• Pourquoi Hanouna a t-il pété un câble contre Louis Boyard ?
    https://www.frustrationmagazine.fr/pourquoi-hanouna-a-t-il-pete-un-cable-contre-louis-boyard

    Lors de l’émission Touche Pas à Mon Poste du 10 novembre 2022, le célèbre animateur Cyril Hanouna s’est emporté contre le jeune député Louis Boyard avec une violence rarement atteinte, dans une émission pourtant habituée aux coups d’éclats. Que s’est-il passé ? 4 points pour comprendre. 1- La séquence : ce qu’il s’est passé Le […]

    • Il faut dire que Louis Boyard a fait quelque chose de très rare à la télévision : il a violé plusieurs des règles implicites fondamentales de l’invitation à un débat sur un plateau de télévision. A savoir : ne jamais évoquer qui possède la chaîne qui nous invite, pour quels intérêts et pour quel milliardaire travaillent les animateurs de l’émission, ne jamais parler des activités en Afrique des capitalistes français.

      Hanouna, via une technique de corruption classique, a bien tenté de rappeler à Louis Boyard qu’il avait été lui-même chroniqueur par le passé et que cela devrait lui interdire de parler de son ancien employeur, qu’ils seraient, au fond, tous dans le même bateau. Ce dernier ne s’est pas laissé démonter, achevant de rendre furieux le présentateur. Hanouna, les yeux exorbités, se plaçant à quelques centimètres de son visage, lui disant littéralement, “moi je ne crache pas dans la main qui me nourrit, et toi tu ne devrais pas cracher dans la main qui t’a nourrit”(à partir de 7’10 dans cet extrait). Comme ça c’est clair.

  • Éric Naulleau et Yann Moix, deux vedettes pour ancrer CNews à gauche
    https://www.telerama.fr/ecrans/eric-naulleau-et-yann-moix-deux-vedettes-pour-ancrer-cnews-a-gauche-7011951

    “Vous incarnez la gauche”, lance Pascal Praud à Éric Naulleau. Avec Yann Moix, célèbre écrivain féministe, “L’heure des pros” s’enrichit de deux personnalités réputées progressistes. Cet inattendu virage à gauche de CNews est l’occasion de dénoncer le totalitarisme des écolos, la dictature des vélos, le salafisme de l’Éducation nationale et le fascisme mussolinien de La France insoumise.

  • Nous, les exilés (sur Briançon et la situation dans les #Hautes-Alpes)

    –-> série : Là où se cristallisent les questions d’aujourd’hui

    #Didier_Fassin (interviewé aux Terrasses solidaires, où il exerce bénévolement en tant que médecin et est présent en tant que chercheur) :
    (à retranscrire :-))

    –-

    Didier Fassin :

    « Des visages fatigués, épuisés. Des regards qui contiennent presque toujours au moins une lueur d’espoir. Malgré les épreuves déjà traversées. Elles et ils … sont environ 80 millions. 80 millions, soit un peu plus d’1% de la population mondiale. Eux, ce sont les exilés d’aujourd’hui. Dans un monde sous haute tension, personne n’est à l’abri. Vous, moi, nous serons peut-être les exilés de demain. En attendant, là maintenant : comment accueillir ces personnes qui arrivent dans nos régions ? Quelle hospitalité sommes-nous prêts à leur réserver ? Quels dispositifs établir aux frontières ? Et faut-il craindre le fameux appel d’air ? Ces questions, nous allons les déplier en altitude, du côté de Briançon, là où des exilés traversent la montagne au péril de leur vie. »

    Avec Isabelle Lorre (la coordinatrice du programme « migrations frontière transalpine » à Médecins du Monde sur Briançon), Sylvain Eymard (gestionnaire de l’association « Les Terrasses solidaires »), Didier Fassin (anthropologue, sociologue et médecin français. Il est professeur à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris), Jean Gaboriau (l’un des responsables de « Refuges solidaires »), Stéphanie Besson (cofondatrice du mouvement citoyens « Tous migrants » et autrice de « Trouver refuge : histoires vécues par-delà les frontières » chez Glénat), Agnès Antoine ( membre de “Tous migrants”), deux gendarmes et quelques exilés.

    https://www.rtbf.be/auvio/detail_passe-montagne-la-ou-se-cristallisent-les-questions-d-aujourd-hui?id=291

    #podcast #audio #asile #migrations #réfugiés #montagne #Alpes #Briançon #hospitalité #Briançonnais #Hautes-Alpes #Terrasses_solidaires #militarisation_de_la_frontière #risques #chasse_à_l'homme #chutes #traque #tiers-lieu #santé #blessures #efficacité #non-efficacité #spectacle #Didier_Fassin #spectacularisation #performance #inhumanité #inhumanité_institutionnalisée #inhumanité_d'Etat

    ping @_kg_

  • Immigration : Ia politique publique la plus coût-inefficace ?

    Le 24 novembre 2021, au lendemain du naufrage d’une embarcation ayant causé la mort de vingt-sept exilés dans la Manche, le président de la République, tout en disant sa « compassion » pour les victimes, appelait à « un renforcement immédiat des moyens de l’agence Frontex aux frontières extérieures ».

    Alors qu’il dénonçait les « passeurs » qui organisent les traversées vers l’Angleterre, les organisations de droits humains critiquaient au contraire une politique qui, en rendant le périple plus périlleux, favorise le développement des réseaux mafieux. Et, tandis qu’il invoquait la nécessité d’agir dans la « dignité », les associations humanitaires qui viennent en aide aux exilés dans le Calaisis pointaient le démantèlement quasi quotidien, par les forces de l’ordre, des campements où s’abritent ces derniers et la destruction de leurs tentes et de leurs maigres effets.

    De semblables logiques sont à l’œuvre en Méditerranée, autre cimetière marin, dont les victimes sont bien plus nombreuses, et même littéralement innombrables, puisque le total de 23 000 morts comptabilisées par l’Office international des migrations est une sous-estimation d’ampleur inconnue. Bien que Frontex y conduise des opérations visant à « sécuriser les frontières » et « traquer les passeurs », l’Union européenne a largement externalisé le contrôle des entrées sur son territoire.

    Le don par le ministère des Armées français de six navires aux garde-côtes libyens, afin qu’ils puissent intercepter et ramener dans leur pays les réfugiés et les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe, donne la mesure de cette politique. On sait en effet que les exilés ainsi reconduits sont emprisonnés, torturés, exploités, à la merci de la violence de l’Etat libyen autant que de groupes armés et de bandes criminelles.

    Une répression qui coûte très cher

    Au-delà des violations des droits humains et des principes humanitaires, la question se pose de l’efficacité de cette répression au regard de son coût. Un cas exemplaire est celui de la frontière entre l’Italie et la France, dans les Alpes, où, depuis six ans, le col de l’Echelle, puis le col de Montgenèvre sont les principaux points de passage entre les deux pays. Chaque année, ce sont en moyenne 3 000 personnes sans titre de séjour qui franchissent la frontière, hommes seuls et familles, en provenance du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et du Moyen Orient et pour lesquels la France n’est souvent qu’une étape vers l’Allemagne, l’Angleterre ou l’Europe du Nord.

    Jusqu’en 2015, le poste de la police aux frontières avait une activité réduite puisque l’espace Schengen permet la circulation libre des personnes. Mais le contrôle aux frontières est rétabli suite aux attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Les effectifs s’accroissent alors avec l’adjonction de deux équipes de nuit. Il y a aujourd’hui une soixantaine d’agents.

    En 2018, à la suite d’une opération hostile aux exilés conduite par le groupe d’extrême droite Génération identitaire et d’une manifestation citoyenne en réaction, un escadron de gendarmes mobiles est ajouté au dispositif, puis un deuxième. Chacun d’eux compte 70 agents.

    Fin 2020, après une attaque au couteau ayant causé la mort de trois personnes à Nice, le président de la République annonce le doublement des forces de l’ordre aux frontières. Dans le Briançonnais, 30 militaires de l’opération Sentinelle sont envoyés.

    Début 2022, ce sont donc 230 agents, auxquels s’ajoutent un état-major sous les ordres d’un colonel et trois gendarmes réservistes, qui sont spécifiquement affectés au contrôle de la frontière.

    En novembre dernier, une commission d’enquête parlementaire présidée par le député LREM Sébastien Nadot avait fourni dans son rapport une évaluation des coûts, pour une année, des forces de l’ordre mobilisées dans le Calaisis pour y gérer la « présence de migrants ». Suivant la même méthode, on peut estimer à 60 millions d’euros, soit 256 000 euros par agent, les dépenses occasionnées par les efforts pour empêcher les exilés de pénétrer sur le territoire français dans le Briançonnais. C’est là une estimation basse, qui ne prend pas en compte certains frais spécifiques au contexte montagneux.
    Une politique inefficace

    Au regard de ce coût élevé, quelle est l’efficacité du dispositif mis en place ? Une manière de la mesurer est de compter les non-admissions, c’est-à-dire les reconduites à la frontière. Il y en a eu 3 594 en 2018, 1 576 en 2019 et 273 au premier semestre 2020. Mais, comme l’explique la préfecture des Hautes-Alpes, ces chiffres indiquent une activité, et non une efficacité, car de nombreux migrants et réfugiés tentent plusieurs fois de franchir la frontière, et sont comptabilisés à chaque arrestation et reconduite.

    Bien plus significatives sont les données recueillies à Oulx, en Italie, où le centre d’hébergement constate que presque toutes les personnes renvoyées tentent à nouveau de passer, quitte à emprunter des voies plus dangereuses, et à Briançon, où le refuge solidaire reçoit la quasi-totalité de celles qui ont réussi à franchir la frontière. Elles étaient 5 202 en 2018, 1 968 en 2019 et 2 280 en 2020. Les chiffres provisoires de 2021 montrent une augmentation des passages liée surtout à une arrivée de familles afghanes.

    Les policiers et les gendarmes en conviennent, non sans amertume : tous les exilés finissent par passer. On ne saurait s’en étonner. Beaucoup ont quitté plusieurs années auparavant leur pays pour échapper à la violence ou à la misère. Les uns ont parcouru le Sahara, vécu l’internement forcé en Libye, affronté au péril de leur vie la Méditerranée. Les autres ont été menacés en Afghanistan, enfermés dans un camp à Lesbos, battus et dépouillés à la frontière de la Croatie. Comment imaginer que le franchissement d’un col, même en hiver, pourrait les arrêter ?

    Le constat est donc le suivant. Malgré un coût considérable – auquel il faudrait ajouter celui, difficilement mesurable, de la souffrance, des blessures, des amputations et des décès causés par les risques pris dans la montagne – la politique visant à interdire à quelques milliers d’exilés l’entrée sur le territoire français a une efficacité proche de zéro. Elle est probablement la plus coût-inefficace des politiques publiques menées par l’Etat français, sans même parler des multiples irrégularités commises, à commencer par le refus fréquent d’enregistrer les demandes d’asile.

    Mais, peut-être l’efficacité n’est-elle pas à évaluer en matière de passages empêchés et de personnes non admises. Ce qui est recherché relève plutôt de la performance face à l’opinion. Il s’agit, pour l’Etat, de mettre en scène le problème de l’immigration irrégulière et de donner le spectacle de son action pour l’endiguer.

    Dans cette perspective, la militarisation de la frontière a bien alors une efficacité : elle est purement politique.

    https://www.alternatives-economiques.fr/didier-fassin/immigration-ia-politique-publique-plus-cout-inefficace/00102098

    #efficacité #migrations #inefficacité #Didier_Fassin #coût #budget #Briançon #frontières #Italie #France #Hautes-Alpes #frontière_sud-alpine #PAF #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #gendarmerie_mobile #opération_sentinelle #état-major #performance #spectacle #mise_en_scène

  • #Sncf : La contrebasse est un objet dangereux et encombrant L’Asymptomatque

    Curieux monde ou un instrument de musique est un objet “dangereux et encombrant”.

    “Avant, par tolérance, exception, esprit, culture, sagesse, considération et civilisation, les instruments de musique, c’était gratuit ! Stupide imbécile époque !” (Xavier Löwenthal VI)

    Source : https://www.asymptomatique.be/11940-2/?share=email

    #France #Transports #musique #instrument_de_musique #spectacles_&_musique #contrebasse

  • Les formes de #racisme qui montrent leur visage en lien avec la #guerre en #Ukraine... en 2 fils de discussion sur seenthis :

    – Un fil de discussion sur la distinction qui est faite entre les #réfugiés_ukrainiens (à la fois « immigrés de qualité » donc bons pour l’économie, mais aussi des « réfugiés blonds aux yeux bleus qui nous rassemblent ») :
    https://seenthis.net/messages/950929

    – Un fil de discussion sur le tri aux frontières de personnes, notamment d’origine africaine (parmi elleux des étudiant·es) qui sont résident·es en Ukraine et qui sont arrêté aux frontières et ne peuvent quitter le pays en guerre :
    https://seenthis.net/messages/951230

    – Et puis il y a les #Roms d’Ukraine :
    https://seenthis.net/messages/963193

    – Les réfugiés ukrainiens, des victimes de la désinformation anti-réfugiés, comme les autres :
    https://seenthis.net/messages/969164

    #catégorisation #tri #frontières #Blancs #Noirs #couleur_de_peau #filtrage #racisme_anti-Noirs #métaliste

    • The reception spectacle: on Ukrainian displacement and selective empathy at Europe’s borders

      Since the beginning of the Russian offensive on Ukraine on February 24th, over 5 million people have registered for temporary protection programmes and other schemes across Europe. By and large, Ukrainians have been granted access to assistance, and extended legal statuses allowing them to enter and settle in EU Member States. While this unusual generosity on the part of European States should be applauded, it has given rise to a range of questions about the differentiated treatment of Ukrainians as compared to other displaced groups. A result of this configuration, the many issues surrounding the engagement with Ukrainian displacement have been mainly framed in comparative terms: How have Ukrainians been received in comparison to refugees who arrived in 2015? Why have Ukrainians been allowed to settle in Europe when there are thousands stuck at the Belarus-Polish border? Why have non-Ukrainians fleeing Ukraine been treated differently? Consequently, the public debate has been largely dominated by calls for the inclusion of Ukrainians, suddenly considered to be Europe’s own, flanked by denunciations of the EU’s selective indignation as hypocritical and racist.

      Beyond official responses by states and their institutions, civilian and grassroots reactions have also been polarised across such lines. When, in early March 2022, I visited Budapest’s train stations, where a range of NGOs and networks of residents were gathering to welcome people fleeing Ukraine, the question of the specific qualities and perceived features of people arriving were central to conversations. A volunteer with a Hungarian Church NGO, pointing in the direction of a woman and her three children, stated: “Look, they are tired, they are vulnerable women and children: they are the real refugees”. He went on to explain that he also came out to help people passing through Budapest in the summer 2015 even though, according to him, many at the time were not refugees but, “migrants or Islamic terrorists”. When I highlighted that, to my knowledge, what legally identified a refugee was the conflict or persecution they were fleeing from, rather than undefined notions of worth connected to their perceived gender, age, or religion, he emphasized that some people deserved asylum while others did not.

      Clearly, the discourse reiterated by some of the volunteers in Budapest went beyond their personal feelings: it built on categories produced by the European border and asylum regime over the last three to four decades. A cornerstone of that is the meticulous construction of a separation between (deserving) refugees and (undesirable) migrants. Within the category of refugees there is a further hierarchisation of deservedness, with different types of assistance (e.g., resettlement to the EU versus humanitarian aid abroad) being extended based on racialised profiling of their capacity for integration into the imagined community of Europe. In the volatile context of the “migration crisis” declared in the region in 2015, this discourse has gained centrality in Hungary and other Central and Eastern European countries. Injunctions to distinguish between “bad migrants” and “good refugees” became articulated with local regimes of social valuation and their racialised, gendered, class- and religion-based hierarchies in the context of regional capitalist transitions. This is closely connected to their own paths of ‘Europeanisation’: former Eastern bloc countries were unequally included into its regional divisions of labour, and have themselves been subjected to, and productive of, racializing dynamics. ‘Becoming European’ has involved claims to superiority, modernity, and whiteness, which have led to the renewed marginalisation’s of various groups – both domestic and non-domestic – and has given rise to articulate forms of racism.

      In other words, unequal treatment of different displaced groups is not new and does not happen in a vacuum: even if the refugee as a legal construction claims to be a universal figure, it is in reality always embedded in local social relations. Quite the opposite, a longue durée examination of the relation between states and displacement shows that it has always been a story of selective engagement: systematically, the way states engage with certain groups teaches us more about their projects and political architectures than about the displaced individuals themselves. It is therefore important to go beyond moralised assessments of Europe’s current response to Ukrainian displacement, and to reflect on how states interpellate people moving across borders in relation to specific moral and political economies, which are themselves underpinned by broader projects such as nation-building and capital accumulation. From this perspective, the questions raised by the Ukrainian displacement in Europe become: under which circumstances do states welcome or reject displaced people? How is refugee reception shaped by larger historical processes and their legacy, including state-building, capital expansion and related projects such as colonial domination? How do moral hierarchies and constructions of race, gender, class, and religion, in the receiving states and nations, structure responses to displacement?

      Statecraft and the reception spectacle

      As I have argued elsewhere (Cantat 2015), the refugee as a category and a figure is shaped and made in ways that are congenial to furthering states’ aims. My point is not that formal frames overdetermine responses to displacement. Yet informal initiatives still respond to dominant discursive and political reception regimes: the space for creative responses remains moulded by their opposition and denunciation of overarching power structures. To further reflect on the parallels and contrasts between current responses to Ukrainian displacement and engagement with previous episodes of forced mobility, I will reflect on specific displacement episodes and assess how the figure of the refugee has been built historically. This historicization will help us understand the differences and similarities in states’ mechanisms of interpellation of different groups, both over time and across categories.

      A classic example in recent history of how the category of the refugee has been shaped by states’ circumstances can be found in the Geneva Convention itself. Presented as a text with universal validity in order to protect people fleeing persecution, the definition of the refugee in fact (re)produces a very specific figure: that of a man fleeing the USSR in the context of the Cold War aiming to join the capitalist West. The restrictive criteria outlined in the Convention regarding refugee status constantly prove to be inadequate for providing appropriate protection to people fleeing a range of violent situations. First, of course, those fleeing economic violence and devastation, considered outside the scope of asylum. But also, those fleeing different configurations of political and social persecution that do not abide by the vision of the world underpinning the Convention.

      Going back into past displacements, something which, as noted by Philip Marfleet (2007), neither historians nor refugee scholars are particularly good at for different reasons, allows us to assert yet more clearly that histories of exiles are always underpinned by states’ demands for hospitality or hostility to different groups. Besides, neither hospitality nor rejection are homogeneous circumstances, and states may often be ready to accommodate refugees without actually welcoming them, for instance by allowing people to integrate within labour markets while at the same encouraging discourses of exclusion or refusing them legal statuses and protections. Discursive constructions of displaced populations intersect both with the valuation regimes and social hierarchies that structure host states’ bio–political architectures, by which I mean regimes of race/gender/class (etc.) as articulated with the geopolitics and interstate relations of the moment.

      An important example of this can be found in the stories of Huguenot displacements in the 16th and 17th centuries. The flight of 200 000 Huguenots to Geneva, Holland, and England, as they feared persecution from the French absolutist Catholic authorities of the time, is often seen as one of the earliest episodes of contemporary refuge, not because Huguenots were the first group to flee a territory due to violence, but because they were chased away by a state project and received by other states defining themselves against that. It is understood that the word “refugee” entered vernacular language for the first time during this episode. The emerging English and Dutch states promoted openness to those refugees, who came from relatively wealthy commercial backgrounds, including the slave trade, and spectacularized their welcoming attitude as a proof of their attachment to liberalism and religious freedom. This self-presentation was central to their opposition to the French absolutist state. In England, while historical sources show widespread popular hostility towards the Huguenots, the state engaged in a mass sympathy campaign, explaining to people that welcoming Huguenots was a matter of national pride and of, indeed, upholding values of tolerance.

      The discourse of brotherhood was also framed in terms of religious proximity. But such categories of belonging are not static. They are insufficient for understanding reception attitudes: we need to recognize racialization, legitimization, and differentiation as dynamic and contingent processes that evolve across time and according to political circumstances. In fact, 50 years later, the Palatines, another group of Protestants fleeing Germany, was seeking refuge in England. Coming from a formally allied and Protestant state, they were received with great hostility. Many were placed in what are believed to be the first refugee camps of contemporary England, along the Thames, before being resettled to Ireland and British America. A highly polarised political debate with similar arguments as those that we now hear regarding the merits of migration and the (im)possibility of integration emerged in England at the time. This underlines that there is nothing new or specific about the unequal treatment of different displaced groups. It also shows that selective empathy tells us very little – perhaps nothing – about groups per se, their circumstances, needs or characteristics: it would be misleading to try to identify reasons for this differentiated treatment in specific qualities of individuals. What is at stake, always, in the relation between state authorities and displaced people is various forms of statecraft and state power.

      The famous notion of “border spectacle”, which Nicholas de Genova (2013) has usefully mobilised to examine how exclusion is staged at the border to showcase the state as the protector of a national public that is simultaneously coalesced, has already taught us a lot about how the nation/state/citizen triad is produced in relation to displacement, exile, and borders. Similar observations can be drawn from other episodes where welcoming and hospitality become spectacularized by state authorities. Questions we must ask ourselves to understand selective empathy are never about whether people deserve a better treatment or not, but always about how their inclusion or rejection promote specific state projects at any given moment.

      Ukrainian displacement and European belonging

      In the case of Ukrainian displacement, discourses about Europe, whiteness, and European belonging have secured people access to reasonable reception conditions. In this context, grassroots reception practices have also been numerous, diverse, and consistent. They have been able to assert themselves publicly in ways that have been altogether forbidden and impossible in other displacement episodes, which were often characterised by the criminalisation of informal aid. This, together with the adoption of legal frameworks allowing Ukrainians fleeing Ukraine (but no other groups!) to cross EU national borders and choose where to settle, can be applauded as not only a uniquely welcoming set of policies but in fact the first properly coherent approach that the EU has ever adopted in relation to displacement. This is a welcome shift from the securitizing response usually reserved to those seeking asylum, which is not just chaotic but also, on many occasions, lethal.

      There already are, however, serious issues to consider when we look at the way Ukrainians are being received in Europe. First, the activation of temporary protection schemes, has not meant access to regular (and more protective) asylum regimes. Second, across Europe, the bulk of reception work has been delegated to civilian networks and small-scale organisations. This is the result of decades of neoliberal sub-contracting of public responsibilities to private actors. This continued delegation of responsibility has meant the revival of aid networks formed in 2015: the flexibility and responsiveness of these loser structures, easily reactivated via social networks, was crucial for the execution of reception activities in the first weeks of the conflict. However, as everywhere, the capacity of civil society to fill gaps left by withdrawing states has its obvious limits. We are already seeing how the tide is turning, with volunteers becoming less willing to host the displaced in their homes and tiring from daily assistance activities. In the absence of a coordinated state response this can only deteriorate.

      As we have seen in Greece for example, there is no more efficient way to turn popular sympathy into hostility than letting a situation worsen without states providing adequate support to both exiles and host communities. Importantly, while grassroots support activities do not always reproduce government categories developed by states and institutions, they always produce and navigate a sense that practising solidarity is a messy business in contexts of limited resources (Cantat 2018, 2020, 2021). Distributive dilemmas always involve representations, typologies, and moral economies, where (consciously or not) people’s deservingness is assessed by those who have to decide whom and how to help in specific contexts.

      In fact, there is nothing inherently progressive to grassroots assistance as compared to state support or the formal aid sector: such initiatives follow their own politics and ethics, build specific socialities and respond to different circumstances. Often, when those circumstances are not clarified, e.g., when people are moved to help by unexamined desires to do good, informal support can fuel extremely unbalanced and unequal power relations. Those may be even more difficult to contest as they take place outside a formalised aid relation where roles are clearly defined and distributed: they might come together with powerful discourses that neutralise criticism, be it religious charity, claims to horizontality, or demands for gratitude. Even when relations are clarified, it is hard to escape combination and hybridization in solidarity practices: doing good and progressive politics usually exist together and this can make people who are the object of help very vulnerable.

      This vulnerability is made more problematic because citizens of host countries have been moved into assisting Ukrainians in the name of moral imperatives, rather than because it is considered a public service that states ought to provide to people based on their statuses. If Ukrainians are now being supported in the name of some unstable construction of European belonging, then it begs the question: how long will Ukrainians remain so white? Europeanness is not a homogeneous and stable condition: the EU has produced shades of European belonging where Eastern Europe has always been seen as less belonging, less European, and somehow less legitimate – even for those countries who have become member states. The example of the Brexit campaign is just another reminder of how strong intra-European racism remains.

      In the current context of the EU’s mobilisation against Russia, Ukrainians’ Europeanness is strongly asserted, but it could just as well be tempered, questioned, or sacrificed when geopolitics evolve. If so, the lack of deployment of proper state support and the overreliance on popular assistance will become highly problematic. We already see processes of differentiated inclusion unfolding with questions around the type of access that Ukrainians get to different social spheres: for instance, in Hungary, work permits are not needed for certain types of jobs where there are shortages – mostly manual, in the agrarian sector and catering, but also in IT. This in fact reiterates previous labour migration patterns whereby racialised Ukrainian labour has been allowed in the country in order to serve specific industries.

      The direction in which Ukrainian instrumentality to the EU’s ideological and economic structures will evolve is far from obvious. Above all, the situation demands that we insist on the continuity of solidarity on the ground of a real grassroots internationalism and that we keep demanding public support for all displaced groups.

      https://www.focaalblog.com/2022/06/28/celine-cantat-the-reception-spectacle-on-ukrainian-displacement-and-sele
      #spectacle

  • #Quebec : Annuler un spectacle rapporte plus que le jouer Catherine Lalonde
    https://www.ledevoir.com/culture/665445/coronavirus-annuler-un-spectacle-rapporte-plus-que-le-jouer

    Paradoxes dans les théâtres. La réouverture des salles y est accueillie avec joie. Mais les nouvelles restrictions sanitaires, qui limitent les salles à recevoir au mieux 50 % de leurs spectateurs, font qu’il est présentement plus rentable d’annuler un spectacle que de le jouer. Petits calculs avec colonnes de fichier Excel, pour illustrer.


    Photo : Valérie Remise « Les Hardings », la pièce d’Alexia Bürger créée en 2018 et qui aborde la tragédie de Lac-Mégantic, doit être jouée à l’Espace le vrai monde ? le 23 février prochain.

    Les Hardings, la pièce d’Alexia Bürger créée en 2018 qui aborde avec une délicatesse de dentellière la tragédie de Lac-Mégantic, doit être joué à l’Espace le vrai monde ? le 23 février prochain. La directrice générale et artistique, Mélissa Pietracupa, a ouvert ses cahiers de comptabilité au Devoir pour illustrer le cul-de-sac dans lequel elle se trouve. Sa salle fait 528 places ; elle peut vendre 264 billets. Mercredi, 153 étaient vendus.

    « Avec la mesure d’aide à la billetterie du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), actuellement, si j’annule Les Hardings, je fais 2140 $, explique-t-elle, calculs à l’appui. Si je maintiens le spectacle, je perds 3600 $. » La directrice de l’espace affilié au Collège Ahuntsic n’en revient pas de devoir choisir de faire un déficit pour conserver vivant son lien avec le public. Et avec les artistes.

    Depuis le début de la pandémie, cette mesure d’aide du CALQ vient rembourser les billets que les théâtres ne peuvent pas vendre en raison des mesures de distanciation et des consignes sanitaires. La mesure paie des billets invendus, en d’autres mots. Le problème, c’est la nouvelle exigence de n’avoir que des demi-salles, qui vient changer les calculs. La mesure, s’il y a 50 % de spectateurs, rembourse au théâtre de Mme Pietracupa 2291 $. Si elle avait programmé le même spectacle entre le 1er avril et le 31 août 2021 (dans le respect de la règle de distanciation de 1,5 mètre), elle aurait alors pu obtenir 5943 $.

    Écart avec la réalité
    La directrice poursuit sa démonstration : pour Zoé, d’Olivier Choinière, prévu les 10 et 11 mars prochains, elle perdra 746 $, considérant les frais qu’engendre le spectacle. Si elle l’annule, elle fera 6057 $. Dans les deux cas, les cachets des artistes seront honorés de la même manière. « Il faut que le CALQ ajuste sa mesure », estime Mme Pietracupa.

    Le CALQ est-il au courant du problème ? Peut-on attendre des modifications ? « Comme depuis la mise en place de la mesure, nous apporterons des changements, si nécessaire, afin de tenir compte de l’évolution de la situation et de l’annonce d’hier », a répondu la directrice des communications du subventionnaire, Honorine Youmbissi.

    Alexandre Provencher, du théâtre Desjardins, à LaSalle, confirme que de son côté aussi qu’« il est plus rentable d’annuler » certains spectacles. Le directeur général et artistique se demande, avec la production, s’il doit annuler Neuf, d’Orange noyée (Mani Soleymanlou), prévu le 19 février. « On en est à notre troisième report de ce spectacle. Chaque fois, mes spectateurs s’étiolent. Je suis passé de 400 billets vendus à 300. » Sa salle peut en temps normal accueillir 800 spectateurs. « Là, je dois ajuster ma salle pour répondre à la demi-jauge. Je vais encore perdre des billets. Est-ce que je maintiens, ou est-ce que j’annule ? »

    #Spectacle #Théatre #Concerts #sante #santé #coronavirus #sars-cov-2 #variant #covid #pandémie #santé_publique #confinement #néo-libéralisme #ordo-libéralisme

    • #Canada : La sécurité au Parlement et la police se préparent à l’arrivée des manifestants La presse canadienne

      Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a déclaré que personne ne voulait qu’une manifestation antivaccination prévue sur la colline du Parlement ce week-end se transforme en une tentative violente de renverser le gouvernement et a averti les gens de ne pas considérer les manifestants comme de simples combattants de la liberté.

      Plusieurs milliers de personnes sont attendues à Ottawa dès vendredi dans le cadre du groupe “Canada Unity” qui réclame le retrait des exigences de vaccination et des restrictions liées à la COVID-19. Certains des dirigeants du groupe préconisent un événement pacifique, mais les déclarations de certaines personnes associées au groupe ont inclus des menaces de violence.


      Des employés renforcent la sécurité autour du Parlement canadien, à Ottawa, à deux jours d’une manifestation regroupant des camionneurs opposés à la mesure leur imposant d’être vaccinés pour traverser la frontière canado-américaine. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

      M. Mendicino a déclaré que plusieurs corps de police — dont le Service de police d’Ottawa, la GRC et le Service de protection parlementaire — coordonnent la réponse et prennent des décisions indépendamment de toute implication du gouvernement.

      Les forces de sécurité sur la colline du Parlement se préparent à ce que jusqu’à 10 000 manifestants débarquent au centre-ville d’Ottawa, en fin de semaine, pour protester contre les mesures de confinement et la vaccination obligatoire des routiers. . . . . . .

      La suite : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1857815/ottawa-camionneur-manifestation-parlement-preparation-securite

  • Primaire « populaire » : la startup politique qui vous veut du bien ?
    https://www.frustrationmagazine.fr/primaire-populaire

    « Primaire populaire » est le nom d’une organisation politique créée il y a quelques mois pour obtenir « l’union de la gauche », c’est-à-dire un candidat commun entre l’écologie libérale de Jadot, les multiples tendances du PS post-Hollande et la France insoumise voire l’extrême gauche. Fondée en février 2021, la structure compte désormais près d’une vingtaine de salariés à temps plein, dont la mission est de faire un lobbying auprès des candidats et des médias pour faire de l’organisation d’une grande primaire LA solution pour une victoire de ce que leur porte-parole Samuel Grzybowski appelle « le bloc des justices » (en opposant au « bloc nationaliste » et au « bloc néolibéral »). Sur leur site internet, il est possible de parrainer des candidats à cette primaire (sans leur accord) afin de les soumettre à un vote, du 27 au 30 janvier prochain, qui déterminera un gagnant. Derrière cette organisation a priori gentillette se cache selon nous la plus grosse arnaque politique que nous ayons connu depuis la candidature « ni droite ni gauche » et « hors parti » d’Emmanuel Macron en 2016.

    La positive attitude néolibérale en étendard

    Les premiers signaux d’alerte portent sur la forme : à l’automne dernier, j’ai débattu sur le plateau de Mediapart avec Samuel Grzybowski, et j’ai été consterné par le ton général de « positive attitude néolibérale » qui se dégageait de la moindre phrase qu’il nous sortait pour défendre son organisation : « l’espoir », « le changement », « l’envie », « tous ensemble » :

    Ces mots creux ont pour point commun d’être utilisés par les politiques comme par les DRH. Ce sont des mots qui ne font référence à rien de précis, ils sont sans objet. « Vivre ensemble », avec qui ? « Le changement », vers quoi ? « L’espoir », pour qui ? Le principe est de ne rien préciser pour tout laisser ouvert, même le pire.

    Quand la bourgeoisie avance masquée, il ne faut plus raisonner en terme de clivage droite/gauche mais intégrer des stratégies de #lutte_des_classes

  • Polish concert for troops defending border to feature #Las_Ketchup and #Lou_Bega

    Poland’s defence ministry and state broadcaster #TVP will this weekend hold a concert to show support for troops defending the eastern border, where tens of thousands of mostly Middle Eastern migrants have been seeking to cross from Belarus.

    As well as a number of domestic stars, the event will also feature international performers including Spanish girl group Las Ketchup – famous for their 2002 hit “The Ketchup Song” – and German singer Lou Bega, best known for “Mambo No. 5”.

    The concert, titled “#Murem_za_polskim_mundurem” (roughly: Support for the Polish uniformed services), will take place on Sunday at an air base in the town of #Mińsk_Mazowiecki, around 40 kilometres to the east of Warsaw.

    It will be broadcast on the main channel of TVP, which, like other state media, is under government influence. The “great concert of support for the defenders of the Polish borders” will feature “European stars”, declared TVP’s CEO, Jacek Kurski.

    As well as Las Ketchup and Lou Bega, performers at the event include #No_Mercy (known for 1996 hit “Where Do You Go?), #Loona, German Eurodance project #Captain_Jack (known for their eponymous 1995 single), and former #Ace_of_Base lead singer #Jenny_Berggren.

    The concert will also feature “undisputed stars of the Polish stage”, including #Edyta_Górniak, #Jan_Pietrzak, #Halina_Frąckowiak and #Viki_Gabor, says TVP. Gabor is known to international audiences as the winner of the Junior Eurovision Song Contest in 2019.

    One opposition MP, however, was left unimpressed by the plans, noting that a number of migrants and refugees have died at the border while trying to cross in increasingly harsh weather conditions. Human Rights Watch recently accused both Poland and Belarus of “abusing” migrants.

    “A concert when people are dying at the border,” tweeted Maciej Gdula of The Left. “Only Jacek Kurski could come up with something like that.”

    https://notesfrompoland.com/2021/12/03/polish-concert-for-troops-defending-border-to-feature-las-ketchup-a

    #propagande #art #concert #Pologne #asile #migrations #réfugiés #frontières #télévision #musique #indécence

    –—

    ajouté à la métaliste de #campagnes de #dissuasion à l’#émigration (même si cet événement est un peu différent, car il est organisé en soutien aux troupes qui « gardent la frontière ») :
    https://seenthis.net/messages/763551

  • Rodéos urbains à Lyon : trois membres des « Dalton » condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis

    Trois jeunes comparaissaient devant le tribunal correctionnel, vendredi, pour la participation à un rodéo, le 23 octobre. Le collectif nébuleux, qui multiplie les provocations depuis trois mois dans la métropole, dénonce « la pression constante de la police ».


    Deux individus en tenue de Dalton lors du match de football OL-Prague, au Groupama Stadium de Décines-Charpieu (Rhône), le 4 novembre 2021. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

    Interpellés à Bron (Rhône), lors d’un rodéo initié par le groupe dit des « Dalton », trois jeunes gens originaires du 8e arrondissement de Lyon, âgés de 19 et 20 ans, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de la capitale des Gaules, vendredi 26 novembre, à des peines allant de six mois de #prison avec sursis à douze mois, dont six ferme.

    Ils avaient participé à un rodéo, mené le 23 octobre par une trentaine d’individus, dont deux déguisés avec la tenue jaune et noire des frères Dalton, devenue la marque de fabrique d’un collectif nébuleux, à l’origine, depuis trois mois, d’une série de provocations protéiformes dans la région lyonnaise.

    Constitué de plusieurs engins, motos et quads, le convoi a été intercepté par une trentaine de policiers, dont treize motocyclistes de la brigade motorisée de la sécurité publique. A la suite des trois interpellations, les enquêteurs de la sûreté départementale ont saisi cinq deux-roues, ainsi qu’un drone et une arme à grenailles, trouvés lors d’une perquisition.

    En quatre mois, les autorités judiciaires ont ouvert sept enquêtes, procédé à neuf interpellations, pour six condamnations. Selon un commissaire de #police, « de dix à vingt individus » constituent le noyau dur des Dalton, auquel s’agrègent des participants occasionnels, de manière imprévisible. « Où est le vrai, le faux ? On ne sait pas trop où est la frontière », décrit Mohamed Chihi, adjoint au maire de Lyon chargé de la sécurité et de la tranquillité publique. Les policiers ont la dent plus dure. « Des petits #voyous de quartier mis en lumière par les médias », résume un haut responsable.

    L’épisode de Bron a constitué un tournant. Le ministre de l’intérieur a salué l’opération de police dans un tweet dès le 23 octobre. « Aucune impunité face aux rodéos urbains qui pourrissent la vie des habitants de certains quartiers », a écrit Gérald Darmanin, en joignant à son message une photo montrant un individu déguisé en Dalton plaqué au sol. Ce qui n’a pas contribué à calmer les esprits. Sur leur compte Instagram, les animateurs du groupe Dalton ont répliqué en plaçant le visage du ministre sur le personnage de Lucky Luke. « Il en attrape un, il y en a dix de plus. C’est exponentiel, ça ne s’arrêtera jamais », a fanfaronné un porte-parole sur le réseau social, en tenue de bagnard, visage masqué et voix modifiée. Gérald Darmanin a demandé, sans succès, la fermeture de leur compte Instagram.

    Un esprit « provocateur »

    Six jours après le tweet ministériel, quatre individus au guidon de puissants scooters et d’une moto peinte en jaune et noir ont tourné sur la place Bellecour, emblématique secteur piétonnier de la capitale des Gaules. Face au tollé, le groupe a cherché à modifier son image. Le 4 novembre, un individu en tenue de Dalton a traversé en riant la pelouse du Groupama Stadium, lors du match de football OL-Prague.

    « Quand ça se passe à Bellecour, là ça gêne », a pointé un des quatre Dalton déguisés et masqués, invités le 8 novembre sur le plateau de « TPMP », l’émission de Cyril Hanouna, sur la chaîne C8. Quelques jours après, des membres du groupe ont distribué des sacs alimentaires aux SDF, près de la gare de la Part-Dieu. Robins des bois ? Trois membres des Dalton ont été interpellés pour avoir jeté des mortiers d’artifice, lors d’une émission de CNews avec Jordan Bardella (Rassemblement national), en direct du quartier populaire de la Guillotière, mercredi 24 novembre. « Le but était de faire du bruit et de protester aux côtés de la foule, avec qui nous partagions le sentiment que le parti politique représenté par cet individu n’est que haine », dit le collectif sur son compte Instagram.

    « Il fallait montrer autre chose. Nous, on défend un esprit provocateur. On s’adapte aux critiques. Heureusement, il n’y a jamais eu d’incident. On veut se révolter sans rien casser », dit au Monde un membre fondateur du groupe des Dalton, contacté par réseau crypté après l’envoi d’un numéro dédié. Il dit se prénommer Naïm, être âgé de 29 ans. Selon cet interlocuteur, qui veut préserver son anonymat, l’appellation « Dalton » vient d’un terme moqueur, utilisé depuis plusieurs années dans le quartier Mermoz, à Lyon (8e).
    Lire aussi A Marseille, l’Etat condamné pour son inaction face aux rodéos urbains

    « C’était une “charriade” entre nous, pour désigner ceux qui passaient leur temps à rentrer et à sortir de prison. C’est devenu un mouvement qui dénonce la pression constante de la police. On sait bien qu’il y a des problèmes de délinquance, ça fait trente ans que ça dure, rien ne change », expose Naïm. Le jeune homme cite incidents et malentendus, qu’il met sur le compte d’opérations policières « exagérées », accentuant le fossé entre une jeunesse bouillonnante et une vision répressive du quartier, classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP). « Les jeunes ont plein d’idées, ils n’ont pas de place », dit Naïm, regrettant la diminution des médiateurs dans le quartier. Contestation sociale ?

    « Ce n’est pas tellement une question de conviction, c’est beaucoup l’adrénaline du moment. Le groupe montre des images de ghetto qu’on ne veut pas voir, mais sans volonté anarchique », dédramatise Samir Dris, avocat d’un participant. Le groupe demande à rencontrer le maire de Lyon, Grégory Doucet. « Pas question de leur donner une tribune », rétorque un élu de la majorité écologiste. « Ce quartier, c’est bien autre chose que ça. Ils envoient une mauvaise énergie », se désole Olivier Berzane, maire (Europe Ecologie-Les Verts) du 8e arrondissement. « Ce sont des jeunes désœuvrés, en quête d’identité », a plaidé l’avocat David Metaxas, trouvant « un côté “gilets jaunes” » à ces jeunes gens, pas seulement pour la couleur de leurs tenues : « Ils nous renvoient la faillite de nos politiques sociales. »

    Tournage sauvage d’un clip

    En réalité, le groupe des Dalton ne formule pas de propositions précises, mais sait organiser ses actions. Lors de chaque sortie, un plan est fixé, des itinéraires de repli prévus, et des garages disponibles. « Pour Bellecour, ils n’ont pas respecté le plan. Ils devaient tourner autour de la place », assure Naïm. Le groupe envisage d’associer des acrobates pour de futurs happenings.
    Une note des services de renseignement décompte 423 rodéos dans l’agglomération lyonnaise sur les neuf premiers mois de l’année, contre 540 en 2020. En même temps, la sécurité publique a saisi 83 engins et mené 145 procédures judiciaires pour rodéos cette année, contre 104 en 2020. La mascarade des Dalton heurte de plein fouet la politique sécuritaire, sur fond de crispations électorales. Pour les autorités, les Dalton font la promotion de violences urbaines qu’il convient de contrer, notamment en matière de rodéos.

    C’est l’arrestation de Mehdi F., 30 ans, le 19 juillet, qui a révélé le phénomène naissant. Sous le pseudonyme de « Many GT », le rappeur a tourné un clip, le 28 février dans le quartier de Mermoz, en filmant des rodéos et une exécution symbolique de Lucky Luke par des personnages déguisés en Dalton, le tout avec une centaine de figurants. Ce tournage a véritablement lancé le mouvement. Les images d’armes et de plaquettes de haschich ont choqué et motivé son interpellation, puis sa condamnation à six mois de prison ferme. Se disant artiste, il vit du revenu de solidarité active (#RSA), sans statut d’intermittent, avec quatorze mentions à son casier judiciaire. Depuis, le rappeur s’est filmé dans la prison, et des Dalton ont escaladé le mur d’enceinte pour faire sensation, sous l’objectif d’un journaliste.

    « C’est nous la loi, si on décide que quelqu’un vive ou va mourir, c’est nous qui décidons, pas vous, c’est nous la loi », a déclaré le rappeur lors de sa garde à vue. Dans le procès-verbal de son audition, consulté par Le Monde, il a demandé au policier d’effacer ce passage, conscient qu’il pouvait donner la vision du voyou s’appropriant un territoire. L’enquêteur a maintenu l’extrait. « Je suis en train de chanter, Madame la juge, et il écrit des paroles de mon rap, c’est du second degré, c’est mon art », a ensuite répété Mehdi F., comme s’il voulait dicter son récit, sans tenir compte des questions orientées du policier. C’est dans ce malentendu que se logent les Dalton, en équilibre précaire entre second et premier degrés.

    Richard Schittly(Lyon, correspondant)

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/11/27/rodeos-urbains-a-lyon-trois-membres-des-dalton-condamnes-a-des-peines-de-pri

    #chanson #rap #banlieue #spectacle_de_rue #rodéos

  • Une démonstration publique d’autopsie à 500 dollars la place fait polémique aux Etats-Unis
    https://www.letemps.ch/monde/une-demonstration-publique-dautopsie-500-dollars-place-polemique-aux-etatsun

    Environ 70 personnes ont payé pour assister en direct à Portland (Oregon), à la dissection du corps d’un homme mort du Covid par un anatomiste à la retraite. Les organisateurs ont défendu que l’événement avait un but strictement « éducatif »

    Une démonstration publique d’autopsie sur le corps d’un homme décédé du Covid-19, organisée dans le nord-ouest des Etats-Unis faisait polémique, mercredi.

    Environ 70 spectateurs ont déboursé le mois dernier jusqu’à 500 dollars pour assister en direct, dans un grand hôtel de Portland (Oregon), à la dissection du corps d’un homme de 98 ans mort du Covid par un anatomiste à la retraite.

    Au cours d’une démonstration de plusieurs heures, le Dr Colin Henderson a prélevé les organes du défunt, dont son cerveau, expliquant les différentes étapes de cette procédure qu’il a pratiquée durant toute sa carrière, selon la chaîne de télévision locale King 5.

    Sur les images de la chaîne, on peut voir certains spectateurs enfiler des gants chirurgicaux avant de manipuler le cadavre. « C’était très pédagogique », a déclaré à cette télévision une spectatrice, Monica, jugeant que « tout a été fait dans le respect de la personne qui a donné son corps ».

    Selon King 5, la famille du défunt, David Saunders, n’avait toutefois pas été informée que le corps légué à la science servirait à ce genre d’exhibition payante.

    Vendu comme « une expérience éducative »
    L’événement a été organisé par Death Science, qui se présente comme « une plateforme d’éducation indépendante ». Les billets pour cette journée du 17 octobre à Portland annonçait « une autopsie médico-légale sur un cadavre complet ». Devait suivre une « dissection anatomique qui offrira(it) un regard unique sur ce qui se trouve sous notre peau, dans notre corps et comment tout cela fonctionne ensemble ». « Accès au cadavre avant, après et pendant les pauses », promettait le programme.

    Le fondateur de Death Science, Jeremy Ciliberto, a déclaré dans un communiqué à l’AFP que l’événement visait à « créer une expérience éducative pour les personnes qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine ».

    Un corps qui était dédié à la recherche médicale, pas au divertissement
    Le corps avait été fourni par Med Ed Labs, société basée à Las Vegas qui, selon son site internet, collecte des corps légués à la science. Selon King 5, qui cite la société de pompes funèbres de Louisiane ayant pris en charge le corps de David Saunders après son décès, la famille pensait qu’il servirait à la recherche médicale.

    Jeremy Ciliberto a assuré ne pas être informé des éventuels accords entre la famille et la société Med Ed Labs. Cette dernière lui avait dit « que le cadavre avait été donné pour des fins scientifiques, médicales et éducatives », assure-t-il.

    « Nous avons reçu la permission (de la famille) d’utiliser le donneur pour la formation et l’éducation médicale, scientifique et anatomique », a confirmé à l’AFP l’un des responsables de Med Ed Labs, Obteen Nassiri. Mais « nous ne savions pas du tout » que la dissection de David Saunders se déroulerait dans le cadre d’un tel événement public et payant, et non à destination d’étudiants ou de professionnels de santé, a-t-il dit. Med Ed Labs n’aurait jamais fourni un corps « si nous avions su » et ne travaillera plus avec Death Science, a-t-il assuré.

    Obteen Nassiri a indiqué s’être entretenu avec la famille du défunt et « nous allons assumer l’entière responsabilité et l’intégralité des coûts pour le retour du corps à sa famille et sa crémation ».

    #dissection #événement #spectacle

  • De véritables photos de croisières afin d’y réfléchir à deux fois avant de réserver ses vacances !
    https://tops.easyvoyage.com/photos-croisieres/4

    Avez-vous déjà fait une croisière ? Cela peut certainement être très amusant. Et ces dernières années, les bateaux de croisière ont beaucoup à offrir aux gens qui choisissent de passer leurs vacances sur l’eau. Ce n’est plus seulement une piscine sur le pont, mais il y a des #restaurants, des #cinémas, des #spectacles et des #concerts, et beaucoup d’activités à bord.

    Mais parfois, la publicité peut être un peu fausse. Bien sûr, certains bateaux sont énormes et luxueux au-delà des rêves les plus fous, mais d’autres peuvent être plus petits, et beaucoup moins glamour que annoncé. S’il y a une chose que les gens qui ont fait des croisières savent, c’est que parfois les attentes ne sont pas tout à fait à la hauteur de nos espérances. Avant de partir en croisière, regardez ces photos et assurez-vous de choisir le bon type de bateau.

    #Croisières #imaginaire #rêve #réalité #fantasme #images #bateaux #luxe #tourisme #visualisation #croisiere #visualisation #représentation #publicité #humour

    Croisières : Embarquement – ce que nous imaginons
    Quand nous aurons clôturer notre valise avec tous nos vêtements, nos appareils électroniques, et à peu près tout ce que vous pouvez avoir besoin pour un voyage fou comme celui-ci, la première chose que nous devons faire est d’attendre dans la file d’attente pour pouvoir monter sur le bateau de croisière. Comme vous pouvez le voir ici, les sourires sur les visages de ces jeunes femmes laissent entendre que chaque moment d’embarquement est simplement pêche et crème. Mais pour ceux d’entre vous qui songent à partir en croisière, nous vous recommandons de ne pas faire confiance à l’image que vous voyez devant vous, parce que monter à bord d’un bateau de croisière n’est pas toujours amusant.

    https://tops.easyvoyage.com/wp-content/uploads/3/2019/04/1b-boarding-1.jpg

    Croisières : Embarquement à bord du navire – comment c’est vraiment
    C’est le jour et de nuit, non ? Lorsque vous considérez la dernière image que vous avez vue et que vous la comparez à ce que vous constatez maintenant, vous pourriez être choqué de la réalité. Comme vous pouvez le voir ici, monter à bord du bateau de croisière n’est pas toujours une expérience si agréable. N’oubliez pas, vous devez embarquer avec des centaines d’autres personnes, et cela signifie que vous devez faire la queue. La patience est vraiment une vertu dans ces types de scénarios, et bien que se tenir en ligne n’est pas la pire chose que vous pouvez faire !

    https://tops.easyvoyage.com/wp-content/uploads/3/2019/04/2a-boarding-2.jpg

    #attente

  • La fin de l’été
    http://www.weck.fr/2021/09/19/la-fin-de-lete

    L’été 2021 prend fin avec le retour de la pluie. Ce ne fut pas encore le retour à l’insouciance des années précédentes, mais au moins la musique fut présente à la maison avec 5 petits concerts. Avec Arnault Cuisinier à la contrebasse, Yoann Loustalot à la trompette & Paul Jarret à la guitare. Avec Vincent […]

    #Avallon #Spectacles_&_Musique

  • Zalzaros
    http://www.weck.fr/2021/09/19/zalzaros

    Comme chaque année, la troupe Zalzaros organise des spectacles équestres autour de Montillot où elle est basée. Les spectacles ont lieux au centre équestre de Montillot ou dans les villages environnants comme sur l’esplanade de la basilique de Vézelay. Les roulottes partent alors sur les chemins au rythme tranquille du pas des chevaux pour parfois […]

    #Avallon #Spectacles_&_Musique

  • Guy Debord à propos de Louis Fouché en 1988 :

    Mais il n’est pas possible aujourd’hui de négliger le fait que l’usage intensif du spectacle a, comme il fallait s’y attendre, rendu idéologue la majorité des contemporains, quoique seulement par saccades et par fragments. Le manque de logique, c’est-à-dire la perte de la possibilité de reconnaître instantanément ce qui est important et ce qui est mineur ou hors de la question ; ce qui est incompatible ou inversement pourrait bien être complémentaire ; tout ce qu’implique telle conséquence et ce que, du même coup, elle interdit ; cette maladie a été volontairement injectée à haute dose dans la population par les anesthésistes-réanimateurs du spectacle.

    – Guy Debord, Commentaires sur La société du spectacle

    (et c’est Debord qui souligne dans le texte hein)

    #Guy_Debord #Louis_Fouché #logique #idéologie #Spectacle

  • Jazz à la maison
    http://www.weck.fr/2021/08/03/jazz-a-la-maison

    Cela fait quelques années que je ne peux plus vivre sans musique live. J’ai commencé par me rendre chez des amis qui organisaient des concerts chez eux et j’ai fini par faire venir les musiciens chez moi. Désormais c’est une pratique thérapeutique aussi importante que de faire du sport, de lire un livre, de boire […]

    #Spectacles_&_Musique

  • #Monthelon 2021
    http://www.weck.fr/2021/08/02/monthelon-2021

    Une fois de plus, malgré le passe sanitaire nécessaire et parfois même, pour certaines personnes, un passe expliquant qu’être photographe n’est pas être un terroriste, les Rencontres de Monthelon furent un pur plaisir. Quelques images pour se souvenir et rêver à la prochaine édition… J’ai toujours été fasciné par le fonctionnement des groupes humains. Et […]

    #Spectacles_&_Musique

  • Aux champs d’honneur - Extraits (2021)
    https://www.youtube.com/watch?v=aqBfy1HWZpA

    Mêlant dessin, danse, musique et voix pour convoquer à nos sens cet épisode dramatique de l’Histoire, Aux champs d’honneur fait fusionner le front et l’arrière d’une guerre sans mesure et sans merci.

    Spectacle tout public de 75min

    Dessin - Guillaume Trouillard
    Musique - Antoine Trouillard
    Chorégraphie - Astrid Boitel & Simon Le Borgne

    Interprètes - Astrid Boitel, Simon Catonnet & Cassandre Leblanc
    Musiciens - Grégoire Catelin (violoncelle) & Antoine Trouillard (voix et instruments divers)

    #guerre #musique #danse #dessin #spectacle

  • Le théâtre est mort, vive le théâtre !
    https://laviedesidees.fr/Le-theatre-est-mort-vive-le-theatre.html

    À propos de : Pascale Goetschel, Une autre #Histoire du théâtre. Discours de #crise et pratiques spectaculaires, France XVIIIe-XXIe siècles, Paris, CNRS éditions. À partir du XVIIIe siècle, les discours conservateurs cherchent à purger un secteur qui serait malade de ses excès : le théâtre. Ce qui inquiète, c’est sa modernité : un lieu où les discours et les gestes sont subversifs.

    #littérature #spectacle #loisirs
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/202106_theatre.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210617_theatre.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210617_theatre.pdf