sollte Teil der »Goldenen Generation« werden. Sein Bericht zeigt eine abgeschottete Welt mitten in Deutschland, die nicht dem auf Dialogdinners und Preisverleihungen präsentierten Hochglanzimage entspricht. Er durchlebte Druck, Mobbing und interne Kontrolle, Machtmissbrauch und Personenkult. Noch heute, sagt er, vergehe kein Tag, an dem er nicht ernüchtert an die Enttäuschungen und seelischen Belastungen dieser Zeit zurückdenkt.
    Fethullah Gülen ist Prediger und Gründer der Gülen-Bewegung, die die Türkei als Terrororganisation ansieht. Er steht in der Tradition Scheich Said Nursis, 1878–1960 (unten), des Gründers der Nurcu-Gemeinde. Von ihr spaltete Gülen in den 1970ern seine eigene Bewegung ab.

    Fethullah Gülen ist Prediger und Gründer der Gülen-Bewegung, die die Türkei als Terrororganisation ansieht. Er steht in der Tradition Scheich Said Nursis, 1878–1960 (unten), des Gründers der Nurcu-Gemeinde. Von ihr spaltete Gülen in den 1970ern seine eigene Bewegung ab.

    Foto: Stiftung Dialog und Bildung
    Personenkult um Fethullah Gülen

    Erst ging er zur Nachhilfe ins Lichthaus. Die Großeltern, bei denen er aufwuchs, fanden das gut. Bildung war wichtig, und die »Abis« (große Brüder) vermittelten ein moralisch integres, muslimisches Umfeld. Die Anrede Abi und Abla (große Schwester) stehen im Türkischen sowohl für Verwandtschaftsverhältnisse als auch für Respekt, Anerkennung und - vor allem in religiösen Kontexten - Gehorsam gegenüber der Autorität der Älteren.

    Als er zu Beginn der Oberstufe ganz einzog, trugen die Abis Yasin auf, Buch zu führen über die täglichen Gebete, die Fastentage, seine Koranlektüre und die Gülen-Predigten, die er hörte. Auch am Aboverkauf der Zeitung »Zaman«, dem Sprachrohr der Bewegung, musste er sich beteiligen. Muslimischsein gehört zu seiner Identität, aber der Personenkult um Gülen kam ihm schon damals lächerlich vor. »Wir schauten seine Predigtvideos. Krümmte er sich zusammen, sagten die Abis, das sei ein Beweis, dass der Prophet in ihn fahre und er also mit dem Propheten in direkter Verbindung steht«, erinnert er sich. Auch den Befehl zum Schlafentzug kaufte er den Studenten-Abis seiner WG nicht ab. Sie sollten nur noch vier Stunden schlafen, um mehr Zeit für »Hizmet« und den Aboverkauf zu haben. »Hizmet« bedeutet Dienst und ist die Selbstbezeichnung der Gülen-Bewegung. »Die erzählten uns, Gülen hätte aus den USA angerufen und die Anweisung erteilt«, so der Ingenieur. Seit 1999 lebt Gülen nicht mehr in der Türkei. Er floh vor der türkischen Justiz, die ihn der Unterwanderung und des geplanten Staatsumsturzes beschuldigte, in die USA. Dort gründete er die »Stiftung Goldene Generation«. Er lebt mit seinen engsten Gefährten und einer wechselnden Anzahl von Studenten auf einem Gelände namens »Golden Generation Camp« in Saylorsborough, Pennsylvania.

    Serdar wohnte bis 2006 in derselben Stadt wie Yasin. Er studierte in Gummersbach, war für den jüngeren Yasin ein Abi und baute sogar eines der fünf Lichthäuser in ihrer Stadt mit auf. Der 38-Jährige schaut heute mit Scham zurück. »Wir haben die Kinder und die Familien ausgenutzt, auch finanziell«, sagt er und wundert sich über die Unterstützung, die die Bewegung heute in Deutschland genießt. »Die Geschlechtertrennung in der Cemaat ist extrem. Wir hatten nie Kontakt zu Frauen, uns wurde erzählt, sie seien an allem Schlechten schuld, zum Beispiel an unseren Albträumen. Dagegen gab es morgens extra Gebete«, berichtet er. Sechs Jahre war er im Rheinland aktiv für die Bewegung, ging 2006 in die Türkei, wo er heute promoviert.
    Die zerstörte große Jugendliebe
    Scheich Said Nursi

    Scheich Said Nursi

    Foto: wikicommons

    Er erinnert sich daran, dass Yasin mit 16 begann, sich heimlich mit der Tochter eines Autohändlers zu treffen. Yasin übertrat mit der Beziehung gleich mehrere Verbote. Die strenge Geschlechtertrennung war das eine. Doch ihr Vater war auch noch der wichtigste Sponsor der Bewegung in der Region. Yasin wurde überwacht, bedrängt, sogar Familie und Freunde wurden bespitzelt, bis herauskam, wer das Mädchen war. Die Abis zwangen ihn zur Trennung, sogar zu einem Umzug nach Wuppertal samt neuem Lichthaus. »Es war sehr schlimm. Ich hatte ihnen seit meinem 13. Lebensjahr vertraut, und dann gingen sie auf mich los. Einer der Abis wollte mich sogar verprügeln, aber ich habe mich gewehrt«, erzählt Yasin. Das Mädchen sei in die Türkei gebracht worden, sagt er. Er selbst musste infolge der psychischen Belastungen einen Schuljahrgang wiederholen.

    Der Mann, der die Hand gegen ihn erhob, lebt noch in der Stadt. Bei einem Telefongespräch erklärt er, nicht mehr in der Bewegung zu sein. Er sei nur »Zaman«-Journalist gewesen. An die Vorfälle im Lichthaus und den Schlafentzug könne er sich nicht erinnern.

    Serdar jedoch bestätigt Yasins Geschichte und erklärt, das Verhältnis der Anhänger zu anderen Menschen sei immer ein taktisches. »Sie begegnen dir als freundliche Menschen. Sie legen sich auf den Boden, damit du auf ihrer Matratze schlafen kannst. Erst später folgen Kontrolle, Verbote und Gehorsam.« Auch die Erziehung folgte einem einfachen Schema: Wer unter der Woche die meisten Koran- und Gülen-Texte las, viele Abos der »Zaman« verkaufte und das islamische Pflichtenheft füllte, erhielt ein Geschenk. Auch Serdar sollte für eine bestandene Klausur belohnt werden. Ein älterer Mitbewohner habe ihm ein Glas gezeigt. »Es hieß, Hocaefendi (Lehrmeister, Anm. d. Red.), also Gülen persönlich, habe daraus getrunken, und wenn ich meine Lippen auf den Abdruck seiner Lippen setzte und dreimal Richtung Mekka schluckte, würden meine Lippen in der Hölle nicht verbrennen.« Er muss darüber heute noch lachen.

    Geheiratet wird in der Bewegung meist endogam, also intern. Zwar bestreitet dies der Deutschland-Sprecher, Ercan Karakoyun, in einem Gespräch mit der Autorin 2017. Aber es kann vermutet werden, dass auch heute noch Ehepartnerinnen strategisch vermittelt werden. So berichtet ein Pädagoge in einem Gespräch mit »nd«, ein 16-jähriges Mädchen habe befürchtet, durch die Vermittlung eines Imams innerhalb des örtlichen Gülen-Netzwerks verheiratet zu werden, und sei Rat suchend zu ihm gekommen.

    In Serdars Lichthaus suchten die Abis sich eine Frau aus einem »Katalog« aus. Die Studenten der Stadt kamen, stellten sich hintereinander auf, um aus diesem Buch, in denen Frauen nach Moral, Charakter und Familienhintergrund aufgelistet waren, zu wählen. Als Serdar in den Sohbet-Gesprächskreisen und islamischen Schura-Versammlungen der Region seine Kritik verschärfte, erhielt er für diese Runden ein Sprechverbot. »Jemand, der angeblich einen interreligiösen Dialog führt, seinen eigenen jungen Leuten aber einen Maulkorb erteilt - der ist generell wenig vertrauenswürdig«, findet Serdar.

    Lichthäuser und Wohnheime sind zentrale Orte, um junge Menschen zu sozialisieren. »Die Studenten in den Lichthäusern bauen die nächste Generation der Bewegung auf«, erklärt Kristina Mashimi gegenüber »nd«. Dem dienten auch die informellen Sohbet, die nach Geschlechtern getrennt abgehalten werden. »Sowohl vertrauensvolle Beziehungen als auch Autorität spielen hier eine große Rolle«, sagt die Berliner Kulturanthropologin.

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    Strenge interne Restriktionen

    Dass die Gülen-Bewegung zwar öffentlich Transparenz beteuert, gerade ihre interne Hierarchie und Jugendarbeit jedoch abschottet, hat auch sie erlebt. Mashimi untersuchte zwischen 2013 und 2015 elf Gülen-Schulen in Tansania. »Es hieß, alles sei transparent. Doch erst nach eineinhalb Jahren bekam ich mit, dass in den Schulen nachmittags religiöse Treffen für Oberstufenschülerinnen stattfanden, in denen Gülen-Videos diskutiert wurden«, berichtet sie. »Diese Formen der Geheimhaltung sind durchaus charakteristisch für die Bewegung.«

    Die »Goldene Generation« wird vor allem über die Implementierung der moralischen Konzepte Gülens geformt. Die schließen nicht nur den klassisch-islamischen Verhaltenskodex, sondern auch die unbedingte Loyalität und Aufopferungsbereitschaft für die Cemaat ein, wie der Islamwissenschaftler Florian Volm erklärt. Wer da abweiche oder Reformen wolle, wende sich gegen göttlich legitimierte Pflichten, gegen Gülen selbst und bedrohe die Gemeinschaft, schreibt er in seiner 2018 erschienenen Dissertation zur Gülen-Bewegung. Im Gegensatz zur westlichen Geistesgeschichte, die den Menschen mit der Aufklärung als ein von Gott unabhängiges Subjekt akzeptierte, das auch von Gott losgelöst vernunftgeleitet handeln kann, bleibe der Mensch bei Gülen - klassisch islamisch - vor allem ein »Diener Gottes«. »Diese Überbetonung von Moral, wenn sie sich nicht am Menschen, sondern an der sakralen Schrift orientiert, kann einen totalitären Aspekt gesellschaftlicher Kontrolle offenbaren und entsprechend genutzt werden«, erklärt Islamwissenschaftler Volm. Sein Fazit: Nach außen demonstriere die Bewegung Akzeptanz für religiöse Überzeugungen, sexuelle Orientierungen oder auch für Frauen ohne Kopftuch. Nach innen jedoch greifen »ausschließlich islamische Verhaltensregeln, die restriktiv eingefordert werden«.

    Seit dem gescheiterten Putschversuch in der Türkei, an dem sich Mitglieder der Gülen-Bewegung maßgeblich beteiligt haben sollen, ist die Bewegung einer gnadenlosen Verfolgung ausgesetzt. Nach Angaben des türkischen Innenministeriums wurden bisher gegen 500 000 Menschen der so bezeichneten »Fethullahistischen Terrororganisation« Ermittlungen eingeleitet, 38 000 Anhänger sitzen zum großen Teil rechtswidrig in Haft. Wer kann, flieht. In den sozialen Medien stapeln sich Berichte von Betroffenen über Folter, in Haft verstorbenen Angehörigen, über dramatische Szenen der Flucht. Ziel derer, die es raus schaffen, ist meist Deutschland.

    Wie viele in den letzten fünf Jahren hier angekommen sind, kann nur grob geschätzt werden. Das Bundesamt für Migration und Flüchtlinge führt keine Statistik zu Asylgründen. Doch die freiwillige Angabe zur »Volkszugehörigkeit« bei der Antragstellung in Verbindung mit der Anerkennungsquote gibt Hinweise. Insgesamt stellten zwischen 2016 und Dezember 2020 rund 44 000 türkische Staatsbürger einen Asylantrag. Rund die Hälfte gab an, »kurdischer Volkszugehörigkeit« zu sein. Ihre Anerkennungsquote lag lediglich im niedrigen zweistelligen Bereich. Die andere Hälfte kreuzte bei der freiwilligen Angabe an, »türkisch« zu sein. Diese Gruppe erhielt in allen Bundesländern zu etwa 80 Prozent eine Anerkennung. Es liegt nahe, dass die Mehrheit von ihnen Gülen-Anhänger sind.

    10 900 der türkischen Staatsbürger wurden Nordrhein-Westfalen zugewiesen, darunter 6520 mit »türkischer Volkszugehörigkeit«. Nur in ihrer Gruppe sprang die Anerkennungsquote von zehn Prozent 2016 auf 82 Prozent im Jahr 2017 - und blieb auf diesem Niveau. Die Antragsteller mit »kurdischer Volkszugehörigkeit« hingegen wurden im Durchschnitt nur zu 20 Prozent anerkannt.

    Nordrhein-Westfalen ist schon lange ein Hotspot der deutschen Gülen-Bewegung. Eine Auswertung zahlreicher Twitteraccounts von offenbar Geflohenen mit Sympathie für die Bewegung zeigt: Die im Bundesland vorhandenen Gülen-Strukturen stehen bereit, beantragen zügig Zertifikate für Integrationskurse und legen niedrigschwellige Deutschkurse und andere Begegnungsformate auf. Mehr als 60 Einzelorganisationen sind hier aktiv. Nie in den vergangenen 30 Jahren erklärten sie sich öffentlich als Netzwerk oder wurden als ein solches identifiziert. Mancher, der auf die Zusammenhänge hinwies, handelte sich Unterlassungsklagen ein. Erst im letzten Jahr tauchten die Vereine gesammelt auf der Webseite des Düsseldorfer Verbands engagierte Zivilgesellschaft (VEZ) auf. Dieser existiert seit 2014 und bezeichnet sich - anders als seine Mitgliedsvereine - als »Hizmet-nah«.
    Ministerien und Behörden als Geldgeber

    Behörden, das zeigen Recherchen, erkennen die Zusammengehörigkeit nicht; nd-Anfragen beim nordrhein-westfälischen Sozialministerium, den Landesjugendämtern und Regierungsbezirken wurden zunächst abgetan. Es handle sich nur um eine »vermutete Zugehörigkeit«, schrieb das Sozialministerium und lehnte Angaben zu geförderten Projekten ab. Erst ein Hinweis auf das Pressegesetz fördert Zahlen zutage: Über den Landschaftsverband Rheinland und den Landschaftsverband Lippe genehmigte das Sozialministerium Gülen-Vereinen für Projekte im Jugend- und Flüchtlingsbereich 2019 und 2020 rund 1,8 Millionen Euro. Hinzu kommt eine Million aus den fünf Regierungsbezirken. Die Förderungen für Kindergärten, die vier Privatschulstandorte und offizielle BAMF-Integrationskurse sind hier noch nicht eingerechnet.

    Im Ruhrgebiet ist das Netzwerk besonders verwurzelt. Der Rheinische Dialog- und Bildungsverein (RDuB) betreibt in Duisburg-Hamborn seit 2016 die private Kant-Berufsfachschule. Für deren Betrieb erhält der Träger 340.000 Euro pro Jahr. Der Bürgermeister von Hamborn lobt die Schule und erklärt, sie erhöhe die Identifikation mit dem Stadtteil. Die Gülen-Verbindungen der Schule erwähnt er nicht, sie sind auch nicht leicht zu erkennen. Bei einer Recherche vor Ort erklärte im vergangenen Jahr Schulleiter Hartmut Feldwisch, man habe nichts mit einem religiösen Netzwerk zu tun. Doch er berichtete von Kooperationen mit dem House of One in Berlin: Dessen Imam vom Gülen-nahen »Forum Dialog« habe Workshops an der Kant-Schule geleitet. Auch eine Exkursion zu diesem christlich-jüdisch-islamischen Gebetsort sei geplant gewesen.

    Yusuf Ordueri ist laut Webseite Geschäftsführer der Kant-Schule. Er ist seit Jahren in Hannover und Köln für die Bewegung aktiv. 2007 beantragte die CDU-Bezirksfraktion Buchholz-Kleefeld, ihn als Vorsitzenden des deutsch-türkischen Vereins für Integration und Bildung (VIB) in den Stadtbezirksrat einzuladen, um das »Deutsch-türkische Gymnasium« (mittlerweile Leinetalschulen) in Hannover vorzustellen, dessen Trägerverein der VIB ist. In Köln war Ordueri laut Handeslregister bis 2013 Geschäftsführer des Trägervereins der dortigen Gülen-Schulen. Auf der Seite des VEZ erscheint er bis heute als Kassenwart. Inzwischen ist er laut Handelsregister Geschäftsführer einer weiteren, 2020 neu eingetragenen, gemeinnützigen GmbH: der »RBD Rheinische Bildungsakademie Duisburg«. Ordueri will am Tag des nd-Besuchs vor Ort nicht mit der Presse reden, tut es aber dann doch. Die Gülen-Bewegung habe mit der Arbeit in Duisburg nichts zu tun, sagt er.

    In der Akquise von Steuergeld ist der RDuB sehr erfolgreich, das zeigen Auflistungen des Landschaftsverbandes Rheinland (LVR). 145.000 Euro flossen in den letzten beiden Jahren für Jugendprojekte. Auch Geld für Fernreisen gab es: 2019 fand eine Exkursion unter dem Titel »Hilfsbereite Jugend NRW« statt. Als pädagogische Ziele werden auf der Vereinswebsite »Einfühlungsvermögen in andere Lebensstile, Sensibilisierung, Aufklärung, Toleranz, Respekt und Anerkennung neuer Kulturen« angegeben. Ziel war Nigeria, Kooperationspartner die Nile-University. Auf Fragen zu der Reise gibt es aus Duisburg keinerlei Antwort.

    Laut LVR wurde die Exkursion mit 18.200 Euro bezuschusst. Sechs Jugendliche und zwei Betreuer nahmen teil. Das Netzwerk in Nigeria zählt zu den wohlhabendsten der Gülen-Bewegung in Afrika, auch die 2009 gegründete Nile-University mit ihren 3500 Studenten gehört dazu. Geleitet wird sie von einem türkischen Wirtschaftsprofessor, der zuvor in den Gülen-Universitäten der Türkei Karriere machte. Neben der Nile-University zählen zehn Schulen, Unternehmerverbände, ein Krankenhaus, Reiseagenturen und die Ufuk-Dialogstiftung dazu. Auf der Website der Universität sind im November 2019 Bilder von sechs jungen Männern zu sehen, die als »Studenten der Universität Duisburg Essen« vorgestellt werden. Die Frage, ob Mädchen an der Reise teilnahmen, wird vom RDuB nicht beantwortet.

    Weitere Jugendfahrten zur Pflege ihrer internationalen Kontakte mithilfe der öffentlichen Hand planten Gülen-Vereine aus Siegen, Witten, Langenfeld und Leverkusen. Ihre Anträge wurden für 2019 und 2020 genehmigt. Ziele: Tansania, Äthiopien, Mosambik, Ägypten und Bosnien. Gesamtförderung: 135.600 Euro. In all diesen Ländern ist das Netzwerk stark vertreten, auch die fünf Kooperationspartner, die die Vereine in ihren Anträgen nannten, gehören dazu.
    Vorerst keine Neuaufnahmen mehr

    Inhaltlich passende Programme hat auch der Paritätische Wohlfahrtsverband Nordrhein-Westfalen zu bieten. Neun Gülen-Vereine gehören zu den Mitgliedern. Doch jetzt scheint es im Verband Debatten zu geben. Als im letzten Jahr ein Verein aus Düren die Aufnahme beantragte, wurde er abgelehnt. Landesgeschäftsführer Christian Woltering erklärt auf Anfrage, der Verband diskutiere derzeit »intensiv« die Mitgliedschaft Gülennaher Vereine: »Aktuell werden keine Organisationen aus dem Gülen-Spektrum in den Paritätischen NRW neu aufgenommen.«

    Der Verein Erziehung und Bildung ohne Grenzen (EBG) aus Essen bewarb sich 2017 mit einem Projekt zur Prävention von Islamismus beim Bundesfamilienministerium. 180.000 Euro flossen. Die mit Projektende veröffentlichte »Handreichung zur Jugendarbeit« beinhaltet Passagen, die Michael Kiefer, Islamwissenschaftler und Präventionsexperte, als »eindeutig islamistisch« bezeichnet. Auch Musa Bağraç, Religionspädagoge und Vorsitzender des Verbandes der Islamlehrer/innen e.V., urteilt: »Hier wird der Islam als unveränderlich oder sogar als Lebensentwurf für alle Lebensbereiche angesehen. Das ist ein integrationshemmendes, fast salafistisches Religionsverständnis.« Dass Demokratie als »vergänglich«, der Islam aber als »ewig gültiges« System vermittelt wird, beurteilt auf nd-Anfrage auch das Bundesfamilienministerium als »problematisch«. Ein weiterer Förderantrag des Vereins wurde abgelehnt.

    In Berlin hingegen läuft es. Bund und Land steigen beim House of One groß ein - ein jüdisch-christlich-muslimischer Gebetsort, an dem als einziger muslimischer Partner ein Dialog-Verband der Gülen-Bewegung beteiligt ist. Zehn Millionen Euro kommen von der Bundesregierung, weitere zehn vom Land Berlin. Bayram Balci, ein anerkannter französischer Politologe, der seit Ende der 90er Jahre weltweit zum Gülen-Netzwerk forscht, ist entsetzt. »Die Bewegung ist zwar nicht militant, aber sie ist im Kern eine Sekte. Sie hat eine islamistische Agenda, die sie nicht offenlegt, und beansprucht eine Alleinvertretung für den Islam. Sie ist kein Kooperationspartner für Regierungen«, sagt der Direktor des Französischen Instituts für anatolische Studien in Istanbul. Dass Deutschland seit zwei Jahren auch Jugendauslandsreisen der Anhänger finanziert, findet er »peinlich«.

    In dem weltweit tobenden Konflikt zwischen dem türkischen Staat und der Gülen-Bewegung ist auch der afrikanische Kontinent eine Frontlinie. Erst in diesem Sommer entführte der türkische Geheimdienst in Kenia einen Verwandten des Predigers Gülen in die Türkei. Und in Äthiopien stehen jetzt deutsche Gülen-Unternehmer dem türkischen Staat gegenüber. Der Berliner Verein Eventus Bildung übernahm laut türkischen Medien 2018 die fünf »Intellectual Schools« in Äthiopien. Aktuell bereiten diese sich auf den Status »deutsche Auslandsschule« vor, die Bewerbung beim Auswärtigen Amt laufe, meldet die Schulwebsite. Balci warnt, es wäre ein strategischer Fehler, der Schule diesen Status zu verleihen. Das Auswärtige Amt würde damit eine Partei in einem internationalen Konflikt stärken und ein Sicherheitsproblem innerhalb und außerhalb Deutschlands verschärfen.

    #religion #sectes #Turqie #Allemagne

  • Il fallimento della sanatoria #2020 confermato da dati inediti sul settore domestico

    Il 64% degli stranieri che ha fatto domanda di regolarizzazione nel settore domestico in forza del provvedimento varato lo scorso anno sono uomini. Una quota altissima se si considera che, nel 2019, l’89% degli impiegati domestici in Italia erano donne. È il mercato dei contratti falsi. “Una sanatoria nata male e gestita peggio”, spiega l’avvocato Marco Paggi (Asgi)

    Quasi due stranieri su tre che hanno richiesto di essere regolarizzati nel settore domestico tramite la #sanatoria promossa nel 2020 sono uomini. Una quota altissima se si considera che, nel 2019, l’89% degli impiegati domestici in Italia erano donne (stime Istat). I dati inediti del ministero dell’Interno ottenuti da Altreconomia confermano i limiti di un provvedimento nato zoppo, in aggiunta alla lentezza con cui sta avanzando l’esame delle 207mila richieste di regolarizzazione.
    “Questo dimostra il grande limite di una sanatoria settoriale che ha costretto migliaia di persone a cercare un impiego differente dal proprio, per potersi regolarizzare aumentando, tra l’altro, anche il ‘mercato’ di contratti falsi”, spiega Marco Paggi, avvocato e socio dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi).

    Grazie ai documenti ottenuti tramite accesso civico è possibile conoscere con precisione il numero delle richieste disaggregate per genere del richiedente. “Un dato mai pubblicato fino ad ora -osserva Paggi- per evitare una buona dose di imbarazzo al ministero”. Infatti, dagli elementi ottenuti, si evidenzia che su circa 177mila domande nel settore domestico, oltre 113mila, il 64%, sono state presentate da uomini. Come detto, l’incidenza maschile, secondo l’Istat supera di poco l’11% su un totale stimato, tra regolari e non, di due milioni di lavoratori. Percentuali stravolte che, in parte, non stupiscono.

    Puntualmente, ad ogni sanatoria, la storia si ripete. L’incidenza degli uomini impiegati nel settore domestico, nel periodo compreso tra il 2012 e il 2019, è diminuita del 50%. “Ciò è riconducibile -come si legge nel Rapporto annuale sul settore domestico 2020 realizzato dalla Fondazione Leone Moressa (https://www.osservatoriolavorodomestico.it/documenti/Rapporto-2020-lavoro-domestico-osservatorio-domina.pdf) - a un ampio ricorso alla regolarizzazione del 2012 da parte di lavoratori domestici che poi, una volta ottenuto il permesso di soggiorno, hanno cambiato settore”. Motivo per cui, nell’aprile 2020, Asgi aveva richiesto al governo di promuovere una regolarizzazione non limitata a determinati settori produttivi ma che prevedesse la possibilità di regolarizzarsi attraverso un “permesso di soggiorno per ricerca occupazione -si legge nella proposta che aveva raccolto centinaia di adesioni- svincolando da possibili ricatti o dal mercato dei contratti che hanno contraddistinto tutte le pregresse regolarizzazioni”.

    “È evidente che il difetto sta nel manico -sottolinea Paggi, esperto di diritto del lavoro e dell’immigrazione- non si può scaricare la colpa sugli stranieri: la scelta sciagurata è stata fatta a monte, in un paradosso per cui con l’obiettivo di diminuire il lavoro nero lo aumenti. Chi è in attesa di essere regolarizzato come domestico, infatti, nel frattempo continua a portare avanti il suo ‘vero’ lavoro senza contratto”.

    Una problematica amplificata dalla lungaggine nella procedura di esame delle richieste. Secondo i dati ottenuti dal ilfattoquotidiano.it, alla data del 10 maggio 2021, gli sportelli unici delle prefetture hanno esaminato il 12,7% delle pratiche, delle quali circa l’11% sono state definite positivamente. Un’evidente lentezza già segnalata, a inizio marzo 2021, dai promotori della campagna Ero straniero che, pubblicando un report dettagliato sullo stato di avanzamento dell’esame delle domande, avevano descritto “un quadro preoccupante in tutti i territori con ritardi gravissimi e stime dei tempi di finalizzazione delle domande improbabili, di anni se non decenni”.

    Con riferimento alle diverse attività per cui si è chiesta la regolarizzazione, sempre nel settore domestico, più di 122mila domande sono state presentate per attività di “collaboratore familiare” (colf). Proprio sotto questa voce, il 69% del totale, registra la differenza più marcata tra richieste di uomini e donne, rispettivamente 89mila e 32mila. Peccato che, sempre l’Istat, segnali una minor incidenza dei colf uomini (7,8%) rispetto ai badanti (14,5%) sul totale degli impiegati. L’esatto opposto di quanto evidenziano i numeri della sanatoria.

    Infine, meno di un terzo sono le richieste per l’attività di “assistenza a persona non autosufficiente”, ovvero badanti in senso stretto. “Molte persone che in realtà ricoprono questo ruolo -continua Paggi- sono state assunte come collaboratori domestici perché un richiedono un diverso inquadramento in termini contrattuali, quindi una minor retribuzione annua. Non solo, dal mio osservatorio anche diversi lavoratori impiegati in agricoltura sono stati trasformati in collaboratori domestici”. Il motivo è squisitamente economico: nel caso di regolarizzazione di un rapporto di lavoro già esistente, il datore di lavoro avrebbe dovuto versare per ogni mese di impiego in nero un contributo di 300 euro al mese per gli agricoli, solamente 156 per i domestici. Un’ulteriore dimostrazione del fallimento della regolarizzazione nel settore agricolo: questo, nonostante l’ex ministra dell’Agricoltura Teresa Bellanova, tra le principali promotrici della sanatoria, avesse promosso il provvedimento con un occhio di riguardo verso i braccianti “invisibili”. Peccato che le domande riguardanti l’agricoltura siano state solamente il 15% delle 207mila totali.

    Delle 180mila persone in attesa, coloro che hanno dovuto cambiare impiego per ottenere un permesso di soggiorno restano, così, nell’impossibilità di svolgere regolarmente il proprio lavoro. “Per quanto verranno bloccati i lavoratori? -si domanda Paggi-. Per quanto tempo resteranno nel ‘nero’? Quanto guadagneranno le nostre casse esattoriali per questo periodo di stallo? Una sanatoria nata male e gestita peggio”.

    https://altreconomia.it/il-fallimento-della-sanatoria-2020-confermato-da-dati-inediti-sul-setto
    #Italie #régularisation #sans-papiers #migrations #chiffres #statistiques #secteur_domestique #femmes #permis_de_séjour

    • La sanatoria-miraggio: solo il 5% dei lavoratori è stato regolarizzato. A Roma neanche uno

      Ad un anno dall’apertura della finestra di emersione su 220mila domande esaminate solo 11mila. Niente assistenza sanitaria né vaccino. La campagna «Ero straniero» denuncia il fenomeno delle badanti «segregate» in casa per paura del contagio

      https://www.repubblica.it/cronaca/2021/06/01/news/la_sanatoria-miraggio_un_anno_dopo_a_roma_su_16_000_domande_neanche_un_permesso_di_soggiorno-303661422/?ref=RHTP-BH-I0-P1-S1-T1&__vfz=medium%3Dsharebar

    • Regolarizzazioni: a Roma 2 pratiche esaminate su 16mila domande

      In Italia delle 220.000 persone che hanno fatto richiesta, solo 11.000 (il 5%) hanno in mano un permesso di soggiorno per lavoro. Molto critica, in particolare, la situazione nelle grandi città. A un anno dall’apertura della finestra, il dossier di Ero Straniero

      «Tre mesi fa - dichiarano i promotori della campagna Ero straniero - abbiamo denunciato il grave ritardo accumulato nell’esame delle domande di emersione e regolarizzazione avviata nel 2020 con il decreto “rilancio”. Torniamo oggi, 1 giugno 2021, a un anno dall’apertura della finestra per presentare le domande, con un nuovo dossier di aggiornamento della situazione nei diversi territori, sulla base dei dati raccolti dal ministero dell’interno e da prefetture e questure attraverso una serie di accessi civici. Il quadro, seppur in lieve miglioramento, appare ancora grave in tutta Italia: delle 220.000 persone che hanno fatto richiesta, solo 11.000 (il 5%) hanno in mano un permesso di soggiorno per lavoro, mentre circa 20.000 sono in via di rilascio. Molto critica, in particolare, la situazione nelle grandi città: a Roma, al 20 maggio, su un totale di circa 16.000 domande ricevute, solo 2 pratiche sono arrivate alla fase conclusiva e non è stato ancora rilasciato alcun permesso di soggiorno. A Milano, su oltre 26.000 istanze ricevute in totale, poco più di 400 sono i permessi di soggiorno rilasciati».

      Nel dossier, oltre all’analisi dei dati relativi allo stato delle pratiche - riportati in formato aperto sul sito della campagna - sono state raccolte alcune testimonianze di chi sta aspettando di sapere se avrà o meno i documenti e potrà uscire dall’invisibilità. Ma anche di tanti datori di lavoro sconcertati per i tempi lunghissimi, come ha dichiarato un datore di lavoro a Bologna: “Io sono furioso. Sono nove mesi che non sappiamo niente. Ma si possono lasciare le famiglie appese così?”.

      Sono pesanti le conseguenze di tale ritardo sulla vita di queste persone e riguardano nuovi insormontabili ostacoli burocratici, a partire dalla difficoltà di accesso al sistema sanitario nazionale e alle vaccinazioni, con un impatto inevitabile anche a livello di salute pubblica nel contesto di emergenza che stiamo vivendo. Questa la testimonianza di un’assistente familiare in emersione a Milano: “Ti rimandano indietro. Dicono che con permesso provvisorio l’iscrizione al Servizio Sanitario non si può fare. Ma non è vero! Io ho diritto al medico di base! Quando sarò vaccinata? Ho 55 anni, le persone della mia età a Milano possono già prenotare su internet. E se io mi ammalo, chi sta con la mia signora, che ha 89 anni? Mi mandano via!”.

      Infine, il dossier prova a spiegare come mai, nonostante fosse stato previsto già nel decreto che ha dato il via alla “sanatoria”, il personale aggiuntivo destinato alle prefetture proprio per l’esame delle pratiche di regolarizzazione sia entrato effettivamente in servizio - e neanche dappertutto - solo i primi di maggio scorso, contribuendo significativamente al prolungarsi dei tempi per le decine di migliaia di pratiche negli uffici competenti in tutt’Italia.

      «Alla luce di quanto emerso dal monitoraggio di questi mesi - concludono i promotori - la campagna Ero straniero ribadisce la richiesta al ministero dell’interno di intervenire immediatamente per superare gli ostacoli burocratici e velocizzare l’iter delle domande, in modo che le quasi 200.000 persone ancora in attesa di risposta possano al più presto perfezionare l’assunzione. Nello stesso tempo, sappiamo chè non sarà sufficiente questa misura a risolvere il problema della creazione costante di nuova irregolarità, come dimostra quanto accaduto con le sanatorie negli ultimi vent’anni. Anche perché una gran parte di persone senza documenti ne è stata esclusa, vista la limitazione a pochi settori lavorativi. Continuiamo per questo a chiedere a governo e Parlamento un intervento a lungo termine che permetta di ampliare le maglie della regolarizzazione e favorire legalità e integrazione, a partire da uno strumento di emersione sempre accessibile, senza bisogno di sanatorie, che dia la possibilità a chi è già in Italia e rimane senza documenti, di regolarizzare la propria posizione se ha la disponibilità di un lavoro o è radicato nel territorio. E, più a monte, nuovi meccanismi di ingresso per lavoro o ricerca lavoro. Soluzioni, queste, previste nella proposta di legge di iniziativa popolare della campagna Ero straniero, ferma in Commissione affari costituzionali della Camera, la cui approvazione non può più aspettare».

      http://www.vita.it/it/article/2021/06/01/regolarizzazioni-a-roma-2-pratiche-esaminate-su-16mila-domande/159542

    • Pesanti i ritardi sulle regolarizzazioni: pratiche ferme al 25%

      “Dati sconfortanti” secondo la campagna Ero straniero quelli forniti dalla ministra Lamorgese che ha riposto oggi pomeriggio a un’interrogazione in Senato. Su oltre 200mila domande di emersione presentate nel 2020 quelle lavorate dalle prefetture sono poco più di 51mila. Critiche le situazione nelle grandi città come Roma e Milano

      I dati che la ministra dell’interno Lamorgese ha fornito oggi in Senato rispondendo alle 15, nel corso del question time, a un’interrogazione delle senatrici Bonino e De Petris, nata a partire dal monitoraggio che la campagna Ero straniero sta svolgendo ormai da un anno in merito all’avanzamento delle pratiche relative alla regolarizzazione straordinaria del 2020, sono definite in una nota «ancora sconfortanti».

      Da quanto riferito dalla ministra dell’Interno, su 207.870 domande di emersione presentate, 45.173 sono in via di conclusione con esito favorevole e la gran parte, circa 40.000, riguardano il settore domestico e di cura. Considerando anche rigetti e rinunce, sono 51.394 le pratiche lavorate dalle Prefetture (il 24,7%) sul totale di quelle presentate a quasi un anno dalla chiusura della finestra utile per mettersi in regola (15 agosto 2020). A queste si aggiungono 9.918 permessi di soggiorno per attesa occupazione rilasciati dalle questure che riguardano la seconda procedura prevista dalla sanatoria lo scorso anno nel decreto «rilancio».

      Giusto per avere un’idea dei tempi lunghissimi - sottolinea una nota della campagna -, si ricorda che dai risultati della ricognizione svolta sulla base dai dati forniti dal ministero dell’interno, a maggio scorso, delle oltre 200mila domande presentate in tutt’Italia, erano stati rilasciati per il primo canale di accesso all’emersione, meno di 30mila permessi di soggiorno per lavoro, con situazioni molto critiche nelle grandi città: a Roma, al 20 maggio, su un totale di circa 16mila domande ricevute, solo 2 pratiche erano arrivate alla fase conclusiva e non era stato ancora rilasciato alcun permesso di soggiorno. A Milano, su oltre 26mila istanze ricevute, poco più di 400 erano i permessi di soggiorno rilasciati.

      La nota prosegue: “Nonostante i piccoli passi in avanti, come campagna Ero straniero non possiamo che esprimere nuovamente la nostra preoccupazione per il grave ritardo in cui versa l’esame delle domande. Tale ritardo, nella realtà, significa precarietà e incertezza per decine di migliaia di lavoratori e lavoratrici presenti nel nostro Paese, da un punto di vista sociale e sanitario. Ancora una volta, dunque, ribadiamo la richiesta al governo di intervenire immediatamente per velocizzare l’esame delle domande e portarle a conclusione; al Parlamento continuiamo a chiedere, invece, un intervento a lungo termine che favorisca legalità e integrazione, senza bisogno di sanatorie, come previsto nella proposta di legge di iniziativa popolare della campagna Ero straniero, ferma in Commissione affari costituzionali della Camera da oltre un anno”.

      Ero straniero è promossa da: Radicali Italiani, A Buon Diritto, Oxfam Italia, ActionAid Italia, ASGI,CNCA, Fondazione Casa della carità “Angelo Abriani”, ARCI, Centro Astalli, Fcei - Federazione Chiese Evangeliche in Italia, CILD, ACLI, Legambiente Onlus, ASCS - Agenzia Scalabriniana per la Cooperazione allo Sviluppo, AOI, con il sostegno di numerosi sindaci e decine di organizzazioni.

      http://www.vita.it/it/article/2021/07/22/pesanti-i-ritardi-sulle-regolarizzazioni-pratiche-ferme-al-25/160103

  • #Jess_GRANT : 10 façons dont l’idéologie du genre fonctionne comme une #secte
    https://tradfem.wordpress.com/2021/05/15/10-facons-dont-lideologie-du-genre-fonctionne-comme-une-secte

    Voici 10 façons dont l’idéologie transgenriste reproduit les tactiques de base d’une secte :
    SENTIMENT D’APPARTENANCE . Le culte transgenriste offre avant tout un sentiment d’appartenance, renforcé par des croyances qui distinguent ses adhérents du reste de la société (appelé “Babylone”). Les membres du culte sont « différents » et constituent des “élus”. Les hérétiques sont considérés comme Les Autres et diabolisés. Dans le cas présent, la lutte contre « l’hétéronormativité cis-genre » donne aux membres une collectivité extérieure à détester. En avant, soldats transgenres… !
    JARGON SPÉCIALISÉ . Les sectes ont un langage codé qui les distingue. La scientologie se sert des expressions “Engrams”, “Thetans”, “devenir clair” et Sea Org. L’idéologie transgenriste promeut des mots comme “neutrois”, “demiboy”, “cisgenre” et l’insulte “TERF”, tous apparemment créés par des universitaires des “études queer”. Pour moi, c’est un énorme voyant rouge qui s’allume quand des mots d’usage courant, comme « femme », commencent à perdre leur sens.
    ISOLEMENT SOCIAL. Les sectes séparent chaque nouvelˑle adhérentˑe de sa famille et de ses amiˑes, l’isolant de ses systèmes de soutien pour mieux l’endoctriner. Des adolescentˑs confusˑes sont recrutéˑes et manipuléˑes en ligne par des vloggers et des influenceurˑes qui vantent le mode de vie trans, exhortant les enfants à rejeter leurs parents “transphobes” en faveur d’une nouvelle “famille branchée”.
    DOCTRINE FONDÉE SUR UNE FOI. Les sectes exigent que leurs membres fassent un acte de foi et adhèrent à des convictions insensées

    Version originale : 10 Ways Gender Ideology Resembles a Cult
    Traduction : #TRADFEM

  • La garantie d’emploi, un outil au potentiel révolutionnaire | Romaric Godin
    http://www.contretemps.eu/chomage-economie-garantie-emploi-depassement-capitalisme

    L’ouvrage de Pavlina Tcherneva qui inaugure la collection « Économie politique » avance une proposition qui peut paraître a priori insensée : fournir à tous les citoyens qui le souhaitent un travail rémunéré, permettant de vivre décemment. Tout l’intérêt de son propos est de montrer que, précisément, cette proposition n’a rien d’insensé, mais qu’elle est parfaitement réalisable pour peu que l’on se libère de certaines certitudes qui ne sont que des constructions politiques. L’idée que le chômage soit le mode d’ajustement « normal » de l’économie est déjà un choix politique remarquablement déconstruit par l’autrice. Source : (...)

  • Usbek & Rica - « QAnon » : le méta-complot ultime de l’ère Trump
    https://usbeketrica.com/fr/article/qanon-ou-le-meta-complotisme-ultime-de-l-ere-trump

    Car l’ampleur des prétendus « complots » que #QAnon dit vouloir « mettre au jour » est gigantesque. Dans les grandes lignes de cet agrégat de #théories plus farfelues les unes que les autres, une organisation criminelle impliquant la famille Rothschild, Barack Obama ou encore les stars d’Hollywood dirigeraient secrètement les États-Unis depuis plusieurs décennies. Une sorte de #secte responsable de tous les malheurs du monde, à laquelle chaque président américain depuis Kennedy aurait secrètement appartenu… jusqu’à l’élection de Donald Trump, désigné par les adeptes de QAnon comme leur « sauveur » capable de faire tomber cet « État profond #pédo-satanique ».

    L’une des obsessions de QAnon renvoie effectivement à l’idée selon laquelle une « armée » d’opposants à ce supposé #complot mondial aurait réussi à convaincre Donald Trump de se présenter à l’élection présidentielle de 2016. Ce dernier ayant pris le contrôle du pays, il serait désormais chargé d’arrêter les « élites » pour leurs différents crimes (détournements de fonds, trafics d’enfants, etc.) et de les envoyer dans le camp militaire de Guantánamo. Cette « purge à venir » est surnommée par les pro-QAnon « La Tempête », en référence à l’expression « Le calme avant la tempête » que Donald Trump avait prononcé lors d’un discours en octobre 2017. En attendant, les « vrais patriotes » n’auraient plus d’autre choix que « d’ouvrir les yeux » afin d’embrasser, selon le hashtag consacré (#GreatAwakening sur Twitter), « la vérité qui leur était cachée jusque-là ».

  • L’#Université, le #Covid-19 et le danger des #technologies_de_l’éducation

    La crise actuelle et la solution proposée d’un passage des enseignements en ligne en urgence ont accéléré des processus systémiques déjà en cours dans les universités britanniques, en particulier dans le contexte du Brexit. Même si l’enseignement en ligne peut avoir une portée radicale et égalitaire, sa pérennisation dans les conditions actuelles ouvrirait la voie à ce que les fournisseurs privés de technologies de l’éducation (edtech d’après l’anglais educational technology) imposent leurs priorités et fassent de l’exception une norme.

    Mariya Ivancheva, sociologue à l’université de Liverpool dont les recherches portent sur l’enseignement supérieur, soutient que nous devons repenser ce phénomène et y résister, sans quoi le secteur de l’enseignement supérieur britannique continuera d’opérer comme un outil d’extraction et de redistribution de l’argent public vers le secteur privé.

    *

    Avec la propagation mondiale du coronavirus et la désignation du COVID-19 comme pandémie par l’Organisation mondiale de la santé le 11 mars, les universités de nombreux pays ont eu recours à l’enseignement en ligne. Rien qu’aux États-Unis, dès le 12 mars, plus de 100 universités sont passées à l’enseignement à distance. Depuis, rares sont les pays où au moins une partie des cours n’est pas dispensée en ligne. Les prestataires de services d’enseignement privés ont été inondés de demandes de la part des universités, qui les sollicitaient pour faciliter le passage à l’enseignement à distance.

    Au Royaume-Uni, la réticence initiale du gouvernement et des directions de certaines institutions d’enseignement supérieur à imposer des mesures de distanciation sociale et à fermer les établissements ont mené plusieurs universités à prendre cette initiative de leur propre chef. Le 23 mars, lorsque les règles de confinement et de distanciation sociale ont finalement été introduites, la plupart des universités avaient déjà déplacé leurs cours en ligne et fermé la plus grande partie de leur campus, à l’exception des « services essentiels ». Si un débat sur les inégalités face à l’université dématérialisée a eu lieu (accès aux ordinateurs, à une connexion Internet sécurisée et à un espace de travail calme pour les étudiant.e.s issus de familles pauvres, vivant dans des conditions défavorables, porteurs de responsabilités familiales ou d’un handicap), l’impact sur le long terme de ce passage en ligne sur le travail universitaire n’a pas été suffisamment discuté.

    Ne pas laisser passer l’opportunité d’une bonne crise

    Étant donnée la manière criminelle dont le gouvernement britannique a initialement répondu à la crise sanitaire, un retard qui aurait coûté la vie à plus de 50 000 personnes, les mesures de confinement et de distanciation prises par les universités sont louables. Toutefois, la mise en ligne des enseignements a également accéléré des processus déjà existants dans le secteur universitaire au Royaume-Uni.

    En effet, surtout depuis la crise de 2008, ce secteur est aux prises avec la marchandisation, les politiques d’austérité et la précarisation. Désormais, il doit également faire aux conséquences du Brexit, qui se traduiront par une baisse des financements pour la recherche provenant de l’UE ainsi que par une diminution du nombre d’étudiant.e.s européens. Entre l’imminence d’une crise économique sans précédent, les craintes d’une baisse drastique des effectifs d’étudiant.e.s étranger/ères payant des frais de scolarité pour l’année académique à venir et le refus du gouvernement de débourser deux milliards de livres pour renflouer le secteur, la perspective d’une reprise rapide est peu probable.

    Le passage en ligne a permis à de nombreux étudiant.e.s de terminer le semestre et l’année académique : pourtant, les personnels enseignants et administratifs n’ont reçu que de maigres garanties face à la conjoncture. Pour les enseignements, les universités britanniques dépendent à plus de 50% de travailleurs précaires, ayant des contrats de vacation souvent rémunérés à l’heure et sur demande (« zero-hour contract » : contrat sans horaire spécifié). Si certaines universités ont mis en place des systèmes de congé sans solde ou de chômage partiel pour faire face à la pandémie, la majorité d’entre elles envisage de renvoyer les plus vulnérables parmi leurs employés.

    Parallèlement, les sociétés prestataires d’edtech, qui sollicitaient auparavant les universités de manière discrète, sont désormais considérées comme des fournisseurs de services de « premiers secours » voire « palliatifs ». Or, dans le contexte actuel, la prolongation de ces modes d’enseignements entraînerait une précarisation et une externalisation accrues du travail universitaire, et serait extrêmement préjudiciable à l’université publique.

    Les eaux troubles de l’enseignement supérieur commercialisé

    Au cours des dernières décennies, le domaine universitaire britannique a connu une énorme redistribution des fonds publics vers des prestataires privés. Les contributions du public et des particuliers à l’enseignement supérieur se font désormais par trois biais : les impôts (budgets pour la recherche et frais de fonctionnement des universités), les frais d’études (frais de scolarité, frais de subsistance et remboursement des prêts étudiants) et par le port du risque de crédit pour les prêts étudiants (reconditionnés en dette et vendus aux investisseurs privés)[1].

    Lorsque les directions des universités mettent en œuvre des partenariats public-privé dont les conditions sont largement avantageuses pour le secteur privé, elles prétendent que ces contrats profitent au « bien public », et ce grâce à l’investissement qu’ils permettraient dans les infrastructures et les services, et parce qu’ils mèneraient à la création d’emplois et donc à de la croissance. Mais cette rhétorique dissimule mal le fait que ces contrats participent en réalité à un modèle d’expansion de l’université fondé sur la financiarisation et le non-respect des droits des travailleurs dont les conditions de travail deviennent encore plus précaires.

    À cet égard, les retraites des universitaires ont été privatisées par le biais d’un régime appelé Universities Superannuation Scheme (USS), dont il a été divulgué qu’il s’agissait d’un régime fiscal offshore. Par ailleurs, les universités britanniques, très bien notées par les agences de notation qui supposent que l’État les soutiendrait le cas échéant, ont été autorisées à emprunter des centaines de millions de livres pour investir dans la construction de résidences étudiantes privées, s’engageant à une augmentation exponentielle du nombre d’étudiant.e.s.

    Le marché de la construction des résidences universitaires privées atteignait 45 milliards de livres en 2017, et bénéficiait souvent à des sociétés privées offshores. Les étudiant.e.s sont ainsi accueillis dans des dortoirs sans âme, fréquentent des infrastructures basiques (par exemple les installations sportives), alors qu’ils manquent cruellement d’accès aux services de soutien psychologique et social, ou même tout simplement de contact direct avec leurs enseignants, qu’ils voient souvent de loin dans des amphithéâtres bondés. Ces choix ont pour résultat une détérioration dramatique de la santé mentale des étudiant.e.s.

    Avec des frais universitaires pouvant aller jusqu’à £9 000 par an pour les études de premier cycle et dépassant parfois £20 000 par an en cycle de masters pour les étudiant.e.s étranger/ères (sans compter les frais de subsistance : nourriture, logement, loisirs), la dette étudiante liée à l’emprunt a atteint 121 milliards de livres. La prévalence d’emplois précaires et mal payés sur le marché du travail rend à l’évidence ces prêts de plus en plus difficiles à rembourser.

    Enfin, le financement de la recherche provient toujours principalement de sources publiques, telles que l’UE ou les comités nationaux pour la recherche. Candidater pour ces financements extrêmement compétitifs demande un énorme investissement en temps, en main d’œuvre et en ressources. Ces candidatures sont cependant fortement encouragées par la direction des universités, en dépit du faible taux de réussite et du fait que ces financements aboutissent souvent à des collaborations entre université et industrie qui profitent au secteur privé par le biais de brevets, de main-d’œuvre de recherche bon marché, et en octroyant aux entreprises un droit de veto sur les publications.

    Les edtech entrent en scène

    Dans le même temps, les sociétés d’edtech jouent un rôle de plus en plus important au sein des universités, profitant de deux changements du paradigme véhiculé par l’idéologie néolibérale du marché libre appliquée à l’enseignement supérieur – ainsi qu’à d’autres services publics.

    D’abord, l’idée de services centrés sur les « utilisateurs » (les « apprenants »selon la terminologie en cours dans l’enseignement), s’est traduite concrètement par des coûts additionnels pour le public et les usagers ainsi que par l’essor du secteur privé, conduisant à l’individualisation accrue des risques et de la dette. Ainsi, la formation professionnelle des étudiant.e.s, autrefois proposée par les employeurs, est désormais considérée comme relevant de la responsabilité des universités. Les universitaires qui considèrent que leur rôle n’est pas de former les étudiant.e.s aux compétences attendues sur le marché du travail sont continuellement dénigrés.

    Le deuxième paradigme mis en avant par les sociétés edtech pour promouvoir leurs services auprès des universités est celui de l’approche centrée sur les « solutions ». Mais c’est la même « solution » qui est invariablement proposée par les sociétés edtech, à savoir celle de la « rupture numérique », ou, en d’autres termes, la rupture avec l’institution universitaire telle que nous la connaissons. En réponse aux demandes en faveur d’universités plus démocratiques et égalitaires, dégagées de leur soumission croissante aux élites au pouvoir, les sociétés edtech (dont la capitalisation s’élève à des milliards de dollars) se présentent comme offrant la solution via les technologies numériques.

    Elles s’associent à une longue histoire où le progrès technologique (que ce soit les lettres, la radio, les cassettes audio ou les enregistrements vidéo) a effectivement été mis au service d’étudiant.e.s « atypiques » tels que les travailleurs, les femmes, les personnes vivant dans des zones d’accès difficile, les personnes porteuses de handicap ou assumant des responsabilités familiales. L’éducation ouverte par le biais par exemple de webinaires gratuits, les formations en ligne ouvertes à tous (MOOC), les ressources éducatives disponibles gratuitement et les logiciels open source suivaient à l’origine un objectif progressiste d’élargissement de l’accès à l’éducation.

    Toutefois, avec le passage en ligne des enseignements dans un secteur universitaire fortement commercialisé, les technologies sont en réalité utilisées à des fins opposées. Avant la pandémie de COVID-19, certaines universités proposaient déjà des MOOC, des formations de courte durée gratuites et créditées et des diplômes en ligne par le biais de partenariats public-privé avec des sociétés de gestion de programmes en ligne.

    Au sein du marché général des technologies de l’information, ces sociétés représentent un secteur d’une soixantaine de fournisseurs, estimé à 3 milliards de dollars et qui devrait atteindre 7,7 milliards de dollars d’ici 2025 – un chiffre susceptible d’augmenter avec les effets de la pandémie. Le modèle commercial de ces partenariats implique généralement que ces sociétés récoltent entre 50 à 70% des revenus liés aux frais de scolarité, ainsi que l’accès à des mégadonnées très rentables, en échange de quoi elles fournissent le capital de démarrage, la plateforme, des services de commercialisation et une aide au recrutement et assument le coût lié aux risques.

    L’une des différences essentielles entre ces sociétés et d’autres acteurs du secteur des technologies de l’éducation proposant des services numériques est qu’elles contribuent à ce qui est considéré comme le « cœur de métier » : la conception des programmes, l’enseignement et le soutien aux étudiant.e.s. Une deuxième différence est que, contrairement à d’autres prestataires d’enseignement privés, ces sociétés utilisent l’image institutionnelle d’universités existantes pour vendre leur produit, sans être trop visibles.

    Normaliser la précarisation et les inégalités

    Le secteur de la gestion des programmes en ligne repose sur une charge importante de travail académique pour les employés ainsi que sur le recours à une main-d’œuvre précaire et externalisée. Ceci permet aux sociétés bénéficiaires de contourner la résistance organisée au sein des universités. De nombreux MOOC, formations de courte durée et des diplômes en ligne en partenariat avec ces sociétés font désormais partie de l’offre habituelle des universités britanniques.

    La charge de travail académique déjà croissante des enseignants est intensifiée par les enseignements en ligne, sans rémunération supplémentaire, et alors même que de tels cours demandent une pédagogie différente et prennent plus de temps que l’enseignement en classe. Avec la transformation de l’enseignement à distance d’urgence en une offre d’« éducation en ligne », ces modalités pourraient devenir la nouvelle norme.

    L’université de Durham a d’ailleurs tenté d’instaurer un dangereux précédent à cet égard, qui en présage d’autres à venir. L’université a conclu un accord avec la société Cambridge Education Digital (CED), afin d’offrir des diplômes entièrement en ligne à partir de l’automne 2020, sans consultation du personnel, mais en ayant la garantie de CED que seules six heures de formation étaient nécessaires pour concevoir et délivrer ces diplômes.

    Dans le même temps, les sociétés de gestion de programmes en ligne ont déjà recruté de nombreux·ses travailleur/euses diplômé·e·s de l’éducation supérieure, souvent titulaires d’un doctorat obtenu depuis peu, cantonné·e·s à des emplois précaires, et chargés de fournir un soutien académique aux étudiant.e.s. Il s’agit de contrats temporaires, sur la base d’une rémunération à la tâche, peu sécurisés et mal payés, comparables à ceux proposés par Deliveroo ou TaskRabbit. Ces employés, qui ne sont pas syndiqués auprès du même syndicat que les autres universitaires, et qui sont souvent des femmes ou des universitaires noirs ou issus de minorités racisées, désavantagés en matière d’embauche et de promotion, seront plus facilement ciblé·e·s par les vagues de licenciement liées au COVID-19.

    Cela signifie également qu’ils/elles seront utilisé·e·s – comme l’ont été les universitaires des agences d’intérim par le passé – pour briser les piquets de grève lors de mobilisations à l’université. Ce système se nourrit directement de la polarisation entre universitaires, au bénéfice des enseignant·e·s éligibles aux financements de recherche, qui s’approprient les recherches produites par les chercheur/ses précaires et utilisent le personnel employé sur des contrats uniquement dédiés à l’enseignement [pour fournir les charges d’enseignement de collègues déchargés]. Il s’agit là de pratiques légitimées par le mode de financement de l’UE et des comités nationaux pour la recherche ainsi que par le système de classements et d’audits de la recherche.

    Avec le COVID-19, le modèle proposé par les entreprises de gestion de programmes en ligne, fondé sur l’externalisation et la privatisation des activités de base et de la main-d’œuvre de l’université, pourrait gagner encore plus de terrain. Ceci s’inscrit en réalité dans le cadre d’un changement structurel qui présagerait la fin de l’enseignement supérieur public. Le coût énorme du passage en ligne – récemment estimé à 10 millions de livres sterling pour 5-6 cours en ligne par université et 1 milliard de livres sterling pour l’ensemble du secteur – signifie que de nombreuses universités ne pourront pas se permettre d’offrir des enseignements dématérialisés.

    De plus, les sociétés de gestion de programmes en ligne ne travaillent pas avec n’importe quelle université : elles préfèrent celles dont l’image institutionnelle est bien établie. Dans cette conjoncture, et compte tenu de la possibilité que de nombreux/ses étudiant.e.s annulent (ou interrompent) leur inscription dans une université du Royaume-Uni par crainte de la pandémie, de nombreuses universités plus petites et moins visibles à l’échelle internationale pourraient perdre un nombre importante d’étudiant.e.s, et le financement qui en découle.

    En dépit de tous ces éléments, l’appel à une réglementation et à un plafonnement du nombre d’étudiant.e.s admis par chaque institution, qui permettraient une redistribution sur l’ensemble du secteur et entre les différentes universités, semble tomber dans l’oreille d’un sourd.

    Un article sur le blog de Jo Johnson, ancien ministre de l’Éducation et frère du Premier ministre britannique, exprime une vision cynique de l’avenir des universités britanniques. Sa formule est simple : le gouvernement devrait refuser l’appel au soutien des universités moins bien classées, telles que les « instituts polytechniques », anciennement consacrés à la formation professionnelle et transformés en universités en 1992. Souvent davantage orientées vers l’enseignement que vers la recherche, ceux-ci n’ont que rarement des partenariats avec des sociétés de gestion de programmes en ligne ou une offre de cours à distance. Selon Johnson, ces universités sont vouées à mourir de mort naturelle, ou bien à revenir à leur offre précédente de formation professionnelle.

    Les universités du Groupe Russell[2], très concentrées sur la recherche, qui proposent déjà des enseignements dématérialisés en partenariat avec des prestataires de gestion des programmes en ligne, pourraient quant à elles se développer davantage, à la faveur de leur image institutionnelle de marque, et concentreraient ainsi tous les étudiant.e.s et les revenus. Ce qu’une telle vision ne précise pas, c’est ce qu’il adviendrait du personnel enseignant. Il est facile d’imaginer que les nouvelles méga-universités seraient encore plus tributaires des services de « soutien aux étudiant.e.s » et d’enseignement dispensés par des universitaires externalisés, recrutés par des sociétés de gestion des programmes en ligne avec des contrats à la demande, hyper-précaires et déprofessionnalisés.

    Lieux de lutte et de résistance

    Ce scénario appelle à la résistance, mais celle-ci devient de plus en plus difficile. Au cours des six derniers mois, les membres du syndicat « University and College Union » (UCU) ont totalisé 22 jours de grève. L’une des deux revendications portées par cette mobilisation, parmi les plus longues et les plus soutenues dans l’enseignement supérieur britannique, portait sur les retraites.

    La seconde combinait quatre revendications : une réduction de la charge de travail, une augmentation des salaires sur l’ensemble du secteur (ils ont diminué de 20% au cours de la dernière décennie), s’opposer à la précarisation, et supprimer les écarts de rémunération entre hommes et femmes (21%) et ceux ciblant les personnes racisées (26%). Les employeurs, représentés par « Universities UK » et l’Association des employeurs « Universities and Colleges », n’ont jusqu’à présent pas fait de concessions significatives face à la grève. La crise du COVID-19 a limité l’option de la grève, alors que l’augmentation de la charge de travail, la réduction des salaires et la précarisation sont désormais présentées comme les seules solutions pour faire face à la pandémie et aux crises économiques.

    Dans ce contexte, le passage vers l’enseignement en ligne doit devenir un enjeu central des luttes des syndicats enseignants. Toutefois, la possibilité de mener des recherches sur ce processus – un outil clé pour les syndicats – semble limitée. De nombreux contrats liant les universités et les entreprises de gestion de programme en ligne sont conclus sans consultation du personnel et ne sont pas accessibles au public. En outre, les résultats de ces recherches sont souvent considérés comme nocifs pour l’image des sociétés.

    Pourtant, un diagnostic et une réglementation des contrats entre les universités et ces entreprises, ainsi que celle du marché de l’edtech en général, sont plus que jamais nécessaires. En particulier, il est impératif d’en comprendre les effets sur le travail universitaire et de faire la lumière sur l’utilisation qui est faite des données collectées concernant les étudiant.e.s par les sociétés d’edtech. Tout en s’opposant aux licenciements, l’UCU devrait également se mettre à la disposition des universitaires travaillant de manière externalisée, et envisager de s’engager dans la lutte contre la sous-traitance du personnel enseignant.

    Bien que tout cela puisse aujourd’hui sembler être un problème propre au Royaume-Uni, la tempête qui y secoue aujourd’hui le secteur de l’enseignement supérieur ne tardera pas à se propager à d’autres contextes nationaux.

    Traduit par Céline Cantat.

    Cet article a été publié initialement sur le blog du bureau de Bruxelles de la Fondation Rosa Luxemburg et de Trademark Trade-union.
    Notes

    [1] La réforme de 2010 a entraîné le triplement des droits d’inscriptions, qui sont passés de 3000 à 9000 livres (soit plus de 10 000 euros) par an pour une année en licence pour les étudiant.e.s britanniques et originaires de l’UE (disposition qui prendra fin pour ces dernier.e.s avec la mise en œuvre du Brexit). Le montant de ces droits est libre pour les étudiant.e.s hors-UE, il équivaut en général au moins au double. Il est également bien plus élevé pour les masters.

    [2] Fondé en 1994, le Russell Group est un réseau de vingt-quatre universités au Royaume-Uni censé regrouper les pôles d’excellence de la recherche et faire contrepoids à la fameuse Ivy League étatsunienne.

    https://www.contretemps.eu/universite-covid19-technologies-education

    #le_monde_d'après #enseignement #technologie #coronavirus #facs #UK #Angleterre #distanciel #enseignement_en_ligne #privatisation #edtech #educational_technology #Mariya_Ivancheva #secteur_privé #enseignement_à_distance #dématérialisation #marchandisation #austérité #précarisation #Brexit #vacation #précaires #vacataires #zero-hour_contract #externalisation #ESR #enseignement_supérieur #partenariats_public-privé #financiarisation #conditions_de_travail #Universities_Superannuation_Scheme (#USS) #fiscalité #résidences_universitaires_privées #immobilier #santé_mentale #frais_universitaires #dette #dette_étudiante #rupture_numérique #technologies_numériques #MOOC #business #Cambridge_Education_Digital (#CED) #ubérisation #Russell_Group

  • Uncertain future for migrant workers, in a post-pandemic world | | UN News
    https://news.un.org/en/story/2020/09/1072562

    Gary Rynhart: When COVID-19 spread around the world, many migrants were shipped home unceremoniously or left to fend for themselves. Migrants have also – because of the sectors they work in, and the poor conditions in which many lower skilled migrants live and work – been vectors for spreading the virus. Examples we’ve seen include workers in meat factories in Germany, and construction workers in the United Arab Emirates and Singapore.
    UN News: are migrants more likely to have lost work, due to the economic crisis?
    Gary Rynhart: Job losses have often hit migrant workers hardest, because they are more likely to work in informal jobs which can lack safety nets, in case of job loss or illness. This is particularly the case for migrants in developing countries, and temporary migrants, such as seasonal workers, where social protection tends, at best, to be limited to work injury compensation or health benefits.Over thirty countries in the world get more than 10 per cent of their GDP from remittances. This money sent home by around one billion workers overseas or internally to their families is collectively higher than either foreign direct investment or official development assistance. It was almost three-quarters of a billion dollars last year. The World Bank estimates a drop of 20% this year. Families across the developing world are being impacting, creating ripple effects throughout their economies.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#economie#futur#transfert#transmission#travailleurmigrant#secteurinformel

  • D’un autre côté, l’idée que le cerveau d’un porc est ce qu’il y a de plus proche du cerveau d’Elon Musk n’est pas totalement absurde.

    À quoi sert la puce connectée d’Elon Musk, implantée dans le cerveau d’un cochon ?
    https://www.lci.fr/sciences/a-quoi-sert-la-puce-connectee-d-elon-musk-implantee-dans-le-cerveau-d-un-cochon-

    Des personnes pourraient alors débourser quelques milliers de dollars pour doter leur cerveau d’une puissance informatique.

    […]

    Mais rien ne refroidit les ardeurs du milliardaire, qui veut coloniser Mars et craint que les technologies d’intelligence artificielle (IA) ne transforment les humains en « chats domestiques » des ordinateurs. La puce est ainsi censée nous permettre d’arriver à une « symbiose avec l’IA ».

    […]

    Faisant référence à un épisode de la série Black Mirror, qui enchaîne les scénarios cauchemardesques où les humains sont dépassés par les technologies, Elon Musk a aussi affirmé qu’il serait possible de stocker ses souvenirs sous forme numérisée. « Vous pourrez sauvegarder vos souvenirs, et aussi potentiellement les télécharger dans un autre corps ou dans un robot », a-t-il déclaré. « Le futur va être bizarre. »

    Rien d’original donc, on est très exactement dans le roman biblique de la #secte_transhumaniste. La seule différence, c’est qu’on découvre que l’homme sera finalement dominé non seulement par les ordinateurs, mais aussi par des cochons-cyborgs.

  • Covid-19 : Malte cherche un bateau sur lequel confiner des migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/26600/covid-19-malte-cherche-un-bateau-sur-lequel-confiner-des-migrants

    Le gouvernement maltais envisage d’avoir recours à des entreprises privées pour louer un bateau et un équipage capables d’organiser des mises en quarantaine de migrants contaminés au coronavirus. Le prix d’une telle opération pourrait osciller entre 12 400 euros et 150 000 euros la journée.
    Pour se protéger du Covid dont pourraient être atteints des migrants nouvellement arrivés, Malte se tourne vers des solutions coûteuses. Fin juillet, les autorités maltaises ont annoncé qu’elles envisageaient de placer désormais les migrants en quarantaine à bord de bateaux, une fois que ces personnes ont été recueillies en mer, et ont lancé un appel d’offre, indique le journal maltais Times of Malta. Malte recherche ainsi un bateau qui pourrait accueillir jusqu’à 200 migrants contaminés par le coronavirus pour des quarantaines allant jusqu’à un mois. En plus de la location du bateau, les entreprises candidates doivent inclure dans leur devis la prise en charge de la nourriture, du nettoyage, de l’essence, de la sécurité, et fournir un équipage, précise encore le quotidien local.

    #Covid-19#migrant#migration#malte#sante#confinement#quarantaine#secteurprive#priseencharge

  • Au #Royaume-uni la #COVID-19 est utilisée comme moyen de promouvoir le #secteur_privé de la #santé via la #sous-traitance :

    The Pro-Privatization Shock Therapy of the UK’s Covid Response | by Rachel Shabi | The New York Review of Books
    https://www.nybooks.com/daily/2020/07/08/the-pro-privatization-shock-therapy-of-the-uks-covid-response
    https://cdn.nybooks.com/wp-content/uploads/2020/07/GettyImages-1224909889.jpeg

    Boris Johnson won last year’s December election on promises of Brexit, but also state investment and “leveling up” neglected regions of the country. And yet, facing the coronavirus crisis, his party’s instinct was to shore up the private sector: a pandemic version of “disaster capitalism,” to borrow Naomi Klein’s coining from her 2007 book The Shock Doctrine. Britain’s public health sector, a cash-strapped, eroded, but functioning network comprising the National Health Service (NHS), general-practice clinics, and local authority health officials, has been repeatedly sidelined in favor of outsourced alternatives. As Allyson Pollock, a professor of public health at Newcastle University, put it to The New York Times recently: “They’re basically trying to build a centralized, parallel, privatized system.”

    This happened even as scientists and health experts urged government to use the existing, practiced, and more effective public sector. It happened while UK media reports from countries that got a better grip on the coronavirus crisis, from Germany to the Indian state of Kerala, showed the vital part played by public health care. I spoke to Dr. Tony O’Sullivan, the co-chair of the campaign group Keep Our NHS Public, who said the pandemic has been exploited as an opportunity “for those who have been trying to return healthcare to the private sector, a long-standing project.” Putting Covid-19 contracts in private hands undermined Britain’s coronavirus response at the beginning of the pandemic and leaves it still lurching today.

    #santé_publique #sans_vergogne

  • Destructions à Marseille : quelle différence avec l’ancienne municipalité ?
    https://www.latribunedelart.com/destructions-a-marseille-quelle-difference-avec-l-ancienne-municipa

    Il y a trois semaines, nous nous sommes rendu à Marseille afin d’enquêter sur l’effondrement de la rue d’Aubagne et les destructions prévues. Nous avons alors découvert, ce que nous ignorions, l’ampleur du problème qui ne se limite pas à la rue d’Aubagne, mais concerne plusieurs quartiers faisant pourtant partie de sites patrimoniaux remarquables, le nouveau nom des secteurs sauvegardés.

    Finalement, ce changement de nom avait un sens. S’ils sont remarquables, ils ne sont plus sauvegardés. Car entre temps, la loi Elan, voulue par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, a été votée et promulguée. Et celle-ci a eu les effets qu’on pouvait redouter : il suffit de décréter en péril des immeubles se trouvant en secteur sauvegardé pour que l’on puisse les détruire, quel que soit l’avis de l’architecte des bâtiments de France. Un exemple saisissant est donné actuellement à Marseille, un exemple que nous avions prévu de citer dans un article plus développé mais qui devenait urgent à écrire puisque la destruction définitive est prévue demain, le 9 juillet 2020.

    Si le maire et la couleur politique ont changé, les pratiques demeurent hélas. La nouvelle municipalité - nous avons contacté en urgence le premier adjoint, Benoît Payan, qui ne nous a pas répondu - est bien dans la ligne marseillaise : de Gaston Defferre à Jean-Claude Gaudin, ses maires n’ont jamais considéré le patrimoine comme une priorité (c’est un euphémisme de le dire).


    2. Les immeubles 4, 6, 8 rue de la Butte, en juin 2020, Photo : Didier Rykner


    3. Les immeubles 4, 6, 8 rue de la Butte, 8 juillet au soir après début des démolitions Photo : S. R.

    Les maisons en question se trouvent à proximité immédiate de la porte d’Aix (ill. 1), ce qui aurait dû les protéger à un double titre. Remarquons que pour nous, qui avons connu ce quartier il y a de nombreuses années, la mairie avait pourtant fait beaucoup pour restaurer, nettoyer et embellir l’endroit qui n’était alors qu’un no man’s land absolument infréquentable (il était pratiquement impossible de s’approcher de l’arc sous lequel était un véritable cloaque). Pourquoi, dans ces conditions, détruire ces immeubles anciens qui ont un véritable intérêt, reconnu comme tel par le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur ? On se perd en conjecture. Car contrairement à ce que prétend la ville, ces immeubles, fragilisés par des démolitions d’édifices qui les entouraient (et qui n’avaient pas d’intérêt patrimonial), menés dans le cadre du projet Euroméditerranée, sont parfaitement restaurables. Si l’on trouve toujours des experts complaisants pour justifier l’injustifiable, d’autres expertises, notamment celles demandées par la copropriété du n° 6 (le jaune, qui se trouve entre les deux autres) le démontrent. L’une d’entre elle conclut sans ambiguïté : « Nous engageons notre responsabilité à dire que ce bâtiment ne présente aucun risque d’effondrement à ce jour. Tous les éléments analysés ne peuvent démontrer un défaut grave de la structure extérieur. Les façades fissurées ont suscité une présomption de dégradation structurelle qui est malgré tout minime grâce au travaux de renforcement de plancher réaliser les années précédentes. » Il explique ensuite ce qu’il faut faire pour consolider l’immeuble.

    D’ailleurs, le soi-disant risque « imminent » d’effondrement n’était pas si imminent, puisqu’il était constaté il y a presque un an. Les bâtiments étant évacués, et leurs abords sécurisés, rien ne justifie donc leur démolition plutôt que leur restauration. On apprend d’ailleurs, en lisant l’arrêté de « déconstruction », que l’on trouve en ligne (toujours ce terme ridicule employé par des mairies car cela fait sans doute plus joli que « destruction » ou « démolition »), que l’architecte des bâtiments de France s’est opposé à ce vandalisme en préconisant : « la préservation des façades des immeubles sis 4, 6 et 8 rue de la Butte et la conservation et réemplois de tout élément de pierre taille ou de second œuvre récupérable (porte d’entrée par exemple). » Un avis simple désormais, pour lequel la Ville peut passer outre, ce qu’elle ne s’est pas privée de faire. Cela démontre parfaitement qu’une autre solution que la destruction est possible, et que celle-ci n’est rien d’autre qu’un vandalisme municipal, sur une zone d’intérêt patrimonial majeur, qui ne peut être mené que grâce à cette loi Elan. Emmanuel Macron et son ancien Premier ministre Édouard Philippe sont bien les premiers responsables.


    4. 76-80 rue Bernard Du Bois à Marseille, Immeubles menacés de destruction, Juin 2020, Photo : Didier Rykner


    5. 76-80 rue Bernard du Bois à Marseille, Immeuble menacée de destruction, Juin 2020, Photo : Didier Rykner

    Même si la destruction était prévue avant les élections municipales, rien n’interdisait la mairie récemment élue de poser un moratoire sur ce chantier afin d’y substituer une réhabilitation. Rien, d’ailleurs, ne s’y oppose encore, à l’heure où nous écrivons cet article, l’irrémédiable n’étant pas encore accompli (ill. 3). Nous ne sommes d’ailleurs pas seul dans ce combat. L’association Sites & Monuments nous a prévenu (voir son article), et Stéphane Bern, que nous avons joint, est également scandalisé par ces démolitions en cours : « c’est le cœur historique de Marseille qu’on détruit avec ces maisons du XVIIIe siècle. Maintenant, quand on veut détruire, on n’entretient plus et on dit qu’elles vont tomber. » Ceci est d’autant plus vrai que d’autres démolitions sont prévues dans les prochaines semaines ou les prochains mois, ailleurs dans Marseille, mais tout autant dans des secteurs sauvegardés. Aux 76-80 rue Bernard du Bois, pas très loin non plus de la porte d’Aix, mais plus à l’est, plusieurs maisons, des propriétés municipales et à l’abandon depuis plusieurs années, sont également gravement menacées, sans doute de manière « imminente », l’état de péril datant de 2014 (ill. 4 et 5). Comme le dit Stéphane Bern : on n’entretient plus, on décrète un péril, et on démolit. Tout cela est bien pratique.


    7. Plan de sauvegarde et de mise en valeur avec la portion de la rue d’Aubagne concernée (nous avons rajouté les numéros). Les immeubles en orange sont théoriquement « à conserver »

    Et il y a bien sûr aussi la rue d’Aubagne (ill. 6) où, après avoir laissé s’écrouler deux immeubles avec les conséquences humaines que l’on connaît (huit morts), on s’apprête encore à en détruire deux autres, les numéros 69 et 71. Or, une consultation du plan de sauvegarde (ill. 7) et une comparaison avec Google Map pour y situer les numéros montre quelque chose de très curieux [1] : l’arrêté de déconstruction des n° 69 et 71 ne cite à aucun moment l’avis de l’architecte des bâtiments de France, alors que le numéro 71 est à conserver [2]. Or, si celui-ci, en cas de péril, est désormais un avis simple, il reste qu’il doit être demandé. Tel qu’il est rédigé, cet arrêté est donc irrégulier. Mais qu’importe après tout : on est à Marseille, et le maire est Jean-Claude Gaudin. Ah non ? C’est désormais Michèle Rubirola. Aucune différence semble-t’il.

    Didier Rykner

    Notes

    [1] Note parue après la mise en ligne de notre article : nous avions dans un premier temps confondu le 69 avec le 67. Or, le 67 a été détruit juste après l’effondrement.

    [2] Remarquons par parenthèse que la pertinence de certains Plans de sauvegarde n’est pas évidente : pourquoi indiquer comme à conserver le n° 71 et pas le 69 qui est comparable ?

    #Marseille #patrimoine #destruction #sauvegarde #immobilier #vandalisme #benoît_payan #Euroméditerranée #destruction #démolition #loi_elan #Michèle_Rubirola #secteurs_patrimoniaux_remarquables #Patrimoine_remarquable #Ville

  • « La situation de la psychiatrie en France est passée de grave à catastrophique »,Jean de Kervasdoué (économiste de la santé, il a été directeur des hôpitaux au ministère de la santé de 1981 à 1986...) Daniel Zagury (psychiatre, expert auprès de la cour d’appel de Paris).
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/01/la-situation-de-la-psychiatrie-en-france-est-passee-de-grave-a-catastrophiqu

    Parce que l’Etat maintient sur ce secteur une pression financière « à l’exclusion de toute autre vision », il laisse le personnel, médecins et soignants, livré à lui-même et croulant sous le poids des tâches administratives, déplorent l’économiste Jean de Kervasdoué et le psychiatre Daniel Zagury dans une tribune au « Monde ».

    Tribune. Les partis politiques n’abordent les questions de santé que sous leur aspect économique et financier. Il y a fort à parier que, après le choc de l’épidémie de Covid-19, il ne sera pas dit grand-chose de la santé mentale qui, à notre connaissance, n’est pas à l’agenda du Ségur de la santé (lancé le 25 mai https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/25/segur-de-la-sante-sept-semaines-pour-refonder-le-systeme-de-soins-francais_6). Pourtant, depuis une décennie, la situation est passée de grave à catastrophique. Certes, de tout temps, la folie – terme aujourd’hui refoulé – a dérangé, mais le rejet collectif du différent, de l’anormal dans une société du bien-être n’explique pas à lui seul la persistance du massacre. Certes, la reconnaissance publique par Agnès Buzyn [ ministre de la santé de mai 2017 à février 2020 ] de l’abandon de la psychiatrie a dégagé l’Etat d’une posture perverse de déni, mais, sur le fond, rien n’a changé.

    Pour prendre en charge les 2,1 millions de patients suivis par les « secteurs » psychiatriques, une organisation très particulière et spécifique a été conçue dans les années 1960 : le #secteur_psychiatrique. Le suivi des patients est géographique ; la prise en charge est globale et, pour y parvenir, le secteur dispose d’une équipe, d’un service d’hospitalisation et de très nombreuses autres formes de prise en charge : hôpital de jour, hôpital de nuit, centre de consultation médico-psychologique (CMP), centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP)… Le financement provient d’une dotation globale annuelle plus contrainte encore, depuis 2011, que celle de l’hospitalisation traditionnelle. Si, en principe, l’égalité règne, la réalité depuis vingt ans est scandaleusement autre, car certains secteurs n’ont plus de psychiatres ! Plus de 1 000 postes ne sont pas pourvus, soit de l’ordre de 20 % des postes du secteur public.

    Présence soignante réduite au minimum

    La politique menée depuis trois décennies consiste à prétendre, sous couvert de déstigmatisation, que la psychiatrie serait une spécialité médicale comme les autres. Ainsi, les hôpitaux psychiatriques ont perdu leur qualificatif et sont devenus des « centres hospitaliers ». Il n’y a plus de concours particulier pour devenir psychiatre ; le choix de cette spécialité, après le concours de l’Internat, dépend donc du rang de classement, comme si l’on choisissait d’être psychiatre parce que l’on n’avait pas pu devenir chirurgien ! Une partie des postes offerts à l’internat n’ont pas de candidats.

    Il n’y a plus non plus de formation spécifique des infirmiers psychiatriques [supprimée en 1992 par un gouvernement socialiste, ndc]. Les dimensions relationnelles et institutionnelles, dans la formation des jeunes psychiatres, ont disparu ; on a réduit au minimum la présence soignante en imposant des tâches bureaucratiques chronophages et débilitantes ; on a dépouillé le chef de service de tout pouvoir sur sa propre équipe ; on a cassé le binôme mythique chef de service-cadre infirmier supérieur, qui depuis Pinel et Pussin [respectivement médecin aliéniste et surveillant à l’asile Bicêtre puis à la Salpêtrière, à Paris, à la fin du XVIIIe siècle], organisait le soin, en faisant basculer les cadres vers l’administratif ; on a transformé chaque garde en enfer : il ne s’agit plus d’examiner et de soigner, mais de débarrasser les urgences de malades transformés en « patate chaude » et de faire du psychiatre de garde un « bed manager » , cherchant désespérément des lits pendant toute la nuit.

    La psychiatrie est une discipline médicale complexe, dont le meilleur a toujours consisté dans un regard en plusieurs registres et dans une écoute en plusieurs dimensions. La psychiatrie est bio-psycho-sociale, ce qui d’ailleurs pose des problèmes très particuliers dans l’enseignement et la recherche de cette discipline. La césure entre les universitaires et les praticiens y est d’ailleurs forte. En effet, les universitaires sont par essence spécialisés et, de surcroît, leur conception de la discipline varie considérablement d’une université à l’autre, voire d’un enseignant à l’autre, alors que la pratique d’un psychiatre de secteur doit être intégrative [faire intervenir diverses disciplines pour répondre aux besoins spécifiques du patient].

    Des procédures très lourdes

    Mais ce n’est pas tout, et l’histoire décernera certainement une mention particulière à Nicolas Sarkozy. Après le meurtre d’un étudiant par un malade mental en 2008 à Grenoble, il a en effet clairement laissé entendre que les malades mentaux faisaient courir un danger à la population https://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/02/sarkozy-promet-70-millions-d-euros-aux-hopitaux-psychiatriques_1126055_3224. et a notamment modifié « l’hospitalisation sans consentement ». Sans entrer dans les détails, sous couvert de donner plus de liberté aux malades, les procédures sont devenues très lourdes et impliquent certes les psychiatres, mais aussi le directeur de l’établissement, le préfet et surtout le juge des libertés et de la détention. La complexité et l’inutilité de certaines de ces obligations ont accru le poids du travail des administrations hospitalières, transformé les secrétariats médicaux en greffes de tribunaux et les dossiers médicaux en pièces judiciaires. On a imposé à la psychiatrie un schéma narratif qui n’est pas le sien.

    Au temps de la mise en place du secteur psychiatrique (1960-1985), « les décideurs de la santé » venaient rencontrer les soignants, discuter avec eux. Nous n’étions pas « les uns contre les autres ». Ils n’étaient pas murés dans leur bureau, devant des tableaux Excel, à produire des recommandations, des protocoles, des procédures, des programmes, des guides de bonnes pratiques… On n’imposait pas d’interminables réunions sur la certification et sur les processus qualité à des médecins constatant chaque jour l’effondrement de la qualité des soins. On ne distribuait pas de livret d’accueil à des patients scandaleusement contentionnés plusieurs jours aux urgences faute de lits ! L’hôpital est devenu fou de cette coupure et de cette hostilité entre ceux qui gèrent et ceux qui soignent, comme de cette logique descendante de schémas abstraits supposés miraculeusement s’adapter au terrain.

    Face au désastre désormais reconnu, il faut contraindre l’Etat à sortir de sa posture perverse. L’Etat « pervers », c’est celui qui maintient la pression financière, à l’exclusion de toute autre vision ; qui clive les « décideurs » et les exécutants ; qui multiplie les missions de service public, sans se préoccuper de leur faisabilité ; qui laisse en bout de course l’aide-soignant, l’infirmier ou le psychiatre assumer les dysfonctionnements, quand il ne les leur impute pas. Certains se sont suicidés de devoir porter sur leurs épaules les conséquences de ce qu’ils n’ont cessé de dénoncer dans l’indifférence. Croire que quelques insultantes médailles en chocolat pour les valeureux guerriers du Covid ou quelques augmentations de salaire vont suffire, c’est tout simplement n’avoir rien compris à ce que nous a montré la pandémie, sur fond de crise ancienne de la psychiatrie.

    L’homme qui a libéré les fous. Marie Didier conte les origines de la psychiatrie à partir du destin extraordinaire de Jean-Baptiste Pussin.
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/04/06/l-homme-qui-a-libere-les-fous_758683_3260.html

    La psychiatrie « au bord de l’implosion » en France https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/18/la-psychiatrie-publique-au-bord-de-l-implosion_5511845_3224.html

    Sauver la psychiatrie publique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/19/sauver-la-psychiatrie-publique_5512277_3232.html

    Covid-19 : la crainte d’une « deuxième vague psychiatrique »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/13/covid-19-la-crainte-d-une-deuxieme-vague-psychiatrique_6039495_3224.html

    L’économiste de la santé De Kervasdoué a été directeur des hôpitaux au ministère de la santé de 1981 à 1986, en première ligne du management austéritaire et bureaucratique de la psychiatrie, de la fermeture des lits, etc.

    #folie #psychiatrie (destruction de la) #soin

    • Outre les articles cités par Le Monde (ci-dessus), des repères historique : PSYCHOTHÉRAPIE INSTITUTIONNELLE et FORMATION INFIRMIÈRE - CIRCONSTANCES - NAISSANCE - RÉFÉRENCES -http://psychiatriinfirmiere.free.fr/psychotherapie-institutionnelle/formation-infirmiere.htm
      Voir en particulier les années 80 (la suppression de 40 000 lits en psychiatrie est programmée en 1982)

      Jean de Kervasdoué aurait des remords ?
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Kervasdoué#Parcours_et_réalisation

      Jean de Kervasdoué est directeur des hôpitaux au ministère de la Santé, de 1981 à 19863. Ce poste correspondant aujourd’hui à celui de directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, l’une des principales directions du ministère de la Santé.

      Il met en œuvre une réforme du mode de financement des hôpitaux publics. Auparavant, le budget des établissements hospitaliers était calculé sur la base d’un prix de journée, et chaque journée passée par un malade dans un hôpital était facturée selon un tarif national à l’Assurance Maladie. Il supprime ce mode de financement et impose le budget global. À partir de 1983, à chaque établissement est attribué un budget annuel, augmenté chaque année selon un indice de revalorisation.

      Parallèlement à cette réforme du financement, il introduit à l’hôpital le Programme de médicalisation des systèmes d’information, ou PMSI. Il s’agit d’un cadre de recueil et d’analyse précis des actes réalisés par les hôpitaux. Ce système, introduit en 1983 n’est généralisé qu’à partir de 1995. C’est à partir de la mise en œuvre du PMSI que la tarification à l’activité est développée.

      Le PMSI, genèse de la T2a extrait de Enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie. Pour construire la grève des données.
      https://printempsdelapsychiatrie.files.wordpress.com/2020/04/enquc3aate-militante-sur-les-logiciels-de-recueil-de-donnc3a9es-en-psychiatrie.pdf

      Ces instruments de gestion sont intégrés au Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI), présenté comme un outil de description et de mesure médico-économique de l’activité hospitalière, propulsé par Jean de Kervasdoué dès 1982 alors qu’il est responsable de la Direction des Hôpitaux. En plus d’avoir été directeur des Hôpitaux de Paris, Jean de Kervasdoué a été économiste de la santé, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé du CNAM et membre de l’Académie des Technologies. Ce technocrate zélé est très engagé contre les écologistes, il dénigre le principe de précaution défendu par ces derniers et écrit à son encontre un réquisitoire en 2011 !. Par ailleurs, Jean de Kérvasdoué vante les mérites du tout nucléaire et déclare que « les OGM sont un bienfait pour l’humanité » ou encore que « l’utilisation actuelle des pesticides n’est pas dangereuse pour la santé ». Oui... un type formidable qui gagne à être connu, notamment comme le promoteur du... PMSI !

      Après une période de tests et d’affinement du programme dans des hôpitaux pilotes, la loi du 31 juillet 1991 portant réforme hospitalière stipule : « les établissements de santé publics et privés doivent procéder à l’analyse de leur activité médicale ». Ces établissements doivent transmettre aux services de l’État et à l’Assurance maladie « les informations relatives à leurs moyens de fonctionnement et à leur activité » selon les articles L. 6113-7 et L. 6113-8 du code de la santé publique. À cette fin, ils doivent « mettre en œuvre des systèmes d’information qui tiennent compte notamment des pathologies et des modes de prise en charge ». En l’occurrence, ces Systèmes d’Information ne sont rien d’autre que les outils informatiques.

      Le PMSI va alors permettre un recueil de données médicales et économiques : « médicale, car son premier niveau de classification est fondé sur des critères médicaux et économiques, car les séjours classés dans un même groupe ont, par construction, des consommations de ressources voisines ».
      Le « groupe » dont il est ici question est ce que l’on retrouve sous l’appellation de Groupe Homogène
      de Malade (GHM) et nécessite le recours à l’informatique pour gérer des données sinon trop complexes à traiter : « l’application de l’algorithme de groupage est réalisée à l’aide d’un outil logiciel : la fonction de groupage , produite par l’Agence Technique de l’Information sur
      l’Hospitalisation (ATIH) chaque année. » Cette notion de GHM est très importante et son origine est significative. Aux Etats-Unis, à la fin des années 70, les assureurs privés veulent disposer d’une facturation individualisée des séjours hospitaliers. Un économiste de la santé, le Dr Fetter, propose en 1979 le système des Diagnosis Related Groupes (DRG) ou Groupe de Diagnostics Analogues dans lequel le diagnostic principal, celui de la maladie dont le traitement organiserait le séjour, est censé « expliquer » le coût de l’ensemble du séjour.
      C’est Jean de Kervasdoué qui importe ces DRG « qu’il a découvert lors de son passage à l’université de Cornell, aux Etats Unis, [et] qui constitueront l’architecture du système d’information et de financement de l’hôpital pour les décennies suivantes ».

      On voit bien ici comment l’informatisation de la santé est un enjeu de taille pour les néolibéraux et les marchés financiers. En effet, ce sont les GHM qui permettent de définir un coût moyen complet ainsi que la décomposition de ce coût en composantes (personnel médical, infirmerie, consommables etc.) permettant de faire varier les dépenses en fonction d’un nouveau protocole ou d’une nouvelle thérapeutique33 afin de dégager du temps pour de nouvelles activités et rentabiliser l’hôpital en le
      maintenant à « flux tendu ». On peut à ce titre parler d’une véritable taylorisation de la santé. En 1989 sont alors créés les Départements d’Information Médicale (DIM) qui, au sein de chaque établissement de santé, œuvrent à la collecte et au bon déroulement du recueil des données médicales avant de les transmettre à l’ATIH. Il faut tout de même savoir que des médecins sont responsables de
      ces « unités » à temps plein. Des médecins qui ne voient pas de patient. Ils traitent uniquement des données ! Le PMSI permettrait selon ses promoteurs de disposer du coût réel des hospitalisations en France, « données essentielles aux études médico-économiques ». Il serait supposé, de ce fait, être un « outil de réduction des inégalités de ressources entre établissements de santé » ,entre départements et entre régions.
      Et c’est la formation des GHM, dans le cadre du PMSI, qui a permis d’opérer « la transformation des coûts moyens par séjours en tarifs » dont va logiquement découler la création de la Tarification à l’Acte (#T2a) en 2004.

      #économie #santé #taylorisation #informatisation_de_la_santé

  • Dans le secret de « la Famille », une communauté religieuse très discrète en plein Paris
    https://pastebin.com/ySSgRJpu

    La Famille, c’est le nom de cette communauté basée dans l’est de Paris, dont les 3000 membres ne se marient qu’entre eux. Pour la première fois, certains témoignent, et dénoncent un fonctionnement sectaire.
    Une fête religieuse célébrée par la communauté à Villiers-sur-Marne, aux Cosseux. La Famille compte 3000 membres, mais seulement huit patronymes.
    , Nicolas Jacquard

    Juste avant un coup de tronçonneuse (?), une des branches de cette secte qui a réussi, le catholicisme.

    #catholicisme #secte

  • Médecins, dentistes, psychiatres, gynécologues… Le refus de soins aux précaires bientôt sanctionné
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/16/medecins-dentistes-psychiatres-gynecologues-le-refus-de-soins-aux-precaires-

    Un décret à paraître organise la procédure de conciliation et d’éventuelles sanctions contre les professionnels de santé qui discrimineraient les patients. Par Isabelle Rey-Lefebvre

    Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins libéraux, troisième de la profession avec 8 000 adhérents, ne décolère pas : « Pendant que le “Ségur de la santé”, avec ses douzaines de sous-groupes et ses centaines de réunions, nous mobilise ou plutôt nous épuise, le gouvernement en profite pour faire resurgir des tréfonds de ses placards un projet de décret sur les refus de soins. »

    Le 9 juin, la commission de la réglementation de l’Assurance-maladie examinait en effet le texte d’un décret en application de la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, dite « loi Bachelot ». Elle prévoyait une procédure de plainte et de conciliation à la disposition des patients en cas de refus de soin par un professionnel de santé ou de dépassement exagéré de ses honoraires. Une disposition restée lettre morte faute de décret d’application.

    Le vide sera donc comblé dans quelques jours, avec l’accord du Conseil national de l’ordre des médecins. « Voilà onze ans que nous attendions ce texte qui était un peu tombé dans les oubliettes, se réjouit Féreuze Aziza, chargée de mission Assurance-maladie à France Assos Santé qui fédère les associations de patients. Nous avions remis le sujet sur la table en 2019, lors du débat sur la loi santé présenté par Agnès Buzyn, en vain, mais la ministre nous avait promis de publier ce décret. »

    « Clarification juridique »

    Le texte a le mérite de cerner la notion de « refus de soin illégitime » : « L’orientation répétée et abusive, sans justification médicale, vers un autre professionnel ou établissement de santé, ou la fixation d’un délai de rendez-vous manifestement excessif au regard des délais habituellement pratiqués par le professionnel », mais aussi « les pratiques engendrant des difficultés financières d’accès aux soins, c’est-à-dire ne pas respecter les tarifs opposables, les limitations d’honoraires ou les plafonds tarifaires, ou encore le refus d’appliquer le tiers payant ou d’élaborer un devis. »

    Mme Aziza se félicite « de cette clarification juridique et du fait qu’un usager ou une association pourront, désormais, dans chaque département, saisir une commission de conciliation, ce qui vaut plainte, et se faire assister ou représenter par une association d’usagers ».

    « N’importe qui pourra donc porter plainte, et nous devrons nous déplacer à la convocation de cette séance de conciliation, comme si nous avions le temps, peste M. Vermesch. Il existe déjà les chambres disciplinaires des différents ordres, médecins, dentistes, sages-femmes… D’ailleurs, les médecins soignent tout le monde, les discriminations sont très minoritaires », soutient-il, en dénonçant la sévérité des sanctions envisagées : pénalités financières (jusqu’à deux fois le montant des dépassements facturés), retrait du droit à dépassement d’honoraires, etc.

    Listes blanches de médecins accueillants

    Les discriminations ne sont pas si rares que cela, à en croire les différentes études sur le sujet, notamment auprès des plus de sept millions de patients bénéficiant d’une complémentaire santé solidaire.

    Un testing, réalisé en octobre 2019 par le Défenseur des droits auprès de 1 500 cabinets médicaux l’a révélé. Sur les 4 500 fausses demandes de rendez-vous adressées, dont la moitié au nom de patients classiques, l’autre des bénéficiaires de ces divers régimes, 9 % des chirurgiens-dentistes, 11 % des gynécologues et 15 % des psychiatres libéraux discriminent les patients en refusant de leur donner le rendez-vous qu’ils accordaient, dans le même temps, au patient lambda.

    A Paris, les refus explosent et mettent en cause 38 % des dentistes, 26 % des gynécologues et 31 % des psychiatres testés. Les spécialistes du secteur 2, autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires, sont plus discriminants (+ 6 points) que ceux du secteur 1, qui respectent les tarifs réglementés. Lorsqu’un patient cumule un nom à consonance africaine et un droit à bénéficier d’une couverture maladie universelle (CMU), les refus par les dentistes parisiens grimpent à 45 % et par les gynécologues à 35 %.

    Ces discriminations obligent les associations d’aide aux plus démunis à dresser des listes blanches de médecins accueillants, concentrant cette patientèle sur les mêmes professionnels. En la répartissant mieux, le décret espère corriger cette logique. « Il manque, hélas, dans le projet de décret, un volet sur l’information des patients, regrette Mme Aziza. Nous aurions aimé que le mode d’emploi de la plainte pour refus de soin soit affiché dans les cabinets médicaux et que, à tout le moins, un formulaire de plainte accessible par Internet soit proposé. »

    #refus_de_soin #CMU #AME #santé #santé_publique #accès_aux_soins #secteur_2 #honoraires #médecins

  • #EU #Development #Cooperation with #Sub-Saharan #Africa 2013-2018: Policies, funding, results

    How have EU overall development policies and the EU’s overall policies vis-à-vis Sub-Saharan Africa in particular evolved in the period 2013-2018 and what explains the developments that have taken place?2. How has EU development spending in Sub-Saharan Africa developed in the period 2013-2018 and what explains these developments?3.What is known of the results accomplished by EU development aid in Sub-Saharan Africa and what explains these accomplishments?

    This study analyses these questions on the basis of a comprehensive desk review of key EU policy documents, data on EU development cooperation as well as available evaluation material of the EU institutionson EU external assistance. While broad in coverage, the study pays particular attention to EU policies and development spending in specific areas that are priority themes for the Dutch government as communicated to the parliament.

    Authors: Alexei Jones, Niels Keijzer, Ina Friesen and Pauline Veron, study for the evaluation department (IOB) of the Ministry of Foreign Affairs of the Netherlands, May 2020

    = https://ecdpm.org/publications/eu-development-cooperation-sub-saharan-africa-2013-2018-policies-funding-resu

  • #Homothérapies, #conversion_forcée

    Électrochocs, lobotomies frontales, « thérapies » hormonales… : dans les années 1970, aux États-Unis, la #dépsychiatrisation de l’homosexualité met progressivement fin à ces pratiques médicales inhumaines, tout en donnant naissance à des mouvements religieux qui prétendent « guérir » ce qu’elles considèrent comme un péché, une déviance inacceptable. Depuis, les plus actives de ces associations – les évangéliques d’Exodus ou les catholiques de Courage – ont essaimé sur tous les continents, à travers une logique de franchises. Bénéficiant d’une confortable notoriété aux États-Unis ou dans l’ultracatholique Pologne, ces réseaux œuvrent en toute discrétion en France et en Allemagne. Mais si les méthodes diffèrent, l’objectif reste identique : convertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité ou, à défaut, les pousser à la continence. Comme Deb, fille d’évangélistes de l’Arkansas ouvertement homophobes, Jean-Michel Dunand, aujourd’hui animateur d’une communauté œcuménique homosensible et transgenre, a subi de traumatisantes séances d’exorcisme. De son côté, la Polonaise Ewa a été ballottée de messes de guérison en consultations chez un sexologue adepte des décharges électriques. Rongés par la honte et la culpabilité, tous ont souffert de séquelles psychiques graves : haine de soi, alcoolisme, dépression, tentation du suicide…

    Étayée par le travail de deux jeunes journalistes, dont l’un s’est infiltré dans des mouvements français – des rencontres façon Alcooliques anonymes de Courage aux séminaires estivaux de Torrents de vie, avec transes collectives au menu –, cette enquête sur les « thérapies de conversion » donne la parole à des victimes de cinq pays. Leurs témoignages, à la fois rares et bouleversants, mettent en lumière les conséquences dévastatrices de pratiques qui s’apparentent à des dérives sectaires. « Nous avons affaire à une espèce de psychothérapie sauvage qui peut amener à la destruction de la personnalité », affirme ainsi Serge Blisko, ancien président de la #Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). En mars 2018, le Parlement européen a voté une résolution appelant les États membres à interdire ces prétendues thérapies. Jusqu’à maintenant, seul Malte a légiféré sur le sujet.


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