• Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Des dizaines de milliers de manifestants à Tel-Aviv contre la « corruption du gouvernement » RTBF - Belga - 3 Décembre 2017 - 8h12
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-a-tel-aviv-contre-la-corruption

    Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblées samedi soir dans le centre de Tel-Aviv pour protester contre ce qu’ils dénoncent comme la corruption du gouvernement. Les manifestants, qui avaient intitulé leur rassemblement « la marche de la honte », ont envahi le large boulevard Rothschild, dans un des quartiers huppés de Tel-Aviv, pour dénoncer la corruption du gouvernement et les lenteurs présumées des enquêtes en cours contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

    Le rassemblement était organisé par les responsables des manifestations de protestation hebdomadaires devant la résidence du procureur général d’Israël, Avishai Mandelblit, contre la lenteur présumée de ces enquêtes. Le Premier ministre israélien est visé par deux enquêtes, l’une sur des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches personnalités, et l’autre sur un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable.

    Le nom de son avocat personnel et d’un ancien chef de bureau apparaissent par ailleurs dans une affaire de corruption présumée liée à l’achat de trois sous-marins allemands. « Honte », « Bibi rentre chez toi », ont scandé les manifestants, qui ont également pris pour cible le procureur général Avishai Mandelblit. Le leader de l’opposition travailliste, Isaac Herzog, a montré son soutien aux manifestants via sa page Facebook : « la frustration (...) vient du sentiment d’injustice, de la révulsion face à la corruption, et à l’objection morale à une loi faite sur mesure pour une personne », a-t-il écrit.

    Le Parlement israélien va examiner lundi en deuxième et troisième lectures un projet de loi qui est vu par les détracteurs de Benjamin Netanyahu comme un moyen de le tirer d’affaire dans les enquêtes dont il fait l’objet.

    #Israel #manifestation #corruption #Tel-Aviv #humour ( pour le choix du boulevard #Rothschild ) #benjamin-netanyahu marche de la #honte #avishai-mandelblit #sous-marins #allemagne

    • Sur le site du #figaro , la description de l’événement est légérement différente.
      Tel Aviv : 20.000 manifestants contre Netanyahu Le figaro avec Reuters - 3 Décembre 2017 - 8h15
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/12/02/97001-20171202FILWWW00174-tel-aviv-20000-manifestants-contre-netanyahu.php

      Environ 20.000 personnes ont manifesté samedi à Tel Aviv pour dénoncer la corruption au sein du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui fait l’objet d’un enquête pénale pour abus de pouvoir.
      Il s’agissait de la plus importante manifestation hebdomadaire suscitée par les rumeurs de corruption visant Netanyahu qui affirme n’avoir rien fait de répréhensible.

      Le chef du gouvernement israélien est cité dans deux affaires.
      La première concerne des cadeaux offerts par d’influents hommes d’affaires et la seconde porte sur un accord avec le patron d’un journal pour bénéficier d’articles complaisants en échange de restrictions contre un quotidien rival.

      La manifestation de samedi a été organisée pour protester contre un projet de loi qui doit être soumis la Knesset la semaine prochaine interdisant à la police de rendre publics les éléments de preuve qu’elle a réunis dans les enquêtes visant Netanyahu.
      Le Premier ministre se décrit comme la victime d’une chasse aux sorcières et affirme que les enquêtes ouvertes contre lui « ne révèleront rien car il n’y a rien à révéler ».

      Disparition du boulevard Rothschild , des sous-marins allemands , une simple dépéche, pas un article Du travail pour #Acrimed

  • En suède à Gävle, la découverte probable d’une épave de sous-marin [peut-être russe...]

    Une histoire avec des airs de Guerre froide qui va sans doute plaire à l’ami @simplicissimus (entre autre !)

    –---

    Les autorités suédoises viennent de faire, lors d’une inspection de routine dans le bassin portuaire de Gävle (Suède) une série de sondages au sonar, et ont indiqué avoir identifier une forme qui ressemble beaucoup à un « véhicule sous-marin » non-identifié

    Selon le journal suédois Dagens Nyheter les autorités suédoises - sur la fois d’un rapport d’experts (Nils-Ove Jansson et Nils Engström) - pensent que un ou des sous-marins (sans doute russes) ont fait une petite promenade de santé dans les eaux territoriales suédoises. C’est le journal SVT (https://www.svt.se/nyheter/lokalt/gavleborg/om-det-ar-en-ubat-ar-det-valdig-allvarligt) qui a publié le premier les images des sondages, lesquelles semblent montrer un sous-marin Triton NN d’origine russe d’environ 12 mètres de long et 3 mètres de hauteur :


    Source : https://www.nrk.no/urix/svenske-eksperter-tror-de-fant-fremmed-undervannsfartoy-1.13705490

    https://www.svtstatic.se/image-cms/svtse/1506337174/svts/article14437400.svt/alternates/large/ubat3-jpg
    Source : https://www.svt.se/nyheter/lokalt/gavleborg/misstanker-grov-krankning-av-frammande-dykfarkost


    Source : https://oplatsen.wordpress.com/2012/02/11/dykbat-for-specialforbanden

    https://cached-images.bonnier.news/cms30/UploadedImages/2017/9/25/d67dc722-4239-4b49-91b8-824b95a955e7/bigOriginal.jpg?interpolation=lanczos-none&downsize=*:568&ou
    Source : https://corporalfrisk.com/tag/triton-nn


    Source : https://corporalfrisk.com/tag/triton-nn

    Il semble que cet objet ressemble beaucoup au "véhicule sous-marin Triton-NN utilisé par l’armée russe qui les utilisent en particulier depuis une base militaire située à Kaliningrad (sur la côte Est de la Mer baltique, en face de la Suède).

    Ce n’est pas la première fois que l’on soupçonne que des sous-marins se ballade dans les eaux suédoises. Un ancien officier de la marine suédoise, Göran Frisk, qui a participé acivement à la « chasse au sous-marin » dans les années 80, explique qu’il faut prendre très au sérieux ces intrusions.

    En 2014, les autorités suédoises ont reçu trois signalements indépendants sur l’éventuelle présence d’un « véhicule sous-marin dans les eaux suédoises » (https://www.nrk.no/urix/_-kan-vaere-triton-nn-1.11995547).

    Après une semaine de recherche, l’armée a finalement conclue qu’en effet, un petit sous-marin [de nationalité inconnue] avait violé les eaux suédoises, peut-être un « triton NN ».

    Lire aussi en anglais sur le site bien documenté « Corporal Frisk »

    Return to Gävle
    https://corporalfrisk.com/tag/triton-nn

    An SDV goes Gävle
    https://corporalfrisk.com/2017/07/11/an-sdv-goes-gavle

    Guest Post : A Picture in Moscow
    https://corporalfrisk.com/2017/05/21/guest-post-a-picture-in-moscow

    –-------

    En norvégien :

    Försvarsmakten til NRK : – Bildet ble tatt søndag formiddag
    https://www.nrk.no/urix/tok-bilde-av-undervannsaktivitet-1.11995236

    Så 6000 slike tilfeller under den kalde krigen – nå er han bekymret
    https://www.nrk.no/urix/sa-6000-tilfeller-under-den-kalde-krigen-1.11995191

    #suède #russie #sous-marins #espionnage #guerre_froide

  • Argent noir et #Corruption : la malédiction des #Sous-marins
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230817/argent-noir-et-corruption-la-malediction-des-sous-marins

    En septembre 2016, sur les chantiers navals de #DCNS, aujourd’hui #Naval_Group © Reuters Trois grands contrats d’armement français sont aujourd’hui au cœur de vastes enquêtes anti-corruption de la justice. À chaque fois, c’est la vente de sous-marins sortis des chantiers navals qui est en cause. #Brésil, #Malaisie et #Pakistan : ces trois pays dessinent le vaste monde d’une menace pénale inédite pour l’appareil militaro-industriel français.

    #France #Baginda #DCN #DCNI #Menayas #OCDE #Ramos #Razak #Takieddine

  • Tracking US Navy nuclear submarines using publicly available information
    http://www.vesselofinterest.com/2017/06/tracking-us-navy-nuclear-submarines.html

    The purpose of the secrecy around the locations of US Navy SSNs, SSGNs, and SSBNs is operational security; OPSEC. You don’t want to tell an adversary where the submarines are, so you don’t jeopardize their mission. The safety of those submarines, and their submariners, is of paramount importance to everyone. My objective in highlighting the following is to raise awareness that the supposed secrecy surrounding those deployments does not to hide their area of deployment from the Chinese Navy, North Korean Navy, or the Russian Navy; it hides or obfuscates their deployments from the collective knowledge of the American people, who happen to pay for the US Navy though their taxes. The technique I’m going to show you suggests that they are not hiding, and know it

    @simplicissimus #nucleaire #navy

  • #Royaume-Uni. Le Parlement dit oui au renouvellement de ses #sous-marins_nucléaires

    Une grande majorité des députés ont donné leur feu vert au renouvellement des sous-marins nucléaires de l’armée britannique. Un sujet qui divise les travaillistes et qui fâche les Ecossais.


    http://www.courrierinternational.com/article/royaume-uni-le-parlement-dit-oui-au-renouvellement-de-ses-sou
    #nucléaire #armes #armement #sous-marins #armée #UK #Angleterre

    • http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article1474

      D’AZF À LA GUERRE NUCLÉAIRE
      Mis à jour le :15 juillet 2007. Auteur : François Maliet.

      Quelques jours avant que Bush et Poutine ne se tapent la cloche aux homards en jouant à « recule ton bouclier antimissile, j’avance mon radar », le nouveau pingouin de la défense gauloise, Hervé Morin, se félicitait du « deuxième essai du #missile_M51 parfaitement réussi » : la France aussi sait « sauvegarder [sa] souveraineté et [son] indépendance » radioactives. Les artilleurs réussirent leur coup malgré les membres du collectif « Non au missile M51 », qui batifolaient sur le centre d’essai de #Biscarosse ces 20 et 21 juin. L’objectif de ces trublions ? Empêcher le lancement de ce #missile_nucléaire qui équipera les #sous-marins_français à partir de 2010. Ils retardèrent la sauterie de vingt-quatre heures, avant que les bidasses dépêchés pour l’occasion ne les mettent au frais.

      Dans un communiqué, le groupe SNPE (ancienne Société nationale des poudres et explosifs) se réjouit lui aussi « de la réussite du deuxième tir du missile M51 ». Non par amour de la #guerre_nucléaire, mais par passion pour les pépètes que sa préparation rapporte : la SNPE se gave en fournissant « le propergol solide qui assure la propulsion du missile ». Ce carburant est fabriqué sur son site de Toulouse, voisin de feu #AZF. Suite à « l’attentat » du kamikaze Thierry Desmarest du 21 septembre 2001, qui causa la vie à trente Toulousains, le collectif « Plus jamais ça » exigea la fermeture de tout le pôle chimique Sud, dont fait partie la SNPE. Sans succès. Dommage, ça aurait été marrant, un missile nucléaire propulsé à l’huile de tournesol…

      Article publié dans #CQFD n° 47, juillet 2007.

  • La lutte contre les narco #sous-marins

    Les #narcotrafiquants ont toujours fait preuve d’inventivité afin de transporter des stupéfiants par la voie maritime. Le droit ne peut pas toujours anticiper, et doit parfois s’adapter à l’ingéniosité des méthodes employées par les délinquants, notamment sur l’immensité de l’espace marin. La question des narco sous-marins s’inscrit dans cette problématique, à la marge du droit international de la mer et interroge l’exercice des compétences étatiques sur l’#espace_maritime.


    https://humansea.hypotheses.org/481
    #mer
    via @ville_en

  • Israël se dote d’un sous-marin sophistiqué
    le 23/09/2014
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/09/23/97001-20140923FILWWW00294-israel-se-dote-d-un-sous-marin-sophistique.php

    L’armée israélienne a annoncé avoir reçu mardi un nouveau sous-marin allemand, le plus sophistiqué de sa flotte, grâce auquel elle espère « doubler ses capacités ».

    Avec ce sous-marin, dont un tiers du coût a été assumé par l’Allemagne dans le cadre de son aide militaire à l’Etat hébreu, la marine israélienne pourra « aller plus loin et plus profond dans l’eau pour des périodes plus longues qu’auparavant », selon le commandant de la marine, le général Ram Ruthberg, cité dans un communiqué de l’armée.
    (...)
    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui s’est rendu au port de Haïfa (nord) pour l’arrivée du sous-marin a affirmé que « face aux menaces qui s’accumulent, nous sommes déterminés à défendre nos frontières terrestres —par des barrières—, aériennes —par des systèmes anti-missile— et maritimes par des sous-marins et par d’autres moyens ».

    « Les menaces qui pèsent sur nous de l’Iran et d’autres groupes islamistes nous obligent à nous renforcer », a-t-il ajouté.

    L’état d’Israël aurait des frontières ?

    #sous-marins_Dolphin

    • « Avec ce sous-marin, dont un tiers du coût a été assumé par l’Allemagne dans le cadre de son aide militaire à l’Etat hébreu, »

      pourtant Barak Ravid – 15 mai 2014 – Haaretz
      L’Allemagne met son veto aux subventions pour les canonnières destinées à Israël, évoquant la rupture des pourparlers de paix

      http://seenthis.net/messages/259633

  • Violences faites aux #femmes dans l’armée : un âpre combat
    http://fr.myeurop.info/2014/04/17/violences-faites-aux-femmes-et-harcelement-dans-armee-vrai-combat-13656

    Delphine Nerbollier Ariel Dumont Elise Gazengel Tristan de Bourbon Benjamin Leclercq

    Le ministre de la défense a annoncé un plan de lutte contre les #violences_faites_aux_femmes dans l’armée. Première mesure : l’inscription du #harcèlement dans le code de la défense. Ailleurs en Europe, les femmes conquièrent péniblement leur place dans les armées, face à des hommes parfois très crispés par la question.

    L’armée française va-t-elle enfin (...)

    #Société #Allemagne #Espagne #France #Royaume-Uni #armée #discriminations #égalité_femmes-hommes #sous-marins #Viol

  • Que font les sous-marins israéliens de fabrication allemande ?

    http://www.jforum.fr/forum/israel/article/que-font-les-sous-marins

    Dans ce contexte de tensions régionales, Israël continue d‘étoffer son dispositif militaire, et notamment naval. Voici des images assez rares de sous-marin de classe Dolphin, dont l’État hébreu s’est doté ces dernières années. Il s’agit d’appareils d’attaque conventionnelle parmi les plus sophistiqués au monde. Ils sont équipés de missiles à tête nucléaires.

    “On n’est pas autorisé à parler des opérations en cours, explique ce soldat sous couvert d’anonymat. Le secret est la clé de notre succès. Si je vous dis là où on a prévu d’intervenir, alors l’ennemi pourra nous tendre un piège. C’est donc stratégique de ne rien dire, pour garder toutes les cartes en main”.

    Tsahal dispose actuellement de trois sous-marins de ce type, et devrait en obtenir trois autres dans les prochaines années. Tous sont construits par une entreprise allemande, avec laquelle Israël a passé un accord. Chacun de ces sous-marins coûte plus de 500 millions d’euros.

    http://www.youtube.com/watch?v=PzwEUcOZ0hc&feature=colike

    Comment un si petit pays finance-t-il son armée ?

    #Israël, #sous-marins, #Tsahal