• Mondial 2026 : les images des joueurs fouillés et des visas refusés aux Etats-Unis qui entachent le début de la compétition
    https://www.lemonde.fr/sport/video/2026/06/10/mondial-2026-les-images-des-joueurs-fouilles-et-des-visas-refuses-aux-etats-

    Mondial 2026 : les images des joueurs fouillés et des visas refusés aux Etats-Unis qui entachent le début de la compétition
    vidéo A la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, les procédures de sécurité draconiennes imposées à certaines équipes par Washington suscitent une vague d’indignation.
    Omar Abdulkadir Artan a été placé dans un avion retour pour Istanbul après avoir subi onze heures d’interrogatoire avant d’être détenu plusieurs heures dans une cellule. Le Somalien, élu meilleur arbitre africain 2025 par la Confédération africaine de football et sélectionné pour la compétition, s’est vu refuser l’accès au territoire américain le 8 juin, malgré un visa en règle. Les autorités américaines ont justifié ce refoulement en invoquant de présumées « relations avec des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».
    Il n’est pourtant pas un cas isolé : l’attaquant vedette irakien Aymen Hussein a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe de sa sélection a été purement et simplement éconduit. La sélection d’Iran, en raison des vives tensions diplomatiques et militaires actuelles avec Washington, a dû établir son centre d’entraînement à Tijuana, au Mexique – les autorités américaines ne l’autorisant à franchir la frontière que la veille de ses matchs.
    Parallèlement à ces refoulements, le traitement réservé à certaines délégations sur le sol américain a enflammé les réseaux sociaux. De nombreux internautes dénoncent des contrôles discriminatoires et disproportionnés. Les images de l’équipe du Sénégal, soumise à des détecteurs de métaux à même le tarmac de l’aéroport de Raleigh, en Caroline du Nord, ont provoqué une vive polémique. La fédération sénégalaise de football a tenté de temporiser en expliquant qu’il s’agissait d’une procédure visant à « optimiser le temps de déplacement ». A New York, la sélection de l’Ouzbékistan a également subi des fouilles poussées pour accéder à son terrain d’entraînement.
    Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré le 10 juin lors d’une conférence de presse à Genève que ces méthodes sécuritaires intrusives affectaient directement « les droits humains et la dignité humaine ».

    #covid-19#migration#migrant#etatsunis#football#FIFA#politiquemigratoire#visas#refoulement#ouzbekistan#senegal#irak#somalie#droit#sante#discrimination

  • « Le monde du football paie sa lâcheté » : quand un arbitre somalien qui devait participer au Mondial est refoulé des Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/09/le-monde-du-football-paie-sa-lachete-quand-un-arbitre-somalien-est-refoule-d

    « Le monde du football paie sa lâcheté » : quand un arbitre somalien qui devait participer au Mondial est refoulé des Etats-Unis
    Désigné meilleur arbitre de l’année 2025 par la Confédération africaine de football, Omar Abdulkadir Artan s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain, samedi 6 juin. Il disposait pourtant d’un visa valide.
    Par Mustapha Kessous
    Il n’y aura finalement pas de rêve américain pour Omar Abdulkadir Artan. L’arbitre international somalien de 34 ans a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Miami (Floride), samedi 6 juin, alors qu’il devait participer à la Coupe du monde 2026, qui démarre jeudi aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. Malgré un visa valide, la police aux frontières américaine a expliqué à l’Agence France-Presse que, « au cours des formalités, le voyageur a été soumis à une inspection supplémentaire, une étape de routine ». A l’issue du contrôle, « le voyageur a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents », a-t-elle ajouté, sans donner davantage de précisions.
    Omar Abdulkadir Artan a expliqué, dans un article publié mardi par le New York Times, avoir subi onze heures d’interrogatoire avant d’être détenu plusieurs heures dans une cellule, puis placé sur un vol à destination d’Istanbul, en Turquie. « Je suis très, très déçu », a-t-il poursuivi. Il devrait rejoindre Mogadiscio mercredi. Omar Abdulkadir Artan devait être le premier Somalien à arbitrer en Coupe du monde.
    Dans un communiqué, le ministère des sports somalien « déplore profondément les circonstances qui ont conduit au refus d’entrée de l’arbitre international » et précise avoir mené avec le ministère des affaires étrangères et la présidence de la République « des démarches diplomatiques et des négociations approfondies avec le gouvernement américain et la FIFA [Fédération internationale de football association] afin de trouver une solution immédiate ». Sans succès.
    La FIFA a quant à elle indiqué qu’Omar Abdulkadir Artan ne pourra pas officier comme arbitre durant le tournoi et que, plus généralement, elle n’intervenait pas dans les « procédures d’immigration du pays hôte ». L’instance organisatrice du Mondial n’a pas condamné ce refoulement, contraire aux usages selon lesquels un pays hôte d’une compétition internationale facilite l’entrée sur son territoire des arbitres, des joueurs, des équipes techniques et de tous les officiels de la FIFA. La Confédération africaine de football (CAF) est, elle aussi, restée silencieuse sur le sort d’Omar Abdulkadir Artan, qu’elle avait pourtant élu meilleur arbitre en 2025. Un maître du jeu respecté, qui avait officié à la Coupe du monde des moins de 20 ans au Chili, en 2025.
    Il y a quelques semaines encore, la CAF saluait la présence des 19 arbitres du continent retenus pour la Coupe du monde, « reflet d’une progression désormais bien installée ». « Les pays ont leurs propres règles en matière d’immigration. Tant qu’on n’a pas les détails de l’affaire, on ne peut pas se prononcer », souligne au Monde un président de fédération et membre du comité exécutif de la CAF, qui souhaite rester anonyme.
    L’Amérique de Donald Trump n’est décidément pas un pays hôte comme les autres. Sur les réseaux sociaux, fans, athlètes et politiques ont dénoncé cette décision. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a souligné Omar Abdulkadir Artan au New York Times. La Somalie figure parmi les cibles privilégiées de Donald Trump, qui n’a cessé de multiplier les attaques contre cette nation, tour à tour qualifiée de « pays de merde », de « pire pays du monde », de pays « qui pue » et d’où ne viendraient que des « déchets ».
    « C’est une compromission. Le monde du football paie sa lâcheté », estime Joseph-Antoine Bell, ancien gardien des Lions indomptables du Cameroun (1976-1994). Le footballeur, devenu consultant pour les médias, regrette que les Africains aient manqué de lucidité en votant l’attribution du Mondial aux Etats-Unis en 2018, alors que le pays était déjà dirigé par Donald Trump et que « celui-ci était en train de dresser un mur entre son pays et le Mexique », insiste-t-il. « J’étais présent lors du vote et j’étais enragé de voir ça. Aujourd’hui, nous assistons aux conséquences [du scrutin], souligne Joseph-Antoine Bell. Où est la famille du football ? Pourquoi les autres arbitres ne disent pas : “Si vous n’acceptez pas l’un d’entre nous, nous ne venons pas” ? »

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#football#FIFA#droit#politiquemigratoire#visas#somalie

  • L’odyssée sans fin d’Issa Omar, migrant rescapé d’un naufrage dans la Manche, puis « tombé dans l’oubli »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/15/l-odyssee-sans-fin-d-issa-omar-migrant-rescape-d-un-naufrage-dans-la-manche-

    L’odyssée sans fin d’Issa Omar, migrant rescapé d’un naufrage dans la Manche, puis « tombé dans l’oubli »
    Par Julia Pascual
    Récit Le Somalien de 32 ans est l’un des deux survivants du pire naufrage au large de Calais, le 24 novembre 2021. Hanté par le drame, cantonné à une situation administrative précaire, sans aucun accompagnement social ni psychologique, il vit de la charité.
    « On peut me considérer comme un SDF. » Issa Omar n’hésite pas longtemps quand il s’agit de qualifier sa situation. « Je n’ai pas de vie stable, je n’ai pas d’argent, je n’ai nulle part où aller. Ma vie est en suspens », résume d’un air désabusé ce Somalien de 32 ans, qui a survécu au pire naufrage jamais survenu dans le détroit du Pas-de-Calais, le 24 novembre 2021. Cette nuit-là, 31 personnes, des Kurdes d’Irak en majorité, sont mortes noyées, près de la ligne de démarcation des eaux entre l’Angleterre et la France. Ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni à bord d’un canot pneumatique, parti d’une plage aux alentours de Dunkerque. Et si Mohammed, un autre homme, originaire d’Irak, a également survécu au naufrage, il a disparu au bout de quelques mois et n’a plus jamais donné de nouvelles. Des 33 passagers qui avaient embarqué à bord de la petite embarcation de 8 mètres, seul Issa Omar peut encore témoigner.
    La nuit, le jeune homme est réveillé par des cauchemars, qui sont autant de réminiscences, saturées de cris, de la longue nuit du naufrage. Un visage en particulier le hante, celui de Halima, une victime somalienne. « Je la vois tout le temps », dit-il. Il entend ses supplications, aussi. « J’ai essayé de la hisser deux fois sur le bateau, mais je n’ai pas réussi. » Elle est morte noyée. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, Issa Omar a vu les gens autour de lui disparaître les uns après les autres, en dépit de leur gilet de sauvetage. Il se souvient de cette femme kurde et de ses trois enfants, de deux Egyptiens, de deux Afghans, d’un Vietnamien, d’un Ethiopien… Il ne les connaissait pas avant de prendre la mer à leurs côtés, ce soir de novembre. Au bout de quelques heures en mer, ils ont commencé à écoper le bateau, dans la panique, les hurlements et les pleurs, tandis que l’eau glaciale engourdissait leurs membres.
    Issa Omar relate les appels désespérés passés aux familles et aux secours, les tentatives vaines d’attirer l’attention, dans la nuit noire, avec la lumière des téléphones. Et lui qui essayait de garder son calme. Jusqu’à ce que le bateau chavire. « Ça a été l’expérience la plus brutale et terrifiante de ma vie », confie-t-il dans un témoignage écrit, rendu public par une commission d’enquête britannique qui s’est penchée sur les conditions du drame. Il doit nager pour s’extirper du bateau qui s’est retourné sur lui, parvient à retirer sa veste et ses chaussures pour alléger son poids. « Je me suis accroché à l’épave jusqu’à ce que le soleil se lève. »
    A l’aube, Issa Omar affirme qu’une quinzaine de personnes se tiennent encore à ce qui reste du canot. « Je ne me souviens pas avoir parlé avec qui que ce soit, ceux qui étaient en vie étaient à moitié morts. Je pouvais voir des corps flotter autour de nous dans l’eau. » Il se met à nager. Il pense : « Au moins, si je meurs en nageant, je ne le sentirai pas. » Il revoit une femme à ses côtés, hurler et chercher ses enfants, déjà morts. « Elle avait perdu la tête. » Lui implore Dieu d’achever son supplice. Sa peau est brûlée par le sel. Il n’est pas tout à fait 14 heures quand un chalutier boulonnais aperçoit enfin l’embarcation naufragée, les deux survivants et une partie des corps.
    Lorsque Issa Omar se confie au Monde, ce jour de février 2026, installé dans le cabinet d’avocats qui le représente comme partie civile dans l’instruction ouverte au tribunal de Paris sur les circonstances du naufrage, il vient d’apprendre les conclusions rendues par la commission d’enquête publique britannique. Ces dernières confirment ce que l’instruction pénale française, toujours en cours, a d’ores et déjà établi : les secours français, pourtant contactés à de très nombreuses reprises par les occupants du canot la nuit du 24 novembre 2021, ne sont pas intervenus, les laissant se noyer. Ils n’ont en outre pas répondu à l’appel d’urgence « Mayday », diffusé par les garde-côtes britanniques, également appelés au secours, alors qu’un navire de la marine nationale, le Flamant, se trouvait à environ quinze minutes de navigation du point de coordonnées. « Pour le moment [le Flamant] s’occupe d’[un autre cas] », avait justifié le centre de secours français, le Cross Gris-Nez (Pas-de-Calais). Sans que cette affirmation puisse être étayée. L’enquête britannique a aussi établi que les secours français ont ordonné à un pétrolier de poursuivre sa navigation, alors qu’il est probable qu’il avait repéré le canot en détresse.
    Cette nuit-là, tous les acteurs du sauvetage en mer ont minimisé le danger encouru par Issa Omar et ses compagnons d’infortune. « Des gens qui disent qu’ils se noient, qu’ils vont mourir, qu’il y a beaucoup de femmes et d’enfants, des femmes enceintes… et quand on arrive, ce n’est pas le cas, c’est plutôt classique », a justifié un garde-côte anglais, qui a traité plusieurs appels du canot, cette nuit-là. « Souvent, [les migrants] appellent et crient au danger alors qu’ils n’ont rien », avait aussi déclaré un militaire des secours français, auditionné dans l’enquête pénale. En France, sept personnes – cinq militaires du Cross et deux officiers qui étaient à bord du Flamant – sont toujours mises en examen pour non-assistance à personne en danger. Elles contestent avoir commis une quelconque infraction le 24 novembre 2021. « L’atrocité de ce qu’Issa a vécu et sa souffrance nous obligent et renforcent la nécessité d’identifier, poursuivre et juger toutes les personnes responsables de ce drame », souligne l’avocat Matthieu Chirez, qui défend le Somalien.
    Les mois qui ont suivi le naufrage ont consisté en une longue convalescence en fauteuil roulant pour Issa Omar. Seuls survivants, Mohammed et lui sont d’abord placés sous surveillance policière, tenus à l’écart de la presse. Tandis que le premier disparaît bientôt des radars, le second est orienté, à sa sortie d’hôpital, vers un centre d’hébergement du 17e arrondissement de Paris, tenu par l’association Emmaüs Solidarité. C’est un établissement qui accueille plus de 200 hommes, des « grands exclus », qui présentent pour beaucoup des problématiques d’addiction et de longues périodes de vie à la rue.
    Issa en garde un souvenir pénible. « J’étais entouré de gens malades, qui avaient des problèmes mentaux. Il y avait souvent des morts. Je n’ai pas supporté de rester dans cet endroit. » « Ce n’est pas un centre adapté pour un jeune réfugié, convient le directeur général d’Emmaüs Solidarité, Lotfi Ouanezar. Mais c’était la seule place disponible. Issa Omar n’a pas eu d’accompagnement social, il était méfiant et avait peur d’être poursuivi. » « J’avais peur pour ma vie », répète le Somalien, qui n’a jamais consulté de psychologue, en dépit de la manifestation d’un syndrome dépressif et de troubles de la mémoire et du sommeil. Il fait des allers-retours dans la structure entre 2022 et la fin de l’année 2024. Sa santé n’est pas bonne. L’homme est asthmatique et explique avoir développé un diabète post-traumatique. Il finit par contacter un compatriote, agent de sécurité en province, qui accepte de l’héberger. Au total, une vingtaine de personnes l’auraient accueilli lors de son errance en France, notamment des réfugiés somaliens qu’il a connus en Italie, où il a vécu avant d’arriver, fin 2021, sur le littoral nord.
    « Toute ma vie a été une galère », résume Issa Omar. Né en 1993 à 90 kilomètres de Mogadiscio, il n’a que 13 ans lorsque son père, gouverneur de sa commune et membre de la minorité marginalisée madhiban, est exécuté par la milice islamiste Chabab, en pleine guerre civile. La mère décide de quitter le pays avec ses cinq enfants, pour rejoindre le Yémen. Issa Omar est l’aîné des garçons. Il y est scolarisé, y apprend à parler l’arabe, à nager aussi. Plus tard, il y travaille comme taxi, mais aussi en tant que mécanicien ou encore agent de propreté dans un hôpital.
    En 2014, la guerre civile éclate, qui oppose les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, aux forces gouvernementales et à une coalition de pays arabes dirigée par l’Arabie saoudite. La famille, établie dans une zone passée sous contrôle houthiste, doit fuir, encore, cette fois vers un camp de réfugiés en Ethiopie. En tant qu’homme adulte, Issa est empêché de quitter le pays. Il raconte cependant avoir refusé de participer à l’effort de guerre et avoir été incarcéré pendant six mois, période au cours de laquelle il est régulièrement battu. « En janvier 2015, un avion de combat [saoudien] a bombardé la prison où j’étais retenu (…). Les murs de ma cellule se sont effondrés », écrit-il à la commission d’enquête britannique. Plusieurs personnes décèdent dans ce raid aérien. Blessé, souffrant de plusieurs fractures, Issa Omar est transféré dans un hôpital de Sanaa, puis transporté par avion en Iran, où il demeure hospitalisé deux mois.
    « Je n’ai plus envie de vivre »
    On est en 2015, et Issa Omar profite de l’exode des Syriens pour prendre lui aussi le chemin de la Turquie. S’ensuivent des mois d’existence précaire dans le pays, notamment à Ankara, à vivre sous une tente. Issa Omar glane quelque argent en travaillant au noir comme agent de nettoyage dans un restaurant. Sans perspective, il reprend la route en septembre 2016 aux côtés de Syriens, rejoint Izmir, sur la côte ouest de la Turquie, traverse la mer Egée pour accoster sur l’île grecque de Leros. Il y est maintenu dans un camp, puis transféré sur le continent, où il poursuit son exil, périlleux, à travers les Balkans occidentaux.
    Arrivé en Italie, il gagne la Sicile, où des compatriotes sont employés et logés par un agriculteur. Il y demeure plusieurs années, mais, là encore, n’entrevoit aucune perspective de régularisation ni d’intégration véritable. A la sortie de la crise sanitaire, en novembre 2021, avec sept amis somaliens, il quitte le pays en direction de Calais, avec l’intention de demander l’asile au Royaume-Uni. « Je voulais y établir ma vie, être formé, aider ma famille », justifie-t-il. Il paye sa traversée 1 300 euros, échoue deux fois à prendre la mer. Jusqu’au soir du 23 novembre.
    Après le naufrage, alors qu’Issa et Mohammed étaient hospitalisés ensemble, le second se serait vu offrir, par des passeurs impliqués dans la tragique traversée, de l’argent et la garantie de rejoindre le Royaume-Uni en échange de son silence. « Issa a refusé car il a une responsabilité morale vis-à-vis de ceux qu’il a vus mourir. Il est devenu leur voix », croit savoir un Somalien qui le fréquente et qui a souhaité rester anonyme.
    Issa Omar n’a plus le Royaume-Uni en ligne de mire. Il ne sait pas davantage s’il veut rester en France. Il a le sentiment d’être « tombé dans l’oubli ». L’homme a un titre de séjour précaire qu’il doit renouveler tous les six mois et qui ne l’autorise pas à travailler. Il ne parle pas français, dépend de la charité et de distributions alimentaires pour se nourrir, et il lui arrive de passer des nuits à la rue, quand il n’est pas hébergé par des connaissances, dans une ville dont il veut taire le nom. Il craint que des passeurs impliqués dans la tragédie du 24 novembre 2021 ne le retrouvent pour le contraindre au silence. « Je n’ai plus envie de vivre », « Je retiens mes envies de me jeter d’un pont », dit-il parfois, tant l’existence qu’il mène lui est douloureuse. En 2024, Nikolaï Posner, alors membre de l’association d’aide aux migrants Utopia 56, a entrepris de le soutenir. A l’époque, le Somalien avait perdu jusqu’à son droit au séjour, faute d’avoir entrepris des démarches administratives. « On aurait pu imaginer que l’Etat français lui offre une protection qui lui permette de s’insérer, y compris au regard des défaillances des autorités la nuit du naufrage, mais rien, regrette M. Posner. C’est comme si les morts et les survivants étaient un détail de l’histoire. » Sur une des autorisations provisoires de séjour qui a été délivrée à Issa Omar par la Préfecture de police de Paris, un papier gris perforé, il est inscrit la référence de son dossier, en capitales d’imprimerie : « RESCAPE000 ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#asile#migrationirreguliere#sante#santementale#droit#mortalite#somalie#calais#manche#routemigratoire

  • Somalie : les coupes budgétaires de l’aide internationale aggravent la crise humanitaire

    En Somalie, les populations impactées par la sécheresse continuent de fuir. La région de Mudug, accueille environ 151 000 personnes déplacées. Alors que les coupes budgétaires ont contraint des dizaines de centres de santé et de nutrition à fermer, les sources d’eau se sont asséchées et les cas de malnutrition ont fortement augmenté. Frauke Ossig, responsable de programmes MSF, s’est récemment rendue dans la région. Elle revient sur l’ampleur de la crise humanitaire en cours.La région de Mudug accueille plus de 150 000 personnes déplacées. Quelle est la situation sur place ?

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/17/somalie-aggravation-de-la-crise-climatique-et-des-deplacements-de-population/#comment-74177

    #somalie

  • #Somaliland, dove Israele pensa di trasferire i palestinesi di #Gaza

    Israele ha riconosciuto la sovranità dell’autoproclamato Stato subsahariano, che si trova in una posizione strategica ed è ricco di minerali preziosi. Il governo somalo teme che Tel Aviv voglia sfollare lì i palestinesi di Gaza.

    Il Somaliland, conosciuto anche come Somalia britannica, è una striscia di terra che si affaccia sul golfo di Aden, un braccio di mare che collega l’oceano Indiano al Mar Rosso e quindi al canale di Suez. Una posizione strategica fra il Corno d’Africa e una delle principali rotte di comunicazione tra Asia ed Europa. Dal 1991 la Repubblica del Somaliland, attraverso la creazione di un’amministrazione parallela e sostitutiva, si è resa autonoma dal resto della nazione. Tecnicamente si tratta di un’indipendenza de facto, ma non de jure, nel senso che manca il riconoscimento legale e internazionale della sua esistenza. Israele è il primo e attualmente unico membro delle Nazioni Unite ad averne ufficialmente riconosciuto l’indipendenza.

    Separati in casa

    La regione, abitata da popolazioni somale che parlano dialetti dello stesso ceppo, ha alle spalle una storia diversa rispetto al resto del Paese, che fu controllato dall’Italia prima come colonia e poi come territorio in amministrazione fiduciaria delle Nazioni Unite, fino all’indipendenza del 1960. In quegli stessi anni il Somaliland aveva ottenuto l’indipendenza dalla Gran Bretagna, ma la sua esistenza durò appena sei giorni, cioè fino al 1° luglio 1960, quando si unì alla Somalia in un’unica nazione. Le due realtà rimasero comunque separate, con movimenti indipendentisti crescenti nell’ex territorio amministrato dagli inglesi.

    Negli anni Ottanta il Movimento nazionale somalo, un partito politico nato a Londra nel 1981, avviò una serrata guerriglia contro la dittatura militare del presidente della Somalia Siad Barre, che governava il paese dal 1969, con l’obiettivo di ottenere la secessione. Il conflitto aveva profonde radici tribali e claniche: i clan erano e continuano a essere la spina dorsale della società somala e all’epoca la rivolta non fu altro che una risposta alle dure politiche attuate dal regime di Barre contro il principale clan del Somaliland, gli Isaaq.

    Quando, alla fine del 1988, il Movimento occupò Hargeisa e Burao, le due principali città del nord, Siad Barre ordinò il bombardamento della regione con il dichiarato obiettivo di eliminare il clan Isaaq, impiegando mercenari sudafricani e rhodesiani per pilotare la flotta aerea ereditata dai britannici. I civili diventarono l’obiettivo principale e l’aviazione somala distrusse sistematicamente tutte le fonti d’acqua presenti nella regione a fortissimo rischio di siccità.

    Alcuni arrivarono a parlare di una campagna genocidiaria contro gli Isaaq, ma nonostante questa violenza il movimento nel 1990 aveva raggiunto il controllo di tutto il Nord. Tra il 27 aprile e il 18 maggio del 1991, la Grande conferenza dei clan del Nord decretò che la Somalia settentrionale avrebbe revocato la sua unione volontaria con il resto del paese per dare vita alla Repubblica del Somaliland.
    Libere elezioni da trent’anni

    Dietro alla decisione del Somaliland di separarsi definitivamente da Mogadiscio c’erano anche questioni politiche: i clan del Nord decisero di non farsi trascinare nell’infinita guerra civile somala che continua a dilaniare il Paese e ha favorito la presenza di gruppi terroristici legati ad al Qaeda, che tengono sotto controllo intere province. Dopo aver scelto come capitale Hargeisa, la seconda città più popolosa dell’intera Somalia, il Somaliland ha cominciato a cullare il sogno di costituire una vera nazione, ricordando che nella sua breve esistenza nel 1960 ricevette il riconoscimento internazionale da parte di 35 paesi, fra i quali Cina, Egitto, Etiopia, Francia, Ghana, Libia, Unione Sovietica e Israele.

    All’epoca, anche il segretario di Stato americano Christian Herter inviò un messaggio di congratulazionie la stessa Gran Bretagna siglò diversi accordi bilaterali. Addirittura, la regina Elisabetta II auspicò che l’amicizia fra i popoli del neo-indipendente Somaliland e del Regno Unito potesse continuare a lungo. Questo breve, ma storico passaggio è rimasto impresso nelle menti degli abitanti, che sono riusciti a creare uno Stato pacifico dove da trent’anni si vota in libere elezioni. Un evento estremamente raro nel continente africano.
    La strategia di Israele

    Il 26 dicembre 2025 Israele è diventato il primo paese membro delle Nazioni Unite a riconoscere formalmente il Somaliland come Stato indipendente e sovrano, rompendo un silenzio lungo decenni. La notizia è stata accolta con grande gioia dalla popolazione, che ha riempito le strade della capitale per festeggiare. Il presidente del Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdlahuli, detto Irro, ha parlato di «un grande giorno per il popolo e la Repubblica del Somaliland, una pagina d’oro nella storia della nostra nazione dopo trentaquattro anni di lotta».

    La diplomazia di Tel Aviv ha lavorato mesi prima di arrivare al riconoscimento, consapevole dell’importanza strategica di un’area così complessa. Il Somaliland si affaccia sul Golfo di Aden a ridosso dello stretto di Bab el-Mandeb, passaggio chiave tra oceano Indiano e Mar Rosso. Israele può già contare su due basi nella vicina Eritrea, la prima nell’arcipelago delle isole Dahlak, la seconda sulla montagna più alta della nazione africana, dove è stato impiantato un potente radar capace di intercettare trasmissioni a lungo raggio.

    Parallelamente, il governo di Benjamin Netanyahu ha firmato un accordo di cooperazione con gli Emirati Arabi Uniti per l’utilizzo congiunto di una base nella remota isola di Socotra, all’ingresso del Mar Rosso, appartenente al governo riconosciuto dello Yemen. Metà della nazione della penisola arabica è però occupata dagli Houthi – una tribù di fede sciita proveniente dal nord dello Yemen – che sono un proxy (cioè un alleato) dell’Iran, l’unico rimasto ancora attivo, e che da mesi bersaglia Israele con droni e missili.

    Le navi di passaggio verso il Canale di Suez sono diventate l’obiettivo primario degli alleati di Teheran, che hanno obbligato molte imbarcazioni a cambiare rotta circumnavigando il continente africano, allungando i tempi e aumentando le spese. Israele ha reagito bombardando più volte le principali città yemenite e distruggendo una parte delle infrastrutture degli Houthi, sempre guardando con estremo interesse a una base navale in questa regione che potesse facilitare le incursioni aeree nello Yemen.
    Con il benestare degli Usa

    Per Tel Aviv il Somaliland rappresenta quindi una grande occasione, tanto da spingere il ministro degli Esteri, Gideon Saar, a invitare il presidente del Somaliland in Israele e dichiarare che i due paesi stabiliranno relazioni diplomatiche complete, con la nomina di funzionari e l’apertura di ambasciate. Più cauti gli Stati Uniti, con il presidente Donald Trump che si è detto pronto a valutare la situazione, aggiungendo poi: «Ma qualcuno sa esattamente cos’è il Somaliland?».

    Una politica volta a dissimulare un atto che Washington conosceva bene e che ha pienamente approvato. Non a caso il ministro della Presidenza del Somaliland, Khadar Hussein Abdi, ha dichiarato che sono già pronti una serie di accordi che concederanno agli Usa l’accesso esclusivo a tutti i minerali strategici e alle basi navali. Naturalmente, anche Israele avrebbe un accesso privilegiato alle ricchezze dell’ex Somalia britannica, oltre alla gestione condivisa con gli Emirati Arabi Uniti del porto di Berbera, suo principale hub marittimo.

    Secondo i dati diramati dal governo locale, le risorse minerarie comprenderebbero litio, coltan, cobalto e altri minerali strategici, che fanno della neonata Repubblica un luogo piuttosto appetibile. Per Israele, come detto, l’interesse prioritario è indubbiamente strategico, ma anche la gestione dell’intelligence del paese africano e la vendita di macchinari agricoli rientrano nel piano d’affari. Tel Aviv, inoltre, punta ad aumentare la sua influenza geopolitica nel Corno d’Africa, con il ministro degli Esteri del governo di Hargeisa che si è detto pronto ad aderire agli Accordi di Abramo per rafforzare la cooperazione con il governo Netanyahu, soprattutto in materia di difesa.
    Tensione tra vicini

    L’attuale presidente della Somalia, Hassan Sheikh Mohamud, in un discorso alla televisione di Stato ha condannato fermamente le recenti mosse delle autorità del Somaliland, avvertendo che minacciano l’unità e la sovranità nazionale: «La Somalia è una soltanto, una nazione sovrana che va da Mogadiscio ad Hargeisa e chiunque affermi il contrario merita di essere processato per alto tradimento. L’illegale amministrazione di Hargeisa vuole svendersi allo straniero nel tentativo di ottenere il riconoscimento internazionale. Questo riconoscimento non è semplicemente un gesto diplomatico, ma una copertura per gli obiettivi strategici israeliani. Tel Aviv punta allo sfollamento forzato dei palestinesi in Somalia e sta tentando di esportare il suo problema da Gaza nel Corno d’Africa. Si tratta di un passo estremamente pericoloso e il mondo intero, soprattutto gli arabi e i musulmani, devono considerarlo una seria minaccia».

    Israele e il governo del Somaliland hanno negato che il vero obiettivo sia trasferire i palestinesi in Somalia, ma il presidente Hassan Sheikh Mohamud ha continuato ad attaccare per difendere anche gli interessi della Turchia, suo principale alleato nell’area. Ankara conta quasi 20mila soldati a Mogadiscio e sa bene che Tel Aviv ha intenzione di indebolire la sua influenza dal Medioriente al Mediterraneo fino al continente africano.

    Non sorprende che, dopo la rinnovata alleanza, la Turchia stia pressando anche l’Egitto per evitare che l’Etiopia riconosca il Somaliland in cambio di uno sbocco sul mare, mentre l’avvicinamento all’Arabia Saudita è usato in funzione anti-Emirati Arabi, alleati di Israele e pronti a investire un miliardo di dollari nella nazione africana. La mossa israeliana ha quindi aperto un vaso di Pandora rimasto chiuso per anni e oggi il riconoscimento del piccolo ma strategico Somaliland, oltre ad aver creato alleanze fino a poco tempo fa impensabili, potrebbe cambiare gli equilibri in tre continenti.

    https://lavialibera.it/it-schede-2623-somaliland_dove_israele_pensa_di_trasferire_i_palestinesi
    #déplacements_forcés #Somaliland #transfert #expulsion #Somalie #Israël #palestiniens #réfugiés_palestiniens

  • 17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71070/17-exiles-somaliens-se-noient-entre-lalgerie-et-lespagne

    17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne
    Par La rédaction Publié le : 24/04/2026
    Un naufrage au nord des côtes algériennes a entraîné la noyade d’au moins douze hommes et cinq femmes de nationalité somalienne, a déclaré jeudi l’ambassadeur somalien en Algérie. Le groupe, dont les familles ont alerté sur la disparition, cherchait à rejoindre l’Espagne.
    Un bateau a chaviré dans les eaux situées entre l’Algérie et l’Espagne causant la mort d’au moins 17 migrants somaliens, a déclaré jeudi 23 avril l’ambassadeur de Somalie en Algérie, rapporte l’agence de presse Associated Press.
    Parmi les victimes figurent douze hommes et cinq femmes. « J’ai été contacté par des parents qui cherchaient leurs enfants et voulaient savoir où ils se trouvaient », a rapporté l’ambassadeur Yusuf Ahmed Hassan aux médias somaliens.Suite à ces alertes, l’ambassadeur a contacté le ministère algérien des Affaires étrangères. Celui-ci l’a informé qu’un groupe d’exilés africains était décédé dans un naufrage au large de Bou Ismaïl, une province côtière du nord de l’Algérie. Le groupe cherchait, par cette traversée maritime périlleuse, à rejoindre les côtes espagnoles, porte d’entrée en Europe.
    L’ambassadeur somalien a indiqué s’être alors rendu dans cette ville située à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Alger (proche de Tipaza, voire carte ci-dessus) tôt jeudi matin, vers 6 heures. « J’ai visité deux hôpitaux de la province et j’ai vu les corps », a-t-il confirmé.
    Déjà, le 11 mars, 33 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale.
    En 2025, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit huit personnes par jour. Parmi les victimes recensées figuraient 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Ces chiffres se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent aussi les disparitions : pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, s’est considérablement développée ces derniers mois. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol, 1 900 migrants ont atteint l’archipel entre le 1er janvier et le 28 février 2026. Soit une hausse de 6 % par rapport à l’an dernier à la même période. Sur la route des Baléares, « les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins en 2024.
    Auparavant, la grande majorité des migrants arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens empruntent cet itinéraire, à mesure que d’autres se ferment en Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) ou dans l’Atlantique (routes des Canaries). En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %. Les migrants somaliens font partie de ceux qui entreprennent de plus en plus souvent de tels périples, poussés par l’insécurité, les opportunités économiques limitées et les conditions de sécheresse prolongée dans leur pays, explique Associated Press.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#baleares#somalie#routemigratoire#sante#mortalité#subsaharien

  • L’Irlande, cinquième pays de l’UE en termes de nombre de demandes d’asile par habitant - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70776/lirlande-cinquieme-pays-de-lue-en-termes-de-nombre-de-demandes-dasile-

    L’Irlande, cinquième pays de l’UE en termes de nombre de demandes d’asile par habitant
    Par La rédaction Publié le : 08/04/2026
    Avec 2,4 demandes d’asile pour 1 000 habitants, l’Irlande se place en cinquième position des pays de l’Union européenne en nombre de primo-demandeurs par rapport à sa population. La Somalie est la première nationalité, représentant plus d’un demandeur sur six. Même si les chiffres sont en baisse, comme partout en Europe, le gouvernement irlandais envisage pour 2026 des mesures de restriction de l’accueil et d’accélération des procédures. L’Irlande est le cinquième pays de l’Union européenne (UE) en termes de premières demandes d’asile reçues par habitant. Et ce, même si les chiffres de l’asile ont diminué de 30 %, passant de plus de 18 000 demandes reçues en 2024 à près de 13 000 en 2025 - ce qui constitue un retour aux seuils de 2022 / 2023. De nouveaux chiffres publiés fin mars par la Commission européenne montrent en effet que l’Irlande a reçu 2,4 demandeurs d’asile pour 1 000 habitants l’année dernière. Il s’agit du cinquième ratio derrière la Grèce (5,3 pour 1 000) ; Chypre et l’Espagne (2,9 toutes les deux) et le Luxembourg (2,6).
    Ce taux est en baisse : en 2024 avec ses 18 000 demandes reçues, l’Irlande comptait 3,4 demandeurs pour 1 000 habitants, détaille le média irlandais BreakingNews.ie : le pays se plaçait alors au troisième rang européen. Cette diminution s’inscrit dans un contexte plus large : l’Union européenne a connu une baisse générale des demandes d’asile de 27 % en 2025. Le taux moyen est alors passé de 2 à 1,5 demandes pour 1 000 habitants dans l’UE. Parmi les États-membres, seuls la Lettonie, la Lituanie et la Hongrie ont enregistré une légère augmentation du nombre de demandes d’asile.
    Malgré la baisse de la demande d’asile, le gouvernement irlandais compte bien faire entrer en vigueur cette année son nouveau projet de loi sur la protection internationale, qui prévoit un traitement plus rapide des demandes d’asile et des potentiels renvois. Cet important ensemble de réformes présenté fin 2025 prévoit, entre autres, que les demandeurs d’asile salariés reversent entre 10 et 40 % de leur revenu hebdomadaire aux frais d’hébergement - ce qui concernerait environ 7 500 personnes selon le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan. Dans le cadre de ce projet de loi également, le gouvernement a durci les règles relatives au regroupement familial pour les réfugiés, en limitant la possibilité de faire venir leurs proches dans le pays. Ceux-ci devront patienter pendant trois ans avant que leur conjoint-e et leurs enfants puissent les rejoindre.
    Si le texte est adopté sans modification par le parlement, cette mesure entrera en vigueur avec le reste de la loi sur la protection internationale à la mi-2026. Une telle proposition gouvernementale « est cruelle » et va « directement à l’encontre de tout ce que nous devrions défendre en tant que pays », a réagi en février le porte-parole du Parti travailliste pour la justice, Alan Kelly.C’est que les conditions de vie des primo-arrivants sont déjà rudes. Fin février, la Haute cour de justice a condamné l’État irlandais à verser 9 500 et 6 000 euros à deux demandeurs d’asile - un Afghan et un Indien - qui avaient attaqué l’État en justice pour avoir été laissés sans abri à leur arrivée dans le pays en 2023, a rapporté l’Irish Times.
    Ces dernières années, en particulier en 2024 lors de la hausse des arrivées, les hommes seuls se sont de plus en plus retrouvés sans solution d’hébergement, le gouvernement mettant en avant la crise du logement et la saturation des centres d’accueil. « Pour aller faire nos besoins, nous devons marcher environ six kilomètres. On va dans une mosquée du centre-ville qui nous accepte », témoignait Sami*, un Afghan rencontré par InfoMigrants dans les rues de Dublin en 2024. « C’est tellement insupportable la vie ici, je suis à bout. Je me sens tout le temps triste ». En janvier 2026, 1 123 nouvelles demandes d’asile sont arrivées en Irlande, selon le dernier rapport mensuel des autorités de protection irlandaises. Soit légèrement plus (3,5%) qu’en janvier 2025. Pas moins d’un quart de ces demandes émanaient de ressortissants somaliens. La Somalie promet ainsi de se maintenir en tête des nationalités qui demandent l’asile dans le pays. Avec 2 015 demandes en 2025, le pays représente au moins un demandeur sur six en Irlande. Les nationalités qui suivent sont le Nigeria (1 910) ; le Pakistan (1 665) ; l’Afghanistan (1 290) et la Géorgie (865).
    Depuis septembre 2025, le gouvernement encourage les retours volontaires vers les pays d’origine, en gonflant l’aide financière dédiée. Les personnes choisissant de rentrer volontairement avant ou après avoir reçu une décision de première instance sur leur demande de protection peuvent désormais recevoir 2 500 euros d’aide par personne, et jusqu’à 10 000 euros maximum par famille.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#irlande#asile#politiquemigratoire#sante#somalie#nigeria#pakistan#afghanistan#georgie

  • Les Etats-Unis suppriment le statut protégeant les immigrants somaliens ; les personnes concernées sommées de quitter le pays « avant le 17 mars »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/13/les-etats-unis-suppriment-le-statut-protegeant-les-immigrants-somaliens-les-

    Les Etats-Unis suppriment le statut protégeant les immigrants somaliens ; les personnes concernées sommées de quitter le pays « avant le 17 mars »
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement américain a annoncé mardi 13 janvier la suppression du statut protégeant les immigrants somaliens. Cette mesure est prise dans le cadre d’une vaste campagne contre cette communauté au cœur d’un scandale de fraude dans l’Etat du Minnesota, où la police fédérale de l’immigration intensifie ses opérations. « Les ressortissants somaliens bénéficiant d’un statut de protection temporaire sont désormais tenus de quitter les Etats-Unis avant le 17 mars », précisent les services fédéraux de l’immigration sur X. « Notre message est clair. Retournez dans votre pays ou nous vous y renverrons nous-mêmes », ajoute le ministère de la sécurité intérieure (DHS) sur le même réseau social.
    Près de 4 000 personnes sont concernées par la suppression de ce statut, selon les chiffres des services fédéraux de l’immigration. Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump s’est saisie d’une vaste affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la communauté somalienne du Minnesota – la plus importante du pays, avec environ 80 000 membres – pour s’en prendre à elle et durcir sa politique migratoire. Des opérations d’envergure de la police fédérale de l’immigration, l’ICE, sont menées dans cet Etat du Nord, particulièrement à Minneapolis, sa plus grande ville. Elles ont donné lieu à quelque 2 000 arrestations.
    Le 7 janvier, une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, a été abattue par un agent de l’ICE alors qu’elle participait à une action contre une de ces opérations. Donald Trump a immédiatement défendu la thèse de la légitime défense du policier. Une version fermement contestée, en particulier par l’opposition locale démocrate, vidéos à l’appui. Cette mort a déclenché d’importantes manifestations à travers le pays. Plusieurs procureurs fédéraux du Minnesota ont démissionné contre la volonté du ministère de la justice d’enquêter sur la veuve de Mme Good, rapportent plusieurs médias américains, mardi. L’État et la ville de Minneapolis ont, par ailleurs, annoncé, lundi, poursuivre en justice l’administration Trump pour ces opérations anti-immigration. L’Illinois, autre État démocrate ciblé, à Chicago notamment, a lancé une procédure similaire.
    En novembre, Donald Trump avait annoncé sur les réseaux sociaux « mettre fin » au statut de protection temporaire, accordé aux ressortissants de pays touchés par des conflits armés ou des catastrophes naturelles, dont bénéficiaient les Somaliens. « La situation en Somalie s’est améliorée », a argué la ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, dans un communiqué mardi, pour justifier cette décision. « Permettre aux ressortissants somaliens de rester temporairement aux Etats-Unis est contraire à nos intérêts nationaux », a-t-elle ajouté. Située dans la Corne de l’Afrique, la Somalie, ravagée par la guerre depuis près de trente-cinq ans, est régulièrement classée parmi les pays les moins avancés du monde par les Nations unies. Le département d’Etat américain enjoint de « ne pas voyager » dans ce pays en raison des risques de terrorisme, d’enlèvements et de crimes violents. Mardi, Donald Trump s’en est aussi pris, sur son réseau Truth Social, aux dirigeants démocrates du Minnesota qu’il accuse d’utiliser « les troubles que provoquent les anarchistes et les agitateurs professionnels » dans l’État pour « détourner l’attention » de l’affaire de détournement de fonds publics qui le touche. « N’AIE PAS PEUR, GRAND PEUPLE DU MINNESOTA, LE JOUR DU JUGEMENT ET DE LA VENGEANCE ARRIVE ! », a-t-il écrit.
    Cette affaire aux ramifications multiples, rendue publique dès 2022, a débouché sur l’inculpation de 98 personnes, « dont 85 d’origine somalienne, » a fait savoir la ministre de la justice, Pam Bondi, fin décembre. Dans le dossier principal, plus de 300 millions de dollars ont été détournés par des suspects qui ont obtenu des subventions pour distribuer à des enfants des repas gratuits, jamais servis dans la plupart des cas. A la fin du mois de décembre, plus de 60 personnes avaient été reconnues coupables. Des élus républicains et le procureur fédéral chargé du dossier soupçonnent les autorités locales d’avoir fermé les yeux sur de nombreuses alertes. Le gouverneur Tim Walz, colistier de Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024, rejette cette accusation

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#somalie#politiquemigratoire#visas#protection#retour#sante

  • Les Etats-Unis gèlent les procédures de visas d’immigrants pour les ressortissants de 75 pays
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/14/les-etats-unis-gelent-les-procedures-de-visas-pour-les-ressortissants-de-75-

    Les Etats-Unis gèlent les procédures de visas d’immigrants pour les ressortissants de 75 pays
    Le Monde avec AFP
    Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 14 janvier, le gel de toutes les procédures de visas destinés aux personnes qui envisagent d’y résider de manière permanente pour 75 pays, dans le cadre de la lutte contre l’immigration lancée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.« L’administration Trump met fin aux abus du système d’immigration américain par ceux qui cherchent à s’enrichir aux dépens du peuple américain », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’Etat. « Le traitement des visas d’immigrants provenant de ces 75 pays sera suspendu pendant que le département d’Etat réévalue les procédures d’immigration afin d’empêcher l’entrée de ressortissants étrangers qui pourraient bénéficier de l’aide sociale et des prestations publiques », a-t-il ajouté dans un courriel.
    Auparavant, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait repartagé sur le réseau social X un article publié sur le site internet de la chaîne Fox News. Selon cette dernière, la mesure s’applique aux visas d’immigration et concerne entre autres les demandes de ressortissants de Somalie, de Russie, d’Afghanistan, du Brésil, d’Iran, d’Irak, d’Egypte, du Nigeria, de Thaïlande et du Yémen. Le département d’Etat n’a pas immédiatement publié la liste complète des pays concernés. Le gel débutera le 21 janvier sans date de fin précise, a précisé un responsable américain sous le couvert de l’anonymat.
    Le président américain ne fait pas mystère de sa volonté de réduire l’immigration des personnes qui ne sont pas d’origine européenne. Il a qualifié les Somaliens de « déchets » qui devraient « retourner d’où ils viennent » et s’est dit ouvert à l’idée que des Scandinaves s’installent aux Etats-Unis. Le département d’Etat a déclaré lundi avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Donald Trump, un record en un an. Le mois dernier, le ministère de la sécurité intérieure a déclaré que l’administration Trump avait expulsé plus de 605 000 personnes et que 2,5 millions d’autres étaient parties de leur propre chef. Cette dernière mesure n’affecte pas les visas de tourisme ou d’affaires, ni donc les supporteurs désireux de se rendre à la Coupe du monde de football l’été prochain aux Etats-Unis, bien que l’administration Trump se soit engagée à vérifier l’historique des réseaux sociaux de tous les demandeurs.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#somalie#visas#politiquemigratoire#expulsion#immigration#sante

  • Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68949/plus-de-3-000-morts-sur-les-routes-migratoires-vers-lespagne-en-2025

    Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/12/2025
    Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un nombre de victimes moins élevé qu’en 2024, année record avec plus de 10 000 décès recensés. Cette baisse s’explique par les partenariats passés entre l’Espagne et les pays d’origine comme la Mauritanie pour intercepter les départs. Mais aussi par des changements de dynamiques : la route vers les Canaries est moins empruntée tandis que la route vers les Baléares est devenue plus dense et plus meurtrière en 2025.
    Huit personnes par jour ont perdu la vie, cette année, sur les routes maritimes vers l’Espagne. Le dernier rapport annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras décompte 3 090 exilés décédés du 1er janvier au 15 décembre 2025. Parmi les victimes recensées figurent 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Les mois de janvier et février ont été particulièrement marquants puisqu’à eux seuls, ils comptent pour près de la moitié des décès de l’année (1 434).
    Pour rappel, les chiffres de Caminando Fronteras se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent les décès et les disparitions. Pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    « L’approche arbitraire des opérations de sauvetage a entraîné des retards et de l’inaction, laissant couler des bateaux qui étaient manifestement en danger et causant des décès qui auraient pu être évités », épingle Caminando Fronteras dans son rapport. Plus généralement, l’ONG estime que « la principale cause de mortalité est l’influence des politiques de contrôle des migrations sur le recours aux opérations de recherche et de sauvetage ».

    A lire aussi
    Rétro 2025 : les grands événements qui ont marqué l’actualité migratoire

    En 2024, au moins 10 457 migrants sont morts ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Espagne, selon Caminando Fronteras. Il s’agissait alors du nombre le plus élevé enregistré par l’ONG depuis le début du recensement en 2007.
    Cette baisse du nombre de victimes entre 2024 et 2025 est à mettre en lien avec les données officielles qui font état d’une chute du nombre de traversées. Le ministère de l’Intérieur espagnol enregistre en effet une baisse de 40,4% du nombre de migrants entrés sur le territoire de façon irrégulière entre le 1er janvier et le 15 décembre par rapport à la même période l’an dernier, avec 35 935 arrivées au total (contre 60 311 en 2024).
    Ceci étant, cette baisse globale cache des dynamiques diverses en fonction des routes migratoires. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Cette baisse est à mettre en lien avec la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
    Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne.
    Conséquence de ces accords : les autorités mauritaniennes ont déclaré avoir intercepté plus de 30 000 migrants entre janvier et avril 2025. La zone de départ était stratégique puisqu’en 2024, parmi toutes les embarcations naufragées ou disparues recensées par Caminando Fronteras, 70% étaient parties de ce pays.
    Ces contrôles renforcés n’ont « toutefois pas entraîné le déplacement des migrants vers la route occidentale de la Méditerranée, car il s’agit de deux circuits migratoires complètement différents, dont les profils, les trajectoires et les dynamiques ne sont pas interchangeables et ne peuvent être interprétés comme se remplaçant l’un l’autre », souligne Caminando Fronteras.
    L’ONG prévient toute conclusion hâtive car, à l’inverse des Canaries, la route vers l’archipel des Baléares en Méditerranée est de plus en plus empruntée. Selon les autorités, plus de 7 200 migrants ont atteint les Baléares entre janvier et décembre 2025. Soit une augmentation de 27 % par rapport à 2024.Et cette hausse se traduit par un plus grand nombre de décès. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie cette année. Elles étaient moitié moins (517) en 2024.
    Là encore, l’ONG met en avant les problématiques de sauvetage : parmi le « grand nombre de corps échoués sur les côtes des îles Baléares tout au long de l’année 2025, beaucoup s’étaient noyés peu avant d’être rejetés sur la plage. »"Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière", racontait en octobre à Infomigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.La route algérienne vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG dans son rapport.
    Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise-t-elle.
    L’ONG confirme également l’émergence de nouvelles routes, comme celle de la Guinée, avec « un nombre croissant de départs depuis le port de Kamsar ». Son observatoire décompte 11 morts et disparus sur cette route en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#somalie#guinee#espagne#algerie#mauritanie#espagne#routemigratoire#migrationirreguliere#sante
    #mortalite

  • Reconnaissance du « Somaliland » par Israël : l’ONU affirme le respect de l’unité de la Somalie

    Le Conseil de sécurité s’est réuni lundi en urgence pour discuter de la reconnaissance récente par Israël du « Somaliland », région septentrionale de la Somalie, en tant qu’État indépendant et souverain, une décision vivement critiquée par de nombreux pays de la région.

    « Le Conseil de sécurité a affirmé à plusieurs reprises le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’indépendance politique et de l’unité de la Somalie, comme cela a été réaffirmé tout récemment dans la résolution 2809 (2025) du 23 décembre 2025 », a noté le Sous-Secrétaire général des Nations Unies pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique, Mohamed Khaled Khiari, dans un exposé devant les membres du Conseil.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/17/somalie-aggravation-de-la-crise-climatique-et-des-deplacements-de-population/#comment-71042

    #somalie

  • L’Ouganda, premier pays d’accueil des réfugiés en Afrique, commence à leur fermer la porte
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/12/09/l-ouganda-premier-pays-d-accueil-des-refugies-en-afrique-commence-a-leur-fer

    L’Ouganda, premier pays d’accueil des réfugiés en Afrique, commence à leur fermer la porte
    Par Mustapha Kessous et Noé Hochet-Bodin
    L’Ouganda, pays d’Afrique de l’Est longtemps présenté comme un modèle d’ouverture envers les migrants, serait-il en train de leur fermer la porte ? Le ministre chargé des réfugiés, Hilary Onek, a indiqué, le 26 novembre, que le gouvernement n’accorderait plus l’asile aux ressortissants des pays où « il n’y a pas de guerre ». Les Somaliens, les Ethiopiens et les Erythréens sont explicitement visés par cette annonce.
    Cette décision a surpris tant « cette nation est considérée comme exemplaire en matière d’accueil », rappelle Ritah Kabanyoro, directrice d’Action contre la faim en Ouganda. Avec 1,93 million de réfugiés, dont plus de la moitié de Sud-Soudanais, l’Ouganda, qui compte 50 millions d’habitants, est aujourd’hui la première terre d’asile du continent.
    Ils n’étaient qu’un peu plus de 500 000 exilés il y a dix ans. « Ici, les réfugiés ne se retrouvent pas dans des camps, mais dans des villages où ils ont accès aux services sociaux [santé, éducation], à un travail. Ils peuvent presque tout faire comme les Ougandais », pointe-t-elle. Mais ce modèle, l’un des plus progressistes du continent, commence à vaciller. Il est aujourd’hui fragilisé par l’effondrement de l’écosystème humanitaire depuis le démantèlement, en février, de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), principal bailleur de fonds de la solidarité mondiale.
    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Ouganda n’est actuellement financé qu’à 36 % de ses besoins pour 2025, n’ayant reçu que 128 millions de dollars (110 millions d’euros) sur les 361 millions de dollars nécessaires pour mener à bien ses missions, indique-t-il au Monde. « Cela fait environ dix ans que nous n’atteignons plus les objectifs de financement, note Mme Kabanyoro. Le reste doit être pris en charge par le gouvernement ougandais, qui n’a ni les ressources ni les moyens. Tous les services sociaux sont en difficulté. Environ 600 000 personnes ne reçoivent plus d’aide alimentaire. » La dissolution de l’Usaid combinée aux coupes budgétaires de pays européens comme le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne ont aggravé la situation.
    Comme ailleurs en Afrique, les ONG souffrent. Certaines ont fermé, d’autres ont réduit drastiquement leurs activités. « Nous essayons toutes de faire mieux avec moins, ce qui est impossible. Dans certaines zones, il n’y a plus aucun acteur pour assurer l’accès à l’eau et l’assainissement », déplore-t-elle. Au manque d’argent s’ajoute l’afflux constant de réfugiés : 150 000 de plus – venus notamment de la République démocratique du Congo – depuis début 2025.
    Dans ce contexte, l’annonce du ministre ougandais chargé des réfugiés a suscité l’inquiétude, d’autant que le HCR assure n’avoir reçu aucune notification officielle indiquant que l’Ouganda aurait cessé d’accorder le statut de réfugié aux Somaliens, Ethiopiens et Erythréens. L’agence onusienne explique au Monde que le gouvernement avait, en réalité, déjà émis des suspensions temporaires d’enregistrement aux citoyens de ces trois pays : la Somalie depuis mars 2023, l’Erythrée à partir de janvier et l’Ethiopie à compter d’août.« Il s’agit de suspensions temporaires de l’enregistrement et non d’un arrêt de l’asile ou du statut de réfugié, insiste-t-on du côté du HCR. Le Refugee Eligibility Committee [agence étatique chargée d’examiner les demandes d’asile] continue d’examiner les dossiers des Somaliens, Erythréens et Ethiopiens déjà enregistrés avant la suspension. »
    Alors pourquoi cibler ces trois nationalités, qui représentent seulement 125 000 personnes environ, soit 6,5 % des réfugiés ? « Ces restrictions ne sont pas directement liées aux contraintes financières. Il s’agit avant tout d’une mesure de sûreté », assure Kristof Titeca, professeur à l’université belge d’Anvers et chercheur associé à l’Institut Egmont de Bruxelles. D’après plusieurs sources, le gouvernement ougandais s’inquiète de plusieurs phénomènes : fraudes liées aux documents de voyage ou d’asile ; traite d’êtres humains ; présence de ressortissants étrangers auparavant enrôlés dans des forces armées. « Plusieurs Erythréens ont été impliqués dans des affaires de blanchiment et de fraude financière », avance l’universitaire. L’Ouganda, retiré de la liste grise du Groupe d’action financière, un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment, en février 2024, redoute que de nouveaux scandales menacent sa crédibilité économique à l’international.
    S’ajoute un contexte politique particulier : la présidentielle du 12 janvier 2026. Le sujet migratoire s’invite dans la campagne. « Les discours anti-immigration se multiplient et se répandent sur les réseaux sociaux, atteste M. Titeca. Depuis plusieurs années, le nombre de réfugiés et de membres des diasporas est-africaines a connu une croissance démographique rapide dans la capitale, alimentant petit à petit une forme de xénophobie. » Pour Mme Kabanyoro, l’hostilité ne vient pas tant de la population que de tensions au sein même des réfugiés. Elle évoque notamment une attaque – qui a eu lieu en juillet, dans un village au centre du pays – de Sud-Soudanais contre des Soudanais, accusés d’avoir reçu davantage d’aide alimentaire. L’attaque a fait plusieurs blessés et un mort.

    #Covid-19#migrant#migration#ouganda#asile#politiquemigratoire#sante#soudan#somalie#erythree#ethiopie#diasporas#refugie

  • Donald Trump s’en prend violemment à la Somalie, un « pays pourri », selon lui, et promet de durcir encore plus sa politique d’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/02/donald-trump-s-en-prend-violemment-a-la-somalie-un-pays-pourri-selon-lui-et-

    Donald Trump s’en prend violemment à la Somalie, un « pays pourri », selon lui, et promet de durcir encore plus sa politique d’immigration
    Le Monde avec AFP
    « Je n’en veux pas dans notre pays » : le président américain, Donald Trump, s’est lancé mardi 2 décembre dans une violente diatribe contre la Somalie, où il a affirmé que les migrants de ce pays d’Afrique ne devraient pas être les bienvenus aux Etats-Unis.Il s’exprimait au sujet d’un scandale dans l’Etat du Minnesota, où, selon la justice locale, plus de 1 milliard de dollars ont été versés à des services sociaux inexistants, principalement par le biais de fausses factures émises par des Américains d’origine somalienne.
    En Somalie, « ils n’ont rien, ils ne font que s’entre-tuer », a déclaré M. Trump lors d’une réunion de son gouvernement. « Leur pays ne vaut rien (…). Leur pays est pourri, et nous ne voulons pas d’eux chez nous », a-t-il ajouté.
    Le président américain dénigre régulièrement les minorités et a fait de la lutte contre l’immigration illégale son sujet de prédilection, en jouant sur les craintes de la majorité, blanche, de perdre son pouvoir politique et culturel. « Nous sommes à un point de bascule », a-t-il encore dit en assurant que les Etats-Unis feraient « le mauvais choix [s’ils] continu[ent] à accueillir des déchets ».Il a déclaré que les Américains d’origine somalienne « ne contribuent en rien », et s’en est pris en particulier à une élue démocrate du Minnesota, Ilhan Omar, originaire de Somalie et très critique du gouvernement américain. « Ilhan Omar est une ordure. Ses amis sont des ordures », a dit M. Trump. « Qu’ils retournent d’où ils viennent et qu’ils règlent leurs problèmes », a-t-il ajouté.
    La démocrate, régulièrement visée par le président américain, a ensuite répliqué sur X : « Son obsession pour moi est effrayante. J’espère qu’il va pouvoir recevoir l’aide [psychologique] dont il a désespérément besoin. » Le président américain a annoncé la semaine dernière son intention de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde », après l’attaque par un suspect afghan de deux membres de la garde nationale à Washington.
    Le gouvernement américain a déjà imposé en juin dernier des interdictions d’entrée aux Etats-Unis ou des restrictions de visas aux ressortissants de 19 pays, dont la Somalie. La ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a dit lundi soir sur X avoir recommandé au président, Donald Trump, « une interdiction d’entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales ». « Nous ne voulons pas d’eux, pas d’un seul d’entre eux », conclut-elle, sans préciser quels pays elle vise. Pays de la Corne de l’Afrique, dont 70 % de la population vit selon l’ONU dans une « pauvreté multidimensionnelle », la Somalie a sombré dans les années 1990 dans une guerre civile qui a conduit à l’effondrement de l’Etat.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#somalie#politiquemigratoire#visas#expulsion#sante#droit

  • Au Puntland, l’Etat islamique en Somalie profite du désespoir des migrants pour gonfler ses rangs
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/14/au-puntland-l-etat-islamique-en-somalie-profite-du-desespoir-des-migrants-po

    Au Puntland, l’Etat islamique en Somalie profite du désespoir des migrants pour gonfler ses rangs
    Par Marco Simoncelli (photos) et Maëlle Duhamel
    Chaque année, des dizaines de milliers d’Ethiopiens transitent par cette région autonome avant de traverser le golfe d’Aden. Epuisés par la route et sans ressources financières, une partie d’entre eux cèdent aux sirènes de l’organisation djihadiste.
    La botte d’un policier s’enfonce dans le sable blanc et aplatit un chapeau décoloré à moitié enseveli. De l’autre pied, il écrase un amas de bouteilles en plastique, d’où dépassent une lampe torche brisée et des chaussures usées. La plage de Mareero, à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville de Bossasso, est jonchée de vêtements, des téléphones cassés, des boîtes de thon vides. Ultimes signes de vie des milliers de candidats à l’exil qui, chaque année, embarquent ici sur des embarcations de fortune dans l’espoir de traverser le golfe d’Aden pour rejoindre le Yémen.
    Ce passage via le Puntland, région autonome du nord-est de la Somalie depuis 1998, est l’une des deux voies de la « route migratoire de l’Est », qui part de l’Ethiopie pour atteindre le Yémen. Si la plupart des migrants choisissent de transiter par Djibouti, situé à seulement 30 km des côtes yéménites, plus de 58 000 personnes parties d’Ethiopie ont opté pour un passage par la Somalie en 2024, soit 23 % de plus qu’en 2023, d’après un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’immense majorité de ces départs se font depuis les plages du Puntland, moins surveillées.
    C’est dans cette région aride et montagneuse que s’est également implanté l’Etat islamique en Somalie, en 2015, après qu’Abdul Qadir Mumin, ancien membre de la milice djihadiste des Chabab, a fait allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique (EI). Le groupe a investi la chaîne montagneuse de Cal Miskaat, qui présente de nombreux avantages : proche du golfe d’Aden, ce qui facilite les échanges avec le Moyen-Orient, elle est aussi délaissée par les Chabab, rivaux historiques de l’EI.
    Sur ce territoire aride et isolé, l’EI profite par ailleurs d’une « manne malléable et vulnérable à toutes formes d’exploitation » : les migrants en transit dans la région, affirme Tirsit Yetbarek, chercheuse indépendante basée au Somaliland. En quelques années, les effectifs de l’organisation n’ont cessé de grossir pour atteindre près de 1 000 combattants en 2024. L’EI en Somalie était alors « au plus fort de sa puissance depuis sa création », selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies.
    Parmi ces nouveaux membres figurent de nombreux Ethiopiens, d’après l’ONU. « Mais seule une petite partie d’entre eux rejoignent l’organisation par conviction, balaie Tirsit Yetbarek. A leur arrivée dans le Puntland, la plupart des exilés éthiopiens sont exténués et voient en l’EI une manière de se faire un peu d’argent pour quelques mois, avant de continuer leur route. » « L’EI promet aux migrants une meilleure situation matérielle et les appâte avec un salaire et de la nourriture en échange de petits travaux », abonde Omar Mahmood, expert auprès de l’International Crisis Group (ICG) : « Il y a bien sûr des cas où les migrants se radicalisent. Mais ce n’est pas leur motivation première quand ils rejoignent l’EI. »
    L’organisation attire les migrants dans ses filets depuis Bossasso. Dans cette ville, centre économique du Puntland où s’alignent les baraquements en tôles, les exilés s’arrêtent pour quelques mois, le temps de réunir l’argent nécessaire à la traversée en mer. D’après Abdirizale Abdulahi, l’un des responsables du Migration Response Center de Bossasso, géré en collaboration entre les autorités du Puntland et l’OIM, entre 2 000 et 3 000 migrants se répartissent dans quatre camps informels de la ville. « Plus de 95 % d’entre eux sont éthiopiens, surtout originaires de l’Oromia », ajoute-t-il. Cette région, la plus grande d’Ethiopie, est en proie depuis 2018 à un conflit entre les insurgés de l’Armée de libération oromo et l’armée fédérale.
    Quelques centaines d’entre eux « dorment aussi dans la rue », « sans ressources » et « à bout de forces après des mois sur la route », décrit Abdirahman Abdullahi Ali, le maire de Bossasso. « Mama Oromo », originaire de Somalie, accueille chaque jour des migrants éthiopiens dans son restaurant. « J’ai vu des jeunes arriver à bout de forces, dénutris, raconte-t-elle sur le pas de la porte. A cause de la fatigue, du manque d’eau et de nourriture, certains devenaient fous. J’ai vu des migrants se déshabiller dans la rue. » « Cette masse de jeunes vulnérables est une ressource très profitable pour l’EI », déplore Abdirahman Abdullahi Ali. Aden Muse, enquêteur au sein de la police criminelle de Bossasso, confirme : « L’EI attire ces personnes en leur disant qu’elles peuvent gagner de l’argent. Mais en réalité, elles finissent dans les montagnes, forcées de rejoindre le groupe. »
    Rabii Ahmed Ibroosha est arrivé à Bossasso il y a un an et demi. Originaire de l’est de l’Oromia, l’homme de 33 ans travaille depuis quelques mois dans une petite ferme à la périphérie de la ville. Son objectif : récolter la centaine de dollars nécessaires à la traversée et engranger quelques économies supplémentaires pour sa vie future. La nuit, il partage une petite cabane en bordure du champ avec d’autres ouvriers. Un quotidien « difficile » en attendant, un jour, de « construire quelque chose en Arabie saoudite ». Rabii Ahmed Ibroosha sait que l’EI enrôle des migrants dans sa situation. « Même si je me sens en sécurité ici, j’essaie d’être plus prudent », confie-t-il, visiblement gêné par la question.
    Pour Ahmed Abdi Muhammed, officier de police maritime du Puntland, l’EI profiterait aussi du business des traversées pour faire fructifier ses activités. D’après lui, même si « l’EI n’organise pas forcément les départs en mer, il utilise ces mêmes réseaux de contrebande pour déplacer des hommes et des armes ». « Ces dernières années, le groupe djihadiste a mis en place un véritable système de taxation auprès des commerçants et entreprises de la région pour récolter de l’argent, explique de son côté Omar Mahmood. Ce ne serait donc pas surprenant que ce système se déplace peu à peu vers le trafic de migrants et que l’EI participe indirectement à l’organisation des traversées pour mener à bien ses projets. »
    Si la menace d’un enrôlement au sein de l’EI plane sur les migrants à Bossasso, la dangerosité de la traversée du golfe d’Aden semble les effrayer bien davantage. Près de 350 migrants sont morts ou ont disparu le long de la route de l’Est entre janvier et juin, contre 310 durant la même période en 2024, d’après l’OIM. « J’ai peur de la mer, mais je pense quand même tenter un jour ou l’autre de traverser », assure Hamse Abdirahman, 21 ans. Originaire de la zone d’Arsi, en Oromia, il survit dans une cabane avec d’autres exilés. « Là-bas, au Yémen, je pourrai réaliser mon rêve : avoir un travail stable et manger deux repas par jour. »

    #Covid-19#migrant#migration#yemen#somalie#puntland#EI#ethiopien#crise#sante#santementale#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Somalie : aggravation de la crise climatique et des déplacements de population

    Alors que les violences dans le centre et le sud de la Somalie ont provoqué récemment le déplacement de plus de 100 000 personnes, les communautés continuent d’être aux prises avec des sécheresses incessantes, des inondations et des conflits, qui ont déplacé quelque 3,6 millions de personnes dans l’ensemble de ce pays de la Corne de l’Afrique.

    Près de la moitié de la population somalienne est touchée par des catastrophes liées au climat, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

    La Directrice générale adjointe de l’OIM, qui a achevé une mission de quatre jours en Somalie, tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la crise climatique et des déplacements dans la région.

    « La population somalienne subit certains des impacts les plus sévères de la crise climatique, qui provoque des déplacements internes, met à rude épreuve des villes déjà sous pression et alimente les tensions autour de ressources qui s’amenuisent », a déclaré dans un communiqué Ugochi Daniels. « Et ces populations portent ce fardeau alors qu’elles ne contribuent pratiquement pas aux émissions mondiales ».

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/17/somalie-aggravation-de-la-crise-climatique-et-

    #international #somalie

  • L’hébergement est « saturé depuis des mois » : à Mayotte, quelque 400 migrants africains vivent dans un camp - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64756/lhebergement-est-sature-depuis-des-mois--a-mayotte-quelque-400-migrant

    L’hébergement est "saturé depuis des mois" : à Mayotte, quelque 400 migrants africains vivent dans un camp
    Par Romain Philips Publié le : 23/05/2025 Dernière modification : 24/05/2025
    Depuis fin février, des centaines de migrants vivent dans un camp dissimulé dans la forêt près de Tsoundzou 2, à Mayotte. Ils sont "quelque 400 personnes", indique une source locale à InfoMigrants.
    Certains vivent dans des tentes fournies par des organisations humanitaires, d’autres sont abrités sous des cabanes faites de branches et de bâches. Les conditions de vie sont rudimentaires dans ce campement. "Il n’y a pas de toilettes, de médicaments ou de nourriture en quantité suffisante", raconte un exilé à Mayotte la 1ere.
    La sécurité est, elle aussi, préoccupante. Des tensions peuvent éclater à cause des conditions de vie et du manque de ressources. Les exilés sont aussi victimes de violences et rackets. Dans les camps à Mayotte, "les Africains ne dorment que d’un œil. La violence peut arriver à tout moment", racontait l’an dernier une exilée burundaise à InfoMigrants. Une enquête a par ailleurs été ouverte pour un viol commis dans le camp de Tsoundzou 2.
    Ici, la quasi-totalité des migrants présents sont originaires d’Afrique des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi) et d’Afrique de l’Est (Somalie). On retrouve notamment des primo-arrivants "n’ayant pas pu déposer de demande d’asile à cause du blocage de la préfecture" - le collectif des citoyens de Mayotte 2018 a bloqué pendant plusieurs semaines le bureau des étrangers de la préfecture de Mayotte, mouvement qui a pris fin lundi 19 mai.
    Dans le camp de Tsoundzou 2, on compte aussi des demandeurs d’asiles sans solution d’hébergement et des déboutés du droit d’asile, tout comme des personnes ayant obtenu le statut de réfugié mais "qui ne parviennent pas à quitter le territoire et qui restent dans des situations de précarité, parfois sans hébergement", ajoute cette source.
    Ces exilés sont ballottés de lieux de vie en lieux de vie depuis le passage du cyclone Chido. Fin décembre, les migrants avaient trouvé refuge dans les collèges de Kwalé et Bamana, transformés en centre d’hébergement d’urgence. Ils en ont été évacués en janvier pour permettre la rentrée scolaire. Ils avaient ensuite établi un premier camp à Tsoundzou, en face du centre d’hébergement de l’association Coallia. C’est suite à l’évacuation de ce dernier camp mi-février - qui avait permis la mise à l’abri d’une centaine de personnes - qu’ils ont pris place dans la forêt où ils se trouvent aujourd’hui. À l’époque, 180 personnes étaient présentes, selon l’arrêté d’expulsion de la préfecture.
    Cette situation met en lumière la saturation du secteur de l’hébergement. Sur l’île, tous les dispositifs, du 115 aux lieux pour demandeurs d’asile en passant par l’hébergement d’urgence, sont "saturés et suroccupés depuis de longs mois", faute de nouvelles places et de financements. Et le passage du cyclone Chido, le 14 décembre dernier, n’a fait qu’aggraver la situation en endommageant "30 à 40% du parc d’hébergement". Pour autant, la consigne est de "garder tout le monde à l’abri, dans des logements dont certains sont très dégradés", précise une source proche du dossier à InfoMigrants. "Et nous sommes sollicités pour ouvrir des places complémentaires, en lien notamment avec le camp de Tsoundzou", ajoute-t-elle, évoquant une "situation très tendue".
    De son côté, la préfecture de Mayotte pousse les murs. Elle a réquisitionné "du 24 février au 23 août 2025" le village relais de Coallia, un lieu d’hébergement et d’insertion où sont notamment logés des demandeurs d’asile et des réfugiés. Considérant "l’arrivée massive de demandeurs d’asile ou réfugiés" et le fait que "l’offre actuelle en place d’hébergement ne suffit pas", il est nécessaire "d’utiliser au-delà de leur capacité d’accueil réglementaire" les lieux existants, précise l’arrêté de réquisition publié le 12 mai.
    En déplacement sur l’île le 22 avril dernier, le président de la République avait évoqué une immigration qui a "changé", estimant qu’elle "s’est doublée d’une immigration qui vient du continent africain et qui accroit les difficultés". Selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour l’année 2024, plus de 2 500 demandes d’asile ont été déposées à Mayotte l’année dernière. Ce nombre "continue de baisser sensiblement" mais cela s’explique par les "fermetures contraintes des services préfectoraux qui ont affecté l’activité d’enregistrement des demandes d’asile" et pas forcément par la baisse du flux migratoire, précise l’Ofpra.
    D’après les chiffres de 2023 de Solidarité Mayotte, l’organisme en charge de l’asile sur l’île, "les ressortissants africains du continent représentent la majorité des demandes d’asile”. Et selon le rapport accompagnant le projet de loi de Refondation de Mayotte - actuellement en cours d’étude au Parlement - dans les centres de rétention, la présence d’exilés d’Afrique continentale "a presque quintuplé, passant de 151 en 2021 à 725 en 2023".
    L’immigration d’Afrique continentale reste toutefois extrêmement minoritaire par rapport à celle venant des Comores, dont le nombre exact est inconnu. Selon le rapport sénatorial, les Comoriens représentent 97% des placements en centre de rétention. Et d’après l’Insee, sur 321 000 habitants officiellement recensés en 2024, la moitié sont des étrangers, dont environ 50% sont en situation irrégulière.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#congo#rwanda#burundi#somalie#routemigratoire#migrationirreguliere#camp#santeOFPRA

  • La #Suède annonce allouer plus de 9 millions d’euros pour accélérer les #retours de migrants dans leur pays d’origine

    Dans un communiqué du 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) afin d’augmenter les retours des migrants présents dans le pays mais aussi dans l’Union européenne. Plus de 9 millions d’euros vont être alloués par la Suède à l’agence onusienne.

    Le sujet de l’immigration irrégulière occupe de nouveaux le devant de la scène en Suède. Mardi 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en lui allouant 9,2 millions d’euros pour accélérer les retours de migrants présents sur son territoire mais aussi au sein de l’Union européenne (UE).

    Cette #aide_financière doit contribuer à "lutter contre la migration irrégulière depuis l’#Irak, la #Somalie, l’#Ouzbékistan et la #Tunisie" renseigne le communiqué.

    Une autre partie de la somme servira à "renforcer les conditions de retour vers la #Syrie et lutter contre la traite des êtres humains en #Ukraine", précise le document. Le ministre des Migrations, #Johan_Forssell, a réaffirmé le soutien de Stockholm à l’Ukraine et a précisé que l’argent permettra également de "contrer et fournir de l’aide à ceux qui ont été victimes de la traite des êtres humains pendant l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie".

    Ces programmes d’"#aide_au_retour_volontaire" (#AVR) sont mis en place et soutenus par l’OIM dans plus de 100 pays. L’agence onusienne "ne facilite ni ne met en œuvre les expulsions (et) n’intervient qu’une fois qu’une personne a donné son #consentement_éclairé pour recevoir de l’aide", assure-t-elle dans un communiqué daté du 12 mai.

    Une myriade de mesures pour réduire l’immigration

    Cette nouvelle annonce n’est qu’une énième mesure du gouvernement, désireux de freiner l’immigration dans le pays. Depuis une dizaine d’années, les restrictions adoptées par les autorités suédoises à l’encontre des personnes exilées et étrangères sur le territoire scandinave sont de plus en plus sévères.

    Pour inciter les migrants à regagner leur pays d’origine, elles avaient annoncé le 12 septembre 2024 vouloir tripler le montant de l’aide au retour “volontaire”. Actuellement de 10 000 couronnes (environ 920 euros), celle-ci devrait grimper à 350 000 couronnes (30 000 euros) pour un adulte. Très critiquée, la mesure doit malgré tout entrer en vigueur en 2026. D’autres pays européens proposent également une #aide_financière_au_retour : de plus de 13 000 euros au #Danemark, d’environ 1 300 euros en #Norvège et jusqu’à 2 500 euros en #France.

    En avril dernier, les autorités avaient fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de "#conduite_honnête" aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour. Déjà, un projet de loi annoncé en janvier proposait de conditionner l’obtention de la #citoyenneté suédoise à une “#bonne_conduite”, une durée de séjour plus longue (huit ans contre cinq actuellement) et à la réussite d’un test de connaissances de la société et des #valeurs suédoises ainsi qu’un examen de #langue.

    Dans cette même logique de durcissement des conditions d’accès des étrangers pour obtenir des #titres_de_séjours, le gouvernement défendait en décembre dernier un projet pour limiter la possibilité des demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande, sans avoir auparavant quitté le pays.

    Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes #sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la "désobéissance civile".

    Souhaitant privilégier l’immigration d’une “main-d’œuvre étrangère qualifiée et hautement qualifiée” comme le déclarait l’ancienne ministre des Migrations en février 2024, Stockholm souhaite également relever le plafond de #salaire_minimum requis pour les travailleurs non-européens dans l’obtention d’un #visa_de_travail. Ils devront désormais prouver qu’ils gagnent plus de 34 200 couronnes (3 000 euros) contre 27 360 couronnes (2 400 euros) actuellement.

    La Suède ferme ses portes aux immigrés

    Réputée accueillante pour les demandeurs d’asile depuis les années 1990, la Suède a permis à un grand nombre de personnes en provenance de régions en proie à des conflits, notamment d’ex-Yougoslavie, de Syrie, d’Afghanistan, de Somalie, d’Iran et d’Irak, de vivre sur son territoire. En 2015, le pays connaît un afflux de #réfugiés_syriens fuyant le régime d’Assad. Sur cette seule année, la Suède a accueilli plus 160 000 demandeurs d’asile, soit le taux d’accueil le plus élevé par habitant dans l’Union européenne.

    Mais ces arrivées massives marquent aussi un tournant. Le gouvernement social-démocrate de l’époque déclare alors qu’il n’est plus en mesure de poursuivre sa "politique de la porte ouverte". Depuis, les gouvernements successifs s’emploient à freiner les arrivées de migrants dans le pays.

    L’arrivée au pouvoir en 2022 d’un bloc qui regroupe modérés, conservateurs et obtient le soutien du parti d’extrême droite anti-immigration, les Démocrates de Suède, opère un virage radical dans la politique migratoire suédoise. "Il est temps de faire passer la Suède d’abord", déclarait à cette période Jimmie Akesson, le leader des Démocrates de Suède.

    Devenue l’une des nations européennes les plus strictes en la matière, la Suède peine à intégrer un grand nombre des nouveaux arrivants. En 2024, le nombre de migrants ayant obtenu l’asile en Suède a atteint le niveau le plus bas depuis 40 ans. L’an dernier, un peu plus de 6 000 permis de séjour pour l’asile ont été accordés dans le pays scandinave.

    "Aujourd’hui, trois personnes sur quatre qui demandent l’asile en Suède ne sont pas considérées comme ayant des motifs suffisants pour obtenir un #permis_de_séjour. Elles ne sont donc pas des réfugiées et doivent rentrer chez elles", a déclaré le ministre Johan Forssell.

    La Suède a ainsi été l’un des premiers pays à annoncer la suspension des demandes d’asile pour les Syriens après la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64546/la-suede-annonce-allouer-plus-de-9-millions-deuros-pour-accelerer-les-
    #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #IOM #traite_d'êtres_humains #retours_volontaires #naturalisation #réfugiés_syriens

    ping @karine4 @reka

  • Réseau de trafic démantelé à Tambacounda : huit individus interpellés dans une tentative de migration illégale
    https://www.dakaractu.com/Reseau-de-trafic-demantele-a-Tambacounda-huit-individus-interpelles-dans-

    Réseau de trafic démantelé à Tambacounda : huit individus interpellés dans une tentative de migration illégale
    La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a frappé fort à Tambacounda, démantelant un réseau international de migration illégale. Huit individus ont été interpellés, accusés d’Association de malfaiteurs et de complicité de faux, dans le cadre d’une enquête qui a révélé des pratiques sordides liées à l’immigration clandestine.
    Tout a commencé avec l’arrestation de quatre ressortissants somaliens au poste frontalier de Gouloumbou, dans la région de Tambacounda. Ces derniers, munis de passeports ordinaires somaliens mais dépourvus de visas d’entrée pour le Sénégal, tentaient de franchir la frontière. Interrogés après leur arrestation, les quatre migrants ont révélé avoir été convoyés depuis la Somalie, traversant la Sierra Leone et la Guinée avant d’atteindre le Sénégal. Leur objectif ? Rejoindre Dakar, où un membre du réseau les attendait pour les aider à poursuivre leur voyage vers l’Europe.
    L’enquête s’est intensifiée, et la Police a interpellé quatre autres suspects entre Manda Douane et la gare routière de Pikine « Les Baux Maraichers », tous liés à ce trafic international de migrants. Ces arrestations ont mis en lumière l’étendue du réseau, qui orchestrerait des trajets transnationaux dans le but d’aider des migrants à contourner les règles et à accéder illégalement à l’Europe.
    À la fin de l’enquête, les huit individus ont été conduits devant le Procureur de la République financier près le Tribunal Hors Classe de Grande Instance de Dakar.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#frontiere#migrationirreguliere#tambacounda#pikine#somalie#guinee#sierraleone#routemigratoire#sante

  • En Méditerranée, plus de 100 migrants secourus au large de la Libye - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/62187/en-mediterranee-plus-de-100-migrants-secourus-au-large-de-la-libye

    En Méditerranée, plus de 100 migrants secourus au large de la Libye
    Par La rédaction Publié le : 13/01/2025
    L’ONG SOS méditerranée a annoncé vendredi avoir porté secours à 101 personnes qui se trouvaient sur une embarcation en bois au large des côtes libyennes. Les rescapés, principalement originaires de Somalie, de Syrie, d’Érythrée et d’Égypte, font route avec l’équipage vers le port italien de Tarente.
    C’est le premier sauvetage de l’année 2025 pour SOS Méditerranée. L’ONG qui affrète le navire ambulance Ocean Viking a indiqué, vendredi 10 janvier, avoir secouru 101 personnes, dont 29 femmes et sept enfants dans un canot en bois qui se trouvait en difficultés au large des côtes libyennes. « L’embarcation en détresse a été repérée aux jumelles, dans les eaux internationales de la région de recherche et de sauvetage libyenne », a indiqué SOS Méditerranée.
    Les rescapés, principalement originaires de Somalie, de Syrie, d’Érythrée et d’Égypte, ont ensuite été pris en charge par les équipes de SOS Méditerranée et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge.L’Ocean Viking fait désormais route vers Tarente, le port de débarquement qui lui a été assigné par les autorités italiennes. Une nouvelle destination, alors que le port de Ravenne avait été désigné dans un premier temps. L’équipage dénonce cette décision qui l’oblige à faire plusieurs jours de navigation supplémentaire sur une mer très agitée, avec des vagues pouvant atteindre jusqu’à quatre mètres.
    « Nous demandons ainsi aux autorités italiennes de désigner un port plus proche », a fustigé l’ONG. « Nous rappelons que selon le droit maritime international, les personnes rescapées doivent être débarquées ‘dans un délai raisonnable’. Pourtant, depuis plus de deux ans, la politique des ports éloignés retarde délibérément les sauvetages et met les personnes en danger. Ces décisions cyniques coûtent des vies », a-t-elle accusé.
    En Méditerranée, le début du week-end a également été marqué par l’arrivée, vendredi, à Catane, des 67 personnes qui avaient secourues la veille par le Louise Michel. Parmi elles, se trouvait notamment une femme enceinte de huit mois. L’embarcation en bois sur laquelle se trouvaient les exilés avait été remarquée en mer par l’avion Seabird, de l’association Sea-Watch. Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 31 personnes qui tentaient de rejoindre l’Europe ont déjà disparu ou sont décédées en mer Méditerranée depuis le début de l’année. En 2024, elles étaient 2 301, dont l’immense majorité en Méditerranée centrale, qui reste l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde.
    Une très grande partie des bateaux qui quittent les côtes libyennes sont interceptés par les gardes-côtes et ramenés en Libye. En 2024, les forces maritimes libyennes ont arrêté 21 700 exilés en mer Méditerranée. Le chiffre dépasse le bilan annuel de 2023 (17 000 personnes interceptées) mais reste inférieur à celui de 2022 (24 600 personnes interceptées). Ramenés en Libye, les exilés sont emprisonnés et soumis à des traitements inhumains, généralement dans le but d’obtenir une rançon de leurs familles en échange de leur libération

    #Covid-19#migrant#migration#italie#mediterranee#routemigratoire#migrationirreguliere#OIM#libye#humanitaire#somalie#syrie#erythree#egypte#sante

  • La Suède souhaite durcir les règles concernant les dépôts de demandes d’asile - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/61794/la-suede-souhaite-durcir-les-regles-concernant-les-depots-de-demandes-

    La Suède souhaite durcir les règles concernant les dépôts de demandes d’asile
    Par La rédaction Publié le : 18/12/2024
    Le gouvernement suédois a annoncé mardi un projet de loi qui limiterait la possibilité pour les demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande. Ils ne pourront pas redemander une protection internationale sans avoir quitté le pays auparavant. Élu grâce au soutien de l’extrême droite, le gouvernement suédois a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité.
    C’est un nouveau tour de vis concernant la politique migratoire en Suède. Le gouvernement suédois a annoncé mardi un projet de loi qui limiterait la possibilité pour les demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande sans avoir quitté le pays, souhaitant ainsi lutter contre la « clandestinité ».
    Plus de sept demandes d’asile sur dix sont rejetées, mais un « nombre considérable » de personnes restent pourtant sur le territoire, a déclaré Johan Forssell, ministre de la politique de migration et d’asile, lors d’une conférence de presse.Pour y remédier, la nouvelle législation propose que ces décisions restent valables pendant cinq ans à compter du départ de la personne du pays.
    Le texte prévoit aussi d’empêcher les demandeurs déboutés de solliciter un permis de séjour pour travail tout en restant en Suède.
    Cette réforme doit encore être validée par le Parlement, mais le gouvernement souhaite une entrée en vigueur dès avril prochain.
    Le gouvernement de centre-droit - une coalition minoritaire soutenue par les Démocrates de Suède, un parti anti-immigration - est arrivé au pouvoir en 2022 avec comme promesse de lutter contre l’immigration.
    En vertu de la législation actuelle, une demande d’asile rejetée et une décision d’expulsion deviennent caduques au bout de quatre ans après leur entrée en vigueur, que la personne ait quitté le pays ou non. Si la demande est rejetée, « vous devez quitter le pays », a lancé Johan Forssell, ajoutant que le système actuel permet aux demandeurs d’asile déboutés de faire réexaminer leur dossier,
    Une règle qui encourage certains à « entrer dans la clandestinité » pendant quatre ans avant de déposer une nouvelle demande sans avoir quitté la Suède, a-t-il déploré.
    Selon le gouvernement, environ 25 % des demandes d’asile déposées en 2023 provenaient de personnes dont les refus précédents avaient atteint ce délai de prescription.La Suède a accueilli un grand nombre de personnes souhaitant immigrer sur son sol depuis les années 1990, principalement en provenance de régions en proie à des conflits, notamment d’ex-Yougoslavie, de Syrie, d’Afghanistan, de Somalie, d’Iran et d’Irak.En 2015, pendant la crise des migrants en Europe, la Suède a accueilli 160 000 demandeurs d’asile, dont beaucoup de Syriens, soit le taux d’accueil le plus élevé par habitant dans l’Union européenne. Le pays cherche aujourd’hui à pousser un maximum de personnes d’origine étrangère à quitter le pays. La coalition de droite au pouvoir a notamment proposé en septembre d’augmenter le montant de l’aide au retour volontaire des migrants dans leur pays d’origine. Le gouvernement souhaite le faire passer à 30 000 euros par personne. Plus récemment, la Suède s’est jointe à plusieurs autres pays européens pour annoncer, quelques heures seulement après la chute de Bachar al-Assad en Syrie, la suspension des demandes d’asile pour les Syriens.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#asile#politiquemigratoire#sante#syrie#afghanistan#somalie#iran#irak#retour

  • L’#Allemagne conclut un #accord_migratoire avec la #Somalie

    L’Allemagne multiplie les accords avec des pays d’origine de migrants pour accélérer les #expulsions. Ces coopérations s’inscrivent toutefois dans un rapport de force inégal.

    Lors de leur rencontre à Berlin début novembre, le chancelier allemand Olaf Scholz et le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud se sont entendus pour augmenter le nombre de retours vers la Somalie de ressortissants somaliens n’ayant pas le droit de rester en Allemagne.

    Les deux dirigeants ont néanmoins semblé avoir des points de vue différents sur la question de savoir si l’accord implique des expulsions forcées.

    Selon Olaf Scholz, « seul un petit nombre (de Somaliens) n’est pas autorisé à rester (en Allemagne), mais il faut que la règle qui prévoit leur #rapatriement s’applique à eux ».

    Voilà qui ne semble pas être l’interprétation du côté somalien. D’après une déclaration attribuée à Hassan Sheikh Mohamoud, les #renvois s’appliqueraient uniquement à ceux et celles qui souhaitent retourner en Somalie de leur plein gré.

    Le porte-parole du gouvernement somalien a déclaré sur le réseau social X : « Il n’y a pas lieu de procéder à des rapatriements forcés. Mais pour les personnes qui, en vertu de la loi, n’ont plus droit à l’asile, ont épuisé toutes leurs options et souhaitent rentrer volontairement, nos portes sont toujours ouvertes. »

    Cette cacophonie illustre les problèmes auxquels son confrontés les pays africains lorsqu’ils négocient des accords de rapatriement avec des gouvernements de l’Union européenne (UE).

    #Aides_financières contre rapatriements

    En échange d’un soutien financier continu, l’Europe exige de plus en plus que les pays d’Afrique réduisent les départs de migrants et acceptent de reprendre leurs ressortissants.

    La Somalie, marquée par des conflits et un instabilité chronique, dépend fortement de l’UE et de l’Allemagne pour l’aide et les fonds de développement.

    Selon Judith Altrogge, chercheuse à l’université allemande d’Osnabrück, la coopération en matière de rapatriement représente l’un des meilleurs moyens de pression pour les pays européens.

    Dans le même temps, des dirigeants comme Hassan Sheikh Mohamoud prennent le risque d’une mesure très impopulaire, si les accords de #coopération n’aboutissent pas à des résultats pour leur propre population.

    « Il y a de bonnes raisons d’être très dubitatif quant à la capacité de la Somalie à prendre en charge (les rapatriés) aujourd’hui ou dans un avenir proche », estime Judith Altrogge.

    Elle rappelle que « la Somalie est confrontée à de graves difficultés pour assurer la sécurité sociale et économique de ses citoyens, même sans les problèmes supplémentaires que posent les migrants expulsés ».

    Judith Altrogge s’est notamment penchée sur l’accord migratoire passé entre l’Union européenne et la Gambie en 2017, après la chute du dictateur Yahya Jammeh. Cette coopération s’est retournée contre le gouvernement de transition gambien lorsque la population a reproché à ses dirigeants de ne pas avoir répondu aux besoins des personnes vulnérables expulsées.

    « À leurs yeux, l’engagement du gouvernement adhérait davantage aux intérêts du pays de destination (des migrants gambiens) qu’à ceux de leurs propres citoyens ».

    L’opposition publique en Gambie a poussé le gouvernement à geler toute nouvelle expulsion en provenance des pays de l’UE. Cette interdiction n’a toutefois pas duré longtemps. Tout comme la Somalie, l’UE est le premier partenaire de la Gambie en matière de d’aide développement.

    Les expulsions n’augmentent pas pour autant

    L’accord entre l’Allemagne et la Somalie fait suite à des accords similaires conclus avec le Kenya, le Maroc et la Géorgie. Dans tous ces cas, le nombre de personnes à rapatrier est pourtant relativement faible.

    Les intérêts pour les pays d’origine peuvent varier. Pour le Kenya, l’accord prévoit en parallèle le développement de voies de migration légales vers l’Allemagne. Pour le Maroc, Rabat vise une plus grande influence diplomatique et l’accès à des fonds d’aide.

    Officiellement, le gouvernement allemand vante des accords capables d’accélérer les expulsions. Pourtant, dans la plupart des cas, à l’exception de la Gambie, ces coopérations n’ont pas permis d’augmenter le nombre de personnes renvoyées, explique Judith Altrogge.

    Elle estime que l’accord avec la Somalie, qui n’est pas contraignant, doit être considéré comme un point de départ pour d’autres négociations, non seulement entre la Somalie et l’Allemagne, mais aussi entre le gouvernement et la société civile somalienne pour créer un climat de confiance.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/61296/lallemagne-conclut-un-accord-migratoire-avec-la-somalie
    #migrations #réfugiés #asile #aide_au_développement #développement #conditionnalité_de_l'aide #conditionnalité

  • La memoria rimossa. « Il Massacro di Addis Abeba »

    Il graphic novel racconta la strage che seguì al fallito attentato al governatore e viceré d’Etiopia #Rodolfo_Graziani, avvenuto ad Addis Abeba il 19 febbraio 1937. La feroce rappresaglia, che costò la vita a migliaia di etiopi, è una prova incontestabile del nostro comportamento coloniale utile a smontare il mito degli “#Italiani_Brava_Gente”.

    Destinato al pubblico più vasto, il lavoro di Giacopetti è pensato come strumento utile ad affrontare la storia coloniale anche nelle scuole, per questo include un agile glossario di termini, locuzioni e acronimi che arricchiscono la lettura.

    https://www.meltingpot.org/2024/03/la-memoria-rimossa-il-massacro-di-addis-abeba

    Pour télécharger la BD :
    https://resistenzeincirenaicacom.files.wordpress.com/2024/02/a5_il_massacro_di_addis_abeba_fumetto_federazione_delle_resistenze.pdf

    #bande_dessinée #BD #livre #massacre #Addis_Abeba #Italie #Italie_coloniale #colonialisme #mémoire #19_février_1937 #Ethiopie #colonialisme #histoire #Regno_d'Italia #impérialisme #colonialisme #Rubattino #baia_d'Assab #Ethiopie #Abyssinie #Adua #Regio_Esercito #Somalie #Pietro_Badoglio #Rodolfo_Graziani #passé_colonial #5_octobre_1935 #Italiani_brava_gente #fascisme #un_posto_al_sole #armes_chimiques #Empire #Benito_Mussolini #résistance #Arbegnuoc #Addis_Abeba #massacro_di_Addis_Abeba #Yekatit_12 #Guido_Cortese #vengeance #violence #bombardement #saccage #feu #incendie #représailles

    –-

    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

  • Espagne : plus de 600 demandeurs d’asile s’entassent dans un terminal de l’aéroport de Madrid - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/54870/espagne--plus-de-600-demandeurs-dasile-sentassent-dans-un-terminal-de-

    Actualités Espagne : plus de 600 demandeurs d’asile s’entassent dans un terminal de l’aéroport de Madrid
    Par Marlène Panara Publié le : 30/01/2024 Dernière modification : 31/01/2024
    Plus de 600 exilés, marocains et sénégalais notamment, patientent actuellement dans l’aéroport de la capitale espagnole « dans des conditions insalubres ». Ces migrants, passagers de vols à destination de l’Amérique du Sud, ont demandé l’asile lors de leur escale à Madrid.
    La crise s’enlise à l’aéroport Barajas de Madrid. Près de 600 demandeurs d’asile s’entassent actuellement dans le terminal T4, qui accueille les passagers en transit en Espagne. Dimanche, 200 personnes supplémentaires, réparties dans quatre vols en provenance de Casablanca au Maroc, ont rejoint 400 autres migrants en attente du traitement de leur demande d’asile.
    Ce mardi 30 janvier, une salle d’accueil supplémentaire de 500m2 a été ouverte dans le terminal 1 pour faire face à ces nouvelles arrivées. Elle pourra accueillir jusqu’à 162 personnes, affirme RTVC.
    Ces deux dernières semaines, quatre salles d’accueils avaient déjà été ouvertes pour accueillir les demandeurs d’asile. Mais face aux arrivées presque quotidiennes, ces pièces d’attente, d’une capacité de 60 à 70 personnes, sont désormais saturées. « La surpopulation et les conditions insalubres ont atteint des points critiques, provoquant des infestations de punaises de lit, une accumulation d’ordures et une pénurie de serviettes pour l’hygiène personnelle », avait prévenu la semaine dernière l’ONG Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) dans un communiqué.
    Certains exilés patientent donc désormais dans les couloirs de service du terminal et dorment sur des cartons. « Tous sont visibles du reste des voyageurs », puisqu’ils patientent « dans la zone de récupération des bagages », précise El Mundo. « Une image inhumaine et tout à fait regrettable », déplorent des voyageurs interviewés par le journal. D’autres migrants se sont installés ailleurs à l’aéroport, « pour échapper à la foule et à l’accumulation d’ordures concentrées dans les salles d’attente ». La situation a d’ailleurs poussé la Croix-Rouge, en charge jusqu’ici de l’accueil des demandeurs d’asile, à stopper ses activités dans le terminal. La promiscuité et les mauvaises conditions d’attente attisent aussi les tensions. D’après El Mundo, la police, « complètement débordée », a déjà dû intervenir dans plusieurs litiges entre les exilés.
    Depuis le 1er janvier, les autorités ont ordonné 108 expulsions depuis l’aéroport. Et selon le ministère de l’Intérieur, 864 demandes d’asile ont déjà été traitées par les responsables de la police et de l’Office d’Asile et Refuge (OAR). Depuis quelques mois, de nombreux exilés en provenance du Sénégal, du Maroc de la Somalie, du Venezuela et de la Colombie demandent l’asile à leur arrivée à Madrid, escale de leur vol à destination de la Bolivie, du Brésil ou du Salvador. Cette voie concerne aussi les jeunes migrants. Entre le 1er et le 17 janvier 2024, 188 mineurs isolés ont débarqué au terminal de Madrid pour rester dans le pays, via un vol à destination de l’Amérique latine.
    Pour freiner ces arrivées, l’Espagne a rendu obligatoire la semaine dernière un visa de transit aéroportuaire (TAP) pour les ressortissants sénégalais en escale dans les aéroports espagnols. Cette décision, déjà en vigueur pour les citoyens kényans, prendra effet le 19 février. Aucune mesure n’a encore été prise en revanche à l’encontre des voyageurs marocains. Mais la situation pourrait évoluer ce mardi 30 janvier, à l’issue de la rencontre prévue entre le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska et le nouvel ambassadeur espagnol au Maroc, Enrique Ojeda.,Celle-ci intervient après des échanges entre les deux entités la semaine dernière, visant à la plus grande vigilance quant aux voyageurs qui prendraient un vol depuis Casablanca à bord de la compagnie nationale Royal Air Maroc. Le 20 janvier, Fernando Grande-Marlaska, en visite à Rabat, a par ailleurs assuré « travailler pour éviter […] une utilisation frauduleuse lors des escales aériennes » de ces « avions pateras », du nom donné aux embarcations de fortune qui débarquent en Espagne par la mer.
    La très grande majorité des migrants atteignent l’Espagne après avoir traversé l’océan Atlantique ou la mer Méditerranée. En 2023, plus de 55 000 migrants sont arrivés dans le pays par la mer, sur un total de 57 000. Environ 37 000 d’entre eux emprunté la route migratoire des Canaries. Cette année-là aussi, plus de 163 000 demandes d’asile ont été enregistrées en Espagne, un record. Ces chiffres placent d’ailleurs Madrid au troisième rang des pays de l’Union européenne recevant le plus de demandes d’asile. D’après le ministère de l’Intérieur, plus de trois quarts de ces demandes ont été effectuées par des ressortissants latino-américains.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#senegal#visas#asile#canaries#routemigratoire#venezuela#bolivie#bresil#somalie#sansalvador#sante

  • A Mayotte, un camp de migrants africains cristallise toutes les colères de l’île
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/01/23/a-mayotte-un-camp-de-migrants-africains-cristallise-toutes-les-coleres-de-l-

    A Mayotte, un camp de migrants africains cristallise toutes les colères de l’île
    A Mamoudzou, des collectifs d’habitants demandent le démantèlement d’un camp informel d’environ 500 personnes originaires de la région des Grands Lacs et de Somalie.
    Par Jérôme Talpin (Saint-Denis, La Réunion, correspondant régional)
    A l’appel de plusieurs collectifs, près de 400 personnes ont manifesté sous la pluie, dimanche 21 janvier, dans le stade de Cavani, à Mayotte, pour exiger le démantèlement d’un camp d’environ 500 migrants. Séparés des protestataires par le grillage de l’enceinte sportive, les migrants originaires de la région des Grands Lacs et de Somalie, dont la moitié sont bénéficiaires de la protection internationale ou demandeurs d’asile, ont répondu en brandissant des drapeaux français et des morceaux de tissu blanc avec pour message : « Nous disons non à la xénophobie à Mayotte » ou encore « Halte au harcèlement des Africains réfugiés à Mayotte ».
    Depuis fin décembre et le rejet par le tribunal administratif d’une demande d’expulsion en urgence, la tension est vive dans ce quartier du sud de Mamoudzou. Soutenus par plusieurs collectifs de citoyens mahorais, les riverains protestent contre l’impossibilité d’utiliser les infrastructures sportives et désignent les étrangers comme les responsables de vols, d’agressions et de trafic de drogue.
    « Il existe ici une très forte stigmatisation contre eux et des violences quasi quotidiennes », observe Charline Ferrand-Pinet, directrice de Solidarité Mayotte, une association d’aide aux demandeurs d’asile dans ce département français. Des heurts ont éclaté, des véhicules ont été incendiés, des violences ont été commises contre les forces de l’ordre de la part de bandes de délinquants qui cherchent à en découdre avec les migrants.
    « Il y a la question de l’insécurité, mais ce camp pose de graves problèmes d’hygiène publique, dénonce Safina Soula, à la tête du Collectif des citoyens de Mayotte 2018. Les gens du quartier n’en peuvent plus. Mayotte est une petite île, on ne peut pas accueillir la misère de l’océan Indien [principalement des Comores et de Madagascar] et maintenant celle de l’Afrique continentale. »
    Faute de places dans les hébergements d’urgence de l’île, les migrants ont commencé, mi-mai 2023, à s’installer sur un terrain en pente surplombant la piste d’athlétisme du stade. Le nombre d’abris de fortune faits de bois, de bambous recouverts de bâches bleues, de nattes et de pagnes retenus par des cordes n’a jamais cessé de grandir. Venus de République démocratique du Congo (RDC), du Burundi, du Rwanda et de plus en plus fréquemment de Somalie, des hommes seuls ou des familles se lavent dans une canalisation à ciel ouvert qui traverse le terrain et puisent de l’eau dans une source voisine.
    Tous ont rejoint Mayotte par kwassa-kwassa, ces barques à fond plat, en partant des côtes tanzaniennes et en passant par les Comores. Un périlleux voyage que des réseaux de passeurs monnayent plusieurs centaines d’euros. Des migrants somaliens ont également fait état d’une traversée directe en bateau depuis leur pays, avant un transbordement au large des Comores.
    Dimanche 14 janvier, des habitantes du quartier ont tenté d’empêcher un groupe d’une soixantaine de Somaliens, qui venaient d’arriver, d’entrer dans le stade. « La population est très remontée et la situation est quasi insurrectionnelle, alerte la députée Estelle Youssouffa (groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires). Après celle venue des Comores, une nouvelle route migratoire s’est mise en place. Ce n’est pas possible. »
    Dans ce département le plus pauvre de France (77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté) et épuisé par la crise de l’eau et l’insécurité, la population (310 000 personnes, dont la moitié ont moins de 18 ans) croît de 3,8 %, avec sept naissances sur dix de mère comorienne. En avril, les autorités françaises ont lancé l’opération « Wuambushu » contre l’habitat illégal insalubre, l’insécurité et l’immigration clandestine, lors de laquelle des centaines de Comoriens ont été renvoyés de force sur leur archipel.
    « Mayotte ne sera pas le Lampedusa de l’océan Indien, ni la place Stalingrad de Paris ! », a écrit le 16 janvier le député Mansour Kamardine (Les Républicains) à Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur et des outre-mer : « Je demande le déguerpissement sans délai des squatteurs, l’expulsion immédiate dans leur pays d’origine ou les pays de transit des déboutés du droit d’asile. »
    En déplacement à La Réunion pour constater les dégâts du cyclone Belal, M. Darmanin a indiqué, le lendemain, avoir « donné instruction au préfet [de Mayotte] de démanteler ce camp ». « Il n’y a pas de faillite de l’Etat », a-t-il assuré. Le numéro 3 du gouvernement de Gabriel Attal a également annoncé que « 40 personnes ayant obtenu le droit d’asile seront rapatriées dans l’Hexagone ».« Il est temps que le gouvernement agisse », tonne la députée Estelle Youssouffa, rappelant que l’ancien ministre délégué chargé des outre-mer, Philippe Vigier, a visité le camp le 2 novembre lors de son dernier déplacement à Mayotte. « On se moque de nous, s’exaspère Mansour Kamardine. Je ne peux pas imaginer que la France n’ait pas les moyens de lutter contre ces réseaux de trafiquants. Les Mahorais ont l’impression d’être dépossédés de la terre de leurs ancêtres. »
    Pour « faire réagir les élus locaux », plusieurs collectifs de citoyens ont cadenassé les services de quasiment toutes les mairies de l’île, du Conseil départemental de Mayotte, propriétaire du stade, et de plusieurs services de la préfecture.« Il faut pourtant qu’on travaille », réagit le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla. Avec ses agents communaux, il a lui-même commencé un sit-in quotidien, le 6 décembre, face au stade pour s’opposer à ce camp et à d’éventuelles autres installations. « Cette situation n’est pas acceptable, observe l’élu. L’Etat doit assumer. Il n’est pas possible d’accorder une protection à ces personnes et de les laisser dans cette situation d’insalubrité, sous le soleil ou sous la pluie. »Joint par téléphone, Amani (son prénom a été changé), un demandeur d’asile congolais de 29 ans, considère que « [s]a vie est en danger à Mayotte ». « Il y a des attaques tous les soirs contre les réfugiés, témoigne le jeune homme, qui a fui la guerre dans son pays. Il y a beaucoup de racisme ici. Les Mahorais ne veulent pas des Africains. Quand je monte dans un taxi collectif, on me dit : descend. »
    Comme tous les demandeurs d’asile, Amani a droit à une aide en bons alimentaires de 30 euros par mois. La plupart des réfugiés peinent à trouver un emploi, même non déclaré. Certains ressortissants somaliens songent à rentrer dans leur pays. « J’ai reçu un coup de fil d’un jeune me demandant comment joindre l’ambassade de son pays à Paris », témoigne Kitsuné, une dessinatrice réunionnaise qui s’est rendue dans le camp en août 2023.
    « Tout se passe comme si ces migrants fournissaient une explication à tous les maux de l’île », estime Charline Ferrand-Pinet. L’annonce du démantèlement du camp pose la question du relogement des migrants. « Les plus vulnérables devront être accueillis dans des hébergements d’urgence, qui sont limités dans l’île, souligne la directrice de Solidarité Mayotte. Les candidats au retour dans leur pays ne seront sans doute pas les plus nombreux. Il y a toutes les chances que ces migrants aillent s’installer ailleurs. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#hebergement#camp#migrationirreuguliere#afrique#somalie#violence#xenophobie#violence

  • EU mulls more police powers for west Africa missions

    The EU wants to further prop up anti-terror efforts at its overseas civilian missions in places like #Niger.

    Although such missions already seek to counter terrorism, the latest proposal (framed as a “mini-concept” by the EU’s foreign policy branch, the #European_External_Action_Service, #EEAS), entails giving them so-called “semi-executive functions.”

    Such functions includes direct support to the authorities by helping them carry out investigations, as well as aiding dedicated units to prosecute and detain suspected terrorist offenders.

    The concept paper, drafted over the summer, points towards a European Union that is willing to work hand-in-glove with corrupt and rights-abusing governments when it comes to issues dealing security and migration.

    This includes getting EU missions to seal cooperation deals between EU member state intelligence and security services with the host governments.

    And although the paper highlights the importances of human rights and gender equality, the terms are couched in policy language that clearly aims to boost policing in the countries.

    From helping them develop systems to collect biometric data to preserving and sharing “evidence derived from the battlefield”, the 14-page paper specifically cites the EU missions in Niger, Mali, Somalia, Libya, Iraq and Kosovo as prime examples.

    In Niger, the EU recently handed its mission a €72m budget and extended its mandate until September 2024.

    That budget includes training staff to drive armoured vehicles and piloting drones.

    Another EU internal document on Niger, also from over the summer, describes its mission there as “the main actor in the coordination of international support to Niger in the field of security.”

    It says Niger’s capacity to fight terrorism, organised crime and irregular migration has improved as a direct result of the mission’s intervention.

    The country was given €380m in EU funding spread over 2014 to 2020.

    In Mali, the EU mission there already supports the country’s dedicated units to intervene and investigate terror-related cases.

    But it had also temporarily suspended in April the operational training of formed units of the Malian armed forces and National Guard.
    Clash with Wagner in Mali

    The suspension followed reports that EU security trained forces in Mali were being co-opted by the Kremlin-linked Russian mercenary group Wagner, which was also operating in the Central African Republic.

    Mali has since withdrawn from the G5 Sahel, an anti-jihad grouping of countries in the region currently composed of Niger, Burkina, Mauritania, and Chad.

    And an internal EU paper from May posed the question of whether Malian authorities even want to cooperate with the EU mission.

    The EU’s mission there was also recently extended until 2024 with a €133.7m purse.

    The EU’s mini-concept paper on fighting terrorism, follows another idea on using specialised teams at the missions to also tackle migration.

    Part of those plans also aims to give the missions “semi-executive functions”, enabling them to provide direct support to police and carry out joint investigations on migration related issues.

    https://euobserver.com/world/156143

    #sécurité #migrations #asile #réfugiés #EU #UE #Union_européenne #externalisation #anti-terrorisme (toujours la même rhétorique) #Mali #mini-concept #semi-executive_functions #services_secrets #coopération #biométrie #données #collecte_de_données #Somalie #Libye #Kosovo #Irak #drones #complexe_militaro-industriel #G5_Sahel #budget #coût #police #collaboration

    ping @rhoumour @isskein @_kg_