• Que sommes-nous prêts à sacrifier pour aider les États-Unis à gagner une guerre de propagande contre Poutine ?
    https://caitlinjohnstone.com/2022/04/16/how-much-are-we-prepared-to-sacrifice-to-help-the-us-win-a-propaga

    Il y a une question très importante que nous devons tous nous poser à ce stade de l’histoire, et cette question est la suivante : que sommes-nous prêts, en tant que société, à sacrifier pour que le gouvernement américain puisse gagner une guerre de propagande contre Vladimir Poutine ?

    Laissez-moi vous expliquer.
    Un aspect très peu discuté de la dernière escalade de censure par la Silicon Valley, qui a commencé au début de la guerre en Ukraine, est le fait qu’il s’agit d’un niveau de censure sans précédent. Bien qu’elle puisse ressembler à toutes les autres vagues de purges sur les médias sociaux et aux nouvelles catégories de contenus interdits que nous connaissons depuis que la doctrine dominante, après l’élection américaine de 2016, est que les plateformes technologiques doivent réglementer strictement les discours en ligne, les justifications qui en découlent ont pris une déviation drastique par rapport aux modèles établis.


    Ce qui distingue cette nouvelle escalade de censure de ses prédécesseurs, c’est que cette fois personne ne prétend qu’elle est faite dans l’intérêt du peuple. Avec la censure des racistes, l’argument était qu’ils incitaient aux crimes haineux et au harcèlement racial. Avec la censure d’Alex Jones et de QAnon, l’argument était qu’ils incitaient à la violence. Quant à la censure des sceptiques du Covid, l’argument était qu’ils promouvaient une désinformation qui pouvait être mortelle. Même avec la censure de l’histoire de l’ordinateur portable de Hunter Biden, on a fait valoir qu’il était nécessaire de protéger l’intégrité des élections contre une désinformation d’origine potentiellement étrangère.

    Avec la censure relative à la guerre en Ukraine, il n’y a aucun d’argument pour prétendre qu’elle est faite pour aider le peuple. Rien ne prouve que le fait de laisser les gens dire des choses fausses sur cette guerre tue des Ukrainiens, des Américains ou qui que ce soit d’autre. Il n’y a aucune raison de penser que la contestation des allégations de crimes de guerre russes portera atteinte aux processus démocratiques américains. Le seul argument restant est « Nous ne pouvons pas laisser les gens dire des choses fausses sur une guerre, n’est-ce pas ? ».

    Plus d’escalade dans la censure en ligne
    « YouTube a supprimé des vidéos contestant le discours du gouvernement américain sur les crimes de guerre russes à Bucha. https://t.co/M7zupF8AMa
    Caitlin Johnstone (@caitoz) 15 avril 2022

    Demandez à un libéral au cerveau correctement lavé pourquoi il soutient la censure de quelqu’un qui conteste les récits américains sur les crimes de guerre russes à Bucha ou à Marioupol et il vous répondra probablement quelque chose comme « Eh bien, c’est de la désinformation ! » ou « Parce que c’est de la propagande ! » ou « Combien Poutine vous paie-t-il ? » . Mais ce qu’ils ne seront pas capables de faire, c’est d’articuler exactement quel préjudice spécifique est causé par un tel discours de la même manière qu’ils pouvaient défendre la censure des sceptiques du Covid ou des factions responsables de l’émeute de l’année dernière dans le bâtiment du Capitole [en référence aux partisans de Trump ayant pénétré au Capitole pour contester le résultat des élections présidentielles étasuniennes, NdT]

    Le seul argument que vous obtiendrez, si vous insistez vraiment sur la question, est que les États-Unis sont engagés dans une guerre de propagande contre la Russie et qu’il est dans l’intérêt de notre société que nos institutions médiatiques aident les États-Unis à gagner cette guerre de propagande. Une guerre froide est menée entre deux puissances nucléaires parce que la guerre chaude risquerait d’anéantir les deux nations, ce qui ne laisse d’autres formes de guerre que la guerre psychologique. Rien ne permet de dire que cette nouvelle escalade de censure sauvera des vies ou protégera des élections, mais il est possible de dire qu’elle peut contribuer à faciliter les programmes de guerre froide à long terme des États-Unis.

    Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Cela signifie que si nous acceptons cet argument, nous consentons sciemment à une situation où tous les principaux médias, sites web et applications que les gens consultent pour s’informer sur le monde sont orientés non pas pour nous dire des choses vraies sur la réalité, mais pour battre Vladimir Poutine dans cette étrange guerre psychologique. Cela signifie qu’il faut abandonner toute ambition d’être une civilisation fondée sur la vérité et guidée par les faits, et accepter au contraire de devenir une civilisation fondée sur la propagande et visant à s’assurer que nous pensons tous des choses qui nuisent aux intérêts stratégiques à long terme de Moscou.

    Et c’est absolument effrayant que cette décision ait déjà été prise pour nous, sans aucune discussion publique pour savoir si oui ou non c’est le genre de société dans laquelle nous voulons vivre. Ils sont passés directement de « Nous censurons les discours pour vous protéger de la violence et des virus » à « Nous censurons les discours pour aider notre gouvernement à mener une guerre de l’information contre un adversaire étranger ». Et ce, sans la moindre hésitation.

    Ceux qui fabriquent le consentement de la population ont contribué à ouvrir la voie à cette transition en douceur avec leurs appels incessants et continus à toujours plus de censure, et depuis des années, nous voyons des signes qu’ils considèrent comme leur devoir de contribuer à faciliter une guerre de l’information contre la Russie.

    En 2018, nous avons vu un journaliste de la BBC réprimander un ancien haut fonctionnaire de la marine britannique pour avoir émis l’hypothèse que la prétendue attaque aux armes chimiques à Douma, en Syrie, était un faux-drapeau, une affirmation dont nous avons maintenant des montagnes de preuves qu’elle est probablement vraie grâce aux lanceurs d’alerte de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. La raison invoquée par la journaliste pour justifier son objection à ces commentaires est que « nous sommes dans une guerre de l’information contre la Russie » .

    « Étant donné que nous sommes dans une guerre de l’information avec la Russie sur tant de fronts, ne pensez-vous pas qu’il est peut-être déconseillé d’affirmer cela si publiquement étant donné votre position et votre profil ? Ne risquez-vous pas de brouiller les pistes ? » a demandé Annita McVeigh, de la BBC, à l’amiral Alan West après ses commentaires.

    Vous savez que vous avez des problèmes lorsque le militaire essaie de faire le travail du journaliste en posant des questions et en demandant des comptes au pouvoir… et que le journaliste essaie de l’en empêcher. « https://t.co/DVxR3JQ6S2
    Caitlin Johnstone (@caitoz) 18 avril 2018

    Nous avons vu une indication similaire dans les médias de masse quelques semaines plus tard, lors d’une interview de l’ancienne candidate du Parti vert, Jill Stein, qui a été admonestée par Chris Cuomo de CNN pour avoir souligné le fait totalement incontestable que les États-Unis sont un contrevenant extrêmement flagrant en matière d’ingérence dans les élections étrangères.

    « Vous savez, ce serait à la Russie de faire valoir cela, pas à un point de vue américain » , a déclaré Cuomo en réponse aux remarques tout à fait exactes de Stein. « Bien sûr, il y a de l’hypocrisie en jeu, beaucoup de grands acteurs étatiques différents font beaucoup de choses qu’ils ne veulent peut-être pas que les gens sachent. Mais laissons la Russie dire que les États-Unis nous ont fait ça, et voici comment ils l’ont fait, donc c’est fair-play. »

    Ce qui revient à dire : « Oubliez ce qui est factuellement vrai. Ne dites pas de choses vraies qui pourraient aider les intérêts russes. C’est le travail de la Russie. Notre travail ici sur CNN est de dire des choses qui nuisent aux intérêts russes. »

    On peut retracer la généralisation de l’idée que c’est le travail des médias occidentaux de manipuler l’information dans l’intérêt du public, plutôt que de simplement dire la vérité, à la victoire présidentielle de Donald Trump en 2016. Dans ce qui était sans doute le moment politique le plus important aux États-Unis depuis le 11 septembre et ses conséquences, ceux qui fabriquent le consentement ont décidé que l’élection de Trump n’était pas due à l’échec de la politique du statu quo, mais un échec du contrôle de l’information.

    En octobre 2020, pendant le scandale des ordinateurs portables de Hunter Biden, Stephen L Miller, du Spectator, a décrit comment le consensus s’est formé au sein de la presse grand public depuis la défaite de Clinton en 2016, selon lequel il était de leur devoir moral de cacher au public des faits qui pourraient conduire à la réélection de Trump.

    « Depuis presque quatre ans maintenant, les journalistes ont fait honte à leurs collègues et à eux-mêmes sur ce que j’appellerai le dilemme ‘mais ses emails’ », écrit Miller. « Ceux qui ont rendu compte consciencieusement de l’enquête fédérale inopportune sur le serveur privé d’Hillary Clinton et la divulgation d’informations classifiées ont été exclus et écartés de la table des journalistes cool. Le fait de se concentrer autant sur ce qui était, à l’époque, un scandale considérable, a été considéré par de nombreux médias comme une gaffe. Ils pensent que leurs amis et collègues ont contribué à placer Trump à la Maison Blanche en se concentrant sur le scandale de Clinton, alors qu’ils auraient dû mettre en avant les faiblesses de Trump. C’est une erreur qu’aucun journaliste ne veut répéter ».

    Une fois que les « journalistes » ont accepté que leur travail le plus important n’est pas de dire la vérité mais d’empêcher les gens d’avoir de mauvaises pensées sur le statu quo politique, il était inévitable qu’ils commencent à encourager avec enthousiasme une plus grande censure d’Internet. Ils considèrent que c’est leur devoir, et c’est pourquoi les principaux partisans de la censure en ligne sont maintenant des journalistes de médias grand public.

    Dénoncer Radio Sputnik. Une tâche intéressante pour un journaliste. https://t.co/JP8NNFxvI1
    Tim Shorrock (@TimothyS) 16 avril 2022

    Mais il ne devrait pas en être ainsi. Il n’y a aucune raison légitime pour que les mandataires de la Silicon Valley et du gouvernement le plus puissant de la planète censurent les gens qui ne sont pas d’accord avec ce gouvernement au sujet d’une guerre, et pourtant c’est exactement ce qui se passe, et de plus en plus. Nous devrions tous être alarmés par le fait qu’il devient de plus en plus acceptable de faire taire les gens, non pas parce qu’ils font circuler de la désinformation dangereuse, ni même parce qu’ils disent des choses qui sont fausses de quelque manière que ce soit, mais uniquement parce qu’ils disent des choses qui sapent la propagande de guerre américaine.

    Les gens devraient absolument être autorisés à dire des choses en désaccord avec l’empire le plus puissant de l’histoire à propos d’une guerre. Ils devraient même être autorisés à dire des choses effrontément fausses sur cette guerre, parce que sinon seuls les puissants seront autorisés à dire des choses effrontément fausses à son sujet.

    La liberté d’expression est importante, non pas parce qu’il est agréable de pouvoir dire ce que l’on veut, mais parce que la libre circulation des idées et des informations permet de contrôler les puissants. Elle donne aux gens la possibilité de demander des comptes aux puissants. C’est exactement pourquoi les puissants travaillent à l’éliminer.

    Nous devrions considérer comme un énorme, énorme problème le fait qu’une si grande partie du monde ait été regroupée sur ces plateformes d’expression monopolistiques géantes qui pratiquent une censure en parfait accord avec la structure de pouvoir la plus puissante du monde. C’est l’exact opposé de la mise en place d’un contrôle du pouvoir.

    Combien sommes-nous prêts, en tant que société, à abandonner pour que le gouvernement américain et ses alliés gagnent une guerre de propagande contre Poutine ? Sommes-nous prêts à nous engager à être une civilisation pour laquelle la considération première de toute donnée n’est pas de savoir si elle est vraie ou non, mais si elle contribue à saper la Russie ?

    C’est une conversation qui devrait déjà avoir lieu dans les cercles traditionnels depuis un certain temps maintenant, mais elle n’a même pas commencé. Commençons-la.

    Caitlin Johnstone 16 avril 2022

    #censure #convormisme #propagande #manipulation #médias #histoire #russie #syrie #ukraine #politique #journalisme #racisme #guerre #fake_news #facebook  #presse #silicon_valley #youtube #vérité officielle

    • Explications sur le rappel massif de chocolats provoqué par une bactérie en @israël
      Information sans rapport avec le post précédent

      Le plus grand rappel de produits de l’histoire d’Israël est en cours, car de nombreuses lignes fabriquées par son plus grand producteur de confiseries, Elite, sont soupçonnées de contenir des salmonelles.

      Au moins deux enfants et deux adultes auraient consulté un médecin pour suspicion d’intoxication aux salmonelles après le rappel de produits Strauss, la société mère d’Elite, a annoncé le rappel dimanche. Aucun cas n’a été signalé chez les personnes âgées, chez qui les conséquences graves des salmonelles sont plus probables que chez les autres, et peuvent même être mortelles.

      Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a déclaré mardi que l’incident ferait l’objet d’une enquête approfondie et que l’usine ne serait pas autorisée à reprendre ses activités avant d’avoir été entièrement désinfectée. « La chocolaterie d’Elite-Strauss ne reprendra pas sa production tant que nous n’aurons pas l’assurance qu’elle est en mesure de fabriquer des produits sains, sans danger pour les consommateurs », a déclaré M. Horowitz.

      Les produits soupçonnés d’être contaminés sont le chocolat, la crème glacée, le pudding et les biscuits. Comment une telle contamination peut-elle se produire ? Est-il certain que la consommation de chocolat contaminé rend malade ? Et quels peuvent être les effets de la salmonelle ? Le Times of Israel s’est entretenu avec le professeur Daniel Cohen de la School of Public Health de l’Université de Tel Aviv, expert en épidémiologie et en médecine préventive.

      lA SUITE https://fr.timesofisrael.com/explications-sur-le-rappel-massif-de-chocolats-provoque-par-une-ba

      #salmonelle #empoisonnement #industrie_alimentaire #confiseries #Elite-Strauss

    • Shufersal rappelle des biscuits qui contiendraient des fibres de nylon

      Cette annonce suit un autre rappel du groupe Strauss, dont certains produits auraient été contaminés par des salmonelles
      La chaîne de supermarchés Shufersal a fait savoir, dimanche, qu’elle rappelait des biscuits commercialisés sous sa propre marque en raison de soupçons sur la présence de fibre de nylon dans ses produits de boulangerie.

      La chaîne a expliqué craindre que les fibres ne soient accidentellement entrées dans les biscuits pendant le processus de production et elle a préféré rappeler les produits « par mesure de précaution ».

      Les produits en question sont les biscuits de type « petit beurre » (paquet de 500 grammes) et de type « petit beurre au chocolat » (paquet de 500 grammes), dont la date limite de consommation est comprise entre le 1er et le 23 octobre 2022.

      « Les produits présentant d’autres dates d’expiration sont parfaitement sains et ils peuvent être consommés sans inquiétude », a déclaré l’entreprise.

      Ce rappel survient après un autre rappel qui avait été lancé par le groupe Strauss, l’un des plus importants producteurs de produits alimentaires israéliens.

      Certains produits du géant alimentaire avaient été contaminés à la salmonelle. La première annonce a été faite lundi et d’autres ont été faites les jours suivants, demandant aux clients de ramener une large gamme de chocolats, gaufres, biscuits, glaces, chewing-gums et autres caramels.

      Ce rappel serait l’un des plus importants de toute l’Histoire d’Israël.

      L’usine que possède le groupe Strauss à Nof Hagalil serait à l’origine de cette contamination. Jeudi dernier, le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a annoncé que l’usine fermerait pendant trois mois, le temps qu’une enquête soit menée et que les mesures nécessaires soient prises pour assurer la sécurité alimentaire des clients.

      Dans un rapport publié dimanche, le ministère de la Santé a critiqué Strauss pour une série d’omissions et de défaillances responsables, selon lui, de la contamination à la salmonelle dans l’usine.

      Selon le ministère de la Santé, sur 300 échantillons prélevés jusqu’à présent dans l’usine en question, une trentaine contenaient des traces de salmonelle.

      Le ministère a évoqué une série de problèmes, parmi lesquels des travaux qui sont actuellement en cours à l’usine et qui ont été entrepris sans réfléchir à leur impact sur la production, la présence de pigeons dans l’usine, susceptibles d’avoir joué un rôle dans cette contamination, l’absence d’un directeur chargé de s’assurer de la salubrité des aliments et des conditions de décongélation inadéquates pour les matières grasses utilisées dans la production de chocolat.

      Il a également noté que dimanche matin, 21 personnes en Israël avaient signalé des symptômes de salmonellose suite à la consommation de produits affectés. Le ministère a déclaré avoir pris les tests de 16 de ces personnes dans l’attente des résultats, dans les prochains jours. Il a également déclaré que seulement six de ces 21 personnes avaient nécessité un traitement médical pour leurs symptômes.

      Le ministère de la Santé a déclaré qu’il n’y avait aucun lien entre la contamination aux salmonelles à l’usine Strauss et une contamination similaire en Belgique affectant les œufs en chocolat Kinder.

      L’article gratuit : https://fr.timesofisrael.com/shufersal-rappelle-des-biscuits-qui-contiendraient-des-fibres-de-n

  • Faut-il se méfier du parler tech ?
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/04/22/faut-il-se-mefier-du-parler-tech_6123298_4500055.html

    « Révolution », « autonomie », « disruption »… Ces termes « trustés » par l’univers des nouvelles technologies sont détournés de leur sens premier et infusent les conversations du quotidien. Plusieurs universitaires relèvent les risques de ce galvaudage.

    Par Nicolas Santolaria

    Depuis que nous vivons dans une « start-up nation », nous nous sommes habitués à voir fleurir dans les discours, voire dans les conversations de tous les jours, des termes issus de l’univers des nouvelles technologies, sans en interroger la portée. On ne parle pas ici de ces expressions qui traduisent une porosité croissante entre notre vision de l’humain et celle de la machine (être « en mode veille », par exemple, utilisable aussi bien à propos de votre OS que de vous-même), mais bien de termes que les zélateurs des nouvelles technologies diffusent volontairement dans la sphère publique, tout en en modifiant parfois subrepticement leur sens. Ainsi, depuis Steve Jobs et ses harangues en col roulé, la « révolution » n’est plus ce terme qui désigne le renversement populaire du pouvoir, mais le mot-clé servant à qualifier la sortie d’un nouvel iPhone.

    « Ces concepts et idées se veulent novateurs, mais ne sont en réalité que des thèmes éculés revêtus de sweats à capuche », estime Adrian Daub, de l’université Stanford

    Dans son ouvrage Servitudes virtuelles (Seuil, 320 pages, 21 euros), l’universitaire spécialiste des nouvelles technologies Jean-Gabriel Ganascia dresse un constat similaire, qu’illustrent bien les expressions « voitures autonomes » ou « armes autonomes ». L’autonomie, cette liberté de la volonté, se trouve ici réduite à l’idée d’une tâche à accomplir, constituant un « abus de langage ». Car si la voiture était réellement autonome, note avec humour Jean-Gabriel Ganascia, elle « ne vous conduirait pas nécessairement où vous le souhaitez, mais là où elle le déciderait ».
    Opération rhétorique

    Dans La Pensée selon la tech. Le paysage intellectuel de la Silicon Valley (C&F Editions, 184 pages, 22 euros), Adrian Daub, professeur de littérature comparée à l’université Stanford, avance que l’actuelle révolution numérique est aussi, en grande partie, une opération rhétorique assurant la promotion « de concepts et d’idées qui se veulent novateurs, mais qui ne sont en réalité que des thèmes éculés revêtus de sweats à capuche ». L’exemple le plus drôle que l’on trouve dans le livre est le mot mantra « disruption », utilisé à tout bout de champ pour désigner l’innovation de rupture, mais dont la genèse conceptuelle remonte en réalité au milieu du XIXe siècle.

    « La généalogie de l’idée de disruption est assez étrange. Ses plus vieux ancêtres sont probablement Karl Marx et Friedrich Engels, qui ont écrit dans Le Manifeste du Parti communiste (1848) que le monde capitaliste moderne se caractérise par “ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social” de sorte que, selon eux, “tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée”. » On le voit ici, le terme de disruption laisse imaginer une nouveauté radicale dans les manières de faire, là où il y a en réalité une continuité.

    « Généralement, les concepts présentent de l’intérêt parce qu’ils nous aident à établir des distinctions importantes », souligne Daub, mais les concepts mis en avant par la tech, eux, « servent souvent à brouiller ces distinctions ». Le terme de « contenu », par exemple, s’il désigne une matière indispensable à l’existence des plates-formes, s’accompagne de l’idée qu’il ne s’agit pas là d’un vrai travail (donc n’implique pas de rémunération en bonne et due forme, ni de contrat).

    Le fait de jouer ainsi sur les mots n’est pas fortuit, mais procède d’une véritable stratégie : les changements impulsés au travers du vocable sont frappés du « sceau de la loi naturelle », estime encore Daub, ce qui a pour effet de suspendre momentanément la critique, et de paralyser le régulateur, trop occupé à essayer de s’orienter dans ce nouveau brouillard sémantique. Si la production de contenu est un simple hobby, pourquoi alors la réguler ? Influencée entre autres par René Girard, Ayn Rand ou encore Marshall McLuhan, cette pensée de la tech nous invite in fine à voir le monde comme un univers empli de « problèmes » qui appellent une pressante réponse technologique ; « solutionnisme » univoque qui est déjà, en soi, problématique.

    Nicolas Santolaria

    #Adrian_Daub #Language #Disruption #Silicon_Valley

  • What Is It About Peter Thiel ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/news/letter-from-silicon-valley/what-is-it-about-peter-thiel

    ilicon Valley is not a milieu known for glamour and charisma. Still, Peter Thiel has cultivated a mystique. A billionaire several times over, Thiel was the first outside investor in Facebook; he went on to co-found PayPal, the digital-payment service, and Palantir, the data-intelligence company that has worked with the U.S. government. He has co-written a business best-seller, “Zero to One,” and launched a hedge fund; he now runs three venture-capital firms. But Thiel’s aura emanates not so much from these achievements as from a more general fish-out-of-water quality. In 2018, citing a regional intolerance of conservative perspectives, he moved from Silicon Valley to Los Angeles; he recently purchased a mansion in Miami Beach. He served on Donald Trump’s transition team and, in an address before the Republican National Convention, declared, “I am proud to be gay.” He has invested in efforts to “cure” aging, and also in libertarian organizations that hope to create floating cities in international waters. He publishes long, winding essays on politics, globalization, economics, and the nature of humanity that often contain Biblical epigraphs and references to the philosophy of his late mentor and friend, the anthropological theorist René Girard. Thiel also has side projects: Frisson, a now shuttered lounge and restaurant in San Francisco; American Thunder, a short-lived conservative publication geared toward Nascar fans; and the bankrolling of a lawsuit launched on behalf of the wrestler Hulk Hogan, which culminated in the 2016 bankruptcy of Gawker Media.

    Thiel has fans who follow him in his peregrinations. He has become a center of gravity in the culture of Silicon Valley, and his infrequent talks and essays are circulated and analyzed by both admirers and critics. In “The Contrarian: Peter Thiel and Silicon Valley’s Pursuit of Power,” the Bloomberg journalist Max Chafkin argues that Thiel “has been responsible for creating the ideology that has come to define Silicon Valley: that technological progress should be pursued relentlessly—with little, if any, regard for potential costs or dangers to society.” Thiel’s devotees see him differently—as a techno-libertarian who associates technological advancement with personal freedom, scientific progress, and even salvation.

    Thiel arrived at Stanford in 1985. He played speed chess, discovered Ayn Rand, and gravitated toward the work of Girard, a professor at the school. Thiel was particularly taken with Girard’s concept of mimetic desire. “Man is the creature who does not know what to desire, and he turns to others in order to make up his mind,” Girard wrote. “We desire what others desire because we imitate their desires.” Mimetic desire involves a surrender of agency—it means allowing others to dictate one’s wants—and, the theory goes, can foster envy, rivalry, infighting, and resentment. It also, Girard wrote, leads to acts of violent scapegoating, which serve to preclude further mass conflicts by unifying persecutors against a group or an individual. Thiel would later use this framework to develop his own theories about politics, tech investing, and culture.

    He started a hedge fund, Thiel Capital, with money raised from family and friends, and then, in 1998, met a young cryptographer, Max Levchin, and invested in his startup. Within a year, Thiel was the C.E.O. of Levchin’s company, Confinity, which offered a money-transfer service called PayPal. For Thiel, the service had revolutionary potential: a digital wallet, he said, could lead to “the erosion of the nation-state.” Confinity went on to hire four former Review editors, and half a dozen former staffers.

    PayPal was not registered as a bank, and did not collect information about its users; as a result, Chafkin writes, it could be used for illicit transactions that many banks and credit-card companies did not tend to support (porn, gambling), and which the company later banned. Meanwhile, Levchin created an eBay bot that contacted sellers, expressed interest in their wares, and then asked that they implement PayPal in order to be paid. (The company donated the items that it bid for and won to the Red Cross.) Thanks to these ethically dubious techniques—which might now be referred to as “growth hacking”—PayPal’s user base boomed.

    Dodge the rules, skirt the law, shiv your business partner, abandon your friends: Chafkin argues that the Silicon Valley edition of this playbook was written at PayPal. Perhaps for this reason, the company’s early executives and employees became known as the “PayPal mafia.” A group portrait made in 2007, for a story in Fortune, suggested that they embraced the moniker. In the photograph, twelve former PayPal employees sit in a restaurant. They are styled like the Corleone family, in plush tracksuits and back-room casual. Musk is conspicuously absent; Thiel sits center stage, at a two-top covered in neat towers of poker chips. With his high forehead, deep-set blue eyes, and faint smile, he looks placid and amused.

    Chafkin writes that, following September 11th, Thiel became “increasingly consumed by the threat posed by Islamic terrorism,” and grew skeptical “of immigration, and of all other forms of globalization.” While working at his new hedge fund, Clarium Capital, Thiel bankrolled a project called Palantir—its name was inspired by a “seeing stone” from J. R. R. Tolkien’s “Lord of the Rings” trilogy—which sought to collate and analyze an abundance of government data, from financial records to cell-phone logs. Palantir reportedly used software developed at PayPal to identify criminal networks and mitigate fraud; the idea was that, if the software was good enough to identify money launderers, it could probably identify terrorists, too. (Thiel says that Palantir used no PayPal tools whatsoever.) “It was assumed that this would violate certain pre-9/11 privacy norms, but that would be totally fine in a post-9/11 world,” Chafkin writes. Then as now, it can be hard for outsiders to get a handle on how well the software works: Chafkin claims that, at least at first, Palantir’s intelligence offerings were “effectively useless” and “more a demo than a real product.” (Thiel denies this characterization.) The C.I.A. invested through its venture-capital arm, and the N.Y.P.D. was a customer. Palantir, which went public last year, is now valued at more than fifty billion dollars.

    In 2004, Thiel invested in Facebook, loaning it what would later translate to a ten-per-cent stake in the company. Around the same time, he organized a small symposium at Stanford on “Politics and the Apocalypse.” Thiel’s contribution, later published as an essay titled “The Straussian Moment,” was built on the premise that September 11th had upended “the entire political and military framework of the nineteenth and twentieth centuries,” demanding “a reexamination of the foundations of modern politics.” The essay drew from a grab bag of thinkers—it meditated on Thomas Hobbes and John Locke, then combined ideas from the conservative political theorists Leo Strauss and Carl Schmitt, who wrote about the inadequacies of liberal democracy, with the work of Girard—to offer a diagnosis of modernity. “A religious war has been brought to a land that no longer cares for religious wars,” Thiel wrote. “Today, mere self-preservation forces all of us to look at the world anew, to think strange new thoughts, and thereby to awaken from that very long and profitable period of intellectual slumber and amnesia that is so misleadingly called the Enlightenment.”

    Whether the future would be utopian or apocalyptic, Thiel positioned himself to profit. In 2005, he established a venture-capital firm, Founders Fund, which announced that it would be seeking “riskier, more out-of-the-box companies that really have the potential to change the world.” He developed an interest in life-extension and anti-aging technologies—one of the firm’s early investments was Halcyon Molecular, a startup that sought to defeat aging through the development of genomic-sequencing technology—and in defense contractors, including SpaceX, Musk’s aerospace company. Around this time, Valleywag, a new Silicon Valley gossip blog owned by Gawker Media, began making Thiel a regular subject. A 2006 post, “Three Valley Moguls Dabble in Humanity’s Future,” noted that Thiel—a “Valley exec investing in weird dreams of a super-intelligent race”—had joined the board of the Singularity Institute for Artificial Intelligence (now the Machine Intelligence Research Institute). In a later post, Valleywag mentioned a rumored million-dollar donation Thiel had made to the Federation for American Immigration Reform, a group affiliated with NumbersUSA, a far-right anti-immigration nonprofit. A 2007 post, titled “Peter Thiel Is Totally Gay, People,” was particularly upsetting to Thiel: although many of his friends and colleagues had known that he was gay, he saw the post as an outing.

    As the decade drew to a close, Thiel befriended Patri Friedman, a computer programmer and grandson of Milton Friedman, who had written about so-called seasteading communities—hypothetical libertarian utopias floating in international waters. Thiel offered Friedman half a million dollars to start a seasteading nonprofit. He also gave money to the SENS Research Foundation, an anti-aging nonprofit, and to the Methuselah Foundation, an organization dedicated to life extension. In 2009, he wrote an essay for Cato Unbound, an online libertarian journal published by the Cato Institute, in which he stated that he no longer believed “freedom and democracy are compatible,” and that “the vast increase in welfare beneficiaries” and the extension of voting rights to women had “rendered the notion of a ‘capitalist democracy’ into an oxymoron.” (Following backlash to the essay, Thiel put out an addendum of sorts: “While I don’t think any class of people should be disenfranchised, I have little hope that voting will make things better.”) All of this only served as more fodder for Gawker.

    Does Thiel’s world view make any sense? Critics see a tangle of unprincipled hypocrisies—intellectual ground cover for banal shamelessness and techy self-interest. Admirers perceive depth, and an enthralling, novel framework for the future. Thiel’s involvement with Trump alienated some followers, but for others it deepened his mystique, raising the possibility that he knew something his contemporaries did not.

    Most prominent Silicon Valley executives have historically identified as liberal, but one might ask whether their companies and products have actually advanced progressive values or causes; today, privately owned platforms touted as democratizing are arguably among the most centralized and anti-democratic. Inasmuch as Thiel’s approach to technology acknowledges Silicon Valley’s roots in the military-industrial complex, he may be the tech industry’s most honest representative. It is often remarked that he is a villain out of central casting.

    #Peter_Thiel #Néo_conservatisme #Extrême_droite #Libertariens #Silicon_Valley

  • Polluer avec Elon Musk et les « mineurs » de bitcoin chinois Philippe Mabille

    Ne dites plus « je spécule sur les cryptos » mais « je pollue avec Elon Musk dans une « mine » à charbon chinoise ». Depuis que le fondateur de Tesla s’est rendu compte que sa proposition de payer sa voiture électrique en bitcoin avait un bilan carbone désastreux, rien ne va plus pour la monnaie digitale. Coup de com’ du trublion ou, comme l’affirme dans notre interview un expert acquis à la cause, les conséquences des « pressions » menées par les anti-bitcoins ? Preuve, s’il en est, que le bitcoin, qui représente déjà la consommation énergétique de l’Italie, devient un problème macro et politique.

    Que s’est-il passé entre le 24 mars, lorsque le fantasque milliardaire a lancé sur Twitter son « you can now buy a Tesla with bitcoin » et son changement de pied de cette semaine ? Réponse : 1 milliard de dollars de gains sur son investissement de 1,5 milliard dans la crypto-vedette et surtout une volée de bois, vert évidemment, de la part de quelques détracteurs qui ont fait les comptes : comme le mix énergétique en Chine utilise principalement des centrales à charbon, il y a là de quoi remettre en cause la lutte contre le réchauffement de la planète. Tout cela en quelques clics... . . .

    La suite : https://www.latribune.fr/opinions/editos/polluer-avec-elon-musk-et-les-mineurs-de-bitcoin-chinois-884652.html

    #tesla #elon_musk #électricité #énergie #spacex #bitcoin #espace #silicon_valley #intelligence_artificielle #voiture_électrique #en_vedette #technologisme #automobile #capitalisme #transhumanisme #technologie #énergie #ia

  • Les serfs du numérique
    https://laviedesidees.fr/Durand-Techno-feodalisme.html

    À propos de : Cédric Durand, Techno-féodalisme. Critique de l’économie #numérique. Zones. Cédric Durand analyse les conséquences de l’essor de l’économie numérique sur les structures économiques en matière de dynamisme concurrentiel et de rapports sociaux, dont les caractéristiques s’apparenteraient à une nouvelle forme de féodalisme.

    #Économie #exploitation
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210208_durand.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210208_durand.docx

  • Aided by #Palantir, the LAPD Uses Predictive Policing to Monitor Specific People and Neighborhoods
    https://theintercept.com/2018/05/11/predictive-policing-surveillance-los-angeles

    A new report details the Los Angeles #Police Department’s use of algorithms to identify “hot spots” and “chronic offenders” and target them for surveillance.

    Enter the Dragnet
    https://logicmag.io/commons/enter-the-dragnet

    The following is an excerpt from Predict and Surveil: Data, Discretion, and the Future of Policing by Sarah Brayne.

    via @hubertguillaud la #silicon_army en pleine forme

  • Rapports de pouvoir invisibilisés par des performances chatoyantes

    « Le monde de l’art s’est mondialisé et financiarisé. L’art est ainsi devenu une sorte de monnaie mondiale ». En introduction, L’usage de l’art dans la Silicon Valley, Fred Turner aborde, entre autres, la construction de « la Block Rock City de Burning Man » dans – il faut le souligner – « l’un des déserts les plus inhospitaliers de l’ouest des Etats-Unis » (au mépris des coûts écologiques), les murs couverts de peintures et de sculptures des locaux de Facebook, le temps libre d’informaticien·nes à élaborer des œuvres ou performances. Il invite à saisir pourquoi dans la Silicon Valley ces œuvres sont bien des œuvres d’art, « Pour comprendre comment et pourquoi, il faut se défaire de l’idée que pour être considérée comme de l’art, une œuvre doit prendre une forme déterminée par les mouvements artistiques parisiens et new-yorkais du XXe siècle ».

    Note sur : Fred Turner : L’usage de l’art
    de Burning Man à Facebook, art, technologie et management dans la Silicon Valley

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/30/rapports-de-pouvoir-invisibilises-par-des-performances-

    #art #siliconvalley #gafam

  • ‘Competition Is for Losers’ : How Peter Thiel Helped Facebook Embrace Monopoly
    https://onezero.medium.com/competition-is-for-losers-how-peter-thiel-helped-facebook-embrace-mo

    The roots of Big Tech’s antitrust problem can be found in his bestselling 2014 business book, ‘Zero to One’ “Only one thing can allow a business to transcend the daily brute struggle for survival,” Peter Thiel wrote in his bestselling 2014 book, Zero to One. That one thing, Thiel stated outright, is “monopoly profits.” In the book, which was embraced as a business bible in Silicon Valley and beyond, Thiel made the case for monopoly as the ultimate goal of capitalism. Indeed, “monopoly is the (...)

    #Palantir #Facebook #domination

  • Facebook’s Little Red Book | Office of Ben Barry
    https://v1.benbarry.com/display.php?id=4

    As the company of Facebook grew, we faced a lot of challenges. One of them was explaining our company’s mission, history, and culture to new employees. Over the years, a lot of formative company discussions and debates had happened in Facebook Groups, over email, or in person. Those who had been present at the time had context, but for new employees that information was difficult to find, even if you knew what you were looking for. We wanted to try to package a lot of those stories and ideas in one place to give to all employees.

    #Facebook #Little_Red_Book #Art #Silicon_Valley #Fred_Turner

  • Le #monde_d’après : les #États-Unis « courent au précipice », avertit Noam Chomsky
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/202005/25/01-5274889-le-monde-dapres-les-etats-unis-courent-au-precipice-avertit-noam

    Q. : De nombreux pays utilisent la #technologie pour #surveiller leur population afin de combattre le #virus. Sommes-nous dans une nouvelle ère de #surveillance #numérique ?

    R : Il y a des sociétés qui développent des #technologies qui permettent aux employeurs de voir ce que leurs employés ont sur leur écran d’ordinateur, de vérifier vos frappes sur le clavier, et, si vous vous éloignez de votre écran, de comptabiliser ça comme une pause. L’« #internet_des_choses » est en marche. Tout objet domestique contient de l’électronique. C’est pratique […], mais l’information va aussi à Google, Facebook et au gouvernement. Cela donne un potentiel énorme de #contrôle et de #surveillance, et c’est déjà là, ce n’est pas dans le futur.

    Si on laisse ces géants technologiques contrôler notre vie, c’est ce qui se passera. Ça ressemblera à la Chine, où il y a des systèmes de +crédits+ sociaux, de la technologie de reconnaissance faciale partout. Tout ce que vous faites est surveillé. Vous traversez au mauvais endroit, vous pouvez perdre des crédits. 

    Ce n’est pas inévitable, de même que le changement climatique n’est pas inévitable. On peut laisser ça se produire, ou l’arrêter.

    #GAFA #silicon_valley

  • How Coronavirus Will Disrupt Future Colleges & Universities
    https://nymag.com/intelligencer/2020/05/scott-galloway-future-of-college.html

    [Scott] Galloway, a #Silicon_Valley runaway who teaches marketing at NYU Stern School of Business, believes the pandemic has greased the wheels for big tech’s entrée into higher education. The post-pandemic future, he says, will entail partnerships between the largest tech companies in the world and elite universities. MIT@Google. iStanford. HarvardxFacebook. According to Galloway, these partnerships will allow universities to expand enrollment dramatically by offering hybrid online-offline degrees, the affordability and value of which will seismically alter the landscape of higher education. Galloway, who also founded his own virtual classroom start-up, predicts hundreds, if not thousands, of brick-and-mortar universities will go out of business and those that remain will have student bodies composed primarily of the children of the one percent.

    At the same time, more people than ever will have access to a solid education, albeit one that is delivered mostly over the internet. The partnerships he envisions will make life easier for hundreds of millions of people while sapping humanity of a face-to face system of learning that has evolved over centuries. Of course, it will also make a handful of people very, very rich. It may not be long before Galloway’s predictions are put to the test.

    [...]

    What’s going to happen to campuses?
    I worry they’ll still exist, but they’ll be just filled with rich people. A four-year liberal-arts-campus experience is going to become something that’s largely relegated and positioned to the children of rich people.

    I want to be clear: There is some social good to this. You’re going to have a lot of good education, dispersed to millions and tens of millions of people who otherwise wouldn’t have access to computer science or Yale’s class on happiness. When I got into UCLA, about one in three, or 40 percent of students, got in. Now it’s something like one in seven. More kids are going to get into great schools. But just like any other space big tech enters, there’s going to be a reduction in humanity. Just as we’re on Instagram and we’re more socially connected, we’re definitely more isolated and more lonely.

    #éducation #études #GAFA

  • #Covid-19 has blown apart the myth of #Silicon_Valley #innovation | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/04/25/1000563/covid-19-has-killed-the-myth-of-silicon-valley-innovation

    The pandemic has made clear this festering problem: the US is no longer very good at coming up with new ideas and technologies relevant to our most basic needs. We’re great at devising shiny, mainly software-driven bling that makes our lives more convenient in many ways. But we’re far less accomplished at reinventing health care, rethinking education, making food production and distribution more efficient, and, in general, turning our technical know-how loose on the largest sectors of the economy.

    #progrès #éducation #santé #alimentation

  • Starlink, LSD et Sillicon Valley
    https://lundi.am/Starlink-LSD-et-Sillicon-Valley

    Quelle est cette drôle de constellation d’étoiles qui a traversé le ciel picard à la queue leu-leu dans la nuit du samedi 18 avril ? Y a-t-il le moindre rapport entre l’invention du LSD, la Sillicon Valley et la privatisation en cours du cosmos ? Le projet Starlink de l’entreprise SpaceX fondée par le créateur de Paypal Elon Musk, est il en train de remplir nos ciels étoilés de (12 000) satellites de basse altitude afin de déployer l’internet dans et depuis l’espace ? Si vous aussi, vous vous posez ces questions, cette enquête est pour vous !

    .../...

    Starlink : l’interconnexion entre les machines, partout. Neuralink : la connexion de la machine à l’humain. Starlink et Neuralink : l’accomplissement de l’humain en tant qu’être connecté, amplifié, révélé. La grande vision de la Silicon Valley.

    Car le réseau, la connexion, le contrôle, dans l’inconscient collectif de la vallée, c’est le projet des projets. Google rend l’information disponible. Facebook connecte les gens. Burning man se définit d’abord comme un réseau d’individus éveillés. Le terme “hive mind”, littéralement “esprit de ruche”, était naguère utilisé par les hippies pour décrire les connexions transcendantales atteintes dans leurs transes collectives. Il réapparaît aujourd’hui pour décrire la conscience collective qui émerge de communautés online telles que Twitter. Alors, Elon : cynique ou apprenti sorcier ?

    Une enquête en sept points par Jonathan Bourguignon, relayée par @lundimatin

    1- les constellations convulsives
    2- Silicon Messiah
    3- Acide, communes et Internet
    4- Le schisme
    5- La Guerre des Étoiles
    6- Hackers
    7- Réseau et contrôle

    Jonathan Bourguignon : https://medium.com/@jonbou

    #Silicon_Valley #Elon_Musk #starlink #SpaceX #Neuralink #astronomie

  • Nos données de santé fournies à une start-up financée par la CIA ? | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/nos-donnees-de-sante-fournies-une-start-financee-par-la-cia-687578

    Après avoir cédé aux sirènes de l’américain Palantir pour traiter les informations du renseignement français, le gouvernement s’apprête à faire de même avec les hôpitaux publics. La start-up californienne aurait déjà signé une trentaine de contrats avec des services publics européens. L’épidémie de Covid-19 est pour elle une nouvelle opportunité de juteuses affaires...

    Dans la famille des profiteurs de la crise, voici Palantir. L’entreprise, spécialisée dans la visualisation et la mise en forme des données massives, approche tous les services de santé d’Europe pour proposer sa solution. Le NHS – système de santé national britannique – a déjà signé. Et selon l’agence Bloomberg, les négociations sont en cours avec l’Allemagne, mais aussi avec l’AP-HP (les 39 hôpitaux d’Ile-de-France), et pourraient même être étendues à tous les établissements hospitaliers français. La promesse est de mieux analyser la propagation du virus et surtout d’aider les structures de soins à s’organiser.
    L’épidémie est une nouvelle opportunité d’affaires

    Si cela pose problème, c’est que Palantir, start-up californienne à l’ascension fulgurante, a été largement financée par la CIA – les services de renseignements et de sécurité états-uniens sont ses clients historiques, son logiciel aurait même permis de retrouver Oussama ben Laden – et cofondée par Peter Thiel. Libertarien, convaincu que chaque problème a sa solution technologique, y compris la mort et la vieillesse, il prêterait à sourire s’il n’avait pas autant de pouvoir, à commencer par l’oreille de Trump, dont il fut conseiller en numérique, et autant de milliards en poche. L’Humanité (le 10 novembre 2017) avait dénoncé l’achat de la technologie de Palantir par la DGSI. Les renseignements français, débordés par la quantité de données qu’ils captaient de la surveillance de masse instaurée suite aux attentats, et faute de concurrent français, avaient signé avec la start-up pour 15 millions d’euros environ. Le contrat a été renouvelé fin 2019 sans tambour ni trompette, la DGSI assurant que le logiciel de Palantir ne fonctionnait que sur un réseau interne, hermétiquement fermé pour éviter toute fuite. La sécurité informatique des services de santé étant bien moindre, le risque que les données médicales des Français soient captées et réutilisées est réel. « On vient de découvrir que la capacité à produire des médicaments et du matériel médical était une question stratégique pour notre pays, s’emporte Yann Le Pollotec, responsable au PCF de la révolution numérique. Nos données médicales sont parmi les meilleures au monde grâce à la Sécurité sociale et au réseau des hôpitaux publics. Plutôt que de s’appuyer sur cette richesse nationale, on va les céder à un groupe qui dit en substance : « Prête-moi ta montre, je te vendrai l’heure. » C’est un nouveau suicide politique. »

    Palantir aurait déjà signé une trentaine de contrats avec des services publics européens. L’épidémie de Covid-19 est une nouvelle opportunité d’affaires. Et son outil est puissant. Il entend tout capter : répartition et nombre de lits d’hôpitaux, de respirateurs artificiels, localisation du personnel, des stocks de masques… Puis, chaque patient soupçonné ou diagnostiqué contaminé par le virus se voit créer une fiche, composée de nombreuses données personnelles comme son lieu de vie, de travail, le type d’interactions sociales qu’il a, s’il a voyagé, ou encore quel type de suivi médical il nécessite. De là, Palantir entend prévoir quel jour il manquera des masques à tel hôpital, la durée des files d’attente aux urgences, la date à laquelle telle ville manquera de lits en réanimation et où envoyer les patients. « Les décideurs politiques pourront mieux comprendre comment évolue la contagion au niveau local et identifier les mesures à prendre pour protéger les populations les plus fragiles », promet le gouvernement britannique, fier de son partenariat.

    Quant aux données des hôpitaux et des patients britanniques, « elles seront à la fin de la crise rapatriées en Angleterre, et utilisées uniquement par les services publics de santé », assure encore le gouvernement britannique. Rappelons que la police de New York, qui a cessé en 2017 d’utiliser le programme de prédiction des crimes de Palantir, n’a toujours pas réussi à récupérer ses propres données de sécurité dans un format utilisable. « On donne les clés de domaines stratégiques à des entreprises sur lesquelles nous n’avons vraiment aucun contrôle, dénonce Yann Le Pollotec. Depuis les révélations de Snowden ou le scandale Cambridge Analytica, on sait qu’on ne peut faire confiance à ces entreprises, encore moins quand elles sont liées aux services de renseignements américains. »

    #dystopsie #santé

  • « La Silicon Valley sauvée par le coronavirus ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/10/la-silicon-valley-sauvee-par-le-coronavirus_6032434_3232.html

    Chronique. Vive le coronavirus ! Dans la Silicon Valley, on n’en est pas là, mais si les géants des technologies voulaient se refaire une vertu, ils ne s’y prendraient pas autrement. Oubliées les réticences à censurer les contenus haineux au nom de la liberté d’expression, à refuser de soumettre au fact-checking les publicités mensongères des partisans de Donald Trump. Le coronavirus est une affaire de salut public. Il n’y a qu’un « bon » côté, non politique : celui de la prévention et de la protection des populations.

    Avec une célérité exceptionnelle, Facebook a interdit les publicités proposant des masques de protection ou des recettes miracles contre le virus. Idem pour les messages des groupes complotistes attribuant l’épidémie à une constellation d’ennemis (la Chine, les démocrates, Big Pharma : l’industrie pharmaceutique). Mark Zuckerberg a offert à l’Organisation mondiale de la santé un nombre illimité de publicités gratuites sur le réseau social. Twitter et YouTube renvoient aux Centers for Disease Control, l’autorité de santé américaine, dès qu’un usager cherche le mot « coronavirus ».

    « Les inventeurs du tout-viral ont anticipé l’époque du virus »

    Plus largement, la technologie peut se flatter d’une contribution qui tombe à pic. Grâce aux outils qu’elle a donnés au monde, plus besoin de se déplacer. Tout ou presque peut s’effectuer à distance : s’éduquer, travailler, échanger, consommer. En fait, cela fait des années que la tech prépare la société à sa « mise en quarantaine », écrit dans la revue The Atlantic le game designer Ian Bogost. Les inventeurs du tout-viral ont anticipé l’époque du virus, en quelque sorte.

    Inégalités et « techlash »

    L’épidémie va peut-être aussi pousser la Silicon Valley à corriger les injustices entre les seigneurs du logiciel et les petites mains qui font fonctionner l’économie des plates-formes : livreurs, chauffeurs, cuisiniers, manutentionnaires. Si le virus se propage, il faudra bien, pour alimenter les intellectuels du télétravail, que les soutiers payés à la tâche se risquent dans le monde réel où rôde la contagion. D’ores et déjà, Uber, DoorDash et Instacart ont annoncé la mise en place d’un fonds d’indemnisation pour leurs intermittents. Microsoft, Facebook, Google et Twitter ont promis la lune : des congés maladie payés !

    Et le coronavirus survient justement à un moment où la Silicon Valley a des états d’âme. Le merveilleux engin de croissance est en surchauffe, si on en croit le rapport annuel « State of The Valley », présenté le 14 février à San Jose par Russell Hancock, le directeur du cercle de réflexion Joint Venture Silicon Valley. Certes, le document met en avant la prospérité extraordinaire de cette étroite bande de terre qui s’étend sur 80 kilomètres au sud de San Francisco : neuf ans de croissance ininterrompue, 29 000 emplois créés en un an, 821 000 en dix ans – l’équivalent de la ville de San Francisco –, 41 milliards de dollars investis en capital-risque, 18 000 brevets déposés, 44 nouvelles « licornes » (compagnies valorisées à plus de 1 milliard de dollars), 126 000 millionnaires, 5 000 nouvelles chambres d’hôtel. « Il n’y a pas un endroit sur la planète avec des chiffres pareils, a affirmé M. Hancock. C’est Florence à l’époque de la Renaissance. »

    Mais le rapport fait aussi état du sentiment que le monde ne tourne pas rond. Quelque 13 % de la population dispose de 75 % des richesses : les inégalités n’ont « jamais été aussi prononcées ». La pénurie de logements ronge la prospérité comme un cancer. Pour cinq nouveaux emplois, il ne se construit qu’un logement. On dénombre dans la Vallée 100 000 « méga-commuters », ces employés qui font plus de 3 heures de transport par jour pour aller travailler. En dix ans, le taux de mortalité par hypertension y a augmenté de 270 %… A quoi s’ajoute le « techlash », le retour de bâton contre les plates-formes, accusées de mettre en danger la démocratie. Florence se sent « assiégée », a dit Russell Hancock. A l’épreuve du virus, la Silicon Valley espère se rattraper.

    Corine Lesnes(San Francisco, correspondante)

    #Silicon_Valley

  • L’utopie des technopoles radieuses – Revue Z
    https://www.zite.fr/technopoles-radieuses

    Le modèle technopolitain fondé sur la recherche-innovation s’est imposé à toutes les grandes villes. À l’origine conçues comme un moyen de dépasser les contradictions d’une économie fondée sur la consommation de masse et la destruction de la nature, ces « villes de la connaissance » en sont devenues le principal moteur. Comment passe-t-on du « small is beautiful » au nouveau gigantisme industriel ?

    Texte : Celia Izoard
    Illustrations : Florent Grouazel

    Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’une ville française annonce un projet de technopole scientifique. Les technopoles suscitent un intérêt égal dans les administrations centrales ou décentralisées, les collectivités locales, les chambres de commerce… La fièvre s’est emparée de tous ces acteurs qui ne rêvent plus que de fertilisation croisée. » Voici ce que l’on pouvait lire dans un article consacré aux technopoles en … 1985. Dans le même numéro de la revue Autrement1, le journaliste Philippe Merlant publie un petit lexique du jargon technopolitain : pépinière, synergie, transfert, incubateur, fertilisation, brassage, réseau… Tous les mots qui comptent triple aujourd’hui, mots qui justement renvoient à tout sauf au passé, évoquant plutôt une course échevelée vers l’avenir ou la science-fiction, sont déjà présents dans leur sens actuel. À l’entrée « innovation », le journaliste écrit que le terme est « déjà un has been ».

    Has been, l’innovation ? Trente ans plus tard, le mot est dans toutes les bouches. Elle est devenue l’autre nom du développement, le maître-mot de la restructuration des territoires. L’innovation est sacro-sainte. L’innovation est le nom de ce qu’il faut faire. Le modèle de la technopole, loin d’être une simple mode, s’est imposé comme avatar quasi hégémonique du capitalisme. Un peu partout, avec les mêmes mots d’ordre et les mêmes moyens, on reconvertit les « bassins » industriels en « vallées » de la connaissance.

    Dans les années 1970, la technopole a fait figure d’utopie née de la critique de la société industrielle : critique de la bureaucratie, de la hiérarchie, de l’urbanisation galopante et de la pollution. Quand Pierre Lafitte, ingénieur général des mines, sénateur des Alpes-Maritimes, fonde en 1968 la première technopole française, Sophia-Antipolis, ce grand campus verdoyant au large de Nice se veut « un Quartier latin aux champs, un lieu de réflexion, de création, mais aussi de défoulement où scientifiques et ingénieurs côtoient les artistes2 ». On ne travaillerait plus à la chaîne, on « créerait » dans l’ambiance décontractée de campus ombragés, véritables « zones vertes pour matière grise ». Libérés de l’asphyxie des grands groupes, les citoyens deviendraient de petits entrepreneurs libres de s’associer et de s’entraider sur des « projets ».

    C’est au début des an–nées 1980 que le modèle de la Silicon Valley voit consacrée sa victoire économique et idéologique en France. Philippe Merlant note que l’idée de la technopole bénéficie, pour réconcilier toute une génération de soixante-huitards avec l’entreprise, de sa « filiation avec les mythes californiens des années 1970 ». « Faut-il s’étonner, écrit-il, que cette génération, nourrie de l’idéologie gauchiste et massivement reconvertie dans les secteurs de la com’, ait été le principal vecteur médiatique de l’intérêt des technopoles ? »

    Étrange ironie. On constate aujourd’hui que l’essor de ce modèle fondé sur la micro-électronique et l’informatique, loin de permettre une sortie par le haut du capitalisme industriel, lui a au contraire permis de prendre une ampleur inégalée. Loin de conduire à une sortie du travail à la chaîne, cette nouvelle étape lui donne au contraire une impulsion inouïe : sur toute la surface du globe, les usines se multiplient pour produire puces électroniques, i-Pad et autres i-Phone « développés » par les chercheurs et les entrepreneurs de toutes les Silicon Valley du monde. L’observateur des technopoles est, à bien des égards, du « bon côté » de la division internationale du travail : il y a longtemps qu’on ne produit plus de puces de silicium dans la baie de San Francisco et que la mine de Mountain Pass, en Californie, ne lui fournit plus de terres rares. En partie invisibilisées par cette conversion des anciennes puissances industrielles à la soi-disant « économie immatérielle », l’exploitation et la pollution intrinsèques à ce modèle n’ont jamais été aussi générales et aussi démesurées.

    #Technopoles #Silicon_Valley

  • Visages de la Silicon Valley, Fred Turner et Mary Beth Meehan -
    http://danactu-resistance.over-blog.com/2019/04/visages-de-la-silicon-valley-fred-turner-et-mary-beth-

    A l’automne dernier les éditions C&F, basées à Caen, ont publié un ouvrage d’une grande originalité, intitulé Visages de la Silicon Valley, un essai signé Fred Turner avec des photographies et récits de Mary Beth Meehan.

    Quand on lit ou entend ces deux mots , Silicon Valley, formant un lieu géographique célèbre en Californie, aussitôt l’on pense, technologies de pointe, Google, IBM, Microsoft, Facebook, et autres Apple, Tesla. Les gros bataillons de la super start-up nation nord-américaine que Macron voudrait bien installer en France. Certes sont bien là, le soleil, les innovations qui nous changent, parfois, la vie et les symboles de la réussite économique, concentrés sur quelques kilomètres carrés.

    Pourtant comme le savent les cinéphiles, depuis Quai des brumes (Carné, Prévert) il est utile de voir les choses cachées derrière les choses. Voilà pourquoi ce livre, Visages de la Silicon Valley, à la fois un superbe livre de photographies et un ensemble de textes, nous a particulièrement surpris. Que se cache-t-il derrière les mythes de la Silicon Valley où semblerait se construire le futur de notre monde, ou du moins de leur monde ? Quels sont les visages cachées derrière ceux des grands dirigeants des multinationales, diffusés en boucle dans tous les médias du monde ?

    S’il nous semble difficile de qualifier d’essai, l’introduction en une demi-douzaine de pages de Fred Turner, le livre nous offre, dans un beau format, un superbe reportage photos de Mary Beth Meehan. Chaque cliché est accompagné d’un petit récit le contextualisant. Photographe indépendante, son travail a été publié et exposé dans le monde entier. Nominée deux fois pour le prestigieux prix Pulitzer, elle anime aussi des conférences et ateliers à l’Université de Brown ou à l’école de Design de Rhode Island. Cela débute par Cristobal,vétéran de l’armée américaine durant sept ans, dont trois dans l’Irak en guerre, aujourd’hui agent de sécurité chez Facebook, il gagne une vingtaine de dollars de l’heure, et vu le prix de l’immobilier dans la Silicon Valley, il vit dans un abri au fond d’une cour à Mountain View ! Il constate que les immenses richesses des grandes entreprises ne ruissellent pas vraiment.

    Victor, 80 ans, qui survit dans une petite caravane, au milieu d’autres, non loin du magnifique campus de Google. Ni électricité, ni eau. Et aussi Mary, venue d’un village en Ouganda où elle enseignait l’anglais dans toute l’Afrique, venue rejoindre sa fille, et qui voudrait bien repartir : « C’est la solitude ici, tellement de solitude. »

    Ainsi se succèdent les portraits, magnifiques photographies et textes édifiants, matérialisme partout, spiritualité nulle part, argent coulant à flots mais pas pour tous. Précarité, pauvreté, invisibilité, et parfois peur, l’envers terrible de ce que l’on appelait jadis, le rêve américain !

    Dan29000

    Visages de la Silicon Valley
    Mary Beth Meehan, Fred Turner
    Éditions C&F
    2018 / 112 p / 25 euros

    #Mary_Beth_Meehan #Fred_Turner #Visages_Silicon_Valley #Silicon_Valley

  • Tech Company Free Meals Beget a Lot of Leftovers. Meet the Man on a Mission to Rescue Them. – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/environment/2019/11/leftover-food-tech-lunches-google-juul-linkdin-food-runners-pantry-wast

    Marisa Endicott

    I meet Les Tso on a corner in San Francisco’s SoMa district on a wet Thursday afternoon. He pulls his silver Isuzu SUV into an alley. “Today because it’s the first rain, people are going to be driving cluelessly—there are a lot of Uber and Lyft drivers that come from out of the area,” Tso warns me. “Makes it more exciting, I guess.”

    Ride along with Les Tso on the latest episode of Bite podcast:

    Tso works as a driver for Food Runners, a nonprofit that picks up leftover food from grocery stores, companies, events, and restaurants and brings it to organizations working to feed the hungry. For four hours every weekday, Tso braves the worst of Bay Area traffic to makes his 80 to 90 pickups (an average of 16 a day), primarily from tech companies—including Google, Juul, and LinkedIn—that have become an omnipresent force in the city.

    #gaspillage_alimentaire #Silicon_Valley

  • Sacha Baron Cohen’s Keynote Address at ADL’s 2019 Never Is Now Summit on Anti-Semitism and Hate | Anti-Defamation League
    https://www.adl.org/news/article/sacha-baron-cohens-keynote-address-at-adls-2019-never-is-now-summit-on-anti-sem

    A propos de la logique marchande délétère, meurtrière des #GAFAM.

    I’m just a comedian and an actor, not a scholar. But one thing is pretty clear to me. All this hate and violence is being facilitated by a handful of #internet companies that amount to the greatest propaganda machine in history.

    The greatest propaganda machine in history.

    Think about it. #Facebook, #YouTube and #Google, #Twitter and others—they reach billions of people.

    [...]

    ... when discussing the difficulty of removing content, Zuckerberg asked “where do you draw the line?” Yes, drawing the line can be difficult. But here’s what he’s really saying: removing more of these lies and conspiracies is just too expensive.

    [...]

    ... if you pay them, Facebook will run any “political” ad you want, even if it’s a lie. And they’ll even help you micro-target those lies to their users for maximum effect. Under this twisted logic, if Facebook were around in the 1930s, it would have allowed Hitler to post 30-second ads on his “solution” to the “Jewish problem.”

    [...]

    Maybe it’s time to tell Mark Zuckerberg and the CEOs of these companies: you already allowed one foreign power to interfere in our elections, you already facilitated one genocide in Myanmar, do it again and you go to jail.

    #fake_news #silicon_valley

  • #Twitter fueled attacks on Muslim candidates in 2018, study finds - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/business/economy/twitter-fueled-attacks-on-muslim-candidates-in-2018-study-finds/2019/11/04/be0bf432-ff51-11e9-9518-1e76abc088b6_story.html

    “It has become clear that these platforms do not take seriously their role providing a platform for white nationalist hate and dangerous misinformation in this country,” Omar said. “We as a nation need to think seriously about ways to address online threats to our safety and our democracy.”

    #complicité #silicon_valley #violence #islamophobie