• LibreOffice greift Google Docs und Microsoft 365 an
    https://www.heise.de/news/Kurswechsel-LibreOffice-fuer-Browser-und-Smartphone-kommt-11309343.html

    28.5.2026 von Moritz Förster - Die Document Foundation richtet LibreOffice

    neu aus. Kern bleibt die Desktop-Version, aber Apps für Webbrowser und Smartphones sollen kommen.

    Die Document Foundation (TDF) richtet LibreOffice strategisch neu aus. Die freie Office-Suite soll sich künftig stärker in Richtung Webbrowser, Smartphones und kollaboratives Arbeiten weiterentwickeln. Dafür hat die Stiftung ein eigenes Team für Mobile-, Cloud- und Peer-to-Peer-Entwicklung eingerichtet. Technische Basis soll unter anderem eine Browser-Version mit Qt 6 und WebAssembly (WASM) werden. Erstmals nennt die TDF außerdem ausdrücklich Android- und iOS-Builds als Entwicklungsziel – richtige Smartphone-Apps sollen also kommen.

    Die Stiftung betont zugleich, dass LibreOffice in erster Linie eine Desktop-Anwendung bleibt. Die regulären Desktop-Releases sollen weiterhin zweimal jährlich erscheinen. Auch das Engineering Steering Committee und Community-Projekte wie Google Summer of Code oder Outreachy laufen unverändert weiter. All das geht aus einem Strategiepapier der Document Foundation hervor.
    Bislang nur Viewer – oder Collabora

    Bislang war LibreOffice vor allem klassische Desktop-Software, die mobile Nutzung spielte bei der Stiftung selbst nur eine Nebenrolle. Offiziell existiert derzeit im Wesentlichen ein Android-Viewer mit eingeschränkten Bearbeitungsfunktionen. Auf dem Smartphone greifen viele Anwender stattdessen zu Collabora Office, einer von Collabora gepflegten Office-Suite auf Basis von LibreOffice mit Android-, iOS- und Online-Versionen.

    Im Zentrum der neuen Strategie steht ein bereits funktionierender WebAssembly-Prototyp. Laut TDF soll LibreOffice damit „robust und nativ direkt im Browser“ laufen, ohne Hosting-Server stark zu belasten. Bei WASM kompilieren Entwickler native Anwendungen in ein Browser-Binärformat, das lokal im Browser läuft. Ähnliche Ansätze nutzen inzwischen etliche komplexe Webanwendungen, etwa Browser-IDEs, CAD-Tools oder Bildbearbeitungssoftware.
    Andere Architektur als M365 und Google Docs

    Das unterscheidet die geplante Browser-Version von klassischen Cloud-Office-Suiten wie Google Docs oder Microsoft 365, die einen größeren Teil der Verarbeitung auf dem Server erledigen. Die TDF skizziert stattdessen eine Architektur, bei der möglichst viel Rechenarbeit lokal im Browser stattfindet. Das dürfte vor allem für Selfhosting-, Behörden- und On-Premises-Szenarien interessant sein, in denen Datenschutz, geringe Serverlast und digitale Souveränität eine größere Rolle spielen.

    Parallel dazu will die Stiftung die App-Entwicklung beschleunigen. Für 2026 nennt das Strategiepapier Arbeiten am GUI-Code sowie Test-Builds für Android- und iOS-Emulatoren. iOS taucht dabei erstmals ausdrücklich auf. Die Leitung des neuen Bereichs übernimmt Jonathan Clark, unterstützt unter anderem von Dan Williams für iOS-spezifische Themen.

    Außerdem kündigt die TDF erste praktische Tests für kollaboratives Bearbeiten von Dokumenten an. Zunächst kommt eine klassische Client-Server-Architektur mit direkten TCP/IP-Verbindungen zum Einsatz. Langfristig plant die Stiftung auch Peer-to-Peer-Konzepte für die Zusammenarbeit an Dokumenten. Dabei würden Clients ihre Änderungen direkt untereinander abgleichen, statt sie über zentrale Cloud-Server zu schicken. Technisch ist das anspruchsvoller, könnte aber Vorteile bei Datenschutz, Offlinefähigkeit und Infrastrukturkosten bringen.
    Mehr Personal und stärkerer Security-Fokus

    Organisatorisch plant die Stiftung weitere Veränderungen. Sie will das Team in mehrere Bereiche aufteilen, zusätzliche Entwicklerstellen schaffen und externe Aufträge vergeben. Auch das Sicherheits- und CVE-Management formalisiert die TDF stärker und nennt dabei ausdrücklich Dienste wie OSS-Fuzz und Coverity. Hintergrund dürfte sein, dass Browser-, Netzwerk- und Mobile-Funktionen die Angriffsfläche und Komplexität der Software deutlich erhöhen.

    Konkrete Release-Termine für eine neue Web- oder Mobile-Version nennt die Stiftung noch nicht. Die Ankündigung beschreibt vorerst einen strategischen Umbau mit Fokus auf Architekturarbeit, Prototypen und organisatorische Vorbereitung. Dennoch markiert sie einen grundlegenden Kurswechsel für LibreOffice.

    #FLOSS #office #Libreoffice #smartphones

  • "ON EST EN TRAIN D‘ENFOUIR LA CRISE CLIMATIQUE ET ÉCOLOGIQUE AU FOND DES MINES"

    https://www.youtube.com/watch?v=PrjdUNS-p4s

    C’est l’un des plus grands #paradoxes de notre époque, pour limiter le réchauffement climatique et décarboner nos économies, une nouvelle #ruée_minière d’une ampleur inédite a commencé. Pourtant l’#industrie_minière est l’une des industries les plus toxiques et les plus énergivores que l’on connaisse. Et son activité explose pour fournir entre autres les matières premières des technologies bas carbone : les #batteries des voitures électriques, les #métaux pour les #smartphones, les #ordinateurs
    En seulement 20 ans, les volumes de #métaux extraits dans le monde ont doublé et dans les 20 années à venir, les entreprises minières veulent produire autant de métaux qu’on en a extraits au cours de toute l’histoire de l’humanité. Pour la journaliste Celia Izoard, “Continuer à faire croire, qu’il est possible de supprimer les émissions carbones en électrifiant le système énergétique mondial est un mensonge criminel”. Un mensonge criminel car extraire de la matière produit beaucoup plus de déchets que de ressources, des déchets qui forment des collines ou des vallées de matières toxiques et dangereuses qu’il faudra gérer pendant des siècles. Les mines demandent aussi des quantités colossales d’eau et d’énergie. Sans compter leurs impacts sur les écosystèmes et les #droits_humains. En bref, les mines détruisent bien plus de #ressources qu’elles en produisent.
    Dans son livre, La ruée minière au XXIème siècle, #Celia_Izoard enquête sur les réalités qui se cachent derrière le discours des communicants et des entreprises qui prône la « mine durable, verte et sociale » comme un outil de la transition vers les #énergies_décarbonées. L’essayiste montre à quel point, en tant que population, nous sommes embarqués dans un projet de #transition qui repose entièrement sur l’extractivisme et nous mène dans le mur. Comment sortir de cette #impasse ? Pour Celia Izoard, la seule solution viable aujourd’hui est de revoir nos modes de vie et de réduire nos besoins en énergie. “On ne peut miser sur les #énergies_renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. Et cela nécessite des bouleversements majeurs que les élites du capitalisme mondialisé refusent de faire”. Que signifie extraire des métaux au XXIème siècle ? En quoi la mine verte et responsable est un mirage ? Et quels bouleversements majeurs faudrait-il opérer aujourd’hui pour sortir de l’extractivisme ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Celia Izoard.

    #mines #extractivisme #transition_écologique #green-washing #énergie

  • Derrière l’IA, les sacrifiés du smartphone

    Celia Izoard est journaliste et philosophe, spécialiste des nouvelles technologies au travers de leurs impacts sociaux et écologiques. Autrice de La Ruée minière au XXIème siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition (Seuil, 2024), elle a participé à l’élaboration du programme de «  désescalade numérique  » en amont des municipales 2026. Pour Socialter elle a choisi d’analyser le #film Les Sacrifiés du smartphone projeté lors de Numérique en lumière, le festival de films documentaires consacré aux droits humains bafoués dans l’industrie du numérique.

    Le #capitalisme a inventé les #pollutions_invisibles. Des perturbations imperceptibles par nos sens et qui pourtant sont des menaces existentielles  : la #radioactivité, la #pollution_chimique, le #réchauffement_climatique. Cette #invisibilité est la clé de son #impunité  : pas vu pas pris, comme on dit. Capitalisant sur ces pollutions invisibles, l’#économie_numérique, elle, a fait un pas de plus en inventant les #pollutions_inimaginables.

    J’appelle pollutions inimaginables ces impacts qui sont non seulement imperceptibles aux sens, mais aussi à l’#imagination. Prenez par exemple ces petites étoiles féériques qui dansent devant mes yeux quand j’ouvre mon navigateur  : l’intelligence artificielle générative (IAG). Si je clique, mon courrier va s’écrire, mon texte va se traduire, mon image va s’animer. Qui peut se représenter le concentré de #ressources_naturelles, de #souffrances et d’#exploitation humaines, de #produits_chimiques, d’#énergie qu’il y a derrière ces petites étoiles  ?

    Pour le saisir, il faudrait pouvoir faire apparaître, dans une seule pensée, ce qui rend possible l’IA. Il faudrait faire surgir dans l’imagination les #mines gagnées sur la forêt tropicale birmane, indienne ou congolaise, les usines métallurgiques crachant le feu, les étendues grises de #résidus_toxiques, les galettes de #silicium issues du #travail_forcé du #Xinjiang, les entrepôts de #data_centers carburant au charbon, à l’#eau de nappes presque épuisées, etc. C’est long d’expliquer tout ça, de le rendre présent à l’esprit – à l’esprit qui justement est tenté d’économiser sa pensée, là, d’un clic, pour gagner du temps.

    D’où vient la #puissance_de_calcul instantanée d’une appli d’IA  ? D’entrepôts de données où s’empilent des millions de #serveurs où sont concentrés des milliards de #circuits_électroniques, contenant eux-mêmes des centaines de milliers de #cartes_graphiques qui concentrent à leur tour des dizaines de milliards de #transistors.

    Le principal fabricant de serveurs informatiques destinés aux data centers est l’entreprise taïwanaise #Foxconn, alias #Hon_Hai_Precision_Industry, qui emploie plus d’un million de personnes en #Chine. C’est le sous-traitant historique d’#Apple, de #Microsoft, de #HP, de #Sony – le fabricant d’à peu près tous les #objets_électroniques que nous avons tenus entre nos mains depuis les années 2000. Aujourd’hui, Foxconn fournit toute la galaxie de l’IA en serveurs, de #Nvidia à #OpenAI, en passant par les data centers d’#Amazon.

    En 2010, Foxconn s’est fait connaître au monde par une épidémie de #suicides  : 17 ouvriers de sa méga-usine d’iPhone de Shenzhen se sont jetés par les fenêtres, 14 sont morts. Depuis ce temps, les balcons des dortoirs ont été condamnés. Mais les jeunes continuent d’arriver de leurs campagnes pour se retrouver coincés dans ses chaînes de production. Le désespoir de ces vies gâchées est le sujet du film Les Sacrifiés du smartphone [titre original Complicit] (2017), qui a été projeté récemment à Paris à l’occasion du festival de cinéma «  Numérique en lumière  : une autre réalité  ».

    Les réalisatrices Heather White et Lynn Zang ont filmé pendant trois ans la vie d’#ouvrières de Foxconn. Arrivées à 18 ans, Xiao, Ya et Fan ont travaillé plusieurs années pendant douze à seize heures par jour. Puis tout s’est arrêté – littéralement. Elles ont contracté des troubles neurologiques, des paralysies, à force d’astiquer les cartes graphiques, les led, les écrans, avec des solvants et des détergents  : benzène, méthanol, xylènes, trichloroéthylène...

    Selon la Global Electronics Association, un objet électronique peut nécessiter 1 000 produits chimiques différents. Foxconn nie toute #responsabilité. Comme les milliers d’ouvrières et d’ouvriers malades des toxiques utilisés dans l’électronique, Xiao, Ya et Fan n’osent pas rentrer chez elles, pour ne pas faire de peine à leurs parents, qui avaient tout misé sur elles.

    Sur mon écran, les petites étoiles de fée se remettent à clignoter.

    https://www.socialter.fr/article/les-sacrifies-du-smartphone-documentaire-intelligence-artificielle-ouvrier
    #IA #AI #intelligence_artificielle #travail #conditions_de_travail

  • StupidAntibot [Wiki de sebsauvage.net]
    https://sebsauvage.net/wiki/doku.php?id=stupidantibot

    De nos jours les #bots sont de véritables plaies pour les #webmasters. Les bots des moteurs de recherche et surtout ceux des boîtes d’#IA viennent sans relâche marteler votre serveur, parfois au point de le faire tomber.

    Les solutions existantes

    Il est donc intéressant de lutter contre ces bots pour améliorer la santé de votre serveur. Il existe plusieurs manières de contrer les bots :

    – Le #robots.txt est désormais parfaitement inutile puisque plus aucun bot ne les respecte (surtout pas les boîtes d’IA).
    – Regarder le #User-Agent est inutile : Les boîtes d’IA mentent sur le User-Agent.
    #crowdsec n’a pas vraiment pour but de bloquer les bots, mais plutôt les attaques.
    – Bloquer des plages d’#IP (par exemple tout l’#AS de #Google ou #Facebook) ne sert plus à rien : Les boîtes d’IA passent par d’autres IP (IP #résidentielles, #smartphones…)
    – Bloquer sélectivement des adresses IP ne sert plus à rien non plus puisque les sociétés d’IA passent par des IP résidentielles (PC domestiques et smartphones comme proxy). Votre site reçoit donc des requêtes de dizaines de milliers d’adresses IP différentes. Bloquer chacune de ces IP est vain. (Sans compter que du coup vous risquez de bloquer des utilisateurs légitimes.)
    #CloudFlare possède bien sûr une #protection #antibots, mais au prix de donner à une boîte #américaine la totalité du trafic de votre site web, en clair. (Ce que je trouve totalement irrespectueux envers les visiteurs. En plus de ne pas être conforme au #RGPD.)
    #Iocaine est tentant pour pourrir les données des IAs, mais cela va augmenter la charge de votre serveur. Ce n’est pas ce qu’on veut ici.
    #Anubis est bien entendu un classique (expliqué ici même), mais c’est la solution thermonucléaire. De plus, Anubis étant très répandu, il devient une cible (il semble que certaines boîtes d’IA aient déjà commencé à essayer de le contourner).

  • #EKO

    L’association EKO ! porte actuellement trois projets écologiques et solidaires :
    – Les low-technologies avec, par et pour les exilé·e·s
    – Partager, expérimenter et valoriser les savoir-faire low-tech en Grand Briançonnais
    – Colocations conviviales, écologiques et solidaires


    https://asso-eko.org
    #low_tech #Briançon #recyclage #smartphones #téléphones_portables

    –—

    📱Tes vieux téléphones débordent du tiroir ?
    Ne les laisse pas prendre la poussière !🕸️

    Anciens ou cassés ?
    Pas de souci, notre équipe de bricoleur.se.s s’en chargera 💪

    ℂ𝕠𝕞𝕞𝕖𝕟𝕥 𝕗𝕒𝕚𝕣𝕖 ?
    1. Rassemble tes anciens téléphones et accessoires 📱
    2. Si le téléphone a un code de déverrouillage, n’hésite pas à nous le partager ! 📝
    3. Empaquette-les dans un magnifique colis 📦️
    4. Envoie-les à l’adresse suivante : EKO ! 34, route de Grenoble 05100 BRIANÇON 📍

    https://mastodon.social/@associationEKO/115984583143441250

  • The Everywhere Border. Digital Migration Control Infrastructure in the Americas

    The US is building a digital border infrastructure in neighbouring countries that expands and deepens surveillance, while hiding state violence. The implications of this new infrastructure will be long-lasting and need to be integrated into strategies of resistance of migrant justice movements worldwide.

    In 2021, José Eusebio Asegurado, a farmer in El Salvador, was arrested by the Salvadoran National Civil Police for ‘promoting human trafficking’. The basis for the arrest was a WhatsApp group chat (external link)
    that Asegurado and other migrants1 were using to coordinate a caravan, which had been infiltrated by a police agent. According to the screenshots used to incriminate him, Asegurado’s only participation in the chat was responding ‘OK’ to a migrant’s message that he would be at a meeting point at around 5 o’clock. Police arrested Asegurado at the meeting point, telling him he was ‘profiled’ as a caravan organiser.

    The same day, the Salvadoran police also charged Fátima Pérez, a cook, and Juan Rufino Ramírez, a private security guard, with promoting ‘human trafficking’ based on messages on a WhatsApp group they had created to coordinate a caravan. Screenshots in Ramírez’s case show him giving instructions to the 55-member group to meet at the bus station, and the prices of tickets to Guatemala. The police arrested Ramírez and Pérez the morning they were planning to leave.

    These three arrests took place in the span of four hours. The then-US ambassador in El Salvador, Katherine Dueholm, promptly congratulated (external link)
    the General Prosecutor’s office, stating: ‘I applaud the Salvadoran authorities who are taking action against those who want to deceive citizens with caravans and false promises. They promote only #UnViajeEnVano (external link)
    ’ – ’a journey in vain’.

    The arrests and Ambassador Dueholm’s praise reflect the critical role of covert surveillance and data-driven ‘smart’ technologies in US migration-control practices operating deep within countries outside the US. Over the past twenty years, the US (and other wealthy countries) have made strides to externalise border-control regimes well beyond their actual territory. This often involves effectively enrolling agencies in other countries in migrant surveillance, policing, and exclusion.

    The new digital infrastructure that enables border externalisation, however, is little understood. This digital infrastructure relies on both military-grade technology built by major weapons manufacturers and Silicon Valley innovation: inter-operable databases that share fingerprints seamlessly between police agencies across borders; biometric collection devices used by Mexican detention authorities to track migrants for US Customs and Border Protection (CBP); social media apps that serve as critical communications networks for migrants and surveillance tools for police; digital ID systems that enable access to essential services, but double as tracking devices.

    Infrastructure – digital or material – has real sticking power; that’s the point. Once a highway splits a community in half, a new permanence stifles the din of protest, and people move on. We use the term digital infrastructure to describe the establishment of a foundation that will be fundamental to how world powers will practise migration control; and, as it embeds itself, increasingly beyond challenge – a unified strategic intervention by powerful countries, with the US coveting the vanguard. While it may look like technological experimentation (like AI-powered robot dogs on the border) or one-off opportunistic data-grabs (like networks of international data-sharing agreements), the growth of digital border infrastructure is by design. This is enabled through joined-up digital technologies that settle into the kind of rigid, ‘motiveless’ permanence granted to other infrastructures, like submarine communications cables, protocols and servers that run the internet, an electrical grid or a superhighway.2

    The profound implications of new infrastructures persist long after their creation, as is the case for the digital infrastructure deployed to police migrants in the so-called US ‘backyard’. Its impacts are frequently rendered invisible. Governments promote border policing technologies as fundamentally safe, humane and non-violent (external link)
    while migrant advocates struggle to make visible the violence on the other side of this unseen ‘borderland circuitry’.3

    The implications range from digitally triggered violence and killings by local police in Central America to actions by the US, its allies and competitors in geopolitical contests over the control of global security. The US government and private industry have worked themselves into a largely covert entrepreneurial frenzy to own and control the migration policing interface of the future. Monitoring and control capabilities – a longstanding and routine part of US aid packages to fight organised crime – both expand domestic spying by partner governments for their own ends and serve US border externalization interests in controlling the movement of people and diverting them away from the US territorial border.

    This essay will focus primarily on how digital infrastructure serves US interests . What do we know about this strategy and how it is already affecting mobility and human rights in the region? What are its historical foundations? What challenges lie ahead? It is impossible to answer these questions simply by dissecting the cruelty or provenance of any single technology, system or actor. We first need to understand the transnational motivations driving these incremental, more observable, facts on the ground. We need, in other words, to make visible the invisible digital infrastructure.
    Digital infrastructure is key to border externalisation and a rise in unaccountable violence

    Understanding border externalisation through the lens of digital infrastructure captures the true scale of border practices envisaged by the US (and its competitors and allies) as well as their envisaged permanence within the future world order. Digital border infrastructure feeds on histories of domination, control and atrocities in the name of transnational ‘crime-fighting’ projects, setting the stage for tremendous social costs.

    First, as to scale, we are witnessing an escalation of US border imperialism and borderland violence4 – both in terms of geographical reach far into national territories and the further extension of ‘policeability’5 to an increasing number of individuals and groups through this digital infrastructure. This includes anyone an algorithm decides might be ‘dangerous’, those who might migrate, as well as humanitarian actors, migrant advocacy groups, and aid organisations. Scaling and the rapid growth it engenders is a quintessential property of digital technologies, regardless of their origin or application. The shifts to new targets under digital infrastructure are frictionless compared to earlier analogue-based border policing tactics. Asegurado, the farmer assisting migrants in El Salvador, was swept up in the US border externalisation dragnet with a simple ‘OK’ on a WhatsApp chat.

    Second, as to permanence, advocates of digital borders in national capitals, industry and development agencies embrace the term ‘digital public infrastructure’ as a brand, to bestow (unearned) trust, normalisation and the inevitability of contested digital tools such as biometric IDs and payment systems.6 Ceding the privilege of defining ‘digital infrastructure’ to actors with vested interests in current migration-control practices is reckless. Without a counternarrative that articulates their violent disposition, digital border externalisation tools – including widespread biometrics collection, real-time transaction data-collection in payment systems, and the confiscation of smartphones at the border – can easily be normalised as ‘digital public infrastructure’, rather than resisted.

    The scale and enduring impact of the rapidly hardening digital infrastructure that fuels border externalisation calls for urgent transnational organising. As writers and activists, we have come together to resist the use of digital infrastructure in US migration-control policy in Mexico, Central and South America, and the Caribbean. We have only traces and not the whole picture. Building on the work of others, we weave all this together to show how the fusion of state and digital power to construct digital border infrastructure is neither humane nor safe: rather, it is increasing unaccountable forms of violence.

    Convergence: Drugs war, border externalisation, digital infrastructure and the militarisation of US’ neighbouring regions

    Economic and political initiatives since the 1970s have driven relentlessly towards US investments in more militarised, criminalising, and digitised migration-control practices. Since 9/11, the US convergence of ‘national security’ with unauthorised migration has fueled an ever expanding border externalisation regime—currently there are 23 CBP offices and 48 ICE offices worldwide—and consequently has provided an especially lucrative market for digital surveillance corporations.7 Through programmes such as the Mérida Initiative and the Central American Regional Security Initiative, the US has tied aid to countries such as Mexico, El Salvador, Guatemala and Honduras to increased militarisation, policing, incarceration, and migration control.

    Yet migration patterns to the US from Mexico, Central America and the Caribbean cannot be divorced from the practices and policies that the US employed for over a century to dominate countries in these regions. Decades of US practices and policies have fuelled economic, political, and environmental instability – key factors that drive migration to the US. Over the past 20 years the number of people migrating from Central America has more than doubled (external link)
    , the largest increases coming from Guatemala, Honduras and Mexico. The US-backed ‘war on drugs’ in Mexico and Central America has dramatically increased violence and instability.8 In Mexico, the fight against organised crime has resulted in 350,000 deaths and more than 72,000 disappearances (external link)
    between 2006 and 2021. According to the World Bank, 60% of rural Central Americans live in poverty (external link)
    . While the largest contributors to the climate crisis are wealthy countries, these already impoverished populations suffer the most acute impacts of climate change. For decades, prolonged droughts together with natural catastrophic events such as hurricanes (external link)
    and floods (external link)
    have deeply affected Central America. The number of people facing food insecurity tripled between 2019 and 2021, affecting 6.4 million people (external link)
    . Asegurado, Pérez and Ramírez – like many others – are grasping for alternatives to this intolerable situation.

    Rather than acknowledge these underlying causes, the US response has been to extend its border ever further. General John Kelly, former Secretary of the US Department of Homeland Security (DHS), stated (external link)
    , ‘I believe the defense of the Southwest border starts 1,500 miles to the south’. Mexico has long been central to the US border-externalisation regime, and digital infrastructure plays an increasingly critical role. Tony Crowder, former director of CBP’s Air and Marine Operations, shared Kelly’s sentiment ‘We have taught the Mexicans how to fish…[but] even though we have all this surveillance capability, we don’t have enough, we need more’.9

    While part of a continuum of US efforts to enlist Mexico in support of its regional objectives, this ‘security and rule-of-law partnership (external link)
    ’ accelerated following 9/11. In 2007, the US shifted the focus of its drug war (external link)
    from Colombia to Mexico, Central America, and the Caribbean. Under this frame of securitisation, the drug war merged with the migrant-control regime. In 2008, the Mérida Initiative was launched – a bilateral partnership between the US and Mexico in the name of the US war on drugs. It initially provided financing for Mexico to purchase equipment for its military and police forces and for intelligence gathering. In 2013, Mérida was revamped to include four pillars (external link)
    , incorporating the creation of a ‘21st century US-Mexican border, while improving immigrant enforcement in Mexico and security along Mexico’s southern borders’. Effectively an extension of US policy, some $3.5 billion (external link)
    has helped shape Mexico’s migration-control agenda since 2008.

    In 2014, Programa Frontera Sur further securitised Mexico’s southern border by increasing the migration policing and deportation apparatus. Consequently, Mexico now has one of the world’s largest (external link)
    immigration detention systems. Between 2014 and 2017, Mexico deported more Central Americans (external link)
    than the US Border Patrol. Doris Meissner, the former commissioner of the Immigration and Naturalization Service (INS, the predecessor to ICE and CBP), underscored the importance of Mexican migration control, explaining in 2017 the need to look at both US and Mexican data to assess the effectiveness of US border enforcement (external link)
    .10

    Under these agreements, the US Department of Defense has provided training and sold millions in military equipment to Mexico, including an array of ‘smart border’ technologies provided by corporations (external link)
    such as Dev Technology, General Dynamics, Amazon Web Services, and NEC. The CBP and ICE have provided training on intelligence-gathering, info-sharing, and migration policing. A key element of US support to Mexico has been to develop an infrastructure to collect and share data – such as biometric and biographical information, and criminal history – in a manner that interfaces seamlessly with US databases.

    The digital infrastructure that tracks and catalogues migrants is central to US migration policy in Mexico. The US-backed Instituto Nacional de Migración (INM) strategy relies on this infrastructure (external link)
    as the primary means to control migration rather than sealing Mexico’s southern border with Guatemala. Biometric collection is essential to making migrants more legible to the state. In 2011, the US provided four biometric kiosks (external link)
    to Mexico’s southern border, and 117 additional biometric scanners (external link)
    the following year. Between 2018 and the first half of 2022, the Mexican government gathered and shared information on over 360,000 migrants in detention facilities.11 Information from CBP reveals that Mexican authorities shared information from 10,000 humanitarian visa (external link)
    applications with DHS. The release of approximately 1,800 unregistered migrants from a shelter in Piedras Negras was conditional on the registration of their data.12

    An ‘Information Sharing Environment’ that includes inter-operable data-sharing systems (external link)
    is central to achieving the objectives of the homeland security state. ‘Inter-operability’ enables seamless connectivity between police, immigration agencies, foreign governments, and more.13 Key forms of US-initiated digital infrastructure rely on widespread information-gathering and seamless sharing of data for surveillance across borders.

    This vast amount of data-collection and sharing has been fuelled by unleashing the power of the carceral state – including the centrality of the ‘criminal alien’, ‘gang member’ and ‘drug trafficker’ as threats to national security – at all geographic levels of the US migrant-control regime. For example, the Biometric Identification Transnational Migration Alert Program (BITMAP) allows DHS and its partner countries to know where and when an individual arrives in the Western Hemisphere (external link)
    and their travel patterns before they reach the southwest US border. BITMAP is currently deployed to 18 countries (external link)
    , including Mexico. DHS also has a Criminal History Information Sharing (CHIS) programme that allows for the global sharing of biographic, biometric, and descriptive information on individuals deported from the US (e.g. alleged immigration, employment, family, and criminal histories).

    The structural criminalisation of poverty in both countries is amplified with CHIS. According to the National Survey of Imprisoned Population in Mexico, conducted by the National Institute of Geography and Statistics (INEGI) in 2021, nearly 44% of the respondents declared having been imprisoned on the basis of false accusations or incriminations (external link)
    . Forty-two percent claimed they had been forced to plead guilty or to incriminate someone else. Nearly half of those who are jailed have not been convicted (external link)
    , and nearly half of all convictions are for theft of under US$100 (external link)
    . This is the kind of data that feeds CHIS.

    In another example, DHS is developing the Homeland Advanced Recognition Technology System (HART) (external link)
    to replace its current centralised biometric database, IDENT, through a contract with Peraton (external link)
    (a subsidiary of Veritas Capital, a private equity firm). Hosted by Amazon Web Services, HART will enable DHS to aggregate and compare biographical and biometric data on hundreds of millions of people across the globe. This includes so-called encounter data from police stops, facial recognition, DNA, iris scans, and voice prints – usually gathered without the individual’s knowledge or consent. The massive HART database draws from widespread biometrics collection in all realms – for example, the US DOS INL’s development of integrated DNA databases in Mexico and Central America in the name of combating trafficking or the proposed national biometric digital ID in Mexico (external link)
    . In this way, multiple state initiatives merge, and the power of the state to police, track and control migrants and all people under their watch grows exponentially.

    While the Mérida Initiative formally ended in 2019, its approach has been sustained by the Mexican government. In 2021, the Mexican government increased (external link)
    the military by 46% and the National Guard dedicated to stopping migrants by 300%. In July 2022, President López Obrador committed $1.5 billion in smart border infrastructure (external link)
    over the next two years.

    For US partner states, any technological and data-sharing channels that are financed and exported to them become assets – not just for monitoring migrants, but to advance multiple agendas of coercive power-building. This infrastructure can therefore end up fuelling violence and criminalisation, undermining the right to asylum, exacerbating inequality, and expanding the power of paramilitaries and the police (external link)
    , while privileging securitised neoliberal and corporate prerogatives.
    The geopolitical nature of digital infrastructure

    In their research on digital payment systems, Marieke de Goede and Carola Westermeier use the term ‘infrastructural geopolitics’ to stress the growing centrality of infrastructure to geopolitics and the ways in which US economic power is rooted in financial infrastructures (which, like migration control, are rapidly digitising).14

    The global financial messaging network SWIFT is an example of infrastructure that is invisible to most people and yet plays a major role, as the writers describe, in reinforcing power relations of the post-war global order in which it emerged. Seventy years after the Second World War and fifty years since SWIFT’s establishment, bank messaging routes flow through former colonial capitals and map onto a ‘core’ of Western countries, leaving large swaths of Latin America, Africa, and the Middle East in a permanent, but effectively invisible, economic periphery. Similarly, digital IDs, social media monitoring and infiltration, and data-sharing platforms are essentially component parts, nodes, or partially visible layers of deeper, longer-term geo-strategic digital infrastructure projects.

    Extension of borders through digital infrastructure serves US political and economic goals well beyond the policing of human mobility. Geopolitical contests for control over infrastructures play out across several domains. Military establishments covet ‘identity dominance (external link)
    ’, an objective that drove US forces to gather massive stores of biometric data in Afghanistan and Iraq as a weapon of war. US digital services giants like Amazon and Google mastered ‘platformisation’ by building e-commerce (digital advertising, search, social media, etc.) infrastructure to dominate the digital economy. Often, public and private-sector interests converge, including in the form of public–private partnerships (PPPs) to build infrastructure. In each case, the true contest among states and corporate giants centres on control over the interface, or the most essential, invisible, infrastructural methods of digital communication and control. As Michael Kwet explains (external link)
    , ‘Transnational “Big Tech” corporations based in the United States have amassed trillions of dollars and gained excessive powers to control everything, from business and labor to social media and entertainment in the Global South. Digital colonialism is now engulfing the world’. The US quest for domination through externalised migration policing infrastructure goes hand in hand with its geopolitical and corporate designs for economic power.

    These forms of infrastructural digital power pose unique challenges for documentation and ultimately for any form of systemic change. Challenges include blurred lines of responsibility, mission, and function; governments and corporate actors are seen or presented as passive conduits or intermediaries in digital public infrastructure; and infrastructures can easily appear to be ‘ahistorical’ and motiveless. In Mexico and Central America, migration control converges with ongoing US foreign policing operations (such as the war on drugs, and gang wars). We explore the several simultaneous effects of this complex merger: the turn to digital infrastructure; its relationship to violence and human suffering; and its foreclosure of accountability for these harms.
    Digital border infrastructure in your phone: Information and Communications Technology (ICT) policing techniques along migration routes

    Surveillance infrastructure is tangible in physical migration detention centres and in police arrests: mugshots, cheek swabs, confiscation of the detainee’s mobile phone. The deepening integration of daily life, telecommunications and computers open extensive avenues for more covert, opportunistic surveillance of private communications and activity by users who rely on social media, mobile communication and messaging apps. The surveillance of mobile phones and social media ranges from overt disclosure requirements for visa and benefits applications to government listing and tracking of protesters and other ‘undesirable’ actors. Migrant surveillance is immersed in these control schemes where surveillance technology serves as a silent tool for government violence and repression.

    This has had an impact on how migrants travel and keep safe, such as through safety in numbers. Travelling in caravans has therefore become both a survival and a protest strategy: sources of both physical and economic security (external link)
    and opposition (external link)
    to the economic policies that contributed to their displacement. Social media and messaging apps are key tools for the coordination of caravans and for migrants more broadly. Migrants use these tools to identify routes, look for shelter and food, communicate with their support networks, warn each other about risks (external link)
    , and coordinate travel. Governments as well as organised crime understand these dynamics and use these same tools to monitor and extort migrants.

    On 5 June 2019, Irineo Mujica, from Sin Fronteras – a civil society organisation (CSO) dedicated to the protection of human rights of migrants in Mexico and the US, and which has supported multiple migrant caravans – was arrested in Mexico, falsely charged with human trafficking (external link)
    . Mujica appeared in the CBP’s watchlist database published in 2019 (external link)
    that contained photos, names, professions, and other details of journalists, activists, and social media influencers both from Mexico and the US with links to the migrant caravan.

    A DHS Office of Inspector General (OIG) report (external link)
    on the database and other surveillance practices found that CBP established electronic alerts (lookouts) on journalists, attorneys, and advocates who were connected by social media to the migrant caravans. Those tagged by the lookouts were constantly flagged for secondary screening (external link)
    when entering the US, and interrogated about their work, organisation, family, education, and political leanings.

    The weaponisation of such information had grim effects on the Mexican side of the border. According to Sin Fronteras activist Alex Mensing (external link)
    , after the CBP shared information gathered through lookouts with the Mexican government, other members from his organisation who assisted migrant caravans in the same period saw an increase in border scrutiny and death threats (external link)
    . Organising and supporting migrants threatens lucrative operations that depend on the criminalisation of migration across the region. Civil society assistance makes migrants less prone to kidnapping and extortion, which therefore reduces the income for organised crime linked to these activities, and, as a domino effect, bribes to authorities also drop, pitting the collective interests of such groups against activists and those providing humanitarian assistance.

    Surveilling anyone who might pose a threat to the system has long been a generalised and systematic form of government control in Mexico. A leaked document from the NSO Group, the Israeli company that created Pegasus, revealed that 50,000 people were possible surveillance targets (external link)
    in Mexico. The list included opposition politicians, journalists investigating government corruption and extrajudicial killings, activists advocating the taxing of sugary drinks, judges, academics, and international experts who investigated the case of the enforced disappearance and extrajudicial killing of the 43 students, among others.

    In 2022, mobile phones from two journalists and an activist who investigated abuses committed by the Mexican army were found to be infected with the malware Pegasus (external link)
    . In 2020, the Mexican government sought to create a SIM card registry that would link to the card owner’s biometrics and other personal data. This would have intensified government digital surveillance via ICT infrastructure, and was opposed by civil society (external link)
    .

    CBP internal documents show (external link)
    that government agencies across the border continually share information about the location of migrants, their origin, and the number of people in each group, even before they start to migrate. In 2018, US DHS agents infiltrated a WhatsApp group (external link)
    of Honduran migrants travelling in a caravan of about 4,000. These policing practices are also being reproduced by the Mexican government.15

    Impact: Infrastructural violence and accountability deficits in globalised migration policing

    Roberto M., a young man in El Salvador, was shot and taken away by police shortly after being deported from the US. The rural police officers who shot Roberto also threatened an eyewitness at gunpoint, telling him that Roberto was a gang member and if he revealed what he’d seen, the same would happen to him. Police in El Salvador receive data on gang-member affiliation from the US, and share these lists (external link)
    with neighbourhood-level police where deportees plan to live. These databases have been found to be problematic and unreliable (external link)
    . Police departments confirmed (external link)
    that this information is used to target people (external link)
    : ‘We think that if a person wasn’t wanted in the United States, it must be because the deported person is bad’.

    Violence can increasingly be tied to digital border technologies, particularly in combination with one another and with physical and environmental realities that envelop them. Studies show the effects of integrated fixed-tower surveillance on migrant mortality rates in Arizona’s Altar Valley. Here, digital infrastructure merges with the ineffective yet longstanding US deterrence policy that purposefully makes migration routes more dangerous, on the theory that migrants would not risk the journey. The fusion of technology and policies that inflict deliberate harm produces these predictable results of increased migrant deaths (external link)
    .

    The story of Roberto M. and the witness to his post-deportation shooting and disappearance in El Salvador reflects another pattern of violence tied to information-sharing through digital infrastructures. The criminologist Ana Muñiz documents a ‘cycle of violent policing, migration, more violent policing, detention, deportation, violent policing, migration, and so on’, in which the labels themselves (‘criminal alien’ or ‘gang member’) become inescapable vectors of precarity.16 Such labels channel individuals into a ‘sort of statelessness’ as constant, quantifiable scapegoats that provide an easy diversion for state security forces and corporations that produce and perpetuate the ‘structural causes of violence’.17

    Digital infrastructure merges not with a physical terrain, but with pre-existing social and political factors that make violence a foregone conclusion. Today’s multipurpose digital infrastructure also permits the efficient incorporation of new undesirable criminalised categories, including ‘caravan organisers’ or ‘migration promoters’ – as in El Salvador’s attempt (external link)
    to reform its penal code, criminalising the ‘promotion of migration’ on social media.
    Challenges and way forward

    We are interested in developing deeper knowledge about the political origins of these infrastructures to challenge the violence of global migration control systems. This essay only sets out the field of engagement. Far more collective work is required to document and design models of resistance to meet such challenges.

    The diffuse and structural nature of power behind the seemingly ahistorical, and motiveless characteristics of digital infrastructures undermine classic approaches to accountability. Furthermore, the familiar national and international judicial avenues to hold perpetrators of these forms of indirect violence responsible – however imperfect or ineffective they may already be – are exceptionally ill-suited to the conditions at play in the migration policing context specifically, for several reasons.

    First, the technologies in use such as biometric databases, and the means of using civilian technologies like social media and other ICTs, are simply not designed to respect or be held to democratic scrutiny; they are military-grade and converted for use in quasi-militarised spaces, by institutions permeated with military ideology. Nearly a third of CBP personnel previously served in the US military. Biometric surveillance technologies advanced by leaps and bounds within US military operations before being integrated with ‘civilian’ border policing. Private-sector military contractors play an integral role in this transition.

    As journalist Annie Jacobsen documents, as part of the US military biometric data-collection in Afghanistan, Palantir Technologies served as a critical link between US intelligence operations to track and kill military targets and quasi-civilian policing operations like the piloting of rapid DNA samples from migrant families at the US border in 2019.18 Today, the biometric kits used in Afghanistan, some still storing biometric data collected on the battlefield, are for sale on eBay (external link)
    .

    Second, justice and oversight bodies are ill-equipped to serve their intended function in this ecosystem. Within criminal proceedings and investigations, the use of technologies that capture and record evidence of allegedly criminal activity or purport to biometrically match records are extremely difficult to challenge because of their scientific veneer and opaque data-collection and analysis methods, which leaves no practical room (external link)
    to impeach or exclude such evidence. The design of technologies that predetermine risk factors keyed to criminalised behaviour, including migration, contravenes the presumption of innocence. In the civil context, national-level justice mechanisms deny standing to non-nationals located outside the US who are victims of violations linked to digital surveillance.

    Finally, there are huge incentives for both state and corporate power to hide violence. The political positioning of ‘smart borders’ as more ‘humane’ conceals the state’s role in violence and insulates corporations from negative PR or constraints by participating in repugnant markets. Their task is made easy by rendering physical pain abstract rather than affecting real human beings,19 and features of the data economy like the way corporates have helped the movement towards running government functions like private digital platforms.

    Mitigation ‘risk assessment’ tools like data protection or human rights impact assessments provide cover (external link)
    , favouring the continuation of these business practices because firms undertake them voluntarily and face little or no consequences for a poor risk assessment. Unsurprisingly, these industry-led tools often fail to provide (external link)
    a means for real accountability; they reveal scant information that would be actionable if and when products do cause harm; and the burden of proving rights violations and finding an effective remedy (external link)
    after the fact is shouldered entirely by victims. The interests of powerful actors converge around a web of financial stakes in the system, leading to the aggressive harassment and potential silencing of activists as the case of Irineo Mujica and Sin Fronteras illustrates.

    We need tools and methods for transnational cooperation to document, gather and share information safely, and organise. Fusing new understandings about how digital power functions within existing resistance movements transnationally, holds potential for challenges to the digital infrastructure of border externalisation.

    We are in the initial stages of our collective effort to understand and expose this digital infrastructure. Through this analysis, we can begin to identify the interventions to start to tear it apart and break it down. Transnational organising against tech corporations offers opportunities for shared understanding and meaningful solidarity. This year, organisations in France and Kenya, with support from actors in other countries, sued biometrics giant IDEMIA (external link)
    for its failure to meet even minimum human rights standards of due diligence as it reaps billions in secret border security tech sales to low- and middle-income countries. This emerged from collaborative evidence-gathering and organising across borders.

    As the US military establishment recognised decades ago: whoever dominates the field of externalised borders defines ‘friend and foe’ everywhere.20 The faster the US establishes economic and political dominance over digital migration-control infrastructure, the greater its security in maintaining global digital power. Digital infrastructure serves multiple purposes at once, but the ultimate geopolitical function is raw, generalised power over global affairs. The tools examined here will ‘contain’ human life within spaces of catastrophic violence, by design. This specific effect betrays the most fundamental commitments of international human rights and humanitarian law in the face of unprecedented challenges to human survival across most of the world. But this pernicious effect is also ruthlessly beside the point.

    In reality, as facets of infrastructural power, the technologies that fix the ‘calculation of who must live and who must die’22 do not do so as an end in itself, but in the service of power and its reproduction in this digital age.23 In this way the complicity of state and corporate actors in the production of violence is cast in the starkest relief. This geopolitical analysis is our starting point for building resistance towards transformation.

    https://www.tni.org/en/article/the-everywhere-border
    #externalisation #migrations #frontières #réfugiés #USA #Etats-Unis #infrastructure #infrastructure_numérique #violence #violence_d'Etat #surveillance #caravane #whatsapp #criminalisation_de_la_migration #arrestation #technologie #technologie_intelligente #externalisation_des_contrôles_frontaliers #bases_de_données #interopérabilité #empreintes_digitales #coopération_policière #impérialisme #biométrie #Mérida_Initiative #Central_American_Regional_Security_Initiative #war_on_drugs #Amérique_centrale #Mexique #Programa_Frontera_Sur #rétention #détention_administrative #ICE #smart_borders #frontières_intelligentes #Dev_Technology #General_Dynamics #Amazon_Web_Services #complexe_militaro-industriel #NEC #Instituto_Nacional_de_Migración (#INM) #Guatemala #Biometric_Identification_Transnational_Migration_Alert_Program (#BITMAP) #Criminal_History_Information_Sharing (#CHIS) #criminalité #Homeland_Advanced_Recognition_Technology_System (#HART) #IDENT #Peraton #Veritas_Capital #reconnaissance_faciale #ADN #DOS_INL #infrastructural_geopolitics #géopolitique #SWIFT #multinationales #colonialisme_numérique #téléphones_portables #smartphones #criminalisation_de_la_solidarité #NSO_Group #border_deaths #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières

  • Des données publicitaires géolocalisées ont permis de suivre à la trace des responsables de l’UE, parfois jusqu’à leur domicile

    Des #données_publicitaires géolocalisées (...) ont permis d’identifier et de suivre à la trace plusieurs dignitaires de l’Union européenne. Un cas pratique illustrant les limites du cadre européen en matière de #données_personnelles.

    Chaque seconde, des millions de données personnelles s’échangent sur le marché de la publicité en ligne. Issues des applications installées sur les #smartphones, elles sont parfois assorties d’une #géolocalisation précise. Et permettent donc le pistage, parfois à quelques mètres près, de millions d’utilisateurs de mobiles.

    Ce marché publicitaire, où les données personnelles des mobinautes s’échangent et se vendent, prospère la plupart du temps sans que les premiers concernés en soient conscients. Et profite des angles morts des lois relatives aux données personnelles, en particulier le règlement général sur la protection des données (#RGPD), adopté de haute lutte par l’Union européenne (#UE) en 2016.

    [...]

    Le Monde et ses partenaires ont eu accès à des échantillons de ces données concernant la Belgique, proposés gratuitement par un courtier pour faire montre de ses capacités : ils comportent plus de 2,5 millions d’identifiants publicitaires – chaque téléphone en a un, auquel sont associées les données personnelles comme la géolocalisation –, soit l’équivalent de plus de 20 % de la population belge. Les données sont présentées comme couvrant une période de quelques jours en octobre 2024.
    Ces échantillons montrent à nouveau le caractère intrusif de ces données. Nous avons identifié 264 identifiants publicitaires géolocalisés au sein du bâtiment Berlaymont, quartier général de la #Commission_européenne à Bruxelles, et 756 au siège bruxellois du Parlement européen. En analysant leurs allées et venues, nous avons identifié plusieurs dizaines d’adresses pouvant appartenir à des membres des institutions européennes.
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/11/04/comment-des-donnees-publicitaires-permettent-de-pister-des-responsables-de-l

    https://justpaste.it/hodfm

    #data #identifiants_publicitaires #cybersécurité

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • La police pourra extraire toutes les données d’un #smartphone, même verrouillé

    Plusieurs centaines de commissariats français devraient être équipées de boîtiers capables d’extraire automatiquement toutes les données d’un smartphone, même verrouillé, d’ici à 2024. Un gain de temps précieux pour les enquêteurs, qui pose néanmoins plusieurs questions quant au respect de la vie privée.

    « Accédez à un large éventail de preuves, même sur des dispositifs mobiles chiffrés ou verrouillés, sur les #réseaux_sociaux publics et privés ou sur différents services de stockage #cloud. » Voici ce que propose sur son site Internet #Cellebrite, société israélienne spécialisée dans les questions de sécurité dont la police française fait partie des clients depuis plusieurs années.

    Une relation commerciale qui suit son cours puisqu’une source policière confirme que le ministère de l’intérieur équiper d’ici à 2024 plusieurs centaines de commissariats français d’une technologie développée par l’entreprise israélienne depuis 2017, capable d’extraire automatiquement toutes les données d’un smartphone, même verrouillé, « sans date précise pour le moment ».

    Un gain de temps précieux pour les enquêteurs

    « Cellebrite nous fournit déjà un logiciel qui permet d’extraire les données d’un téléphone », explique Éric Pastre, référent investigations pour Unsa Police et lui-même officier de police judiciaire. Cependant, pour le moment, ce processus est long et ne peut se faire que si le smartphone est allumé et déverrouillé.

    Aujourd’hui, les téléphones saisis et réclamant exploitation doivent être envoyés dans un des centres spécialisés de la police technique et scientifique, opération d’autant plus chronophage que ces derniers sont souvent embouteillés. « Il faut entre trois et six mois pour avoir les résultats de l’exploitation d’un téléphone en partie parce que nous manquons de personnels, déplore Éric Pastre. Ce nouveau boîtier devrait nous faire gagner du temps. »

    La question de la #protection_des_données personnelles

    « Je comprends tout à fait la volonté des enquêteurs d’avoir un accès rapide à des informations, mais je suis inquiet devant l’adoption d’un dispositif si efficace », s’interroge Thierry Vallat. Pour cet avocat spécialiste du numérique, « la législation actuelle n’est pas adaptée aujourd’hui à l’utilisation d’une telle technologie ».

    Il pointe notamment le fait que le boîtier aspire absolument toutes les données du #téléphone, messages, photos, vidéos, #géolocalisation ou PDF, et s’inquiète du respect des droits de la défense. Pour lui, dès lors que les policiers ont accès à l’entièreté des données, « il existe un risque d’extension abusive de l’accusation ».

    Une idée que réfute une source policière, pour qui le boîtier ne pourra extraire « que les données utiles à l’enquête, sans les stocker ». « Il ne faut pas oublier qu’avant d’extraire, il faut qu’il y ait une enquête et donc une autorisation soit d’un juge d’instruction, soit d’un procureur, tient à préciser Éric Pastre. Les personnes qui utilisent ce logiciel sont spécialement formées, on ne fait pas n’importe quoi. »

    L’extraction de données verrouillées, un large débat aux États-Unis

    Encore récemment, le président américain, Donald Trump, a apostrophé publiquement Apple, dénonçant le fait que la marque à la pomme refuse de débloquer « les téléphones utilisés par des tueurs, des dealers ou d’autres éléments criminels violents ». Ceci après l’attaque en décembre de la base aéronavale de Pensacola, en Floride, où trois marins avaient été tués par un aviateur saoudien.

    Depuis, le gouvernement américain réclame au géant californien l’accès aux deux iPhones du tireur que les enquêteurs ne parviennent pas à débloquer. Un conflit similaire avait éclaté en 2015 après la tuerie de San Bernardino, en Californie, qui avait fait 14 morts. Et fait l’objet, la même année, d’une tribune du procureur de la République alors en charge des enquêtes sur le terrorisme, François Molins, et de ses homologues américain, anglais et espagnol, dans le New York Times.

    https://www.la-croix.com/France/Securite/police-pourra-extraire-toutes-donnees-dun-smartphone-meme-verrouille-2020-
    #données #données_personnelles #police #surveillance #smartphones #Israël

    • La police pourra extraire toutes les données d’un smartphone, même verrouillé

      Plusieurs centaines de commissariats français devraient être équipées de boîtiers capables d’extraire automatiquement toutes les données d’un smartphone, même verrouillé, d’ici à 2024. Un gain de temps précieux pour les enquêteurs, qui pose néanmoins plusieurs questions quant au respect de la vie privée.

      « Accédez à un large éventail de preuves, même sur des dispositifs mobiles chiffrés ou verrouillés, sur les réseaux sociaux publics et privés ou sur différents services de stockage cloud. » Voici ce que propose sur son site Internet Cellebrite, société israélienne spécialisée dans les questions de sécurité dont la police française fait partie des clients depuis plusieurs années.

      Une relation commerciale qui suit son cours puisqu’une source policière confirme que le ministère de l’intérieur équiper d’ici à 2024 plusieurs centaines de commissariats français d’une technologie développée par l’entreprise israélienne depuis 2017, capable d’extraire automatiquement toutes les données d’un smartphone, même verrouillé, « sans date précise pour le moment ».

      Un gain de temps précieux pour les enquêteurs

      « Cellebrite nous fournit déjà un logiciel qui permet d’extraire les données d’un téléphone », explique Éric Pastre, référent investigations pour Unsa Police et lui-même officier de police judiciaire. Cependant, pour le moment, ce processus est long et ne peut se faire que si le smartphone est allumé et déverrouillé.

      Aujourd’hui, les téléphones saisis et réclamant exploitation doivent être envoyés dans un des centres spécialisés de la police technique et scientifique, opération d’autant plus chronophage que ces derniers sont souvent embouteillés. « Il faut entre trois et six mois pour avoir les résultats de l’exploitation d’un téléphone en partie parce que nous manquons de personnels, déplore Éric Pastre. Ce nouveau boîtier devrait nous faire gagner du temps. »

      La question de la protection des données personnelles

      « Je comprends tout à fait la volonté des enquêteurs d’avoir un accès rapide à des informations, mais je suis inquiet devant l’adoption d’un dispositif si efficace », s’interroge Thierry Vallat. Pour cet avocat spécialiste du numérique, « la législation actuelle n’est pas adaptée aujourd’hui à l’utilisation d’une telle technologie ».

      Il pointe notamment le fait que le boîtier aspire absolument toutes les données du téléphone, messages, photos, vidéos, géolocalisation ou PDF, et s’inquiète du respect des droits de la défense. Pour lui, dès lors que les policiers ont accès à l’entièreté des données, « il existe un risque d’extension abusive de l’accusation ».

      Une idée que réfute une source policière, pour qui le boîtier ne pourra extraire « que les données utiles à l’enquête, sans les stocker ». « Il ne faut pas oublier qu’avant d’extraire, il faut qu’il y ait une enquête et donc une autorisation soit d’un juge d’instruction, soit d’un procureur, tient à préciser Éric Pastre. Les personnes qui utilisent ce logiciel sont spécialement formées, on ne fait pas n’importe quoi. »
      L’extraction de données verrouillées, un large débat aux États-Unis

      Encore récemment, le président américain, Donald Trump, a apostrophé publiquement Apple, dénonçant le fait que la marque à la pomme refuse de débloquer « les téléphones utilisés par des tueurs, des dealers ou d’autres éléments criminels violents ». Ceci après l’attaque en décembre de la base aéronavale de Pensacola, en Floride, où trois marins avaient été tués par un aviateur saoudien.

      Depuis, le gouvernement américain réclame au géant californien l’accès aux deux iPhones du tireur que les enquêteurs ne parviennent pas à débloquer. Un conflit similaire avait éclaté en 2015 après la tuerie de San Bernardino, en Californie, qui avait fait 14 morts. Et fait l’objet, la même année, d’une tribune du procureur de la République alors en charge des enquêtes sur le terrorisme, François Molins, et de ses homologues américain, anglais et espagnol, dans le New York Times.

      https://www.la-croix.com/France/Securite/police-pourra-extraire-toutes-donnees-dun-smartphone-meme-verrouille-2020-

    • D’où l’importance d’avoir un smartphone à jour au niveau des corrections des failles de sécurité.
      Pour Android, à part GrapheneOS tournant sur des pixels je ne vois pas quel téléphone serait à la hauteur.

  • #DXOmark

    Leader international de l’évaluation de #qualité.

    Chez DXOMARK nous pensons qu’une bonne technologie n’est pas seulement innovante et performante, mais qu’elle doit correspondre aux besoins et anticiper les attentes de ceux qui l’utilisent.

    L’ambition de DXOMARK est de permettre aux utilisateurs de faire des choix éclairés en toute autonomie sur la base d’éléments de comparaison, de données et de classements objectifs.

    La mission de DXOMARK : encourager les fabricants à développer des produits électroniques grand public et professionnel toujours plus performants pour le bénéfice de l’utilisateur.

    https://www.dxomark.fr
    #smartphones #smartphone #téléphone_portable #tests #comparatif #comparaisons #classement #caméra #photographie

  • Neulich im Internet entdeckt. Die Meldung kann ohne Bezahlschranke ...
    https://diasp.eu/p/17606041

    Neulich im Internet entdeckt. Die Meldung kann ohne Bezahlschranke gelesen werden:

    https://omni.se/foralrarpakten-vaxer-forbjuder-smartphones/a/alEr0E

    Aus Schweden wird gemeldet, daß in dem kleinen Städtchen VIKEN bei Helsingborg / Schonen-Skåne sich eine Elterninitiative gebildet hat.

    Der Usprung dieser Initiative geht auf eine Verabredung zwischen zwei Eltern zurück, Holly Kvist und Anna Granqvist. Sie einigten sich darauf, ihren Kindern erst nach dem 14. Lebensjahr den Zugang zu snartphones zu ermöglichen. Diesem Pakt haben sich mittlerweile 150 Eltern angeschlossen.

    Die beteiligten Eltern möchten, daß ihre Kinder eine geschützte Kindheit haben und die sozialen Fähigkeiten entwickeln.

    Das Ziel der Initialtive ist, daß das ganze Örtchen smartphone-frei für die Kinder wird. Je mehr Eltern sich der Initiative anschlileßen, desto einfacher ist es für die Eltern nein zu smartphones zu sagen, auch weil dann kein Kind in eine Außenseiterposition gerät.

    • traduit de omni.se avec un traducteur interne à Firefox :

      Le débat sur le temps passé à l’écran des enfants

      Le pacte parental se développe – interdit les #smartphones

      Av Knut Sahlin Ekberg
      Publiée 2 mai, 11:27

      150 parents ont participé à un pacte selon lequel leurs enfants ne devraient pas obtenir de smartphones avant qu’ils n’aient pas 14 ans, rapporte SVT News Helsingborg.

      Cela a commencé avec les deux parents Holly Kvist et Anna Granqvist à Viken en accord l’un avec l’autre sur l’interdiction - puis il a grandi. Avec le pacte, ils veulent donner aux enfants plus de temps dans la « réalité » et la possibilité de développer leurs compétences sociales.

      "Nous voulons simplement protéger leur enfance", a déclaré Anna Granqvist.

      L’objectif est maintenant que l’ensemble de Viken devienne mobile gratuitement pour les enfants. Et que tant de parents se soient joints à cela facilite l’interdiction. Il sera plus facile de dire non et aucun enfant finit à l’extérieur parce que tant d’entre eux sont couverts, explique Holly Kvist

      La #pédagogie pour #enfants et #adolescents à l’ère de la #numérisation

  • J’ai testé #/e/OS alias #Murena sur le #Fairphone 4
    (billet de blog publié en 2022, ici pour archivage, car je me tâte à passer à Fairphone + /e/OS...)

    Contexte : il y a quelques mois, j’ai proposé sous forme de candidature spontanée mes services aux équipes de la e.fondation qui développe /e/OS, un système d’exploitation mobile. Je trouvais le projet vraiment inspirant, important. Indispensable même, pour offrir une troisième voie plus vertueuse1 dans le duopole d’Apple (iOS) et Google (Android). L’équipe m’a gentiment répondu qu’il n’y avait pas de possibilité de missions ou d’ouverture de poste. Par contre, elle m’a proposé de tester /e/OS sur un Fairphone 4.

    J’ai immédiatement accepté, tout content de pouvoir tester à la fois le Fairphone 4 qui m’intriguait depuis sa sortie, en même temps que /e/OS, ce système d’exploitation mobile respectueux des données, sobre, open source, porté par une structure à but non lucratif. J’en ai profité pour réinterroger mon propre rapport au smartphone, à l’écosystème Apple, à la technologie en général.

    Bonne lecture !
    Avant-propos : d’où je parle et d’où je viens

    Pour comprendre en quoi ce test a été important pour moi, il faut que je vous dise en deux mots d’où je parle et d’où je viens technologiquement.

    J’ai toujours été un peu geek, profil bidouilleur mais pas programmeur, avec de réelles affinités pour la technologie. Mais pas toutes les technologies, et ce dès le départ. Par exemple, je n’ai jamais été intéressé par les consoles de jeu, ou par la télévision. Aucune idée claire du pourquoi. En revanche, j’ai été fasciné par les ordinateurs, et j’ai eu mon premier PC portable en 3ème. C’était tôt à l’époque. En 2006, j’ai eu mon second PC, un macbook d’Apple, la première génération sous Intel. Là encore, à l’époque c’était audacieux de passer sur Apple, ils ne pesaient pas bien lourd sur le marché, j’étais tout stressé et d’ailleurs j’ai longtemps conservé une partition Windows (cracké) pour me rassurer (et pour jouer aussi).

    Mon histoire avec Apple a donc commencé en 2006. En 2007, l’iPhone est sorti, et un ou deux ans plus tard, j’étais équipé. L’accoutumance à un écosystème qui se structurait pouvait commencer. À mon état le plus avancé (sic), c’est-à-dire en 2019, je possédais un iMac, un Macbook, un iPad, un iPhone pro et une Apple Watch2. Outch. Pour ma défense, cet équipement constituait à la fois mon équipement personnel et surtout professionnel (je suis indépendant depuis avril 2018). Mais quand même, j’étais encore récemment un très gros utilisateur de produits et services Apple.

    2019 a été l’année de la bascule, celle où j’ai commencé à donner des cours de culture numérique, celle où j’ai commencé à murir une réflexion technocritique. J’ai commencé à prendre du recul sur mes propres usages et pratiques technologiques. J’ai réalisé ma dépendance à des plateformes qui me posaient des problèmes de modèle économique, d’éthique, d’enfermement, etc. Et j’ai donc commencé à m’en émanciper.

    Des 5 GAFAM, j’ai pu m’extraire de Facebook, de Google, d’Amazon, de Microsoft3, mais il me reste Apple. Il faut comprendre que m’affranchir de cet écosystème n’est pas anodin pour moi. C’est un acte de « renoncement » à 15 ans d’habitudes, d’accoutumance, de confort, d’une certaine forme de fétichisation d’objets technologiques. J’y reviendrai peut-être dans un autre article.

    Voilà d’où je parle et d’où je viens. Maintenant que vaut ce combo Fairphone + /e/OS ?
    Mon test du combo Fairphone + /e/OS

    Comme je l’ai évoqué lors de mon échange avec Gaël Duval, le fondateur du projet /e/OS, ma première impression a été l’incroyable fiabilité de /e/OS. Pour être honnête, je m’attendais à un système capricieux, buggé, complexe. En gros, je m’attendais à galérer. Je me trompais : /e/OS est stable, très stable. Lorsqu’on reçoit un appareil avec /e/OS déjà installé, comme ça a été mon cas, tout est totalement fonctionnel dès le premier allumage. Le système est très ergonomique, quelque soit son niveau de pratiques numériques.

    Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore du tout /e/OS, quelques mots rapides. Quand on choisit un smartphone aujourd’hui, on a le choix entre deux acteurs hégémoniques : iOS d’Apple (16% des parts de marché) et Android de Google (84% des parts de marché)4. Or Android by Google, c’est un OS qui est basé sur les données personnelles, comme le reste de l’écosystème de Google. Il y a donc des projets, plus ou moins aboutis, qui repartent de la brique open source d’Android pour le faire fonctionner sans les services supplémentaires de Google. Le plus connu est LineageOS. /e/OS est quant à lui basé sur LineageOS. Inutile de dire que même les deux combinés ne représentent pas encore grand-chose sur le marché des OS mobile. Mais ça peut changer !
    À quoi ressemble /e/OS et que vaut-il ?

    On sent que /e/OS est inspiré d’iOS plus que d’Android. Et de fait, le « launcher » par défaut reproduit trait pour trait l’apparence d’iOS. C’est un choix qui sera certainement discuté, mais la beauté d’Android, c’est aussi de pouvoir changer ce launcher et donc j’imagine que chacun y trouvera son compte. Pour ma part, venant de l’écosystème Apple et amateur de minimalisme, il me convient tout à fait, d’autant que Gaël Duval a annoncé une réécriture complète du launcher pour 2022.

    Un système ultra stable

    Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois, /e/OS est totalement stable. Je n’ai jamais eu de bug, d’écran figé, de redémarrage, rien du tout. Alors bien sûr, quand on passe d’un iPhone haut de gamme à un Fairphone sous /e/OS, l’effet se fait sentir. Les transitions sont moins fluides, les délais d’ouverture sont plus longs. Mais vous savez quoi ? On s’y habitue. Et il n’y a pas si longtemps, on s’en sortait très bien avec des ordinateurs super lents et l’ADSL. L’effet rebond technologique, encore et toujours.

    C’est pareil pour l’appareil photo du Fairphone 4. Forcément, quand on est habitué aux smartphones haut de gamme, boostés aux IA propriétaires qui rendent le meilleur des photos, le combo Fairphone + /e/OS pique. Mais là encore, c’est utilisable, et ça réinterroge les attentes qu’on a vis à vis d’un ordinateur de poche vs un appareil photo (pourquoi on prend autant de photos déjà ?). Que ce soit dans un usage professionnel et personnel, il est tout à fait possible d’utiliser /e/OS comme seul OS mobile. C’est impressionnant, et porteur d’espoir.
    Un marketing perfectible

    Là où j’aurais un petit reproche à faire à /e/OS, c’est sur son marketing. Franchement, entre eelo, /e/OS qui s’écrit avec des « / », un petit e, OS en majuscule, Murena, le e.shop, la e.foundation, on est perdu, vraiment. Et d’ailleurs, dès qu’on cherche le projet sur un moteur de recherche ou sur un réseau social, on doit s’y reprendre à 2 ou 3 fois avant de trouver. Problématique pour un OS qui se veut grand public, il va falloir travailler cet aspect. Je sais qu’il y a un travail en cours pour renommer la marque grand public Murena (d’où la photo à la une), on verra comment se matérialisera la simplification.
    Comment ai-je installé des applications sur /e/OS ? Et lesquelles ?

    Quand on choisit de quitter l’écosystème « mainstream » et douillet d’Android et Apple, il y a quelques petits contrecoups, qui s’ils ne sont pas insurmontables, sont à prendre en compte.

    /e/OS exclut tous les systèmes Google, et donc en premier lieu le Play Store, le magasin d’applications par défaut de l’écosystème Android. En alternative, j’ai utilisé trois App Store sur /e/OS. Le premier, c’est celui proposé par défaut sur /e/OS. On y trouve presque tout, c’est bien intégré, il y a les notes de confidentialité, c’est cool. Mais il n’y a pas tout, et notamment, il n’y a pas la plupart des banques !

    https://louisderrac.com/test-e-os-alias-murena-sur-le-fairphone-4
    #alternative #système_d'exploitation #smartphones #téléphones_portables

  • En Europe, les migrants premières victimes de l’intelligence artificielle

    Alors que se tient à Paris cette semaine le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA), chefs d’État, chefs d’entreprise, chercheurs et société civile sont appelés à se prononcer sur les #risques et les #limites de ses usages. Des #biais_discriminatoires et des #pratiques_abusives ont déjà été observés, en particulier dans la gestion européenne de l’immigration.

    Un #détecteur_d’émotions pour identifier les #mensonges dans un #récit, un #détecteur_d’accent pour trouver la provenance d’un ressortissant étranger, une analyse des #messages, des #photos, des #géolocalisations d’un #smartphone pour vérifier une #identité… voici quelques exemples de systèmes intelligents expérimentés dans l’Union européenne pour contrôler les corps et les mouvements.

    « Ici, les migrations sont un #laboratoire_humain d’#expérimentation_technologique grandeur nature », résume Chloé Berthélémy, conseillère politique à l’EDRi (European Digital Rights), un réseau d’une cinquantaine d’ONG et d’experts sur les droits et libertés numériques. « Les gouvernements et les entreprises utilisent les environnements migratoires comme une phase de #test pour leurs produits, pour leurs nouveaux systèmes de contrôle. »

    Des détecteurs de mensonges à la frontière

    L’un des plus marquants a été le projet #iBorderCtrl. Financé partiellement par des fonds européens, le dispositif prévoyait le déploiement de détecteurs de mensonges, basés sur l’analyse des #émotions d’un individu qui entrerait sur le sol européen. « Les #visages des personnes, en particulier des demandeurs d’asile, étaient analysés pour détecter si, oui ou non, ils mentaient. Si le système considérait que la personne était un peu suspecte, les questions devenaient de plus en plus compliquées. Puis, éventuellement, on arrivait à un contrôle plus approfondi par un agent humain », explique-t-elle.

    Expérimenté dans les #aéroports de Grèce, de Hongrie et de Lettonie, il ne serait officiellement plus utilisé, mais l’EDRi émet quelques doutes. « Dans ce milieu-là, on est souvent face à une #opacité complète et il est très dur d’obtenir des informations. Difficile de dire à l’heure actuelle si cette technologie est encore utilisée, mais dans tous les cas, c’est une volonté européenne que d’avoir ce genre de systèmes aux frontières. »

    Drones de surveillance, caméras thermiques, capteurs divers, les technologies de surveillance sont la partie émergée de l’iceberg, la face visible de l’intelligence artificielle. Pour que ces systèmes puissent fonctionner, il leur faut un carburant : les #données.

    Les bases de données se multiplient

    L’Europe en a plusieurs en matière d’immigration. La plus connue, #Eurodac – le fichier des #empreintes_digitales – vise à ficher les demandeurs et demandeuses d’asile appréhendés lors d’un passage de frontière de manière irrégulière. Créée en 2002, la nouvelle réforme européenne sur l’asile étend considérablement son pouvoir. En plus des empreintes, on y trouve aujourd’hui des photos pour alimenter les systèmes de #reconnaissance_faciale. Les conditions d’accès à Eurodac pour les autorités policières ont également été assouplies. « Elles pourront le consulter pour des objectifs d’enquêtes criminelles, on retrouve donc cette idée que de facto, on traite les demandeurs d’asile, les réfugiés, avec une présomption d’illégalité », conclut Chloé Berthélémy.

    Or, ces collectes d’informations mettent de côté un principe clef : celui du #consentement, condition sine qua non dans l’UE du traitement des données personnelles, et clairement encadré par le Règlement général de protection des données (#RGPD). Les politiques migratoires et de contrôles aux frontières semblent donc faire figures d’#exception. Lorsqu’une personne pose le pied sur le sol européen, ses empreintes seront collectées, qu’il soit d’accord ou non. Selon l’EDRi, « l’Union européenne est en train de construire deux standards différents. Un pour ceux qui ont les bons papiers, le bon statut migratoire, et un autre pour ceux qui ne les ont pas ».

    Un nouveau cadre juridique qui a d’ailleurs été attaqué en justice. En 2021, en Allemagne, la GFF, la Société des droits civils (qui fait partie du réseau de l’EDRi) triomphe de l’Office allemand de l’immigration, condamné pour pratiques disproportionnées. Textos, données de géolocalisation, contacts, historique des appels et autres #fichiers_personnels étaient extraits des #smartphones des demandeurs d’asile à la recherche de preuve d’identité.

    Automatisation des décisions

    Une fois les frontières passées, l’intelligence artificielle continue à prendre pour cible des étrangers, à travers sa manifestation la plus concrète : les #algorithmes. Examiner les demandes de #visa ou de #naturalisation, attribuer un #hébergement, faciliter l’organisation des #expulsions, prédire les flux migratoires… la multiplication des usages fait craindre aux chercheurs une administration sans guichet, sans visage humain, entièrement automatisée. Problème : ces systèmes intelligents commettent encore beaucoup trop d’#erreurs, et leur prise de décisions est loin d’être objective.

    En 2023, l’association La Quadrature du Net révèle que le code source de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) attribue un « score de risque » à chaque allocataire. La valeur de ce score est ensuite utilisée pour sélectionner ceux qui feront l’objet d’un contrôle. Parmi les critères de calcul : avoir de faibles revenus, être au chômage, ou encore être né en dehors de l’Union européenne. « En assimilant la précarité et le soupçon de fraude, l’algorithme participe à une politique de #stigmatisation et de #maltraitance institutionnelle des plus défavorisés », estime Anna Sibley, chargée d’étude au Gisti. Quinze ONG ont d’ailleurs attaqué cet algorithme devant le Conseil d’État en octobre 2024 au nom du droit à la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination.

    Autre exemple : l’IA a déjà été utilisée par le passé pour soutenir une prise de décision administrative. En 2023, le ministère de l’Intérieur a « appelé à la rescousse » le logiciel #Google_Bard, un outil d’aide à la prise de décision, pour traiter la demande d’asile d’une jeune Afghane. « Ce n’est pas tant le fait que l’intelligence artificielle ait donné une réponse négative qui est choquant. C’est plutôt le fait qu’un employé du ministère de l’Intérieur appuie sa réponse sur celle de l’IA, comme si cette dernière était un argument valable dans le cadre d’une décision de justice », analyse la chercheuse.

    #Dématérialisation à marche forcée

    En 2024, un rapport du Défenseur des droits pointait du doigt les atteintes massives aux droits des usagers de l’ANEF, l’administration numérique des étrangers en France. Conçue pour simplifier les démarches, l’interface permet le dépôt des demandes de titres de séjour en ligne.

    Pourtant, les #dysfonctionnements sont criants et rendent la vie impossible à des milliers de ressortissants étrangers. Leurs réclamations auprès du Défenseur des droits ont augmenté de 400% en quatre ans. Des #plaintes allant du simple problème de connexion aux erreurs de décisions de la plateforme. Un casse-tête numérique contre lequel il est difficile de se prémunir. « Les services d’accompagnement déployés sont trop limités », constate Gabrielle de Boucher, chargée de mission numérique droits et libertés auprès du Défenseur des droits. Selon elle, il est important que la France reconnaisse aux étrangers le droit de réaliser toute démarche par un canal humain, non dématérialisé, un accueil physique.

    Le biais discriminatoire

    Autre écueil de la dématérialisation croissante des administrations : le biais discriminatoire. Puisque les systèmes intelligents sont entraînés par des êtres humains, ces derniers reproduisent leurs biais et les transmettent involontairement à l’IA. Illustration la plus concrète : les erreurs d’#identification.

    En 2023, un homme a été arrêté aux États-Unis après que les logiciels de reconnaissance faciale l’ont désigné par erreur comme l’auteur de vols. « On peut légitimement avoir des craintes sur le respect des droits, puisqu’on sait, par exemple, que le taux d’erreur est plus élevé pour les personnes non blanches », s’inquiète Gabrielle du Boucher. Comme elles sont sous représentées dans les #bases_de_données qui nourrissent l’apprentissage de l’IA, celle-ci sera moins fiable que lorsqu’elle devra, par exemple, se concentrer sur les personnes blanches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/62762/en-europe-les-migrants-premieres-victimes-de-lintelligence-artificiell
    #IA #AI #intelligence_artificielle #migrations #réfugiés #victimes #frontières #technologie #contrôle #surveillance #accent #langue #discrimination

  • #Ekimia

    La société Ekimia construit les solutions
    informatique des professionnels et citoyens.
    De notre solution de cloud sur mesure Numia à nos ordinateurs sur mesure.
    Nous maîtrisons tous les aspects de vos besoins informatiques.

    https://ekimia.fr
    #alternative #smartphones #ordinateurs #pc #informatique #reconditionnés #reconditionnement #achat #réusage #smartphone #téléphone_portable #ordinateur

  • La #coopérative de l’#électronique sobre et engagée

    #Éco-conception et location sans option d’#achat

    La seule façon de limiter l’impact des produits électroniques est d’augmenter au maximum leur #durée_de_vie. Pour cela nous sélectionnons des appareils plus réparables et plus durables. Notre modèle de location sans option d’achat garantit que notre coopérative aura tout intérêt à faire vivre ces appareils le plus longtemps possible, sur plusieurs cycles de location si besoin. À l’inverse du modèle de vente où tous les moyens sont bons pour pousser au renouvellement, #Commown vous accompagne dans la durée sur le même appareil.

    https://commown.coop
    #alternative #location #smartphones #ordinateurs #réparabilité

  • Les « #minerais_de_sang » du #numérique, clé de la guerre en #RDC

    Au Congo, le mouvement armé #M23 soutenu par le Rwanda s’est emparé de la ville de Goma, capitale d’une province riche en #minerais_stratégiques. Indispensables aux #smartphones, ils alimentent ce #conflit meurtrier et écocidaire.

    C’est un tournant dans la guerre qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis trente ans. Dimanche 26 janvier, des combattants du #Mouvement_du_23_mars (M23), un #groupe_armé antigouvernemental, appuyés par 3 000 à 4 000 soldats rwandais, sont entrés dans Goma, la capitale de la province du #Nord-Kivu où vivent un million de personnes.

    Au cœur de ce conflit, les « minerais de sang » — #coltan, #nickel, #étain et #or — indispensables à la fabrication des équipements électroniques et notamment des smartphones. Reporterre fait le point avec #Fabien_Lebrun, chercheur en sociologie et auteur de Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté (L’Échappée, octobre 2024).

    Reporterre — Quel est le lien entre le conflit à l’est de la RDC et les minerais utilisés pour fabriquer nos smartphones ?

    Fabien Lebrun — Au cœur de cette guerre se trouvent les minerais de sang, aussi appelés #minerais_de_conflits : le coltan, le nickel, l’étain et l’or. Le coltan est transformé en #tantale, indispensable à la fabrication des #condensateurs pour smartphones : sans ce #métal très résistant à la chaleur et à la corrosion qui permet la miniaturisation des composants, les téléphones chaufferaient tellement qu’ils pourraient prendre feu. Or, les deux tiers des réserves mondiales de coltan se trouvent dans et à l’est du Congo. L’Afrique des Grands Lacs — Congo et #Rwanda confondus — en assure la moitié de la production mondiale.

    L’est du Congo est également riche en #cassitérite, dont provient l’étain indispensable pour les soudures des circuits électroniques ; en #wolfram, ou #tungstène, qu’on retrouve dans les vibreurs et les haut-parleurs des téléphones portables ; et en or, dont l’industrie numérique siphonne 10 % de l’extraction mondiale pour la fabrication de ses #cartes_mères et ses circuits imprimés. Depuis la première guerre de 1996, ces minerais occupent une place dans ce qu’on peut appeler une #économie_de_guerre, une économie militarisée qui perdure à ce jour.

    Depuis avril dernier, les rebelles du M23 contrôlent la zone minière de #Rubaya, qui fournit 15 % du coltan mondial. Quel intérêt stratégique y trouvent-ils ?

    En contrôlant administrativement la zone, le M23 peut élaborer tout un système de #taxes et ainsi financer le conflit. D’après un rapport de l’ONU, le groupe exporte désormais 120 tonnes de coltan par mois et les taxes qu’il prélève sur la production lui assurent un revenu d’environ 800 000 dollars mensuels. D’un point de vue économique et financier, les intérêts sont importants.

    Le M23 est soutenu par l’armée rwandaise. Depuis plusieurs années, le président de la RDC Félix Tshisekedi accuse le Rwanda de convoiter ses #ressources en #minerai. Quel rôle ont ces ressources dans l’aggravation des tensions géopolitiques dans la région ?

    Ces #métaux sont, si ce n’est la principale cause, au moins un déterminant important dans l’#instabilité de la #région_des_Grands_Lacs. L’exploitation et la commercialisation de ces minerais de sang structurent l’#économie, l’#industrie et la #politique de la région. Elles produisent une rente qui enrichit les #élites et favorise la #corruption.

    On parle beaucoup du Rwanda, plaque tournante pour ces minerais indispensables aux équipements électroniques, mais l’Ouganda et dans une moindre mesure le Burundi sont aussi dans le coup. L’État congolais lui-même est en partie responsable de la situation : 2 000 kilomètres séparent Goma de la capitale, Kinshasa, et les institutions étatiques y sont absentes.

    Quelles sont les conséquences humaines et écologiques de l’#industrie_minière pour les habitants du Nord-Kivu ?

    Depuis le milieu des années 1990, début de la révolution numérique, le coût humain et écologique de ce conflit autour des minerais de sang est démentiel. Avant même le regain de #violence des trois dernières semaines, les analystes parlaient de plusieurs millions de #morts, de 7 millions de #déplacés dans des conditions terribles et de 4 millions de réfugiés qui ont fui le Congo. Près de 30 millions de Congolais sont en situation de #malnutrition aiguë.

    Au-delà du conflit, le bilan écologique est dévastateur. Les terres du Nord-Kivu, fertiles et qui auraient pu bénéficier à l’agriculture locale, ont été saccagées par les activités minières. L’#air est pollué d’effluves toxiques.

    « À certains endroits, il n’y a plus de vie aquatique »

    L’industrie minière est aussi en partie responsable de la destruction de la #forêt du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical mondial crucial dans la lutte contre le changement climatique. Les espèces en voie d’extinction qui y vivent — gorilles des montagnes, bonobos, rhinocéros — sont massacrés par les groupes armés qui contrôlent les activités minières.

    Mais la première victime de l’extractivisme est l’#eau, comme l’explique l’ingénieure à SystExt Aurore Stéphant. Cela se vérifie au Congo, avec des centaines de kilomètres de cours d’eau contaminés aux #métaux_lourds — plomb, cadmium, etc. Le fleuve Congo est touché, ainsi que les #nappes_phréatiques. À certains endroits, il n’y a plus de #vie_aquatique.

    L’appétit des États occidentaux et des #multinationales de la tech pour ces ressources n’est pas étranger à ce désastre…

    Cela fait des décennies que la #responsabilité de l’#industrie_numérique dans la déstabilisation de la RDC est pointée du doigt. Mi-décembre, le président de la RDC a porté #plainte contre #Apple pour recel de #crime_de_guerre, blanchiment de faux et #tromperie des consommateurs.

    Déjà, en 2019, l’organisation internationale Right Advocates avait lancé une action collective contre Apple, #Microsoft, #Tesla, #Google et #Dell, qu’elle accusait de profiter du #travail_d’enfants dans les mines de cobalt congolaises. Malheureusement, la plainte n’avait pas abouti.

    « La production de masse de la #Playstation 2 de #Sony avait entraîné une ruée vers les activités minières »

    En 2016, Amnesty International et Afrewatch accusaient de grandes marques électroniques comme Apple, #Samsung et Sony d’acheter du cobalt à des négociants s’approvisionnant dans des mines où travaillent des enfants.

    En 2000, la flambée des prix du coltan, alimentée par la production de masse de la Playstation 2 de Sony, avait entraîné une ruée vers les activités minières à l’est de la RDC avec des conséquences très néfastes pour les communautés.

    Or, les États appuient bien souvent ces multinationales. En février, Bruxelles et Kigali signaient un accord pour un approvisionnement « durable » de l’Union européenne en minerais critiques. Alors qu’on sait très bien que 90 % des minerais de sang qui sortent du Rwanda proviennent du Congo !

    Peut-on parler de #néocolonialisme ?

    L’extractivisme est la pratique coloniale historique par excellence. Dès le XVIᵉ siècle, les conquistadors ont pillé l’or et l’argent des Amérindiens, qu’ils ont exterminés. Cet épisode a été un tournant pour l’enrichissement des États occidentaux et la naissance du capitalisme et de la mondialisation.

    Les activités minières, polluantes, génératrices de conflits sociaux, d’usages des terres et de l’eau, étaient sorties de nos imaginaires. Mais depuis trente ans, on assiste à un regain de l’extractivisme pour alimenter la #révolution_numérique.

    Il est évident que l’accord qui permet à l’Union européenne de piller la RDC en passant par le Rwanda est typiquement néocolonial. De même que la #mainmise de la #Chine sur le cobalt et le #cuivre congolais. On pourrait parler de #technocolonialisme.

    Que faudrait-il faire pour aider la région du Nord-Kivu à s’apaiser ?

    Nous ne pourrons pas diminuer la pression minière dans la région des Grands Lacs sans décroissance minérale et métallique. Pour être solidaires avec les Suds, il faudra forcément acheter moins et favoriser des appareils plus durables et mieux réparables.

    Réduire notre demande en métaux rares va aussi impliquer d’avoir des outils moins rapides, moins performants. C’est tout notre quotidien numérique et la numérisation à marche forcée qui sont à revoir.

    https://reporterre.net/Les-minerais-de-sang-du-numerique-cle-de-la-guerre-en-RDC
    #République_démocratique_du_congo #Congo #extractivisme #minerais #pollution