• Portrait


    Photo : Archiv für die Geschichte der Soziologie in Österreich, Uni Graz, Nachlass Marie Jahoda

    Marie Jahoda (1907-2001), grande psychologue et sociologue viennoise, n’a pas d’entrée dans le Wikipédia français (je devrais vraiment m’en occuper !). Elle a pourtant révolutionné la pratique de l’enquête sociologique avec une première étude sur les impacts psycho-sociaux du chômage de longue durée.
    Sociale-démocrate très engagée, évoluant dans Vienne la Rouge de l’entre-deux-guerres, elle obtient son doctorat de psychologie à 25 ans seulement. Elle s’engage dans la résistance, est faite prisonnière en 1936 et doit s’exiler aux USA, puis en Grande-Bretagne et devient une professeure de psychologie sociale de renommée internationale.
    Jahoda s’est inspirée de la « psychologie du développement » de la psychologue Charlotte Bühler (une autre grande scientifique « oubliée »), qui cherchait à quantifier des données psychologiques selon une typologie précise. Pour Jahoda, la science doit avant tout « rendre visible ce qui est invisible » pour « changer le monde ».
    Die Arbeitslosen von Marienthal. Ein soziographischer Versuch über die Wirkungen langandauernder Arbeitslosigkeit, paru en 1933, est la première enquête « sociographique » de l’histoire des sciences sociales. Avec Paul Lazarsfeld et Hans Zeisel, Jahoda a collecté des données quantitatives et qualitatives dans la fabrique textile de Marienthal (près de Vienne), dont tous les ouvrières et ouvriers étaient au chômage. Pendant deux mois, l’équipe s’est installée sur place, a interviewé les habitants sur leur biographies familiales et professionnelles et collecté des données chiffrées sur différents aspects de leur vie. L’équipe est alors arrivée à la conclusion tout à fait surprenante que le chômage de longue durée provoquait chez les gens une apathie politique plutôt que la révolte.

    http://www.dasrotewien.at/seite/jahoda-lazarsfeld-marie

    „Trotz Wirtschaftskrise, Inflation und Arbeitslosigkeit war diese Massenbewegung, deren Grundlage der Austromarxismus war, erfüllt von einem Geist der Lebensbejahung, der – wie ich glaube – im 20. Jahrhundert keine Parallele hat.“ Marie Jahoda, „Aus den Anfängen der sozialwissenschaftlichen Forschung in Österreich“, 1981 [...]

    http://www.fembio.org/biographie.php/frau/biographie/marie-jahoda
    Biografie

    Marie Jahoda ist eine Pionierin der Sozialpsychologie und empirischen Sozialforschung. Ihr erstes bedeutendes Werk “Die Arbeitslosen von Marienthal”, das sie gemeinsam mit Paul Lazarsfeld und Hans Zeisel 1933 veröffentlichte, bescherte ihr Weltruhm. Es wurde in viele Sprachen übersetzt. In der Studie werden Auswirkungen von Langzeitarbeitslosigkeit auf Arbeitslose dargestellt. Arbeitslosigkeit führt nicht zu revolutionärem Verhalten, sondern zu Resignation. Wegen ihrer Originalität ist diese Studie noch immer sehr lesenswert. […]

    Ici, elle est interviewée à l’âge de 90 ans :
    https://vimeo.com/69620688

    #Marie_Jahoda #sociologie #histoire_des_femmes


    • Le paradigme du «  faire  » repose sur la conception du travail portée par les hackers. À l’inverse d’une conception dualiste qui sépare vie privée et travail, et dans laquelle le travail est un moyen pour vivre, les hackers proposent d’envisager leurs activités comme un mode de vie. Étudier ce paradigme permet de s’affranchir de la vision post-tayloriste du travail et de son organisation – une vision encore dominante à l’heure actuelle. En s’intéressant aux pratiques duhacking, Michel Lallement montre ainsi comment les hackers expérimentent de nouvelles formes d’organisations collectives avec des coopérations de type adhocratique, mobilisant des experts pour une mission précise. Par ailleurs, à l’échelle de la communauté, l’organisation s’inspire de la tradition anarchiste en se donnant les moyens de décider en toute autonomie. Les décisions sont par exemple soumises au consensus dans le hackerspace de Noisebridge.



  • Jen Schradie : « Internet contribue souvent à renforcer les inégalités existantes »
    http://www.internetactu.net/2018/10/01/jen-schradie-internet-contribue-souvent-a-renforcer-les-inegalites-exi

    Le #Digital_Society_Forum – disclosure : dont la Fing et InternetActu.net sont partenaires – initié par Orange est un site qui s’intéresse à l’impact du numérique et qui publie notamment des dossiers sur les transformations de nos comportements à l’heure du numérique. Dans le cadre d’une thématique qui explore la (...)

    #Articles #Interviews #Usages #e-inclusion #non-usages #sociologie


  • Éclairer et punir | Orianne Hidalgo-Laurier
    http://www.mouvement.net/analyses/reportages/eclairer-et-punir_1

    La nuit urbaine est en pleine mutation : la lumière blanche des lampes LEDs remplace la lueur jaunâtre des réverbères. Derrière cette modernisation de l’éclairage public, les pouvoirs politiques continuent à hiérarchiser le territoire nocturne, et à contrôler. Certains artistes éclairagistes optent pour d’autres modèles. Source : Mouvement

    • #territoire
      Il y a quand même la question de l’appropriation de l’espace public et de son accessibilité par différentes populations à différentes heures du jour et de la nuit. L’absence de lumière tend à interdire l’accès la nuit et à insécuriser les plus fragiles.

      Vendredi, j’ai exploré autour du lycée de ma fille, dans une banlieue à mauvaise réputation : des tunnels étroits et sombres relient la gare de bus aux bâtiments autour. Ceux qui vont au lycée sont éclairés chichement par quelques néons blafards, presque pénitentiaires, mais de l’autre côté, les quelques point lumineux ont été systématiquement détruits et le boyau sombre est particulièrement long et isolé. Je suppose que cette voie d’accès est coupée/occupée/contrôlée une fois la nuit tombée, ce qui enclave le quartier…


  • Mind the Gap! Ringvorlesung mit Prof. Dr. Michael Hartmann - Vortra...
    https://diasp.eu/p/7759107

    Mind the Gap! Ringvorlesung mit Prof. Dr. Michael Hartmann - Vortrag über die Ursachen und Auswirkungen wachsender Ungleichheit sowie die Rolle der Eliten | 55 Min.

    https://www.youtube.com/watch?v=k58WP4GlnHg

    Am 08.05.2017 veröffentlicht

    Zum Start der Ringvorlesung am 4. Mai 2017 hat der Elitenforscher Professor Michael Hartmann an der Universität Bonn einen einführenden Vortrag über die Ursachen und Auswirkungen wachsender #Ungleichheit sowie die Rolle der #Eliten gehalten.

    #Germany #inegality #lecture #sociology #elite


  • ♲ NachDenkSeiten – Die kritische Website (): Michael Hartmann: „Die...
    https://diasp.eu/p/7754042

    ♲ NachDenkSeiten – Die kritische Website ():

    Michael Hartmann: „Die Medien sind Teil des Problems geworden“

    „Über drei Viertel der Herausgeber und Chefredakteure in den großen privaten Medien kommen aus den oberen vier Prozent der Bevölkerung“, sagt Michael Hartmann. Der Eliteforscher, der die These vertritt, dass die Eliten in Deutschland „abgehoben“ sind, also sich weit von der Lebenswirklichkeit der breiten Bevölkerung entfernt haben, verweist im NachDenkSeiten-Interview darauf, dass dieses Abgehoben-Sein genauso auf die journalistische Elite zutrifft. „Ihr Spitzenpersonal“, so der Soziologe weiter, „nimmt die gesellschaftliche Realität mindestens genauso verzerrt wahr, wie es bei der Politik-Elite der Fall ist“. Ein Interview über die Filterblase der Medien, die Spaltung in unserer Gesellschaft (...)


  • L’internet des familles modestes : les #Usages sont-ils les mêmes du haut au bas de l’échelle sociale ?
    http://www.internetactu.net/2018/09/21/linternet-des-familles-modestes-les-usages-sont-ils-les-memes-du-haut-

    Il semble toujours difficile de saisir une enquête sociologique, car, comme toute bonne enquête sociologique, celles-ci sont surtout qualitatives et se fondent sur des témoignages peu nombreux et variés… dont il semble difficile de dégager des lignes directrices. C’est pourtant ce que réussit à faire la sociologue Dominique Pasquier dans (...)

    #Articles #Interviews #e-inclusion #non-usages #sociologie

    • Vous évoquez notamment la difficulté à utiliser certaines ressources dans le cadre professionnel ou dans la relation administrative. Quelles sont ces difficultés et pourquoi persistent-elles selon vous ?

      Dominique Pasquier : Dans leurs services en ligne, les administrations de la République sont lamentables. On ne met pas assez d’argent dans l’ergonomie, dans les tests usagers… pour des gens dont les budgets se jouent à 100 euros près et où le moindre remboursement qui ne vient pas est un drame. La dématérialisation de l’administration est inhumaine et brutale. Les familles modestes utilisent peu le mail. Leurs adresses servent principalement aux achats et aux relations avec les administrations. Mais les courriers de l’administration se perdent dans le spam qu’ils reçoivent des sites d’achat. Pour eux, le mail est un instrument de torture et ce d’autant plus qu’il est l’outil de l’injonction administrative. Les gens ont l’impression d’être maltraités par les administrations, à l’image de cet homme que j’ai rencontré, noyé dans ses démêlés avec Pôle emploi, en difficulté dans toutes ses démarches.

      Les usagers ne sont pas contre la dématérialisation pourtant. Le public que j’ai rencontré utilise quotidiennement les applications bancaires par exemple, matins et soirs. Ils n’ont pas de mal à gérer leurs factures en ligne. Mais les relations avec les institutions sociales, en ligne, sont particulièrement difficiles.

      InternetActu.net : Peut-être est-ce aussi lié à l’usage spécifique du mail qu’on rencontre dans ces familles. Vous soulignez, qu’une des rares spécificités de l’internet des familles modestes, c’est que l’usage du mail n’est pas tant individuel que familial…

      Dominique Pasquier : Oui. Pour les familles modestes, le mail n’est pas un outil de conversation agréable. Il est asynchrone et écrit. Envoyer et attendre une réponse ne correspond pas aux valeurs du face à face dans l’échange, qui reste très fort dans les milieux populaires. Il demeure de l’ordre du courrier, ce qui en fait un dispositif formellement distant.

      Les familles disposent bien souvent d’une seule adresse mail partagée. C’est un moyen de tenir un principe de transparence familial… (et de surveillance : une femme ne peut pas recevoir de courrier personnel). Ce principe de transparence se retrouve également dans les comptes Facebook, dans les SMS,… La famille intervient sur les comptes de ses membres, on regarde les téléphones mobiles des uns et des autres. On surveille ce qu’il se dit. Les familles modestes ne voient pas de raison à avoir des outils individuels.

      Il y a aussi l’enquête régulière sur les « Pratiques culturelles » coordonnée par Olivier Donnat.


  • Fare sociologia visuale. Immagini, movimenti e suoni nell’etnografia

    Dopo quasi dieci anni di attività, dodici opere visuali e un manifesto politico, il Laboratorio di Sociologia Visuale dell’Università di Genova torna a riflettere criticamente sulle proprie pratiche di ricerca, attraverso la ricostruzione del filo narrativo delle sue produzioni visuali.

    Il carcere, le bande, il corpo, il genere, le culture giovanili, la prostituzione, le migrazioni, le periferie, le dipendenze: questi i campi attraversati da molteplici esperienze etnografiche che si collocano in modo instabile all’interno dei canoni della ricerca. Da quali pratiche e da quali domande, da quali sfondi traggono origine questi lavori? Che effetti possono generare? A quali piani epistemologici o politici possono fare riferimento?

    Fare sociologia visuale significa attraversare i contesti di ricerca come luoghi di immagini, rumori, odori e movimenti, considerandoli elementi ineludibili per la comprensione sociologica.


    http://www.professionaldreamers.net/?p=3500
    #sociologie_visuelle

    Le pdf du livre peut être téléchargé gratuitement ici:
    http://www.professionaldreamers.net/_prowp/wp-content/uploads/Fare-sociologia-visuale.pdf



  • Le faux boom de Trump, sur fond de désespoir croissant

    Trump’s Fake Boom : Growing Despair Amidst Insecure Economic Recovery
    https://www.counterpunch.org/2018/08/31/trumps-fake-boom-growing-despair-amidst-insecure-economic-recovery

    On August 6th, Pres. Trump tweeted, “Great financial numbers being announced on an almost daily basis. Economy has never been better, jobs at best point in history.” So, with such good news, why do an increasing number of Americans feel un-well?

    Two recent studies point to the deepening despair shared by many Americans and unacknowledged by Trump and the mainstream media. The Federal Reserve study, “Report on the Economic Well-Being of U.S. Households in 2017,” and the Gallup-Sharecare Well-Being Index detail this despair in complementary ways. Taken together, they paint a disturbing picture of the suffering being endured by Americans, especially the nation’s most vulnerable.

    While Trump seeks to dismiss all challenges to his empty bluster as “fake news,” there is a growing perception among Americans that the once proudly proclaimed “American Dream” is over. This perception is shared by critics of capitalism and some mainstream pundits as well as (incoherently) by those who back Trump and his call to “make America great again” – with its emphasis on “again,” a wish for what was once but nevermore.

    The Federal Reserve report champions the slow economic recovery that’s marked the decade following the Great Recession. It notes that “fewer people are finding it difficult to get by, or just getting by, then was the case five years ago. … This decline in financial hardship is consistent with the decline in the national unemployment rate over this period.”

    However, it warns “two in five Americans don’t have enough savings to cover a $400 emergency expense, and one in four don’t feel they are ‘at least doing OK’ financially.” It adds, “more than one in five said they weren’t able to pay the current month’s bills in full, and more than one in four said they skipped necessary medical care last year because they couldn’t afford it.” These are signs of the decline in well-being.

    The Gallup-Sharecare study was initiated in 2008 to gauge the overall well-being of adult Americans. It’s a comprehensive poll involving interviews with more than 160,000 adults from all 50 states. Its most recent 2017 survey found that between 2016 and 2017, the overall well-being score dropped 0.6 points, to 61.5 from 62.1. As Gallup declares, “this decline is both statistically significant and meaningfully large.”

    Les catégories de la population qui souffrent le plus : les femmes et les minorités de couleur.

    Le rapport du Fed sur le bien-être des foyers en 2017 : https://www.federalreserve.gov/publications/report-economic-well-being-us-households.htm

    Le sondage Gallup : https://news.gallup.com/poll/224675/gallup-top-findings-2017.aspx

    #Etats-Unis #USA #économie #sociologie #economy #sociology #bien-être #well-being #Fed #Federal_Reserve #Gallup #Counterpunch #pauvreté #poverty


  • La crise du « Média » : une tentative de diagnostic sociologique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/210818/la-crise-du-media-une-tentative-de-diagnostic-sociologique

    par Dominique Boullier

    Un projet ambitieux comme Le Média demande de mobiliser des compétences et des visions différentes qui doivent trouver une synergie. Mais le débat n’est pas cadré de la même façon par tous. Plusieurs principes supérieurs semblent être entrés en conflit (le business, la réputation, l’expertise journalistique, le militantisme). Ils sont pourtant tous nécessaires à la survie du projet du Média.

    Un projet ambitieux comme le média demande de mobiliser des compétences, des références, des visions différentes qui doivent trouver une synergie, toujours provisoire et donc révisable, c’est même la condition de la survie. Mais il est parfois difficile d’identifier les origines de ces différences car le débat n’est pas cadré de la même façon par tous. L’entrée dans une « épreuve de justification » peut donc être favorable à condition de ne pas devenir un exercice de démolition réciproque, ce qui semble s’être passé pendant le séminaire de juillet.

    Plusieurs mondes et plusieurs principes supérieurs semblent être entrés en conflit et ils sont pourtant tous nécessaires à la survie du projet du média. Le problème est un bien un problème d’accord entre des principes, de dosage du compromis qu’il faut de toutes façons trouver. La solution n’est pas dans une purification des principes (car il y en a plusieurs précisément) ni dans un arrangement pour tenir bon et masquer les différends car ils reviendront en force de toutes façons.

    Quatre principes semblent contribuer au média et donc à sa gouvernance et sont représentés par des personnes différentes, porteuses d’une vision plutôt que d’une autre.

    1/ Le premier principe est celui du business, de la rentabilité, de la performance du projet sur un marché concurrentiel, etc.

    2/ Le deuxième principe supérieur qui domine nécessairement dans un média, c’est celui de l’opinion, qui est devenu désormais celui de la réputation. Un média joue avant tout dans ce registre, d’autant plus pour le média qui était d’emblée une cible privilégiée des concurrents. La réputation médiatique se gagne avec des alliés qui ont déjà de la réputation, ce qui est un cercle vicieux, c’est vrai mais chacun le constate à la télévision où l’on invite toujours les gens connus …par les médias (et donc les gens des médias eux-mêmes d’ailleurs, d’où cet effet de connivence qui fait perdre pied avec le réel).

    Comme on le voit, les deux principes supérieurs qui ont été les plus actifs sont le business et la réputation (ou l’opinion). Or, ce sont précisément ceux qui dominent notre monde financiarisé et qui le mènent à sa perte. Le projet du média se devait de rééquilibrer cela par deux autres principes qui avaient été annoncés et qui ont eu bien du mal à s’exprimer.

    3/ Le troisième principe qui était au cœur du projet, c’est bien l’expertise journalistique, au sens d’un savoir-faire professionnel, qui soit réinventé et retrouvé contre sa dénaturation par le business et la réputation dans les médias dominants. Le démarrage avec des professionnels du journalisme était de ce point de vue une garantie qu’on n’allait pas avoir la radio de campus sympa mais totalement amateur ni le canal militant de la bonne parole certifiée.

    4/ Le quatrième principe qui est au cœur du projet du média, c’est le militantisme, on appelle ça en sociologie pragmatique le principe civique, celui de la mobilisation des citoyens, de leur contribution. Sur ce plan, le nombre est toujours un critère décisif. Or, les socios sont particulièrement nombreux et leur capacité à soutenir le projet a été un principe nettement différenciant par rapport à tous les autres nouveaux médias. Cette référence au nombre, au pouvoir du collectif et aux règles juridiques qui le reconnaissent comme dans toutes les institutions, a été souvent mobilisée pour protester contre la mise à l’écart des socios du processus de décision. Ce qui d’un strict point de vue business, ou réputation ou journalistique n’est pas un problème : c’est avant tout parce que le média porte ce principe du pouvoir du collectif que la question se pose.

    Instituer pour garder l’élan vital

    C’est le dernier point que je peux mettre en débat là aussi. L’élan vital doit être préservé et tout ce qui a contribué à des postures mortifères doit être réparé et cela ne peut se faire que par un débat qui admette la difficulté du compromis à trouver. Instituer, ce n’est pas tuer le projet, ce n’est pas le normaliser, c’est au contraire lui donner une chance de vivre en donnant sa place à chacun, selon de nouvelles règles et de nouveaux équilibres plus explicites. (Vitam instituere dit Legendre, c’est la fonction des institutions , garantir les places de chacun).

    #Médias #Journalisme #Sociologie_pragmatique


  • Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales

    Vient de paraître un ouvrage que j’ai un beaucoup de plaisir à co-diriger avec Bernard Idelson (Université de La Réunion), et qui porte sur les approches biographiques en Lettres et sciences humaines et sociales. Il s’agit de l’édition des actes du colloque du même nom, qui a eu lieu à l’université de Saint Denis (La Réunion) en février 2017.

    Voici la référence exacte :

    Idelson, Bernard et Babou, Igor (dir.), Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales . Saint-Denis : Presses Universitaires Indiaocéaniques, 2018.

    http://igorbabou.fr/lire-des-vies-lapproche-biographique-en-lettres-et-en-sciences-humaines-et

    Les auteurs : Igor Babou, Karine Bastide, Christophe Cosker, Pascale Delormas, Christine Détrez, Mylène Eyquem-Lebon, Béatrice Fleury, Christian Germanaz, Bernard Idelson, Delphine Leroy, Carpanin Marimoutou, Ophélie Naessens, Claude Nosal, Claire Oger, Anne Piponnier, Vilasnee Tampoe-Hautin, Jacques Walter, Caroline Yaniv-Ollivier

    #Lettres #SHS #Biographie #Epistémologie #communication #sociologie #géographie


  • L’idéologie sociale de la bagnole – 1973 – carfree.fr
    http://carfree.fr/index.php/2008/02/02/lideologie-sociale-de-la-bagnole-1973

    L’idéologie sociale de la bagnole

    Le vice profond des bagnoles, c’est qu’elles sont comme les châteaux ou les villa sur la Côte : des biens de luxe inventés pour le plaisir exclusif d’une minorité de très riches et que rien, dans leur conception et leur nature, ne destinait au peuple. A la différence de l’aspirateur, de l’appareil de T.S.F. ou de la bicyclette, qui gardent toute leur valeur d’usage quand tout le monde en dispose, la bagnole, comme la villa sur la côte, n’a d’intérêt et d’avantages que dans la mesure où la masse n’en dispose pas. C’est que, par sa conception comme par sa destination originelle, la bagnole est un bien de luxe. Et le luxe, par essence, cela ne se démocratise pas : si tout le monde accède au luxe, plus personne n’en tire d’avantages ; au contraire : tout le monde roule, frustre et dépossède les autres et est roulé, frustré et dépossédé par eux.

    La chose est assez communément admise, s’agissant des villas sur la côte. Aucun démagogue n’a encore osé prétendre que démocratiser le droit aux vacances, c’était appliquer le principe : Une villa avec plage privée pour chaque famille française. Chacun comprend que si chacune des treize ou quatorze millions de familles devait disposer ne serait-ce que 10 m de côte, il faudrait 140 000 km de plages pour que tout le monde soit servi ! En attribuer à chacun sa portion, c’est découper les plages en bandes si petites — ou serrer les villas si près les unes contre les autres — que leur valeur d’usage en devient nulle et que disparaît leur avantage par rapport à un complexe hôtelier. Bref, la démocratisation de l’accès aux plages n’admet qu’une seule solution : la solution collectiviste. Et cette solution passe obligatoirement par la guerre au luxe que constituent les plages privées, privilèges qu’une petite minorité s’arroge aux dépens de tous.

    Or, ce qui est parfaitement évident pour les plages, pourquoi n’est-ce pas communément admis pour les transports ? Une bagnole, de même qu’une villa avec plage, n’occupe-t-elle un espace rare ? Ne spolie-t-elle pas les autres usagers de la chaussée (piétons, cycliste, usagers des trams ou bus) ? Ne perd-elle pas toute valeur d’usage quand tout le monde utilise la sienne ? Et pourtant les démagogues abondent, qui affirment que chaque famille a droit à au moins une bagnole et que c’est à l’ « Etat » qu’il appartient de faire en sorte que chacun puisse stationner à son aise, rouler à 150 km/h, sur les routes du week-end ou des vacances.




  • Ne pas téléphoner, ne pas doubler le message sur un autre canal : petit guide du bon usage des réseaux sociaux
    https://abonnes.lemonde.fr/m-actu-chroniques/article/2018/07/27/ne-pas-telephoner-ne-pas-doubler-le-message-sur-un-autre-canal-petit

    Pour s’épargner toute vexation, on évitera simplement de téléphoner. Dans la vie professionnelle, appeler les gens sans les avoir contactés d’abord par écrit est de plus en plus perçu comme grossier. Envoyer un message est moins intrusif et laisse à la personne concernée toute latitude de choisir le moment opportun pour répondre, en plus d’économiser un quart d’heure de discussion et d’offrir des preuves en cas de différend à venir…

    Puisque beaucoup de « suroccupés » ont désactivé les notifications de leurs messageries et que les lignes fixes sont désormais réservées aux gens qui veulent vous vendre des fenêtres, le SMS sera le moyen le plus efficace d’atteindre votre destinataire. Si celui-ci ne vous répond pas, ce n’est pas parce que vous n’avez pas employé le bon canal, mais parce qu’il n’en a pas envie, même si l’argument « Je ne consulte pas mes mails/ce compte/ce réseau » reste l’excuse la plus couramment employée.

    #Comportement #Sociologie_usages #Culture_numérique


  • Une immersion dans le quotidien des #graffeurs afin de tenter de comprendre la complexité et l’originalité de leur démarche. Art ou crime ? Un film-recherche en coopération avec #CNRS_Images.

    http://sms.hypotheses.org/9764

    #graffiti, #tag, #art, #rue, #hip-hop, #art_de_rue, #sociologie, #anthropologie, #pratique, #illégalité, #street_art, #symbole, #dessin, #aérosol, #peinture


  • Le retour des « boulots à la con »
    https://www.nonfiction.fr/article-9449-le-retour-des-boulots-a-la-con.htm

    Au printemps 2013, l’anthropologue américain David Graeber, déjà connu pour son engagement dans le mouvement Occupy Wall Street et son livre Dette : 5000 ans d’histoire , fait sensation avec un article sur les « boulots à la con » . Sa réflexion part à l’origine d’une interrogation : comment expliquer l’existence d’emplois qui apparaissent inutiles à l’observateur extérieur et qui sont d’ailleurs jugés comme tels par leurs occupants ? Et si leur ampleur était sous-estimée puisque personne n’ose en parler ?

    #sociologie #anthropologie #travail



  • Richard Florida : « La #crise urbaine, c’est la crise centrale du #capitalisme »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/07/07/richard-florida-la-crise-urbaine-c-est-la-crise-centrale-du-capitalisme_5327


    Je n’arrête pas de m’en faire la réflexion : les métropoles sont connectées entre elles et tout le reste est de plus en plus exclu, éloigné et négligé.
    À la rentrée, ma fille va intégrer un lycée de la métropole régionale… ce qui a l’air d’être déjà une chance, tant les gosses de bouseux ont l’air assignés à résidence, dans des établissements aussi peu dotés que possible.
    Il y a 30 ans, quand j’ai fait le même chemin, je prenais le bus pour aller à la métropole régionale. Là, les lignes ont été supprimées, nous n’avons trouvé aucune correspondance possible pour le lundi matin, ce qui était impensable il y a 30 ans.
    Là, c’est devenu normal. La plupart des métropoles sont à présent plus proches les unes des autres que les gens de leurs périphéries le sont du centre-ville qui est devenu inatteignable de l’extérieur. Je mets plus de temps pour aller inscrire ma fille à son lycée (où ma présence physique est requise avec des tirages papiers de mes scans, à l’heure d’Internet !), que pour me rendre à Paris, qui est 5 fois plus éloignée !

    Le problème, c’est que quelques grandes ­#métropoles internationales concentrent la ­majorité des #richesses, et deviennent de plus en plus #inaccessibles. Dans ces villes superstars, l’explosion des prix de l’#immobilier chasse peu à peu les artistes, les professions intellectuelles, les créatifs des quartiers qu’ils avaient investis. Mais ce ne sont pas les moins bien lotis, car ceux-ci trouvent souvent d’autres quartiers ­populaires où ils peuvent s’installer. Ce qui est terrifiant, c’est que les policiers, les pompiers, les gens qui travaillent dans des boutiques ou des restaurants, les infirmiers, les artisans, les jardiniers doivent quitter ces grandes villes, devenues trop chères. Et vivre beaucoup plus loin, dans des zones mal desservies par les transports en commun. La nouvelle crise urbaine n’est pas une crise du déclin des villes, comme dans les années 1970. C’est une crise causée par leur succès. Et la conséquence, c’est qu’aux Etats-Unis nous avons d’un côté une petite vingtaine de métropoles superstars, entrées de plain-pied dans l’économie de la connaissance, et de plus en plus riches. Et tout le reste du pays qui plonge et s’appauvrit. La crise urbaine, c’est la crise centrale du capitalisme contemporain.

    • C’est un problème gravissime, mais j’ai l’impression que Richard Florida a beaucoup plus oeuvré pour l’aggraver que pour le résoudre. Pour un regard un peu plus critique sur lui, cf. cet article du Diplo :

      Richard Florida : une idée, un business, par Benoît Bréville (Le Monde diplomatique, novembre 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/11/BREVILLE/58056

      Richard Florida a parfaitement su monnayer le succès de son livre The Rise of the Creative Class. Érigé au rang d’expert par les médias, il multiplie depuis quinze ans les apparitions à la télévision et les articles dans le New York Times, le Wall Street Journal, le Financial Times, USA Today, The Atlantic ou Time Magazine — un hebdomadaire qui considère le fil Twitter du professeur comme l’un des « cent quarante plus influents du monde ». Fort de cette notoriété, l’économiste a fondé sa société de conseil, le Creative Class Group, dont la liste de clients est impressionnante : on y trouve des villes (Memphis, San Diego, Tampa, Rochester, Des Moines, El Paso, Milwaukee, Austin, Baltimore, Detroit, Cleveland, Toronto, Montréal, Vancouver, Dublin, Pampelune, Brisbane, Le Cap, Jérusalem…), des musées, des fondations, des universités, mais aussi l’Organisation des Nations unies, le ministère du travail américain, le forum Global City d’Abou Dhabi, etc.

      L’universitaire travaille par ailleurs avec des entreprises privées désireuses de conquérir des clients branchés. Il a conseillé la société de spiritueux Bacardí, qui souhaitait mieux calibrer ses publicités au goût de la « classe créative » ; la compagnie aérienne Air Canada, qui se demandait comment vendre le Canada comme un pays dynamique ; la troupe du Cirque du Soleil, qui voulait connaître les villes nord-américaines taillées pour accueillir ses spectacles coûteux. Les voitures BMW, les chaussures Converse, les alcools Absolut Vodka, les hôtels Le Méridien, le moteur de recherche Google ou encore le géant de l’informatique Microsoft figurent également au tableau de chasse du Creative Class Group.

      Outre des rapports, Richard Florida vend ses conférences. Elles sont si demandées que l’économiste a dû s’adjoindre les services d’une assistante (son épouse) pour organiser ses tournées. L’une des prestations proposées s’adresse aux promoteurs immobiliers qui cherchent l’implantation idéale pour « maximiser leur retour sur investissement ».

      #Richard_Florida #urbanisme #cities #classe_créative #creative_class #sociologie #sociology


  • Nous les Tsiganes, ou les Roms comme vous dites, vous
    Catégorisations ethniques et frontières sociales en Europe
    Swanie Potot, Presses universitaires de Rennes, 2018
    http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4594

    Présentation :

    La présence et la visibilité des « Roms » dans les villes françaises sont devenues des questions politiques de premier plan depuis une dizaine d’années. Sans bien savoir qui l’on désigne par ce terme, on leur attribue la résurrection des bidonvilles et la responsabilité de la délinquance de rue. Dans les medias comme dans les discours politiques, ces pratiques sont moins renvoyées à une pauvreté extrême qu’il conviendrait de combattre qu’à la nature même des Roms : ce seraient leurs mœurs et leurs préférences culturelles qui feraient d’eux des marginaux inassimilables.

    A partir d’un travail ethnographique auprès de migrants roumains dits roms, dans des squats et bidonvilles de la région niçoise, ainsi que d’une analyse du mouvement rom et de son histoire, l’auteure montre que la mise en exergue de l’appartenance ethnique par des acteurs aux motivations diverses tend à naturaliser et figer une frontière sociale. L’ethnicisation de ces descendants d’esclaves justifie ainsi leur traitement différentiel sur le long terme, ouvrant simultanément la voie aux discriminations positives et aux pratiques xénophobes. Empruntant à la sociologie des migrations et à celle des relations interethniques, c’est le débat entre anti-racismes universaliste et différentialiste qui compose la toile de fond de cette enquête.

    Préface de Cécile Canut.

    Sommaire :
    -Des Tsiganes aux Roms, une ascension sociale continue ?
    -Les « Roms » de Nice, au-delà de la lentille ethnique
    -Ethnicité et frontières sociales
    -La République et l’ethnie

    #Tziganes #Roms #Sociologie #Ethnographie #France #Roumanie #Migrations #Racisme #Nice #Swanie_Potot



  • Pourquoi les zombies ne peuvent pas faire des courses ? Une brève introduction à la #sociologie du marché de Franck Cochoy - Socio-réflexe
    http://socio-reflexe.over-blog.com/2018/06/pourquoi-les-zombies-ne-peuvent-pas-faire-des-courses-une-b

    On “fait” ses courses plus qu’on ne les “pense”. On flâne en effet souvent dans les supermarchés, pris dans une errance semi-dirigée, passant et repassant plusieurs fois dans les mêmes rayons. Cette danse a été interprétée comme macabre par Romero (dans Dawn of the dead), qui dépeint la consommation à l’instar d’un acte « incorporé » dont la conscience n’est pas nécessaire. On voit celles et ceux qui fréquentent ces halles remplis d’innombrables produits comme de pauvres âmes en peine, répondant mécaniquement à des injonctions marchandes.

    Mais… Mais pourquoi est-ce que c’est aussi difficile d’imaginer un zombie faire ses courses ? Même ces films critiques de la société de consommation ne les montrent qu’errants entre les rayons, ce qui est une mauvaise description de ce qu’il se passe réellement dans les grandes surfaces (dont la dénomination même réduit les supermarchés à des lieux où donc les gens n’y font que se déplacer).