• « Parfois j’ai #honte » : des travailleuses sociales pour demandeurs d’asile témoignent

    Dans le cadre de l’accompagnement des demandeurs d’asile, des #éducatrices_spécialisées témoignent d’un profond #mal-être. L’objectif initial de leur travail, permettre l’émancipation, est souvent impossible du fait du rejet des demandes de papiers, des expulsions, du manque de moyens ou d’une formation inadaptée.


    https://www.rue89strasbourg.com/parfois-jai-honte-des-travailleuses-sociales-pour-demandeurs-dasile
    #travail #travail_social #travailleurs_sociaux #asile #France #migrations #réfugiés #éducateurs_spécialisés #souffrance_au_travail #témoignage

  • « Imputable à » mais sans responsables ni coupables (Suicide de Christine Renon)

    L’IGEN, cette IGPN de l’Éducation Nationale…

    Le suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis « imputable au service » (LeMonde.fr)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/08/le-suicide-d-une-directrice-d-ecole-en-seine-saint-denis-imputable-au-servic

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de Christine Renon n’établit aucune « faute » de la part de l’institution, mais il étudie l’ensemble des difficultés dont se plaignait la directrice.

    L’inspection générale dégage toute responsabilité de l’Education nationale dans le suicide de Christine Renon (Mediapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090120/l-inspection-generale-degage-toute-responsabilite-de-l-education-nationale

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de la directrice d’école Christine Renon en septembre dédouane l’institution de la responsabilité du drame mais l’impute à une série de dysfonctionnements. Au même moment, le ministère publie les résultats d’une consultation laissant apparaître que les directeurs d’école se sentent submergés par leurs tâches administratives. Mais la rue de Grenelle réfute l’existence d’un malaise dans la profession.

    #éducation #salariat #souffrance_au_travail #suicide #responsabilité #enseignant·es

  • « L’entrée en résistance » au menu de la lutte | Santé & travail
    https://www.sante-et-travail.fr/lentree-resistance-menu-lutte

    La souffrance d’un forestier confronté à des exigences de productivité est le point de départ d’un spectacle hybride et iconoclaste, où l’art et la science se donnent rendez-vous pour dénoncer les turpitudes du néolibéralisme. Et rendre visibles les expérimentations sociales qui, ici ou là, constituent autant de poches de résistance.


    @odilon @colporteur

    https://www.reineblanche.com/calendrier/theatre/l-entree-en-resistance
    https://www.theatre-ephemere.fr/lentree-en-resistance
    https://seenthis.net/messages/815445
    #souffrance_au_travail #théâtre #résistance

  • « On a frôlé la catastrophe sanitaire » : les services pédiatriques d’Ile-de-France au bord de la rupture, François Béguin
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/12/12/les-services-pediatriques-sous-pression-en-ile-de-france_6022560_3224.html

    Par manque de lits de réanimation, 22 enfants ont dû être transférés hors de la région francilienne cet automne.

    Personnels infirmiers manquants, lits de réanimation ou d’hospitalisation fermés… Cette année, l’épidémie hivernale de bronchiolite met à rude épreuve les services pédiatriques des hôpitaux un peu partout en France. Si des difficultés sont signalées à Bordeaux ou à Marseille, c’est en Ile-de-France qu’elles sont le plus visibles. Entre le 17 octobre et le 2 décembre, vingt-deux enfants – pour la plupart des nourrissons âgés de moins d’un an – ont dû être transférés hors de la région, à Rouen, Amiens, Caen ou Reims, faute de lits de réanimation pédiatrique disponibles.

    Ce nombre est exceptionnel : l’hiver dernier, il n’y avait eu que trois transferts. Les années précédentes, entre zéro et quatre. « On a frôlé la catastrophe sanitaire, si l’épidémie avait été plus intense, il y aurait certainement eu des morts », estime un chef de service sous le couvert de l’anonymat.
    A l’origine de cette situation, une pénurie d’infirmiers qui empêche la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) de pourvoir une quarantaine de postes et la contraint à ne pas rouvrir au début de l’hiver une partie des lits dits « de soins critiques » destinés aux enfants et traditionnellement fermés l’été. Le 4 décembre, au plus fort de la crise, « il manquait 22 lits de ce type par rapport à ce qui devrait être ouvert en hiver », explique Noëlla Lodé, la représentante des cinq services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) pédiatriques en Ile-de-France.

    Quinze lits ont été rouverts depuis, annonce jeudi 12 décembre, François Crémieux, le directeur général adjoint de l’AP-HP, qui assure que le groupe hospitalier « a mobilisé tous les moyens possibles en termes de ressources humaines » pour parvenir à pourvoir les postes infirmiers manquants, des postes « hyperspécialisés, nécessitant des temps de formation de deux à trois mois ».

    « Des difficultés à trouver une place »
    Au-delà de la gêne pour les familles des nourrissons concernés, cette crise a mis sous pression tous les services pédiatriques de la région. « Certains soirs, quand on prenait la garde, on savait qu’il n’y avait plus de lit de réa pour toute l’Ile-de-France, raconte Simon Escoda, le chef des services d’urgences pédiatriques de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis. Sachant cette grande pénurie, on a gardé sur site des enfants qui avaient des marqueurs de sévérité significatifs qu’on aurait largement transférés dans d’autres situations. C’est un glissement de tâche contraint et forcé. Quant aux dix-huit transferts pour insuffisance respiratoire que nous avons dû faire, nous avons quasiment à chaque fois eu des difficultés à trouver une place. »
    Conséquence : « beaucoup d’énergie » consacrée à la recherche d’une place et à la surveillance du nourrisson, au détriment des autres tâches, entraînant « un retard des soins courants ». En novembre, la durée moyenne d’attente des consultations le soir aux urgences pédiatriques de Delafontaine était ainsi d’environ cinq heures, soit plus que l’hiver précédent. « Cette mise en tension permanente entraîne le système au bord de la rupture », déplore Laurent Dupic, réanimateur pédiatrique à l’hôpital Necker, qui évoque le « stress permanent » des soignants à qui il est demandé de « faire entrer et sortir très rapidement » les bébés hospitalisés, pour libérer des lits.

    Au-delà des services de « soins critiques » de l’AP-HP, plusieurs chefs de service de pédiatrie racontent souffrir d’un fort turn-over de leurs équipes soignantes, ainsi que des arrêts maladie non remplacés. « Les infirmières s’auto-remplacent, s’épuisent et finissent par craquer », raconte Simon Escoda, à Saint-Denis. « Les services sont exsangues, les gens ne veulent plus travailler dans ces conditions-là et s’en vont », résume Vincent Gajdos, chef de service à l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine).

    « Il va il y avoir une catastrophe »
    Dans un témoignage saisissant relayé par le Collectif interhôpitaux, le chef de service de pédiatrie d’un établissement francilien décrit la difficulté de gérer l’épidémie avec une équipe composée d’un tiers de jeunes infirmières, dont certaines tout juste sorties d’école. « Je vous laisse deviner [leur] réaction face à un bébé de 3 ou 4 kg qui suffoque brutalement à cause de sa bronchiolite et qu’il faut intuber rapidement et brancher à un respirateur en attendant l’arrivée du SAMU pédiatrique qui est bloqué avec le transfert d’un autre patient ailleurs », écrit-il, estimant ne plus travailler « dans des conditions de sécurité, ni pour les patients, ni pour les soignants, ni pour nous autres, médecins ».
    Plusieurs chefs de service interrogés disent leur crainte d’un accident. « Si on reste comme ça, il va il y avoir une catastrophe, un enfant qui va mourir dans le camion d’un SMUR, dans un centre hospitalier ou pire, en salle d’attente. C’est la hantise de tout le monde », raconte l’un d’eux.
    Alertée sur cette situation de crise, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a diligenté le 4 décembre une mission « flash » de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin qu’elle fasse rapidement des « préconisations de court et de moyen terme pour résorber les tensions et optimiser la couverture des besoins » en lien avec le pic épidémique hivernal en Ile-de-France.

    Une décision mal reçue par une partie des chefs de service de l’hôpital Necker qui ont envoyé une lettre à la ministre – dont des extraits ont été publiés par Libération – pour faire valoir leur « profonde incompréhension » face au déclenchement d’une telle procédure alors que, selon eux, l’actuelle épidémie ne fait que révéler « les insuffisances d’une structuration hospitalière à bout de souffle ».
    La crise pourrait désormais prendre une tournure plus politique. Lors d’une réunion surprise, vendredi 6 décembre, avec les seuls chefs de service de l’hôpital Necker – l’établissement où elle exerçait auparavant – Mme Buzyn aurait directement mis en cause, selon les témoignages de plusieurs participants, la mauvaise anticipation de l’épidémie par la direction de l’AP-HP. Une mise en cause qui donnera un relief particulier aux conclusions des inspecteurs de l’IGAS, attendues d’ici au 19 janvier.

    #hôpital #soin #enfance #barbares

    • La maternité du CHU de Nantes saturée, Yan Gauchard
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/12/12/la-maternite-du-chu-de-nantes-saturee_6022624_3224.html

      Saturé, le service de maternité a transféré cette année plus de 100 femmes sur le point d’accoucher vers d’autres établissements, parfois en urgence.

      Le diagnostic ne souffre aucune contestation : la maternité du CHU de Nantes (Loire-Atlantique) est saturée. Configuré pour assurer 3 800 accouchements, le service pourrait, pour la première fois de son existence, frôler les 4 500 naissances à l’issue de l’exercice 2019, selon Sylvie Moisan, du syndicat FO.
      A la fin du mois de septembre, on dénombrait plus de cent parturientes transférées, parfois en urgence, vers d’autres établissements, publics comme privés. « Il y a des risques avérés pour les mamans, leurs bébés, et le personnel », dénonce Mme Moisan.

      Conditions de sécurité
      Interpellée le 26 septembre par les syndicats, Laurence Halna, directrice des soins au sein du pôle « femme, enfant, adolescent » du CHU, a livré ce constat accablant : « Notre objectif, c’est d’accoucher les femmes dans des conditions maximales de sécurité. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. »
      Dans un do­cument interne que Le Monde a consulté, Luc-Olivier Machon, directeur des ressources humaines, confirme la situation de « surchauffe » et partage le constat que le service n’est « plus dimensionné par rapport à l’activité enregistrée ».
      « A la question : est-ce que l’on peut continuer comme cela indéfiniment, la réponse est clairement : non », précise M. Machon.

      « On a des professionnelles épuisées, qui dépassent largement les quatorze heures par jour. »
      Dans ce même document, Marie, sage-femme, fait part de la « détresse » du personnel, et parle « d’équipes en souffrance ».« On a des professionnelles épuisées, qui dépassent largement les quatorze heures par jour », relève Roland ­Jaguenet, de la CGT (majoritaire).

      « Dans le vestiaire, dit Marie, on se prépare à aller en garde comme pour aller au front. » La dégradation des conditions de travail, observe la sage-femme, a commencé il y a deux ans. « Depuis 2017, chaque mois est un nouveau record. Là, on arrive au maximum de notre capacité. On a eu un été difficile, on s’est retrouvé face à une vague qu’on n’a pas pu contenir. »
      Une cellule de crise a été activée pour tenter de réguler les flux de patientes. Et la direction a expérimenté l’ouverture d’une unité éphémère de dix lits en secteur pédiatrique durant l’été. « C’était du bricolage, fustige M. Jaguenet. L’accueil des proches a été limité de façon drastique, et les agents ont couru dans tous les sens. »

      « Parfois, on se fait peur »
      Arrivée aux urgences du CHU « après avoir perdu les eaux », Marie Robinet, 23 ans, a été orientée, « après deux heures d’attente dans les couloirs », vers une clinique :
      « Je pensais que j’allais être invitée à monter dans une ambulance, prise en charge par du personnel habilité. Mais non : les agents ont désigné ma mère et mon petit ami, et ont dit : “Vous avez un véhicule, vous pouvez vous y rendre par vous-mêmes.” Vous n’allez pas accoucher dans la demi-heure qui suit… »
      La jeune femme décrit « une situation hyperstressante », et juge les conditions de son transfert « irresponsables », interrogeant : « Que serait-il arrivé si cela s’était mal passé ? »
      « Parfois, on se fait peur, énonce Marie, sage-femme. On apprend que la femme a accouché juste à son arrivée… C’est dur aussi en termes relationnels : il faut négocier avec les gens, les familles, les maternités. »
      La direction a créé, à la rentrée, douze postes pérennes, ainsi qu’un poste d’assistante sociale pour traiter la problématique des patientes en grande précarité. L’établissement, analyse M. Machon, est victime de son succès du fait de la qualité des soins dispensés, et de son haut niveau de prise en charge.
      Futur CHU
      Pour sortir de la crise, la direction prévoit de mettre en place, à compter du premier semestre 2020, un dispositif de formalisation des inscriptions, permettant, au besoin, d’aiguiller les patientes vers une maternité publique coopérant au sein du groupement hospitalier de territoire (Ancenis, Châteaubriant, Saint-Nazaire), ou des cliniques.
      « À partir du moment où l’on voit poindre de réels soucis de sécurité ou que l’on recourt à des transferts tardifs dans des conditions plutôt désastreuses pour la parturiente, il apparaît préférable d’anticiper l’afflux des patientes », justifie un cadre.
      La CGT doute du calibrage du futur CHU qui doit surgir de terre à l’horizon 2026, sur l’île de Nantes, au terme de 953 millions d’euros de travaux. Et ce, même si deux salles de naissance supplémentaires sont prévues dans la maternité. Les agents redoutent que les sorties précoces (moins de soixante-douze heures d’hospitalisation) se multiplient. « Sincèrement, je ne vois pas comment on peut en faire davantage », avertit une sage-femme.

      #maternité

  • Le suicide de Christine Renon n’a pas eu l’écho qu’il aurait dû avoir (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/182301/education-nationale-suicide-lettre-christine-renon-directrice-ecole-souffrance

    Le 21 septembre, une directrice d’école mettait fin à ses jours dans son établissement de Pantin. Trois semaines seulement après la rentrée, elle disait être « épouvantablement fatiguée ».
    […]
    Le texte de Christine Renon décrit par le menu ses journées de travail –faire remonter des informations, organiser mille et une choses– et montre son attachement au travail bien fait, la rigueur et puis le découragement, l’accablement devant l’absurdité de sa tâche. Un texte bouleversant, aussi, par sa fin.
    […]
    Ce genre de témoignage concorde avec ce que disent les spécialistes de la souffrance au travail Christophe Dejours et Vincent de Gaulejac : ce n’est pas le harcèlement ou la quantité de boulot qui détruit les individus, mais l’organisation du travail et le manque d’écoute.
    […]
    La question de la distance entre le travail que l’on pense, que l’on sait devoir faire et la capacité à le faire réellement marque les consciences professionnelles. Quel sens a votre travail si la mission dont vous êtes investi·e vous semble empêchée par les mêmes personnes qui vous ont confié la tâche de la remplir ? Autrement dit : comment s’occuper des enfants quand l’administration vous bombarde de mails et de demandes ?
    […]
    À moins d’être passionné·e par les publications syndicales des enseignant·es ou de vivre avec quelqu’un exerçant le métier, il y a peu de chances pour que le public entende parler de l’effet de ces réformes sur le quotidien des profs, notamment en matière de charge de travail.
    […]
    Ces souffrances et ce manque de moyens de communication prospèrent sur une toile de fond bien particulière. D’abord, celui des mauvaises performances de l’école, jugées comme décevantes au regard du classement PISA ou tout simplement alarmantes, si l’on en croit d’autres études internationales comme Pirls en français ou Timss en mathématiques. Ensuite, le caractère injuste de notre école qui reproduit, on le sait, beaucoup trop bien les inégalités sociales. Ces discours de déploration affectent les profs et les personnels encadrants, qui s’en estiment souvent la cible.
    […]
    Mais le corps enseignant est-il vraiment responsable ? En lisant le nouvel ouvrage dirigé par Bernard Lahire, Enfances de classe, on comprend –si ce n’était pas déjà compris– que la mission de l’école en matière de réduction des inégalités semble être un défi impossible à relever pour les profs. N’attribue-t-on pas malgré tout un peu trop facilement l’échec de l’école aux personnes qui passent leur vie professionnelle au sein de l’Éducation nationale et au contact des élèves, ce qu’elles sont les seules à faire ?
    Cette responsabilité ressentie par les enseignant·es est alourdie par la perception de l’école publique par l’opinion comme une institution qui doit être juste, démocratique et presque réparatrice […]
    Pour le dire autrement, la distance entre l’idéal et le possible constitue pour beaucoup une source de souffrance professionnelle.

    #école #éducation #souffrance_au_travail #salariat #enseignant·es #suicide #réformes #perte_de_sens

  • Procès des suicides à France Télécom : « Mon mari était piégé, l’a t’il senti ? »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240519/proces-des-suicides-france-telecom-mon-mari-etait-piege-la-til-senti

    La parole aux victimes, et à leurs proches. D’anciens cadres racontent, à l’occasion du procès France Télécom, leurs mises à l’écart, payés à ne rien faire pendant des mois, effacés de l’organigramme. La veuve de Michel Bugaud, qui s’est suicidé en 2006, a témoigné au contraire de la charge de travail qui pesait sur son mari, et sa dernière terrible année dans l’entreprise.

    #France_Télécom,_des_suicides_au_procès #souffrance_au_travail,_Didier_Lombard,_social,_Souffrance,_procès,_Travail,_management,_suicide,_France_Telecom,_Harcèlement_moral,_suicides,_Justice

  • Procès des suicides à France Telecom : une direction sourde et sans remords
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110519/proces-des-suicides-france-telecom-une-direction-sourde-et-sans-remords

    La première semaine du procès historique des suicides à France Télécom a été dense et intense. L’ancien PDG Didier Lombard s’obstine dans le déni et la morgue. Selon lui, il n’y a jamais eu de crise sociale mais une crise médiatique qui aurait amplifié les suicides. Plusieurs témoins – un syndicaliste, une inspectrice du travail, un expert social – ont cependant révélé la fabrique institutionnelle de la violence au sommet du groupe, et les alertes envoyées.

    #JUSTICE #souffrance_au_travail,_Jean-Louis_Wenès,_Orange,_suicides_au_travail,_Didier_Lombard,_France_Telecom,_A_la_Une

  • Procès France Telecom : une direction sourde et sans remords
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110519/proces-france-telecom-une-direction-sourde-et-sans-remords

    La première semaine du procès historique des suicides à France Télécom a été dense et intense. L’ancien PDG Didier Lombard s’obstine dans le déni et la morgue. Selon lui, il n’y a jamais eu de crise sociale mais une crise médiatique qui aurait amplifié les suicides. Plusieurs témoins – un syndicaliste, une inspectrice du travail, un expert social – ont cependant révélé la fabrique institutionnelle de la violence au sommet du groupe.

    #JUSTICE #souffrance_au_travail,_Jean-Louis_Wenès,_France_Telecom,_Didier_Lombard,_Orange,_suicides_au_travail,_A_la_Une

  • « La domination au travail est beaucoup plus dure qu’avant » | L’Echo
    https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/la-domination-au-travail-est-beaucoup-plus-dure-qu-avant/10060958.html
    https://images.lecho.be/view?iid=dc:134266160&context=ONLINE&ratio=16/9&width=640&u=1540186800000

    Psychiatre et psychanalyste, Christophe Dejours est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM, Paris), titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail et directeur de recherche à l’Université Paris V. Auteur d’une œuvre abondante sur le monde du travail et les pathologies associées, il dénonce l’avènement des « gestionnaires » dans les années 1980, qui a, dit-il, eu des effets catastrophiques sur la qualité du travail et les pathologies qui en découlent. « En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe », prévient-il.

    Vous êtes un spécialiste des rapports entre l’homme et le travail. Et notamment de la psychodynamique du travail. De quoi s’agit-il ?

    C’est une discipline née de la rencontre entre la psychopathologie du travail et l’ergonomie. Elle cherche à comprendre comment les travailleurs parviennent à maintenir intègre leur santé mentale malgré une organisation du travail souvent nuisible… On a ainsi découvert que la normalité est le résultat d’un compromis entre, d’un côté, des contraintes délétères pour le psychisme – qui peuvent conduire à la maladie mentale – et, de l’autre, la construction de stratégies de défense.

    #travail #emploi #entreprise #souffrance_au_travail

  • « Pourquoi je veux quitter l’école » : le témoignage poignant d’une instit au bout du rouleau - Charente Libre.fr
    http://www.charentelibre.fr/2018/10/23/pourquoi-je-veux-quitter-l-ecole-le-temoignage-poignant-d-une-instit-a

    L’année suivante, un autre élève est revenu dans ma classe. Je l’avais eu lors de ma première année, et je l’aimais bien. Mais là, il avait grandi, il était plus proche de l’adolescence, il était passé par un foyer pour jeunes, et il est apparu très vite que ce n’était plus le même enfant. Au bout de quelques semaines, il m’a donné des coups de pied, insultée, craché dessus. Il terrorisait les autres élèves (et en était très content). Il est arrivé que nous fermions la porte à clé pour l’empêcher de rentrer dans la classe alors qu’il avait décidé de semer la terreur chez les enfants. Heureusement que mon AVS et moi étions soudées, et que le reste de mes collègues était vigilant et prêt à intervenir. Lors d’une réunion, il a été convenu que cet élève ne serait scolarisé que le matin. Mais au cours de cette même réunion, alors que j’évoquais la difficulté que j’avais à gérer la classe lorsqu’il était là, et le fait qu’il y avait les autres élèves à accompagner, que je ne pouvais pas utiliser tout mon temps et toute mon énergie pour lui, l’inspectrice m’a fait comprendre, en gros, que je n’en avais que 12 et que j’étais formée pour ça, donc que je ne devais pas me plaindre (je schématise, mais c’est l’idée).
    Je précise qu’il n’y a pas de cours d’arts martiaux dans la formation que j’ai suivie, qu’à aucun moment on ne nous a expliqué quoi faire face aux insultes et aux crachats, et qu’en CLIS les élèves ont des troubles des apprentissages – pas comportementaux.
    J’ai donc poursuivi l’année, la boule au ventre chaque matin lorsque je le voyais arriver, ne commençant à respirer que le midi lorsqu’il rentrait chez lui. Je redécouvrais ma classe et le plaisir de travailler avec mes élèves l’après-midi, et les élèves eux aussi étaient plus détendus et plus heureux lorsqu’il n’était pas là.

  • Quelques informations factuelles sur la lutte au sein de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray, puisque ni les instances de tutelle ni les médias nationaux ne semblent en faire grand cas. Pourtant, son enjeu n’est pas du tout anecdotique.

    D’abord, le #CH_du_Rouvray, c’est ni plus ni moins que le 3ème HP de France. 2000 salarié·es (personnel médical et non médical) et 1000 lits selon la belle plaquette des « chiffres-clé » que son administration met en ligne :
    https://fr.calameo.com/read/0044637175cd97c4c8027

    Ensuite, pourquoi les soignant·es exigent-ils et elles avec autant d’urgence la création de 52 postes de soignant·es et d’une unité pour adolescent·es ? Parce que le manque de personnel et de places, voilà ce que ça signifie concrètement :

    "Aujourd’hui, telles que les choses sont faites, un garçon de 12 ans qui déprime peut très bien se retrouver dans la même chambre qu’un pervers sexuel de 40 ans. Sur la dernière année, on a eu quatre plaintes pour #viol_sur_mineur·e."

    "Le plus jeune qu’on ait eu, 9 ans, dans les services adultes. Tellement jeune qu’on est obligé de l’isoler dans ce qu’on appelle une #chambre_d'isolement. (...) Quatre murs et un lit. Et un seau pour chier."

    "Il y a des personnes de 80 balais qui dorment dans des placards, sur des matelas de quatre centimètres, ou dans des pièces qui ne ferment pas à clé…"

    "Moi j’ai un patient qui s’est pendu à 16h30 parce que ce jour-là, au lieu d’être quatre on n’était que trois, j’étais avec deux femmes enceintes, et la surveillance on n’a pas pu la faire. Et que voilà, on l’a retrouvé accroché 3/4 d’heure trop tard quoi. Mais j’ai dû assumer ça avec la famille le lendemain. J’y pense souvent à ça."

    "Moi y a des patients, je suis obligé de les enfermer. Je suis obligé de le faire parce que, à deux ou à trois, je peux pas m’occuper de tout le monde. J’ai enfermé quelqu’un qui est venu ici de son plein gré juste pour dépression. J’ai dû l’enfermer toute la nuit, avec un seau pour aller uriner ou pour aller à la selle. Forcément, quand je suis revenu le voir le lendemain matin, parce que je lui avait vendu que tout allait bien se passer et que j’allais être là pour lui, quand je suis revenu le revoir le lendemain matin, vous croyez qu’il m’a dit quoi le patient ? Que j’étais le pire des infirmiers, qu’il remettrait plus les pieds là-dedans... Il s’est énervé et du coup ça s’est terminé qu’on a dû le contentionner et lui faire une injection. Alors que ce monsieur-là venait juste pour une dépression."

    "Je fais de la maltraitance. Je ne suis plus infirmier. Je ne sais plus ce que je suis. Mais je ne fais pas du soin, ça c’est sûr."

    "Par rapport à l’année dernière, il y a eu une augmentation de 40% des arrêts maladie. Ça inclut les petits arrêts maladie de rien du tout, les classiques, mais aussi, évidemment, les dépressions, les troubles anxieux, les blessures physiques…"

    "Parfois, mon boulot consiste à parler toute une matinée avec un seul patient qui me répète en boucle qu’il est en pleine conversation avec Dieu. Quand il y en a 30 autres qui m’attendent derrière, forcément, je n’ai le temps de rien… J’ai arrêté de compter les collègues qui se sont fait casser la gueule par des patients qui sentent qu’on est de moins en moins capables de les aider."

    [Citations extraites des témoignages de Marc-Aurélien et Jean-Yves, grévistes de la faim, sur https://www.society-magazine.fr/cette-greve-de-la-faim-fait-de-moi-un-robot-sans-ame et la vidéo de Konbini sur https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/010618/revue-de-presse-au-2-juin-sur-la-lutte-du-rouvray ]

    Et ce ne sont là que deux témoignages. Il y a des centaines de salarié·es sur l’hôpital qui soutiennent les sept grévistes de la faim, des salarié·es d’autres hôpitaux psy, d’hôpitaux tout courts, d’associations de soin, d’associations de personnes psychiatrisées. Voilà donc ce qu’on trouve derrière les chiffres bien propres brandis par les #gestionnaires de la psychiatrie : la #contention (physique et médicamenteuse), l’#isolement, la #maltraitance, la #mise_en_danger des patient·es et une très grande #souffrance_au_travail. La start-up psychiatrie commence à ressembler drôlement à la vieille psychiatrie, celle d’il y a bien longtemps comme celle qui ne s’est jamais remise en question.

    Alors ce choix de la #grève_de_la_faim, qui semble échauder les bonnes âmes en haut lieu, comme si ce n’était vraiment pas une façon de demander les choses, comme si c’était de la comédie ou comme si c’était trop sale, ce choix de la grève de la faim, il s’est fait le dos au mur. C’est, paradoxalement, du pur instinct de survie - la survie des patient·es et la survie des soignant·es. La survie physique et la survie psychique. Notez bien qu’on ne parle pas de bien-être, tout le monde sait que ce n’est pas envisageable un instant, mais de survie pure et simple.

    Donc ces sept-là :

    ces sept-là sont en train de nous dire quelque chose de salement, en effet de salement, important.

    [Photos de Jean-Pierre Levaray
    https://blogs.mediapart.fr/776830/blog/020618/mon-hp-va-craquer-photos-de-la-lutte-du-rouvray ]

  • A Marseille, les #Bibliothèques sont le symbole d’une gestion à la dérive
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130418/marseille-les-bibliotheques-sont-le-symbole-d-une-gestion-la-derive

    Régulièrement en grève depuis décembre 2017, les bibliothèques marseillaises souffrent d’un sous-effectif et d’une direction absente qui laissent le champ libre au syndicat majoritaire #FO. À l’Alcazar, vaisseau amiral, la situation a provoqué le départ de nombreux cadres, ainsi que des cas de #souffrance_au_travail.

    #France #Jean-Claude_Gaudin #services_publics

  • Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité » (Julien Brygo et Olivier Cyran, BastaMag)
    https://www.bastamag.net/Intensification-du-travail-Le-patronat-et-ses-relais-politiques-sont-prets

    #Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’#injonction faite à tous les #travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces #boulots dégradés, s’ajoute la #précarité grandissante de travailleurs qui quittent le #salariat pour la « liberté » de l’#auto-entrepreunariat. [Julien Brygo et Olivier Cyran] y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles.
    […]
    « Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le #capitalisme les auront assignés presque naturellement. »

    #boulot_de_merde #rentabilité #lean_management #valeur_travail

  • Le pervers narcissique : tentative de déconstruction clinique d’une figure archétypale bien contemporaine par Benoist RÉVEILLÉ
    https://www.lemediatv.fr/articles/le-pervers-narcissique-tentative-de-deconstruction-clinique-d-une-figure-a

    Le pervers narcissique est partout : il a envahi nos écrans, notre imaginaire, et son évocation s’est banalisée dans la vie de tous les jours. Il est désormais cité à chaque fois que surgit un nouveau rapport de force - principalement dans le couple ou au travail. Entretien avec Vincent Rousseau, Psychologue clinicien à Nantes, autour d’une figure devenue incontournable. Plongée entre les différentes réalités du vécu, au travers des récits tirés du cabinet, autour de la construction d’une légende urbaine contemporaine.

    Son arme principale est le langage. Il va utiliser par exemple la communication paradoxale, dont l’exemple le plus connu est l’injonction paradoxale : un énoncé logiquement paradoxal et contraignant qui ordonne à l’autre un choix impossible à faire. Une autre forme de communication qui sera utilisée est la disqualification : un jugement sera porté sur les perceptions, sensations et pensées du sujet et toutes les activités du moi ordinairement non conflictuelles de l’autre vont êtres disqualifiées, pas reconnues, et vont devenir conflictuelles. Ce que l’on peut dire, c’est que le pervers narcissique a son langage propre, et généralement anti-communicationnel. C’est ainsi que Racamier définissait ce qu’il appelait les « manoeuvres perverses narcissiques confusiogènes » : « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, et surtout puissiez-vous ne rien comprendre à ce que je vous raconte, de manière à ce que quoi que vous pensiez, quoi que vous disiez ou quoi que vous fassiez, je puisse toujours avoir raison ». C’est la relation d’emprise absolue : avec ce langage, l’autre va être poussé à agir et faire des erreurs qui vont ensuite lui être reproché et qui vont aussi pouvoir aboutir à une inversion des rôles : ledit pervers narcissique pourra alors se considérer comme une victime. On reconnaît d’ailleurs ici l’étymologie du mot perversion : “mettre sens dessus - dessous”.

    Et qu’en est-il dans le couple ?

    Dans un couple normal, il y a la nécessité de se déprendre d’une part de narcissisme pour s’éprendre : il y a une perte narcissique qui est mise du côté de l’autre et il y a un retour narcissique dans l’amour, dans le regard que nous porte l’autre. Ce qui se passe dans une relation perverse narcissique - et qui crée une dissymétrie dans la relation - c’est que le pervers narcissique ne lâche rien, il ne se déprend pas, il ne peut donc pas s’éprendre et tout sera centré autour de son propre narcissisme. Le pervers narcissique prend sans donner, tandis que l’autre donne sans recevoir. Il devient l’idéal du moi pour ladite victime, qui de son côté est prête à véritablement se sacrifier pour lui.

    Ce qui soude le couple pervers narcissique c’est la toute-puissance : tous les deux viennent recouvrir un vide narcissique profond par le biais d’un registre oral commun. Au début il y a séduction, idéalisation de l’autre, la personne est placée sur un piédestal, c’est l’élu(e) - il y a de l’enviable chez l’autre - et finalement ça camoufle les processus pervers narcissiques. Petit à petit il y a une dégradation, c’est la dimension envieuse qui prend le dessus. Dans l’amour il y a toujours de l’idéalisation, mais ici la chute est d’autant plus violente, car dès que ce vernis de l’amour idéal va s’effriter, le pervers narcissique ne va plus supporter son propre conflit psychique, son conflit envieux, et à partir de là il va faire porter le chapeau à l’autre et mettre en place des stratégies manipulatoires qui passent principalement par la parole.

    La cristallisation du couple pervers narcissique autour de l’envie d’un côté et du sacrifice de l’autre est en général très forte : il y a une relation de dépendance qui touche à un désir de toute-puissance des deux partenaires finalement. Mais ça n’est pas sans une mise en danger narcissique, et par ailleurs la destruction du partenaire entraîne des dépressions très typiques comme par exemple la perte complète d’autonomie, une dévaluation absolue ou une incapacité à penser correctement...

    #pervers_narcissique #psychologie #psychanalyse #souffrance_au_travail

  • Travailler, pour qui, pourquoi ?, Marie Pezé
    https://blogs.mediapart.fr/marie-peze/blog/191117/travailler-pour-qui-pourquoi

    Travailler, pour qui, pourquoi ? Marie Pezé, docteur en psychologie, psychanalyste, ancien expert judiciaire, responsable du réseau de consultation souffrance et travail.

    La notion de qualité de vie au travail (« Quality of work life »), forgée par Irving Bluestone dans les années 60, ouvre la voie de la libération des énergies de l’individu au service de la performance organisationnelle et du fonctionnement global de la société. C’est à l’issue de la conférence internationale sur la qualité de vie au travail, tenue en septembre 1972 dans l’état de New York, qu’un nouveau champ théorique est constitué. Un an plus tard, le Conseil International de Qualité de Vie au Travail reçoit le mandat de promouvoir la recherche et l’échange des connaissances dans le domaine de la santé mentale au travail et de la qualité de vie au travail.

    Nous devons nous interroger sur les liens entre le bien-être au travail et la performance de l’entreprise. Espérons que consentir à nous occuper de la prévention des risques psychosociaux (RPS) et de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) n’aura pas pour seule finalité la recherche d’une « performance globale » et « durable » de l’entreprise mais aussi la production de soi, du vivre ensemble, de la culture et de la civilisation, par le travail ?

    De toutes parts dans la société, les injonctions à améliorer notre vitalité s’apparentent au chant d’un culte, opérant sous formes d’incantations magiques, de filtres et onguents divers, de représentations musclées et sportives. Alors que l’hygiénisme du 19e siècle développe des politiques de santé publique, favorisant la vie et donc l’accroissement de la population, l’hygiénisme contemporain vise avant tout l’augmentation de la vitalité des individus. Ainsi s’explique le succès du concept de résilience, dont le sentiment de bien-être subjectif ou de réalisation de soi, condition de la santé mentale positive, constituerait l’indice. Synonyme de vitalité psychique, la santé mentale positive et son alter ego la psychologie positive, dans la mesure où elle constitue une posture mentale positive, sont des moyens de renforcer la compétitivité économique.

    Si la vitalité de l’Homme au travail se trouve aujourd’hui sollicitée au moyen d’artifices pharmacologique et idéologiques, ses principes reposent sur la négation du corps et de sa vulnérabilité.

    #travail_prescrit #travail_réel #management #souffrance_au_travail

  • Ransomware : les employés préfèrent payer eux même pour éviter la honte - ZDNet
    http://www.zdnet.fr/actualites/ransomware-les-employes-preferent-payer-eux-meme-pour-eviter-la-honte-39859572

    Pas facile d’endosser le rôle public de la victime, surtout en entreprise. C’est la raison pour laquelle une majorité de salariés qui se retrouvent avec leur ordinateur bloqué par un ransomware (ou rançongiciel) préfèrent mettre la main à la poche et payer sur leurs deniers personnels, discrètement.

    On n’ose pas y croire... la peur du salarié devant le risque d’être viré, devant les collègues, devant le monde numérique souvent incompréhensible. Il va falloir faire quoi pour qu’on (re)commence à enser solidarité, classe exploitée et dominée et dangerosité d’une architecture mondiale privée et dérégulée ?

    C’est en tout cas une des trouvailles de l’étude d’Intermedia : 59% des employés de grandes organisations (plus de 1000 salariés) paient eux même la rançon. A noter que les millenials, une population avec une connaissance de la technologie plus forte que la moyenne, sont plus sujets à payer de leur poche. 73% des millenials paient selon l’étude la rançon. Et 37% des employeurs seulement paient face à un blocage provoqué par Wannacry, Petya ou encore Locky.

    #Ransomware #Entreprises #Souffrance_au_travail #délitement_collectif

  • Seydou Bagaga mort pour un Colissimo, #La_Poste mise en examen
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/171017/seydou-bagaga-mort-pour-un-colissimo-la-poste-mise-en-examen

    Le travail tue, surtout les plus précaires. Pour ne pas perdre son boulot et récupérer un colis tombé dans la Seine, Seydou Bagaga, livreur pour un sous-traitant de La Poste, s’est noyé un jour d’hiver 2012. Son employeur, qui ne l’avait pas déclaré, et un cadre de La Poste viennent d’être mis en examen, ainsi que La Poste en tant que personne morale.

    #Economie #souffrance_au_travail #sous-traitance

  • Seydou Bagaga, mort pour un Colissimo, #La_Poste mise en examen
    https://www.mediapart.fr/journal/france/171017/seydou-bagaga-mort-pour-un-colissimo-la-poste-mise-en-examen

    Le travail tue, surtout les plus précaires. Pour ne pas perdre son boulot et récupérer un colis tombé dans la Seine, Seydou Bagaga, livreur pour un sous-traitant de La Poste, s’est noyé un jour d’hiver 2012. Son employeur, qui ne l’avait pas déclaré, et un cadre de La Poste, viennent d’êtres mises en examen, ainsi que La Poste en tant que personne morale.

    #France #souffrance_au_travail #sous-traitance

    • Seydou Bagaga est mort pour un Colissimo. Il avait 34 ans, une femme, un bébé de 11 mois et vous auriez pu le croiser sur le pas de votre porte. Il était livreur pour DNC Transport, une petite société, prestataire exclusif de Coliposte, filiale de La Poste. Seydou Bagaga est mort il y a bientôt cinq ans. En plein hiver, quelques jours avant Noël, quand les entrepôts débordent de paquets et que la pression de Coliposte sur ses sous-traitants est la plus infernale. Il effectuait sa tournée au pas de course – 150 colis à distribuer – et s’apprêtait à livrer un client vivant dans une péniche à quai à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) quand un des colis est tombé dans la Seine. Seydou Bagaga ne savait pas nager, mais il lui fallait absolument récupérer ce colis, de peur de perdre son travail. Il a cru que l’eau n’était pas très profonde, alors il a quitté ses chaussures et il est descendu dans l’eau glacée. Il a coulé. Les pompiers ont repêché son corps inanimé. Il n’est jamais sorti du coma. Il s’est éteint le 8 janvier 2013 sur un lit d’hôpital, trois semaines après sa noyade.

      Seydou Bagaga venait de décrocher un contrat à l’agence ACP d’Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne, comme on désigne dans le jargon postal une agence Coliposte, cette division de La Poste qui livre les Colissimo. Il était « en formation ». Malien, il disposait d’un titre de séjour depuis l’été, mais il n’était pas déclaré. Il travaillait au noir. Depuis l’avènement du e-commerce et au nom d’une ultrarentabilité appliquée aux services publics, La Poste sous-traite de plus en plus la livraison des colis chez les particuliers ou dans les entreprises. En Île-de-France, c’est devenu la norme. La concurrence entre prestataires est telle que tous les abus bafouant les règles les plus élémentaires du droit du travail, de l’absence totale de jours de repos au travail dissimulé, sont permis, plongeant dans une grande précarité ces livreurs low-cost.

      Sur les plates-formes où ils se mélangent aux postiers en CDI et avec un outillage appartenant à La Poste, au contrôle des colis, à la préparation des tournées, à la livraison, on les reconnaît facilement : ils sont noirs, maghrébins, quasiment tous issus de l’immigration (relire notre reportage Dans la jungle des esclaves du colis). Et ils écopent des charges, des cadences et des tournées les plus ardues (pas de boîte aux lettres, pas de gardien, colis difficiles à livrer), pour un salaire très largement inférieur à celui des employés de La Poste. « On apporte une certaine flexibilité que leurs chauffeurs n’ont pas, en raison des syndicats qu’il y a derrière. En outre, nos chauffeurs livrent plus que les chauffeurs de La Poste, qui ne livrent pas plus d’un certain nombre de colis », témoigne sans détour dans le dossier un prestataire de Coliposte. L’inspection du travail a ainsi comparé le salaire d’un postier en CDI à temps complet avec celui d’un sous-traitant. Elle note des écarts « très importants » : « 2 065,35 euros brut pour un postier, contre 1 425,70 euros brut pour un prestataire. Avec pour le postier un “Bonus qualité” en fonction des performances de l’agence, une prime colis de fin d’année (250 euros), une indemnisation de collation (37 euros), un complément poste (72 euros), un complément géographique (41 euros), le paiement des heures supplémentaires majorées (284 euros pour 12 heures supplémentaires). Le prestataire, lui, n’a droit qu’à une prime repas de 20 euros, une indemnité “téléphonique” de 25 euros, et il n’a bénéficié d’aucune heure supplémentaire pour le mois de décembre 2012, alors qu’il s’agit d’un mois qui rencontre un pic d’activité lié aux fêtes de fin d’année et aux commandes internet. »

      Cinq longues années après la mort de Seydou Bagaga, qui jette une lumière crue sur les conditions de travail impossibles des sous-traitants de La Poste, au terme de dizaines d’auditions, de constatations, la justice s’apprête à clore l’enquête sur laquelle trois juges d’instruction se seront penchés. Elle vient d’ordonner trois mises en examen : le dirigeant de DNC transport pour prêt de main-d’œuvre illicite, marchandage et homicide involontaire ; le directeur du centre Coliposte d’Issy-les-Moulineaux pour prêt de main-d’œuvre illicite et marchandage ; et grande première, La Poste en tant que personne morale, pour prêt de main-d’œuvre illicite. Car comme l’écrivait l’inspection du travail dans un rapport en 2013, « la victime n’avait pas été déclarée par son employeur DNC Transport et (…) le donneur d’ordre de cette dernière, Coliposte, ne pouvait ignorer cette situation ». Fin novembre, on saura si la justice renvoie La Poste et les deux personnes mises en examen devant le tribunal correctionnel, ce qu’espèrent la famille de la victime et les syndicats de La Poste, en première ligne desquels la fédération Sud PTT.

      « C’est une bonne nouvelle », reconnaît Thierry Lagoutte, chauffeur et militant Sud à Coliposte, qui a fait de la traque de ces dérives son combat, sillonnant la région au volant de sa voiture personnelle, multipliant les « descentes » dans les centres. « Mais pendant toutes ces années, la direction de La Poste a continué avec la même logique, comme si de rien n’était, en ne tenant compte d’aucune des préventions et des irrégularités soulevées par l’inspection du travail et en justifiant cela d’un “tout le secteur fonctionne comme cela”, poursuit le syndicaliste. Le recours à la sous-traitance a même augmenté. À l’ACP d’Issy-les-Moulineaux où travaillait Seydou Bagaga, il ne reste plus que trois tournées particuliers sur 37 assurées par des postiers et trois tournées relais [commerçants et bureaux de poste – ndlr]. Le reste est entièrement sous-traité, y compris le tri, ce qui n’était pas le cas à l’époque de l’accident mortel de Seydou Bagaga. »

      Pour Sud PTT, « c’est de la fausse sous-traitance. Au travers de cette pratique, [la direction] s’affranchit des obligations contenues dans la convention collective de La Poste et des quelques avancées obtenues lors de mobilisations. Au-delà de faire des économies en jouant sur le dumping social, La Poste met également en danger le personnel sous-traitant en ne respectant pas ses obligations en termes de sécurité et de prévention, des obligations tout de même législatives ! ».

      C’est l’un des enjeux de cette affaire. Prouver que la sous-traitance est la variable d’ajustement interne de La Poste, que c’est La Poste qui décide de tout, des commandes, des tournées, des livreurs à garder, à virer, qu’il y a bien un lien de subordination… De nombreux témoignages en attestent dans le dossier consulté par Mediapart. À commencer par celui du patron de DNC Transport qui a embauché Seydou Bagaga, témoignage que Mediapart reproduit en partie :

      « Concernant son activité chez Coliposte, ce dernier nous indique qu’il y a une grande pression sur les salariés car il faut absolument livrer les colis à tout prix sinon il n’est pas payé, voire sanctionné par des pénalités. Il ne faut pas revenir avec des colis.

      Il nous déclare que Madame (…) met une “pression” énorme pour que je “vire” celui-qui ne convient pas, celui qui ne respecte pas les procédures de livraison. Elle veut une qualité de service irréprochable et nous en payons le prix par la pression qu’elle fait peser sur les salariés et sur moi-même. Il nous précise que parfois il n’a pas envie de les “virer” et qu’il doit toujours se justifier auprès de Coliposte s’il veut garder un salarié.

      Nous lui demandons le nombre d’employés qu’il emploie, ce dernier nous indique que le nombre d’employés de la société ne dépend pas de lui mais de Coliposte. Car il arrive par exemple que lorsqu’un nouveau salarié arrive, il ne “plaise pas” à Monsieur (…) ou bien à Madame (…). C’est Monsieur (…) et Madame (…) qui décident quand il doit prendre un salarié et quand il doit s’en séparer.

      (...) »

      Contactée, la direction de La Poste ne souhaite pas commenter cette affaire et nous renvoie vers l’avocat « du premier employeur de France après l’État », Hervé Lehman. Ce dernier regrette, dans les colonnes du Parisien, que ce « tragique accident soit instrumentalisé pour contester le principe du recours à la sous-traitance ». Il assure que « La Poste veille à ce que la sous-traitance soit organisée en parfaite application des règles légales qui la régissent, depuis l’appel d’offres qui permet de sélectionner les entreprises sous-traitantes jusqu’au contrôle périodique du respect par celles-ci de leurs obligations sociales et fiscales ». Quant au directeur de l’agence Coliposte d’Issy-les-Moulineaux, mis en examen, il vient d’être promu « animateur qualité livraison » avec un rôle de conseil à la direction opérationnelle territoriale du colis Île-de-France…

  • A #LCL, ces #suicides que la direction ne veut pas voir
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/050417/lcl-ces-suicides-que-la-direction-ne-veut-pas-voir

    Entre septembre 2016 et mars 2017, quatre salariés de la #banque LCL (ex-Crédit lyonnais) se sont suicidés ou ont tenté de le faire. Dans cette filiale du groupe #Crédit_agricole qui vit au rythme des restructurations massives, les risques psychosociaux sont préoccupants. Face aux alarmes lancées depuis plusieurs années par les syndicats et les médecins du travail, la direction pratique l’omerta.

    #Economie #burn_out #souffrance_au_travail

  • "Écrémage" en entreprise, la méthode RH qui tue (vraiment)

    ...il s’agit tantôt de mettre la #pression sur les #salariés, en générant un #stress, pour les rendre plus productifs, tantôt de les harceler pour qu’ils démissionnent. La technique a été utilisée chez #France_Telecom, dont l’ancien PDG, Didier Lombard, est poursuivi pour #harcèlement moral.

    L’ex-juge d’instruction Pascal Gand a récolté des dizaines et dizaines d’indices de ce management par le harcèlement. « Objectif réduction atteint tant bien que mal », avait griffonné sur un papier le directeur financier. Une note indiquait que « l’objectif annuel de 296 départs » était « atteint à hauteur de 74% ». La rémunération des manageurs était indexée sur les départs...

    En octobre 2006, Didier Lombard avait annoncé à ses cadres qu’il faudrait que d’ici trois ans, 22.000 salariés aient quitté l’entreprise. « Je ferai [ces départs] d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte », avait-il ajouté. Il ne croyait pas si bien dire. Soixante personnes se sont suicidées en trois ans, dans la foulée du plan de #restructuration baptisé "Next".

    #management #rh #drh #ressources_humaines #stress #souffrance_au_travail #suicide ##harcèlement_moral #Renault #France_Telecom #travail #changement

    http://www.regards.fr/web/article/ecremage-en-entreprise-la-methode-rh-qui-tue-vraiment

  • « Écrémage » en entreprise, la méthode RH qui tue (vraiment) - regards.fr
    http://www.regards.fr/web/article/ecremage-en-entreprise-la-methode-rh-qui-tue-vraiment

    En octobre 2006, Didier Lombard avait annoncé à ses cadres qu’il faudrait que d’ici trois ans, 22.000 salariés aient quitté l’#entreprise. « Je ferai [ces départs] d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte », avait-il ajouté. Il ne croyait pas si bien dire. Soixante personnes se sont suicidées en trois ans, dans la foulée du plan de restructuration baptisé "Next". Une jeune femme de trente-deux ans s’est littéralement jetée du quatrième étage d’un immeuble du groupe…
    « On le casse pour qu’il se casse »

    Ces techniques ont émergé dans les années 2000, explique Patrick Légeron. C’était avant l’affaire France Telecom, une époque où l’on faisait l’apologie du #stress en couverture des magazines. À ce moment-là, certains patrons ne s’en cachaient même pas. Le psychiatre se souvient d’un débat où Noël Goutard, ex-PDG de Valeo, affirmait tranquillement qu’il fallait que les gens arrivent « la #peur au ventre ». « Ceux qui ne sont pas formables doivent partir », affirme le dirigeant dans une conférence baptisée "Réussir par la fermeté". Ce "#management par le stress" a aussi été utilisé, selon la CGT, chez Renault par son dirigeant Carlos Ghosn, avec là aussi des conséquences terribles et des #suicides à répétition...

  • « Corporate » : dans les eaux glacées du management
    http://www.regards.fr/web/article/corporate-dans-les-eaux-glacees-du-management

    Avec Corporate , Nicolas Silhol signe un premier film qui porte le fer au cœur des méthodes de gestion des « ressources humaines » dans les grandes entreprises. Une fiction réussie sur un mal contemporain.

    Remplir la fonction

    C’est tout l’intérêt du film. Il ne conte pas l’histoire d’une prise de conscience morale, mais suit les transformations d’une femme loin de toute culture de contestation qui va rompre le pacte des puissants pour se sauver elle-même. Corporate ouvre une porte sur l’univers très caché de la gestion des grandes entreprises. Les Pinçon-Charlot sont entrés dans les manoirs et les hôtels particuliers de la grande bourgeoisie, Nicolas Silhol filme le monde des killers de l’entreprise. Mais il le fait comme un cinéaste, sans dessécher ses personnages, ici essentiellement des femmes.

    #souffrance_au_travail

  • Le #Travail, oublié de la campagne présidentielle
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150217/le-travail-oublie-de-la-campagne-presidentielle

    Les candidats à la présidentielle ne montrent aucune volonté d’agir sur les questions de travail, les conditions dans lesquelles il s’exerce et ses effets sur la santé. « Espace de travail », l’émission sociale de Mediapart, tente de comprendre pourquoi avec la sociologue #Danièle_Linhart.

    #France #Economie #conditions_de_travail #management #social #souffrance_au_travail

  • La direction de #La_Poste aurait comptabilisé plus de 50 #suicides en 2016
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151216/la-direction-de-la-poste-aurait-comptabilise-plus-de-50-suicides-en-2016

    La direction du groupe La Poste aurait comptabilisé au travers d’une « cellule de suivi des drames » interne et secrète une cinquantaine de suicides, pour la seule année 2016. C’est ce qu’ont appris cette semaine de sources internes les syndicats CGT et Sud-PTT. La direction dément.

    #France #Economie #Philippe_Wahl #social #souffrance_au_travail

  • Olivier Besancenot : « Les postiers sont entrés dans la phase France Telecom »
    http://www.regards.fr/web/article/olivier-besancenot-les-postiers-sont-entres-dans-la-phase-france-telecom

    Jeudi, c’est la grève à La Poste : une intersyndicale avec Sud et la CGT appelle à une journée nationale de mobilisation pour l’emploi et contre les réorganisations. Le postier le plus connu de France, Olivier Besancenot, fait le point sur l’état alarmant de La Poste.

    Facteurs en milieu rural : un métier de service public en grande souffrance - Basta !
    http://www.bastamag.net/A-La-Poste-Il-faut-alleger-les-tournees-arreter-les-pressions-manageriales

    #La_Poste #souffrance_au_travail #suppression_d'emplois #pressions_manageriales