#sinophobie

  • #Sinophobie et #racisme anti-asiatique au prisme de la #covid-19

    La propagation de la pandémie à l’échelle mondiale a mis au jour le racisme vis-à-vis des personnes perçues comme « Asiatiques ». Si les propos et les gestes anti-asiatiques dans les pays occidentaux proviennent en partie du vieux fantasme du « #péril_jaune », l’#hostilité à l’égard des populations chinoises, surtout en #Asie de l’Est et du Sud-Est, est un phénomène relativement récent du rejet de la #domination politique et économique de la #Chine.

    Une « minorité modèle » face au racisme

    En France et dans de nombreux pays occidentaux, les Asiatiques ont souvent été considérés comme une « minorité modèle », c’est-à-dire une minorité « bien intégrée », qui réussit économiquement et qui progresse dans l’échelle sociale à travers les générations. L’étiquette de minorité modèle a des effets pervers, notamment dans la production d’attentes sociales trop élevées et caricaturales pour les enfants asiatiques, ceux-ci grandissant avec l’idée selon laquelle il n’y aurait qu’une seule façon d’être asiatique1. D’autre part, l’impression qu’ils « s’en sortent mieux » tend à occulter ou atténuer leurs expériences de racisme. Ainsi, pendant longtemps, au moins en France, les Asiatiques ont été exclus du champ des mouvements antiracistes. Depuis la mort de couturier Zhang Chaolin en 2016 à Aubervilliers, quelques collectifs ont été fondés pour dénoncer le racisme anti-asiatique, souvent exprimé par les agressions et les vols violents. Aujourd’hui, la pandémie liée au coronavirus révèle de nouvelles dimensions du racisme anti-asiatique. Comme l’exprime le hashtag « JeNeSuisPasUnVirus », une française adoptée d’origine Corée du Sud, dont le témoignage a été publié par la cinéaste Amandine Gay le 27 janvier 2020 sur Twitter :

    https://twitter.com/OrpheoNegra/status/1221706803836280832?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

    Avec ce hashtag, l’auteure, avec qui nous nous sommes entretenue, voulait inciter à partager des témoignages, ce qui semble avoir fonctionné puisqu’il a été relayé par de nombreux jeunes Asiatiques sur les réseaux sociaux. Au fur et à mesure que la pandémie s’est étendue au monde entier, l’ampleur des actes contre des personnes perçues comme asiatiques s’est intensifiée à l’échelle mondiale. Dans quel sens la sinophobie (aversion pour la Chine) et le racisme anti-asiatique (racisme vis-à-vis les personnes perçues comme Asiatiques) s’alimentent-ils l’un et l’autre ? Nous proposons de décortiquer ces stéréotypes, représentations et sentiments à des échelles variées afin de comprendre ce processus de racialisation particulièrement mis en lumière par la pandémie de covid-19.
    Le « péril jaune », revitalisation d’un vieux fantasme dans l’espace médiatique

    Tout d’abord, le processus de racialisation des personnes asiatiques se fonde sur la revitalisation des stéréotypes qui créent de l’altérité à l’égard de la Chine et de la population chinoise dans la représentation médiatique. Ainsi, peu après l’annonce du confinement à Wuhan, le 26 janvier, le Courrier Picard titre en une de son journal « Coronavirus chinois : alerte jaune », et publie le même jour un éditorial intitulé « Le péril jaune ? ». Une telle évocation de ce vieux fantasme implique la racialisation des populations chinoises en France et génère de la haine et du rejet. L’embrasement médiatique a alors porté sur toutes sortes de fantasmes liés aux pratiques culinaires des Chinois, considérées comme arriérées, sinon barbares. Sur les réseaux sociaux, on assiste à un déferlement de publications sur les habitudes alimentaires des personnes chinoises ou supposées telles, créant un amalgame entre la consommation d’animaux sauvages en Chine et les restaurants des immigrés chinois à l’étranger.

    En construisant une hiérarchie entre, d’un côté, des pratiques culinaires décrites comme exotiques et archaïques et, d’un autre, les habitudes européennes, considérées comme civilisées et supérieures, ces clichés renforcent l’altérisation des personnes perçues comme asiatiques.

    Le phénomène n’est toutefois pas nouveau. Le cliché des Asiatiques qui mangeraient des animaux domestiques, par exemple, est bien connu de la population d’origine asiatique en France. En construisant une hiérarchie entre, d’un côté, des pratiques culinaires décrites comme exotiques et archaïques et, d’un autre, les habitudes européennes, considérées comme civilisées et supérieures, ces clichés renforcent l’altérisation des personnes perçues comme asiatiques. Ainsi, dans de nombreux pays (France, Angleterre, Canada, Japon…), un nombre important de restaurants chinois a été confronté à une chute dramatique de leur chiffre d’affaires à cause du rejet des consommateurs. Les commerces alimentaires chinois, et dans une moindre mesure les autres restaurants asiatiques (japonais, vietnamiens, thaïlandais, etc.) ont ainsi été les premières victimes de ce racisme basé sur des préjugés sanitaires. Le processus de racialisation et d’altérisation s’est également accompagné d’une déshumanisation des populations chinoises. Les propos du journaliste Emmanuel Lechypre, lors de la commémoration des victimes du Covid-19 en Chine le 3 avril sur BFMTV, en témoignent : « Ils enterrent les Pokémon », avait-il commenté, déclenchant des réactions immédiates parmi les populations asiatiques.

    Tout change et rien ne change. Si ces clichés essentialistes sont loin d’être nouveaux, la propagation du nouveau coronavirus a toutefois produit un contexte favorable à la diffusion de paroles et d’actes racistes envers les personnes d’origine chinoise et, plus largement, d’origine asiatique.
    Agressions racistes envers des personnes « Asiatiquetées »

    Au-delà des réseaux sociaux où les paroles racistes se libèrent et les clichés se banalisent, cette xénophobie va de la prise de distance dans l’espace public aux agressions verbales ou physiques. Notre enquête en cours avec des immigrés chinois en région parisienne révèle la diversité de ces agressions. Parmi les personnes interrogées, beaucoup soulignent leur réticence à porter un masque de crainte d’être la cible d’agressions ; une partie choisit d’y renoncer pour éviter le risque, l’autre l’utilise mais se sent mal à l’aise. Une femme témoigne d’agressions verbales telles que « corona ! » dans la rue. Des enfants asiatiques ont été également harcelés à l’école, certains ont été appelés « virus »2.

    De l’Europe à l’Amérique du Nord, les médias ont fait état d’agressions verbales voire physiques vis-à-vis non seulement de Chinois ou de personnes d’origine chinoise, mais aussi de Singapouriens, Thaïlandais, etc. En Italie, plusieurs cas d’agressions ont également été rapportés, l’un d’eux ayant conduit la victime à l’hôpital. Une élue italienne a publié des propos racistes sur son compte Twitter, désignant les Chinois comme les responsables du virus. Aux États-Unis, notamment en Californie, où résident de nombreuses communautés immigrées originaires d’Asie de l’Est, le nombre de cas d’agressions verbales et physiques racistes rapporté par semaine était de plus de 600 fin mars et a dépassé 1 400 en avril.

    Cette hausse des agressions visant les Asiatiques aux États-Unis est indéniablement une conséquence directe de la « politisation du virus ».
    La politisation du virus à l’échelle internationale

    La crise sanitaire a également provoqué une hostilité vis-à-vis de la globalisation incarnée par la Chine, ainsi que le révèle le débat autour de la dénomination de « China virus » ou « Wuhan virus ».

    En 2015, l’OMS a publié une recommandation sur la dénomination des épidémies. Dans ce guide, l’OMS déconseille clairement de nommer des maladies par le nom d’une population, d’un animal, d’une région ou d’un aliment. Ce guide des bonnes pratiques a été précisément réalisé pour éviter les actions discriminatoires et/ou stigmatisantes. Or, depuis le début de la pandémie, le président américain Donald Trump insiste pour nommer ce virus le « virus chinois ». La provocation de Trump s’inscrit dans la stratégie anti-Pékin clairement exprimée depuis son élection, qui tente de défendre la position hégémonique des États-Unis dans l’ordre international face à une puissance chinoise qui s’impose. Cela renforce également la légitimité de la guerre commerciale contre la Chine et interpelle indirectement une composante importante de son électorat : les ouvriers blancs sensibles aux revendications du « Buy American ». Néanmoins, la diabolisation de la Chine par l’appellation « China virus » catalyse également la haine contre toutes les personnes « Asiatiquetées », ce qui explique le nombre important d’agressions.

    La pandémie a non seulement incité les populations à affirmer leurs frontières géographiques et symboliques avec la Chine, mais a également redessiné les frontières internes entre les « nous » et « ils » au sein de ces sociétés qui ont des échanges intenses avec la Chine.

    Dans une moindre mesure, cette hostilité contre la Chine s’observe également en Asie de l’Est, région particulièrement liée aux influences économiques et politiques chinoises. À Taïwan et à Hong Kong, la peur de la pandémie se greffe notamment sur la tension politique avec Pékin et se traduit par un rejet des citoyens chinois. D’un côté, à Hong Kong, début février, les aide-soignants appellent à la fermeture de frontières avec la Chine en se mettant en grève ; de l’autre, à Taïwan, un vif débat sur « qui peut rentrer à Taïwan et bénéficier de la sécurité sociale » s’enflamme, excluant notamment les citoyens chinois ayant épousé des Taïwanais et leurs enfants ayant la nationalité chinoise. Autrement dit, la pandémie a non seulement incité les populations à affirmer leurs frontières géographiques et symboliques avec la Chine, mais a également redessiné les frontières internes entre les « nous » et « ils » au sein de ces sociétés qui ont des échanges intenses avec la Chine.

    Outre la haine et la peur provoquées par la pandémie, la colère contre le gouvernement chinois, perçu comme responsable de la pandémie mondiale, incite également à critiquer l’impact politique et économique de la Chine. Ainsi, en avril, sur Twitter, les jeunes internautes thaïlandais lancent le hashtag « Milk Tea Alliance » pour revendiquer une solidarité entre les jeunes en Asie. Bien que le débat ait commencé par des propos ironiques sur le patriotisme des jeunes Chinois, la discussion a rapidement convergé avec d’autres critiques à l’encontre de la Chine, notamment le projet chinois des Barrages sur le Mékong. Considérant la pandémie de la covid19 comme relevant de la responsabilité du régime chinois, ces jeunes reprennent à leur compte l’appellation du « Virus Wuhan » ou « Virus Chinois ». Au Japon, le deuxième partenaire commercial de la Chine, le gouvernement a manifesté sa volonté de freiner la dépendance économique à l’égard de la Chine en annonçant les retraits des investissements des entreprises japonaises en Chine. En somme, le covid-19 a provoqué une crainte de la mondialisation incarnée par la Chine. Il importe ainsi d’analyser si ces émotions se traduisent par un développement de l’hostilité et de la stigmatisation à l’égard des touristes et des commerçants chinois, possibles agents de cette globalisation chinoise en Hexagone.
    Des stratégies défensives « par le haut » et « par le bas »

    De cette analyse, il ressort ainsi trois mécanismes qui contribuent à la stigmatisation et à l’exclusion des personnes chinoises et/ou asiatiques (ou perçues comme telles) pendant la crise sanitaire : la construction médiatique de l’infériorité et de l’altérité à travers le fantasme du « péril jaune » ; les agressions racistes visant toutes les personnes « asiatiques » et leur assimilation à la Chine ; enfin, l’instrumentalisation de sentiments anti-Pékin au service de politiques ou de discours xénophobes. Tandis que les deux premiers phénomènes sont déjà plus ou moins connus et documentés, le troisième s’avère être un mécanisme novateur du racisme révèle par la pandémie. Ainsi, les anciennes et les plus récentes formes du racisme anti-asiatique provoquent des stratégies défensives au registre variés : d’un côté, en France comme dans d’autres pays, les personnes asiatiques s’organisent pour dénoncer les représentations racialisées, à l’instar de la mobilisation virtuelle autour du slogan « #JeNeSuisPasUnVirus ». D’un autre, depuis février, l’appareil diplomatique d’État chinois se mobilise pour promouvoir un autre récit de la pandémie dans lequel la Chine devient une puissance de l’aide humanitaire internationale et un modèle de gestion de crises sanitaires. Celle que nous traversons Covid-19 révèle à quel point la perception de la politique chinoise alimente le racisme anti-chinois et asiatique. L’enjeu à venir sera d’observer si ces deux approches « par le haut » et « par le bas » vont converger ou s’opposer, jusqu’à une réorganisation de la solidarité et des alliances entre les « Chinois », les « Asiatiques », les « Chinois d’outre-mer », les « Chinois de France », avec ou sans les autres minorités racisées.

    http://icmigrations.fr/2020/05/15/defacto-019-01
    #xénophobie #coronavirus #racisme_anti-asiatique

  • Océanerosemarie et le « chinois tué » : et s’il avait été blanc ? - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=7TqbmT3B9PA


    #racisme #violence_policière #sinophobie

    ci dessous le communiqué de press de SOS racisme
    https://sos-racisme.org/communique-de-presse/meurtre-de-shaoyo-lui-sos-racisme-demande-une-enquete-serieuse-exempte-

    Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « il serait bon que les policiers ne confondent pas un père de famille chinois en train de faire la cuisine avec un yakuza japonais armé et en train de les agresser. Il n’est jamais sans conséquence de confondre la réalité et les films de série Z. »

  • Spitz, Chantal - « Héritage et confrontation » (sur Paul Gauguin) - île en île
    http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/spitz_gauguin.html

    Où en sommes-nous cent années après la disparition de Gauguin ?

    Je n’essaierai pas de prétendre une réponse à un questionnement sans doute né de la première pensée humaine. Je m’attacherai plus simplement à apporter une lueur à la situation actuelle à partir d’extraits de Gauguin.

    « Cette jeune fille, une enfant d’environ treize ans, me charmait et m’épouvantait ; que se passait-il dans son âme ? et dans ce contrat si hâtivement conçu et signé j’avais la pudeur hésitante de la signature, moi presque un vieillard. » Noanoa
    « Je vis avec 100 francs par mois, moi et ma vahine, une jeune fille de treize ans et demi. » Lettre à Monfreid, avril, 1896.
    « Il me reste à vous dire que Tahiti est toujours charmante, que ma nouvelle épouse se nomme Pahura, qu’elle a quatorze ans, qu’elle est très débauchée. » Lettre à Vallette, juillet, 1896.

    Gauguin vivant le mariage de Loti... mythe oblige... pense qu’il suffit de traverser les océans et s’installer à Tahiti pour se permettre impunément des comportements criminels réprimés par les lois de son pays car si ce n’est pas de la pédophilie c’est au moins un détournement patent de mineures. Que la vie sexuelle féminine commençât à la puberté dans un monde aux expressions humaines différentes de l’Europe ne dédouane nullement les Occidentaux qui se vautraient dans les corps du délit oublieux de la morale qu’ils exigeaient sans doute pour leurs filles restées aux pays.

    Cent années plus tard nos mœurs sexuelles ayant été bouleversées par la morale chrétienne raide aucun homme ne peut heureusement plus mettre dans sa couche des fillettes de treize ans sans risquer une action en justice.

    Fragment de mythe écroulé ...
    Le mythe dans son entier s’est-il effondré pour autant ?

    Le peuple insouciant est-il devenu un peuple responsable le peuple enfant est-il devenu un peuple adulte dans les esprits occidentaux dans les nôtres ?

    Que d’insultes à nos intelligences continuons-nous d’entendre entre autres

    « Qu’auriez-vous fait sans la France ? Que ferez-vous sans la France ? » insinuant que de tous les peuples humains ayant existé existant nous serions les seuls incapables de nous adapter aux diverses évolutions encore moins intelligents que les animaux de Darwin que nous serions les seuls incapables de nous composer une destinée souveraine nous capables du plus grand exploit humain de tous les temps qui avons navigué l’immensité pacifique pour un destin meilleur dans des époques où les marins européens navigotaient le long de leurs côtes de peur de tomber dans le vide passée la ligne d’horizon.

    Ou

    « Les Tahitiens sont de grands enfants ils vivent dans le présent ils sont incapables de se projeter dans l’avenir » formule si pratique pour travestir notre art de vivre différent en une inconsistance coupable convenue nous qui depuis l’aube de notre espèce pratiquions le rahui pour préserver nos ressources maritimes et terrestres qui conservions les excès de la nature généreuse dans des tioo en prévision des temps difficiles.

    #grand_homme #colonialisme #racisme #pedocriminalité #art #sinophobie #bankster #polynésie

  • Pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
    Ursula Gauthier, celle qui appelle gentiment « minorité remuante » les auteurs d’attentats aveugles 

    Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les USA (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée US au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

    De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.
    Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

    Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

    Le 18 septembre 2015, des extrémistes #ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin » , armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs #Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

    Alors que la Chine est sous le choc, Ursula_Gauthier, correspondante de L’ Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

    Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée » . Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

    Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

    L’immuable #ONG pro-américaine #Reporters_sans_frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la « campagne de diffamation et d’intimidation » visant la #journaliste. Son patron, #Christophe_Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à #RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme » , etc.

    La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

    Le magazine Challenge s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise : http://www.challenges.fr/media/20151228.AFP1401/chine-les-medias-et-le-gouvernement-saluent-l-expulsion-d-une-journaliste

    « Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.
Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.
La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte #censure des contenus en ligne. »

    La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité :http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151117.OBS9681/apres-les-attentats-la-solidarite-de-la-chine-n-est-pas-sans-ar
    A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.
    Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015] ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet, « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

    Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... » . Comprendre dans le « probablement »  que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

    Et encore : « Mais pour #Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au #Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation #djihadiste internationale. »
    Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par #Bataclan et calculez à quelle heure le #RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

    Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ».
    Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisations terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.
    Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la #radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport ». 

    Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le #Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la #sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le #dalaï_lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations. Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.
    L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

    Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand Soir, Acrimed, Investig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

    Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

    1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’#Al_Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les USA déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (#NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux USA, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).
    • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
    •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place #Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
    • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
    • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.
    Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

    2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend http://www.lemonde.fr/actualite-medias/video/2015/12/28/chine-entretien-avec-la-correspondante-de-l-obs-sur-le-point-d-etre-expulsee
    en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

    A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

    Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

    Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.
    Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint #Daesh en Syrie ? 
Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

    3- Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris _ (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

    Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux

    Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo. Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine. Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

    En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) : http://www.dailymotion.com/video/x2eq7hn_najat-vallaud-belkacem-je-mobilise-la-communaute-educative-pour


      « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. »

    La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 
    • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
    • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ».
    • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de « l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental »
    • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé » , a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
    • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».

    Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

    C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.
    Pour Ursula Gauthier , si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

    D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

    A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.
    Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

    Et ces silences !
    Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

    Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier, Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’#Obs.

    Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 #prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris : « On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

    PS *. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’#Ursula_Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au #Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les #pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

    Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des #Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le #nationalisme, le #racisme, l’#intégrisme_religieux, la #sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

    Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le #terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.
    http://www.legrandsoir.info/pourquoi-ursula-gauthier-de-l-obs-a-du-quitter-la-chine-et-pourquoi-on

    Maxime Vivas
    Site Le Grand Soir