• Ziguinchor : L’Antenne de la DNLT démantèle un réseau présumé de traite, trois femmes déférées
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    Ziguinchor : L’Antenne de la DNLT démantèle un réseau présumé de traite, trois femmes déférées
    L’Antenne de la DNLT de Ziguinchor a procédé, le 03 mars 2026, au démantèlement présumé d’un réseau de traite de personnes opérant entre le Nigéria et le Sénégal. À l’issue d’une enquête ouverte à la suite d’une dénonciation anonyme, trois femmes identifiées sous les initiales G.E., B.I.C. et B.P. ont été déférées devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour association de malfaiteurs, traite des personnes, tentative d’exploitation sexuelle, proxénétisme et extorsion de fonds.
    Selon les éléments réunis par l’Antenne de la DNLT de Ziguinchor, une jeune Nigériane, désignée par les initiales U.M., aurait été recrutée en décembre 2025 après une promesse d’emploi présentée comme stable et mieux rémunérée au Sénégal. La victime, vendeuse de vêtements dans son pays d’origine, aurait accepté l’offre après avoir reçu la somme de 130 000 FCFA destinée à financer son transport vers Ziguinchor.
    À son arrivée, la situation aurait pris une tournure inattendue. Logée dans un appartement meublé au quartier Goumel, U.M. affirme qu’il lui aurait été imposé de se livrer à la prostitution afin de rembourser une dette fixée à 3 000 000 FCFA, correspondant prétendument aux frais engagés. L’Antenne de la DNLT de Ziguinchor indique que la victime déclare avoir versé 400 000 FCFA avant de contester le montant réclamé, jugé excessif.Face à son refus de poursuivre les paiements hebdomadaires de 50 000 FCFA, des tensions auraient éclaté, conduisant la jeune femme à quitter les lieux par crainte pour sa sécurité. Alertée, l’Antenne de la DNLT de Ziguinchor a immédiatement ouvert une enquête et procédé à l’interpellation de la principale mise en cause.
    L’exploitation du téléphone portable de G.E. aurait permis de mettre au jour des enregistrements audio confirmant l’existence de la dette de trois millions de FCFA. Confrontée à ces éléments matériels, elle aurait reconnu les faits et révélé l’existence d’un réseau structuré impliquant une recruteuse basée au Nigéria ainsi que ses complices B.I.C. et B.P., interpellées sur place. Les trois suspectes auraient admis leur collaboration dans le recrutement et l’acheminement de jeunes femmes vers le Sénégal.À l’issue de la procédure, l’Antenne de la DNLT de Ziguinchor a présenté les trois mises en cause au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor suivant procès-verbal n°0007/DNLT/ARZ du 03 mars 2026. Cette opération illustre la détermination des autorités à lutter contre les réseaux de traite et à protéger les victimes d’exploitation.
    Ziguinchor : L’Antenne de la DNLT démantèle un réseau présumé de traite, trois femmes déférées

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#nigeria#ziguinchor#traite#sante#droit#DNLT

  • Ziguinchor- Prostitution forcée et traite humaine : la « Madame Clothes » au cœur d’une mafia sexuelle démantelée… la mafia nigériane tombe
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    Ziguinchor- Prostitution forcée et traite humaine : la « Madame Clothes » au cœur d’une mafia sexuelle démantelée… la mafia nigériane tombe
    Un vaste réseau de traite de personnes, de prostitution forcée et d’extorsion de fonds vient d’être mis hors d’état de nuire à Ziguinchor. Selon les révélations du quotidien Libération, l’antenne locale de la Division nationale de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées (DNLT) a démantelé une véritable mafia sexuelle opérant entre le Nigéria et le Sénégal, avec à sa tête une femme surnommée « Madame Clothes ».
    D’après Libération, l’affaire éclate lorsque les enquêteurs apprennent qu’une ressortissante nigériane, Glory Ebangwu, alias « Gift », aurait recruté et convoyé au Sénégal une jeune compatriote identifiée comme U. Mercy, dans le but de l’exploiter sexuellement.
    La victime présumée aurait été logée dans un appartement meublé situé au quartier Goumel, à Ziguinchor, transformé en lieu de prostitution. Face à la gravité des accusations, la DNLT ouvre immédiatement une enquête pour établir les responsabilités.
    Entendue par les policiers, U. Mercy confirme sans équivoque les faits. Elle explique qu’elle vivait au Nigéria où elle vendait des vêtements lorsqu’une cliente régulière, se présentant sous le nom de « Madame Clothes », lui a proposé un emploi « légal, stable et mieux rémunéré » au Sénégal, via sa sœur Glory, installée à Ziguinchor.
    En difficulté financière, la jeune femme accepte. Glory lui envoie alors 130 000 Fcfa pour financer son transport terrestre vers le Sénégal. Mais à son arrivée, la réalité est brutale : aucune activité légale ne l’attend.
    Toujours selon Libération, la victime affirme avoir été contrainte à la prostitution, sous prétexte de rembourser une dette évaluée à 3 millions de Fcfa, censée couvrir les frais de transport et d’hébergement.Interpellée, Glory Ebangwu reconnaît avoir invité la victime au Sénégal, mais nie dans un premier temps l’existence de cette dette exorbitante, soutenant n’avoir réclamé que le remboursement des 130 000 Fcfa.
    L’exploitation du téléphone portable de la mise en cause va toutefois tout faire basculer. Les enquêteurs découvrent des messages vocaux WhatsApp accablants, dans lesquels la victime conteste la dette de 3 millions de Fcfa et menace de saisir la police.
    Confrontée à ces éléments matériels, Glory Ebangwu finit par passer aux aveux. Elle reconnaît avoir exigé la somme et révèle l’existence d’un réseau structuré, dirigé depuis le Nigéria par « Madame Clothes », chargée d’identifier les victimes.
    L’enquête met également en cause deux autres femmes : Blessing Iveren Chiahemba, alias « Sugar », et Blessing Pleasure, alias « Annabelle », interpellées dans les mêmes lieux. Toutes auraient collaboré dans le recrutement de jeunes femmes au Nigéria, leur acheminement vers le Sénégal et leur exploitation sexuelle, sous couvert de dettes financières artificiellement imposées.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#nigeria#traite#prostitution#sante#droit

  • « Les autorités nous accusent de tous les problèmes » : témoignages de migrants sénégalais expulsés de Mauritanie - InfoMigrants
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    « Les autorités nous accusent de tous les problèmes » : témoignages de migrants sénégalais expulsés de Mauritanie
    Par Clémence Cluzel Mauritanie Sénégal Publié le : 10/02/2026
    Depuis le durcissement de sa politique migratoire en 2025, la Mauritanie a mené d’importantes vagues d’expulsions d’exilés irréguliers, mais aussi parfois de personnes en règle. Ceux-ci dénoncent un quotidien devenu très difficile dans un contexte général d’hostilité de la population, de violences et harcèlement des autorités à leur égard. InfoMigrants a recueilli les témoignages de trois ressortissants sénégalais, tous pêcheurs, victimes de cette politique anti-migrants.
    Devenue fin 2023 l’un des principaux points de départ des exilés souhaitant rejoindre l’Europe en traversant l’océan vers l’archipel espagnol des Canaries, la Mauritanie a intensifié ses efforts depuis le début de l’année 2025 pour combattre l’immigration irrégulière.
    Les opérations se sont multipliées, sur terre et en mer, donnant lieu à des milliers d’arrestations de ressortissants étrangers qui ont ensuite été largement refoulés aux frontières. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a intercepté plus de 30 000 migrants, selon des sources gouvernementales au journal espagnol El Pais.
    Du fait de la proximité géographique entre les deux pays, les Sénégalais sont parmi les étrangers les plus nombreux à vivre en Mauritanie et travaillent le plus souvent dans le secteur de la pêche.
    InfoMigrants a recueilli les témoignages de trois ressortissants sénégalais, tous pêcheurs, victimes de cette politique anti-migrants déployée, avec le soutien de l’Union européenne, afin d’empêcher les départs de canots vers les Canaries.
    Lamine, 29 ans :"J’ai quitté la Mauritanie pour rentrer au Sénégal en octobre 2025 à cause de la situation dans le pays. Je voulais éviter d’être expulsé car si cela arrivait, j’aurais du mal à retourner en Mauritanie dans le futur.
    Si leurs empreintes sont prélevées, les ressortissants étrangers sont interdits de territoire mauritanien pendant une durée de deux ans.
    Le jeune père de famille avait l’habitude de faire des allers-retours de plusieurs mois entre les deux pays depuis 2012. Sa femme et son enfant de trois ans l’avaient rejoint à Nouakchott (nord de la Mauritanie) dans l’optique de partir tous ensemble en Europe. Désormais, ils sont de retour à Thiaroye, en banlieue de Dakar. Lamine espère revenir, légalement, en Mauritanie : il a d’ores et déjà déposé une demande de séjour.
    Sur place la situation est très dure, les étrangers ont beaucoup de soucis au quotidien. C’est facile de rentrer dans le pays mais y rester est devenu très compliqué car les contrôles sont nombreux et quotidiens. Les Mauritaniens ne respectent pas les étrangers, ils nous accusent de tous les problèmes. Les Noirs sont des esclaves dans ce pays. Un ami a été arrêté et embarqué car il n’était pas en règle. Il a été mis en cellule et vite expulsé au Sénégal. Sa femme et son enfant n’ont pas été informés et ils se sont retrouvés seuls, sans soutien du jour au lendemain. Malgré le renforcement des contrôles, je pense qu’il y a encore des opportunités pour partir en Europe. La Mauritanie, comme le Sénégal, sont des pays corrompus, il y a toujours des gens, comme des policiers que l’on paye, pour organiser des départs de pirogues. Lamine est déterminé à retenter une traversée : il planifie un départ pour l’archipel cet été, durant la période de l’hivernage qui offre de meilleures conditions météorologiques. Depuis la Mauritanie, comme il l’a déjà fait une fois, ou bien depuis la Gambie.

    J’ai des amis qui se préparent à partir de Gambie. Je suis prêt à prendre tous les risques car il n’y a pas de solution au Sénégal. J’ai beaucoup de soucis dans ma tête. Je ne peux pas vivre ici, sans moyen de faire vivre ma famille, je dois repartir. Je suis obligé de demander à mon père de 90 ans pour acheter mon petit-déjeuner ! À côté, les jeunes qui sont partis en Espagne en 2019 ont acheté des terrains ici et construisent leur maison."
    Magueye*, 39 ans : "Si l’on a pas les documents en règle, et même quand le laissez-passer se termine bientôt, les autorités nous harcèlent pour qu’on les paye sinon ils nous arrêtent et nous expulsent. Les Mauritaniens nous créent des tracasseries au quotidien pour nous obliger de payer. En rentrant dans le pays, un ressortissant sénégalais doit obtenir un « laissez-passer » délivré par l’ambassade du Sénégal en Mauritanie qui dure trois mois et coûte 12 000 Fcfa (18, 29 euros). À son expiration, il doit faire une demande de carte consulaire d’un montant de 30 000 Fcfa (45,73 euros) pour obtenir un titre de séjour d’un an. Plusieurs associations et défenseurs des droits des migrants mais aussi des associations professionnelles de pêcheurs dénoncent la lenteur de la délivrance de ces documents par les autorités mauritaniennes. Ces délais trop longs et les difficultés pour les obtenir plongent les exilés dans l’illégalité et l’insécurité puisque sans papiers, ils deviennent alors illégaux et risquent d’être arrêtés et expulsés. Il n’y a pas de respect des règles ni des étrangers. Certains ont des documents en règle, des récépissés mais les autorités refusent de les prendre en compte. Avec eux on est toujours fautifs. Ils nous rackettent, rentrent dans nos maisons et nous réveillent la nuit. Nous ne sommes jamais laissés tranquilles. Les relations avec la population sont difficiles, ça ne se passe pas bien. Ils dénoncent les étrangers aux forces de l’ordre et nous accusent d’être des bandits. Ils ne veulent pas nous voir. Magueye a été expulsé de Mauritanie en octobre 2025. Le pêcheur sénégalais y résidait depuis un an et espérait pouvoir rejoindre les Canaries par la mer. Il avait déjà essayé de partir depuis la Gambie en 2009, puis des côtes sénégalaises. Sa dernière tentative, depuis la Mauritanie, avait échoué avec l’interception de sa pirogue par les autorités qui s’étaient contentées de récupérer le carburant sans arrêter les migrants. La gendarmerie mauritanienne a débarqué dans la maison où nous logions avec une trentaine d’autres personnes, principalement des Sénégalais, en pleine nuit. Ils nous avaient suivi depuis le quai de pêche, où nous avions débarqué. Ils ont forcé la porte, ne nous ont posé aucune question puis ont commencé à nous taper. J’ai été frappé dans le dos avec une matraque. Une personne a eu le bras cassé à cause des coups violents reçus. La Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants. Dans un rapport publié en septembre 2002, l’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse les autorités mauritaniennes d’avoir commis de « graves violations des droits humains » à l’encontre de migrants et de demandeurs d’asile entre 2020 et début 2025.
    Nous avons dû laisser tous nos bagages sur place et on s’est retrouvé sans rien, sans argent. Sans aller au poste, ils nous ont mis dans un camion pour rejoindre Rosso [l’un des postes-frontières avec le Sénégal, ndlr). Des étrangers étaient là, ils avaient déjà été arrêtés dans plusieurs autres quartiers de Nouakchott. On était environ 200 personnes, dont des femmes et des enfants.
    Les Mauritaniens nous ont laissé, livrés à nous-même, sans eau ni nourriture. On a dû marcher deux kilomètres pour rejoindre la frontière avec le Sénégal. Là-bas, des policiers sénégalais nous disaient d’appeler nos familles pour qu’ils nous envoient de l’argent et pouvoir rentrer. Chacun devait se débrouiller seul, il n’y avait aucune aide des autorités. Une femme à la frontière m’a donné un beignet et de l’eau car je n’avais rien bu ni mangé depuis l’arrestation. Magueye réussi à joindre sa famille qui lui envoie 10 000 Fcfa (15,24 euros). En fin de journée, il arrive finalement à prendre un « sept places » (un taxi collectif) pour rejoindre Dakar.
    J’ai dépensé environ 230 000 Fcfa (350,63 euros) pour venir dans le pays, c’est du gaspillage car je repars de zéro en revenant au Sénégal. Pour autant, il se dit prêt à retenter sa chance si une opportunité de départ se présente.
    Cheikh, 49 ans : Les débuts en Mauritanie étaient très durs : je faisais des petits boulots comme maçon, je vendais sur les marchés, mais ça ne rapportait pas. J’ai donc repris mon activité de pêcheur à Nouadhibou, avec un contrat de trois mois. Mais au bout de deux mois et demi, les problèmes ont commencé. On me harcelait, on m’intimidait : si je ne payais pas, on m’amenait à la police. Je me cachais des contrôles car je n’avais pas d’argent pour faire ma demande de carte consulaire. Installé depuis novembre 2023, Cheikh est finalement arrêté en février 2025 et expulsé vers le Sénégal dans la foulée, quelques jours plus tard. Nous avons été arrêtés à 2h du matin alors que nous revenions de notre journée de travail en mer. Une patrouille nous a suivi pour nous interpeller chez nous. Nous avons été torturés, battus avec des bâtons de bois. Les policiers savent très bien où habitent les étrangers : il y a peu de villes dans le pays et ils connaissent les maisons où nous vivons. Il y a aussi des indicateurs locaux qui les renseignent. Après son arrestation, Magueye est enfermé pendant deux jours dans ce qu’il nomme une « prison » où les exilés arrêtés ne reçoivent que peu d’eau et de nourriture. Le lieu étant situé à proximité de la mer, lorsque la marée est haute, l’eau monte également dans la cellule. Il y avait beaucoup de monde dans la cellule et on avait de l’eau jusqu’à la taille.
    Les exilés sont ensuite conduits, durant plus de 11h de route, jusqu’au poste-frontière de Rosso (Sénégal) pour être expulsés du pays. Nous étions tout le temps dans la voiture. Il n’y a eu aucun arrêt ni pour se soulager, ni pour manger ou boire. J’avais très mal aux jambes à l’arrivée et j’étais très fatigué. Lorsqu’ils nous ont laissé, les Mauritaniens savaient que nous étions trop faibles pour revenir en marchant jusqu’à Nouakchott. Début 2025, ces opérations de refoulement avaient suscité de vives critiques en Afrique de l’Ouest, poussant des pays comme le Mali et le Sénégal à exprimer leur indignation. Les autorités mauritaniennes avaient qualifié ces expulsions d’opérations de « routine » visant les personnes en situation irrégulière. Les autorités mauritaniennes font de la politique devant les caméras mais ils ne font rien sur le terrain !
    Le père de trois enfants dénonce l’absence des ONG et des autorités au niveau de la frontière pour permettre la prise en charge des migrants expulsés. Sans numéro à contacter et sans argent, Cheikh aide sur le marché en échange de quelques pièces afin de pouvoir payer son transport pour Dakar. Il arrive à partir le soir-même.
    J’ai expliqué ma situation au chauffeur de bus qui m’a aidé : j’ai pu payer 3 000 Fcfa (4,57 euros) mon trajet. Et j’ai enfin pu dormir. Avant j’étais trop stressé pour pouvoir me reposer. De retour à Thiaroye, Cheikh retrouve sa femme et ses enfants. Ce n’était pas la première fois que le pêcheur avait essayé de prendre la mer pour l’Europe : il avait tenté à trois reprises depuis le Sénégal
    À mon retour, mes enfants étaient contents de me voir mais ma famille était découragée car elle comptait sur moi pour la soutenir et espérait que je gagne l’Europe. Je vais continuer à essayer car le Sénégal est dur, la population est pauvre et souffre pour se nourrir. Je sais qu’en Europe c’est différent, la preuve avec les émigrés qui y vivent : ils font construire des maisons au pays et aident leur famille.
    Je suis pêcheur, je connais la mer. Ma femme est au courant de mon projet de départ. Mais je ne prendrais pas la responsabilité de mettre un enfant sur la pirogue car je sais que c’est dangereux comme voyage."

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#retour

  • Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobi... | Seneweb -
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    Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobie enregistre une vague de demandes d’asile
    Auteur : Avec AFP
    L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a tiré la sonnette d’alarme en annonçant avoir reçu 18 demandes d’aide pour quitter le Sénégal en l’espace de seulement quelques jours. Face à un climat qu’ils jugent « dramatique », de plus en plus de membres de la communauté LGBT+ sénégalaise envisagent l’exil, principalement vers la Gambie voisine, pour échapper aux violences, aux menaces et aux expulsions familiales. Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association, souligne que tous craignent désormais l’arrestation et les atteintes graves à leur vie privée.
    Cette fuite désespérée est la conséquence directe d’une intensification sans précédent de la répression envers l’homosexualité au Sénégal. Le pays est secoué par des arrestations en série — au moins une trentaine selon les médias locaux — déclenchées par des dénonciations et des fouilles systématiques de téléphones. Les noms des personnes interpellées sont divulgués publiquement, provoquant ce que des défenseurs des droits humains qualifient de véritable « lynchage public ».
    Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi visant à doubler les peines pour les relations homosexuelles, qui passeraient de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte prévoit également trois à sept ans de prison pour toute personne faisant « l’apologie » de l’homosexualité. Cette fermeté législative répond aux demandes pressantes d’associations religieuses influentes dans un pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement perçue comme une déviance. Le débat est d’autant plus virulent que certaines personnes arrêtées sont accusées de transmission volontaire du VIH. Selon STOP Homophobie, l’utilisation du statut sérologique comme preuve à charge crée une crise de santé publique majeure en décourageant le dépistage et l’accès aux soins.
    Alors que les réseaux sociaux pullulent de vidéos d’agressions et de commentaires incendiaires, les voix discordantes se font rares au Sénégal. Denis Ndour, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, a lui-même soutenu le durcissement des peines, qualifiant les homosexuels de « malades ». À l’inverse, des expertes comme Marame Kane rappellent que la protection contre l’humiliation est un « principe universel », indépendamment du contexte culturel. Depuis 2021, le Sénégal n’est plus considéré comme un pays sûr par l’Ofpra en France. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de fuir, le témoignage de Boubacar*, un exilé, est glaçant : « la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est de voir la mort qui vient et attendre ».

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#payssur#ofpra#homosexualite#droit#sante#LGTB+#gambie#exil

  • Émigration clandestine : Le cerveau du drame de Djinack tomb... | Seneweb -
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    Émigration clandestine : Le cerveau du drame de Djinack tombe dans les filets de la DNLT
    Auteur : Ablaye Gadiaga Sarr
    La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a interpellé l’individu suspecté d’être l’organisateur principal du voyage clandestin ayant conduit au tragique chavirement d’une pirogue à hauteur de Djinack Bara, le 1er janvier 2026.
    La police rappelle que dans la nuit du 31 décembre 2025, une embarcation en provenance de Djinack Kajata (Gambie), transportant plus de 250 candidats à l’émigration irrégulière vers l’Espagne, a chaviré dans les eaux territoriales sénégalaises. Ce drame a causé la mort d’une vingtaine de personnes et fait plus d’une centaine de disparus. Suite à ce drame, une enquête a été ouverte. Les investigations menées par les enquêteurs de la DNLT ont permis de remonter jusqu’à l’instigateur du projet. Lors de son interrogatoire, le mis en cause est passé aux aveux, révélant les coulisses de cette opération criminelle.
    Selon la police, le suspect a agi en étroite collaboration avec deux ressortissants étrangers basés dans un pays frontalier. Il était chargé du recrutement des candidats sur le territoire sénégalais et de leur convoyage vers Karang, avant leur transfert vers le point de départ. Ses complices assuraient l’achat de la pirogue, des moteurs, du carburant et des vivres. Le suspect percevait une commission sur chaque candidat recruté. Le mis en cause a été placé en garde à vue et sera présenté aux autorités judiciaires compétentes. La DNLT poursuit ses recherches pour identifier et appréhender ses complices en fuite.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#sante#droit#mortalite#trafic#routemigratoire#migrationirreguliere#karang

  • Kédougou : la DNLT démantèle un réseau de traite de personne... | Seneweb -
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    Kédougou : la DNLT démantèle un réseau de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle
    Auteur : Dialy Ibrahima DIÉBAKHATÉ
    Un réseau de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle a été démantelé le 18 février 2026 par l’antenne régionale de la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) à Kédougou. L’opération a permis l’interpellation de la principale suspecte et la mise à l’abri d’une victime étrangère.Selon des sources sécuritaires, cette intervention fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel signalant la présence d’une victime de traite au sein de l’établissement ROUGEO BAR, situé dans le village de Bantaco. Les agents de la DNLT ont effectué une descente sur les lieux, aboutissant à l’interpellation de la suspecte dans une chambre de l’établissement, en compagnie de la victime, une jeune ressortissante du Nigeria, récemment convoyée au Sénégal.
    Les premiers éléments de l’enquête ont mis en évidence un mécanisme d’exploitation basé sur une dette de convoyage particulièrement contraignante. La mise en cause aurait organisé le voyage de la victime depuis le Nigeria, en transitant par le Bénin, avec l’appui d’un réseau transnational. Une fois arrivée sur le territoire sénégalais, la victime s’est vue imposer une dette d’un montant de 1 000 000 FCFA. Elle devait reverser l’intégralité de ses gains quotidiens à sa proxénète jusqu’au remboursement total de cette somme. L’enquête indique également que la suspecte assurait elle-même l’encadrement et la formation de la victime concernant les modalités de l’exploitation.
    L’interpellation est intervenue seulement trois jours après l’arrivée de la victime au Sénégal. Lors de sa première nuit d’exploitation, celle-ci avait généré un revenu de 17 000 FCFA provenant de plusieurs clients, montant immédiatement confisqué par la suspecte. Au moment de l’intervention, le reliquat de la dette s’élevait à 983 000 FCFA. La mise en cause a été informée de ses droits, notamment celui d’être assistée par un avocat. Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, traite de personnes par recrutement et transport à des fins d’exploitation sexuelle et complicité de faux.
    Les investigations se poursuivent afin d’identifier les autres membres du réseau, tant au niveau local qu’international, tandis que la victime bénéficie d’une prise en charge conformément aux procédures en matière de lutte contre la traite des personnes.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#nigeria#traite#prostitution#sante#droit#kedougou

  • Kédougou : un réseau présumé de trafic de migrants impliquan... | Seneweb -
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    Kédougou : un réseau présumé de trafic de migrants impliquant des mineurs démantelé par la SR
    Auteur : Dialy Ibrahima Diébakhaté
    La Section de recherches de Kédougou a procédé à l’interpellation d’un ressortissant burkinabè suspecté de trafic de migrants et de traite de personnes, dans le cadre d’une enquête portant sur l’exploitation de jeunes dans les sites d’orpaillage clandestin de la région. Le mis en cause, Didier Kaboré, âgé d’une trentaine d’années et domicilié à Tenkoto, a été placé en garde à vue. Cinq autres individus, dont plusieurs mineurs âgés de 15 à 17 ans, ont également été retenus pour nécessités d’enquête.
    Selon des informations recueillies par Seneweb, les victimes ont été interceptées le 19 février 2026 alors qu’elles entraient sur le territoire du Sénégal en provenance du Mali. Elles auraient été acheminées pour travailler dans des sites d’orpaillage clandestin contre une rémunération mensuelle.
    Les personnes concernées, âgées de 16 à 24 ans, ont déclaré être issues d’une même famille originaire du Burkina Faso. D’après leurs témoignages, leur voyage aurait été organisé par leurs parents en collaboration avec Didier Kaboré, chargé de les récupérer à la frontière sénégalo-malienne, notamment dans la localité de Dabia.
    Entendu par les enquêteurs, Didier Kaboré a reconnu avoir réceptionné les jeunes migrants. Il a expliqué qu’il devait agir comme leur patron une fois installés sur les sites d’orpaillage, précisant que les salaires mensuels estimés à 50 000 francs CFA devaient être envoyés directement à leurs parents restés au Burkina Faso. Le suspect a également invoqué la situation sécuritaire difficile dans son pays d’origine pour justifier l’envoi de jeunes membres de familles vers d’autres pays de la sous-région afin de soutenir financièrement leurs proches.
    Les investigations se poursuivent afin de déterminer les responsabilités exactes dans cette affaire, notamment sur d’éventuelles ramifications liées aux réseaux d’exploitation dans les zones d’orpaillage clandestin de la région de Kédougou, régulièrement confrontée à des flux migratoires liés à l’activité aurifère.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#traite#trafic#orpaillage#kedougou#mineur#burkinafaso#sante#droit

  • Ouakam : faux visa à 25 000 F CFA, faux passeport diplomatiq... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ouakam-faux-visa-a-25-000-f-cfa-faux-passeport-diplomatique-a-50-000-f-cfa-
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    Ouakam : faux visa à 25 000 F CFA, faux passeport diplomatique à 50 000 F CFA ,5 arrestations dont 3 Nigérians
    Auteur : Mor Mbaye CISSE
    La Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants (DNLT) a présenté devant Madame le Juge chargé du 5ème Cabinet d’Instruction du Pool Judiciaire cinq suspects poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, fraude documentaire, usurpation d’identité et complicité de ces chefs.
    Il s’agit de P. David, 56 ans, enseignant, de nationalité nigériane ; J. K. Akinwoke, 39 ans, businessman, de nationalité nigériane ; O. Ayodeji, 63 ans, commerçant, de nationalité nigériane ; A. B. Diène, alias « Savant », 44 ans, sans profession, de nationalité sénégalaise ; et I. Mbaye, 43 ans, tailleur, de nationalité sénégalaise selon des sources de Seneweb.
    Le 14 février 2026, la DNLT lance l’« Opération Lima-Sierra » avec pour objectif de démanteler l’un des plus grands réseaux de faussaires opérant à Dakar. À la suite de l’exploitation minutieuse d’un renseignement opérationnel, les enquêteurs se transportent à Ouakam, où ils localisent un appartement servant d’officine clandestine pour la fabrication frauduleuse de titres de voyage.
    L’opération permet l’interpellation de quatre individus en possession de documents suspects, notamment des passeports sénégalais et congolais comportant des visas contrefaits. Le cerveau du réseau, A. B. Diene, alias « le Savant », est découvert dans une chambre de l’appartement, assis devant un ordinateur en état de fonctionnement, en train de procéder à la modification de l’image photographique d’une dame, opération manifestement destinée à la confection frauduleuse d’un sticker de visa.
    Une perquisition menée sur les lieux en présence des mis en cause a permis la découverte et la saisie d’un matériel particulièrement important, révélant l’ampleur industrielle du réseau. Les enquêteurs ont notamment mis la main sur des passeports de diverses nationalités : sénégalaise, malienne, congolaise, ivoirienne, malgache et française ainsi que des stickers de visas d’entrée pour le Canada, les États-Unis et l’espace Schengen, certains déjà confectionnés et d’autres en cours de modification.
    Ont également été saisis des ordinateurs portables contenant des maquettes de stickers, des cachets d’entrée et de sortie reproduisant ceux de plusieurs aéroports d’Afrique et d’Europe, des logiciels spécialisés dans la retouche de documents officiels, des stickers vierges, des papiers fiduciaires, des talons vierges de cartes nationales d’identité, deux imprimantes multifonctionnelles, une plastifieuse, du matériel de reliure et de couture de passeports, un cachet sec libellé « République de Guinée-Bissau », un appareil de type « Docu-Box » destiné à la vérification de l’authenticité des documents, ainsi que des clés USB et diverses fournitures de bureau.
    Interpellé au sujet d’un passeport congolais revêtu d’un faux visa Schengen trouvé en sa possession, P. David, 56 ans, enseignant, nigérian, a déclaré que ce document lui avait été remis par un certain « Bilal », de nationalité congolaise, aux fins d’y apposer de faux cachets d’aéroports, moyennant 10 000 francs CFA. Il a précisé avoir sollicité pour ce faire les services de A. B. Diène, qu’il a connu par l’entremise de O. Ayodeji. Il a par ailleurs reconnu être membre du réseau, recevant en moyenne trois dossiers par mois à des fins de falsification.
    O. Ayodeji, 63 ans, commerçant, nigérian, a d’abord tenté de nier toute implication avant de craquer face aux éléments matériels et aux contradictions relevées dans ses déclarations. Il a finalement avoué son rôle dans le réseau, notamment l’approvisionnement en stickers vierges auprès de clients établis en Guinée-Bissau. Il sollicitait les services du « Savant » à 50 000 francs CFA par faux document, qu’il revendait ensuite entre 60 000 et 70 000 francs CFA, réalisant ainsi un bénéfice substantiel.
    Les investigations ont par ailleurs permis d’établir la grille tarifaire du réseau : une carte d’identité sénégalaise vierge était cédée à 45 000 francs CFA, le lavage de visa et la couture d’un passeport à 30 000 francs CFA, la confection d’un passeport diplomatique congolais à 50 000 francs CFA, et le remplissage de stickers de visa pour la France, le Portugal, l’Espagne, le Canada, les États-Unis et le Nigeria à 25 000 francs CFA l’unité selon des sources de Seneweb.
    La poursuite des investigations a conduit à l’interpellation d’un cinquième membre du réseau, I. Mbaye, 43 ans, tailleur, sénégalais, domicilié à Guédiawaye. Les recherches se poursuivent activement en vue d’identifier et d’appréhender les autres membres du réseau encore en fuite.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#nigeria#trafic#migrationirreguliere#passeport#visas

  • En #Argentine, #Milei attaque frontalement le monde du #travail - Basta !
    https://basta.media/Journee-de-travail-de-12h-demantelement-du-statut-de-journaliste-Le-projet-

    Le #Sénat argentin examine ce 11 février la #réforme du travail voulue par le président d’extrême droite #Javier_Milei. Au même moment, les #syndicats manifesteront pour dénoncer une remise en cause des #droits et #protections #collectives.

    Alors, tu vois, nos piliers de bar qui parlent dans le poste ne vont rien te dire de ce qu’il se passe. Ou en tout cas, ils vont savoir te dire que l’anomalie dans cette nouvelle, ce sont les actions des syndicats écolo-gauchisto-islamo-terroristes.

  • Sénégal : un signal fort pour celles et ceux qui défendent l’environnement !

    Sérigne Sarr, correspondant

    Le groupe minier ERAMET-GCO débarque son directeur général et perd son procès au Tribunal de grande instance de Mbour contre Julien Potron, défenseur de l’environnement. La société extractive française est déboutée de toutes ses demandes comme mal fondées.

    Une victoire pour notre liberté d’expression, le plus souvent confrontée à la « bienveillance » des responsables politiques peu enclins à dénoncer les impacts environnementaux et sociaux des sociétés extractives.

    Une pensée pour les populations victimes qui attendent toujours des réparations. Un signal fort pour dissuader les entités puissantes d’utiliser des poursuites abusives afin d’intimider et de réduire au silence ceux et celles qui s’opposent à leur travail de destruction systématique de notre environnement naturel et culturel.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/07/11/niayes-en-sang-dix-ans-dimpunite-et-le-monde-regarde-en-silence/#comment-71958

    #senegal

  • RADIO KALAKUTA 02/02/2026
    https://radioblackout.org/podcast/radio-kalakuta-02-02-2026

    In questa puntata ripercorriamo la scena dell’hip hop dell’Africa occidentale a cavallo fra gli anni 90 e il 2000 . Playlist NEGRISSIM -QUAND JE SUIS NE’ JE N’ETAIS PAS A POIL FRERE MOKOBE-BEYONCE COULIBALY SOFAA-K-PAK MANGUE’ PEE FROISS-MILLION DJOLOFF-YEURMANDE PBS-L’AFRIQUE ABASS ABASS-AFRICA CHILD APKASS-LA VICTOIRE DES VAINCUS MC SOLAAR-PROSE COMBAT SYNAPS-ZONE GRISE BALOJI-TROPISME START UP […]

    #hip_hop #RADIOKALAKUTA #Senegal
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/RADIO-KALAKUTA-02022026.mp3

  • Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    https://www.dakaractu.com/Synergie-entre-Diaspora-et-jeunesse-La-diaspora-represente-un-levier-esse

    Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    Lors du symposium organisé hier à Thiès par Onits et son partenaire Pits, le PCA de la Sapco, par ailleurs initiateur principal de cette rencontre d’échanges et de partage, Doudou Gnagna Diop, a tenu à mettre en lumière le rôle et la place de la diaspora dans la transformation économique et touristique du pays.
    « Le Sénégal entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale. À l’horizon 2050, notre ambition est claire : construire un modèle de développement inclusif, résilient et durable, capable de générer des opportunités pour notre jeunesse et de valoriser pleinement notre capital naturel, culturel et humain. Dans cette transformation, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Elle constitue une force économique, intellectuelle et stratégique majeure, avec des transferts financiers estimés à plus de 10% du PIB national, mais surtout avec un capital d’expertise, d’innovation et de réseaux internationaux. La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Parmi les secteurs à fort potentiel, le tourisme durable apparaît comme un pilier stratégique capable de créer des emplois massifs, de stimuler l’investissement et de renforcer le rayonnement international du Sénégal ».
    « La diaspora sénégalaise représente un acteur clé de transformation économique et touristique. Son rôle dépasse largement les transferts financiers traditionnels. C’est un investisseur naturel et crédible. Une forte capacité d’épargne et d’investissement. Une connaissance des marchés internationaux, une capacité à mobiliser des réseaux économiques globaux. Elle peut jouer un rôle majeur dans la création d’infrastructures touristiques durables, le développement d’écologie et complexes éco-touristiques, l’investissement dans les startups touristiques et numériques, le financement participatif etc... C’est aussi un ambassadeur international du tourisme sénégalais. C’est une valeur de transfert de compétences.
    Alors, la diaspora peut contribuer activement à la formation professionnelle des jeunes : le mentorat-entreprenariat, le transfert de technologie touristique innovante, le développement de standards internationaux de qualité ». « Le numérique permet aux jeunes de créer des plateformes de réservation locale, développer des solutions touristiques innovantes, promouvoir la destination sénégalaise à l’international et valoriser le patrimoine culturel via les technologies. Alors, il va falloir former une masse critique de jeunes dans le tourisme durable et créer un écosystème d’insertion professionnelle[...]. À l’horizon 2050, la transformation du Sénégal sera collective, elle sera portée par ses territoires, elle sera incarnée par sa jeunesse, elle sera amplifiée par sa diaspora... »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#jeunesse#developpement#formation#sante

  • #Sénégal : les migrants, #fantômes de l’Atlantique

    Vingt ans après la crise migratoire de 2006, la #route_atlantique entre le Sénégal et les #îles_Canaries reste l’une des plus dangereuses pour les migrants. En 2024, plus de 10 000 personnes y sont mortes ou portées disparues. Confrontées à l’#anonymat de ces victimes, familles et associations tentent de leur rendre un nom. Reportage de Sarah Sakho et Simon Martin.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69571/senegal--les-migrants-fantomes-de-latlantique
    #décès #disparus #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières #mourir_en_mer #identification #Afrique_de_l'Ouest #Canaries #fantôme

    ping @6donie

  • Drame à Khonkh Yoye (Tivaouane) : Plus de 100 jeunes portés... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/drame-a-khonkh-yoye-tivaouane-plus-de-100-jeunes-portes-disparus-en-mer-dep

    Drame à Khonkh Yoye (Tivaouane) : Plus de 100 jeunes portés disparus en mer depuis le 5 décembre 2025
    Auteur : Cheikh CAMARA, Correspondant à Thiès
    Les habitants du village de Khonkh Yoye, dans la commune de Darou Khoudoss, entre Diogo et Lompoul (département de Tivaouane) sont désespérés par la disparition en mer, depuis le 5 décembre 2025, de plus de 100 jeunes embarqués à bord d’une pirogue à destination de l’Espagne. Leurs familles n’ont encore aucune nouvelle de leur situation et lancent un appel aux autorités sénégalaises, marocaines, mauritaniennes et espagnoles pour les retrouver. « Ma fille est partie sans dire au revoir à personne. Personne n’était au courant de son projet. Elle a fermé son salon de coiffure pour partir à l’aventure » confie, le cœur meurtri, sa mère. Les populations locales, qui nourrissent toujours l’espoir de retrouver leurs enfants sains et saufs, sollicitent l’intervention urgente de la marine nationale.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#atlantique#mortalite#sante#routemigratoire#migrationirreguliere#tivaouane

  • Yeumbeul : rituels «  joujou  », sang et sexe pour asservir de... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/yeumbeul-rituels-joujou-sang-et-sexe-pour-asservir-des-filles-1_n_482267.ht
    https://image.seneweb.com/content/news/2026-06-03//thumb_1260x800_6981bedfab15f_CCNvSk9F8k.jfif

    Yeumbeul : rituels «  joujou  », sang et sexe pour asservir des filles
    Auteur : Senewebnews-RP
    Dans son édition de ce mardi 3 février, L’Observateur rapporte le démantèlement d’un réseau de traite d’êtres humains aux contours effroyables par la Division de lutte contre le trafic de migrants (DNLT). J. O. Dominic, ressortissante nigériane établie à Yeumbeul, a été déférée au parquet de Pikine-Guédiawaye pour traite de personnes, exploitation sexuelle et proxénétisme. Le réseau recrutait ses victimes au Nigéria en leur promettant des emplois dans la restauration au Sénégal. Une fois à Yeumbeul, les jeunes filles découvraient la réalité : elles étaient contraintes à se prostituer pour rembourser une dette fictive de 3 millions de francs CFA chacune, pointe la même source.
    Le journal avance que pour garantir la soumission des victimes, J. O. Dominic et sa complice présumée, actuellement en fuite, recouraient à des pratiques mystiques nigérianes appelées « joujou ». Elles imposent des rituels forcés, notamment le rasage des poils pubiens et le prélèvement de sang pour sceller un pacte. Parallèlement, la principale mise en cause envoyait aux victimes des photos d’elles exposées dans des lieux mystiques. Elle a avoué aux enquêteurs que « c’était pour leur faire peur » et les forcer à rembourser les frais de voyage, qu’elle chiffre à 700 000 FCFA. Le calvaire a pris fin le 28 janvier lorsque deux victimes, Jennifer et Chinaza, ont réussi à s’enfuir et à alerter les autorités à Kédougou. L’enquête a révélé que l’intégralité des gains issus de la prostitution était reversée à la « patronne ». Bien que cette dernière nie le proxénétisme, les preuves accumulées ont conduit à son placement sous mandat de dépôt. La police recherche activement sa complice, nommée Natacha, conclut le quotidien du Groupe futurs médias.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#nigeria#traite#prostitution#sante#droit

  • Sénégal : les migrants, fantômes de l’Atlantique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69571/senegal--les-migrants-fantomes-de-latlantique

    Sénégal : les migrants, fantômes de l’Atlantique
    Par FRANCE 24 Publié le : 02/02/2026
    Vingt ans après la crise migratoire de 2006, la route atlantique entre le Sénégal et les îles Canaries reste l’une des plus dangereuses pour les migrants. En 2024, plus de 10 000 personnes y sont mortes ou portées disparues. Confrontées à l’anonymat de ces victimes, familles et associations tentent de leur rendre un nom. Reportage de Sarah Sakho et Simon Martin.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#routemigratoire#atlantique#mortalite#sante

  • Grand Dakar : Un escroc au visa Schengen interpellé, deux vi... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/grand-dakar-un-escroc-au-visa-schengen-interpelle-deux-victimes-depouillees

    Grand Dakar : Un escroc au visa Schengen interpellé, deux victimes dépouillées de 5 millions FCFA
    Auteur : Mor Mbaye CISSE
    Les éléments de la brigade de recherches du Commissariat d’arrondissement de Grand Dakar ont interpellé le 29 janvier 2026, aux environs de 16h, un individu soupçonné d’escroquerie au visa. Le suspect, M.D., âgé de 36 ans et exerçant comme commerçant, domicilié à Grand Dakar, fait l’objet de deux plaintes distinctes.
    L’interpellation du suspect fait suite à une première lettre de plainte déposée au siège du service le 23 janvier 2026 pour escroquerie. La victime, C.M.L., a déclaré que le mis en cause lui aurait encaissé la somme de 2.000.000 francs CFA sur les 5.000.000 francs CFA convenus pour l’obtention d’un visa Schengen.Mais à la date échue, le plaignant n’a pas reçu le document promis. Il a constaté que le sieur M.D. s’est versé dans le dilatoire, ce qui l’a poussé à déposer une plainte contre ce dernier. Convoqué et interrogé sur procès-verbal, le suspect a reconnu sans ambages les faits et s’est déclaré disposé à rembourser les fonds selon des sources de Seneweb.
    Le même jour, vers 17h, une deuxième victime s’est présentée au commissariat. A.D. a déposé une lettre de plainte contre le même individu pour une affaire similaire. Selon cette plaignante, le mis en cause lui aurait promis de trouver un visa Schengen pour son frère cadet qui rêvait de se rendre en Italie. Pour ce faire, elle lui aurait remis la somme de 3.000.000 francs CFA.
    Toutefois, après un an et six mois d’attente et ne pouvant plus se fier aux déclarations du suspect, elle a décidé de porter l’affaire devant la justice. Interrogé à nouveau sur la base de cette nouvelle plainte, le nommé M.D. a reconnu les faits. La perquisition de sa chambre sise à Grand Dakar s’est révélée infructueuse. Le mis en cause a été placé en position de garde à vue dans les locaux du commissariat pour escroquerie au visa. Le procureur de la République a été avisé et une enquête a été ouverte.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#visaschengen#trafic#migrationirreguliere

  • 100 migrants abandonnés à Mbour : Le cerveau et ses 3 compli... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/100-migrants-abandonnes-a-mbour-le-cerveau-et-ses-3-complices-arretes-par-l

    100 migrants abandonnés à Mbour : Le cerveau et ses 3 complices arrêtés par la police à Ziguinchor
    Auteur : Mor Mbaye CISSÉ
    La police nationale a démantelé un réseau de trafic de migrants suite à l’échouage d’une pirogue transportant une centaine de personnes sur le littoral de Mbour, le 18 décembre 2025. Cinq individus ont été présentés au Procureur de la République financier pour association de malfaiteurs, trafic de migrants et mise en danger de la vie d’autrui.
    Une source désirant garder l’anonymat a informé les policiers de l’accostage irrégulier, voire de l’échouage volontaire d’une pirogue au niveau du golf de Mbour, en date du 18 décembre 2025.
    Selon les informations recueillies et recoupées, lors de l’arrivée de ladite pirogue sur le littoral, les migrants transportés ainsi que les capitaines de l’embarcation ont immédiatement pris la fuite, abandonnant la pirogue sur place. Il a également été signalé que les populations riveraines se sont emparées de certains équipements, notamment les moteurs hors-bord et des bidons contenant du carburant. Les investigations ont permis d’établir que la pirogue incriminée est enregistrée au nom de « S.Sonko », immatriculée ZG-4521-ZG. Cependant, il a été révélé qu’elle appartiendrait en réalité au nommé B. Barro, pêcheur basé à Ziguinchor.
    Ce dernier est présenté comme l’individu ayant orchestré l’ensemble de l’opération depuis Ziguinchor. Il aurait organisé le voyage clandestin en collaboration avec ses frères I. Barro, M. Loum, M. Sao et M. Sao, ainsi qu’un individu résidant à Conakry, nommé A.Kamsar. La destination finale du voyage était l’Espagne.À l’issue de l’enquête, B. Barro ainsi que ses frères M. Loum, M. Sao et M. Sao ont été interpellés à Ziguinchor. Seul I. Barro n’a pas été arrêté à ce stade de la procédure. Entendus sur les faits, ils ont unanimement reconnu leur implication et confirmé avoir embarqué dans la pirogue ayant quitté Ziguinchor à destination de Conakry.
    Interrogé à son tour, le nommé B. Barro a confirmé être le propriétaire de la pirogue incriminée et reconnu partiellement sa participation au voyage clandestin. Il a déclaré que son implication s’était limitée à l’acheminement de la pirogue de Ziguinchor à Conakry, sans autorisation officielle, en contournant délibérément les voies légales de contrôle. Il a spécifié qu’à bord se trouvaient environ 2 000 litres de carburant, un moteur « Yamaha » de 60 chevaux ainsi que deux candidats originaires de Touba, embarqués à la demande de son acolyte A.Kamsar. Il a indiqué avoir effectué ce trajet en compagnie de ses quatre frères : I. Barro, M. Loum, M. Sao et M. Sao selon des sources de Seneweb. Selon ses déclarations, arrivé à Conakry, il a remis la pirogue à A.Kamsar, l’organisateur principal de ce voyage, et s’est retiré de l’opération. Ses frères ont poursuivi le voyage avec l’accord d’A.Kamsar, qui a justifié leur maintien à bord par leur statut de pêcheurs afin d’assister les capitaines dans la suite du périple clandestin.
    B. Barro a tenté de se dédouaner de toute responsabilité, en rejetant l’entière organisation de l’opération sur A.Kamsar, qu’il a présenté comme le cerveau du voyage clandestin. Il a soutenu que son rôle se serait limité à la remise de la pirogue A.Kamsar. Sur l’aspect financier, B. Barro a déclaré que la réception des fonds était assurée par A.Kamsar, affirmant n’avoir perçu aucune somme et ignorer les montants versés par les candidats.
    Les trois frères de B. Barro ont confirmé les faits tels que décrits par ce dernier, reconnaissant leur participation et corroborant les circonstances du voyage. Ils ont notamment admis avoir eu connaissance préalable de la finalité clandestine de l’opération.
    Ils ont indiqué que la pirogue transportait environ une centaine de migrants, majoritairement guinéens, ainsi que quelques Sénégalais, composés d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils ont déclaré ignorer l’identité des capitaines ainsi que les modalités de paiement des migrants, à l’exception de deux candidats embarqués à Ziguinchor qui auraient chacun versé la somme de 500 000 francs CFA, sans connaître le bénéficiaire final.
    Dix jours après le départ de Conakry, suite à une tempête et à des pannes techniques, la pirogue a finalement accosté de manière irrégulière sur le golf de Mbour. C’est à ce moment que tous les occupants ont pris la fuite, abandonnant l’embarcation sur place.
    Interrogé à nouveau sur les découvertes dans son compte WhatsApp relatives à des échanges en vue d’une préparation d’un voyage clandestin projeté pour avril 2026, à destination de l’Espagne, B. Barro s’est retrouvé dans une position délicate. Les enquêteurs ont découvert des messages impliquant le recrutement de candidats moyennant 500 000 francs CFA, avec une commission de 50 000 francs CFA par intermédiaire. Confronté à ces éléments accablants, B. Barro a reconnu préparer ce voyage, tout en affirmant ne pas avoir encore perçu de fonds.Il a ainsi partiellement reconnu son implication dans le premier voyage et admis être l’organisateur et le coordonnateur principal du projet à venir.Ces déclarations concordantes ont permis d’établir l’implication collective des intéressés dans les faits portés à leur charge. B. Barro, M. Loum, M. Sao et M. Sao ont été conduits devant le Procureur de la République financier de Dakar. Ils doivent répondre des infractions suivantes : association de malfaiteurs, trafic de migrants, tentative de trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mbour#guineeconakry#kamsar#migrationirreguliere#routemigratoire#trafic#sante

  • Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-l-IHRC-RFT-mobilise-experts-et-autorites-autour-d-u

    Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    Au Sénégal, la migration irrégulière continue de faucher les espoirs de milliers de jeunes, prêts à affronter l’océan au péril de leur vie. Entre chômage, pression sociale et mirage de l’eldorado européen, l’exil clandestin s’impose comme un drame national. C’est dans ce contexte que la Commission Internationale des Droits de l’Homme, Fonds et Secours (IHRC-RFT) a organisé un séminaire de haut niveau ce 29 janvier 2025, placé sous le thème : « Jeunesse, Migration et Opportunités Locales au Sénégal : Rester et Bâtir un Avenir Résilient ». Face à cette urgence, autorités, experts et organisations internationales appellent à une réponse ferme, axée sur l’emploi, la formation et des opportunités locales crédibles.
    Selon les données de la Gendarmerie nationale, plus de 47.000 migrants ont atteint les îles Canaries en 2024, dont 20 % de nationalité sénégalaise, 43 % de Malien, 8% de Mauritanien. Pour 2025, 17.970 migrants ont déjà été enregistrés, à bord de 266 embarcations, dont 15 pirogues en provenance du Sénégal transportant 1.920 personnes.
    Intervenant lors du séminaire, l’honorable Moussa Diakhaté, Directeur Exécutif de l’IHRC-RFT bureau Sénégal, a dressé un diagnostic sans complaisance : « La frange la plus dynamique de notre population quitte le pays dans des conditions indignes. Il y a des facteurs économiques, sociaux et une forte pression sociale. Nous devons briser l’illusion selon laquelle il faut forcément partir pour réussir. ». Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une réponse collective, impliquant l’État, la société civile, les partenaires internationaux et la jeunesse elle-même. Pour clore son propos, l’honorable député estime que la migration irrégulière constitue un défi majeur pour la jeunesse sénégalaise.« Il est urgent de déconstruire l’illusion selon laquelle il faut quitter le pays pour réussir », a-t-il déclaré.
    Le criminologue Dr Djiby Diallo, conseiller spécial de l’IHRC-RFT a, pour sa part, souligné que le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance figurent parmi les principales causes du phénomène, appelant à des réformes structurelles dans l’éducation et la formation professionnelle. « La mauvaise gouvernance, le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise répartition des ressources sont des causes majeures de la migration. » à t-il relevé
    Il appelle à des réponses structurelles, notamment par la réforme des programmes éducatifs, la formation aux compétences dès le plus jeune âge et une meilleure inclusion sociale : « Les conflits naissent souvent de la frustration et du sous-emploi des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est prévenir l’instabilité. »
    Alors que des milliers de jeunes continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, les intervenants ont insisté sur un message central : la migration irrégulière n’est pas seulement un défi sécuritaire, mais un enjeu de développement, de dignité et d’avenir national. Ils ont ainsi plaidé pour un renforcement de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Migration Irrégulière (SNLMI) et un meilleur accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat local.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#migrationirreguliere#sante#developpement

  • Interception d’une Pirogue clandestine : un réseau sénégalo guinéen démantelé après l’accostage à Mbour
    https://www.dakaractu.com/Interception-d-une-Pirogue-clandestine-un-reseau-senegalo-guineen-demante

    Interception d’une Pirogue clandestine : un réseau sénégalo guinéen démantelé après l’accostage à Mbour
    Quatre Sénégalais ont été interpellés à Ziguinchor après l’accostage irrégulier d’une pirogue au niveau du golfe de Mbour, le 18 décembre 2025. L’affaire révèle l’existence d’un réseau organisé de trafic de migrants, reliant le sud du Sénégal à la Guinée Conakry et visant l’Europe comme destination finale.
    Selon les autorités, la pirogue, immatriculée ZG-4521-ZG et officiellement enregistrée au nom d’un tiers, appartiendrait en réalité à un pêcheur basé à Ziguinchor, identifié par les initiales B.B.. Il aurait orchestré le transport de l’embarcation depuis le Sénégal vers Conakry, en contournant les voies légales, en compagnie de ses proches M.L., M.S. et M.S.. L’opération aurait été organisée avec un ressortissant guinéen, A.K., présenté comme le coordinateur principal du voyage clandestin à destination de l’Espagne.
    Les enquêteurs ont établi que la pirogue transportait environ une centaine de migrants, majoritairement guinéens, mais aussi quelques Sénégalais, hommes, femmes et enfants. Deux candidats embarqués à Ziguinchor auraient chacun versé 500 000 francs CFA, sans connaître l’identité du bénéficiaire final. À bord, se trouvaient également 2 000 litres de carburant et un moteur Yamaha 60 chevaux.
    Selon les déclarations des suspects, B.B. affirme s’être limité à l’acheminement de la pirogue vers Conakry et avoir remis l’embarcation à A.K., tandis que ses frères auraient poursuivi la traversée en tant qu’assistants des capitaines. Les quatre complices ont toutefois reconnu avoir connaissance de la finalité clandestine de l’opération. Après dix jours de navigation, marqués par une tempête et des pannes techniques, la pirogue a accosté de manière irrégulière sur la plage de Mbour. Les migrants et les membres de l’équipage ont pris la fuite, laissant l’embarcation et ses équipements aux mains des riverains.
    L’exploitation du téléphone de B.B. a permis aux enquêteurs de découvrir des échanges relatifs à un nouveau voyage clandestin prévu pour avril 2026, avec un système de recrutement rémunéré et des commissions pour les intermédiaires. Confronté à ces éléments, B.B. a reconnu être le coordonnateur du projet à venir, sans avoir encore encaissé de fonds. Les quatre suspects ont été transférés à Dakar pour être présentés au Procureur de la République près le Pool judiciaire financier, pour association de malfaiteurs, trafic et tentative de trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie. L’enquête se poursuit pour identifier les autres complices et remonter la chaîne complète de ce réseau.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#trafic#mbour#ziguinchor#guineeconakry

  • « Comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan » : au Sénégal, les Afro-Américains en « pèlerinage »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/27/comme-si-mes-ancetres-me-parlaient-depuis-l-ocean-au-senegal-les-afro-americ

    « Comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan » : au Sénégal, les Afro-Américains en « pèlerinage »
    L’île de Gorée, « symbole de la traite négrière » selon l’Unesco, accueille près de 100 000 personnes par an. Parmi elles, le nombre de touristes américains, à la recherche de leurs origines, est en hausse.
    Par Jules Crétois (Dakar, correspondance)
    « Mes ancêtres ont sans doute été ici ! » IShowSpeed, Darren Jason Watkins Jr. de son vrai nom, star des réseaux sociaux avec 50 millions d’abonnés sur YouTube, est habitué aux cabrioles et aux défis sportifs. Mais à la Maison des esclaves de Gorée, au Sénégal, à une demi-heure de Dakar en bateau, il fait comme tout le monde : il suit le guide.L’influenceur américain, en tournée africaine depuis fin décembre 2025, découvre, ce 20 janvier, les cellules dans lesquelles s’entassaient, au XVIIIe siècle, enfants, femmes et hommes, les fers qui les entravaient et la fameuse porte dite du « voyage sans retour », une petite ouverture dans la bâtisse sur l’océan, que les esclaves empruntaient pour ne jamais revenir.
    Il n’est pas du tout certain que les ancêtres de IShowSpeed soient passés par Gorée. Si les guides locaux assurent que le lieu a occupé une place centrale dans la traite, son importance réelle est discutée. « La Maison des esclaves n’a joué qu’un rôle mineur dans la traite des Noirs », lit-on sur le site de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. La plupart des 12 à 17 millions de personnes déplacées de l’Afrique vers les Amériques, entre le XVIe et le XIXe siècle, partaient des actuels Angola, Bénin et Ghana. Mais personne ne nie le poids symbolique du site sénégalais.
    Entrée au Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture en 1978, Gorée est décrite par l’institution comme une « île mémoire », une « terre de pèlerinage pour toute la diaspora africaine » et revêt, pour la « conscience universelle », le « symbole de la traite négrière ». L’endroit où se fait la reconnaissance du crime. Le pape Jean-Paul II l’a visité en 1992, le président Barack Obama et sa famille en 2013.
    « Les Afro-Américains sont les plus émus lors de la visite. Beaucoup pleurent. La plupart ne déjeunent pas après le passage par la Maison… Pour eux, ça n’est pas une visite, c’est comme un pèlerinage », raconte Assane Camara, organisateur de tours avec l’agence Revina, qui cible particulièrement les Américains. « On les voit serrer les poings, d’autres commentent en live la visite sur les réseaux sociaux. Moi, j’ai peur qu’ils tapent les visiteurs blancs », abonde Oumar Sidibe, guide anglophone sur l’île depuis deux ans.
    Originaire de l’Etat américain de Géorgie, Jeanette Mitchell est venue plusieurs fois à Gorée depuis les années 2010. « La première fois, c’était comme si mes ancêtres me parlaient depuis l’océan…, se souvient la quadragénaire. L’esclavage, c’est toute notre histoire. Il fallait voir, il fallait sentir, mettre des images sur tout cela… » Depuis, elle accompagne des petits groupes d’Afro-Américains désireux, eux aussi, de faire le voyage. « Je vois bien, dit-elle, que pour les Sénégalais, cette histoire est importante, mais pas aussi fondamentale que pour nous. »
    Depuis plusieurs années, environ 100 000 personnes visitent annuellement la Maison des esclaves. La plupart d’entre eux sont des scolaires venus de tout le Sénégal. Mais « les Afro-Américains sont de plus en plus nombreux. C’est la grosse tendance. On en reçoit plusieurs chaque semaine », souligne Kaba Laye, employé à la Maison des esclaves. L’Agence sénégalaise de promotion touristique ne dispose pas de chiffres précis, mais confirme : « Ça augmente. »
    « Cette hausse est aussi concomitante avec le recours aux tests ADN, qui indiquent souvent aux Afro-Américains une part d’origines ouest-africaines », remarque Maceo Thomas, venu des Etats-Unis et installé au Sénégal après plusieurs voyages. « Un sentiment de connexion presque mystique traverse beaucoup de voyageurs », observe-t-il.
    Dans son livre Le Message (Autrement, 2025), le célèbre auteur noir américain Ta-Nehisi Coates raconte avoir été, lui aussi, « submergé par les pensées et les émotions » au Sénégal. « Devant Gorée, j’étais un pèlerin qui accomplissait un voyage ancestral. Je revenais à l’origine du temps, pas à ma naissance, mais à la naissance du monde moderne », écrit-il. « Nous avons droit à ce souvenir, nous avons le droit de choisir le rocher de Gorée, de le sacraliser, de verser des larmes devant lui, de pleurer ce qu’il représente (…). Gorée est le nom d’un site que mon peuple a déclaré sacré. »
    Sur le bateau qui relie Dakar à l’île, l’excitation et l’émotion des visiteurs des Etats-Unis les distinguent. Leur curiosité aussi. « Venir au Sénégal, c’est aller à Gorée, mais c’est aussi se connecter avec un tout », explique Jeanette Mitchell. « Un tout dont nous venons, mais qui s’est transformé ou perdu avec la traversée de l’océan », continue-t-elle, citant la découverte des tissus anciens comme le bogolan, le ceebu jën (plat à base de riz et de poisson) ou encore les différentes manières de se tresser pour les femmes.
    Gorée n’est pas le seul site mémoriel de la traite atlantique. En Gambie, la petite île de Kunta Kinteh, baptisée d’après le nom du héros du roman Racines (1976), de l’Américain Alex Haley, avec son fortin, témoigne de la place du fleuve Gambie dans le commerce des esclaves. Les autorités béninoises investissent, elles, dans le site de Ouidah, ville côtière et important point de commerce et d’embarquement d’esclaves. Le parcours mémoriel proposé aux visiteurs s’ouvre sur l’ancienne place des ventes aux enchères et se termine par la Porte du non-retour, un mémorial commémorant la déportation des esclaves. Un musée dédié à l’histoire de la traite est en construction.
    « Il faut être honnête, les Béninois travaillent mieux sur leur destination. Nous, on a tendance à considérer que l’existence du site de Gorée suffit, et qui veut vient », confie, sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire sénégalais. « Nous travaillons sur une politique pour cibler cette population spécifique. Il y a des rencontres avec des partenaires, comme le Harlem Tourism Board [office de tourisme du quartier Harlem de New York] pour des voyages “retour aux sources” », se défend une source à l’Agence sénégalaise de promotion touristique. « La visite de IShowSpeed, ajoute-t-elle, a été un excellent coup de pub. »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#esclavage#memoire#benin#traite#sante

  • « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
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    « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    Le rêve d’exil s’est une nouvelle fois fracassé contre la dure réalité de l’Atlantique. Une pirogue partie de Dionewar, dans la région de Fatick, avec à son bord des dizaines de candidats à l’émigration irrégulière, a été interceptée en Mauritanie après plusieurs jours d’errance en mer. Selon les révélations de Libération, ce voyage clandestin, motivé par le tristement célèbre slogan « Barça walla barsakh » (Barcelone ou la mort), a coûté la vie à deux migrants, dont l’identité reste à ce stade inconnue.
    D’après Libération, le commissaire spécial de Rosso a mis à la disposition du chef de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Rosso un total de 70 migrants, tous de nationalité sénégalaise, parmi lesquels cinq femmes. Ces derniers ont été interceptés par une patrouille de la Marine nationale mauritanienne, puis conduits à Nouadhibou pour les besoins de l’enquête.
    Auditionnés sommairement, les migrants ont tous livré la même version des faits. Ils affirment avoir quitté Dionewar dans la nuit du 21 décembre 2025, à bord d’une pirogue de fortune, avec pour destination finale l’archipel des îles Canaries. Mais après quatre jours passés en haute mer, confrontés à un froid glacial et à des conditions de navigation extrêmement difficiles, l’embarcation a été contrainte de rebrousser chemin. C’est au cours de ce retour forcé que la pirogue a été repérée puis interceptée par la marine mauritanienne dans les eaux relevant de sa juridiction. Selon Libération, les témoignages concordants des migrants font état de deux décès survenus durant la traversée, sans que l’on puisse pour l’instant établir l’identité des victimes ni les circonstances exactes de leur mort. Un drame de plus sur la route migratoire, souvent jalonnée de silences et de corps anonymes. Les survivants ont également révélé les dessous financiers de cette tentative d’émigration irrégulière. Chacun aurait versé au capitaine de la pirogue et à son complice des sommes comprises entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour espérer atteindre l’Europe. Un investissement lourd, souvent financé par des familles entières, désormais endeuillées ou plongées dans l’angoisse.Plus grave encore, les migrants ont désigné un ambulancier en service dans le district sanitaire de Différ comme étant l’initiateur de ce projet de voyage clandestin avorté, rapporte Libération. Une révélation troublante qui ouvre la voie à de nouvelles investigations, notamment sur l’implication présumée de personnes censées incarner l’aide et la protection des populations.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#fatick#rosso#differ#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante#mortalite

  • Mamadou Niang, l’étudiant sénégalais en sciences politiques qui a ému TikTok pour avoir été discriminé
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    Mamadou Niang, l’étudiant sénégalais en sciences politiques qui a ému TikTok pour avoir été discriminé
    Par Charlotte Bozonnet
    Il y a trois mois, la vidéo le montrant en pleurs sur TikTok avait ému des millions de gens. Mamadou Niang, étudiant en master 1 à l’Institut d’études politiques (IEP) de Fontainebleau, y mettait ses tripes sur la table, comme on dit. Il venait d’être renvoyé d’un entretien de stage dans une administration française, qui n’aurait pourtant dû être qu’une formalité. La personne chargée du recrutement lui avait assuré que son CV collait parfaitement à la fiche de poste. Sauf qu’au moment d’entrer dans les locaux, la présentation de sa carte de séjour avait tout fait capoter. De retour chez lui, en colère, triste et humilié, le jeune homme avait laissé éclater sa détresse devant la caméra de son smartphone, sans se douter de l’écho que celle-ci aurait.
    Vingt-sept millions de vues cumulées à ce jour ! Des messages de soutien qui ont afflué du monde entier, d’anonymes comme de stars. De nombreuses propositions de stages envoyées par des chefs d’entreprise, des parlementaires, des institutions. « Je ne m’attendais pas à ce carton. Je voulais juste savoir si d’autres avaient vécu la même chose. J’étais tellement dégoûté ! A aucun moment, dans l’annonce, il était dit qu’il fallait être Français », explique aujourd’hui Mamad – son pseudo TikTok – au téléphone. Son émotion a certainement joué dans le succès de la vidéo, « mais je crois aussi que beaucoup de gens se sont retrouvés dans ce que je vivais, dans cette rage de réussir », ajoute le jeune homme.
    L’étudiant de 22 ans, était appelé à une tout autre vie que celle d’étudiant en troisième cycle à Paris. Il a grandi dans un village de la région de Matam, à l’extrême est du Sénégal, près de la frontière mauritanienne, au sein d’une famille pauvre qui gagnait sa vie de petits commerces et du travail de la terre. De la fratrie de cinq frères et sœurs, Mamadou est le premier à avoir passé son baccalauréat. Le bon élève a ensuite pu intégrer une classe prépa à l’université de Saint-Louis, à plusieurs heures de mauvaise route de Matam.
    C’est là qu’il a fait ses demandes pour partir étudier en France, « un rêve d’aller étudier à l’étranger » qu’il partageait avec son père. Son excellent dossier scolaire lui vaut d’être accepté dans cinq universités. Il choisit une licence de sciences politiques à l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, là où il a le plus de chances de trouver un logement. Il finance son départ avec l’argent de bourses obtenues au Sénégal, de petits boulots occasionnels et la vente des bijoux en or de sa mère. Il arrive à Paris en août 2022. Un aboutissement auquel son père, décédé l’année précédente, n’aura pas pu assister.
    Commence alors un long parcours, éprouvant, commun à de nombreux étudiants étrangers. Mamad est hébergé dans le salon d’une connaissance à une heure et demie de transport de sa fac. Il bataille avec les démarches administratives : obtenir une carte vitale, une carte de transport, ouvrir un compte bancaire, acheter une carte SIM, finaliser son inscription à la fac. On découvre tout « comme si on était un nouveau-né », avoue-t-il. L’argent part très vite : 50 euros pour valider le visa, 90 euros pour la contribution de vie étudiante. Heureusement, l’université l’exonère des frais d’inscription élevés appliqués aux étudiants étrangers depuis quelques années. Il paie le tarif classique : 170 euros l’année pour la licence, 250 euros pour le master. A l’université, il faut se mettre à niveau sur l’actualité et l’histoire française, ses institutions. Là aussi, un nouveau départ. Il lui faut attendre trois mois pour être en règle et pouvoir travailler à côté de ses études dans un fast-food. Avec son premier salaire (environ 700 euros par mois), il paie la caution d’un appartement dans une résidence sociale : 22 mètres carrés pour 460 euros par mois. Pendant deux mois, il ne mange que grâce aux distributions alimentaires de l’association Linkee, aujourd’hui menacée de fermeture par la baisse des subventions publiques. « J’allais chercher mon panier de nourriture tous les jeudis », se souvient-il.
    Sa situation s’améliore un peu quand il commence à recevoir les aides personnelles au logement (APL). Chaque mois, il envoie l’équivalent de 100 000 francs CFA (environ 150 euros) à sa mère et à ses sœurs restées à Matam. En troisième année de licence, il est commis de cuisine dans un hôtel du 16e arrondissement de Paris très tôt le matin. Le rythme est dur, mais il n’a « jamais pensé à baisser les bras, [il sait qu’il est là pour quelque chose], que toute [la] famille compte sur [lui] ». Ironie du sort, il effectue son stage de licence à la préfecture de Seine-Saint-Denis, de janvier à juin 2025, malgré quelques tracas avec son titre de séjour. Il y enchaînera un CDD de six mois à temps partiel. Son dossier lui permet de décrocher plusieurs masters. Il choisit le M1 en audit interne des collectivités publiques à l’IEP de Fontainebleau. Il se dit que les enjeux sont forts pour lutter contre le détournement et la corruption qui appauvrissent les Etats africains. L’école l’autorise à concentrer ses cours en début de semaine de 9 heures à 21 heures pour pouvoir travailler les jours suivants. Ses revenus augmentent à 900 euros par mois environ. Il peut s’acheter des vêtements, des chaussures, un nouveau téléphone – « reconditionné », précise-t-il.
    Mamad sait que pour valider son master, il va devoir trouver un stage ou une alternance, alors il s’y prend très tôt, dès le mois de septembre 2025, quand ses camarades de promo n’y songent même pas encore. En octobre, il est rappelé par une administration que son profil intéresse. L’annonce précise que le permis de conduire est obligatoire, alors il utilise ses économies – 2 000 euros – pour le passer en accéléré. Le jour J, il met une chemise, une cravate et se présente à 9 heures comme convenu à l’entretien. La suite de l’histoire, il l’a racontée sur TikTok. Il ne dépassera même pas le hall d’accueil. On lui demande de partir. Il est gêné, « tout le monde me regardait », se remémore-t-il.
    Aujourd’hui, Mamadou Niang va bien. Il vient de commencer une alternance comme auditeur interne dans une entreprise à Nice, « dans mon domaine d’études, et c’est moi qui l’ai trouvé, sur la base de mon CV », remarque-t-il. Il y tenait beaucoup. Il ne garde pas de rancœur : « Cet épisode a été très positif pour moi, ça m’a ouvert beaucoup de portes, constitué un gros réseau. Je sais qu’aujourd’hui, si j’ai besoin, je trouverai de l’aide ». Le bouche-à-oreille lui a permis de trouver un logement dans une résidence à Nice. « Je suis fier de mon parcours et je vais continuer, je veux finir mes études, travailler quelques années ici et repartir au Sénégal », explique-t-il.

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