mbnuqw/sidebery: #firefox extension for managing #tabs and bookmarks in sidebar.
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Sarah Schulman, autrice et militante : « Chez Act Up, on ne pouvait pas se permettre d’avoir des débats théoriques » | Mediapart
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/280426/sarah-schulman-autrice-et-militante-chez-act-ne-pouvait-pas-se-permettre-d
#Manifester sous la pluie devant des bâtiments gouvernementaux fermés et rester planté·es là, à écouter des gens nous répéter ce qu’on sait déjà, ça ne marche pas. Ça gaspille l’énergie des gens. Il y a beaucoup d’exemples d’idées créatives d’#Act_Up qui ont su captiver l’imagination du public. Il ne fallait pas avoir peur de perturber une messe à la cathédrale, par exemple, lorsque le pape ou le cardinal s’en prenaient aux personnes atteintes du sida. Vous devez croire que votre vie est importante et que vous avez le droit de #résister.
...
Beaucoup d’initiatives ont échoué, bien sûr. Il fallait être fort, pour participer à Act Up, car c’était très éprouvant émotionnellement. Des gens criaient, hurlaient, tombaient malades et mouraient. Le #sida est une terrible maladie, le temps pressait, c’était une urgence. On ne pouvait pas se permettre d’avoir des #débats_théoriques. Je pense que beaucoup de gens perdent du temps dans les mouvements sociaux parce qu’ils ne ressentent pas cette urgence.
...
Tout d’abord, il s’agit d’un #mouvement de personnes profondément opprimées. Quand le sida a été identifié pour la première fois par la science en 1981, les hommes homosexuels étaient une communauté très méprisée. Ces personnes étaient privées de droits et souffraient d’un mal terrible, sans remède. Pourtant, elles se sont unies et ont forcé la société à changer contre son gré. Et elles y sont parvenues en restant toujours très #intelligentes, #ouvertes et #créatives.
Chester Wisniewski 🇨🇦 - Mastodon
▻https://securitycafe.ca/@chetwisniewski/116263842520976605
That’s right folks, it is now easier to buy a #firearm than to load #open_source software on your #phone in #America.
#Android will require a #24-hour #wait before #sideloading #apps
▻https://android-developers.googleblog.com/2026/03/android-developer-verification.html
How the advanced flow works for users
– Enable developer mode in system settings: Activating this is simple. This prevents accidental triggers or “one-tap” bypasses often used in high-pressure scams.
– Confirm you aren’t being coached: There is a quick check to make sure that no one is talking you into turning off your security. While power users know how to vet apps, scammers often pressure victims into disabling protections.
– Restart your phone and reauthenticate: This cuts off any remote access or active phone calls a scammer might be using to watch what you’re doing.
– Come back after the protective waiting period and verify: There is a one-time, one-day wait and then you can confirm that this is really you who’s making this change with our biometric authentication (fingerprint or face unlock) or device PIN. Scammers rely on manufactured urgency, so this breaks their spell and gives you time to think.
– Install apps: Once you confirm you understand the risks, you’re all set to install apps from unverified developers, with the option of enabling for 7 days or indefinitely. For safety, you’ll still see a warning that the app is from an unverified developer, but you can just tap “Install Anyway.”
#Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale
Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.
C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.
Une recherche camouflée en #Afrique centrale
En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.
Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.
L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.
Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.
Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.
La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.
La matière première de la recherche
C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.
Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.
Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.
Quand la recherche devient-elle « extractive » ?
Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.
Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.
Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.
Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.
Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.
Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.
Résonnances actuelles
Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.
Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.
L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.
▻https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
#science #recherche #extractivisme
Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale
Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.
Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.
Agir l’intolérable
Quelque chose, dans la texture des jours, se resserre, non sous la forme d’un #choc unique et éclatant, mais comme une sorte de condensation lente qui alourdit l’air, épaissit les gestes et entame la parole. Il ne s’agit pas de l’#effroi, cette pointe brève de #sidération qui suspend l’esprit, mais d’une contrainte sourde et persistante qui organise peu à peu la #fatigue, ronge la disponibilité, fabrique de l’#impuissance, tout en attisant, en contrebas, des #colères difficiles à formuler. La gorge se serre, les mains sont moites, le regard se perd, au loin des nuages, des éclairs, tandis que les rues chavirent, et que la tête cogne des pavés de fer, sans la moindre étincelle. Et pourtant, au cœur même de ce régime d’#étouffement, subsistent des plages de #joie, des #attachements, des yeux qui se touchent, des élans, qui indiquent qu’autre chose demeure possible, ou, plus exactement, qu’autre chose demeure requis.
Ce qui affleure alors ne relève plus seulement de l’humeur ou de l’affect, puisque s’y annonce déjà une perception, encore confuse et sans concept, d’un déplacement dans l’ordre du monde, comme si un seuil avait été franchi. C’est ce passage, encore mal nommé, que nous désignons trop vite et trop vaguement par le mot d’intolérable, alors même qu’il demande, précisément, d’être décrit avec rigueur plutôt que simplement éprouvé.
(...)
.
▻https://lundi.am/Agir-l-intolerable#nb11
#intolérable #Sylvain_George #colère #régime #architecture #à_lire #à_lire_absolument
Résister à la chronopolitique ne consiste pourtant ni à ralentir par principe, ni à célébrer abstraitement la lenteur, mais à restituer des arrêts, des reprises, et des intervalles, où un jugement puisse se former. Benjamin parlait d’arrêt messianique, non comme promesse religieuse, mais comme interruption profane de la continuité catastrophique. On pourrait dire aujourd’hui arrêt critique, au sens d’un arrêt qui ne suspend pas pour fuir, mais pour rendre à la situation sa lisibilité, et pour rouvrir la possibilité de décider.
C’est dans ces interruptions, dans ces silences tenus, dans ces marches ralenties, ces reprises obstinées d’un même geste, d’un même chant, d’une même demande, que le temps redevient habitable, non parce que ces gestes produiraient un autre monde, mais parce qu’ils fissurent la clôture du présent et introduisent une autre cadence au cœur de la cadence imposée. Si l’intolérable interdit l’arrêt, alors toute bifurcation, pour devenir praticable, doit commencer par la reconquête de cette capacité d’interruption.
Santé sexuelle : Sidaction s’alarme de la montée en puissance des discours masculinistes auprès des jeunes - Public Sénat
▻https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/sante-sexuelle-sidaction-salarme-de-la-montee-en-puissance-des-discours-
31 % des 16-34 ans « se sentent plus puissants » sans préservatif
66 % des jeunes hommes âgés de moins de 34 ans connaissent au moins un influenceur dit « masculiniste », et 37 % disent consulter ces contenus. Parmi ceux au fait de ces publications, plus d’un tiers les considère rassurantes sur leur manière « d’être un homme » (38 %), assure qu’elles leur donnent « une autre vision que celle portée par les féministes » (48 %), ou affirme qu’elles les ont inspirés à « mettre en pratique des conseils pour devenir un homme meilleur » (34 %). Plus alarmant encore, la moitié d’entre eux pense que ces discours disent « enfin la vérité » (51 %).
Les hommes et le masculinisme : péril sur la santé sexuelle - Sidaction
▻https://www.sidaction.org/communique/sondage-opinionway-les-hommes-et-le-masculinisme
Les résultats de l’enquête montrent que les hommes perçoivent un climat d’hostilité à leur encontre. 52% des hommes (16-59 ans) trouvent que la société s’acharne sur eux et 36% pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme dans la société française aujourd’hui. Pour 6 hommes sur 10, les médias caricaturent les hommes depuis Metoo (58%). Les répondants adoptent un discours victimaire : plus d’un homme sur 2 considère que les hommes sont trop souvent accusés de #violences_sexuelles exagérées ou mensongères (53%).
La #virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux juge important d’être viril (51%) et ils sont autant à déplorer que les hommes ne le soient plus suffisamment (46%).
Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, « le sondage nous révèle que la virilité continue de jouer un rôle déterminant dans la construction identitaire des hommes. Et ce n’est pas sans conséquence sur leurs comportements sexuels puisqu’ils sont bien trop nombreux (40%) à penser qu’être un homme, c’est oser prendre des risques, y compris sexuels ».
La virilité intervient directement dans la décision de porter un #préservatif ou non. 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%). 1 jeune sur 6 pense que le préservatif est un signe de faiblesse (16%).
Plus préoccupant encore : un homme sur dix (11%, et un jeune homme de 25-34 ans sur cinq, 18%) affirme comprendre le “#stealthing”, soit le fait qu’un homme retire son préservatif sans prévenir son/sa partenaire s’il estime qu’on le lui a imposé. Chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34% à caut cautionner cette pratique répréhensible (+23 points par rapport à la moyenne).
« Ces croyances envers les discours masculinistes fragilisent la prévention, augmentent les prises de risque, et déstabilisent profondément la culture du consentement, pourtant centrale dans la lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles » indique Florence Thune. « Il est inquiétant de voir qu’un tiers des jeunes hommes pensent que demander explicitement le #consentement « gâche la spontanéité » (37% pour les 16-34 ans) et ou qu’un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas clairement “non” (35% pour les 16-34 ans) ».
Les discours masculinistes s’articulent autour d’une #misogynie importante et une #domination violente. Les représentations à l’égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugements négatifs : 43% des 16-34 ans pensent qu’une femme qui multiplie les partenaires « ne se respecte pas ». 1 jeune sur 4 pense qu’une femme positive au #VIH ou à une autre #IST est une femme qui a eu trop de partenaires sexuels (25%) ou qu’une femme qui exprime ouvertement son désir sexuel ne cherche pas vraiment à être respectée par les hommes (24%).
Pour contrer l’influence de ces discours toxiques, dans un contexte où les découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans ont augmenté de +41 % en 10 ans (selon les dernières données de Santé Publique France), où les IST augmentent et où l’usage du préservatif recule, Sidaction souligne l’urgence de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Les séances d’EVARS constituent aujourd’hui le levier le plus solide et le plus éprouvé pour lutter contre ces idées reçues, développer l’esprit critique et renforcer la prévention.
Sidaction, avec Le Planning familial et SOS homophobie ont saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. Leur déploiement complet dans les établissements scolaires, conformément aux obligations légales, n’est plus seulement un enjeu éducatif : c’est un impératif de santé publique.
Rapport OpinionWay détaillé en pdf :
▻https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2025/11/OpinionWay-pour-Sidaction-Les-hommes-et-le-masculinisme-Decembre-2025.p
« 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%) »
#fragiles_de_la_bite
▻https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/your-body-my-choice-la-guerre-des-sexes-est-ouverte
En détournant le slogan féministe « my body, my choice », le commentateur d’extrême droite Nick Fuentes, 26 ans, illustre la vitalité des thèses masculinistes aux États-Unis.
▻https://www.lefigaro.fr/international/ton-corps-mon-choix-qui-est-nick-fuentes-cet-extremiste-americain-dont-le-s
Nick Fuentes, de son vrai nom Nicholas Joseph Fuentes, est né le 18 août 1995 dans l’Illinois. Il se fait un nom dans le monde politique américain en 2022 lors d’une de ses conférences, nommée America First, dans laquelle il fait l’éloge d’Adolf Hitler en affirmant que les médias ont comparé Vladimir Poutine à l’ancien dictateur allemand « comme si ce n’était pas une bonne chose », rappelle le magazine Rolling Stone .
▻https://rapecrisis.org.uk/get-informed/types-of-sexual-violence/what-is-stealthing
The key points
The definition or meaning of the word ’stealthing’ is when someone removes a condom during sex without the other person’s consent or lies about having put one on in the first place.
Stealthing is rape under English and Welsh law. This means that someone who carries it out can be prosecuted for rape.
Like all rape, stealthing is a very serious crime that carries a maximum sentence of life in prison.
’Stealthing’ is a slang word, not a legal term. The legal term for this act is ’rape’.
La France ne prolonge pas sa participation au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, selon plusieurs associations
▻https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/21/la-france-ne-prolonge-pas-sa-participation-au-fonds-mondial-de-lutte-contre-
La France, qui avait promis 1,596 milliard d’euros de dons lors du dernier appel aux dons, en 2022, n’a formulé aucune promesse cette année.
L’objectif de collecte de 18 milliards de dollars permettait, selon les calculs du fonds, de sauver 23 millions de vies sur [?] et de réduire des deux tiers environ (64 %) le taux de mortalité combiné du sida, de la tuberculose et du paludisme d’ici 2029.
« La fin du sida est à portée de main, et c’est à la France de donner le coup décisif », Françoise Barré-Sinoussi, Virologue
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/21/francoise-barre-sinoussi-virologue-la-fin-du-sida-est-a-portee-de-main-et-c-
Ce vendredi 21 novembre se tient à Johannesburg (Afrique du Sud), en marge du G20, un événement crucial pour la santé mondiale : la 8e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, un partenariat qui finance et soutient des programmes de lutte contre le #sida, la #tuberculose et le #paludisme dans plus de 120 pays. En vingt ans, ces programmes ont permis de sauver près de 70 millions de vies, soit presque l’équivalent de la population française.
Les résultats du Fonds mondial sont particulièrement remarquables en matière de lutte contre le VIH/sida. Dans les pays soutenus par le fonds, les décès liés au virus ont chuté de 80 %. Grâce au déploiement des traitements #antirétroviraux et aux outils de prévention innovants, tels que la prophylaxie pré-exposition (#PrEP), nous avons franchi des étapes que nous n’osions envisager il y a encore vingt ans. Si ses principaux soutiens, dont la France, refinancent pleinement le Fonds mondial pour les trois prochaines années, nous pourrions raisonnablement entrevoir la fin d’une épidémie née il y a près d’un demi-siècle.
Certes, le VIH/sida est toujours là. En 2024, 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées dans le monde, 9,2 millions de personnes vivant avec le VIH n’avaient pas accès à un traitement antirétroviral, et 630 000 personnes sont mortes de maladies liées au virus.
Une génération sans VIH
Mais, aujourd’hui, une nouvelle avancée scientifique apporte un espoir inédit : le lénacapavir, un traitement préventif qui ne nécessite que deux doses par an et protège à 99,9 % contre l’infection. S’ouvre alors une perspective fabuleuse : celle d’une génération sans sida. Mais cette promesse ne deviendra réalité que si nous garantissons un accès rapide et équitable à ce traitement, partout dans le monde.
Dans cette dernière ligne droite et plus que jamais, la lutte requiert un niveau de financement suffisant. Cet investissement est un impératif moral pour nos gouvernants et pour nous tous. Le sort de millions de vies nous y oblige. Face à ce tournant historique, la France doit être à la hauteur de son héritage, de ses responsabilités et de ses convictions. Puissance mondiale engagée en faveur de la solidarité et du multilatéralisme, notre pays occupe une place singulière dans l’histoire de la lutte contre le VIH.
Notre pays est celui de l’identification du virus et le berceau d’associations de lutte mondialement connues. La France est aussi la première donatrice européenne au Fonds mondial, qu’elle a contribué à créer en 2002 sous l’impulsion du président Jacques Chirac et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Notre pays a également été à l’origine de mécanismes de financements innovants permettant de soutenir le Fonds mondial, mais aussi Unitaid, qui, ensemble, accélèrent le déploiement des nouveaux produits de santé à des prix abordables dans les pays qui en ont le plus besoin. Le prix d’un traitement antirétroviral a ainsi été réduit de 10 000 dollars (8 677 euros) à 37 dollars (32 euros) par an.
Révélateur des inégalités
Dans la lignée de ses prédécesseurs, le président Emmanuel Macron a lui aussi marqué son engagement dans la lutte contre le sida en renouvelant, à deux reprises, la contribution française au Fonds mondial. Aujourd’hui, la France est attendue à nouveau. Si nous sommes conscients de la situation financière actuelle et du choix difficile que cela représente dans un moment de fortes restrictions, cet effort est à la hauteur de l’engagement de la France en santé mondiale, à la fois par son rôle historique, mais aussi pour incarner une vision du monde fondée sur la solidarité, l’égalité et la dignité humaine.
Car le VIH n’est pas qu’un virus : c’est un révélateur des inégalités. Les femmes et les filles, dans de nombreuses régions, sont les premières victimes, parce que leurs droits sont bafoués, leur voix réduite au silence, leur santé négligée. C’est aussi bien sur le terrain du financement que sur celui des valeurs que la France doit agir. Car les outils biomédicaux, aussi novateurs et efficaces soient-ils, ne suffiront pas pour endiguer la maladie.
Il est nécessaire d’investir pour protéger et renforcer la connaissance et la recherche scientifiques à l’heure où celles-ci sont menacées de toutes parts – par les coupes budgétaires, mais aussi par la désinformation qui prospère sur les réseaux sociaux, nourrie par une défiance croissante à l’égard de la science et de la parole institutionnelle. Mais nous devons aussi défendre l’accès à la prévention et aux soins, très lourdement affectés par les coupes budgétaires dans l’aide internationale en santé qui ont été décidées en cascade depuis le début de l’année.
Forte de ses valeurs universelles, de ses associations combatives et de son excellence scientifique, la France peut, en maintenant son plein soutien au Fonds mondial, demeurer dans la lignée de son engagement historique et unique contre les grandes pandémies et ainsi éviter des centaines de milliers de nouvelles infections et de morts dans les années à venir.
La #rhétorique de l’urgence : frein ou moteur de l’action ? : épisode du podcast Les tyrannies de l’urgence
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avec-philosophie/ecologie-politique-l-etat-d-urgence-est-il-devenu-permanent-8988299
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#urgence #politique #souveraineté #pouvoir #accélération #droit #désensibilisation #sidération #planification #prévision #prospective #réflexion #réaction #émotion #ACS #débat #démocratie
What We Talk About When We Talk About #sideloading | F-Droid - Free and Open Source #android App Repository
▻https://f-droid.org/2025/10/28/sideloading.html
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GitHub - folke/sidekick.nvim : Your #neovim AI #sidekick
▻https://github.com/folke/sidekick.nvim
— Permalink
#copilot #generativeai #dev #plugin #claudecode #codex #gemini
F-Droid and #google's #developer Registration Decree | F-Droid - Free and Open Source #android App Repository
▻https://f-droid.org/2025/09/29/google-developer-registration-decree.html
— Permalink
#playstore #fdroid #apps #store #sideloading #opensource #freedom #software #hardware #smartphones #cybersecurity #monopoly
N’importe quoi. La vrai explication est là :
▻https://web.archive.org/web/20140814170405/http://www.elftor.com/list.php
▻https://web.archive.org/web/20140910143927/http://www.elftor.com/elftor.php?number=195
▻https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-1.gif
▻https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-2.gif
▻https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-3.gif
▻https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-4.gif
https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-18.gif
https://web.archive.org/web/20140910143927im_/http://www.elftor.com/images/elftor/strips/195/elftor195-19.gif #google will require developer verification to install #android apps
▻https://9to5google.com/2025/08/25/android-apps-developer-verification
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[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en #Russie [04]
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AEROPORT MILITAIRE Le bourdonnement des bombardiers TU-22 et TU-95 de l’ère soviétique que j’entendais par ma fenêtre annonçait les frappes sur l’Ukraine. J’habitais avec ma grand-mère âgée de 80 ans et je comprenais à quel point il est difficile pour les personnes âgées et malades de vivre sans chauffage ni éclairage l’hiver. Cela m’a convaincu du choix de ma cible : l’aéroport militaire Diaguilevo, situé à 10 kilomètres de chez moi. J’ai partagé mes plans concernant l’aéroport avec un (…) #St-Arc
/ #Russie, #Rouslan #Sidiki #anarchiste
[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en #Russie [03]
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ANARCHISME Je ne suis pas devenu anarchiste d’un seul coup. A l’époque où je ne connaissais pas encore ce mot-là, j’avais déjà une conception d’un monde juste : sans Etat, avec des communes auto-gouvernées. L’un de mes amis m’a dit qu’il s’agissait là de l’idéal anarchiste. Je n’aime pas me limiter à une seule idéologie, des idées issues de divers courants de pensée peuvent m’être proches. Le monde change et ce qui était pertinent et actuel il y a un siècle peut ne plus l’être (…) #St-Arc
/ #Rouslan #Sidiki , R#ussie, #anarchiste
[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en #Russie [02]
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TCHERNOBYL J’ai vécu et travaillé en Italie, mais alors que j’étais retourné une nouvelle fois en Russie, j’ai décidé de rester lorsqu’on m’a proposé un emploi d’électricien à Riazan. Avant les événements de 2014, je me rendais en Ukraine une fois par an pour faire de la randonnée dans la zone de Tchernobyl. J’aime traverser des terrains difficiles, me cacher des patrouilles, utiliser du matériel militaire. Je me suis également fait des amis en Ukraine, dont certains ne retourneront (…) #St-Arc
[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en #Russie [01]
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Citoyen russe et italien, électricien de la ville de Riazan, explorateur des sites industriels, cycliste itinérant, anarchiste et partisan dans la résistance à la guerre russe en Ukraine. Tous ces mots peuvent servir à décrire Rouslan Sidiki, âgé de 36 ans. #St-Arc
Des collectifs d’habitants perturbent l’assemblée d’actionnaires d’une multinationale minière
Des collectifs des quatre coins de la France se sont rassemblés à Paris contre les projets d’une multinationale minière française, #Imerys. De la Bretagne à la Dordogne, tous sont impactés par l’extraction, poussée au nom de la #transition_écologique.
« Les nouveautés 2025 ! Profitez du réchauffement : venez vous ressourcer au Parc Imeryx ! » lancent à la volée une vingtaine de personnes venues du Cantal, de Bretagne, de Dordogne et de l’Allier. Ils et elles se sont retrouvés ce 13 mai dans un quartier chic de la capitale, au quai de Grenelle, où se tient l’Assemblée générale des actionnaires d’Imerys, une multinationale minière française.
Ces collectifs d’habitants sont tous engagés, chacun dans leur département, contre quatre projets d’#extraction_minière sur le territoire français. Ils profitent de l’assemblée des actionnaires pour alerter les investisseurs sur l’#impact_environnemental de l’entreprise, distribuant des tracts humoristiques aux nombreux hommes vêtus de costumes noirs qui entrent dans les locaux.
Imerys extrait et transforme des #minéraux, pour les secteurs des biens de consommation, l’industrie et la construction. Implantée dans 46 pays, la multinationale possède plus de 200 sites dans le monde et 28 en France, regroupant #mines, carrières et usines. Et compte accroître son activité extractive en France.
« L’entreprise projette d’ouvrir une quatrième fosse d’extraction à #Glomel, dans les Côtes-d’Armor, située sur une zone considérée comme le château d’eau de la Bretagne », dénonce un membre du collectif #Mines_de_Rien. Imerys y exploite depuis plus de 50 ans une carrière d’#andalousite – un minerai utilisé dans la #sidérurgie – et une usine d’extraction.
Un autre projet d’Imerys a fait parler de lui récemment. Dans l’#Allier, à #Échassière et à #Saint-Victor, la multinationale compte exploiter une mine de #lithium ainsi qu’une usine de transformation du minerai pour produire la matière première pour 700 000 #batteries de voiture par an.
Face cachée de la transition
Sur le parvis où sont distribués les tracts, l’un des responsables du projet d’Imerys dans l’Allier, sort à la rencontre des militants. Le projet doit « réduire la dépendance française et européenne à l’importation de lithium », explique l’homme, « stimuler l’économie locale » et « relever le défi de la transition énergétique ». « C’est un projet stratégique pour la #décarbonation ! », lance-t-il.
Le gouvernement a reconnu le projet d’Imerys dans l’Allier comme étant d’intérêt national majeur, promettant de faire de la France le premier producteur de lithium européen. Et l’État y investit directement à hauteur de 100 millions d’euros d’argent public. Étienne, du collectif Stop Mines 03, n’est pas convaincu. « Si le lithium extrait sert à construire des SUV et détruire la planète, ça n’a aucun sens de parler de décarbonation ! » répond-il au représentant de l’entreprise.
L’appel à un débat sur les usages
En avril dernier, Imerys a organisé un séminaire sur l’usage du lithium au cours duquel des SUV de la marque BMW ont d’ailleurs été présentés... Autre argument sur la question de l’usage : « On ne peut pas se passer de cette ressource si on veut la transition, mais on peut pas l’utiliser pour fabriquer des maillots de bain connectés qui vous indique quand remettre de la crème solaire », ironise Étienne alors que l’AG se poursuit à l’intérieur.
« Nous, citoyens, demandons un débat public sur les usages de nos minéraux », réclame l’un des membres des collectifs au responsable d’Imerys.« On ne va pas, nous, Imerys, mener un débat public », répond le responsable, avant de repasser la porte du grand bâtiment où sont réunis les actionnaires. Le dialogue est clos. Mais dehors, l’action se poursuit.
Des territoires sinistrés
« Imerys exploite nos terres et s’étend telle une pieuvre dévorante », déplore au micro Nathalie, de l’association #Sauvegardons_Razac_et_le_Bassin_de_la_Cole, en Dordogne. La multinationale prévoit d’y étendre son extraction de #quartz sur 40 hectares. Le minerai est notamment utilisé dans les domaines de l’électricité et du numérique.
À #Nouvialle, dans le Cantal, Imerys souhaite extraire de la #diatomite, minerai utilisé dans l’#industrie_agroalimentaire pour ses propriétés filtrantes. « Les 400 hectares concernés sont au centre d’un fragile équilibre, régulent naturellement le cycle de l’eau, c’est une ressource fourragère pour les agriculteurs, et ils abritent 142 espèces protégées », dénonce Chantal du #Collectif_pour_la_narse_de_Nouvialle, une #zone_humide.
À Glomel, là où se trouve la carrière d’andalousite, les #landes, #tourbières et prairies humides laissent la place à des #bassins_de_décantation remplis d’eau acide. Imerys y raffine sa production d’andalousite. Comme le révélait le média breton Splann ! l’année dernière, des taux anormalement élevés de #nickel, #cobalt, #arsenic et autres #métaux_toxiques ont été retrouvés dans un ruisseau où la multinationale rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. « On a l’impression d’être une population et un territoire sacrifié au nom du profit et de l’andalousite », se désole l’un des membre de Mines de Rien.
Alors que le collectif de Glomel clôt sa prise de parole, une longue silhouette colorée apparaît de l’autre côté de la rue. Drapé d’une chemise bleue recouvrant ses tentacules jaunes, vertes et rouges, une grande marionnette prend place sur le parvis du bâtiment accueillant l’AG. Nommée Pelletassou, elle porte une pancarte « Imerys » et ses bras sont en forme de pelleteuse. Ce monstre carnavalesque inspiré de la culture occitane représente « la grande machine extractiviste ». « #Pelletassou a été jugé par un tribunal populaire. Demain il sera au Parlement Européen, pour sensibiliser les dirigeants à la réalité que nos riverains vivent », explique François, l’un des militants, en souriant. Sur d’autres sites de production, ailleurs dans le monde, Imery est régulièrement accusé de générer des pollutions, comme à Barcarena, aux portes de l’Amazonie brésilienne.
▻https://basta.media/Des-collectifs-perturbent-assemblee-d-actionnaires-multinationale-miniere-I
#Anouk_Grinberg : “Les hommes rigolent derrière l’enceinte de l’#impunité. Ça suffit.”
Avec “#Respect”, Anouk Grinberg fait face au système qui a tenté de la détruire. D’une voix forte et claire, elle analyse les mécanismes qui permettent aux #violences_sexuelles et psychologiques de se produire et de se reproduire.
Dans un monde qui compte sur le silence des victimes pour faire perpétuer sa violence, prendre la parole est un acte politique. La comédienne Anouk Grinberg signe Respect, un texte court, incisif, qui décrit avec une grande clarté la manière dont s’organise l’omerta. Partant de son propre vécu, elle raconte ce que cela fait, dans la tête et dans la chair, lorsque l’on a porté atteinte à notre intimité.
“Je pense que sans le mouvement #MeToo, je ne me serais jamais réveillée de cette espèce d’insensibilisation que je me suis imposée pour survivre aux agressions qui ont jalonné ou percé ma vie. Il y a un mouvement très vertueux et assez fantastique qui se passe en ce moment autour des femmes et des relations entre hommes et femmes. J’avais l’impression que mon histoire pouvait apporter une bûche au feu. Ce feu n’est pas dévastateur, au contraire, il est là pour réparer.”
“Je raconte mon histoire, mais je sais qu’en racontant mon histoire, je parle d’un « nous ». Je parle de millions de femmes, si ce n’est de milliards, qui sont agressées plus ou moins violemment, parfois très violemment, et qui, à la suite de ça, sont brisées à jamais, et se terrent dans un silence qui est le propre des crimes sexuels.”
Elle poursuit : “C’est ce que je ne comprends pas. Qu’est-ce qu’il y a avec ce putain de crime ? Comment ça se fait que les victimes sont coupables et que les coupables sont innocents ? Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond et qui, évidemment, est le travail inconscient de la société ou des familles qui fabriquent le déni, qui fabriquent l’omerta. Quels que soient les viols ou les violences par lesquels on est passé, c’est à la femme d’avoir honte, c’est à la femme de se taire, c’est à la femme de ravaler son envie de mourir. Il faut que les hommes comprennent que quand ils nous touchent de force, quand ils nous violent, ils nous tuent. On a beau être vivant encore, on a beau marcher dans les rues, travailler, avoir des maris, des enfants, quelque chose est mort en nous. Et eux ils rigolent. Ils rigolent derrière l’enceinte de l’impunité. Et ça suffit.”
A travers le récit de cette trajectoire individuelle intrinsèquement liée à la violence, elle fait le portrait d’une société impuissante à regarder en face sa propre brutalité. Prenant l’exemple du cinéma de Bertrand Blier, dont elle fût l’un des visages dans les années 90, Anouk Grinberg dénonce l’hypocrisie qui consiste à refuser de voir qu’en fait et place d’art subversif ce que nous avons célébré - et continuons parfois de défendre - est l’expression d’une jouissance à abimer les femmes.
“Si des gens regardent « Mon homme », je voudrais qu’ils sachent que c’est un film de torture. Je ne voulais pas le faire. Blier, quand je l’ai connu, je ne connaissais rien de son cinéma, je n’avais jamais vu ses films. Il m’a accueillie dans son monde avec un tel enthousiasme que j’ai cru que c’était de l’amour. En fait, c’était un ogre. Très vite, je suis devenue sa chose, sa muse. Être la muse, c’est être l’objet des délires d’un homme. C’est être encerclé par le regard d’un homme qui fait de vous son fantasme. Et vous n’avez rien le droit d’être d’autre que ça.”
“Blier était très fier de balancer sa misogynie au monde. Il a fait de l’humiliation des femmes un divertissement [...] C’est fou que la société entière ait applaudi ça. C’est dire à quel point il y a quelque chose de si archaïque, si ancien et si profond dans le dysfonctionnement des rapports entre les hommes et les femmes.”
La suite est à écouter.
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/anouk-grinberg-respect-8017184
#VSS #viols #violences_psychologiques #livre #inceste #emprise #hantise #traumatisme #violence #honte #sidération #respect #pierre #amour #trahison #péché #silence #violences_conjugales #domination #soumise #agressions #identité #déni #omerta #hystérie #nausée #souvenir #mémoire #rage #mort #souffrance #mépris #cinéma #Bertrand_Blier #tragédie
« Ça dure quelques minutes pour l’homme et une vie entière pour la femme. »
Anouk Grinberg : « Je suis un soleil plus fort que ce qu’on m’a fait »
La comédienne révèle, pour la première fois, les violences sexuelles qu’elle a subies depuis l’enfance jusqu’à sa relation avec le réalisateur Bertrand Blier, décédé en janvier. Dans un livre à paraître jeudi, elle dépeint les dommages, irréparables, et l’espoir suscité par #MeToo.
Anouk Grinberg est une voix qui porte, et qui compte. La comédienne soutient depuis des mois les plaignantes face à Gérard Depardieu. Elle était dans la salle d’audience lors du procès pour agressions sexuelles de l’acteur. Cette fois, c’est d’elle qu’elle parle.
Dans un livre nerveux, sobrement intitulé Respect (Julliard, 2025), l’actrice et peintre révèle une vie marquée par les violences sexuelles. Pendant l’enfance d’abord, avec un viol à l’âge de 7 ans commis, dit-elle, par un beau-père de substitution qu’elle « adorait », avant un inceste à 12 ans. Cela ne s’est plus vraiment arrêté ensuite, à l’exception de ces dernières années – elle partage aujourd’hui sa vie avec le mathématicien Michel Broué.
Anouk Grinberg raconte un #continuum_de_violences sur les plateaux de cinéma ou de théâtre, quasi quotidiennes. Elle évoque surtout, pour la première fois publiquement, sa relation pendant plusieurs années, durant les années 1980 et 1990, avec le réalisateur Bertrand Blier, décédé au mois de janvier. Elle l’accuse de violences conjugales, d’emprise, dans la vie privée comme au cinéma.
Le constat est accablant, et lui ne peut plus répondre. Seuls les livres de Blier et ses films sont encore là, souvent empreints de scènes violentes et de propos sexistes.
L’actrice a longuement hésité avant de parler. Elle a eu besoin de temps. #MeToo,« le travail des journalistes et notamment de Mediapart », les témoignages d’autres femmes, l’ont aidée à mettre les mots. À comprendre que ce n’était « pas de [s]a faute ». L’an dernier, elle est tombée malade, « un cancer grave » ; elle a voulu tout dire.
Mediapart a alors entamé une série d’entretiens avec Anouk Grinberg. « Vous m’avez proposé de réfléchir sur la période Blier, et pourquoi j’avais consenti à ma propre destruction et mon #humiliation pendant toutes ces années », raconte Anouk Grinberg. Mais la comédienne n’était pas encore prête : « Je vivais encore sous le régime de l’omerta qu’on m’avait imposé depuis tant d’années, celle du milieu du cinéma, celle de ma famille. » Et puis, elle avait besoin de mettre ses mots à elle, de reprendre le contrôle de sa vie, de ce qu’on lui avait volé petite. Anouk Grinberg a écrit un livre.
« Si ce que moi j’ai dû traverser peut permettre à d’autres de mieux résister, tant mieux », nous confie-t-elle. Avant de dire, d’un ton bravache : « Je m’attends à des calomnies, à des agressions verbales et, en même temps, je suis dans une position confortable. Car moi, je dis la #vérité. »
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/020425/anouk-grinberg-je-suis-un-soleil-plus-fort-que-ce-qu-m-fait
#sexisme #terreur #violences_conjugales #solidarité #sororité #vérité #guérison #réparation #survivante #mensonge #soleil
#Pollution à #Fos-sur-Mer : #ArcelorMittal mis en examen pour mise en danger de la vie d’autrui
Après plus de vingt ans de lutte des riverains, le géant de la #sidérurgie ArcelorMittal vient d’être mis en examen, selon nos informations confirmées par le parquet de #Marseille, pour avoir exposé la population de la région de Fos-sur-Mer à des rejets de polluants illégaux.
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/240325/pollution-fos-sur-mer-arcelormittal-mis-en-examen-pour-mise-en-danger-de-l
▻https://marsactu.fr/bref/pollution-arcelormittal-est-mis-en-examen-pour-mise-en-danger-de-la-vie-dau
▻https://maritima.fr/actualites/justice/fos-sur-mer/6220/pollution-a-fos-sur-mer-arcelormittal-mis-en-examen
Pollution à Fos-sur-Mer : ArcelorMittal mis en examen pour « mise en danger d’autrui » et « faux et usage de faux »
Installé dans l’immense zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, le sidérurgiste était poursuivi par quelque trois cents riverains et associations pour avoir exposé la population de la région à des rejets de polluants illégaux.
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/25/pollution-a-fos-sur-mer-arcelormittal-mis-en-examen-pour-mise-en-danger-d-au
The ‘Ceasefire’ in Lebanon is a Ticking Bomb
▻https://www.dropsitenews.com/p/the-ceasefire-in-lebanon-is-a-ticking
The text of the deal prevents Hezbollah from carrying out “any operations” against Israel, but it states that Israel will refrain from “any offensive military operations” against Lebanese targets.
“It’s kind of a bit insidious where they say ‘offensive,’ meaning somehow there’s this little kind of wiggle room for what they will interpret as defensive, which in Israeli logic and discourse and action means anything,” Makdisi said. “Anything can happen. They can say, ‘Well, this is defense.’ Even the genocide in Gaza, as far as they’re saying, is defensive.”
Both Netanyahu and Biden emphasized that the ceasefire was conditioned on the principle that Israel would not be bound by the same rules as Lebanon. “Let me be clear: If Hezbollah or anyone else breaks the deal and poses a direct threat to Israel, then Israel retains the right to self-defense consistent with international law, just like any country when facing a terrorist group pledged to that country’s destruction,” Biden said. He offered no comment on the rights of the Lebanese to protect themselves from Israeli violations or direct threats to their security.
While Israel had demanded the right to attack if it deems Hezbollah violated the agreement, that was rejected by Lebanese officials and is not written into the terms of the deal. Instead, the Biden administration agreed to provide Israel with a letter of guarantee, “recognizing Israeli freedom of action on Lebanese soil, in the event of any attempt to strengthen Hezbollah or another hostile entity there,” according to Haaretz. Israel’s Channel 12 reported that the “side letter” also says the U.S. will share intelligence with Israel on potential violations of the agreement, including attempts by Hezbollah to infiltrate the Lebanese Army, and will work with Israel to prevent Iran from delivering arms to Hezbollah. In an email to Drop Site, Vedant Patel, a spokesperson for the U.S. State Department, refused to directly comment on the contents of the alleged letter or even its existence.
“This situation has existed for decades now, which is the U.S. gives blanket support for any violations and aggression Israel engages in, so it is literally just more of the same, that the U.S. will support them if they choose to attack Lebanon,” Saad said. “In some ways it’s a sign of Israeli weakness because they were not able to get that as part of a formal agreement. So even if it’s simply a unilateral agreement, it’s essentially what has always existed and continues to exist to this day. If today Israel decided to violate the agreement, the Biden administration would give it its full backing. So it’s nothing new or unusual. And this just underscores the fragility of this whole agreement to begin with.”
Ton masque, camarade !
Dans cette émission, tu pourras retrouver :
–Des masques, à Minuit Décousu ?
- Les militant·es sida face au covid, l’histoire d’#ActUp_Paris et les parallèle et limites des comparaisons entre Covid et #Sida, Gwen Fauchois, ancienne d’ActUp Paris dans les années 90, au mic’
- Vague après vague, récit de quatre années de pandémie et d’#autodéfense_sanitaire, adaptation d’un texte de Justine Partout pour Jef Klak
– « Le Covid, c’est fini ! »
- #Winslow_Santé_Publique, association qui vise à réhabiliter la #santé_publique et désinvisibiliser la question du Covid, sur sa structuration, ses actions et les manières de faire réseau
- Renverser la #vulnérabilité, adaptation d’une chronique des Canards Masquées publiée chez Cabrioles
- Le masque de Schrödinger
- Seule la lutte paie : l’#autodéfense qui s’organise
- Les enfants du Covid
▻https://radiocanut.org/emissions/minuit-decousu/article/ton-masque-camarade-minuit-decousu-a-23h
#audio #podcast #santé #masque #covid
#Covid et #Sida : mutualiser les luttes pour la #santé_publique | À ta #santé camarade !
« À ta santé camarade ! » est une chronique mensuelle des #Canards_Masquées. Cette septième édition interroge les nombreux points communs entre Sida et Covid mais aussi ce qui différencie ces #épidémies. Elle prend le parti de tirer profit de l’expérience des luttes contre le Sida pour construire une #lutte_commune et auto-organisée pour la santé publique.
Dans le monde de celleux qui ont conscience des dangers du Covid, il n’est pas rare de lire ou d’entendre des comparaisons entre Covid et Sida. Elles se fondent sur les points communs entre les virus du Sars-COV-2 et du #VIH, leurs effets sanitaires, les caractéristiques des deux épidémies et les #combats_politiques qu’elles ont fait émerger. Les comparaisons sont stimulantes quand elles dessinent des perspectives de lutte. Elles sont éclairantes pour intégrer les dimensions sociales et politiques des épidémies ou pour comprendre pourquoi les maladies virales touchent toujours plus durement les personnes déjà marginalisées et discriminées. Mais, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître, ces comparaisons sont souvent simplistes et occultent les différences permettant une meilleure compréhension des deux épidémies et des enjeux qui en découlent.
Sur le plan épidémiologique, les virus à l’origine du Sida et du Covid ont plus de points communs qu’on ne voudrait le croire. En particulier, ce sont tous les deux des virus systémiques (c’est-à-dire touchant tous les systèmes d’organes), qui attaquent le système immunitaire des personnes infectées. Dans le détail, les deux virus partagent le même déclencheur de destruction de lymphocytes (les globules blancs qui servent à la défense de l’organisme), comme on a pu le voir chez 72% des patient·es atteint·es de formes sévères de Covid. Cette similitude explique pour partie les formes longues de la maladie : les lymphocytes continuent de dysfonctionner pendant 2 ans après une contamination. Enfin, des études suggèrent également que le SARS-CoV-2 provoque l’apoptose cellulaire (mort cellulaire programmée) de certains lymphocytes T du système immunitaire.
Dans l’épidémie de Sida comme dans celle de Covid, le dépistage précoce constitue un outil essentiel pour empêcher la transmission et permettre une prise en charge rapide (traitement post-exposition à prendre dans les 48h et antirétroviral dès le diagnostic pour le Sida, antiviraux à prendre dans les 5 jours pour le Covid). L’absence de prévention et de traitement peut mener dans les deux maladies à un isolement grandissant (perte d’emploi et de vie sociale) et à la mort. Les maladies liées au VIH ont encore causé 2,6 millions de décès de 2020 à 2023 dans le monde, la majorité d’entre elles en Afrique. En France, les personnes qui continuent à mourir du Sida sont majoritairement des femmes hétérosexuelles originaires d’Afrique subsaharienne âgées de 60 ans en moyenne. Sur la même période, le Covid a causé 35 millions de morts, ce qui inclue les décès directs dus à l’infection comme les décès résultant du Covid long, notamment celui à forme d’encéphalomyélite myalgique : les États-Unis ont officiellement reconnu 5 000 morts du Covid long, un chiffre largement sous-estimé mais qui a le mérite de reconnaître qu’en effet, on meurt également des effets différés du Covid. Là aussi, les personnes vieilles, handies, racisées, LGBT, pauvres, neuroatypiques, ont payé le plus lourd tribut à la pandémie.
Du côté de la prise en charge politique et sociale des deux maladies, la catégorisation de certaines franges de la population comme vulnérables (les hommes gays et les consommateur·ices de drogues injectables dans le cas du VIH, les personnes âgées et immunodéprimées dans le cas du Sars-COV-2) a fabriqué en retour un sentiment d’invulnérabilité erroné dans le reste de la population. Le sentiment d’invincibilité des hétérosexuel·les vis-à-vis du Sida ou des personnes sans « comorbidités » vis-à-vis du Covid ont contribué au déni — largement encouragé par les gouvernements occidentaux — sur ces maladies, et au refus de la prévention. La capote en son temps a provoqué une levée de boucliers similaire, si ce n’est plus forte, que le masque. L’interdiction de publicité pour son usage n’a été levée qu’en 1986, après 10 ans d’un long travail militant d’éducation et d’acceptation. Dans le cas du Sida comme du Covid, l’opinion sanitaire est faite par les dominant·es : homophobes et sérophobes dans un cas, covidonégationnistes et validistes dans l’autre. Cela a favorisé, dans les deux épidémies, la dissémination de théories racistes sur l’origine des virus (négrophobes pour le Sida, sinophobes pour le Covid) et le foisonnement de supposés traitements alternatifs de la part des milieux complotistes et pseudo-scientifiques.
La réticence à la réduction des risques (RDR) dans le cas du Covid reprend par ailleurs des fragments de discours qui font long feu : les hommes cis qui n’arrivent pas à être en érection avec un préservatif n’arrivent pas non plus à respirer avec un masque. Quant à l’accessibilité des seringues, la question reste un vrai problème qui continue à se heurter au mur de la toxicophobie. Plus largement, l’indifférence quasi générale au sort des autres relève d’un eugénisme de privilégié·es vis-à-vis de populations fragiles, vulnérables, considérées comme dispensables, et dont la santé ou la survie ne mériteraient aucun effort, aucune disposition. Dans les deux cas il est attendu des populations « surnuméraires » qu’elles arrêtent de vivre : en définitive, il était demandé aux transpédégouines d’arrêter de l’être, tandis que les personnes âgées, immunodéprimées ou handies sont aujourd’hui priées de cesser de sortir de leurs logements. En réponse à cet abandon généralisé, ce sont des militant·es isolé·es y compris dans le camp des luttes qui auto-organisent la prévention, produisent de l’information à partir des connaissances scientifiques et des avancées de traitements. Peu nombreuxses, ces militant·es qui crient dans le désert, passent pour des fanatiques — avant, c’est avéré pour le Sida et attendu pour le Covid, que leurs demandes ne deviennent des fondements de la santé publique.
Cependant, les différences entre les deux épidémies ne manquent pas. Elles sont fondamentales à relever pour ne pas invisibiliser les spécificités des maladies comme des luttes. En premier lieu, les modes de transmission n’ont rien à voir. Se battre contre une épidémie qui se transmet par l’air partagé n’est pas identique au fait de se battre contre une maladie transmissible sexuellement, in utero et par injection/transfusion. Dans la première, le risque est présent constamment dans tous les espaces du quotidien ce qui impose de bâtir des solutions collectives (assurer une bonne qualité de l’air partout) et fragilise les seules mesures de prévention individuelle (le masque porté unilatéralement). Dans la seconde au contraire, si l’organisation étatique de la prévention constitue là aussi une base fondamentale, des outils personnels comme le préservatif, les seringues à usage unique ou la Prep se montrent essentiels.
La perception de la maladie par le grand public n’est pas non plus la même en ce que l’homophobie structure totalement la perception du Sida, des malades, et les conséquences sur les proches des personnes qui décèdent. La lutte contre l’homophobie est inséparable de la lutte contre le Sida. Elle a été menée au cours des années 1980 et 1990 par une communauté LGBT et elle s’est poursuivie hors des enjeux de santé par les combats pour le PACS puis le mariage. Plus globalement, les systèmes d’oppression ne sont pas interchangeables et l’homophobie et la toxicophobie ne sont pas des oppressions identiques au validisme et à l’âgisme. Si les deux épidémies frappent des personnes en situation de vulnérabilité sociale, ces oppressions ne portent pas la même charge morale. La lutte du VIH/Sida notamment a pu se développer car elle a été prise en charge par des groupes gays et lesbiens partageant déjà une marginalité politique et des habitudes d’organisation collective lorsqu’ils ont été frappés de plein fouet par l’épidémie (bien qu’il n’existe historiquement pas de communauté gay sur ce plan). Cela a facilité à la fois la politisation du Sida et les actions de soin communautaire au sein de la communauté LGBT. À ce stade, aucune communauté politique ne s’est emparée du Covid, les associations de malades et handi·es refusant majoritairement de se politiser autant que de se saisir de la situation — la politisation de l’épidémie patine.
Malgré leurs spécificités et en s’appuyant sur elles, les deux luttes peuvent se rejoindre dans la nécessaire défense d’une politique de santé publique orientée vers la prévention, la réduction des risques, l’autodéfense sanitaire, la recherche et les traitements. Dès le début de la pandémie de Covid, la branche new-yorkaise d’ActUp s’est montrée très active et continue aujourd’hui à être au cœur des collectifs étatsuniens assurant une veille scientifique et produisant de l’information sur la réduction des risques (tests, masques, vaccination, qualité de l’air). En Allemagne, le collectif d’autodéfense sanitaire Berlin Buyers Club s’est fondé en 2023 en référence au Dallas Buyers Club, l’un des groupes d’entraide monté par des malades du VIH/Sida dans les années 1980 aux États-Unis pour donner accès à l’information, à la prévention et aux traitements. Le Berlin Buyers Club produit un travail similaire sur le Covid, en menant des actions inspirées d’ActUp : il a par exemple organisé un die-in devant le siège de Pfizer à Berlin en septembre 2024 pour réclamer un prix accessible à toustes pour le Paxlovid (antiviral utilisé dans les formes graves de Covid, dont le coût est passé de 5€ à 1000€ la boîte en février 2024), un investissement immédiat dans la recherche sur le Covid long et la priorisation des vies sur les profits. En France, le travail conjoint des associations Winslow Santé Publique et ActUp Paris a mené à la rédaction d’une riche synthèse sur les avancées de la recherche en matière de Covid quatre ans après le début de la pandémie : « 65 millions de covid long et ça continue » (quelques jours après la publication, une étude évaluait à 400 millions le nombre de personnes atteintes du Covid long dans le monde).
Un des axes possibles de lutte commune est la mutualisation d’outils et de pratiques de réduction des risques (RDR). Même si les initiatives pour la réduction des risques Sida/IST ne considèrent pas pour l’instant la question du Covid et ses conséquences, il s’agit de travailler ensemble à intégrer la protection contre les virus aéroportés à toutes les actions et mesures de RDR en matière de santé. Faire front pour l’autodéfense sanitaire et la réduction des risques permet entre autres de prendre acte que rien n’est jamais acquis et de grossir les rangs de la lutte pour la santé publique dans le contexte de destruction du système de soins. En témoigne par exemple le recul de la protection contre les infections sexuellement transmissibles en France. Bâtir un réseau structuré d’autodéfense sanitaire et de santé communautaire permettrait, dans un contexte hautement fascisant, d’assurer l’accès à l’information, aux dépistages, aux protections et aux traitements de l’ensemble de la population, notamment les personnes les plus éloignées des soins et les plus violemment ciblées par l’eugénisme.
Si comparaison n’est pas raison, le fait de souligner les points de convergence entre Sida et Covid permet de retenir l’importance d’une lutte communautaire contre la hiérarchisation des vies, pour la défense d’une santé publique préventive, orientée patient·es/soins, et en faveur d’une médecine fondée sur des preuves scientifiquement produites et validées. Les deux luttes démontrent amplement qu’il faut sortir de la représentation de la santé comme un capital individuel à préserver, seul·e, et la penser comme une interdépendance qui nécessite une attention collective. Comme l’a dit Gwen Fauchois, militante de l’autodéfense sanitaire et ex vice-présidente d’Act Up Paris, lors d’une conférence en septembre 2024 : « La base, c’est que ni les institutions de pouvoir, ni les oppositions ne répondront à nos exigences sans y être obligées. La base, c’est que sans auto-organisation populaire des concerné·es, nous confions à l’État la définition des politiques de soin. Et que celui-ci développe un capitalisme sanitaire quand nous voulons une politique de production de soin. » La santé de chacun·e est la santé de toustes.
►https://rebellyon.info/Covid-et-Sida-mutualiser-les-luttes-pour-26364
Les #viols de #Mazan et le juste #silence des #hommes
Au beau milieu du #procès des viols de Mazan, surgit la question de la #parole_masculine. Si l’on doit reconnaître que l’expression des hommes est peu présente aux côtés de celle des féministes, il faut s’interroger sur les raisons de notre #mutisme et sur certains de ses bienfaits.
Il serait erroné de penser que le #silence_masculin face à l’étalage d’une #brutalité comme celle des viols de Mazan ne serait que le signe d’une #indifférence, voire d’une sorte #complicité inconsciente vis-à-vis des accusés. Bien sûr, il n’est plus à démontrer qu’une partie d’entre nous continue de rêver de viol, de brutalité et de torture. L’analyse que j’avais faite des sites de Punters (sorte de Trip Advisor de la prostitution où les « clients » partagent leurs commentaires sur les femmes prostituées, dont ils parlent comme d’animaux à consommer1) montre combien certains peuvent s’extraire de toute forme de compassion, dès qu’il s’agit de s’approprier le corps d’une femme.
Pour le reste, face à cette affaire, c’est, chez beaucoup d’entre nous, la #sidération qui domine. Que #Dominique_Pélicot ait pu endormir sa femme, Gisèle, à coups de somnifères pour la louer à des dizaines d’inconnus demeure éloigné des fantasmes de beaucoup d’hommes, peut-être de la majorité d’entre nous, en tout cas on peut l’espérer.
Du coup, exprimer notre #dégoût, notre #incompréhension, voire notre #colère vis-à-vis de la #souffrance ainsi infligée à des #femmes, peut rapidement se transformer en un discours « #not_all_men ». Beaucoup d’intellectuels masculins ont peut-être compris que le temps où l’on pouvait dire « je suis un homme bien et je condamne toutes ces violences » est peut-être terminé.
En effet, si, individuellement notre comportement est exempt de toute forme de #violence_sexuelle, cela ne postule pas pour autant notre non-participation à une #culture_de_domination_masculine qui trouve son expression dans toutes sortes de domaines et de situations possibles. La plupart des hommes occidentaux, nous condamnerons facilement l’interdiction faite aux petites afghanes d’aller à l’école et de s’instruire, soucieux que nous sommes d’envoyer nos filles à l’université. Sommes-nous, pour autant, sortis d’un mode de #domination_patriarcale, collectivement et individuellement ? Notre société est-elle égalitaire ? C’est un raisonnement souvent entendu.
La #justification par « l’autre » est au cœur de la #stratégie_de_défense de nos #privilèges (comme j’en parlerai bientôt dans des vidéos à propos de ce sujet 2). A côté des Talibans, nous ressemblons à des hommes égalitaires. Face à la violence raciste systémique des États-Unis, nous pouvons nous bercer dans l’illusion que la France, par exemple, est un refuge universaliste où la République chérit tous ses enfants. Nous savons qu’il n’en est rien. Mais pourtant le problème est toujours à rechercher chez « l’autre » : l’étranger, l’homme des quartiers populaires, l’alcoolique, le Musulman...
Dans cette perspective, la figure du « #monstre » de Mazan, du "#détraqué", est bien commode car elle permet d’oublier que certains « faits divers » représentent seulement la partie saillante d’un système où, même l’homme le plus doux sur le plan intime, joue un rôle de premier plan, parfois même malgré lui, dans la domination. Et cette fois « #all_men ».
Car on peut être le plus respectueux des compagnons et à la fois terroriser ses collègues femmes, les harceler, les discriminer. Comme le montrent souvent ces affaires médiatiques, il est possible d’être un père aimant tout en consommant en cachette de la pédopornographie, en ne pouvant ignorer l’existence de victimes bien réelles. On peut être un « saint vivant » statufié de son vivant et dans le même temps, un violeur en série. Combien d’hommes autoproclamés « féministes » finissent par se retrouver sur la longue liste des personnalités qui ont agressé ou violé des femmes ? On se souvient d’un député écologiste qui posait pour des campagnes féministes, du rouge aux lèvres, avant d’apparaître comme un des « porcs » de la saga #MeToo. On ne peut oublier tel humoriste, tel sportif, tel artiste. Tous tellement formidables avec les femmes… On a connu des hommes merveilleux qui tabassaient leur compagne jusqu’à la tuer. On se souvient des hommes « universalistes » qui militaient contre la parité en politique. On se souvient. Et nous devons en tirer les leçons, même si nous n’en venons personnellement à aucune de ces extrémités.
La seule question qui devrait nous occuper consiste à découvrir, face à l’affaire de Mazan et puisque nous appartenons au groupe hiérarchiquement valorisé, quels sont les domaines où, individuellement, nous sommes en position de provoquer de l’#injustice, de la #souffrance, en tant qu’hommes, en tant que blancs (et blanches), hétérosexuel.le.s, sans handicap, etc.
L’accumulation de tous nos silences, de toutes nos indifférences et surtout de toutes nos petites #participations au renforcement de notre position privilégiée pourrait monter jusqu’au ciel. Avec pour avantage que cette montagne passe inaperçue, en permanence, en toute légitimité et dans le sentiment d’être du bon côté de la #masculinité et de la #blanchité. Le camp dont l’#hégémonie et la #toxicité sont émiettées, mosaïques, invisibilisées derrière des discours « universalistes », « féministes » au masculin. Derrière les « justes » et les « alliés ».
Une certaine forme de silence des hommes face au procès de Mazan pourrait être une bonne chose s’il consiste, même inconsciemment, à se sentir personnellement impliqué dans cette culture dont nous jouissons en secret et qui parfois prend les formes les plus inouïes, jusqu’à occuper la Une des chaines d’information.
C’est dans la coulisse qu’il nous faut chercher, dans nos angles morts. Mais ça, c’est une autre question.
▻https://blogs.mediapart.fr/patricjean/blog/130924/les-viols-de-mazan-et-le-juste-silence-des-hommes
Le vigile :
« Allez police, police direct ! Madame, je compte sur vous pour porter plainte. Il est en train de filmer sous votre robe. Et les autres clientes ? Putain, il aurait fallut les retrouver, il y en a trois autres. Vous êtes un gros dégueulasse vous, en fait ! Ouais, vous êtes un gros dégueulasse. Vous avez de la chance. Je vous jure, c’est ma mère, je vous arrache la tête. (...) Madame, je vais vous laisser finir vos courses, je prends vos coordonnées, je vous rappelle dès que la police arrive pour le dépôt de plainte. Parce que là il faut aller jusqu’au bout. Là il n’a pas pu effacer les vidéos, j’ai confisqué le téléphone ».
Merci Monsieur le vigile !
►https://www.parismatch.com/actu/faits-divers/les-images-exclusives-de-linterpellation-de-dominique-pelicot-quand-il-f