• Les inégalités moulées Jean-François Nadeau - 7 Octobre 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/564214/les-inegalites-moulees

    La lâcheté complaisante qu’entretient, de longue date, la société à l’égard des inégalités fait en sorte qu’elles semblent aller de soi. Il suffit d’observer le champ fondamental de l’éducation pour s’en convaincre. Malgré ses prétentions, le système québécois ne fournit pas les mêmes chances à l’ensemble des élèves. Le Québec serait même le système d’éducation le plus inéquitable au Canada. C’est du moins ce que nous révélait, il y a quelques jours, une étude pour le moins préoccupante conduite par le Mouvement L’école ensemble.

    Sur la base de données compilées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette étude observe que notre système d’éducation avalise l’existence de programmes sélectifs, selon que l’on fréquente l’école publique ordinaire, l’école des programmes particuliers ou l’école privée. Autrement dit, loin de casser les inégalités, comme il le prétend depuis la Révolution tranquille, notre système d’éducation contribue plutôt à les reproduire en les moulant finement.

    À en croire le discours ambiant, nous vivons dans un monde sans barrières sociales. Tout ne serait qu’une question de volonté, d’ambition et de détermination, que l’on suppose à la base équitablement réparties en chacun. Selon ce mirage savamment entretenu dans nos sociétés, chaque individu serait capable, par ses propres qualités, d’échapper à la loi de la gravité du milieu de vie qui pèse sur lui. Ce rêve waltdysnéesque répète, autrement dit, qu’il suffirait de vouloir pour pouvoir.

    Des gens partis de rien, arrivés là où on ne les attendait pas, servent sans cesse d’exemple pour perpétuer ce mythe de la mobilité sociale. On braque les projecteurs sur ces cas d’exception, comme s’il s’agissait d’une preuve universelle que tout est possible à chacun. On soutient de la sorte l’idée généreuse — mais surtout trompeuse — qu’il demeure bel et bien possible de changer de situation sociale, dans un monde qui continue en vérité de sécréter plus d’inégalités que de possibilités.

    S’il faut rêver pour changer le monde, le monde ne se change pas qu’en rêvant. La perpétuation du monde tel qu’il est — c’est-à-dire un monde foncièrement inégal — se fait selon les modalités de cette inertie sociale entretenue sous le couvert d’un récit fantasmé où chacun serait libre de choisir sa trajectoire.

    L’infériorité de la formation de larges portions de la population continue d’être présentée comme si elle découlait d’une simple affaire de capacités et de goûts pour les études, qu’elle serait pour ainsi dire naturelle, fruit d’un choix librement consenti. On se conforte de la sorte à l’idée que l’éducation constitue une affaire individuelle qui n’est pas circonscrite, au préalable, par une appartenance à un milieu, à une classe sociale, à des revenus familiaux. Et on juge ainsi acceptable que des familles d’ouvriers engendrent surtout des ouvriers et des familles d’avocats surtout des avocats.

    La mobilité sociale, sauf cas d’exception, n’est pas la règle dans notre monde. Si on trouve bel et bien des individus parvenus à échapper aux lois de la statistique, cela ne change pas pour autant le fait que les enfants des classes populaires sont à majorité voués à un destin moins favorisé que ceux qui appartiennent à un monde doré.

    Le principe théorique de l’accessibilité pour tous à l’école a maquillé des formes d’exclusion qui se sont mutées en se camouflant derrière le mince paravent de cette démocratisation opérée à l’orée des années 1960. Bien que tous les enfants fréquentent désormais l’école, les barrières sociales demeurent, ce dont témoignent les inégalités de notre système d’éducation, saigné pendant des années par les scalpels des politiques d’austérité.

    La capacité de manier des concepts, des faits et des raisonnements n’est pas innée. Cela nécessite un entraînement soutenu, durant de longues années. Avant même d’acquérir cette capacité, il faut être en mesure de se donner les moyens de surmonter des difficultés qui entravent son acquisition. Le manque de temps, le manque d’argent, le manque d’espace, un milieu familial défavorable aux études continuent d’expliquer, en large partie, l’insuffisance des résultats obtenus par notre système d’éducation.

    Peut-on changer le tissu social seulement en réformant l’école de l’intérieur ? Depuis des années, l’école québécoise n’arrête pas de se trouver chamboulée. Les réformes de l’éducation sont pour ainsi dire permanentes. L’une chasse l’autre. On en perd vite le compte, à moins d’être un spécialiste. Et encore. Le ministre Jean-François Roberge vient d’en lancer une énième, comme si c’était la principale action qu’encourageait sa fonction.

    Se gargariser ainsi de réformes à n’en plus finir, n’est-ce pas là le signe d’une fuite en avant, celle d’un État qui manque d’abord à son devoir de changer les conditions socio-économiques qui permettraient d’amenuiser, à la base, les différences entre les enfants et leurs parents ?

    Quand on y pense, l’école ne peut suffire à elle seule à briser les inégalités puisqu’elle en est aussi, au final, le triste produit.

    #inégalités (et ses #reproductions) #société #barrières_sociales #sélection #réformes #éducation #école #mobilité_sociale #exclusion #exclusions

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • #selon_une_étude_récente: Experimental replication shows knives manufactured from frozen human feces do not work - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352409X19305371

    The ethnographic account of an Inuit man manufacturing a knife from his own frozen feces to butcher and disarticulate a dog has permeated both the academic literature and popular culture. To evaluate the validity of this claim, we tested the basis of that account via experimental archaeology. Our experiments assessed the functionality of knives made from human feces in controlled conditions that provided optimal conditions for success. However, they were not functional. While much research has shown foragers to be technologically resourceful, innovative, and savvy, we suggest that this ethnographic account should no longer be used to support that narrative.

  • Mort de Steve à Nantes : son téléphone émettait au moment de l’intervention policière - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-steve-a-nantes-son-telephone-emettait-au-moment-de-l-intervention

    Dans son rapport administratif daté de juillet sur l’intervention policière, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) écrivait que le « téléphone déclenchait un relais téléphonique à 03h16 » soit plus d’une heure avant l’action des forces de l’ordre. 3h16 est en réalité l’heure à laquelle le dernier SMS de Steve a été envoyé depuis son téléphone.

    Le Premier ministre Édouard Philippe avait fait valoir que le rapport de l’IGPN n’établissait « pas de lien » entre l’intervention controversée des forces de l’ordre et la disparition du jeune homme de 24 ans.

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/mort-de-steve-canico-ce-detail-sur-son-telephone-ne-figurait-pas-dans

    Confirmant une information du Canard Enchaîné, des sources proches de l’enquête ont toutefois indiqué mardi à l’AFP que le téléphone du jeune homme “bornait au moment de l’intervention policière”, renforçant le flou sur les circonstances de sa chute dans la Loire. Selon l’hebdomadaire satirique, ce dernier bornage a été relevé à 4 heures 33 sur le Quai Wilson.

    #violences_policières (couvertes par les mensonges d’un #état_policier)

  • Pour avoir du vocabulaire mieux vaut ne pas avoir de grand frère #selon_une_étude_récente
    http://www.lefigaro.fr/sciences/pour-avoir-du-vocabulaire-mieux-vaut-ne-pas-avoir-de-grand-frere-20190907

    Plusieurs travaux avaient déjà montré que les enfants ayant un aîné avaient de moins bonnes performances linguistiques que ceux qui n’en avaient pas, les parents étant moins disponibles mais on pensait qu’il en était ainsi que l’aîné soit une fille ou un garçon.

    Or « seuls les grands frères impacteraient les capacités linguistiques de leurs cadets, précise un communiqué du CNRS. « Les enfants ayant une grande soeur présentent un développement identique aux enfants n’ayant pas d’aîné ».

    Deux hypothèses

    Mais pourquoi avoir un grand frère ralentirait-il plus l’acquisition du langage que d’avoir une grande soeur ? Les chercheurs avancent deux hypothèses qu’ils ne peuvent départager en l’état actuel des recherches.

    Les soeurs aînées pourraient parler plus à leurs cadets. « Les soeurs aînées peuvent être plus prédisposées ou mieux formées à agir comme aidantes que les frères ainés ou bien tout simplement être des camarades de jeux plus bavardes ou mieux disposées », notent les chercheurs dans l’étude.

    D’autant plus que « jusqu’à l’âge de 5/6 ans, les petites filles sont plus avancées sur le plan linguistique que les petits garçons » et peuvent donc s’avérer de meilleurs modèles.

    Autre explication possible : « un frère aîné peut être plus exigeant envers ses parents qu’une soeur aînée », un surplus d’attention parentale qu’il subtiliserait à ses cadets.

  • Réfugiés : du #Niger à la #Dordogne

    La France a adhéré en 2017 à l’#Emergency_Transit_Mechanism, programme humanitaire exceptionnel permettant à des réfugiés évacués d’urgence de #Libye (reconnus « particulièrement vulnérables ») d’être pris en charge dès le Niger, et réinstallés dans des #pays_sûrs. Comment cela passe-t-il aujourd’hui ?

    De nouveaux naufrages cette semaine au large de la Libye nous rappellent à quel point est éprouvant et risqué le périple de ceux qui tentent de rejoindre l’Europe après avoir fui leur pays. Partagée entre des élans contradictoires, compassion et peur de l’invasion, les pays de l’Union européenne ont durci leur politique migratoire, tout en assurant garantir le droit d’asile aux réfugiés. C’est ainsi que la #France a adhéré à l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), imaginé par le #HCR fin 2017, avec une étape de transit au Niger.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) réinstalle chaque années des réfugiés présents dans ses #camps (Liban, Jordanie, Tchad ou encore Niger) dans des pays dits ‘sûrs’ (en Europe et Amérique du Nord). La réinstallation est un dispositif classique du HCR pour des réfugiés « particulièrement vulnérables » qui, au vu de la situation dans leur pays, ne pourront pas y retourner.

    Au Niger, où se rend ce Grand Reportage, cette procédure est accompagnée d’un dispositif d’#évacuation_d’urgence des #prisons de Libye. L’Emergency Transit Mechanism (ETM) a été imaginé par le HCR fin 2017, avec une étape de #transit au Niger. Nouvelle frontière de l’Europe, pour certains, le pays participe à la #sélection entre migrants et réfugiés, les migrants étant plutôt ‘retournés’ chez eux par l’Organisation Internationale des Migrants (#OIM).

    Sur 660 000 migrants et 50 000 réfugiés (placés sous mandat HCR) présents en Libye, 6 600 personnes devraient bénéficier du programme ETM sur deux ans.

    La France s’est engagé à accueillir 10 000 réinstallés entre septembre 2017 et septembre 2019. 7 000 Syriens ont déjà été accueillis dans des communes qui se portent volontaires. 3 000 Subsahariens, dont une majorité évacués de Libye, devraient être réinstallés d’ici le mois de décembre.

    En Dordogne, où se rend ce Grand Reportage, des communes rurales ont fait le choix d’accueillir ces réfugiés souvent abîmés par les violences qu’ils ont subis. Accompagnés pendant un an par des associations mandatées par l’Etat, les réfugiés sont ensuite pris en charge par les services sociaux locaux, mais le rôle des bénévoles reste central dans leur installation en France.

    Comment tout cela se passe-t-il concrètement ? Quel est le profil des heureux élus ? Et quelle réalité les attend ? L’accompagnement correspond-il à leurs besoins ? Et parviennent-ils à s’intégrer dans ces villages français ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/refugies-du-niger-a-la-dordogne
    #audio #migrations #asile #réfugiés #réinstallation #vulnérabilité #retour_volontaire #IOM #expulsions #renvois #externalisation #tri #rural #ruralité #accueil
    ping @isskein @pascaline @karine4 @_kg_ @reka

    Ajouté à cette métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765335

  • Pays-Bas : cette entreprise embauche sans CV ni lettre de motivation

    Pour postuler chez #MamaLoes, une société néerlandaise de commerce en ligne, il suffit d’inscrire son nom sur une liste. Une première dans ce pays où nombre de secteurs peinent à recruter.


    https://www.courrierinternational.com/article/emploi-pays-bas-cette-entreprise-embauche-sans-cv-ni-lettre-d
    #travail #emploi #sélection

  • Jean-Pierre Berlan, La planète des clones, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/08/27/berlan-planete-clones

    Une autre publication récentes des Éditions La Lenteur.

    Depuis la Révolution industrielle, réparer ce double sacrilège est une tâche essentielle des sciences agronomiques et de sa discipline phare, la sélection – devenue « amélioration génétique ». Cet ouvrage vise à montrer qu’en dépit des désastres qui s’accumulent en matière d’agriculture, d’alimentation et de santé, cette tâche s’impose si impérieusement aux scientifiques qu’elle leur enlève tout esprit critique.

    La Révolution industrielle ne s’est pas limitée à l’utilisation d’une source nouvelle d’énergie, le charbon. Elle a également induit une transformation de la plupart des activités, et a fini par toucher tous les aspects de la société. Pendant un certain temps, l’agriculture et la paysannerie ont semblé y échapper car la machine à vapeur encombrante, lourde, peu mobile, ne pouvait aisément remplacer les chevaux dans les champs. Non seulement la Première Guerre mondiale décime la paysannerie, mais surtout elle accouche de trois innovations industrielles : les explosifs-engrais, les gaz de combat-pesticides et les chars de combat-tracteurs qui vont liquider la paysannerie, fondement des sociétés humaines depuis 10 000 ans. La « mort de la paysannerie est le changement social le plus spectaculaire et le plus lourd de conséquences de la seconde moitié du XXe siècle, celui qui nous coupe à jamais du monde passé », écrit l’historien Eric Hobsbawm.

    #Jean-Pierre_Berlan #reproduction #agriculture #paysannerie #Histoire #Révolution_industrielle #sélection #capitalisme #livre #Éditions_La_Lenteur

  • #selon_une_étude_récente (octobre 2018) Sept heures par jour, le temps d’écran maximum pour les enfants
    https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/27287-Sept-heures-jour-temps-d-ecran-maximum-enfants

    Plus excités et moins enclins à savoir contrôler leurs émotions quand ils sont enfants, les jeunes ont aussi plus de mal à se concentrer et à éprouver de la curiosité quand ils grandissent. Ainsi, puisqu’environ 9% des jeunes âgés de 11 à 13 ans qui passaient une heure par jour avec des écrans ne souhaitaient pas apprendre de nouvelles choses, contre 13,8% qui ont passé quatre heures à l’écran et 22,6% qui ont passé plus de sept heures avec des écrans.

    Tous les âges sont concernés puisque parmi les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2% de ceux qui passaient plus de sept heures par jour à l’écran ne terminaient pas leurs tâches, contre 16,6% pour ceux passant une heure par jour et 27,7% pour ceux qui travaillaient pendant quatre heures à l’écran.

  • A propos de la flic infiltrée débusquée au contre-sommet du #G7

    source instable :
    https://nantes.indymedia.org/articles/46321
    sauvegardes :
    http://web.archive.org/web/20190827073324/https://nantes.indymedia.org/articles/46321
    http://archive.is/kWZEJ
    https://iaata.info/A-propos-de-la-flic-infiltree-debusquee-au-contre-sommet-du-G7-3547.html
    https://sansattendre.noblogs.org/post/2019/08/27/de-toulouse-a-bayonne-a-propos-de-la-flic-infiltree-debusquee-

    Sur le camp du contre-sommet, lors d’une assemblée assez sensible portant notamment sur l’organisation du départ de la manif de Bayonne, cette femme a été remarquée (par des personnes la connaissant du mouvement GJ à Toulouse) en train de prendre discrètement, avec son téléphone portable, des photos des gens participant à l’AG. Ces personnes ont décidé d’intervenir et de se confronter à elle, à l’écart de l’AG.

    Nous sommes donc loin d’avoir affaire à une simple indic de la police, comme il y en a bien sûr ici et là. Cette personne organisait, impulsait et poussait à des actions ; elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations. C’est l’État qui organisait ses coups de filet...

    J’imagine qu’il va y avoir des enquêtes, en attendant y’a un appel à rassembler toutes les infos à l’adresse deratisation1312@riseup.net

    Ça rappelle l’affaire de flic infiltré qui avait été révélée en 2011 : Mark Kennedy / #Mark_Kennedy, espion dans les milieux politiques britanniques et européens... jusqu’à #Tarnac !
    L’occasion de ré-écouter la super émission de France Culture signalée par @davduf ici https://seenthis.net/messages/672015 . Y’avait aussi eut un article de @camillepolloni chez les inrock : https://www.lesinrocks.com/2012/03/13/actualite/actualite/mark-kennedy-la-taupe-de-tarnac
    et pour les passionné-e-s, un travail de titan sur lui est disponible sur la base anti-infiltration montée en angleterre suite au scandale : https://powerbase.info/index.php/Mark_Kennedy

    #NoG7 #G7EZ #g7welcometoparadise #infotraflicsG7 #police #infiltration #manipulation

  • John Chau, American Missionary, and the Uncontacted Tribe | GQ
    https://www.gq.com/story/john-chau-missionary-and-uncontacted-tribe


    Voici la triste histoire d’un jeune homme sérieux et doué qui a mis en danger l’existence d’une des dernières tribus vivant sans relations avec la civilisation capitaliste. Les détails de l’histoire font comprendre l’énorme danger auxquel nous sommes tous exposés à cause des croyances irrationnelles de la classe dominante étatsunienne.

    When a 26-year-old American missionary set out for a lush island in the Indian Ocean last year, it was with one objective in mind: to convert the uncontacted Sentinelese tribe, who had lived for centuries in isolation, free from modern technology, disease, and religion. John Chau’s mission had ambitions for a great awakening, but what awaited instead was tragedy.

    By Doug Bock Clark, August 22, 2019

    1. First Contact

    For 11 days in November 2018, John Chau lived mostly in darkness. While a cyclone thrashed the Bay of Bengal, Chau quarantined himself inside a safe house in the tropical backwater of Port Blair, India, never stepping outside to enjoy sunlight. The 26-year-old American missionary was hoping his body would finish off any lingering infections so that he wouldn’t sicken the Sentinelese, a hunter-gatherer tribe that he dreamed of converting to Christianity. They’d been isolated on their remote island for enough centuries that they’d never developed modern antibodies. Even the common cold could devastate them.

    During this retreat Chau kept his mountain climber’s body hard with triangle push-ups, leg tucks, and body squats. But it was his soul that he primarily fortified, with prayer and by reading a history of the tribulations faced by pioneering American missionaries in Southeast Asia, who were an inspiration to him. “God, I thank you for choosing me, before I was even yet formed in my mother’s womb, to be Your messenger of Your Good News,” he wrote in his diary. “May Your Kingdom, Your Rule and Reign come now to North Sentinel Island.”

    After the storm finally passed, a crew of local Christians hid Chau on their 30-foot open wooden boat and struck out under darkness for the most extreme outcrop of the Andaman archipelago, on a route presumably meant to resemble that of a normal fishing expedition. As they dodged other craft, Chau recorded, “The Milky Way was above and God Himself was shielding us from the Coast Guard and Navy patrols.” The Indian government bans contact with the Sentinelese as a way of protecting them from outsiders—and outsiders from them. The Sentinelese have maintained their independence by frequently repelling foreigners from their shoreline with eight-foot-long arrows.

    Bioluminescent plankton illuminated fish jumping “like darting mermaids” as the boat motored more than 60 miles. Sometime before 4:30 a.m., the crew noted three bonfires on a distant beach and then anchored outside the island’s barrier reef. While resting, eyes shut but not asleep, Chau had “a vision as I’ve never had one before,” of a meteorite—possibly representing himself—streaking toward a “frightening city with jagged spires,” seemingly Sentinel Island. Then “a whitish light filled [the city] and all the frightening bits melted away.” He couldn’t help wondering in his diary: “LORD is this island Satan’s last stronghold where none have heard or even had a chance to hear Your Name?”

    Dawn soon revealed a hut on a white-sand beach, backed by primordial jungle. Chau off-loaded from the fishermen’s boat a kayak and two waterproof cases jammed with wilderness survival supplies. He paddled a half mile in shallow water over dead coral, and as he approached shore, he heard women “looing and chattering.” Then two dark-skinned men, wearing little, if anything, ran onto the beach, shouting in a language spoken by no one on earth besides their tribe. They clutched bows, though they hadn’t yet strung arrows onto them.

    From his kayak, Chau yelled in English: “My name is John. I love you, and Jesus loves you. Jesus Christ gave me authority to come to you.” Then, offering a tuna most likely caught by the fishermen on the journey to the island, Chau declared: “Here is some fish!” In response, the Sentinelese socketed bamboo arrows onto bark-fiber bowstrings. Chau panicked. He flung the gift into the bay. As the tribesmen gathered it, he turned and paddled “like I never have in my life, back to the boat.”

    By the time he reached safety, though, his fear was already turning to disappointment. He swore to himself that he would return later that day. He had, after all, been planning for this moment since high school. It was his divine calling, he believed, to save the lost souls of North Sentinel Island.
    2. The Calling

    On the surface, John Chau enjoyed a normal 1990s childhood in a suburb of Portland, Oregon, playing soccer and performing charitable work with his church. Family photos show a chubby-cheeked boy grinning with his Chinese psychiatrist father in national parks, his American lawyer mother presumably behind the camera. But it wasn’t just those vacations that inspired his love of the wild. One day, while still in elementary school, Chau found a book in his dad’s downstairs study and wiped dust off its cover to reveal: Robinson Crusoe. The story of a solitary castaway on a tropical island hooked him on adventure tales.

    As Chau matured, he mastered the skills necessary to strike off on his own adventures in the rugged mountains just outside Portland, earning the equivalent of an Eagle Scout award from an evangelical version of the Boy Scouts. It wasn’t just a love of exploration that drove him. Wandering through mossy forests caused him to marvel at “the beautiful creation around us that we are all called to care for” and connected him to God, like the Old Testament prophets who found the Lord while alone in the wilderness.

    As posted on Instagram: Chau took public ferries to several outlying islands to test his kayak for his final trip to North Sentinel Island.

    Chau grew up Pentecostal, a charismatic Christian movement that is generally considered intensely evangelical and conservative. His mother wrote that she worked as a fund-raiser for organizations like Jerry Falwell’s Moral Majority and the Ethics and Public Policy Center, which describes itself as “Washington, D.C.’s premier institute dedicated to applying the Judeo-Christian moral tradition to critical issues of public policy,” and then for many years on the faculty at Oral Roberts University, a historically Pentecostal institution. It was during his junior year at a small Christian high school that he underwent that American evangelical rite of passage: a mission trip to Mexico. Sermonizing months later, as seen in a video uploaded to YouTube, Chau said the trip helped him realize, “We can’t just call ourselves Christians and then the next day just be like, Yeah, you know, let’s go to a party and get drunk and get high, whatever, get wasted, and live a lifestyle that’s totally against what Christ has called us to do. We actually have to do something.” The skinny teenager in an American Eagle polo reminds his listeners that one of Jesus’s commands was: “Therefore go and make disciples of all nations, baptizing them in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit, and teaching them to obey everything I have commanded you.” This passage comes from what is known as the Great Commission, and it is a primary biblical justification for missionary work.

    Though overseas missions might seem a relic of the British Empire, America dispatches a significant number of missionaries abroad each year—approximately 127,000 in 2010, for example, according to the Center for the Study of Global Christianity. This number grew for decades because of American Protestantism’s emphasis on every believer’s responsibility to proselytize and the increasing ease of air travel, which has meant that spreading the Word internationally can be done over spring break. These factors have contributed to an explosion of self-regulated missionary groups that can seem practically freelance compared with the bureaucratized Catholic missionary orders of old. Chau would have likely believed missionary work “to be a divine obligation,” said Joshua Chen, a friend raised in a household with similar beliefs.

    Among some evangelicals, few missionaries are as celebrated as those who work with remote tribes. After returning from his high school trip to Mexico, Chau was surfing JoshuaProject.net, a website that catalogs unconverted peoples, and stumbled upon an entry for the Sentinelese. Today the site describes them as a “hostile” tribe that “need to know the Creator God exists.” Before long he was conjuring the islet on Google Maps, promising that he was going to bring the Sentinelese the Good News. His father, Patrick Chau, overheard him telling others this was his “calling,” but Patrick later wrote, “I hoped that he would be matured enough to rectify the fantasy before too late.”

    Indian anthropologists pass coconuts to the Sentinelese in 1991—one of the most notable attempts at contact to date.
    3. Satan’s Last Stronghold

    The Andamanese tribes, of which the Sentinelese are one, are “arguably the most enigmatic people on our planet,” according to a team of geneticists who published a paper in 2003 about trying to track their origins. The scientists found some evidence that they were part of the first wave of humans to reach Asia, more than 50,000 years ago—which makes sense, as their appearance is similar to that of Africans. But if that theory holds true, Asiatic peoples, who arrived later, eradicated their forebears, except for a remnant in the Andamans. This would mean that the estimated 50 to 200 surviving Sentinelese have been refugees since prehistory.

    Records from Roman, Arab, and Chinese traders, dating from the second century A.D., tell of Andamanese murdering sailors who put to shore looking for fresh water. In the 13th century, Marco Polo passed nearby and recorded from secondhand accounts that “they are a most cruel generation, and eat everybody that they can catch, if not of their own race,” though he was almost certainly wrong about the cannibalism. Consequently, most people who even knew about the Sentinelese were happy to avoid them until the British Empire established Port Blair, a penal colony for rebellious Indians, on nearby South Andaman Island.

    In 1879, the 19-year-old aristocrat Maurice Vidal Portman was charged with overseeing the Andamanese and—drawn by whatever impulse has moved young men across the ages—soon led an expedition to Sentinel Island. At first he and his soldiers freely roamed a jungle that was “in many places open and park like,” he wrote, and filled with “beautiful groves of bullet-wood trees.” Eventually they discovered some recently abandoned lean-tos and evidence that their inhabitants survived by hunting sea turtles, wild pigs, and fish, as well as by foraging fruits and roots. Portman, however, was not satisfied.

    After scouring the Manhattan-size island several times, and having glancing contact with the Sentinelese, the outsiders finally stumbled across an old Sentinelese man with his wife and child. The old man was tackled before he could fire his bow, and the whole family, along with three other Sentinelese children captured about the same time, was abducted back to Port Blair where Portman kept all of them in his house. (Over two ensuing decades of ostensibly civilizing the natives, Portman habitually photographed naked Andamanese captives, though it doesn’t seem that any of the disturbing pictures that survive are of the Sentinelese.) The old Sentinelese man and his wife rapidly died of sickness, and Portman eventually released the surviving children back to the island with gifts—and, perhaps, pathogens. “This expedition was not a success,” Portman wrote. “We cannot be said to have done anything more than increase their general terror of, and hostility to, all comers. It would have been better to have left the Islanders alone.”

    Some have speculated that Portman turned the Sentinelese against outsiders. Certainly his misadventures couldn’t have helped. But historical records suggest that the Sentinelese had isolated themselves long before Portman, perhaps because Southeast Asian kingdoms had raided them for slaves. Regardless, the Sentinelese violently maintained their independence until the British Empire collapsed, shortly after World War II, and the new Indian government eventually realized that some of its citizens didn’t even comprehend they were Indian.

    Consequently, in March 1974, a team of Indian anthropologists attempted to befriend the Sentinelese. As they approached the island, the anthropologists were guarded by policemen equipped with shields and shadowed by a film crew. The Indians had brought three Andamanese from a friendly tribe to interpret. “We are friends!” they shouted through a loudspeaker from a boat offshore. “We come in peace!” Evidence suggests the Sentinelese’s language has diverged from those of nearby tribes so much they are mutually unintelligible. But from about 80 yards away, one archer bent so far back that he seemed to aim at the sun, then launched an unmistakable reply. In a recording of that moment, an eight-foot bamboo shaft, with an iron nail lashed to its tip, plunges out of the heavens, ricochets off the boat’s railing, and into the water. When the camera refocuses, a Sentinelese man is pumping both fists in what is obviously a victory dance as the boat retreats.

    The anthropologists then motored up the coast, leaving coconuts, bananas, and plastic buckets on a deserted beach, and later watched as the Sentinelese carried away the offerings. But even that did not win over the tribe: The expedition was halted when the film director was wounded in the thigh by an arrow. When the anthropologists subsequently tried to leave even more gifts, the tribe immediately speared a bound live pig with their long arrows and buried it in the sand. A cotton doll left to test if they would let a human-shaped object cross their beach into the island’s interior suffered a similar fate.

    After that, anthropologists continued to make intermittent and unsuccessful visits to the island, and sometimes the outside world washed up on its shores. In 1981, a Panamanian freighter ran aground on the barrier reef during a storm. A few days later, a lookout spotted about 50 naked “wild men” waving bows and arrows on the beach. As described in The American Scholar, the crew then radioed the Regent Shipping Company’s Hong Kong office and begged for an airdrop of guns: “Worrying they will board us at sunset. All crew members’ lives not guaranteed.” Robert Fore, an American pilot who was working nearby, ended up landing a helicopter on the ship’s deck in high winds and plucking more than 30 sailors and their dog to safety. Fore had flown combat missions in Vietnam, he said, “but this was unique.” They left behind a ship’s worth of iron to be hammered into arrowheads, as well as tons of less useful chicken feed.

    The most recent contact of note was in 2006, when two Indian fishermen, believed to be drunk on palm wine, drifted ashore. Other poachers watched from outside the barrier reef as the Sentinelese hacked them to death with what were probably adzes, which an anthropologist has speculated that the tribe “must have endowed with magical power, to keep away the evil spirits.” When a helicopter investigated the deaths, archers drove it away, but not before rotor wind whipped sand off shallow graves—revealing a pair of corpses. After some time, the bodies were reportedly dug up and hung like scarecrows on bamboo poles, facing the sea.
    4. God’s University

    Chau learned this violent history while researching the tribe on his laptop. As he read on a missionary’s blog the summer after his freshman year of college: “The Sentinelese may be the greatest missions challenge anywhere!” Instead of being daunted, though, he appears to have tried to strike up a correspondence with the missionary, writing, “Hi! I genuinely believe that God has called me to go to the Sentinelese.”

    Chau was attending Oral Roberts University in Tulsa, Oklahoma. Oral Roberts, nicknamed “God’s University,” has the stated goal of fostering “evangelistic capability” in its students. In 2018, the school sent about a seventh of its student body abroad on missions. Chau enrolled in History of Missions, a course in which he learned, as a syllabus put it, “a people-to-people strategy working from within the culture” for proselytizing. According to Dan McCarthy, a friend who said he took the class and later went on a mission overseas with him, this meant: “You learn the culture of those people. You learn their language. You blend in, and then you hope you get a chance to share Jesus because they ask questions about how you’ve been modeling His love. You don’t go in and force it down their throats.”

    Putting theory into practice, Chau worked with the university’s Missions and Outreach department, under Bobby Parks, a boyishly handsome and enthusiastic 30-something. Chau helped Parks coach refugee children in soccer for Park’s not-for-profit organization and perform local missions. Parks would later describe on social media his mentorship of Chau as similar to how the older apostle Paul guided the younger Timothy. While at Oral Roberts University, Chau traveled twice to South Africa—once with Parks’s department and later to coach and teach “life values” at a Christian soccer academy, one of the countless institutions that accept short-term missionaries in the world-spanning evangelical travel industry. Chau also represented his faith closer to home. Nicole Hopkins, a university friend, said that when her sister was in the hospital for a year, John provided her with daily support but “never pushed the gospel on her during that season.” Hopkins said that a couple of years later “my sister became a Christian and she says John’s actions were a big part of her believing God is real.” Despite his conviction, Chau doesn’t seem to have been an in-your-face proselytizer; secular friends said he barely discussed religion with them. After these experiences, Chau wrote, “ORU missions gave me direction in my life.”

    Other than his dedication to missions, Chau was basically a typical college student, albeit at a school without frat parties. He had an affinity for root beer, discussed Jesus for hours, and signed a pledge to abstain from “unscriptural sexual acts, which include any homosexual activity and sexual intercourse with one who is not my spouse.” Even in such a God-fearing environment, Chau stood out for his piety, making Hopkins “question whether or not I was as sold out for Christ as I claimed to be,” as she later wrote on social media. Despite his conservative background, he was “hardly the stereotypical, Bible-thumping ‘fundamentalist,’ ” said a friend, who came out to him as homosexual. In a message responding to that revelation, Chau wrote, “I see people as people, sons and daughters of God as their identity,” and said he would be willing to bless his queer brothers as much as his straight brothers. Chau was “an introverted social butterfly,” said another friend—reserved at first, but forging many deep relationships over time. Hopkins wrote me: “I’ve never met a man who loved others so selflessly.” And yet whenever Chau could, he left the city of Tulsa—which he described as “relatively devoid of natural beauty”—for the spiritual solitude of the woods. He cultivated a backpacker vibe, sprinkling his speech with “stoked” and “rad,” and bulked up through constant athletic activity.

    Upon graduating with a degree in exercise science, in 2014, Chau led a third mission trip to South Africa for the department run by Parks. Then, according to his personal blog, it was on to an autonomous region in northern Iraq to organize soccer games in refugee camps for Parks’s organization. After the high of adventures like these, Chau settled into a one-year AmeriCorps contract on a disaster-preparedness team back in Oklahoma. Staring at the gray felt walls of his workspace in October, he Instagrammed, “Never thought I’d be working in a cubicle. #reallife #whereisthebreeze #tooquiet.” But as he waited out the dreary winter, Chau laid plans for the following summer that would eventually take him to the Andaman archipelago.

    When June arrived, Chau road-tripped across the States, anthems from the likes of Angels & Airwaves shaking his rattletrap car. In California he passed a month-long course to become a wilderness emergency medical technician that involved simulations with actors employing “tons of (fake) blood” and actual helicopters, which jazzed him with a “flood of adrenaline,” he wrote.

    Then, in August, as a final test to harden himself before India, he embarked on an ambitious 120-mile trek through the Northwest’s Cascade mountains with two friends. Chau had plotted a route through backcountry that proved impractical, so they ended up trailblazing for two days over mountains—until they found themselves with no way forward except downclimbing a dry yet slippery waterfall. He later said that as he descended, “I remember thinking about how strong the contrast was between the vibrant beauty and life seen in view,” referring to the mountainous panorama below, “and the stark potentiality of death lingering at every misstep.” It was the “scariest” thing he had ever done. But the realization of “how fragile life is” inspired his personal motto: “Make the most of every good opportunity today because you don’t know what’s going to happen tomorrow!”

    Soon after making it out of the woods, Chau boarded a plane for the Andaman archipelago.
    5. Giant Seeds

    Improbable as Chau’s calling seemed, there was an outside chance that he might befriend the Sentinelese, for it had almost happened once before. In 1967, Triloknath Pandit became the lead government anthropologist for the Andamans and promptly started depositing gifts on Sentinel’s beaches. Pandit said his project “wasn’t idle curiosity. Whatever knowledge we were able to obtain could help us protect [the Sentinelese]” and fight ignorant myths.

    For years the Sentinelese had remained hostile, as in 1974, when the film director was struck by the arrow. But after more semi-annual offerings, Pandit observed, in 1988, a “Sentinelese [who] started dancing with an adze in his hand” after presents were left on the beach. The next month, as Pandit and other anthropologists deposited bags of coconuts, some Sentinelese approached as close as ten yards. “All the Sentinelese took the gifts and expressed their joy through gestures,” he later wrote. “We reciprocated in kind.”

    In January 1991, expecting nothing unusual, Pandit dispatched a junior anthropologist, Madhumala Chattopadhyay, to help lead a gift drop—and was stunned when she reported that Sentinelese had waded out to the boat to accept the offerings. Perhaps, she suggested to me, her female presence had signaled that the researchers didn’t have warlike intentions. The next month, the horn of Pandit and Chattopadhyay’s boat echoed at dawn. Later that day, about a dozen Sentinelese splashed out to them. Soon, Pandit and others were standing in the water and passing out coconuts. There exists a photo in which Pandit, in sunglasses and a tank top, holds out a coconut to a naked Sentinelese man, who accepts it with a single hand. For a moment, modern citizen and hunter-gatherer, both, held the giant seed.

    Pandit was so exhilarated that he didn’t notice the lifeboat drifting off, making it look as if he intended to stay. Suddenly a Sentinelese youth pulled a knife from his bark belt and drew a circle with his other hand, as if saying, “I’m going to carve out your heart.” Pandit retreated and threw back an ornament of green leaves that had been given to him. The Sentinelese man tossed him a lifeboat oar that was floating nearby. The two worlds had once more separated. But Pandit was greatly encouraged and wrote in a trip report, “We felt we must carry a lot more coconuts on our future visits.”

    The next year, however, Pandit says, he struck mandatory retirement age. Perhaps feeling the Sentinelese were more trouble than they were worth, the government decided to forgo any future visits. “I regret not visiting them again,” Pandit told me in his apartment on the mainland. He was now in his 80s, and health problems meant that he was unlikely to ever return. “I think had we continued for another year or so, maybe they would have extended an invitation to come ashore.”
    6. An Incredible Adventure

    “My life becomes an incredible adventure when I follow the call of God,” Chau captioned an Instagram photo of himself riding a motorbike down a hectic street in October 2015, soon after arriving in the Andaman Islands. “I’m excited to see where He leads!” Foreigners are primarily allowed to shuttle between seedy Port Blair and a handful of resort beaches, as much of the island chain is reserved for four hunter-gatherer tribes, including the Sentinelese. But Chau quickly began testing the archipelago’s security. “John knew it was illegal,” said John Ramsey, a friend. “His facade was just that he was a traveling adventure tourist.” As Dependra Pathak, the director general of the Andaman police said, “He built the logistical support and friendships he needed during those trips.”

    Chau stayed in a $13-a-night hotel, with only a fan to stir the tropically hot air, and rode packed public buses to scuba-diving excursions, where he would question guides for more information that might help him get to Sentinel. Acquaintances of Chau’s—whose identities I have withheld, since the Indian police have asked them not to speak to journalists—described him as “enthusiastic” and “friendly.” He cultivated a wide network of contacts, from tourist guides to fishermen, and strove unsuccessfully to learn the Hindi language. Most importantly, he connected with the local Christian community, a minority in the Hindu nation. He preached at a local church and in social media posts thanked Oral Roberts’s Missions and Outreach department for teaching him to always have a sermon handy, tagging one of them “#relationshipbuilding #missions.” Parks, his former boss there, responded: “Praying for you Chau boy. Proud of you. Keep loving big.” (Parks did not respond to multiple requests for comment.) Chau was correct in his assumption that locals would eventually show him the way to Sentinel Island, but after several weeks his path there wasn’t yet clear. He would have to return the next year.

    For four years, Chau made annual visits to the Andamans, bringing gifts for a widening circle of friends until it felt like a “home away from home.” According to the Indian police and two local sources, he became close to “Alex,” a 28-year-old engineer who lived in Port Blair. Alex is Keralese, descended from a small sect of intensely Christian Indians who, tradition has it, were converted about two decades after the Crucifixion by the apostle Thomas, who’d sailed on a spice trader to southern India. At first, Alex warned Chau against his mission, but according to Indian police, Chau eventually won him over. (A lawyer for Alex said that charges had not yet been proven in court, and so the narrative of him helping Chau was “false for now.”) Alex introduced Chau to a small community of Karen, an ethnic minority from Myanmar who’d been converted to Christianity by American missionaries. During Chau’s second visit to the Andamans, in late 2016, he likely bused through the jungle reserve of a friendlier hunter-gatherer tribe, the Jarawa, to reach the remote Karen village on its outskirts. There lived the fishermen who would eventually ferry him to Sentinel Island. On returning home, Chau had an argument with his father about whether he was following the Scriptures in pursuing his missionary work. After that, they decided to “agree to disagree.”

    Now that he had an idea about how to get to Sentinel Island, Chau began to prepare with characteristic relentlessness for what he might do once he set foot on shore. A list written by Chau shows that in 2017 he read 47 missionary and anthropological books. In 2018 he read 65. He contacted several missionary organizations with reputations for supporting attempts to reach uncontacted peoples and missionaries who had actually done so, plumbing them for information. Chau even discussed with a missionary engineer using a drone to make contact, but he eventually decided it had to be done face-to-face. Any plans to make an attempt in 2017 may have been scuttled when he stepped too close to a large rattlesnake near the cabin he lived in while working at an environmental-science school in the California mountains. From his hospital bed he Instagrammed numerous shots of his grotesquely swollen foot, smeared in blood, tagging one of them #selfrescue.

    Chau was still rehabbing when he arrived that summer at the Canada Institute of Linguistics, which runs an intensive two-month training in how to translate the Bible into new languages. Fellow participant Kaleb Graves remembered, “[Chau] was the center of just about every conversation when he was comfortable,” and other aspiring missionaries were drawn to his “sense that every second was an adventure.” And yet Graves remembered that Chau also seemed “outside the norm” of the class, and they bonded while avoiding communal chapel and discussing how “all chapels feel exactly the same—you’ve heard that sermon, you’ve sung those songs—and you know time alone is the best way to encounter God.” Graves noted that Chau would often take long solitary hikes. “He seemed sort of lonely, despite everything,” Graves said. “If you think you have this one monumental divine task, but you can’t share it, you’ve got to cover up that loneliness, and maybe that’s why he was so friendly with everyone.” Chau’s friend Ramsey said, “John received a fair amount of attention from girls,” but “he didn’t want any romantic attachments because he was focused on his mission—and he was afraid that a heart could get broken.”

    Since Chau had acquired some basic tools to try to crack the Sentinelese language, there was just one more form of training he would undergo. Later that summer, when Chau visited Ramsey’s home, the two friends had a heart-to-heart. Ramsey asked him, “What are you going to do with your life, bro?” Though Chau had previously described his missionary hopes in general terms, now he explained his specific calling to the Sentinelese. Even more, he asked Ramsey and Ramsey’s mother, who was a trained editor, to look over his application to All Nations, an organization that supports missionaries targeting “neglected peoples” in places where such work can be illegal or dangerous. Chau had long known of All Nations: His first Oral Roberts mission trip to South Africa had also been supported by All Nations. Ramsey said there wasn’t any point in trying to dissuade Chau from going: “He’d already made the decision.”

    In the fall of 2017, Chau attended an All Nations program, one of the many unregulated missionary courses in America. As the New York Times reported, Chau’s training culminated with him hiking several hours through an area south of Kansas City. When he managed to track down a mocked-up tribal village, Americans dressed in secondhand clothes threatened him with spears and babbled an unintelligible language to simulate what he might experience on Sentinel Island. Chau distinguished himself as “one of the best participants in this experience that we have ever had,” the international executive leader of All Nations told the Times. (All Nations disputed the Times’ description of the event, explaining that no weapons were used and that it trained participants “to share the Good News of Jesus in a way that is cross-culturally sensitive,” but said that it had not raised its concerns directly with the newspaper.) Then he took one more preparatory trip to the Andamans, in early 2018.

    Finally, as autumn arrived that year, Chau said goodbye to his siblings and parents, knowing it could be for the last time. Since he first began to speak of going to Sentinel Island while in his teens, his parents had encouraged him to pursue medicine instead, or, failing that, to save souls in a less dangerous location. His father, Patrick, wrote in an essay about him, the existence of which was first reported by Outside, “John became the victim when my [influence],” of a more moderate Christianity, “failed to counter the irrational religious and glamorized ambition of adventures of exploration.” Patrick blamed John’s immersion in the “fanatical evangelical extreme” on professional troubles that damaged his ability to be a role model for John during his high school years. John’s elder brother and sister seem to have happily followed their father’s path into medicine and a moderate Christianity, but Patrick noted that John was always different from the more obedient pair. John may have also sought his own path outside the home because of his parents’ disharmony. Elkanah Jebasingh, an Indian friend, said that during visits John prayed for his parents’ strained marriage. John’s social media was replete with pictures of him hiking with his mother and fishing with his father, along with loving testimonies about both—but by the time of his final visit, after years of arguments, parents and son had become entrenched in their views. Patrick wrote me that before saying goodbye, John “did not have a sustained argument with me, but only a few words.” Then Patrick cited a Chinese proverb that translates as “When words get sour, adding words is useless.”

    On his way to India, Chau stopped in South Africa to see Casey Prince, an American ex–pro soccer player who ran the academy where Chau had coached during his first Oral Roberts missions. Chau had stayed in Prince’s house on two previous visits to South Africa, and the two became so close that Casey’s wife, Sarah Prince, claimed him as “family.” He admired the Princes for spending nearly a decade living in and ministering to Cape Town’s poorer communities, and now he sought their advice on integrating with the Sentinelese. When Chau had described his calling during previous visits, Casey had privately doubted whether his plan was possible, but “I now saw [John] was totally serious,” he said. They discussed how Chau would need to spend years learning the tribe’s language and culture, and then sensitively introduce them to the gospel. “The best-case scenario would be ‘I’ll see you and all my friends and family in ten years,’ ” Casey said. “Success would still be a huge sacrifice.” Chau also received counsel from a South African missionary, whom he calls “Pieter V.” in his diary, who regaled him with stories of eluding Indian authorities and who, Chau suggests elsewhere, successfully preached to the Jarawa tribe in the Andamans from 1997 to 2003.

    Chau’s final plan probably looked similar to a 27-step one laid out in a document that he had shared with confidants earlier that year. In the section “Initial Contact (2018),” Chau wrote he would overcome the Sentinelese’s mistrust with gifts and then communicate “my desire to stay with them…using pictures, drawings in sand, and/or drawings in waterproof notebook.” Once he had sufficiently learned the language and culture, he explained in section “Long-Term Contact (2018-?),” he would use “oral storytelling” to find “culturally applicable stories” that would “translate the Gospel into a context [the Sentinelese] can understand without Western cultural additions.” He hoped to identify and then convert a few influencers in the tribe, who would help him win over everyone else and lead an indigenous church. He even envisioned eventually dispatching them as missionaries to the Jarawa. “After all of the evangelism and discipleship has been passed on to local tribal believers,” he wrote in his “Exit Plan” section, he might paddle a “dugout canoe/kayak” to a beach near Port Blair. But if leaving the tribe seemed too likely to get him caught and expose everything, “I could potentially reside for the rest of my life on the islands.”

    Soon, Chau’s month of respite was finished. He sent a final email to a select group of supporters, saying goodbye, asking for prayers, and offering updates on his plans. Signing off, he described seeing outside of Cape Town a “horrific car crash” that had resulted in several corpses. “It was a stark reminder to me of how fragile our lives on earth are,” he wrote. Then he paraphrased Ephesians, “Use your time carefully…. Understand what the Lord Jesus wants you to do, and do it.” Throughout the letter, he sounds like a man who is confident he is fulfilling his destiny.

    “It was weird, to have your hugs and part ways with him saying, ‘I could arrive on the island and get shot with arrows,’ ” Casey said. “It makes you think of what it was like for people going off to war in the past.” Before Chau left, Sarah said, they had several conversations about how he had tried to “check his motives with God, asking ‘if I’m just being an adventure junkie, or rebelling, or a religious extremist.’ But he just kept feeling that this is what God was calling him to do.” They also discussed the fact that though “he loved and respected his family,” he was going against the wishes of his parents. “He knew they weren’t at peace,” said Sarah, “but he had peace at the end, leaving them—he had given it to God in his heart.” When they separated, Sarah felt divinely inspired to share a psalm with Chau: “I will not die, but live, and will proclaim what the Lord has done.”

    When Chau landed in Port Blair, in October, he likely already carried with him most of what he needed to go all the way: a collapsible kayak, two waterproof cases full of equipment—including fishing gear, medicine, multivitamins, and picture cards to help communicate—as well as gifts, like safety pins, that the Andaman police believe he chose by researching what offerings other hunter-gatherers had appreciated. Shortly after Chau’s own arrival, Parks, Chau’s former boss at Oral Roberts, and another evangelical friend from college met him at Alex’s “safe house” apartment.

    Police director Pathak believes the other Americans were there to “encourage [Chau] to feel enthusiasm” about the mission. They had timed their trip to see Chau off to North Sentinel, but once the cyclone spun up, they had to leave before the seas calmed. Chau waited out the bad weather. According to Pathak, Chau then paid the five Karen fishermen about $350, a windfall in a country where a billion people survive on less than $5.50 a day, to sneak him out to sea at night. The next morning the Sentinelese rebuffed Chau’s first attempt to save them.
    7. The Biblical Shield

    “I felt some fear, but mainly was disappointed they didn’t accept me right away,” Chau wrote in his diary on returning to the Karen’s boat. But after a quick meal of fresh-caught fish, rice, and dal, he paddled about a mile up the coast. Once he was out of sight of the Sentinelese, he buried his larger waterproof case so he would have a secret stash of supplies should the tribe accept him. Then he returned to the fishermen’s boat and outfitted his kayak with two more gift fish; his waterproof Bible; his second, smaller waterproof case; and his “initial contact response kit”—which included dental forceps, to pull arrows from his body, and a chest-seal bandage. Then he paddled back to the island.

    As he neared the beach, he heard shouts and drumming. From the sand, about six Sentinelese began yelling at him in a language full of high-pitched b, p, l, and s sounds, seemingly led by a man wearing a crown of flowers and standing on a tall coral rock. Chau stayed offshore, trying to keep out of arrow range, and parroted their words. They burst out laughing most of the time, meaning the phrases were probably bad or insulting, Chau thought.

    Eventually, two men traded their bows for paddles and approached him in a dugout canoe. He dropped the fish into the waves and backed away. The men detoured to grab them. Chau discerned increasing friendliness from the tribespeople, and so he paddled very close to land as more Sentinelese arrived—most unarmed, though one boy wielded a bow with a nocked arrow. Chau kept waving his hands to signal, unsuccessfully, for the kid to disarm. The wind had nudged Chau’s kayak into the shallows. The canoe slid in behind Chau, cutting off his escape. Chau threw the two paddlers a shovel as a gift, but one of them still clutched his bamboo knife. The kid with the bow and nocked arrow approached. Chau figured this was it. So he disembarked to show that he, too, had two legs. Then he preached to them from Genesis, likely reading from his waterproof Bible.

    Chau found himself inches from the Sentinelese man who didn’t have a knife. The hunter-gatherer stood about Chau’s height—five feet six—and had yellowish clay smeared in circles on his face. Chau noted a fly land on the man’s cheek. Hastily, Chau handed over his gifts and, in his rush, gave the tribespeople essentially everything he had. Surely, the Sentinelese couldn’t help but be moved by his good intentions?

    Then things started happening confusingly fast. The men grabbed the kayak and made off with it. The boy suddenly fired his bow. Miraculously, the arrow struck the waterproof Bible that Chau was holding, saving him.

    Chau grabbed the arrow and felt the sharpness of the nail-like arrowhead. He retreated, shouting and stumbling. The Sentinelese let him wade over the submerged dead coral. He swam nearly a mile back to the boat, thinking in his panic that rocks in the bay were pursuing canoes. Back on board, he confronted the fact that he had lost his kayak and had no access to any of his supplies. Though, he journaled, “I’m grateful that I still have the written Word of God.” Chau now had to make a momentous choice alone. “It’s weird—actually no, it’s natural: I’m scared. There, I said it,” he wrote in his diary, his handwriting becoming increasingly agitated. “I DON’T WANT to Die! Would it be wiser to leave and let someone else continue?”
    8. The First One to Heaven

    The sun smoldered on the waves. Chau prayed. Practically anyone else would have asked the fishermen to return to Port Blair, but judge the situation from Chau’s point of view. He considered the Sentinelese to be living in “Satan’s last stronghold” and destined for hell unless he rescued them for heaven. To him, there could have been no greater act of love than risking his life to save them from eternal torment. Even more, according to police director Pathak, he indicated to the fishermen that the arrow striking the Bible was a sign of God’s protection. “John assumed that they wouldn’t automatically welcome him and that the only way to win them over was to be like, ‘I’m here, and I’m not going away,’ ” said Casey Prince, his mentor in South Africa. And if Chau gave up now, he was unlikely to get another chance.

    Chau knew he could perish if he returned to shore, and he was prepared for that. As Jim Elliot, a missionary whom Chau idolized, said, “He is no fool who gives what he cannot keep to gain what he cannot lose.” Like many evangelicals, Chau grew up celebrating Elliot, whose widely publicized story helped launch, in the late 1950s, the missionary boom that is still ongoing today. It is uncanny how closely Chau followed Elliot’s footsteps. They grew up miles from each other, hiked the same mountains, and formed convictions as teenagers that they were called to uncontacted tribes. Shortly after graduating from college, Elliot was lanced to death by an Ecuadoran tribe infamous for killing outsiders. However, after a few years, Elliot’s widow and other missionaries converted some of the tribesmen who slew Elliot—leading many evangelicals to declare the original mission a success. Should he die at the hands of the Sentinelese, Chau may have reasoned, he would simply be following Elliot’s example—and that of the original missionary, Jesus Christ.

    But it’s also doesn’t seem that Chau viewed confronting the Sentinelese again as seeking martyrdom. “I can say explicitly that John wasn’t on a suicide mission,” said Jimmy Shaw, who taught the History of Missions Class taken by Chau at university, remained close to him, and was privy to his plans. “He was a person of faith. If he died, then he died. But he was a believer, and he believed he was going to get the chance to share the gospel with those who’d never otherwise have a chance to hear it. And that was the risk worth taking.” The mission plan he had shared with supporters also included his return. And not long before, he had told Sarah Prince that he hoped one day to have children and a family like hers, “if God wants it for me.”

    Though the odds of success may have seemed daunting, after overcoming so many previous challenges, Chau may have thought he could beat this one, too, by himself. Or he may have hoped for a miracle. Pentecostalism, the Christian movement Chau grew up in, gets its name from the miracle of the Pentecost, when the Holy Spirit empowered the apostles to convert foreigners by preaching in their languages. After baptism, many Pentecostalists speak in what they believe are similarly divinely inspired “tongues,” and they celebrate stories of modern missionaries performing Pentecost-like miracles. Chau’s friend McCarthy, who is now a Pentecostal minister, said, “He definitely had the gift of speaking in tongues,” though it is unclear if Chau thought that gift would manifest in this context.

    And, ultimately, converting the tribe may have been only of secondary importance to Chau. For many evangelicals, trying to discern every twist and turn of God’s master plan is impossible and presumptuous. Instead, the best a believer can do is follow what directives they can grasp. “To John, the measure of success has always been obedience,” said Hopkins, his friend. And Shaw described a video, which he believed was likely meant to be shared only if Chau did not return, in which Chau declared that the measure of a person was their obedience to Christ. So if John had felt God wanted him to go, then he would have gone.

    Whatever Chau’s final reasoning, as afternoon descended into evening, he wrote in his diary, “LORD let Your will be done. If you want me to get actually shot or even killed with an arrow, then so be it. I think I could be more useful alive though, but to You, God, I give all the glory of whatever happens.”

    Watching the sun burn out, Chau was moved to tears and wondered if “it’ll be the last sunset I see before being in the place where the sun never sets.” He described intensely missing his family, friends, and Parks, and wished there was “someone I can talk to and be understood.” He finished his thoughts for the day: “Perfect LOVE casts out fear. LORD Jesus, fill me with Your perfect love for these people!”

    The next morning, after a “fairly restful sleep” on the boat, he wrote, “I hope this isn’t my last notes but if it is, to God be the glory.” He stripped down to his black underpants, as Pandit had taken off his clothes so as not to spook the naked Andaman tribes. Then he stroked toward land.

    The fishermen motored out to sea, as Chau had requested. Pieter V., the missionary whom Chau had consulted in South Africa, had told him that he believed that the Jarawa tribe didn’t kill him when he landed because he had no boat. Chau also didn’t want the fishermen to have to witness him possibly being slaughtered. The fishermen carried away Chau’s diary and two letters, one of which was to Alex. “I think I might die,” Chau confessed in it. But he comforted his friend: “I’ll see you again, bro—and remember, the first one to heaven wins.”

    The next day, the fishermen returned to the island. They motored along the coast, searching for signs of Chau.

    Eventually they spotted something on the beach. They looked closer. It was a body in black underpants. And it was being dragged by the Sentinelese, with a rope tied around its neck.
    9. A Strenuous Case

    When I met police director Pathak in his office this summer, he described the situation as “a very, very strenuous case.” According to him, after discovering the body, the fishermen had rushed back to Port Blair and, crying, turned over Chau’s journal and letters to Alex. Alex then contacted Parks, who in turn informed Chau’s mother. Chau’s mother then alerted the U.S. Consulate General in India, which contacted the Andaman police. In the subsequent investigation, Pathak had to decide: Could a people who didn’t recognize laws be prosecuted under them? Should Chau’s remains be recovered? Chau had written, “don’t retrieve my body,” and Chau’s family posted on his Instagram account, “We forgive those supposedly responsible for his death.” So Pathak decided the rights of the “uncontacted group needed to be respected.”

    But though Chau was beyond the laws of this world, the fishermen and Alex were soon imprisoned, before being released on bail. The lawyer representing them said that the punishment of his clients was “not fair,” as Chau went to the island of his own free will, and noted that Chau must not have thought about how the subsequent legal troubles would “badly affect” their lives. According to Pathak, the Indian police had also begun the bureaucratic process to request American assistance to talk to Parks.

    The sufferings of Alex and the fishermen was the last thing that Chau would have wanted: He worried deeply that they could be harmed should his mission go awry. In his final email to supporters, he directed that if he perished they should tell the media, “I am simply an ‘adventurer’…and please do not mention the real reason for why I went to the island.” This was to lessen the chances of “persecution of local area Christians, [and] the imprisonment of the local team members.” He explained that he had built a website and Instagram account that looked like those of an adventure bro to throw people off the trail. Instead of desiring posthumous Elliot-like fame, he preferred to be remembered as a fool.

    As Chau had predicted, when the story of his death spread worldwide, in November 2018, the criticism of him was fierce. Much of it followed the red herrings he had left, but information about his missionary purpose came out soon enough, once the fishermen confessed. Pandit, the anthropologist, said, “I felt sad that the young man should lose his life, but this was a foolish thing to do.” In the news, some commentators characterized his attitude as “puritanical, prejudiced, and patronizing.” Survival International, an NGO that advocates for uncontacted tribes, declared, “The Sentinelese have shown again and again that they want to be left alone, and their wishes should be respected.” The organization warned that by supposedly saving the tribe, Chau might have ended up destroying them.

    The Andaman tribes numbered about 5,000 people when the British arrived, but today only a few hundred remain. These survivors are wracked with measles and consumed by alcohol, subjected to “human safaris” by tourists, and have increasingly become dependent on government handouts. When I joined a hundred-car convoy through the jungle reserve of the Jarawa tribe, crossing between Port Blair and another town, I saw 11 Jarawa squatting on the roadside and staring at the traffic as if watching TV.

    This was “the danger of contact” that had made Pandit “worried about the future” when he first handed the coconut to the Sentinelese back in 1991, despite his simultaneous excitement at the meeting. Pandit knew the poisonous fruit that seed could bear, because he had already led the acculturation of a Jarawa clan. In the mid-1970s he felt he had no choice; they were fatally ambushing settlers on the outskirts of Port Blair. He won their trust with gifts and then lived with them for stints before imposing government oversight. When I interviewed him this year, however, he clearly thought they had suffered from the decades of contact. “Once, they laughed so much more than us,” he said. He thinks that the Sentinelese probably have had a happy life, similar to that of the Jarawa, before his arrival, easily fulfilling their needs in their tropical Eden. Hunter-gatherers are often called “the original affluent society,” as anthropologists have found they average only three to five hours of work a day, are more egalitarian, and have fewer mental health issues. (Although it is important not to romanticize their shorter life spans and other disadvantages.) Ultimately it’s not that Pandit thinks the Sentinelese should be barred from modernizing, only that they have the human right to choose whether to do so—and they have conscientiously objected. “Change should be for the better,” Pandit said. “But if we as an external force bring the change, are we sure we are helping?”

    Though the Sentinelese have no knowledge of what has happened outside their barrier reef, they seem to have intuited Pandit’s fears. And they have adopted a defensive strategy that has preserved them as one of the approximately 100 uncontacted groups still abiding on earth.
    10. A Rebellious People

    As harshly as some individuals criticized Chau, I was struck by how often people who knew him described him as a considerate, capable young man. Even those who didn’t agree with his final actions grieved. As Nathan Fairchild, his boss at the environmental camp in California, told me through tears: “There’s a tendency when people pass away to knight them, but even when John was living, everyone would have praised him the same way.”

    Many evangelicals were outspoken in celebrating his sacrifice. “There was no colonial intention,” said Ramsey, Chau’s friend. “[John’s] motivation was love for these people.… I think he’s up there in heaven.” Oral Roberts University released a statement that concluded: “We are not surprised that John would try to reach out to these isolated people in order to share God’s love. We are deeply saddened to hear of his death.” Parks, Chau’s boss, wrote on social media that Chau was “one of the best and most selfless human beings there ever was.” Many Christians spoke of being inspired to do missions themselves—missions that might reach all the way to Sentinel Island. On the Facebook page “I Admire John Allen Chau,” a post described a young American declaring at a missionary conference, “I am called to go to the people JOHN Allen Chau tried to reach.” Ramsey said, “I could see John as a modern Jim Elliot, someone who made a greater impact in death than life.” At All Nations’ annual fund-raiser in April 2019, the organization celebrated Chau and featured as the keynote speaker the grandson of a missionary pilot who perished alongside Elliot.

    And yet not all Christians supported Chau’s actions, including many prominent evangelicals, such as the president of the Southern Baptist Theological Seminary. “Christian missionary work has evolved over the ages, and it is now profoundly important for missionaries to be sensitive to the culture of the people they are sent to,” said Ben Witherington III, a professor at Asbury Theological Seminary in Kentucky. “Chau is a pretty classic example of how not to do missions in the 21st century.” Some field missionaries criticized Chau as insensitive, ineffective, and even ignorant of biblical directives. As Mark 6:11 commands: “And if any place will not welcome you or listen to you, leave that place and shake the dust off your feet as a testimony against them.” The detractors and supporters of Chau often seemed to be screaming past one another about different realities. Where some people saw a sensitive missionary prepared by years of training, others saw an overconfident, underprepared young American cheered to his death by his mentors.

    One recent afternoon, while pondering all this, I flipped open an edition of the waterproof Bible that had stopped the arrow the Sentinelese boy had fired at Chau. He recorded the verses that the shaft broke on, which conclude in Isaiah 65:1–65:2: “I am sought of them that asked not for me; I am found of them that sought me not: I said, Behold me, behold me, unto a nation that was not called by my name. I have spread out my hands all the day unto a rebellious people, which walketh in a way that was not good, after their own thoughts.”

    While Chau didn’t record if he interpreted the “rebellious people” as the Sentinelese or if the verse impacted his decision to return to the island once again, it’s telling he swam ashore the next morning. And yet Witherington, the Asbury seminary theologian, who has written a book about deciphering Isaiah, said, “I don’t dismiss Chau’s sincerity or sacrifice, but the question is whether he interpreted Isaiah rightly—and the answer for that, I think, is clearly no.” Two more theologians confirmed that in the above passage, the “rebellious people” are actually those inside the church, as God is criticizing the Israelites for worshipping false idols.

    In all my months of reporting, I never found any evidence that Chau even once questioned his calling. His certainty was so absolute that he was willing to bet not only his life on it but the lives of the Sentinelese. (Multiple doctors have stated that his self-quarantine wouldn’t have worked.) But one inscrutable thing about religion is that while it offers definitive answers, believers draw different answers from the same words, and often different answers throughout their lives.

    Patrick Chau, John’s father, was born in China, endured six years of forced labor harvesting rice during Mao’s Cultural Revolution, escaped to the United States, studied medicine at Oral Roberts University, which John would attend, and eventually brought John up evangelical. But during a weeks-long correspondence with me, Patrick described how over the past decade he had begun to find biblical truths in the Confucianism of his youth. He came to believe that the commonalities undergirding world religions meant that people “not following Western religious terms could still be following the teachings of the Bible.” In this context, he decided, “the theology of the Great Commission”—of missions—“is the byproduct of Western colonization and imperialization, and not Biblical teaching at all.” He wrote, “I have no common opinion in faith with my youngest.” John “was not there yet.”

    I wrote back: “But it seems you think that he would have come to that realization, in time?”

    “Eventually,” Patrick answered. “I hoped.”

    The central message of Jesus and Confucius that he tried to get his son to accept was: “Fairness. Do unto others as you would have done unto you. It is the only standard of right and wrong in the whole Bible.”

    The morning of his death, Chau wrote his final letter, addressed to his parents and siblings: “You guys might think I’m crazy in all this but I think it’s worth it to declare Jesus to these people. Please do not be angry at them or at God if I get killed.” He concluded: “I love you all and I pray none of you love anything in this world more than Jesus Christ.” He signed it with a scrawl that looks a lot like “JC.”
    11. Christlike Love

    We can’t know precisely what happened when Chau encountered the Sentinelese for the final time. Shortly after reports of Chau’s death, his mother told the Washington Post that she still believed he was alive because of “my prayers.” She later declined my interview requests, explaining to acquaintances that she preferred to let Chau tell his own story when he returned. Patrick concluded his essay memorializing John: “This is [the] riddle of life I cannot see through now,” and then paraphrased a verse from the Book of Job: “The Lord gave and the Lord has taken away. Blessed be the name of the Lord.”

    Chattopadhyay, the anthropologist, speculated that when Chau emerged from the lagoon, the tribe would have likely warned him with “utterances and hand gestures” to go away, fearing “he would try to enslave them.” Pandit added, “The Sentinelese don’t go out of their way to do violence.… But of course he couldn’t understand.”

    And so Chau crossed the line in the sand that the Sentinelese hadn’t even let a foreign doll transgress all those years ago. And of course they shot him.

    A skilled hunter doesn’t aim for an instant kill with a relatively fragile bamboo arrow tipped with an iron nail—the human brain and heart are small targets and encased in bone.

    No, the projectile would have been aimed at Chau’s large and soft gut. Once he was crippled, the Sentinelese would have charged in, wielding their long arrows like spears.

    But before then, Chau would have had time to confront the fact that he was going to die.

    And I have faith that he welcomed his killers with Christlike love.

    Doug Bock Clark is a GQ correspondent.

    A version of this story originally appeared in the September 2019 issue with the title “Contact.”

    #christianisme #mission #proselytisme #impérialisme #USA #Inde

  • #Africa_Rising documentary

    From Clover films and film maker #Jamie_Doran, comes a documentary examining the failure of western policies towards Africa and rethinking the role of western aid workers on the continent.

    Narrated by Tilda Swinton, Africa Rising takes a look at the benefits of ’Self Help’ in Ethiopia, a country potentially rich in resources, looking to find its own way out of poverty.

    https://www.youtube.com/watch?v=kYS7T9UMrsA


    #film #documentaire #Afrique #développement #aide_au_développement #coopération_au_développement #Ethiopie #self-help #pauvreté

  • Artist Shames Tourists Taking Inappropriate Selfies At The Holocaust Memorial Site In Berlin (NSFW) | DeMilked

    https://www.demilked.com/holocaust-memorial-selfies-yolocaust-shahak-shapira

    Il semble qu’il reste à faire un travail de mémoire aussi à destination de celles et ceux qui rendent visite à des lieux de mémoire.

    sraeli artist Shahak Shapira has seen enough of these disrespectful selfies taken in the absolute worst places for them. So he launched an art project called “Yolocaust” in hopes to shame the selfie-takers from the Holocaust Memorial in Berlin.

    “Over the last years, I noticed an interesting phenomenon at the Holocaust memorial in Berlin: people were using it as a scenery for selfies. So I took those selfies and combined them with footage from Nazi extermination camps,” Shapira wrote. He gathered the selfies from the social media sites like Facebook, Instagram, Tinder, and Grindr, and then combined them with the hard-to-watch real footage from concentration camps. The artist was shocked by just how distanced from the actual meaning of the monument its visitors were, which is illustrated with the comments, hashtags and “likes” that were posted with the selfies.

    #mémoire

  • Ce que l’orthographe doit aux instituteurs (Chronique “Tu parles”, France Inter)
    https://www.franceinter.fr/emissions/hoedt-et-piron-tu-parles/hoedt-et-piron-tu-parles-03-aout-2019

    Le dix-neuvième siècle semble un tournant majeur dans l’Histoire de l’enseignement de la langue en France. Et l’on apprend aussi, grâce à nos deux démystificateurs de la langue française, comment, historiquement, l’orthographe est devenue l’ADN de l’école française.
    […]
    Jules Ferry, le fondateur de l’école laïque et obligatoire, s’inquiétait déjà en 1880 de la vision orthographiste de l’école :
    « Ce que nous demandons à tous, c’est de nous faire des hommes, pas des grammairiens (…). À l’abus de la dictée, il faut substituer un enseignement plus libre, plus vivant, plus substantiel. Épargnons ce temps si précieux que l’on dépense souvent dans les vétilles de l’orthographe qui font de la dictée un tour de force et une espèce de casse-tête chinois. »

    #éducation #école #orthographe #sélection #LesGrandsMythes

  • Vénissieux : une femme écrasée contre un mur avec une voiture par son mari, le 81e féminicide de l’année - LCI
    https://www.lci.fr/police/venissieux-une-femme-ecrasee-contre-un-mur-avec-une-voiture-par-son-mari-le-81e-

    a été percutée mortellement par le véhicule de son mari, à plusieurs reprises , qui l’a ensuite coincée contre le mur.

    (...)

    Une autopsie doit être pratiquée rapidement afin de préciser les circonstances de sa mort.

    Des fois qu’elle ait eu une infection généralisée ou un marathon dans l’instant qui a précédé ? (cf. Adama)

  • Le Conseil d’État donne raison à notre recours contre ParcourSup
    Solidaires étudiant-e-s – syndicats de luttes et Mouvement National Lycéen (MNL), Solidaires, le 11 juillet 2019
    https://solidaires.org/Le-Conseil-d-Etat-donne-raison-a-notre-recours-contre-ParcourSup

    Cette décision ouvre droit, pour les candidat-e-s ayant fait acte de candidature avant le 11 mars 2018, à des indemnisations. Solidaires étudiant-e-s et le MNL encouragent les candidat-e-s qui ont été recalé-e-s, durant la campagne 2018, dans des formations à formuler des recours auprès des tribunaux administratifs, en contactant si besoin les syndicats étudiants et lycéens.

    #parcoursup #sélection #Solidaires #recours #justice

  • Cher monsieur Blanquer,

    Je sais que tu es très embêté pour donner des notes à tous les bachots pour demain. C’est pourquoi je te propose mes services.

    Il se trouve que je suis un spécialiste des bases de données, et que je peux te bidouiller une petite moulinette qui attribuera presque intelligemment une note au pifomètre pour toutes les copies retenues en otage par ces méchants fainéants de profs. Comme ça tu es tranquille, tout le monde a une note, presque tout le monde a son bac, et tu n’as même plus besoin de négocier avec ces fonctionnaires d’ultra-gauche pour obtenir la libération des otages (pardon, copies).

    Je te montre comment ça fonctionne :

    https://www.youtube.com/watch?v=O77v7lVKgNU

    Si ça t’intéresse, DM-moi, service rapide et discret.

  • Je vais commencer à noter ces formules à la con qui pullulent sur le Web, y compris (surtout ?) sur les médias qui se prétendent sérieux. C’est-à-dire ces tournures clickbait, systématiques, et qui te prennent clairement pour un abruti (sans oublier les marronniers tellement évidents que c’est risible).

    Aujourd’hui et hier :
    Le Monde : Une canicule « d’intensité exceptionnelle » dans une grande partie de la France (et ce n’est pas fini)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/25/la-canicule-s-installe-en-france-deux-jours-avant-le-pic-de-chaleur-attendu_
    (Je suis chébran « et-ce-n’est-pas-fini-entre-parenthèses »)

    Ouest France : Canicule. Non, il ne va pas faire 48°C en température ressentie (et voici pourquoi)
    https://www.ouest-france.fr/meteo/canicule/canicule-non-il-ne-va-pas-faire-48degc-en-temperature-ressentie-et-voic
    Libération : Non, une femme n’a pas été « lynchée » à Paris vendredi lors de la Fête de la musique
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/25/non-une-femme-n-a-pas-ete-lynchee-a-paris-vendredi-lors-de-la-fete-de-la-
    – Non, la statue parisienne de Jeanne d’Arc n’a pas été vandalisée
    https://www.bfmtv.com/societe/non-la-statue-parisienne-de-jeanne-d-arc-n-a-pas-ete-vandalisee-1718972.html
    – Non, Michel Sardou n’a pas signé une lettre xénophobe
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/24/non-michel-sardou-n-a-pas-signe-une-lettre-xenophobe_1735801
    – Non, le niveau de la mer n’augmente pas de manière « naturelle »
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/06/24/non-le-niveau-de-la-mer-n-augmente-pas-de-maniere-naturelle_5480573_4355770.
    – Non, votre smartphone ne fait pas pousser "des cornes" sur le crâne
    https://www.cnetfrance.fr/news/non-votre-smartphone-ne-fait-pas-pousser-des-cornes-sur-le-crane-39886471
    (Tournure exécrable des checkeurs-de-news : « Non, pauvre con, ce n’est pas vrai. » Et chez Ouest-France, on a en plus comme chez le Monde la mention chébran « et-ce-n’est-pas-fini-entre-parenthèses »)

    – Canicule : les fausses bonnes idées pour affronter la chaleur
    https://www.lepoint.fr/societe/canicule-les-fausses-bonnes-idees-pour-affronter-la-chaleur-25-06-2019-23207
    (Pas très loin du « Non, espèce d’abruti », on a régulièrement la variante « Les fausses bonnes idées ».)

    Le Progrès : Canicule à Lyon et dans le département : une semaine de records, les ventilateurs s’arrachent
    https://www.leprogres.fr/rhone-69/2019/06/25/canicule-a-lyon-et-dans-le-departement-une-semaine-de-records-les-ventilat
    (Marronnier : les ventilateurs quand il fait chaud.)

    Europe 1 : EXCLUSIF - Voici l’emplacement exact du mausolée de Michael Jackson
    https://www.europe1.fr/culture/exclusif-voici-lemplacement-exact-du-tombeau-de-michael-jackson-3906414
    (« Exclusif » : on s’en fout)

    Eurosport : Cette arme que les Bleues veulent rendre encore plus létale
    https://www.eurosport.fr/football/coupe-du-monde-feminine/2019/cette-arme-redoutable-que-les-bleues-veulent-rendre-encore-plus-letale_sto7343275/story.shtml
    – Meghan Markle et Harry : Cette somme folle payée par les Anglais pour leur maison
    http://www.purepeople.com/article/meghan-markle-et-harry-cette-somme-folle-payee-par-les-anglais-pour-leur-maison_a341102/1
    – Canicule : le vrai du faux sur cette vague de chaleur
    https://www.lci.fr/meteo/canicule-le-vrai-du-faux-sur-cette-vague-de-chaleur-2125103.html
    – Indre-et-Loire : à Ligueil, cette Japonaise cultive le goût des légumes de son pays
    https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/ligueil/indre-et-loire-a-ligueil-cette-japonaise-cultive-le-gout-des-le
    – Cette découverte miraculeuse relance l’espoir de sauver un trésor de Notre-Dame
    https://www.lalibre.be/actu/international/cette-decouverte-miraculeuse-relance-l-espoir-de-sauver-un-tresor-de-notre-d
    (usage du « cette »)

    Le Figaro : La SNCF annule l’amende d’un ancien curé
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-sncf-annule-l-amende-d-un-ancien-cure-20190625
    (le fait qu’il soit « ancien curé » n’a rigoureusement aucun rapport avec l’information)

  • La casa dov’è: viaggio a Roma fra le occupazioni dei rifugiati

    Selam Palace, viale del Policlinico, via Collatina: occupazioni storiche di rifugiati e richiedenti asilo a Roma, una capitale europea dove l’emergenza casa non riguarda soltanto gli immigrati. Sempre col timore di essere sgomberate, sono comunità con una storia e un’identità, che attendono un futuro migliore. Eleonora Camilli e Federica Mameli sono riuscite a visitarle e a farsi raccontare le storie degli occupanti.


    https://openmigration.org/analisi/la-casa-dove-viaggio-a-roma-fra-le-occupazioni-dei-rifugiati
    #squat #occupation #logement #hébergement #Rome #Italie #asile #migrations #réfugiés #viale_del_Policlinico #Policlinico #via_Collatina #Selam_Palace

  • Tout comprendre sur #Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’#enseignement_supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son #opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    Les familles qui entendent faire de leurs rejetons des “premiers de cordée” ne découvrent pas la #guerre_scolaire à cette occasion : elles s’y livrent depuis la maternelle, renforçant la #ségrégation_sociale par mille artifices de contournement, de choix d’options “astucieuses” et de falsification d’adresse. Parcoursup officialise l’idée que les formations universitaires — y compris celles aussi standardisées que des licences d’une même discipline — ne se valent pas. Dès lors, ce qui fut une orientation devient recherche active des filières les plus valorisables, c’est-à-dire celles qui, en l’absence de mécanismes de brassage social, permettront d’obtenir les meilleures places dans la hiérarchie socio-économique. C’est du moins ce dont les concepteurs souhaitent convaincre les classes moyennes. Mais comment savoir quels sont les “parcours” qui permettront d’accroître son “portefeuille de compétences” de sorte à en obtenir les “dividendes” matériels et symboliques les plus généreux ? En effet, hormis les Grandes Écoles, qui assurent la formation des cadres, les formations sont essentiellement les mêmes partout. D’où l’effet de brouillard.

    Les “premiers de cordée” se reconnaissent en ceci qu’ils “ont du réseau” leur permettant d’obtenir informations précieuses et passe-droits. L’#opacité du système est en partie délibérée comme en témoigne le démantèlement des services d’orientation nationaux (#ONISEP et #CIO). Cependant, participent à l’#angoisse générée par la Machine toutes sortes de #dysfonctionnements, d’accrocs, d’#erreurs de débutant, qui admettent une explication simple et donc probablement juste : derrière la prétention de la #Start-Up_Nation à transformer les services de l’Etat en plateformes numériques automatisées se cache un amateurisme sans bornes. Ainsi, l’équipe technique incompétente recrutée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur s’est montrée incapable d’écrire un logiciel sans bug, malgré la simplicité algorithmique : appeler les “candidats” dans l’ordre dans lequel les formations les ont classés, au fil des désistements. Du reste, il n’est qu’à voir le visage de Mme Vidal rongé par les anxiolytiques, lorsqu’elle débite d’une voix pâteuse les éléments de langage préparés par les communicants de son cabinet, avec des chiffres arrangés quand ils ne sont pas tout simplement faux, pour comprendre que l’angoisse générée par Parcoursup s’étend à tous ceux qui ont été mis au service de la Machine : les bacheliers, bien sûr, mais aussi les responsables des formations qui produisent les classement des “candidats” et l’ensemble de la #bureaucratie ministérielle occupée à calfeutrer les voies d’eau qui se multiplient quotidiennement. Que le ministère en charge de l’enseignement supérieur soit entièrement tourné désormais vers le micro-management le plus insignifiant, n’est pas le moindre des paradoxes du dispositif. Au final, le mantra répété jusqu’à la nausée par la ministre, “Remettre de l’Humain dans la Machine”, n’est pas si faux que cela, qui évoque métaphoriquement ces usines de nuggets à destination de la restauration rapide, qui broient ce qui reste des poulets une fois amputés de leurs filets et de leurs cuisses.

    La boule au ventre qui étreint les lycéens au moment de choisir la discipline à laquelle ils entendent se former, comme moyen particulier d’aller vers une autonomie de pensée, ne s’arrête pas le jour où tombent, comme un couperet, les affectations. Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli. Et ce purgatoire a été conçu pour durer très longtemps. N’importe quel informaticien pouvait prédire que la suppression des vœux hiérarchisés engendrerait des “deadlocks” algorithmiques, ralentissements induits lorsque des processus concurrents s’attendent mutuellement, ne laissant d’alternative à l’interprétation qu’entre le cynisme et l’incompétence totale. Ainsi, il restait plus de 47000 candidats sur le carreau à la rentrée 2018, principalement des lycéens ayant obtenu un bac “pro”. Les éléments de langage produits par le ministère et repris sans vérification par la presse quotidienne transformèrent ce fait tiré des statistiques du ministère lui-même en : “moins de 2500 candidats encore en attente”. Au final, l’angoisse générée par la “mise en attente” a une fonction importante : faire accepter avec soulagement une formation pour laquelle le “candidat” n’a ni affinité ni appétence.

    Faire patienter, c’est dominer

    En résumé, Parcoursup est une machine à dévorer du temps pour permettre à une minorité de choisir librement leur formation et pour le plus grand nombre, d’être répartis au cours d’une grande loterie anxiogène.

    Bien qu’il soit important de rendre compte des effets concrets que Parcoursup produit, il ne faut pas le réduire à un dispositif technique mais en analyser les motivations.

    Parcoursup a d’abord une dimension gestionnaire et répond à un problème précis : comment ne pas investir dans l’#Université_publique, alors même que la population étudiante est supposée s’accroître de 30% entre 2010 et 2025. Cela représente quelques 400 000 étudiants en plus, soit une vingtaine d’universités à construire. La réponse est simple : décourager les inscriptions par tous les moyens y compris par l’augmentation des #frais_d’inscription pour les étrangers, “caser tout le monde” en bourrant les formations désertées de “sans fac”, et augmenter à moyens constants les capacités d’accueil des formations (de 10% en 2018). Si cela ne suffit pas, Parcoursup permet techniquement de recourir à la sélection stricte.

    Deuxième dimension du dispositif, Parcoursup en finit avec un système qui permettait à tout bachelier de faire les études universitaires de son choix. Le dispositif reprend le contenu de la #loi_Devaquet là où l’assassinat de Malik Oussekine par les voltigeurs motocyclistes l’avait interrompu en 1986. Parcoursup signe ainsi la mise à mort du #baccalauréat, remplacé à l’entrée de l’Université par de la mise en #concurrence : chaque formation produit, à partir des notes de contrôle continu, des options choisies dans le secondaire et de données sur l’origine sociale (CV, lettres de motivation, etc.) un #classement des “candidats”. L’#examen_terminal est remplacé par une évaluation des “#portefeuilles_de_compétences” directement inspirée des pratiques managériales. On trouve là un premier fondement idéologique de Parcoursup, qui rompt avec les idées promues par la Révolution Française, assignant à l’enseignement une fonction émancipatrice : développer, à des fins de citoyenneté, l’usage critique de la raison individuelle. Parcoursup participe de la tentative d’amener tout le monde à se penser et à se comporter en entrepreneurs d’eux-mêmes, individuellement responsables de leur destin.

    Simultanément, le baccalauréat ayant été, pendant plus d’un demi-siècle, l’épreuve initiatique de passage à l’âge adulte pour la classe moyenne, sa disparition vise aussi à infantiliser les jeunes adultes. Le retour du service national, affublant “nos jeunes” d’un uniforme hybride entre le vigile de supermarché, le gardien de prison et le policier, confirme cette volonté d’humiliation et de torture douce. Tout concourt à repousser l’âge de l’autonomie financière et intellectuelle en transformant progressivement la licence en “lycée du 21e siècle”, terme qui tint lieu un temps de résumé programmatique à la candidature de Macron à la présidentielle, d’après les Macronleaks.

    Ces deux facettes de Parcoursup — déposséder les jeunes adultes de leur autonomie et simultanément les rendre responsables de leur position sociale — ne sont antagonistes qu’en apparence. Elles contribuent toutes deux à la fiction méritocratique, ce supplément d’âme dont “on” a doté la reproduction sociale. Plus précisément, Parcoursup (tout comme la loi Blanquer) s’inspire d’une supercherie : la théorie du capital humain. Cette “théorie” vise à naturaliser les inégalités économiques, en produisant un argumentaire à destination des classes moyennes faisant porter la responsabilité des hiérarchies sociales aux individus, et non à l’organisation de la société. Pour empêcher de penser l’héritage, d’une part, et la reproduction du capital, d’autre part, comme étant les mécanismes primordiaux de production des inégalités, il s’agit de postuler que les revenus des individus proviennent de la fructification de leur “capital de compétences”. L’important n’est pas que ces “compétences” existent, qu’on puisse les mesurer, c’est de créer les conditions sous lesquelles les individus soient amenés à se vivre eux-même comme portefeuilles de compétences en quête de valorisation, acceptant de facto leur position dans la hiérarchie sociale sans se révolter. Telle est la fonction anesthésiante de la nimbe d’angoisse et de pression autour de Parcoursup. Mais ce n’est pas tout. Si suivre une formation universitaire permet d’accroître ses revenus futurs, alors l’entrepreneur de lui-même se doit d’investir dans son portefeuille de compétences et donc de payer l’Université, en empruntant si besoin.
    Faire patienter, c’est occuper. Et l’occupation, c’est le début de la colonisation culturelle.

    Dans quel projet global de société, la vision de l’Université portée par Parcoursup s’inscrit-elle ? L’Université moderne est née en France avec la IIIe République, la dissolution des institutions médiévales à la Révolution ayant conduit à liquider toute autonomie du système facultaire et à créer des écoles professionnelles sous contrôle de l’État. Elle conserve aujourd’hui une triple anomalie en héritage du 19e siècle : le système des grandes écoles, la centralisation parisienne et l’absence d’autonomie du corps professoral vis-à-vis des pouvoirs dont il dépend. Elle a eu de ce fait une incapacité chronique à s’adapter aux mutations socio-économiques de son temps. Au 19e siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, la demande vis-à-vis de l’Université a été le développement de la recherche pour appuyer la révolution industrielle et former les nouvelles classes moyennes, témoignant d’une supériorité du modèle humboldtien de liberté d’enseigner, de rechercher et d’apprendre sur le modèle napoléonien. Après guerre, la demande des classes dirigeantes a changé de nature, tirée par le compromis fordiste, le plein emploi et la concurrence du bloc marxiste-léniniste : il s’est agi de combler le déficit de main d’œuvre qualifiée par la constitution d’une première Université de masse développant une formation à et par la recherche. Après 68, et tout au long des années 1970, une nouvelle demande a émergé, venant des étudiants eux-même et des milieux militants portant une exigence d’émancipation, de critique sociale et d’autonomie intellectuelle, produisant enfin de réelles universités au tournant du 21e siècle, malgré l’héritage douloureux de grandes écoles inaptes à la recherche. Depuis deux décennies maintenant, l’émergence d’un libéralisme autoritaire a conduit à une reprise en main, sur fond de désindustrialisation, de chômage de masse et de crise systémique. Les classes dirigeantes se moquent, pour l’essentiel, de l’Université où elles n’envoient pas leurs enfants se former — les business schools ont “bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur". Aussi ont-elles bondi sur la première pensée indigente émise par un économiste d’Harvard : ne conserver que dix universités (au sens humboldtien), pour assurer l’activité de recherche nécessaire à l’innovation technique.

    Quelle ambition, dès lors, pour l’écrasante majorité des bacheliers issus des classes moyennes, et pour les classes populaires ? Aucune. Nada. Un vide de pensée politique. Dans la mesure où, d’une part, la production marchande peut être assurée par 10% de la population, l’Asie tenant lieu d’usine mondiale et où, d’autre part, les 10% de classes moyennes supérieures sont formées dans les grandes écoles, les 80% de classes moyennes inutiles à l’ordre économique dominant ne servent à rien. Leur formation intellectuelle et pratique est une non-question. Les universitaires ne sont rien d’autre qu’un poids mort pour les finances publiques. Même s’ils sont pour la plupart frappés de stupéfaction ou occupés à des activités courtisanes, ils disposent encore de trop de temps non-contraint pour ne pas représenter un danger. Dès lors, en l’absence d’idée, tout est mis en œuvre pour créer un marché de l’enseignement supérieur, ce qui suppose de différencier les parcours et les établissements, et de les mettre en concurrence. C’est très exactement ce à quoi contribue Parcoursup, comme brique dans une construction au long cours. La suite est connue dans les grandes lignes : créer les conditions pour accroître la part du privé dans le marché nouvellement constitué ; paupériser les établissements de proximité et y avoir recours massivement au travail précaire ; déréguler les statuts des universitaires pour abaisser les coûts salariaux ; accroître la “double hétéronomie autoritaire de l’université, envers l’encadrement administratif et envers la commande des marchés”.

    L’heure n’est plus à la défense conservatrice d’une Université qui n’existe de facto plus — si tant est qu’elle ait jamais existé — mais à la reformulation d’un projet de transformation radicale de la société qui inclue l’ensemble du système éducatif. Il devient non seulement nécessaire mais urgent de retrouver le contrôle de nos existences, de nous donner du temps pour penser et de faire de nos vies des terrains d’expériences.

    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup
    #parcours_sup #sélection #éducation_supérieure #université #attente #patience

  • « Faire patienter, c’est dominer »
    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’enseignement supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    • La population étudiante augmentera de 30% entre 2010 et 2025, soit 400.000 étudiants en plus : une 20aine d’universités à construire. Pour éviter d’investir dans l’enseignement supérieur tous les moyens sont bons, y compris décourager les inscriptions…

    • Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli.

      #fail #parcoursup #algorithme #sélection #premier_de_cordée #opacité