• Coronavirus : dans les quartiers populaires, l’incompréhension face aux mesures de confinement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/23/coronavirus-dans-les-quartiers-populaires-l-incomprehension-face-aux-mesures

    Si la Seine-Saint-Denis concentrait dans les premiers jours du confinement près de 10 % des infractions nationales, dans nombre de quartiers populaires de France, et principalement dans les grands ensembles, les consignes peinent à se faire respecter.

    Grappes de jeunes dans les stades de foot municipaux, adolescents qui fument la chicha aux pieds des immeubles, mères avec de jeunes enfants aux agrès… Les habitudes ont la peau dure et les conditions de vie – familles nombreuses, logements exigus et mal insonorisés, illettrisme, illectronisme… – rendent le quotidien entre quatre murs particulièrement pénible. Les relations très dégradées avec la police n’arrangent rien. Depuis le début du confinement, les échanges musclés et les tensions se multiplient.
    [...]
    Jeudi à Saint-Denis, la tension était montée dans le quartier Franc-Moisin, autour de la place Rouge, au centre du grand ensemble, entre des agents déployés sur le terrain et des habitants du quartier. « Trop difficile » d’être enfermés avec leurs frères et sœurs, avaient expliqué ces derniers. Les policiers se sont contentés de rappeler les consignes de confinement. « On fait tout pour éviter de déclencher des émeutes », assure un policier de Seine-Saint-Denis.

    « Les adolescents et les jeunes adultes sont le public le plus difficile à confiner », observe Christelle Leroy, directrice de deux centres sociaux, Belencontre et Phalempins, à Tourcoing (Nord). Les images de personnes en train de se faire bronzer à la plage, de se balader le long du bord de mer, de déambuler côte à côte sur les quais de Seine à Paris ou parmi les étals des marchés, brouillent encore un peu les cartes. « Tout ça crée beaucoup de confusion, remarque un médiateur de la ville du Nord. Ils se disent “et pourquoi pas nous ?” Ils n’ont pas la notion du danger qu’ils représentent. Ils s’amusent au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, ça les occupe. »
    [...]
    Au-delà du message « difficile à faire passer », des conditions de vie difficiles, des réticences à suivre les règles et des relations dégradées avec la police, d’autres freins au respect des consignes existent, notamment en ce qui concerne les attestations. « Avec cette épidémie, la fracture numérique nous explose au visage », remarque Christelle Leroy, à Tourcoing, qui enchaîne les réunions virtuelles avec tous les autres directeurs de centres sociaux de la ville : « On appelle les plus fragiles, on crée des tutos, on liste le matériel dont on dispose et que l’on pourra prêter, comme les tablettes, on imprime attestations et devoirs que l’on dépose ensuite dans les boîtes aux lettres. »

    « Ils sont très nombreux, illettrés ou éloignés du numérique, à ne pas savoir ou ne pas pouvoir remplir les attestations », confirme Florian Soudain, coordinateur des Centres sociaux connectés de la métropole lilloise. Jeudi, en urgence, ils ont lancé le projet Mon centre social à la maison pour « garder le lien avec les habitants et les aider à rester chez eux », détaille M. Soudain, qui pilote le projet. Le site propose notamment des tutos vidéo pour les aider à acquérir des compétences numériques et offre une permanence téléphonique pour assister à distance les plus dépassés par la dématérialisation des démarches.

    Les habitants des quartiers populaires disposent rarement d’une imprimante et pas toujours d’un ordinateur (surtout les personnes âgées). A Poitiers, 2 000 photocopies d’attestations ont ainsi été distribuées en vingt-quatre heures dans les commerces et les boîtes à livres.

    Plusieurs villes à travers le pays ont pris des arrêtés au cours du week-end pour imposer un couvre-feu à la population la nuit. Mais la plupart des quartiers populaires de France ne sont pas concernés par ces mesures difficiles à appliquer sur le terrain. « Le problème avec le fait d’imposer un couvre-feu c’est qu’ensuite, si vous ne faites pas respecter la mesure, vous passez pour un idiot. » Certains maires, notamment en Ile-de-France, ne sont pas pressés d’en arriver là.

    #coronavirus #jeunesse #quartiers_populaires #police
    Tiens, curieusement, l’article n’évoque pas la question des #trafics et plus largement, celle de l’#économie_informelle.

  • Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent leur vie quotidienne des premiers...

    « Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent leur vie quotidienne des premiers – qui apportent les denrées aux boutiques, qui rangent sur les étagères, nettoient, tiennent la caisse, les éboueurs, les postier.e.s, les livreurs (j’en ai vu 3 déjà depuis ce matin), les conductrices/conducteurs de transport, les femmes de ménage des hôtels et les serveuses/serveurs des hôtels (qui restent ouverts et assurent un room service), et tant d’autres. Classe, genre, âge, racialisation, santé traversent les deux groupes mais les non-confiné.e.s sont les plus exposé.e.s. Dans les éléments du confinement, il y a celles/ceux qui vivent dans 12m2 et celles/ceux dans 150m2, qui peuvent se faire livrer ou pas, qui ont de quoi s’abonner à des tas de sites de streaming ou pas, qui ont un grand débit pour assurer les cours à la maison ou pas, qui peuvent aider les enfants à faire les leçons ou pas, qui ont un ordinateur et une imprimante ou pas, qui sont totalement isolées ou pas, qui ont des papiers ou pas, qui sont financièrement à l’aise ou pas, les femmes et enfants qui vivent avec des compagnons violents, les femmes seules avec des enfants, bref, des milliers et milliers de situations noyées sous le discours d’#union_nationale dans un pays où les #inégalités, les violences d’état, le #racisme et le #sexisme organisent la #vie_sociale depuis des années. Les actes de #solidarité, nombreux, qui s’organisent et sont formidables ne doivent pas remplacer les responsabilités de l’état. (Je parle là de la #vie_quotidienne, pas du personnel médical et de toutes les personnes qui assurent la vie d’un hôpital – donc aussi celles/ceux qui nettoient, gardent, font l’administration…- évidemment très exposé).

    Le confinement est rendu possible grâce à toutes ces personnes invisibilisées et bien trop souvent mal payées et exploitées. »

    #Françoise_Vergès

    Texte publié le 17 mars 2020 sur la page « Faire lien en vivant le confinement » de l’association grenobloise Modus Operandi :
    https://www.modop.org/se-relier/#17mars

    #confinement #violence #non-confinés #confinés #travail #classes_sociales #invisibilité #invisibilisation #exploitation

    • Confinement révélateur

      « Il a été évident au premier jour du confinement qu’il exacerbait les #inégalités : certains seraient enfermés dans un espace de vie confortable et généreux, quand d’autres le seraient dans des appartements au contraire trop petits pour une famille entière toute une journée et sans possibilité de sortir, voire dans des lieux juste pas prévus pour y passer des journées entières, je pense aux centres d’hébergement du #dispositif_hivernal ; enfin d’autres seraient « #enfermés_dehors ».
      Après une semaine, ce confinement agit comme un révélateur de la #violence restée jusque-là invisible. Désormais, elle devient évidente :
      – des personnes vivent à la rue ; un genre d’indifférence s’était installée sur ces situations, et comme une habitude scandaleuse. Une fois tout le monde confiné « #chez_soi », seules les personnes qui n’ont pas de « chez soi » restent dans les rues, on ne voir plus qu’elles. On a rarement autant parlé d’elles dans les médias.
      Le confinement nous révèle cette anormalité de s’habituer et d’accepter que des personnes vivent dans la rue.
      – pour se nourrir, des personnes dépendent de manière régulière de #distributions_alimentaires organisées par les associations, grâce à des dons et du travail bénévole. Ces pratiques ont été mises hors-jeu au premier jour du confinement, créant le besoin urgent de palier ce manque et en imposant à de nouveaux acteurs de prendre en charge ce besoin, l’a mis sur le devant de la scène. Dans les centres de l’#hébergement_d’urgence, les personnes accueillies ont d’abord manqué de nourriture avant que de nouvelles pratiques puissent se mettre en place pour fournir cette #nourriture. Mais surtout, cette urgence-là a rendu criante combien notre société organise des #dépendances, là où une #autonomie des personnes pourrait trouver une place.
      – les personnels soignants dans les hôpitaux accumulent environ 18 mois de mobilisation pour dénoncer le manque de moyens, les pénuries, la logique néo-libérale qui détruit le service public de santé. S’ils et elles ont pu bénéficier épisodiquement d’une certaine couverture médiatique, rien n’y a changé. Cette épidémie rend insupportable le manque de masques, et d’autres matériels de protection, et dévoile au grand jour des modes de gestion des stocks à l’opposé des logiques médicales de prévention. Des personnes se sont mises à coudre des masques en tissu pour les personnes soignants… alors que le ministère avait fait le choix de réduire le nombre de masques stockés.
      – les inégalités sociales entre les #étudiants ont pu être évoquées l’automne dernier dans la presse au détour d’un événement dramatique ; le confinement en organisant une continuité pédagogique dépendante de moyens technologiques en ordinateurs et connexions Internet rend criante la fracture numérique. Des associations et le CROUS essaient d’y palier en distribuant ici des tablettes, là des portables… mais les exclus des réseaux restent exclus.

      Voici seulement quelques uns des exemples éloquents de ce confinement comme un révélateur de #ce_qui_déconne. Qu’avons-nous envie de faire de ces « révélations », maintenant qu’elles ont éclaté au grand jour ? Serons-nous capables de fermer à nouveau les yeux ? Et de continuer à bricoler pour les réparer avec les moyens imparfaits du bénévolat ? Ou bien voulons-nous profiter de cette aubaine que nous donne l’épidémie pour s’en saisir et chercher à transformer ces situations ?

      Aidez-nous à recenser de telles situations révélées au grand jour par la gestion de l’épidémie par le confinement, là où vous les observez, là où vous êtes, pour essayer de faire ensemble la première étape sous la forme d’un diagnostic le plus large possible de ces situations. »

      https://www.modop.org/se-relier/#27mars
      #SDF #vivre_à_la_rue

  • Life after Google : Ex-employees keep speaking out - Protocol
    https://www.protocol.com/employees-life-after-google-activism

    A former engineer is the latest to criticize the company in public. A former Google engineer published a long online essay Friday explaining why he quit the Silicon Valley giant, the latest in a genre of public missives arriving in an age of ethical dilemmas for tech workers — and during an era of activism at Google. Bruce Hahne, who worked at Google for almost 15 years, wrote on his website, the Alphabet Workers Alliance, that he left because "Google’s current business practices and ethics (...)

    #travail #LGBT #conditions #sexisme #technologisme #Google #livre

  • « J’en ai marre des mecs, mais marre, marre, marre… » (Baptiste Beaulieu, Alors voilà, France Inter, 09.03.20)
    https://www.franceinter.fr/emissions/alors-voila/alors-voila-09-mars-2020

    J’en ai marre des mecs, si vous saviez comme j’en ai marre de nous, de nos petites lâchetés, de nos petites trahisons, de nos petits égos de coq, toujours mal placés, de nos angles morts permanents, et de nos orgueils démesurés…

    #sexisme #oppression_patriarcale #santé #sexualité

  • LIGUE DU LOL : SURVIVRE AUX PORCS - IRIS GAUDIN

    https://www.youtube.com/watch?v=hHx-soUz_D0

    Quand Iris Gaudin rencontre celui qu’elle appelle V. G., les initiales de son ancien ami et amant (d’une nuit), elle ne se doute pas que ce dernier fondera quelques années plus tard un groupe sur Facebook et Twitter baptisé « La ligue du LOL ». Et qu’elle en sera une des premières victimes.

    Elle livre son histoire à Denis Robert dans cet entretien au long cours, où nous partons des premiers jours de leur rencontre à l’ESJ de Lille à cette matinée où chez ses parents au Havre, une dizaine d’années plus tard, elle entend à la radio que d’autres filles qu’elles ont subi les affres et les attaques de cette ligue qui, soudain, fait la une de l’actualité. La jeune femme voulait oublier, refaire sa vie, mais ce passé la rattrape. Elle écrit un livre « Face à la Ligue du LOL » (Massot) qui lui sert de thérapie et sert de fil rouge et de point de départ à l’émission.

    #ligue_du_lol #boysclub #harcèlement #sexisme #racisme #grossophobie #fraternité

  • Quand quelques groupuscules complotistes et ultra-droitistes mènent une « cyber-guerre » de propagande haineuse. Propagande cautionnée et relayée par des personnalités politiques « conventionnelles » qui entrainent dans leur « shitstorm » des hordes de rageux.

    « Grosse pute », « Dégénérée » : témoignage de Marie Peltier, harcelée sur les réseaux sociaux
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_grosse-pute-degeneree-temoignage-de-marie-peltier-harcelee-sur-les-resea

    Ces insultes et ces attaques, vous savez de qui elles viennent ? Les personnes derrière ces attaques sont identifiables ?

    « Comme je travaille sur les questions d’information et de désinformation, j’ai des outils de recherche. Avec d’autres personnes, on a collecté des données pour essayer de remonter l’information afin d’essayer de savoir qui avait attaqué. A la base, ce sont presque toujours des raids numériques lancés par l’extrême-droite et par les réseaux masculinistes particulièrement : c’est une extrême-droite qui s’exprime beaucoup contre les féministes. Dans mon cas par exemple, ce sont eux qui ont lancé l’angle ’tu es moche, tu es laide’. C’était leur angle privilégié (...)

    Ce qui est intéressant dans le cyber-harcèlement, c’est que c’est initié par des groupes extrémistes, puis ensuite c’est repris plus largement dans le débat public. C’est repris par des gens qui n’ont certes pas de sympathie pour les féministes, mais qu’on ne peut pas non plus qualifier d’extrême-droite. Malheureusement ces personnes reprennent l’argumentaire et les informations de l’extrême-droite. C’est inquiétant car on voit dans ce genre d’épisode qu’il y a une porosité entre les sphères d’extrême-droite et les sphères politiques dites normales. »

    Ce sont donc des comptes cachés qui vous attaquent ?

    « Ce sont souvent des comptes sous pseudo qui lancent d’abord les attaques, et dont on pourrait demander l’identité à Twitter . Mais c’est une question encore très sensible. Ensuite, quand l’attaque est lancée, des personnalités publiques ne se gênent pas pour reprendre ces informations d’extrême-droite et attaquer sous le même angle. Cela m’a beaucoup frappée dans ce qui m’est arrivé. »

    #touit'zob #propagandavirus

    • Pas étonnant que le grand publique prenne le relai des extremistes-masculinistes, le grand publique est extremiste-masculiniste.

      C’est la position de toute personne qui n’est pas féministe car l’égalité c’est une notion qu’on ne peu pas fragmenter. Sois tu pense que les femmes sont les égales des hommes et ca fait de toi un ou une féministe - sois tu pense pas que les femmes sont les égales des hommes alors tu est un ou une extremiste-masculiniste. Tu ne peu pas penser que les femmes sont égales au 3/4 ou un peu égales mais pas trop, l’égalité c’est binaire, tu l’as ou tu l’as pas.

      Le grand publique il met son mouchoir sur l’inceste et quant une affaire fini par sortir « tout le monde savait au village/au boulot/dans la famille.... » et quant les victimes parlent, que ca soit aux césars ou à noel en famille, c’est la victime qui se fait défoncé dans 99% des cas en France puisqu’il n’y a qu’1% de condamnation des viols dans se pays.

      –—

      Selon une récente étude des nations unies en France il y a 59% de masculinistes-extrèmistes ce qui fait une large majorité :

      Près de 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes, montre une étude publiée mercredi par le Programme des Nations unies pour le développement à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes.

      Les hommes font de meilleurs dirigeants politiques ou d’entreprises que les femmes. Aller à l’université est plus important pour un homme que pour une femme. Les hommes devraient être prioritaires sur le marché de l’emploi lorsque les offres sont rares.

      Neuf personnes sur dix dans le monde - femmes comprises - nourrissent au moins un préjugé de ce genre, conclut l’agence onusienne sur la base de données provenant de 75 pays représentant plus de 80% de la population mondiale. La proportion est la plus forte au Pakistan (99,81%), devant le Qatar (99,73%) et le Nigeria (99,73%).

      L’Andorre (27,01%), la Suède (30,01%) et les Pays-Bas (39,75%) mènent le wagon des « bons élèves », que la France accroche tant bien que mal, avec plus d’une personne sur d’eux ayant au moins un préjugé sexiste (56%) .

      https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Les-prejuges-envers-les-femmes-ont-la-vie-dure-21892051

      #misogynie #masculinisme #sexisme #backlash #domination_masculine #harcèlement

    • Comment s’appelle déjà l’effet qui provoque une sorte d’aveuglement à la réalité et qui s’auto-entretient par une fréquentation exagérée des réseaux sociaux et de l’Internet en général ? J’ai l’expression sur le bout de la langue (parce que je me dis que fondamentalement, je dois être un gros naïf). je crois que c’est le « filter bubble » mais il y a une autre expression en français avec le mot « cognitif » dedans.

    • @mad_meg non, ce n’est pas « biais » mais l’expression à laquelle je pensais décrirait plutôt une sorte d’enfermement de mon propre système de pensée qui ferait que j’appréhenderais la société à la lumière des gens que je fréquente « virtuellement ». C’est à dire que cela m’induit à penser que la société a évolué en ce qui concerne la place et le rôle des femmes. Or les faits rapportés dans l’article de la RTBF me rappelle à la dure réalité. C’est pourquoi je me qualifie de « gros naïf »...
      Et sinon merci de m’avoir fait découvrir la théorie de la valence des sexes de Françoise Héritier que je ne connaissais pas.
      Et force est de constater que nous sommes dans une période de totale régression à tout point de vue.

    • @sombre, le paragraphe de WP dit que les mécanismes décrits par la psycho sociale sont plus importants que des fonctionnements techniques. La peur du jugement des pairs et le renforcement par eux, le panurgisme, tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

    • @antonin1

      tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

      et je rajouterais : par pur confort intellectuel, ce qui constitue également une stratégie « d’économies d’énergie » car mener une réflexion en profondeur nécessite beaucoup d’effort. Et partant, peut-on en vouloir à certain·es militant·es de faire parfois (souvent ?) cette économie ?
      Réponse : oui, si leur seul et inavouable but est de salir la réputation des personnes un tant soit peu « hétérodoxes ». Mais bon ...

      Pour mon affaire de mémoire, je définirais bien ça comme un « enfermement cognitif ». Je me souviens en avoir fait mention chez twitt’cake mais je suis infoutu de retrouver de mémoire l’expression exacte. Et quant à retrouver une info sur ce bouzin, même dans dans ton propre fil de discussion, autant chercher une aiguille dans une fosse à purin. Mais c’est pas très grave.

  • Claire Denis : « Je ne pense pas que quiconque ait voulu cracher au visage des victimes ni d’Adèle Haenel »

    Dans un entretien au « Monde », la réalisatrice revient sur la soirée des Césars. Elle estime que la colère contre Roman Polanski est « fondamentalement juste », mais qu’elle ne « s’exprime pas au bon moment ».


    Emmanuelle Bercot (à gauche) aux côtés de Claire Denis tient le César attribué à Roman Polanski pour « J’accuse », aux Césars le 28 février. BERTRAND GUAY / AFP

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/09/claire-denis-je-ne-pense-pas-que-quiconque-ait-voulu-cracher-au-visage-des-v

    La polémique autour des Césars s’est ouverte le 13 janvier avec le refus de l’Académie de valider les « marraines » choisies par certains jeunes acteurs. Vous étiez l’une d’elles, avec la romancière et cinéaste Virginie Despentes, qui a signé le 1er mars dans « Libération » un texte incendiaire sur la domination masculine et bourgeoise dans le milieu du cinéma. Avez-vous eu l’impression que ce refus était lié au fait que vous étiez une femme ?

    Non, pas vraiment. Je crois plutôt que c’était une question de standing. Ni Virginie ni moi-même ne représentons sans doute l’image policée que souhaitent renvoyer les Césars. Je pense que ce n’est rien de plus que cela. L’important, c’est que ça s’est fait quand même, finalement. Et puis du temps a passé et on m’a appelée pour remettre un prix, on ne m’a pas dit lequel, et j’ai pensé qu’ils m’appelaient un peu pour se rattraper, alors j’ai accepté. C’est en me retrouvant à la répétition jeudi soir avec Emmanuelle Bercot que j’ai compris que c’était pour la réalisation. Et le lendemain, on s’est pointées aux Césars…

    extrait d’un entretiens sous #paywall
    Je savais pas que c’etait Claire Denis qui avait été choisi pour donner la médaille du pédovioleur-réalisateur préféré des professionne·les du cinéma français. Quel sale coup de la part des césars, un de plus. Je suis déçu qu’elle ai accepté cette charge et aussi décu par ce qu’elle raconte dans l’extrait disponible ici.

    Ca m’étonnerai que le fait que Claire Denis soit une femme n’y sois pour rien dans le rôle qu’on lui a donné à la cérémonie. Même chose pour Emmanuelle Bercot pour représenté Polanski et Foresti pour faire la speakrine des quetards du cinéma français qui ont nominé 12 fois Polanski pour les 12 femmes qui l’accusent de viol. Si elle ne voie pas le problème à donner un prix pour la 5eme fois à un violeur d’enfants notoire en pleine affaire Madzneff, pas longtemps après celle d’Adèle Haenel c’est qu’elle est aveugle. De plus par ces propos elle se désolidarise de Adèle Haenel qui a dit elle même que ce prix était une récompense aux pédocriminels.
    J’imagine qu’elle dit ca pour avoir la chance de travailler encore... et qu’elle cherche à ménager la chèvre et le chou. Ce qui fera les affaires de la chèvre et certainement pas du chou. Quelle tristesse de la voire se rabaissé ainsi pour le plaisir de violeurs et de violophiles.
    C’est pratique, on met les femmes en spectacle et elles s’en prennent plein la figure et Polanski se la coule douce dans son chalet.
    Je note aussi que tout le monde s’applique à ne pas mettre en lien les différents milieux, les différentes affaires, dans les différentes classes sociales... aucun rapport entre Polanski, Matzneff, les agressions dans le sport, à la fac, dans la rue, à la récré... c’était une autre époque car aujourd’hui bien sur c’est l’égalité déjà là .

    C’est quand le bon moment pour ne pas célébré un pedovioleur multirécidiviste qui échappe à la justice depuis 40ans ?

    #fraternité #cinéma #violophilie #femmes

  • On a vraiment une sacrée bande de vedettes, avec la REM… Marlène Schiappa a été "choquée" par les images de la marche des femmes, mais...
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/marlene-schiappa-images-marche-femmes_fr_5e653a93c5b6670e72f9cc64

    “Quand j’ai découvert ces vidéos postées sur les réseaux sociaux, j’ai tout de suite échangé avec le ministre de l’Intérieur puisque je connais son engagement pour défendre les droits des femmes”, a d’abord expliqué la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

    […]

    “J’ai été assez choquée par un certain nombre d’images, notamment des images où l’on voit des femmes traînées dans le métro”, raconte la ministre avant de poursuivre, dans une forme de justification des actes policiers : “mais de quoi on parle ? On parle d’une manifestation de nuit, organisée par des groupes antifascistes, anticapitalistes, féministes qui ont décidé de faire une manif’ de nuit. (...) Le rapport demandé par le ministre de l’Intérieur indique que le tracé de la manifestation n’aurait pas été respecté et que ça aurait occasionné les faits que l’on voit là.”

    Violences policières après une marche féministe : Schiappa se dit « choquée » mais défend les policiers
    https://www.bfmtv.com/societe/violences-policieres-apres-une-marche-feministe-schiappa-se-dit-choquee-mais-

    Marlène Schiappa a ensuite tenu à souligner le travail mis en place par le gouvernement dans la restauration du lien de confiance entre les femmes et les forces de l’ordre. 

    « […] Mon travail, c’est de renouer le lien de confiance entre les femmes et les forces de l’ordre. C’est ce que nous faisons, c’est notre travail. Nous avons fait un audit sur comment les femmes sont accueillies dans les commissariats », explique encore la ministre. 

    Elle a ensuite réagi aux slogans lancés durant la manifestation de samedi, au cours de laquelle les policiers ont été comparés à des violeurs et des assassins. 

    « Je sais que les forces de l’ordre, tous les jours, sont en première ligne pour défendre et protéger les femmes face aux violences conjugales, je ne veux pas l’occulter. Je ne suis pas d’accord avec les slogans, il convient de ne pas rajouter de la violence à la violence mais d’être dans un travail de restauration de la confiance », conclut-elle.

  • Être parent : des cadres aux ouvrières, plus de conséquences sur l’emploi des femmes - Insee Première - 1795
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4465360?pk_campaign=avis-parution

    En 2018, en France, les #femmes qui ont des #responsabilités_familiales sont moins souvent en emploi que celles qui n’en ont pas ; l’écart est particulièrement marqué parmi les ouvrières. À l’inverse, le taux d’emploi des hommes ayant des responsabilités familiales est plus élevé.

    Quand elles travaillent, les femmes déclarent deux fois plus souvent que les hommes qu’être parent a des conséquences sur leur situation professionnelle. Ces conséquences concernent principalement le #temps_de_travail ou l’organisation des journées de travail, principaux leviers pour faciliter l’organisation de la vie des #familles. Les femmes cadres réduisent plus souvent que les autres salariées leur temps de travail pour s’occuper de leurs enfants. En revanche, les hommes et les femmes ressentent autant de difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Les difficultés sont plus importantes pour les cadres, femmes comme hommes, du fait de leurs longues journées de travail.

    #classes_sociales #parentalité

  • La misogynie est la haine la mieux partagée sur cette planète.
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/neuf-personnes-sur-dix-dans-le-monde-ont-des-prejuges-envers-les-femmes-202

    Près de 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes, montre une étude publiée mercredi par le Programme des Nations unies pour le développement à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes. Les hommes font de meilleurs dirigeants politiques ou d’entreprises que les femmes. Aller à l’université est plus important pour un homme que pour une femme. Les hommes devraient être prioritaires sur le marché de l’emploi lorsque les offres sont rares.

    Neuf personnes sur dix dans le monde - femmes comprises - nourrissent au moins un préjugé de ce genre, conclut l’agence onusienne sur la base de données provenant de 75 pays représentant plus de 80% de la population mondiale. La proportion est la plus forte au Pakistan (99,81%), devant le Qatar (99,73%) et le Nigeria (99,73%). L’Andorre (27,01%), la Suède (30,01%) et les Pays-Bas (39,75%) mènent le wagon des « bons élèves », que la France accroche tant bien que mal, avec plus d’une personne sur d’eux ayant au moins un préjugé sexiste (56%).

    Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) évoque, « malgré des décennies de progrès », la subsistance de « barrières invisibles » entre les hommes et les femmes. « Aujourd’hui, la lutte pour l’égalité des sexes passe par l’élimination des préjugés », avance dans un communiqué Pedro Conceiçao, un dirigeant du PNUD. « Les efforts qui ont été si efficaces pour éliminer les disparités en matière de santé ou d’éducation doivent désormais évoluer pour affronter des problèmes bien plus ardus : les préjugés profondément enracinés - tant chez les hommes que chez les femmes - contre une véritable égalité », appuie son collègue Achim Steiner.

    L’agence de l’Onu appelle gouvernements et institutions « à utiliser une nouvelle approche politique pour faire évoluer ces opinions et ces pratiques discriminatoires ». Et faire chuter la statistique la plus glaçante de son rapport : 28% des gens dans le monde pensent qu’il est normal qu’un homme batte sa femme.

    #haine #misogynie #sexisme #discrimination

  • Des « talents » ? On en a des talents, on en est des talents !

    https://blogs.mediapart.fr/alexandra-sippel/blog/010220/des-talents-en-des-talents-en-est-des-talents
    Je parle de moi, mais je parle de mes collègues : du talent dans l’Enseignement supérieur et la recherche français, on n’en manque pas.

    "Publish or perish", "tenure track", "excellence", "talents", classements divers... les universités et les universitaires sont sous le feu roulant des critiques et ce billet n’est qu’un petit témoignage parmi tant d’autres motions, tribunes, prises de parole et de position qui paraissent dans la presse, sur les réseaux sociaux et sur les blogs, en particulier depuis que le président du CNRS a vanté les mérites de la prochaine Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche au motif qu’elle est "inégalitaire" et "darwinienne", avant d’expliciter son propos en ajoutant que tous les footballers ne jouent pas la Champions’ League, et que, de même, tous les universitaires ne peuvent prétendre à l’excellence. Au ministère, ce n’est guère mieux, où l’on argue que précariser l’entrée dans la carrière d’enseignant-chercheur titulaire au moyen de "CDI de chantier" ou de titularisations conditionnelles ("tenure track") serait un moyen de sélectionner les meilleurs, les "talents".

    Comme je l’ai indiqué dans le chapeau, je vais parler de moi, mais en parlant de moi, je parle aussi de mes collègues qui prendront la plume s’ils le souhaitent, s’ils en ont besoin, pour exprimer leur propre ressenti. Je vais parler de mon cursus, qui est honnête : ni extraordinaire, ni méprisable. Je ne cherche pas à me vanter, mais simplement à dire, à revendiquer même, que je suis une bonne maîtresse de conférences, une bonne enseignante, une bonne chercheuse, un bonne membre de l’équipe dans l’accomplissement de tâches administratives utiles à la communauté.

    J’ai besoin d’écrire parce que je ne supporte plus le mot "talent"/"talents". Je ne supporte plus le discours qui consiste à dire qu’il faut les attirer alors qu’ils sont là, présents dans l’université française. Ils sont là, présents, pas seulement dans les universités qui se sont auto-proclamées "de recherche intensive", mais, vu la pénurie de postes, dans toutes les universités. Et il est insultant, profondément insultant, de répandre dans l’opinion publique l’idée selon laquelle "nous" serions médiocres alors que nos homologues formés dans les pays anglophones, surtout dans des endroits très prestigieux où l’on ne lésine pas sur le marketing/branding, seraient tous infiniment meilleurs et qu’il faudrait les attirer, eux, à toute force en "nous" reléguant, nous, dans une seconde classe à laquelle nous n’appartenons pas.

    Attirer des "talents" vous dites ? Je n’ai eu aucun diplôme sans une mention inférieure à "bien" : bac littéraire, 1997, mention bien ; licence d’anglais LLCE, 2000, mention bien ; maîtrise en histoire médiévale anglaise, 2002 (avec une année en tant qu’enseignante assistante en Angleterre), mention très bien ; Agrégation et CAPES, du premier coup pour les deux, honorablement classée pour les deux, 2003 ; DEA en histoire britannique du XVIIIe siècle, en 2004, mention très bien ; Doctorat en histoire britannique du XVIIIe siècle, 2009, mention très honorable à l’unanimité. Sélectionnée en 2003 pour devenir tutrice à Paris IV-Sorbonne ; sélectionnée en 2004, pour un poste d’Allocataire-Monitrice, seule non-normalienne de mon Ecole Doctorale ; Sélectionnée en 2007 et les années suivantes pour des postes d’Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche ; Recrutée Maîtresse de conférences à l’université Toulouse-Jean Jaurès dès ma première campagne.

    Alors bien sûr, vous l’aurez remarqué, je revendique d’avoir du talent malgré quelques manques dans tout cela : pas normalienne. Non, j’ai fait une prépa parce que mes profs m’y ont poussée : "tu es bonne élève, fais une prépa". Mais je ne savais pas, à l’époque, ce qu’étaient vraiment les ENS. J’ai donc arrêté après l’hypokhâgne parce que j’avais 3h de transports en commun quotidiennes pour y aller et en revenir, et pour d’autres raisons fort bien expliquées par les sociologues. Je n’ai pas non plus fait une thèse extraordinaire, je le reconnais bien volontiers, mais elle m’a tout de même valu la deuxième meilleure mention donnée à l’époque où l’on décernait encore des mentions : "très honorable à l’unanimité", ça n’est pas déshonorant après tout. Je reconnais aussi volontiers qu’être recrutée maîtresse de conférences dès ma première campagne n’est pas entièrement dû à mon seul talent et qu’il y a une part de chance. Je pense que j’étais une bonne candidate, je n’ai pas démérité dans les autres entretiens passés cette année-là (3e à Paris IV ; 4e à Bordeaux III). J’étais une bonne candidate, et j’ai eu la chance de tomber sur ce poste-là, cette année-là, avec ce comité de sélection-là (dont je ne connaissais à l’époque aucun membre). Des ami-es très doué-es, plus que moi parfois, depuis plus longtemps puisque certains sont normalien-nes, dans d’autres disciplines ont eu moins de chance et cela ne retire rien à leur talent : la pénurie de postes qui fait retomber la honte et la déception sur celui/celle qui n’est pas retenu-e malgré toutes ses réussites n’est pas de leur fait.

    Aujourd’hui, avec ma thèse en histoire intellectuelle du XVIIIe siècle britannique, j’enseigne un peu tout ce qui touche aux Iles Britanniques et parfois même un peu aux Etats-Unis : les institutions, la formation des nations, un peu d’histoire politique, beaucoup d’histoire économique, de la méthodologie très basique pour les étudiants de première année, un petit peu ma période de spécialité. Pour continuer à me former sur cette période que j’aime mais que je n’ai pas beaucoup l’occasion d’enseigner, je propose des séminaires à l’Université du Temps Libre et vous me croirez si vous voulez quand je dis que mes auditeurs sont très satisfaits. Je contribue à la vie administrative de mon institution en siégeant dans un conseil de département, en ayant passé 3 ans à faire les emplois du temps de mes 100 et quelques collègues - dont deux avec une amie que je remercie ; en co-encadrant les démarches des étudiants qui viennent ou partent étudier en Erasmus, avec une autre amie très chère que je remercie aussi. Et dans tout ça, je mène aussi mes recherches avec l’ambition de publier des monographies de recherche sur l’histoire économique britannique au tournant du XIXe siècle. L’ambition parce que la recherche est la partie du métier qui est la plus valorisée/évaluée, mais celle aussi qui nous sert à tous de variable d’ajustement tant les autres tâches sont chronophages et toujours urgentes : préparer les nouveaux cours, corriger les copies, donner les sujets d’examen, accomplir les tâches administratives diverses dans les délais impartis et toujours courts. Quand en plus, comme moi, on concilie travail à temps plein avec une vie de famille bien animée par deux jeunes enfants, on court après le temps pour la recherche. La recherche, ça n’est pas un vain mot : aujourd’hui comme hier, on a besoin d’historiens pour éclairer de leur mieux le monde d’hier et, peut-être, comprendre un peu mieux celui d’aujourd’hui. La recherche est une passion, mais elle n’est pas que cela : c’est un métier. Un vrai métier, avec ses contraintes et ses difficultés, et qui mérite une véritable reconnaissance. Un métier d’ailleurs pour lequel on est évalué à chaque étape : point de participation à un colloque sans examen de la proposition de communication par un comité d’experts scientifiques ; point de publication sans un travail d’expertise en double aveugle par des pairs spécialistes du sujet traité.

    Dire qu’il faut attirer les "talents" comme si nous, qui sommes en place, n’étions là que par hasard, comme si notre situation de fonctionnaires avait émoussé notre acuité intellectuelle, est insultant et je le vis comme une insulte. Et c’est une insulte d’autant plus blessante et douloureuse que, comme mes collègues, j’ai joué le jeu de mon mieux à chaque étape. J’ai été à l’école, au collège et au lycée publics. J’ai travaillé dur pour obtenir tous mes examens. J’ai sans doute des facilités, mais je suis une laborieuse qui ne se contente pas de la moyenne, qui ne se contente pas de la médiocrité. Je n’atteins pas les niveaux d’excellence de certains de mes pairs, mais j’ai joué le jeu de la méritocratie républicaine de mon mieux en essayant toujours de me dépasser. Je le fais encore aujourd’hui pour donner à mes étudiants le meilleur de ce dont je suis capable pour tenter de les aider à donner, eux aussi, le meilleur d’eux-mêmes. Ca marche avec certains, pas avec tous, mais quand on voit l’intelligence d’un jeune s’éveiller grâce à ce qu’il découvre dans nos cours et hors de nos cours, c’est une grande réussite.

    Dire qu’il faut attirer des "talents", c’est encore insulter nos maîtres. J’ai été formée à l’université de Paris VI-Sorbonne, maintenant Sorbonne Université. Mes enseignants, depuis la deuxième année où j’ai suivi leurs cours, étaient tous formidablement intelligents et avaient le don de communiquer leur amour du savoir aux jeunes que nous étions - à moi en tout cas. Mme Michlin, en études américaines, un génie de la littérature avec une connaissance fine de l’histoire, et douée d’une empathie sans égale. M. Dubois et M. Bury, profs de traduction : j’ai eu l’occasion de leur dire qu’on aurait dit des patineurs médaillés d’or alors que je me sentais Bambi se dressant sur ses pattes pour la première fois sur la glace face à des textes fort ardus ; M. Lilly, prof de phonétique à la pédagogie magique qui nous faisait étudier les lois de la phonologie dans des langues totalement inconnues et qui nous permettait de croire que nous les lui avions fait découvrir. Mme Sancery, Mme Bidard, M. Carruthers et leur passion du Moyen-Age ; Mme Pécastaing et son ère victorienne et tant d’autres que je ne cite pas mais à qui je dois tant ; et tous ceux rencontrés en colloques et dont j’ai appris aussi. M. Carré, mon directeur de thèse aux connaissances immenses et aux conseils si précieux, respecté des historiens dit-on, et ça n’est pas rien pour un civilisationniste ! L’université française est une longue généalogie. Il suffit de lire les nécrologies qui circulent parfois sur nos listes de diffusion quand l’un-e des nôtres nous quitte et que ceux qui l’ont connu-e lui rendent hommage : le talent n’est pas qu’un héritage, mais un partage. La générosité et la bienveillance dans la transmission des connaissances sont des qualités précieuses, qui permettent aux talents d’aujourd’hui de porter les talents émergents. Et je compte bien, en continuant à travailler dur, à lire, à écrire, à comprendre, prendre place moi aussi dans cette généalogie ; plus modestement sans doute que mes grands anciens, mais à ma mesure.

    Mes étudiants d’aujourd’hui, mes jeunes collègues doctorants et jeunes docteurs ont eux aussi leur place dans cette lignée. Ils ne déméritent pas ; leurs recherches ne sont pas moins légitimes que les miennes, ou que d’autres. Ils et elles ont le droit d’avoir une carrière sereine. Ils et elles sont évalué-es à chaque étape de leur parcours, pour tous les postes qu’ils et elles décrochent, toutes les recherches qu’ils et elles présentent. Ils et elles ont le droit de faire honnêtement le métier pour lequel ils et elles se forment par la recherche et de le concilier avec une vie personnelle épanouie, le droit de fonder une famille s’ils et elles le souhaitent plutôt que d’être soumis à des pressions telles que le choix de la famille ne se ferait qu’au prix d’un renoncement à une carrière dans la recherche et l’enseignement. Leurs recherches ne sont pas inutiles ; elles méritent d’être menées. Leur doctorat n’est pas un hobby pour jeune personne désœuvrée, mais un projet professionnel : celui de devenir passeurs à leur tour. Si nos recherches n’ont pas d’impact mesurable sur le produit intérieur brut du pays, elles n’en sont pas moins essentielles en tant que sciences humaines, véritablement humaines qui permettent de comprendre l’humain.

    J’aimerais bien connaitre le taux de féminisation des normaliens, en comparaison à celui dans les universités.
    #talent #université #sexisme

  • #VraieFemmeAfricaine, le hashtag qui renverse les clichés sexistes
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/05/vraiefemmeafricaine-le-hashtag-qui-prend-les-cliches-sexistes-a-contre-pied_

    Reste à savoir si ce #hashtag pourra accélérer le changement des comportements. L’exemple du #Sénégal tendrait à faire pencher la balance côté du « oui » après que #BalanceTonSaïSaï #Dafadoye et #Doyna, (« balance ton porc », « ça suffit ! » et « stop », en wolof) apparus en 2018 et 2019 suites à une série de viols et de féminicides ont contribué à changer dans la loi la qualification du #viol de « #délit » à « #crime », le 30 décembre 2019. Entre 2016 et 2019, 4 320 cas de viol avaient été recensés dans le pays et le combat sur les réseaux sociaux puis dans la rue a aidé à cette transformation majeure. Les auteurs de viol s’exposent désormais à la perpétuité et non plus à cinq à dix ans de prison.

    #femmes #Afrique #sexisme #féminisme #réseaux_sociaux

  • Uber : derrière la com’, un modèle économique non viable - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/040320/uber-derriere-la-com-un-modele-economique-non-viable

    Uber assure que son modèle de plateforme est inégalable. Pourtant, le groupe n’a jamais gagné d’argent. En 2019, il a encore perdu plus de 8 milliards de dollars. Dans la communication d’Uber, un mot domine tous les autres : disruption. Sa qualité d’entreprise high tech, de licorne, son modèle de plateforme et d’organisation sont censés balayer toutes les organisations précédentes. Le vieux monde. « Uber peut exploiter les services de voiture urbaine de manière beaucoup plus efficace que les opérateurs (...)

    #Uber #algorithme #sexisme #bénéfices #GigEconomy #travail #fiscalité #conditions

    ##fiscalité

  • Le Ministre de l’Éducation Nationale et la culture du viol

    Le 3 mars 2020, Jean-Michel Blanquer a déclaré (citation intégrale) :

    « Il faut être attentif à toujours bien distinguer l’œuvre de l’auteur. Je continuerais à regarder la Joconde même si j’apprenais beaucoup de défauts de Léonard de Vinci »

    Sources :
    https://www.lci.fr/politique/video-interview-lci-elizabeth-martichoux-jean-michel-blanquer-ministre-de-l-educ
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/03/04032020Article637189045896448212.aspx

    À part Nous toutes, personne ne semble choqué.
    https://www.facebook.com/NousToutesOrg/photos/a.273814676794302/668537550655344

    Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les appels à une démission ne se multiplient pas…
    Ce Ministre qui participe par ses propos à la culture du viol en réduisant des faits avérés (et jugés, non ?) de viol et de pédophilie à un défaut, ce Ministre est celui de l’Éducation, garant :
    – de la sécurité et de l’intégrité des élèves ;
    – de la mise en œuvre de la prévention des comportements sexistes et des violences sexuelles.
    https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Sante/44/9/Guide_comportements-sexistes-violences-sexuelles_-_edi

    #éducation #culture_du_viol #sexisme #pédophilie #violences_sexuelles

  • Le marché aux femmes | Invitation au voyage (!) | Arte
    https://www.youtube.com/watch?v=YqwX57E6Ivc

    À Londres, au XVIIIe siècle, divorcer est presque impossible. De nombreux ménages se retrouvent coincés dans leur couple et malheureux. Même s’ils souhaitent mutuellement se séparer, ils n’en ont pas les moyens. C’est pour cette raison qu’apparaît cette coutume à peine croyable : la vente de femmes !

    Parfois les enfants étaient vendus aussi dit la vidéo.

    #femmes #divorce #Londres #sexisme #misogynie #patriarcat #mariage #historicisation

  • La seconde vague de la responsabilité algorithmique | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/la-seconde-vague-de-la-responsabilite-algorithmique

    Durant la décennie qui vient de se passer, la question de la responsabilité algorithmique est devenue une préoccupation importante pour les spécialistes des sciences sociales, les informaticiens, les journalistes comme les juristes. Les chercheurs et militants n’ont cessé de nous montrer les biais algorithmiques et les manipulations que les outils de décision automatisée permettaient. Les régulateurs ont commencé à réagir et à prôner la loyauté, la transparence, l’équité, la non-discrimination… Ce lent (...)

    #discrimination #sexisme #reconnaissance #facial #technologisme #racisme #biométrie (...)

    ##algorithme
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  • Des limites du recrutement automatisé | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/des-limites-du-recrutement-automatise

    Aux États-Unis, de plus en plus d’entreprises utilisent des systèmes automatisés de sélection de candidats, pointe le journaliste Nick Keppler pour Vice. Les logiciels de suivi de candidature comme on les appelle, longtemps réservés aux très grandes entreprises recevant des milliers de candidatures, sont désormais accessibles dans de plus en plus de secteurs et pour tous types d’entreprises et d’embauches (même de stagiaires). En moyenne, estime le site de recherche d’emploi Glassdor, 250 candidats (...)

    #EPIC #travail #recrutement #discrimination #sexisme #reconnaissance #facial #racisme #biométrie #algorithme #Facebook #Amazon (...)

    ##HireVue
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  • « La #passion peut devenir le levier de nouvelles formes d’#exploitation »

    L’anthropologue et ethnologue #Giulia_Mensitieri a obtenu le Grand Prix du livre de mode 2019 pour son enquête sur la précarité systémique au sein de l’industrie de la mode. Elle y expose comment ce milieu a réussi ce que bien des industries créatives et culturelles tentent de faire : rendre normal de proposer des dimensions symboliques comme le prestige ou l’espoir en guise de rémunération. Son essai, Le plus beau métier du monde (La Découverte), paraît en format poche au mois de mars. Entretien.

    Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur le milieu de la mode ?

    Giulia Mensitieri : J’avais envie d’enquêter sur les transformations du travail, de sa valeur et de sa nature dans le #capitalisme contemporain. Lorsque j’étais en doctorat à l’EHESS, j’ai pu constater que les jeunes chercheurs dont je faisais partie, tout comme les travailleurs des industries culturelles et créatives, bénéficiaient d’un statut social valorisé et valorisant, tout en étant dans une forte précarité financière. Il y avait une sorte de scission entre le statut social et le statut économique.

    En tant qu’anthropologue, je procède par enquêtes ethnographiques, en immersion. Il me fallait trouver un terrain – un milieu, une communauté – dans lequel je pourrais m’introduire et explorer les questions qui m’intéressaient. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Mia, styliste photo, et découvert les inégalités qui régissent le monde de la mode, l’une des industries les plus puissantes du capitalisme contemporain.

    Votre livre restitue le quotidien de travailleurs de la mode, qu’ils travaillent dans des maisons de couture, en boutique ou dans l’atelier d’une figure montante. Vous faites preuve de beaucoup d’empathie pour leurs choix et leurs situations et cela peut se lire dans l’enquête. Pourquoi était-ce important pour vous ?

    C’est une posture déontologique propre à l’anthropologie. Il faut essayer de comprendre les situations de l’intérieur et les choix des individus sans juger. J’ai pris très au sérieux les motivations, les désirs, les choix et les arguments des personnes qui m’entouraient. De surcroît, lorsque l’on est en immersion, que l’on côtoie les gens et que l’on tisse des liens avec eux, il est très difficile de se mettre à distance et d’objectiver, bien que ce soit également le travail du chercheur.

    Dans le cas particulier de ma recherche, j’ai donné une place importante aux émotions, y compris celles dont j’ai moi-même fait l’expérience, car je les considère comme des données de l’enquête. Le milieu de la mode fonctionne sur les affects et les relations interpersonnelles de manière très particulière, qui en font des leviers de l’exploitation. Je m’explique : il y a une tendance à penser les rapports inégalitaires dans le monde du travail de manière subjective, interpersonnelle, anecdotique – « Mon chef est désagréable », « j’ai de la chance » ou « je n’ai pas de chance » –, quand ces rapports sont en réalité structurels et systémiques. Dans une industrie régie par des passions, des élans de désirs, il s’agit en fait d’une autre échelle de la violence. Ces nouvelles formes d’exploitation basées sur les #affects font partie de ce que l’on appelle le #capitalisme_émotionnel.

    Les travailleurs de la #mode choisissent ce métier car ils aiment la haute couture, la beauté, vous dites qu’ils sont « saisis » par le rêve… Au point qu’une fois l’envers du rêve révélé, peu des personnes interrogées dans votre enquête, même quand elles sont déçues, décident de partir. Comment l’expliquer ?

    C’est un peu plus complexe que cela. En effet, l’amour pour la beauté, la création, l’art, les vêtements et la transformation que la mode vend est sans doute l’une des raisons les plus courantes de l’entrée dans ce monde. Le statut social importe également. La mode vend un rêve de luxe, de prestige et d’exception qui meut également les travailleurs et les aspirants travailleurs de cette industrie, bien que cela soit très lointain de la réalité professionnelle.

    Alors pourquoi restent-ils ? Pour plusieurs raisons. Souvent, très concrètement, les personnes exploitées n’ont pas de temps pour chercher un autre emploi. Elles sont tenues sous l’eau, comme dans bien de milieux professionnels. Mais au-delà de ça, la mode offre, en échange de la précarité et des inégalités, un statut social privilégié. Dire « je travaille dans la mode » place directement les individus dans une sorte d’élite symbolique. Il y a vraiment un effet magique. Pour les travailleurs, il est difficile de renoncer à ce statut, de ne plus bénéficier de ce regard-là et de quitter ce que j’appelle cette « élite du désir » pour se projeter dans d’autres milieux professionnels qui ne bénéficient pas de cette aura.

    En réalité, ils sont pourtant nombreux à partir parce qu’ils ne peuvent plus tenir. La durée de carrière dans cette industrie est très courte, à moins d’avoir la possibilité de travailler gratuitement à long terme, ce qui pose un enjeu de classe très important, relatif à de nombreuses industries culturelles et créatives. Qui peut se permettre de travailler gratuitement pour construire son CV ? D’investir dans cette économie de la promesse et de l’espoir ? Ceux qui sortent de ce monde sont ceux qui n’ont pas cette possibilité-là, économique, voire psychique.

    Au lieu de partir, pourquoi n’essaient-ils pas de changer les choses ?

    L’une des règles qui structurent de façon implicite le monde de la mode est que l’on accepte d’emblée les inégalités. Dans le livre, je cite cette phrase de Lagerfeld : « La mode c’est l’injustice totale, c’est comme ça, c’est tout ». Cela fait partie des dimensions qui rendent en apparence ce monde exceptionnel, comme s’il était régi par d’autres règles que celles qui structurent le monde du travail en général. Je dis bien « en apparence exceptionnel » parce que je ne pense pas que l’on puisse considérer la deuxième industrie la plus puissante en France du point de vue économique, une industrie qui représente 6 % de la consommation mondiale et qui mobilise plusieurs milliards de travailleurs, comme une exception dans le capitalisme. Elle en est davantage un emblème.

    Pour préserver sa carrière dans la haute couture, la styliste photo que vous suivez, Mia, doit cacher ses missions rémunératrices pour des catalogues grand public et mettre en avant des prestations gratuites ou payées en bons d’achats par des marques de luxe. Quelle est la logique derrière cela ?

    C’est ce que j’appelle dans le livre « la règle du jeu » : plus une prestation professionnelle est valorisante pour le CV et la carrière, moins elle sera payée en argent. La mode a réussi – et encore une fois je vous invite à faire le lien avec de nombreuses autres industries – ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait la « démonétisation du travail ». C’est-à-dire que le travail n’est plus payé en argent mais dans des dimensions symboliques et immatérielles. Des prestations professionnelles vont être payées en prestige, en visibilité, ou en espoir… C’est également une manière d’affirmer des hiérarchies. Quand une marque de luxe ou une marque qui se porte très bien financièrement peut se permettre de ne pas payer les gens qui travaillent pour elle, elle établit un lien hiérarchique très fort. Le propos est essentiellement : « Tu as la chance de travailler pour moi, je n’ai pas besoin de te payer, je te rends un service en te permettant de travailler pour moi et c’est toi qui devrais être reconnaissant. »

    Certaines marques vont payer leurs travailleurs avec des biens de luxes, des sacs à main, des vêtements ou autres… Elles sont alors gagnantes sur tous les plans. Non seulement elles n’ont pas besoin de payer leurs travailleurs, mais ces derniers vont en outre mettre en scène les objets que l’industrie produit dans l’espace public, sur Instagram, et devenir ce que les marques appellent des « ambassadeurs ». Cet aspect-là pose d’ailleurs la question de la frontière extrêmement floue entre consommateur et travailleur. Dans la mode, la désirabilité que les travailleurs créatifs produisent – et qui sert d’incitation auprès des consommateurs – est un désir qui les anime aussi. Ils ont eux-mêmes cette forme de désir pour les produits de l’industrie, dont ils sont, selon les échelons, des « consommateurs manqués » ou des consommateurs accédant à ces objets grâce à leur travail. Mia par exemple, alors complètement précaire et sans salaire, a reçu un bon de 5000 € d’une marque de luxe et a pu s’acheter un sac à main à 3000 €. Elle n’aurait jamais pu se le permettre autrement.

    Si le travail assumé n’est pas ce qui permet de gagner sa vie, il semble qu’il y ait une confusion entre le travail et la passion…

    Je vous retourne la question : n’est-ce pas également le cas des journalistes, des chercheurs dont je fais partie et de nombreux autres métiers dans lesquels les conditions financières sont très instables ? La passion fait partie de ces affects qui peuvent devenir les leviers de nouvelles formes d’exploitation. Si l’on remonte aux critiques relatives à l’aliénation durant Mai 68, le travailleur y est considéré comme une machine, aliéné de ses affects et de ses sentiments, répétant continuellement les mêmes tâches. Aujourd’hui, nous sommes quelque part dans une situation complétement inverse. Les exploitations découlent du manque total de frontières entre le sujet hors travail, hors production, et le sujet au travail. Je ne sais pas s’il y a une confusion mais il y a un manque de barrières.

    Les métiers des industries culturelles et créatives sont de surcroît des métiers où il est très difficile de comptabiliser le temps de travail. Est-ce que si l’on est au bar en train de faire du réseau à l’heure de l’apéro, on travaille ? Quand on fait des posts sur Instagram, quand on est dans son lit en train de penser à sa collection ou à son article, est-ce qu’on travaille ? Ce sont des questions que ce type de métiers pose. En tant qu’industrie extrêmement lucrative se permettant néanmoins de ne pas payer tous ses travailleurs en vertu d’un statut social, de désirs et de passions, la mode les pose de manière très particulière, mais ces dynamiques régissent également d’autres mondes professionnels.

    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien/la-passion-peut-devenir-le-levier-de-nouvelles-formes-d
    #émotions

  • Traitées de “petites connes” par un député UDI, des élues de gauche protestent
    Les Inrocks, le 21 février 2020
    https://www.lesinrocks.com/2020/02/21/actualite/politique/petites-connes-un-depute-udi-insulte-des-elues-de-gauche

    https://twitter.com/Clem_Autain/status/1230488853431177217

    Nous sommes toutes des « petites connes »
    Collectif, Médiapart, le 24 février 2020
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/240220/nous-sommes-toutes-des-petites-connes

    Après les insultes du député UDI Meyer Habib, qui a qualifié des parlementaires de « petites connes » suite à leur participation à une danse pour dénoncer l’impact de la réforme des retraites sur les femmes, un collectif d’élues et militantes affirme que « les "petites connes" n’ont pas fini de faire enrager les sexistes de tout poil ». Elles appellent à « faire du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la meilleure réponse qui soit ».

    #Sexisme #France #Clémentine_Autain #Elsa_Faucillon #Esther_Benbassa #Manon_Aubry #Meyer_Habib

    • Le soutien de Meyer Habib à l’épuration ethnique menée par Israël, et à ses crimes de guerre, me parait bien plus grave que des insultes.

      En plus, Habib, en soutenant Israël comme « état juif », viole notre Constitution qui est universaliste.

      Habib est le député de la 8ème circonscription des Français de l’étranger. Il est élu avec seulement 6,6% des voix des inscrits de cette circonscription.

      Sarkozy avait créé en 2012 cette 8ème circonscription comprenant Chypre, la Grèce, Israël, l’Italie, Malte, Saint-Marin, le Saint-Siège et la Turquie. Plus de la moitié de cet électorat réside en Israël.

      Cette circonscription voit d’ailleurs ses électeurs s’abstenir à 90% (lire en bas du tableau sur Wikipedia qui présente la 8ème circonscription des Français de l’étranger) .

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Huiti%C3%A8me_circonscription_des_Fran%C3%A7ais_%C3%A9tablis_hors_de_F

      Il semble bien que cette circonscription ait été créée pour que les fascistes israéliens aient leur voix à l’Assemblée.

      Pourquoi tout cela n’est-il dénoncé par personne ?

      On veut bien ne pas croire au Lobby pro-Israël tout puissant, mais il faudrait nous aider un peu.

    • Quelle saleté, ce gars.
      #sexisme
      « If I can’t dance, it’s not my revolution. »

      Je note aussi le chapeau des Inrocks :

      Visiblement agacé par la chorégraphie contre la réforme des retraites réalisée par des élues de gauche, lundi 17 février, Meyer Habib a provoqué un tollé en les insultant de “petites connes” sur Twitter.

      Wah l’autre, il les a traitées, il les a insultées de petites connes. Même les SR ne savent plus qu’insulter est intransitif et que le verbe traiter de est disponible pour ajouter des compléments... Faudrait les recruter après des études de lettres, pas de journalisme.

  • Manque d’hygiène, insécurité… le scandale des toilettes scolaires en Ile-de-France
    http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/manque-d-hygiene-insecurite-le-scandale-des-toilettes-scolaires-en-ile-de
    Vétustes, dégradés, pas propres... De la maternelle au lycée, l’état déplorable des sanitaires est pointé du doigt par les élèves. Un tiers d’entre eux craignent d’y aller et préfèrent se retenir, avec des conséquences sur leur santé et leur apprentissage.

    « Aller aux toilettes ici ? Jamais ! » Sarah (le prénom a été modifié) est en première au lycée Newton à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Dès son arrivée, elle a évité les sanitaires de son établissement. Elle est loin d’être la seule. A tous les niveaux de la scolarité, partout en Ile-de-France et dans l’Oise, les élèves trouvent ces lieux trop sales, vandalisés, source d’insécurité.

    Selon un rapport du conseil national d’étude du système scolaire (Cnesco) - en charge d’évaluer les politiques scolaires-, de 2017, ils étaient « un tiers à craindre d’aller aux toilettes à l’école et au collège ». En charge de 465 lycées publics qui accueillent quelque 514 000 élèves, la région Ile-de-France, veut s’occuper du problème à coups de millions et de travaux. Elle vient de voter, un « plan d’urgence » pour la rénovation de ces lieux pour un montant de… « 55 millions d’euros », sur un budget global dédié aux lycées de 1,27 milliard.

    Vétusté. D’ici 2022, 120 lycées devraient donc bénéficier de toilettes remis aux normes.Comprendre : « Remplacer les sanitaires les plus vétustes et les adapter en terme d’accessibilité ». C’est un sujet de taille. « On était régulièrement interpellés par les chefs d’établissements, compte tenu de la détérioration constatée, dans 200 lycées, des blocs sanitaires, des vestiaires et des douches », précise Marie-Carole Ciuntu, vice-présidente déléguée aux lycées. Dès cette année, « 80 chantiers devraient être lancés ». La liste complète devrait être dévoilée ce lundi 24 février. Pour l’heure, seuls 113 établissements sont connus.
    Manque d’hygiène, insécurité… le scandale des toilettes scolaires en Ile-de-France

    Les premiers devraient être achevés cet été, comme à Newton. « On est en 2020 et on a encore des toilettes turques », plaisantent, amers, Youssef, Nordine et Paul. Si la question des toilettes les a d’abord fait sourire, ils ont ensuite tenu à répondre. « En vrai c’est un problème, insistent-ils. Ce n’est pas accueillant et ça sent mauvais. » Le sujet n’est pas nouveau, « il revient même tout le temps » confirment les fédérations de parents d’élèves FCPE et PEEP.

    « C’est tabou, ça génère de la moquerie alors qu’il y a des conséquences sur la santé, l’hygiène, la sécurité mais aussi l’apprentissage », énumère Laurent Zaneczkowski de la Peep 92. Que se passe-t-il donc dans les toilettes des collèges et lycées, pourquoi sont-ils boudés ?

    Une toilette pour 50 élèves. Cette moyenne, professeurs, parents et étudiants s’accordent à dire que « c’est insuffisant ». « Près de 4 collèges et lycées publics sur 10 (39 %) déclarent ne pas avoir suffisamment de sanitaires dans leurs locaux », écrit le Cnesco. Impossible de dire combien il en faudrait par étudiant, il n’existe aucune norme scolaire contrairement aux entreprises.

    Dans une société de plus de 20 salariés, le Code du travail impose un cabinet et un urinoir pour 20 hommes et deux cabinets pour 20 femmes. « Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose ?, interroge un enseignant du lycée Angela-Davis à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où les 1 200 élèves se partagent une petite trentaine de WC. A la Tourelle à Sarcelles (Val-d’Oise), les 1 409 lycéens ont « seulement 19 cabinets », déplore un professeur. « L’idéal serait d’avoir une toilette pour 30 élèves », estime Radouane M’Hamdi, représentant du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (Snpden).

    Mal équipés, hygiène douteuse. C’est l’un des principaux griefs évoqués par les élèves. « Il n’y a ni papier toilette, ni savon !, s’agace Nora*, 17 ans, en première au lycée Suger (Seine-Saint-Denis). On fait comment pour s’essuyer, se laver les mains ? Bah on ne fait pas, on se retient », lâche-t-elle provoquant le rire de ses amis. Sofia, 17 ans, prend ses dispositions : « Je mets trois serviettes hygiéniques en espérant ne pas avoir de fuite… »

    De nombreux lycéens franciliens rencontrés au cours de cette enquête, estiment les toilettes « mal équipés ». « Je n’ai vu que les vis du distributeur de papier et des crachats dans le savon », s’amuse presque un élève du collège des Touleuses à Cergy (Val-d’Oise).

    « Ce n’est pas acceptable, réagit Radouane M’Hamdi. Un budget est alloué aux dépenses hygiène. » Pour un collège de 700 élèves, par exemple, « 1000 € par an pour le papier et la même somme pour les produits d’entretien ». Des chefs d’établissement se défendent en expliquant que des élèves gaspillent, bouchent les WC avec le papier. « C’est vrai, rétorque une enseignante. Mais ce n’est pas une raison pour les en priver, il faut trouver d’autres solutions et celle de distribuer deux feuilles de papier toilette aux élèves chaque fois qu’ils vont au cabinet n’en n’est pas une, c’est humiliant. »

    Quant au manque d’entretien, il est confirmé par le Cnesco. « Le nettoyage des sanitaires n’est pas réalisé de manière régulière. La moitié des établissements (53 %), le pratique une seule fois par jour. » Les agents nettoient, mais ce n’est pas suffisant. « Il faudrait plus de passages, comme dans une station-service mais pour cela il faut plus d’agents et revaloriser leur métier », souffle le professeur d’Angela Davis. « Du coup, on va aux toilettes chez nous avant le collège puis en rentrant, détaillent Britany*, Sophie* et Louane*, en 6e à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). On se retient 9 heures, mais parfois on a du mal à rester concentrées ».

    Des risques pour la santé. Et pour la santé, c’est un mauvais plan. « Des élèves viennent nous voir juste pour profiter de nos sanitaires, concède-t-on au Syndicat national des infirmiers(e) s (Snics Fsu). Pour ceux qui se retiennent, il y a un risque d’infection urinaire, de maux de ventre. » Jessica*, mère de Britany, redoute les conséquences pour sa fille. « Elle rentre souvent avec des douleurs abdominales. Elle refuse d’aller aux toilettes de son collège. » A l’école élémentaire déjà où, selon l’étude Essity « 63 % des enfants se plaignent de maux de ventre à cause d’une mauvaise hygiène des toilettes », Britany esquivait les lieux.

    Dégradations. Portes cassées, éclairages défaillants, murs tagués… Selon le Cnesco, « dans 72 % des établissements [sondés], les interpellations, d’élèves, de parents et du personnel, portent avant tout sur les dégradations dans les sanitaires ». Pourtant, la région débourse chaque année « plusieurs dizaines de milliers d’euros », pour ces lieux d’aisance. « On a beau surveiller, dès qu’on a le dos tourné il y a de la casse », souffle une surveillante. Certains principaux et proviseurs ouvrent les toilettes qu’aux heures de récréation et du déjeuner comme au lycée Clément-Ader à Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne).

    Sexe, insécurité. « Je demande à une copine de m’accompagner pour rester devant la porte, ça me rassure », témoigne Fatima du lycée Newton. Lilou*, scolarisée à René-Auffray à Clichy (Hauts-de-Seine), ne « se sent pas en sécurité parce que ça fume ». Brahim, lui évoque, gêné, « les relations sexuelles qu’il y a dans [son] lycée d’Ivry ». « 16 % des établissements ont été interpellés sur des problèmes de sécurité dans les sanitaires », d’après l’étude du Cnesco.

    Si les équipes pédagogiques interviewées insistent pour ne pas faire des toilettes le lieu de tous les fantasmes, elles n’en restent pas moins réalistes sur ce qui s’y déroule. « Il se passe des choses que nous ignorons, abonde Radouane M’Hamdi. Il y a aussi des histoires de sexe, ce n’est pas la majorité des cas mais ça existe. »

    Katia Baudry, chargée de mission à l’association Astheriia, intervenante dans des établissements scolaires le constate : « c’est le meilleur endroit pour coincer quelqu’un à l’abri des regards, le filmer ». « C’est là que des fellations sont parfois faites. » A la Tourelle, la situation n’est pas simple. « Il a fallu fermer les sanitaires aux étages et près des ascenseurs suite à des incidents : racket avec déjà deux conseils de discipline, agression, et départ de feu pendant des manifestations et mardi (une semaine avant les vacances d’hiver) », détaille un prof.

    Un budget colossal. Face à ces constats récurrents, « il faut du personnel affecté aux toilettes pour les entretenir et surveiller », propose Laurent Zaneczkowski. Mais le coût serait énorme. Par an, la région, qui compte 8500 agents « dont 20 % sont affectées au nettoyage des classes, toilettes… », dépense « 30 millions d’euros en masse salariale pour la propreté ».

    Conscient de la problématique, le conseil départemental (CD) de Seine-Saint-Denis a voté un plan de 2015 à 2020, de 640 millions d’euros pour ses 130 collèges, dont 9 millions dévolus aux sanitaires. Et a lancé en 2019, un projet expérimental au collège Fabien de Saint-Denis. Après avoir recueilli les témoignages des collégiens pendant un an, « des travaux ont été menés par les élèves et des miroirs ont été installés », détaille le CD 93. Depuis, « il n’y a plus de dégradation. Il semble que les élèves aient moins d’appréhension à se rendre aux sanitaires. » L’expérimentation « pourrait être généralisée progressivement dès l’année prochaine ». Une initiative à suivre ?

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    « Il faut répéter aux élèves qu’il ne faut pas se retenir »

    Des enfants qui ont un problème de santé faute d’être aller aux toilettes à l’école, le Docteur Patrick Simonelli, président de SOS Médecins dans le Val-d’Oise, en voit souvent. La structure réalise 95 000 consultations et 30 000 visites par an.

    Le problème des toilettes à l’école est-il préoccupant ?

    Patrick Simonelli. C’est un souci, et un sujet important pour les familles. Ça nous arrive d’en parler en consultation. On est par ailleurs assez vite sollicités car les symptômes provoqués par le fait de ne pas aller aux toilettes sont assez aigus. C’est un acte de soins non programmés que l’on voit très régulièrement.

    Quelles sont les conséquences sur la santé ?

    Il y a des risques d’infections urinaires. On s’empêche de boire, d’aller uriner, c’est un vrai problème de santé. Outre le désagrément local de la cystite avec ses brûlures, ses douleurs etc., le risque quand ça se propage et que ce n’est pas traité à temps, c’est la pyélonéphrite. C’est-à-dire une infection qui va se propager au niveau du rein et qui demande des traitements antibiotiques plus longs avec un risque sur le bon fonctionnement du rein.

    Qu’en est-il du manque de propreté des cabinets, souvent évoqué par les élèves ?

    Il y a le risque de gastro-entérite qui se transmet quand on va à la selle et si on ne se lave pas bien les mains. Si les toilettes ne sont pas bien nettoyées, c’est un réservoir à germes pour la gastro. Le fait qu’il n’y ait pas de savon, c’est dramatique. On avait vu une baisse importante des gastro-entérites quand il y avait eu cette campagne contre le virus H1N1 [grippe A] où tout le monde se servait de liquides hydroalcooliques. Comme tout le monde se lavait les mains en permanence, il y a eu beaucoup moins de gastros dans les écoles.

    Que préconisez-vous ?

    Il y a un discours qui doit être mis en place. Il faut répéter aux élèves qu’il ne faut pas se retenir d’aller aux toilettes. En fait, il faudrait qu’ils y aillent à chaque récréation puisque c’est préconisé de s’y rendre en moyenne toutes les trois heures. Et donc il faut que les toilettes soient propices à ne pas dégoûter les enfants, c’est indispensable. Plus largement, dès la maternelle, il faudrait une plus grande fluidité dans l’accès aux sanitaires.

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    La liste des lycées concernés par les travaux dans les toilettes

    Paris : Turgot (IIIe) Charlemagne (IVe), Abbé-Grégoire-Saint-Jaqcues à Paris, Henri-IV (Ve), Chaptal, Racine (VIIIe), Jacques-Decour, Condorcet, Edgar-Quinet (IXe), Jules-Siegfried (Xe), Dorian (XIe), Paul-Valéry (XIIe), Nicolas-Louis-Vauquelin (XIIIe), Roger- Verlomme (XVe), Janson-de-Sailly (XVIe), Carnot, Honoré-de-Balzac (XVIIe), Henri-Bergson, Jacquard (XIXe), Hélène-Boucher (XXe).

    Hauts-de-Seine : Emmanuel-Mounier à Châtenay-Malabry, René-Auffray à Clichy Guy-de-Maupassant à Colombes, La Tournelle à La Garenne-Colombes, Pasteur à Neuilly-sur-Seine, L’Agora à Puteaux, Paul Langevin à Suresnes, Michelet à Vanves, Charles-Petiet à Villeneuve-la-Garenne, Albert Camus à Bois-Colombes, Daniel Balavoine à Bois-Colombes, Jacques Monod à Clamart, Marie-Curie à Sceaux, Newton à Clichy.

    Seine-Saint-Denis : Aristide-Briand au Blanc-Mesnil, Lycée d’horticulture et du paysage à Montreuil, Condorcet à Montreuil, Paul-Eluard à Saint-Denis, Georges Clémenceau à Villemomble, Jean-Baptiste-Clément à Gagny, Simone Weil à Pantin, Liberté à Romainville, Blaise-Cendrars à Sevran, Suger à Saint-Denis, Paul-le-Rolland à Drancy, Arthur-Rimbaud à La Courneuve, Jacques Brel à La Courneuve, Mozart au Blanc-Mesnil, André-Boulloche à Livry-Gargan, Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec.

    Val-de-Marne : Hector Berlioz à Vincennes, Louise Michel à Champigny-sur-Marne, Darius Mlhaud à Kremlin-Bicêtre, François Arago à Villeneuve-Saint-Georges, Stendhal à Bonneuil-sur-Marne.

    Essonne : Edmond-Michelet à Arpajon, L’Essouriau aux Ulis, Jacques-Prévert à Longjumeau, Les Frères Moreau à Quincy-sous-Sénart, Château-des-Coudraies à Etiolles, Clément-Ader à Athis-Mons, Talma à Brunoy, Alexandre Denis à Cerny, Robert Doisneau à Corbeil-Essonne, Nadar à Draveil, Pärc-de-Vilgenis à Massy, Gaspard Monge à Savigny-sur-Orge, Nikola Tesla à Dourdan.

    Yvelines : Simone Weil à Conflans-Sainte-Honorine, Lucien -René-Duchesne à La Celle-Saint-Cloud, Ecole ERPD Hériot à La Boissière, François-Villon aux Mureaux, Vaucanson aux Mureaux, Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, Jean-Rostand à Mantes-la-Jolie, Adrienne-Bolland à Poissy, Jeanne-d’Albret à Saint-Germain-en-Laye, Ecariste-Galois à Sartrouville, La Plaine-de-Neauphle à Trappes, Louis-Blériot à Trappes, Jules-Ferry à Versailles, Les Pierres Vives à Carrières-sur-Seine, Louise-Weiss à Achères, Marie-Curie à Versailles, Lavoisier à Porcheville.

    Val-d’Oise : Françoise-Dolto à Beaumont-sur-Oise, Georges- Sand à Domont, Vincent Van-Gogh à Ermont, Charles-Baudelaire à Fosses, Arthur-Rimbaud à Garges-lès-Gonesse, Gustave-Monod à Saint-Gratien, Jean-Jacques-Rousseau à Sarcelles.

    Seine-et-Marne : La Bretonnière à Chailly-en-Brie, Léopold-Bellan à Chamigny, René-Descartes à Champs-sur-Marne, Gaston-Bachelard à Chelles, Louis-Lumière à Chelles, Georges-Cormier à Coulommiers, Frédéric Joliot-Curie à Dammarie-Les-Lys, Charles-de-Gaulle à Longperrier, Henri-Moissan à Meaux, Jean-Vilar à Meaux, Léonard-de-Vinci à Meaux, Pierre-de-Coubertin à Nanteuil-les-Meaux, René-Cassin à Noisiel, Gérard-de-Nerval à Noisiel, Charles-le-Chauve à Roissy-en-Brie, Sonia-Delaunay à Ver-Saint-Denis, Henri Becquerel à Nangis, François-Couperin à Fontainebleau, Campus Coulommiers, Clément-Ader à Tournan-en-Brie.

    L’article est bien hypocrite sur l’aspect sexiste du problème. Il y aurait pourtant une solution simple et bénéfique à toutes et tous. Selon la théorie de F.Héritier de la différence de valence des sexe, si les garçons se mettent à faire une activité, par la magie de leurs couilles et celle de la haine du féminin, l’activité deviens sacrée, divine, et l’occasion de compétition phallique. Si les garçons sont astreint au nettoyage les toilettes cela deviendra un sacrement et une discipline olympique. Sachant ceci, pendant que les filles feront de l’autodéfense pour apprendre à casser les genoux en cas d’agression, les garçons aurons des TD de travaux ménagers dans les toilettes.

    #toilettes #école #sexisme #éducation #violence

  • Sexualité : en finir avec les injonctions paradoxales

    « Il faut pimenter sa vie sexuelle », « le sexe est meilleur quand il fait un peu mal »... Les femmes sont victimes de matraquage, dénonce Maïa Mazaurette dans une chronique « coup de gueule ». Car comment réussir à s’écouter quand on demande de considérer l’insulte comme un compliment et la douleur comme un plaisir ?

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/02/23/sexualite-en-finir-avec-les-injonctions-paradoxales_6030503_4500055.html

    ...quand un homme dit non, personne ne vient lui expliquer qu’il pense oui. Parce que quand il a mal, personne ne prétend que c’est pour son bien, que ça n’a pas d’importance, ou qu’il doit réessayer pour s’habituer. Aucun magazine masculin ne propose de se frotter le pénis contre une râpe à fromage avant un rapport pour « pimenter » ses ébats.

    Le point commun de ce matraquage est simple : aux femmes, et aux femmes seulement, on demande de nier leur propre ressenti. Pas parce qu’elles sont folles, mais parce que leur ressenti constitue un bâton dans les roues des partenaires égoïstes (tous les hommes ne sont pas égoïstes). Si les femmes cessent de se faire confiance, alors on peut leur faire subir absolument n’importe quoi : en l’occurrence des violences, des injures, des rapports non désirés et des techniques sexuelles inefficaces.
    Tour de passe-passe

    Dans son ouvrage Pourquoi le patriarcat ? (Flammarion, 2019), la psychologue américaine Carol Gilligan raconte comment la construction de l’identité féminine repose sur ce tour de passe-passe. Vers la pré-adolescence, les filles apprennent à dire « I don’t know » (« je ne sais pas »), tandis qu’encore plus tôt, les petits garçons apprennent à dire « I don’t care » (« je m’en fiche »).

    Cette réduction au silence de ses propres émotions génère des conséquences bien réelles, comme des troubles de la concordance sexuelle. Les travaux de la sexologue américaine Meredith Chivers démontrent en effet que même quand les femmes ressentent une excitation physique (afflux sanguin dans les zones génitales, lubrification), elles n’en sont pas toujours conscientes. Exactement comme s’il existait une barrière invisible entre la tête et le corps.

    Cette discordance est probablement multifactorielle (autocensure, tests mal adaptés, etc.), mais tout de même : comment s’écouter soi-même, quand notre culture sexuelle nous demande en permanence de considérer l’insulte comme un compliment, la douleur comme un plaisir, ou le ressentiment comme un motif de désir ? Quand il faut en permanence « transcender » les signaux les plus élémentaires du corps ?

    Ces aphorismes ne concernent d’ailleurs pas seulement le champ sexuel : « la force des femmes, c’est leur faiblesse », « Les plus visibles sont les plus minces », « L’accouchement est le plus beau jour de leur vie ». On fait comme si les femmes étaient irrationnelles (ce qui revient à les psychiatriser), alors que c’est la logique sous-jacente qui est irrationnelle. Et abusive. « Elle dit non, elle pense oui », « elle dit oui, elle pense oui », « quand on aime son conjoint, on lui donne des rapports », « quand on déteste son conjoint, on lui donne des rapports » : la ficelle est énorme, et nous valons mieux que ces discours littéralement aberrants.

    #sexisme #injonction_paradoxal #catch22 #domination_masculine #hétérosexisme #hétérosexualité #amour #haine #culture_du_viol #BDSM #porno

    • Hérault : des Lyonnais attaqués à la lie de vin au carnaval des Pailhasses, cette « fête barbare »
      https://www.midilibre.fr/2020/02/28/proche-de-montpellier-un-couple-de-lyonnais-agresses-a-la-lie-de-vin-au-ca

      Sauf que lorsqu’ils se sont engagés dans une rue déserte, « un énergumène abominable » s’est littéralement jeté sur eux en les couvrant de lie de vin. « Nos cheveux, nos sacs en cuir avec tout ce qu’il y avait dedans, mon manteau en cuir qui, heureusement, me couvrait jusqu’aux chevilles, tout a été imprégné de cette boue visqueuse. Tout est foutu, on en a pour au moins 2 000 € de préjudice. Et j’ai eu beau hurler sur mon agresseur, expliquer que mon mari avait des problèmes cardiaques, rien n’y a fait, il ne nous a pas laissés partir et a continué à se frotter à nous et à avoir les mains baladeuses à mon encontre. » 

      L’intervention de deux adolescents qui lui ont crié sur la Pailhasse en lui disant qu’il n’avait pas le droit de leur faire ça n’y changea rien. « On a bien essayé de nous enfuir mais il nous a rattrapés et a recommencé son manège. On s’est retrouvé complètement maculé de cette bouillasse. C’est inhumain ce qui nous est arrivé à nos âges. »

      Au bout de plusieurs minutes de calvaire, le couple a trouvé refuge auprès d’un escadron de gendarmes en leur expliquant qu’ils souhaitaient déposer plainte mais « ils nous ont rétorqué que ça ne servait à rien car ils ne retrouveraient jamais l’auteur et qu’il s’agissait d’une fête païenne extrêmement connue depuis le Moyen-âge sur le département de l’Hérault. » Avant de les inviter à aller se nettoyer à la piscine municipale.

      « C’est quand même inadmissible que ce ne soit pas marqué aux entrées du village avec des panneaux qui indiquent que c’est une fête barbare et qu’il ne faut pas pénétrer dans le village lorsqu’on est piéton. On a essayé d’entrer en contact avec le maire mais on nous a dit qu’il était absent. On a essayé de porter plainte au commissariat de Sète on a là encore reçu une fin de non-recevoir. Alors on va faire une lettre au préfet. On ne sait plus vers qui se tourner. On veut absolument éviter que d’autres personnes vivent cet enfer. Ce n’est vraiment pas normal ces choses-là, c’était extrêmement traumatisant. »

    • On a essayé d’entrer en contact avec le maire mais on nous a dit qu’il était absent. On a essayé de porter plainte au commissariat de Sète on a là encore reçu une fin de non-recevoir. Alors on va faire une lettre au préfet.

      C’est pas une lettre au procureur qu’il faudrait faire plutot qu’a préfet ?

      Intéressante cette fête, je ne connaissait pas. La video met bien en évidence l’absence de femmes, la xénophobie et le virilisme de l’événement. Ca ressemble à du bizutage et j’imagine que beaucoup de femmes ont été violées et violentées lors de cette fête depuis des siècles et des siècles qu’elle se pérpétue. Ces hommes qui se roulent dans la boue et la vinasse me font pensé aussi que la saleté est très genrée. Les femmes n’ont pas le droit à la saleté, elles doivent non seulement être propres, mais être épilées, parfumées, corsetées. Elles doivent être propre mais aussi elles doivent nettoyé la crasse des autres. Elles ont la charge de l’hygiène de la demeure du domus à qui elle appartiens (on lui impose toujours le nom du domus) ainsi que du domus lui même et de ses gens (progéniture qui porte aussi le nom du domus), parents et amis du domus, animaux domestiques...
      De leur coté les hommes peuvent être des étrons ambulants comme ces Pailhasses. Ca les rend plus viriles, non seulement parcequ’ils peuvent humilier et agresser les femmes et les étranger·es qui s’aventurent dans l’espace publique, mais aussi ils vont donner une surcharge de travail à leurs femmes qui vont devoir nettoyé toute cette merde, cette pisse, ce vomis que les hommes ont rependus partout.

      https://www.youtube.com/watch?v=kv8rb5EpwPE

      #virilité #bizutage #agression_sexuelle #harcelement_de_rue
      #tradition #espace_publique #féodalisme #xénophobie #alcool #hygiène #saleté

    • https://www.youtube.com/watch?v=2E1UGUkycMY


      « Sans toit ni loi » : Les souillures du carnaval - CINÉLÉGENDE #5

      Dans cette video la fete des palihasses est clairement désigné comme un éventement durant lequel les hommes vêtus de paille s’acharnent à salir les filles.

      Sinon pour ce qui est dévérsé dans la fête des Pailhasse c’est pas seulement de la lie de vin, c’est un mélange de lie de vin et de bouse.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_pailhasses
      #sexisme #misogynie

      Selon cette vidéo « autrefois c’etait pas de la lie de vin, c’etait de la merde » - « il y avait du sang et de la merde »
      https://www.youtube.com/watch?v=j3AdDhmj4p4

  • Amusement et dignité

    2020

    « Je préfère F comme Fontaine, ou Fun, ou Fuck. Je n’ai jamais voulu de ce titre d’album : “Brigitte Fontaine est folle”. C’est la maison de disques qui l’a choisi, ils ne me demandaient pas l’autorisation à l’époque. Je ne suis pas du tout folle, c’est un malentendu, je suis au contraire très raisonnable. Je suis même la seule personne vraiment raisonnable dans un monde de fous ! »

    https://www.nouvelobs.com/culture/20200126.OBS23971/brigitte-fontaine-je-ne-suis-pas-du-tout-folle.html

    2013

    Brigitte Fontaine - ’’Je ne suis pas folle, vous savez
    Ca vous fait chier, cette image de foldingue ?
    Bien sûr. Mais c’est fini ça, surtout depuis l’un de mes derniers livres qui s’appelait La Bête curieuse où j’ai arrêté de faire le clown et de m’amuser à la télé. J’ai été digne, j’ai refusé de m’amuser. C’était pénible comme tout. Odieux, odieux. Un cauchemar.

    https://www.brain-magazine.fr/article/interviews/16651-Brigitte-Fontaine---__Je-ne-suis-pas-folle,-vous-savez__

    Dignité
    A.− Sentiment de la valeur intrinsèque d’une personne ou d’une chose, et qui commande le respect d’autrui.
    1. Prérogative ou prestige inaliénables dont jouit une personne en raison de son comportement, ou qui sont attachés à une chose, et qui leur valent considération et respect ou y donnent droit.
    Étymol. et Hist. 1155 « charge qui donne à quelqu’un un rang éminent »
    https://www.cnrtl.fr/definition/dignit%C3%A9

    #sexisme #folie #humour #mérite #respect #dignité #femmes