• C’est du n’importe quoi comparable à la campagne actuelle contre Jeremy Corbyn.

      Les adversaires de Sarah Wagenknecht au sein du parti Die Linke construisent le mythe de l’ex communiste convertie en membre de la cinquième colonne de la droite qui aurait infiltre le parti afin de le diviser. Ces reproches sont ensuite repris et interprétées par la droite pour nuire au projet de gauche dans son ensemble.

      On commence à comprendre les raisons pour les reproches en question quand on regarde les différentes tendance de la gauche allemande qui se rencontrent dans ce parti. Ce sont surtout les militants de Ouest issus des milieux « sponti » anti-dogmatiques et anarchistes qui revendiquent l’abolition de toutes les frontières et considèrent cette revendication comme critère essentiel pour décider si quelqu’un est de gauche .

      Sarah Wagenknecht par contre fait partie de ceux qui envisagent des solutions faisables et pour les réaliser elle abandonne les revendications maximales et illusoires. Pour les milieux de l’extrème gauche ses positions sont alors des positions de droite. Parallèlement elle se trouve en concurrence directe avec d’autres personnes à la tête du parti qui n’hésitent pas de tout faire pour nuire à son image de marque.

      Initialement Sarah Wagenknecht faisait partie du courant Kommunistische Plattform (KP) au sein du parti (https://kpf.die-linke.de/start). Elle a donc appris à analyser les choses d’une manière systématique et scientifique. Ce n’est pas le cas des adhérents des idées libertaires et des militants des courants de gauche modernes peu informés sur ce qui constituait la gauche prolétarienne et marxiste. La base de leur engagement est une moralité individualiste donc en oppostion au raisonnement marxiste classique.

      Cette gauche radicale et intellectuelle représente une vision du monde assez répandue chez les jeunes citadins plus ou moins précarisés qui survivent comme web-designer, étudiants et petits cadres sans poste fixe qui sont dépourvus de toute expérience collective prolétaire. Au fond ils se sentent proches des réfugiés africains et syriens parce qu’ils vivent dans une situation aussi isolée et incertaine qu’eux sauf qu’ils profitent encore du soutien de papa/maman et du système social de l’état. La revendication d’ouvrir toute les frontières immédiatement leur est pour le moins sympatique.

      Sarah Wagenknecht par contre ne se situe plus dans une perspective communiste et surtout pas dans une perspective de jeunes intellectuels citadins. Elle dévéloppe un projet inspiré par son mari l’ex candidat social-démocrate pour le poste de chancelier allemand Oskar Lafontaine et par La France insoumise de Jean-Luc Melenchon .


      Le site de son projet Aufstehen ! n’est actuellement pas joignable à cause du trop grand succès (ou d’une attaque DOS).
      https://www.aufstehen.de

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      L’initiative Aufstehen cherche à regrouper et à activer les électeurs et militants social-démocrates trahis par leur parti et les sydicalistes que font fuir les militants Spontis . On lit souvent dans la presse que le mouvement Aufstehen chercherait à récupérer les électeurs de la gauche votant à droite actuellement. Sarah Wagenknecht défendrait des positions de droite pour y réussir. Quand on l’écoute on comprend que ce n’est pas le cas. Même si on part du principe que Aufstehen n’est qu’une tentative supplémentaire de vendre de la politique ce point de vue est idiot car il s’agit d’un nombre d’électeurs trop petit pour justifier le grand effort pour lancer un mouvement. Quand on regarde les statistiques on trouve par contre que les pauvres ne votent pas AfD ou NPD. Ils ne votent simplement pas parce qu’ils se sentent trahis par les partis politiques.

      N’oublion pas que le sujet de la vague d’immigrés est utilisé par la droite (y compris les médias de la droite modérée) pour faire peur aux employés afin de pouvoir encore mieux baisser les salaires et créer une ambiance de la peur.

      Voilà ma conclusion : Sarah Wagenknecht et plein de militants de gauche lancent un nouveau projet qui tente de resoudre un tas de problèmes posés par les appareils des partis et par l’impression qu’ils donnent au public. C’est un projet de gauche ouvert mis en place par des « pros » de la communication, c’est du « top down » pas du « bottom up », ce n’est pas non plus un projet « grassroots » si cher à la gauche hippie californienne à l’origine de la silicon valley . C’est très allemand et très européen. C’est un projet qui s’adresse à monsieur et madame tout-le-monde.

      On verra la suite ...

      P.S. Sarah Wagenknecht est membre du parti Die Linke et défend ses positions même si elle n’est pas d’accord avec toutes les décisons des congrès divers. Voici un petit extrait du programme du parti - ce ne sont certainement pas des positions de droite.

      Prigramm der Partei Die Linke
      https://www.die-linke.de/partei/grundsatzdokumente/programm

      Menschen, die vor Menschenrechtsverletzungen, Kriegen und politischer Verfolgung geflohen sind, dürfen nicht abgewiesen oder abgeschoben werden. Wir fordern die Wiederherstellung des Grundrechts auf Asyl und kämpfen gegen die Illegalisierung von Flüchtlingen, gegen Abschiebungen, jede Form von Sondergesetzen wie die Residenzpflicht sowie gegen Sammellager. Die Abschottungspolitik der EU ist unmenschlich – wir wollen keine Festung Europa. DIE LINKE richtet ihre Flüchtlingspolitik nach Humanität und Menschenrechten, so dass der Schutz von Menschen in Not im Vordergrund steht und nicht ordnungspolitische oder ökonomische Überlegungen. Deshalb setzt sich DIE LINKE für die Abschaffung der Grenzschutzagentur FRONTEX ein, die das wichtigste Abschottungsinstrument der EU darstellt.

      #Aufstehen #gauche #immigrés #Allemagne #réfugiés

    • Que dit exactement Sahra Wagenknecht sur l’immigration ? - Libération
      http://www.liberation.fr/checknews/2018/09/04/que-dit-exactement-sahra-wagenknecht-sur-l-immigration_1676492

      Bonjour,

      Vous nous avez demandé le verbatim en français des propos polémiques de Sahra Wagenknecht.

      En ce mardi 4 septembre 2018, la femme politique allemande, figure important du parti Die Linke, lance un nouveau mouvement politique nommé Aufstehen (en français : Debout), qui intéresse la presse étrangère.

      Ainsi Le Monde parle de « l’émergence d’une gauche antimigrants », le HuffPost titre « un mouvement politique de gauche radicale et anti-migrants lancé en Allemagne », Libération note au sujet de Wagenknecht que « l’une des cadres de Die Linke va lancer début septembre un mouvement qui reprend les accents de l’extrême droite sur la question migratoire » et Grazia ose même la présenter comme « l’Allemande à cheval entre Mélenchon et Le Pen ». Dans ces articles, on peut lire que cette égérie de la gauche radicale allemande a décidé de défendre une politique antimigrants pour récupérer le vote des électeurs des couches populaires qui se seraient tournées vers le parti d’extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD).

    • Que dit exactement Sahra Wagenknecht sur l’immigration ? - Libération

      Lire cet article permet de comprendre dans le texte ce que dit Sarah Wagenknecht. On est loin, très loin des caricatures de la simplification médiatique. Et encore plus loin de l’injurieuse solidarité inconditionnelle de certains dirigeants du PCF avec la fraction est allemande des anciens communistes de Die Linke.
      Jlm

    • Danke, Sahra !
      Très occupée, cet été, par ma xième remigration en France, je découvre la campagne de récupération des voix de l’AfD de Sahra Wagenknecht et son « mouvement de rassemblement » Aufstehen (https://www.sahra-wagenknecht.de ).
      Marqué au coin du bon sens, son propos en séduira plus d’unE, mais sont-ce vraiment les personnes que la pauvre gauche allemande doit séduire aujourd’hui ?
      Où l’on comprend que l’internationalisme n’est qu’un leurre capitaliste et que tous ces migrantEs (de la classe moyenne) vont venir nous prendre nos derniers jobs à quelques sous, ou ceux de nos camarades migrants saisonniers intra-EU (?)…
      Perplexe face à une démarche stratégique -ou plutôt tactique- qui vise les symptômes (la migration) pour guérir des causes (le capitalisme), je retiens cependant une problématique très intéressante, et vieille d’une centaine d’années au moins : l’Etat souverain est-il le seul rempart possible contre le capitalisme ?
      En tout cas, remercions Sahra de nous forcer à nous poser la bonne vraie question : qu’est-ce que cela veut dire être de gauche aujourd’hui ? Et je le pense sincèrement.

      #Sahra_Wagenknecht #gauche #migration

    • On a commencé la discussion parce qu’un grand journal francais titre qu’en Allemagne émergerait une gauche antimigrants. Cette affirmation se réfère à l’initiative #Aufstehen lancée par Sarah Wagenknecht et d’autres.

      Nous avons constaté pourquoi cette affirmation est fausse. On pourrait passer beaucoup de temps à identifier de nombreuses citations qui le prouvent. Je pense que c’est inutile et que chacun peut très bien le faire lui même avec les moteurs de recherche divers. Les résultats sont le bienvenus.

      A mon avis la question des « réfugiés » cache le véritable problème qui est l’existence d’une classe économique qui en défendant ses intérêts détruit l’espace vital de tous dans le monde entier. Elle abuse des habitants des zone défavorisées en les mettent en concurrence directe avec ceux parmi les habitants des pays les plus riches qui n’ont pas d’autre source de revenus que leur travail. Autrefois on parlait du prolétariat. Nous somme tous redevables aux militants du mouvement ouvrier parce que ces prolétaires se sont battus pendant des siècles pour enfin obtenir une récompense sous forme de travail bien payé et de garanties sociales.

      Ces acquis sont menacés par les capitalistes de tous les pays et par leur agents dans les entreprise, dans les institutions de l’état et dans les médias. Les migrants jouent un rôle clé tactique dans cette lutte pour le profit. On a vu comment ca a marché aux États-Unis au dix neuvième et vingtième siècle et nous assiston actuellement à l’exploitation du phénomène par un président xénophobe et raciste. Ce pays immense a vu le génocide des autochtones au profit des immigrés arrivant par vagues consécutives entre le dix huitième et le vingtième siècle.

      L’immigration vers l’Europe est profondément différente des événements historiques américaines. Les raisons pour quitter son pays natal sont toujours les mêmes mais la situation dans les pays d’acceuil donne aux grandes vagues d’immigration une qualité différente à chaque fois.

      Après la guerre de trente ans qui avait dévasté le pays et réduit la population de trente pour cent le roi de Prusse n’était que trop content de pouvoir acceuillir les réfugiés protestants de France. La réaction de ses sujets ressemblait aux actes xénophobes d’aujourd’hui : la populace de Berlin incendiait les maisons des nouveaux sujets de leur roit. Ils n’étaient décidément pas le bienvenus. Pourtant les huguenots ont prospéré et constituent aujourd’hui une partie des allemands fortunés ou pour le moins cultivés.

      En Chine la dernière vague d’immigration au dix septième siècle se présentait sous forme d’invasion guerrière mandchoue. Une fois le pays conquis ces envahisseurs adoptaient la culture chinoise à un point où ils n’étaient plus distinguable des chinois « de souche » par un visiteur du pays. Quelques siècles auparavant les Mongoles avaient suivi le même chemin.

      Face aux phénomènes d’immigration d’aujourd’hui nous nous trouvons plutôt dans la situation des Prussiens ou Chinois historiques. S’il n’y avait pas le problème de l’épuisement des ressources planétaires et du changement climatique par le capitalisme insatiable on pourrait nous contenter de critiquer quelques questions concernat la gestion de l’acceuil des nouveaux citoyens.

      Malheureusement il y a ces questions de base qu’il faudra resourde si on veut permettre à nos grands enfants de vivre dans la paix et sans soucis matériels énormes. Notre tâche consiste alors dans la défense de nos droits économiques et et politiques afin de pouvoir contribuer aux solutions envisageables dont aucune ne sera l’oeuvre de la classe capitaliste marquée par l’avarice et la méchanceté.

      Rappellons enfin l’histoire des Koslowski ces Polonais qu’on a fait venir dans la Ruhr afin d’y extraire le charbon dans les mines. Ce sont leurs enfants et grands-enfants qui ont crée les grandes organisations ouvrières comme le parti social-démocrate dont la renaissance est tant désirée par Sarah Wagenknecht et Oskar Lafontaine .

      Soyons solidaires avec les nouveaux arrivants, ils nous remercieront et soutiendront notre combat. Si l’initiative #Aufstehen se dévéloppe en véritable mouvement il pourra contribuer aux actions communes afin de créer l’unité des gens sans capital et armée.

    • Travailleurs de tous pays, unissez-vous, mais s’il vous plaît restez chez vous (on n’est pas prêts, promis on se fera une bouffe, en attendant bon courage, hein).

      La « caissière de Lidl » et le bobo ont bon dos. Le dumping salarial ne date pas d’hier et l’Allemagne s’en gave particulièrement depuis trente ans. Profiter de l’obsession migratoire et du contexte actuel pour ratisser des voix, oui, c’est de l’opportunisme politique sordide et une forme de capitulation.

      Ce sont les dirigeants politiques, de droite et surtout de « gauche », et les patrons qui sont responsables du dumping, du précariat, du travail forcé en Allemagne, pas les migrants. Se dédouaner sur eux et sur le Grand Capital International des inconséquences et des trahisons de la gauche allemande, comment dire... c’est pratique, en effet.

      Pour un autre point de vue sur le sujet en (beaucoup) moins énervé — plutôt qu’avec Corbyn, le parallèle dans le malaise sur le fond est plutôt à faire avec une bonne partie de la gauche française et surtout avec la FI et Mélenchon (qui pourrait reprendre mot pour mot Wagenknecht : « Les gens ont besoin d’une perspective dans leur pays d’origine », « Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi », etc) —

      cf. (par exemple)

      http://www.regards.fr/politique/article/sur-l-immigration-la-gauche-n-a-plus-les-mots

    • On m’envoie quelques précisions :

      Les adversaires politiques de Sarah Wagenknecht sont d’abord les membres du courant « pragmatique » Forum demokratischer Sozialismus (FdS). Je ne parlais pas explicitement d’eux car ce sont surtout les milieux d’extrème gauche et du courant Emanzipatorische Linke (EmaLi https://emanzipatorischelinke.wordpress.com/uber-uns ) qui revendiquent l’ouverture immédiate et totale de toutes les frontières.

      Apparemment il faut être plus précis en ce qui concerne le sujet du vote des pauvres : La petite bourgeoisie et les fonctionnaires constituent la base principale de l’extrême droite comme c’était déjà le cas des nazis dans les années 1920. Il y a quand même un nombre non négligeable de gens pauvres et défavorisés qui votent pour le parti AfD et les nazis du NPD. On trouve des informations imprécises et erronnées à ce sujet dans quelques études rectifiées depuis par d’autres analyses plus exactes.

    • @nepthys J’ai l’impression que l’histoire de la position anti-migrants de SR n’est qu’une fabrication. D’après ce que je lis sur le projet #Aufstehen les problèmes en relation avec l’immigration ne se trouvent pas au centre de l’initiative. Son but est plutôt de développer une solution pour des gens qui aimeraient apporter leur grain de sel au processus politiques mais n’y arrivent pas à cause du caractère hermétique des appareils politiques.

      Les sujets du mouvement #Aufstehen sont actuellemen collectionnés et il y a un début de discussion autour. Les questions de sécurité et de l’immigration seront sans doute abordées et il reste à tester si on pourra développer des approches et des solutions plus réalistes et humaines que les concepts farfelus présentés par la droite et par les extrémistes de gauche.

      Cet article de Telepolis l’explique très bien (je profite de l’occasion pour attirer votre attention sur l’ecellent moteur de traduction DeepL https://www.deepl.com/translator)

      Ein kommender Aufstand ? Sarah Wagenknecht startet « Aufstehen »
      05. September 2018 Malte Daniljuk
      https://www.heise.de/tp/features/Ein-kommender-Aufstand-Sarah-Wagenknecht-startet-Aufstehen-4155535.html

    • Je ne sais pas trop quoi penser... J’ai lu des trucs de Mélenchon hallucinants, « c’est pas que les migrants soient méchants mais le capitalisme nous les envoie pour augmenter le chômage ». Je ne sais pas si Sarah W est aussi ambivalente mais en France la lente courbe autoritaire et raciste de Chonchon me fait craindre le pire.

    • @baroug Suite au seen de @aude_v j’ai profité de la dernière journée chaude et ensoleillée à Berlin pour passer du temps à la piscine et lire le livre de Sarah Wagenknecht Couragiert gegen den Strom . C’est une série d’interviews par le rédacteur en chef de Telepolis Florian Rötzer où elle explique ses position et principes. Je peux alors confirmer ce que j’écris plus haut et je peux dire que les propos de Mélusine sur Twitter sont ou de très mauvaise foi ou marqués par son ignorance.

      On est en pleine lutte politique et il faut partir du principe que toute affirmation sert l’agenda de quelqu’un, généralement c’est la droite qui est très habile en ce domaine. Seule solution : vérifier les sources et ne faire confiance qu’aux personnes compétentes qui le méritent.

      Mélusine
      ‏ @Melusine_2Attendez, Wagenknecht n’est pas « anti-migrants », elle a seulement dit que :
      – l’arrivée des migrants nuit aux travailleurs allemands,
      – les frontières ouvertes augmentent le risque d’attentats,
      – l’argent de l’accueil des réfugiés aurait mieux profité aux Allemands précaires.

      Melusine ne cite pas ses sources, alors je pars du principe que ce sont des rumeurs (l’article dans Libé ?). J’explique plus haut comment et par qui elles arrivent.

      SR dit que les capitalistes se servent de l’arrivé des réfugiés pour faire augmenter la concurrence entre les ouvriers simples. Elle explique que c’est une des raisons pourquoi le gouvernement allemand ne s’est intéressée que très tard à la question des réfugiés. C’est la signification de sa critique de la politique des frontières ouvertes.

      Pour des affirmations comme les frontières ouvertes augmentent le risque d’attentats les anglophones utilisent la jolie expression « truism » cad un truc tellement évident que ce n’est pas la peine de le mentionner.

      La dernière phrase est complètement fausse. SW dit qu’on aurait mieux fait d’investir l’argent qu’on dépense pour les intervention militaires en Syrie et ailleurs pour aider les gens sur place par des mesure humanitaires et économiques.

      encore Melusine :

      En 2016 après l’attentat de Berlin elle n’avait pas hésité à dénoncer l’ouverture incontrôlée des frontières.

      Là c’est encore une déformation des propos de SR : Elle critique le fait que rien n’a été fait pour préparer ou prévenir l’arrivée des centaintes de milliers de réfugiés alors que tout le monde savait longtemps avant qu’ils étaient en train de se préparer à partir. Le gouvernement allemand a participé à la guerre en syrie du côté des turcs et américains avec des avions d’espionnage. Il était parfaitement informé sur chaque détail des événements à venir.

      Nous sommes actuellement confrontés à une tentative systématique d’associer chaque critique de la politique du gouvernement Merkel avec des agissements d’extrême droite. Les médias allemands (dont 85% se trouvent entre les mains de quelques familles de milliardaires, l’ex journal d’opposition TAZ s’étant rallié au courant vert-néolibéral et belliciste) font tout pour ne pas faire passer le message de la gauche (et de Sarah Wagenknecht) que l’internationalisme et la solidarité signifient autre chose que de faire venir tous les malheureux du monde en Europe.

      La solidarité internationaliste siginfie au contraire de lutter contre le « brain drain » dont souffrent les pays pauvres et de tout faire pour permettre aux populations locales de mener une vie digne et de défendre les revenus des ouvriers et petits producteurs sur place.

      En même temps SR défend le droit à l’asyl politique et le droit de trouver refuge pour les victimes des guerres contre les mesures prévues par la droite allemande. Elle rappelle que ce sont les gouvernements de droite et social-démocrates qui ont amputé et rendu impracticable ce droit dans le passé, alors que la gauche l’a toujours défendu. Le PS de France ne rentre pas dans cette définition de la gauche comme son homologue allemand.

      Un des sujets du projet #Aufstehen sera sans doute de trouver des manhières pour intégrer les ouvriers immigrés dans les syndicats. C’est également un aspect de la solidarité internationale d’enseigner la manière de défendre ses intérêts collectifs.

      Voila quelques uns des sujets et arguments qui sont systématiquement tus par les médias majoritaires « de qualité » dans le cadre de leur défense des intérêts et points de vue de la classe donimante et de ses agents confrontés au mécontenement des gens ordinaires.

      P.S. J’ai l’impression que Melusine ne cherche pas à dénoncer SR mais elle n’arrive pas à sortir de la matrice d’interprétation omniprésente. En conséquence elle n’arrive pas à saisir le sens des propos et positions de SR et contribue aux dénociations des positions de gauche. Elle n’est pas seule dans cette situation et c’est pour cette raison que j’ai commencé mon seen initial en citant la campgane contre Jeremy Corbyn.

      P.P.S. Dans lutte pour la communication de nos convictions nous ne sommes pas confrontés à une conspiration de forces occultes mais à sa version pluralistes, ouverte et beaucoup plus efficace.

    • @baroug je trouve que la remarque ironique de @biggrizzly est tout à fait justifiée.

      Les médias allemands suivent généralement un choix des mots ( wording en Denglish ) qui contient des jugements là où suivant l’éthique journalistique traditionelle une information non partisane serait appropriée. C’est pareil pour ses grilles explicatoires. Les discussions, communiqués de presse et événements sont filtrés par une sorte d’égalisateur qui assure que chaque contenu qui risque de mettre en cause la politique Merkel est rendu inoffensif.

      Ce formatage le rend quasiment impossible de comprendre quoi que ce soit aux processus politiques allemands si on ne fait pas partie des cercles du pouvoir. Les autres sont obligés de passer énormément de temps à décoder les messages transmis par les médias majoritaires.

      Il faut lire la presse internationale en plusieurs langues dont l’Anglais et le Russe si possible. Ces sources ne couvrant qu’une petite partie des événements et publications qui concernent la politique allemande, il faut en plus se procurer des sources supplémentaires allemandes.

      Je viens de me rendre compte à quel point il est difficile même pour moi de comprendre dans le détail les positions politiques, de faire la différence entre informations construites et manipulées et les faits « dures » qui ont été confirmées par plusieurs source dignes de confiance, et je passe sur les affirmations d’un tel ou d’une telle plus ou moins crédible.

      Pour juger de la fiabilité d’une source je finis généralement par me poser a question de ses origines sociales, de qui elle dépend, qui la fait gagner son pain et qui décide sur sa carrière. Après il y a les journalistes (et politiciens et économistes et entrepreneurs et syndicalistes etc.) plus ou moins compétents en leurs domaines respectifs, ce qui fait encore varier le poids de leurs affirmations et positions.

      Ouf, avec tout cela comment veux-tu qu’une personne ordinaire comprenne quoi que ce soit aux contenu qui lui est vendu comme « vérité officielle » par les médias majoritaires.

      On peut effectivement comprendre, par exemple, le caractère de Sarah Wagenknecht, saisir le sens de ses mots passés par la moulinette idéologique des grands médias et juger du poids de ses décisons en prenant en compte exclusivement ce qui est dit sur elle dans la presse - soyons clairs - bourgeoise. L’utilité d’une telle démarche peut exister pour quelqu’un qui travaille dans l’office d’un député de la droite. Le militant de gauche n’apprend pas grand chose d’utile par les médias majoritaires.

      La droite populiste scande Lügenpresse, Lügenpresse parce que ses militants sont exposés à des informations dont ils connaissent le manque de précision et d’intérêt pour eux mêmes. A travers leur vision simpliste du monde ils y découvrent un énorme complot dont fait partie chaque reporteur d’une télé officielle. Ce n’est pas mon problème mais l’existence de cette vision des médias fait preuve de l’énormité des contradictions du système capitaliste plus ou moins démocratique.

      Alors où chercher les informations fiables ? Je ne sais pas, mais je vous fait confiance, enfin plus ou moins ;-)

    • Baroug a supprimé son commentaire, mais nous en avons reçu la notification et ce faisant son contenu.
      Je comprends son intention première, et son revirement.

      J’ai bien précisé « milliardaires » dans mon commentaire lapidaire.

      Les militants doivent passer le plus clair de leur temps à se justifier que « [leur] candidat n’a pas dit ceci ou cela, même si, c’est en première page de Libé ». Comme tu le dis Klaus, « tu es du côté du pouvoir, les articles et la titraille vont te faciliter la tâche. Tu es de l’autre côté, ceux-ci vont être malveillants ».

      Tiens. Ce matin, j’ai lu DS (ASI) qui expliquait que la faible mobilisation face au réchauffement climatique, c’était de la faute à Alex Jones et à tous les complotistes faiseurs de fakenews. J’ai bien rigolé. Il aime bien Twitter, DS. Et il va s’en rendre compte qu’il est plus (+) en train de regarder le doigt que la lune...

      Les premiers pourvoyeurs de fakenews sont les élites et leurs appareils étatiques. Et nous, on continue à faire comme si les fakenews, c’était les sites parodiques et les prédicateurs. Oubliées les lois sur le secret des affaires, et la destruction systématique des lanceurs d’alerte, avant même cette loi.

      Donc là, nous sommes tous anxieux, parce qu’une femme politique qu’on a l’habitude d’entendre dire des choses intelligentes, et bien des journaux de milliardaires lui ont collé l’étiquette « gauche anti-migrants ». Ils ont créé la polémique, ils ont choisi les mots, et ils ont balancé le cocktail molotov. Et ça se termine en « de toute façon, les politiques de gauche sont racistes, sexistes et autoritaires ». Carton plein pour les morveux certificateurs d’informations vraies. (Et admirez. D’un côté ça suscite la polémique avec le titre infamant, et de l’autre (Checknews), ça relativise et ça édulcore...)

    • Je l’ai viré parce que personne des gens à qui je l’avais transmis par ailleurs n’y avait compris grand chose.

      Mais :
      1) le diplo EST possédé par des milliardaires (50% appartient au Monde)

      2) dire "c’est libé donc c’est de la merde" c’est vraiment un raisonnement paresseux. Y’a beaucoup de merdes dans Libé, et y’a d’excellents papiers aussi, comme dans le Figaro, Le Monde ou Le Monde diplo. Pas à doses égales, et on a là dessus des ressentis différents, mais sans me faire l’apôtre inconditionnel de la nuance, il faut quand même en faire un minimum. On peut avoir une position critique sur « les médias dominants » et les propriétaires de la presse sans sombrer dans un manichéisme aussi absolu.

      3) Ce papier de Libé cite longuement la dame incriminée, et s’il faut décrypter ses propos à ce niveau de détail, c’est que oui, il y a un problème. Et pour moi, comme Mélenchon, oui, elle drague l’électorat d’extrême droite quand elle fait ça. Il me semble que comme lui, c’est de l’ordre de la stratégie politique davantage qu’autre chose, mais dans les deux cas ça ne me réjouit pas.

    • En l’occurrence, c’est Libé qui se permet de ne pas faire dans la nuance, comme tu me reproches de ne pas le faire avec raison (je n’en avais pas l’ambition).

      OK, si tu lis Libé dans le détail, tu découvres que c’est bien plus nuancé, qu’il y a parfois des articles passionnants. Mais il y a des choix qui sont fait dans ces journaux, et ces choix ne le sont pas, nuancés, ils sont politiques, et parfois malveillants, et d’autres fois borgnes.

      Décider de soutenir un choix dans un référendum, une personne dans une élection, la survenue d’une guerre, ou un menteur patenté, c’est un choix politique non-nuancé, voire un choix économique en faveur de certains milliardaires, et tout le decorum autour ne peut plus être désigné que comme une sorte d’alibi.

      On renifle la culotte des gauchistes qui ne savent plus comment faire pour intéresser les électeurs (« et ça ne [nous] réjouit pas »). Et on se retrouve avec une situation à l’américaine, où les élites ne savent plus comment faire pour faire élire des élus qui ne soient ni extrémistes de droite, ni gauchistes.

    • J’ai pas tout compris mais tu ne peux pas dire simultanément que le papier de Libé est mensonger et que tu est d’accord sur le fait que ce qu’il raconte de Sahra Wagenknecht ne te réjouit pas (entérinant l’idée qu’en fait non il n’est pas mensonger mais que tu préfèrerais qu’il n’évoque pas le sujet).

    • Le site du « mouvement de rassemblement » Aufstehen nous propose de nous organiser. Nous, i.e. le peuple, j’ai envie de dire : le peuple de la rue, vu le film de propagande qui montre Mme et M. tout le monde en bas de son immeuble. https://www.aufstehen.de
      Organisez-vous ! répète Wagenknecht et moi, depuis longtemps je veux m’imprimer un T-shirt noir avec en gros : Organize ! dessus et ne peux qu’approuver cent fois. « Don’t mourn, organize ! » sont d’ailleurs les mots prêtés au syndicaliste nord-américain Joe Hill, exécuté sans preuves en 1915 (cf. la chanson de Joan Baez), mots fréquemment repris par des mouvements contestataires (même contre Trump).
      Aufstehen propose donc de mobiliser la rue pour contrer le système politique (Politikbetrieb) qui ne la représente plus et mieux y entrer par la suite. C’est pour cela que Aufstehen veut être un mouvement et non un parti comme la SPD, Die Grünen, Die Linke (n.b. : du côté des fachos, Pegida est un mouvement anti-islam, l’AfD est un parti d’extrème-droite). Je ne peux qu’approuver cent fois.
      Mais si je cherche sur le site des informations sur la politique migratoire, je n’en trouve pas, même dans les interview de Wagenknecht. Peut-être ai-je mal cherché. (Hilf mir@Klaus !)
      Par contre, sur le site du mari de Sahra Wagenknecht, co-lanceur du mouvement, j’étais sûre de trouver plus d’idées de fond… Oskar Lafontaine a tout mon respect, un peu parce qu’il est sarrois comme moi, mais surtout parce qu’il est aussi courageux que sa femme.
      Effectivement, on trouve dans la première interview (12.8.18), des petites choses sur l’économie et la politique migratoire :
      L’économie : Sahra Wagenknecht et Oskar Lafontaine sont des adeptes de l’ordolibéralisme (en gros l’Etat donne un cadre général à l’économie pour garantir la libre-concurrence, mais sans le « laisser-faire » du libéralisme sauvage). Quand on lui demande si la formule du Godesberger Programm « Autant de marché que possible, autant d’Etat que nécessaire ! » est toujours valable, Lafontaine approuve. Le programme de Bad Godesberg de 1959 a signé la conversion de la SPD à l’économie de marché (social).
      Sur la politique migratoire, Oskar déclare : « Les problèmes sociaux tels la pauvreté des enfants et de la vieillesse, les salaires trop bas, les mauvaises prestations sociales et pas assez de logements sociaux, pour n’en nommer que quelques-uns, étaient déjà là avant. L’immigration les renforce par la mise en concurrence des salaires et des loyers.“ Comprend qui peut, comprend qui veut, mais il est bien écrit : « Durch die Zuwanderung werden sie über Lohn- und Mietkonkurrenz verstärkt. »
      Sinon, il y a toutes ces idées marquées au coin du bon sens (ne pas livrer d’armes au pays en guerre, etc.) auxquelles je ne peux que me rallier à 100 %. Et d’autres un peu moins convaincantes : http://www.oskar-lafontaine.de/links-wirkt/details/b/1/f/1/t/im-bundestag-muessen-sich-die-interessen-der-mehrheit-wieder-durchs
      Voilà les deux points qui me gênent un peu...
      Donc : organisons-nous ! mais en connaissance de cause, pour ou contre les frontières, pour ou contre l’internationale, pour ou contre l’Etat fort, etc. et non pas : pour ou contre le bien-être, pour ou contre la sécurité, etc.
      #ordolibéralisme #immigration

    • Ha oui tiens, Joe Hill, immigré hobo qui s’est quasiment fait buté en tant que tel.

      « Débarrassez la société de ses parasites » a dit le procureur au jury dans son réquisitoire.

      L’IWW qui luttait entre autres contre la xénophobie de l’AFL et se faisait taxer de cinquième colonne allemande pendant la guerre.

      Merde, quoi, les mots ont un sens et des conséquences.

    • Appel à fondation, le manifeste du mouvement « Aufstehen » | Le Média
      https://lemediapresse.fr/international/appel-a-fondation-le-manifeste-du-mouvement-aufstehen

      Lancé ce 4 septembre, le mouvement de gauche radicale Aufstehen de Sahra Wagenknecht fait polémique et est caricaturé en « mouvement anti-migrant ». Nous avons décidé, afin d’élever le débat, de publier une traduction inédite de leur manifeste.

      Je sais, le Média, c’est Télé Mélenchon. Mais après tout, entre Télé Bolloré, Télé Niel ou Télé Bouygues...

    • Les discours ambigus sur les réfugiés qui se développent à « gauche de la gauche » en France, en Allemagne et ailleurs, sont la conséquence d’un positionnement politique : la défense coûte que coûte d’une des faces du capital, à savoir : le travail.

      Défendant un des pôles du capital plutôt que de s’engager dans une critique de sa totalité dialectique, la « gauche de la gauche » ne peut que finir par adopter des positions réactionnaires dans une tentative illusoire de préserver le travail, alors que la dépassement de la société capitaliste, c’est justement l’abolition du travail.

      Évidemment, pour cela il faut comprendre comment les catégories de travail, de valeur, d’état ou de nation n’ont pas de caractère transhistorique et sont au contraire immanentes au capital. Ces catégories sont à critiquer négativement car elles sont avant tout déterminées par le capital et sa dynamique : elles n’ont aucun caractère émancipateur.

    • @baroug Je viens de relire l’article de Libération mentionné plus haut. J’y trouve la phrase suivante :

      http://www.liberation.fr/checknews/2018/09/04/que-dit-exactement-sahra-wagenknecht-sur-l-immigration_1676492

      Libération note au sujet de Wagenknecht que « l’une des cadres de Die Linke va lancer début septembre un mouvement qui reprend les accents de l’extrême droite sur la question migratoire »

      Si c’est vrai c’est une preuve pour les mauvaises intentions envers Sarah Wagenknecht parce que ce n’est simplement pas vrai.

      L’affirmation suivante de "Checknews" est erronée :

      On peut résumer ses positions ainsi. Sahra Wagenknecht défend le droit d’asile dans sa forme actuelle et s’est opposée à son durcissement.

      Il est vrai que le parti Die Linke et SR défendent ce qui reste du droit d’asile politique que les gouvernements consécutifs ont démonté au fur et à mesure pendant les 30 années passées.

      En même temps il n’est pas vrai que SR défend "le droit d’asile dans sa forme actuelle" car le parti de gauche revendique la restitution du droit d’asile politique dans sa forme en vigeur jusqu’aux années 1970. En même temps il revendique de l’améliorer en reconnaissant l’homosexualité comme raison suffisante pour accorder l’asile aux personnes des pays où la pratique ouverte de l’homosexualté comporte un risque de discrimination grave. La gauche revendique également un statut de résidente pour les femmes ayant quitté leurs maris suite à des violences conjugales.

      Apart ces points le texte dans Libération/Checknews donne assez de place aux paroles de Sarah Wagenknecht pour permettre la compréhension de principe de ses positions.

      Pour ceux intéressés par les événements qui ont mené au débat actuel notamment à la manière dont le gouvernement Merkel a géré la grande vague de réfugiés avant la fermeture de la route du Balkan, voici une traduction d’un article de fond dans Telepolis :

      Qu’est-ce que Chemnitz a à voir avec « Diviser pour mieux régner » ? Ou comment la gauche est devenue l’outil volontaire de l’establishment. https://seenthis.net/messages/720547

    • Je suis assez d’accord avec vous sur ce fait que la gauche est incapable d’écouter les angoisses des gens et n’y répond que par des trucs moralisateurs ou pire.
      Moralisateurs, quand le truc est articulé dans des termes comme : tu es raciste, pas généreux.
      Bête, comme Sandrine Rousseau, en campagne lors des régionales : « Ces gens qui fuient la Syrie, ce sont des gens comme nous, des médecins, des professeurs. »
      Quelle ignorance et mépris envers les petits blancs du NPDC, qui ne sont pas « des gens comme nous = des petits bourges » et à qui elle dit que les migrants leur mangeront sur la tête.
      Et puis « on va tous leur proposer une chambre chez nous, chacun a une chambre d’amis, pas vrai ? » Ben non, tu ignores un électorat qui n’a que le canap du salon et qui y a peut-être déjà hébergé un cousin qui depuis est devenu SDF parce que c’est chaud, de cohabiter dans peu d’espace pendant des mois sans perspective.
      Et pareil sur les communes qui filent un logement social à une famille syrienne : trop classe, moi j’attends depuis quatre ans (sept ans, maintenant) et je dois vivre ça comment, de voir des gens me passer devant sur la liste ? C’est des discours de bourges qui doivent donner envie de taper, quand on est encore plus à la rue que moi.

      Alors que quand on lit des trucs chiffrés sur les migrations et le travail, c’est une autre image qui se dessine, autre que celle que vous nous présentez ici. Le fait que la directive Bolkenstein et les délocalisation font sûrement mieux en matière de compétition internationale que des gens qui viennent habiter ici, d’autant plus quand c’est en famille et pas dans un logement de célib qui paye un tiers de lit. Que la crise du logement, elle est due au nombre croissant de petits bourges qui peuvent se payer des séjours touristiques, aux mécanismes qui font construire des bureaux pour mieux spéculer, plutôt qu’à des personnes qui sont sur le marché de logements plus crades et vétustes que les locaux. Le fait que ça peut booster la croissance et faire remonter les petits blancs d’un cran dans la pyramide alimentaire (au lieu de les faire descendre comme propose Rousseau dans sa grande générosité). Le fait que les frontières ouvertes permettent de venir sans dépenser son magot, sans y perdre sa santé, choisir son pays de résidence sur la base de l’aide privée (famille, amis) qu’on peut y trouver et rentrer dès qu’on veut/peut. Le fait que le terrorisme, il est pas alimenté par des migrants mais par des gens de deuxième génération dégoûtés du rêve occidental qui leur a été refusé par le racisme et les discriminations.

      Je me dis qu’on peut vivre et parler des migrations autrement que les morceaux choisis que je vois ici et qui me semblent toujours aussi indigestes, à la moulinette Libé ou à la moulinette Seenthis. Et que je n’ai pas envie de choisir entre la petite bourgeoisie donneuse de leçons et Mélenchon qui flatte le drapeau en même temps qu’il défend le travailleur frrrançais d’une manière qui me semble contradictoire avec la réalité, pas qu’avec mon éthique.

      Et là j’aimerais appeler @reka et @cdb_77 pour avoir leur avis sur la justesse de ces discours sur les #migrations.

    • @aude_v Je suis d’accord avec les principes que tu proposes. Alors que faire ?

      Je vois trois positions acceptables et pourtant contradictoires. Ses défenseurs « de gauche » ont les choix entre une sorte de « cohabitation pacifique » accompagnée de discussions plus ou moins solidaires - sous peine de se faire tirer par le bout du nez par la droite intelligente (oui, ça existe ;-) )

      1. Tu es militant/e indépendant/e ou autonome et tu fais un travail de solidarité concrète ou une activité comparable avec des familles de réfugiés.
      – Tu cherches à faire venir les autres membres de la famille de tes amis réfugiés et tu t’engages pour les frontières ouvertes parce que tu te rends compte de la souffrance causée par ces barrières artificielles et inhumainaies.

      2. Tu es syndicaliste et tu luttes pour améliorer revenus et condtions de travail alors que ton patron te dit tous les jours à quel point son entreprise est victime de la concurrence déloyale et illégale à cause de Bolkenstein mais surtout à cause du travail au noir par des immigrés chez vos concurrents.
      – Tu vas alors défendre chaque mesure qui protège toi et ton entreprise contre les abus décrit. Tu sera pour l’abolition de Bolkenstein, pour une limitation du nombre de nouveaux immigrés avec ou sans papiers, et tu vas militer pour l’application stricte des règles censées te protéger par les institutions compétentes.

      3. Tu es membre d’un parti de la gauche qui a des place dans une administration locale, un gouvernement régional ou national.
      – Tu vas d’abord défendre les intérêts des gens qui te sont proches (catégorie 1. uo 2.) et tu vas essayer de trouver des compromis entre ta position de gauche et les choses indispensables pour conserver ton poste de maire/ministre/député/secretaire etc. Lors de rencontres avec des militants sur le terrain tu vas essayer de comprendre leur perspective et et tu vas demander à tes aides de la faire entrer dans ta conception du travail d’administrateur ou de responsable de gouvernement.

      On discute, on discute, mais comment trouver une solution à ce dilemme ? Je ne parle pas des obstacles mis en place par par nos véritables adversaires et je parle comme si les contradictions entre les acteurs de gauche se reglaient à l’amiable ...

      Bref ... elle nous mène où cette discussion ?

    • Merci @aude_v d’avoir pensé à mentionner les « petits blancs » (pas forcément du « NPDC ») dans ton intervention à propos de leurs craintes concernant l’immigration et leur refus du prêt-à-porter de la pensée médiatique « mainstream ».
      Leurs peurs (légitimes ou pas d’ailleurs) liées à un fort sentiment de #déclassement risquent bien de se focaliser encore plus sur les « migrants » maintenant que des politiques soit disant « de gauche » viennent cautionner un racisme profondément ancré dans nos sociétés industrielles et « laborieuses ».
      Mais ce n’est pas trop pour le petit Européen blanc que je suis que je m’inquiète. C’est surtout pour les pays limitrophes qui accueillent majoritairement ces « migrants » : Turquie, Liban, Lybie, pays du Maghreb, Grèce, Pakistan où un tel afflux de populations déplacées a de graves conséquences vu les problèmes que connaissent déjà ces pays en matière de ressources en eaux et au regard de la déliquescence de leurs infrastructures et de leurs institutions.
      Quelle peut bien être la vie de toutes ces personnes déplacées dans de telles conditions ? Je n’ose me l’imaginer ... (Mais bon, ceci dit vu que je ne suis pas « politisé », mon intervention est-elle « légitime » ?)

    • C’est très bien ce qu’il dit. Malheureusement le terme « salubrité publique » est terni par son utilisation dans des contextes de droite. J’ai réfléchi sur la siginification d’une tele expression dans la bouche d’un conseiller de melenchon et je comprend que ce qui compte c’est son discours complet au sein duquel il faut situer l’expression.

      Est-ce qu’en déployant la rhétorique du « surnombre », en faisant le lien entre chômage et migration, on n’entre pas sur un terrain favorable à l’extrême droite ?

      Cette accusation est absurde. Elle émane d’une partie de la gauche - celle que je dénonçais tout à l’heure - qui a oublié les discours de Jaurès dans le « socialisme douanier » par exemple ! Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… Ce que nous disons n’a rien de nouveau. C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. Lorsqu’il est possible de mal payer des travailleurs sans papiers, il y a une pression à la baisse sur les salaires. Cette analyse serait d’extrême droite ? Vous plaisantez.

    • Faire appel au concept d’#armée_de_réserve, c’est garder de Marx ce qu’il a élaboré de plus daté. Il y a pas (plus) d’armée de réserve dans le cadre d’une économie nationale (sur laquelle les #étatistes plus ou moins #chauvins restent focalisés). Que ce concept garde (?) une validité impliquerait de procéder à une sérieuse mise à jour - à nouveaux frais - pour « coller » à l’échelle transnationale qui marque l’actuel palier de la mondialisation capitaliste.

    • http://www.regards.fr/politique/article/reponse-a-djordje-kuzmanovic

      Dans un entretien publié sur site de l’Obs, Djordje Kuzmanovic, présenté comme le conseiller de Jean-Luc Mélenchon et candidat potentiel de la France insoumise aux prochaines européennes, affirme son soutien aux analyses de l’Allemande Sahra Wagenknecht, l’une des principales figures du parti Die Linke. Se fixant l’objectif « de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires » par le recours à un « protectionnisme solidaire », il fustige « la bonne conscience de gauche ». « Lorsque vous êtes de gauche et que vous avez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème », assène-t-il. Mais n’est-on pas en droit de s’étonner plus encore quand, se réclamant de la gauche, on tient des propos qui pourraient être taxés de proches du discours d’extrême droite ?
      Laissons les polémiques malsaines au vestiaire. Discutons des arguments retenus.

    • Le plaidoyer de Martelli (ex-PC, ce parti bien connu pour son internationalisme dans Regards) pour « universalisation des droits » en vaut bien d’autres et il suffit à récuser le ces nouvelles gauches de droite qui se donnent pour emblèmes du #gros_concepts (armée de réserve, par exemple) faute d’analyse concrète. Martelli :

      Or, à l’échelle de la mondialisation, cette réduction [ des coûts salariaux] s’opère avant tout dans les zones de faible prix du travail, dans l’ensemble des pays du Sud, y compris les États dits émergents.

      Ce sont les masses laborieuses d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui pèsent le plus fortement en faveur de la réduction relative de la masse salariale. Les migrants le font à la marge. À la limite, en s’insérant dans des zones de niveaux salariaux plus élevés, ils nourriraient plutôt une tendance inverse à la hausse. À la limite toujours, c’est en restant chez eux que les travailleurs du Sud tirent la masse salariale de nos pays vers le bas. Là est l’ armée de réserve véritable.

      ... sauf que chez Martelli comme chez JLM et ses amis parler encore d’armée de réserve c’est s’éviter de parler de luttes et de conflictualité (contre le rouleau compresseur capitaliste, votons !), c’est ne pas prendre en compte, par exemple, la « rigidité des salaires à la baisse » comme disent les économistes. Les ateliers de l’usine monde où le capital enrégimente en masse la main d’oeuvre sont en proie à des luttes sur le salaire qui déstabilisent la production (sa division, son commandement). Les ouvriers sud coréens qui avaient arraché des hausses de salaire durant les années 80 qui leur avaient permis de dépasser le salaire ouvrier portugais ne sont pas un cas isolé ; aujourd’hui, ceux de la Chine du sud-est deviennent du fait de leurs luttes moins « compétitifs », idem pour ce qui est de quelques pays d’Europe de l’est (...).

      #salaire #gauchededroite3.0

    • Pareil que @colporteur. @klaus, je serais d’accord sur toi avec la difficulté à concilier les intérêts locaux et les principes universels (liberté de circulation) si je n’étais pas convaincue que la pression sur les salaires n’est pas exercée par les migrant·es mais plutôt par tout ce que le capitalisme organise comme mise en concurrence : Bolkenstein, libre-échange.

      ton patron te dit tous les jours à quel point son entreprise est victime de la concurrence déloyale et illégale à cause de Bolkenstein mais surtout à cause du travail au noir par des immigrés chez vos concurrents.

      Ton patron te raconte des craques !
      Comme le dit l’extrait précédent, il me semble que c’est en restant chez eux que les travailleurs des pays pauvres font la plus grosse concurrence. Outre qu’en France ils et elles représentent des chiffres assez ridicules (combien de Chinois·es à Paris dans des ateliers ? combien en Chine !), ils et elles ont, et encore plus quand c’est en famille, des besoins de rémunération plus proches du Smic que des rémunérations de leurs pays. Par exemple, en Indonésie un·e ouvrièr·e gagne bien sa vie avec 200 euros mensuels. Personne en France ne peut s’aligner, même pas un·e migrant·e. Et d’autant moins quand sa famille est ici.

      Je connais pas assez le sujet pour dire que la gauche qui met en avant la question des migrant·es colporte des mensonges mais ça me semble assez douteux économiquement et c’est faux, de dire que le capitalisme organise la circulation des biens comme des personnes (ça bloque pour les personnes !). Sur ce sujet, dans le contexte de haine qu’on connaît, dire des trucs faux, c’est criminel.

      Il faut trouver d’autre arguments pour donner envie aux petit·es blanc·hes déclassé·es de voter à gauche (je suis très sensible à leurs arguments parce que je suis dans la même merde et que chez EELV j’étais dedans-dehors, je savais que je risquais de retrouver le chômage, la difficulté à se loger autrement qu’en coloc, la peur de perdre mes minima sociaux, etc. tandis qu’eux et elles, c’étaient des petit·es bourges qui s’en branlaient, de cette misère). Une vision du monde qui ne soit pas simplement en léger décalage avec le fascisme mais constitue un choix radicalement différent. En plus, je crois que ces arguments seraient plus offensifs contre le capitalisme !

    • It’s complicated

      et tous ceux qui veulent qu’on vote pour eux sont des malfaisants qui ne savent pas appréhender la complexité.

      A une époque, on disait que Rocard était mauvais parce qu’il avait toujours un discours trop complexe. Parce qu’en effet, il essayait sans doute trop de développer un argumentaire complet.

      Ce débat, au moins, nous permet tous, collectivement, d’appréhender cette complexité.

      Tiens, maintenant qu’on la touche du doigt, comment on écrit un « manifeste » un minimum concret afin de convaincre la masse d’y adhérer ? Et comment on fait pour s’assurer qu’il ne prête pas à la critique par simplifications ou occultations involontaires du fait de la contrainte du format ?

      Au moins, à l’extrême droite, ils n’ont pas ce genre de difficultés. C’est blanc et noir et on vote pour le chef.

    • Depuis le passage à la subsomption réelle avec la révolution industrielle, jusqu’à la fin des « trente glorieuses » (en fait, trente piteuses, faudrait-il dire), la valorisation du capital s’est faite sur la base d’une concurrence s’exerçant au sein de zones où le niveau de productivité était relativement homogène (Par exemple, les pays du centre capitaliste : États-Unis, Europe et Japon d’une part, et l’URSS et ses satellites européens d’autre part). Il y avait des disparités au sein de ces zones, mais elles n’étaient pas aussi étirées que celles que nous connaissons aujourd’hui, puisque dorénavant tout est intégré à un niveau global.

      Un des enjeux de l’introduction massive des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la restructuration de l’appareil productif au tournant des années 1970, c’était de pouvoir orchestrer massivement la valorisation du capital en combinant des activités ayant des niveaux de productivité très hétérogènes, en allant chercher des opportunités de valorisation dans le tiers-monde.

      Pour cela, il a fallu effectivement rendre la circulation des capitaux et des marchandises encore plus fluide, tandis que la circulation des personnes (en fait des travailleuses et des travailleurs) était entravée de façon à conserver cette juxtaposition des zones à niveaux de productivité très différents. Leur intégration dans un cycle global de valorisation était devenue possible avec les NTIC et s’est traduit par le phénomène qu’on a appelé délocalisation qui, au delà du déplacement anecdotique de l’appareil productif correspondait plutôt à un mouvement de « multilocalisation » de cet appareil. Ce mouvement nécessitait en retour de fixer les travailleurs sur place, non pas pour les empêcher d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des zones à haute productivité, mais pour maintenir les conditions structurelles de ce nouveau régime de valorisation du capital.

      Ainsi, les travailleurs des zones de haute productivité ont tout d’abord voulu freiner le mouvement car ils constataient la disparition des sites industriels qui les employaient massivement, moins du fait de leur déplacement dans le tiers-monde (parfois beaucoup moins loin d’ailleurs avec la sous-traitance) que parce que ces sites n’étaient pas adaptés à la production fragmentée et « liquide » requise par le mode de production restructurée autour des NTIC.

      Mais lorsqu’à partir des années 1990, ils constatent que la force de travail à haute productivité reste globalement la gagnante (relative, certes) de ce mode de production, alors s’engage un glissement des discours portés par les organisations la représentant (partis et syndicats) qui tend à faire du travailleur immigré, non plus le camarade qui lutte coude à coude pour la transformation des rapports de production (par l’amélioration des conditions aussi bien que dans le perspective de leur abolition) mais le perturbateur d’un équilibre précaire. L’immigré devient celui qui ne reste pas à sa place et met en danger le deal (fragile) de la division du travail productif entre zones de productivité hétérogènes sur lequel s’appuie le capital depuis quatre décennies au moins.

      L’argument des migrants comme « armée de réserve » du capital est donc obsolète depuis au moins quarante ans et ne fait que bégayer un slogan « marxiste » à l’encontre d’une analyse marxienne de la dynamique du capital.

    • Au moins, à l’extrême droite, ils n’ont pas ce genre de difficultés. C’est blanc et noir et on vote pour le chef.

      Pour le coup, c’est précisément un point précieux : certes, on perd du temps et des alliances, mais c’est comme quand on critique la démocratie actuelle : si on va dans le sens de plus de démocratie, de délibération, d’un maximum de gens impliqués, il faut s’attendre à ce que ce soit long, et chiant, et pas facile. Aucune solution miracle de ce point de vue.

      Il y a bien des tensions, immenses, entre les idées et leur radicalité et un programme populaire et mobilisateur. Mais trouver des solutions à ce problème ne devrait jamais impliquer de renoncer à des valeurs fondamentales.

    • (...) Cependant, ce n’est plus par la politique démocratique qu’il faut défendre ce qui fonde la civilisation, mais contre elle.

      Qui aspire à l’appropriation émancipatrice de l’ensemble du système social et à sa transformation peut difficilement ignorer l’instance qui, jusqu’à présent, en organise les conditions générales. Il est impossible de se révolter contre l’expropriation des potentiels sociaux sans se trouver confrontés à l’État. Car l’État ne gère pas seulement à peu près la moitié de la richesse sociale : il garantit aussi la subordination de tous les potentiels sociaux aux impératifs de la valorisation. De même que les ennemis du travail ne peuvent ignorer l’État et la politique, de même ils refuseront de jouer le jeu de l’État et de la politique.

      Puisque la fin du travail est aussi la fin de la politique, un mouvement politique pour le dépassement du travail serait une contradiction dans les termes. Les ennemis du travail font valoir des revendications face à l’État, mais ils ne constituent pas un parti politique et ils n’en constitueront jamais un. Le but de la politique ne peut être que la conquête de l’appareil d’État pour perpétuer la société de travail. Les ennemis du travail ne veulent donc pas s’emparer des commandes du pouvoir, mais les détruire. Leur lutte n’est pas politique, elle est antipolitique.

      Puisque à l’époque moderne l’État et la politique se confondent avec le système coercitif du travail, ils doivent disparaître avec lui. Tout le verbiage à propos d’une renaissance de la politique n’est que la tentative désespérée de ramener la critique de l’horreur économique à une action étatique positive. Mais l’auto-organisation et l’autodétermination sont le contraire même de l’État et de la politique. La conquête de libres espaces socio-économiques et culturels ne s’effectue pas par les voies détournées de la politique, voies hiérarchiques ou fausses, mais par la constitution d’une contre-société.

      Voilà un manifeste qui n’oublie rien : le travail, la politique, la démocratie... Et l’auto-organisation en guise de solution de remplacement. Mais de préférence une auto-organisation qui ne reproduit pas les institutions précédentes, j’imagine.

      Ce manifeste est chouette, mais tu le mets entre les mains d’un journaliste, il en fait quoi ? Il dit que ce nouveau mouvement politique est ultra.... ultra-chouette ? ultra-révolutionnaire... ultra-incompréhensible ?

      Quoiqu’on en dise, il y a le but, et il y a le chemin pour atteindre ce but. Ce chemin, c’est assez souvent ce qui va faire que les gens vont adhérer ou pas. Avec ce manifeste, le chemin, il ne transparait pas d’une façon évidente. Mais ce n’est sans doute pas son objet évidemment.

    • @biggrizzly

      Voilà un manifeste qui n’oublie rien : le travail, la politique, la démocratie...

      Et aussi le genre...

      Sans l’espace social séparé que constituent les formes d’activités « féminines », la société de travail n’aurait jamais pu fonctionner. Cet espace est à la fois sa condition tacite et son résultat spécifique.

      Ce qui précède vaut également pour les stéréotypes sexuels qui se sont généralisés à mesure que le système de production marchande se développait. Ce n’est pas un hasard si l’image de la femme gouvernée par l’émotion et l’irrationnel, la nature et les pulsions ne s’est figée, sous la forme de préjugé de masse, qu’en même temps que celle de l’homme travailleur et créateur de culture, rationnel et maître de soi. Et ce n’est pas un hasard non plus si l’autodressage de l’homme blanc en fonction des exigences insolentes du travail et de la gestion étatique des hommes que le travail impose est allé de pair avec des siècles de féroce « chasse aux sorcières ».

      @biggrizzly

      Ce manifeste est chouette, mais tu le mets entre les mains d’un journaliste, il en fait quoi ? Il dit que ce nouveau mouvement politique est ultra.... ultra-chouette ? ultra-révolutionnaire... ultra-incompréhensible ?

      Il en fait quoi ?...

      S’il s’agit du journaliste comme travailleur du secteur d’activités particuliers que sont les médias, alors il en fera une marchandise, un truc à vendre sans égard pour son contenu propre. Sans animosité ni avidité, mais simplement parce que c’est le rôle que lui attribuent (et avec lui, à toute la sphère médiatique) les nécessités de la société du travail

      S’il s’agit du journaliste comme individu particulier doté de sa subjectivité propre, on ne peut pas savoir ce qu’il en fera. Peut-être mettra-t-il son mouchoir dessus pour ne pas avoir à faire face à ses propres contradictions, peut-être essayera-t-il d’en parler autour de lui, à ses collègues, à ses proches. Qui sait ?

    • @aude_v Nous savons que les patrons défendent leur propre petite vérité qui est dictée par la concurrence quotidienne. Pourtant il y a de plus en plus de signes qui annoncent l’écroulement d’un monde dans lequel on avait pris l’habitude de s’arranger. C’est un désastre pour le petits gens.

      La gauche doit alors leurs apporter des solutions concrètes et les protéger contre ces menaces.

      Ce sont d’abord les petits patrons qui se rendent compte qu’ils perdent des contrat à cause des entreprises étrangères, ensuite ce sont les ouvriers qui ont du mal à communiquer avec les collègues de chantier parce qu’il s’est transformené dans une sorte de tour de babel. Les clients enfin remarquent qu’on ne leur fournit plus la qualité d’une entreprise homologuée avec des employés formés d’après les normes qu’on avait pris pour des valeurs sûres. Les prix ne baissent pourtant pas. Les clients (je pense surtout aux locataieres d’immeubles qui ne sont pas les clients directs des entreprises du bâtiment) ne connaissent pas mais se dountent des ruses des intermédiaires qui encaissent les profits supplémentaires devenus possible par les salaires en baisse constante.

      On a un problème parce que la gauche (ici plus précisément le parti Die Linke) refuse explicitement de soutenir des solutions au problème de la baisse des salaires. Quand tu parles avec des responsables de la gauche au gouvernement, donc avec les personnes qui sont en mesure d’appliquer des mesures concrètes, tu mènes un dialogue de sourds.

      Les mécanismes administratifs, parlementaires et politiques font que personne n’a envie de prendre des initiatives qui n’ont pas encore été homologuées par les instances occultes et officielles du parti. On a besoin de deux à trois années de travail dans les commisions du parti avant qu’un sujet ou une revendication se trouve sur l’ordre du jour d’un congrès régional ou national. Encore faut-il que personne ne te mette des bâtons dans les roues ce qui est toujour possible si du donnes l’impression de vouloir mettre en question (au choix) la position le poste / la réputation de quelqu’un qui fait partie de l’appareil. Ce n’est pas seulement le cas pour des problèmes syndicales. Les éco-socialistes ont le même problème. Tout le mond est d’accord qu’il faut lutter contre le capitalisme pour sauver l’environnement et que les verts ne font plus leurs travail, mais tu n’arriveras pas à transformer cette idée en politique concrète parce qu’il te faudra faire la queue et respecter l’ordre du jour.

      Tu comprends un peu pourquoi un mouvement indépendant fait peur ? Ce contexte explique les fausses accusations et réactions agressives. Il y a trop de personnes employé par l’appareil qui risquent de perde leur poste bien payé.

      Ici on peut discuter sur la meilleure ligne politique à suivre, mais dans un premier temps il faudrait enfin pouvoir agir au lieu de perdre son temps avec des procédures.

      #gauche #bureaucratie

    • Macron, il arrive à faire baisser les rémunérations (c’est un peu son cœur de métier, son prooojet) tout en laissant les gens à la mer ! C’est pour ça que je suis convaincue qu’on peut refuser les deux en même temps. Mais pour l’expliquer, c’est autre chose... et j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment le chemin pris par nos camarades, qu’ils et elles seront récompensé·es par l’ingratitude de classes populaires allant voir à la source des discours xénophobes.

      Dans le gouvernement représentatif, il y a une grande #captivité à l’égard des appareils, des procédures, et c’est dans le meilleur des cas, quand les partis ont eux-mêmes une culture démocratique (ce qu’ils ne sont pas tenus d’avoir). Pour avoir vu d’assez près, de 1999 à 2015, la misère des Verts, je suis assez blasée, d’autant que j’ai de l’estime pour certaines des personnes que j’y ai rencontrées.

    • Je ne comprend toujours pas très bien le point cardinal de #Aufstehen. Ce que j’ai pu voir c’est un procès consultatif en ligne, une sorte de #RFC collectif qui doit, je pense, mener vers quelque chose qui sera le programme du « mouvement ». On verra bien.

    • A la demande de Jean-Luc Mélenchon, nous avons rectifié le titre de D. Kuzmanovic, initialement présenté comme son “conseiller” « Le point de vue qu’il exprime sur l’immigration est strictement personnel. Il engage des polémiques qui ne sont pas les miennes »

      Timothée Vilars
      https://twitter.com/TimoVilars/status/1039532108119764993

      et donc -> « ... Entretien avec Djordje Kuzmanovic, orateur de la France insoumise. »

      Dont acte, mais décidément, Wagenknecht ou Mélenchon, sur le sujet, quelle obscure clarté malodorante.

    • Et au moment où on s’y attendait le moins, Philippe Martinez assène quelques vérités. Il était temps :

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/26/philippe-martinez-ce-n-est-pas-l-immigration-qui-cree-du-dumping-social-mais

      Nous ne faisons pas face à une invasion de migrants et notre pays doit accueillir humainement et dignement ceux qui fuient leurs pays. Cela se nomme la fraternité.
      Ces salariés font partie intégrante de la classe ouvrière ! Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social mais l’absence de droits !...

      #paywall (désolé)

    • ... et Mélenchon de célébrer ce soutien, avant manifestement de se raviser, sans doute sur la forme plutôt que sur le fond — il allumait Mediapart, Politis, Regards, le PCF « et autres castors du dénigrement à n’importe quel prix de la LFI » :

      https://twitter.com/laurencedecock1/status/1045572166165700608

      (NB ce monsieur se permet par ailleurs de donner en ce moment des leçons sur le racisme. Mediapart, Politis et Regards lancent de leur côté le manifeste pour l’accueil des migrants.)

    • Les journalistes qui feignent l’indignation à l’écoute de Mme Wagenknecht ne peuvent ignorer que la plupart des partis européens appuient une politique beaucoup plus restrictive. En 2017, le candidat Emmanuel Macron promettait d’« accueillir dignement les réfugiés qui ont droit à la protection de la France. Les autres seront reconduits sans délai vers leur pays afin qu’ils ne deviennent pas des immigrés clandestins ». Aucun média français n’avait alors décrit En marche ! comme un « mouvement antimigrants ». Et Libération titrait en « une » (6-7 mai 2017) : « Faites ce que vous voulez, mais votez Macron ».

      Pierre Rimbert

      Gauche antimigrants, une fable médiatique

      https://seenthis.net/messages/725854

    • Le 6 octobre avec l’Aquarius

      L’Aquarius est désormais un nom connu. Ce bateau opère en Méditerranée depuis presque trois ans. Il a mené 230 opérations de sauvetage et secouru 29 523 personnes menacées de noyade. Ce sont des hommes, femmes ou enfants, migrants ou réfugiés, en danger de mort lors de la traversée de la Méditerranée. Compte tenu de sa mission et de l’état des gens au moment du secours, l’Aquarius opère en partenariat avec Médecins sans Frontières. Mais il est affrété par SOS Méditerranée. Cette association de sauvetage en mer n’a-t-elle pas reçu en 2017 le label « grande cause » de la part du gouvernement français ? Le même gouvernement qui aujourd’hui ferme les yeux à chaque fois que l’Aquarius en appelle à lui. Tels sont les hypocrites qui nous gouvernent !

      Ces derniers mois, l’Aquarius a été la cible de lourdes manœuvres politiques pour mettre un terme à sa mission de sauvetage en criminalisant ses équipages. Après la fermeture des ports italiens, il y a une difficulté répétée à trouver un port sûr pour débarquer les rescapés. Enfin, l’Aquarius été attaqué par l’État sous le pavillon duquel il naviguait. Le navire s’est ainsi vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama, sous pression de l’Italie. L’Italie de Salvini a en effet menacé de ne plus laisser entrer dans ses eaux un navire sous pavillon panaméen. Puis elle s’est plainte de ce que « le navire ait refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ordonne qu’un navire débarque des survivants au port le plus sûr et le plus proche. Le prétexte juridique de l’Italie ne vaut rien. La seule raison d’agir contre le pavillon de l’Aquarius est politique.

      Emmanuel Macron n’est pas passé loin de l’Aquarius quand il était à Marseille, avec Madame Merkel le 7 septembre dernier. Il annonçait incarner alors un grand mouvement « progressiste » face aux « nationalistes » Matteo Salvini et Viktor Orban. Mais « en même temps », il se faisait le plus proche complice de Salvini en jouant au Roi du silence. Il y a un an, il annonçait « Nous devons accueillir les réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur ». Et en même temps, il refuse à plusieurs reprise de leur ouvrir les ports français. D’après ses propres mots, donc, le gouvernement français a failli à son devoir et terni notre honneur.

      Les navires de sauvetage sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est donc plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer mais aussi à terre comme on a pu le voir avec la persécution de Cédric Herrou. Sans pavillon, le navire ne pourra plus opérer. D’autres vies seront alors sacrifiées en silence aux portes de l’Europe. Les gouvernements se rendent donc coupables de non assistance à personnes en danger.

      Porter assistance aux personnes en détresse en mer est une obligation que les États doivent respecter. Toutes les manoeuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires sont une honte. Qu’est-ce qui empêche les États européens d’octroyer un pavillon au navire pour permettre à l’équipage de l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage ? Pourquoi refuser d’établir un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr ?

      Des êtres humains meurent en Méditerranée chaque jour ! Neuf morts par jour ! L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. C’est le moment d’agir. Face à la défaillance des gouvernement européens, c’est au peuple de se mobiliser. Pour cela on peut donner sa signature à la pétition internationale lancée par SOS Méditerranée. Il faut aussi rejoindre les rassemblements qui auront lieu dans toute l’Europe le 6 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux dans toute la France à le faire. Nous ferons des « vagues oranges », couleur des gilets de sauvetage et de l’Aquarius. Ou bien les mots « humanité universelle » ne veulent plus rien dire.
      Jlm

    • LA GAUCHE À L’ÉPREUVE DE L’IMMIGRATION - VRAIMENT POLITIQUE

      La naissance en Allemagne d’un courant politique de gauche appelant à réguler l’immigration, aura suffi à rallumer la guerre des gauches dans notre pays. A nouveau la France Insoumise se retrouve sous le feu des critiques de la quasi totalité des autres forces progressistes. Aujourd’hui certains évoquent un risque de régression populiste des mouvements émancipateurs, tandis que se lancent des appels de personnalités pour exiger l’accueil inconditionnel des migrants. Cet été pourtant, le pouvoir macronien a fait voter la loi la plus dure qu’un gouvernement de la 5ème République ait promulgué contre l’immigration, mais la gauche semble plus préoccupée par ses propres dissensions. L’immigration sera-t-elle à nouveau le sujet interdisant tout rassemblement ? Faut-il abandonner la question du contrôle des flux migratoires aux droites extrêmes qui pointent désormais partout en Europe ? Jusqu’à quand laisserons-nous la Méditerranée se transformer en cimetière marin ? Voici quelques-unes des questions qui seront abordées dans cette nouvelle édition de « Vraiment Politique », le grand live mensuel de la rédaction du Média.

      https://youtu.be/ok21QOC7pBo?t=7



      https://www.lemediatv.fr/les-programmes/vraiment-politique/6-la-gauche-a-lepreuve-de-limmigration">

    • Du coup je rappelle le lien puisqu’il ne figure pas dans ce fil :

      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/03/CYRAN/57230
      (L’Allemagne et les réfugiés, deux ans après
      Un grand élan de solidarité, mais une xénophobie qui progresse)

      Et pour la France, sur la situation à gauche, avec un rappel des déclarations pré-wagenknechtiennes de Mélenchon :

      https://www.liberation.fr/france/2018/10/01/immigration-fracture-a-gauche_1682469

      Encore une fois, c’est pas parce que les médias et la droite s’amusent à appuyer où ça fait mal qu’il faut refuser de se poser les bonnes questions et d’essayer de trouver les bonnes réponses.

      Là tout ce que je vois c’est de la bataille tactique politicienne à deux balles, assez hypocrite, superficielle et loin des enjeux véritables.

    • Immigration : Clémentine Autain, au ban des Insoumis

      https://www.liberation.fr/france/2018/10/05/immigration-clementine-autain-au-ban-des-insoumis_1683502

      (Vous remarquerez au passage que monsieur Mélenchon n’avait pas été aussi vache avec monsieur Kuzmanovic, mais ce qu’il avait fait était beaucoup moins grave, hum, hum.)

      Pour archive, le texte d’Autain sur facebook :

      MIGRANTS. MENER LA BATAILLE

      Face aux renoncements et tergiversations des États à accueillir l’Aquarius, à la montée des droites extrêmes en Europe, à la propagation d’une xénophobie décomplexée, nous ne pouvons pas rester l’arme aux pieds.

      C’est pourquoi l’appel lancé par Regards, Mediapart et Politis rencontre un large succès. De Lilian Thuram à Josiane Balasko, de Thomas Picketty à Assa Traore, de Romane Bohringer à Sophie Wahnich, d’Annie Ernaux à Guillaume Meurice, 150 personnalités ont joint leurs forces à des collectifs militants pour donner de la voix en soutien aux migrants. La pétition en ligne engrange des dizaines de milliers de signatures citoyennes. Ce n’est pas rien.

      Dans le même temps, SOS Méditerranée a lancé une pétition pour sauver l’Aquarius, en demandant aux gouvernements de prendre leurs responsabilités et en appelant à une grande mobilisation citoyenne. L’ONG appelle à manifester le 6 octobre dans toute l’Europe. L’initiative est particulièrement bienvenue.

      Les réponses de Salvini et Macron, qui multiplient les atteintes aux droits fondamentaux, les murs et les contrôles, qui nourrissent le rejet et la rhétorique d’un danger immigré doivent être combattues sans relâche. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi asile-immigration. À Gérard Collomb, nous avons dit et redit que leur présupposé de « submersion migratoire » était faux – le flux migratoire est globalement stable en Europe depuis plusieurs décennies – et que leur obsession à durcir les conditions d’accueil, jusqu’à l’enfermement de mineurs, était une folie. Le moulin de l’extrême droite fut ici comme ailleurs bien alimenté par la macronie, pourtant arrivée au pouvoir grâce au rejet de l’extrême droite… Dans ce paysage politique qui voit prospérer les idées xénophobes et, avec elle, des décisions dangereuses du point de vue des droits humains, la bataille contre ce qui fait le miel des droites extrêmes et du fascisme doit être menée sans ambiguïté.

      La façon dont Emmanuel Macron entend instrumentaliser la question est évidemment un piège. Il tente de se donner un visage moral face au FN en racontant une fable sur la question migratoire. La réalité est pourtant têtue : la macronie enfourche les recettes d’une droite radicalisée. La France n’a pas su accueillir l’Aquarius et la loi asile-immigration a mis en œuvre bien des rêves répressifs de la droite dure. Nous ne laisserons donc pas la macronie installer cette fausse bipartition, eux versus le FN. Nous tiendrons tête.

      Notre voix sur cette question capitale est celle qui défend des vies humaines et des symboles. Prendre à bras le corps le combat en faveur des migrants est un parti pris humaniste et stratégique. Pour le camp de la transformation sociale et écologiste, il n’y a pas de victoire possible dans les têtes comme dans les urnes sans une contre-offensive assumée sur l’enjeu migratoire. Ce fil à plomb que nous avons à tenir au long court participe de l’imaginaire, des batailles sociales, du projet politique d’une gauche de rupture. Ne pas céder une once de terrain aux adversaires sur cette question me semble indispensable pour faire grandir notre conception du monde. J’invite de ce point de vue à regarder la saga documentaire de Françoise Davisse et Carl Aderhold diffusé sur France 2 en prime time et retraçant 150 ans d’histoire de France par le prisme de l’accueil des migrants. Où l’on se rappellera combien cette question fut, à des périodes décisives, très structurantes d’un point de vue politique… J’invite également à lire la tribune dans Le Monde de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui appelle à la fraternité entre tous les travailleurs et rappelle que le dumping social tient davantage à l’inégalité des droits et non à la présence d’immigrés.

      Le récit que nous faisons, les thèmes que nous choisissons de porter en avant sur la question migratoire ne sont évidemment pas neutres. Mettre l’accent sur les causes des migrations ou bannir toute évocation de la liberté de circulation comme horizon, comme s’il s’agissait d’une ligne « no border » – à noter que le spectre des signataires de l’appel Regards, Politis, Mediapart est en l’occurrence si large qu’il me parait curieux d’y voir une mainmise « gauchiste » - ne me convainc pas. Ma conviction est qu’il ne faut donner aucun point à nos adversaires sur les termes du débat. Quand nous disons vouloir combattre le pouvoir de la finance, commençons-nous par égrener les difficultés bien réelles, comme la fuite des capitaux ? Non. Est-ce que, pour autant, nous ne prenons pas en compte la complétude du problème qui nous rendrait crédible à gouverner ? Je ne le crois pas. Nous menons une bataille d’idées, une confrontation politique. Celle-ci suppose de valoriser avant tout le sens et le cœur de notre proposition.

      Des voix s’élèvent pour dénoncer dans cet appel une diversion. Il ne faudrait pas parler des migrants car la question centrale, notamment pour les élections européennes qui s’annoncent, est ailleurs, dans la contestation de l’austérité et du libéralisme économique, l’enjeu migratoire n’étant qu’une entreprise de détournement des « vrais enjeux ». Comme si on pouvait échapper au moment politique qui est le nôtre, si bouillant sur la question migratoire. Bien sûr, ce n’est pas nous qui avons choisi d’en faire un thème de prédilection, et pour une bonne raison : nous contestons le fait que les immigrés soient considérés comme la grande cause des crises contemporaines. Il n’est pas question de courber l’échine devant l’agenda imposé par nos adversaires. Mais la façon dont le sujet émerge et s’impose dans le débat public nous oblige à mener la bataille. Oui, deux visions du monde s’affrontent.

      L’accusation de diversion me rappelle par ailleurs des querelles anciennes, quand on nous expliquait qu’il fallait mener la révolution prolétarienne et les droits des immigrés ou des femmes seraient réglés dans la foulée, quand on nous rabâchait la centralité de la lutte des classes, en ces temps où défendre les lesbiennes et les gays ou l’environnement était perçu comme une entreprise de diversion au regard du combat central. C’était avant Mai 68. Je me bats contre la dichotomie entre le social et le sociétal parce qu’en réalité, les sujets s’entremêlent. Je ne suis pas favorable à une approche reposant sur l’addition de luttes sectorielles, avec sa hiérarchie ancienne, mais pour une conception qui agrège et dégage du sens commun. Notre vision politique doit embrasser la cohérence de tous les combats émancipateurs.

    • ... vous vous rendez compte quand même que l’argument de fond le plus récurrent c’est que la FI est moins à droite que Macron et aufstehen que le SPD (quand c’est pas l’AfD) ? ...

      ... et que des militants de la FI se font passer pour des martyrs sur le dos des migrants ...

      (désolé d’insister y a un truc qui passe pas, là)

      #capitulation #petits_calculs #droitisation

    • @zorba : j’avoue humblement que je ne comprends pas ce que tu dis depuis le début. Je rigole en pensant que la campagne de Mélenchon en... 2012 ? était critiquée parce qu’il avait fait un discours très... choquant pour les partisans du grand remplacement. Et qu’un certain nombre de personnes là, font un procès en sorcellerie à partir d’éléments de langage des journaux capitalistes et des apparatchiks correspondants.
      Je lisais un compte-rendu sur les manifs du WE au sujet de SOS Méditerranée, et souriais en constatant qu’il y avait un tiers de l’article, avec titraille correspondante, pour nous expliquer que Brossa et Hamon avaient un avis sur la question. Ce n’est pas comme si la FI et JLM appelaient à se joindre à ces manifestations depuis plusieurs jours déjà.

    • Les « éléments de langage » dont tu parles (pression à la baisse sur les salaires, concurrence entre les pauvres, etc.) sont bien ceux, littéralement, de Wagenknecht et de Mélenchon, les têtes de gondole de ces partis politiques, et ces petits calculs et positionnements politiciens, soit disant pour ménager les prolos xénophobes et racistes, n’ont pas que des conséquences symboliques anecdotiques par les temps qui courent.

      Maintenant, entre un appel qui ne sert le plus souvent qu’à se compter et une pétition de soutien au caritatif, on ne peut pas dire que sur le sujet les représentants institutionnels de la gauche française brillent par leur audace et leur assurance, en effet.


  • Idéologues et militants du social chauvinisme
    http://mondialisme.org/spip.php?article2320

    Idéologues et militants du #social-chauvinisme :
    de #Jean-Claude_Michéa au #Parti_de_Gauche,
    de #Marianne à #ATTAC, de #Politis au #PRCF,
    de #Frédéric_Lordon au #Monde_diplomatique ,
    d’#Emmanuel_Todd au #MPEP et au #PCF...

    PRESENTATION : Le « social-chauvinisme » est une vieille expression polémique utilisée durant la Première Guerre mondiale par les socialistes marxistes internationalistes (Lénine, Luxembourg, etc.) pour dénoncer les sociaux-démocrates qui soutenaient leurs bourgeoisies nationales respectives en usant d’une phraséologie pseudo-radicale… Aujourd’hui on retrouve le même type d’arguments sociaux-patriotes chez

    – des intellectuels (Todd, Lordon, Michéa, Ariès , les équipes du « Monde diplomatique » et de « Politis », à gauche mais aussi les mêmes arguments nationalistes chez des républicains de droite, Taguieff, Finkielkraut, etc.)

    – et des organisations (ATTAC, PCF, Parti de Gauche, MPEP, etc.).

    Les membres de cette mouvance :

    – critiquent « l’oligarchie » (vieux concept d’extrême droite), la dictature de la finance et la Bourse (idem) ;

    – ils prônent un capitalisme industriel, productif, national et un Etat fort menant une politique keynésienne d’indépendance nationale, sans oublier, bien sûr, la défense des PME « bien de chez nous ».

    Pour ce faire, ils s’affublent d’un masque critique, anticapitaliste ou altermondialiste, toujours chauvin.

    Démystifier ces discours et ces organisations est essentiel dans une période où la compétition économique entre les Etats européens ne fait qu’attiser les régionalismes, les nationalismes, et la xénophobie sous toutes ses formes.

    Télécharger le PDF : http://mondialisme.org/IMG/pdf/ideI_ologues_et_militants_du_social_chauvinisme-2.pdf

    Une première version de ce texte a été diffusée sous forme de brochure aux #Journées_iconoclastes de Toulouse, organisées par la #CNT-AIT les 29, 30 et 31 mai 2015, et a servi de base à une intervention orale évidemment plus brève ! Cette seconde version est plus longue ; de nombreuses citations y ont été ajoutées afin d’illustrer certaines affirmations du texte initial et aussi de tenir compte des discussions et critiques qui ont suivi l’exposé. Un grand merci aux camarades de la CNT-AIT et à l’équipe d’animation du squat de #La_Chapelle pour leur accueil chaleureux !

    Lire aussi l’article paru dans dans @anarchosyndicalisme ! n°145 :
    http://seenthis.net/messages/385722

    • J’adore les arguties fumeuses des faux-zintellos qui nient la réalité : l’ « oligarchie, un concept d’extrême-droite ». Ben voyons. Il suffit pourtant de prendre n’importe quel dictionnaire pour trouver une définition de l’oligarchie (qui remonte au minimum à la république romaine). Même que Bertrand Badie de Sciences-po utilise ce concept. Si, si.

      C’est typiquement ce genre d’article de bien-pensance qui empêche de penser et de mobiliser des idées efficaces face à cette mondialisation ultralibérale. Article d’idiots utiles. Ou de salauds à la solde. Au passage, je suis étonné qu’ils n’aient pas vomi sur Alain Soral...

      L’oligarchie est pourtant le problème n°1 de la société actuelle, avec la concentration économique. Sans compter la journaloperie de la presse mainstream. Les éditocrates (de Rioufol à Leparmentier en passant par Quatremer et Joffrin) éructent dans tous leurs torchons exactement la même sous-pensée formatée.

      Bien sûr qu’il faut renverser cette oligarchie. On pourrait les cueillir presque tous en une seule fournée le soir du dîner de cons mensuel du Siècle. Avec des camions Molotova qui cerneraient les rues alentour.

      A oui, avec ce que je viens de dire : il manque aussi un petit couplet des pseudo-zinellectuel contre le « conspirationnisme »... C’est très à la mode en ce moment chez la crasse parisienne qui se prend pour l’élite de la nation « alors qu’ils n’en sont que la merde », comme disait Lénine.

    • Voici l’extrait où il est question du concept d’#oligarchie et de la critique de ses usages de l’extrème gauche à l’extrème droite, ce qui réjouira @rodolphe puisqu’il y est question d’#Alain_Soral, mais pas de conspirationnisme, désolé !

      Parmi les "dix points politiques communs entre les social-chauvins" :

      9) La dénonciation des « grandes féodalités économiques et financières » qui contrôlent l’économie » (programme du CNR), d’une prétendue « oligarchie », des « élites nomades », des « élites mondialisées », des « élites déterritorialisées », d’une « hyperclasse des banques et des multinationales », ou des 1% (ce dernier thème est repris par Todd) qui exploiteraient les « 99% » de la population.

      Ce que Mélenchon résume en déclarant : « Il y a l’oligarchie d’un côté et le peuple de l’autre(55). » « C’est le peuple qui doit décider pas l’oligarchie(56). » Même s’il a proposé récemment de remplacer le terme d’ « oligarchie(57) » par celui de « caste » , on est toujours dans le même registre : « La critique de la caste c’est plus performant que de dire l’oligarchie qui est un mot en trois syllabes (...). Ce qui compte c’est d’être le peuple, être dans une nouvelle manière d’organiser le champ politique, le peuple contre la caste, le peuple contre l’oligarchie. »

      Todd est sur la même longueur d’onde : « On est passé en régime oligarchique » ; le journal Le Monde est une « composante de l’oligarchie » (Europe I, avril 2015) ; « L’oligarchie s’assoit sur le suffrage universel » (Herodote.net, mai 2014).

      Cette expression est employée par l’extrême droite, par les social-chauvins et même par Castoriadis, donc elle est particulièrement floue. Pour ce qui concerne l’extrême droite, elle lui permet de faire l’impasse sur la division de la société en classes antagonistes, ayant des intérêts matériels inconciliables et d’opposer l’oligarchie au « peuple » . Riposte Laïque dénonce « l’oligarchie pseudo-républicaine » . Ce terme est très utilisé aussi en Amérique latine, à gauche et à l’extrême gauche, et va toujours de pair avec un appel à l’union nationale contre… « l’oligarchie » .

      En général « l’oligarchie » est, comme le dit Mélenchon, « une classe dominante sans patrie » : et il ajoute « les élites sociales françaises collaborent avec enthousiasme au dénigrement de leur patrie » . Encore et toujours, on retrouve cette idée que les exploiteurs ne sont pas vraiment français, point de départ de tous les raisonnements xénophobes et antisémites.

      C’est ainsi que Paul Ariès écrit dans Misère du sarkozysme : « Le sarkozysme serait-il la revanche des émigrés de l’Ancien Régime ? De Sarkozy le Hongrois à Balladur le Turc en passant par le prince polonais Poniatowski, cette “droite de droite” semble vouloir violenter l’histoire. » On remarquera ici, chez cet intellectuel de gauche, le même type de raisonnement que ceux du Front national, centrés sur les origines ethniques de ses adversaires politiques. Sans compter que ces appréciations xénophobes contiennent de multiples erreurs : la mère de Sarkozy est française, pourquoi donc tenir compte seulement de l’origine du père de Sarkozy sinon par xénophobie ? Les Balladur sont d’origine arménienne et non turque. Quant à Poniatowski, si j’en crois la notice Wikipédia (au moins pour cela on peut leur faire confiance), « Par son père, il descend de Talleyrand (lui-même descendant de Colbert et d’Étienne Marcel), du duc de Morny — demi-frère et premier ministre de Napoléon III, ainsi que de l’impératrice Joséphine par sa fille Hortense de Beauharnais — tandis qu’il compte parmi ses ancêtres maternels Pierre-Paul Riquet, ingénieur français qui au XVIIe siècle traça le canal du Midi. » Pas mal pour l’arbre généalogique d’un « Polonais » selon Monsieur l’intellectuel de gauche Paul Ariès !

      Dans le même ouvrage, Ariès va encore plus loin dans le recyclage de deux thèmes classiques de l’extrême droite contre la gauche ( « parti de l’étranger », « cosmopolitisme » ) puisqu’il écrit que Sarkozy lutte « contre la conception française de ce que devrait être la droite » car il veut la transformer une force « néoconservatrice cosmopolite » . Selon Ariès, il y aurait donc une droite légitime et une droite illégitime parce que antifrançaise et cosmopolite. On croirait lire un article de Rivarol ou de Présent !

      Quant aux prestigieux et courageux signataires(58) de « l’Appel des résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004 », ils n’ont apparemment tiré aucun bilan de l’échec de la politique préconisée par le Conseil national de la Résistance ; ils limitent leur critique du capitalisme mondialisé actuel à la « dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie » et voudraient que nous entamions l’hymne de l’unité nationale entre les ouvriers et les patrons, entre les militants de tous les partis, pour une « démocratie, sociale et culturelle », totalement irréalisable en régime capitaliste.

      (55) - http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/03/09/il-y-a-loligarchie-dun-cote-et-le-peuple-de-lautre
      (56) https://www.lepartidegauche.fr/laradiodegauche/radiomedia/medias-c-est-le-peuple-qui-doit-decider-pas-oligarchie-j-melenchon-i
      (57)- Ceux qui douteraient que le terme oligarchie soit très connoté extrême droite pourront se reporter au site fasciste et aux écrits d’Alain Soral.
      (58)- Lucie et Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant et Maurice Voutry. Cf. pages 183-185, Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui. Les Jours heureux, Le programme du CNR de mars 1944 : comment il a été écrit, et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition , La Découverte, 2011.

      On lira aussi avec profit Le retour en grâce du mot « oligarchie » de @bernard Pasobrola
      http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article293

      Il faut donc être bien naïf pour croire que la démocra­tie représen­ta­tive, cette forme par­ti­culière de démocra­tie inventée par la bour­geoi­sie au mépris des formes com­mu­na­les assembléistes ins­taurées au cours de la première période de son his­toire, ait pu se passer d’oli­gar­chies, et que ses ins­ti­tu­tions aient pu être égali­tai­res. Ou même qu’elles puis­sent le deve­nir.

      (...)

      Le haro actuel sur ces oli­gar­chies dont cer­tains sem­blent décou­vrir l’exis­tence avec hor­reur, la désigna­tion démago­gi­que de ces cibles grossières, est-ce autre chose qu’une façon d’abuser de la crédulité du public et de tenter de sauver du désastre le représen­ta­tio­na­lisme éculé qui fait figure, aujourd’hui encore, de meilleur vec­teur de la sou­ve­rai­neté popu­laire ?

    • Oui, c’est bien cela : pour nier la nouvelle fracture de classe d’aujourd’hui (nomades de l’asphalte versus sédentaires qui vivent de leur travail - petits patrons, fonctionnaires utiles, ouvriers, employés), vous invoquez les clivages dépassés de classes.

      Vous tentez donc d’opposer les artisans aux fonctionnaires, comme ça pendant ce temps-là, l’oligarchie détourne la colère et continue de se gaver.

      Soral a raison. les trotskystes sont des idiots utiles.

    • J’en suis à la page 17, plus de la moitié donc, et je n’ai lu pour l’instant aucune citation permettant de prouver ce qui est reproché aux accusés. C’est un peu con quand on veut être un peu sérieux et rigoureux (pas besoin de style universitaire pour ça, juste être sérieux quoi).

      Un peu déçu donc, pour l’instant. C’est bien gentil de citer des communistes de 100 ou 70 ans avant, ou des méchants social-patriotes du siècle dernier (même si c’est très intéressant hein). Mais bon c’est pas ça qui va rendre crédible l’argumentation sur les contemporains listés au début. Bref, pas convaincant, mais je vais tenter de finir.

      Quant à arriver à mettre Michéa (quelque soit les critiques qu’on peut lui faire), dans une liste de gens qui (soi-disant) « prônent un capitalisme industriel », « la défense du nucléaire »… ben… WTF. :D

      À suivre…

    • Je crois qu’il y a une grande confusion dans ce débat à gauche entre analyse et stratégie : l’analyse nous montre que la nation, incarnée politiquement par l’État bourgeois, a été une nécessité du capital pour uniformiser le territoire sur lequel il circule. Il est en ce sens de même nature que l’#UE et tous les accords de libre échange. Je crois que la plupart des socialo-chauvin seront d’accord avec ça.

      Cependant, ces derniers, et notamment Mélenchon, considère - à tort de mon point de vue - que stratégiquement l’appel à la #nation, fantasmée comme le lieu idéal pour l’expression de la #souveraineté_populaire, est le meilleur moyen pour lutter contre le capitalisme transnational (renommé oligarchie ou caste).
      L’exemple de l’Amérique Latine est effectivement utilisé pour justifier ce choix. Cependant, ils oublient que ce sont des pays victimes de la colonisation et de la néocolonisation, mais aussi que Chavez ou Correa sont les enfants de la théologie de la libération et que leurs élections sont en partie dû à leur catholicisme. La France est, au contraire, un empire, la notion de nation n’a donc pas le même sens.

      Notons, par ailleurs, que les socialo-chauvins ne considèrent pas que que la souveraineté populaire puisse se diluer dans l’espace nationale, et s’opposent tout autant au #régionalisme. Les forces de l’ordre et leurs rôles dans la #démocratie bourgeoise sont également des impensés de cette idéologie. Un dernier point, la mode qui veut fermer les frontières pour lutter contre l’exploitation des travailleurs immigrés ne pensent une seule seconde à faire appel aux prolétaires de tous les pays pour s’unir et venir lutter chez nous contre les capitalistes.

      Par contre, les anarchistes ont bien du mal à trouver une stratégie qui permettrait de mobiliser autour de leurs idées, même ceux qui ont objectivement des pratiques anarchistes.

      Je me rends bien compte que mon propos va dans tous les sens, mais peut-être permettra-il de faire avancer le débat à gauche, en prenant soin de ne pas confondre analyse et stratégie.

    • Franchement un peu molle l’interview de @ballast (allez faut s’inscrire) : il n’y a que 5 questions, qui au final ne servent qu’à résumer dans une petite interview ce que l’on connait déjà de Michéa (y compris même juste dans d’autres interviews). Si, ya quand même la question sur l’État et la question sur le fascisme qui donnent quelques précisions en plus, ok. Mais sauf que pour moi clairement ça n’aurait dû être que de l’introduction ces 5 questions.

      Il balaie le « féminisme matérialisme » en deux phrases (deux), et dans le même temps il cite six fois la critique de la valeur (très bien), mais surtout sans JAMAIS évoquer le concept de dissociation-valeur de Kurz-Scholz qui se base sur… la séparation genrée justement. Le livre de Roswitha Scholz s’intitule quand même Le sexe du capitalisme hein. Donc là Ballast, ça aurait été pile le moment de lui poser la question et de le pousser un peu plus loin dans ce qu’il pense, et de le mettre face à ses contradictions, non ? M’enfin même… balayer ne serait-ce que Delphy comme si c’était acquis par son auditoire que c’était nul et non avenu, c’est juste insultant, et là aussi Ballast aurait dû dire quelque chose, répondre, demander des précisions, etc. Dommage donc, une interview où il cite la wertkritik qui aurait pu être intéressante si on l’avait vraiment questionné de manière contradictoire en face.

      (Bon tout ça aurait mérité d’être dit dans un fil à part dédié à cette interview plutôt que de polluer ce fil, désolé.)

    • @cazueladepolo

      Cependant, ces derniers, et notamment Mélenchon, considère - à tort de mon point de vue - que stratégiquement l’appel à la #nation, fantasmée comme le lieu idéal pour l’expression de la #souveraineté_populaire, est le meilleur moyen pour lutter contre le capitalisme transnational (renommé oligarchie ou caste).

      en écho avec

      quand l’illusion de la souveraineté nationale apparut manifestement comme une illusion, elle ne put plus servir d’objet au patriotisme ; d’autre part, la royauté était comme ces plantes coupées qu’on ne replante plus ; le patriotisme devait changer de signification et s’orienter vers l’État. Mais dès lors il cessait d’être populaire. Car l’État n’était pas une création de 1789, il datait du début du XVIIe siècle et avait part à la haine vouée par le peuple à la royauté. C’est ainsi, que par un paradoxe historique à première vue surprenant, le patriotisme changea de classe sociale et de camp politique ; il avait été à gauche, il passa à droite.

      voir le reste ici http://seenthis.net/messages/167677


  • Premières journées iconoclastes

    Comme le disait un membre de l’#Atelier_idéal en introduisant la première conférence de ces journées, il n’est probablement « … pas besoin d’insister sur le sens du mot iconoclaste. Il convient si bien à la #CNT-AIT, du moins à #Toulouse, toujours prête à donner quelques coups de pieds dans la fourmilière…  ». Mais il n’est peut-être pas inutile de souligner pourquoi ces «  Journées », au lieu de les vouloir simplement «  libertaires » comme c’est classique, nous les avons préférées « iconoclastes ». Un terme n’excluant pas l’autre, tout au contraire selon nous.

    Ce que nous cherchions, c’était à rompre avec la paresse intellectuelle et son « prêt-à-penser idéologique » pour militants ; à démasquer des opinions qui ont pénétré dans le milieu libertaire par effraction ; à briser des étiquetages ; à rediscuter des points, parfois basiques, mais qui ont été oubliés, déformés, mal compris… Bref, nous voulions « secouer le cocotier », faire entrer de l’air frais, relancer des débats, quitte à remettre en question, à nous remettre en question. D’où la méthode choisie. Nous n’avons pas eu recours au vivier militant, nous avons fait appel à quatre intervenants qui ne sont pas anarchosyndicalistes, mais qui connaissent bien leur sujet, qui ont des « choses à dire » (et parfois à nous… contredire) et qui sont ouvert à une discussion franche et loyale. Nous les remercions tous de leur présence, de la qualité de leurs apports et d’avoir pris le risque politique de venir discuter avec nous.

    Ces 29, 30 et 31 mai donc, nous avons tenu nos premières journées iconoclastes dans les locaux du squatt #La_Chapelle. Souvent, dans ce genre de « journées » ou de «  colloques », le programme est dense, le temps est compté. Tout juste une ou deux questions peuvent-elles être posées à un conférencier que l’on passe à un autre. Nous avions choisi, à l’inverse, de nous donner du temps. Le temps de l’échange, de l’approfondissement, le temps de la réflexion. Quatre conférences, une table ronde, un atelier militant, des repas pris en commun sur les lieux mêmes et rien d’autre.

    Le vendredi 29 mai #Françoise_Morvan a ouvert le programme en abordant le #régionalisme à partir du cas breton (« #Ethnorégionalisme et #ultralibéralisme, la #Bretagne pour laboratoire »). Comme nous avions décidé de « creuser » cette question, nous l’avons reprise le lendemain matin dans une « Table ronde autour des régionalismes » à laquelle se sont joints outre Fr. Morvan, #Eric_Fraj et #Yves_Coleman. Ce dernier a donné l’après midi une conférence sur «  L’#antisémitisme de gauche ». En soirée, #Jordi_Vidal a présenté une intervention intitulée « #Postmodernisme : la stratégie, ou l’extinction des Lumières » en l’illustrant d’un de ses films. Le matin du dimanche 31 a été consacré à un atelier militant (« Analyse de trente ans de scissions dans les milieux libertaires »). Les «  Journées » se sont achevées sur une nouvelle conférence d’Yves Coleman («  Idéologues et militants du #social-chauvinisme, de Michéa à Mélenchon »).

    Les discussions sont allées bon train et ont parfois été vives. Elles ne sont pas closes. Elles se poursuivront, par exemple pour ce qui nous concerne, lors de notre camping cet été. Les textes qui suivent sont également des jalons de ces débats, soit qu’ils cherchent à rendre compte synthétiquement des interventions (conférences sur le social-chauvinisme, le post-modernisme), soit qu’ils en constituent plutôt une réinterprétation ou même un commentaire (les trois autres textes). Autant dire qu’il ne s’agit pas de retranscriptions stricto sensu des propos des conférenciers et que les articles qui suivent, s’ils se nourrissent bien de leur apport, n’engagent pour ce qui est de l’expression, des termes employés, de la forme, que nous-mêmes. Pour connaître la pensée précise des conférenciers dans les termes qui sont les leurs, on se reportera à leurs ouvrages.

    Quatre thématiques sont abordées dans ces pages, beaucoup d’autres mériteraient d’être discutées de la sorte. Nous espérons pouvoir le faire dans les mois ou années à venir. De même, nous espérons que le débat sur les scissions dans le mouvement libertaire, après le premier débroussaillage qui a eu lieu, mûrira et qu’il donnera lieu à des écrits ultérieurement.

    Un dernier mot pour souligner que, si ces journées ont connu un succès dépassant nos espérances, nous le devons certainement à notre co-organisateur, l’Atelier idéal, qui anime un squat toujours en danger, La Chapelle, « lieu d’expérimentation sociale, politique et culturel pour interroger le monde comme il ne va pas ».

    Références :
    – Françoise Morvan, « Le Monde comme si – Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne » , Actes Sud/Babel, 2005.
    – Jordi Vidal, « Servitude et simulacre en temps réel et flux constant  » , 2007 Editions Allia.
    Il existe une adaptation cinématographique en court-métrage.
    – Eric Fraj, «  Quel occitan pour demain » , ouvrage bilingue, 2013, Editions Reclams
    – Yves Coleman, animateur de «  Ni patrie ni frontière  » a publié plusieurs ouvrages sur des thèmes abordés lors des débats. On se référera à son site. http://mondialisme.org/spip.php?rubrique1

    Autour de Ethnorégionalisme & Ultralibéralisme : La Bretagne pour laboratoire
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article759

    Table-ronde régionalisme : Langue et nationalisme
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article758

    Post-modernisme
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article760

    De Michéa à Mélenchon : Idéologues et militants du social-chauvinisme
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article761

    Réflexions sur l’antisémitisme DE gauche
    http://seenthis.net/messages/386974

    #journées_iconoclastes

    @anarchosyndicalisme ! n°145
    http://seenthis.net/messages/387250


  • De #Michéa à #Mélenchon Idéologues et militants du #social-chauvinisme
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article761

    Puisque, dans cette période de crise économique et sociale, la montée des sentiments nationalistes, et pour tout dire xénophobes, est évidente, y compris dans les partis de gauche ou d’extrême-gauche, nous avions choisi de demander à #Yves_Coleman, éditeur de la revue «  Ni patrie ni frontières  » de nous parler des mouvements de gauche qui se situent, qu’ils le revendiquent ou qu’ils l’occultent, du côté du #nationalisme.

    Le social-chauvinisme est, nous dit Yves Coleman en préambule, une vieille expression polémique utilisée durant la Première guerre mondiale par les socialistes marxistes internationalistes (Lénine, Luxembourg, etc.) pour dénoncer les sociaux-démocrates qui soutenaient leurs bourgeoisies nationales respectives en usant d’une phraséologie pseudo-radicale. Au nom de la défense de la « patrie », ces sociaux-démocrates participaient à «  l’Union sacrée  » [1] en compagnie des partis de droite (et même d’anarchistes) : ils avaient voté les crédits de guerre, renoncé à toute propagande anti-militariste ou pacifiste, refusaient de participer à une grève internationale contre la guerre et accusaient au choix, suivant leur nationalité, l’Allemagne, la France, la Russie ou l’Angleterre d’être les seuls responsables du déclenchement du conflit afin de pouvoir, chacun dans sa « patrie », blanchir les responsabilités de leur propre bourgeoisie.

    Aujourd’hui, le nationalisme est redevenu un thème porteur et même certains à l’extrême-gauche (trotskistes, maoïstes voire anarchistes) lui trouvent des vertus révolutionnaires.

    En 2015 en France un large éventail de groupes, de partis, de personnalités allant de la gauche à l’extrême-droite soutient des positions nationalistes et se retrouve sur des positions politiques que l’on pourrait résumer en sept slogans :

    Non à l’OTAN et à la domination américaine sur le monde !
    Non à l’union européenne et aux traités européens !
    Non à l’euro !
    Non à la dictature des marchés financiers !
    Oui à un État fort, doté d’une armée puissante et d’une police efficace !
    Oui à la défense nucléaire !
    Oui au protectionnisme et à un capitalisme national productif !

    La circulation et l’usage identique de concepts communs dans ces milieux très divers, qui vont de la gauche à l’extrême-droite, ne font qu’entretenir, le plus souvent délibérément, la confusion politique.

    Ces gens là, nous dit Yves Coleman préparent des alliances contre nature entre la droite et la gauche, voire entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche, alliances qui se dessinent très bien dans les sommets et les réunions alter-mondialistes ou dans les prétendues manifestations de soutien à la Palestine. Il n’est donc pas étonnant que des intellectuels de gauche, comme par exemple Emmanuel Todd, rendent hommage dans des forums à des idéologues d’extrême-droite ou que des philosophes marxistes fréquentent des locaux d’organisation fascistes.

    Ces convergences entre intellectuels de gauche et intellectuels de droite, voire d’extrême-droite, sont toutes fondées sur la reconnaissance de la nécessité de l’existence de nations, de frontières nationales, d’économies nationales et d’Etats. Ce qu’il y a de commun entre tous ces discours social-chauvins de gauche ou de droite, c’est qu’ils invoquent la «  nation  », la «  république sociale  » pour soit-disant défendre les intérêts du «  peuple  ». Le Front de gauche, par exemple veut qu’on fasse «  place au peuple  », voire que le «  peuple prenne le pouvoir  ». Ce sont des slogans particulièrement ineptes puisque, par définition, le peuple rassemble toutes les classes sociales y compris les patrons, le personnel politique, les flics, les maffieux, les militaires.

    Sous prétexte de lutter contre la «  finance spéculative  », contre la «  mondialisation  », les social-chauvins d’aujourd’hui nous préparent les gouvernements d’union nationale de demain.

    Reste donc, alors que l’idéologie du Front national progresse dans l’opinion, à se poser la question de savoir si on peut être «  patriote  » et lutter efficacement contre les idées xénophobes de ce parti, comme affirme pouvoir le faire, par exemple, le Front de gauche C’est impossible, nous dit Yves Coleman, et il nous donne l’exemple d’un groupe libertaire anti-dogmatique qui réussit l’exploit de passer dans le même texte d’un multiculturalisme insipide à des clichés social-patriotes gaulois à la Chevènement, Mélenchon et Montebourg.

    C’est que la tradition social-chauvine est en France aussi ancienne que solidement établie. Dès l’enterrement de Jaurès [2], c’est Léon Jouhaux, issu du courant Syndicaliste révolutionnaire et alors secrétaire général de la CGT, qui se lance dans une diatribe passionnée contre le militarisme allemand. Un peu plus tard, c’est Dubreuilh, militant SFIO (Section française de l’internationale ouvrière – socialistes de l’époque) qui se drape dans Jaurès pour tenir des propos chauvins. Il est vrai que la pensée de Jaurès présentait plus que des ambiguïtés sur ce point, ce qui lui a valu récemment d’être récupéré par le Front national (voir encadré).

    Aujourd’hui, nous dit Yves Coleman, les socialistes français justifient de la même manière les interventions de l’armée française à l’extérieur.

    Le Parti communiste français quant à lui, suivit une ligne anti-militariste jusqu’en 1924 (distribution de tracts, de journaux et entretien de structures clandestines dans les casernes...). A partir de cette date, la défense des intérêts de l’URSS, le conduit progressivement à défendre des positions clairement nationalistes (vote des crédits de guerre, défense de «  l’institution militaire face à l’extrême-droite  » etc.). Après la Libération, il s’allie avec la SFIO et le MRP (Mouvement républicain populaire – démocrate chrétien) pour appliquer le programme du CNR (Conseil national de la Résistance), période qui à côté d’avancées sociales indiscutables (Sécurité sociale, «  40 heures  », retraite par répartition …) a surtout coïncidé avec une répression anti-ouvrière féroce de1944 à 1947.

    Sous prétexte de préserver l’unité nationale, de reconstruire le pays, le PCF et la CGT obligèrent les ouvriers à travailler pour des salaires de misère. Ainsi entre 1945 et 1947, le pouvoir d’achat moyen recule de 30 % environ, le pain est rationné  : 350 grammes par jour en 1944, 300 grammes en 1946 et finalement 200 grammes en octobre 1947. Et puisque, comme le disait à l’époque Maurice Thorez leader charismatique du PCF, « Produire, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée du devoir de classe », la grève devint selon l’expression de Gaston Monmous-seau (secrétaire général de la CGT de l’époque) «  l’arme des trusts ». Il existe, nous dit également Yves Coleman, une tradition patriotique d’extrême-gauche depuis au moins la Commune de Paris. De même, s’il y a bien une référence politique qui fait la quasi-unanimité à gauche et à l’extrême-gauche, c’est bien celle de la vision chauvine de la Résistance à l’occupation nazie. La résistance gaullo-stalinienne continue à influencer la vision politique des militants français actuels et elle reste très présente dans la littérature, au cinéma et à la télévision, comme dans le discours politique.

    Puisque le social-chauvinisme couvre un champ politique si large, Yves Coleman nous proposa de définir les points communs à tous les sociaux-chauvins de droite ou de gauche.

    Au niveau international, ils défendent la vision d’un monde divisé en deux camps : le camp anti-impérialiste composé «  d’États progressistes  » qu’il faut soutenir et le «  camp impérialiste  ». En conséquence, ils dénoncent exclusivement le rôle de la puissance américaine et de l’OTAN. En corollaire, ils ont une sympathie marquée pour les objectifs géo-politiques de l’État russe ; sympathie qui peut aller jusqu’à un soutien à Poutine. Ils dénoncent le rôle de l’Angleterre et/ou de l’Allemagne. Ainsi, selon E. Todd et J.-L. Mélenchon, tous les malheurs de la France viennent de l’Allemagne qui veut imposer son modèle ordolibéral au reste de l’Europe. Enfin, s’ils dénoncent les institutions européennes et le Traité constitutionnel européen, c’est pour mieux exalter, au niveau intérieur, le rôle de la France et de son État, son histoire, sa «  grandeur  », etc. Ils soutiennent l’armée française - voire glorifient son rôle – ainsi que la défense nucléaire. Au niveau économique, ils sont favorable au protectionnisme français ou européen. Ils vont jusqu’à faire l’apologie du capitalisme pourvu qu’il soit productif et national (E. Todd).

    Par rapport à l’immigration, on peut déjà trouver des propos xénophobes dans des œuvres critiques anciennes (par exemple, Yves Coleman cite un texte de Guy Debord repris par des néo-nazis - voir encadré). De tels propos prolifèrent maintenant chez les nationaux-chauvins, par exemple, dans les textes de Jean-Claude Michéa [3]. On trouve dans les écrits et les propos des nationaux-chauvins certains termes et expressions très connotés tels que «  oligarchie », «  élites nomades  », «  élites mondialisées  », «  élites déterritoriali-sées  », «  hyper-classe des banques et des multinationales  » à la signification très floue. Mais derrière ces mots, ce qui se cache encore et toujours, c’est cette idée que les exploiteurs, les responsables des crises ne sont pas vraiment français, point de départ de tous les raisonnements xénophobes et antisémites.

    Ce n’est pas sur une note optimiste qu’Yves Coleman conclut son exposé. Car, selon lui , quatre facteurs internationaux contribuent au développement du social-chauvinisme dans les états européens : le chômage, les interventions militaires occidentales, la montée de l’islam politique et la difficulté de construire une puissance européenne.

    Autant dire que les internationalistes, antinationalistes ou mieux a-nationalistes, que nous sommes allons devoir continuer à ramer et lutter à contre-courant !

    CITATION JAURES

    « Quand un syndicaliste révolutionnaire s’écrie au récent congrès de Toulouse : « A bas les patries ! Vive la patrie universelle ! » il n’appelle pas de ses vœux la disparition, l’extinction des patries dans une médiocrité immense, où les caractères et les esprits perdraient leur relief et leur couleur. Encore moins appelle-t-il de ses vœux l’absorption des patries dans une énorme servitude, la domestication de toutes les patries par la patrie la plus brutale, et l’unification humaine d’un militarisme colossal. En criant : «  A bas les patries !  » il crie : «  A bas l’égoïsme et l’antagonisme des patries ! A bas les préjugés chauvins et les haines aveugles ! A bas les guerres fratricides ! A bas les patries d’oppression et de destruction !  » Il appelle à plein coeur l’universelle patrie des travailleurs libres, des nations indépendantes et amies.  »

    #Jean_Jaurès, in «  L’armée nouvelle »

    Bel exemple de discours radical en apparence, social-chauvin en réalité, qui va jusqu’à récupérer l’antipatriotisme d’un syndicaliste révolutionnaire pour justifier le patriotisme. Comme le dit Yves Coleman, du grand art !

    CITATION DEBORD

    « (…) Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. (…) Mais on comprend bien pourquoi tous les responsables politiques (y compris les leaders du Front National) s’emploient à minimiser la gravité du « problème immigré » … (….) Combien y a-t-il d’étrangers de fait en France ? (…) Il est évident qu’il y en a tellement qu’il faudrait plutôt se demander : combien reste-t-il de français et où sont-ils ? (Et qu’est-ce qui caractérise maintenant un Français ?) Comment resterait-il, bientôt, des Français ? (…) les Français qui ont accepté cela sans beaucoup de révolte (sauf en 1968) sont malvenus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immigrés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation, que des immigrés. (…) La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains. »

    #Guy_Debord, 1985, Oeuvres complètes Gallimard 2006, pp 1588-1591

    Sans commentaire

    [1] « Union sacrée » : expression utilisée par Raymond Poincaré, président de la République, dès le 4 août 1914, pour appeler la CGT et la SFIO (en principe hostiles à la guerre) à se ranger derrière les partis de droite et la bourgeoisie nationale.

    [2] Assassiné à Paris le 31 juillet 1914 par le nationaliste Raoul Villain. Le 3 août 1914, la France entrait en guerre.

    [3] Voir les références sur le site de Yves Coleman « A propos du réactionnaire Jean-Claude Michéa (alias Nietzchéa), des Editions l’Echappée et de leur « vigilance »… en carton pâte ».
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1990

    #journées_iconoclates

    @anarchosyndicalisme ! n°145
    http://seenthis.net/messages/387250

    • Cet article est au mieux affligeant de superficialité et d’anachronisme. Dénoncer la marionnette social chauviniste en retuant en 2015 le PCF a tout du spectacle de fin d’année scolaire : laborieux, bâclé, et destiné à un public plus que complaisant.

      Aucune envie de plonger les mains plus avant dans une soupe passéiste et franchouillarde aussi étroitement intéressée. Le soliloque d’ « antiracistes » autoproclamés, aussi blancs que moralisateurs, serait prodigieusement ennuyeux s’il n’était aussi malhonnête et sordide que la vieille puanteur nationaliste qu’ils tiennent à nous mettre sous le nez. Mais c’est qu’ils doivent se dissimuler à eux mêmes leur propre blancheur, et à leurs lecteurs, leur lutte constante pour que l’antiracisme abstrait, et son internationalisme colonial, demeurent en dépit de tout les seuls possibles, les seuls pensables.
      Les pauvres sont visiblement dépassés, et contraints à recourir à des artifices toujours plus grossiers.

      (Tout de même, il fallait oser donner à voir aussi grossièrement qu’on ne savait pas lire la « Note sur la question des immigrés » de Debord !)

      Si l’on souhaite par contre s’intéresser aux termes actuels des luttes et de la critique de la question nationale, raciste, coloniale, on peut plutôt lire par exemple ceci :
      http://indigenes-republique.fr/vacarme-critique-les-indigenes-la-faillite-du-materialisme-abst

      C’est tout de même une lecture moins confortable.

    • Pour que chacun puisse se faire son idée, le texte complet de Debord :

      Notes sur "la question des immigrés"
      Par Guy Debord, 1985

      Tout est faux dans la « question des immigrés », exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie – c’est-à-dire l’illusion pseudo-économique – l’a apportée, et le spectacle l’a traitée.

      On ne discute que de sottises. Faut-il garder ou éliminer les immigrés ? Naturellement, le véritable immigré n’est pas l’habitant permanent d’origine étrangère, mais celui qui est perçu et se perçoit comme différent et destiné à le rester. Beaucoup d’immigrés ou leurs enfants ont la nationalité française ; beaucoup de Polonais ou d’Espagnols se sont finalement perdus dans la masse d’une population française qui était autre. Comme les déchets de l’industrie atomique ou le pétrole dans l’Océan — et là on définit moins vite et moins « scientifiquement » les seuils d’intolérance — les immigrés, produits de la même gestion du capitalisme moderne, resteront pour des siècles, des millénaires, toujours. Ils resteront parce qu’il était beaucoup plus facile d’éliminer les Juifs d’Allemagne au temps d’Hitler que les maghrébins, et autres, d’ici à présent : car il n’existe en France ni un parti nazi ni le mythe d’une race autochtone !

      Faut-il donc les assimiler ou « respecter les diversités culturelles » ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans capitale ? Le camp de concentration n’a créé aucun Allemand parmi les Européens déportés. La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs. On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de « diversités culturelles ». Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture.

      Ce n’est surtout pas en votant que l’on s’assimile. Démonstration historique que le vote n’est rien, même pour les Français, qui sont électeurs et ne sont plus rien (1 parti = 1 autre parti ; un engagement électoral = son contraire ; et plus récemment un programme — dont tous savent bien qu’il ne sera pas tenu — a d’ailleurs enfin cessé d’être décevant, depuis qu’il n’envisage jamais plus aucun problème important. Qui a voté sur la disparition du pain ?). On avouait récemment ce chiffre révélateur (et sans doute manipulé en baisse) : 25 % des « citoyens » de la tranche d’âge 18-25 ans ne sont pas inscrits sur les listes électorales, par simple dégoût. Les abstentionnistes sont d’autres, qui s’y ajoutent.

      Certains mettent en avant le critère de « parler français ». Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius (« Bonjour les dégâts ! ») ou Françoise Castro (« Ça t’habite ou ça t’effleure ? »), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage articulé et de tout raisonnement ? Quelles chansons écoute la jeunesse présente ? Quelles sectes infiniment plus ridicules que l’islam ou le catholicisme ont conquis facilement une emprise sur une certaine fraction des idiots instruits contemporains (Moon, etc.) ? Sans faire mention des autistes ou débiles profonds que de telles sectes ne recrutent pas parce qu’il n’y a pas d’intérêt économique dans l’exploitation de ce bétail : on le laisse donc en charge aux pouvoirs publics.

      Nous nous sommes faits américains. Il est normal que nous trouvions ici tous les misérables problèmes des USA, de la drogue à la Mafia, du fast-food à la prolifération des ethnies. Par exemple, l’Italie et l’Espagne, américanisées en surface et même à une assez grande profondeur, ne sont pas mélangées ethniquement. En ce sens, elles restent plus largement européennes (comme l’Algérie est nord-africaine). Nous avons ici les ennuis de l’Amérique sans en avoir la force.

      Il n’est pas sûr que le melting-pot américain fonctionne encore longtemps (par exemple avec les Chicanos qui ont une autre langue). Mais il est tout à fait sûr qu’il ne peut pas un moment fonctionner ici. Parce que c’est aux USA qu’est le centre de la fabrication du mode de vie actuel, le cœur du spectacle qui étend ses pulsations jusqu’à Moscou ou à Pékin ; et qui en tout cas ne peut laisser aucune indépendance à ses sous-traitants locaux (la compréhension de ceci montre malheureusement un assujettissement beaucoup moins superficiel que celui que voudraient détruire ou modérer les critiques habituels de « l’impérialisme »). Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance !

      Le risque d’apartheid ? Il est bien réel. II est plus qu’un risque, il est une fatalité déjà là (avec sa logique des ghettos, des affrontements raciaux, et un jour des bains de sang). Une société qui se décompose entièrement est évidemment moins apte à accueillir sans trop de heurts une grande quantité d’immigrés que pouvait l’être une société cohérente et relativement heureuse. On a déjà fait observer en 1973 cette frappante adéquation entre l’évolution de la technique et l’évolution des mentalités :

      « L’environnement, qui est reconstruit toujours plus hâtivement pour le contrôle répressif et le profit, en même temps devient plus fragile et incite davantage au vandalisme. Le capitalisme à son stade spectaculaire rebâtit tout en toc et produit des incendiaires. Ainsi son décor devient partout inflammable comme un collège de France. »

      Avec la présence des immigrés (qui a déjà servi à certains syndicalistes susceptibles de dénoncer comme « guerres de religions » certaines grèves ouvrières qu’ils n’avaient pu contrôler), on peut être assurés que les pouvoirs existants vont favoriser le développement en grandeur réelle des petites expériences d’affrontements que nous avons vu mises en scène à travers des « terroristes » réels ou faux, ou des supporters d’équipes de football rivales (pas seulement des supporters anglais).

      Mais on comprend bien pourquoi tous les responsables politiques (y compris les leaders du Front national) s’emploient à minimiser la gravité du « problème immigré ». Tout ce qu’ils veulent tous conserver leur interdit de regarder un seul problème en face, et dans son véritable contexte. Les uns feignent de croire que ce n’est qu’une affaire de « bonne volonté antiraciste » à imposer, et les autres qu’il s’agit de faire reconnaître les droits modérés d’une « juste xénophobie ». Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto du nouvel apartheid spectaculaire (pas la version locale, folklorique, d’Afrique du Sud), il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie ; et tout se serait passé de même s’il n’y avait pas eu un seul immigré. Qui a décidé de construire Sarcelles et les Minguettes, de détruire Paris ou Lyon ? On ne peut certes pas dire qu’aucun immigré n’a participé à cet infâme travail. Mais ils n’ont fait qu’exécuter strictement les ordres qu’on leur donnait : c’est le malheur habituel du salariat.

      Combien y a-t-il d’étrangers de fait en France ? (Et pas seulement par le statut juridique, la couleur, le faciès.) Il est évident qu’il y en a tellement qu’il faudrait plutôt se demander : combien reste-t-il de Français et où sont-ils ? (Et qu’est-ce qui caractérise maintenant un Français ?) Comment resterait-il, bientôt, de Français ? On sait que la natalité baisse. N’est-ce pas normal ? Les Français ne peuvent plus supporter leurs enfants. Ils les envoient à l’école dès trois ans, et au moins jusqu’à seize, pour apprendre l’analphabétisme. Et avant qu’ils aient trois ans, de plus en plus nombreux sont ceux qui les trouvent « insupportables » et les frappent plus ou moins violemment. Les enfants sont encore aimés en Espagne, en Italie, en Algérie, chez les Gitans. Pas souvent en France à présent. Ni le logement ni la ville ne sont plus faits pour les enfants (d’où la cynique publicité des urbanistes gouvernementaux sur le thème « ouvrir la ville aux enfants »). D’autre part, la contraception est répandue, l’avortement est libre. Presque tous les enfants, aujourd’hui, en France, ont été voulus. Mais non librement ! L’électeur-consommateur ne sait pas ce qu’il veut. Il « choisit » quelque chose qu’il n’aime pas. Sa structure mentale n’a plus cette cohérence de se souvenir qu’il a voulu quelque chose, quand il se retrouve déçu par l’expérience de cette chose même.

      Dans le spectacle, une société de classes a voulu, très systématiquement, éliminer l’histoire. Et maintenant on prétend regretter ce seul résultat particulier de la présence de tant d’immigrés, parce que la France « disparaît » ainsi ? Comique. Elle disparaît pour bien d’autres causes et, plus ou moins rapidement, sur presque tous les terrains.

      Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession ; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leurs pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d’autres. Et les Français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement.

      Avec l’égalisation de toute la planète dans la misère d’un environnement nouveau et d’une intelligence purement mensongère de tout, les Français, qui ont accepté cela sans beaucoup de révolte (sauf en 1968) sont malvenus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immigrés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation, que des immigrés.

      Il vivra des gens sur la surface de la terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.

      Guy Debord, 1985

      Source : Guy Debord, Œuvres complètes , Gallimard, 2006, p. 1588-1591.

    • Ce texte de Debord est puant d’ambiguïtés et de condescendance. Rien d’étonnant à ce que les xénophobes du Lys noir et d’E&R puisse le reprendre tel quel sans que cela ne leur pose de problème idéologique.

    • à ce jour, le principal reproche que je fais au texte de Debord, c’est d’apparaître tout de même comme cruellement daté, et de relever d’une lecture de la question du racisme au sein de laquelle la blancheur n’est pas une catégorie politique , le racisme n’est pas conçu comme un système de rapports sociaux de domination , bref, l’approche de la question n’y est pas matérialiste pour deux sous.
      Il se trouve que de tels manques théoriques abyssaux caractérisent justement tous les écrits publiés sur Mondialisme et par Y. Coleman à propos du racisme aujourd’hui.

      Que Mondialisme choisisse d’interpréter en compagnie de quelques nazillons ce texte comme « raciste » (même si c’est pour le condamner) tout en s’en tenant lui-même à une semblable misère théorique (dont seuls des blancs peuvent se contenter dans cette affaire) pose à mes yeux un problème autrement plus actuel et urgent que le constat de limites similaires chez un Debord il y a trente ans - limites qui étaient alors aussi celles de l’ensemble de l’antiracisme blanc.

      Que Mondialisme essaie grossièrement de donner de la sorte des gages du sérieux et de la radicalité (se payer Debord, ça en jette encore) de son anti-racisme abstrait, moral et assurément très blanc me paraît digne d’être relevé.

      Les termes en lesquels ces gens tiennent à voir abordée la question sont désormais dépassés. Pour parler en langage marxiste, il y a déjà pas mal d’années que leur critique a commencé de sentir le pourri.

    • D’autant que ceux qui lisent vraiment ce qu’écrit Y.C. depuis 13 ans sur le sujet savent très bien qu’il n’est ni « pro-israélien » ni sioniste (c’est marrant d’ailleurs parce que Lieux communs par exemple considère qu’il serait plutôt pro-Hamas et pro-islamiste !).

    • Donc Y.C. qui n’est pas « blanc », en fait l’est ; et @martin5 qui l’est peut-être, ne l’est pas ! Une chatte n’y retrouverait pas ses petits comme disait ma grand-mère. Et en terme d’abstraction vous vous posez là !

    • @Rubber

      J’ai parlé de la blancheur comme catégorie politique, et de rapports sociaux de domination.

      Que vous le vouliez ou non, vous êtes tout comme moi, Coleman et qui que ce soit pris au sein de ces rapports. Et ni vous ni lui ni moi n’avons le pouvoir de nous en abstraire magiquement.

      L’antiracisme blanc n’est même pas une moitié d’antiracisme. C’est d’abord et surtout un discours de dominant au sein des rapports sociaux de domination de race. En premier lieu, c’est son confortable soliloque que les prises de paroles des racisé-e-s menacent.

      Faites avec, ou pas : c’est à vous de voir ce que vous voulez faire. Personne ne le fera à votre place.

    • @anarchosyndicalisme : on ne tolère pas l’"insulte ad personam" dans vos fils ? Je comprends, ça a l’air bien plus grave que l’argumentum ad personam ou la simple insulte ! Ce qui m’étonne, par contre, c’est qu’en plus du zeste de cuistrerie, on y tolère néanmoins l’anathème, la citation tronquée et la censure à la petite semaine avec la bonne conscience libertaire en sautoir. Manifestement je me suis égaré en venant ici, je change donc de file. Bonne continuation dans votre voie.


  • La #CNT-AIT de #Toulouse – L’Atelier idéal
    #Anarchosyndicalisme !
    vous invitent aux

    « PREMIERES JOURNEES ICONOCLASTES »
    29 - 30 – 31 mai 2015
    Dans les locaux de « La Chapelle »,
    36 rue DANIELLE CASANOVA - TOULOUSE
    (Métro : Compans ou Canal du Midi)


    VENDREDI 29 MAI

    18 h : Accueil – apéro
    20 h 15 : Conférence de #Françoise_MORVAN :
    « #Ethnorégionalisme et #ultralibéralisme : la Bretagne pour laboratoire »

    Une langue qui meurt, c’est une part du patrimoine de l’humanité qui disparaît : au nom de cette évidence, on s’emploie à sauver le breton, qui n’est plus guère parlé que par moins de 1 % des jeunes en Bretagne. Juste cause, mobilisant des militants dévoués ?
    Oui, jusqu’au moment où l’on prend conscience des enjeux réels du combat régionaliste.
    Après un étrange périple au sein des milieux régionalistes bretons, Françoise Morvan, originaire du centre de la Bretagne, a conduit une réflexion sur l’instrumentalisation qui est faite de la langue et de la culture bretonnes à des fins politiques et commerciales.
    Si elle a mené une enquête à la fois historique et sociologique en Bretagne, celle-ci ne concerne pas seulement cette région mais bien toute l’ « Europe des ethnies » qui trouve à présent l’appui des tenants de l’ultralibéralisme.

    Questions – Réponses. Entrée libre.

    SAMEDI 30 MAI

    11 h à 13 h : Petit déjeuner et Table ronde autour des régionalismes
    (A la suite de la conférence de la veille de F. Morvan). Débat avec la salle - Entrée libre.

    16 h 00 : Conférence d’#Yves_COLEMAN :
    « L’#antisémitisme de gauche »

    La plupart des militants et des intellectuels de gauche ou d’extrême gauche considèrent que l’antisémitisme tout court serait un fléau en voie de quasi disparition, alors pourquoi diable s’intéresser à « l’antisémitisme de gauche »… ? Pourtant cet antisémitisme existe depuis près de deux siècles et a pris différentes formes dont il faut à la fois retracer l’histoire au sein du mouvement ouvrier, mais aussi souligner les continuités et les discontinuités jusqu’à l’antisémitisme mondialisé actuel, qui, dans la grande communion du cyberespace, fédère toutes les formes d’antisémitisme, du vieil antijudaïsme religieux chrétien et musulman à l’antisémitisme racial, nationaliste, anti-capitaliste ou anti-impérialiste, permettant à des groupes et des individus très différents politiquement de communier dans la même haine (assumée ou pas) : celle du Juif… Sans une telle vision d’ensemble de l’antisémitisme de gauche, il est impossible de comprendre la portée de l’assassinat d’Ilan Halimi (réduit à un simple fait divers par la gauche et l’extrême gauche en 2006), des meurtres commis par Merah, Nemmouche ou Coulibaly, mais aussi les alliances – a priori contre nature – entre l’extrême droite pro-islamiste, le politicien raciste Dieudonné et l’extrême gauche qui se prétend antisioniste.

    Débat avec la salle. Entrée libre.

    20 h 15 : Conférence de #Jordi_VIDAL :
    « #Postmodernisme : la stratégie, ou l’extinction des Lumières »

    « L’une des victoires du postmodernisme est d’être considéré (...) comme un mouvement profondément de gauche. (...). Il s’y entend comme personne pour soutenir toutes les postures et ne jamais défendre un seul combat qui évoquerait, même de loin, l’existence d’une lutte des classes. « L’indigène de la République » se substitue à l’exploité, les "queers" font l’impasse sur les luttes féministes et l’hétérosexualité devient un impérialisme à combattre. On conteste la domination de l’homme blanc abstrait, jamais celle de la marchandise concrète ».
    Ce bref extrait, tiré de l’un de ses ouvrages (1), donne à lui seul un aperçu de la réflexion de Jordi Vidal sur les dérives qui sclérosent l’esprit critique, le renvoyant à un simulacre de pensée et à de nombreux sophismes.
    Il dénonce, également, un monde où le « relativisme culturel » , fait « l’apologie de la différence pour la différence » . En bref, il dénonce les attaques contre le rationalisme des « Lumières » aux fins de perpétuer la servitude de l’Homme par l’Homme.
    (1) Servitude et simulacre (edts allia) Jordi Vidal.

    Débat avec la salle. Entrée libre.

    DIMANCHE 31 MAI

    11 h à 13 h : Atelier militant - sur inscription préalable auprès des organisateurs :
    « Analyse de trente ans de scissions dans les milieux libertaires » .

    13 h - 15 h : Pique-nique

    15 h 00 : Conférence d’#Yves_COLEMAN
    « Idéologues et militants du #social-chauvinisme »

    Le « social-chauvinisme » est une vieille expression polémique utilisée durant la Première Guerre mondiale par les socialistes marxistes internationalistes (Lénine, Luxembourg, etc.) pour dénoncer les sociaux-démocrates qui soutenaient leurs bourgeoisies nationales respectives en usant d’une phraséologie pseudo-radicale… Aujourd’hui on retrouve le même type d’arguments sociaux-patriotes chez des intellectuels (Todd, Lordon, Michéa, Ariès, les équipes du Monde diplomatique et de Politis, à gauche mais aussi à droite chez Taguieff, Finkielkraut, etc) et des organisations (ATTAC, PCF, Parti de Gauche, etc.) : cette mouvance critique « l’oligarchie » (vieux concept d’extrême droite), la dictature de la finance et la Bourse (idem) ; ils prônent un capitalisme industriel, productif, national et un Etat fort menant une politique keynésienne d’indépendance nationale, sans oublier, bien sûr, la défense des PME. Pour ce faire, ils s’affublent d’un masque critique, anticapitaliste ou altermondialiste, toujours chauvin. Démystifier ces discours et ces organisations est essentiel dans une période où la compétition économique entre les Etats européens ne fait qu’attiser les régionalismes, les nationalismes, et la xénophobie sous toutes ses formes.

    Débat avec la salle. Entrée libre.

    Consultez les sites : http://atelierideal.lautre.net et http://cntaittoulouse.lautre.net

    #journées_iconoclastes