• Projet de #loi sur les #principes_républicains : le niveau des eaux continue de monter

    Il se passe quelque chose d’assez étrange en ce moment : si de nombreux·ses collègues et de nombreuses institutions se sont résolument élevé·es contre les attaques en « #islamo-gauchisme » et autres « #militantismes » lancées de toutes parts dans le sillage de #Frédérique_Vidal, les dispositions concernant les #universités qui ont été introduites dans le projet de loi confortant le respect des principes de la République ne semblent, en revanche, pas émouvoir grand monde.

    Pourtant, nous avons désormais dépassé le seul stade des paroles odieuses sur les plateaux de télévision : le parlement travaille en ce moment à les transformer en #obligations et #interdictions concrètes.

    Peut-être cet intérêt tout relatif de la communauté universitaire s’explique-t-il par le fait que ce sont les étudiant·es qui se trouvent le plus frontalement visé·es. Peut-être est-ce aussi l’effet d’une grande fatigue : le caractère ininterrompu des #attaques contre l’ESR fait qu’il est de moins en moins pertinent de parler de « vagues » réactionnaires, alors qu’il s’agit, en réalité, d’une implacable et continue montée des eaux aux émanations pestilentielles.

    Double discours de la #CPU

    Rien, pas une réaction de la #conférence_des_présidents_d’université (CPU), par exemple, à la suite des deux nouveaux articles introduits le 18 mars 2021 dans le projet de loi confortant le respect des principes de la République, alors que c’est le versant étudiant des #franchises_universitaires qui se trouve remis en question par le parlement, comme nous l’avons déjà expliqué.

    Pire même, le président de la CPU, #Manuel_Tunon_de_Lara a fait le choix de mettre encore un peu d’huile sur le feu : le 16 mars dernier, il a écrit à tou·tes les membres de la commission des lois et membres de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat – dans une lettre qu’Academia s’est procurée, mais que la CPU s’est bien gardée de rendre publique – pour alimenter la grande peur panique en cours :

    « La vraie #menace [écrit Manuel Tunon de Lara] réside dans le risque d’#intrusion des #religions et d’#idéologies diverses dans la #science, le contenu des #enseignements ou des champs de #recherche, au mépris de la #liberté de chaque enseignant d’exprimer sa pensée et de la #liberté des étudiantes et étudiants inscrits d’assister aux enseignements dispensés, et en violation des franchises universitaires ».

    Il apparaît que c’est un véritable double discours que tient la CPU, quand on sait que deux jours plus tard, elle twittait publiquement toute autre chose de sa rencontre avec le président du Sénat, #Gérard_Larcher :

    https://twitter.com/CPUniversite/status/1372593687000125440

    https://twitter.com/mtunondelara/status/1374734620533608452

    Très introduit, le président Tunon de Lara n’hésite jamais à utiliser ses rencontres parlementaires pour sa communication personnelle1. Au vu des éléments dont nous disposons et du ciblage dont les étudiant·es font l’objet, tant d’un point de vue social que politique, on peu s’intérroger sur ce que prépare réellement la CPU à leur endroit.

    Que le nouvel #article_24 sexies du projet de loi confortant le respect des principes de la République subordonne la mise à disposition de locaux aux étudiant·es à la signature d’un « #contrat_d’engagement_républicain » – dont, pourtant, la Commission nationale consultative des droits de l’homme vient solennellement de demander l’abandon – cela ne pose aucun problème à la CPU. Faire des communiqués grandiloquents contre la ministre, elle sait faire. Défendre concrètement les libertés étudiantes – l’un des grands acquis de la #loi_Faure de 1968 – en revanche, elle s’en garde bien. Peut-être même est-elle directement à l’origine de l’autre article du projet de loi qui concerne les étudiant·es, l’#article_24_septies qui, lui, élargit de manière considérable les possibilités, pour les présidences d’établissement, de limiter la #liberté_de_réunion et la #liberté_d’expression des étudiant·es chaque fois qu’elles estiment être en présence d’ « actions de #propagande » et de « #troubles » au « bon fonctionnement du #service_public », comme Academia l’a déjà expliqué.

    Nouvelle vague d’#amendements au Sénat

    Il est désormais presque certain que ces deux articles seront adoptés lors de l’examen en hémicycle du projet de loi par le Sénat, qui commence demain, mardi 30 mars 2021, à 14h30 au Sénat et durera jusqu’au 8 avril.

    Pour cet examen en hémicycle, d’autres amendements ont en outre été déposés ces tout derniers jours. Ces amendements ont une chance moindre d’être adoptés, mais il nous paraît important de les signaler pour rappeler à quel point, au Parlement, les universités sont désormais visées de manière quasi ininterrompue.

    1° Bien sûr, comme plusieurs fois déjà ces trois derniers mois, des élus Républicains sont remontés au front pour faire interdire le port du #voile dans les établissements d’enseignement supérieur. C’est le cas de l’amendement n° 379 du sénateur #Henri_Leroy ou de l’amendement n° 35 du sénateur #Bascher – qui entend d’ailleurs interdire tous

    signes, tenues ou actes qui constitueraient des actes de pression, de provocation, de #prosélytisme ou de propagande, perturberaient le déroulement des activités d’enseignement de recherche ou troubleraient le fonctionnement normal du service public ».

    On signalera tout particulièrement l’amendement n° 487 du sénateur des Bouches-du-Rhône #Stéphane_Ravier, qui recourt allègrement au vocabulaire de l’#extrême_droite pour parler des « #racistes_anti-blancs de l’UNEF«  :

    À l’Université, des professeurs sont empêchés de citer des auteurs ou d’aborder certains thèmes sous la pression de groupes d’élèves. Le rôle des syndicats d’étudiants, les racistes anti-blancs de l’UNEF en tête, qui organisent ou participent à des évènements de ségrégation et de division, n’y est pas pour rien. Il convient donc de rétablir l’enseignement public dans sa vocation de #neutralité, de #laïcité et d’#universalité en interdisant les avancées communautaires, via le port de tenues ou de #signes_religieux ostensibles, au premier rang desquels le #voile_islamique est le plus conquérant.

    2° À côté de ces amendements sur les signes religieux, on trouve plusieurs offensives directement dirigées contre les associations étudiantes que le code de l’éducation désignent comme représentatives et qui, à ce titre, siègent au CNESER. Par un amendement n° 81, vingt-cinq sénateurs et sénatrices de droite se sont en particulier allié·s pour proposer que l’on inscrive dans la loi que ces associations « sont soumises au respect strict de l’ensemble des #valeurs de la République et de la laïcité ». Le retour, donc, des fameuses « valeurs de la République« , dans lesquelles on pourra tout mettre à l’avenir et qui avaient tant agité les #facs en novembre dernier lorsqu’elles avaient surgi dans la loi de programmation de la recherche…

    Le sénateur #Max_Brisson, par ailleurs inspecteur général de l’éducation nationale et plutôt mesuré jusqu’ici dès qu’il s’agissait d’ESR, fait mieux encore : dans un amendement n° 235, il propose rien moins que :

    « Ne peuvent participer aux élections d’associations représentatives d’étudiants les listes dont un ou plusieurs candidats ont tenu dans des lieux publics, par quelque moyen que ce soit, y compris écrit, des propos contraires aux principes de la #souveraineté_nationale, de la #démocratie ou de la laïcité afin de soutenir les revendications d’une section du peuple fondées sur l’#origine_ethnique ou l’#appartenance_religieuse. »

    3° Quant aux sénateurs et sénatrices socialistes, ils et elles ne veulent visiblement pas être en reste, proposant de subordonner le droit à la mise à disposition de locaux dont disposent les étudiant·es au titre des franchises universitaires depuis 1968 à la signature non d’un « #contrat_d’engagement_républicain » comme le prévoit le nouveau #article_24_sexies, mais, grande différence, à une « #charte_d’engagements_réciproques » par laquelle ces étudiant·es s’engageraient à « promouvoir et à faire respecter toutes les valeurs de la République » (amendement n° 109). « Contrat d’engagement républicain » ou « charte d’engagements réciproques », il existe sans doute des différences, mais le problème de principe demeure : voilà donc que l’exercice même d’une liberté – la liberté de réunion des étudiant·es qui est particulièrement protégée sur les campus grâce au versant étudiant des franchises universitaires – se trouvera subordonné à la signature d’un contrat imposant des obligations dont le contenu est, n’en doutons pas, appelé à augmenter tendanciellement.

    C’est bien le niveau des eaux pestilentielles qui monte.

    Encore et encore.

    https://academia.hypotheses.org/32007

  • Les origines néolibérales de l’antiglobalisme

    « Globalistes » contre « Nationalistes », cette nouvelle ligne de fracture politique masque la vérité : les nationalistes populistes cherchent moins à défendre un modèle social qu’à s’affranchir des contraintes internationales imposés par les règles du #libre-échange. Leur but est en réalité d’aller vers plus de #capitalisme, et de contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial.

    Depuis que Trump a installé le conflit entre les « nationalistes » et les « globalistes » comme l’antagonisme politique central, il a été repris en chœur par tous les « populistes » sans exception, de Farage à Orban en passant par Salvini et Bolsonaro. Marine Le Pen a ainsi déclaré dans un récent entretien accordé à Breitbart (le média auparavant dirigé par Bannon) : « Le globalisme est un esprit post-national […] Il porte en lui l’idée que les #frontières doivent disparaître, y compris les protections que ces frontières apportent habituellement à une #nation. Elle repose sur l’idée que ce sont les #marchés tout puissants qui décident de tout. Ce concept de globalisme est poussé par des technocrates qui ne sont jamais élus et qui sont les personnes typiques qui dirigent les choses à Bruxelles dans l’Union européenne. Les gens qui croient aux nations – les nationalistes – c’est exactement le contraire. Ils croient que les nations sont le moyen le plus efficace de protéger la #sécurité, la #prospérité et l’#identité nationales pour s’assurer que les gens prospéreront dans ces nations. »

    À l’intérieur de cette opposition, le « nationalisme » est implicitement compris comme la défense des populations attaquées par la #globalisation_économique, le retour de la #souveraineté de l’#Etat-nation et le « #protectionnisme ». Dans un entretien accordé l’an passé au Figaro, #Emmanuel_Todd estimait qu’un renversement était en train de se produire, aux États-Unis avec le protectionnisme de #Trump : « Une génération avait mis à bas, avec le néolibéralisme de Reagan, la société qu’avait instaurée l’#Etat-providence rooseveltien ; une nouvelle génération d’Américains est en train de balayer aujourd’hui le modèle des années 1980 » ; et au #Royaume-Uni, avec le #Brexit où, alors que « Thatcher était une figure du néolibéralisme aussi importante que Reagan, […] notre plus grande surprise a été de voir la #droite conservatrice assumer le Brexit et discuter à présent ses modalités, et même s’engager à tâtons dans un #conservatisme de “gauche” ».

    Mais la rupture produite par les populistes va-t-elle effectivement dans le sens annoncé par Todd, d’une limitation du #libre-échange, d’un recul du néolibéralisme et d’un #conservatisme_social ? Rien n’est moins sûr dès que l’on s’intéresse à la provenance de ce #nationalisme_anti-globaliste.

    De Thatcher au Brexit : nations souveraines et #libre_entreprise

    Avant d’être soutenu par une partie des ouvriers britanniques déclassés, le Brexit trouve ses origines dans l’#euroscepticisme du Parti conservateur britannique dont la figure de proue a été… #Thatcher. C’est son célèbre discours devant le Collège de l’Europe à Bruges en septembre 1988 qui a fait émerger le think-tank du « Groupes de Bruges » réunissant des Tories eurosceptiques dont #Alan_Sked et #Nigel_Farage, et dont bientôt sortirait le #UKIP conduisant le Royaume-Uni au Brexit. Thatcher tançait dans son discours le « super-État européen exerçant une nouvelle domination depuis Bruxelles », elle opposait l’Europe existante de la #communauté_économique_européenne, celle de la #bureaucratie, du #centralisme et du #protectionnisme à l’#Europe de la #libre-entreprise, du #libre-échange et de la #déréglementation qu’elle appelait de ses vœux.

    Il fallait surtout en finir avec le protectionnisme à l’égard du monde extra-européen de façon à réconcilier les nations européennes avec les « marchés réellement globaux ». La critique de l’Europe ne portait cependant pas seulement sur les contraintes pesant sur la #libre_entreprise, la recherche d’une identité européenne transcendante faisait aussi courir le risque d’une disparition des #identités_nationales avec leurs coutumes et leurs traditions. Contre ce « méga-État artificiel », il fallait concevoir l’Europe comme une « famille de nations ».

    Le libre-échange d’une part et le nationalisme d’autre part que Thatcher opposait à la bureaucratie régulatrice de Bruxelles, n’étaient du reste pas séparés, mais bien d’un seul tenant : « Je n’eus d’autre choix, affirme-t-elle dans ses mémoires, que de brandir le drapeau de la #souveraineté_nationale, de la #liberté_du_commerce et de la #liberté_d’entreprise – et de combattre ». On se situe donc à mille lieux d’un nationalisme qui chercherait à s’établir en rempart contre la #mondialisation économique et le libre-échange : c’est au contraire la récupération de la #souveraineté_nationale qui, en s’affranchissant des contraintes supranationales européennes, doit permettre aux peuples de se réconcilier avec le libre-échange mondialisé.

    Or cette position nationale-néolibérale, qui veut faire de la nation britannique l’actrice directe de son inscription dans la #mondialisation_économique, est celle de tous les principaux brexiters, Farage en tête, mais aussi de tous les défenseurs d’un « hard brexit » parmi l’establishment Tory, de #Boris_Johnson à #Jacob_Ress-Mogg en passant par #Steven_Baker et #Dominic_Rabb. Au deuxième semestre 2018, une enquête de Greenpeace a révélé que #David_Davis, l’ancien secrétaire au Brexit de #Theresa_May, #Owen_Paterson, l’ancien secrétaire à l’agriculture et à l’environnement de David Cameron, et #Shanker_Singham, un expert commercial de l’Institute of Economic Affairs, s’étaient rendus en Oklahoma au cours d’un voyage financé par le lobby agro-industriel américain pour préparer avec des membres de l’administration Trump un accord commercial bilatéral post-Brexit, prévoyant notamment l’importation en Angleterre de #poulet lavé au chlore et de #bœuf aux hormones.

    Paterson, en déplorant qu’un tel accord soit impossible dans le cadre actuel des réglementations de l’Union européenne, a tweeté qu’il était essentiel que « le Royaume-Uni ait le contrôle de ses tarifs et de son cadre réglementaire ». C’est peu de dire qu’on est loin du « #conservatisme_de_gauche » … Au contraire, comme l’avait anticipé Thatcher, la récupération de la souveraineté nationale face à l’#Union_européenne est le moyen de plus de #déréglementation et de libre-échange.

    Anti-globalisme et libre-échangisme mondialisé chez #Rothbard

    Qu’en est-il aux États-Unis ? « La génération qui est en train de balayer le modèle des années 1980 » est-elle, à la différence du Royaume-Uni, en rupture avec le néolibéralisme de Reagan ? La droite radicale qui a contesté l’héritage de Reagan pour finalement aboutir à l’élection de Donald Trump s’est construite au tournant des années 1990 dans les marges du Parti républicain. Réunissant des « paléo-libertariens » autour de #Murray_Rothbard et #Lew_Rockwell et des « paléo-conservateurs » autour de Patrick Buchanan, ce mouvement s’appelait « paléo » parce qu’il revendiquait un retour à la #Droite_originaire (#Old_Right) du Parti républicain entre les années 1930 et 1950 qui défendait l’#isolationnisme et les intérêts de la nation américaine (#America_First) contre l’#interventionnisme_militaire, mais aussi la #liberté_individuelle, le gouvernement minimal et la propriété privée contre le #New_Deal et le #Welfare_state. Il s’était formé pour contester la prise du pouvoir sous #Reagan puis l’hégémonie sous Bush des néoconservateurs et leur imposition du #Nouvel_ordre_mondial. Leur critique s’est incarnée dans les campagnes des primaires républicaines de #Buchanan en 1992 et 1996.

    Ce que ciblaient les paléo dans le Nouvel ordre mondial, c’était un super-étatisme internationaliste, un système mondial de Welfare-warfare state, où l’importation de la « démocratie globale » partout dans le monde par l’interventionnisme américain sous l’égide de l’ONU se conjuguait à un gouvernement économique mondial de type keynésien. Les termes de « globalisme » et de globaloney étaient utilisés notamment par Rothbard au début des années 1990 pour décrier ce système et ils étaient empruntés au vocabulaire de la Old Right pour qui ils désignaient déjà ce complexe internationaliste de l’interventionnisme extérieur onusien et de la perspective d’un New Deal global que ses membres critiquaient dans les politiques de Franklin Roosevelt et Harry Truman.

    Rothbard puisait notamment son inspiration chez un historien révisionniste de la Seconde Guerre mondiale dont il avait été proche, Harry Elmer Barnes. De plus, dans les années 1970, alors que la Guerre du Vietnam était encore en cours, des anti-impérialistes avec qui il collaborait avaient déjà remis au goût du jour la critique du globalisme. Lorsque la globalisation économique se concrétisa dans la première moitié des années 1990 avec l’Alena puis la création de l’OMC, ces nouveaux éléments devinrent partie intégrante de sa critique et les nouvelles cibles de l’attaque contre le « globalisme ». Rothbard dénonçait l’Alena comme du « commerce bureaucratique réglementé » conçu par « un sinistre Establishment centriste dont le dévouement à la liberté et au libre-échange s’apparente à celui de Leonid Brejnev ». L’Alena entraînait en particulier une harmonisation des législations vers le haut qui allait contraindre les entreprises américaines à se soumettre aux normes environnementales et au droit du travail contraignants des législations canadiennes et mexicaines contrôlées par des syndicalistes et des socialistes.

    Tout ce « mercantilisme » ne signifiait rien d’autre selon lui que la spoliation que les élites politiques mondiales opéraient sur le libre-échange véritable au détriment de la masse des gens qui ne pouvaient en jouir directement. Il alertait sur la perte de souveraineté que représentait l’Alena qu’il comparait au « super-étatisme de la Communauté européenne » car cet accord imposait la mise sur pied d’« institutions d’un super-gouvernement internationaliste arrachant la prise de décision des mains des Américains ». Face à cette « politique globaliste » (globalist policy), une « nouvelle coalition populiste » et « un nouveau nationalisme américain » devaient être définis : il fallait abroger l’Alena, se retirer de toutes les agences gouvernementales supranationales (ONU, OIT, UNESCO, etc.), stopper l’aide au développement et durcir les conditions d’immigration qui provoquaient l’élargissement de l’État social, au nom d’authentiques marchés libres.

    Comme chez Thatcher, on est à l’opposé d’une critique du libre-échange ; le nationalisme est au contraire là aussi un moyen de sauver le libre-échange mondialisé qui est confisqué par les institutions supranationales bureaucratiques et socialisantes – en un mot « globalistes ».

    Lorsque les populistes s’attaquent au « globalisme », ils emboîtent le pas d’une critique qui ne visait pas à l’origine la mondialisation des échanges de biens et de services, mais au contraire le super-étatisme des élites politiques mondiales qui parasitent le fonctionnement du libre-échange mondialisé. Une distinction conceptuelle s’impose donc entre le « globalisme » et le « mondialisme », puisque dans les cas des héritages de Thatcher ou de Rothbard, l’anti-globalisme va de pair avec un mondialisme libre-échangiste absolument revendiqué.
    Anti-globalisme et hiérarchie des nations de Buchanan à Trump

    Aux États-Unis, après la seconde campagne de Buchanan pour les primaires républicaines de 1996, les premiers doutes des libertariens ont cependant laissé place à la rupture avec les paléo-conservateurs autour de la question du protectionnisme et des barrières tarifaires. La rupture fut définitivement consommée en 1998 avec la publication du livre de Buchanan The Great Betrayal. How American Sovereignty and Social Justice Are Being Sacrified to the Gods of the Global Economy. C’est dans ce livre que Buchanan affirme son attachement au « nationalisme économique » et qu’il fait du « conflit » entre les « nationalistes » et les « globalistes » le « nouveau conflit de l’époque qui succède à la Guerre froide »[1], définissant la ligne que reprendront littéralement Bannon et Trump. Soutenant le protectionnisme industriel, il déplace le contenu de l’anti-globalisme dans le sens de la défense des intérêts économiques nationaux contre la mondialisation du libre-échange.

    Cependant, l’opposition simple entre le nationalisme économique à base de protectionnisme industriel et le libre-échange illimité mérite d’être approfondie. D’abord, Buchanan est toujours resté un adversaire résolu de l’État-providence et The Great Betrayal est surtout une défense de l’économie américaine pré-New Deal où l’existence de barrières tarifaires aux importations a coïncidé avec une période de croissance. Pour autant, cette période a été marquée par de fortes inégalités économiques et sociales.

    Ensuite, dans le cas de Trump, l’usage qu’il fait du protectionnisme est pour le moins pragmatique et ne relève pas d’une position de principe. Lorsqu’il a baissé drastiquement fin 2017 l’impôt sur les sociétés, il a montré que sa défense de l’emploi américain ne convergeait pas nécessairement avec la « justice sociale ». Ciblant certaines industries correspondant à son électorat comme l’automobile, il se sert surtout des barrières tarifaires aux importations comme d’une arme parfois purement psychologique et virtuelle, parfois effective mais temporaire, dans une guerre commerciale qui peut aboutir à davantage de libre-échange.

    Dans l’USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement), l’accord de l’Alena renégocié, si 75% des composants d’une automobile devront être fabriqués aux États-Unis pour qu’elle soit exemptée de barrières douanières (contre 62, 5% avec l’Alena), en revanche le marché laitier canadien sera davantage ouvert aux fermiers américains, tandis que Trump a récemment supprimé les barrières aux importations d’acier et d’aluminium venant du Mexique et du Canada, pour inciter ces pays à ratifier l’USMCA. S’il continue de se servir des droits de douane punitifs dans la guerre commerciale avec la Chine, il a recherché davantage de libre-échange avec l’Union européenne.

    Enfin, lorsque des journalistes demandèrent à Buchanan de quel économiste il s’inspirait, il répondit qu’il s’agissait de Wilhelm Röpke[2], l’un des principaux fondateurs de l’ordo-libéralisme, la forme prise par le néolibéralisme en Allemagne qui inspira la politique économique de Ludwig Erhardt sous Adenauer. Or Röpke n’était pas un thuriféraire, mais bien au contraire un opposant farouche au « nationalisme économique » et au « protectionnisme » qui représentait des fléaux pour l’ordre économique international qu’il cherchait à construire[3]. Cependant, il estimait que le libre-échange mondial ne pouvait intégrer les nations postcoloniales, car il n’avait été possible avant la première guerre mondiale que parmi le cercle des nations occidentales partageant un même ordre de valeurs culturelles et religieuses.

    Cette insistance sur des conditions extra-économiques morales et spirituelles au développement économique fait qu’il revendique une « troisième voie » appelée « économie humaine » entre le libre-échange purement fondé sur la concurrence et la social-démocratie. En cohérence avec cette « économie humaine », il s’engagea publiquement en faveur du maintien de l’apartheid en Afrique du Sud parce que les Noirs sud-africains se situaient « à un niveau de développement qui excluaient la véritable intégration spirituelle et politique avec les Blancs hautement civilisés »[4].

    Son nationalisme n’était finalement pas dirigé contre le libre-échange, mais pour un ordre hiérarchique international fondé sur des conditions de développement économiques différenciées, ne laissant pas aux nations non blanches les moyens d’intégrer le libre-échange mondial. Lorsque Buchanan tempête contre l’immigration et la reconquista économique mexicaine menaçant la culture américaine, il se situe effectivement dans le sillage de la position nationale-néolibérale de Röpke. Dans un débat télévisé en vue des élections européennes de 2019, Marine Le Pen promettait elle aussi, du reste, d’opposer au « capitalisme sauvage » une « économie humaine ».

    Lorsque des universitaires ou des commentateurs, y compris à gauche, insistent sur les aspects économiques positifs pour les populations, du nationalisme anti-globaliste, ils se méprennent absolument sur les origines comme sur les politiques menées par les populistes nationalistes. Ceux-ci revendiquent la récupération de la souveraineté nationale et critiquent les règles transnationales de la globalisation économique, non pour protéger leur modèle social et le droit du travail de leur population, mais pour s’affranchir de ce qui resterait en elles de contraintes environnementales ou sociales, et s’en servir comme tremplin vers plus de capitalisme et de libre-échange, ou pour contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial. Dans cette bataille, ce sont les national-néolibéraux qui affrontent les globalistes néolibéraux, dans une course qui pousse le monde dans une direction toujours plus mortifère, et ne comporte pas le moindre aspect positif.

    https://aoc.media/analyse/2019/10/28/les-origines-neoliberales-de-lantiglobalisme

    #nationalisme #globalisme #anti-globalisme #néolibéralisme #néo-libéralisme #populisme #discours_de_Bruges #industrie_agro-alimentaire #boeuf

    ping @karine4

  • AIBD - Indignation de passagers sénégalais après des contrôles à l’embarquement faits par des policiers français et espagnols : la #souveraineté sénégalaise à rude épreuve !

    Des témoignages de passagers qui ont transité cette semaine par l’Aéroport Blaise Diagne de #Diass font état d’une situation inédite au niveau du contrôle préalable à l’embarquement. Pour la plupart en route pour des pays européens, ils ont remarqué selon certains qui ont bien voulu témoigner à Dakaractu, un contrôle a posteriori effectué par des éléments qui semblaient appartenir à des polices étrangères. En effet, après le contrôle des sociétés habituelles et connues à l’#AIBD, des policiers étrangers et principalement français et espagnols se chargeaient en dernier lieu, de vérifier la paperasse des passagers.

    Dakaractu qui a cherché à en savoir plus, a câblé quelques hauts gradés de la sécurité intérieure du pays. Selon un responsable c’est deux coopérants espagnols qui étaient à l’AIBD. Il a ainsi écarté toute présence de policiers français sur le périmètre du contrôle aéroportuaire. Un fait infirmé par les témoignages des passagers qui confirment bien l’enseigne de la #police française sur les tenues des agents avec le drapeau tricolore à l’appui.

    Une situation inédite qui a révulsé plus d’un passager qui ne se sont pas privés de commenter « cette bizarrerie ». D’autant plus que personne n’imagine voir un jour des policiers sénégalais préposés au contrôle dans un aéroport Européen, quel que puisse être le pays.

    Mais du côté de notre interlocuteur au niveau de la sécurité intérieure toujours, on se défend en indiquant que « ces deux agents étaient dans ce que l’on appelle dans le jargon de la sécurité publique, des « #mentors ». Leur présence entre dans le cadre d’un #accord nommé #programme_opérationnel_conjoint entre l’État et l’Union européenne, a-t-il renseigné en outre. Ils devraient selon lui, former de jeunes policiers sénégalais à certaines méthodes de #dissimulation. Sauf que selon nos sources de l’aéroport du côté des passagers, il n’y avait nulle part trace de policiers sénégalais près des « fameux mentors » en mission de #formation. Quoi de plus logique ?

    Du côté des passagers qui ont câblé Dakaractu on pense vraiment qu’un aéroport mais aussi le port restent des symboles de la #souveraineté_nationale d’un pays. De petites choses que l’État sénégalais « minimise », se plaignent nos interlocuteurs, mais qui donnent encore raison aux activistes qui pensent que le « Sénégal est toujours sous le joug de l’impérialisme français ».

    https://www.dakaractu.com/AIBD-Indignation-de-passagers-senegalais-apres-des-controles-a-l-embarque
    #aéroport #asile #migrations #frontières #contrôles_frontaliers #externalisation #Sénégal #contrôles_d'identité #police #France #Espagne #officiers_de_liaison_immigration (#OLI)

    ping @rhoumour @karine4 @_kg_

  • De Gaulle et l’OTAN, 1966 : L’épiphanie de la France Libre – par Eric Juillot
    https://www.les-crises.fr/de-gaulle-et-l-otan-1966-l-epiphanie-de-la-france-libre-par-eric-juillot

    « La France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à disposition de l’OTAN[1]. » C’est par ces mots très […]

    #Histoire #7_mars #Charles_de_Gaulle #OTAN #Souveraineté_nationale #Histoire,_7_mars,_Charles_de_Gaulle,_OTAN,_Souveraineté_nationale

  • (Dé)passer la frontière

    En ce début de 21e siècle, l’heure est à la #fermeture_des_frontières. Si ce durcissement des #politiques_migratoires peine à produire les résultats escomptés, il participe à la multiplication de situations de violations des #droits_humains, partout dans le monde.

    Les frontières, leur gestion et leur actualité traversent les débats publics et médiatiques sur les #migrations, attisant les controverses et les fantasmes, en particulier en Europe et en Amérique du Nord. Les frontières cristallisent un grand nombre d’enjeux – sociaux, (géo)politiques, économiques, historiques – et mobilisent une grande diversité d’idées, de projets de société et d’acteur·rices. Étudier, questionner la frontière et tout ce qu’elle véhicule comme #symboles est donc indispensable pour penser l’avenir des territoires et de leurs populations dans une perspective de respect de la #dignité_humaine, autrement que sous le seul angle d’analyse de « la crise migratoire ».

    L’objectif principal de ce nouveau numéro de la collection Passerelle est donc de proposer des pistes d’analyse et de réflexion sur les enjeux autour des frontières : dans un monde globalisé, entre territorialisation et dématérialisation, qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? Quels sont les intérêts politiques et économiques qui régissent les mouvements d’ouverture pour certain·es, et de fermeture pour d’autres ? Cette publication invite également à explorer les multiples formes de #résistance à travers la voix de celles et ceux qui défient les politiques de fermeture, mais aussi les idées et propositions qui remettent en cause le régime des frontières actuel.

    Il s’agit donc bien d’établir des liens entre ce sujet d’une actualité brûlante et des dynamiques de long terme dans les différentes parties du monde, d’en éclairer les différents enjeux et de donner de la visibilité aux luttes actives d’hier et d’aujourd’hui. C’est cette perspective qui est au cœur du débat à travers les articles compilés ici : des réflexions, des témoignages et des pistes d’horizons politiques qui nous permettront de mieux saisir les enjeux des frontières, afin de nous armer de meilleurs outils de solidarité internationale pour la #justice_sociale et la garantie des droits fondamentaux de toutes et tous.


    https://www.coredem.info/IMG/pdf/_de_passer_la_frontiere-2.pdf

    Sommaire :


    #souveraineté_nationale #symbole #murs #Israël #barrières_frontalières #externalisation #externalisation_des_frontières #spectacle #victimisation #business #tunnel #Roya_Citoyenne #frontière_sud-alpine #La_Roya #caravane #Amérique_centrale #disparitions #mères #justice #passeport_aborigène #internationalisme #liberté_de_circulation #Touaregs #nomadisme #nomades #confédéralisme_démocratique #membrane

    ping @isskein @reka

    #frontières

  • Et l’américain Palantir a désormais un rival « Made in France »
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/si-si-l-americain-palantir-a-desormais-un-rival-made-in-france-793900.html

    Cette offre répond aux besoins de l’administration française, notamment des services de renseignement et des entreprises françaises, qui souhaitent s’exonérer des risques que peut induire un choix en faveur de Palantir. Pourquoi ? Guillaume Poupard est très clair quand il explique à l’Assemblée nationale en mars dernier, qu’il « va de soi qu’il faut par exemple déconnecter les logiciels Palantir, qui permettent d’effectuer des recherches dans les données, car il est hors de question que l’éditeur de Palantir ait accès aux données opérationnelles traitées par le logiciel. Or, c’est de plus en plus compliqué : de nombreux éditeurs logiciels, en effet, dégagent leur plus-value en fournissant non plus un simple CD-ROM comme autrefois mais un système à distance, en cloud, qui, pour fonctionner, ne doit plus se trouver chez le client mais chez l’éditeur, ce qui soulève de nombreuses questions ». D’ailleurs, le directeur du renseignement militaire, le général Jean-François Ferlet, a indiqué que son service a étudié le logiciel de Palantir, mais qu’il ne l’a pas retenu pour des questions de maîtrise du logiciel.
    La DGA travaille également sur une alternative

    « Il existe une volonté globale de créer une alternative française de confiance, et la DGA y travaille », avait rappelé en mars dernier Guillaume Poupard. C’est le programme Artemis (Architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-source), qui a été lancé en novembre 2017 par la direction générale de l’armement (DGA). Ce programme, qui servira à exploiter les bases de données de toute nature, est une composante importante de la feuille de route Intelligence Artificielle (IA) du ministère des Armées, annoncée en mars dernier par Florence Parly.

    #Palantir #Renseignement #Souveraineté_nationale

  • Si può parlare di “patria” anche a sinistra

    Alcuni esponenti della sinistra radicale hanno partecipato alla costituzione dell’associazione politica “#Patria_e_Costituzione”. Ne è seguita una reazione fredda, quando non apertamente critica. L’impressione è che il riferimento alla Patria sia percepito come “estraneo” e “innaturale” rispetto alla tradizione della sinistra.
    Il rapporto tra la sinistra e l’idea di Patria richiederebbe l’analisi approfondita di uno storico, di un politologo, di un sociologo. Questo articolo non può arrivare a tanto. Tuttavia, siamo persone di sinistra, conosciamo i nostri valori, e riconosciamo l’esigenza di evitare malintesi al nostro interno. Perciò, possiamo e dobbiamo dare il nostro contributo al dibattito. E nella nostra ingenuità, non riusciamo a convincerci che il sentimento patriottico sia incompatibile con la sinistra.

    In teoria (e purtroppo, spesso, anche in pratica), il nazionalismo viola alcuni dei valori fondamentali della sinistra: la pace tra i popoli, e quindi tra gli Stati; l’accoglienza degli stranieri e l’uguaglianza tra persone di culture diverse in uno stesso Paese; la cooperazione tra i Paesi del mondo. A questo proposito, sappiamo che il dialogo internazionale è una necessità dettata dalla realtà, dalla consapevolezza che non siamo da soli sulla Terra, dai guadagni che possono arrivare – per tutti – se il commercio internazionale è inserito in un sistema equo e non fraudolento, dall’esigenza di affrontare multinazionali private più forti dei singoli Stati. (Per inciso, quest’ultima esigenza non richiede, per forza, la scomparsa degli attuali Stati: è sufficiente, appunto, che gli Stati collaborino).
    Eppure, dal punto di vista logico, il patriottismo non ci sembra affatto in contraddizione con tutti questi valori. Quando una Patria si trasforma in uno Stato sovrano, questo Stato può ripudiare la guerra; può ospitare gli immigrati sul suo territorio e può garantire la loro dignità; può collaborare con gli altri Stati per promuovere gli scambi commerciali e culturali o per combattere le ingiustizie in tutto il pianeta. Questa è la definizione di “internazionalismo”: non è la distruzione degli Stati nazionali, ma l’esistenza di relazioni pacifiche e costruttive fra tutti gli Stati.
    Insomma, lo Stato può anche corrispondere a una Patria: ciò che conta, per noi, è che sia governato secondo i valori del socialismo democratico; in questo caso, non sarà mai costruito su base etnica, e non si consoliderà mai nell’esclusione del diverso, ma proprio nella sua inclusione in un sistema armonico di sviluppo.

    Se quel che abbiamo scritto sin qui è condivisibile, allora si può ammettere che il sentimento patriottico, che è parte integrante della vita di molte persone, possa esserlo anche per molte persone di sinistra.
    Naturalmente, questo sentimento ci spaventa se è interpretato da un punto di vista etnico; rifiutiamo un’Italia che esclude chi non è italiano di sangue, una patria che diventa razzista e disumana.
    Però, non sono incoerenti quei compagni che riconoscono l’importanza della storia e delle tradizioni di un popolo, all’interno di uno Stato sovrano (e anche, in modo diverso, all’interno di un’autonomia locale: si tratta di questione complessa, ma collegata con una delle possibili declinazioni del concetto chiave della sinistra e cioè quello dell’ “autodeterminazione”). E non lo sono nemmeno quando riconoscono, in ogni Stato sovrano nato da una Patria, una comunità di persone, con il diritto a compiere liberamente le scelte politiche che la riguardano, nel rispetto della sovranità degli altri Stati.

    In questo modo, si possono rassicurare anche quei compagni che vedono nella riscoperta della sovranità nazionale una rottura con l’Unione Europea. A questo proposito, bisogna ammettere che alcuni compagni più sensibili al sentimento patriottico hanno contribuito a generare un equivoco, concentrandosi su temi economicistici come quello della moneta unica, considerata un male in sé, e non per il meccanismo che genera.
    Attualmente, è un dato di fatto che i Trattati dell’Unione e l’attuale sistema della moneta unica impediscano agli Stati membri di intervenire a favore dei lavoratori e dei deboli: la spesa pubblica è vincolata; non esistono trasferimenti di risorse a vantaggio degli Stati più poveri. Questa è un’emergenza. Finché non sarà risolta, ogni programma di sinistra è destinato a non essere realizzato.
    In sé, la soluzione non è uscire dall’Unione Europea, così come non lo è rinunciare (anche solo in parte) alla sovranità degli Stati per dare vita agli Stati Uniti d’Europa. Infatti, l’Italia è uno Stato, come lo sarebbe un’eventuale Federazione Europea: uno Stato può aumentare la spesa pubblica, come ridurla; può schierarsi a favore del capitale, come del lavoro. Si può avere uno Stato nel quale compiere scelte politiche di sinistra, liberi dai vincoli dell’austerità, ma il problema resta: lo Stato, come ci ricorda Marx, non è un’entità statica e neutra, ma l’espressione di rapporti di forza sociali, e a nulla serve “tornare allo Stato” se poi esso è amministrato e governato a favore dei pochi, delle élites finanziarie, delle oligarchie anche politiche. Del resto, se il Governo italiano (come ci sembra) non è in grado di affrontare i problemi reali dell’Italia che lavora, la colpa non può essere scaricata interamente sull’Europa. Peraltro, è utile ricordare che gli attuali vincoli europei sono stati adottati da Stati sovrani, legittimamente e volontariamente: ad esempio, la Gran Bretagna scelse di non sottoscrivere il fiscal compact, segno che l’adesione alle politiche di austerità è stata anch’essa espressione di una volontà nazionale forte.
    Di conseguenza, un conto è la lotta contro i vincoli europei, che è la priorità assoluta per qualsiasi forza socialista e democratica; un altro conto sono i sentimenti patriottici e la sovranità nazionale.
    Sicuramente, nessuno Stato europeo può essere “sovrano”, finché le norme dell’Unione impediranno una politica economica diversa dall’austerità. Inoltre, il problema primario in Europa è – di nuovo – proprio l’autodeterminazione, dal momento che non possono convivere pacificamente e nello sviluppo comune sistemi produttivi così diversi ed eterogenei; anche se potessero farlo, noi non crediamo che l’uniformità sia desiderabile: ciascun popolo ha diritto a pensare una via al proprio sviluppo.
    Eppure, si può invocare maggiore sovranità nazionale contro l’Europa che ci impedisce la spesa pubblica, anche senza proporre l’uscita dalla moneta unica, o dall’Unione Europea. Infatti, si tratta di problemi specifici, che richiedono rimedi specifici, modifiche di specifiche disposizioni contenute nei Trattati, introduzione di specifici istituti fiscali. Questi rimedi ridurrebbero solo in parte la sovranità degli Stati membri; quindi, consentirebbero un compromesso accettabile tra l’autodeterminazione dei popoli europei e la loro permanenza in un’Unione che ne assicura la collaborazione pacifica.

    Persino il nesso tra il patriottismo e il fascismo è più complesso di quanto siamo abituati a pensare. Fabio Vander, ne L’estetizzazione della politica, ha ricostruito il legame tra il fascismo e la tradizione futurista, proseguito a lungo durante il Ventennio; il fascismo ha utilizzato il sentimento nazionale come strumento di propaganda, ma le sue radici si trovano in un movimento che intendeva rompere con l’Italia dei secoli precedenti, con la sua storia e la sua cultura, a iniziare dall’Umanesimo.
    Del resto, la sinistra che vuole davvero contrastare il fascismo e la sua eredità dovrebbe iniziare a riconoscere la caratteristica principale di quell’ideologia: non tanto la presenza di un “capo” in diretta relazione con il “popolo”, e nemmeno tanto l’odio verso il “diverso”, quanto la volontà di distruggere la vita delle persone, in nome di un continuo “cambiamento” che non lascia alcuno spazio alla dignità umana. Può trattarsi di perseguitare gli ebrei e di deportarli ad Auschwitz, o di inviare i giovani italiani a morire in guerra, o di mantenere le donne italiane in stato di servitù, ma può trattarsi anche di realizzare il principale obiettivo del fascismo degli inizi, nonostante le sue pretese protezionistiche: impedire con la forza le lotte dei lavoratori per essere pagati di più, per lavorare di meno, per avere più ferie o la malattia pagata. In questo senso, sarebbe sicuramente “fascista” (anche se questo non è avvenuto sotto il regime di Mussolini) una forza politica che emargina il patriottismo, magari con lo scopo di scoraggiare (o addirittura di eliminare), in nome della libertà dell’individuo, le identità e i sentimenti collettivi, come temeva Pasolini negli Scritti corsari.

    Patria e sovranità nazionale non hanno a che vedere con la guerra e con il razzismo. Non hanno a che fare neanche con uno Stato che si isola, condannando i suoi cittadini a essere più deboli e più poveri in un mondo sempre più interconnesso. E non ci obbligano neppure a dare l’addio all’Unione Europea, ai suoi vantaggi pratici, alla sua insostituibile missione storica di collaborazione internazionale. Almeno, non necessariamente.
    Per noi, socialisti e democratici, il valore principale resta la difesa della dignità umana e il sostegno alla classe lavoratrice. Finché questo valore non è in discussione, i sentimenti patriottici possono essere un bene prezioso anche per chi sta a sinistra: inoltre, non rappresentano solo un fatto privato, perché a ogni Patria corrisponde una comunità che ha il diritto di autodeterminarsi.
    A voler ampliare l’orizzonte, questo singolo tema offre lo spunto per affrontare la reale difficoltà della sinistra, in questa fase in cui, dal nostro punto di vista, tutto sembra disperato. Nessuno dice che la sinistra si debba fondare sul patriottismo, perché non è la sua ragione di esistere: quel che conta è saper accogliere anche chi crede ancora in alcune identità collettive (come la Patria), verso le quali la sinistra degli ultimi anni è stata troppo diffidente. Allo stesso modo, del resto, tutti devono impegnarsi a difendere la libertà e la dignità di chi non crede nella Patria: non solo nel partito della sinistra che verrà (se verrà), ma anche in quelle realtà sociali nelle quali questo valore è imposto con la forza violenta dell’intolleranza e del conformismo.
    Al di là di questo singolo tema, un partito deve saper trovare il compromesso fra i propri valori e i bisogni emotivi delle persone, quando è possibile. Altrimenti, è destinato a non fare egemonia e a lasciare il campo libero ai suoi avversari, ai suoi opposti. È destinato a rinunciare alla sua funzione di includere le persone, che è qualcosa di diverso (e di più) rispetto al semplice “imitare la destra per portarle via i voti”. È destinato a non scendere in quel terreno di gioco nel quale si può almeno provare quell’impresa culturale, oggi così urgente. In altri termini, è destinato a cantarsela e suonarsela da sé. Mentre la Lega di Salvini conquista a tavolino il potere politico e le coscienze degli italiani.

    https://ipettirossi.wordpress.com/2018/09/26/si-puo-parlare-di-patria-anche-a-sinistra
    #patrie #mots #vocabulaire #terminologie #droite #gauche #idéologie #UE #Union_européenne #EU #Etat-nation #nationalisme #fascisme #souveraineté_nationale
    via @wizo

  • Réflexion | Souveraineté nationale, exil et exclusions
    https://asile.ch/2018/06/04/reflexion-souverainete-nationale-exil-et-exclusions

    Juriste et théologienne de formation, mon propos sera ici de montrer les interactions qui existent entre la souveraineté nationale et l’exclusion ; la difficulté à défendre des droits, lorsque l’on se trouve dans la marge de l’exclusion ; et la pertinence d’un regard décalé qui interroge les fondements mêmes de nos démocraties nationales. Travaillant depuis […]

  • Le lexique des tricheurs : le langage du « Nouveau Monde » et des « Néoconservateurs » Robert Charvin - 19 Mai 2018

    Le Chef de l’État français a fait un choix malheureux en se présentant comme le « Jupiter » du « Nouveau Monde », formule du « Nouveau Monde » qui a été appliquée à l’Amérique que Ch. Colomb aurait mieux fait de ne pas découvrir pour le bonheur des Amérindiens !
     
    En dépit de son auto-célébration théâtrale permanente et de la courtisanerie massive (notamment médiatique (1) ) qui l’accompagne, il n’est que l’un de ces leaders occidentaux (Blair, Enzi, Trudeau, etc.) qui sous les apparences de la « #modernité » est l’incarnation du plus vieux pouvoir de l’Histoire, celui de l’#Argent, avec son inévitable cortège d’arrogance et de mépris plus ou moins subtil, pour ceux qui n’ont pas les moyens de croire que tout leur est permis.
     
    Bien entendu, le #Président – nouvelle mouture – de la V° République (archaïque Constitution présidentialiste) se présente comme un éminent défenseur (autoproclamé) d’une « #démocratie » pluraliste certes, mais « juste ce qu’il faut » pour laisser une petite place à certains syndicats prêts à toutes les compromissions et à une social-démocratie, modeste opposition de Sa #Majesté !
     
    Dans son activisme « ni de gauche, ni de gauche », il parcourt le monde ne voyant des pays visités que les dorures des palais nationaux et des gardes locaux lui rendant les honneurs sans se préoccuper particulièrement des résultats très limités qu’il obtient pour les peuples concernés.
     


    En premier lieu, il applaudit à l’#Europe (tout comme B-H. Lévy dans son dernier livre) c’est-à-dire à l’hégémonie étasunienne, juge de tous les péchés du monde, clouant au banc des accusés tous les hérétiques : hors du « modèle » occidental et du marché, point de salut !
     
    Quant à son appel à « la souveraineté européenne » encore indéfinissable, elle est un produit de substitution à ce qui n’est que l’Europe des affaires, inapte à toute harmonisation sociale et fiscale et à toute forme de solidarité vis-à-vis des migrants !
     
    La #souveraineté_nationale et l’indépendance, il ne les connaît pas davantage que les firmes transnationales qui spéculent à l’échelle mondiale et ne dressent des murs que vis-à-vis des hommes (2) !
     
    Le Président français, dans le sillage étasunien et trumpiste (ce qui est une référence !), ainsi que derrière lui la cohorte de politiciens (plus ou moins opportunistes), de #médias (sous contrôle des grands groupes financiers) et de « services » en tout genre, ont adopté un #langage manipulateur chargé d’intoxiquer l’opinion, les formules et les mots inlassablement répétés, fabriquant sinon des convictions du moins une extrême confusion !
     
    Dans l’ordre interne, et par sa voix, les contre-réformes les plus régressives deviennent des « #réformes » modernisatrices, la négociation a cédé la place à un « dialogue » qui n’est qu’un bavardage, l’ « État de droit » n’est que maintien d’une légalité discriminatoire, la répression se fait « mesures sécuritaires », l’insécurité sociale et l’austérité pour la majorité défavorisée se muent en « équilibres » budgétaires et recherche de la « compétitivité », les « droits de l’homme » (de moins en moins invoqués) se restreignent aux droits civils et politiques, jamais économiques et sociaux.
     
    Mais c’est dans les relations internationales que la « #novlangue » à la Orwell, pratiquée par la France et les autres États occidentaux, européens et américains, est la plus significative (3).
     
     
    –Il n’y a plus jamais de guerre : seulement des « opérations de police » à finalité #humanitaire, afin de protéger les « civils » ou « les non-combattants » dans des conflits internationaux, y compris à des milliers de kilomètres de chez soi ! L’Empire et ses alliés exercent une sorte de mission divine de protection de l’Humanité contre les Barbares d’une couleur ou d’une autre ! Rien de neuf : les expéditions coloniales déjà n’étaient pas la guerre. Bombarder l’Irak, la Libye, ou la Syrie n’est que l’expression d’un haut degré de civilisation humaniste et d’une philanthropie universaliste sans limite !
     
    Qui oserait ne pas dire plus de sept ans après la destruction de la Libye qu’il ne s’agissait que d’éliminer Kadhafi, malgré de nombreuses tentatives antérieures d’assassinat et le financement d’Al Qaïda contre le régime ? Sarkozy n’a fait que reproduire, quelques années après l’expédition anti-Bagdad, une opération fondée sur le mensonge !
     
    –La politique des « deux poids, deux mesures » est aussi une vieillerie historique décrétant quel pays est une « #dictature », lequel ne l’est pas !
     
    L’Égypte du Maréchal Sissi, comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar sont des alliés en « voie de démocratisation », tout comme Bahreïn (qui a écrasé sa « révolution du printemps 2011 », mais qui abrite une base de la V° Flotte américaine). Au contraire, les « dictateurs » vénézuélien ou bolivarien, tout comme l’ex-président du Brésil, Lula, sont infréquentables. De même, la Coalition occidentale ne fait que combattre les « terroristes de #Daech », tandis que la Russie et l’Iran en Syrie affrontent des « #rebelles », simples « opposants » à Damas !
     
    – Vis-à-vis du conflit israélo-palestinien se poursuit un « processus de paix », depuis plus d’un demi-siècle sous l’égide des États-Unis, juges et parties. L’occupation israélienne ne cesse de s’étendre et les Palestiniens tués se multiplient sans « ingérence humanitaire ». Combien de #Palestiniens valent un Juif ? L’exercice du droit de veto étasunien au Conseil de Sécurité a-t-il pour objectif la paix dès lors qu’#Israël est mise en cause ?
     
    – Peu importe, les États-Unis, la France, la Grande Bretagne à eux seuls, constituent « la communauté internationale » ! Le reste du monde doit être tenu à distance. Lorsque le Conseil de Sécurité refuse un projet de résolution occidentale, c’est à cause du « #veto » russe, comme au temps de la guerre froide ! Lorsque c’est l’inverse qui se produit à l’encontre d’une proposition russe, c’est la communauté internationale qui s’y oppose ! Tout est dans la nuance, pour les professionnels du lexique des tricheurs !
     
    –L’usage unilatéral de la force contre un État est la violation la plus flagrante de la Charte des Nations Unies. Lorsqu’une puissance occidentale s’octroie ce que le droit international lui refuse, c’est parce qu’elle a une haute conscience de ses responsabilités, qu’elle incarne le Bien en toute « légitimité ». Le « primat de la morale » l’emporte sur un juridisme suranné ! L’Occident est toujours du « bon côté de l’Histoire » contre le Mal incarné par les … Autres !
     
    Le lexique des #tricheurs se renouvelle sans cesse pour rafraîchir la réputation des Occidentaux qui se croient encore tout permis et qui veulent partout être présents dans le monde pour en tirer profit, comme par exemple, être à la table des négociations pour la #Syrie (riche en ressources énergétiques) (ce qui explique les tirs de missiles d’avril) et ne pas laisser seule la Russie, ou continuer à exploiter le pétrole libyen malgré le chaos qui règne dans le pays, évidemment avec mise à l’écart des Russes ou des Chinois !
     
    Si l’on ajoute à ces truquages sémantiques un spectacle politico-folklorique permanent où se conjuguent fausses compassions (avec images adéquates de femmes et enfants martyrs), braquage sélectif des caméras sur les sites « rentables » pour l’Occident (par exemple, la Syrie, mais ni la Libye ni le Yémen, ni la liquidation des Kurdes par la Turquie), et mise en scène de rodomontades guerrières à prétention humanitaire, on peut conclure que toute complaisance vis-à-vis de ce type de pratique politique relève soit du cynisme soit de l’aveuglement.
     
    Certes, toutes les Puissances s’efforcent de satisfaire en priorité leurs intérêts propres, mais l’Occident a une particularité : il falsifie, par tous les moyens, avec la plus parfaite mauvaise foi, sa pratique en la présentant comme une œuvre universaliste irremplaçable.
     
    Décidément, comme disait Marx, la préhistoire n’est pas encore achevée.

     Robert Charvin

    Notes :
    1Voir le film complaisant sur Macron « La fin de l’innocence ».

    2L’intervention en Nouvelle Calédonie, en mai 2018, ouvrant en fait la campagne référendaire qui doit y avoir lieu pour ou contre l’indépendance et qui, évidemment, encourage au « Non » (nickel et « terres rares » obligent) est d’une hypocrisie remarquable.

    3Cf. D. Losurdo. Le langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie étasunienne. Delga. 2014.

    Voir aussi, Alain Bihr. La Novlangue néolibérale. La rhétorique fétichiste du capitalisme. Syllepse.

    Source : https://www.investigaction.net/fr/le-lexique-des-tricheurs-le-langage-du-nouveau-monde-et-des-neoconse

  • Nawaat – Kerkennah : en première ligne du changement climatique et de la résistance à l’industrie fossile
    https://nawaat.org/portail/2016/06/16/kerkennah-en-premiere-ligne-du-changement-climatique-et-de-la-resistance-a-l

    La Petrofac n’a pas repris ses activités hier, mercredi 15 juin, comme l’avait annoncé mardi dernier, le ministre de l’Energie et des mines. Ahmed Souissi, le représentant de l’Union des chômeurs diplômés à Kerkennah a expliqué que la reprise est tributaire de la satisfaction des revendications des habitants. Les médias dominants ont largement relayé la réunion ministérielle de samedi dernier au siège du gouvernorat de Sfax, la présentant comme une solution aux problèmes de Kerkennah. Mais selon Ahmed Souissi, les habitants ont boycotté cette réunion. Alors que les autorités focalisent sur la création d’une entreprise de services pour embaucher les chômeurs, les habitants de Kerkennah, exigent la création d’un fonds de développement, la lutte contre la corruption, le départ du directeur de Petrofac et plus de redevabilité des entreprises pétrolières. Au-delà des soubresauts de l’actualité, comment le choc entre néolibéralisme et changement climatique pourrait se révéler calamiteux pour l’archipel et ses habitants ? Enquête

    Fuite pétrolière sur la plage de Sidi Fraj dans les îles Kerkennah – Crédits photo : soseau.net

    La souveraineté des ressources naturelles : une lutte cruciale pour la justice environnementale et climatique

    Obtenir la souveraineté des ressources naturelles et s’émanciper des logiques de marché sont des étapes indispensables pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets. D’autant plus lorsque l’objectif de la justice climatique consiste à atténuer le fardeau du réchauffement qui pèse sur des populations déjà marginalisées et vulnérables. Reprendre le contrôle démocratique sur ces ressources est un autre pas vital de la marche vers une transition juste, pour rompre avec les énergies fossiles et passer aux énergies renouvelables. Des décisions aussi cruciales sur la nature, la structure et le sens même de nos systèmes énergétiques peuvent-elles être prises sans consulter les populations ?
    Pourtant, ce contrôle ne peut avoir lieu tant que les multinationales pétrolières et gazières gardent la mainmise sur la majorité de nos ressources. L’exemple de British Gaz (BG) est révélateur. Il s’agit du plus grand producteur de gaz dans le pays, responsable d’environ 60% de la production nationale à travers ses activités à Miskar et Hasdrubal. BG Tunisia contrôle 100% des intérêts dans le champ gazier de Miskar (le plus productif), qui se situe à 125 kilomètres des côtes dans le golfe de Gabès. Le gaz est ensuite traité à la centrale Hannibal, avant d’être vendu à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), le fournisseur national, au prix du marché international selon les termes d’un contrat à long-terme. Le gaz tunisien est vendu aux Tunisiens comme s’il était une marchandise importée !
    Un autre exemple édifiant est celui de la COTUSAL, l’entreprise française de sel qui exploite les marais salants tunisiens depuis l’époque coloniale (début du XXe siècle). La COTUSAL a échappé à la nationalisation après l’indépendance en 1956, et profita d’une position de monopole pendant près d’un siècle, jusqu’en 1994 quand son premier concurrent fit son entrée sur le marché. L’exploitation des marais salants continue en vertu d’un accord datant de 1949, qui offre à l’Etat tunisien un revenu minimal. L’entreprise produit environ un million de tonnes de sel, en exporte les trois quarts, générant un chiffre d’affaire de 32 millions de dinars en 2014 (environ 14 million euros). Cela n’a pourtant pas empêché l’entreprise de ne pas payer ses redevances fiscales, s’élevant à 5,7 million de dinars (2,5 million euros), accumulées sur une période de cinq ans (2007-2012).
    Compagnie Générale des Salines de Tunisie : Opacity, Evasion, Exploitation
    25/02/2015

    Pour paraphraser l’écrivain latino-américain Eduardo Galeano, il semble que « l’élite au pouvoir n’ait aucun intérêt à déterminer si le patriotisme pourrait être plus profitable que la trahison, et si la mendicité est vraiment la seule option au niveau de la politique internationale ». La souveraineté est hypothéquée par l’élite tunisienne au pouvoir qui a accepté (et continue de le faire) le pillage constant des ressources naturelles, générant notre pauvreté en nourrissant la richesse des autres.

    #Tunisie #Kerkennah #Petrofac #Industries_extractives #Énergies_fossiles, #communautés_locales #changement_climatique #impact_sur_l'environnement #impact_social #pollution #colonialisme_énergétique #souveraineté #souveraineté_nationale #souveraineté_des_ressources

    en rapport avec https://seenthis.net/messages/500864

  • Google Traduction, un risque pour la sécurité nationale ?
    http://ici.radio-canada.ca/regions/ottawa/2016/05/31/007-outil-traduction-securite-nationale-google.shtml

    [Au Canada, le] gouvernement fédéral a élaboré un outil de traduction automatique pour ses fonctionnaires, en partie pour des raisons de sécurité nationale.

    De la souveraineté numérique...

    #Canada #Espionnage #Google #Google_Traduction #Service_public #Souveraineté_nationale #Souveraineté_numérique #Sécurité_nationale #Traduction_automatique #États-Unis

  • Vous reprendrez bien un peu de souveraineté ?
    http://www.miscmag.com/?p=349

    Ainsi, dans leur omniscience, les parlementaires ont adopté le 20 janvier un amendement [2] demandant la création d’un « Commissariat à la souveraineté numérique chargé de la création d’un système d’exploitation souverain ». Pour qui connaît les ressorts de l’administration, cela signifie que sous l’égide d’un parlementaire, une brochette d’énarques va charger une poignée de polytechniciens de rédiger un appel d’offres d’« assistance à maîtrise d’ouvrage » (AMOA pour les intimes) dans le but de recruter une armée de consultants facturés à plus de 1500 € HT par jour. Ces derniers seront chargés de conduire une étude de faisabilité (premier livrable) puis de rédiger un appel d’offres pour la réalisation de l’OS souverain (second livrable). L’étude va grosso modo expliquer en des termes choisis pour ne pas vexer les parlementaires qui, dans leur grande sagesse, ont initié ce projet, que même Google ne s’est pas risqué à créer un OS en partant de zéro, mais que le logiciel libre c’est compatible avec la « souveraineté ». En scénario 1, les consultants vont proposer de prendre des briques open source et rajouter quelques couches nationales pour obtenir un OS souverain à moindre coût (comme celui de la Corée du Nord). En scénario 2, il sera envisagé de tout réécrire (kernel, bibliothèques, logiciels), mais le budget risque de dépasser celui d’un porte-avion (ce qui serait tout de même dommage pour quelque chose que personne n’utilisera). Le scénario 2 vous parait déraisonnable ? Il l’est. Mais cela donnera l’illusion aux décideurs du Commissariat de décider quelque chose. Tout consultant facturé à plus de 1.000€ par jour sait quand il doit faire preuve d‘humilité devant les puissants afin qu’ils aient l’impression qu’il n’est là que pour les assister dans leurs réflexions et non faire les choix à leur place.

    #France #Numérique #Politique #Projet_de_loi_pour_une_République_numérique #Souveraineté_nationale #Souveraineté_numérique #Système_d'exploitation

  • La Russie émet ses cartes de paiement locales | International
    http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201512/15/01-4931408-la-russie-emet-ses-cartes-de-paiement-locales.php

    Les banques russes ont commencé mardi à délivrer des cartes de paiement Mir, voulues par la Russie comme l’équivalent des systèmes américains Visa et MasterCard pour assurer sa « souveraineté financière » en réponse aux sanctions américaines en lien avec la crise ukrainienne.

    #Finance #MasterCard_(carte_bancaire) #Russie #Sanction_internationale #Souveraineté_nationale #Visa_(carte_de_paiement) #Économie

  • Parution : Numéro spécial « #Frontières » de la Revue Hommes et migrations

    La réalité des frontières semble s’être inversée : alors que les Etats contrôlaient leurs frontières en les fermant de l’intérieur, le #droit_de_sortie s’est généralisé mais le #droit_d’entrer ailleurs est devenu de plus en difficile pour les deux tiers de la population de la planète. Ces frontières sont multiples, ayant chacune leur logique, leur efficacité et leur périmètres : #imaginaires, #imaginées et mises en œuvre avec la chute du « rideau de fer », dans le cadre de l’Europe de #Schengen, contrôlée par #Frontex, documentée par #Eurodac. La logique des #murs, des #camps, des #centres_de_rétention et des #zones_d’attente, concrétise la manière dont l’#Autre est appréhendé dans les #représentations et au quotidien. Ce dossier va explorer dans une vision #géopolitique la plus large possible ces frontières emblématiques pour en analyser les #modes_opératoires et les conséquences sur les territoires et les populations concernées, en revisitant la #souveraineté_nationale, les #politiques_publiques et les #relations_internationales.

    http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/actualites/numeros-a-paraitre/7032-frontieres-et-immigrations