• Covid-19 et #expertise sanitaire
    https://laviedesidees.fr/Covid-19-et-expertise-sanitaire.html

    La pandémie a mis l’expertise scientifique en demeure de réagir très vite à une crise qui a surpris par son ampleur. D. Benamouzig, membre du Comité scientifique Covid-19, revient sur le rôle de cet organe consultatif dans l’épidémie et sur l’aide qu’il a apportée à la décision publique.

    #Société #santé #sociologie #sciences #Entretiens_écrits
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200701_benamouzig.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200701_benamouzig.docx

  • Eric Fassin : “Le président de la République attise l’anti-intellectualisme”
    https://abonnes.lesinrocks.com/2020/06/12/idees/idees/eric-fassin-le-president-de-la-republique-attise-lanti-intellect

    Le président a eu des mots très durs vis-à-vis des chercheurs en sciences sociales, qu’il juge “coupables” d’une “menace sécessionniste” en France. Le sociologue Eric Fassin, professeur à l’Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, réagit pour Les Inrockuptibles.

    Dans un article du Monde portant sur les craintes de l’Elysée face à une “menace sécessionniste” de la jeunesse dans le cadre des mobilisations contre le racisme, Emmanuel Macron déclare : “Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux”. Que vous inspirent ces mots ?

    Eric Fassin - Quel est le problème qui se pose aujourd’hui avec urgence ? Quand on voit les mobilisations dans le monde entier, il est clair qu’il s’agit du racisme. Et le catalyseur, ce sont les violences policières. Autrement dit, la responsabilité des pouvoirs publics est engagée. Or le président retourne le problème : pour lui, le problème urgent, ce ne sont pas les pratiques racistes, jusqu’au cœur des institutions de la République ; ce sont celles et ceux qui les dénoncent. Au fond, c’est toujours la même démarche : s’en prendre aux lanceurs d’alerte pour s’aveugler à la réalité du problème.

    Il y a plus. Le président de la République attise l’anti-intellectualisme. Car dans le même article, il fait la leçon aux historiens : “la guerre d’Algérie reste un impensé” ; et il prétend “se heurter à l’absence d’interlocuteurs.” Les collègues qui travaillent depuis des décennies sur cette histoire et cette mémoire, pour lutter contre “la gangrène et l’oubli”, apprécieront. D’un côté, les universitaires parlent trop ; de l’autre, pas assez. Être responsable, pour le président, c’est sermonner les autres, pour ne jamais assumer sa propre responsabilité.

    Enfin, Emmanuel Macron est condescendant : pour lui, si les jeunes “trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal”, c’est qu’“ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi.” C’est dire que leur antiracisme n’est qu’un symptôme, un exutoire, ou une forme de sublimation. Autant de manières de ne pas prendre au sérieux ce qui se passe.

    Qu’en est-il du côté de l’antiracisme ? À l’université d’automne de la LDH, en 2015, j’avais parlé des “couleurs des antiracismes” ; et j’avais repris cette mise en garde dans L’Humanité, en janvier 2016 : “Aujourd’hui, la racialisation de la société n’épargne plus même l’antiracisme.” Le danger, c’est en effet que s’opposent un antiracisme établi, porté par des associations historiques qui revendiquent l’universalisme, mais auxquelles on reproche parfois de faire peu de place aux personnes racisées, et un antiracisme nouveau, qui se veut politique, et qu’on accuse souvent de communautarisme, parce que les personnes blanches y sont sous-représentées.

    Or que se passe-t-il aujourd’hui, avec les manifestations en France et ailleurs ? Nous avons une occasion historique de dépasser ce clivage entre un antiracisme blanc et un antiracisme racisé : on le voit bien autour du comité Adama Traoré. Au lieu de s’inquiéter que la jeunesse, en particulier, se mobilise au-delà des lignes de couleur, il faut donc s’en réjouir. Toutes les générations peuvent se retrouver dans ce combat. Et s’il y a surtout des jeunes, c’est donc aux anciens de les rejoindre.

    Au fond, l’extrême droite n’a-t-elle pas gagné la bataille pour l’hégémonie idéologique ? En effet, le président, qui prétend s’ériger en rempart, en reprend les termes. Emmanuel Macron choisit de manifester sa sympathie à Éric Zemmour, il consulte Philippe de Villiers, il donne un entretien à Valeurs actuelles, mais il prétend s’inquiéter du sécessionnisme d’universitaires qui dénoncent la racialisation de la société, comme si elles et ils en étaient “coupables”. Bref, il a choisi son camp. Reste à savoir si les électeurs ne risquent pas, une fois encore, de préférer l’original à la copie.

    #Racisme #Extrême_droite #Macron #Recherche #Sociologie

  • Paul Lazarsfeld est un chercheur nord-américain dont les travaux (médias, élections, consommation...) sont à la fois reconnus et contestés #médias #chercheur #médias #sociologie

    https://sms.hypotheses.org/19820

    Paul Felix Lazarsfeld a été en son temps un sociologue à la fois reconnu et contesté à l’échelle mondiale. Il faut dire que son parcours et sa production intellectuelle sont décalés par rapport aux trajectoires universitaires « classiques ». En tout état de cause, il est encore aujourd’hui une référence difficilement contournable pour ceux qui s’intéressent à l’étude des médias et plus particulièrement à leur influence, voire à la sociologie électorale. Enfin, il a joué un rôle important dans le développement des techniques d’enquête visant à collecter des informations ainsi que des sondages d’opinion.

    Il nait à Vienne le 15 février 1903 dans une famille juive intellectuelle très impliquée dans le Parti social-démocrate autrichien, alors largement dominé par le marxisme. Ce contexte militant marque profondément le jeune Lazarsfeld tant au niveau de ses études universitaires et de ses premiers pas dans la vie professionnelle, qu’à celui de ses engagements politiques. Cependant, un premier séjour aux États-Unis (1932), puis une immigration définitive dans ce pays changent radicalement la donne (...)

  • L’épidémie au-delà des microbes : le retour en grâce des sciences sociales
    https://www.franceculture.fr/societe/lepidemie-au-dela-des-microbes-le-retour-en-grace-des-sciences-sociale

    En matière de Covid-19 ce sont quatre “axes” qui ont été fléchés conjointement par l’OMS, l’Inserm et le ministère de la recherche, dans le cadre de l’appel à projet “Flash ANR Covid-19” avec dix-sept jours pour les équipes de recherche pour postuler en ficelant un dossier. Le 23 mars, 270 projets avaient été déposés en un temps record ; 86 ont été sélectionnés, plus une liste complémentaire de quarante autres qui devraient être financés un peu plus tard. La liste des projets sélectionnés est accessible par ici.

    #sciences_sociales #sociologie #recherche #histoire #Covid

  • Bruno Latour, le virus et la vérité

    (…)

    « Ce qu’un bon philosophe des sciences doit donc prioritairement expliquer, c’est la prépondérance des convergences scientifiques. La question fondamentale est bien, comme l’écrit Pierre Jacob, « de comprendre comment les scientifiques finissent par s’accorder pour décider quelles observations sont susceptibles de départager des théories scientifiques rivales et pour déterminer quelles théories doivent être éliminées »[5]. La sociologie empirique des sciences, à l’opposé, soutient que nos raisons d’adopter une théorie scientifique ne sont pas ipso facto des raisons de la croire ou de la tenir pour vraie. Il est, au contraire, nécessaire de défendre l’idée que la vérité est une norme. Ainsi que l’affirme Pascal Engel, il est impossible de fournir une théorie de la justification de nos croyances sans faire appel au concept de vérité.

    « Une telle position a des conséquences politiques fort dommageables : « Si les puissants ne peuvent plus critiquer les opprimés parce que les catégories épistémiques fondamentales sont inévitablement liées à des perspectives particulières, il s’ensuit également que les opprimés ne peuvent plus critiquer les puissants.

    Voilà qui menace d’avoir des conséquences profondément conservatrices »[6]. Il est certainement plus aisé de défendre les valeurs de solidarité, de tolérance ou de liberté si l’on attribue à la vérité, plutôt qu’une valeur instrumentale, une valeur substantielle. On pourrait même craindre que l’abandon de la distinction entre justification et vérité conduise inéluctablement à la disparition de cette dernière. On voit mal ce que la démocratie aurait à y gagner. La vérité est bien l’ultime protection dont disposent les plus faibles contre l’arbitraire des plus forts. »

    https://www.telos-eu.com/fr/bruno-latour-le-virus-et-la-verite.html

  • Peut-on réduire la culture aux pratiques artistiques ? Comment saisir l’action des pratiques et des mouvements culturels dans la résistance et l’émancipation par la culture ? #culture #arts #pratiques_sociales #mouvements_culturels #institutions #sociologie

    https://sms.hypotheses.org/20990

    En France, la sociologie de la culture s’articule autour de deux approches principales : celle des pratiques culturelles d’une part, qui donne lieu depuis les années 1960 à des travaux qui s’intéressent à la distribution inégale des œuvres, des compétences et des pratiques culturelles, mais aussi aux formes multiples d’appropriation des œuvres d’art et des biens culturels ; et celle des politiques culturelles d’autre part, dominée par des approches socio-historiques et/ou territoriales, et qui s’est enrichie ces dernières années de recherches sur la formation et l’action des intermédiaires culturels.

    La limite principale de ces approches est toutefois de reproduire en grande partie les arbitrages institutionnels censés circonscrire les domaines d’action et de financement dévolus, d’un côté, aux activités artistiques et, de l’autre, aux activités sportives et à l’éducation populaire. Le développement de la sociologie de la culture française doit ainsi beaucoup aux commandes publiques engendrées par la création, en 1959, d’un ministère des « Affaires culturelles », où la culture y est principalement envisagée du point de vue des pratiques artistiques, renvoyant du côté de l’infra-culturel tout ce qui n’y correspondrait pas : les folklores, l’éducation populaire, le sport (...)

  • Chronique de ma cité...
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?867-chronique-de-ma-cite

    Ce texte fait partie de la brochure n°25 « La fin de l’immigration » Réalités troublantes et mensonges déconcertants Elle est en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique brochures Sommaire : Introduction — bientôt disponible... Les réfugiés de l’intérieur (Entretien) Chronique de ma cité (Nouvelle) (...) #Anonymes

    / #Sociologie, #Article, #Autogestion, #Banlieue, #Décence_commune, #Immigration, Précarité

    #Précarité

  • L’attachement automobile mis à l’épreuve… du virus
    http://carfree.fr/index.php/2020/04/20/lattachement-automobile-mis-a-lepreuve-du-virus

    Il y a dix ans, j’étudiais les dispositifs de détachement et de recomposition des #mobilités[i]. A l’époque, je pensais naïvement que la diminution de la ressource pétrolière conduirait à l’augmentation Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Autopartage #Fin_de_l'automobile #Transports_publics #autopartage #covid-19 #sociologie #urbanisme

  • En cette journée mondiale de l’art ,rendons hommage à Raymonde Moulin (1924-2019), la première sociologue de l’art (production artistique, marchés de l’art...) #art #chercheuse #culture #sociologie

    https://sms.hypotheses.org/20409

    Raymonde Moulin (1924-2019) fut une pionnière en sociologie, inventant en France la sociologie de la production artistique et des marchés. Elle fut aussi au premier rang de l’émergence de femmes sociologues au plus haut niveau de la discipline, dans la seconde moitié du 20ème siècle. Elle présida d’ailleurs la Société Française de Sociologie au milieu des années 1980, et dirigea la Revue Française de Sociologie, de 1993 à 1998. Pendant son mandat à la tête de la Société Française de Sociologie, elle organisa à Marseille en 1985 un fameux colloque fondateur de sociologie de l’art, auquel prirent part des figures majeures de la sociologie internationale tels que Howard Becker, Eliot Freidson, ou Richard Peterson. Elle a effectué toute sa carrière au CNRS, de 1957 jusqu’à sa retraite en 1992, ainsi qu’à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (1985-1992).

    Mais Raymonde Moulin fut également une entrepreneuse de recherche qui sut anticiper les comportements des institutions pour promouvoir les sciences sociales. Elle fut très consultée par le ministère de la Culture, après l’avoir été par le ministère de l’Équipement (...)

  • Aides-soignants, caissiers, camionneurs... Les gilets jaunes sont devenus les « premiers de tranchée », Jérôme Fourquet et Chloé Morin, 9/4/2020
    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/aides-soignants-caissiers-camionneurs-les-gilets-jaunes-sont-devenus-les-pr


    PASCAL GUYOT/AFP

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Chloé Morin et Jérôme Fourquet ont recroisé les données des gilets jaunes d’hier et des professions actuellement mobilisées comme « premiers de tranchée ». Ce sont les « Back Row Kids » (« ceux assis au fond de la classe ») qui font vivre aujourd’hui l’ensemble du pays.

    Jérôme Fourquet est directeur du département « Opinion et stratégies d’entreprise » de l’institut de sondages Ifop, et auteur de L’Archipel français (Seuil).

    Chloé Morin est l’ancienne conseillère opinion du Premier ministre de 2012 à 2017. Elle travaille actuellement comme experte associée à la Fondation Jean Jaurès.

    Bien qu’il soit trop tôt pour tirer des enseignements de la pandémie du coronavirus, on peut déjà affirmer qu’elle aura permis de mettre en lumière un contraste frappant que nous avions tous intégré, sans forcément le questionner, entre l’utilité sociale de certains métiers et leur degré de reconnaissance salariale et symbolique. Chauffeurs routiers, livreurs, caissières, magasiniers et caristes, aides-soignantes et infirmières, éboueurs… sont brusquement devenus des héros, alors qu’ils étaient hier encore des rouages invisibles et souvent méprisés de notre économie. Portant l’économie de guerre (sanitaire) à bout de bras, ils recueillent désormais sourires et applaudissements dont un grand nombre de nos concitoyens se montraient fort avares hier.

    Ce sont d’ailleurs souvent - notons-le en passant - des métiers majoritairement féminins qui sont aujourd’hui mobilisés : 97 % des aides à domicile sont des femmes, 90 % des aides-soignants, 87,7 % des infirmières et sages-femmes, 73,5% des vendeurs sont des vendeuses…

    Cette France des « premiers de tranchée » évoque, à première vue, celle des gilets jaunes, ne serait-ce qu’à travers ses figures symboliques : Maxime Nicolle, alias Fly Rider, a occupé les fonctions de chauffeur ou de mécanicien ; Ingrid Levavasseur est aide-soignante ; Éric Drouet est chauffeur routier…

    Il existe une correspondance entre la sociologie des gilets jaunes et celle des « premiers de tranchée ».

    La comparaison du profil sociologique des gilets jaunes établi à partir de données Ifop recueillies en plein cœur du mouvement, avec les données identifiant les travailleurs continuant aujourd’hui à se rendre sur leur lieu de travail, permet d’affiner cette intuition. Comme on peut le constater, il existe une correspondance étroite, bien qu’imparfaite dans certaines professions, entre la sociologie des gilets jaunes et celle des « premiers de tranchée ». Ouvriers, travailleurs indépendants, salariés peu ou pas diplômés étaient ainsi sur-représentés tant chez les gilets jaunes d’hier que chez les actifs aujourd’hui « au front ». Certains milieux professionnels, en revanche, étaient peu mobilisés hier et le sont davantage aujourd’hui : par exemple, les salariés du public (on pense évidemment à tout le secteur médical), ou encore - mais l’on ne dispose pas de statistiques précises - les travailleurs étrangers ou issus d’une immigration récente, souvent mobilisés aujourd’hui (notamment ceux qui travaillent dans la livraison, le gardiennage, la propreté, d’où, et c’en est l’une des raisons, une forte prévalence de l’épidémie en Seine Saint-Denis) mais que l’on voyait bien peu sur les ronds-points hier.


    Chloé Morin

    Bien qu’imparfaite, cette correspondance sociologique n’en est pas moins réelle. Par la force des choses, les « premiers de tranchée » dépassent aujourd’hui largement les gilets jaunes par leur nombre (le double). Mais ce qui frappe, à la lecture des propos tenus par les gilets jaunes dans leurs groupes Facebook et autres posts sur les réseaux sociaux, plus encore que l’identité sociale, c’est l’identification symbolique. Même ceux qui ne sont pas « au front » semblent s’identifier à ces catégories qui portent aujourd’hui l’économie à bout de bras, et semblent voir dans le renversement de la hiérarchie de la considération symbolique imposée temporairement par la crise, une forme de revanche sociale. Les héros d’aujourd’hui constituent ainsi, à leurs yeux, la preuve frappante du rôle central que jouent les invisibles et les soutiers du système dans le fonctionnement de la société. En enfilant leur vêtement de haute visibilité (définition administrative du « gilet jaune ») et en investissant les ronds-points, les travailleurs du back office, pour reprendre une expression de Denis Maillard, s’étaient rappelés aux souvenirs des salariés du front office, exerçant les métiers les plus considérés et valorisés financièrement et symboliquement. En tenant aujourd’hui leur poste en pleine épidémie quand beaucoup de cadres et de managers télétravaillent depuis chez eux (ou depuis leur résidence secondaire), ces travailleurs du back office ont de nouveau acquis une haute visibilité sociale.

    L’économie de confinement constitue la revanche des « Back Row Kids », des derniers de classe.

    Emmanuel Todd insiste à juste titre sur le fait que le niveau de diplôme est depuis une trentaine d’années le nouvel élément structurant les sociétés occidentales et déterminant la place qu’y occupent les individus. Dans la nouvelle stratification éducative résultant de la démocratisation de l’accès au niveau Bac, les moins ou les non diplômés occupent non seulement les emplois les moins rémunérés mais souffrent, en plus, d’une forte dévalorisation culturelle et statutaire. Alors que près de 80 % d’une classe d’âge atteint désormais le niveau Bac, un ouvrier ou un livreur titulaire d’un CAP ne dispose pas aujourd’hui de la même estime de soi qu’il y a trente ans, quand seulement un tiers d’une classe d’âge obtenait le Bac. Le revers de la valorisation et de l’incitation à la poursuite d’études a été une dégradation supplémentaire de l’image des métiers manuels et de ceux qui les occupaient. Dans notre société méritocratique basée sur la détention d’un diplôme, la lutte des classes prend de plus en plus souvent la forme d’une opposition entre ce que Christoph Arnade appelle les Front Row Kids (les bons élèves du premier rang) et les Back Row Kids (les cancres assis au fond de la classe). L’économie de confinement, en mettant le projecteur sur le rôle important joué dans notre société par les salariés peu diplômés, constitue quelque part une réhabilitation de ces Back Row Kids, ou de ceux que sur les forums de discussion du type JeuxVideo.com on appelle les « désco » (pour « déscolarisés »)

    À ce titre, la figure de Didier Raoult - très populaire chez les gilets jaunes d’hier, comme en témoigne une étude Ifop récente - est tout à fait intéressante. Look peu conventionnel, provincial, ancien « élève rebelle » (après un bac littéraire, il s’engagea deux ans dans la marine marchande avant d’entamer des études de médecine), il incarne à lui seul la revanche des « parcours atypiques » - « décrocheur » revendiqué, auquel peuvent s’identifier bon nombre de gilets jaunes ou de « premiers de tranchée » peu diplômés, voire « décrocheurs » - sur une technocratie perçue comme déconnectée et méprisante. Son combat est vu par nombre de gilets jaunes s’exprimant sur les réseaux sociaux comme le miroir du leur, une sorte de revanche du bon sens de « ceux d’en bas » sur une élite par ailleurs largement perçue par l’opinion comme inefficace, n’ayant pas su anticiper la crise, et peinant à la gérer - la polémique autour des masques est ici devenue symptomatique.

    Espérons que cette période ne soit pas un simple « quart d’heure de gloire », et que les #entreprises sachent tirer les conséquences de la période actuelle en termes de dialogue social et de rétribution symbolique et financière. Sinon, il y a fort à parier que bien que leur #sociologie ne se recoupe qu’imparfaitement, leurs causes communes amènent bientôt « premiers de tranchées » d’aujourd’hui et #gilets_jaunes d’hier à porter des revendications communes.

    À lire aussi : Emmanuel Todd et Jérôme Fourquet : « La France au XXIe siècle, #lutte_des_classes ou archipel ? »

    https://seenthis.net/messages/842069

    #lejourdaprès #premiers_de_corvée #travail #conseiller_du_prince #police

  • https://mailchi.mp/44b4edacd97d/jackie-wang-technologie-3658005?e=8d2c8c27b6
    Melchior Simioni est doctorant en sociologie économique à la Sorbonne ; il revient pour le Panier à salade sur les différentes dynamiques économiques en détention :

    « De manière générale, en prison, il y a un fantasme réglementaire – l’idée foucaldienne se vérifie en partie – et tout est règlementé. On se plonge dans un univers extrêmement rigide de règles dont l’économie est aussi extrêmement rigide et règlementée. (...) Assez rapidement, on se rend compte qu’on a une structure règlementaire forte, mais que la vie quotidienne est faite de tolérances par rapport à cette structure. Tout ce qui se passe en prison peut être lu comme une tolérance plus ou moins grande par rapport aux règles. »

    #prison #économie #sociologie #détention

  • Petites considérations sociologiques sur le #confinement

    Cette période de confinement liée à l’épidémie du #Covid-19 constitue une #épreuve_sociale inédite, qu’on peut comparer à une expérience de laboratoire in vivo. Le grand historien médiéviste, Marc Bloch, qui avait fait la « grande guerre » et en avait été très marqué, a écrit peu après, en 1921 dans la Revue de synthèse historique, un célèbre article, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » (publié aux Éditions Allia en 1999). Il y décrivait la guerre de 14-18 « comme une sorte de vaste #expérience naturelle. On a le droit en effet de considérer comme telle la guerre européenne : une immense expérience de #psychologie_sociale, d’une richesse inouïe. Les conditions nouvelles d’existence, d’un caractère si étrange, avec des particularités si accentuées, où tant d’hommes à l’improviste se sont trouvés jetés, — la force singulière des sentiments qui agitèrent les peuples et les armées — tout ce bouleversement de la vie sociale, et, si l’on ose ainsi parler, ce grossissement de ses traits, comme à travers une lentille puissante, doivent, semble-t-il, permettre à l’observateur de saisir sans trop de peine entre les différents phénomènes les liaisons essentielles ».

    Indépendamment de la déclaration du Président Macron (« nous sommes en guerre… »), il peut être intéressant de tirer ce fil entre situation de #guerre_militaire et celle de confinement. Ce dernier impose de très fortes #privations et #contraintes aux individus qui, dans les sociétés occidentales, n’y sont guère habitués. Les premières questions qui viennent à l’esprit à ce sujet sont les suivantes : le confinement est-il respecté en France ? « Un peu, beaucoup, pas du tout » ? Par qui ? Comment ? Plus en campagne qu’en ville ? plus en centre-ville que dans les « quartiers » ? etc. Faute de données statistiques fiables, le premier réflexe qu’on doit avoir en la matière est celui de la prudence interprétative.

    Avant d’aborder la manière dont on peut procéder par la mobilisation d’une série d’indices, à même de nous guider vers des hypothèses de travail, commençons par un étonnement. Que voici. En fidèle téléspectateur du Journal télévisé (JT) de France 2 (défense du service public oblige…), on remarque que la question du #vécu du confinement dans les #quartiers_populaires y a été fort peu abordée, voire pas du tout. La fuite des Parisiens vers leurs #résidences_secondaires a été un sujet traité, mais la manière dont les jeunes et les familles, parfois nombreuses, vivent leur confinement dans leurs appartements #HLM semble avoir été oubliée. Est-ce un oubli volontaire ? Ou la simple trace médiatique de la moindre importance accordée aux conditions sociales d’existence des #classes_populaires dans le milieu des professionnels de l’information ? On ne saurait laisser de côté l’hypothèse du respect de l’« #union_nationale » requise en cette période de confinement. Celle-ci suppose une mobilisation de l’appareil d’information et l’opération d’un tri dans l’amoncellement des « nouvelles du front ». Priorité est donnée dans le #JT de la #télévision_publique au suivi des opérations dans les hôpitaux, à la découverte du travail de tous les soignants et de leur entier dévouement, à l’écoute des avis des grands professeurs de médecine (« infectiologues »). Bref, une #mise_en_scène télévisuelle de l’« #effort_national » — ce qui, en soi, n’est pas critiquable.
    Sur le versant des effets sociaux de cette #pandémie, les reportages sur les #familles face au confinement (#école_à_la_maison, #télétravail des parents, aménagements divers de cette nouvelle vie…) semblent surtout réservés aux familles de milieu favorisé. Sans doute parce qu’elles laissent entrer plus facilement les caméras à leur domicile. Il ne s’agit pas pour autant de crier tout de suite au complot d’Etat et/ou de dénoncer une chaine de télévision « aux ordres du gouvernement ». Sans doute peut-on penser que le #service_public_télévisé contribue à sa manière à l’union nationale en laissant prudemment dans l’ombre ce qui pourrait l’entacher.

    A géométrie variable

    Une fois examiné la manière dont le thème du confinement est traité à la télévision (publique), donnons un petit coup de projecteur sur la manière dont il est opéré en pratique. Procéder à une petite revue de presse dans les quotidiens régionaux (L’Est républicain, Le Parisien, Le Progrès), permet de recueillir des indices suggestifs, sinon probants, sur le confinement à géométrie variable lors de cette première semaine. Sans surprise, le confinement a mis un peu de temps à se mettre en place et semble respecté de manière inégale.

    Selon les témoignages des directeurs de la #sécurité_publique ou des gendarmes, différents profils de « #déviants » à la #norme apparaissent, comme ici dans la région du Grand est particulièrement touchée. Le lieutenant de gendarmerie François qui coordonne le dispositif dans le sud du Territoire de Belfort fait le diagnostic suivant : « Une grande majorité les respecte… Mais une partie n’a pas compris l’#esprit_du_confinement et une autre n’est pas prête à le comprendre. » Le maire (et infirmier) de la ville ouvrière de Valentigney (proche de l’usine de Sochaux-Peugeot et avec une grande ZUS, les Buis), observe « dans le quartier mais également au centre-ville des comportements dangereux, irresponsables ». La journaliste de L’Est s’est donc rendue dans la cité des #Buis pour aller y voir de plus près et, là, elle a rencontré une dizaine de jeunes près d’une place, plutôt amènes.

    Pris en défaut

    Laissons la relater la scène et la manière dont ces jeunes pris en défaut de groupement non autorisé tentent de se justifier : « Chez nous, on ne tient pas en place », note l’un d’entre eux qui, comme ses potes, se sent à l’abri du virus. « On se lave les mains, on garde nos distances, c’est la base », souligne un deuxième. Un troisième Doubien montre son attestation : « On a le droit de sortir fumer une clope. Surtout que certains n’ont pas le droit de fumer chez eux… Et puis, on s’ennuie ici, il n’y a rien à faire ! Rester un mois enfermé, c’est inimaginable. » Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020). Dans un article du même jour, le directeur général de la compagnie des bus du Pays de Montbéliard livre des informations congruentes : « En cette période de grave #crise_sanitaire, certains jouent aux #malins. On a dû raccourcir une ligne, que nous sous-traitons, parce que des #jeunes montaient chaque jour dans le bus, à la même heure, pour le squatter ! » Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

    Ces témoignages ne suffisent pas à baliser tout le terrain d’enquête. Loin de là. Ils ont pour principal intérêt de mieux faire entrevoir les raisons qui peuvent conduire certaines fractions de la population à ne pas vouloir – et surtout ne pas pouvoir – respecter le strict confinement désormais imposé en France. Le groupe des plus #réfractaires au confinement a de fortes chances de se retrouver dans une population plutôt jeune et masculine, soit en situation de #décrochage_scolaire, soit appartenant à la population « flottante » des quartiers. A lire entre les lignes ces articles de presse, on pressent quelques facteurs clés de leur penchant pour la #transgression de la règle du confinement : bien sûr, en tout premier lieu, « l’#ennui » et le besoin quasi vital de se retrouver « entre potes » mais aussi la difficulté de cohabiter harmonieusement avec leurs parents et de devoir respecter des interdits au domicile familial (l’exemple de « fumer »). Les divers types de #résistance qu’on voit surgir dans les quartiers déshérités de la République méritent examen et ne doivent pas être renvoyés trop facilement du côté de la #faute_morale.

    Sentiment de #marginalité

    Même s’il est incontestable que le non-respect des règles de confinement fait courir collectivement des #risques_sanitaires, il dit quand même beaucoup de choses sur le sentiment de marginalité (#outcast) qu’ont d’eux-mêmes ces individus. On pourrait à ce titre, se risquer à faire l’analogie avec le mouvement des gilets jaunes et la signification sociale des formes de violence (inusitée) qu’il a employées pour se faire entendre des « puissants ».

    La pratique de la lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux

    A partir de ces premières incursions en terre de confinement, faut-il déplorer comme notre historien national (autoproclamé) Stéphane Bern le fait dans Le Figaro (22/3/2020), « la perte du #sens_civique » dans notre vieille France ? Ne convient-il pas plutôt de rappeler que ce confinement constitue une très forte #contrainte qui est – et sera – vécue de manière très différente selon les #conditions_sociales de nos concitoyens. D’abord les conditions matérielles : on sait bien que ceux qui possèdent un grand logement, un jardin, qui peuvent sortir les enfants à la campagne, etc., souffrent moins du confinement. Ensuite, les #conditions_culturelles : le président Macron a dit à ses concitoyens : « Lisez ! » Mais la pratique de la #lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux.
    Ce long moment de confinement opère déjà comme un très grand amplificateur des #inégalités spatiales et sociales. C’est peu dire que les semaines qui s’annoncent vont constituer une véritable épreuve pour ceux qui appartiennent à la catégorie des « pauvres », définis aussi bien à partir de leur #capital_économique que de leur #capital_culturel.

    https://www.alternatives-economiques.fr/stephane-beaud/petites-considerations-sociologiques-confinement/00092259
    #sociologie #Stéphane_Beaud #classes_sociales

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    citations pour @davduf :

    Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020).

    Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

  • Libre arbitre et #publicité : généalogie d’un double discours – Résistance à l’Agression Publicitaire
    https://antipub.org/libre-arbitre-et-publicite-genealogie-dun-double-discours

    Quoi qu’il en soit, cette expérience montre que nos décisions conscientes sont en grande partie déterminées par des processus inconscients, et que ceux-ci peuvent être observés par l’imagerie cérébrale. Ces découvertes ont elles aussi été récupérées par la publicité, notamment par le « neuromarketing ». Les neuromarketers critiquent les méthodes par questionnaire inspirées de la #sociologie, leur reprochant d’être peu fiables car ils reposent sur des déclarations conscientes. Selon eux, il faut utiliser l’imagerie cérébrale pour observer les processus non conscients qui déterminent la décision d’achat. Ainsi, les dernières techniques de #neuromarketing tendent à fondre les publicités dans l’environnement (urbain, médiatique…) pour atténuer la perception de leur caractère commercial14 et contourner nos mécanismes de méfiance.

    #manipulation #propagande

    • You should actively support gay rights, animal rights, anti-semitism, anti-patriarchy, veganism etc. If you don’t – not because you are against it, but because it is not your priority – then you are a bad activist.

      […]

      Crenshaw opened the door to bring in all kind of oppression under one umbrella.

      […]

      An oppressed person will need a PhD degree to understand his or her oppression.

      […]

      The third critique is that intersectionality levels all oppressions. One experience can not be valued higher or lower than another experience of oppression. In the case of slavery the patriarchal oppression of black women is not different from the patriarchal oppression of white women. The difference between black and white women is not in patriarchal oppression but in the experience of racism, which white women don’t experience. Is a white women with the power to sell a black man or woman on the same road of patriarchy as the black women? This is clearly ridiculous. The oppression of black people during slavery is not at the same level as the oppression of white women by white men. Intersectionality levels these oppressions and can not make a distinction in the hierarchy of human suffering.

      […]

      We have an age-old alternative for the concept of intersectionality that captures the sentiment of unity and that is the concept of solidarity. It is not based on the intersection of oppression but on the empathy, sympathy and love for people who are struggling for peace, justice, dignity and welfare.

      Complément pour le fait que ce soit flou, pas clair :
      https://seenthis.net/messages/821375

      https://www.youtube.com/watch?v=FMEhyKqMWmA

      #intersectionnalité #décolonial #féminisme #individualisme #philosophie #sociologie #critique

  • L’intersectionnalité, un mot à la mode. Ce qui fait le succès d’une théorie féministe
    https://journals.openedition.org/cedref/827

    Annotations :

    Selon Davis (1971), les théories sociales prospèrent précisément parce qu’elles parviennent à « dénier (…) ce qui est supposé tout en affirmant ce qui n’avait pas été anticipé » (p. 343). Les théories à succès saisissent l’attention d’un public en discutant ou en déstabilisant quelque chose qui avait été jusque-là un article de foi. Étant donné les myriades de divisions qui font s’affronter tout public universitaire, une théorie réussie doit être assez vague et indéterminée pour que des groupes disparates puissent l’interpréter « de façons conviviales, même si elles sont mutuellement incompatibles » (p. 296). Moins une théorie est cohérente, plus elle exigera une synthèse et une (...)

    #féminisme #intersectionnalité #Sociologie #.articles_revues

    • Depuis quelques jours je me demande pourquoi le concept d’intersectionnalité (et les injonctions compréhensibles à penser de manière intersectionnelle) s’appliquent plus au féminisme qu’aux autres mouvements sociaux... Pourquoi pas plus de foin contre les syndicats qui ne sont pas intersectionnels (voire sexistes ou racistes), contre les militant·es anti-racistes façon Bouteldja qui refusent l’articulation avec le féminisme, etc.

    • C’est une injonction au care faites aux femmes. Avant d’avoir le droit de s’occupé d’elles memes les femmes doivent s’occupé des enfants, des vieilleux, des malades, des trans, des queer, des personnes racisées, des autres femmes, et surtout des hommes...bref de tout le monde sauf elles. En Italie une des artistes féministe que j’ai rencontré insistait sur l’inclusivité du féminisme italien qui ne le serait pas assez, ca m’a fait pensé que les femmes sont les dernières des dernières lors d’une table ronde sur les femmes artistes voila que les féministes se font accusé de ne pas inclure les hommes. J’ai contrebalancé en disant que pour les hommes l’urgence c’est de leur couper les bourses et que c’est le seul care qu’on pouvait leur prodigué.
      Il y a aussi un rapport avec la dichotomie vierge-salope, les femmes doivent etre 100% parfaite, pures, désinteressées, dévouées et y prendre du plaisir dans la souffrance par dessus le marché et le moindre écart à cette règle est puni férocement. Les féministes osent s’occupé d’elles même ce qui fait d’elles de belles salopes.

    • J’ai une copine racisée qui connaît bien la France et trouve que le racisme supplante de beaucoup les autres discriminations, que les autres sont secondaires. Je ne pense pas qu’il faille entrer dans ce jeu de les classer mais ça ne nous dit pas comment articuler pour que des femmes racisées s’emparent du féminisme et ne finissent pas par dire que c’est un truc de féministes blanches comme elle a fini par me dire ce matin. Elle met le harcèlement de rue avant tout sur sa couleur de peau et non sur une structure patriarcale. Je crois que c’est une erreur d’appréciation mais les trucs qu’elle me racontent sont fous et en effet, les militant·es blanc·hes n’en ont aucune idée.

  • Les écoles de Chicago (4/4) : Naissance de la sociologie américaine

    Voyage à Chicago, dernier arrêt. Entre les quartiers riches et le ghetto, se trouve l’Université de Chicago, qui a vu naître, au début du vingtième siècle, une pensée sociologique qui prenait ses distances vis-à-vis du travail de Durkheim, en appelant à produire des connaissances sociologiques qui soient utiles au règlement des problèmes sociaux concrets. Non pas simplement expliquer, mais comprendre, non pas décrire, mais observer, et pour se faire se trouvait sous leurs yeux un terrain d’étude particulièrement approprié à la mise en œuvre de ces nouvelles méthodes : la ville de #Chicago, dont la moitié de la population, en 1900, était née en dehors des Etats-Unis, en proie aux problèmes de gangs, de criminalité et d’immigration.

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/les-ecoles-de-chicago-44-naissance-de-la
    #sociologie #école_de_chicago #ressources_pédagogiques

  • Du Bois, l’œuvre au noir - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/20/du-bois-l-oeuvre-au-noir_1764563

    Près de 120 ans après sa parution aux Etats-Unis, le classique de l’enquête sociologique « les Noirs de Philadelphie » est enfin traduit par Nicolas Martin-Breteau. Fondateur oublié de la sociologie aux côtés de Durkheim et Weber, Du Bois est un précurseur des « black studies » ou de l’intersectionnalité.

    #WEB_Du_Bois #livre #sociologie