• Moi, Tituba sorcière de Maryse Condé

    J’ai pensé à ce beau et dur roman hier en regardant le beau film diffusé sur arte Tu crois que la terre est chose morte et notamment le passage sur la pharmacopée marronne
    https://seenthis.net/messages/850517

    « Abena, ma mère, un marin anglais la viola sur le pont du Christ the King un jour de 16** alors qu’il faisait voile vers La Barbade. C’est de cette agression que je suis née... »

    Ainsi commence la roman que Maryse Condé a consacré à Tituba, fille d’esclave, qui fut l’une des sorcières de Salem.

    Comment Tituba acquit une réputation de sorcière à La Barbade, comment elle aima et épousa John Indien, comment ils furent tous deux vendus au pasteur Samuel Parris qui les emmena à Boston puis dans le village de Salem. C’est là, dans cette société puritaine, que l’hystérie collective provoqua la chasse aux sorcières et les procès tristement célèbres de 1692.

    Maryse Condé a choisi de nous parler de Tituba que l’Histoire a oubliée pour ne retenir que les sorcières blanches, celles qui furent pendues et qui inspirèrent Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller.

    https://www.babelio.com/livres/Conde-Moi-Tituba-sorciere/32674

  • Reconquête écoféministe ▲ 𝕾𝖔𝖗𝖈𝖎𝖊̀𝖗𝖊𝖘 : Espace 29 : Free Download, Borrow, and Streaming : Internet Archive
    https://archive.org/details/reconquete-ecofeministe-sorcieres

    https://archive.org/download/reconquete-ecofeministe-sorcieres/Conference_Export.mp3

    Cette soirée est proposée autour de la sorcière comme figure écoféministe, afin de soutenir ces cercles d’empuissancement réhabités autant par les chercheur.se-s, les militant-e-s que par les artistes, pour créer une alliance des causes écologiques et féministes contre le patriarcat, le capitalisme et la mondialisation. Projection de l’entretien de Starhawk réalisé par Camille Ducellier.

    Je n’arrive pas à jouer l’#audio mais #sorcières #écoféminisme #femmes #nature

    • Anne Querrien ⚫️ Camille Ducellier ⚫️ Suzanne Husky ⚫️ Noémie Keren
      Modératrice : Vanessa Desclaux (responsable du Pôle des Attentions du Frac Nouvelle-Aquitaine)
      Curateur : Pierre-Antoine Irasque

      Cette soirée est proposée autour de la sorcière comme figure écoféministe, afin de soutenir ces cercles d’empuissancement réhabités autant par les chercheur.se-s, les militant-e-s que par les artistes, pour créer une alliance des causes écologiques et féministes contre le patriarcat, le capitalisme et la mondialisation. Projection de l’entretien de Starhawk réalisé par Camille Ducellier.

      Noémie Keren proposera à la suite de l’échange une méditation ; « Gestation » est une performance ritualisée d’une durée d’une dizaine de minutes. Par la réalisation d’un tracé immaculé au sol à base de lessive en poudre, il s’agit de renouer avec les enjeux symboliques et spirituels que recèlent les gestes quotidiens d’aseptisation. Cette performance invite les spectateurs à pénétrer les arcanes du lessivable, en se laissant absorber par la concentration et la précision que convoquent les gestes de la performeuse. A cheval entre créature mythologique et prêtresse contemporaine, Noémie Keren fait peu à peu émerger une figure mi-arbre, mi-utérus dans une atmosphère méditative portée par une création sonore induisant un état contemplatif. Au fil du tracé, des éléments de tissu blanc symbolisant des végétaux s’élèvent de manière quasi-imperceptible, simulacre de croissance.

      Anne Querrien
      Sociologue, urbaniste française, et codirectrice de la revue Multitudes, ses recherches portent sur la politique de la ville et du logement social, mais aussi sur l’école comme « espace à libérer », ou encore sur le genre ou la dualité sexuelle. Animatrice entre autres du Mouvement du 22 mars à Nanterre et à Paris en 1968, elle a été secrétaire générale du CERFI (Centre d’Études, de Recherches et de Formation Institutionnelles) créé par Félix Guattari dans les années 1970, où elle se lia d’amitié avec, entre autres, Guy Hocquenghem. Enseignante aux universités Paris 8 et Paris 1, et anciennement à l’université d’Evry, elle est membre de l’AITEC. Elle participe à la rédaction des revues Annales de la recherche urbaine, Chimères et Multitudes. Elle a traduit sous le pseudo « Morbic » Rêver l’obscur. Femmes, magie et politiques de Starhawk à la demande d’Isabelle Stengers et des éditions Les empêcheurs de penser en rond, et a coordonné le dossier de la revue Multitudes sur l’écoféminisme, ainsi qu’auparavant un autre dossier intitulé « Gouines rouges et virago vertes », intermédiaire entre les deux moments.

      Camille Ducellier
      Née en 1985, elle est artiste plasticienne multimédia, vidéaste et auteure française. Camille Ducellier vit et travaille à Paris. Diplômée de l’HEAR Strasbourg et du Le Fresnoy, elle se passionne pour la variété des corps, des genres et des cultures minoritaires. Depuis 2010, elle poursuit un cycle thématique autour de la sorcière engagée dans l’histoire et la réappropriation contemporaine de cette figure, ainsi que dans le féminisme et l’identité de genre. Camille Ducellier se revendique également Sorcière. Si les formes artistiques peuvent varier – documentaire, art interactif, création sonore – , les sorts sont bien toujours les mêmes : rêver l’obscur, dévoiler les corps, relier le politique au spirituel. Elle favorise les rencontres et travaille parfois avec des adolescents. Les sorcières, les corps, l’écoféminisme sont ses sources d’inspiration. Sorcières, mes soeurs (2010), Le Guide du voyageur astral (2015), Reboot me (Prix « web art » 2016), Sorcières Queer et Sorcière Wicca, La lune Noire et Le guide du voyageur astral (2016), Sorcière Queer (2017)... Camille Ducellier est également auteure d’un ouvrage préfacé par Starhawk, Le Guide Pratique du Féminisme Divinatoire (Collection Sorcières des Éditions Cambourakis) en 2018.

      Suzanne Husky
      Artiste franco-américaine qui vit et travaille à Bazas et San Francisco (USA), Galerie Alain Gutharc – Paris. Sa pratique est pluridisciplinaire et va de la conception de jardins, à la céramique en passant par la sculpture et la vidéo. Elle explore des problématiques liées à la relation complexe entre les hommes et la nature. Parfois ce sont les matériaux qu’elle choisit, qui évoquent une histoire du paysage, en lien avec l’exploitation de territoires comme des pots en boue de forage, des faïences en terre locale ou des sculptures en matériaux trouvés. Ses pièces engagent des rencontres et des collaborations variées avec des historiens, habitants et artisans de chaque lieu. Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, et en paysagisme horticole du Merritt college à Oakland, Suzanne Husky a également enseigné le paysage à l’ESAD d’Orléans. Formée en art, paysagisme horticole, permaculture et actuellement en herboristerie, l’urgence de réactiver notre lien au végétal et à la terre est au coeur de sa vie et de son art.

      Noémie Keren
      Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, elle puise dans divers domaines liés aux pensées alternatives, aux phénomènes irrationnels qu’elle trouve dans l’histoire de l’art, les mythologies, les croyances New Age, les sciences, les langages, les philosophies, les contes... Noémie Keren se positionne en héritière de Starhawk, Jodorowsky et des mouvements écoféministes. Incarnant la sorcière ménagère, ses projets opèrent une saisie du quotidien en interaction avec des dispositifs de ritualisation et de performance. L’exposition se fait ainsi dans un espace qui est encore ou déjà plus un lieu de culte, oscillant entre intérieur et extérieur. La lessive devient matière première afin de réaliser des tracés au sol de grands formats à l’aide d’un entonnoir magique. Engagée dans un combat pour le vivant, le détournement de la lessive toxique se veut une provocation vis-à-vis de gestes quotidiens qui nous semblent anodins. Les plantes ont également une place privilégiée dans sa pratique artistique : objets de collection vivants mais captifs dans la serre et dans nos maisons, il s’agit de s’interroger sur notre relation à ces déracinées. Son travail sur le geste dans le champ de la performance l’amène à explorer la pratique de la calligraphie. En liant le poids des mots et des symboles au rythme calligraphique, il s’agit de donner forme aux sortilèges en conservant une pratique ritualisée.

      Vanessa Desclaux
      Diplômée de Sciences Po Paris (2004) et Goldsmiths, Université de Londres (2005), Vanessa Desclaux est titulaire d’un doctorat en Curating (Goldsmiths, Université de Londres) depuis 2016. Commissaire assistante la Tate Modern de 2006 à 2009, elle a chapeauté de nombreux projets d’expositions et de performances. De 2009 à 2010, elle a été en charge du programme d’expositions du Bloomberg Space à Londres à titre de commissaire d’exposition indépendante. Elle a également été curatrice associée auprès d’Emilie Renard à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec et commissaire d’exposition associée pour l’exposition « Michael Jackson : On The Wall » au Grand Palais en 2018. Elle est aussi professeur d’histoire de l’art à l’école nationale supérieure d’art (ENSA) de Dijon et auteur d’essais sur l’art. Sa nomination comme responsable du Pôle des Attentions du Frac Nouvelle-Aquitaine accompagne le déménagement du Frac dans le nouveau bâtiment de la Méca, conçu par l’architecte danois Bjarke Ingels. Composé d’un plateau d’exposition de 1200 m², de réserves de 900 m² et d’un auditorium, ce nouveau bâtiment accueillera également des résidences et des ateliers techniques de production. Au sein de l’équipe dirigée par Claire Jacquet, Vanessa Desclaux sera en charge de développer une stratégie innovante dans le champ de la médiation et de la programmation culturelle (performances, conférences, projections, etc.).

  • Les #sorcières, haïes, fascinantes
    https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/les-sorcieres

    Les sorcières toujours fascinantes, toujours fantasmées. Le combat des féministes s’en est emparé avec efficacité, en les instrumentalisant souvent, bien sûr -mais qui ne s’y abandonne, au service des meilleures causes, en puisant à son gré dans le grand magasin de l’Histoire ? La bibliographie ne trompe pas : ces derniers temps, elle s’est beaucoup enrichie, selon des curiosités diverses. Les spécialistes résistent aux anachronismes et aux simplifications, conformément à leur état, et puis, dans un deuxième mouvement comme toujours, ils s’interrogent, sur les évolutions de notre société qui expliquent le regard neuf porté désormais sur les sorcières. Un regard qui nous informe sur notre époque autant que sur l’objet de l’étude. C’est bien dans cet esprit que travaille mon invité, dans la ligne d’une réflexion qui est intrinsèque à notre émission.

  • Savoirs des femmes. Médecine traditionnelle et nature (Maurice, Rodrigues, La Réunion) | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-les-tribunes-de-la-sante1-2014-3-page-51.htm#

    Les accoucheuses traditionnelles semblent, pour la plupart d’entre elles, avoir possédé de réelles compétences obstétricales et les témoignages tendent à montrer que ces compétences étaient déterminantes pour la réputation d’une personne : une matrone que la rumeur publique désignait comme incapable n’exerçait que peu de temps par manque de sollicitations.

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    Les descriptions faites par les matrones réunionnaises et rodriguaises et par les dayi mauriciennes attestent d’un suivi tant prénatal (palpation, examen, toucher, administration de tisanes, conseils prophylactiques) que post-natal (suivi des suites de couches, bains cicatrisants, soins au nouveau-né), d’une grande disponibilité et d’une profonde conscience professionnelle. De plus, les différents récits d’accouchement mettent en évidence diverses techniques obstétricales particulièrement difficiles à mettre en œuvre, révélatrices d’un niveau de technicité élevé, telles que, par exemple, le fait de faire rentrer le bébé dans le corps de sa mère en cas de mauvaise présentation ou les techniques destinées à retourner l’enfant in utero et à le placer en bonne position dans le bassin de sa mère.

    Dès les débuts de l’expansion du pouvoir de la biomédecine, que l’on peut situer au début du XXe siècle pour La Réunion, aux alentours des années 1940 pour Maurice et de manière plus récente, dans les années 1970, pour Rodrigues, les savoirs féminins ont été critiqués, dévalorisés, taxés de croyances, de superstitions. De nombreux articles de presse du début du siècle, à La Réunion notamment, attribuent (à tort ou à raison) les morts en couches aux seules matrones, qui sont également accusées d’être sales, ignorantes, accusations qui furent aussi, jadis, en Europe, présentes lors de la prise de pouvoir des obstétriciens hommes sur les femmes et leurs savoirs .

    Comme en Europe, la terre des femmes, celle où l’on plantait un arbre à la naissance d’un enfant, celle dans laquelle étaient enterrés les placentas des nouveau-nés, devenait terre des hommes. Mais les femmes n’ont pas, pour autant, abandonné leurs traditions. Habituées, par l’histoire, à être minoritaires et à se battre pour garder leurs savoirs, elles ont appris à les cacher, à se faire discrètes, forme de résistance sans doute, significative d’un conflit interne.

    En effet, quelle que soit l’île concernée, une double attitude apparaît, associée à un double discours.

    #Mascareignes #sorcières #femmes #océan_indien #femmes_médecins #accouchement_à_domicile #care #massage_in_utero #colonialisme #écoféminisme
    #enfantement

    (pour l’avortement, les feuilles d’ananas étaient préconisées)

  • #Robert_Jensen : L’alibi de la compassion : comment les alliés des transgenres esquivent les débats
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/12/lalibi-de-la-compassion-comment-les-allies-des-transgenres-esquiv

    Je ne m’attends pas à ce que tout le monde soit d’accord avec mon analyse du mouvement transgenre ou ma position concernant les politiques publiques qu’il préconise. Mais je pense qu’il est malhonnête de la part de ceux qui ne sont pas d’accord d’esquiver le débat en se disant « plus compatissants », de la même façon qu’il est intellectuellement malhonnête d’essayer de faire dérailler des échanges avec des expressions péjoratives comme « TERF » (féministe radicale exclusive des trans) et qu’il est politiquement lâche d’essayer de réduire les féministes radicales au silence.

    Je ne suis pas en train de demander naïvement « Ne pourrait-on pas tous s’entendre ? » Je suis avide de débattre avec ceux et celles qui opposent à ma position des arguments substantiels. Je suis juste las de me faire dire que poser des questions légitimes à propos d’un phénomène complexe comme le transgenrisme – des questions auxquelles beaucoup de gens progressistes réfléchissent en privé, mais qu’ils et elles craignent de poser dans le climat politique actuel – fait des féministes radicales des personnes mesquines et manquant d’empathie.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/11/19/compassion-cover-transgender-allies-dodge-debate
    #féminisme_radical #dysphorie_de_genre #identité_de_genre #compassion_contre-productive #alibi_politique #débat_féministe

    • Robert Jensen - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Jensen

      In early July 2014, MonkeyWrench Books collective cut all ties with Jensen over his article reviewing two feminist books that critiqued transgenderism.[9] These books were Sheila Jeffreys’ Gender Hurts: A Feminist Analysis of the Politics of Transgenderism and Michael Schwalbe’s Manhood Acts: Gender and the Practices of Domination. In the review published by Dissident Voice, Jensen concluded that, “On the surface, transgenderism may seem to be a more revolutionary approach, but radical feminism offers a deeper critique of the domination/subordination dynamic at the heart of patriarchy and a more promising path to liberation”[10] which they felt “contributes to a dangerous culture of transphobia”.[9] In addition, Dexter M. Thomas wrote a rebuttal which was also published by Dissident Voice.[11] Jensen responded by writing a follow-up article which elaborated on his views on the ecological and social implications of what he terms “trans ideology”.[12]

    • Je souligne que dans mes écrits, je n’ai jamais attaqué personne ou exprimé quelque peur ou haine des personnes qui s’identifient comme transgenres. Quand je demande à mes critiques de m’indiquer lequel de mes propos est intolérant, on me répond que le simple fait de poser des questions ou d’émettre des contestations peut être considéré comme une menace envers la légitimité des identités transgenres. Quand je demande en quoi articuler une critique féministe du patriarcat est menaçant, mes amis libéraux tentent souvent de couper court à la conversation par une version ou une autre de la phrase « Tu veux avoir un débat intellectuel, alors que moi j’essaye simplement de faire preuve de compassion envers les transgenres qui se sentent vulnérables. »

      Je suis d’accord, bien sûr, que les personnes vulnérables ne devraient pas être attaquées, mais cette réponse a pour effet d’occulter ma question : pourquoi est-ce qu’un argument formulé en toute bonne foi est étiqueté comme une attaque ? Les propos haineux et irrationnels doivent être rejetés, mais pourquoi l’un des camps d’un débat politique devrait-il être autorisé à déclarer illégitime un argument sérieux, sans y répondre ?

      Quand le mouvement transgenre réclame des politiques publiques qui imposent un coût à d’autres personnes (aux filles et aux femmes, dans le cas des demandes d’accès de transgenres aux structures et activités dédiées au sexe féminin), il doit évidemment exister un espace public où débattre de ces propositions.

      Le patriarcat impose aux gens des normes de genre rigides, répressives et réactionnaires qui n’ont rien à voir avec les catégories du sexe biologique. La résistance féministe radicale au patriarcat défie depuis longtemps ces normes, et l’énergie de cette résistance collective est productive non seulement politiquement, mais aussi sur le plan personnel.

      Je ne prétends pas que toute personne souffrant d’une forme ou une autre de dysphorie de genre peut résoudre cette détresse au moyen d’une analyse politique et d’un travail de mobilisation. Nous ne savons que très peu de choses sur l’étiologie du transgenrisme, et il n’est pas surprenant qu’il n’existe pas de réponse univoque. Mais les féministes radicales que j’ai rencontrées en trente ans de travail militant contre la violence masculine et l’exploitation sexuelle comptent parmi les personnes les plus compatissantes que j’ai connues dans ma vie, des femmes pour lesquelles la lutte pour la justice passe autant par un partage de notre douleur quotidienne que par des principes politiques. Certaines de ces féministes radicales sont aussi parents, et essayent d’élever de façon responsable des enfants qui s’identifient comme transgenres.

      On peut être sensible aux individus qui luttent contre la dysphorie de genre et appuyer leur combat tout en rejetant certaines revendications politiques du mouvement transgenre lorsqu’elles s’avèrent antiféministes.

      #intolérance #anti-féminisme #misogynie

    • Exemple...
      https://twitter.com/Melusine_2/status/1220250052792328192

      Mélusine
      @Melusine_2
      ·
      23 janv.
      Il est aussi mensonger que stupide de parler d’une « colonisation » du féminisme par les militantes trans : c’est à la fois supposer leur étrangéité à la question et au groupe des femmes et affirmer qu’elles y exercent une domination violente, confiscatoire et illégitime.

      L’expression « colonisation » n’est en effet pas acceptable, lancée comme un point Godwin. Mais quand même, on est dans une situation où des personnes « assignées hommes à la naissance » (qui ont un corps d’homme) peuvent exiger intégration dans des collectifs non-mixtes de femmes alors mêmes qu’elles ont une expression de genre masculine, s’habillent comme des hommes (oui, ça arrive, j’en ai déjà deux exemples). L’auto-définition (on est une femme parce qu’on dit être une femme, que ce soit sentiment intime ou mauvaise foi) réduit le genre d’expérience sociale à expérience intime. Je ne vois toujours pas ce que peuvent avoir en partage une lesbienne butch discriminée pour son manque de concordance avec les attentes qu’on a envers elle (expression de genre féminine et sexualité hétéro), qui se sait femme parce qu’on le lui dit et qui bosse depuis dix, vingt, trente ou quarante ans à faire vivre des lieux lesbiens exclusifs, et la personne avec un corps d’homme et une expression masculine, qui donc est perçu partout comme homme cis (avec les privilèges qui vont avec), lui dit qu’il a le même sentiment qu’elle (non, elle ne se sent pas femme, c’est une identité qu’on lui renvoie) et c’est sur cette base plus que fragile qu’il la contraint à accepter son intégration à son espace à elle (avec menaces d’accusations de transphobie, intimidation, etc.). « Colonisation » c’est bête mais il faut entendre cette impression d’être forcée à accueillir des personnes dont l’étrangeté du corps ne manque pas de mettre mal à l’aise des femmes. D’autre part des récits commencent à tourner de lesbiennes qui ressentent des pressions sociales à coucher avec des femmes trans non-opérées dont elles refusent dans un premier temps les sollicitations sexuelles. J’ai lu un de ces récits et c’est un récit de viol. De viol à la « bon, je vais dire oui et je serai débarrassée ». C’est inacceptable.

      Mélusine
      @Melusine_2
      ·
      23 janv.
      L’affirmation est évidement mensongère : où est cette pseudo confiscation et quels en sont les outils ? Où sont les organisations, les revues, les figures médiatiques, les revendications politiques qui témoignent de cette domination ? Elles n’existent pas.

      Jadis le féminisme était basé prioritairement sur l’expérience des femmes. Aujourd’hui quand une féministe (au passage, c’est une Femen pas très intéressante) exprime son malaise devant une menace qu’elle ressent, il est acceptable de lui dire : Ta gueule, tout ça n’est pas assez bien documenté par des féministes académiques. Problème. Ces expériences sont réduites à des « anecdotes » qui non seulement sont insignifiantes politiquement mais aussi humainement puisque ce sont des « privilégiées » qui les vivent (la lesbienne butch de mon exemple précédent, elle est hyper privilégiée) et que c’est un effet collatéral pour aider des personnes qui en ont un criant besoin. (Au passage, personne n’a de criant besoin de mettre sa pine dans une lesbienne, ni dans une femme, ni dans personne.)

      Mélusine
      @Melusine_2
      ·
      23 janv.
      La supposition est une faute féministe : non pas seulement un défaut de solidarité avec d’autres femmes, mais un renoncement politique pour les femmes cis, admettant le genre comme mécanique socialisatrice irrépressible - et donc son caractère définitif, normal et indépassable.

      Là je comprends pas trop, c’est que ça doit être trop intelligent pour moi alors je vais dire que je suis d’accord, hein.

      Mélusine
      @Melusine_2
      Le féminisme n’est pas colonisé, il s’affirme en cohérence avec ses ambitions politiques : non pas élever notre sexe à la dignité du sexe masculin, mais le rendre insignifiant dans la définition de ce que nous sommes et pouvons être.

      Ça c’est le point gender blindness : de toute façon notre ambition c’est d’abolir le genre alors prétendons qu’il est aboli et arrêtons les politiques genrées. Arrêtons le féminisme ?

    • Grosse tempête de merde sur Twitter autour de Marguerite Stern.
      https://twitter.com/Margueritestern/status/1221211787116384256

      Au passage, son

      Alors j’aimerais rappeler ici par écrit, les principes fondateurs de ce mouvement. Rappeler ce que j’ai répété tous les jours à chaque fille présente. Et il me semble que nous étions toutes d’accord.

      est un peu minable, on a l’impression d’une grande cheffe expliquant quoi faire à tout le monde et s’insurgeant quand on reprend un mode d’action dont elle est propriétaire.

      Mais quand même :

      Les TERFs au bûcher

      on en est où, à appeler à l’éradication de certaines féministes comme jadis les #sorcières ?

  • Les pires endroits d’exécutions de Strasbourg (pour commencer la semaine en beauté)

    https://pokaa.fr/2018/05/13/les-pires-endroits-dexecutions-de-strasbourg-pour-finir-le-week-end-en-beaute


    Sur cette gravure on peut voir le « Schandkorb » ou panier de la honte en français. Ainsi que la sortie du fameux égout recouvert de deux planches de bois. Au loin : la tour de l’entrée du canal de la Krutenau / source : DNA

    Le pont des corbeaux

    Ce pont, situé entre la Grande île et le quartier de la place d’Austerlitz, est célèbre surtout pour la partie de l’Ill qu’il enjambe. En effet, à cet endroit au moyen-âge, il y avait le débouché d’un des seuls égouts de la ville, qui charriait un mini cours d’eau fort sympathique composé quasi uniquement de déjections humaines et de matières fécales. Rajoutez à cela que l’abattoir de la ville se trouvait à l’époque juste à côté (c’est aujourd’hui le musée historique de la ville de Strasbourg). Les bouchers y déversaient au même endroit tous les intestins et boyaux des vaches et autres herbivores qu’ils y abattaient. Miam.

    C’est donc dans cette joyeuse soupe qu’on plongeait les condamnés grâce à une sorte de passoire faite d’un filet de grosses cordes. Plus leur crime était grave, plus ils restaient longtemps dans le fleuve. En cas de crime lourd comme l’infanticide, on plongeait puis on sortait le condamné de l’eau à répétition pendant plusieurs heures, jusqu’à ce qu’il se noie dans la rivière… Tout cela sous le regard d’une foule toujours nombreuse devant ce qui était un des grands spectacles de l’époque.

    Le pont du #corbeau est aussi connu pour être le lieu d’assassinat des #sorcières à Strasbourg. Et ce que l’on peut dire, c’est qu’il en fallait peu pour être traité de sorcière. Par exemple, avoir 30 ans et n’être ni mariée ni au couvent pouvait suffire à être la victime d’une accusation de #sorcellerie sans preuves et pouvait amener une femme innocente à finir noyée dans l’Ill. L’histoire raconte que lorsqu’une « sorcière » était condamnée, on la mettait dans un grand sac de toile dont on cousait la fermeture pour l’empêcher de sortir. On jetait ensuite le sac avec la malheureuse à l’intérieur dans l’eau, toujours à la sortie de ce fameux égout. A partir de là, deux options s’offraient à elle :

    1. Si elle parvenait à s’échapper du sac et à nager jusqu’au bord de la rivière, c’était la preuve formelle qu’elle était une vraie #sorcière , donc on la tuait sur le champ sans la laisser reprendre son souffle.
    2. Si la condamnée se noyait dans son sac et coulait à pic, c’était la preuve formelle qu’elle était innocente. Mais ce n’était pas grave car elle était automatiquement sauvée par dieu et avait droit à un aller simple pour le paradis et la vie après la mort.

    Quelle belle logique, vous ne trouvez pas ?

    #égout #histoire #justice

  • Après Weinstein et Trump, c’est Polanski qui se plaint de subir “une chasse aux sorcières” : un summum de l’indécence.


    http://ellesaimentca.com/aucun-homme-na-subi-de-chasse-aux-sorcieres-jamais

    Un an avant #metoo, je faisais partie d’une association dans laquelle eurent lieu de nombreuses violences sexuelles. A cette époque où il était encore si difficile de prendre la parole, une des premières femmes ayant dénoncé les violences d’un membre avait eu l’incroyable courage de cherche de l’aide, notamment en en parlant publiquement. Suite à quoi elle avait été rejointe dans sa dénonciation par une deuxième victime, puis très rapidement une troisième etc.
    Je me rappelle qu’au moment où mes collègues avaient abordé le sujet, l’un d’entre eux avait dit “quand même, c’est bizarre toutes ces plaintes qui sortent d’un coup, j’ai un peu l’impression que maintenant qu’une femme le dénonce, toutes celles qui ont des récriminations en profitent pour s’acharner sur lui ! Il ne faudrait pas que ça tourne en une chasse aux sorcières ”*

    A cette époque, je n’avais pas fait le chemin que j’ai fait aujourd’hui sur le féminisme, et cela ne m’a pas choquée. Mais apparemment — encore une preuve que les oppressions sont instillés insidieusement — ça m’a quand même marquée, puisque lorsque ça a été mon tour de devoir dénoncer un abus sexuel dans le groupe, cette phrase m’est revenue en tête. En conséquence de quoi, au moment où j’ai pris la parole pour dénoncer mon agresseur, je n’ai pas osé rechercher la solidarité d’autres femmes, parce que j’ai eu peur qu’on m’accuse de “faire une chasse aux sorcières” et d’être “manipulatrice/vengeresse/hystérique/[insérer ici tout adjectif permettant d’invalider la colère légitime d’une femme]”.

    Depuis, chaque fois que j’ai vu ressurgir l’expression “chasse aux sorcières”, ce fut suite à des dénonciations de violences sexuelles.
    Et puis un jour, ça m’a frappée :
    Mais mais MAIS … d’où les HOMMES se font passer pour les sorcières ?

    #domination_masculine #révisionnisme #inversion_patriarcale #déni #cynisme #sorcières #femmes #violences_sexuelles #appropriation_culturelle #victimisation_des_agresseurs

  • Map of Scots women accused of witchcraft published for first time - The Scotsman

    https://www.scotsman.com/heritage/map-of-scots-women-accused-of-witchcraft-published-for-first-time-1-500981

    A map that tracks more than 3,000 Scots women who were accused of being witches in the 16th and 17th Century has been published for the first time.

    The interactive document has been created by data experts at the University of Edinburgh.

    It builds on the university’s breakthrough work on the Scottish Witchcraft Survey which brought to life the persecution of women during the period, with many burned at the stake or drowned.

    #cartographie #écosse #sorcières cc @mona

  • Le souvenir de Michée Chauderon, l’une des dernières #sorcières exécutées
    https://www.franceculture.fr/histoire/le-souvenir-de-michee-chauderon-lune-des-dernieres-sorcieres-executees

    e soir, c’est Halloween, et peut être allez-vous choisir de vous déguiser en sorcière. Car ces derniers temps, les ensorceleuses au chapeau pointu ont la cote ! Depuis les années 1970, les féministes réhabilitent la figure de la sorcière, comme femme libre et puissante. La journaliste #Mona_Chollet en fait de véritables guerrières dans son essai à succès Sorcières, la puissance invaincue des femmes, tandis que les séries et films comme Salem ou Sabrina en font des icônes populaires. Pourtant, loin de l’image combative et glamour qu’elle véhicule aujourd’hui, la sorcière a longtemps été diabolisée. Entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle, pendant la période de « chasse aux sorcières », 100 000 femmes furent accusées de crimes de sorcellerie avant d’être brûlées. A l’occasion de la parution de l’ouvrage Les Sorcières, une Histoire de femmes (ed. Michel Lafon et France Culture) de Céline du Chéné, productrice et chroniqueuse à France Culture, penchons-nous sur l’une de ces femmes. Une femme dont l’Histoire a retenu le nom parce qu’elle est la dernière sorcière à avoir été exécutée à Genève en 1652. Tout semblait la prédestiner au satanisme, à commencer par son nom : Michée Chauderon. Car comme la plupart des femmes incriminées pour sorcellerie, Michée Chauderon est une vieille femme, veuve et isolée. Blanchisseuse de profession, la quinquagénaire est aussi guérisseuse à ses heures perdues. Le 6 avril, 1652, cette Savoyarde est exécutée pour « crime de sorcellerie » à Genève, à l’issue d’un mois de procès. Elle sera la dernière. Voici son histoire.

  • This Map Shows the Scale of 16th- and 17th-Century Scottish Witch Hunts | Smart News | Smithsonian

    https://www.smithsonianmag.com/smart-news/map-visualizes-scale-16th-and-17th-century-scottish-witch-hunts-1809

    Signalé par Arnaud Devillard sur FB dans un commentaire posté par Mona qui nous raconte que son ancien prof d’histoire se rappelle à son bon souvenir :

    In 1629, an elderly Scottish woman named Isobel Young was strangled and burned at the stake on charges of witchcraft. As neighbors and relatives testified, Young—the wife of a tenant farmer based in a small village east of Edinburgh—was prone to “patterns of verbal and sometimes physical aggression,” as well as “odd magical characteristics.” Her husband, George Smith, added fuel to the fire claiming that his wife had attempted “to kill him with magic after quarreling about an unsavory house guest.” In total, court records show, 45 witnesses raised complaints against Young, “telling a story that unfolded over four decades.” The verdict was unanimous: guilty.

    Young’s case is one of 3,141 recorded in a new interactive map created by researchers at the University of Edinburgh. Drawing on data collected for an earlier university project titled the Survey of Scottish Witchcraft, the tool visualizes an array of locations linked with Scotland’s 16th- and 17th-century witch hunts: among others, accused individuals’ places of residence; sites of detention, trial and execution; and spots targeted by infamous “witch-pricker” John Kincaid, who traveled the country in search of suspects bearing the “Devil’s mark.”

    pour @mad_meg #sorcières

    • While Osanna has suggested that the objects belonged to a female sorceress, classicist Mary Beard has contested this suggestion. Writing in the TLS, she said: ‘I would be quite happy calling it someone’s precious box of charms – but there is, in our imaginations, a million miles between that and the “sorceress’s kit”. If you really want it to be the latter, you have to overlook the fact that a lot of the objects are plain ordinary beads AND you have to put a lot of weight on the “magical” properties of willies and scarabs and skulls.’

      #sorcières_ou_pas

  • Les chasses à l’homme

    Chasse aux esclaves fugitifs, aux Peaux-Rouges, aux peaux noires ; chasse aux pauvres, aux exilés, aux apatrides, aux Juifs, aux sans-papiers : l’histoire des chasses à l’homme est une grille de lecture de la longue histoire de la violence des dominants. Ces chasses ne se résument pas à des techniques de #traque et de #capture : elles nécessitent de tracer des lignes de #démarcation parmi les êtres humains pour savoir qui est chassable et qui ne l’est pas. Aux #proies, on ne refuse pas l’appartenance à l’espèce humaine : simplement, ce n’est pas la même forme d’#humanité. Mais la relation de chasse n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation, où les proies se rassemblent et se font chasseurs à leur tour.
    Si la chasse à l’homme remonte à la nuit des temps, c’est avec l’expansion du #capitalisme qu’elle s’étend et se rationalise. En Occident, « de vastes chasses aux pauvres concourent à la formation du #salariat et à la montée en puissance d’un pouvoir de #police dont les opérations de traque se trouvent liées à des dispositifs d’#enfermement… Le grand #pouvoir_chasseur, qui déploie ses filets à une échelle jusque-là inconnue dans l’histoire de l’humanité, c’est celui du #capital. »


    https://lafabrique.fr/les-chasses-a-lhomme
    #exploitation #chasse #chasses #chasse_à_l'homme #livre

    En lien avec la question des #migrations, voici le petit extrait du mémoire de master de Sarah Bachellerie (pas encore soutenu), où elle cite le livre de #Grégoire_Chamayou :

    #asile #réfugiés

  • Rouge comme les règles (1/4) : Les mystères de la génération
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/rouge-comme-les-regles-14-les-mysteres-de-la-generation

    Le #sang_menstruel, jugé néfaste et impur est devenu tabou. Pour comprendre cet intangible, ses superstitions afférentes et ses incidences sur les #femmes, nous considèrerons la place de ce sang dans la liturgie, à l’époque des #sorcières du #moyen-âge et à travers la représentation médicale de ce flux au 18e siècle.

    Pour évoquer la grande histoire de ce tabou, Elise Thiébaut auteure de « ceci est mon sang » ouvrira la série en rappelant le poids de ce tabou…

    #règles #menstrues

  • Cip- Idf - SE DÉFENDRE contre les agressions sexuelles et...
    https://www.facebook.com/CipIdf/posts/1250818395081685?__tn__=K-R

    SE DÉFENDRE contre les agressions sexuelles et sexistes.
    Y A DU BOULOT !
    Présentation de la commission sorcières de la CIP-IDF à l’attention des militant.e.s, sympathisant.e.s et autres concerné.e.s
    Cet hiver 2018/19, une réunion a été proposée au sein de la CIP-IDF pour parler des problèmes de violences sexistes et sexuelles au sein du mouvement des intermittent.e.s et précaires. Certain.e.s militant.e.s ont annoncé ne plus vouloir lutter aux côtés d’agresseurs et de leurs défenseur.ses. Pourquoi les agressé.e.s devraient-ils/elles toujours s’effacer et laisser la place aux agresseur.ses ?
    Lors de cette réunion, une femme membre de la CIP a témoigné d’un viol qu’elle a subi en 2014. L’agresseur et ses défenseur.se.s – participant.e.s au mouvement – n’ayant pas été convié.e.s, la victime a pu s’exprimer avec un maximum de liberté.
    Ce témoignage a soulevé beaucoup de questions, personnelles et collectives, sur nos implications et nos aveuglements, sur ce que nous avions vécu, sur ce que chacun.e pouvait ou devait porter, sur la domination sexiste et autoritaire. S’affirmait ainsi la volonté d’un engagement féministe/antisexiste plus assumé au sein de la CIP. Les discussions ont abouti à la nécessité qu’une commission travaille sur les violences sexistes et sexuelles dans les milieux artistique et militant.
    Depuis janvier, cette commission qui a adopté le principe fondamental de garder une bienveillance et de l’empathie à chaque étape se réunit sur :
    – La réception de la parole de la/des victime.s et des personnes touchées de près, ainsi que de ce que cela implique pour les personnes qui reçoivent cette parole. Dans un contexte où la parole se libère peu à peu – et peu à peu, en l’occurrence, ce ne sera jamais assez –, le terme de « viol » n’est admis que dans une acception extrêmement restreinte, qui ne permet pas aux victimes d’être entendues pleinement. Le sujet peut réveiller du vécu, des projections personnelles intimes, en tant qu’agresseur.se ou agressé.e, amenant parfois beaucoup de violence dans les réactions et les échanges à ce sujet. Ces sujets cristallisent des positions divergentes, des tensions et des incompréhensions qu’il faut prendre en compte.
    – Notre propre fonctionnement. Au sein de la CIP comme de tout autre groupe, pourquoi ne savons-nous pas empêcher les comportements violents ? Pourquoi refusons-nous de voir, négligeons-nous de réagir, acceptons-nous sans prendre conscience du risque ? Comment intériorisons-nous ces comportements sexistes et autoritaires ? Quelle est l’implication collective et individuelle de chacun.e dans les réseaux de complicité ? Comment interroger/déconstruire nos fonctionnements collectifs et individuels ? Comment prévenir un processus d’emprise, d’intimidation, sur soi-même ou autrui, et ne plus permettre la mise en place de telles dominations ?
    – Les moyens d’action collectifs et individuels. Comment relancer la lutte sereinement et de façon sécurisante pour tou.te.s ? Comment éviter d’autres victimes potentielles ? Comment signaler et prévenir des comportements violents : que peut-on « se permettre » de dire, de faire ? Comment dire, réagir, agir, être entendu.e ? Que faire de l’agresseur et de ses défenseur.se.s ? Qu’en est-il de l’implication au quotidien, des liens avec des « compagnons » de lutte ou de travail, des liens d’amitié ? Comment y faire face ? Avec qui accepte-t-on de lutter ?
    Exclure ces agresseurs, c’est prendre le risque de les renvoyer à des personnes ou des groupes qui ne savent pas ce qu’ils sont. On ne peut pas les exclure de tout mais on ne luttera/s’organisera plus avec eux.
    L’objectif de la commission sorcières est de s’ouvrir à d’autres et d’élargir ses champs de réflexion et d’action sur ces sujets.
    Pour l’instant, la CIP-IDF a décidé :
    – la désinscription de l’agresseur initialement évoqué, ainsi que des salarié.e.s de la compagnie de théâtre dans laquelle il travaille et qui le soutiennent, de la liste mail qui réunit les membres des différentes commissions composant la CIP. La réflexion ne pouvait se mener sereinement sous la pression de l’agresseur et de ses collègues niant la gravité des faits au point de pousser hors de leur compagnie toutes personnes ayant une parole dissonante ;
    – d’essayer de mettre en place une « veille anti-relous » lors des AG et actions où la CIP est présente, avec une prise de parole préventive au début et une vigilance en cours de route ;
    – d’entretenir un lien avec le collectif La Permanence, qui dénonce les violences sexistes, sexuelles et racistes dans le milieu de la danse afin d’« assurer une vigilance contre les discriminations dans le milieu chorégraphique ».
    Travailler sur cette question et gérer ce genre de situation est délicat et demande du temps. L’agression à l’origine de la création de cette commission continue de nous paralyser aussi bien dans la réflexion que dans l’action. Il nous semble indispensable de chercher des réponses adéquates et d’expérimenter des méthodologies car il y a des dégâts à éviter.
    Qu’est ce qu’on fait quand, pour un viol, il n’y a ni plainte, ni jugement, ni réparation ? Quand on est dans l’incapacité, parce que peu nombreux, d’assurer un service de sécurité, ou tout au plus de faire de la prévention lors des actions collectives ?
    Oui, on n’a pas de réponse. Mais personne n’en a. On n’est ni juge ni flic. Qu’est-ce qui reste ?
    Plutôt que l’impunité, il va falloir inventer... même si ce ne sont que des bricolages.
    Dans la défense militante, il faudra inclure l’autoéducation, des agresseurs et de tous et toutes, qu’ils trouvent eux-mêmes des solutions à leur masculinité toxique, qu’ils se cassent d’eux-mêmes quand ils empêchent les autres d’être là.
    Ou bien aller leur dire direct pour assumer la situation conflictuelle, leur demander : « Qu’est-ce que tu proposes ? »
    Et s’ils restent, on fait quoi ? Voilà toute la question, qu’est ce qu’on assume comme point de rupture ?
    C’est notre limite. Et là commence l’objet de la commission sorcières.
    Certes, la CIP a plutôt coutume de parler des droits sociaux mais le patriarcat fait partie des outils primordiaux du capitalisme, autant que la précarité et le chômage. Il est l’une des oppressions les plus ancrées, et donc considérées comme « usuelles ». Il s’agit maintenant d’inclure réellement les revendications intersectionnelles à la convergence des luttes.
    Il reste encore beaucoup à faire pour construire des espaces de travail et militants sereins, à la CIP comme ailleurs. Nous voulons participer à cette construction afin que chacun.e aiguise son regard et refuse les comportements sexistes, racistes, classistes et autoritaires, jusqu’à ce que les normes changent et que les rapports de pouvoir et de dominations disparaissent.
    Comme chacun.e doit se décoloniser, chacun.e.s devra se dépatriarcaliser. Un nouveau mot à notre dictionnaire.
    En attendant,
    la commission sorcières invite toute personne à se questionner sur son comportement possiblement sexiste ou autoritaire, ainsi que sur l’acceptation de cette norme dominatrice. Elle invite également les personnes mises en cause à avoir la bonne idée de se mettre en retrait d’elles-mêmes dans les actions collectives, par un mouvement d’autogestion salutaire pour autrui !
    Commission sorcière de la coordination des Intermittents et précaires - dimanche 16 juin 2019

    #sorcières

  • Je ne met pas ce lien parce que je l’ai lu ou parce que je pense que c’est un bon livre, mais juste pour celles et ceux qui s’intéressent au sujet (des sorcières) et qui veulent savoir ce que les uns et les autres en disent, au cas où ce livre n’ait pas été repéré...

    Folies à la Salpêtrière - Charcot, Freud, Lacan
    Marie-José Sophie COLLAUDIN, Marco Antonio COUTINHO JORGE, Danièle Epstein, Houchang Guilyardi, Marie JEJCIC, Alain LELLOUCH, Danièle LÉVY, Michelle MOREAU RICAUD, Christian PISANI, Élisabeth ROUDINESCO, Colette SOLER et Mâkhi XENAKIS
    EDP Sciences, novembre 2015
    https://www.jdpsychologues.fr/tags/charcot

    Possédées du malin au Moyen Age, les sorcières hystériques sont vouées au bûcher. Enfermées au XVIIe siècle, maltraitées, elles rejoignent la Cour des Miracles de l’Hospice de la Vieillesse-Femmes à la Salpêtrière, lieu de réclusion des femmes dérangeantes, indigentes, folles incurables, âgées ou gâteuses .... Jusqu’à ce que le Dr Jean-Martin Charcot (1825-1893) mène le combat qui transforme l’ancien hospice en hôpital : l’Ecole de la Salpêtrière de Paris est née, qui devient lieu de recherche, d’enseignement et de soins, de renommée internationale. Tels des prestidigitateurs, les médecins hypnotiseurs de la Salpêtrière, font surgir et disparaître contractures, paralysies, spasmes, convulsions, cécité... Attiré par la notoriété de Charcot, le jeune Freud, arrive à Paris fin 1885 comme neuro-pathologiste. Il en repart quelques mois plus tard pour fonder la Psychanalyse. Au travers du corps de l’hystérique en convulsions, incarné par Blanche, Augustine ou Geneviève, vedettes des Leçons du Mardi, Freud découvre une mise en scène de fantasmes et de désirs inconscients. C’est à cette traversée historique et conceptuelle que nous vous convions dans l’amphithéâtre qui porte aujourd’hui le nom de Charcot.

    #Sorcières #femmes #hystérie #folie #La_Salpêtrière #Jean-Martin_Charcot #Sigmund_Freud #Jacques_Lacan #hypnose #psychanalyse

  • Femmes et folie : étude des raisons pour lesquelles les femmes sont plus souvent étiquetées comme folles - ★ ZINZIN ZINE ★
    http://www.zinzinzine.net/femmes-et-folie-etude-des-raisons-pour-lesquelles-les-femmes-sont-plus-s

    Cet essai s’intéresse aux femmes et à la folie, plus particulièrement aux raisons pour lesquelles les femmes sont plus souvent étiquetées comme folles que les hommes, tant par des personnes profanes qu’à travers un diagnostic de trouble mental courant1.

    Une perspective féministe critique est adoptée pour analyser la littérature disponible sur le sujet issue de diverses disciplines. Les discussions concernant cette question semblent généralement se diviser en deux catégories. La première considère la folie des femmes comme un produit de la société résultant de la nature préjudiciable des normes rigides de genre qui demandent aux femmes de jongler avec de nombreux rôles simultanément, tels que celui de la mère, la femme au foyer, la personne qui prend soin des autres et qui souvent ramène des revenus à la famille. L’ensemble de ces facteurs peut en soi rendre une femme folle en raison de la pression constante subit pour accomplir divers rôles et tâches et du stress qui en résulte. La deuxième explication découle d’une perspective constructiviste sociale, qui examine les inégalités structurelles auxquelles sont confrontées les femmes dans la société. Cela inclut l’inégalité salariale, les statistiques qui révèlent que les femmes sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et sont plus souvent victimes d’abus sexuels et de violence familiale, ce qui les expose à un risque accru de développer une maladie mentale.

    L’essai se termine en suggérant la pertinence actuelle du travail des chercheuses féministes pour contribuer à une meilleure compréhension de la santé mentale des femmes, qui a fait défaut pendant si longtemps.

  • Graffitis sur l’Esplanade Alain le Ray à #Grenoble à l’occasion de la journée des droits des femmes (#8_mars) :

    Ne me libère pas, je m’en charge

    Nous sommes les filles des #sorcières que vous n’avez pas pu brûler

    Ta mains sur mon cul
    Mon poing sur ta geule


    #harcèlement #harcèlement_sexuel

    #Machos, vous nous cassez le #clito

    On ne lâche rien
    Debout !
    Résiste !


    #résistance

    + #femmes = + #science

    Hermana, yo si te creo

    Pas de violeurs dans nos orgas


    #viol

    Mi cuerpo mi territorio


    #corps #territoire

    No eramos conscientes de nuestra propria estatura hasta que nos pusimos de pie

    Un dia me llamaste perra y a lo mejor es porque no quiero dejar de ladrar


    #aboyer

    Mi cuerpo mis reglas


    #menstruations

    Le 8 mars c’est toute l’année :

    Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à tuer

    Détruisons le #patriarcat, pas la planète

    Si no puedo bailar, tu revolucion ne me interessa


    #révolution #danse

    Prefiero morir luchando que vivir callando


    #lutte

    Yo no nacì de ninguna costilla
    yo nacì de una vagina
    Eva


    #Eve

    #Police
    Mecs cis,
    tous complices

    On ne peut pas réduire 50% de la population au singulier
    oui aux #droits_des_femmes

    #Sexualité#maternité

    Gender is over

    Nos corps nos #choix

    Egalité des sexes
    #Congé_paternité
    3 mois obligatoires


    #égalité #paternité #congés

    Vibro mourir
    Le #féminisme ça fait du bien là où sa fait mâle

    Ils ont voulu nous enterrer mais ils ne savaient pas que nous étions des #graines


    #semences

    Les #habits n’ont pas de genre

    Stop à la #bitocratie


    #féminisme

  • Mathilde Larrère : « Les féministes actuelles devraient se revendiquer de la Commune »
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/22/mathilde-larrere-les-feministes-actuelles-devraient-se-revendiquer-de-la-

    L’enseignante-chercheuse à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée déplore un manque d’intérêt, de la part des militantes d’aujourd’hui, pour les révolutions du XIXe siècle. Elle rappelle en quoi l’insurrection de 1871 a été un moment majeur de l’histoire des femmes. Source : Libération

    • Parce que semi #paywall :

      Mathilde Larrère : « Les féministes actuelles devraient se revendiquer de la Commune »
      Gabriel Pornet, Libération, le 22 mars 2019

      Pour l’historienne Mathilde Larrère (1), limiter le féminisme et la citoyenneté à la question du droit de vote est une erreur, conduisant à effacer des mémoires une partie essentielle de notre passé politique. Elle souligne l’importance des communardes et l’implication constante des femmes dans les révoltes populaires.

      Quelle est la différence entre le rôle joué par les femmes durant la Commune et durant les autres révolutions ?

      Ce qui progresse, avec la Commune, c’est qu’on les accepte plus comme combattantes. En 1830, il y avait quelques femmes sur les barricades, pas beaucoup, et certaines y allaient déguisées en hommes. C’était pareil en 1848 : elles préparaient les cartouches, jouaient un rôle à l’arrière. En 1871, elles réussissent à faire des bataillons de femmes et tiennent même quelques barricades. La plus célèbre est celle de la place Blanche, même si son existence est discutée.

      Certaines femmes portent un uniforme pendant la Commune ?

      Oui. Durant les procès, on leur reproche par exemple d’avoir été arrêtées avec un pantalon… Elles ne font pas partie de la garde nationale, mais le réclament, et certaines mettent un semblant d’uniforme, un pantalon, comme une revendication – sans compter que c’était effectivement plus pratique pour combattre.

      Selon Jacques Rougerie, sous la Commune, les préoccupations ne sont pas à proprement parler « féministes »… (2)

      Jacques Rougerie a fait l’erreur classique, à savoir réduire le féminisme à la question du droit de vote. Au XIXe siècle, le fait qu’on le leur refuse n’est pas le premier problème des femmes. La revendication n’est pas absente, mais elle n’est pas prioritaire. Elles se battent beaucoup plus pour le droit au travail, pour la suppression des dispositions inégalitaires du code civil et surtout pour la fin de l’incapacité civile des femmes mariées, mais aussi pour le droit à l’instruction, pour le droit d’avoir des armes… Si on prend ça en compte, alors on peut considérer qu’il y a des demandes féministes clairement formulées au cœur de la Commune. Simplement, elles ne réduisent pas le citoyen et le pouvoir politique au seul bulletin et demandent bien plus que l’accès aux urnes.

      Qu’obtiennent-elles concrètement ?

      Elles obtiennent une forme d’engagement, de la part de la Commune, à établir l’égalité salariale (difficile de savoir si ça a été mis en place ; cela semble avoir été le cas dans quelques ateliers associatifs). Elles acquièrent aussi, ce qui est très important dans leur esprit, la reconnaissance des concubines et des enfants illégitimes : les pensions pour les femmes de gardes nationaux tués doivent désormais être également versées aux femmes non mariées. C’est fondamental, surtout que dans le milieu ouvrier, on se marie très peu. Elles obtiennent aussi l’interdiction de la prostitution, un combat important contre la domination masculine : il y a de beaux textes de Louise Michel à ce sujet. Les femmes sont aussi très mobilisées dans le domaine de l’instruction. Elles créent notamment des écoles de filles et envisagent également une éducation beaucoup plus mixte.

      On connaît bien Louise Michel, mais qui sont les autres militantes sous la Commune ?

      Nathalie Le Mel, Elisabeth Dmitrieff, André Léo, Blanche Lefebvre, Victorine Brocher, Marguerite Tinayre, Aglaé Jarry… et toutes les militantes de l’Union pour la défense de Paris et les soins aux blessés, qui pour beaucoup n’ont laissé que leur nom au bas de deux affiches et dont on sait peu de choses. Sociologiquement, Dmitrieff, aristocrate russe immigrée, est une exception : s’il y a quelques institutrices, comme Louise Michel, la plupart sont des femmes du peuple, exercent des petits métiers, souvent dans le textile ou les « métiers de bouche » : blanchisseuses, couturières, chapelières, chocolatières, confiseuses…

      Les communardes ont-elles conscience d’être dominées, à l’intérieur même du mouvement, par les hommes ?

      Oui, en tout cas pour certaines, c’est clair. André Léo, par exemple, en a parfaitement conscience (3). Les hommes communards sont les produits d’une époque où l’on envisage difficilement, depuis un siècle, de donner la parole aux femmes.

      Le socialisme, sous la Commune, est moins tourné vers les femmes que ne l’étaient le saint-simonisme et le fouriérisme au début du siècle ?

      Pierre-Joseph Proudhon est passé par là… Même si c’est compliqué : on retient une phrase atroce de lui alors qu’avant, il a eu des propos beaucoup plus favorables à l’égalité. De toute façon, le mouvement ouvrier, en tout cas à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, est objectivement machiste. Au lieu de demander l’égalité, ils considèrent que les femmes sont responsables de la baisse des salaires, que ce sont des travailleuses concurrentielles, des briseuses de grève.

      Comment les communardes sont-elles traitées par les versaillais lors de la répression ?

      Dans les combats, elles sont tuées comme les hommes. Mais durant les procès, on commence par leur poser des questions différentes. On leur demande toujours, par exemple, si elles ont combattu parce qu’elles étaient amoureuses d’un homme. Impossible d’imaginer qu’elles aient pu se battre parce qu’elles en avaient envie. « Quelle était votre relation » sous-entendue sexuelle, « avec tel ou tel communard ? » etc. S’agissant des punitions prononcées par les conseils de guerre, la peine de mort reste une exception pour les femmes, et les rares peines capitales prononcées à leur encontre ont été commuées en travaux forcés. D’autre part, ce qui n’apparaît pas dans les archives des procès et qui est pourtant très présent dans la manière dont la population les voit, c’est la légende des « pétroleuses » : elles auraient provoqué les incendies à Paris, alors qu’aucune n’est inculpée pour ça.

      D’où vient cette image des « pétroleuses » ?

      Ça vient de la presse, beaucoup. Je pense qu’il y a un tel refus de la femme en politique, et pire, de la femme révolutionnaire, qu’on la rend responsable de tout. C’est une façon de leur refuser à nouveau le statut de combattante. Dans l’esprit des versaillais, ce sont les lâches qui allument les incendies. Pourtant, même Maxime Du Camp, qui est un anticommunard de première, ne reprend pas le mythe des « pétroleuses ». En revanche, c’est très présent dans l’iconographie. Ça fait aussi penser au vieux symbole de la « sorcière », d’une certaine manière. Ça fait longtemps qu’il y a cette association entre les « mauvaises femmes » et le « feu ». Surtout, les communardes sont considérées par les versaillais comme des prostituées, des femmes aux mœurs légères.

      Les féministes actuelles se revendiquent-elles de la Commune ?

      Non, mais elles devraient. Dans les milieux féministes, et même parmi les chercheuses en histoire de femmes, on s’intéresse plus à ce qui se passe après, à partir d’Hubertine Auclert : un féminisme plus bourgeois, tourné vers le droit de vote. Parmi les militantes d’aujourd’hui, pour schématiser, on garde Olympe de Gouges, et on oublie tout ce qu’il y a au milieu, toutes les femmes populaires et socialistes de 1830, de 1848 et de la Commune. Bon, il y a Louise Michel, mais enfin, c’est la seule, et encore… Pourtant, chaque révolution ouvre des possibles pour les femmes et elles s’en sont toujours saisi, notamment en s’organisant de manière non mixte, en écrivant, en prenant la parole… Les grandes revendications sociales du XIXe siècle ont été portées par les femmes autant que par les hommes, et on ne le dit pas assez. Quand les révolutions meurent, elles sont les premières victimes : il y a toujours un double retour à l’ordre, politique et sexiste.

      (1) Auteure de l’Histoire comme émancipation (avec Laurence De Cock et Guillaume Mazeau, Agone, 2019) et Des intrus en politique – Femmes et minorités : dominations et résistances (avec Aude Lorriaux, Editions du Détour, 2017).

      (2) Jacques Rougerie, Paris insurgé, la Commune de 1871, 1995, dans la Commune et les Communards, Gallimard, 2018, p.73.

      (3) André Léo dans la Sociale du 8 mai (via Jacques Rougerie, op.cit.) : « Beaucoup de républicains n’ont détrôné l’Empereur et le bon Dieu que pour se mettre à leur place. La femme […] doit demeurer neutre et passive sous la direction de l’homme : elle n’aura fait que changer de confesseur. »

    • C’est fatiguant ces « les féministes devraient faire comme ci ou comme ca ». Les féministes ne sont pas un troupeau d’ignorantes de l’histoire et les féministes font le travail d’historicisation. C’est aux non féministes de se mettre au boulot, chercheur·euses, enseignant·es, bibliothécaires.... En particulier aux spécialistes de la Commune qui en efface la portée féministe et méprise cet aspect de la période. C’est à ses collègues qu’elles devraient prodigué ses bons conseils, pas au féministes. C’est pas comme si les historiennes féministes n’avaient pas été l’objet de décrédibilisation, comme si c’était les féministes qui caricaturaient les luttes pour en évincé les femmes et en faire une réduction au suffragisme vis à vis de la Commune. D’ailleurs la période de la commune est bien connue aussi pour sa lutte sur l’éducation des filles et j’ai pas l’impression qu’on réduise cette période au suffragisme. Au XIXeme il y a aussi la lutte des pionnières dans les professions interdites aux femmes, médecines, avocates, jugesses, peintureuses... Celleux qui s’en tape et qui effacent l’histoire des femmes, est-ce vraiment les féministes ?

    • Les Louises - Femmes de la Commune
      https://macommunedeparis.com/2019/03/08/louises-les-femmes-de-la-commune-par-eloi-valat
      https://www.eloivalat.com

      Alphonsine, Rosine, Louise, Rosalie, Séraphine, Eulalie, Paule... couturière, ouvrière mécani­cienne, institutrice, lavandière, giletière, écrivaine... et ambulancière, cantinière, pointeuse d’artillerie, combattante... fusillée, emprisonnée, déportée... et salie, humiliée, oubliée...

      Les femmes de la Commune ont élevé le cœur de l’idéal des hommes de la Commune. Dès le 18 mars, premier jour de la révolution parisienne, au son du tocsin, les femmes et les enfants de Montmartre s’opposent vivement à l’enlèvement des canons de la butte par la troupe, obtiennent des soldats (“vous ne tirerez pas sur le peuple !”) la fraternisation avec la foule, entourent les soldats, arrêtent les chevaux, coupent les harnais…
      Privées du droit de vote et de représentation, elles ne participeront pas aux délibérations de la Commune. Organisées dans les comités d’arrondissement, les clubs, l’Union des femmes pour la dé­fense de Paris et les soins aux blessés, elles vont bousculer le paternalisme gouailleur de leurs compagnons révolutionnaires en réclamant la fin de l’exploitation, la part égale à travail égal, l’affranchissement de tous...

      Ce livre, chronique poétique en images, rend hommage aux Louises, citoyennes de la Commune qui ont voulu « considérer les douleurs générales de l’humanité comme rentrant dans la cause commune des déshérités » (Louise Michel)

  • Ribelli e indipendenti. Storie di donne rinchiuse nel manicomio di Como

    A poco più quarant’anni dalla riforma Basaglia, che ha disposto la chiusura dei manicomi, la fine di una legislazione speciale e la restituzione dei diritti civili ai ricoverati, riemergono i volti e le storie di donne che in questo luogo hanno consumato la loro esistenza o parte di essa. Ecco in 50 pannelli le vicende manicomiali di Chiara, internata per depressione, di Enrica, legata al letto per placare il suo carattere collerico, e della piccola Carolina, “pericolosa per sé e per gli altri”, per la quale si richiede il ricovero all’età di soli 14 anni. Rinchiuse perché ribelli, troppo precoci o intelligenti, sensuali e disubbidienti, non sottomesse alle violenze fisiche o psicologiche delle famiglie e della società, ma anche perché deboli, indifese o solo povere.
    Gin Angri ha documentato con i suoi scatti l’idea di devianza femminile, i cambiamenti sociali ed economici, l’evoluzione della cura della malattia mentale e del linguaggio psichiatrico, e ha ricomposto la vita e la dignità delle donne ricoverate attraverso lo spoglio di quasi 42mila cartelle cliniche del vecchio manicomio di Como e l’uso sapiente delle fotografie in esse contenute. Un modo per riflettere, attraverso storie individuali, su come per anni la società ha guardato alla malattia mentale.

    Per meglio avvicinarci alla mostra, abbiamo posto alcune domande a chi è coinvolto nel progetto: Gin Angri, il fotografo e curatore, Paola Zocchi, storica e archivista della Bicocca che da anni segue le attività del centro ASPI - Archivio storico della psicologia italiana, e la storica della psichiatria Candida Carrino, che interverrà all’inaugurazione per contestualizzare i documenti della mostra nel loro periodo storico.


    https://bnews.unimib.it/blog/ribelli-e-indipendenti-storie-di-donne-rinchiuse-nel-manicomio-di-como
    #femmes #hôpital_psychiatrique #psychiatrie #Côme #Italie #histoire

    Et bien sûr... le tag #sorcières qui pourrait être utilisé ici !

    signalé par @wizo

  • #Metoo, procès Baupin, Ligue du LOL : les saines colères des femmes

    Depuis des siècles, l’emportement est un territoire déconseillé aux femmes, qui doivent incarner la #tempérance, la #docilité et le #calme. Elles sont pourtant nombreuses, aujourd’hui, à revendiquer cette #émotion qui se décline traditionnellement au masculin.


    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/01/les-saines-coleres-des-femmes_5429749_3232.html
    #colère #femmes #masculinité #féminité #genre

    #sorcières #folie