Les meilleures blagues sont les plus courtes…
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Derrière ce vieux mythe autogestionnaire se cache surtout celui qu’il serait possible de reconvertir le tissu industriel pour le rendre écolo. Croire qu’un collectif ouvrier, même animé des meilleures intentions, pourra détourner les mêmes infrastructures de leur fonction première, c’est tout simplement prendre des vessies pour des lanternes et ne pas bien comprendre les tenants et les aboutissants des moyens de production actuels. Autogérer dans son coin, c’est de toute façon rester enchaîné aux contraintes du Capital. Sans en finir en même temps avec ces contraintes, et donc sans un élan révolutionnaire, les seules autogestions possibles sont dans des petites niches. Or, on n’autogère pas une usine comme on autogère sa petite maison de santé à la cambrousse avec une pote médecin et un compère infirmier ou sa petite épicerie bio…
Et de toute façon, loin d’être réappropriables, la plupart des infrastructures matérielles de nos sociétés – les autoroutes, les centres commerciaux, les nouvelles technologies de contrôle, l’industrie de l’armement, les mines industrielles, les centrales nucléaires et leurs déchets, etc. – peuvent être considérées comme des forces aliénantes en soi, par nature inappropriables dans une perspective émancipatrice (et garantissant la possibilité d’une vie saine). Il y a de toute façon derrière ce chant de convergence des luttes comme une petite musique rappelant que « le communisme, c’est le gouvernement des soviets plus l’électrification de tout le pays ». On se souvient de ce que ça a donné, merci bien !










