• Avec Diala, on vient de livrer le site du Quadrilatère, le centre d’art contemporain de Beauvais :
    https://www.lequadrilatere.fr

    C’est évidemment du SPIP.

    – On retrouve nos habituelles formes longues :
    https://www.lequadrilatere.fr/Enterrer-le-soleil
    https://www.lequadrilatere.fr/Cecile-Bart-Peu-importent-les-ressemblances

    – Pas mal de micro-animations (au scroll, au survol), y compris le logo animé du Quadrilatère, qui se désactivent lorsqu’on configure l’accessibilité de son appareil en « prefers-reduced-motion ».

    – L’entête de navigation en haut de page qui se décroche avec le scroll. C’est désormais assez habituel, mais j’aime bien comment on l’a traité, avec le changement éventuel de couleur et le logo qui change discrètement de taille.

    – Les changements de couleurs selon les rubriques et les pages. (Ça a toujours été mon truc.)

    – Si les webmestres oublient de renseigner le champ « alt » des images, j’utilise l’API de ChatGPT pour renseigner ce champ alt. Ça donne des résultats étonnamment précis.

    – Ça a été l’occasion de retrouver une vielle connaissance, Omer Pesquer :
    https://psqr.fr
    qui assurait l’AMO avec Michel Kouklia :
    https://psqr.fr/kmnop

    – Sinon, si vous passez à Beauvais, la visite du Quadrilatère, juste à côté de la cathédrale, ça vaut vraiment le coup. Le bâtiment d’André Hermant est magnifique (1976) et les espaces intérieurs ont été entièrement refaits en 2023 (le musée a rouvert l’année dernière). Les expos sont spectaculaires, avec des œuvres qui généralement profitent des espaces impressionnants des salles.

    #shameless_autopromo #spip

  • « La promenade de Biscarrosse a fini par tomber. Tant que le futur n’a pas de prise perceptible sur le présent, il reste sans effet sur les pratiques », Marie Stutzmann, anthropologue
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/la-promenade-de-biscarrosse-a-fini-par-tomber-tant-que-le-futur-n-a-pas-de-p

    En janvier, une partie de la promenade de la station balnéaire landaise Biscarrosse a disparu. Pas progressivement, mais d’un seul coup. Pourtant, l’#érosion du #trait_de_côte était connue. Le #littoral reculait de 1 à 2 mètres par an. Les projections existaient. Les panneaux aussi. Tout le monde savait. Malgré cela, rien – ou presque – n’a vraiment changé.

    Quelques mois avant la tempête, j’observais les habitants face à la dune. Ils lisaient les informations, acquiesçaient – puis enjambaient les clôtures pour rejoindre la plage. Ce geste, anodin en apparence, dit quelque chose d’essentiel : il ne relève ni de la défiance ni du déni ; il révèle un décalage plus profond entre ce que nous savons et ce que nous faisons.

    On explique souvent ce décalage par un manque de volonté ou par une forme d’aveuglement collectif. Pourtant, ce diagnostic est insuffisant. Dans la plupart des situations, les faits sont connus, les alertes entendues, les risques reconnus. Face aux transformations de notre écosystème notamment, ce qui manque n’est pas l’information mais la transformation des conditions concrètes de notre action.
    Les comportements humains ne se réorganisent pas à partir d’idées. Ils se structurent à partir d’habitudes, d’attachements, de repères sensibles – tout ce qui rend nos gestes évidents sans que nous y pensions. L’anthropologie désigne cela sous le terme « habitus » : une manière incorporée d’habiter le monde. L’humain change par micro-adaptations, rarement par rupture.

    Partout, le même paradoxe

    A Biscarrosse, les habitants ne contestaient pas les données. Mais leur expérience sensible contredisait encore les projections. Les villas jumelles, symbole de la station, certes menacées, tenaient. Le paysage semblait stable. Et, dans l’économie ordinaire de l’action, ce qui est vu et éprouvé l’emporte sur ce qui est anticipé.

    #paywall #submersion #climat #océans

    • J’adore la conclusion de la vidéo. Faut de la résilience braves gens ! (Avec en image de fond des camions roulant au gasoil qui apportent du sable dont on ne dit pas la provenance).

    • accès à l’article :
      https://archive.is/6ZkFU

      C’est pourquoi l’information, si nécessaire soit-elle, reste structurellement insuffisante. Elle opère au niveau rationnel, mais peine à transformer les représentations incorporées, alors que le changement se joue d’abord au niveau des pratiques. Cette distinction est décisive. Elle permet de comprendre pourquoi tant de politiques publiques échouent : elles visent à convaincre, là où il faudrait rendre possible – et progressivement familier – autre chose.
      La question n’est donc pas : comment convaincre les gens de changer ? Elle est : de quoi sont faits leurs usages, et où la nouveauté peut-elle se frayer une place ? C’est le propre du travail de l’anthropologue. Avant toute intervention, il s’agit de cartographier finement ce qui existe : les gestes quotidiens, les trajectoires, les attachements. Non pour les respecter passivement, mais pour identifier les points d’accroche : là où une pratique nouvelle peut se greffer sur une ancienne, s’y hybrider, sans la heurter de front.

    • En définitive, la mer ne monte pas à cause du fracas des tempêtes, mais du travail patient de deux forces invisibles : un océan qui gonfle en chauffant et des glaces qui glissent lentement vers les flots.

      https://sciencepost.fr/tout-le-monde-regarde-fondre-les-glaciers-pour-expliquer-la-montee-des-o

      Or j’entends une hydrologue (non identifiée : https://bsky.app/profile/kuntavandenkinte.bsky.social/post/3mt24ttsobk2t) dire que de récentes données Nasa montrent que le pillage des réservoirs continentaux, superficiels ou fossiles, est le premier facteur de la montée des eaux. Mais je ne trouve rien de plus précis et sourcé. @simplicissimus ?

      edit
      – merci pour l’article accessible !
      – l’hydrologue en question cite aussi la possibilité de stocker de l’eau dans les nappes aquifères existantes (plutôt qu’en bassines ; ) lorsque le niveau des fleuves est haut, ce qui est expérimenté avec la Garonne et qui foncitonnerait déjà.

    • je pense que le mot qui va bien (qui répond à ta question) est #subsidence. Et ça dépend largement de où ça se passe.

      Qu’est-ce que la subsidence, ce phénomène qui fait s’affaisser de nombreuses villes côtières du monde ? - Geo.fr
      https://www.geo.fr/environnement/quest-ce-que-la-subsidence-ce-phenomene-qui-fait-saffaisser-de-nombreuses-villes

      Qu’est-ce que la subsidence ?

      La subsidence est un lent affaissement de la surface de la croûte terrestre. Elle offre ainsi un espace pour le dépôt progressif et la préservation de sédiments sur de grandes épaisseurs. Phénomène naturel, une subsidence peut aussi être causée par les activités humaines qui provoquent un affaissement accéléré des sols.

      Une nouvelle étude parue le 1er janvier dans la revue Science vient de calculer que le tassement du sol affectera 635 millions de personnes d’ici 2040, soit 19 % de la population mondiale. Les zones les plus concernées sont celles qui connaissent une importante pression démographique avec une urbanisation croissante, ainsi que celles sujettes à une faible pluviométrie et nécessitant une irrigation importante. Entre 2010 et 2040, le risque sera ainsi accru de 80 % aux Philippines, en Irak, en Indonésie, en Israël ou en Algérie. En Europe, le phénomène est particulièrement marqué dans le nord de l’Italie et aux Pays-Bas, touchés un peu plus chaque année.

      Sur la thématique exacte de ce que tu cites :

      Ce n’est pas la montée des eaux : ce qui aggrave les inondations dans nos villes se joue sous nos pieds, millimètre par millimètre
      https://sciencepost.fr/ce-nest-pas-la-montee-des-eaux-ce-qui-aggrave-les-inondations-dans-nos-v

      On imagine toujours la menace venir de l’horizon, cette ligne bleue qui grimpe lentement à mesure que les glaciers fondent. Pourtant, le véritable danger pour de nombreuses villes côtières ne tombe pas du ciel ni ne déferle depuis le large : il se joue à la verticale, sous le bitume, dans un mouvement si lent qu’aucun œil humain ne pourrait le percevoir. Pendant que nous scrutons la montée des océans, le plancher de nos métropoles s’enfonce discrètement, millimètre après millimètre. Ce phénomène porte un nom peu connu du grand public, la subsidence, et il pourrait bien rebattre les cartes de notre vulnérabilité face aux inondations. Car dans cette course entre l’eau qui monte et la terre qui descend, il arrive que le sol perde la partie plus vite qu’on ne le croyait.

      Ceci dit, chez moi, c’est bien l’élévation du niveau marin qui est la cause de la submersion à venir ; pratiquement pas de subsidence.

      Un autre effet « secondaire » qui peut s’avérer dramatique (d’autant plus s’il y a conjonction des deux phénomènes évoqués ci-dessus) c’est la salinisation des nappes phréatiques. Avec d’un côté une mer qui monte et de l’autre des nappes qui baissent, il y a forcément transfert de l’une vers les autres…

    • côté subsidence, un des endroits les plus terrifiants, c’est Djakarta…

      Jakarta, the Sinking Metropolis Where Millions Still Struggle to Access Piped Water – The Diplomat
      https://thediplomat.com/2026/07/jakarta-the-sinking-metropolis-where-millions-still-struggle-to-access-

      Excessive groundwater extraction by households and industry is one of the primary reasons for the city’s subsidence.
      […]
      Scientists say excessive groundwater extraction in Jakarta, rather than rising sea levels, is the primary reason parts of the city are sinking by up to 15 centimeters a year, with some studies recording even faster rates. Some neighborhoods have already subsided by as much as four meters since the 1970s.

      C’était, avec la catastrophe que représente la question des déplacements dans la capitale, la motivation principale du transfert de la capitale indonésienne à Nusantara, à Bornéo.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nusantara_(ville)

      Aux dernières nouvelles, après les grandes manœuvres foncières dans la jungle de Bornéo (et quelques enrichissements illicites plus que probables), il semblerait que l’affaire ne soit plus à l’ordre du jour…

      Apparemment, tout le monde s’en bat le sarong…

    • The Guardian, décembre 2025, via Courrier international

      Nusantara, la future capitale de l’Indonésie : un projet déjà enterré ?
      https://www.courrierinternational.com/article/amenagement-nusantara-la-future-capitale-de-l-indonesie-un-pr


      Vue du monument Nusantara Protective Wings et du palais présidentiel à l’arrière-plan, tous les deux dessinés par l’artiste indonésien Nyoman Nuarta.
      PHOTO NICK HANNES/PANOS/REA

      Cité utopique créée de toutes pièces pour remplacer Jakarta comme capitale de l’Indonésie, Nusantara accuse de sérieux retards. Pis, elle est clairement délaissée par l’actuel président, au point de devenir une ville fantôme, explique ce reportage du “Guardian”, qui a suscité une vive controverse dans l’archipel.

    • BRGM, septembre 2024, première cartographie de la subsidence à l’échelle de l’Europe

      Première évaluation de la subsidence côtière à l’échelle de l’Europe | BRGM
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/premiere-evaluation-subsidence-cotiere-echelle-europe


      Les diagrammes rouges, blancs et bleus indiquent respectivement la proportion, par pays, de la zone de plaine côtière inondable qui est, en moyenne, en élévation (> 1 mm/an), stable (entre -1 mm/an et 1 mm/an) et en affaissement (< -1 mm/an).
      © BRGM

      Le BRGM et des collaborateurs français et européens ont mené une étude qui présente la première cartographie à l’échelle de l’Europe de la subsidence côtière. L’élévation du niveau de la mer est une conséquence du réchauffement climatique. Localement, le sol peut s’enfoncer (subsidence) et amplifier ce phénomène et les risques de submersion marine. L’étude a mis en évidence une cartographie fine de la subsidence côtière sur tout le littoral européen grâce au système d’observation Copernicus EGMS (European Ground Motion Service).

      L’élévation du niveau de la mer et son accélération menacent d’ores et déjà les populations et infrastructures situées dans les zones littorales de basse altitude. Le niveau marin global mesuré par satellite depuis 1993 fait état, sur les 30 dernières années, d’une élévation de 3,6 mm / an. Les causes de cette élévation sont bien comprises et quantifiées. L’expansion thermique des océans et la fonte des glaciers terrestres et des calottes polaires sont causées par le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Localement, l’élévation du niveau marin d’origine climatique peut-être amplifiée par un affaissement du sol. C’est ce que cette nouvelle étude du BRGM et de ses collaborateurs a quantifié à l’échelle européenne.

      Près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe, impactée par la subsidence côtière

      Cartographier les mouvements verticaux du sol à l’échelle suprarégionale a longtemps été empêché par le manque de données et de services adaptés. Pour lever ce verrou, un consortium de chercheurs européens a combiné deux méthodes de caractérisation des mouvements du sol, l’interférométrie radar (InSAR) et le système de positionnement par satellites (GNSS), et fait naître le service Copernicus EGMS. Cette nouvelle étude s’est basée sur le produit d’EGMS qui fournit l’estimation à haute résolution de la vitesse des mouvements du sol avec une précision millimétrique par an, et ce sur la période contemporaine (2016-2021).

      Les résultats montrent que près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe connaît actuellement une subsidence supérieure à 1 mm / an en moyenne. Celle-ci est aussi plus importante dans les zones plus densément peuplées, les centres urbains et là où sont situées les infrastructures critiques.

      Par exemple, les zones portuaires enregistrent une subsidence de l’ordre de 1,5 mm / an en moyenne. L’étude identifie des zones côtières où la subsidence est sévère, avec des vitesses dépassant les 5 mm / an. L’outil cartographique est accessible depuis le site du service européen Copernicus European Ground Motion Service (EGMS).

      Cette étude suscite des inquiétudes quant au fait que l’affaissement des côtes, et donc l’élévation relative du niveau de la mer, tendent à être peu considérées en Europe et dans de nombreuses autres régions du monde.

      très peu d’info dans ce communiqué…

    • … un peu plus dans la publication…

      Assessing Current Coastal Subsidence at Continental Scale: Insights From Europe Using the European Ground Motion Service - Thiéblemont - 2024 - Earth’s Future - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2024EF004523
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/615a9005-73a8-473c-b035-8769cfbd14fe/eft21703-fig-0001-m.jpg
      Location of coastal flood plains in Europe as defined in this study.

      Abstract
      Beside climate-change-induced sea-level rise (SLR), land subsidence can strongly amplify coastal risk in flood-prone areas. Mapping and quantifying contemporary vertical land motion (VLM) at continental scales has long been a challenge due to the absence of gridded observational products covering these large domains. Here, we fill this gap by using the new European Ground Motion Service (EGMS) to assess the current state of coastal VLM in Europe. First, we compare the InSAR-based EGMS Ortho (Level 3) with nearby global navigation satellite systems (GNSS) vertical velocity estimates and show that the geodetic reference frame used to calibrate EGMS strongly influences coastal vertical land velocity estimates at the millimeter per year level and this needs to be considered with caution. After adjusting the EGMS vertical velocity estimates to a more updated and accurate International Terrestrial Reference Frame (ITRF2014), we performed an assessment of VLM in European low elevation coastal flood plains (CFPs). We find that nearly half of the European CFP area is, on average, subsiding at a rate faster than 1 mm/yr. More importantly, we find that urban areas and populations located in the CFP experience a near −1 mm/yr VLM on average (excluding the uplifting Fennoscandia region). For harbors, the average VLM is even larger and increases to −1.5 mm/yr on average. This demonstrates the widespread importance of continental-scale assessments based on InSAR and GNSS to better identify areas at higher risk from relative SLR due to coastal subsidence.

      avec un GROS focus sur le bassin d’Arcachon
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/07eddef0-1a1d-44e0-ae21-0fb6b3b52812/eft21703-fig-0004-m.jpg
      Sketch illustrating the method developed to calculate the coastal flood plains (CFPs) average vertical land velocity from European Ground Motion Service (EGMS) data. (a) EGMS pixels and its associated VEGMS (100 m × 100 m resolution), and corresponding spatial coverage of EGMS pixels within each CFP (in percent of CFP area). (b) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆, that is, mean VEGMS over all EGMS pixels within each CFP. (c) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆/𝐴⁢𝐷⁢𝐽, that is, same as (b) but adjusted to the ITRF2014 reference frame.

    • Merci pour ces infos @simplicissimus. J’avais remarqué que N-Y à force de s’enfoncer sous le poids de son bâti tendait à finir dans l’Hudson river mais pas saisi ce phénomène de subsidence, tout autre [edit plus globalement]. Sauf que rien de tout cela ne parait correspondre à ce qu’évoque cette hydrologue qui parle, elle, d’un autre apport en eau d’origine humaine à l’élévation du niveau des océans :

      _"On est actuellement en train de perdre nos réservoirs continentaux, et, d’ailleurs, un chiffre me semble absolument incroyable, qui est fourni par une étude menée par la Nasa [?] avec de nouvelles formes [mesures ?] de satellite qui permettent de mieux comprendre ces jeux de bascule entre les réservoirs, nous montre que, aujourd’hui, la surélévation des océans est beaucoup plus liée au fait d’avoir pillé toutes les nappes souterraines, qu’elles soient superficielles ou qu’elles soient fossiles, et que cette eau, qui ne peut plus re-rentrer par des sols artificialisés, eh bien elle finit en mer, ce niveau de surélévation est supérieur à [celui causé par] la fonte de l’Antarctique, de l’Arctique et du Groenland. Donc il faut se poser cette question, on est en train de perdre nos eaux continentales, c’est le cas partout, les sols s’assèchent, c’est le cas en France, nos petits cours d’eau sont complétement à sec, ces petits chevelus, c’est ce qui permet de tenir toute la vie des territoires et c’est pas avec de la désalinisation et des gros réservoirs qu’on va leur permettre d’avoir de l’eau (…)"_

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes (contre les bassines, qu’elle carbonise), manière de remédier, partiellement, à l’artificialisation des sols..., ce qui pourrait laisser suspecter un point de vue intéressé, « vendeuse de solutions » pour l’agriculture et les villes)

      Stupéfait par l’ordre de grandeur de ce facteur là, j’ai cherché un peu, sans résultat.

      Ça semble intéressant de pas limiter la réflexion aux stocks et/ou aux fluxs, de les inclure dans une optique de « trame » (avec ses petits chevelus).

      #eau #eau_douce

    • OK, j’avais pas compris…
      (je vois d’ailleurs que tu parlais de subsidence, déjà, il y a 3 mois https://seenthis.net/messages/1173392 )

      Je crois, cette fois-ci, qu’il s’agit des changes in terrestrial water storages (TWS)
      (lien pointé par @kassem, il y a un an, lors de la sortie de l’article https://seenthis.net/messages/1131323 et étoilé par personne…)
      Unprecedented continental drying, shrinking freshwater availability, and increasing land contributions to sea level rise | Science Advances
      https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adx0298

      Abstract
      Changes in terrestrial water storage (TWS) are a critical indicator of freshwater availability. We use NASA GRACE/GRACE-FO data to show that the continents have undergone unprecedented TWS loss since 2002. Areas experiencing drying increased by twice the size of California annually, creating “mega-drying” regions across the Northern Hemisphere. While most of the world’s dry/wet areas continue to get drier/wetter, dry areas are now drying faster than wet areas are wetting. Changes in TWS are driven by high-latitude water losses, intense Central American/European droughts, and groundwater depletion, which accounts for 68% of TWS loss over non-glaciated continental regions. “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets, and drying regions now contribute more than land glaciers and ice caps. Urgent action is required to prepare for the major impacts of results presented.

      où je trouve ce graphique
      https://www.science.org/cms/10.1126/sciadv.adx0298/asset/5f83dde4-2731-4726-9387-fdf2bbf11963/assets/images/large/sciadv.adx0298-f6.jpg
      Fig. 6. Global water mass contributions to sea level rise.
      (A) Time series of water mass anomalies of the major global water reservoirs (Ocean, Antarctica, Greenland, and TWS on the continents) from GRACE/FO from April 2002 to April 2024, in mm SLE. (B) Left: Corresponding trends (in mm SLE year−1) for the ocean (OCN), Antarctica (ANT), Greenland (GRL), and TWS time series in (A). Water mass contributions that increase sea level are shown as positive. Right: TWS trend decomposed into its non-glaciated drying (NGIC-DRY), glaciated drying (GIC), and non-glaciated wetting (NGIC-WET) components. NGIC-DRY is further decomposed into groundwater (GW), surface water (SW), soil moisture (SM), and snow water equivalent (SWE), on the basis of their contributions to the TWS trend. See also figs. S1 and S6.

      note qu’il s’agit du changement de masse total de l’océan et de sa décomposition en fonction de la source (total et composantes sur le même graphique, le B :-(
      et donc hors dilatation thermique

    • et cette étude de 2023 qui trouve une confirmation de l’importance de la disparition des stockages d’eau continentaux par sa contribution au déplacement de l’axe de rotation de la terre

      Drift of Earth’s Pole Confirms Groundwater Depletion as a Significant Contributor to Global Sea Level Rise 1993–2010 - Seo - 2023 - Geophysical Research Letters - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL103509

      Abstract
      Climate model estimates show significant groundwater depletion during the 20th century, consistent with global mean sea level (GMSL) budget analysis. However, prior to the Argo float era, in the early 2000’s, there is little information about steric sea level contributions to GMSL, making the role of groundwater depletion in this period less certain. We show that a useful constraint is found in observed polar motion (PM). In the period 1993–2010, we find that predicted PM excitation trends estimated from various sources of surface mass loads and the estimated glacial isostatic adjustment agree very well with the observed. Among many contributors to the PM excitation trend, groundwater storage changes are estimated to be the second largest (4.36 cm/yr) toward 64.16°E. Neglecting groundwater effects, the predicted trend differs significantly from the observed. PM observations may also provide a tool for studying historical continental scale water storage variations.

      Plain Language Summary*
      *Melting of polar ice sheets and mountain glaciers has been understood as a main cause of sea level rise associated with contemporary climate warming. It has been proposed that an important anthropogenic contribution is sea level rise due to groundwater depletion resulting from irrigation. A climate model estimate for the period 1993–2010 gives total groundwater depletion of 2,150 GTon, equivalent to global sea level rise of 6.24 mm. However, direct observational evidence supporting this estimate has been lacking. In this study, we show that the model estimate of water redistribution from aquifers to the oceans would result in a drift of Earth’s rotational pole, about 78.48 cm toward 64.16°E. In combination with other well-understood sources of water redistribution, such as melting of polar ice sheets and mountain glaciers, good agreement with PM observations serves as an independent confirmation of the groundwater depletion model estimate.

    • La question est abordée marginalement dans l’article WP

      Élévation du niveau de la mer — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9vation_du_niveau_de_la_mer

      Causes de l’élévation actuelle


      Principales contributions à l’élévation du niveau de la mer, 2006-2015.

      dans le graphique synthétique sur les causes de l’élévation du niveau, la contribution des eaux terrestres y est même négative.

      Alors que plus bas, sous Autres contributions, on trouve la référence à une étude de 2011 sur le sujet qui nous occupe

      Surexploitation des aquifères
      De nombreux aquifères dans le monde sont exploités au-delà de leur capacité de renouvellement, ou ne se renouvellent pas du tout (eau fossile). Cette surexploitation des ressources d’eau souterraine contribue à l’élévation du niveau de la mer, en transférant de l’eau vers l’océan. Une étude de 2011 s’est attachée à quantifier cette contribution : il en ressort qu’au cours des années 2000, 145 km3 d’eau ont ainsi été ajoutés annuellement à l’océan de cette façon, contribuant pour 13 % à la hausse observée du niveau des océans. La surexploitation des ressources d’eau souterraine est une réalité mondiale, mais elle est particulièrement importante en Inde et au Moyen-Orient, où l’agriculture est largement irriguée par ce moyen.

      Selon une série de scénarios considérés dans une publication de 2012, l’épuisement des réserves d’eau souterraines, qui a déjà apporté 25 mm d’élévation du niveau de la mer par rapport au niveau pré-industriel, contribuerait pour 70 à 90 mm de plus d’ici 2100. Ces estimations se basent sur un prolongement des tendances historiques prenant en compte, région par région, l’estimation des besoins en eau futurs, selon l’évolution de la population et de la pluviométrie.

    • Merci ! L’article signalé par @kassem confirme les propos de cette hydrologue :

      “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets (...)

      Je finirais sans doute par me souvenir de la subsidence, notion géologique qui inclut désormais des effets de l’activité productive, dont l’exploitation des nappes aquifères.

      Aux États-Unis, la cause principale de subsidence dans les paysages est le pompage de l’eau des nappes ce qui réduit la porosité de roches. La subsidence a ainsi atteint 8,5 mètres dans la vallée de San Joaquin en Californie, principalement à cause de l’exploitation ancienne des aquifères souterrains[7].

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Subsidence_(g%C3%A9ologie)

      #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #apprentis_sorciers

    • Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.
      https://www.propublica.org/article/water-aquifers-groundwater-rising-ocean-levels
      Mais en fait non.

      Les données satellite (GRACE) utilisées dans l’article de Science Advances mesurent les variations de masse de la Terre entre 2003 et 2024. On peut en déduire, en chaque point de la surface terrestre, les variations du stock total d’eau.
      Certaines régions continentales gagnent de l’eau, d’autres en perdent. Les données montrent que sur la période considérée, c’est la perte qui domine. Et le gros du papier consiste à analyser l’ampleur, l’étendue et la localisation de ces pertes d’eau continentales.

      Les auteurs comparent aussi les variations d’eau continentales moyennées sur chacune des deux calottes polaires, sur le reste des glaciers continentaux (GICs dans l’article) et sur le reste des surfaces continentales ("non glaciated TWS" - TWS, pour Terrestrial Water Storage).

      Ces variations des différents réservoirs d’eau continentale, exprimées en unités de masse par année, peuvent être converties en « équivalent de variation du niveau de la mer », exprimées en millimètres par année, et être ainsi interprétées comme des contributions à l’élévation du niveau de la mer.
      C’est ce que font les auteurs vers la fin du papier. Les résultats sont présentés dans le tableau 3 et la figure 6. 
      L’élévation du niveau de la mer due à la température (effet stérique) est exclu, ils ne s’intéressent qu’à la partie dite « massique ».

      Il en ressort que la perte de masse d’eau de la calotte groenlandaise équivaut à 36.5% du gain de masse océanique, celle de la calotte antarctique à 19%, celle des autres glaciers à 33.5%, et celle du reste des surfaces continentales à 11%.

      Les auteurs décomposent ensuite la variation globale d’eau continentales, hors calottes et glaciers ("non glaciated TWS"), en moyennant les variations d’eau uniquement sur les régions qui s’assèchent (drying) et uniquement sur celles qui s’humidifient (wetting).
      Puis à l’aide d’un modèle, ils décomposent encore la quantité d’eau perdue dans les régions qui s’assèchent, en eau de surface (SW - Surface Water), eau du sol superficiel (SM - Soil Moisture), eau souterraine (GW - GroundWater) et neige (SWE - Snow Water Equivalent).
      Et enfin, ils convertissent toutes les quantités issues de ces deux décompositions en contributions à l’élévation du niveau de la mer.

      Evidemment, la perte d’eau continentale moyennée seulement sur les régions qui s’assèchent est supérieure à la perte d’eau totale (toujours hors glaciers et calottes). Donc mécaniquement, sa traduction en contribution à l’élévation du niveau des mers est plus importante. On passe ainsi de 11% à ~50%…
      Et c’est ainsi que les auteurs concluent que l’assèchement des continents contribue plus à l’élévation (massique) du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires ou de celle des autres glaciers continentaux.

      J’ai quelques réserves sur la traduction de cette décomposition en contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Faire un bilan d’eau à l’échelle globale pour dire que toute l’eau perdue annuellement sur continents est gagnée par la mer, OK. Je suis plus dubitative sur le fait de conduire cette analyse en ne considérant que les régions qui s’assèchent.
      Il me semble bien que ça revient à considérer que toute l’eau perdue au cours d’une année dans les régions qui s’assèchent va directement dans les océans, et que toute l’eau gagnée au cours d’une année dans les régions qui s’humidifient vient directement des océans, et qu’il n’y a donc aucun recyclage d’eau sur continents... ce qui est faux.

      J’en viens maintenant (enfin !) à la contribution des prélèvements anthropiques d’eau à l’élévation du niveau de la mer.
      Dans le papier, les auteurs se gardent d’écrire que les prélèvements d’eau souterraines (les nappes) dominent la contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Ils disent simplement que dans les régions où les continents perdent de l’eau (hors calottes et glaciers), c’est la perte d’eau souterraine qui domine le signal ( elle compte pour 68%). Et c’est déjà un résultat fort, je trouve.

      Dans l’article de vulgarisation cité plus haut, il n’est pas dit non plus explicitement que les prélèvements humains dominent la contribution à l’élévation du niveau des mers. A part dans le titre, il est toujours précisé que ça domine la perte d’eau dans les régions qui s’assèchent.
      Mais on peut facilement à côté de cette précision. D’autant qu’il y a aussi tout un développement - manifestement validé par un des auteurs de l’article de Science Advances - pour expliquer que l’eau pompée dans les nappes part en ruissellement de surface pour finir dans les oécans.
      Ce développement est à mon avis discutable, pour des raisons qui rejoignent d’ailleurs mes doutes quant à la pertinence de traduire en « contribution à l’élévation du niveau de la mer » des quantités d’eau perdue moyennées seulement sur les régions où les continents s’assèchent.
      Affirmer que l’eau prélevée dans les nappes n’étant pas ré-infiltrée localement en profondeur, elle partirait presque entièrement en ruissellement, cela laisse de côté l’humidication des sols superficiels et l’évapotranspiration. Pourtant, le gros des prélèvements est destiné à l’irrigation. C’est assez osé de considérer que presque toute l’eau d’irrigation ruisselle en surface. A moins que toute l’eau d’irrigation qui évapotranspire ou s’infiltre dans les sols superficiels finisse par précipiter uniquement au-dessus des océans, il y a bien une partie qui retourne aux surfaces continentales.

      Dernier point : dans l’article comme dans sa vulgarisation, la perte d’eau souterraine est considérée comme entièrement due aux prélèvements humains. Or il y a aussi une partie de la perte due à la diminution de la recharge et/ou l’augmentation de l’évapotranspiration, surtout pour les nappes peu profondes. Mais d’autres études montrent que ce sont bien les prélèvements humains qui dominent la perte d’eau souterraine.

      En résumé : Non, cet article ne permet pas de dire que les prélèvements d’eau sont le plus gros contributeur à l’élévation (massique) du niveau de la mer. Mais il n’est pas rassurant pour autant.
      Il montre que :
      – Les réservoirs d’eau continentale, hors calottes et glaciers, s’assèchent en moyenne sur le globe,
      – La fonte des glaciers continentaux, ajoutée à l’assèchement des continents, contribuent désormais plus à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires.
      – Dans les régions où les continents s’assèchent (hors glaciers et calottes), c’est la perte d’eau souterraine qui contribue plus à la diminution du stock d’eau, et cette perte est dominée par les prélèvements humains.

      Pour finir, je précise que çe serait à mon avis assez injuste de reprocher à l’hydrologue s’exprimant sur l’extrait vidéo d’avoir compris de cet article et/ou de sa vulgarisation que les prélèvements d’eau dominent la contribution à l’élévation niveau de la mer. Car c’est bien le message qui est passé à la sortie de cet article. Et au vu de la façon dont les résultats sont présentés dans l’article et commentés par l’un des auteurs dans la vulgarisation citée plus haut, c’était à mon sens assez logique que ce raccourci soit fait.

    • bienvenue, @jeanne_c !

      et un grand merci d’avoir pris le temps d’analyser l’article et de partager ici cette analyse. L’article est dense et technique et aborde les faits sous un angle très spécifique, ce qui fait qu’il est très difficile d’en retenir quelque chose de clair.

      Une remarque :

      Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      C’est parce que les choses paraissent bien floues (beaucoup moins, maintenant, encore merci !) que je ne l’ai pas commenté en ce sens. Ce qui a provoqué ma réserve provenait largement du fait que l’effet de la dilatation thermique était écarté, sans même indiquer d’ordre de grandeur à titre de comparaison éventuelle. Du coup, ne parler systématiquement que de la contribution massique, alors que l’effet est, tout aussi systématiquement, évalué en équivalent élévation du niveau marin, forcément globalisant, ça finit par attirer l’attention sur le fait que l’angle d’attaque est vraiment très spécifique.

    • Merci pour l’accueil !
      Je galère encore un peu avec l’interface. Je vais tenter une citation :

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      Je suis d’accord que la présentation des résultats dans l’article est trompeuse à cet égard, mais il n’y a pas nécessairement une intention piégeuse de la part des auteurs. C’est ce que je voulais dire dans le dernier paragraphe de mon précédent commentaire.

    • En réponse à cette partie du message de @colporteur :

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes

      Je complète avec un lien expliquant l’expérimentation « R-Garonne » consistant à recharger la nappe alluviale de la Garonne en hiver avec des eaux de surface prise dans le canal de Saint-Martory.
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/projet-r-garonne-premiere-experimentation-recharge-maitrisee-nappe

    • Merci @jeanne_c pour ces précieux éclaircissements. Je me suis permis de publier un article auquel vous avez contribué (https://seenthis.net/messages/1186483) qui apporte un éclairage plus détaillé sur l’étude des eaux souterraines car j’ai pensé que vous ne vous citeriez pas alors que nombre de seenthissien.nes sont probablement intéressé.es par cet état de la question (d’autant plus que vous ignorez le tag qui va bien avec ce type de geste : #shameless_autopromo : ).

  • Un #shameless_autopromo un peu spécial aujourd’hui : j’aimerais pousser un peu mon activité de photo :
    https://photo.23forward.com

    Depuis des années, j’ai beaucoup de mal à dire que je suis « photographe », je dis plutôt que « je fais des photos » dans le cadre de mes activités professionnelles. (Donc pas totalement shameless l’autopromo…)

    Mais en 2025, des copines m’ont demandé de leur faire des portraits pour leur boulot, j’ai également fait les portraits d’environ 110 jeunes de la section du lycée de mon aînée en une journée (rigole, mais c’est super-dur d’obtenir une pose potable d’un ado stressé en quelques minutes à peine), alors je me suis dit que je pouvais tout aussi bien revendiquer que je fais de la photo de portrait et monter un site Web pour promouvoir cette activité…
    https://photo.23forward.com/Portraits

    J’adore les séances de portrait : c’est à la fois très humain (parce que personne n’est vraiment à l’aise avec un objectif sous le nez) et très technique (même en extérieur j’utilise un flash ou deux, et je retouche systématiquement les images).

    J’ai commencé la photo professionnellement quand j’ai couvert les backstages des défilés Haute couture pour le magazine en ligne qu’on avait monté avec Diala (il y a quelques vedettes du milieu, dans ces photos) :
    https://photo.23forward.com/Evenements

    Une chose que j’ai apprise avec ces backstages, c’est à ne plus avoir peur des gens que je prends en photo. Les premières séances, ça se voit sur les photos que j’avais peur de déranger, et simplement d’affronter le regard direct des modèles – alors même que le principe de ces séances, c’est bien de prendre en photo ces personnes qui sont là justement pour être prises en photo… Et donc rapidement, apprendre à capter l’attention pour obtenir un regard, un sourire, une pose, et travailler très rapidement (parce que c’est pas du portrait de studio non plus, il y a des dizaines de personnes en train de bosser tout autour). Puis apprendre à ajouter de la lumière au flash sans que ça fasse polaroïd (même si c’est un genre qui se faisait, c’est pas mon truc). Et prendre confiance pour, justement, mettre en confiance la personne de l’autre côté de l’objectif.

    Plus récemment, Diala avait lancé une collection de cagoules-écharpes (fabriquées ici à #Montpellier), pour laquelle on a fait une série de photos sur la plage de Carnon en hiver avec une mannequin (IG @margauxcaffarel), ainsi que des photos dans les jardins du Château d’O avec une copine :
    https://photo.23forward.com/Mode

    Flash, réflecteur et grand diffuseur. Beaucoup de photos en une demi-journée, c’était très cool.

    Évidemment, dans le cadre de 23Forward, je fais assez souvent des photos à 360° dans les musées, mais il m’arrive de faire des photos « classiques » d’expositions :
    https://photo.23forward.com/Espaces

    Il y a quelques années, j’avais appris à faire des photos d’architecture pour un cabinet au Liban aux côtés d’un photographe spécialisé, et dans une certaine mesure c’est le même genre de soucis techniques.

    ====

    Un aspect que j’aime beaucoup avec les séances photo, c’est le fait de n’avoir pas beaucoup droit à l’erreur : le jour même, il faut éviter de se rater. Soit parce que c’est un événement unique, soit parce qu’on bloque le temps de quelqu’un. Mon boulot habituel pour le Web et les écrans interactifs, c’est de développer des projets relativement longs assis derrière mon ordinateur : c’est-à-dire que si je rate quelque chose à un moment donné, j’ai tout loisir de corriger ou refaire, les jours suivants. Il n’y a pas vraiment d’incertitude : je sais que je vais faire le taf, aujourd’hui ou dans les jours suivants, c’est certain. Alors que les photos, il faut les prendre à un moment donné et ne pas rater le coche. Soit l’événement ne se représentera pas, soit ça va casser les pieds à tout le monde. Je ne sais pas si je vivrais bien d’être en permanence dans ce genre de stress (les shoots « importants », je ne dors jamais trop bien la nuit précédente), mais par contraste avec mon métier habituel, c’est tout à fait bienvenue.

    Un autre aspect que j’apprécie, c’est de travailler avec quelqu’un directement. En général dans mon boulot je bosse seul devant mon ordinateur, et si j’échange de temps en temps, ce n’est généralement pas pendant que je code. Le travail de production, habituellement, est très solitaire. Ça convient à mon caractère, mais c’est bon aussi de faire autre chose. Et la photo de portrait, par principe la production des images se fait au moins à deux…

  • Exposition « Les Très Riches Heures du duc de Berry » au château de Chantilly – du 7 juin au 5 octobre 2025
    https://chateaudechantilly.fr/evenement/les-tres-riches-heures-du-duc-de-berry
    https://www.youtube.com/watch?v=ffB6u7vI290

    Et pour le #shameless_autopromo, c’est nous (Mosquito et moi) qui avons réalisé la consultation numérique (en salle et en ligne) du manuscrit :
    https://les-tres-riches-heures.chateaudechantilly.fr

  • « Nous avons toujours la #montagne ». Les #monts_Shengal ou la survie du peuple yézidi

    À partir de deux romans graphiques — Shingal de Mikkel Sommer et Tore Rorbaek (2020) et No sleep till Shengel de Zerocalcalcare (2023) -, et de l’essai La montagna sola. Gli ezidi e l’autonomia democratica di Şengal1 co-signé par Rojbîn Berîtan et Chiara Cruciati (2022), ce texte propose de mettre en avant le rôle que les auteurices attribuent à la figure de la montagne. Les monts #Shingal ou Shengal (en kurde) ou #Sinjar (en arabe), qui s’érigent au milieu de la Plaine de Ninive, territoire contesté entre l’Irak fédéral et le Kurdistan irakien (Calvaillé, 2024), sont le lieu duquel est originaire le peuple yézidi, d’où il a été chassé au nom de l’#ingénierie_démographique mise en place par l’État irakien sous #Saddam_Hussein (années 1970), et où il cherche à se reconstruire en puisant dans les principes et valeurs du #confédéralisme_démocratique.

    1Les images satellites montrent une des spécificités des monts Shengal2 : ils s’érigent, seuls, au milieu du désert dénommé la #Plaine_de_Ninive (Figures 1, 2 et 3). Ils font 100 kilomètres de long et 15 de large, et culminent à 1462 mètres d’altitude, nous dit Wikipedia3.

    2Sur la page en français de l’encyclopédie en ligne, les informations sur cette chaîne de montagnes sont succinctes. Deux articles « détaillés » et connexes sont toutefois consacrés à des événements qui s’y sont déroulés : le « massacre de Sinjar » (3-15 août 2014) et la « bataille de Sinjar » (3 août 2014-13 novembre 2015).

    3Ces articles font référence au massacre du peuple yézidi par l’État islamique en août 2014, qui a été qualifié de génocide par l’ONU en mai 20214.

    4Une bande dessinée de Mikkel Sommer et Tore Rorbaek (2020) raconte, de manière romancée mais fondée sur des faits réels, cette histoire à partir des vicissitudes de deux frères et leurs familles.

    5Dans cet album, à côté de la population yézidie il y a un autre protagoniste : la montagne. En effet, quand les signes annonciateurs de l’attaque de Daech sur la population se font plus présents, celles et ceux qui peuvent fuient dans les montagnes. En quelques jours 50 000 Yézidi·es y trouvent refuge, d’autres, empêché·es par les soldats de Daech, subissent exécutions de masse, enlèvements, viols et esclavage sexuel. La montagne sera assiégée par les djihadistes et les rescapé·es se retrouvent ainsi sans vivres, sans eau, et dans un environnement où la température peut atteindre 50°C (Figure 5).

    6L’auteur de bande dessinée #Zerocalcare, qui a accompagné #Rojbîn_Berîtan et #Chiara_Cruciati sur le terrain à #Shengal, et dont il sera question plus tard, a résumé dans une planche parue dans son album No sleep till Shengal cette fuite pour la survie.

    7C’est le 64e génocide dans l’histoire du peuple yézidi, nous apprend le roman graphique. L’aide humanitaire occidentale et irakienne est larguée depuis le ciel. Des hélicoptères évacuent les femmes et les enfants. 50 000 personnes seront sauvées via un corridor humanitaire mis en place par les Kurdes de Syrie ; il permettra aux survivant·es de s’installer dans des camps de réfugié·es dans la région. D’autres resteront sur place, pour combattre les islamistes et protéger leur territoire ; dans ce groupe il y a des femmes, qui ont pris les armes et créé des unités d’autodéfense, les Unités des femmes d’Êzîdxan. Une des leurs membres, Viyan Hebabî, déclare : « [L’agression de Daech avait] l’objectif d’effacer les Yézidis de la surface de la Terre. Pour cette raison ils ont ciblé les femmes, les fondements de la société. La réaction a été la naissance des Unités des femmes d’Êzîdxan. Une armée de femmes pour venger les Yézidies. Les Unités des femmes d’Êzîdxan sont la promesse de la vengeance, la réponse au 64e ferman5 » (p. 152).

    8Les mots prononcés par un des deux pères, protagonistes de la BD, sont prémonitoires : « Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a jamais pu nous débusquer chaque fois que nous nous sommes réfugiés dans les montagnes. […] La montagne nous protégera toujours, comme elle l’a fait tant et tant de fois par le passé » (p. 69). Une montagne-refuge qui rappelle la figure-concept de « zomia », théorisée par James C. Scott, récemment disparu, et à qui le JAR|RGA a rendu hommage dans un texte co-signé par Emmanuel Peyvel et Bernard Debarbieux6. Ainsi, quand le district de Shingal est libéré de Daech en novembre 2015, une autre histoire commence, une histoire de résistance, où la montagne joue, une fois de plus, le rôle de protagoniste.

    9C’est d’ailleurs l’élément choisi pour le titre d’un essai, co-écrit par Rojbîn Berîtan, interprète et médiatrice culturelle, et Chiara Cruciati, journaliste, et dont la couverture est illustrée par Zerocalcare : La montagna sola (la montagne seule, de l’arabe Al Jabal Wahid). La monographie est consacrée, pour une bonne partie, à expliquer les origines, l’histoire, les rites, la sociologie, la culture et la religion du peuple yézidi (chapitres 1 à 3). Les quatrième et cinquième chapitres relatent le massacre de 2014 et la résistance des femmes. Les deux derniers racontent la libération de Shingal et la mise en place de l’autonomie yézidie selon les principes et valeurs du confédéralisme démocratique, théorisé par Abdullah Öcalan, fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui le définit ainsi : « Font partie de la nation démocratique toutes les personnes qui cohabitent sur la base de trois piliers fondamentaux : démocratie, liberté des femmes et écologie, et qui s’organisent à travers un auto-gouvernement et une auto-défense où chaque identité est représentée et organisée » (p. 32). Des normes éthiques et morales structurent la vie collective : abolition de la peine de mort, des prisons, des mariages précoces, de la polygamie et du travail des enfants. Le système prévoit en outre la propriété publique des ressources naturelles et des moyens de production (p. 193).

    10La montagne apparaît centrale dès le début du livre, dans son introduction : l’expérience d’autonomie et de résistance à l’État a été rendue possible par la montagne, un « instrument tangible de défense » (p.18), disent les autrices. « C’est la montagne qui a protégé le peuple yézidi des persécutions et des massacres », rappellent-elles quelques pages plus loin (p. 27).

    11Le #retour des Yézidi·es sur leurs montagnes s’inscrit dans une histoire qui date d’avant le massacre de 2014. Les autrices s’arrêtent longuement sur les événements de 1975, quand, sous la vice-présidence de Saddam Hussein, « Baghdad a ordonné la destruction des villages yézidis de montagne et a contraint 250 000 personnes, dont la majorité yézidies, à se transférer dans la vallée dans onze townships construits ad hoc, selon un style urbanistique étranger à la tradition yézidie, mais utile au contrôle social par l’armée » (p. 40). Pendant la « réforme de la terre » (p.126), 148 villages furent détruits à Shengal et 38 à Shexka, vidés de leur population remplacée par des arabophones. Les communautés yézidies furent séparées, leurs terres confisquées, et des processus d’arabisation et islamisation entamés. Un processus qualifié de « dilution ethnique » par UN-Habitat (2019, p. 6). Avec la chute de Saddam Hussein, et jusqu’en 2014, les Yézidi·es furent gouverné·es par l’autorité régionale du Kurdistan.

    12Or, comme on l’a vu plus haut, la montagne a permis en 2014 à celleux qui ont réussi à fuir de survivre, individuellement mais aussi collectivement, au massacre : « Si, après le massacre de Daech, les Yézidis n’avaient pas choisi la route vers la montagne, leur peuple aurait été oublié par l’histoire, dispersé et éloigné de ses terres, victime d’un génocide culturel, séparé de ses propres origines et éloigné d’un mouvement de libération – le mouvement kurde – défini par certains comme terroriste, mais qui a sacrifié des vies pour l’aider à survivre » (p. 30). Une femme âgée yézidie témoigne :

    "La première chose que chaque Yézidi a pensé était de rejoindre la montagne. Nous préférons mourir sur les montagnes plutôt que d’aller sur la terre de quelqu’un d’autre. Pour nous, le Mont Shengal est honneur et dignité. Ceux qui ont abandonné les montagnes ont accepté l’éradication. Nos vieux, qui l’avaient prévu, nous disaient : « Quand arrivera le grand ferman, réfugiez-vous sur les montagnes, n’allez nulle part ailleurs. Cela arrivera, mais si vous tombez loin des montagnes, il ne restera plus rien du yézidisme. Nous, Yézidis, nous n’avons ni amis ni refuge si ce n’est les montagnes, ne considérez aucun autre lieu comme votre patrie » (p. 110)."

    13Et… « de la tragédie est né le retour » (p.128), et ceci grâce à la « première graine du mouvement de libération » (p.113) apporté par les Kurdes du Rojava. En effet, les Yézidi·es qui sont retourné·es sur les montagnes se sont approprié les « instruments matériels et idéologiques […] d’une nouvelle forme d’organisation politique » (p. 42). Ainsi, ce retour a permis au peuple yézidi de « retrouv[er] ses racines dans le yézidisme des origines » (p. 42), celui d’avant le processus d’« ingénierie démographique » (p. 125) qui a conduit à l’arabisation et l’islamisation forcées de la population yézidie.

    14Toutefois, la #reconquête de l’#autonomie n’est pas sans obstacle : l’armée irakienne a construit un mur haut de quatre mètres « pour mettre les Yézidis sous pression et les isoler » (p. 209) ; l’aviation turque bombarde régulièrement Shengal (p. 212). Pourtant, les Yézidi·es continuent de défendre leur montagne, seuls, en s’opposant aux armées, en se formant dans les académies et les assemblées populaires ; c’est leur contre-attaque politique (p. 213). Une contre-attaque fondée sur l’autonomie « de facto construite autour de la montagne et protégée par la montagne » (p. 216). Ainsi, la montagne protège les Yézidi·es, mais les Yézidi·es, en retour, protègent la montagne, en la réhabitant avec un projet politique « autre, de #liberté et #démocratie_participée » (p. 215).

    https://journals.openedition.org/rga/14851
    #shameless_autopromo #livre #recension #BD #bande-dessinée
    #yézidis #Irak #génocide #histoire #Etat_islamique #Kurdistan #Kurdistan_irakien #refuge #persécution #montagne_refuge #religion

  • Les « rebelles » des Alpes italiennes selon #Enrico_Camanni

    1Le livre Alpi ribelli (Alpes rebelles) est sorti en 2016, avec le sous-titre « histoires de montagne, résistance et utopie ». Son auteur, Enrico Camanni, est un écrivain, journaliste et alpiniste italien, né à Turin en 1957. Son activité éditoriale autour de la montagne est vaste : il a été rédacteur en chef de la Rivista della Montagna, il a fondé le magazine ALP qu’il a aussi dirigé, et co-dirigé la version italienne de la revue L’Alpe ainsi que la revue Piemonte Parchi. Il a également co-dirigé le film La montagna inventata, la montagne inventée. La liste des livres qu’il a écrits ou qu’il a coordonnés serait bien trop longue pour qu’elle soit évoquée ici. Elle est présente sur son site web, avec cette note : « J’en ai écrit beaucoup, et ils sont tous différents. La montagne m’a permis de me balader entre les genres, ce qui est vital pour moi. J’ai toujours aimé les grands espaces1 ».

    2Un nombre important de ses livres parlent d’alpinisme, de son histoire et de sa sociologie. Le dernier, publié en 2025 par le Club alpin italien, adapte l’expression « mal d’Afrique » à la montagne : Mal di montagna. Quindici storie di passione (Mal de montagne. Quinze histoires de passion), s’intitule-t-il. L’ouvrage « rassemble quinze portraits d’alpinistes d’époques, de compétences et d’horizons différents, quinze intimités approfondies par des liens de corde ou des affinités d’esprit, quinze visages d’un monde difficile à comprendre et encore plus difficile à raconter. Seule l’humanité des protagonistes peut donner un sens à leur ‘maladie’ »2.

    3Alpi ribelli met lui aussi en avant l’humanité de figures montagnardes. Mais dans ce livre, dans lequel des alpinistes sont également à l’honneur, les personnages sont rassemblés car, à différentes époques et par différents moyens, ils ont défié l’ordre établi. Il en résulte des Alpes italiennes pointillées d’« âmes libres, contraires et résistantes », comme le suggère la quatrième de couverture.

    4L’introduction est particulièrement éclairante pour saisir le choix des 17 personnes à qui Enrico Camanni a décidé de rendre hommage. Les portraits des « rebelles » sont présentés sur une carte en début du livre (Figure 2), mais le livre n’est pas rédigé sous forme d’abécédaire. Leurs histoires s’entremêlent dans les 23 chapitres qui composent l’ouvrage. Le fil rouge n’est pas dicté par un ordre chronologique ou alphabétique. Le choix a été plutôt celui de faire ressortir des thématiques, qui se devinent à peine dans les titres des chapitres : « On peut adorer le Christ dans les forêts3 », « Dans cette compagnie d’hypocrites et de bouffons », « Je ne peux pas ne pas participer », « La langue et le drapeau », « La vérité fait plus peur », « Sais-tu qu’ils veulent me tuer ? » en sont des exemples particulièrement emblématiques.

    5Comment Enrico Camanni introduit-il cette constellation d’hommes et des femmes, souvent en quête de liberté pour iels et pour les territoires dans lesquels iels vivent ? Avant tout, en dressant le constat que la « complexité » est le maître-mot de l’époque contemporaine, et que les Alpes n’y échappent pas. Car, comme le souligne Enrico Camanni en conclusion, « les terres les plus isolées, raides et extrêmes sont des accélératrices de changement, une infaillible cartina di tornasole [papier tournesol] pour lire et interpréter les transformations à venir » (p. 224-225). Les Alpes « si extrêmes dans la contradiction » : le « vétuste » et l’« hypermoderne », le « trop » et le « pas assez », les « ghost towns » et « Disneyland » « coexistent sans presque jamais se parler », résume-t-il (p. 6). En toile de fond, un « acteur invisible » qui structure les dynamiques alpines : le « modèle consumériste urbain » (p. 6). C’est lui qui, selon Enrico Camanni, a « changé la montagne » en y introduisant trois mots qui « n’existaient pas dans le vocabulaire alpin : rapidité, motorisation, ciment ». Donc : ski, automobiles, immeubles en copropriété (condomini) (p. 7). Une « colonisation urbaine » par une « culture hégémonique qui a supplanté la culture minoritaire, en annulant les rythmes, les rites, les mythes, les tabous et les dynamiques sociales, et en important de la plaine un modèle étranger mais gagnant, et pas seulement économiquement » (p. 7). L’auteur ne mâche pas ses mots, et affirme sa posture et son positionnement dès la courte introduction.

    6L’écrivain insiste, en début du livre, sur le lien entre montagne et plaine, car « les Alpes sont très proches des grandes villes, elles les regardent et les effleurent », elles sont devenues « le plus grand parc de divertissement de la ville », comme le prédisait Virginia Woolf, ajoute-t-il (p. 7). Mais dans l’histoire récente, elles sont aussi devenues le nouveau cadre de vie pour des citoyen·nes « en quête d’un avenir, ou du moins d’un air, meilleur » (p. 8). Les rapports entre montagne et villes se complexifient, et les deux entités sont de plus en plus interdépendantes. Enrico Camanni met en évidence le paradoxe de la distance : car les Alpes n’ont jamais été si proches — grâce à la fibre optique et aux autoroutes par exemple —, mais, au même temps, si lointaines des villes : « même avec le haut débit, les montagnes restent en pente, et même avec Internet, il neige d’octobre à mai, les os gèlent et les soirées d’hiver n’en finissent jamais » (p. 8-9).

    7Pourtant, malgré la pénétration du modèle consumériste urbain dans les montagnes, les Alpes « hébergent les différents, les rebelles, les résistants, les antagonistes, les hérétiques, pour devenir refuge et mégaphone des âmes libres et contraires », hier comme aujourd’hui. Enrico Camanni, dans son livre, a décidé de raconter l’histoire de 17 d’entre elleux.

    8L’auteur invite à commencer le cheminement en Suisse, en une sorte de deuxième introduction en dehors des Alpes italiennes au cœur de son ouvrage. Il le commence en explicitant le binôme qui, dans l’histoire, y compris mythique, de ce pays s’est créé entre Alpes et liberté. Celui-ci est né avec la légendaire rébellion de Guillaume Tell, le mythe fondateur de la confédération helvétique. « Tout remonte à Tell » (p. 13), pose Enrico Camanni en une sorte d’axiome irréfutable. La liberté pour laquelle Guillaume Tell s’est battu prend fin avec le Traité d’Utrecht qui « trace la frontière sur les montagnes, le centralisme bureaucratique des capitales [qui] entrave le rôle des communautés alpines en reléguant les Alpes à périphérie des États. Les hommes libres ne le sont plus » (p. 16). C’est ainsi que Enrico Camanni explique l’appauvrissement et le dépeuplement des terres hautes. Celui-ci serait dû à « l’isolement politique et économique voulu et imposé par les capitales extérieures » et non pas « au caractère sévère de l’environnement alpin » (p. 16-17). C’est de là qu’est née la « méfiance des montagnards envers une idée de ville qui se résume en cinq mots négatifs : centralisation, distance, pouvoir, indifférence, incompétence » (p. 17). C’est contre ces mots et ce qu’ils comportent quand ils se concrétisent dans la vie et les territoires de montagne, que les 17 rebelles se sont battus.

    9Dans les portraits des hommes et femmes « libres », beaucoup d’alpinistes (#René_Desmaison, #Gary_Hemming, #Reinhold_Messner, #Gianpiero_Motti, #Tita_Piaz, #Mary_Varale), mais aussi des hommes de foi (#Fra_Dolcino, #Giosuè_Javanel), un activiste (#Luca_Abbà), un écrivain (#Nuto_Revelli), un syndicaliste (#Guido_Rossa), et des personnes difficiles à caser dans des catégories figées : #César-Emmanuel_Grappein (médecin, politicien et écrivain), #Alexander_Langer (politicien, journaliste, essayiste), #Tina_Merlin et #Giovanna_Zangrandi (journalistes, écrivaines et partisanes), #Franz_Thaler (pacifiste et artisan), #Attilio_Tissi (alpiniste et politicien).

    10700 ans se sont écoulés entre Fra Dolcino — prédicateur brûlé vif en 1307 — et Luca Abbà — activiste contemporain dans la lutte contre la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Mais un élément les rapproche tous et toutes, au-delà des époques, ce sont 17 « voix fâchées qui filtrent comme des gouttes dans les failles du système » (p. 9). Ce sont les voix de celles et ceux qui « ont le privilège de comprendre les dangers en premiers et de le hurler en légitime défense, parce que toutes les eaux descendent des montagnes. Aucune ne remonte à la source » (p. 9-10). Ce sont ces cris à qui Enrico Camanni fait écho, car « le vieux cri des Alpes rebelles nous interroge aujourd’hui plus que jamais sur la difficile cohabitation […] de différentes visions du monde dans la mer agitée de la globalisation » (p. 10).

    11Dans ce sens, le combat pacifiste et écologiste d’Alexander Langer4 est emblématique : « Né dans les montagnes, il savait parfaitement que les Alpes auraient pu être un magnifique laboratoire de développement durable et d’innovation conservatrice. En théorie, elles étaient le lieu idéal pour expérimenter ce lentius, profundis, suavius qu’il pratiquait, prêchait et aimait. En pratique, les Alpes étaient l’exemple de comment il est possible de bouleverser un monde en quelques décennies, en substituant les raisons du profit à celles de la cohabitation » (p. 72). Alexander Langer, qui a été député au parlement européen pour le parti des Verts qu’il a contribué à fonder, a ardemment défendu l’idée que « si les Alpes s’érigeaient au centre de l’Europe, elles avaient la vocation à l’unir et non à la diviser » (p. 71).

    12Les Alpes sont le centre géographique de l’Europe, et ont aussi été le lieu où s’est organisée la Résistance, celle avec le R majuscule : « Si la plaine appartient aux fascistes, la montagne appartiendra aux partisans » (p. 128). Une idée mise en œuvre notamment par Nuto Revelli, co-fondateur de la compagnie de rebelles Rivendicazione Caduti (« revanche » aux soldats « tombés » sur le front russe) et membre de la bande partisane Italia Libera. Après la guerre, Nuto Revelli, devenu écrivain, a rencontré « les derniers protagonistes de la “civilisation alpine” » (p. 130) et a raconté le déclin démographique dans les vallées italiennes.

    13Parmi les trois femmes qui habitent l’ouvrage, le portrait de Tina Merlin est particulièrement saisissant. Cette journaliste s’est battue avec sa plume contre la construction du tristement célèbre barrage du Vajont. Enrico Camanni reporte dans son livre les mots que Tina Merlin a écrit dans le journal L’Unità et pour lesquels elle a été accusée dans un procès où elle a été au final acquittée :

    À Erto, en Valcellina, 130 chefs de famille hommes et femmes se sont rassemblés pour créer un organisme ayant une forme juridique permettant de défendre les droits et les intérêts des individus et des collectivités du village face aux intimidations et aux abus dont la Sade5 se rend coupable dans la région… Dans l’égoïsme de la société électrique et dans l’inertie du gouvernement, [les montagnards] entrevoient un danger grave pour l’existence-même du village où l’on est en train de construire un bassin artificiel de 150 millions de mètres cubes d’eau, qui dans le futur, en érodant le sol, pourraient s’effondrer dans le lac… (p. 154).

    14Les avertissements de Tina Merlin n’ont pas été écoutés. Pourtant, la toponymie-même aurait dû alerter sur la tragédie à venir : le barrage a été construit sur les flancs du « Monte Toc, qui signifie ‘morceau de roche’, mais en langue frioulane indique aussi une chose pourrie » (p. 155). Mais personne n’écoute tous ceux et toutes celles et ceux qui alertent sur la tragédie qui se concrétisera le soir du 9 octobre 1963, quand trois millions de mètres cubes de roche tombent dans le lac artificiel causant la mort de presque 4 000 personnes dans la vallée.

    15L’avant-dernier chapitre raconte l’histoire de Luca Abbà, né à Turin en 1975, et qui se définit comme « cultivateur de montagne » (p. 207), un métier qu’il apprend sur le tas quand il hérite d’un bout de terre au moment du décès de son grand-père, à Exilles, dans le Val de Suse. C’est là qu’il fonde un comité local d’organisation contre le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse. Ensemble avec d’autres militant·es, iels achètent et occupent des terrains en localité de Chaumont, là où doivent commencer les travaux de construction de l’infrastructure ferroviaire. Enrico Camanni raconte avec minutie la chronologie des événements qui ont eu lieu le 27 février 2012, quand Luca Abbà, pour résister à l’évacuation, monte sur un pylône électrique où il sera électrocuté : « tout le monde le croyait mort, on ne survit pas à une chute dans le vide de douze mètres, sur des pierres » (p. 211). Pourtant, après une hospitalisation qui a duré plus de trois mois, il est « à nouveau debout » (p. 212) et livre à Enrico Camanni ces mots de rébellion et d’espoir :

    L’envie de combattre est toujours plus enracinée dans la vallée et les nouvelles générations sont plus préparées que celles d’avant. Elles ne se limitent pas à défendre leur pré carré, elles veulent construire un monde différent, à taille humaine, et non pas un monde fait de machines et de banques. La croissance c’est bien, mais elle doit être culturelle. Et puis nous devons apprendre à nouveau à faire les choses par nous-mêmes, en respectant la terre. C’est cela la vraie liberté, matérielle et spirituelle (p. 213).

    16Le dernier chapitre est consacré à un protagoniste un peu particulier. Il a quatre pattes et est au centre de nombreuses controverses dans les Alpes : le loup, le « rebelle par excellence » (p. 214) :

    Le loup est le rebelle par excellence, hors-la-loi et hors-le-temps, car il représente ce que nous ne sommes plus : la nature sauvage, le courage d’aller, l’émotion primordiale. La bête rebelle habite des terres rebelles. Le centre de gravité des loups à l’ère de l’Internet oscille entre les Alpes de la mer et les vallées de Coni, Saluces, Pignerol et Suse, en traversant des lieux qui étaient jadis occupés par les partisans de Nuto Ravelli, les crêtes du commandant vaudois Janavel, les villages des revendications occitanes, les forêts des No TAV et de la résistance en Val de Suse » (p. 214-215).

    17Le loup parcourt et reconquiert ainsi les territoires qui ont vu naître, au cours des siècles, des hommes et des femmes « qui ne fuyaient pas, [des gens] qui croyaient et ne se pliaient pas » (p. 10). Et dont Enrico Camanni nous livre ces très émouvants portraits.

    https://journals.openedition.org/rga/14856
    #shameless_autopromo #Alpes #montagne #résistance #rebelles #livre #recension #Alpes_italiennes #Italie #histoire #utopie

  • Et si ce n’était pas la #rivière qui avait tué #Blessing_Matthew ? Récit d’une #recherche-action à la #frontière_franco-italienne

    La frontière tue deux fois. La première par le durcissement des contrôles qui augmentent les risques de son franchissement, la seconde quand la #justice est niée face aux violences et aux décès que ces politiques et ces pratiques à la frontière induisent. La reconstitution des circonstances de la noyade d’une jeune femme nigériane de 21 ans dans la Durance en 2018, par une équipe composée de chercheures, d’une association de soutien aux migrants et d’un témoin, révèle non seulement l’enchaînement des événements à l’issue fatale, mais également les causes systémiques de ce #décès. La mort de Blessing Matthew n’est pas attribuable à un accident ou aux dangers de la montagne, comme l’invoquent les autorités françaises, mais aux conséquences de la gestion sécuritaire à l’œuvre à la frontière franco-italienne.

    https://journals.openedition.org/mondesmigrations/351
    #shameless_autopromotion #frontière_sud-alpine #migrations #réfugiés #border_violence #border_death #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #Hautes-Alpes #Alpes #montagne #danger #risques #risques_naturels #France #impunité #border_forensics #architecture_forensique #frontières #La_Vachette #contre-enquête #violence #violences_frontalières #Durance

    ping @isskein @reka

    • Ainsi, dans le cas de Blessing, comme dans celui des autres 189 personnes décédées en tentant de traverser une des frontières alpines depuis 199317, la dangerosité du parcours est le résultat d’une stratégie politique et non d’un environnement « naturel » supposé hostile18. À partir de 2015, la réintroduction des contrôles aux frontières internes à l’espace Schengen et la mise en place d’une infrastructure de plus en plus sophistiquée de surveillance et de contrôles frontaliers ont déclenché un processus de « frontiérisation » de l’espace alpin19.

      (dommage que les images d’illustration soient si petites...)

  • Ça faisait un moment, alors voici un beau #shameless_autopromo : on a livré pour la réouverture du musée Dobrée à Nantes une belle série d’écrans interactifs.

    Profites-en, pour sa réouverture ce week-end, le musée est gratuit jusqu’au 2 juin.

    – Une table sur la tapisserie de Cérès, avec des grandes photographies zoomables, et des points d’intérêt explicatifs.

    – Une table sur l’architecture religieuse au Moyen Âge, permettant notamment de situer où les œuvres présentées dans le musée ont été retrouvées dans Nantes. Panoramiques 360 et cartels enrichis.

    – Des momies au rayons X, pour présenter la collection d’animaux momifiés. Un système de slider de type « avant-après » superposant une photographie et une vue aux rayons X, avec des points d’intérêt dans chaque vue.

    – Galerie des céramiques. Des cartels pour chaque céramique de la galerie, accessible via une grande photographie zoomable. Pour certaines œuvres, on intègre un objet 3D temps réel manipulable et doté de points d’intérêt.

    – Mémoires des guerres de Vendée et de la Révolution. Une collection de documents présentés sous l’angle de la « mémoire bleue » et de la « mémoire blanche ».

    – Carnets de voyage d’un explorateur. Présentation de cartons des récits de voyage de Frédéric Caillaud.

    – Panomara sur les collections d’arts graphiques. Des présentations de documents graphiques (gravures, dessins…). Pour les manuscrits et les imprimés, c’est présenté sous forme d’animations tourne-page. On y trouvera notamment un très beau manuscrit commandé par Anne de Bretagne, Les Vies des femmes célèbres (1504-1506) richement illustré.

    – Ainsi que 5 « players » de vidéos.

    Comme toujours, l’intégralité est réalisé sous forme de site Web (mais évidemment ça ne ressemble pas à un site Web), c’est du #SPIP forcément, et c’est installé en local sous forme de fichiers statiques aspirés et lancés en mode kiosque.

  • Un petit #shameless_autopromo dont je suis très content (et assez fier) : les Archives de Montpellier m’ont commandé un nouveau mini-site cette année : Gouverner Montpellier au XVIIIe siècle
    https://musee.info/Gouverner-Montpellier-au-XVIIIe-siecle

    Le terme de « gouvernement » ou l’action de gouverner s’appliquent généralement au XVIIIe siècle aux États. À la fin du XVIIIe siècle, on trouve parfois la mention du « bon gouvernement » dans les villes, par exemple dans le tome 4 de la série « Économie politique et Diplomatique » de l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke (1786). Cela est dû au fait que les autorités locales ont progressivement pris en charge une administration plus large et complète des espaces urbains.

    Montpellier, capitale de la province de Languedoc avec Toulouse, est ainsi un terrain d’action majeur pour ceux qui veulent procurer le « bon ordre ». Mais au-delà des mots, qu’en a-t-il été réellement ?

    Pour le savoir, il est nécessaire de comprendre comment les individus du siècle des Lumières ont agi. Ils ont tout d’abord voulu contrôler une réalité matérielle et physique problématique, en améliorant la ville. Ils l’ont fait par des micro-aménagements qui ont complété les embellissements urbains. Ces aménagements ont été réalisés au nom de la sécurité et de la police de la ville, en mobilisant les institutions scientifiques de la cité. Ces évolutions ont suscité deux mouvements contraires : une participation plus large au gouvernement de la ville, et des réactions d’hostilité. Ces mouvements séculaires ont participé – entre autres – à la remise en cause plus générale du gouvernement de la ville qui est intervenue dans les années 1780-1791.

    Il y a beaucoup à lire, énormément de documents, et je trouve certains passages tout à fait passionnants, sur ce tournant de la ville vers la « modernité », et le contrôle de l’espace public. Il y a des choses qui devraient vous intéresser sur la police et sur les femmes (dangereuses…).
    https://musee.info/IMG/mp3/capsule_6.mp3

    Pour rappel, l’année dernière on avait fait pour les Archives le mini-site 1622, Montpellier assiégé :
    https://musee.info/1622-Montpellier-assiege

  • Ah, une #shameless_autopromo un peu originale cette fois : j’ai développé 3 écrans tactiles pour le Palais Bénédictine à Fécamp.

    Et comme Manu, ce mois-ci, était en déplacement sur un autre projet, c’est moi qui suis allé faire l’installation (et Fécamp, depuis Montpellier, c’est vraiment très très loin).

    Alors le Palais Bénédictine, si tu ne connais pas, c’est une curiosité absolument invraisemblable : le créateur de la liqueur Bénédictine a fait construire ce « palais » néo-gothique, néo-renaissance, en plein Fécamp, sur le modèle de l’ancienne abbaye bénédictine de la ville, pour y abriter à la fois l’usine de production de la liqueur (la distillerie), et un petit musée accueillant sa collection d’art religieux, à la fin du XIXe.

    Comme d’habitude, c’est du #SPIP, aspiré en local et installé dans des PC cachés sous les écrans tactiles.

    – Il y a une vue « tournante » du bâtiment, tournant sur lui-même sur 360°, sur lequel des hotspots permettent d’ouvrir des fiches d’information. Pour gérer la maquette qui tourne sur elle-même et les hotspots, j’utilise Objet2VR :
    https://ggnome.com/object2vr
    Avec par-dessus un script perso qui fluidifie l’affichage des points cliquables, et qui surtout fabrique un affichage sur les côtées des intitulés des points, sur la gauche ou sur la droite de l’écran, en fonction de la position de chaque hotspot.

    Originalité cette fois : on m’a transmis un « objet » 3D réalisé à partir d’une photogrammétrie d’une maquette qui existe dans le bâtiment, et pour le coup c’est moi qui ai fabriqué les 360 rendus dans Blender (je crois que c’est la première fois que je fais moi-même le rendu 3D dans une prestation professionnelle).

    – Il y a une représentation de livre en vue « tourne-page », chaque page étant elle-même zoomable (à chaque fois on « zoome » dans la double-page ouverte du bouquin, c’est très sympa), avec à nouveau des hotspots dans les pages du livre.

    – Et une représentation chronologique de l’histoire du musée à base de photographies. (Là aussi, petite originalité, j’ai fait beaucoup de retouches photo sur les images fournies : des scans de très bonne qualité de vieilles plaques photographiques, certaines de la fin du XIXe siècle, au rendu très impressionnant, mais nécessitant pas mal de corrections pour une présentation multimédia. On en a déjà discuté ici, mais pour ce type de retouches, j’utilise désormais Affinity Photo.)

    Les tables sont installées sur des Nuc, un « gros » avec un processeur i7, et plusieurs petits avec des i5. Cette fois pas mal de galère avec la gestion du tactile, avec des conflits dans les scripts dans la gestion des événements touch et mouse, impossibles à reproduire sur Chrome Mac, impossibles à reproduire sur la version de Chrome de mon PC sous Windows 11, mais apparaissant de manière un peu aléatoire (mais souvent) sur la version de Chrome des Nuc i5. Finalement j’ai réussi à systématiser le bug sur un vieux PC sous Windows 10 et ainsi corriger le problème (sans pour autant déterminer pourquoi une fois ça marche une fois ça marche pas, sur la même version de Chrome…).

  • Veira Da Silva

    https://vimeo.com/536895887


    Dans l’intimité d’un peintre d’aujourd’hui
    Film de Max-Pol Fouchet - réalisation Gérard Pignol 1977

    à 45:48 Apropos du tableau « Les couteaux » Veira Da Silva : là ce sont les armes qui se battent en duel … Je l’ai rêvé souvent Pourquoi ils ne mettent pas les armes les unes contre les autres dans un désert …


    Image :
    Le Désastre
    Information sur l’artiste
    Maria Helena Vieira da Silva (Lisbonne, 1908- Paris, 1992)
    Date de l’œuvre
    1942

    –—


    25 abril 1974, La poésie est dans la rue

    #Portugal #peinture #peintresse #révolution_des_œillets #Lisbonne #télévision

    Petit #shameless_autopromo depuis un Joomla hacké récupération et nettoyage des données pour un #SPIP4.2.3 Le site a ainsi été remonté en deux jours https://maxpolfouchet.com merci #SPIP !

    J’en profite pour faire l’annonce de la projection du 1er juillet à Vézelay, qui célébrera la naissance de Max-Pol Fouchet il y a 110 ans

  • Un petit #shameless_autopromo bien sympa : on vient de lancer une petite webapp pour l’Ircam :
    https://circus.ircam.fr

    Normalement c’est destiné à accompagner la rénovation de la Fontaine Stravinsky à côté de Beaubourg à Paris : idéalement tu te promènes à côté, tu tombes sur un panneau qui te signale la webapp avec un QRcode qui va bien, et hop tu peux écouter ces sons en regardant les œuvres de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle…

    (C’est donc franchement conçu pour une utilisation sur smartphone.)

    Côté technique, avec l’Ircam évidemment c’est du son binaural. De mon côté, évidemment c’est du #SPIP. Et j’ai fabriqué les animations de formes d’ondes qui accompagnent les sons avec DaVinci Resolve. La petite originalité ici, c’est la présentation des sons sous forme de vidéos installées sur Viméo, et l’interface (bouton play/pause, barre de progression, etc.) en javascript de mon côté, pour contrôler l’API de Viméo.

  • Ah, un #shameless_autopromo dont je suis content : on vient d’inaugurer la nouvelle scénographie de la Tour Tanguy à Brest, pour laquelle j’ai travaillé avec Atiz, la boîte locale qui s’est chargée du projet. J’ai réalisé deux tables tactiles sur l’histoire de Brest avant la seconde guerre mondiale.

    C’est ma première interface en breton, je suis pas peu fier sur ce coup…

    (Et je te refais pas le topo, mais oui : c’est du #SPIP que j’utilise comme framework, et j’exporte le « site Web » ainsi réalisé pour l’installer sous forme d’application sur les tables tactiles en local.)

  • Festival du Moulin du Son à Arzano (Finistère) cet été du 4 au 6 août. Jauge à 500 personnes sur un site Natura 2000 (moulin du Roc’h). Comportement « safe » pour l’environnement exigé.

    Le Moulin du son revient à Arzano début août
    https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/le-moulin-du-son-revient-a-arzano-debut-aout-e91e6f4c-ddf1-11ed-8fc1-34

    Le premier set du rendez-vous Le moulin du son, sur le site du moulin du Roc’h à Arzano (Finistère), s’était joué l’été 2022. Un an plus tard, le deuxième set se prépare activement et l’heure est à la recherche de mécènes et de partenaires.

    Pour ce nouveau festival, la Groove Factory, présidée par Anthony Antunez, s’associe à Apes musique pour une programmation entre chansons françaises et musique techno, au fil du week-end des 4, 5 et 6 août 2023.

    Quelques infos supplémentaires ici :
    https://www.facebook.com/events/986304159036034/?active_tab=discussion

    Et la petite carte qui va bien :
    https://www.openstreetmap.org/node/4427751853#map=9/48.0973/-3.1393

    (family) #shameless_autopromo
    (parce que j’ai mon petit dernier qui pourrait y participer si son employeur, dans son immense mansuétude, veut bien lui accorder quelque congé) ...

  • La 3D fait son entrée au musée Fabre
    https://musee.info/La-3D-fait-son-entree-au-musee-Fabre

    Tout le monde attend les lunettes de réalité augmentée dans les musées, mais avec le musée Fabre de #Montpellier, on a décidé d’aller plus loin et d’explorer une technologie encore plus innovante.

    Désireux d’attirer un jeune public habitué aux casques de réalité virtuelle, le musée Fabre de Montpellier innove : à partir de ce mois d’avril 2023, les tableaux du musée, qu’une partie du public jugeait « trop plats », seront remplacés en salle par des versions en 3D anaglyphique.

    C’est une formidable innovation que nous présente aujourd’hui le musée Fabre. Les montpelliéraines et les montpelliérains vont redécouvrir ces œuvres sous un jour nouveau. Le rendu et la qualité technique de ces reproductions rivalisent avec les plus grands films en 3D produits par Hollywood, comme le récent Creature from the Black Lagoon et ses effets saisissants. Désormais, c’est Cabanel et Courbet qui vont faire frissonner les visiteurs !

    Les œuvres originales seront, elles, vendues aux enchères sur le Web, afin de couvrir les frais de leur reproduction en 3D anaghyphique.
    Désormais, une paire de lunettes de type « Rouge et cyan » sera prêtée à chaque visiteurs du musée, sans augmentation du tarif des visites.

    #shameless_autopromo

  • Le musée Lattara (à Lattes, village entre #Montpellier et Palavas) m’avait commandé une visite virtuelle de la très chouette exposition Statues-Menhirs, Miroirs de pierre du Néolithique, que j’avais déjà visitée avec les enfants et qui m’avait impressionné. Comme l’exposition IRL est terminée, le musée lance aujourd’hui la visite virtuelle :
    https://musee.info/Statues-menhirs

    C’est donc une petite #shameless_autopromo dont je suis très content, puisque c’est un musée à côté de chez nous.

    Pour l’aspect technique, c’est une visite virtuelle que je créé sur ma propre plateforme Musee.info, entièrement fabriquée avec SPIP. Les images panoramiques sont réalisées avec un Ricoh Theta Z1, en mode Raw HDR, je gonfle les images dans Topaz Gigapixel AI (qui n’est pas libre du tout, mais je vais faire des essais avec les nombreux outils de « Zoom and Enhance » qu’on trouve dans la partie « Extras » de Automatic 1111), et je fabrique ensuite les tuiles avec Pannellum.

    Nouveau > Visite virtuelle de l’exposition "Statues-menhirs. Miroirs de pierre du Néolithique" | Musee archeo
    https://museearcheo.montpellier3m.fr/evenements/nouveau-visite-virtuelle-de-l-exposition-statues-menhirs-m

    Pour prolonger l’expérience, l’équipe du musée vous propose de poursuivre la découverte, ou la re-découverte de l’exposition, grâce à la visite virtuelle réalisée par l’agence 23Forward (Montpellier).

    Belle balade « virtuelle » à la découverte de ces énigmatiques statues-menhirs et de l’univers des populations de la fin du Néolithique (3200-2500 av. notre ère).

    Note : j’avais signalé cette expo ici il y a 4 mois (avant que le musée me contacte) :
    https://seenthis.net/messages/978459

    • Chouette ! Merci pour le lien. La différence c’est évidemment qu’à Rodez il s’agit de pièces de la collection, et que leur exposition est permanente, alors qu’à Lattara, il s’agissait de prêts dans le cadre d’une exposition temporaire (terminée depuis ce dimanche donc – j’y étais encore samedi pour la montrer à mon beau-père et à ma grande).

      Je dois dire que je trouve ces pierres extrêmement émouvantes. Je suis du genre à être au bord des larmes en visitant un fac-similé de Lascaux, alors tu imagines que ces collections de sculptures du néolithique, je suis bon public…

      Sinon, l’exposition présentait une reconstitution d’Ötzi, « l’homme des glaces », et il se trouve qu’il y a un film en ce moment sur Arte :
      https://www.arte.tv/fr/videos/067773-000-A/oetzi-l-homme-des-glaces
      (Qui semble pas du tout adapté aux enfants, du coup je l’ai pas encore vu.)

  • Un joli #shameless_autopromo de septembre 2022 (notamment parce que c’est ma région) : on a livré des écrans pour la réouverture de la chapelle de l’hôpital de la Grave à Toulouse.

    La description du projet chez Mosquito :
    http://www.mosquito.fr/francais/projets/scenographie-numerique/article/parcours-de-visite-de-la-chapelle-de-la-grave

    (Évidemment c’est du SPIP inside.)

    Toulouse : voici ce que vous pouvez voir à l’intérieur du dôme de La Grave (et comment ça a changé) | Actu Toulouse
    https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/toulouse-voici-ce-que-vous-pouvez-voir-a-l-interieur-du-dome-de-la-grave-et-com

    Les sols et les décors peints ont été entièrement restaurés. Pour éclairer les visiteurs, un parcours muséographique en douze étapes permettra de connaître et de comprendre l’histoire de cet édifice symbolique de Toulouse. Tables tactiles, films ou encore exposition d’objets religieux, attendent les Toulousains sous le dôme de la chapelle Saint-Joseph.

    • Haute-Garonne : à Toulouse, le dôme rénové de la chapelle Saint-Joseph-de-la-Grave est ouvert aux visites
      https://www.lemoniteur.fr/article/haute-garonne-a-toulouse-le-dome-renove-de-la-chapelle-saint-joseph-de-la

      Dans l’objectif d’offrir un meilleur accueil aux visiteurs, un parcours de découverte a été aménagé au sein de l’édifice. Des tables tactiles, une exposition d’objets religieux, des interviews d’historiens et des témoignages de Toulousains ont été ainsi parsemés dans les différentes parties de la chapelle. En outre, des films sur la vie au sein de la Grave au temps du Grand Renfermement (période du XVIIe siècle) sont laissés à la disposition des visiteurs.

    • Toulouse : le dôme de la Grave ouvre ses portes le 17 septembre
      https://lopinion.com/articles/actualite/14612_toulouse-dome-grave-ouvre-portes-17-septembre

      La chapelle Saint-Joseph a été désacralisée en 2015 et après toutes ces rénovations, elle trouve alors une nouvelle vocation : celle de faire découvrir son histoire aux visiteurs. Les plus curieux pourront alors y trouver un parcours de découverte dans lequel de nombreuses activités seront proposées :
      – tables tactiles installées devant l’autel et dans les rotondes ;
      – films sur la vie à la Grave au temps du Grand Renfermement (période du XVIIe siècle durant laquelle les pauvres étaient accueillis dans les hôpitaux) ;
      – exposition d’objets religieux au sein de l’ancienne sacristie ;
      interviews d’historiens ;
      – témoignages de Toulousains qui ont travaillé ou été soignés à l’hôpital.

      Une nouvelle utilité pour le monument afin d’y apprendre son histoire et son lien avec l’hôpital.

      (Note perso : la témoignages audio des toulousains sont très émouvants.)

  • Mon gros #shameless_autopromo du moment : on vient de livrer les nouveaux écrans iteractifs du musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Il y a quatre jeux d’observation (c’est-à-dire des jeux qui demandent à comprendre ce qu’on est en train de voir en salle pour les résoudre), sept vidéos à déclencher et trois écrans présentant l’environnement social, économique, culturel, scientifique… de la Belle époque (Art nouveau) et des Année folles (Art déco).

    Comme toujours, l’ensemble est développé sous SPIP, avec des interfaces entièrement tactiles en glisser-déposer. L’ensemble est trilingue (français, allemand, anglais), avec passage instantané d’une langue à l’autre. La plupart des écrans sont gérés par des players Brightsign, mais les deux « carrefours » Belle époque et Années folles tournent finalement sur des PC Nuc : ces sont des interfaces avec des effets de perpsective et beaucoup d’images, on atteignait les limites des Brightsign.

    Mosquito a une page de présentation avec un petit film dans lequel on voit mes écrans (le grand mur d’écrans à la fin n’est pas de moi) :
    http://www.mosquito.fr/francais/projets/scenographie-numerique/article/parcours-multimedia
    https://vimeo.com/797994082

    • EN IMAGES. Bas-Rhin : quelles sont les nouveautés du Musée Lalique qui rouvre après sa trêve hivernale
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/en-images-bas-rhin-quelles-sont-les-nouveautes-du-musee

      Les visiteurs ont accès à six stations dotées de petits jeux. Anne-Céline Desaleux, la directrice adjointe du musée détaille : « il y a aura par exemple un jeu sur les bijoux où les joueurs devront faire la différence entre une broche, une épingle à chapeau ou à cravate. C’est moins facile qu’il n’y paraît ! » 

      Une autre borne interactive sera centrée sur les arts de la table : « plat à tarte, beurrier, etc... Il faudra retrouver l’usage de chaque objet. René Lalique a beaucoup travaillé sur la rationalisation. Au moulage d’une seule carafe, il pouvait associer plusieurs moulage de bouchons. Ce sera au visiteur de trouver le moulage qui correspond au bon bouchon ».

      Anne-Cécile Desaleux évoque une troisième thème ludique : celui des flacons de parfum. Le maître-verrier concevait des flacons qui correspondaient à leur contenant : « le public devra cogiter pour associer flacon et nom de parfum, comme par exemple les Yeux bleus, la Perle noire ou encore le Trésor de la mer ».

      René Lalique a beaucoup travaillé sur les flacons, notamment de parfum, soulignant ici la finesse du savoir-faire local. • © Nicolas Meyer / France télévisions
      A ces jeux s’ajoutent des séquences plus pédagogiques. La directrice-adjointe du musée dit avoir beaucoup écouté et entendu les visiteurs, leurs questions et leurs remarques. Elle s’est aperçue que beaucoup avaient tendance à confondre Art Nouveau et Art décoratif. La confusion ne sera plus possible grâce à ces écrans tactiles.

    • Moselle. A Wingen-sur-Moder, le musée Lalique rouvre dans une version plus ludique
      https://www.republicain-lorrain.fr/culture-loisirs/2023/02/10/a-wingen-sur-moder-le-musee-lalique-rouvre-dans-une-version-plus

      « On a remplacé tous les écrans tactiles de la collection permanente, le matériel avait douze ans de fonctionnement », indique la directrice. Le contenu est remplacé par des quiz ou des jeux afin d’aborder le verre de façon ludique. « On a voulu s’adresser au plus grand nombre », affirme la gérante du musée Lalique. Par exemple, un jeu afin de connaître le nom d’un objet de tables et son utilité, ou bien un autre afin de trouver le nom d’une bouteille de parfum.

  • Je viens de livrer un mini-site dont je suis super-content : 1622, Montpellier assiégé - Les 50 jours qui ont changé l’histoire de la ville
    https://musee.info/1622-Montpellier-assiege

    Je l’ai réalisé à la demande des Archives municipales de Montpellier, pour commémorer les 400 ans du siège de Montpellier par les troupes de Louis XIII. Sujet drôlement intéressant, et le mini-site regorge d’informations et des documents. (Tu peux y aller, c’est moult instructif.)

    Pour répondre à cette demande, j’ai donc proposé de réaliser cela avec ma propre plateforme « musee.info », initialement développée pour le site Fabre dans mon canapé du musée Fabre, le tout sous #SPIP :
    https://musee.info/Musee-Fabre
    et que j’ai désormais transformé en plateforme ouverte à d’autres clients.

    Le mini-site 1622, Montpellier assiégé est découpé en 7 séquences, largement constituées de formes longues. Parmi les formats plus originaux, il y a :
    – une visite guidée dans Montpellier vers 1550 au travers d’une gravure d’époque :
    https://musee.info/Montpellier-vers-1550
    – une carte animée des campagnes de Louis XIII contre les insurrections protestantes :
    https://musee.info/Les-campagnes-de-Louis-XIII-619
    – un plan interactif de Montpellier pendant le siège :
    https://musee.info/Plan-au-vray-de-la-ville-de-Montpellier
    – un plan interactif des armées en présence :
    https://musee.info/La-vraye-representation-du-siege
    – une chronologie du siège (jusqu’à 1100 coups de canon en une seule journée) :
    https://musee.info/Les-50-jours-du-siege

    Il y a aussi quelques gravures animées dans les formes longues. Le Harlan ou pourquoi on a de si belles places pour les terrasses des restaus dans le centre-ville. Et des gens avec leur tête dans un rond qui tourne sur lui-même, parce que pourquoi pas :
    https://musee.info/Les-acteurs-du-siege

    #shameless_autopromo #protestantisme #histoire #Montpellier

  • Refonte du site de la librairie Quilombo
    https://librairie-quilombo.org

    On fête les quinze ans du site SPIP de la Librairie Quilombo avec une refonte douce en profitant au passage de la dernière version SPIP4. Les changements ne vous sauteront pas aux yeux, mais les améliorations sont bien là !

    L’équipe voulait garder l’esprit de départ du site.

    Je suis contente de l’astuce pour garder cette simplicité et signaler la mise au panier puisque le bouton commander qui est rouge passe au clic en gris et permet alors d’accéder directement au panier. Il n’était pas utile de faire un gros popup pour dire que l’ouvrage avait été choisi. La boutique permet désormais de reprendre une commande en cours ou de choisir son mode de paiement même après avoir cliqué sur « payer par chèque ». Comme d’habitude, ce fut laborieux, mais tout le monde est content !

    Ah, et évidemment toutes les pages sont responsives, vous pouvez donc accéder au site avec un petit écran.

    Merci @SPIP

    Bonne visite !

    #shameless_autopromo

    • 15 ans, mais non, c’est plutôt 17 dans quelques mois !
      J’avais des doutes, le premier article daté est le bien nommé De « la joie par les livres » ...

      https://librairie-quilombo.org/de-la-joie-par-les-livres

      Publié le vendredi 4 novembre 2005

      Le Ministère de la culture a décidé de la fermeture de la Bibliothèque pour enfant, « La joie par les livres », située dans un quartier populaire de Clamart (92). Cette bibliothèque, îlot de résistance culturelle, propose par exemple des scéances de lecture au pied des tours de brique rouge de la cité ou encore réalise du porte-à-porte pour aller à la rencontre des familles. Créée en 1965, son fonds de livre de jeunesse d’une rare richesse fait le bonheur de 600 petits lecteurs. …

      Attends, 2005, on était sous Chirac2, élu suite à un « vote utile » ? Oui, déjà. Et pour fermer ensuite les lieux culturels des quartiers ? Oui, il leur fallait la guerre.

  • Arts du Moyen Âge : le public va pouvoir découvrir un musée de Cluny transformé, plus clair, plus aéré, plus accessible
    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/arts-du-moyen-age-le-public-va-pouvoir-decouvrir-un-musee-de-cluny-tran

    […] la grande salle consacrée à Notre-Dame. Dans celle-ci sont exposés des vestiges des décorations extérieures de la cathédrale, fragments de sculptures remplacées au moment de la restauration par Viollet-le-Duc au XIXe siècle ou arrachées pendant la Révolution.

    Ça vous voudra un #shameless_autopromo prochainement, parce qu’avec Mosquito on a livré une chouette table tactile, dans cette salle, pour situer ces sculptures sur la cathédrale.

  • Je crois que c’est mon plus beau #shameless_autopromo : on vient d’effectuer avec Mosquito la mise en ligne des Très Riches Heures du Duc de Berry, qualifié de « Joconde des manuscrits », 206 feuillets réalisés au cours du XVe siècle, conservé au château de Chantilly :
    https://les-tres-riches-heures.chateaudechantilly.fr

    Initialement nous avions réalisé une table tactile installée dans la bibiothèque du château. Table que j’avais évidemment codée en #HTML5, et motorisée par #SPIP. Comme le résultat a beaucoup plu, on nous a dans un deuxième temps demandé de réaliser une version « Web » responsive. (Ça a été une gageure, à la fois côté technique et ergonomique.)

    Le principe a consisté à présenter le manuscrit sous forme de « livre » dont les pages se tournent de manière fluide, mais le contenu de chaque page devant être une image en « méga-zoom », et dotée de points d’intérêt (hotspots) donnant des explications supplémentaires. Évidemment les scripts de « tourne-pages » ne sont pas conçus pour faire ce genre de chose, et afficher des centaines d’images « méga-zooms » interactives n’est pas non plus totalement anodin, si on veut que l’ensemble reste fluide. Mais au final, ça fonctionne bien…

    Une autre caractéristique, plus technique, était que je voulais pouvoir gérer intégralement les contenus et les images dans SPIP, notamment sans devoir fabriquer « manuellement » les tuiles des images méga-zoom (qui existent en version « une page » et en version « double-page ») sur l’ordinateur. Là les images méga-zooms sont fabriquées automatiquement sur le serveur, depuis #SPIP et les hotspots sont directement définis dans mon interface. Ce qui permet de lier directement la gestion des hotspots et les tuiles méga-zooms, sans risque de travailler sur des versions différentes des images.

    Et de manière désormais habituelle sur mes contenus de ce genre : c’est instantanément multilingue (on change de langue à l’endroit même où l’on se trouve, sans rechargement de contenus).

    C’est donc un travail dont je suis particulièrement content, ce n’était pas gagné d’avance d’arriver à une interface fluide et responsive, une gestion des contenus relativement simple (tout se passe dans une interface SPIP), à partir d’une interface initialement conçue pour un grand écran de taille fixe, entièrement tactile, avec derrière un PC avec un SSD ultra-rapide et une carte graphique de compétition (un des rares avantages de développer sur Mac : au moins je n’ai pas une carte graphique de compétition, ça oblige à optimiser un peu le truc…).

    Et évidemment, c’est gratifiant d’avoir travaillé sur la mise en ligne d’un des plus beaux chef-d’œuvre du monde.

    • Le musée Condé (Château de Chantilly) propose l’exploration numérique gratuite des « très riches heures du duc de Berry » – Club Innovation & Culture CLIC France
      http://www.club-innovation-culture.fr/musee-conde-domaine-chantilly-exploration-numerique-gratuite

      Une campagne de reproduction à très haute définition a en effet été menée en partenariat avec l’Agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais. Les images réalisées par le photographe Michel Urtado permettent de voir, jusqu’au moindre détail, les touches de pinceau des peintres.

      Suite à cette campagne de photographies, la société Mosquito a développé une application de découverte qui a été testée durant l’année 2021 par les visiteurs au sein du Cabinet des livres du château.

      Le dispositif, constitué d’un logiciel éprouvé, d’une interface intuitive (sous la forme d’un feuilletoir numérique) et de la possibilité de visionner les 412 pages et quelque 130 enluminures à l’aide d’un puissant zoom, a remporté l’adhésion enthousiaste du public qui a rarement l’occasion d’appréhender un aussi magnifique manuscrit médiéval.

      En 2022, le feuilletoir devient donc web responsive (accessible sur smartphone, tablette ou pc ) et surtout il est accessible à chacun, en tout lieu connecté.

      L’internaute peut aisément comprendre la structure du livre, le contenu des textes, le sens des images grâce à des textes focus clairs et discrets. Les commentaires peuvent être désactivés pour feuilleter le livre de manière autonome.

      L’application est facile d’appréhension, simple à utiliser, multilingue. Elle continuera à être mise à jour au fil des remarques des internautes et de l’avancée des recherches.

      « De quoi faire rayonner comme jamais les Très Riches Heures et aussi saluer leur découvreur et donateur, Henri d’Orléans, duc d’Aumale ! » se félicite le musée de Condé.

    • Les Très Riches Heures du Duc de Berry | Communication Arts
      https://www.commarts.com/webpicks/les-tres-riches-heures-du-duc-de-berry

      As part of the renovation of the library of the Château de Chantilly, where the manuscript is kept, we took the opportunity to create mediation and presentation tools that equaled the work of art’s mastery. As part of a vast program that included a digital photography campaign, a digital leaflet and interactive installation by experiential interactive design studio Mosquito at the Château, this website by Mosquito and digital design studio 23FORWARD puts a multilingual version of the Très Riches Heures installation on the web.

  • En juin 2021, nous avons livré avec Mosquito une table interactive pour présenter le Concorde au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

    https://vimeo.com/512931837

    L’interface principale est une vue 3D en temps réel, que l’on peut manipuler, du Concorde. Le rendu est aussi réaliste que possible. Des hotspots dans l’espace permettent de déclencher des compléments d’information, avec animations 3D precalculées.

    Évidemment c’est du #HTML5 motorisé par #SPIP. C’est le premier projet que j’ai réalisé entièrement en 3D avec A-Frame, et beaucoup de réglages et d’essais pour trouver les bons formats de fichier et les bons réglages d’éclairages pour obtenir un rendu satisfaisant du Concorde.

    #shameless_autopromo