• America’s new oligarchy
    https://www.ft.com/content/2472ef5a-798d-4e7b-b4be-020855cf387e?syn-25a6b1a6=1

    In America’s Gilded Age, millionaire robber barons operated from the shadows, bribing pliant lawmakers to do their bidding. Under President Donald Trump, billionaires have gone one better. Some are in his cabinet.

    […]

    Oligarchs . . . have not had this kind of visibility since the Gilded Agea time when wealthy actors were noticeably, blatantly intervening in politics, shaping outcomes and really making sure the system operated in their narrow ,” says Jeffrey Winters, author of The Blind Spot: How Oligarchs Dominate Our Democracies.

    The burgeoning power of the economic elite is increasingly shaping the physical landscape of America’s cities. JPMorgan Chase’s new headquarters in New York, a 60-storey skyscraper that reportedly cost $3bn to build, has dominated midtown Manhattan’s skyline since opening last October. Some are calling it a “monument” to Jamie Dimon, the bank’s CEO.

    But it is in Washington that the billionaires’ influence is most keenly felt. No longer content to lobby from afar, ultra-rich tycoons — especially from #Silicon_Valley — have infiltrated the capital’s ecosystem, taking on advisory roles in government, cultivating ties on Capitol Hill and weighing in on the most important issues of the day, from AI to industrial policy. 

    They attend glitzy dinners, donate millions to White House fundraising projects and are photographed with Trump promising eye-popping investments in the US. Many have enjoyed regulatory relief, policies that benefit their businesses and, in some cases, lucrative government contracts worth billions of dollars.

    https://archive.ph/2026.08.13-121346/https://www.ft.com/content/2472ef5a-798d-4e7b-b4be-020855cf387e?syn-25a6b1a6=1

  • Le pape appelle à « désarmer » l’IA pour « l’empêcher de dominer l’humain » | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/monde/le-pape-appelle-a-desarmer-lia-pour-lempecher-de-dominer-lhumain-705048

    Estimant que cette technologie « alimente le fossé entre les inclus et les exclus », le pape Léon XIV appelle à « désarmer » l’intelligence artificielle pour « l’empêcher de dominer l’humain », dans son premier texte majeur dévoilé ce lundi.

    Dans l’#encyclique « Magnifica Humanitas » (« Humanité magnifique »), un texte de 130 pages à la tonalité profondément sociale dévoilé ce lundi 25 mai,, le pape Léon XIV américain estime que l’intelligence artificielle (IA) « alimente le fossé entre les inclus et les exclus » et qu’elle « ne peut être considérée comme moralement neutre ». « L’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible », avance le pape américain dans ce texte centré sur la protection de la dignité humaine.

    Un « nouveau cadre spirituel, éthique et politique »
    « Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain », souligne le pontife, pour qui « la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste » n’a souvent pour objectif que de « consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres ».

    Pour le chef de l’Église catholique, qui avait déjà mis en garde contre le danger de porter atteinte à la « dignité humaine » dans un contexte croissant d’utilisation de l’A, il faut « rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner ». « Quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, sans formes adéquates de partage et d’accès, il se crée un nouveau déséquilibre (…) alimentant le fossé entre les inclus et les exclus », souligne Léon XIV. Le pape insiste donc sur la nécessité d’un « nouveau cadre spirituel, éthique et politique » pour réguler ces innovations. Un encadrement qui doit aussi prendre en compte le respect de l’environnement.

    « Nouvelles formes d’esclavage »
    L’encyclique dénonce, en particulier, « les nouvelles formes d’esclavage » nées pour extraire les ressources nécessaires à l’utilisation de l’IA et appelle à « des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement ».

    « Dans certaines régions du monde, des adolescents et des enfants travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des matériaux dont on tire les terres rares. Des corps marqués, mutilés, usés pour que le flux de calcul ne s’interrompe pas », fustige-t-il.

    « En outre, des réseaux criminels utilisent des plateformes en ligne, des systèmes de messagerie, des paiements anonymes et des techniques de profilage pour recruter, contrôler et déplacer des victimes de la traite, fréquemment mineures, transformant hommes et femmes en “données” à tracer et en “colis” à déplacer ». L’évêque de Rome en profite pour demander « sincèrement pardon » pour le retard avec lequel l’Église a condamné « le fléau de l’esclavage » au cours de l’Histoire.

    Le pape met également l’accent sur le rôle de l’éducation, d’une importance « cruciale » pour affronter cette révolution technologique, et met en garde contre « les phénomènes de détournement de mineurs, de chantage et d’exploitation sexuelle » de ces derniers rendus « plus insidieux » par des « outils d’IA capables de manipuler des images et des vidéos ».

    • Le Cri - Dans sa première encyclique parue ce lundi 25 mai 2026,... | Facebook
      https://www.facebook.com/61579032749367/posts/122167636664967758

      Le Cri a sélectionné 10 citations, pour vous offrir un avant-goût de ce texte riche.

      • « Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : "désarmer". Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. L...] Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. » 3

      • « La valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit, et il existe des droits qui sont dus à tous du simple fait d’être des personnes. Aucun pouvoir humain ne peut légitimement les nier ou les limiter arbitrairement. » 51

      • « Nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations. » 126

      • « La qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de ses moyens, mais à l’attention qu’elle sait offrir, à sa capacité à reconnaître l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacité à prendre soin les uns des autres est une dimension importante de notre humanité. » 114

      • « Certains courants post-humanistes vont même jusqu’à envisager des êtres humains "de seconde classe", au service des intérêts d’élites qui se perçoivent comme supérieures : une perspective inquiétante, d’autant plus grave lorsqu’elle s’associe à des outils technologiques qui amplifient de manière exponentielle le pouvoir de contrôle et de sélection. » 172

      • « Dans le monde actuel une culture de la puissance s’installe progressivement, où la disponibilité des moyens et la capacité de dominer tendent à dicter l’ordre du jour et les critères de décision, en reléguant le bien commun de l’humanité au second plan et en réduisant le drame concret des peuples en guerre à une variable secondaire face aux intérêts stratégiques. » 188

      • « Ce qui est vraiment irresponsable,
      c’est la Realpolitik, cette forme de "réalisme" politique qui sème dans les consciences comme dans la culture la résignation face à une guerre inéluctable, et qui considère la paix et le dialogue comme des positions utopiques ou irrationnelles qui ignorent les risques en jeu. Au contraire, la paix n’est pas un espoir naïf ni une simple absence de guerre : elle est le fruit, toujours possible, de la justice et de la charité. » 205

      • « Dans ce climat, le nihilisme et le pragmatisme finissent par s’entremêler et banaliser de très graves erreurs : extrémismes religieux et fanatismes identitaires s’allient à un économisme irrationnel, tandis que la politique recourt facilement à la désinformation, à la ridiculisation de l’adversaire et à la fabrication systématique de peurs et de ressentiments. Ainsi, la diversité de l’autre est vécue de plus en plus comme une menace. » 206

      • « Même dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes capables de ne pas se résigner et de persévérer dans le bien : des personnes protégeant les plus fragiles et ouvrant des voies de réconciliation. La mémoire des saints et des justes, des artisans de paix souvent oubliés, montre que la grâce n’élimine pas le conflit par un geste magique, mais engendre une résistance active contre le mal et une créativité surprenante dans le bien. » 211

      • « Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position. Il y a des conflits ou il n’est pas juste de rester neutre et où il ne suffit pas de s’estimer "ne pas être complice". » 216

    • Le pape est l’antéchrist selon Thiel.

      JD Vance’s Top Donor Suggests Pope Leo XIV is Antichrist
      https://www.thelettersfromleo.com/p/new-jd-vances-top-donor-suggests

      A few weeks ago, a series of leaked recordings and transcripts from a private lecture series in San Francisco began circulating. They included comments from tech billionaire Peter #Thiel — the most important political patron of Vice President JD Vance and one of the wealthiest, most influential minds in #Silicon_Valley.

      In these lectures, Thiel doesn’t just flirt with the apocalyptic. He goes all in — openly discussing the Antichrist, naming Pope Leo XIV as a potential manifestation of that figure, and, most disturbingly, advising JD Vance to ignore the pope on moral matters altogether.

    • 243. Le quatrième point de ce programme de vie chrétienne, après la foi qui contemple le dessein d’amour du Père, la charité qui nous unit en un unique corps ecclésial et l’espérance qui soutient notre action dans le monde, est la prière. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant Élisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la mère du Seigneur, Marie laisse éclater un hymne de louange et de joie. Son âme magnifie le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire à travers le prisme de cette découverte. Rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque reste la même, avec les Romains qui dominent sa terre et son peuple divisé et humilié. Et pourtant, tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a déjà déployé la puissance de son bras, il a déjà dispersé les superbes, renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et renvoyé les riches les mains vides. Il a déjà secouru Israël, son serviteur. Dieu « se range du côté des derniers. Il possède un projet qui est souvent caché sous l’apparence terne des événements humains, qui voient triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force secrète est destinée à se révéler à la fin ».

      nous voilà consolés ! (blague à part, c’est quelque chose).

      #nihilisme #transhumanisme #catholicisme #foi_chrétienne

    • The Technological Republic, in brief.

      1. Silicon Valley owes a moral debt to the country that made its rise possible. The engineering elite of Silicon Valley has an affirmative obligation to participate in the defense of the nation.

      2. We must rebel against the tyranny of the apps. Is the iPhone our greatest creative if not crowning achievement as a civilization? The object has changed our lives, but it may also now be limiting and constraining our sense of the possible.

      3. Free email is not enough. The decadence of a culture or civilization, and indeed its ruling class, will be forgiven only if that culture is capable of delivering economic growth and security for the public.

      4. The limits of soft power, of soaring rhetoric alone, have been exposed. The ability of free and democratic societies to prevail requires something more than moral appeal. It requires hard power, and hard power in this century will be built on software.

      5. The question is not whether A.I. weapons will be built; it is who will build them and for what purpose. Our adversaries will not pause to indulge in theatrical debates about the merits of developing technologies with critical military and national security applications. They will proceed.

      6. National service should be a universal duty. We should, as a society, seriously consider moving away from an all-volunteer force and only fight the next war if everyone shares in the risk and the cost.

      7. If a U.S. Marine asks for a better rifle, we should build it; and the same goes for software. We should as a country be capable of continuing a debate about the appropriateness of military action abroad while remaining unflinching in our commitment to those we have asked to step into harm’s way.

      8. Public servants need not be our priests. Any business that compensated its employees in the way that the federal government compensates public servants would struggle to survive.

      9. We should show far more grace towards those who have subjected themselves to public life. The eradication of any space for forgiveness—a jettisoning of any tolerance for the complexities and contradictions of the human psyche—may leave us with a cast of characters at the helm we will grow to regret.

      10. The psychologization of modern politics is leading us astray. Those who look to the political arena to nourish their soul and sense of self, who rely too heavily on their internal life finding expression in people they may never meet, will be left disappointed.

      11. Our society has grown too eager to hasten, and is often gleeful at, the demise of its enemies. The vanquishing of an opponent is a moment to pause, not rejoice.

      12. The atomic age is ending. One age of deterrence, the atomic age, is ending, and a new era of deterrence built on A.I. is set to begin.

      13. No other country in the history of the world has advanced progressive values more than this one. The United States is far from perfect. But it is easy to forget how much more opportunity exists in this country for those who are not hereditary elites than in any other nation on the planet.

      14. American power has made possible an extraordinarily long peace. Too many have forgotten or perhaps take for granted that nearly a century of some version of peace has prevailed in the world without a great power military conflict. At least three generations — billions of people and their children and now grandchildren — have never known a world war.

      15. The postwar neutering of Germany and Japan must be undone. The defanging of Germany was an overcorrection for which Europe is now paying a heavy price. A similar and highly theatrical commitment to Japanese pacifism will, if maintained, also threaten to shift the balance of power in Asia.

      16. We should applaud those who attempt to build where the market has failed to act. The culture almost snickers at Musk’s interest in grand narrative, as if billionaires ought to simply stay in their lane of enriching themselves . . . . Any curiosity or genuine interest in the value of what he has created is essentially dismissed, or perhaps lurks from beneath a thinly veiled scorn.

      17. Silicon Valley must play a role in addressing violent crime. Many politicians across the United States have essentially shrugged when it comes to violent crime, abandoning any serious efforts to address the problem or take on any risk with their constituencies or donors in coming up with solutions and experiments in what should be a desperate bid to save lives.

      18. The ruthless exposure of the private lives of public figures drives far too much talent away from government service. The public arena—and the shallow and petty assaults against those who dare to do something other than enrich themselves—has become so unforgiving that the republic is left with a significant roster of ineffectual, empty vessels whose ambition one would forgive if there were any genuine belief structure lurking within.

      19. The caution in public life that we unwittingly encourage is corrosive. Those who say nothing wrong often say nothing much at all.

      20. The pervasive intolerance of religious belief in certain circles must be resisted. The elite’s intolerance of religious belief is perhaps one of the most telling signs that its political project constitutes a less open intellectual movement than many within it would claim.

      21. Some cultures have produced vital advances; others remain dysfunctional and regressive. All cultures are now equal. Criticism and value judgments are forbidden. Yet this new dogma glosses over the fact that certain cultures and indeed subcultures . . . have produced wonders. Others have proven middling, and worse, regressive and harmful.

      22. We must resist the shallow temptation of a vacant and hollow pluralism. We, in America and more broadly the West, have for the past half century resisted defining national cultures in the name of inclusivity. But inclusion into what?

      Excerpts from the New York Times Bestseller The Technological Republic: Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West, by Alexander C. Karp & Nicholas W. Zamiska

      #Alex_Karp #Nicholas_Zamiska #Palentir #stratégie #silicon_valley #gouvernement #armée #défense #guerre #IA #big_data

    • https://mamot.fr/@Khrys/116448403637696044

      Capture d’un post LinkedIn de Diana Filippova où elle écrit :

      J’ai lu le manifeste de Palantir avec un vif intérêt.
      Ma première réaction : la stupéfaction. Après, j’ai ri. J’ai ri longtemps. Quand j’ai cessé de rire, j’ai décidé de réécrire cette subtile prose avec des mots simples.
      Je vous livre ma modeste tentative d’édition :

      « 1. Faisons la guerre.
      2. Faisons la guerre, pas des apps.
      3. Faisons la guerre, pas des mails.
      4. Ne soyons pas des fillettes, faisons la guerre.
      5. Pour faire la guerre, faisons des armes.
      6. On fait des armes, mais c’est vous qui ferez la guerre.
      7. On nous demande des armes, on fait des armes.
      8. Vive la corruption !
      9. Vive l’impunité !
      10. Vive les psychopathes !
      11. Vive Clausewitz (et vive la guerre) !
      12. Faisons des drones, pas des bombes.
      13. On est les meilleurs !
      14. On est les plus forts !
      15. L’Allemagne et le Japon étaient pas mal non plus !
      16. Vive Elon !
      17. Vive Minority Report !
      18. Vive les VSS en politique !
      19. Vive Grok !
      20. Vive les religions !
      21. Sauf l’Islam.
      22. À bas les wokes, vive les WASP ! »

      Avis aux auteurs débutants : écrire, c’est réécrire. Aussi, ce n’est pas parce vous employez des mots compliqués que le résultat vaut la peine d’être publié.

    • Le manifeste de Palantir pour une Silicon Valley en armes - France 24
      https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20260424-le-manifeste-de-palantir-pour-une-silicon-valley-en-armes

      Le géant américain du traitement de données Palantir vient de publier un manifeste. Au menu : remise en cause du pluralisme, service militaire obligatoire, course aux armements dopés à l’intelligence artificielle. La marque de fabrique d’une entreprise qui s’est placée au cœur du complexe militaro-industriel américain et agit désormais sans garde-fous.

  • Comment #OpenAI veut faire peau neuve avec la guerre
    https://lvsl.fr/comment-openai-veut-faire-peau-neuve-avec-la-guerre

    Tandis que la guerre contre l’Iran s’intensifie, une autre bataille se joue à huis clos. En quelques mois, le géant de l’intelligence artificielle OpenAI a méthodiquement investi les rouages de l’appareil sécuritaire américain, recrutant à tour de bras anciens responsables du Pentagone, du Conseil de sécurité nationale ou du Congrès. Une stratégie payante : au moment où Anthropic est brutalement écartée pour avoir refusé certains usages militaires de ses modèles, OpenAI s’engouffre dans la brèche et décroche des contrats stratégiques. Une recomposition accélérée du complexe militaro-technologique se dessine, où la frontière entre innovation civile et machine de guerre devient chaque jour plus poreuse.

    #Économie #Complexe_militaro-industriel #Silicon_Valley #Tech

  • L’#armée américaine teste des #soldats #humanoïdes dotés d’#intelligence_artificielle
    https://www.01net.com/actualites/les-robots-tueurs-arrivent-sur-le-champ-de-bataille-et-ce-nest-plus-de-la-sci

    La science-fiction s’invite brutalement sur les champs de bataille. Des entreprises technologiques de la #Silicon_Valley testent actuellement des #robots humanoïdes #autonomes conçus pour faire la guerre à la place des humains. Une #révolution #militaire qui soulève d’immenses inquiétudes #éthiques.

    Le #Phantom #MK-1 a tout du cauchemar d’anticipation. Bien qu’il soit actuellement testé dans des usines et des chantiers navals d’#Atlanta à #Singapour, ce robot humanoïde recouvert d’acier noir et surmonté d’une visière teintée se présente comme le premier modèle spécialement développé pour la défense. Ses créateurs de la jeune pousse #Foundation affirment vouloir en faire une machine capable de manier n’importe quelle arme conventionnelle, du pistolet au fusil d’assaut. L’entreprise californienne a d’ailleurs déjà décroché pour 24 millions de dollars de contrats de recherche avec l’armée américaine et a même envoyé deux de ses prototypes en #Ukraine en février dernier pour des missions de reconnaissance.

  • Block Inc Layoffs: Jack Dorsey’s mass job cuts expose tech’s bogus narrative, ETTelecom
    https://telecom.economictimes.indiatimes.com/news/internet/jack-dorseys-mass-job-cuts-expose-techs-bogus-narrative/129369088

    “Telling stories is one of the core activities of Silicon Valley,” Stanford University professor Fred Turner told me. “It’s as important as making devices.” Turner, a leading expert on the intersection of Silicon Valley culture and technology, has long chronicled how mythmaking is essential to the sector’s success. Establishing the industry’s divine mission in creating a utopian future lets it skirt the normal laws of gravity — whether that’s regulation or unionization. “The profits spin back as evidence not just of monetary success but of moral success,” Turner says.

    The Valley has practiced this art for decades. Steve Jobs helped invent tech’s myth structure, marketing Apple Inc. as a countercultural rebel that would free its users from conformity. Its famous 1984 Super Bowl ad cast the arrival of its Macintosh computer as a tool for smashing an authoritarian, dystopian future. Google cemented its “don’t be evil” mantra in its 2004 IPO filing. WeWork Inc. told investors it wasn’t a real estate company leasing office space to tenants but rather a platform for “elevating the world’s consciousness.” Over at Tesla Inc., shareholders have endured extreme volatility in service of its planet-saving mission.
    Dorsey’s announcement fits squarely within that tradition. Veteran tech journalist and investor Om Malik called it “classic narrative substitution, a tool where you replace one story with another to reframe the situation.” Dorsey turned a press release about layoffs into a declaration about the future of technology. The cuts, in his telling, reflect not questionable business decisions but instead a prescient structural change that other forward-thinking companies will soon adopt. It’s a message the market likes to hear; the stock, which had been down some 40% since the start of 2025, has jumped about 22%.

    #Silicon_Valley #récits_légendes #Fred_Turner

  • Guerra in Iran: “coalizione Epstein”?
    https://radioblackout.org/2026/03/guerra-in-iran-coalizione-epstein

    La complicità delle grandi banche nei confronti di Epstein è un fatto, lo scrive Lorenzo Tecleme in un articolo dal titolo Jeffrey Epstein, la banca che lo ha sostenuto e la banalità del male apparso su Valori.it

    #L'informazione_di_Blackout #coalizione_epstein #finanza #guerra_iran #musk #silicon_valley #thiel
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/Tecleme-2026_03_05_2026.03.05-09.00.00-escopost.mp3

  • Thibault Prévost, Le bluff technologique de l’Intelligence Artificielle, 2025

    #Thibault_Prévost, journaliste indépendant spécialiste des nouvelles technologies, présente son ouvrage Les Prophètes de l’IA, Pourquoi la Silicon Valley nous vend l’apocalypse, paru aux éditions Lux en octobre 2024.

    Dans la #Silicon_Valley un nouveau récit se répand. Les start-up de l’intelligence artificielle vendent l’imminence de la fin des temps. L’IA deviendrait si intelligente qu’elle en serait divine, capable de nous sauver comme de nous anéantir. Thibault Prévost démonte ce #bluff_technologique et les idéologies mortifères qui l’accompagnent.

    https://sniadecky.wordpress.com/2026/02/07/rmu-prevost-bluff-ia

    Avec le PDF qui va bien :

    https://archive.org/download/rmu-101-prevost-bluff-ia/RMU_101_Prevost-bluff-IA.pdf

    #Racine_de_Moins_Un #apocalypse ou #collapsologie ?

    Extrait de l’émission

    Dans la salle, une personne se demande pourquoi ces technologies rencontrent si peu de résistances. Elle fait part de sa réflexion sur ce sujet à Thibault Prévost et je la restitue :

    Autrefois, le monde du pouvoir prenait le peuple sous sa coupe avec l’Église et la religion. L’#obscurantisme, c’était l’ignorance, et les Lumières s’y sont opposées avec l’Encyclopédie, le Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, avec la diffusion du savoir, des connaissances scientifiques, etc. Le savoir, la connaissance, l’information sont perçues comme étant en soi émancipatrices et le numérique et Internet permettent d’amplifier cela quantitativement. Ils sont donc considérés comme positifs, du côté des Lumières…

    Maintenant, on est face à un renversement radical, car il devient évident que l’obscurantisme est du côté de la Silicon Valley et de son pouvoir exorbitant sur chacun d’entre nous. Tout cela nous empêche de voir et de dénoncer leur dimension politico-religieuse.

  • Sur les ruines du « consensus de la #Silicon_Valley », l’émergence du techno-militarisme
    https://lvsl.fr/sur-les-ruines-du-consensus-de-la-silicon-valley-lemergence-du-techno-militaris

    Jusqu’alors, de nombreuses entreprises de la tech s’opposaient à un usage militaire de l’intelligence artificielle. Cette ère semble révolue : depuis peu, les partenariats avec l’industrie militaire se multiplient. Au-delà des juteux contrats avec le Pentagone, ce tournant découle d’un changement de paradigme : le « consensus de la Silicon Valley », qui reposait sur l’adhésion à la mondialisation néolibérale, a été fragilisé par l’émergence de la Chine et de ses géants technologiques. Une nouvelle hégémonie techno-militariste voir le jour : tandis que le Pentagone convoite les ressources stratégiques de l’IA, les géants de la tech comptent sur la puissance américaine pour protéger leur prédominance (...)

    #Mirages_numériques #International #GAFAM #impérialisme #Techno-nationalisme

  • La Silicon Valley est-elle devenue fasciste ? - Conférence
    https://conference.sciencespo.fr/content/2025-11-17/la-silicon-valley-est-elle-devenue-fasciste_MP4XZkEZOF89Zg8Db9

    Pendant trente ans, la Silicon Valley a incarné un imaginaire libertaire et progressiste. Aujourd’hui, une partie de ses élites soutient Donald Trump et son agenda nationaliste et autoritaire. Pourquoi ce renversement spectaculaire ? Dans un entretien inédit pour Conférence, Fred Turner et Olivier Alexandre, deux des meilleurs spécialistes mondiaux de la Silicon Valley, dévoilent les ressorts idéologiques et économiques de cette mutation.

    https://www.youtube.com/watch?v=ujsG4mfSUhM&t=1248s

    La fin de l’idéologie californienne

    Fred Turner, dans l’esprit de son ouvrage Aux sources de l’utopie numérique : de la contre-culture à la cyberculture (C&F Éditions), rappelle que la Silicon Valley s’est construite sur l’« idéologie californienne » : mélange de cybernétique et de spiritualité New Age. Une vision où la technologie devait libérer les individus des institutions et de la politique. Ce récit fondateur s’effondre aujourd’hui. L’industrie n’est plus animée par le rêve de connexion, mais par une logique de l’extraction : extraction massive de données, d’énergie, de ressources foncières pour soutenir l’infrastructure du numérique.
    Un déplacement géographique vers le Texas

    Avec l’arrivée d’immenses fermes de serveurs et des industries énergivores de l’IA et de la crypto, une partie de la tech se tourne vers le Texas. Or l’ « idéologie texane » est bien différente de l’idéologie californienne : nationalisme chrétien, conservatisme, extractivisme pétrolier et héritage industriel. Ce déplacement coïncide avec le rapprochement avec Trump, figure politique qui incarne ce modèle économique et offre aux entreprises la permissivité réglementaire qu’elles recherchent.
    Une Silicon Valley fracturée : « rouge » contre « bleue »

    Olivier Alexandre, dans la lignée de son ouvrage La Tech (Seuil, 2023) insiste sur le fait la Silicon Valley n’est pas un bloc. Il propose de distinguer deux camps : une technologie « rouge », tournée vers la culture du hardware, résolument plus conservatrice ; et une technologie « bleue », héritière de la culture du software, qui reste attachée au progressisme de l’utopie californienne. Entre ces deux camps, la tech est devenue un champ de bataille idéologique.
    Une idéologie qui s’exporte : le risque d’un alignement européen

    Fred Turner souligne que les imaginaires de la Silicon Valley se propagent largement : la croyance que l’IA pourrait devenir une superintelligence autonome influence déjà les dirigeants et hauts fonctionnaires européens. Cette adoption sans réserve ni critique des récits californiens pousse l’Europe à suivre l’agenda techno-politique américain, au détriment de ses propres valeurs et son propre modèle numérique.

    #Fred_Turner #Olivier_Alexandre #Silicon_Valley #Idéologie #Sciences_po

  • « Au sens le plus strict, le cyberlibertarianisme est la conviction que les technologies numériques sont, ou devraient être, soustraites au contrôle des gouvernements démocratiques »
    David Golumbia

    Cyber et libertaire : l’alliance des contraires ?
    https://www.terrestres.org/2025/09/16/cyber-libertaire-alliance-contraires

    L’alliance entre Donald Trump et la Silicon Valley a suscité depuis le début de l’année 2025 une abondante production intellectuelle, qui cherche à expliquer ce qui est d’abord apparu à de nombreux commentateurs comme un retournement improbable. Comment une industrie longtemps réputée libérale et progressiste a-t-elle pu se ranger aussi rapidement et massivement derrière un dirigeant autoritaire et xénophobe ? Passé l’étonnement initial, plusieurs auteurs ont montré que, par-delà ses apparences libertaires, le monde de la Tech était traversé de longue date par des tendances explicitement réactionnaires. Plus rares sont ceux qui se sont demandé si, dans son rapport aux technologies numériques, une partie de la gauche américaine n’avait pas, elle aussi, légitimé l’approche de la Tech aujourd’hui privilégiée par le pouvoir trumpiste, autour de la déréglementation du secteur et du développement à tout crin de l’intelligence artificielle. C’est une hypothèse de ce genre, quelque peu provocatrice, que le dernier livre de David Golumbia, Cyberlibertarianism. The Right-Wing Politics of Digital Technology, nous invite à examiner1.

    #silicon_valley #cyberlibertarianisme #technolâtrie #fascisme_techno
    #technofascisme #technogauchisme

    Mais #controverse puisque :

    Convergences et (manque de) nuances

    La thèse la plus forte du livre de D. Golumbia est donc celle d’une convergence idéologique et politique, autour des préceptes cyberlibertariens, d’une constellation d’acteurs que l’on tendrait spontanément à situer en différents endroits du champ politique. Les cyberlibertariens de toute obédience partageraient une même hostilité à la réglementation démocratique des technologies numériques dans le cadre de l’État-nation. La thèse est stimulante, à la fois scientifiquement et politiquement, mais l’argumentation qui la soutient n’est pas dénuée de faiblesses.

    Dénier le droit à la liberté d’expression même si ce sont des "affreux fachos", c’est mal. Oui mais les "affreux fachos", y font rien qu’à vouloir limiter notre liberté d’expression à nous les "gauchistes" ... Je dois dire que ce genre de tergiversations en forme d’impasse argumentative, ça m’fume grave ...

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1135372
    https://seenthis.net/messages/1135297 (à propos de l’#idéologie_californienne)

    Et aussi :
    https://seenthis.net/messages/1134634 (à propos des #citoyens_souverains)

  • Thirty Years On, the Californian Ideology is Alive and Well | TechPolicy.Press
    https://www.techpolicy.press/thirty-years-on-the-californian-ideology-is-alive-and-well

    Nathan Schneider / Aug 29, 2025

    Frontier Models 3 by Hanna Barakat & Archival Images of AI + AIxDESIGN / Better Images of AI / CC by 4.0

    In August 1995, Newt Gingrich appeared on the cover of Wired. It would have seemed, for some, inexplicable that the Speaker of the House and standard-bearer of movement conservatism had his face on the vanguard organ of the forward-looking, West Coast, T-shirts-and-flip-flops personal personal computer industry. The surprise must have rhymed—again, for some—with the scene earlier this year of tech CEOs dutifully standing behind Donald Trump at his inauguration.

    Any such surprise can be put to rest by revisiting an essay by a pair of British media scholars, Richard Barbrook and Andy Cameron: “The Californian Ideology.” Thirty years ago this week, it came out in Mute magazine and circulated on the early-adopter email list nettime. The essay described (and rhetorically, at least, demolished) the unspoken consensus that seemed ascendent in the US tech industry at the time. They said the quiet part out loud: the industry had combined countercultural chic with a sort of authoritarian capitalism determined to root out collective power wherever it appeared, all while talking the talk of democracy.

    When you put all your faith in technological progress and the Ouija board of market forces, as Barbrook and Cameron put it, “social and political debates about the future have now become meaningless.” Democracy has no air left to breathe. Individuals can choose products, and companies can choose to produce them. But collectively, as a society, we are at the mercy of whatever innovations the market sees fit to deliver; that is the future, full stop.

    The part of the essay that really rankled the Californians on nettime, Barbrook told me in an interview a few years ago, had to do with the early Internet advocates’ promise of a “Jeffersonian democracy.” In the 1990s, apparently, it was still impolite to remember that Thomas Jefferson was a slaveholder, and his vision of democracy was one for an enlightened, aristocratic elite living on the backs of a vast underclass. Two centuries later, a computer-savvy “virtual class” was positioning itself to become a new aristocracy—not through enslaved labor but free-flowing information. If information could be free, perhaps the humans locked in corporate jobs wouldn’t have to be.

    It seemed for a while like the Californian ideology was in retreat. During the last Trump administration, Silicon Valley tech workers were in open revolt, staging walkouts and forming unions. They forced their employers to abandon lucrative contracts to build tools for surveillance, militaries, and immigration enforcement. The “trust and safety” teams were influential at social media companies. When COVID hit, Big Tech went remote and provided the tools for other workers to join them. The Valley seemed synonymous with the Resistance. If you didn’t like the new Californian consensus, you’d have to follow Elon Musk to Texas.

    In 2025, the Californian Ideology returned, if it ever really left. (Part of its charm, after all, is the ability to wear countercultural disguises.) AI companies declared a new era of disrupting everything, which could result in paradise or cataclysm—we’ll have to see which. CEOs laid off their trust and safety teams en masse, first at Twitter and then most everywhere else. Competition with China justified a hearty embrace of military contracts, and labor unrest cowered as AI began threatening jobs by writing code.
    Our Content delivered to your inbox.
    Join our newsletter on issues and ideas at the intersection of tech & democracy

    Nobody represents this turn better than the venture capitalist Marc Andreessen. Before Trump’s return, in his “Techno-Optimist Manifesto,” Andreessen reveled in “the techno-capital machine of markets and innovation” that “spirals continuously upward.” He was dismayed as employees in his portfolio companies raised questions about the effects of their products on society and the environment, and even called into question the for-profit corporation itself.

    Andreessen told the New York Times’s Ross Douthat, with not a hint of irony, “The Californian ideology was real and correct, and the Valley had always incarnated a specific version of that.”

    He wanted it back. He wanted capitalism to be capitalist again. And so, despite being a longtime supporter of the Democratic party, he went all in for Trump. (All In, incidentally, is also the name of a tech-investor podcast that provides Californian takes in real time.)

    In many areas of life now, technology has become a replacement for political debate and policymaking. It is enabled by what I call “innovation amnesia”—the tendency to forget past social arrangements when new tech comes along to undermine them. Instead of building decent public transit, we revel in ridesharing apps that break labor laws and clog city streets. Instead of regulating banks and taxing the rich, we turn to cryptocurrencies that make both things even harder. Instead of modernizing antitrust law, we admire Amazon for making its monopoly powers so efficient and convenient.

    Barbrook and Cameron insisted that there are other ways to build technology, and to do it democratically. They pointed to the example of Minitel, the computer network developed and managed by the French government starting in the 1980s. It provided free terminals and hosted what would now be called an app store—all under the auspices of a democratic institution, not a for-profit one. A territorial government might not be the correct eternal steward of a global network, of course. But that example points to what it might have been like if the reigning ideology of the Internet had been democratic governance, not the corporate marketplace.

    It might be worth revisiting, also, the Jeffersonian legacy in this age of AI. A decade ago, I reported on a growing attraction in Silicon Valley to the idea of universal basic income; since job-snatching machines were coming, the logic went, a radical rethinking of the social order would be needed for people to meet their needs—and maybe even enjoy their lives more.

    Now the AI craze is here, though, and the tech-backed Trump administration is eviscerating the US safety net. Sam Altman’s eyeball-scanning UBI startup may be the closest thing we have to a new order. The mood in Washington is positively Californian: Let’s just see where the tech and the market lead us.

    When I spoke with Barbrook a few years ago, he was happy to celebrate the fame his essay had achieved but was under no illusions that an essay is enough. “We can mock this hypocrisy and publish detailed exposés of its cynical reasoning,” he said, “but our clever words are not subversive deeds.”

    #Silicon_Valley #Idéologie_californienne

  • Le marché, la race et le QI. « Comment les libertariens, pro liberté totale des capitalistes, s’allient aux promoteurs des hiérarchies naturelles fondées sur race, genre, intelligence... »
    https://www.contretemps.eu/marche-quotien-intellectuel-entretien-quinn-slobodian

    L’extrême droite contemporaine réussit à combiner l’appel à la liberté économique avec des théorisations pseudo-scientifiques sur les hiérarchies naturelles fondées sur la race et/ou le QI. L’historien canadien Quinn Slobodian explique comment ces idées peuvent être articulées ensemble.

    ~~~
    Quinn Slobodian s’est imposé comme l’un des historiens les plus perspicaces du néolibéralisme. Dans des ouvrages tels que Les Globalistes. Une histoire intellectuelle du néolibéralisme (Le Seuil, Paris, 2022) et Le Capitalisme de l’apocalypse. Ou le rêve d’un monde sans démocratie (Le Seuil, Paris, 2025), il présente le néolibéralisme comme une idéologie dont la caractéristique essentielle consiste à protéger le capital des conséquences néfastes de la démocratie.

    Dans son dernier ouvrage, Hayek’s Bastards : Race, Gold, IQ, and the Capitalism of the Far Right (« Les bâtards de Hayek : la race, l’or, le QI et le capitalisme de l’extrême droite »), il écrit que la montée de la droite contemporaine – tant dans sa version techno-libertarienne que dans sa version plus autoritaire – ne peut être comprise sans tenir compte du recours des penseurs néolibéraux à la nature et à la science pour discréditer les revendications en faveur de la justice sociale et de mesures anti-discriminatoires dans les années 1990.

    Il explique comment ce « darwinisme social », qui vire parfois à l’« apocalyptisme » pur et simple, sous-tend différents membres de l’internationale réactionnaire, du disciple de Murray Rothbard, Javier Milei, à l’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne.

    Dans cet entretien publié par Jacobin, Bartolomeo Sala interroge Slobodian sur cette formation idéologique, qu’il identifie comme un produit paradoxal de la fin de la guerre froide, et sur son influence au sein de l’administration Trump, notamment à travers l’émergence de projets autoritaires d’extrême droite à l’échelle mondiale...

  • « Tesla kills » : le magasin Tesla de Lausanne vandalisé, une première en Suisse romande

    Samedi matin, l’enseigne Tesla de Lausanne a été retrouvée vandalisée, une première en Suisse romande. Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été interpellé. Depuis la mise en avant sur la scène politique américaine d’Elon Musk, président de l’entreprise, une vague de déprédations sans précédent vise les véhicules et les boutiques Tesla.


    . . . . .
    Le 26 janvier 2025, l’enseigne Tesla de Zurich avait déjà été aspergée de peinture blanche, relate le quotidien 24 heures.
    . . . . . .
    Suite et source : https://www.rts.ch/info/suisse/2025/article/tesla-vandalise-a-lausanne-une-premiere-en-suisse-romande-28837803.html
    #tesla #Amour #elon_musk #voiture #silicon_valley #voiture_autonome #Art #Arts #peinture #merci #Disrupt_Tesla

  • Opinion | How Democrats Drove Silicon Valley Into Trump’s Arms - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/01/17/opinion/marc-andreessen-trump-silicon-valley.html

    Marc Andreessen explains the newest faction of conservatism.

    Un très long interterview de Marc Andreessen : comment la Silicon Valley est passé des démocrates des années 1990 à Trump.
    Un journaliste de droite interviewant un leader économique passé du centre démocrate à l’extrême-droite laisser-fairiste : un véritable éclairage sur la bataille culturelle qui se joue. (qui s’est jouée). Des remarques sur l’esprit hippy de la SV jusqu’à la liberté totale de la crypto et de l’IA comme modèle pour que les Etats-Unis restent à la tête du monde.
    Tout une série de rants and raves sur la bureacratie, les taxes, le deep state...
    Un véritable résumé du programme économique des patrons d’extrême-droite.
    Mais Marc Andreesen avait publié un manifeste l’an passé avec la plupart de ces objectifs. Juste ici, c’est à la fois plus vivant, mais aussi plus insupportable d’auto-satisfaction, de domination assise,de contentement de soi... et de mensonges, approximations et autres renversement des idées.
    A méditer, pour comprendre le trumpisme (ou devrait-on dire le muskisme ou le thielisme).

    #Marc_Andreessen #Extrême-doite #Trumpisme #Silicon_Valley

  • « Malgré Elon Musk, la Silicon Valley reste un bastion du parti démocrate »
    https://www.nouvelobs.com/idees/20241109.OBS96127/malgre-elon-musk-la-silicon-valley-reste-un-bastion-du-parti-democrate.ht

    Entretien avec Fred Turner sur la situation post-électorale dans la Silicon Valley

    Propos recueillis par Xavier de La Porte

    Publié le 9 novembre 2024 à 9h30
    Elon Musk au meeting de Donald Trump au Madison Square Garden, à New York, le 27 octobre 2024.

    Entretien La victoire de Donald Trump risque de bénéficier au patron de Tesla. Mais ce n’est pas toute la Tech américaine qui a basculé dans le camp républicain. Analyse avec l’historien de la Silicon Valley, et professeur à Stanford, Fred Turner.

    La participation d’Elon Musk à la campagne de Donald Trump a été spectaculaire. Mobilisation sur X (ex-Twitter), dons financiers, participation à des meetings… Au point que le patron de X, Tesla, SpaceX, Neuralink et Starlink a été longuement remercié par le nouveau président le soir de sa victoire. Il n’est pas le seul personnage important de la Silicon Valley à s’être engagé dans cette campagne auprès de Donald Trump : Peter Thiel (autre membre de la « mafia Paypal »), l’investisseur Marc Andreessen et d’autres encore. Eu égard à la timidité de Jeff Bezos, le patron d’Amazon et propriétaire du « Washington Post », qui a refusé que son journal s’engage pour Kamala Harris, et au silence relatif d’autres patrons de cette industrie longtemps favorable aux démocrates, on peut avoir l’impression que quelque chose a changé dans la Silicon Valley, que ce lieu jadis plein d’ingénieurs utopistes et post-hippies a cédé aux sirènes de l’alt-right. Fred Turner, auteur notamment de « Aux sources de l’utopie numérique » et historien de la Silicon Valley, nuance ce sentiment, tout en notant les effets néfastes que pourrait avoir l’influence de Musk sur Donald Trump.
    La victoire de Trump est-elle aussi, d’une certaine manière, celle d’Elon Musk ?

    Fred Turner Bien sûr. Et celle de Jeff Bezos aussi. En soutenant Trump de manière aussi agressive, Musk a fait du nouveau président son débiteur. Celui-ci lui doit maintenant bien des faveurs que le patron de X ne manquera sûrement pas de lui réclamer dans les années à venir. Elles peuvent aller d’avantages réglementaires pour ses entreprises à une influence directe dans le gouvernement.

    Publicité
    Il est difficile de déterminer si l’implication de Musk découle d’une conviction politique sincère ou d’un opportunisme entrepreneurial. Quelle est votre hypothèse ?

    Avec quelqu’un comme Musk, il est difficile de démêler le personnel du politique. Comme d’autres magnats de la tech, il considère les affaires et la politique comme deux moyens de changer le monde, et comme deux systèmes nécessitant des « hommes forts » à leur tête.
    La technologie a déjà conduit à la privatisation de nombreux aspects de la vie. Ce lien fort entre Trump et Musk pourrait-il accélérer cette tendance ?

    Aux Etats-Unis, cela mènera certainement à davantage de dérégulations. Le contrôle des entreprises sur des fonctions historiquement assumées par l’Etat pourrait aussi se voir renforcé. Le système de satellites Starlink de Musk, conçu et entièrement détenu par une entreprise privée, est déjà une infrastructure critique pour l’armée américaine. Quand les oligarques accèdent au pouvoir, ils ont souvent tendance à céder les ressources de l’Etat à leurs partisans pour s’assurer de leur loyauté. On verra si cela se produit ici. Il faudra garder un œil sur le secteur de l’éducation, par exemple… et sur la possibilité d’une privatisation et d’une numérisation de l’instruction publique.
    L’implication d’Elon Musk (et, plus largement, de la « PayPal mafia »), combinée au refus de Jeff Bezos que le « Washington Post », journal dont il est propriétaire, ne prenne parti pour Kamala Harris, indiquent-ils une évolution politique de la Silicon Valley ?

    Non. Pas vraiment. Il existe une grande fracture entre les dirigeants des grandes entreprises technologiques et les employés de base. Comme l’ont montré les résultats du vote, la Silicon Valley reste un bastion du Parti démocrate, même si ses leaders promeuvent des dirigeants autoritaires – et se comportent d’ailleurs comme tels.
    Quels sont les aspects du message de Trump qui ont séduit ces dirigeants ?

    Pour des figures comme Musk, l’image de l’homme fort est assez attirante. De même que les appels à la dérégulation et la promesse de privilégier les intérêts des entreprises et le profit, au détriment de l’environnement et du bien public.
    Y a-t-il une forme de luttes des classes au sein de Silicon Valley ?

    Il existe dans cette région des Etats-Unis une inégalité immense. Dans notre livre « Visages de la Silicon Valley », nous avons tenté avec Mary Beth Meehan de rendre visible la classe ouvrière de la vallée. Malgré l’immense richesse produite ici, une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté et, selon la banque alimentaire Second Harvest, un habitant sur six dépend régulièrement de leurs services.
    Y a-t-il encore des utopistes post-hippies à Silicon Valley ?

    Oui. Les utopistes des années 1960, qui ont joué des rôles clés dans l’essor de la Silicon Valley, ont aujourd’hui autour de 80 ans. Mais une nouvelle génération a pris le relais dans leur croyance que les technologies peuvent remplacer la politique et résoudre les problèmes sociaux, dont ils estiment par ailleurs qu’elle est la cause. Leur foi dans la promesse utopique portée par les machines et la technologie est visible partout, que ce soit dans la pratique du microdosage de LSD au travail (pour, pensent-ils, devenir plus intelligents) ou dans la création de systèmes d’Intelligence Artificielle censés doter les humains d’aptitudes quasi-divines. Chez beaucoup de personnes de la Silicon Valley, il persiste, comme c’était le cas dans les communautés des années 1960 qui en furent à l’origine, une grande cécité sur les conditions ordinaires de la vie ordinaire, et un manque d’intérêt pour trouver les moyens de l’améliorer.

    Kamala Harris a-t-elle adressé un message spécifique au monde de la tech ?

    Pas à ma connaissance. Mais elle y est bien connue évidemment, puisqu’elle est originaire de la région de la baie de San Francisco.
    Quel rôle les podcasts (notamment ceux de Joe Rogan et de l’alt-right) ont-ils joué pendant la campagne ? Voyez-vous cela comme un déplacement de l’influence des médias traditionnels vers les nouveaux médias ?

    Un des grands enseignements de cette élection est que les médias de masse comptent beaucoup, beaucoup moins qu’auparavant. Pensez-y : Kamala Harris a réussi à mobiliser en sa faveur la plupart des grandes figures d’Hollywood, de l’industrie musicale et de la télévision. Beyoncé a ouvert un de ses meetings, et Taylor Swift l’a soutenue publiquement. De nombreux grands journaux américains ont appuyé sa candidature, tacitement ou explicitement. Malgré tout, cela n’a pas suffi à convaincre les électeurs.

    Il est trop tôt pour produire une analyse satisfaisante de ce qui s’est passé, néanmoins il est de plus en plus évident que les gens vivent dans des silos informatifs très distincts et ne font plus confiance aux médias destinés à ce que nous appelions autrefois le grand public.

    BIO EXPRESS

    Fred Turner enseigne l’histoire des médias à l’université Stanford, en Californie. Il est l’auteur d’un ouvrage devenu un classique, « Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d’influence » (C & F Editions, 2012).

    Propos recueillis par Xavier de La Porte

    #Fred_Turner #Xavier_de_La_Porte #Silicon_Valley #Elections #Musk #Mary_Beth_Meehan

  • The Failures of Neoliberal Governance Paved the Way for Uber’s Conquest of the City
    https://jacobin.com/2023/10/uber-gig-work-neoliberal-city-governance-washington-dc

    22.10.2023 by Sara Wexler - An interview with Katie J. Wells, Kafui Attoh, Declan Cullen

    Uber conquered cities around the world in part by offering false, tech-based “solutions” to long-standing problems like broken public transit and underemployment. The company’s victory was made possible by decades of failed neoliberal policies.

    Uber and fellow rideshare companies like Lyft are now ubiquitous in US cities, a symbol of the success of Silicon Valley capitalism and the growth of precarious, low-wage gig work in the twenty-first century. Uber’s rise was far from peaceful; under the banner of “disruption,” the company has displaced traditional taxicabs and conquered markets by violating labor law and other regulations with impunity.

    In their book, Disrupting D.C.: The Rise of Uber and the Fall of the City, Katie J. Wells, Kafui Attoh, and Declan Cullen chart how Uber overcame early resistance to its operations in Washington, DC, a victory that provided a model for the company’s conquest of other cities around the globe. The authors argue that failed neoliberal policies by city governments in DC and elsewhere helped lay the groundwork for Uber’s rise — in large part by undermining citizens’ confidence that government could solve long-standing problems like broken public transit and underemployment. Jacobin contributor Sara Wexler recently interviewed Wells, Attoh, and Cullen about the conditions that allowed Uber to flourish, the false “solutions” it has offered to policymakers, and how we might restore faith in the public sphere.

    Sara Wexler

    Disrupting D.C. is about Uber’s rise to market dominance, but it’s equally about the material conditions that enabled Uber’s success. What were those conditions?

    Katie J. Wells

    Some of the conditions are more proximate and can be traced to the last fifteen years of capitalism’s development. Uber’s growth — and the rise of platform-based gig work more generally — can be traced to the specific political-economic conditions that emerged following the Great Recession. Those conditions were favorable for raising the necessary venture capital that underpinned Uber’s growth, as postrecession investors were incentivized to look for Silicon Valley start-ups and “unicorns” in the face of limited investment options.

    The Great Recession was also key to producing a workforce among the recently laid-off and those made precarious by the global downturn. Contextualizing Uber’s growth within these processes is key to contesting the idea that tech companies’ urban dominance is simply the result of innovation or progress.
    “Postrecession investors were incentivized to look for Silicon Valley start-ups and ‘unicorns’ in the face of limited investment options.”

    The conditions that gave rise to Uber’s dominance can also be traced to a set of longer-standing trends in cities. Since at least the early 1980s, US cities have faced financial limits brought on by deindustrialization and dwindling tax bases. A key response to these limits has been disinvestment in public services and a broader turn toward neoliberal governance that seeks market-based solutions, increasingly married with technology, to urban issues.

    Uber’s political project has shown a keen awareness of the problems facing cities and has succeeded in offering itself as a solution, even if it is a poor solution. Uber presents itself as an alternative to a crumbling public transit system, a poorly regulated taxi industry, increasing precarity for low-wage workers, and even an answer to deep-seated racial inequity. The ground for Uber’s attack on cities was prepared by a four-decade attack on the public sector.

    Sara Wexler

    The technology-driven answers to city problems proposed by companies like Uber may seem apolitical, but you argue that’s not the case. Can you explain your argument here? What do you find problematic about Uber’s “solutions”?

    Kafui Attoh

    One of Silicon Valley’s key successes has been to reframe urban problems as technical ones. The idea that technology offers solutions that are free from politics is not a new one. In fact, one could argue “tech solutionism” has been a key plank of neoliberal governance, but it has reached new heights over the past decade and a half.

    Automated vehicles (AVs) are a great case in point. The rise of Uber in the 2010s went hand in hand with a promise that Uber would build the city of the future. The media reported endlessly on the impending transformation of urban life by new technologies. Cities, lacking a different vision, bought into this futuristic vision that promised us smarter cities seamlessly connected by AVs and flying cars. Beyond limited testing, of course, we don’t really see AVs at work in Washington, DC, though there is an increasing scaling up in other cities like San Francisco where they have been fiercely resisted.

    We argue that questions around AVs — when they will arrive, how do we prepare for them, and so on — are largely a distraction from more pressing issues. Instead, we should focus on what the idea of AVs does right now to how we think about urban politics. When we hear claims that delivery robots can help eliminate food deserts, we foreclose other, nontechnological means of addressing urban problems. Food deserts don’t exist because we have absentmindedly placed people too far from food. They are a result of structural issues tied up with real estate, uneven urban development, social inequities, and public transport.
    “The solutions to urban problems are political in nature. We already have the technologies we need to begin to address them; what we lack is the political will.”

    Furthermore, there is very little evidence that these technological fixes even work and don’t make cities more unequal. In Washington, DC, for example, we show that many of these technological solutions — delivery and security robots, AVs, and platform technologies like Uber itself — build on and intensify the very problems they purport to solve. Delivery robots and limited AV routes tend to be deployed on college campuses and in DC’s glittering new condo complexes that mark the front line of the city’s rapidly gentrifying landscape. They are not catchall solutions; rather, they feed on and intensify the yawning gaps in the city’s landscape.

    The solutions to urban problems are political in nature. They involve deep discussions and struggles that ask what kind of city we want to live in and who should be able to live in it. We already have the technologies we need to begin to address them; what we lack is the political will. Uber’s promises are narrow and technocratic, inhibiting our ability to pursue democratic solutions that center normative ideals and public goods like public transport.

    Sara Wexler

    One way Uber cultivated friendly relations with local politicians early on was by promising to share its data with city governments. City officials argue that this data is valuable because it will help them solve issues like traffic congestion and transit deserts. You object to this idea.
    Declan Cullen

    First, the question of data production and ownership is important. Drivers produce the data that Uber commodifies and turns into big data. Uber can then use this data to do a wide range of things, from perfecting its algorithms and surveilling drivers to attracting capital and negotiating with city governments.

    The relationship with data is, however, asymmetrical. Uber has the data and cities want it. As we argue in the book, the lure of data is both real and understandable for cities. For urban planners, for example, data appears to be an unqualified good. They can use data to get a better picture of congestion, road usage, parking management, among many other things.

    At the same time, a single-minded focus on data is misplaced. The idea that city officials can sit down and look at screens that show the city working in real time is a popular one. Neoliberal and technocratic ideologies seek to convince us that everything from your daily routine to cities can be hacked.

    This ideal doesn’t reflect the reality of data. When a city like Washington, DC, receives data from Uber, it is not in real time. The data must be cleaned and shaped into a usable form. That process takes time, money, and expertise that cities often lack.

    Even if we could make that data usable, what might it tell us that we don’t already know about life in cities? This deification of quantitative data is a political strategy that seeks to advance technological solutions at the expense of democratic ones. Data can be very helpful, but it is not prescriptive.

    Sara Wexler

    You cite the challenges that gig work poses to workers’ organizing, such as atomizing workplace conditions: Uber makes it very difficult for its drivers to ever meet and talk with one another.

    However, your interviews with Uber drivers seem to show that most Uber drivers do not see themselves as workers — many see themselves as smarter than the average driver and think of Ubering as a side gig rather than a main career. This would seem to be an additional obstacle to organizing. How do you think these sorts of attitudes can be changed or overcome?
    Kafui Attoh

    The platform workplace, like many workplaces, is made up of strangers. But the platform workplace is unique in the extent to which it keeps workers strangers and creates barriers to them interacting with each other.

    The atomized and flexible nature of the work, including workers’ employment status as independent contractors, has limited expressions of worker solidarity. Uber’s claims that it employs independent contractors and the gamification of the app means that workers increasingly see themselves as not just trying to outsmart that app, but as pitted against one another in competition. The individualized and competitive nature of this work is difficult to overcome.

    The lack of physical space, like a shop floor or dispatch office, in which platform workers meet or congregate creates another material barrier to the possibility for notions of collective worker consciousness to emerge. There is no obvious place where you can turn a stranger — someone unknown and not one’s own — into someone for whom you do the hard work of caring, trusting, and maintaining relationships.
    “The platform workplace is unique in the extent to which it keeps workers strangers and creates barriers to them interacting with each other.”

    These relationships may not simply emerge from drivers being in the same place. There are also class and racial divisions among drivers. Some middle-class drivers we spoke to were embarrassed that they had to resort to Uber to make ends meet and feared the day someone they knew would get in their car. Others pointed out that they were aware of Uber’s exploitative nature, but they had figured out how to make it profitable for them by outsmarting the app and other drivers.

    Declan Cullen

    Despite these challenges, workers have succeeded in organizing. One example of this we show was at Washington, DC’s airport, where the ride-hailing parking lot put drivers in contact with each other and saw them able to strategize and organize, resulting in a moderately successful strike. Uber managed to successfully defeat this movement, but these processes of resistance are in their infancy and will hopefully grow as the nature of platform exploitation becomes more obvious.

    When workers see each other, talk with each other, and start to care about each other, the seeds of meaningful solidarity are sown. Without that collectivity, which requires physical proximity and place to be together, it feels hard to imagine that the attitudes common to workers in the gig economy will be overcome.

    Sara Wexler

    One of the central claims of your book is that Uber has been so successful because citizens have lowered their expectations of the government. As a result, citizens (and politicians) have looked to corporations instead of the government for solutions to structural problems.

    You argue that to combat this, confidence in the public realm needs to be restored. How might this be achieved?

    Katie J. Wells

    Few of the people we interviewed for Disrupting D.C. saw Uber as a perfect solution for the problems that so often define cities like DC. Yet one of our major findings was that even fewer saw such solutions coming from either city government or through the work of “politics proper.”

    In short, Uber’s success emerged in the context of the very low expectations we have that our political system can offer the kinds of solutions we need. The question of how to restore confidence in the possibility of politics is a difficult but crucial one.

    We don’t offer any prescriptive answers to this question in the book. Instead we point to all the different groups that are already building a new common sense not defined by Uber’s narrow worldview. We can pursue this achievement by collectively resisting Uber’s politics and by pursuing alternatives — like that of the Green New Deal, for instance.

    Contributors

    Katie J. Wells is a postdoctoral fellow at Georgetown University.

    Kafui Attoh is associate professor of urban studies at the School of Labor and Urban Studies at the City University of New York.

    Declan Cullen is assistant professor of geography at George Washington University.

    Sara Wexler is a member of UAW Local 2710 and a PhD student at Columbia University.

    #USA #villes #science #technologie #neoliberalisme #Uber #Silicon_Valley #urbanisme #gig_economy

  • ‘We will coup whoever we want!’: the unbearable hubris of Musk and the billionaire tech bros
    https://www.theguardian.com/books/2023/nov/25/we-will-coup-whoever-we-want-the-unbearable-hubris-of-musk-and-the-bill

    25.11.2023 by Douglas Rushkoff - Challenging each other to cage fights, building apocalypse bunkers – the behaviour of today’s mega-moguls is becoming increasingly outlandish and imperial

    Even their downfalls are spectacular. Like a latter-day Icarus flying too close to the sun, disgraced crypto-god Sam Bankman-Fried crashed and burned this month, recasting Michael Lewis’s exuberant biography of the convicted fraudster – Going Infinite – into the story of a supervillain. Even his potential sentence of up to 115 years in prison seems more suitable for a larger-than-life comic book character – the Joker being carted off to Arkham Asylum – than a nerdy, crooked currency trader.

    But that’s the way this generation of tech billionaires rolls. The Elon Musk we meet in Walter Isaacson’s biography posts selfies of himself as Marvel comic character Doctor Strange – the “Sorcerer Supreme” who protects the Earth against magical threats. Musk is so fascinated with figures such as Iron Man that he gave a tour of the SpaceX factory to the actor who plays him, Robert Downey Jr, and the film’s director, Jon Favreau. As if believing he really has acquired these characters’ martial arts prowess, in June Musk challenged fellow übermensch Mark Zuckerberg to “a cage match” after Zuck launched an app to compete with the floundering Twitter. Musk and Zuck exchanged taunts in the style of superheroes or perhaps professional wrestlers. “I’m up for a cage match if he is,” tweeted Musk. “Send Me Location,” responded Zuck from Instagram’s Threads.

    Billionaires, or their equivalents, have been around a long time, but there’s something different about today’s tech titans, as evidenced by a rash of recent books. Reading about their apocalypse bunkers, vampiric longevity strategies, outlandish social media pronouncements, private space programmes and virtual world-building ambitions, it’s hard to remember they’re not actors in a reality series or characters from a new Avengers movie.

    Unlike their forebears, contemporary billionaires do not hope to build the biggest house in town, but the biggest colony on the moon

    Unlike their forebears, contemporary billionaires do not hope to build the biggest house in town, but the biggest colony on the moon, underground lair in New Zealand, or virtual reality server in the cloud. In contrast, however avaricious, the titans of past gilded eras still saw themselves as human members of civil society. Contemporary billionaires appear to understand civics and civilians as impediments to their progress, necessary victims of the externalities of their companies’ growth, sad artefacts of the civilisation they will leave behind in their inexorable colonisation of the next dimension.

    While plans for Peter Thiel’s 193-hectare (477-acre) “doomsday” escape, complete with spa, theatre, meditation lounge and library, were ultimately rejected on environmental grounds, he still wants to build a startup community that floats on the ocean, where so-called seasteaders can live beyond government regulation as well as whatever disasters may befall us back on the continents.

    To escape “near-term” problems such as poverty and pollution, Jeff Bezos imagines building millions of space colonies housing trillions of people on the moon, asteroids and in other parts of the solar system, where inhabitants will harvest the resources of space for themselves and those left back on Earth. Elon Musk is convinced he will build a city of a million people on Mars by 2050 at a cost of up to $10bn a person. The ChatGPT impresario Sam Altman, whose board of directors sacked him as CEO before he made a dramatic comeback this week, wants to upload his consciousness to the cloud (if the AIs he helped build and now fears will permit him).

    Oddly enough, while their schemes are certainly more outlandish, on an individual basis today’s tech billionaires are not any wealthier than their early 20th-century counterparts. Adjusted for inflation, John Rockefeller’s fortune of $336bn and Andrew Carnegie’s $309bn exceed Musk’s $231bn, Bezos’s $165bn and Gates’s $114bn.

    But, as chronicled by Peter Turchin in End Times, his book on elite excess and what it portends, today there are far more centimillionaires and billionaires than there were in the gilded age, and they have collectively accumulated a much larger proportion of the world’s wealth. In 1983, there were 66,000 households worth at least $10m in the US. By 2019, that number had increased in terms adjusted for inflation to 693,000. Back in the industrial age, the rate of total elite wealth accumulation was capped by the limits of the material world. They could only build so many railroads, steel mills and oilwells at a time. Virtual commodities such as likes, views, crypto and derivatives can be replicated exponentially.

    What evidence we do see of their operations in the real world mostly take the form of externalised harm. Digital businesses depend on mineral slavery in Africa, dump toxic waste in China, facilitate the undermining of democracy across the globe and spread destabilising disinformation for profit – all from the sociopathic remove afforded by remote administration.

    Zuckerberg’s wife joked that three people went on their honeymoon to Rome: Mark, Augustus Caesar and herself

    Indeed, there is an imperiousness to the way the new billionaire class disregard people and places for which it is hard to find historical precedent. Zuckerberg had to go all the way back to Augustus Caesar for a role model, and his admiration for the emperor borders on obsession. He models his haircut on Augustus; his wife joked that three people went on their honeymoon to Rome: Mark, Augustus and herself; he named his second daughter August; and he used to end Facebook meetings by proclaiming “Domination!”

    While we should be thankful he has chosen to emulate Augustus instead of, say, Caligula, he is nonetheless aspiring toward the absolute power – and hairstyle – of a Roman dictator. Zuckerberg told the New Yorker “through a really harsh approach, he established two hundred years of world peace”, finally acknowledging “that didn’t come for free, and he had to do certain things”. It’s that sort of top down thinking that led Zuckerberg to not only establish an independent oversight board at Facebook, dubbed the “Supreme Court”, but to suggest that it would one day expand its scope to include companies across the industry.

    At least Zuckerberg’s anti-democratic measures are expressed as the decrees of a benevolent dictator. Musk exercises no such restraint. In response to the accusation that the US government organised a coup against Evo Morales in Bolivia in order for Tesla to secure lithium there, Musk tweeted: “We will coup whoever we want! Deal with it.”

    Musk now has the ability to tweet this way as much as he likes: Twitter/X is his own platform. He bought it. So is Tesla. And that may be the key distinction of this strange moment. In the last gilded age, each titan owned and controlled pretty much one major industry. Rockefeller may have had the monopoly in oil but Carnegie dominated steel, Vanderbilt had shipping and the railroads, and JP Morgan was the banker.

    #USA #fascistes #silicon_valley #elon_musk #coup_d_état

  • Elon Musk et Peter Thiel mettent leurs fortunes et leurs réseaux au service de Donald Trump et de J. D. Vance
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2024/07/16/elon-musk-et-peter-thiel-mettent-leurs-fortunes-et-leurs-reseaux-au-service-

    Depuis plusieurs jours, la presse américaine montre qu’une partie des figures de la #Silicon_Valley, dont la population vote très majoritairement démocrate, a lourdement investi dans la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche. Elon Musk va ainsi financer la campagne de ce dernier à hauteur de 45 millions de dollars (41,3 millions d’euros) par mois, soit environ 180 millions de dollars d’ici à la présidentielle de novembre, a révélé le Wall Street Journal, lundi 15 juillet.

    [...]

    Elon Musk et Peter Thiel ont cofondé l’America PAC, un nouveau Super PAC (un « comité d’action politique », qui permet notamment de collecter des dons) destiné à soutenir Donald Trump. Les deux hommes ont pour cela largement puisé dans leur réseau : selon les informations du New York Times, l’un des directeurs du fonds est Joe Lonsdale, cofondateur avec Peter Thiel de la start-up spécialiste du traitement de données et du renseignement Palantir, qui a personnellement contribué au Super PAC à hauteur de 1 million de dollars.

    edit trouvaille : https://justpaste.it/g5ivd

    #bitcoins #surveillance #capitalisme_de_plateforme

  • Donald Trump et Elon Musk, l’alliance techno-populiste
    https://www.latribune.fr/economie/international/donald-trump-et-elon-musk-l-alliance-techno-populiste-1001628.html

    Les deux magnats se sont rencontrés cet hiver. Une partie de la Silicon Valley glisse vers la droite extrême, prônant la supériorité de la technologie sur les règles démocratiques.

    Étienne de Metz, correspondant à New York
    07 Juill 2024, 6:20


    Elon Musk et Donald Trump en mai 2020, en Floride. (Crédits : © LTD / ALEX BRANDON/AP/SIPA)

    Mais pourquoi Donald Trump s’est-il trouvé un soudain intérêt pour la Silicon Valley ? Dans ce bastion ultralibéral, où près de 38 % de la population est née à l’étranger, à peine 25 % d’entre eux ont voté pour lui en 2020, manifestant une certaine indifférence sinon de la méfiance à l’égard de son discours populiste. « Une personne sur deux a l’anglais pour seconde langue », remarque Fred Turner, professeur de communication à Stanford, spécialiste des technologies.

    Lire aussiLa Cour suprême américaine étend l’immunité de Trump, son procès fédéral est repoussé

    Une raison évidente est que la Vallée est devenue au fil des ans un mécène prépondérant des campagnes électorales. « Beaucoup de gens viennent ici à la recherche d’argent et de pouvoir », souligne Fred Turner. Et « avoir des amis dans la tech, c’est avoir accès à beaucoup de moyens financiers », complète l’analyste Carolina Milanesi, fondatrice de The Heart of Tech, qui fournit entre autres des expertises en matière d’environnement et de gouvernance. Comme en 2020, la course au cash passe à nouveau par la baie de San Francisco : Joe Biden y est venu lever des fonds à la mi-mai, son concurrent conservateur le 6 juin. Mais si les démocrates attirent 72 % des dons de la tech contre à peine plus de 22 % pour les républicains, selon une étude du groupe non partisan OpenSecrets, il faut toutefois scruter au-delà du seul volet financier. En frayant avec l’idéologie libertaire qui caractérise la Silicon Valley, Donald Trump réussit à séduire de plus en plus d’entrepreneurs avec son projet populiste. Et pas n’importe lesquels.
    « Subtile comme une brique »

    Le 3 mars, à l’autre bout du pays, le candidat prenait langue avec Elon Musk. Il avait invité le fondateur de Tesla à discuter avec un cénacle de riches donateurs conservateurs dans sa forteresse floridienne de Mar-a-Lago. L’information, révélée par le New York Times, a produit ses hoquets médiatiques, le frisson des démocrates et l’ivresse des républicains. « Pour être super clair, je ne donne d’argent à aucun des candidats à la présidentielle », a twitté Elon Musk le surlendemain, comme pour apaiser la bronca.

    Une tentative de masquer sa préférence pour l’ogre blond « subtile comme une brique », a ironisé la journaliste Kara Swisher, chroniqueuse acerbe des frasques des techno-milliardaires depuis trois décennies. Car si les deux magnats ont toujours entretenu des rapports houleux, cela ne les a jamais empêchés de trouver des terrains d’entente. Fin mai, le Wall Street Journal rapportait que Donald Trump envisageait même de proposer à Elon Musk un poste de conseiller dans une éventuelle seconde administration.
    Anti-Biden

    Depuis 2008 à la tête de Tesla, la première firme commercialisant en masse des véhicules électriques, propriétaire du réseau X (ex-Twitter), le milliardaire a une conception « absolument sélective » de la liberté d’expression, selon Wayne Steger, politologue spécialisé des réseaux sociaux à l’université DePaul. Ainsi, deux ans après la fin du mandat de Trump, Elon Musk appelait de ses vœux en 2022 l’élection d’un Congrès républicain à mi-mandat.

    Depuis, il épouse chaque jour un peu plus les thèses de l’extrême droite américaine. « Musk s’est beaucoup exprimé sur l’affirmative action [une politique de discrimination positive en place depuis les années 1960 dans les universités américaines retoquée par la Cour suprême en novembre dernier], explique Carolina Milanesi. Il voudrait que son interdiction s’étende au monde du business. » Le richissime industriel s’inquiète aussi d’une prétendue importation de migrants orchestrée par Joe Biden pour les faire voter, préparant, selon lui, « quelque chose de bien pire que le 11-Septembre ».
    1,25 million de dollars

    Musk n’est pas un cas isolé. Il n’est d’ailleurs pas le premier gourou de la tech à chuchoter à l’oreille de Trump. En 2016, le capital-risqueur Peter Thiel, d’habitude aussi discret qu’influent, scandalisait ses pairs en participant à la convention républicaine qui canonisa l’ancien producteur de télévision. Voilà un « bâtisseur » qui n’a pas peur de dire la vérité au sujet d’une Amérique en ruine, déclamait alors l’investisseur le plus célèbre de la Silicon Valley, glissant une enveloppe de 1,25 million de dollars dans la tirelire de sa campagne. Thiel a cofondé en 1998 PayPal, l’une des plus grosses compagnies de paiement en ligne. Certains de ses anciens collègues, qui se font appeler la « mafia PayPal », ont monté d’autres entreprises influentes (LinkedIn, YouTube, Yelp...), et « ils adorent ce que fait Musk », témoigne Nick Pinkston, un startuper intégré à l’écosystème local depuis quinze ans : « Ils pensent que c’est un grand guerrier qui défend leurs idées. »

    Paradoxalement, la Silicon Valley est pétrie d’« idéaux culturels progressistes » et d’« idéaux politiques libertaires proches de la droite », explique Matt Carlson, qui enseigne à l’université du Minnesota. On y encourage les politiques d’inclusion migratoire des démocrates, tout en applaudissant aux projets de libéralisation économique proposés par les républicains. Si elle n’épouse pas strictement le programme du parti trumpiste, la tech américaine s’inscrit donc dans une défiance de l’establishment et aspire à une réduction de l’influence de l’État. Certaines innovations servent même à s’en émanciper. « L’adoption des crypto-monnaies, par exemple, vise en grande partie à s’éloigner du pouvoir centralisé et des institutions traditionnelles », poursuit Matt Carlson. Et même si les opinions culturelles du libertaire Musk sont plus libérales que celles de Trump, les deux hommes s’accordent sur la nécessité d’assouplir les réglementations gouvernementales.
    Marivauder avec des autocrates

    Aussi, la toile horizontale d’un village mondial qu’ont toujours revendiqué tisser les Gafam « pourrait tout autant muer en un système interconnecté autoritaire », met en garde Fred Turner, le professeur de communication. Il suffirait que ces mêmes dirigeants marivaudent avec des autocrates. Elon Musk le fait déjà, même si sa boussole pointe toujours vers l’opportunisme. Avec la montée des nationalismes, il calque son lexique sur celui des populistes en croisade contre le « virus du wokisme ».

    Après l’Inde de Modi, la Chine de Xi Jinping ou le Brésil de Bolsonaro, le « Technoking » - son titre officiel à la tête de Tesla - ne cache plus son admiration pour l’Argentine de Javier Milei. Là-bas gisent d’énormes réserves de lithium, un métal stratégique devenu le « nouveau pétrole » essentiel à la confection des batteries qui équipent les voitures Tesla. Au printemps, Javier Milei a rendu visite à Musk sur l’un de ses sites texans. Ce dernier lui a rendu la politesse en participant mi-juin, en visioconférence, à une messe libérale à Buenos Aires sur le rôle économique du nouveau gouvernement argentin.

    Ce vent nouveau souffle de plus en plus fort en Californie. Dans la Baie, certaines digues lâchent. « Depuis quelques années, les idées nationalistes font leur chemin dans les think tanks, sur Twitter ou dans les médias spécialisés, remarque Nick Pinkston. On commence à entendre un langage patriote qu’il n’y avait pas avant. » Le startuper, lui-même plutôt politisé à gauche, constate une polarisation grandissante parmi ses collègues.
    Mythologie des grands hommes

    Ce qui se traduit en espèces sonnantes et trébuchantes. David Sacks, un ami de Musk, incarne ce virage assumé. En 2021, il estimait le président sortant « disqualifié » en raison de son implication dans le putsch raté du 6 janvier. En 2024, il a participé au financement de la campagne de Ron DeSantis, ex-candidat républicain qui pensait battre Trump en le pastichant. Depuis que le gouverneur de Floride a jeté l’éponge, se rangeant derrière la bannière Trump, Sacks est devenu fan du leader républicain. Il a justifié son ralliement dans un long tweet posté le 6 juin, où il jugeait que Biden avait fait « une violente sortie de route ».

    Une autre figure de la tech, Marc Andreessen, cofondateur de Netscape, illustre ce tournant populiste. Proche par le passé du démocrate Al Gore, il a depuis pris la gauche progressiste en grippe. Au printemps, il se réjouissait de contribuer avec Elon Musk et d’autres sommités à canaliser le flot des donations en provenance de la Vallée vers le candidat populiste, révélait fin avril le magazine Puck. « Les plus grands soutiens de Trump se trouvent parmi les dirigeants ayant une influence disproportionnée », constate la doctorante Becca Lewis, chercheuse en histoire des technologies et de l’extrême droite à Stanford. Une réaction au fait que, ces dernières années, plusieurs chefs d’entreprise ont interagi avec le Parti démocrate sans trop de succès à leur goût ? « Ils se demandent s’ils pourraient sortir de l’impasse autrement », répond Nick Pinkston. En bas de l’échelle, « les jeunes ingénieurs ont beau être généralement plus progressistes que leurs patrons, ils n’en demeurent pas moins des fantassins », justifie pour sa part Fred Turner.

    Donald Trump envisageait de proposer à Elon Musk un poste de conseiller dans une éventuelle seconde administration

    La mythologie des grands hommes reste tenace dans le secteur. « Ce qui compte dans la tech, c’est d’être le bon leader avec la bonne machine : il subsiste une vieille croyance en la supériorité de la technologie sur la démocratie », explique Fred Turner. Elle a même été théorisée par Marc Andreessen, qui a publié l’automne dernier un « manifeste techno-optimiste ». Ce texte très commenté assure que c’est la technologie qui soignera notre monde malade, quitte à faire sauter certains verrous. « Les plus riches et politisés se demandent si le système démocratique n’est pas dépassé », témoigne Nick Pinkston. Pour Fred Turner, la question est déjà tranchée. Ces dirigeants « gèrent leurs entreprises de manière autoritaire et sont ouverts à un style de management similaire dans d’autres endroits, y compris à Washington », avertit-il.

    L’époque où la Silicon Valley avait « une relation privilégiée avec Barack Obama durant sa présidence » puis avait « publiquement soutenu Hillary Clinton » semble bien révolue, rappelle Margaret O’Mara, spécialiste de l’histoire de la tech à l’université de Washington. Dès la prise de fonction du magnat new-yorkais de l’immobilier, en 2017, les barons de la tech avaient montré patte blanche, diplomatie économique oblige, un défilé dans le Bureau ovale médiatisé à coups de sourires et de poignées de main. « De Sundar Pichai [Google] à Satya Nadella [Microsoft], tout le monde y est passé, se rappelle Carolina Milanesi, car il fallait s’assurer que l’administration Trump n’allait pas limiter leur champ d’action. »
    Normaliser les idées réactionnaires

    Certes, aujourd’hui, tout le monde dans la Vallée, où les intérêts restent très privés, n’est pas enthousiaste à l’idée d’un second mandat de Donald Trump : « Un tel degré de volatilité n’est pas bon pour le marché », estime Margaret O’Mara. Pour les entrepreneurs les moins excentriques, Musk fait figure de repoussoir, et « Biden est une option plus prévisible et plus sûre » pour de nombreuses entreprises, juge Carolina Milanesi. Mais la perspective de juteux contrats avec des fondations et instituts nationaux pour produire des biotechnologies ou des technologies militaires et de défense pourrait faire pencher la balance.

    En réalité, les promesses d’une tech qui allait apporter plus de liberté et d’égalité se sont heurtées aux réalités. En 2009, le mouvement populaire du Tea Party (la droite de la droite américaine) avait pris son essor grâce à Facebook, l’application lui servant de relais pour organiser des événements locaux. Depuis, d’autres plateformes normalisent les idées réactionnaires « en se disant garantes de la liberté d’expression », souligne Becca Lewis. L’entrepreneur conspirationniste Andrew Torba a lancé Gab, aux règles d’utilisation très souples. En rachetant Twitter (devenu X), Musk a « libéré l’oiseau », qui a viré à tribord, lesté de filtres de modération. Emblématique de cette tendance, Trump a créé son propre réseau, Truth Social (Vérité), relais favori des idées d’extrême droite. Et l’appli Parler, chambre d’écho de l’assaut du Capitole, suspendue un temps, a fait son grand retour cette année. « Sans compter les applications chrétiennes, ou de prière, que vous n’auriez jamais vues il y a dix ans », énumère Nick Pinkston.

    Depuis quelques années, les idées nationalistes font leur chemin dans les think tanks

    Nick Pinkston, start-uper

    Les outils de l’alt-tech, ou tech alternative, se sont fortement développés sous Trump « à un moment où le scepticisme envers les institutions était croissant », relève Margaret O’Mara. Et ils continuent de s’épanouir, « la frontière avec la tech traditionnelle étant de plus en plus poreuse », selon Becca Lewis. Dernièrement, Brad Parscale, le gourou numérique qui avait pris attache avec Cambridge Analytica - et ainsi contribué à la victoire de Donald Trump en inondant Facebook de publicités en 2016 - s’est vanté d’avoir mis au point une plateforme numérique reposant sur l’IA qui « révolutionnera les campagnes électorales » du monde entier.

    Cela montre le chemin parcouru depuis 1989, quand Ronald Reagan prédisait, quelques mois avant la chute du mur de Berlin : « Le Goliath du totalitarisme sera terrassé par le David de la puce électronique. » Les progrès technologiques allaient, disait-il, mater la dictature communiste : « La révolution des communications sera la plus grande force de promotion de la liberté humaine que le monde ait jamais connue. » Maintenant que David a bien grandi, il faut espérer qu’il ne chaussera pas les sandales de Goliath.

    #Politique #Silicon_Valley

  • On a parlé science-fiction, technologies et rapport au vivant en randonnée avec Alain Damasio
    https://www.nouvelobs.com/idees/20240407.OBS86782/on-a-parle-science-fiction-technologies-et-rapport-au-vivant-en-randonnee

    L’auteur culte de science-fiction publie un essai inspiré d’un séjour dans la Silicon Valley. Pour en parler, il nous a reçus chez lui, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Par Xavier de La Porte
    Publié le 7 avril 2024 à 8h30, mis à jour le 8 avril 2024 à 10h18

    Alain Damasio marche au pas de course dans les sous-bois d’une colline du Luberon, et disserte en haletant : « Le numérique a tout dématérialisé… Tout est devenu information et flux… Même les voitures d’aujourd’hui sont moins des machines de tôle que des réceptacles à données personnelles… On en conçoit une forme de nostalgie pour la matière qu’on constate jusque dans la SF… les auteurs passent leur temps à décrire avec mélancolie des usines et des… » Damasio se fige avant la fin de sa phrase. Il passe la main sur le tronc d’un arbre où apparaissent des formes qu’on dirait gravées par un artiste : « Tu vois ça ? Ces traces sont laissées par des vers qu’on appelle typographes. Avec Vinciane Despret, on s’amuse à confronter nos interprétations de ces écritures. C’est très marrant. » On a à peine le temps de jeter un coup d’œil au tronc qu’il reprend la marche encore plus vite.

    A l’origine, l’idée était juste de discuter avec Alain Damasio d’un essai qu’il publie ces jours-ci, « Vallée du silicium », fruit d’un voyage dans la Silicon Valley effectué en sortie de confinement. En soi, c’était déjà intrigant : lui, l’auteur de trois romans de science-fiction devenus des classiques, dont le dernier, « les Furtifs », peut se lire comme une critique en règle des technologies de surveillance, lui, le militant connu pour ses engagements politiques très à gauche, lui, à l’aura intellectuelle puissante mais très européenne, qui se promène dans l’épicentre mondial de la tech et du capitalisme numérique, cela attise la curiosité. Mais s’est ajoutée une autre dimension quand il a fixé le lieu du rendez-vous : la Zeste (zone d’expérimentation sociale terrestre et enchantée) qu’il a cocréée dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    #Silicon_Valley #Alain_Damasio #Xavier_de_La_Porte

  • Meloni, Musk et Michael Ende
    https://www.heidi.news/monde/en-italie-elon-musk-se-fait-le-porte-voix-de-l-extreme-droite

    Sujet d’enquête : quel relation existe entre le monde inventé par le gentil auteur anthroposophe Ende (en français : la fin) et le nouveau fascisme néolibéral ?

    Depuis la transformation de l’avocat de gauche et anthroposophe Otto Schily en ministre d’intérieur de la RFA on se doutait qu’il y a un lien bizarre entre anrhroposophes, fascistes et l’impérialisme états-unien. Depuis le triomphe de l’idéologie « objectiviste » d’Ayn Rand, une sorte d’anti-humanisme plus radical que l’anti-semitisme éliminatoire nazi, au sein de l’élite de la silicon valley on voit un peu plus clair.

    Toujours est-il un mystère que cache l’auteur pacifiste et anti-raciste de sombre et avide de sang dans son oeuvre. Il doit bien y avoir in élément dans son idéologie qui encourage sa récupération par les fratelli d’Italia.

    A Rome, Elon Musk se fait le porte-voix de l’extrême droite

    Le milliardaire était l’invité d’honneur de la fête annuelle du parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. L’occasion de mettre en garde contre la crise de la dénatalité ou le wokisme. Et de se faire une nouvelle fois le porte-voix des idées portées par l’extrême droite.

    C’était l’invité star de l’événement. Samedi 16 décembre, le milliardaire Elon Musk est monté sur la scène du festival « Atreju », la fête annuelle à Rome des jeunes militants de Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Un an après la montée au pouvoir de la leader d’extrême droite, l’événement était particulièrement attendu. Et le parti s’est payé un invité de marque.

    Pendant quatre jours, cette grande kermesse – qui emprunte son nom au héros du roman fantastique « L’histoire sans fin » – réunit des personnalités politiques, des sportifs et des journalistes. Cette année, le Premier ministre conservateur britannique Rishi Sunak et le leader de Vox, l’extrême droite espagnole, Santiago Abascal étaient aussi sur la liste des invités.

    Pourquoi c’est important ? Dans le monde de la droite conservatrice radicale, Elon Musk est un personnage « prestigieux », observe Fabio Chiusi, journaliste et auteur de « L’uomo che vuole risolvere il futuro », un ouvrage dans lequel il livre une analyse de la pensée du patron de Tesla et SpaceX.

    Il partage avec l’extrême droite « l’idée d’une liberté d’expression [absolue], la bataille contre la crise démographique et contre le wokisme », continue le journaliste. Créé à partir du mot anglais woke (éveillé), ce terme a été galvaudé depuis quelques années par des courants de droite conservatrice pour décrédibiliser les militants de gauche.

    Et peu importe si le patron de Tesla et SpaceX prospère avec les voitures électriques détestées par Matteo Salvini, chef de la Lega, ou s’il est en faveur de la gestation pour autrui que Giorgia Meloni tient en horreur. L’extrême droite évite les sujets qui fâchent. Et pour le reste, elle « peut dire que ses idées sont partagées par celui qui change le monde », commente Fabio Chiusi.

    La survie de l’humanité. C’est qu’Elon Musk en est convaincu : le politiquement correct, la dénatalité ou encore un certain usage de l’intelligence artificielle mettent en péril le futur de l’humanité. Et la vision politique incarnée par les partis conservateurs, comme Fratelli d’Italia, peut en assurer la survie.

    Samedi, c’est donc avec l’un de ses onze enfants dans les bras qu’il s’est présenté devant le public italien. « Faire des enfants permet de créer une nouvelle génération. Et il n’y en aura pas si les gens ne font pas d’enfants », a-t-il déclaré depuis la scène du Château Saint-Ange, à Rome, provoquant une vague d’applaudissements. En 2022, l’Italie a atteint un record historique en descendant sous la barre des 400’000 naissances. Un an après son arrivée au pouvoir, Giorgia Meloni assurait avoir fait de la dénatalité une « priorité absolue ».

    Et à l’instar de la Première ministre italienne, Elon Musk estime que l’immigration n’est pas une solution à la crise démographique. « Il faut faire plus d’Italiens pour sauver la culture d’Italie », a-t-il insisté.

    Ensuite, le milliardaire a mis en garde contre le « virus de l’esprit woke » qui, selon lui, s’empare des États-Unis et bientôt de l’Italie. Avant de ravir son audience en affirmant que « le changement climatique ne constitue pas une menace si grave à court terme ». Et s’il a assuré être « écologiste », il estime qu’il n’est pas possible de « se passer du pétrole et des énergies fossiles dans un avenir immédiat ».

    Un porte-voix des droites conservatrices et radicales. Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’affiche aux côtés de responsables politiques de droite conservatrice. En juin, il avait d’ailleurs déjà rencontré la Première ministre italienne, mais aucun détail n’avait filtré de leur entretien.

    Début novembre, il avait été interviewé par le Premier ministre britannique en personne, sur la réglementation, les risques et les opportunités de l’IA, à l’occasion d’un grand sommet sur le sujet. Un entretien que la presse britannique avait qualifié de « gênant ». Considéré par beaucoup comme un « gourou », Elon Musk est traité comme « un chef d’Etat » sauf que le milliardaire ne sert que ses intérêts, observe Fabio Chiusi. Contrairement aux politiques, « la Constitution ne l’oblige pas à servir les intérêts de la collectivité », continue-t-il.

    Outre-Atlantique, Elon Musk a également exprimé son soutien au nouveau président argentin Javier Milei. « La prospérité est sur le point d’arriver en Argentine », a-t-il écrit après sa victoire le 19 novembre.

    Enfin, c’est lui qui a permis à Donald Trump de faire son grand retour sur le réseau X (ex-Twitter), dont il avait été banni juste après les violents affrontements du Capitole, en janvier 2021. Selon Le Monde, « Elon Musk a dérivé vers une haine des démocrates et des progressistes et se trouve désormais aux confins de l’extrême droite complotiste et antisémite ».

    Parfois il suffit de consulter d’autres versions de Wikipedia pour obtenir des indices.
    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Die_unendliche_Geschichte

    Andreas von Prondczynsky sah Die unendliche Geschichte als „im Netz bürgerlicher Moral und ökonomischer Zweckrationalität“ befangene Mischung von „christologischem Mystizismus“ und „Sozialkritik in der Orientierung romantischer Denkweise“. Ende übe Kritik am Vernunft-Mythos, wie er sowohl der technologischen Rationalität als auch einer ökonomisierten Subjektivität zugrunde liege. Im Widerspruch dazu verfolge er jedoch in diffusen „Mysterien der Alten“ vernunftorientierte bürgerliche Tugenden.

    Hermann Bausinger deutete die beiden Bücher Michael Endes, „Die unendliche Geschichte“ und „Momo“, als Eskapismus, der von narzisstischen, an der Zukunft zweifelnden Jugendlichen begierig aufgenommen wird und ihnen zur Flucht in die Unverbindlichkeit verhilft. Die präzise Trennung von Gut und Böse in Endes Phantastik ließe eine geschlossene Welt entstehen, in der nichts sinnlos, alles von Bedeutung erscheine und fern realistischer Konflikte zu folgenloser Identifikation einlade. Er sprach in Zusammenhang mit Endes Werken von „Placebo-Effekten“. Die Leser sähen in Endes Erzählungen ihr Bedürfnis nach positiven Weltentwürfen befriedigt, so dass sie ihnen Wirkungen zuschrieben, deren Muster im Text gar nicht angelegt seien.

    Von ihm und anderen Kritikern wurde Die unendliche Geschichte als Aufforderung zur Weltflucht angesehen. Dem widerspricht Růžena Sedlářová. Das Buch mache deutlich, dass der Autor nicht die Phantasie der realen Welt überordnen, sondern beide in Einklang bringen wolle, etwa indem Koreander zu Bastian in Kapitel XXVI. sagt: „Es gibt Menschen, die können nie nach Phantásien kommen […] und es gibt Menschen, die können es, aber sie bleiben für immer dort. Und dann gibt es noch einige, die gehen nach Phantásien und kehren wieder zurück. So wie du. Und die machen beide Welten gesund.“ Hier sehe man die Lehre von der Harmonie der Gefühle und der Vernunft, oder der Phantasie und der Realität, oder des Unbewussten und Bewussten. Ohne Kenntnis beider Ebenen sei es nicht möglich, zur Ganzheit zu gelangen. Bastian hätte so in dieser Geschichte seine Schattenseiten kennenlernen und sie auch überwinden und dadurch ein besserer Mensch werden können.

    Andere Literaturkritiker warfen Ende die scheinbare Naivität seiner Botschaft vor. In seinem Roman Momo etwa fände man eine ärgerliche „Romantisierung der Armut“. Darüber hinaus mündeten alle kritischen Befunde Endes in der Empfehlung, mit Selbstfindung, Selbsterkenntnis und Selbstveränderung als vorbildlichen Lebensmustern die Schäden der Zivilisation zu beheben.

    Ces citations fournissent quelques informations sur le mécanisme qui relie le monde imaginaire d’inspiration anthoposophique de Michael Ende aux besoins d’une organisation de jeunesse neofasciste. Tout le monde aime bien s’enfuir dans des psysages fantaisistes et c’est là ou les joueurs de flute fachos récupèrent les jeune âmes sans défense. Les lacunes intellectuelles de Ende induit par son penxhant pour le Steinerisme en font apparamment un outil propice. Le choix des neoconnard italien est dans doute tombé sur Ende plutôt que sur Tolkien à cause de la proximité historique et culturelle de l’Italie et de l’Allemagne. Harry Potter aurait pu faire l’affaire mais les coùts de la licence nécessare et les choix politique de son auteure ont protégé l"apprenti sorcier de cette mésalliance.

    Et non, Ende et ses romans ne sont pas fascistes, seulement un peu kitsch :-)

    #USA #Italie #anthoposophie #fascisme #silicon_valley #objectivisme

    • Je n’associe pas l’œuvre de Michael Ende au fascisme.

      C’est par Périphéries que j’ai découvert son roman Momo :

      À la recherche des heures célestes
      https://www.peripheries.net/article320.html

      Il faut croire que Michael Ende, plus ou moins consciemment, partageait la foi de Thierry Fabre dans l’héritage méditerranéen : sa Momo est une petite fille solitaire qui a élu domicile sous les ruines d’un amphithéâtre romain à l’abandon, en périphérie d’une grande ville du Sud. Pauvre et sans instruction, elle dispose pourtant d’un trésor inestimable : elle a du temps à profusion. Du jour où ils font sa connaissance, les habitants de la ville s’attachent profondément à elle. Ils viennent la voir pour lui parler, et, même si elle ne dit rien, elle écoute avec une telle intensité qu’ils voient leurs problèmes résolus. Les enfants adorent se retrouver à l’amphithéâtre pour jouer, car ils ne jouent jamais aussi bien que quand elle est avec eux. C’est que le don d’écoute de Momo va de pair avec une imagination puissante, qui n’est pas sans lien avec sa capacité à écouter l’univers entier :

      « Certains soirs, après le départ de tous ses amis, elle restait assise, longtemps encore, seule au milieu de son vieil amphithéâtre au-dessus duquel, telle une coupole, s’étendait le ciel étoilé : elle écoutait le grand silence. Elle avait alors l’impression d’être assise au milieu d’une immense oreille cherchant à capter les bruits dans le monde des étoiles. C’était comme si elle écoutait une musique très douce et très puissante à la fois qui lui allait mystérieusement droit au cœur. »

      Autrement dit, Momo possède comme personne le secret de cette « musicalité de l’être » dont parle aussi Thierry Fabre. Mais un jour, d’étranges « hommes en gris » commencent à hanter les rues de la ville. Peu à peu, ils persuadent les habitants que leurs occupations quotidiennes - bavarder avec les clients quand ils sont coiffeurs ou restaurateurs, chanter dans une chorale, s’occuper de leur vieille mère, rendre visite à une amante secrète, jouer, dormir, rêvasser en regardant par la fenêtre... - représentent des « pertes de temps ». Ils leur proposent d’ouvrir un compte dans leur « caisse d’épargne du temps ». Dès lors, Momo ne reconnaît plus ses amis : ils désertent l’amphithéâtre, passent leur vie à courir sans savoir derrière quoi, n’ont plus de temps à se consacrer les uns aux autres. L’obsession de la rentabilité et de la réussite matérielle, le repli sur soi, l’acrimonie, dominent les relations sociales.

    • Justement, c’est complètement kitsch , on aime ou on n’aime pas.


      Je préfère La Cité des dragons qui est davantage terre à terre malgré l’histoire de la transformation de la mechante institutrice dragon en dragon blanc de la sagesse.
      C’est aussi kitsch mais moins ésothérique, et c’est plein d’ironie et d’éléments de parodie.
      Enfin, l’héroïne pricipale est un petite locomotive à vapeur. C’est imbattable.
      Puis dans le deuxième volume il y a une parodie des fascistes, les 13 corsaires voleurs d’enfants qui sont tellement bêtes qu’ils ne comprennent pas qu’ils ne sont que 12. Dans ces histoires simples l’auteur se passe de prèsque tout élément surnaturel et ésothérique, au contraire même les dragons sont comme tout le monde. Seulement les forces de la nature sont folles, un peu comme dans la physique quantique.

  • Adrian Daub, La Pensée selon la tech. Le paysage intellectuel de la Silicon Valley
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/32235

    https://cfeditions.com/pensee-tech

    La Pensée selon la tech est un livre passionnant pour qui s’intéresse aux influences intellectuelles et philosophiques des gourous de la tech américaine et aux stratagèmes des entreprises du secteur de la Silicon Valley. Il montre par quels procédés communicationnels la Silicon Valley transforme à son avantage une réalité souvent peu brillante. Elle n’invente pas nécessairement les idées mais les absorbe de manière très superficielle pour servir ses intérêts. Des lieux communs teintés d’académisme s’enracinent dans des traditions américaines anciennes et le tissu local. Leur banalité facilite leur recyclage, tandis que la passivité dispense de toute discussion. Entrepreneurs, bailleurs de fonds, leaders d’opinion, journalistes continuent à exporter les théories et le style de la Silicon Valley, grâce aux enseignements de la contre-culture des années 1960.

    Observateur clairvoyant, A. Daub livre un témoignage vivant issu de son vécu professoral dans le campus de Stanford. Des anecdotes servent d’accroches à des propos plus généraux tout en les illustrant. Le lecteur est fréquemment pris à partie. L’essai tire sa dynamique de ces effets de style et de sa liberté de ton. Il est loin d’être neutre : l’auteur livre un regard sans concession sur des pratiques qui ont droit de cité mais qui sont tout sauf égalitaires. On devine une certaine indignation sous la dénonciation de la casse sociale qui touche les femmes et tout un pan invisibilisé de travailleurs démunis. C’est pourquoi A. Daub montre la voie vers une pensée critique sur cette partie du monde que beaucoup de pays envient et cherchent à copier sans prendre garde à ses spécificités et ses côtés sombres. Son livre sonne comme un avertissement à ne pas reproduire le modèle tel quel. Il pousse à faire évoluer la représentation que l’on s’en fait et la vision des professionnels du secteur.

    #Adrian_Daub #Silicon_Valley

  • The Last Town - une ville contre la Silicon Valley (1/3) - Une ville assiégée - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/105698-001-A/the-last-town-une-ville-contre-la-silicon-valley-1-3

    Antonio, Laura, Ofelia, JT… Les habitants d’East Palo Alto sont les héritiers d’une longue tradition militante. Ils font front commun face aux géants du numérique et aux promoteurs immobiliers qui entendent redévelopper toute une partie de la ville et menacent d’expulsion les habitants les plus modestes. Peuvent-ils résister et faire entendre leur voix ?

  • Who Is BasedBeffJezos, The Leader Of The Tech Elite’s ‘E/Acc’ Movement?
    https://www.forbes.com/sites/emilybaker-white/2023/12/01/who-is-basedbeffjezos-the-leader-of-effective-accelerationism-eacc/?sh=80470f87a13f

    ndreessen Horowitz cofounder Marc Andreessen says @BasedBeffJezos is a “patron saint of techno-optimism.” Garry Tan, who cofounded the venture firm Initialized Capital before becoming CEO of Y Combinator, calls him “brother.” Sam Altman, who founded OpenAI — the company that finally mainstreamed artificial intelligence — has jokingly sparred with him on Twitter. Elon Musk says his memes are “🔥🔥🔥.”

    Andreessen, Tan, and several dozen other Silicon Valley luminaries have also begun aligning with a movement that “Jezos” claims to have founded: “effective accelerationism,” or e/acc. At its core, e/acc argues that technology companies should innovate faster, with less opposition from “decels” or “decelerationists” — folks like AI safety advocates and regulators who want to slow the growth of technology.

    At first blush, e/acc sounds a lot like Facebook’s old motto: “move fast and break things.” But Jezos also embraces more extreme ideas, borrowing concepts from “accelerationism,” which argues we should hasten the growth of technology and capitalism at the expense of nearly anything else. On X, the platform formally known as Twitter where he has 50,000 followers, Jezos has claimed that “institutions have decayed beyond the point of salvaging and that the media is a “vector for cybernetic control of culture.”

    So just who is the anonymous Twitter personality whose message of unfettered, technology-crazed capitalism at all costs has captivated many of Silicon Valley’s most powerful?

    Forbes has learned that the Jezos persona is run by a former Google quantum computing engineer named Guillaume Verdon who founded a stealth AI hardware startup Extropic in 2022. Forbes first identified Verdon as Jezos by matching details that Jezos revealed about himself to publicly available facts about Verdon. A voice analysis conducted by Catalin Grigoras, Director of the National Center for Media Forensics, compared audio recordings of Jezos and talks given by Verdon and found that it was 2,954,870 times more likely that the speaker in one recording of Jezos was Verdon than that it was any other person. Forbes is revealing his identity because we believe it to be in the public interest as Jezos’s influence grows.

    In a wide-ranging interview with Forbes, Verdon confirmed that he is behind the account, and extolled the e/acc philosophy. “Our goal is really to increase the scope and scale of civilization as measured in terms of its energy production and consumption,” he said. Of the Jezos persona, he said: “If you’re going to create an ideology in the time of social media, you’ve got to engineer it to be viral.”

    At its core, effective accelerationism embraces the idea that social problems can be solved purely with advances in technology, rather than by messy human deliberation. “We’re trying to solve culture by engineering,” Verdon said. “When you’re an entrepreneur, you engineer ways to incentivize certain behaviors via gradients and reward, and you can program a civilizational system."

    He expects computers to eventually solve legal problems too: "At the end of the day, law is just natural language code for how to operate the system, and there’s no reason why technology can’t have impact there in terms of social problems.”

    Not everyone agrees that engineering is the answer to societal problems. “The world is just not like that. It just isn’t,” said Fred Turner, a professor of communications at Stanford University who has studied accelerationism. “But if you can convince people that it is, then you get a lot of the power that normally accrues to governments.”

    E/acc is also a reaction to another Silicon Valley movement: effective altruism (or EA). While it was originally focused on optimizing each person’s ability to help others (and is known for some of its most famous adherents’ willingness to engage in fraud), EA has also become a hotbed for people concerned about whether AI might become sentient and murder humans — so-called “doomers” that Jezos says “are instrumental to forces of evil and civilizational decline.”

    “We’ve got to make sure AI doesn’t end up in the hands of a single company.”
    Guillaume Verdon

    “If we only focus on the end of the world, bio weapons, [artificial general intelligence] ending us all, then … we might engender our own doom by obsessing over it and it demoralizes people and it doesn’t make them want to build,” Verdon said.

    #Accelerationisme #Jezos #Religion #Intelligence_artificielle #Silicon_Valley