• Fusion Bayer-Monsanto : quelles conséquences ?
    http://www.mirador-multinationales.be/divers/a-la-une/article/fusion-bayer-monsanto-quelles-consequences

    Quand 2 des plus grosses entreprises de l’agrochimie fusionnent, on obtient un résumé de « l’idéal capitalistique » actuel :
    Des entreprises au-dessus de tout soupçon...

    Monsanto et Bayer étaient déjà parmi les entreprises les plus détestées du monde. La première fait même l’objet d’une marche mondiale annuelle pour dénoncer ses activités [10]. Il faut dire que le passif des deux géants de la chimie ne joue pas en leur faveur : OGM, agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam, Round Up, gliphosate [11] ont rendu tristement célèbre le semencier américain. Quant à Bayer il a par le passé rempli les chroniques des faits divers et scandales pour son implication dans des essais médicaux sur des déportés pendant la 2de Guerre Mondiale, la mise sur le marché de contraceptifs dangereux, la vente de néonicotinoïdes (accusés de causer la mortalité des abeilles) où pour ses négligences dans les scandales du sang contaminé.

    ...pour qui le brevetage du vivant n’est qu’une source de revenus à optimiser...

    Un autre intérêt de la fusion pour le nouvel acteur est à rechercher dans la propriété des brevets. En acquérant son concurrent Monsanto, Bayer met en effet la main sur les brevets appartenant à l’entreprise américaine. Un élément primordial dans un secteur où la possession des droits de propriété sur telle semence ou tel pesticide équivaut à un monopole, et permet donc de mesurer la puissance économique du groupe.

    ...qui savent exploiter les effets secondaires de la crise financière de 2008 et de son traitement par le « quantitative easing » (ou comment le sauvetage des banques aux frais des contribuables permet le financement des fusions/acquisitions des plus grosses multinationales)...

    L’économie mondiale est depuis plusieurs années en situation de surliquidités. Les sauvetages bancaires menés entre 2008 et 2010 et les « quantitative easing » pratiqués par les principales banques centrales de la planète – qui consistent en des rachats de dette (bons du Trésor, obligations d’entreprise), auprès d’acteurs financiers - ont conduit à une situation de surliquidités sur les marchés financiers. Une partie de ces liquidités se retrouve dans les trésoreries des banques, et des entreprises qui ont fortement réduit leurs investissements ces dernières années (la Banque centrale européenne rachète même depuis juin 2016 des obligations d’entreprises [3]). Elles doivent désormais être placées : une des options choisies est celle du rachat d’entreprise, en d’autres termes, des acquisitions.

    ...afin de permettre l’amélioration de la rentabilité des fonds de pension américains...

    On l’aura donc compris, l’opération présente des intérêts du point de vue de la croissance de l’entreprise et du pouvoir de marché que Bayer-Monsanto va acquérir. Une garantie de plus de profitabilité pour les années à venir, et donc de dividendes pour les actionnaires. Mais qui sont les propriétaires des entreprises de la chimie ?
    Comme pour la plupart des sociétés transnationales, les actionnaires sont des fonds d’investissement ou des fonds de pension qui doivent placer leurs liquidités (abondantes en ce moment, voir supra) afin de garantir des retours promis pour les déposants/cotisants. En s’intéressant d’un peu plus près à leur identité, on peut observer la présence des mêmes fonds dans presque toutes les entreprises.

    ...comme d’habitude au détriment des employés des entreprises fusionnées :

    Dans le jargon entrepreneurial, synergie signifie généralement que des doublons dans les sites de productions, la logistique, les services centraux ont été identifiés entre les deux entreprises et qu’ils pourront donner lieu à des coupes. Les fusions-acquisitions sont donc souvent synonymes de restructurations, et donc de perte d’emploi. La question du sort des travailleurs n’a pour l’instant pas été évoquée par les directions des deux entreprises, qui préfèrent axer leur discours sur la croissance des activités. Pourtant, ce genre d’opération n’est généralement pas neutre pour les travailleurs concernés.

    ...et d’une encore plus grande perte d’autonomie pour les paysans :

    70% du marché mondial des pesticides sera désormais entre les mains des 4 acteurs. Aux États-Unis, les 4 mêmes firmes représenteront 80% des graines de maïs commercialisées. Comme l’affirme Guy Kastler de la Confédération paysanne française, « en maitrisant l’ensemble de la filière, les firmes dictent aux paysans quoi faire, et comment le faire, et petit à petit, notre autonomie disparait. »

    #monsanto #bayer #ogm #chimie #agrochimie #semencier #monopole

  • Aux #Etats-Unis, les #insecticides peuvent remercier les #semenciers
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/aux-etats-unis-les-insecticides-peuvent-remercier-les-semen

    Contrairement à ce qu’affirmaient de récents travaux, la consommation agricole d’insecticides s’est envolée au cours des années 2000 aux Etats-Unis, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology. En cause, l’usage des graines enrobées aux #néonicotinoïdes, longtemps ignoré des #statistiques gouvernementales.

    http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es506141g

    #ogm

  • #OGM : tout comprendre au nouveau cadre européen
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/12/ogm-tout-comprendre-a-la-nouvelle-legislation-europeenne_4436881_3244.html

    Qu’en pensent les anti et les pro-OGM ?

    « Le nouveau système garantit aux Etats la possibilité de choix, s’ils souhaitent cultiver ou non », s’est réjouie la ministre de l’écologie française, Ségolène Royal. Ce nouveau système « permet du sur-mesure », s’est félicitée la ministre néerlandaise Wilma Mansveld.

    La nouvelle législation européenne mécontente les anti-OGM, qui craignent qu’elle n’ouvre une brèche favorable aux semenciers. « Accepter la possibilité d’interdire des OGM sur des bases aussi fragiles serait un véritable marché de dupes et la porte ouverte à la contamination de l’agriculture européenne », dénonce l’eurodéputée Corinne Lepage, rapporteuse du texte adopté par le Parlement en 2011.

    Les experts pointent que le choix de critères socio-économiques, et non scientifiques, pour motiver une interdiction d’un OGM pourrait exposer les pays réfractaires à des poursuites de #semenciers devant l’Organisation mondiale du commerce. « Il y a en outre un risque pour les Etats de voir leur échapper le débat sur l’évaluation et sur les risques des OGM, qui serait cantonné au niveau européen, davantage pro-OGM », prévient Eric Meunier, chargé de mission pour l’association Inf’OGM.

    Pour Mute Schimpf, chargée de la campagne « alimentation » des Amis de la Terre Europe, le texte donne trop de poids aux entreprises de biotechnologies dans le processus de décision. « Les Etats ne doivent pas avoir à négocier avec les semenciers. Il serait naïf de penser que ces derniers vont accepter l’interdiction des Etats réfractaires sans contrepartie », assure-t-elle.

    Les semenciers, de leur côté, reconnaissent que la nouvelle législation, très attendue, pourrait « accélérer » la culture de nouveaux OGM en Europe, mais ils sont loin d’être pleinement satisfaits. « Nous sommes opposés à la “renationalisation” du choix d’autoriser ou non les #OGM car elle s’oppose au marché unique et à la politique agricole commune, explique François Burgaud, directeur des relations extérieures du Groupement national interprofessionnel des #semences et #plants. Nous ne voulons pas de semences autorisées dans certains pays mais qui s’arrêtent à la frontière avec d’autres. » Reste en outre la question, non réglée, de la contamination, notamment transfrontière, en cas de culture d’OGM.

  • Loi agricole en débat : c’est l’occasion de libérer les #semences - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5205

    l est des sujets qui ne sont a priori pas voués à faire la Une des médias. L’appropriation des semences agricoles en est un. Complexe, difficile à cerner, il doit pourtant aujourd’hui être mis au centre du débat car il est à la fois symbolique et symptomatique. Symptomatique d’une société qui ne raisonne qu’en terme de #droit_de_propriété et a poussé la logique du tout juridique dans ses retranchements les plus absurdes. Symbolique du combat que mènent les puissances de l’argent, bien décidées à s’approprier l’inappropriable, et les mouvements citoyens, qui refusent que le vivant puisse être considéré comme une marchandise.

    Aujourd’hui, dans de nombreux cas, un paysan français ne peut plus réutiliser d’une année sur l’autre les graines issues des plantes qu’il a lui même fait pousser sur son exploitation. Pire, il ne peut pas non plus les échanger ou les donner à d’autres agriculteurs, sous peine d’être considéré comme un dangereux contrefacteur.

    #semencier #bien_commun #grr

  • #Ecole : quand les #multinationales remplacent les instituteurs - Pédagogie ou marketing ? - Basta !
    http://www.bastamag.net/article3096.html

    Une trentaine d’enfants sont sagement assis dans les fauteuils de l’auditorium du Muséum national d’Histoire naturelle. Ils regardent un dessin animé sur les risques de transmission de maladie par les animaux de compagnie. Un dessin animé réalisé par l’entreprise pharmaceutique Novartis. Le message : bien se laver les mains après avoir caressé son animal. Et surtout penser à procéder à une vermifugation régulière de son chien ou chat (par administration d’un médicament), pour tuer les vers, vecteurs de maladies. Sylvie Thevenon, conceptrice du programme chez Novartis, anime cette séance « pédagogique » de « sensibilisation pour changer les comportements ».

    Cette classe de CE2 de Neuilly-sur-Seine n’est pas la seule cobaye. 2 000 kits pédagogiques ont été envoyés dans des écoles, 3 000 autres vont suivre en juin. 150 000 enfants de « Cycle 3 » (8-10 ans) pourront donc apprendre à s’occuper de leur animal de compagnie grâce aux bons conseils de Novartis, et de sa filiale Novartis santé animale ! Le ministère de l’Éducation nationale a donné son accord pour cette activité « éducative ». Et évidemment totalement désintéressée... Car qui fabrique et vend des vermifuges en France ? Novartis, leader mondial pour les antiparasitaires [1].

    Ben voyons ! Et on appelle ça #éducation #pharma

    • La pratique semble pourtant assez courante. Kat-Cent-Coups, « agence conseil en communication pédagogique », qui diffuse le kit de Norvartis, propose aussi un CD-Rom estampillé Veolia #Transport pour aborder avec les élèves la thématiques des déplacements durables. Ou les supports pédagogiques la « Semaine du jardinage à l’école », conçus par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), #lobby des #semenciers. Le GNIS, par ailleurs co-éditeur du site Ogm.org pour « comprendre les OGM et préparer notre avenir ». Le président de ce groupement professionnel, Daniel Segonds, a longtemps été dirigeant du semencier RAGT, en pointe sur la recherche OGM au sein du groupement Biogemma, et a travaillé pour Dekalb, filiale de Monsanto.