• Mer Méditerranée : selon des ONG, un millier de migrants ont disparu lors du passage de la tempête #Harry

    Le bilan humain du passage de la violente #tempête Harry, qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier pourrait être bien plus élevé qu’annoncé. Les gardes-côtes italiens avaient estimé à 380 le nombre de migrants morts en mer mais des associations ont revu le chiffre à la hausse, évoquant désormais 1 000 exilés #disparus. Il pourrait alors s’agir de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », selon l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans.

    Que s’est-il passé en Méditerranée centrale mi-janvier ? Combien de personnes ont péri dans une tempête alors qu’elles tentaient de rejoindre les côtes italiennes ? Sans corps, difficile d’établir un bilan précis.

    L’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) et Refugees in Libya (qui documente la vie des migrants en Libye mais aussi en Tunisie) estiment qu’un millier de migrants sont morts lors du passage de la violente tempête Harry, qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier. Harry a généré des vagues allant jusqu’à 16 mètres de haut et des rafales de vent atteignant plus de 54 nœuds, dévastant plusieurs zones côtières de Sicile, de Sardaigne et de Calabre. Dans ce contexte, les canots précaires et surchargés des migrants n’avaient quasiment aucune chance de survie.

    Dans un premier temps, les gardes-côtes italiens avaient avancé le nombre de 380 personnes disparues, à bord de huit embarcations parties de #Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ. Mais ces derniers jours, de nouvelles informations semblent dessiner « les contours de la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », indique Laura Marmorale, présidente de MSH dans un communiqué publié lundi 2 février.

    « Des centaines de familles, de parents et d’amis de disparus sont désespérés »

    « À partir du 15 janvier, plusieurs convois sont partis de différents points côtiers », assure MSH en se basant sur des témoignages recueillis auprès de proches de disparus et de migrants en Tunisie qui devaient prendre place sur ces canots mais n’ont pas pu le faire faute d’argent pour payer le passage. « Des convois entiers ne sont jamais revenus ».

    Un passeur, connu localement sous le nom de Mohamed « Mauritanie », aurait notamment fait partir cinq embarcations, transportant chacune entre 50 et 55 personnes, durant cette période. Du km 19 à 21 (les camps de migrants disséminés dans les oliveraies de la région se Sfax portent le nom des kilomètres indiqués le long de la route principale qui mène à El-Amra), les sources de MSH et Refugees in Libya parlent de 10 bateaux ayant pris la mer.

    Depuis le km 30, sept embarcations sont parties, toujours selon les deux ONG. Depuis les km 33 et 38, « sept autres convois ont été lancés », rapportent MSH et Refugees in Libya. Parmi ces canots, un seul a été intercepté par les gardes-côtes tunisiens et est revenu sur la côte tunisienne. Ces migrants, retournés dans les champs d’oliviers d’#El-Amra, affirment avoir été témoins de plusieurs naufrages en mer.

    La semaine dernière, les noms de migrants disparus ont commencé à émerger : « Des personnes connues pour être parties [vers l’Italie] sont injoignables », rapportent les ONG. « Des centaines de familles, de parents et d’amis de disparus sont désespérés ». Le médecin Ibrahim, qui a monté un hôpital de fortune dans les camps d’El Amra, assure par exemple être sans nouvelles de cinq membres de sa famille, faisant partis de ces convois.

    MSH reconnaît que les informations dont elle dispose sont « fragmentaires et parfois contradictoires », mais une chose est sûre selon l’ONG, le nombre de 380 disparus avancé par les autorités italiennes ne correspond pas à l’ampleur de la catastrophe.

    Dans un communiqué publié lundi 2 février, le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a aussi affirmé que « les informations faisant état d’autres incidents en mer Méditerranée au cours de la semaine dernière suggèrent que ces chiffres pourraient être en deçà du bilan réel ».

    Un homme retrouvé agrippé à l’épave d’un canot

    Parmi tous ces canots manquants, seule une embarcation est parvenue à atteindre les côtes italiennes. Le 22 janvier, une soixantaine de personnes parties de Sfax ont été secourues au large de Lampedusa. Dans ce canot, « des sœurs jumelles âgées d’un an sont portées disparues [en mer] et un homme a perdu la vie », avait indiqué l’association Save the Children.

    Par ailleurs, un migrant originaire de Sierra Leone a été miraculeusement secouru le 24 janvier. Il dérivait seul depuis 24 heures agrippé à l’épave du bateau et a été récupéré par un navire marchand au large de la Tunisie. « Lors de son sauvetage, des corps ont été vus flottant dans l’eau », signale MSH.

    L’unique survivant de ce naufrage a été emmené à Malte pour y recevoir des soins médicaux, ont déclaré les forces armées maltaises. Selon son témoignage, le bateau dans lequel il se trouvait avec 51 exilés à bord, s’est retourné à cause de la tempête.

    Vendredi 30 janvier, le navire de sauvetage Ocean Viking, de l’ONG SOS Méditerranée, a par ailleurs récupéré le corps sans vie d’une femme dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) maltaise. Elle pourrait faire partie des personnes disparues lors de la tempête Harry.

    « Ces naufrages effroyables ne peuvent être considérés comme inévitables. (…) Nous ne pouvons pas tolérer que la Méditerranée reste un cimetière pour ceux qui cherchent la sécurité », tance le HCR.

    Depuis 2014, année des premiers recensements de l’Organisation internationale des migrations (OIM), près de 26 000 migrants sont morts en Méditerranée centrale en essayant de rejoindre les côtes européennes.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69607/mer-mediterranee--selon-des-ong-un-millier-de-migrants-ont-disparu-lor
    #décès #1000_morts #Méditerranée #mer_Méditerranée #migrations #asile #réfugiés #mourir_en_mer #mourir_en_Méditerranée

    ping @6donie @karine4

  • Le bug émissaire — Le dibbouk
    https://ledibbouk.net/le-bug-emissaire.html

    Varan n’aimait pas le chiffre trois. C’était un chiffre mou, une courbe inachevée. Il préférait le quatre. Le quatre était un angle droit, une stabilité, une promesse de clôture.

    Il vivait dans la station de métro Arsenal. Son studio était un cube de béton brut où chaque objet était aligné sur des bandes de ruban adhésif noir collées au sol. Pour Varan, une brosse à dents décalée de deux millimètres n’était pas un désordre ; c’était une dissonance acoustique qui lui griffait l’intérieur du crâne.

    #fiction #SF

  • Puntata del 09/12/2025@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-09-12-2025

    Il primo approfondimento della serata lo abbiamo fatto in compagnia di Rocco di CO.L.P.O., collettivo che si occupa di auto difesa sui posti di lavoro, con uno sportello di consulenza settimanale aperto a Barriera di Milano a #torino. Ed è proprio dal loro lavoro di raccolta di testimonianze sul territorio che arriva questa storia, come […]

    #AeG_riscossioni #Boicottaggio_Israele #ccnl_metalmeccanici #Colpo_Torino #cottimo #EX_ILVA #Genova #inchiesta #InfoAut #Israele #metalmeccanici #presidio #sfruttamento #smat #Watertech
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/12/F_m_09_12_Rocco-di-Colpo-racconta-vertenza-SMAT-invito-presidio-11-di

  • sorpresa! – Lo chiamavano Trinitalia@0
    https://radioblackout.org/podcast/sorpresa-lo-chiamavano-trinitalia

    il 15 ottobre un ordine di sfratto si trasforma in un massacro: 3 carabinieri morti e tanti feriti. Uno sgombero che aveva richiamato un esercito di militari e vigili del fuoco, perchè? Semplice, gli inquilini gliel’avevano promesso che se si fossero permessi di portargli via la casa di famiglia li avrebbero aspettati col gas aperto. […]

    #c'hai_le_storie #sfratti #tabor
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/11/sorpresa-ramponi.mp3

  • “Piano Casa”: il #governo_meloni di fronte alla crisi abitativa strutturale
    https://radioblackout.org/2025/11/piano-casa-il-governo-meloni-di-fronte-alla-crisi-abitativa-struttura

    In questi giorni il governo Meloni sta discutendo del “Piano Casa”. Creazione dell’Autorità per l’Esecuzione degli #sfratti, abbreviate le procedure e le tempistiche: tutto sembra aggravare una situazione di crisi abitativa già critica. È infatti chiave collocare questa risposta governativa in un trend più ampio di assenza di politiche significative per il diritto all’abitare e, […]

    #L'informazione_di_Blackout #diritto_all'abitare #Piano_casa
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/11/2025_11_06_2025.11.06-09.00.00-LeonardiCasa.mp3

  • AGGIORNAMENTI DA #Gaza
    https://radioblackout.org/2025/09/aggiornamenti-da-gaza-3

    IL QUADRO DELLA SITUAZIONE CON ELIANA RIVA Insieme a Eliana Riva, giornalista e caporedattrice di Pagine Esteri, facciamo il punto su quanto accade in queste ore nella striscia di Gaza. Un aggiornamento in primis sul piano umanitario: con l’acuirsi dell’invasione della Striscia, mancano sempre più beni essenziali quali cibo e acqua, si intensificano raid e […]

    #Blackout_Inside #L'informazione_di_Blackout #palestina #sfollati

  • “Questo è uno sfollamento eterno”: l’attacco israeliano alla città di Gaza costringe migliaia di persone a fuggire senza avere un posto dove andare
    https://www.assopacepalestina.org/2025/08/28/questo-e-uno-sfollamento-eterno-lattacco-israeliano-alla-citta-di

    di Abdel Qader Sabbah, Drop Site News, 28 agosto 2025. “Nessuno viene risparmiato: né gli anziani, né i bambini, né le donne. Nessun essere umano viene risparmiato”. Il genocidio a Gaza continua a raggiungere nuovi livelli con l’operazione israeliana in corso per conquistare e ripulire etnicamente la città di Gaza. I palestinesi descrivono la situazione ... Leggi tutto

    #Notizie #sfollati_senza_speranza
    https://www.assopacepalestina.org/wp-content/uploads/2025/08/video-2.mp4

  • "Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’" : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée

    Les « #retours_volontaires » de migrants se multiplient ces derniers mois depuis des pays comme la #Tunisie ou la #Libye. Mais ces #rapatriements chapeautés par l’#ONU sont perçus par les chercheurs comme des #expulsions_déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions.

    « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », ont décrypté des chercheurs face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe.

    « C’est très dur ici. C’est compliqué », confie Mac*, un Guinéen de 24 ans, rencontré il y a quelques semaines par l’AFP lors de l’évacuation de camps de fortune à El Amra, près de #Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Comme de nombreux migrants, las, le jeune homme s’est inscrit auprès de l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) pour bénéficier d’un accompagnement afin de rentrer chez lui.

    Développés depuis 1979, les programmes d’#aide_aux_retours_volontaires (#ARV), soutenus par l’OIM n’ont jamais eu autant de succès en Tunisie, Libye ou encore en #Algérie, points de passage pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui tentent de rejoindre l’Europe.

    « La seule #alternative possible »

    En 2024, 7 250 migrants présents sur le sol tunisien, principalement originaires de Gambie, Burkina Faso et Guinée ont bénéficié de l’ARV, soit une augmentation de 1 000 % entre 2018 et 2024. En Algérie, ils étaient 7 834 (+ 600% sur la même période 2018/2024) et 16 207 en Libye (+ 65%) à être retournés dans leur pays par le biais de l’ARV, selon l’OIM. Outre le voyage, certaines de ces personnes en situation illégale peuvent bénéficier d’une aide financière pour se réinstaller dans leur pays.

    « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires », alerte Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    En Tunisie et en Libye, les #conditions_de_vie sont délétères pour les Africains subsahariens, victimes de #racisme, d’#exactions, de #kidnapping, d’abandons dans le désert, voire de #meurtres. La plupart peinent à se loger, vivent dans des #campements insalubres, avec un accès limité voire inexistant aux soins. La rédaction d’InfoMigrants a déjà reçu de nombreux témoignages de migrants racontant leur calvaire.

    Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de #vulnérabilité accrue », explique de son côté Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».

    Selon les textes internationaux, les participants au programme ne doivent pourtant subir « ni pressions physiques ou psychologiques » et avoir accès à des informations « objectives et fiables » sur lesquelles fonder leur décision de partir.

    L’OIM se défend d’expulsions déguisées

    Accusée de prêter main forte aux politiques d’expulsion des migrants, l’OIM s’en défend et assure intervenir seulement une fois qu’une personne a donné son consentement éclairé pour recevoir de l’aide.

    Pour l’agence de l’ONU, « mieux vaut ça que rien et que les migrants risquent leur vie en traversant la mer », décrypte Jean-Pierre Cassarino qui rappelle que l’OIM est financé « rubis sur l’ongle par l’Union européenne ».

    Ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’#externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom, observent les deux chercheurs.

    A l’été 2023, l’UE et la Tunisie ont conclu un « #partenariat » prévoyant une aide de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière, incluant le financement du « retour volontaire » de 6 000 migrants irréguliers.

    Pourtant, sur le long terme, les « retours volontaires » sont sans effet, expliquent les deux spécialistes. Beaucoup de migrants tentent à nouveau le voyage car ils n’ont pas tous un endroit sûr ou vivre et ont fui des conflits, des persécutions ou des difficultés économiques, pointent-ils.

    « Le désespoir est si fort qu’il vont réessayer », rappelle Jean-Pierre Cassarino.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64924/il-ny-a-rien-de-moins-volontaire-quun-retour-volontaire--des-chercheur

    #expulsions #inefficacité #efficacité #IOM

  • En #Tunisie, les autorités accélèrent le démantèlement des #camps de migrants près de #Sfax

    En Tunisie, les opérations de #démantèlement de #campements de migrants dans les oliveraies de Sfax, dans le centre-est du pays, s’accélèrent depuis le mois d’avril. Ils seraient entre 20 000 et 30 000 migrants originaires d’Afrique subsaharienne à vivre dans ces campements de fortune, selon les chiffres de la garde nationale. Mais cette stratégie est-elle vraiment efficace et à quel prix humain se fait-elle ? Reportage de nos correspondants Lilia Blaise et Hamdi Tlili.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64878/en-tunisie-les-autorites-accelerent-le-demantelement-des-camps-de-migr
    #encampement #destruction #migrations #réfugiés #migrants_sub-sahariens

  • Fascisme et science-fiction
    http://journals.openedition.org/resf/2652

    De nombreuses critiques récentes ont montré que la SF était « naturellement » libérale et progressiste. Cet article soutiendra que de telles affirmations sous-estiment la diversité du genre, négligeant la manière dont certains tropes fondateurs et certaines structures narratives (ce qui apparaît le plus clairement dans la SF pulp) convoquent des intrigues et des figures plus proches du fascisme que de la pensée progressiste. Pour certains critiques, la politique anti-progressiste de nombreuses œuvres de l’époque des pulps est une fâcheuse bizarrerie historique, transcendée et oubliée depuis longtemps. Cet article soutient, d’autre part, qu’une sorte de fascisme latent de l’ère des pulps subsiste même dans les formes contemporaines ostensiblement progressistes. Retracer la vie après la mort des tropes et des thèmes fascistes complexifie de nombreuses affirmations critiques sur les tendances idéologiques du genre.

  • De Sfax à Salakta, une cohabitation délicate entre migrants et Tunisiens
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/04/22/de-sfax-a-salakta-une-cohabitation-delicate-entre-migrants-et-tunisiens_6598

    De Sfax à Salakta, une cohabitation délicate entre migrants et Tunisiens
    Par Mustapha Kessous (Sfax, El Amra, Salakta, Tunisie,
    Il n’a pas été tenté – comme d’autres – de gonfler ses prix. Pour Ala Cherif, gérant de la supérette Mamix d’El Amra, un client est un client, qu’il soit du coin ou « Africain ». Le temps d’une course, les migrants subsahariens échoués dans cette modeste commune du centre-est de la Tunisie peuvent avoir l’impression d’être traités comme des gens ordinaires. « Ici, il n’y a pas de tarifs “pour les Blacks”, constate Mouctar Thiam, un jeune Sénégalais. Ailleurs, on nous augmente tout et quand on demande un ticket à la caisse, on refuse de nous le donner. »
    A la sortie de la supérette, de jeunes Tunisiens proposent de charger les provisions sur leurs vieilles mobylettes : à partir de 10 dinars (quelque 3 euros) – un montant exagéré – pour une livraison jusqu’à l’un des camps informels, posés dans les champs d’oliviers qui ceinturent la cité agricole. « Comme les Africains consomment, commerçants et habitants gagnent beaucoup d’argent grâce à eux », explique Ala Cherif. On raconte même qu’une marchande sans le sou a fait fortune rien qu’en prélevant des commissions sur l’argent envoyé aux migrants par leur famille.
    Dans les rues, certains les appellent « les Noirs » ou les hèlent en criant « mon ami ». « Ils ne disent pas “mon frère”, à croire qu’on ne vient pas du même continent, c’est une façon de nous rabaisser », souligne Aboubacar Bary, un Guinéen de 25 ans qui patiente dans les environs depuis des années dans l’espoir de rallier un jour l’île italienne de Lampedusa. Pourtant, dans les travées du marché du dimanche, tout le monde cohabite devant et derrière les étals. « Un de mes amis travaille ici, il est payé 5 dinars la journée, raconte Mouctar Thiam. Mais d’autres patrons rémunèrent au prix juste [entre 15 et 20 dinars]. »
    Entre Subsahariens et Tunisiens, une ambivalence s’est installée : entre solidarité et rejet, bonnes affaires et discours complotistes. Même le député anti-migrants Tarek Mahdi, élu de la région de Sfax – dont dépend El Amra – admet qu’ils peuvent représenter « un mal nécessaire », puisqu’ils permettent à certaines familles « pauvres » d’amasser quelques dinars. En Tunisie, le salaire minimum mensuel plafonne à 448 dinars (131 euros). « Mais il faut qu’ils partent du pays. Ils sont trop nombreux », répète M. Mahdi. Les autorités estiment à 20 000 le nombre de migrants vivant dans les camps aux alentours – pour une ville de 30 000 habitants. Au niveau national, les chiffres oscillent entre 60 000 et plus de 100 000, selon le député. « C’est la catastrophe, glisse sans colère Imen Hosni, une commerçante de 36 ans, qui vend stylos et cahiers à deux pas de la supérette Mamix. Ils sont clandestins, et beaucoup sont des clochards et des voleurs. Ils sont devenus agressifs. »
    L’activiste Zied Mallouli, président du collectif citoyen « Sayeb Trottoir » (« Libérez le trottoir ») – créé il y a près de dix ans sans rapport avec le problème migratoire – note « un sentiment paradoxal » qui tiraille les Tunisiens. « Les gens ne comprennent pas pourquoi la Tunisie joue les gardes-côtes de l’Europe, tout en voyant que les migrants restent coincés chez nous alors qu’ils veulent partir, note-t-il. Ils sont fatigués de subir un blocus qui ne dit pas son nom. »
    En juillet 2023, la Tunisie a signé un accord avec l’Union européenne (UE) : 260 millions d’euros d’aides pour renforcer, entre autres, les garde-côtes tunisiens. Depuis, la route maritime s’est refermée. Au 1er janvier, seuls 432 exilés sont parvenus à rejoindre l’Europe, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils étaient plus de 18 000 sur la même période, il y a deux ans.
    C’est également en 2023 que le président Kaïs Saïed a parlé de « hordes de migrants clandestins ». « Il existe, avait-il affirmé le 21 février, un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie. » Certains y croient toujours, persuadés que cette « horde » a été délibérément envoyée en Tunisie pour « renverser » le chef de l’Etat ou « déstabiliser » le pays. Par qui ? Ils ne le savent pas. « Il y a danger : c’est le début du changement démographique pour notre petit pays de 12 millions d’habitants », martèle le député Tarek Mahdi évoquant « 6 000 naissances dans une période courte ».
    Début avril, à Salakta, un riverain, qui souhaite conserver l’anonymat, a filmé un départ avorté d’une embarcation sur une plage. Alors que la police était présente, des jeunes du quartier sont venus caillasser le bateau. Quelques nuits plus tard, dans les environs, une rumeur disait que la police allait « rafler » les étrangers. Certains se sont cachés dans des maisons en construction ou chez des Tunisiens qui les ont accueillis.
    Zied Mallouli souhaite que l’Etat trouve « une solution humaine » pour ces migrants sans attiser racisme ou théories du complot. Professeur de français, il a cependant manifesté contre la présence des exilés à Sfax, en juin 2023. A l’époque, la cohabitation était de plus en plus difficile. « C’était ingérable, atteste Riadh Haj Taieb, ancien directeur général des services techniques à la municipalité de Sfax. Quand ils ont commencé à arriver [à partir de 2015], tout le monde les aidait en leur donnant de la nourriture, des vêtements, en offrant du travail. Mais après le Covid, on a réalisé qu’ils étaient vraiment nombreux. »
    Les deux hommes racontent « la panique » des Sfaxiens en découvrant que leur logement, loué à trois ou quatre migrants, était en réalité occupé par « une vingtaine de personnes, parfois plus ». Ils évoquent « la peur » face aux violentes rixes – « la guerre » – entre « Subsahariens » ; ou encore des agressions. « Des gens racontaient que les chats de la ville avaient disparu, c’est dire l’irrationalité de la peur », se remémore M. Mallouli. Le député Tarek Mahdi va plus loin en multipliant les détails sordides : selon lui, des migrantes se prostituaient devant les lycées, proposant leurs faveurs aux jeunes Tunisiens « sans protection » ; des bagarres « entre Africains » se terminaient en « meurtre »…
    Dans son téléphone, l’élu dit recevoir des témoignages en tout genre, de personnes violentées avec « des sabres », de jeunes filles abusées, et montre des images de vidéosurveillance du meurtre de Nizar Amri, « égorgé » par un migrant en juillet 2023. « Je travaillais à côté et je lui avais porté assistance. En lui faisant du bouche-à-bouche, je sentais l’air sortir de sa gorge, prétend-il. Dans les quartiers chauds, les habitants avaient décidé de chasser les migrants. » Face à une population excédée, la police avait expulsé des milliers de Subsahariens. Les mêmes qui ont trouvé refuge dans les oliviers autour d’El Amra.
    Ils s’y abritent encore par peur de la prison pour « séjour irrégulier », ou pire – disent-ils – d’être « déportés » dans le désert, près des frontières algériennes et libyennes. Ils ont en assez d’être mal perçus, de voir des Tunisiens se pincer le nez à leur passage, de peiner à trouver du travail. Au point de mettre une croix sur leur rêve d’Europe ? L’OIM confirme au Monde que l’organisation a aidé plus de 2 000 personnes à rentrer volontairement dans leur pays d’origine, depuis la Tunisie, entre le 1er janvier et le 17 avril. Les autres restent déterminés à monter sur une barque pour rejoindre Lampedusa.
    Le député Tarek Mahdi veut aller plus vite. Il plaide pour la mise en place d’« un pont aérien » entre la Tunisie et les pays d’origine des exilés afin d’« accélérer » leur retour et pour une réévaluation à la hausse des aides de l’UE. « Nous ne pouvons pas jouer les gardes-côtes pour des cacahuètes, clame-t-il. Il faut plus d’argents sinon, il faut qu’on réouvre la frontière pour les laisser partir. Ces migrants ne sont pas notre problème, mais celui de l’Europe. »

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#subsaharien#sfax#migrationirreguliere#UE#politiquemigratoire#expulsion#droit#sante

  • Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64109/demantelement-de-camps-en-tunisie--les-pays-europeens-doivent-financie

    Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays »
    Par Julia Dumont Rana Aldiab Publié le : 22/04/2025
    Depuis le début du mois d’avril, plusieurs campements de migrants installés dans les oliveraies autour de la ville de Sfax sont évacués par la Garde nationale tunisienne. Le député de Sfax Tarak Mahdi a assisté à certains de ces démantèlements. Proche du président Saïed, il dément les accusations de violences imputées aux forces de l’ordre. Et affirme que les exilés n’ont d’autre choix que de retourner dans leur pays d’origine. Entretien.
    InfoMigrants : Quel était le but des évacuations des campements de migrants dans les oliveraies de Sfax ?
    Tarak Mahdi : Le démantèlement des campements a été décidé à la suite de nombreuses plaintes déposées par des propriétaires des terres occupées par des migrants. Ces plaintes concernent des vols dans les maisons et des vols de matériel agricole, des violences, des vols à main armée, et même des viols.La présence des migrants dans les oliveraies a aussi causé des dommages importants aux oliviers. Les propriétaires ont eu du mal à accéder à leurs terres pour effectuer des travaux agricoles ou arroser leurs arbres.Par ailleurs, des gangs ont commencé à se former dans ces camps. Ils attaquent les passants pour leur voler leur téléphone et leur argent en les menaçant avec des machettes et des couteaux.Selon les autorités tunisiennes, quelque 20 000 exilés vivaient dans les campements informels dans les oliveraies de Sfax avant les évacuations. Ces camps ont commencé à se former après que les migrants ont été chassés du centre-ville de Sfax durant l’été 2023.
    Seule une petite partie des oliveraies a été évacuée, par rapport au nombre de terrains occupés par les migrants africains. Il y a plus de 20 camps entre Jebeniana et El Amra. Les propriétaires ont commencé à labourer les terres qu’ils ont récupérées. Ils ont aussi ramassé ce qu’ils pouvaient des arbres qui n’avaient pas été brûlés ou déracinés par les migrants.Les migrants cassaient les branches d’arbres notamment pour avoir du bois et se chauffer. Depuis deux ans, InfoMigrants documente la vie dans ces campements grâce à de nombreux témoignages de migrants et d’associatifs. Les habitants y manquent de tout, la situation humanitaire y est extrêmement alarmante. Le manque d’eau potable et de nourriture, les maladies ont déjà provoqué des morts parmi la population migrante.
    IM : Que sont devenus les exilés évacués des campements des oliveraies ? Est-ce qu’une solution d’hébergement a été prévue ?
    TM : Parmi les migrants expulsés, plusieurs centaines ont demandé le « retour volontaire ». Des bus les ont conduits dans des hébergements temporaires [dans l’attente de leur départ, ndlr].
    Il faut maintenant que les organisations responsables fassent leur travail dans les plus brefs délais et que les pays de l’Union européenne (UE) contribuent au financement du retour des personnes dans leurs pays. Cela nécessite plus que les 20 millions d’euros répartis entre trois pays maghrébins.L’Italie a annoncé, début avril, le versement d’une allocation de 20 millions d’euros pour financer le « retour volontaire » vers les pays d’origine des migrants en situation irrégulière présents en Tunisie, en Libye et en Algérie. Cette somme s’ajoute aux montants prévus dans l’accord signé en juillet 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie : 150 millions d’euros « pour favoriser la relance de l’économie à travers l’amélioration de la gestion des finances publiques et du climat des affaires et investissements », ainsi que 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière.Les milliers de migrants restants se sont répartis dans les autres camps. Les membres de la Chambre des représentants du peuple [Assemblée, ndlr] ont proposé qu’ils soient regroupés dans des camps loin des villes et des villages, et qu’ils soient placés sous la protection de la sécurité tunisienne jusqu’à ce qu’ils retournent dans leurs pays.Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) confirme à InfoMigrants que seules les personnes dont le dossier de « retour volontaire » était prêt ont été emmenées vers des centres d’hébergement de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Les autres se sont dispersés ou ont rejoint d’autres campements. « Des personnes qui ont manifesté contre ces expulsions ont aussi été envoyées en prison », affirme l’association à InfoMigrants.
    Fin mars, le président tunisien Kaïs Saïed a appelé l’OIM à intensifier ses efforts pour assurer les « retours volontaires » des personnes subsahariennes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine. Près de 1 500 exilés ont été rapatriés depuis le début de l’année, selon la présidence tunisienne. En 2024, 7 250 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont bénéficié de ce programme, contre un peu plus de 2 250 en 2023. Face au climat anti-migrants en Tunisie, de plus en plus d’exilés souhaitent en bénéficier. Mais les rapatriements dépendent de la reconnaissance des personnes par leur pays d’origine et les démarches peuvent être longues.
    Ces prises en charge doivent être payés par l’Union européenne (UE) et les Nations unies. Nous ne pouvons supporter les coûts de leur protection, de leur hébergement et de toutes leurs fournitures nécessaires à leur quotidien. Les sommes fournies à la Tunisie ne couvrent même pas le coût des unités de sécurité qui protègent les migrants et les citoyens tunisiens.
    IM : Des migrants nous ont affirmé que des personnes avaient été envoyées en bus dans des zones désertiques aux frontières de la Tunisie lors de ces évacuations. Confirmez-vous ces informations ?
    TM : Non, il n’y a pas de bus qui ont emmené les migrants dans le désert dans les zones frontalières. Depuis l’été 2023, de nombreux migrants contactés par infoMigrants accusent les autorités tunisiennes de les rafler dans les villes tunisiennes et de les expulser dans le désert à la frontière libyenne ou algérienne. L’ONU et de nombreuses ONG ont dénoncé la situation. En vain. Ces abandons dans le désert ont toujours cours, selon les exilés.
    IM : Dans des groupes de discussions Whatsapp entre exilés, des personnes évoquent des morts pendant ces évacuations. Pouvez-vous confirmer cette information ?
    TM : Il n’y a eu ni mort, ni blessé parmi les migrants africains lors de l’intervention des forces de sécurité tunisiennes. Aucune grenade lacrymogène n’a été tirée. La protection civile, le Croissant-Rouge et le ministère de la Santé ont sécurisé tous les migrants et ont vérifié qu’il n’y avait pas d’enfants, de femmes ou de personnes blessées dans les tentes avant de les évacuer. Le groupe de défense des droits des migrants Refugees in Tunisia a affirmé sur X le 19 avril dernier qu’un nourrisson de trois mois était mort brûlé dans l’incendie de l’abri de plastique où il se trouvait. Sur sa page Facebook, la Garde nationale tunisienne a démenti et assuré que l’enfant est vivant. Il avait été laissé seul dans la cabane et a été pris en charge par les autorités le temps de retrouver sa mère, selon la Garde nationale.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#retour#rapatriement#sfax#campement#migrationirreguliere#UE#sante#droit

  • #Tunisie : des centaines de migrants interceptés en mer disparaissent des radars

    Des centaines de migrants ont été abandonnés dans le désert, à la frontière algérienne et libyenne, après avoir été interceptés en mer par les forces tunisiennes, le 17 mars. Ce genre d’expulsion est courante en Tunisie depuis l’été 2023, mais celle-ci impressionne par son ampleur. Certaines sources évoquent un nombre total de 600 exilés lâchés au même moment dans des zones désertiques.

    Que s’est-il passé dans la nuit de dimanche 16 à lundi 17 mars à #Sfax, dans le centre-est de la Tunisie ? Cette nuit-là, 612 migrants subsahariens ont été interceptés en mer par les #gardes-côtes_tunisiens, avait déclaré la Garde nationale. Dix-huit corps ont également été retrouvés.

    Mais depuis cette opération d’ampleur, ces exilés interceptés par les autorités ont disparu des radars. « Ils ne sont pas revenus dans le campement », assure à InfoMigrants Abdul*, un médecin Sierra-Léonais qui vit dans les champs d’oliviers de la périphérie de Sfax. C’est là que des milliers de Subsahariens ont érigé des abris de fortune, après avoir été chassés des centres-villes par les autorités tunisiennes à l’été 2023, en attendant de traverser la Méditerranée.

    Comment Abdul peut-il en être si sûr ? « Un groupe de 600 personnes qui s’évapore dans la nature, ça ne passe pas inaperçu ici », signale celui qui sillonne les camps disséminés dans la région pour soigner les migrants malades ou blessés.

    « Il y avait cinq bus, tous remplis de Noirs »

    Alors, où sont-ils ? Après plusieurs jours de recherches, InfoMigrants est parvenu à entrer en contact avec certains de ces 612 Subsahariens. « On est à #Tébessa [ville algérienne proche de la frontière tunisienne, ndlr] », indique Lamine, un Gambien de 26 ans joint par InfoMigrants via un appel vidéo. « Après nous avoir récupérés en mer dans la nuit de dimanche 16 à lundi 17 mars, les gardes-côtes tunisiens nous ont envoyés dans le #désert », précise-t-il.

    « Il y avait cinq bus, tous remplis de Noirs », renchérit Oumarou, un Sierra-Léonais de 31 ans, présent aux côtés de Lamine. Selon leurs estimations, environ 200 personnes auraient été expulsées dans le désert, près du parc national de #Chambi, à une trentaine de kilomètres de la frontière algérienne. Les exilés, dépouillés de leurs affaires, ont été lâchés au milieu de nulle part, en pleine nuit.

    Après quatre jours de marche, une soixantaine d’entre eux a trouvé refuge dans une maison près de #Tébessa, tenue par un ressortissant Sierra-Léonais qui s’est installé là après son expulsion dans la région par les forces tunisiennes il y a un an. Dans ce groupe de migrants anglophones se trouvent des femmes, dont certaines enceintes, et des enfants. « Regardez ma tête », dit Aminata*, une Sierra-Léonaise enceinte de quatre mois, jointe par vidéo. « Je suis épuisée, j’ai mal partout », ajoute-t-elle en montrant ses pieds abîmés par ces longs jours de marche.

    Plusieurs de ces Subsahariens présentent des blessures causées par le mélange d’eau salée et d’essence dans le bateau. Oumarou nous montre un enfant de 13 ans, l’air épuisé, avec des plaies au poignet. « Ils [les policiers tunisiens, ndlr] lui ont mis des menottes sur sa blessure, ce qui a aggravé les choses », explique Lamine.

    Lorsque les exilés sont envoyés dans le désert, ils sont menottés par les agents de la #Garde_nationale. Généralement, les enfants en sont exemptés. Les témoignages évoquent aussi des #violences commises par les policiers dans les bus. « Ils nous ont frappés avec des bâtons. Certains ont été blessés aux jambes et aux bras », raconte Oumarou.

    « Expulsion à grande échelle »

    L’ONG italienne Mediterranea Saving Human affirme dans un communiqué, publié le 20 mars, que l’ensemble des 612 migrants interceptés dans la nuit du 16 au 17 mars ont été envoyés dans le désert. « De nos réseaux de solidarité présents en Tunisie, nous avons la confirmation d’un refoulement et d’une expulsion à grande échelle qui ont eu lieu depuis le port de Sfax, à l’issue d’opérations de ’sauvetage’ en mer, menées entre dimanche 16 et lundi 17 mars, pour plusieurs personnes qui tentaient de traverser vers l’Italie », écrit l’organisation. Mediterranea Saving Human rapporte que l’opération « a mobilisé 11 bus ».

    InfoMigrants n’a pas été en mesure de vérifier toutes ces informations, notamment sur le nombre de bus mobilisés.

    Où seraient les autres migrants interceptés en mer, s’ils ne sont pas à Tébessa ? D’après le groupe d’exilés anglophones, des personnes ont également été expulsées vers la frontière libyenne, « majoritairement des Soudanais ».

    Quand les migrants sont transmis aux forces libyennes, ils sont ensuite transférés dans des prisons du pays. Pour en sortir, ils doivent débourser des centaines d’euros. « On aura plus d’informations d’ici quelques jours, voire quelques semaines, quand ils seront libérés et qu’ils retrouveront un téléphone », pense Salif*, un Guinéen installé en Tunisie depuis deux ans. Le jeune homme d’une vingtaine d’années est aussi sans nouvelles de plusieurs de ses amis interceptés en mer cette fameuse nuit du 16 au 17 mars.

    Contactées par InfoMigrants, les autorités tunisiennes affirment ne pas « avoir de données » sur cette affaire. Tout comme l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui « ne dispose pas d’informations ni de données précises à ce sujet ».

    Accord avec l’Union européenne

    Ce genre d’expulsion n’est pas rare en Tunisie, mais celle-ci impressionne par son ampleur. Depuis l’été 2023, les Subsahariens sont régulièrement raflés par la police tunisienne dans la rue, et interceptés en mer, puis envoyés par petits groupes dans des zones désertiques, aux frontières du pays. Les exilés doivent ensuite revenir par leurs propres moyens. InfoMigrants a reçu de nombreux témoignages de Subsahariens traumatisés par ces expulsions illégales.

    « Plusieurs fois par semaine, on voit passer des bus, où s’entassent des migrants, faire route vers la frontière dans la nuit », confirme un habitant de Tozeur (ville tunisienne située à quelques kilomètres de l’Algérie), qui préfère rester anonyme.

    Ces dernières années, les organisations de défense des droits n’ont eu de cesse de dénoncer les méthodes brutales des autorités tunisiennes à l’encontre des Noirs dans le pays. Elles accusent par ailleurs l’Union européenne (UE) de complicité dans ces violations des droits.

    Sous l’impulsion de l’Italie, l’UE a conclu en juillet 2023 un « partenariat » avec la Tunisie prévoyant une aide budgétaire de 150 millions d’euros et l’octroi de 105 millions d’euros pour aider le pays à lutter contre l’immigration irrégulière. Ces aides ont débouché sur une hausse des interceptions de bateaux clandestins en 2024 et ont contribué à une nette réduction des arrivées en Italie (-80 % sur un an l’année dernière par rapport à 2023 avec 19 246 arrivées depuis la Tunisie).

    https://www.infomigrants.net/fr/post/63660/tunisie--des-centaines-de-migrants-interceptes-en-mer-disparaissent-de
    #migrations #disparitions #disparus #réfugiés #Méditerranée #mer_Méditerranée #rafles

  • Nel Triangolo del #litio, in #Argentina, si continua ad estrarre senza il consenso delle comunità locali
    https://scomodo.org/nel-triangolo-del-litio-in-argentina-si-continua-ad-estrarre-senza-il-conse

    Un reportage da una delle zone di sacrificio del #Mondo, la Puna argentina, per vedere gli effetti dell’“estrattivismo verde”, sull’ #Ambiente e sulle comunità, analizzando le complessità e i rischi di un modello «nuovo» che non mette in discussione dinamiche di #sfruttamento e #colonialismo. C’è anche lo zampino di una multinazionale italo-argentina. L’articolo Nel Triangolo del litio, in Argentina, si continua ad estrarre senza il consenso delle comunità locali proviene da Scomodo.

    #comunità_locale #estrattivismo #multinazionali

  • #La_Poste s’effondre : comment le #néolibéralisme détruit tout

    Plus de 200% d’augmentation en 20 ans. Quel produit a connu une explosion comparable au #prix du #timbre ? Aucun. Pour quelle amélioration ? Pire que tout.

    En l’an 2000, envoyer une lettre coûtait 2,70, francs soit moins de 50 centimes d’euros. En 2015, le prix était encore relativement contenu : 0,68 euro. Depuis, il explose. 1,39 euro en 2025 pour envoyer quelques grammes de papier. Trois fois plus qu’en 2000.

    En 2024, le gouvernement avait validé une augmentation moyenne des timbres de 8,3%. En 2025, la hausse est de 7,75%. Fulgurante, année après année, sans que rien ne le justifie. D’autant que le #bénéfice net de La Poste s’élevait au premier semestre 2024 à 495 millions d’euros.

    En ce début d’année 2025, alors qu’envoyer du #courrier devient un luxe, plusieurs médias révèlent que La Poste française ne parvient même plus à remplir sa #mission essentielle, celle qu’elle exerce depuis sa création, au 17ème siècle : l’acheminement d’enveloppes.

    Le 23 janvier, « plus d’un million de lettres prend la poussière dans divers centres de tri en #France » écrit le quotidien La Dépêche. Certains courriers expédiés en décembre ou novembre n’ont jamais été reçus et attendent. D’autres sont perdus. C’est toute une #chaîne_logistique qui semble en train de s’effondrer. En décembre, des habitants de Nice retrouvaient 318 lettres dans une poubelle. Depuis des mois, ils ne recevaient plus leurs courriers, ou avec beaucoup de #retard. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Ce qui fut un #service_public efficace a été saboté.

    Des syndicalistes de La Poste dénoncent le manque d’#investissement et la #réduction_des_effectifs par la direction. « À partir du moment où on ferme des #plateformes_de_tri, à partir du moment où La Poste a décidé de se séparer de beaucoup d’emplois… eh bien ce qui était prévisible » explique Arnaud Bordier, responsable Sud PTT du département d’Ille-et-Vilaine.

    « Que se passe-t-il à La Poste ? » se demande la presse. Comment un #service_public aussi ancien peut-il être à ce point défaillant, dans l’un des pays les plus riches du monde ? Comment, alors qu’il y a beaucoup moins d’envois de lettres – 15,9 milliards en 2019, 6 milliards en 2023 –, de meilleurs moyens technologiques pour les acheminer et un prix beaucoup plus élevé, ce service ne parvient-il plus à fonctionner ?

    C’est simple : 40 ans de néolibéralisme et de #privatisations. 50.000 #emplois supprimés entre 2004 et 2023. Et toujours plus de #profits pour les mêmes bourgeois qui profitent du copinage et des grandes écoles.

    Dès 1983, le Parti Socialiste commence à démanteler ce fleuron du service public : il sépare les directions de La Poste et des Télécommunications. Les fameuses #PTT, qui disposaient d’un ministère spécifique depuis un siècle et maillaient le territoire français efficacement et pour pas cher. Ce sont deux entités séparées qui seront bientôt mises en concurrence.

    En 1990, La Poste et les Télécommunication deviennent deux entreprises dont la gestion se rapproche de celles du secteur privé. En 1997 le Parti Socialiste, toujours lui, privatise France Telecom’ qui deviendra Orange, avec des méthodes de #management épouvantables qui ont poussé de nombreux salariés à se suicider, provoquant un immense scandale.

    La moitié des anciens PTT est donc démantelée, la France a détruit son service public de télécommunication, au moment précis de l’envol d’internet et de la téléphonie mobile, alors qu’il y avait un créneau énorme. Nos dirigeants sont des visionnaires. C’est un #sabotage caractérisé, qui a permis la création d’oligopoles et de fortunes colossales pour les entrepreneurs véreux qui possèdent #SFR, #Bouygues ou #Free.

    Il ne fallait pas s’arrêter en si bon chemin. Au tour de La Poste. En 2008, l’administrateur de l’entreprise veut changer son statut pour en faire une #société_anonyme et qu’elle puisse être partiellement privatisée. Les facteurs organisent une « votation citoyenne » contre ce projet. Un immense succès, plus de 2 millions de votant-es, superbement ignoré-es par les autorités.

    Simultanément, la création de la #Banque_postale fait entrer la Poste dans une nouvelle ère. Il n’y a plus « aucune obligation de service public pour la filiale de La Poste » écrit la cour des comptes. Cette #banque doit faire de l’argent, et devient le cœur du groupe : elle vend des #assurances et des #crédits_immobiliers pour faire des profits, et noue des partenariats avec des multinationales financières. La Poste, c’est-à-dire l’envoi du courrier, le cœur historique de ce service, devient secondaire. Ce n’est plus qu’une filiale de sa banque.

    En parallèle, l’Union Européenne exige que tous les pays membres ouvrent leurs services postaux à la #concurrence, le 1er janvier 2011. La même année, la création de #La_Poste_Mobile éloigne encore plus l’entreprise du courrier : il s’agit d’un partenariat avec SFR, afin d’entrer en concurrence avec Orange. Relisez attentivement : les néolibéraux ont fait exploser les PTT en deux entités, les ont privatisées, et les ont ensuite mises en concurrence. Au détriment du service, des salarié-es, et en faisant exploser les prix. Champions du monde.

    Comme d’habitude, les profits sont privatisés et les pertes sont payées par le contribuable. L’État verse 500 millions d’euros chaque année à La Poste au titre des missions de service public. Mais de service public, il n’y en a plus. La Poste avait l’obligation de maintenir un réseau de 17.000 « #points_de_contact » en France pour que « moins de 10 % de la population d’un département s’en trouve éloignée de moins de 5 kilomètres ». Mais la direction ne tient pas parole, elle a fermé des centaines de bureaux en quelques années, en particulier en #zone_rurale, qui sont privées de services postaux. Même dans les grandes villes comme Nantes, certains bureaux ferment dans les quartiers.

    En 2019, la « #loi_Pacte » de Macron écarte encore plus La Poste de la tutelle de l’État. Et l’entreprise ne recrute quasiment plus que des intérimaires mal formés et mal payés. Elle n’assure plus sa mission essentielle. Pourtant, les envois de colis explosent, et ce sont des multinationales privées comme Amazon qui en profitent et prennent le marché.

    Dernier épisode en septembre 2024 : le patron de La Poste, #Philippe_Wahl, annonce des nouvelles économies « de l’ordre de 50 millions d’euros » pour l’entreprise. Quelques mois plus tard donc, plus d’un million de courriers stagnent dans les entrepôts.

    Il était possible de maintenir un grand service public postal et de barrer la route des géants capitalistes américains. Les gouvernants français en ont décidé autrement.

    Quel bilan tirer de cette histoire ? Que le néolibéralisme c’est précisément cela : brader les grands services publics, faire payer beaucoup plus cher les usagers pour un service catastrophique, et tout cela pour le seul profit de spéculateurs et de grands patrons.

    La France avait il y a encore 25 ans le meilleur système de santé du monde et des #services_publics à peu près fonctionnels. Ce n’était pas le paradis, mais après deux décennies de Sarkozy-Hollande-Macron, plus RIEN ne marche. Les néolibéraux ont saccagé tout ce qui fonctionnait. Minutieusement, efficacement.

    Et le pire, c’est que ces dirigeants juraient qu’en privatisant les services publics, cela réduirait la dette, que les impôts seraient réduits, que les prix baisseraient grâce à la sacro-sainte concurrence. C’est exactement l’inverse. À présent, quasiment tout est privatisé, mais la #dette a explosé, et on paie autant voir plus d’#impôts – surtout les plus injustes, comme la TVA. Les courriers n’arrivent pas, on meurt en attendant à l’hôpital, il n’y a pas de professeurs devant toutes les classes, les aides sociales sont rabotées…

    Alors ou vont les thunes ? L’État français n’a jamais collecté autant d’argent. Il organise un transfert de fond absolument massif vers les poches des plus riches. Des cadeaux aux riches, des exonérations fiscales, mais aussi un recours massif à « l’#externalisation_privée ». En clair : plutôt que de financer les services publics, on arrose des entreprises privées avec de l’argent public pour effectuer, cher et mal, des missions qui auraient pu être réalisées par le public. L’externalisation représentait en 2022 plus de 160 milliards d’euros. Largement de quoi envoyer des lettres gratuitement.

    https://contre-attaque.net/2025/01/28/la-poste-seffondre-comment-le-neoliberalisme-detruit-tout
    #poste #effondrement #saccage

  • En Tunisie, au moins vingt migrants morts noyés dans un naufrage au large de la ville de Sfax
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/12/18/en-tunisie-au-moins-vingt-migrants-morts-noyes-dans-un-naufrage-au-large-de-

    En Tunisie, au moins vingt migrants morts noyés dans un naufrage au large de la ville de Sfax
    Le Monde avec AFP
    Au moins 20 migrants ont péri dans un naufrage au large de la ville de Sfax, en Tunisie, et 5 autres, tous d’origine subsaharienne, ont été secourus, a annoncé, mercredi 18 décembre, la garde nationale dont dépendent les gardes-côtes.Des unités maritimes ont « repêché 20 corps » et poursuivent les recherches, après avoir « pu secourir 5 migrants originaires d’Afrique subsaharienne » dans une embarcation ayant coulé au large d’Ellouza, au nord de Sfax, selon un communiqué officiel.
    Selon la garde nationale, l’embarcation était partie vers 23 heures, heure locale, mardi soir, depuis la zone de La Chebba, située à environ 40 kilomètres au nord d’Ellouza. L’embarcation à bord de laquelle se trouvaient les migrants clandestins a coulé à environ 25 kilomètres du littoral.
    Le 12 décembre, les gardes-côtes avaient annoncé avoir secouru la veille 27 migrants provenant d’Afrique subsaharienne, mais 15 autres avaient été portés disparus et n’ont pas été retrouvés. Ils étaient partis sur une embarcation de fortune de la zone de Jebeniana, au nord de Sfax. Leur bateau a coulé à cause du mauvais temps et d’une avarie au large de la ville de Mahdia, située à environ 100 kilomètres au nord de Sfax.
    Les régions de Sfax et de Mahdia figurent parmi les principales zones d’où partent les migrants tunisiens et étrangers pour essayer de rejoindre clandestinement les côtes italiennes. Avec la Libye, la Tunisie, dont le littoral est situé à certains endroits à moins de 150 kilomètres de la Sicile, est le principal point de départ en Afrique du Nord des migrants cherchant à traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe.
    Chaque année, des dizaines de milliers de migrants provenant d’Afrique subsaharienne, fuyant la pauvreté et des conflits dans leur pays, notamment au Soudan et au Yémen, tentent la périlleuse traversée de la Méditerranée au départ des côtes tunisiennes pour atteindre les côtes italiennes, dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Des milliers de Tunisiens cherchent également à quitter clandestinement leur pays, face à une détérioration de la situation économique et de fortes tensions politiques depuis un coup de force du président tunisien, Kaïs Saïed, à l’été 2021.
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations, lors de la dernière décennie plus de 30 000 migrants ont péri en Méditerranée, dont plus de 3 000 l’an passé. Jusqu’à récemment, le littoral au nord de Sfax, la deuxième ville de Tunisie, était l’épicentre des départs clandestins, mais la garde nationale a renforcé les contrôles sur cette côte.

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#sfax#mortalite#sante#routemigratoire#mediterranee#migrationirreguliere#subsaharien

  • Una tragedia che ha delle responsabilità: due ragazzi morti di freddo ad Alba
    https://radioblackout.org/2024/12/una-tragedia-che-ha-delle-responsabilita-due-ragazzi-morti-di-freddo-

    Issa Loum, originario del Senegal, e Mamadou Saliou Diallo, della Guinea, entrambi sotto i 30 anni, hanno perso tragicamente la vita mercoledì in un casolare abbandonato ad Alba, soffocati dal monossido di carbonio di un braciere acceso per combattere il gelo. Così scrive il Collettivo Mononoke di Alba, che ha organizzato per domenica 15 dicembre […]

    #L'informazione_di_Blackout #agroalimentare #braccianti #caporalato #emergenza_freddo #lavoro #piemonte #razzismo #sfruttamento
    https://cdn.radioblackout.org/wp-content/uploads/2024/12/alba.mp3

  • Tunisie : un Italien arrêté pour construction d’un bateau pour des migrants irréguliers
    https://www.dakaractu.com/Tunisie-un-Italien-arrete-pour-construction-d-un-bateau-pour-des-migrants

    Tunisie : un Italien arrêté pour construction d’un bateau pour des migrants irréguliers
    Un Italien résidant en Tunisie a été arrêté pour avoir construit et fourni un bateau pour une opération de migration irrégulière, a appris mercredi l’AFP de source judiciaire.Agé de 45 ans, le ressortissant italien « travaillait dans une usine de construction de bateaux », a indiqué Farid Jha, porte-parole du Parquet de Monastir, ville côtière du centre-est de la Tunisie.
    L’homme, dont l’identité n’a pas été communiquée, a construit ce bateau en résine plastique dans un atelier à Ouardanine, près de Monastir, à plus de 150 km au sud-est de Tunis, selon la même source.Le bateau été utilisé dans une tentative de départ irrégulière depuis les côtes de Monastir vers l’Europe, déjouée par les gardes-côtes tunisiens, a indiqué encore M. Jha.Trois organisateurs tunisiens de l’opération irrégulière ont été aussi arrêtés. Un autre est en fuite. Avec la Libye, la Tunisie est le principal point de départ en Afrique du nord des migrants cherchant à traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Italie. Les côtes italiennes se trouvent à moins de 150 km du littoral de Sfax, grande métropole industrielle tunisienne située à plus de 100 km au sud de Monastir et épicentre de nombreux départs irréguliers.
    C’est la première fois qu’un Européen est arrêté en Tunisie pour la construction illégale de bateaux destinés à des opérations de migration irrégulière.Des réseaux illégaux de construction d’embarcations de fortune impliquant des Tunisiens ou des migrants provenant de pays d’Afrique subsaharienne ont été démantelés ces dernières années, mais plutôt dans la zone de Sfax.
    Plus de 1.300 migrants sont morts ou ont été portés disparus en 2023 dans des naufrages au large des côtes tunisiennes, selon le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).
    Du 1er janvier à la mi-mai, 103 embarcations de fortune ont fait naufrage, selon le ministère tunisien de l’Intérieur. Sur les quatre premiers mois de l’année, la Garde nationale a dit avoir « intercepté ou secouru » 21.545 migrants, en hausse de 22,5% sur un an.
    L’an passé, des dizaines de milliers de ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, fuyant la pauvreté et les conflits notamment au Soudan, ainsi que des milliers de Tunisiens, poussés par la crise économique et de fortes tensions politiques internes, ont débarqué en Italie. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur la dernière décennie, plus de 27.000 migrants ont péri en Méditerranée, dont plus de 3.000 l’an passé

    #Covid-19#migrant#migration#italie#tunisie#libye#migrationirreguliere#monastir#sfax#sante

  • Guerre Israël-Hamas : ces entreprises françaises montrées du doigt pour leurs activités liées à la colonisation israélienne
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/08/09/guerre-israel-hamas-ces-entreprises-francaises-montrees-du-doigt-pour-leurs-

    L’avis rendu, le 19 juillet, par la Cour internationale de justice (#CIJ) estimant que la colonisation israélienne de territoires palestiniens est « illégale » depuis 1967 ne sera pas sans conséquences pour les entreprises françaises, dont une partie des activités sont liées à cette présence, selon plusieurs juristes interrogés.

    Trois groupes français figurent dans une base de données créée par les Nations unies, en 2020, qui répertorie les entreprises qui avaient, « directement et indirectement, permis la construction et la croissance des colonies de peuplement, les avaient facilitées et en avaient profité ». Cette liste est établie par le Haut Conseil des droits de l’homme, à la suite d’une résolution votée, en 2016, par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Elle ne concerne que certains secteurs et recensait, lors de sa dernière mise à jour, en juin 2023, 97 entreprises, en majorité israéliennes.

    On y trouve #Altice International, propriétaire de l’opérateur téléphonique #SFR, le numéro deux mondial de la construction ferroviaire #Alstom ou encore #Egis, spécialisé dans l’ingénierie de la construction et l’exploitation d’infrastructures, dont la Caisse des dépôts est actionnaire à hauteur de 34 %.

    « Quand la CIJ dit le droit, on peut considérer que c’est le droit, donc c’est un avis important, dont les tribunaux français vont forcément s’emparer s’il y a des recours contre les entreprises en question », avance Alain Pellet, professeur émérite à l’université Paris-Nanterre et ancien président de la Commission du droit international des Nations unies.

    Devoir de vigilance

    Même si les entreprises ne sont pas soumises au droit international, elles peuvent faire l’objet de recours devant les tribunaux, sur la base du devoir de vigilance. Ce principe, qui existe en droit français depuis 2017, s’applique aussi par une directive européenne mise en place en juillet, dont le non-respect peut entraîner une amende. Il oblige la plupart des grandes entreprises à s’assurer que leurs activités n’enfreignent pas les droits humains et respectent la protection de l’environnement partout dans le monde, et auprès de leurs clients ou de leurs fournisseurs.

    « La CIJ invite les Etats à adapter leurs législations pour empêcher la colonisation ou le maintien de la puissante occupante dans ces territoires, ajoute Me Philippe Valent, avocat pénaliste au barreau de Paris. Ce qui signifie, pour l’Europe, d’imposer des règles de conformité aux entreprises et de décider d’un paquet de sanctions. Mais c’est peu probable à ce stade. »

    #paywall

  • « Le boulot de la science-fiction n’est pas de prédire la voiture, mais les embouteillages » - Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/livres/le-boulot-de-la-science-fiction-n-est-pas-de-predire-la-voiture-mai

    Les écrivains de science-fiction Fredric Brown (auteur de cette citation), ainsi qu’Ursula K. Le Guin, Richard Matheson et Philip K. Dick, sont évoqués dans cet entretien avec Ariel Kyrou et Jérôme Vincent. Ces derniers signent « Pourquoi lire de la science-fiction et de la fantasy ? (et aller chez son libraire) », un livre publié par ActuSF, déclaration d’amour à cette littérature protéiforme.

    • La SF, en effet, ne prévoit pas le futur et n’a jamais prétendu le faire. Ou alors elle a envisagé la chose comme une farce, à la façon de Philip K. Dick dans sa nouvelle « Projet Argyronète » (1964), où il met en scène un voyage depuis le futur dans une « réunion de prescients » de l’époque du texte – entendez une convention d’écrivains qui tentent de lire nos futurs dans l’alcool et les discussions sans fin...

      Parce qu’elle anticipe tous les possibles voire les impossibles à partir de l’aujourd’hui des sciences, des technologies et plus encore des mentalités et modes de pensée des humains, la SF est en revanche un prisme pour lire le présent, mais aussi et surtout pour nous déciller les yeux sur ce même présent.

      Elle nous plonge dans des mondes alternatifs dont nous pouvons, nous simples lecteurs et lectrices, expérimenter mentalement les pièges ou les promesses, au-delà de l’utopie et de sa sœur noire la dystopie. Ce faisant, elle nous redonne le goût d’autres avenirs que ceux que la société et ses entités de contrôle nous présentent comme inéluctables.

      Autrement dit, la SF ne prévoit pas le futur, mais libère notre présent de ses chaînes de l’ordre du storytelling, psychologiques mais aussi économiques. À la poubelle, par exemple, les hiérarchies et chefs à plume, l’obsession de la croissance ou la folie productiviste et « extractiviste » !

      Et vive les rêves d’autres manières de faire société ! Bref, la science-fiction nous aide potentiellement à construire tout autrement nos devenirs ici et maintenant, avec la conscience qu’il n’y a rien d’écrit par avance et qu’il n’y a aucune raison pour que le monde de demain ressemble à celui d’aujourd’hui.

      #science-fiction #SF #fantasy #littérature

  • Lo #sfruttamento uccide – Un altro omicidio sul lavoro
    https://radioblackout.org/2024/06/lo-sfruttamento-uccide-un-altro-omicidio-sul-lavoro

    Con Gormukh – rappresentante della comunità indiani del Lazio – abbiamo raccolto una testimonianza sull’omicidio di Satnam Singh, salito alla ribalta delle cronache. La realtà dei fatti è lontana dalla retorica dell’eccezionalità e del caso isolato e dalle scoperte del #capolarato dell’ultimo minuto, ma si tratta di un meccanismo di sfruttamento strutturale che connota il […]

    #L'informazione_di_Blackout #latina #morti_sul_lavoro

  • Comment des migrants sont abandonnés en plein désert en #Afrique

    Une enquête de plusieurs mois menée par « Le Monde », le média à but non lucratif « Lighthouse Reports » et sept médias internationaux montre comment des dizaines de milliers de migrants en route vers l’Europe sont arrêtés et abandonnés en plein désert au Maroc, Tunisie et Mauritanie.

    https://www.dailymotion.com/video/x8yrqiy

    #vidéo #migrations #désert #abandon #Mauritanie #Maroc #Tunisie #réfugiés #externalisation #frontières #rafles #racisme_anti-Noirs #Fès #déportations #Rabat #forces_auxiliaires #refoulements #arrestations_arbitraires #enlèvements #centres_de_détention #Ksar #détention_administrative #Espagne #bus #Algérie #marche #torture #Gogui #Mali #accords #financements #expulsions_collectives #Nouakchott #forces_de_l'ordre #Sfax #Italie #équipement #aide_financière #UE #EU #Union_européenne #forces_de_sécurité #gardes-côtes #gardes-côtes_tunisiens #droits_humains #droits_fondamentaux

    ping @_kg_

  • En Tunisie, des migrants camerounais interceptés en mer et abandonnés à la frontière algérienne
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/05/21/en-tunisie-des-migrants-camerounais-interceptes-en-mer-et-abandonnes-a-la-fr

    En Tunisie, des migrants camerounais interceptés en mer et abandonnés à la frontière algérienne
    Par Nissim Gasteli (Tunis, correspondance)#
    Une longue coque blanche de 35 mètres surmontée d’une cabine à deux étages : François, un Camerounais de 38 ans qui préfère ne pas donner son nom complet, reconnaît immédiatement l’un des douze patrouilleurs de la garde nationale tunisienne, offerts par l’Italie en 2014, et dont la maintenance est toujours assurée par Rome. Le don, d’une valeur de 16,5 millions d’euros, a permis aux autorités tunisiennes de renforcer le contrôle de leur frontière maritime avec l’Union européenne (UE).
    Rencontré dans un appartement de Tunis par Le Monde, qui a enquêté avec le média à but non lucratif Lighthouse Reports et sept médias internationaux sur les violations des droits humains subies par des migrants dans les pays du Maghreb, parfois avec des moyens alloués par des pays de l’UE, François raconte.
    Les yeux rivés sur l’écran d’un téléphone qui affiche une image du bateau, il se souvient s’être retrouvé à bord, avec sa compagne, Awa, et l’enfant de cette dernière, Adam, un matin de septembre 2023, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’île italienne de Lampedusa à bord d’un petit rafiot. Des semi-rigides rapides interceptaient des embarcations de migrants avant de les transborder sur le patrouilleur. Celui-ci finissait par revenir au port de Sfax, « pour déposer » les migrants. Débarquée, la petite famille a été abandonnée la nuit suivante par la même garde nationale dans une zone montagneuse et désertique, à la frontière algérienne, avec près de 300 personnes, réparties en petits groupes, toutes ressortissantes d’Afrique. « Lorsqu’ils nous ont déposés, [les agents] nous ont dit : “Là-bas, c’est l’Algérie, suivez la lumière. Si on vous voit à nouveau ici, on vous tirera dessus.” » Le groupe d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles des hommes, des femmes dont deux sont enceintes et un enfant, s’exécute, mais se heurte immédiatement à des « tirs de sommation du côté algérien ». Ils font alors demi-tour.
    Pendant neuf jours, ils sont contraints de marcher à travers les montagnes, de dormir à même le sol, avant de regagner la ville de Tajerouine, dans l’ouest du pays, raconte François, données GPS et photos à l’appui. « Après une semaine sans sommeil, sans manger, vous commencez à perdre l’équilibre, vous êtes proche de la mort », dit-il froidement, évoquant les douleurs « aux articulations, aux pieds, au dos, aux hanches, aux chevilles » et des « hallucinations » à cause de la déshydratation.
    La première fois que Le Monde l’a rencontré, début octobre 2023, dans la localité côtière d’El Amra, François revenait de cet enfer. Depuis, l’homme a encore été expulsé à deux reprises. En novembre, il est arrêté avec d’autres migrants à El Amra. Frappés à coup de « gourdin, de chaîne, de matraque » et dépouillés de tous leurs biens par des agents de la garde nationale, ils sont finalement expulsés au milieu des « dunes de sable », dans le désert du gouvernorat de Tozeur, raconte le Camerounais.
    Revenu dans la région de Sfax quelques jours après, François tente une troisième fois, fin décembre, la traversée vers l’Europe. Mais le même scénario se répète : son bateau est arraisonné par la garde nationale. « Je savais exactement ce qui allait se passer. Le même film recommence : nous sommes ramenés à Sfax, menacés, dépouillés, mis dans des bus. » François et Adam – Awa n’ayant pas réussi à embarquer sur le rafiot – sont à nouveau expulsés, avec des centaines de personnes, réparties en petits groupes, selon ses dires.
    Ils se retrouvent ainsi près de la ville frontalière de Haïdra avec une quinzaine de personnes. Parmi elles, une femme « appelle un de ses contacts » : un homme qui vient les chercher en camionnette pour les ramener jusqu’à Sfax. Mais, à leur arrivée, ils sont déposés dans une maison et faits prisonniers. « Nous nous sommes retrouvés entre les mains d’hommes armés de machettes et de gourdins. Ils nous ont fait comprendre que nous devions payer [pour être libérés]. »
    Profitant de la vulnérabilité des migrants, des groupes criminels composés de Tunisiens et de migrants subsahariens prolifèrent dans le pays, s’enrichissant grâce à l’extorsion : la famille de François a dû verser une rançon de 300 euros, envoyée par une application mobile, pour qu’ils soient libérés, avec l’enfant, au bout d’une semaine. Par la suite, François a de nouveau été enlevé par l’un de ces groupes alors qu’il se trouvait dans un appartement qu’il louait à Sfax. Il a alors subi la torture à « coups de câbles électriques ». Des photos de lui, nu, sont envoyées à sa famille au Cameroun pour la convaincre de payer de nouveau une rançon avant qu’il parvienne à s’échapper par une fenêtre laissée ouverte. Epuisé par tant de souffrances, François a reconsidéré son rêve d’Europe.
    Contacté, le ministère tunisien des affaires étrangères réfute les accusations d’« expulsion de migrants d’origine subsaharienne vers des zones désertiques », les qualifiant d’« allégations tendancieuses » qui « n’engagent que leurs auteurs ». Les autorités italiennes n’ont pas répondu à nos sollicitations.

    #Covid-19#migration#migrant#migrationirreguliere#tunisie#subsaharien#sfax#UE#routemigratoire#desert#droit#violence#sante#algerie#maghreb#refoulement

  • Tunisie: hausse des interceptions de migrants tentant de traverser la Méditerranée
    https://www.dakaractu.com/Tunisie-hausse-des-interceptions-de-migrants-tentant-de-traverser-la-Medi

    Tunisie : hausse des interceptions de migrants tentant de traverser la Méditerranée
    Les interceptions de migrants tentant de traverser la Méditerranée vers l’Italie à partir des côtes tunisiennes ont augmenté de 22,5% de janvier à avril par rapport à la même période une année auparavant, pour dépasser les 21.000 personnes « empêchées de partir ou secourues » en mer, a annoncé la Garde nationale tunisienne dimanche. Au total, la Garde nationale qui chapeaute aussi les gardes-côtes a « intercepté ou secouru » 21.545 personnes sur les quatre premiers mois de cette année, contre 17.576 sur la même période de 2023, pour un nombre d’opérations équivalent (751 contre 756), selon un communiqué officiel.
    En revanche, elle a récupéré seulement 291 corps de personnes victimes de naufrage, en majorité des « étrangers » (catégorie désignant essentiellement des ressortissants d’Afrique subsaharienne), depuis le début de l’année, contre 572 sur la même période de 2023 en triplant presque son nombre d’opérations (1.967 contre 686). La Garde nationale a également « empêché » 21.462 personnes d’entrer sur le territoire tunisien, par ses frontières avec l’Algérie à l’ouest et la Libye à l’est, soit quatre fois plus que les 5.256 répertoriés l’année précédente. La région de Sfax, deuxième ville du pays située au centre-est de la Tunisie, est restée l’épicentre des départs clandestins avec 19.457 migrants « empêchés » de traverser contre 15.468 l’année précédente, selon la Garde nationale.
    La Tunisie est, avec la Libye, l’un des principaux points de départ des migrants vers l’île italienne de Lampedusa, située à moins de 150 km des plages de la région de Sfax. L’an passé, des dizaines de milliers de ressortissants subsahariens, fuyant la pauvreté et des conflits notamment au Soudan, ainsi que des milliers de Tunisiens, poussés par la crise économique et des tensions politiques, ont tenté la périlleuse traversée de la Méditerranée. Sous l’impulsion de l’Italie, l’Union européenne a conclu l’été dernier avec Tunis un accord, très critiqué en Europe, prévoyant des aides financières —au total 255 millions d’euros— en contrepartie d’efforts accrus pour réduire ces départs.L’approche de l’Etat tunisien « n’est pas une approche de sauvetage mais d’interception » tout comme les moyens et les formations octroyées aux forces de sécurité tunisiennes, a dénoncé récemment auprès de l’AFP Romdhane Ben Amor, porte-parole de l’ONG FTDES. Selon un récent rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur la dernière décennie, plus de 27.000 migrants ont péri en Méditerranée, dont plus de 3.000 l’an passé.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#traversee#migrationirreguliere#OIM#sante#sfax#pauvrete#conflit#soudan#algerie#libye

  • Emergenza abitativa: iniziative di lotta contro #Molino e prossime mobilitazioni in città
    https://radioblackout.org/2024/05/emergenza-abitativa-iniziative-di-lotta-contro-molino-e-prossime-mobi

    Una diretta con Marta del collettivo #prendocasa sull’iniziativa di giovedì 9 davanti all’agenzia immobiliare di proprietà del noto palazzinaro Giorgio Molino: diverse famiglie attualmente sotto sfratto hanno sanzionato l’ufficio di Corso Principe Oddone 19, dove vengono siglati gli affitti-truffa del palazzinaro. Una risposta all’aumento degli #sfratti dalle case di Molino, che ultimamente si stanno presentando […]

    #L'informazione_di_Blackout #diritto_all'abitare
    https://cdn.radioblackout.org/wp-content/uploads/2024/05/MARTA-PRENDOCASA-BLACKOUT.mp3