• Le pouvoir : formes et logique , Séance 4 du séminaire « Scènes de la division politique », mardi 19 janvier 2021, par Bernard Aspe
    https://laparoleerrantedemain.org/index.php/2021/02/24/le-pouvoir-formes-et-logique

    De la biopolitique à l’économie

    Nous cherchons avant tout aujourd’hui à identifier la forme de pouvoir qui est en train de se dessiner, forme nouvelle peut-être, en tout cas nécessairement renouvelée par la situation. Il faudrait parler d’une phase métastable du pouvoir, qui peut donc donner lieu à diverses prises de forme. L’angle qui me paraît judicieux pour tenter d’anticiper ces prises de forme reste celui suggéré par Foucault avec son concept de « biopolitique ».

    Les spécialistes ont voulu nous avertir, et nous ont fait croire que, précisément parce qu’il semble que le concept de biopolitique est plus que jamais pertinent, il faut se garder de le mobiliser. Cela leur permet sans doute de continuer à vendre leur camelote éthique ou tout au moins d’assurer la spécificité de leur objet de recherche (tant il est vrai que le discours académique n’a jamais été aussi coincé entre les bons conseils pour la vie d’un côté et la rigueur affichée du discours de la science de l’autre.)

    En réalité, s’il y a un auteur qu’il faut relire aujourd’hui, c’est bien Foucault. Je voulais me concentrer sur les deux cours qu’il a donnés au Collège de France à la fin des années 1970, Sécurité, territoire, population (désormais STP) et Naissance de la biopolitique (désormais NB). Ces cours sont essentiels à plusieurs égards, on va le voir, mais ils révèlent aussi les limites de la méthode de Foucault, et plus précisément dans ce qui concerne son rapport au marxisme. Mais le concept de « biopolitique » apparaît quelques années avant, notamment à la fin de La Volonté de savoir (1976). Il est alors pris comme complément de l’anatomo-politique : celle-ci concerne les prises du pouvoir sur les individus, et la biopolitique renvoie avant tout aux prises du pouvoir sur les populations. Deux ans plus tard, dans le cours de 1978, le concept est bien présent, mais il est déjà tenu à distance. Et le cours de 1979, présenté tout d’abord comme une tentative de clarification du concept, va finalement être consacré à la gouvernementalité libérale et au néolibéralisme ; le terme même de « biopolitique » n’y sera presque pas utilisé. Dans les chapitres II et III de La Vie inséparée , Muriel Combes a noté que la biopolitique disparaît au moment où Foucault propose une généalogie du libéralisme entendu comme art de gouverner (voir notamment p. 42 sq. Dans ces chapitres, elle cerne de façon plus détaillée les déplacements qui s’opèrent pour Foucault entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, mais je retiens seulement ce point). Or cette généalogie du libéralisme est précisément entreprise au moment où se rejoue pour Foucault sa confrontation avec le marxisme.

    Pour ce qui concerne son rapport au marxisme, on peut dire qu’il est passé d’abord par un moment d’adhésion (années 1950, PCF). Puis il a développé un rapport polémique ( Les Mots et les choses ). Dans les années révolutionnaires, il envisage son travail comme complément à l’analyse de classes. Mais à la fin des années 1970, il s’agit de marquer l’irréductibilité de son champ d’analyse propre au regard du marxisme. Ce qui est à la fois une autre manière de prendre de la distance et une manière de défendre sa singularité d’auteur.

    Il y a bien une différence de méthode avec le marxisme, souvent soulignée dans les deux cours (de 1978 et 1979), telle que son approche se réclame d’une pensée des multiplicités, et non de la totalité ; de la stratégie, et non de la dialectique (NB, 44). Mais au-delà de cette différence de méthode, l’articulation à la part de vérité du marxisme, qu’il reconnaît par ailleurs, demeure hésitante.

    L’impression rétrospective qui s’en dégage est que le rapport à l’analyse marxiste n’a jamais été réglé. Et on peut juger significatif le fait que c’est après s’être rapproché au maximum du problème de l’articulation de son approche avec le marxisme, c’est-à-dire au moment où il fait la généalogie de l’économie, qu’il se détourne des recherches sur les formes modernes de pouvoir pour élaborer sa problématique de la subjectivation, essentiellement étayée par des textes antiques, au début des années 1980.

    Loin de moi l’idée qu’il s’agirait d’un renoncement : les problématiques développées à partir de Du gouvernement des vivants sont tout aussi essentielles, et ne doivent pas être lues comme un délaissement de la question politique. Elles peuvent être lues par exemple comme le développement du magnifique cours du 1 mars 1978 consacré aux « contre-conduites », et à leur articulation avec la gouvernementalité. Mais si Foucault délaisse, de façon tout de même assez spectaculaire, les questionnements relatifs au bio-pouvoir et au libéralisme, c’est qu’il ne parvient pas à sortir d’un embarras relatif à la manière dont son approche spécifique et singulière s’articule à l’analyse du capitalisme (c’est ce que suggère l’analyse proposée dans La vie inséparée). Il faut souligner que l’hésitation concerne au premier plan le concept de « biopolitique ». On peut même dire que la question tant discutée ces temps-ci du bon usage du terme « biopolitique » ne peut être réglée si l’on ne voit pas qu’il est avant tout, dans l’élaboration de Foucault, le révélateur d’une articulation incomplète avec l’analyse marxienne du capitalisme.

    C’est l’hésitation même de Foucault qui peut nous autoriser à réinscrire son travail à l’intérieur d’un marxisme renouvelé. En quoi cette articulation n’est-elle pas arbitraire ? Pour le montrer, il nous faut reprendre la manière dont Foucault, en faisant l’analyse du biopouvoir puis de la gouvernementalité libérale, fait aussi, dans le même mouvement, la généalogie de l’économie, et, plus précisément pour ce qui concerne cette séance, de la société envisagée comme son corrélat.

    #biopolitique #police #économie #libéralisme #libéralisme_autoritaire #Foucault #Muriel_Combes #Bernard_Aspe

    • Il ne suffit pas de dire que le biopouvoir sécuritaire prend en vue les populations, là où la discipline investirait avant tout les dispositions individuelles. Il faut surtout souligner que, dans le cadre du pouvoir sécuritaire, les populations sont envisagées comme des phénomènes naturels. Si le pouvoir disciplinaire assume le caractère artificiel de son modèle, le pouvoir sécuritaire s’appuie avant tout sur la naturalité des processus qu’il s’efforce de piloter. Il s’agit de suivre les processus pour pouvoir les canaliser (Foucault se réfère déjà, dans ce cours, au libéralisme : STP, 49-50). Il s’agit aussi de relever de grandes régularités, y compris là où on ne les attendait pas (dès le XVIIème siècle, on relève des constantes dans les taux de mortalité, les taux de natalité, mais aussi au niveau de la proportion de gens qui meurent d’accident chaque année dans une même ville, ou la proportion de suicides : STP, 76). Pour cela, il faut les connaître. La statistique – littéralement la science de l’État, savoir de l’État sur l’État (STP, 280-281, 323) va dès lors jouer un rôle essentiel.

      Le savoir statistique, le savoir scientifique d’une façon générale, va donner un type de prise nouveau sur les individus et les populations. Il ne s’agit plus avant tout de forcer l’obéissance ; il s’agit de trouver une accessibilité technique aux comportements diffus de la population. Il s’agit de connaître les processus (naturels) qui sont en tant que tels soustraits à la conscience des agents, et de dégager les régularités que ces agents produisent à leur insu (STP, 72-78). C’est ce qu’indique l’image de la « main invisible » d’Adam Smith : l’essentiel se joue « dans le dos de la conscience ». Le désir, en tant qu’il est insu, n’est dès lors plus ce qui doit être réprimé, ou contenu ; il est ce qui doit être connu et canalisé.

      #population #statistiques #pouvoir_sécuritaire

  • Avec Starlink, Elon Musk innove dans la pollution
    https://reporterre.net/Avec-Starlink-Elon-Musk-innove-dans-la-pollution

    ENQUÊTE 2/3 - Avec l’envoi envisagé de 42.000 engins dans l’espace, dont 12.000 en orbite constante, l’offre de réseau internet haut-débit par satellite d’Elon Musk enserre la Terre. Cette profusion d’objets produit une énorme pollution lumineuse dans l’espace et met également en danger l’environnement terrestre. « La 5G a au moins le mérite d’avoir fait émerger les problématiques climatique et énergétique, mais là, avec Starlink, on balance 42.000 satellites dans l’espace dans l’indifférence générale. » La (...)

    #SpaceX #Starlink #écologie #technologisme #santé #Tesla #5G

    ##santé

  • Border barrier boondoggle. Trump’s promised inexpensive, impregnable wall was anything but.

    “I would build a great wall — and nobody builds walls better than me, believe me. And I’ll build them very inexpensively,” Donald Trump said in 2015 as he announced his presidential run. “I will build a great, great wall on our southern border, and I will have Mexico pay for that wall. Mark my words.” During the campaign, Trump offered more details. His wall would span the entire length of the border, or nearly 2,000 miles, it would be fashioned with concrete — not unlike the Berlin Wall — and would be “impregnable” and “big and beautiful.”

    It didn’t quite work out that way. By the end of Trump’s term, his administration had completed construction of about 450 miles of barrier, none of which was concrete and all of which was demonstrably pregnable, at a cost at least five times that of the existing barriers. Mexico did not pay a dime for it. And the “beautiful” part? That, of course, is in the eye of the beholder.

    When Trump first promised to build the wall along the border, he apparently didn’t realize that his predecessors had already constructed hundreds of miles of barriers. It all started in 1996, when President #Bill_Clinton signed the #Illegal_Immigration_Reform_and_Responsibility_Act. Fences were constructed in urban areas, such as #Nogales and #San_Diego, with the intention of driving border crossers into the desert, where they could be more easily apprehended — but also where they were at greater risk of dying of heat-related ailments.

    A decade later, President George W. Bush signed the #Secure_Fence_Act of 2006, authorizing the construction of 700 miles of barriers. As a result, 652 miles of pedestrian and vehicle barriers already lined the border, mostly between #El_Paso and San Diego, by the time #Trump was elected. All the evidence, however, suggests that it did very little to stop undocumented migration, in part because at least two-thirds of undocumented immigrants in the U.S. arrived on #visas and then overstayed them.

    Besides, no wall is truly impregnable, as Trump himself indicated in a speech on the 30th anniversary of the fall of the Berlin Wall, when he said: “Let the fate of the Berlin Wall be a lesson to oppressive regimes and rulers everywhere: No Iron Curtain can ever contain the iron will of a people resolved to be free.” Oddly enough, “iron curtain” may be the most accurate description of Trump’s new segments of the wall.

    On the day of his inauguration, President Joseph Biden signed an executive order halting further construction. Now, many observers are urging him to go further and dismantle the barrier, as well as try to repair the damage done. Or, as President Ronald Reagan put it in 1987, “Tear down this wall!”

    https://www.hcn.org/issues/53.3/infographic-borderlands-border-barrier-boondoggle
    #cartographie #infographie #visualisation #murs #prix #coût #longueur #barrières_frontalières #Trump #promesses #promesses_non_maintenues #statistiques #chiffres #George_Bush #overstayers #Joe_Binden #walls_don't_work

    ping @reka

  • "Les routes de la migration africaine mènent rarement à l’Europe"

    Les migrations africaines sont bien plus diverses et complexes qu’on ne pourrait le penser. Non seulement la proportion d’Africains qui décident de tenter l’aventure vers l’étranger est relativement faible, mais la plupart des migrants ne cherchent pas à aller vers l’Europe : ils restent sur le continent. Les Presses Universitaires du Québec viennent de publier un ouvrage collectif qui s’éloigne des approches réductrices sur ce sujet. Il s’intitule Migrations et gouvernance en Afrique et ailleurs . La chercheuse Sylvie Bredeloup est l’un de ses auteurs. Elle est notre invitée.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/30537/les-routes-de-la-migration-africaine-menent-rarement-a-l-europe
    #Migrations_Sud-sud #migrations_Sud-nord #migrations #Afrique

    ping @_kg_ @rhoumour @karine4 @isskein @fbahoken @reka

    –—

    ajouté au fil de discussion sur les #statistiques et #chiffres en lien avec les « routes migratoires africaines » (et la relativisation des migrations Sud —> Nord) :
    https://seenthis.net/messages/482464

    • Migrations et gouvernance en Afrique et ailleurs

      Phénomène ancien et objet de controverses dès les années 1970, la migration a surtout été appréhendée sous l’angle des flux Sud-Nord. Au cours de la décennie 2010-2020, la situation créée par les flux de « réfugiés syriens » a été particulièrement médiatisée. Elle a été présentée pour l’essentiel sous l’angle de la menace existentielle qu’elle est supposée représenter pour les sociétés d’accueil, que ce soit pour leur l’identité, leur sécurité, leur marché du travail ou leur système de protection sociale. Or, cette lecture est réductrice à plus d’un titre, car les migrations se présentent comme des configurations complexes et multiples dans l’espace et dans le temps. En effet, elles sont aussi influencées par des contextes internes, des innovations sociales et des contextes régionaux et internationaux.

      https://www.puq.ca/catalogue/livres/migrations-gouvernance-afrique-ailleurs-3978.html
      #livre

    • #Sylvie_Bredeloup : « Les routes de la migration africaine mènent rarement à l’Europe »

      Les migrations africaines sont bien plus diverses et complexes qu’on ne pourrait le penser. Non seulement la proportion d’Africains qui décident de tenter l’aventure vers l’étranger est relativement faible, mais la plupart des migrants ne cherchent pas à aller vers l’Europe : ils restent sur le continent. Les Presses Universitaires du Québec viennent de publier un ouvrage collectif qui s’éloigne des approches réductrices sur ce sujet. Il s’intitule Migrations et gouvernance en Afrique et ailleurs. La chercheuse Sylvie Bredeloup est l’un de ses auteurs. Elle est notre invitée.

      RFI : On va tout de suite faire tomber deux mythes avec vous, le premier mythe c’est celui selon lequel l’Afrique serait une terre d’immigration, en tout cas plus que le reste du monde.

      Sylvie Bredeloup : Oui, d’abord, contrairement aux idées reçues, la migration n’est pas un phénomène massif, puisque la migration internationale ne concerne que 3,2% de la population mondiale. Et quant aux Africains, ils ne sont pas plus grands voyageurs que les autres, voire peut-être moins que les autres, puisque selon les sources des Nations unies, notamment en 2015, ces migrants ouest-africains ne représentaient que 2,9% de l’ensemble de la population ouest-africaine.

      Donc c’est vraiment un phénomène minoritaire ?

      Oui, c’est un phénomène minoritaire.

      Quand les populations africaines émigrent, elles ne vont pas vers l’Europe, elles vont plutôt vers d’autres pays du continent…

      Oui, tout à fait. Contrairement à ce mythe tenace qui est répandu, les routes de la migration africaine mènent rarement en Europe. Plus des deux tiers, voire les trois quarts des Africains, restent à l’intérieur du continent.

      Est-ce qu’à l’intérieur du continent africain, certains pays attirent plus particulièrement les migrants que d’autres ?

      Oui, on parle de cinq pôles récepteurs. D’abord le Nigeria et la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest. Le premier, avec ses champs de pétrole et ses mines de pierres semi-précieuses… le second, avec ses plantations de café et cacao attirent une population africaine importante. Troisième pôle, cette fois en Afrique centrale : le Gabon, pays beaucoup moins peuplé, avec ses chantiers de construction, mais aussi ses hydrocarbures… à l’instar de la Libye, en Afrique du nord, qui a continué aussi à attirer des populations des pays voisins. Tout cela, en dépit des exactions et des expulsions répétées. Puis, dernier pôle récepteur : l’Afrique du Sud, dont les mines d’or et de diamant continuent d’attirer aussi une multitude d’ouvriers : Zimbabwéens, Mozambicains… Et depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud a aussi accueilli un nombre croissant de migrants ouest-africains, ou encore de République démocratique du Congo, qui eux travaillent plutôt dans les zones urbaines, dans le commerce et l’artisanat.

      Ce que vous expliquez dans votre texte, c’est que, jusque dans les années 1980, on était globalement en Afrique dans un régime que l’on pourrait décrire comme un régime « de laisser faire », avec une circulation assez libre des personnes, mais que dans les années 1980, justement, se sont mises en place progressivement des politiques de contrôle plus restrictives.

      Oui, il se trouve que la crise économique mondiale a aussi contribué à redessiner la carte des mouvements intra-africains. Et les textes qui pendant longtemps n’avaient pas été appliqués, ont fini par l’être. Les cartes de séjour et visas d’entrée et de sortie ont été instaurés. Les tarifs de ces cartes et de ces visas ont augmenté aussi notablement. L’accueil des étrangers au travail salarié a également été restreint. Je renvoie à la politique généralisée que l’on a appelée d’« ivoirisation », de « zairisation » de « gabonisation » des cadres et ensuite du commerce. À partir des années 1980, dans les pays d’accueil, ces mesures ont eu pour effet de plonger les communautés étrangères dans une vulnérabilité accrue, incitant certains d’entre eux à reprendre la route.

      Ce qui est particulièrement intéressant dans le chapitre que vous avez rédigé, c’est que vous revenez sur la façon dont se déroule concrètement cette migration pour les migrants africains. Et vous expliquez notamment que la migration par étapes est un scénario qui est fréquent pour les migrants africains. Comment se passe concrètement, cette migration par étapes ?

      Il se trouve que l’Afrique devient autant une terre d’écueil qu’une terre d’accueil. Les conditions d’hospitalité n’étant plus réunies, les migrants ne peuvent plus tabler sur les solidarités traditionnelles, sur la famille, sur les compatriotes… Donc même si ceux qui partent ne sont pas les plus pauvres, le passage des frontières a un coût important et les économies faites avant de partir sont vites liquidées. Les migrants sont donc conduits à travailler en chemin pour se renflouer. Ce qui est sûr, dans tous les cas, c’est que leur voyage s’étale dans le temps et effectivement se mesure dorénavant en années. Donc non seulement le nombre d’étapes se multiplie, mais l’attente à ces étapes s’éternise aussi. Une collègue -Claire Escoffier- a montré que cela faisait en moyenne dix-neuf mois que des migrants subsahariens qu’elle avait rencontrés au Maroc, avaient quitté leur pays d’origine. Un autre collègue -Mohamed Saïd Musette- dans une recherche conduite en Algérie, a montré que si dans les années 2000, le temps passé dans les lieux de transit ne dépassait pas six mois, en 2006 les migrants y restaient deux années et plus. Moi-même, en Libye, j’ai rencontré deux migrants camerounais qui ne se souvenaient plus depuis combien d’années ils s’étaient arrêtés à Sebha, qui se trouve aux portes du grand désert. Ils se disaient en panne. Et en fait, ils avaient perdu la notion du temps, comme si leur horloge interne s’était détraquée. Et c’est seulement en asseyant de faire coïncider le moment de leur arrivée dans la ville avec des événements importants qui s’étaient déroulés dans le monde, qu’ils ont réalisé que leur séjour en Libye pouvait se mesurer objectivement en années.

      https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20210301-sylvie-bredeloup-les-routes-de-la-migration-africaine-m%C3%A8nent-rarem

  • Starlink, le plan géant d’Elon Musk pour occuper l’espace
    https://reporterre.net/Le-plan-geant-d-Elon-Musk-pour-occuper-l-espace

    ENQUÊTE 1/3 - Le projet du milliardaire Elon Musk se concrétise. Son offre d’une connexion haut-débit à internet sur toute la planète via une constellation de satellites est déjà en fonctionnement aux États-Unis. Et ses antennes domestiques sont désormais disponibles en France en précommande. 550 kilomètres nous séparent des premiers satellites de SpaceX, la société d’Elon Musk. En plus de les voir rayonner parmi les vraies étoiles de notre ciel une fois la nuit tombée, les 12.000 satellites prévus à (...)

    #ARCEP #SpaceX #satellite #WiFi #5G #technologisme #domination #Starlink

  • Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • #Genève : Vers une #carte_d’identification_universelle en Ville ?

    Une #motion demande à l’exécutif de la Ville d’étudier la création d’un document permettant l’accès à tous les services municipaux, quel que soit le statut légal.

    Après Zurich et La Chaux-de-Fonds, la Ville de Genève se lancera-t-elle dans la création d’un document d’identification communale ? Ce projet, déjà adopté dans la capitale économique suisse et que la Métropole horlogère a mis à l’étude la semaine dernière, vise à élaborer une carte accessible à tous les habitants, quel que soit leur statut légal, pour pouvoir bénéficier de l’ensemble des services municipaux. Une motion déposée par le conseiller municipal socialiste Pascal Holenweg au début du mois demande au Conseil administratif de se pencher sur la question.

    Cette carte « permettrait un accès facilité aux soins, à l’inscription dans des #services_municipaux ainsi qu’aux lieux culturels, sportifs, sociaux, le cas échéant à partir d’un guichet unique les rassemblant tous », explique le texte. « L’initiative part du constat qu’une partie de la population rencontre des difficultés à accéder aux #services offerts par la Ville, que ce soit faute de #statut_légal, d’#adresse ou de #papiers_d’identité, affirme Pascal Holenweg.
    Sur l’exemple d’autres villes, en Suisse mais aussi aux Etats-Unis, nous proposons d’étudier la possibilité d’établir un #document_d’identification – et non pas d’identité, ce qui est de
    compétence fédérale – et d’#accès_universel aux prestations municipales, qui pourrait servir à tous les habitants, comme carte d’accès aux piscines, aux bibliothèques, etc. »

    Le MCG opposé

    Autre avantage avancé par Pascal Holenweg : « Si la Ville décidait de rendre payants aux habitants d’autres communes les services qu’elle propose actuellement gratuitement à tout le canton ou d’instaurer des tarifs différenciés, cette carte permettrait aux habitants de la
    commune de bénéficier de la gratuité ou de tarifs réduits. »

    La proposition devrait être soutenue par la gauche, majoritaire au Conseil municipal, comme l’espère #Pascal_Holenweg, mais elle ne rencontre en tout cas pas l’adhésion du Mouvement citoyens genevois (MCG). « Le sujet avait déjà fait l’objet de discussions par le passé. Au MCG, nous sommes contre, explique Daniel Sormanni, chef de groupe au délibératif municipal. Ce n’est pas vraiment une pièce d’identité mais ça y ressemble. C’est surtout destiné aux clandestins, avec l’argument d’améliorer leur accès aux services municipaux. En réalité, ils l’ont déjà. Je ne vois donc pas l’utilité. Et puis ça donnerait un faux sentiment de légitimité à des gens qui ne devraient pas être sur notre territoire. » Du côté de la conseillère municipale démocrate-chrétienne Alia Chaker Mangeat, on attend d’en savoir plus. « Je ne suis pas opposée au principe, mais j’aimerais qu’on étudie en commission l’apport réel d’un tel outil », affirme-t-elle.

    Le maire favorable

    Si la motion passe la rampe du délibératif, elle obtiendra une oreille attentive de la part de l’exécutif communal. Collaborateur personnel de Sami Kanaan, Félicien Mazzola affirme en effet que « le maire est favorable au projet ». « La Ville s’était déjà intéressée à la question il y
    a quelques années, poursuit-il, quand New York a développé sa City Card. Puis Zurich a lancé sa propre carte destinée aux sans-papiers. De notre côté, nous avons approché les associations qui travaillent avec eux, pour connaître les besoins. Après l’#opération_Papyrus, qui a permis un grand nombre de régularisations, une carte spécifique pour les sans-papiers n’apparaissait pas vraiment appropriée. »

    En revanche, une carte universelle, qui permette l’accès à l’ensemble des services municipaux et aux démarches en ligne pour tous les habitants, quel que soit leur statut, et réduisant ainsi les risques de traçage des sans-papiers, se révèle très intéressante, explique Félicien Mazzola.

    https://lecourrier.ch/2021/02/26/vers-une-carte-didentification-universelle-en-ville
    #ville-refuge #asile #migrations #réfugiés #Suisse #citoyenneté #citoyenneté_urbaine

    Genève après :
    #Berne : https://seenthis.net/messages/801885
    #Zurich : https://seenthis.net/messages/889029
    #La_Chaux-de-Fonds : https://seenthis.net/messages/896514

    –—

    Ajouté au fil de discussion sur les cartes d’identification universelle en Suisse :
    https://seenthis.net/messages/801885

    ... qui, lui-même, est ajouté à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145#message801886

  • « Small Axe », la série très attendue de Steve McQueen est disponible sur la plateforme Salto
    https://www.francetvinfo.fr/culture/series/small-axe-la-serie-tres-attendue-de-steve-mcqueen-est-disponible-sur-la

    Le réalisateur oscarisé signe sa première série. En cinq épisodes, il se plonge dans la communauté antillaise de Londres et aborde le racisme qui gangrène les institutions dans les années 60, 70 et 80.

    C’est une série anthologie, donc les cinq films sont indépendants.

    On a regardé le premier (avec du PopCorn wink wink), qui n’est pas une fiction mais relate l’histoire et le procès du restaurant Le Mangrove. Et bah c’était très bien !

    Et pas mal de musique tout le long évidemment (le titre global de la série faisant référence à un morceau politique de Bob Marley).

    https://en.wikipedia.org/wiki/Mangrove_Nine

    #Steve_McQueen #Caraïbe #racisme #Angleterre #Notting_Hill #Histoire #film #cinéma #série
    ping @sinehebdo

  • L’Irak post-Saddam Hussein, une énorme machine à cash - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280221/l-irak-post-saddam-hussein-une-enorme-machine-cash

    Après la chute du dictateur irakien en 2003, les Américains ont déversé des milliards de dollars sur le pays. Les futurs membres du gouvernement irakien adoubés par eux ont notamment profité de cette manne financière. Nous avons enquêté sur ces mouvements de fonds sans aucun contrôle.

    [...] Dans ce camion-poubelle se trouve un milliard de dollars, disposés dans des palettes. Il doit les déposer à la banque Rafidayn, sur la rive droite de Bagdad. C’est sa dernière mission pour le compte du Pentagone. Dans le plus grand secret, entre 2003 et 2008, il a transporté à lui seul 40 milliards de dollars en petites coupures entre l’aéroport de Bagdad et la Banque centrale d’Irak. L’équivalent du PIB d’un pays comme le Mali. Ce récit est confirmé par David Nummy, le responsable du Trésor américain en place à Bagdad. « Il était notre homme de confiance pour ces missions difficiles. Il savait ce qu’il faisait. J’avais une entière confiance en lui », se souvient-il.

  • Ist die Zeit reif für eine David-Bowie-Straße?
    https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/ist-die-zeit-reif-fuer-eine-david-bowie-strasse-17162585.html

    25.01.2021 von Tobias Rüther - Im Januar vor fünf Jahren ist David Bowie gestorben. Schnell war damals unter seinen Fans die Idee entstanden, jene Hauptstraße im Berliner Stadtteil Schöneberg, wo der englische Popkünstler Mitte der siebziger Jahre gewohnt hatte, in „David-Bowie-Straße“ umzubenennen. Dagegen sprach damals noch die Rechtslage: Fünf Jahre müssen zwischen dem Tod und solch einer Umbenennung liegen. Und vielleicht auch, dass die Hauptstraße 155 dann ja nicht mehr Hauptstraße 155 hieße: eine Adresse, die genau wie die Kreuzung Haight Ashbury in San Francisco, Fixpunkt der Hippies, zum Synonym geworden ist für eine Konstellation der Kulturgeschichte.

    David Bowie hat zwar nicht lange in der Hauptstraße 155 gewohnt. Aber doch lang genug, um in dieser Zeit zwischen 1976 und 1978 körperlich und künstlerisch durchzupusten, die Popmusik mit komischen elektronischen Geräuschen zu verändern und der Stadt ein bisschen Starpower zu hinterlassen.

    Beide zehren bis heute davon. Beiden, Bowie wie Berlin, ist eigentlich erst später so richtig klargeworden, wie viel mythisches Potential in dieser Anekdote steckte: ein berühmter Popstar in einer geteilten Stadt. Bowie hat gern davon erzählt und sich in seinen letzten Lebensjahren selbst als Berliner besungen (auf den Platten, die er damals im Hansa Studio aufnahm, kam Berlin wortwörtlich noch nicht vor, selbst in der Mauerhymne „Heroes“ nicht).

    Seine Hauptstraße 155 wiederum ist heute eine feste Adresse bei Stadtführungen. Dort hatte der Regierende Bürgermeister Müller ein Dreivierteljahr nach Bowies Tod eine Gedenktafel enthüllt. Die war dann kurz darauf wieder verschwunden und musste ersetzt werden – was lustigerweise genauso zum Kunstdieb Bowie passt, der sich permanent bei anderen Genres bediente, wie zu Berlin, wo Kopien von Gewesenem oder gleich ganz Verlorenes noch immer am liebsten angebetet werden.

    Den Wunsch der Fans, einen Teil der vierspurigen, bezirksverbindenden Hauptstraße nach Bowie umzubenennen, hatte dann 2017 auch eine Schöneberger Politikerin der Grünen aufgegriffen, Catherina Pieroth, und schon damals wurde diskutiert, ob es nicht auch ein Platz in der Nähe von Bowies alter Wohnung sein könnte.

    Genau das hat jetzt die CDU von Tempelhof und Schöneberg gefordert: Sie schlägt nicht den nahen Kaiser-Wilhelm-Platz vor, sondern die noch nähere und namenlose Kreuzung, an der auch der U-Bahnhof Kleistpark liegt. „David-Bowie-Platz“: Weil fünf Jahre seit dem Tod verstrichen sind, wäre das tatsächlich möglich, nur hatte sich Berlin eigentlich vorgenommen, vorerst nur Frauen so zu beehren.

    In diesen fünf Jahren hat zudem die #MeToo-Bewegung dafür gesorgt, dass man sich endlich genauer anschaut, wie sich Geniekult und das Herunterspielen von sexuellem Missbrauch zueinander verhalten. Bowie und seine minderjährigen Groupies, dieses Kapitel seines Lebens nicht als Geschichte von Kavaliersdelikten oder Rock-’n’-Roll-Legende abzutun, sondern aufzuarbeiten wäre der erste Schritt. Danach kann man dann ja weiter diskutieren, ob man einen Heldenplatz für Bowie in Berlin braucht. Lieder davon kann man nämlich seit langem singen. Bowie hat sie selbst geschrieben.

    #Berlin #Schöneberg #Hauptstraße #Grunewaldstraße #Langenscheidtstraße #Musik #Geschichte #Straßenumbenennung

  • Diese Kreuzung in Schöneberg könnte bald David-Bowie-Platz heißen - BERLINER ABENDBLATT
    https://abendblatt-berlin.de/2021/01/23/diese-kreuzung-in-schoeneberg-koennte-bald-david-bowie-platz-heiss

    Fünf Jahre nach dem Tod von David Bowie stellt die CDU-Fraktion Tempelhof-Schönebergs einen Antrag zur Umbenennung einer Kreuzung. Fortan soll sie David-Bowie-Platz heißen. Doch die Frauenquote könnte das Unterfangen schwierig gestalten.

    Der Todestag von Rock- und Poplegende David Bowie jährte sich am 10. Januar zum zehnten Mal. Nun steht die Überlegung im Raum, eine Berliner Kreuzung am Heinrich-Von-Kleist-Park in Schöneberg zu seinen Ehren umzubenennen. Die Kreuzung liegt zwischen der Grunewald-, Langenscheidt- und Hauptstraße und soll zukünftig den Namen #David-Bowie-Platz tragen. Das möchte jedenfalls die CDU.

    Verbindung zwischen Musiker und der Stadt ehren
    Die CDU Tempelhof-Schöneberg will diese Kreuzung am U-Bahnhof Kleistpark umbenennen, um die Beziehung des verstorbenen Musikers zu Berlin zu ehren. Laut Süddeutscher Zeitung wollen die Christdemokraten im Bezirksparlament am kommenden Mittwoch einen Prüfauftrag zur Umbenennung einbringen.

    Doch ist das Unterfangen nicht ganz einfach. Denn es gilt, bei der Umbenennung die Geschlechterquote einzubeziehen. Das bedeutet: In diesem Fall ist eine weibliche Namensgeberin vorrangig. Zusätzlich ist nicht jeder Anwohner Fan des britischen Sängers und somit Fürsprecher für diesen Namen. Dass im Jahr 2015 die Anschuldigung auftauchte, dass David Bowie Sex mit Minderjährigen unterstellt wurde, macht die Sache nicht einfacher. Wenngleich der Vorwurf keine Bestätigung fand. 

    Gedenktafel für Bowie

    Bereits einige Monate nach seinem Tod wurde am Wohnhaus der #Hauptstraße 155 im Bezirk #Tempelhof-Schöneberg eine Gedenktafel aufgehängt. Denn dort hatte der Musiker von 1976 bis 1978 gewohnt. Er suchte in Schöneberg Erholung und Normalität. Die fand er dort offensichtlich auch. Im Jahr 2002 soll David Bowie in einem Interview gesagt haben: „Nach vielen Jahren, die ich quasi unter Hochdruck in den USA gelebt hatte, war das entspannend für mich, in eine Stadt zu kommen, wo man relativ wenig Notiz von mir nahm.“

    Doch nicht nur der Anonymität wegen zog der Brite nach Berlin. Auch erklärte er in dem Interview, wie der „deutsche Zeitgeist“ Einfluss auf seine Musik nahm. Neben dem Klassiker „Heroes“, der im Jahr 1977 erschien, sind noch einige andere Songs seines gleichnamigen Albums in der Stadt entstanden. Genauso veröffentlichte er jedoch die Studioalben STATION TO STATION (1976) und LOW (1977) in seiner Zeit in Berlin.

    Datum: 23. Januar, Text: ast

    #Berlin #Grunewaldstraße #Langenscheidtstraße #Musik #Geschichte #Straßenumbenennung

  • Letzter Reichskanzler der Weimarer Republik : Pflege für Kurt von Schleichers Grab soll nicht mehr vom Land bezahlt werden
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/letzter-reichskanzler-der-weimarer-republik-pflege-fuer-kurt-von-schleichers-grab-soll-nicht-mehr-vom-land-bezahlt-werden/26959160.html

    A Berlin-Zehlendorf les députés locaux du SPD et du parti de gauche Die Linke se pronocent contre la prolongation du statut de tombe d’honneur pour la sépulture du général Schleicher, dernier chancelier allemand avant l’accesion au pouvoir par le nazis. Ce politicien de droite est connu pour avoir péparé le terrain pour les nazis à travers des mesures contre la libre expression et les rassemblements publics du mouvement ouvrier et ses partis politiques.

    27.02.2021 von Thomas Lippold - Fraktionen der Bezirksverordnetenversammlung Steglitz-Zehlendorf wollen das Grab aus der Liste der Ehrengräber streichen. Von Schleicher ist umstritten.

    Als „Steigbügelhaltern des deutschen Faschismus“ bezeichnet ein Bezirksverordneter der Linksfraktion von Steglitz-Zehlendorf von Schleicher.

    Auf dem Parkfriedhof Lichterfelde in Steglitz-Zehlendorf liegt das Grab von Kurt von Schleicher, der als letzter Reichskanzler der Weimarer Republik bekannt ist. Seit einem Senatsbeschluss aus dem Jahr 1978 ist es als Ehrengrab des Landes Berlin anerkannt, in diesem August soll die letzte Verlängerung auslaufen.

    Doch die SPD-Fraktion der Bezirksverordnetenversammlung (BVV) Steglitz-Zehlendorf fordert nun mit Unterstützung der Linksfraktion, das Ehrengrab von Schleichers nicht mehr zu verlängern und aus der Liste der Ehrengräber zu streichen. Von Schleicher gilt als umstrittene politische Figur: bis zum Januar 1933 war er Reichskanzler und direkt für die Ernennung seines Nachfolgers Adolf Hitler verantwortlich. Von Schleicher wurde zusammen mit seiner Ehefrau Elisabeth am 30. Juni 1934 von Angehörigen der SS in seiner Neubabelsberger Villa ermordet.

    Wer genau die Grabstätte von Kurt von Schleicher pflegt, ist eine gute Frage. Sicher ist sich die grüne Bezirksstadträtin Maren Schellenberg da selbst nicht – das geht aus einer Anfrage des Linken-Abgeordneten Gerald Bader an das Bezirksamt hervor. In der Grabstättenakte sei vermerkt worden, dass die Grabpflege 1978 noch von Angehörigen oder einer beauftragten Firma übernommen wurde.

    Zwanzig Jahre später wurde festgestellt, dass keine „gärtnerische Instandsetzung erforderlich sei.“ Seitdem, steht in der Anfrage, „ist davon auszugehen, dass die Pflege durch das Bezirksamt erfolgt.“

    Auch über die Kosten ist man sich nicht ganz im Klaren. Die Stückkosten für die Pflege einer Grabstelle lagen 2019 bei 86,78 Euro. Die Summen variieren aber, „so dass weder für das Ehrengrab Kurt von Schleicher noch insgesamt für Ehrengräber eine Summe für das Bezirksamt genannt werden kann.“ Im Satz darauf dann die Info: Ein Ehrengrab kostet das Land Berlin etwa 800 Euro pro Jahr.
    „Berufsoffizier, Politiker, Reichskanzler“

    Bei den Gründen für die letztmalige Verlängerung des Nutzungsrechtes an der Grabstätte, die 2015 erfolgte, notiert das Bezirksamt nur trocken „Fehlanzeige“. Auch sieht es sich nicht zuständig für die Beurteilung der „wesentlichen Verdienste von Kurt von Schleicher, die ein Ehrengrab rechtfertigen“, und zitiert lediglich aus der Liste der Ehrengrabstätten des Landes, in der es trocken heißt: „Berufsoffizier, Politiker, Reichskanzler.“

    Nun stört sich Gerald Bader von der Linksfraktion aber nicht vorrangig an den Kosten für das Ehrengrab. Ihm geht es um den „Status des Grabes innerhalb einer städtischen Gedenkkultur, und nicht um die Grabstätte an sich.“ Mit diesem heißen Thema will sich das Bezirksamt aber nicht befassen, und so antwortet Bezirksstadträtin Schellenberg auf die abschließende Frage, ob das Bezirksamt ein Ehrengrab für Kurt von Schleicher denn für berechtigt hält: „Es steht daher dem Bezirksamt nicht zu, eine Entscheidung des Senats von Berlin zu hinterfragen.“

    „Aus unserer Sicht“, schreibt Gerald Bader, „wäre es nun an der Zeit, den Ehrengrabstatus der Grabstätte von Schleicher in diesem August auslaufen zu lassen. Die SPD-Fraktion hat bereits einen Antrag dahingehend auf den Weg gebracht, dem wir uns in der Forderung anschließen.“

    In dem Antrag, der Anfang März im Bezirksausschuss für Bildung und Kultur behandelt werden soll, fordert die SPD, das Ehrengrab von Schleichers nicht mehr zu verlängern. „Kurt von Schleicher hat sich nicht verdient gemacht, die Ehre für ein durch den Staat gepflegtes Grab und Andenken zu erhalten.“

    Weiter heißt es in der Begründung: „Kurt von Schleicher war kein Demokrat. Sein Ziel war die Beseitigung der Weimarer Republik und die Schaffung eines autoritären Staates. Er gehörte einem konservativ-reaktionärem Lager an, das bei dem Sturz des letzten frei gewählten Reichskanzler Hermann Müller (SPD) mitgewirkt hat. Feinde der Demokratie sind keine Personen, die durch ein Ehrengrab gewürdigt werden dürfen.“
    Von Schleicher habe durch Ränkespiele die Stabilität der Weimarer Republik unterminiert

    Gerald Bader sieht das ähnlich. Ihm „ist es ein Rätsel, inwiefern sich ein Mensch, der diverse faschistische Personen und Massenorganisationen in Querfrontstrategien eingebunden hat und sie so salonfähig machte, um Berlin verdient gemacht haben soll. Vielmehr hat von Schleicher durch seine stetigen Ränkespiele und Geheimabsprachen (auch mit Adolf Hitler) die Stabilität der Weimarer Republik unterminiert und zugleich die Aufrüstung Deutschlands vorangetrieben.“ Bader sieht von Schleicher sogar als „einen von mehreren überaus prominenten Steigbügelhaltern des deutschen Faschismus“, eine Anerkennung durch ein Ehrengrab sei somit unverdient.

    Bei einer Rede vor dem Deutschen Bundestag 2003 bezeichnete Bernd Braun von der Reichspräsident-Friedrich-Ebert-Gedenkstätte in Heidelberg von Schleicher als „einen der entschiedensten Gegner Hitlers“. Eine längere Abhandlung über das Kabinett von Schleicher, die vom Bundesarchiv veröffentlich wurde, liest sich etwas anders.

    Zusammenfassend heißt es dort über von Schleicher: „Seiner eigenen Legende ist er, gemessen an dem, was er erreicht und was er verfehlt hat, nicht gerecht geworden; seiner politischen Maxime dagegen ist er treu geblieben. In den Intrigen des Januar 1933 wurde er mit seinen eigenen Waffen geschlagen. Die politischen Irrtümer und Fehleinschätzungen, mit denen er zur autoritären Aushöhlung des Weimarer Verfassungsstaates beigetragen hatte, schlugen in seinem Sturz auf ihn selbst zurück.“

    Ob sich die Anerkennung als Ehrengrab nun ebenfalls als Fehleinschätzung herausstellen wird, ist eine schwierige Frage, mit der sich zunächst der Bildungs- und Kulturausschuss der BVV am kommenden Mittwoch beschäftigen darf.

    Cet article de Wikipedia porte à notre connaissance que la sépulture de Schleicher doit son statut de tombe d’honneur au Sénat Stobbe I.
    https://de.wikipedia.org/wiki/Senat_von_Berlin#Vom_Kriegsende_bis_zur_deutschen_Teilung
    On constate que le SPD berlinois est composé de membres aux positions assez variées.

    #Allemagne #Berlin #Steglitz-Zehelendorf #militarisme #histoire #nazis #politiue

  • Taxi gegen Taxi
    https://www.berlin.de/polizei/polizeimeldungen/2021/pressemitteilung.1057999.php

    27.02.2021 Polizeimeldung - Mehrere Unfälle mit Taxi verursacht und geflüchtet

    Nr. 0452 #Tempelhof-Schöneberg / #Steglitz-Zehlendorf

    Ein Mann hat in der vergangenen Nacht in #Schöneberg und #Steglitz mehrere Unfälle verursacht und ist anschließend geflüchtet. Mehrere Zeugen hatten gegen 2.10 Uhr die Polizei verständigt und angegeben, dass ein heller Mercedes mit Taxischild beim Abbiegen aus dem #Prellerweg in den #Munsterdamm gegen einen geparkten Anhänger gefahren sein soll. Anschließend soll der Fahrer weitergefahren und nur wenige Meter weiter mit mehreren Leitbarken kollidiert sein. Auch dieser Unfall hatte den Fahrer nicht zum Anhalten veranlasst und er war mit dem inzwischen stark beschädigten Fahrzeug geflüchtet. Polizeikräfte suchten daraufhin die Umgebung ab. Ein anderer Taxifahrer stoppte den Unfallverursacher schließlich in der #Goerzallee. Ihm war der Mercedes aufgrund der starken Beschädigungen, unter anderem waren beide Airbags ausgelöst, und der unsicheren Fahrweise aufgefallen. Wenig später eintreffende Polizeikräfte nahmen den 38-jährigen Unfallverursacher vorläufig fest. Der Mann reagierte aggressiv und wirkte stark alkoholisiert. Zudem war nicht auszuschließen, dass er unter dem Einfluss von Betäubungsmitteln stehen könnte. Hinzugerufene Rettungskräfte der Feuerwehr brachten ihn in ein Krankenhaus. Dort wurde er untersucht und ihm wurde Blut abgenommen. Verletzungen wies der Mann zunächst nicht auf, verblieb aber zur Beobachtung im Krankenhaus. In seiner Kleidung fanden die Polizeikräfte Betäubungsmittel. Die Ermittlungen dauern an.

    #Taxi

  • Bâillonner les #quartiers. Comment le #pouvoir réprime les #mobilisations populaires

    Pourquoi les quartiers populaires ne se révoltent-ils pas plus souvent ? Alors qu’ils sont ravagés depuis des décennies par un #urbanisme au rabais, le #chômage de masse et les #humiliations policières, #Julien_Talpin explore les raisons pour lesquelles ces quartiers peinent à asseoir leurs intérêts. Il montre que les entraves aux mobilisations collectives tiennent moins à ce qui serait l’apathie fataliste des habitants qu’aux multiples tactiques répressives déployées par les #pouvoirs_publics.
    Les différents chapitres décortiquent les logiques disciplinaires qui, sans avoir même besoin d’être coordonnées, garantissent le maintien du #statu_quo. À l’arrière-plan de la #répression_policière et judiciaire, se déploient quotidiennement le #chantage clientélaire aux subventions, la #disqualification islamophobe des opposants ou les piqures anesthésiantes de la #démocratie_participative.
    En documentant la manière dont cette #répression à bas bruit traverse les mobilisations contemporaines, ce livre en dégage la dimension systémique. Il place sous les projecteurs cette trappe à révolte qui fabrique la #domestication_politique, encourage l’#autocensure_collective et suscite la #résignation_individuelle. En livrant les recettes de l’adversaire, il veut contribuer au long chemin des luttes autonomes pour l’#égalité.

    https://lesetaques.org/2020/01/29/baillonner-les-quartiers
    #livre #quartiers_populaires #résistance #révoltes #répression_judiciaire #Julien_Talpin

    ping @cede @karine4

  • La lutte des femmes contre le féminicide au Mexique

    Alejandra López Lujano

    https://lavoiedujaguar.net/La-lutte-des-femmes-contre-le-feminicide-au-Mexique

    Le texte ci-dessous est le témoignage d’une féministe mexicaine qui participe à la lutte contre les féminicides. Il a été traduit par la commission journal de Courant alternatif.

    Au Mexique, dix femmes sont assassinées chaque jour selon des scénarios de violence toujours plus indescriptibles. La violence patriarcale qui pèse sur nos corps a pris un nom dans le contexte latino-américain lorsque diverses militantes et universitaires ont décidé de « désigner les raisons patriarcales pour lesquelles les femmes sont assassinées par des hommes ». Marcela Lagarde, anthropologue mexicaine, a introduit le terme de féminicide au Mexique en reprenant les contributions théoriques de Diana Russell et de Jid Radford dans son texte Femicide. The Politics of Woman Killing. Lagarde a décidé de traduire le terme femicide par « féminicide », en le définissant comme un génocide contre les femmes qui se produit « lorsque les conditions historiques génèrent des pratiques sociales qui permettent des atteintes à l’intégrité, à la santé, aux libertés et à la vie des femmes », cet acte étant l’acmé de la spirale de la violence féminicide.

    Non seulement le contexte du féminicide que Marcela Lagarde a décrit dans ses différents articles depuis 1994 ne s’est pas amélioré, mais il se multiplie aujourd’hui, générant une immense douleur qui devient une digne rage de milliers de femmes qui ont décidé de descendre dans la rue pour pousser le cri désespéré de ¡Ni una más ! [Pas une de plus !]. Celles d’entre nous qui ont porté notre douleur dans la rue sont avant tout des jeunes femmes, mais ce sont aussi les milliers de mères qui marchent dans ce pays à la recherche de la vérité et de la justice pour leurs filles, pour les filles qui leur ont été enlevées et pour lesquelles elles ont décidé de se battre jusqu’à ce que ce slogan devienne une promesse pour toutes les femmes. (...)

    #Mexique #féminicide #impunité #lutte #stratégies #féministes

  • Forte baisse des naissances en décembre 2020 et janvier 2021 | Insee
    https://www.insee.fr/fr/information/5227830

    Neuf mois après le début de la pandémie de Covid-19, les naissances ont fortement baissé en France. La crise sanitaire datant de mars 2020, son impact éventuel sur les naissances ne pouvait s’observer qu’à partir de la fin de l’année.
    En décembre 2020, il y a eu 7 % de nouveau-nés en moins qu’en décembre 2019. La baisse s’est poursuivie de façon bien plus prononcée en janvier 2021, avec 13 % de naissances de moins qu’en janvier 2020.

    graphique du communiqué de presse

    communiqué de presse
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/version-html/5227830/cp_naissances.pdf

    source Insee :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/000436391#Graphique

  • Pour replacer le contexte, celui des supposées « dérives intellectuelles idéologiques dans les milieux universitaires »...

    Pour rappel, le contexte étant celui-ci :


    https://seenthis.net/messages/888410

    Donc, pour replacer le contexte, des #chiffres et #statistiques à partir de la base de données qui recense les thèses soutenues et en cours en France.

    Quelques chiffres utiles cher·es collègues. Avant de commencer ma journée de travail Bnf, je vais vous donner des informations sur les nombres de thèses soutenues ou en cours avec certains mots clefs dont « #lgbt », « #queer », « #patriarcal » ou « #décolonial ».
    Je parlerai surtout de ma discipline, la littérature. Sources : http://THESES.FR (avec les failles que l’on sait, mais c’est un indicateur). Déjà, combien de thèses en France aujourd’hui avec le mot « décolonialisme » en titre ou résumé : aucune.
    Aucune thèse avec le terme « décolonialisme » toutes disciplines confondues à ce jour.
    Essayons décolonial maintenant, un terme connu depuis longtemps. Toutes disciplines confondues, 13 thèses, dans tous les domaines, histoire, géographie, sociologie, psychanalyse etc. En littérature : une seule, soutenue en 2013.
    Passons à « #patriarcat », une notion ancienne également. Là on en a 12, toutes disciplines confondues, aucune en littérature.
    Essayons patriarcal. Il y en 4 en littérature. Observons les sujets : féminisme, littérature et cinéma en Inde, sur les violences faites aux femmes au Mexique, sur la notion de divinité dans l’espace méditerranéen, et dans la prose féminine russe du 20e siècle. C’est tout.
    Quand je dis c’est tout, l’adjectif « patriarcal » ne me fait sortir aucune thèse dans d’autres disciplines. Je dois certainement me méfier du moteur de recherche, mais il est officiel.
    L’acronyme LGBT maintenant, pour Lesbien Gay Bi Trans. J’ai 13 thèses au total, et en littérature UNE SEULE, sur un sujet très spécifique (les réfugiés LBGT en Turquie).
    Le terme Queer remporte plus de succès, la notion étant prise en compte en tant que concept épistémologique depuis au moins les années 1990 : 39 thèses au total. Deux en littérature, sur des monographies (James Baldwin et Dorothy Allison).
    Et maintenant je vais vous donner un autre chiffre, pour mettre en balance cette soi disant vague de recherche sur les études de genre ou décoloniales (dont on voit bien qu’elles ne sont PAS étudiées en fait) : il y a eu 85 thèses sur le seul auteur Claude Simon. Fin du thread.

    https://twitter.com/neolitterature/status/1364869234283675652

    #thèses #France #décolonial #doctorat #recherche #mots-clé #université #facs

  • Basculements
    Mondes émergents, possibles désirables

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Basculements-Mondes-emergents-possibles-desirables

    Dénonçant la notion d’effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d’avance, Jérôme Baschet, qui a enseigné à l’Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristóbal de Las Casas, propose celle de « basculements » qui fait place, au contraire, à l’imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Alors qu’« un microscopique fragment de l’à peine-vivant » a provoqué « la paralysie d’une machinerie aussi ample et ramifiée que l’économie mondiale », supposant la reproduction d’autres crises systémiques du capitalisme, il esquisse plusieurs scénarios, dont celui d’une ouverture des possibles qui nous engagerait vers des manières de vivre échappant aux logiques du système-monde capitaliste.

    Il tente, tout d’abord, de cerner les tendances principales que la crise du coronavirus a pu induire, amplifier ou affecter significativement : accélération de la numérisation généralisée ; modification des équilibres géostratégiques, confirmant l’effritement de l’hégémonie états-unienne et la montée en puissance de la Chine ; reconfiguration des circuits de la globalisation, notamment avec un mouvement de relocalisations productives dans un souci de souveraineté plutôt que dans une perspective écologique ; interventionnisme accru de l’État dont on attend une réponse face à la pandémie, que l’on critique ses manquements ou l’excès des mesures d’exception. Toutefois, ce serait une erreur de postuler une « opposition diamétrale » entre néolibéralisme et État, puisque le premier a toujours eu besoin du second pour assurer sa bonne régulation, l’État étant appelé à la rescousse pour socialiser les pertes et se désengageant à nouveau pour permettre la privatisation des bénéfices. (...)

    #Jérôme_Baschet #capitalisme #économie #globalisation #néolibéralisme #État #pandémie #crise #effondrement #modèle_chinois #Frédéric_Lordon #Murray_Bookchin #Erik_Olin_Wright #expérience_zapatiste #Gilets_jaunes #stratégies #rupture

  • Combien de requérant·e·s d’asile y a-t-il en Suisse ?

    Fin 2019, il y avait en Suisse 11’700 requérant·e·s d’asile (permis N) et 48’000 personnes au bénéfice d’une admission provisoire (permis F). Par rapport à l’année précédente, le nombre de personnes titulaires d’un permis F a augmenté et le nombre de requérant·e·s d’asile a diminué. Dans l’ensemble, les effectifs sont légèrement inférieurs à ceux de 2018. Cela représente au total une proportion de 0,7 % de la population permanente et de 2,7 % de la population étrangère.

    Les requérant·e·s d’asile et les personnes admises à titre provisoire sont attribué·e·s aux différents cantons en fonction de la taille de la population cantonale. Cette clé de répartition explique la faible variation entre les cantons. En 2019, la proportion de requérant·e·s / personnes admises provisoirement variait peu, entre 8,8 (Glarus) et 8,7 (Berne) pour 1’000 habitant·e·s (Berne) et 3,6 pour 1’000 (Thurgovie). Les variations découlent des départs de Suisse ou des décisions d’octroi d’une autorisation de séjour par les autorités dans le cadre de la procédure d’asile.

    À l’échelle des communes, en revanche, les variations sont considérables, puisqu’un nombre élevé de requérant·e·s d’asile est attribué à un centre d’accueil. De nombreuses communes n’ont dénombré aucune personne en procédure d’asile dans leur population fin 2019. D’autres communes accueillent en revanche un·e requérant·e d’asile ou personne admise provisoirement pour sept habitant·e·s.

    https://nccr-onthemove.ch/indicators/combien-de-requerant%c2%b7e%c2%b7s-dasile-y-a-t-il-en-suisse/?lang=fr

    #cartographie #Suisse #demandeurs_d'asile #visualisation #asile #migrations #réfugiés #statistiques #chiffres #densité #taux #distribution #répartition #répartition_territoriale #communes #cantons #clé_de_distribution

  • Ma réponse aux « analyses » de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel
    https://blogs.mediapart.fr/mohamed-belkacemi/blog/220221/ma-reponse-aux-analyses-de-stephane-beaud-et-gerard-noiriel

    Dans « Race et sciences sociales : Essai sur les usages publics d’une catégorie », Stéphane Beaud et Gérard Noiriel analysent mon parcours, mes motivations et mes actions. Des propos y sont erronés et la démarche y est critiquable. Le texte réactive des souffrances qu’avec mes proches nous aimerions dépasser. Source : Le blog de Mohamed Belkacemi

    • La réalité, est que j’étais attaché à ce que les choses changent de l’intérieur au sein du football français. Ma vie s’est transformée après ces révélations, ma famille a souffert de cette affaire qui n’a jamais servi mes intérêts. Tous les auteurs de propos racistes sont restés en place à la FFF alors que j’ai été mis à l’écart.

      Affaire des quotas dans le foot : un aveuglement durable
      https://justpaste.it/79uif

      Dans un ouvrage co-signé avec l’historien Gérard Noiriel, le sociologue Stéphane Beaud cherche à démonter l’affaire des quotas dans le football français, révélée en 2011 par Mediapart, qui ne relèverait selon lui que du « buzz racial ». Au mépris des faits.

    • Mohamed Belkacemi est celui qui avait en fait balancé les enregistrements à Mediapart au début de l’histoire et quand on lit l’article, on comprend qu’il l’a fait parce que si tu n’es pas un gros raciste, tu ne peux pas faire autrement.
      https://justpaste.it/4x3p7

      Parler de « buzz racial », c’est juste révéler qu’on est dans le camp de zemmour.

      Noiriel, je finis son bouquin sur la réthorique de zemmour, donc, je ne comprends pas ce qu’il vient foutre là-dedans. Soit c’est Beaud qui l’a entortillé pour l’embarquer das cette merde, soit le gus — un peu comme un virologue de labo qui aurait un trou dans sa combi — a fini par se faire contaminer.
      Ce qui n’est pas improbable  : depuis un an, je perds pas mal de potes et le covid n’a même pas besoin de les tuer.

    • Et ça enchaine… C’est dingue comme on dirait qu’à peu près tout est faux dans leur livre, basé sur rien… Ils parlent de plusieurs affaires, de plusieurs personnes, et à chaque fois chaque acteur en question réagit et tout est démenti avec des preuves (enregistrement, travail journalistique fouillé), et leurs commentaires du livre sont en fait juste le fruit de leurs fantasmes… Ils ont écrit leur livre uniquement basé sur BFM et Paris Match ou quoi ?

  • Where did all the migrants go? Migration data during the pandemic

    The effects of the Covid-19 pandemic are visible across the whole of society, and migration is no exception. From late March 2020, restrictions on travel, the closure of visa centres, and economic turmoil have had huge impacts on the immigration system. Following a large decline in international travel after the first UK lockdown, passenger numbers remained well below recent averages throughout the year. Grants of visas in categories across the immigration system also dropped in 2020.

    One of the major questions facing migration researchers and policymakers currently is what this all means for migration patterns overall. How much lower is migration because of the pandemic? Who is still coming to the UK and who is not? Who is leaving? Is the migrant population declining?

    The main source of data used to measure immigration and emigration flows—the International Passenger Survey—has been suspended due to the pandemic. As a result, recent attempts to examine how the migrant population is changing have used population survey data, which does not give a direct measure migration flows but does give some insight into the migrant population and how it is changing.

    This commentary examines what we know from currently available data about how the total size of the migrant population has changed in 2020, and concludes:

    - Headline data from the Labour Force Survey (LFS) suggest that the number of migrants living in the UK fell in 2020. In Q3 2020, the estimated foreign-born population was 8.3 million, down from 9.2 million in the same quarter a year earlier. This is a decline of 894,000 or 10%. However, there is enormous uncertainty about these estimates and compelling reasons to believe that they are not accurate.
    - Estimates of the migrant population are based on pre-pandemic projections of the total UK population that are likely to be too high. During the pandemic, the UK population may have declined, but this is not factored in to estimates of the migrant population. All else equal, this would mean that the official figures underestimated the decline in the foreign-born population. But all else is not equal.
    – When the pandemic hit, ONS switched to a socially distanced method of recruiting people into statistical surveys, and this appears to have disproportionately affected migrants’ participation. If migrants are less likely to participate than non-migrants with the new method of data collection, this means their numbers will be underestimated.
    - When we look at data on people recruited into the survey before the pandemic but surveyed in mid-2020, there is still a considerable decline in the migrant share of the UK’s population (e.g. due to emigration), particularly in London. But it is smaller than the headline figures suggest.
    - All this creates significant uncertainty and means that we should be cautious when comparing data from 2019 and 2020. Some of the changes we see will be real but some will be due to new biases in the data caused by the pandemic.

    The demise of the data

    Covid-19 has seriously affected migration data. This means that many of the key questions that we are accustomed to being able to answer about the nature and scale of migration to the UK are now more uncertain.

    First, the International Passenger Survey, which the Office for National Statistics (ONS) previously used to examine immigration, emigration and net migration, was suspended in March 2020 because of the difficulty collecting data through face-to-face interactions at ports and airports during the pandemic. While this survey had many flaws (including a likely overestimate of non-EU net migration and an underestimate of EU net migration), its disappearance leaves us without an alternative set of data measuring overall UK migration flows. ONS had already planned to move away from the IPS when measuring migration, and is currently working on a replacement data source that will draw on administrative records (e.g. tax and benefits payments) instead, but this will not be ready until later this year at the earliest.

    Before the pandemic, National Insurance Number (NINo) registration data also used to provide some insight into migration patterns. (Again, there were many limitations, including the fact that people who are not working will not necessarily apply for a NINo, and that some migrants entering the country live here for much longer than others before applying.) However, this data source also became much less useful in 2020, because the issuance of NINos was disrupted by Covid and new registrations for EU citizens have been suspended.
    Population data from the Labour Force Survey

    In the meantime, we do still have another data source that is often used for examining the migrant population: the Labour Force Survey. This ONS survey continues to collect data from households around the UK about the composition of the current population. A variant of the dataset with some additional respondents (known as the Annual Population Survey [APS]) is used to produce regular estimates of the total migrant population of the UK, by country of birth and nationality. Historically, the LFS/APS has been one of the most important sources of data for research on migration, though it has limitations too.

    In theory, the data can be used to track rises or falls in the migrant population over time. It does not provide a direct measure of migration and excludes people in communal establishments, which are not included in the survey, and has also underrepresented newly arrived migrants. However, over the long run it should give some insight into the impact of migration on the migrant population. If, for example, Covid-19 caused a big decrease in immigration and an increase in emigration, we should expect to see changes in the migrant population living in the UK too.

    Headline LFS data for the first three quarters of 2020 do in fact show a big decline in the estimated migrant population in 2020. In Q3 2020, the estimated foreign-born population was 8.3 million, down from 9.2 million in the same quarter a year earlier. This is a decline of 894,000 or 10%.

    So have close to one million migrants really emigrated? Unfortunately, it is very difficult to say.

    This is because we know that the pandemic caused serious problems in the collection of data, and it is possible that these have particularly affected data on migrants.

    There are two main ingredients in the estimate of the migrant population, both of which are creating uncertainty:

    – The LFS/APS data: this is used to calculate the share of the population that is foreign born or UK born.
    – ONS projections for the size of the population: these are needed to translate information on characteristics of people in the LFS/APS into absolute numbers of people.

    Uncertainty about the size of the UK’s population

    The LFS only tells us the share of the population that has a particular characteristic, like being born abroad. It does not tell us how big the population is. Usually, assumptions about the total population are based on population projections, which are set out in advance and do not account for short-term shocks like a pandemic. The LFS methodology assumes that the total population of the UK increased by around 370,000 in the year ending Q3 2020. This is based on the annual population growth estimated by the ONS, which is accurate under normal circumstances. However, if the total population had changed – e.g. due to large-scale emigration or excess deaths – this would not be reflected in the figures. In other words, the LFS-based estimates are based on the (surely incorrect) assumption that the UK’s population continued to grow in 2020 in the same way it had done in previous years.

    A consequence of this is that when the estimated share of the UK population that was born abroad declined in 2020, this mechanically led to an estimated 1.25m increase in the estimated number of UK-born people living in the UK (Figure 2). In practice, this is not plausible. It cannot be explained by births and deaths (births are relatively constant over time and deaths went up in 2020). It is unlikely to be explained by overseas-resident Brits returning home: LFS data suggest that, at least in Q2 2020, the number of Brits who had been living overseas a year earlier was only 79,000 – similar to the figure in previous years.

    As Jonathan Portes and Michael O’Connor have pointed out in separate analysis, we can adjust the data so that the UK-born population is held at a plausible level and the total estimated UK population is adjusted downwards to account for likely emigration. Doing this means that the estimated decline in the migrant population is even larger than 894,000. Their calculations put the adjusted figure at just under 1.3m.

    However, there is something else going on in the data that changes the picture, and works in the opposite direction.
    Changes in data collection methods may disproportionately affect migrants

    As a result of the pandemic, ONS changed the way it contacts people to participate in the LFS. Both pre- and post-pandemic, respondents were sent letters telling them they had been selected into the sample. Where previously interviewers would knock on the door in person for a face-to-face first interview (there are five interviews in total), instead respondents had to get in touch to provide their phone number. If they did not, ONS could chase them up if they could obtain their phone number from other sources, but in many cases this is not possible.

    This change in recruitment method was followed by a big drop in response rates, particularly among people living in rented accommodation (rather than owner-occupied homes). This is a problem because it introduces new bias into the estimates (e.g. if renters are less likely to participate, we will underestimate the number of renters in the UK). To address this, ONS adjusted the weights that are used to analyse the data, so that the share of the population living in different accommodation types remained constant. As ONS has pointed out, this is a temporary and imperfect solution to the problem and does not address the risk of bias resulting from other groups of people who might have become less likely to respond to the survey, including migrants.

    It is possible that migrants were disproportionately affected by the change in the way survey respondents were recruited (the move to telephone contact) and therefore that some of what we saw in 2020 is an increase in migrants not participating in the survey, rather than just emigration.

    Existing research shows that survey response rates are often lower for migrants, and are affected by factors like language proficiency, trust and survey data collection methods. In the UK case, migrants may have been less likely to get in touch with ONS to participate in the survey, or less likely to have a landline allowing ONS to chase up non-responders.

    Without another data source to check the figures against, there is no hard and fast way to identify how much of the apparent decrease in the foreign-born population is due to emigration and how much is due to migrants not responding to the survey. However, there are some clues in the data that suggest that some of what we are seeing is a statistical rather than a real change.
    Some indications that the drop in the migrant population may be smaller than the headline figures suggest

    Survey participants remain in the LFS for five quarters, unless they move house, emigrate or decide to drop out. In the summer of 2020 (Q3), some of the LFS respondents were people who were recruited into the survey before the pandemic, under the old, face-to-face method; some were people who had been selected under the new, socially distanced method.

    Figure 3 shows the estimated share of the population from 2018 to 2020 based on different groups of respondents. The purple line shows only those who are in their third, fourth or fifth wave of the survey; the large majority of these people will not have been affected by the change in selection method in 2020, because they were recruited by the end of March 2020. The blue line shows the share estimated using only the first and second waves of the survey. By Q3 2020, all of this group would have been recruited using the new method.

    The figures are presented as percentages rather than absolute numbers, to avoid the problem that we do not have a reliable estimate for the UK population in 2020.

    Normally, the estimated migrant share of the population is quite similar regardless of whether we look at waves 1-2 or waves 3-5. (In recent years it has actually been slightly higher on average for waves 3-5, with UK-born respondents more likely to drop out of the survey between waves.) However, the two lines diverge substantially in 2020. In other words, the recent decline in the estimated foreign-born population share is larger among people recruited under the new method.

    When we look at all waves of data, the foreign-born share of the population falls by 1.4 percentage points from Q3 2019 to Q3 2020, from 13.9% to 12.5%. For respondents recruited under the new system, however, the estimated migrant share fell from 13.5% to 11.2% (2.3 percentage points). Among people recruited under the old method, the decline was smaller: 14.3% to 13.7% or 0.7 percentage points.

    The potential impact of migrant non-response outweighs the effect of uncertainty about the population discussed above. As a back-of-the envelope calculation, Table 1 shows what happens if we assume that the migrant share of the population only declined by the amount the waves 3-5 data suggests, i.e. that it was 14.3% in Q3 2019 and 13.7% in Q3 2020. It then multiplies these percentages by various different options for the total UK population size. The data suggest that even if the UK’s population had declined by 1 million, the total decline in the migrant population would be “only” around 580,000.

    These figures are not at all conclusive, and are not intended to be a ‘better’ estimate of the decline in the migrant population. Estimates from the LFS are often volatile, and data from a single quarter often change more than one would expect as a result of sampling variation alone. It is usually therefore not a good idea to draw strong conclusions from just a couple of quarters of data. People who participate in waves 3-5 of the LFS may also be different to the ones who only participate in the first 1-2 interviews. The figures are therefore simply designed to illustrate the uncertainty we currently face when comparing pre- and post-pandemic figures over time.

    However, with these caveats in mind we can reasonably draw three conclusions. First, a decline in the migrant population does appear to have taken place in 2020, at least from the data that is available to us at present. Second, migrant non-response has probably amplified the estimated decline in the migrant population, which could be considerably smaller than headline figures suggest. And third, a change in the data collection method means we should be cautious about comparing figures from before and after the change in recruitment method.
    How has the profile of migrant respondents changed?

    In theory, we should expect groups of migrants who are less ‘established’ in the UK to be more likely to leave – for example, people who have recently arrived and who do not have family here. However, these may be some of the same groups who could be more likely not to participate due to the new sampling method (e.g. recently arrived people with language difficulties), making it difficult to disentangle the two.

    When we look in more detail at the groups that have seen the largest declines in the estimated migrant population in the all-wave data, some changes seem plausible given our theoretical expectations about what might have happened during the pandemic, while others are less so.

    Decreases in the estimated migrant population are highest among those who arrived recently, as one might expect, whether the reason is emigration or non-response (Table 3). Recently arrived migrants may be more likely to leave the country, but they could also be more likely not to respond to surveys under the new recruitment method, for example if they are less confident speaking English.

    Similarly, we should expect young people to be more likely to leave the UK than older people, who are more likely to be settled with multiple attachments keeping them in the country. We do indeed see the largest decline in the estimated number of migrants appears among those in their 20s (Table 3), although there are also declines in older age groups too. (Some of these are relatively small and within the bounds of normal sampling variation in the LFS.)

    Surprisingly, however, most of the decline between Q3 2019 and Q3 2020 was driven by families that included dependent children (Table 4) (note that these dependent children may themselves be either UK or foreign born). It would be surprising to see large-scale emigration in this group given that it can be difficult for people with school-age children to move. In principle, we should on the contrary expect single people with fewer attachments to be the most likely to leave the UK.

    Therefore seems likely that people with dependent children have simply become less likely to respond to the survey. Indeed, among the UK-born there is also a decrease in the share of survey respondents with dependent children in the family (data not shown), suggesting higher non-response in these types of families across the board. Since people in families with dependent children make up over half of the decline in the estimated migrant population, this creates another reason to doubt the narrative that emigration alone is driving the change.

    What is happening in London?

    One of the most striking changes in the data is in the geographic distribution of the migrant population. Figure 4 shows the estimated change in the foreign-born share of the population from Q3 2019 to Q3 2020. The first panel uses all the LFS data, and the second panel uses only waves 3-5, i.e. those not affected by the change in data recruitment method.

    The largest decline in the estimated foreign-born share of the population is seen in London (Figure 4). This appears regardless of whether we restrict the analysis to waves 3-5. The all-wave data suggest that the foreign-born share of the population fell by 4.3 percentage points, from 36.0% in Q3 2019 to 31.7% in Q3 2020. (This translates into a decline of over 360,000 people using the [problematic] assumptions about the total population discussed above.) The wave 3-5 data suggest it fell by 3.6 percentage points, from 36.8% to 33.2%. Either way, these are significant changes.

    Which countries of origin are driving the change?

    The change in the migrant share of the population for the UK as a whole appears for both EU and non-EU born groups. The full LFS data show a 0.9 percentage point decline in the non-EU born population share and a 0.5 percentage point decline for EU citizens. The wave 3-5 figures show a 0.5 percentage point decline in the population share for non-EU born and 0.2 percentage point decline for EU. In London, however, both methods suggest that the decline in the migrant share is driven primarily by the non-EU born (Figure 5).

    How can the uncertainty be resolved?

    To understand what has really happened to the UK’s migrant population, we would ideally consult a different data source not affected by the problems discussed here.

    One option is the Census. This will be conducted on 21 March 2021 in most of the UK (the Scottish Census has been postponed to 2022 due to the pandemic). The data are due to become available starting from around 12 months after the Census date. This will not resolve questions about changes over the past year, since it is only conducted every 10 years, but it will at least provide a more accurate figure for most of the UK in 2021.

    Another option is administrative data, such as HMRC and DWP records or visa data. Over the course of 2021 and early 2022 the Home Office will start to publish data on grants of visas under the new immigration system. This now covers both EU and non-EU citizens (unlike in 2020 when EU citizens still had free movement rights) and will give good insight into new arrivals but not the numbers of people living in the country or the numbers leaving.

    The ONS is already in the process of moving towards using administrative data to produce broader migration estimates that will be more similar to previous immigration and emigration figures that were published for 2019 and previous years. However, it may be some time before new statistical publications are regularly available using the data.

    https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/commentaries/where-did-all-the-migrants-go-migration-data-during-the-p
    #données #fiabilité #migrations #UK #Angleterre #chiffres #statistiques #pandémie #covid-19 #coronavirus #démographie #étrangers #population_étrangère #Londres

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  • Is the world poor, or unjust?

    Social media has been ablaze with this question recently. We know we face a crisis of mass poverty: the global economy is organized in such a way that nearly 60% of humanity is left unable to meet basic needs. But the question at stake this time is different. A couple of economists on Twitter have claimed that the world average income is $16 per day (PPP). This, they say, is proof that the world is poor in a much more general sense: there is not enough for everyone to live well, and the only way to solve this problem is to press on the accelerator of aggregate economic growth.

    This narrative is, however, hobbled by several empirical problems.

    1. $16 per day is not accurate

    First, let me address the $16/day claim on its own terms. This is a significant underestimate of world average income. The main problem is that it relies on household surveys, mostly from Povcal. These surveys are indispensable for telling us about the income and consumption of poor and ordinary households, but they do not capture top incomes, and are not designed to do so. In fact, Povcal surveys are not even really legitimate for capturing the income of “normal” high-income households. Using this method gives us a total world household income of about $43 trillion (PPP). But we know that total world GDP is $137 trillion (PPP). So, about two-thirds of global income is unaccounted for.

    What explains this discrepancy? Some of the “missing” income is the income of the global rich. Some of it is consumption that’s related to housing, NGOs, care homes, boarding schools, etc, which are also not captured by these surveys (but which are counted as household consumption in national accounts). The rest of it is various forms of public expenditure and public provisioning.

    This final point raises a problem that’s worth addressing. The survey-based method mixes income- and consumption-based data. Specifically, it counts non-income consumption in poor countries (including from commons and certain kinds of public provisioning), but does not count non-income consumption or public provisioning in richer countries. This is not a small thing. Consider people in Finland who are able to access world-class healthcare and higher education for free, or Singaporeans who live in high-end public housing that’s heavily subsidized by the government. The income equivalent of this consumption is very high (consider that in the US, for instance, people would have to pay out of pocket for it), and yet it is not captured by these surveys. It just vanishes.

    Of course, not all government expenditure ends up as beneficial public provisioning. A lot of it goes to wars, arms, fossil fuel subsidies and so on. But that can be changed. There’s no reason that GDP spent on wars could not be spent on healthcare, education, wages and housing instead.

    For these reasons, when assessing the question of whether the world is poor in terms of income, it makes more sense to use world average GDP, which is $17,800 per capita (PPP). Note that this is roughly consistent with the World Bank’s definition of a “high-income” country. It is also well in excess of what is required for high levels of human development. According to the UNDP, some nations score “very high” (0.8 or above) on the life expectancy index with as little as $3,300 per capita, and “very high” on the education index with as little as $8,700 per capita. In other words, the world is not poor, in aggregate. Rather, income is badly maldistributed.

    To get a sense for just how badly it is maldistributed, consider that the richest 1% alone capture nearly 25% of world GDP, according to the World Inequality Database. That’s more than the GDP of 169 countries combined, including Norway, Argentina, all of the Middle East and the entire continent of Africa. If income was shared more fairly (i.e., if more of it went to the workers who actually produce it), and invested in universal public goods, we could end global poverty many times over and close the health and education gap permanently.

    2. GDP accounting does not reflect economic value

    But even GDP accounting is not adequate to the task of determining whether or not the world is poor. The reason is because GDP is not an accurate reflection of value; rather, it is a reflection of prices, and prices are an artefact of power relations in political economy. We know this from feminist economists, who point out that labour and resources mobilized for domestic reproduction, primarily by women, is priced at zero, and therefore “valued” at zero in national accounts, even though it is in reality essential to our civilization. We also know this from literature on unequal exchange, which points out that capital leverages geopolitical and commercial monopolies to artificially depress or “cheapen” the prices of labour in the global South to below the level of subsistence.

    Let me illustrate this latter point with an example. Beginning in the 1980s, the World Bank and IMF (which are controlled primarily by the US and G7), imposed structural adjustment programmes across the global South, which significantly depressed wages and commodity prices (cutting them in half) and reorganized Southern economies around exports to the North. The goal was to restore Northern access to the cheap labour and resources they had enjoyed during the colonial era. It worked: during the 1980s the quantity of commodities that the South exported to the North increased, and yet their total revenues on this trade (i.e., the GDP they received for it) declined. In other words, by depressing the costs of Southern labour and commodities, the North is able to appropriate a significant quantity effectively for free.

    The economist Samir Amin described this as “hidden value”. David Clelland calls it “dark value” – in other words, value that is not visible at all in national or corporate accounts. Just as the value of female domestic labour is “hidden” from view, so too are the labour and commodities that are net appropriated from the global South. In both cases, prices do not reflect value. Clelland estimates that the real value of an iPad, for example, is many times higher than its market price, because so much of the Southern labour that goes into producing it is underpaid or even entirely unpaid. John Smith points out that, as a result, GDP is an illusion that systematically underestimates real value.

    There is a broader fact worth pointing to here. The whole purpose of capitalism is to appropriate surplus value, which by its very nature requires depressing the prices of inputs to a level below the value that capital actually derives from them. We can see this clearly in the way that nature is priced at zero, or close to zero (consider deforestation, strip mining, or emissions), despite the fact that all production ultimately derives from nature. So the question is, why should we use prices as a reflection of global value when we know that, under capitalism, prices by their very definition do not reflect value?

    We can take this observation a step further. To the extent that capitalism relies on cheapening the prices of labour and other inputs, and to the extent that GDP represents these artificially low prices, GDP growth will never eradicate scarcity because in the process of growth scarcity is constantly imposed anew.

    So, if GDP is not an accurate measure of the value of the global economy, how can we get around this problem? One way is to try to calculate the value of hidden labour and resources. There have been many such attempts. In 1995, the UN estimated that unpaid household labour, if compensated, would earn $16 trillion in that year. More recent estimates have put it at many times higher than that. Similar attempts have been made to value “ecosystem services”, and they arrive at numbers that exceed world GDP. These exercises are useful in illustrating the scale of hidden value, but they bump up against a problem. Capitalism works precisely because it does not pay for domestic labour and ecosystem services (it takes these things for free). So imagining a system in which these things are paid requires us to imagine a totally different kind of economy (with a significant increase in the money supply and a significant increase in the price of labour and resources), and in such an economy money would have a radically different value. These figures, while revealing, compare apples and oranges.

    3. What matters is resources and provisioning

    There is another approach we can use, which is to look at the scale of the useful resources that are mobilized by the global economy. This is preferable, because resources are real and tangible and can be accurately counted. Right now, the world economy uses 100 billion tons of resources per year (i.e., materials processed into tangible goods, buildings and infrastructure). That’s about 13 tons per person on average, but it is highly unequal: in low and lower-middle income countries it’s about 2 tons, and in high-income countries it’s a staggering 28 tons. Research in industrial ecology indicates that high standards of well-being can be achieved with about 6-8 tons per per person. In other words, the global economy presently uses twice as much resources as would be required to deliver good lives for all.

    We see the same thing when it comes to energy. The world economy presently uses 400 EJ of energy per year, or 53 GJ per person on average (again, highly unequal between North and South). Recent research shows that we could deliver high standards of welfare for all, with universal healthcare, education, housing, transportation, computing etc, with as little as 15 GJ per capita. Even if we raise that figure by 75% to be generous it still amounts to a global total of only 26 GJ. In other words, we presently use more than double the energy that is required to deliver good lives for everyone.

    When we look at the world in terms of real resources and energy (i.e., the stuff of provisioning), it becomes clear that there is no scarcity at all. The problem isn’t that there’s not enough, the problem, again, is that it is maldistributed. A huge chunk of global commodity production is totally irrelevant to human needs and well-being. Consider all the resources and energy that are mobilized for the sake of fast fashion, throwaway gadgets, single-use stadiums, SUVs, bottled water, cruise ships and the military-industrial complex. Consider the scale of needless consumption that is stimulated by manipulative advertising schemes, or enforced by planned obsolescence. Consider the quantity of private cars that people have been forced to buy because the fossil fuel industry and automobile manufactures have lobbied so aggressively against public transportation. Consider that the beef industry alone uses nearly 60% of the world’s agricultural land, to produce only 2% of global calories.

    There is no scarcity. Rather, the world’s resources and energy are appropriated (disproportionately from the global South) in order to service the interests of capital and affluent consumers (disproportionately in the global North). We can state it more clearly: our economic system is not designed to meet human needs; it is designed to facilitate capital accumulation. And in order to do so, it imposes brutal scarcity on the majority of people, and cheapens human and nonhuman life. It is irrational to believe that simply “growing” such an economy, in aggregate, will somehow magically achieve the social outcomes we want.

    We can think of this in terms of labour, too. Consider the labour that is rendered by young women in Bangladeshi sweatshops to produce fast fashion for Northern consumption; and consider the labour rendered by Congolese miners to dig up coltan for smartphones that are designed to be tossed every two years. This is an extraordinary waste of human lives. Why? So that Zara and Apple can post extraordinary profits.

    Now imagine what the world would be like if all that labour, resources and energy was mobilized instead around meeting human needs and improving well-being (i.e., use-value rather than exchange-value). What if instead of appropriating labour and resources for fast fashion and Alexa devices it was mobilized around providing universal healthcare, education, public transportation, social housing, organic food, water, energy, internet and computing for all? We could live in a highly educated, technologically advanced society with zero poverty and zero hunger, all with significantly less resources and energy than we presently use. In other words we could not only achieve our social goals, but we could meet our ecological goals too, reducing excess resource use in rich countries to bring them back within planetary boundaries, while increasing resource use in the South to meet human needs.

    There is no reason we cannot build such a society (and it is achievable, with concrete policy, as I describe here, here and here), except for the fact that those who benefit so prodigiously from the status quo do everything in their power to prevent it.

    https://www.jasonhickel.org/blog/2021/2/21/is-the-world-poor-or-unjust

    #pauvreté #injustice #économie #croissance_économique #inégalités #Povcal #statistiques #chiffres #revenus #monde #PIB #sondage

  • COVID-19 : Travailleurs ou toute personne soucieuse de prendre soin de sa santé psychologique | APSAM

    https://www.apsam.com/theme/risques-biologiques/covid-19-coronavirus/sante-psychologique/travailleurs

    L’APSAM vous propose différentes pratiques et stratégies individuelles qui sont favorables au maintien d’une bonne santé psychologique.

    Sommaire :
    – Conseils généraux
    – Quelques trucs pour cultiver sa résilience
    – Pour une saine gestion de ses préoccupations et inquiétudes
    – Lorsque l’anxiété ou le stress frappe
    – Lorsque la déprime paralyse ou empêche d’agir
    – Lorsque la solitude ou l’ennui s’empare de soi

    #psychologie #stress #anxiété #travail #santé #recherche

    Un des liens cité contient de nombreuses ressources et un outil en ligne et pdf :

    https://allermieux.criusmm.net « Aller mieux à ma façon »

    Aller mieux… à ma façon est un outil de soutien à l’autogestion qui peut vous être utile pour retrouver l’équilibre et vous sentir bien à nouveau.

    Offert gratuitement, cet outil vous permet d’identifier des moyens pour aller mieux et prendre soin de votre santé.

    Il a été initialement développé pour venir en aide aux personnes qui vivent des difficultés en lien avec l’anxiété, la dépression ou le trouble bipolaire.