• #Canicule : l’#agriculture_productiviste recherche des #solutions ...

    Canicule dans les élevages : les solutions de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire
    https://actu.fr/pays-de-la-loire/chateaubriant_44036/canicule-dans-les-elevages-les-solutions-de-la-chambre-dagriculture-des-pays-de

    Les périodes de grosses chaleurs et de canicules sont difficiles à supporter, pour les humains comme pour les animaux. Les élevages sont particulièrement impactés, puisque les animaux peuvent souffrir d’un stress thermique très rapidement en fonction de la température, diminuant forcément leur rendement. Quelles solutions peuvent être mises en place pour aider les animaux ?

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    En extérieur c’est bien évidemment l’ombre qui est la protection la plus efficace. Si certaines structures artificielles comme des panneaux photovoltaïques ou des ombrières peuvent se révéler efficaces, les solutions naturelles le sont d’autant plus.

    Ce qui vraiment très con, c’est que, en soixante ans, ces #crétins_abyssaux ont viré presque toutes les haies pour agrandir les surfaces des parcelles et faciliter ainsi le travail des machines.

    #agro-industrie #remembrement

    • #Chemin_faisant

      Avant d’aller plus loin, un billet “préliminaire” qui vise à poser les bases, décrire la démarche, expliquer les contenus… bref à justifier, si besoin était, le pourquoi du comment de ce carnet, qu’on peut résumer avec quelques mot-clé : #critique du #tout-voiture, #alternatives, #imaginaire, #pratiques et #modes_de_vie, #Grenoble et sa cuvette, quartier, rue, #émancipation

      On peut vivre (volontairement) sans bagnole (à Grenoble notamment)

      Si, malheureusement, certains territoires et certains modes de vie contraignent à vivre avec une bagnole, pour aller bosser, pour se nourrir, se divertir ou pour faire ses démarches diverses, force est de constater que, quand on vit dans l’agglomération la plus plate de France, qui plus est un milieu urbain dense, bien desservi et fourni en services, se passer volontairement de voiture paraît relativement aisé et justifié. Et pourtant, à Grenoble comme ailleurs, assez peu de gens, et sans doute encore moins des familles, font le #choix de ne pas en avoir (et de ne pas en louer une, ou s’en faire prêter, tous les 4 matins), quand bien même ils et elles en possèdent une juste pour les loisirs…

      Ce carnet est donc d’abord là pour montrer que l’on vit bien sans bagnole dans cette cuvette saturée mais attachante : pour peu que l’on ne calque pas ses envies de mobilité sur la ‘culture du tout-bagnole’, une multitude de #solutions existent en effet pour satisfaire autrement nos besoins de bouger, à proximité de la métropole ou au-delà. Marcher et pédaler évidemment, mais aussi monter dans un bus, un tram ou un train, pour profiter de ce que le coin de la rue, le quartier ou les premiers bouts de forêts et les près et champs qui touchent la ville ont à nous offrir : les possibilités sont inépuisables. Et le plaisir est souvent au rendez-vous, ne serait-ce que celui de savoir qu’on contribue, mine de rien, par l’acte et par l’exemple, à construire un monde plus beau et plus juste. Rien que ça.

      Commençons par déconstruire l’imaginaire de la bagnole

      La voiture et son monde sont une drogue dont les ravages, contrairement à la clope ou à la boisson, sont encore largement escamotés : ces boites en métal d’une tonne peuvent passer devant une école à 30 km/h, et frôler des gamins qui ne dépassent pas les rétroviseurs sans que ça ne soit insupportable pour la majorité des gens. Dans le même ordre d’idée, il y a quelques décennies en arrière, laisser des enfants enfermés pendant des heures dans une pièce enfumée était normal, ce qui n’est heureusement plus le cas aujourd’hui. Les mentalités évoluent, les connaissances et les perceptions également, et aujourd’hui le tabagisme passif n’est plus toléré. Mais alors, comment se fait-il qu’on continue à vivre, sans broncher ou presque, dans un monde saturé à ce point-là de bagnoles, avec tous les méfaits, proches ou lointains, que cela engendre ?

      Probablement que l’usage de la voiture ne serait pas si dominant et ses méfaits ne seraient pas tant tolérés si l’imaginaire de la bagnole et de son monde n’était pas profondément ancré dans nos têtes, modelé par des décennies de matraquage publicitaire et de modelage culturel. L’état de fait physique - le tout-voiture- est donc avant tout une construction sociale, pronée par certains et acceptés par une majorité. Partant de là, tous les moyens sont donc bons pour déconstruire cet enfumage généralisé, en partie inconscient : asséner les chiffre-massue des accidentés ou des taux de pollution, mettre en regard la réalité et la perception qu’on en a, tisser des contre-récits… C’est en tout cas ces recettes que je tente de mettre en oeuvre dans ce carnet.

      Vers un #monde_dévoituré

      Un monde qui lâcherait la voiture… c’est tout un univers de possibles qui s’ouvre, fait de ré-appropriation des espaces et du temps, de re-connexion avec ce qui nous entoure, de ré-ensauvagement de nos vies. Plus concrètement, dévoiturer nos villes et nos vies, c’est rendre les rues plus sûres et vivables, pacifiées et mieux partagées, l’air moins toxique, c’est faire régresser le goudron et béton pour laisser la place à de la vie animale et végétale : de quoi rendre autant désirable le coin de la rue, que l’autre bout du monde où l’herbe n’est pas forcément plus verte… Alors, laissons-nous aller à imaginer ce nouveau monde et posons-nous la question : comment occuperons-nous cette rue, ce parking, cette autoroute ou cette zone commerciale une fois que les bagnoles n’y circuleront plus ?


      #voiture #mobilité #alternative #transports #espace
      #géographie_culturelle #ressources_pédagogiques

  • La guerre de l’#eau, un conflit explosif dans les #Pyrénées-Orientales

    Face à la #sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, les pouvoirs publics misent sur l’#irrigation. Au risque de provoquer une #guerre_de_l’eau. #Omerta, #pressions politiques, maraîchers inquiets... Le sujet est explosif.

    « Vous voulez nous piquer notre eau ! » Ce mercredi de novembre, l’élégante salle des fêtes de #Latour-de-France bruisse d’indignation. Jardiniers ou paysans, ils sont venus en nombre exprimer leurs craintes. En face, représentants de la #FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, et services de l’État peinent à cacher leur impatience. « C’est une des premières guerres de l’eau du département », commente un des participants.

    Au cœur de la discorde hydraulique : un #tuyau de 10 km qui permettrait d’amener davantage d’or bleu aux #vignes et #abricotiers de la plaine de #Rivesaltes. « Un projet qui va bénéficier à toute la vallée », selon Jean Bertrand, salarié de la chambre d’agriculture catalane, dirigée par la FNSEA. Mais pour les habitants de l’amont, chez qui la précieuse ressource va être puisée, l’inquiétude est palpable : « Avec le peu d’eau que vous allez nous laisser, c’est la mort pour nous. »

    Tous les ingrédients sont réunis pour rendre le sujet explosif. Une ressource en chute libre et une demande en eau qui explose, des agriculteurs exsangues et des petits jardiniers inquiets... Le tout saupoudré d’omerta et enrobé de #pressions_politiques.

    La #rivière disparaît sous terre

    Pour bien comprendre le problème, il faut remonter deux ans en arrière. Les Pyrénées-Orientales traversaient alors une sécheresse historique. Entre avril 2023 et mars 2024, le déficit de pluie a atteint jusqu’à 70 % dans l’est du département. Avec des conséquences catastrophiques pour l’#agriculture : des abricotiers morts sur pied, des vignes desséchées… En pleine mobilisation agricole, l’État a redouté une crise potentiellement explosive. Il fallait répondre, vite et fort.

    Le 22 mai 2024, le ministre de la Transition écologique de l’époque, #Christophe_Béchu, lançait en grande pompe un #plan_de_résilience pour l’eau, assorti d’un chèque de 10 millions d’euros. Dans la foulée, il annonçait soutenir « sept projets concrets faisant consensus » dans le département, dont plusieurs portés par la chambre d’agriculture. Parmi eux, la « priorité des priorités », selon la directrice du plan eau, #Christine_Portero-Espert : « La sécurisation de l’alimentation des #réseaux_d’irrigation de l’#Agly aval. » Notre fameux tuyau.

    S’il y a urgence, c’est que la #vallée_de_l’Agly est la zone la plus affectée par la sécheresse. À Rivesaltes, les habitants n’ont pas vu couler le fleuve de décembre 2022 à octobre 2024. Une situation exceptionnelle, mais pas surprenante : en un demi-siècle, « le débit des fleuves côtiers méditerranéens a diminué de 30 à 40 %, dont au moins 20 % directement lié au changement climatique », explique l’hydrologue Wolfgang Ludwig, qui prévoit la quasi-disparition de ces #cours_d’eau d’ici la fin du siècle, dans les pires scénarios climatiques.

    Un séisme hydrologique au pays catalan. « Historiquement, il y a de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, grâce à la fonte des neiges, rappelle le chercheur. Il y a donc ici une #culture_de_l’irrigation très développée, qui a été une chance, mais qui est aujourd’hui une grande vulnérabilité. » Car l’abondance hydrique a retardé l’adaptation au #changement_climatique — et poussé une partie des agriculteurs du Rivesaltais à miser sur l’#abricot, une culture très gourmande en eau.

    Dans la vallée de l’Agly, le #fleuve alimente tout un #réseau_d’irrigation, dont une partie héritée du Moyen-Âge. Autour de Latour-de-France et d’#Estagel, quelque 280 hectares — de petits potagers comme des exploitations viticoles — sont ainsi arrosés. À Rivesaltes, près de 400 hectares en bénéficient.

    Cerise sur le gâteau aride, le cours d’eau traverse — entre Latour-de-France et Rivesaltes — une zone rocheuse comparable à un gruyère : le #karst des #Corbières. En clair, une grande partie de la rivière disparaît sous terre. En période de sécheresse, le karst pourrait absorber jusqu’à 3 000 litres par seconde, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Résultat, en aval, les canaux d’irrigation alimentés par l’Agly sont régulièrement vides.

    Jusqu’ici, la parade consistait à lâcher d’importantes quantités d’eau depuis le #barrage_de_Caramany, à 30 km en amont, pour « passer le karst ». Sauf que la réserve se vidait à vue d’œil. D’où l’idée — apparemment simple — des élus de la chambre d’agriculture : court-circuiter la zone poreuse grâce à un tuyau. « On aura besoin de lâcher moins d’eau en période sèche pour assurer les besoins agricoles », se réjouit Jean Bertrand.

    Selon les calculs du cabinet BRL Ingénierie — mandaté pour étudier le projet —, entre 1 et 4 millions de m3 seraient ainsi « économisés » les années sèches, sauvegardés dans le barrage. Et le tour est joué ! Pas si simple, mettent en garde plusieurs experts — qui souhaitent tous rester anonymes, signe que le sujet est tendu. Car le karst alimente les nappes du #Roussillon — précieuses réserves d’eau douce pour le littoral catalan, menacées par l’intrusion saline —, mais également l’étang de #Salses-Leucate. Pour « sécuriser » son #accès_à_l’eau, la métropole de #Perpignan projette aussi de multiplier par quatre ses prélèvements dans cette zone calcaire décidément très convoitée.

    « Qui pourra se payer l’eau ? »

    Interrogés par Reporterre quant aux incidences de ce projet sur l’alimentation en #eau_douce du territoire, les acteurs locaux bottent en touche. La métropole ne nous a pas répondu. Le syndicat de l’étang de Leucate indique qu’« à ce stade, la commission locale de l’eau [qui réunit élus et usagers] n’a pas été consultée sur ce dossier ». Pour le syndicat du bassin de l’Agly, « de nombreux points techniques et opérationnels doivent encore être étudiés et précisés » avant qu’il puisse « s’exprimer publiquement ». Rien d’officiel donc, mais en coulisses, plusieurs acteurs publics de l’eau nous ont fait part de leur « vive inquiétude ».

    « Il s’agit d’un système complexe et fragile, qui n’a pas du tout été pris en compte dans sa globalité », nous indique un connaisseur du dossier. Les interactions du karst avec les #nappes et des cours d’eau catalans sont encore mal connues. « On joue aux apprentis sorciers. »

    Côté préfecture et chambre d’agriculture, on se veut rassurant : si le besoin s’en fait sentir, on lâchera davantage d’eau du #barrage pour renflouer les réseaux souterrains. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Mais le problème ne s’arrête pas là. Car construire un #adducteur — et toutes les infrastructures autour — coûte cher, très cher. Entre 12 et 18 millions d’euros selon BRL Ingénierie. Sans oublier quelque 200 000 euros annuels pour faire fonctionner l’ouvrage. Un #prix potentiellement insoutenable pour les quelque 1 400 propriétaires reliés aux différents canaux et organisés en Association syndicale autorisée (ASA).

    D’où la volonté des porteurs du projet d’étendre le réseau d’irrigation. 250 hectares supplémentaires — de la vigne principalement, selon la chambre d’agriculture — pourraient ainsi être reliés et abreuvés. Ainsi qu’une centaine d’hectares, notamment des abricotiers, aujourd’hui arrosés grâce à des forages. « Pour atteindre la soutenabilité économique, il est en effet nécessaire d’ouvrir le réseau à de nouveaux enjeux et à un plus grand nombre d’agriculteurs pour augmenter le nombre de cotisants », indique Jean Bertrand.

    Mais même dans ce scénario, il est probable que le prix de l’eau s’envole de plusieurs centaines d’euros : qui pourra encore se la payer ? « Le risque, c’est que seuls les plus grands arboriculteurs ou viticulteurs puissent avoir accès à l’irrigation », craint Jacques de Chancel, vigneron et membre de la Confédération paysanne.

    Et c’est là que le bât blesse. « Tant qu’il s’agissait de soutenir les réseaux existants, pourquoi pas, mais là, on a l’impression d’un projet qui va profiter surtout à l’agriculture industrielle », soulève-t-il. D’autant que pour pouvoir satisfaire tous les besoins, les porteurs du projet envisagent également de réduire le robinet des petits agriculteurs et des jardiniers en amont du tuyau.

    C’est le cas de Luc, maraîcher installé depuis cinq ans à Estagel. Il cultive aujourd’hui 3 hectares de légumes, vendus ensuite localement, via une Amap. Pour arroser ses parcelles, il utilise notamment l’eau du canal voisin — qui pourrait donc diminuer voire disparaître en période sèche. « Avec ce projet, je risque de fermer boutique », alerte-t-il.

    Côté chambre d’agriculture et services de l’État, on fait valoir un projet « global », qui consiste également à moderniser les réseaux, colmater les fuites, automatiser la distribution d’eau… Autant d’économies qui « bénéficieront à tout le monde », assure Christine Portero-Espert. Pour elle, 250 hectares irrigués en plus — comparés aux 1 100 ha déjà reliés aux canaux — ce n’est pas « déraisonnable », surtout si ça permet de « sécuriser des filières », et donc de préserver des emplois.

    Omerta

    Face au flou, les relations se tendent entre habitants de l’amont et de l’aval. Rares sont les personnes qui acceptent de prendre publiquement position pour ou contre le projet. Nous avons pu contacter un des viticulteurs qui pourrait être raccordé au tuyau — aujourd’hui, il n’irrigue pas. « On touche aux limites de ce qu’on peut faire sans arroser, raconte-t-il de manière anonyme. Alors je me dis qu’avec un peu d’eau, on pourrait retrouver un équilibre économique. » S’il accueille le projet avec un œil plutôt bienveillant — « il a le mérite d’exister » —, il met aussi en garde : « Au-delà de 500 euros par hectare et par an, le prix de l’irrigation sera trop cher. »

    Interrogée sur le prix final pour les usagers, la chambre d’agriculture élude — les calculs sont toujours en cours. Mais une chose paraît certaine : « Ce sera de l’eau chère, reconnaît Jean Bertrand. La part du #coût de l’eau dans les budgets des exploitations augmente et va augmenter, il ne faut pas ignorer cette réalité. » Façon d’admettre que certains seront laissés sur le bas-côté de l’adducteur ? « C’est le risque des #solutions_techniques, souvent coûteuses, souligne Wolfgang Ludwig. Elles peuvent favoriser une #agriculture_intensive, très spécialisée, seule capable de produire les ressources financières pour payer cette eau. »

    Les questions s’accumulent, mais le projet progresse, coûte que coûte. Une des chevilles ouvrières du projet nous a fait part de « grosses pressions pour que le dossier avance vite ». « Il faut bien que les services de l’État et la chambre parviennent à sortir quelque chose pour montrer qu’ils agissent », remarque Joseph Genebrier, de la #Frene_66, une association environnementale. Quitte à prendre des décisions avant que toutes les études ne soient réalisées. Quitte à établir un « rapport de force » avec les plus réfractaires, selon les participants de la réunion publique.

    Des arguments qui ne convainquent pas les opposants, dont certains pointent une « #mal_adaptation ». Comme l’expliquait l’économiste Marielle Montginoul à propos d’un autre mégaprojet de tuyau occitan, « on assiste à une sécurisation de l’accès à la ressource plus qu’à une réflexion sur un nouveau modèle plus économe en eau ». Une « #course_en_avant, sans se poser les bonnes questions, comme le choix du type de cultures qu’on irrigue ». On se retrouve ainsi à arroser des vignes, en pleine crise de surproduction du #vin. Ou à faire perdurer la culture d’abricots, très exigeante en eau.

    « Si les #solutions_techniques permettent de se protéger contre les aléas, un peu comme le camion de pompiers qu’on ne sort qu’en cas d’urgence, pourquoi pas, indique Wolfgang Ludwig. Mais si on les utilise pour développer des #pratiques_agricoles, alors on augmente notre #dépendance et notre #vulnérabilité. » Le risque, pour le chercheur, est de louper le coche essentiel de l’adaptation : « Tant qu’on se repose sur des #outils_techniques, on ne s’adapte pas à la ressource qui baisse. »

    Penser la #transition_agricole vers des cultures de climat semi-aride, diversifier les fermes pour les rendre plus résilientes, encourager le travail des sols… Autant de pistes « explorées aussi par la chambre d’agriculture », assure Jean Bertrand. Mais qui ne font pas partie des sept projets « prioritaires » du plan de résilience pour l’eau.

    https://reporterre.net/La-guerre-de-l-eau-un-conflit-explosif-dans-les-Pyrenees-Orientales

  • #Carbone_de_sang : comment un programme de #compensation des #émissions_de_carbone rapporte des millions grâce aux #terres autochtones du nord du #Kenya (2023)

    Depuis la création du premier parc national aux États-Unis il y a 150 ans, des “Aires protégées” ont été créées par les colonisateurs et les élites qui ont volé les terres des #peuples_autochtones et des communautés locales, au nom de la “#conservation”. Aujourd’hui, malgré les terribles violations des droits humains commises dans ces zones, et en l’absence de preuves solides attestant qu’elles contribuent à enrayer la perte de biodiversité, les grandes ONG de conservation (telles que #WWF et #WCS) continuent de présenter les Aires protégées comme la "solution" aux problèmes environnementaux bien réels auxquels nous sommes confrontés.

    Affublées d’une appellation en apparence innocente, “Solutions fondées sur la Nature”, les #Aires_protégées sont désormais proposées comme un moyen d’atténuer le #changement_climatique. On prétend que ces Aires peuvent “protéger” contre la #déforestation et d’autres activités qui libèrent du #carbone, et qu’elles pourraient donc être utilisées pour “compenser” les émissions de carbone produites ailleurs. En pratique, cela signifie que les Aires protégées peuvent être utilisées pour générer des "#crédits_carbone" que les pollueurs – qu’ils soient des entreprises, des gouvernements ou des particuliers – peuvent acheter sur les marchés pour “compenser” leurs émissions. En théorie, tout le monde est gagnant : plus il y a d’Aires protégées, plus le changement climatique est atténué. La biodiversité et le climat sont tous les deux sauvés !

    Mais la réalité est bien différente.

    "Ces personnes ont vendu notre air." Emanuel, peuple rendille, nord du Kenya

    La #compensation par les crédits carbone fait partie d’un nouveau courant de #marchandisation de la #nature. Ces projets fixent un prix à la nature, traitant les terres des communautés autochtones et locales comme un stock de carbone à échanger sur le marché afin que les pollueurs puissent continuer à polluer, que l’industrie de la conservation puisse mettre la main sur des milliards de dollars et que les spéculateurs puissent en tirer des profits. Les peuples autochtones et les communautés locales se retrouvent ainsi dépossédés et privés de leurs moyens de subsistance. Les mécanismes de compensation des #Solutions_fondées_sur_la_Nature sont du #colonialisme par le carbone et n’arrêteront pas la crise climatique.

    #Survival fait campagne pour mettre fin aux projets de compensation carbone dans les Aires protégées où les droits des peuples autochtones sont violés.

    La meilleure façon de protéger notre planète est de reconnaître et de respecter les #droits_territoriaux des peuples autochtones.

    https://www.survivalinternational.fr/campagnes/carbone-de-sang
    #éco-blanchissement #protection_de_la_nature #green-washing

  • Julia Watson. Lo—Tek. Water. a Field Guide for Teknology

    Plunge into the ancestral water wisdom that could reshape all our futures. This spell-binding book reveals how Indigenous innovations—like floating farms, tidal fish traps, and aquifer recharge systems—have sustained civilizations for millennia by working with nature, not against it. Far from relics, these systems offer dynamic, adaptable solutions for the climate crisis of today.Structured to bridge past and future, the author Julia Watson dissolves the divide between technology and ecology, between ancestral wisdom and digital innovation. The TEKnological Renaissance it celebrates redefines water as an intelligent force that can shape resilient cities and landscapes. Aquatic infrastructure is reframed—from extractive and industrial into regenerative and evolving—designed to sustain life for generations. Co-authored with Indigenous knowledge-keepers and with a foreword by Dr. Lyla June Johnson (Diné/Tsétsehéstȧhese), this captivating read investigates traditional hydrological technologies across diverse ecosystems, from salty coastal reefs to freshwater wetlands. Discover Mexico’s chinampas, China’s dike-ponds, Bangladesh’s floating farms and Micronesia’s tidal traps.Shifting focus from the past to the present and future, it also showcases 22 groundbreaking contemporary TEK projects—including Peru’s reed-insulated housing, Thailand’s terraced rooftop farms, and China’s Sponge Cities—proving TEK continues to drive transformative design. This is both a field guide and a manifesto: a call to architects, planners, and communities to design with water’s elemental intelligence and build future worlds that are rooted in resilience.

    https://bookshop.org/p/books/julia-watson-lo-tek-water-a-field-guide-for-teknology-julia-watson/dc5e206259f9fca5
    #livre #eau #technologie_indigène #savoirs_autochtones #low_technology #low_tech #technologie #écologie #solutions #peuples_autochtones

    • ‘Lo—TEK Water’ Wants to Reshape the World Through Indigenous Technologies

      From record-breaking droughts and catastrophic flash floods to contaminated pipelines and increasingly thirsty AI farms, water is at the nexus of the climate crisis. The life-giving liquid is both scarce and too abundant, causing half the global population to lack sustained access to fresh drinking water, while much of the world is subject to hotter, wetter weather that subsumes communities with extreme conditions.

      For designer, author, and activist Julia Watson, pinpointing myriad approaches to these all-consuming problems is one of the most critical and urgent tasks today. Her new book Lo-TEK Water, published by Taschen, highlights various Indigenous technologies and aquatic systems that could be utilized in adapting to a climate-changed world.

      There are the two-meter-deep canals of Xochimilco, Mexico, which delineate 55,000 square meters of raised fields called chinampas. While built by the Aztecs to clean the water and irrigate crops, this system actually originated with the Nahua people. Similar are the floating islands of Intha Myanmar, which weave together roots, leaves, sediment, and other materials to create hydroponic beds.

      Although Watson is keen to draw on ancient practices that could be more widely utilized today, she also highlights more modern approaches, like Pakistan’s Yasmeen Lari, an architect who’s responsible for devising the world’s largest program for creating shelters and cookware that leave no carbon footprint.

      At 558 pages, Lo—TEK Water positions “water as an intelligent force that can shape resilient cities and landscapes. Aquatic infrastructure is reframed—from extractive and industrial into regenerative and evolving—designed to sustain life for generations,” a statement says.

      Watson is a key voice in the broader Lo—TEK movement, and this new book is a companion to her previous volume focused on sustainable technologies. Find your copy on Bookshop.

      https://www.thisiscolossal.com/2025/10/lo-tek-water-julia-watson-book

  • PFAS : les “polluants éternels” sont partout, mais des solutions existent.

    L’Anses dresse une cartographie nationale de la contamination et alerte sur la persistance de ces composés chimiques dans l’eau, les sols et nos organismes.

    Notre article propose aussi des repères concrets pour agir :
    – filtrer son eau,
    – choisir ses ustensiles,
    – lire les étiquettes des cosmétiques,
    – assainir l’air intérieur.

    🔗 Lire :https://lenouveauparadigme.fr/polluants-eternels-peut-on-encore-sen-proteger

    #PFAS #PolluantsÉternels #Santé #Environnement #Anses #Solutions

  • Politiques publiques : passer de l’#IA… à la #dénumérisation

    L’intelligence artificielle et son monde est en train de prendre la main sur les #politiques_publiques, au risque de nous laisser sans échappatoire, alerte Dan McQuillan.

    L’IA prédictive comme générative semble offrir une multitude d’avantages à l’élaboration des politiques publiques : de l’analyse de données complexes à l’optimisation des ressources. Elle semble à la fois être capable d’apporter une vision globale et d’identifier les leviers permettant de la modifier. Recourir à l’IA signifie mettre en place des politiques conduites par les données, ce qui permet d’assurer une forme d’#objectivité, notamment quant il s’agit de rationner le #service_public

    Mais, cette production de solutions politiques semble oublier que l’IA est incapable de résoudre les #problèmes_structurels. Elle propose des #solutions_performatives qui obscurcissent et amplifient les problèmes, explique l’iconoclaste #Dan_MacQuillan dans un article pour la Joseph Rowntree Foundation, une association britannique de lutte contre la pauvreté, qui a initié une réflexion sur l’usage de l’IA pour le #bien_public. Dan McQuillan est maître de conférence au département d’informatique de l’université Goldsmiths de Londres. Il est l’auteur de Resisting AI, an anti-fascist approach to artificial intelligence (Résister à l’IA, une approche anti-fasciste de l’intelligence artificielle, Bristol University Press, 2022, non traduit) dont nous avions déjà parlé.

    McQuillan rappelle que l’IA, par principe, consiste à produire des #corrélations réductrices plutôt que des analyses causales. « La complexité de l’IA introduit une #opacité fondamentale dans le lien entre les #données_d’entrée et les #résultats, rendant impossible de déterminer précisément pourquoi elle a généré un résultat particulier, empêchant ainsi toute voie de recours. Ce phénomène est aggravé dans les applications concrètes, où les résultats apparemment fiables de l’IA peuvent devenir auto-réalisateurs. Un #algorithme d’apprentissage automatique qualifiant une famille de « difficile » peut ainsi créer une #boucle_de_rétroaction entre les membres de la famille et les #services_sociaux. De cette manière, l’IA imite des phénomènes sociologiques bien connus, tels que les #stéréotypes et la #stigmatisation, mais à grande échelle ». Ses inférences au final renforcent les #stratifications_sociales de la société comme pour les rendre acceptables.

    Or, rappelle le chercheur, « une bonne politique doit impérativement être ancrée dans la réalité ». C’est pourtant bien ce lien que rompent les calculs de l’IA, à l’image des #hallucinations. Celles-ci proviennent du fait que l’IA repose sur l’#imitation_du_langage plutôt que sa #compréhension. Le même principe s’applique à toutes les #prédictions ou #classifications que produit l’IA. « Que l’IA soit appliquée directement pour prédire la #fraude aux #aides_sociales ou simplement utilisée par un décideur politique pour « dialoguer » avec une multitude de documents politiques, elle dégrade la #fiabilité des résultats ».

    Des données probantes suggèrent déjà que l’imbrication des #algorithmes dans les solutions politiques conduit à une appréciation arbitraire de l’#injustice et de la #cruauté. Les #scandales abondent, de #Robodebt en Australie à l’affaire des allocations familiales aux Pays-Bas, qui auraient tous pu être évités en écoutant la voix des personnes concernées. Mais l’IA introduit une #injustice_épistémique, où la capacité des individus à connaître leur propre situation est dévaluée par rapport aux abstractions algorithmiques. Si l’IA, comme la #bureaucratie, est présentée comme une forme généralisée et orientée vers un objectif de processus rationnel, elle engendre en réalité de l’#inconscience : l’incapacité à critiquer les instructions, le manque de #réflexion sur les conséquences et l’adhésion à la croyance que l’ordre est correctement appliqué. Pire encore, l’IA dite générative offre la capacité supplémentaire de simuler une large consultation, que ce soit par « l’interprétation » hallucinatoire d’un grand nombre de soumissions publiques ou par la simulation littérale d’un public virtuel et prétendument plus diversifié en remplaçant des personnes réelles par des avatars d’#IA_générative. Une technique, qui, si elle a l’avantage de réduire les coûts, est dénoncée par des chercheurs comme contraire aux valeurs mêmes de l’enquête et de la recherche, rappelait Scientific American. « L’approche technocratique mise en œuvre par l’IA est à l’opposé d’un mécanisme réactif aux aléas de l’#expérience_vécue », explique McQuillan. « L’IA n’est jamais responsable, car elle n’est pas responsable ». Si l’on considère les attributs de l’IA dans leur ensemble, son application à l’élaboration des politiques publiques ou comme outil politique aggravera l’#injustice_sociale, prédit le chercheur. L’apport de l’IA à l’ordre social ne consiste pas à générer des arrangements de pouvoir alternatifs, mais à mettre en place des mécanismes de classification, de #hiérarchisation et d’#exclusion.

    Chaque signalement par l’IA d’un risque de #fraude, d’un classement d’une personne dans une catégorie, mobilise une vision du monde qui privilégie des #représentations_abstraites à la complexité des relations vécues, et ce dans l’intérêt des institutions et non des individus. « Imprégnées des injustices criantes du #statu_quo, les solutions de l’IA tendent inexorablement vers la #nécropolitique, c’est-à-dire vers des formes de prise de décision qui modifient la répartition des chances de vie par des désignations de disponibilité relative. Détourner massivement les individus des parcours éducatifs ou des prestations sociales dont ils ont besoin pour survivre, par exemple, constitue un #filtre_algorithmique pour déterminer qui est bienvenu dans la société et qui ne l’est pas ».

    Le problème, c’est que la pression sur les décideurs politiques à adopter l’IA est immense, non seulement parce que ses #biais viennent confirmer les leurs, mais plus encore du fait des engagements commerciaux et des promesses économiques que représente le développement de ce secteur. Et McQuillan de regretter que cette orientation nous éloigne de l’enjeu éthique qui devrait être au cœur des politiques publiques. La politique s’intéresse de moins en moins aux injustices structurelles de la société. « Un monde où l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques reposent sur l’IA est aussi un monde qui confère un #pouvoir considérable à la petite poignée d’entreprises capables de disposer de ces ressources ». Par essence, « l’adoption de l’IA constitue un engagement en faveur de l’#extractivisme et d’un transfert de contrôle à un niveau qui supplante toute politique réelle ».

    En fait, explique McQuillan, adopter l’IA dans l’élaboration des politiques publiques revient à soumettre les politiques à des agendas corporatifs et idéologiques plus vastes (à savoir se soumettre à ceux qui ont déjà décidé que l’avenir de la civilisation réside dans l’intelligence artificielle générale (IAG), ceux qui ont décidé que la meilleure réponse à la crise structurelle est de la masquer sous le battage médiatique de l’IA, et ceux qui ont conclu que le meilleur moyen de maintenir les revenus en période de récession mondiale est de remplacer les travailleurs réels par des émulations d’IA de mauvaise qualité). L’impact net de l’IA dans l’élaboration des politiques la rendrait plus précaire et favoriserait l’externalisation et la #privatisation sous couvert d’une #technologie surmédiatisée. Il s’agit d’une forme de « #stratégie_du_choc », où le sentiment d’urgence généré par une technologie prétendument transformatrice du monde est utilisé comme une opportunité pour l’#emprise des entreprises et pour transformer les systèmes sociaux dans des directions ouvertement autoritaires, sans réflexion ni débat démocratique.

    Pour Dan McQuillan, plutôt que de se demander comment l’IA va imprégner l’élaboration des politiques, il faudrait se concentrer sur des politiques publiques qui favorisent la dénumérisation. C’est-à-dire favoriser une stratégie sociotechnique de réduction de la #dépendance à l’échelle computationnelle, de participation maximale des communautés concernées et de reconnaissance accrue du fait que le raisonnement computationnel ne saurait se substituer aux questions politiques exigeant un jugement réfléchi et perspicace. L’IA, en tant qu’appareil de calcul, de concepts et d’investissements, est l’apothéose de la « vue d’en haut », l’abstraction désincarnée du savoir privilégié qui empoisonne déjà nombre de formes d’élaboration des politiques. Pour McQuillan, un pivot vers la « #décomputation » est une façon de réaffirmer la valeur des #connaissances_situées et du contexte sur le seul passage à l’échelle. Contrairement aux prédictions et simulations de l’IA, notre réalité commune est complexe et intriquée, et la théorie ne permet pas de prédire l’avenir. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas progresser vers des objectifs tels que la justice sociale et une transition juste, mais la dénumérisation suggère de les aborder de manière à la fois itérative et participative. Le véritable travail de restructuration réoriente l’attention des technologies toxiques vers le développement de techniques de #redistribution du #pouvoir_social, telles que les #conseils_populaires et les #assemblées_populaires. Bref, pour sortir de l’enfermement des politiques publiques de l’abstraction qu’impose l’IA, il faut prendre un virage contraire, suggère McQuillan. Un constat qui n’est pas si éloigné de celui que dresse le chercheur Arvind Narayanan quand il invite à limiter l’emprise du calcul sur le social, même s’il est exprimé ici d’une manière bien plus radicale.

    https://danslesalgorithmes.net/2025/10/07/politiques-publiques-passer-de-lia-a-la-denumerisation
    #intelligence_artificielle #AI

  • Les #Pays-Bas en passe d’ouvrir un #centre_de_retour en #Ouganda pour les demandeurs d’asile #déboutés

    La Haye et Kampala ont signé jeudi une #lettre_d'intention, en vue d’un prochain #accord pilote, qui prévoit d’envoyer les #sans-papiers présents aux Pays-Bas vers l’Ouganda. Le plan vise les personnes déboutées de l’asile aux Pays-Bas et originaires de pays voisins de l’Ouganda. Avec ce partenariat, « les Pays-Bas démontrent leur rôle de pionnier en Europe en matière de #solutions_innovantes pour maîtriser les flux migratoires », s’est félicité le ministre néerlandais de l’Asile et de la Migration.

    Évoqué pour la première fois l’année dernière, l’accord entre les Pays-Bas et l’Ouganda semble se concrétiser. Jeudi 25 septembre, les deux pays ont signé, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New-York, une lettre d’intention visant à créer un centre de retour en Ouganda pour les demandeurs d’asile déboutés aux Pays-Bas.

    Le plan vise les personnes déboutées de l’asile et originaires de pays voisins de l’Ouganda qui doivent quitter les Pays-Bas mais qui « ne le font pas volontairement » ou lorsque « le retour forcé direct vers leur pays d’origine échoue ou ne peut être mis en œuvre dans un délai raisonnable », indique un communiqué du ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration.

    « Les personnes concernées seront hébergées temporairement en Ouganda dans un centre d’accueil. De là, elles devront retourner dans leur pays d’origine », précise le communiqué. « Comme aux Pays-Bas, l’objectif est que ces personnes retournent volontairement d’Ouganda, où une #aide au #rapatriement leur sera à nouveau proposée ».

    Les centres de transit construits en Ouganda seront « conformes au droit national, européen et international », et « les modalités juridiques et pratiques seront élaborées avec le plus grand soin et dans le respect des droits de l’Homme », assure le ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration. « Nous devons nous concentrer davantage sur ce qui est réalisable, plutôt que sur ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi nous prenons cette mesure avec l’Ouganda pour maîtriser les flux migratoires. Il est évident que les droits humains des personnes qui retournent dans leur pays d’origine via l’Ouganda seront protégés », insiste le ministre David van Weel.

    Pour l’heure, seuls les principaux contours de cet accord ont été esquissés. La lettre d’intention doit aboutir à « un #projet_pilote à petite échelle impliquant un centre de transit pour un nombre limité de ressortissants étrangers devant quitter les Pays-Bas », peut-on lire dans le communiqué.

    Avec ce #partenariat, « les Pays-Bas démontrent leur rôle de pionnier en Europe en matière de solutions innovantes pour maîtriser les flux migratoires », se félicite le ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration.
    En Ouganda, un « bilan en matière de droits de l’Homme discutable »

    Lors de l’annonce de ce projet en octobre 2024, les défenseurs des droits avaient fait part de leur inquiétude en rappelant notamment que l’Ouganda est régulièrement critiqué pour son bilan en matière de droits de l’Homme. « Je suis sous le choc : alors que Londres vient de mettre un terme à son projet avec le Rwanda, on discute exactement de la même chose ici », s’était insurgé à l’époque Lewingstone Ssenwanyana, directeur exécutif de la Fondation pour les droits de l’homme (FHRI), une organisation ougandaise de la société civile.

    « Il n’est effectivement pas juste qu’un demandeur d’asile soit renvoyé dans un pays dont le bilan en matière de droits de l’Homme est très discutable. Par ailleurs, tout le monde connaît le principe du non-refoulement d’un individu, quel qu’il soit, vers un pays ou vers une région où celui-ci risque d’être maltraité. L’envoyer en Ouganda, c’est donc rendre très probable le risque qu’il soit persécuté, ce qui serait pour le moins malvenu. J’invite donc le gouvernement néerlandais à reconsidérer cette mesure ! », avait-il poursuivi.

    Ce projet néerlandais rappelle celui envisagé par le gouvernement britannique en 2022. Avorté avant même sa mise en application, ce plan faisait polémique depuis son lancement et a subi de nombreux revers judiciaire. La Cour suprême du Royaume-Uni avait décrété en novembre 2023 que ce projet de loi, visé par une série de contestations devant la justice, était illégal au regard du droit international.

    Dès son accession au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement travailliste a affirmé que le projet d’expulsion de sans-papiers vers le Rwanda, défendu depuis des années par les conservateurs, était « mort et enterré avant même de commencer ».
    Manifestation contre l’immigration

    L’accord entre La Haye et Kampala intervient avant les élections prévues fin octobre aux Pays-Bas, à la suite de la chute du gouvernement néerlandais lorsque le dirigeant d’extrême droite #Geert_Wilders a retiré son parti de la coalition au pouvoir après un désaccord sur les règles d’asile. Geert Wilders a en effet exigé des restrictions drastiques en matière d’asile, notamment un gel des demandes, des limites au regroupement familial et l’arrêt de la construction de nouveaux centres d’accueil.

    Comme dans de nombreux pays d’Europe, le débat s’enflamme aux Pays-Bas ces derniers mois sur les questions migratoires. Samedi 20 septembre, des milliers de personnes vêtues de noirs ont participé à La Haye à une manifestation organisée par un activiste d’extrême droite réclamant des politiques d’immigration plus strictes et une répression contre les demandeurs d’asile.

    Le rassemblement a viré à l’émeute : environ 1 500 personnes se sont rassemblées sur une autoroute urbaine traversant la capitale néerlandaise où des émeutiers ont affronté les forces de l’ordre, jetant des pierres et des bouteilles sur elles et mettant notamment le feu à une voiture de police sérigraphiée. La police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour les disperser, a annoncé l’agence de presse néerlandaise ANP.

    Les manifestants s’en sont également pris au local d’un parti politique, le D66 (social-démocrate, centre), dont les vitres ont été brisées. Il n’y avait personne dans les locaux à ce moment. Un petit groupe d’émeutiers s’est aussi dirigé vers le complexe du Parlement néerlandais, actuellement clôturé en raison de travaux de rénovation qui durent depuis des années. La police les a empêchés d’accéder à la zone largement déserte.

    « Des images choquantes et bizarres d’une violence éhontée à La Haye, après qu’une manifestation a dégénéré », avait déclaré le Premier ministre par intérim Dick Schoof sur X.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67200/les-paysbas-en-passe-douvrir-un-centre-de-retour-en-ouganda-pour-les-d
    #migrations #asile #réfugiés #return_hubs
    –-

    ajouté à la métaliste sur les tentatives de différentes pays européens d’#externalisation non seulement des contrôles frontaliers (https://seenthis.net/messages/731749), mais aussi de la #procédure_d'asile dans des #pays_tiers :
    https://seenthis.net/messages/900122

  • #Loi_Duplomb : des « #solutions_alternatives efficaces et opérationnelles » à l’acétamipride existent depuis des années, selon l’Anses
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/22/loi-duplomb-des-solutions-alternatives-efficaces-et-operationnelles-a-l-acet

    En réponse au succès de la pétition appelant à abroger la loi Duplomb, qui a dépassé 1,5 million de signatures, Gabriel Attal, le chef de file des députés macronistes, qui a voté en faveur du texte, et Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la transition écologique et de la biodiversité, ont indiqué vouloir saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour solliciter « son avis sur les dérogations que la loi prévoit afin que les décisions soient prises avec la meilleure connaissance des données scientifiques disponibles ».

    Au cœur de la polémique, l’acétamipride, un pesticide tueur d’insectes pollinisateurs et suspecté d’être toxique pour le développement du cerveau, dont l’usage est interdit en France depuis 2020. Malgré l’opposition des sociétés savantes médicales (cancérologie, pédiatrie, endocrinologie, hématologie, neurologie…) ou du conseil scientifique du CNRS, le texte prévoit de réautoriser cette molécule, appartenant à la famille des néonicotinoïdes, réclamée par les producteurs de betteraves sucrières qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger leurs cultures des pucerons.

    Ingénieur agronome, entomologiste et directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (#Inrae), Hervé Jactel rappelle que la question a déjà été tranchée. « Faire appel à l’Anses me paraît ridicule, déclare-t-il au Monde. L’Anses a déjà été saisie deux fois et par deux fois elle a rendu les mêmes conclusions de l’existence de solutions alternatives efficaces et opérationnelles. »

    Hervé Jactel en sait quelque chose. C’est lui qui a présidé les deux groupes de travail de l’#Anses sur les alternatives à l’usage des néonicotinoïdes : « Je veux bien refaire un troisième groupe de travail mais on ne fera que confirmer encore plus clairement qu’il existe des solutions alternatives à l’usage des néonicotinoïdes pour la lutte contre les pucerons de la betterave à sucre, tout aussi – si ce n’est plus – efficaces que l’acétamipride et à l’évidence moins dangereuses pour la biodiversité. »

    « Lutte curative »
    Riche de 546 pages, le premier rapport de l’Anses sur l’évaluation comparative des risques et des bénéfices des néonicotinoïdes et des autres méthodes chimiques ou non chimiques a été remis en mai 2018. Il répondait à une saisine du ministère de l’agriculture après l’adoption de la loi de 2016 « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » qui introduisait l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 avec des dérogations jusqu’en juillet 2020. L’expertise a duré deux ans et passé au crible près de 500 usages.

    Sur le cas particulier des pucerons de la betterave à sucre, le rapport identifiait déjà au moins une méthode alternative aussi efficace que la famille des néonicotinoïdes : associer deux insecticides autorisés, le lambda-cyhalothrine et le pyrimicarbe. « Ces insecticides de synthèse ne sont certes pas sans danger pour la biodiversité mais, à l’inverse des néonicotinoïdes qui sont appliqués de façon préventive et systématique, ces produits peuvent n’être appliqués qu’en cas de besoin en lutte curative, et de façon précise, ne ciblant que les champs effectivement menacés par une pullulation de pucerons, limitant d’autant leur impact sur les insectes pollinisateurs », précise Hervé Jactel.

    Le deuxième avis de l’Anses a été rendu en mai 2021, à la suite d’une dérogation introduite par le législateur en décembre 2020, autorisant l’usage de néonicotinoïdes (à base d’imidaclopride ou de thiaméthoxame) pour traiter les pucerons de la betterave. Exclusivement consacré à « l’efficacité des traitements disponibles pour lutter contre les pucerons de la betterave », le rapport identifie deux autres insecticides (le flonicamide et le spirotétramate) aux « impacts limités sur l’environnement et rapidement substituables aux néonicotinoïdes ».

    Depuis, deux études scientifiques publiées en 2023 et 2024 dans la revue Crop Protection sur la base d’une centaine d’essais menés en champ ont montré qu’ils étaient même beaucoup plus efficaces que l’acétamipride contre la jaunisse virale. Jusqu’à 87 % d’efficacité lorsque le traitement est associé à la plantation d’orge entre les rangs de betteraves contre seulement 55 % pour l’acétamipride.

    Certes plus compliquées à mettre en œuvre, des solutions sans pesticides existent également, rappelle Hervé Jactel. Elles font appel aux principes de l’agroécologie et consistent à intercaler des cultures aux propriétés naturellement répulsives pour les pucerons comme l’orge. Une expertise scientifique collective publiée en 2022 par l’Inrae montre qu’en augmentant la « diversité végétale », on peut protéger les cultures des nuisibles sans recourir aux pesticides.

    « Tentative de manœuvre dilatoire »
    La loi Duplomb précise que la réautorisation de l’acétamipride est prévue « pour faire face à une menace grave compromettant la production agricole » et « en cas d’alternative insuffisante ». Hervé Jactel rappelle qu’au pic des attaques de pucerons sur les betteraves en 2020, les pertes de rendement n’étaient que de 15 % à 20 %, « pas la catastrophe absolue ». « Le sucre blanc raffiné n’est pas une ressource vitale, commente l’ingénieur agronome. La betterave à sucre est une culture de rente. Les betteraviers ne veulent surtout pas rogner sur leurs rentes. »

    Fervent défenseur de la loi Duplomb, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, est lui-même issu d’une famille de betteraviers. La France étant le seul pays à avoir interdit l’acétamipride, il dénonce la « concurrence déloyale » des producteurs européens et agite le chiffon rouge des importations de sucre.

    De son côté, Agnès Pannier-Runacher répète qu’à titre personnel, elle reste « contre la réintroduction de l’acétamipride ». La députée Génération écologie des Deux-Sèvres, Delphine Batho, voit dans la nouvelle saisine de l’Anses proposée par la ministre une « tentative de manœuvre dilatoire ». Elle dénonce une autre « entourloupe » : le décret, publié deux jours après l’adoption de la loi Duplomb, obligeant l’Anses à étudier les demandes d’autorisation de pesticides selon une liste d’usages jugés « prioritaires » par le ministère de l’agriculture.

    Cette disposition, qui figurait initialement dans le projet de loi, avait été écartée par les parlementaires. « Ce décret porte atteinte à l’évaluation des risques des pesticides par l’Anses et fait prévaloir les intérêts économiques sur la préservation de la santé publique et de l’environnement », déplore l’ancienne ministre de l’environnement de François Hollande. Corinne Lepage, qui a occupé la même fonction ministérielle sous Jacques Chirac, dénonce une « pure violation de l’indépendance de l’Anses ». L’avocate vient de saisir le Conseil d’Etat au nom de l’association Agir pour l’environnement afin d’obtenir l’annulation de ce décret. Contacté, le ministère de la transition écologique n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • #Filtres, #charbon… Quelles sont les bonnes (et moins bonnes) #solutions pour boire de l’#eau sans #PFAS ni #pesticides ?

    –-> conclusion (spoiler) : "La vraie bonne solution est politique"

    100 filtres. Les révélations sur les polluants présents dans notre eau du robinet s’accumulent. Si l’eau reste l’aliment le mieux contrôlé en France, divers filtres à installer chez soi sont proposés sur le marché pour limiter la concentration de pesticides et de PFAS, ces polluants très persistants. Vert a fait le tour des solutions, et de leurs limites, pour boire une eau plus saine.

    Les PFAS entrent dans la composition de plusieurs pesticides et de nombreux objets du quotidien (poêles, tissus imperméables…), d’où leur présence dans l’eau, issue des nappes phréatiques, de sources ou de nappes souterraines.

    Plusieurs enquêtes récentes ont montré que la contamination aux polluants persistants est massive dans le monde et en Europe, comme l’a cartographié le Forever pollution project, cette vaste enquête dont font partie les journalistes du Monde. Elle révèle les 23 0000 zones les plus polluées sur le vieux continent. La décontamination totale de l’eau et des terres européennes coûterait jusqu’à 2 000 milliards d’euros sur vingt ans, d’après une enquête du Monde. La présence de pesticides est également très répandue et dégrade la qualité de l’eau potable, comme l’indiquait un rapport gouvernemental en novembre dernier.

    Pour l’instant, aucune grande mesure politique à l’échelle européenne ou française n’a été mise en place pour limiter la pollution aux PFAS, ni celle aux pesticides. Dans l’attente d’un suivi plus détaillé de notre eau potable, de mesures ambitieuses des pouvoirs publics pour limiter la production de PFAS ou de la prise en charge de la dépollution par les industriels, quelles sont les solutions individuelles à notre disposition pour boire une eau plus saine ? Vert a fait le tour de la question.

    Vérifiez si l’eau que vous buvez est polluée

    Lorsque l’eau coule de notre robinet, elle a déjà subi de nombreux traitements et contrôles. Chacun·e peut vérifier la qualité de son eau grâce à des données publiques disponibles sur le site du ministère de la santé.

    Toutefois, les polluants potentiellement présents ne sont pas encore tous mesurés par les Agences régionales de santé (ARS). C’est le cas de certains résidus de pesticides, dont le TFA, un petit polluant de la famille des PFAS, ces molécules ultra persistantes dans l’environnement et le corps humain (notre article).
    L’eau en bouteille

    ✅ L’eau minérale contient un peu moins de polluants parce qu’elle vient de réserves plus profondes que l’eau du robinet.

    ❌ Elle est moins contrôlée et il est plus difficile d’avoir accès aux analyses de sa qualité que pour l’eau du robinet.

    On y retrouve parfois des résidus de pesticides. Et les bouteilles regorgent aussi de microplastiques : 240 000 particules pour un litre en moyenne (notre article). Ces molécules peuvent détériorer le système immunitaire et hormonal, et sont associées à des risques cardiovasculaires accrus, selon une étude du New england journal of medicine.

    En plus d’aggraver la pollution au plastique, elle est chère : « en moyenne 150 à 200 fois plus que l’eau du robinet », comme le rappelait à Vert Camille Wolff, chargé de campagne réduction de plastique pour l’ONG No plastic in my sea.
    Les bâtons de charbons végétaux

    Ces solutions végétales appelées aussi binchotan sont à déposer au fond d’une carafe classique pendant plusieurs heures. Il s’agit de charbon issu de la carbonisation d’une variété de chêne et traditionnellement employé au Japon pour filtrer l’eau.

    ✅ Les charbons retiennent une poignée de pesticides.

    ❌ Ils ne retiennent pas les PFAS.
    Les perles de céramique

    Ces petites billes à déposer au fond d’un pichet d’eau sont constituées d’argile.

    ✅ Dans un article paru l’été dernier, la revue 60 millions de consommateurs rappelle que les perles de céramiques sont présentées comme enrichies « de microorganismes qui purifieraient l’eau en décomposant les substances dangereuses »…

    ❌ … Sauf qu’« aucune étude ne vient confirmer ces allégations » indique le média.
    Les carafes filtrantes

    La carafe, en plastique ou en verre, contient un filtre plus ou moins sophistiqué selon les modèles. « L’essentiel de la filtration est assuré par du charbon actif et des résines échangeuses d’ions », explique 60 millions de consommateurs. Ces résines sont de petites billes qui permettent de capter des PFAS et autres atomes de manière très sélective.

    ✅ Quelques modèles particuliers de carafes éliminent certains PFAS lorsqu’ils sont dotés de filtres adaptés. Une étude canadienne a comparé les différents systèmes de filtration domestiques, mais aucune analyse française n’existe à ce jour.

    Professeur à Polytechnique Montréal et co-auteur de cette étude, Benoît Barbeau explique à Vert qu’« un pichet standard élimine environ 20% des PFAS, tandis que ceux certifiés par la norme internationale NSF [développée par l’American national standards institute et la National sanitation foundation (NSF), NDLR] sont plus performants. Parmi eux, le Zerowater filtre à 96% ces molécules ».

    Selon une étude américaine de 2020, malgré les grandes différences d’efficacité selon les modèles de carafes, celles qui ont un filtre au charbon actif permettent, en moyenne, d’éliminer 50% des PFAS.

    ❌ Outre les polluants, les filtres les plus efficaces retirent aussi les sels minéraux utiles à l’organisme.

    Le coût est important : environ 60 euros pour une carafe en verre et un peu plus de 70 euros pour un pack de cartouches filtrantes à installer à l’intérieur, pour six mois d’utilisation (le prix varie selon les marques).

    Il faut veiller à changer les filtres régulièrement, en respectant la durée d’utilisation prescrite par le fabricant. Si le filtre est saturé, il peut relarguer les contaminants piégés, selon un avis de 2017 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). L’institution précise que les données « ne permettent pas d’évaluer l’efficacité réelle de toutes les carafes filtrantes commercialisées ».

    L’eau filtrée doit être consommée dans les 24 heures pour ne pas être contaminée par des bactéries.
    Les filtres pour robinets

    Certains systèmes permettent de fixer directement des cartouches de filtres au charbon actif sur son robinet.

    ✅ « Les filtres au charbon actif en système de cartouche retiennent certains PFAS à chaînes [d’atomes] longues, comme le PFOA, reconnu pour sa toxicité, mais pas les PFAS à chaînes courtes comme le TFA », explique à Vert Julie Mendret, chercheuse en traitement de l’eau à l’université de Montpellier.

    Ils filtrent aussi la plupart des pesticides.

    Comme pour les carafes, l’efficacité varie selon les modèles.

    ❌ Ils coûtent entre 50 et plus de 150 euros.

    Benoit Barbeau souligne qu’« il faut vérifier que les systèmes soient certifiés par la NSF pour éliminer les PFAS, peu de matériels le sont ».

    Ils ne filtrent pas les plus petits PFAS, comme le TFA.

    Il faut veiller à changer les filtres régulièrement.
    Les filtres par osmose inverse

    Ce système, aussi utilisé dans les stations de traitement de l’eau, peut s’installer sous son évier. Il fait passer l’eau dans une série de filtres puis à haute pression à travers une membrane très fine.

    ✅ « Il élimine plus de 90% des PFAS », indique Julie Mendret « et est aussi efficace contre les pesticides ».

    ❌ L’eau est tellement filtrée qu’elle perd ses sels minéraux bons pour la santé, comme le magnésium. Il faut donc la reminéraliser pour éviter les troubles gastriques. Certains fabricants proposent des cartouches qui rajoutent a posteriori ces sels minéraux dans l’eau.

    Ces filtres coûtent plusieurs centaines d’euros et le filtre doit également être changé une à deux fois par an.

    Une fois l’eau filtrée, il reste une partie très concentrée en liquide pollué dont il faudra se débarrasser, quitte à déplacer la pollution plutôt que de la supprimer.

    La vraie bonne solution est politique

    S’il peut être rassurant de traiter l’eau de son robinet, « il faut éviter de penser en silo », conseille Benoit Barbeau. Il rappelle que « l’exposition aux PFAS ne provient pas seulement de l’eau, mais aussi de l’alimentation, surtout dans les produits transformés, les vêtements ou ustensiles… »

    Avant de se doter d’un système de filtration, il recommande de bien vérifier « si vous êtes dans un environnement avec de hautes concentrations de perfluorés [les PFAS, NDLR] ou simplement le même bruit de fond que l’on trouve partout, avec des composés de perfluorés en relativement faibles concentrations ». Pour cela, vous pouvez consulter les données publiques disponibles sur l’eau de votre région ou vous référer aux cartes et enquêtes des associations et journalistes sur le sujet.

    Pour décontaminer massivement les sources d’eau, les associations et scientifiques réclament des actions préventives. Elles peuvent passer par la réduction de l’usage de PFAS, comme le suggère une proposition de loi étudiée à l’Assemblée le 20 février prochain. Ils et elles soulignent aussi le besoin de traiter l’eau à grande échelle, en station, afin que tout le monde puisse bénéficier de la même ressource.

    https://vert.eco/articles/filtres-charbon-quelles-sont-les-bonnes-et-moins-bonnes-solutions-pour-boire-d

    #fact-checking #la_solution_est_politique #politique #eau_potable #micro-plastique

  • Pour lutter contre les #déserts_médicaux, élus locaux et soignants font preuve d’imagination

    « Hôpital de campagne », centres de santé sans but lucratif, médecins « solidaires »… Elus, associations et soignants engagés ne manquent pas de #solutions pour lutter contre les déserts médicaux, et montrer que ce n’est pas une fatalité.

    Y aura-t-il des services d’urgences ouverts à Noël ? C’est la question que se posent des milliers d’habitants dans des villes où les hôpitaux sont en tension permanente. Pendant l’été et les fêtes de fin d’année, la situation peut empirer.

    En médecine de ville aussi, se faire soigner est de plus en plus difficile dans un nombre croissant de communes. Près d’un tiers de la population française vit dans un #désert_médical. Et pourtant, à travers la #France, des citoyens, des médecins et des élu·es développent des #initiatives pour un accès aux soins pour tout le monde, partout.

    Des centres de santé lancés par des collectivités

    Des professionnels de santé et des élus locaux de différents bords politique s’engagent par exemple pour créer des centres de santé de #médecine_générale où les praticiens sont salariés.

    Près d’un millier de centres de ce type sont recensés en France (2023), un chiffre en progression constante ces dernières années. 40 % de ces centres sont gérés par des acteurs publics : collectivités territoriales, services de santé universitaires, centres hospitaliers. Les autres sont principalement conduits par des associations (donc à but non lucratif) ou des organismes comme des mutuelles.

    Des #médecins_solidaires

    Depuis 2022, un collectif de généralistes réunis dans l’association Médecins solidaires s’organise pour apporter des soins dans les zones sans praticiens. Plus de 500 médecins généralistes volontaires sont engagés dans cette association. « Un chiffre en constante augmentation », précise Médecins solidaires.

    Ils et elles se relaient pour exercer plusieurs semaines par an dans des centres de santé créés par l’association, assurent plus de 30 000 consultations annuelles, et ont permis à plus de 5000 patients d’avoir, enfin, un médecin traitant. En seulement deux ans, l’association a ouvert sept centres de santé dans des zones de désert médical, dans la Creuse, le Cher, la Nièvre, la Haute-Vienne, les Deux-Sèvres et l’Indre. Le dernier né a ouvert ses portes début décembre, à Reuilly, en Centre Val-de Loire.

    Le nouveau centre de santé de Médecins solidaires y accueillera chaque semaine un·e généraliste du collectif. Ouvert 50 semaines par an, il pourra être choisi par 1250 patients comme « médecin traitant ». Deux nouveaux centres de santé de l’association doivent ouvrir en 2025 et deux autres en 2026. Avec Basta !, nous étions allés à la rencontre de ces médecins engagés et de patients reconnaissants dans le centre de Charenton-du-Cher.

    Une maire veut monter un hôpital de campagne

    À Decize, dans la Nièvre, une maire a mis sur pied un « hôpital de campagne » en novembre pour interpeller l’État et l’agence régionale de santé sur la pénurie de médecins dans la zone. « En 2024, la commune de 5000 habitants compte deux praticiens, contre neuf il y a quinze ans. Les urgences de la ville sont quant à elles régulièrement fermées », soulignait France3 dans un article début novembre. `

    En octobre, constant que ses concitoyens ne peuvent tout simplement plus se faire soigner, la maire (PS) Justine Guyot avait pris un arrêté symbolique interdisant à ses administrés de tomber malade. Une soixantaine de communes de la Nièvre ont rejoint le mouvement, ce qui a permis d’attirer l’attention des médias.

    Justine Guyot est alors contactée par l’association des médecins étrangers diplômés hors Union européenne (l’association Ipadecc, pour “Intégration praticiens à diplôme étranger engagés contre la crise”). Celle-ci milite pour la régularisation des praticiens diplômés en dehors de l’UE. Ils et elles sont environ 4000 à travailler dans les hôpitaux français, souvent de manière précaire, et sous- payée pour leur qualification.

    Ensemble, l’élue et l’association voulaient organiser une journée de consultations gratuites de spécialistes à Dezice. Finalement, « l’hôpital de campagne » n’a pas pu proposer de consultations, mais a été l’occasion de parler publiquement de cette mesure possible pour lutter contre les déserts médicaux : faciliter l’exercice de ces praticiens étrangers qui travaillent déjà en France, mais n’ont pas le droit de s’installer comme médecins dans les déserts médicaux.
    Des parlementaires proposent de réguler, en vain

    Au Parlement, des élu·es de divers partis essaient depuis plusieurs années de faire adopter une régulation de l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. Mi-novembre encore, le député socialiste Guillaume Garrot a présenté une proposition de loi transpartisane qui vise notamment à réguler l’installation des médecins.

    L’élu PS de Mayenne est engagé avec 95 autres député·es au sein d’un d’un groupe de travail sur la désertification médicale. Le texte présenté le mois dernier a été signé par 237 députés issus du Nouveau front populaire, mais aussi des partis qui soutenaient l’ancien gouvernement, et du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires). Ce groupe de travail souhaite que la proposition de loi puisse être débattue au cours du premier trimestre 2025.

    Une première version de la proposition de régulation médicale avait déjà été déposée en 2023, elle-même précédée par une proposition similaire en 2019, déjà par Guillaume Garrot. En 2021, c’était un sénateur LR qui demandait lui aussi à réguler l’installation des médecins. À chaque fois, ces propositions ont été refusées. À chaque fois, les syndicats de médecins s’y sont fermement opposés.
    Les dentistes acceptent la régulation

    Pourtant, d’autres professions médicales sont déjà régulées : kinésithérapeutes, pharmaciens, sage-femmes, infirmières et infirmiers en libéral. Elles et ils ne peuvent s’installer dans une zone que si celle-ci n’est pas déjà sur-dotée.

    À partir de janvier, l’installation des dentistes va à son tour être encadrée : les nouvelles installations ne pourront se faire, que ce soit en libéral ou salarié en centres, que dans les zones qui ne sont pas déjà relativement bien dotées.

    Il était temps. Car plus de la moitié de la population française vit dans un territoire très sous-doté ou sous-dotées en chirurgiens-dentistes. Eux aussi avaient longtemps refusé toute régulation.

    https://basta.media/Pour-lutter-contre-les-deserts-medicaux-elus-locaux-soignants-font-preuve-i
    #imagination #résistance #solutions #solutions_locales #lutte #soins #accès_aux_soins #médecine #solidarité

  • Comment préparer sa retraite
    http://carfree.fr/index.php/2024/04/22/comment-preparer-sa-retraite

    On ne va pas se mentir, il va falloir travailler de plus en plus longtemps et au bout de la route, si vous êtes encore vivant à 64, 65 ou Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Vélo #Vie_sans_voiture #2000 #économie #humour #politique #sans_voiture #société #Solutions #travail #Vivre_sans_voiture

  • Les #outils de #gestion de #projet #opensource offrent plusieurs avantages, notamment la #flexibilité, l’#adaptabilité et la #transparence. Je sais de quoi je parle car j’utilise actuellement #ProjeQtOr chez mon #employeur pour gérer mes projets. Quelques bonnes raisons d’utiliser ces outils : la possibilité de #personnaliser et de modifier le #code #source pour répondre à des besoins spécifiques, ce qui les rend plus flexibles que les #solutions #propriétaire.
    https://michelcampillo.com/blog/3176.html

  • Comment faire du #Vélo sur les voitures
    http://carfree.fr/index.php/2023/06/15/comment-faire-du-velo-sur-les-voitures

    D’abord la marche à pied sur les voitures, maintenant faire du vélo sur les voitures. Une cycliste de Budapest en #Hongrie est tellement en colère contre les voitures garées sur Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #actions #cyclistes #relations_cyclistes-automobilistes #Solutions #stationnement

  • #Allemagne : à la recherche de solutions durables pour le logement de réfugiés en séjour long

    En 2022, Berlin a accueilli plus de 100 000 réfugiés. Des arrivées qui ont encore plus mis en lumière la #crise_du_logement que traverse la capitale allemande depuis de nombreuses années. Venus en grande majorité d’Ukraine, 90% d’entre eux ont déposé une demande de séjour long. Si à l’instar d’autres grandes villes du pays, Berlin a tout d’abord compté sur la #solidarité de ses habitants et mis en place près de 30 000 places d’#accueil_d'urgence, elle doit désormais construire et trouver des #solutions_durables pour faire face à ces nouveaux arrivants partis pour rester.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/46053/allemagne-a-la-recherche-de-solutions-durables-pour-le-logement-de-ref
    #accueil #réfugiés #asile #migrations #Berlin #logement #séjour_long #long_séjour #réfugiés_ukrainiens #temps_long #temporalité #hébergement

    ping @karine4

  • Vers des transports durables. Des #métropoles en mouvement

    Penser la #ville_sans_voitures : c’est l’un des défis à relever dans l’aménagement de l’#espace_urbain moderne. De #Barcelone à #Copenhague en passant par #Berlin et #Paris, tour d’horizon de plusieurs approches pionnières.

    Comment rendre nos villes plus agréables à vivre, dépolluer l’air, trouver des #solutions pour faire face à la hausse des températures liée au #changement_climatique, ou encore créer de l’espace pour une population en croissance constante ? Autant de défis auxquels sont confrontées les métropoles du monde entier. Pionnière en la matière depuis les années 1960, Copenhague continue de penser la ville hors des sentiers battus et des rues saturées par l’#automobile, tandis que des projets alternatifs se multiplient aussi désormais dans d’autres capitales européennes, notamment à Barcelone, Berlin ou Paris. Plus loin, à Singapour, la ville poursuit sa densification, mais en hauteur et sans moteurs… L’avenir est-il à l’absence de mobilité, cette « #ville_du_quart_d’heure » (la durée de marche idéale pour accéder aux services), dont parle l’architecte #Carlos_Moreno ? Entre réalisations concrètes et utopies, une esquisse passionnante du visage des métropoles de demain.

    https://www.arte.tv/fr/videos/096280-000-A/vers-des-transports-durables

    #film #vidéo #reportage #transports_publics #voiture #car_free #voitures #mobilité #villes #TRUST #Master_TRUST #alternatives #urban_matters #urbanisme #géographie_urbaine

    signalé par @touti ici :
    https://seenthis.net/messages/970872#message971260

  • Comment construire sa charrette pour #Vélo
    http://carfree.fr/index.php/2022/06/22/comment-construire-sa-charrette-pour-velo

    Moi, la charrette, remorque à vélo dont la conception a été commencée et est maintenue à ce jour par Véloma, je suis le fruit d’un long cheminement, d’itérations successives, d’expérimentations Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Ressources #alternatives #bricolage #construction #remorques #Solutions #Vélogistique

  • Comment ne pas supporter l’augmentation du prix de l’essence
    http://carfree.fr/index.php/2021/10/21/comment-ne-pas-supporter-laugmentation-du-prix-de-lessence

    L’heure est grave, le prix de l’essence n’en finit pas d’augmenter. Heureusement, le génial Raymond Devos avait déjà trouvé depuis longtemps la solution pour ne pas supporter l’augmentation du prix Lire la suite...

    #Fin_du_pétrole #carburant #coût #énergie #essence #humour #Solutions

  • L’UE alloue 276 millions d’euros à la Grèce et appelle la Turquie à reprendre les migrants déboutés

    La commissaire européenne Ylva Johansson a appelé lundi, de l’île grecque de #Lesbos, la « Turquie à réadmettre d’urgence les migrants » renvoyés de Grèce, assurant par ailleurs que l’Union européenne allait allouer 276 millions d’euros à la construction de nouveaux camps d’accueil en #mer_Egée.

    La commissaire européenne aux Affaires intérieures chargée des migrations s’est rendue sur place pour pousser le gouvernement grec à agir plus rapidement en vue de l’ouverture avant l’hiver prochain de tels camps sur cette île, ainsi que sur celles de #Samos, #Chios, #Leros et #Kos, et à améliorer les #conditions_d'hébergement des quelque 14.000 demandeurs d’asile qui s’y trouvent.

    Ylva Johansson a par ailleurs exhorté la Turquie « à réadmettre d’urgence les migrants » renvoyés de Grèce, tandis que les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen Charles Michel se rendront à Ankara le 6 avril pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan.

    Le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi a rappelé lundi que la Grèce avait demandé à la Turquie de reprendre sur son territoire 1.450 personnes qui avaient été déboutées du droit d’asile sur les #îles grecques.

    La commissaire européenne a en outre souligné que « la question migratoire devait être européanisée » et qu’il ne fallait pas laisser les Etats membres aux #frontières_extérieures de l’UE seuls face à la gestion de cette crise. Elle a jugé « impératif » de trouver « de nouvelles #solutions_politiques » pour partager le #fardeau entre les pays européens, estimant que « depuis trois ans, il n’y a pas eu de progrès » en ce sens. Elle a dit « comprendre » que « la patience a ses limites » et qu’à Lesbos, notamment, "la limite était « proche ».

    Illustration de la #colère des insulaires, Ylva Johansson a été confrontée à la fronde de 300 habitants de Lesbos qui ont manifesté devant le bâtiment où se déroulait sa conférence de presse pour s’opposer à la mise en place d’un nouveau camp.

    « Non aux structures sur l’île », pouvait-on lire sur une banderole déployée avant l’arrivée de la commissaire européenne et du ministre grec des Migrations. Lors de la même conférence de presse, Notis Mitarachi a annoncé que les camps de Samos, Kos et Leros ouvriraient d’ici trois mois. Les autres avant décembre 2021, a-t-il dit à l’AFP.

    Le gouvernement avait promis il y a longtemps un nouveau camp pour remplacer celui de #Moria, détruit en septembre dans un incendie, mais sa construction s’était heurtée à l’opposition de la population et des autorités locales, lassées par la présence des demandeurs d’asile sur leur île depuis la crise migratoire de 2015. Le nouveau camp de Lesbos doit voir le jour dans la localité de #Pali, à une demi-heure de route de la capitale de cette île, Mytilène. Depuis l’incendie de Moria, quelque 8.000 migrants sont toujours regroupés dans des installations provisoires où leurs #conditions_de_vie ont été extrêmement difficiles cet hiver.

    La Grèce doit enquêter

    Interrogée sur les accusations de refoulements de migrants par les garde-côtes grecs en mer Egée, Ylva Johansson a estimé que « la Grèce peut faire plus en matière d’investigations ».

    « Il y a des cas particuliers qui, je le pense vraiment, doivent être examinés de près », a-t-elle exhorté, se disant « très préoccupée » par les rapports établis par le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU.
    « Nous devons protéger nos frontières extérieures et nous devons protéger les droits fondamentaux, cela va de pair, ce n’est pas une contradiction », a-t-elle poursuivi.

    Les autorités grecques ont été accusées ces derniers mois par des ONG et dans des enquêtes parues dans de nombreux médias d’avoir forcé des migrants présents en mer Egée à retourner dans les eaux territoriales turques sans déposer de demandes d’asile en Grèce, en violation du droit international. « Nous n’avons pas renvoyé de bateaux. Nous avons empêché des bateaux d’entrer sur le territoire grec et européen, ce qui est permis », avait récemment assuré dans un entretien avec l’AFP Notis Mitarachi.

    Lundi, il a de nouveau apporté un démenti à ce sujet, insistant sur le fait que des enquêtes menées par l’Union européenne et l’agence Frontex n’avaient conclu à « aucune infraction à des droits fondamentaux dans les cas qui ont été examinés ».

    https://www.lorientlejour.com/article/1256960/lue-va-allouer-276-millions-deuros-pour-la-construction-de-camps-de-m

    #asile #migrations #réfugiés #Grèce #UE #EU #aide_financière #déboutés #Turquie #réadmission #camps_de_réfugiés #nouveaux_camps #encampement #européanisation

    ping @isskein @karine4