• « Plutôt voleurs de poules que voleurs de vies »
    https://lundi.am/Plutot-voleurs-de-poules-que-voleurs-de-vies

    Lorsqu’il avait 14 ans, Ritchy Thibault est allé sur un rond-point, il est devenu l’une des figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, il a été assistant parlementaire jusqu’à se faire bannir de l’assemblée nationale et congédier par son employeur, passé un nombre incalculable d’heures en cellules de garde à vue, fondé le PEPS [1]

    [1] Collectif politique d’écologie de libération,...
    , propagé pas mal de Zbeul, animé des émissions sur le web, écrit des articles ainsi que trois livres, et se prépare à affronter dans la joie et la bonne humeur trois procès au tribunal judiciaire de Paris qui l’opposent à la crème de ceux qui nous gouvernent (le président lui-même, évidemment mais aussi Bruno Retailleau ou encore Laurent Nunez). Pour comprendre d’où lui vient une telle énergie et pourquoi elle ne se départ par de beaucoup d’humour, il faut livre son dernier livre : Voleurs de poules, combattre l’antitsiganisme (Libertalia). Cette irréductibilité au pouvoir autant que cette disposition au coup d’éclat, on ne peut la comprendre qu’à partir du récit historique et éthique qu’il fait de l’antitsiganisme et de la guerre livrée depuis toujours par l’État contres les populations Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Yéniches et Voyageurs. Des formes de vie, qu’il a toujours fallu surveiller, contrôler, réduire et même éradiquer tant elles incarnent ce petit caillou dans la chaussure d’une civilisation qui ne peut tolérer qu’elle-même. Cette interview est aussi longue qu’elle est intelligente et drôle ; pour s’y repérer, nous l’avons accompagnée d’un chapitrage qui servira tout autant de sommaire. On y parle de l’antitsiganisme et de son histoire évidemment, mais depuis là découle tout le reste, jusqu’aux stratégies nécessaires et adéquats pour lutter contre l’État et le pouvoir sans jamais en accepter les méthodes, les schémas et les armes. Au reste, il s’agit certainement de l’unique occasion que vous aurez de sauver une poule en achetant un livre.

    https://www.youtube.com/watch?v=We0bSms1yUg

    #interview #lundi_soir @lundimatin #Ritchy_Thibault #anti-tsiganisme #histoire #Roms, #Sinti #Manouches #Gitans #Yéniches #Voyageurs

  • Pour la reconnaissance du #génocide des #Roms et des Voyageurs

    https://contre-attaque.net/2025/04/11/pour-la-reconnaissance-du-genocide-des-roms-et-des-voyageurs

    FOISNEAU Lise, Le Génocide des « nomades » : figures du déni, revue L’homme, 2024

    https://shs.cairn.info/revue-l-homme-2024-1-page-113?lang=fr

    La question politique qui reste désormais en suspens est celle de savoir pourquoi certains historiens ont décidé de refuser aux Roms, #Sinti, #Manouches, #Gitans, #Yéniches et #Voyageurs le statut de victimes d’un génocide sur le sol français. Il reste aussi à s’interroger sur le choix de l’État de soutenir un projet de musée-mémorial qui nie la portée raciale et génocidaire de la persécution des « Nomades ». En 2024, les descendants ayant résisté à la sédentarisation forcée initiée après-guerre ne peuvent toujours pas choisir librement leurs lieux de vie et demeurent enfermés dans un réseau d’aires d’accueil. Ce dispositif fonctionne grâce à l’identification d’un groupe donné – les « gens du voyage » – qui est encore fiché par les services de police et de gendarmerie, mais aussi par le biais de terrains désignés, d’un monitorage de leurs activités économiques et d’une surveillance de leurs pratiques éducatives. Le débat autour de la qualification des persécutions de la Seconde Guerre mondiale n’est donc pas réservé aux historiens : la manière dont il est posé détermine, en partie, les relations que nous entretenons aujourd’hui avec les Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Yéniches et Voyageurs.

    #anti-tsiganisme

  • Le déni des #persécutions génocidaires des « #Nomades »

    Le dernier interné « nomade » des #camps français a été libéré il y a presque 80 ans. Pourtant, il n’existe pas de décompte exact des victimes « nomades » de la #Seconde_Guerre_mondiale en France, ni de #mémorial nominatif exhaustif. Le site internet collaboratif NOMadeS, mis en ligne le 6 décembre 2024, se donne pour mission de combler cette lacune. Pourquoi aura-t-il fallu attendre huit décennies avant qu’une telle initiative ne soit lancée ?
    Les « Nomades » étaient, selon la loi du 16 juillet 1912, « des “#roulottiers” n’ayant ni domicile, ni résidence, ni patrie, la plupart #vagabonds, présentant le caractère ethnique particulier aux #romanichels, #bohémiens, #tziganes, #gitanos[1] ».

    Cette #loi_raciale contraignait les #Roms, les #Manouches, les #Sinti, les #Gitans, les #Yéniches et les #Voyageurs à détenir un #carnet_anthropométrique devant être visé à chaque départ et arrivée dans un lieu. Entre 1939 et 1946, les personnes que l’administration française fit entrer dans la catégorie de « Nomades » furent interdites de circulation, assignées à résidence, internées dans des camps, et certaines d’entre elles furent déportées.

    Avant même l’occupation de la France par les nazis, le dernier gouvernement de la Troisième République décréta le 6 avril 1940 l’#assignation_à_résidence des « Nomades » : ces derniers furent contraints de rejoindre une #résidence_forcée ou un camp. Prétextant que ces « Nomades » représentaient un danger pour la sécurité du pays, la #Troisième_République en état de guerre leur appliqua des mesures qui n’auraient jamais été prises en temps de paix, mais qui s’inscrivaient parfaitement dans la continuité des politiques anti-nomades d’avant-guerre.

    Le 4 octobre 1940, les Allemands ordonnèrent l’internement des « #Zigeuner [tsiganes] » en France. L’administration française traduisit « Zigeuner » par « Nomades » et appliqua aux « Nomades » les lois raciales nazies. Les personnes classées comme « Nomades » furent alors regroupées dans une soixantaine de camps sur l’ensemble du territoire métropolitain, tant en zone libre qu’en zone occupée.

    À la fin de la guerre, la Libération ne signifia pas la liberté pour les « Nomades » : ils demeurèrent en effet assignés à résidence et internés jusqu’en juillet 1946, date à laquelle la #liberté_de_circulation leur fut rendue sous condition. Ils devaient toujours être munis de leur carnet anthropométrique. La loi de 1912, au titre de laquelle les persécutions génocidaires de la Seconde Guerre mondiale furent commises sur le territoire français, ne fut pas abrogée, mais appliquée avec sévérité jusqu’en janvier 1969. La catégorie administrative de « Nomades » céda alors la place à celle de « #gens_du_voyage » et de nouvelles mesures discriminatoires furent adoptées à leur encontre.

    L’occultation de la persécution des « Nomades » (1944-1970)

    En 1948, le ministère de la Santé publique et de la Population mena une vaste enquête sur les « Nomades ». Les résultats montrent que plus d’un tiers des services départementaux interrogés savaient assez précisément ce qu’avaient subi les « Nomades » de leur département pendant la guerre : il fut question des #camps_d’internement, des conditions dramatiques de l’assignation à résidence, de #massacres et d’engagement dans la résistance. Ces enquêtes font également état de l’#antitsiganisme de beaucoup de hauts fonctionnaires de l’époque : on y lit entre autres que les mesures anti-nomades de la guerre n’étaient pas indignes, mais qu’au contraire, elles avaient permis d’expérimenter des mesures de #socialisation.

    Cette enquête de 1948 permet de comprendre que ces persécutions n’ont pas été « oubliées », mais qu’elles ont été délibérément occultées par l’administration française. Lorsqu’en 1949 est créée une Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, ses membres ne furent pas choisis au hasard : il s’agissait de personnes qui avaient déjà été en charge des questions relatives aux « Nomades », pour certaines d’entre elles pendant la guerre. Ainsi y retrouve-t-on #Georges_Romieu, ancien sous-directeur de la Police nationale à Vichy, qui avait été chargé de la création des camps d’internement pour « Nomades » en zone libre.

    Il n’est donc pas très étonnant que les survivants des persécutions aient eu beaucoup de mal à faire reconnaître ce qu’ils venaient de subir. Alors même qu’en 1948, deux lois établirent le cadre juridique des #réparations des #préjudices subis par les victimes de la Seconde Guerre mondiale, le régime d’#indemnisation mis en place posa de nombreux problèmes aux victimes « nomades ». L’obstacle principal résidait dans le fait qu’une reconnaissance des persécutions des « Nomades » comme victimes de #persécutions_raciales remettait en cause l’idée que la catégorie « Nomade » n’était qu’un #classement_administratif des populations itinérantes et non une catégorie raciale discriminante. Le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre ne voulait pas que l’internement des « Nomades » puisse être considéré comme un internement sur critères raciaux.

    Ainsi, entre 1948 et 1955, les premiers dossiers de « Nomades » présentés au ministère des Anciens Combattants ne furent pas ceux des internés des camps français, encore moins des assignés à résidence, mais ceux des rescapés de la déportation afin d’obtenir le titre de « #déporté_politique ». Même pour ces derniers, l’administration manifesta un antitsiganisme explicite. Dans le dossier d’une femme rom française pourtant décédée dans les camps nazis, on peut y lire l’avis défavorable suivant : « Laissé à l’avis de la commission nationale, la matérialité de la déportation à Auschwitz n’étant pas établie. Les témoins (gitans comme le demandeur) signent tout ce qu’on leur présente. »

    Dans les années 1960, quelques dizaines d’anciens internés « Nomades » demandèrent l’obtention du statut d’interné politique. Les premiers dossiers furent rejetés : l’administration refusait de reconnaître que les camps dans lesquels les « Nomades » avaient été internés étaient des camps d’internement. Pour ceux qui arrivaient à prouver qu’ils avaient bel et bien été internés dans des camps reconnus comme tels, par exemple celui de #Rivesaltes, l’administration rejetait leur demande en arguant que leur état de santé ne pouvait pas être imputé au mauvais traitement dans les camps mais à leur mauvaise hygiène de vie.

    Devant ces refus systématiques de reconnaître la persécution des « Nomades », certaines personnes s’insurgèrent : les premiers concernés d’abord sans n’être aucunement entendus, puis des personnalités issues de l’action sociale comme, par exemple le #père_Fleury. Ce dernier avait été un témoin direct de l’internement et de la déportation depuis le camp de Poitiers où il avait exercé la fonction d’aumônier. Il contacta à plusieurs reprises le ministère des Anciens Combattants pour se plaindre du fait que les attestations qu’il rédigeait pour les anciens internés dans le but d’obtenir une reconnaissance n’étaient pas prises en compte. En 1963, les fonctionnaires de ce ministère lui répondirent que les demandes d’obtention du #statut d’interné politique faites par des « Nomades » n’aboutissaient pas faute d’archives et qu’il fallait qu’une enquête soit menée sur les conditions de vie des « Nomades » pendant la guerre.

    Le père Fleury mit alors en place une équipe qui aurait dû recenser, partout en France, les victimes et les lieux de persécution. Mais le président de la Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, le conseiller d’État Pierre Join-Lambert s’opposa à l’entreprise. C’est à peu près au même moment que celui-ci répondit également à l’ambassadeur d’Allemagne fédéral qu’il n’y avait pas lieu d’indemniser les « #Tziganes_français ». La position de Join-Lambert était claire : aucune #persécution_raciale n’avait eu lieu en France où les « Tsiganes » étaient demeurés libres.

    Cependant, à la fin des années 1960, devant la profusion des demandes d’obtention du statut d’internés politique de la part de « Nomades », le ministère des Anciens Combattants mena une enquête auprès des préfectures pour savoir si elles possédaient de la documentation sur « les conditions d’incarcération des Tsiganes et Gitans arrêtés sous l’Occupation ». Si certaines préfectures renvoyèrent des archives très parcellaires, certaines donnèrent sciemment de fausses informations. Le préfet du Loiret écrivit ainsi que, dans le camp de #Jargeau (l’un des plus grands camps d’internement de « Nomades » sur le territoire métropolitain), « les nomades internés pouvaient bénéficier d’une certaine liberté grâce à la clémence et à la compréhension de l’autorité administrative française ». En fait, les internés étaient forcés de travailler à l’extérieur des camps.

    Premières #commémorations, premières recherches universitaires (1980-2000)

    Pour répondre à l’occultation publique de leurs persécutions, des survivants roms, manouches, sinti, yéniches, gitans et voyageurs s’organisèrent pour rappeler leur histoire.

    À partir des années 1980, plusieurs associations et collectifs d’internés se formèrent dans le but de faire reconnaître ce qui doit être nommé par son nom, un génocide : on peut citer l’association nationale des victimes et des familles de victimes tziganes de France, présidée par un ancien interné, #Jean-Louis_Bauer, ou encore le Comité de recherche pour la mémoire du génocide des Tsiganes français avec à sa tête #Pierre_Young. Quelques manifestations eurent lieu : on peut rappeler celle qui eut lieu sur le pont de l’Alma à Paris, en 1980, lors de laquelle plusieurs dizaines de Roms et survivants de la déportation manifestèrent avec des pancartes : « 47 membres de ma famille sont morts en camps nazis pour eux je porte le Z ». Mais aucune action n’eut l’ampleur de celles du mouvement rom et sinti allemand qui enchaîna, à la même époque, grèves de la faim et occupation des bâtiments pour demander la reconnaissance du génocide des Roms et des Sinti.

    Cependant, la création de ces associations françaises coïncida avec le début des recherches historiques sur l’internement des « Nomades » en France, qui ne furent pas le fait d’historiens universitaires mais d’historiens locaux et d’étudiants. Jacques Sigot, instituteur à Montreuil-Bellay, se donna pour mission de faire l’histoire du camp de cette ville où avaient été internés plus de 1800 « Nomades » pendant la guerre. Rapidement, il fut rejoint dans ses recherches par d’anciens internés qui appartenaient, pour certains, à des associations mémorielles. Ainsi, paru en 1983, Un camp pour les Tsiganes et les autres… #Montreuil-Bellay 1940-1945. Plusieurs mémoires d’étudiants firent suite à cette publication pionnière : en 1984 sur le camp de #Saliers, en 1986 sur le camp de #Rennes et en 1988 sur le camp de #Jargeau.

    Les premières #plaques_commémoratives furent posées dans un rapport d’opposition à des autorités locales peu soucieuses de réparation. En 1985, Jean-Louis Bauer, ancien interné « nomade » et #Félicia_Combaud, ancienne internée juive réunirent leurs forces pour que soit inauguré une #stèle sur le site du camp de #Poitiers où ils avaient été privés de liberté. En 1988, le même Jean-Louis Bauer accompagné de l’instituteur Jacques Sigot et d’autres survivants imposèrent à la mairie de Montreuil-Bellay une stèle sur le site du camp. En 1991, grâce aux efforts et à la persévérance de Jean-Louis Bauer et après quatre années d’opposition, le conseil municipal de la commune accepta la pose d’une plaque sur le site de l’ancien camp de Jargeau.

    En 1992, sous cette pression, le Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, le Secrétariat général de l’Intégration et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation demandèrent à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) de mener une recherche intitulée : « Les Tsiganes de France 1939-1946. Contrôle et exclusion ». L’historien Denis Peschanski en fut nommé le responsable scientifique et, sous sa direction parut deux ans plus tard un rapport de 120 pages.

    Ce rapport apportait la preuve formelle de l’internement des « Nomades », mais certaines de ses conclusions étaient à l’opposé de ce dont témoignaient les survivants : il concluait en effet que la politique que les Allemands avaient mise en œuvre en France à l’égard des « Nomades » ne répondait pas à une volonté exterminatrice, en d’autres termes que les persécutions françaises n’étaient pas de nature génocidaire. De plus, le rapport ne dénombrait que 3 000 internés « tsiganes » dans les camps français : un chiffre bas qui ne manqua pas de rassurer les pouvoirs publics et de rendre encore les survivants encore plus méfiants vis-à-vis de l’histoire officielle.

    Popularisation de l’histoire des « Nomades » et premières reconnaissances nationales (2000-2020)

    Au début du XXIe siècle, les anciens internés « nomades » qui étaient adultes au moment de la guerre n’étaient plus très nombreux. La question de la préservation de leur mémoire se posait, alors même que les universitaires n’avaient pas cherché à collecter leurs paroles et les survivants n’avaient pas toujours trouvé les moyens de laisser de témoignages pérennes derrière eux.

    Les initiatives visant à préserver cette mémoire furent d’abord le fait de rencontres entre journalistes, artistes et survivants : en 2001, le photographe Mathieu Pernot documenta l’internement dans le camp de Saliers ; en 2003 et 2009, Raphaël Pillosio réalisa deux documentaires sur la persécution des « Nomades » ; en 2011, la journaliste Isabelle Ligner publia le témoignage de #Raymond_Gurême, interné avec sa famille successivement dans les camps de #Darnétal et de #Linas-Monthléry, dont il s’évada avant de rejoindre la Résistance.

    Les années 2000 popularisèrent l’histoire des « Nomades » à travers des bandes dessinées, des films ou, encore, des romans. Le 18 juillet 2010, Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, mentionna pour la première fois l’internement des « Tsiganes » dans un discours officiel. Cette reconnaissance partielle fut aussitôt anéantie par des propos du président de la République, Nicolas Sarkozy associant les « gens du voyage » et les « Roms » à des délinquants. L’été 2010 vient rappeler que la reconnaissance des persécutions passées était épineuse tant que des discriminations avaient encore cours.

    En 2016, alors que la plupart des descendants d’internés et d’assignés à résidence « Nomades » étaient toujours soumis à un régime administratif de ségrégation, celui de la loi du 3 janvier 1969 les classant comme « gens du voyage », il fut décidé que le président de la République, François Hollande, se rendrait sur le site du camp de Montreuil-Bellay. Une cérémonie, qui eut lieu le 29 octobre 2016, fut préparée dans le plus grand secret : jusqu’au dernier moment, la présence du résident fut incertaine. Les survivants et leurs enfants invités étaient moins nombreux que les travailleurs sociaux et les membres d’associations ayant vocation à s’occuper des « gens du voyage » et aucun survivant ne témoigna. François Hollande déclara : « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa #responsabilité est grande dans ce drame. » La souffrance ne fut pas qualifiée et la question du #génocide soigneusement évitée.

    Le Conseil d’État rejeta en septembre 2020 la demande de deux associations de Voyageurs et de forains d’ouvrir le régime d’indemnisation des victimes de spoliation du fait des lois antisémites aux victimes des lois antitsiganes. Il déclara que les « Tsiganes » n’avaient pas « fait l’objet d’une politique d’extermination systématique ». Si le Parlement européen a reconnu le génocide des Roms et des Sinti en 2015 et a invité les États membres à faire de même, la France de 2024 n’a toujours pas suivi cette recommandation.
    Résistances et liste mémorielle

    À partir de 2014, les descendants de « Nomades » et des Roms et Sinti persécutés par les nazis et les régimes collaborateurs changèrent de stratégie : ce n’était pas seulement en tant que victimes qu’ils voulaient se faire reconnaître, mais aussi en tant que résistants. Le mouvement européen du 16 mai (#romaniresistance), rappelant l’insurrection des internés du Zigeunerlager [camp de Tsiganes] d’Auschwitz-Birkenau quand des SS vinrent pour les conduire aux chambres à gaz, se propagea. Il réunit tous les ans la jeunesse romani et voyageuse européenne à l’appel de l’ancien interné français Raymond Gurême : « Jamais à genoux, toujours debout ! »

    La base de données « NOMadeS : Mur des noms des internés et assignés à résidence en tant que “Nomades” en France (1939-1946) » propose d’établir collaborativement une #liste aussi exhaustive que possible des internés et des assignés à résidence en tant que « Nomades » en France entre 1939 et 1946. Soutenue par plusieurs associations de descendants d’internés, elle servira d’appui à de nouvelles revendications mémorielles. Peut-être aussi à une demande de reconnaissance par la France du génocide des Manouches, des Roms, des Voyageurs, des Gitans, des Sinti et des Yéniches.

    https://aoc.media/analyse/2024/12/18/le-deni-des-persecutions-genocidaires-des-nomades

    #persécution #encampement #France #histoire #déni #internement #déportation #travail_forcé #reconnaissance

    • Mémorial des Nomades et Forains de France

      Le Mémorial des Nomades de France, sous le parrainage de Niki Lorier, œuvre pour une reconnaissance pleine et entière par la France de sa responsabilité dans l’internement et la déportation des Nomades de France entre 1914 et 1946,

      Il collecte les témoignages des survivants.

      Il propose des interventions en milieu scolaire et du matériel pédagogique sur le CNRD.

      Il réalise des partenariats avec des institutions mémorielles (Mémorial de la Shoah, Mémorial du camp d’Argelès, Mémorial du Camp de Rivesaltes) et des associations dans la réalisation d’expositions, de sites internets…

      Un comité scientifique a été mis en place en 2018.

      Il dispose d’un fond documentaire, et d’archives privées.

      –-

      #Manifeste :

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE a été crée en 2016 en réaction à l’annonce par la Dihal que le discours du président de la République sur le site du camp de Montreuil-Bellay constituerait une reconnaissance officielle de la France. Pour nous, cette démarche est trompeuse et purement déclarative. Nous souhaitons que la reconnaissance des persécutions contre le monde du Voyage par les différents gouvernements entre 1912 et 1969 passe par la voie législative, sur le modèle de la journée de commémoration nationale de la Shoah votée par le parlement en 2000, suivie le 10 mai 2001, par l’adoption de la « loi Taubira », qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Rappelons que depuis 2015, le Parlement européen a fixé par un vote solennel au 2 août la date de la « Journée européenne de commémoration du génocide des Roms », journée non appliquée en France.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande l’application pleine et entière de la loi Gayssot de 1990, notamment dans l’Éducation Nationale. Sur tous les manuels d’histoires utilisés en France, seulement 5 mentionnent le génocide des Zigeuner par les Nazis, pas un ne fait mention des persécutions subies du fait des autorités françaises sous les différents gouvernements de la Troisième République, de « Vichy », du GPRF, ou de la IVe République. Nous sommes parfaitement conscients de la difficulté pour l’État, de reconnaître une situation encore en vigueur aujourd’hui par un procédé d’encampement généralisé de la catégorie administrative des dits « gens du voyage » dans le cadre des « lois Besson » de 1990 et 2000.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE, demande que l’habitat caravane soit reconnu comme un logement de plein droit, ouvrant un accès aux droits communs qui leurs sont déniés aux Voyageurs et Voyageuses, l’État se mettant enfin en conformité avec l’article premier de la Constitution de 1958.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande la dissolution de la Commission Nationale des Gens du Voyage, dernier organisme post-colonial d’État, qui organise la ségrégation territoriale des différents ethnies constituant le monde du Voyage en France, par le biais de l’application des lois Besson et l’abandon de celle-ci, garantissant la liberté de circulation pour tous et son corollaire, le droit de stationnement, dans des lieux décents, ne mettant pas en danger la santé et la sécurité des intéressés. Les textes existent, il suffit de s’y conformer. Le Conseil constitutionnel considère que la liberté de circulation est protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (il l’a notamment rappelé dans la décision du 5 août 2021). A ce titre la loi Égalité et Citoyenneté de 2017 a abrogé les carnets de circulation. Nous considérons que l’application de l’avis du Conseil Constitutionnel est incomplète, les dites « aires d’accueil » ou « de grands passages » servant justement à contrôler la circulation des Voyageurs sur le territoire métropolitain. C’est le seul moyen de mettre fin au dernier racisme systémique d’État.

      ▼ Le travail de recherche et de restitution historique du MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE tend en ce sens.

      https://memorialdesnomadesdefrance.fr

  • “Barvalo” : le renversement du miroir | Anna Mirga-Kruszelnicka
    https://lmsi.net/Le-renversement-du-miroir

    En langue romani, barvalo signifie « riche » et, par extension, « fier ». Ce mot polysémique sert de titre à une formidable exposition du Mucem, à Marseille, consacrée à l’histoire et à la diversité des populations romani d’Europe – une histoire indissociable de celle de l’antitsiganisme, contre lequel ceux que l’on continue parfois d’appeler « Tsiganes » luttent depuis un millénaire. Source : Les mots sont importants

  • Are You Syrious (AYS)
    AYS Daily Digest 07/04/20

    https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-07-04-20-luxembourg-and-germany-agree-to-take-in-small-numb

    AYS Daily Digest 07/04/20

    FEATURE Luxembourg and Germany are finally going to take in some children suffering in Greece’s island camps.
    Germany is going to take in 50 and Luxembourg will take in…12. There are at least 5,500 unaccompanied minors currently in Greece. A group of countries decided last week to collectively bring in 1,600 of these unaccompanied children, but COVID-19 has slowed this process.
    Luxembourg is the first country escort any these children; their 12 being on Lesvos and Chios currently. Their relocation will happen sometime next week. At least 5,488 unaccompanied children will remain living in horrid conditions afterwards.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Camp #Luxembourg #Allemagne #Enfant #mineursnonaccompagnés #Lesbos #Chios #transfert

    *

    3rd day of hunger strike in Moria Prison
    On April 5th, the prisoners in Moria’s pre-removal detention centre went on strike for their immediate removal. No Border Kitchen Lesvos explains:
    “These days governments across the world have been releasing people with short sentences from prison, while the Greek state continues to insist that no migrant detainees will be released. The men here in the prison are held in administrative detention and have committed no crime. They are detained only because of their status. Some because of their nationality, some because their asylum claim was rejected, some because they tried to leave the islands, some even because they signed up for supposed “voluntary return”. Many of those with rejected claims haven’t even had the opportunity to apply for asylum, because of recent legal changes discriminating against people who don’t speak the colonialist language of the country they fled from. They are awaiting deportation to Turkey, despite there being no deportations scheduled for the foreseeable future.”

    #Moria #Camp #Expulsion #Turquie #Grèvedelafaim #Asile #Retourvolontaire

    *

    Migration Minister’s page says medical staff is recruited for detention centres:

    “today began(…) recruitment of emergency staff(…), lasting three (3) months to meet the extraordinary needs of the Reception and Identification Centers and Temporary Supply and Supply Structures for Hosting Services. A total of 150 people will be hired at the KYT of #Lesvos, #Chios, #Samos, #Leros and #Kos, as well as at the Structures of #Malakassa and #Sintiki” and #Evros #prison #outpost.
    “new arrivals from March 1 have not been taken to the Reception and Identification Centers of the Islands but in separate quarantine areas, however there are difficulties to do so(…). So far, the Ministry has not received a positive response from the municipalities for hotel rentals for the removal of vulnerable groups from the KYT to the islands. “The European Commission has offered to cover hotels for the most vulnerable for a short time now due to the crisis, we have a written response from the local municipality that it refuses to use hotels to get the most vulnerable out of #Moria. What some are calling for a mass decongestion of Moria, that is, for 15,000 people to come from Moria to mainland Greece amid the crisis of the corona (…).there are no 15,000 vacancies in the hinterland and if there were they would be in structures like Ritsona. And in the end, it is not a given which place is safer “, the Minister stressed.

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    #Ritsona #camp has been in lock down for 5 days now
    …no asylum seeker in or out since at least 23 out of 2,700 people living in the camp have tested positive for COVID-19.
    The 23 people who tested positive for the virus continue to live with their families, who most likely will contact it soon, and none of them show any symptoms of the virus as of yet. Therefore, they are said to feel discriminated by the tests and are refusing to move to the camp’s designated quarantine areas.
    All 23 persons are from African nations, which is unfortunately increasing acts of #racism in the camp. One of the residents said that the other refugees are avoiding African nationals.
    Testing has stalled in the camp because the medical professionals can only go in to conduct the tests with police, but fewer police are willing to enter now.

  • Are You Syrious Daily Digest 6/4/20

    https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-6-4-20-riot-police-violently-raids-a-detention-centre-in-gr

    70members of the riot police stormed a detention centre and were beating the confined people confined with batons. Reportedly, there are five people in a critical condition, many were injured and people had not been given food for a long time, according to the first reports that AYS and other groups received.
    The most comprehensive report of the incident reads: The government and the Minister of Civil Protection are responsible for the barbaric crackdown on migrant protests over food in the midst of the corona pandemic. Not only are they cynically indifferent to the human lives of the 450 migrants held in the PRO.KE.K.A (Pre-removal Detention Centre), but they are endangering their health with bad food and that of poor nutrition quality.
    On April 3, when the food arrived, they found that it was not eatable, and refused to eat it. This kind of food was simply “not for humans”.
    Officials have promised that this will change, which did not happen, however.
    Then, starting with a large group of Arab protesters came out of the cells, almost everybody went to the rooftop and started a hunger strike. This was followed by an attack of the police in full battle gear. The police took them out of the cells, hitting them with batons, while they also used electric tasers, as the people complained. Dozens of people were beaten for taking part while lying in the yard, it is reported.
    They smashed the cameras on their phones so they can’t take pictures of the injuries. And they haven’t given them food since then. According to police sources, a man was taken to the hospital in critical condition.

    Underlying racism in official reporting

    There is underlying racism in the way Greece reports about COVID-19, separating the report on the general number of infected people and the number of infected people inside the camps. It is clear that if COVID-19 is present in the camps, it came from outside the camps. These types of reports leave room for interpretations, and all kinds of conclusions and conspiracy theories that connect people on the move currently trapped in the camps with COVID-19. In this way they spread a dehumanizing rhetoric very present in governmental reporting, but also within the bureaucratic reports of the big organisations following their lead.

    Illegal Deportations and Pushbacks to Turkey, Ordered by the Greek Government, Executed by the Greek Coast Guard
    Aegean Boat Report reports:
    “While the eyes of the world are occupied with the COVID-19 pandemic, Greek government seems to be taking advantage of the situation, a new tactic to tackle flows towards the Greek Aegean islands has been implemented.
    In the last weeks at least nine incidents of people being found drifting in the sea, in life rafts without propellant, has been reported by Turkish coast guard. This could easily have been disregarded as Turkish propaganda, if it hadn’t been for the evidence from Samos.
    April 1th at 08.00 a boat landed on Mourtia Beach, Samos east, carrying approximately 25 people. There where several people on the beach this morning witnessing the landing, pictures, and videos was taken. Port police were called by a person on-site, later port police denied having received any information on such incident, and that no new arrivals had been reported on Samos.
    Witnesses report that two boats from HCG arrived in Mourtia bay after the landing, the refugees were taken on one of the boats from port police, a boat took off heading southeast. A picture taken by a local journalist shows that two boats from HCG were in fact in Mourtia bay this morning, but port police deny that any of their vessels were in the area this morning.
    The last boat that landed in Mourtia beach was February 19th, nevertheless, later this very day people who walk on this beach every day, found a rubber boat, engine, a fuel tank and clothes that weren’t there the day before. Port police told people who contacted them about this that there had been no arrivals, and that they should remember that it was April fools day.
    Turkish Coast guard picked up 26 people 13.30 this same day, in a life raft that had drifted towards Aydin national park, 10 children, 6 women and 10 men. According to the statement from the passengers, obtained by TCG, they claimed that they had crossed to the island of Samos; were later rounded up by the Greek Coast guard, put on a life raft, and dragged to Turkish waters.
    Pictures taken by locals from Mourtia Beach, compared to pictures taken by Turkish coast guard leaves no doubt, people photographed on Samos is the same that TCG found drifting in a raft outside Aydin national park. When we also take into account the statements from locals regarding this landing, the evidence is overwhelming.
    If this had been an isolated incident, this could have been an HCG crew taking things in their own hands, but it’s not. Nine known cases in the last two weeks, from Simi in the south to Lesvos in the north, shows that this is not an isolated incident, this is boat crews acting on orders from the top.”

    Due to a dispute between local government and the Greek Ministry of migration, 152 new arrivals on Lesvos are still stuck out in the open without any sufficient infrastructure which meets basic needs, such as electricity, toilets or other sanitary facilities, @f_grillmeier (Twitter) reported. 25 people of those 152 who also arrived after March 1 have been staying in a discarded bus at Mytilini Harbour close to an old swimming pool, but have now been tranferred to Kara Tepe.

    56people are in tents and underneath broken boats close to Petra, 32 people are reportedly in staying tents at mountain-region of Agios Stefanos, 39 in a chapel close to Kliou, north. According to the media, the local government has not indicated a safe temporary place for those who have to quarantine for 14 days after arrival. The Ministry of Migration says that it is the responsibility of local authorities.

    Anxiety and Despair Among People Confined in Camps Across the Country
    As a consequence of the locked camps’ regime that seems to be unsustainable in the long run, as it is now, there is growing despair among the people held in the centres across Serbia, guarded by the army. The people staying in these camps are complaining that they are not allowed to provide their families and themselves with enough proper food for a healthier survival within the facilities in which they are held. They say that in the Krnjača camp there is a small shop with no clear pricing, and everything is much more expensive than in the other shops outside of the camp. They are forced to buy food in these shops which they claim are owned by some of the staff, and even there not everyone gets to have a chance to shop.

    The SCRM introduced obligatory isolation for new arrivals sent to Preševo camp, which with a population of 1,501 making it the largest camp .
    Growing mental health issues, gaps in service provision and supply, conflicts between different groups and the toxic influence of smugglers’ propaganda inspiring some to protest violently, these are some of the issues InfoPark documented from the testimonies of people held in these centres.

    CROATIA
    Pushbacks continue
    Although the official sources claim the “pressure on the border” has reduced, and that there are not that many people trying to cross the green border into Croatia, the reports on pushbacks have not ceased. AYS has received information on several cases of pushbacks in the area close to Velika Kladuša in Bosnia and Herzegovina. Also, L’ ALTRA VOCE have recently shared an account of a pushback of a group of boys who tried to enter Croatia, but were beaten up and had their belongings taken away, they say. The images they sent them display heavily bruised arms and extremities on the boys’ bodies.
    Sixteen cops beat them with great violence using steel bars. They insulted and beat them. Then they took everything away from him: cell phones, money, shoes, jackets. And they pushed them into the cold water of a river.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Détention #Camp #Racisme #Refoulement #Merégée #Turquie #Samos #Mourtia #Mythilène #karatepe #Agiosstefanos #Petra #Kliou #Klidi #Sintiki #Privatisation #Serbie #Armée #Presevo #Krnjaca #Santémentale #Croatie #Refoulement #Velikakladusa #Bosnie-Herzégovine

  • #Transferts de migrants des #îles à la #Grèce_continentale...

    20 mars

    Samedi dernier, 500 personnes qui sont arrivées après le 1 mars et ont été détenues sur Lesbos, refusé leur droit de demander asile, ont été transportées au centre de détention fermée à #Malakasa, en attente d’être déportés. Aujourd’hui, le #transfert des personnes restantes en détention des autres îles a commencé.

    Les gens de #Samos et #Chios sont déjà sur le « #Aqua_Blue », direction #Lesbos, #SuperJet a déjà ramassé des gens sur #Kastelorizo et #Rhodes en direction #Symi. Combien de temps ils resteront dans ces centres fermés est inconnu.

    Aujourd’hui et demain le transfert de 1513 personnes aura lieu, 794 personnes seront emmenées sur le site de #Klidi à #Sintiki_Sères, et 719 seront emmenées à Malakasa, au nord d’#Athènes. Au total, plus de 2000 personnes, beaucoup d’entre eux, seront enfermés derrière des fils barbelés jusqu’à ce qu’ils soient déportés, pour une durée indéterminée.

    Les arrivées en détention de Lesbos (192 personnes), Chios (283 personnes), Samos (129 personnes) et Kea (190 personnes), seront emmenées au #centre_de_déportation de #Sères.

    Arrivées en détention de #Leros (252 personnes), #Kos (237 personnes), #Kastelorizo (106 personnes), #Symi (21 personnes), #Kalymnos (60 personnes) et #Rhodes (43 personnes) , sera emmené au centre d’expulsion de Malakasa.

    Aqua Blue et Superjet ont été chartés par le Ministère de l’Immigration et de l’asile pour transporter des réfugiés des îles de la mer Égée vers la Grèce continentale. Les 2 navires SEAJETS exploiteront 4 itinéraires, qui sont les suivants :

    1. Samos - Chios - Lesbos - Kavala (Aqua Bleu)
    2. Castelorizo - Rhodes - Symi - Kos - Rafina (SuperJet)
    3. Leros - Kalymnos - Kos - Rafina (SuperJet)
    4. Kea - Kavala.

    –-> Pour plus de statistiques et d’informations détaillées, rendez-vous sur aegeanboatreport.com (https://aegeanboatreport.com) / Statistiques ABR.

    Reçu via mail, le 21.03.2020 via la mailing-list Migreurop

    #centres_fermées #détention #migrations #asile #réfugiés #statistiques #chiffres #Grèce_continentale #déplacements_de_masse

    • More than 2,300 refugees to be transferred to mainland after Easter

      Greek authorities will begin the gradual transfer of 2,380 asylum seekers and their families from island camps to accommodation facilities on the mainland after Orthodox Easter (April 19), the country’s Migration Ministry said Thursday.

      The move, which will take place over two weeks, aims to reduce the risk of refugees being infected by the coronavirus.

      The refugees will be housed in camps, apartments or hotels, the ministry said.

      Among the 2,380 are 200 people aged over 60, while 1,730 are asylum seekers of all ages with facing chronic illnesses, who will be transferred with their families.

      Medical NGOs and human rights groups have beeing appealing to the Greek government since the start of the pandemic to evacuate the country’s overcrowded migrant and refugee camps to protect their residents and workers from infection.

      A camp in Ritsona, northeast of the capital, was quarantined earlier this month after 20 residents tested positive for Covid-19.

      https://www.ekathimerini.com/251769/article/ekathimerini/news/more-than-2300-refugees-to-be-transferred-to-mainland-after-easter

    • Transfers out of islands continue, but at slow pace

      Against this backdrop of criticism, Greece’s government continues to try and ease pressure at the overcrowded reception centers on the north eastern Aegean islands.

      According to local media reports, approximately 1,500 people from the notoriously cramped Moria camp on Lesbos are set to be transferred to the mainland on Saturday, despite restrictions on movement. These people will be the first from a total of 2,380 members of “vulnerable” groups, such as people with health problems, disabilities, women and children, who will be transferred over the next few weeks.

      Still, HRW said that this is not adequate considering the desperate overcrowding. “This plan is not enough to relieve the severe overcrowding,” Willie concluded.

      “Also, the plan also does not address the continued gaps in water, sanitation, hygiene products, and health care — nor the lack of accessibility for people with disabilities — in the camps and adjacent overspill sites for those who will remain.”

      https://www.infomigrants.net/en/post/24330/greek-migrant-camps-not-prepared-for-covid-19-hrw

    • Migrants on Greek islands told to wait as Greece extends lockdown

      Greece has announced that it will be extending lockdown measures by a week. The Greek government said that the move will delay the planned removal of hundreds of migrants from congested camps.

      Prime Minister Kyriakos Mitsotakis said that the extension of the lockdown in Greece until May 4 will mean that the planned removal of hundreds of asylum seekers from overcrowded migrant camps on the Greek islands will now have to be postponed. Elderly and ill migrants will be most affected by the change.

      Local officials on Lesbos said that one of the largest transfers of migrants, involving 1,500 people from the island’s largest camp, Moria, and another 900 others from elsewhere on Lesbos, will now be delayed and scaled back in size. The move was planned for Saturday.

      Greece has already transferred some 10,000 people in the first quarter of 2020, but in April managed to only move 627 migrants away from the unsanitary conditions at island camps. NGOs like Human Rights Watch have issues warnings saying that a potential COVID-19-related health crisis could ensue if the issue of camp decongestion was not immediately addressed.

      COVID-19 among migrant population

      Despite strict quarantine measures across the country, there have been several coronavirus cases recorded in migrant facilities in Greece. Roughly 150 people have tested positive this week at two camps and a migrant hotel on the Greek mainland.

      So far, there have been no cases reported at migrant camps on the Greek islands; however, authorities on the islands say they only have limited capacities available for screening procedures.

      Slow return to normality

      Greece is set to introduce a partial reopening of courts and land registers on April 27, though it remains unclear whether during this relaxation of lockdown rules asylum cases will already be assessed in courts.

      Under the current lockdown rules, which are now extended until May 4, Greek citizens must inform authorities when they are planing to leave their homes for necessities such as going to banks or supermarkets (which remain open), or they will risk fines.

      The country has managed to keep fatalities at a low level after registering its first virus death on March 12, introducing country-wide lockdown measures ten days later. Greece has so far recorded 121 coronavirus-related deaths, with 55 people still remaining in intensive care.

      https://www.infomigrants.net/en/post/24339/migrants-on-greek-islands-told-to-wait-as-greece-extends-lockdown

      #report

    • Χωρίς αποσυμφόρηση ελέω… « Αγίας οικογένειας »

      Με παρέμβαση Δημάρχου Αθηναίων (και Πρωθυπουργικού ανιψιού) η ακύρωση της μετακίνησης 1500 προσφύγων και αιτούντων άσυλο από τη Μόρια στην ενδοχώρα

      Με παρέμβαση του Δημάρχου Αθηναίων και πρώην αυτοδιοικητικού στην Ευρυτανία Κώστα Μπακογιάννη ματαιώθηκε η πολυδιαφημισμένη μετακίνηση 1500 αιτούντων άσυλο που ανήκουν σε ευάλωτες κατηγορίες, από τη Λέσβο στην ενδοχώρα. Επιχείρηση που είχε ανακοινωθεί επίσημα ως αποσυμφόρηση κατά 8% του πληθυσμού της Μόριας για την οποία μάλιστα θα ερχόταν στη Λέσβο ο υπουργός μετανάστευσης και ασύλου.

      Σύμφωνα με « αποκλειστική είδηση » της εφημερίδας « Ευρυτανικά Νέα » που δεν διαψεύστηκε ποτέ ο Δήμαρχος Αθηναίων, Κώστας Μπακογιάννης ανηψιός του Πρωθυπουργού Κυριάκου Μητσοτάκη κα γιός της βουλευτή και κορυφαίου κομματικού στελέχους Ντόρας Μπακογιάννη, με πολιτική του παρέμβαση ενδιαφέρθηκε προσωπικά για το θέμα.

      « Αφουγκραζόμενος », σύμφωνα με το δημοσίευμα της εφημερίδας, « την κοινή γνώμη αλλά και τα πραγματικά δεδομένα όσον αφορά στην υγειονομική κρίση της Ευρυτανίας, δεδομένου ότι στον νομό δεν υπάρχει κανένα κρούσμα κοροναϊού, αλλά και τη δραματική μείωση του πληθυσμού τα τελευταία χρόνια με την οικονομική κρίση, η έλευση προσφύγων στο Καρπενήσι καθίσταται προβληματική για την τοπική κοινωνία. Ο κ. Μπακογιάννης επιχείρησε παρεμβαίνοντας σε πολύ υψηλά κυβερνητικά κλιμάκια και πέτυχε την αναβολή έλευσης μεταναστών στο Καρπενήσι ».

      Επίσης και εκτός της παρέμβασης Μπακογιάννη, ο βουλευτής και οι δήμαρχοι της Ευρυτανίας απέστειλαν επιστολή, (που δημοσιεύθηκε στα evrytanika.gr), στον Πρωθυπουργό Κυριάκο Μητσοτάκη, ζητώντας την παρέμβασή του για την αποτροπή μεταφοράς « λαθρομεταναστών » στο Καρπενήσι.

      Ενώ συγκέντρωση διαμαρτυρίας πραγματοποίησαν εν μέσω καραντίνας, κάτοικοι του Καρπενησίου όπως μεταδόθηκε σε ρεπορτάζ του τοπικού tvstar.gr, μετά από πληροφορίες πως λεωφορεία πρόσφυγες θα έφταναν στην πόλη για να φιλοξενηθούν σε ξενοδοχείο. Μαζί τους ο « γαλάζιος » βουλευτής του νομού Κώστας Κοντογεώργος και οι δύο Δήμαρχοι, Καρπενησίου Νίκος Σουλιώτης και Αγράφων Αλέξης Καρδαμπίκης.

      https://www.stonisi.gr/post/8586/xwris-aposymforhsh-elew-agias-oikogeneias

      Commentaire/traduction de Eirini Markidi reçu via la mailing-list Migreurop, le 26.04.2020 :

      Par l’intervention du Maire d’Athènes (et neveu du Premier Ministre) #Kostas_Mpakogiannis, le transport de 1500 réfugiés et demandeurs d’asile depuis Moria vers le continent a été annulé.

      Par l’intervention du Maire d’Athènes et ancien Maire d’Eurytanie Kostas Mpakogiannis (neveu en plus du Premier Ministre Kyriakos Mitsotakis), a été annulé le transport de 1500 demandeurs d’asile appartenant à des groupes vulnérables, depuis Lesbos vers le continent. L’annonce officielle parlait d’une décongestion de l’ordre de 8% de la population de Moria.

      Selon le quotidien « Eurytanika Nea » (Les Nouvelles d’Eurytanie), le Maire d’Athènes s’est intéressé personnellement à l’affaire : « en prêtant une oreille attentive à l’opinion publique ainsi qu’aux données réelles en ce qui concerne la pandémie, vu qu’il n’existe aucun cas de coronavirus dans le département d’Eurytanie, mais aussi en prenant en compte la diminution dramatique de la population les dernières années à cause de la crise économique, l’arrivée des réfugiés à Karpenisi est jugée problématique par la société locale. En faisant recours à des étapes gouvernementales supérieures, Monsieur Mpakogiannis est parvenu à annuler l’arrivée de migrants à Karpenisi ».
      A part l’intervention de Mpakogiannis, les maires d’Eurytanie ont envoyé une lettre au Premier Ministre (lettre publiée sur https://www.evrytanika.gr/index.php?option=com_content&view=article&id=1440291:2020-04-23-21-49-37& ) lui demandant d’intervenir afin que le transport d’ « immigrants illégaux » à Karpenisi soit empêché.
      En pleine quarantaine, un rassemblement de protestation d’habitants de Karpenisi a eu lieu, auquel ont participé le débuté de l’Eurytanie en provenance de la Nouvelle Démocratie (le parti au pouvoir) ainsi que les Maires de Karpenisi et d’Agrafa.

      Notons pourtant qu’une plainte a été déposée par Greek Helsinki Monitor contre le député de l’Eurytanie, le Maire de Karpenisi et le Maire d’Agrafa pour l’usage du terme d’ « immigrants illégaux » dans leur lettre « xénophobique » au Premier Ministre.
      Source en grec : https://www.evrytanika.gr/index.php?option=com_content&view=article&id=1441618:2020-04-26-18-00-40&

    • Coronavirus : 400 demandeurs d’asile transférés de l’île grecque de Lesbos sur le continent

      Des centaines de demandeurs d’asile se sont rassemblés dimanche à l’entrée du camp surpeuplé de Moria, sur l’île de Lesbos, après avoir été informés du transfert imminent de 392 personnes vers la Grèce continentale, a constaté l’AFP.

      Deux groupes de 142 et 250 personnes « vulnérables » devaient être transférés dimanche à bord de ferries de Lesbos, en mer Egée, vers le port du Pirée près d’Athènes, a-t-on appris de source policière locale.

      Il s’agit du premier transfert massif de demandeurs d’asile du camp de Moria depuis le début du confinement imposé par le gouvernement grec le 23 mars pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus.

      Le dernier transfert massif avait eu lieu le 20 mars : 600 personnes avaient alors quitté les camps des îles, avant deux groupes moins nombreux quelques jours plus tard.

      La surpopulation des camps installés sur cinq îles de la mer Egée, dont Lesbos, est un casse-tête pour le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis.

      Au total, près de 37.000 personnes vivent dans des conditions épouvantables dans ces camps, dont la capacité n’est que de 6.200 places.

      Surnommé « la jungle », le camp de Moria abrite 19.300 personnes, plus de six fois sa capacité.

      Le plan de décongestionnement des camps a connu un nouveau retard après l’apparition de la pandémie et les mesures de restriction en vigueur jusqu’à lundi.

      Outre les 392 personnes qui vont quitter Lesbos dimanche, 2.000 seront transférées graduellement dans les semaines à venir vers la Grèce continentale.

      Au cours du premier trimestre, 10.000 personnes ont quitté les îles pour le continent, a récemment indiqué le ministre des Migrations et de l’Asile, Notis Mitarachi.

      De nombreuses ONG de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch, ont appelé le gouvernement grec à décongestionner « immédiatement » ces camps, craignant une crise sanitaire.

      https://www.lalibre.be/international/europe/coronavirus-400-demandeurs-d-asile-transferes-de-l-ile-grecque-de-lesbos-sur

  • #Aires_d’accueil pour les #Yéniches, #Sinti et #Roms

    Près de 3000 Yéniches et Sinti suisses mènent un mode de vie itinérant, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de Roms étrangers qui sillonnent également les routes de Suisse avec leurs #caravanes. Il manque toutefois aux #gens_du_voyage des aires d’accueil pour le stationnement de leur véhicule, que ce soit pour une halte spontanée ou pour un arrêt bref ou prolongé. Des aires de séjour pour leur permettre de vivre durablement ou pendant la saison d’hiver font aussi défaut. Certaines incertitudes juridiques et d’#aménagement_du_territoire subsistent concernant la halte sur un territoire communal.

    Le présent Territoire & Environnement montre comment la Confédération, les cantons et les communes peuvent aborder la demande en aires d’accueil. Il explique quelles sont les conditions-cadres juridiques et d’aménagement du territoire pour la création celles-ci.

    https://www.espacesuisse.ch/fr/publications/territoire-environnement#page/1

    #Suisse #aire_d'accueil
    signalé par @nepthys

  • La #langue des Gitans et le président Macron | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/833068/blog/070219/la-langue-des-gitans-et-le-president-macron

    Il faudrait de longues pages pour rappeler ici l’ancienneté #historique sur le sol français de ceux que l’on appelle les « #Gitans » et qui appartiennent à la sphère #linguistique du #romanès, la langue #romani : les capitaines égyptiens au service des seigneurs de l’Ancien Régime, les #Bohémiens et Bohémiennes qui peuplaient les villes et les campagnes et qui ont laissé tant de traces dans la topographie de la France et dans les archives, les #Calé appelés « Gitans », qui parlaient le #caló dans le sud de la France et dont certains aujourd’hui parlent une forme rare du #catalan, les #Manouches ou #Sinti de toutes les régions qui parlent encore la langue de leurs ancêtres, les Sinti #piémontais notamment qui formèrent les grandes compagnies de cirque du 20e siècle et parlaient un dialecte particulier, les Roms d’Europe centrale et orientale qui arrivèrent par vagues à partir du 19e siècle et qui parlent de multiples dialectes, notamment le #kaldérash, auxquels il faut ajouter tous les #Yénishes du Centre et de l’Est, qui ont absorbé, il y a longtemps, une partie du lexique romani, et aujourd’hui les centaines de milliers de Voyageurs, itinérants ou sédentaires, qui s’expriment dans les langues du Voyage dont les variantes sont aussi nombreuses que les régions françaises.

    Alors, « comment les Gitans parlent-ils » ? Ils parlent d’abord le français, la langue de leur pays, ni plus ni moins que tout le reste de la population. Mais ils sont aussi les locuteurs d’une des langues de France, le romani, une langue de tous les jours, mais aussi une langue de l’écrit et de la poésie, la langue d’auteurs méconnus, une langue de la chanson, de la joie ou de la mélancolie, une langue à la fois politique et magnifique comme toutes les langues, une langue qui plonge dans l’histoire de l’Orient, de la Méditerranée et de l’Europe, une langue qui a laissé des traces dans le français et pas seulement dans l’#argot, une langue qui a raconté les souffrances de la Seconde Guerre mondiale, et qui aujourd’hui parle de la vie quotidienne dans un pays qui n’a aboli qu’en 2017 la loi discriminatoire de 1969, héritière de l’autre loi de 1912, de sinistre mémoire, qui instaura le « #carnet_anthropométrique des #nomades ».

  • Le génocide des Tziganes et la mémoire
    https://blogterrain.hypotheses.org/11598

    Aujourd’hui a lieu en République tchèque la Roma Pride, défilé annuel des #Roms et des #Sintis. Dans Le Monde du 3 octobre dernier, le journaliste Blaise Gauquelin évoquait l’une des revendications de ce défilé : la mise en place d’une fondation destinée à entretenir la mémoire du #génocide oublié des #Tziganes, victimes de #massacres_nazis dont l’ampleur est souvent sous-estimée. Une entreprise mémorielle d’autant plus importante que le défilé protestera aussi contre les propos tenus en juin par Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien et vice-président du Conseil. Après avoir exprimé sa volonté de recenser les Roms présents en Italie pour expulser ceux d’entre eux qui y résident illégalement, il avait ajouté : « Malheureusement nous allons devoir garder les Roms italiens parce que nous ne pouvons pas les expulser ».
    Le génocide des Tziganes est longtemps resté « une catastrophe invisible », selon les termes de Michael Stewart, anthropologue à l’University College de Londres, dans le numéro 54 de Terrain. L’occasion de relire cet article qui analyse la persécution et le génocide particulièrement « désorganisés » et « désordonnés » des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale, et rattache le caractère localisé de leur persécution à l’échec, après le conflit, de la reconnaissance de cette catastrophe. Il souligne ainsi le caractère problématique de la notion d’intention génocidaire : « Vus de l’extérieur au moment où ils ont lieu, tous les génocides semblent par nature ambigus et non plausibles. »

    L’inventaire des crimes du XXe siècle – du massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 à celui d’un million de personnes à Bali en 1965, en passant par la campagne menée contre les Mayas du Guatemala trente-six ans durant (de 1960 à 1996) sous couvert de guerre contre-insurrectionnelle, et jusqu’au Darfour d’aujourd’hui (où, encore une fois, une définition restrictive de la notion de génocide permet au gouvernement soudanais de se débarrasser à bon compte de minorités gênantes) – permet de discerner un schéma assez évident.

    Vus de l’extérieur au moment où ils ont lieu, tous les génocides semblent par nature ambigus et non plausibles. Durant la Seconde Guerre mondiale, le monde regardait ailleurs, préférant ne pas savoir. En Bosnie, il se laissait représenter par un envoyé des Nations unies d’une incompétence criminelle, qui, à force d’atermoiements et de pleurnicheries, permit aux nettoyeurs ethniques de faire de sa présence l’une des armes les plus importantes de leur crime de masse. Au Rwanda, le monde fit mine de n’avoir pas le temps de remarquer ce qui se passait. À l’heure où j’écris, la communauté internationale rougit et regarde ses pieds, niant que la boucherie du Darfour constitue un génocide à proprement parler, et espérant que personne ne la forcera à agir contre le régime criminel de Khartoum. C’est toujours après coup qu’il est possible d’affirmer sans ambiguïté qu’un génocide a eu lieu. Ce n’est qu’alors que les leaders mondiaux, et derrière eux les peuples du monde, font le vœu de ne plus jamais voir cela se reproduire. Il serait absurde d’imaginer que les recherches qui sous-tendent une publication comme celle-ci changeront notre disposition, bien enracinée, à ne pas croire et à ne pas agir face à ces catastrophes créées par les hommes. Ces recherches peuvent toutefois remettre les pendules à l’heure pour un groupe de victimes, et changer notre façon de comprendre comment les meurtres de masse se produisent.

    https://journals.openedition.org/terrain/13989

  • #Albanien - Vom #Atheismus zum #Islamismus |dlf - Sabine Adler - 2018-09-01

    http://www.deutschlandfunk.de/albanien-vom-atheismus-zum-islamismus.1773.de.html?dram:article_id=3

    http://ondemand-mp3.dradio.de/file/dradio/2017/09/01/podium_vom_atheismus_zum_islamismus_albaniens_dlf_20170901_0749_

    [...]

    Auch der Anti-Terror-Beauftragte des Premierministers, Agron Sojati, sieht hier Handlungsbedarf. Radikalisierung geschehe häufig als Versuch, der Armut und Chancenlosigkeit zu entfliehen. „Hauptsächlich sind es wirtschaftliche Gründe. 60 Kilometer von Tirana entfernt lebt in einem kleinen Ort eine Gemeinde von #Sinti und #Roma. Von dort sind allein fünf Personen nach #Syrien gegangen, weil man ihnen versprochen hat, dass jeder 1.500 Euro bekommt. Tatsächlich bekamen sie 150 Euro. Alle sind zurückgekehrt.“

    [...]

    via https://diasp.eu/posts/5988823