• Sarah Schulman, autrice et militante : « Chez Act Up, on ne pouvait pas se permettre d’avoir des débats théoriques » | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/280426/sarah-schulman-autrice-et-militante-chez-act-ne-pouvait-pas-se-permettre-d

    #Manifester sous la pluie devant des bâtiments gouvernementaux fermés et rester planté·es là, à écouter des gens nous répéter ce qu’on sait déjà, ça ne marche pas. Ça gaspille l’énergie des gens. Il y a beaucoup d’exemples d’idées créatives d’#Act_Up qui ont su captiver l’imagination du public. Il ne fallait pas avoir peur de perturber une messe à la cathédrale, par exemple, lorsque le pape ou le cardinal s’en prenaient aux personnes atteintes du sida. Vous devez croire que votre vie est importante et que vous avez le droit de #résister.

    ...

    Beaucoup d’initiatives ont échoué, bien sûr. Il fallait être fort, pour participer à Act Up, car c’était très éprouvant émotionnellement. Des gens criaient, hurlaient, tombaient malades et mouraient. Le #sida est une terrible maladie, le temps pressait, c’était une urgence. On ne pouvait pas se permettre d’avoir des #débats_théoriques. Je pense que beaucoup de gens perdent du temps dans les mouvements sociaux parce qu’ils ne ressentent pas cette urgence.

    ...

    Tout d’abord, il s’agit d’un #mouvement de personnes profondément opprimées. Quand le sida a été identifié pour la première fois par la science en 1981, les hommes homosexuels étaient une communauté très méprisée. Ces personnes étaient privées de droits et souffraient d’un mal terrible, sans remède. Pourtant, elles se sont unies et ont forcé la société à changer contre son gré. Et elles y sont parvenues en restant toujours très #intelligentes, #ouvertes et #créatives.

  • #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • Santé sexuelle : Sidaction s’alarme de la montée en puissance des discours masculinistes auprès des jeunes - Public Sénat
    https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/sante-sexuelle-sidaction-salarme-de-la-montee-en-puissance-des-discours-

    31 % des 16-34 ans « se sentent plus puissants » sans préservatif

    66 % des jeunes hommes âgés de moins de 34 ans connaissent au moins un influenceur dit « masculiniste », et 37 % disent consulter ces contenus. Parmi ceux au fait de ces publications, plus d’un tiers les considère rassurantes sur leur manière « d’être un homme » (38 %), assure qu’elles leur donnent « une autre vision que celle portée par les féministes » (48 %), ou affirme qu’elles les ont inspirés à « mettre en pratique des conseils pour devenir un homme meilleur » (34 %). Plus alarmant encore, la moitié d’entre eux pense que ces discours disent « enfin la vérité » (51 %).

    • Les hommes et le masculinisme : péril sur la santé sexuelle - Sidaction
      https://www.sidaction.org/communique/sondage-opinionway-les-hommes-et-le-masculinisme

      Les résultats de l’enquête montrent que les hommes perçoivent un climat d’hostilité à leur encontre. 52% des hommes (16-59 ans) trouvent que la société s’acharne sur eux et 36% pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme dans la société française aujourd’hui. Pour 6 hommes sur 10, les médias caricaturent les hommes depuis Metoo (58%). Les répondants adoptent un discours victimaire : plus d’un homme sur 2 considère que les hommes sont trop souvent accusés de #violences_sexuelles exagérées ou mensongères (53%).

      La #virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux juge important d’être viril (51%) et ils sont autant à déplorer que les hommes ne le soient plus suffisamment (46%).

      Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, « le sondage nous révèle que la virilité continue de jouer un rôle déterminant dans la construction identitaire des hommes. Et ce n’est pas sans conséquence sur leurs comportements sexuels puisqu’ils sont bien trop nombreux (40%) à penser qu’être un homme, c’est oser prendre des risques, y compris sexuels ».

      La virilité intervient directement dans la décision de porter un #préservatif ou non. 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%). 1 jeune sur 6 pense que le préservatif est un signe de faiblesse (16%).

      Plus préoccupant encore : un homme sur dix (11%, et un jeune homme de 25-34 ans sur cinq, 18%) affirme comprendre le “#stealthing”, soit le fait qu’un homme retire son préservatif sans prévenir son/sa partenaire s’il estime qu’on le lui a imposé. Chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34% à caut cautionner cette pratique répréhensible (+23 points par rapport à la moyenne).

      « Ces croyances envers les discours masculinistes fragilisent la prévention, augmentent les prises de risque, et déstabilisent profondément la culture du consentement, pourtant centrale dans la lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles » indique Florence Thune. « Il est inquiétant de voir qu’un tiers des jeunes hommes pensent que demander explicitement le #consentement « gâche la spontanéité » (37% pour les 16-34 ans) et ou qu’un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas clairement “non” (35% pour les 16-34 ans) ».

      Les discours masculinistes s’articulent autour d’une #misogynie importante et une #domination violente. Les représentations à l’égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugements négatifs : 43% des 16-34 ans pensent qu’une femme qui multiplie les partenaires « ne se respecte pas ». 1 jeune sur 4 pense qu’une femme positive au #VIH ou à une autre #IST est une femme qui a eu trop de partenaires sexuels (25%) ou qu’une femme qui exprime ouvertement son désir sexuel ne cherche pas vraiment à être respectée par les hommes (24%).

      Pour contrer l’influence de ces discours toxiques, dans un contexte où les découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans ont augmenté de +41 % en 10 ans (selon les dernières données de Santé Publique France), où les IST augmentent et où l’usage du préservatif recule, Sidaction souligne l’urgence de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Les séances d’EVARS constituent aujourd’hui le levier le plus solide et le plus éprouvé pour lutter contre ces idées reçues, développer l’esprit critique et renforcer la prévention.

      Sidaction, avec Le Planning familial et SOS homophobie ont saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. Leur déploiement complet dans les établissements scolaires, conformément aux obligations légales, n’est plus seulement un enjeu éducatif : c’est un impératif de santé publique.

      Rapport OpinionWay détaillé en pdf :
      https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2025/11/OpinionWay-pour-Sidaction-Les-hommes-et-le-masculinisme-Decembre-2025.p

    • https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/your-body-my-choice-la-guerre-des-sexes-est-ouverte

      En détournant le slogan féministe « my body, my choice », le commentateur d’extrême droite Nick Fuentes, 26 ans, illustre la vitalité des thèses masculinistes aux États-Unis.

      https://www.lefigaro.fr/international/ton-corps-mon-choix-qui-est-nick-fuentes-cet-extremiste-americain-dont-le-s

      Nick Fuentes, de son vrai nom Nicholas Joseph Fuentes, est né le 18 août 1995 dans l’Illinois. Il se fait un nom dans le monde politique américain en 2022 lors d’une de ses conférences, nommée America First, dans laquelle il fait l’éloge d’Adolf Hitler en affirmant que les médias ont comparé Vladimir Poutine à l’ancien dictateur allemand « comme si ce n’était pas une bonne chose », rappelle le magazine Rolling Stone .

      https://rapecrisis.org.uk/get-informed/types-of-sexual-violence/what-is-stealthing

      The key points

      The definition or meaning of the word ’stealthing’ is when someone removes a condom during sex without the other person’s consent or lies about having put one on in the first place.
      Stealthing is rape under English and Welsh law. This means that someone who carries it out can be prosecuted for rape.
      Like all rape, stealthing is a very serious crime that carries a maximum sentence of life in prison.
      ’Stealthing’ is a slang word, not a legal term. The legal term for this act is ’rape’.

  • La France ne prolonge pas sa participation au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, selon plusieurs associations
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/21/la-france-ne-prolonge-pas-sa-participation-au-fonds-mondial-de-lutte-contre-

    La France, qui avait promis 1,596 milliard d’euros de dons lors du dernier appel aux dons, en 2022, n’a formulé aucune promesse cette année.

    L’objectif de collecte de 18 milliards de dollars permettait, selon les calculs du fonds, de sauver 23 millions de vies sur [?] et de réduire des deux tiers environ (64 %) le taux de mortalité combiné du sida, de la tuberculose et du paludisme d’ici 2029.

    • « La fin du sida est à portée de main, et c’est à la France de donner le coup décisif », Françoise Barré-Sinoussi, Virologue
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/21/francoise-barre-sinoussi-virologue-la-fin-du-sida-est-a-portee-de-main-et-c-

      Ce vendredi 21 novembre se tient à Johannesburg (Afrique du Sud), en marge du G20, un événement crucial pour la santé mondiale : la 8e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, un partenariat qui finance et soutient des programmes de lutte contre le #sida, la #tuberculose et le #paludisme dans plus de 120 pays. En vingt ans, ces programmes ont permis de sauver près de 70 millions de vies, soit presque l’équivalent de la population française.

      Les résultats du Fonds mondial sont particulièrement remarquables en matière de lutte contre le VIH/sida. Dans les pays soutenus par le fonds, les décès liés au virus ont chuté de 80 %. Grâce au déploiement des traitements #antirétroviraux et aux outils de prévention innovants, tels que la prophylaxie pré-exposition (#PrEP), nous avons franchi des étapes que nous n’osions envisager il y a encore vingt ans. Si ses principaux soutiens, dont la France, refinancent pleinement le Fonds mondial pour les trois prochaines années, nous pourrions raisonnablement entrevoir la fin d’une épidémie née il y a près d’un demi-siècle.

      Certes, le VIH/sida est toujours là. En 2024, 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées dans le monde, 9,2 millions de personnes vivant avec le VIH n’avaient pas accès à un traitement antirétroviral, et 630 000 personnes sont mortes de maladies liées au virus.

      Une génération sans VIH

      Mais, aujourd’hui, une nouvelle avancée scientifique apporte un espoir inédit : le lénacapavir, un traitement préventif qui ne nécessite que deux doses par an et protège à 99,9 % contre l’infection. S’ouvre alors une perspective fabuleuse : celle d’une génération sans sida. Mais cette promesse ne deviendra réalité que si nous garantissons un accès rapide et équitable à ce traitement, partout dans le monde.

      Dans cette dernière ligne droite et plus que jamais, la lutte requiert un niveau de financement suffisant. Cet investissement est un impératif moral pour nos gouvernants et pour nous tous. Le sort de millions de vies nous y oblige. Face à ce tournant historique, la France doit être à la hauteur de son héritage, de ses responsabilités et de ses convictions. Puissance mondiale engagée en faveur de la solidarité et du multilatéralisme, notre pays occupe une place singulière dans l’histoire de la lutte contre le VIH.

      Notre pays est celui de l’identification du virus et le berceau d’associations de lutte mondialement connues. La France est aussi la première donatrice européenne au Fonds mondial, qu’elle a contribué à créer en 2002 sous l’impulsion du président Jacques Chirac et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Notre pays a également été à l’origine de mécanismes de financements innovants permettant de soutenir le Fonds mondial, mais aussi Unitaid, qui, ensemble, accélèrent le déploiement des nouveaux produits de santé à des prix abordables dans les pays qui en ont le plus besoin. Le prix d’un traitement antirétroviral a ainsi été réduit de 10 000 dollars (8 677 euros) à 37 dollars (32 euros) par an.

      Révélateur des inégalités

      Dans la lignée de ses prédécesseurs, le président Emmanuel Macron a lui aussi marqué son engagement dans la lutte contre le sida en renouvelant, à deux reprises, la contribution française au Fonds mondial. Aujourd’hui, la France est attendue à nouveau. Si nous sommes conscients de la situation financière actuelle et du choix difficile que cela représente dans un moment de fortes restrictions, cet effort est à la hauteur de l’engagement de la France en santé mondiale, à la fois par son rôle historique, mais aussi pour incarner une vision du monde fondée sur la solidarité, l’égalité et la dignité humaine.

      Car le VIH n’est pas qu’un virus : c’est un révélateur des inégalités. Les femmes et les filles, dans de nombreuses régions, sont les premières victimes, parce que leurs droits sont bafoués, leur voix réduite au silence, leur santé négligée. C’est aussi bien sur le terrain du financement que sur celui des valeurs que la France doit agir. Car les outils biomédicaux, aussi novateurs et efficaces soient-ils, ne suffiront pas pour endiguer la maladie.

      Il est nécessaire d’investir pour protéger et renforcer la connaissance et la recherche scientifiques à l’heure où celles-ci sont menacées de toutes parts – par les coupes budgétaires, mais aussi par la désinformation qui prospère sur les réseaux sociaux, nourrie par une défiance croissante à l’égard de la science et de la parole institutionnelle. Mais nous devons aussi défendre l’accès à la prévention et aux soins, très lourdement affectés par les coupes budgétaires dans l’aide internationale en santé qui ont été décidées en cascade depuis le début de l’année.

      Forte de ses valeurs universelles, de ses associations combatives et de son excellence scientifique, la France peut, en maintenant son plein soutien au Fonds mondial, demeurer dans la lignée de son engagement historique et unique contre les grandes pandémies et ainsi éviter des centaines de milliers de nouvelles infections et de morts dans les années à venir.

      #lénacapavir

  • Ton masque, camarade !

    Dans cette émission, tu pourras retrouver :

    –Des masques, à Minuit Décousu ?
    - Les militant·es sida face au covid, l’histoire d’#ActUp_Paris et les parallèle et limites des comparaisons entre Covid et #Sida, Gwen Fauchois, ancienne d’ActUp Paris dans les années 90, au mic’
    - Vague après vague, récit de quatre années de pandémie et d’#autodéfense_sanitaire, adaptation d’un texte de Justine Partout pour Jef Klak
    – « Le Covid, c’est fini ! »
    - #Winslow_Santé_Publique, association qui vise à réhabiliter la #santé_publique et désinvisibiliser la question du Covid, sur sa structuration, ses actions et les manières de faire réseau
    - Renverser la #vulnérabilité, adaptation d’une chronique des Canards Masquées publiée chez Cabrioles
    - Le masque de Schrödinger
    - Seule la lutte paie : l’#autodéfense qui s’organise
    - Les enfants du Covid

    https://radiocanut.org/emissions/minuit-decousu/article/ton-masque-camarade-minuit-decousu-a-23h
    #audio #podcast #santé #masque #covid

  • #Covid et #Sida : mutualiser les luttes pour la #santé_publique | À ta #santé camarade !

    « À ta santé camarade ! » est une chronique mensuelle des #Canards_Masquées. Cette septième édition interroge les nombreux points communs entre Sida et Covid mais aussi ce qui différencie ces #épidémies. Elle prend le parti de tirer profit de l’expérience des luttes contre le Sida pour construire une #lutte_commune et auto-organisée pour la santé publique.

    Dans le monde de celleux qui ont conscience des dangers du Covid, il n’est pas rare de lire ou d’entendre des comparaisons entre Covid et Sida. Elles se fondent sur les points communs entre les virus du Sars-COV-2 et du #VIH, leurs effets sanitaires, les caractéristiques des deux épidémies et les #combats_politiques qu’elles ont fait émerger. Les comparaisons sont stimulantes quand elles dessinent des perspectives de lutte. Elles sont éclairantes pour intégrer les dimensions sociales et politiques des épidémies ou pour comprendre pourquoi les maladies virales touchent toujours plus durement les personnes déjà marginalisées et discriminées. Mais, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître, ces comparaisons sont souvent simplistes et occultent les différences permettant une meilleure compréhension des deux épidémies et des enjeux qui en découlent.

    Sur le plan épidémiologique, les virus à l’origine du Sida et du Covid ont plus de points communs qu’on ne voudrait le croire. En particulier, ce sont tous les deux des virus systémiques (c’est-à-dire touchant tous les systèmes d’organes), qui attaquent le système immunitaire des personnes infectées. Dans le détail, les deux virus partagent le même déclencheur de destruction de lymphocytes (les globules blancs qui servent à la défense de l’organisme), comme on a pu le voir chez 72% des patient·es atteint·es de formes sévères de Covid. Cette similitude explique pour partie les formes longues de la maladie : les lymphocytes continuent de dysfonctionner pendant 2 ans après une contamination. Enfin, des études suggèrent également que le SARS-CoV-2 provoque l’apoptose cellulaire (mort cellulaire programmée) de certains lymphocytes T du système immunitaire.

    Dans l’épidémie de Sida comme dans celle de Covid, le dépistage précoce constitue un outil essentiel pour empêcher la transmission et permettre une prise en charge rapide (traitement post-exposition à prendre dans les 48h et antirétroviral dès le diagnostic pour le Sida, antiviraux à prendre dans les 5 jours pour le Covid). L’absence de prévention et de traitement peut mener dans les deux maladies à un isolement grandissant (perte d’emploi et de vie sociale) et à la mort. Les maladies liées au VIH ont encore causé 2,6 millions de décès de 2020 à 2023 dans le monde, la majorité d’entre elles en Afrique. En France, les personnes qui continuent à mourir du Sida sont majoritairement des femmes hétérosexuelles originaires d’Afrique subsaharienne âgées de 60 ans en moyenne. Sur la même période, le Covid a causé 35 millions de morts, ce qui inclue les décès directs dus à l’infection comme les décès résultant du Covid long, notamment celui à forme d’encéphalomyélite myalgique : les États-Unis ont officiellement reconnu 5 000 morts du Covid long, un chiffre largement sous-estimé mais qui a le mérite de reconnaître qu’en effet, on meurt également des effets différés du Covid. Là aussi, les personnes vieilles, handies, racisées, LGBT, pauvres, neuroatypiques, ont payé le plus lourd tribut à la pandémie.

    Du côté de la prise en charge politique et sociale des deux maladies, la catégorisation de certaines franges de la population comme vulnérables (les hommes gays et les consommateur·ices de drogues injectables dans le cas du VIH, les personnes âgées et immunodéprimées dans le cas du Sars-COV-2) a fabriqué en retour un sentiment d’invulnérabilité erroné dans le reste de la population. Le sentiment d’invincibilité des hétérosexuel·les vis-à-vis du Sida ou des personnes sans « comorbidités » vis-à-vis du Covid ont contribué au déni — largement encouragé par les gouvernements occidentaux — sur ces maladies, et au refus de la prévention. La capote en son temps a provoqué une levée de boucliers similaire, si ce n’est plus forte, que le masque. L’interdiction de publicité pour son usage n’a été levée qu’en 1986, après 10 ans d’un long travail militant d’éducation et d’acceptation. Dans le cas du Sida comme du Covid, l’opinion sanitaire est faite par les dominant·es : homophobes et sérophobes dans un cas, covidonégationnistes et validistes dans l’autre. Cela a favorisé, dans les deux épidémies, la dissémination de théories racistes sur l’origine des virus (négrophobes pour le Sida, sinophobes pour le Covid) et le foisonnement de supposés traitements alternatifs de la part des milieux complotistes et pseudo-scientifiques.

    La réticence à la réduction des risques (RDR) dans le cas du Covid reprend par ailleurs des fragments de discours qui font long feu : les hommes cis qui n’arrivent pas à être en érection avec un préservatif n’arrivent pas non plus à respirer avec un masque. Quant à l’accessibilité des seringues, la question reste un vrai problème qui continue à se heurter au mur de la toxicophobie. Plus largement, l’indifférence quasi générale au sort des autres relève d’un eugénisme de privilégié·es vis-à-vis de populations fragiles, vulnérables, considérées comme dispensables, et dont la santé ou la survie ne mériteraient aucun effort, aucune disposition. Dans les deux cas il est attendu des populations « surnuméraires » qu’elles arrêtent de vivre : en définitive, il était demandé aux transpédégouines d’arrêter de l’être, tandis que les personnes âgées, immunodéprimées ou handies sont aujourd’hui priées de cesser de sortir de leurs logements. En réponse à cet abandon généralisé, ce sont des militant·es isolé·es y compris dans le camp des luttes qui auto-organisent la prévention, produisent de l’information à partir des connaissances scientifiques et des avancées de traitements. Peu nombreuxses, ces militant·es qui crient dans le désert, passent pour des fanatiques — avant, c’est avéré pour le Sida et attendu pour le Covid, que leurs demandes ne deviennent des fondements de la santé publique.

    Cependant, les différences entre les deux épidémies ne manquent pas. Elles sont fondamentales à relever pour ne pas invisibiliser les spécificités des maladies comme des luttes. En premier lieu, les modes de transmission n’ont rien à voir. Se battre contre une épidémie qui se transmet par l’air partagé n’est pas identique au fait de se battre contre une maladie transmissible sexuellement, in utero et par injection/transfusion. Dans la première, le risque est présent constamment dans tous les espaces du quotidien ce qui impose de bâtir des solutions collectives (assurer une bonne qualité de l’air partout) et fragilise les seules mesures de prévention individuelle (le masque porté unilatéralement). Dans la seconde au contraire, si l’organisation étatique de la prévention constitue là aussi une base fondamentale, des outils personnels comme le préservatif, les seringues à usage unique ou la Prep se montrent essentiels.

    La perception de la maladie par le grand public n’est pas non plus la même en ce que l’homophobie structure totalement la perception du Sida, des malades, et les conséquences sur les proches des personnes qui décèdent. La lutte contre l’homophobie est inséparable de la lutte contre le Sida. Elle a été menée au cours des années 1980 et 1990 par une communauté LGBT et elle s’est poursuivie hors des enjeux de santé par les combats pour le PACS puis le mariage. Plus globalement, les systèmes d’oppression ne sont pas interchangeables et l’homophobie et la toxicophobie ne sont pas des oppressions identiques au validisme et à l’âgisme. Si les deux épidémies frappent des personnes en situation de vulnérabilité sociale, ces oppressions ne portent pas la même charge morale. La lutte du VIH/Sida notamment a pu se développer car elle a été prise en charge par des groupes gays et lesbiens partageant déjà une marginalité politique et des habitudes d’organisation collective lorsqu’ils ont été frappés de plein fouet par l’épidémie (bien qu’il n’existe historiquement pas de communauté gay sur ce plan). Cela a facilité à la fois la politisation du Sida et les actions de soin communautaire au sein de la communauté LGBT. À ce stade, aucune communauté politique ne s’est emparée du Covid, les associations de malades et handi·es refusant majoritairement de se politiser autant que de se saisir de la situation — la politisation de l’épidémie patine.

    Malgré leurs spécificités et en s’appuyant sur elles, les deux luttes peuvent se rejoindre dans la nécessaire défense d’une politique de santé publique orientée vers la prévention, la réduction des risques, l’autodéfense sanitaire, la recherche et les traitements. Dès le début de la pandémie de Covid, la branche new-yorkaise d’ActUp s’est montrée très active et continue aujourd’hui à être au cœur des collectifs étatsuniens assurant une veille scientifique et produisant de l’information sur la réduction des risques (tests, masques, vaccination, qualité de l’air). En Allemagne, le collectif d’autodéfense sanitaire Berlin Buyers Club s’est fondé en 2023 en référence au Dallas Buyers Club, l’un des groupes d’entraide monté par des malades du VIH/Sida dans les années 1980 aux États-Unis pour donner accès à l’information, à la prévention et aux traitements. Le Berlin Buyers Club produit un travail similaire sur le Covid, en menant des actions inspirées d’ActUp : il a par exemple organisé un die-in devant le siège de Pfizer à Berlin en septembre 2024 pour réclamer un prix accessible à toustes pour le Paxlovid (antiviral utilisé dans les formes graves de Covid, dont le coût est passé de 5€ à 1000€ la boîte en février 2024), un investissement immédiat dans la recherche sur le Covid long et la priorisation des vies sur les profits. En France, le travail conjoint des associations Winslow Santé Publique et ActUp Paris a mené à la rédaction d’une riche synthèse sur les avancées de la recherche en matière de Covid quatre ans après le début de la pandémie : « 65 millions de covid long et ça continue » (quelques jours après la publication, une étude évaluait à 400 millions le nombre de personnes atteintes du Covid long dans le monde).

    Un des axes possibles de lutte commune est la mutualisation d’outils et de pratiques de réduction des risques (RDR). Même si les initiatives pour la réduction des risques Sida/IST ne considèrent pas pour l’instant la question du Covid et ses conséquences, il s’agit de travailler ensemble à intégrer la protection contre les virus aéroportés à toutes les actions et mesures de RDR en matière de santé. Faire front pour l’autodéfense sanitaire et la réduction des risques permet entre autres de prendre acte que rien n’est jamais acquis et de grossir les rangs de la lutte pour la santé publique dans le contexte de destruction du système de soins. En témoigne par exemple le recul de la protection contre les infections sexuellement transmissibles en France. Bâtir un réseau structuré d’autodéfense sanitaire et de santé communautaire permettrait, dans un contexte hautement fascisant, d’assurer l’accès à l’information, aux dépistages, aux protections et aux traitements de l’ensemble de la population, notamment les personnes les plus éloignées des soins et les plus violemment ciblées par l’eugénisme.

    Si comparaison n’est pas raison, le fait de souligner les points de convergence entre Sida et Covid permet de retenir l’importance d’une lutte communautaire contre la hiérarchisation des vies, pour la défense d’une santé publique préventive, orientée patient·es/soins, et en faveur d’une médecine fondée sur des preuves scientifiquement produites et validées. Les deux luttes démontrent amplement qu’il faut sortir de la représentation de la santé comme un capital individuel à préserver, seul·e, et la penser comme une interdépendance qui nécessite une attention collective. Comme l’a dit Gwen Fauchois, militante de l’autodéfense sanitaire et ex vice-présidente d’Act Up Paris, lors d’une conférence en septembre 2024 : « La base, c’est que ni les institutions de pouvoir, ni les oppositions ne répondront à nos exigences sans y être obligées. La base, c’est que sans auto-organisation populaire des concerné·es, nous confions à l’État la définition des politiques de soin. Et que celui-ci développe un capitalisme sanitaire quand nous voulons une politique de production de soin. » La santé de chacun·e est la santé de toustes.

    https://rebellyon.info/Covid-et-Sida-mutualiser-les-luttes-pour-26364

  • HIV drug could be made for just $40 a year for every patient | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/article/2024/jul/23/hiv-aids-prevention-vaccine-lenacapavir-sunlenca-pharmaceuticals-gilead

    A new drug described as “the closest we have ever been to an HIV vaccine” could cost $40 (£31) a year for every patient, a thousand times less than its current price, new research suggests.

    Lenacapavir , sold as Sunlenca by US pharmaceutical giant Gilead, currently costs $42,250 for the first year. The company is being urged to make it available at a thousand times less than that price worldwide.

    UNAids said it could “herald a breakthrough for HIV prevention” if the drug was available “rapidly and affordably”.

    “It’s not an exaggeration to say that meeting the 2030 goal of ending new HIV transmissions hinges on Gilead ensuring people in the global south have fair access to lenacapavir.”

  • Gilead Shot Provides Total Protection From HIV in Trial of Young African Women - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2024/06/21/health/lenacapavir-hiv-prevention-africa.html

    Il y a des bonnes nouvelles dont il faut se féliciter (même si on sait que les bénéfices iront chez les Big Pharma... la santé des gens avant tout, en attendant le grand basculement de l’économie pharmaceutique dont nous avons besoin).

    An injection given just twice a year could herald a breakthrough in protecting the population that has the highest infection rates.

    A close-up view of a pair of hands with pink painted nails drawing diluent from a tiny plastic test tube on a blue surface.
    A self-test for H.I.V. in Harare, Zimbabwe. The every-six-months injection was found to provide better protection than the current oral drug for what’s called pre-exposure prophylaxis, also taken as a daily pill.Credit...Aaron Ufumeli/EPA, via Shutterstock
    Stephanie Nolen

    By Stephanie Nolen

    Stephanie Nolen has covered the global H.I.V. pandemic for more than 25 years.
    June 21, 2024
    Want to stay updated on what’s happening in South Africa and Uganda? Sign up for Your Places: Global Update, and we’ll send our latest coverage to your inbox.

    Researchers and activists in the trenches of the long fight against H.I.V. got a rare piece of exciting news this week: Results from a large clinical trial in Africa showed that a twice-yearly injection of a new antiviral drug gave young women total protection from the virus.

    “I got cold shivers,” said Dr. Linda-Gail Bekker, an investigator in the trial of the drug, lenacapavir, describing the startling sight of a line of zeros in the data column for new infections. “After all our years of sadness, particularly over vaccines, this truly is surreal.”

    Yvette Raphael, the leader of a group called Advocacy for Prevention of H.I.V. and AIDS in South Africa, said it was “the best news ever.”

    The randomized controlled trial, called Purpose 1, was conducted in Uganda and South Africa. It tested whether the every-six-months injection of lenacapavir, made by Gilead Sciences, would provide better protection against H.I.V. infection than two other drugs in wide use in high-income countries, both daily pills.

    The results were so convincing that the trial was halted early at the recommendation of the independent data review committee, which said all participants should be offered the injection because it clearly provided superior protection against the virus.

    None of the 2,134 women in the arm of the trial who received lenacapavir contracted H.I.V. By comparison, 16 of the 1,068 women (or 1.5 percent) who took Truvada, a daily pill that has been available for more than a decade, and 39 of 2,136 women (1.8 percent) who received a newer daily pill called Descovy were infected.

    The findings were announced by Gilead. The data has not yet been subject to peer review. A second trial, conducted in six other countries, including Brazil and the United States, is assessing the effectiveness of lenacapavir in men who have sex with men, in transgender people and in those who use injection drugs. Midterm review of those results will take place later this year.

    #Santé_publique #Vaccins #SIDA

  • « J’entends parler du Sida ». Les traces musicales d’une pandémie.

    "La méconnaissance des causes et des modes de transmission de la maladie fait souffler un vent de panique et alimente la machine à fantasmes. Certains accusent les homos de transmettre délibérément le virus. Les malades sont traités comme des parias par ceux qui redoutent le simple contact avec un séropositif. Un réflexe d’ostracisation se met en place. En Allemagne, la CSU, le parti social chrétien de Bavière préconise l’enferment des malades. En France, Jean-Marie Le Pen propose une politique ségrégationnistes à l’encontre de ceux qu’il désigne comme des « sidaïques » à enfermer dans des « sidatoriums ». D’aucuns se persuadent que l’on peut être contaminé en touchant un malade, en buvant dans son verre, en étant piqué par un moustique ou en s’asseyant sur les lunettes des toilettes. En réalité, la transmission ne peut se faire que de la mère à l’enfant, par contact sexuel, par échange de seringues ou transfusion sanguine. "

    A lire : https://lhistgeobox.blogspot.com/2023/11/jentends-parler-du-sida-les-traces.html

    ou écouter : https://podcasters.spotify.com/pod/show/blottire/episodes/Jentends-parler-du-Sida-e248sed

  • Opinion | Mary Gabriel : Happy Birthday, Madonna - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2023/08/15/opinion/madonna-career.html

    Un beau papier pour fêter les 65 ans de Madonna.

    At that crucial moment, she forced mainstream society — globally — to see gay men as she did, with admiration, not scorn. Madonna also helped gay men view themselves differently, with pride. In the years since, her embrace of and by the queer community is undiminished. As the journalist Anderson Cooper said in 2019: “No single ally has been a better friend or had a bigger impact on acceptance for the L.G.B.T.Q. community than Madonna. It’s that simple.”

    In the 1980s, when Madonna was in her late 20s, the press began musing aloud about when she might retire. Women in pop music had a use-by date, and hers was seen as fast approaching. With each decade, the same question persisted with varying degrees of cruelty. During a 2017 interview with the writer Roxane Gay (now a contributing Opinion writer for The Times), Madonna called it out for what it is: sexist. “Does somebody ask Steven Spielberg why he’s still making movies? Hasn’t he had enough success?” she said. She added: “Did somebody go to Pablo Picasso and say, ‘OK, you’re 80 years old. Haven’t you painted enough paintings?’ No.”

    Madonna isn’t finished. The battle against bigotry that she has fought throughout her career is far from over, and she has something to say about it. As she prepares to begin her “Celebration” tour in October, that’s great news for us. If her past is any indication, we can expect to be shocked, inspired, challenged and entertained. We will also be enlightened.

    So happy birthday, Madonna, and thank you.

    #Madonna #Pop_culture #Musique #Sida

  • En deuil et en colère - Cabrioles - #AutodéfenseSanitaire face au Covid-19
    https://cabrioles.substack.com/p/12-janvier-2023-en-deuil-et-en-colere

    Bonjour,

    Le 1er décembre dernier, journée mondiale de lutte contre le SIDA, Steven Trasher, auteur de La Sous-Classe Virale, publiait ces mots sur twitter :

    “Si les tendances actuelles se maintiennent, il y aura plus de deux fois plus de personnes aux États-Unis qui mourront du #Covid (120 000) au cours de l’année prochaine que de personnes qui sont mortes du #SIDA au cours de son année la plus meurtrière (55 000 en 1995).

    Pourquoi y a-t-il si peu de colère à ce sujet ? Si peu de sentiment d’urgence ? Les mort·es du Covid sont-iels acceptables et "jetables" ?

    Il ne s’agit pas de faire jouer le COVID contre le SIDA. Beaucoup des mêmes facteurs expliquent pourquoi les gens meurent de l’un ou l’autre, ou des deux.

    Mais au début des années 1990, l’activisme politique était FURIEUX face aux décès du SIDA, alors qu’il emportait moins de la moitié des personnes que le COVID emporte actuellement.

    Pourquoi ce silence et cette complaisance aujourd’hui ?

    Le constat est le même de ce côté-ci de l’Atlantique.
    Et le silence, épais, est glaçant.

    ....

    Pleurer et s’organiser | Olivia Schwob
    https://cabrioles.substack.com/p/pleurer-et-sorganiser-olivia-schwob
    À la fin du mois de mai, j’ai déferlé avec des milliers de mes voisins le long de Flatbush Avenue en direction du pont de Brooklyn. George Floyd et Breonna Taylor étaient morts, mais nous ne faisions pas que les pleurer. Nous étions en deuil : pour eux, et pour des milliers d’autres personnes assassinées par la police ; pour nous-mêmes et pour nos futurs qui disparaissent ; pour les morts perdus à cause du COVID-19 et pour les vivants plongés dans la précarité. Le soleil a commencé à se coucher et nous avons pris la rue, en chantant.

    Un deuil pour les vivants | Judith Butler
    https://cabrioles.substack.com/p/un-deuil-pour-les-vivants-judith
    Lorsque l’économie redémarre à la suite d’une vague pandémique, en sachant pertinemment que certaines personnes vont mourir, une classe de personnes dispensables est identifiée et créée. C’est un moment fasciste qui émerge au sein des calculs du marché, et nous vivons une période où cette forme de calcul menace de devenir la norme. Il s’agit, en fait, d’une rationalité et d’un pouvoir que nous devons combattre à des niveaux globaux et quotidiens.

    Le harcèlement des endeuillés du Covid | Erika Edwards
    https://cabrioles.substack.com/p/le-harcelement-des-endeuilles-du
    Avant la pandémie, Ari Eisen travaillait également avec des personnes qui avaient perdu des êtres chers. À cette époque, il n’y avait "aucun" cas de harcèlement en ligne visant des personnes en deuil, dit-elle. Lorsque le virus du Covid a frappé, "tout a explosé". Les groupes de soutien en ligne dans lesquels les gens se sentaient à l’aise pour partager leurs histoires sur le Covid ont été inondés de commentaires niant l’existence du Covid ou déversant de la haine.

    Les morts arrachés à l’avenir | Beatrice Adler-Bolton
    https://cabrioles.substack.com/p/les-morts-arraches-a-lavenir-beatrice

    Tout ce que je peux dire à celleux qui, à "gauche", penchent vers le nihilisme, c’est que celleux d’entre nous qui se battent encore auraient bien besoin d’un peu de solidarité en ce moment. Dans une société dans laquelle notre survie a déjà été si profondément marchandisée, cet événement de mort de masse est devenu une opportunité commerciale de plusieurs milliards de dollars. Ce n’est pas le moment de vous désengager sur le Covid-19. Celleux d’entre nous qui se battent encore ne peuvent pas le faire seul·es.

    Vous êtes témoin d’un crime | Debra Levine
    https://cabrioles.substack.com/p/vous-etes-temoin-dun-crime-debra
    La puissance de choc de la procession n’est pas tant due à la violation d’une norme légale et sociale selon laquelle un cadavre ne doit pas apparaître sur la voie publique, car les corps des personnes atteintes du SIDA, à l’instar de celleux qui sont morts du coronavirus, ont été évités par les pompes funèbres et traités avec un grand manque de respect tout au long de la première décennie de la crise. Ce qui a choqué la police et les passant·es, c’est tout le contraire : l’amour, le dévouement et les soins accordés aux personnes mortes du SIDA, régulièrement stigmatisées dans la vie, puis dans la mort.

    Deuil et militantisme | Douglas Crimp
    https://cabrioles.substack.com/p/deuil-et-militantisme-douglas-crimp
    Silence=Mort a été produit et est utilisé pour une lutte politique collective, et il suppose de conjuguer différents problèmes pour la communauté des activistes du SIDA. Prendre notre symbole au pied de la lettre comporte pour nous un danger : nous sommes nous-mêmes silencieux précisément sur le sujet de la mort, sur la profondeur avec laquelle elle nous affecte. Frustration, colère, rage et révolte, anxiété, peur et terreur, honte et culpabilité, tristesse et désespoir - il n’est pas surprenant que nous ressentions ces choses ; ce qui est surprenant, c’est que souvent nous ne les ressentons pas. Décrier ces réactions - notre propre forme de moralisme - revient à nier l’étendue de la violence que nous avons tous endurée.

    #mort (s) #deuil

  • Les crimes de Benoît XVI Jean-François Lisée - https://jflisee.org/category/devoir-de-memoire

    La chose se passait au Cameroun, pays pour moitié catholique, en 2009. Il s’agissait de la première visite du pape Benoît XVI en Afrique, continent où, depuis alors 10 ans, le VIH-sida était la première cause de décès. L’Organisation mondiale de la santé, les ONG, plusieurs gouvernements et l’archevêque sud-africain anglican Desmond Tutu redoublaient d’efforts pour prévenir la contagion grâce au programme AFC (abstinence, fidélité, condom). Oui, mais qu’en pensent Dieu et son représentant sur terre ? pouvaient alors se demander les quelque 160 millions d’Africains catholiques.


    Historiquement, le Vatican a toujours été opposé à la contraception — et au condom —, prônant seulement les deux premiers éléments du triptyque : abstinence et fidélité. Mais alors que le nombre de morts en Afrique avait franchi les 30 millions https://www.everycrsreport.com/reports/RL33584.html et que l’épidémie se propageait aux femmes (61 % des personnes infectées) et aux enfants (90 % de tous les enfants infectés au monde étaient africains), fallait-il se montrer plus flexible ? Ou du moins rester muet sur le condom pour ne pas nuire aux efforts ?

    Devant cette énorme responsabilité, Benoît XVI allait surprendre. Désagréablement. « On ne peut résoudre ce fléau par la distribution des préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème », a-t-il dit. Le pape allait gauchement tenter de rectifier le tir l’année suivante en affirmant que le condom pouvait être utilisé dans des cas « exceptionnels » — chez les prostitués mâles, par exemple, pour lesquels ce serait « un premier pas vers la moralisation ». La question n’était pas là.

    On ne peut évidemment quantifier le nombre de vies qui auraient pu être sauvées si le pape s’était rangé du côté de la santé publique plutôt que du côté de la version la plus rigide du dogme. Une seule chose est certaine : par sa faute, davantage de personnes furent infectées, malades, mortes prématurément, y compris des femmes et des enfants.

    L’inflexibilité de Benoît XVI dans des situations où la tolérance et le pardon auraient dû prévaloir s’était peu avant illustrée au sujet de l’avortement.

    Au Brésil, pays à 61 % catholique, une enfant de neuf ans plusieurs fois violée par son beau-père avait eu recours à l’avortement. L’archevêque local, ultraconservateur, réagit en excommuniant les médecins ayant pratiqué l’interruption de grossesse ainsi que la mère de l’enfant, qui avait approuvé l’intervention. Le tollé fut général, mais le Vatican approuva les excommunications au nom du « droit à la vie ». Ici encore, on peine à mesurer l’impact de cette insensibilité sur la vie de jeunes catholiques latino-américaines victimes d’agressions, mais sommées par leur Église de mener leur grossesse à terme, même dans les pires conditions.


    Depuis le décès de Benoît XVI, on entend des voix charitables estimer qu’il a entamé la marche de l’Église vers la reconnaissance de sa responsabilité dans les agressions sexuelles extrêmement nombreuses perpétrées par des membres du clergé. Il est vrai qu’il fut le premier, en 2008, à se dire « profondément désolé » pour les souffrances que les victimes ont endurées. Mais le critère d’appréciation qui devrait s’appliquer ici n’est pas de savoir s’il a su commencer à gérer, en 2008, une crise devenue aiguë. Il faut plutôt se demander s’il a tout fait ce qui était en sa responsabilité pour limiter le nombre de victimes dès qu’il en a été mis au courant et dès qu’il a été en situation de pouvoir au sein de l’Église.

    La réponse est un assourdissant non. Évêque de Munich de 1977 à 1982, il a, selon un rapport indépendant https://www.ledevoir.com/depeches/662226/agressions-sexuelles-en-allemagne-l-ancien-pape-benoit-xvi-est-eclabousse , couvert les actions de quatre agresseurs punis par la justice allemande, mais maintenus dans leurs fonctions pastorales par le futur pape, qui ne les a aucunement sanctionnés. Il a ainsi personnellement envoyé aux autres agresseurs un grave signal d’impunité et ignoré cette injonction de Jésus : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché l’un de ces petits qui croient en moi, il vaut mieux qu’on lui attache une grosse pierre au cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18.6).

    Il est devenu ensuite l’un des personnages les plus puissants au Vatican, officiant pendant 23 ans à titre de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et centralisant à son bureau, à compter de 2001, les dossiers d’agression sexuelle.

    Il ne fait rétrospectivement aucun doute qu’il fut longtemps à ce poste l’un des principaux rouages de la plus grande opération de camouflage de crimes sexuels de l’ère moderne. Cette action se déployait, on le sait, par le refus de dénoncer aux forces policières les agresseurs — 4 % des membres du clergé catholique, estime-t-on —, par la pratique de muter les agresseurs d’une paroisse à une autre sans évidemment en informer les fidèles. Pendant des décennies, particulièrement celles où Joseph Ratzinger fut aux affaires, la réponse du Vatican fut de nier, de minimiser, de camoufler.

    Devant l’ampleur grandissante du scandale et talonné par l’ONU, Ratzinger se mit à sévir tardivement, au tournant de 2010, expulsant près de 400 prêtres en deux ans. Même pape, il a continué à minimiser la responsabilité du Vatican, blâmant plutôt les Églises nationales, voire les effets du concile Vatican II, plutôt que la complicité de toute la hiérarchie. Sa gestion de la crise n’a pas satisfait les enquêteurs de l’ONU, qui ont conclu en 2019 que, notamment sous sa gouverne, se déroulait au Vatican une « action apparemment systémique de camouflage (cover-up) et d’obstruction à la mise en responsabilité des abuseurs ».

    Il est encore impossible de calculer le nombre de victimes contemporaines, mais un récent rapport officiel faisait état de 330 000 victimes en France seulement. Ratzinger, devenu Benoît XVI, n’est évidemment pas seul en cause, loin de là. Un groupe de survivants avait réclamé en 2013 à la Cour pénale internationale (CPI) d’intenter contre lui et d’autres responsables catholiques un procès de crime contre l’humanité pour avoir « toléré et permis la dissimulation systématique et généralisée des viols et des crimes sexuels commis contre des enfants dans le monde ». La CPI a décliné la demande. C’est dommage. On aurait pu ainsi aller au fond des choses. En avoir le coeur net.

    Mais puisque le moment est venu de faire le bilan de son action à lui, comment ne pas conclure que non seulement un saint homme, mais simplement un homme bon — ou, comme le dit notre droit civil, « un bon père de famille » —, informé que se déroulaient sous sa responsabilité d’innommables crimes visant des dizaines de milliers d’enfants — voire un seul —, aurait remué ciel et terre, dès le matin de son premier jour à l’ouvrage, pour que cela cesse ? Pas lui. Il s’est plutôt réfugié, selon les mots de Matthias Katsch, représentant des survivants allemands des sévices, derrière un « édifice de mensonges ».

    Jean François Lisee
    Source : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/777008/chronique-les-crimes-de-benoit-xvi

     #benoît_xvi #pape #histoire #sida #VIH #épidémie #contraception #préservatif #pédophilie #viol #culture_du_viol #catholicisme #enfants #pédocriminalité #viols #religion #violences_sexuelles #pornographie #impunité #violophilie #pedocriminalité

  • Lecture d’un extrait du livre « Les Enfants endormis » d’Anthony Passeron, paru aux éditions Globe, en 2022.

    http://liminaire.fr/radio-marelle/article/les-enfants-endormis-d-anthony-passeron

    Désiré, l’oncle de l’auteur, héroïnomane, est mort du sida en 1987, contaminé après un partage de seringue. Anthony Passeron n’en garde qu’un souvenir lointain que réactivent quelques bobines en Super 8 retrouvées dans une boîte à chaussures. La drogue et le sida ont fait exploser la cellule familiale construite par les grands-parents de l’auteur, Louise et Émile. Une tragédie dont la famille s’est difficilement relevée. Ce premier roman est une enquête familiale qui tente de rembobiner le fil d’une vie brisée presque occultée par les secrets d’un clan soucieux de préserver leur respectabilité dans leur petite-ville de l’arrière-pays niçois.. (...) #Radio_Marelle / #Écriture, #Langage, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Mémoire, #Mort, #Famille, #Sida (...)

    http://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_les_enfants_endormis_anthony_passeron.mp4

    https://editions-globe.com/les-enfants-endormis

  • L’abstraction militante
    https://laviedesidees.fr/L-abstraction-militante.html

    Les dernières oeuvres plastiques de Derek Jarman, “peintures textes” ou “peintures slogans”, traduisent la colère face à l’homophobie des années #sida. Elles sont exposées cet automne au Centre d’Art d’Ivry-sur-Seine.

    #Arts #exposition #cinéma #peinture
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211119_jarman.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211119_jarman.pdf

  • « Ce sont les oubliées, les invisibles de la migration » : l’odyssée des femmes africaines vers l’Europe

    Les migrantes originaires d’#Afrique_de_l’Ouest sont de plus en plus nombreuses à tenter de rallier les #Canaries, archipel espagnol situé au large du Maroc. Un voyage au cours duquel certaines d’entre elles se retrouvent à la merci des passeurs et exploiteurs en tout genre.
    Ris-Orangis, terminus de son exil. Dans le pavillon de sa grande sœur, Mariama se repose, et décompresse. « Je suis soulagée », lâche-t-elle d’une voix à peine audible. Cette Ivoirienne de 35 ans, réservée et pudique, est arrivée dans ce coin de l’#Essonne le 7 août, après un périple commencé il y a plus de deux ans, un voyage sans retour de plusieurs milliers de kilomètres, à brûler les frontières sans visa ni papiers. Avec une étape plus décisive que les autres : les Canaries. C’est là, à #Las_Palmas, que Le Monde l’avait rencontrée une première fois, le 22 juillet.

    Situé au large du Maroc, cet archipel espagnol de l’Atlantique est devenu une des portes d’entrée maritime vers l’Europe les plus fréquentées par les migrants. « La #route_canarienne est la plus active sur la frontière euroafricaine occidentale », confirme l’association Caminando Fronteras, qui œuvre pour la protection des droits de ces migrants. Les chiffres le prouvent : d’après le ministère espagnol de l’intérieur, 13 118 personnes – pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest – ont débarqué sur place, du 1er janvier au 30 septembre, à bord de 340 embarcations. En 2019, les autorités n’en avaient dénombré, à cette date, que 6 124.

    Détresse économique

    « Les problèmes politiques des derniers mois entre le Maroc et l’Espagne concernant [les enclaves de] Ceuta et Melilla ont poussé les gens à chercher une autre voie de passage », souligne Mame Cheikh Mbaye, président de la Fédération des associations africaines aux Canaries (FAAC). « Ce qu’il se passe en ce moment en Afrique est pire que la guerre, c’est la #détresse_économique. Les Africains vivent dans une telle #souffrance qu’ils sont prêts à affronter l’océan », ajoute Soda Niasse, 42 ans, une Sénégalaise qui milite pour la dignité des sans-papiers sur l’archipel.

    Retour à Las Palmas, en juillet. En ce début de soirée, la ville commence à bâiller. Dans une maison au charme fou, c’est une autre ambiance : des enfants galopent dans les couloirs ou dans la cour carrelée ; des femmes dansent, radieuses comme jamais, pour l’anniversaire d’une fillette, son premier sur le sol européen, même si Las Palmas paraît bien éloigné de Paris ou de Bruxelles. « Heureuse ? Oui. C’est comme si on vivait en colocation », lance Mariama.

    Ce refuge appartient à la Croix-Blanche, une fondation tenue par des frères Franciscains. La jeune Ivoirienne, vendeuse de légumes dans son pays, y est hébergée au côté d’une vingtaine d’autres femmes, toutes francophones. Voilà quatre mois qu’elle est arrivée en patera (« bateau de fortune ») sur l’île de Grande Canarie.

    Le nombre d’arrivées de migrants aux Canaries a doublé depuis le début de l’année

    Ce lieu paisible lui permet de récupérer de cette épreuve. « Et aussi de se réparer », ajoute le frère Enrique, 42 ans, un des responsables de l’organisation. « Ici, on donne de l’attention et de l’amour », précise-t-il au sujet de ces exilées, souvent traumatisées par d’éprouvantes odyssées. Le religieux s’étonne de voir de plus en plus de femmes tentées par l’exil depuis le début de l’année. Un constat partagé par le président de la Croix-Rouge des Canaries, Antonio Rico Revuelta : « En 2020, 10 % des migrants [sur 23 023] étaient des femmes. Cette année, nous sommes déjà à 17,1 % ».

    Echapper aux #violences

    « Elles n’ont pas d’autre choix que de fuir, insiste Mariama, la jeune Ivoirienne. Mais on ne s’imagine pas que c’est aussi dangereux. » Et meurtrier. L’ONG Caminando Fronteras a comptabilisé 2 087 victimes, disparues au large de l’Espagne, dont 341 femmes. « Les #décès sur les routes migratoires vers l’Espagne ont augmenté de 526 % par rapport à la même période de 2020 », souligne l’organisation. « La #route_des_Canaries est l’une des plus dangereuses au monde », confirme Amnesty International.

    Si des centaines de femmes – de toutes conditions sociales – risquent leur vie sur ce chemin entre les côtes africaines et les Canaries (500 kilomètres d’océan), c’est pour échapper aux #mariages_forcés ou aux #excisions sur elles-mêmes ou leurs enfants. « Les #violences_de_genre ont toujours été une explication à l’exode », commente Camille Schmoll, géographe, autrice des Damnées de la mer (La Découverte, 2020).

    Celle-ci avance une autre explication à ces phénomènes migratoires : « Ces dernières années, beaucoup de femmes se sont installées au #Maroc. Elles n’avaient pas toutes comme projet d’aller en Europe. Mais avec la #crise_sanitaire, la plupart ont perdu leur travail. Cette situation les a probablement contraintes à précipiter leur départ. On ne parle jamais d’elles : ce sont les oubliées et les invisibles de la migration. »

    Cris Beauchemin, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), estime pour sa part que le « durcissement des politiques de #regroupement_familial peut être vu comme un motif qui pousse les femmes à partir de manière clandestine pour celles qui cherchent à rejoindre, en France, leur conjoint en règle ou pas ». D’après lui, la #féminisation_de_la_migration n’est cependant pas une nouveauté. En 2013, une étude menée par l’INED et intitulée « Les immigrés en France : en majorité des femmes » expliquait déjà que les migrantes partaient « de façon autonome afin de travailler ou de faire des études ».

    « Dans ce genre de voyage,les femmes sont violentées, violées, et les enfants entendent », dit Mariama, migrante ivoirienne de 35 ans
    « Celles qui arrivent en France sont de plus en plus souvent des célibataires ou des “pionnières” qui devancent leur conjoint, notait cette étude. La #scolarisation croissante des femmes dans leur pays d’origine et leur accès à l’#enseignement_supérieur jouent sans doute ici un rôle déterminant. » Selon Camille Schmoll, les femmes célibataires, divorcées, ou simplement en quête de liberté ou d’un avenir meilleur pour leurs proches et leurs enfants sont parfois mal vues dans leur pays. « Ces statuts difficiles à assumer les incitent à partir », dit-elle.

    Laisser ses enfants

    Ce fut le cas de Mariama. Son histoire commence en 2017 et résume celles de bien d’autres migrantes rencontrées à Las Palmas. Assise dans un fauteuil, enveloppée dans un voile rose qui semble l’étreindre, entourée par la travailleuse sociale et la psychologue du centre, elle se raconte : ses deux filles, de 6 et 8 ans ; son mari, un électricien porté sur l’alcool.

    Ce n’est pas la violence conjugale, tristement ordinaire, qui la pousse à envisager l’exil, en 2019, mais ces nuits où elle surprend son époux en train de « toucher » deux de ses nièces. « J’avais peur qu’il finisse par s’en prendre à mes filles, je devais agir. »Son but ? Rejoindre une sœur installée en France. Dans le plus grand secret, elle économise chaque jour quelques euros pendant près de deux ans.

    C’est alors que la destinée va bouleverser ses plans, et ajouter de la peine et des angoisses à une situation déjà douloureuse. Sa famille lui confie une nièce de 8 ans, dont le père vient de mourir noyé en Méditerranée en tentant d’atteindre l’Italie en bateau. Sa mère, elle, est décédée d’une maladie foudroyante. « Personne d’autre ne pouvait s’occuper de la petite, assure Mariama. Je suis sa nouvelle maman. » Le moment du départ approche, mais que faire ? Fuir avec les trois petites ? Impossible, elle n’en aura pas les moyens. Le cœur déchiré, elle choisit alors de laisser ses deux filles – afin qu’au moins elles restent ensemble – chez une sœur domiciliée loin de leur père…

    « Flouze, flouze » ou « fuck, fuck »

    A l’été 2019, Mariama et sa nièce quittent la Côte d’Ivoire en car, direction Casablanca, au Maroc. Là-bas, elle devient à la fois nounou, femme de ménage et cuisinière pour une famille marocaine. « Je gagnais 8 euros par jour, je dormais par terre, dans la cuisine. » Exploitation, préjugés, racisme, tel est, d’après elle, son nouveau quotidien. « Un jour, au début de la crise du coronavirus, je monte dans un bus, et une personne me crache dessus en criant “pourquoi les autres meurent facilement et pas vous, les Africains ?” »

    Après avoir économisé un peu d’argent, elle se rend avec sa nièce à Dakhla, au Sahara occidental (sous contrôle marocain), dans l’espoir de rallier les Canaries à travers l’Atlantique. Les passeurs ? « C’est “flouze, flouze” ou “fuck, fuck” », résume-t-elle. Généralement, dans ce genre de voyage, les femmes sont violentées, violées, et les enfants entendent. »Mariama retient ses larmes. Elle-même n’a pas été violée – comme d’autres protégées de la Croix-Blanche – mais elle ne compte plus le nombre de fois où des policiers, des habitants, l’ont « tripotée ».

    Une nuit, à Dakhla, après avoir versé 800 euros à un passeur, elle obtient deux places à bord d’un « modeste bateau de pêche » avec quarante autres personnes. La suite restera à jamais gravée en elle : la peur, l’obscurité, les vagues, l’eau qui s’invite à bord, le visage de son frère, mort noyé, lui aussi, lors d’une traversée clandestine. Et les cris, la promiscuité… « On ne peut pas bouger. Si tu veux uriner, c’est sur toi. Je me suis dit que c’était du suicide. Je n’arrêtais pas de demander pardon à la petite. Je l’avais coincée entre mes jambes. »

    « Durant leur voyage en Afrique, beaucoup de femmes violées sont tombées enceintes. Personne ne leur a dit qu’elles avaient le droit d’avorter en Espagne », Candella, ancienne travailleuse sociale
    La traversée dure cinq jours. Une fois la frontière virtuelle espagnole franchie, tout le monde sur le bateau se met à hurler « Boza ! », un cri synonyme de « victoire » en Afrique de l’Ouest. Les secours ne sont pas loin…

    « Je m’incline devant le courage de ces femmes. Quelle résilience ! », confie Candella, 29 ans, une ancienne travailleuse sociale, si marquée par ces destins qu’elle a fini par démissionner, en février, de son poste dans une importante ONG. « A force d’écouter leurs histoires, je les ai faites miennes, je n’en dormais plus la nuit. » Comment les oublier ?« Durant leur voyage en Afrique, beaucoup de femmes violées sont tombées enceintes. Une fois aux Canaries, personne ne leur a dit qu’elles avaient le droit d’avorter en Espagne. D’autres ont découvert qu’elles avaient le #sida en arrivant ici. C’est moi qui devais le leur annoncer. »

    Depuis deux décennies, Begoña Barrenengoa, une éducatrice sociale de 73 ans, suit de près les dossiers des clandestins, et particulièrement ceux liés aux violences faites aux femmes. D’après elle, les migrantes sont « les plus vulnérables parmi les vulnérables ». D’où sa volonté de les aider à continuer leur chemin vers le nord et l’Europe continentale. Car elles ne veulent pas rester aux Canaries mais rejoindre leur famille, en particulier en France. « L’archipel n’est qu’un point de passage, il n’y a de toute façon pas de travail ici », souligne Mme Barrenengoa.

    En mars, un juge de Las Palmas a ordonné aux autorités espagnoles de ne plus bloquer les migrants désireux de se rendre sur le continent. « Avec un simple passeport – voire une copie –, ou une demande d’asile, ils ont pu voyager jusqu’à Madrid ou Barcelone, et aller en France », poursuit Begoña Barrenengoa.

    Selon Mame Cheikh Mbaye (FAAC), entre 10 000 et 15 000 personnes auraient rallié la péninsule depuis cette décision de justice, des transferts le plus souvent organisés par la Croix-Rouge. « Huit migrants sur dix arrivés cette année par la mer aux îles ont poursuivi leur voyage vers la péninsule », assurait récemment le journal canarien La Provincia.

    Aujourd’hui, la plupart des femmes rencontrées à la Croix-Blanche sont sur le territoire français. « J’ai pu voyager avec mon passeport et celui de la petite, confirme ainsi Mariama. C’est ma sœur qui a acheté mon billet d’avion pour Bilbao. » Une fois sur place, elle a pris un car jusqu’à Bordeaux, puis un Blablacar vers Ris-Orangis, au sud de Paris. Son ancienne vie est derrière elle, désormais, et elle ne veut plus parler de son périple. « Moi, je ne demande pas beaucoup, juste le minimum », confie-t-elle. Maintenant que sa nièce est bien installée, et scolarisée, la jeune Ivoirienne n’a qu’un rêve : faire venir ses deux filles en France, « un pays où l’on se sent enfin libre ».

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/06/ce-sont-les-oubliees-les-invisibles-de-la-migration-l-odyssee-des-femmes-afr

    #femmes #femmes_migrantes #invisibilisation #invisibilité #morts #mourir_aux_frontières #statistiques #chiffres #îles_Canaries #route_Atlantique #viols #violences_sexuelles #parcours_migratoires #grossesses #grossesse #facteurs_push #push-factors

    ping @_kg_ @isskein

    • voir aussi cette note de Migreurop (décembre 2018) :
      Femmes aux frontières extérieures de l’Union européenne

      Les Cassandre xénophobes de la « ruée vers l’Europe » appuient leurs prévisions apocalyptiques sur des images dont les femmes sont absentes : ce serait des hommes jeunes qui déferleraient par millions sur nos sociétés qui verraient alors mis à bas un équilibre des sexes – tant du point de vue quantitatif que relationnel – chèrement acquis. La médiatisation et la politisation de « l’affaire de la gare de Cologne » (31 décembre 2016) ont ainsi joué un grand rôle dans le retournement de la politique allemande vis-à-vis des exilé·e·s. Ces derniers étant décrits comme des hommes prédateurs en raison de leurs « cultures d’origine », il devenait légitime de ne pas les accueillir…

      Ce raisonnement est bien sûr vicié par de nombreux biais idéologiques, mais aussi par des erreurs factuelles et statistiques : les nouvelles entrées dans l’Union européenne (UE) sont tout autant le fait d’hommes que de femmes, et ces dernières
      représentent près de la moitié des immigré·e·s installés dans l’UE. Ce phénomène n’est pas nouveau : au début des années 1930, alors que la France était la principale « terre d’accueil » des exilé·e·s, les femmes représentaient déjà plus de 40% des arrivant·e·s. L’invisibilisation des femmes n’est certes pas propre à l’immigration mais, en l’occurrence, elle sert également un projet d’exclusion de certains hommes.
      Les exilé·e·s sont en effet quasiment absentes des « flux » les plus médiatisés : plus de 90 % des boatpeople de Méditerranée ou des mineur·e·s isolé·e·s entrant dans l’UE sont des hommes. Cela permet d’ailleurs de justifier le caractère pour le moins « viril » des dispositifs de répression les visant. La « guerre aux migrants » serait une affaire mâle ! Or, les femmes en migration, loin de voir leur supposée « vulnérabilité » prise en compte, sont également prises au piège de la militarisation des frontières. La violence de la répression redouble celle des rapports sociaux.

      http://migreurop.org/article2903.html?lang=fr

    • Voir aussi cette étude publiée par l’INED :

      Les immigrés en France : en majorité des femmes

      Les femmes sont désormais majoritaires parmi les immigrés en France. Comme nous l’expliquent Cris Beauchemin, Catherine Borrel et Corinne Régnard en analysant les données de l’enquête Trajectoires et Origines (TeO), contrairement à ce que l’on pourrait penser, la féminisation des immigrés n’est pas due seulement au regroupement familial. Les femmes migrent de plus en plus de façon autonome afin de travailler ou de faire des études.

      https://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/immigres-france-majorite-femmes

    • Et ce numéro de la revue Ecarts d’identité :
      Exil au feminin

      Editorial :

      Une éclaircie ?

      Une éclaircie, dit Le Robert, c’est une embellie qui « apparaît dans un ciel nuageux ou brumeux » (le ciel de cette saison qui tarde à se dégager !).

      Sur terre, c’est l’éclaircie des terrasses, des sourires retrouvés sur les visages quand ils tombent les masques. Pas complètement mais on veut y croire : on veut croire que ce monde ne s’est pas totalement effondré, qu’une vie sociale est encore possible, que le dehors peut redevenir un espace public où l’on peut respirer, échanger, frôler et non cet espace de troisième type qui s’était semi-privatisé en petits groupes se méfiant les uns des autres ! L’éclaircie aussi, relative, des lieux culturels où nourrir de nouveau son imaginaire, admirer, élucider et rêver d’autres possibles aux devenirs.

      Une éclaircie, c’est en somme comme une clairière dans une forêt touffue où l’on peut connaître un répit, se racler un peu la voix après un quasi-étouffement, reprendre souffle, ou encore une sorte d’armistice dans une « guerre »...Ce langage impayable du pouvoir ! Il recycle constamment ses armes. L’espace social est devenu une géographie qui sert désormais à « faire la guerre », avec fronts et arrières, héros et vétérans, logisticiens et unités d’interventions, etc. Une guerre déclarée à un ennemi invisible, ou trop visible au contraire ! Il s’incorpore, il s’incarne en nous, nous faisant devenir ennemis de nous-mêmes, cette « part maudite » de « nous » que l’on ne veut surtout pas voir, nous contentant de nous voiler la face, garder les distances, frictionner frénétiquement les mains, comme si ce carnaval, bien macabre pouvait nous prémunir de « nous-mêmes »... Cela préoccupe évidemment, mais cela occupe beaucoup et jusqu’à épuisement les uns et désœuvre grandement les autres, et cette pré-occupation-là fait « chaos-monde »... qui fait oublier le reste !

      Or, le reste, c’est la vie. La vie dans tous ses états sur cette terre « ronde et finie » et appartenant à tout le monde, c’est « nous » tel que ce pronom personnel le dit : un pluriel et tel qu’il est pronom réfléchi : sujet de ce « nous » constamment en devenir. Ce « nous » est de tous les genres et espèces, matières et manières, temps et espaces sur terre, réels et imaginaires, à tout moment et partout singulier et pluriel, tenant dans cette singularité-pluralité de son infiniment petit à son infiniment grand.
      Ce qui fait ce tenant, c’est l’avec : l’être-avec et le vivre-avec, sans distinctions – hormis celles qui font pluralité, multitude et multiplicité précisément – accordant des primats d’être ou de vivre aux uns au détriment des autres ou empêchant, dans le temps comme dans l’espace, les uns de devenir autrement que ce que les autres pensent qu’ils doivent être… La différence entre l’être et l’être-avec est la différence entre les métaphysiques (petites ou grandes et « indécrottables ») et le politique (le politique tel qu’il « excède » les politiques d’intérêts et de calculs et tel qu’il organise un vivre-avec et non « une autre manière de faire la guerre » !)…
      Il a fallu sans doute cette calamité virale pour nous rappeler que ce reste est en fait le tout – fait de l’avec – dont il faut se préoccuper prioritairement et partout, ce tout qui ne se contamine jamais que de ses propres éléments et depuis tous temps… Le politique consiste à en prendre soin dans ses devenirs !

      Vivre-avec et aussi penser-avec. Penser avec les un•e•s et les autres un autre rapport à ce monde, et penser avec les expériences que vivent au présent les un•e•s et les autres et ce qu’elles nous révèlent sur la manière de mieux aborder l’avenir. Il ne dépend désormais plus de quelques-uns mais de tout le monde. La revue Écarts d’identité, et c’est sa vocation, explore, depuis son premier numéro, les chemins de ce vivre-avec, notamment ceux des migrations et des exils qui nous en apprennent plus sur le devenir-monde que ce que les discours officiels en retiennent et concèdent à en dire. Dans ce numéro, ce sont les spécificités des chemins de l’exil au féminin : une double exposition aux violences de l’exil en tant que tel et à celles, réelles et symboliques, faites aux femmes. Un dossier préparé par Lison Leneveler, Morane Chavanon, Mathilde Dubesset et Djaouidah Sehili (lire l’introduction du dossier).

      Et comme à chaque fois, une fenêtre ouverte sur un horizon de beauté (notre dossier culturel). Bruno Guichard a réalisé un documentaire (Patrick Chamoiseau, ce que nous disent les gouffres) sur Patrick Chamoiseau (ami et parrain de la revue), il nous en ouvre les coulisses où se mêlent puissance poétique et conscience politique. Et une rencontre avec Meissoune Majri, comédienne et metteuse en scène, qui mène depuis 2010 une recherche esthétique interrogeant les effets du réel sur les imaginaires.

      Si, comme le dit l’adage, « à quelque chose malheur est bon », puissions-nous avancer, avec cette calamité, sur les voies de la conscience et « les chemins de la liberté »...

      Abdelattif Chaouite


      https://ecarts-identite.org/-No136-

    • Épisode 3 : Femmes migrantes invisibles

      Statistiquement plus nombreuses que les hommes sur les chemins de l’exil, les femmes sont pourtant les grandes absentes du récit médiatique et de la recherche scientifique dans le domaine des migrations.

      Pour comprendre l’invisibilité Camille Schmoll constate : “il y a aussi un peu d’auto-invisibilité de la part des femmes qui ne souhaitent pas forcément attirer l’attention sur leur sort, leur trajectoire. La migration reste une transgression” et remarque que cette absence peut servir un certain discours “ or, quand on veut construire la migration comme une menace, c’est probablement plus efficace de se concentrer sur les hommes.”

      Depuis plus d’un demi-siècle, les bénévoles de l’Association meusienne d’accompagnement des trajets de vie des migrants (AMATRAMI) viennent en aide aux personnes migrantes présentes sur leur territoire, aux femmes notamment. Camille Schmoll rappelle cette situation : “il y a toujours eu des femmes en migration. On les a simplement occultés pour différentes raisons. En fait, ce sont à l’initiative de femmes, de chercheuses féministes que depuis les années 60-70, on redécouvre la part des femmes dans ces migrations. On sait qu’elles étaient très nombreuses dans les grandes migrations transatlantiques de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. "

      Confrontées tout au long de leurs parcours migratoires mais également dans leur pays de destination à des violences de genre, ces femmes ne sont que trop rarement prises en compte et considérées selon leur sexe par les pouvoirs publics. Majoritairement des femmes, les bénévoles de l’AMATRAMI tentent, avec le peu de moyens à leur disposition de leur apporter un soutien spécifique et adapté.  Lucette Lamousse se souvient “elles étaient perdues en arrivant, leur première demande c’était de parler le français”. Camille Schmoll observe un changement dans cette migration : “les femmes qui partent, partent aussi parce qu’elles ont pu conquérir au départ une certaine forme d’autonomie. Ces changements du point de vue du positionnement social des femmes dans les sociétés de départ qui font qu’on va partir, ne sont pas uniquement des changements négatifs”.

      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/femmes-migrantes-invisibles
      #audio #son #podcast

  • Le Vaccin et l’antisémitisme anti-sanitaire, apogée de la pulsion de mort pandémique - Nadia Meziane, Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/le-vaccin-et-lantisemitisme-anti-sanitaire-apogee-de-la-pulsion-de

    Quand la sphère antisémite militante veut définitivement emporter le morceau dans une affaire, il lui faut trouver de préférence, un Juif qui n’ait pas « une tronche très catholique », comme le disait feu Georges Frêche à propos de Laurent Fabius.

    Ce fut chose faite avec le ciblage de Laurent Fabius en tant que président du Conseil Constitutionnel et de son fils par le mouvement antivaxx. Auxquels se joignent évidemment les mouvements anti IVG. Quasi simultanément, le mot d’ordre antisémite « Qui ? » porté au départ de manière anecdotique par quelques manifestants se généralisait dans les manifestations de l’été.

    La résistance au #pass_sanitaire n’était pas en elle même suffisamment porteuse. En effet, elle n’est pas en soi une résistance à la science et au progrès, elle porte même un récit solidaire sur la pandémie, contre sa gestion par le gouvernement français, elle est même pour beaucoup d’entre nous, vaccinés par ailleurs une solidarité matérialiste.

    Vivre tous, ensemble, et que ne soient pas une nouvelle fois exclus les plus éloignés de l’accès à l’information sanitaire et à la santé. Ceux qui ont déjà payé le plus lourd tribut au virus, de par leur situation sociale .

    La sphère antisémite de gauche comme de droite se moque bien de tout cela. Son objectif est la passion mauvaise et hallucinée, meilleur moyen de mettre la main sur la foule apeurée, en excitant sa pulsion de mort.

    Petit retour en arrière dans l’histoire de l’#antisémitisme français. Métastases, un film peu connu de Dieudonné sort au début des années 2010 : il raconte l’histoire d’un homme atteint du cancer que Dieudonné va sortir des griffes de la médecine “enjuivée” pour l’emmener guérir avec les “médecines” alternatives ancestrales. Film glaçant, qui agite à la perfection la peur du de la mort. À l’époque de la sortie du film, Dieudonné est en plein bizness néo sanitaire avec toutes sortes de gourous sectaires et d’anciens médecins dont justement beaucoup d’anti vaxx.

    [...] structure immuable du récit antisémite, (qui sert de squelette et de trame minimale à tout discours conspirationniste, même lorsque ceux-ci ne visent pas les Juifs )

    #conspirationnisme #nihilisme

    • refus du réel fondé en partie sur le choc traumatique causé par le bouleversement du quotidien, sur un « je préfère que ce ne soit pas arrivé », parfaitement compréhensible, va succéder un pessimisme absolu causé par la persistance pandémique et par l’incurie gouvernementale.

      Le moment du « Vive la mort » puisqu’il n’y a plus que cela. Le moment du refus absolu de l’espoir et de la vie, le refus du vaccin. Le moment où l’angoisse pandémique est tellement intense et si peu prise en compte par les pouvoirs publics qui ont passé leur temps à surveiller et punir, qu’elle se retourne contre ceux qui l’éprouvent, dans un mouvement d’auto-destruction qui est aussi destruction des autres.

      #angoisse #pulsion_de_mort #choc_traumatique

    • Il est nécessaire et absolument urgent d’oser, à gauche, retrouver un sens et un récit. Ce n’est pas chose si difficile car cela a été fait lors d’une autre pandémie, celle du SIDA. A l’époque aussi, pourtant, une partie de l’extrême-droite a tenté la rhétorique du massacre des innocents perpétrés par les forces « obscures » et évidemment les Juifs. Lors de l’affaire du sang contaminé, et encore longtemps après,

      […]

      Seulement au moment où elles sont arrivées sur le marché de la demande, d’autres forces sociales progressistes avaient déjà imposé leur récit et leur lutte, celui de l’action et de la vie, comme le disait le slogan d’Act Up. Une immense mobilisation avait éclos chez ceux-là même dont la vie était pourtant compromise individuellement et qui, pour beaucoup, ont mis leurs dernières années de vie au service de tous, ont réellement fait la guerre au virus, au capitalisme, à l’homophobie et aux réactionnaires. Lutte exemplaire car marquée à la fois par des pratiques concrètes de prévention, de solidarité et d’entraide , par des actions extrêmement offensives pour dénoncer les responsabilités des pouvoirs publics, et par une réappropriation de la médecine et des avancées scientifiques.

      #démocratie_sanitaire #sida #Histoire #Act_up

  • Cherchez le Daron
    Réal : #Laurie_Pinon / #Crystal_Selosse / #Charlène_Noyoux

    #INALAB. Klaus et François sont les darons. Ils ont vécu leur jeunesse dans le #Paris bouillonnant des #années_80 avant de disparaître à l’âge de 33 ans. Leurs filles se connaissent depuis toujours, mais ignorent tout de leur père. Elles enquêtent, interrogent, fouillent à travers les archives dans le Paris underground des eighties !

    https://madelen.ina.fr/serie/cherchez-le-daron

    https://cdn-madelen.ina.fr/720x405/09d/COLL078296.jpeg

    #punk #sida #podcast #documentaire #INA

  • « Dans la première édition de son livre `` Origine du #sida ’’, publiée en 2011, le Dr Pepin concluait que le #VIH avait probablement infecté un chasseur au Cameroun au début du XXe siècle, avant de se propager à Léopoldville, maintenant connue sous le nom de Kinshasa au Congo.
    Dans une version révisée de cette hypothèse il précise que le patient zéro n’était pas un chasseur indigène, mais un soldat affamé de la Première Guerre mondiale obligé de chasser les chimpanzés pour se nourrir, coincé dans la forêt de Moloundou au Cameroun en 1916.
    Dans une interview exclusive avec MailOnline, le professeur Pepin révèle comment le #colonialisme, la #famine et la #prostitution ont contribué à créer l’épidémie de sida en cours. »

    First ever #HIV case was a soldier in World War One who caught the virus while hunting chimps | Daily Mail Online
    https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-9202531/First-HIV-case-soldier-World-War-One-caught-virus-hunting-chimps.html

    In the acclaimed first edition of his book ’Origin of AIDS’, published in 2011, Dr Pepin concluded HIV likely infected a hunter in Cameroon at the start of the 20th century, before spreading to Léopoldville, now known as Kinshasa in the Congo.

    Now, a revised version of this ’cut hunter’ hypothesis has been published which states the original ’Patient Zero’ was not a native hunter, but instead a starving World War One soldier forced to hunt chimps for food when stuck in the remote forest around Moloundou, Cameroon in 1916 — giving rise to the ’cut soldier’ theory.

    In an exclusive interview with MailOnline, Professor Pepin reveals how colonialism, starvation and prostitution helped create the ongoing AIDS epidemic.

  • Gambie : la trahison d’Hippocrate
    https://www.justiceinfo.net/fr/commissions-verite/45777-gambie-la-trahison-d-hippocrate.html

    Le docteur Tamsir Mbowe, ancien ministre de la Santé, était un témoin très attendu devant la Commission vérité, réconciliation et réparations, en Gambie. Il a été directeur du programme de traitement du VIH/sida de l’ancien président Yahya Jammeh. Un traitement considéré comme un canular meurtrier par tous les autres témoins. Mbowe a maintenu que le traitement était efficace, sans assumer aucune responsabilité. A-t-il enfreint l’éthique médicale ?

    « Le traitement est vrai », déclare le docteur Tamsir Mbowe, gynécologue et obstétricien formé en Union soviétique, lors de son témoignage devant la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), en Gambie, le 21 octobre. "Pourquoi une personne a-t-elle une charge virale de 200 millions de copies [sic] et qu’après deux mois de traitement, cela est indétectable (...)

    #Commissions_Vérité

  • Du #sida au Covid 19
    https://laviedesidees.fr/Du-Sida-au-Covid-19.html

    Bien que très différentes, les épidémies de Sida et de #Covid-19 mettent les #Sociétés face à des dilemmes médicaux, politiques et sociétaux communs en termes de gestion de l’incertitude scientifique, de responsabilisation, d’attention aux plus vulnérables et surtout de #prévention.

    #mobilisation #épidémie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201002_pezeril_sidacovid.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201002_pezeril_sidacovid.pdf

    • Deuxièmement, les études en sciences sociales ont montré que les individus ne font pas seulement face à un risque d’infection ou de maladie, mais qu’ils doivent également gérer d’autres risques, ceux de pauvreté, d’exclusion ou de solitude par exemple, procédant ainsi à un arbitrage en fonction des situations. Ils peuvent « prendre des risques » en termes de santé, en agissant rationnellement, sans être des « irresponsables ». En outre, ils n’ont pas toujours les moyens de mettre en œuvre cet arbitrage, soit parce que les outils (le préservatif ou le masque) manquent ponctuellement ou structurellement, soit parce qu’ils ne sont pas en mesure de les utiliser (une personne pouvant avoir du mal à proposer le préservatif par exemple ou ayant une incapacité respiratoire rendant difficile le port du masque buccal), soit encore parce qu’ils ne disposent pas d’informations claires (et non-contradictoires) sur les moyens efficaces et disponibles pour diminuer les risques. [...]

      Enfin, face à la multi-dimensionnalité des risques, les acteurs de la lutte contre le sida ont fait valoir l’importance d’une approche en termes de réduction des risques (RdR), qu’il y a lieu ici aussi de considérer. Pensée au départ dans le contexte de l’usage de drogues, du partage de seringues plus précisément, ce nouveau paradigme va transformer en profondeur la politique de lutte contre le sida à la fin des années 1990. Son efficacité pour les injecteurs ayant été rapidement démontrée au niveau épidémiologique (le pourcentage de ce groupe chute drastiquement dans les nouveaux diagnostics de VIH dès qu’une politique de RdR est menée), elle s’est ensuite élargie à la réduction des risques sexuels. Cette approche a permis de diversifier les instruments et d’aller au-delà de l’abstinence ou de l’usage du préservatif, afin que chacun·e puisse réduire les risques en fonction de ses possibilités réelles et de son contexte de vie (traitement préventif du VIH, retrait avant éjaculation, sero-sorting, séro-positioning, etc.). Autrement dit la politique de réduction des risques présuppose des informations, claires et non-discordantes, sur les risques réels de transmission, les outils pour les réduire, leur mise à disposition par les pouvoirs publics et la responsabilisation de toutes et tous.

      Responsabilisation versus criminalisation des comportements

      La responsabilisation suppose de faire confiance aux individus et en leur capacité de faire des choix éclairés et rationnels en fonction de leur situation, plutôt que d’imposer des comportements supposés adéquats et de sanctionner celles et ceux qui ne s’y conforment pas.

      #réduction_des_risques

  • VIH & #Banque_mondiale

    Les exigences du #FMI, imposant la restriction des dépenses publiques dans le but de relancer les économies, ont des conséquences graves sur la propagation des épidémies et l’accès aux traitements, tandis que le monopole des firmes pharmaceutiques est rarement remis en question, occasionnant des dépenses absurdes et parfaitement évitables. Malgré les échecs répétés des mesures d’austérité néolibérales et le succès du Portugal, qui a pris la voie opposée, les institutions internationales continuent d’imposer leur carcan, au mépris de la vie des personnes.


    https://vacarme.org/article3193.html

    #VIH #HIV #sida #santé #ViiV_Healthcare #big-pharma #industrie_pharmaceutique #licences_volontaires #médicaments #ajustements_structurels #Argentine #austérité #Roche #La_Roche #Grèce #Portugal #Pfizer #système_de_santé #brevets #médicaments_génériques #sofsbuvir #licence_d'office #évasion_fiscale #pandémie

    • Les effets des politiques d’austérité sur les dépenses et services publics de santé en Europe

      Cet article analyse l’évolution des politiques et des dépenses de santé depuis la grande récession (2008-2009) dans les pays européens. Dans un premier temps, l’article analyse les modalités des réformes et des mesures prises dans le secteur de la santé, en particulier depuis le tournant de l’austérité débuté en 2010, qu’il s’agisse de mesures visant à diminuer directement le volume et le prix des soins au moyen d’une limitation des emplois et des rémunérations dans le secteur de la santé ou à travers des réformes plus « structurelles ». La compression des dépenses publiques de santé a été d’autant plus forte que les mesures ont porté sur le facteur travail. Dans un second temps, l’article documente et analyse l’évolution des dépenses de santé. Si la croissance des dépenses (totales et publiques) de santé a été très peu altérée durant la récession de 2008-2009, une rupture est intervenue dans tous les pays après 2009 (l’Allemagne faisant exception). Certains pays « périphériques » ont connu une baisse des dépenses de santé sans équivalent dans l’histoire contemporaine. L’article conclut sur les limites des politiques d’austérité appliquées au champ de la santé, non pas tant au regard de leurs effets sur le soin ou la situation sanitaire, mais au regard même de leur objectif de réduction des déficits publics. Les travaux montrent que les restrictions opérées dans les dépenses publiques de santé, mais aussi celles en matière d’éducation et de protection sociale, ont des effets récessifs désastreux et s’avèrent inefficaces, ou moins efficaces que des réductions d’autres dépenses publiques.

      https://www.cairn.info/revue-de-l-ires-2017-1-page-17.htm

  • Contextualizing Coronavirus Geographically

    Contextualizing Coronavirus Geographically

    Knowing Birds and Viruses – from Biopolitics to Cosmopolitics (Pages: 192-213)

    Mapping microbial stories: Creative microbial aesthetic and cross‐disciplinary intervention in understanding nurses’ infection prevention practices

    Biosecurity and the topologies of infected life: from borderlines to borderlands

    Mapping careful epidemiology: Spatialities, materialities, and subjectivities in the management of animal disease

    The tactile topologies of Contagion

    The spatial anatomy of an epidemic: #influenza in London and the county boroughs of England and Wales, 1918–1919

    The tyranny of empty shelves: Scarcity and the political manufacture of antiretroviral stock‐outs in South Kivu, the Democratic Republic of the Congo

    The strange geography of health inequalities

    Maintaining the sanitary border: air transport liberalisation and health security practices at UK regional airports

    For the sake of the child: The economization of reproduction in the #Zika public health emergency

    The avian flu: some lessons learned from the 2003 #SARS outbreak in Toronto

    Airline networks and the international diffusion of severe acute respiratory syndrome (SARS)

    Indeterminacy in‐decisions – science, policy and politics in the BSE (#Bovine_Spongiform_Encephalopathy) crisis

    Biosecure citizenship: politicising symbiotic associations and the construction of biological threat

    The Spatial Dynamics of Epidemic Diseases in War and Peace: #Cuba and the Insurrection against Spain, 1895–98

    Pandemic cities: biopolitical effects of changing infection control in post‐SARS #Hong_Kong

    Biosecurity and the international response to HIV/AIDS: governmentality, globalisation and security

    Portable sequencing, genomic data, and scale in global emerging infectious disease #surveillance

    Disease, Social Identity, and Risk: Rethinking the Geography of AIDS

    Who lives, who dies, who cares? Valuing life through the disability‐adjusted life year measurement

    (Global) health geography and the post‐2015 development agenda

    When places come first: suffering, archetypal space and the problematic production of global health

    After neoliberalisation? Monetary indiscipline, crisis and the state

    Humanitarianism as liberal diagnostic: humanitarian reason and the political rationalities of the liberal will‐to‐care

    In the wake: Interpreting care and global health through #Black_geographies

    Avian influenza and events in political biogeography

    ‘We are managing our own lives . . . ’: Life transitions and care in sibling‐headed households affected by AIDS in Tanzania and Uganda

    https://rgs-ibg.onlinelibrary.wiley.com/doi/toc/10.1111/(ISSN)1475-4959.contextualizing-coronavirus-geographica

    #géographie #coronavirus #covid-19 #pandémie #épidémie #biopolitique #cosmopolitique #contagion #histoire #inégalités #frontières #aéroports #aviaire #Hong-Kong #HIV #AIDS #SIDA #Tanzanie #Ouganda #revue

    ping @reka @simplicissimus

  • Leçons politiques de l’épidémie de sida par Nicolas Dodier
    https://books.openedition.org/editionsehess/1760?lang=fr

    Rarement le monde médical aura été en France aussi publiquement conflictuel qu’avec l’épidémie de sida, dans la rue, dans les médias, au Parlement, dans les conférences internationales ou dans les tribunaux. Pourquoi ces controverses et quels enseignements en tirer ? De l’affaire de la ciclosporine aux querelles internationales autour des brevets de médicaments, du choc qu’a constitué le début de l’épidémie pour le mouvement homosexuel jusqu’à la crise des antiprotéases, peut-on transformer ce tumulte en un récit intelligible, en une histoire politique du sida ?

    Au-delà du caractère foisonnant des épisodes, au-delà de la complexité de chacun d’entre eux, une dynamique d’ensemble se dégage, qui les traverses tous. Car ces disputes, loin de n’être qu’un bruit de surface, révèlent, pour peu qu’on sache les lire, des transformations essentielles de notre société, au carrefour de la médecine, de la science et du capitalisme.

    #épidémie #sida