• L’analyste supérieur et la rue
    _Traduction du billet d’opinion de Raul Zibechi, El analista de arriba y la calle, paru dans la Jordana, le 20 octobre 2019 : https://www.jornada.com.mx/2019/10/20/opinion/022a1mun_
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/17170067519

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    Les peuples et les classes populaires, femmes et hommes d’en-bas, sont en train de gagner les rues du monde entier. À Barcelone et à Hong Kong, à Paris et à Quito, et dans un long etcétéra impossible à couvrir en quelques lignes. À mon avis, ce seul fait est déjà une occasion à célébrer, pour la joie de ceux qui veulent la fin du capitalisme, car cela ne se reproduira pas sans confrontation et sans luttes de rue, entre autres formes de combats similaires.

    La réorganisation puissante des dispositifs répressifs les a rendus presque invulnérables, à tel point que des débordements similaires à ceux que nous avons vus au cours des périodes précédentes (je me souviens toujours du légendaire Cordobazo(1) de 1969, lorsque des travailleurs et des étudiants avaient vaincu la police du régime militaire dans la rue), sont de plus en plus rares. C’est pourquoi les manifestations de rue sont si importantes, en tant qu’école et en tant qu’horizon.

    Il est vrai, d’un autre côté, qu’avec des marches et des actions directes, qu’il n’est pas possible de dépasser le système, il manque au moins deux axes centraux : une crise systémique profonde, telle que celle enregistrée en Europe à la fin de la guerre de 1914 -1918, et une organisation puissante des peuples, non seulement pour faire face à la crise, mais bien plus spécifiquement pour construire les autres mondes appelés à se développer pendant que nous déshydratons l’hydre capitaliste.

    Les populations organisées et les militants célèbrent les petites victoires, la multiplication des caracoles au Chiapas ou le ralentissement du paquetazo(2) du FMI en Équateur. Nous sommes émus par ces milliers de personnes qui ont gratté les pierres, littéralement jusqu’au sang, afin d’ériger des barricades avec des pavés et des morceaux de bâtiments à Quito. Nous sommes indignés de la répression qui a fait une douzaine de morts et 1 300 blessés.

    Nous célébrons les avancées. « Des assemblées populaires autonomes ont été créées à Loja et à Azuay. Des espaces organisationnels depuis la base sont créés pour renforcer le pouvoir populaire, poursuivre le processus et articuler des plans et des actions », nous dit un militant contre l’exploitation minière dans le sud. Soulignant, de manière très particulière, que les 12 jours de combats ont été la première expérience vécue par toute une génération, car ils ne pensaient pas prendre le palais [c-à-d le pouvoir - ndlt], mais continuer le combat.

    D’autres compas(3) apprécient a transcendance de l’émergence d’une nouvelle génération de militants et dirigeants autochtones et populaires, ainsi que l’importance de la prééminence massive des femmes. En parallèle, ils sont touchés par les étudiants qui mettent en place des centres de collecte, des abris et des cuisines communautaires, « intégrant ainsi une lutte champ-ville ».

    Ce sont ces questions stratégiques qui devraient nous concerner, car l’avenir en dépend, et non si l’action favorise l’une ou l’autre puissance mondiale, tel ou tel homme politique qui veut atteindre ou revenir au pouvoir.

    C’est pourquoi nous sommes outrés, du moins celui qui écrit ici, lorsque l’analyste supérieur se limité, depuis son bureau, à censurer les représentants, qu’ils soient de la Confédération Nationale des Indigènes de l’Équateur (Conaie), du peuple Mapuche ou de l’EZLN, parce que ceux-ci n’ont pas fait ce qu’ils jugent approprié ou nécessaire.

    Les peuples ne sont pas guidés par les dirigeants, comme aime à le pense l’analyste supérieur, car il se moque de demander et, surtout, d’écouter, la raison du commun des mortels. S’il le faisait, il découvrirait une logique propre, différente de celle du politicien universitaire ou professionnel, car elle répond à des besoins spécifiques qui ne passent pas par l’académie et la littérature spécialisée.

    Sincèrement, ça me semble insignifiant, pour le dire gentiment, si notre lutte bénéficie à la Chine, à la Russie ou aux États-Unis. Ce sont trois puissances impériales qui sont prêtes à massacrer des populations, pour continuer à accumuler pouvoir et capital.

    Cela me semble également sans importance si une lutte d’en bas, avec toute sa douleur et son sang, finit par profiter à tel ou tel candidat à la présidentielle. Ce n’est pas le chemin des peuples. Tout ce qui renforce le rôle et l’organisation de ceux qui se trouvent en bas est très positif, au-delà de conséquences qui ne peuvent jamais être mesurées à priori .

    Il fut un temps où l’analyste supérieur faisait systématiquement partie du système. Au cours des dernières décennies, en particulier depuis la chute du socialisme réel et les déroutes des révolutions centraméricaines, une multitude d’analystes ont émergé, affirmant qu’ils étaient de gauche mais ils ne se salissent pas les mains ni n’engagent leurs corps sur les barricades. Ils n’écoutent même pas les gens.

    Ils se sentent porteurs de la vérité, alors qu’ils ne devraient n’être que des émetteurs de pensées et d’actions collectives. Il ne peut y avoir d’analyses valables qui mésestiment les peuples. Ce fut et sera toujours une attitude de droite, un rouage du système.

    Il n’y a pas d’équivalence entre le fait que certains célèbrent les morts et que d’autres utilisent les corps martyrisés comme des escaliers, matériels ou des symboliques. « Nous ne voulons pas être vos escaliers », disent les peuples Aymara aux politiciens corrompus. Seules servent les analyses nées de l’engagement, non pas sur ceux d’en bas, mais avec ceux d’en bas et à gauche.

    (1) Sorte de mai 68 argentin, le Cordobazo est un important mouvement de protestation populaire qui a eu lieu en Argentine le 29 mai 1969, à Córdoba, une des principales villes industrielles du pays. Ce soulèvement populaire a été à l’origine de la chute du gouvernement dictatorial du général Juan Carlos Onganía, qui finit par être remplacé en juin 1970 par le général Levingston. +> https://fr.wikipedia.org/wiki/Cordobazo

    (2) le « paquetazo » est un ensemble de mesures économiques d’austérité prises par le gouvernement équatorien, drastiques, utilisées en période de crise capitaliste. +> http://dndf.org/?p=18063

    (3) compas : diminutif pour « compañeros, compañeras », compagnes et compagnons. Chez les zapatistes, El Sup’ et le sous-commandant Moises ajoutent parfois « y compañer@s », pour intégrer toutes les autres variantes...

    #mexique #mexico #rébellion #révoltes #soulèvements_polpulaires

  • Interrompre la destruction du monde

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Interrompre-la-destruction-du-monde

    Jérôme Baschet
    Une juste colère. Interrompre la destruction du monde

    En automne 2018, « une véritable irruption populaire a fait vaciller le pouvoir », en France. Depuis le Chiapas rebelle où il vit, Jérôme Baschet a observé le mouvement des Gilets jaunes comme annonciateur de nouvelles formes d’explosions sociales vouées à se multiplier, expression d’une « juste colère », pendant de la « digne rage » des zapatistes. Avec méthode, il cherche à encourager et à amplifier cette dynamique afin d’« interrompre la destruction du monde ».

    La goutte d’eau a fait déborder le vase. « Et là où beaucoup s’affligeaient de ne voir que le marécage stagnant d’une majorité dite silencieuse et passive ont surgi mille torrents impétueux et imprévisibles, qui sortent de leur cours, ouvrent des voies inimaginables il y a un mois encore, renversent tout sur leur passage et, malgré quelques dévoiements initiaux, démontrent une maturité et une intelligence collective impressionnante. » (...)

    #Jérôme_Baschet #Gilets_jaunes #Chiapas #Macron #démocratie #économie #Capitalocène #Wallerstein #collapsologie #blocage #dépossession #soulèvement #autonomie

  • The Uprising

    Documentaire sur plusieurs mouvements et penseurs décoloniaux, réalisé par l’artiste Pravini Baboeram, basée aux Pays-Bas.

    In this film, musician and activist Pravini Baboeram tells the story of resistance against racism in Europe through music. The film is based on the music album which is written and produced by Pravini. With the nine songs from the album Pravini connects the struggle against blackface, the struggle for the recognition of colonial crimes committed by the Netherlands in Indonesia, the struggle for the liberation of Palestine and the struggle in the political field for an inclusive society. In this way ‘The Uprising’ offers a unique view of the resistance movement against racism in Europe through the eyes of people of colour.

    The Film - PRAVINI
    https://www.pravinimusic.com

    #décolonial #faire_monde #colonialisme #documentaire

  • Dossier spécial Soudan. « À bas le gouvernement des voleurs ! » : Retour sur les dynamiques révolutionnaires soudanaises. - Noria
    https://www.noria-research.com/fr/dossier-special-soudan-a-bas-le-gouvernement-des-voleurs

    Depuis le mois de décembre 2018, le Soudan est le théâtre de manifestations réclamant la chute d’Omar el-Beshir, à la tête du pays depuis 1989, ainsi que de l’ensemble du régime.

    Dans ce dossier spécial consacré aux révoltes soudanaises, Noria propose une analyse des dynamiques socio-historiques qui sous-tendent les mobilisations inédites de ces quatre derniers mois . Ce dossier regroupe une série d’analyses originales de la situation soudanaise.

    Clément Deshayes, Margaux Etienne et Khadidja Medani, trois chercheurs de Noria travaillant sur le Soudan, ont mené une série d’entretiens avec d’autres chercheurs, spécialistes du Soudan, dont le travail est basé sur des données de première main, issues de leurs enquêtes de terrain. Chaque entretien vient éclairer et approfondir une dimension spécifique de la situation politique. Le dossier dans son ensemble permet d’esquisser les principales dynamiques de cette révolte, en interrogeant les dynamiques sociales, économiques et politiques qui la façonne.
    Sommaire
    Partie 1 – 7 mai
    ‣ Introduction générale
    ‣ Les dynamiques de classes dans la diffusion du soulèvement soudanais. Entretien avec Magdi El Gizouli
    ‣ Économie politique du régime et de la révolte. Clientélisme, asymétrie et injustice dans la dynamique protestataire. Entretien avec Raphaelle Chevrillon Guibert
    ‣ Militer du dehors. Les ressorts du mouvement révolutionnaire chez les soudanais de la diaspora. Entretien avec Alice Franck
    ‣ Le soulèvement populaire soudanais : des premières manifestations à la proclamation de l’État d’urgence. Carte chronologique nationale réalisée par Claire Gillette
    ‣ Carte des manifestations de la diaspora soudanaise en soutien au soulèvement populaire entre décembre 2018 et avril 2019
    ‣ Carte des manifestations dans l’agglomération de Khartoum. Des premières manifestations à la proclamation de l’État d’urgence.
    ‣ Reportage photo d’Elsadig Mohamed
    Partie 2 – 14 mai
    ‣ La troisième révolution soudanaise : rétablir toutes les femmes sur la carte de l’espace public. Entretien avec Azza Ahmed A. Azziz
    ‣ La révolution soudanaise ou l’apogée d’une décennie de contestation de l’ordre politique ? Entretien avec Clément Deshayes
    ‣ Organisation et mobilisation de la révolte de décembre au Soudan : regard sur les mobilisations des zones périphériques de Khartoum. Entretien avec Mohamed A. G. Bakhit, Sherein Ibrahim et Rania Madani

    #Soudan #soulèvement #manifestations

  • A #Oran, les #jeunes_Algériens remettent à plus tard leur projet de migration

    Les côtes oranaises sont habituées, depuis les années 2000, à voir de nombreux jeunes partir clandestinement à bord d’embarcations de fortune pour tenter de rejoindre l’Europe. Depuis le début du #soulèvement_populaire en Algérie, le phénomène de la #harraga est cependant presque à l’arrêt, signe que les candidats au départ commencent à croire qu’ils ont un avenir dans leur pays natal.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/260419/oran-les-jeunes-algeriens-remettent-plus-tard-leur-projet-de-migration?ong

    #espoir #Algérie #migrations #migrants_algériens #révolution #avenir #jeunes

    • Cette semaine dans une réunion, j’ai entendu (encore) : « Depuis le début du hirak, il n’y a plus de harraga ». Comme c’est venu d’un acteur associatif a priori bien informé, je me suis dit qu’il était temps de réagir.

      1. D’abord, c’est faux :) Depuis le 22 février , le MDN a annoncé avoir intercepté 578 personnes qui tentaient de quitter le territoire par la mer. La terminologie utilisée par le MDN permet d’affirmer qu’il parle de personnes algériennes.

      (NB : Ce chiffre vient de la compilation des communiqués du MDN. L’armée harmonise ses chiffres à la fin de chaque semestre, dans un bilan publié par El Djeich. Donc possible légère évolution du chiffre)

      (NB2 : Ces chiffres, ce sont les personnes arrêtées. Ça n’inclut pas ceux qui ont réussi à passer. Donc le nombre de départ est toujours supérieur. Mais ça donne une idée de la tendance)

      2. Vous allez me dire : oui, mais ça a quand même beaucoup diminué. Exact. Du 22/02 à aujourd’hui, le MDN a arrêté moitié moins de personnes que dans le seul mois de décembre 2018.

      Mais, désolée de vous décevoir, en liant cette baisse des départs au mouvement, vous oubliez un facteur essentiel de la harga : la météo. Et il a fait sacrement moche aux mois de janvier, février, mars et avril.

      Indice :
      Octobre : 544 arrêtés.
      Novembre : 532.
      Décembre : 929.
      Janvier : 77.

      (Pas de manifestation en janvier).

      Autre facteur important, qui peut expliquer le ralentissement des départs : le travail des forces de sécurité. Plusieurs passeurs ont été arrêtés et jugés en janvier/février. Mais cela a peu d’impact sur la « volonté de départ », un facteur de migration complexe.

      Revenons à la météo. Avril, temps pourri, 0 arretés. Mai, timide retour du soleil, 269 arrêtés. Juin (jusqu’à aujourd’hui), 128 arrêtés. Les jeunes qui partent expliquent qu’il faut 2 jours de beau temps au départ et à l’arrivée pour décider de lancer le bateau.

      3. Je m’arrête là avec une idée supplémentaire. Si vous pensez que le mouvement redonne de l’espoir, en tout cas suffisamment d’espoir pour repousser un projet de départ, pensez aux milieux d’où viennent ceux qui partent et à leurs problèmes quotidiens.

      Vous visualisez ces problèmes ? Maintenant, demandez vous, de quelle amélioration ont ils bénéficié depuis le 22 février ? Voilà, vous avez compris :) Je sais que c’était pourtant romantique comme idée, désolée de faire la rabat joie :/ Fin du thread.

      https://twitter.com/LeilaBeratto/status/1142476231918727168?s=19

      #fact-checking #émigration #Leïla_Beratto

  • Manifester est un droit dans tous les pays démocratiques


    En Corée du Sud, on manifeste beaucoup, assis.e, debout, en fanfare ou seul.e dans son coin… que ce soit télécommandé ou sincère… pour les causes les plus diverses, avec des prières bouddhistes contre le nucléaire, par nationalisme, en chaise roulante pour les personnes handicapées, pour la moralisation de la vie politique, pour soutenir un challenger politique, pour rappeler au Japon les « comfort women » ou les disputes territoriales, contre la politique nord-coréenne du grand ami US…

    La police, en gilets jaunes, est là pour protéger les gens et non pour leur tirer dessus.
    Est-ce parce que le soulèvement de Gwangju de 1980 est dans toutes les mémoires ?

    Alors, des milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour réclamer la démocratie contre le régime du général Chun Doo-hwan. La répression fut sanglante (entre 200 à 2000 morts). Il fallut attendre 1997 pour que ces personnes, discréditées par la désinformation qu’avait mise en place le gouvernement, soient réhabilitées. Elles sont aujourd’hui le symbole de l’instauration de la démocratie en Corée du Sud.
    Ici, le chant du soulèvement et des images des humiliations infligées aux manifestant.es et de leur assassinat : http://guibuni.over-blog.com/2014/12/il-y-a-35-ans-une-chanson-de-polnareff-transformee-en-chant-de-lu
    Voir le film A Taxi Driver de Jang Hoon (2017) : https://www.youtube.com/watch?v=WZsT9QOh2HU

    Voir aussi https://blog.slate.fr/la-gazette-de-seoul/2013/05/18/le-martyr-de-gwangju

    #Corée_du_Sud #soulèvement_de_Gwangju #manifestation #répression #démocratie #gilets_jaunes

  • D’un dépassement du surmusulman : le miroir #Politique
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?D-un-depassement-du-surmusulman-le,969

    Dernier chapitre du #Livre de Fethi Benslama « Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman », Seuil, mai 2016. L’auteur tente ici de poser les enjeux socio-psychanalytiques de l’évolution des sociétés musulmanes. Il le fait à travers l’évocation du soulèvement tunisien de 2011 — recoupant largement nos analyses de l’époque — mais l’on pourrait facilement étendre son dignostic à tous les soubresauts du monde musulman depuis un siècle et demi et, concernant la Tunisie, de la Nahdha du XIXe à la fin du règne (...)

    #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / Benslama F., #Psycho-sociologie, Politique, Soulèvements arabes (2011), #Islam, Livre, #Création_sociale-historique, Mortalité / finitude, #Revolution, Type (...)

    #Benslama_F. #Soulèvements_arabes_2011_ #Mortalité_/_finitude #Type_anthropologique

  • L’Algérie est au bord de l’éclosion

    Mohammed Harbi et Nedjib Sidi Moussa

    https://lavoiedujaguar.net/L-Algerie-est-au-bord-de-l-eclosion

    Le surgissement populaire du 22 février constitue une rupture majeure dans notre histoire comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les Algériens ont remporté une première victoire.

    Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988 et d’éviter à nouveau le « détournement du fleuve », à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle.

    Nous sommes devant une nouvelle crise du régime mais le peuple algérien a déjà tranché. Le FLN a vécu, le cinquième mandat aussi. L’annonce du président, ce 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait.

    Ici et là, des alternatives politiciennes sont proposées par les démocrates au nom du changement. Mais les intérêts des classes populaires sont rarement pris en considération. Or, ce sont elles qui vivent le plus intensément l’humiliation, les abus du pouvoir et la hogra. (...)

    #Algérie #soulèvement #FLN #autoritarisme #corruption #auto-organisation #autonomie #émancipation

  • #Italie. Un #soulèvement de bergers agite la #Sardaigne

    Depuis quelques jours, les producteurs de lait de chèvre et de brebis de l’île italienne multiplient les actions démonstratives. Ils protestent contre la baisse des #prix de ce bien, qui entraîne une chute considérable de leurs revenus. À une dizaine de jours des élections régionales, la Sardaigne s’embrase.


    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/italie-un-soulevement-de-bergers-agite-la-sardaigne
    #agriculture #lait #élevage #résistance #prix_du_lait
    ping @albertocampiphoto

    • La lotta dei pastori sardi si combatte nei supermercati

      La protesta dei pastori sardi, che da giorni rovesciano latte in strada, è emblematica dei sempre più frequenti conflitti tra i vari attori della filiera alimentare. Prima di arrivare in tavola, ogni cibo passa attraverso diverse fasi: ci sono i produttori di materia prima (nella fattispecie i pastori), i trasformatori industriali (che fanno i formaggi) e i punti vendita – oggi sempre più dominati dalla Grande distribuzione organizzata (Gdo).

      I passaggi non sono noti al grande pubblico, che vede solo l’ultimo anello della catena e si stupisce delle proteste eclatanti periodicamente messe in campo dai produttori.

      Nel caso del latte ovino e del pecorino, la mancata regolamentazione e l’inefficacia delle sanzioni in caso di sovrapproduzione hanno determinato un surplus di prodotto – e un conseguente crollo dei prezzi, che si è riversato a cascata sugli attori più deboli della filiera.

      Soluzioni tampone
      Esistono strumenti normativi per evitare situazioni simili: si possono aumentare le sanzioni, oggi pari ad appena 16 centesimi al chilo per gli industriali del pecorino che producono in eccesso. Si può applicare l’articolo 62 della legge del 2012, che vieta l’acquisto al di sotto del costo di produzione. Si possono prevedere aiuti pubblici compensativi quando il prezzo di mercato scende eccessivamente, come ha fatto il governo precedente e si appresta a fare quello in carica.

      Per quanto necessarie e importanti, si tratta di soluzioni tampone: oggi la filiera alimentare sconta la sproporzione di forze tra un attore molto potente – le insegne della Gdo – e un mondo della produzione spesso poco organizzato, incapace di avere un reale peso contrattuale di fronte ai giganti del commercio.

      Negli ultimi anni le insegne dei supermercati hanno incentrato il proprio marketing su una pura politica di prezzo: le campagne promozionali lanciate in modo ossessivo, i 3x2, il sottocosto, le scontistiche varie hanno trasmesso al pubblico la percezione che il cibo valga pochissimo. Anche se in questo particolare frangente le responsabilità della Gdo sono limitate, il ruolo di quest’ultima nello schiacciamento di diverse filiere produttive è indiscutibile.

      Il cittadino consumatore, se informato, non baderà solo al prezzo di un prodotto, ma al suo valore d’insieme

      La crisi attuale, con l’ampia ondata di solidarietà che ha raccolto in tutto il paese, può rappresentare un’occasione per invertire questa tendenza. Diverse insegne, tra cui Coop, Conad, gruppo Végé, gruppo Crai hanno dichiarato la propria solidarietà alla lotta dei pastori. Coop ha annunciato che, attraverso i trasformatori, comprerà il latte a un euro al litro (invece che all’attuale prezzo di mercato di 60 centesimi).

      Oggi i supermercati possono dire a un pubblico solidale con le battaglie dei pastori che il pecorino è venduto a un prezzo più alto perché dietro ci sono dei produttori che faticano e il cui lavoro deve essere adeguatamente remunerato.

      Hanno l’opportunità di raccontare la filiera, mostrare chi produce ciò che troviamo sullo scaffale, restituire identità al cibo. Lo possono fare per il pecorino, così come per migliaia di altri prodotti venduti oggi a prezzi eccessivamente bassi. Perché il cittadino consumatore, se informato, non baderà solo al prezzo, ma anche a tutti quegli aspetti che costituiscono l’insieme valoriale che intorno al cibo ruota, come i rapporti produttivi, il rispetto per l’ambiente, il sostegno a un’economia fatta di lavoratori e lavoratrici che tengono vive e attive le nostre campagne.

      https://www.internazionale.it/opinione/stefano-liberti/2019/02/15/pastori-sardi-supermercati
      #supermarchés #grande_distribution

    • I pastori sardi scrivono a #Eurospin: “La Gdo smetta di scaricare i costi sui produttori”

      Aveva fatto scalpore la decisione, seguita da una marcia indietro, della catena di distribuzione organizzata Eurospin di acquistare 10mila tonnellate di #pecorino_sardo con una asta online a doppio ribasso proprio nei giorni in cui i pastori sardi rovesciavano il latte ovino per le strade, protestando contro il prezzo troppo basso imposto dai trasformatori. A rivelarlo era stata un’inchiesta d’Internazionale e l’associazione Terra!, che si era rivolta al Ministro dell’Agricoltura Gian Marco Centinaio. Ora i pastori sardi scrivono a Eurospin, che ha poi annunciato l’aumento di un euro al chilo per il pagamento del pecorino, chiedendo rinunciare alle aste al ribasso.

      https://ilsalvagente.it/2019/03/01/i-pastori-sardi-scrivono-ad-eurospin-la-gdo-smetta-di-scaricare-i-costi-sui-produttori/51798
      #supermarchés #enchère

  • Communiqué du Congrès national indigène
    et du Conseil indigène de gouvernement
    pour le vingt-cinquième anniversaire
    du soulèvement armé de l’EZLN

    CNI

    https://lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-indigene-et-du-Conseil-indigene-de-go

    Nous, les peuples, nations et tribus qui formons le Congrès national indigène et le Conseil indigène de gouvernement, saluons avec fierté le vingt-cinquième anniversaire du soulèvement armé de l’EZLN, depuis que le 1er janvier 1994, notre parole a arrêté de demander l’aumône pour exiger la justice et pouvoir nous reconnaître dans les droits que nous avons commencé à exercer depuis ce jour-là, non seulement au Chiapas, mais dans tous les recoins indigènes de notre pays. Ce jour-là, un nouveau chapitre dans notre vie collective a commencé à s’écrire. C’est la tête haute que nous marchons sur les pas de nos ancêtres, semant ceux des générations futures, avec la conviction de continuer à rester des peuples, des nations et des tribus.

    À travers la guerre qui se déchaîne contre nous, nous nous sommes vus reflétés dans le cheminement des communautés indigènes zapatistes, sachant que dehors il n’y a que des menaces à notre encontre, tout cela au nom de la richesse pour seulement quelques-uns. Pour nous, ils nous offrent le choix de migrer en abandonnant nos territoires, ils nous offrent le deuil pour nos morts face à la violence, face à la pollution, face à la persécution et la prison, ils nous offrent la peur et la résignation. (...)

    #Mexique #peuples_originaires #zapatistes #soulèvement #anniversaire #EZLN #CNI #solidarité

  • The roundabout revolutions

    The history of these banal, utilitarian instruments of traffic management has become entangled with that of political uprising, #Eyal_Weizman argues in his latest book

    This project started with a photograph. It was one of the most arresting images depicting the May 1980 #Gwangju uprising, recognised now as the first step in the eventual overthrow of the military dictatorship in South Korea. The photograph (above) depicts a large crowd of people occupying a roundabout in the city center. Atop a disused fountain in the middle of the roundabout a few protestors have unfurled a South Korean flag. The roundabout organised the protest in concentric circles, a geometric order that exposed the crowd to itself, helping a political collective in becoming.

    It had an uncanny resonance with events that had just unfolded: in the previous year a series of popular uprisings spread through Tunisia, Egypt, Bahrain, #Oman, Yemen, Libya, and Syria. These events shared with Gwangju not only the historical circumstances – they too were popular protests against military dictatorships – but, remarkably, an urban-architectural setting: many of them similarly erupted on roundabouts in downtown areas. The history of these roundabouts is entangled with the revolutions that rose from them.

    The photograph of the roundabout—now the symbol of the “liberated republic” – was taken by #Na_Kyung-taek from the roof of the occupied Provincial Hall, looking toward Geumnam-ro, only a few hours before the fall of the “#Gwangju_Republic”. In the early morning hours of the following day, the Gwangju uprising was overwhelmed by military force employing tanks and other armed vehicles. The last stand took place at the roundabout.

    The scene immediately resonates with the well-known photographs of people gathering in #Tahrir_Square in early 2011. Taken from different high-rise buildings around the square, a distinct feature in these images is the traffic circle visible by the way it organises bodies and objects in space. These images became the symbol of the revolution that led to the overthrow of President Hosni Mubarak in February 2011 – an event described by urban historian Nezar AlSayyad as “Cairo’s roundabout revolution”. But the Gwangju photograph also connects to images of other roundabouts that erupted in dissent in fast succession throughout the Middle East. Before Tahrir, as Jonathan Liu noted in his essay Roundabouts and Revolutions, it was the main roundabout in the capital of Tunisia – subsequently renamed Place du 14 Janvier 2011 after the date on which President Zine el-Abidine Ben Ali was forced to flee the country. Thousands of protesters gathered at the roundabout in Tunis and filled the city’s main boulevard.

    A main roundabout in Bahrain’s capital Manama erupted in protests shortly after the overthrow of Mubarak in Egypt. Its central traffic island became the site of popular protests against the government and the first decisive act of military repression: the protests were violently broken up and the roundabout itself destroyed and replaced with a traffic intersection. In solidarity with the Tahrir protests, the roundabouts in the small al-Manara Square in Ramallah and the immense Azadi Square in Tehran also filled with protesters. These events, too, were violently suppressed.

    The roundabouts in Tehran and Ramallah had also been the scenes of previous revolts. In 2009 the Azadi roundabout in Iran’s capital was the site of the main protests of the Green Movement contesting President Mahmoud Ahmadinejad’s reelection. Hamid Dabashi, a literature professor at Columbia University and one of the most outspoken public intellectuals on these revolutions, claims that the Green Movement was inspirational for the subsequent revolutionary wave in the Arab world. In Palestine, revolt was a permanent consequence of life under occupation, and the al-Manara roundabout was a frequent site of clashes between Palestinian youth and the Israeli military. The sequence of roundabout revolutions evolved as acts of imitation, each building on its predecessor, each helping propel the next.

    Roundabouts were of course not only exhilarating sites of protest and experiments in popular democracy, but moreover they were places where people gathered and risked their life. The Gwangju uprising is, thus, the first of the roundabout revolutions. Liu wrote: “In all these cases, the symbolism is almost jokingly obvious: what better place to stage a revolution, after all, then one built for turning around?” What better way to show solidarity across national borders than to stage protests in analogous places?

    Why roundabouts? After all, they are banal, utilitarian instruments of traffic management, certainly not prone to induce revolutionary feeling. Other kinds of sites – squares, boulevards, favelas, refugee camps – have served throughout history as the setting for political protest and revolt. Each alignment of a roundabout and a revolution has a specific context and diverse causes, but the curious repetition of this phenomenon might give rise to several speculations. Urban roundabouts are the intersection points of large axes, which also puts them at the start or end of processions.

    Occupying a roundabout demonstrates the power of tactical acupuncture: it blocks off all routes going in and out. Congestion moves outward like a wave, flowing down avenues and streets through large parts of the city. By pressuring a single pivotal point within a networked infrastructure, an entire city can be put under siege (a contemporary contradistinction to the medieval technique of surrounding the entire perimeter of a city wall). Unlike public squares, which are designed as sites for people to gather (therefore not interrupting the flow of vehicular traffic) and are usually monitored and policed, roundabout islands are designed to keep people away. The continuous flow of traffic around them creates a wall of speeding vehicles that prohibits access. While providing open spaces (in some cities the only available open spaces) these islands are meant to be seen but not used.

    Another possible explanation is their symbolic power: they often contain monuments that represent the existing regime. The roundabouts of recent revolutions had emblematic names – Place du 7 Novembre 1987, the date the previous regime took power in Tunisia; “Liberty” (Azadi), referring to the 1979 Iranian Revolution; or “Liberation” (Tahrir), referring to the 1952 revolutions in Egypt. Roundabout islands often had statues, both figurative and abstract, representing the symbolic order of regimes. Leaders might have wished to believe that circular movement around their monuments was akin to a form of worship or consent. While roundabouts exercise a centripetal force, pulling protestors into the city center, the police seek to generate movement in the opposite direction, out and away from the center, and to break a collective into controllable individuals that can be handled and dispersed.

    The most common of all centrifugal forces of urban disorganisation during protests is tear gas, a formless cloud that drifts through space to disperse crowds. From Gwangju to Cairo, Manama to Ramallah, hundreds of tear-gas canisters were used largely exceeding permitted levels in an attempt to evict protesters from public spaces. The bodily sensation of the gas forms part of the affective dimension of the roundabout revolution. When tear gas is inhaled, the pain is abrupt, sharp, and isolating. The eyes shut involuntary, generating a sense of disorientation and disempowerment.

    Protestors have found ways to mitigate the toxic effects of this weapon. Online advice is shared between activists from Palestine through Cairo to Ferguson. The best protection is offered by proper gas masks. Improvised masks made of mineral water bottles cut in half and equipped with a filter of wet towels also work, according to online manuals. Some activists wear swim goggles and place wet bandanas or kaffiyehs over their mouths. To mitigate some of the adverse effects, these improvised filters can be soaked in water, lemon juice, vinegar, toothpaste, or wrapped around an onion. When nothing else is at hand, breathe the air from inside your shirt and run upwind onto higher ground. When you have a chance, blow your nose, rinse your mouth, cough, and spit.


    https://www.iconeye.com/opinion/comment/item/12093-the-roundabout-revolutions
    #révolution #résistance #giratoire #carrefour #rond-point #routes #infrastructure_routière #soulèvement_politique #Corée_du_Sud #printemps_arabe #Egypte #Tunisie #Bahreïni #Yémen #Libye #Syrie #Tahrir

    Du coup : #gilets_jaunes ?

    @albertocampiphoto & @philippe_de_jonckheere

    This project started with a photograph. It was one of the most arresting images depicting the May 1980 #Gwangju uprising, recognised now as the first step in the eventual overthrow of the military dictatorship in South Korea. The photograph (above) depicts a large crowd of people occupying a roundabout in the city center. Atop a disused fountain in the middle of the roundabout a few protestors have unfurled a South Korean flag. The roundabout organised the protest in concentric circles, a geometric order that exposed the crowd to itself, helping a political collective in becoming.

    –-> le pouvoir d’une #photographie...

    signalé par @isskein

    ping @reka

  • Invitation à la célébration du vingt-cinquième anniversaire
    du soulèvement zapatiste et à une rencontre de réseaux

    EZLN, SCI Galeano, SCI Moisés

    https://lavoiedujaguar.net/Invitation-a-la-celebration-du-vingt-cinquieme-anniversaire-du-soule

    Une pancarte avertit :

    « Vous êtes en territoire zapatiste. Ici le peuple gouverne et le gouvernement obéit. »

    Et vous vous demandez :

    Qu’est-ce qui maintient ces gens en vie, s’ils ont eu et ont toujours tout contre eux ? Ne sont-ils pas les éternels perdants, ceux qui gisent pendant que d’autres érigent leurs gouvernements, leurs musées, leurs statues, leurs « triomphes historiques » ? Ne sont-ils pas les sinistrés de toutes les catastrophes, la chair à canon de toutes les révolutions entreprises pour « les sauver » d’eux-mêmes ? Ne sont-ils pas les étrangers de la terre qui les a vus naître ? L’objet de moqueries, du mépris, des aumônes, des charités, des programmes de gouvernement, des projets « durables », des directives, des proclamations et des programmes révolutionnaires ? Ne sont-ils pas les irrémédiables analphabètes, ceux qu’il faut éduquer, diriger, ordonner, commander, assujettir, soumettre, dominer, c-i-v-i-l-i-s-e-r ? (...)

    #Mexique #Chiapas #EZLN #anniversaire #soulèvement_zapatiste #rencontre #réseaux

    • Leçons élémentaires d’économie politique :

      Un. Le capital ne sait pas lire, il ne tient pas compte des réseaux sociaux, de la presse, des enquêtes, des votes, des consultations, des vidéos, des programmes du gouvernement, des bonnes ou des mauvaises intentions, des leçons de morale, des lois, de la raison. Le capital ne sait qu’additionner, soustraire, multiplier, diviser, calculer des pourcentages, des taux d’intérêts, des probabilités.

      Deux. Le capital ne tient compte que des bénéfices, des plus grands et des plus rapides. Comme les prédateurs, le capital a bon odorat pour le sang et la destruction car ils signifient argent, beaucoup d’argent. La guerre est un business, le meilleur.

      Trois. Le capital a ses propres juges, policiers et exécutants. Dans le monde du mur, ces inquisiteurs s’appellent les “marchés”.

      Quatre. Les marchés sont les limiers du grand chasseur : le capital. Dans le monde du mur, le capital est dieu et les marchés sont ses apôtres. Ses ouailles sont les policiers, les armées, les prisons, les fosses communes, les limbes des disparitions forcées.

      Cinq. Le capital ne se domine pas, il ne s’éduque pas, il ne se réforme pas, il ne se soumet pas. On lui obéit... ou on le détruit.

      Six. CQFD, ce dont ce monde a besoin c’est d’hérétiques, de sorcières écarlates, de mages, d’enchanteresses. Grâce à la charge pesante de son péché originel, la rébellion, le mur sera détruit.

      Sept. Même une fois cela, il restera à faire ce qui s’ensuit : est-ce que, en tant que successeur, un autre mur se lèvera ? ou, est-ce qu’à sa place s’ouvriront les portes et les fenêtres, ces ponts dont le monde a besoin et qu’il mérite.

      Huhu et Marcos et Moisés qui cite Keny Arkana :)

  • "On est juste de la chair à canon" (témoignage d’un CRS) / France Info Vidéo

    Témoignage d’un CRS à visage couvert :

    On a compris que dans les hautes instances ils avaient peur, ils avaient peur pour eux, pour l’Etat, pour le gouvernement. Ils se sont dit : « On envoie les bleus, on envoie tout le monde, on envoie la chair à canon et après on verra. »

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/violences-a-paris-le-temoignage-d-un-crs_3083347.html

    #répression #affrontements #émeute #CRS #giletsjaunes #gilets_jaunes #Etat #gouvernement #soulèvement

  • Où va donc la colère ?, par Georges Didi-Huberman
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/05/DIDI_HUBERMAN/55440

    Soulèvement, insurrection, révolte : le feu de la colère suscite un événement imprévisible, qui, entre fête et violence, entre allégresse et ressentiment, est toujours susceptible de bifurquer ou de se dévoyer, s’il n’est pas simplement écrasé ou canalisé par l’autorité contre laquelle il s’est dressé. C’est dire que révolte n’est pas synonyme d’émancipation.

    #révolte #insurrection #révolution #fascisme

  • A Taxi Driver - Critique du film de Hun Jang
    https://www.tvqc.com/2017/08/a-taxi-driver-critique-film-de-hun-jang

    Je dois le préciser d’emblée : A Taxi Driver n’a absolument rien à voir avec le Taxi Driver que Martin Scorsese a réalisé en 1976, sinon que les deux dénoncent en filigrane le marionnettisme outrageux des gens de pouvoir ainsi que le sacrifice courageux des innocents sur l’autel de la violence. Rivalisant d’originalité à une époque où Hollywood nous sert plat réchauffé par-dessus plat réchauffé, le film de Jang Hoon se veut plutôt un énième bijou en provenance de la Corée du Sud. Il se base sur des faits réels, plus précisément un chapitre noir de l’histoire de ce pays : le soulèvement populaire de Gwangju en mai 1980.

    On en parle aussi ici : https://www.justfocus.fr/cinema/critique-a-taxi-driver-de-jang-hoon-le-meilleur-film-de-lannee.html

    Enfin, pour ceux qui critiqueraient le film sur le fait qu’il ne propose rien politiquement parlant : est-ce le sujet du film ? La réponse est non. Le sujet du film est de rappeler un épisode historique, tragique et méconnu de l’histoire contemporaine. C’est un drame puissant, drôle et émouvant. Un film provoquant des sensations dignes d’une montagne russe. Le visionnage de A Taxi Driver est l’une des meilleures expériences qui soient, car il rappelle une certaine idée de cinéma : celle des grands classiques hollywoodiens. A Taxi Driver pourrait être un grand classique du cinéma américain. Mais il n’est pas américain. Ce qui fait de lui d’ores et déjà un classique du cinéma mondial. Un film qui marquera sans aucun doute son époque.

    Et sur Asialyst (mais sous #paywall) : https://asialyst.com/fr/2017/11/21/coree-a-taxi-driver-jang-hoon-buddy-movie-soulevement-gwangju

    Un budy movie (ou film de copains) entre fiction et réalité, sur ce qui est considéré comme le « Tian’anmen sud-coréen », une insurrection civile contre la dictature qui fut réprimée dans le sang et dont l’ombre divise toujours la politique et l’opinion publique du pays. Gwenaël Germain a rencontré le réalisateur Jang Hoon.

    #cinéma #Corée #dictature #soulèvement_populaire

  • Gilbert Achcar : « Après les #révolutions arabes, il reste des raisons d’espérer »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/100217/gilbert-achcar-apres-les-revolutions-arabes-il-reste-des-raisons-d-esperer

    Dans son dernier ouvrage, Gilbert Achcar examine les raisons des échecs des #Soulèvements arabes. Il en tire quelques leçons stratégiques nécessaires pour envisager un « changement radical social et politique » plutôt que « l’aggravation du choc des barbaries ».

    #International #al-Assad #Egypte #Khadafi #libye #Moubarak #printemps_arabe #Proche-Orient #révolte_arabe #révolution #Sissi #Syrie #Yémen

  • « Pour les islamo-gauchistes, derrière les revendications religieuses, il y a des revendications sociales mal exprimées » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/854-pour-les-islamo-gauchistes

    Retranscription de l’émission « Vive la Sociale ! » du 21 mai 2015 sur les ondes de Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM). Les notes renvoyant aux textes cités ont bien entendu été rajoutées. Nicole : Bonsoir, vous êtes sur FPP 106.3 avec l’émission « Vive la Sociale ! ». Ce soir nous avons dans le studio Quentin et Pierre, membres tous deux d’un collectif qui s’appelle Lieux Communs, qui produit des textes, qui a un site. Nous allons discuter avec eux notamment de l’islamisme dans la société française et (...)

    Comptes-rendus d’interventions

    / Lieux Communs , Pedagogie , Banlieue , Culture , Entretien , Extrêmes-droites , Gauchisme , Idéologie , religion , Soulèvements arabes , (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions
    #Lieux_Communs
    #Pedagogie
    #Banlieue
    #Culture
    #Entretien
    #Extrêmes-droites
    #Gauchisme
    #Idéologie
    #religion
    #Soulèvements_arabes
    #Totalitarisme

  • Avec l’exposition « Soulèvements », le commissaire a enlevé les murs porteurs, nous proposant non un soulèvement mais un flottement « sensible ». Foucault se retrouve ainsi réduit à un élégant folio manuscrit rédigé en 1971 sur la mutinerie de Toul, loin des écrits des détenus insurgés, alors que ce même Foucault fut précisément celui qui chercha avec la plus grande persévérance à définir le concept de soulèvement. Dans son article « Inutile de soulever ? », paru à la suite de son reportage d’idée en Iran en 1979, le philosophe définissait cet événement comme le soulèvement d’une singularité, ce qu’il nomme ailleurs, un instant de subjectivation. Un soulèvement, ce n’est ni une révolution, ni une révolte, ni une jacquerie, ni une émotion : c’est le geste par lequel un ou des individus se construisent en sujets historiques. Or, Didi-Huberman manque l’équilibre qu’il avait réussi à construire dans ses textes. S’il est question de « subjectivité », ce n’est que celle du commissaire, auxquels les sujets servent de matière, et que le visiteur est prié de contempler.

    http://www.liberation.fr/debats/2017/01/08/l-histoire-sociale-n-est-pas-de-l-art_1539974
    #soulevements #Didi_Huberman #art

  • Images et gestes du soulèvement
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/301216/images-et-gestes-du-soulevement

    « Il n’y a pas d’échelle unique pour les #Soulèvements : cela va du plus minuscule geste de retrait jusqu’au plus gigantesque mouvement de protestation », affirme #Georges_Didi-Huberman, commissaire d’une #Exposition et coordinateur d’un livre qui proposent un montage inédit de gestes de puissance et de révolte. Entretien.

    #Culture-Idées #art #Histoire #Jeu_de_Paume #révoltes #révolution

  • [Soulèvements] La révolte n’est pas une expo d’art
    https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/local/cache-gd2/74/f8a64225377ca036b0984c620560fb.jpg?1482158798
    https://paris-luttes.info/soulevements-la-revolte-n-est-pas-7276

    Depuis le 18 octobre, et jusqu’au 15 janvier 2017, avec l’expo « Soulèvements », la bourgeoisie parisienne se donne des frissons au Jeu de Paume, centre d’art institutionnel subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication ainsi que par des mécènes privés plutôt fortunés et pas tellement connus pour leurs désirs de renverser le système capitaliste (la banque Neuflize OBC et l’entreprise d’horlogerie de luxe Jaeger-LeCoultre).

    #art #bourgeoisie #soulèvements

    • L’approximation politique de l’exposition est cependant révélée dès le départ par l’image de couverture du catalogue : alors que pratiquement toutes les images « politiques » présentées font partie du spectre « de gauche », la photo de couverture est prise du côté réactionnaire puisqu’on y voit des émeutiers unionistes, favorables à la présence du pouvoir britannique en Irlande du Nord... Bonjour la confusion des genres, mais il faut croire que ce qui a compté avant tout, c’est le swag des lanceurs de pierres plus que leurs objectifs politiques. C’est d’ailleurs confirmé explicitement par Georges Didi-Huberman dans une interview à RFI : « ils sont d’une beauté extraordinaire ». Ha bah dans ce cas...

      C’est curieux, je me tenais un semblable discours en visitant cette exposition ( https://seenthis.net/messages/541005 ) je oyais bien qu’il y avait récupération esthétique, mais je ne trouvais pas le flagrant délit de contresens, à part, par exemple, de trouver une pilote de numéros de Tiqqun sous cloche comme des fétiches. Mais cet exemple des lanceurs de pierres irlandais est remarquable.

      Quelle déception pour moi de la part d’un tel penseur, Didi-Huberman, quand même !

    • D’accord avec cette critique politique de l’expo.
      Mais les artistes ont de quoi l’avoir mauvaise aussi, qu’un historien « de l’art » instrumentalise ainsi les œuvres exposées pour servir d’abord et avant son propre discours. Il tartine ses théories en gros pavés partout sur le mur, comme si les œuvres en question n’étaient pas capables de parler toutes seules...
      Il suffisait d’ailleurs d’entendre la promo de l’expo à la radio pour comprendre. L’argument phare, ce n’était même pas un résumé clair et succinct de ce que l’expo entend dire des « soulèvements » (sans doute parce qu’elle n’en dit pas grand chose d’autre effectivement que « c’est d’une beauté extraordinaire »...). C’était : « Didi-Huberman fait son expo ». Autrement dit le Commissaire prime sur les œuvres, sur les artistes, sur le contenu.
      Donc : le commissaire fait sa promo perso. Le jeu de paume s’occupe du marketing. Les médias, à ce que j’en ai vu, ont du mal à exprimer leurs réserves. Si bien qu’on est pas mal à s’être fait avoir.
      Taguer leurs affiches dans ce contexte, je trouve que c’est presque leur faire trop d’honneur.

  • A propos de l’exposition « soulèvevements » au Musée du jeu de Paume, Joëlle Le Marec fait une critique détaillée et bien argumentée :

    https://www.facebook.com/joelle.lemarec/posts/10209914735678862

    A propos de l’exposition "Soulèvements" au Musée du Jeu de Paume…. J’aime ce qu’écrit Didi-Huberman, j’en parle sans arrêt dans mes cours, je consacre des heures à rendre compte de ce que m’a fait cette méthode qui consiste à partir d’un objet culturel pour explorer ce qu’il nous fait...Mais là, une nouvelle fois, je sors d’une exposition dont il est le commissaire sans comprendre comment il peut y avoir un tel écart entre les ouvrages et l’exposition. Dans celle-ci, on est à l’opposé de sa démarche habituelle. Comme dans l’exposition précédente au Palais de Tokyo (Nouvelles histoires de fantômes, en 2014) il renouvelle le principe du corpus, qui est celui de l’atlas Mnémosyne d’Aby Warburg. Mais on se retrouve directement devant le spectacle dont les médias industriels sont devenus les spécialistes : il y a le soulèvement, puis les corps, les gestes, puis les phrases, toujours référés à des inspirations artistiques et littéraires : avant tout donc, une esthétique des gestes et des formes qui semble pouvoir exister indépendamment des enjeux qui sous-tendent non seulement les mouvements dont il est question, mais l’existence même de ces documents. Je ne parlerai pas des mouvements, ils sont connus. On ne nous montre pas les manifestations et soulèvements dans lesquels les hommes font les mêmes gestes et avec la même énergie sauvage et belle, mais non pas pour les valeurs de l’émancipation, sinon pour l’oppression. On ne montre pas non plus Nuit Debout ni rien de ce qui est à notre porte et dont le commissaire ne se porte pas témoin : pourquoi donc ? Je ne parlerai que des documents, et même d’un seul. Jamais les documents ne sont référés à leurs conditions de création. Pourtant telle photo a été prise par quelqu’un dans certaines conditions mais ici, ce fait semble inutile. Le slogan qui ne va jamais sans des situations d’intense argumentation mais il n’est question que de l’activité des poètes. Le pire je pense : le cartel de la photo d’un ouvrier assassiné par Manuel Alvarez Bravo en 34. Ce cartel reprend le commentaire qu’en a fait André Breton en 39 (on a le pedigree artistique de la photo donc, plus qu’un texte sur la manifestation où elle a été prise). La légende d’André Breton est abjecte. On connaît cette abjection. Rivette a employé le terme à propos du film "Kapo" de Pontecorvo et son travelling esthétisant sur un homme mort dans les barbelés. Et pourtant on était encore assez loin du ton de Breton « C’est à quoi est parvenu Manuel Alvarez Bravo dans ses compositions d’un admirable réalisme synthétique […]. Tout le pathétique mexicain est mis par lui à notre portée […] Servi dans les grands mouvements de son inspiration par le sens le plus rare de la qualité en même temps que par une technique infaillible, Manuel Alvarez Bravo, avec son Ouvrier tué dans une bagarre, s’est élevé à ce que Baudelaire a appelé le style éternel". Or, Didi-Hubeman est celui qui a écrit « Images malgré tout » et si André Breton avait lu cet ouvrage, on peut espérer qu’il n’aurait plus jamais osé écrire un tel commentaire. A propos de l’exposition "Soulèvements" au Musée du Jeu de Paume….

    #art #musée_du_jeu_de_paume #soulèvements #révolte

  • L’odyssée mexicaine

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/L-odyssee-mexicaine

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir, une « petite archéologie de la pensée mexicaine », paraît en feuilleton, deux fois par mois, sur « la voie du jaguar ».

    Quand les premiers franciscains ont débarqué au Mexique en 1524 pour entreprendre la conquête spirituelle du monde mésoaméricain, ils se sont confrontés à un système de pensée élaboré. Ils durent marquer leur différence, c’est-à-dire présenter la religion chrétienne dans ce qui la différencie des autres religions : le mystère de la Trinité. Au départ, les premiers missionnaires n’ont pas cherché à composer avec les croyances et les dieux des peuples du Mexique, ils étaient porteurs d’une religion chrétienne qu’ils voulaient pure de tout compromis. Ils devaient forcer le trait afin d’éviter toute confusion, s’arc-bouter sur le principe de base du christianisme : la transcendance de la pensée. Ils ont vite compris aussi qu’ils devaient changer la manière de vivre des peuples indiens s’ils voulaient changer leur croyance. (...)

    #Mexique #archéologie #religion #cosmovision #métamorphose #soulèvements #feuilleton

  • L’histoire tourmentée de l’#opposition en #Syrie

    Quatre ans après le #soulèvement_populaire syrien, l’opposition s’est recomposée en profondeur du fait de dynamiques contradictoires. La situation s’est encore compliquée à partir du moment où la révolution s’est muée en « crise », en « question syrienne », avec des dimensions régionales et internationales. La Syrie est alors devenue la scène où se jouent des conflits ouverts à toutes les possibilités.

    http://orientxxi.info/magazine/l-histoire-tourmentee-de-l,0810
    via @orientxxi

  • La traduction marathon du Journal de #Maïdan

    #Témoignage en direct du #soulèvement des Ukrainiens, le journal d’#Andreï_Kourkov couvre les événements de la #place_Maïdan du 21 novembre 2013 au 24 avril 2014. Destiné aux lecteurs européens, le #livre a été traduit dans l’urgence par Paul Lequesne et fabriqué au jour le jour par l’équipe des éditions Liana Levi afin de paraître avant le 25 mai 2014, date des élections anticipées.

    « Je ne pars pas. Je ne me dérobe pas à la réalité », telle est la position d’Andreï Kourkov qui, habitant à cinq cents mètres de la place Maïdan, suspend le 21 novembre 2013 l’écriture de son prochain roman pour rendre un témoignage au jour le jour de l’évolution du conflit en Ukraine. Le célèbre auteur du Pingouin destine d’emblée ce journal quotidien aux lecteurs européens. Le livre a ainsi été traduit en français, allemand, anglais, estonien, polonais et italien, mais ne paraîtra pas en Ukraine.

    https://www.actualitte.com/international/la-traduction-marathon-du-journal-de-maidan-51884.htm
    #lecture #Ukraine
    via @EmmanuelleTricoire
    cc @albertocampiphoto

  • Révolte sociale en Bosnie : un soulèvement populaire au-delà des querelles ethniques
    http://balkans.courriers.info/article24295.html

    Après quelques jours d’accalmie, la révolte sociale repart de l’avant en Bosnie. Plusieurs rassemblements sont prévus ce week-end. Ce mouvement populaire souligne l’écart qui se creuse entre les citoyens et les élites politiques, toujours engoncées dans leur vision ethno-nationale. Le point de vue de Miodrag Živanović, professeur à l’Université de Banja Luka, l’un des rares intellectuels à avoir apporté son soutien aux manifestants. (...) Source : Le Courrier des Balkans