• Penser l’#après-voiture, une #utopie nécessaire

    L’inertie qui entoure la place prépondérante de la #voiture_individuelle est telle que seul un choc d’investissements massifs peut permettre de sortir de cette #dépendance.

    On ne sortira pas facilement d’un système du #tout-voiture autour duquel l’organisation de la société a été pensée. La toute-puissance de l’#automobile est telle, son #inertie si grande, que même la certitude de la catastrophe climatique ne change rien ou pas grand-chose à nos usages. Les déplacements sont le seul domaine où les émissions de gaz à effet de serre ne reculent pas. Et les voitures en sont responsables pour plus de la moitié.

    Sans même parler de #climat, que certains ont encore la naïveté de penser comme un problème lointain, la liste des méfaits du #tout-automobile est déjà très longue. La #pollution aux #particules_fines ou aux #oxydes_d’azote tue. La #mortalité_routière, même si elle a baissé dans des proportions incroyables, demeure à un niveau intolérable sans susciter l’émotion que devrait provoquer la perte de plus de 3 000 de nos concitoyens chaque année. La #sédentarité induite par la voiture est un problème de #santé public majeur, tout comme les #nuisances_sonores ; son omniprésence a confisqué l’#espace_public. A cela s’ajoutent tout un ensemble de dépendances économiques qu’elle entretient. Le statu quo n’est ni tenable ni enviable.

    Si l’on admet qu’un changement de paradigme est indispensable, nous devons être prêts à des renoncements. Mais le sommes-nous ? « Circuler librement » est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais il n’est nulle part écrit que celui-ci doit s’exercer grâce à un véhicule à moteur à quatre roues, que possèdent certains foyers en un ou deux exemplaires, et qui assure plus de 80 % des kilomètres parcourus en France.

    Dans ce contexte, toutes les initiatives pour réduire notre dépendance devraient être saluées. Non parce qu’elles sont parfaites – aucune ne l’est –, mais parce que, si elles fonctionnent, elles pourraient faire tache d’huile, si l’on ose dire. A Paris, la politique de la Mairie a été accusée de tous les maux, jusqu’à l’absurde. Pourtant, les résultats sont là : la #circulation_automobile y a baissé de moitié depuis le début du siècle et, entre 2012 et 2022, selon Airparif, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 35 %.

    L’exemple de #Paris, une métropole dense avec un maillage exceptionnel de transports en commun, n’est guère transposable. Pourtant, un phénomène de rééquilibrage similaire s’observe dans bien des villes : 57 % des personnes interrogées pour une étude de l’IFOP commandée par Keolis, filiale de la SNCF exploitant des réseaux de transport, plébiscitent une réduction forte (15 %) ou progressive (42 %) de la place de la voiture en ville. « Globalement, le choix de réduire la place de la voiture est accepté, même si le rythme est questionné », résume le directeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet, dans l’étude, publiée le 19 novembre.

    On rétorquera que certains n’ont pas le choix. Lancez un débat et ils seront nombreux à soudainement se soucier des personnes âgées ou en situation de handicap, des artisans, des taxis ou des travailleurs de nuit. Certains ont besoin de leur voiture, c’est un fait que personne ne devrait contester, pas même les plus zélés défenseurs du vélo ou des transports en commun. Mais ce ne sont pas les pistes cyclables, ni les voies de bus, ni même les plans de circulation qui gênent ces obligés de la voiture. Ce sont les #bouchons créés par ceux qui sont automobilistes par choix et par flemme, tous ceux qui auraient les moyens physiques et géographiques d’agir autrement.

    Un système qui exclut

    Le nœud du problème n’est pas en #ville, il est dans sa périphérie et au-delà. C’est autant un enjeu écologique que de #cohésion_sociale. Une partie de la réponse se trouvera dans les #services_express_régionaux_métropolitains (#SERM), lancés par Emmanuel Macron en 2023 sous le nom de « #RER_métropolitains ». Les 26 projets labélisés sont fondés sur des études locales de besoins, ne nécessitent pas de travaux pharaoniques, franchissent les barrières administratives, et mêlent trains, bus, cars et pistes cyclables, selon leur pertinence respective. Ils ont l’ambition de révolutionner la #mobilité autour des grandes villes, hors Paris. L’année 2026 sera cruciale, car les projets doivent obtenir du ministère leur « statut » de SERM, ouvrant les discussions concrètes sur leur financement et leur développement.

    Les SERM parviendront-ils à faire baisser la part modale de la voiture ? Même dans les pays cités comme exemple – les Pays-Bas pour sa politique du tout-vélo ou la Suisse comme paradis des trains à l’heure –, cette part est à peine plus faible qu’en France, de l’ordre de 70 %. Sans révolution dans nos #infrastructures, sans un colossal « choc d’offre » dans les #transports_collectifs, il est peu probable que des changements majeurs adviennent.

    Le groupe de réflexion #Forum_vies_mobiles, financé par la SNCF, a imaginé dans une vaste étude en septembre ce que pourrait être un « système alternatif de mobilité ». Pas question de grands travaux, mais de #réaffectation de 40 % du million de kilomètres de routes françaises à d’autres usages, du #vélo aux #transports_en_commun cadencés. Le #coût pourrait paraître rédhibitoire – 177 milliards d’euros d’investissement et 55 milliards d’euros de fonctionnement par an –, mais il est « tout à fait raisonnable, en comparaison avec le coût du “système voiture”, estimé à plus de 300 milliards d’euros annuels », selon Sylvie Landriève.

    La directrice du Forum vies mobiles et autrice de l’étude rappelle que ce système exclut plus qu’il n’inclut : un tiers des Français ne conduisent pas et seuls 18 % des détenteurs du permis se disent libres de conduire quand ils le souhaitent. La proposition a eu droit à son procès en irréalisme. Mais on aurait tort de se gausser de ces travaux, fussent-ils utopiques. C’est une base réfléchie et chiffrée pour penser un après-voiture dont l’usage sera probablement bouleversé par l’arrivée de la voiture autonome, qui en est à ses balbutiements.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/18/penser-l-apres-voiture-une-utopie-necessaire_6658466_3232.html
    #aménagement_du_territoire #urbanisme #espace

  • Deuxième #rapport Le #sexisme dans la #publicité française
    (sorti en 2023, ici pour archivage)

    Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P.) publie le deuxième rapport de son Observatoire de la Publicité Sexiste intitulé Le sexisme dans la publicité française, 2022-2023. Ce rapport fait suite à une première version publiée en 2021 et montre que les mauvaises pratiques constatées à l’époque restent de mise, voire se renforcent. L’autorégulation publicitaire est un échec : la publicité française contribue à perpétuer les stéréotypes et les injonctions de genre les plus ridicules et les plus violentes.

    De mars 2022 à mars 2023, R.A.P. a mis en ligne un formulaire permettant aux citoyen·nes de dénoncer et documenter des #publicités_sexistes subies dans leur quotidien. En un an, sur 285 contributions provenant de toute la France, 87 % ciblent le genre féminin. L’analyse précise de ces contributions montre que les techniques et les mises en scène observées entre 2019 et 2020 restent utilisées par le secteur publicitaire. Les secteurs d’activité les plus représentés sont ceux de l’#habillement et de la #parfumerie (55 %) ainsi que l’#hygiène et la #beauté (18,5 %) qui constituent à eux seuls presque trois-quart des publicités jugées sexistes dans l’échantillon. Cette prédominance annonce déjà le rôle de l’esthétisme et de l’apparence dans le « #publisexisme ».

    L’ensemble des #stéréotypes et #injonctions_sexistes véhiculés par la publicité est majoritairement propagé par les #images, quoique des #slogans sexistes continuent d’être diffusés. Des #femmes_sexualisées, y sont représentées dans des postures de #séduction et/ou de #soumission. Elles y apparaissent en général comme mises à nues, fragmentées, infantilisées, érotisées, et réduites à être traités comme des objets plutôt que comme des sujets, Les #corps représentés répondent aux mêmes #normes_discriminantes (#minceur, #blanchité, #jeunesse, #épilation) et/ou irréalistes (par l’emploi de mannequins et le recours systématique à la #retouche_photographique) que précédemment. Quand, parfois, des corps moins normés sont représentés, c’est pour être soumis à de semblables traitements sexualisants. Les #hommes restent dans le rôle du sachant, fort et protecteur. Autres éléments, le modèle du #couple est systématiquement hétéronormé et le partage des tâches toujours aussi genré.

    Face à ces #abus persistants, le rapport conclut que les mesures censées réguler l’industrie publicitaire sont insuffisantes : mentions légales, chartes de bonne conduite et instances d’ « autorégulation » échouent à filtrer ou contrebalancer ces campagnes. C’est pourquoi R.A.P. préconise la création d’une autorité indépendante, dotée de réels pouvoir de régulation ; l’inscription de l’interdiction du sexisme publicitaire dans la loi ; l’#interdiction de la #représentation_des_corps (entiers ou morcelés, humains ou humanoïdes, réalistes ou caricaturés) en publicité. « Face à un publisexisme qui se perpétue et s’accommode de toutes les chartes ou comités d’éthique, il nous faut des lois. Si la publicité prétend nous transmettre des informations sur des produits, ce sont les produits qu’elle doit montrer », déclare Jeanne Guien, porte parole de R.A.P.

    https://antipub.org/rapport-sexisme-dans-la-publicite-francaise-2
    #France

  • #Payer_la_terre. À la rencontre des premières nations des #Territoires_du_Nord-Ouest_canadien

    En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l’Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L’auteur nous raconte l’histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais.
    Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu’à ce que la découverte de pétrole et d’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux, comme sur leurs terres. À cette période, les autorités s’appropriaient les territoires, non plus par les massacres, mais cliniquement, méthodiquement, et de façon administrative – grâce à des traités.
    En lisant ceux-ci, on n’échappe pas à l’impression que les « Indiens » ont donné la terre où ils vivaient en échange de la promesse d’une annuité de quelques dollars, de quelques outils et de médailles pour ceux qui se disaient leurs chefs. Aujourd’hui, la fracturation hydraulique ajoute la pollution à la spoliation initiale.

    https://www.futuropolis.fr/9782754818551/payer-la-terre.html
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Joe_Sacco #Canada #peuples_autochtones #Dene
    #nature #forêt #nomadisme #environnement #montagne #animaux #humilité #fracturation_hydraulique #fracking #pétrole #Territoires_du_Nord-Ouest #industrie_pétrolière #Compagnie_de_la_Baie_d'Huston #extractivisme #conflits #résistance #travail #alcoolisme #drogue #alcool #argent #éducation #champs_pétroliers #exploitation_minière #développement #gaz_naturel #Sahtu #Mackenzie_Valley_Land_and_Water_Board #missionnaires #Eglise_catholique #religion #spiritualité #communauté #mines #uranium #ski-doo #fourrures #or #Traité_8 #Traité_11 #René_Fumoleau #oralité #tradition_orale #Wunk_Sheek #Fraternité_indienne_des_Territoires_du_Nord-Ouest #Denedeh #affaire_Paulette #François_Paulette #justice #combat_juridique #gazoduc #prise_de_conscience #identité #Fort_Simpson #Nation_dene #diamants #prospection #droits_miniers #accords_territoriaux #quantum #autonomie_gouvernementale #Fraternité_indienne #logement #harcèlement_policier #Hire_North #Accord_tlicho #colonisation #sédentarisation #genre #langue #violence_domestique #maltraitance #abus_sexuels #suicide #scolarisation #évangélisation #pensionnats #assimilation #acculturation #pensionnats_autochtones #christianisation #châtiments_physiques #commission_de_vérité_et_conciliation #viols #travail_salarié #excuses #génocide_culturel #souffrance #traumatisme #dédommagement #inceste #colère #déculturation #parentalité #Trout_lake #aides_sociales #revendication_territoriale #différend_territorial #Colombie-Britannique #Yukon #Fort_Liard #mer_de_Beaufort #Inuvik #racisme #identité #violence_relationnelle #Dene_Nahjo #Idle_No_More #déracinement #capitalisme #genre #dépossession #mine_Giant #complexe_d'infériorité

    • ’My work is not finished’ : #François_Paulette named officer of Order of Canada

      Denesuline elder has long advocated for Indigenous and treaty rights

      Denesuline Elder François Paulette has many accomplishments under his belt. He’s an educator, activist, spiritualist, father, grandfather, former chief, and a traditional knowledge holder.

      Now he can add one more title to his name — officer of the Order of Canada.

      The national order recognizes people who have made extraordinary contributions to the country. Paulette is among 120 people — six from the North — who are being honoured this year. He is being recognized for his longtime contributions to treaty and Indigenous rights and his promotion of circumpolar health research.

      “My biggest job has always been protecting the Earth and the water. And that’s always for the future of the children. And also the rights of Indigenous people, treaty rights,” he said.

      But Paulette, who is a member of the Smith’s Landing First Nation, said he’s not one for medals and awards. When he learned he was an Order of Canada recipient, he said he had to think about whether or not to accept the honour. He ultimately decided to do it for his 10 grandchildren.

      “It’s not in my blood to get recognition, at least from the Canadian government or the Crown for the work I’ve done, because my work is all about protecting Mother Earth and working on rights of Indigenous people,” he said.

      For Paulette, one of his proudest accomplishments is moving back to his home community where he and his wife built a log home and raised their children in a contemporary-traditional lifestyle.

      “It was a sense of renewal for me,” he said.

      Paulette was born in April 1949, near Fort Fitzgerald, Alta, and lived there until his community was relocated to Fort Smith, N.W.T., by the federal government beginning in 1959.

      Paulette said he’s also proud of his work negotiating outstanding Crown treaty obligations.

      In 1969, Paulette was one of the founding members of the Indian Brotherhood of the Northwest Territories — renamed the Dene Nation in 1978 — which was formed in opposition to The White Paper. That federal document proposed terminating existing treaties and assimilating Indigenous people in Canada.

      A turning point for the Dene

      In 1971, Paulette became the youngest chief in the territory at that time. The following year, he was part of the Paulette Case, something he said was a “turning point for the Dene.”

      In that case, Paulette and 16 other chiefs from the Mackenzie Valley, challenged the Canadian government to recognize Indigenous title to over 1,165,494 square kilometres of land in the N.W.T. They filed a caveat arguing the Dene didn’t surrender their rights or land when they signed Treaty 8 and Treaty 11 and sought to prevent construction of the proposed Mackenzie Valley Gas Pipeline.

      In 1973, Supreme Court Justice William Morrow ruled that the chiefs had established a case for claiming rights to the land. While the ability to register the caveat was overturned by the Supreme Court of Canada, Morrow’s findings regarding Indigenous rights were upheld. The case also helped prompt the Berger Inquiry, which led to a moratorium on the proposed gas pipeline.

      “I think that turned the page of how the Dene were to begin to negotiate … Canada’s outstanding obligation to the First Nations,” Paulette said.

      Paulette said he is also proud to have been one of the delegates that travelled to Geneva, Switzerland, in 1977, to begin talks that led to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

      “That was nice to see that eventually unfold and be recognized by the world.”

      Since then, Paulette has been involved with the Institute for Circumpolar Health Research and is now an adjunct professor at the University of Alberta’s School of Public Health. He has also travelled around the globe speaking to people about Indigenous and treaty rights, spiritualism, healing and environmental protection.

      “If this little token of, this Order of Canada can elevate my profile, I will continue,” he said. “My life in that way is not going to change, my work is not finished.”

      Paulette will be honoured by the Order of Canada at a ceremony in Ottawa later this year.

      https://www.cbc.ca/news/canada/north/francois-paulette-order-of-canada-1.5413265

  • L’industrie “verte” s’accapare les terres des #Samis, dernier peuple autochtone d’Europe

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’#élevage traditionnel de #rennes »

    Installé depuis près de 10 000 ans en #Laponie, les Samis sont considérés comme le dernier peuple autochtone d’Europe. Mais leur activité traditionnelle, l’élevage de rennes, est menacée par des projets industriels présentés comme essentiels à la croissance verte.

    La #colonisation des territoires Samis

    Pendant près de 10 000 ans, les Samis et leurs ancêtres ont vécu sur un territoire appelé #Sápmi, à cheval entre la #Norvège, la #Suède, la #Finlande et la #péninsule_de_Kola (#Russie). Nomades vivants en petits groupes familiaux, les Samis étaient animistes et vivaient de cueillette, de pêche et de chasse aux rennes sauvages.

    Ils occupaient une zone difficile à contrôler par des États, relativement à l’écart des dynamiques de #sédentarisation, de construction étatique et de #christianisation du reste de l’Europe.

    Mais à partir du XVIIe siècle, les royaumes scandinaves s’étendent vers le nord et cherchent à intégrer le Sápmi à leurs frontières. Les Samis, appelés péjorativement Lapons – d’où le terme Laponie -, subissent alors la soumission à l’impôt, la christianisation forcée et sont chassés de leurs terres.

    L’intensification des interactions entre les Samis et les Scandinaves, décuple aussi la pression sur les #écosystèmes. Pour faire face à la baisse du nombre de proies sauvages et à l’intégration progressive dans un système marchand, les chasseurs de rennes se convertissent à l’élevage.

    Au XIXe siècle, des #mines, des #lignes_ferroviaires et des #villes se développent pour exploiter le riche #sous-sol du Sápmi. La région perd sa difficulté d’accès et se peuple de Scandinaves. En parallèle, les Samis subissent la politique de « #norvégianisation ».

    « Ils ont été méprisés, cette politique les obligeait à parler uniquement norvégien et visait à éradiquer leur #culture », explique Marie Roué, éco-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle, pour La Relève et La Peste.

    Au XXe siècle, l’exploitation du Grand Nord devient l’un des principaux moteurs de croissance des États scandinaves. Les Samis sont chassés de leurs terres pour l’#exploitation_minière, les #barrages_hydrauliques engloutissent des #pâturages, l’#exploitation_forestière s’industrialise.

    Le 11 octobre 2021, la Cour suprême de Norvège conclut que deux #parcs_éoliens violent les droits du peuple Sami. Deux ans plus tard, en octobre 2023, une centaine de militants samis, habillés en tenue traditionnelle, bloquent à plusieurs reprises l’entrée de ministères pour réclamer le démantèlement des éoliennes toujours en activité.

    La militante suédoise Greta Thunberg, qui a rejoint la lutte, dénonce alors une « colonisation systématique », ajoutant que « la violation des #droits_humains et l’#oppression demeurent une réalité pour les Samis aujourd’hui ».

    Entre adaptation et conservation d’un mode de vie

    Face à ces bouleversements les Samis ont dû s’adapter tout en essayant de conserver leurs modes de vie. Certains, vivant près des côtes, ont dû se spécialiser dans la pêche, d’autres dans l’élevage de rennes.

    Aujourd’hui moins de 10 % des 80 000 à 100 000 samis, vivent encore de cette activité. Les éleveurs restants ont dû augmenter la taille de leurs troupeaux : notamment pour investir dans les voitures et motoneiges aujourd’hui essentielles à l’élevage. Beaucoup ont également une activité annexe, souvent liées au #tourisme.

    « Ils maintiennent souvent une multi activité pour ne pas être dépendants ni d’une ressource, ni d’un marché. Ils ont donc une très forte résilience, explique Marie Roué. Aujourd’hui, c’est une économie mixte. C’est une continuation d’une #tradition et en même temps une adaptation à l’époque moderne. Les éleveurs continuent à manger leurs rennes et à utiliser la peau, mais la vendent aussi comme viande de boucherie. »

    « Je mange de la viande de renne, et ma femme fait des chaussures avec la peau » témoigne Per Olof Kuhmunen, éleveur de rennes dans le nord de la Suède, pour la Relève et La Peste.

    Avec son épouse, ils passent l’été près des #montagnes du parc national de #Sarek où paissent les rennes. Ils vivent dans des mobil-homes modernes, à côté des anciennes #goahti, des huttes à armatures de bois, recouvertes de mousses, de tourbe ou de terre.

    Tandis que Per Olof part durant plusieurs jours pour marquer les jeunes rennes dans la montagne, sa compagne pêche dans le grand lac à côté du campement. L’hiver, ils habitent dans la ville de Jokkmokk, peuplée par de nombreux éleveurs de rennes Samis.

    Si une petite minorité de Samis sont encore éleveurs de rennes, ces cervidés continuent d’occuper une place centrale dans leur culture. La perte de pâturage au profit d’autres activités économiques – minières, forestières ou production d’électricité – est ainsi mise en avant pour illustrer les menaces qui pèsent sur l’ensemble des Samis.

    L’étau du #colonialisme_vert et le réchauffement climatique

    La pratique du pastoralisme semi-nomade rend les Samis dépendants des conditions de pâturage et de circulation des troupeaux sur de vastes territoires. Ainsi, dans le nord de la Suède, les rennes pâturent l’été dans les montagnes et descendent passer l’hiver dans les forêts.

    Ils subissent donc l’industrialisation de la gestion forestière qui détruit les lichens dont se nourrissent les rennes. Ils sont aussi impactés par les conséquences de l’exploitation minière qui empiète sur leurs territoires, coupant les voies de migration des rennes.

    Ces mines sont aujourd’hui présentées comme essentielles à la transition énergétique et comme neutres en carbone. La société Beowulf Mining, qui prévoit d’exploiter la mine de fer de Gállok, près de Jokkmokk, promet ainsi une « exploitation minière durable alimentée par de l’électricité renouvelable. »

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’élevage traditionnel de rennes » réplique le groupe Jåhkågaska tjiellde, la communauté sami locale.

    La justification de l’exploitation des territoires samis par le développement durable est également très utilisée dans le pays voisin.

    « En Norvège, le principal problème réside dans les éoliennes, mais aussi dans l’exploitation minière. Nous luttons contre le « colonialisme vert » », affirme Petter, Sami habitant le comté de Troms, dans le nord de la Norvège.

    Deux parcs éoliens ont par exemple été construits par le groupe énergétique public Statkraft sur des zones d’élevage de rennes de la péninsule de Fosen, à l’ouest du pays. La construction de ces 151 éoliennes a été déclarée illégale en 2021 par la Cour suprême de Norvège, les juges estimant que « les parcs éoliens portaient atteinte au droit des éleveurs de rennes à jouir de leur propre culture ».

    « En juillet 2025, près de quatre ans après la décision, les éoliennes fonctionnent toujours », constate pourtant Petter. « Le gouvernement ne respecte pas la décision de la Cour suprême » ajoute ce militant, qui lutte aussi contre un projet de mine de cuivre, matériau très prisé pour la transition énergétique.

    En effet, si l’économie norvégienne repose en grande partie sur l’exportation de pétrole et de gaz naturel, le pays se présente désormais comme un champion de la décarbonation. Près de la moitié du mix énergétique intérieur repose sur l’électricité, dont environ 90 % provient de l’hydroélectrique.

    « La Norvège et la Suède ont construit toute leur richesse de l’extractivisme dans les territoires samis, explique Marie Roué. Le pétrole a rendu les Norvégiens riches et ils le savent. Aujourd’hui il y a une volonté d’exploiter les ressources jusqu’au bout pour conserver leur niveau de vie. »

    Pour la chercheuse, l’exploitation des territoires samis pour des projets éoliens, miniers et hydroélectriques se place dans la continuité de l’histoire coloniale du Sápmi.

    « La Norvège prétend imposer un verdissement de sa politique, dénonce-t-elle. Mais comme par hasard, ça veut dire 150 éoliennes sur un territoire d’élevage de renne sami. En réalité, c’est un colonialisme vert. »

    En parallèle, les éleveurs de rennes samis subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, la région Arctique se réchauffant deux fois plus vite que le reste du globe.

    Les redoux et les pluies hivernales provoquent des épisodes de fonte des neiges puis de regel, créant une couche de glace empêchant aux rennes d’accéder au lichen dont ils se nourrissent, ce qui obligent les éleveurs à acheter des aliments pour leurs animaux.

    Dans leur ouvrage Future in Sápmi (AgroParisTech, 2025), Marie Roué et ses quatre coéditeurs mentionnent l’inquiétude des samis face à cette double menace climatique et coloniale. Mais les chercheurs soulignent aussi les résistances : car les Samis tentent de s’organiser collectivement pour obtenir le droit à la terre.

    « Ces projets d’exploitation alimentent aussi les revendications à plus d’autonomie et les luttes pour affirmer les droits autochtones au sein de sociétés dominantes » affirment-ils.

    https://lareleveetlapeste.fr/lindustrie-verte-saccapare-les-terres-des-samis-dernier-peuple-aut
    #peuples_autochtones #barrages_hydroélectriques #exploitation #extractivisme #Scandinavie #énergie #énergie_verte #green-washing #menaces #industrialisation #forêt #exploitation_minière #transition_énergétique #Beowulf_Mining #Jokkmokk #Gállok #énergie_éolienne #éoliennes #résistance #Statkraft #Fosen #cuivre #décarbonation #électricité #pétrole #climat #changement_climatique #droits #autonomie

    ping @reka

    • chaque semaine, Le Monde publie un article para-scientifique (selon une étude, méta-analyse, etc.) sur l’activité physique comme contribution à la prévention (et au soin) en matière de santé, conformément aux directives actuelles de l’OMS. des réflexions en cours à la CPAM envisagent de favoriser l’activité physique des assurés, c’est à dire de soutenir la responsabilisation individuelle des patients potentiels et actuels. nous devons gérer notre capital santé, n’est-il point ? tout cela est bel et bon (tout le monde se paye pas un abonnement ou des cours sport ou activité physique, et le mode de vie dominant se caractérise bien par une sédentarite peu compatible avec la bipèdie, voire avec le simple fait de se faire à manger plutôt que de consommer dur tout prêt ou du vite prêt), mais vient accompagner le laisser-faire qui s’applique à l’industrie alimentaire.

      Par ailleurs, les fruits et légumes sont le premier truc sacrifié par les pauvres, spécialement en période d’inflation et de spéculation sur les vivres, encouragée par les catastrophes climatiques en cours, et leurs pénuries.

      #sauve-toi_toi-même (en descendant de ta croix) #alimentation #santé #malbouffe #sédentarite #maladies #prévention #industrie_agroalimentaire

    • Oui il ne faut pas en conclure l’inverse, plein (beaucoup plus qu’une comme ici) d’études montrent depuis longtemps qu’avoir des activités physiques (que ce soit au travail, à côté, ou parce qu’on est chasseuse cueilleur) ça améliore plein de trucs de santé par rapport à être ultra sédentaire (cœur, métabolisme, insuline, etc, etc)

    • « Avec la sédentarité et ses méfaits, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle condition sociale »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/25/avec-la-sedentarite-et-ses-mefaits-nous-assistons-a-l-emergence-d-une-nouvel

      Car c’est bien l’Etat qui supporte l’essentiel du coût de notre immobilisme. Selon France Stratégie, l’inactivité physique coûte 140 milliards d’euros par an à notre société, provoquant plus de 38 000 décès prématurés et 62 000 pathologies annuelles. Cette facture colossale pèse d’abord sur les finances publiques via les dépenses de Sécurité sociale et les coûts de prise en charge médicale. Cette situation révèle une absurdité économique : tandis que des secteurs privés accumulent les profits de notre sédentarité, la puissance publique voit exploser les #dépenses_de_santé. Les bénéfices privés de l’immobilisme sont ainsi indirectement subventionnés par les ressources publiques.

      https://archive.ph/hhioH

  • #Pastoralism is facing existential threat in #West_Africa - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0962629825000952

    #Political_Geography
    Volume 121, August 2025, 103363
    Political Geography
    Guest editorial
    Pastoralism is facing existential threat in West Africa
    Olivier J. Walther, Lacey Harris-Coble, Leif Brottem, Mirjam de Bruijn, Han van Dijk, Cletus F. Nwankwo, Adegbola T. Adesogan

    https://doi.org/10.1016/j.polgeo.2025.103363

    In March 2025, pro-government militias killed more than 130 Fulani pastoralists in the western Boucle du Mouhoun region of Burkina Faso, according to Human Rights Watch (HRW, 2025). This attack against unarmed civilians is far from an isolated incident in West Africa. It reflects a larger and disturbing trend in the region, where pastoralists are routinely accused of siding with violent extremist organizations affiliated with Al Qaeda and the Islamic State, and targeted by government forces and their allied militias.
    The increased frequency of such massacres is but one of the many threats facing pastoralism, a vital sector of the West African economy that contributes to the livelihoods of an estimated 25 million people in the Sahel and outskirts of the Sahara. From Senegal to Chad, pastoralists supply meat and dairy products to a rapidly growing population. Beyond the economic sphere, pastoralism is a cultural system in which animals are regarded as a source of social standing. Fulani, Tuareg, Moore and Tubu pastoralists are the carriers of unique conflict resolution mechanisms, knowledge of production systems, religious networks, political organizations, and gender roles.
    While they remain crucially important to West African #societies, these #pastoral_systems have experienced major crises since the second half of the 20th century. In the 1970s and 1980s, the great #Sahelian #droughts decimated livestock and led pastoral populations to adopt other modes of subsistence based on mobility, such as trade, tourism, and war. A new form of pastoralism emerged, managed by absentee owners, #neo-pastoralists, politicians, and businessmen, who abandoned the traditional equilibrium based on ecological complementarities. More than a result of climatic conditions, these changes were encouraged by state policies implemented to control the movements of populations deemed too politically independent (Walther & Retaillé, 2021). #Sedentarization, intensification, and privatization policies were also widely supported by international donors, despite a history of failure in the region and the reluctance of the pastoralists themselves to change their way of life.

    Je peux fournir le PDF si besoin !

    • Au #Tchad, la justice menace de poursuites les journalistes enquêtant sur un massacre d’#éleveurs
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/16/au-tchad-la-justice-menace-de-poursuites-les-journalistes-enquetant-sur-un-m

      Le procureur de la République de N’Djamena a menacé de poursuites judiciaires, samedi 14 juin, les journalistes ou acteurs de la société civile qui se rendent à Mandakao (sud-ouest du Tchad), sur les lieux d’un massacre commis en mai et visant des éleveurs locaux.

      Selon les autorités, 42 personnes ont péri dans cette tuerie. Les victimes sont des éleveurs peuls dont majoritairement des femmes et des enfants, selon des sources locales. « Certains journalistes et membres des sociétés civiles se permettent de se rendre, de leur propre initiative, à Mandakao (…) pour interroger certains habitants de ce village », a écrit le procureur Oumar Mahamat Kedelaye dans un communiqué parvenu à l’Agence France-Presse (AFP) dans la nuit de samedi à dimanche.

      Le 21 mai, l’opposant tchadien et ancien premier ministre, Succès Masra, avait été placé en détention provisoire sur des accusations « d’incitation à la haine » à la suite du massacre de Mandakao. Le chef du parti Les Transformateurs, candidat malheureux à la présidentielle de 2024, avait été arrêté cinq jours plus tôt à N’Djamena.

      « Compte tenu de la sensibilité de l’affaire, toute autre démarche parallèle [à la justice] est susceptible de constituer un empiétement sur les fonctions judiciaires », écrit le procureur dans son communiqué, ce qui selon lui pourrait entraîner des « poursuites judiciaires ».

  • Le Rhône en partie vidangé entre la Suisse et la France afin de prévenir des risques d’inondations
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/05/15/le-rhone-en-partie-vidange-entre-la-suisse-et-la-france-afin-de-prevenir-des

    Cette opération vise surtout à purger la masse de sédiments qui s’accumule contre le barrage de Verbois, en Suisse. En amont de ce secteur, le Rhône reçoit les eaux de l’Arve, un affluent tumultueux qui prend sa source dans le massif du Mont-Blanc, et transporte des volumes considérables de matériaux montagneux : limons, sables, graviers. Les hydrologues estiment que l’Arve charrie près de 700 000 mètres cubes de ces sédiments par an, dont la moitié s’amasse contre la retenue de Verbois.

    La nécessité de purger les cours d’#eau est bien connue des gestionnaires du Rhône, lesquels mènent leur opération de « gestion transfrontalière des #sédiments » tous les cinq ans en moyenne. En 2025, la vidange du Rhône prend toutefois une dimension inédite. L’objectif du volume à évacuer est passé de 1,2 million de mètres cubes en 2021 à 1,5 million de mètres cubes ce printemps.

    https://archive.ph/IYyNy

  • Lutte contre la migration irrégulière dans le Brassou (Goudomp) : Les attentes des populations
    https://www.seneweb.com/news/Societe/lutte-contre-la-migration-irreguliere-da_n_468573.html

    Lutte contre la migration irrégulière dans le Brassou (Goudomp) : Les attentes des populations
    Par : Paul FAYE Correspondant seneweb-Sedhiou - Seneweb.com | 22 avril, 2025 à 22:04:30 | Lu 289 Fois | 2 Commentaires
    La commune de Silbandi Brassou, située dans le département de Goudomp (région de Sedhiou) a payé un lourd tribut à l’émigration clandestine. Une vingtaine de migrants originaires de cette localité adossée à la Guinée-Bissau a été dénombrée, selon les statistiques de l’adjoint au maire. Pour réduire le fléau à défaut de l’éradiquer, l’association de développement le Gabou, en collaboration avec son partenaire la fondation Konrad Adenauer, a organisé un forum communautaire pour sensibiliser les potentiels candidats au départ. Moussa Dramé, le président de cette structure, parle de phénomène assez pesant aux conséquences fâcheuses liées à ces départs massifs et leur corollaire de morts non enterrés, rajoute le maire.
    C’est pour apporter des solutions durables que Caroline Ofman de la fondation Konrad Adenauer a initié ce cadre d’échange communautaire pour recueillir les besoins de la population afin de la fixer sur son terroir. Celle-ci demande des projets structurants capables de retenir les jeunes dans les différentes filières dont regorge cette partie sud-est de la région de Sedhiou

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#migrationirreguliere#mortalité#sedhiou#silbandibrassou#sante

  • L’ADN enfoui dans le sol révèle de nouveaux secrets sur la « Dame rouge », une femme du Paléolithique - Geo.fr
    https://www.geo.fr/histoire/l-adn-enfoui-dans-le-sol-revele-de-nouveaux-secrets-sur-la-dame-rouge-une-femme-

    En 2010, dans la grotte d’El Mirón (Cantabrie, nord de l’Espagne), des archéologues mettaient au jour le squelette d’une femme âgée entre 35 et 40 ans, couverte d’ocre rouge, si bien qu’elle a été surnommée la « Dame rouge ». Ses restes, enterrés il y a 19 000 ans, constituent une rare opportunité d’en apprendre davantage sur la culture Paléolithique supérieure du Magdalénien. Ses ancêtres se remettaient tout juste du dernier maximum glaciaire, où les déserts froids et steppes s’étendaient sur une grande partie de l’Eurasie.

    Depuis l’annonce de cette découverte en 2015, « la Dame rouge continue d’offrir un torrent d’informations extraordinaires aux archéologues et aux bioanthropologues », écrivent les auteurs d’une nouvelle étude instructive, publiée dans la revue Nature Communications le 2 janvier 2025. Si des analyses de l’ADN provenant des os ou des dents de la Dame rouge ont déjà été réalisées, les experts ont cette fois exploité un autre type d’ADN : l’ADN ancien sédimentaire (sedaADN), extrait directement du sol, qui apporte de précieuses informations sur les populations humaines et animales ayant précédé la mystérieuse magdalénienne à El Mirón.

    Archaeological contexts in caves provide an opportunity to examine human & animal dynamics. Gelabert et al. present sedaDNA of 28 taxa from El Mirón Cave, Spain, including humans as well as hyaena, Iberian lynx, falcon, woolly rhinoceros, & owl.https://t.co/bcWLBI3jx9
    — Nature Communications (@NatureComms) January 31, 2025

    Le #sedaADN, témoin des occupations passées

    L’extraction d’ADN à partir des couches sédimentaires de la grotte permet de reconstituer les cycles d’occupation humaine et animale sur 46 000 ans. Et ce, sans avoir besoin d’ossements. L’analyse de trente-deux échantillons prélevés a permis, au total, l’identification de vingt-huit espèces animales. « Les résultats montrent que plusieurs animaux non représentés par les os de la fouille [quinze, ndlr] étaient présents – soit parce qu’ils ont vécu dans la grotte, soit sous forme de morceaux de carcasses – dans le passé », décrit dans un communiqué Lawrence Straus, archéologue de l’université du Nouveau-Mexique et coauteure de l’étude, à l’origine de la découverte de la Dame rouge.

    Le sedaADN révèle notamment la présence de hyènes et de lions des cavernes, de léopards, ainsi que d’un dhole (Cuon alpinus), espèce de canidé ne vivant aujourd’hui qu’en Asie. Mais aussi d’animaux de grande taille tels que des mammouths laineux, des rennes et des rhinocéros, pourtant peu ou pas représentés dans les restes osseux mis au jour par les archéologues. La trouvaille la plus fascinante concerne toutefois l’ADN humain retrouvé.

    Il appartenait à une lignée génétique appelée Fournol, groupe de chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale qui a vécu durant le dernier maximum glaciaire, soit entre 25 000 et 21 000 ans avant notre ère. Pour subsister malgré des températures extrêmes, ils se sont réfugiés dans les régions plus chaudes du nord de l’Espagne et du sud-ouest de la France. Or, l’ADN de la Dame rouge présente des similitudes avec l’ADN extrait à El Mirón, ce qui suggère qu’elle était une descendante partielle de ces populations survivantes.
    De très prometteuses « archives sans os »

    « Comme pour tout ce qui concerne l’ADN prélevé à El Mirón, la conservation de l’ADN dans la terre est extraordinaire. Nous savons maintenant qui étaient les prédécesseurs de la Dame rouge, ce qui confirme les preuves obtenues sur d’autres sites avec de l’ADN provenant d’os et de dents », conclut Lawrence Straus. Plus encore, les chercheurs peuvent désormais retracer 46 000 ans de l’histoire de la grotte, depuis l’occupation par Homo neanderthalensis jusqu’aux Homo sapiens du Paléolithique supérieur, du Moustérien au Magdalénien.

    Le sedaADN s’avère ainsi être un outil puissant pour révéler la présence de faune et d’humains dans un environnement, même sans vestiges osseux ou artefacts visibles. Les carnivores semblent en outre avoir occupé l’arrière de la grotte plus fréquemment que nos ancêtres, en raison de la rareté des traces d’occupation anthropique aux niveaux inférieurs. Des analyses plus poussées sur la provenance du sedaADN (urine, excréments, cellules) pourraient permettre une meilleure compréhension des interactions entre ces différents occupants. « Nous n’avons plus besoin d’os », s’enthousiasme la scientifique.

  • Soutien d’Handi-Social à Karine Brailly, poussée à la mort parce que privée d’une vie digne - Handi-Social
    https://www.youtube.com/watch?v=oN7h7f01jPM

    Le 13 janvier 2025, Karine Brailly a confirmé à Jérôme Pélissier, un de ses amis militant d’Handi-Social, sa demande qu’Handi-Social médiatise et organise un rassemblement devant l’hôpital Purpan de Toulouse le 14 janvier à 14h afin de dénoncer les refus du CHU de Toulouse de lui permettre de continuer à vivre chez elle avec l’accompagnement qu’elle avait choisi et de lui refuser l’accès à des traitements thérapeutiques expérimentaux. Refus qui l’ont conduit à au moins accélérer le recours à la mort.

    [...]

    #Hospitalisée_de_force par la HAD Relais Santé en raison d’un manque d’#auxiliaires_de_vie, résultat de politiques nationales et départementales qui organisent la #maltraitance à domicile, Karine a été privée de ses outils de communication adaptés. Alors qu’elle souhaitait légitimement retourner vivre chez elle, accompagnée par un mandataire de son choix qui pouvait lui garantir des assistants-es de vie et une vie autonome, l’hôpital a refusé cette option. Au lieu de cela, l’#hôpital a tenté de l’envoyer dans une institution puis d’imposer à Karine le prestataire Vitalliance, connu pour ses pratiques maltraitantes et son incapacité à respecter les besoins fondamentaux des personnes qu’il accompagne. Une telle décision, contre l’avis de Karine, constitue une violence et violation flagrante de son droit à l’autodétermination et à la dignité.

    Face à cette situation insupportable, et faute de choix, Karine a finalement pris la décision de demander une #sédation_profonde, acceptée par ses médecins, qui lui ont refusé en même temps des conditions de vie digne.

    La sédation profonde fait durer la mise à mort, un alibi pour les médecins.

    #handicap #ségrégation #médecine #fin_de_vie #aide_à_mourir #loi_fin_de_vie

  • Affaire Pélicot : les #zones_d’ombre du #procès

    Le #verdict est tombé jeudi 19 décembre après trois mois et 17 jours d’un procès aussi médiatisé qu’insoutenable. L’ensemble des 51 prévenus de l’affaire tentaculaire des viols de Mazan a été reconnu coupable. Les peines de prison vont de 3 à 20 ans, la plus lourde étant pour #Dominique_Pélicot, qui avait commis et supervisé tous les viols de #Gisèle_Pélicot, sous l’#emprise de #produits_chimiques qui plongeaient la victime dans un #état_comateux. Pourtant, il reste de nombreuses zones d’ombre dans cette affaire, qui sont loin d’être résolues. Des questions auxquelles le procès n’a pas donné de réponse.

    Dominique Pélicot, prédateur depuis les années 1990

    Dominique Pélicot s’est présenté durant toute l’#audience comme un paisible retraité qui aurait « dérapé » sur ses vieux jours. L’homme est pourtant mis en cause pour le #viol et l’#assassinat d’une femme, et dans plusieurs autres affaires de viols et d’#agressions_sexuelles depuis les années 1990. Dans ces affaires, qui ne sont pas toutes formellement attribuées à Pélicot, le mode opératoire est identique : l’agresseur a pris rendez-vous auprès d’#agences_immobilières sous un #faux_nom et il est passé à l’acte dans l’agence ou dans un appartement.

    Dès 1991, #Sophie_Narme, âgée de 23 ans, est retrouvée nue, tuée après avoir été violée dans l’appartement qu’elle devait faire visiter à un client. Autre affaire en février 1994 à Vannes : Danielle H., 28 ans, agente immobilière, est bâillonnée, ligotée et violée. Quelques jours plus tard à Valenciennes, Céline L. âgée de 26 ans et agente immobilière est violée par un client.

    En septembre 1995, Céline D. est violée à Rambouillet, dans les Yvelines. Puis, c’est à Berre-l’Etang, dans les Bouches-du-Rhône, que Christine G. est retrouvée morte, dans son agence, en mai 2000. Enfin, en mars 2004, l’agression de Françoise L., également dans son agence, est interrompue par un témoin.

    En 1999, E. B., agente immobilière de 19 ans subit une tentative de viol très violente de la part de Dominique Pélicot, qui l’a droguée avec de l’#éther et menacée avec une arme. La victime parvient à s’échapper. Un ADN a été relevé dans le cadre de cette affaire. Il matche en 2010 : Dominique Pélicot !

    L’information est alors transmise au tribunal judiciaire de Meaux, où rien ne se passe. Plus aucun juge n’est saisi de cette enquête, un #non-lieu avait été rendu en 2001. Malgré la concordance de l’ADN, l’enquête n’est pas relancée, alors qu’elle aurait pu mettre un terme aux agissement de Pélicot.

    Le dossier sera finalement rouvert après l’affaire de Mazan. Lors d’une confrontation réalisée plus de 20 ans après les faits, Pélicot évoque une « chamaillerie » avec la victime. Il euphémise, mais reconnaît tout de même les faits. Il aura fallu attendre deux décennies et la médiatisation de Mazan pour que la justice enquête sérieusement…

    Le 30 juillet 2010, Pélicot est interpellé dans un centre commercial de Seine-et-Marne

    Il a été surpris en train de filmer sous les jupes des clientes, avec une caméra miniature cachée dans un stylo. C’est exactement pour les mêmes faits qu’il tombera en septembre 2020. Pourtant, en 2010, l’enquête n’est pas poussée plus loin. Il écope seulement d’une amende de 100 € dans le cadre d’une composition pénale. Une sanction légère et discrète, qui lui permet de tout cacher à son épouse. « Si j’avais été au courant, peut-être que j’aurais gagné 10 ans de ma vie », a regretté Gisèle Pelicot.

    Pendant le procès des viols de Mazan, le juge a refusé catégoriquement que ces différentes affaires passées et que les enquêtes toujours en cours soient évoquées, alors qu’elles sont cruciales pour aborder la personnalité de Pélicot, qui a donné à la Cour l’image d’un retraité sans antécédents.

    De nombreux auteurs de viols filmés restent dans la nature

    Les vidéos et écrits retrouvés par les enquêteurs indiquent que, au minimum, entre 70 et 80 hommes ont abusé de Gisèle Pelicot. Seuls 50 ont été jugés et condamnés. Pire, des éléments laissent à penser que tout n’a pas été filmé et que d’autres viols auraient pu être commis ailleurs, en-dehors du domicile conjugal, comme sur des aires d’autoroute. Cela veut dire que plus de 30 suspects n’ont pas été identifiés, et ont donc échappé à la justice. Qui sont-ils ? Pourquoi n’ont-ils pas été retrouvés ?

    Le #site_internet cité dans le dossier est crucial

    Il a servi de vivier de recrutement, et se nommait #Coco.gg. C’est sur ce site qu’un forum entier baptisé « #À_son_insu » comportait des propositions de viols sous #sédation, de la part de Pélicot mais pas uniquement.

    Ce site a été créé en 2003, et la justice le considère comme un repaire pour les pédophiles et les prédateurs sexuels sur internet. Les accusés, qui prétendaient au procès avoir été piégés par Pélicot, ont menti : personne n’arrivait sur Coco.gg par hasard.

    Le site d’informations judiciaires « Le club des juristes » lie le site à des faits de « pédocriminalité, de proxénétisme, de prostitution, de viols, de vente de stupéfiants, de guet-apens, voire d’homicides » et évoque de très nombreuses plaintes liées à ce site, concernant au total plus de 23.000 faits, au préjudice de 480 victimes entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024. En trois ans seulement.

    Une enquête internationale a finalement abouti à la fermeture de Coco.gg le 25 juin 2024, à la demande de la juridiction nationale en charge de la lutte contre la criminalité organisée du parquet de Paris. Juste avant le procès de Dominique Pélicot. Ce site était une mine d’information, et il est aujourd’hui clôturé. Les administrateurs du site n’ont pas répondu aux demandes de la juge dans l’affaire de Mazan. Des données sont-elles conservées quelque part ? Pourquoi la justice ne va-t-elle pas les chercher ?

    Des complicités médicales ?

    Pélicot n’a jamais expliqué comment il s’était procuré une telle quantité de #somnifères très puissants, sur une durée aussi longue, pour droguer son épouse. Il fallait pourtant des #ordonnances régulières pendant une décennie et hors normes en terme de quantité. Le #médecin du mis en cause a refusé d’être entendu par la juge, et n’a pas été poursuivi.

    Par ailleurs, pendant 10 ans, Gisèle Pélicot a fait état de pertes de mémoire, d’angoisses, d’inflammations gynécologiques… Ses proches la trouvaient perdue et épuisée, elle avait maigri de 10 kilos. Elle a passé de nombreux examens, sans que personne, jamais, ne soupçonne son calvaire. Comment est-ce possible ? S’agit-il d’une #négligence totale ou de #complicités dans le #corps_médical ? Au moins un des condamnés exerçait comme infirmier, et les enquêteurs ont retrouvé dans ses recherches en ligne les mots clés : « inceste », « soumission » et « young ».

    Des victimes non identifiées

    Non seulement tous les auteurs n’ont pas été retrouvés, mais toutes les victimes non plus. Parmi les 20.000 photos exhumées, d’autres femmes apparaissent, inconscientes et droguées. « Faute de moyens et de temps », l’enquête s’est arrêtée là selon la justice. Pourtant, Dominique Pélicot a pu se vanter d’avoir violé d’autres femmes auprès de ses coaccusés.

    Parmi les victimes identifiées, la fille de l’accusé Caroline, qui apparaît endormie dans des sous-vêtements inconnus, parties intimes apparentes, lumière allumée. A-t-elle été sédatée, violée ? Dominique Pélicot a nié durant le procès, alors qu’il avait par le passé demandé à ses petites-filles de soulever leur robe contre des bonbons, et que son petit-fils a depuis déposé plainte pour agressions sexuelles. Dans le cas de Caroline comme pour d’autres, la justice n’est pas allée chercher plus loin.

    Un réseau ?

    La plupart des accusés ont prétendu avoir rencontré Pélicot par hasard, en surfant sur le site #Coco, et ne pas le connaître, ni se connaître entre eux. La vraie nature des liens entre accusés n’a pas été réellement interrogée. Pourtant, plusieurs condamnés ont échangé par téléphone. Pourquoi ? Une chose est sûre, pendant le procès, plusieurs accusés se retrouvaient, discutaient et mangeaient ensemble pendant les pauses.

    Dans les années 1980 dans l’Yonne, l’affaire Dunand, concernant un vaste réseau de criminels séquestrant et torturant des jeunes filles de l’aide sociale à l’enfance, avait été clôturé de façon troublante par la justice. Le principal responsable, Claude Dunand, avait purgé une peine relativement clémente et était mort en 2021, emportant tous ses secrets dans sa tombe. Le procureur d’Auxerre avait déclaré que l’affaire avait « été sabotée ».

    https://contre-attaque.net/2024/12/28/affaire-pelicot-les-zones-dombre-du-proces
    #justice
    #procès_de_Mazan

  • #Soumission_chimique : il n’y a pas de “#drogue_du_violeur

    Comme en témoigne l’affaire “des #viols_de_Mazan”, 42 % des agressions et viols par soumission chimique se déroulent dans un cadre privé. Depuis qu’il s’est ouvert le 2 septembre 2024, ce procès très médiatisé nous pousse à démonter les #mythes sur la soumission chimique : elle n’est pas circonscrite aux contextes festifs ou perpétrée seulement par des inconnus avec du #GHB – appelé la “drogue du violeur”.

    Qui sont ces #hommes qui utilisent de la drogue pour agresser des femmes ? Quels sont leurs modes opératoires et leurs motivations ? En quoi les agresseurs par soumission chimique sont un miroir grossissant d’une culture masculine de la #sexualité ?

    Pour répondre à ces questions, Naomi Titti reçoit #Félix_Lemaître, journaliste, écrivain, scénariste et auteur de l’essai La Nuit des hommes. Une enquête sur la soumission chimique (éd. Les nouveaux jours, JC Lattès, 2024). Alors qu’il croyait partir à la chasse aux monstres dans les bars, les clubs et les festivals, Félix Lemaître a découvert qu’enquêter sur la soumission chimique revenait plutôt à interroger l’apprentissage masculin de la #séduction et la construction de leurs #fantasmes.

    https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/soumission-chimique-il-ny-a-pas-de-drogue-du-violeur
    #viols #podcast #audio
    #banalité #violences_sexuelles #culture_du_viol #agressions_sexuelles #masculinité #femme-objet #patriarcat #alcool #virilité
    ping @_kg_

  • Une #culture_du_viol à la française

    –-> À l’occasion du procès des viols de Mazan, les livre est mis en accès libre

    Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner »

    « La culture du viol touche toutes les cultures, tous les pays. Elle présente cependant des particularités bien spécifiques selon le milieu dans lequel elle s’exprime et se développe. En #France, chaque fois que la question des #violences_sexuelles est posée dans le débat public, les mêmes réticences s’expriment. Certains s’élèvent pour dénoncer l’horrible #moralisme_réactionnaire qui voudrait condamner la #liberté_sexuelle si chèrement acquise, nuire à l’identité amoureuse nationale en important le #puritanisme au pays des libertés. Avec un vocable bien choisi et une certaine #hypocrisie, on évoque l’#amour_à_la_française en termes de #galanterie, de #courtoisie ou de #libertinage. On loue nos #traditions, l’attention portée aux femmes et la sophistication de nos jeux de #séduction. Derrière ce charmant #vocabulaire, la réalité est beaucoup moins glamour. »

    Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos #idées_reçues et bat en brèche l’argumentaire #déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les #stéréotypes_de_genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.

    https://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/une-culture-du-viol-a-la-francaise

    #terminologie #mots #littérature #art #éducation #viols #livre #Valérie_Rey-Robert

    déjà signalé par @biggrizzly ici : https://seenthis.net/messages/1072792

  • Über allem stand der Frieden
    https://www.jungewelt.de/artikel/485150.ddr-75-%C3%BCber-allem-stand-der-frieden.html

    Aujourd’hui c’est le 75ème anniversaire de la fondation du premier état socialiste allemand.

    J’ai pu constater lors de nombreuses rencontres avec des citoyens de la RDA que malgré les défauts que partagea l’état socialiste allemand avec tous les états du monde la mission socialiste fut sincère et qu’elle était mis en pratique avec succès.

    L’état qui la représentait a été détruit par son contexte international et historique défavorable. Mais c’est á travers cette catastrophe que s’est révélé la beauté de son âme. Le déroulement paisible de la transformation de la RDA en démocratie temporaire pendant une phase de tables rondes et de concertation populaire montre que la solution chinoise et l’écrasement de la révolte populaire étaient exclus pour les socialistes à la tête et à tous les autres niveaux du parti SED. Apart quelques vieux camarades qui étaient passés par les bains de sang de la lutte contre le fascisme des années 1930 et 1940 (et les purges paranoïaques staliniennes) les dirigeants socialistes et communistes préféraient céder le pouvoir au lieu de s’y agripper contre la volonté du peuple.

    Le discours du 5 octobre 2024 du dernier scretaire général du comité central du #SED Egon Krenz souligne la face humaine du socialisme malgré tous les attaques contre son patrimoine. Nous le défendons car c’est à partir de lui que nous construirons un avenir meilleur. Aujourd’hui seulement il est possible de l’affirmer sans réserve car pendant longtemps les combats quotidiens nous l’ont rendu difficile de cerner la substance socialiste et humaniste de cette société désormais historique.
    La DDR/RDA fait partie de notre conscience historique au même titre que la Commune de Paris, l’octobre rouge et la révolution cubaine.

    7.10.2024 von Egon Krenz - Die Staatsdoktrin der DDR lautete: »Von deutschem Boden darf niemals wieder ein Krieg ausgehen«

    Wir dokumentieren an dieser Stelle die Rede, die Egon Krenz, im Herbst 1989 Generalsekretär der SED und Staatsratsvorsitzender der DDR, am vergangenen Sonnabend auf der von der jungen Welt ausgerichteten Veranstaltung »75 Jahre DDR. Was bleibt?« im Berliner Kino Babylon gehalten hat. (jW)

    Liebe Anwesende,

    mein Gruß gilt allen Freunden, allen Genossinnen und Genossen, allen Sympathisanten, die ihr gekommen seid, um an die Gründung der Deutschen Demokratischen Republik zu erinnern. Es war der Schwur von Buchenwald: Nie wieder Krieg, nie wieder Faschismus, der das Fundament war, auf dem die DDR am 7. Oktober 1949 gegründet wurde.

    Ich grüße die Vertreter aller Altersgruppen, insbesondere auch diejenigen, die – wie ich – die DDR von den Anfängen bis zum Ende erlebten, euch, die ihr viel von eurer Lebenskraft gegeben habt – in der Überzeugung, mit der Stärkung der DDR dem Guten in Deutschland zu dienen. Es sind nicht wenige, die sich trotz Delegitimierungsversuchen zur DDR bekennen, so dass der Chef der uns nicht gerade freundlich gesinnten sogenannten Forschungsgruppe »SED-Staat« zugeben muss, es sei bis heute nicht gelungen, »die DDR aus den Herzen zu bekommen«. Die Älteren würden immer wieder sagen, die DDR sei »unsere Heimat« gewesen.

    Sehr herzlich grüße ich euch, die Nachgeborenen, die sich trotz Verleumdung und zahlreicher Geschichtsfälschungen, die sich auch in Schulbüchern wiederfinden, für den deutschen Arbeiter- und Bauernstaat und seine Politik interessieren. Euch begegnet in dieser Gesellschaft viel Unwahres über unseren Staat, den es nicht mehr gibt. Doch ich kann euch versichern: Wir, die wir mit dem Herzen dabei waren, wollten die Welt verändern und ein besseres Deutschland schaffen. Damit nie mehr eine Mutter ihren Sohn beweint. Leider ist uns das aus vielerlei Gründen, auch durch eigene Mitschuld, noch nicht gelungen. Vieles ist unerledigt geblieben.

    Und dennoch denke ich: Wir waren wie Wegbereiter, haben die Saat gelegt. Die Ernte werden wir sicherlich nicht mehr erleben. Doch ich habe die Hoffnung, dass ihr und eure Altersgefährten, eure Kinder und Kindeskinder es sein werden, die nicht vergessen, dass es 40 Jahre lang im Osten Deutschlands einen antifaschistischen Staat gab, der die Lehren aus zwei Weltkriegen gezogen hatte und eine reale Alternative zu Kapitalismus und Krieg war.

    Deshalb meine Bitte: Bewahrt, was man vom Erbe der DDR übrig gelassen hat. Es sind keine Reichtümer, die auf geheim gehaltenen Konten liegen. Es sind soziale Werte wie Respekt, Empathie und Fairness, die eine gerechte Gesellschaft stützen und zusammenhalten, eine Gesellschaft, in der der Mensch nicht der Wolf eines anderen Menschen sein darf. Macht’s besser, als wir es konnten. Aber: Wenn ihr von unseren Schwächen sprecht, dann erinnert euch bitte auch an das Gedicht von Brecht »An die Nachgeborenen«:

    »Ihr aber, wenn es soweit sein wird,

    Dass der Mensch dem Menschen ein Helfer ist

    Gedenkt unserer

    Mit Nachsicht«.
    Scharfe Kontraste

    Liebe Anwesende,

    es gibt viele Gründe, die DDR zu mögen. Und auch manche, ihre Unzulänglichkeiten scharf zu kritisieren. Doch über allem steht das Wort Frieden. Die DDR hat niemals Krieg geführt. Sie war der deutsche Friedensstaat. Ich möchte in diesem Zusammenhang an das Staatstelegramm zur Gründung der DDR aus Moskau an Staatspräsident Wilhelm Pieck und Ministerpräsident Otto Grotewohl erinnern. Ich zitiere es, weil es prägnant die historische Mission der DDR ausdrückt:

    »Die Bildung der Deutschen Demokratischen friedliebenden Republik ist ein Wendepunkt in der Geschichte Europas«. Und weiter: »Es unterliegt keinem Zweifel, dass die Existenz eines friedliebenden demokratischen Deutschlands neben dem Bestehen der friedliebenden Sowjetunion die Möglichkeit neuer Kriege in Europa ausschließt.« Wie wahr, wie klar, wie aktuell!

    Solange es die Sowjetunion, der wir – mehr als allen anderen – die Befreiung Deutschlands vom Faschismus verdanken, und an ihrer Seite die DDR gab, solange herrschte Frieden in Europa. Was für ein Kontrast! Kaum war die UdSSR zerschlagen, bombardierte die NATO am 24. März 1999, ohne UN-Mandat mit bundesdeutscher Beteiligung das souveräne Jugoslawien, das nur etwas mehr als ein halbes Jahrhundert zuvor von der faschistischen deutschen Wehrmacht besetzt worden war. Der »grüne« Bundesaußenminister Joschka Fischer entblödete sich nicht, diesen völkerrechtswidrigen Angriff mit der Begründung zu verschleiern, dass ein zweites »Auschwitz« verhindert werden sollte. Bis heute dient die Lebenslüge von einer angeblich »humanitären Außenpolitik« seiner ebenfalls »grünen« Nachfolgerin als Rechtfertigung für Waffenlieferungen in bisher nie gekannter Größenordnung an die Ukraine, statt auf Verhandlungen mit Russland zu drängen.

    Wie heuchlerisch und einseitig die Politik der gegenwärtigen Bundesregierung ist, zeigte sich auch kürzlich in der UN-Vollversammlung, die mit einer großen Mehrheit von 120 Staaten eine Resolution zur Verbesserung der humanitären Lage im Gazastreifen verabschiedete und eine sofortige Waffenruhe forderte, während die Bundesrepublik zu den 45 Staaten gehörte, die sich der Stimme enthielten.

    Wenn es um »Krieg und Frieden« ging, gab es in der DDR niemals Neutralität. Kriegspropaganda und Rassenhass einschließlich Russophobie waren in der DDR verboten. Unsere Staatsdoktrin lautete: »Von deutschem Boden darf niemals wieder ein Krieg ausgehen«. Getreu der Hymne der DDR, in deren zweiter Strophe es hieß: »Lasst das Licht des Friedens scheinen, dass nie wieder eine Mutter mehr ihren Sohn beweint.« Es wäre in der DDR einfach undenkbar gewesen, die Bevölkerung aufzufordern, sich »kriegstüchtig« zu machen. Bei uns, vor allem in der Ausbildung junger Menschen, hatte die Erziehung zum Frieden Priorität.

    Das waren nicht nur Bekenntnisse oder gar leere Worte, wie wir auch im Herbst 1989 bewiesen, als die DDR die Gewaltlosigkeit der Ereignisse garantierte. Der Ruf an die Streitkräfte der UdSSR »Bleibt in den Kasernen« kam nicht von Gorbatschow, sondern war eine souveräne Entscheidung der DDR, die uns die Geschichtsfälscher streitig machen. Wir ahnten damals allerdings nicht, dass die Bundesregierung danach ihr Verhältnis zu Russland auf den niedrigsten Punkt seit dem Ende des Zweiten Weltkrieges bringen und nachträglich den Sieger von 1945 zum Verlierer von heute erklären würde.
    Vertrauen zerstört

    Ich bin überzeugt, dass vielen Ostdeutschen einige solcher Gedanken durch den Kopf gingen, bevor sie bei den Landtagswahlen ihre Stimme abgaben. Ihre Wahl bedeutet nicht, wie das einige Kommentatoren meinen, dass Ostdeutschland inzwischen »braun« geworden sei. Vielmehr ist es ein Signal an alle etablierten Parteien: Hört uns endlich zu! Wir wollen keine neuen Waffenlieferungen in die Ukraine und nach Israel. Wir brauchen keine neuen Raketen! Wir wollen Frieden! Nur das ist der Weg, um der AfD ernsthaft das Wasser, das sie seit längerem eifrig schöpft, abzugraben.

    Innerhalb historisch kurzer Zeit zerstörten bundesdeutsche Regierungen, was sich in der sowjetischen Besatzungszone und später in der DDR an Vertrauen zwischen den Deutschen und den Völkern der Sowjetunion aufgebaut hatte. Nun wird durch bundesdeutsche Politiker und Medien Russenhass geschürt, wie ich ihn letztmalig als Achtjähriger in der Endphase des Zweiten Weltkrieges erlebt hatte. Das alte Feindbild – an allem sei der »Russe« schuld – und die Mär vom gefährlichen Russland leben wieder auf. Den Leuten wird Angst gemacht, als stünden seine Truppen bereits kurz vor der Oder.

    Jeder einigermaßen gebildete Deutsche weiß, dass Deutschland in zwei Weltkriegen gegen Russland beziehungsweise die Sowjetunion gekämpft hat; Deutschland aber von Russland noch nie überfallen wurde. Nur zweimal in der neuesten Geschichte kamen die Russen bzw. die Rote Armee nach Deutschland, einmal gegen Napoleon und einmal gegen Hitler. Wie das ausging, ist gut bekannt.

    Ich bin sicher: Hätte sich in den 1980er Jahren der Außenminister der Bundesrepublik wie die gegenwärtige Amtsinhaberin geäußert, man führe »Krieg gegen Russland« und wolle »Russland ruinieren«, er wäre von einem Kanzler wie Helmut Schmidt auf der Stelle entlassen worden. Zu Recht werden Willy Brandt, Herbert Wehner, Helmut Schmidt, Egon Bahr und andere wegen ihrer Entspannungspolitik gelobt. Aber: Das ist ja nur die halbe Wahrheit. Diese Persönlichkeiten haben doch die Entspannungspolitik nicht mit sich selbst gemacht. Sie brauchten dazu Partner, und dazu gehörte neben der Sowjetunion auch die DDR. Ohne die friedliche Außenpolitik der DDR hätte es keine Entspannungspolitik von Willy Brandt und anderen geben können. Mit ihnen waren wir uns einig: Lieber hundertmal miteinander verhandeln, als einmal aufeinander schießen, wie Erich Honecker mehrfach erklärte.

    Als ich Anfang der neunziger Jahre Michail Gorbatschow traf, um ihn zu informieren, dass die bundesdeutsche Justiz über 100.000 politische Ermittlungsverfahren gegen DDR-Bürger eingeleitet hatte, erzählte er mir von einem Gespräch mit Bundeskanzler Kohl. Der habe ihm gesagt, »Michail Sergejewitsch, wir sind da drüben im Osten einem fremden Volk begegnet. Die sind ganz anders als wir.«

    Das war und ist die Weltsicht der altbundesdeutschen politischen Eliten und ihrer Erben, die bis heute einen geschichtlich korrekten Blick auf die DDR nicht zulassen. Für sie ist ihr Kapitalismus das allein Seligmachende – die Norm – und das Beste, was sie sich überhaupt vorstellen können. Dass es im Osten Menschen gab, die es besser fanden, ohne Kapitalismus zu leben, für die nicht der Ellenbogen dominierte, wenn es um menschliche Beziehungen ging, sondern die ein gesellschaftliches Miteinander tagtäglich lebten – das wollte und will absolut nicht in die Köpfe der DDR-Hasser, die in der Politik und in den Medien den Mainstream bestimmen.
    Lebendige Erinnerung

    Zum Ende der DDR gab es rund 16 Millionen Einwohner. Inzwischen sind wir schon weniger geworden. Das bedeutet, es gibt heute bis zu viele Millionen individueller Sichten auf die DDR. Die auf eigener Erfahrung beruhende Deutungshoheit sollte aber ausschließlich diesen Bürgern selbst überlassen bleiben und nicht einer medialen »Aufarbeitungsindustrie« oder gar Pfarrer Gauck, der zwölf Jahre Nazibarbarei mit 45 Nachkriegsjahren in Ostdeutschland bzw. der DDR gleichsetzt.

    Ginge es nach diesen Leuten, bliebe die DDR in der Erinnerung der Menschen: Nur »ein Millionenhäuflein gegängelter Kreaturen«, eingesperrt hinter einer Mauer mit einer »schrottreifen Wirtschaft«, umgeben von »Mief und Muff und der Staatssicherheit«. Nein. So war die DDR nicht!

    Solange die Regierenden nicht verstehen, welche Wurzeln die Ostdeutschen haben, dass viele der ehemaligen DDR-Bürger einfach nicht bereit sind, sich ihr Leben aus dem Westen erklären zu lassen und zu akzeptieren, dass sie auf der falschen Seite der Geschichte gestanden hätten, solange also ihre Biographien in den Dreck gezogen werden, solange werden die etablierten Parteien und ihre Ideologen auch das Wahlverhalten vieler Ostdeutscher nicht verstehen können.
    Die Hinterlassenschaft

    Die DDR hat trotz allem im Zentrum Europas bewiesen: Ein Leben ohne Kapitalisten war auch im hoch industrialisierten Deutschland möglich. Zu den Bausteinen unserer Politik gehörten Begriffe wie Bodenreform, durch die Hunderttausende Flüchtlinge und Vertriebene Grund und Boden und damit eine Überlebensgrundlage erhielten. Zum Erbe der DDR gehört es, dass Nazi- und Kriegsverbrecher enteignet wurden und dass ihre Produktionsmittel in Volkseigentum umgewandelt wurden, das nach der »Wende« von der Treuhand oftmals »für ’n Appel und ’n Ei« verhökert wurde.

    Was wir auch hinterlassen, sind Generationen von Neulehrern, die anfangs manchmal noch »Blume« mit »h« schrieben, und ebenso die neuen Juristen, die oftmals aus sogenannten »einfachen Verhältnissen« stammten; Generationen von Frauen, die gleichberechtigt leben und arbeiten konnten und die ihre Ehemänner nicht erst fragen mussten, ob sie einem Beruf nachgehen oder ein Konto eröffnen dürfen. Ich erinnere an viele Akademiker, deren Karrieren erst durch die Brechung des Standes- und Bildungsprivilegs möglich wurden und die oftmals auch ohne Abitur Arbeiter- und Bauernfakultäten absolvieren konnten.

    Was wir ebenfalls hinterlassen, sind Tausende von Wohnungen, einschließlich der gesicherten Erfahrung, dass Wohnraum sowie Grund und Boden nicht dazu da sind, um Spekulanten die Taschen zu füllen, und dass ein »Dach über dem Kopf« zu haben, keine Gnade ist, sondern ein Menschenrecht.

    Manches, was viele heute beklagen, hinterlassen wir allerdings nicht: Die DDR hat keine Arbeitslosen; selbst den weniger Fleißigen wurde zu einem Berufsabschluss verholfen. Jugendliche trafen sich in Jugendklubs – seltener an Tankstellen oder Bahnhöfen.

    Wir haben der Nachwelt keine Milliardäre übereignet, aber auch keine Bettler und Drogensüchtigen. Und schlussendlich: Vielleicht existierten Neonazis in Verstecken. Doch ihre Reichskriegsflaggen hissten sie erst, nachdem sie diese aus dem Westen bekommen hatten und die neue Staatsmacht wie ohnmächtig zuschaute und ihnen die bis dahin verweigerten »Freiheiten« genehmigte.

    Die DDR ist im Kampf der Systeme zerbrochen. Unser Traum vom sich entwickelnden Sozialismus zerschellte auch an unseren eigenen Schwächen: an unzureichender Informationspolitik, mangelnder Nutzung der verfassungsmäßig garantierten demokratischen Rechte, an Versorgungslücken sowie Bürokratie und oftmals auch an Engstirnigkeit. Die Wirklichkeit entfernte sich stärker von den Idealen, was große Teile der Bevölkerung 1989/90 nicht mehr hinnehmen wollten.

    Im nachhinein wissen wir: Seit die DDR als soziales Korrektiv ausfiel, steigt die soziale Kälte. Die ohnehin schon vorhandene Schere zwischen Arm und Reich wird immer größer, und inzwischen ist die Kluft geradezu obszön. Klientelparteien veruntreuen die Kassen des Gemeinwohls. Aber der Widerstand wächst. Soziales Interesse aus fast allen Spektren der Gesellschaft zwingt die bürgerlichen Parteien zur Diskussion über die gröbsten Auswüchse. Würden sie nur so energisch geführt, wie es Methode ist, DDR-Biographien zu entwerten samt der pauschalen Hatz gegen ehemalige Mitarbeiter von Sicherheitsorganen der DDR, mit denen Dampf aus der eigenen Problemküche geleitet wird! Die DDR taugt nicht als Aschenputtel deutscher Geschichte.

    Was die DDR war, warum sie gegründet wurde, welche historischen Errungenschaften ihr eigen waren, welche Stellung sie international einnahm, wie sich beide deutsche Staaten in einem kalten Bürgerkrieg immer am Rande eines möglichen Atomkrieges befanden, was die Gründe für die Niederlage der DDR waren und was von ihr bleiben wird – das sind grundsätzliche Fragen der deutschen Nachkriegsgeschichte, ja, der europäischen und der Weltgeschichte – und eben viel viel mehr als eine »Fußnote der Geschichte« und auch weit mehr als der »grüne Pfeil«.
    Objektiv urteilen

    Man kann mir vorwerfen, ich idealisiere die DDR. Mag sein. Doch in Wirklichkeit plädiere ich lediglich für eine Selbstverständlichkeit, nämlich dafür, dass Wissenschaftler, Politiker und Medienschaffende, die überwiegend in der Bundesrepublik sozialisiert wurden, sich endlich um ein objektives und geschichtlich gerechtes Urteil über die DDR bemühen.

    Noch leben wir – die Zeitzeugen. Und wenn wir irgendwann nicht mehr da sind, bleiben immer noch unsere Erlebnisse und Erfahrungen in der Erinnerung unserer in der DDR geborenen Kinder. Und davon gab es ja auch reichlich, denn die DDR war auch ein kinderfreundliches Land. Den Glauben aber, dass diese Welt mit Krieg und Ausbeutung so nicht bleiben wird, wie sie gegenwärtig ist und »dass die Sonne schön wie nie über Deutschland scheint«, wie es in der DDR-Hymne heißt –, diesen Glauben will und kann ich nicht aufgeben.

    #Allemagne #DDR #histoire #socialisme #communisme

  • Immigration irrégulière : plusieurs candidats, dont des étrangers, arrêtés à Mbour ce samedi…
    https://www.dakaractu.com/Immigration-irreguliere-plusieurs-candidats-dont-des-etrangers-arretes-a-

    Immigration irrégulière : plusieurs candidats, dont des étrangers, arrêtés à Mbour ce samedi…
    L’information a vite circulé : plusieurs candidats à l’immigration irrégulière, dont 20 Gambiens parmi lesquels un mineur, 07 Sénégalais provenant des régions de Kolda, Tambacounda et Sédhiou ont été stoppés par les policiers. Les deux convoyeurs résidant dans une ville côtière du Sénégal sont activement recherchés…

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mbour#tambacounda#kolda#sedhiou#gambie#routemigratoire#traversee#migrationirreguliere#sante

  • Paris 2024 : la quasi-totalité des sites olympiques en Île-de-France sont trop pollués
    https://www.francetvinfo.fr/les-jeux-olympiques/paris-2024-la-quasi-totalite-des-sites-olympiques-en-ile-de-france-sont

    Presque tous les terrains de sport en #Île-de-France sont surexposés à la #pollution de l’#air. D’après un rapport de l’association Respire, rendu public à moins de deux semaines du début des Jeux olympiques de Paris, les taux de dioxyde d’azote et de particules sur les sites sportifs situés à proximité du boulevard périphérique sont trois à quatre fois supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette pollution entraîne évidemment des risques pour la santé des sportifs, alerte l’association, qui veut profiter des #JO pour sensibiliser, car c’est aussi au moment de l’été et des fortes chaleurs que la pollution est la plus élevée.

    la sédentarité c’est la santé
    pendant ce temps, la #Ville_de_Paris humanise des boulevards en installant des accessoires voués à un libre culte du corps
    https://www.paris.fr/pages/pratiquer-un-sport-librement-2431

    #Paris #sédentarité #filtre_à_air #exercice_en_intérieur

  • Les #Voix_croisées - #Xaraasi_Xanne



    Using rare cinematic, photographic and sound archives, Xaraasi Xanne (Crossing Voices) recounts the exemplary adventure of #Somankidi_Coura, an agricultural #cooperative created in #Mali in 1977 by western African immigrant workers living in workers’ residences in France. The story of this improbable, utopic return to the Sahel region follows a winding path that travels through the ecological and decolonial challenges and conflicts of agriculture practices and sensing from the 1970s to the present day. One of the major actors of the movement, #Bouba_Touré, tells this story by plunging into the heart of his personal archives, which document the fights of farmers in France and in Mali, as well as those of immigrant workers, over a period of decades. The film is also a story about dialogues and transmission, friendships and cinematic geographies. Over the course of the film, different voices, enter the sound-scape to accompany Bouba Touré’s telling; they bring the tale of a forgotten memory toward a possible future sung by a polyphonic griot.

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64570
    #film #documentaire #film_documentaire #travailleurs_immigrés #coopérative_agricole #Somankidi #agriculture #retour_au_pays #fleuve_Sénégal #régularisation #sans-papiers #travailleurs_sans-papiers #travail #exploitation #logement #racisme #mal-logement #foyer #marchands_de_sommeil #conditions_de_vie #taudis #tuberculeuse #Fode_Sylla #lutte #grève_des_loyers #université_libre_de_Vincennes #L'Archer #Djiali_Ben_Ali #Association_culturelle_des_travailleurs_africains_en_France (#ACTAF) #manoeuvres #main_d'oeuvre_non_qualifiée #grève #Sahel #famine #1971 #sécheresse #Haute-Volta #aide_humanitaire #exode_rural #Larzac #récupération_des_sols #charité #luttes_de_libération #termites #Samé #aide_au_retour #luttes #arachide #travail_forcé #modernisation #mécanisation #graines #semences #endettement #Kayes #autonomie #femmes #genre #irrigation #radio #radio_rurale_Kayes #radio_rurale #permaculture #intelligence_collective

    –—

    A partir de 1h07’14, où l’on explique que les lois restrictives contre les migrations fixent les gens... alors qu’avant il y avait de la #migration_circulaire : beaucoup de personnes venaient en France 1-2 ans, repartaient au pays et ne revenaient plus jamais en France...
    #fermeture_des_frontières #sédentarisation #agroécologie

  • Inchiesta su #Ousmane_Sylla, morto d’accoglienza
    https://www.monitor-italia.it/wp-content/uploads/2024/03/cpr-roma-1-e1710760515480.jpeg

    A distanza di un mese dal suicidio di Ousmane Sylla nel #Cpr di #Ponte_Galeria, il 4 febbraio 2024, sono emersi nuovi elementi sulla sua triste vicenda, non raccontati nelle prime settimane. La prima cosa che sappiamo ora per certo è che Ousmane voleva vivere. Lo dimostrano i video e le foto che ho avuto da persone che lo hanno conosciuto, che lo ritraggono mentre balla, gioca, canta, sorride e scherza con il suo compagno di stanza. La sua vita però è stata stravolta da una violenza ingiustificabile, che scaturisce dalle dinamiche perverse su cui si basa il nostro sistema di accoglienza (ma non solo) e che impongono di farsi delle domande.

    Già nei primi giorni dopo la morte si venne a sapere che Ousmane aveva denunciato maltrattamenti nella casa famiglia di cui era stato ospite, prima di essere trasferito al Cpr di Trapani. Gli avvocati che si stanno occupando del caso e alcune attiviste della rete LasciateCIEntrare hanno rintracciato la relazione psico-sociale redatta dalla psicologa A.C. del Cpr di Trapani Milo il 14 novembre 2023. Era passato un mese dal suo ingresso nella struttura, a seguito del decreto di espulsione emesso dalla prefettura di Frosinone in data 13 ottobre 2023.

    La relazione dice che Ousmane “racconta di essere arrivato in Italia sei anni fa; inizialmente ha vissuto in una comunità per minori a Ventimiglia in Liguria, poi una volta raggiunta la maggiore età è stato trasferito presso la casa famiglia di Sant’Angelo in Theodice (Cassino). Racconta che all’interno della struttura era solito cantare, ma questo hobby non era ben visto dal resto degli ospiti. Così, un giorno, la direttrice del centro decide di farlo picchiare da un ospite tunisino. In conseguenza delle percosse subite, Sylla si reca al consiglio comunale di Cassino, convinto di trovarsi in Questura, per denunciare la violenza di cui si dichiara vittima”.

    La casa famiglia di Sant’Angelo in Theodice è menzionata anche sulla scritta lasciata da Ousmane – sembrerebbe con un mozzicone di sigaretta – su una parete del Cpr di Roma, prima di impiccarsi a un lenzuolo, la notte tra il 3 e il 4 febbraio 2024.

    “LASCIATEMI PARLARE”
    Sulle cronache locali della Ciociaria, l’8 ottobre 2023 venne pubblicata la notizia di un giovane profugo africano presentatosi in consiglio comunale venerdì 6 ottobre (due giorni prima) per denunciare di aver subito violenze fisiche e maltrattamenti nella casa famiglia di cui era ospite, in questa frazione di Cassino di circa cinquecento abitanti. “Lasciatemi parlare o mi ammazzo”, avrebbe gridato, secondo Ciociaria oggi, che riferiva inoltre che “il giovane adesso ha paura di tornare nella casa famiglia”. La struttura era stata inaugurata sei mesi prima, il 3 aprile 2023, dal sindaco di Cassino Enzo Salera, originario proprio di Sant’Angelo, e dall’assessore con delega alle politiche sociali Luigi Maccaro, alla presenza del funzionario dei servizi sociali, Aldo Pasqualino Matera. Si trovano diversi articoli datati 4 aprile 2023, corredati di foto della cerimonia e della targa con il nome della casa famiglia. La struttura si chiamava Revenge, che significa rivincita ma anche vendetta.

    La casa famiglia è stata chiusa tra dicembre e gennaio per “irregolarità”; le indagini sono ancora in corso. Era gestita dalla società Erregi Progress s.r.l.s. con sede in Spigno Saturnia, in provincia di Latina; la titolare della società e responsabile della casa famiglia è Rossella Compagna (non Campagna, come riportato in alcune cronache), affiancata nella gestione dall’avvocato Michelangiolo Soli, con studio legale a Minturno. Oggi sappiamo che mancavano le autorizzazioni della Asl locale all’apertura, e altri adempimenti; e che la maggior parte degli operatori che si sono succeduti nel corso dei circa nove mesi di apertura non ha mai percepito lo stipendio, né la malattia: almeno quelli che non erano vicini alla responsabile. Alcuni di essi hanno fatto causa alla società e sono in attesa di risarcimento. Altri non avevano neanche le qualifiche per operare in una struttura per minori stranieri non accompagnati.

    Sono stata a Sant’Angelo in Theodice e ho incontrato diverse persone che hanno conosciuto Ousmane, che lo hanno seguito e aiutato durante il mese e mezzo circa della sua permanenza in paese. Grazie a loro ho potuto capire chi era Ousmane e ciò che ha vissuto in quel periodo. Ousmane è arrivato a Sant’Angelo tra la fine di agosto e l’inizio di settembre, insieme a un ragazzo marocchino, oggi maggiorenne. Provenivano da Ventimiglia, dove avevano trascorso insieme circa un mese in un campo della Croce Rossa Italiana, prima di essere trasferiti nella casa famiglia di Cassino. Ousmane non era però “da sei anni in Italia”, come trascritto dalla psicologa del Cpr di Trapani nella sua relazione. Sembrerebbe che fosse arrivato l’estate prima, nel 2023, a Lampedusa, come si intuisce anche dalla sua pagina Fb (“Fouki Fouki”). Il 3 agosto ha pubblicato un video in cui canta sulla banchina di un porto, quasi certamente siciliano. Forse era arrivato nella fase di sovraffollamento, caos e ritardi nei trasferimenti che spesso si verificano sull’isola in questa stagione. Avrebbe poi raggiunto Roma e successivamente Ventimiglia.

    Il suo “progetto migratorio” era quello di arrivare in Francia, dove ha un fratello, cantante rap e animatore d’infanzia, Djibril Sylla, che ho incontrato di recente: è venuto a Roma per riconoscere il corpo di Ousmane e consentirne il ritorno in Africa. Ousmane parlava bene il francese e lo sapeva anche scrivere, come dimostra la scritta che ha lasciato sul muro prima di uccidersi. Con ogni probabilità è stato respinto al confine francese, verso l’Italia. Ousmane non era minorenne; si era dichiarato minorenne probabilmente perché né allo sbarco né al confine con la Francia ha potuto beneficiare di un orientamento legale adeguato che lo informasse dei suoi diritti e delle possibilità che aveva. Il regolamento “Dublino”, in vigore da decenni, prevede che i migranti restino o vengano rinviati nel primo paese in cui risultano le loro impronte (ci sono delle apposite banche dati europee), impedendo loro di raggiungere i luoghi dove hanno legami e comunità di riferimento o semplicemente dove desiderano proseguire la loro vita.

    Una volta respinto, però, anziché fare domanda di protezione internazionale in Italia, Ousmane si è dichiarato minore, pur essendo ventunenne. Non sarà facile ricostruire chi possa averlo consigliato, guidato o influenzato in queste scelte e nei suoi rapporti con le autorità, dal suo arrivo in Italia in poi. Sappiamo, tuttavia, che dichiarandosi “minore” ha determinato l’inizio, incolpevole e inconsapevole, della fine della sua breve vita, non più in mano a lui da quel momento in poi.

    Dichiarandosi maggiorenne, Ousmane avrebbe potuto presentare una domanda di protezione. Nel paese da cui proveniva, la Guinea Conakry, vige una dittatura militare dal 2021. I migranti possono chiedere protezione internazionale se manifestano il timore, ritenuto fondato da chi esamina il loro caso, di poter subire “trattamenti inumani e degradanti”, ovvero un danno grave, nel proprio paese di provenienza, laddove lo Stato di cui sono cittadini non fornisca loro adeguate protezioni. A Ousmane è accaduto l’inverso: i trattamenti inumani e degradanti li ha subiti in Italia.

    Sin dal suo arrivo nella casa famiglia di Cassino, Ousmane ha patito uno stillicidio di vessazioni, minacce e deprivazioni, come ci riferiscono tutte le persone che lo hanno assistito e accompagnato in quel mese e mezzo, che testimoniano delle modalità inqualificabili con cui veniva gestita quella struttura, della brutalità con cui venivano trattati gli ospiti, del clima di squallore e terrore che vigeva internamente. Abbiamo ascoltato i messaggi vocali aggressivi che la responsabile inoltrava ai suoi operatori, sia ai danni degli operatori che degli ospiti, scarsamente nutriti e abbandonati a sé stessi, come appare anche dalle foto. Ousmane, a causa del suo atteggiamento ribelle e “resistente”, sarebbe stato punito ripetutamente con botte, privazione di cibo, scarpe, coperte e indumenti, e di servizi cui aveva diritto, non solo in quanto “minore”, ma in quanto migrante in accoglienza: per esempio, l’accesso ai dispositivi di comunicazione (telefono e scheda per poter contattare i familiari), la scuola di italiano, il pocket money.

    Tutte le persone con cui ho parlato sono concordi nel descrivere Ousmane come un ragazzo rispettoso, intelligente, altruista e sensibile; sano, dinamico, grintoso, si ispirava alla cultura rasta e cantava canzoni di rivolta e di libertà in slang giamaicano e in sousou, la sua lingua madre. La sua unica “colpa” è stata opporsi a quello che vedeva lì, riprendendo con foto e video le ingiustizie che subiva e vedeva intorno a sé. A causa di questo suo comportamento è stato discriminato dalla responsabile e da alcuni personaggi, come un ragazzo tunisino di forse vent’anni. Dopo un mese di detenzione lo stesso Ousmane raccontò alla psicologa del Cpr di Trapani che la responsabile della casa famiglia l’avrebbe fatto picchiare da un “ospite tunisino”.

    Il 6 ottobre 2023, forse indirizzato da qualche abitante del luogo, Ousmane raggiunse il consiglio comunale di Cassino, nella speranza che le autorità italiane potessero proteggerlo. Una consigliera comunale con cui ho parlato mi ha descritto lo stato di agitazione e sofferenza in cui appariva il ragazzo: con ai piedi delle ciabatte malridotte, si alzava la maglietta per mostrare i segni di percosse sul torace. Ousmane non fu ascoltato dal sindaco Salera, tutore legale dei minori non accompagnati della casa famiglia. Ousmane fu ascoltato solo dalla consigliera che comprendeva il francese, in presenza di poche persone, dopo che il sindaco e la giunta si erano allontanati. A quanto pare quel giorno si presentò in consiglio anche una delegazione di abitanti per chiedere la chiusura della struttura, ritenuta mal gestita e causa di tensioni in paese.

    Una settimana dopo, il 13 ottobre, Ousmane tornò al consiglio comunale, dichiarando di essere maggiorenne. Pare che prima avesse provato a rivolgersi alla caserma dei carabinieri – chiedeva dove fosse la “gendarmerie” – per mostrare i video che aveva nel telefono: la sua denuncia non fu raccolta, perché in quel momento mancava il maresciallo. Di nuovo, forse non sapremo mai da chi Ousmane sia stato consigliato, guidato e influenzato, nella sua scelta di rivelare la sua maggiore età. Perché non gli fu mai consentito di esporre denuncia e di ottenere un permesso di soggiorno provvisorio, per esempio per cure mediche, o per protezione speciale, visto che aveva subito danni psicofisici nella struttura di accoglienza, e che voleva contribuire a sventare dei crimini?

    Come in molte strutture per minori migranti, la responsabile era consapevole della possibilità che molti dei suoi ospiti fossero in realtà maggiorenni. “Una volta che scoprono che sono maggiorenni, devono tornare a casa loro, perché le strutture non li vogliono”, spiega in un messaggio audio ai suoi operatori. In un altro dei messaggi che ho sentito, questa consapevolezza assume toni intimidatori: “Quindi abbassassero le orecchie, perché io li faccio neri a tutti quanti”, diceva. “Io chiudo la casa, e poi riapro, con altra gente. Dopo un mese. Ma loro se ne devono andare affanculo. Tutti! Ne salvo due o tre forse. Chiudiamo, facciamo finta di chiudere. Loro se ne vanno in mezzo alla strada, via, e io faccio tutto daccapo, con gente che voglio io. Quindi abbassassero le orecchie perché mi hanno rotto i coglioni”. Nello stesso messaggio, la responsabile aggiunge: “Tu devi essere educato con me; e io forse ti ricarico il telefono; sennò prendi solo calci in culo, e io ti butto affanculo nel tuo paese di merda”.

    La minore età può essere usata come arma di ricatto. I migranti che si dichiarano minori, infatti, entrano nel circuito delle strutture per minori stranieri non accompagnati, e ottengono un permesso di soggiorno per minore età appena nominano un tutore (solitamente il sindaco). In caso di dubbio sulla minore età questi vengono sottoposti ad accertamenti psico-fisici, che consistono nella radiografia del polso e in una serie di visite specialistiche presso una struttura sanitaria.

    Per l’accoglienza di un minore straniero non accompagnato, il ministero dell’interno eroga ai comuni che ne fanno richiesta (tramite le prefetture) dai novanta ai centoventi euro al giorno, che finiscono in buona parte nelle tasche degli enti gestori (che per guadagnare possono risparmiare su cibo, servizi, personale, in quanto non sono previsti controlli davvero efficaci sulla gestione dei contributi statali). Ma anche i comuni hanno da guadagnare sull’accoglienza ai minori. A questo proposito, vale la pena richiamare le parole pronunciate dall’assessore ai servizi sociali Maccaro in occasione dell’apertura della casa famiglia e riportate in un articolo di Radio Cassino Stereo, presente in rete: “Una nuova realtà sociale al servizio del territorio è una ricchezza per tutto il sistema dei servizi sociali che vive della collaborazione tra pubblico e privato sociale. Siamo certi che questa nuova realtà potrà integrarsi in una rete sociale che in questi anni sta mostrando grande attenzione al tema dei minori”.

    Le autorità possono in qualsiasi momento sottoporre i giovani stranieri non accompagnati ad accertamento dell’età. È così che questi ragazzi divengono vulnerabili e costretti a sottostare a qualsiasi condizione venga loro imposta, poiché rischiano di perdere l’accoglienza e finire nei Cpr. Molti migranti ventenni con un viso da adolescente, come Ousmane, vengono incoraggiati a dichiararsi minori: più ce ne sono, più saranno necessarie strutture e servizi ben sovvenzionati (molto più dei servizi per maggiorenni).

    NEL LIMBO DEI CPR
    Dopo la seconda apparizione in consiglio comunale, il 13 ottobre, anziché essere supportato, tutelato e orientato ai suoi diritti, Ousmane è stato immediatamente colpito da decreto di espulsione, e subito trasferito (il 14 ottobre) nel Cpr di Trapani Milo, dove trascorrerà tre mesi. Inutile il tentativo dell’avvocato del Cpr Giuseppe Caradonna di chiederne dopo un mese il trasferimento, con una missiva indirizzata alla questura di Trapani, in cui scriveva “continua purtroppo a mantenere una condotta del tutto incompatibile con le condizioni del Centro [Cpr] (probabilmente per via di disturbi psichici derivanti da esperienze traumatiche) al punto da mettere a serio rischio la propria e l’altrui incolumità. A supporto della presente, allego una relazione psico-sociale, redatta in data odierna dalla dottoressa A.C., psicologa che opera all’interno della struttura, la quale ha evidenziato dettagliatamente la condizione in cui versa Ousmane Sylla. Pertanto, mi permetto di sollecitare un Suo intervento per far sì che quest’ultimo venga trasferito al più presto in una struttura più idonea e compatibile con il suo stato di salute mentale”.

    La psicologa aveva scritto: “Ritengo che l’utente possa trarre beneficio dal trasferimento presso un’altra struttura più idonea a rispondere ai suoi bisogni, in cui siano previsti maggiori spazi per interventi supportivi e una maggiore supervisione delle problematiche esposte”. Richiesta alla quale la questura di Trapani risponderà negativamente, con la motivazione che “lo straniero aveva fatto ingresso nella struttura munito di adeguata certificazione sanitaria che attesta l’idoneità alla vita in comunità ristretta e che costituisce condicio sine qua non per l’accesso all’interno dei Cpr”.

    Chi aveva redatto quella “adeguata certificazione sanitaria” di cui Ousmane era munito all’ingresso nel Cpr di Trapani, se ancora portava addosso i segni delle violenze subite, come testimoniato dalla consigliera cassinese che lo aveva ascoltato nella settimana precedente, rilevandone anche lo stato di estremo disagio psicologico?

    Ousmane affermava, ripetutamente, di voler tornare in Africa. Lo diceva anche alle operatrici della casa famiglia con cui abbiamo parlato: “Gli mancava la mamma”, hanno riferito, con la quale non poteva neanche comunicare, perché privato del telefono. Un’operatrice ricorda che una volta la disegnò, perché Ousmane amava anche disegnare, oltre che cantare e giocare a pallone. Studiava l’italiano con lei ed “era molto bravo”, dice, apprendeva rapidamente.

    Voleva tornare in Africa, non perché volesse rinunciare al sogno di una vita migliore in Europa, in Francia o in Italia, anche per poter aiutare la famiglia che vive in povertà in un sobborgo di Conakry (madre, sorelle e fratelli più piccoli), ma perché non aveva trovato qui alcuna forma di accoglienza degna di chiamarsi tale, se non nelle persone che lo hanno assistito, ascoltato e che testimoniano oggi in suo favore; persone che hanno fatto il possibile per lui, tuttavia non sono “bastate” a salvargli la vita; non per loro responsabilità, ma perché ignorate o sovrastate dalle istituzioni e dalle autorità che avrebbero potuto e dovuto tutelare Ousmane.

    Dopo tre mesi trascorsi nel Cpr di Trapani, Ousmane verrà trasferito a fine gennaio nel Cpr di Roma, per continuare a restare in un assurdo limbo, in condizioni “inumane e degradanti” nelle quali è ben noto versino i Cpr. L’Italia non ha accordi bilaterali con la Guinea Conakry, come con tanti altri paesi di provenienza dei migranti detenuti nei Cpr.

    Il 19 settembre 2023, il sito istituzionale integrazionemigranti.gov.it, informava che il giorno prima il Consiglio dei ministri aveva varato nuove norme contro l’immigrazione irregolare: “Si estende – come consentito dalla normativa euro-unitaria – a diciotto mesi (sei mesi iniziali, seguiti da proroghe trimestrali) il limite massimo di permanenza nei centri per il rimpatrio degli stranieri non richiedenti asilo, per i quali sussistano esigenze specifiche (se lo straniero non collabora al suo allontanamento o per i ritardi nell’ottenimento della necessaria documentazione da parte dei paesi terzi). Il limite attuale è di tre mesi, con una possibile proroga di quarantacinque giorni. […] Inoltre, si prevede l’approvazione, con decreto del presidente del Consiglio dei ministri, su proposta del ministro della difesa, di un piano per la costruzione, da parte del Genio militare, di ulteriori Cpr, da realizzare in zone scarsamente popolate e facilmente sorvegliabili”. È il cosiddetto Decreto Cutro.

    Secondo la relazione del Garante nazionale per le persone private della libertà personale, sono transitate nei Cpr 6.383 persone, di cui 3.154 sono state rimpatriate. Quelle provenienti da Tunisia (2.308), Egitto (329), Marocco (189) e Albania (58), rappresentano il 49,4%. In base allo scopo dichiarato per cui esistono i Cpr, la maggioranza è stata trattenuta inutilmente.

    Come riporta il Dossier statistico sull’immigrazione 2023, “il governo si ripromette di aprire altri dodici centri, uno per ogni regione, in luoghi lontani dai centri abitati […]. Nei dieci centri attivi in Italia possono essere ospitate 1.378 persone. Tuttavia, complici la fatiscenza delle strutture e le continue sommosse, la cifra reale si dimezza. […] Dal 2019 al 2022, otto persone sono morte nei Cpr, in circostanze diverse. Infiniti sono i casi di autolesionismo e di violenza. Numerose sono le inchieste che confermano come in questi luoghi si pratichi abuso di psicofarmaci a scopo sedativo”.

    Il caso più noto è quello del ventiseienne tunisino Wissem Ben Abdel Latif, deceduto nel novembre 2021, ancora in circostante sospette, dopo essere rimasto legato a un letto per cento ore consecutive nel reparto psichiatrico del San Camillo di Roma. La detenzione amministrativa di Ousmane si sarebbe potuta protrarre molto a lungo, inutilmente. Sono pochissimi i migranti che a oggi beneficiano dei programmi di “rimpatrio assistito”, che prevedono anch’essi accordi e progetti con i paesi di origine per la loro effettiva attuazione. Con la Guinea Conakry non ci risultano accordi neanche sui rimpatri assistiti.
    Ousmane, trovato impiccato a un lenzuolo la mattina del 4 febbraio, non vedeva forse vie di uscita e ha scelto di morire per “liberarsi”, chiedendo, nel messaggio lasciato sul muro prima di togliersi la vita, che il suo corpo venisse riportato in Africa “affinché riposi in pace” e sua madre non pianga per lui. Alcuni migranti che hanno condiviso con lui la detenzione nel Cpr di Trapani, dicono fosse stato “imbottito di psicofarmaci”. A oggi, sono ancora tanti i lati oscuri di questa vicenda, ma sono in molti a invocare verità e giustizia per Ousmane Sylla, come per tutte le persone schiacciate dall’insostenibile peso del “sistema”, al quale alcune di esse – come Ousmane – hanno provato a ribellarsi, con coraggio e dignità.

    https://www.monitor-italia.it/inchiesta-su-ousmane-sylla-morto-daccoglienza
    #migrations #asile #réfugiés #Italie #décès #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #Trapani #détention_administrative #rétention

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    Vu que Ousmane a été arrêté à Vintimille pour l’amener dans un centre de détention administrative dans le Sud de l’Italie et que, selon les informations que j’ai récolté à la frontière Vintimille-Menton, il avait l’intention de se rendre en France, j’ai décidé de l’inclure dans les cas des personnes décédées à la #frontière_sud-alpine.
    Ajouté donc à cette métaliste des morts à la frontière #Italie-#France (frontière basse, donc #Vintimille / #Alpes_Maritimes) :
    https://seenthis.net/messages/784767

  • Italie : des migrants drogués à leur insu par l’administration dans un centre de rétention - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/54442/italie--des-migrants-drogues-a-leur-insu-par-ladministration-dans-un-c

    Centre de rétention administrative (CRA) Migrants Expulsions Drogues . Italie : des migrants drogués à leur insu par l’administration dans un centre de rétention
    Par Leslie Carretero Publié le : 11/01/2024
    Selon une enquête du parquet de Potenza, dans le sud de l’Italie, les conditions de vie dans le centre de rétention (CPR) de Palazzo San Gervasio sont « inhumaines ». Des étrangers enfermés dans la structure, en vue de leur expulsion, ont été forcés d’ingérer des médicaments, qui peuvent les rendre dépendants, afin de « contrôler illégalement l’ordre public ». Des violences physiques et des manquements dans l’accès aux services sanitaires, linguistiques et juridiques ont également été relevés. « L’enfer » du CPR (centre de rétention pour rapatriement) de Palazzo San Gervasio, dans le sud de l’Italie. C’est en ces termes que la structure a été décrite aux enquêteurs par une infirmière ayant travaillé un an et demi sur le site.
    L’enquête menée par le parquet de Potenza, et rendue publique mardi 9 janvier, révèle que 35 cas de mauvais traitements ont été constatés contre des personnes retenues entre 2018 (année d’ouverture du centre) et 2022. Ces maltraitances consistaient principalement en « l’administration massive » et forcée - voire parfois cachée - de drogues tranquillisantes dans le but de rendre les personnes inoffensives, « sans besoin avéré et sans leur consentement éclairé ». « L’usage [de ces médicaments] était totalement indépendant de la volonté du patient, mais correspondait au besoin spécifique [de l’administration] de contrôler illégalement l’ordre public » au sein du centre, assure le juge. Les recherches ont montré que « jusqu’à 1 315 paquets de gouttes et de comprimés de Rivotril avaient été prescrits » aux étrangers enfermés dans le CPR entre janvier et décembre 2018 et « 920 colis » livrés de janvier 2019 à août 2019.
    Et les faits ont perduré jusqu’à la fermeture du lieu, en 2022. Le 30 novembre 2021, un Tunisien de 40 ans est « immobilisé aux poignets et aux chevilles » avec « cruauté » pour l’obliger à « ingérer contre son gré des doses d’antipsychotiques et de tranquillisants » - comme le Rivotril, le Tafor et le Talofen - indique le rapport du procureur Francesco Curcio, dévoilé par la presse italienne. Le 10 mars 2022, c’est un Gambien de 31 ans qui reçoit du Valium par voie intramusculaire alors qu’il est, lui aussi, ligoté aux chevilles et aux poignets et maintenu au sol.
    En janvier 2023, une vidéo diffusée par la chaîne italienne Canale 5 montre un exilé assis sur un lit d’hôpital entouré de plusieurs policiers et d’une femme en blouse blanche. La scène se déroule dans le CPR de Palazzo San Gervasio. Un membre des forces de l’ordre faire pression sur l’homme pour qu’il ingurgite le traitement. « Prends-le ! Je ne vais pas le dire deux fois. Prends-le et je te lâche. Si tu ne le prends pas, tu restes là », entend-on dans l’enregistrement. Le migrant semble vouloir refuser d’ingérer le médicament. « Rovotril ? No Rovotril », dit-il. La femme en blouse blanche tend finalement un gobelet à un policier qui force l’homme à boire. « Avale, avale », insiste un autre agent.
    Ces médicaments, utilisés pour traiter l’anxiété, des symptômes dépressifs ou encore l’épilepsie, peuvent provoquer de fortes dépendances. La « sédation forcée continue » est une « atteinte à la dignité humaine et une violation de la liberté morale des victimes », et constitue un « risque réel de provoquer des phénomènes de toxicomanie », signale le juge. Le Rivotril, appelé « drogue du pauvre », est devenu le médicament le plus utilisé dans le CPR. Cet antiépileptique était acheté en grande quantité, grâce aux ordonnances des migrants ayant déjà quitté le centre, afin d’éviter une « révolte » des personnes devenues dépendantes. Lorsque la dépendance était devenue incontrôlable, l’administration diluait le médicament dans de l’eau, ou l’ajoutait au lait lors du déjeuner, pour en limiter la quantité. « Nous avons remarqué que ce médicament provoquait un état de stupeur chez les plus jeunes, ce qui nous a poussé à demander aux médecins de réduire les doses et de ne pas continuer à l’administrer. Cependant, il n’a jamais cessé d’être administré, même à fortes doses : jusqu’à 40 gouttes à la fois, parfois trois fois par jour », a expliqué une infirmière à la justice.
    Mais les dysfonctionnements découverts par les inspecteurs ne s’arrêtent pas là. Lors du contrat passé avec la préfecture, la société qui gère le site, Engel, s’était engagée à fournir des services sanitaires, linguistiques et juridiques aux migrants retenus. Or l’enquête a démontré qu’ils n’avaient pas été mis en place ou alors de manière insuffisante. Par ailleurs, la clinique installée dans la structure ne disposait pas d’eau courante et ne possédait pas d’instruments médicaux nécessaires à certaines consultations, comme un électrocardiogramme par exemple. Plusieurs cas de violences physiques ont également été répertoriés. Une infirmière évoque des patients traités avec « des contusions, des hématomes sur tout le corps, des fractures ». Les personnes enfermées, qui vivaient dans des « conditions inhumaines » selon la justice, pouvaient « développer des comportements obsessionnels, comme marcher en rond », a témoigné une autre. Au total, une trentaine de personnes sont visées par l’enquête et une dizaine sont mises en examen : des policiers, des médecins et des responsables du centre. Un inspecteur de police est assigné à résidence, un médecin a interdiction de pratiquer pendant un an et le directeur du centre ne peut plus diriger une entreprise pendant 12 mois. « La crédibilité de l’État est en jeu dans la gestion du CPR », a martelé le procureur Francesco Curcio. Un autre centre de rétention est également visé par la justice. Une enquête a révélé en décembre 2023 que dans le CPR de via Corelli, à Milan, les conditions de vie étaient aussi particulièrement difficiles. Le procureur a critiqué un système de santé « gravement déficient » : des étrangers souffrant de problèmes psychiatriques, atteint de maladie grave, comme des tumeurs au cerveau, ou sujets à des crises d’épilepsie n’ont jamais été soumis à des examens médicaux. Le manque de médicaments a été relevé par l’enquête, tout comme la « saleté » des dortoirs, l’état des sanitaires qualifiés d’"honteux" ou encore des aliments « malodorants, avariés, périmés ».Malgré les révélations sur ces centres, de nouvelles structures de ce type devraient bientôt voir le jour. Début mai 2023, le gouvernement italien a publié un nouveau texte, le décret Cruto - du nom d’une ville de Calabre où des dizaines de migrants avaient perdu la vie en février dans un naufrage - qui vise à diminuer les arrivées de migrants en Italie et à expulser un plus grand nombre de personnes en situation irrégulière. Les autorités veulent ainsi construire un CPR dans les 20 régions du pays. On en dénombre actuellement 10, pour une capacité totale de 1 500 places.

    #Covid-19#migrant#migration#italite#CPR#violence#santementale#antipsychotique#sedation#tranquillisant#sante#psychiatrie#retention

  • Ils ne parviennent plus à courir, au bout d’une minute, ils sont essoufflés. Médecin-conseil, elle démissionne pour alerter sur la santé des jeunes
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/ils-ne-parviennent-plus-a-courir-au-bout-d-une-minute-i

    Il y a quelques jours, Sophie Cha a adressé une lettre de démission à sa direction. Le 31 décembre, elle quitte ses fonctions de médecin-conseiller à la DRAJES, la délégation « jeunesse et sport » de Bretagne. Un geste fort pour alerter. Enfants et adolescents ne bougent plus suffisamment dit-elle. Si rien n’est fait, ils auront une espérance de vie inférieure à la nôtre.

    Au pied de son bureau, quelques cartons posés indiquent l’imminence de son départ. Sophie Cha quitte son poste. La mort dans l’âme, « je ne vais pas continuer à venir tous les matins pour faire des rapports et des recommandations qui ne servent à rien ».

    Depuis 8 ans, elle occupait le poste de médecin-conseiller à la DRAJES, la Délégation Régionale Académique Jeunesse Engagement et Sport de Bretagne. C’est ce qu’on appelle plus communément la direction « jeunesse et sport », qui est rattachée au ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.

    Au fil des années, et dans une indifférence quasi-générale, elle a vu la situation se dégrader. « En 40 ans, les jeunes ont perdu 25% de condition physique. Le constat est terrible car cela veut dire qu’ils vont mourir plus vite. »

    « Les professeurs d’EPS nous disent que les jeunes ne parviennent plus à courir. Au bout d’une minute, ils sont essoufflés. Ils ne savent plus faire une roulade, ni marcher sur une poutre. C’est inquiétant », explique la médecin.

    Dans une tribune publiée cet automne dans la Revue du praticien, Sophie Cha rappelait les recommandations de l’OMS ( organisation mondiale de la santé) sur le volume d’activité physique nécessaire à une bonne santé. « Les enfants et les adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer en moyenne 60 minutes par jour à une activité physique d’intensité modérée à soutenue tout au long de la semaine. Des activités d’endurance plus intenses, ainsi que celles qui renforcent le système musculaire et l’état osseux, devraient être pratiquées au moins 3 fois par semaine. »

    « Pourtant, constate-t-elle, depuis plus de vingt ans, on assiste à un effondrement du niveau d’activité physique de la population. A l’adolescence, 77% des garçons et 85% des filles sont en deçà des préconisations. »

    Depuis les années 1970, tous les dix ans, les enfants perdent en moyenne 5 % de leurs capacités cardiorespiratoires.
    Les risques de l’inactivité

    « Et la perte du goût de l’effort commence dès le plus jeune âge remarque la médecin. Regardez dans la rue ou devant les écoles, indique-t-elle. Aujourd’hui, on voit dans des poussettes des enfants qui sont grands, en tout cas, qui sont en âge de marcher. Ils prennent l’habitude de se laisser promener et ne découvrent pas le plaisir de cheminer sur leurs deux jambes. »

    Les professeurs d’EPS signalent aussi que les enfants sont de plus en plus souvent dans le plâtre. « Comme on fabrique notre capital osseux en bougeant et notamment en multipliant les activités à impacts, course, sauts à la corde, moins on bouge, moins on a des os solides et cela n’augure rien de bon pour l’avenir », souligne Sophie Cha. « Notre capital osseux est à son maximum au début de l’âge adulte vers 20-22 ans et commence dès lors à décroître. Mais si on part avec un capital osseux bas, on ira plus vite vers l’ostéoporose, vers des problèmes de fractures. »

    Sophie Cha tire la sonnette d’alarme depuis longtemps. Dans une autre tribune, publiée cette fois dans Café pédagogique, Sophie Cha appelait à dire « Stop aux dispenses d’EPS. »

    Dans les faits, ces dispenses d’EPS n’existent officiellement plus depuis 1988 ! Elles ont été supprimées par un décret 88-977. « L’Education physique et sportive est comme les autres une matière obligatoire et vitale » insiste la praticienne. En cas de difficultés d’un élève pour telle ou telle activité, un certificat médical devra comporter des indications utiles à l’adaptation de la pratique, précise le texte. « Mais on ne dispense pas de maths un élève dyscalculique s’agace Sophie Cha, au contraire, on cherche à l’aider, à le faire progresser. Ce doit être pareil pour le sport »

    « On sait que l’adolescence est un moment difficile où les jeunes ne se sentent pas très bien dans leurs corps, reconnaît Sophie Cha, mais justement, le sport pourrait les aider. Au lieu de cela, observe-t-elle, les médecins cèdent à la pression et signent des dispenses, les parents font des mots d’excuse. »

    Sophie Cha travaille sur la question avec un sociologue. " On a un florilège, témoigne-t-elle. L’autre jour, il y a une maman qui a écrit : "Ma fille a commencé à fumer, elle est essoufflée quand elle fait du sport, je vous remercie de ne plus la faire courir ! « Et ça ne heurte personne ! »
    Des effets sur la santé mentale des jeunes

    Sur l’écran de son ordinateur portable, la médecin fait défiler les enquêtes épidémiologiques et les rapports qui s’inquiètent de l’état des enfants et des adolescents. « C’est comme le réchauffement climatique, on sait ce qui va se passer, tous les arguments scientifiques sont là, écrits noir sur blanc sous nos yeux. »

    « On a des jeunes qui à 11 ans font des tentatives de suicide. C’est quelque chose que l’on ne voyait pas avant », s’alarme Sophie Cha.

    Le Haut conseil de la famille de l’enfance et de l’âge a publié une étude en mars 2023, « Comment venir en aide à nos enfants ? » Les chiffres sont à peine croyables, s’inquiète-t-elle. On met les enfants sous anxiolytiques dès 9 ans. Entre 2014 et 2021, les prescriptions d’antidépresseurs ont augmenté de 62%, celles de psychostimulants de 78% et celles d’hypnotiques et de sédatifs de 155%."
    La faute aux écrans ?

    La médecin ne cherche à incriminer personne mais elle constate." Quand on interroge les adolescents sur leurs occupations, on en voit qui nous disent qu’ils passent parfois 12 à 13h par jour devant les écrans le week-end et 7 à 8h par jour dans la semaine. « 

    Souvent les parents baissent les bras et démissionnent. Ils n’ont pas envie de batailler sur les téléphones portables, les jeux vidéo et les heures devant les séries. Alors ils laissent faire. »

    « Biologiquement, explique Sophie Cha, n otre cerveau est programmé pour être attiré par ce qui bouge. À certains moments, c’est notre survie qui en dépend. » Quand une bête féroce ou un ennemi arrivait en trombe ou quand une voiture débouche à toute allure, nous sommes programmés pour le voir rapidement. Mais aujourd’hui, notre cerveau est bombardé d’images qui bougent à toute vitesse, dans tous les sens et il est captivé.

    Nous passons 60% de notre temps libre devant un écran, quand nous consacrons 4% de ce temps à la pratique sportive.

    La faute à l’époque ?

    Tout semble s’additionner pour laisser aux petits une chance de ne pas sauter dans leurs baskets regrette la médecin. L’épidémie de Covid qui a cloué tout le monde à la maison, l’aménagement des villes qui fait craindre le pire. « Qui peut laisser aujourd’hui des petits jouer dans la rue ou dans les squares ? interroge Sophie Cha. On a peur qu’ils se fassent mal, qu’ils soient écrasés par les voitures ou kidnappés. On fait des enfants bulle. »

    Mais en surprotégeant nos chères têtes blondes, on risque de leur faire courir de plus graves dangers. Dans les cours d’école, par exemple, aujourd’hui, on a peur que l’enfant se blesse s’il joue à chat ou à n’importe quoi. « Tout est paralysé, cingle Sophie Cha, mais en empêchant un enfant de bouger aujourd’hui, on met sa santé présente et future en danger et c’est beaucoup plus nocif pour lui. »

    Les maladies chroniques sont devenues première cause de mortalité dans le monde. « Les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, les cancers et les maladies respiratoires sont les fléaux modernes Leur apparition est consécutive, pour 25 % des cas en moyenne, au manque d’activité physique et à la sédentarité, écrit Sophie Cha dans la tribune, et elle tend à se produire de plus en plus tôt dans la vie. Même si le niveau d’activité physique des jeunes se maintenait au niveau actuel, il faudrait s’attendre à l’émergence de 6 millions de nouveaux cas de maladies chroniques en France d’ici à 2030. »

    Tous les ans, le nombre d’adolescents qui entrent dans des diabètes de type 2, (normalement diabète de l’adulte) augmente de 2%, ajoute-la médecin. « Le fait que tout cela soit documenté par des milliers d’articles scientifiques, c’est encore plus rageant. »

    Car Sophie Cha s’inquiète pour les années à venir. « Notre système de soins est à bout de souffle, confie-t-elle, nous n’avons plus suffisamment de médecins et nous manquons de médicaments. Comment ferons-nous pour soigner les gens s’ils sont beaucoup plus malades ? Nous aurons des populations qui vont développer des diabètes, de l’hypertension et on ne pourra pas les soigner. »
    Bougez, bougez, bougez !

    « La première chose à faire, c’est de dire aux jeunes de bouger », répète donc Sophie. Cha. « Il faut qu’ils sortent de leurs chambres, qu’ils sortent de chez eux, qu’ils rencontrent des gens, voient la lumière du jour. »
    Car c’est aussi en courant que l’on devient coureur. « Souvent, quand on fait une activité sportive, on est fier de l’avoir fait, on gagne en estime de soin, en confiance. On reprend possession de son corps et on secrète des endorphines et de la dopamine qui sont des hormones du bonheur » décrit la médecin.

    Dans quelques jours, au mois de janvier, l’activité physique doit devenir « Grande cause nationale ». Ce sera sans Sophie Cha. « De toute façon, on dit blanc et on fait noir ! »

    Elle espère que sa démission invitera parents, médecins et autorités à réfléchir. « Il faut faire bouger les jeunes et le faire vite parce que d’années en années, la situation s’aggrave. »

    • Donc, les gamins essoufflés au bout de 2 min, c’est la faute à eux-même parce qu’ils ne bougent pas assez !

      Bien joué, la disparition du covid long dans le tableau général !

      Là, j’ai un peu crapahuté dans les Pyrénées au soleil dominical et j’ai croisé 2 jeunes raisonnablement en forme (silhouette assez sportive) qui respiraient comme des phoques et toussaient comme des perdues, en mode à bout de souffle.

    • Ne pas bouger assez, ce n’est pas une faute, et pas une faute de gamins, c’est une erreur qui résulte d’une condition sociale qui nous éloigne de nos besoins, dont des besoins physiologiques, ici exceptionnellement « gratuits », une erreur, une conformation, dont on nous vend d’ailleurs l’antidote (les salles d’activité physique), pendant que toutes les instances de santé ânonnent la même rengaine," l’activité physique " premier facteur de santé dès lors que l’on a sa dose de calories plus ou moins assurée. Signe de plus que notre civilisation est, y compris à bas bruit, là-aussi mortifère - comme dans le cas de la prolifération des particules fines ou de la multiplication des additifs alimentaires.

      #santé #activité_physique #sédentarité

    • Et c’est à ce point mortifère que même l’industrie alimentaire pourvoyeuse de #junkfood y va de sa petite recommandation sur tous les emballages publicitaires qu’elle nous impose. Comme ça on ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu.
      De même d’ailleurs pour les marchands de bagnoles qui vous incite à préférer les « mobilités douces ».

  • Je suis pour qu’on lui fasse subir ce qu’il a fait subir aux malades qui lui demandaient de les euthanasier.

    TEMOIGNAGE. « J’ai changé d’avis sur l’euthanasie » : un médecin en fin de vie raconte comment la maladie l’a transformé
    https://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/temoignage-j-ai-change-d-avis-sur-l-euthanasie-un-medecin-en-fin-de-vie

    Du temps où il exerçait encore, le docteur Bail était un homme de principes. Du genre à vous réciter le serment d’Hippocrate, le code de déontologie médicale et le cinquième commandement. « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément », lui soufflait une petite voix. « Tu ne tueras point », répétait une autre. Droit dans sa blouse, il contournait les rares appels de patients qui lui demandaient une euthanasie en douce. « Je m’engageais à rester leur médecin jusqu’à la fin et je parvenais à apaiser leurs souffrances par mes visites et par ma maîtrise des morphiniques et des antalgiques », assure-t-il.

    Pionnier des soins palliatifs dans la région de Lannion, il professa à la faculté de médecine de Brest cet art qui consiste à soigner jusqu’au bout les patients que l’on ne peut plus guérir. Il fallut l’épreuve de la maladie, en 2019, pour le faire « changer d’avis » sur l’euthanasie et le suicide assisté. « En tant que médecin, je défendais le principe que chaque vie est digne d’être vécue. Je ne le renie pas, mais j’ai compris autre chose en tant que malade », explique-t-il.

    • Mariés depuis 47 ans, Philippe Bail et sa femme, Chantal, en conviennent : avoir recours à une euthanasie au début de la maladie les aurait « privés de beaucoup de choses ». Mais le têtu Breton n’a jamais renoncé à décider du moment de sa mort. Quand il le souhaitera, il pourra demander l’arrêt de son respirateur artificiel et être plongé dans un ultime coma pour mourir, chez lui, « en quelques heures », sans souffrir de l’asphyxie qui l’attend. Il bénéficiera d’une sédation profonde et continue, maintenue jusqu’au décès, une pratique inscrite dans la loi [depuis le 04/02/2016] pour les situations de pronostic vital engagé à court terme.

      "Cette garantie de liberté ultime m’a soulagé de l’angoisse du mourir et m’a permis de me consacrer à ma faim de vivre."

    • Droit dans sa blouse, il contournait les rares appels de patients qui lui demandaient une euthanasie en douce. « Je m’engageais à rester leur médecin jusqu’à la fin et je parvenais à apaiser leurs souffrances par mes visites et par ma maîtrise des morphiniques et des antalgiques », assure-t-il.

      Exactement le même modèle que le médecin responsable des hospitalisations à domicile lors de l’agonie de mon père. Ce dernier n’était plus qu’à demi-conscient, sous perf glucosée, s’étouffait à moitié dans ses glaires, et quand on demandait à ce toubib ne serait-ce qu’augmenter la morphine, tout juste s’il ne nous traitait pas d’assassins. Crevure, saloperie. Je ne suis pas près de l’oublier ce fumier.
      Heureusement que la médecin de famille était plus lucide, et vraiment présente, elle, pas une fois par semaine comme ce salopard non, tous les jours alors qu’elle était en congés.

  • Les SUV occupent-ils vraiment « 18 pages de pub » chaque jour dans la presse, comme le dit Marine Tondelier ?
    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/les-suv-occupent-ils-vraiment-18-pages-de-pub-chaque-jour-dans-la-press

    Alors que la mairie de Paris va organiser un vote pour ou contre un stationnement plus cher pour les SUV, Marine Tondelier, la secrétaire nationale du parti Les Ecologistes estime qu’il faudrait aussi s’attaquer à la publicité : « J’ai un problème avec le fait qu’on glorifie ce type de véhicule dans la pub. Quand vous comptez la pub dans les journaux français, c’est l’équivalent chaque jour de 18 pages d’une édition nationale », a-t-elle déclaré jeudi 16 novembre sur Sud Radio.

    La réponse est OUI, évidemment.

  • Sur la #végétalisation des #villes et les #limites/#difficultés

    On parle beaucoup végétalisation, et notamment plantation d’#arbres 🌳pour augmenter la #résilience des villes au #changement_climatique. À raison, bien sûr, mais on omet souvent un point : cette végétalisation est de plus en difficile.


    On sait que les arbres en ville se comportent différemment d’à la campagne. Dans cette étude à Boston, on a constaté qu’ils poussent plus vite, et meurent plus tôt. Ils y meurent à tous les âges, avec in fine, une perte nette de stockage carbone !

    https://www.researchgate.net/publication/332952719_Live_fast_die_young_Accelerated_growth_mortality_and_turnove

    La vie en ville comporte plus de contraintes : effet « d’ilôt de chaleur », espace trop petit pour les #racines, #sécheresse ou mauvais #drainage, #pollution, #piétinement et #tassement du sol...et mauvais traitements

    Avec le changement climatique, les arbres récemment plantés sont particulièrement sensibles : périodes de sécheresse prolongées, #température intense et augmentation de l’évaporation...les #taux_de_mortalité peuvent vite grimper, jusqu’à 60-70 % dans certaines villes

    Cela pose 3 gros #problèmes :
    1) une perte d’#argent (souvent public)
    2) une perte de #bénéfices_écosystémiques à long terme (un arbre planté, c’est de l’ombrage dans 20-30 ans)
    3) une perte de #stockage_carbone, surtout si cet arbre vient en remplacement d’un arbre ancien

    Il existe bien des solutions pour tenter de réduire cette mortalité :
    – un meilleur choix d’espèces 🌳
    – de bonnes pratiques de plantation (fosses à cavité par ex)
    – un meilleur suivi : arrosage (outils connectés, sacs à réserve d’eau)
    – une implication des citoyens...

    Partout, les villes multiplient les annonces : « nous allons planter xx arbres ! ». Moi je préférerais qu’un élu me dise : « sur les 5 dernières années, nous avons réussi à faire survivre xx arbres »... les chiffres seraient peut-être moins impressionnants

    De gros changements sont nécessaires dans les #pratiques des communes : amélioration de la place de l’arbre dans les décisions urbanistiques (peut-on réaliser des fosses plus grandes ?), choix des espèces plus adapté, formation des employés ou sous-traitants...

    Mais cela amène surtout à se poser la question : ne doit-on pas tout faire pour préserver les arbres anciens, au rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique ? 🌳 Évaluer TOUS les projets pour tendre vers un évitement des #abattages (hors raisons de sécurité)

    Cela paraît d’autant plus important quand on connaît leur rôle dans le stockage carbone, en dehors de tous les services qu’ils procurent en ville (ombrage, refroidissement, biodiversité, santé...)


    https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2688-8319.12197

    Je finirai par un point souvent ignoré à mon sens, car l’arbre est vu comme une fin en soi : le pied d’arbre est tout aussi important et, si la végétalisation n’est pas possible partout, elle devrait être bien envisagée partout où c’est possible👇

    https://twitter.com/morethanweeds/status/1234451720417271813

    https://twitter.com/sleguilFR/status/1694958141560029204

    • Se fixer sur la #végétalisation_urbaine uniquement des arbres en ville permet aussi de zapper les toitures végétalisées qui devraient juste être obligatoires.
      Les #sedums qui y poussent facilement résistent à la sécheresse, absorbent les pluies, forment une isolation thermique et en plus c’est beau. A Toulouse c’est toujours plus d’autorisation de bétonner avec à la clef trois misérables arbres de 2mètres plantés en guise d’"#espace_vert" et des #arbres qu’il y avait auparavant.
      #adaptation_climatique

    • Oh que je suis d’accord, @touti !
      Dans ce sens, j’ai notamment demandé à ajouter à l’ordre du jour de l’AG de mon immeuble, si il était possible d’avoir un devis pour végétaliser l’horrible toit de l’énorme espace de parking dans la cour de mon immeuble (construit en 1955) :

      Réponse du syndic : « Vous savez, les propriétaires des parkings n’habitent pas toustes dans l’immeuble (donc ne peuvent pas bénéficier directement de plus de fraîcheur induite par la végétalisation), du coup, je peux demander un devis, mais je vous dis déjà que ça ne passera pas ».

      #individualisme #grosse_fatigue

    • @cdb_77 Je l’entends comme un déficit du politique (du « que faisons nous ensemble ? ») qui est désormais une machine de pouvoir à communiquer à la « population ».
      A Toulouse, j’étais allée me renseigner à l’urbanisme (qui délivre les permis de construire donc) sur les toitures végétalisées , j’ai dû répéter 2 fois le mot, puis la sentence est tombée : « Désolée, on ne connait pas, rien n’est prévu dans ce sens ».

    • C’est pourtant une excellente idée @cdb_77 . Cette absence de « motivation » du syndic (qui pourrait pétitionner, écrire des lettres, faire pression, s’acharner) montre qu’ils ne comprennent pas les enjeux. Peut etre si une taxe sur les « îlots de chaleur urbains » était votée (national, ou municipal), les propriétaires se sentiraient bien plus motivés...
      C’est quantifiable, il est facile de trouver des photos infra rouge de votre quartier.

      Pendant longtemps, on a optimisé, le bâtit pour ses usages internes (et encore pas toujours très bien). A présent, on le pense aussi pour ses effets externes, car un bâtiment est nuisible, il faut prendre des précautions. Il est plus que temps que les vieux bâtiments entrent dans ces nouvelles considérations.

      Une toiture végétalisée ne fait pas tout. C’est un plus, mais ca manque d’inertie thermique et de transpiration. C’est sûrement mieux qu’une tôle ou un danpalon. Mais rien ne remplace une foret.