• Le hasard au lieu du socialisme


    Les gens à Berlin consacrent un quart de leur budget au paiement de leur loyer. Une initiative berlinoise propose à présent la « socialisation » des logements gérés par des sociétés privées propriétaires de plus de 3 000 logements.
    La « Sozialisierung/Vergesellschaftung » n’est pas la nationalisation, mais la mise à la disposition de la gestion et de l’usage de biens par la société civile.
    Dans la loi fondamentale allemande (le « Grundgesetz » qui tient lieu de constitution) il y a un petit paragraphe qui prévoit la possibilité de « socialiser » des biens privés dans l’intérêt général. Personne n’a cherché à mettre cette loi en pratique jusqu’à aujourd’hui.
    La collecte de signatures pour initier un référendum pour cette initiative commencera en avril. Elle ne concernera qu’environ 200 000 sur 2 millions de logements [de là le mot "hasard" dans le titre de cet article] et parce qu’il faudra dédommager les propriétaires, elle a peu de chances d’aboutir. Mais elle servira peut-être à asseoir l’idée d’une nécessaire limitation des loyers.

    Kommentar Volksbegehren Enteignungen
    Zufall statt Sozialismus
    Eine Vergesellschaftung von Wohnungskonzernen wäre zwar rechtlich möglich. Helfen würde sie allerdings nur einer Minderheit der MieterInnen.
    Das Experiment ist spannend. In Berlin macht eine Initiative Furore, die große Wohnungsgesellschaften sozialisieren will. Am 6. April beginnt sie mit der Unterschriftensammlung für ein Volksbegehren. Erste Umfragen stellten eine Zustimmungsrate von 44 Prozent in Aussicht. Der Frust über steigende Mieten ist groß in Berlin. Verstaatlichung klingt da nicht mehr nach DDR, sondern nach Hoffnung.
    Juristisch ist das Projekt kaum zu stoppen. Artikel 15 des Grundgesetzes erlaubt nicht nur die Sozialisierung ganzer Wirtschaftszweige, sondern auch von Grund und Boden, einschließlich der darauf befindlichen Immobilien.
    Von dieser Option hat zwar seit 70 Jahren niemand Gebrauch gemacht, weil die Privatwirtschaft als deutlich effizienter galt. Aber das sind politische Argumente.
    […]
    Die wohl entscheidende rechtliche Hürde ist die Pflicht zur Entschädigung. Wer anderen das Eigentum entzieht, muss ihnen wenigstens den Wert ersetzen. […] Auch das ergibt sich aus dem Grundgesetz. Und auch deshalb war die Sozialisierung ganzer Wirtschaftszweige bisher so unattraktiv. Zwar muss nicht unbedingt der volle Marktwert als Entschädigung gezahlt werden. Die Summe kann aber auch nicht einfach so weit abgesenkt werden, dass sich eine hoch verschuldete Stadt wie Berlin das Abenteuer leisten könnte.
    Die Wohnungswirtschaft rechnet mit bis zu 25 Milliarden Euro Entschädigung, die Initiative nur mit 6,7 Milliarden Euro. Am Ende würde wohl ein Gericht über die Höhe entscheiden.
    […]

    http://www.taz.de/Kommentar-Volksbegehren-Enteignungen/!5579709

    #socialisation #loyers #Berlin


    • La #répartition_des_tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la #conversation (Première partie)

      Contrairement à l’impression première que l’on a, la conversation n’est pas une activité à laquelle on se livre spontanément ou inconsciemment. Il s’agit d’une activité structurée, ne serait-ce que par son ouverture, ses séquences et sa fermeture, et elle a besoin d’être gérée par les participant-e-s. Nous parlerons indifféremment de conversations, de dialogues ou de discussions pour faire référence à tout échange oral. Nous les caractériserons par le fait qu’aucun scénario n’en a été fixé à l’avance et que ces conversations sont en principe égalitaires, à la différence des entretiens dirigés, des cérémonies ou des débats. Nous allons donc nous intéresser à la gestion du dialogue mixte au regard du genre des personnes impliquées. Ainsi, nous verrons que les pratiques conversationnelles sont dépendantes du genre et nous en chercherons les conséquences sur le déroulement de la conversation.

      La conversation est une forme fondamentale de communication et d’interaction sociale et, à ce titre, elle a une fonction des plus importantes. Elle établit et maintient des liens entre les personnes, mais c’est aussi une activité « politique », c’est-à-dire dans laquelle il existe des relations de pouvoir. Dans une société où la division et la hiérarchie des genres est si importante, il serait naïf de penser que la conversation en serait exempte. Comme pratique sur laquelle nous fondons notre vie quotidienne, elle ne peut que refléter la nature genrée de la société. Nous nous demanderons si, au-delà du fait d’être un miroir de la société, elle ne réactive et ne réaffirme pas à chaque fois les différences et les inégalités de genre.

      La longueur des contributions

      Nous nous référerons constamment au modèle de conversation décrit par Sacks H., Schegloff E. et Jefferson G. en 1974. Selon ce modèle, les systèmes d’échange de parole sont en général organisés afin d’assurer deux choses : premièrement, qu’une seule personne parle à un moment donné et deuxièmement que les locutrices/teurs se relaient. La/le locutrice/teur peut désigner la/le prochain-e mais en général, ce sont les conversant-e-s qui décident de l’ordre des prises de parole. Le dialogue idéal suppose donc que l’un-e parle pendant que l’autre écoute, puis vice-versa et ainsi de suite, sans qu’il y ait de chevauchements de parole, d’interruptions ou de silence entre les tours. L’hypothèse est que ce modèle doit être valable pour tou-te-s les locuteurs/trices et toutes les conversations. Il devrait donc tendre dans son application à une symétrie ou à une égalité. Ce modèle est décrit comme indépendant du contexte, c’est-à-dire des facteurs tels que le nombre de personnes, leur identité sociale ou les sujets de discussion. Une fois mis en application, il devient toutefois sensible au contexte et s’adapte aux changements de circonstances dus aux facteurs évoqués plus haut.

      La première question sur laquelle nous nous interrogerons à propos du dialogue mixte concerne le temps de parole que chacun-e s’octroie. On présuppose généralement que les deux personnes aient un temps de parole assez similaire pour qu’elles puissent toutes deux exprimer leur point de vue, leurs sentiments, intentions ou projets de façon égalitaire. Le dialogue est perçu couramment par une majorité de personnes comme un lieu de partage et d’échange permettant de promouvoir une compréhension mutuelle où un-e interlocuteur/trice n’est pas censé-e prendre une plus grande partie de ce temps que l’autre.

      Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes. Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. Déjà en 1951, Strodtbeck a mis en évidence que dans des couples hétérosexuels mariés, les hommes parlaient plus que les femmes.

      Mais comment expliquer un tel décalage entre le stéréotype et la réalité ? Comment se fait-il que, bien que tou-te-s nous nous soyons retrouvé-e-s dans des situations où il était clair que les hommes monopolisaient la parole, si peu d’entre nous en aient profité pour questionner le bien fondé de cette croyance ?

      Dale Spender s’est penchée sur ce mythe de la femme bavarde afin d’en analyser le fonctionnement. Ce stéréotype est souvent interprété comme affirmant que les femmes sont jugées bavardes en comparaison des hommes qui le seraient moins. Mais il n’en va pas ainsi. Ce n’est pas en comparaison du temps de parole des hommes que les femmes sont jugées bavardes mais en comparaison des femmes silencieuses (Spender, 1980). La norme ici n’est pas le masculin mais le silence, puisque nous devrions toutes être des femmes silencieuses. Si la place des femmes dans une société patriarcale est d’abord dans le silence, il n’est pas étonnant qu’en conséquence, toute parole de femme soit toujours considérée de trop. On demande d’ailleurs avant tout aux femmes d’être vues plutôt qu’entendues, et elles sont en général plus observées que les hommes (Henley, 1975).

      On voit bien déjà ici que ce n’est pas la parole en soi qui est signifiante mais le genre. Une femme parlant autant qu’un homme sera perçue comme faisant des contributions plus longues. Nos impressions sur la quantité de paroles émises par des femmes ou des hommes sont systématiquement déformées. Je recourrai ici au concept toujours aussi pertinent du double standard utilisé par les féministes pour expliquer nombre de situations en rapport avec le genre. Un même comportement sera perçu et interprété différemment selon le sexe de la personne et les assignations qu’on y rapporte. Quel que soit le comportement en question, le double standard tendra à donner une interprétation à valeur positive pour un homme et négative pour une femme. Nous verrons que si les hommes peuvent donc parler autant qu’ils le désirent, les femmes, elles, pour la même attitude, seront sévèrement sanctionnées. De nombreux travaux se servent de l’évaluation différentielle des modes de converser des femmes et des hommes, nécessaire à l’étude de la communication genrée. Une étude faite lors de réunions mixtes dans une faculté montre la différence énorme de temps de parole entre les femmes et les hommes (Eakins & Eakins, 1976). Alors que le temps moyen de discours d’une femme se situe entre 3 et 10 secondes, celui d’un homme se situe entre 10 et 17 secondes. Autrement dit, la femme la plus bavarde a parlé moins longtemps que l’homme le plus succinct ! Beaucoup d’études à ce propos portent sur des contextes éducationnels, comme des classes. Bien que ceci dépasse le cadre du dialogue, il me semble intéressant d’en dire quelques mots. Sans faire une liste des différences de socialisation selon le sexe, qui sont déterminantes pour l’accès à la parole, je vais juste m’arrêter sur celles qui concernent plus spécifiquement l’espace de parole laissé à l’école aux filles et aux garçons.

      Les enfants n’ont pas un accès égal à la parole (Graddol & Swann, 1989). Dans les interactions de classe, les garçons parlent plus que les filles. Les enseignant-e-s donnent beaucoup plus d’attention aux garçons. Elles et ils réagissent plus vivement aux comportements perturbateurs des garçons, les renforçant de ce fait. Elles/ils les encouragent aussi beaucoup plus. Les échanges verbaux plus longs se passent majoritairement avec les garçons ainsi que les explications données. Et l’on sait combien il est difficile d’agir égalitairement, même en faisant des efforts. Une étude de Sadker & Sadker (Graddol & Swann, 1989) portant sur cent classes montre que les garçons parlent en moyenne trois fois plus que les filles. Qu’il est aussi huit fois plus probable que ce soient des garçons qui donnent des réponses sans demander la parole alors que les filles, pour le même comportement, sont souvent réprimandées.

      S’il me semblait important de commencer par la remise en question de ce premier mythe, c’est parce que parler plus longtemps que les autres est un bon moyen de gagner du pouvoir et de l’influence dans un dialogue. Ceci est d’ailleurs bien perçu par tout le monde. Chez Strodtbeck citée plus haut par exemple, les couples interrogés, et autant les femmes que les hommes, associaient à une plus grande quantité de parole une plus grande influence. Il s’agit maintenant de voir concrètement comment s’exerce cette influence et de montrer en quoi la quantité de paroles émises est un indicateur de dominance conversationnelle. En effet, le temps de parole est fonction de nombreux facteurs interactionnels, parmi lesquels le fait de pouvoir terminer son tour de parole sans interruption de la part de son interlocuteur semble être un des plus importants.

      http://lmsi.net/La-repartition-des-taches-entre

      Deuxième partie : Les pratiques conversationnelles des hommes
      http://lmsi.net/La-repartition-des-taches-entre,702


  • Pourquoi il faut (sérieusement) s’intéresser à Fortnite – Signaux Faibles
    https://signauxfaibles.co/2018/12/26/pourquoi-il-faut-serieusement-sinteresser-a-fortnite

    Pourquoi donc s’intéresser à un jeu vidéo lorsque l’on n’est pas soi-même joueur, ni proche de cet univers qui peut légitimement laisser de marbre ?

    Parce que Fortnite, phénomène de l’année avec plus de 200 millions de joueurs à fin novembre (en hausse de 400% par rapport à janvier), soit plus que le nombre d’habitants qu’un pays comme la Russie, constitue l’un de ces mouvements de fond qui préfigurent demain.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéos #Fortnite #Sony #Google #Amazon #Epic_Games #socialisation #enfants #ado

    • « Fortnite is not really a game about shooting people. It’s a game about escape. »

      lolz : et HBO is not TV.

      La puissance de Fortnite s’est notamment manifestée cette année avec le rapport de force exercé par son éditeur, Epic Games, face à Sony puis Google.

      Sony d’abord : le géant japonais, fabricant de la console PS4, a toujours eu pour habitude d’interdire la possibilité de jouer à un même jeu sur plusieurs plateformes (possibilité appelée cross-plateforme), dont celles de ses concurrents.

      « Depuis des décennies, des entreprises comme Sony, Nintendo et Microsoft fixent les standards de relations business avec les éditeurs de jeux. Puis Fortnite est arrivé ». (Matthew Gault)

      Suite à de nombreuses protestations de joueurs, mécontents de ne pas pouvoir utiliser leurs personnages sur d’autres plateformes, Epic Games a réussi le tour de force de faire plier Sony, qui a changé son fusil d’épaule fin septembre en autorisant le cross-plateforme pour Fortnite. Début septembre encore, le PDG de Sony lui-même affirmait qu’il n’en serait rien. Mais la pression des joueurs, symbolisée par le hashtag #BlameSony, aura eu raison de sa volonté.

      Pour Daniel Joseph, auteur de multiples études sur l’économie des plateformes de jeux, Fortnite établit une nouvelle tendance parmi les concepteurs de jeux vidéo : « c’est un nouveau business model qui émerge. Sony était jusqu’ici la plateforme. Maintenant, c’est la plateforme qui laisse une autre plateforme opérer par-dessus elle, avec sa propre économie interne. Je pense que ça les a surpris, et qu’ils sont maintenant obligés de suivre ces changements ».

      Le coup de maître le plus impressionnant d’Epic Games n’est pourtant pas celui-ci : il est surtout d’avoir réussi à outrepasser Google.

      D’ordinaire, tout éditeur passe par le magasin d’applications de Google (Google Play) pour permettre aux utilisateurs de smartphones sur Android d’accéder à ses applications : en contrepartie d’être listée et de pouvoir être téléchargée sur Google Play, l’application doit s’acquitter d’une commission de 30% sur chaque achat.

      Epic Games a décidé de ne pas faire lister Fortnite sur Google Play et d’inviter les utilisateurs désirant télécharger le jeu à se rendre directement sur son site, contournant ainsi Google et sa commission de 30%, jugée disproportionnée. Ce choix a constitué un pari commercial considérable mais a été permis par la puissance acquise par Fortnite en seulement quelques mois. Ce pari s’est avéré payant.

      Anyway c’est très intéressant parce que ça accrédite la thèse selon laquelle l’avenir du secteur se jouera hors des supports physiques type console. Là aussi les #plate-formes et le #streaming vont accélérer la dématérialisation des #jeux_vidéo.

      Cf. https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/16/jeux-video-la-revolution-du-streaming_5398439_3234.html

      Fortnite : une plate-forme qui fait la nique à Sony et aux GAFA, ça me rappelle Netflix faisant la nique à… Sony et autres majors du #divertissement. Même si les GAFA n’ont pas dit leur dernier mot en matière de #SVOD : Amazon Prime Video est bien engagé, Facebook Watch, Youtube Originals, Apple TV vont grandir. (Mais je suis ptet obsédé, quand on travaille sur un sujet on a tendance à le voir partout.)

      En l’occurrence, en tout cas : Fortnite se la joue cross-plate-formes, mais à la fin ça profite à Epic Games, soit un éditeur de jeux vidéo qui veut lancer son propre magasin d’applications, c’est-à-dire… une plate-forme, pour faire la nique à une autre — Steam —, avec pour seule ambition de proposer une meilleure rémunération des auteurs, ce qui est déjà ça me direz-vous.

      Enfin :

      Le visionnage de jeux vidéo en tant que contenus concurrents de programmes TV, vidéos et films connaît une croissance qui ne devrait que s’accélérer. Par le passé, le spectateur regardait la #télévision ; aujourd’hui, les nouvelles générations regardent #Netflix et YouTube ; les générations suivantes se tourneront vers les plateformes comme #Twitch, leader actuel du streaming de compétitions d’#esport.

      Il n’est pas anodin que dans sa dernière lettre aux actionnaires, Netflix ait écrit : « We compete with (and lose to) Fortnite more than HBO. »

      NB. Sur quoi repose la fluidité cross-plate-formes de Fortnite ? #AWS d’Amazon (comme Netflix). Et qui a racheté Twitch en 2014 ? #Amazon.

      Bref, à la fin c’est toujours Jeff Bezos qui gagne.


  • Gagner du temps, mutualiser des moyens, rompre l’isolement : les « banques de travail » favorisent l’entraide agricole
    https://www.bastamag.net/Gagner-du-temps-mutualiser-des-moyens-rompre-l-isolement-les-banques-de-tr

    S’organiser collectivement pour gagner du temps et pour sortir de l’isolement. C’est l’idée des banques d’entraide ou « banques de travail », un système qui permet aux agriculteurs de s’échanger des services en fonction des besoins et des « coups de bourre » à certaines périodes de l’année. Une comptabilité simplifiée garantit la réciprocité entre les participants. Peu connu, le système présente de nombreux avantages : gains de temps, mutualisation du matériel et limitation de l’endettement, ou encore diffusion (...)

    #Inventer

    / #Agriculture, #Travailler_autrement, Quelle agriculture pour demain ?, A la une, #Reportages, #Conditions_de_travail, Transformer le (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Transformer_le_travail


  • La Tricontinentale. Les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel -
    https://www.cetim.ch/product/la-tricontinentale-les-peuples-du-tiers-monde-lassaut-du-peuple

    Le 3 janvier 1966 s’ouvre à la Havane la Conférence de solidarité avec les peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, plus connue sous le nom de #Tricontinentale. Vers la capitale cubaine convergent des représentants de tous les mouvements de libération et de toutes les organisations luttant contre « le #colonialisme, le #néocolonialisme et l’#impérialisme » du #tiers-monde. Des personnalités importantes comme le chilien #Salvador_Allende ou le guinéen #Amilcar_Cabral sont également de la partie. Certains des délégués ont quitté pour quelques jours leurs maquis pour participer à cette rencontre inédite. D’autres ont fait un périple de plusieurs milliers de kilomètres pour éviter les arrestations et participer au rendez-vous des #damnés_de_la_terre.

    Au menu des débats se trouve la solidarité avec le peuple vietnamien et avec les autres luttes de libération nationale. L’ambition est aussi de coordonner les #luttes des trois continents. Jamais une rencontre n’a suscité autant d’espoir chez les uns et autant de crainte chez les autres.
    La Tricontinentale prit des décisions et décida d’une organisation tricontinentale pour les mettre en œuvre. Elle participa à la #socialisation politique de toute une jeunesse au quatre coins du monde. Des rues de Paris à celles d’Alger, des maquis d’Angola aux campus de New-York, l’écho de la Tricontinentale se fait entendre pendant plusieurs décennies. Il porte l’espoir d’un nouvel ordre économique et politique mondial plus juste, plus égalitaire, plus solidaire.
    #livre
    Le monde a changé depuis la Tricontinentale mais les questions posées et les stratégies déployées restent d’une grande modernité. La connaissance de cette période, de ses espoirs, de ses luttes et de ses erreurs est indispensable aux combats d’aujourd’hui.



  • Une contre-histoire de Mai 68
    http://www.laviedesidees.fr/Une-contre-histoire-de-Mai-68.html

    Que nous révèle l’étude de celles et ceux qui ont fait Mai 68 ? Selon Julie Pagis, elle montre que les expériences politiques ont été diverses, que ceux qui se sont engagés ont des profils différents et que ces événements permettent de mieux comprendre les luttes sociales d’aujourd’hui.

    #Entretiens

    / #révolution, #engagement, #évènement, #socialisation


  • Sports virils et hommes « respectables » dans les quartiers populaires - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Sports-virils-et-hommes-respectables-dans-les-quartiers-populaires.h

    C’est tout l’intérêt de l’ouvrage que de faire la démonstration empirique de l’ambivalence des effets de la #socialisation sportive de cette jeunesse masculine des quartiers paupérisés et stigmatisés. En décrivant finement la manière dont « les pratiques étudiées oscillent entre #émancipation et ajustement à la position dominée » (p. 106), l’enquête menée par Akim Oualhaci montre bien qu’il existe au sein de ces espaces sportifs une tension entre la culture populaire et la culture légitime. Perçues par les enquêtés comme des « écoles de la vie », les pratiques sportives étudiées sont à la fois des « bastions de sociabilité masculine populaire au moment où le mouvement ouvrier et ses institutions se désagrègent et se “privatisent” » (p. 322) et des espaces où se desserre « l’étau d’un destin social cloisonné » (p. 9). Autrement dit, elles valorisent la force physique et les valeurs de #virilité – par ailleurs disqualifiées, voire racialisées – et, dans le même temps, elles permettent l’acculturation des pratiquants à une culture légitime par l’intériorisation de certaines normes, en introduisant notamment un nouveau rapport au corps, à la santé, à l’esthétisme des techniques et à l’avenir. Pour autant, les pratiquants se heurtent au manque de légitimité des capitaux accumulés dans les autres sphères du social, comme sur le marché de l’emploi. La socialisation sportive contribue ainsi à la construction d’un capital culturel incorporé et d’un capital social qui tend à maintenir ces jeunes sportifs à distance de la « rue » et participe de leur autonomie, tout en restant ajustée à leur « culture populaire ». En ce sens, elle favorise avant tout la « réorganisation des formes de sociabilité populaire mises à mal par la désindustrialisation » (p. 322).

    • Par ailleurs, l’auteur, s’il étudie la construction de la virilité dans des sports majoritairement investis par des hommes et les effets de la présence de quelques femmes sur les sociabilités populaires, n’aborde pas la question des relations quotidiennes entre les hommes et les femmes. Or « la masculinité » [5] – à comprendre de manière relationnelle et comme constitutive des rapports sociaux de genre (Connell 2014) – génère un certain rapport aux femmes qui s’exprime aussi dans les interactions avec l’autre groupe de sexe (Goffman 2002).

      Comme d’habitude dans l’étude « des masculinités », la domination des hommes sur les femmes est effacée. Ici le reproche fait à la culture viril du sport c’est que ca normalise la hiérarchie intramasculine.
      #virilité #domination_masculine #classisme #racisme #mâle-alphisme

    • C’est exactement pour cela que j’ai référencé ce papier : l’invisibilisation des femmes dans ce processus me semblait monstrueusement porteuse de sens, comme le fait que la virilisation des pratiques sportives impliquent le surinvestissement dans les infrastructures dédiées aux sports « masculins » et donc la minoration des espaces « féminins », non seulement dans les pratiques du corps, mais carrément dans toute la structure de la ville.


  • La petite société des enfants
    http://www.laviedesidees.fr/La-petite-societe-des-enfants.html

    Comment les enfants perçoivent-ils le monde qui les entoure, du plus proche – les parents, les amis – au plus lointain – le travail, la politique ? La sociologie dialogue ici avec la psychologie pour décrire les processus socialement différenciés par lesquels les enfants en viennent à penser et se penser.

    Livres & études

    / #enfance, #socialisation, #école

    #Livres_&_études


  • More people than ever before are single – and that’s a good thing
    http://theconversation.com/more-people-than-ever-before-are-single-and-thats-a-good-thing-7465

    The ascendancy of single living has left some in a panic. US News & World Report, for example, cautioned that Americans think the country’s moral values are bad and getting worse, and one of the top reasons for their concern is the large number of people remaining single.

    But instead of fretting, maybe we should celebrate.

    I’m a social scientist, and I’ve spent the past two decades researching and writing about single people. I’ve found that the rise of single living is a boon to our cities and towns and communities, our relatives and friends and neighbors. This trend has the chance to redefine the traditional meaning – and confines – of home, family and community.

    #célibat #relations #socialisation


  • Carine Guérandel, Le #sport fait mâle
    http://lectures.revues.org/21203

    2Dans un premier chapitre, l’auteure retrace de manière claire et précise l’histoire des politiques d’intégration par le sport depuis le début des années 80 et la première « crise des banlieues » et en propose une analyse sous l’angle du genre. Elle montre comment, en se focalisant sur l’insertion et la #socialisation des garçons de cité - ces jeunes considérés comme « potentiellement dangereux »-, les filles ont été « oubliées » des dispositifs, provoquant inévitablement des #inégalités entre les sexes dans l’accès aux pratiques sportives et plus largement dans les espaces sociaux dans lesquels ils évoluent. Elle étaye et complète ses propos par une analyse de la vision naturalisante et stigmatisante du « garçon arabe »2 principalement véhiculée par les médias et de la figure, elle aussi stéréotypée, de la « fille de cité », la plupart du temps « beurette victime » mais aussi crapuleuse3 ou « fille voilée ». Cela lui permet de poser la question de l’influence de ces #stéréotypes sur le monde sportif et notamment sur les politiques sportives et actions menées à destination des filles.


  • Le #décrochage_scolaire, intimement lié aux #stéréotypes

    La persévérance scolaire ainsi que les parcours de décrochage et de raccrochage scolaires sont influencés par la #socialisation_sexuée, affirme Xavier Brouillette. Le réseau Réussite de Montréal vient de publier un guide intitulé Persévérer dans l’#égalité ! Le professeur de philosophie rappelle que, non seulement le décrochage est lié à des stéréotypes, mais il les renforce.

    http://ici.radio-canada.ca/emissions/le_15_18/2015-2016/chronique.asp?idChronique=404428
    #école #éducation #genre


  • Échec scolaire : il faut agir dès la maternelle. À 11 ou 12 ans, il est déjà trop tard (Obs)
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1474912-echec-scolaire-il-faut-agir-des-la-maternelle-a-11-ou-12-a

    Une question hante le débat sur l’école, celle de l’échec scolaire et de ses conséquences sociales désastreuses. Les années, les décennies, passent, et rien ou presque ne change. Pourtant le diagnostic existe depuis très longtemps, et les solutions aussi.

    En 1966, j’écrivais dans la revue « L’école maternelle » un article présentant les trois volets essentiels du développement des enfants entre 3 et 6 ans : le #langage, la #psycho-motricité et la #socialisation. 50 ans plus tard, au soir de ma vie, je constate que nous n’avons toujours pas réalisé ce progrès décisif. Pourquoi ?

    #éducation #école_maternelle #échec_scolaire #inégalités

    • Après ces trois premières années marquées par la famille avec la chance/malchance d’être né là plutôt qu’ailleurs, l’école maternelle dispose donc de trois autres années pour agir, dans trois domaines fondamentaux.

      En vérité dans notre pays, une grande partie des enfants sont gardés, et seulement parfois éduqués, essentiellement par les crèches et par les assistantes maternelles, entre 3 mois et 3 ans. Les parents… ils ont leurs enfants surtout le matin pour vite s’habiller pour partir à la crèche/assmat, et le soir pour le bain/douche, repas et dodo. Ce sont les crèches et assmats qui voient très souvent leurs premiers vrais pas, leurs premières paroles construites, etc.

      On a pas fait d’études chiffrées hein, mais nous on a bien l’impression que c’est une infime minorité des crèches et (souvent pire) des assmats [1], qui font de l’éducation pendant ces 3 premières années. À la motricité du corps et à la motricité fine, à respecter un « non » et à dire « non » soi-même, au partage de l’espace et de la parole, et moult autres choses.

      Ce n’est pas en ayant leurs enfants 1h le matin (sans rien faire d’intéressant), et 2h le soir (18h-20h grand max), que les parents peuvent éduquer leurs propres enfants à tout ça. Enfin si on peut, mais mal, et partiellement, bancalement.

      Donc en gros, ni les parents, ni une bonne partie de celleux à qui les parents donnent les enfants ne font ce travail. Ça fait déjà pas mal de boulot à rattraper pour les instits des maternelles…

      À quand l’obligation de formation à la motricité libre… aux activités Montessori (ou autre) pour bébé-très jeune enfant (ça existe, et plein !)… à l’écoute des émotions (accepter les pleurs)… à l’apprentissage de l’autonomie et à l’entraide… pour toute personne voulant travailler en crèche ou être assmat ?

      [1] On peut citer comme mauvaise exemple majoritaire (j’insiste) : laisser pleurer les enfants dans une pièce à part, sortir au parc pour parler entre assmat sans rien faire faire aux enfants, promener les enfants en laisse au parc, télévision longtemps (et sur des chaînes, pas sur des DVD choisis), ne jamais lire ou seulement 2 ou 3 merdes genre petit ours brun une fois par semaine… matraquer les gosses de clichés fille-garçon… mettre la tétine toute la journée… je peux continuer longtemps comme ça…

    • Mais sinon, toutes les points qu’elle aborde pour les instits de maternelle, oui, je suis tout à fait d’accord. Là tout de suite maintenant, c’est à elleux de leur apprendre ou corriger tout ça.

      Mais moi je pense juste que ça doit commencer encore plus tôt, car plus tôt contrairement à ce qu’elle dit : ce ne sont pas les parents qui les ont le plus, mais là aussi des intervenant⋅e⋅s payé⋅e⋅s ou subventionné⋅e⋅s par l’État : crèches et assmats.

    • Oui, la coupure préscolaire/école maternelle est l’angle obscur de toute réflexion sur l’école maternelle… d’autant que la scolarisation des « 2 ans » lorsqu’elle a pu avoir lieu n’était pas tellement accompagnée de manière satisfaisante par l’EN.

      Et, oui, la formation des personnels petite-enfance comme celle des enseignants est essentielle. Mais dans l’EN en tout cas, c’est fini (enfin si tu peux regarder des « distanciels » chez toi en grignotant des chipsters).

      Notons quand même, que cette personne peut reposer une problématique en des termes identiques (et donner les mêmes conseils) à un demi-siècle de distance. Il y a donc là quelque chose qui dépasse aussi la question des moyens (pour la formation, notamment, donc).

    • 100 % d’accord avec l’article d’Arlette Bourcier-Muchielli et voici des souvenirs qui remontent à la surface.
      À l’École Normale où j’ai fait ma formation (2 ans post-bac), nous avions un cours de "pédagogie de l’École Maternelle). On y parlait entre autre de développement du langage, d’acquisition de compétences en psychomotricité et de développement sensorimoteur. On pourra utilement construire des ponts entre tout ça et les pédagogies dites « alternatives » comme « Montessori ». La Grande Section n’était pas encore devenue un petit CP mais grâce à une approche par le biais de la langue orale, on jetait cependant les bases de l’apprentissage de la lecture. Dans chaque département, il y avait un-e inspecteur-trice dédié-e à l’École Maternelle qui pilotait des projets pédagogiques pour ce niveau de scolarité. Ayant moi-même effectué un stage d’un mois dans une « classe enfantine » (trois niveaux de maternelle dans le même classe), j’avais trouvé beaucoup d’intérêts à enseigner à de très jeunes enfants (de 3 à 6 ans) : la collègue qui me « tutorait » avait elle-même une grande expérience et les compétences particulières requises pour cette tranche d’âge. C’est à partir des années 90 que ça a commencé à se gâter pour l’École Maternelle avec l’épidémie d’évaluationnite aigüe ...
      Et, pour terminer, un scandale que peu de personnes dénoncent : les effectifs dans ces classes où l’on voit souvent le nombre d’enfants dépasser 30. Quelles actions efficaces peut-on mener dans de telles conditions ? Inévitablement, on tombe dans le gardiennage et l’occupationnel (occuper les enfants pour qu’ils aient quelque chose à faire et que surtout ils ne perturbent pas le « bon fonctionnement » du reste de la classe). Si l’on voulait redonner sa place à l’enseignement à l’École Maternelle, il ne faudrait pas dépasser 20 comme effectif par classe. Mais là ...


  • La #socialisation de #genre et l’émergence des inégalités à l’#école_maternelle : le rôle de l’#identité_sexuée dans l’expérience scolaire des #filles et des #garçons

    Notre contribution à ce numéro thématique, sous la forme d’un texte de réflexion, s’attache à rendre compte des mécanismes psycho-sociaux par lesquels les enfants se différencient progressivement en tant qu’individus sexués et s’inscrivent au fil de leurs expériences scolaires dans des orientations scolaires et professionnelles inégalitaires. En référence aux travaux sur la socialisation active et plurielle et en plaçant la construction de l’identité sexuée au cœur des dynamiques d’orientation, nous montrerons comment, dès l’école maternelle, il est possible d’interroger autrement les effets de cette socialisation de genre sur l’expérience scolaire des filles et des garçons.

    https://osp.revues.org/3680
    #éducation

    • Les jeux traditionnels des filles (corde à sauter, élastique, etc.) contiennent moins de leçons morales que ceux des garçons. La rivalité y est indirecte car elles jouent souvent à tour de rôle et la réussite de l’une ne signifie pas obligatoirement l’échec des autres. Pour Gilligan (1986, cité dans Zaidman, 1996), les filles apprennent ainsi à être « sensibles » et à respecter les sentiments d’autrui. Alors que les jeux des garçons les poussent à jouer avec leurs ennemis, à rivaliser avec leurs amis, à s’imposer et surtout à rentrer dans une logique de compétition. Les filles sont ainsi plus encouragées à s’inscrire dans un monde fondamentalement social alors que les garçons apprennent au fur et à mesure de leur développement qu’ils peuvent faire confiance en leurs propres capacités.

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      Zaidman (1996), puis Baudelot et Establet (2002) évoquent une culture masculine de l’« agon » qui se développe lors de la scolarité des garçons. Ce concept désigne la culture de la lutte dans tous les aspects de la vie, personnels comme professionnels. Cette culture serait moins intériorisée et valorisée par les filles qui, elles, développeraient plutôt un esprit d’entraide et de respect d’autrui. Baudelot et Establet (2002) expliquent à la fois la meilleure réussite des filles et le choix préférentiel d’orientations moins rentables que celles choisies par les garçons, par la permanence de modes de socialisation de genre qui, selon eux, entraînent docilité, soumission et entraide chez les filles, autonomie et esprit de compétition chez les garçons.


  • Comment les réseaux sociaux ont fait de nous des touristes de nos propres vies | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/2015/03/06/comment-les-reseaux-sociaux-ont-fait-de-nous-des-touristes-de

    “Dans un paysage numérique construit sur la #visibilité, le plus important, ce n’est pas tant le contenu de ce que vous postez que l’existence même de vos publications”, écrit-il. Et d’ajouter que les #réseaux_sociaux ont tellement modifié notre comportement que cette pulsion de partager ce que nous faisons pour le faire savoir aux autres est presque devenue une seconde nature. 

    Toute-puissante notification

    On pourrait se demander ce qui nous pousse à rester sur Facebook ou sur Instagram, à continuer de #suivre, encore et encore, des flux de photos et de statuts. “L’explication, c’est que tout le monde le fait.

    #socialisation du #narcissisme et #individuation


  • Réagir face au récit d’une agression sexuelle - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2015/10/08/reagir-recit-agression-sexuelle

    Il importe de comprendre qu’hommes et femmes ne sont pas socialisés de la même manière. J’avais écrit il y a quelques années ce texte Tu seras violée ma fille qui avait suscité beaucoup de partages chez des femmes (y compris des femmes peu sujettes à partager des textes féministes) et beaucoup d’incompréhension chez les hommes. Beaucoup de femmes se retrouvaient dans cette description où je démontrais combien les femmes sont éduquées à avoir peur de l’agression sexuelle.
    Le texte Le trottoirgate ou comment la peur vint aux femmes suscita lui aussi le même type de réaction. Il était difficile pour les hommes de comprendre deux choses ; que les femmes aient peur et qu’elles aient peur d’eux. L’idée que les femmes sont éduquées à avoir peur est une idée difficile à faire passer tant on inculque le contraire aux hommes ; les hommes sont éduqués dans l’idée qu’ils ne doivent avoir peur de rien sinon ils ne seront pas virils. Un homme est poussé à prendre des risques, à dépasser les limites, à ne jamais montrer sa peur. Une femme au contraire est davantage censée faire attention, se méfier des inconnus, se méfier de ce qu’elle fait, de ce qu’elle porte, de ses attitudes ; bref à avoir peur.
    Beaucoup de femmes sont élevées dans la peur ; on leur enseigne jour après jour que si elles se conduisent mal (sans vraiment expliquer ce que le « mal » signifie. ca peut commencer par « sortir le soir seule ») elles sont violées. Pour autant, on n’apprend pas aux femmes à se défendre. Dans le texte Les avantages à naître et grandir homme en France, je montrais combien on apprend aux femmes à être douces et calmes. Ainsi dés à l’âge de 5 ans, les filles commencent à inhiber leur agressivité tant cela n’est pas considéré comme une attitude féminine. Au contraire, on encourage fortement l’agressivité chez les petits garçons ; c’est assimilé au fait d’avoir « du tempérament » de la « testostérone » ; celui qui sera jugé comme trop doux sera souvent malmené, insulté, harcelé.

    #socialisation #agression #viol


  • A Saint Denis, l’AMAP est anarchiste et ça marche très bien - Reporterre
    http://www.reporterre.net/A-Saint-Denis-l-AMAP-est

    Comme les autres, elle permet à des consommateurs d’accéder à des paniers de légumes de saison tout en payant à l’avance leur consommation auprès d’un producteur.

    Sauf que cette Amap installée au cœur d’un quartier populaire de Saint-Denis (93) n’en est pas vraiment une. Elle n’est pas constituée en association et n’a pas de statuts déposés en préfecture. Et pour cause, elle est anarchiste ! A Court-circuit, pas de chefs, de président, de trésorier ou de secrétaire. Les initiateurs du projet ont fait le choix de ne pas constituer de bureau afin d’éviter toute hiérarchie.

    « Généralement, les gens créent des Amap pour les légumes, lance Jean-Claude, un des initiateurs. Nous, on l’a fait pour créer une dynamique, du lien et expérimenter l’autogestion... Et au final on a des légumes ! Ce qui nous intéresse c’est comment les gens vont s’organiser sans espace de pouvoir », explique cet infatigable militant libertaire d’une soixantaine d’années camouflé dans un accoutrement de dandy.

    #amap #socialisation #autogestion


  • ESPAGNE • Comment combattre le #sexisme à la #récré ? | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/2014/05/27/comment-combattre-le-sexisme-a-la-recre

    Le programme de mixité que le gouvernement basque a lancé cette année se caractérise par une mesure novatrice : la réorganisation des espaces de jeux pendant la récréation. Avec ce projet, le ministère de l’Education veut éviter toute « répartition sexiste » des zones de loisirs. « La hiérarchie des jeux, les comportements des élèves ou le manque d’organisation spatiale font que généralement les garçons sont au centre, avec le football comme activité reine, et que les filles sont repoussées sur les côtés », souligne le projet.

    #éducation #école

    • Un horaire a été attribué à des jeux chaque jour de la semaine. De cette manière, les garçons et les filles peuvent choisir leur activité et ils savent où elle va avoir lieu. "Quand on leur laissait le champ libre, les garçons finissaient par occuper tout l’espace avec le football, souligne la directrice, Sandra Viota. Les filles avaient bien intériorisé tout cela et ne se plaignaient pas.

      Ajouter quelques contraintes peu coûteuses (ni matériellement ni psychologiquement), versus la loi de la jungle.

    • Les filles avaient bien intériorisé tout cela et ne se plaignaient pas.

      Je le note car je vois de plus en plus d’exemples sur l’incapacité « naturelle » à émettre une demande de la part des dominés, en l’occurrence, des #femmes.
      #inégalités

    • Depuis quelque temps, j’observe carrément des stratégies de soutien agressifs à l’oppression de la part des opprimés sur l’air de la source « naturelle » de la domination, du « chacun à sa place ». Beaucoup de femmes de mon âge élèvent manifestement leurs filles dans l’objectif de servir l’homme qui va les entretenir. Cela se voit notamment dans les stratégies scolaires où les filles sont invitées à ne pas couter cher (ne pas viser d’enseignement supérieur) et à vite apprendre un métier utile pour apporter un « complément » de salaire à la future maison.

      Il est vrai que dans ma génération, pour les femmes prolétaires, la libération des femmes s’est surtout traduite par celle des hommes de leurs obligations familiales qui sont entièrement retombées sur les épaules des femmes, dans un contexte où les inégalités professionnelles perdurent. Autrement dit, elles se sont majoritairement retrouvées toutes seules à assumer une famille avec des moyens ridicules et tout en étant stigmatisées par les services sociaux.

      Ici, les vignes, les abattoirs sont remplis de mères courage qui se tuent la santé pour le SMIC (le plus souvent des bouts de SMIC) et qui élèvent seules leurs enfants. La vie qu’elles ont est assez horrible, franchement.

      Mais sous la pression d’un marché du travail hyper concurrentiel où le modèle de compétence reste l’homme blanc middle age, les femmes diplômées de mon âge ont aussi été rondement éjectées des places qu’elles avaient réussi à grappiller à la première maternité et stagnent ensuite dans le précariat, alors qu’il est évident qu’elles ont dû être meilleures que les hommes pour prétendre à de moins bonnes places.

      Du coup, celles qui bénéficient encore de la protection relative d’un ménage contre la pauvreté ont cessé de lutter sur tous les fronts et plutôt que de dépenser une énergie insensée à tenter de revenir dans la course à l’échalote, adoptent un discours et des comportements réactionnaires, de nature à justifier leurs propres renoncements.


  • Stress Gives You Daughters, Sons Make You Liberal - Issue 13: Symmetry
    http://nautil.us/issue/13/symmetry/stress-gives-you-daughters-sons-make-you-liberal

    The Northwestern University economist Charles Manksi calls it the “reflection problem”: How can we know if person A is affecting person B, or the reverse? Without being in each person’s head or observing every subtle non-verbal cue in their interactions, it’s impossible to know what’s causing what, who is the leader and who is the follower. Families are especially complex: Cause and effect are hard to disentangle in the bubbling cauldron that is a household. There are the daily negotiations between husband and wife, instructions to (and rejections by) children, and interactions with people outside the family. Taken as a whole, it is a challenge for a social scientist to analyze. But there is at least one lens through which family interactions and feedback have become apparent: gender. It (...)



  • Pourquoi les garçons n’aiment pas le rose ? Pourquoi les filles préfèrent Barbie à Batman ? (Anne Dafflon Novelle)
    http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=ERES_ROUYE_2010_01_0025

    En effet, si les parents sont convaincus que l’origine de la différence entre garçons et filles est biologique, ils vont d’autant moins les encourager à faire des choix qui ne soient pas exclusivement typiques de leur propre sexe. Pensons spécifiquement à l’orientation professionnelle : il est déjà difficile pour des jeunes de choisir une profession dont on dispose de peu de modèles de son propre sexe, cela va l’être encore plus sans le soutien de ses propres parents.
    Une autre implication liée à l’économie et au marketing est intéressante à développer. Actuellement, beaucoup d’objets destinés aux enfants existent de plus en plus rarement en version neutre et sont déclinés en version fille ou en version garçon, essentiellement grâce à l’emploi de couleurs, logos ou éléments de décoration différents. En se basant sur le développement de l’enfant, on comprend que cela corresponde à une stratégie permettant de vendre davantage. En effet, les parents désirant acheter un vélo pour leur enfant vont le choisir en version fille ou version garçon selon le sexe de leur enfant. Puis, au moment du deuxième enfant, s’il s’agit d’un enfant du sexe opposé, les parents pourront racheter un nouveau vélo car le petit frère ne voudra pas du vélo rose estampillé Dora l’exploratrice de sa grande sœur.
    À noter que la petite sœur, au moment du stade de rigidité, ne voudra pas non plus du vélo Spiderman de son grand frère, même si la société est plus tolérante envers les garçons manqués qu’envers leurs homologues de sexe masculin.
    Il est tout à fait frappant de remarquer que cette stratégie marketing touche au fil des décennies de plus en plus de domaines différents : vêtements, chaussures, accessoires, chambres d’enfants, décoration, montres, fournitures scolaires, mais aussi les équipements sportifs pour les sports unisexes à un âge où le développement du corps ne nécessite pas encore des équipements différents mais où les représentations prennent tout leur sens (vélo, trottinette, roller, casque, protection, etc.).
    Cette sexuation a un double impact : tout d’abord, sous la pression des enfants, elle incite les adultes à consommer davantage ; d’autre part, elle renforce les représentations différenciées associées aux deux sexes. En effet, à travers l’examen attentif des objets vendus dans les rayons des grands magasins et des catalogues vantant ces mêmes produits, on remarque qu’au delà des différences de couleur ou de décoration, d’autres nuances plus subtiles viennent s’y rajouter. Les objets issus de l’univers féminin font davantage référence à l’esthétique, la sécurité, la douceur, le confort, la passivité, la sphère privée, l’univers enfantin, tandis que ceux renvoyant à l’univers masculin sont davantage orientés vers l’action, la prise de risque, l’esprit de compétition, la technologie, l’autonomie, l’indépendance, la sphère publique et le monde adulte. Or nous avons vu dans l’introduction que les enfants durant leurs premières années observent leur environnement au sens large pour comprendre, déduire, décrypter, ce qui relève du masculin et ce qui relève du féminin. Ce faisant, ils vont également intégrer ces représentations différenciées des deux sexes et s’y conformer.

    Source :
    – Dafflon Novelle Anne, « Pourquoi les garçons n’aiment pas le rose ? Pourquoi les filles préfèrent Barbie à Batman ? »
    Perception des codes sexués et construction de l’identité sexuée chez des enfants âgés de 3 à 7 ans, in Sandrine Croity-Belz et al. , Genre et socialisation de l’enfance à l’âge adulte
    ERES « Hors collection », 2010 p. 25-40.

    #éducation #genre #sexisme #filles #garçons #socialisation #identité_sexuée #marketing #paywall_désolé

    • Je n’ai pas pu mettre tout l’article mais ce point est soulevé régulièrement par son auteure. Par exemple, plus haut dans l’article, on trouve (p. 28) :

      Cependant, il faut relever que les enfants des deux sexes ne reçoivent pas le même feed-back des adultes lorsqu’ils adoptent un comportement contrestéréotypique.
      Les garçons sont beaucoup plus découragés que les filles face à l’adoption de comportements stéréotypiques du sexe opposé. Ces dernières ont une plus grande latitude à pouvoir adopter les jouets et autres objets du sexe masculin que le contraire. La langue française consacre cet état de fait par « garçon manqué » ; cette expression n’a guère d’équivalent pour le sexe opposé, ou alors, elle revêt une connotation beaucoup plus négative.


  • Catalogue de Noël (NouvelObs.com)
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/964003-catalogue-de-noel-bravo-super-u-d-horripiler-le-printemps-f

    Cette année, comme l’an passé, les magasins U ont édité un catalogue de Noël en toute égalité, reprenant certaines des photos où petits garçons et petites filles avaient déjà droit en 2012 aux mêmes jouets, sans distinction de sexe, revenant ainsi à une catégorisation qui était employée majoritairement dans les années 1980.
    On y voit toujours des petits garçons jouer à la poupée, des petites filles s’amuser avec un établi de garagiste, ou les deux faire semblant de cuisiner.
    Dans ce catalogue comme dans celui de l’année dernière, les jouets ne sont plus catégorisés en jouets pour filles, et jouets pour garçons, en rose et en bleu, mais en univers, celui des poupées, des bolides, de « je fais comme les grands ».

    #éducation #marketing #enfants #genre #sexisme


  • Ce qui se passe dans les cours de récré (Marianne.fr)
    http://www.marianne.net/Ce-qui-se-passe-dans-les-cours-de-recre_a231876.html

    Un élève sur 10 serait victime de harcèlement. « Le phénomène prolifère là où il n’y a pas de surveillance, comme dans les cours de récré au collège, où les profs étant en salle des profs, et les surveillants en sous-effectif, elle se réduit au minimum […]. C’est le lieu de l’insulte par excellence, on estime que 25 % des actes de harcèlement entre élèves se passent dans la cour. »

    […]

    Dans ce territoire ultrahiérarchisé où il faut en découdre pour s’imposer, l’apprentissage de la vraie vie (le sexisme, le racisme...) se rode chez les 8-12 ans qui, à l’abri du regard parental, ne se font pas de cadeaux : « On se moque souvent de 20 % des élèves, près de 7 % disent être souvent ou très souvent insultés de manière raciste, près de 17 % déclarent être fréquemment frappés par leurs pairs et 14 % avoir été l’objet d’un déshabillage forcé », précise le chercheur Eric Debarbieux.

    #éducation #récréation #socialisation #racisme #sexisme #stigmatisation


  • #Pierre_Bourdieu et #Jean-Claude_Passeron auteurs d’un livre ( les héritiers ) qui a fait date dans l’histoire de la sociologie s’entretiennent sur le sens et l’objet de la sociologie
    https://www.youtube.com/watch?v=3PISYZCFP58


    http://www.scienceshumaines.com/les-heritiers_fr_12988.html

    #Les_Héritiers a fait l’effet d’un véritable pavé dans la mare, en dévoilant les #mécanismes d’un fait #empirique que tout le monde constatait plus ou moins secrètement : à l’#école, les bons #élèves se recrutaient dans les milieux aisés et #cultivés (l’un allant souvent avec l’autre), alors que les enfants d’ouvriers attestaient de parcours scolaires médiocres. À l’#université ne se retrouvaient plus guère alors que les enfants de la #bourgeoisie. Pour les auteurs, c’est aux facteurs culturels, davantage qu’économiques, qu’il fallait imputer ce constat. Les enfants de cadres et de professions libérales bénéficient d’un capital culturel (conversations, #bibliothèques, fréquentation des #musées, voyages...) fourni par l’environnement familial dans lequel la culture est acquise « comme par osmose ». Or l’école légitime précisément ce type de culture qui « présuppose implicitement un corps de savoirs, savoir-faire et surtout de savoir-dire qui constitue le #patrimoine des #classes cultivées ». Pour les enfants de milieux #populaires, par contre, l’acquisition de la culture scolaire nécessite une véritable #acculturation, les apprentissages sont vécus comme des artifices, éloignés de toute #réalité concrète. Ce que les #enseignants considèrent alors comme une absence de dons de leur part n’est souvent que le résultat d’une #socialisation différente. D’où la violence symbolique d’une #institution (l’école) qui, au final, redouble les #inégalités sociales en pérennisant une véritable aristocratie scolaire (qui peut ainsi s’autoreproduire ; le thème sera développé en 1970 par les mêmes auteurs dans La #Reproduction), et en participant aussi à la fabrication de l’échec scolaire.

    #Sociologie #Sciences-sociales #Objet #Réalité #langage #Epistémologie #Positivisme #Communication #Sociologue #Capital_culturel #Ordre_social #Habitus #Livre #Vidéo


  • Identité sexuée : construction et processus (Anne Dafflon Novelle)

    Les enfants passent par plusieurs étapes avant de comprendre, d’une part que le sexe est stable à travers le temps et les situations, d’autre part que le sexe est déterminé de manière biologique. Ceci n’est intégré que vers 5-7 ans ; auparavant, les enfants sont convaincus qu’être un garçon ou une fille est fonction de critères socioculturels, comme avoir des cheveux courts ou longs, jouer à la poupée ou aux petites voitures, etc. Les trois étapes de cette construction identitaire proposées par Kohlberg (1966) sont brièvement détaillées ci-après.
    Au premier stade, appelé identité de genre, alors âgés de 2 ans environ, les enfants sont capables d’indiquer de manière consistante le sexe des individus qu’ils rencontrent en se basant sur des caractéristiques socioculturelles, comme la coiffure, les vêtements, etc. Puis vers 3 ou 4 ans, durant le deuxième stade, appelé stabilité de genre, les enfants comprennent que le sexe d’un individu est une donnée stable au cours du temps. Les filles deviendront des femmes et les garçons deviendront des hommes. En effet, durant le premier stade, les enfants ne font pas encore le lien entre les quatre catégories sociales : garçons, filles, hommes et femmes. Cependant, si durant cette deuxième étape, les enfants font le lien entre les personnes de même sexe à différents âges de la vie, ils n’ont pas encore intégré que le sexe est une donnée stable par rapport aux situations : une personne qui adopte les attributs du sexe opposé peut changer de sexe d’après eux. […] Ce n’est que vers 5-7 ans que les enfants passent au troisième stade appelé constance de genre : ils ont alors intégré que l’on est un garçon ou une fille en fonction de critère biologique stable, l’appareil génital, et que le sexe est une donnée immuable à la fois au cours du temps et indépendamment des situations. Il est important de souligner que les enfants vont progressivement atteindre le stade de constance de genre. Pour eux-mêmes tout d’abord, les enfants comprennent que même en adoptant le comportement socialement dévolu à des enfants du sexe opposé, ils restent néanmoins un enfant de leur propre sexe. Puis ce même constat va se faire à propos des autres membres de leur entourage […]. Cependant, le stade de constance de genre est totalement atteint lorsque les enfants adoptent le même raisonnement pour des personnes qui leur sont totalement inconnues.
    Par conséquent, le développement de cette construction identitaire met en évidence le fait que les indices socioculturels rattachés à chaque sexe sont très importants pour les enfants, tout au moins durant leurs premières années de vie, puisqu’ils imaginent que leur propre sexe et celui des autres est déterminé en fonction de ces critères que la société a culturellement dévolu à l’un ou l’autre sexe.

    Au cours de leur développement, les enfants passent par différentes étapes de flexibilité et de rigidité face au respect des rôles dévolus à chaque sexe. Entre 5 et 7 ans, la valeur accordée au respect des activités sexuées est à son apogée chez les enfants. Ceux-ci estiment que des violations des rôles de sexe sont inacceptables, et au moins aussi incorrectes que des transgressions morales. Ce stade dans le développement des enfants est à lier au fait qu’ils n’ont pas encore atteint le stade de constance de genre. […] Ensuite, de 7 à 12 ans, les enfants tiennent compte de la variabilité individuelle face à la convention des rôles de sexe et acceptent des chevauchements importants pour ce qui est considéré comme admissible pour chaque sexe en termes de comportements et d’apparences.
    En entrant dans l’adolescence, il y a un retour à une certaine rigidité par rapport aux rôles de sexe. […] Puis, à l’âge adulte, on note à nouveau une certaine flexibilité face au respect des rôles dévolus à chaque sexe.

    Source : DAFFLON NOVELLE Anne (dir.), Filles-garçons Socialisation différenciée ?, Presses Universitaires de Grenoble, 2006, pp. 11-15.

    #genre #enfants #socialisation #filles #garçons #identité_de_genre