• En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/11/en-malaisie-les-refugies-rohingya-frappes-par-une-vague-de-haine-sont-devenu

    En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    Par Dinh Tiên (Bangkok, correspondance)
    Quand il est dehors, Farooq reste sur ses gardes. « Les Rohingya ne se sentent plus en sécurité lorsqu’ils sortent. On réfléchit avant chaque déplacement », dit le jeune homme de 26 ans, réfugié en Malaisie depuis 2024, qui ne donne que son prénom. Devenue indésirable aux yeux d’une partie de la population, la communauté rohingya subit une xénophobie sans précédent dans un pays autrefois accueillant.
    « Salaud », « Parasite », « Quitte le pays », énumère Farooq. Sur les réseaux sociaux, insultes et menaces affluent dans les messages privés de ce militant rohingya, peuple musulman apatride et originaire de l’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie. Sous un de ses posts sur Facebook, en date du 5 août, dénonçant les persécutions du régime birman, des internautes donnent raison aux militaires birmans, accusés de crimes contre l’humanité et de génocide ; d’autres traitent les Rohingya de « rats », d’« intrus », de « voleurs » ou de « terroristes ». Farooq figure parmi les plus de 126 000 Rohingya enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Malaisie. Beaucoup ont fui des décennies de persécutions en Birmanie, notamment lors de l’exode massif de 2017. Première communauté de réfugiés du pays, ils seraient en réalité près du double en Malaisie, selon les observateurs. « Face à cette extrême violence, tout le monde a peur », résume le jeune homme, depuis Kuala Lumpur.
    Nourrie par la désinformation, cette vague de haine s’est emballée au mois de mai. Pendant l’Aïd-el-Adha, les Rohingya ont été accusés sur les réseaux sociaux de pratiques insalubres lors du Qurban, le sacrifice rituel des animaux. A ensuite circulé une vieille rumeur : ils chercheraient à « prendre le contrôle » de Selayang, au nord de Kuala Lumpur.La Malaisie accueille d’autres ethnies de Birmanie – Chin, Kachin, Karen, Môn… –, ainsi que des réfugiés du Pakistan, de Syrie, du Yémen, fuyant les guerres et les persécutions. Or, « quand une autre communauté est impliquée dans une action délictueuse, ce sont les Rohingya qui sont pointés du doigt, dénonce Farooq. Nous sommes systématiquement tenus responsables de l’ensemble des problèmes attribués aux réfugiés. » Les données officielles sont pourtant loin d’étayer l’image d’une criminalité généralisée : selon la police, seuls 89 Rohingya ont été impliqués dans des affaires criminelles depuis 2024, soit 0,02 % de l’ensemble des crimes recensés en Malaisie.
    Début juin, une pétition en ligne réclamant « l’expulsion des Rohingya » au premier ministre, Anwar Ibrahim, a recueilli près de 500 000 signatures en quelques jours. Malgré son retrait, la haine continue de pulluler : la fille d’un responsable politique a comparé les Rohingya à des « singes », le tabloïd Kosmo ! a qualifié leur installation en Malaisie de « cancer ». Quelques élus ont même appelé « à la démolition de [leurs] habitations », rapporte l’ONG Fortify Rights. Fin juillet, à Penang, des Rohingya ont été chassés de leur campement. Une centaine d’entre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, a rejoint le HCR, à Kuala Lumpur, le 27 juillet. La police les a embarqués, avant de les libérer deux jours plus tard : tous avaient des documents du HCR valides. Le 29 juillet, Anwar Ibrahim a annoncé que la Birmanie, avec laquelle il dit entretenir de « bonnes relations », avait accepté le retour de 5 000 Rohingya. Tollé des ONG : dans l’Etat Rakhine (ex-Arakan), dont les Rohingya sont originaires, les combats font rage entre l’armée d’Arakan, une guérilla ethnique, et les forces régulières, toutes deux accusées d’exactions à l’encontre des Rohingya. Le 5 août, le gouvernement a tempéré son annonce : aucun retour n’aura lieu si « leur vie est menacée ».
    La militante rohingya Sharifah Shakirah y voit un calcul politique. « Les Rohingya ont toujours servi de boucs émissaires. Les responsables politiques les utilisent quand ils en ont besoin pour leurs propres intérêts. » Or, Anwar Ibrahim est fragilisé : son bloc, Pakatan Harapan, vient d’essuyer de lourds revers électoraux au Johor puis au Negeri Sembilan, alors que des législatives se tiendront en 2028. Les Rohingya sont une cible facile : la Malaisie n’a pas signé la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Même enregistrés auprès du HCR, les Rohingya n’ont pas de véritable statut légal. « Ils vivent à la merci des autorités », fustige Sharifah Shakirah.
    Aslam Abd Jalil, maître de conférences à l’université de Malaisie, parle lui aussi de récupération : « Anwar a utilisé la question du renvoi de 5 000 Rohingya dans le cadre de sa campagne. » Mais l’opposition, souligne-t-il, exploite aussi le sujet pour dénoncer le manque de fermeté du gouvernement. Sharifah Shakirah s’indigne des créateurs de contenu qui gagnent en visibilité en filmant les réfugiés ou en se moquant de leurs enfants. Un responsable de l’opposition aurait, selon elle, consacré 1 million de ringgits (211 000 euros) à rémunérer des influenceurs pour alimenter cette campagne anti-Rohingya.« L’attention est détournée des défaillances de l’Etat pour se porter sur les réfugiés », analyse Aslam Abd Jalil. Dans une société polarisée par les appartenances ethniques, il voit dans cette hostilité un paradoxal « facteur d’unification ». « Certains comparent les Rohingya aux sionistes, comme s’ils étaient venus de l’extérieur pour prendre progressivement possession du territoire. Ils deviennent des souffre-douleur sur lesquels la population déverse son ressentiment. »
    Accusés de propager le Covid-19, les Rohingya avaient déjà subi une vague de haine pendant la pandémie, en 2020-2021. Elle avait fini par refluer. « C’est pire aujourd’hui », estime le chercheur. Plusieurs écoles accueillant des enfants rohingya ont fermé. Des familles ont été expulsées, des travailleurs ont perdu leur emploi et des propriétaires refusent de leur louer des logements. « Des enfants restent cloîtrés chez eux parce que leurs parents ont peur qu’ils soient harcelés, ajoute Sharifah Shakirah. On traumatise une nouvelle génération de Rohingya, alors que leurs familles étaient venues en Malaisie pour trouver un peu de sécurité. »
    L’époque semble lointaine où, en 2016, l’ancien premier ministre Najib Razak participait à un rassemblement en solidarité avec les Rohingya, au nom de la défense de musulmans persécutés en Birmanie. « La Malaisie a souvent tenu un discours hypocrite : sur la scène internationale, elle affirme défendre les Rohingya et réclamer justice pour les crimes commis en Birmanie. Mais sur son territoire, elle ne les protège ni ne les soutient vraiment », accuse John Quinley, de Fortify Rights. Farooq, lui, a fui les persécutions en Birmanie, puis les camps surpeuplés du Bangladesh après avoir été menacé par un groupe armé. Il espérait trouver un peu de répit en Malaisie, mais se sent désormais « impuissant » : « Notre crime, c’est d’être nés rohingya. »

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#rohingya#asile#droit#sante#stigmatisation#refugie

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Puntata del 04/08/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-04-08-2026

    Il primo approfondimento della puntata lo abbiamo fatto in compagnia di Augustin, #RSU_Fiom della #Electrolux di Forlì sulla situazione attuale del gruppo industriale svedese che da maggio minaccia i suoi dipendenti con la prospettiva di #licenziamenti di massa, circa 1900 nel nostro paese (contando i contratti a tempo determinato). Dalla scorsa intervista che avevamo […]

    #bosco_ospizio #cementificazione #censura #ddl_antisemitismo #ecologismo #forlì #giornalismo #Israele #lotte_ecologiste #presidio #reggio_emilia #rete_no_bavaglio #Stefano_Galieni #tavoli_di_contrattazione #XR
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/F_m_04_08_Augustin-RSU-Fiom-Electrolux-Forli-aggiornamenti-vertenza-e

  • Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • U.S. Billion-Dollar Weather and Climate Disasters

    Climate Central maintains this comprehensive database tracking U.S. weather and climate disasters since 1980 where overall damages/costs reached or exceeded $1 billion (including Consumer Price Index (CPI) adjustment to 2026). As of June 2026, the U.S. has sustained 438 such events, with a total cost exceeding $3.2 trillion.

    https://www.climatecentral.org/_next/image?url=%2F2026-billion-dollar-disasters-graphic.png

    https://www.climatecentral.org/climate-services/billion-dollar-disasters
    #prix #coût #changement_climatique #catastraphes_climatiques #économie #USA #Etats-Unis #cartographie #chiffres #statistiques #dégâts

    via @freakonometrics

  • Ancora in corso i #lavori alla #Stazione_Bayard
    https://informareonline.com/ancora-in-corso-i-lavori-alla-stazione-bayard

    La conclusione dei lavori alla stazione Bayard si fa ancora attendere. La prima stazione d’Italia, di altissimo valore storico, testimonia un primato del Sud del paese, da sempre etichettato come tardivo, lento a progredire, eppure capace di dimostrarsi all’avanguardia. Valorizzare questi beni significa anche ricordare e riconoscere i meriti e le capacità del territorio, troppo […] L’articolo Ancora in corso i lavori alla stazione Bayard proviene da Informareonline, scritto da Ilaria Morlando

    #Approfondimenti #Attualità #museo_pietrarsa #prima_ferrovia

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

  • #stelle sopra l’Appennino: a Capracotta una serata dedicata alla Notte delle Perseidi
    https://informareonline.com/stelle-sopra-lappennino-a-capracotta-una-serata-dedicata-alla-notte

    Una notte per alzare lo sguardo, osservare il cielo e lasciarsi attraversare dalla magia delle Perseidi. Mercoledì 12 agosto 2026, il Giardino della Flora Appenninica di Capracotta ospiterà “Stelle sopra l’Appennino”, una serata di osservazione astronomica pensata per vivere insieme uno dei momenti più suggestivi dell’estate. L’iniziativa, organizzata dal Giardino della Flora Appenninica e dall’Università […] L’articolo Stelle sopra l’Appennino: a Capracotta una serata dedicata alla Notte delle Perseidi proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Cultura #appennino

  • Starling is a new Linux desktop built using AI in six months
    https://www.omgubuntu.co.uk/2026/07/starling-ai-built-linux-desktop

    Some Linux #desktop_environments were developed over decades, others in just a few years. Starling, which made the rounds online this week, claims to have been built by just one person in six months using AI coding tools. What’s more, a preview build is available as a .deb to install on Ubuntu 26.04 LTS. Yup, this isn’t a ChatGPT mockup but a real working demo. According to the project’s GitHub and website, a developer used AI to rewrite Flutter’s framework layer from Dart to Swift, and left its C++ rendering engine unchanged. A traditional desktop uses a windowing system but […] You’re reading Starling is a new Linux desktop built using AI in six months, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #AI/ML #Starling_Desktop

  • Fusion power darling Commonwealth Fusion Systems raises another $1B
    https://techcrunch.com/2026/07/30/fusion-power-darling-commonwealth-fusion-systems-raises-another-1b

    #Commonwealth_Fusion_Systems (#CFS) has long been the best-funded #fusion power #startup. Now, it’s extending its lead.

    CFS announced Thursday that it raised $1 billion in a new round that included “significant institutional investors, such as pension funds, sovereign wealth funds, and infrastructure and industrial corporate partners,” the company said. When asked by TechCrunch, the company declined to name the specific investors. To date, CFS has raised $4 billion.

    The funding arrives as the company’s spending ramps up. CFS is currently building #Sparc, its #demonstration reactor, and finalizing the design of #Arc, its first #commercial power plant.

    (...)

    This is CFS’s largest round since raising $1.8 billion in 2021. The startup’s previous fundraise, announced in August, added $863 million to its coffers and included #Nvidia, #Google, Khosla Ventures, and Breakthrough Energy Ventures among its investors.

    CFS is pursuing a form of fusion known as magnetic confinement, in which powerful magnetic fields confine plasma inside the reactor, keeping the plasma dense and hot enough to spark fusion reactions. When atomic nuclei from the fusion fuel fuse, the reaction releases enormous amounts of energy. CFS plans to harvest the heat thrown off by the reaction to power a steam turbine.

  • Féminicides en Suisse : la #violence à huis clos

    Le nombre de #meurtres commis sur des femmes dans le contexte domestique a atteint un nouveau record en 2025. La Confédération et les cantons ont pris des mesures pour freiner cette violence et mieux protéger les victimes. Mais la Suisse en fait-elle assez ?

    Binningen (BL) : le 13 février 2024 vers midi, un homme de 41 ans frappe son épouse de 38 ans au visage et l’étrangle dans leur maison. Il découpe le cadavre pour le faire disparaître. Le couple, parent de deux enfants en bas âge, était sur le point de se séparer. Corcelles (NE) : dans la nuit du 20 août 2025, une femme de 47 ans et ses deux filles meurent poignardées chez elles. L’ex-mari, âgé de 52 ans, attire rapidement l’attention des enquêteurs. Grabs (SG) : le 26 avril 2026, une femme de 71 ans succombe dans sa villa. La police arrête son époux, âgé de 67 ans.

    Trois lieux, trois années, trois meurtres. Qui montrent à quel point le cadre domestique peut être dangereux pour des femmes de tout âge, même dans un pays aussi paisible que la Suisse. La violence exercée par les conjoints ou ex-conjoints commence peu à peu à interpeller la société et le monde politique, mais ces crimes ne sont plus des actes isolés depuis longtemps. En Suisse, une femme meurt toutes les deux à trois semaines en moyenne dans un contexte de violence domestique. En 2025, avec 25 femmes et filles tuées, un nouveau record a été atteint depuis qu’on a commencé, en 2009, à recenser ces meurtres séparément. En tout, 55 homicides ont été commis en Suisse l’an dernier.

    Le gouvernement s’inquiète

    La violence domestique n’épargne pas les hommes. Mais pour ce qui est des meurtres, le tableau est clair : plus de 90 % des victimes sont des femmes, les auteurs étant majoritairement des hommes. Le chiffre record de 2025 a inquiété le gouvernement. « Cela ne peut pas continuer ainsi », a déclaré la ministre de l’intérieur, Elisabeth Baume-Schneider. Le ministre de la justice, Beat Jans, a souligné qu’aucun autre délit ne fait autant de victimes que la violence contre les femmes. Au milieu de 2025 déjà, une commission de représentants de la Confédération, des cantons et des communes a arrêté des mesures urgentes. Les régions ont par exemple été invitées à collaborer pour offrir des places aux femmes dans les #refuges.

    Nora Markwalder, professeure de droit pénal à l’Université de Saint-Gall, ne constate aucune hausse durable du nombre de féminicides. Mais elle trouve tout de même cette « tendance stable » préoccupante. Tandis que les meurtres entre hommes, commis lors de sorties, de disputes ou dans le milieu criminel, ont fortement reculé en Suisse ces dernières décennies, le nombre de femmes tuées par leur conjoint est resté constant. « Cela interroge », note la criminologue.

    Pas un « drame familial »

    Le terme de « féminicide » fournit une piste de réflexion. Popularisé dans les années 1970 par la sociologue américaine Diana Russell, il renvoie à la dimension sociétale de ces crimes. D’après une définition de l’ONU de 2012, les féminicides sont les meurtres commis sur des femmes dans un contexte domestique. Des analyses montrent qu’ils sont souvent liés, chez leurs auteurs, à une volonté de #domination, un sentiment de #possession et des #stéréotypes de #genre. Les séparations sont des phases à haut risque. « Près de la moitié des meurtres sont commis pendant ou après la #séparation », explique Nora Markwalder.

    En Suisse, le féminicide n’est pas un terme juridique. Des groupes de défense des droits des femmes, des responsables politiques et le projet de recherche stopfemizid.ch l’utilisent depuis quelque temps pour mettre ces affaires en lumière. Les médias et les autorités l’emploient aussi de plus en plus. Pour Nora Markwalder, il décrit la réalité : « Il s’agit d’un meurtre, pas d’un drame familial ou d’un crime passionnel, comme on le désignait souvent auparavant pour minimiser sa gravité. »

    Nouveau numéro d’aide aux victimes

    La Suisse a longtemps estimé que ce qui se passait chez les gens ne concernait pas l’État. La violence domestique – viols, voies de fait et menaces – n’est un délit officiel que depuis 2004. Des politiciennes de tous bords se sont battues pour que des mesures soient prises contre la violence faite aux femmes. En ratifiant la Convention d’Istanbul en 2018, la Suisse s’est engagée à agir. Une « feuille de route » de la Confédération et des cantons a porté de premiers fruits : au printemps de 2026, une ligne nationale d’aide aux victimes a été mise en place, le 142. Les cantons ont renforcé leur gestion des menaces pour détecter précocement la violence. Car le féminicide est souvent le point final d’une spirale de violence, comme l’a montré une analyse de la Confédération.

    Désormais, la police s’adresse de manière ciblée aux auteurs de violences. Des cantons testent le bracelet électronique pour interdire les contacts. La Confédération a lancé une campagne de prévention afin de sensibiliser la population à la violence domestique. Des modifications législatives sont envisagées, notamment dans le droit régissant la détention d’armes. En 2025, une étude de l’Université de Saint-Gall a montré que les meurtres domestiques sont souvent commis au moyen d’armes à feu en Suisse, surtout si les auteurs sont âgés. Il faut savoir que les Suisses peuvent conserver leur arme militaire même après avoir été libérés de l’obligation de servir.

    Critiques et exigences

    Les défenseurs des droits des femmes et les partis de gauche reprochent à la Suisse de ne pas appliquer assez rigoureusement la Convention d’Istanbul, malgré les progrès accomplis. Les refuges pour les femmes manquent d’argent, et la protection des femmes varie fortement d’un canton à l’autre. À droite, l’UDC estime que la violence domestique est surtout un problème de migrants. Elle exige des peines plus lourdes et des expulsions systématiques.

    La Confédération et les cantons prévoient de déployer une nouvelle stratégie nationale contre la violence domestique et sexuelle en 2027 afin d’harmoniser les mesures et de tenir compte de la violence numérique. Le Parlement a en outre commandé une étude de faisabilité pour une tenue de statistiques sur les féminicides, y compris hors du contexte domestique.
    Un procès marquant

    Dans l’affaire de Binningen, le procès de première instance s’est tenu en mai 2026. Il a fait apparaître la dynamique destructrice de la violence domestique. La Cour pénale de Bâle-Campagne a condamné l’époux à la perpétuité pour assassinat et atteinte à la paix des morts, estimant que, mortifié par la perspective d’une séparation et mû par un besoin de contrôle, par la vengeance et la colère, ce dernier avait aussi tué sa femme pour dissimuler les faits de violence conjugale. Le président du tribunal a parlé d’un problème de société : « Il s’agit là d’un féminicide. » Des membres de la famille, des amis et des militantes ont rendu hommage à la victime en formant une chaîne humaine devant le tribunal.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/feminicides-en-suisse-la-violence-a-huis-clos
    #féminicides #genre #femmes #Suisse #violence_domestique #statistiques #chiffres

  • Calabria, un #manifesto per «normalizzare #San_Luca»: esperti e cittadini immaginano insieme un presente diverso

    Su San Luca (Reggio Calabria), dalle cronache spesso associata alla ’ndrangheta, pesano gravi pregiudizi che emarginano i suoi cittadini e aumentano la sfiducia nello Stato. Anna Sergi e Francesco Donnici raccontano l’iniziativa del «Manifesto con San Luca», nata per coinvolgere abitanti, esperti e rappresentati della società civile in una riflessione collettiva che possa eliminare lo stigma e portare a un cambiamento

    San Luca (Reggio Calabria), cittadina di circa tremila abitanti ai piedi dell’Aspromonte, è nota ai più per le cronache che la associano alla storia di “mamma” ‘ndrangheta. Nei giorni scorsi, una delle voci autorevoli del paese, commentando l’ennesimo blitz di alcune emittenti televisive, scriveva: «Per anni San Luca è stata descritta come il luogo delle tenebre. Oggi gli stessi ambienti che hanno contribuito a costruire quell’immagine spiegano che bisogna superarla». Tale atteggiamento, in questa visione critica, viene descritto dalla stessa autorevole voce come sintomo di una «perfetta economia circolare della narrazione». Un’espressione che sintetizza il sentimento di una popolazione spesso illusa e delusa, quando non usata, dalle tante voci avvicendatesi, nel bene e nel male, in iniziative finalizzate a sconfiggere “mostri” alimentati per essere utilizzati a favor di telecamera.

    A San Luca è sorta un’iniziativa che mette al centro il dialogo con le persone; con i suoi cittadini: non per narrarli, ma per provare a essere cassa di risonanza di voci concepite come parte di un tutto più ampio. Ne è nato un documento politico intitolato “Manifesto con San Luca”. Il Manifesto non vuole dare risposte univoche, ma linee guida, spunti di riflessione e pratiche sociali per interpretare e reimmaginare il presente di queste realtà. Si vuole rivolgere principalmente ai cittadini di San Luca e della Locride, poi ai calabresi tutti. La classe politica e amministrativa locale e della regione Calabria è il target diretto, giornalisti, analisti e forze dell’ordine altrettanto.

    L’iniziativa, ancora in divenire, è presentata con la formula del “Manifesto” perché è una sintesi delle riflessioni raccolte tra cittadini, esperte, ricercatrici, docenti, ingegneri e quante più persone vivono e conoscono il territorio calabrese e si siano sentite di offrire con gratuità il proprio contributo alla costruzione di un testo che potesse essere preludio a una riflessione collettiva e condivisa. Il percorso del Manifesto è iniziato nei primi mesi del 2026 e si è servito dei metodi della ricerca sociale in ambito criminologico per iniziare a mettere su una massa critica di opinioni: individuati gli esperti (calabresi), si sono fatte delle brevi interviste con loro; visite al paese, spesso preannunciate sui social, e coadiuvate anche dalla Caritas locale, hanno permesso di interfacciarsi con la popolazione su alcuni punti di primario interesse.

    In altre parole, il “Manifesto con San Luca” aspira a incarnare un soggetto collettivo che apre a una riflessione più ampia sulle sorti delle “aree interne montane” e della Calabria, riconoscendo e non smentendo l’esistenza di taluni problemi, come può essere la presenza e operatività di storici clan di ‘ndrangheta originari del territorio. L’obiettivo, anche in questo caso, non è però quello di prestarsi a strumentali apologie di mafia, né di ridurre la ‘ndrangheta a semplice questione criminale da risolvere, bensì, è scritto, «di prendere coscienza di quali fattori, all’interno delle stesse comunità e delle istituzioni, facilitino il riprodursi e ripresentarsi della ‘ndrangheta»: l’assenza di uno Stato affidabile, la mancanza di opportunità, la marginalità geografica, la frammentazione sociale, la rassegnazione, il silenzio, l’ambiguità delle posizioni individuali, le narrazioni appiattite su certi stereotipi, sono solo alcuni esempi. San Luca viene chiamato in causa come “laboratorio” dell’esistente, non come oggetto di un esperimento, ma perché è una rappresentazione in piccolo di problemi riscontrabili anche altrove, spesso nemmeno reali, ma frutto di percezioni esterne, anche distorte.

    «Normalizzare San Luca»

    A settembre 2023, proprio in un’intervista pubblicata sulle pagine de lavialibera, Bruno Bartolo, ultimo sindaco eletto della cittadina prima del più recente commissariamento del Comune avvenuto circa un anno dopo, dichiarò che il suo obiettivo era quello di «normalizzare San Luca». Il paese, secondo il primo cittadino insediatosi il 27 maggio 2019 dopo una lunga stagione di scioglimenti e commissariamenti, veniva raccontato come un’anomalia e tale racconto rischiava di distrarre dai “normali” problemi che San Luca condivide con tante aree simili. Su tutti, mancanza di lavoro, di luoghi di incontro e confronto permanenti, di iniziative dello Stato che non siano solo un “mordi e fuggi” spesso tradotto in tanti progetti “non finiti” che affollano il panorama e gli archivi del municipio. «I sanluchesi sono in credito con lo Stato fin dall’alluvione che devastò il territorio nel 1973», diceva ancora Bartolo riassumendo un lunghissimo periodo di mancanze che hanno finito per scoraggiare anche i più volenterosi dall’assumersi il compito di rappresentare la “cosa pubblica” sul territorio.

    Cosa pubblica che nel frangente è diventata “cosa di nessuno”, tra l’incuria e l’assenza di progettazione. Di fatti, «la ‘normalizzazione’ del paese passa dai suoi servizi», come poteva essere la strada che porta al Santuario di Polsi, tanto impraticabile da inibire la celebrazione dello storico pellegrinaggio verso la Madonna della Montagna nel 2025, o l’istruzione, come l’ex sindaco aveva scritto (insieme agli omologhi di Platì, Africo e Careri) nella lettera inviata al ministro Giuseppe Valditara, per chiedere un intervento strutturale su scuola e lavoro, tale da togliere i giovani dalla strada incentivando un «comune percorso di antimafia legato a specifici progetti che fanno perno su una scuola qualificata e realmente formativa». Se fosse riuscito in quest’opera di “normalizzazione”, l’ex sindaco avrebbe valutato di ricandidarsi. Così non è stato e all’esito di una tornata elettorale senza liste e candidati, le sorti del Comune sono state affidate a una commissione straordinaria.

    Missioni e Fondazioni

    Nel mentre, a carico di Bartolo e altri è stata aperta un’indagine legata alla concessione dello stadio comunale e all’assegnazione degli spazi nell’area mercatale del Santuario di Polsi, che ha gettato nello sconforto una popolazione sentitasi accerchiata dagli organi inquirenti. Ma non è tutto. Nel giugno del 2024, la Commissione parlamentare antimafia guidata da Chiara Colosimo si era recata in missione a San Luca. Una visita che ha lasciato in dote soltanto una foto di dubbio gusto scattata dai parlamentari sotto il vecchio cartello d’ingresso al paese – non più esposto sulla pubblica via – forato dai colpi delle lupare e una relazione di 32 pagine «non esenti da retorica» come scritto da Pablo Petrasso su LaC news.

    Nel documento, al classico racconto sulla ‘ndrangheta e sulla cultura mafiosa che influenza i giovani, venivano accostate considerazioni sulle risorse di un territorio, solo per fare un esempio, dal grande potenziale turistico «limitato dal degrado ambientale dell’intera Locride e dalla mancanza di una cultura imprenditoriale adeguata». Sulla scorta di un tale complesso di riflessioni – per certi versi un po’ stantie, per altri un po’ distratte dalle reali dinamiche territoriali incarnate dalle diverse realtà sociali positive che operano in quella porzione della provincia di Reggio Calabria – l’organo concludeva dichiarandosi «disponibile a fornire spinta e testimonianza concreta a quelle comunità, con la candidatura diretta di propri membri» alle elezioni amministrative.

    Il terremoto si completa con la scossa data dallo scioglimento, disposto dalla prefettura di Reggio Calabria il 21 marzo 2025, del CdA della Fondazione culturale “Corrado Alvaro”, giornalista, antifascista, vincitore del premio Strega e autore del capolavoro “Gente in Aspromonte” oltre che figlio nobile di San Luca. Il provvedimento evidenziava criticità come la ridotta operatività della Fondazione o «un progressivo depauperamento del patrimonio e contestazioni relative alla composizione degli organi di governo, anche per la presenza di soggetti con parentele a famiglie riconducibili a contesti di criminalità organizzata». Una lettura che fin da subito ha destato perplessità, ma soprattutto polarizzato l’opinione pubblica tra coloro i quali sostengono la necessità di questo commissariamento, il primo per un soggetto culturale, e chi ritiene che questa sia l’ennesima – forse la più grave – cicatrice inferta all’identità del popolo sanluchese che vede infangato anche il nome dell’intellettuale a 130 anni dalla sua nascita.

    Dopo alcune proteste social, flashmob, la nomina di un Comitato scientifico, il rinnovo del CdA, lo scorso mese di giugno il Tribunale amministrativo regionale – accogliendo il ricorso presentato da Aldo Maria Morace, presidente del CdA sciolto, e dal vice Tonino Perna – ha ribaltato il provvedimento della prefettura. Tuttavia, la decisione del tribunale amministrativo di primo grado viene congelata a inizio luglio dal Consiglio di Stato. Al di là di quelli che saranno gli esiti del processo amministrativo, è evidente il grave disagio forse non considerato ma certamente arrecato alla popolazione di San Luca. Dinamiche che è impossibile disgiungere da quel pregiudizio di fondo derivato dall’abuso di una certa narrazione fatta nei confronti di un paese dove tutti, indistintamente, rischiano di cadere nel calderone della criminalizzazione, che diventa criminalizzazione della fragilità oltre che della devianza mafiosa.
    Sentenze e movimenti sociali

    Il referendum sulla giustizia del 22-23 marzo 2026 ha rappresentato un altro momento di frattura e incomprensione. L’82,39 per cento degli elettori di San Luca ha votato “Sì”. Percentuale simile a quella di altri comuni dell’area aspromontana e ionica. Tale risultato, complici alcuni spunti derivati dalla campagna referendaria, hanno fatto gridare all’endorsement mafioso. Una lettura superficiale e offensiva per chi, in quei territori, ha creduto – ingenuamente o disperatamente secondo chi scrive – che quella riforma potesse rappresentare una giustizia più equa, dove non si viene marchiati a vita per un cognome o per il luogo di nascita. Quel voto, per chi lo osserva conoscendo il territorio, non è stato un allineamento alla ’ndrangheta, ma un grido contro una magistratura percepita come unica presenza dello Stato: non quella che costruisce scuole o strade, ma quella che arriva con le manette e i titoli di giornale. Un voto di protesta che si è inserito perfettamente in quel solco di risentimento e frustrazione alimentato da decenni di abbandono istituzionale, trasformandosi in un messaggio politico urlato: quello di comunità stanche di sentirsi sospette per nascita e residenza, prima ancora che cittadini.

    A completare il quadro di sfiducia è arrivata, nel mese di giugno, la sentenza di appello del processo Gotha, con l’assoluzione, tra gli altri, del sacerdote di San Luca don Pino Strangio, accusato e condannato in primo grado di concorso esterno in associazione mafiosa. Il provvedimento è arrivato dopo dieci anni di processo, di ambiguità relazionali imposte all’intera comunità, di erosione ulteriore della fiducia nelle istituzioni. Come sempre, gli arresti e le prime condanne hanno riempito le prime pagine; le assoluzioni, quando arrivano, vengono relegate in trafiletti che non restituiscono dignità né riparano il danno. Dopo l’assoluzione si è formato un piccolo movimento sui social che chiede, pretende quasi, il ritorno a Polsi di don Pino Strangio come rettore del Santuario della Madonna della Montagna nel frangente riaperto ai fedeli – con accesso per ora solo a piedi – per l’estate 2026. A prescindere dalle considerazioni tecniche sulle nomine ecclesiastiche e a prescindere anche dalle valutazioni nel merito dell’assoluzione – come della precedente condanna – è necessario notare come questo coro social dimostri ancora una volta che la comunità sanluchese non solo c’è, ma quando si muove lo fa in maniera compatta. Se questa dinamica si osserva dalla prospettiva dei movimenti sociali diventa un’opportunità enorme per aprire a un possibile cambiamento. Tuttavia, se da un lato questa coesione è una risorsa potenziale per il cambiamento, dall’altro rischia di tradursi in vittimismo collettivo quando non si accompagna a un’assunzione di responsabilità e a un senso civico che vada oltre la difesa identitaria.

    Parole chiave

    https://www.youtube.com/watch?v=XPIbAULzTvo&t=187s

    Questa breve ricostruzione aiuta a comprendere il contesto all’interno del quale si è fatta strada l’idea del “Manifesto”. Il documento continua ad essere arricchito di spunti, alcuni dei quali arrivati dopo il primo lancio pubblico avvenuto lo scorso 18 giugno al festival “Trame” di Lamezia Terme. La riflessione emersa a quel tavolo è stata sintetizzata in un elenco di parole chiave suddivise in cinque macrocategorie:

    crisi del territorio, marginalità e abbandono;
    crisi della sfera pubblica e del bene comune:
    crisi morale e culturale;
    crisi della fiducia e delle relazioni;
    prospettive di cambiamento.

    Tra queste, si vogliono evidenziare due concetti che fin dall’inizio, dall’osservazione profonda del territorio di San Luca attraverso il metodo scientifico, hanno fatto da traino all’iniziativa: da un lato si parla di “isolamento e marginalità”, intesa «la condizione geografica e sociale che relega aree come San Luca ai margini delle politiche pubbliche e dell’attenzione collettiva»; dall’altro di “vittimismo come interiorizzazione dello stigma”, ovvero «il rischio che le comunità interiorizzino lo sguardo esterno stigmatizzante (in senso lato, criminalizzante), trasformandolo in rassegnazione e risentimento».

    Sullo sfondo, le aree interne

    Questa riflessione non deve essere concentrata esclusivamente su San Luca, ma da San Luca può trasporsi anche su altri livelli territoriali. Basti pensare al dibattito innescato dal Piano strategico nazionale per le aree interne (Psnai) 2021-2027 letto da alcuni come una condanna a morte nella parte in cui parla di accompagnamento dei territori in un «percorso di spopolamento irreversibile». Alcuni studiosi, tra cui l’antropologo Vito Teti, hanno definito il documento come parte di un lungo percorso di “eutanasia territoriale” che coinvolgerebbe diversi paesi, su più livelli, e non solo contesti come San Luca.

    Come hanno evidenziato i docenti Domenico Cersosimo e Rocco Sciarrone in un più recente contributo sulla rivista Dissonanze, «tutta la Calabria è ormai un’unica grande area interna». Secondo la struttura del “Manifesto con San Luca”, l’inciso potrebbe valere addirittura per l’intera Italia dove i dati Istat raccontano di un processo di spopolamento che coinvolge anche i grandi centri urbani. Per questo motivo, se non maneggiato con cautela, il dibattito sulla sorte delle aree interne rischia anch’esso di diventare fuorviante e scoraggiare le forze buone della popolazione. Servono politiche, servono «forme di resistenza» per dirla sempre con Cersosimo e Sciarrone, che incentivino le persone a restare superando l’idea romantica ma vuota di una “restanza” fine a se stessa, che, come tale, diventa solo un modo elegante per selezionare chi può restare e chi non può andarsene.

    L’incentivo è quello di produrre una forte spinta oltre le retoriche della “resilienza” che in questi anni pur si è vista, ma si è tradotta in un tirare a campare spesso disgiunto dai progetti a lungo termine. Viceversa, il dibattito va traslato sul campo dei servizi, dell’economia sociale legata a doppio filo alla valorizzazione dei territori, della loro storia, risorse e identità. Da poco, il commissariamento del Comune è stato prorogato di sei mesi, ma il prossimo anno le elezioni amministrative torneranno a bussare. Si voterà per dare a San Luca una nuova amministrazione. L’auspicio è che le campagne elettorali tengano conto dei reali bisogni dei cittadini e non siano solo spot. Che siano costruite “con”. In tal senso, questo disegno collettivo e condiviso, è a disposizione di chi saprà farne buon uso, per offrire spunti utili alla costruzione di una visione d’insieme.

    https://lavialibera.it/it-schede-2761-un_manifesto_per_normalizzare_san_luca
    #normalisation #Calabre #ndrangheta #mafia #manifeste #préjugés #stigmatisation #aree_interne #imaginaire #changement #criminalité_organisée #Locride #montagne #aree_interne #marginalité #marges #Bruno_Bartolo #éboulement #services #école #travail #anti-mafia #Etat #abandon #territoire #crise #isolement #démographie #Psnai #dépeuplement #eutanasie_territoriale #restanza #résilience #économie_sociale

    • La Calabria non è un altro mondo

      La Calabria non è «un altro mondo», ma una versione estrema di problemi che attraversano l’Italia: povertà, disuguaglianze, debolezza dei servizi pubblici, frammentazione sociale. La regione vive una forte dipendenza dalla spesa pubblica e una modernizzazione guidata dall’alto, con scarso protagonismo collettivo. La politica occupa un ruolo centrale, mentre la ’ndrangheta prospera nelle connessioni tra economia e potere. Accanto a rassegnazione ed emigrazione, esistono esperienze di resistenza e innovazione, ma ancora incapaci di produrre un cambiamento strutturale.

      «È certo la più strana tra le nostre regioni. [...] Si direbbe che qui siano franati insieme i detriti di diversi mondi; che una divinità arbitraria, dopo aver creato i continenti e le stagioni, si sia divertita a romperli per mescolarne i lucenti frantumi. Si deve a questo se i viaggiatori stranieri, in Calabria, rimangono disorientati. Non riescono a definirla. La trovano diversa, non solo dalle altre regioni italiane, ma da qualsiasi parte del mondo, e stentano a valutarne la civiltà». [Guido Piovene, Viaggio in Italia]

      La Calabria è una terra simbolo al negativo. Area estrema del nostro mondo, non un altro mondo. Una regione pervicacemente fuori squadra. Tra le ultime in Europa per reddito; la più povera tra le venti regioni italiane. Ma anche quella con la disuguaglianza economica interna più elevata tra tutte le regioni dell’Unione europea: il reddito del quinto dei calabresi più ricchi è 8,5 volte quello del quinto dei più poveri (attorno a 5 nell’Unione europea e in Italia), a testimonianza del fatto che i calabresi più ricchi sono relativamente meno ricchi degli italiani che abitano nelle regioni del Nord mentre i calabresi poveri sono molto più poveri dei poveri del Nord.

      Già questi pochi dati di sintesi mostrano l’utilità di guardare alla Calabria come a un’area in grado di rappresentare alcuni tra i più rilevanti problemi di cui si discute attualmente, e che in vario modo riguardano altre regioni, l’Italia e l’Europa. Un’utilità amplificata dal fatto che in Calabria questi problemi sembrano essere concentrati alla massima potenza. Lo stesso può dirsi degli interventi rivolti ad affrontarli.

      D’altra parte, il tessuto sociale e istituzionale della regione risulta frammentato e segmentato, strutturato secondo rigide logiche autoreferenziali, per silos verticali; mancano disegni intenzionali di connessioni funzionali; latitano infrastrutture di collegamento, raccordo, interazione. Di nuovo, una situazione ravvisabile anche in altri contesti, che segnala il progressivo sfilacciamento dei legami sociali, che ha però raggiunto qui livelli estremi.

      Da tempo la Calabria si colloca nelle retrovie delle graduatorie nazionali delle dotazioni e della qualità dell’offerta di servizi pubblici essenziali (sanità, scuola, servizi sociali e culturali, servizi per l’infanzia e gli anziani). I calabresi, di conseguenza, sono cittadini a bassa cittadinanza. L’intera regione, comprese le poche città, è assimilabile ad un’unica grande area interna, un’area lontana dai centri di servizi essenziali: spesso distanti fisicamente, inesistenti, di difficile accessibilità o mediamente scadenti.

      Un calabrese su due è a rischio di povertà o di esclusione sociale. Un picco scandalosamente alto, il più alto (e di molto) di tutta Europa. Un calabrese benestante convive con un calabrese povero/vulnerabile. Due società slegate.

      I benestanti godono di risorse adeguate per smarcarsi dal malconcio settore pubblico, mentre i poveri/vulnerabili si trovano in condizioni di gravi deprivazioni materiali quotidiane, di lavori poveri, di salari all’osso, di disconoscimento. I benestanti abitano una certa orizzontalità relazionale, potendo contare su reti di sostegno reciproco, di scambio, di potere, di affari. Reticoli che, seppure limitati alla cerchia sociale di riferimento, alimentano comunanze e vantaggi esclusivi, capitale sociale di club.

      I poveri/vulnerabili abitano invece un tessuto sociale disperso e atomizzato: senza adeguate infrastrutture politico-sindacali, spesso persino senza parrocchie di prossimità.

      Le classi alte trovano convenienze nello status quo; i poveri si rassegnano allo status quo perché senza risorse e «capitali» per immaginare un’altra vita, senza rappresentanza collettiva. Sta in ciò la spiegazione dell’enigma calabrese: una situazione estrema che non implica – non può implicare – un conflitto sociale altrettanto estremo, perché ne mancano i presupposti soggettivi e collettivi.

      Lo Stato, con la sua spesa pubblica, è il soggetto pressoché esclusivo della trasformazione post-bellica della Calabria. Una «modernizzazione passiva», eterodiretta, con una mobilitazione dal basso debole e discontinua. I grandi cambiamenti che hanno trasformato più intensamente la società tradizionale del passato sono tutti ideati e promossi dal centro: finanziamenti di opere pubbliche e riforme che, in un quadro di costante incompiutezza, hanno modificato nel profondo le condizioni di vita e dei comportamenti dei calabresi, caratterizzandoli progressivamente come italiani a tutto tondo per consumi e stili di vita.

      Il film diacronico mostra, dunque, una regione in movimento, disposta all’inseguimento, in tendenziale convergenza con il resto della Penisola, tutt’altro che ferma e ossificata nei suoi assetti sociali e civili. A contrario, l’osservazione sincronica palesa una distanza persistente con il resto del Paese, gravato da disparità diffuse non sanate.

      È la politica il «grande tutto» dei processi di mutamento economico e sociale, il fattore dei successi e degli insuccessi, la calamita attrattiva unica per benestanti e poveri, la determinante di allineamenti e scarti infra e inter-regionali.

      Oggi, la vita nuda della grande maggioranza dei calabresi è in larga parte dipendente, nel bene e nel male, dalla spesa pubblica: per i singoli cittadini e per le imprese, per gli agricoltori e per i costruttori, per le università e per le scuole, per la sanità pubblica e privata, per i sindaci e per le associazioni culturali.

      Massimizzare l’accesso ai contributi pubblici è l’assillo di una regione e di una parte consistente del terziario privato della mediazione (padronati, caf, associazioni varie, commercialisti, avvocati), specializzato nel drenaggio e nell’allocazione minuta di questi flussi di spesa. Ancor più ossessiva è l’intercettazione di risorse collettive e della loro torsione a proprio vantaggio da parte di ampi segmenti delle classi dirigenti (politici, imprenditori, agenzie), anche attraverso l’uso strumentale delle relazioni associative professionali e interprofessionali, legali e occulte.

      In filigrana si intravede una società ruminante, impegnata nella captazione e manipolazione di risorse pubbliche, con una speciale abilità a scovare e massimizzare l’accesso a contributi, incentivi, sostegni e sgravi di ogni tipo e a sfruttare le opportunità legate alla spesa pubblica in direzione di interessi particolaristici.

      La ’ndrangheta è tra gli attori economici più attrezzati nella conquista di questi flussi di risorse, spesso con un ruolo da protagonista negli appalti di opere infrastrutturali, nel campo sanitario, nel settore della raccolta e smaltimento dei rifiuti, configurandosi come uno dei soggetti rilevanti della Calabria espansiva.

      Da pericolosa realtà criminale, a lungo sottovalutata, la ’ndrangheta è diventata anche uno stigma culturale e sociale utilizzato per indicare l’intero territorio regionale e la sua popolazione. Prevalgono al riguardo letture riduttive, da quelle che incredibilmente insistono ancora sulle caratteristiche arcaiche di un popolo e della sua mentalità agro-pastorale a quelle che invece riducono il fenomeno a mero problema di ordine pubblico. Di conseguenza, diventa vago e sfumato il problema delle contiguità e delle collusioni che investono il funzionamento dell’economia e soprattutto il raccordo tra economia e politica, che da sempre costituiscono il vero punto di forza della ’ndrangheta.

      Più in generale, la Calabria può essere considerata un laboratorio per osservare le dinamiche di trasformazione della politica contemporanea, stretta nella morsa di spinte contrapposte tra de-politicizzazione e iper-politicizzazione. Una regione in cui la politica resta al centro della scena, anzi la occupa in modo preponderante. Anche se spesso è una politica senza politiche, che rifugge dalle responsabilità, che opera in via emergenziale attraverso deleghe e commissariamenti, condizionando in modo peculiare la configurazione e il funzionamento delle istituzioni e dei processi democratici.

      Nel quadro di netta prevalenza della regolazione politica, non si sono create le condizioni per favorire relazioni di mercato dotate di sufficiente autonomia ed efficacia, anche se sono emerse nel tempo diverse iniziative imprenditoriali «eccellenti» per innovazione e ampiezza dei circuiti economici ma che, tuttavia, non riescono a contaminare i contesti di insediamento.

      La manifattura è ormai un’attività marginale, tanto in termini di contributo al reddito regionale che di occupazione; l’agricoltura più dinamica e le attività complementari si sono sempre più concentrate nelle poche aree di «polpa»; il ciclo dell’edilizia tende a sovrapporsi a quello della congiuntura politica settoriale; le stesse strutture di ricerca sono sempre più orientate a incrociare flussi di spesa pubblica in modo indifferenziato, attraverso alleanze di scopo di breve periodo con imprese e soggetti privati che tuttavia non sortiscono effetti di lunga durata nell’economia e nella società locale.

      Il turismo, a dispetto dell’enfasi retorica corrente, soffre di congenite improvvisazioni, di despecializzazione e di un’infrastruttura organizzativa ancora rudimentale, nonostante l’emersione di un limitato numero di iniziative imprenditoriali di buona qualità, per lo più puntiformi ed esclusive, e talvolta inquinate da contaminazioni mafiose.

      In questo scenario prevalgono logiche di adattamento, da un lato i calabresi che difendono le posizioni di privilegio acquisite, dall’altro i calabresi che cercano di fronteggiare le diffuse condizioni di precarietà e vulnerabilità della loro vita quotidiana. Ancora oggi, come in passato, un’alternativa è quella della fuga, dell’exit: per scelta, quando possibile, o, spesso, per necessità.

      Tra chi resta non mancano i soggetti, in molti casi giovani, che praticano forme di resistenza, soprattutto tra coloro che cercano di percorrere vie di innovazione, faticando non poco a trovare spazi di visibilità e voice. Ci sono dunque i calabresi non rassegnati, che non si arrendono e pensano a un altro mondo possibile. Quelli che, ad esempio, testardamente avviano attività di impresa, sfidando a viso aperto un contesto ostile, ribellandosi persino alla ’ndrangheta. Come stanno facendo diverse donne che, per tutelare sé stesse e soprattutto i propri figli, hanno deciso di recidere i legami familiari per rinnegare ogni forma di appartenenza mafiosa.

      O ancora coloro che praticano azioni di solidarietà a sostegno delle fasce più povere e marginali della popolazione. Pensiamo anche all’esperienza di Mimmo Lucano, che ha contribuito a fare di Riace un luogo iconico globale per ospitalità e inclusione di migranti e rifugiati. Si tratta però di casi esemplari, delimitati, che non hanno la forza di innescare processi di cambiamento sistemici.

      Lo scenario delineato ha un significato che travalica la regione, rendendo evidenti, in modo radicale e amplificato, processi di più ampia portata. Da questo punto di vista, la Calabria può essere dunque considerata un benchmark negativo: una realtà sempre più sfilacciata, senza collante sociale, permeata da crescente sfiducia e incertezza, che non riesce a immaginare un futuro.

      Decifrare la sua patologia aiuta a spiegare la fisiologia. E, forse, come nel paradosso di Hirschman: nascondere un po’ di «negativo» può aiutare a non abbandonare la speranza, a fuggire la trappola della rassegnazione, lasciando spazio alla «passione per il possibile».

      https://rivistadissonanze.it/calabria/la-calabria-non-e-un-altro-mondo

  • Immigration : l’Insee rétablit la vérité sur les flux migratoires et bat en brèche l’#intox de la « submersion migratoire »

    L’Institut national de la statistique a publié, jeudi 4 juin 2026, sa dernière étude sur les immigrés en France. Une parution d’utilité publique, face aux flux continus de désinformations sur le sujet.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a levé le voile, jeudi 4 juin, sur sa dernière radiographie de l’immigration en France. À l’heure où des milliardaires comme Elon Musk relaient complaisamment sur leur réseau le fantasme xénophobe d’un « quadruplement » de la population étrangère en Europe, ces nouvelles données sonnent comme un rappel à l’ordre.

    En 2025, selon l’Insee, la France compte 8 millions d’immigrés, soit 11,6 % de sa population totale. Parmi ces 8 millions d’immigrés, un tiers, soit 2,6 millions, a déjà acquis la nationalité française et n’est donc plus comptabilisé comme étranger. Une précision importante à rappeler car souvent, l’extrême droite aime jeter le flou en semant la #confusion dans le #vocabulaire. Lorsque l’Insee emploie le terme « immigré », elle évoque une personne née étrangère à l’étranger, tandis que le terme « étranger » définit simplement le fait de ne pas posséder la #nationalité française.

    La « subversion migratoire » battue en brèche

    L’augmentation de la part d’immigrés dans la population est réelle depuis 1999, mais demeure très progressive. Surtout, loin des vagues de la « submersion migratoire » fantasmée, les flux sont en décélération. En 2024, 313 000 immigrés sont arrivés en France, un chiffre en net recul par rapport aux 347 000 entrées enregistrées en 2023.

    Les flux retrouvent ainsi leur niveau d’avant la crise sanitaire de 2020, absorbant le pic exceptionnel de 2022 – lié à l’accueil des réfugiés qui fuyaient la guerre en Ukraine. L’Insee précise par ailleurs que cette baisse de 10 % des arrivées en un an concerne des personnes originaires de toutes les régions du monde, qu’il s’agisse de l’Afrique, de l’Asie… ou de l’Europe.

    Balayant d’un revers de main les clichés, l’étude révèle la #surqualification de ces femmes, hommes et enfants qui rejoignent notre territoire. Plus de la moitié, 51 %, des immigrés de plus de 25 ans arrivés en 2024 sont diplômés de l’enseignement supérieur.

    Ce chiffre grimpe même à 54 % pour les personnes originaires du Maghreb. Ces personnes s’intègrent, en outre, presque immédiatement dans la vie sociale et économique. 55 % des nouveaux arrivants de plus de 15 ans sont en emploi ou en études dès le début de l’année 2025, indique le rapport de l’Insee.

    Le visage de cette immigration est aussi profondément féminin. Les #femmes représentent aujourd’hui 52 % des immigrés vivant en France et 53 % des arrivées enregistrées en 2024. Par ailleurs, 58 % des immigrés entrés en 2024 vivent en famille et près d’un quart des arrivants (22 %) sont des enfants qui, souvent, cherchent à rejoindre un parent déjà installé à l’issue de son parcours d’exil.

    Face au #vieillissement de la nation, l’Insee confirme que depuis 2022, l’immigration maintient le pays à flot sur le plan démographique, en compensant l’effondrement du #solde_naturel. Entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023, la population résidant en France a crû de 322 000 personnes.

    Sur ce total, le #solde_migratoire a pesé pour 271 000 individus, sauvant littéralement un solde naturel (51 000 personnes) plombé par la hausse des décès. En somme, ces travailleuses et travailleurs, loin d’être la menace brandie sur les plateaux des chaînes Bolloré et dans les trends de la fachosphère, sont aujourd’hui les piliers stabilisateurs de notre société.

    https://www.humanite.fr/politique/immigration/immigration-linsee-retablit-la-verite-sur-les-flux-migratoires-et-bat-en-br
    #INSEE #France #migrations #statistiques #chiffres #fact-checking #désinformation #préjugés #idées-reçues #démographie #afflux #invasion
    ping @reka @karine4

    • L’essentiel sur... les immigrés et les étrangers

      1. Combien y a-t-il d’immigrés ou d’étrangers en France ?

      En 2025, 8,0 millions d’ immigrés vivent en France, soit 11,6 % de la population totale. 2,6 millions d’immigrés, soit 33 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française.

      La population étrangère vivant en France s’élève à 6,3 millions de personnes, soit 9,1 % de la population totale. Elle se compose de 5,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 1,0 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

      1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l’étranger. Avec les personnes immigrées (8,0 millions), au total 9,6 millions de personnes vivant en France sont nées à l’étranger, soit 14,0 % de la population.

      2. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

      En effectif et en pourcentage de la population totale, la population immigrée en France est plus élevée en 2025 qu’en 1946, 1975 ou 2010. L’évolution de la part des immigrés dans la population totale vivant en France n’est pas régulière. Après une diminution entre 1931 (6,6 %) et 1946 (5,0 %), elle a augmenté jusqu’en 1975 (7,4 %). Elle s’est ensuite stabilisée jusqu’à la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau plus rapidement que la population totale, du fait de l’augmentation de la population immigrée et de la baisse de la fécondité : la part d’immigrés passe ainsi de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025.

      La population étrangère vivant en France représente 9,1 % de la population totale en 2025, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

      Entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’oeuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, l’immigration de travail a été ralentie. Depuis cette date, la part des femmes parmi les flux d’immigration a crû que leurs arrivées soient dues au regroupement familial ou à d’autres motifs (suivre des études, trouver un emploi, etc...). En 2025, 52 % des immigrés vivant en France sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946.

      3. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

      En 2025, près de la moitié des immigrés vivant en France sont nés en Afrique (49,2 %) et près du tiers en Europe (30,3 %). Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l’Algérie (12,6 %), le Maroc (11,7 %), le Portugal (7,2 %), la Tunisie (4,9 %), l’Italie (3,5 %), la Turquie (3,5 %) et l’Espagne (3,0 %). Près de la moitié des immigrés sont originaires d’un de ces sept pays (46,3 %).

      4. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2024 ?

      En 2024, 313 000 immigrés sont entrés en France, contre 347 000 en 2023. 45,9 % des immigrés arrivés en France en 2024 sont nés en Afrique, 26,6 % en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents pour les immigrés entrés en France en 2024 sont l’Algérie (7,9 %), le Maroc (7,4 %) et la Tunisie (4,8 %). Les pays et continents d’origine les plus représentés parmi les immigrés vivant en France (stock) et arrivés récemment (flux) sont les mêmes, mais ils représentent une plus faible proportion du flux que du stock : les pays d’origine des immigrés tendent donc à se diversifier.

      Depuis 2006, les sorties d’immigrés sont relativement modestes au regard de leurs entrées. En moyenne entre 2006 et 2021, trois immigrés entrent sur le territoire tandis qu’un en sort, par exemple à la fin d’une expérience scolaire ou professionnelle en France, ou encore au moment de la retraite.

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212

  • RBO al Festival #alta_felicità_2026: tecnologia, guerra e politica nell’era di capitalismo selvaggio
    https://radioblackout.org/2026/07/rbo-al-festival-alta-felicita-2026-tecnologia-guerra-e-politica-nelle

    Con #silvano_cacciari affrontiamo il tema della permeazione dei mondi artificiali nella materialissima contemporaneità oggi sempre più in crisi verso un mondo in guerra. La tensione competitiva tra #stati_uniti_e_cina ha come retroscena il tentativo di guadagnarsi il primato sul podio dell’innovazione tecnologica e della loro predominanza. A questo si aggiunge il ruolo […]

    #L'informazione_di_Blackout #invida #Palantir #tecnocrazie
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/CaccairiAiUsaCInaAlta2026-1.mp3

  • Les usines européennes ouvrent leurs portes et un boulevard aux constructeurs chinois
    https://www.alternatives-economiques.fr/les-usines-europeennes-ouvrent-leurs-portes-et-un-boulevard

    Confrontés à des surcapacités de production, les constructeurs automobiles européens ouvrent des lignes de production aux industriels #Geely, Dongfeng ou Leapmotor. Une aubaine pour les géants chinois.

    Le #constructeur #automobile européen #Stellantis ouvre les portes de ses usines à ses concurrents #chinois. Son usine de Rennes, qui produit jusque-là uniquement le SUV #Citroën C5 Aircross, assemblera sous peu des véhicules siglés de la marque chinoise #Dongfeng.

    Dans ses sites espagnols de Madrid et de Saragosse, Stellantis devrait faire de même avec son partenaire #Leapmotor. L’affaire est même tellement sérieuse que la marque chinoise devrait prendre à terme la direction de l’usine madrilène.

    #tout_va_bien #chine :-)

  • World’s first ship tunnel set for 2027 launch after Norway budget deal
    https://interestingengineering.com/transportation/norway-world-largest-ship-tunnel-route

    Norway is preparing to move ahead with the construction of the world’s first ship tunnel after securing funding in the revised national budget, and completing the evaluation of contractor bids for the project.

    The Norwegian Coastal Administration (Kystverket) announced that it is ready to sign a contract with the winning contractor for the Stad Ship Tunnel project. The government agency expects construction to begin in early 2027.

    Tu imagines, si un de ces jours, il y avait une montée des eaux telle que... le tunnel ne soit plus assez haut pour recevoir les bateaux ? :-/

  • Il #terzo_polo di #calenda e #picierno aderiscono al progetto di Iannotti sindaco di #caserta
    https://informareonline.com/il-terzo-polo-di-calenda-e-picierno-aderiscono-al-progetto-di-ianno

    Da Caserta, nella cornice dell’Auditorium Provinciale, Carlo Calenda e Pina Picierno hanno lanciato il loro nuovo progetto politico. L’obiettivo del senatore di Azione e della vicepresidente del Parlamento Europeo è la costruzione di una lista riformista ed europeista alternativa a quello che entrambi definiscono il ‘bipopulismo‘, ossia la degenerazione populista generata nel nostro paese dal […] L’articolo Il terzo polo di Calenda e Picierno aderiscono al progetto di Iannotti sindaco di Caserta proviene da Informareonline, scritto da Mario De Florio

    #Approfondimenti #Politica #Gennaro_iannotti #stati_uniti_d'europa

  • #strisce_blu a #Castel_Volturno: che fine hanno fatto? Il punto e le parole dell’ass. Natale
    https://informareonline.com/strisce-blu-a-castel-volturno-che-fine-hanno-fatto-il-punto-e-le-pa

    Le strisce blu a Pinetamare sono da tempo un argomento controverso. L’amministrazione guidata dal sindaco Pasquale Marrandino ha scelto di modificare la disciplina dei parcheggi a pagamento, prevedendo, tra le altre cose, l’esenzione per i residenti. Nel corso di un Consiglio comunale dedicato al tema, l’amministrazione ha inoltre spiegato che il 2026 sarebbe stato l’anno […] L’articolo Strisce blu a #castel_volturno: che fine hanno fatto? Il punto e le parole dell’ass. Natale proviene da Informareonline, scritto da Antonio Casaccio

    #EVIDENZA

  • Les #prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023

    En 2023, 29,4 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France (hors production #hydroélectrique). Ce volume est comparable à celui de 2022 (29,3 milliards de m3).
    Parmi ces prélèvements, 81 % proviennent des eaux de surface, et 19 % des eaux souterraines. L’eau est prélevée pour différents usages : 45 % du volume est destiné au refroidissement des #centrales_électriques, 20 % pour l’alimentation des canaux de navigation, 18 % pour la production d’#eau_potable, 10 % pour l’#agriculture et 7 % pour les autres activités économiques. Depuis 2008, le volume total des prélèvements a nettement baissé (- 16 %), principalement sous l’effet de la baisse des usages industriels et du refroidissement des centrales électriques.

    https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-prelevements-deau-douce-par-usage-en-france-en-2023

    #visualisation #statistiques #chiffres #eau #France #eau_douce #usage #usages #électricité #nucléaire #énergie_nucléaire

  • China flattens the duck with molten salt to generate solar power at night
    https://kdwalmsley.substack.com/p/china-flattens-the-duck-with-molten

    Bullets:

    Engineers in China’s West have built a new solar plant that generates electricity after sundown.

    The facility uses liquid salt to store excess energy captured during the day, which is later released as steam, which turns turbines to generate electricity.

    In this way, grid managers in Xinjiang “flatten the duck”: the mismatch between solar power production and electricity demand, which occurs at different times of the day.

    China’s vast network of high-voltage transmission lines are crucial, by delivering power generated in far-flung areas to population centers in China’s East.

  • #Regione_Campania: confermato il #trasporto gratuito per gli #studenti
    https://informareonline.com/regione-campania-confermato-il-trasporto-gratuito-per-gli-studenti

    La Regione Campania rinnova anche per l’anno scolastico e accademico 2026-2027 il programma dedicato al diritto allo studio e alla mobilità studentesca, confermando il servizio di trasporto gratuito per gli studenti: una misura oramai consolidata per sostenere le famiglie, favorire la frequenza scolastica e universitaria e incentivare l’utilizzo dei mezzi pubblici. I beneficiari del servizio […] L’articolo Regione Campania: confermato il trasporto gratuito per gli studenti proviene da Informareonline, scritto da Maria Claudia Merenda

    #Approfondimenti #Attualità

  • Gauche(s) — Parti pris

    Matthieu Pigasse, ou l’imposture d’un « banquier de gauche »

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/200726/matthieu-pigasse-ou-l-imposture-d-un-banquier-de-gauche

    L’homme d’affaires, qui n’exclut pas d’être candidat à l’élection présidentielle, se dit proche de la gauche et même de la gauche radicale. Une plongée dans les arcanes du capitalisme parisien permet d’avoir des doutes sur la sincérité de cet engagement.

    Laurent Mauduit

    20 juillet 2026 à 09h10

    • Le haut fonctionnaire est alors étroitement associé à la politique économique conduite de 1998 jusqu’à 2002 – c’est l’époque contrastée de la « gauche plurielle » incarnée par Lionel #Jospin. Les deux rivaux qu’étaient #Strauss-Kahn et #Fabius se livrent alors à une surenchère pour apparaître le plus « blairistes » possible (en référence au premier ministre britannique Tony #Blair).

      Abaissement de la fiscalité des stock-options et du taux marginal de l’impôt sur le revenu au profit des plus riches ; ouverture du capital et même franche privatisation d’EDF ; lancement de la privatisation des autoroutes : DSK et Fabius mènent une campagne néolibérale qui va contribuer à l’élimination dès le premier tour de Lionel Jospin lors de la présidentielle de 2002. Matthieu Pigasse – qui n’a pas voulu répondre aux questions de Mediapart – n’est encore qu’une petite main, mais il est aussi un acteur de ce naufrage.

    • Manigances autour du « Monde »

      La finance n’est pas son seul plaisir. La politique en est un autre. Il a soutenu Ségolène #Royal pendant la présidentielle de 2007, dans l’espoir d’un ministère. Il fait partie des Gracques, ces hauts fonctionnaires qui ont fait la promotion d’une alliance Royal- #Bayrou. Il manque de succomber aux sirènes de #Sarkozy, qui lui propose de devenir secrétaire d’État. Mais il refuse.

      C’est à ce moment-là qu’il commence à lorgner vers la presse, et notamment vers Le Monde. Toujours très proche de #DSK, malgré le discrédit qui pèse sur l’ancien ministre, il rêve que le journal appuie la campagne présidentielle de 2012, à laquelle son ancien patron se prépare. Il n’est pas le seul à caresser ce projet – toute une petite bande commence à s’organiser pour préparer la future campagne présidentielle de leur champion.

      Dans le lot, il y a aussi Daniel Cohen (1953-2023), professeur d’économie à l’École normale supérieure, qui travaille, sans en faire la moindre publicité, pour la banque Lazard. Il y a encore Gilles Finchelstein (actuel secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès), qui prête sa plume à Pigasse quand il écrit un essai.

      Mais, pour mettre la main sur le journal, il faut beaucoup d’argent. Et si riche qu’il soit, le banquier d’affaires n’en a pas assez. Il trouve vite la solution, en la personne du richissime Xavier #Niel, pour lequel le raid sur Le Monde a un autre intérêt : lui permettre de « s’acheter » une respectabilité bien utile dans la vie des affaires, respectabilité qui a été ternie du fait de sa détention provisoire, puis de sa condamnation par le tribunal de grande instance de Paris le 27 octobre 2006 à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 250 000 euros pour des faits de « recel de bien ».

      Les deux compères s’accordent sur le projet, et y associent une troisième figure du capitalisme parisien, l’ex-patron d’Yves Saint Laurent Pierre #Bergé. Et c’est ainsi que Pigasse, avec ses deux associés, prend le contrôle en novembre 2010 du Monde, dont le fondateur Hubert Beuve-Méry avait toujours souhaité qu’il soit jalousement indépendant et qu’il se tienne à distance de ce qu’il appelait « la presse d’industrie ».

    • L’histoire se termine mal, car #Natixis ira se gorger de produits toxiques, contaminés par la crise financière aux États-Unis. En somme, Pigasse est responsable, avec d’autres, d’une des aventures #financières les plus calamiteuses de ces dernières décennies : il a œuvré à la dérégulation radicale d’une banque mutualiste, pour qu’elle mime les outrances de la finance anglo-saxonne ; laquelle #dérégulation a conduit à l’un des plus graves #sinistres bancaires que la France ait connus ces dernières années. Ce qui n’empêche pas Pigasse d’empocher plusieurs #millions d’euros pour cette mission.