• Sierra Leone : heurts mortels autour des plantations Socfin
    http://www.lequotidien.lu/a-la-une/sierra-leone-deux-morts-et-des-milliers-de-deplaces-autour-des-plantatio

    Deux morts, des villageois battus par les forces de l’ordre et des milliers d’autres fuyant leurs domiciles dans le chefferie de Sahn Malen, dans le sud-est de la #Sierra_Leone : ces événements d’une extrême gravité se sont déroulés le lundi 21 janvier dans les villages riverains d’une plantation de #palmiers_à_huile exploitée par SAC, une filiale de la multinationale luxembourgeoise Socfin dont les deux principaux actionnaires sont l’homme d’affaires belge Hubert #Fabri (50,2% du capital) et le groupe français Bolloré (38,7%), contrôlé par le milliardaire Vincent #Bolloré. Outre l’huile de palme, un marché en pleine expansion, Socfin est également spécialisée dans la culture de l’#hévéa dont est extrait le caoutchouc naturel.

    Selon une vingtaine d’organisations de la société civile, la répression à Sahn Malen est intervenue après le déclenchement d’une grève pour protester contre les mauvaises #conditions_de_travail et les faibles rémunérations des employés de SAC. Ce mouvement s’inscrit dans un conflit plus large sur l’occupation des terres, soit plus de 18 000 hectares, dont Maloa, une association de défense des riverains, juge qu’elles ont été accaparées par la multinationale. « Avant, nous avions de quoi cultiver et nous pouvions nourrir nos familles, ça allait plutôt bien. Maintenant, nos villages sont dans la #plantation, Socfin a pris nos terres, nous ne pouvons plus cultiver, nous n’avons plus de nourriture. Nous dépendons entièrement de Socfin pour le travail », témoignait en octobre dernier une représentante des riverains, invitée au Luxembourg par un collectif d’ONG (lire ci-dessous). L’élection du président Julius Maada Bio, en mars 2018, leur avait pourtant fait espérer une résolution du conflit foncier.

    #terres #alimentation #meurtres


  • La banque ING continue de financer des plantations d’huile de palme (...) - FIAN Belgium
    https://www.fian.be/La-banque-ING-continue-de-financer-des-plantations-d-huile-de-palme?lang=fr

    Alors qu’ING lance une campagne sur l’investissement durable (« c’est bien pour votre avenir et le mien »), un groupe d’ONG dénonce publiquement aujourd’hui ces financements à des entreprises d’huile de palme, telles que #SOCFIN, qui vont à l’encontre des engagements sociaux et environnementaux de la banque !

    #palmiers_à_huile #huile_de_palme #Sierra_Leone #terres


  • À LA #DÉFENSE, UNE #EXPO #PHOTO BOULEVERSANTE SUR LES #MARIAGES_FORCÉS

    http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/a-la-defense-une-expo-photo-bouleversante-sur-les-mariages-forces-01-08-2
    publié le 01/08/2017
    consulté le 07/06/2018

    Nichée au sommet de la #Grande_Arche_de_La_Défense, à 110 m au dessus du sol, l’Arche du #Photojournalisme, inaugurée début juin, a reçu, ce mardi, la visite de Françoise Nyssen. L’occasion, pour la ministre de la Culture, de découvrir « #Too_young_to_wed » - « #mariées_trop_jeunes » - poignante exposition inaugurale signée par la photographe américaine #Stephanie_Sinclair.
    Sur un espace épuré de plus de 1 200 m² baigné d’une lumière douce et subtile, 175 clichés, dont 113 inédits, retracent le destin de centaines de jeunes filles forcées au mariage. Le fruit d’un minutieux travail d’enquête entamé en 2003 en #Irak et en #Afghanistan, deux pays où Stéphanie Sinclair découvre avec horreur que des fillettes s’immolent par le feu plutôt que d’être mariées de force.

    La photographe ne se limite pas au Moyen-orient : l’exposition illustre quinze ans de voyage à travers le monde, du #Yémen aux #États-Unis en passant par l’#Éthiopie, la #Sierra_Léone ou l’#Indonésie. Les clichés de Stéphanie Sinclair ont donc été pris dans le monde entier : on découvre par exemple les locaux d’un centre médical, en Indonésie, où 200 fillettes peuvent être excisées en une matinée, ou le parcours d’une gamine népalaise, Niruta, mariée à l’âge de 14 et photographiée à nouveaux dix ans plus tard, entourée de ses trois enfants... L’espace de l’exposition représente une surface de 1 200km2 et a accueilli depuis début juin environ 10 000 visiteurs.

    Mon commentaire sur cet article :
    À travers cette exposition, Stéphanie Sinclair cherche à nous faire prendre conscience, à nous qui vivons dans des sociétés privilégiées, des conditions atroces de certaines populations, dont on a tendance à penser qu’elles l’acceptent. « Des enfants sont mariées de force ? Leurs pratiques, leurs coutumes et leur culture sont différentes des nôtres, voilà tout. » Tel est parfois le discours de certains européens, et il peut être entendu. Mais voilà, « To young to wed » nous apprend que ces « coutumes » sont une violence envers les fillettes : elles n’acceptent pas toutes leur condition, la plupart en souffrent et certaines vont même jusqu’à se donner la mort en s’immolant par le feu pour y échapper ! Comment alors nier que la situation doit changer ? L’exposition adopte un point de vue aussi subjectif qu’engagé, qui cherche à mettre en valeur le malheur de ces enfants grâce au support artistique qu’est la photographie.

    • En effet, c’est une expo fascinante dans un lieu magnifique qui s’intéresse aussi aux Etats-Unis un des pays les plus riches de la planète mais au sein duquel certains groupes religieux pratiquent polygamie et mariages forcés comme le montraient bien plusieurs clichés. Je suis très heureuse de retrouver ce lieu grâce à vous. Y êtes-vous allée ?

    • De très belles photographies, très émouvantes et parfois insupportables ... Et qui incitent comme vous le dites à réfléchir sur le devenir des sociétés historiques, ou sur la nécessité d’une certaine forme d’acculturation pour parvenir au développement. Quand on pense au lien énorme qu’il existe entre le développement et l’éducation féminine, on pourrait se demander si les femmes ne doivent pas commencer par se défaire de leur culture traditionnelle ?

    • @dan_de
      Le cas des Etats-unis est en effet particulièrement intéressant dans cette exposition, il montre que ce genre de problèmes n’est pas réservé aux pays dits « en développement ».
      En effet, je connais cette exposition pour l’avoir visitée l’été dernier lors d’un voyage à Paris. Il est vrai que les images de Stéphanie Sinclair sont aussi bouleversantes que révoltantes...

    • @gimli122
      Je pense en effet que l’amélioration de la condition des femmes pourrait être un facteur important de développement, ne serait-ce que pour l’image du pays auprès des aides internationales ! Malheureusement, on observe trop souvent que l’histoire des pays prend le chemin inverse : c’est presque systématiquement après le développement du pays (ou peut-être grâce à lui ?) que les débats concernant la place des femmes dans la société commencent seulement à émerger...


  • #Accaparement_de_terres : le groupe #Bolloré accepte de négocier avec les communautés locales
    –-> un article qui date de 2014, et qui peut intéresser notamment @odilon, mais aussi d’actualité vue la plainte de Balloré contre le journal pour diffamation. Et c’est le journal qui a gagné en Cour de cassation : https://www.bastamag.net/Bollore-perd-definitivement-son-premier-proces-en-diffamation-intente-a

    Des paysans et villageois du Sierra-Leone, de #Côte_d’Ivoire, du #Cameroun et du #Cambodge sont venus spécialement jusqu’à Paris. Pour la première fois, le groupe Bolloré et sa filiale luxembourgeoise #Socfin, qui gère des #plantations industrielles de #palmiers_à_huile et d’#hévéas (pour le #caoutchouc) en Afrique et en Asie, ont accepté de participer à des négociations avec les communautés locales fédérées en « alliance des riverains des plantations Bolloré-Socfin ». Sous la houlette d’une association grenobloise, Réseaux pour l’action collective transnationale (ReAct), une réunion s’est déroulée le 24 octobre, à Paris, avec des représentants du groupe Bolloré et des communautés touchées par ces plantations.

    Ces derniers dénoncent les conséquences de l’acquisition controversée des terres agricoles, en Afrique et en Asie. Ils pointent notamment du doigt des acquisitions foncières de la #Socfin qu’ils considèrent comme « un accaparement aveugle des terres ne laissant aux riverains aucun espace vital », en particulier pour leurs cultures vivrières. Ils dénoncent également la faiblesse des compensations accordées aux communautés et le mauvais traitement qui serait réservé aux populations. Les représentants africains et cambodgiens sont venus demander au groupe Bolloré et à la Socfin de garantir leur #espace_vital en rétrocédant les terres dans le voisinage immédiat des villages, et de stopper les expansions foncières qui auraient été lancées sans l’accord des communautés.

    https://www.bastamag.net/Accaparement-de-terres-le-groupe-Bollore-accepte-de-negocier-avec-les
    #terres #Sierra_Leone #huile_de_palme

    • Bolloré, #Crédit_agricole, #Louis_Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres
      –-> encore un article de 2012

      Alors que 868 millions de personnes souffrent de sous-alimentation, selon l’Onu, l’accaparement de terres agricoles par des multinationales de l’#agrobusiness ou des fonds spéculatifs se poursuit. L’équivalent de trois fois l’Allemagne a ainsi été extorqué aux paysans africains, sud-américains ou asiatiques. Les plantations destinées à l’industrie remplacent l’agriculture locale. Plusieurs grandes entreprises françaises participent à cet accaparement, avec la bénédiction des institutions financières. Enquête.

      Au Brésil, le groupe français Louis Dreyfus, spécialisé dans le négoce des matières premières, a pris possession de près de 400 000 hectares de terres : l’équivalent de la moitié de l’Alsace, la région qui a vu naître l’empire Dreyfus, avec le commerce du blé au 19ème siècle. Ces terres sont destinées aux cultures de canne à sucre et de soja. Outre le Brésil, le discret empire commercial s’est accaparé, via ses filiales Calyx Agro ou LDC Bioenergia [1], des terres en Uruguay, en Argentine ou au Paraguay. Si Robert Louis Dreyfus, décédé en 2009, n’avait gagné quasiment aucun titre avec l’Olympique de Marseille, club dont il était propriétaire, il a fait de son groupe le champion français toute catégorie dans l’accaparement des terres.

      Le Groupe Louis-Dreyfus – 56 milliards d’euros de chiffre d’affaires [2] – achète, achemine et revend tout ce que la terre peut produire : blé, soja, café, sucre, huiles, jus d’orange, riz ou coton, dont il est le « leader » mondial via sa branche de négoce, Louis-Dreyfus Commodities. Son jus d’orange provient d’une propriété de 30 000 ha au Brésil. L’équivalent de 550 exploitations agricoles françaises de taille moyenne ! Il a ouvert en 2007 la plus grande usine au monde de biodiesel à base de soja, à Claypool, au Etats-Unis (Indiana). Il possède des forêts utilisées « pour la production d’énergie issue de la biomasse, l’énergie solaire, la géothermie et l’éolien ». Sans oublier le commerce des métaux, le gaz naturel, les produits pétroliers, le charbon et la finance.

      Course effrénée à l’accaparement de terres

      En ces périodes de tensions alimentaires et de dérèglements climatiques, c’est bien l’agriculture qui semble être l’investissement le plus prometteur. « En 5 ans, nous sommes passés de 800 millions à 6,3 milliards de dollars d’actifs industriels liés à l’agriculture », se réjouissait le directeur du conglomérat, Serge Schoen [3]. Le groupe Louis Dreyfus illustre la course effrénée à l’accaparement de terres agricoles dans laquelle se sont lancées de puissantes multinationales. Sa holding figure parmi les cinq premiers gros traders de matières premières alimentaires, avec Archer Daniels Midland (États-Unis), Bunge (basé aux Bermudes), Cargill (États-Unis) et le suisse Glencore. Ces cinq multinationales, à l’acronyme ABCD, font la pluie et le beau temps sur les cours mondiaux des céréales [4].

      L’exemple de Louis Dreyfus n’est pas isolé. États, entreprises publiques ou privées, fonds souverains ou d’investissements privés multiplient les acquisitions – ou les locations – de terres dans les pays du Sud ou en Europe de l’Est. Objectif : se lancer dans le commerce des agrocarburants, exploiter les ressources du sous-sol, assurer les approvisionnements alimentaires pour les États, voire bénéficier des mécanismes de financements mis en œuvre avec les marchés carbone. Ou simplement spéculer sur l’augmentation du prix du foncier. Souvent les agricultures paysannes locales sont remplacées par des cultures industrielles intensives. Avec, à la clé, expropriation des paysans, destruction de la biodiversité, pollution par les produits chimiques agricoles, développement des cultures OGM... Sans que les créations d’emplois ne soient au rendez-vous.

      Trois fois la surface agricole de la France

      Le phénomène d’accaparement est difficile à quantifier. De nombreuses transactions se déroulent dans le plus grand secret. Difficile également de connaître l’origine des capitaux. Une équipe de la Banque mondiale a tenté de mesurer le phénomène. En vain ! « Devant les difficultés opposées au recueil des informations nécessaires (par les États comme les acteurs privés), et malgré plus d’un an de travail, ces chercheurs ont dû pour l’évaluer globalement s’en remettre aux articles de presse », explique Mathieu Perdriault de l’association Agter.

      Selon la base de données Matrice foncière, l’accaparement de terres représenterait 83 millions d’hectares dans les pays en développement. L’équivalent de près de trois fois la surface agricole française (1,7% de la surface agricole mondiale) ! Selon l’ONG Oxfam, qui vient de publier un rapport à ce sujet, « une superficie équivalant à celle de Paris est vendue à des investisseurs étrangers toutes les 10 heures », dans les pays pauvres [5].

      L’Afrique, cible d’un néocolonialisme agricole ?

      L’Afrique, en particulier l’Afrique de l’Est et la République démocratique du Congo, est la région la plus convoitée, avec 56,2 millions d’hectares. Viennent ensuite l’Asie (17,7 millions d’ha), puis l’Amérique latine (7 millions d’ha). Pourquoi certains pays se laissent-il ainsi « accaparer » ? Sous prétexte d’attirer investissements et entreprises, les réglementations fiscales, sociales et environnementales des pays les plus pauvres sont souvent plus propices. Les investisseurs se tournent également vers des pays qui leur assurent la sécurité de leurs placements. Souvent imposées par les institutions financières internationales, des clauses garantissent à l’investisseur une compensation de la part de l’État « hôte » en cas d’expropriation. Des clauses qui peuvent s’appliquer même en cas de grèves ou de manifestations.

      Les acteurs de l’accaparement des terres, privés comme publics, sont persuadés – ou feignent de l’être – que seul l’agrobusiness pourra nourrir le monde en 2050. Leurs investissements visent donc à « valoriser » des zones qui ne seraient pas encore exploitées. Mais la réalité est tout autre, comme le montre une étude de la Matrice Foncière : 45% des terres faisant l’objet d’une transaction sont des terres déjà cultivées. Et un tiers des acquisitions sont des zones boisées, très rentables lorsqu’on y organise des coupes de bois à grande échelle. Des terres sont déclarées inexploitées ou abandonnées sur la foi d’imageries satellites qui ne prennent pas en compte les usages locaux des terres.

      40% des forêts du Liberia sont ainsi gérés par des permis à usage privés [6] (lire aussi notre reportage au Liberia). Ces permis, qui permettent de contourner les lois du pays, concernent désormais 20 000 km2. Un quart de la surface du pays ! Selon Oxfam, 60% des transactions ont eu lieu dans des régions « gravement touchées par le problème de la faim » et « plus des deux tiers étaient destinées à des cultures pouvant servir à la production d’agrocarburants comme le soja, la canne à sucre, l’huile de palme ou le jatropha ». Toujours ça que les populations locales n’auront pas...

      Quand AXA et la Société générale se font propriétaires terriens

      « La participation, largement médiatisée, des États au mouvement d’acquisition massive de terre ne doit pas masquer le fait que ce sont surtout les opérateurs privés, à la poursuite d’objectifs purement économiques et financiers, qui forment le gros bataillon des investisseurs », souligne Laurent Delcourt, chercheur au Cetri. Les entreprises publiques, liées à un État, auraient acheté 11,5 millions d’hectares. Presque trois fois moins que les investisseurs étrangers privés, propriétaires de 30,3 millions d’hectares. Soit la surface de l’Italie ! Si les entreprises états-uniennes sont en pointe, les Européens figurent également en bonne place.

      Banques et assurances françaises se sont jointes à cette course à la propriété terrienne mondiale. L’assureur AXA a investi 1,2 milliard de dollars dans la société minière britannique Vedanta Resources PLC, dont les filiales ont été accusées d’accaparement des terres [7]. AXA a également investi au moins 44,6 millions de dollars dans le fond d’investissement Landkom (enregistré dans l’île de Man, un paradis fiscal), qui loue des terres agricoles en Ukraine. Quant au Crédit Agricole, il a créé – avec la Société générale – le fonds « Amundi Funds Global Agriculture ». Ses 122 millions de dollars d’actifs sont investis dans des sociétés telles que Archer Daniels Midland ou Bunge, impliquées comme le groupe Louis Dreyfus dans l’acquisition de terres à grande échelle. Les deux banques ont également lancé le « Baring Global Agriculture Fund » (133,3 millions d’euros d’actifs) qui cible les sociétés agro-industrielles. Les deux établissement incitent activement à l’acquisition de terres, comme opportunité d’investissement. Une démarche socialement responsable ?

      Vincent Bolloré, gentleman farmer

      Après le groupe Louis Dreyfus, le deuxième plus gros investisseur français dans les terres agricoles se nomme Vincent Bolloré. Son groupe, via l’entreprise Socfin et ses filiales Socfinaf et Socfinasia, est présent dans 92 pays dont 43 en Afrique. Il y contrôle des plantations, ainsi que des secteurs stratégiques : logistique, infrastructures de transport, et pas moins de 13 ports, dont celui d’Abidjan. L’empire Bolloré s’est développée de façon spectaculaire au cours des deux dernières décennies « en achetant des anciennes entreprises coloniales, et [en] profitant de la vague de privatisations issue des "ajustements structurels" imposés par le Fonds monétaire international », constate le Think tank états-unien Oakland Institute.

      Selon le site du groupe, 150 000 hectares plantations d’huile de palme et d’hévéas, pour le caoutchouc, ont été acquis en Afrique et en Asie. L’équivalent de 2700 exploitations agricoles françaises ! Selon l’association Survie, ces chiffres seraient en deçà de la réalité. Le groupe assure ainsi posséder 9 000 ha de palmiers à huile et d’hévéas au Cameroun, là où l’association Survie en comptabilise 33 500.

      Expropriations et intimidations des populations

      Quelles sont les conséquences pour les populations locales ? Au Sierra Leone,
      Bolloré a obtenu un bail de 50 ans sur 20 000 hectares de palmier à huile et 10 000 hectares d’hévéas. « Bien que directement affectés, les habitants de la zone concernée semblent n’avoir été ni informés ni consultés correctement avant le lancement du projet : l’étude d’impact social et environnemental n’a été rendue publique que deux mois après la signature du contrat », raconte Yanis Thomas de l’association Survie. En 2011, les villageois tentent de bloquer les travaux sur la plantation. Quinze personnes « ont été inculpées de tapage, conspiration, menaces et libérées sous caution après une âpre bataille judiciaire. » Bolloré menace de poursuivre en justice pour diffamation The Oakland Institute, qui a publié un rapport en 2012 sur le sujet pour alerter l’opinion publique internationale.

      Au Libéria, le groupe Bolloré possède la plus grande plantation d’hévéas du pays, via une filiale, la Liberia Agricultural Company (LAC). En mai 2006, la mission des Nations Unies au Libéria (Minul) publiait un rapport décrivant les conditions catastrophiques des droits humains sur la plantation : travail d’enfants de moins de 14 ans, utilisation de produits cancérigènes, interdiction des syndicats, licenciements arbitraires, maintien de l’ordre par des milices privées, expulsion de 75 villages…. La LAC a qualifié les conclusions de la Minul « de fabrications pures et simples » et « d’exagérations excessives ». Ambiance... Plusieurs années après le rapport des Nations Unies, aucune mesure n’a été prise par l’entreprise ou le gouvernement pour répondre aux accusations.

      Une coopératives agricole qui méprise ses salariés

      Autre continent, mêmes critiques. Au Cambodge, la Socfinasia, société de droit luxembourgeois détenue notamment par le groupe Bolloré a conclu en 2007 un joint-venture qui gère deux concessions de plus de 7 000 hectares dans la région de Mondulkiri. La Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH) a publié en 2010 un rapport dénonçant les pratiques de la société Socfin-KCD. « Le gouvernement a adopté un décret spécial permettant l’établissement d’une concession dans une zone anciennement protégée, accuse la FIDH. Cette situation, en plus d’autres violations documentées du droit national et des contrats d’investissement, met en cause la légalité des concessions et témoigne de l’absence de transparence entourant le processus d’approbation de celles-ci. » Suite à la publication de ce rapport, la Socfin a menacé l’ONG de poursuites pour calomnie et diffamation.

      Du côté des industries du sucre, la situation n’est pas meilleure. Depuis 2007, le géant français du sucre et d’éthanol, la coopérative agricole Tereos, contrôle une société mozambicaine [8]. Tereos exploite la sucrerie de Sena et possède un bail de 50 ans (renouvelable) sur 98 000 hectares au Mozambique. Le contrat passé avec le gouvernement prévoit une réduction de 80% de l’impôt sur le revenu et l’exemption de toute taxe sur la distribution des dividendes. Résultat : Tereos International réalise un profit net de 194 millions d’euros en 2010, dont 27,5 millions d’euros ont été rapatriés en France sous forme de dividendes. « De quoi mettre du beurre dans les épinards des 12 000 coopérateurs français de Tereos », ironise le journaliste Fabrice Nicolino. Soit un dividende de 2 600 euros par agriculteur français membre de la coopérative. Pendant ce temps, au Mozambique, grèves et manifestations se sont succédé dans la sucrerie de Sena : bas salaires (48,4 euros/mois), absence d’équipements de protection pour les saisonniers, nappe phréatique polluée aux pesticides... Ce doit être l’esprit coopératif [9].

      Fermes et fazendas, nouvelles cibles de la spéculation

      Connues ou non, on ne compte plus les entreprises et les fonds d’investissement français qui misent sur les terres agricoles. Bonduelle, leader des légumes en conserve et congelés, possède deux fermes de 3 000 hectares en Russie où il cultive haricots, maïs et pois. La célèbre marque cherche à acquérir une nouvelle exploitation de 6 000 ha dans le pays. Fondée en 2007 par Jean-Claude Sabin, ancien président de la pieuvre Sofiproteol (aujourd’hui dirigée par Xavier Beulin président de la FNSEA), Agro-énergie Développement (AgroEd) investit dans la production d’agrocarburants et d’aliments dans les pays en développement. La société appartient à 51% au groupe d’investissement LMBO, dont l’ancien ministre de la Défense, Charles Millon, fut l’un des directeurs. Les acquisitions de terres agricoles d’AgroEd en Afrique de l’Ouest sont principalement destinées à la culture du jatropha, transformé ensuite en agrocarburants ou en huiles pour produits industriels. Mais impossible d’obtenir plus de précisions. Les sites internet de LMBO et AgroED sont plus que discrets sur le sujet. Selon une note de l’OCDE, AgroEd aurait signé un accord avec le gouvernement burkinabé concernant 200 000 hectares de Jatropha, en 2007, et négocient avec les gouvernements du Bénin, de Guinée et du Mali.

      « Compte tenu de l’endettement massif des États et des politiques monétaires très accommodantes, dans une optique de protection contre l’inflation, nous recommandons à nos clients d’investir dans des actifs réels et notamment dans les terres agricoles de pays sûrs, disposant de bonnes infrastructures, comme l’Argentine », confie au Figaro Franck Noël-Vandenberghe, le fondateur de Massena Partners. Ce gestionnaire de fortune français a crée le fond luxembourgeois Terra Magna Capital, qui a investi en 2011 dans quinze fermes en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Superficie totale : 70 500 hectares, trois fois le Val-de-Marne ! [10]

      Le maïs aussi rentable que l’or

      Conséquence de ce vaste accaparement : le remplacement de l’agriculture vivrière par la culture d’agrocarburants, et la spéculation financière sur les terres agricoles. Le maïs a offert, à égalité avec l’or, le meilleur rendement des actifs financiers sur ces cinq dernières années, pointe une étude de la Deutsche Bank. En juin et juillet 2012, les prix des céréales se sont envolés : +50 % pour le blé, +45% pour le maïs, +30 % pour le soja, qui a augmenté de 60 % depuis fin 2011 ! Les prix alimentaires devraient « rester élevés et volatils sur le long terme », prévoit la Banque mondiale. Pendant ce temps, plus d’un milliard d’individus souffrent de la faim. Non pas à cause d’une pénurie d’aliments mais faute d’argent pour les acheter.

      Qu’importe ! Au nom du développement, l’accaparement des terres continuent à être encouragé – et financé ! – par les institutions internationales. Suite aux famines et aux émeutes de la faim en 2008, la Banque mondiale a créé un « Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale » (GFRP). Avec plus de 9 milliards de dollars en 2012, son fonds de « soutien » au secteur agricole a plus que doublé en quatre ans. Via sa Société financière internationale (SFI), l’argent est distribué aux acteurs privés dans le cadre de programme aux noms prometteurs : « Access to land » (accès à la terre) ou « Land market for investment » (marché foncier pour l’investissement).

      Des placements financiers garantis par la Banque mondiale

      Les deux organismes de la Banque mondiale, SFI et FIAS (Service Conseil pour l’Investissement Étranger) facilitent également les acquisitions en contribuant aux grandes réformes législatives permettant aux investisseurs privés de s’installer au Sierra Leone, au Rwanda, au Liberia ou au Burkina Faso… Quels que soient les continents, « la Banque mondiale garantit nos actifs par rapport au risque politique », explique ainsi l’homme d’affaire états-unien Neil Crowder à la BBC en mars 2012, qui rachète des petites fermes en Bulgarie pour constituer une grosse exploitation. « Notre assurance contre les risques politiques nous protège contre les troubles civils ou une impossibilité d’utiliser nos actifs pour une quelconque raison ou en cas d’expropriation. »

      Participation au capital des fonds qui accaparent des terres, conseils et assistances techniques aux multinationales pour améliorer le climat d’investissement des marchés étrangers, négociations d’accords bilatéraux qui créent un environnement favorable aux transactions foncières : la Banque mondiale et d’autres institutions publiques – y compris l’Agence française du développement – favorisent de fait « la concentration du pouvoir des grandes firmes au sein du système agroalimentaire, (...) la marchandisation de la terre et du travail et la suppression des interventions publiques telles que le contrôle des prix ou les subventions aux petits exploitants », analyse Elisa Da Via, sociologue du développement [11].

      Oxfam réclame de la Banque mondiale « un gel pour six mois de ses investissements dans des terres agricoles » des pays en développement, le temps d’adopter « des mesures d’encadrement plus rigoureuses pour prévenir l’accaparement des terres ». Que pense en France le ministère de l’Agriculture de ces pratiques ? Il a présenté en septembre un plan d’action face à la hausse du prix des céréales. Ses axes prioritaires : l’arrêt provisoire du développement des agrocarburants et la mobilisation du G20 pour « assurer une bonne coordination des politiques des grands acteurs des marchés agricoles » Des annonces bien vagues face à l’ampleur des enjeux : qui sont ces « grands acteurs des marchés agricoles » ? S’agit-il d’aider les populations rurales des pays pauvres à produire leurs propres moyens de subsistance ou de favoriser les investissements de l’agrobusiness et des fonds spéculatifs sous couvert de politique de développement et de lutte contre la malnutrition ? Les dirigeants français préfèrent regarder ailleurs, et stigmatiser l’immigration.

      Nadia Djabali, avec Agnès Rousseaux et Ivan du Roy

      Photos : © Eric Garault
      P.-S.

      – L’ONG Grain a publié en mars 2012 un tableau des investisseurs

      – La rapport d’Oxfam, « Notre terre, notre vie » - Halte à la ruée mondiale sur les terres, octobre 2012

      – Le rapport des Amis de la Terre Europe (en anglais), janvier 2012 : How European banks, pension funds and insurance companies are increasing global hunger and poverty by speculating on food prices and financing land grabs in poorer countries.

      – Un observatoire de l’accaparement des terres

      – A lire : Emprise et empreinte de l’agrobusiness, aux Editions Syllepse.
      Notes

      [1] « En octobre 2009, LDC Bioenergia de Louis Dreyfus Commodities a fusionné avec Santelisa Vale, un important producteur de canne à sucre brésilien, pour former LDC-SEV, dont Louis Dreyfus détient 60% », indique l’ONG Grain.

      [2] Le groupe Louis Dreyfus ne publie pas de résultats détaillés. Il aurait réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 56 milliards d’euros, selon L’Agefi, pour un bénéfice net de 590 millions d’euros. La fortune de Margarita Louis Dreyfus, présidente de la holding, et de ses trois enfants, a été évaluée par le journal Challenges à 6,6 milliards d’euros.

      [3] Dans Le Nouvel Observateur.

      [4] L’ONG Oxfam a publié en août 2012 un rapport (en anglais) décrivant le rôle des ABCD.

      [5] Selon Oxfam, au cours des dix dernières années, une surface équivalente à huit fois la superficie du Royaume-Uni a été vendue à l’échelle mondiale. Ces terres pourraient permettre de subvenir aux besoins alimentaires d’un milliard de personnes.

      [6] D’après les ONG Global Witness, Save My Future Foundation (SAMFU) et Sustainable Development Institute (SDI).

      [7] Source : Rapport des Amis de la Terre Europe.

      [8] Sena Holdings Ltd, via sa filiale brésilienne Açúcar Guaraní.

      [9] Une autre coopérative agricole, Vivescia (Ex-Champagne Céréales), spécialisée dans les céréales, investit en Ukraine aux côtés Charles Beigbeder, fondateur de Poweo (via un fonds commun, AgroGeneration). Ils y disposent de 50 000 hectares de terres agricoles en location.

      [10] La liste des entreprises françaises dans l’accaparement des terres n’est pas exhaustive : Sucres & Denrée (Sucden) dans les régions russes de Krasnodar, Campos Orientales en Argentine et en Uruguay, Sosucam au Cameroun, la Compagnie Fruitière qui cultive bananes et ananas au Ghana…

      [11] Emprise et empreinte de l’agrobusiness, aux Editions Syllepse.


      https://www.bastamag.net/Bollore-Credit-agricole-Louis
      #Françafrique #France #spéculation #finance #économie #Brésil #Louis-Dreyfus #Calyx_Agro #LDC_Bioenergia #Uruguay #Argentine #Paraguay #biodiesel #Louis-Dreyfus_Commodities #soja #USA #Etats-Unis #Claypool #agriculture #ABCD #Liberia #AXA #Société_générale #banques #assurances #Landkom #Ukraine #Amundi_Funds_Global_Agriculture #Archer_Daniels_Midland #Bunge #Baring_Global_Agriculture_Fund #Socfinaf #Socfinasia #Liberia_Agricultural_Company #Mondulkiri #éthanol #sucre #Tereos #Sena #Mozambique #Bonduelle #Russie #haricots #maïs #pois #Agro-énergie_Développement #AgroEd # LMBO #Charles_Millon #jatropha #Bénin #Guinée #Mali #Massena_Partners #Terra_Magna_Capital #Franck_Noël-Vandenberghe #agriculture_vivrière #prix_alimentaires #Société_financière_internationale #Access_to_land #Land_market_for_investment #Banque_mondiale #SFI #FIAS #Sierra_Leone #Rwanda #Burkina_Faso #Bulgarie

    • Crime environnemental : sur la piste de l’huile de palme

      L’huile de palme est massivement importée en Europe. Elle sert à la composition d’aliments comme aux agrocarburants. Avec le soutien de la région Languedoc-Roussillon, une nouvelle raffinerie devrait voir le jour à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude. À l’autre bout de la filière, en Afrique de l’Ouest, l’accaparement de terres par des multinationales, avec l’expropriation des populations, bat son plein. Basta ! a remonté la piste du business de l’huile de palme jusqu’au #Liberia. Enquête.

      Quel est le point commun entre un résident de Port-la-Nouvelle, petite ville méditerranéenne à proximité de Narbonne (Aude), et un villageois du comté de Grand Cape Mount, au Liberia ? Réponse : une matière première très controversée, l’huile de palme, et une multinationale malaisienne, #Sime_Darby. D’un côté, des habitants de Port-la-Nouvelle voient d’un mauvais œil la création d’« une usine clés en main de fabrication d’huile de palme » par Sime Darby, en partie financée par le conseil régional du Languedoc-Roussillon. À 6 000 km de là, les paysans libériens s’inquiètent d’une immense opération d’accaparement des terres orchestrée par le conglomérat malaisien, en vue d’exploiter l’huile de palme et de l’exporter vers l’Europe, jusqu’à Port-la-Nouvelle en l’occurrence. Un accaparement de terres qui pourrait déboucher sur des déplacements forcés de population et mettre en danger leur agriculture de subsistance.

      Le petit port de l’Aude devrait donc accueillir une raffinerie d’huile de palme. Deux compagnies, la néerlandaise #Vopak et le malaisien #Unimills – filiale du groupe Sime Darby – sont sur les rangs, prêtes à investir 120 millions d’euros, venant s’ajouter aux 170 millions d’euros du conseil régional. La Région promet la création de 200 emplois, quand Sime Darby en annonce 50 pour cette usine qui prévoit d’importer 2 millions de tonnes d’huile de palme par an [1].

      Du Languedoc-Roussillon au Liberia

      Une perspective loin de réjouir plusieurs habitants réunis au sein du collectif No Palme [2]. Ces riverains d’une zone Seveso ont toujours en tête l’importante explosion de juillet 2010 dans la zone portuaire, après qu’un camion transportant du GPL se soit renversé. « La population n’a jamais été consultée ni informée de ce projet de raffinerie, relève Pascal Pavie, de la fédération Nature et Progrès. Ces installations présentent pourtant un risque industriel surajouté. » Le mélange du nitrate d’ammonium – 1 500 tonnes acheminées chaque mois à Port-la-Nouvelle – avec de l’huile végétale constituerait un explosif cocktail. Avec les allers et venues de 350 camions supplémentaires par jour. Cerise sur le gâteau, l’extension du port empièterait sur une zone côtière riche en biodiversité. « Notre collectif s’est immédiatement intéressé au versant international et européen de ce projet », explique Pascal.

      L’opérateur du projet, Sime Darby, est un immense conglomérat malaisien, se présentant comme « le plus grand producteur mondial d’huile de palme ». Présent dans 21 pays, il compte plus de 740 000 hectares de plantations, dont plus d’un tiers au Liberia. Et c’est là que remonte la piste de l’huile que l’usine devra raffiner.

      De Monrovia, la capitale, elle mène à Medina, une ville de Grand Cape Mount. D’immenses panneaux de Sime Darby promettent « un avenir durable ». Scrupuleusement gardés par des forces de sécurité privées recrutées par la compagnie, quelques bâtiments en béton émergent au milieu des pépinières d’huile de palme. C’est là que les futurs employés pourront venir vivre avec leurs familles. 57 « villages de travail » seront construits d’ici à 2025, promet la firme. Mais quid des habitants qui ne travailleront pas dans les plantations ? L’ombre d’un déplacement forcé de populations plane. « Quand Sime Darby a commencé à s’installer, ils ont dit qu’ils nous fourniraient des centres médicaux, des écoles, du logement… Mais nous n’avons rien vu, se désole Radisson, un jeune habitant de Medina qui a travaillé pour l’entreprise. Comment pourraient-ils nous déplacer alors qu’aucune infrastructure n’est prévue pour nous accueillir ? »

      Agriculture familiale menacée

      Le village de Kon Town est désormais entouré par les plantations. Seuls 150 mètres séparent les maisons des pépinières d’huile de palme. « Le gouvernement a accordé des zones de concession à la compagnie sans se rendre sur le terrain pour faire la démarcation », déplore Jonathan Yiah, des Amis de la Terre Liberia. Un accaparement qui priverait les habitants des terres cultivables nécessaires à leur subsistance. Les taux d’indemnisation pour la perte de terres et de cultures sont également sous-évalués. « Comment vais-je payer les frais scolaires de mes enfants maintenant ? », s’insurge une habitante qui ne reçoit qu’un seul sac de riz pour une terre qui, auparavant, donnait du manioc, de l’ananas et du gombo à foison.

      La compagnie Sime Darby se défend de vouloir déplacer les communautés. Pourtant, un extrait de l’étude d’impact environnemental, financée par la compagnie elle-même, mentionne clairement la possibilité de réinstallation de communautés, si ces dernières « entravent le développement de la plantation » [3]. Du côté des autorités, on dément. Cecil T.O. Brandy, de la Commission foncière du Liberia, assure que le gouvernement fait tout pour « minimiser et décourager tout déplacement. Si la compagnie peut réhabiliter ou restaurer certaines zones, ce sera préférable ». Faux, rétorque les Amis de la Terre Liberia. « En laissant une ville au milieu d’une zone de plantations, et seulement 150 mètres autour pour cultiver, plutôt que de leur dire de quitter cette terre, on sait que les habitants finiront par le faire volontairement », dénonce James Otto, de l’ONG. Pour les 10 000 hectares déjà défrichés, l’association estime que 15 000 personnes sont d’ores et déjà affectées.

      Des emplois pas vraiment durables

      L’emploi créé sera-t-il en mesure de compenser le désastre environnemental généré par l’expansion des monocultures ? C’est ce qu’espère une partie de la population du comté de Grand Cape Mount, fortement touchée par le chômage. Sime Darby déclare avoir déjà embauché plus de 2 600 travailleurs permanents, auxquels s’ajouteraient 500 travailleurs journaliers. Quand l’ensemble des plantations seront opérationnelles, « Sime Darby aura créé au moins 35 000 emplois », promet la firme. Augustine, un jeune de Kon Town, y travaille depuis deux ans. D’abord sous-traitant, il a fini par être embauché par la compagnie et a vu son salaire grimper de 3 à 5 dollars US pour huit heures de travail par jour. Tout le monde ne semble pas avoir cette « chance » : 90 % du personnel de l’entreprise disposent de contrats à durée déterminée – trois mois en général – et sous-payés ! Les chiffres varient selon les témoignages, de 50 cents à 3 dollars US par jour, en fonction de la récolte réalisée. « Dans quelle mesure ces emplois sont-ils durables ?, interroge Jonathan, des Amis de la Terre Liberia. Une fois que les arbres seront plantés et qu’ils commenceront à pousser, combien d’emplois l’entreprise pourra-t-elle maintenir ? »

      L’opacité entourant le contrat liant le gouvernement à Sime Darby renforce les tensions [4]. Malgré l’adoption d’une loi sur les droits des communautés, les communautés locales n’ont pas été informées, encore moins consultées. « Sime Darby s’est entretenu uniquement avec les chefs des communautés, raconte Jonathan Yiah. Or, la communauté est une unité diversifiée qui rassemble aussi des femmes, des jeunes, qui ont été écartés du processus de consultation. »

      Contrat totalement opaque

      Même de nombreux représentants d’agences gouvernementales ou de ministères ignorent tout du contenu du contrat, certains nous demandant même de leur procurer une copie. C’est ainsi que notre interlocuteur au ministère des Affaires intérieures a découvert qu’une partie du contrat portait sur le marché des crédits carbone. Des subventions qui iront directement dans la poche de la multinationale, comme le mentionne cet extrait en page 52 du contrat : « Le gouvernement inconditionnellement et irrévocablement (...) renonce, en faveur de l’investisseur, à tout droit ou revendication sur les droits du carbone. »

      « C’est à se demander si les investisseurs son vraiment intéressés par l’huile de palme ou par les crédits carbone », ironise Alfred Brownell, de l’ONG Green Advocates. « Nous disons aux communautés que ce n’est pas seulement leurs terres qui leur sont enlevées, ce sont aussi les bénéfices qui en sont issus », explique Jonathan Yiah.

      La forêt primaire remplacée par l’huile de palme ?

      Les convoitises de la multinationale s’étendent bien au-delà. Le militant écologiste organise depuis des mois des réunions publiques avec les habitants du comté de Gbarpolu, plus au nord. Cette région abrite une grande partie de la forêt primaire de Haute-Guinée. Sime Darby y a obtenu une concession de 159 827 hectares… Du contrat, les habitants ne savaient rien, jusqu’à ce que les Amis de la Terre Liberia viennent le leur présenter. La question de la propriété foncière revient sans cesse. « Comment le gouvernement peut-il céder nos terres à une compagnie alors même que nous détenons des titres de propriété ? », interrogent-ils. La crainte relative à la perte de leurs forêts, de leurs terres agricoles, d’un sol riche en or et en diamants s’installe.

      Lors d’une réunion, au moment où James énonce la durée du contrat, 63 ans – reconductible 30 ans ! –, c’est la colère qui prend le pas. « Que deviendront mes enfants au terme de ces 63 années de contrat avec Sime Darby ? », se désespère Kollie, qui a toujours vécu de l’agriculture, comme 70 % de la population active du pays. Parmi les personnes présentes, certaines, au contraire, voient dans la venue de Sime Darby la promesse d’investissements dans des hôpitaux, des écoles, des routes, mais aussi dans de nouveaux systèmes d’assainissement en eau potable. Et, déjà, la peur de nouveaux conflits germent. « Nous ne voulons de personne ici qui ramène du conflit parmi nous », lance Frederick. Les plaies des deux guerres civiles successives (1989-1996, puis 2001-2003) sont encore ouvertes. Près d’un million de personnes, soit un Libérien sur trois, avaient alors fui vers les pays voisins.

      Mea culpa gouvernemental

      « En signant une série de contrats à long terme accordant des centaines de milliers d’hectares à des conglomérats étrangers, le gouvernement voulait relancer l’économie et l’emploi, analyse James, des Amis de la Terre Liberia. Mais il n’a pas vu toutes les implications ». D’après un rapport de janvier 2012 réalisé par le Centre international de résolution des conflits, près de 40 % de la population libérienne vivraient à l’intérieur de concessions privées ! Aux côtés de Sime Darby, deux autres compagnies, la britannique Equatorial Palm Oil et l’indonésienne Golden Veroleum, ont acquis respectivement 169 000 et 240 000 hectares pour planter de l’huile de palme.

      Dans le comté de Grand Cape Mount, en décembre 2011, des habitants se sont saisis des clés des bulldozers de Sime Darby afin d’empêcher la poursuite de l’expansion des plantations et d’exiger des négociations. Une équipe interministérielle a depuis été mise en place, où siègent des citoyens du comté. « Oui, il y a eu des erreurs dans l’accord », reconnait-on à la Commission foncière. « Nous essayons de trouver des solutions pour que chacun en sorte gagnant », renchérit-on au ministère des Affaires intérieures. Difficile à croire pour les habitants du comté, qui n’ont rien vu, jusque-là, des grandes promesses philanthropes de Sime Darby.

      De l’huile de palme dans les agrocarburants

      Et si le changement venait des pays où l’on consomme de l’huile de palme ? Retour dans l’Aude, au pied du massif des Corbières. En décembre 2011, Sime Darby a annoncé geler pour un an son projet d’implantation de raffinerie à Port-la-Nouvelle. Les prévisions de commandes d’huile de palme sont en baisse, alors que le coût de l’usine grimpe. L’huile de palme commence à souffrir de sa mauvaise réputation, alimentaire et environnementale. De nombreuses marques l’ont retirée de la composition de leurs produits. L’huile de palme contribuerait à la malbouffe. Une fois solidifiée par injection d’hydrogène, elle regorge d’acides gras qui s’attaquent aux artères : un cauchemar pour les nutritionnistes. Dans les enseignes bios, elle commence également à être pointée du doigt comme l’une des causes de la déforestation, en Indonésie, en Afrique ou en Amérique latine. Pourtant, bien que la grande distribution réduise son besoin en huile de palme, cette dernière demeure aujourd’hui, et de loin, la première huile végétale importée en Europe. Merci les agrocarburants…

      « La consommation moyenne d’un Européen est d’environ 12 litres/an d’huile de palme, ce qui représente un accaparement d’environ 25 m2 de plantation de palmiers à huile dans un autre pays », souligne Sylvain Angerand, des Amis de la Terre France. « Relocaliser l’économie, développer les transports en commun, lutter contre l’étalement urbain seraient autant de mesures structurelles permettant de réduire notre consommation de carburant », propose l’écologiste. Réduire nos besoins ici, en Europe, pourrait diminuer partiellement l’accaparement des terres dans le Sud. À Port-la-Nouvelle, le collectif No Palme planche déjà sur des plans de développement alternatif pour le port. Avec en tête, les témoignages de leurs compères libériens.

      https://www.bastamag.net/Crime-environnemental-sur-la-piste


  • No 24 months in this camp ! Stop deportations ! #Deggendorf transit camp protest 20 Dec 2017

    Demonstration 20 December 2017, Deggendorf transit camp
    Bavaria, Germany

    No 24 months in this camp! Stop deportations! No to racism and torture of migrants!

    On Friday 15th December 2017 around 200 people from Sierra Leone – women, men and children – started a ’strike of closed doors’ in the Deggendorf transit camp against the inhumane conditions and against rejections and deportations. On Wednesday 20th December their protest was joined by other refugees/migrants in the Deggendorf camp, refugees/migrants from other Bavarian camps – of different West African, Arab and Caucasian nationalities – and by activist groups.

    The peaceful protest marched across the town of Deggendorf in six hours, visiting key institutions: The BAMF (Federal Office for Migration and Refugees), via the Landratsamt (Foreigners’ Office), town hall, city center, the Caritas office and police station.

    The protesters objected the ongoing deportations and massive rejections of their asylum applications and the lack of medical care, the miserable hygienic conditions, lack of privacy and the bad quality of the food in the camp as well as the denial of normal schooling and work permits. They refused the new policy to keep people in the transit camp for up to 24 months.

    Since July 2017 a new German law (#Gesetz_zur_besseren_Durchsetzung_der_Ausreisepflicht) has given the Bavarian state the possibility to imprison people in integrated „reception“ and deportation facilities under one roof. In these factual deportation camps Bavaria accomodates asylum seekers from countries with less than 50 % approval rate, that is, from most countries of origin. Basic rights violations in these camps include: Inhabitants are not allowed to leave the town limits without a special permission, not allowed to work nor study, nor are entitled to social support or normal medical care. This system of segregation and quasi-imprisonment has sparked several protests in the Bavarian camps.

    The initial group of Sierra Leoneans in Deggendorf had gone on hunger strike on Saturday 16th December, after starting the ’strike of closed doors’ on Friday 15th December. In protest, the children and young people were refusing to attend the German class in the camp as access to regular educational institutions was denied from them. Adults stayed in the accommodation and refused to work in the 80 cents jobs. The protest began after the violent deportation of a man from Sierra Leone on the morning of 15th December, which had been stopped in the last minute at the airport.

    https://vimeo.com/248613638


    #camp_de_transit #centre_de_transit #asile #migrations #réfugiés #Allemagne #démonstration #manifestation #résistance #Sierra_Leone #camps #détention_administrative #rétention #renvois #expulsions #grève_de_la_faim

    v. aussi :
    http://cultureofdeportation.org/2017/12/24/en-no-24-months


  • A Collaborative Project Maps the World’s Vulnerable Communities Before Disaster Strikes · Global Voices

    https://globalvoices.org/2017/04/18/a-collaborative-project-maps-the-worlds-vulnerable-communities-before-

    When disaster strikes, being able to count on accurate information can mean a world of difference for first response teams. Knowing where people live, the best ways to get in and out, as well as locations of water and other basic necessities are all of great importance to those working to save lives.

    Unfortunately, vulnerable people especially those living in rural communities are more likely to live in areas not properly mapped.

    #cartographie #cartographie_participative #cartographie_collective
    #contre_cartographie #sierra_leone #guinée #liberia #afrique_de_l_ouest #afrique_ouest


  • Sierra Leone’s farmers continue to fight multinational land grabs - Equal Times
    http://www.equaltimes.org/sierra-leone-s-farmers-continue-to?lang=en

    In 2011, Socfin Agricultural Company #Sierra_Leone Ltd. (#Socfin SL, a subsidiary of the Luxembourg-based multinational Socfin, or Société Financière des Caoutchoucs) secured a 50-year lease for 6,500 hectares of prime farmland for rubber and oil palm plantations in the Malen Chiefdom in the Pujehun district of southern Sierra Leone.

    Activists say the deal took place between Malen’s Paramount Chief Victor Brima Kebbie, government officials and Socfin, without the proper consultation of the area’s 30 communities, which are home to almost 50,000 inhabitants.

    “The project promised local populations full compensation for lost land, development investments, and jobs,” according to the Environmental Justice Atlas.


  • UK firm ’employed former child soldiers’ as mercenaries in Iraq | Global development | The Guardian
    http://www.theguardian.com/global-development/2016/apr/17/uk-firm-employed-former-child-soldiers-as-mercenaries-in-iraq?CMP=twt_g

    A former senior director at a British firm says that it employed mercenaries from Sierra Leone to work in Iraq because they were cheaper than Europeans and did not check if they were former child soldiers.

    James Ellery, who was a director of Aegis Defence Services between 2005 and 2015, said that contractors had a “duty” to recruit from countries such as Sierra Leone, “where there’s high unemployment and a decent workforce”, in order to reduce costs for the US presence in Iraq.

    “You probably would have a better force if you recruited entirely from the Midlands of England,” Ellery, a former brigadier in the British army, told the Guardian. “But it can’t be afforded. So you go from the Midlands of England to Nepalese etc etc, Asians, and then at some point you say I’m afraid all we can afford now is Africans.” He said the company had not asked recruits if they were former child soldiers.

    #mercenaires #Irak #enfants_soldats #c'est_moins_cher déjà que la guerre c’est à gerber...


  • Bringing Affordable, Renewable Lighting to Sierra Leone | Data Science Institute

    http://datascience.columbia.edu/bringing-affordable-renewable-lighting-sierra-leone

    The West Africa nation of Sierra Leone has one of the lowest electrification rates on the planet. When night falls, most of the country turns to battery-powered flashlights or kerosene lamps to cook and read.

    Amid these challenging conditions, social entrepreneurs at Columbia Univesrity see opportunity. A team of students is developing plans to bring low-cost, solar-powered energy to Sierra Leone. Through their startup, Azimuth Solar, they hope to offer solar-powered lamps, payable in installments on a mobile phone, to millions of people with no access to credit or a conventional grid.

    #sierra_leone #énergie


  • Déforestation : Menaces sur les forêts africaines.
    Greenpeace

    La nouvelle frontière de la déforestation se trouve désormais en Afrique. C’est une économie complexe, reposant sur un dédale de filiales difficile à déchiffrer. Mais parfois, la longue chaîne de capitaux qui menace la forêt remonte jusqu’en France. Exemple avec le groupe Bolloré et la Socfin.

    >>> Menaces sur les forêts africaines - Greenpeace
    http://forets.greenpeace.fr/bollore-zero-deforestation
    >>> Pétition à l’adresse de Bolloré
    http://greenpeace.fr/petition-bollore

    #Déforestation #Groupe_Bolloré #Socfin #éco-tartuffe #Hubert_Fabri #palmier_à_huile #hévéa

    #Afrique_centrale #Cameroun #Congo #Gabon #Guinée_équatoriale #République_centrafricaine #République_démocratique_du_Congo
    #Côte_d’Ivoire #Ghana #Libéria #Nigeria #Sao_Tomé-et-Principe #Sierra_Leone.

    #Asie #Cambodge #Indonésie


  • Emprisonnement en #Sierra_Leone, procès de journalistes en #France, les voix critiques contre Bolloré réduites au silence
    http://survie.org/francafrique/diplomatie-business-et-dictatures/article/emprisonnement-en-sierra-leone-5077

    A la veille d’un nouveau procès intenté par Bolloré contre des journalistes de médias français, des organisations dénoncent l’emprisonnement le 5 février de 6 leaders des communautés locales affectées par les investissements de la SAC , une filiale de Socfin, société liée au groupe Bolloré. Communiqué commun de AFASPA, Confédération Paysanne, International Alliance of Local Communities, GRAIN, Oakland Institute, l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (FIDH-OMCT), Peuples (...)

    #Diplomatie,_Business_et_Dictatures

    / Bolloré, France, #Justice, Presse, journalisme (en Afrique), Sierra (...)

    #Bolloré #Presse,journalisme_en_Afrique



  • How a project with good aims delivered bitter outcomes in Sierra Leone
    https://theconversation.com/how-a-project-with-good-aims-delivered-bitter-outcomes-in-sierra-le

    This project leased 40,000 hectares of land and relocated the farms of thousands of people to grow sugar cane and export ethanol to Europe. The project is primarily owned and managed by a private corporation, but is funded by a consortium of development banks and bilateral development organisations in Europe. The funding exceeds €250 million.

    My findings indicate that the project has had a number of negative effects on local communities. These include restructuring of local power dynamics, the marginalisation of women and increased economic inequality.

    #canne_à_sucre #agrocarburant #terres #évictions_forcées #Sierra_Leone


  • Sierra Leone News: One million hectares of our land in foreign hands-Green Scenery CEO « Awoko Newspaper
    http://awoko.org/2015/12/11/sierra-leone-news-one-million-hectares-of-our-land-in-foreign-hands-green-sce

    About 1 million hectares of lands in Sierra Leone are presently in the hands of multi-lateral companies,’ Green Scenery Chief Executive Officer, Joseph Rahall made this known to journalists at a one day training for journalists at the Hill Valley Hotel in Freetown.
    The training was for journalists to get au fait with the “Voluntary
    Guidelines on the Responsible Governance of Tenure of Land, Fisheries and Forests” in the context of National Food Security.
    He explained that most times the lands are bought at a minimal 15 United States Dollar per hectare. This, he declared, “is a mockery from both the government and investors and to the land owners” too. The companies, he opined, have “sexy names but most of them are not doing well.” The country lands, he said, should be given to companies for a maximum of 25 years and not more than that. The largest amount of land to be given out to companies, he stressed, should be around 1000 to 2000 hectares. Land, he assured, “is a human right to every people and land is a human security too.”
    The training, he confirmed, is “for journalists to know how to report on land issues.” He said the Guidelines are there to encourage transparency and participatory application of the VGGT.

    #terres #Sierra_leone


  • #Ebola Is Now Killing People Who Aren’t Even Infected | Foreign Policy
    http://foreignpolicy.com/2015/12/07/ebola-is-now-killing-people-who-arent-even-infected-sierra-leone

    The deadly virus that motivated billions of dollars in international aid has killed nearly 4,000 people in #Sierra_Leone. (Total infections in the country as of Nov. 22 were 14,122.) The number of children under age 5 who die each year from other causes is 10 times that.

    Yet there are signs that the two trends are dangerously intertwining — that the ravaging toll Ebola has taken on Sierra Leone’s health-care system may mean even more mothers and children will die in years to come.

    (...) for each person Ebola has killed through direct infection, more than one Sierra Leonean will perish from the secondary effects of the crisis

    #santé_globale


  • Questions we need to ask about what would be the second largest rubber plantation in Africa | Sierra Express Media
    http://www.sierraexpressmedia.com/?p=75291

    In 2012 the government of Sierra Leone and China’s Hainan Natural Rubber Industry Group announced a $ 1.2 billion rubber and rice investment in Sierra Leone. The 50 year deal will utilise 135,000 hectares of land across 12 chiefdoms in Tonkolili, Moyamba and Port Loko districts. This equates roughly to over 333,000 acres- the unit of measurement of land in Sierra Leone. The deal is likely to catapult Sierra Leone into a leading position in the rubber production index for Africa, knocking Firestone in Liberia off of the grid. With 100,000 hectares of land for rubber, yearly output is estimated at 180,000 tons, second only to Cote d’Ivoire.

    The project estimates the creation of over 30,000 full time and 150,000 part time employment with projected revenue to government assessed at between $ 50-100 million. The government of Sierra Leone itself will own a share of the investment in exchange for the land.

    Confirmation that the project “is a go” will be sweet music in the ears of a government keen to boost foreign direct investment. Last month it launched a post-Ebola recovery strategy, which emphasized private sector investment as a priority.

    As the government celebrates this “vote of investor confidence” and stronger ties with the People’s Republic, several critical questions about the project remain unanswered: Did government properly assess the impact of a humongous rubber plantation on lives, livelihoods and the environment before signing up? Rubber is notorious for depleting water sources, and pollution resulting from processing latex could be devastating to humans and the environment. Were any lessons learnt from the over 80-year operations of Firestone Rubber Company in neigbouring Liberia? The American-owned company has been accused of many ills including severe environmental pollution, abysmal working conditions, child labour and breach of corporate social investment in housing and education. Did the government consider alternatives to this crop or even the model of a large scale plantation? In the past 12 months we have seen so-called big businesses in agriculture and mining buckling under pressure. Maybe it is time to focus on developing small and medium enterprises which are known to have a higher capacity for adaptability. Finally, did land-owning families agree to lease their land before government committed land to the rubber planter- land that government did not own?

    #terres #Sierra_Leone #Chine #caoutchouc #héveas #agro-industrie


  • Sierra Leone’s secret FGM societies spread silent fear and sleepless nights | Lisa O’Carroll | Global development | The Guardian
    http://www.theguardian.com/global-development/2015/aug/24/sierra-leone-female-genital-mutilation-soweis-secret-societies-fear

    In an unprecedented step, soweis, the women who hold the most senior rank in the societies, agreed to speak to the Guardian.

    The soweis are unhappy with attempts to force them to abandon the practice, seeing it as an attack on their culture, which is rooted in ancient rituals designed to protect the community against evil spirits and regulate the passage of adolescents to womanhood.

    The societies exist in every village and town across Sierra Leone and are a vital communications link between politicians and rural communities. This gives them the power to tell women how to vote.

    Abolishing the societies and ending FGM – known as Bondo – is taboo for the political elite.

    “This is our tradition, when someone has matured they must go through Bondo before they can be respected,” said Baromie Kamara, a senior sowei granted permission to speak by the village chief.

    After the cutting, girls are traditionally kept in a Bondo house in the forest for days, weeks or sometimes months to heal and receive lessons on adulthood.

    “We teach the girls that when you marry you need to do the laundry, sweep and cook. You must get on with the new mother-in-law and the father in-law; all the small brothers, you need to treat them properly. So that is why we put them in Bondo,” said Kamara.

    https://www.youtube.com/watch?v=hsVOkItREvg


    #mutilation_génitales #excision #femmes #sexisme #sierra_leone


  • #Ebola en #Sierra_Leone : de nombreux progrès restent à faire

    Les taux d’emploi sont presque revenus aux niveaux antérieurs à la crise ; de moins en moins de personnes sont contraintes de sauter des repas ; et près de 80 pour cent des enfants ont repris l’école. On pourrait croire que la situation s’améliore en Sierra Leone, mais de nombreux progrès restent à faire.

    http://newirin.irinnews.org/divers/2015/7/6/ebola-en-sierra-leone-de-nombreux-progrs-restent-faire


  • #Sierra_Leone. L’ombre d’#Ebola plane toujours sur la région

    “La maladie mortelle a peut-être reculé, mais elle reste un poids lourd à porter. Rupture de stock [de médicaments], manque d’équipement et de personnel ont permis à Ebola d’exploser”, rapporte le quotidien américain. Il affirme également que depuis qu’elle s’est déclarée, en 2014, plus de 507 professionnels de la santé auraient péri à cause de l’épidémie dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

    http://www.courrierinternational.com/une/sierra-leone-lombre-debola-plane-toujours-sur-la-region
    #santé



  • The folly of barring pregnant girls from school in #Sierra_Leone
    http://africasacountry.com/the-folly-of-barring-pregnant-girls-from-school-in-sierra-leone

    Pregnant girls are now barred from school in my country Sierra Leone. The government has decided that as schools reopen this week for the first time since the vicious Ebola.....

    #AID_&_DEVELOPMENT_PAGE #education #Teenage_Pregnancy



  • #Sierra_Leone : où est passé l’argent destiné à lutter contre #Ebola ?

    FREETOWN, 31 mars 2015 (IRIN) - Selon un rapport d’audit, les justificatifs de dépense de plus de la moitié des 18 millions de dons du Trésor et de la population qui étaient censés avoir servi à lutter contre Ebola en Sierra Leone, où la maladie a fait 3 764 morts, sont incomplets et un tiers sont officiellement introuvables.

    http://www.irinnews.org/fr/report/101305/sierra-leone-o%C3%B9-est-pass%C3%A9-l-argent-destin%C3%A9-%C3%A0-lutter-co



  • Face à la recrudescence d’#Ebola, la Sierra Leone à bout de forces

    Mesures de confinement, vice-président en quarantaine... La #Sierra_Leone vit de nouveau sous le joug du virus. Le FMI vient de débloquer des fonds en urgence pour aider le pays.


    http://www.courrierinternational.com/article/2015/03/02/face-a-la-recrudescence-d-ebola-la-sierra-leone-a-bout-de-for