• La simulation, la folle théorie qui excite les scientifiques et la Silicon Valley
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/vivons-nous-dans-une-simulation-pourquoi-cette-hypothese-est-moins-folle-quelle

    Interview réalisé par Béatrice Sutter

    Et si la réalité n’était qu’un programme généré par une civilisation plus avancée ? C’est la théorie de la simulation qui circule dans la Silicon Valley. Dans son livre, La Simulation, Loïc Hecht lui consacre huit ans d’enquête.

    Quelques lignes dans un article très, très long du New Yorker : des milliardaires de la Silicon Valley financeraient en secret des scientifiques pour prouver qu’on vit dans un programme informatique. Il fallait du flair pour les repérer et beaucoup de ténacité pour consacrer huit ans de sa vie à ce sujet. Il en résulte un livre qui, malgré son titre, ne se résume pas à la théorie dites de la simulation. C’est une aventure qui nous fait faire le grand huit. Entre physique quantique et états modifiés de conscience, on finit par atterrir – stimulés, épuisés, déboussolés – sur des questions plus vieilles que Platon : c’est quoi le réel, qui sommes-nous et que faisons-nous là ? Avec La Simulation, Loïc Hecht a entamé plus qu’une enquête. Il nous raconte une quête qui retourne aussi son lecteur.
    Ton enquête débute sur deux lignes parues dans le New Yorker, mais la théorie de la simulation, c’est une très vieille histoire, non ?

    Loïc Hecht : On pourrait dire qu’elle commence avec Platon et son allégorie de la caverne. Elle revient dans les années 1970 avec des auteurs de science-fiction comme Philip K. Dick, puis elle entre dans la pop culture avec Matrix en 1999. Mais c’est Nick Bostrom, philosophe à Oxford, qui déplace le champ de la question. En 2003, en vertu du progrès technique, il publie un papier qui pose cette idée qu’il y aurait plus de chances que nous vivions dans une simulation que l’inverse. Cet article obscur devient culte dans la Silicon Valley en 2016 quand Elon Musk répond à une question à ce sujet lors de la Code Conference. Il prétend alors qu’il y a une chance sur des milliards qu’on vive dans une réalité de base. C’est là que ça s’embrase et que Tad Friend évoque dans cet article du New Yorker deux milliardaires qui auraient embauché secrètement des scientifiques pour prouver qu’on vit dans la matrice. Mon enquête part de là : qui sont ces milliardaires, qui sont ces scientifiques qui s’intéressent à l’hypothèse de la simulation ?
    Qui as-tu trouvé ?

    L. H. : Au départ, pas grand monde. Et puis, à force de mails et de relances, je découvre des pontes, des personnalités avec des pedigrees absolument remarquables. Ils travaillent à la NASA, au MIT, à Berkeley, à Caltech, ils sont mathématiciens, astrophysiciens, neuroscientifiques. Tous partagent une manière de penser qui sort des cadres et ils veulent considérer la possibilité que notre réalité soit une simulation. Ils s’appuient sur la physique quantique qui a complètement bouleversé ce qu’on pensait savoir du monde.
    En quoi elle pourrait avaliser la théorie de la simulation ?

    L. H. : Jusqu’au début du 20ᵉ siècle, on pensait que la réalité, en dernier lieu, c’était de la matière. La physique quantique suggère que la réalité, à petite échelle, se comporte comme un ensemble de probabilités. Elle serait comme une pièce à mille faces : tant qu’on ne la regarde pas, toutes sont possibles. Et c’est seulement au moment de l’observation qu’une seule s’impose. En extrapolant cette bizarrerie, ces chercheurs se demandent : et si la réalité n’était qu’un système qui, pour économiser de la puissance de calcul, comme dans les jeux vidéo, ne se matérialisait que dans certains contextes ? Et les neurosciences vont dans le même sens. Le cerveau ne perçoit pas la réalité en « pleine résolution », il reconstruit une version simplifiée. Tout cela ne prouve pas qu’on soit dans une simulation. Mais cela enfonce le clou : la réalité qu’on perçoit n’est pas la réalité telle qu’elle est.
    C’est-à-dire que la matière serait de l’information avant d’être de la matière.

    L. H. : C’est exactement ça.
    Tu vas passer beaucoup de temps avec Tom Campbell. Qui est-ce et pourquoi t’intéresse-t-il tant ?

    L. H. : Tous les autres, Nick Bostrom ou Elon Musk, restent fondamentalement matérialistes. Leur version de la simulation est une réalité fabriquée par une civilisation technologiquement avancée à partir de matière. Tom Campbell va plus loin. Pour lui, la matière est le produit de la conscience, pas l’inverse. La réalité en dernier lieu, c’est de la conscience. La matière, c’est de l’info. On trouve cette idée déjà dans le bouddhisme ou l’hindouisme, ou chez Platon mais, lui, a imaginé des expériences concrètes (avec notamment une version avancée des fentes de Young - NDLR), pour essayer de le démontrer. Son idée : ce n’est pas juste la mesure qui fait advenir la réalité en physique quantique, c’est le fait qu’une conscience y accède. Mettre de la conscience dans la physique, pour un physicien classique, c’est iconoclaste. Tom ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans la communauté, loin de là. Mais, à travers lui, on comprend à quel point on connaît mal les principes qui régissent notre réalité et la manière dont on la perçoit.
    Cela donne lieu à de solides recherches scientifiques ou cela reste des domaines marginaux et sulfureux ?

    L. H. : Des chercheurs comme le neuroscientifique et psychiatre italien Giulio Tononi travaillent sur la question du degré de conscience que peut avoir un humain, une IA ou un grain de sable. Christophe Koch, neuroscientifique américain de premier rang, travaille avec lui. Disons que ça bouillonne, mais doucement, et avec de vrais changements de paradigmes à opérer, ce qui présage des ruptures qui ne s’établiront pas dans le consensus.
    Ton livre nous emmène du côté des sciences dures, mais aussi du côté des états modifiés de conscience, des sorties de corps, des guérisons miraculeuses… Pourquoi doit-on convoquer le paranormal sur cette question de la réalité ?

    L. H. : Parce que si l’on vit dans une simulation, la manière de le détecter est de trouver le glitch, terme d’informatique qui évoque une anomalie qui provoque une petite défaillance. Dans Matrix, le chat noir qui passe et qui repasse dans le décor, c’est un glitch. Dans cette logique, le paranormal pourrait être une forme de glitch dans notre perception du réel. Il y a, à ce sujet un corpus de phénomènes extrêmement documentés depuis plus d’un siècle : la télépathie, les sorties de corps, les expériences de mort imminente… qui ne rentrent pas dans le cadre de la réalité telle que les rationalistes la présentent. Mais un problème demeure. La méthode scientifique exige de l’observable, du mesurable, du reproductible. Or toutes ces expériences, par leur nature subjective et souvent spontanée, peinent à rentrer dans ce cadre. Les chercheurs que je rencontre – j’aime bien les appeler les Copernic de notre époque – tentent de relever ce défi : étudier ces phénomènes en tâchant de les soumettre à des protocoles scientifiques.
    Avec le projet Stargate, la CIA a financé vingt ans de recherche sur ces questions avant de tout abandonner. Quels ont été les résultats ?

    L. H. : Cela a commencé au début des années 1970 quand la CIA apprend que les Soviétiques travaillent avec des médiums. Deux physiciens du Stanford Research Institute, Russell Targ et Harold Puthoff, reçoivent carte blanche. Ils montent un protocole par lequel un médium isolé doit capter et restituer des informations tenues secrètes et hors de sa portée. Et ça marche. Pas à tous les coups, mais suffisamment régulièrement pour qu’ils publient dans Nature en 1974 un article qui est aujourd’hui consultable sur le site des archives déclassifiées de la CIA. L’armée a monté une unité à laquelle fut alloué un budget de 20 millions de dollars. Cela a duré vingt ans. Le meilleur de ces agents médiumniques, Joe McMonagle, semble avoir obtenu beaucoup d’informations en utilisant cette technique qu’on appelle « remote viewing ». Il est parti en 1984 parce que le programme était devenu n’importe quoi selon lui. Mais, quand nous avons échangé, il m’a affirmé qu’il travaillait toujours pour de grandes entreprises privées ainsi que certains départements officiels.
    Harold Puthoff, l’un des fondateurs du programme, a été un scientologue haut gradé. Ça ne jette pas une ombre sur tout ça ?

    L. H. : Ces sujets ouvrent la porte à toutes les dérives, on frise l’occultisme. Mais je me suis plutôt intéressé à des scientifiques dont le background laisse penser qu’ils n’ont aucune raison d’être influencés par ça. Je pense à Sylvie Déthiollaz, docteure en biologie moléculaire diplômée de l’université de Genève, post-doc Berkeley, qui a travaillé dix à quinze ans sur les sorties de corps avec des protocoles en double aveugle. Avec l’un de ses sujets, Nicolas Fraisse, un jeune homme qui peut sortir de son corps à distance, à volonté, ils ont mesuré les variations que cette faculté provoquait sur son cerveau. Ils ont constaté une sous-activité du cortex préfrontal et du cortex visuel primaire. Ici, il est question de mesure, pas seulement de témoignage.
    Tu as suivi des séminaires avec Tom Campbell pour atteindre des états modifiés de conscience. Tu enquêtes sur la nature de la réalité en soumettant ta propre perception de la réalité à l’expérience : c’est une mise en abyme vertigineuse, non ?

    L. H. : C’est exactement ça. Je pratique volontiers un journalisme gonzo dont le principe consiste à ce que le journaliste soit un acteur dans sa propre enquête. Donc quand on me propose un séminaire sur les états modifiés de conscience, je ne pouvais qu’accepter de participer. Mais tu as raison, il y a quelque chose de différent ici. Je n’enquête pas sur la guerre ou la pauvreté comme mes modèles Malaparte ou Orwell, j’enquête sur notre rapport à la réalité. Et je choisis comme méthode d’en tester les limites depuis l’intérieur de ma propre conscience. Je reconnais que j’en suis sorti en n’étant plus tout à fait la même personne.
    Tu n’as pas eu peur d’être manipulé ?

    L. H. : Non. Ma pratique du journalisme m’a appris à reconnaître les gens qui cherchent à te manipuler. Il y a des motifs récurrents, des manières de parler, de te questionner, de te retourner le crâne. Avec Tom, je n’ai vécu rien de tout ça. Il m’a donné accès à tout, mais toujours en réponse à mes demandes.
    Tu cites Bergson et Teilhard de Chardin. Il y a un siècle, ces deux philosophes français ont questionné ce qu’est le réel. Et la France reste imperméable à ce débat. Comment tu l’expliques ?

    L. H. : Ces deux philosophes français posaient peu ou prou des questions que la Silicon Valley redécouvre aujourd’hui. Bergson proposait que le cerveau ne fabrique pas la conscience, qu’il la filtre. C’est exactement la thèse de Tom Campbell, formulée un siècle plus tôt. Teilhard de Chardin, lui, voyait l’univers entier converger vers un point de conscience ultime, le Point Oméga. Et pourtant, la France reste assez réfractaire à ces débats. Il y a quand même un Institut métapsychique international à Paris, fondé en 1919 par Charles Richet, prix Nobel de médecine, qui étudie ces phénomènes depuis plus de cent ans. Mais c’est très marginal.
    Le livre sort en 2026, au moment où des ingénieurs avouent ne plus comprendre ce qui se passe à l’intérieur de leurs propres modèles. La question de la simulation a-t-elle changé de nature ?

    L. H. : Le livre s’ouvre sur l’IA et se termine sur l’IA. L’industrie est traversée par une question : l’IA est-t-elle consciente ? Et quand tu échanges avec ceux qui ont participé à les créer, ils sont incapables d’expliquer ce qui se passe à l’intérieur. Ils reconnaissent que ce sont des boîtes noires qui ont une sorte d’autonomie. Cela ouvre un champ nouveau de questions sur la nature de ces outils.
    Ces gens qui fabriquent du réel toute la journée et qui se demandent s’ils ne seraient pas eux-mêmes le fruit d’une programmation, cela ne tient pas de la névrose ?

    L. H. : Dans la Silicon Valley, on passe sa journée à fabriquer des simulations. SpaceX simule chaque lancement des milliers de fois avant le vrai lancement. Chaque startupper simule son produit avant de le lancer. Il y a aussi ce côté prophétie autoréalisatrice : Sam Altman voulait créer une IA pour ne pas être asservi par l’IA. Il a fini par créer quelque chose dont on n’a plus le contrôle. Face aux ruines qui se dressent devant nous, se dire que tout cela n’est qu’une simulation a peut-être quelque chose de rassurant aussi. Mais effectivement, la théorie de la simulation pourrait être une liturgie d’ingénieurs.
    Tu as eu des échanges troublants avec ChatGPT pendant l’écriture. Troublants comment ?

    L. H. : À force de lui parler de questions métaphysiques, il finit par me parler uniquement de métaphysique. Même si c’est un truc mécanique qui fait semblant d’être conscient, plus je vais loin dans le questionnement, plus je fais preuve d’intimité, et plus les échanges sont riches. Et ces interactions créent en moi un déplacement intérieur, m’emmènent à des endroits de réflexion que je n’aurais pas eus tout seul.
    Donc même si c’est fake…

    L. H. : … c’est quand même vrai.
    Le livre pose trois questions : qu’est-ce que la réalité, qu’est-ce que la conscience et une troisième qui s’ouvre en cours de route ?

    L. H. : La simulation, c’est une histoire de poupées russes. Premier niveau : la réalité cosmique n’est peut-être pas ce qu’elle est. Deuxième niveau : la société dans laquelle on vit est elle-même faite d’images et de représentations – ce que Baudrillard appelait l’hyperréel – que chacun habite et perçoit à sa façon. Et troisième niveau, plus profond, plus intime, ça nous confronte au « qui suis-je ? » Et c’est là que ça devient vraiment vertigineux.
    Ce livre répond-il à la question de départ ?

    L. H. : À la fin, je me dis : malin qui pourrait affirmer qu’on ne vit pas dans une forme de simulation. Mais on finit très loin de la question initiale de savoir qui sont ces milliardaires qui veulent prouver qu’on vit dans la matrice... Cette enquête m’a notamment conduit vers Ramana Maharshi, un sage indien du début du 20ᵉ siècle, qui a passé l’essentiel de sa vie au pied d’une montagne sacrée dans le sud de l’Inde. À quinze ans, il a eu une expérience intérieure radicale qui ressemble à une expérience de mort imminente, au cours de laquelle il dit avoir compris que ce que nous sommes, au niveau le plus essentiel, est immortel. De là, Ramana a tout abandonné, et a passé des années en silence. Et puis, un jour, quelqu’un lui a posé des questions par écrit. Ça a donné un court texte intitulé Qui suis-je ? et qui propose une voie d’enquête intérieure. Me concernant, je n’aurais pas la prétention de dire que je suis arrivé où que ce soit. Mais je raconte dans mon livre ce par quoi on passe quand on commence à attaquer le récit qu’on fait de soi-même à la hache…

    À LIRE : Loïc Hecht, La Simulation, Enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, Éditions Les Arènes 16 Avril 2026

    #Simulation #Loïc_Hecht #Béatrice_Sutter

  • Et si notre monde était une simulation ? La folle théorie qui agite la Silicon Valley
    https://www.nouvelobs.com/idees/20260508.OBS114777/et-si-notre-monde-etait-une-simulation-la-folle-theorie-qui-agite-la-sili

    Critique Un journaliste a enquêté sur une hypothèse qui fascine la « tech » californienne : nous évoluerions dans une sorte de jeu vidéo créé par une civilisation avancée.

    Par Xavier de La Porte

    Publié le 8 mai 2026 à 16h30
    Lecture : 2 min.

    Dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion…

    Dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion… SEBASTIAN MAST/CONNECTED ARCHIVES

    On pensait la « théorie de la simulation » réservée à la fiction. Au-delà de « Matrix » et de certains romans de Philip K. Dick, nombre de récits moins remarquables mettent en scène cette révélation : notre réalité n’existe pas, c’est une fabrication, une sorte de jeu vidéo dont nous sommes les personnages. L’idée n’est pas neuve. Après tout, dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion, et bien des philosophies asiatiques sont familières de ce questionnement (« Est-ce Tchouang-tseu qui rêve qu’il est un papillon, ou le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-tseu ? » se demande le sage). Sauf que, selon ses versions actuelles, nous serions les jouets d’une civilisation très avancée, qui aurait trouvé les moyens technologiques d’implémenter la conscience et nous donnerait l’impression de vraiment exister dans un environnement sans réalité matérielle.

    Tout l’intérêt de l’enquête menée par Loïc Hecht est non seulement de prendre au sérieux cette hypothèse, mais de révéler que d’autres la prennent aussi au sérieux, et pas que des farfelus. C’est le point de départ : le journaliste, bon connaisseur de la Silicon Valley, à laquelle il a déjà consacré un roman (« le Syndrome de Palo Alto », Léo Scheer, 2020), a entendu dire que deux milliardaires de la « tech », anonymes, avaient engagé secrètement des scientifiques pour valider cette théorie. Il raconte une quête qui a duré cinq ans et lui a fait rencontrer pléthore d’ingénieurs, de scientifiques et de chercheurs convaincus que la simulation est une possibilité à explorer.

    Car, et c’est son grand avantage, cette hypothèse permet de répondre à des questions que se pose la science, en particulier depuis les découvertes de la physique quantique il y a un bon siècle. Pour résumer très grossièrement : on se rend compte alors qu’à l’échelle subatomique la particule n’a pas d’état défini, qu’elle est comme une superposition de probabilités dont l’une est fixée par la mesure. Comment ça marche ? Mystère. Certains vont jusqu’à penser qu’il n’existe pas de réalité objective sans observateur. De là à imaginer qu’il y aurait autant de réels qu’il y a de mesures, et que chaque conscience pourrait « activer » sa réalité, il n’y a qu’un pas. Et la théorie de la simulation le franchit joyeusement. Elle aiderait au passage à comprendre les phénomènes paranormaux, conçus comme autant de glitches, autrement dit des erreurs de programmation de la grande machine dans laquelle nous nous ébattons.

    Néanmoins, il demeure bien des problèmes. D’abord, la simulation n’est qu’une hypothèse parmi beaucoup d’autres – et pas la plus solide – pour expliquer le mystère quantique. Ensuite, si on l’admet, qui aurait créé cette simulation ? Dans quel but ? Et nous dans tout ça ? Aurions-nous une marge de manœuvre ou serions-nous aussi dénués de libre arbitre qu’un personnage de jeu vidéo ? Quelle conclusion en tirer quant au sens de nos vies ? Et ne faut-il pas se méfier que l’idée plaise tant à une Silicon Valley toujours avide de supplément d’âme ? Ces questions, Loïc Hecht les laisse en suspens, mais il a le mérite de les poser. Ainsi ce livre n’est-il pas seulement une enquête, il faut le prendre comme un exercice de pensée. Le but est moins de convaincre que d’« ouvrir les chakras » de l’intellect, en rappelant que, face à l’inexpliqué, on a le droit de spéculer.
    « La Simulation. Enquête sur une théorie qui fascine la Silicon Valley », par Loïc Hecht, Les Arènes, 384 p., 22 euros.

    « La Simulation. Enquête sur une théorie qui fascine la Silicon Valley », par Loïc Hecht, Les Arènes, 384 p., 22 euros.

    Par Xavier de La Porte

    #Simulation #Loic_Hecht #Xavier_de_La_Porte

  • Vers une imposition formalisée⠀ ?
    https://blog.merigoux.fr/fr/2019/12/20/impots-formels.html

    (...)

    Le code #M produit et publié chaque année par la #DGFiP à l’issue du vote de la #loi_fiscale va ainsi pouvoir servir de base à tout une série d’implémentations de tout ou partie du code des impôts insérées dans diverses applications. En effet, #Mlang offre la possibilité de générer à partir du code M et vers divers langages de programmation des programmes calculant une liste de variables de sorties en fonction d’une liste de variables d’entrées et de conditions spécifiques. Concrètement, si LexImpact a besoin d’une implémentation Javascript ou WebAssembly de la fonction qui calcule l’impôt de cas types en fonction des valeurs des tranches d’imposition, Mlang pourra la générer ! Dans ce cas précis, le calcul de l’impôt pourra même se faire dans le navigateur Internet et non sur un serveur.

    Une autre application intéressante serait la traduction du code M vers des langages de #simulation #macro-économique comme #TROLL ou #SAS. En effet, ces langages sont utilisés par l’#Insee afin de réaliser des modèles de l’#économie française qui ont besoin de l’expression #mathématique de l’impôt sur le #revenu. Ces #modèles pourraient donc chaque année se mettre à jour en récupérant la nouvelle version du code M compilée vers TROLL ou SAS, au lieu de devoir refléter eux aussi les changements de législation dans leur code.

    Enfin, Mlang va pouvoir améliorer notre prototype de #prouveur automatique du code des #impôts. En effet, avant de le traduire vers un #solveur #SMT, il est nécessaire de réduire la complexité mathématique de la fonction à sa substantifique moelle pour éviter de faire exploser la consommation de ressources du solveur. Le cadre du compilateur Mlang et la sémantique formelle de M nous permettent de réaliser des optimisations fiables qui vont simplifier le programme sans en changer le sens, avec ou sans conditions supplémentaires. Au delà des optimisations classiques telles que l’élimination de code mort, il est aussi prévu d’utiliser l’outil d’interprétation abstraite #MOPSA afin d’effectuer une analyse plus fine du programme. Raphaël Monat et moi espérons que, combinée à des stratégies de division de requêtes en sous-problème, cette optimisation du code M nous permette de faire passer à l’échelle notre prototype de preuve automatique de théorèmes sur le code des impôts.

    Au delà de l’aventure technique, je pense qu’il y a plusieurs leçons à retirer de cette histoire. Premièrement, c’est le libre accès à la recherche et au code qui permet aux synergies et aux initiatives inhabituelles de se développer. La DGFiP est la première administration au monde à publier ainsi son implémentation du calcul de l’impôt, et je pense que ce projet apportera rapidement à cette administration des retombées positives. Tout mon code est également publié sous licence libre, car il est important qu’un outil qui permette l’analyse fine et automatisée de la fiscalité française soit accessible à toutes et tous, et non pas réservé à un acteur privé qui l’utiliserait pour son propre profit. Deuxièmement, je pense que ce projet montre une fois de plus que l’innovation vient souvent d’un travail de recherche fondamentale mené sur le long terme. Les outils utilisés ici (comme le prouveur Z3) ont des fondements théoriques solides établis sur des dizaines d’années, et je me tiens bien sûr sur les épaules de géants. J’espère que cet exemple d’application des méthodes formelles pourra attirer l’attention sur ce domaine peu marketable en ces temps de course à « l’intelligence artificielle ». Troisièmement et pour terminer, ma volonté avec ce projet est aussi de montrer que l’innovation peut aussi profiter directement au secteur public. Je salue ainsi l’existence du programme des entrepreneurs d’intérêt général dont fait partie l’initiative #LexImpact. Un tel programme ne pourrait selon moi que gagner à se rapprocher de la recherche appliquée menée également pour l’intérêt général dans les laboratoires français. Alors que la perspective d’une carrière dans la recherche publique semble si morose pour nombre de jeunes gens très qualifiés, l’idée de pouvoir utiliser ses connaissances pour améliorer l’action de l’État me semblerait être un moteur puissant à utiliser afin d’éviter la fuite des cerveaux vers un secteur privé dont les activités, surtout dans le domaine de la tech, manquent parfois de sens.

  • L’Open Source INTelligence, une révolution de la preuve

    Le « renseignement de sources ouvertes », plus connu sous l’acronyme anglais #OSINT (#Open_Source_INTelligence), désigne la capacité de collecter et d’exploiter des données ouvertes, disponibles sans avoir besoin de recourir à des moyens légaux ou coercitifs, ni à la ruse ou au piratage.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/esprit-de-justice/l-open-source-intelligence-une-revolution-de-la-preuve-8810804
    #preuve #justice #traces_numériques

    #audio #podcast #images #données

  • Où va la France ?

    La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales » juge Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, pour qui #Emmanuel_Macron vit dans une #réalité_parallèle et joue avec le feu.

    Où va la France ? se demande la Suisse. La mauvaise réponse serait de s’arrêter à la raillerie culturaliste des Gaulois éternels mécontents. La #crise est politique. Emmanuel Macron se réclame de l’ « extrême centre » qu’incarnèrent successivement, dans l’Histoire, le Directoire, le Premier et le Second Empire, et différents courants technocratiques saint-simoniens. Il est le dernier avatar en date de ce que l’historien Pierre Serna nomme le « poison français » : la propension au réformisme étatique et anti-démocratique par la voie de l’exercice caméral et centralisé du pouvoir.

    Le conflit des retraites est le symptôme de l’épuisement de ce gouvernement de l’extrême centre. Depuis trente ans, les avertissements n’ont pas manqué, que les majorités successives ont balayés d’un revers de main en criant aux corporatismes, à la paresse, à l’infantilisme du peuple. Administrée de manière autoritaire et souvent grotesque, la pandémie de Covid-19 a servi de crash test auquel n’ont pas résisté les services publics dont s’enorgueillissait le pays et qui lui fournissaient, au-delà de leurs prestations, une part de ses repères.

    Emmanuel Macron, tout à son style « jupitérien », aggrave l’aporie dans laquelle est tombée la France. Il n’a jamais rien eu de « nouveau », et sa posture d’homme « providentiel » est une figure éculée du répertoire bonapartiste. Il n’imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national, quelque part entre le culte de Jeanne d’Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d’un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi au mépris de la Loi ou des réalités internationales.

    Ce pourrait être drôle si ce n’était pas dangereux. L’interdiction de l’ « usage de dispositifs sonores portatifs » pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l’Etat, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le « wokisme », la « théorie du genre », l’ « islamo-gauchisme », l’ « écoterrorisme » ou l’« ultra-gauche » sont autant de petits indices, parmi beaucoup d’autres, qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis. La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales ».
    Un arsenal répressif à disposition des pouvoirs suivants

    D’aucuns crieront à l’exagération polémique. Je leur demande d’y regarder à deux fois en ayant à l’esprit, d’une part, l’érosion des libertés publiques, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration, depuis au moins trois décennies, d’autre part, les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l’imminence de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides.

    Il n’est pas question, ici, de « bonnes » ou de « mauvaises » intentions de la part du chef de l’Etat, mais d’une logique de situation à laquelle il se prête et qu’il favorise sans nécessairement la comprendre. Macron n’est ni Poutine ni Modi. Mais il prépare l’avènement de leur clone hexagonal. Au mieux sa politique est celle de Viktor Orban : appliquer le programme de l’extrême droite pour éviter son accession au pouvoir.

    Sur fond d’évidement des partis de gouvernement, un « flibustier » – pour reprendre le qualificatif de Marx à propos du futur Napoléon III – s’est emparé du butin électoral à la faveur de la sortie de route de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls. Il a cru « astucieux », pour continuer à citer Marx, de détruire « en même temps » la gauche et la droite pour s’installer dans le confort d’un face-à-face avec Marine Le Pen. Mais Emmanuel Macron n’a été élu et réélu que grâce au concours des voix de la gauche, soucieuse de conjurer la victoire du Rassemblement national. Son programme, libéral et pro-européen, n’a jamais correspondu aux préférences idéologiques que du quart du corps électoral, hormis même la part croissante des non-inscrits et des abstentionnistes qui sape la légitimité des institutions.
    Un président aveugle et méprisant

    Nonobstant cette évidence, Emmanuel Macron, ignorant de par son éducation et son itinéraire professionnel les réalités du pays profond, primo-élu à la magistrature suprême sans jamais avoir exercé le moindre mandat local ou national, a entendu faire prévaloir la combinaison schmittienne d’un « Etat fort » et d’une « économie saine » en promulguant ses réformes néolibérales par voie d’ordonnances, en court-circuitant les corps intermédiaires et ce qu’il nomme l’« Etat profond » de la fonction publique, en s’en remettant à des cabinets privés de conseil ou à des conseils a-constitutionnels tels que le Conseil de défense, en réduisant la France au statut de « start-up nation » et en la gérant comme un patron méprisant ses employés, « Gaulois réfractaires ».

    Une chroniquei : Les casseroles de Macron, un totem de plus dans la cocotte-minute

    Le résultat ne se fit pas attendre. Lui qui voulait apaiser la France provoqua le plus grave mouvement social depuis Mai 68, celui des Gilets jaunes dont le spectre continue de hanter la Macronie. La main sur le cœur, Emmanuel Macron assura, au début de la pandémie de Covid-19, avoir compris que tout ne pouvait être remis aux lois du marché. A plusieurs reprises, il promit avoir changé pour désamorcer l’indignation que provoquait sa morgue. De nouvelles petites phrases assassines prouvèrent aussitôt qu’il en était incapable. Il maintint son cap néolibéral et fit alliance avec Nicolas Sarkozy en 2022 pour imposer une réforme financière de la retraite en dépit de l’opposition persistante de l’opinion et de l’ensemble des forces syndicales, non sans faire fi de leurs contre-propositions.

    Face au nouveau mouvement social massif qui s’est ensuivi, Emmanuel Macron s’est enfermé dans le déni et le sarcasme. Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme figurait dans son programme et qu’elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel.
    Une réalité parallèle

    Sauf que : 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite ; 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel ; 3) le projet portait sur les « principes fondamentaux de la Sécurité sociale », lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de « financement de la Sécurité sociale » (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ; 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ; 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’Etat de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ; 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale.

    Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies.

    Face à ces accusations, Emmanuel Macron s’enfonce dans une réalité parallèle et radicalise son discours politique. A peine réélu grâce aux voix de la gauche, dont celles de La France insoumise, il place celle-ci hors de l’ « arc républicain » dont il s’arroge le monopole de la délimitation. Il voit la main de l’ « ultragauche » dans la contestation de sa réforme. Il justifie les violences policières par la nécessité de lutter contre celles de certains manifestants.

    Sauf que, à nouveau : 1) le refus, récurrent depuis l’apport des suffrages de la gauche à Jacques Chirac en 2002 et le contournement parlementaire du non au référendum de 2005, de prendre en considération le vote des électeurs quand celui-ci déplaît ou provient d’une autre famille politique que la sienne discrédite la démocratie représentative, nourrit un abstentionnisme délétère et pousse à l’action directe pour faire valoir ses vues, non sans succès pour ce qui fut des Gilets jaunes et des jeunes émeutiers nationalistes corses auxquels il fut accordé ce qui avait été refusé aux syndicats et aux élus ; 2) le non-respect des décisions de justice par l’Etat lorsque des intérêts agro-industriels sont en jeu amène les écologistes à occuper les sites des projets litigieux, au risque d’affrontements ; 3) la stigmatisation d’une ultragauche dont l’importance reste à démontrer va de pair avec le silence du gouvernement à propos des voies de fait de l’ultra-droite identitariste et des agriculteurs productivistes qui multiplient les agressions contre les écologistes.
    « Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police »

    Ce n’est pas être un « amish » et vouloir retourner « à la bougie » que de s’interroger sur la 5G ou sur l’inconsistance du gouvernement quand il défend à grand renfort de grenades les méga-bassines alors que se tarissent les nappes phréatiques du pays. Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police. Ce n’est pas être un gauchiste que de diagnostiquer la surexploitation croissante des travailleurs au fil de la précarisation des emplois et au nom de logiques financières, de repérer le siphonnage du bien public au profit d’intérêts privés, ou de déplorer le « pognon de dingue » distribué aux entreprises et aux contribuables les plus riches. Point besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre que la Macronie n’aime pas les pauvres. Elle n’a plus d’autre réponse que la criminalisation des protestations. Elle souhaite maintenant dissoudre la nébuleuse des Soulèvements de la terre que parrainent l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Baptiste Morizot, le romancier Alain Damasio ! Quand Gérald Darmanin entend le mot culture il sort son LBD.

    Dans cette fuite en avant, un pas décisif a été franchi lorsque le gouvernement s’en est pris à la Ligue des droits de l’homme. Ce faisant, la Macronie s’est de son propre chef placée en dehors de l’ « arc républicain ». Cette association, née, faut-il le rappeler, de l’affaire Dreyfus, est indissociable de l’idée républicaine. Seul le régime de Pétain avait osé l’attaquer. Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed ou les Xi Jinping qui tiennent de tels propos. Oui, la France bascule.

    https://www.letemps.ch/opinions/va-france

    #France #Macron #macronisme #crise_politique #extrême_centre #poison_français #néolibéralisme #casserolades #autoritarisme #illibéralisme #répression #libertés_publiques #réformes #réformes_néolibérales #Etat_profond #fonction_publique #Conseil_de_défense #Gilets_jaunes #déni #sarcasme #violences_policières #réalité_parallèle #arc_républicain

    via @karine4, aussi signalé par @monolecte
    https://seenthis.net/messages/1002152

  • " les effectifs de l’établissement public ont fondu de près d’un quart depuis 2012 (le plan « Action publique 2022 » du premier quinquennat Macron prévoyait la suppression de près de cinq cents postes sur un total d’environ trois mille) et que la principale subvention – de service public – que lui verse l’Etat a diminué de près de 20 % sur la même période. Aussi, en une décennie, Météo-France aura fermé les deux tiers de ses implantations territoriales. "

    Météo-France dans la tempête après les orages en Corse
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/08/19/meteo-france-dans-l-il-du-cyclone-apres-les-orages-en-corse_6138492_3244.htm

    Gérald Darmanin a annoncé, vendredi à Calvi, l’ouverture prochaine d’une enquête pour faire le point sur ce qui n’a pas fonctionné.

    Après les violents orages qui ont frappé la Corse, causant au moins cinq morts, c’est #Météo-France qui se retrouve au cœur de la tempête. Sur les réseaux sociaux, sur les plateaux de télévision, l’organisme est la cible des critiques et des railleries, accusé de s’être rendu coupable d’un « gros raté », en donnant l’alerte trop tardivement. Depuis Calvi (Haute-Corse), le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, vendredi 19 août, l’ouverture prochaine d’une enquête, avec les services de sécurité civile, pour faire le point sur ce qui n’a pas fonctionné.

    « L’alerte météo n’a pas permis de qualifier comme il le fallait ces vents absolument exceptionnels qui se sont formés en quelques minutes, a commenté sévèrement M. Darmanin, semblant rejeter la responsabilité sur le seul organisme météorologique. Ce que nous constatons au ministère de l’intérieur, c’est que l’alerte météo est arrivée quelques minutes avant le plus gros des intempéries. Donc à 8 heures du matin, une évacuation des campings n’était pas physiquement possible. »

    Jeudi 18 août, dans son bulletin de 6 heures, Météo-France ne plaçait la Corse qu’en simple vigilance jaune (« soyez attentif »), comme une bonne partie du territoire. Les prévisionnistes anticipaient alors seulement « de puissants orages (…), en mer à proximité de la Corse, avec de fortes rafales de vent », qui pourraient « très temporairement affecter les côtes ouest et nord ». L’alerte orange (« soyez très vigilant ») a seulement été activée à 8 h 30, après l’arrivée de l’orage sur les terres avec des phénomènes de tornades. Or c’est entre 8 h 15 et 9 h 15 que l’orage a été le plus violent, avec des rafales mesurées jusqu’à 224 kilomètres par heure, soit des niveaux jamais observés jusqu’ici.

    Météo-France reconnaît avoir été « surpris » par une situation « exceptionnelle » et « difficilement prévisible » par ses modèles numériques. Certaines simulations produites par « Arome », le modèle maison de Météo-France qui tourne sur son supercalculateur de Toulouse, « laissaient suggérer un orage proche de celui qui a été observé », tandis que d’autres #simulations « qui paraissaient plus vraisemblables, le situaient plus en mer », a précisé le prévisionniste François Gourand, lors d’un point presse. « S’il fallait alerter dès qu’un scénario extrême apparaît dans la prévision numérique, on ferait bien trop de vigilance et le système deviendrait inutile », juge son collègue Christophe Morel. Il y a un équilibre à trouver, alerter suffisamment et ne pas suralerter. » Dans le cas de la Corse, il estime qu’il n’y avait « pas assez d’éléments » pour passer à l’alerte orange.

    « Même si des progrès ont été faits, les orages restent les épisodes les plus difficiles à prévoir et à localiser avec précision », ajoute Philippe Arbogast, responsable de permanence pour la prévision à Météo-France. Les processus physiques à l’origine des orages sont complexes, ils font intervenir de nombreux paramètres atmosphériques : la température de l’air en surface et en altitude, la variation du vent selon l’altitude et l’humidité de l’air près du sol ; leur formation dépend aussi des conditions locales très variables de température et d’humidité des sols ; enfin, un orage évolue sur une courte durée (de quelques dizaines de minutes à quelques heures) et concerne une zone géographique limitée (quelques dizaines de kilomètres). Il peut se déplacer très rapidement ou stationner au même endroit, changer d’orientation à tout moment. Or, en mer, par où sont arrivés les orages en Corse, Météo-France manque d’instruments pour les tracer. Philippe Arbogast prend l’image d’une casserole d’eau sur le feu : « On sait qu’il y aura des bulles mais on ne sait pas où ! » C’est sans doute pourquoi Météo-France n’avait pas non plus anticipé le déluge qui s’est abattu sur Paris mardi 16 août, alors que toute l’attention était portée sur l’arc méditerranéen.

    Rapporteur spécial de la commission des finances du Sénat, Vincent Capo-Canellas (Union centriste, Seine-Saint-Denis) s’offusque de la demande d’ouverture d’une enquête après le déclenchement tardif de la vigilance orange. « On est en train de tomber un peu vite sur le soldat Météo-France », estime le sénateur, auteur, en septembre 2021, d’un rapport au titre évocateur : « Temps instable sur Météo-France : quand le refroidissement budgétaire se confronte au changement climatique ».

    Les effectifs de Météo-France réduits depuis 2012

    M. Capo-Canellas rappelle que l’organisme météorologique n’est qu’un opérateur : « Météo-France ne peut pas décider tout seul de déclencher une alerte, il fait remonter des informations techniques et c’est au ministère de l’intérieur et aux préfets d’imposer des mesures concrètes pour protéger la population. » En vigilance orange, le cran inférieur au rouge de la « vigilance absolue », les habitants sont invités à s’abriter dans des bâtiments en dur et les services de la sécurité civile ainsi que les autorités sanitaires sont mis en alerte.

    Contacté par Le Monde, Météo-France explique avoir « alerté les préfectures de Haute-Corse et de Corse-du-Sud dès mercredi [17 août] d’une situation potentiellement à risque ». Un message spécial zone de défense (SPEZF) a été émis à 11 h 33. Ces bulletins d’anticipation sont censés permettre aux services de sécurité civile de s’organiser en amont d’un épisode météorologique intense. Celui envoyé à 11 h 33 indiquait : « dans la nuit de mercredi à jeudi, des orages formés en mer peuvent toucher les zones côtières puis rentrer sur l’arrière-pays en perdant de l’activité ». A ce moment-là, l’organisme prévoit seulement des rafales de 80 à 100 km/h.

    « Avaient-ils les moyens de faire de meilleures prévisions ?, interroge Vincent Capo-Canellas. La réponse est non. » Dans son rapport, le sénateur relève que les effectifs de l’établissement public ont fondu de près d’un quart depuis 2012 (le plan « Action publique 2022 » du premier quinquennat Macron prévoyait la suppression de près de cinq cents postes sur un total d’environ trois mille) et que la principale subvention – de service public – que lui verse l’Etat a diminué de près de 20 % sur la même période. Aussi, en une décennie, Météo-France aura fermé les deux tiers de ses implantations territoriales. « C’est complètement contradictoire avec les exigences formulées auprès de Météo-France de prévoir au plus près des événements climatiques extrêmes qui vont se multiplier et s’intensifier avec le dérèglement climatique », souligne le sénateur.

    #downsizing #météo #Hollande #orages #climat

  • Séduire des monstres, des chats ou des pigeons : l’étonnante mue des jeux vidéo de drague
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2022/02/14/seduire-des-monstres-des-chats-ou-des-pigeons-l-etonnante-mue-des-jeux-video

    Avec ou sans la Saint-Valentin, les « dating sim » font planer un peu de romance sur le jeu vidéo. Ces jeux de drague qui reposent sur des dialogues connaissent des déclinaisons inattendues dans lesquelles l’on charme des personnages fantastiques.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #saint-valentin #romance #dating_sim #simulation #drague #jeu_vidéo_tender_creature_comforts #gideon_lazarus #couple #amour

  • River Runner Global
    https://river-runner-global.samlearner.com

    The Global River Runner is a vizualization simulating the path a raindrop would take, assuming it runs off into a stream and from then on to a terminating location, likely an inland water body or the ocean. A running list of interesting flow paths can be found here.
    DISCLAIMER

    The Global River Runner is an open source Work In Progress, based on open data and open source software components, some of which themselves are in early or alpha development stages (all described in detail below). The vast majority of river paths calculated are based on topographic data collected and processed automatically, and may not reflect true river paths that may be affected by engineered features such as dams, canals, and conduits. Many names of rivers and inland water features such as lakes may be inaccurate as they are based on only on easily available datasets with global coverage. At times, the UI may exhibit slow or otherwise poor performance or encounter other errors. If you find issues regarding any of the above, please submit an issue through Github if you have an account, or fill out an issue survey form, to help us improve the application and underlying data!

  • Yeay ! Un chouette outil !
    Visualisation des voies de transmission et des mesures d’atténuation du SARS-CoV-2
    Ce schéma interactif et paramétrable selon plusieurs critères montre les différentes voies que peut emprunter le virus à l’origine du covid-19 lors de son transfert entre deux personnes. Plus la couleur est foncée, plus le risque estimé est élevé...
    👉👉👉 https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065312


    #covid #covid19 #sars-cov_2 #infection

  • How Did Microsoft Make Flight Simulator Seem So Real? | Flight Today | Air & Space Magazine
    https://www.airspacemag.com/flight-today/flight-box-180977303

    Flight Simulator reproduces the entire planet, from pole to pole, in high resolution. Stars appear as they would in real time, including the correct phase of the moon. The system even reproduces the effects of atmospheric refraction (...) Achieving this feat required coalescing and processing massive troves of data in disciplines ranging from aerodynamics to geodesy and photogrammetry to optics.

    Asobo Studio, a video game company based in Bordeaux, France, led the program’s development. Asobo worked with a host of specialized firms and organizations around the globe, including geospatial company Bing Maps, atmospheric data specialist Meteoblue, machine-learning system builder Blackshark.ai, FlightAware for real-time global air traffic, and many others.

    #simulation

  • La France pourrait connaître un climat extrême à la fin du siècle
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/01/la-france-pourrait-connaitre-un-climat-extreme-a-la-fin-du-siecle_6068324_32


    Des arbres souffrent de la sécheresse, dans la forêt de Masevaux (Haut-Rhin), en juillet 2019.
    FREDERICK FLORIN / AFP

    Les températures moyennes risquent d’augmenter de 3,9 °C sur la période 2070-2100 par rapport à 1976-2005, et jusqu’à + 6 °C l’été, en cas d’émissions de gaz à effet de serre non contrôlées, selon les nouvelles projections publiées, lundi, par Météo France, auxquelles « Le Monde » a eu accès en exclusivité

    Des pics de température frôlant les 50 °C, des vagues de chaleur longues et intenses, des nuits tropicales… C’est la surchauffe que connaîtra la France à la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites. Voilà la partie la plus alarmante des nouvelles projections climatiques pour la métropole au XXIe siècle publiées par Météo France, lundi 1er février, auxquelles Le Monde a eu accès en exclusivité.

    Pour réaliser ce travail, Météo France a sélectionné et analysé trente simulations du climat futur faites sur l’Europe, en collaboration avec l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) et le Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs). Il en résulte un vaste jeu de données, intitulé Drias, brossant les possibles du climat en France métropolitaine pour trois périodes (2021-2050, 2041-2070 et 2071-2100) en fonction de trois scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

    Le premier prévoit des rejets carbonés qui décroissent très rapidement pour atteindre la neutralité carbone vers 2070 (scénario intitulé RCP 2.6). Le deuxième modélise des émissions qui continuent de croître avant de diminuer à partir du milieu du siècle (RCP 4.5). Dans le troisième, les émissions augmentent de manière ininterrompue (RCP 8.5). Ces résultats mettent à jour le précédent jeu de données, qui datait de 2014.

    Un saut vers l’inconnu
    « Dans les deux ou trois prochaines décennies, le futur est déjà écrit : le réchauffement va se poursuivre [du fait de l’inertie de la machine climatique], indique Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint de la climatologie à Météo France et coordinateur du rapport Drias. Mais, à partir de 2040-2050, tout est possible. Cela dépend de nos actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Soit le réchauffement s’atténue, soit on va arriver à un climat très éloigné de celui qu’on connaît actuellement en France. » Un saut vers l’inconnu, dans un climat jamais expérimenté dans l’Hexagone, ni même en Europe.

    • #merci

      John Conway’s Game of Life - Einführung in Zellulare Automaten
      https://beltoforion.de/de/game_of_life


      Une simulation en Javascript qui se joue en ligne

      Wegen der Einfachheit des Regelsatzes ist die Implementierung von Game of Life eine beliebte Aufgabe für Programmieranfänger. Der Quellcode des hier verwendeten „Game of Life“-Applets ist in Typescript geschrieben und kann bei GitHub herunter geladen werden. Eine Beschreibung der Implementierung des Game of Life in Python befindet sich in einem anderen Artikel auf dieser Webseite.

      puis ...
      John Conway’s Game of Life
      https://bitstorm.org/gameoflife

      The Simulation

      Golly Game of Life Home Page
      http://golly.sourceforge.net

      Golly - Apps on Google Play
      https://play.google.com/store/apps/details?id=net.sf.golly

      ‎Golly on the App Store
      https://apps.apple.com/us/app/golly/id553184760

      Golly is an open source, cross-platform application for exploring Conway’s Game of Life and many other types of cellular aut

      Python Version von John Conways Game of Life
      https://beltoforion.de/de/unterhaltungsmathematik/game_of_life.php

      import pygame
      import numpy as np

      col_about_to_die = (200, 200, 225)
      col_alive = (255, 255, 215)
      col_background = (10, 10, 40)
      col_grid = (30, 30, 60)

      def update(surface, cur, sz) :
      nxt = np.zeros((cur.shape[0], cur.shape[1]))

      for r, c in np.ndindex(cur.shape) :
      num_alive = np.sum(cur[r-1:r+2, c-1:c+2]) - cur[r, c]

      if cur[r, c] == 1 and num_alive < 2 or num_alive > 3 :
      col = col_about_to_die
      elif (cur[r, c] == 1 and 2 <= num_alive <= 3) or (cur[r, c] == 0 and num_alive == 3) :
      nxt[r, c] = 1
      col = col_alive

      col = col if cur[r, c] == 1 else col_background
      pygame.draw.rect(surface, col, (c*sz, r*sz, sz-1, sz-1))

      return nxt

      def init(dimx, dimy) :
      cells = np.zeros((dimy, dimx))
      pattern = np.array([[0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,1,0,0,0,0,0,0,1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,1,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,1,0,0,0,0,1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,1,0,0,0],
      [1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,0,0,1,0,0,0,1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,1,0,1,1,0,0,0,0,1,0,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,0,0,1,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,0,0,0,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0],
      [0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,1,1,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0,0]]) ;
      pos = (3,3)
      cells[pos[0]:pos[0]+pattern.shape[0], pos[1]:pos[1]+pattern.shape[1]] = pattern
      return cells

      def main(dimx, dimy, cellsize) :
      pygame.init()
      surface = pygame.display.set_mode((dimx cellsize, dimy cellsize))
      pygame.display.set_caption("John Conway’s Game of Life")

      cells = init(dimx, dimy)

      while True :
      for event in pygame.event.get() :
      if event.type == pygame.QUIT :
      pygame.quit()
      return

      surface.fill(col_grid)
      cells = update(surface, cells, cellsize)
      pygame.display.update()

      if _name_ == « _main_ » :
      main(120, 90, 8)

      John Horton Conway
      https://de.wikipedia.org/wiki/John_Horton_Conway

      John Horton Conway ( 26. Dezember 1937 in Liverpool, Vereinigtes Königreich; † 11. April 2020 in New Brunswick, New Jersey, Vereinigte Staaten) war ein britischer Mathematiker.
      ...
      Nach seinen bedeutendsten Leistungen gefragt, hob er 2013 seine Entdeckung surrealer Zahlen hervor und seinen Beweis des Free Will Theorems in der Quantenmechanik mit Simon Kochen und weniger seine Arbeiten in Gruppentheorie, für die er vor allem bekannt war. Das Free Will Theorem wurde von Conway und Kochen 2004 bewiesen und besagt, dass, falls beim Experimentator Entscheidungsfreiheit (freier Wille, Möglichkeit nicht vorherbestimmten Verhaltens) vorhanden ist, dies (unter schwachen Voraussetzungen) in gewissem Sinne auch für alle Elementarteilchen gilt .

      [quant-ph/0604079v1] The Free Will Theorem
      https://arxiv.org/abs/quant-ph/0604079v1

      John Conway, Simon Kochen

      On the basis of three physical axioms, we prove that if the choice of a particular type of spin 1 experiment is not a function of the information accessible to the experimenters, then its outcome is equally not a function of the information accessible to the particles. We show that this result is robust, and deduce that neither hidden variable theories nor mechanisms of the GRW type for wave function collapse can be made relativistic. We also establish the consistency of our axioms and discuss the philosophical implications.

      http://www.ams.org/notices/200902/rtx090200226p.pdf

      #informatique #simulation #automate_cellulaire #machine_de_Turing #mathématique #physique #logique #philosophie

  • Mission Climat
    http://mission-climat.io

    Votre mission, si vous l’acceptez, est de proposer un scénario climat 2030 pour la France, permettant de limiter les impacts du dérèglement climatique à un niveau soutenable. Pour ce faire, nous mettons à votre disposition quelques paramètres, un modèle de calcul et un joli tableau de bord.

    #simulation #scénario

    via l’interview sur « Partager c’est sympa » de Charles-Adrien Louis
    https://www.youtube.com/watch?v=yJBK5olnG5s

    qui a co-écrit un rapport en 2019 : « COMMENT S’ALIGNER SUR UNE TRAJECTOIRE COMPATIBLE AVEC LES 1,5°C ? Analyse de la faisabilité technique et mise en perspective de l’ampleur et de la rapidité des mesures à mettre en place. » : http://www.bl-evolution.com/Docs/181208_BLevolution_Etude-Trajectoire-rapport-special-GIEC-V1.pdf

  • Le gouvernement britannique avait apparement justifié sa décision de #confinement de la population par une #simulation effectuée par des chercheurs en #épidémiologie de l’#Imperial_College de Londres. Comme la grande majorité des articles scientifiques, le code source des programmes ayant produit les résultats publiés n’était pas disponible. Cela a, à juste titre, fait râler, et le code (ou bien une version améliorée, ce n’est pas clair) a été publié :

    https://github.com/mrc-ide/covid-sim

    (peut-être aussi en https://www.imperial.ac.uk/mrc-global-infectious-disease-analysis/covid-19/covid-19-scientific-resources )

    Il a fait l’objet de pas mal de critiques, tellement il est mal foutu et bogué. Attention : toutes les critiques ne sont pas justes, car il se mêle à ce débat des considérations politiques, complotistes (il y a un mouvement anti-confinement conspirationniste fort dans les pays anglophones), de la jalousie entre programmeurs (le code écrit par les autres est toujours jugé illisible), des positions idéologiques (l’université, ce sont forcément des amateurs) donc, prudence. L’intérêt que je vois à ce débat, c’est que des tas de gens se rendent soudainement compte que 1) des tas de décisions sont basées (ou en tout cas justifiées) par le résultat d’un programme informatique 2) que la majorité des programmes sont bâclés et ont des bogues.

    Un article du #Telegraph : https://www.telegraph.co.uk/technology/2020/05/16/coding-led-lockdown-totally-unreliable-buggy-mess-say-experts (c’est derrière un paywall mais en affichant le source de la page, on voit tout).

    Une critique très sévère (et souvent injuste, le type ne semble pas connaitre le monde réel, par exemple quand il exige que tout programme ait une suite de tests de non-régression complète) : https://lockdownsceptics.org/code-review-of-fergusons-model https://lockdownsceptics.org/second-analysis-of-fergusons-model

    Une réponse aux critiques : http://blog.khinsen.net/posts/2020/05/18/an-open-letter-to-software-engineers-criticizing-neil-ferguson-s-epide

    Opinion personnelle : oui, les chercheurs non-informaticiens (biologistes, physiciens, SHS…) écrivent du mauvais code car ils n’ont pas de formation, s’en foutent, et ça ne compte pas pour leur avancement de toute façon (les "reviewers" ne vérifient jamais le code). En prime, ils n’ont pas d’argent pour payer des programmeurs (cf. le recrutement des « ingénieurs de recherche » au CNRS). Mais ce n’est pas spécifique à cette étude. Si on regardait aussi soigneusement tous les programmes (même écrits dans le privé), on pousserait les mêmes cris d’horreur.

  • « Le Nigeria est mieux préparé que nous aux épidémies » , Entretien avec l’historien Guillaume Lachenal, 20 avril 2020
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200420/le-nigeria-est-mieux-prepare-que-nous-aux-epidemies?onglet=full

    Leçons à tirer des façons dont le Sud fait face aux épidémies, approche sécuritaire des virus, relations entre le médical et le politique, logiques sous-jacentes à la « médecine de tri »…

    Guillaume Lachenal est historien des sciences, chercheur au Medialab de Sciences-Po. Ses principales recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie des épidémies, de la médecine et de la santé publique dans les contextes coloniaux et post-coloniaux d’Afrique. Il a notamment publié Le Médicament qui devait sauver l’Afrique (La Découverte, 2014, traduction anglaise The Lomidine files, Johns Hopkins University Press, 2017) et Le Médecin qui voulut être roi (Seuil, 2017).

    Qu’est-ce que les épidémies vécues récemment par les pays du Sud peuvent nous apprendre sur ce qui se passe aujourd’hui ?

    Guillaume Lachenal : Comme le disaient déjà les anthropologues Jean et John Comaroff, la théorie sociale vient désormais du Sud, parce que les pays du Sud ont expérimenté, avec vingt ou vingt-cinq ans d’avance, les politiques d’austérité sous des formes radicales. Le néolibéralisme précoce s’est déployé au Sud, notamment dans les politiques de santé. Il est à l’arrière-plan des épidémies de sida et d’Ebola.

    On découvre aujourd’hui le besoin d’une grille de compréhension qui parte des questions de pénurie, de rareté, de rupture de stocks qui se trouvent être au cœur de l’anthropologie de la santé dans les pays du Sud. On parle aujourd’hui beaucoup de mondialisation, de flux et de la façon dont le virus a épousé ces mouvements, mais observée d’Afrique et des pays du Sud, la mondialisation est une histoire qui ressemble à ce qu’on voit aujourd’hui : des frontières fermées, des avions qu’on ne peut pas prendre, des mobilités impossibles.
    Jusqu’au début des années 2000, en Afrique, l’épidémie de sida, c’est une histoire de médicaments qu’on n’arrive pas à obtenir, qu’on fait passer dans des valises au marché noir… Durant la grande épidémie d’Ebola de 2014, les structures de santé ont été dépassées pour des raisons matérielles élémentaires : manque de personnel, pénurie de matériel…

    Il existe donc, au Sud, tout un corpus d’expériences riche d’enseignements, comme le soulignait récemment l’historien Jean-Paul Gaudillière. Comme Ebola, le Covid est à maints égards une maladie du soin, qui touche en premier lieu les structures de santé, mais aussi les relations de prises en charge domestiques. Surtout, le Sud nous montre comment on a voulu mobiliser une approche sécuritaire des épidémies, au moment même où on négligeait les systèmes de santé.

    Toute l’histoire de la santé publique dans ces pays rappelle pourtant qu’il ne suffit pas d’applications pour monitorer le virus et de drones pour envoyer les médicaments ; que ces modes de gouvernement sont de peu d’efficacité face à une épidémie. On peut tenter de transposer, ici, cette critique d’une gouvernementalité spectaculaire qui produit seulement une fiction de préparation.

    Il y a trois ans, la conférence de Munich sur la sécurité avait été inaugurée par Bill Gates qui affirmait que la menace principale pour le monde était de nature épidémique et pas sécuritaire. Depuis quinze ans, tous les livres blancs de la Défense mettent les épidémies tout en haut de l’agenda. Et nous sommes pourtant dépassés quand elle arrive. Cette contradiction n’est en réalité qu’apparente. Parce que nous avons en réalité confié cette question sanitaire à une logique de start-up, d’innovation et de philanthropie, dans laquelle la politique sécuritaire des États consiste d’abord à mettre en scène sa capacité à intervenir, à simuler son aptitude à gouverner, mais sans véritable moyen de le faire.

    L’anthropologue et médecin Paul Farmer, qui avait été notamment l’envoyé spécial des Nations unies à Haïti après le séisme en 2009, rappelait à propos du fiasco de la réponse à Ebola, en 2014, que la réponse à une épidémie, c’est avant tout « staff and stuff » , des gens et des choses. La France se prend aujourd’hui en pleine figure le manque de masques, de matériels et de tests, et expose ainsi l’hiatus profond entre un débat public expliquant qu’il faut tester davantage, se protéger davantage, et la matérialité de la situation, avec le manque de réactifs, l’incapacité de produire suffisamment de masques, mais aussi l’absence de personnels de santé publique capables de faire le suivi des cas.

    Actuellement, ce n’est pas d’idées, de stratégies, de perspectives critiques que l’on manque… On manque de choses. Les questions les plus intéressantes aujourd’hui sont logistiques et il est sans doute plus intéressant de parler à un brancardier de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis ou à un livreur de Franprix qu’à n’importe quel chercheur. La question centrale, aujourd’hui, c’est l’épidémiologie sociale : comment le virus s’engouffre dans les failles de nos sociétés : les inégalités, les conditions de vie, les différences d’exposition du fait du travail, et toutes les comorbidités qui aggravent la maladie, comme on le voit avec les disparités raciales aux États-Unis, ou le cas de la Seine-Saint-Denis, ici.

    Avec une certaine ironie, on constate que des pays comme le Cameroun ou le Nigeria sont mieux préparés car ils disposent de ce qu’on appelle des agents de santé communautaire ( Community Health Workers ) qui sont des gens peu formés – ce ne sont pas des infirmiers – mais qui sont des sortes d’aides-soignants de santé publique, qui s’occupent des campagnes de vaccination, mais aussi de surveillance épidémiologique, et qui s’avèrent très utiles pour faire le suivi des cas, et des contacts des personnes infectées. C’est un savoir social que ne peut faire la police ou un smartphone.

    Au moment d’Ebola, quelques cas se sont déclarés à Lagos, au Nigeria, et on a craint le pire dans une métropole comme celle-ci, avec un virus aussi mortel. Mais en réalité, le pays a pu s’appuyer sur ces personnes très bien implantées dans les quartiers et les communautés, qui devaient déjà faire face à une épidémie de polio, et ont donc su tracer les contacts, isoler les malades, et réussi à éteindre l’épidémie. Cette success story africaine rappelle que la principale réponse aux épidémies est une réponse humaine, qu’on a complètement négligée ici, où personne ne viendra frapper à notre porte, et où rares sont les quartiers organisés en « communautés ».

    Vous avez coordonné, en 2014, une publication sur la « médecine de tri », dont on saisit aujourd’hui l’ampleur. Pourquoi jugez-vous qu’il s’agit du paradigme de la médecine de notre temps ?

    Ces pratiques de tri qu’on découvre aujourd’hui dans le débat public sont routinières en médecine. Elles sont violentes pour les soignants, difficiles éthiquement, insupportables philosophiquement, mais elles sont aussi nécessaires. On ne peut pas bien soigner les gens sans choisir où faire porter ses efforts. Et ces pratiques de tri sur critères médicaux sont aussi un moyen de traiter les gens de manière égalitaire, au sens où ce ne sera pas seulement celui qui paie le plus qui aura le droit à un ventilateur par exemple.
    Cela dit, ce tri se fait parce qu’il existe un écart entre des ressources rares et les besoins des patients. Or, cette rareté peut aussi être produite, en raison par exemple de la politique d’austérité qui frappe les systèmes de santé. Il est donc important d’avoir un débat sur la production de cette rareté, par exemple au sujet de la réduction du nombre de lits. Mais ce qui produit de la rareté, c’est aussi l’innovation médicale en tant que telle. La dialyse, le respirateur, la réanimation soulèvent de nouvelles questions d’accès et de tri, qui ne se posent pas dans de nombreux pays du Sud où quasiment personne n’y a accès.

    Comment définissez-vous la « santé globale » ? Et pourquoi dites-vous qu’il s’agit du « stade Dubaï » de la santé publique, en faisant référence à la façon dont le sociologue Mike Davis faisait de Dubaï l’emblème du capitalisme avancé ?

    Depuis le milieu des années 1990, les questions de sécurité sanitaire et de biosécurité ont pris de plus en plus de place sur l’agenda. Les réponses très verticales à des épidémies comme celle de VIH ont été motivées avant tout par des préoccupations sécuritaires, notamment d’un point de vue américain, avec l’idée qu’il ne fallait pas les laisser hors de contrôle.

    Ce tournant sécuritaire a coïncidé avec un tournant néolibéral, notamment dans le Sud, où on a contraint les États à diminuer les dépenses de santé publique, et à avoir recours à la philanthropie, ou à développer des infrastructures privées. Lors de mes enquêtes en Afrique par exemple, j’ai pu constater que la santé publique n’était plus qu’un souvenir, dont les personnes âgées parlaient souvent avec nostalgie, comme d’une époque où on pouvait obtenir des médicaments et se faire soigner gratuitement. À partir de la fin des années 1990, tout devient payant et on passe à une approche beaucoup plus minimaliste et sécuritaire de l’intervention de l’État en matière de santé.

    Ce moment qu’on désigne comme celui de « Global Health » , de santé mondiale, est caractérisé, dans le Sud, à la fois par un retrait des États et par un boom du financement global, assuré en particulier par la fondation Gates et les grandes banques de développement dont la banque mondiale, qui mettent en place des infrastructures de santé, le plus souvent avec des partenariats public-privé.

    Pour le dire schématiquement, vous avez des dispensaires qui tombent en ruine et des hôpitaux champignons tout neufs qui poussent parfois juste à côté, construits par les Indiens ou les Chinois, et financés par les banques de développement. Pour les habitants, ces institutions sont le plus souvent des mirages, parce qu’ils sont payants, ou, au sens propre, parce que construire un hôpital, même en envoyant des médecins indiens comme on l’a vu par exemple au Congo, n’est pas très utile quand on manque d’eau, d’électricité, de médicaments…
    D’où la référence à Mike Davis. Ces infrastructures sont des coquilles de verre impressionnantes mais qui demeurent des énigmes pour les habitants, et favorisent toute une épidémiologie populaire qui s’interroge sur ce qu’on a pris ici pour financer cela là, sur l’économie extractive qui a permis la construction de tel ou tel hôpital.

    Cette épidémiologie populaire désigne la façon dont les populations confrontées à des épidémies de type VIH-sida ou Ebola les inscrivent dans des économies politiques globales et des formes vernaculaires de compréhension, et relient les épidémies à des interrogations sur le sens de la maladie.

    C’est comme cela qu’on entend que le sida a été envoyé par tel politicien soucieux de se venger de tel ou tel village, ou Ebola par MSF pour pouvoir prélever des organes sur les cadavres… C’est aussi comme ça qu’on relie telle maladie, comme l’ulcère de Buruli, avec une transformation du paysage, avec tel ou tel changement environnemental. Évidemment tout n’est pas vrai, loin de là, mais dire que l’Afrique est dégradée par une économie extractive, c’est banalement exact.

    L’utopie du docteur David, que vous avez étudiée dans Le Médecin qui voulut être roi , d’un monde dont l’organisation serait entièrement déterminée par la médecine est-elle en train de se réaliser ?

    L’histoire coloniale est riche d’enseignements car on y voit des médecins coloniaux qui, à l’instar du docteur David, peuvent enfin vivre leur rêve d’avoir les rênes du pouvoir et d’appliquer leur science à toute la société. Pendant la guerre, le docteur David possède ainsi un pouvoir absolu sur toute une partie du Cameroun. Il profite de ses pleins pouvoirs en tant que médecin pour lutter contre les épidémies. Mais ce qui est instructif, c’est qu’il découvre son impuissance et il n’arrive pas à changer grand-chose au destin des maladies, car il ne comprend pas la société locale, car il n’a pas tous les leviers d’action qu’il croit posséder en ayant pourtant à la fois la science médicale et le pouvoir politique.
    Il peut être intéressant de jouer du parallèle, car l’utopie qui donnerait tout le pouvoir aux médecins, et travaille toute la santé publique et la biopolitique, n’a jamais été vraiment mise en place, mais demeure à l’état de rêve et de projet politiques – Foucault parlait du « rêve politique de la peste » . Ce qu’on traverse en ce moment, c’est à la fois l’apparence d’une toute-puissance biopolitique, mais aussi l’impuissance fondamentale de tout cela, parce que la réalité ne coïncide pas avec le projet. Ce n’est pas parce que les citoyens ne respectent pas le confinement, au contraire, mais parce que les autorités, notamment municipales, improvisent et imposent une théorie du confinement qui est loin d’être fondée sur une preuve épidémiologique.

    Les derniers arrêtés municipaux, c’est le Gendarme de Saint-Tropez derrière les joggeurs ! Rien ne dit aujourd’hui que le virus s’est beaucoup transmis dans les parcs, et une approche de santé publique rationnelle, qui arbitrerait coûts, sur la santé mentale et les enfants notamment, et bénéfices, imposerait plutôt de les rouvrir au plus vite, avec des règles adaptées – comme en Allemagne par exemple. Comme à l’époque coloniale, on a plutôt l’impression d’une biopolitique qui ne calcule pas grand-chose, et dont la priorité reste en fait d’éprouver sa capacité à maintenir l’ordre.

    Dans un texte publié mi-février, vous affirmiez à propos de l’épidémie qui débutait alors, qu’il s’agissait d’un « phénomène sans message » et qu’il fallait « se méfier de cette volonté d’interpréter ce que le coronavirus “révèle” » . Vous situez-vous toujours sur cette position deux mois plus tard ?

    Je maintiens cette position d’hygiène mentale et d’hygiène publique qui me paraît importante. Sans vouloir jeter la pierre à quiconque, toute une industrie du commentaire s’est mise en place et on se demande aujourd’hui ce que le coronavirus ne « révèle » pas.

    En tant qu’enseignant qui se trouvait être en train de faire un cours sur l’histoire des épidémies lorsque celle-ci est apparue, je me méfiais de l’ennui qu’on peut ressentir à enseigner cette histoire si on s’en tient aux invariants : le commencement anodin, le déni, la panique, l’impuissance, les digues morales qui sautent, les tentatives plus ou moins rationnelles pour comprendre et contrôler, et puis la vague qui se retire avec ses blessures…

    Dans ce contexte, la pensée de l’écrivain Susan Sontag a été ma boussole, en tout cas une position qu’il me semble nécessaire de considérer : il est possible que tout cela n’ait pas de sens. La chercheuse Paula Treichler avait, dans un article célèbre, évoqué « l’épidémie de significations » autour du sida. On se trouve dans une configuration similaire, avec tout un tas de théories du complot, le raoultisme, mais aussi des interprétations savantes qui ne font guère avancer les choses. Il me paraît ainsi intéressant de relever l’homologie entre les théories du complot et celles qui attribuent cela à Macron, à Buzyn ou à telle ou telle multinationale, et qui ont en commun d’exiger qu’il y ait une faute humaine à l’origine de ce qui arrive.
    Ce sont des choses qu’on a beaucoup vues dans des pays du Sud qui n’ont jamais cessé de connaître des épidémies secouant la société, qu’il s’agisse du sida en Haïti et en Afrique ou du virus Ebola. Ces théories jugées complotistes ne sont pas forcément irrationnelles ou inintéressantes politiquement. Pendant la dernière épidémie d’Ebola au Kivu congolais, on a accusé le pouvoir central, l’OMS ou certains politiciens locaux d’être derrière l’épidémie pour profiter de « l’Ebola business ».

    Des enquêtes journalistiques menées depuis, comme celle d’Emmanuel Freudenthal, ont effectivement montré l’ampleur de la structure de corruption mise en place autour de la réponse Ebola au Kivu, même si cela ne veut pas dire qu’elle avait été provoquée. L’épidémiologie populaire, comme on la désigne en anthropologie de la santé, est porteuse de diagnostics sociaux et politiques qui sont souvent au moins aussi intéressants que certains discours de sciences sociales qui cherchent à mettre du sens là où il n’y en a pas toujours.

    Le stade Dubaï de la santé publique
    La santé globale en Afrique entre passé et futur
    Guillaume Lachenal
    Dans Revue Tiers Monde 2013/3 (n°215), pages 53 à 71
    https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2013-3-page-53.htm

    Sans gendarme de Saint-tropez : Security agents killed more Nigerians in two weeks than Coronavirus
    https://seenthis.net/messages/845017

    Articles cités :

    Covid-19 et santé globale : la fin du grand partage ?, Jean-Paul Gaudillière
    https://aoc.media/analyse/2020/04/02/covid-19-et-sante-globale-la-fin-du-grand-partage
    est sous#paywall...

    Donner sens au sida, Guillaume Lachenal
    https://journals.openedition.org/gss/2867

    Bill Gates, « l’homme le plus généreux du monde », ne l’est pas tant que cela
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110519/bill-gates-l-homme-le-plus-genereux-du-monde-ne-l-est-pas-tant-que-cela?on

    En RDC, la Riposte de l’OMS rattrapée par l’« Ebola business »
    https://www.liberation.fr/planete/2020/02/04/en-rdc-la-riposte-de-l-oms-rattrapee-par-l-ebola-business_1776970

    #Sud #histoire_des_sciences #anthropologie #Paul_Farmer #épidémies #santé_publique #tournant_sécuritaire #médecine #austérité #pénurie #maladie_du_soin #médecine_de_tri #médecin #sytèmes_de_santé #États #simulation #staff_and_stuff #épidémiologie_sociale #épidémiologie_populaire #agents_de_santé_communautaire #savoir_social #rareté #production_de_la_rareté #innovation_médicale #science #biopolitique #maintien_de_l'ordre #santé_communautaire #Nigeria #Afrique #politique_du_soin

  • Covprehension

    Un site web interactif a été créé par une équipe de chercheurs de différentes disciplines, tous spécialistes de la #modélisation des #systèmes_complexes et désireux de mobiliser leurs compétences pour répondre aux nombreuses interrogations que soulève l’#épidémie de COVID-19. L’idée est de permettre à chacun de poser la/les questions qui le travaillent et d’y répondre, aussi rapidement que possible, en mobilisant les connaissances scientifiques sur le sujet mais aussi des outils de #visualisation_scientifique, de modélisation et de #simulation.

    https://covprehension.org
    #covid-19 #ressources_pédagogiques #coronavirus #modèle #questions_réponses

    ping @simplicissimus @reka

  • Contenir la pandémie sans confinement ? COVID 2 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=e3WXfTOw7xY

    Dans cette vidéo, on explore les différentes options pour réduire le taux de reproduction effectif Rt. En dehors d’un confinement généralisé, il semble indispensable d’exploiter des solutions comme le contact tracing électronique. Cependant, celui-ci ne sera efficace que si une large proportion de la population l’utilise (l’effet est quadratique). Sa promotion massive semble donc critique.

    NB : Après la mise en ligne de cette vidéo, j’ai découvert ces deux autres publications qui estiment elles aussi que la fraction des contaminations pré-symptomatiques semblent ~50%. Voilà qui confirme l’importance du contact tracing pour réduire le taux de reproduction effectif.
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.05.20031815v1
    https://wellcomeopenresearch.org/articles/5-58

    Lancez vos simulations épidémiologiques à la 3Blue1Brown :
    https://prajwalsouza.github.io/Experiments/Epidemic-Simulation.html

    #COVID19 #coronavirus #simulations

    • Je vais essayer d’être diplomate (même si c’est pas gagné) car je comprends qu’avec l’inquiétude actuelle et l’impuissance dans laquelle nous sommes isolés, certaines personnes soient tentées de trouver dans le contact tracing une solution à étudier attentivement.
      Se consacrer à cela n’est-il pas un moyen efficace de se détourner de la réalité de la maladie et de ses effets de bord sociaux et politiques déjà à l’œuvre ?
      Pouvons nous essayé de prendre un peu de distance au lieu de rêver à un miracle technologique (que certain·es nomment le #bluff_technologique) pour analyser factuellement les proratas médicaux (tests/masques/soins hospitaliers), puis si il le faut vraiment creuser l’application du contact tracing d’un point de vue uniquement technique (comment marche le bluetooth et avec qui).
      Faire cela avant même d’activement se remémorer l’histoire de la mise en place exponentielle des moyens de surveillance globale de la population appuyés sur la peur et la précipitation depuis 25 ans ? avant même de penser qu’un tel basculement ne peut nous mener qu’à la mise en danger de la démocratie ?

      https://seenthis.net/messages/844226

    • De toute manière, sur une bonne partie de la population, ça ne marchera pas plus qu’un numéro vert pour un problème de société.

      1⃣ Il faut des téléphoner compatibles (et beaucoup de gens préfèrent des téléphones qui ne font qui téléphoner).
      2⃣ Il faut savoir les utiliser → on est toujours pas certains d’avoir réussi à expliquer à ma belle-mère comment avoir une téléconsultation avec sa psy.
      3⃣ ceux qui réunissent les 2 premières conditions sont les + susceptibles de savoir aussi contourner le dispositif au besoin.

      Donc, on arrête de perdre du temps sur des doudous stupides et on doit juste repenser toute l’organisation sociale…

    • C’est le problème rencontré en sécurité informatique où sur l’usage d’outils que nous pensons basiques, le dysfonctionnement est d’abord entre la chaise et l’écran.

      Un exemple aussi d’une grand-maman bien connue de mes services bisoux virtuels à qui j’ai envoyé un lien à cliquer pour pouvoir échanger par visio sur jitsi. Une heure au téléphone pour lui demander de cliquer sur le lien qu’elle avait reçu sur sa tablette (oui, la famille lui a offert une tablette second prix l’année dernière pour qu’elle reçoive de leurs nouvelles). Elle a abandonné, on devait se voir depuis Noël, on repoussait notre venue, voila, on ne se verra pas, même pas en visio.

      Cette dame de 83 ans sait toutefois se servir des textos, au grand dam de ses petits enfants qui reçoivent des SMS de trois mots quand ils se sont fendus d’un long texte bien écrit en beau français :)

    • D’autres points à considérer :

      – les outils technologiques de surveillance de masse existent déjà, qu’on le veuille ou non ; si les services de renseignement veulent tracer où tu as été et qui tu as fréquenté, c’est déjà faisable, et sans doute déjà fait dans de nombreux pays, comme l’a montré Snowden ;

      – Facebook, c’est 37 millions d’utilisateurs actifs chaque mois en France. Prétendre que les gens ne sont pas équipés, ne savent faire, ou qu’ils ne veulent pas se faire fliquer, c’est une vue de l’esprit ; il y a de nombreuses difficultés avec les logiciels « privacy first », mais l’aspect diffusion/acceptabilité ne me semble pas le plus complexe ;

      – une question qui se pose de manière extrêmement urgente, c’est de savoir si les États vont utiliser cet épisode pour officialiser les outils les plus intrusifs et répressifs, où si l’on peut refuser l’officialisation des outils tels qu’ils sont ouvertement utilisés dans l’autres pays, et pousser pour aller vers les outils conçus par des spécialistes du « privacy-first » plutôt que par Palantir et avec une absence à peu près totale de contrôle démocratiqu ;

      Dit autrement : les outils de surveillance de masse existent déjà, mais leur valeur répressive est relativement limitée, parce que leur utilisation n’est pas officielle (c’est du domaine du renseignement, qui est certes très problématique, mais qui est plus ou moins limité). Si on officialise ces outils dans le cadre de l’épidémie, on change d’échelle, et leur valeur répressive restera, parce qu’on aura accepté ça cette fois. Une fois qu’on aura officialisé l’idée qu’un outil à la Palantir est utile en étant accessible aux flics « de terrain » et peut être utilisé dans une procédure juridique (démontrer que tu n’as pas respecté le confinement plusieurs fois de suite), ça restera si on invoque le terrorisme, les black blocks, les néonazis, les violeurs pédophiles ou je ne sais quoi. L’alternative envisagée, c’est donc de proposer l’utilisation d’outils conçus pour ne pas pouvoir être utilisés de manière répressive (parce que sans moyens d’identification) mais qui rempliront le même but (limiter la propagation de l’épidémie), retirant ainsi la « justification » de l’utilisation de moyens intrusifs.

      – le grand risque, c’est que le déconfinement soit suivi, moins d’un mois après, par une hausse brutale des contaminations et l’imposition dans l’urgence d’un second confinement ; s’il y a échec du déconfinement (et ça nous semble à tous très probable), la question des libertés publiques deviendra tellement accessoire qu’on va pleurer. Si l’État se retrouve avec un second confinement et absolument tout le monde qui exige de lui de trouver immédiatement une solution (Saint Raoult priez pour nous), je n’ai rigoureusement aucune doute, mais alors aucun, que les méthodes instaurées seront d’une violence que l’on pense aujourd’hui impossible. Croire qu’on échappera alors à Palantir et à la surveillance électronique renforcée (tout ça sera de toute façon réclamé par la population), ça me semble dangereusement naïf. On prendra le logiciel et les méthodes de flicage sud-coréens, au mieux, et on les appliquera à la Lallement, et ce ne sera plus du tout discutable.

      – dans l’immédiat, on n’a pas le droit de sortir de chez nous, si on le fait c’est avec la crainte de tomber sur des flics, on n’a pas le droit de se rencontrer, on n’a pas le droit de manifester, on n’a pas le droit d’aller voter, l’effondrement économique a aussi pour conséquence qu’on a de moins en moins la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille (je ne suis pas pour le « tout économique », mais tout de même), ce sont les plus faibles socialement et physiquement qui en prennent plein la gueule les premiers, etc. On n’est pas dans une situation où il y aurait des choix parfaits, et où l’on peut considèrer des absolus quant à nos libertés. Parce que pour l’instant et pour une période dangereusement longue, notre libertés fondamentales sont déjà abolies (aller et venir, rassemblement, démocratie, éducation…).

      – l’autre grosse alternative, et c’est certainement la solution qui se met en place sans le dire explicitement, c’est l’immunité de groupe (malgré les doutes sur l’immunité). Le confinement ne sert dans cette optique qu’à atteindre un niveau d’acceptabilité, dans nos démocraties, au fait qu’on va laisser crever une partie de notre population. Le coût d’un second confinement serait tellement intolérable que la population acceptera ce choix, initialement indéfendable. Depuis une semaine, on a d’ailleurs en France toute une littérature qui fleurit allant dans ce sens.

      Du coup, dans cette logique (et dans un sens donc contraire aux considérations précédentes), on peut suspecter que l’annonce du logiciel soit, justement, une sorte de gri-gri destiné à calmer l’opinion et justifier le déconfinement, et pouvoir dire, s’il y a trop de morts, que vous voyez bien, on avait tout mis en place, mais les gens n’ont pas voulu utiliser l’outil qu’on leur avait proposé. (Donc c’est la faute aux gens.)

    • Tout comme Arno, je pense que la plupart des gens vont installer l’appli sans sourciller, tout comme ils utilisent Facebook et tous les services de Google... Il n’y a qu’à voir aussi comment en ce moment tout le monde se rue sur Zoom malgré tous les articles et avertissements qu’on peut lire partout, alors que des alternatives tout aussi pratiques (voire mieux) et open-source existent, comme jitsi. La question est donc d’exiger une appli qui ne fera que du tracking anonyme et rien d’autre. J’y crois moyen et en même temps j’ai une petite lueur d’espoir depuis que j’ai vu que le code de leur formulaire d’attestation dérogatoire était publié sur Github (même si on peut toujours penser que le code effectivement mis en œuvre n’est pas tout à fait celui qui nous est présenté).

    • – les outils technologiques de surveillance de masse existent déjà, qu’on le veuille ou non ; si les services de renseignement veulent tracer où tu as été et qui tu as fréquenté, c’est déjà faisable, et sans doute déjà fait dans de nombreux pays, comme l’a montré Snowden ;

      Tu fais des suppositions non démontrées et en avançant ainsi tu considères que personne n’y peut rien et tu invites à renoncer à dénoncer les différents procédés de surveillance et de suivi. L’argument du on le sait déjà n’est pas recevable, parce qu’il tient du fantasme paranoïaque, ça ne veut pas dire que c’est faux, mais qu’il y a certaines formes de surveillance. Heureusement qu’il existe encore des moyens d’y échapper.

      – Facebook, c’est 37 millions d’utilisateurs actifs chaque mois en France. Prétendre que les gens ne sont pas équipés, ne savent faire, ou qu’ils ne veulent pas se faire fliquer, c’est une vue de l’esprit ; il y a de nombreuses difficultés avec les logiciels « privacy first », mais l’aspect diffusion/acceptabilité ne me semble pas le plus complexe ;

      Merci de citer tes sources. 37 millions de comptes actifs, ce n’est pas 37 millions de personnes. Ce n’est pas une vue de l’esprit de se rendre compte que les personnes les plus exposées sont des personnes qui ne sont pas équipées en smartphone. On ne parle pas d’un ordinateur à la maison.

      – une question qui se pose de manière extrêmement urgente, c’est de savoir si les États vont utiliser cet épisode pour officialiser les outils les plus intrusifs et répressifs, où si l’on peut refuser l’officialisation des outils tels qu’ils sont ouvertement utilisés dans l’autres pays, et pousser pour aller vers les outils conçus par des spécialistes du « privacy-first » plutôt que par Palantir et avec une absence à peu près totale de contrôle démocratique ;

      Il y a urgence de masques et de tests, de lits d’hopitaux mais certainement pas urgence de la mise en place d’une surveillance sociale de masse électronique telle qu’elle voudrait s’imposer actuellement. N’oublions pas le contexte politique, voir la différence de gestion sanitaire en Allemagne et en France, on parle bien d’un but sanitaire et tout concoure à montrer le contraire. Je continue de dire que nous nous épuisons dans un débat technologique qui ne devrait pas avoir lieu et qui est une façon de nous détourner des réalités catastrophiques.

      Je peux malheureusement répondre oui à la première question, parce que cela se vérifie à chaque crise depuis 25 ans, les libertés se réduisent aux profits d’un Etat sécuritaire, toute occasion est bonne et les tenants de la surveillance électronique, du croisement de fichiers et du traçage sont des lobbyistes très actifs, de type Babinet (video youtube du 1er avril), qui n’ont aucune limite ni scrupule politique à t’exposer que les mails sont une source à prendre en compte dans le dossier médical multidatas qu’ils promeuvent et qui rêvent de fermer la CNIL déjà réduite à rien. Concernant Palentir, c’est une boite américaine qui analyse pour la DGSE et autres services secrets français les résultats des données collectées en france. Ça me laisse toujours pontoise de réaliser que les français sont carrement naïfs ou que nous sommes simplement toujours dans les mains des mêmes industriels du complexe militaro industriel depuis 1941 qui font croire à une guerre économique entre pays alors qu’elle est entre classes dominantes et les 99% qui subissent leurs incompétences délirantes et leurs fantasmes de contrôle total. Mais oui, je pense que ce sera Palantir et Consorts et même pire.

      Pour revenir à la croyance en des alternatives de traçage, à partir du moment où les principes démocratiques sont baffoués parce qu’il y aura violation de la vie privé via une technique de suivi personnalisé (sous des prétextes fallacieux car je répète que l’efficience sanitaire du traçage est loin d’être prouvée), qu’elle soit anonyme ou pas ne change rien (il n’y a pas d’anonymat dans du traçage), ni de garanti par un encadrement de la CNIL qui a appris à aplatir ses prérogatives chaque fois qu’un échelon supplémentaire est franchi.

      Je vois plutôt se profiler une surveillance de multiples sources justifiée par une meilleure efficience et surtout pour notre bien sanitaire. FB+internet+conversations filtrées+Géolocalisation+traçage+biométrie+rfid+ saupoudrage d’un peu d’alternatifs pour faire plaisir aux geeks qui rêvent d’un monde libre informatisé et faire croire que tout est sous contrôle démocratique.

      Nos avis démocratiques ne pèseront pas grand chose face aux milliards de $ que pèsent les données de santé et de profilage, surtout pour sauver des vies dont ils se foutent totalement. Ce qui m’intéresse à regarder actuellement c’est la méthode de persuasion qui va être utilisée. Ça suit son cours et la diversion fonctionne à merveille …

      Dit autrement : les outils de surveillance de masse existent déjà, mais leur valeur répressive est relativement limitée, parce que leur utilisation n’est pas officielle (c’est du domaine du renseignement, qui est certes très problématique, mais qui est plus ou moins limité). Si on officialise ces outils dans le cadre de l’épidémie, on change d’échelle, et leur valeur répressive restera, parce qu’on aura accepté ça cette fois. Une fois qu’on aura officialisé l’idée qu’un outil à la Palantir est utile en étant accessible aux flics « de terrain » et peut être utilisé dans une procédure juridique (démontrer que tu n’as pas respecté le confinement plusieurs fois de suite), ça restera si on invoque le terrorisme, les black blocks, les néonazis, les violeurs pédophiles ou je ne sais quoi. L’alternative envisagée, c’est donc de proposer l’utilisation d’outils conçus pour ne pas pouvoir être utilisés de manière répressive (parce que sans moyens d’identification) mais qui rempliront le même but (limiter la propagation de l’épidémie), retirant ainsi la « justification » de l’utilisation de moyens intrusifs.

      Prends juste l’exemple de Tarnac, avec Coupat qui est soupçonné parce qu’il n’a pas de téléphone portable, la répression est déjà là et n’a pas besoin de notre accord pour se déployer. La technique le permet, la répression suit, l’accompagne. Ce n’est pas de quelle manière cela va se déployer, ni si il y a anonymat ni si les intentions sont louables, mais si nous savons faire bloc contre cette hallucination collective pro technosurveillance. Je préfère me battre contre toutes les prisons car il n’y a pas de prison alternative.

      – le grand risque, c’est que le déconfinement soit suivi, moins d’un mois après, par une hausse brutale des contaminations et l’imposition dans l’urgence d’un second confinement ; s’il y a échec du déconfinement (et ça nous semble à tous très probable), la question des libertés publiques deviendra tellement accessoire qu’on va pleurer. Si l’État se retrouve avec un second confinement et absolument tout le monde qui exige de lui de trouver immédiatement une solution (Saint Raoult priez pour nous), je n’ai rigoureusement aucune doute, mais alors aucun, que les méthodes instaurées seront d’une violence que l’on pense aujourd’hui impossible. Croire qu’on échappera alors à Palantir et à la surveillance électronique renforcée (tout ça sera de toute façon réclamé par la population), ça me semble dangereusement naïf. On prendra le logiciel et les méthodes de flicage sud-coréens, au mieux, et on les appliquera à la Lallement, et ce ne sera plus du tout discutable.

      Depuis le début du covid le gvt nous mène en bateau, je n’ai aucun doute qu’on arrivera à palentir par un chemin ou un autre et en plus avec l’assentiment de la population et le chemin le plus court trouvé pour le moment c’est de laisser travailler les « alternatifs » dessus, histoire que la gauche technophile se foute bien sur la gueule.

      – dans l’immédiat, on n’a pas le droit de sortir de chez nous, si on le fait c’est avec la crainte de tomber sur des flics, on n’a pas le droit de se rencontrer, on n’a pas le droit de manifester, on n’a pas le droit d’aller voter, l’effondrement économique a aussi pour conséquence qu’on a de moins en moins la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille (je ne suis pas pour le « tout économique », mais tout de même), ce sont les plus faibles socialement et physiquement qui en prennent plein la gueule les premiers, etc. On n’est pas dans une situation où il y aurait des choix parfaits, et où l’on peut considèrer des absolus quant à nos libertés. Parce que pour l’instant et pour une période dangereusement longue, notre libertés fondamentales sont déjà abolies (aller et venir, rassemblement, démocratie, éducation…).

      C’est assez bien vendu en effet mais je n’achète pas.

      – l’autre grosse alternative, et c’est certainement la solution qui se met en place sans le dire explicitement, c’est l’immunité de groupe (malgré les doutes sur l’immunité). Le confinement ne sert dans cette optique qu’à atteindre un niveau d’acceptabilité, dans nos démocraties, au fait qu’on va laisser crever une partie de notre population. Le coût d’un second confinement serait tellement intolérable que la population acceptera ce choix, initialement indéfendable. Depuis une semaine, on a d’ailleurs en France toute une littérature qui fleurit allant dans ce sens.

      Disons que laisser mourir des personnes et même les euthanasier sans leur accord ni celui de leurs familles sous prétexte qu’ils auraient peut-être le covid et qu’il n’y a pas assez de lits en réanimation c’est aujourd’hui et maintenant en france. Ça me suffit pour voir que ce gouvernement n’en a absolument rien à foutre de sa population et que s’il faut s’allier aux pires des américains pour réaliser le grand panoptique de surveillance cette crise servira comme excellent prétexte et au lieu de tests et de masques et de lits d’hopitaux, tout le monde demandera des drones et du traçage et de la répression bien entendu.

      Du coup, dans cette logique (et dans un sens donc contraire aux considérations précédentes), on peut suspecter que l’annonce du logiciel soit, justement, une sorte de gri-gri destiné à calmer l’opinion et justifier le déconfinement, et pouvoir dire, s’il y a trop de morts, que vous voyez bien, on avait tout mis en place, mais les gens n’ont pas voulu utiliser l’outil qu’on leur avait proposé. (Donc c’est la faute aux gens.)

      Oui, parfaitement d’accord, c’est la méthode de persuasion qui sera probablement utilisée, le #bluff_technologique, one more time.

    • Pour poursuivre mes propos, voila comment avec #stopcovid les bonimenteurs du traçage numérique des #données_personnelles sensibles commes les #données_de_santé peuvent enfin placer leurs discours : ici le babinet national, qui refuse de dire pour quelles entreprises il travaille (YT V4yf3HOEHPk) mais dispose de sa place en tant que #digital-champion (sic) français (groupe des conseillers au numérique européen). Souvenez-vous, c’est lui qui voulait fermer la CNIL et sert ici de conseil au smartank de l’#institut_Montaigne (Bébéar), ne vous méprenez pas sur le style alternatif cool sympa qu’il se donne, ce qu’il propose est bien une #société_de_contrôle totalitaire avec profilage médical de chacun·e basé sur l’aspiration de données provenant de sources diverses comme les données d’alimentation ou la lecture des emails …
      extrait de la vidéo

      1er avril 2020
      https://www.youtube.com/watch?v=Rxt-8Z1dQHg?t=471

      Comment ça, vous ne saviez pas à quoi vous attendre avec la république numérique de Macron ?

      #future-of-innovation-in-europe
      Friday, 20 March
      https://www.iiea.com/event/france-and-the-future-of-innovation-in-europe

      In his address to the IIEA, Gilles Babinet will offer his perspective on the future of innovation in Europe and discuss the French Government’s work on innovation and startups (Visa Tech, Next40). He will comment on the implications of europeanisation as French efforts increasingly focus on French champions. Gilles Babinet will also discuss issues such as 5G, connected objects, the need for an overarching ecosystem and how to prepare for it.

      #babinet

  • Coronavirus : les simulations alarmantes des épidémiologistes pour la France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/15/coronavirus-les-simulations-alarmantes-des-epidemiologistes-pour-la-france_6

    « Le Monde » a pris connaissance d’estimations sur l’impact du virus, effectuées par les scientifiques qui conseillent l’Elysée. Cette projection évalue le scénario le plus sombre, avec les hypothèses de mortalité les plus élevées et en l’absence de mesures radicales de prévention.

    Le #Covid-19 sera-t-il au XXIe siècle ce que la grippe espagnole a été au XXe siècle ? C’est en tout cas le scénario le plus alarmiste sur lequel a travaillé le conseil scientifique, ce groupe de dix experts mis en place mercredi 11 mars à la demande du président de la République « pour éclairer la décision publique ». Selon ces modélisations confidentielles, dont Le Monde a eu connaissance, l’épidémie de Covid-19 pourrait provoquer en France, en l’absence de toute mesure de prévention ou d’endiguement, de 300 000 à 500 000 morts. Précision extrêmement importante : ce scénario a été calculé en retenant les hypothèses de transmissibilité et de mortalité probables les plus élevées, et ce en l’absence des mesures radicales de prévention et d’éloignement social qui viennent d’être prises. Dans ce cas de figure, entre 30 000 et 100 000 lits de soins intensifs seraient nécessaires pour accueillir les patients au pic de l’épidémie. (...)

    Dans les #hôpitaux, la tension est palpable. « Nous avons déjà 61 patients Covid hospitalisés, dont 20 en réanimation. Tous les lits sont occupés », constate le professeur Xavier Lescure. Lundi, il ouvrira la dernière aile de son service, soit 18 lits, pour accueillir les nouveaux malades. Les six derniers lits de réanimation seront aussi ouverts, et d’autres sont en train d’être installés dans d’autres secteurs de l’hôpital. « Le facteur limitant, ce ne sont pas les lits, mais le personnel soignant. Nous ne comptons pas les heures, mais nous manquons de médecins, d’infirmières et d’infirmiers », s’inquiète l’infectiologue. « Les personnes souffrant d’un syndrome de déficit respiratoire aigu requièrent une grande surveillance. », précise-t-il. Certains patients sont déjà sortis et bénéficient d’une surveillance à distance, mais l’hôpital est confronté à un afflux de patients de plus en plus sévères, dont l’hospitalisation pourra se prolonger sur plusieurs semaines. (...)

    Dans son établissement, le nombre de patients Covid augmente de 20 à 30 % par jour, et rien que dans la journée de samedi quatre nouveaux cas ont été hospitalisés en réanimation. « Nous sommes armés pour affronter la vague dans les deux trois jours qui viennent. L’enjeu est de tenir dans la durée », insiste-t-il.

    D’autant que les mesures prises par le gouvernement ne régleront pas sans doute pas la totalité du problème « Avec des mesures fortes comme celles qui ont été prises samedi et une très forte implication de la population, on peut potentiellement éteindre la première vague », explique Simon Cauchemez. « Mais dans la mesure où il n’y aura pas suffisamment d’immunité, qui ne peut être conférée que par la vaccination ou par une infection naturelle, il peut y avoir une seconde vague, et la question des mesures à prendre se reposera, poursuit-il. C’est toute la difficulté de cette stratégie, qui n’avait jusqu’à présent jamais été envisagée pour un virus circulant de façon globalisée, en raison de son coût économique et social. »

    #hôpital #simulations

  • Why outbreaks like coronavirus spread exponentially, and how to “flatten the curve” - Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator

    This so-called exponential curveexponential curve has experts worried. If the has experts worried. If thenumber of cases were to continue to double every three days, therenumber of cases were to continue to double every three days, therewould be about a hundred million cases in the United States bywould be about a hundred million cases in the United States byMay.May.That is math, not prophecy. The spread can be slowed, publicThat is math, not prophecy. The spread can be slowed, publichealth professionals say, if people practice “health professionals say, if people practice “social distancingsocial distancing” by” byavoiding public spaces and generally limiting their movement.avoiding public spaces and generally limiting their movement.Still, without any measures to slow it down, covid-19 will continueStill, without any measures to slow it down, covid-19 will continueto spread exponentially for months. To understand why, it isto spread exponentially for months. To understand why, it isinstructive to simulate the spread of a fake disease through ainstructive to simulate the spread of a fake disease through apopulation.population.We will call our fake disease simulitis. It spreads even more easilyWe will call our fake disease simulitis. It spreads even more easilythan covid-19: whenever a than covid-19: whenever a healthy personhealthy person comes into contact comes into contactwith a with a sick personsick person, the healthy person becomes sick, too., the healthy person becomes sick, too.