• Industrie du Béton : 4 sites mis hors d’état de nuire pour une durée indéterminée
    https://lundi.am/Industrie-du-Beton-4-sites-mis-hors-d-etat-de-nuire-pour-une-duree-indetermine

    Mardi 29 et mercredi 30 juin ont eu lieu des blocages sur plusieurs sites de fabrication de béton dans le cadre des Soulèvements de la terre et co-organisés avec le groupe Extinction rébellion. La faible médiatisation de cet événement - cantonnée à quelques sites écologistes et de maigres articles noyés dans le flot de l’actualité ici ou là - ainsi que les modes opératoires originaux nous ont incités à relayer ce communiqué. On le trouvera également assorti d’une vidéo fort instructive, où l’on voit qu’il est relativement simple de mettre des vrais grains de sables dans de vraies machines pour les rendre inutilisables, ou encore de couler un peu de béton pour que le béton s’arrête de couler à flot.

    https://lundi.am/Grand-Peril-Express-deux-jours-de-blocage-de-l-industrie-du-beton

    https://lundi.am/Amer-beton-une-emission-de-Mayday-contre-l-industrie-du-BTP

    #béton #cimentiers #Lafarge #soulèvements_de_la-terre #XR

  • Appel des Soulèvements de la Terre

    https://lavoiedujaguar.net/Appel-des-Soulevements-de-la-Terre

    https://lessoulevementsdelaterre.org/appel

    Appel à reprendre les terres et à bloquer les industries qui les dévorent

    Nous sommes des habitant·e·s en lutte attaché·e·s à leur territoire. Nous avons vu débouler les aménageurs avec leurs mallettes bourrées de projets nuisibles. Nous nous sommes organisé·e·s pour défendre nos quartiers et nos villages, nos champs et nos forêts, nos bocages, nos rivières et nos espèces compagnes menacées. Des recours juridiques à l’action directe, nous avons arraché des victoires locales. Face aux bétonneurs, nos résistances partout se multiplient.

    Nous sommes des jeunes révolté·e·s qui ont grandi avec la catastrophe écologique en fond d’écran et la précarité comme seul horizon. Nous sommes traversé·e·s par un désir croissant de déserter la vie qu’ils nous ont planifiée, d’aller construire des foyers d’autonomie à la campagne comme en ville. Sous état d’urgence permanent, nous avons lutté sans relâche contre la loi travail, les violences policières, le racisme, le sexisme et l’apocalypse climatique.

    Nous sommes des paysan·ne·s. La France n’en compte presque plus. Avec ou sans label, nous sommes les dernier·e·s qui s’efforcent d’établir une relation de soin quotidien à la terre et au vivant pour nourrir nos semblables. Nous luttons tous les jours pour produire une nourriture saine à la fois financièrement accessible et garantissant une juste rémunération de notre travail. (...)

    #appel #soulèvements #terre #habitants #révoltés #paysans #industries #bétonneurs #ZAD #Notre-Dame-des-Landes #agir #ensemble

  • Semer le trouble. #Soulèvements, #subversions, #refuges

    On étouffe. La situation n’est pas tenable. Nous courons à la catastrophe. L’effet de sidération paralyse les velléités d’action. Ce contre quoi nous avons des raisons de nous insurger semble se fondre dans un même mouvement global, une lame de fond irrépressible. Quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des techniques de lutte et enquête sur les foyers de résistance qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives. Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. Comment la « mésentente », qui vient troubler l’idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ?
    Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation, en revue, d’un désaccord têtu, Techniques&Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble.

    https://journals.openedition.org/tc/14102

    Sommaire :

    Annabel Vallard, Sandrine Ruhlmann et Gil Bartholeyns
    Faire lutte

    Matthieu Duperrex et Mikaëla Le Meur
    Matières à friction et techniques de lutte [Texte intégral]
    –—
    Voies du #soulèvement

    François Jarrige
    #Sabotage, un essai d’archéologie au xixe siècle

    Maxime Boidy
    Qu’est-ce qu’un #bloc en politique ?

    Violaine Chevrier
    Occuper et marquer l’#espace. Des « #cortèges_de_tête » aux #Gilets_jaunes à #Marseille

    –—
    Fragments de lutte

    Başak Ertür
    La #barricade

    Lucille Gallardo
    Simuler et politiser la mort : le #die-in

    Claire Richard
    Les #Young_Lords et l’offensive des #poubelles

    Thomas Billet, Leny Dourado et Agnès Jeanjean
    La #colère des #blouses_blanches

    Sandra Revolon
    #Game_of_Thrones

    Magdalena Inés Pérez Balbi
    « Que le pays soit leur prison ». Les #escraches contre les génocidaires en #Argentine

    Yann Philippe Tastevin
    Le pneu au piquet

    –—

    #Arts de la subversion

    Catherine Flood
    #Disobedient_Objects. Exposition indisciplinée

    Umberto Cao
    « Résistances électriques » Le mouvement “Luz y Fuerza del Pueblo” au #Chiapas (Mexique)

    Lucie Dupré
    Faire lutte de tout arbre

    Thomas Golsenne
    Politiques de la #craftification

    –—

    Fragments de lutte

    Zoé Carle
    Affiche-action ! La longue histoire des luttes contre le #logement_indigne à Marseille

    Élisabeth Lebovici
    « Je suis… Et vous… »

    Jean-Paul Fourmentraux
    La #sous-veillance, Paolo Cirio

    Nicolas Nova et Félicien Goguey
    Le #black_fax et ses dérivés

    Pierre-Olivier Dittmar
    Du mur de post-it à l’ex-voto. Les signes publics des #émotions_politiques

    Mikaëla Le Meur
    À cause de #Macron. La #désobéissance en kit

    Georges Favraud
    Du #conflit public à la force des intériorités. Stratégies taoïstes de la lutte

    –—

    Refuges et pratiques réparatrices

    Perrine Poupin
    Prendre soin des manifestants. Les #street-medics dans le mouvement des Gilets jaunes

    Joanne Clavel et Camille Noûs
    #Planetary_Dance d’#Anna_Halprin. Étoile d’une constellation kinesthésique et écologique

    Madeleine Sallustio
    #Moissons conviviales. Chercher l’#autonomie en #collectif_néo-paysan

    Raphaële Bertho et Jürgen Nefzger
    Jürgen Nefzger, activiste visuel sur le terrain de la tradition paysagère

    –---
    Fragments de lutte
    Sandrine Ruhlmann
    Composer pour résister ou exister en #Mongolie

    Sébastien Galliot
    Plein le dos. Un réseau militant de chair et de papier

    Soheil Hajmirbaba et Le consortium Où Atterrir ?
    S’orienter dans la description de nos terrains de vie

    Irène Hirt et Caroline Desbiens
    Exister sur la mappemonde. Cartographies autochtones

    Edgar Tasia
    Le #Gamarada. Dispositif de #résilience, incubateur de #résistance

    Florent Grouazel
    Les subsistances

    #revue #résistance #lutte #luttes

    ping @karine4 @isskein

    • Techniques & Culture 74. Semer le trouble

      Si la situation n’est pas tenable, et si nous courons à la catastrophe, comment lutter contre la marche des choses ? Quels outils, quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des formes de lutte, enquêtant sur les foyers de résistance, même circonscrits, même temporaires, qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives.

      https://www.youtube.com/watch?v=es7Yxc1KKQI&feature=youtu.be

  • « Décolonisations » : « Cette histoire de résistances est celle de la majorité » | Africultures
    http://africultures.com/documentaire-decolonisations-cette-histoire-de-resistances-est-celle-d

    Avec la série documentaire en trois volets Décolonisations, les journalistes Karim Miské, Marc Ball et l’historien spécialiste du fait colonial Pierre Singaravélou, déploient une fresque de plusieurs siècles de #résistances à l’#oppression et à la #conquête_coloniale. Incarnée par des hommes et des femmes qui ne sont pas nécessairement des figures politiques déjà présentes dans les manuels scolaires, l’#histoire de ces #révoltes commence avec la #colonisation et ne s’arrête pas aux #indépendances. Des #soulèvements ont lieu dans tous les territoires colonisés. Le #documentaire s’attarde sur plusieurs d’entre eux en #Inde, en #Indochine, au #Kenya, en #Algérie et au #Congo. Des échos retentissent dans les #Caraïbes également. Une série nécessaire où il est question de la circulation de ces luttes et de ce qu’elles peuvent dire au monde aujourd’hui. Un livre le prolonge dont la sortie est prévue en mars. En attendant l’intégralité de la série est disponible en ligne sur Arte à partir du 31 janvier. La diffusion télévisée est prévue pour le 7 janvier et d’ores et déjà des projections sur TV5 monde et la RTS sont annoncées. Rencontre avec Marc Ball et Karim Miské, qui ont par ailleurs déjà travaillé ensemble sur les documentaires : Juifs et musulmans et Tunisie les voix de la Révolution.

    #décolonisations

  • L’#effondrement a commencé. Il est politique

    Alors que des #révoltes éclatent aux quatre coins du monde, gouverner aujourd’hui s’apparente de plus en plus à mener une guerre ouverte ou larvée contre les soulèvements des peuples et des êtres vivants, pour maintenir coûte que coûte un ordre de plus en plus discrédité. L’anthropologue #Alain_Bertho revient ici pour Terrestres sur cette « #crise_de_la_gouvernementalité » et sur la longue séquence de révoltes apparentées qui en sont à l’origine.


    https://www.terrestres.org/2019/11/22/leffondrement-a-commence-il-est-politique
    #effondrement_politique #collapsologie #résistance #luttes #maintien_de_l'ordre #gouvernementalité #soulèvements

    Une #liste :

    Deux décennies de soulèvements :

    2001 : 19-20 décembre soulèvement en Argentine contre le FMI, la dette et l’austérité. « Que se vayan todos »16
    2005 : 27 octobre-17 novembre : émeutes en France après la mort de deux jeunes, Zyed et Bouna.
    2006 : Mars : mobilisation et blocages contre le Contrat Première Embauche en France.
    2008 : émeutes contre la vie chère au Burkina Faso, au Cameroun, au Mozambique (février), au Sénégal (mars), au Bangladesh, en Côte d’Ivoire, en Égypte, à Haïti (avril), en Somalie (mai).
    Du 6 au 31 décembre : émeutes en Grèce après la mort d’Alexis Grigoropoulos tué par la police.
    Mars : émeutes au Tibet Chinois.
    2009 : 13 juin jusqu’à fin juillet : soulèvement en Iran après la victoire annoncée de Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle.
    Janvier-mars : grève générale contre la vie chère aux Antilles françaises.
    Juillet : soulèvement Ouïghours dans le Xinjiang (Chine)
    2011 : année du « printemps arabe » : soulèvements en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, en Syrie, au Bahreïn, en Algérie, en Jordanie, au Maroc.
    15 mai : lancement du mouvement des Indignés en Espagne.
    Juin : manifestation et émeutes contre la réforme constitutionnelle au Sénégal.
    6-11 août : émeutes en Angleterre (Londres, Birmingham, Leeds, Liverpool, Bristol, Salford, Manchester et Nottingham) après la mort de Mark Duggan, tué par la police.
    Octobre : lancement d’Occupy Wall Street.
    Septembre : début de la révolte contre la corruption de Wukan (Guangdong) en Chine.
    2012 : « Printemps érable » : mobilisation étudiante au Québec.
    Janvier mars : révolte contre la corruption de la ville de Wukan (Guangdong) en Chine.
    Février-avril : révolte contre les projets hydroélectriques en Patagonie (Aysen).
    2012- 2015 : montée exponentielle des attentats djihadistes dans le monde.
    2013 : Mai-juin : occupation de la place Taksim à Istanbul et affrontements dans toutes les villes du pays.
    21 novembre : début de l’occupation de la place Maidan à Kiev.
    Juin-juillet : mobilisation contre le prix du bus puis contre la corruption au Brésil.
    2014 : Janvier- février : occupation de la place Maidan à Kiev.
    Mai à juillet : manifestations et émeutes contre le Mundial à Rio de Janeiro, Recife, São Paulo, Guarulhos, Brasília, Belo Horizonte, Salvador de Bahia, Fortaleza, Curitiba.
    Novembre décembre : mouvement des Ombrelles à Hong Kong.
    Août : émeutes à Ferguson après la mort de Michael Brown, tué par la police.
    Octobre : soulèvement au Burkina Faso contre la réforme constitutionnelle et le cinquième mandat de Blaise Compaoré.
    2015 : Avril : émeutes à Baltimore après la mort de Freddie Gray, tué par la police.
    2016 : Mai : affrontements lors de la mobilisation contre la loi Travail en France. Nuit debout.
    Émeutes contre la pénurie au Venezuela.
    2017 : Janvier : 69 émeutes au Mexique en raison du prix du carburant.
    Avril à juin : 109 pillages et émeutes au Venezuela contre la pénurie et le régime.
    2018 : Janvier : 26 émeutes en Tunisie liées à la vie chère.
    Janvier : 32 pillages et émeutes au Venezuela contre la pénurie.
    Avril-mai : résistance de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
    Mai-septembre : violente mobilisation contre Ortega au Nicaragua.
    Juillet : violentes manifestations contre la corruption en Irak.
    Novembre-décembre : soulèvement des Gilets Jaunes et mobilisation lycéenne.

    Quelques #statistiques et #chiffres :

    ping @simplicissimus @visionscarto @karine4

  • L’analyste supérieur et la rue
    _Traduction du billet d’opinion de Raul Zibechi, El analista de arriba y la calle, paru dans la Jordana, le 20 octobre 2019 : https://www.jornada.com.mx/2019/10/20/opinion/022a1mun_
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/17170067519

    Flickr

    Les peuples et les classes populaires, femmes et hommes d’en-bas, sont en train de gagner les rues du monde entier. À Barcelone et à Hong Kong, à Paris et à Quito, et dans un long etcétéra impossible à couvrir en quelques lignes. À mon avis, ce seul fait est déjà une occasion à célébrer, pour la joie de ceux qui veulent la fin du capitalisme, car cela ne se reproduira pas sans confrontation et sans luttes de rue, entre autres formes de combats similaires.

    La réorganisation puissante des dispositifs répressifs les a rendus presque invulnérables, à tel point que des débordements similaires à ceux que nous avons vus au cours des périodes précédentes (je me souviens toujours du légendaire Cordobazo(1) de 1969, lorsque des travailleurs et des étudiants avaient vaincu la police du régime militaire dans la rue), sont de plus en plus rares. C’est pourquoi les manifestations de rue sont si importantes, en tant qu’école et en tant qu’horizon.

    Il est vrai, d’un autre côté, qu’avec des marches et des actions directes, qu’il n’est pas possible de dépasser le système, il manque au moins deux axes centraux : une crise systémique profonde, telle que celle enregistrée en Europe à la fin de la guerre de 1914 -1918, et une organisation puissante des peuples, non seulement pour faire face à la crise, mais bien plus spécifiquement pour construire les autres mondes appelés à se développer pendant que nous déshydratons l’hydre capitaliste.

    Les populations organisées et les militants célèbrent les petites victoires, la multiplication des caracoles au Chiapas ou le ralentissement du paquetazo(2) du FMI en Équateur. Nous sommes émus par ces milliers de personnes qui ont gratté les pierres, littéralement jusqu’au sang, afin d’ériger des barricades avec des pavés et des morceaux de bâtiments à Quito. Nous sommes indignés de la répression qui a fait une douzaine de morts et 1 300 blessés.

    Nous célébrons les avancées. « Des assemblées populaires autonomes ont été créées à Loja et à Azuay. Des espaces organisationnels depuis la base sont créés pour renforcer le pouvoir populaire, poursuivre le processus et articuler des plans et des actions », nous dit un militant contre l’exploitation minière dans le sud. Soulignant, de manière très particulière, que les 12 jours de combats ont été la première expérience vécue par toute une génération, car ils ne pensaient pas prendre le palais [c-à-d le pouvoir - ndlt], mais continuer le combat.

    D’autres compas(3) apprécient a transcendance de l’émergence d’une nouvelle génération de militants et dirigeants autochtones et populaires, ainsi que l’importance de la prééminence massive des femmes. En parallèle, ils sont touchés par les étudiants qui mettent en place des centres de collecte, des abris et des cuisines communautaires, « intégrant ainsi une lutte champ-ville ».

    Ce sont ces questions stratégiques qui devraient nous concerner, car l’avenir en dépend, et non si l’action favorise l’une ou l’autre puissance mondiale, tel ou tel homme politique qui veut atteindre ou revenir au pouvoir.

    C’est pourquoi nous sommes outrés, du moins celui qui écrit ici, lorsque l’analyste supérieur se limité, depuis son bureau, à censurer les représentants, qu’ils soient de la Confédération Nationale des Indigènes de l’Équateur (Conaie), du peuple Mapuche ou de l’EZLN, parce que ceux-ci n’ont pas fait ce qu’ils jugent approprié ou nécessaire.

    Les peuples ne sont pas guidés par les dirigeants, comme aime à le pense l’analyste supérieur, car il se moque de demander et, surtout, d’écouter, la raison du commun des mortels. S’il le faisait, il découvrirait une logique propre, différente de celle du politicien universitaire ou professionnel, car elle répond à des besoins spécifiques qui ne passent pas par l’académie et la littérature spécialisée.

    Sincèrement, ça me semble insignifiant, pour le dire gentiment, si notre lutte bénéficie à la Chine, à la Russie ou aux États-Unis. Ce sont trois puissances impériales qui sont prêtes à massacrer des populations, pour continuer à accumuler pouvoir et capital.

    Cela me semble également sans importance si une lutte d’en bas, avec toute sa douleur et son sang, finit par profiter à tel ou tel candidat à la présidentielle. Ce n’est pas le chemin des peuples. Tout ce qui renforce le rôle et l’organisation de ceux qui se trouvent en bas est très positif, au-delà de conséquences qui ne peuvent jamais être mesurées à priori .

    Il fut un temps où l’analyste supérieur faisait systématiquement partie du système. Au cours des dernières décennies, en particulier depuis la chute du socialisme réel et les déroutes des révolutions centraméricaines, une multitude d’analystes ont émergé, affirmant qu’ils étaient de gauche mais ils ne se salissent pas les mains ni n’engagent leurs corps sur les barricades. Ils n’écoutent même pas les gens.

    Ils se sentent porteurs de la vérité, alors qu’ils ne devraient n’être que des émetteurs de pensées et d’actions collectives. Il ne peut y avoir d’analyses valables qui mésestiment les peuples. Ce fut et sera toujours une attitude de droite, un rouage du système.

    Il n’y a pas d’équivalence entre le fait que certains célèbrent les morts et que d’autres utilisent les corps martyrisés comme des escaliers, matériels ou des symboliques. « Nous ne voulons pas être vos escaliers », disent les peuples Aymara aux politiciens corrompus. Seules servent les analyses nées de l’engagement, non pas sur ceux d’en bas, mais avec ceux d’en bas et à gauche.

    (1) Sorte de mai 68 argentin, le Cordobazo est un important mouvement de protestation populaire qui a eu lieu en Argentine le 29 mai 1969, à Córdoba, une des principales villes industrielles du pays. Ce soulèvement populaire a été à l’origine de la chute du gouvernement dictatorial du général Juan Carlos Onganía, qui finit par être remplacé en juin 1970 par le général Levingston. +> https://fr.wikipedia.org/wiki/Cordobazo

    (2) le « paquetazo » est un ensemble de mesures économiques d’austérité prises par le gouvernement équatorien, drastiques, utilisées en période de crise capitaliste. +> http://dndf.org/?p=18063

    (3) compas : diminutif pour « compañeros, compañeras », compagnes et compagnons. Chez les zapatistes, El Sup’ et le sous-commandant Moises ajoutent parfois « y compañer@s », pour intégrer toutes les autres variantes...

    #mexique #mexico #rébellion #révoltes #soulèvements_polpulaires

  • D’un dépassement du surmusulman : le miroir #Politique
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?D-un-depassement-du-surmusulman-le,969

    Dernier chapitre du #Livre de Fethi Benslama « Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman », Seuil, mai 2016. L’auteur tente ici de poser les enjeux socio-psychanalytiques de l’évolution des sociétés musulmanes. Il le fait à travers l’évocation du soulèvement tunisien de 2011 — recoupant largement nos analyses de l’époque — mais l’on pourrait facilement étendre son dignostic à tous les soubresauts du monde musulman depuis un siècle et demi et, concernant la Tunisie, de la Nahdha du XIXe à la fin du règne (...)

    #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / Benslama F., #Psycho-sociologie, Politique, Soulèvements arabes (2011), #Islam, Livre, #Création_sociale-historique, Mortalité / finitude, #Revolution, Type (...)

    #Benslama_F. #Soulèvements_arabes_2011_ #Mortalité_/_finitude #Type_anthropologique

  • Où va donc la colère ?, par Georges Didi-Huberman
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/05/DIDI_HUBERMAN/55440

    Soulèvement, insurrection, révolte : le feu de la colère suscite un événement imprévisible, qui, entre fête et violence, entre allégresse et ressentiment, est toujours susceptible de bifurquer ou de se dévoyer, s’il n’est pas simplement écrasé ou canalisé par l’autorité contre laquelle il s’est dressé. C’est dire que révolte n’est pas synonyme d’émancipation.

    #révolte #insurrection #révolution #fascisme

  • Gilbert Achcar : « Après les #révolutions arabes, il reste des raisons d’espérer »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/100217/gilbert-achcar-apres-les-revolutions-arabes-il-reste-des-raisons-d-esperer

    Dans son dernier ouvrage, Gilbert Achcar examine les raisons des échecs des #Soulèvements arabes. Il en tire quelques leçons stratégiques nécessaires pour envisager un « changement radical social et politique » plutôt que « l’aggravation du choc des barbaries ».

    #International #al-Assad #Egypte #Khadafi #libye #Moubarak #printemps_arabe #Proche-Orient #révolte_arabe #révolution #Sissi #Syrie #Yémen

  • « Pour les islamo-gauchistes, derrière les revendications religieuses, il y a des revendications sociales mal exprimées » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/854-pour-les-islamo-gauchistes

    Retranscription de l’émission « Vive la Sociale ! » du 21 mai 2015 sur les ondes de Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM). Les notes renvoyant aux textes cités ont bien entendu été rajoutées. Nicole : Bonsoir, vous êtes sur FPP 106.3 avec l’émission « Vive la Sociale ! ». Ce soir nous avons dans le studio Quentin et Pierre, membres tous deux d’un collectif qui s’appelle Lieux Communs, qui produit des textes, qui a un site. Nous allons discuter avec eux notamment de l’islamisme dans la société française et (...)

    Comptes-rendus d’interventions

    / Lieux Communs , Pedagogie , Banlieue , Culture , Entretien , Extrêmes-droites , Gauchisme , Idéologie , religion , Soulèvements arabes , (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions
    #Lieux_Communs
    #Pedagogie
    #Banlieue
    #Culture
    #Entretien
    #Extrêmes-droites
    #Gauchisme
    #Idéologie
    #religion
    #Soulèvements_arabes
    #Totalitarisme

  • Avec l’exposition « Soulèvements », le commissaire a enlevé les murs porteurs, nous proposant non un soulèvement mais un flottement « sensible ». Foucault se retrouve ainsi réduit à un élégant folio manuscrit rédigé en 1971 sur la mutinerie de Toul, loin des écrits des détenus insurgés, alors que ce même Foucault fut précisément celui qui chercha avec la plus grande persévérance à définir le concept de soulèvement. Dans son article « Inutile de soulever ? », paru à la suite de son reportage d’idée en Iran en 1979, le philosophe définissait cet événement comme le soulèvement d’une singularité, ce qu’il nomme ailleurs, un instant de subjectivation. Un soulèvement, ce n’est ni une révolution, ni une révolte, ni une jacquerie, ni une émotion : c’est le geste par lequel un ou des individus se construisent en sujets historiques. Or, Didi-Huberman manque l’équilibre qu’il avait réussi à construire dans ses textes. S’il est question de « subjectivité », ce n’est que celle du commissaire, auxquels les sujets servent de matière, et que le visiteur est prié de contempler.

    http://www.liberation.fr/debats/2017/01/08/l-histoire-sociale-n-est-pas-de-l-art_1539974
    #soulevements #Didi_Huberman #art

  • Images et gestes du soulèvement
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/301216/images-et-gestes-du-soulevement

    « Il n’y a pas d’échelle unique pour les #Soulèvements : cela va du plus minuscule geste de retrait jusqu’au plus gigantesque mouvement de protestation », affirme #Georges_Didi-Huberman, commissaire d’une #Exposition et coordinateur d’un livre qui proposent un montage inédit de gestes de puissance et de révolte. Entretien.

    #Culture-Idées #art #Histoire #Jeu_de_Paume #révoltes #révolution

  • [Soulèvements] La révolte n’est pas une expo d’art
    https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/local/cache-gd2/74/f8a64225377ca036b0984c620560fb.jpg?1482158798
    https://paris-luttes.info/soulevements-la-revolte-n-est-pas-7276

    Depuis le 18 octobre, et jusqu’au 15 janvier 2017, avec l’expo « Soulèvements », la bourgeoisie parisienne se donne des frissons au Jeu de Paume, centre d’art institutionnel subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication ainsi que par des mécènes privés plutôt fortunés et pas tellement connus pour leurs désirs de renverser le système capitaliste (la banque Neuflize OBC et l’entreprise d’horlogerie de luxe Jaeger-LeCoultre).

    #art #bourgeoisie #soulèvements

    • L’approximation politique de l’exposition est cependant révélée dès le départ par l’image de couverture du catalogue : alors que pratiquement toutes les images « politiques » présentées font partie du spectre « de gauche », la photo de couverture est prise du côté réactionnaire puisqu’on y voit des émeutiers unionistes, favorables à la présence du pouvoir britannique en Irlande du Nord... Bonjour la confusion des genres, mais il faut croire que ce qui a compté avant tout, c’est le swag des lanceurs de pierres plus que leurs objectifs politiques. C’est d’ailleurs confirmé explicitement par Georges Didi-Huberman dans une interview à RFI : « ils sont d’une beauté extraordinaire ». Ha bah dans ce cas...

      C’est curieux, je me tenais un semblable discours en visitant cette exposition ( https://seenthis.net/messages/541005 ) je oyais bien qu’il y avait récupération esthétique, mais je ne trouvais pas le flagrant délit de contresens, à part, par exemple, de trouver une pilote de numéros de Tiqqun sous cloche comme des fétiches. Mais cet exemple des lanceurs de pierres irlandais est remarquable.

      Quelle déception pour moi de la part d’un tel penseur, Didi-Huberman, quand même !

    • D’accord avec cette critique politique de l’expo.
      Mais les artistes ont de quoi l’avoir mauvaise aussi, qu’un historien « de l’art » instrumentalise ainsi les œuvres exposées pour servir d’abord et avant son propre discours. Il tartine ses théories en gros pavés partout sur le mur, comme si les œuvres en question n’étaient pas capables de parler toutes seules...
      Il suffisait d’ailleurs d’entendre la promo de l’expo à la radio pour comprendre. L’argument phare, ce n’était même pas un résumé clair et succinct de ce que l’expo entend dire des « soulèvements » (sans doute parce qu’elle n’en dit pas grand chose d’autre effectivement que « c’est d’une beauté extraordinaire »...). C’était : « Didi-Huberman fait son expo ». Autrement dit le Commissaire prime sur les œuvres, sur les artistes, sur le contenu.
      Donc : le commissaire fait sa promo perso. Le jeu de paume s’occupe du marketing. Les médias, à ce que j’en ai vu, ont du mal à exprimer leurs réserves. Si bien qu’on est pas mal à s’être fait avoir.
      Taguer leurs affiches dans ce contexte, je trouve que c’est presque leur faire trop d’honneur.

  • A propos de l’exposition « soulèvevements » au Musée du jeu de Paume, Joëlle Le Marec fait une critique détaillée et bien argumentée :

    https://www.facebook.com/joelle.lemarec/posts/10209914735678862

    A propos de l’exposition "Soulèvements" au Musée du Jeu de Paume…. J’aime ce qu’écrit Didi-Huberman, j’en parle sans arrêt dans mes cours, je consacre des heures à rendre compte de ce que m’a fait cette méthode qui consiste à partir d’un objet culturel pour explorer ce qu’il nous fait...Mais là, une nouvelle fois, je sors d’une exposition dont il est le commissaire sans comprendre comment il peut y avoir un tel écart entre les ouvrages et l’exposition. Dans celle-ci, on est à l’opposé de sa démarche habituelle. Comme dans l’exposition précédente au Palais de Tokyo (Nouvelles histoires de fantômes, en 2014) il renouvelle le principe du corpus, qui est celui de l’atlas Mnémosyne d’Aby Warburg. Mais on se retrouve directement devant le spectacle dont les médias industriels sont devenus les spécialistes : il y a le soulèvement, puis les corps, les gestes, puis les phrases, toujours référés à des inspirations artistiques et littéraires : avant tout donc, une esthétique des gestes et des formes qui semble pouvoir exister indépendamment des enjeux qui sous-tendent non seulement les mouvements dont il est question, mais l’existence même de ces documents. Je ne parlerai pas des mouvements, ils sont connus. On ne nous montre pas les manifestations et soulèvements dans lesquels les hommes font les mêmes gestes et avec la même énergie sauvage et belle, mais non pas pour les valeurs de l’émancipation, sinon pour l’oppression. On ne montre pas non plus Nuit Debout ni rien de ce qui est à notre porte et dont le commissaire ne se porte pas témoin : pourquoi donc ? Je ne parlerai que des documents, et même d’un seul. Jamais les documents ne sont référés à leurs conditions de création. Pourtant telle photo a été prise par quelqu’un dans certaines conditions mais ici, ce fait semble inutile. Le slogan qui ne va jamais sans des situations d’intense argumentation mais il n’est question que de l’activité des poètes. Le pire je pense : le cartel de la photo d’un ouvrier assassiné par Manuel Alvarez Bravo en 34. Ce cartel reprend le commentaire qu’en a fait André Breton en 39 (on a le pedigree artistique de la photo donc, plus qu’un texte sur la manifestation où elle a été prise). La légende d’André Breton est abjecte. On connaît cette abjection. Rivette a employé le terme à propos du film "Kapo" de Pontecorvo et son travelling esthétisant sur un homme mort dans les barbelés. Et pourtant on était encore assez loin du ton de Breton « C’est à quoi est parvenu Manuel Alvarez Bravo dans ses compositions d’un admirable réalisme synthétique […]. Tout le pathétique mexicain est mis par lui à notre portée […] Servi dans les grands mouvements de son inspiration par le sens le plus rare de la qualité en même temps que par une technique infaillible, Manuel Alvarez Bravo, avec son Ouvrier tué dans une bagarre, s’est élevé à ce que Baudelaire a appelé le style éternel". Or, Didi-Hubeman est celui qui a écrit « Images malgré tout » et si André Breton avait lu cet ouvrage, on peut espérer qu’il n’aurait plus jamais osé écrire un tel commentaire. A propos de l’exposition "Soulèvements" au Musée du Jeu de Paume….

    #art #musée_du_jeu_de_paume #soulèvements #révolte

  • L’odyssée mexicaine

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/L-odyssee-mexicaine

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir, une « petite archéologie de la pensée mexicaine », paraît en feuilleton, deux fois par mois, sur « la voie du jaguar ».

    Quand les premiers franciscains ont débarqué au Mexique en 1524 pour entreprendre la conquête spirituelle du monde mésoaméricain, ils se sont confrontés à un système de pensée élaboré. Ils durent marquer leur différence, c’est-à-dire présenter la religion chrétienne dans ce qui la différencie des autres religions : le mystère de la Trinité. Au départ, les premiers missionnaires n’ont pas cherché à composer avec les croyances et les dieux des peuples du Mexique, ils étaient porteurs d’une religion chrétienne qu’ils voulaient pure de tout compromis. Ils devaient forcer le trait afin d’éviter toute confusion, s’arc-bouter sur le principe de base du christianisme : la transcendance de la pensée. Ils ont vite compris aussi qu’ils devaient changer la manière de vivre des peuples indiens s’ils voulaient changer leur croyance. (...)

    #Mexique #archéologie #religion #cosmovision #métamorphose #soulèvements #feuilleton

  • Mahmoud Darwich, le Galiléen | MuCEM - Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée

    http://www.mucem.org/fr/node/1630

    De la Palestine, Mahmoud Darwich, né en 1941 en Galilée, a endossé tous les héritages : cananéen, philistin, hébreu, égyptien et perse, romain, grec, arabe... « Je suis arabe », lançait le poète pour célébrer l’identité plurielle de la Méditerranée. Sa patrie était sa langue pour chanter la mer, comme l’exil.

    Lectures en arabe et en français accompagnées par Franck Tortiller au vibraphone et Philippe Lacarrière à la contrebasse.

    Avec Dominique Devals (comédienne), Farouk Mardam Bey (éditeur, directeur de la collection Sindbad chez Actes Sud) et Elias Sanbar (ambassadeur de Palestine auprès de l’UNESCO, écrivain et traducteur de Mahmoud Darwich en langue française)

    #Mahmoud_Darwich #palstine #Poésie

    • LE DISCOURS DU DICTATEUR

      Certes, elles n’ont plus aujourd’hui l’aura qu’elles avaient encore il y a quelques années… Mais il est tout de même étonnant de constater que les grandes voix poétiques arabes se tiennent à distance, très critique, des #soulèvements arabes. Au Bahreïn, Qassim Haddad, auteur avec Amin Saleh en 1984 d’un manifeste qui fut une véritable « révolution » poétique, n’est guère sorti de son silence que pour condamner, au tout début des événements, les excès des révolutionnaires (Voir la référence en arabe). Réticent vis-à-vis de ce qu’on appelle le « #printemps_arabe », Adonis l’est encore plus par rapport à « ce qui se passe en #Syrie et qu’on appelle révolution [et qui] n’en est pas une. Il se passe des choses contraires au principe même d’une révolution. » Mais c’est encore « le dernier communiste », l’Irakien Saadi Youssef, qui est le plus cruel avec son poème se moquant des poules caquetant « Printemps arabe, Printemps arabe ! »

      Qu’aurait pensé de tout cela Mahmoud Darwich, disparu au début du mois d’août, il y a cinq ans déjà ? Quel parti aurait-il pris dans ces soulèvements qui laissent si peu de place, en apparence du moins, à la question palestinienne ? La réponse se trouve dans les écrits qu’il a laissés, et dans les lectures qu’ils susciteront, longtemps encore. Certains textes plus que d’autres, à certains moments et dans certaines circonstances.

      la suite :
      http://orientxxi.info/magazine/mahmoud-darwich-for-ever-le-discours-du-dictateur-0328

  • L’air du soupçon - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
    http://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon.html

    la paresse de ces raisonnements, qui prolifèrent désormais à gauche. Il n’y a plus à argumenter et contre argumenter, à comprendre les forces à l’œuvre dans le peuple, à imaginer les chemins tortueux de la transformation, non : il suffit de vous amalgamer à des noms propres, supposés sales, « dieudonniste », « colloniste », « larouchiste », « Dupont-Aignan », « Cheminade », pour que la vilénie vous couvre à votre tour. Il suffit d’annoncer qu’Untel a débattu avec Machin qui a publié une préface pour Truc qui connaît bien Bidule, lui-même proche de l’extrême droite, pour qu’Untel soit compromis. Et il devient dès lors inutile d’écouter ses propos, de contester son point de vue avec des chiffres, des concepts, des comparaisons historiques.
    C’est à un terrorisme de la pensée – et des fréquentations – qu’aspirent ces inquisiteurs : songer à un nouveau rôle pour les douaniers, réfléchir au cadre national, et même discuter avec un surveillant de prison, voilà qui relève de l’interdit. Et vous vaut, sans débat, d’ajouter votre patronyme à une liste noire, publiquement tenue.

    Pareille malhonnêteté intellectuelle, même juste 10 %, vous vaudrait, à la fac, dans un parti, même dans la presse, un discrédit immédiat. Sauf qu’Internet bénéficie, en la matière, d’un régime d’exception.

    Mais regardons ces anathèmes comme un signe, aussi.
    Presque encourageant.
    Pourquoi ces salves d’injures qui s’intensifient, sur Lordon, Todd, Sapir, etc., voire Mélenchon ? C’est qu’une controverse s’ouvre, à gauche, comme un clivage. Il a vécu, le consensus altermondialiste, ou alter-européiste, le temps où l’on se laissait bercer par un internationalisme angélique et impuissant. Face à la débâcle de l’Euro, aux dommages du libre-échange, l’offensive est lancée, et nous en sommes des artilleurs : « frontières », « souveraineté », ces mots ne nous sont plus tabous. Une réponse politique, concrète, réaliste, de masse, ne pourra plus demain, pensons-nous, se priver d’eux, s’interdire de les prononcer et de les repenser.
    Cette bataille des idées, interne à notre camp, peut être, doit être menée en douceur, autant que possible, sans désir de heurter, de déchirer, de perdre des camarades en route : à quoi bon se brouiller, quand on se retrouvera côte à côte dans les grèves et les manifs ? Mais on comprend que ces avancées – de notre point de vue, ces reculades du leur – hérissent le poil de militants, libertaires par exemple, que ces vocables à eux seuls font gerber, et qu’ils nous renvoient, comme par réflexe, sans trop s’embarrasser de fioritures, à la guerre de 14 ou au fascisme.

  • Agence Global-Article- Uprisings Here, There, and Everywhere
    by Immanuel Wallerstein
    http://agenceglobal.com/index.php?show=article

    (...)

    The fourth common feature [of the uprisings] is that, in every uprising, many who join it, especially if they join it late, do so not in order to further the initial objectives but to pervert them or bring to political power right-wing groups who are different from those currently in power but by no means more democratic or solicitous of human rights.

    The fifth common feature is that they all get embroiled in the geopolitical juggling. Powerful governments outside the country in which the turmoil is occurring work hard, if not always successfully, to help groups that are favorable to the outside government’s interests come to power. This happens so often that, by now, one of the immediate questions about a particular uprising is always, or should always be, what will be its consequences in terms of the world-system as a whole. This is very difficult, as potential geopolitical consequences may lead one to want to go in directions opposite to the initial anti-authoritarian direction.

    Finally, let us remember in this, as in everything that is happening now, that we are in the midst of a structural transition from a fading capitalist world-economy to a new kind of system. But that new kind of system could be better or worse. That is the real battle of the next 20-40 years, And how we behave here, there, and everywhere must be decided in function of this fundamental and major worldwide political battle.

    #soulèvements #transition #récupération

  • The globalisation of protest - Opinion - Al Jazeera English
    http://english.aljazeera.net/indepth/opinion/2011/11/20111151200703378.html

    The contrast between overregulated democracy and unregulated bankers did not go unnoticed. But the protesters are ingenious: They echoed what I said through the crowd, so that all could hear. And, to avoid interrupting the “dialogue” by clapping, they used forceful hand signals to express their agreement.
    Protesters believe that capitalism as an economic system has failed the 99% [GALLO/GETTY]

    They are right that something is wrong about our “system”. Around the world, we have underutilised resources - people who want to work, machines that lie idle, buildings that are empty - and huge unmet needs: Fighting poverty, promoting development, and retrofitting the economy for global warming, to name just a few. In America, after more than seven million home foreclosures in recent years, we have empty homes and homeless people.

    The protesters have been criticised for not having an agenda. But this misses the point of protest movements. They are an expression of frustration with the electoral process. They are an alarm.

    #soulèvements